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Grand reportage
250 ans des États-Unis: en Pennsylvanie, la bataille de l'identité américaine

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 19:30


Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump, et plus généralement l'ensemble de la sphère Maga, s'emploient à imposer leur propre vision de l'Amérique. Illustration en Pennsylvanie, là où la Déclaration d'Indépendance des États-Unis fut signée le 4 juillet 1776. De notre envoyé spécial de retour de Pennsylvanie, Elles sont alignées comme à la parade, le nom de leur propriétaire collé sur le pare-brise, le capot relevé pour mieux apprécier ce qu'elles ont dans le ventre. Il y en a pour tous les goûts : un antique pick-up Chevrolet bleu turquoise, un coupé Buick de 1973, plusieurs Dodge Challenger, et même un corbillard. Des dizaines au total. Penchés au-dessus des moteurs, des visiteurs de tous âges. Beaucoup arborent des tee-shirts aux couleurs des États-Unis ou floqués du mot « liberté ». Le parti républicain du comté de Lackawanna a choisi ce cinéma en plein air pour célébrer les 250 ans de l'Indépendance du pays. Le 4-Juillet n'est que dans trois semaines, mais ici, sur les hauteurs de Dickson City, la fête bat déjà son plein. Tout a été prévu pour la rendre mémorable : un défilé de motos, de quoi se restaurer, des concerts, deux films sur écran géant… Mais le clou de la journée, c'est cette exposition de véhicules d'exception.  Tout un symbole. « C'est une part d'histoire. Ce sont des voitures qui ont marqué notre jeunesse. Ce sont aussi des voitures qui ont été construites ici et exportées partout dans le monde. Cela permet de montrer aux jeunes ce qui a contribué à faire la richesse de notre pays », s'enthousiasme Dan Naylor, le président des Républicains du comté de Lackawanna, avant de s'adresser à la petite foule présente pour convoquer une nouvelle fois l'histoire, plus ancienne celle-là.  « Le plus grand pays au monde » Il y est question de Paul Revere, un orfèvre de Boston devenu célèbre pour avoir averti les patriotes américains de l'arrivée imminente de l'armée britannique à Lexington en 1775. « Et qui répondit à ce cri ? Ce furent des gens ordinaires, qui se mobilisèrent, qui vainquirent les Anglais et qui fondèrent ce pays ! », lance Dan Naylor au micro. « Nous devons donc être reconnaissants envers ces personnes qui ont sacrifié leurs vies pour faire de ce pays ce qu'il est, et nous devons le préserver. Et souvenez-vous : nous sommes le plus grand pays au monde et c'est ce que nous pouvons célébrer aujourd'hui. » Un discours en écho à celui de la Maison Blanche, bien décidée à faire de ce 250è anniversaire celui d'une nation glorieuse, purgée de l'esclavage et du racisme. « Je ne vois pas les couleurs. Ok ? Pour moi, on a tous le sang rouge », balaie ainsi JoAnne Mayer, l'organisatrice de l'événement, lorsqu'on l'interroge sur cette Amérique blanche et chrétienne que cherchent à promouvoir Donald Trump, son administration et le mouvement Maga en général. « Cette administration met l'accent sur les valeurs de l'individu, indépendamment de sa race, de son âge, de son origine ethnique, de son sexe ou de toute autre caractéristique qui fait de lui ce qu'il est », défend Rob Coco, responsable de la branche locale de l'association ultra-conservatrice Turning Point USA. Enveloppé dans un drapeau américain, l'étudiant de 22 ans semble oublier les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, les opérations de la police de l'immigration apparemment guidées par le simple délit de faciès, ou encore le redécoupage électoral favorable aux Afro-Américains remis en cause en Louisiane.  « Je pense qu'il ne faut pas catégoriser les gens. Nous sommes tous des habitants de cette Terre, s'enflamme le jeune homme dans un élan missionnaire. Nous venons tous du même Créateur, et nous avons tous la chance d'être ici aujourd'hui, car la vie est sacrée. Alors, au lieu de juger, au lieu de parler de ce qui nous différencie, nous devrions simplement apprécier le fait d'être ici aujourd'hui et d'avoir la possibilité de l'être. » Une ode à l'unité qui peine à masquer la réalité d'un pays fracturé. À lire aussiTrumpisme au Canada: comment les idées MAGA gagnent du terrain   Progressisme et armes à feu À 200 kilomètres de là, une dizaine de personnes se sont donné rendez-vous dans une armurerie de Lancaster. Elles sont toutes membres du Liberal Gun Club (LGC), un club de tir classé à gauche. « C'est une association de possesseurs d'armes à feu qui partagent les mêmes convictions, qui croient aux droits civils et aux droits constitutionnels. C'est un groupe composé de personnes vraiment, vraiment formidables ! », vante Christopher Caruana, le secrétaire de la branche pennsylvanienne du LGC. Sa longue barbe blanche, son verre de lunette fumé et ses bras tatoués donnent à ce septuagénaire un air de pirate.  L'endroit fait aussi stand de tir. Au bout de la rangée, Molly teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle vient de terminer le college, le premier cycle universitaire, et s'apprête à quitter le domicile familial. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne. « Je fais 1 mètre 50 et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme », justifie la jeune femme. Un sentiment d'insécurité renforcé, dit-elle, par la façon dont « Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels ». Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de Donald Trump, ils étaient moins de 3 000. Ceux qui sont là aujourd'hui sont quant à eux des membres de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ».  C'est le cas de Sam, longtemps opposé aux armes à feu, jusqu'à ce que la première élection de Donald Trump et l'attaque à la voiture-bélier commise par un sympathisant néo-nazi à Charlottesville en 2017 le fassent changer d'avis. « Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine, témoigne-t-il. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays. Aujourd'hui, on essaie d'avoir des amis partout où l'on peut. » À écouter aussiÉtats-Unis: les républicains toujours pour le port d'armes malgré les tentatives d'assassinat contre Donald Trump Des livres interdits Tandis que certains songent à quitter le pays ou à se battre arme au poing, d'autres résistent déjà. Liz et Linda sont de ceux-là. Les deux vénérables retraitées font partie des Freedom Readers, un club de lecture fondé il y a quatre ans. « À la base, c'est juste un petit groupe de dames intéressées par la lecture de livres susceptibles d'être contestés ou qui l'ont déjà été par des personnes cherchant à promouvoir cette idée d'une Amérique blanche et chrétienne », explique Liz, chemisier imprimé léopard et brushing impeccable. Ce jour-là, c'est dans sa maison d'un quartier cossu d'Elizabethtown qu'elles tiennent salon. Deux livres sont posés sur la table basse : Le Château de verre, de Jeannette Walls, et La Petite Fille de la rue Mango, de Sandra Cisneros. En novembre 2025, les deux ouvrages ont été bannis du programme et des bibliothèques scolaires d'Elizabethtown, au même titre que le film Roméo et Juliette et La Haine qu'on donne, un roman d'Angie Thomas sur la question du racisme et des violences policières. Pourquoi ? Mystère. « Le conseil d'établissement ne donne jamais les raisons de ces interdictions. Mais l'un de ses membres a apporté une image déformée du personnage central de ce livre, relate Liz à propos de La Petite Fille de la rue Mango. Il a affirmé qu'elle cherchait à attirer l'attention des hommes pour les manipuler. C'était une description complètement faussée. » L'association Etown Common Sense s'est aussi emparée de la question, l'une des nombreuses sur lesquelles elle ferraille avec ceux qu'elle désigne comme des « nationalistes chrétiens ». « En tant que parents et citoyens, nous voulons que nos écoles publiques restent véritablement publiques, ouvertes, libres et impartiales pour l'ensemble de notre communauté », insiste Kelly Fuddy, présidente de l'association et mère de deux enfants scolarisés au collège du district. À lire aussiCensure de livres aux États-Unis: le rempart conservateur contre le wokisme Le tournant Covid L'interdiction des livres par les conseils d'établissement n'est pas un phénomène nouveau, que ce soit en Pennsylvanie ou ailleurs aux États-Unis. Mais le « Keystone State » est l'un des plus touchés. En 2022, il figurait même à la deuxième place du classement établi par PEN America des États recensant le plus grand nombre de livres interdits. Un comble pour ce territoire fondé par William Penn selon les principes de tolérance et de liberté. « Cela a vraiment pris de l'ampleur en 2020 et 2021 avec le Covid-19, observe Kelly Fuddy. Beaucoup de gens qui n'étaient peut-être pas impliqués politiquement se sont mobilisés et continuent de l'être. Il s'agit pour l'essentiel d'électeurs de Donald Trump. »  La mère de famille pointe aussi la responsabilité d'organisations nationales, telles que Moms for Liberty ou la Heritage Foundation, qui ont trouvé dans ce comté de Lancaster « un terrain fertile » pour cultiver leur projet politique. Les ouvrages jugés contraires aux bonnes mœurs ou faisant l'apologie de « l'idéologie woke » sont les premiers ciblés. « Ils prétendent défendre les enfants, mais ils déforment en réalité la définition de ce qui est sexuellement explicite, de ce qu'est la pornographie, reproche Kelly Fuddy. Et ils nient l'expertise professionnelle de nos éducateurs à qui nous confions nos enfants. » Et gare aux enseignants qui tentent de faire barrage aux censeurs. Kristy Moore l'a appris à ses dépens. Cette professeure d'anglais raconte avoir été victime de menaces de mort et de violences. Elle a aussi été la cible de photomontages publiés sur les réseaux sociaux, l'accusant de vouloir permettre aux collégiens d'accéder à des contenus pornographiques. Mais pas question pour elle d'abdiquer : « Si je les laisse m'intimider, je ne pourrai plus continuer à faire mon travail. » Nous avons contacté l'organisation Moms for Liberty et la présidente du conseil d'établissement d'Elizabethtown. Toutes deux ont répondu qu'elles ne souhaitaient pas participer à ce reportage. Des esclaves invisibilisés Au-delà de ces interdictions menées à l'échelle locale, le pays est aussi le théâtre d'une vague de censure dirigée depuis le sommet de l'État. Ce sont des milliers de photos d'archives de l'armée rendues inaccessibles, des dizaines et des dizaines de mots bannis de la communication gouvernementale. Ou encore ce décret signé par Donald Trump en mars 2025 pour « rétablir la vérité et le bon sens dans l'histoire américaine ». L'ordre est donné de retirer des parcs nationaux et des sites historiques tous contenus qui « dénigre de manière inappropriée les Américains, qu'ils soient vivants ou décédés ». À Philadelphie, cela se traduit par le retrait de l'exposition consacrée aux neuf esclaves de George Washington à la President's House, l'ancienne demeure du premier président des États-Unis et de son successeur John Adams. « Une super exposition, estime Dan, qui en assure la visite. Elle raconte qui étaient ces neuf esclaves et quel était leur rôle. » La ville et différentes organisations contre-attaquent au tribunal. Ordre est donné de la réinstaller, avant qu'une nouvelle décision de justice ne stoppe tout. Dan ne s'en remet pas. « Il y a encore des murs vides, des vidéos qui ne fonctionnent pas… Je trouve ça plutôt horrible au moment où l'on célèbre nos 250 ans. »  Namrta, elle, est parfaitement remontée. Les yeux braqués vers la caméra d'un téléphone portable, la responsable de Get Free Philly dit tout le mal qu'elle pense de cette censure à ses abonnés. « Ce que vous voyez, vitupère la jeune femme, c'est juste un nouvel exemple de la façon dont le mouvement Maga et le gouvernement révisent l'histoire. Aujourd'hui, nous sommes à l'heure du choix : continuer ainsi pendant 250 ans à faire l'autruche ou alors nous ranger du bon côté de l'histoire en assumant et en réparant nos erreurs. »  Le décret de Donald Trump ordonne aussi au ministère de l'Intérieur, qui gère les parcs nationaux et les espaces publics, de remettre en place les statues et monuments démontés ou dégradés lors du mouvement Black Lives Matter. Il cible également les musées de la Smithsonian Institution, notamment le futur Musée national de l'histoire des femmes à Washington, pour l'empêcher de « reconnaître les hommes comme des femmes ». Référence aux femmes transgenres. À lire aussiÉtats-Unis: Charlottesville déboulonne ses statues confédérées après des années de polémique « L'Amérique n'a jamais été un grand pays » Dans la capitale fédérale, malgré les tentatives de l'administration de l'effacer, la mémoire de l'esclavage reste vive dans le quartier d'Anacostia. Et particulièrement en ce 19 juin. Les habitants célèbrent Juneteenth, le jour de l'Émancipation. Le 19 juin 1865, à Gavelston, au Texas, les esclaves afro-américains apprenaient qu'ils étaient libres. « Mais que signifiait être libre pour les personnes noires à cette époque ? », s'interroge Sir Harvey Fitz, l'animateur de la journée. C'est précisément la question à laquelle doivent répondre les quelques centaines de personnes qui font face à la scène. « La liberté, c'est l'amour », affirme quelqu'un. « La liberté, c'est avoir suffisamment d'espace pour être soi-même », estime un autre. À l'ombre d'un arbre, Maleka écoute en souriant.  Lorsqu'on lui demande si elle se sent libre, elle, aujourd'hui, aux États-Unis, la quadra aux grandes boucles d'oreilles colorées pousse d'abord un long soupir. « Je suis libre de plein droit, mais je ne me sens pas toujours libre certains jours, à cause de la nature oppressive de notre régime politique. » Elle dénonce pêle-mêle les atteintes aux libertés civiles et individuelles, la remise en cause de l'héritage du mouvement pour les droits civiques, qu'elle pensait pourtant acquis. « Même si je suis libre, poursuit Maleka, je suis très consciente que c'est une chose fragile et que je dois continuer à me battre pour ça, à m'exprimer et à m'opposer aux injustices. » Elle juge aussi le mouvement Maga – Make America Great Again – totalement absurde. « À quel moment l'Amérique a été grande ? Ça a toujours été un pays en quête de grandeur, mais ça n'a jamais été un grand pays, considère-t-elle. C'est insupportable, en tant que femme noire, de vivre littéralement à moins de sept kilomètres de la Maison Blanche et de celui qui y réside. Alors que ce sont des esclaves qui l'ont construite, la Maison Blanche ne reconnaît pas que le pays a construit son économie sur le dos de l'esclavage. » De l'autre côté du fleuve, le National Mall se prépare à accueillir la grande foire imaginée par Donald Trump pour célébrer le 4-Juillet. Plusieurs États démocrates ont d'ores et déjà annoncé la boycotter. La Pennsylvanie, elle, a finalement choisi d'y participer.

Intersectionality Matters!
50. Freedom Readers: Why Kids Should Learn About Racism

Intersectionality Matters!

Play Episode Listen Later Nov 28, 2022 48:10


This episode marks the beginning of a new IMKC series called Author Talks, where host Kimberlé Crenshaw sits down with the authors of books banned by anti-CRT legislation. They break down why the featured author's work is so crucial to an understanding of America's racial history, and why its opponents have labeled the work's subject matter as forbidden knowledge. On this episode, Kim is joined by Ibram X. Kendi, founding Director of Boston University Center for Anti-Racist Research, and the youngest winner of the National Book Award for his non-fiction work Stamped from the Beginning: The Definitive History of Racist Ideas in America. They discuss the importance of talking to kids about racism, and unpack the fear-mongering around Kendi's critically acclaimed books about racism for kids, including Stamped: Racism, Anti-racism, and You, and Stamped (For Kids), both co-authored by Jason Reynolds. These vital books have been challenged or pulled from school libraries across the country. To attend the next Author Talk, sign up for updates about the African American Policy Forum's new book club, called Books Unbanned: From Freedom Riders to Freedom Readers Book Club. Learn about our Reading Circles for kids and adults, Author Talks, and more by clicking here: bit.ly/3On4miA This episode features: Ibram X. Kendi, National Book Award-winning and #1 New York Times bestselling author of six books for adults, and five books for children. Hosted by Kimberlé Crenshaw (@sandylocks). Produced, mixed and edited by Nicole Edwards. Support provided by Kevin Minofu, and the team at the African American Policy Forum. Music by Blue Dot Sessions Follow us at @intersectionalitymatters, @IMKC_podcast

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Intersectionality Matters!
48. Books Unbanned: From Freedom Riders to Freedom Readers

Intersectionality Matters!

Play Episode Listen Later Oct 19, 2022 48:20


From October 8th to the 21st, we're hitting the road with the 10 Million More Black Voters initiative. We call our tour Books Unbanned: From Freedom Riders to Freedom Readers, and we're handing out 6,000 copies of books banned by anti-CRT laws across the country. This effort is to ensure that everyone has access to critical literature — especially stories that teach America's true racial history. Host Kimberlé Crenshaw is joined by friend and collaborator Barbara Arnwine, president and founder of the Transformative Justice Coalition. They unpack the connection between these banned books, voter suppression, and the vital importance of the upcoming midterm elections. To learn more about the Books Unbanned: From Freedom Riders to Freedom Readers tour, visit www.booksunbanned.org This episode features: Barbara Arnwine, Founder/President, Transformative Justice Coalition Hosted by Kimberlé Crenshaw (@sandylocks) Produced and edited by Nicole Edwards Mixed by Sean Dunnam Support provided by Kevin Minofu and Julia Sharpe-Levine Music by Blue Dot Sessions Follow us at @intersectionalitymatters, @IMKC_podcast

Accidental Fundraiser
How Funder & Community Relationships Propelled This Nonprofit

Accidental Fundraiser

Play Episode Listen Later Sep 8, 2022 35:29


Break out the pie chart. How much time, energy and resources do you devote to ensuring your funders and recipients are happy? 20%? Maybe 30%?In her journey to founding and serving South Carolina's Freedom Readers, Executive Director Tracy Bailey has learned it's a two-way street.In this episode of Accidental Fundraiser, Tracy shares how to reflect and celebrate your community, partner with key organizations for the benefit of all, and use your potential lack of access as a tool for motivation.

Smart Talk
“Freedom Readers” seek to educate on banned or challenged books

Smart Talk

Play Episode Listen Later May 24, 2022 11:01


Many school boards across the country – including in central Pennsylvania – have been called on to take certain books out of school libraries. Often, the complaints are that the books are obscene with too much sex, the books contain stories of same-sex relationships or that they promote racial stereotypes or are critical of a race. Some of the books that are called into question are considered classics. When the book Me and Earl and the Dying Girl was challenged in Elizabethtown, a group of women formed Freedom Readers – a club to read banned books and eventually provide reviews or summaries on their Facebook page. Freedom Readers Judi Grove, former teacher Liz Lewis and former school principal and administrator Becky Hostetler join us on Tuesday's Smart Talk. Support WITF: https://www.witf.org/support/give-now/ See omnystudio.com/listener for privacy information.

Skylight Books Author Reading Series
SKYLIT: Tracy Swinton Bailey, ”FOREVER FREE”

Skylight Books Author Reading Series

Play Episode Listen Later Sep 27, 2021 34:14


At the root of every important problem we face, from mass incarceration to income inequality, is an education system influenced by our nation's fraught history. Just as past generations fought to ensure that all Americans could enjoy the right to fully participate in our democracy, so must we rally tirelessly to advance an educational agenda that promotes equity and inclusion. With the gap between white academic achievement and that of students of color widening, now is the time to turn our attention to the basics, and few would argue with the fact that the single most essential aspect of a good education is literacy. Beyond reading and writing, literacy encompasses a whole host of skills that allow us to develop our potential and succeed in society, including critical thinking, self-discipline, curiosity, leadership, and motivation. Helping all our nation's young people, especially those who live in low-income communities, improve their literacy skills should be a top priority. Numerous programs are operating around the country to address the issue of underperformance in light of the shortcomings of our public school system. In Forever Free, Tracy Swinton Bailey charts the journey of one such program, her nonprofit Freedom Readers. From a childhood shaped by books to a career promoting the love of reading, she describes the hurdles and rewards of academia, teaching, mobilizing, and fundraising. Bailey outlines clearly and persuasively how Freedom Readers' one-to-one tutoring model has worked in the rural South, and how it can work across the US. This book will inspire and empower readers, and should be placed in the hands of educators and organizers at every level. _______________________________________________   Produced by Maddie Gobbo, Lance Morgan, Natalie Freeman, & Michael Kowaleski. Theme: "I Love All My Friends," an unreleased demo by Fragile Gang. Visit https://www.skylightbooks.com/event for future offerings from the Skylight Books Events team.

americans south numerous swinton forever free freedom readers
Town Hall Seattle Civics Series
254. Tracy Swinton Bailey: A True Story of Hope in the Fight for Child Literacy

Town Hall Seattle Civics Series

Play Episode Listen Later Sep 22, 2021 42:46


Arguably the single most essential aspect of a good education is literacy. “To learn to read is to light a fire,” Victor Hugo wrote. By becoming literate, one develops a whole host of skills that allows one to develop potential and success in society; skills including critical thinking, self-discipline, curiosity, empathy, motivation, and leadership. The fire has been hard to come by for many of our nation's vulnerable children. Tracy Swinton Bailey knows this all too well and has taken steps to give those children their first sparks. In Forever Free: A True Story of Hope in the Fight for Child Literacy, Bailey's memoir offers valuable insights for effecting change in families, communities, and nationwide in our long-standing struggle to adequately educate vulnerable children. With a lifelong love of books and reading, and the power that both imparts, she founded the non-profit organization Freedom Readers. Based in the rural South, it is a one-on-one tutoring program that, she believes, can be modeled and work across the United States. The book offers the steps to make that happen and what she thinks can come of it if we do. Sparks, perhaps, can become flames and society will be a better place because of it, literate citizens within. Tracy Swinton Bailey earned a Ph.D. in Education with a specialization in Language and Literacy at the University of South Carolina in 2013. She is the founder of Freedom Readers, an after-school and summer literacy program. Buy the Book Forever Free: A True Story of Hope in the Fight for Child Literacy (Hardcover) from Third Place Books  Presented by Town Hall Seattle. To become a member or make a donation online click here.

Moms Don’t Have Time to Read Books
Tracy Swinton Bailey, PhD, FOREVER FREE: A True Story of Hope in the Fight for Child Literacy

Moms Don’t Have Time to Read Books

Play Episode Listen Later Aug 10, 2021 18:29


"I realized that being a good reader and helping other people read well is a political act. You take a stand in society when you decide to chase after that." Along with instilling a lifelong love of reading, Tracy Swinton Bailey's father taught her how powerful literacy could be, which inspired her to start the literacy nonprofit Freedom Readers in 2010. Tracy talked with Zibby about her memoir, Forever Free, the incredible results Freedom Readers has produced, and how the group plans to grow in a post-pandemic world. Listeners can get involved at freedomreaders.org.Purchase on Amazon or Bookshop.Amazon: https://amzn.to/3xW4zA2Bookshop: https://bit.ly/3BnrOVZ See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.

Sojourn: A Podcast with Dedric Bonds
013 Freedom Readers with Dr. Tracy S. Bailey

Sojourn: A Podcast with Dedric Bonds

Play Episode Listen Later Sep 18, 2020 26:12


Join Sojourn as we talk family, literacy, and Freedom Readers with its founder, Dr. Tracy Swinton Bailey.

freedom readers
Ruth Institute Podcast
Freedom Readers: The Government's Duty to Marriage

Ruth Institute Podcast

Play Episode Listen Later Mar 14, 2018 46:11


(March 14, 2018) Dr J is speaking to Freedom Readers, a project of Grove City College's Center for Vision & Values. Her topic is "The Government's Duty to Marriage: A Not-Exclusively Biblical Approach." Check out our podcast stream if you missed yesterday's talk to one of Grove City's classes, and stay tuned for Q&A afterward.

Ruth Institute Podcast
From Grove City College: The Government's Duty to Marriage

Ruth Institute Podcast

Play Episode Listen Later Mar 13, 2018 52:48


(March 13, 2018) Dr J is speaking to a class of students at Grove City College near Pittsburgh, Pennsylvania. Her topic is "The Government's Duty to Marriage: A Not-Exclusively Biblical Approach." Stay tuned for Q&A afterward, and tune in for tomorrow's talk in the same vein to Freedom Readers, a project of the college's Center for Vision & Values.

Arts and Sciences
The Poetics of Lynching and the Flight from Racism: Dante, Allen Tate, and other Freedom Readers

Arts and Sciences

Play Episode Listen Later May 16, 2013 88:16


Dr. Dennis Looney, Jr., Professor in the Department of French and Italian at the University of Pittsburg with secondary appointments in Classics and Philosophy is the keynote for the 2013 Addison Gayle Memorial Lecture. He speaks about his works and philosophical theories relating to Dante, Allen Tate, and other "Freedom Readers" in this lecture. The event was introduced by Jeffrey M. Peck, Dean of the Mildred and George Weissman School of Arts and Sciences and the Department of English at Baruch College.

Arts and Sciences
The Poetics of Lynching and the Flight from Racism: Dante, Allen Tate, and other Freedom Readers

Arts and Sciences

Play Episode Listen Later May 16, 2013 88:16


Dr. Dennis Looney, Jr., Professor in the Department of French and Italian at the University of Pittsburg with secondary appointments in Classics and Philosophy is the keynote for the 2013 Addison Gayle Memorial Lecture. He speaks about his works and philosophical theories relating to Dante, Allen Tate, and other "Freedom Readers" in this lecture. The event was introduced by Jeffrey M. Peck, Dean of the Mildred and George Weissman School of Arts and Sciences and the Department of English at Baruch College.

Dodge Intrepid and the Pages of Time
Freedom Readers: Part 4 of 4

Dodge Intrepid and the Pages of Time

Play Episode Listen Later Feb 17, 2012


The struggle over the Aliquippa mayor’s office comes to an explosive climax in a parallel story spanning 60 years! While Tug Horsesense gets closer to uncovering the truth about the election results, Dodge, Pluck, and the Freedom Readers are in … Continue reading →

Dodge Intrepid and the Pages of Time
Freedom Readers: Part 3 of 4

Dodge Intrepid and the Pages of Time

Play Episode Listen Later Feb 16, 2012


After a surprise attack from Farious forces in the year 2000, our heroes lose their half of the Chronotope and are stranded in the future. Now, it’s up to Dodge and the Freedom Readers to retrieve the book in Neo-Beaver … Continue reading →

Dodge Intrepid and the Pages of Time
Freedom Readers: Part 2 of 4

Dodge Intrepid and the Pages of Time

Play Episode Listen Later Feb 15, 2012


Mad with power, Allister Farious asserts himself as mayor of Aliquippa by jailing Edsel Intrepid. Meanwhile, Dodge and Pluck fight alongside the Freedom Readers in the year 2000.

Dodge Intrepid and the Pages of Time
Freedom Readers: Part 1 of 4

Dodge Intrepid and the Pages of Time

Play Episode Listen Later Feb 13, 2012


Just as the results of the 1940 mayoral election are about to be announced, shots ring out and chaos fills the city. With Aliquippa’s future hanging in the balance, Dodge and Pluck need the help of some old friends to … Continue reading →