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Chronique Transports
Le livre des solutions pour ceux et celles qui ont peur de l'avion

Chronique Transports

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 2:29


Et vous, avez-vous peur de l'avion ? Psychologue spécialisée dans les transports, Velina Negovanska, face à l'avalanche des demandes, publie ce livre : Je n'ai plus peur de l'avion ! (éditions Dunod). Et vous allez l'entendre, contrairement aux idées reçues, la peur de l'avion n'est pas toujours liée à la peur de mourir enfermé ! Des solutions existent et elles sont efficaces. RFI : Il y a donc plusieurs peurs de l'avion ? Quelles sont-elles ? Velina Negovanska : Oui, on parle souvent de la peur de rester enfermé tout au long du voyage. Mais parmi les appels que je reçois, je distingue trois sortes de peurs : les phénomènes météo (turbulences, orages...), les peurs liées à la technique de l'avion (décollage, atterrissage, pannes, explosions des moteurs...) et enfin les peurs psychologiques (sensation de perte de contrôle, enfermement sans pouvoir sortir en cas de problèmes). Et cela paralyse énormément de voyageurs qui s'inquiètent de beaucoup de choses. Ce qui est incroyable, c'est le nombre d'appels de gens qui ont honte de leur peur de l'avion... C'est un gros problème. Parce que de nos jours, l'avion est un moyen de transport comme les autres. On se déplace avec des compagnies à bas coût. Peu cher ou plus coûteux, la clientèle a le choix. Le transport en avion s'est démocratisé dans le milieu du travail ou dans celui des vacances. C'est pour cela que mes patients crient au secours ! Parce qu'ils pensent que révéler leur angoisse pourrait les faire passer pour des personnes peu courageuses, faibles... Toutes ces bêtises qui existent pourtant bien. Votre livre donne des exemples vécus. Vos consultations en cabinet ou par téléphone concernent des habitants de tous les continents du monde et de tous les niveaux sociaux... Parfaitement exact. La peur de voyager en avion touche 20% de la population mondiale. La peur est une émotion partagée qui n'a pas de frontières. Mais n'oublions pas que ces gens souffrent. D'une part, de leur angoisse, mais aussi de l'énergie donnée à tenter de cacher cette peur à leurs proches ou à leurs chefs et collègues. Cela fait beaucoup lorsque d'autres soucis de la vie courante y sont ajoutés. Tous les pays, tous les métiers… Le livre regorge de témoignages de vos patients qui expliquent pourquoi ils sont venus et comment ils ont évacué leur peur. J'ai l'exemple d'un musicien de concert philharmonique qui devait voyager dans le cadre d'une tournée mondiale. Il en était arrivé au point de vérifier chaque jour sur les sites météo sur internet s'il était prévu des turbulences ou des risques de tempêtes dans le ciel des pays survolés. Vous avez prouvé que la claustrophobie (peur des espaces fermés) est l'une des caractéristiques de la peur de l'avion. Mais que cette claustrophobie surgit aussi lorsqu'on se trouve en hauteur ou au milieu d'un désert, d'un champ, d'une autoroute… Cela peut paraître contradictoire, mais c'est vrai ! Cette peur des espaces clos survient lorsque la personne a l'impression d'être au milieu de nulle part, éloignée de tout. Ces peurs sont souvent fréquentes chez des personnes sujettes aux crises de paniques. Expliquez-nous ? Les crises de panique sont sans danger mais très impressionnantes ! Elles ne font pas mourir mais elles handicapent la vie lorsqu'elles sont régulières. Le cœur bat fort et rapidement, les mains deviennent moites, on transpire, on tremble. Et souvent, l'angoisse de mourir étouffé arrive. Cela peut arriver n'importe où et empêche de prendre l'ascenseur, les escaliers en hauteur.   Le cerveau nous joue des tours, dites-vous. Il aime le scénario catastrophe... Oui, parce que le cerveau guide nos actions. Il fonctionne grâce à nos sens qui perçoivent (la hauteur, l'espace réduit, le bruit, le temps qu'il fait...). Mais ce cerveau imagine vite et loin. Il aime tourner en boucle. L'imagination aime se nourrir de traumatismes vécus lors d'un voyage (turbulences, atterrissage difficile...) voire d'images non vécues dans les films qui ont propagé des scenarii montrant les explosions en vol, les prises d'otages, etc. Les solutions existent, elles sont efficaces et votre livre nous donne des clés... Oui, parce que j'ai constaté que souvent, les personnes ont tendance à vouloir aller trop vite. L'entourage leur dit de monter dans un avion tout de suite de façon à voir qu'à l'arrivée, ils sont vivants. Mais ce n'est pas la bonne solution. La phobie de l'avion est comme celle des araignées ou des souris ou de la foule, elle se traite pas à pas. Vous proposez toutes sortes de techniques : la respiration, le test de la bouteille d'eau, du post-it... Il y en a beaucoup à différents stades du voyage. Y compris en préparation du voyage en avion. Parfois, aller dans un aéroport sans but de voyager pour se familiariser avec le lieu, cela peut aider. Dans certains cas, oui, effectivement, c'est apprendre à calmer sa peur en respirant. Le cerveau est oxygéné, donc il s'apaise. Savoir bien respirer fait des miracles. Quant à la bouteille d'eau ou le post-it, ce sont des exercices sur son siège pendant le vol. Fixer la bouteille ou l'écriture sur l'affichette et se rendre compte du niveau de tremblement. Toujours, on se rend compte des différences entre ce qu'on ressent et la réalité. Mais le facteur le plus important, c'est la connaissance de l'avion. Parce que beaucoup de gens me disent que, contrairement à une voiture, ils ne peuvent pas conduire eux-mêmes l'avion. Il leur faut compter sur des pilotes qu'ils ne connaissent pas. Dans un ciel qu'ils ne maîtrisent pas non plus... C'est vrai. D'où la proposition de nos stages qui font connaître comment fonctionne l'appareil avec des experts. Avec de vrais pilotes de ligne, comment se déroule la journée ? Il s'y passe beaucoup de choses avec beaucoup d'émotions. Que ce soit en individuel ou en groupe, on y apprend le fonctionnement de l'appareil. Comment il décolle, comment il atterrit... On explique ce que sont les turbulences et pourquoi elles sont impressionnantes, mais tout à fait normales. Les pilotes expliquent comment la technique d'aujourd'hui permet un pilotage capable de s'adapter aux orages, aux tempêtes, aux oiseaux... Des dangers que l'aviation moderne a réussi à surmonter. Les témoignages dans votre livre sont enthousiastes. À quoi cela est dû ? Les stagiaires en sortent souvent en disant : « Mais c'était si simple, j'aurais dû le faire plus tôt. » Le principal, ce sont ces centaines de cartes postales reçues du bout du monde par des voyageurs qui avaient une peur bleue de l'avion et qui, aujourd'hui, traversent le globe avec envie. Pour finir, vos projets nombreux... Oui. En parallèle de mon livre Je n'ai plus peur de l'avion !, je sors un nouvel ouvrage, Surmonter les crises de panique (éditions Dunod), toujours avec mon co-auteur (Xavier Tytelman, aviateur militaire). Et pour cette fin de juin 2026, ma création d'application à télécharger sur le téléphone portable : My Zen Flight (Mon vol zen). Je suis honorée de l'annoncer sur RFI, car cela concerne les habitants du monde entier.

Le Réveil Chérie
Vous recevez les L5 ? Expliquez nous ! - Vos notes vocales

Le Réveil Chérie

Play Episode Listen Later May 19, 2026 2:03


Tous les matins à 6h35 on écoute vos messages laissés sur l'insta et FB du réveil Chérie !

Happy Work
Replay — Comment arbitrer entre deux salariés quand on est manager ?

Happy Work

Play Episode Listen Later May 9, 2026 6:50


Être manager, c'est parfois se retrouver face à des choix difficiles. Comment décider entre deux collaborateurs qui veulent prendre des vacances en même temps ? Comment répartir une enveloppe d'augmentation de salaire de manière juste ?

Question de croire
La dépendance est-elle un problème spirituel?

Question de croire

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 27:49


La dépendance est-elle un problème spirituel? Les problèmes de dépendance touchent toutes les sociétés et les classes sociales. Quelles réponses les Églises offrent-elles devant cet enjeu? Blâme-t-on trop rapidement les individus sans réfléchir aux facteurs plus collectifs? Dans cet épisode, Joan et Stéphane réfléchissent sur les tabous autour de la dépendance et se questionnent sur nos dépendances collectives, comme le pétrole ou l'argent.     Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, la dépendance est-elle un problème spirituel? Bonjour Stéphane. Bonjour, Joan, bonjour à tout le monde qui nous écoute.   Les dépendances dans nos vies quotidiennes [Joan] Je trouve cette question toujours intéressante à poser en début de Carême. Dans les groupes WhatsApp que j'anime, je ne sais même plus depuis combien de temps, maintenant c'est vraiment devenu une discipline spirituelle, je parle toujours de cette notion d'évaluer son rapport de dépendance aux choses au début de Carême. Pour moi, l'objectif, ce n'est pas tant d'arrêter de faire ceci ou de ne plus manger cela. Tout le monde aimerait être moins dépendant à plein de choses: les écrans, le chocolat, la cigarette. Mais c'est surtout d'arriver à poser un regard authentique, franc, net, sur ce phénomène de dépendance. Je ne sais pas si elle m'écoute, j'ai une copine qui m'avait dit une fois : « Je trouve que tu vas un peu fort avec ton histoire de dépendance. Moi, je ne suis pas dépendante au chocolat. C'est juste que le soir, en rentrant du boulot, après avoir mangé, je suis un peu crevée. Et en regardant une série, je mange des petits chocolats sans faire attention, je ne suis pas du tout dépendante. » Et il n'y a pas longtemps, j'ai aussi quelqu'un qui m'est assez proche, qui fait usage de la pornographie. C'est quelque chose qui est un choix dans sa vie, en tant que personne chrétienne. Cette personne m'a dit : « Ah, tu as parlé dans les dépendances de la pornographie, mais on est bien d'accord que ce n'est pas toute la pornographie qui rend nécessairement dépendant. » « Je ne sais pas. » Après, on a une discussion sur les différents types de pornographie, les pornographies éthiques, etc. J'ai dit : « bon, en fait, moi, je ne suis pas là en train de décider qu'est-ce qui est éthique ou pas dans nos pratiques. » Tu ne vas pas me dire que parce que tu bouffes tous les soirs 200 grammes de chocolat écolo, bio, commerce équitable, ce n'est pas une dépendance. C'était intéressant parce que j'ai réalisé qu'on pouvait, sous prétexte d'une étiquette éthique, déclarer que telle ou telle pratique n'était pas une dépendance. Si c'est du chocolat bio, tout de suite tu es beaucoup moins dépendante.   La dépendance n'est pas un problème de moralité [Stéphane] On a tendance à mettre la responsabilité sur l'objet et pas sur soi. C'est la faute de l'objet, c'est la faute de l'autre, c'est la faute de la situation. Dans des Églises plus évangéliques, dans le sens nord-américain, c'est l'œuvre du mal, c'est l'œuvre de Satan. On va faire une grande campagne pour renoncer à la drogue, à la musique satanique, au lieu de réfléchir sur soi-même et de prendre conscience que ce n'est peut-être pas un problème moral, ce n'est peut-être pas un problème spirituel. Souvent, ce sont des problèmes biochimiques dans notre cerveau qui créent une certaine forme de dépendance, mais on pense qu'on peut régler ça un peu magiquement. J'ai déjà eu quelqu'un qui m'a dit : « Prie pour moi pour que j'arrête de fumer. » J'ai dit : « Bon, je peux bien prier pour toi, mais tu sais qu'il y a des traitements qui, peut-être, vont être plus efficaces que ma prière. On peut jumeler les deux. Tu peux sentir que je prie pour toi et que je t'appuie dans ton processus. Mais juste mes prières, je ne suis pas sûr que ça va être suffisant si tu ne fais pas ton effort. » Mais il y a cette idée-là, le Seigneur guérit tout, au lieu de dire, peut-être que dans ta foi, dans ta spiritualité, dans ton Église, tu vas trouver un appui pour amorcer cette démarche-là, pour aller à l'intérieur de toi-même, pour voir si cette dépendance-là vient d'une blessure ou est-ce que c'est la chimie de ton cerveau qui est débalancée et que tu as besoin d'aide médicale.   L'Église ne peut pas guérir une dépendance [Joan] Oui, parce qu'en fait, ce n'est pas notre corps de métier. Nous, on n'est pas des neurobiologistes. On ne peut pas faire des analyses des gens pour comprendre si c'est un problème chimique, si c'est un problème psychologique. Nous, ce qu'on peut, c'est accompagner, donner des outils et des ressources. Et puis, il ne s'agirait pas de remplacer une dépendance par une autre. Parce que moi, j'en ai croisé sur mon chemin de foi des personnes qui avaient effectivement tel ou tel souci, souvent des dépendances, et qui allaient constamment à toutes ces prières et qui étaient délivrés pour une semaine, pour deux semaines, puis après il fallait retourner aux prières, et puis il fallait demander l'onction, et puis il fallait parler en langue, et puis il fallait je-ne-sais-quoi encore. Et souvent aussi donner des sous, parce que tous ces ministères ont besoin d'argent pour être financés. Ça m'a semblé toujours dingue, en fait, parce que ce serait quand même extrêmement cynique que de partir du principe que ce sont des personnes qui ont besoin d'une aide autre que religieuse, que ce sont ces personnes-là qui doivent faire tourner notre boutique, en quelque sorte. Nous, on est là, en fait, pour nous occuper d'elles, pas pour partir du principe que leur argent ou leur participation est nécessaire à ce que ça tourne. À un moment donné, ce n'est pas cohérent du tout.   Les bonnes et les mauvaises dépendances [Joan] Moi, j'ai une autre réflexion qui arrive souvent quand on parle de dépendance avec les gens, comme je l'ai dit dans mon anecdote de départ, on ne sait pas trop de quoi on parle. Souvent, on a une mauvaise compréhension. Je me rappelle, par exemple, de quelqu'un que je connaissais qui faisait beaucoup de hautes montagnes et qui prenait des risques et qui ne pouvait pas imaginer de ne pas consacrer son week-end à ça. Les gens ont vraiment été admiratifs, salués ça. Bravo! Impeccable! C'est bon pour la santé! En fait, c'était des risques et c'était de l'adrénaline. Et là où il y a de l'adrénaline, il y a de la dépendance. Par contre, quelqu'un comme moi, qui est obèse, en surpoids ou je ne sais pas ce qu'on dit, et qui mange du gâteau ou je ne sais pas quoi, Oh là! Attention! Dépendance au sucre! Pas bien, pas bien pour la santé! Sauf qu'aux dernières nouvelles, jusqu'à maintenant, moi, je n'ai jamais fait chier personne au haut de la montagne à me casser la jambe, à faire venir un hélicoptère. Aux dernières nouvelles, je bouffe mes trucs, je vis comme je vis et puis je me gère. Donc ça me fait un peu marrer qu'il y ait des dépendances qui sont déclarées très saines, très sportives et puis d'autres qui ne sont vraiment pas bonnes.   L'absence de compassion devant les dépendances [Stéphane] C'est vrai qu'il y a une question de moralité derrière nos jugements face à la dépendance. « Ah, tu es en surpoids, ben mange moins! » Il y en a d'autres, « Ben là, pauvre toi, tu as une dépendance au pari sportif. Ah, ça, c'est le méchant capitalisme! » J'appellerais ça quasiment une absence de compassion. Des fois j'ai l'impression que les Églises abordent les questions de dépendance sous l'angle de la charité. On va aider ces pauvres gens au lieu de dire on va avoir de la compassion pour quelqu'un qui souffre, pour quelqu'un qui a perdu le contrôle sur sa vie, pour quelqu'un qui essaie de remplacer des manques par autre chose, pour une personne qui est en déséquilibre psychique. On va essayer de voir Dieu dans cette personne. Je pense que ça a un effet sur la façon dont on aborde les questions de dépendance et d'addiction.   La dépendance dans la Bible [Joan] Je me pose cette question comme ça. Finalement, est-ce que Jésus avait une dépendance? Pourquoi il avait besoin d'être toujours avec douze gars? Et pourquoi il avait besoin de marcher tout le temps aussi? Et Paul, il avait une dépendance aussi un peu. Il avait quand même un peu besoin tout le temps d'écrire des lettres ou d'être important. Et David. Oh là, là! Les dépendances de David! Si on commence la liste là, je crois qu'on n'en finit plus, non? Et puis, tous les personnages bibliques avaient une dépendance au pouvoir. Beaucoup de patriarches avaient une dépendance au pouvoir, avaient besoin d'être la personne qu'on remarque, la personne de référence. Finalement, si on regarde bien attentivement la Bible, la difficulté qu'on a pour certains dans leur leadership de se réclamer de telle ou telle figure d'autorité, c'est de le faire sans faire une analyse lucide de la situation.   Choisir d'ouvrir le dialogue sur la dépendance [Stéphane] Ça me fait penser… Quelqu'un m'avait envoyé l'enregistrement vidéo d'une prédication d'un collègue qui racontait qu'à la suite d'une chirurgie, il s'était fait prescrire des opioïdes. Il en avait pris, il a développé une dépendance et que là, maintenant, il n'en prenait plus, il était guéri. Il y a plein de gens dans nos paroisses, il y a plein de gens autour de nous qui ont des problèmes. Mais trop souvent à cause des tabous, on pense qu'on est les seuls et qu'on ne veut pas trop s'ouvrir, parce que personne ne s'ouvre. Mais en tant que leader, je sais que c'est délicat d'être capable de dire que moi, la bouffe, la cigarette, l'alcool, j'ai des difficultés. Ça permet d'ouvrir le dialogue. Ça permet de dire, « Si telle personne autour de moi que j'aime bien est capable d'en parler, peut-être que moi je pourrais être capable d'en parler. » À trop vouloir être parfait, à trop idéaliser nos dirigeants, nos dirigeantes, à trop vouloir idéaliser, comme tu as dit, les personnages de la Bible, on se prive de quelque chose d'assez important: de la réalité de la condition humaine. Il n'y a personne de parfait. Moi, je ne crois pas qu'il y ait des personnes à l'abri de développer une dépendance. Ça ne veut pas dire que ça dirige nos vies, mais on peut reconnaître que ce n'est pas facile tous les jours. Et je pense qu'on a ce rôle-là, je pense, en tant que leader d'Église, d'ouvrir cette porte.   La dépendance de l'Église envers l'argent [Joan] Ça nous amène quand même aussi à une question délicate. Alors, on n'est pas du tout dans les mêmes contextes, toi et moi. On n'a pas les mêmes modalités de salaire. Moi, dans mon cas, il vient d'un impôt général qui est réparti et qui se traduit sous forme d'enveloppes budgétaires pour l'Église réformée du canton de Vaud. Vous, je pense qu'il vient des dons des fidèles, j'imagine, et puis aussi sûrement un peu de l'immobilier, même si c'est du placement éthique. Finalement, ça pose aussi la question de la dépendance économique. Finalement, on dépend toujours un peu de quelque chose ou de quelqu'un, que ce soit de l'argent de l'État ou bien des grands donateurs. Je pense à l'Église protestante unie de France. Elle menait une réflexion sur le fait que les grands donateurs disparaissent progressivement. Ces grandes familles réformées, les Peugeot, les Hermès, enfin toutes ces grandes familles protestantes qui avaient un petit peu cette tradition d'être grands donateurs. Maintenant, il y a des générations qui arrivent qui sont moins sensibilisées à ça ou moins intéressées par ça, qui font des dons ailleurs. Et finalement, quelle est la solution pour éviter d'être dépendante en tant que ministre du culte? Alors, il y aurait la voie médiane, celle qu'on a évoquée avant, faire des placements, avoir du foncier. Mais alors, ça voudrait dire que l'Église devient vraiment une entreprise comme une autre. Voilà, moi, je me pose toujours un peu cette question. Je sais aussi qu'il y a des environnements où les curés dépendent presque directement des fidèles. Il y a des Églises évangéliques où les pasteurs dépendent aussi des dons. Comment s'interroger sur ces questions de dépendance économique? Comment faire en sorte, dans certaines situations pastorales, lorsqu'on a des collègues qui sont payés si peu qu'en fait ils doivent compter sur les maisons de vacances de leurs paroissiens pour pouvoir partir en vacances? Qu'ils doivent compter sur les voitures secondaires de leurs paroissiens pour pouvoir se rendre, par exemple, en dernière minute à un enterrement parce qu'ils n'ont qu'une seule voiture familiale? Comment réfléchir à tout ça et comment oser se dire qu'il y a une dépendance économique et que cette dépendance est complexe en Église?   Notre dépendance collective au pétrole [Stéphane] C'est un très bon point. Il y a la dépendance personnelle et il y a la dépendance collective en tant que société. J'ai suggéré qu'on traite ce sujet parce qu'au moment où on enregistre, c'est la guerre en Iran, les prix du pétrole ont explosé. Il faut le reconnaître, collectivement, on est dépendant du pétrole. On ne peut pas fonctionner dans le système capitaliste qui existe sans pétrole. C'est mauvais pour la planète. C'est mauvais pour notre santé individuelle. Il y a d'autres possibilités de créer de l'énergie. Mais on continue avec le pétrole et on sait tout le côté néfaste. Donc moi, j'appelle ça une dépendance. Il y a un enjeu de ce côté-là. Collectivement, c'est un mode de vie qu'on s'est créé. Certains, comme dans des dépendances à d'autres substances, naviguent un peu mieux avec ça. Il y en a d'autres dont ça ruine leur vie. Un exemple très concret, l'Église Unie a un fonds de pension pour les pasteurs retraités, comme plein d'autres entreprises et on essaie d'avoir des investissements corrects. Mais en même temps, on veut un bon retour sur nos investissements pour payer nos retraites. Il y a les sables bitumineux au Canada qui produisent du pétrole qui est hautement polluant, mais qui donne un très bon retour sur l'investissement. Qu'est-ce que l'Église fait? Il y a eu une décision de se retirer de ces investissements-là. Il y a des gens qui habitent dans ces régions-là qui disent, oui, mais ce sont des emplois qui vont disparaître. Donc, on est pris à naviguer toute cette réalité-là, toute cette complexité-là, et je pense que ça démontre la complexité lorsqu'on est pris dans une relation de dépendance. Souvent, il n'y a pas de réponse simple et facile lorsqu'on essaie de s'extirper d'une situation de dépendance.   La complexité de dénoncer une situation malsaine [Joan] Ça me rappelle un collègue qui était dans une région de France qui produit une célèbre liqueur, et puis c'est quelqu'un de très intellectuel et qui aime beaucoup faire des lectures, qui aime beaucoup aller à des conférences. Il s'était rendu compte progressivement au bout de quelques années de ministère là-bas où tout se passait très bien, il s'entendait très bien avec son conseil, ses paroissiens, mais il s'est rendu compte qu'en fait tout le coin commençait à être atrocement pollué dans les nappes phréatiques. C'est marrant parce que lui, en bon pasteur, il a commencé à alerter, à participer à des tables rondes, à parler du respect de la création. Il n'avait pas évalué combien ça péjorait sa paroisse, ça péjorait les producteurs, ça péjorait celles et ceux qui travaillaient dans ces domaines-là. Ça faisait une mauvaise presse. Et puis bon, finalement, il a dû pratiquement partir un peu précipitamment, peut-être plus précipitamment que s'il n'avait pas pris position. Alors que lui, ce qu'il voulait, c'était protéger les gens.   L'influence de nos sociétés [Stéphane] C'est tellement un enjeu sociétal dans certains cas. Par exemple, en Amérique du Nord, on a un gros problème d'obésité. On va à l'épicerie. On a des aliments ultra-transformés. On a des modes de vie de travail sédentaire. Poser des questions, dénoncer ou du moins vouloir ouvrir une conversation, un peu comme ton collègue, ça crée des remous, c'est malaisant et parfois, on a l'impression qu'on est la personne qui ne veut pas avoir de plaisir dans la vie, qui est toujours en train de critiquer, qui veut toujours être meilleure que les autres. Souvent, c'est juste de dire, « Mais regardez, il y a de quoi de malsain, il y a de quoi qui ne fonctionne pas. Ce n'est pas bon pour l'humanité, collectivement ou individuellement. » Pourquoi continue-t-on? Pourquoi qu'on tolère ça? Pourquoi veut-on mettre le fardeau du problème sur l'individu, au lieu de réfléchir sur la façon dont notre société est organisée?   Les phénomènes de codépendance en Église [Joan] Il faudrait réfléchir à la façon dont nos Églises sont organisées parce que, en t'écoutant aussi, je me disais qu'il y a tellement de phénomènes de codépendance en Église. Alors moi évidemment, je suis ministre, c'est vrai que je n'ai pas de paroisse à moi, mais je pense directement à la dépendance entre ministre et conseil de paroisse. Des fois, il y a quand même des phénomènes forts de codépendance. Le concept un peu malheureux ensemble, malheureux séparés en fait, ou alors tellement heureux ensemble qu'on est trop malheureux quand on est séparés. Moi je me dis toujours, on a un ministère d'accompagnement de la libération, alors ça nous demande à nous-mêmes d'être des personnes très libérées, avec un temple intérieur fort en fait, et d'être des êtres qui cultivent leur liberté intérieure. En même temps, cette liberté intérieure, comment est-ce qu'on peut la cultiver? Il y a des phénomènes qui nous précèdent, qui sont là avec des conseils très coercitifs ou bien très autoritaires, ou qui attendent de nous d'être très autoritaires ou très coercitifs. Il y a aussi des communautés qui attendent de leurs pasteurs d'avoir des instructions. Il y a encore 20 ans, quand on a débuté, enfin c'est mon mari qui a débuté en paroisse, moi j'étais dans d'autres ministères; je me rappelle d'une réunion qu'il m'avait rapporté:  il y avait une discussion au conseil qui n'était pas simple sur je ne sais plus quel sujet, mais un sujet pas simple. À un moment donné, quelqu'un a dit : « Bon, ça suffit! On arrête la discussion. C'est au pasteur de trancher. » Non, mais non, en fait… Malraux l'a dit, quoi. Malraux avait dit que maintenant le monde à venir devait être un monde adulte, un monde libre, un monde réfléchi. C'est l'intelligence collective qui doit nous porter. Quand on est toujours dépendant de l'avis de l'autre ou bien dépendant du discernement de l'autre, alors qu'il y a tellement de choses à mettre en commun pour faire fonctionner l'intelligence collective. C'est presque, de mon point de vue, là je suis peut-être un peu excessive, c'est presque une insulte à l'Esprit saint, en fait.   La difficulté à trouver le juste milieu [Stéphane] Cette difficulté à discerner, à faire la part des choses, je trouve ça très difficile dans le milieu d'Église. Par exemple, l'Église Unie était très impliquée dans les mouvements de tempérance au début du 20e siècle contre l'alcool. Maintenant, ça a été remplacé par le gambling. Oui, il y a des problèmes. Il y a des gens qui perdent tout, même leur vie, en allant au casino. Mais parfois, lorsqu'on va trop loin, moi, je trouve que ça devient quasiment ridicule. Par exemple, dans une ancienne paroisse, il y avait un groupe de femmes qui avaient fait une courtepointe, puis elles disaient : « Bon, on va vendre des billets, puis les profits vont aller à la paroisse. On va vendre de 100 billets, $10 chacun. » Et les gens, ils ont dit, ah non, non, non! Ça, ce sont des paris, c'est du gambling. C'est non! Je dis, quand même, si quelqu'un achète les 100 billets, pour $10, c'est quand même $1 000. Si cette personne a des problèmes financiers, on va lui redonner. Il faut faire parfois la part des choses, il faut accompagner les gens qui ont des dépendances. Mais comme tu as dit, il ne faut pas créer une dépendance aux règlements où on ne pense plus par soi-même. La même chose avec la communion. Il y a beaucoup de paroisses de l'Église Unie qui sont des « Églises sèches », des « Dry Church. » Donc, aucun alcool, même pour la communion. Si tu as du jus de raisin, tu es chanceux. Souvent, c'est une espèce de punch imbuvable. Moi, je sais que pour certaines personnes, théologiquement, c'est important d'avoir du vin. Peut-être on pourrait avoir du vin rouge dans les petits gobelets et du jus de raisin blanc. Donc, c'est assez clair. Rouge, c'est alcoolisé. Blanc, ça ne l'est pas. Les gens peuvent prendre le verre qu'ils veulent. Il y a plein de raisons pour lesquelles quelqu'un ne prend pas d'alcool. On conduit la voiture, on prend des médicaments. Mais non, il y a un blocage. Nous, on est sans alcool, point à la ligne. Donc, pour aider quelqu'un, comme tu as dit, on développe un autre type de dépendance, celle au règlement, sans trop y penser.   S'extirper de nos dépendances spirituelles [Joan] Parfois, on crée des dépendances à des choses qu'on croit spirituelles. Çà c'est quelque chose qui m'inquiète. Alors, j'en ai déjà parlé un petit peu plus tôt. Mais je pense, par exemple, quand dans une paroisse, on ne sait faire que du parcours Alpha. Voilà, c'est Alpha, rien d'autre. C'est quand même un peu étonnant. Ça fait, je ne sais pas, 500 ans qu'on fait de la théologie, il y a forcément d'autres programmes, d'autres choses qui ont pu fonctionner. On peut faire des fois des breaks. Non. Il ne peut y avoir qu'Alpha, Alpha jeune, Alpha couple, Alpha truc… À un moment donné, c'est du branding aussi, puis c'est, une fois de plus, passer un petit peu à côté de l'intelligence collective, de l'intelligence théologique des gens, de leur capacité à proposer des choses. C'est un petit peu comme les salles qui sont Godly Play. On ne peut plus rien faire d'autre que du Godly Play dans la salle. Pourquoi? Sinon quoi? Sinon les petits personnages là, ils vont tomber dans les pommes, non? Je ne crois pas. En fait, c'est quand les gens croient que si on ne fait plus ça, ça ne va plus fonctionner ou  bien ils croient qu'ils ne sont pas capables de fonctionner en dehors de ce genre de programme. Il en va de même avec la louange, dans un sens ou dans l'autre. Si je n'ai pas de la louange, moi, ça ne va pas. Ou alors ceux qui disent l'inverse. Moi, s'il y a de la louange, je n'y vais pas. Je ne peux pas supporter la louange. Bah écoutez les amis, tout ça aussi ce sont des dépendances un peu bizarres, dans le sens où si tu voyages dans le monde entier, tu verras qu'il y en a qui jouent du pipeau, d'autres qui tapent dans des tam-tams, les troisièmes qui vont faire encore de la louange avec de l'eau par exemple. En fait, a priori, la louange c'est de la louange, ça monte vers Dieu et puis ce n'est pas seulement une batterie et je ne sais pas quoi et ce n'est pas seulement de l'orgue. C'est toujours un peu pareil, rapeler aux gens, mais restez libres, parce que dès que vous croyez que sans tel ou tel programme, sans telle ou telle pratique, sans tel ou tel Carême, vous n'êtes pas sur le bon chemin, c'est que vous avez créé une autre dépendance, mais vous avez juste mis dessus un vernis spirituel. Je l'ai fait, puis je le referai moi aussi, parce que c'est très clairement l'écueil des gens qui ont une vie de foi. Mais il faut qu'on ait de la vigilance envers les autres et qu'on puisse se le dire. Et je serai reconnaissante toute ma vie à ma pasteure de jeunesse, Claire-Lise Meyer, que j'ai déjà citée ici. Un jour on devrait l'inviter. Un jour je lui avais expliqué que je voulais m'habiller modestement. C'est une vieille affaire de presque 20 ou 25 ans. C'est marrant parce qu'elle m'avait dit un truc tout simple. Elle m'a dit : « Mais quand il fait très chaud quand même... » Et je ne la remercierai jamais assez parce que ce bon sens de la pasteure qui dit : « bah oui, écoute, si tu as envie de t'habiller modeste, mais bon, quand il fait très chaud... » Ça vaut en fait dix mille prédications.   Conclusion [Joan] Et vous, chers auditeurs, chères auditrices, vous avez des situations, des histoires, des anecdotes à nous raconter sur la dépendance ou bien notre épisode vous a un peu agacé parce que vous êtes super fan de la louange. Expliquez-nous, racontez-nous, écrivez-nous! [Stéphane] Merci Joan pour cette conversation. Oui, écrivez-nous :  questiondecroire@gmail.com. On a aussi le groupe WhatsApp où on essaie de continuer nos conversations ou toute autre conversation que les gens de la communauté veulent avoir. Le lien est dans la description de l'épisode. Je vais prendre quelques secondes pour remercier l'Église Unie du Canada et son site internet Mon Credo qui relaie nos podcasts et qui offre d'autres contenus sur la foi et la spiritualité. Merci à Réforme qui relaie aussi notre podcast. N'oubliez pas de partager, d'aimer, soyez des évangélistes pour notre projet. Je te souhaite une très bonne semaine, Joan. Merci, à toi aussi, Stéphane.   Liens:  Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Mishal Ibrahim, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés : dépendance, foi, spiritualité, addiction, église, société, dépendance chimique, dépendance économique, dépendance comportementale, Église Unie du Canada, prière   Sujets abordés : Différenciation entre dépendance spirituelle et biologique Impact de la société et de l'économie sur la dépendance Rôle de l'Église dans l'accompagnement des dépendances Dépendance et responsabilité personnelle et collective   Extraits : "On peut être dépendant à peu près de tout" "Ce n'est pas la faute de l'objet, mais de soi" "Reconnaître ses failles, c'est une force"   Chapitres : 00:00 - Introduction 00:48 - Les dépendances dans nos vies quotidiennes 02:42 - La dépendance n'est pas un problème de moralité 04:34 - L'Église ne peut pas guérir une dépendance 05:45 - Les bonnes et les mauvaises dépendances 06:57 - L'absence de compassion devant les dépendances 08:06 - La dépendance dans la Bible 09:01 - Choisir d'ouvrir le dialogue sur la dépendance 11:05 - La dépendance de l'Église envers l'argent 13:21 - Notre dépendance collective au pétrole 15:58 - La complexité de dénoncer une situation malsaine 17:02 - L'influence de nos sociétés 18:25 - Les phénomènes de codépendance en Église 20:33 - La difficulté à trouver le juste milieu 23:17 - S'extirper de nos dépendances spirituelles 26:04 - Conclusion

Les Grandes Gueules
La démagogie du jour - Laura Warton-Martinez : "On rêve tous de ça, c'est génial. Mais c'est populiste ! Faut arrêter de mentir aux gens. Faites un tableau Excel et expliquez-moi comment vous financez" - 23/04

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 1:25


Aujourd'hui, Laura Warton Martinez, sophrologue, Charles Consigny, avocat, et Joëlle Dago-Serry, coach de vie, débattent de l'actualité autour d'Olivier Truchot.

Estelle Midi
Le ras-le-bol du jour – Carine Galli, chroniqueuse : "Le problème, c'est le prix des TGV et là, on essaye de nous trouver un subterfuge avec une alternative... Déjà, expliquez-nous pourquoi les trains sont hors de prix" - 03/04

Estelle Midi

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 1:56


Avec : Jacques Legros, journaliste. Carine Galli et Frédéric Hermel, journalistes RMC. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.

Happy Work
Replay — Comment arbitrer entre deux salariés quand on est manager ?

Happy Work

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 6:50


Être manager, c'est parfois se retrouver face à des choix difficiles. Comment décider entre deux collaborateurs qui veulent prendre des vacances en même temps ? Comment répartir une enveloppe d'augmentation de salaire de manière juste ?

Invité Afrique
Énergie solaire en Afrique: «Le continent a les meilleures données d'irradiation solaire de la planète»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 7:11


L'année 2025 a été particulièrement ensoleillée pour le secteur énergétique en Afrique. L'an dernier, le continent a enregistré une progression inédite selon le Global Solar Council. Le groupe qui réunit de nombreux acteurs du secteur indique une hausse de 54 % d'installations en énergie solaire par rapport à l'année précédente. Un record qui montre tout l'intérêt de l'industrie du solaire dans la région la plus ensoleillée au monde. Une énergie dont les équipements tendent à se généraliser à travers l'Afrique. Gilles Parmentier est le fondateur et directeur général du groupe Africa REN.  RFI : Toutes les études indiquent un marché du solaire en expansion en Afrique. Quels sont les facteurs de croissance de cette énergie verte ? Gilles Parmentier : De toute évidence, l'énergie solaire en Afrique fait vraiment sens. Premièrement, elle est abondante. Le continent a les meilleures données d'irradiation solaire de la planète. Ensuite, elle est gratuite par définition, une fois qu'on a installé une centrale solaire. Et aujourd'hui, c'est une énergie extrêmement compétitive. Le prix au kilowatt/heure, le prix de revient de la centrale, tout cela rend le solaire plus compétitif qu'une centrale thermique ou autre type de technologie. Quand on pense énergie, on pense généralement à de l'électrification. Quels sont les usages les plus fréquents du solaire sur le continent ? Il y en a deux principalement : la production électrique d'une part, et d'autre part il y a tout ce qui est chauffe-eau solaire, four solaire, où on vient transformer l'énergie solaire en chaleur. On va la retrouver dans des usages domestiques et résidentiels sur la maison. Par contre, l'énergie électrique sert pout tout type d'usage. On a des centrales raccordées au réseau national, donc qui vont se brancher sur les lignes à haute tension et alimenter les villes. On a des centrales solaires en site isolé par exemple, qui vont alimenter des mines, des cimenteries, etc. Et il y a des centrales solaires en toiture destinées par exemple à des supermarchés ou à des entrepôts. Et puis il y a également les centrales solaires en microgrid : on vient alimenter un village de façon autonome avec du solaire qu'on doit complémenter par du diesel. Et enfin le solaire domestique, là c'est le panneau solaire sur la maison ou le kit solaire dans les zones très rurales. Cette croissance est aussi due à la hausse de la production décentralisée de l'énergie solaire. C'est un peu ce que vous venez de décrire. Alors que d'habitude on produit à grande échelle pour raccorder l'énergie au réseau électrique national du pays. Expliquez-nous la différence entre les deux systèmes… Ça c'est la grande promesse du solaire ! Jusqu'à récemment, une centrale électrique était de grande capacité. On la reliait avec des lignes à haute tension vers les centres de consommation, les villes. La difficulté du continent, c'est que la population à électrifier est encore énorme, 700 millions d'habitants sur le continent n'ont toujours pas accès à l'électricité, et par ailleurs on est sur des distances à couvrir très importantes. Il a fallu prendre conscience que le réseau électrique n'allait pas pouvoir aller partout rapidement. Le solaire étant beaucoup plus modulable qu'une centrale à charbon, une centrale diesel ou une centrale hydro, on est arrivé à une technologie qui permet d'installer des centrales solaires de capacité moyenne, voire petite, dans des villages, des villes moyennes, sans attendre que les lignes à haute tension arrivent. C'est un peu ça la grande révolution : les minigrid ou microgrid et c'est ce qui permet d'électrifier des populations sans avoir à tirer des lignes sur des centaines de kilomètres pour amener l'électricité qui serait produite ailleurs. On vient produire directement à l'endroit de la consommation. Cela peut sembler un peu curieux de parler d'une progression de l'énergie solaire aujourd'hui en Afrique, qui est la région la plus ensoleillée au monde, avec du soleil durant les deux tiers de l'année dans une bonne partie du continent. Dès les années 1980, le Niger s'est distingué par la fabrication de chauffe-eau, capteurs et autres équipements solaires par exemple. Voyez-vous une difficulté à faire accepter l'énergie solaire sur le continent ? Ou est-ce vraiment une question d'accès à la technologie ? Peut-être qu'une des difficultés principales, c'est la difficulté à mettre sur pied un projet où on va vendre l'énergie pendant 20 à 25 ans à une société publique nationale d'énergie. On doit arriver à mobiliser des financements et à les sécuriser pendant une durée très longue. Le défi, il est là : c'est vraiment d'arriver à mobiliser ces ressources sur un très long terme, puisqu'on va chercher à emprunter sur des durées allant de 15 à 18 ans. Donc c'est très long et ça implique de prendre quand même des risques importants sur des pays qui peuvent parfois traverser des transitions politiques ou des cycles économiques qui mettent en difficulté ces projets-là. À lire aussiL'énergie solaire a connu un développement sans précédent en Afrique lors de l'année 2025        

Invité Afrique
« KÖD », le nouvel opus du Tchadien Afrotronix: « J'ai fait un travail de sound design »

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 14, 2026 6:23


Afrotronix, le musicien et compositeur tchadien revient avec un nouvel album intitulé « KÖD ». 27 pistes aussi variées que dansantes avec lesquelles il propulse dans le 21ᵉ siècle les rythmes, les mélodies et les voix du patrimoine musical africain. Caleb Rimtobaye, aka Afrotronix, est l'invité de la rédaction. Il répond à Olivier Rogez.  RFI : Köd, c'est le titre de votre nouvel album. Qu'est-ce que signifie ce mot ? Afrotronix : Köd en Saran, une langue du sud du Tchad, cela veut dire tam-tam, parce que le tam-tam est l'un des premiers outils de codage, et j'ai voulu le ramener sur le devant en cette période où l'intelligence artificielle prend toute la place. Donc, j'ai voulu rappeler la genèse de cette intelligence basée sur le coding, j'ai voulu ramener l'attention sur l'humain, sur l'origine. Bien sûr, beaucoup craignent que la machine prenne le relais et que l'homme passe en dernier, mais je veux juste rappeler que tout ça vient de l'humain et que cela ne date pas d'aujourd'hui.  Sur votre site, on peut lire que vous avez nourri les logiciels, les machines de sons traditionnels et de musiques traditionnelles. Expliquez-nous.  Le processus consiste à fournir à la machine les algorithmes africains dans le cadre de mes logiciels de musique. J'ai fait un travail de « sound design » à partir des sons d'instruments qu'on ne retrouve même plus aujourd'hui et je les ai synthétisés. Au niveau rythmique, je ne compose pas une électro qui part de la house-music à laquelle on ajouterait des éléments africains. Avec moi, la base elle-même est africaine. Donc j'amène la machine à penser dans les langues et dans les codes africains. C'est ce que j'appelle « la proposition de l'algorithme africain aux machines ». À lire aussiAfrotronix explore le patrimoine africain dans «KÖD», son nouvel album Et vous vous êtes appuyé sur de vieilles cassettes, peut-être aussi de vieux vinyles africains que vous avez fait écouter à vos logiciels, c'est ça ? C'est exact. Je suis allé au Tchad et j'ai rapporté beaucoup de samples. De même, j'ai récupéré de vieilles cassettes audios à la radio nationale. Avec tout cela, j'ai créé une database. Toute ma démarche consiste à célébrer les valeurs culturelles africaines et non à les considérer comme des vestiges du passé. J'aimerais en faire des ressources vivantes qui continueront à alimenter nos conversations, nos projets de société, nos projets politiques, parce que c'est un héritage. Des ancêtres ont travaillé dur pour en arriver là. La question est de sortir du mimétisme au niveau politique et social, d'arrêter d'essayer de copier tout ce qui vient de l'Occident. Parce que nous avons une force de créativité à laquelle il faut faire de la place.  « Köd est une méditation sur ce qui échappe aux machines », écrivez-vous. Pourtant, ce disque doit aussi beaucoup aux machines. Ces logiciels, cette intelligence artificielle, vous les prenez à contre-pied ?  La chose que je veux éviter, c'est que l'on se mette à servir les machines. Les datas qu'on propose aux machines, c'est nous qui décidons de ce qu'elles sont. C'est nous qui décidons ce que la machine doit apprendre. Je ne prompte pas ma musique, c'est une limite que je ne franchis pas parce que je pense qu'alors il manquerait l'essence. Moi, je ne fais pas la musique pour du commercial. J'ai un message à transmettre. Les mots, l'effort et l'énergie que j'essaie de faire passer par la musique sont l'essence de mon travail. Donc si je m'abstiens de prompter, car sinon je perdrais l'intérêt. Il y a beaucoup de choses intéressantes sur cet album. On trouve par exemple un chant rebelle Toubou, l'ethnie du Tchad, dans le titre Himini. Où l'avez-vous trouvé ce chant rebelle Toubou ?  J'étais en route pour le Nord vers Fada, et j'ai entendu dans la voiture les chansons que passaient les chauffeurs. Vous savez, dans certaines régions, les chauffeurs prennent des risques, et ils passent beaucoup de chansons de bravoure. Et pendant tout le temps du parcours, j'écoutais et un chauffeur m'a parlé de ces chants. Il m'a expliqué et j'étais vraiment touché par la force de cette musique composée pour pousser les hommes à ne pas reculer.  Des chants pour aller au combat ? Oui. Et dans la résistance de ce que je suis en train de mener aujourd'hui, dans le besoin de faire de la place à la culture africaine et de résister à l'envahissement, j'ai trouvé important de remettre ça au centre.  Justement, est-ce qu'à Ndjamena ce message est compris ? Est-ce que les autorités sont attentives à ce travail de préservation du patrimoine musical ? C'est ce qui manque un peu, hélas. C'est mon combat, et c'est le grand message que j'essaie d'envoyer au fur et à mesure. Moi, je ne crois pas qu'il y ait de développement sans la culture et l'un des messages que j'envoie à l'autorité, encore aujourd'hui, c'est : « oui, on fait beaucoup de sacrifices au niveau de l'armée pour défendre, mais défendre quoi ? » Si on met de côté la culture, qu'est-ce qu'on défend ? Notre identité passe par les manifestations culturelles, et ce que l'État devrait comprendre, le public l'a compris et les gens répondent parce que c'est l'image qu'ils veulent voir d'eux-mêmes. Moi, je rassemble plus de monde que les leaders politiques au Tchad. Il est peut-être temps que ces leaders se penchent sur la question et qu'ils investissent dans la culture.

Invité Afrique
Afrotronix explore le patrimoine africain dans «KÖD», son nouvel album

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 9:00


Afrotronix, le musicien et compositeur tchadien, revient avec un nouvel album intitulé KÖD. 27 pistes aussi variées que dansantes avec lesquelles il propulse dans le XXIe siècle les rythmes, les mélodies et les voix du patrimoine musical africain. Caleb Rimtobaye, aka Afrotronix, est l'invité de la rédaction. Il répond à Olivier Rogez. RFI : Köd, c'est le titre de votre nouvel album. Qu'est-ce que signifie ce mot ? Afrotronix : Köd en Saran, une langue du sud du Tchad, cela veut dire tam-tam, parce que le tam-tam est l'un des premiers outils de codage, et j'ai voulu le ramener sur le devant en cette période où l'intelligence artificielle prend toute la place. Donc, j'ai voulu rappeler la genèse de cette intelligence basée sur le coding, j'ai voulu ramener l'attention sur l'humain, sur l'origine. Bien sûr, beaucoup craignent que la machine prenne le relais et que l'homme passe en dernier, mais je veux juste rappeler que tout ça vient de l'humain et que cela ne date pas d'aujourd'hui.  Sur votre site, on peut lire que vous avez nourri les logiciels, les machines de sons traditionnels et de musiques traditionnelles. Expliquez-nous.  Le processus consiste à fournir à la machine les algorithmes africains dans le cadre de mes logiciels de musique. J'ai fait un travail de « sound design » à partir des sons d'instruments qu'on ne retrouve même plus aujourd'hui et je les ai synthétisés. Au niveau rythmique, je ne compose pas une électro qui part de la house-music à laquelle on ajouterait des éléments africains. Avec moi, la base elle-même est africaine. Donc j'amène la machine à penser dans les langues et dans les codes africains. C'est ce que j'appelle « la proposition de l'algorithme africain aux machines ». Et vous vous êtes appuyé sur de vieilles cassettes, peut-être aussi de vieux vinyles africains que vous avez fait écouter à vos logiciels, c'est ça ? C'est exact. Je suis allé au Tchad et j'ai rapporté beaucoup de samples. De même, j'ai récupéré de vieilles cassettes audios à la radio nationale. Avec tout cela, j'ai créé une database. Toute ma démarche consiste à célébrer les valeurs culturelles africaines et non de les considérer comme des vestiges du passé. J'aimerais en faire des ressources vivantes qui continueront à alimenter nos conversations, nos projets de société, nos projets politiques, parce que c'est un héritage. Des ancêtres ont travaillé dur pour en arriver là. La question est de sortir du mimétisme au niveau politique et social, d'arrêter d'essayer de copier tout ce qui vient de l'Occident. Parce que nous avons une force de créativité à laquelle il faut faire de la place.  À écouter aussiAfrotronix code les sons de l'Afrique sur « KÖD », son nouvel album « Köd est une méditation sur ce qui échappe aux machines », écrivez-vous. Pourtant, ce disque doit aussi beaucoup aux machines. Ces logiciels, cette intelligence artificielle, vous les prenez à contre-pied ?  La chose que je veux éviter, c'est que l'on se mette à servir les machines. Les datas qu'on propose aux machines, c'est nous qui décidons de ce qu'elles sont. C'est nous qui décidons ce que la machine doit apprendre. Je ne prompte pas ma musique, c'est une limite que je ne franchis pas parce que je pense qu'alors il manquerait l'essence. Moi, je ne fais pas la musique pour du commercial. J'ai un message à transmettre. Les mots, l'effort et l'énergie que j'essaie de faire passer par la musique, sont l'essence de mon travail. Donc, si je m'abstiens de prompter car sinon je perdrais l'intérêt. Il y a beaucoup de choses intéressantes sur cet album. On trouve par exemple un chant rebelle Toubou, l'ethnie du Tchad, dans le titre « Himini ». Vous l'avez trouvé où, ce chant rebelle Toubou ?  J'étais en route pour le Nord vers Fada, et j'ai entendu dans la voiture les chansons que passaient les chauffeurs. Vous savez, dans certaines régions, les chauffeurs prennent des risques, et ils passent beaucoup de chansons de bravoure. Et pendant tout le temps du parcours, j'écoutais et un chauffeur m'a parlé de ces chants. Il m'a expliqué et j'étais vraiment touché par la force de cette musique composée pour pousser les hommes à ne pas reculer.  Des chants pour aller au combat ? Oui. Et dans la résistance de ce que je suis en train de mener aujourd'hui, dans le besoin de faire de la place à la culture africaine et à résister à l'envahissement, j'ai trouvé important de remettre ça au centre.  Justement, est-ce qu'à Ndjamena ce message est compris ? Est-ce que les autorités sont attentives à ce travail de préservation du patrimoine musical ? C'est ce qui manque un peu, hélas. C'est mon combat, et c'est le grand message que j'essaie d'envoyer au fur et à mesure. Moi, je ne crois pas qu'il y ait de développement sans la culture et l'un des messages que j'envoie à l'autorité, encore aujourd'hui, c'est : oui, on fait beaucoup de sacrifices au niveau de l'armée pour défendre, mais défendre quoi ? Si on met de côté la culture, qu'est-ce qu'on défend ? Notre identité passe par les manifestations culturelles, et ce que l'État devrait comprendre. Le public l'a compris et les gens répondent parce que c'est l'image qu'ils veulent voir d'eux-mêmes. Moi, je rassemble plus de monde que les leaders politiques au Tchad. Il est peut-être temps que ces leaders se penchent sur la question et qu'ils investissent dans la culture.

Invité Afrique
Restitution d'objets culturels: la France veut «un cadre juridique clair et transparent» pour «simplifier les demandes»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 8:59


Le Sénat français examine mercredi 28 janvier le projet de loi-cadre pour faciliter la restitution des biens culturels africains pillés durant la colonisation. C'était une promesse du président Emmanuel Macron lors de son discours à Ouagadougou en 2017. À ce jour, seule une infime partie des collections françaises a été restituée aux pays qui la réclament. La Béninoise Marie-Cécile Zinsou est la présidente de la Fondation Zinsou et la grande invitée de Sidy Yansané. RFI : Marie-Cécile Zinsou, le Sénat français étudie ce mercredi 28 janvier, une nouvelle loi pour faciliter la restitution des biens culturels africains spoliés durant la période coloniale. Expliquez-nous, s'il vous plaît, ce que va changer concrètement cette loi, si elle est adoptée.   Marie-Cécile Zinsou : jusqu'ici en France, à chaque fois qu'un pays, un État, faisait une demande de restitution, il fallait voter une loi spécifique en fonction de ce qui avait été demandé. C'est ce qui est arrivé pour le Bénin, pour les 26 objets qui ont été restitués, ou pour le Sénégal avec le sabre d'El Hadj Omar Tall, et enfin, dernièrement, pour le tambour en Côte d'Ivoire. Donc, cela demandait de passer des lois spécifiques. L'idée de faire une loi-cadre aujourd'hui, c'est d'encadrer la façon dont les État vont pouvoir demander des restitutions pour qu'il n'y ait plus une loi particulière, systématique, c'est-à-dire que la représentation nationale française ne soit pas obligée de voter par objet, mais puisse établir un cadre clair et transparent pour les demandes de restitution.  On peut évaluer le nombre d'objets concernés ?  Aujourd'hui, c'est extrêmement compliqué. Cela dépend vraiment des États qui en font la demande. Tous les États ne réclament pas tous les objets qui ont été pris entre 1815 et 1972. Donc aujourd'hui, il est difficile d'en déterminer le nombre. On sait quels sont les États qui ont fait les demandes et sur quoi portent les demandes. Et après on peut, on verra si cette loi crée de nouvelles demandes de différents États. Mais pour l'instant, on ne peut pas donner un nombre d'objets.   Cette loi fait référence à des objets qui ont été saisis de manière illicite ou sous contrainte, mais il n'y a pas du tout de référence claire à la colonisation ?   Écoutez, ça, c'est une chose qui est malheureusement un des échecs de cette loi, qui est de ne pas dire les choses. Ne pas parler de colonisation c'est très étrange dans ce contexte. La période est large, 1815-1972. Mais ce dont on parle, ce sont des biens spoliés par la colonisation. Jamais il n'est fait mention dans ce texte de la colonisation, de repentance, de réparation. Rien n'est dit à ce sujet. Or, la France a un problème avec son histoire coloniale et avec sa façon d'éviter le sujet de manière systématique. Si on prend les pays européens, il s'agit bien, dans le cas de la Belgique de parler de passé colonial de même que dans le cas des Pays-Bas, qui ont aussi légiféré sur la question de la restitution. Il s'agit de réparer l'injustice faite par la colonisation et d'accepter de manière automatique les demandes quand elles viennent d'États qui ont été colonisés par les Pays-Bas. Les objets, c'est formidable, mais à un moment, il faudra restituer l'histoire, il faudra restituer la fierté et on ne pourra pas éternellement cacher ce qui s'est passé pendant la colonisation française.   Parmi ces 30 objets rendus par la France, vous l'avez dit, 26 concernaient le seul Bénin, votre pays. Est-ce à dire que le Bénin est à la pointe de la demande de restitution et pourquoi, selon vous ?   Il faut bien se souvenir que depuis les indépendances, les pays demandent à voir leur patrimoine revenir sur leurs terres. Ce sont des demandes qui ont été systématiquement refusées sur le principe de l'inaliénabilité du patrimoine français. À partir du discours de Ouagadougou qui intervient en 2017. Mais il ne faut pas oublier que le Bénin fait sa demande en 2016. Cela fait longtemps que des pays n'ont pas demandé puisque leurs demandes étaient systématiquement refusées. Le Bénin a relancé cela en fait, il n'a pas lâché et il a insisté. Et c'est arrivé au moment où Emmanuel Macron a décidé de changer la politique française sur ces questions. Et je crois d'ailleurs que le Bénin fait à nouveau une demande de restitution pour certains objets qui n'avaient pas été prise en compte dans la première vague de restitution. Et le Bénin, pourquoi ? Parce que je crois que la population est très mobilisée. La jeunesse est énormément  mobilisée. On a entendu la jeunesse béninoise sur les réseaux sociaux, on l'a entendu dans le débat public. Les gens sont très conscients de l'importance du retour du patrimoine pour déterminer où l'on va. C'est quand même toujours plus facile de savoir d'où l'on vient.   La presse s'est largement fait l'écho du retour de ces œuvres au Bénin. Sans oublier le très beau film Dahomey de la cinéaste Mati Diop. On a vu des chefs coutumiers faire le déplacement, des étudiants, des familles depuis que ces biens ont retrouvé leur patrie d'origine. Diriez-vous que le peuple béninois a su se le réapproprier ?   En fait, c'est très difficile de s'imaginer un pays où vous n'avez pas accès à votre patrimoine. Vous n'avez pas accès à votre histoire et tout à coup, ces objets reviennent. Et ces objets sont porteurs de votre histoire. Ils racontent qui vous étiez avant qu'on vienne vous envahir et qu'on vienne effacer votre identité. Les réactions pendant l'exposition étaient sidérantes. Les gens pleuraient devant les vitrines en voyant ces objets qu'ils découvraient pour la première fois. Ce sont des objets pour ce qu'ils portent avec eux de notre mémoire et de notre histoire.   À lire aussiFrance: la loi pour simplifier les restitutions de biens culturels examinée au Sénat À lire aussiCatherine Morin-Desailly: «Les mentalités ont évolué», «les biens culturels volés méritent de retrouver leur pays d'origine»

Théâtre
"Gobseck" d'Honoré de Balzac 4/5 : Le comte de Restaud

Théâtre

Play Episode Listen Later Jan 8, 2026 20:02


durée : 00:20:02 - Lectures du soir - "— Le comte serait mourant ? dis-je. — Possible, dit Gobseck. Vous aurez dans sa succession une affaire juteuse. — Expliquez-moi donc pourquoi nous sommes, le comte et moi, les seuls auxquels vous vous soyez intéressé ? — Parce que vous êtes les seuls qui vous soyez fiés à moi sans finasserie…" - réalisation : Cédric Aussir

Happy Work
Replay — Comment arbitrer entre deux salariés quand on est manager

Happy Work

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 6:50


Être manager, c'est parfois se retrouver face à des choix difficiles. Comment décider entre deux collaborateurs qui veulent prendre des vacances en même temps ? Comment répartir une enveloppe d'augmentation de salaire de manière juste ?

Apolline Matin
Apolline Matin du 11 novembre - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Nov 11, 2025 45:14


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Charles Magnien, et Expliquez nous de Matthieu Belliard.

mission radio rmc matinale face face actualités expliquez apolline matin matthieu belliard apolline de malherbe charles magnien
Apolline Matin
Apolline Matin du 10 novembre - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Nov 10, 2025 44:20


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Charles Magnien, et Expliquez nous de Matthieu Belliard.

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24H Pujadas - Les partis pris
Les Partis Pris : “Retraites : expliquez-vous madame Le Pen”, “Guerre commerciale : il n'y a pas d'apocalypse” et “Orban : la méthode russe”

24H Pujadas - Les partis pris

Play Episode Listen Later Oct 15, 2025 19:26


On ignore toujours la position de Marine Le Pen sur les retraites. Le RN semble embarrassé, selon Ruth Elkrief, car la suspension de la réforme par le Premier ministre PS, qu'on l'approuve ou non, est une nouvelle épine pour le parti. Le RN réclamait instamment l'abrogation de cette loi, désormais suspendue, ce qui oblige à interroger ses prises de position. Il n'y a pas d'apocalypse concernant les conséquences des tarifs douaniers de Donald Trump, confirme François Lenglet. Les économistes prévoyaient un ralentissement des exportations chinoises frappées par les taxes américaines, et la montée de l'inflation. Or, ce n'est pas ce qui se produit : les exportations chinoises rebondissent (+ 8,6 % vers les États-Unis, + 8,3 % à l'échelle mondiale) et l'inflation américaine n'a augmenté que très modérément. La « méthode russe » de Viktor Orban selon Marion Van Renterghem. Une enquête d'un collectif d'investigation aboutit à la conclusion que Viktor Orban avait déployé un réseau d'agents secrets pour infiltrer les institutions européennes entre 2012 et 2018. C'est un nouveau rebondissement dans cette relation d'amour, de haine et de trahison entre Orban et l'Union européenne. Du lundi au vendredi, à partir de 18h, David Pujadas apporte toute son expertise pour analyser l'actualité du jour avec pédagogie. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Happy Work
REPLAY- Comment arbitrer entre deux salariés quand on est manager ?

Happy Work

Play Episode Listen Later Sep 15, 2025 6:50


Être manager, c'est parfois se retrouver face à des choix difficiles. Comment décider entre deux collaborateurs qui veulent prendre des vacances en même temps ? Comment répartir une enveloppe d'augmentation de salaire de manière juste ?

Happy Work
REPLAY- Comment gérer quelqu'un qui vous ment au travail ?

Happy Work

Play Episode Listen Later Aug 28, 2025 8:36


Ça nous est tous arrivé d'être confronté à un mensonge, que ce soit de la part d'un collègue, d'un manager ou d'un membre de notre équipe. Mais comment réagir sans exploser ou en faire une montagne ?

Apolline Matin
Apolline Matin du 8 août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 8, 2025 51:18


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Charles Magnien, et Expliquez nous de Matthieu Belliard.

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Apolline Matin
Apolline Matin du 7 août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 7, 2025 54:54


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Charles Magnien, et Expliquez nous de Matthieu Belliard.

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Apolline Matin
Apolline Matin du 6 août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 6, 2025 51:17


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Victor Pourcher, et Expliquez nous d'Hélène Terzian.

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Apolline Matin
Apolline Matin du 5 août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 5, 2025 50:54


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Apolline Matin
Apolline Matin du 4 août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 4, 2025 51:13


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Apolline Matin
Apolline Matin du 1er août - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Aug 1, 2025 47:52


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Apolline Matin
Apolline Matin du 30 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 30, 2025 53:18


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Apolline Matin
Apolline Matin du 29 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 29, 2025 52:09


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Apolline Matin
Apolline Matin du 28 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 28, 2025 52:30


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Apolline Matin
Apolline Matin du 25 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 25, 2025 49:28


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Apolline Matin
Apolline Matin du 24 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 24, 2025 48:22


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Apolline Matin
Apolline Matin du 23 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 23, 2025 41:42


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Apolline Matin
Apolline Matin du 21 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 21, 2025 48:27


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Apolline Matin
Apolline Matin du 18 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 18, 2025 47:07


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Apolline Matin
Apolline Matin du 17 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 17, 2025 45:56


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Apolline Matin
Apolline Matin du 16 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 16, 2025 45:57


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Apolline Matin
Apolline Matin du 15 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 15, 2025 47:55


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Apolline Matin
Apolline Matin du 14 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 14, 2025 45:38


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Apolline Matin
Apolline Matin du 11 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 11, 2025 44:26


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Apolline Matin
Apolline Matin du 10 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 10, 2025 46:40


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Apolline Matin
Apolline Matin du 9 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 9, 2025 44:49


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Apolline Matin
Apolline Matin du 8 juillet - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jul 8, 2025 46:20


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Apolline Matin
Apolline Matin du 27 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 27, 2025 46:53


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Apolline Matin
Apolline Matin du 26 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 26, 2025 47:07


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Apolline Matin
Apolline Matin du 25 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 25, 2025 46:53


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Apolline Matin du 24 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 24, 2025 47:06


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Apolline Matin du 23 juin - 7h/8h

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Play Episode Listen Later Jun 23, 2025 46:43


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Apolline Matin
Apolline Matin du 16 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 16, 2025 51:06


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Apolline Matin
Apolline Matin du 13 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 13, 2025 45:47


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Apolline Matin
Apolline Matin du 12 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 12, 2025 46:32


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Apolline Matin
Apolline Matin du 11 juin - 7h/8h

Apolline Matin

Play Episode Listen Later Jun 11, 2025 46:54


La matinale 100% info et auditeurs. Au menu du 7h-8h : le journal de 7h00, L'avis tranché d'Arhur Chevallier, les Indiscrets de la rédaction, Lechypre d'Affaire et Arnaud Demanche qui pirate le Face à Face, le journal de 07h30, l'invité du jour, le bonus de Charles Magnien, et Expliquez nous de Matthieu Belliard.

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