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Limiter le changement climatique est nécessaire, mais en parallèle de ces efforts, il faut aussi s'adapter. Apprendre à vivre avec des températures différentes, à affronter les canicules, les tempêtes et les inondations.Après un été 2026 qui a battu tous les records en termes de chaleur et de sécheresse, Samia Basille s'interroge : s'adapter au dérèglement climatique, concrètement, ça veut dire quoi ? Quelles sont les conséquences sur notre façon de vivre, de se déplacer, de manger, de travailler ?Au fil des 5 épisodes de cette mini-série de "Oh my planète", nous rencontrerons des chercheurs, architectes, ingénieurs, agriculteurs, etc... qui chacun dans leur domaine, anticipent les effets du changement climatique et trouvent des solutions pour s'y préparer et s'adapter.--OH MY PLANÈTE c'est le podcast de l'ADEME qui vous emmène dans les coulisses de la transition écologique. Samia Basille dresse le portrait de personnes qui se bougent pour le climat, chacune dans son domaine, chacune avec ses armes.Crédits : Direction éditoriale : ADEME, l'agence de la transition écologique Ecriture et animation : Samia Basille Réalisation et mixage : Laurie Galligani Musique originale : Alice-Anne Brassac Production : Chloé Tavitian & Camille Juzeau Si cet épisode d'Oh my planète vous a plu, parlez-en autour de vous, partagez-le et n'hésitez pas à nous laisser des ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ sur votre appli préférée. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Face au changement climatique, l'adaptation devient aussi stratégique que la décarbonation. Julien Villeret, directeur de l'innovation d'EDF, détaille les technologies capables d'anticiper les événements extrêmes, de mieux gérer l'eau et de rendre les infrastructures plus résilientes.
Au Québec, dernière ligne droite avant les élections provinciales du 5 octobre 2026. Après plusieurs étés marqués par les feux de forêt, et des mois de guerre commerciale avec les États-Unis, les crises se sont accumulées, mais elles n'ont pas toutes trouvé la même place dans la campagne. À cinq jours du scrutin, le Parti québécois souverainiste reste en tête des intentions de vote dans une campagne où l'urgence économique a largement pris le dessus sur l'urgence climatique. Dans la rue, plusieurs mouvements tentent pourtant de le remettre à l'agenda. Un reportage de notre correspondante à Montréal, Nafi Alibert. Aux États-Unis, l'IA promet de s'auto-réguler Aux États-Unis, alors que le débat fait rage sur les dangers de l'intelligence artificielle, le président Donald Trump a réuni hier mardi (29 septembre 2026) les grands patrons du secteur. La réunion a accouché d'une ébauche de régulation du secteur, une sorte de code de bonne conduite sur la base du volontariat, dont on ignore les contours exacts et qui semble davantage relever de l'exercice de communication pour rassurer les investisseurs et l'électorat. Les précisions de François-Damien Bourgery, du service International de RFI. Javier Milei en VRP en France Le président argentin Javier Milei est en visite en France. Il sera reçu au palais de l'Elysée par Emmanuel Macron demain (1er octobre 2026). Mais il est avant tout venu à Paris pour jouer les VRP de luxe au forum d'affaires Argentina Week, un événement organisé au siège de l'OCDE pour convaincre les investisseurs français et européens de se tourner vers l'Argentine. Les détails de notre correspondant à Buenos Aires, Théo Conscience. À lire aussiJavier Milei à Paris pour vanter son modèle économique et attirer les capitaux Le danseur haïtien Steeven Labady Marcel héros d'un documentaire On part désormais à la rencontre d'un danseur haïtien, Steeven Labady Marcel, à travers un documentaire qui retrace son histoire ou plutôt son parcours migratoire. Contraint de quitter Haïti pour pouvoir devenir danseur, Steeven traverse les continents, les frontières, en quête de sécurité et de stabilité. Un film qui met en lumière la difficulté des migrants, et la résilience d'un jeune homme qui n'a qu'un rêve : danser. Born to Dance, Forced to Run (« Né pour danser, forcé de courir », en français) est un film de Pascale Solages, réalisatrice haïtienne elle aussi. Un dossier de Sarah Krakovitch, du service International de RFI. Le journal d'Outre-mer la 1re Le président de la région Guadeloupe est condamné pour détournements de fonds publics.
Saviez-vous que l'agriculture représente 20 % des émissions nationales de la France ? Pourtant, il est possible d'y développer des puits de carbone, comme les forêts ou les prairies !Dans ce 2ᵉ épisode de notre mini-série sur le rapport Réussir la transition dans l'incertitude du Shift Project, Thomas Robert, chargé de projet Agriculture, nous explique comment réduire ces émissions sans sacrifier la souveraineté alimentaire, et refaire de nos terres les puits de carbone qu'elles devraient être. Et, oui, on va parler lentilles, azote, souveraineté et bio-énergies.Alors au programme :✅ Les 4 chantiers clés pour décarboner l'agriculture✅ Le défi de développer les solutions les plus vertueuses quand elles ne sont pas les plus rentables✅ Comment développer les puits de carboneEt pour la première fois, votre podcast préféré en podcast audio et vidéo ! Alors pour ne rien manquer, n'oubliez pas de vous abonner.
Depuis près de deux siècles, les scientifiques alertent sur les effets des activités humaines sur le climat. Pourtant, malgré l'accumulation des connaissances et des avertissements, les émissions de gaz à effet de serre n'ont cessé d'augmenter. Comment expliquer cet immense gâchis ? Avec le réalisateur Jean-Robert Viallet et l'historien Jean-Baptiste Fressoz, retour sur l'histoire d'un réchauffement que nos sociétés ont largement vu venir. Dès le XIXè siècle, des scientifiques avaient identifié le risque d'un réchauffement provoqué par les émissions humaines. Alors pourquoi ces alertes n'ont-elles pas permis d'éviter la crise climatique actuelle ? Pour en parler, nous recevons Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l'environnement français, et le réalisateur Jean-Robert Viallet pour le documentaire en trois épisodes Fuck la planète, le choix du réchauffement, actuellement sur Arte. Musiques diffusées dans l'émission ► Paul Mc Cartney – Despite Repeated Warnings ► Yemi Alade – Ala Bekee.
Depuis près de deux siècles, les scientifiques alertent sur les effets des activités humaines sur le climat. Pourtant, malgré l'accumulation des connaissances et des avertissements, les émissions de gaz à effet de serre n'ont cessé d'augmenter. Comment expliquer cet immense gâchis ? Avec le réalisateur Jean-Robert Viallet et l'historien Jean-Baptiste Fressoz, retour sur l'histoire d'un réchauffement que nos sociétés ont largement vu venir. Dès le XIXè siècle, des scientifiques avaient identifié le risque d'un réchauffement provoqué par les émissions humaines. Alors pourquoi ces alertes n'ont-elles pas permis d'éviter la crise climatique actuelle ? Pour en parler, nous recevons Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l'environnement français, et le réalisateur Jean-Robert Viallet pour le documentaire en trois épisodes Fuck la planète, le choix du réchauffement, actuellement sur Arte. Musiques diffusées dans l'émission ► Paul Mc Cartney – Despite Repeated Warnings ► Yemi Alade – Ala Bekee.
David Barroux décrypte un enjeu économique majeur : l'explosion des sinistres liés aux fissures dans les maisons françaises.Après un été marqué par la sécheresse, les dégâts aux habitations deviennent un problème croissant pour le secteur de l'assurance. Lorsque les sols se déshydratent, la terre craque et bouge. Les racines des arbres cherchent l'eau sous les maisons, provoquant des mouvements qui créent des fissures. Plus les aléas climatiques s'intensifient, plus le phénomène s'aggrave.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:05:20 - Les Matins de France Culture - par : Alexandre Morales - La Méditerranée se réchauffe et se salinise plus vite que le reste des océans de la planète. L'accélération des hausses des températures se répercute désormais jusque dans ses eaux les plus profondes. - invités : Sabrina Speich Océanographe, physicienne au Laboratoire de Météorologie Dynamique, professeure au département de géosciences de l'École Normale Supérieure de Paris. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans cet épisode de Comment j'ai réussi ?, Stéphane Pedrazzi reçoit Fanny Fanou, fondatrice de Geominnov, une entreprise qui transforme la manière dont nous évaluons et gérons les risques climatiques sur nos habitations. Géomètre de formation, Fanny Fanou a créé une solution innovante capable de prédire les risques structurels des logements face aux défis environnementaux actuels.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Nous recevons dans cet épisode Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture de 2012 à 2017, qui a porté le lancement de l'initiative internationale « 4 pour 1000 » sur le stockage du carbone dans les sols lors de la COP21.Cet épisode part d'un constat : l'agriculture française traverse une crise profonde, alors même que les outils techniques pour faire évoluer les systèmes existent. Pourquoi le débat agricole reste-t-il centré sur les prix ? À prix égal, un agriculteur pourrait-il mieux gagner sa vie en faisant d'autres choix techniques et stratégiques ? Pourquoi les transitions engagées depuis une dizaine d'années peinent-elles à se généraliser ? Et comment redonner une vision à l'agriculture pour les 10 à 15 prochaines années ?Au cours de cet échange, nous aborderons également les sujets de l'arbitrage entre gestion des crises et transitions de fond, comment les sols ont permis de présenter l'agriculture comme une solution face au changement climatique, et l'emparement de la question des sols par les industriels, les assureurs et les financiers.Un épisode pour prendre du recul sur la crise agricole et interroger les leviers qui permettraient de faire évoluer durablement les systèmes.Bonne écoute !--Depuis 2017, Icosystème conçoit et déploie des missions de conseil et de formation pour les organisations agricoles — pour développer les connaissances, renforcer les compétences et construire une vision commune qui transforme durablement les pratiques et les structures.Découvrez nos offres pour vous accompagner dans la transition sur notre site internet : https://www.icosysteme.com/--
Le Club RFI Mongo du Tchad a organisé une rencontre pour permettre aux habitants de comprendre la rareté et l'irrégularité des pluies dans la région de Guéra. Les conséquences et les solutions face à cette situation. Avec la participation d'Idriss Mamadou Brahim. Cousin/invité du Club : Baiwa Mackaye Hatap, écologue et directeur de programme de l'ONG Accacia. Portrait d'Avenir : Abdelhalim Abdoulaye Khamais, un passionné du numérique. Musique : « Talou Niloumou », Matania. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.
Chaque jour, en quelques minutes, un résumé de l'actualité culturelle. Rapide, facile, accessible.**
Si l'été 2026 a été exceptionnel sur le plan de la chaleur et de la sécheresse, en Angleterre comme ailleurs, on se prépare à ce que ce soit la norme dans les prochaines années, en raison du réchauffement climatique causé par l'activité humaine. Dans le sud du pays, le jardin expérimental de la Société royale d'horticulture, à Wisley, tente de s'adapter à des étés de plus en plus chauds et de plus en plus secs, notamment en dupliquant ses collections. De notre envoyée spéciale de retour de Wisley, Les pelouses du jardin botanique de Wisley sont roussies par le soleil et la sécheresse. Les hortensias, d'ordinaire bleu pastel et rose fuchsia, craquent sous la brise. Les haies ont particulièrement souffert cette année. « Cet été a été stressant, avec la plus longue période sans pluie jamais enregistrée, alerte Edward Cooper, jardinier en charge des expérimentations. Nos haies se décolorent. Ce hêtre a pourtant 80 ans, il est idéal pour les haies sous notre climat, mais avec l'été qu'on a passé, même les plantes matures sont en stress hydrique. » Ce jardin botanique possède près de 25 000 espèces de plantes. Mais après cet été inédit en chaleur et en sécheresse, certaines variétés risquent de cesser de pousser. « 20 à 25 % de nos espèces pourraient ne plus être adaptées au sud de l'Angleterre, explique le directeur du jardin, Tim Upson. Par exemple, les hortensias souffrent énormément. On va donc faire des boutures pour les transférer plus au nord, une sorte de police d'assurance. » Les collections seront ainsi dupliquées dans les autres jardins plus tempérés de la Société royale d'horticulture. Le botaniste ne cache pas une certaine excitation face aux défis climatiques qui l'attendent. « Revenez dans 10, 15, 20 ans ! Nous pourrions bien avoir de nouvelles plantes que vous n'avez encore jamais vues, s'enthousiasme-t-il. Et nos observations pourront servir à l'adaptation au changement climatique, en recommandant des plantes qui filtrent la pollution ou qui soutiennent la biodiversité. » À lire aussiLe stock d'eau douce de la planète au plus bas depuis plus de 30 ans, l'OMM alerte sur les graves conséquences Trouver des plantes d'avenir Ici, le maître mot est l'expérimentation : créer, évoluer, s'adapter. Edward Cooper a passé l'été à trouver les plantes les plus résistantes à la sécheresse. « On a par exemple des plantes qui étaient populaires il y a longtemps, comme les hélianthèmes, poursuit-il. Ils résistent bien à la sécheresse et pourraient être des plantes d'avenir pour les jardins. » Assis près du grand plan d'eau du jardin botanique, Brian et Deborah sont venus glaner des conseils auprès des équipes d'Edward. « Nous allons devoir arrêter les plantes en pot, elles demandent trop d'eau », conclut Deborah. « Même nos parterres de fleurs ont souffert, nos impatientes, nos bégonias… On va devoir se rabattre sur des fleurs sauvages, plus hautes, pour moins arroser », ajoute Brian. Après la sécheresse, le Royaume-Uni craint un automne et un hiver particulièrement pluvieux, qui pourraient aussi avoir un impact adverse sur les plantes et les jardins du pays. À lire aussiÀ Paris, des balades dans les parcs pour identifier des plantes sauvages comestibles
Il est un peu plus de huit heures du matin, ce 26 août 2026, quand la montagne cède. Dans le massif du Langtang, au cœur de l'Himalaya, un pan de glacier se détache et plonge de plus de mille mètres dans la vallée. En quelques instants, la glace se change en un fleuve de boue et de roche qui dévale les pentes côté tibétain, emporte le poste-frontière, puis poursuit sa course dans la vallée de la Trishuli, au Népal, sur près de cent kilomètres. 3 semaines plus tard, le bilan n'est toujours pas définitif : plus de 1 500 morts et 5 500 disparus ! Et comme vous l'entendrez dans le reportage de Juliette Chaignon, la région entière est sous le choc. Cette catastrophe résonne comme un signal d'alarme : les glaciers fondent à vue d'œil partout dans le monde à cause du réchauffement climatique nourri par nos activités. Il ronge ces espaces gelés de l'intérieur et multiplie les glissements de terrain, les crues soudaines et les vidanges de lacs glaciaires. Et si ces montagnes vous paraissent lointaines, sachez que leur fonte nous rattrape tous : c'est elle, patiemment, qui fait monter le niveau des mers. Alors quelle est l'ampleur du problème, et comment y faire face ? Avec Ugo Nanni, glaciologue, chargé de recherches au CNRS sur les crues d'origine glaciaire et dans les zones de montagnes, rattaché à l'Institut des géosciences de l'environnement à Grenoble. Musique diffusée dans l'émission Yabesh Thapa - Kasari - कसरी.
Si l'été 2026 a été exceptionnel sur le plan de la chaleur et de la sécheresse, en Angleterre comme ailleurs, on se prépare à ce que ce soit la norme dans les prochaines années, en raison du réchauffement climatique causé par l'activité humaine. Dans le sud du pays, le jardin expérimental de la Société royale d'horticulture, à Wisley, tente de s'adapter à des étés de plus en plus chauds et de plus en plus secs, notamment en dupliquant ses collections. De notre envoyée spéciale de retour de Wisley, Les pelouses du jardin botanique de Wisley sont roussies par le soleil et la sécheresse. Les hortensias, d'ordinaire bleu pastel et rose fuchsia, craquent sous la brise. Les haies ont particulièrement souffert cette année. « Cet été a été stressant, avec la plus longue période sans pluie jamais enregistrée, alerte Edward Cooper, jardinier en charge des expérimentations. Nos haies se décolorent. Ce hêtre a pourtant 80 ans, il est idéal pour les haies sous notre climat, mais avec l'été qu'on a passé, même les plantes matures sont en stress hydrique. » Ce jardin botanique possède près de 25 000 espèces de plantes. Mais après cet été inédit en chaleur et en sécheresse, certaines variétés risquent de cesser de pousser. « 20 à 25 % de nos espèces pourraient ne plus être adaptées au sud de l'Angleterre, explique le directeur du jardin, Tim Upson. Par exemple, les hortensias souffrent énormément. On va donc faire des boutures pour les transférer plus au nord, une sorte de police d'assurance. » Les collections seront ainsi dupliquées dans les autres jardins plus tempérés de la Société royale d'horticulture. Le botaniste ne cache pas une certaine excitation face aux défis climatiques qui l'attendent. « Revenez dans 10, 15, 20 ans ! Nous pourrions bien avoir de nouvelles plantes que vous n'avez encore jamais vues, s'enthousiasme-t-il. Et nos observations pourront servir à l'adaptation au changement climatique, en recommandant des plantes qui filtrent la pollution ou qui soutiennent la biodiversité. » À lire aussiLe stock d'eau douce de la planète au plus bas depuis plus de 30 ans, l'OMM alerte sur les graves conséquences Trouver des plantes d'avenir Ici, le maître mot est l'expérimentation : créer, évoluer, s'adapter. Edward Cooper a passé l'été à trouver les plantes les plus résistantes à la sécheresse. « On a par exemple des plantes qui étaient populaires il y a longtemps, comme les hélianthèmes, poursuit-il. Ils résistent bien à la sécheresse et pourraient être des plantes d'avenir pour les jardins. » Assis près du grand plan d'eau du jardin botanique, Brian et Deborah sont venus glaner des conseils auprès des équipes d'Edward. « Nous allons devoir arrêter les plantes en pot, elles demandent trop d'eau », conclut Deborah. « Même nos parterres de fleurs ont souffert, nos impatientes, nos bégonias… On va devoir se rabattre sur des fleurs sauvages, plus hautes, pour moins arroser », ajoute Brian. Après la sécheresse, le Royaume-Uni craint un automne et un hiver particulièrement pluvieux, qui pourraient aussi avoir un impact adverse sur les plantes et les jardins du pays. À lire aussiÀ Paris, des balades dans les parcs pour identifier des plantes sauvages comestibles
L'avenir de l'Afrique passera par le train pour le spécialiste du ferroviaire, Claude Leblanc, qui sillonne le monde à la rencontre des transporteurs. Son nouveau livre, La Géopolitique du train, nous apprend que derrière la Chine, d'autres pays comme l'Inde ou la Turquie s'investissent dans la construction de chemins de fer en Afrique. Édité aux éditions Presses universitaires de France, l'ouvrage nous montre qu'une voie ferrée est un transport qui favorise la cohésion d'un pays. RFI : Vous parlez beaucoup du continent africain et de son avenir… Claude Leblanc : Ce n'est pas moi qui le dis, mais je pense qu'on vit un deuxième âge d'or du ferroviaire aujourd'hui. Et en fait, les pays africains sont ceux qui sont engagés justement dans l'avenir du ferroviaire parce qu'ils ont compris que grâce au ferroviaire, ils pouvaient franchir une étape dans la transition écologique : plutôt que de construire des routes, construisons la voie ferrée. Vous parlez des pays qui sont déjà très investis dans cette construction de voie ferrée en Afrique, de la Turquie, du Japon, de la Chine, des États-Unis… Évidemment, parce qu'aujourd'hui, dans beaucoup de pays africains, il y a le souvenir de la colonisation qui fait qu'on a une certaine réticence à travailler, ou en tout cas à être en partenariat, avec les pays qui étaient les anciens colonisateurs. Et il y a une offre nouvelle de la part d'autres pays – alors, évidemment, il y a la Chine, un pays comme la Turquie, l'Inde – et il y a aussi l'expérience, j'allais dire pratique, de la construction de voies ferrées, parce qu'on ne construit pas une voie ferrée en claquant des doigts. Donc les Chinois ont gagné une certaine assurance en termes de construction. Ils sont capables de construire beaucoup moins cher et beaucoup plus rapidement que n'importe qui d'autre. Les Turcs suivent un peu la même voie. Et du coup, évidemment, ces pays-là, les pays africains qui en ont besoin, vont regarder vers ces offres. Parce que ce qui est intéressant aussi, ce n'est pas simplement de construire une voie ferrée dans un pays, mais c'est de faire que cette voie ferrée débouche… Par exemple, avec le Kenya, l'Angola, etc., il y a des interconnexions qui se mettent en place parce qu'il y a une communauté d'intérêts économiques qui se crée dans cette région. Et donc on a compris que le train était un excellent moyen de favoriser ces échanges. Vous qui connaissez l'Afrique, vous qui connaissez le monde entier, quels sont les pays qui vous ont vraiment étonné, surpris en matière de vitesse, de rapidité de décision ? Les pays d'Asie centrale sont ceux qui m'ont sans doute le plus frappé parce qu'en Ouzbékistan, par exemple, le pays travaille sur un projet qui paraît fou aujourd'hui, qui est la Trans Afghan, donc de faire passer une voie de chemin de fer vers l'océan, enfin la mer d'Arabie, l'océan Indien, pour avoir un débouché sur la mer. Ils peuvent bien sûr développer leur économie locale, mais aussi, derrière, amener leur influence. C'est ça, je dirais, la force du ferroviaire aujourd'hui. Parce qu'on se rend bien compte que dans nos pays, y compris en France, où on parle beaucoup de fracture sociale, etc., l'unité d'un pays, elle passe par le ferroviaire. À lire aussiFace au changement climatique, pourquoi le train est à la croisée des chemins?
Il est un peu plus de huit heures du matin, ce 26 août, quand la montagne cède. Dans le massif du Langtang, au cœur de l'Himalaya, un pan de glacier se détache et plonge de plus de mille mètres dans la vallée. En quelques instants, la glace se change en un fleuve de boue et de roche qui dévale les pentes côté tibétain, emporte le poste-frontière, puis poursuit sa course dans la vallée de la Trishuli, au Népal, sur près de cent kilomètres. 3 semaines plus tard le bilan n'est toujours pas définitif : plus de 1500 morts et 5500 disparus ! Et comme vous l'entendrez dans le reportage de Juliette Chaignon, la région entière est sous le choc. Cette catastrophe résonne comme un signal d'alarme : les glaciers fondent à vue d'œil partout dans le monde à cause du réchauffement climatique nourri par nos activités. Il ronge ces espaces gelés de l'intérieur et multiplie les glissements de terrain, les crues soudaines et les vidanges de lacs glaciaires. Et si ces montagnes vous paraissent lointaines, sachez que leur fonte nous rattrape tous : c'est elle, patiemment, qui fait monter le niveau des mers. Alors quelle est l'ampleur du problème, et comment y faire face ? Avec Ugo Nanni, glaciologue, chargé de recherches au CNRS sur les crues d'origine glaciaire et dans les zones de montagnes rattaché à l'Institut des géosciences de l'environnement à Grenoble. Musique diffusée dans l'émission Yabesh Thapa - Kasari - कसरी
Au Népal, trois semaines après des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 1 403 morts et plus de 6 100 disparus, les besoins sont encore nombreux. Plusieurs milliers de rescapés ont tout perdu : des proches mais aussi leur maison, leur terrain, leur travail et leurs économies. Le gouvernement népalais a annoncé un programme de bourse pour garantir l'éducation des enfants orphelins ou déplacés à cause de la catastrophe. Des enfants qui, pour beaucoup, ont assisté aux crues meurtrières et nécessitent un soutien psychologique. Dans un centre d'accueil temporaire de Bidur, ville sinistrée du district de Nuwakot, à une cinquantaine de kilomètres de Katmandou, les professionnels essaient de soutenir les enfants. De notre envoyée spéciale de retour de Bidur, Assise sur un banc devant le gymnase de l'association de taekwondo de Bidur, Suchita, 36 ans, berce son neveu. « Il a 15 mois, il était allaité, il cherche encore le lait de sa mère », s'émeut-elle. La mère du garçon est morte dans les inondations, c'est la grand-mère qui a sauvé l'enfant. « Elle est encore très traumatisée d'avoir perdu ses deux belles-filles et deux petits-enfants », poursuit Suchita. L'enfant et la grand-mère vivent désormais dans ce gymnase sur des tapis de sol avec 200 autres rescapés. Et Suchita peine à réconforter le petit garçon. « La première nuit, il n'a pas dormi, on avait peur de déranger les autres autour, témoigne-t-elle. Mon fils de 7 ans aussi, il pleure souvent, il me dit que ses cousins qui sont morts lui manquent beaucoup, ils étaient très proches. » Dehors, une quinzaine d'enfants jouent sur un rectangle de gazon. Il y a un tourniquet, un toboggan. À côté, des tentes blanches dressées par l'ONG Save The Children et d'autres associations. Ces espaces sont réservés aux plus jeunes pour leur redonner une routine, des repères, dans un lieu sûr. On y trouve des coloriages, des imagiers, des jeux de société. « De ce que j'ai pu voir, ici c'est un peu mieux que dans d'autres centres, explique Achita Thieng, qui intervient au nom d'une association de psychologie transculturelle, TPO Nepal. Pour l'instant on se concentre sur les premiers secours psychologiques. » À lire aussiCrue dans l'Himalaya: le Népal commence les enterrements de masse de victimes impossibles à identifier Soigner aussi dans le futur Le but : écouter, observer, empêcher les traumatismes de s'ancrer à long terme. « Certains enfants restent très silencieux, ils semblent ne pas encore avoir compris ce qu'il s'était passé, poursuit Achita Thieng. Un autre enfant croit, à chaque fois qu'il voit passer un hélicoptère, que ses parents sont dedans et vont revenir, alors qu'il les a vus mourir sous ses yeux. » Plusieurs associations, ONG et le ministère de la Santé ont déployé des psychiatres, psychologues, conseillers. Reste à bien répartir cette aide, surtout dans les zones sinistrées isolées. Et après l'urgence, il faudra prendre en charge d'éventuels troubles durables : dépression, anxiété, stress post-traumatique…, explique Achita Thieng. « Dans un, deux, trois mois, il faudra pouvoir proposer un suivi régulier », plaide-t-elle. D'après l'Unicef, plus de 17 000 enfants ont un besoin urgent d'aide et de soutien psychologique après ces inondations dévastatrices survenues au Népal le 26 août, l'une des plus grandes catastrophes des dernières décennies dans le pays. Toujours d'après l'Unicef, 541 mineurs sont seuls et n'ont pas pu être réunis avec leurs proches. Plusieurs ONG comme Save The Children alertent : après un tel désastre et l'appauvrissement soudain de nombreuses familles, les risques de travail infantile, de mariages précoces et de traite d'enfants risquent d'augmenter. À lire aussiCrue dans l'Himalaya: la jeunesse népalaise réclame «justice» aux pays pollueurs
Hervé Gattegno passe en revue les principaux journaux du jour et nous montre comment la presse cultive l'inquiétude. Entre les menaces économiques, les scénarios catastrophistes et les prédictions alarmantes, les titres de la presse française semblent tous concourir à nous faire peur.Le journaliste commence par les gros titres économiques : le choc énergétique qui s'aggrave, les risques de krach financier pour la France, et l'impact sur le pouvoir d'achat des Français. Mais ce n'est pas tout. Les magazines proposent également des scénarios du pire concernant l'intelligence artificielle. Hervé Gattegno soulève également un paradoxe intéressant : les Français, champions de l'épargne, ont placé 475 milliards d'euros sur des comptes à faible rendement depuis 2020. Cette prudence excessive leur aurait coûté près de 400 milliards d'euros en gains manqués s'ils avaient investi en bourse.Enfin, la presse nous avertit d'une nouvelle menace : le moustique-tigre devrait envahir presque toute la France d'ici 2085. Heureusement, une start-up française développe une solution originale : stériliser les moustiques mâles en laboratoire pour empêcher leur reproduction.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L'année 2025 a été l'une des plus sèches depuis trente-cinq ans en matière de débits fluviaux, alerte l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport sur l'état des ressources en eau dans le monde, publié ce jeudi 17 septembre. Selon cette agence onusienne, le cycle de l'eau est globalement devenu « plus irrégulier et imprévisible, oscillant entre pénuries et excès ». Cette diminution des réserves d'eau soulève des inquiétudes sur l'approvisionnement, car ces réserves protègent la planète lors des années particulièrement sèches, comme en 2026. Entretien avec l'un des auteurs du rapport, Wayne Jenkinson, directeur de la division hydrologie et cryosphère à l'OMM. Le rapport de l'OMM peut être consulté ici. À écouter dans C'est pas du ventAgir pour l'eau
Les agriculteurs français de pomme de terre avaient déjà tiré la sonnette d'alarme au mois d'août, les estimations provisoires confirment que la baisse de la production touche l'essentiel de la récolte européenne. Un constat qui est le résultat de la diminution des surfaces cultivées et d'une baisse des rendements liée au manque d'eau. Pour comprendre ce qui se joue cette année, il faut remonter à 2025, année excédentaire, ayant entraîné une chute des prix. Les agriculteurs ont donc décidé de cultiver moins en 2026 : les surfaces ont baissé de plus de 13,7 % – soit une baisse de 82 700 ha, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG). Les agriculteurs n'avaient pas anticipé qu'ils perdraient une partie de leur production. Les canicules répétées ont desséché les champs et fait chuter les rendements. En France, ils ont ainsi baissé en moyenne de plus de 8 tonnes par ha par rapport à 2025, selon des prélèvements effectués par l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), et le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). En un an, la filière est passée d'un extrême à l'autre, d'une année européenne exceptionnelle, avec plus de 27 millions de tonnes de pommes de terre – en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas essentiellement, les quatre principaux producteurs – à une récolte qui devrait à peine dépasser 20 millions de tonnes, une des plus faibles de ces dernières années. À lire aussiLes prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025 Hausse des prix sur une partie des volumes seulement La baisse de la production ne pourra pas être compensée par les prix, même s'ils ont effectivement beaucoup augmenté en quelques mois. Car la hausse s'applique sur ce qu'on appelle le marché libre, qui concerne seulement une petite partie de la récolte. Dans le secteur de la frite par exemple, seulement 10 à 15 % des volumes sont commercialisés par ce biais. Le reste se négocie via des contrats annuels. C'est-à-dire que les pommes de terre récoltées aujourd'hui et pré-vendues l'ont été à des prix fixés grosso modo en janvier. L'année s'annonce donc très compliquée pour les producteurs français, belges, allemands et hollandais, qui ne vont pas totalement profiter de la hausse des prix, certains risquent de ne même pas avoir assez de volumes pour honorer leurs contrats. À lire aussiLa patate donne la frite partout dans le monde S'adapter à la réalité de la production Les acheteurs devront s'adapter cette année à la réalité de la production. Cette saison, les volumes seront plus faibles et les tubercules plus petits et moins longs. Les industriels qui ont des cahiers des charges très précis devront donc faire preuve de flexibilité pour composer avec ces nouveaux calibres, s'ils veulent continuer à faire tourner leurs usines. Les frites de 2027 seront certainement plus petites, et peut-être un peu plus chères, mais si augmentation il y a, elle ne devrait être que de quelques centimes par kilo, confie un acteur de la filière. À lire aussiFrance: la sécheresse provoque une crise historique de la pomme de terre
Le canal de Panama va une nouvelle fois réduire son trafic à partir d'octobre, en raison du manque d'eau provoqué par le phénomène climatique El Niño. Cette restriction intervient alors que cette voie maritime stratégique fonctionne presque à pleine capacité, notamment en raison des perturbations au Moyen-Orient. Avec des conséquences économiques qui peuvent aller jusqu'au prix des marchandises. C'est un nouveau séisme dans le transport maritime mondial. La direction du canal de Panama a annoncé une nouvelle réduction de son trafic à partir d'octobre. La voie qui relie l'océan Atlantique au Pacifique ne pourra accueillir qu'à peine 30 navires par jour. En cause : le phénomène climatique El Niño et le manque d'eau nécessaire au fonctionnement du canal. Longue de 80 kilomètres, cette voie maritime permet aux navires de relier l'Atlantique au Pacifique sans contourner l'Amérique du Sud. Chaque année, environ 5 % du commerce maritime mondial y transite, ce qui représente des centaines de milliards de dollars. En 2024, ce sont ainsi 444 milliards de dollars de marchandises qui sont passés par le canal. Son importance est encore plus visible depuis le début de la crise au Moyen-Orient. Le conflit et les perturbations autour du détroit d'Ormuz et du canal de Suez poussent certains pays asiatiques à s'approvisionner davantage aux États-Unis, et donc à faire passer davantage de navires par le canal de Panama. Ces derniers mois, il fonctionnait presque à sa capacité maximale, avec jusqu'à 40 passages quotidiens. Mais une dizaine de passages en moins par jour à partir d'octobre, c'est considérable pour une voie par laquelle transitent des centaines de milliards de dollars de marchandises. À lire aussi«Voilà où on en est, les bateaux sont à quai»: du Pérou au Guatemala, El Niño fait déjà des dégâts El Niño prive le canal de Panama de l'eau nécessaire à son fonctionnement Cette hausse du trafic intervient au moment même où le canal est confronté à un problème de taille : il n'y a pas assez d'eau pour faire passer tous les navires. Le canal fonctionne grâce à l'eau de pluie, stockée dans deux grands lacs artificiels. Entre mai et août, les apports d'eau dans le bassin ont été inférieurs de 44 % à la normale. Résultat : 36 passages quotidiens en août, 34 depuis le début du mois de septembre, puis 32 à partir de la mi-septembre et moins de 30 en moyenne à partir d'octobre. Les conséquences sont très concrètes pour les armateurs. Moins de créneaux disponibles signifie davantage d'attente et surtout des passages plus chers. Fin août, un méthanier a ainsi payé 5,3 millions de dollars pour obtenir un passage prioritaire, un record. À lire aussiCanicule: pourquoi les vagues de chaleur menacent désormais l'industrie européenne Des routes plus longues et des coûts de transport plus élevés Face à cette situation, certains armateurs boudent le canal, tout simplement en contournant l'Amérique du Sud. D'autres font transiter leurs marchandises par le rail, notamment au Mexique. Mais dans tous les cas, le transport est plus long et plus coûteux. Avec, potentiellement, un impact jusqu'au consommateur. Le coût du transport peut finir par se répercuter sur le prix des marchandises. Certains pays sont particulièrement exposés. Un quart du commerce extérieur de l'Équateur passe par le canal de Panama, contre 22 % pour le Chili et le Pérou. Si l'on dézoome, El Niño n'a donc pas seulement un impact sur le canal de Panama, mais potentiellement sur toute l'économie mondiale. Le phénomène modifie les températures, les vents et les précipitations à travers le monde, et l'épisode actuel pourrait être particulièrement intense. Pour le canal de Panama, cela se traduit très concrètement par moins d'eau, donc moins de bateaux. Et pour le commerce mondial, par des routes plus longues, des coûts plus élevés et, potentiellement, des prix qui augmentent. Une nouvelle illustration, finalement, d'une économie mondiale de plus en plus dépendante d'un climat qui, lui, devient de moins en moins prévisible. À lire aussiEl Niño «va s'intensifier»: pourquoi les prochains mois inquiètent les climatologues
durée : 00:58:07 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Les catastrophes naturelles se font de plus en plus nombreuses et violentes au Népal. Entre réchauffement climatique et choix de développement de ses territoires, la population vivant en haute altitude est aujourd'hui contrainte à repenser ses modes d'existence. - équipe : Barthélémy Gaillard, Vivian Lecuivre, Léane Hattermann, Fanny Richez, Anouk Milliot, Léa Capuano - invités : Blandine Ripert Ethno-géographe, chargée de recherche au CNRS, chercheuse au centre d'études sud-asiatiques et himalayennes de l'EHESS, Théophile Johnson Docteur en anthropologie, chercheur associé au Muséum National d'Histoire Naturelle et à l'Université de Liège Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le retour du phénomène climatique El Niño, qui s'annonce très intense, inquiète particulièrement en Afrique australe où certaines zones pourraient être touchées par de grandes sécheresses. La ville et la région du Cap, en Afrique du Sud, anticipent déjà un été très chaud et sec, favorable au déclenchement d'incendies. Une organisation de pompiers bénévoles spécialisés en feux de forêt et collabore avec les autorités dans la zone. De notre envoyée spéciale au Cap, Le mois de novembre approche, et avec lui le début de la saison des feux. C'est l'heure de vérifier le matériel pour les pompiers bénévoles du Cap, tels que Rouvanne van den Berg, qui compte 13 ans d'expérience : « Voici ce qui se trouve à l'arrière de notre véhicule. Avec cette pompe, on peut attaquer des incendies à proximité des routes. Nous avons aussi ces outils que nous emportons avec nous jusqu'à la ligne de feu ». La ville est particulièrement exposée aux feux de végétation puisqu'elle est bâtie au pied de la montagne de la Table, comme l'explique Thane Masureik : « À partir de cette clôture, là-haut, à environ 50 mètres de nous, c'est le début de forêt. Et là en-bas, à une centaine de mètres, se trouve une grande autoroute et une zone résidentielle très peuplée ». En 2021 déjà, un grand incendie s'était déclaré non loin de cette base, ainsi que s'en souvient Rouvanne van den Berg : « Il a dévasté la grande bibliothèque de l'université du Cap. Des conditions météorologiques extrêmes ont contribué à son embrasement et à sa propagation très rapide. Nous avons passé la journée à le combattre, là-bas, puis je suis rentré chez moi. Le lendemain matin, vers 7h, le feu avait franchi la montagne jusqu'à atteindre mon propre jardin ! On combat des incendies dans des espaces naturels, mais ils peuvent immédiatement menacer les quartiers résidentiels qui entourent la montagne ». À lire aussiEl Niño «va s'intensifier»: pourquoi les prochains mois inquiètent les climatologues Les services météorologiques prévoient que le phénomène El Niño devrait fortement toucher l'Afrique du Sud cette année, de quoi renforcer le niveau de vigilance. Lee Kleynhans est en charge de la communication de ce groupe de pompiers bénévoles : « Bien sûr, je crains que la saison soit difficile. Et ce n'est pas seulement à cause d'El Niño : le dérèglement climatique a globalement changé la donne pour nous. On ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver au cours d'une saison. La réalité, c'est qu'il existe toujours un risque que les équipes soient fatiguées et se retrouvent débordées », regrette-t-il. Pour se préparer au mieux, il faut aussi étudier la végétation très particulière de la zone : « Nous avons beaucoup de plantes fynbos dans la région, et c'est une végétation qui a naturellement besoin du feu afin de pouvoir germer. Dans le cadre des préparatifs menés en collaboration avec les autorités, nous recueillons donc des données pour savoir quand une zone a brûlé pour la dernière fois et à quel moment elle pourrait être amenée à brûler de nouveau », précise Lee Kleynhans. Les quelque 350 bénévoles, répartis sur quatre bases, vont aussi profiter des dernières semaines pour parfaire leur entraînement et se tenir prêts à intervenir dès les premiers départs de feu. À écouter aussiEl Niño : pourquoi l'Afrique australe sera-t-elle plus touchée par ce phénomène?
Cet été, les incendies ont ravagé nos paysages et l'urgence climatique a franchi un cap. Dans cet épisode de L'autruche et le colibri, le podcast sur la consommation responsable, on part du principe que la consommation responsable ne suffira pas : il faut aussi apprendre à militer.L'épisode évoque aussi la grande mobilisation citoyenne prévue le 26 septembre 2026 dans toute la France, pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.Un épisode engagé, accessible et sans jargon, pour transformer l'éco-anxiété en action concrète.
C'est le titre d'un article du Point, qui s'interroge sur la souveraineté alimentaire de la France, après la canicule qui a touché le pays, tout comme une grande partie de l'Europe cet été. La chaleur extrême « a frappé toutes les filières et toutes les régions. Pour connaître pareil épisode, il faut remonter à la grande sécheresse de 1976, se remémore l'hebdomadaire, ou, plus proche de nous, à celle de 2003. » « Pour parer au plus pressé, le gouvernement a concocté un plan d'un milliard d'euros – difficile de faire autrement vu l'état des finances publiques, note Le Point, mais après ? Après, la vraie, la seule question demeure : celle de l'adaptation de la ferme France au réchauffement climatique, poursuit l'hebdomadaire, bien sûr, les agriculteurs ne découvrent pas le réchauffement (…) mais la canicule les a pris de court. » « Si on ne bouge pas, cela nous coûtera chaque année de plus en plus cher », prévient le président d'une association de coopératives européennes, dans les pages du journal, qui évoque alors plusieurs solutions sur la table pour freiner la crise du milieu agricole : la diversification des cultures par exemple. Cultiver plusieurs variétés de légumes et de céréales en même temps « me permet de tenir », confie un agriculteur au Point. Cependant, « quelles que soient les voies empruntées, il y a un point de passage obligé, tranche le journal, la gestion de l'eau, avec les mégabassines en fond de tableau. » Et si la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, réclame des stockages d'eau depuis des années, un autre syndicat, celui de la Confédération paysanne, objecte dans l'article que « stocker pour stocker ne veut rien dire, si on ne remet pas en cause le modèle d'agriculture intensive ». À lire aussiSécheresse en France: plus d'un milliard d'euros pour soutenir les agriculteurs après un été difficile Le journal Marianne s'est intéressé aux coulisses du collectif Némésis Ce collectif lie les violences faites aux femmes à l'immigration, et lors de son apparition sur la scène publique il y a sept ans, « c'était une première » dans l'univers féministe, « exclusivement associé à la gauche, analyse le média, des jeunes femmes se réclamant à la fois de la défense des droits des femmes et de positions (…) d'extrême droite. » L'article se penche ensuite sur la structure interne de Némésis, une organisation décrite comme « verticale, voire autoritaire », où les membres du bureau, « médiatisés et en quête de notoriété (…), proviennent de groupes d'extrême droite ou sont liés à des groupuscules radicaux », à commencer par la tête de file du mouvement, Alice Cordier. En plus de ces liens avec l'ultradroite la plus violente, d'anciennes membres témoignent auprès de Marianne de soirées rythmées par des chants et des saluts nazis, ou encore de propos racistes, antisémites et homophobes dans les boucles de conversations des groupes. Némésis fait donc preuve d'« une idéologie qui justifie tout pour arriver à ses fins, une radicalité d'un autre temps et qui essaime un peu partout en Europe », résume Marianne. Et l'hebdomadaire de conclure sur cette « plongée au cœur du néofascisme français qui pose, in fine, la question suivante : mais que fait le ministère de l'Intérieur ? » Dans la presse hebdomadaire française, le rêve de l'immortalité Qui n'a jamais rêvé de tromper la mort, ou au moins de la jeunesse éternelle ? Tout le monde y a déjà pensé, au moins une fois, et les milliardaires de la tech, eux aussi, y pensent. Ils font même plus que ça : ils investissent dans ce rêve. Et « sans surprise, c'est aux États-Unis que le business est le plus développé », avec l'essor du « vitalisme, un courant influant qui veut faire de la lutte contre la mort la priorité de la société, regroupe beaucoup de ces acteurs », précise le Nouvel Obs. Au sein de cette galaxie, certains n'hésitent pas à servir de cobaye C'est le cas de Bryan Johnson, multi millionnaire américain et « chef de file des influenceurs longévité », comme l'explique le Nouvel Obs. Sur ses plateformes, il met en scène son mode de vie à grand renfort de dizaines de gélules par jour, de bilans de santé constants et même de transfusions avec le sang de son propre fils. « Mais après avoir annoncé en juin être atteint d'une gastrite auto-immune incurable », raconte l'hebdomadaire, l'influenceur s'est demandé s'il n'était pas allé « un peu trop loin avec toute cette histoire de longévité ». Il n'est pas le seul fortuné à se lancer dans cette aventure. Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, mais aussi Mark Zuckerberg, ont investi des millions de dollars dans des start-up de recherche, et la liste est longue. En clair « la quête de longévité est surtout le fantasme des puissants », résume le Nouvel Obs, « et pourtant ce sont les personnes défavorisées qui sont le plus affectées par le vieillissement », avec une différence d'espérance de vie jusqu'à 13 ans en France, entre les plus modestes et les plus aisés. Déjà que l'efficacité de ces nouvelles médecines de longévité reste à prouver, « encore faudrait-il qu'elles soient accessibles à tout le monde, ce qui, étant donné la manne financière qu'elles représentent, est loin d'être assuré, objecte l'hebdomadaire, dans un monde (…) où l'espérance de vie en bonne santé devient une question de société majeure, elle ne saurait se résumer à une science au service de quelques privilégiés. »
durée : 00:21:17 - Le journal de 19h - Les combattants houthis du Yémen, soutenus pas l'Iran, viennent de s'emparer de l'ensemble de la cote yéménite. Ouverture de la fête de l'Huma. Le ministre de l'économie Roland Lescure alerte sur l'inaction climatique, qui pourrait coûter cher à l'économie. - équipe : Nicolas Teillard Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:06:10 - Entendez-vous l'éco ? - par : Anne-Laure Chouin - Pas de pénurie de sapins de Noël en Allemagne cette année, mais les producteurs s'inquiètent pour l'avenir. La sécheresse et les fortes chaleurs ont fait dépérir jusqu'à 90 % des jeunes plants dans certaines exploitations. Or, il faut près de dix ans pour qu'un sapin arrive à maturité. - équipe : Caroline Bennetot, Éric Chaverou, Marie Viennot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Il y aurait un ras-le-bol de l'écologie ? Et si c'était plutôt la réaction d'une population coincée entre les conséquences dévastatrices de la dégradation de l'environnement et l'inaction politique ? Comment remobiliser ? Est-ce que vous avez entendu parler de « la fatigue écologique » ou de la « lassitude environnementale » ? Parler d'écologie lasserait, défendre le vivant et au passage l'habitabilité de la planète pour notre espèce serait devenu punitif, élitiste, moralisateur. Bref, les gens en auraient ras-le-bol d'entendre parler du changement climatique, de la disparition de la biodiversité et des pollutions en tous genres surtout dans les pays du Nord surexposés à l'information ! Dans les pays du Sud, c'est l'inverse : Selon l'Afrobarometer round, un grand réseau panafricain d'enquêtes d'opinion dans 38 pays, plus de la moitié des sondés réclament plus d'informations sur ce sujet et plus de 80% s'inquiètent pour l'avenir de leur pays ! Dans ces contextes, comment rassembler pour convaincre ? Nous en parlons avec nos invités. Avec - Guillaume Meurice (chroniqueur radio et humoriste) pour son ouvrage S'entendre paru aux Editions des Arènes - Théodore Tallent, spécialiste des enjeux politiques et sociaux liés à la transition écologique, il intervient régulièrement dans les médias pour discuter de leur place dans le débat politique, du « backlash » écologique et des freins à l'« acceptabilité » de la transition par les citoyens. Musiques diffusées dans l'émission Guillaume Meurice & Les Vulves Assassines - T'aimes pas Davido & Aya Nakamura - Yaya.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 6 septembre 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Tout au nord de l'Allemagne, dix petites îles bravent les éléments : les Halligen. Plusieurs dizaines de fois par an, la mer du Nord les submerge naturellement. Et pourtant des humains vivent ici. Depuis des siècles, ils construisent leurs maisons et les étables pour leur bétail sur des monticules artificiels. De cette façon, les habitants des Halligen résistent aux pires tempêtes. Mais une nouvelle menace les guette : l'élévation du niveau de la mer, causée par le changement climatique. C'est une course contre la montre : autorités et scientifiques cherchent des méthodes qui permettraient aux Halligen de survivre. Car ces îlots ne sont pas seulement un lieu de vie pour leurs habitants et un espace culturel unique au monde. Ces îles, aussi petites soient-elles, constituent aussi l'un des derniers sanctuaires ornithologiques d'Europe. Des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs reprennent des forces ici sur leur route d'Afrique vers le cercle polaire et des dizaines de milliers d'autres oiseaux marins les choisissent pour couver puis élever leurs poussins. Situées dans le parc national de la mer des Wadden, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, les Halligen sont devenues ces dernières années un terrain d'expérimentation scientifique. Les méthodes développées ici pourront, selon les scientifiques que nous avons rencontrés, aider des zones côtières du monde entier à s'adapter aux effets du changement climatique. «Comment sauver les Halligen, archipel européen menacé par la montée de la mer?», un Grand reportage de Stefane Schüler. La vidéo À lire aussiAux îles Halligen, menacées de disparaître: «Nos solutions d'adaptation peuvent s'appliquer à l'autre bout du monde»
Les températures ont dépassé pour la première fois les 40°C dans certaines régions européennes cet été, ces records de chaleur marquent une saison hors norme qui a remis le réchauffement climatique sur le devant de la scène, l'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite, deux fois plus que la moyenne mondiale. Notre invitée : Corinne Lepage, avocate, cofondatrice du droit environnemental, ancienne ministre de l'environnement sous le gouvernement d'Alain Juppé et députée européenne. Son ouvrage paru en juin s'intitule Le discrédit écologique, ou comment sortir du backlash, aux éditions Gallimard TRACTS. En Allemagne, les agriculteurs en proie à la baisse des fleuves Cette année, l'Allemagne a vécu son pire été sur le plan des canicules et des sécheresses. Parmi les secteurs les plus touchés, l'agriculture et en particulier dans les zones à proximité des fleuves, dont le niveau baisse. À 1h30 de Berlin, dans la région du Spreewald, on s'inquiète des conséquences de la sécheresse qui pourrait remettre le modèle économique de toute une région en question dans les prochaines années. Reportage de Salomé Hénon-Cohin à Lübbenau dans le Brandebourg. Quelle politique face à la montée des eaux aux Pays-Bas ? Aux Pays-Bas, un quart du territoire est situé sous le niveau de la mer. Une particularité qui a poussé les autorités à agir dès les années 1950 en lançant le fameux « plan Delta » pour lutter contre la montée des eaux. Le pays a ainsi mis en place tout un système de dunes, digues et barrières qu'il tente d'améliorer tout en misant sur des méthodes plus naturelles. Reportage de Robin Dussenne à Rotterdam et à La Haye.
Les températures ont dépassé pour la première fois les 40°C dans certaines régions européennes cet été, ces records de chaleur marquent une saison hors norme qui a remis le réchauffement climatique sur le devant de la scène, l'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite, deux fois plus que la moyenne mondiale. Notre invitée : Corinne Lepage, avocate, cofondatrice du droit environnemental, ancienne ministre de l'environnement sous le gouvernement d'Alain Juppé et députée européenne. Son ouvrage paru en juin s'intitule Le discrédit écologique, ou comment sortir du backlash, aux éditions Gallimard TRACTS. En Allemagne, les agriculteurs en proie à la baisse des fleuves Cette année, l'Allemagne a vécu son pire été sur le plan des canicules et des sécheresses. Parmi les secteurs les plus touchés, l'agriculture et en particulier dans les zones à proximité des fleuves, dont le niveau baisse. À 1h30 de Berlin, dans la région du Spreewald, on s'inquiète des conséquences de la sécheresse qui pourrait remettre le modèle économique de toute une région en question dans les prochaines années. Reportage de Salomé Hénon-Cohin à Lübbenau dans le Brandebourg. Quelle politique face à la montée des eaux aux Pays-Bas ? Aux Pays-Bas, un quart du territoire est situé sous le niveau de la mer. Une particularité qui a poussé les autorités à agir dès les années 1950 en lançant le fameux « plan Delta » pour lutter contre la montée des eaux. Le pays a ainsi mis en place tout un système de dunes, digues et barrières qu'il tente d'améliorer tout en misant sur des méthodes plus naturelles. Reportage de Robin Dussenne à Rotterdam et à La Haye.
Inondations, glissements de terrains, cyclones ont des conséquences importantes sur les populations et les infrastructures. Dans ce contexte, la Global Risk Modelling Alliance, alliance de partenaires publics-privés, travaille sur le coût et l'impact du changement climatique. AXA Climate membre de cette alliance a, l'année dernière, réalisé une première phase de cartographie des risques à Madagascar. Elle vient de lancer une deuxième phase. La première phase d'analyse estime par exemple à 311 millions de dollars en 2050 le coût lié aux risques d'inondations. Plus généralement, ce sont les impacts de 8 grands aléas qui ont ainsi été étudiés. La deuxième phase va se concentrer plus précisément sur les risques liés aux inondations – aléas majeurs sur la Grande Île - et sur les déplacements de population affectés par les aléas climatiques. Des cartes et des projections nécessaires aux autorités, explique Herman Julot, le directeur de la planification stratégique au sein de la cellule de prévention et de Gestion des urgences auprès de la primature (CPGU) : « La connaissance des risques nous permet de bien identifier les activités à mettre en œuvre. Si on connaît avant l'impact potentiel causé par les aléas, on peut déjà se préparer face à ces impacts là, et on peut planifier les activités. On peut estimer les budgets alloués pour les activités à mettre en œuvre suivant les éventuelles ampleurs des aléas. » En plus de 400 cartes libres d'accès, des formations ont été délivrées auprès d'une centaine d'experts techniques dans les ministères de l'Agriculture, des Travaux publics ou encore chez des partenaires internationaux. « On les a vraiment formés à l'utilisation des cartes sur différents logiciels qui permettent de superposer les cartes d'aléas, donc, les zones cycloniques, les zones à risque d'inondation avec des cartes de bâtiments, d'infrastructures ou de populations pour identifier les zones prioritaires. Donc ça, ce sera très utile », détaille Eliot Pernet, spécialiste responsable adjoint de l'équipe du conseil au secteur public d'AXA Climate. « Stratification des risques » Une meilleure visibilité des risques qui doit permettre une meilleure planification mais également de prévoir les outils financiers pertinents. « Une fois que vous savez combien vous devez mobiliser en cas de cyclone, en cas d'inondation, en cas de sécheresse ; une fois que vous savez quelles sont vos zones principales à risque, vous pouvez effectivement décider de mettre une assurance ici, un fonds de réserve là, un crédit contingent ici », précise Eliot Pernet. Une stratégie appelée « stratification des risques », c'est-à-dire compenser les pertes selon leur type et leur gravité « avec différents instruments financiers ». Car le domaine de l'assurance est onéreux, et les autorités peuvent rencontrer plusieurs défis, détaille Herman Julot. Dans des contextes de budgets contraints, ces choix s'avèrent stratégiques : « Le plus gros défi, c'est premièrement le paiement de la prime et aussi assurer la célérité des décaissements. Puis la célérité de la mise en œuvre des activités s'il y a des décaissements. » La deuxième phase d'étude doit aider à mieux comprendre les conséquences macroéconomiques des aléas climatiques, notamment leurs effets directs et indirects sur l'économie de Madagascar. À lire aussiMadagascar: Amnesty dénonce l'inaction de l'État face aux migrations climatiques des Antandroy
Selon l'Organisation météorologique mondiale, le phénomène climatique El Niño s'annonce comme le plus intense de ces 70 dernières années. Des phénomènes météo extrêmes sont donc à prévoir, notamment en Afrique australe, et principalement au Mozambique. Comment expliquer l'intensité de ce phénomène dans cette partie du continent ? Le sud du Mozambique va connaître d'importantes sécheresses, alors que le nord va subir des précipitations diluviennes. Pourquoi une si grande disparité entre les territoires ? Quelles sont les mesures prises par les autorités mozambicaines pour faire face à ces effets dévastateurs ? Avec Simon Rozé, chef du service environnement-climat de RFI.
C'est une affaire judiciaire inédite qui se déroule en Belgique. Un paysan poursuit la multinationale TotalEnergies en justice pour les effets du dérèglement climatique sur sa ferme. La justice belge a déjà jugé l'affaire recevable en mars dernier, mais Total conteste et a fait appel. C'est ce mardi 8 septembre que le procès en appel reprend. La justice Belge doit maintenant décider quelle juridiction doit s'occuper du dossier et établir un calendrier concernant ce que les soutiens de l'agriculteur ont appelé le « Farmer Case », ou « l'Affaire du paysan ». Tout n'est pas perdu après cet été de canicules et de sécheresse pour Hugues Falys, agriculteur et militant en Belgique depuis près de 30 ans. Mais pour lui, c'est clair, il faut désormais affronter des évènements extrêmes, signe d'un dérèglement climatique profond : « En 2016, on a eu un orage stationnaire avec des gros dégâts dans les cultures de fraises et de pommes de terre notamment. Et puis en 2018, 2020 et 2022, là, on a eu des très grosses sécheresses, donc avec des conséquences importantes au niveau financier, au niveau organisationnel. Et c'est vraiment le rapprochement entre ces événements climatiques exceptionnels qui a été, en fait, le moteur d'une prise de conscience du fait que le climat change ». À lire aussiTotalEnergies double ses bénéfices et relance le débat sur la taxation des multinationales polluantes L'impact est aussi psychologique. « Sur le moral, c'est compliqué. Surtout qu'on se dit, mais si ça continue à empirer, vers quoi va-t-on et comment est-ce qu'on va arriver à gérer ? », interroge-t-il. Et c'est de loin la combustion de pétrole, de gaz et de charbon, la première cause du réchauffement climatique. Hugues Falys a donc décidé de poursuivre TotalEnergies, principal raffineur et distributeur en Belgique. Il est soutenu par une coalition d'ONG, dont la Ligue des droits humains dirigée par Pierre Arnaud Perrouty. « Total, c'est une carbone major comme on l'appelle, c'est-à-dire une des principales compagnies du monde, la cinquième ou la sixième. Donc, elle a un impact majeur. Une entreprise comme ça, c'est quand même autant d'émissions que la France entière sur une année. Donc c'est gigantesque », explique-t-il. « Des militants fatigués d'attendre que la solution vienne des gouvernements » Et c'est pour cela, selon lui, que dans le monde, les procès climatiques se multiplient contre l'impunité des multinationales et l'inaction des États. « Les militants sont un peu fatigués d'attendre que la solution vienne des gouvernements. Il y a eu des petites actions, mais globalement, les gouvernements en Europe et ailleurs dans le monde ne prennent pas la mesure du dérèglement climatique. Chaque année, il y a de nouveaux rapports, de nouvelles données qui nous montrent que le dérèglement s'aggrave. Et pourtant, la réponse politique n'est pas à la hauteur. Et donc, ces procès, c'est une manière comme une autre de faire pression à la fois sur les pouvoirs publics, mais à la fois sur les multinationales aussi, pour obtenir un changement du réel. En fait, ce n'est pas simplement une condamnation de principe, c'est de faire que les pratiques se transforment », poursuit Pierre Arnaud Perrouty. C'est le principe du pollueur/payeur, résume Marie Doutrepont, l'avocate d'Hugues Falys : « Concrètement, on demande à TotalEnergies d'arrêter tout nouveau puits de pétrole et de gaz pour toujours, partout dans le monde, et une baisse de sa production de pétrole et de gaz pour limiter le réchauffement climatique ». De son côté, TotalEnergies répond que l'entreprise n'a pas à porter seule la responsabilité d'un système énergétique international vieux de plus d'un siècle, ni d'une crise climatique mondiale. À lire aussiFrance: TotalEnergies condamné dans un procès climatique inédit
La France traverse une nouvelle vague de chaleur. Dans certaines régions, le thermomètre a dépassé 40 degrés ce lundi, ce qui est inédit pour un début de mois de septembre. Alors que les Français ont été profondément marqués par les canicules précoces et les incendies dévastateurs, les candidats à l'Éysée s'emparent-ils de ce sujet ? Pourquoi l'agenda politique continue-t-il d'être dicté par d'autres thèmes ? À quoi faut-il s'attendre dans les prochains mois ? Comment le sujet peut-il s'imposer ? Pour en débattre : Stewart Chau, directeur adjoint du think tank Destin commun, qui a publié en août une étude intitulée « Été brûlant – canicules, incendies, sécheresse : les Français face au choc climatique » Anne-Claire Poirier, journaliste au média Vert, spécialisé dans les questions environnementales et les enjeux écologiques Gaël Musquet, météorologue, spécialiste de la prévention des risques majeurs.
La France traverse une nouvelle vague de chaleur. Dans certaines régions, le thermomètre a dépassé 40 degrés ce lundi, ce qui est inédit pour un début de mois de septembre. Alors que les Français ont été profondément marqués par les canicules précoces et les incendies dévastateurs, les candidats à l'Éysée s'emparent-ils de ce sujet ? Pourquoi l'agenda politique continue-t-il d'être dicté par d'autres thèmes ? À quoi faut-il s'attendre dans les prochains mois ? Comment le sujet peut-il s'imposer ? Pour en débattre : Stewart Chau, directeur adjoint du think tank Destin commun, qui a publié en août une étude intitulée « Été brûlant – canicules, incendies, sécheresse : les Français face au choc climatique » Anne-Claire Poirier, journaliste au média Vert, spécialisé dans les questions environnementales et les enjeux écologiques Gaël Musquet, météorologue, spécialiste de la prévention des risques majeurs.
Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse, 99 départements en vigilance, la pire saison de feux en France depuis 2012, plus de 32 000 décès excédentaires en Europe, la COP17 sur la désertification s'est achevée le 28 août sans la moindre décision contraignante, et le traité sur le plastique est repoussé à 2027. La question n'est pas seulement de savoir pourquoi ça échoue, mais à qui profitent ces blocages. Et où la coopération continue malgré tout, à trois mois de la COP31 d'Antalya. Avec : Mathilde Jourde, chercheuse à l'Iris, responsable du programme climat, environnement, sécurité, co-directrice de l'Observatoire défense et climat Sébastien Treyer, directeur général de l'Iddri
La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification a réuni des représentants de 197 pays pendant deux semaines à Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. L'heure est grave : 40 % des terres émergées sont dégradées, plus de trois milliards de personnes sont affectées par la baisse des récoltes qui entraîne de l'insécurité alimentaire, de la pauvreté et de l'exode rural. Le thème de cette COP17 était : « Restaurer la terre, restaurer l'espoir »… Eh bien, c'est raté ! La seule bonne nouvelle est que cette convention va continuer à exister. Son budget est maintenu et la prochaine réunion aura lieu dans deux ans à Charm el-Cheikh en Égypte. Comment est-ce possible que les États n'aient pas réussi à se mobiliser à la hauteur de l'urgence de ce sujet crucial ? Nous allons vous expliquer cela avec notre invité. Et pour que vous compreniez bien les causes et les conséquences de la dégradation des terres, nous vous emmènerons en Mongolie où les deux tiers des sols sont dégradés (reportage d'Etienne Cholez). Avec l'éclairage d'Oumarou Malam Issa, directeur de recherches à l'IRD rattaché à l'Institut d'écologie et de sciences de l'environnement de Paris. Musique diffusée dans l'émission : Mathias Duplessy – «Tcheren Deya » ÉclairageCOP 17: «Restaurer l'espoir» dans la lutte contre la désertification
Les catastrophes liées au réchauffement climatique se succèdent et l'effet sur l'économie est non négligeable. Elles devraient coûter 450 milliards de dollars par an en moyenne, plus de la moitié de ces pertes ne sont pas assurées selon la société Verisk. Le climat est devenu un enjeu économique majeur. C'est la thèse développée par l'économiste Raphaël Boroumand et la dirigeante Myriam Maestroni dans leur ouvrage intitulé Économie et climat, le faux dilemme, aux éditions De Boeck Supérieur. Le coût de l'inaction climatique est nettement supérieur à celui de l'action climatique. Selon les travaux de l'économiste Adrien Bilal, professeur à Harvard, regarder les impacts pays par pays ne suffit pas. Il faut considérer la hausse mondiale des températures et mesurer ses effets sur l'ensemble de l'économie. Résultat : les impacts seraient bien plus importants que prévu, avec une hausse de 1°C des températures, le PIB mondial pourrait chuter de 20% à long terme, certaines estimations parlent même de 50%. Si ces chiffres doivent être pris avec prudence, ils soulignent un point essentiel : la lutte contre les changements climatiques est un enjeu économique majeur et il est contre-productif d'opposer les deux. C'est ce que défendent l'économiste Raphaël Boroumand et la dirigeante Myriam Maestroni dans leur ouvrage : Économie et climat, le faux dilemme. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l'économie mondiale Croissance sobre Ils y développent le concept d'une croissance sobre et décarbonée. Leur point de départ, c'est que le débat est aujourd'hui confisqué par deux positions extrêmes : d'un côté une certaine forme de déni climatique et un modèle productiviste qui refuse de changer, et de l'autre les partisans d'une décroissance généralisée présentée comme seule solution. Les auteurs estiment qu'il existe une troisième voie, et qu'il faut décorréler croissance et émissions de CO2 car, ce n'est pas la croissance qui pollue, c'est la manière dont on produit l'énergie qui la sous-tend. Et l'on peut agir sur trois leviers sans toucher au niveau de vie : la fiscalité carbone, l'investissement et l'innovation. C'est un déplacement du débat moral vers celui de l'action. Changement de paradigme économique Accélérer la transition, cela suppose des investissements massifs, alors qui doit payer la facture ? C'est là que se loge le deuxième volet du « faux dilemme ». « On présente souvent l'investissement climatique comme un coût, mais on confond trop souvent dépense et investissement, souligne Myriam Maestroni : l'an dernier, les investissements énergétiques mondiaux ont atteint environ 3 300 milliards de dollars, dont près de 2 200 milliards vers le non-fossile, soit le double de ce que l'on dépense pour les énergies fossiles. La vraie question n'est donc pas "qui paie ?", mais comment on articule les financements ». Cela déplace le centre de gravité : la question n'est plus « les entreprises doivent payer » ou « l'État doit payer » mais « comment on structure intelligemment un financement mixte, sans faire porter le choc sur les ménages les plus fragiles ? » D'où la nécessité d'une tarification du carbone plus juste avec un prix pensé région par région plutôt qu'un prix mondial unique, et une redistribution claire des recettes. Serait-ce alors la vraie solution pour une transition réussie ? Cela permet en tout cas de ne pas voir l'économie uniquement comme la cause mais aussi comme une partie de la solution. À lire aussiL'économie peut-elle sauver le climat ?
Inondations en Afrique, canicule et incendies en Europe, fonte des glaciers en Asie… Cet été a démontré la puissance des conséquences du changement climatique au Nord comme au Sud. Mais qu'est-ce qui nous attend dans les années qui viennent ? La géographe Magali Reghezza-Zitt publie Bienvenue en 2055. Mégafeux, canicules historiques, inondations… L'été 2026 a démontré à ceux qui refusaient encore de l'admettre que non seulement le réchauffement climatique existe, mais aussi que ses conséquences sont déjà là. Au Nord comme au Sud, riches ou pauvres, tout le monde est touché. Est-ce que cela sera suffisant pour susciter une réaction à la hauteur ? Nous savons qui sont les responsables, nous connaissons les solutions et, comme le précisent les auteurs du 6e rapport du Giec : « Plus nous attendons pour agir, plus la fenêtre d'opportunité pour assurer un avenir viable et durable pour tous se referme. » Mais elle est encore ouverte… Avec Magali Reghezza-Zitt, géographe, maître de conférences à l'École normale supérieure (PSL), et membre du Haut Conseil pour le climat. Sa recherche porte sur les risques naturels et les questions de vulnérabilité et de résilience urbaines. Elle étudie plus largement les questions environnementales (rapport nature/société, développement et aménagement durable) dans la ville. Elle travaille également sur le processus de métropolisation et ses conséquences sociales, spatiales et environnementales, dans un contexte de mondialisation. Pour son ouvrage paru au Seuil Bienvenue en 2055, dans un monde neutre en carbone. Tiéba Karamoko, directeur de l'UFR Sciences humaines et sociales de l'université de Bondoukou en Côte d'Ivoire, et Aman Messou, chimiste, spécialiste des sciences du sol et de l'eau pour le projet ACCAO (le consortium pour l'adaptation au changement climatique des villes d'Afrique de l'Ouest). Musiques diffusées dans l'émission Elektre - STA TRIA Sizyf - Adaptation
durée : 00:06:12 - Entendez-vous l'éco ? - par : Anne-Laure Chouin - Au cœur de tous les bouleversements climatiques, l'eau est évidement l'enjeu majeur ! À chaque canicule, à chaque nouvelle sécheresse, une prise de conscience a lieu, malheureusement fugace, sur la nécessité de préserver ce bien rare et précieux. - équipe : Caroline Bennetot, Éric Chaverou, Marie Viennot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:05:21 - La grande matinale - La revue de presse revient sur la tragédie au Népal, la baisse démographique scolaire en France, le fonctionnement des petites classes rurales et une situation ubuesque dans le Var. - équipe : Marc Voinchet Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Conséquence du réchauffement climatique, la mer du Nord devient le nouveau paradis des poulpes, calamars et autres seiches. Les céphalopodes s'épanouissent dans des eaux qui se sont réchauffées de quatre degrés en une centaine d'années. Aujourd'hui, les seiches communes, calmars côtiers et poulpes communs, représentent plus d'une capture sur cinq des pêcheurs flamands – 23 % des tonnages, selon les autorités flamandes. Et ces chiffres sont en constante augmentation. De notre envoyé spécial à Ostende et Zeebruges, 18 h au marché aux poissons d'Ostende, Mario ferme la boutique et nettoie son étal au jet. « Les calamars ? Il y en a plein sur la côte belge, s'exclame le poissonnier. Avant, ça n'existait pas ici. Maintenant, ce sont des quantités énormes de calamars qui débarquent, et il y a moins de crevettes. Il y a des poulpes aussi ! » Ce phénomène s'explique par le réchauffement de quatre degrés en cent ans de la partie sud de la mer du Nord, peu profonde. « Les œufs de poulpe, il leur faut une température comprise entre 9 et 11 degrés pour éclore, explique Hans Polet, directeur scientifique à l'Institut flamand de recherche pour l'agriculture et la pêche. Avant, c'était beaucoup plus froid que ça ici, mais maintenant, on observe que les œufs de céphalopodes survivent très bien. » Par ailleurs, les céphalopodes disposent d'une grande quantité de nourriture : des crevettes, du crabe et du hareng, dont ils sont friands, car les grands prédateurs très gourmands, comme le cabillaud, sont moins nombreux. Pour eux, c'est l'inverse, ils n'arrivent plus à se reproduire dans des eaux devenues trop chaudes. Ce qu'ils mangeaient finit maintenant dans les estomacs des céphalopodes. Tout est allé très vite. « Il y a encore 8 ou 9 ans, on ne voyait aucune seiche, aucun calamar ou poulpe. Et maintenant ils représentent nos principaux volumes de pêche, souligne Tom Premereur, directeur général des ventes à la criée flamande, les seiches et les calamars principalement. Les poulpes, les gros, on ne les voit que depuis deux ans. Et l'année dernière, pendant l'hiver, un patron de pêche m'a appelé pour me dire qu'il en avait pêché plus de deux tonnes. » À lire aussiCanicule marine: les eaux européennes en surchauffe à cause du changement climatique Des quotas de pêche sur les céphalopodes ? Aujourd'hui, les pêcheurs comme les professionnels du secteur refusent toute idée de quotas de pêche pour des seiches, poulpes et calamars vendus entre 5 et 9 euros le kilo en ce moment. « On ne connaît pas assez l'impact de ces espèces sur l'écosystème. Certaines recherches montrent que les Octopus vulgaris, les gros poulpes, sont de très grands prédateurs qui mettent une grosse pression sur les espèces marines, alerte Sarah Vandamme, commissaire-priseur à la criée flamande. Ils savent entrer dans les casiers à crabes pour les manger, ils savent aussi ouvrir les coquilles Saint-Jacques. » « Il y a déjà assez de mesures pour réguler la pêche aux céphalopodes. D'abord, il faut avoir une licence de pêche, vous ne pouvez pas partir comme ça en mer avec votre bateau et vous mettre à pêcher, il y a une limitation de capacité, rappelle Emiel Brouckaert, directeur général de l'Organisation des producteurs de la pêche belge et représentant des armateurs. Ensuite, il y a l'accès aux zones de pêche qui est très limité. Et puis mettre en place des quotas, c'est très compliqué, surtout pour les céphalopodes, qui vivent très peu de temps. » L'idée est pourtant en discussion dans les couloirs de Bruxelles alors que le marché est en pleine expansion. L'essentiel des ventes est exporté vers la France, l'Italie ou l'Espagne, là où les céphalopodes se font rares à cause de la surpêche en Méditerranée, pour garnir d'un peu de belgitude les paellas et autres risottos locaux. À écouter dans C'est pas du ventLa vie privée du poulpe
Diohine, un village sérère d'un peu plus de 2 000 habitants, est situé au cœur du bassin arachidier sénégalais. Ici, l'agriculture occupe une place essentielle dans la vie des communautés. Mais la dégradation des sols fragilise les terres agricoles. Pour tenter d'inverser cette tendance, les habitants s'appuient sur une pratique ancienne : la jachère. Elle consiste à laisser certaines terres au repos pendant une période donnée, afin de favoriser leur régénération. De notre correspondant de retour de Diohine, Dans le village, l'agriculture rythme encore le quotidien des habitants. Mais au fil des années, les terres s'épuisent. La baisse de leur fertilité et la disparition progressive du couvert végétal compliquent le travail des agriculteurs. « On sent quand même que le sol s'est appauvri, témoigne Pierre Mayokor Diagne, natif du village. Raison pour laquelle on utilise beaucoup d'engrais maintenant. Ce changement, je peux dire qu'on l'a observé depuis une quinzaine d'années. » Face à cette situation, les habitants tentent de faire revivre une vieille tradition : la jachère communautaire, appelée « Toss » en langue sérère. « Cette pratique, on l'a héritée de nos ancêtres. La jachère a une importance capitale car pendant la saison des pluies, on peut laisser le bétail pâturer, explique Edouard Sene, chef du village de Diohine. On fait le choix de laisser un espace pour ça une année et la suivante, on le délocalise. Ça favorise le repos des terres, car si on continue de les cultiver tous les ans, on finit par les dégrader. » À lire aussiFemmes de la terre: au Sénégal, Mariama Sonko redonne le pouvoir aux femmes [5/5] La jachère comme lieu de vie Mais la mise en jachère des terres ne se décide pas individuellement. Elle repose sur une organisation collective qui implique différents acteurs de la communauté. « Il y a la rencontre de tous les quartiers pour pouvoir décider exactement quelle zone réserver à la jachère, détaille Paul Sene, agropasteur. Il peut arriver à un moment que quelqu'un ait pratiquement toutes ses terres en jachère. Alors à celui-ci, on donne quelque chose pour cette année-là, c'est une compensation sociale durant laquelle vraiment tout le monde s'entend. » Une organisation collective qui vise à favoriser la régénération naturelle des sols. Mais pas que. Pour Maryame Diakité, agronome en service dans la zone, la jachère est avant tout un lieu de vie du village. « C'est déjà un lieu de vie pour les animaux qui y circulent. On a vu des vaches, on entend beaucoup mieux les oiseaux, etc., décrit-elle. On a vu des enfants aussi qui circulent sur la jachère. Donc c'est un lieu de vie du village. C'est aussi un lieu de biodiversité où on laisse le temps à certaines espèces et à certaines plantes de pousser. C'est un lieu qui permet aussi d'enrichir le sol. » Cette pratique traditionnelle apparaît ainsi comme une réponse collective à un problème devenu préoccupant : la dégradation des sols. En laissant aujourd'hui certaines terres au repos, ces habitants espèrent préserver leur capacité à produire demain. Une tradition ancienne, remise au goût du jour pour restaurer la terre. À écouter dans 8 milliards de voisinsComprendre l'agriculture urbaine à Dakar
L'été qui s'achève a une nouvelle fois été marqué par de tristes records climatiques. En premier lieu les incendies, d'une ampleur sans précédent dans certaines régions de France et d'Europe. Ils ont succédé à des canicules inédites par leur niveau et leur précocité. Deuil climatique ou « ecological grief » chez les Anglo-Saxons : le concept monte en puissance. Faut-il accepter qu'il y ait un avant et un après changement climatique ? Retrouvera-t-on un jour la nature de notre enfance ? Pour en débattre Françoise Vimeux, climatologue et directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) Dominique Bourg, philosophe, professeur honoraire de l'université de Lausanne, auteur de nombreux livres, entre autres Dévastation, la question du mal aujourd'hui aux éditions Puf Hélène Jalin, docteure en psychologie, spécialiste de l'éco-anxiété et des éco-émotions, représentante du Réseau des Professionnels de l'Accompagnement Face à l'Urgence Ecologique (RAFUE).
La Mongolie accueille depuis le 17 août, et jusqu'au 28 août, la COP17 contre la désertification. Un sommet international à Oulan-Bator pour tenter de trouver des solutions et des financements contre ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique, qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l'une des victimes les plus emblématiques : 76,9% des terres mongoles sont touchées par la désertification qui rend des pâturages inexploitables. Cela fait des années que le pays tente de trouver des solutions. De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez Un mur presque noir se dresse au milieu de cette steppe verte : c'est une forêt, immense, la plus grande du pays plantée par des hommes. On est tout au nord de la Mongolie, dans la province du Selenge. « Si vous allez 20 kilomètres plus loin, c'est la Russie, et il y a un petit village là-bas… C'est la commune russe la plus proche de la Mongolie », explique un habitant de la région. Odbayar, 31 ans, représente la troisième génération de la famille qui a commencé à planter ces pins, typiques de la taïga. C'était au début des années 2000. « À la sortie du communisme en 1990, on exportait énormément de bois vers la Chine. Beaucoup de gens coupaient des arbres illégalement, ça provoquait des feux de forêt. Le sol ici, c'est du sable. S'il n'y a pas d'arbre, ce sable se propage. C'est pour ça que mes parents ont décidé de se lancer dans cette opération de reboisement : pour faire renaître cette magnifique nature », raconte-t-il. Cette forêt protégée s'étend sur une superficie de 65 000 hectares. Odbayar et sa famille ont replanté des arbres sur environ 20 000 hectares. Cette histoire est devenue l'emblème du projet « 1 milliard d'arbres » d'ici 2030, le programme phare de la Mongolie contre la désertification. « Pour lutter contre ce phénomène, vous devez d'abord planter des arbres dans des endroits qui en avaient. Dans le désert de Gobi, par exemple, il n'y en a jamais eu en grande quantité, comparé à ici, le nord de la Mongolie », précise-t-il. Un manque de végétation mortel pour les élevages Ce reboisement permet aussi de ramener des éleveurs nomades dans des pâturages qu'ils avaient quittés. Bayarsaikhan rentre les veaux avant la nuit. Sa yourte est installée en haut d'une colline qui surplombe la forêt. Cela fait cinq ans que l'éleveuse et sa famille ont quitté leur province natale, beaucoup plus montagneuse, située à 700 km à l'ouest du pays. « Dans mon ancienne vie, j'ai perdu trop d'animaux. Une année, on a eu un été sec, sans herbe. L'hiver ensuite a été terrible. J'avais 1 000 moutons. À la fin, il ne m'en restait que 108. Les vaches aussi, elles sont toutes mortes. C'était financièrement impossible. Ici, près de la forêt, c'est mieux. L'herbe pousse bien, elle est plus haute. Je peux enfin préparer les hivers », témoigne-t-elle. Mandakh, une scientifique spécialiste de la désertification et membre du comité d'organisation de la COP17, analyse l'action de son propre pays. « La Mongolie se débrouille plutôt bien. Nous avons des lois dédiées à la désertification. Sur le papier, on a aussi différentes initiatives. Mais le problème récurrent, c'est le financement. Nous sommes un pays qui vient juste de commencer son développement. Cela veut dire que parfois on se développe avec la nature et parfois contre », souligne-t-elle. Elle espère que cette COP17 servira à quelque chose et ne sera pas un sommet de plus où les discussions prennent le pas sur les actes. À lire aussiEn Mongolie, l'exode rural forcé des éleveurs à cause du changement climatique
En Allemagne, la sécheresse historique de 2026 fait ressurgir des souvenirs du passé dans les fleuves du pays : des carcasses de navires de guerre datant de la Seconde Guerre mondiale, des squelettes de soldats et, à l'Est, près de Dresde, des « pierres de la faim ». Plus connues sous le nom de Hungersteine, ces pierres normalement immergées dans l'eau apparaissent lorsque le niveau de l'Elbe est très bas. À l'époque, leur apparition était annonciatrice de famine. De notre correspondante à Pirna, Quelques gouttes tombent sur Pirna, mais elles ne vont pas permettre de recouvrir la Hungersteine située dans l'Elbe. « Non, les précipitations actuelles ne suffisent pas, indique Jan-Michael Lange, géologue et spécialiste de ces pierres. Il faudra encore un certain temps avant que le niveau de l'Elbe revienne à la normale. » Et même s'il a l'habitude de venir ici pour ses recherches, le géologue est toujours ébahi devant cette roche de 3 mètres sur 5, la plus grande Hungersteine d'Allemagne. « C'est vraiment impressionnant de voir cet immense bloc ici, dans l'Elbe, qui semble à nu, poursuit le géologue. D'autant qu'en temps normal, on ne le verrait pas du tout… Il serait complètement immergé sous l'eau. » Sur la pierre, des dates inscrites : celles des pires sécheresses que l'Elbe a connues depuis 1707, première année visible à l'œil nu. « Pour 2015 et 2018, je vois les inscriptions, mais personne n'a encore fait celle de 2026 », note le chercheur. Avec sa collègue Petra Walther, hydrologue à l'Office régional de Saxe pour l'environnement et l'agriculture, ils ont recensé la centaine de « pierres de la faim » présentes sur les rives de l'Elbe. « L'Elbe est prédestinée à ces pierres en raison de sa roche, un grès très facile à travailler, explique l'hydrologue. Et puis, le fleuve est depuis des siècles un lieu de vie pour les humains. Ils ont tout simplement vécu au rythme de l'eau, marquant sur la pierre les niveaux des sécheresses et des crues, afin de savoir à quoi s'attendre dans un avenir proche. » Leur nom, Hungersteine, rappelle la dépendance de ces populations passées avec le fleuve. « Quand il y avait peu d'eau dans la rivière, tout le monde en souffrait, souligne-t-elle, il y avait alors une famine, car on ne pouvait pas récolter de céréales, la navigation était interrompue, les poissons mouraient dans l'eau… » À lire aussiAllemagne: l'industrie en souffrance face à la sécheresse qui abaisse le niveau du Rhin Des dates qui se rapprochent Et aujourd'hui, ces pierres ne sont que la preuve d'un changement climatique qui s'accélère, avec des dates notées qui se rapprochent de plus en plus. Mais l'espoir de voir les choses changer grâce à elles est mince, selon Jan-Michael Lange : « Je ne suis vraiment pas sûr que ces pierres de la faim permettent de sensibiliser les gens sur ce sujet. » « Lorsque la sécheresse a des conséquences directes sur le quotidien des gens, alors on avance dans la prise de conscience, ajoute sa collègue, comme lorsque le robinet est coupé, ou que des restrictions d'eau sont en place. » Un manque de prise de conscience alors que l'Elbe est tombée à son plus bas niveau à Pirna le week-end dernier avec 79 cm de profondeur, contre en moyenne 1 m 40 en temps normal. À lire aussiAllemagne: le gouvernement divisé pour faire face à la chaleur qui assèche les cours d'eau
durée : 00:43:40 - Questions du soir : le débat - par : Antoine Dhulster - Cet été, canicules et sécheresses mettent à l'épreuve le parc nucléaire français et contraignent l'arrêt de plusieurs réacteurs par EDF. L'énergie nucléaire, souvent présentée comme une énergie verte, est-elle vraiment adaptée au changement climatique ? - équipe : Vivien Demeyère, Louise Cognard, Tom Umbdenstock, Inès Bouffartigue Sebastia, Adèle Triol, Coline Guillot - invités : Laure Noualhat Journaliste indépendante sur les questions environnementales, Emmanuelle Galichet Docteure en physique nucléaire, enseignante-chercheuse au Cnam (Conservatoire national des Arts et Métiers) , Claire Le Renard Chargée de recherche en sociologie à l'École nationale des ponts et chaussées au sein du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS) Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France