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Frédéric Samama est auteur de L'énigme de l'inaction climatique et pionnier de la finance verte et alors que nous vivons un de ces épisodes de canicule aujourd'hui, il m'a semblé essentiel d'essayer de comprendre pourquoi nous savons depuis 70 ans et nous ne faisons rien. En 2009, il a monté le premier centre de recherche mondial sur la finance et le climat, lancé les premiers indices low carbone et créé la première coalition d'investisseurs à la COP21. Et pourtant, son livre ne parle pas de finance. Il parle de cerveau, d'histoire, de philosophie et d'une question qui l'obsède depuis cinq ans : pourquoi, sur un problème que tout le monde connaît, que l'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce, on n'arrive pas à bouger ?Dans cet épisode, nous parlons de neurosciences cognitives, d'inférence bayésienne, de moments fromages dans l'histoire de l'humanité, et du lien entre capitalisme, néolibéralisme et perte de nos réflexes moraux. J'ai questionné Frédéric sur l'overview effect des astronautes, sur Lévinas et la philosophie du visage, sur Jean Cavaillès et la résistance, et sur ce que tout ça dit de notre capacité à réinventer nos représentations du monde face à l'urgence climatique.Citations marquantes"Sur un problème où tout le monde est au courant, qu'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce — pourquoi diable, on n'arrive pas à se mettre en mouvement ?" (0:29:00)"Le capitalisme, c'est comment tu fais vivre des gens ensemble en dehors de règles morales et religieuses. Et maintenant qu'on fait face à un défi moral, qui est le défi du climat, on ne sait plus faire." (0:19:30)"Face à l'enjeu moral, c'est l'action qui doit prévaloir — et pas la réflexion de est-ce qu'on est optimiste, négatif, et ainsi de suite." (1:06:44)"On a voulu détendre le lien social. En cas de problème, il n'y a plus personne, et donc il n'y a plus de devoir — on ne demande que des droits." (0:26:30)"Le climat, ce n'est plus seulement la plus grosse menace. C'est aussi la plus belle opportunité de réapprendre à vivre ensemble, nous, les 8 milliards de personnes sur Terre." (1:12:00)Big Ideas1. Notre cerveau construit des modèles à partir de signaux — et s'y enferme L'inférence bayésienne selon Stanislas Dehaene : le cerveau observe des signaux et fabrique des lois du monde. Agassi qui lit le service de Becker, le bébé qui comprend la gravité, le rat dans le labyrinthe — tous fonctionnent pareil. Le problème : une fois le modèle établi, on arrête de le mettre à jour. On entre en surconfiance. C'est exactement ce qui se passe avec le climat : on sait, mais on ne change pas de modèle. (0:02:37)2. L'histoire humaine s'est organisée autour de "moments fromages" — et le climat en exige un nouveau Deux grandes ruptures : l'agriculture et la science moderne (accès aux ressources naturelles), puis le néolibéralisme (accès aux ressources humaines mondiales). À chaque fois, l'humanité a réorganisé ses représentations. Le climat est la première fois qu'on nous demande de limiter l'accès aux ressources — un défi sans précédent pour des cerveaux conditionnés à l'expansion. (0:07:43)3. Le capitalisme a délibérément mis la morale hors jeu Au XVIIe siècle, la grande question était : comment faire vivre des gens ensemble sans passer par la morale ou la religion, qui créent des guerres ? La réponse : l'intérêt personnel. Adam Smith, Montesquieu, Hirschman ont construit un système où l'égoïsme profite à la société. Ça a marché. Mais le climat est un problème moral (les plus faibles meurent en premier) — et on n'a plus les réflexes pour ça. (0:14:55)4. L'overview effect comme signal de bascule possible Les astronautes dans l'espace deviennent poètes. Ils voient la planète fragile, belle, vivante. Frédéric propose ces trois perceptions comme signal capable de réécrire nos représentations. La fragilité déclenche la responsabilité (Lévinas). La beauté prépare à la morale (Kant). Le vivant nous réintègre dans la nature après des siècles d'extraction. Pas un programme politique — une hypothèse sur comment les cerveaux humains peuvent changer. (0:39:00)5. Face à un enjeu moral, la question n'est plus l'espoir — c'est l'action Jean Cavaillès, philosophe-mathématicien résistant, incarne la réponse. En mai 1941, zéro espoir objectif. Et pourtant il agit — parce que face à un enjeu moral, la question n'est plus "quelle est la probabilité ?" mais "quelle est mon obligation ?". C'est la même logique que d'appeler les pompiers pour quelqu'un qui fait une crise cardiaque dont on sait qu'elle sera fatale. On agit. Pas parce qu'on espère, mais parce qu'on doit. (1:04:06)Questions poséesQu'est-ce que l'anecdote d'Agassi et Becker révèle sur le fonctionnement du cerveau humain ?Quels sont les grands "moments fromages" de l'histoire de l'humanité, et où en sommes-nous aujourd'hui ?Comment définirais-tu le capitalisme à son origine — et en quoi diffère-t-il du néolibéralisme ?Pourquoi le néolibéralisme a-t-il dissous le lien social, et quelles en sont les conséquences concrètes ?Sur un problème aussi connu et aussi grave que le climat, pourquoi l'humanité n'arrive-t-elle pas à se mettre en mouvement ?Qu'est-ce que l'inférence bayésienne nous apprend sur notre incapacité à mettre à jour nos modèles face au climat ?Qu'est-ce que les astronautes et l'overview effect peuvent nous apprendre sur comment changer nos représentations collectives ?Comment Lévinas et Kant peuvent-ils nous aider à repenser notre rapport au problème climatique ?Qui était Jean Cavaillès, et pourquoi son histoire est-elle une réponse au problème de l'inaction ?Si le signal qui change nos représentations n'est pas encore arrivé, qu'est-ce qui pourrait en tenir lieu à l'échelle de nos sociétés ?Références citéesPersonnes et penseursStanislas Dehaene — chaire de sciences cognitives, Collège de France (0:04:00)André Agassi / Boris Becker — anecdote du service et de la langue (0:02:37)Max Weber — thèse sur la naissance du capitalisme (0:13:00)Albert Hirschman — économiste, auteur sur l'origine du capitalisme (0:13:00)Marcel Enaf — sur le commerce pré-capitaliste (0:17:29)Machiavel, Spinoza, Galilée, Montesquieu, Adam Smith — généalogie du capitalisme (0:15:25)Milton Friedman — article dans le New York Times sur le néolibéralisme (0:19:54)Emmanuel Lévinas — philosophe lituanien, "le visage d'autrui" et l'éthique (0:42:44)Emmanuel Kant — la beauté, le désintérêt et la morale (0:44:30)Michel Serres — "on mesure l'ampleur d'un problème à la durée qu'il a mise à se former" (0:33:34)Robin Dunbar — nombre de 150, limite de coordination des groupes humains (0:34:22)Hannah Arendt et Karl Polanyi — fascisme comme réaction au libéralisme du XIXe siècle (1:07:50)Henri Bergson — envoyé aux États-Unis pour convaincre Wilson d'entrer en guerre (0:53:43)Président Wilson — discours d'entrée en guerre au nom de valeurs morales, 1917 (0:54:30)Jean Cavaillès — philosophe-mathématicien résistant, fusillé (1:02:11)Raymond Aron — "Si Jean Cavaillès avait vécu, j'aurais dit moins de bêtises" (1:04:06)Pierre Brossolette, Jean Moulin — résistants évoqués en parallèle (1:05:00)Concepts et événementsInférence bayésienne — mécanisme cognitif de construction de modèles (0:47:50)Overview effect — phénomène de bascule perceptuelle chez les astronautes (0:39:30)Théorie des "moments fromages" — concept central du livre (0:07:43)Bulle des tulipes — première crise financière spéculative, XVIIe siècle (0:50:23)COP21 — coalition d'investisseurs créée par Frédéric (0:27:33)Passage à l'an 2000 (bug Y2K) — contre-exemple de mobilisation rapide (0:30:00)Protocole de Montréal / couche d'ozone — résolu en 18 mois (0:51:43)Timestamps clés00:00 Introduction — Et si on se réjouissait à nouveau du futur ? Gregory présente Frédéric Semama, pionnier de la finance verte et auteur de L'énigme de l'inaction climatique. 02:37 L'anecdote Agassi / Becker Comment Agassi a découvert le code du service de Becker en s'asseyant dans la foule — et ce que ça révèle sur le cerveau humain. 04:00 Comment le cerveau construit ses modèles du monde Stanislas Dehaene au Collège de France : inférence bayésienne, le bébé, le rat dans le labyrinthe. 07:43 Les "moments fromages" de l'histoire humaine Agriculture, science moderne, néolibéralisme : trois grandes ruptures où l'humanité a réorganisé ses représentations pour accéder à de nouvelles ressources. 13:00 L'origine du capitalisme — bien au-delà de l'argent Comment le capitalisme est né comme solution à la guerre de religion : faire vivre des gens ensemble sans morale ni religion. 20:56 Tout le monde veut un village mais personne ne veut être villageois La concierge qui sauve Frédéric pendant le Covid — et le choc quand il essaie de la remercier avec des cadeaux. 27:00 Pourquoi on n'agit pas sur le climat Trois raisons structurelles : c'est la première limite à l'accès aux ressources, il n'y a pas de signal à hauteur du problème, et nos modèles sont inadaptés. 36:22 La bulle sociétale — on peut savoir et continuer quand même De la bulle internet à la bulle des tulipes : le mécanisme d'enfermement conscient à l'échelle d'une planète. 39:00 L'overview effect — les astronautes comme piste de bascule Fragile, belle, vivante : les trois perceptions que les astronautes rapportent de l'espace — et ce qu'elles activent dans le cerveau. 42:44 Lévinas : le visage d'autrui comme début de l'éthique Quand voir la fragilité de l'autre nous oblige à agir au-delà de notre instinct de conservation. 52:07 La couche d'ozone vs le climat En 18 mois, tous les pays du monde se sont mis d'accord. Qu'est-ce qui est fondamentalement différent avec le climat ? 53:43 Bergson à la Maison-Blanche La France envoie le philosophe Henri Bergson convaincre Wilson d'entrer en guerre. Il réussit. Ce que ça dit du pouvoir des valeurs morales en politique. 1:00:14 Je ne cherche pas à avoir de l'espoir Frédéric explique pourquoi la question n'est pas l'espoir — avec mai 1941 comme exemple. 1:02:11 Jean Cavaillès — le héros oublié de la résistance Fils de militaire, philosophe-mathématicien, major de Normale Sup tout seul. Et résistant. Fusillé dans une fosse commune. 1:06:29 La crise cardiaque et l'obligation morale "La probabilité que tu survives est nulle. Et pourtant, tu vas tout faire pour me sauver." Ce que ça dit du rapport entre morale et action. 1:14:54 La solution concrète : recommencer à regarder le vivant Pourquoi enseigner la vie des animaux et des plantes à l'école changerait plus de choses que n'importe quelle taxe carbone. Suggestion d'autres épisodes à écouter : #286 Le cynisme politique face à l'urgence climatique? avec Fabrice Nicolino (https://audmns.com/SHnNoJp) #292 Les enjeux de la géopolitique climatique avec David Djaiz (https://audmns.com/BoZGVQa) #178 Les technologies vont-elles nous permettre de faire face au défi climatique? avec Philippe Bihouix (https://audmns.com/ktZSlzb)Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pesticides, médicaments, microplastiques : l'eau courante est de plus en plus polluée. D'où cette question : faut-il encore boire l'eau du robinet ? Pour y répondre, nous recevons Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé sur les questions écologiques, et auteur de “C'est l'eau qu'on assassine”, aux éditions Les liens qui libèrent.Interview réalisée par Maxime Thuillez, à l'académie du climatHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, parler de l'eau revient à parler des sujets qui fâchent, alors nous en parlons dans ce podcast : pollutions, pesticides, Pfas, microplastiques, agriculture et élevage intensifs, nucléaire, mégabassines, médicaments, cosmétiques, stations d'épuration, pluies acides et pluies polluées, antibiorésistance, politiques, scandales dans la gestion de l'eau… Tous ces sujets sont sensibles et concentrent bien des crispations. Tous ces sujets posent des problèmes à l'eau, notre eau, celle qui était naturellement pure. Cette eau et sa pureté qui sont nécessaire à notre survie et à la survie du vivant sur cette planète. Maltraiter l'eau, c'est maltraiter nos vies. Il est temps d'agir.Pour prendre conscience de l'urgence et pour agir, lisez ce livre, écoutez ce podcast et rejoignez l'appel de Fabrice Nicolino pour protéger l'eau en envoyant un mail à cette adresse [coquelicots2025@emailasso.net] pour indiquer que vous souhaitez faire partie du mouvement !Présentation par l'éditeur :Il y a des crises que l'on voit venir sans vouloir y croire. Celle de l'eau est l'une des plus graves. Un regard neuf et radical sur un problème systémique : il ne suffit plus de dépolluer, mais il faut cesser de polluer. Parce que nous sommes de l'eau. C'est un basculement historique. Un vrai. L'eau potable, celle que l'on reçoit au robinet, a longtemps été un miracle. La preuve d'un grand progrès pour tous. Mais voilà que le signal s'inverse, car les pollutions cumulées de la chimie de synthèse l'ont transformée en un produit industriel. Tous les spécialistes, tous les distributeurs d'eau savent qu'il n'est plus possible d'arrêter les innombrables molécules en circulation. Ils le savent, mais le taisent encore, car il n'y a plus guère qu'une solution : casser le thermomètre, modifier en catimini les normes pour faire croire que l'eau est encore de l'eau. Or ce n'est pas vrai. Ce n'est plus vrai.Bien au-delà, ce livre montre à quel point l'eau des nappes, des rivières, de la pluie, celle qui pénètre le sol, irrigue l'agriculture intensive, abreuve les golfs et les piscines, fabrique la neige artificielle, refroidit le nucléaire et les data centers, est proprement assassinée.Par qui ? Une vaste coalition, décrite par le menu, mêle les multinationales de l'eau, les grands ingénieurs d'État, et des politiciens indifférents à cette question pourtant vitale. Le tout sur fond de corruption, de renvois d'ascenseur et de copinage endogamique. C'est grave ? Très. Parce que nous sommes tous de l'eau – notre cerveau en contient 80 % –, il faut changer, et vite. L'eau ne peut plus être un dépotoir. Elle est notre bien commun. Un bien sacré. Ce n'est plus l'heure de parler encore, mais d'agir. Nous devons devenir des Fremen, ces habitants de la planète Dune qui considéraient toute atteinte à l'eau comme un crime.Fabrice Nicolino est journaliste. Il est notamment l'auteur avec François Veillerette de Nous voulons des Coquelicots (2018), ou encore de Bidoche : l'industrie de la viande menace le monde (2009) et Le grand sabotage climatique (2023).Acheter le livre "C'est l'eau qu'on assassine", édition Les Liens qui libèrent, sur le site des libraires indépendantsRetrouvez tous les podcasts et recommandations de So Sweet Planet sur le site sosweetplanet.comSoutenir mon travail sur PaypalSoutenir mon travail et me rejoindre sur PatreonSuivre So Sweet Planet :- Instagram- BlueSky- Facebook Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C'est un basculement historique. Un vrai. L'eau potable, celle que l'on reçoit au robinet, a longtemps été un miracle. La preuve d'un grand progrès pour tous. Mais voilà que le signal s'inverse, car les pollutions cumulées de la chimie de synthèse l'ont transformée en un produit industriel. Tous les spécialistes, tous les distributeurs d'eau savent qu'il n'est plus possible d'arrêter les innombrables molécules en circulation. Il faut changer, et vite. L'eau ne peut plus être un dépotoir. Elle est notre bien commun. Un bien sacré. Ce n'est plus l'heure de parler encore, mais d'agir. On en parle avec le journaliste Fabrice Nicolino.C'est l'eau qu'on assassine (Ed. LLL) Merci pour votre écoute Tendances Première, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 10h à 11h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes de Tendances Première sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/11090 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:09:51 - La Transition de la semaine - par : Nicolas Herbeaux - Cette semaine, dans la Transition de la Semaine, Nicolas Herbeaux reçoit Fabrice Nicolino pour son livre "L'eau qu'on assassine" aux éditions Les Liens qui Libèrent. - réalisation : Camille Mati - invités : Fabrice Nicolino Journaliste spécialiste de l'écologie et essayiste
Stéphane Labranche est sociologue et coordinateur scientifique du GIEC du comportement d'un côté, pratiquant passionné de MMA avec 40 ans d'expérience dans les arts martiaux de l'autre. Cette combinaison unique lui permet d'apporter un regard original sur l'un des plus grands défis de notre époque : la crise climatique.Si comme moi vous l'impression que toutes les injonctions à l'écologie ne fonctionnent pas bien sur vous, vous allez adorer.D'ailleurs chose rare, je le challenge pas mal dans l'épisode!Dans cet épisode , il nous invite à repenser notre compréhension de la crise climatique, suggérant qu'elle est avant tout une crise comportementale.Il démontre comment les habitudes profondément ancrées dans notre société de consommation constituent le véritable obstacle au changement.Sa perspective est particulièrement éclairante lorsqu'il compare la transformation sociétale nécessaire à un combat de MMA : chaque victoire requiert stratégie, discipline et résilience.Il nous montre que la réduction de notre consommation - qu'il s'agisse de viande, de mobilité ou de notre mode de vie en général - n'est pas simplement une question de choix individuels, mais un défi civilisationnel qui nécessite une approche holistique.À travers des anecdotes personnelles et des métaphores assez fortes, Stéphane explore des concepts essentiels comme l'abondance, les co-bénéfices et la redéfinition de la qualité de vie.Il nous propose une vision où le bonheur ne se mesure pas à la quantité de biens possédés, mais à la richesse des relations humaines, à la qualité de notre environnement et au temps dont nous disposons.Cette conversation stimulante offre non seulement une analyse approfondie des obstacles au changement, mais aussi des pistes concrètes pour agir.Elle s'adresse particulièrement à ceux qui se sentent frustrés par l'inaction climatique et cherchent à comprendre comment initier une transformation durable, tant personnelle que collective.Questions que l'on traite:Pourquoi dis-tu que l'écologie politique, telle qu'abordée aujourd'hui, ne fonctionne pas ?Comment nos comportements sont-ils enracinés dans une civilisation carbonée ?Penses-tu qu'un changement de civilisation est inévitable ?Quels parallèles peux-tu faire entre le MMA et les défis du changement climatique ?En quoi la discipline est-elle cruciale pour amorcer une transition écologique ?Comment sortir du modèle de la famille nucléaire et promouvoir des modes de vie plus partagés ?Qu'est-ce que les co-bénéfices, et pourquoi sont-ils essentiels pour engager le changement ?Comment les normes sociales évoluent-elles face à des enjeux tels que l'aviation ou le végétarisme ?Le capitalisme peut-il cohabiter avec une transition écologique ?Que signifie, pour toi, réinventer l'abondance ?Timestamps :00:00 - Introduction à l'épisode et présentation de Stéphane Labranche01:10 - Pourquoi l'écologie politique actuelle échoue03:49 - Les freins sociaux et cérébraux au changement14:00 - Acceptabilité sociale et contradictions comportementales22:18 - Crise climatique ou crise des comportements ?30:38 - Leçons du MMA pour la transition écologique39:03 - Discipline et motivation dans le changement50:15 - Pourquoi les récits apocalyptiques paralysent l'action57:24 - Co-bénéfices et nouvelles perspectives01:00:19 - Imaginer un futur désirable : nouveaux récits et transitions Suggestion d'autres épisodes à écouter : #292 Les enjeux de la géopolitique climatique avec David Djaiz (https://audmns.com/BoZGVQa) #286 Le cynisme politique face à l'urgence climatique? avec Fabrice Nicolino (https://audmns.com/SHnNoJp) #167 Comment gérer l'anxiété due au réchauffement climatique avec Alice Desbiolles (https://audmns.com/Wucmnld)
Fabrice Nicolino est journaliste, rescapé des attentats à Charlie Hebdo et auteur de nombreux ouvrages dont le dernier "le grand sabotage climatique" retrace les 50 dernières années de luttes contre le réchauffement climatique. Ce qui est intéressant avec 50 ans de recul, c'est que l'on peut désormais regarder ces événements avec une approche historique pour mieux comprendre comment depuis les 1ers sommets de la terre en 1972, nous en sommes encore à des COP dont l'organisateur lui-même tient des propos climatosceptiques. Pourquoi alors que depuis 50 ans nous savons que nous allons dans le mur, rien ou presque n'a été fait pour éviter le mur devant nous ? C'est une question légitime que nous sommes tous en droit de nous poser puisqu'après tout il en va de l'habitabilité de la planète pour nous et nos descendants et que c'est une problématique tellement complexe qu'elle ne peut pas être résolue en quelques années. À la manière d'un historien Fabrice nous raconte des histoires et rend l'épisode comme la lecture de son ouvrage très agréable à lire. Avec lui nous revenons sur l'engagement de l'ONU, des différents états sur le climat, sur les histoires d'hommes (plutôt que de femmes d'ailleurs) qui ont été aux premières loges des grandes institutions climatiques mondiales et en premier lieu. Le discours de Farbice est stimulant, allant des origines du mouvement écologiste aux États-Unis, en passant par le rôle des ONG dans les négociations climatiques, sans oublier cet éternel débat : sommes-nous face à un cynisme absolu de la part de certains acteurs, ou simplement en présence d'aveuglement volontaire ? Enfin, Fabrice partage avec nous ses réflexions sur les alternatives politiques et sociales possibles face à l'imminente menace climatique, et nous aide à envisager des solutions pour réaligner notre destin collectif avec les impératifs de notre Terre. Préparez-vous pour une discussion intense et éclairante. Assurez-vous de ne rater aucun détail, car cet échange promet d'être aussi provocateur qu'instructif. C'est parti pour Vlan avec Fabrice Nicolino, au cœur de la crise climatique. Une partie des questions que l'on traite: 1. Pensez-vous que l'influence de figures politiques comme Ronald Reagan a effectivement modelé le GIEC de manière à en affaiblir l'impact ? 2. Comment expliquez-vous le phénomène de déni malgré la connaissance scientifique des dangers du changement climatique ? 3. Quelles seraient, selon vous, les alternatives au modèle économique de consommation actuel que Fabrice critique pour son impact sur le climat ? 4. Comment réagissez-vous à l'idée que les ONG participent à des conférences sur le climat qui sont présidées par des responsables de sociétés pétrolières ? 5. Que pensez-vous de la proposition de recherche de formes collectives non violentes pour répondre à l'inaction climatique ? 6. Comment interprétez-vous la distinction entre l'économie en tant que système et les entreprises individuelles en matière de responsabilité environnementale ? 7. Quels sont vos avis sur le lien entre les partis politiques extrémistes et le climatoscepticisme ? 8. En quoi la notion de conception holistique pourrait-elle contribuer à une meilleure approche des défis environnementaux ? 9. Quel rôle pensez-vous que la science-fiction puisse jouer dans la sensibilisation et la réflexion sur les problématiques climatiques ? 10. Selon vous, quelle devrait être la nature des nouvelles formes politiques pour faire face efficacement à la crise climatique ? Suggestion d'autres épisodes à écouter : #232 Crise du vivant, on en est où? avec Thomas Wagner (Bon Pote) (https://audmns.com/DyxQOdK) #178 Les technologies vont-elles nous permettre de faire face au défi climatique? avec Philippe Bihouix (https://audmns.com/ktZSlzb) #167 Comment gérer l'anxiété due au réchauffement climatique avec Alice Desbiolles (https://audmns.com/Wucmnld)
La 28ème conférence des Nations unies se déroule, du 30 novembre au 12 décembre 2023, à Dubaï dans un climat tendu. Elle est présidée par le sultan émirien Ahmad Al Jaber, ministre de l'Industrie et des Technologies et président de la compagnie nationale pétrolière, et elle se déroule aux Émirats Arables Unis qui sont le 7ème pays producteur de pétrole. Les COP se suivent et les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter. Faut-il les réformer ? Que faut-il changer ? Invités : - Fabrice Nicolino, auteur de Le grand sabotage climatique, aux éditions Les Liens qui libèrent- Tosi Mpanu Mpanu, négociateur climat pour la RDC à la COP28.
La 28ème conférence des Nations unies se déroule, du 30 novembre au 12 décembre 2023, à Dubaï dans un climat tendu. Elle est présidée par le sultan émirien Ahmad Al Jaber, ministre de l'Industrie et des Technologies et président de la compagnie nationale pétrolière, et elle se déroule aux Émirats Arables Unis qui sont le 7ème pays producteur de pétrole. Les COP se suivent et les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d'augmenter. Faut-il les réformer ? Que faut-il changer ? Invités : - Fabrice Nicolino, auteur de Le grand sabotage climatique, aux éditions Les Liens qui libèrent- Tosi Mpanu Mpanu, négociateur climat pour la RDC à la COP28.
Chaque semaine, découvrez le débat de la rédaction autour de trois sujets différents ! Cette semaine retrouvez Fabrice Nicolino, Robert McLiam Wilson et Laure Daussy sur le chlordécone, la manif du 7 mars 2021 et l'IEP de Grenoble.
“We are living under siege, in Paris, in 2020,” said Fabrice Nicolino, a journalist who survived the massacre at the magazine Charlie Hebdo. Speaking at the trial of the alleged conspirators in that massacre, Nicolino decried the fact that the magazine now operates under heavy security: “What we are enduring, you aren’t interested in it.” In 2015, Islamists burst into the offices of Charlie Hebdo and, with seeming military precision, executed eleven people, including the editor and many of the publication’s leading cartoonists. The magazine had published a cartoon of Muhammad. The gunmen had come to “avenge the prophet.” To mark the opening of the trial in September, Charlie Hebdo republished the notorious cartoons of Muhammad. In an editorial, it stated: “We would have found it unacceptable to start this trial without presenting them to our readers and to the public. . . . These cartoons are part of history.” Several weeks later, a man wielding a meat cleaver went to the former offices of the magazine (unaware it had relocated) and stabbed two people he thought worked there. Denouncing Charlie Hebdo’s republication of the Muhammad cartoons, he admitted to police that he planned to set fire to the building. While the trial was ongoing, in north Paris on October 16, a young Islamist attacked a middle-school teacher, Samuel Paty, and beheaded him. Paty had shown some students one of the cartoons that appeared in Charlie Hebdo — “during a moral and civic education class discussion about freedom of speech.” A young Islamist attacked a middle-school teacher, Samuel Paty, and beheaded him. Paty had shown some students one of the cartoons that appeared in Charlie Hebdo — “during a moral and civic education class discussion about freedom of speech.”What’s the climate today for freedom of speech, specifically on the topic of Islam, in Europe? What can we make of the response of European governments? To understand the situation, I talked to Flemming Rose, a journalist and author of The Tyranny of Silence. In 2005, he was an editor at the Danish newspaper Jyllands-Posten when it commissioned and later published cartoons on the subject of Islam to assess the seeming climate of self-censorship. That decision led to boycotts, deadly protests, and a global crisis. Al Qaeda put Mr. Rose on a hit list, and today when he leaves home, he must be accompanied by bodyguards. We talked about the “cartoons crisis,” which has become shrouded in misconceptions, the worldwide protests and boycotts that ensued, and the massacre at Charlie Hebdo (it had republished the Danish cartoons in support of freedom of speech). Following that attack, millions flocked to the streets of Paris to show their solidarity with the murdered journalists, declaring on banners, “Je Suis Charlie” (“I am Charlie”). What became of that visceral outpouring of support in the years since? The Charlie Hebdo massacre and subsequent attacks have stoked fears about some Muslims in France rejecting the country’s principles of secular government and free speech. The French president, Emanuel Macron, has expressed concern about “Islamist separatism”: Is this a significant phenomenon, I asked Mr. Rose, and what’s his view of the French government’s approach to it? Flemming Rose is a thoughtful observer. I found the conversation illuminating, but also chilling. This episode was recorded on November 11, 2020. Listen and subscribe from your mobile device on Apple Podcasts, Google Podcasts, Spotify or Stitcher. Podcast audio:
durée : 00:14:15 - Superfail - par : Guillaume Erner - Alors que les chasseurs ont pu bénéficier d’une dérogation pour « actions de régulation » lors du deuxième confinement, Superfail revient sur la multiplication des sangliers en France ces dernières années. Pourquoi, malgré un abattage massif, ces grands gibiers restent-il si nombreux ? - réalisation : Vivien Demeyère - invités : Fabrice Nicolino journaliste et essayiste, contributeur à « Charlie Hebdo »
Cette semaine nous vous proposons gratuitement la version longue du podcast de Charlie Hebdo avec : - L’édito de Riss - Les brèves - Le compte-rendu du Procès, après une semaine de suspension par Yannick Haenel - Le courrier d’Olivier - Ceux qui ont voulu tuer Seralini, un article de Fabrice Nicolino, avec la voix de Jérôme Pouly - L’Islam des faux croyants, une archive de Charb - Le concert des archevêques, Mgr Le Gall archevêque de Toulouse, Mgr Cattenoz, archevêque d’Albi, Mgr Legrez archevêque d’Albi, Mgr Marceau, évêque de Nice, d’après Gérard Biard avec les voix d’Henri Zahonero, Steve torion, Charles Cabrillac. - Le 13 Novembre, un article de Natacha Devanda - Les directs de la rédaction - Le crétinisier de la semaine Coraly Zahonero est comédienne, sociétaire de la Comédie-française, metteur en scène et adaptatrice. Elle travaille avec l’équipe de Charlie-Hebdo depuis trois ans dans le cadre d’un projet d’écriture et de mise en scène autour de l’histoire du journal. Mixage : Julia Musique : Brand Essence – des éditions Stela Polaris – Luis Rigou
Cette semaine nous vous proposons gratuitement la version longue du podcast de Charlie Hebdo avec l'édito de Riss, le compte rendu de la dixième semaine du procès des attentats de janvier 2015, une chronique de Gérard Biard, puis celle de Fabrice Nicolino sur la PAC, ainsi qu'un article de Laure Daussy sur l'IVG en Pologne, une puce de Luce Lapine, les brèves et le crétiniser de la semaine. Coraly Zahonero est comédienne, sociétaire de la Comédie-française, metteur en scène et adaptatrice. Elle travaille avec l’équipe de Charlie-Hebdo depuis trois ans dans le cadre d’un projet d’écriture et de mise en scène autour de l’histoire du journal. Mixage : Julia Musique : Brand Essence – des éditions Stela Polaris – Luis Rigou
durée : 00:54:20 - La Terre au carré - par : Mathieu Vidard - Charlie Hebdo, journal satirique, propose chaque semaine des articles sur l'environnement, l'écologique et les sciences et c'est sérieux ! Charlie a été dès le début des années 70 à l'avant-garde avec la collaboration entre autres de Pierre Fournier, militant anti-nucléaire et Cavanna. - invités : Fabrice Nicolino, Antonio FISCHETTI - Fabrice NICOLINO journalistes scientifiques à Charlie Hebdo, Antonio FISCHETTI journalistes scientifiques à Charlie Hebdo
Pendant cette période d’arrêt forcé, Atabula a décidé d’appeler des chefs et des acteurs du monde de la restauration ou de l’alimentation pour leur demander comment ils vivent le confinement et ce que cela change pour eux dans leur quotidien et dans leur vision de l’avenir. Quatrième podcast « Allo confiné(e) » avec le journaliste-essayiste-écologiste Fabrice Nicolino. Au menu du jour : la crise actuelle, la peste porcine africaine, les retraites, l’épandage de pesticides, la crise écologique, l’agro-alimentaire, la Chine, les immeubles à cochon, la FNSEA et le loup en France. Un podcast engagé.
durée : 00:34:16 - La Grande table idées - par : Olivia Gesbert, Maja Neskovic - Quels enjeux et quelles urgences derrière le combat contre les pesticides? Fabrice Nicolino, journaliste et président du mouvement "Nous voulons des coquelicots", nous en parle aux côtés de Stéphane Foucart, journaliste au Monde. - réalisation : Eric Lancien, Gilles Blanchard - invités : Fabrice Nicolino journaliste et essayiste, contributeur à « Charlie Hebdo »; Stéphane Foucard journaliste au Monde
"Nous voulons des coquelicots", le livre de Fabrice Nicolino et François Veillerette paru aux éditions LES LIENS QUI LIBÈRENT a déjà beaucoup fait parler de lui. Nous avons eu envie de savoir si ce manifeste qui invite à se lever ensemble contre les pesticides a donné envie à nos concitoyens de passer à l’action. Au regard du désengagement des politiques, le temps d’après Fabrice Nicolino n’est plus aux réflexions ou aux commentaires mais à l’action citoyenne. Le nombre des premières actions menées en France suite à l’appel des coquelicots du 05 octobre a visiblement conforté sa volonté d’engager un combat citoyen. Il rappelle au micro d’ActifsRadio, les enjeux de la lutte contre les pesticides et revient notamment sur les causes de cette catastrophe écologique évoquant notamment une désinformation au service des pesticides et de multiples complicités politiques. A l’heure où il y a beaucoup de responsables mais peu de coupables et où de nombreux politiques s’enorgueillissent de dire « il faut agir » en s’empressant de rajouter si c’est possible !, les auteurs de "Nous voulons des coquelicots" n’hésitent pas à citer des institutions et des noms, coupables de complicité ou au contraire d’avoir alerter sur le danger des pesticides comme l’a fait Rachel Carson auteur de Silent Spring en 1962. Un ouvrage capital, réaliste et prémonitoire où elle décrit un monde où les oiseaux ne pourraient bientôt plus chanter et dénonce l’industrie coupable à ses yeux de désinformation, et les gouvernants qui se mettent à son service sans tenir compte du bien public. Nous sommes en 2018, 56 ans se sont écoulés depuis, il serait peut-être temps que l’appel des coquelicots soit cette fois entendu ! "Il existe aujourd'hui des centaines d'études scientifiques de niveau mondial parues dans de grandes revues qui montrent de manière indiscutable que les pesticides tuent tous ce qui est vivants, les oiseaux, les insectes, les abeilles et s'attaquent à la santé des humains. Désormais nous le savons avec certitude que des maladies aussi lourdes que Parkinson peuvent être provoquées par l'exposition aux pesticides. Notre appel n'est pas un appel d'écologiste ni même politique, mais un appel d'humain à d'autres humains ! Le temps est venu vraiment, VRAIMENT de se lever !" https://nousvoulonsdescoquelicots.org/
En cette Semaine des correspondants, nous recevons Sergio Santos, caméraman à notre bureau de Paris et Sylvain Richard, caméraman à notre bureau de Washington; On revient sur la mobilisation contre le harcèlement sexuel qui a marqué les Golden Globes d'hier avec Michèle Lamont, professeure de sociologie à l'Université Harvard; À Ottawa, des députées fédérales veulent combattre les inconduites sexuelles à la Chambre des Communes, on reçoit l'une d'entre elles, la libérale Alexandra Mendès; Entrevue avec Fabrice Nicolino, journaliste blessé lors de l'attaque contre Charlie Hebdo il y a trois ans déjà; Au Grand Angle, Yves Boisvert et Lise Bissonnette discutent notamment de la santé mentale de Donald Trump et du virage politique des Golden Globes.