POPULARITY
durée : 00:12:06 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - En 2025, la viticulture française traverse une crise majeure. À Béziers, les vignerons subissent autant le réchauffement climatique que la pression de la concurrence mondiale. La doctorante Juliette Le Gallo est avec Guillaume Erner pour analyser les stratégies d'adaptation de l'agriculture. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Juliette Le Gallo doctorante en économie au laboratoire UMR Innovation à l'INRAE de Montpellier
Jeudi 26 février à Buenos Aires, une dizaine de militants de Greenpeace ont été interpellés après s'être brièvement introduits dans le Parlement argentin pour protester contre un projet de loi qui vise à réduire la protection des glaciers du pays. Déjà menacés par le changement climatique, les glaciers argentins sont dans le collimateur de Javier Milei. Climatosceptique notoire, le président ultralibéral veut passer la loi de protection des glaciers à la tronçonneuse pour ouvrir la voie à l'industrie minière. Jeudi, les sénateurs argentins devaient examiner un projet de flexibilisation de la loi. Dans la province de San Juan, la population locale se mobilise pour préserver l'eau face aux appétits miniers. De notre correspondant de retour de San Juan, Nous sommes au cœur de la cordillère des Andes, à plus de 4 000 mètres d'altitude. Le vent souffle fort, mais l'oxygène commence à se faire rare. Autour de nous, des montagnes aux tons ocre, brun, presque pourpre. Et, au fond, une grande tache blanche : le glacier de San Lorenzo, au sud de l'Argentine. Silvio Pastore est glaciologue à l'université de San Juan : « Aujourd'hui, il est dans un processus continu de dégradation, et nous allons le voir disparaître presque entièrement. » Des roches aux reflets ambrés attirent son attention. Leur couleur, leurs textures, leur poids : tout indique que la zone est riche en minerais, assure-t-il, et pas n'importe lesquels. Cuivre, or, argent… À écouter aussiLes glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge Pour Silvio Pastore, la présence de ces minerais pose un dilemme. Depuis 2010, les 17 000 glaciers argentins sont protégés par la loi, tout comme les sols congelés des zones périglaciaires. Or, ces dernières sont souvent riches en cuivre, un métal crucial pour la transition énergétique, et donc pour la lutte contre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers : « Je suis actuellement dans une zone périglaciaire, la loi interdit l'activité minière ici. Mais je peux voir à l'œil nu et démontrer scientifiquement qu'une grande partie de ces montagnes ne contiennent ni eau ni glace. Donc logiquement, il y a des zones qui peuvent être libérées. » Silvio Pastore est membre d'un think tank proche du lobby de l'industrie minière, qui assure que 17 milliards de dollars d'investissements dépendent de la flexibilisation de la loi voulue par Javier Milei. En aval, des habitants inquiets et méfiants À une cinquantaine de kilomètres en aval du glacier de San Lorenzo, les habitants de la petite ville de Jachal se sont organisés en assemblée citoyenne pour défendre leur rivière. Après 20 ans de cohabitation avec la mine d'or Veladero, Carolina Caliva ne croit plus aux promesses de l'industrie minière : « Ils sont arrivés avec leur petit refrain sur le plein emploi et le développement durable. La réalité, c'est que notre ville est aussi pauvre qu'avant, si ce n'est plus. » Carolina fait référence aux scandales de contamination au mercure de la rivière Jachal qui ont éclaboussé la mine Veladero à plusieurs reprises. À lire aussiArgentine : des opposants au président Milei se mobilisent pour la protection des glaciers Omar Aciar est agriculteur. Il nous montre la terre sèche et craquelée de son champ de luzerne. Si l'industrie minière continue de se développer dans la région, dans dix ans, il sera impossible de cultiver quoi que ce soit à Jachal, assure-t-il : « Que va-t-on laisser à nos enfants ? Nous n'avons déjà presque plus d'eau potable, les puits sont quasiment à sec. Dans ce contexte, comment pourrait-on sacrifier nos glaciers ? C'est pourtant évident que l'eau, c'est la vie. »
Consommer tout et n'importe quoi, de façon compulsive, cela fait qu'on accumule dans nos foyers beaucoup de choses : vêtements jamais portés ou usés, déchets électroniques en pagaille, lunettes plus à notre vue, des jouets par milliers, etc. Bref, parfois il est bon de faire un petit ménage de printemps et de vider ses placards. Mais comment déstocker ? Par quoi on commence ?
Au Salon international de l'Agriculture, à Paris, les professionnels du secteur n'ont pas seulement exposé leurs animaux, et leurs griefs, ils ont parlé solutions du futur, robotisation, permaculture, OGM, adaptation au changement climatique... Dans ce dernier domaine, l'Espagne a des projets bien avancés. Climat et alimentation En Espagne, pays qui se veut le potager de l'Europe, les agriculteurs subissent sécheresse, record de températures et incendies au point que les cultures s'en trouvent durablement altérées. En Catalogne, la production de pommes a baissé de 8% l'an dernier (2025). Pour enrayer la crise, les producteurs ont demandé l'aide des scientifiques. La première variété de pommiers qui résiste à de longs épisodes de grande chaleur sera bientôt commercialisée. Et ce n'est pas un organisme génétiquement modifié. Reportage d'Elise Gazengel. Élections On reste en Espagne, pour parler politique : à chaque rendez-vous dans les urnes, l'extrême droite accumule les percées électorales et elle est devenue un allié incontournable pour le Parti populaire. Sans les voix du parti Vox, les conservateurs espagnols n'ont plus la majorité absolue et ne peuvent plus prétendre gouverner. Alors que plusieurs régions élisent leurs Parlement entre février et juin, le Parti populaire vient de présenter ses conditions à Vox avec l'idée de ne pas se faire dépasser sur sa droite. Les précisions de Diane Cambon. Élections également au Royaume-Uni, où le parti Vert espère envoyer un cinquième député au Parlement de Westminster, lors d'un scrutin partiel qui se tient demain 26 février 2026 près de Manchester. Face à une majorité travailliste en perte de vitesse, très fragilisé par de nombreux scandales, notamment - mais pas uniquement - liés au dossier Epstein, les écologistes se présentent comme la seule alternative à l'extrême-droite qui, là aussi, progresse. Reportage de Marie Billon. La chronique musique de Vincent Théval Gorillaz The Manifesto Pt.1 (UK) Des bunkers privés ? Au début d'une 5è année de guerre en Ukraine et en l'absence de perspective de paix, l'Europe centrale s'inquiète toujours plus pour sa sécurité. Dans la région, les bunkers et abris souterrains longtemps laissés à l'abandon suscitent un regain d'intérêt. En Slovaquie, ces structures héritées de la guerre froide sont aujourd'hui rénovées. Mais des abris privés font leur apparition, et ils sont de plus en plus prisés. Les détails avec Alexis Rosenzweig.
Sécheresse, record de températures, incendies… En Espagne, le changement climatique est particulièrement inquiétant ces dernières années. Le pays se veut le potager de l'Europe, et ses agriculteurs sont les premiers touchés par ces changements. Depuis 20 ans, ils constatent une dégradation de leur production : baisse de production, altération de la texture… En Catalogne, la production de pommes a baissé de 8 % en 2025. C'est pour pallier à cette crise que les producteurs ont demandé aux scientifiques de les aider à pérenniser leurs cultures en créant des variétés de fruits résistantes aux multiples effets de l'évolution du climat, comme des températures de 40 degrés ou la prolifération de parasites. À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides
Sécheresse, record de températures, incendies… En Espagne, le changement climatique est particulièrement inquiétant ces dernières années. Le pays se veut le potager de l'Europe, et ses agriculteurs sont les premiers touchés par ces changements. Depuis 20 ans, ils constatent une dégradation de leur production : baisse de production, altération de la texture… En Catalogne, la production de pommes a baissé de 8 % en 2025. C'est pour pallier à cette crise que les producteurs ont demandé aux scientifiques de les aider à pérenniser leurs cultures en créant des variétés de fruits résistantes aux multiples effets de l'évolution du climat, comme des températures de 40 degrés ou la prolifération de parasites. À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides
Briollay, un petit village de l'ouest de la France, à une quinzaine de kilomètres d'Angers. Situé entre deux rivières, la Sarthe et le Loir, dans la basse vallée angevine, ce village est régulièrement en proie aux inondations, 60 % de son territoire se trouve en zone inondable. Mais les inondations de ces derniers jours, particulièrement fortes, ont mis ce village à l'épreuve. Des maisons envahies par les eaux, le réseau de gaz coupé par mesure de sécurité et des habitants qui doivent donc vivre une situation déjà compliquée, sans chauffage ni eau chaude. Pourtant, malgré ce terrible constat, les riverains font face, déterminés et solidaires. ► France : à Briollay, la crise se prolonge après les inondations
Ce samedi, une émission contrastée, urbaine et rurale, sud-américaine et française. Nous voici en France, côté campagne. Parmi les défis à relever pour les agriculteurs, le changement climatique, le manque d'eau... Nous nous sommes rendus dans le Roussillon, où se pose la question du partage de l'eau. On y invente de gros tuyaux pour détourner partiellement une rivière afin d'irriguer les vergers. En seconde partie d'émission, ça va swinguer avec la samba et le lâcher prise du carnaval de Rio. Agriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau À l'heure du Salon international de l'agriculture à Paris, la colère paysane gronde toujours en France. Normes contraignantes, concurrence exacerbée par l'accord UE / Mercosur, gestion de l'épidémie bovine… et il faut ajouter à cela la sécheresse. À cause du réchauffement climatique, de plus en plus d'agriculteurs manquent d'eau et la question du partage de la ressource est devenue épineuse. Illustration dans le sud de la France, dans la région de Perpignan. L'été dernier (2025) : fleuves à sec, cultures desséchées… squelettes d'abricotiers et de vignes arrachés. En perspective pour résoudre le problème : un tuyau de 10 km pour dériver une partie d'un cours d'eau afin de sécuriser l'irrigation. Mais ce projet ne fait pas l'unanimité, y compris chez les agriculteurs… Un Grand reportage de Laura Salabert qui s'entretient avec Jacques Allix. Le carnaval de Rio : résister par la fête C'est l'une des plus grandes fêtes du monde. Importé par les colons portugais, le carnaval de Rio mélange aujourd'hui influences africaines et européennes. Un moment de l'année où les hiérarchies s'inversent, les corps se montrent et les classes se croisent. Que ce soit dans les fanfares de rues ou dans le sambodrome, le rendez-vous est hautement politique. Un Grand reportage de Sarah Cozzolino qui s'entretient avec Jacques Allix.
durée : 00:36:40 - Le 18/20 · Le téléphone sonne - En situation de crue généralisée, la France est confrontée à des inondations sans précédent : jamais il n'avait plu autant depuis que l'on mesure la pluviométrie en 1959. Des événements extrêmes qui deviennent de plus en plus fréquents. Comment le pays doit faire face à ces risques climatiques ? Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
À l'heure du Salon international de l'agriculture à Paris, la colère paysane gronde toujours en France. Normes contraignantes, concurrence exacerbée par l'accord UE / Mercosur, gestion de l'épidémie bovine… et il faut ajouter à cela la sécheresse. À cause du réchauffement climatique, de plus en plus d'agriculteurs manquent d'eau et la question du partage de la ressource est devenue épineuse. Illustration dans le sud de la France, dans la région de Perpignan. L'été dernier (2025) : fleuves à sec, cultures desséchées… squelettes d'abricotiers et de vignes arrachés. En perspective pour résoudre le problème : un tuyau de 10 km pour dériver une partie d'un cours d'eau afin de sécuriser l'irrigation. Mais ce projet ne fait pas l'unanimité, y compris chez les agriculteurs… « Agriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau », un Grand reportage de Laura Salabert.
La forêt amazonienne est encore perçue comme une jungle luxuriante, sauvage, peuplée de tribus autochtones. Mais la réalité est loin de cette image fantasmée. Elle souffre des activités humaines : près d'un quart de l'ancien poumon de la planète a déjà été déforesté. Elle est désormais proche d'un point de bascule, selon certains chercheurs. Un point de non-retour où la forêt serait définitivement perdue. Un risque pour le climat mondial, pour les ressources en eau de la région et pour la sécurité des populations, selon une note que vient de publier l'Observatoire défense et climat français. Jeanne Richard a survolé dans un petit avion à basse altitude l'État du Pará, en pleine Amazonie brésilienne. À 400 mètres d'altitude, ce qui frappe d'abord, c'est l'immensité de l'Amazonie qui s'étend à perte de vue. Mais de la forêt, ici, il ne reste que des bribes : « Cette zone-là, c'est ce qu'on appelle l'arc de déforestation où la plupart de la forêt a disparu. Il ne reste que très peu de forêt primaire, voire aucune. » Andrew Murchie travaille chez Greenpeace au Brésil. À bord du petit avion de l'ONG, ordinateur sur les genoux et l'œil rivé à son hublot, il est chargé de cartographier l'avancée de la déforestation. Au loin, il repère un panache de fumée : « Voilà un feu. Ils coupent la forêt et mettent ensuite le feu aux souches pour nettoyer et faire du pâturage pour le bétail. S'ils ne le font pas, la végétation repousse. Ils brûlent pour empêcher la forêt de se régénérer. » En-dessous de nous, sur la terre en friche, on voit d'innombrables petits points blancs. Ce sont des bovins vus du ciel. Le pays est le premier exportateur de viande de bœuf au monde. Un steak sur cinq consommé dans le monde est brésilien : « L'élevage est le premier facteur de déforestation en Amazonie. Ça a toujours été ainsi et ça va continuer. » En trois heures de vol, nous aurons vu la terre éventrée par les mines d'or, des parcelles de soja de centaines d'hectares, et encore et toujours des pâturages. Seul le survol de terres appartenant aux peuples autochtones nous a donné un aperçu de la grande forêt et de ses arbres majestueux. L'Amazonie pourrait se transformer en savane Une fois à terre, Christiane Mazzetti, spécialiste des forêts chez Greenpeace Brésil, nous attend sur le tarmac. Elle explique qu'en trois ans, depuis le retour du président Lula à la tête du pays, la déforestation a chuté de moitié. Mais 6 000 km² de forêt amazonienne ont quand même été détruits en 2025. Aux activités humaines s'ajoute la pression du réchauffement climatique : « Quand le bassin amazonien atteindra 20 à 25% de dégradation, alors des régions entières vont se transformer en un autre écosystème, beaucoup plus sec. On perdrait donc la biodiversité et plusieurs services environnementaux que nous rend la forêt, comme la captation du CO2 et les pluies… Et on se rapproche de ce point de non-retour. On en est très proche. » Passé ce cap, près de la moitié de la forêt amazonienne pourrait se transformer en savane. Selon l'Observatoire défense et climat, le bouleversement de l'environnement de l'économie et les conflits qui en découleraient représentent un risque majeur pour la sécurité de quelque 43 à 47 millions de personnes.
Troisième et dernier volet de notre mini-série sur les élections municipales. Aujourd'hui, on donne la parole aux élus de terrain. A travers la Grande Consultation des Maires et des élus municipaux réalisée par le Shift Project, plus de 3 000 élus ont partagé leur vision de la transition énergétique et climatique.
À l'occasion de la COP30, la caravane fluviale Iaraçu remonte le fleuve Amazone de Manaus à Belém avec, à son bord, des spécialistes des forêts tropicales. Une formidable aventure scientifique pour échanger entre experts et avec les communautés locales sur les meilleures stratégies pour préserver l'Amazonie, les forêts du Bassin du Congo et d'Asie du Sud-Est. (Rediffusion du 14 novembre 2025) Après huit jours de navigation sur les eaux tumultueuses de l'Amazone, la caravane fluviale Iaraçu est arrivée à Belém en Amazonie brésilienne. Parti de Manaus, le 28 novembre, ce bateau bleu et blanc à trois étages a embarqué à son bord une vingtaine de scientifiques, venus partager leurs savoirs entre eux et avec les communautés locales au rythme des escales. Nous avons eu la chance de vivre cette aventure organisée par l'IRD, l'Ambassade de France au Brésil et le Centre franco-brésilien de la biodiversité en Amazonie. Chaque matin, en ouvrant la porte de notre cabine, le spectacle était magique. La forêt amazonienne défilait sur les rives ponctuées de maisons colorées sur pilotis. L'Amazonie impressionne par son immensité : 4 millions de km² répartis sur neuf pays, soit l'équivalent de la superficie de l'Europe. Elle émerveille aussi par sa biodiversité exceptionnelle, avec près de 120 000 espèces animales et plus de 40 000 espèces végétales recensées. Mais les forêts du Bassin du Congo et de Papouasie-Nouvelle-Guinée possèdent, elles aussi, une extraordinaire diversité de vie, tout aussi précieuse et spectaculaire. Les stratégies à défendre à la COP30 pour protéger l'ensemble de ces forêts tropicales étaient au cœur de nombreuses discussions à bord. Embarquez avec nous, nous vous emmenons partager ces échanges qui nous concernent tous. → Le journal de bord Iaraçu. Avec : - Laurent Durieux, géographe coordinateur IRD de l'initiative One Forest vision - Raphaël Tshimanga Muamba, professeur d'hydrologie à l'Université de Kinshasa co-président de l'initiative Science pour le bassin du Congo - Nicolas Barbier, directeur de recherche à l'IRD en écologie tropicale - Géraldine Derroire, écologue, spécialiste des forêts tropicales au Cirad - Claudio Almeida, coordinateur du programme de monitoring de l'Amazonie et d'autres écosystèmes brésiliens à l'INPE - Jean-Michel Martinez, directeur de recherche en hydrologie et télédétection à l'IRD. Musiques diffusées pendant l'émission - BVDC II String Band - Blue Mountain - Greenpeace Brasil - Canção pra Amazônia - Music of the Ituri Forest - Lukembi and Voice - Nilson Chaves - Tres violeiros - Orquestra Brasileira de Música Jamaicana - Ondde é que eu vou parar - Umbanda musicians at Cabocla Yacira - Lembrai, O Lembrai - Combo Cordeiro - Palácio dos Bares.
La forêt amazonienne est encore perçue comme une jungle luxuriante, sauvage, peuplée de tribus autochtones. Mais la réalité est loin de cette image fantasmée. Elle souffre des activités humaines : près d'un quart de l'ancien poumon de la planète a déjà été déforesté. Elle est désormais proche d'un point de bascule, selon certains chercheurs. Un point de non-retour où la forêt serait définitivement perdue. Un risque pour le climat mondial, pour les ressources en eau de la région et pour la sécurité des populations, selon une note que vient de publier l'Observatoire défense et climat français. Jeanne Richard a survolé dans un petit avion à basse altitude l'État du Pará, en pleine Amazonie brésilienne. À 400 mètres d'altitude, ce qui frappe d'abord, c'est l'immensité de l'Amazonie qui s'étend à perte de vue. Mais de la forêt, ici, il ne reste que des bribes : « Cette zone-là, c'est ce qu'on appelle l'arc de déforestation où la plupart de la forêt a disparu. Il ne reste que très peu de forêt primaire, voire aucune. » Andrew Murchie travaille chez Greenpeace au Brésil. À bord du petit avion de l'ONG, ordinateur sur les genoux et l'œil rivé à son hublot, il est chargé de cartographier l'avancée de la déforestation. Au loin, il repère un panache de fumée : « Voilà un feu. Ils coupent la forêt et mettent ensuite le feu aux souches pour nettoyer et faire du pâturage pour le bétail. S'ils ne le font pas, la végétation repousse. Ils brûlent pour empêcher la forêt de se régénérer. » En-dessous de nous, sur la terre en friche, on voit d'innombrables petits points blancs. Ce sont des bovins vus du ciel. Le pays est le premier exportateur de viande de bœuf au monde. Un steak sur cinq consommé dans le monde est brésilien : « L'élevage est le premier facteur de déforestation en Amazonie. Ça a toujours été ainsi et ça va continuer. » En trois heures de vol, nous aurons vu la terre éventrée par les mines d'or, des parcelles de soja de centaines d'hectares, et encore et toujours des pâturages. Seul le survol de terres appartenant aux peuples autochtones nous a donné un aperçu de la grande forêt et de ses arbres majestueux. L'Amazonie pourrait se transformer en savane Une fois à terre, Christiane Mazzetti, spécialiste des forêts chez Greenpeace Brésil, nous attend sur le tarmac. Elle explique qu'en trois ans, depuis le retour du président Lula à la tête du pays, la déforestation a chuté de moitié. Mais 6 000 km² de forêt amazonienne ont quand même été détruits en 2025. Aux activités humaines s'ajoute la pression du réchauffement climatique : « Quand le bassin amazonien atteindra 20 à 25% de dégradation, alors des régions entières vont se transformer en un autre écosystème, beaucoup plus sec. On perdrait donc la biodiversité et plusieurs services environnementaux que nous rend la forêt, comme la captation du CO2 et les pluies… Et on se rapproche de ce point de non-retour. On en est très proche. » Passé ce cap, près de la moitié de la forêt amazonienne pourrait se transformer en savane. Selon l'Observatoire défense et climat, le bouleversement de l'environnement de l'économie et les conflits qui en découleraient représentent un risque majeur pour la sécurité de quelque 43 à 47 millions de personnes.
À l'occasion de la COP30, la caravane fluviale Iaraçu remonte le fleuve Amazone de Manaus à Belém avec, à son bord, des spécialistes des forêts tropicales. Une formidable aventure scientifique pour échanger entre experts et avec les communautés locales sur les meilleures stratégies pour préserver l'Amazonie, les forêts du Bassin du Congo et d'Asie du Sud-Est. (Rediffusion du 14 novembre 2025) Après huit jours de navigation sur les eaux tumultueuses de l'Amazone, la caravane fluviale Iaraçu est arrivée à Belém en Amazonie brésilienne. Parti de Manaus, le 28 novembre, ce bateau bleu et blanc à trois étages a embarqué à son bord une vingtaine de scientifiques, venus partager leurs savoirs entre eux et avec les communautés locales au rythme des escales. Nous avons eu la chance de vivre cette aventure organisée par l'IRD, l'Ambassade de France au Brésil et le Centre franco-brésilien de la biodiversité en Amazonie. Chaque matin, en ouvrant la porte de notre cabine, le spectacle était magique. La forêt amazonienne défilait sur les rives ponctuées de maisons colorées sur pilotis. L'Amazonie impressionne par son immensité : 4 millions de km² répartis sur neuf pays, soit l'équivalent de la superficie de l'Europe. Elle émerveille aussi par sa biodiversité exceptionnelle, avec près de 120 000 espèces animales et plus de 40 000 espèces végétales recensées. Mais les forêts du Bassin du Congo et de Papouasie-Nouvelle-Guinée possèdent, elles aussi, une extraordinaire diversité de vie, tout aussi précieuse et spectaculaire. Les stratégies à défendre à la COP30 pour protéger l'ensemble de ces forêts tropicales étaient au cœur de nombreuses discussions à bord. Embarquez avec nous, nous vous emmenons partager ces échanges qui nous concernent tous. → Le journal de bord Iaraçu. Avec : - Laurent Durieux, géographe coordinateur IRD de l'initiative One Forest vision - Raphaël Tshimanga Muamba, professeur d'hydrologie à l'Université de Kinshasa co-président de l'initiative Science pour le bassin du Congo - Nicolas Barbier, directeur de recherche à l'IRD en écologie tropicale - Géraldine Derroire, écologue, spécialiste des forêts tropicales au Cirad - Claudio Almeida, coordinateur du programme de monitoring de l'Amazonie et d'autres écosystèmes brésiliens à l'INPE - Jean-Michel Martinez, directeur de recherche en hydrologie et télédétection à l'IRD. Musiques diffusées pendant l'émission - BVDC II String Band - Blue Mountain - Greenpeace Brasil - Canção pra Amazônia - Music of the Ituri Forest - Lukembi and Voice - Nilson Chaves - Tres violeiros - Orquestra Brasileira de Música Jamaicana - Ondde é que eu vou parar - Umbanda musicians at Cabocla Yacira - Lembrai, O Lembrai - Combo Cordeiro - Palácio dos Bares.
Consommer tout et n'importe quoi, de façon compulsive, cela fait qu'on accumule dans nos foyers beaucoup de choses : vêtements jamais portés ou usés, déchets électroniques en pagaille, lunettes plus à notre vue, des jouets par milliers, etc. Bref, parfois il est bon de faire un petit ménage de printemps et de vider ses placards. Mais comment déstocker ? Par quoi on commence ?
En Argentine, la fonte des glaciers sous l'effet du changement climatique réveille de funestes appétits. Le président Milei lui-même, adepte du tronçonnage en tous genres verrait bien quelques coupes sombres dans la loi de protection des glaciers. Ultralibéral et climatosceptique,son côté trumpiste le pousserait bien à forer partout. Et là, sous les décombres des majestueux géants de glaces du grand Sud argentin se trouvent des minerais critiques, notamment le cuivre : essentiel à la transition énergétique. Les populations locales tentent de parer les coups de pelleteuse. Mais, le Parlement pourrait, dans les semaines à venir, ouvrir la voie à de pharaoniques investissements miniers. « Les glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge », un Grand reportage de Théo Conscience.
C'est un coup dur porté à la lutte contre le changement climatique. Donald Trump a abrogé jeudi 12 février un texte clé en la matière, les gaz à effet de serre ne sont plus considérés comme des polluants. Les conséquences sont immédiates et très concrètes pour les États-Unis, premier contributeur historique d'émissions réchauffant la planète. Cette révocation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu'à la Cour suprême. Entretien avec l'économiste Christian de Perthuis, professeur et fondateur de la chaire Économie du climat à l'université Paris-Dauphine-PSL, auteur de Carbone fossile, carbone vivant. Vers une nouvelle économie du climat, aux éditions Gallimard. À lire aussiÉtats-Unis: Donald Trump abroge un texte majeur à la lutte contre le changement climatique
« L'administration Trump prive le pouvoir de lutter contre le changement climatique », titre le New York Times. Le quotidien américain explique comment on en est arrivé là : « L'Agence américaine de protection de l'environnement rejette désormais le constat scientifique fondamental selon lequel les gaz à effets de serre menacent la vie et le bien-être humains ». Concrètement, ajoute le New York Times, cela veut dire que l'on se dirige « vers la suppression des limites imposées au dioxyde de carbone, au méthane et à quatre autres gaz à effet de serre qui, selon les scientifiques, alimentent les vagues de chaleur, les sécheresses, les feux de forêts et autres phénomènes météo-ro-logiques extrêmes ». Le Washington Post, de son côté, rappelle que le président américain a, (il y a déjà un certain temps), qualifié le changement climatique de « canular » et « d'escroquerie ». Mais pour le Washington Post, l'annonce faite hier « marque surtout l'aboutissement d'années d'efforts déployés par les groupes conservateurs et industriels pour saper le fondement même des réglementations fédérales limitant les gaz à effet de serre ». Mauvais coup porté à la santé La presse européenne ne décolère pas non plus. C'est le cas du Guardian, à Londres, qui remarque que la décision de révoquer « le fondement scientifique sur le changement climatique, est qualifié par certains de « cadeau fait aux "milliardaires pollueurs" au détriment de la santé des américains ». À ce sujet, le Guardian, cite Barack Obama. Sur les réseaux sociaux, l'ancien président américain a estimé que l'abrogation de la loi sur le climat, aurait des conséquences néfastes : « nous serons moins en sécurité et en moins bonne santé, tout cela pour que l'industrie des combustibles fossiles puisse gagner encore plus d'argent ». À Paris, le Monde n'est pas plus tendre et titre : « Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre (…) le président américain nie les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens ». 43 600 euros pour un an de scolarité Libération publie une enquête sur les lycées français à l'étranger. Une enquête qui montre du doigt les établissements privés estampillés « homologués par l'État français ». « Outils de soft power par excellence », poursuit Libération, « les lycées français sont le premier poste de dépenses du Quai d'Orsay, en diplomatie culturelle ». Or, « il manque près de 60 millions d'euros pour boucler le budget 2026 ». Une hausse des frais de scolarité est prévue, ce qui a suscité la colère des parents d'élèves, qui avec certains parlementaires de l'étranger accusent Emmanuel Macron "d'avoir donné des ailes au secteur privé lucratif au point que l'opérateur public se sabote de l'intérieur". » Le quotidien français cite Mathilde Ollivier, sénatrice écologiste des Français établis hors de France, qui s'agace, elle, des moyens mis à disposition des établissements dits « partenaires » que « personne n'est capable de chiffrer ». Enfin, Libération donne l'exemple du Lycée français de New York. Établissement privé qui est peut-être (nous dit-on) « l'exemple le plus caricatural du réseau de l'enseignement français à l'étranger ». Parmi les anciens élèves, on trouve « les enfants de Donald Trump, Madonna ou Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre français. Coût d'une année scolaire : 43 600 euros, hors frais de dossier et cantine ».
Au sommaire :Le livre de Gisèle Pelicot "Et la joie de vivre", qui témoigne de son calvaire suite aux viols dont elle a été victime. L'affaire a fait le tour du monde et son courage a inspiré des milliers de femmes. Elle décrit sa descente aux enfers et sa décision bouleversante de faire un procès public, malgré la crainte de se retrouver seule face à ses agresseurs.Donald Trump s'apprête à abroger le texte fondateur des réglementations climatiques, menaçant ainsi les efforts de lutte contre le changement climatique. Les associations écologistes préparent des recours en justice, mais la procédure risque de durer des années.En France, les mauvais chiffres du chômage semblent avoir condamné Emmanuel Macron à abandonner son objectif de plein emploi. Malgré les débats sur les causes de cette hausse, notamment chez les jeunes, il est clair que le défi de l'emploi reste d'actualité.Hommage à la figure emblématique de Victor Hugo, à travers un hors-série de la revue L'Éléphant. Au-delà du romancier, on découvre un homme aux multiples facettes : dessinateur, défenseur du patrimoine avant l'heure et féministe. Un monument de la littérature française, dont la passion pour la liberté a marqué son époque.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:37:54 - La Terre au carré - par : Mathieu Vidard - Les glaciers de l'Himalaya fondent à un rythme accéléré sous l'effet du réchauffement climatique. Avec des conséquences multiples et à différentes échelles…. - invités : Fanny Brun - Fanny Brun : Glaciologue - réalisé par : Jérôme BOULET Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Ce sont bientôt les vacances et pour l'occasion, je vous propose ce court épisode sur les transports, sujet important et cause massive d'émissions CO2.Il s'agit d'une interview faite avec Quentin Lacrôme de la matinale Ici Azur, anciennement France Bleu Azur.Si vous souhaitez en savoir plus, vous pourrez découvrir l'épisode dédié, En voiture Simone, épisode 23 du podcast L'autruche et le colibri.
Plus que jamais Pékin s'affiche en champion des énergies propres. Selon un rapport du China Electricity Council publié lundi (2 février 2026), la capacité solaire installée de la Chine devrait dépasser celle du charbon dès cette année. Une première historique qui confirme une tendance de fond amorcée depuis de nombreuses années. Mais la Chine reste le premier pollueur mondial et est dépendante des énergies fossiles. Est-ce la Chine qui progresse sur le plan environnemental ou l'Occident qui régresse ? Faut-il s'inspirer de Pékin ? Quels sont les risques ? Pour en débattre - Hélène Van Rossum, chercheuse sur les politiques climatiques à l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) - Cédric Philibert, consultant dans l'énergie et le climat. Chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), auteur du livre Climat, les énergies renouvelables - Thibaud Voïta, expert en énergies et politiques climatiques, docteur en Science politique, conseiller à l'Institut Jacques Delors et directeur de master à l'EM Lyon.
Les élections municipales se rapprochent !TimeToShift vous propose trois épisodes pour explorer la façon dont les territoires et les élus locaux peuvent s'emparer du sujet.
Plus que jamais Pékin s'affiche en champion des énergies propres. Selon un rapport du China Electricity Council publié lundi (2 février 2026), la capacité solaire installée de la Chine devrait dépasser celle du charbon dès cette année. Une première historique qui confirme une tendance de fond amorcée depuis de nombreuses années. Mais la Chine reste le premier pollueur mondial et est dépendante des énergies fossiles. Est-ce la Chine qui progresse sur le plan environnemental ou l'Occident qui régresse ? Faut-il s'inspirer de Pékin ? Quels sont les risques ? Pour en débattre - Hélène Van Rossum, chercheuse sur les politiques climatiques à l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) - Cédric Philibert, consultant dans l'énergie et le climat. Chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), auteur du livre Climat, les énergies renouvelables - Thibaud Voïta, expert en énergies et politiques climatiques, docteur en Science politique, conseiller à l'Institut Jacques Delors et directeur de master à l'EM Lyon.
durée : 00:52:30 - Les informés de franceinfo - Tous les soirs, les informés débattent de l'actualité autour de Victor Matet. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Les glaciers fondent à vue d'oeil, la catastrophe de Blatten en Suisse l'a rappelé brutalement en mai 2025. Pourtant les stations de ski européennes, très fréquentées, peinent à changer de modèle économique. À Blatten, reconstruire, vite Il y a huit mois, le village suisse était englouti par un glacier. Aujourd'hui, le site est toujours interdit d'accès, mais dans la vallée, la collectivité fait tout pour reconstruire les infrastructures, car il en va de la survie économique d'un territoire dont 80% de la capacité hôtelière a été détruite en quelques secondes. Reconstruire donc, et le plus vite possible : en témoigne cet hôtel temporaire, monté en sept mois chrono pour faire revenir les touristes sur les pistes qui surplombent Blatten. Le reportage de Jérémie Lanche. À lire aussiEffondrement d'un glacier sur un village suisse: «La montagne a ses propres lois» L'Europe est une championne des sports d'hiver En nombre de nuitées, la France est la première destination devant l'Autriche, et la deuxième destination mondiale après les États-Unis. Mais la transformation est urgente : dans les Alpes françaises, le glacier d'Argentières devrait avoir disparu en 2080, côté italien celui de la Marmolada pourrait ne plus exister dès 2040. Et avec les glaciers, c'est toute l'économie qui risque de fondre. Entretien avec Guillaume Dolques, expert de l'Institut de l'Économie pour le Climat (I4CE). La chronique musique de Vincent Théval Raül Refree & Maria Mazzotta La Lettera (Espagne/Italie). La demi-révolution de l'Église anglicane Sarah Mullaly est devenue aujourd'hui la première archevêque de Canterbury de l'histoire de cette communauté chrétienne qui regroupe, dans sa forme élargie, 85 millions de personnes dans le monde, dont les pays du Commonwealth. Sa nomination à la plus haute fonction de l'Église intervient seulement trois décennies après que les femmes ont eu accès à la prêtrise, dans un climat de perte de fidèles et de défiance suite aux scandales de pédophilie qui ont éclaté ces dernières années, et ont poussé son prédécesseur à démissionner. Pour autant, Sarah Mullaly aura du mal à assoir son autorité dans cette Église d'État où l'égalité des genres n'est pas reconnue par tous. Reportage à Londres, Marie Billon. À lire aussiSarah Mullally, première femme archevêque de Canterbury: une «triste nouvelle» pour l'Église ougandaise
Les glaciers fondent à vue d'oeil, la catastrophe de Blatten en Suisse l'a rappelé brutalement en mai 2025. Pourtant les stations de ski européennes, très fréquentées, peinent à changer de modèle économique. À Blatten, reconstruire, vite Il y a huit mois, le village suisse était englouti par un glacier. Aujourd'hui, le site est toujours interdit d'accès, mais dans la vallée, la collectivité fait tout pour reconstruire les infrastructures, car il en va de la survie économique d'un territoire dont 80% de la capacité hôtelière a été détruite en quelques secondes. Reconstruire donc, et le plus vite possible : en témoigne cet hôtel temporaire, monté en sept mois chrono pour faire revenir les touristes sur les pistes qui surplombent Blatten. Le reportage de Jérémie Lanche. À lire aussiEffondrement d'un glacier sur un village suisse: «La montagne a ses propres lois» L'Europe est une championne des sports d'hiver En nombre de nuitées, la France est la première destination devant l'Autriche, et la deuxième destination mondiale après les États-Unis. Mais la transformation est urgente : dans les Alpes françaises, le glacier d'Argentières devrait avoir disparu en 2080, côté italien celui de la Marmolada pourrait ne plus exister dès 2040. Et avec les glaciers, c'est toute l'économie qui risque de fondre. Entretien avec Guillaume Dolques, expert de l'Institut de l'Économie pour le Climat (I4CE). La chronique musique de Vincent Théval Raül Refree & Maria Mazzotta La Lettera (Espagne/Italie). La demi-révolution de l'Église anglicane Sarah Mullaly est devenue aujourd'hui la première archevêque de Canterbury de l'histoire de cette communauté chrétienne qui regroupe, dans sa forme élargie, 85 millions de personnes dans le monde, dont les pays du Commonwealth. Sa nomination à la plus haute fonction de l'Église intervient seulement trois décennies après que les femmes ont eu accès à la prêtrise, dans un climat de perte de fidèles et de défiance suite aux scandales de pédophilie qui ont éclaté ces dernières années, et ont poussé son prédécesseur à démissionner. Pour autant, Sarah Mullaly aura du mal à assoir son autorité dans cette Église d'État où l'égalité des genres n'est pas reconnue par tous. Reportage à Londres, Marie Billon. À lire aussiSarah Mullally, première femme archevêque de Canterbury: une «triste nouvelle» pour l'Église ougandaise
Alors cette année, qu'est-ce que vous donnez comme objectif pour limiter votre impact sur la planète ?Mais pour ceux qui auraient l'intention de s'y mettre ou un début de motivation, voici quelques rappels et conseils que je vous laisse méditer en ce début d'année.Vous trouverez dans cet épisode les sujets abordés l'année dernière et les grandes conclusions des épisodes de 2025.
Le sujet ne fait pas la Une des journaux, pourtant il concerne 1 milliard de personnes sur le continent africain : la cuisson au bois a des conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques et très peu de gens s'en préoccupent... C'est un sujet qui ne fait pas la Une des journaux et pourtant il est à la croisée de la lutte contre la pauvreté, de l'émancipation et de la santé des femmes, de l'accès à l'éducation pour les enfants, de la lutte contre la déforestation et le changement climatique. Ce sujet, c'est celui de la cuisson des aliments sur le continent africain. En 2026, 1 milliard de personnes dépendent encore de systèmes de cuisson rudimentaires alimentés au bois, au fumier animal ou par des résidus agricoles. Le plus souvent, c'est une marmite posée sur trois pierres à l'intérieur de la maison. Par exemple au Bénin, en Éthiopie, au Liberia, en République démocratique du Congo, en Tanzanie… plus de 80% de la population dépend toujours de la biomasse pour cuire ses repas. Au Nigeria, au Kenya ou au Ghana, c'est 70%. Il existe de nombreuses initiatives locales pour améliorer la situation. Nous vous emmènerons dans le nord du Sénégal où l'ONG Nebeday innove avec une méthode de diffusion de foyers améliorés fabriqués à partir de ressources locales. Plus de 15 000 familles sont déjà équipées. 1 million d'arbres ont été sauvés. C'est un beau résultat, mais il faut agir à une échelle beaucoup plus grande... Un reportage de Pauline Le Troquier. Avec l'éclairage de Youba Sokona, scientifique malien, il travaille depuis plus de 40 ans dans les domaines de l'énergie et du climat au niveau international. Il a été le premier coordinateur du Centre africain pour la politique en matière de climat, le secrétaire exécutif de l'Observatoire du Sahara et du Sahel, professeur honoraire à l'University College London, membre de l'Académie mondiale des sciences et de l'Académie africaine des sciences. Il a été vice-président du GIEC, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du Climat de 2013 à 2024.
En Centrafrique, la fabrication de briques cuites prend de l'ampleur ces derniers mois. À Boeing, localité située derrière l'aéroport de Bangui, la fabrication artisanale de briques s'impose comme un moyen de survie pour de nombreux jeunes désœuvrés. Faute d'emplois et de perspectives, ils exploitent la terre et le bois environnants pour produire ces matériaux indispensables à la construction. Mais cette activité entraîne une dégradation accélérée de l'environnement, marquée par l'érosion des sols, la destruction de la végétation et la déforestation liée à la cuisson des briques. Entre nécessité économique et urgence écologique, la population locale se retrouve face à un dilemme sans solution immédiate. De notre correspondant à Bangui, Une épaisse fumée grise s'élève au-dessus de cette carrière à ciel ouvert, aux abords du quartier de Boeing. Le sol y est éventré de manière anarchique, le paysage est défiguré, accidenté et dangereux. Munis de pelles et de pioches, Ruffin et son équipe d'au moins huit personnes mettent en place des fours rudimentaires. Des ouvrages d'argile dans lesquels des milliers de briques cuisent lentement, au rythme du feu : « Comme d'habitude, après l'extraction, l'argile est mélangée à de l'eau, longuement pétrie, puis moulée dans des cadres en bois. Les briques encore humides sont séchées au soleil pendant plusieurs jours. Elles sont ensuite empilées dans les fours que vous voyez, alimentés par une importante quantité de bois. La cuisson dure parfois plus de 48 heures. » Pour atteindre les températures maximales, les briquetiers utilisent du bois en quantités considérables. Selon Ruffin, ces arbres sont abattus aussi bien dans les quartiers que dans les forêts environnantes : « Sans cette activité, je ne peux pas nourrir ma famille. Parmi nous, il y a des étudiants et des diplômés sans emploi. Je pratique cette activité depuis une dizaine d'années. Au début, on trouvait facilement des arbres. Mais ces dernières années, avec l'augmentation du nombre de fabricants, il nous faut aller très loin dans la forêt. » À lire aussiCentrafrique: au village Gaga, un paysage défiguré par l'exploitation aurifère [3/4] « Déforestation accélérée » En l'absence d'industries modernes capables de produire des matériaux de construction à grande échelle, les habitants se tournent vers des méthodes artisanales. Une activité essentielle à la survie de nombreux foyers, mais qui dissimule une réalité sombre. Anicet, notable du chef du quartier Boeing, en témoigne : « La cuisson des briques exige une grande quantité de bois, contribuant à une déforestation accélérée. Comme vous pouvez le constater, les arbres disparaissent, laissant place à des sols nus et fragilisés. La fumée dégagée par les fours pollue l'air. Aujourd'hui, le changement climatique s'impose de plus en plus. » Des ONG et quelques initiatives locales tentent d'expérimenter d'autres alternatives, mais leur impact reste limité face à l'ampleur du phénomène. Germain Bissafi, environnementaliste : « Il présente les conséquences de la production des briques et propose des solutions. » À lire aussiCentrafrique: inquiétudes face aux dégâts de l'exploitation minière sur la rivière Sangha à Nola
Des tornades de feu, des orages verts, de la foudre en boule, des cercles mystérieux dans le désert du Namib ou un gouffre gigantesque appelé la « porte des enfers » qui ne cesse de se creuser en Sibérie. Nous explorons les mystères de la nature avec nos invitées : émerveillement garanti ! Des pluies rouges, des orages verts, de la foudre en boule, des cercles mystérieux dans le désert du Namib ou un gouffre gigantesque appelé la « porte des enfers » qui ne cesse de se creuser en Sibérie. La nature expose ses incroyables capacités dans le ciel et sur terre et nous n'arrivons pas toujours à comprendre ces phénomènes fascinants. Les légendes se créent, les extra-terrestres y seraient peut-être pour quelque chose mais heureusement les scientifiques analysent et décortiquent… Avec Chloé Nabédian (journaliste spécialisée en météorologie et climat) pour son livre La nature entre science et mystère, paru aux Éditions du Rocher et Karine Durand pour Les 100 phénomènes météo les plus extraordinaires, paru chez Delachaux et Niestlé. Musiques diffusées dans l'émission - Sting - Heavy cloud no rain - Laurent Voulzy & Cliff Schneider - Le soleil donne.
Nous sommes entrés dans une zone de turbulences. Les secousses ce sont les sécheresses, les inondations, les mégafeux et autres événements extrêmes qui rendent notre environnement incertain. C'est aussi l'émergence de dirigeants aux propos et aux actions inimaginables jusqu'à peu. Faut-il les citer ? L'accroissement des inégalités qui attise la haine, la circulation des infox qui détourne des réalités du monde… Je présente l'émission C'est pas du vent depuis 17 ans et je peux vous dire que tout ce que nos invités ont annoncé dans cette émission se concrétise plus vite et plus fort que ce qu'ils avaient prévu. La tentation est forte de fermer ses yeux et ses oreilles en attendant que ça passe. Mais ça ne passera pas… Alors autant se préparer à affronter les tempêtes ! Nos deux invités portent un regard lucide sur le monde dans lequel nous vivons et ils ont des solutions concrètes et à la portée de chacun d'entre nous à nous proposer. Je vous propose de les écouter et j'espère qu'à la fin de cette émission, vous serez un peu réconfortés. (Anne-Cécile Bras). Avec Pablo Servigne, agronome et docteur en Biologie. Il est spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et d'entraide pour l'ouvrage Le réseau des tempêtes, manifeste pour une entraide populaire, paru aux Liens qui libèrent. → Le site Le réseau des tempêtes. Alain Deneault, philosophe pour Faire que ! L'engagement politique à l'ère de l'inouï, paru chez Lux Editeur. Musiques diffuées dans l'émission Grand corps malade - Ensemble La Cafetera Roja - La vita é bella.
C'est parti pour une nouvelle année et de nouveaux objectifs !L'autruche et le colibri a bien re-démarré l'année dernière et nous vous en remercions infiniment.Quel bilan de 2025, quels objectifs 2026 ?Le podcast “Les heures sombres” vient apporter un nouvel angle pour sensibiliser à la cause écologique et voici l'occasion de le découvrir.
Peut-on cultiver la pluie comme on cultive les légumes ou les céréales ? Entre les inondations et les sécheresses, l'eau est soit trop présente, soit pas assez, jamais là où et quand on en a besoin. La tentation de la discipliner est donc grande. Car les dérèglements climatiques en cours n'auront de cesse d'accentuer ces phénomènes. En bétonnant les sols pour les routes et les bâtiments, en pratiquant une agriculture intensive, en détruisant les mangroves ou les zones humides, l'homme a également perturbé le chemin de l'eau. Le sol n'ayant plus la capacité d'absorber l'eau suffisamment. Il est néanmoins possible, grâce à des réaménagements, à la plantation d'arbres et de haies, d'aider l'eau à retrouver sa juste place. Entre rigoles drainantes, jardins de pluie, et villes éponges, quelles sont les initiatives pour restaurer le chemin de l'eau ? Sont-elles déployables à grande échelle ? Avec : • François Rouillay, chercheur-formateur en résilience alimentaire et sécurité publique. Co-auteur avec Sabine Becker et Marc Khanne de Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l'eau (Terre vivante, 2025). • Sabine Becker, ingénieur-urbaniste, autrice, conférencière. Co-autrice avec François Rouillay et Marc Khanne de Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l'eau (Terre vivante, 2025). • Lionel Goujon, Responsable de la division Eau et Assainissement à l'AFD. Pour aller plus loin : ► Retrouver le documentaire Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l'eau réalisé par Sabine Becker, François Rouillay et Marc Khanne et dont le livre est tiré en cliquant ici. Programmation musicale : ► Holding On - Nightmares on Wax ► Dohi - DRE-A, EBOKOLO, IBA ONE, PATERNE MAESTRO
Le Cap-Vert veut s'imposer comme un modèle de développement de l'économie de la mer en Afrique, avec le développement des énergies durables, des projets d'économie circulaire et sa stratégie pour les capitaux. Pays insulaire, sa bande côtière est un atout majeur. Mais elle est aussi sa faiblesse : quand les stocks de poisson sont mis à mal par la pêche illégale ou quand le changement climatique menace. La tempête Erin en août dernier a par exemple endommagé les infrastructures. Et le Cap-Vert doit également relever un défi : proposer du travail à tous ceux qui envisagent d'émigrer. « Cap-Vert : pavillon haut sur l'économie bleue », un Grand Reportage de Charlotte Cosset.
Face au réchauffement rapide de l'Arctique, les ours polaires sont devenus un symbole du changement climatique. Mais derrière les images spectaculaires de banquise qui fond, une question scientifique cruciale se pose : les ours polaires peuvent-ils s'adapter biologiquement, jusque dans leur ADN, à un environnement qui se transforme plus vite que jamais ? C'est précisément à cette question qu'a répondu une étude récente menée sous la direction de la Dre Alice Godden, de l'université d'East Anglia, publiée dans une revue scientifique de référence.Les chercheurs se sont intéressés à l'évolution génétique des ours polaires en comparant leur ADN à celui de leurs plus proches cousins, les ours bruns. Grâce à des analyses génomiques approfondies, l'équipe a identifié plusieurs adaptations génétiques clés qui permettent aux ours polaires de survivre dans un environnement extrême, pauvre en ressources terrestres et dominé par la glace et le froid.L'un des résultats majeurs de l'étude concerne le métabolisme des graisses. Les ours polaires se nourrissent presque exclusivement de phoques, un régime extrêmement riche en lipides. Or, chez l'humain, une telle alimentation provoquerait rapidement des maladies cardiovasculaires. L'étude de la Dre Godden montre que les ours polaires possèdent des mutations spécifiques sur des gènes liés au transport et à la transformation du cholestérol, leur permettant de tirer un maximum d'énergie des graisses sans effets délétères. Cette adaptation génétique est essentielle pour survivre dans un milieu où les périodes de chasse sont de plus en plus courtes à cause de la fonte de la banquise.Les chercheurs ont également mis en évidence des modifications génétiques liées à la thermorégulation, au fonctionnement du pelage et à la gestion de l'énergie en période de jeûne prolongé. Ces adaptations permettent aux ours polaires de supporter des températures extrêmes tout en limitant les pertes caloriques, un avantage vital dans un Arctique en mutation.Cependant, l'étude de la Dre Alice Godden souligne une limite majeure : l'évolution génétique est un processus lent, qui se mesure en milliers d'années. Or, le changement climatique actuel se déroule à une vitesse sans précédent. Si les ours polaires ont déjà démontré une remarquable capacité d'adaptation sur le long terme, la rapidité de la fonte de la glace menace de dépasser leur capacité biologique à évoluer suffisamment vite.En conclusion, cette étude montre que les ours polaires portent dans leur ADN les traces d'une adaptation exceptionnelle à leur environnement. Mais elle rappelle aussi une réalité inquiétante : même les espèces les mieux adaptées ne sont pas forcément armées pour faire face à un changement climatique aussi brutal, soulignant l'urgence des enjeux écologiques actuels. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:08:43 - Le Reportage d'On n'arrête pas l'éco - En France comme dans le reste de l'Europe, le climat est en train de changer les règles du jeu pour les vignerons. Alors que certaines régions encaissent sécheresses, gels tardifs et maladies, comment les producteurs français s'adaptent-ils au défi du siècle ? Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
L' Amazonie a été présentée comme une priorité lors de la COP 30 par le président brésilien Lula Da Silva. Il accueillait cet automne la conférence internationale sud le climat à Belem aux portes de la gigantesque foret équatoriale. Nous partons dans le Para, l'un des Etats brésiliens les plus touchés par la déforestation. Dans l'ouest du Para, la forêt est encore préservée… Pour tenter de la conserver, et de limiter les dégâts, le gouvernement brésilien autorise des entreprises privées à exploiter des parcelles de forêts publiques, à condition qu'elles en fassent un usage raisonné et durable. Comment extraire du bois sans détruire la forêt ? Et comment les populations locales voient elles ce développement ? «Amazonie : les défis autour des concessions forestières durables», un Grand reportage de Lucile Gimberg. Réalisation: Pauline Leduc. Ce reportage RFI a été partiellement financé par l'ONG brésilienne Imaflora. [Rediffusion de l'émission du 20 novembre 2025]
durée : 00:05:25 - La Revue de presse internationale - par : Adrien Toffolet - Il est beaucoup question de météo dans les journaux du monde entier en ce jeudi de Noël : températures extrêmement froides au Canada, en Allemagne et au Maroc ; pluies intenses provoquant des inondations en Afrique du Sud et en Californie.
Cyclones, montée des eaux, érosion côtière… Dans l'océan Indien, les petits États insulaires sont en première ligne face au dérèglement climatique. À La Réunion, territoire français, comme à l'île Maurice, la pression humaine se rajoute à ces phénomènes, pour mettre à mal les écosystèmes marins. C'est dans les lagons que les effets sont les plus visibles : blanchiment des coraux, disparition de la mangrove, perte de la biodiversité. (Rediffusion) Essentiels à la survie de nombreuses espèces, les lagons font de surcroît barrière aux assauts du climat. Chaque conférence internationale pointe cette menace, alors que sur le terrain la mobilisation s'organise pour sauver les récifs coralliens. « Océan Indien : lagons en danger », un Grand reportage signé Anne Verdaguer, réalisé avec Expertise France.
Près de 40 % des Malgaches subissent la malnutrition. C'est ce qu'indique le dernier Global Hunger Index, un rapport de référence sur la faim dans le monde, principalement basé sur les données des Nations unies. L'indice classe la Grande Île à la 120e place sur 123 pays, soit en « situation alarmante » depuis 25 ans, date du début des mesures. Pourtant, elle s'est encore aggravée ces dernières années. Marie-Catherine Mabrut est la directrice de l'ONG Welthungerhilfe (WHH) à Madagascar, qui a contribué au rapport. Elle répond aux questions de Sidy Yansané. À lire aussiFaim dans le monde: Madagascar parmi les pays en situation «alarmante», selon un rapport
Cette espèce a été découverte le 26 avril 2006, dans le Nord-Ouest du Canada. Ce jour-là, un chasseur abat un ours blanc et découvre, en se rapprochant, un animal jamais vu. Il a une tête plutôt ronde, ce qui n'est pas le cas des ours polaires, des griffes très longues et des taches brunes autour des yeux et sur le corps... Après une analyse d'échantillons effectuée par un labo spécialisé de Vancouver, le verdict tombe. Ce n'est ni un ours blanc, ni un grizzly, c'est les deux : un ours hybride ! Dans "Ah Ouais ?", Florian Gazan répond en une minute chrono à toutes les questions essentielles, existentielles, parfois complètement absurdes, qui vous traversent la tête. Un podcast RTL Originals.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En Afghanistan, le changement climatique est désormais la première cause de déplacement interne. Le pays compte plus de 500 000 déplacés liés aux crues et à la sécheresse, et près de dix millions de personnes sont impactées par le réchauffement climatique, ce qui aggrave la crise humanitaire, déjà très profonde. Les causes sont à la fois des catastrophes ponctuelles, mais aussi l'effet à long terme de la sécheresse. Lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir en 2021, les talibans ont relancé l'ambitieux chantier du canal de Qosh Tepa, destiné à irriguer les provinces du nord. Mais certains villages, comme celui de Bulaku dans la province de Balkh, en sont exclus. De notre envoyée spéciale à Bulaku, Les petites maisons de terre se dressent au loin et se confondent avec la terre ocre et aride. Quelques ânes demeurent çà et là, épars. Afin d'abreuver leurs animaux, les villageois ont creusé des réservoirs dans la roche. Un petit groupe d'hommes s'est rassemblé autour. Les femmes se chargent de récupérer l'eau quand il y en a. Le système fonctionne comme un puits. Muhammad, l'un des paysans du village, producteur de blé, commente les difficultés auxquelles il doit faire face : « Depuis 10-15 ans, le climat change et la situation ne fait qu'empirer. Ces dernières années, la sécheresse ne fait que s'aggraver, et nous n'avons pas d'eau. Disons que nous avons de l'eau la moitié de l'année, au maximum. Le reste de l'année, nous n'en avons pas. Ça devient très difficile de s'approvisionner en eau, il faut aller la chercher très loin, et les routes sont vétustes. Elles sont poussiéreuses et cahoteuses, donc rapporter de l'eau n'est pas aisé. » Pour les habitants de Bulaku, récupérer de l'eau implique de marcher plusieurs heures sous le soleil harassant. La mission dure toute une journée. Le manque d'eau affecte aussi les récoltes et entraîne appauvrissement et insécurité alimentaire : « Comme l'eau, nos récoltes nous permettent de survivre six mois. Les six mois de l'année restants, nous sommes obligés de quitter le village, d'aller dans les villes, d'essayer de trouver un autre travail, au moins pour pouvoir manger jusqu'à l'année suivante, déplore Muhammad. Nous sommes autosuffisants pour six mois, ensuite il faut trouver une autre manière de se nourrir. » À lire aussiL'Afghanistan en proie à une sécheresse sans précédent À la recherche d'eau et de meilleures cultures En conséquence, nombreux sont les habitants à avoir tenté leur chance ailleurs. « Beaucoup de gens sont partis à la recherche d'eau et de meilleures cultures. Ils se sont installés dans d'autres localités, voire dans d'autres pays. Environ 150 familles sont parties d'ici, constate Muhammad. Chaque famille compte entre cinq et sept personnes. La majorité des personnes sont parties parce que c'est impossible, c'est vraiment trop difficile de vivre ici. Dans le village, on voit que les maisons sont partiellement détruites parce que plus personne ne vit ici. Abdul s'est installé dans un autre village, Sitchtemal : « J'ai tout essayé pour nourrir ma famille : j'ai travaillé dans les champs, comme ouvrier sur des chantiers. J'ai fait tout ce que je pouvais, mais l'expérience s'est mal terminée. Nous n'avions pas d'endroit pour vivre, donc nous sommes revenus ici, il y a deux ans. Mais nous souffrons toujours. Il ne pleut jamais. J'essaie de trouver des boulots journaliers. » Pour survivre financièrement, Abdul a fini par marier l'une de ses filles. Elle avait huit ans. À lire aussiAfghanistan: faits marquants de quatre années de régime taliban