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Au Paris Saint-Germain, le statut ne protège plus personne. Le PSG a profondément changé. Dans cette nouvelle équipe construite par Luis Enrique et Luis Campos, il ne suffit plus d'avoir du talent, un gros transfert derrière soi ou une réputation internationale pour être certain de conserver sa place. Aujourd'hui, chaque match compte. Chaque performance est observée. Et surtout, derrière chaque titulaire se trouve désormais un joueur capable de profiter de la moindre baisse de régime. C'est peut-être l'une des transformations les plus importantes du Paris Saint-Germain ces dernières saisons : la concurrence est devenue permanente. Dans le secteur offensif, Luis Enrique dispose d'un nombre impressionnant de solutions. Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia, Désiré Doué, Ferran Torres, Maghnes Akliouche, Mika Godts… Les profils sont différents, mais tous peuvent prétendre à du temps de jeu et tous doivent désormais justifier leur présence sur le terrain. Et dans cet environnement, bien jouer ne suffit peut-être même plus. Maghnes Akliouche en est un bon exemple. Le Français possède toutes les qualités techniques pour s'imposer au Paris Saint-Germain. Il peut créer, éliminer, combiner entre les lignes et parfaitement correspondre au football demandé par Luis Enrique. Mais au PSG, le niveau d'exigence est désormais différent. Un joueur offensif doit également marquer. Faire marquer. Peser sur les grands matches. Et transformer ses bonnes performances en statistiques. Parce que derrière, la concurrence pousse très fort. Mika Godts représente parfaitement cette nouvelle réalité. Le jeune ailier belge continue de progresser et commence déjà à attirer énormément d'attention. Son potentiel, sa capacité à provoquer et son efficacité pourraient rapidement lui permettre de réclamer encore davantage de minutes. Même situation avec Ferran Torres. Son profil offre à Luis Enrique plusieurs possibilités : jouer dans l'axe, partir d'un côté, attaquer la profondeur ou participer au pressing. Dans un effectif aussi riche, cette polyvalence peut devenir un avantage considérable. Et personne n'est réellement épargné. Même les cadres. Ousmane Dembélé doit continuer à maintenir son niveau. Khvicha Kvaratskhelia doit répondre présent. Désiré Doué doit confirmer. Akliouche doit produire. Godts doit saisir ses opportunités. Chaque joueur est constamment poussé par celui qui se trouve derrière lui. Et c'est précisément ce que Luis Enrique semble rechercher. Le technicien espagnol ne veut pas d'une équipe composée de onze titulaires et de onze remplaçants. Il veut un groupe dans lequel plusieurs joueurs peuvent débuter chaque rencontre. Une équipe où la composition peut changer sans faire chuter le niveau collectif. Une équipe où personne ne peut se permettre de relâcher ses efforts. Cette concurrence ne concerne d'ailleurs pas uniquement l'attaque. Au milieu de terrain, Vitinha, João Neves, Fabian Ruiz et les autres doivent également maintenir un très haut niveau. En défense, les options permettent à Luis Enrique de modifier ses choix selon les adversaires et les périodes de forme. Le message envoyé à l'effectif est donc extrêmement clair : le passé ne garantit rien. Un joueur peut être titulaire pendant plusieurs semaines puis se retrouver sur le banc si un concurrent devient meilleur. Mais cette situation peut également devenir un problème. Jusqu'où peut-on pousser la concurrence ? Peut-on maintenir autant de joueurs ambitieux dans un même effectif sans créer de frustration ? Que se passe-t-il lorsqu'un joueur important enchaîne plusieurs matches sans être titulaire ? Et surtout, comment Luis Enrique peut-il distribuer suffisamment de temps de jeu pour maintenir tout son groupe concerné ? C'est l'un des principaux défis du PSG cette saison. Parce que posséder énormément de talent est une force. Mais gérer énormément de talent est beaucoup plus compliqué. Luis Enrique devra faire des choix. Certains joueurs vont gagner du terrain. D'autres vont en perdre. Et certains pourraient même progressivement comprendre qu'ils n'occupent plus une place aussi importante que prévu. C'est peut-être là que le nouveau PSG se distingue réellement de celui des années précédentes. Autrefois, plusieurs joueurs semblaient pratiquement intouchables. Aujourd'hui, le système passe avant les individualités. Le collectif passe avant les statuts. Et la performance du moment passe avant la réputation. Cette philosophie peut rendre le PSG extrêmement difficile à affronter. Lorsqu'un titulaire fatigue, un autre joueur peut prendre sa place. Lorsqu'un offensif traverse une mauvaise période, Luis Enrique dispose immédiatement d'une alternative. Lorsqu'un jeune explose, il peut bouleverser la hiérarchie. 00:00 Intro 05:12 Le PSG nous manque ! 08:05 Débat Zidane x Mbappé en EDF 23:25 Mika Godts, un bel avenir en perspective? 53:01 Debrief interview de Luis Campos 01:49:56 Q&A 01:56:25 Outro Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices
Et si, dans le grand calcul de ta rentabilité, il y avait quelques petits trucs que tu avais un peu mis sous le tapis ?Dans cette Minute Alix, on parle des frais et des temps dédiés à notre activité qui passent facilement sous les radars quand on fixe nos tarifs.Parce qu'entre ce qu'on imagine pouvoir vendre et ce qu'on peut réellement facturer, il y a parfois quelques surprises…Et toi, dis moi : team tracking ou team au doigt mouillé ?
TDAH, hypersensibilité au rejet, dysrégulation émotionnelle et hypersensibilité sensorielle : comment faire la différence?Quand on parle de TDAH et d'émotions, plusieurs termes reviennent souvent : dysrégulation émotionnelle, hypersensibilité au rejet (RSD) et hypersensibilité sensorielle. Mais est-ce vraiment la même chose?Dans cet épisode d'Ambitieusement TDAH, je t'aide à faire la distinction entre ces trois réalités qui peuvent être présentes chez les adultes avec un TDAH — et surtout à comprendre comment elles peuvent se chevaucher.On explore notamment :L'hypersensibilité au rejet (Rejection Sensitivity / RSD) : cette tendance à percevoir très fortement la critique, le jugement ou le rejet, parfois même lorsque l'intention de l'autre n'est pas claire.La dysrégulation émotionnelle : la difficulté à moduler l'intensité de ses émotions, qu'il s'agisse de colère, de tristesse, d'anxiété, de honte… mais aussi d'enthousiasme et d'excitation.L'hypersensibilité sensorielle : quand les bruits, les odeurs, les lumières, les vêtements ou certains environnements deviennent rapidement envahissants et peuvent mener à une surcharge.Je te partage aussi plusieurs exemples de mon quotidien : pourquoi le bruit d'un avion peut devenir insupportable, pourquoi je choisis certains restaurants, pourquoi je fais toujours mon épicerie au même endroit et comment la fatigue, la faim, le stress ou le manque de sommeil peuvent diminuer notre capacité à nous réguler.Parce que mieux comprendre ton fonctionnement permet aussi de devenir plus proactif : identifier tes déclencheurs, adapter ton environnement, prévoir des pauses sensorielles et développer des stratégies qui diminuent la surcharge avant d'arriver au point de rupture.L'objectif n'est pas d'éliminer toutes tes sensibilités, mais de mieux reconnaître ce qui se passe dans ton cerveau afin de mettre en place les bons outils pour soutenir ton fonctionnement au quotidien.
Cette saison Matthieu Morand s'intéresse aux Face B des vinyles. On a tous en tête le titre qui démarre un disque, la face A étant sensée nous captiver dès la première seconde. Mais que se passe-t-il quand on retourne le disque ? Par quel titre les groupes choisissent de démarrer leur face B, c'est tout le pitch de la saison. On voyagera des années 1970 jusqu'au 21ème siècle avec les périodes fastes du vinyle mais aussi cette ère sombre où le support physique a décliné... pour mieux renaitre. La saison sera aussi l'occasion de quelques « Cocorico », rubrique légendaire qui met en avant les groupes français ! Parce qu'on l'entendra : en France aussi on a des groupes qui sortent des vinyles !Quatrième épisode : 1980 !
Pourquoi les marchés regardent-ils aujourd'hui l'inflation avec autant d'attention ? »Parce que les chiffres publiés aujourd'hui racontent deux histoires très différentes de part et d'autre de l'Atlantique.Aux États‑Unis, l'inflation donne des signes d'apaisement. L'indicateur PCE, la mesure privilégiée par la Réserve fédérale américaine, est ressorti à 3,4 % sur un an en août, contre 3,7 % le mois précédent, une évolution meilleure qu'attendu et plutôt rassurante pour les marchés.En Europe, en revanche, la tendance est tout autre. L'inflation repart à la hausse dans plusieurs grandes économies, notamment en France, en Allemagne et en Espagne, sous l'effet de la remontée des prix de l'énergie.Cette divergence est importante, car elle pourrait conduire les banques centrales à suivre des trajectoires différentes dans les prochains mois. D'un côté, les investisseurs américains espèrent une pression un peu moins forte sur les taux. De l'autre, la Banque centrale européenne pourrait devoir rester prudente plus longtemps.À suivre aujourd'hui : la publication de l'indice ISM manufacturier aux États‑Unis. Un rendez‑vous important pour les marchés, qui permettra de prendre le pouls de l'activité industrielle américaine en ce début de quatrième trimestre.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dire l'heure en français, ça paraît facile… jusqu'au moment où tu dois choisir entre “deux heures et demie”, “quatorze heures trente”, “deux heures de l'après-midi” ou encore comprendre pourquoi les francophones parlent parfois en système de 12 heures et parfois en système de 24 heures.Et si tu viens d'un pays où on utilise principalement AM et PM, il y a de fortes chances que certaines habitudes françaises te semblent particulièrement étranges.Dans cet épisode, on va donc beaucoup plus loin que le traditionnel “Quelle heure est-il ?” des méthodes de français.Je t'explique comment dire l'heure en français naturellement, quelles formes les francophones utilisent réellement dans la vie quotidienne, lesquelles sont plutôt réservées aux horaires officiels, aux trains ou aux administrations, mais aussi les erreurs très fréquentes que font les personnes qui apprennent le français, y compris à un niveau avancé.On parlera également de l'origine des systèmes de 12 heures et de 24 heures, de la signification de AM et PM, de midi et minuit, de certaines particularités grammaticales surprenantes et de toutes ces petites nuances qu'on apprend rarement dans les cours de français.Parce qu'entre “à huit heures”, “vers huit heures”, “pour huit heures”, “huit heures pile” et “huit heures tapantes”, il y a beaucoup plus de français à apprendre qu'on ne pourrait le croire.C'est un épisode à écouter si tu veux arrêter de traduire depuis ta langue maternelle et commencer à parler de l'heure comme un francophone.Et même si tu as déjà un niveau B2 ou C1, prépare-toi : il y a de grandes chances que tu te dises au moins une fois pendant cet épisode : “Ah… ça, je ne le savais pas.”Il y a 3 manières de soutenir ce podcast pour qu'il continue à être libre, indépendant et rebelle : 1️⃣ Le Club de Yasmine Le Club privé du podcast qui donne accès à toutes les transcriptions des épisodes, aux épisodes secrets, la newsletter privée en français et l'accès à la communauté des élèves et membres sur Discord. https://lefrancaisavecyasmine.com/club 2️⃣ Les livres du podcast Les transcriptions du podcast sont disponibles dans les livres “Le français avec Yasmine” sur Amazon : http://amazon.com/author/yasminelesire 3️⃣ Les cours de français avec YasmineRendez-vous sur le site de mon école pour découvrir le catalogue des cours disponibles : www.ilearnfrech.eu ➡️ Les réseaux sociaux Instagram : https://www.instagram.com/ilearnfrench/LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/yasmine-lesire-ilearnfrench/ ➡️ Crédit musique La musique de cet épisode est créée par le groupe Beam. Merci à Maayan Smith et son groupe pour la musique.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Une grande journée de grève de la fonction publique a eu lieu mardi. Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé un peu partout en France, mais pour Martin la mobilisation n'était pas suffisante. En tant que membre du Syndicat Martinvillois de Martinville, il a décidé de traquer les fonctionnaires qui ne participent pas à la grève. Parce qu'à Martinville, la grève c'est obligatoire et tu rigoles pas avec ça !
Aujourd'hui, Didier Giraud, éleveur de bovins, Fatima Aït Bounoua, prof de français, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré lançait un putsch à Ouagadougou, pour en finir avec l'insurrection des groupes jihadistes qui occupaient près de la moitié du territoire du Burkina Faso. Quel est le bilan de son action à la tête du pays ? Inoussa Ouédraogo, qui vit aujourd'hui en exil, a été le directeur de publication de l'hebdomadaire Bendré et présidé la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina Faso. RFI : Quand le capitaine Traoré affirme « La démocratie, ce n'est pas pour nous les Burkinabè », est-ce qu'il est dans la provocation ou est-ce qu'il le pense vraiment ? Inoussa Ouédraogo : Oh, disons que je ne sais pas. Provocation ou conviction, peu importe. Il est arrivé par les armes. En démocratie, il n'aurait jamais eu le pouvoir. Seule la dictature lui permet de rester le seul à tenir le micro et à décider seul de l'avenir de 25 millions de personnes. Il veut un pays sans contrepouvoir, où l'on peut disparaître pour un oui ou pour un non. Et dans une démocratie, il ne peut pas obtenir cela. Alors pour le capitaine Traoré, démocratie va avec révolution. Il affirme qu'il est le successeur du capitaine Sankara et qu'il reprend son œuvre révolutionnaire fondée sur le souverainisme. Est-ce qu'il n'y a pas, en effet, des points communs entre les deux officiers aux bérets rouges ? Dans la forme oui. Deux capitaines de 34 ans arrivés tous les deux par coup d'Etat. Sur le fond, malheureusement, tout semble les opposer. Sankara, sa révolution se voulait d'abord démocratique et populaire. Sankara, c'était l'humilité, le débat, la transparence. Ibrahim Traoré, c'est le silence, c'est l'opacité totale. Sankara disait « Malheur à qui bâillonne le peuple ». Aujourd'hui, tout le monde sait qui bâillonne le peuple burkinabè. À lire aussiBurkina Faso: Ibrahim Traoré dresse le bilan de ses quatre années au pouvoir Les quatre premières années du régime du capitaine Traoré sont marquées par de nombreuses mesures répressives. Mais le régime affirme que cela est justifié par la lutte contre le péril jihadiste. Qu'est-ce que vous en pensez ? Non, je pense que c'est simplement un alibi pour conserver le plus longtemps possible le pouvoir. Parce que pour ces militaires-là, la guerre est devenue comme une sorte de business. C'est devenu le café-cacao. On peut combattre le terrorisme sans sacrifier les droits du peuple. Et j'ai une pensée pour toutes ces femmes, ces enfants dont les proches ont été kidnappés. Ils sont journalistes, il y a des médecins, des avocats et même des guides religieux et des militaires aussi. Je pense à Serge Oulon, notre confrère, disparu il y a plus de deux ans. Je pense à Guy Hervé Kam qui est malade, qui, selon les infos que nous avons, a demandé à se faire soigner sans obtenir gain de cause. Je pense à un imam, l'imam Mahamadou Diallo, près de 80 ans, il a disparu sans laisser de traces. Nous avons créé une organisation qui s'appelle le Front anti-putschiste, qui a recensé plus de 200 personnes, enlevées, séquestrées, torturées par ce pouvoir-là. 82 d'entre elles figurent dans un trombinoscope que nous avons réalisé et que nous publions ce 30 septembre. C'est très dommage. La lutte contre le terrorisme ne peut pas expliquer tout cela. Alors quand le capitaine Traoré est allé au Ghana début 2025 pour la cérémonie d'investiture du président Mahama, il a été ovationné par les milliers de personnes qui étaient rassemblées pour cette occasion. Comment expliquez-vous cette popularité à l'étranger ? J'étais effectivement à Accra à ce moment précis. J'ai regardé, j'ai vu comment les Ghanéens ont réagi. Mais vous savez, Mobutu était aussi populaire, il était applaudi. Tous les dictateurs le sont à un moment donné. La popularité ne compte pas à mon avis. Ce qui compte, c'est d'améliorer la vie de son peuple. Est-ce que les conditions de vie des Burkinabè ont changé ? Est-ce que le terrorisme ne continue pas de faire souffrir le peuple burkinabè ? Est-ce que des milliers de personnes ne sont pas toujours déplacées ? Est-ce que les gens mangent à leur faim ? Alors est-ce que le capitaine Traoré n'est pas applaudi parce qu'il est considéré comme un souverainiste ? Et est-ce que ce combat-là ne lui donne pas une certaine légitimité ? Oui, tout le monde peut se prévaloir d'être, je dirais, souverainiste. Tout le monde peut se réclamer panafricaniste, tout le monde peut combattre l'impérialisme. Mais le combat pour la souveraineté, le combat contre le terrorisme ne peut pas justifier qu'on enlève des gens, qu'on les emprisonne, qu'on viole massivement les droits humains et qu'on rejette la démocratie. Des panafricanistes ont lutté pour les Africains sans avoir besoin de torpiller leurs peuples et de torpiller les constitutions. Voilà. Personne n'est contre Ibrahim Traoré. Nous sommes contre simplement sa manière de gérer la vie de ses concitoyens. Personne n'est contre la souveraineté des peuples africains, bien au contraire. Nous sommes tous pour la libération véritable de l'Afrique. Mais ce n'est pas en bâillonnant son propre peuple qu'on le libère. On ne peut pas vouloir libérer un peuple en bâillonnant ce peuple. C'est paradoxal, c'est contradictoire. Quand le capitaine Traoré affirme que les jihadistes ont perdu du terrain au Burkina Faso depuis quatre ans, c'est vrai ou c'est faux ? La réalité du terrain montre autre chose. J'ai une pensée pour nos forces de sécurité qui sont tuées chaque jour et enterrées à la va-vite, sans honneur militaire, souvent de nuit, pour que le peuple ne sache pas. Les autorités elles-mêmes reconnaissent que près de 30 % de notre territoire échappent encore à leur contrôle. À lire aussiBurkina Faso: accusé d'avoir mis en place une «milice numérique» contre la presse, le gouvernement répond à RSF
Estelle Gnana X Elsa Couteiller.Le « X » se prononce « fois ». Et il est important.Parce qu'on n'avait pas envie d'additionner deux voix, deux podcasts ou deux univers. On avait envie de voir ce qui pouvait se passer en les multipliant.Estelle Gnana, créatrice de Fréquence E, meuf média qui parle, pense, influence et installe sa vision du monde et t'aide à faire de même.Elsa Couteiller (moi-même), créatrice d'ACCOMPAGNANT·ES, accompagnante, créatrice d'espaces et de plus en plus média moi aussi.Depuis un moment, avec Estelle, on a régulièrement de longues conversations sur nos activités, nos vies, nos prises de parole, nos ambitions, nos coulisses, ce qu'on essaie de créer et de déplacer dans le monde.Et très souvent, on raccroche en se disant :« Putain. On aurait dû enregistrer ça. »Alors maintenant, on enregistre.
Une grande journée de grève de la fonction publique a eu lieu mardi. Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé un peu partout en France, mais pour Martin la mobilisation n'était pas suffisante. En tant que membre du Syndicat Martinvillois de Martinville, il a décidé de traquer les fonctionnaires qui ne participent pas à la grève. Parce qu'à Martinville, la grève c'est obligatoire et tu rigoles pas avec ça !
Comment fonctionne vraiment le sommeil de bébé selon son âge? Et surtout, est-ce qu'on en attend parfois beaucoup trop?Dans cet épisode #58 de TopTop Mom & cie, on déconstruit les attentes irréalistes face au sommeil des bébés et des jeunes enfants, avec de vrais repères par tranche d'âge, de la naissance à 5 ans.Parce qu'un nouveau-né, un bébé de 6 mois et un enfant de 3 ans n'ont ni les mêmes besoins ni la même façon de dormir. Spoiler : ça dort pas comme un papa.
Être célibataire, c'est parfois adorer sa liberté, parfois avoir envie de partager sa vie avec quelqu'un. C'est faire des rencontres, avoir des crushs, se faire ghoster, espérer, être déçue… et parfois simplement profiter de sa propre compagnie.
Comment bien choisir ses modèles Dans ce premier épisode de la cinquième saison du podcast, Stéphane et Joan explorent notre rapport aux modèles qui inspirent nos vies et notre foi. Entre figures religieuses, personnalités publiques et proches du quotidien, ils questionnent notre quête de perfection et invitent à privilégier des modèles authentiques, imparfaits et humains, capables d'inspirer sans devenir des idoles. [Stéphane] Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité une question à la fois. Et pour débuter notre cinquième saison, on se demande comment bien choisir ses modèles. [Joan] Bonjour, Stéphane, et bonjour à toutes les personnes qui nous écoutent. [Stéphane] Bonjour Joan. La pression liée à un prénom [Joan] Ah, tu as dit bonjour, Joan. Tu vois Joan déjà c'est un modèle pour moi parce que c'est qui? C'est John Baez. Eh oui. Mes parents ont choisi mon prénom parce que voilà, formidable, tu connais John Baez quoi, je veux dire révolutionnaire antitout ou pro-tout, chacun dira ce qu'il veut. Oui, ils ont fait encore plus fort. Ils m'ont donné aussi Angela ou Ángela. Bon, après, des Ángela, il y en a eu dans toute ma lignée espagnole sur plusieurs générations. Mais bon, Angela, on sait très bien que c'est Angela Davis. Et Rosa, il y a aussi beaucoup de Rosa dans ma famille espagnole. Mais là, c'était Rosa Luxembourg. Donc, mes parents étaient-ils, sont-ils des gauchos? Pas du tout! Quand les gens me demandent un peu, pourquoi tu t'appelles Joan? Parce que c'est vrai que normalement on se dit Joan et j'ai dit : « c'est John Baez », à chaque fois ils me font « oh là, là, sacré programme ». Sauf que moi, je vis assez bien avec cet héritage, parce qu'une fois, j'ai entendu un jeune étudiant en théologie, quand j'allais au Bénin pour les formations d'auxiliaires de bibliothèque, pour former des gens dans mon équipe et tout, qui a fait une prédication très drôle, assez humoristique, pour dire que lui, en tant qu'étudiant en théologie, futur pasteur, il avait toujours envie d'être président. Effectivement, c'est parce qu'il avait un prénom qui le prédestinait à cela, puisque ses parents, lui souhaitant un brillant avenir, l'avaient prénommé Chirac. Donc, il a dit que quand il est devenu président de l'Amicale des étudiants en théologie du Bénin, il a senti vraiment, quelque part, il avait honoré l'intention de ses parents, qui avaient pris Chirac comme modèle pour lui. Le pasteur comme modèle de la vie chrétienne [Stéphane] C'est vrai qu'on reçoit parfois, par nos noms ou par nos fonctions, une certaine pression. Moi, ça me fait penser au titre de pasteur. On utilise beaucoup « pasteur » ou « révérend » dans mon Église. Comme je l'ai déjà signifié, moi je suis un peu allergique aux titres qui sont un peu honorifiques. Je trouve ça pompeux. Je dis toujours : « appelez-moi Stéphane. Vous pouvez me tutoyer, ça va bien ». Mais je peux comprendre que dans certains contextes, c'est comme ça que ça fonctionne. J'ai reçu un mandat de travailler avec une communauté essentiellement camerounaise. Il y a des gens d'un peu partout, mais la majorité est camerounaise. Et depuis le début, c'est pasteur Stéphane, pasteur Stéphane, pasteur Stéphane. Bon, j'ai décidé d'accepter, pas de me battre, parce que pour eux et pour elles, c'est important. Mais je trouve des fois, on a tendance à mettre le pasteur sur une espèce de piédestal. On investit tous nos fantasmes dans le sens où le pasteur, c'est quelqu'un de bien nécessairement, c'est quelqu'un de très éduqué, c'est quelqu'un d'une très grande sagesse et Dieu sait qu'on en a rencontré que non, ce n'est pas du tout le cas. Mais on sent qu'on doit projeter quelque chose et il y en a qui jouent un peu le jeu. Moi, mon anecdote d'aujourd'hui, les Québécois peut-être comprendront la référence, surtout si vous avez été aux alentours du Québec dans les années 1990, j'ai vu une vidéo de l'Église ICM, je ne sais pas, je n'ai pas vérifié l'acronyme. C'est un jeune pasteur qui lance un message. Venez à l'église, 16 septembre! Vous allez être accueillis! et je vois le nom Benjamin Carbone. Puis là, j'ai dit, mais est-ce le fils du célèbre Alberto Carbone, qui était un télévangéliste au Québec dans les années 1990? Eh bien oui, il a repris l'entreprise familiale, je pourrais dire. [Joan] Benjamin, si jamais on vous ramène des followers, dis-le-nous, c'est important qu'on sache. [Stéphane] Ah ben oui. Ce que j'ai remarqué en faisant un peu de recherche, c'était lui et son épouse. Il y a des cas où, comme toi Joan, avec ton époux, vous êtes tous les deux pasteurs, mais ce n'est pas l'image du beau couple parfait, l'épouse, le mari, les enfants parfaits, ce que j'appelle la vie Instagram, il n'y a rien qui dépasse, tout est beau. Donc, il se présente comme des modèles de la foi, des modèles de bon chrétien. Ce n'est pas ça la vraie vie, là. Qu'est-ce qu'on cherche là-dedans? Qu'est- ce qu'on cherche à projeter? Qu'est-ce que les gens recherchent là-dedans, pourquoi on veut que nos pasteurs, nos prêtres ou nos leaders religieux, soient des modèles, soient plus que parfaits. Dolly Parton, un modèle surprenant [Joan] Et d'ailleurs, ça me renvoie un petit peu à l'idée source de l'épisode. En fait, moi, je t'ai dit, il y a Dolly Parton qui est morte. Tu m'as dit, « Je ne connais pas trop. Je n'écoute pas trop de la country ». En fait, Dolly Parton, quand elle est morte, j'ai eu tellement de gens dans mon feed des réseaux sociaux qui lui ont payé un hommage, qui ont parlé d'elle, qui ont reposté ses chansons, qui ont parlé de sa vie, qui lui ont dit merci à titre posthume. Du coup, j'ai écouté un peu des épisodes de trucs et de machins, j'ai regardé des publications. Enfin, vraiment, ça m'a touchée parce que je connaissais Dolly Parton, mais je n'avais jamais trop fait attention. Elle vient des Smoky Mountains, un milieu vraiment assez rural, assez montagnard, assez cow-boy. Et elle s'est construit un personnage flamboyant en s'inspirant d'une femme de son entourage que tout le monde traitait de pétasse. En fait, c'était vraiment la femme du village, où quand on passait à côté d'elle, on disait aux enfants, aux petites filles, il ne faut surtout pas ressembler à cette dame. Pour qui elle se prend avec ses cheveux peroxydés, tout blond moche, ses talons, son maquillage, son allure? En plus, elle essaie d'attirer les hommes. Et puis elle, petite fille, dans une famille très chrétienne, vraiment très chrétienne, elle disait, mais un jour, moi, je serai comme cette femme. Parce qu'elle, au moins, elle ose qui elle est. Elle n'a pas peur, elle n'a pas honte. Elle vient d'une famille où on chantait beaucoup, comme c'était souvent le cas dans ces milieux-là. Un petit peu à la Céline Dion, pas du tout la même chose, mais de grandes familles, on chante, on sort le banjo, le truc, le machin. Et toute sa vie, en fait, elle a été une chrétienne hyper investie pour l'égalité des droits, pour les personnes LGBTQ+, les personnes queer, pour la early literacy, pour tout ce qui est l'apprentissage précoce de la lecture. Elle a créé une sorte de programme pour les enfants, pour qu'ils lisent. Elle se fait beaucoup attaquer par les chrétiens conservateurs. Elle n'en a jamais rien eu à taper. Évidemment, elle avait un empire, elle était très riche. C'est une businesswoman, elle a été hyper intelligente en termes de business. Mais ce qui est marrant, c'est que toute sa vie, même en étant assez vieille, elle avait ce look-là avec les cheveux blond jaune, un peu le look dingue, les maquillages flamboyants. Et toujours parce que cette femme, quand elle était petite fille, a été son modèle d'émancipation, d'oser être qui elle est. Et sa famille a eu un peu de mal, je pense, mais en fait, ils ont fini par s'habituer. Je trouve ça formidable, un exemple de vie chrétienne à contre-courant, en fait, de ce dont tu parles. Ça n'a rien à voir avec ça et c'est hyper inspirant pour les générations maintenant. Jésus, un révolutionnaire qui est devenu un modèle [Stéphane] C'est vrai que c'est très intéressant. On regarde certains chrétiens, ils vont dire : « Moi, je suis Jésus. J'admire Jésus. J'aspire à être comme Jésus ». Mais on regarde ne serait-ce que dans les évangiles, les amis de Jésus, c'est, entre guillemets, toutes les mauvaises personnes. Ce sont les prostituées, les lépreux, les collecteurs d'impôts. Toutes les personnes qu'on veut mettre au ban de la société, c'est ça les amis de Jésus. On s'attaque aux pharisiens. Ils étaient toujours à débattre et à essayer d'en découdre avec Jésus. Mais dans la société de l'époque, les pharisiens étaient considérés comme les bons croyants qui allaient au temple, qui respectaient les règles de la religion et tout ça. Et c'était Jésus qui provoquait, qui challengeait le statu quo, qui remettait les choses en question. Et 2000 ans plus tard, ce qu'on voit, c'est que le révolutionnaire ou celui qui voulait brasser la cage est devenu le modèle et les bonnes personnes sont devenues les moins bonnes personnes. Marie Durant, un modèle pour les protestants français [Joan] Moi, je me demande aussi pourquoi est-ce qu'on préfère souvent des modèles morts. Pourquoi est-ce qu'on prend beaucoup de modèles morts en exemple? Pourquoi est-ce que les gens qui sont là, qui justement se décarcassent, font du transport illégal de migrants et de migrantes, partagent leurs biens, replantent des déserts une plante après l'autre, pourquoi ces gens-là n'intéressent pas davantage? Alors bien sûr, il y a toujours quelqu'un qui se fait un petit peu remarquer, souvent quand la personne est jolie, jeune de préférence, souvent mince d'ailleurs aussi, ou a un bon réseau. Et d'ailleurs des fois c'est une bonne chose. Je rappelle que Gisèle Pellicot, l'une de ses filles, faisait partie du grand réseau journalistique et des médias parisiens. Donc, ce n'est pas par hasard non plus qu'on a eu cette médiatisation qui a apporté du fruit, donc ce n'est pas toujours négatif. Mais finalement, pourquoi on s'intéresse souvent plus aux personnes mortes comme modèle qu'aux personnes vivantes ? Et d'ailleurs, pourquoi est-ce que les personnes vivantes n'ont pas le droit d'être complètement vivantes, même quand elles ont subi de grandes offenses ou de grands malheurs? Je pense, et c'est tout bête, mais à Marie Durand. Marie Durand, grand exemple du protestantisme français, de la Résistance, enfermée 38 ans à la tour de Constance. J'y étais à la tour de Constance, c'est épatant d'aller là-bas. Et j'ai une copine, pendant ses études de théologie, elle était guide là-bas, à la tour de Constance, et elle raconte qu'il y a un truc que les gens ne supportaient pas. Tu ne vas jamais deviner ce que c'est Stéphane, c'est trop drôle. C'est qu'à la fin de la visite, elle me disait : « Écoutez, pour Marie Durand, après 38 ans d'emprisonnement, tout est bien qui s'est bien terminé. Elle est sortie de cette tour et elle s'est très vite mariée avec un homme qu'il admirait, qu'il attendait et elle a pu fonder une famille, être heureuse ». Les gens, ils étaient trop déçus! Il se disait, non, mais c'est une martyre, elle a souffert, elle a souffert pour sa foi. Ben non, en fait, on peut être une martyre, souffrir pour sa foi, puis vivre des grands moments de joie, être heureux et heureuse en fait, tout en étant des modèles. La recherche de modèle parfait [Stéphane] C'est vrai que certaines personnes ressentent presque un sentiment de trahison. Lorsque ces personnes investissent leurs émotions dans l'image d'une personne, on veut que ce soit parfait, qu'il n'y ait pas d'aspérité, qu'il n'y ait rien qui dépasse. Tout est lisse. La belle histoire, l'hagiographie, parfait, parfait, parfait. Mais qu'est-ce qu'on recherche dans ces modèles-là, dans ces idoles? Est-ce qu'on recherche justement la perfection, ce qu'on ne peut pas atteindre nous-mêmes, mais qu'on aimerait tellement? Est-ce qu'on ne préfère pas plus des gens ordinaires, je pourrais dire? Des gens justement qui ont souffert, qui ont douté, qui ont surmonté des épreuves, qui ont fait des erreurs, qui ont reconnu leur tort, qui ont réessayé. Qu'est-ce qu'on recherche? Moi, un des trucs que j'ai remarqués, c'est le personnage de mère Thérésa, qui a été acclamée de son vivant. Mais à la suite de sa mort, il y a des choses qui sont sorties. Elle avait écrit des trucs sur qu'elle ressentait le doute, qu'elle avait des périodes plus sombres au niveau de la foi. Puis là, il y a eu des trucs aussi que la gestion financière n'était pas vraiment optimale. On ne parle pas de malversation, mais disons que la comptabilité, ce n'était pas sa force. Les choses étaient un peu mélangées. Et là, les gens disaient, mais c'est scandaleux tout ça. Encore une fois, qu'est-ce qu'on veut? On veut la personne qui agit sans erreur ou la personne qui réussit de grandes choses, mais qui se questionne, qui a un doute. Moi, j'aime bien être capable de me reconnaître un peu dans ces modèles-là, dans ces idoles-là. Je peux me dire : « ah, cette personne-là a eu une passe un peu plus difficile. Ah, moi aussi, j'ai une passe plus difficile. Elle s'en est sortie. Ça m'inspire pour m'en sortir. » L'importance des modèles féminins [Joan] En plus, en tant que petite fille, moi, je manquais de modèles féminins, de leadership féminin, en fait, dans les Églises, dans le religieux. Vraiment, on ne voyait jamais les femmes rabbins, les femmes imams. Bon, côté catholique, voilà. Et puis, j'entendais parler quand j'étais petite de femmes pasteurs. Ça, c'était un sujet assez récurrent, parce que tu pouvais avoir des discussions là ou là, et puis on disait oui, ben voilà, moi, ma pasteure. Mais moi, de là où je suis originaire, la paroisse réformée du Bouclier de Strasbourg, il n'y avait pas de femmes pasteurs dans mon environnement. Il y avait des femmes, des laïcs très investies, c'était déjà chouette, mais pas de femmes pasteure. Et pourtant c'est dommage parce que 100% des femmes en situation de leadership dans les églises expliquent qu'elles avaient besoin de penser à une pionnière pour s'y raccrocher en fait. Ce serait que quand on vient faire des tas de procès à des femmes comme Mère Thérésa. D'un côté, c'est juste de souligner aussi ce qui n'était pas ok. D'un autre côté, c'est aussi de l'acharnement en fait, parce qu'il y a beaucoup d'hommes qui ne sont pas ok dans leur gestion, qui font un peu n'importe quoi. Et finalement, on va finir par te dire ce qui compte, c'est son œuvre ou ce qui compte, ce qu'il a fait. D'ailleurs, il y a un exemple avec un symposium qui a dû avoir lieu, complètement délirant, pour un prof de théologie dont je n'ai même pas envie de parler. Et là, on a bien vu que pour ce symposium, pour ce prof de théologie, qui pourtant a reconnu un certain nombre de trucs vraiment super pas ok, vraiment des choses qui ne vont pas du tout. Il y a plein de gens qui continuent à penser que c'était quelqu'un d'hyper intéressant, qui avait beaucoup contribué à la recherche. Et puis de toute façon, tout le monde a ses faiblesses et ses failles. Et alors c'est là qu'on se rend compte qu'on a du mal à perdre une figure tutélaire. Et on voit aussi que la personne qu'on considère comme une figure tutélaire, elle a du mal à perdre cette petite aura qu'elle a. « C'est un modèle de recherche, de réflexion, de savoir théologique ». On sent que quand tu remets un peu en question ça, sentir jugé, vexé. Moi j'ai interpellé des personnes qui avaient annoncé qu'elles allaient participer à ce symposium alors que voilà, ça aurait été mieux de ne rien faire ou de récolter de l'argent pour les personnes qui ont souffert de certaines situations. « Et oh là, là! Comment tu oses me dire ça, me parler de ça? Faut quand même penser aussi aux contributions exceptionnelles qu'a pu faire ce pasteur. » Mais est-ce que la recherche de vérité ne fait pas partie de l'amour aussi? Est-ce que cette recherche à tout prix de modèle ne devient pas de l'idolâtrie? Je me méfie beaucoup de la him-pathy, le fait d'avoir tellement de sympathie parce que cette personne a apporté beaucoup à ce domaine et à la recherche. Il n'y a pas de her-pathy, très rarement, donc on voit tout de suite qu'il y a un problème. Choisir des modèles qui nous arrangent [Stéphane] On adopte des modèles qui font notre affaire. C'est très rare qu'on va prendre dans l'absolu, telle personne a accompli telle chose. « Je vais suivre cet exemple ». Souvent, ça correspond à qui nous sommes. Lors de la première campagne de Donald Trump, ça paraît tellement loin, un des scandales, parce que ça a été quasiment oublié tellement qu'il y en a eu, c'est qu'il a eu une relation extra-conjugale avec une vedette de la pornographie. Et de voir des pasteurs, des commentateurs dire : « Donald Trump, c'est comme le roi David. Il y avait des aventures, le roi David et c'est un grand roi, c'est un grand pilier de la foi ». Donc, on essaie de prendre certains modèles pour justifier des choses qui sont assez difficiles à être justifiées. Là, je pense qu'il y a un décalage. Dire « Moi, j'aspire à être, je ne sais pas, avoir plus d'empathie, d'aider mon prochain comme telle personne », ça c'est une chose, mais lorsqu'on est rendu à chercher des modèles pour justifier des errements, justifier des crimes, justifier des choses qui sont difficilement justifiables, là je pense qu'il commence à y avoir un enjeu. On n'essaie pas de s'élever vers le haut, on essaie de justifier vers le bas. Être un modèle pour les autres [Joan] Et d'ailleurs, je suis vigilante au fait de justement, à la fois, que les gens puissent avoir quelqu'un avec qui raisonner, ce qui est mon boulot aussi en tant que pasteure et puis en aumônerie de la migration, quelqu'un à qui les gens puissent se raccrocher dans leurs épreuves, d'une façon j'espère la plus équilibrée possible, dans l'idée qu'ils et elles puissent boucler des boucles et sortir de leurs épreuves. Et puis en même temps, des fois, je m'auto-observe et je suis étreinte un peu d'un sentiment étouffant. Est-ce que justement, dans mes excès des fois de vouloir aider, syndrome de la sauveuse contre lequel il faut tout le temps se battre, est-ce que j'ai pu être un exemple un peu excessif pour d'autres? De rentrer tard, me lever tôt, m'occuper des autres? Après d'un côté, moi j'ai beaucoup de plaisir à le faire et puis quand je n'arrive plus à le faire, de toute façon moi je fais des pauses, je n'ai aucun problème avec le concept de pause, de Shabbat. Mais quand on est profilé, qu'on est un peu visible, en tout cas pour des personnes qu'on accompagne, c'est une responsabilité en fait. Et puis c'est une responsabilité qui, qu'on le veuille ou non, est un peu double quand on est une femme. Parce qu'on est assez récente dans le métier, on est encore en train de construire un peu ce que c'est que d'être femme, ministre, pasteur dans un corps pastoral qui a été créé, conçu pour et par des hommes. Et donc voilà, il y a des fois un bout d'excès, mais de réflexion éthique autour de ça qui m'étreint. Être un modèle positif [Stéphane] Tu abordes, on a un point qui me touche vraiment. Est-ce qu'on est nous-mêmes des modèles, positifs ou négatifs? Il y en a qui aiment se présenter comme des modèles, comme je l'ai dit plus tôt, regardez-moi, je suis pasteur, je suis bon, je suis beau. Mais je pense, par exemple, à mon fils, qui a maintenant 16 ans, qui me regarde fort probablement comme je regardais mon père. Fort probablement, toi, tu regardais soit ton père, ta mère. Est-ce qu'on est des modèles positifs? Et ce n'est pas nécessairement parfait, mais positif. Est-ce que je suis inspirant pour les gens autour de moi? Par exemple, au travail, est-ce que je mets les priorités aux bonnes places? Est-ce que je passe assez de temps avec ma famille? Moi, je vois des pasteurs qui vont travailler 60-70 heures par semaine. Puis là, je me dis, oui, mais quelle sorte de vie de famille qui reste là-dedans? Est-ce que c'est quelque chose à imiter? Donc, il y a ça aussi. Qu'est-ce qu'on dégage? Comment qu'on interagit avec les autres personnes? Est-ce qu'on peut être des modèles positifs? L'absence de modèles féminins dans la Bible [Joan] C'est compliqué aussi parce qu'on voudrait pouvoir trouver des modèles dans la Bible. Et moi, je suis souvent bloquée aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de modèles féminins dans la Bible sur des questions un peu de leadership spirituel, sur plein de choses. Il y a des femmes qui disent et qui font des choses dans la Bible, mais on ne va pas non plus extrapoler et pousser la comparaison à des endroits qui sont super anachroniques. Il y a Déborah. Mais est-ce que tout le monde a le caractère ou la force d'être Déborah? Conseillère de guerre, juge, elle fait plein de choses, elle est sous son palmier, elle est multi-task cette femme. Elle est mère de famille, elle est merveilleuse. Mais on ne peut vraiment pas toutes être comme Déborah. On peut reconnaître, on peut honorer les Déborah dans nos vies, dans la Bible. Et en même temps, on est obligé de voir que dans la Bible, il y a surtout des personnes qui se trompent, qui trompent Dieu, qui font des choses horribles, qui après sont rétablies quand même. Et donc, c'est complexe de faire avec tout ça et de trouver des ressources au milieu de tout ça et de se dire, comment est-ce que je gère ces ressources-là, sans être littéraliste, sans vouloir absolument faire dire à la Bible ce qu'elle ne dit pas et construire un peu tranquillement et de façon participative, une sorte de leadership chrétien, le truc dont tout le monde parle. C'est la tarte à la crème le leadership chrétien. Il y a même des bouquins là-dessus. Moi je rigole quand je vois qu'il y a des gens qui lisent des bouquins sur le leadership chrétien, je n'arrive même pas à comprendre comment est-ce qu'on structure ça, mais pourquoi pas quoi! Être capable de relativiser son influence [Stéphane] Je me souviens, il a y quelques années, j'avais acheté un livre à une amie pour sa fille, et c'était l'histoire d'Esther. Et sur le coup, elle m'a dit, c'est quoi? Esther a quand même confronté le roi pour sauver son peuple. C'est du courage. Ce n'est pas rien. Je pense qu'il faut savoir parfois presque lire entre les lignes. Ce n'est pas toujours facile. Et parfois aussi, j'aime bien pour rester dans nos bibles, comment certaines personnes sont conscientes de leur influence. Je pense beaucoup à Paul, qui, si on se fie à la bible, est demeuré célibataire. Mais dans la première lettre aux Corinthiens, au chapitre 7, verset 7, il dit : « En réalité, je préférerais que tout le monde soit comme moi, mais chacun le don particulier que Dieu lui a accordé, l'un de ceci, l'autre de ce don-là ». Paul était conscient qu'il y avait de l'influence. Sûrement plusieurs personnes le considéraient comme un modèle à suivre. Mais il était capable de dire : « Ça, ça fonctionne pour moi. Je demeure célibataire. Je ne me marie pas. Mais je suis conscient que pour d'autres personnes, c'est autre chose ». Et j'espère que moi, puis les modèles que je recherche ont cette idée-là, de ne pas sur-simplifier, ne pas généraliser le tout, d'être capable de dire voici mes qualités et voici ce que j'en ai fait avec, mais peut-être que vous avez d'autres qualités et essayez d'utiliser vos qualités pour la bonne raison. Déjà là, moi je trouve ça un peu plus inspirant comme modèle qu'une personne qui nous dit voici la recette, voici comment faire, appliquer A, B, C, D, E, F. Conclusion [Joan] Je trouve ça assez épatant dans un podcast ouvertement progressiste. On termine plus ou moins avec une exégèse sur Paul, ce que Paul peut apporter dans nos réflexions. Merci Stéphane en tout cas pour cette conversation. [Stéphane] Et merci à toutes les personnes qui continuent à nous écouter. On ne fait pas ça nécessairement pour la célébrité, on ne fait pas ça pour les chiffres, mais ça fait toujours chaud au cœur de voir que les gens sont à l'écoute et ça fait toujours chaud au cœur d'avoir des suggestions, des commentaires, des retours de votre part. Vous pouvez le faire à questiondecroire@gamil.com. Je veux remercier rapidement l'Église unie du Canada, notre commanditaire, qui nous permet de continuer cette aventure. Joan, je te souhaite une très belle journée et porte-toi bien. [Joan] Merci Stéphane. Au revoir à tout le monde et à très bientôt. Mots clés : modèle, foi, leadership, authenticité, vulnérabilité, religion, inspiration, société, influence, spiritualité Sujets clés : L'importance des modèles dans la foi et la société L'impact de l'authenticité et de la vulnérabilité Les dangers de l'idolâtrie et de la recherche de perfection L'influence de figures bibliques comme Deborah L'effet des modèles sur l'estime de soi et la construction identitaire Points importants : La recherche de perfection dans les modèles peut conduire à l'idolâtrie. L'authenticité et la vulnérabilité sont des qualités précieuses chez ceux et celles que l'on admire. Les leaders religieux ne sont pas parfaits, ils ont aussi leurs failles. La société valorise souvent les figures mortes ou idéalisées plutôt que les personnes vivantes et authentiques. Il est légitime de chercher des modèles qui ont surmonté des épreuves et qui doutent. L'exemple de Dolly Parton illustre la puissance d'être soi-même malgré les jugements. La recherche de modèles doit être équilibrée entre inspiration et réalisme. Citations : « Chercher la perfection qu'on ne peut pas atteindre » « Les figures tutélaires ont du mal à perdre leur aura » Chapitres : 00:00:00 - Comment bien choisir ses modèles 00:00:51 - La pression liée à un prénom 00:02:42 - Le pasteur comme modèle de la vie chrétienne 00:06:00 - Dolly Parton, un modèle surprenant 00:08:50 - Jésus, un révolutionnaire qui est devenu un modèle 00:10:21 - Marie Durant, un modèle pour les protestants français 00:12:34 - La recherche de modèle parfait 00:14:54 - L'importance des modèles féminins 00:17:58 - Choisir des modèles qui nous arrangent 00:19:51 - Être un modèle pour les autres 00:21:25 - Être un modèle positif 00:22:53 - L'absence de modèles féminins dans la Bible 00:24:37 - Être capable de relativiser son influence 00:26:39 - Conclusion * Photo de Alexander Lyashkov, unsplsh.com (https://unsplash.com/fr/@coldfield). Utilisée avec permission.
Mon enfant, l'Amour ne s'impose pas. Il ne prend que la place que tu Lui accordes en faisant appel à Lui, avant que tu n'agisses. Trop souvent tu prends position, tu agis et, après seulement, tu demandes à l'Amour d'agir. Comment veux-tu qu'Il agisse en toi... Si tu prenais le temps de Lui demander d'agir... les résultats seraient bien différents. Parce que l'Amour nous aime, nous devenons l'amour!
Ceci est un extrait de l'épisode 328 "Comment hacker son TDAH?"Vous aussi vous aviez l'image du TDAH qui concerne seulement les petits garçons agités ? Moi aussi… mais depuis que j'ai interviewé Dr Nader Perroud en décembre 2024, tout ça a complètement changé et aujourd'hui j'ai le plaisir de le recevoir pour la 2é fois dans ce podcast. Le TDAH, on le réduit souvent à un problème de concentration. En vrai, c'est beaucoup plus large : la procrastination, la difficulté à s'auto-gratifier, les émotions qui débordent, jusqu'à la vie de couple qui en prend un coup.Parce que oui, moi aussi je suis TDAHLa bonne nouvelle : ce n'est pas une fatalité, et il existe des vraies pistes concrètes.Et c'est exactement ce que va faire Dr Nader Perroud, psychiatre dans cet épisode, vous donner les outils, routines, gestion des émotions et vie de couple — bref, comment vivre avec un TDAH sans que ce soit (trop) lui qui décide à votre place.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
SAISON 4, épisode 40 : De 1 à 4 : sexualité post-partum et tsunamiUn bébé, ça chamboule une vie.Deux bébés pas trop prévus à 24 ans ?C'est carrément un tsunami.Quand Romane et son compagnon passent de deux à quatre, tout change.Le quotidien.Le sommeil.Les corps.Les priorités.Et forcément… le sexe.Parce qu'on parle beaucoup de grossesse, d'accouchement, de maternité.Mais beaucoup moins de ce qui se passe après.De cette période où le corps ne nous appartient plus tout à fait.Où les nuits sont courtes, les journées interminables, les seins deviennent nourriciers, et où le désir peut avoir franchement d'autres priorités.Dans cet épisode, Romane nous raconte l'arrivée de ses jumeaux et le gigantesque chamboulement que cela a représenté pour elle, pour son corps et pour son couple.On parle d'allaitement.De post-partum.De fatigue.De maternité.Mais aussi de désir, de sexualité et de cette question qu'on ose parfois à peine poser :Comment continuer à être un couple quand on devient parents ?Parce qu'entre deux biberons, trois heures de sommeil et une montagne de couches, retrouver son partenaire comme amoureux·se peut devenir un véritable parcours du combattant.Au programme de cet épisode
Pasteur Mark Lecompte t'invite à découvrir comment la présence de Dieu peut apporter réconfort et espoir au cœur de la perte, de la souffrance et des moments difficiles. Parce qu'avec Jésus, même dans les saisons les plus sombres, "tout n'est jamais perdu".Un message d'espoir inspiré du Psaume 137
Les tensions en mer Noire et les perturbations du détroit d'Ormuz font remonter les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial en blé. Pour les pays africains, fortement dépendants des importations, la hausse des cours et surtout leur volatilité compliquent déjà les approvisionnements et ravivent le spectre d'une nouvelle crise alimentaire. Le prix du blé a augmenté de plus de 20% depuis le début de l'année. À cette hausse des cours s'ajoutent l'augmentation des coûts du fret et des assurances, dans un contexte de tensions sur plusieurs routes commerciales stratégiques. Cette hausse se répercute déjà sur les consommateurs africains. Pour Rémi Depoix, président de la société de négoce internationale Céréalis, spécialisée dans l'exportation de blé vers l'Afrique, le risque serait plus important encore en cas de rupture d'approvisionnement : « Il y a un impact, bien sûr, pour les opérateurs économiques, mais aussi pour le consommateur. Parce que même si le prix du pain a parfois été bloqué/fixé dans les pays, le consommateur va le payer plus cher. Mais cela pourrait être plus grave s'il y avait vraiment des ruptures d'approvisionnement dans certains pays. Cela voudrait dire qu'il pourrait y avoir un manque de pain pour l'Égypte, pour l'Algérie ou pour d'autres pays qui en sont de grands consommateurs. Cela pourrait avoir des conséquences sociales extrêmement graves. » Les minoteries africaines exposées à la volatilité Céréalis a exporté quelque 900 000 tonnes de céréales vers le continent l'an dernier. Selon Rémi Depoix, les minoteries africaines sont particulièrement exposées aux fluctuations des prix, car elles achètent principalement au plus près du marché, plutôt que dans le cadre de contrats à long terme. À cette dépendance aux importations s'ajoutent les difficultés des productions locales. La sécheresse a notamment affecté certaines récoltes africaines. Au Tchad, le gouvernement a interdit l'exportation de plusieurs céréales, dont le blé, afin de préserver les stocks disponibles. Le ministre tchadien de l'Économie, Tahir Hamid Nguilin, se veut toutefois rassurant sur la situation du pays : « Nous avons énormément de terre. Le Tchad a fait autour de trois millions de tonnes de céréales par an. C'est le premier pays d'Afrique centrale en termes de production alimentaire vivrière en céréales. C'est pour dire le niveau. Nous pensons qu'on a un gap de 100 000 tonnes sur la production de cette année, en sachant que les deux années précédentes, nous avons eu quelque part une certaine surproduction. Nous n'avons pas de crainte à ce niveau. » Des récoltes qui ne suffisent pas à réduire la dépendance Certains pays d'Afrique du Nord ont enregistré de bonnes récoltes, à commencer par le Maroc, qui devrait produire environ neuf millions de tonnes de blé cette année. Mais cette récolte ne devrait pas modifier en profondeur les besoins du royaume en importations, estime l'économiste Abdelmalek Alaoui, président de l'Institut marocain d'intelligence stratégique : « Bien qu'il y ait eu une campagne agricole importante l'an dernier, elle profite majoritairement aux industries exportatrices qui, elles, apportent des devises. Quant à la souveraineté alimentaire en matière de blé, le Maroc est structurellement déficitaire du fait des habitudes alimentaires des Marocains. Le Maroc est un importateur de blé tendre. Si les Marocains consommaient plus de blé dur, nous ne serions pas dans cette situation systémique de déficit. » Le souvenir du choc de 2022 reste présent. Au début de la guerre en Ukraine, le prix du blé était passé d'environ 170 à 400 euros la tonne sur les marchés à terme. Les cours restent aujourd'hui très éloignés de ces niveaux. Mais le contexte logistique s'est de nouveau tendu, notamment autour des ports russes. Les exportations de blé de la Russie, premier fournisseur mondial, ont chuté à 347 000 tonnes en septembre, contre plus d'un million de tonnes de plus un an auparavant. À lire aussiLes tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export
Acheter une business, mettre les deux pieds sur le pouf et regarder l’argent rentrer? C’est probablement le plus grand mensonge du repreneuriat. Dans cet épisode, on reçoit Jean-Philippe Shoiry, Ugo Dionne et Antoine Bégin, trois gars qui vivent la recherche et le M&A pour vrai, avec des centaines de deals analysés et quelques cicatrices en prime. Faut il lâcher sa job pour chercher à temps plein? Où trouver les bons deals? Combien ça coûte réellement avant même de signer? Quels red flags devraient te faire sacrer ton camp? Et comment éviter de tomber en amour avec une entreprise qui n’est clairement pas faite pour toi? Un masterclass sur les vraies affaires derrière l’achat d’une PME : recherche, financement, LOI, négociation, vendeurs, employés clés et deals qui meurent à quelques mètres du fil d’arrivée. Parce qu’acheter une business, c’est pas du buy & chill. C’est du buy & build.
Christian Makarian décrypte un scrutin majeur qui dépasse largement les frontières helvétiques. Dimanche, plus de 70% des électeurs suisses ont rejeté une proposition de la droite nationaliste visant à renforcer la neutralité du pays dans la Constitution.Mais pourquoi ce vote suisse intéresse-t-il toute l'Europe ? Parce qu'il révèle une tension fondamentale : la neutralité peut-elle survivre face aux menaces géopolitiques actuelles ? Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comment un enfant dyslexique, tellement timide qu'il avait du mal à prendre la parole, devient-il un jour l'un des acteurs les plus reconnus de sa génération ?C'est exactement pour raconter ce genre de trajectoire que j'ai créé PAUSE.Parce que derrière les réussites que l'on voit, il y a presque toujours une autre histoire. Des doutes, des fragilités, des échecs. Et parfois une rencontre qui change tout.Pour Guillaume de Tonquédec, il y en a eu quelques-unes.Enfant, apprendre à lire est un cauchemar. Prendre la parole devant les autres, presque impossible.Puis un professeur croit en lui. Une autre lui fait découvrir le théâtre.Et celui qui avait tant de mal avec les mots va finir par en faire son métier.Fais pas ci, fais pas ça, Le Prénom, un César, le théâtre… On connaît la suite. Mais dans PAUSE, ce qui m'intéresse, c'est justement tout ce qu'on ne voit pas derrière une réussite.Avec Guillaume, j'ai voulu comprendre le chemin entre cet enfant qui n'osait pas parler et l'acteur qui monte aujourd'hui sur scène devant des centaines de personnes. Ce qu'il a fallu de rencontres, de confiance, de doutes, de travail et, parfois, de chance.Nous avons aussi parlé de cette étrange fragilité du métier d'acteur, qui oblige à continuer de s'exposer au regard des autres, même après des années de succès. Et puis de ses engagements pour l'Institut du Cerveau et de la responsabilité qu'il ressent, en tant qu'artiste, de mettre sa notoriété au service des autres.À l'occasion de la sortie de son livre Ta mère et moi, j'avais envie de mettre en lumière cette conversation qui m'a beaucoup touché.Parce qu'elle raconte aussi quelque chose auquel je crois profondément : une vie peut parfois basculer simplement parce qu'une personne a cru en vous avant que vous ne soyez capable de croire en vous-même.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Alors qu'elle se produit à Paris pour une série de concerts historiques, on ne peut que constater l'immense star qu'est Céline Dion. On connait toutes ses chansons par cœur mais connait-on vraiment toute sa vie ?Dans ce premier épisode de notre mini-série de Scandales qui lui est consacrée, la journaliste de Madame Figaro Léa Mabilon remonte le fil jusqu'aux origines. Direction : sa relation avec ses parents, Thérèse et Adhémar, et celle avec sa fratrie immense : treize frères et sœurs. Parce qu'avant René Angélil, il y a eu eux. Cette famille comme premier refuge, celle qui l'a vue grandir dans leur maison de Charlemagne au Québec, toujours pleine et bruyante ; celle qui l'a portée quand elle était rejetée, moquée, harcelée à l'école, et celle qui, la première, lui a donné le goût de la musique, au point de, peut-être, choisir pour elle son destin…Au micro de Scandales se succèdent :- Élisabeth Reynaud, biographe et auteur du livre Céline Dion by Elisabeth Reynaud- Valentin Grimaud, auteur de Céline Dion : Vestales.Scandales est un podcast de Madame Figaro, écrit et présenté par Marion Galy-Ramounot, et produit par Lucile Rousseau-Garcia. Océane Ciuni est la responsable éditoriale de Scandales, un podcast produit par Louie Créative, l'agence de contenus audios de Louie Média. Cet épisode de Scandales est à retrouver sur toutes vos plateformes : Apple Podcasts, Spotify, Deezer et Amazon Music.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Rien ne va plus entre Washington et Khartoum depuis une semaine, depuis que les Américains ont refusé un visa au président soudanais Abdel Fattah al-Burhan et l'ont donc empêché de venir à la dernière Assemblée générale de l'ONU. Pourquoi cette mesure exceptionnelle à l'égard d'un général qui est impliqué depuis trois ans et demi dans une guerre civile meurtrière ? Et jusqu'où ira ce bras de fer ? Le chercheur soudanais Suliman Baldo est le directeur de l'Observatoire de la Transparence et des Politiques au Soudan. En ligne de New York, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Pourquoi les Américains ont-ils refusé un visa au général al-Burhan pour l'assemblée générale de l'ONU ? Suliman Baldo : Les Américains mènent une initiative pour proposer une négociation pour terminer les combats au Soudan et il a été proposé une cessation d'hostilités humanitaires au Soudan, pour trois mois, aux deux belligérants au Soudan, l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Or, Burhan a résisté à cette feuille de route proposée par les États-Unis et ses alliés régionaux pour deux raisons : parce que l'armée soudanaise continue à croire qu'elle peut réaliser une victoire militaire sur les Forces de soutien rapide, et parce que les conditionnalités politiques n'étaient pas acceptées par le général. Est-il vrai que les Américains ont dit au général Al-Burhan : « Si vous acceptez de signer une trêve de 90 jours, vous aurez un visa pour New York » ? Je crois que les choses ont atteint un point où les États-Unis ont décidé d'affronter Burhan. D'abord, dans les fuites orchestrées sur le développement d'armement chimique par l'armée soudanaise, avec l'implication de Burhan, selon les fuites qui ont été publiées par deux journaux, le New York Times et le Washington Post, le même jour, il y a deux semaines à peu près. Et c'était pour démontrer que Burhan était impliqué dans un crime de guerre en permettant sous son commandement à l'armée de développer des armes chimiques. Et donc c'était orchestré juste avant la tenue de l'assemblée générale, pour vraiment montrer que Burhan n'était pas qualifié en quelque sorte pour être un membre de cette assemblée de chefs internationaux. C'était une façon de vouloir délégitimer Abdel Fattah al-Burhan avant l'Assemblée générale de l'ONU ? Tout à fait. Alors, sur le terrain militaire, les Forces armées soudanaises du général Burhan avancent depuis deux mois dans la province du Kordofan du Nord, notamment autour de la ville d'El Obeid. Est-ce que ce n'est pas la vraie raison pour laquelle Abdel Fattah al-Burhan ne veut pas signer de cessez-le-feu ? Je crois que l'armée soudanaise est en train de poursuivre un plan pour utiliser le nord du Kordofan comme base pour mener des attaques dans le fief des FSR, dans la région du Darfour. Or, les FSR ont toujours des milliers de combattants et ont déployé des soldats nouvellement formés avec des équipements complets, comme des Technicals Toyota, qui sont équipés pour la guerre de savane et du désert, et ils vont donc repousser l'offensive de l'armée soudanaise et continueront, je crois, avec ces batailles sans cesse, parce qu'il est clair et évident pour tout le monde qu'il n'y aura jamais de solution militaire pour la guerre actuelle, surtout avec l'utilisation maintenant de drones des deux côtés. Alors la semaine dernière, les Américains sont allés loin dans leur bras de fer avec le général al-Burhan puisqu'ils l'ont déclaré illégitime. Qui va gagner à l'usure ? Est-ce que c'est Donald Trump ou est-ce que c'est Abdel Fattah al-Burhan ? Il y a beaucoup de contradictions parce que maintenant, l'Arabie saoudite [qui soutient Burhan] a besoin de beaucoup de soutien militaire et d'intelligence de la part des États-Unis dans sa guerre avec les Houthis au Yémen. Donc, le numéro un saoudien, Ben Salmane, a fait appel au président Trump pour intervenir contre les Houthis au Yémen, qui ont vraiment paralysé l'industrie pétrolière dans le pays. Et donc, à cause de cette dépendance aux États-Unis, l'Arabie saoudite ne peut pas beaucoup s'opposer à la politique américaine au Soudan. Alors le camp du général al-Burhan affirme que les Américains ont basculé dans le camp du général Hemedti et qu'ils ne peuvent plus faire de médiation. Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout seuls, je ne crois pas que les Américains vont arriver à trouver une solution pour cette guerre très complexe et à multiples dimensions, parce qu'ils se sont aliéné l'armée soudanaise complètement. Mais ça veut dire qu'il faut que les Américains se retirent de la négociation, à votre avis ? Je ne pense pas, parce que les Américains ont eux aussi des intérêts stratégiques au Soudan. Et pour eux, c'est la question d'éloigner l'influence de la Russie de la mer Rouge. Parce que la Russie est l'un des fournisseurs d'armement de l'armée soudanaise et poursuit toujours le projet d'avoir une base militaire sur la mer Rouge, à Port-Soudan. Et les Américains ne veulent pas en entendre parler, comme les Saoudiens d'ailleurs, et c'est pourquoi les Américains restent engagés au Soudan. À lire aussiSoudan: grande offensive menée par l'armée, des progrès au Kordofan du Nord
Épisode 1501 : On est lundi, et on vous a préparé une veille d'actus Social media toutes fraîchesMeta annonces de nouvelles lunettes AIMeta vient de présenter une nouvelle génération de lunettes connectées à Meta Connect. Meta veut faire des lunettes la porte d'entrée la plus naturelle vers son IA personnelle, Muse.Pour situer ce qui se joue : Selon le cabinet IDC, l'entreprise détenait 69,2 % du marché mondial des lunettes connectées au premier trimestre 2026—Pendant des années, les lunettes connectées ont été vues comme un gadget. Meta tente aujourd'hui de les rendre normales, utiles et désirables.L'idée est simple : au lieu de sortir son téléphone, on parle à son assistant. Il peut répondre, reconnaître ce que l'on regarde, aider à traduire, résumer une information ou donner un conseil à partir du contexte.Une gamme plus large——YouTube Ask Studio : l'IA devient le copilote des créateursYouTube vient d'annoncer Ask Studio un copilote IA our les créateurs. Fini le tableau de bord illisible ?Un créateur YouTube dispose déjà de beaucoup de données : vues, durée de visionnage, taux de clic, sources de trafic, abonnés gagnés, commentaires, rétention. Le problème, c'est que ces indicateurs ne racontent pas spontanément une histoire.Ask Studio veut résoudre ce problème. Plutôt que de naviguer dans des graphiques et d'interpréter seul les chiffres, un créateur peut poser des questions directement à Ask Studio.LinkedIn remplace son outil de réécriture IA par un « Post Proofreader »Il y a un petit changement de philosophie assez intéressant chez LinkedIn autour de l'intelligence artificielle.LinkedIn vient de lancer Post Proofreader, un nouvel outil réservé aux abonnés Premium. Son rôle : relire votre publication avant qu'elle parte dans le feed. Et la nuance est importante : l'IA n'est plus censée écrire à votre place, mais améliorer ce que vous avez déjà écrit.Le Post Proofreader propose trois actions : corriger les fautes avec Review, raccourcir avec Shorten, ou améliorer la compréhension avec Clarify. Les modifications apparaissent directement dans le texte et l'utilisateur décide ensuite de les accepter ou non. Pour l'instant, ça ne fonctionne que sur les posts rédigés en anglais. Parce que LinkedIn essaie clairement de tracer une frontière entre IA d'assistance et contenus entièrement générés par IA.La plateforme explique justement vouloir poursuivre sa lutte contre l'« AI slop » : ces contenus bien écrits en apparence mais qui n'apportent pas vraiment de point de vue personnel. LinkedIn indique d'ailleurs que ses systèmes de détection identifient correctement ce type de contenu dans 94 % des cas lors de ses tests initiaux. Le fun fact: jusqu'à récemment, LinkedIn proposait justement un outil beaucoup plus génératif, Enhance your post, qui permettait à l'IA d'e rire à votre place et on comprend la contradiction . YouTube va permettre d'A/B tester… les vidéos elles-mêmesLe 23 Septembre s'est tenue la grande messe de YouTube : la Made on YouTube 2026. YouTube y a présenté toute une série de nouveautés autour de l'IA, de YouTube Studio, du Live et de la création, dont un assistant de montage conversationnel basé sur Gemini et de nouveaux outils de doublage. Et puis une petite brique passée presque inaperçue.On connaissait l'A/B testing des miniatures et des titres sur YouTube. Maintenant, ils veut passer au niveau supérieur : tester directement plusieurs montages d'une même vidéo.…Retrouvez toutes les notes de l'épisode sur www.lesuperdaily.com ! Le Super Daily est le podcast quotidien sur les réseaux sociaux. Il est fabriqué avec une pluie d'amour par les équipes de Supernatifs. Nous sommes une agence social media basée à Lyon : https://supernatifs.com. Ensemble, nous aidons les entreprises à créer des relations durables et rentables avec leurs audiences. Ensemble, nous inventons, produisons et diffusons des contenus qui engagent vos collaborateurs, vos prospects et vos consommateurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un monde professionnel où tout va toujours plus vite, l'autonomie des collaborateurs est devenue l'une des demandes les plus fortes. Pourquoi ? Parce qu'elle permet de stimuler la motivation, renforcer la confiance, et libérer la créativité. Mais comment la mettre en place sans perdre le contrôle ? C'est tout l'enjeu !Voici ce que j'aborde dans cet épisode de Happy Work :
Quand on dit « Mafia », on dit beaucoup plus de choses que quand on parle simplement de la pègre, du milieu du crime organisé. Le mot est super chargé : la Mafia, ça porte un imaginaire, une esthétique, un récit qui doit évidemment beaucoup au cinéma de Francis Ford Coppola ou de Martin Scorsese. La Mafia vue par Hollywood, elle porte un paquet de clichés : c'est un crime en costard qui hésite toujours entre le minable et une élégance de façade. On fait péter des rotules pendant que les marmites de pâtes bouillonnent dans l'arrière-cuisine, d'accord, mais avec un œillet à la boutonnière et un chapeau à 500 balles. Si l'image de la Mafia est liée aux Etats-Unis par notre imaginaire, c'est pourtant, on le sait bien au fond, un produit d'importation ! Parce que la Mafia américaine, c'est à peu près aussi italien que les pâtes à la carbonara ! Alors, quand et comment est-elle née ? Bonne écoute !
Ah c'est sûr qu'il doit vous faire bizarre le titre de cet épisode… Et pourtant… quel prénom portait la personne avec qui vous avez vécu votre plus grande histoire de merde ? Parce qu'on en a tous vécu une. Réfléchissez bien, si vous n'aviez pas vécu cette histoire est-ce que vous auriez rencontré l'amour, le vrai ? Comme dirait l'autre, la vie a plus d'imagination que nous, c'est la raison pour laquelle Clément n'a aucun regret.Clémentine De La Grange a réalisé cet épisode, Stéphane Bidart l'a monté et mis en musique.
durée : 00:04:20 - Grand bien vous fasse ! - par : Guillemette Odicino - Le style au cinéma. Morceaux choisis par Guillemette Odicino de styles au cinéma et de films sur la mode. Parce qu'il n'y a pas que "Le Diable s'habille en Prada", mais "Crazy Stupid Love " et "Haute Couture". Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Aujourd'hui, Antoine Diers, consultant juridique, Bruno Poncet, cheminot, et Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
En Côte d'Ivoire, se tiendra dans un mois, à partir du 25 octobre, la fête de l'Abissa. Deux semaines de festivités qui se déroulent dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, à une trentaine de kilomètres d'Abidjan pour célébrer le nouvel an du peuple N'Zima Kôtôkô. Sur place, les habitants sont déjà à pied d'œuvre pour préparer la ville à recevoir les dizaines de milliers de festivaliers. Reportage à Grand-Bassam. De notre correspondante en Côte d'Ivoire, Dans sa boutique située au quartier France, Jean Ndouba Kouamé vend des produits de tous les jours, divers articles qu'ils commencent à stocker en plus grand nombre, en prévision de la fête. « C'est un grand moment pour nous parce que tous les commerçants arrivent à s'en sortir. Peu importe ce que tu vends, ça va marcher. Même si tu es un mauvais dessinateur, dessine n'importe quoi sur un tableau et les gens vont aimer et acheter ! Parce que ce moment est un moment sacré pour nous, c'est notre nouvel an ! Les gens viennent de partout. Pendant cette période, si tu es un commerçant et que tu as l'habitude de vendre pour 50 000 francs CFA par mois, là en une semaine, tu vas atteindre près de 350 000 francs CFA. Tu multiplies ton chiffre d'affaires par 5 », explique-t-il. L'Abissa est une fête traditionnelle qui célèbre le nouvel an chez le peuple N'zima Kôtôkô. L'événement rassemble chaque fin octobre des dizaines de milliers de visiteurs, venus admirer les danses rituelles, de célébration et de cohésion. Elles se déroulent sur une place exiguë, près du palais royal, où les ouvriers sont à pied d'œuvre. « Il va y avoir une tribune ici qui est en train d'être installée…, raconte Binlin Ndamoulé, président de la Commission Tradition et Valorisation culturelle de l'Abissa. On sent la frénésie, parce qu'habituellement quand on vient, c'est calme. Mais vous voyez, à tous les coins de rue, des petites constructions sont en train d'être faites. C'est ça aussi, ça participe de la préparation de l'événement ». Un pagne créé spécialement pour le festival Si les tambours traditionnels rythment les danses de l'Abissa, les pagnes, eux, les habillent. Chaque année, le festival crée un modèle spécial. Sur des tons de bleu cette année, avec les attributs traditionnels – équivalent des armoiries – des 7 familles qui composent les N'zima. « Le pagne cette année est vraiment beau. On est sorti de l'ordinaire. On a changé la couleur, il est magnifique », précise Binlin Ndamoulé. Et ils se vendent plutôt bien, explique Dédé Kouamé Jean-Jacques, l'un des fournisseurs : « On peut vendre plus de 300 000 à 400 000 francs CFA par jour. Une année, j'ai même vendu plus de 1 400 000 francs CFA en une journée seulement. Ce n'est pas obligatoire [d'en porter, NDLR], mais quand on dit "l'Abissa", et que tu portes une tenue en pagne, c'est bien beau ». Vêtu du pagne officiel, maquillé de kaolin, comme il est de coutume à l'Abissa, il ne reste plus qu'à attendre le début des festivités. Elles sont prévues dans un mois. À lire aussiCôte d'Ivoire: quand les ainés N'Zima transmettent leur patrimoine culturel lors de l'Abissa
Je me souviens de ma première réunion qui a duré… 3 heures.Trois heures pour dire ce qu'un mail aurait résumé en cinq lignes.En sortant, j'ai compris que le problème n'était pas le temps de travail, mais la manière dont on l'utilise.Depuis, cette phrase me trotte dans la tête : “Travailler moins, mais mieux.”Et si ce n'était pas une utopie ?Les chiffres sont clairs :✅ 1 salarié sur 2 juge sa charge mentale trop élevée (Malakoff Humanis)✅ 70 % font de l'équilibre vie pro/perso leur priorité✅ En Islande, la semaine de 4 jours a augmenté le bien-être sans réduire la performanceAlors oui, travailler moins, ce n'est pas fuir l'effort, c'est retrouver du sens.Moins de réunions inutiles, plus de focus.Moins d'heures tardives, plus d'énergie durable.Parce qu'un salarié reposé crée, innove, collabore mieux.
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud reçoit Nicolas Sarkozy à l'occasion de la visite du Pape Léon XIV en France.Vous voulez réagir ? Appelez-le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est probablement l'un des noms de parfum les plus célèbres de l'histoire. Pourtant, « Chanel N°5 » ne semble avoir rien de très poétique. Pourquoi un simple chiffre ? La réponse remonte à 1921 et à la rencontre entre Gabrielle « Coco » Chanel et un parfumeur franco-russe, Ernest Beaux.À cette époque, Coco Chanel est déjà une couturière célèbre. Mais elle veut désormais créer son propre parfum. Et surtout, elle ne souhaite pas une fragrance classique reproduisant simplement l'odeur d'une rose, d'un jasmin ou d'une violette. Elle cherche quelque chose de beaucoup plus moderne : un parfum complexe, abstrait, difficile à associer à une seule fleur.Elle confie cette mission à Ernest Beaux, qui lui prépare plusieurs essais. Le parfumeur lui présente différentes compositions numérotées. Parmi elles, Gabrielle Chanel a immédiatement une préférence : l'échantillon numéro 5.Pourquoi ne pas lui donner ensuite un nom plus sophistiqué ? Parce que Chanel décide justement de conserver ce numéro. Selon la maison Chanel, le chiffre 5 possède en outre une signification particulière pour la créatrice : elle avait l'habitude de présenter ses collections le cinquième jour du cinquième mois de l'année et considérait ce nombre comme porte-bonheur.Le parfum est donc lancé en 1921 sous un nom d'une simplicité radicale : N°5.Ce choix tranche fortement avec les habitudes de l'époque. Les parfums portent alors volontiers des noms romantiques, évocateurs ou exotiques. Coco Chanel fait exactement l'inverse : un numéro, une étiquette blanche très sobre et un flacon aux lignes géométriques. Cette simplicité contribue à donner au produit une identité immédiatement reconnaissable.La fragrance elle-même est également novatrice. Ernest Beaux utilise notamment des aldéhydes, des molécules odorantes qui donnent à la composition un caractère plus abstrait et amplifient certaines notes florales. Le parfum s'organise notamment autour de la rose et du jasmin.Le succès transformera progressivement ce simple numéro en symbole mondial du luxe. Marilyn Monroe contribuera encore davantage à sa légende lorsqu'elle expliquera, dans les années 1950, ne porter pour dormir que quelques gouttes de Chanel N°5.Ainsi, le nom du parfum le plus célèbre de Chanel ne vient ni d'une savante stratégie marketing ni d'une formule mystérieuse. À l'origine, N°5 était tout simplement le numéro de l'échantillon choisi par Coco Chanel.Un numéro d'essai devenu, un siècle plus tard, une marque à lui tout seul. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À l'occasion de ses 20 ans, l'association Cartooning for Peace célèbre à Paris son anniversaire. Cette organisation née au lendemain de la polémique sur les caricatures du Prophète en 2005 vise à défendre les droits et la liberté des caricaturistes à travers le monde. Sur le continent : en Ouganda avec Jimmy Spire condamné pour avoir dénoncé des faits de corruption, au Kenya avec l'arrestation arbitraire de Kibet Bull, au Rwanda avec le meurtre du caricaturiste congolais Kayene assassiné en 2024… Les exemples de dessinateurs censurés ou persécutés ne manquent pas. Pour en parler, le dessinateur et directeur de l'un des plus anciens journaux satiriques en Afrique : Lassane Zohoré de l'hebdomadaire ivoirien Gbich. Il est l'invité de Frédéric Garat. RFI : Bon anniversaire. Puisque vous fêtez avec Cartooning for Peace, cette année, vos 20 ans d'existence. Vous serez présent ce jeudi 24 septembre à Paris, au Théâtre de la Concorde, pour une grande soirée placée sous le thème de la « Démocratie sous pression : dessiner pour résister ». Est-ce que les dessinateurs africains sont sous pression sur le continent ? Lassane Zohoré : Je crois que tous les dessinateurs dans le monde sont sous pression. Aujourd'hui, bon, on ne peut pas rire de tout, on ne peut pas forcément parler de tout, mais bon, on se bat comme on peut à côté des journalistes pour pouvoir gagner davantage notre droit à la parole, pour faire progresser la démocratie dans le monde. Voilà, donc, je pense qu'on n'échappe pas à ça. Heureusement que Cartooning for Peace existe pour que nous puissions aussi continuer à mener cette bataille-là. Justement depuis que Cartooning for Peace a été créé, donc en 2006, sous l'égide de Kofi Annan et du dessinateur français Plantu. Est-ce que vous diriez que l'association a contribué à améliorer la situation des caricaturistes sur le continent ? Oui, bien sûr, parce que, bon, il faut dire que pendant longtemps, le dessin a été considéré comme un divertissement. Et après, quand on a commencé à parler des problèmes politiques, les gens ont ouvert un peu plus les yeux pour voir ce que racontent les dessins. Il faut dire qu'un texte peut passer inaperçu, mais un dessin, c'est difficile que ça passe inaperçu. Voilà, donc, je pense que Cartooning for Peace a vraiment contribué à donner un statut aux dessinateurs sur le continent et aussi à se battre à leurs côtés. Parce que déjà, quand je prends le cas de Gado au Kenya, Zapiro en Afrique du Sud ou encore Willy Zekid au Congo, je pense que Cartooning s'est vraiment battu aux côtés de ces personnes-là pour la liberté d'expression. La caricature, ça reste malgré tout un outil de résistance et de mobilisation citoyenne en Afrique ? Oui, tout à fait. Tout à fait, parce que nous sommes sur un continent qui est en majorité analphabète. Donc, le dessin aide aussi à comprendre certaines situations. Un dessin qui critique une situation, ça parle beaucoup plus qu'un long texte. Donc, je pense que ça contribue largement à se battre contre des fléaux ou encore sur des situations qui n'arrangent pas vraiment la population. Justement en Afrique, là où l'info ne passe plus parce que les médias sont censurés, les radios coupées, les journaux interdits, un dessin, ça peut éveiller les consciences ? Déjà même, je prends la situation de Gbich que je connais le mieux, on a eu quand même à traiter pas mal de sujets qui ont contribué à faire prendre conscience à la population. Et je pense qu'on ne dira pas que les dessinateurs sont ceux qui portent le lourd fardeau de la liberté d'expression, mais on fait partie du combat et on apporte notre pierre à l'édifice. Les dessins peuvent vraiment contribuer à faire avancer des causes. En l'occurrence, Gbich, dont vous êtes le directeur, au cours de l'histoire récente ivoirienne, est-ce qu'il y a des dessins qui sont restés particulièrement emblématiques au cours des différentes crises qu'a connu le pays ? Bon, moi, ça va être difficile que je cite un dessin, mais il y a une période qui m'a particulièrement marqué quand il y a eu l'élection en 2010 entre Laurent Gbagbo et Ouattara. À ce moment, le peuple était vraiment stressé et nous, on a fait vraiment des dessins qui ont réussi à décrisper la situation parce qu'on a eu des témoignages en fait. Il y en a qui étaient complètement déprimés, mais grâce à Gbich, ils arrivaient à supporter cette période-là, parce qu'on arrivait à dédramatiser les situations, à dépassionner les débats. Et je pense que ça, c'est tout le travail des dessinateurs. C'est ce que vous dites d'ailleurs, je crois que c'est une de vos maximes : « Le dessin, c'est un poil à gratter en temps de paix et un apaisant en temps de guerre. » Exactement. Donc c'est un slogan qui a longtemps été utilisé par Gbich. Donc à chacun son rôle. Vous savez, les hommes politiques eux-mêmes acceptent bien la situation, mais ce sont les militants qui jouent souvent les gens zélés. Et moi, j'ai reçu parfois des coups de fil de menaces. Une fois, j'ai reçu un coup de fil où on me disait qu'on connaissait mes déplacements, les personnes que je fréquentais… les militants effectivement peuvent se montrer très zélés. Mais pour avoir échangé avec le président Ouattara et Gbagbo, eux, à leur niveau, il n'y a jamais eu de problème. En la matière, est-ce qu'il ne faudrait pas, Lassane Zohoré, un statut peut-être plus solide, professionnel, du dessinateur, un statut de dessinateur de presse par exemple ? Est-ce que vous y travaillez avec Cartooning for Peace dans les différents pays où vous êtes actif ? Oui, bon, déjà le dessinateur de presse est accepté comme un professionnel de l'information, donc je pense que ça aussi, c'est aussi le fait de s'être battu pendant longtemps. On avait un statut assez hybride, mais aujourd'hui, il y a même des pays où le dessinateur est carrément journaliste. Voilà. C'est un combat de tous les jours, il faut se battre pour pouvoir être reconnu et je pense qu'en Côte d'Ivoire, en tout cas pour nous, il n'y a pas de souci, nous sommes reconnus par le monde des médias. C'est un combat de tous les jours qu'il faut mener afin que le destinateur soit reconnu.
Bassirou Diomaye Faye est l'invité de RFI et France 24 en marge de l'Assemblée générale de l'ONU 2026, ce 24 septembre à New York. Au micro de Mounia Daoudi et de Marc Perelman, le président du Sénégal revient sur la crise que traverse cette institution et la succession du Portugais Antonio Guterres au poste de Secrétaire général des Nations unies. « Qui de mieux pour défendre la réforme de l'architecture financière internationale que le président Macky Sall », insiste-t-il au sujet de son prédécesseur à la tête de l'État sénégalais et ancien adversaire politique. Bassirou Diomaye Faye défend également le programme d'aide de 2,2 milliards de dollars signé avec le FMI le 1er septembre. Il enjoint les opposants à ce plan, incarnés notamment par son ex-Premier ministre Ousmane Sonko, à adopter un « comportement patriotique » lors du futur vote sur la loi de finances rectificative de son pays. Entretien exclusif. RFI / France 24 : Nous sommes ici aux Nations unies, des Nations unies impuissantes souvent, presque ruinées, certains disent inutiles, avec une Afrique qui est historiquement sous-représentée. À quoi bon finalement ces Nations unies ? Est-ce qu'il ne faut pas revoir totalement l'architecture internationale ? Bassirou Diomaye Faye : Je crois que le constat est partagé sur l'état de l'ONU aujourd'hui. Et c'est justement parce qu'il est dans cet état qu'il faut se rappeler ce qui a été à l'origine de la création de cette organisation. Nous venions juste de sortir d'un contexte d'après Seconde Guerre mondiale, avec les ravages que l'on a connus. Le monde ne pouvait pas rester impuissant ou attendre encore de plonger dans un tel chaos pour éviter une guerre de cette ampleur. Nous devons donc toujours nous rappeler l'idée originelle. Et c'est justement parce que les Nations unies ne sont plus aujourd'hui, de l'avis de beaucoup d'observateurs, à la hauteur de la mission originelle qui a été la leur, qu'il faut s'y intéresser, les réformer et leur faire jouer le rôle qui devait être le leur, leur faire assumer la mission pour laquelle elles ont été créées. Cette organisation demeure importante. Aujourd'hui, nous devons travailler à ce que le multilatéralisme reprenne le dessus sur les initiatives bilatérales. C'est tout le sens du combat que nous sommes en train de mener aux Nations unies et dans toutes les tribunes où il est question de parler de notre organisation commune. L'Afrique y est sous-représentée. Je suis tout à fait en phase avec vous. Tous les discours, depuis des années, convergent sur la nécessité pour l'Afrique d'avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. C'est un combat qui est en train d'être mené, et nous espérons que les voix qui portent réellement la décision au sein de l'ONU comprendront la nécessité qu'un continent qui doit faire 2,5 milliards de personnes à l'horizon 2050 ne puisse être exclu des instances de décision de l'organisation mondiale. Ce combat, c'était celui d'Antonio Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre. Pourquoi avez-vous choisi de soutenir la candidature de Macky Sall, alors que tout le monde s'accorde à dire qu'elle n'a que très peu de chances d'aboutir ? Je ne partage pas ce pessimisme sur la candidature de l'ancien président du Sénégal, Monsieur Macky Sall. Tout au contraire, je pense qu'elle garde encore toutes ses chances de succès. En réalité, ceux qui sont, ou celles qui sont considérés comme ayant des chances, ne le seront que lorsque les cinq auront décidé que leur candidature passe. On ne sait pas encore ce que seront les votes des membres permanents du Conseil de sécurité. Les jeux restent ouverts. Nous sommes en train de faire le travail. De notre point de vue, nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent, ceux qui tiennent la décision et j'estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles. Mais ce sur quoi je voudrais insister, c'est le profil du candidat. Je pense que vous venez de le dire tout à l'heure, l'Afrique est sous-représentée. Qui de mieux aujourd'hui pour défendre une meilleure place de l'Afrique que le président Macky Sall ? Qui de mieux pour défendre la réforme de l'architecture financière internationale que le président Macky Sall, qui a subi les affres de la dette qui l'ont plombé par rapport aux ambitions qu'il a eues et qu'il partage avec beaucoup de pays du tiers-monde ou du Sud ? Je pense que sur ce rapport-là, il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais, de le soutenir parce que nous pensons aujourd'hui que la place qui doit être celle de l'Afrique au sein de l'ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain. Alors vous, vous avez mentionné la dette, cette fameuse dette cachée, le gouvernement, votre gouvernement, vient de conclure un accord très attendu avec le Fonds monétaire international, qui doit permettre un prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Pour ça, il faut que votre dette, qui est donc bien plus importante qu'il y a quelques années, devienne soutenable. Il y a des négociations qui sont en train de s'ouvrir avec les créanciers multilatéraux et bilatéraux. Est-ce que vous espérez que ces négociations vont se conclure rapidement, plus rapidement que d'autres pays, par exemple comme le Ghana ou la Zambie ? Je pense que c'est une préoccupation partagée tant par le Sénégal, qui a choisi le cadre commun du G20, que par le cadre lui-même, qui doit faire preuve d'efficacité et d'efficience, particulièrement sur la réduction des délais dans le cadre des négociations. En réalité, c'est ça qui fait les hésitations des États qui sont dans une telle situation, à recourir à ce cadre. J'ai été récemment à Washington et j'ai vu que c'est une préoccupation que je partage avec la directrice générale du fonds, mais aussi avec le directeur général de la Banque mondiale. J'estime que ce que nous avons demandé avant de choisir le cadre, c'est que le cadre soit amélioré. Et la préoccupation fondamentale a été la préoccupation sur le délai de traitement ou des discussions qui doivent se tenir dans ce cadre. Sur ce rapport, nous avons des engagements fermes qui nous ont été donnés sur la réduction des délais avant d'avoir choisi le cadre. Nous espérons que chaque partie fera preuve de toutes les diligences possibles pour que nous allions plus vite et qu'au-delà du Sénégal, d'autres pays qui fatalement vont se retrouver dans cette situation-là auront plus confiance en ce cadre qui a été institué aussi pour être choisi par les pays qui sont dans une situation comme la nôtre. Donc d'ici quelques mois ? Nous l'espérons, nous travaillons à cela aussi. FMI rime souvent avec austérité. Il se dit que vous avez déjà accepté de baisser les subventions à l'énergie. D'autres mesures d'austérité risquent d'arriver également. Est-ce que finalement, ce ne sont pas les plus démunis qui vont encore devoir payer le prix de ces politiques du FMI ? Au contraire, je pense que dans le cadre du Sénégal, ce que nous avons réussi, c'est de préserver le pouvoir d'achat des plus démunis, comme vous l'avez dit. En 2026, nous avions, face aux difficultés, programmé de payer 35 milliards [de FCFA, NDLR] de bourses de sécurité familiale, nous avons décidé de doubler cette enveloppe pour la porter en 2026 à 70 milliards. Cette même enveloppe de 70 milliards sera doublée en 2027 pour être portée à 140 milliards. Et le registre national des bénéficiaires de ces bourses passe d'environ 500 000 à 1 million de bénéficiaires. Pas plus tard qu'avant-hier, dans le cadre du Programme national de solidarité, nous avons fait beaucoup de soutien à beaucoup de ménages vulnérables. Donc, notre préoccupation fondamentale dans le cadre de ces discussions avec le Fonds a été de préserver le pouvoir d'achat et d'assister les plus faibles pour que, justement, ils n'aient pas à payer le prix fort des efforts que nous sommes fatalement amenés à faire pour restaurer les équilibres financiers. C'est sur cela que nous travaillons. Et dans un registre d'austérité, comme on veut le faire croire, on ne recrute pas 2000 enseignants, on ne recrute pas plus de 2000 personnels de santé. On ne fait pas autant d'investissements que ce que nous sommes en train de faire dans le domaine de la santé et dans d'autres domaines. Je pense que le Sénégal a réussi aujourd'hui à restaurer la confiance avec le peuple, de l'État avec le peuple. Le Sénégal a réussi à restaurer sa confiance avec les partenaires et les investisseurs. Et nous sommes en train d'enclencher une phase que nous espérons va très rapidement porter ses fruits par rapport à la qualité de vie des Sénégalais. C'est cela notre préoccupation quotidienne. Pour que cela soit en effet enclenché, il faut que les mesures que vous êtes en train de mettre en place soient adoptées. C'est l'objet de la loi de finances qui va bientôt arriver devant l'Assemblée nationale. Or, à l'Assemblée nationale, votre ancien parti, le Pastef, a une très large majorité. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de censure, justement, de cette loi de finances ? Rappelons quand même que certains membres du Pastef vous ont accusé de trahison et de vous soumettre au FMI. Je vois que vous souriez. Est-ce que ce n'est pas une véritable crainte, cette censure ? En fait de trahison, la seule chose que je suis susceptible de trahir, c'est mon serment que j'ai prêté le 2 avril 2024 face au peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ces référents, il n'y a pas d'autres choses qui m'engagent. Par rapport à la loi de finances rectificative comme par rapport à d'autres lois, quand il s'agit d'aller à l'Assemblée nationale, le gouvernement y va. Ce qu'il ne faut pas oublier aussi, c'est que le gouvernement est une institution à côté de l'institution que représente l'Assemblée nationale et celle que je représente moi-même et d'autres institutions, notamment sur le plan judiciaire. Et là-bas, chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre saura juger chacun par rapport à la posture qui est la sienne. Mais j'estime que dans le contexte où nous sommes, par rapport aux efforts que nous sommes amenés à faire pour le bénéfice du peuple sénégalais, ces représentants ne sauraient avoir un autre comportement patriotique que d'accompagner cette dynamique qu'ils ont trouvée, qu'ils ont eu à manager avec nous et qui est restée en l'état, mais que nous sommes en train de travailler à juguler. On se souvient, monsieur le Président, que le limogeage de votre Premier ministre, Ousmane Sonko, est intervenu peu après une visite du Fonds monétaire international. Est-ce que finalement, c'est votre volonté d'avancer avec le Fonds monétaire international qui a été l'objet de la rupture avec votre ancien compagnon de route ? Non, même pas. Nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets. Le président de la République que je suis l'avait choisi comme Premier ministre en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution. Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance et la République est à l'œuvre. Et c'est la seule chose qui soit immuable. Monsieur le Président, étant donné le contexte qu'on vient de décrire à l'Assemblée nationale, il y a une question qui se pose, c'est la possibilité éventuellement de dissoudre cette Assemblée nationale. Vous y êtes autorisé par la Constitution à partir du 2 décembre. Est-ce que cette option est bien sur la table ? Nous ne sommes pas encore au 2 décembre et il n'y a pas de fixation sur une dissolution de l'assemblée ou sur l'organisation d'élections à telle date ou telle autre date. Toujours est-il que ceux qui ont hâte d'aller aux élections et qui, de ce fait, ont saisi la Cour suprême pour obtenir cette date-là, ils ont vu la Cour leur dire par deux fois, par un référé-liberté dont elle a été saisie et par un référé mesures utiles, rien ne me contraint à parler ou à fixer la date des élections en ce moment, et si cela devait se faire, ce sera dans le cadre d'un consensus - vous savez mon attachement au dialogue et mon sens de la concertation par rapport à ce qui concerne les affaires publiques. Mais vous n'excluez pas quand même l'option de la dissolution de l'Assemblée nationale ? Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu'on aura en face, on décidera. Mais la seule boussole que nous avons, c'est l'intérêt supérieur du peuple sénégalais et la fluidité dans la communication des institutions. Comme je l'ai dit, chaque institution est appelée à être à la hauteur. Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un blocage qui soit absolument insurmontable. Et c'est justement quand de telles situations arrivent que la Constitution a aménagé les pouvoirs de chaque institution pour qu'elle puisse agir en conséquence. Monsieur le Président, vous venez de lancer il y a quelques semaines votre parti, Kiiraay – Les Patriotes républicains. Or, un sujet préoccupe aujourd'hui les Sénégalais, allez-vous annoncer le report des élections locales qui sont prévues pour se tenir le 17 janvier ? J'ai rappelé tout à l'heure qu'il y a une organisation de la société civile qui a saisi la Cour des comptes, la Cour suprême plutôt, pour lui demander de m'enjoindre à fixer la date de l'élection. Un référé-liberté. La Cour a considéré que, au regard des dispositions légales, l'élection peut s'organiser jusqu'à la fin de l'année, les élections locales jusqu'à la fin de l'année 2027. Une autre organisation, cette fois-ci constituée d'acteurs politiques, le Front pour la défense de la République, a saisi la même cour en référé mesures utiles, et la Cour a aussi décidé de la même chose. Donc, il n'y a rien qui urge en réalité, et je ne voudrais pas que nous soyons dans l'obsession électorale permanente, alors que nous avons quelque chose qui doit aujourd'hui nous préoccuper fondamentalement, c'est comment discuter avec le fonds, obtenir un accord, un programme qui passe en conseil d'administration, qui soit approuvé et qui restaure définitivement la confiance des partenaires vis-à-vis du Sénégal et des investisseurs vis-à-vis du Sénégal. C'est cela ma préoccupation. Il y a un sujet qui préoccupe la communauté internationale, c'est la loi que vous avez promulguée le 31 mars sur la criminalisation de l'homosexualité. Est-ce que vous comprenez ces critiques et est-ce que vous êtes d'accord avec l'option qui avait été mise sur la table par Ousmane Sonko, d'éventuellement durcir cette loi si nécessaire ? De quelle communauté internationale parlez-vous ? La France, les Nations Unies... Est-ce que dans ces pays-là, quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués, mais est-ce que nous avons réagi ? Non. Nous avons considéré que ce sont des pays souverains qui ont fait leurs options législatives et nous l'avons respecté. Nous demandons la même chose. Monsieur le Président, l'Union européenne finance la construction au Sénégal de deux centres d'accueil de migrants secourus en mer. Est-ce que les pays africains ne sont pas en train de devenir les sous-traitants d'une politique migratoire répressive menée par plusieurs pays européens ? Non, pas du tout. En réalité, même quand il a été question pour le Sénégal d'accueillir certains migrants refoulés de certains pays, nous avons refusé. Les migrants, par contre, qui prennent la mer pour l'essentiel sont aussi des Africains, il est question d'abord de leur protection, de leur intégrité physique au regard des conditions dans lesquelles ces migrants voyagent, et on sait à quel point c'est périlleux et combien de vies ça a coûté. D'un autre côté, c'est de ne pas les laisser entre les mains de passeurs ou de trafiquants d'êtres humains. Il est de notre responsabilité d'empêcher ces départs. Nous sommes en train de réaliser depuis 2024 des résultats extrêmement importants au Sénégal, ce que nous faisons en collaboration avec les autres pays de destination de ces flux migratoires irréguliers. Sur ce rapport, quand nous ramenons des migrants en terre ferme, il est de notre responsabilité aussi de les prendre en charge. Il ne s'agit en réalité que de cela, pas plus. Alors le Sénégal doit accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse. C'est la première fois que des Jeux olympiques vont se tenir sur le continent africain. J'imagine que c'est un immense motif de fierté, mais c'est aussi un défi logistique et sécuritaire. Est-ce que le Sénégal sera prêt à tous ces points de vue ? On dira enfin 150 ans après, enfin la flamme vient en Afrique. Nous avons eu l'honneur et le privilège de l'accueillir au nom de l'Afrique qui accueille ces Jeux, qui sont célébrés à Dakar. Nous avons de notre côté travaillé à être à la hauteur des défis qui sont certes organisationnels, sécuritaires. À ce stade, les infrastructures qui doivent accueillir les Jeux sont prêtes et nous travaillons aussi à continuer à parfaire le concept de sécurité des Jeux. Sur ce rapport, nous sommes confiants, à quelques semaines des Jeux, que le Sénégal sera prêt, que nous organiserons des Jeux à notre image, sobres mais festifs, mais que nous montrerons aussi une jeunesse qui n'a pas que la migration en ligne de mire, mais qui est débordante d'énergie, qui est fière et qui est prête à accueillir le monde dans notre hospitalité légendaire. Sur le plan régional, Monsieur le Président, la situation sécuritaire au Mali, avec qui vous partagez une frontière, et plus largement dans les pays de l'AES, est préoccupante. Est-ce que vous ne craignez pas, je sais que vous en avez discuté avec plusieurs de vos homologues ici à New York, est-ce que vous ne craignez pas une contagion au Sénégal ? Vous parliez des JOJ justement, est-ce que vous avez eu à déjouer des tentatives d'attaques terroristes ces dernières semaines ? Le Mali est un pays voisin qui le restera parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront. Sur ce rapport, quand il y a des problèmes de sécurité de cette nature au Mali, ils concernent forcément le Sénégal. Le terrorisme n'a pas de frontières. Ces conflits asymétriques ne sont pas à l'image des conflits conventionnels que nous connaissons. Donc, tout pays peut être frappé parce que justement, les facteurs qui font décider de frapper tel pays ou tel autre pays ne sont maîtrisés par aucun État. Le pays où nous sommes l'a vécu, votre pays l'a vécu, d'autres encore l'ont vécu. Donc le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri. Mais nous prenons toutes les mesures qu'il faut, qui sont nécessaires, en concertation avec les pays avec lesquels nous partageons cette menace réelle par l'échange de renseignements et par tout autre mécanisme. Nous sommes même allés à un moment donné jusqu'à des patrouilles communes pour anticiper cette menace et enrayer toute tentative de frappe sur le Sénégal. Nous continuons à être vigilants, notamment dans le contexte des Jeux, mais nous sommes tout à fait conscients du niveau de la menace dans toute la sous-région, et cela nous concerne au plus haut point. Alors justement, vous êtes depuis quelques semaines président en exercice de la Cédéao, une institution régionale en crise, notamment à cause du départ de ces trois pays de l'Alliance des États du Sahel. Votre première visite a été justement pour le Mali. Alors est-ce que ça veut dire que vous allez aussi vous rendre au Burkina Faso et au Niger ? Et est-ce que, on sait qu'il y a beaucoup de médiations pour essayer de faire revenir ces trois pays dans le giron de la Cédéao et de l'Union africaine, c'est votre objectif à vous ? Je n'ai pas de frontières en tant qu'Africain, pour aller dans un pays ou dans un autre où je serai certainement bien accueilli en tant que frère africain. Évidemment, je me suis rendu au Mali, je pourrai me rendre dans n'importe quel autre pays dans le futur, selon les besoins et les disponibilités. La Cédéao fait face à des défis. Nous avons vu trois membres qui sont importants quitter l'organisation et créer une autre organisation, la Confédération des États du Sahel. C'est leur souveraineté de décider d'être dans une organisation ou d'en sortir. Ce n'est pas une première ni dans le monde, ni en Afrique. Nous respectons cette décision et nous travaillons à garantir les conditions d'une coexistence des deux organisations qui garantissent la libre circulation des personnes et des biens et qui garantissent une cohabitation qui permette d'avoir un commerce réel entre les pays, qu'ils soient membres de la Cédéao ou qu'ils soient membres de la Confédération des États du Sahel. Sur ce rapport, le dialogue est enclenché. Nous avons nommé un négociateur spécial en la personne du président Lansana Kouyaté. Le Sénégal jouera sa partition. Nous n'avons pas de sens interdit. Nous tendons la main à tout le monde et nous parlons à tout le monde, quelle que soit l'organisation dont il ressort. Parce qu'il nous faut bien discuter des problèmes que nous avons en commun, à savoir comment piloter cette sortie de la façon la plus intelligente possible. Et s'il était demain de la décision de ces autorités de prendre une autre voie, nous pourrons toujours en discuter parce que nous partageons le même espace commun et nous devons y travailler et cohabiter dans les meilleures formes possibles.
Le PSG est officiellement en trêve internationale. Mais peut-on vraiment parler de pause lorsque dix-neuf joueurs du Paris Saint-Germain quittent le club pour rejoindre leur sélection et continuer à enchaîner les matchs, les déplacements et les minutes ? Paris ne rejouera pas en club avant le 10 octobre. Sur le papier, cela ressemble donc à une période idéale pour récupérer après un début de saison déjà intense. Dans la réalité, une grosse partie de l'effectif de Luis Enrique ne va quasiment pas s'arrêter. Ousmane Dembélé, Désiré Doué et Maghnes Akliouche rejoignent l'équipe de France de Zinédine Zidane. Et les Bleus ne vont pas disputer un ou deux matchs. Ils en ont quatre au programme. La Turquie, la Belgique, l'Italie puis de nouveau la Belgique. Même situation pour Vitinha, João Neves et Nuno Mendes avec le Portugal. La Seleção doit affronter le Pays de Galles, la Norvège, le Danemark puis une nouvelle fois la Norvège. Quatre rencontres internationales dans une fenêtre qui porte pourtant le nom de trêve. Fabián Ruiz et Ferran Torres sont eux aussi concernés par quatre matchs avec l'Espagne. Illia Zabarnyi en possède quatre avec l'Ukraine. Achraf Hakimi va rejoindre le Maroc pour les éliminatoires de la CAN 2027 contre le Gabon et le Lesotho, avant un match amical contre le Ghana. Marquinhos part avec le Brésil pour trois rencontres amicales. Willian Pacho doit traverser le monde avec l'Équateur pour affronter la Corée du Sud puis le Japon. Matvey Safonov rejoint la Russie. Senny Mayulu part avec les Espoirs français. Même plusieurs jeunes du centre de formation sont appelés dans leurs différentes sélections. Voilà pourquoi cette trêve pose une vraie question au PSG. Qui va réellement se reposer ? Évidemment, tous les internationaux ne joueront pas l'intégralité de chaque rencontre. Certains resteront sur le banc. Les sélectionneurs effectueront des rotations. Et les joueurs restés à Paris pourront bénéficier d'un véritable travail de récupération. Mais pour les cadres les plus importants, la situation est différente. Dembélé est important avec les Bleus. Vitinha, João Neves et Nuno Mendes le sont avec le Portugal. Hakimi est un joueur majeur du Maroc. Marquinhos reste le capitaine du PSG et un cadre du Brésil. Pacho traverse plusieurs fuseaux horaires. Chaque sélection possède ses propres objectifs. Aucun sélectionneur national ne construit son équipe en pensant d'abord au calendrier du Paris Saint-Germain. Et c'est précisément là que se situe le problème pour Luis Enrique. Parce que le calendrier du PSG après la trêve est loin d'être tranquille. Paris retrouve d'abord Le Mans en Ligue 1 le 10 octobre. Quatre jours plus tard arrive un déplacement extrêmement important sur le terrain de Manchester City en Ligue des champions. Trois jours après City, Paris se déplace à Strasbourg. Et seulement trois jours plus tard, le FC Barcelone arrive au Parc des Princes en Ligue des champions. Le Mans. Manchester City. Strasbourg. Barcelone. Quatre matchs en onze jours. Et plusieurs joueurs auront disputé leur dernier match international seulement quelques jours avant le retour du championnat. La gestion physique va donc devenir un véritable enjeu. Qui Luis Enrique devra-t-il faire souffler contre Le Mans ? Peut-il réellement aligner tous ses cadres quatre jours avant Manchester City ? Faudra-t-il davantage faire confiance aux jeunes ? Et surtout, dans quel état reviendront les joueurs qui auront accumulé les déplacements les plus importants ? C'est l'un des grands paradoxes du football moderne. Les clubs disposent de trêves internationales. Les joueurs, eux, disposent surtout d'un autre calendrier. On enlève le maillot du PSG. On prend l'avion. On enfile celui de sa sélection. On joue parfois trois ou quatre rencontres. Puis on reprend l'avion et on revient immédiatement préparer le prochain match de club. Pour Paris, cette fenêtre internationale peut donc être une opportunité pour certains joueurs. Mais pour une grande partie de l'équipe titulaire, ce n'est certainement pas quinze jours de vacances. Et avec Manchester City puis Barcelone qui arrivent rapidement derrière, la véritable question n'est peut-être pas de savoir comment le PSG va profiter de cette trêve. C'est de savoir combien de ses joueurs vont réellement pouvoir souffler. Le PSG s'arrête. Ses joueurs, beaucoup moins. Alors pour vous : cette trêve internationale fait-elle du bien à Paris, ou risque-t-elle au contraire de fatiguer encore davantage l'effectif avant une séquence capitale ? Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices
Aujourd'hui, Fatima Aït Bounoua, professeure de français, Mourad Boudjellal, éditeur de BD, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui, Fatima Aït Bounoua, professeure de français, Mourad Boudjellal, éditeur de BD, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui, Fatima Aït Bounoua, professeure de français, Mourad Boudjellal, éditeur de BD, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
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C'est un Antonio Guterres sombre et alarmiste qui est apparu, à New York mardi 22 septembre, pour son dernier discours à la tribune de l'ONU. Après dix années passées à la tête des Nations unies, le secrétaire général a mis en garde contre la pollution de l'atmosphère et les dangers de l'intelligence artificielle. Mais quel est son bilan en Afrique ? Mahamat Saleh Annadif, tour à tour ministre des Affaires étrangères du Tchad et représentant spécial de l'ONU au Mali, répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Il est de bon ton de dire qu'Antonio Guterres a échoué dans sa mission de ramener la paix dans le monde. Est-ce que c'est vrai pour l'Afrique ? Mahamat Saleh Annadif : Moi je crois que d'abord c'est injuste de dire que Guterres a échoué. Et je voudrais profiter de votre micro d'abord pour rendre hommage à une personnalité humaniste exemplaire, qui a été toujours aux côtés des causes justes. Et depuis qu'il est à la tête des Nations Unies, vous avez vu qu'il était toujours du côté des Africains, il était toujours du côté des femmes et vous l'avez vu en mars 2024 à la frontière Égypte-Gaza, auprès des enfants de Gaza. Donc, c'est quelqu'un d'une personnalité exceptionnelle. D'autres exemples parlant des femmes, pour la première fois, c'est avec Guterres qu'on a connu des femmes africaines à la tête de missions de paix. Vous avez notre Bintou Keita qui a été cheffe de mission de paix en RDC. Vous avez Valentine Rugwabiza qui est cheffe du maintien de la paix en RCA. C'est autant de choses qui sont à mettre au crédit du secrétaire général Guterres. Maintenant, pour ce qui est de la paix, la Charte des Nations Unies donne la responsabilité de la paix dans le monde aux membres du Conseil de sécurité des Nations Unies et surtout aux cinq membres permanents détenteurs du droit de veto. Le secrétaire général, il ne vote pas et il ne dispose pas de troupes. Je peux considérer qu'il est chef d'orchestre parce qu'il harmonise, il oriente, il coordonne les travaux du Conseil de sécurité. Et si je continue, je peux l'appeler comme un chef d'orchestre, sans baguette rigide, face à des musiciens qui déclarent toujours leur souveraineté, des musiciens souverains. Et donc les règles d'engagement, les financements des opérations de maintien de la paix dépendent des membres du Conseil de sécurité. Et malgré tout, les forces de maintien de la paix des Nations unies ont fait du travail. Et je ne peux pas du tout dire que Guterres a échoué. Au contraire, il a fait ce qu'il peut. Mais s'il y a un échec, il doit incomber aux membres du Conseil de sécurité et non au Secrétaire général des Nations unies. En 2023, le Mali a exigé le retrait de la Minusma, car il estimait que le bilan de cette mission de l'ONU était inadapté aux défis sécuritaires du pays. Qu'est-ce que vous en pensez ? Malheureusement, le constat aujourd'hui, c'est que l'insécurité s'aggrave. Les gens continuent à mourir. Il faut souhaiter, il faut espérer que la paix revienne dans ce pays que j'ai tant aimé. Alors, quelques mois avant le retrait de la Minusma, les Maliens avaient déjà expulsé Guillaume Ngefa, le chef droits de l'homme de cette mission de l'ONU. Est-ce que les autorités maliennes n'ont pas expulsé les Casques bleus tout simplement pour qu'il n'y ait plus de témoins de leurs éventuelles exactions contre les populations civiles ? C'est sûr que les missions de paix dans les pays défendent un certain nombre de valeurs, parmi lesquelles la question des droits de l'homme. Et souvent, dans les difficultés auxquelles on a eu à faire face, on constate que les pays parlent souvent de leur souveraineté, parlent d'ingérence. Et j'ai toujours dit à nos amis africains que, tant qu'on ne consolide pas le front intérieur, tant qu'on ne consolide pas la paix, l'ingérence extérieure va toujours être là. Et donc il faut en tenir compte. Je dirai tout simplement que la Minusma a fait du bon travail. Malheureusement, ça s'est mal terminé et je souhaite que la paix revienne au Mali. Pour la succession d'Antonio Guterres, qui vous paraît le mieux placé pour le 1ᵉʳ janvier prochain ? Nous sommes à notre troisième scrutin indicatif et jusque-là, ce qui se dégage, c'est que ce sont les femmes qui arrivent en tête de ces votes. Est ce qu'on ira vers l'élection d'une femme ? Est-ce que si le quatrième, cinquième vote indicatif ne donnent pas de résultats, est-ce que tout va être remis à zéro et est-ce qu'on va faire appel à d'autres candidats ? Tout ça, c'est entre les mains des membres du Conseil de sécurité et il est difficile de se prononcer à leur place. Est-ce que l'ancien président sénégalais Macky Sall a des chances ou pas ? Il est comme tous les candidats et jusque-là, c'est difficile de dire. Je vois tout simplement que l'ancienne présidente du Chili, elle a retiré sa candidature. Le président Macky Sall est encore sur la liste et il faut attendre, tout simplement. Donc le scrutin n'est pas encore définitivement joué pour une candidate latino-américaine ? Pas du tout. À ce stade, vraiment, il n'y a pas du tout de certitudes. Parce que, quand on compare ce scrutin aux anciennes élections où, dès le troisième vote, en général, il y avait une tendance qui se dégageait, ce n'est pas le cas pour le moment. Et donc les deux candidats africains, l'Ougandais Olara Otunnu et le Sénégalais Macky Sall, ne sont pas encore hors-jeu ? Pas du tout. Une élection n'est jamais gagnée à l'avance et il faut suivre et puis voir un peu quelle en sera l'issue. À lire aussiAssemblée générale de l'ONU: dans son discours d'adieu, Antonio Guterres prône un Conseil de sécurité ouvert à l'Afrique
Une affaire de lunettes perdues et quatre journalistes qui se retrouvent en garde à vue pendant cinq jours, accusés de vol… L'affaire se déroule au Cameroun. Et ce qui n'était au départ qu'un écho sur les réseaux sociaux s'est répandu dans nombre de médias camerounais et au-delà. Tout commence le 16 septembre, raconte CamerounWeb, au Palais des Congrès de Yaoundé : « Quatre journalistes se déplacent pour couvrir la clôture d'une cérémonie officielle de la Banque islamique de développement, présidée par le ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey. Mais au lieu de repartir avec leurs notes, leurs enregistrements, leurs reportages, les quatre journalistes repartent menottés. Le motif de cette arrestation ? Une suspicion de vol portant sur les lunettes du ministre… Parce que cet accessoire manque à l'appel, s'exclame Cameroun Web, quatre professionnels de l'information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé. » De rebondissements en rebondissements Le site Le Bled Parle, autre site d'information camerounais, raconte la suite : « Le lendemain de l'arrestation, un premier rebondissement intervient : les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l'intérieur du véhicule personnel du ministre. Cette découverte écarte donc le soupçon initial de vol, mais ne met pas pour autant un terme à la procédure. Le dossier prend alors une nouvelle orientation. Deuxième rebondissement : les enquêteurs évoquent désormais une suspicion d'"intrusion non autorisée" dans une réunion tenue à huis-clos au Palais des Congrès. Le parquet ordonne alors des investigations complémentaires et le maintien en détention des quatre journalistes. » Maintien en détention qui durera tout le week-end… Finalement, pointe Le Bled Parle, hier lundi, ils sont libérés. « Aucune charge n'a été retenue contre eux et aucune infraction n'a été caractérisée à l'issue des investigations. » La liberté de la presse au Cameroun « sous pression » Le site Camer s'insurge : « Pourquoi quatre professionnels identifiés, exerçant leur métier, ont-ils été traités comme des suspects pendant cinq jours ? Le premier grief, la disparition des lunettes, n'a pas résisté à 24 heures d'enquête. Les lunettes étaient dans la voiture du ministre. Personne ne les avait volées. Le second grief, l'"intrusion non autorisée" dans une réunion à huis clos, ne tient pas. Le Palais des congrès de Yaoundé est un espace public. La cérémonie de clôture des Journées de la BID était un événement officiel. Des journalistes y étaient présents pour la couvrir. » Bref, s'interroge Camer : « Une question reste ouverte : combien coûte une paire de lunettes au Cameroun ? Pour ces quatre-là, elle a coûté cinq jours de liberté. » Camer qui rappelle que « la liberté de la presse est sous pression au Cameroun : cette année, Reporters sans frontières a classé le Cameroun à la 133e place mondiale pour la liberté de la presse, contre la 131e en 2025. Le pays recule. RSF qui note que le Cameroun, malgré l'un des paysages médiatiques les plus riches d'Afrique, reste "l'un des pays les plus dangereux du continent pour les journalistes" ». Et on revient à Cameroun Web qui renchérit : « Cette affaire jette une lumière cruelle sur la vulnérabilité quotidienne des journalistes au Cameroun. En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque et sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d'informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n'importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et emprisonner un journaliste. » Le « Lunettesgate » Cette affaire des lunettes du ministre a largement débordé les frontières camerounaises. On en parle au Gabon, au Bénin, et au Burkina Faso, où la presse locale, jamais avare de commentaires, en fait ses choux gras. « Une affaire biscornue aussi rocambolesque qu'hilarante », s'exclame le Faso.net. « Chiffonnée aux entournures et en colère, on ne le serait à moins, s'exclame Aujourd'hui, la corporation est vent debout contre cet opprobre jeté à la profession. Ce "Lunettesgate" au Cameroun qui a envahi la toile n'en demeure pas moins un indicateur, affirme le site burkinabè : les journalistes côtoient le pouvoir, mais risquent à tout moment d'être pris à partie (…). Ce "Lunettesgate" souligne que les journalistes camerounais doivent avoir le dos large pour être prêts à encaisser les désidératas des puissants. »
En 1926, la Société des Nations établit à Genève une convention sur l'esclavage, qui entre en application quelques mois plus tard en mars 1927. Ratifié par une centaine d'États dans les années qui suivent, le texte s'engage à œuvrer pour la suppression complète de l'esclavage sous toutes ses formes, d'une manière progressive et aussitôt que possible. Parce que le temps de l'esclavage est très long. Lorsqu'on pense à l'esclavage on voit immédiatement apparaître les chaînes et les plantations, des millions d'hommes et de femmes racisés et déportés à travers l'Atlantique pour construire le Nouveau Monde sous la contrainte et les coups. La traite atlantique, la réduction en esclavage de millions d'Africains, c'est un fait massif. Mais l'esclavage n'est pas inventé à ce moment-là, au XVIIe siècle. Il existe depuis et bien avant l'invention de nos sociétés et même de la démocratie. Alors pour comprendre ses mécanismes et les discours qui ont pu légitimer l'esclavage dans les plantations américaines, on remonte le temps pour comprendre comment s'est construite, sur des millénaires, la possibilité de l'esclavage et comment un monde sans esclaves est difficile à trouver. L'Athènes antique est le berceau de la démocratie. Mais c'est aussi à ce moment-là qu'on commence à repérer une pratique de l'esclavage massive. Dans cet épisode, on regarde le mythe d'Œdipe et le retour d'Ulysse sous un angle très différent. Quels sont les liens entre l'invention de la démocratie, ce régime politique largement majoritaire dans notre partie du monde, et l'esclavage ? On y réfléchit avec Paulin Ismard, directeur d'études à l'EHESS, auteur de La cité et ses esclaves et directeur de l'ouvrage Les mondes de l'esclavage (Editions du Seuil). Paulin Ismard, historien, auteur de La cité et ses esclaves et Les mondes de l'esclavage paru au Seuil.
On pense qu'il faut être partout, produire beaucoup, être visible tout le temps.Mais ce qu'on oublie, c'est qu'en réalité, vos prospects ne sont pas partout. Ils sont là où ils ont l'habitude de chercher des réponses. Et souvent, ce n'est pas là où vous investissez votre énergie.Dans cet épisode, je vous parle de:Pourquoi être partout n'est pas la solutionComment identifier les canaux réellement utilisés par vos prospectsEt surtout, comment vous concentrer sur ce qui fonctionne déjà, pour attirer plus de prospects, sans en faire plus.Parce que croyez-moi : quand vous êtes au bon endroit, avec le bon message, vous n'avez pas besoin de forcer.Vos prospects viennent à vous naturellement.
Notre corps serait comme une voiture ?Pour qu'il fonctionne correctement, il suffirait de lui donner le « bon carburant ». Autrement dit, bien manger pour avoir de l'énergie, être en bonne santé et permettre à notre organisme de fonctionner au mieux.Cette métaphore, très usitée depuis des dizaines d'années, peut être utile. Mais elle a aussi ses limites.Parce que notre corps n'est pas une machine. Ou alors sa machinerie est vraiment très complexe !Et notre alimentation ne se résume pas à une quantité de nutriments que l'on introduirait dans un organisme pour obtenir, en retour, le résultat attendu.Notre faim, notre énergie, nos envies de manger et notre capacité à prendre soin de nous sont aussi influencées par notre sommeil, notre niveau de fatigue, notre stress, notre environnement, nos émotions, nos habitudes… et tout simplement par les périodes que nous traversons.Alors, dans cet épisode, je vous propose de remplacer momentanément la métaphore de la voiture par une autre : celle du jardin.Un jardin ne se contrôle pas totalement. On crée les conditions qui lui permettent de pousser. On l'observe. On l'arrose. On le nourrit. On lui apporte de la lumière. On intervient lorsque c'est nécessaire, puis on lui laisse aussi du temps.Et surtout, on accepte qu'il ait des saisons.Cette métaphore peut nous aider à porter un regard différent sur notre alimentation et, plus largement, sur notre manière de prendre soin de nous.Car lorsque quelque chose devient difficile, notre premier réflexe est souvent de chercher à nous corriger : manger mieux, être plus discipliné, faire davantage de sport, retrouver de la motivation, reprendre de « bonnes habitudes ».Mais avons-nous toujours besoin d'en faire davantage ?Parfois, ce que nous interprétons comme un manque de volonté nous donne surtout une information sur l'état du terrain : fatigue, restriction alimentaire, stress, manque de récupération, besoin de plaisir ou simplement période de vie plus exigeante.Prendre soin de soi ne signifie alors ni tout contrôler, ni tout laisser faire. Il s'agit plutôt d'apprendre à observer, agir, puis ajuster.Dans cet épisode, on parle donc d'alimentation, de santé, d'énergie et de repos, mais aussi de notre tendance à vouloir constamment nous optimiser.Avant de chercher à devenir une meilleure version de soi-même, il est parfois utile de commencer par créer les conditions qui permettent à quelque chose de vivant d'aller bien.Et ensuite… laisser pousser.
« La drogue, c'est jamais le problème. La drogue, c'est toujours la solution à un problème. »Ça, c'est la phrase du Dr Victor Leroy, psychiatre spécialisé en médecine des addictions qui m'a beaucoup marqué en enregistrant cet épisode. Et si vous pensez que ce sujet ne vous concerne pas… détrompez-vous.Un parent sur cinq a un usage problématique d'une substance. Vous connaissez quelqu'un, c'est peut-être même vous.Dans cet épisode, on parle d'alcool, de cannabis, de cocaïne, d'écrans, de workaholisme — et surtout, de ce que ça fait à notre parentalité. Victor Leroy a cette vision humaniste de la psychiatrie, il a un don pour vous faire ressentir de la compassion et sortir de vos jugements. Parce que dans cet épisode on parle de la honte, de la peur que peuvent ressentir les parents qu'on leur retire leurs enfants, et de pourquoi la stigmatisation ne fait qu'aggraver les choses.Cet épisode est un de ceux qui m'a le plus touché, que j'ai absolument adoré enregistrer, alors n'hésitez pas à le partager autour de vousPRENEZ SOIN DE VOUSHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.