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Situé à la frontière entre l'Utah et l'Arizona, le lac Powell a enregistré samedi 15 août son plus bas niveau historique. Une nouvelle illustration de la crise qui frappe le fleuve Colorado. C'est le deuxième plus grand réservoir d'eau douce de l'ouest des États-Unis, un lac artificiel de 300 km sur 40 km de large alimenté par les eaux du fleuve Colorado, lui-même gonflé par la fonte des neiges des montagnes Rocheuses. Le lac Powell a commencé à se remplir après la construction du barrage hydroélectrique de Glen Canyon en 1963 mais, depuis vingt ans, son niveau n'arrête pas de baisser. Samedi 15 août 2026, il était 55 mètres en dessous de son niveau maximum, soit le plus bas jamais enregistré. Ce record alarmant en suit un autre : neuf jours plus tôt, c'est le lac Mead, le plus grand lac artificiel du pays, lui aussi sur le fleuve Colorado, qui a atteint son plus bas niveau. Le fleuve, long de plus de 2 000 kilomètres, traverse sept États du pays : la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique, l'Arizona, l'Utah, le Colorado et le Wyoming. Il alimente 40 millions de personnes en eau potable et en hydroélectricité, et irrigue plus de 2 millions d'hectares de terres cultivables. La majorité des légumes consommés aux États-Unis pendant l'hiver sont cultivés en Californie et en Arizona. Mais la sécheresse, accentuée par le changement climatique, réduit les chutes de neige sur les Rocheuses et donc la quantité d'eau du fleuve. Dans le même temps, la demande en eau ne cesse d'augmenter, avec un secteur agricole qui en consomme les trois quarts. Les explications de François-Damien Bourgery, du service International de RFI. À écouter aussiLe lac Powell, une réserve d'eau menacée En Haïti, au secours des femmes victimes de violences En Haïti, la situation des femmes et des filles se détériore de plus en plus. Selon l'ONU, 5 500 cas de violences basées sur le genre ont été recensés durant la seule première moitié de l'année 2026. Parmi ces cas, 70% sont des viols collectifs attribués aux gangs armés qui terrorisent la population. L'Ouest et l'Artibonite restent les départements les plus touchés par ce fléau. Les femmes et les filles y sont utilisées par des criminels comme moyens de pression pour asseoir leur terreur sur les habitants. Dans la commune de Gros-Morne, située à environ 30 km au nord des Gonaïves et particulièrement affectée par les activités du gang Kokorat San Ras, l'Association des Femmes en Action de Gros-Morne vient en aide aux victimes de violences dans toute la région de l'Artibonite. Elle les accompagne dans la reconstruction de leur vie, les aide à surmonter leurs traumatismes et à reprendre une existence normale, notamment grâce à des activités génératrices de revenus. Un dossier de Ronel Paul. À écouter aussiEn Haïti, parole aux femmes victimes de viols Au Salvador, la santé made in Bukele Au Salvador, la santé se digitalise comme en Europe. Les consultations se font désormais en ligne, les plateformes de prise de rendez-vous existent aussi. Le gouvernement de Nayib Bukele met en avant cette transition numérique comme un symbole de modernisation de l'État. Mais sur le terrain, cette modernisation coexiste avec une réalité beaucoup plus fragile. Les hôpitaux publics continuent de faire face à des pénuries récurrentes de médicaments essentiels et de personnel. Un reportage de notre correspondante régionale, Marie Griffon. À lire aussiAu Salvador, le président Nayib Bukele livre la santé de ses concitoyens à Google Le journal d'Outre-mer la 1re Le 16 août 2005, un avion transportant 152 Martiniquais s'écrasait au Venezuela.
Au sommaire : La France souffre de la désertification des sols, un phénomène alarmant lié au changement climatique. Aux États-Unis, le marché des bunkers est en plein essor et de plus en plus d'Américains se préparent à l'apocalypse. La visite très attendue du pape Léon XIV en France suscite un engouement massif chez les fidèles, mais aussi des interrogations sur le coût de l'événement.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
« La terre brûle de mille feux », soupire Libération à Paris. « Du rouge partout. En ouvrant la carte interactive du système Firms de la Nasa, qui détecte par satellite les incendies actifs à partir des anomalies thermiques qu'ils génèrent, le constat est accablant, pointe le journal. En France, mais aussi au Canada, aux États-Unis, en Croatie, en Allemagne et même dans les forêts tropicales d'Indonésie, l'agence spatiale américaine donne à voir un monde en proie aux flammes. Depuis plusieurs semaines, les vagues de chaleur répétées et les épisodes de sécheresse extrême qui sévissent un peu partout sur la planète s'accompagnent, parfois, de feux ravageurs ». Et Libération de faire les comptes… 95 000 hectares brûlés en France, 82 000 hectares en Italie, 284 000 en Espagne… Et le reste de l'Europe n'est pas épargné : Grèce, Croatie, Serbie, Portugal, Royaume-Uni, et Belgique… « Depuis vendredi, la Belgique lutte contre un brasier dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, à la frontière avec l'Allemagne, qui a déjà parcouru 3000 hectares – l'un des pires incendies de l'histoire du pays ». « Le climat change plus vite que notre organisation collective… » Le Soir à Bruxelles dresse un triste constat : « un espace naturel en feu, un paysage de désolation, des habitants évacués, des pompiers épuisés et obligés de s'organiser tant bien que mal, parfois avec l'aide bienveillante d'agriculteurs… Ces images, que l'on avait associées à la Gironde fin juillet, on les a désormais vues chez nous, s'exclame le quotidien belge, dans des proportions heureusement sans commune mesure. Le temps de quelques jours, les Fagnes sont devenues "notre Gironde". Cet incendie historique à l'échelle de la Belgique au sortir d'une troisième vague de chaleur, actée elle-même quasiment dans l'indifférence générale à la veille du 15 août, doit nous interpeller. Une évidence s'impose, relève Le Soir : le climat change plus vite que notre organisation collective. Et lorsque nos services de secours sont déjà sous tension au point de devoir recourir à des moyens de l'armée et étrangers, il est trop tard pour se rappeler qu'avoir des capacités de réaction suffisantes ne se décrète pas, mais se développe de manière proactive. Gouverner, c'est anticiper loin des sirènes, pas seulement lorsqu'elles retentissent ». Inaction gouvernementale… La Repubblica à Rome hausse le ton : « que faisons-nous pour le climat ? Rien. (…) La sous-estimation flagrante de la crise climatique par une grande partie de la classe dirigeante et par le grand public est manifeste. En effet, les experts alertent depuis longtemps sur le risque d'un été exceptionnellement chaud (…). Mais, préoccupés par d'autres crises et d'autres priorités (réelles ou supposées), nous avons préféré hausser les épaules, nous contentant de maudire la chaleur étouffante. (…) Ce qui est le plus désolant, fulmine encore le quotidien italien, plus encore que la gravité de la crise, c'est notre incapacité à sortir de notre torpeur ». « Ne pas se préparer aux sécheresses nous coûtera cher », renchérit le Times à Londres. « La Grande-Bretagne est confrontée à un immense défi environnemental et économique, conséquence de températures record et d'une sécheresse prolongée » constate le quotidien britannique qui pointe tout particulièrement le manque d'eau dans le pays. « La plupart des feux de forêt ont été maîtrisés, mais la Grande-Bretagne risque des pertes considérables, relève le Times, si des mesures visant à prévenir de futures pénuries d'eau ne sont pas mises en œuvre immédiatement ». Enfin, le Süddeutsche Zeitung à Munich dénonce également l'inaction gouvernementale… « Au lieu d'élaborer une stratégie, le gouvernement allemand cède au fatalisme. (…) On ne peut pas influencer la météo ? Si, on le peut, s'exclame le journal. (…) Les vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, ainsi que les sécheresses plus longues, sont une conséquence directe des fortes émissions de gaz à effet de serre et du retard pris dans la protection du climat – en Allemagne notamment, retard imputable à nos dirigeants ».
Dans cet épisode de "L'invité de la matinale", Charles Bonnaire reçoit Thierry Pouch, chef économiste à la Chambre d'agriculture de France, pour discuter de la situation alarmante que traverse actuellement l'agriculture française face à la succession de canicules et de sécheresses. Alors que la cinquième vague de canicule touche à sa fin, le bilan est déjà catastrophique pour les agriculteurs. Toutes les régions et tous les types de productions sont touchés : les céréales, les oléagineux, les fruits et légumes, ainsi que les productions animales. L'invité alerte sur les pertes de rendement record, pouvant atteindre jusqu'à 100% pour certaines cultures comme les artichauts. Cette situation critique met en péril la survie même de l'agriculture française, qui fait face à une accumulation de chocs ces dernières années, qu'ils soient climatiques, géopolitiques ou économiques.Il souligne que la France, autrefois l'un des cinq premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles, a même frôlé le déficit commercial dans ce secteur l'année dernière, une première depuis 1970. Face à ces défis, il appelle à une réflexion en profondeur sur l'avenir de l'agriculture française et européenne, avec la nécessité d'un accompagnement public fort pour permettre aux agriculteurs de s'adapter au changement climatique.Thierry Pouch explique que cela passe notamment par le développement de nouvelles pratiques culturales et d'élevage, ainsi que par une meilleure gestion de la ressource en eau, avec par exemple l'installation de systèmes d'irrigation plus performants. Il estime également que les consommateurs devront probablement accepter une hausse des prix alimentaires, qui pourrait atteindre 10 à 15% d'ici la fin de l'année, afin de soutenir la production nationale.Au-delà des mesures d'urgence, il insiste sur la nécessité d'une vision à long terme pour l'agriculture française, avec une nouvelle politique agricole commune européenne ambitieuse en 2028. Un défi de taille pour permettre à ce secteur essentiel de surmonter les bouleversements climatiques à venir.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Du 17 au 28 août, la Mongolie accueille à Oulan-Bator la COP17 contre la désertification, un sommet international pour tenter de trouver des solutions et des financements pour contrer ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l'une des victimes les plus emblématiques : 76,9% de ses terres sont touchées par la désertification. Rendant les pâturages inexploitables, le phénomène est source de migrations importantes. À Oulan-Bator, les quartiers des yourtes ne cessent de se remplir de réfugiés climatiques. Des quartiers pauvres qui représentent 58,8% de la population de la capitale... De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez De leur vie d'éleveurs, il ne reste que des figurines de chevaux au-dessus de leur lit. Les animaux ont disparu du quotidien d'Enkhtuvshin et Tsogzolmaa, un couple d'une trentaine d'années. « L'été a été très dur : une sécheresse, et presque plus d'herbe. Nous avions 800 chevaux, moutons et chèvres. Ils n'avaient rien mangé. L'hiver a commencé et on a presque tout perdu en quelques jours. Alors on est partis en laissant derrière nous les derniers animaux, dans la nature. Ça nous a fait beaucoup de mal », racontent-ils. Le couple et ses deux enfants ont quitté leur province du Khentii, à 500 km à l'est de la capitale mongole. Leur yourte est désormais installée sur une parcelle de tôle et de bois appartenant à l'un de leurs proches, le long de la route qui sort d'Oulan-Bator. Tsogzolmaa travaille désormais dans une station-service, tandis que son mari a trouvé un emploi dans une compagnie de transport routier. « Le plus dur, à la ville, c'est le temps. On doit tout faire à la minute entre l'école et le travail… On doit payer nos dettes aussi. Nous, on rêve de pouvoir redevenir éleveurs, de vivre à la campagne, avec nos animaux, comme avant. Mais c'est impossible. Alors, dans les prochaines semaines, on va s'installer sur une autre parcelle, à nous, mais plus loin, dans un autre quartier. Et on va essayer de construire une petite maison avec des parpaings pour les murs et des tôles pour le toit », explique le couple. Cette situation illustre l'une des spécificités de la loi mongole, qui contribue à la formation de ces quartiers de yourtes : l'installation dans ces zones confère un droit de propriété aux citoyens. Selon la mairie d'Oulan-Bator, sur une population d'1,7 million d'habitants, un million de Mongols vivent dans ces quartiers précaires, dépourvus d'eau courante. Un défi de taille pour Khosbayar, membre du conseil municipal en charge des constructions dans la capitale. « Ces quartiers engendrent beaucoup de pollution car ils ne sont pas reliés à nos systèmes de chauffage. Le trafic aussi s'en retrouve de plus en plus encombré. On a lancé de grands programmes de relogement il y a deux ans. On prévoit d'installer 40 000 familles d'ici à 2030 dans des appartements tout neufs », précise-t-il. Parallèlement, des projets d'éco-quartiers sont en cours, visant à permettre à près de 10 000 familles de se séparer de leur poêle à charbon et de leurs toilettes à fosse. À lire aussiAvant la COP17 contre la désertification, des éleveurs pastoraux réunis en Mongolie pour protéger leurs terres
Du 17 au 28 août, la Mongolie accueille à Oulan-Bator la COP17 contre la désertification, un sommet international pour tenter de trouver des solutions et des financements pour contrer ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l'une des victimes les plus emblématiques : 76,9% de ses terres sont touchées par la désertification. Rendant les pâturages inexploitables, le phénomène est source de migrations importantes. À Oulan-Bator, les quartiers des yourtes ne cessent de se remplir de réfugiés climatiques. Des quartiers pauvres qui représentent 58,8% de la population de la capitale... De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez De leur vie d'éleveurs, il ne reste que des figurines de chevaux au-dessus de leur lit. Les animaux ont disparu du quotidien d'Enkhtuvshin et Tsogzolmaa, un couple d'une trentaine d'années. « L'été a été très dur : une sécheresse, et presque plus d'herbe. Nous avions 800 chevaux, moutons et chèvres. Ils n'avaient rien mangé. L'hiver a commencé et on a presque tout perdu en quelques jours. Alors on est partis en laissant derrière nous les derniers animaux, dans la nature. Ça nous a fait beaucoup de mal », racontent-ils. Le couple et ses deux enfants ont quitté leur province du Khentii, à 500 km à l'est de la capitale mongole. Leur yourte est désormais installée sur une parcelle de tôle et de bois appartenant à l'un de leurs proches, le long de la route qui sort d'Oulan-Bator. Tsogzolmaa travaille désormais dans une station-service, tandis que son mari a trouvé un emploi dans une compagnie de transport routier. « Le plus dur, à la ville, c'est le temps. On doit tout faire à la minute entre l'école et le travail… On doit payer nos dettes aussi. Nous, on rêve de pouvoir redevenir éleveurs, de vivre à la campagne, avec nos animaux, comme avant. Mais c'est impossible. Alors, dans les prochaines semaines, on va s'installer sur une autre parcelle, à nous, mais plus loin, dans un autre quartier. Et on va essayer de construire une petite maison avec des parpaings pour les murs et des tôles pour le toit », explique le couple. Cette situation illustre l'une des spécificités de la loi mongole, qui contribue à la formation de ces quartiers de yourtes : l'installation dans ces zones confère un droit de propriété aux citoyens. Selon la mairie d'Oulan-Bator, sur une population d'1,7 million d'habitants, un million de Mongols vivent dans ces quartiers précaires, dépourvus d'eau courante. Un défi de taille pour Khosbayar, membre du conseil municipal en charge des constructions dans la capitale. « Ces quartiers engendrent beaucoup de pollution car ils ne sont pas reliés à nos systèmes de chauffage. Le trafic aussi s'en retrouve de plus en plus encombré. On a lancé de grands programmes de relogement il y a deux ans. On prévoit d'installer 40 000 familles d'ici à 2030 dans des appartements tout neufs », précise-t-il. Parallèlement, des projets d'éco-quartiers sont en cours, visant à permettre à près de 10 000 familles de se séparer de leur poêle à charbon et de leurs toilettes à fosse. À lire aussiAvant la COP17 contre la désertification, des éleveurs pastoraux réunis en Mongolie pour protéger leurs terres
durée : 00:42:38 - Le téléphone sonne - par : Cécile Bidault - Solidays, Chambord Live, Garorock : plusieurs festivals ont été annulés cet été en raison du dérèglement climatique. Les fortes chaleurs et les conditions météorologiques perturbent leur organisation à tous les niveaux. Comment les festivals d'été peuvent-ils s'adapter ? - équipe : Benjamin Dussy, Mathias Dubois, Baptiste Piquée, Johanna Houssin - invités : Malika Séguineau Directrice générale d'Ekhoscènes, le syndicat national du spectacle musical et de variété, Patrick Casagrande maire d'Aurillac, Matthieu Ducos directeur du Festival Rock en Seine Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans ce nouvel épisode du podcast "Le journal imprévisible", Marc Bourreau consacre sa chronique aux petites îles qui peuplent la planète et qui sont rattrapées par la montée des eaux. Il y a quelques mois, l'Assemblée Générale des Nations Unies se prononçait sur une résolution pour rappeler à l'ordre les États sur leurs obligations climatiques, portée par le Vanuatu, devenu le symbole de ces petites îles menacées par la montée des eaux. Tuvalu, une autre île du Pacifique, fait entendre le message de son ministre des Affaires étrangères, les pieds dans l'eau, lors de la COP26 en 2021, appelant à des mesures alternatives et audacieuses pour assurer son avenir face à la réalité du changement climatique. Les petites îles recèlent un imaginaire riche, entre trésors cachés, monstres légendaires et histoires de conquêtes, mais sont aussi confrontées à l'afflux touristique qui menace leur équilibre. Certaines îles, comme Porquerolles, ont dû mettre en place des quotas de visiteurs pour préserver leur environnement naturel et la tranquillité des habitants. Les îles peuvent également être des refuges, comme pour Jacques Brel qui a choisi de s'exiler sur les îles Marquises pour terminer sa vie, illustrant le rêve de l'homme de trouver son île intérieure.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Encore un nouvel épisode de chaleur intense à partir de ce jeudi, encore une canicule… C'est l'Europe entière qui est concernée. Le Guardian à Londres s'interroge : « L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement par rapport au reste du monde, pourquoi ? (…) Pourquoi l'Europe est-elle le continent le plus touché par le réchauffement climatique ? » Il y a quatre explications, avance le quotidien britannique. Tout d'abord, la proximité avec l'Arctique : « L'Arctique est la région du globe qui se réchauffe le plus rapidement, malgré l'absence de terres émergées. Ceci s'explique par la fonte rapide de la calotte glaciaire polaire, qui réfléchit normalement la majeure partie du rayonnement solaire vers l'espace. De ce fait, l'océan, plus sombre, absorbe davantage de chaleur, ce qui accélère la fonte des glaces et crée un cercle vicieux. » Autre explication, pointe le Guardian : en 20 ans, l'Europe a perdu un tiers de sa couverture neigeuse. Là aussi, comme au pôle Nord, toute cette neige réfléchissait la lumière du soleil et apportait de la fraîcheur. Il y a aussi la modification du courant-jet : cette bande de vents d'ouest puissants qui maintenait l'air frais maritime soufflant de l'Atlantique vers l'Europe. Ce courant-jet est moins régulier qu'auparavant, il se divise, avec des zones de vents faibles où la chaleur peut rester piégée pendant des jours. Urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 ! Enfin, relève le quotidien britannique : la réduction de la pollution atmosphérique observée en Europe a favorisé le réchauffement… En effet, la limitation des émissions industrielles a certes amélioré la qualité de l'air pour les Européens, mais a également réduit la quantité de particules en suspension dans l'air. Or, ces particules peuvent réfléchir les rayons du soleil ou favoriser la formation de nuages. Donc la baisse de la pollution a accentué le réchauffement… En tout cas, conclut le Guardian, « le réchauffement observé en Europe entraine une intensification des feux de forêt, des sécheresses, des tempêtes, des pluies torrentielles et des inondations. Tous ces phénomènes affectent profondément les vies et les moyens de subsistance sur le continent et continueront de s'aggraver jusqu'à ce que les émissions nettes atteignent la neutralité carbone. Il est urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 et de mettre en œuvre des mesures de protection des citoyens ». Comment payer la facture ? Sur le plan économique, ces canicules à répétition ont un impact certain. En France, « la facture risque d'être salée : jusqu'à 15 milliards d'euros, selon Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique ». C'est ce que pointe Le Monde. Le Monde qui cite aussi cette étude de la société d'investissement néerlandaise, Triodos Bank qui affirme que « les températures extrêmes pourraient amputer de 1 point et demi la croissance du pays en 2026 et la faire basculer en territoire négatif, à − 0,7 % ». Attention, prévient pour sa part Le Figaro : « Face à la lourde facture de la canicule, l'État est nu. (…) Endettée jusqu'au cou, croulant sous les déficits, incapable d'enrayer la fuite en avant de la dépense publique, la France n'a plus aucune ressource pour faire face aux circonstances exceptionnelles. (…) 10 milliards ? 15 milliards ? La facture sera salée, pointe encore Le Figaro, et il faudra bien la régler. Les assurances ne combleront pas tout. Les agriculteurs, premières victimes de la sécheresse, réclament déjà des "milliards" à l'État ». Changer l'esthétique des villes ? Enfin, quelles solutions pour se protéger de la chaleur ? Libération prend l'exemple de Paris. « Avec ses toits en zinc et ses façades haussmanniennes, la capitale a montré son impréparation face aux derniers épisodes caniculaires », pointe le journal. Mais cela n'est pas une fatalité… « Architectes, ingénieurs et artistes ont anticipé des solutions pour rafraîchir la ville, à la condition de voir le paysage parisien transformé » : des toits végétalisés, des panneaux solaires installés à large échelle, des ombrages dans les rues, des auvents, des claustras… et même des double-peaux isolantes pour les tours en verre… Conclusion d'un des architectes cités par Libération : « il nous faut un nouveau Baron Haussmann écologique. Paris est belle en raison de l'homogénéité de son langage. Il faut maintenant la repenser à l'aune du climat qui change ».
Pour débuter l'émission de ce mardi 11 août 2026, les GG : Joëlle Dago-Serry, coach de vie, Didier Giraud, agriculteur, et Antoine Diers, consultant, débattent du sujet du jour : Changement climatique, des milliards pour les agriculteurs ?
durée : 00:04:17 - Les Matins de France Culture - Alors que la COP30 se poursuit, coup de projecteur sur la Sicile, entre désertification et inondations. Les deux tiers du territoire sont en stress hydrique, le nombre d'incendies a doublé entre 2023 et 2024, mais, en hiver, les épisodes de très fortes pluies font des ravages. - équipe : La Rédaction de France Culture, Caroline Bennetot, Éric Chaverou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:04:17 - Le Reportage de la rédaction - Alors que la COP30 se poursuit, coup de projecteur sur la Sicile, entre désertification et inondations. Les deux tiers du territoire sont en stress hydrique, le nombre d'incendies a doublé entre 2023 et 2024, mais, en hiver, les épisodes de très fortes pluies font des ravages. - équipe : La Rédaction de France Culture, Caroline Bennetot, Éric Chaverou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
« Un peu partout en Europe, constate Le Monde à Paris, et d'autant plus à l'ouest du continent, des prairies et des champs desséchés témoignent de l'étendue et de l'intensité d'ores et déjà historiques de la sécheresse de l'année 2026. De nombreux fleuves et rivières sont dans une situation très critique, jamais observée jusqu'alors. La situation hydrologique inquiète de plus en plus de pays. Dans un bilan publié ce lundi, le service européen de surveillance Copernicus alerte : malgré les pluies et les inondations survenues cet hiver, les niveaux d'humidité des sols enregistrés en juillet dans l'ouest du continent sont désormais "nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse dans toute l'Europe occidentale". » À lire aussiSécheresse: «Ce n'est pas en allant creuser des rivières qu'on va inventer de l'eau» Le Danube à sec Exemple : le Danube, avec ce reportage d'El Pais à Madrid, qui nous emmène à Budapest en Hongrie : le deuxième fleuve le plus long d'Europe s'étend sur 2 870 kilomètres et traverse dix pays. Et, à Budapest, le niveau du fleuve n'atteint plus qu'une trentaine de centimètres. « Là où coulait autrefois l'eau, il ne reste que de vastes bancs de sable, relève El País, que beaucoup ont transformés en plages improvisées. Vendredi dernier, alors que la chaleur étouffante de 37°C commençait à décliner, des dizaines de personnes se sont retrouvées, avec bières et en-cas, prêtes pour un pique-nique improvisé. L'atmosphère était détendue et joyeuse, note le journal. Mais à y regarder de plus près, une certaine inquiétude se faisait jour. "Je ne crois pas que nous n'ayons jamais connu une sécheresse pareille", confie Mike, un ouvrier du bâtiment de 45 ans venu passer l'après-midi avec deux amis du quartier. Une impression partagée par Diana, professeure de climatologie à l'université de Budapest : "Le Danube a toujours été un fleuve très stable. Il y a eu des crues et des sécheresses, certes, mais une situation aussi extrême est sans précédent, affirme-t-elle. Normalement, lorsqu'il ne pleut pas à un endroit, il pleut ailleurs, ou la neige des Alpes compense. Mais, cet été, la sécheresse a été généralisée". » À lire aussiLe Danube à sec: l'Europe centrale et les Balkans face à une catastrophe écologique De même que le Pô ou encore le Rhin Même cause, mêmes effets pour le Pô qui traverse Turin. Le plus long fleuve italien est presque à sec. « Le Pô est réduit à une simple flaque d'eau, soupire la Repubblica, recouverte d'algues vertes et de déchets. (…) Le courant est à l'arrêt : le Pô ne coule plus, il ressemble à une grande flaque immobile, étouffée par une eau vert bouteille. » En Allemagne, « spectacle désolant : le niveau du Rhin n'a jamais été aussi bas, relève le Süddeutsche Zeitung. Cette situation a des conséquences dramatiques pour l'économie allemande. (…) D'habitude, les péniches sillonnent le Rhin en une longue file, chargées principalement de marchandises en vrac comme du minerai, du charbon, des céréales ou du pétrole. Désormais, pointe le quotidien allemand, rien en vue pendant de longues minutes. Et lorsqu'un navire apparaît enfin, il ne transporte que quelques conteneurs. » À lire aussiAllemagne: l'industrie en souffrance face à la sécheresse qui abaisse le niveau du Rhin Une catastrophe pour l'agriculture Cette sécheresse a aussi bien sûr des conséquences directes sur l'agriculture. C'est le cas en France. « Si les pêches, concombres, nectarines, pastèques et autres melons, friands de soleil et de fortes chaleurs, ont été dopés par la canicule, l'agriculture française dans son ensemble traverse une crise sans précédent, pire encore que celle de la grande sécheresse de l'été 1976, pointe Libération à Paris. La FNSEA – principal syndicat agricole – estime que "les pertes économiques atteignent près de 25 % pour les fruits et les légumes frais". La récolte de blé a baissé de 4,3 % tandis que celle de maïs devrait chuter de 35 %, à 9 millions de tonnes cette année, son plus bas niveau depuis 1980. (…) Les animaux font, eux aussi, les frais des températures extrêmes, relève encore le journal. En juillet, deux à trois millions de volailles sont mortes grillées. Le bétail a mieux résisté, mais pourrait faire face, faute de fourrage en quantité suffisante, à de grandes difficultés dans les prochains mois. » Commentaire de Libération : « Les aides promises par les pouvoirs publics, dans un pays en période de disette budgétaire, ne suffiront pas. Les pansements provisoires pour répondre aux crises ne suffisent plus. C'est tout un modèle de fonctionnement, d'existence qui doit être profondément repensé. Par les agriculteurs, les éleveurs, les dirigeants aujourd'hui au pouvoir ou ceux qui y accéderont demain, mais aussi par chacun d'entre nous, individuellement. Parce que les jours sans fin ne font que commencer. »
Au programme : Changement climatique : ressentez-vous ses conséquences dans votre portefeuille ?/ Narcotrafic : pourquoi explose-t-il par voie aérienne ?/ Accords sur Gaza : Trump - Netanyahou, désaccord ou rupture ?
En France, les premiers coups de sécateur ont été donnés cette semaine dans le sud-ouest du pays, en Bourgogne. C'est ce samedi 8 août que le coup d'envoi a été lancé. Une récolte des raisins toujours plus précoce à mesure que le dérèglement climatique s'accélère. Jamais les vendanges n'avaient débuté aussi tôt dans l'été. Éric Duchêne, directeur de l'unité mixte de recherche Santé de la vigne et qualité du vin à l'Inrae, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, est notre invité. À lire aussiFrance: début en Alsace des vendages, de plus en plus précoces en raison du changement climatique
Tortue, escargot ou paresseux… Certaines espèces ne se déplacent que de quelques centimètres à l'heure. Il s'agit d'une adaptation à une nourriture pauvre ou à des conditions extrêmes. Mais ces animaux risquent d'être rattrapés par le climat qui change à toute vitesse. C'est la glorieuse incertitude du sport, même dans la nature. « Il laisse la tortue aller son train de sénateur / Elle part et se hâte avec lenteur », écrit Jean de La Fontaine dans sa fable Le Lièvre et la Tortue. Face au lièvre bondissant, la tortue remporte la course, alors qu'elle n'était pas favorite, handicapée par la maison, la protection, qu'elle porte sur son dos. Une tortue se déplace en moyenne à 300 mètres à l'heure, voire à 1 km/h quand elle sprinte… L'escargot, qui porte aussi sa coquille, est encore plus lent : pour faire 1 kilomètre, il lui faut une centaine de jours en moyenne. Chez les mammifères, l'animal le moins rapide est le paresseux, en Amérique latine : 0,5 km/h en vitesse de pointe. Si bien que la mousse pousse sur ses poils. Et quand il s'accouple, ça peut durer 48 heures ! À écouter dans Autour de la questionQue nous enseignent les tortues marines ? La vitesse, de l'énergie dépensée Comme chez le paresseux, le métabolisme du koala, sa capacité à transformer en énergie les aliments qu'il ingurgite, est aussi très lent. Lui aussi vit dans les arbres et lui aussi se nourrit exclusivement de feuilles, pas très caloriques et très longues à digérer. Il faut donc s'économiser parce que la vitesse, c'est de l'énergie dépensée. Ralentir pour vivre mieux : les humains appellent ça la slow attitude. Chez les animaux, la lenteur est un avantage évolutif, notamment face aux prédateurs. Presque immobile, on est presque invisible. On ne fait pas de bruit, on n'émet pas non plus d'odeurs. Le climat change plus vite En mer, l'étoile de mer, malgré ses milliers de petits pieds sous ses branches, n'avance que de quelques centimètres par minute, mais c'est suffisant pour attraper des proies encore plus lentes comme les oursins. Le requin du Groenland se déplace à moins de 1 km/h pour s'économiser dans l'eau glacée. Il est lent et vieillit lentement : il peut vivre jusqu'à 400 ans. Mais la lenteur risque d'être un handicap face au changement climatique. Face aux flammes d'un incendie, on n'a pas le temps de fuir. Et quand se déplacer prend autant de temps, pas facile d'aller coloniser de nouveaux territoires plus cléments, alors que le climat, lui, change à toute vitesse. La question de la semaine À lire aussiDes millions de victimes: pourquoi les animaux paient-ils un lourd tribut lors des incendies?
Voici le 22e épisode de la saison 5 de La Bande à D+, présenté par Franck Berteau de Distances+.Le débat de l'émission fait écho aux vagues de canicule depuis le printemps.Toutes proportions gardées, le trail est impacté par le dérèglement climatique et ses conséquences.Comment les coureurs, les organisateurs et les différents acteurs de notre sport vont-ils s'adapter, à l'avenir, à ces vagues de chaleur ? Quelles mesures adopter pour continuer de courir, et de performer même, sans se mettre en danger, et tout en respectant notre environnement, et nos montagnes en particulier, qui souffrent elles aussi de ces hausses des températures ?Pour en discuter, La Bande à D+ reçoit Laura Costa, de l'organisation de l'Ut4M, l'Ultra tour des 4 massifs qui se déroule autour de Grenoble, régulièrement confronté à ces vagues de chaleur.Les membres de la bande présents pour cet 102e épisode régulier :
Alors que l'Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s'adapter au réchauffement climatique. C'est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l'un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c'est d'aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d'une ville qui reste essentiellement pensée pour l'automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d'euros par an. De notre correspondant à Sydney, Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c'était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d'anciennes canalisations, qui diront le contraire. À l'image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c'est super ! Depuis l'ouverture, il y a tellement de gens qui l'utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d'espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement. » C'est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d'idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C'est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « Les coûts économiques, seulement pour l'ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d'euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité. » À lire aussiLe changement climatique s'accélère en Australie, où le réchauffement dépasse le seuil de 1,5°C Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu'aujourd'hui d'ici à 2050 dans l'ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu'à l'est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d'accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l'exercice, qui sont au frais, accessibles à tous. » Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l'ordre de 600 millions d'euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l'estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.
Près de 6 millions d'hectares ont déjà brûlé cette année en Europe et en Amérique du Nord. De l'Espagne au Canada, en passant par la France et les États-Unis, les feux de forêt gagnent en fréquence et en intensité, alimentés par les vagues de chaleur et les sécheresses prolongées.« Les feux de forêt sont à la fois une conséquence et un facteur du changement climatique », explique Tabatha Aller, de la Division des forêts de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU). Dans cet audio, elle revient sur une saison d'incendies particulièrement destructrice, ses conséquences pour les populations, la biodiversité et la qualité de l'air, ainsi que sur le cercle vicieux qui lie réchauffement climatique et feux de forêt. Elle souligne également pourquoi la prévention, la préparation et une gestion durable des forêts sont essentielles pour réduire les risques et renforcer la résilience face à un climat en pleine mutation. Propos recueillis par Alpha Diallo pour ONU Info.
Aujourd'hui, dans "Esprits Libres", Fabien Albert s'entretient avec Antoine Oberdorff, journaliste politique pour l'Opinion, et Anne de Guigné, grand reporter au Figaro. Ensemble, ils analysent deux défis cruciaux auxquels la France est confrontée : la gestion des incendies et la crise démographique.La discussion commence par la situation des incendies en Gironde, qui semblent désormais sous contrôle. Cependant, les invités soulignent que l'heure n'est pas encore au bilan, et que le gouvernement doit agir rapidement pour renforcer les moyens de lutte contre ce fléau. Les invités insistent sur la nécessité d'impliquer davantage les industriels dans cette bataille, notamment en matière d'adaptation aux conséquences du changement climatique. Ils estiment que la France doit investir massivement pour renouveler sa flotte de Canadair et développer des solutions innovantes comme le frégalisme Hynaero.Au-delà des moyens techniques, ils abordent également la question de la responsabilité individuelle face aux incendies. Ils dénoncent avec force le comportement irresponsable de certains citoyens, comme ces fumeurs qui jettent leurs mégots par la fenêtre, et plaident pour un durcissement des sanctions pénales afin de faire évoluer les mentalités.La discussion se tourne ensuite vers un autre défi majeur : la baisse continue de la natalité en France. Anne de Guigné brosse un tableau alarmant de la situation, avec un niveau de naissances au plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle analyse les facteurs en jeu, comme l'élévation du niveau de vie et l'accès des femmes à de meilleures carrières, qui poussent au report de l'âge du premier enfant. Pour relancer la natalité, les invités insistent sur la nécessité d'une politique volontariste en matière de logement et de modes de garde. Ils soulignent que les Français expriment encore un désir d'enfants, mais que des obstacles concrets les empêchent de concrétiser ce projet. Avec les élections présidentielles à venir, ces enjeux démographiques devraient occuper une place centrale dans le débat public.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À peine l'été entamé, la France enregistre déjà un nombre d'incendies jamais vu : 312 feux recensés au 25 juillet 2026 par le système européen EFFIS, sur fond de trois vagues de chaleur successives et d'un climat exceptionnellement sec. Des forêts de Gironde aux massifs de Fontainebleau, les flammes dévorent des dizaines de milliers d'hectares, portée par des conditions météorologiques de plus en plus propices aux départs de feu. Si 9 départs de feu sur 10 sont d'origine humaine, alors pourquoi le changement climatique est-il mis en cause ? L'utilisation des satellites pourrait-elle servir à mieux détecter et prévenir ce phénomène ? Avec Simon Rozé, chef du service environnement-climat de RFI.
Face aux incendies qui frappent chaque été la France, l'Espagne, le Portugal, la Grèce ou encore l'Italie, les États européens n'ont plus d'autre choix que d'investir massivement dans la sécurité civile. Pompiers, avions bombardiers d'eau, drones, satellites ou prévention : les feux de forêt deviennent un poste de dépenses durable pour les finances publiques et redessinent les priorités budgétaires de l'Europe. Des dizaines de milliers d'hectares partis en fumée, des villages évacués, des centaines de pompiers mobilisés… Chaque été semble battre le précédent sur le front des feux de forêt. Mais ces catastrophes écologiques ont un coût économique. Longtemps considérés comme des événements exceptionnels, les incendies font désormais partie de l'été européen sous l'effet du changement climatique. Les saisons des feux s'allongent, les épisodes de sécheresse se répètent et les vagues de chaleur deviennent plus précoces et plus intenses. Ce qui relevait autrefois d'une simple gestion de crise devient progressivement une dépense permanente. Les gouvernements doivent désormais intégrer les incendies dans leurs budgets, au même titre que la santé, la défense ou encore la sécurité intérieure. Cette évolution se traduit directement dans les finances publiques. Les effectifs de pompiers sont renforcés, les moyens aériens modernisés et les investissements dans la sécurité civile augmentent. En France, les services d'incendie et de secours représentent ainsi près de 6 milliards d'euros de dépenses par an. En moyenne, le coût de la sécurité civile s'élève à environ 100 euros par habitant et par an. À l'échelle européenne, la même tendance se dessine. Le Portugal a entièrement réorganisé son dispositif de lutte contre les feux après les incendies meurtriers de 2017. En Grèce, les gigantesques incendies de 2023 ont conduit les autorités à investir massivement dans de nouveaux équipements et dans la modernisation de la protection civile. L'Espagne, elle aussi, renforce progressivement ses moyens aériens et ses brigades forestières. Partout autour de la Méditerranée, les États arrivent aujourd'hui à la même conclusion : le coût de l'inaction est désormais supérieur à celui de la prévention. À lire aussiIncendies en Europe: un continent entier face aux brasiers Pompiers, drones, Canadair : des investissements qui se chiffrent en milliards Pour limiter les risques de mégafeux, les investissements ne peuvent plus attendre que les flammes apparaissent. Cela signifie davantage de pompiers, mais aussi des drones de surveillance, des satellites, des réserves d'eau, des pistes forestières, du débroussaillage ou encore des campagnes de sensibilisation. La lutte contre les incendies devient un investissement permanent. Mais cet effort représente des sommes considérables. Les célèbres Canadair en sont l'exemple le plus frappant. Un avion de nouvelle génération coûte entre 50 et 60 millions d'euros, sans compter la maintenance, les équipages ou encore les coûts d'exploitation. À cela s'ajoute un autre défi: la capacité industrielle. Même lorsqu'un État dispose des financements nécessaires, il ne peut pas toujours acquérir rapidement de nouveaux appareils. Les délais de livraison se comptent désormais en années, les chaînes de production peinant à répondre à une demande en forte hausse. Les incendies ne posent donc plus seulement une question environnementale ou budgétaire. Ils deviennent également un enjeu industriel. L'Union européenne mise sur une protection civile commune Face à des incendies qui touchent désormais plusieurs pays simultanément, l'Union européenne fait évoluer sa stratégie. Jusqu'à présent, chaque État gérait essentiellement ses propres feux. Mais lorsque la France, l'Espagne, le Portugal, la Grèce ou encore l'Italie sont confrontés en même temps à des incendies majeurs, cette organisation montre rapidement ses limites. Bruxelles développe donc progressivement une véritable protection civile européenne. Cet été, l'Union européenne a mobilisé sa plus importante réserve jamais constituée, avec des centaines de pompiers prépositionnés dans plusieurs pays ainsi qu'une flotte commune d'avions bombardiers d'eau et d'hélicoptères, prête à être déployée là où les besoins sont les plus urgents. Au fond, cette stratégie repose sur un principe économique simple : investir davantage en amont pour éviter des coûts bien plus élevés une fois la catastrophe déclarée. Les analyses de Copernicus vont dans ce sens. Elles montrent qu'éteindre un incendie et réparer les dégâts coûte en moyenne près de dix fois plus cher que d'investir dans l'entretien des forêts et la prévention. Les feux de forêt ne sont donc plus seulement un défi climatique. Ils deviennent un enjeu majeur de finances publiques, obligeant les États européens à repenser durablement leurs priorités budgétaires. À lire aussiIncendies en France: Emmanuel Macron demande l'activation du mécanisme de protection civile de l'UE
Aujourd'hui, dans "Esprits Libres", Augustin Lefebvre reçoit Soazig Quemener, rédactrice en chef de la Tribune Dimanche, et Nicolas Baverez, avocat, économiste et historien. Ensemble, ils analysent en profondeur la crise des incendies qui frappe la FranceAlors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à sa ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, de lui présenter de nouvelles mesures pour accélérer le plan d'adaptation au changement climatique, nos experts examinent les enjeux et les défis auxquels le gouvernement doit faire face.Nicolas Baverez souligne que les feux de forêt d'une ampleur inédite, comme celui qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde, ne devraient plus être une surprise. Il pointe du doigt les carences de l'État, qui ne s'est pas assez rapidement adapté à cette nouvelle menace. Selon lui, l'organisation et la doctrine sont restées les mêmes, avec un manque criant de moyens aériens notamment. Soazig Quemener renchérit en soulignant les contradictions de l'État, entre un Code de l'environnement qui interdit le débroussaillage et un Code forestier qui l'exige. Elle estime que le gouvernement doit désormais sortir de cet « immobilisme » et prendre des décisions rapides pour protéger les populations et les territoires.Les deux invités s'interrogent sur la capacité du gouvernement actuel, avec un temps limité avant la prochaine élection présidentielle, à mettre en place les changements nécessaires. Ils soulignent l'urgence d'une véritable politique de sécurité face aux risques climatiques, en remettant en cause certaines dépenses publiques jugées inefficaces.Au-delà des moyens, c'est toute une « culture de la sécurité » que la France doit retrouver, selon Nicolas Baverez, à l'image de ce qui s'est passé lors de l'évacuation réussie du Cap Ferret. Soazig Quemener abonde dans ce sens, estimant qu'il faut désormais « accepter de céder du terrain » pour protéger les populations, en concertation avec les acteurs locaux.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après plus de quinze jours de coupures d'électricité liées au délestage pendant la canicule, les pertes s'accumulent en Tunisie. Restaurants, usines et petits entrepreneurs font face à des dégâts matériels et à des arrêts de production, tandis que le coût économique reste encore difficile à chiffrer. Dans un café de Tunis, Nadia Sassi prend une pause après un rendez-vous à la banque. Cette apicultrice a vu son atelier partir en fumée après des coupures d'électricité à répétition. Elle a perdu l'ensemble de son matériel ainsi que ses stocks de cire d'abeille. « Vous avez l'atelier où je fais le miel et la partie où je fabrique des produits à base de cire, des bougies, etc. Tout est en bois. Avec les coupures qui interviennent 10 à 20 fois par jour, cela a créé une surchauffe sur le circuit électrique. Comme il faisait déjà très chaud, tout a pris feu dans la nuit. J'ai tout perdu », raconte-t-elle. Ancienne vitrine du programme public d'aide aux jeunes entrepreneuses Raidat, Nadia Sassi se retrouve désormais à négocier un report de ses échéances de crédit, faute de pouvoir relancer sa production. « J'ai sept familles qui travaillent avec moi. Je viens à Tunis pour connaître les procédures afin d'obtenir une indemnisation de la STEG, la Société tunisienne de l'électricité et du gaz. Mais l'assurance ne couvre pas tout et, de toute façon, cela va prendre beaucoup de temps. C'est pour cela que j'ai demandé un report du paiement de mon crédit », explique-t-elle. Des pertes dans l'agroalimentaire et l'industrie Nadia Sassi est loin d'être un cas isolé. Selon les organisations professionnelles, près de 13 % de la production nationale de volailles ont été perdus. Certaines boulangeries n'ont pas pu cuire leur pain pendant plusieurs jours. D'après l'UTICA, l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, 70 % des restaurants ont été touchés et entre 400 et 500 tonnes de viande ont dû être détruites faute de respect de la chaîne du froid. Dans le textile, les usines ont enregistré jusqu'à 55 heures d'arrêt en une semaine, avec des dommages sur certains équipements. Les autorités n'ont pas encore publié d'estimation globale des pertes économiques. Pour l'expert en énergie Sami Ben Rejeb, les opérations de délestage auraient toutefois pu être mieux anticipées : « La population tunisienne n'est pas habituée à ce genre de coupures. C'est la première fois que cela arrive, donc même les mécanismes de réaction ne sont pas prêts. » En déficit énergétique, la Tunisie importe du gaz algérien pour alimenter une partie de ses centrales électriques. Elle dépend également des importations d'électricité en provenance de l'Algérie, qui couvrent environ 13 % de ses besoins. Une dépendance qui montre aujourd'hui ses limites, selon Sami Ben Rejeb : « S'il n'y avait pas eu cette canicule, nous aurions pu continuer à importer d'Algérie comme d'habitude ou augmenter un peu la production de nos centrales. Mais avec une baisse de 20 % de notre capacité de production, une demande en forte hausse et l'impossibilité d'importer davantage depuis l'Algérie, les coupures étaient inévitables. » L'Algérie a elle aussi été confrontée à une forte vague de chaleur et à un pic historique de consommation électrique. Une importante panne survenue le 12 juillet a affecté une partie de son réseau, également interconnecté avec celui de la Tunisie. À lire aussi«Je m'adapte vu que ça coupe toutes les deux heures»: en Tunisie, des délestages épuisants en pleine canicule
Aujourd'hui, dans "Esprits Libres", Pierre Pillet reçoit Patrick Klugman, avocat au barreau de Paris, et Anne de Guigné, grand reporter au Figaro. Ensemble, ils décryptent d'les conséquences économiques et juridiques des incendies qui ravagent la France depuis le début de l'année.Anne de Guigné apporte son expertise sur les impacts financiers de ces catastrophes naturelles. Elle souligne que malgré un coût provisoire estimé entre 200 et 300 millions d'euros, ce chiffre pourrait rapidement grimper, notamment dans le secteur du tourisme durement touché. Alors que la France fait face à une dette publique colossale, ces incendies viennent encore compliquer la situation budgétaire du pays. Elle alerte sur la nécessité d'intégrer les coûts de la dégradation environnementale dans l'économie, une problématique au cœur des débats depuis le mouvement des Gilets jaunes.De son côté, Patrick Klugman apporte un éclairage juridique sur ces incendies. Il explique que le phénomène est principalement lié au changement climatique, tout en soulignant la responsabilité pénale des éventuels pyromanes identifiés. L'avocat revient également sur la notion de force majeure en droit, qui peut avoir des conséquences importantes sur les contrats, notamment dans le secteur du tourisme. Malgré la gravité de la situation, il salue la mobilisation et la solidarité nationale et européenne face à ces événements.Cet épisode du podcast "Esprits Libres" offre une analyse approfondie des enjeux économiques et juridiques liés aux incendies en France, tout en soulignant l'urgence d'agir pour s'adapter au changement climatique. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker s'entretient avec Olivier Beaumont, grand reporter au service politique du Parisien-Aujourd'hui en France, et Antoine Oberdorff, journaliste politique à l'Opinion. Ensemble, ils analysent la gestion par le gouvernement des gigantesques incendies qui ravagent le sud-ouest de la France.Les invités reviennent tout d'abord sur l'ampleur de la crise, avec plus de 115 000 hectares de forêts brûlés depuis le début de l'année. Olivier Beaumont souligne que le gouvernement a pris les choses en main ces derniers jours, déployant des moyens conséquents comme l'envoi de l'avion militaire A400M ou de 2,5 millions de masques FFP2. Cependant, il pointe du doigt un manque d'anticipation, notamment sur la réforme de la sécurité civile qui tarde à être adoptée.Antoine Oberdorff abonde dans ce sens, estimant que le travail de longue haleine sur la gestion des forêts et la formation des pompiers n'a pas été mené avec suffisamment de détermination ces dernières années. Il relativise néanmoins les critiques politiques, jugeant qu'elles ne sont pas à la hauteur de la situation dramatique vécue par les habitants des zones sinistrées.Les deux journalistes s'accordent pour dire que ces méga-feux sont appelés à se reproduire dans les années à venir en raison du changement climatique. Ils soulignent l'urgence de revoir en profondeur l'organisation de la sécurité civile et les moyens qui lui sont alloués, au-delà des simples opérations de communication.Enfin, les invités évoquent le rôle du Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui multiplie les déplacements et les annonces depuis le début de la crise. Certains y voient les prémices d'une ambition présidentielle, mais les invités restent prudents sur cette hypothèse, jugeant que le Premier ministre ne dispose pas encore des moyens financiers et politiques pour se lancer dans une telle course.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Pourquoi est-ce si difficile de convaincre du changement climatique ? Dans cet échange avec Vincent Mignerot, nous avons parlé de la difficulté à convaincre du changement climatique, des fausses bonnes idées...Pour en savoir sur Vincent https://vincent-mignerot.fr/Urgence écologique et limites du changement1. Le constat d'un monde en basculeFaits majeurs : Canicules, incendies (Fontainebleau), tensions géopolitiques (détroit d'Ormuz, guerre en Ukraine) et repli souverainiste (politique de Trump) marquent l'entrée dans une nouvelle ère de crises systémiques.Déni collectif : La France semble ne pas prendre la mesure de ces bouleversements. Le débat public et les échéances politiques contournent les véritables transformations socio-écologiques requises.2. Risques globaux et contraintes physiquesRapport Meadows & énergie : Dès 1972, les modèles ont montré l'épuisement inéluctable des ressources non renouvelables. La croissance du PIB mondial reste indissociable de la consommation d'énergie primaire.Tendance au ralentissement : Le taux de croissance du PIB mondial baisse tendanciellement depuis 1983. En prolongeant la tendance des 20 dernières années, la récession mondiale arriverait d'ici 2100 — une projection jugée très optimiste car elle suppose de maintenir notre niveau d'énergie actuel, ce qui est physiquement impossible.3. Les dérives de la pensée magique économiqueArbitrage individuel : Les enquêtes montrent que la majorité des citoyens privilégie le niveau de vie à l'écologie. Un statut socio-économique élevé génère une empreinte écologique plus forte, même chez ceux qui revendiquent une conscience environnementale.Le « PIB augmenté » : Pour préserver l'illusion de la croissance, des économistes (ex. Thomas Piketty) proposent un « PIB augmenté », reclassant des activités très matérielles (santé, loisirs, éducation) en « services immatériels ».Déni de la réalité matérielle : Le secteur de la santé représente pourtant 8 % de l'empreinte carbone en France. Décréter ces secteurs « virtuels » ou « neutres » relève d'une mystification qui viole le principe de conservation de la matière et de l'énergie.Transition énergétique irréaliste : Espérer décarboner 60 % à 100 % de l'énergie mondiale d'ici 2050 relève de la fable au vu des temps de renouvellement des infrastructures (ex. parc automobile).4. Pourquoi les récits rassurants l'emportentFonction du raisonnement : S'appuyant sur la théorie argumentative de Sperber et Mercier, Vincent rappelle que le langage humain sert avant tout à coopérer et à se rassurer, non à chercher la vérité scientifique.Préférence pour l'illusion : La société sélectionne les récits qui prétendent découpler confort et dégradation environnementale, car ils évitent la culpabilité et la confrontation avec les limites physiques du monde réel.
Au sommaire :Des incendies ravagent la Gironde, forçant l'évacuation de milliers de personnes et mettant en lumière l'émergence de nouveaux types de feux de forêt plus intenses et difficiles à combattre.Des témoignages de soldats russes dévoilent des pratiques effroyables au sein de l'armée russe en Ukraine, avec des raids suicidaires, de la torture et des exécutions de ceux qui protestent.À gauche, le Parti socialiste semble résigné face à la prochaine élection présidentielle, avec de nombreuses candidatures sans réelle perspective de victoire.L'arrivée d'espèces invasives venues d'autres continents, favorisée par la mondialisation et le changement climatique, représente une menace croissante pour l'environnement français.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", Marc Bourreau reçoit Soazig Quemener, rédactrice en chef de La Tribune Dimanche, et Géraldine Woessner, rédactrice en chef au Point, pour décrypter une actualité brûlante.Les feux de forêt ravagent la Nouvelle-Aquitaine et remettent cruellement sur le devant de la scène la problématique du changement climatique. Les invitées analysent les causes de cette recrudescence des incendies, qui s'étendent désormais bien au-delà des zones traditionnellement touchées. Elles soulignent la nécessité de repenser en profondeur notre gestion de ces catastrophes naturelles, de la prévention à l'adaptation des moyens de lutte. Mais ce n'est pas le seul défi auquel le gouvernement doit faire face. La flambée des prix du pétrole, avec le baril de Brent dépassant les 100 dollars, vient également compliquer l'élaboration du budget 2027. Avec des répercussions sur l'inflation et le pouvoir d'achat des Français, cette nouvelle crise économique s'ajoute aux difficultés déjà rencontrées par le ministre Sébastien Lecornu. Les deux éditorialistes décryptent les enjeux budgétaires et les marges de manœuvre limitées dont dispose l'exécutif.Enfin, l'actualité politique est marquée par le retour sur le devant de la scène de l'ancien président François Hollande. Bien que ses intentions de candidature pour 2027 ne soient pas encore claires, son positionnement à gauche semble viser à torpiller les ambitions de certains de ses anciens alliés socialistes. Soazig Quemener et Géraldine Woessner analysent cette stratégie de réhabilitation et les obstacles qui se dressent encore sur la route de l'ancien chef de l'État.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le géant chinois des batteries CATL s'est associé au fournisseur britannique Octopus Energy pour déployer un réseau de stations d'échange de batteries pour camions électriques en Europe. Derrière cette innovation, qui permet de remplacer une batterie en quelques minutes, plutôt que de la recharger, se cache un enjeu bien plus vaste : le contrôle des infrastructures du transport routier de demain. À première vue, il s'agit d'un partenariat industriel parmi d'autres. Pourtant, l'accord conclu entre CATL, premier fabricant mondial de batteries, et Octopus Energy pourrait profondément transformer le transport routier européen. Aujourd'hui, le développement des camions électriques se heurte à deux obstacles majeurs : leur autonomie et surtout le temps nécessaire pour recharger leurs batteries. Or, dans le secteur du transport, chaque minute compte. Un poids lourd immobilisé pendant quarante-cinq minutes, une heure, voire davantage, est un camion qui ne livre pas, ne facture pas et perturbe l'ensemble de la chaîne logistique. Pour répondre à ce problème, CATL mise sur une solution simple : remplacer la batterie plutôt que la recharger. Le camion entre dans une station automatisée, la batterie déchargée est retirée et une batterie pleine est installée en seulement quelques minutes. Ce système est déjà largement déployé en Chine, où plusieurs milliers de stations d'échange sont en service. Désormais, le groupe chinois veut exporter ce modèle en Europe. À lire aussiLa Chine, championne du monde des poids lourds électriques Un nouveau modèle économique pour les poids lourds électriques L'innovation ne réside pas uniquement dans la rapidité de l'opération. Elle repose surtout sur un changement complet de modèle économique. Avec ce système, la batterie n'appartient plus au transporteur mais à l'opérateur du réseau. Le propriétaire du camion n'a donc plus besoin d'investir dans l'élément le plus coûteux du véhicule. Le prix d'achat du poids lourd diminue, tandis que l'utilisateur paie ensuite un abonnement ou un service pour accéder aux batteries disponibles dans les stations. Pour CATL, l'objectif dépasse largement la simple vente de batteries. Le groupe chinois cherche à devenir l'opérateur d'un véritable écosystème associant batteries, stations d'échange, logiciels de gestion et services aux transporteurs. La valeur ne se situe plus uniquement dans la fabrication industrielle, mais dans le contrôle du réseau qui permet aux camions de continuer à circuler. La bataille des standards industriels est lancée Cette stratégie pose toutefois une question essentielle : celle de la compatibilité des batteries. Contrairement au diesel, identique dans toutes les stations-service, les batteries des camions électriques ne sont pas aujourd'hui standardisées. Si chaque constructeur développe son propre format, le système d'échange devient impossible à généraliser. L'enjeu est donc de parvenir à imposer un standard commun. C'est un mécanisme bien connu dans l'industrie. L'exemple du câble USB-C est particulièrement parlant : quel que soit le fabricant d'un smartphone ou d'un ordinateur, l'utilisation d'un connecteur unique simplifie les usages et favorise son adoption. Pour CATL, l'objectif est similaire. Si les constructeurs européens adoptent son standard de batteries interchangeables, le groupe chinois ne vendra plus seulement des batteries. Il deviendra un acteur incontournable des infrastructures du transport routier européen. Une évolution qui montre que, dans l'économie d'aujourd'hui, le véritable pouvoir ne réside plus uniquement dans la fabrication des produits, mais aussi dans la capacité à définir les règles du jeu.
Et si la croissance économique n'était pas la solution, mais le problème ? Attendez, ne décrochez pas tout de suite… Pendant des décennies, je vous l'accorde, il était impossible ou presque de se poser cette question. Remettre en cause la croissance relevait de l'utopie, voire de la provocation. Mais aujourd'hui, nous avons franchi 7 des 9 limites planétaires, et les idées reçues se transforment en espoirs déçus : non, la richesse des uns ne profite pas aux autres, les inégalités n'ont jamais été aussi fortes dans le monde ! La croissance économique à tout prix serait un leurre ? En tous cas, elle est désormais interrogée, voire remise en cause dans les colloques du GIEC, dans les rapports de l'OCDE et jusque dans les couloirs de la Commission européenne. Notre invité du jour y consacre sa vie de chercheur. Il est économiste et spécialiste de la post-croissance. Sa thèse centrale, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'est pas un retour en arrière nostalgique ni un appel à l'austérité généralisée. Penser la gestion d'une entreprise, ou celle d'un pays, en dehors de la notion de croissance n'est plus une utopie. C'est devenu un chemin de recherche scientifique structuré, un chemin pour parvenir à un bonheur commun, sans dépasser les limites que nous impose notre unique planète Avec Thimothée Parrique, économiste français né en 1989, est docteur de l'université de Stockholm avec une thèse sur l'économie de la décroissance (2019). Chercheur à l'université de Lausanne et conférencier, il est l'auteur de Ralentir ou périr (Seuil, 2022). Il intervient régulièrement dans les médias pour faire part de ses travaux sur la post-croissance. Pour son ouvrage La Science de la post-croissance (Actes Sud). Musiques diffusées dans l'émission Keny Arkana - Victoria Cypress Hill & Mellow Man Ace - Campéonès.
La saison estivale n'est pas encore à mi-parcours et déjà les polémiques liées à la chaleur se multiplient. Annulation de festivals fin juin en France, matchs sous 40 degrés lors de la Coupe du monde de football aux États-Unis. Peut-on encore s'adapter ou faut-il revoir le modèle d'organisation d'événements l'été ? À quoi ressemblera la saison estivale dans 20 ans ? Avec : Quentin Ghesquière, cofondateur et délégué général d'Adapt, co-auteur du livre S'adapter ou mourir - coexister avec le changement climatique (Éditions Rue de l'Echiquier, 2025) Benjamin Sultan, climatologue, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), coauteur de l'étude intitulée L'avenir des sports d'été européens en plein air à travers le prisme des 50 ans du Tour de France Julien Lavergne, directeur d'AZ Prod, producteur de Chambord Live.
La saison estivale n'est pas encore à mi-parcours et déjà les polémiques liées à la chaleur se multiplient. Annulation de festivals fin juin en France, matchs sous 40 degrés lors de la Coupe du monde de football aux États-Unis. Peut-on encore s'adapter ou faut-il revoir le modèle d'organisation d'événements l'été ? À quoi ressemblera la saison estivale dans 20 ans ? Avec : Quentin Ghesquière, cofondateur et délégué général d'Adapt, co-auteur du livre S'adapter ou mourir - coexister avec le changement climatique (Éditions Rue de l'Echiquier, 2025) Benjamin Sultan, climatologue, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), coauteur de l'étude intitulée L'avenir des sports d'été européens en plein air à travers le prisme des 50 ans du Tour de France Julien Lavergne, directeur d'AZ Prod, producteur de Chambord Live.
Dans le sud-est du Kenya, la culture du sisal séduit de plus en plus de petits agriculteurs. Résistante à la sécheresse, cette fibre naturelle offre une alternative économique, malgré des contraintes d'investissement et de temps. De notre correspondante de retour de Taita-Taveta, Dans la région de Taita-Taveta, les champs de sisal s'étalent à perte de vue. La grande majorité appartient à de grandes exploitations. Mais de petits agriculteurs s'y mettent aussi. Rachel Kilonzo a planté ses premiers pieds il y a 8 ans. Elle récolte deux fois par an : « Je pense que vous pouvez voir le sourire sur mon visage, parce que je me dis que la récolte approche. Et je sais que quand je récolterai, j'aurai de l'argent en poche. » Une réponse aux sécheresses récurrentes Cette région, près de la côte est du Kenya, subit des sécheresses de plus en plus fréquentes qui affectent les cultures traditionnelles de maïs et de légumineuses. Le sisal est perçu comme une alternative. « Le sisal résiste même en cas de sécheresse. Le mien a huit ans. Je ne l'ai jamais arrosé et il n'a jamais séché, témoigne Rachel Kilonzo. Je ne l'ai jamais traité non plus. C'est donc très économique. Il y a même eu une période où il n'a pas plu pendant presque un an. Mais dès que les premières pluies sont arrivées, mon sisal s'est très bien porté. » Rachel vend ses récoltes à une plus grande exploitation voisine. Le Kenya exporte environ 95 % de sa production de sisal. La fibre naturelle connaît un regain d'intérêt à l'échelle mondiale, explique Paul Opee, directeur adjoint des conseils de service technique au sein de l'organisme public en charge de la régulation des cultures à fibres au Kenya : « Le premier producteur de sisal au monde est le Brésil, suivi, de loin, par la Tanzanie, puis par le Kenya. Mais la demande mondiale est bien supérieure à l'offre, donc le secteur a encore un fort potentiel de croissance. » À lire aussiAu Kenya, du miel et de l'agroforesterie pour préserver l'environnement Un potentiel freiné par les contraintes d'investissement L'organisme soutient les petits agriculteurs pour adopter la culture du sisal, tout comme la Taita Taveta Wildlife Association. En plus d'être résiliente, la plante permet de lutter contre l'érosion des sols. Mais l'agriculture à petite échelle représente encore moins de 5 % de la production kényane. « Pour cultiver du sisal, il faut commencer par faire pousser pendant environ 2 ans un jeune plant dans une pépinière, explique Paul Opee. Une fois mis en terre, il faut encore attendre 3 ans avant la première récolte. Ensuite, la récolte est possible pendant une dizaine d'années, avec un pic de production autour de la sixième année. Dans les zones arides et semi-arides, les populations sont relativement pauvres, leur demander de se lancer dans la culture du sisal alors qu'elles devront attendre cinq ans avant d'en tirer des revenus est quasiment impossible. » À cela s'ajoute le coût des outils nécessaires pour extraire les fibres des feuilles de sisal. Si le Kenya exporte ensuite principalement cette fibre, elle peut aussi être transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, comme des paniers, un savoir-faire traditionnel dans la région. À lire aussiLe sisal, une fibre dure entrée dans le 21e siècle
Le ministère grec de la Culture a présenté un plan d'adaptation au changement climatique pour protéger le patrimoine culturel. Sécheresse, incendies, inondations : certains sites archéologiques sont déjà directement concernés par des phénomènes climatiques extrêmes. Reportage sur le site de Brauron, l'ancien sanctuaire de la déesse Artémis. De notre correspondante à Athènes, À Brauron, à 30 kilomètres à l'est d'Athènes, l'archéologue Maria Cristina Katsavou montre le niveau atteint par les inondations l'hiver dernier : l'eau s'élevait jusqu'à la moitié de la colonne, à 1,5m du sol. Douze colonnes doriques accueillent les visiteurs : c'est la stoa, un portique en forme de lettre Pi, le bâtiment le mieux préservé du site. Selon la mythologie, c'est ici qu'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, roi de Mycènes, a installé, sur un terrain marécageux, un sanctuaire dédié à Artémis, la déesse de la nature. « C'est l'un des sanctuaires les plus importants de la Grèce antique. Nous avons constaté que chaque année, les inondations sont de plus en plus graves », explique Maria Cristina Katsavou. Des mares d'eau stagnante brillent encore au soleil, alors que la sécheresse frappe déjà une grande partie de la Grèce. Le sanctuaire d'Artémis a été édifié au cœur d'une zone humide couverte de joncs, entre la mer et la rivière Erasinos. Le paysage lui-même est un sanctuaire naturel, peuplé d'oiseaux. En contrebas du temple, dont il ne reste que les fondations, une passerelle métallique permet aux visiteurs de garder les pieds au sec. Puis celle-ci disparaît, engloutie par les crues de la rivière. La pompe de drainage est devenue un élément indispensable du site. « Toute cette eau provoque l'érosion des matériaux. Ce n'est pas seulement lié au climat mais aussi à l'emplacement du sanctuaire. Mais à cause du changement climatique, les nappes phréatiques saturent », souligne l'archéologue. Elle attend beaucoup du plan conçu par le ministère de la Culture pour améliorer le système de drainage. Si Brauron est menacé par les inondations, ailleurs, ce sont les incendies de forêt qui assiègent régulièrement, durant l'été, plusieurs sites historiques de premier plan, comme Olympie, Épidaure et Mycènes. À Delphes, l'érosion et les glissements de terrain provoquent des chutes de pierres autour du temple d'Apollon. Constantinos Cartalis, physicien climatologue de l'université d'Athènes, est chargé par le ministère de la Culture d'évaluer la menace et de recommander les mesures d'adaptation. « Le ministère de la Culture a lancé un plan de prévention pour faire face aux risques à mesure que ceux-ci évoluent. Il s'agit de préparer les sites archéologiques, en particulier l'environnement autour des sites, afin qu'ils soient mieux protégés contre les phénomènes climatiques , indique-t-il. Sécheresse, chaleur extrême, élévation du niveau de la mer : toutes les situations sont passées au crible. Un plan d'adaptation est conçu spécifiquement pour chaque site, alors que la Grèce se prépare à une nouvelle saison d'incendies. À lire aussi«C'est notre rôle de le protéger»: au sud du Liban, le patrimoine endommagé par les frappes israéliennes
La Commission européenne présente vendredi 17 juillet une réforme très attendue du marché carbone européen. Un dispositif qui influence à la fois le coût de l'énergie pour les industriels, leurs investissements et la stratégie climatique de l'Union européenne. Mais alors que le prix du carbone a fortement augmenté ces dernières années, Bruxelles doit désormais trouver le bon équilibre entre décarbonation et compétitivité industrielle. Le marché carbone européen repose sur un principe finalement assez simple. Plutôt que d'imposer les mêmes règles à toutes les entreprises, Bruxelles fixe un plafond global d'émissions de CO₂ pour les secteurs les plus polluants, comme les centrales électriques, les cimenteries, les aciéries, les raffineries ou encore l'industrie chimique. L'Union européenne distribue ensuite ou met aux enchères des quotas d'émission. Concrètement, un quota correspond au droit d'émettre une tonne de CO₂. C'est là que le marché entre en jeu. Chaque entreprise doit restituer autant de quotas que de tonnes de CO₂ qu'elle a effectivement émises. Si elle pollue davantage que prévu, elle doit acheter des quotas supplémentaires. À l'inverse, si elle réduit ses émissions, elle peut revendre les quotas dont elle n'a plus besoin. Le prix du carbone évolue ainsi en fonction de l'offre et de la demande. Plus les quotas deviennent rares, plus leur prix augmente. L'objectif est de rendre progressivement la pollution plus coûteuse afin d'inciter les entreprises à investir dans des technologies moins émettrices plutôt que de continuer à payer pour leurs émissions. Cette logique a produit des résultats. Les quotas sont devenus plus rares afin d'encourager les groupes à réduire leurs émissions, et les émissions des secteurs concernés ont été divisées par deux depuis 2005. Mais cette réussite a aussi une conséquence : le prix des quotas carbone a fortement augmenté. À lire aussiComment expliquer les difficultés de l'industrie européenne? Pourquoi le marché carbone est-il aujourd'hui contesté ? C'est tout le paradoxe du système. Un prix du carbone élevé est une bonne nouvelle pour le climat, mais il représente également un coût supplémentaire pour les industriels. Aujourd'hui, la tonne de CO2 s'échange autour de 70 euros. Pour certaines entreprises, cela représente plusieurs centaines de millions d'euros de dépenses supplémentaires chaque année. Or ces industriels sont déjà confrontés à de nombreuses difficultés. Ils paient une énergie plus chère qu'aux États-Unis, font face à une concurrence chinoise particulièrement agressive et doivent investir des sommes considérables pour décarboner leurs usines. Résultat : de nombreux acteurs économiques estiment que le marché carbone est devenu trop exigeant. Ils ne remettent pas forcément en cause son principe, mais demandent davantage de temps pour s'adapter aux nouvelles contraintes. Une réforme sous haute tension entre climat et compétitivité C'est précisément pour répondre à ces inquiétudes que la Commission européenne présente une réforme du marché carbone. L'objectif n'est pas de supprimer ce mécanisme, qui reste le principal outil climatique de l'Union européenne, mais de réfléchir à plusieurs ajustements. Sur ces évolutions, les États membres sont loin d'être unanimes. Les pays du sud et de l'est de l'Europe, comme l'Italie ou la Pologne, réclament un assouplissement important afin de soutenir leur industrie. À l'inverse, les pays nordiques ou encore l'Espagne craignent qu'un recul ne ralentisse la transition écologique. Quant à la France et à l'Allemagne, elles défendent une position plus nuancée : préserver le marché carbone tout en lui apportant davantage de flexibilité pour tenir compte des difficultés économiques actuelles. Au fond, la question est simple : comment continuer à faire payer le carbone pour accélérer la transition écologique sans pousser les industriels à produire ailleurs ? C'est tout l'enjeu de la réforme que présente la Commission européenne.
Plus de la moitié de l'humanité vit aujourd'hui en ville. Et cette proportion augmente chaque année. Béton, gaz à effet de serre, terres englouties sous le bitume, air saturé, promiscuité, fractures sociales : les villes sont au cœur des enjeux climatiques, environnementaux et humains. Mais si elles portaient aussi une bonne partie des solutions ? Quelques villes ont pris ce pari comme Copenhague où nous vous emmenons aujourd'hui. La capitale danoise qui abrite 660 000 habitants vient d'être à nouveau désignée la ville la plus vivable au monde par l'Economist Intelligence Unit. C'est un classement qui passe 173 métropoles au crible. Chaque année, des délégations venues de plus de 400 villes viennent la visiter pour s'en inspirer. Il n'en fallait pas plus pour nous donner envie de vous faire découvrir ce modèle et de le questionner. Avec - Jean-Louis Rocheron : il vit à Copenhague depuis plus de 5 ans où il a suivi sa femme danoise. Il aide les acteurs publics venus de l'étranger à découvrir les politiques innovantes développées en Scandinavie - Mickaël Colville-Andersen, expert en mobilité urbaine - Nicholas Woollhead, activiste - Søren Løgge, chef d'équipe d'une ressourcerie. Réalisation de François Porcheron. Merci à Séverine Martin Musique diffusée dans l'émission Tina Dickow - København.
Dans les Vosges, cet été, un agriculteur regarde ses prairies brûler et compte déjà ce qu'il manquera à ses bêtes pour l'hiver. Dans le Ferlo, au nord du Sénégal, un éleveur peul scrute le ciel en espérant que la pluie de cette saison ne sera ni trop rare, ni trop violente. Deux gestes, deux continents, une même question suspendue au-dessus de leurs têtes : qu'est-ce que la météo nous réserve et comment vivre avec ? C'est précisément le terrain de la science dont nous parlons aujourd'hui : l'agroclimatologie. Une discipline encore jeune, à la croisée de la météorologie, de l'agronomie et des sciences du vivant, qui tente de répondre à une question devenue vitale : comment nourrir le monde quand le climat qui a façonné nos cultures et nos élevages est en train de changer sous nos yeux ? Nos invités constatent le manque d'adaptation de nos modèles agricoles, ils proposent des solutions même si, comme tous les scientifiques, ils ont du mal à se faire entendre… Avec - Serge Zaka, pionnier de l'agroclimatologie en France pour son livre Orages sur le climat (Harper and Collins) - Mohamed Habibou Assouma, chercheur au CIRAD, UMR-SELMET et à l'Unité de recherche sur les Systèmes Agropastoraux et Environnement. Musiques diffusées dans l'émisison - Omar Pène - Climat - Bien & Alikiba - Finale.
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Depuis quelques semaines, le continent semble découvrir le réchauffement. Les chercheurs ont pourtant alerté : l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne du reste du monde. Et les épisodes que l'on connait cet été ne sont pas les premiers. Mais la prise de conscience est lente et, surtout, les adaptations difficiles à mettre en œuvre. De l'agriculture au tourisme, comment faire face à la canicule et à la sécheresse ? En Hongrie, les lacs sont au plus bas Le réchauffement climatique affecte le tourisme et l'économie des loisirs. Prenons l'exemple de la Hongrie : l'été, dans ce pays d'Europe centrale qui n'a pas d'accès à la mer, les lacs sont pris d'assaut par les vacanciers. Mais ces lacs sont aujourd'hui menacés, leur niveau n'a jamais été aussi bas. Notre correspondante Florence La Bruyère s'est rendue à une quarantaine de kilomètres de la capitale, au lac Velence. Troisième plus grand lac de Hongrie, il ressemble aujourd'hui à une mare boueuse et jaunâtre qui n'attire guère les baigneurs. À lire aussiEn Hongrie, la sécheresse cause une baisse record du niveau des lacs Quelles solutions pour les agriculteurs ? Les organisations professionnelles estiment déjà à près de 8% la baisse moyenne de production de céréales pour l'UE et le Royaume-Uni cette année. Pour le maïs français, c'est presqu'un tiers de pertes. Des changements s'imposent dans les pratiques, mais à court terme, que peuvent faire les agriculteurs face à la crise ? Nous avons posé la question à Iñaki Garcia de Cortazar Atauri, il est ingénieur de recherches à l'INRAE, Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. À lire aussiRéchauffement climatique: les canicules successives obligent les agriculteurs français et européens à s'adapter Bien-être animal : la canicule révèle la misère des élevages En France, plus de 2 millions et demi de volailles sont mortes de déshydratation et de chaleur dans des élevages à cause de la canicule du mois de juin. Là encore on a le sentiment de ne pas savoir tirer les leçons du passé : en 2003, la chaleur avait décimé près de 5 millions de volatiles. L'occasion de s'interroger avec le journaliste Olivier Favier – qu'on retrouve régulièrement sur la page Connaissances du site de RFI – sur l'état des lieux du bien-être animal. Il faut revenir pour commencer sur un texte qui a 50 ans cette année (2026) : la loi du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature. Adopté à la quasi-unanimité des députés français, c'est un texte fondateur. À Barcelone, la Sagrada Familia n'en finit pas… et menace les voisins Avec ses tours élancées aux formes étranges, sa forêt de colonnes géantes baignée de lumière colorée, la cathédrale de la Sagrada Familia est un incontournable. Mais 140 ans après le début des travaux, le chef-d'œuvre de l'architecte Antonio Gaudi n'est pas terminé ! Il reste une façade entière à construire, et c'est une façade qui fait polémique, nous explique Elise Gazengel. À lire aussiLa Sagrada Familia: l'oeuvre toujours inachevée de Gaudí sous les projecteurs, 100 ans après sa mort
Les vagues de chaleur ne pèsent plus seulement sur notre quotidien. Elles deviennent aussi un véritable risque économique. Selon une étude du cabinet Sia Partners, les canicules sont désormais le principal risque climatique pour l'industrie lourde européenne : fatigue des salariés, manque d'eau, perturbations des transports... le changement climatique s'impose désormais comme un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises. Avec les records de chaleur observés ces derniers jours en Europe de l'Ouest et une grande partie de la France placée en vigilance orange canicule, les conséquences économiques du changement climatique deviennent de plus en plus visibles : tel est le principal enseignement d'un rapport publié par le cabinet Sia Partners. Pour le secteur industriel, le climat fait désormais partie des variables qu'il faut gérer au quotidien, au même titre que le prix de l'énergie, les tensions géopolitiques ou encore les difficultés d'approvisionnement. L'étude s'appuie sur l'analyse de 365 sites industriels répartis dans toute l'Europe appartenant à des secteurs stratégiques comme la sidérurgie, le raffinage, le verre, le ciment ou encore l'ammoniac. Les chercheurs ont évalué leur exposition à plusieurs risques climatiques : vagues de chaleur, stress hydrique, inondations fluviales et submersions marines. Le constat est sans appel : dès 2030, près de 300 des 365 sites étudiés seront fortement exposés aux vagues de chaleur. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l'économie mondiale Fatigue des salariés, manque d'eau : pourquoi les canicules ralentissent les usines À première vue, cela peut paraître surprenant. Une fonderie, un site sidérurgique ou une cimenterie fonctionnent déjà avec des fours dépassant le millier de degrés. Pourtant, ce ne sont pas les équipements qui souffrent en premier, mais bien les femmes et les hommes qui travaillent autour. Dans ces installations, les températures sont déjà très élevées. Les épisodes de chaleur extrême augmentent donc la fatigue des salariés et les risques d'accidents, réduisent les performances, et obligent parfois les entreprises à modifier les horaires de travail, à ralentir leur cadence, voire à interrompre temporairement leur activité. À l'arrivée, les conséquences sont directes : ces sociétés produisent moins, vendent moins et deviennent moins compétitives. La chaleur entraîne également un autre problème majeur : le manque d'eau. L'industrie lourde en utilise d'importants volumes pour refroidir ses installations. Or les canicules s'accompagnent souvent de sécheresses. Certaines usines doivent alors réduire leur activité faute de disposer des ressources nécessaires au fonctionnement de leurs systèmes de refroidissement. À lire aussiÉconomie verte: pourquoi le cap des 10 000 milliards de dollars marque un tournant historique Des chaînes d'approvisionnement plus fragiles face au changement climatique Les effets des vagues de chaleur dépassent largement les portes des usines. Une industrie dépend de matières premières, de routes, de voies ferrées, de ports ou encore des grands fleuves européens. Si une sécheresse réduit la navigation sur le Rhin, si une inondation coupe une ligne ferroviaire ou si un port est paralysé, c'est toute la chaîne industrielle qui est perturbée. Même une usine qui n'est pas directement touchée par la chaleur peut voir sa production s'arrêter parce qu'elle ne reçoit plus ses approvisionnements ou ne peut plus livrer ses clients. Pour Sia Partners, le défi est désormais double. Les industriels doivent poursuivre leurs investissements pour réduire leurs émissions de CO2, mais aussi adapter leurs sites aux conséquences du réchauffement climatique : mieux gérer l'eau, protéger les infrastructures, revoir l'organisation du travail ou encore sécuriser les chaînes d'approvisionnement. En clair : le changement climatique est devenu un véritable enjeu économique. Et demain, les entreprises qui auront le mieux anticipé ces nouveaux risques disposeront d'un avantage compétitif sur leurs concurrents.
Comment faire VRAIMENT baisser la température alors que la canicule revient, on s'intéresse aux vraies bonnes solutions, celles qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique. Et dans ce domaine, la Finlande est une vraie source d'inspiration, l'économie circulaire est devenue une priorité nationale, l'idée est de recycler, retraiter les ressources pour plus de durabilité. Dans le secteur du bâtiment qui génère 35% des gaz à effet de serre, construction et usage inclus, l'idée a fait son chemin. Il faut repenser entièrement tout le processus, mais à la clé, les coûts et l'empreinte carbone sont au plus bas. C'est le reportage à Helsinki de Juliette Gheerbrant. Dans l'audiovisuel public hongrois, la fin de la propagande Il l'avait annoncé dans des termes très forts lors de sa campagne, le nouveau Premier ministre hongrois Peter Magyar veut réformer l'audiovisuel public qui était devenu une machine à propagande. Le processus est désormais lancé, hier (7 juillet 2026) la radio et la télévision publiques ont cessé d'émettre pendant plusieurs heures. Écran noir avec un seul message « les médias publics n'ont pas le droit de mentir. Nous vous demandons pardon de l'avoir fait pendant des années ». Un directeur intérimaire a été nommé pour lancer toute la transformation des antennes qui ont déjà commencé à changer. Dès le lendemain de l'élection, un vent de liberté a soufflé, c'est ce qu'a constaté notre correspondante Florence Labruyère à Budapest, lors de son reportage réalisé il y a quelques jours. À lire aussiEn Hongrie, les télé et radio publiques pro-Orban ont cessé d'émettre La tentative autoritaire du gouvernement lituanien Contrôler l'audiovisuel public, avec l'idée de pouvoir l'utiliser comme outil de communication, la tentation est grande chez de nombreux gouvernements. C'est ce qu'a tenté de faire, en Lituanie, le gouvernement de coalition dominé par les sociaux démocrates. Mais la mobilisation populaire a eu raison de ce projet de loi ! À Vilnius Marielle Vitureau. À écouter aussiEn Lituanie, la crainte d'un virage «illibéral» à la Orban La chronique musique de Vincent Théval La La Love You - A ver quién se duerme ahora (Espagne).
durée : 00:42:00 - Le téléphone sonne - Face aux vagues de fortes chaleurs qui déferlent sur la France ces dernières semaines, la CGT plaide pour une nouvelle législation en faveur de la protection des salariés au travail. Mais comment envisager l'adaptation du travail au changement climatique ? - équipe : Philippe Lefébure, Christelle Rebière, Thomas Lenglain, Pierre Dessertenne, Mathias Dubois, Baptiste Piquée - invités : Ziad Touat Consultant en gestion de crise chez Chapsvision, Virginie Neumayer Membre de la direction confédérale de la CGT, Vincent Mandinaud chef de projet R&D pour l'ANACT et expert pour l'ANSES Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:56:58 - Le 13/14 - par : Jérôme Cadet - Journée spéciale consacrée à l'adaptation au réchauffement climatique. - équipe : Camille Poux-Jalaguier, Cecilia Arbona Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Alors que les très hautes températures et les vagues de chaleur touchent toute l'Europe, le sud de l'Espagne offre un laboratoire intéressant : comment l'Andalousie, qui depuis des années connaît des températures record, s'adapte face à ces conditions de vie difficiles ? De notre envoyé spécial à Séville, Séville, la capitale de l'Andalousie, est la première grande ville espagnole à avoir été déclarée « en situation d'émergence climatique et écologique », en juillet 2019. À Las Vegas, l'un des quartiers les plus pauvres de l'Union européenne, les installations sont vétustes, il n'y a pas de piscine, presque pas d'ombre, et on souffre, d'autant que les coupures de courant sont fréquentes et durent parfois des semaines entières, voire des mois entiers. « Moi, quand je n'ai plus l'électricité, je sors et je vais dans un centre commercial, jusqu'à ce que le courant revienne, témoigne Juan Antonio, chauffeur, car on ne peut pas vivre avec 40°C chez soi. » L'immense majorité des Sévillans recourt à la climatisation, ils disent que c'est une nécessité, pas un luxe, dans une ville où les 40°C sont fréquents entre juin et octobre. D'ailleurs, elle est partout : dans les boutiques, les transports publics, les restaurants, les cafés. Mais dans les maisons, cela coûte cher, tout le monde ne peut l'utiliser tout le temps. À lire aussiUne nouvelle vague de chaleur «précoce» déferle sur l'Europe Des arbres pour faire baisser les températures Selon les experts, la climatisation ne peut être la seule solution. Soigner les arbres en est une autre, très importante. « C'est le meilleur remède qui existe pour affronter les vagues de chaleur, défend Antonio Fajardo, l'un des meilleurs spécialistes du sujet, des vagues de chaleur qui sont de plus en plus fréquentes et intenses. » Antonio Fajardo fait partie d'un réseau de citoyens dont l'objectif est d'obliger la mairie à aménager un « anillo verde », une ceinture verte, un réseau d'espaces verts, de places arborées, de parcs, qui pourrait abaisser la température de 8 à 10°C. « On ne parle pas seulement d'arbres, on parle de santé, souligne Lola Luque, cette professeure est la coordinatrice de ce vaste collectif citoyen. Il faut faire un effort là-dessus et mettre les citoyens comme priorité par rapport à d'autres problématiques comme la circulation, le tourisme, la touristification. » La mairie conservatrice a voté en faveur de cette ceinture verte. Elle devrait donc se faire en théorie, mais les travaux n'ont pas commencé. Ismael Sanchez, élu d'opposition à gauche, est méfiant et critique plus généralement la passivité de la mairie face au changement climatique : « Le discours existe mais il ne s'accompagne pas de mesures, de politiques, ni de réalités budgétaires pour rendre tout cela réel. Pire, la tendance est exactement à l'inverse. » La mairie se défend en promettant la neutralité climatique d'ici 2030 et en affirmant qu'elle investit massivement pour agrandir les espaces verts et lutter contre les îlots de chaleur. Lorsqu'on interroge les Sévillans, la grande préoccupation est de parvenir à dormir la nuit, avec ces températures tropicales allant jusqu'à 30 degrés. À lire aussiCanicule: comment l'Espagne a pris des mesures pour protéger les salariés des aléas climatiques