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Comme toujours, la première partie de notre émission sera consacrée à l'actualité. Nous commencerons par analyser un accord de libre-échange massif entre l'UE et l'Inde. Nous poursuivrons avec une conversation sur l'endettement critique qui touche les pays les plus riches du monde. L'augmentation de la dette menace la stabilité et la croissance économiques mondiales. Dans notre section scientifique, nous parlerons d'études fascinantes qui révèlent comment le despotisme se développe de manière comparable chez les humains et les animaux. Et nous conclurons la première partie de l'émission par une conversation sur le terme wine mom, qui est désormais utilisé pour insulter les femmes qui manifestent contre la police de l'immigration américaine. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : Prepositional Phrases afin de, à l'abri de, à cause de, à côté de, à défaut de, and à force de Nous parlerons de la controverse déclenchée par la SNCF en proposant une offre réservée aux adultes. Cela a relancé le débat sur la tendance du « no kid ». Nous terminerons par l'expression de la semaine, « Se faire du mauvais sang ». Nous nous intéresserons à une nouvelle pièce en or fin qui vient d'être lancée par la Monnaie de Paris, permettant de réaliser un investissement dans l'or. - Face aux turbulences du commerce mondial, l'UE et l'Inde signent un accord majeur de libre-échange - L'augmentation de la dette des pays riches menace l'économie mondiale et la croissance - Plusieurs études comparent le développement du despotisme chez les humains et les animaux - Les conservateurs américains utilisent le terme wine mom pour insulter les femmes qui manifestent contre la police de l'immigration américaine - La SNCF déclenche une controverse en proposant un espace sans enfants - La Monnaie de Paris lance le Bullion, une pièce en or fin
durée : 00:03:20 - Géopolitique - par : Pierre Haski - La répression du soulèvement iranien a finalement emporté les dernières réticences françaises : l'UE a décidé d'inscrire les Gardiens de la révolution, l'épine dorsale du régime de Téhéran, sur la liste des organisations terroristes. Mais le régime redoute surtout la menace de frappes américaines. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
En Syrie, après l'annonce du cessez-le-feu entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les autorités de Damas, des centres de réconciliation ont été ouverts pour les anciens membres des FDS qui souhaitent se rendre. En creux, s'y raconte le système de conscription obligatoire des populations arabes et kurdes sur le territoire. La défection rapide d'une partie d'entre eux a précipité la chute des FDS. De notre correspondante à Raqqa, Sourire timide, Suleyman, 26 ans, s'avance au milieu d'une rangée d'hommes en armes. Il est kurde et est un ancien membre des Forces démocratiques syriennes. Il est venu aujourd'hui se rendre et participer au processus de réconciliation en Syrie : « Au début, quand l'armée gouvernementale est arrivée, nous avons eu peur. Nous ne savions pas ce qui allait arriver. Mais jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de problème. Je voulais surtout participer au processus de réconciliation pour apaiser la situation avec mes voisins arabes. Ils m'accusent d'être toujours affilié aux FDS. » « J'étais soldat de garde » pour les Forces démocratiques syriennes Dans les rangs de ceux venus se rendre, figurent d'anciens membres de la sécurité intérieure, d'anciens combattants. « J'étais soldat de garde pour les FDS, dans la 17ème base, au nord de Raqqa », explique Yazan, 19 ans. Lui est arabe. Et il raconte, comme beaucoup d'autres, avoir été obligé de s'enrôler au sein des forces à dominante kurdes. « Il y avait le service obligatoire à partir de 18 ans. Si tu n'y allais pas, ils t'arrêtaient sur les points de contrôle. Ils avaient des listes de personnes recherchées », développe-t-il. Ses amis, qui avaient fait le choix de déserter, « restaient cachés à l'intérieur de chez eux, ils ne sortaient plus ». Au micro, Yazan raconte la différence de traitement, au sein des FDS. « Ils disaient ''moi je suis Kurde, donc je suis supérieur à toi, parce que tu es arabe''. Les valeurs de fraternité dont ils faisaient la promotion n'étaient pas appliquées. Le pouvoir était entre les mains des Kurdes. » Un chef l'obligeait chaque matin à faire des pompes pour obtenir un café. « Je n'étais vraiment pas à l'aise, je n'aime pas être humilié », poursuit-il. Puis, sa désertion, qui lui a valu deux mois de prison : « Il y avait beaucoup de corruption au sein des FDS. Cela marchait aussi quand tu étais en prison. Il suffisait de connaître un Kurde bien placé pour se faire libérer. Moi, j'ai payé un pot-de-vin, et j'ai été réintégré au centre de commandement militaire des FDS. » À lire aussiSyrie: «Nous étions 33 dans 20 mètres carrés», un jeune ex-détenu de la prison d'Al-Aqtan témoigne Un document en guise de « réconciliation » Escorté, Yazan déambule patiemment dans les différentes salles du bâtiment. Il passe un entretien, se fait prendre en photo, avant de récupérer un document. « Voilà, ça c'est une garantie quand tu passeras sur les points de contrôle, comme quoi tu as été "réconcilié". C'est un retour à la vie normale, une nouvelle page qui s'ouvre, où tous les liens avec les FDS ont été coupés », lui explique un soldat. La procédure est la même que celle qui avait été imposée aux anciens membres de l'armée de Bachar el-Assad, explique le responsable du centre de réconciliation à Raqqa, qui a souhaité rester anonyme. « Nous avons un fichier complet avec les informations de tous les combattants FDS. Le service de renseignement de l'État syrien a pu se les procurer et les rassembler dans une base de données. Ceux qui se rendent seront "réconciliés" avec l'État. Ils pourront encore être jugés s'il y a une plainte personnelle contre eux. » « Nous laisserons ces portes ouvertes le temps qu'il faut, ajoute-t-il. Nous attendons l'ensemble des FDS jusqu'au dernier. » À lire aussiSyrie: le gouvernement et les Kurdes parviennent à un accord, sur fond de tensions
durée : 00:03:20 - Géopolitique - par : Pierre Haski - La répression du soulèvement iranien a finalement emporté les dernières réticences françaises : l'UE a décidé d'inscrire les Gardiens de la révolution, l'épine dorsale du régime de Téhéran, sur la liste des organisations terroristes. Mais le régime redoute surtout la menace de frappes américaines. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Pour comprendre, il faut remonter à la Rome antique. Les Romains ne voyaient pas les nombres comme nous. Pour eux, les nombres avaient une valeur symbolique : certains étaient jugés favorables, d'autres inquiétants. Et dans leur imaginaire, les nombres pairs étaient souvent associés au mauvais sort, à l'incomplétude, voire à la mort. À l'inverse, les nombres impairs étaient réputés plus “chanceux”, plus harmonieux. Une superstition qui a eu des conséquences très concrètes sur… notre calendrier.Au début, le calendrier romain était très différent du nôtre. Il a connu plusieurs versions, mais un tournant important arrive vers le VIIe siècle avant notre ère, sous le règne du roi Numa Pompilius, à qui l'on attribue une grande réforme. L'année romaine devait fonctionner avec des mois proches du cycle lunaire : environ 29,5 jours. Résultat : des mois de 29 jours ou de 31 jours, pour rester dans l'impair. Mais problème : additionnés, ces mois donnaient une année de 354 jours, donc un total pair… ce qui était très mal vu.Que faire ? Dans cette logique superstitieuse, la solution fut simple et presque absurde : pour rendre l'année “plus acceptable”, on joua sur un mois en particulier. Février, déjà associé à des rites de purification et au monde des morts, fut rendu plus court. On lui retira un jour afin d'obtenir un total annuel impair. Février devint donc le mois “sacrifié”, celui qu'on raccourcit, et qui gardera longtemps cette réputation de mois à part.Mais évidemment, un calendrier fondé sur la lune ne colle pas parfaitement avec les saisons. Une année solaire fait environ 365 jours et un quart. Les Romains ont donc dû ajuster régulièrement leur calendrier, parfois en ajoutant un mois entier, parfois en bricolant les durées. Cela a créé du désordre… jusqu'à la grande réforme de Jules César en 46 avant J.-C., avec le calendrier julien, qui fixe enfin un système stable : une année de 365 jours, avec un jour ajouté tous les quatre ans.Au final, notre répartition actuelle des jours n'est pas “logique” : elle est historique. Si l'on repartait de zéro, on pourrait imaginer des mois beaucoup plus réguliers. Mais nos 30, 31 et notre février bancal sont les cicatrices d'un vieux mélange de superstition romaine, de cycle lunaire et de compromis politiques. Une preuve que même le temps, parfois… se construit sur des croyances. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Manger devrait être un acte ordinaire.Manger pourrait être un acte ordinaire.Un moment de plaisir, de besoins, de sensations.Et pourtant, pour beaucoup, l'assiette est devenue un lieu de jugement.Dans ce 4ème épisode de la mini-série LE CAPITALISME DANS NOS ASSIETTES, je vous propose d'explorer un phénomène profondément ancré dans nos sociétés contemporaines : la moralisation de l'alimentation. Autrement dit, la manière dont nos choix alimentaires sont peu à peu transformés en preuves de discipline, de mérite et de valeur personnelle.Le lien de ma newsletter sur les liens tenus capitalisme/nourriture : https://charlyskitchen.substack.com/p/sous-pression-le-cout-invisible-du?r=8jnn4Aujourd'hui, manger “bien” ne renvoie plus seulement à la santé ou au goût. Cela devient un indicateur de réussite, de contrôle de soi, d'alignement avec les normes de la performance. À l'inverse, certains aliments ou comportements sont chargés de honte, de culpabilité, voire d'auto-critique. Sans toujours s'en rendre compte, nous intégrons ces codes, ce vocabulaire, ces injonctions.Dans un cadre néolibéral, la responsabilité est souvent déplacée sur les individus. Si l'on n'y arrive pas, on conclut que le problème vient de soi : manque de volonté, d'organisation, de motivation. Ce glissement est central. Il détourne l'attention des conditions matérielles et sociales, pour la faire peser sur les comportements personnels.Dans cet épisode, je vous invite à dézoomer. À interroger ces règles implicites qui transforment l'alimentation en terrain d'évaluation morale. Et à envisager le fait que refuser de moraliser son assiette peut être, en soi, une forme de résistance.Ressources qui font du bien au coeur : l'épisode avec Delphine Py, psychologue (sur Valeurs Vs Objectifs) et celui sur le contrôle alimentaire/plaisir de manger
Dans le sillage du Dry January -qui incite à ne pas boire d'alcool pendant le premier mois de l'année- la pause numérique est une idée qui progresse. 64% des Français soutiennent une telle initiative, selon une étude d'Ipsos BVA. Cela interroge notre dépendance aux smartphones et l'addiction aux réseaux sociaux. Quels sont les effets d'une pause numérique ? Que révèle notre rapport aux téléphones portables ? Pour en débattre - Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle société d'Ipsos-bva et autrice du livre Réhumaniser la société de l'absence, aux éditions de l'Aube - Juliette Hazart, médecin, addictologue, conférencière, autrice du livre Mon ado est accro aux réseaux sociaux, aux éditions De Boeck supérieur - Thibaud Dumas, docteur en neuroscience cognitive et président de l'association Attention Hyperconnexion et auteur du livre J'arrête de scroller, éditions Mango éditions
Quand on doit choisir un vin festif, vers quel vin se tourne-t-on? Le champagne ou un vin mousseux? Cela dépend des circonstances : apéritif ou dessert? Je vous parle du vin que nous avons choisi pour l'anniversaire de mon père que nous avons fêté dimanche, mais également du champagne bu pendant les fêtes. Je vous parle aussi d'une auditrice qui s'est lancé un défi en lien avec le champagne. Dans la lettre qui accompagne cet épisode, nous nous intéresserons au champagne. Vous pouvez vous abonner sur www.onethinginafrenchday.com
En Chine, on estime qu'il existe aujourd'hui environ 4 000 noms de famille différents réellement en usage.Selon les sources et la façon de compter (variantes d'écriture, noms minoritaires, noms composés à deux caractères), on trouve des estimations allant d'environ 3 100 patronymes courants jusqu'à 6 000+ au total. Historiquement, la Chine a pourtant connu près de 12 000 noms recensés dans les textes anciens, mais une grande partie a disparu ou s'est fondue dans d'autres.En France, c'est l'inverse : la diversité est immense. On parle généralement de 1,2 à 1,5 million de noms de famille distincts si l'on compte toutes les graphies et variantes (ex : Dupont/Dupond, ou les noms avec/sans accents), et de plusieurs centaines de milliers de noms réellement portés de façon significative.En Chine, c'est un phénomène très frappant, mais il s'explique assez bien.1) Les noms chinois se sont fixés très tôtEn Chine, le nom de famille (姓) existe depuis l'Antiquité et structure la société en clans et lignages. Le système est donc ancien, stable et très codifié.En Europe, au contraire, les noms se sont fixés tard : beaucoup de gens n'avaient pas de patronyme héréditaire avant le Moyen Âge ou même l'époque moderne. Résultat : plus de diversité.2) Beaucoup de noms ont été “absorbés”Au fil des siècles, lors de guerres, migrations ou changements de dynastie, des familles ont souvent abandonné un nom rare pour adopter un nom plus commun ou prestigieux (par protection, par intégration sociale, ou pour se fondre dans la population).Cela a “compressé” la diversité des patronymes.3) Standardisation administrativeL'État impérial chinois a été très tôt un État bureaucratique : recensements, registres, examens… Les noms ont été normalisés, et les variantes locales ont souvent été uniformisées. Ce qui est rare, mal enregistré ou trop complexe finit par disparaître.4) Des noms très courts, donc moins de possibilitésLa plupart des noms chinois sont à un seul caractère : Wang, Li, Zhang…Les noms à deux caractères existent, mais sont minoritaires. Moins de combinaisons = plus de concentration. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:03:51 - Le Journal de l'éco - par : Anne-Laure Chouin - Insultes, remises en cause de ses compétences, de son honnêteté, les attaques du Président américain contre le Président de la Fed, la banque centrale américaine, font peser un risque sur la finance, et les pays du monde entier.
Près de quatre ans après que Vladimir Poutine a envoyé ses soldats en Ukraine, la nouvelle donne en Russie se précise et s'installe. Ascenseur social pour certains vétérans, la guerre fait aussi sentir ses effets sur les finances nationales et locales. C'est notamment le cas pour le budget 2026 de la région d'Irkoutsk, difficile à boucler. Au sommet d'une colline, une petite église aux bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de neige. Un cercueil recouvert du drapeau russe franchit la sortie, pendant que le long du chemin, des femmes, chacune un drapeau à la main, l'escorte pour un hommage : c'est l'enterrement d'un soldat russe mort en Ukraine, annoncé dans la presse locale par le comité des mères de combattants. Quelques centaines de mètres plus bas, le long d'une voie rapide, un atelier de réparation de pneus. Entre les deux, en pente douce, une petite allée arborée, bordée de portraits de combattants décédés : on l'appelle ici « l'allée des héros ». « Je les connais presque tous personnellement », confie Artëm, lui-même vétéran de « l'opération spéciale ». « Il y en a un avec qui je me suis battu côte à côte. Il y en a qui étaient avec Wagner, et il y en a d'autres du ministère de la Défense. Leurs portraits ont été ajoutés à ceux morts au combat en Tchétchénie et en Afghanistan. » Artëm est le propriétaire d'un atelier de réparation, 20 mètres carrés à la sortie de Baïkalsk, une petite localité en déclin depuis une dizaine d'années et qui comptait 13 000 habitants au dernier décompte officiel de 2021. Une agglomération sur les rives du lac Baïkal dans laquelle « on ne trouve pas de travail décent », dit-il. Recruté par Evgueni Prigojine Entre les scies visseuses, marteaux, clous et pneus, Artëm accueille ses clients avec, dès l'entrée, le drapeau de Wagner déployé sur un pan de mur. « Certains posent des questions, d'autres ne reconnaissent même pas le drapeau ; pour eux, ce n'est qu'une image. Certains sont tout simplement trop loin de cette réalité. Pour moi, bien sûr, c'est le souvenir d'y avoir participé. Même si, avec le bout de métal que j'ai désormais à la place d'une partie du bras et de l'épaule, j'ai une mémoire pour toujours. » Artëm a été blessé lors de la bataille de Bakhmout en 2023, dans un bataillon d'assaut. « Certains clients m'embrassent et me félicitent », raconte-t-il, « mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Beaucoup de gens, je dirais à peu près 50 %, se fichent de savoir qu'il y a une guerre qui se déroule en ce moment. » À écouter dans Grand reportageSyndrome afghan : le pouvoir russe face à ses vétérans de la guerre d'Ukraine Quant au fait que le groupe paramilitaire fondé par Evgueni Prigojine ait été sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne ainsi que d'autres pays pour — notamment — crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique, peu importe en Russie, tant le groupe s'est banalisé et même parfois romantisé dans certains esprits. Artëm, lui, a choisi Wagner plutôt que l'armée régulière en juin 2023 « parce que ses hommes y ont leur propre loi ». Artëm dit aussi avoir été à l'époque « épuisé mentalement » par sept années passées derrière les barreaux, sept d'une peine de dix ans pour « consommation de drogue », affirme-t-il. Les prisons russes sont réputées pour leur implacable brutalité, et celles de la région d'Irkoutsk, très nombreuses, ont été secouées en 2021 par un scandale de tortures et d'abus tels que le comité d'enquête, organe qui répond directement au Kremlin, s'en était officiellement saisi. Combattre en Ukraine : « Une deuxième chance dans sa vie » pour un prisonnier Au printemps 2023, alors qu'Artëm est derrière les barreaux, une rumeur traverse la prison « comme une radio interne », dit-il : les recruteurs de Wagner arrivent. C'est Evgueni Prigojine lui-même qui se présente. Le dirigeant du groupe paramilitaire est précédé par un bus d'Omon, les forces anti-émeutes, pour garantir l'ordre, et est arrivé dans la cour de la prison en hélicoptère, une arrivée « spectaculaire » se rappelle Artëm. Ses souvenirs sont très précis. Il décrit Prigojine qu'il surnomme « Oncle Génia » au milieu des prisonniers en cercle, posant les conditions du contrat, « ne cachant rien des pour et des contre ». Précisant aussi que n'étaient pas concernés pour le recrutement « les condamnés pour viol et pédophilie », dit Artëm, qui ajoute : « les orphelins étaient prioritaires ». À lire aussiRussie: après les funérailles, l'amertume des partisans d'Evgueni Prigojine À 33 ans à l'époque, Artëm avait de toute façon déjà pris sa décision. « Il me restait encore beaucoup de temps à passer en prison et je n'en pouvais plus. Et pour moi, signer, c'était une deuxième chance, une chance de réparer ma vie, et il fallait la prendre. Quand on a traversé la guerre, on recommence sa vie à zéro, on est gracié par décret du président de la Fédération de Russie. On a un document officiel signé par Vladimir Poutine lui-même, qui dit qu'on est pardonné pour héroïsme et pour bravoure. C'est quelque chose qui encourage à signer. » Sorti de prison au terme de sa peine, Artëm sait qu'il aurait été en difficulté dans une société russe sans concessions pour les anciens « taulards ». Aujourd'hui, avec la somme généreuse que lui a versée Wagner pendant la guerre, Artëm a investi dans un commerce rentable. Il a aussi désormais un statut symbolique dans la société, tant les combattants sont glorifiés et présentés par le pouvoir comme des modèles à suivre, et rencontre régulièrement des gradés au sein de la société locale des vétérans. À lire aussiL'armée russe recrute aussi à la télévision À 38 ans aujourd'hui, Alexander a lui signé à l'automne 2023 pour deux ans pour le ministère de la Défense. Sans prévenir sa famille ni ses amis, leur envoyant une simple photo de lui en uniforme. Pourquoi s'engager ? « C'est une question difficile », répond-il. Avant d'avancer que c'est la décision d'« un homme, un vrai ». C'est d'ailleurs un motif d'engagement régulièrement mis en avant par le ministère russe de la Défense dans ses spots de campagne de recrutement. Alexander affirme aussi avoir voulu « voir ce qu'était la guerre ». Il refuse de parler de ce qu'il a fait et vu, « vous ne comprendriez rien », dit-il d'un air de défi ; et ne dit pas un mot de la blessure qui lui a valu de longs mois d'hospitalisation et une démobilisation au bout d'un an et demi. Avant de s'engager, cet ancien commandant d'une unité d'assaut dirigeait une entreprise de bâtiment de taille moyenne. De retour d'un long séjour à l'hôpital après les combats, avec essentiellement l'argent de son contrat et les indemnités pour blessure, il a construit puis ouvert en décembre un restaurant de grillades, « un rêve qu'il avait depuis plusieurs années » Quant au terrain pour le construire, Alexander a fait valoir ses droits auprès de l'administration locale : un décret de Vladimir Poutine accorde gratuitement un terrain à tous ceux décorés, comme lui, de l'ordre du Courage. Il est normalement dédié à la construction de la résidence principale, mais, dit Alexander avec un sourire en coin, « avec moi, l'administration locale regarde ailleurs ». La valeur du terrain est estimée à 1,5 million de roubles, presque 20 000 euros au cours actuel. Une somme particulièrement difficile à emprunter dans une Russie où le taux directeur de la Banque centrale est à 16%. La région ne se contente pas d'appliquer les décisions du pouvoir central. Par décret régional signé le 30 décembre dernier, elle a augmenté la prime de signature d'un contrat pour aller se battre en Ukraine aux volontaires résidant dans la région à 1,4 million de roubles (près de 17 000 euros au cours actuel), allant jusqu'à 2,4 millions (près de 30 000 euros) si le contrat est signé entre le 1ᵉʳ et le 31 janvier. Nombreuses prisons et tradition militaire, double vivier de recrutement Soldats de métier, mobilisés ou volontaires, dans la région d'Irkoutsk, ils sont nombreux à être partis pour l'Ukraine, mais les chiffres précis sont inconnus : ils sont classés secret défense. Les indices d'un large engagement sont cependant nombreux. « Dans presque chaque famille, il y a des gens qui connaissent quelqu'un lié d'une manière ou d'une autre à la guerre. Ou ils ont des amis qui se sont battus, qui sont en quelque sorte impliqués », explique Alexey Petrov, historien local, désigné agent de l'étranger en 2021. « Et parce que beaucoup de Sibériens se battent là-bas [en Ukraine, NDLR], Irkoutsk se classe parmi les plus gros contributeurs régionaux en termes de montant d'argent collecté pour la guerre, mais aussi en termes d'aide directe aux soldats, sans doute la première sur les dix régions de Sibérie. Toutes les organisations et fondations qui y sont liées sont très actives ici, envoient constamment de l'aide, des cadeaux pour la nouvelle année, des cartes, toutes sortes de choses ». Les nombreuses prisons, vivier de recrutement, y sont évidemment pour quelque chose — deux ont déjà été fermées en presque quatre ans de conflit, et il en reste 21. L'argent, évidemment, aussi : « Hier, vous étiez conducteur de tracteur, et aujourd'hui, vous êtes conducteur de camion sur le front. Et vous gagnerez cinq fois plus », dit Alexey Petrov. Mais l'histoire régionale joue aussi un rôle décisif, explique-t-il, et elle prend ses racines sous l'Union soviétique : « Irkoutsk était le centre du district militaire sibérien jusqu'en 1953, date de la mort de Staline. Toutes les troupes stationnées sur le front de l'Est ont été formées ici. Le défilé de la Victoire de 1945 dans la ville chinoise de Harbin [défilé militaire solennel de troupes de l'Armée rouge soviétique le 16 septembre 1945, NDLR] était dirigé par le général Beloborodov, originaire d'Irkoutsk. Jusqu'à sa fermeture en 2011, nous avions une très grande école, l'École d'aviation militaire d'Irkoutsk. Et il y a des dizaines de milliers de soldats qui se sont toujours entraînés ici. » Rare alerte budgétaire L'attaque de drones ukrainiens le 1er juin dernier, à plus de 4 000 kilomètres de la ligne de front, a, elle, marqué les esprits. Kiev a affirmé avoir visé la base aérienne stratégique de Belaïa, à une quinzaine de kilomètres d'Irkoutsk, une cible non confirmée par la Russie. Le gouverneur de la région a évoqué une unité militaire stationnée dans un village. Mais ce dont on parle le plus facilement à Irkoutsk cet hiver, c'est de la hausse des prix, manifeste partout en Russie. Le budget 2025 de la région, qui a été si difficile à boucler, a aussi suscité des réactions. Selon le journal Védomosti, daté du 25 novembre dernier, les plus larges déficits régionaux en valeur absolue sur les 89 régions que compte le territoire national concernaient deux régions de Sibérie : celle de Kemerovo (-43.9 milliards de roubles) et Irkoutsk (-41.1 milliards de roubles). À lire aussiLe charbon russe connaît sa pire crise depuis trente ans Kemerovo, au sud, est une région industrielle réputée pour être en crise depuis deux ans, car elle dépend d'une filière charbon qui ne trouve plus de débouchés. Pour expliquer les difficultés de celle d'Irkoutsk, Nadejda Grosheva, docteur en économie, directeur de la Baikal International Business School de l'université d'État d'Irkoutsk, et membre du Conseil stratégique de la région d'Irkoutsk, avance par exemple qu'en Russie, les entreprises paient leurs impôts sur le lieu de leur siège. « Si vous avez une société enregistrée à Moscou, l'impôt sur les bénéfices est payé à Moscou. Ils sont tous intégrés verticalement. » De nombreuses grandes entreprises comme Gazprom ou Rosneft opèrent en effet dans la région. Chute libre des investissements dans les infrastructures Face à la grogne suscitée par certains paiements publics en retard cet automne et au début de l'hiver, et notamment le salaire des professeurs, le gouverneur Igor Kobzev, lui, a notamment expliqué dans la presse locale la baisse des recettes de cette manière : « Des signes avant-coureurs sont apparus en 2024, car nous sommes une région tournée vers l'exportation avec des produits à forte valeur ajoutée qui représentent la part du lion du budget. » Derrière cet euphémisme, cette réalité : le budget de la région est fortement dépendant des impôts des entreprises des secteurs de l'aluminium, du diamant et du gaz, des secteurs tous sous sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine. Autrement dit : si le budget de la région souffre, c'est que les recettes de ces entreprises ont baissé. La région dispose bien d'un gisement de gaz, le gisement de Kavytkinskoye, qui doit être exploité pour le gazoduc « Force de Sibérie 2 », pour fournir la Chine. Mais le projet tarde toujours à se concrétiser. De quoi faire monter dans une partie de la population une question sensible sur le contrat social et la répartition des efforts. Dimitri et Oleg, deux habitants de la région qui ont demandé à rester anonymes, ont effleuré ce sujet tabou au micro de RFI. « Il y a un déséquilibre qui est en train d'apparaître au sein de la population », a avancé Oleg. « Parce que, si on compare de manière relative, les participants à l'opération spéciale reçoivent beaucoup d'argent, tandis que les travailleurs du secteur public reçoivent des kopecks. Et ce déséquilibre n'apporte rien de bon ». Dimitri a tiqué et avancé : « Combattre est un métier dangereux. C'est pour ça qu'il est si bien payé. » Oleg s'est contenté de répondre : « Je comprends pourquoi ceux qui sont à l'opération spéciale gagnent beaucoup d'argent. Je dis juste que ceux qui sont restés ici, ceux qui élèvent de jeunes enfants notamment, ne reçoivent pas beaucoup d'argent. C'est un déséquilibre qui est en train de naître, je n'ai rien de plus à dire. » Fin de l'échange. On n'est jamais trop prudents. Le gouverneur a promis de ne pas couper dans les dépenses sociales, mais la région a dû prendre un prêt pour boucler son budget 2025. Il a aussi annoncé un grand coup de frein pour l'investissement dans les infrastructures. En 2026, les financements passeront dans ce domaine de 18 milliards de roubles en 2025 à 4,3 milliards. Et encore, ce montant sera dépensé essentiellement dans les projets éligibles à un cofinancement fédéral. Tous les autres projets de construction et de réparation seront suspendus ou mis en sommeil. Cela concerne notamment les écoles et les centres sportifs.
Comptes Instagram multipliant les clichés du bonheur, livres de développement personnel pour accéder à la béatitude... La recherche du bonheur est partout, dans la vie personnelle comme professionnelle, au point que les chercheurs et professionnels de la santé mentale parlent d'injonction au bonheur. Alors faut-il chercher à être heureux en tout temps ? Le bien-être peut-il être permanent ? Que reflète cet affichage du bonheur formaté sur les réseaux sociaux ? Les réseaux sociaux regorgent de ces contenus qui affichent du bonheur à plein temps, en images et mises en scène, à travers des conseils, avec à la clé une pression psychologique et beaucoup de culpabilité. Des recettes, des conseils, des livres, des comptes d'influenceurs… et un seul et même objectif : accéder au bonheur et pas simplement à des moments heureux, mais à une sorte de béatitude, d'optimisme illimité que l'on pourrait désigner finalement comme une forme d'injonction au bonheur ! Accepter nos émotions dans leur variété Cette quête, qui peut prendre des formes diverses (le confort, la réussite, la richesse...) est entretenue par des « vendeurs » de bonheur : influenceurs, coachs et autres « consultants bien-être ». Cela conduit à s'interroger sur cette idée et peut-être cette illusion, « du bonheur permanent » : Quelles peuvent être les conséquences (et même les risques) de cette idée du bonheur à tout prix ? Qu'est-ce que le refoulement des autres émotions et l'affichage du bonheur disent de notre époque ? Et comment apprendre à vivre et avancer avec notre palette émotionnelle : le bon comme le compliqué ? C'est au contraire, la variété des émotions, agréables comme pénibles, qui permet de faire la part des choses, de faire face aux difficultés… D'où l'importance d'accepter ses émotions, tout en essayant de construire son propre chemin, sans se comparer, sans vouloir imiter et ramener le bonheur, à ce qu'il est : un état parmi d'autres… Avec : Alice Boudon, psychologue clinicienne spécialisée en thérapies comportementales et cognitives. Auteure du livre illustré Mon psy et moi, aux éditions DE BOECK SUP Dr Jocelyn Ovono Engoang, psychologue, enseignant-chercheur, Psychocriminologie et Victimologie. Programmation musicale : ► Bobby Mc Ferrin – Don't worry be happy ► Tanya, Zougnazaguemda, Nana Bibata - Rakiré.
Comptes Instagram multipliant les clichés du bonheur, livres de développement personnel pour accéder à la béatitude... La recherche du bonheur est partout, dans la vie personnelle comme professionnelle, au point que les chercheurs et professionnels de la santé mentale parlent d'injonction au bonheur. Alors faut-il chercher à être heureux en tout temps ? Le bien-être peut-il être permanent ? Que reflète cet affichage du bonheur formaté sur les réseaux sociaux ? Les réseaux sociaux regorgent de ces contenus qui affichent du bonheur à plein temps, en images et mises en scène, à travers des conseils, avec à la clé une pression psychologique et beaucoup de culpabilité. Des recettes, des conseils, des livres, des comptes d'influenceurs… et un seul et même objectif : accéder au bonheur et pas simplement à des moments heureux, mais à une sorte de béatitude, d'optimisme illimité que l'on pourrait désigner finalement comme une forme d'injonction au bonheur ! Accepter nos émotions dans leur variété Cette quête, qui peut prendre des formes diverses (le confort, la réussite, la richesse...) est entretenue par des « vendeurs » de bonheur : influenceurs, coachs et autres « consultants bien-être ». Cela conduit à s'interroger sur cette idée et peut-être cette illusion, « du bonheur permanent » : Quelles peuvent être les conséquences (et même les risques) de cette idée du bonheur à tout prix ? Qu'est-ce que le refoulement des autres émotions et l'affichage du bonheur disent de notre époque ? Et comment apprendre à vivre et avancer avec notre palette émotionnelle : le bon comme le compliqué ? C'est au contraire, la variété des émotions, agréables comme pénibles, qui permet de faire la part des choses, de faire face aux difficultés… D'où l'importance d'accepter ses émotions, tout en essayant de construire son propre chemin, sans se comparer, sans vouloir imiter et ramener le bonheur, à ce qu'il est : un état parmi d'autres… Avec : Alice Boudon, psychologue clinicienne spécialisée en thérapies comportementales et cognitives. Auteure du livre illustré Mon psy et moi, aux éditions DE BOECK SUP Dr Jocelyn Ovono Engoang, psychologue, enseignant-chercheur, Psychocriminologie et Victimologie. Programmation musicale : ► Bobby Mc Ferrin – Don't worry be happy ► Tanya, Zougnazaguemda, Nana Bibata - Rakiré.
Le Sénat français examine mercredi 28 janvier le projet de loi-cadre pour faciliter la restitution des biens culturels africains pillés durant la colonisation. C'était une promesse du président Emmanuel Macron lors de son discours à Ouagadougou en 2017. À ce jour, seule une infime partie des collections françaises a été restituée aux pays qui la réclament. La Béninoise Marie-Cécile Zinsou est la présidente de la Fondation Zinsou et la grande invitée de Sidy Yansané. RFI : Marie-Cécile Zinsou, le Sénat français étudie ce mercredi 28 janvier, une nouvelle loi pour faciliter la restitution des biens culturels africains spoliés durant la période coloniale. Expliquez-nous, s'il vous plaît, ce que va changer concrètement cette loi, si elle est adoptée. Marie-Cécile Zinsou : jusqu'ici en France, à chaque fois qu'un pays, un État, faisait une demande de restitution, il fallait voter une loi spécifique en fonction de ce qui avait été demandé. C'est ce qui est arrivé pour le Bénin, pour les 26 objets qui ont été restitués, ou pour le Sénégal avec le sabre d'El Hadj Omar Tall, et enfin, dernièrement, pour le tambour en Côte d'Ivoire. Donc, cela demandait de passer des lois spécifiques. L'idée de faire une loi-cadre aujourd'hui, c'est d'encadrer la façon dont les État vont pouvoir demander des restitutions pour qu'il n'y ait plus une loi particulière, systématique, c'est-à-dire que la représentation nationale française ne soit pas obligée de voter par objet, mais puisse établir un cadre clair et transparent pour les demandes de restitution. On peut évaluer le nombre d'objets concernés ? Aujourd'hui, c'est extrêmement compliqué. Cela dépend vraiment des États qui en font la demande. Tous les États ne réclament pas tous les objets qui ont été pris entre 1815 et 1972. Donc aujourd'hui, il est difficile d'en déterminer le nombre. On sait quels sont les États qui ont fait les demandes et sur quoi portent les demandes. Et après on peut, on verra si cette loi crée de nouvelles demandes de différents États. Mais pour l'instant, on ne peut pas donner un nombre d'objets. Cette loi fait référence à des objets qui ont été saisis de manière illicite ou sous contrainte, mais il n'y a pas du tout de référence claire à la colonisation ? Écoutez, ça, c'est une chose qui est malheureusement un des échecs de cette loi, qui est de ne pas dire les choses. Ne pas parler de colonisation c'est très étrange dans ce contexte. La période est large, 1815-1972. Mais ce dont on parle, ce sont des biens spoliés par la colonisation. Jamais il n'est fait mention dans ce texte de la colonisation, de repentance, de réparation. Rien n'est dit à ce sujet. Or, la France a un problème avec son histoire coloniale et avec sa façon d'éviter le sujet de manière systématique. Si on prend les pays européens, il s'agit bien, dans le cas de la Belgique de parler de passé colonial de même que dans le cas des Pays-Bas, qui ont aussi légiféré sur la question de la restitution. Il s'agit de réparer l'injustice faite par la colonisation et d'accepter de manière automatique les demandes quand elles viennent d'États qui ont été colonisés par les Pays-Bas. Les objets, c'est formidable, mais à un moment, il faudra restituer l'histoire, il faudra restituer la fierté et on ne pourra pas éternellement cacher ce qui s'est passé pendant la colonisation française. Parmi ces 30 objets rendus par la France, vous l'avez dit, 26 concernaient le seul Bénin, votre pays. Est-ce à dire que le Bénin est à la pointe de la demande de restitution et pourquoi, selon vous ? Il faut bien se souvenir que depuis les indépendances, les pays demandent à voir leur patrimoine revenir sur leurs terres. Ce sont des demandes qui ont été systématiquement refusées sur le principe de l'inaliénabilité du patrimoine français. À partir du discours de Ouagadougou qui intervient en 2017. Mais il ne faut pas oublier que le Bénin fait sa demande en 2016. Cela fait longtemps que des pays n'ont pas demandé puisque leurs demandes étaient systématiquement refusées. Le Bénin a relancé cela en fait, il n'a pas lâché et il a insisté. Et c'est arrivé au moment où Emmanuel Macron a décidé de changer la politique française sur ces questions. Et je crois d'ailleurs que le Bénin fait à nouveau une demande de restitution pour certains objets qui n'avaient pas été prise en compte dans la première vague de restitution. Et le Bénin, pourquoi ? Parce que je crois que la population est très mobilisée. La jeunesse est énormément mobilisée. On a entendu la jeunesse béninoise sur les réseaux sociaux, on l'a entendu dans le débat public. Les gens sont très conscients de l'importance du retour du patrimoine pour déterminer où l'on va. C'est quand même toujours plus facile de savoir d'où l'on vient. La presse s'est largement fait l'écho du retour de ces œuvres au Bénin. Sans oublier le très beau film Dahomey de la cinéaste Mati Diop. On a vu des chefs coutumiers faire le déplacement, des étudiants, des familles depuis que ces biens ont retrouvé leur patrie d'origine. Diriez-vous que le peuple béninois a su se le réapproprier ? En fait, c'est très difficile de s'imaginer un pays où vous n'avez pas accès à votre patrimoine. Vous n'avez pas accès à votre histoire et tout à coup, ces objets reviennent. Et ces objets sont porteurs de votre histoire. Ils racontent qui vous étiez avant qu'on vienne vous envahir et qu'on vienne effacer votre identité. Les réactions pendant l'exposition étaient sidérantes. Les gens pleuraient devant les vitrines en voyant ces objets qu'ils découvraient pour la première fois. Ce sont des objets pour ce qu'ils portent avec eux de notre mémoire et de notre histoire. À lire aussiFrance: la loi pour simplifier les restitutions de biens culturels examinée au Sénat À lire aussiCatherine Morin-Desailly: «Les mentalités ont évolué», «les biens culturels volés méritent de retrouver leur pays d'origine»
CECI EST UN EXTRAIT DE L'EPISODE 264On passe beaucoup de temps à éduquer nos enfants pour les relations à la vie sociale, mais peu pour les initier à la vie en ligne.On agit comme si la technologie et le monde en ligne était intuitif pour nos enfants, sans penser à les aiguiller.L'est-il vraiment ?Vous n'avez pas encore réfléchi à la question, mais vous êtes curieuse/curieux ?Vous ne savez pas comment aborder ce thème avec vos enfants?Vous êtes tétanisé mais préférez faire comme si de rien n'était ? Vous subissez la pression de vos enfants et n'êtes pas encore prêt à lâcher ?Alors vous êtes au bon endroit.Samuel Comblez est psychologue, spécialisé dans l'accompagnement des jeunes à la vie en ligne. Il est le codirecteur de l'association e-enfance qui vise à protéger les enfants et adolescents des dangers du monde virtuel.Cet épisode est essentiel à mon avis. Tellement important, qu'on a décidé d'enregistrer un 2e volet prochainement, avec Samuel, où vous pourrez poser vos questions.C'est un sujet relativement nouveau, mais les problématiques sont réelles.Embarquez avec nous pour poser les bases, apprendre à sécuriser nos enfants et comprendre les enjeux des réseaux sociaux sur la santé mentale.
Un trajet en voiture, en train ou en avion avec des enfants… et si cela devenait un moment joyeux, serein et même porteur d'apprentissages ?Comment éviter l'ennui, l'agitation ou les écrans, pour transformer les déplacements en véritables temps de vie partagés ?Dans cet épisode, Sylvie d'Esclaibes, spécialiste de l'éducation depuis plus de 30 ans, nous partage ses meilleurs conseils pour occuper les enfants pendant les déplacements, en s'inspirant des principes Montessori : des activités simples, ludiques et adaptées qui rendent le voyage aussi enrichissant pour l'enfant… que plaisant pour les parents !Lorsque l'enfant est respecté dans ses besoins pendant le voyage, le trajet devient plus doux et agréable, aussi bien pour lui que pour les adultes qui l'entourent.Quelques enseignements clés :
La Côte d'Ivoire sort d'une séquence électorale au bénéfice du parti présidentiel RHDP. Non seulement le sortant Alassane Ouattara a pu se maintenir pour un quatrième mandat contesté, mais sa formation politique a arraché plus des trois quarts des sièges à l'Assemblée nationale. Au détriment du PDCI qui a perdu la moitié de ses députés et du PPA-CI qui a boudé le scrutin. Alors que les divisions persistent au sein des partis d'opposition et que le parti au pouvoir peine à faire émerger un successeur consensuel au chef de l'État, la Côte d'Ivoire entre-t-elle à la fin d'un chapitre politique de trois décennies dominées par les trois icônes Henri Konan Bédié, Laurent Gbgabo et Alassane Ouattara ? Éléments de réponses avec le Dr Séverin Kouamé, sociologue et enseignant-chercheur à l'université de Bouaké. Il répond à Sidy Yansané. RFI : Dr Séverin Yao Kouamé ce week-end, le PPA-CI a annoncé la tenue de son premier congrès en mai prochain. Mais surtout, ses cadres ont maintenu Laurent Gbagbo à la tête du parti. Malgré son âge et son état de santé fragile, et malgré l'éviction de plusieurs figures comme Stéphane Kipré, Armand Ouégnin ou même Ahoua Don Mello. Est-ce qu'on peut déjà dire que l'ère de l'opposant historique Gbagbo est en train de s'achever ? Dr. Séverin Yao Kouamé : Je pense qu'il y a toute la question de son état physique. Maintenant, dire que c'est une ère qui est en train de s'achever, il faut peut-être approfondir un peu mieux la réflexion. Dans tous les cas, Gbagbo lui-même est en demande de repos. Il a été l'opposant historique sous Houphouët Boigny, il a été de ceux qui ont concouru à l'instauration du multipartisme, etc. Il a été de tous les grands combats. Mais il est clair que physiquement, il est arrivé à un moment où il lui faut passer la main. Et toute la problématique, c'est de déterminer qui est en capacité de continuer la lutte que Gbagbo a engagé depuis plus d'une trentaine d'années. Toujours au sein de la gauche ivoirienne, Simone Ehivet et son Mouvement des Générations capables n'ont remporté aucun siège à l'Assemblée nationale. Et ça malgré la coalition formée avec le Cojep de Charles Blé Goudé et le PDCI. Selon vous, pourquoi ces grands noms de l'opposition peinent à se faire entendre aujourd'hui ? Des formations comme le MGC ou d'autres sont encore dans une phase juvénile. C'est sur le temps long que se construit l'adhésion de l'électorat. D'autant qu'aujourd'hui, on a une population électorale qui a complètement changé. On a des jeunes gens de 18-35 ans qui sont dans une forme de désenchantement pour toute la chose électorale et politique. Ce n'est pas exclusivement une problématique de gauche, c'est une problématique de la classe politique. Comment construire cette forme de ré-enchantement pour la chose électorale ? Pendant de longues années, on a démarché les gens sur leur identité, sur leurs peurs. On est convaincu que tant qu'on n'a pas quelqu'un dans le cercle du pouvoir, on ne bénéficie de rien, on n'est pas sûr d'avoir une route, on n'est pas sûr d'avoir une école, et c'est même le marketing qui est fait de ces choses-là. Vous l'avez bien dit, le constat est similaire du côté libéral de la scène politique, puisque les divisions au sein du PDCI et surtout l'absence prolongée de son nouveau président, Tidjane Thiam, ont fait perdre à l'ancien parti unique la moitié de ses députés en seulement cinq ans. La preuve, selon vous, que le parti peine à se remettre de la mort de son ancien chef charismatique, Henri Konan Bédié ? Est-ce que le parti est en capacité de se réinventer ? Qu'est-ce que le PDCI propose aujourd'hui ? Est-ce que l'on maintient cette forme de division ethnique de l'électorat, où on part du principe qu'il y a un électorat « akan » captif ? Je crois qu'aujourd'hui les gens sont en demande d'autre chose. Vous voyez, on a toute cette jeunesse qui se situe dans une sorte d'angle mort. On est sur l'idée d'un héritage historique, on est sur l'idée qu'il suffit d'un nom important pour que les gens sortent voter. Cela ne suffit plus. On peut aussi parler du parti au pouvoir RHDP qui n'a jamais été aussi puissant. Mais là aussi, et malgré l'âge avancé du président Alassane Ouattara, aucune figure ne semble faire, pour l'instant, l'unanimité pour incarner un nouveau leadership. Dr. Sévérin Kouamé, n'est-ce pas là une page qui se tourne dans l'histoire politique ivoirienne, qui depuis 30 ans tourne essentiellement autour de Ouattara, Gbagbo et Bédié ? On voit toute la difficulté de la classe politique à trouver de nouvelles figures. Donc pour moi, c'est la crise d'un système, de ce modèle de gouvernance, de ce modèle de fonctionnement politique qui appelle à une autre démarche. Car la sanction, elle est déjà là : des taux de participation électorale complètement faibles, même dans les zones bastions. On n'a jamais vu autant de candidats indépendants se présenter à des législatives. Même s'il n'y a pas eu vraiment de miracle vu le peu de sièges qu'ils ont obtenu à l'Assemblée. Mais est-ce que finalement la nouvelle donne politique ne viendrait pas de cette jeunesse qui veut s'affirmer par ses propres idées, à la marge des partis, et aussi peut être par une société civile qui peine toujours à s'imposer en Côte d'Ivoire ? Je crois que ces jeunes gens ont le mérite d'avoir essayé. C'est des gens qui, en dehors du sérail politique, ont fait leurs preuves. On a des jeunes entrepreneurs qui ont fait leurs preuves auprès de la population. Lorsqu'on est en capacité de se construire à la marge et qu'on laisse des traces sur dix ou quinze ans, il y a de bonnes chances qu'on soit la personne que les populations adoubent à la fin à travers leur vote. Traditionnellement, le discours tenu aux populations est le suivant : "C'est le chef de l'État qui m'envoie ! C'est le chef du parti qui m'envoie!" Mais ces indépendants ont démontré que sans être des envoyés, pour parler comme les Ivoiriens, ils sont en capacité de s'envoyer par eux mêmes. À lire aussiCôte d'Ivoire: le nouveau gouvernement mobilisé autour du Programme national de développement 2026-2030 À lire aussiCôte d'Ivoire: le PPA-CI acte son congrès et appelle Laurent Gbagbo à rester à la tête du parti
Comment naît l'antisémitisme, les fantasmes et les rumeurs qui l'accompagnent ? Pour comprendre ces phénomènes de très longue durée, on remonte à l'origine du christianisme avec Jacques Ehrenfreund, professeur à l'Université de Lausanne, titulaire de la Chaire d'histoire des Juifs et du judaïsme à la Faculté de théologie et de sciences des religions. Cela commence par l'histoire d'une rivalité entre deux religions. Le christianisme apparaît au premier siècle de notre ère mais se construit avec l'héritage du judaïsme, l'un des premiers monothéismes dont on trouve des traces archéologiques dès le deuxième millénaire avant notre ère. Une nouvelle religion et une autre beaucoup plus ancienne qui cohabitent difficilement.
durée : 00:02:44 - L'Humeur du matin par Guillaume Erner - par : Guillaume Erner - Doit-on redouter une "nazification" de la politique américaine ? Pour s'y retrouver, il faut distinguer "comparer à" et "comparer avec". Cela permet d'étudier les politiques publiques sans faire de raccourcis sémantiques, et surtout sans atteindre le point Godwin. - réalisation : Félicie Faugère
Vendre son temps contre de l'argent : un passage obligé… mais pas une fatalité.Si vous êtes freelance, solopreneure ou indépendante, vous vous êtes sûrement déjà posé cette question : comment arrêter de vendre mon temps ?Bonne nouvelle : il existe plusieurs façons de développer votre chiffre d'affaires, sans vous épuiser ni brader votre énergie.Dans cet épisode, on déconstruit les idées reçues sur le “scaling”, on passe en revue les 8 leviers concrets pour sortir (en partie) du modèle temps = argent, et surtout, on vous aide à choisir la prochaine étape cohérente avec votre réalité actuelle.En résumé, vous saurez exactement comment :➡️ Identifier le modèle économique le plus adapté à votre niveau, votre énergie et vos objectifs.➡️ Comprendre les leviers pour générer plus de revenus sans augmenter votre charge de travail.➡️ Choisir une stratégie rentable et alignée pour faire évoluer votre activité en 2026.Bonne écoute
« L'année 2025 avait très mal débuté pour la RDC, relate Jeune Afrique : fin janvier, Goma, ville stratégique et chef-lieu de la province du Nord-Kivu, était prise par l'AFC/M23. À la mi-février, c'est Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, qui tombait. Et cette année 2025 s'est achevée de la pire des manières : la chute d'Uvira le 10 décembre, quelques jours seulement après la signature à Washington d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Un revers pour Donald Trump, qui s'était largement autocongratulé d'avoir “rétabli la paix“ dans la région. » D'ailleurs, « sur le front diplomatique, poursuit Jeune Afrique, cette année 2025 avait d'abord fait naître plusieurs espoirs. Trois processus de paix se sont succédé, se chevauchant parfois : ceux de Luanda, de Doha et de Washington. Tous ont en commun d'avoir, pour l'instant, échoué. » Les avancées des troupes de l'AFC/M23 dans l'est de la RDC n'auraient pas été possibles sans le soutien actif du Rwanda. Un soutien prouvé et documenté depuis des années par des dizaines de rapports onusiens. Le Rwanda reconnait sa participation à une coordination sécuritaire avec l'AFC/M23 Jeudi dernier, surprise : l'ambassadrice du Rwanda à Washington Mathilde Mukantabana publie sur le site de l'ambassade un document dans lequel elle reconnait implicitement l'engagement du Rwanda auprès du M23, avec notamment cette phrase : « Le Rwanda participe effectivement à une coordination sécuritaire avec l'AFC/M23. » Commentaire du site d'information Afrik.com : « L'expression est suffisamment floue pour laisser place à des marges d'interprétation, mais suffisamment explicite pour engager une responsabilité politique. Elle peut inclure : des échanges de renseignements, une synchronisation tactique sur le terrain, un appui logistique direct, voire une coordination opérationnelle. Dans tous les cas, il s'agit d'une interaction structurée avec un acteur armé non étatique opérant sur le territoire d'un État souverain. Cela pose un problème fondamental au regard du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. » Et Afrik.com de s'interroger : « À travers ce document, Kigali pense recréer un climat de confiance. Mais avec qui ? Les États-Unis ? Le M23 ? Ou la communauté internationale ? Ce tournant constitue-t-il une tentative de reprise du contrôle du récit international ? Plutôt que de subir des révélations successives, le Rwanda chercherait ainsi à encadrer son implication en la justifiant par des impératifs sécuritaires. Cette forme d'admission assumée suffira-t-elle à infléchir la courbe du récit ? Rien n'est moins sûr. » Trop tard ? « Pourquoi ce changement de pied et pourquoi aujourd'hui ? », s'interroge écho le site spécialisé sur la RDC Afrikarabia : « Depuis l'arrivée du médiateur américain dans le conflit congolais, Kigali, sous le flot des critiques, marche sur des œufs. (…) Dos au mur, le Rwanda cherche à proposer un nouveau récit “dans la transparence“ de ses combats à l'est de la RDC. Kigali tente ainsi d'imposer au grand jour une stratégie de “légitime défense préventive“. Mais les arguments avancés sont connus depuis bien longtemps : menace FDLR, persécutions des Tutsis congolais, risques d'infiltrations transfrontalières… » Et Afrikarabia de s'interroger à nouveau : « Ce nouveau discours de “transparence“ et de “confiance“ présenté par l'ambassadrice rwandaise fera-t-il mouche ? Et surtout, n'arrive-t-il pas trop tard, après des années de déni ? Il n'est pas sûr que ce nouveau narratif tempère les positions de Washington. La sous-secrétaire d'État adjointe au Bureau des affaires africaines, Sarah Troutman a été très claire devant la Chambre des représentants : “ceux qui menacent la paix seront tenus pour responsables“. À bon entendeur… »
En janvier 2025, la Monusco est confrontée à une double mission : protéger les civils tout en assurant la sécurité de son propre personnel, pris dans cinq jours d'affrontements intenses. Vivian van de Perre est la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies pour la protection et les opérations de la Monusco et en est la cheffe par intérim. Elle se trouvait à Goma au moment des combats. Un an après, comment a-t-elle personnellement vécu cette bataille ? Elle répond aux questions de Patient Ligodi. RFI : Un an après la prise de la ville par l'AFC/M23, comment avez-vous personnellement vécu cette bataille et ces moments de bascule pour la Monusco ? Vivian van de Perre : Merci beaucoup pour la question. La bataille de Goma, en janvier 2025, nous ne l'oublierons jamais, qu'il s'agisse de la population, des combattants des deux camps ou des Casques bleus eux-mêmes. C'est la bataille la plus intense que nous ayons connue dans l'est du pays, de par son ampleur. Elle n'a absolument rien de comparable avec la prise de Goma en 2012. Cette fois-ci, il s'agissait d'une bataille urbaine intense et prolongée. Ces journées ont été un choc par leur intensité et par ce qu'elles ont signifié pour la population de Goma et pour la mission de la Monusco, dont le mandat est de protéger les civils. Dans la ville, le sentiment immédiat n'était pas celui de considérations géopolitiques abstraites, mais celui de l'urgence. Le bruit et l'impact continus des armes légères et lourdes, la pression exercée par l'arrivée massive de civils et de personnels en uniforme venus chercher refuge dans les bases de la Monusco et la responsabilité, au milieu de tout cela, de maintenir nos Casques bleus opérationnels et concentrés malgré les risques auxquels ils étaient eux-mêmes exposés, ont constitué un véritable défi. Le 28 janvier, vous vous en souvenez peut-être, je faisais un briefing devant le Conseil de sécurité. La bataille de Goma n'était pas encore terminée. Mais la nuit, l'intensité diminuait en raison de l'obscurité. J'ai donc pu informer le Conseil depuis Goma et leur dire que la violence devait cesser immédiatement, car la situation échappait à tout contrôle d'une manière susceptible d'entraîner l'ensemble de la région dans un conflit encore plus profond. On avait vraiment le sentiment qu'il s'agissait d'un moment ou tout pouvait basculer et c'est la crainte qu'on avait. Nos bases — les bases de la Monusco — étaient touchées, tout comme les résidences de notre personnel. Et bien sûr, l'ensemble de la population civile de Goma et de ses environs était également affectée. Nous avons été pris dans des tirs croisés. Il ne s'agissait pas d'une attaque directe contre l'ONU, mais nous étions pris dans les tirs croisés. Dans le même temps, nous recevions des civils et des personnels de sécurité qui avaient besoin de protection, dans toutes nos bases — dans nos bases militaires autour de Goma, comme dans nos bases civiles. Il y avait donc un véritable sentiment d'urgence et une intensité sans précédent. Mais un an plus tard, dispose-t-on aujourd'hui d'un rapport consolidé du nombre de civils tués à Goma lors de cette bataille de janvier 2025 ? Et quelles sont les principales difficultés pour documenter ces chiffres aujourd'hui ? On n'a pas véritablement de chiffres précis. Le brouillard de la guerre est tel qu'il est très difficile d'établir un bilan civil pleinement consolidé et vérifié de manière indépendante, car les combats actifs ont tout perturbé — l'accès aux sites, aux dossiers médicaux, les hôpitaux étaient débordés, les communications coupées, et les conditions nécessaires pour mener des vérifications en toute sécurité n'étaient pas réunies. En outre, les gens avaient peur. Ils craignaient d'être ciblés. L'intimidation des survivants et des témoins représentait un risque réel. Il y a ensuite eu des déplacements de population, à la fois volontaires et fortement encouragés, voire forcés, ce qui compliquait les recherches. Les familles se déplaçaient. Par ailleurs, pour des raisons sanitaires, les corps étaient très rapidement collectés et mis en terre afin d'éviter la propagation de maladies transmissibles. À cela s'ajoute le fait que, puisque nous combattions aux côtés du gouvernement de la RDC pendant la bataille de Goma, nous étions à ce moment-là considérés comme une partie au conflit. Nous n'avions donc pas la liberté de mouvement et ne pouvions pas circuler librement. Il est donc difficile de se prononcer avec précision. Les estimations varient largement. C'est pourquoi nous souhaitons soutenir l'intervention d'un organe indépendant, comme la commission d'enquête récemment créée par le Conseil des droits de l'Homme, afin qu'elle devienne opérationnelle avec des ressources adéquates et, surtout, qu'elle bénéficie d'un accès sans restriction. La Monusco est prête à les soutenir, ainsi que d'autres mécanismes nationaux, pour enquêter sur ces incidents graves, prévenir les récidives et rendre justice aux victimes, le moment venu. Qu'est-ce qui a été, selon vous, déterminant dans la chute de Goma ? Au-delà des faiblesses connues des forces congolaises, quel a été concrètement le rôle de la Monusco face à l'avancée de l'AFC/M23 appuyé par l'armée rwandaise ? Qu'est-ce qui a fait que très rapidement, Goma s'est retrouvé dans une situation où l'AFC/M23 n'a pas trouvé de résistance armée, alors qu'il y avait la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe), la Monusco, les FARDC, les Wazalendo… Oui, nous nous étions préparés à l'éventualité que Goma soit attaquée. Mais je tiens à réaffirmer que ce M23 n'est pas le même que celui de 2012. Le qualifier simplement de groupe armé ou de groupe rebelle ne rend pas compte du niveau d'équipement et d'organisation qu'il a atteint. Et comme nous le savons tous, il bénéficie du soutien de pays voisins, ce qui a été largement établi par différents rapports. Il ne s'agissait donc pas tant d'un combat contre un groupe rebelle que d'un affrontement qui ressemblait presque à un conflit entre deux armées conventionnelles. L'ampleur des combats était sans précédent. Nous étions désavantagés dans l'utilisation de nos technologies en raison du brouillage très actif des signaux GPS pendant la bataille — et, soit dit en passant, cela se poursuit encore aujourd'hui —, ce qui nous empêchait d'utiliser nos hélicoptères et nos drones. Nous ne pouvions pas utiliser nos équipements technologiques. Et l'ampleur de l'attaque était considérable. J'ai également vu autour de l'aéroport des combats extrêmement violents. Ce n'est pas comme si le M23 était simplement entré et avait pris le contrôle, comme en 2012. C'était une bataille extrêmement intense. J'ai vu les forces gouvernementales se battre très violemment à l'aéroport et subir de lourdes pertes. Cela nous amène à réfléchir aux leçons à tirer. Tout d'abord, il y a eu un mépris répété des décisions prises par le Conseil de sécurité, par l'Union africaine, par la Communauté d'Afrique de l'Est et par la SADC, pour n'en citer que quelques-unes. Tous ont cherché à empêcher une escalade du conflit. Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2773 après la chute de Goma. Cependant, cela n'a pas empêché l'extension du conflit, qui s'est poursuivi jusqu'à Bukavu, qui est également tombée — même si ce ne fut pas à l'issue d'une bataille aussi intense que celle de Goma. De même, la signature récente de l'accord de Washington n'a pas empêché la prise d'Uvira. Deuxièmement, tout processus de paix qui n'est pas ancré dans les droits humains et dans la protection des civils est fragile dès le départ. Il faut considérer la protection des droits humains comme une mesure de confiance. Sans s'attaquer, au moins en partie, aux causes profondes du conflit et si l'on cherche à régler les différends sur le champ de bataille, ce conflit se poursuivra. Et il est évidemment impératif de l'empêcher. La primauté de la médiation et des accords négociés est donc absolument centrale. La solution à la situation dans l'est du pays ne réside pas dans une nouvelle guerre, ni sur le champ de bataille. Protéger les civils et votre propre personnel : qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer ? La partie la plus difficile a été de gérer deux urgences simultanément : protéger les civils dans une ville en proie à de violents combats et assurer la sécurité ainsi que la continuité de nos opérations. Heureusement, nous avions évacué la plupart du personnel non-essentiel hors de Goma. Lorsque j'ai informé le Conseil depuis Goma, j'ai été très claire : certains de nos sites étaient affectés et nous accueillions un grand nombre de personnes venues y chercher refuge. Sur le plan opérationnel, cela implique des décisions complexes, prises minute par minute : où renforcer les dispositifs, comment sécuriser les emprises, comment maintenir la coordination humanitaire et appuyer les partenaires, sans accroître les risques pour les civils autour de nos sites. Un exemple concret de ce que signifie notre mandat de protection dans la pratique est ce qui s'est passé après la chute de Goma. Entre 2 000 et 3 000 militaires désarmés des FARDC et de la Police nationale congolaise, ainsi que plusieurs civils de haut profil, ont trouvé refuge dans les bases de la Monusco à Goma en janvier et y sont restés pendant quatre mois. À partir du 30 avril 2025, nous avons mené une opération visant à relocaliser en toute sécurité 1 359 d'entre eux vers Kinshasa, en étroite coordination avec le CICR en tant qu'intermédiaire neutre, et en étroite concertation avec le gouvernement de la RDC, en veillant au respect de la sécurité, de la dignité et de la neutralité tout au long du processus. Cette opération a été conduite avec le consentement éclairé des personnes concernées et dans le strict respect des Conventions de Genève. Pendant plus de trois mois, nous avons assuré une protection physique, un hébergement, des soins médicaux et une alimentation à ces personnes placées sous notre responsabilité, alors même que nous n'étions pas équipés pour accueillir un nombre aussi élevé de personnes et que des maladies transmissibles se sont déclarées en raison de la surpopulation. Nous nous souvenons que les 23 et 24 janvier 2025, les positions de la Monusco et de la SAMI-DRC, la force de la SADC, ont été prises pour cibles. Deux Casques bleus sud-africains, ainsi qu'un Casque bleu uruguayen, ont été tués. Un an plus tard, quel est le bilan au niveau des Nations unies ? Dans ces incidents, comme dans tant d'autres où des Congolais et d'autres personnes ont perdu la vie – et ils étaient très majoritairement congolais – des biens ont été détruits et de nombreuses personnes ont été blessées. Nous continuons à appeler et soutenir les efforts afin de déterminer les responsabilités dans ce qu'il s'est passé. Ces pertes humaines et matérielles ont été rapportées au Conseil de sécurité, et la position générale des Nations unies est claire : l'ONU ne peut jamais être attaquée directement. Nous étions impliqués dans le conflit au début de l'offensive du M23. Mais les attaques délibérées contre les Casques bleus sont inacceptables et peuvent constituer de graves violations du droit international. Nous continuons donc à soutenir la documentation et la préservation des informations, dans la mesure du possible. Mais établir les responsabilités dépend très largement de l'accès, de la coopération et de la capacité des autorités compétentes à enquêter sur ces incidents de manière crédible et en toute sécurité. Nous continuons à plaider pour que ces conditions soient réunies. Nous avons également renforcé – et continuons de renforcer – les mesures de protection pour les Casques bleus et les civils, car notre devoir immédiat est d'empêcher de nouvelles pertes en vies humaines, qu'il s'agisse de nos propres personnels ou des civils pris dans les tirs croisés. Normalement, la justice met du temps à être rendue. Elle est lente, mais elle finit par rattraper les responsables. Nous l'avons vu dans d'autres contextes. Mais pourquoi a-t-on l'impression que la région des Grands Lacs est la seule où des Casques bleus peuvent être attaqués, où des hélicoptères de la Monusco peuvent être détruits, sans clarification, sans explication, sans suivi judiciaire, sans sanctions ? Pourquoi ? La première étape est d'arrêter les combats dans l'est. Après cela, il y aura le temps d'examiner toutes ces questions. Car il est bien sûr inacceptable qu'une mission de maintien de la paix, décidée à l'unanimité par 193 États membres et financée par ces mêmes États, soit empêchée de faire correctement son travail. Je tiens également à souligner que la Monusco est la seule à être encore présente sur le terrain. De nombreux autres acteurs armés et divers groupes ont quitté l'est, qui est aujourd'hui toujours sous contrôle du M23. Mais nous, nous sommes toujours là et nous avons toujours un rôle important à jouer. Nous tenons bon et nous remplissons ce rôle du mieux que nous le pouvons, malgré les restrictions de mouvement. Mais Il viendra un moment où il faudra établir les responsabilités. Eh bien sûr, nous avons documenté tout cela, et le moment viendra. Mais notre priorité immédiate est de mettre fin aux combats et de créer les conditions pour que des solutions négociées puissent être instaurées, afin que l'on trouve une solution à cette situation persistante dans l'est, qui dure depuis trente ans et qui, au moment même où nous parlons, semble encore s'aggraver. Voilà notre priorité absolue. La justice et la responsabilité viendront après. Avec le nouveau mandat de la Monusco, que fait concrètement la mission aujourd'hui sur le terrain, différemment de ce qu'elle faisait dans les semaines et les mois ayant suivi la prise de Goma, et par rapport à l'ancien mandat ? Dans les zones contrôlées par le M23, la situation est évidemment différente, car nous n'avons jamais pu y retrouver notre liberté de mouvement. Nous pouvons faire entrer et sortir des troupes et du personnel, mais sans aéroport, cela se fait par voie terrestre, ce qui prend plus de temps. Mais les troupes ne peuvent pas patrouiller librement. Le Conseil de sécurité le sait parfaitement. Des pressions sont exercées sur le M23 pour qu'il nous accorde la liberté de mouvement, mais ce groupe pose des conditions que nous ne pouvons pas accepter, car nous ne pouvons pas coopérer avec un groupe armé ayant pris le contrôle d'un territoire souverain de la RDC. Malgré cela, nous avons établi un modus operandi qui nous permet de rester présents dans l'est. Cette présence est précieuse, car elle donne un certain espoir à la population : l'ONU est toujours là, la communauté internationale ne les a pas oubliés. Nous utilisons nos réseaux pour surveiller la situation et en rendre compte. Mais les opérations classiques de maintien de la paix que nous menons en Ituri et dans le grand nord ne sont pas possibles dans les zones contrôlées par le M23. Un nouvel élément figure toutefois dans la résolution : lorsqu'un cessez-le-feu est en place – et nous devrions en avoir un – nous sommes mandatés pour le soutenir. Cela a été négocié à Doha, avec un rôle pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), et la Monusco fait partie intégrante de ce mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, y compris sur le plan logistique. Ce mécanisme est prêt, il n'est pas encore visible parce que le cessez-le-feu ne tient pas pleinement. Mais nous sommes prêts. Nous nous préparons activement, mais certaines conditions doivent être en place : l'accès aux aéroports, l'utilisation de nos hélicoptères. En mars, nous retournerons devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il nous a demandé des propositions concrètes sur la mise en œuvre du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, et nous serons prêts à les présenter, afin qu'il puisse prendre une décision.
durée : 00:04:32 - La planète des sciences - par : Daniel FIEVET - La science est dans le pré cette semaine avec une étude sur la sensibilité des chevaux à l'odeur de la peur et une autre sur les surprenantes capacités d'une vache à utiliser un balai pour se gratter Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
C'est un article véhément d'Afrik.com qui s'intéresse de près au Conseil de la Paix, que Donald Trump est en train de constituer, et qui est considéré comme une sorte d'alternative à l'ONU, au service des intérêts américains. « Mohammed VI mise un milliard sur Trump : le pari fou qui indigne la jeunesse marocaine », titre Afrik.com, qui persifle : « Le roi du Maroc s'offre un strapontin doré dans "le conseil de la paix" trumpien. Pendant ce temps, les hôpitaux manquent de lits et les diplômés de travail ». Si l'on en croit le journal en ligne panafricain, « le dispositif » mis en place par Donald Trump « est simple, presque brutal dans sa franchise. Vous voulez siéger ? Trois ans de mandat renouvelable. Vous voulez compter ? Un milliard de dollars, et vous devenez "membre permanent" ». « Le Maroc n'a pas hésité », ajoute encore Afrik.com. « Mohammed VI (…) a décidé que son royaume serait le premier pays africain, premier pays arabe à lever la main ». Le journal reconnaît toutefois « qu'à ce jour, Rabat n'a ni confirmé ni démenti le versement effectif d'un milliard de dollars. La communication officielle se contente de célébrer le statut de "membre fondateur" sans préciser s'il s'agit de la version à trois ans ou de la version à neuf zéros ». Cela n'empêche pas Afrik.com de prédire la révolte : « Si la facture est réelle, affirme le journal, chaque fermeture de dispensaire rural, chaque promotion de médecins partie exercer en France, chaque jeune diplômé au chômage deviendra un procureur silencieux de ce choix ». Succès et apaisement La presse marocaine n'évoque pas ce sujet sensible dans ses colonnes, mais se fait le relais du message du roi Mohammed VI, sur la dernière CAN, organisée au Maroc.« Le roi Mohammed VI salue une "réussite historique" marocaine et réaffirme l'engagement du Royaume pour une Afrique Unie », titre Tel Quel, alors qu'Hespress résume ainsi le message royal : « Le Roi du Maroc félicite la Nation pour une organisation historique et appelle à l'apaisement après la finale ». Aujourd'hui Maroc titre « Sa Majesté le Roi remercie l'ensemble des composantes de la nation qui ont admirablement contribué à la réussite de cette magnifique manifestation ». Concernant plus précisément la finale chaotique entre le Maroc et le Sénégal, « le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et son homologue marocain Aziz Akhannouch avaient appelé, mercredi, leurs ressortissants respectifs au calme et à l'apaisement », remarque Sénéplus ». Le roi Mohammed VI, lui, qualifie ces évènements de « très déplorables », ajoute WalfNet, le roi ajoutant toutefois que « la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus, car cette réussite marocaine est aussi une réussite africaine ». Tricherie et empoisonnement ? AfrikFoot donne de la finale de la CAF une version plus polémique. « Le roi Mohammed VI siffle la fin de la récréation », annonce le média en ligne. « En pleine passes d'armes entre supporters marocains et le reste du monde, le monarque a condamné les incidents ayant écorné la finale de la CAN 2025, perdue à domicile face au Sénégal ». « Quant aux accusations de tricherie à peine voilées portées à l'encontre du Maroc, Sa Majesté a implicitement exhorté ses compatriotes à la retenue, et par la même occasion à fumer le calumet de la paix ». Signe toutefois que la tension n'est pas totalement retombée, Afrikfoot revient sur « des soupçons d'empoisonnement, qui planent sur la finale de la CAN 2025 » et cite Bacary Cissé, le conseiller de Sadio Mané qui évoque les malaises dont auraient été victimes trois joueurs sénégalais juste avant la finale. « C'était vraiment très bizarre », dit-il. Mais pour Afrikfoot, « il est trop tôt pour dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Il n'existe pour l'heure aucune preuve suffisante pour porter de telles accusation ». C'est pourquoi Bacary Cissé a déclaré : « On n'a aucune preuve qui justifie une suspicion d'empoisonnement ». « Affaire à suivre », conclut Afrikfoot.
Les Texans ont du aborder leur match face aux Patriots sans Nico Collins. Comment une équipe NFL s'ajuste-t-elle quand sa meilleure cible est absente ? Cela dépend des équipes, et ce n'est pas toujours facile. C'est ce que vous explique notre consultant Anthony Dablé.L'ancien receveur des Giants et des Falcons revient ensuite sur la difficulté à jouer dans le froid !Lucas Vola est au micro avec Anthony Dablé.Bonne écoute ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le “doigt d'honneur”, c'est-à-dire le fait de tendre le majeur en repliant les autres doigts, n'a pas une origine floue ou médiévale : on connaît des sources antiques précises qui prouvent que le geste existait déjà il y a plus de 2 000 ans — et qu'il était déjà obscène.1) L'origine antique : un geste sexuel, pas une “insulte abstraite”Dans l'Antiquité grecque, le majeur tendu est un signe explicitement sexuel : il représente un phallus (le doigt dressé), parfois accompagné des doigts repliés comme testicules. Ce n'est pas métaphorique : c'est un geste de menace et d'humiliation, destiné à rabaisser l'autre en insinuant une domination sexuelle.Le témoignage le plus net se trouve chez Aristophane, dans la comédie Les Nuées (423 av. J.-C.) : un personnage fait un jeu de mots entre dáktylos (“doigt”) et le “dactyle” (le pied métrique), et accompagne la blague en tendant le majeur, comme une provocation. Cela montre que le public grec comprenait immédiatement le sens obscène du geste. On en trouve aussi des mentions via des compilations antiques et commentaires (Suda, etc.), preuve que le geste était identifié comme une insulte codifiée. 2) La confirmation romaine : “digitus impudicus”À Rome, le geste est carrément nommé : digitus impudicus, “le doigt impudique / indécent”. Là encore, pas de doute sur sa nature : il s'agit d'un signe grossier, associé à l'insulte sexuelle et à la dérision.Le geste apparaît chez plusieurs auteurs latins, notamment Martial, qui évoque le “doigt impudique” dans ses épigrammes, et d'autres textes latins de l'époque impériale. 3) Ce que ce n'est PAS : la légende d'AzincourtBeaucoup répètent que le geste viendrait des archers anglais à Azincourt (1415), qui auraient montré leurs doigts aux Français. C'est une légende moderne, démontée par des vérifications historiques : elle ne correspond pas aux sources et le geste existait déjà dans l'Antiquité. Donc l'origine exacte du doigt d'honneur est claire : c'est un geste obscène antique, attesté en Grèce au Ve siècle av. J.-C. et nommé à Rome comme le digitus impudicus — un symbole sexuel de domination devenu, au fil du temps, l'insulte universelle que l'on connaît aujourd'hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous vous surprenez à filtrer vos décisions, vos paroles, vos envies à travers ce que vous imaginez que les autres pourraient penser de vous ? Si c'est le cas, vous n'êtes pas seule. Pour beaucoup de femmes leaders, le regard des autres devient un poids silencieux qui influence leur façon de travailler, de s'exprimer… et de vivre. Dans cet épisode, je vous invite à déconstruire ensemble cette pression souvent invisible, mais profondément ancrée.Vous découvrez notamment :Pourquoi la peur du jugement est si fréquente chez les femmes ambitieuses,En quoi le regard des autres reflète souvent vos propres doutes,Comment repérer les schémas de people pleasing qui vous éloignent de vos désirs,Pourquoi ce besoin de plaire est souvent hérité de l'enfance ou du début de carrière,Comment retrouver une boussole interne pour prendre des décisions sereines,Ce que vos peurs vous révèlent de l'image de soi et des croyances limitantes,Des pistes concrètes pour vous libérer de l'envie de plaire à tout prix et construire un leadership aligné.Ce que pensent les autres ne dit rien de vous. Cela parle de leurs filtres, de leur histoire, de leurs peurs. Vous ne contrôlerez jamais leurs jugements, mais vous pouvez changer votre regard sur vous-même. Et c'est souvent là que commence une transformation profonde.Cet épisode s'adresse à toutes celles qui veulent faire des choix professionnels et personnels plus affirmés, moins dictés par l'approbation extérieure. Il vous aidera à vous reconnecter à ce qui compte pour vous, à reprendre confiance en votre voix et à tracer un chemin professionnel qui vous ressemble, avec moins de stress et plus de liberté intérieure.****Rejoignez la newsletter Sensées : elle vous donne accès à un concentré de coaching, d'inspiration et à un workshop offert chaque mois. Inscrivez-vous gratuitement en cliquant ici. Tout comme sur le podcast Sensées, on y parle de leadership, d'ambition, de confiance en soi, de motivation, de carrière, d'outils de développement personnel, de management, de prise de poste, de prise de parole, et. : bref, de tout ce qui concerne le quotidien des femmes ambitieuses.***Sensées, c'est aussi un programme de coaching pour les femmes dirigeantes, top managers et entrepreneures. Au sein du programme Sensées, vous êtes accompagnée en petit groupe ET en individuel dans votre croissance professionnelle. Vous êtes aussi formée et mentorée pour incarner pleinement votre leadership, avec les maîtres mots sérénité, plaisir, hauteur et impact. Intéressée ? Cliquez ici pour en savoir plus.**Notre guide "10 leviers essentiels pour les décideuses" est un véritable concentré d'outils de coaching et de mentoring, les mêmes que nous utilisons dans le programme Sensées. Il est conçu pour toutes les directrices, dirigeantes et entrepreneures qui sont fatiguées de porter seules les responsabilités. Si vous avez l'impression que votre quotidien vous échappe petit à petit, ce guide est fait pour vous. Cliquez ici pour obtenir votre exemplaire offert !*Vous représentez une entreprise et souhaitez développer le leadership de vos talents féminins ? : cliquez ici.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:59:26 - LSD, la série documentaire - par : Elodie Maillot - Le caca peut aussi guérir. Enfin, pas vraiment le caca lui-même, mais plutôt notre microbiote. On parle de transfert de microbiote et même de greffe fécale ou de greffe de microbiote. Cela suscite de nouveaux espoirs de guérison, de maladies digestives bien sûr, mais aussi d'autres pathologies. - réalisation : Véronique Samouiloff
Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Les manifestants brandissent un immense drapeau du Venezuela dans les rues de Pretoria, capitale de l'Afrique du Sud. Celui des États-Unis, flotte en arrière-plan au-dessus d'une ambassade américaine surprotégée. Les slogans des manifestants sud-africains sont clairs : « Hands Off Venezuela », ‘Ne touchez pas au Venezuela.' » « Il s'agit d'une manifestation d'urgence, explique Mohammed Desai, de l'Association Afrique du Sud-Amérique latine, organisée par diverses organisations de la société civile sud-africaine, des partis politiques ainsi que des syndicats. Aujourd'hui, c'est le Venezuela qui est attaqué, demain, nous craignons que ce soit l'Afrique du Sud ! » Lors de la manifestation, le secrétaire général du Parti communiste sud-africain Solly Mapaila regrette le manque de réactions internationales. « À l'heure actuelle, tonne-t-il, les États-Unis font ce qui leur plait ! Il est regrettable qu'ils soient autorisés à le faire et que certains pays dans le monde n'aient pas réagi de manière appropriée... Nous refusons de vivre dans un monde monolithique dans lequel les États-Unis nous imposent une forme extrême de capitalisme de droite et de conservatisme, sans quoi ils ne nous considèrent ! » Nations unies, salle du Conseil de sécurité. Trois notes, les diplomates s'installent. La présidence somalienne prend le micro : la réunion 10085 du Conseil de sécurité est déclarée ouverte. Ce 5 janvier 2026, la désapprobation africaine face à l'intervention des États-Unis au Venezuela est cette fois-ci exprimée en termes diplomatiques, par la voix de l'ambassadeur Lewis Brown. Le représentant du Liberia aux Nations unies s'exprime devant le Conseil au nom du A3, le groupe des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité : « De tels développements représentent des défis sérieux, non seulement par rapport à la stabilité interne du Venezuela, mais aussi parce qu'ils soulignent l'impératif de sauvegarder, plus largement, la paix et la sécurité de la région. Le A3 demeure ferme dans son engagement en faveur des principes fondamentaux du droit international, y compris le respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, tels qu'inscrits dans la charte des Nations unies, dans l'intérêt de la stabilité régionale et de la paix internationale. » Plusieurs gouvernements et organisations ont également marqué leur protestation par des communiqués : le Ghana, la Namibie, l'Union africaine ou l'Alliance des États du Sahel. Interventionnisme décomplexé Le cas vénézuélien est devenu emblématique d'un interventionnisme décomplexé. Et l'Afrique est d'autant plus concernée par cette politique de puissance qu'elle en a elle-même été la cible. Dès février 2025, des frappes américaines sont déclenchées contre des cibles de l'organisation État islamique dans les montagnes du Golis, dans le nord de la Somalie. À la fin de l'année, c'est le Nigeria qui fait l'objet d'une intervention américaine, préparée et justifiée par un argumentaire sur mesure : l'existence d'un prétendu massacre de chrétiens dans le pays. Des frappes censées viser l'État islamique sont déclenchées le jour de Noël, le 25 décembre. En ce début d'année 2026, certains sur place s'interrogent encore sur les motivations réelles de l'intervention américaine… Comme le professeur Muktar Omar Bunza, qui enseigne l'histoire sociale à l'Université du Nord-Ouest à Sokoto, au Nigeria. « Avec ce qu'il s'est passé au Venezuela, explique-t-il, les gens ont l'impression que les Américains peuvent prendre n'importe quel prétexte, comme par exemple cette histoire de persécutions religieuses, que n'importe quoi peut servir de justification pour que les Américains s'emparent des ressources d'un endroit. Donc, les gens ont peur, ils craignent que ce soit juste une étape, ils perdent confiance dans l'idée d'une démocratie américaine qui respecterait les droits humains, ou qui les défendrait ». Le Grand invité AfriqueOusmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump» L'inquiétude est d'autant plus forte que la parole développée autour de cette politique de puissance s'émancipe largement des faits, de la réalité du terrain. L'exemple nigérian n'est pas unique. L'Afrique du Sud a elle aussi dû endurer les déformations trumpiennes de la vérité. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est érigé en défenseur des fermiers blancs qu'il considère victimes d'un « génocide » en Afrique du Sud. Cette affirmation ne s'appuie pourtant sur aucun fait. « Il nous ramène dans notre passé ! » Se rendre dans une ferme au nord de Pretoria aide à s'en rendre compte. Ici on élève des poulets et l'on produit des choux ou des poivrons. Le Dr. Ethel Zulu est nutritionniste de formation. Il y a une dizaine d'années, elle a choisi de devenir agricultrice, elle est aujourd'hui à la tête d'une propriété d'une vingtaine d'hectares. Le crime en milieu rural, raconte-t-elle, touche aussi (et surtout) la communauté noire. Elle en a elle-même été victime. « Avant, explique-t-elle, nous occupions notre maison entièrement, mais nous avons décidé d'y installer aussi certains de nos employés, pour ne pas être seules ma fille et moi. Comme ça on se sent un peu plus en sécurité. Vous savez, cette question de la sécurité dans les fermes est un problème qui touche toute la communauté agricole, ce n'est pas du tout un problème racial mais bien un problème national. » Sa réaction aux propos du président américain, à ses affirmations sur une communauté blanche prise pour cible et l'existence d'un « génocide » ? « Cet homme est raciste, c'est tout ! Parce que les incidents que subissent les agriculteurs noirs dans leurs exploitations, comme moi, personne n'en a parlé. Nous venons par exemple de perdre un cadre de notre coopérative - AFASA. Le 26 décembre 2025, ils sont entrés armés chez lui, lui ont dérobé tout son argent, puis l'ont tué ! Et on nous dit que les agriculteurs blancs sont plus vulnérables que les agriculteurs noirs ? Ce sont des mensonges, des absurdités, nous sommes tous des cibles ! D'une certaine manière, ces propos divisent le pays en raison de notre histoire. Nous essayons d'aller de l'avant, et lui, il nous ramène dans notre passé ! » Ethel Zulu sort son téléphone et ouvre WhatsApp. Apparaissent alors de nombreux groupes communautaires, symbole de l'entraide entre voisins. « Tous les membres sont des agriculteurs du coin… Là, c'est notre équipe d'urgence… » Dans ces groupes, les noms Afrikaners, de la minorité blanche, se mêlent aux noms africains. Illustration d'une communauté d'agriculteurs soudée, victime de la même criminalité, parce qu'isolée en milieu rural, loin des postes de police. « Not in our name » De l'autre côté de l'Atlantique, malgré le rappel des faits et de la réalité de terrain, Donald Trump persiste. Le documentaliste Louis Gaigher et plusieurs dizaines d'Afrikaners ont co-signé une lettre ouverte dans la presse sud-africaine, « Not in our name », 'Pas en notre nom'. Une réponse aux propos américains. « Je pense que ce qu'il fait ici, ou plutôt le genre de rhétorique qu'il utilise, relève complètement de la suprématie blanche. Je trouve cela extrêmement opportuniste. Je ne peux parler qu'en mon nom, je refuse qu'on me présente comme un réfugié ou quelqu'un qui souffre à cause du gouvernement postapartheid et de la démocratie. » En Afrique du Sud, 35 ans après la fin de l'Apartheid, la minorité blanche est encore très puissante économiquement et politiquement. Elle détient une grande majorité des terres du pays. Si la Nation arc-en-ciel est confrontée à bien des défis, Louis Gaigher et les autres signataires de cette tribune, refusent d'être « des pions dans les guerres culturelles américaines ». « L'administration américaine attaque notre politique de redistribution des terres. Mais ici nous avons l'État de droit qui doit toujours être protégé. Et c'est complètement ridicule que les Américains se plaignent de notre loi sur l'expropriation sans compensation alors qu'ils font précisément la même chose, et de manière très violente, avec le Venezuela, ou encore avec leurs projets pour le Groenland ! » Les cas nigérian et sud-africain viennent en tout cas confirmer que la manipulation décomplexée de la réalité est l'un des piliers de la gouvernance trumpienne. « Ce que Donald Trump a fait, c'est qu'il a reconfiguré ce que nous considérions comme ‘la vérité', analyse Trust Matsilele, maître de conférences à l'Université de Birmingham. La vérité ou les faits sont maintenant des concepts fragiles. À partir du moment où ils ne servent plus ses intérêts, ils peuvent être contestés ou rejetés. C'est ce qu'on pourrait appeler une ‘politisation de la vérité'. Certaines des choses qui avaient été vues comme des vérités établies sont remises en cause : le changement climatique, les concepts de démocratie et d'État de droit. Tout cela a été bousculé par la vision du monde de Donald Trump ». Le chercheur s'arrête sur les risques que fait courir un tel comportement : « La vérité doit être la vérité, quelle que soit votre position. À partir du moment où vous commencez à politiser tout cela, on bascule de la vérité objective à la propagande, la mésinformation, la désinformation et les fake news… » Des opinions publiques africaines partagées À Kinshasa, dans le quartier commerçant de la Gombe, la circulation est encore timide et les embouteillages n'ont pas encore fait leur apparition, ce matin-là. Les Kinois sont déjà sur le chemin du travail. Certains, comme Jacquemain, disent la crainte que leur inspire désormais Trump, en dépit de son engagement en faveur du processus de paix en République démocratique du Congo. « Auparavant, quand il était arrivé au pouvoir, on pensait qu'il allait faire de bonnes choses, surtout pour notre pays la RDC. On pensait que c'était dans notre intérêt, la population congolaise. Mais maintenant, quand on constate la politique qu'il est en train d'amener dans le monde, on se demande : est-ce que ce n'est pas par intérêt pour nos minerais ? On a ensuite vu ce qu'il s'est passé au Venezuela, et puis ça n'est pas encore fini, on attend encore maintenant bientôt le Groenland et tout ça. On se demande : qu'est-ce qu'il se passe dans la tête de ce président-là ? » Patrick, lui aussi, déplore les coups portés à l'ordre international. « Quand il est venu, regrette-t-il, il a montré l'image de quelqu'un qui voulait la paix. Maintenant, on est en train de remarquer qu'il crée des problèmes. Apparemment, il ne respecte pas les lois internationales. Il y a eu la Deuxième Guerre mondiale. Après, les gens se sont réunis pour établir des lois qu'ils devraient respecter. Apparemment, ces lois, lui, ne lui disent rien. Il fait ce qu'il veut. Alors, ça fait craindre. » Cela provoque des débats également à Abidjan, en Côte d'Ivoire, comme entre ces étudiants en anglais rassemblés dans une salle d'université. Beaucoup admirent le président américain. « Il faut dire que c'est un gars bien, estime Daniel, il exerce un pouvoir très exécutif. Ses partisans valorisent son leadership et aussi sa manière de prendre des décisions… Quand il veut faire, il fait ». « Le monsieur il est simple, avance de son côté Emmanuella. Il te dit “fais ça”, tu ne fais pas ça, il te voit directement comme un ennemi… Pour diriger, il faut avoir de la poigne, on ne peut pas diriger avec les sentiments ». L'interventionnisme américain au Venezuela ou au Nigeria n'émeut pas Ange, qui n'a pas 20 ans. Il voit Trump comme un modèle à suivre et approuve sa posture envers les États africains : « C'est un monsieur qui agit par intérêt et ses relations avec l'Afrique sont plutôt par intérêt. ‘Je vous apporte quelque chose si vous m'apportez quelque chose. Si vous ne m'apportez rien, je ne vous apporte rien !' Je pense que Donald Trump a eu cette intelligence-là et il fait bien. Un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts. Et je pense que Donald Trump applique cela et ça me fait plaisir de voir cela ». Ange rêve d'étudier aux États-Unis. Son espoir paraît compromis depuis le 1er janvier et la suspension de la délivrance de visas accordés aux ressortissants ivoiriens, une mesure jugée discriminatoire par beaucoup. « Une nouvelle approche mercantiliste » La diplomatie trumpienne navigue-t-elle à vue, comme l'assurent certains observateurs, ou a-t-elle une cohérence et une logique profonde ? Pour le professeur Adekeye Adebajo de l'Université de Pretoria, la politique internationale de Donald Trump s'inscrit dans le temps long de l'interventionnisme américain. « Je pense, explique cet universitaire, que ce que fait Trump s'inscrit dans la continuité de ce que les États‑Unis ont fait par le passé, car je ne crois pas qu'il soit forcément exact de le présenter comme une aberration totale. Il y a trente‑cinq ans, George Bush Père a envoyé des troupes américaines au Panama et ils y ont arrêté le dictateur Manuel Noriega, l'ont littéralement enlevé et emmené aux États‑Unis pour y être jugé et emprisonné… Donc, si nous connaissons notre histoire, nous savons que de nombreuses administrations américaines ont fait exactement ce que Trump a fait, ou des choses similaires ». Le chercheur voit également dans le regard trumpien sur le monde une doctrine qui associe une nouvelle fois la puissance, le commerce et l'accès aux ressources minières. « Je pense que, fondamentalement, il y a un principe : il s'agit d'une nouvelle approche mercantiliste qui consiste essentiellement à freiner la mainmise de la Chine sur les minerais rares et à s'assurer que les États‑Unis aient effectivement accès à ces ressources. On a vu que ses efforts de “paix” dans la région des Grands Lacs, en RDC, au Rwanda, en Ukraine et ailleurs, ont aussi comporté des accords miniers. L'intervention et l'enlèvement du président vénézuélien portent évidemment aussi sur le pétrole, et je pense donc qu'une grande partie de tout cela tourne autour de la Chine, de l'équilibrage de la puissance chinoise et des garanties qu'elle ne puisse pas rivaliser avec les États‑Unis ». Adekeye Adebajo insiste sur un troisième aspect : la diplomatie trumpienne est marquée par sa volonté de défaire le multilatéralisme. C'est ainsi que les États-Unis sont récemment sortis de 66 organisations internationales. Et c'est ainsi qu'ils ont fermé l'Usaid, l'Agence américaine pour le développement international. Usaid : les lourdes conséquences d'une fermeture Le Soudan du Sud est l'un des pays qui en sort le plus affecté. L'assistance américaine a été divisée par plus de quatorze entre 2024 et 2025. Il n'aura fallu que quelques semaines après l'annonce de la fin d'Usaid pour en mesurer les conséquences dans la localité de Gurei, à l'ouest de la capitale du Soudan du Sud, Juba. Le centre de nutrition de Gurei prend en charge des enfants en malnutrition sévère. D'habitude très fréquenté, il est quasiment vide en ce mois de mars 2025. Les aliments thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition infantile, les fameux sachets de pâte d'arachide enrichie fournis par l'Usaid, ne sont déjà plus disponibles depuis environ un mois. Quand Helen Furu vient faire examiner son fils Joseph, 1 an, elle doit faire ce constat douloureux : depuis la dernière visite, sa situation ne s'améliore pas, faute d'aliments thérapeutiques. « Mon mari est fonctionnaire et ça arrive souvent qu'il ne soit pas payé, confie Helen Furu. Quant à moi, quand j'étais enceinte de Joseph, je travaillais sur le marché et je me suis épuisée. Quand il est né, il était très faible et chétif. Quand il a été pris en charge ici, avec les traitements, son état s'est un peu amélioré. Chaque lundi, je viens ici pour le suivi mais ça fait un moment que les traitements à base de pâte d'arachide ne sont plus distribués, je ne sais pas trop quel est le problème. Cela m'inquiète car, quand il prend ce complément, il va mieux. J'ai envie de dire aux Américains de ne pas arrêter de soutenir les enfants du Soudan du Sud. Dans notre pays, très peu de gens vivent bien. La grande majorité souffre car il n'y a pas de travail ». Le directeur du centre de Gurei, Sarafino Doggal, porte une blouse blanche brodée du logo de l'Usaid, vestige de temps révolus. Debout dans son bureau face à un mur de tableaux statistiques, il appelle au soutien pour faire face aux besoins énormes de la population : « Hier, par exemple, nous avons reçu 325 patients venus de différents quartiers. Nous les recevons, mais le problème c'est que nous n'avons pas de médicaments. Il y a de nombreux enfants en situation de malnutrition. Vous voyez tous ces patients ? Ils viennent à la clinique le matin sans avoir pris de petit-déjeuner, pas même un thé. Ils vont passer toute leur journée ici, et puis rentrer chez eux où il n'y aura rien à manger. Les chefs communautaires m'ont dit que la situation empire, surtout en ce qui concerne la malnutrition infantile, à cause de l'arrêt des aliments thérapeutiques. Les enfants et leurs mères souffrent énormément. » Plusieurs mois ont passé et les conséquences de la fin de l'Usaid continuent à se faire sentir sur le continent, ailleurs. Comme à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Aster pousse le lourd portail gris et entre dans la petite cour ombragée qui jouxte une école. Du linge encore mouillé pend sur deux longues cordes attachées à une maison blanche. Cet après-midi, une dizaine de jeunes travailleuses du sexe ont trouvé refuge, comme elle, dans ce centre d'accueil et de prévention du Sida de l'ONG éthiopienne Ishdo : « Je viens ici pour prendre une douche, me soigner, et on ne me demande pas de payer en échange. Je suis ici tous les jours depuis cinq mois, et cet endroit est très important pour moi. Je me sens heureuse et en sécurité ici. » Depuis son ouverture en décembre 2024, ce centre d'accueil est ouvert 7 jours sur 7. Hiwot Mekonnen est l'infirmière en cheffe de la structure : « Nos patientes passent le test de dépistage du VIH. Nous leur proposons également des services de planification familiale, un dépistage des problèmes de santé mentale, des violences sexistes et un test du cancer du col de l'utérus. » Plusieurs fois par semaine, l'équipe médicale organise aussi des séances de prévention, dans une petite salle aux murs tapissés d'informations sur la contraception féminine. Des préservatifs sont également à leur disposition. L'arrêt des financements de l'Usaid, bailleur principal d'Onusida qui finance la structure, a frappé de plein fouet les activités du centre. « Ces deux derniers mois, nous n'avons pu organiser ni les séances de prévention, ni les tests, explique Hiwot Mekonnen. Et si les femmes continuent leur activité sans préservatifs, cela augmentera la transmission du VIH. La situation est instable, et j'ai beaucoup de doutes ». Ces dernières années pourtant, les efforts d'Onusida avaient porté leurs fruits : 94% des personnes diagnostiquées séropositives recevaient ici un traitement antirétroviral, dit ARV. Désormais, l'agence de l'ONU doit compter sur le mémorandum signé en décembre dernier entre les gouvernements éthiopien et américain, d'un montant d'1 milliard et demi de dollars. Objectif affiché : « Renforcer les systèmes de santé publique et la prévention des maladies… »
Les Buffalo Bills subissent une nouvelle défaite crève coeur en playoffs. Les coéquipiers de Josh Allen s'inclinent après prolongation face aux Denver Broncos, et ne verront donc pas le Super Bowl en 2026.Entre décisions arbitrales litigieuses, et jeux qui oscillent entre hasard et génie, les Bills nous ont procuré des émotions. Mais, en Divisional, cela ne suffit pas. Cela profite aux Broncos qui vont être privés de Bo Nix pour le reste des playoffs.En NFC, les Seattle Seahawks ne font qu'une bouchée de 49ers diminués. La franchise du Nord Est des Etats-Unis émerge en tant que grands favoris pour accéder au Super Bowl. Peuvent-ils continuer sur leur lancée ?Nithinya Simuong et Kevin Renaudet au micro.Bonne écoute ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vos clients n'achètent pas ? Votre offre n'est peut-être pas le problème. Votre prix/tarif non plus.C'est souvent votre façon de parler à vos (futurs) clients.On oublie souvent qu'on achète tous différemment.Et pourtant, les entrepreneurs vendent de la même manière à tous leurs clients.Dans cet épisode, je vous dévoile les 4 profils types d'acheteurs et comment adapter votre discours à chacun d'eux.Ce qui déclenche le "oui", les red flags qui font fuir, les mots exacts à utiliser... tout y est.Que vous vendiez en 1:1 ou en one-to-many, ce framework va clairement booster votre façon de vendre.En résumé, vous saurez exactement comment :➡️ Identifier les 4 profils d'acheteurs et comprendre leurs déclencheurs d'achat.➡️ Adapter votre discours de vente, vos arguments et vos contenus selon chaque profil.➡️ Vendre plus sans insister, sans vous brader et sans avoir l'impression de “forcer”.Bonne écoute
“La Chine ne copie plus. Elle impose sa vision.”Pendant des années, l'Occident a regardé la Chine comme un atelier du monde. Une usine géante, capable de produire vite et pas cher, mais incapable d'innover.Cette époque est révolue.Pour le comprendre, nous sommes allés sur place.Stéphane Bohbot est au cœur de cette bascule depuis 13 ans.Avec Innov8, il est l'intermédiaire "invisible" entre les marques chinoises et le retail français. DJI, Huawei, robots aspirateurs, tondeuses connectées… une grande partie des produits technologiques de marques chinoise qui est vendue chez Fnac, Darty ou Boulanger passe par lui.Et le marché est conséquent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, avec 200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023 et 320 millions en 2025.Mais derrière cette croissance, il y a un système.Un pays capable de mobiliser des milliards pour devenir un acteur mondial.Une volonté politique de soutenir l'innovation et la recherche.Mais aussi un État autoritaire, une surveillance massive et un capitalisme sous contrôle politique permanent.Comprendre la réussite chinoise ne signifie pas l'idéaliser.Cela implique aussi d'en regarder les risques.Dans cet épisode enregistré à Hong Kong, lors du tournage de notre documentaire "Comment la Chine est-elle devenue imbattable ?" Stéphane Bohbot explique pourquoi la Chine a pris l'avantage et ce que l'Occident refuse encore de voir.Il nous partage :Les 4 grands piliers de la réussite des géants chinoisPourquoi la recherche et la supply chain sont devenues des armes stratégiquesComment il sélectionne ses partenaires parmi des milliers de marques chinoisesPourquoi les contrats d'exclusivité n'existent jamais et pourquoi c'est un avantage compétitifLe véritable impact du ban américain sur HuaweiUn épisode crucial pour comprendre ce qui se joue entre l'Europe et la Chine.Enregistré de l'intérieur, au cœur du réacteur.Vous pouvez contacter Stéphane sur Linkedin.TIMELINE:00:00:00 : La Chine ne copie plus, elle impose sa vision00:17:26 : L'intermédiaire invisible qui fait tourner le retail00:26:01 : Combien coûte vraiment un smartphone ?00:32:10 : Transfert de technologie ou copie ?00:45:05 : Les 4 clés du succès chinois01:01:41 : La France doit choisir ses combats pour rivaliser01:11:18 : Le fantasme du robot universel01:20:25 : Le désert européen du hardware01:28:17 : Le rythme chinois 996 : 9h-21h, 6 jours par semaine01:37:30 : Comment choisir un partenaire chinois parmi des milliers01:48:23 : La révolution du drone : de gadget à outil professionnel01:56:15 : L'exclusivité qui n'existe pas02:04:51 : Comment maîtriser ses ventes quand on n'est pas retailer ?02:13:05 : Pourquoi se cantonner à la France ?02:19:25 : L'impact du ban américain sur HuaweiLes anciens épisodes de GDIY mentionnés : #505 - Mingpo Cai - Cathay Capital - De la chine profonde aux sommets du capital-investissement#501 - Delphine Horvilleur - Rabbin, Écrivaine - Dialoguer quand tout nous diviseNous avons parlé de :La tour DJI à ShenzhenLes États-Unis interdisent officiellement HuaweiLes recommandations de lecture :L'entraide: L'autre loi de la jungle, de Pablo ServigneVous souhaitez sponsoriser Génération Do It Yourself ou nous proposer un partenariat ?Contactez mon label Orso Media via ce formulaire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, on parle de la 19e lettre de notre alphabet, j'ai nommé : le S. Cela pour répondre à cette question de Bernard sur Facebook, qui me demande "Savez-vous comment on a décidé que le pluriel des mots se ferait en ajoutant un S ? Pourquoi pas une autre consonne ?" Et j'ajouterais même, cher Bernard, pourquoi pas... une voyelle ?!Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous l'avez sans doute déjà remarqué si vous avez laissé vos mains un certain temps dans l'eau. Cela finit par former des espèces de petites vaguelettes sur la peau des doigts. Quand les doigts restent mouillés trop longtemps, une commande nerveuse se déclenche, elle rend alors les vaisseaux sanguins plus fins à leurs extrémités. Résultat, le volume de nos doigts diminue mais la peau dessus, elle, conserve sa taille, ce qui crée ces petits sillons que vous observez. Dans "Ah Ouais ?", Florian Gazan répond en une minute chrono à toutes les questions essentielles, existentielles, parfois complètement absurdes, qui vous traversent la tête. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:20:49 - Lectures du soir - "- C'est ma sœur Marguerite. Est-ce que j'ouvre ? Cela me surprit. Je ne savais pas qu'il eût une sœur. Il ne m'avait jamais parlé d'elle. Je croyais qu'il ne recevait personne. – Mais oui, ouvre. […] Une jeune fille parut. A ma vue, elle hésita à entrer. " - réalisation : Etienne Vallès
Dans l'imaginaire collectif, le bouffon de cour est presque toujours un homme. Pourtant, les archives montrent que des femmes occupaient aussi ce rôle, en particulier dans les cours princières et royales d'Europe. Elles étaient plus rares, mais pas exceptionnelles.Comme leurs homologues masculins, les bouffonnes pouvaient être :des artistes comiques,des musiciennes ou chanteuses,des conteuses,ou des personnes présentant une singularité physique ou mentale, ce qui correspond malheureusement aux normes de l'époque.Elles remplissaient les mêmes fonctions essentielles : divertir, désamorcer les tensions, parfois dire des vérités qu'aucun courtisan n'osait formuler.Le cas emblématique de Jane FooleLa plus célèbre d'entre elles est Jane Foole, active au début du XVIᵉ siècle en Angleterre. Elle servit successivement Henri VIII et surtout sa fille Marie Ire d'Angleterre, dite « Bloody Mary ».Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, Foole n'était pas forcément son nom de naissance, mais une désignation liée à sa fonction. Jane apparaît régulièrement dans les comptes royaux : elle recevait un salaire, des vêtements, parfois même des cadeaux, preuve qu'elle occupait une place reconnue à la cour.Les sources suggèrent qu'elle était probablement atteinte d'un handicap mental, ce qui, dans la logique cruelle de l'époque, faisait partie de sa “fonction”. Mais réduire Jane Foole à cela serait une erreur. Sa longévité à la cour — plusieurs décennies — indique qu'elle était appréciée, protégée et intégrée, notamment par Marie Tudor, qui semblait très attachée à elle.La présence de bouffonnes est d'autant plus intéressante qu'elles combinaient deux marginalités : être femme dans un monde politique dominé par les hommes, et être bouffon, donc hors des hiérarchies sociales classiques. Cela leur donnait parfois une liberté de parole encore plus singulière.Mais cette même marginalité explique aussi pourquoi elles ont été moins bien documentées. L'histoire officielle, écrite par des hommes, a largement ignoré ces figures jugées secondaires.Oui, il y eut des bouffonnes au Moyen Âge et à la Renaissance. Jane Foole en est la preuve la plus solide : une femme, salariée de la cour d'Angleterre, occupant un rôle central dans la vie quotidienne des souverains. Son histoire rappelle que le rire, la transgression et la parole libre n'étaient pas réservés aux hommes — même si la mémoire historique, elle, l'a longtemps fait croire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation économique et la montée de nouvelles puissances, la relation entre l'Europe et l'Afrique est à un tournant. Longtemps structurée autour de l'aide au développement, elle cherche aujourd'hui à évoluer vers un véritable partenariat fondé sur l'investissement, la co-construction et la création de valeur locale. C'est l'un des grands enjeux débattus lors du dernier sommet Union européenne – Union africaine, organisé à Luanda, en Angola. NOS INVITÉS
Oui, en théorie, on pourrait mettre toute l'humanité dans un seul immeuble. Mais en pratique, ce serait une idée à la fois vertigineuse… et totalement irréaliste. Voyons pourquoi.Commençons par les chiffres. La population mondiale dépasse aujourd'hui 8 milliards d'êtres humains. Si l'on attribue à chaque personne une surface minimale de 10 m² — l'équivalent d'une petite chambre — il faudrait environ 80 milliards de mètres carrés de surface habitable. Cela semble colossal, mais ce n'est pas infaisable sur le papier.Imaginons un immeuble gigantesque avec une emprise au sol de 1 km², soit un carré de 1 000 mètres sur 1 000 mètres. Pour atteindre 80 milliards de m², il faudrait empiler 80 000 étages. À raison de 3 mètres par étage, l'immeuble mesurerait 240 kilomètres de haut. À titre de comparaison, la Station spatiale internationale orbite à environ 400 km d'altitude. On serait donc déjà très loin des limites de l'architecture actuelle.Même en optimisant — en réduisant l'espace individuel à 5 m², en utilisant des méga-plateformes plus larges, ou en construisant plusieurs tours interconnectées — on se heurte rapidement à des limites physiques fondamentales. La pression exercée par un tel bâtiment écraserait les matériaux les plus résistants connus. Le béton, l'acier ou même les composites avancés ne supporteraient pas le poids.Mais le véritable problème n'est pas l'espace. C'est la vie.Faire vivre 8 milliards de personnes dans un seul immeuble impliquerait une logistique démesurée : oxygène, eau potable, nourriture, évacuation des déchets, gestion de la chaleur, prévention des maladies, sécurité… La concentration humaine rendrait la propagation des virus fulgurante. Une panne d'électricité ou d'eau deviendrait immédiatement catastrophique.Il y a aussi la question énergétique. Un tel immeuble consommerait plus d'énergie qu'un continent entier. La moindre défaillance technique aurait des conséquences immédiates sur des millions, voire des milliards de vies.Enfin, il y a un facteur souvent oublié : le psychologique et le social. L'être humain n'est pas conçu pour vivre dans une promiscuité extrême permanente. L'accès à la nature, à l'espace, à la diversité des environnements est essentiel à l'équilibre mental. Un immeuble-monde serait probablement invivable sur le long terme.En résumé, oui, mathématiquement, l'humanité tiendrait dans un seul immeuble. Mais biologiquement, physiquement, socialement et écologiquement, ce serait un non-sens total. Cette expérience de pensée rappelle surtout une chose : la Terre paraît immense, mais notre manière d'y répartir l'espace — et les ressources — est un choix profondément politique et civilisationnel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis l'explosion des outils d'intelligence artificielle générative, une nouvelle promesse est apparue : celle des détecteurs d'IA, censés distinguer un texte écrit par un humain d'un texte produit par une machine. Ces outils sont désormais utilisés dans l'éducation, le journalisme ou le recrutement. Pourtant, d'un point de vue scientifique, leur fiabilité est profondément limitée. Et un exemple devenu célèbre l'illustre parfaitement : l'un de ces détecteurs a affirmé que la Déclaration d'Indépendance américaine de 1776 avait probablement été écrite par une IA.Pourquoi un tel non-sens est-il possible ? La réponse tient au fonctionnement même de ces détecteurs.La plupart des détecteurs d'IA reposent sur des analyses statistiques du langage. Ils mesurent des critères comme la “prévisibilité” des mots, la régularité syntaxique ou ce que l'on appelle la perplexité. Un texte est jugé “suspect” s'il semble trop fluide, trop cohérent ou trop régulier. Le problème est évident : un bon texte humain peut parfaitement présenter ces caractéristiques, en particulier s'il est formel, structuré ou rédigé avec soin.À l'inverse, un texte généré par une IA peut facilement échapper à la détection s'il est légèrement modifié, paraphrasé ou enrichi d'erreurs volontaires. En pratique, quelques changements stylistiques suffisent à faire basculer le verdict. Cela montre une première faiblesse majeure : ces outils détectent des styles, pas des auteurs.Deuxième problème fondamental : les IA génératives sont elles-mêmes entraînées sur d'immenses corpus de textes humains. Elles apprennent à imiter la façon dont les humains écrivent. Plus elles progressent, plus leurs productions se rapprochent des distributions statistiques du langage humain. Résultat : la frontière mathématique entre texte humain et texte artificiel devient floue, voire inexistante. D'un point de vue théorique, il n'existe aucun “marqueur universel” de l'écriture humaine.Troisième limite : les détecteurs sont souvent entraînés sur des données datées ou biaisées. Ils comparent un texte à ce que “ressemblait” une IA à un instant donné. Mais dès qu'un nouveau modèle apparaît, avec un style différent, la détection devient obsolète. C'est une course perdue d'avance : l'IA évolue plus vite que les outils censés la repérer.L'épisode de la Déclaration d'Indépendance est révélateur. Ce texte, rédigé au XVIIIᵉ siècle, est formel, très structuré, peu émotionnel et linguistiquement régulier. Exactement le type de style que les détecteurs associent — à tort — à une IA moderne. Cela prouve que ces outils confondent classicisme stylistique et artificialité.En résumé, les détecteurs d'IA ne sont pas scientifiquement fiables parce qu'ils reposent sur des heuristiques fragiles, qu'ils confondent forme et origine, et qu'ils tentent de résoudre un problème peut-être insoluble : distinguer deux productions qui obéissent aux mêmes lois statistiques. Leur verdict ne devrait jamais être considéré comme une preuve, mais au mieux comme un indice très faible, et souvent trompeur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l'un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s'effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible. Mais aujourd'hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l'écologie ne peut plus faire l'économie du sensible, de l'émotion, de la relation et de la spiritualité.Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment. Et je crois que c'était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu'il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s'insinue dans nos quotidiens. J'ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu'elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes. Ce qu'il propose, c'est une bascule vers l'entraide, vers le lien, vers une autre manière d'habiter le monde – non pas dans l'utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir. De l'emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l'anxiété rampante qui s'installe faute de communautés authentiques.Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c'est une autre voie. Une voie du cœur et du corps. Une voie de l'enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.Cet échange m'a profondément nourri. Il donne envie d'agir depuis un endroit plus juste, plus aligné. Citations marquantes« On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »« La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »« Le vrai courage aujourd'hui, c'est de faire face à l'impermanence. »« Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l'incertitude. »« Accepter de ne pas savoir, c'est déjà commencer à guérir. »Idées centrales discutées1. De la collapsologie à l'écologie du lienPablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d'aller vers des dimensions plus sensibles et spirituelles.Pourquoi c'est important : Cela montre la nécessité d'un regard holistique sur les crises.~05:002. Le deuil comme passage obligéIl insiste sur l'importance de faire le deuil de l'ancien monde pour mieux accueillir le nouveau.Pourquoi c'est important : Cela permet de transformer la douleur en force de régénération.~12:303. Reconnexion au vivant et aux émotionsIl parle de la place des émotions, du corps, et du rituel dans la transition.Pourquoi c'est important : Cela redonne une place centrale à l'humain dans sa globalité.~19:004. Les limites du discours rationnel dans la crise écologiqueIl critique la foi aveugle dans la raison et la technique pour résoudre les problèmes écologiques.Pourquoi c'est important : Cela pousse à revaloriser l'intuition, l'art et les savoirs ancestraux.~27:005. La joie comme moteur d'actionMalgré la gravité du sujet, Pablo défend une posture de joie active face à l'effondrement.Pourquoi c'est important : Cela ouvre à une écologie de la joie et non de la peur.~38:00Questions posées dans l'interviewPourquoi as-tu arrêté de te revendiquer collapsologue ?Quel a été ton chemin personnel depuis la sortie de Comment tout peut s'effondrer ?Comment faire le deuil d'un monde en train de disparaître ?Quelle place donner aux émotions dans la transition écologique ?Comment réconcilier science, spiritualité et écologie ?De quoi avons-nous le plus peur face à l'effondrement ?Quel est le rôle des récits dans cette transformation collective ?Quelle importance donnes-tu aux rituels et à la communauté ?Est-ce qu'on peut encore espérer dans un monde en crise ?Comment cultiver la joie dans l'incertitude ?Références citées dans l'épisodeLivresComment tout peut s'effondrer – Pablo Servigne et Raphaël Stevens (~01:00)Une autre fin du monde est possible – Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (~08:00)Concepts / auteursVandana Shiva – évoquée pour sa vision de l'écologie spirituelle (~20:00)Joanna Macy – travail qui relie (~23:00)Charles Eisenstein – économie sacrée (~30:00)Timestamps clés[00:00] Introduction – Qui est Pablo Servigne ?Un retour sur son parcours, ses engagements, et la naissance de la collapsologie.[05:00] La fin de la collapsologie ?Pourquoi Pablo ne s'identifie plus à ce courant.[12:30] Le processus de deuil collectifComprendre les émotions profondes liées à la crise écologique.[19:00] L'importance du corps, des émotions et des rituelsUn passage par le sensible pour faire face à l'effondrement.[27:00] Critique de la rationalité pureLes limites du discours scientifique dans les transformations sociétales.[38:00] Vers une écologie de la joieComment la joie devient un levier d'action puissant.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l'un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s'effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible. Mais aujourd'hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l'écologie ne peut plus faire l'économie du sensible, de l'émotion, de la relation et de la spiritualité.Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment. Et je crois que c'était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu'il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s'insinue dans nos quotidiens. J'ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu'elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes. Ce qu'il propose, c'est une bascule vers l'entraide, vers le lien, vers une autre manière d'habiter le monde – non pas dans l'utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir. De l'emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l'anxiété rampante qui s'installe faute de communautés authentiques.Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c'est une autre voie. Une voie du cœur et du corps. Une voie de l'enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.Cet échange m'a profondément nourri. Il donne envie d'agir depuis un endroit plus juste, plus aligné. Citations marquantes« On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »« La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »« Le vrai courage aujourd'hui, c'est de faire face à l'impermanence. »« Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l'incertitude. »« Accepter de ne pas savoir, c'est déjà commencer à guérir. »Idées centrales discutées1. De la collapsologie à l'écologie du lienPablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d'aller vers des dimensions plus sensibles et spirituelles.Pourquoi c'est important : Cela montre la nécessité d'un regard holistique sur les crises.~05:002. Le deuil comme passage obligéIl insiste sur l'importance de faire le deuil de l'ancien monde pour mieux accueillir le nouveau.Pourquoi c'est important : Cela permet de transformer la douleur en force de régénération.~12:303. Reconnexion au vivant et aux émotionsIl parle de la place des émotions, du corps, et du rituel dans la transition.Pourquoi c'est important : Cela redonne une place centrale à l'humain dans sa globalité.~19:004. Les limites du discours rationnel dans la crise écologiqueIl critique la foi aveugle dans la raison et la technique pour résoudre les problèmes écologiques.Pourquoi c'est important : Cela pousse à revaloriser l'intuition, l'art et les savoirs ancestraux.~27:005. La joie comme moteur d'actionMalgré la gravité du sujet, Pablo défend une posture de joie active face à l'effondrement.Pourquoi c'est important : Cela ouvre à une écologie de la joie et non de la peur.~38:00Questions posées dans l'interviewPourquoi as-tu arrêté de te revendiquer collapsologue ?Quel a été ton chemin personnel depuis la sortie de Comment tout peut s'effondrer ?Comment faire le deuil d'un monde en train de disparaître ?Quelle place donner aux émotions dans la transition écologique ?Comment réconcilier science, spiritualité et écologie ?De quoi avons-nous le plus peur face à l'effondrement ?Quel est le rôle des récits dans cette transformation collective ?Quelle importance donnes-tu aux rituels et à la communauté ?Est-ce qu'on peut encore espérer dans un monde en crise ?Comment cultiver la joie dans l'incertitude ?Références citées dans l'épisodeLivresComment tout peut s'effondrer – Pablo Servigne et Raphaël Stevens (~01:00)Une autre fin du monde est possible – Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (~08:00)Concepts / auteursVandana Shiva – évoquée pour sa vision de l'écologie spirituelle (~20:00)Joanna Macy – travail qui relie (~23:00)Charles Eisenstein – économie sacrée (~30:00)Timestamps clés[00:00] Introduction – Qui est Pablo Servigne ?Un retour sur son parcours, ses engagements, et la naissance de la collapsologie.[05:00] La fin de la collapsologie ?Pourquoi Pablo ne s'identifie plus à ce courant.[12:30] Le processus de deuil collectifComprendre les émotions profondes liées à la crise écologique.[19:00] L'importance du corps, des émotions et des rituelsUn passage par le sensible pour faire face à l'effondrement.[27:00] Critique de la rationalité pureLes limites du discours scientifique dans les transformations sociétales.[38:00] Vers une écologie de la joieComment la joie devient un levier d'action puissant. Suggestion d'autres épisodes à écouter : #240 Marcher séparément mais lutter ensemble? Avec Rejane Senac (https://audmns.com/JCJVxeL) L'individualisme nous tue-t-il a petit feu? partie 1 avec Hugo Paul (https://audmns.com/ntXDwdf) [MOMENT] Transformer la violence de la société actuelle par le soin avec Marie Robert (https://audmns.com/EUxsYiz)Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cléopâtre est l'une des figures les plus célèbres de l'Antiquité. Reine d'Égypte au Ier siècle avant notre ère, dernière souveraine de la dynastie des Ptolémées, elle a traversé l'Histoire entourée de mythes. Femme de pouvoir, stratège politique, polyglotte et cultivée, elle a aussi été très tôt sexualisée par ses ennemis romains, qui ont cherché à la discréditer en la présentant comme une séductrice manipulatrice.L'idée selon laquelle Cléopâtre aurait inventé un vibromasseur provient d'une légende moderne, apparue très tardivement, bien après l'Antiquité. Selon cette rumeur, elle aurait utilisé un objet rempli d'abeilles ou d'insectes dont les vibrations auraient servi à la stimulation sexuelle. Cette histoire circule abondamment sur Internet, dans des livres grand public et des articles sensationnalistes.Mais aucun texte antique, aucune source archéologique, aucun historien sérieux ne mentionne un tel objet. Ni les auteurs romains pourtant hostiles à Cléopâtre, ni les chroniqueurs antiques, ni les fouilles archéologiques en Égypte ne fournissent la moindre preuve de l'existence d'un tel dispositif.En réalité, cette légende repose sur un mélange de trois éléments. D'abord, la fascination contemporaine pour la sexualité supposée débridée de l'Antiquité. Ensuite, l'image très fantasmée de Cléopâtre, construite au fil des siècles par la littérature, le cinéma et la culture populaire. Enfin, une méconnaissance des pratiques réelles de l'époque.Cela ne signifie pas pour autant que la sexualité féminine était ignorée dans l'Antiquité. Des textes médicaux grecs et romains évoquent le plaisir, le désir et même certains objets ou techniques destinés au bien-être intime, notamment à des fins thérapeutiques. Mais ces pratiques n'ont rien à voir avec un vibromasseur au sens moderne, ni avec une invention attribuable à Cléopâtre.Le vibromasseur, tel qu'on le connaît aujourd'hui, apparaît en réalité au XIXᵉ siècle, dans un contexte médical occidental très spécifique, lié au traitement supposé de l'« hystérie féminine ». Il s'agit donc d'une invention moderne, née dans un cadre scientifique et technologique sans rapport avec l'Égypte antique.En conclusion, Cléopâtre n'a pas inventé le vibromasseur. Cette histoire relève du mythe contemporain, révélateur de notre fascination pour le personnage et de notre tendance à projeter des objets modernes sur le passé. Une anecdote amusante, mais historiquement infondée — parfaite pour rappeler que l'Histoire est souvent plus sobre que les légendes qu'on lui attribue. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Face au recours de plus en plus fréquent et incontrôlé des élèves à des outils comme Mistral, Claude ou Chat GPT, un collège-lycée privé de la City de Londres a voulu prendre les devants : l'établissement a ouvert l'an dernier une classe où l'enseignement est entièrement dispensé par un agent d'intelligence artificielle. Les jeunes étudient pour l'équivalent du brevet des collèges et du baccalauréat. Ils n'ont pas de professeurs mais des coachs pour suivre leur progression. Si les résultats sont là, une question se pose : qui contrôle le contenu de ces outils ? De notre correspondante à Londres, Quatorze adolescents les yeux rivés sur leurs écrans. Rien d'étonnant à première vue, sauf qu'ils sont en classe et qu'ils sont en train d'apprendre. « Je n'enseigne pas les matières au programme. Mais enseigner, c'est aussi donner aux élèves l'envie d'apprendre, les aider à comprendre le fonctionnement du cerveau dans l'apprentissage et leur donner les méthodes les plus efficaces. Nous avons des rendez-vous individuels chaque semaine et nous vérifions leurs données en continu : c'est un soutien beaucoup plus intensif parce que je n'ai pas à planifier une centaine de cours ou à préparer ou corriger des tests. Tout se fait automatiquement ! », explique Alexander, coach éducatif au sein de l'établissement David Game à Londres. À lire aussiIntelligence artificielle à l'école: «La notion de devoirs à la maison n'a plus aucun sens» S'ils ont une question, les élèves la posent à l'agent intelligent appelée Violette. S'ils n'ont pas compris, ils peuvent lui demander de répéter ou bien d'expliquer plus simplement les choses. Cela enlève la timidité ou la honte devant ses camarades, assure Alexander. Heymans est, lui, même en plein cours de biologie sur les ganglions lymphatiques. Il étudie pour l'examen que les élèves du Royaume-Uni passent à 16 ans. « C'est une méthode très intéressante. Vraiment, j'adore. Chaque plateforme a son propre type d'apprentissage. On ne s'ennuie pas », renchérit-il. À lire aussiComment l'IA transforme l'enseignement et l'apprentissage ? « D'où viennent les données utilisées pour nourrir ces moteurs d'intelligence artificielle » ? Principal du collège, David Dalton est celui qui a lancé l'idée de cette classe 100% IA, quand Chat GPT est monté en popularité. Conscient du pouvoir de perturbation de cette nouvelle technologie dans l'éducation, il a, dit-il, voulu au contraire prendre les devants. L'école a alors investi environ un million d'euros pour développer sa propre plateforme. « Ce n'est pas une expérience, dans le sens où nous savions déjà qu'on pouvait obtenir des résultats supérieurs avec un enseignement individuel sous cette forme. Mais les résultats sont spectaculaires », souligne-t-il. Selon l'établissement, tous les élèves de l'an passé ont amélioré leurs résultats d'au moins deux points. Mais à l'heure qu'il est, il n'y a aucun mécanisme, aucune structure gouvernementale qui surveille l'utilisation de l'IA dans les écoles. Pourtant, selon Lili Villard, chercheuse à l'Institut des politiques éducatives, environ la moitié des enseignants des écoles secondaires britanniques utilisent l'IA et environ les trois quarts des élèves le font aussi. « Leurs algorithmes sont souvent construits à partir de différents sous-ensembles de données. Or, nous ne savons pas nécessairement d'où viennent les données utilisées pour nourrir ces moteurs d'intelligence artificielle. Il y a un réel manque de recherches et de données », déplore-t-elle. Un comité d'évaluation des technologies pédagogiques a été mis en place par le ministère de l'Éducation britannique, mais pour l'instant, il n'en est qu'à la phase de recueil des informations. À lire aussiL'intelligence artificielle dans l'enseignement: seuls 20% des enseignants l'utilisent
La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen joue son avenir politique, depuis ce mardi (13 janvier 2026), dans l'affaire des assistants d'eurodéputés FN. Mais avant même l'ouverture du procès en appel, des soupçons d'ingérence américaine à l'égard des juges ont été révélés par la presse allemande. Cela survient après des actions commises en France qui ont mis à jour le rôle de puissances étrangères, en premier lieu la Russie. Quels types d'ingérences étrangères touchent la France ? Quel impact ? Comment lutter ? Pour en débattre : - Arnaud Mercier, professeur en Communication à l'Université Paris Panthéon Assas et auteur du livre « Les mots de la désinformation et de la manipulation » (Presses universitaires du Midi, 2025) - Rayna Stamboliyska, PDG RS Strategy, experte en Diplomatie du numérique et en Affaires européennes, praticienne en résidence au Centre internet et société du CNRS - Franck Decloquement, expert en Intelligence économique et stratégique, membre du Conseil scientifique de l'Institut d'Études de Géopolitique Appliquée.
Et si les meilleurs outils IA n'étaient pas ceux dont tout le monde parle ?
Le sens de l'humour fait partie de ces traits que l'on aime attribuer à la personnalité, à l'éducation, ou à l'ambiance familiale. Mais une question intrigue depuis longtemps les chercheurs : sommes-nous génétiquement programmés pour avoir de l'humour… ou est-ce uniquement le produit de notre environnement ? Une étude publiée dans la revue scientifique Twin Research and Human Genetics apporte des éléments de réponse particulièrement éclairants.Pour étudier l'origine de traits psychologiques complexes, les scientifiques utilisent souvent une méthode classique : la comparaison entre jumeaux monozygotes, qui partagent 100 % de leur patrimoine génétique, et jumeaux dizygotes, qui n'en partagent qu'environ 50 %, comme de simples frères et sœurs. Si un trait est plus similaire chez les jumeaux identiques que chez les faux jumeaux, cela suggère une influence génétique.Dans cette étude, les chercheurs ont analysé plusieurs dimensions de l'humour : la capacité à produire des blagues, la sensibilité à l'humour des autres, et l'usage de l'humour dans les interactions sociales. Les participants devaient répondre à des questionnaires standardisés évaluant leur style humoristique et leur fréquence d'utilisation de l'humour au quotidien.Résultat principal : le sens de l'humour est partiellement héréditaire. Selon les analyses statistiques, environ 30 à 40 % des différences individuelles liées à l'humour peuvent être expliquées par des facteurs génétiques. Cela signifie que les gènes jouent un rôle réel, mais non dominant. Autrement dit, l'humour n'est ni totalement inné, ni purement acquis.Ce point est essentiel. La majorité de la variabilité observée — 60 à 70 % — est liée à l'environnement : la famille, la culture, l'éducation, les expériences de vie, mais aussi le contexte social. Grandir dans un milieu où l'humour est valorisé, pratiqué et encouragé compte donc davantage que l'ADN seul.Les chercheurs soulignent également que toutes les formes d'humour ne sont pas égales face à la génétique. Par exemple, l'humour affiliatif — celui qui sert à créer du lien social — semble plus influencé par l'environnement, tandis que certains traits cognitifs liés à la compréhension des jeux de mots ou de l'ironie pourraient avoir une composante génétique plus marquée, via des capacités comme la flexibilité mentale ou le langage.Enfin, cette étude rappelle un point fondamental en sciences du comportement : les gènes ne déterminent pas des comportements précis, mais des prédispositions. Avoir une base génétique favorable ne garantit pas d'être drôle, pas plus qu'en être dépourvu n'empêche de développer un excellent sens de l'humour.En conclusion, le sens de l'humour est bien en partie héréditaire, mais il se façonne surtout au fil des interactions, des cultures et des expériences. Une bonne nouvelle : même sans “gène de l'humour”, il reste largement… cultivable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Menaces de faire du Canada le "51e Etat américain", guerre commerciale et droits de douane… Près d'un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a sérieusement refroidi les relations avec son voisin. Les tensions entre les deux pays se sont même parfois invitées au coeur du sport national canadien : le hockey sur glace, avec l'hymne américain sifflé ou des rivalités exacerbées…Mais le hockey reste un espace de coopération où rien, ou presque n'a encore changé. De notre envoyé spécial à London, À London, dans l'Ontario, près de la frontière avec les États-Unis, sur la glace, l'affiche du soir oppose deux franchises junior de hockey. Les Canadiens des London Knights, en vert et jaune, reçoivent les Erie Otters, en blanc et bleu, venus de Pennsylvanie, aux États-Unis. Et jouer contre des Américains, ce n'est plus tout à fait anodin, expliquent ces deux fans. « Il y a longtemps, quand j'étais plus jeune, ce n'était pas très important. Mais maintenant, ça l'est devenu, surtout si le Canada joue contre les États-Unis. C'est devenu une affaire personnelle, en quelque sorte, à cause de la politique. Quand on entend Trump dire qu'il veut faire de nous le 51e État des États-Unis, évidemment, en tant que Canadien et souverainiste, ça ne passe pas », affirme le premier. « Oh oui, on veut les battre pour envoyer un message politique ! », réagit le second. L'hymne américain sifflé Dans les gradins pourtant, pas de message hostile. Comme avant chaque rencontre contre une franchise américaine, une trentaine d'enfants entonnent l'hymne des États-Unis. Ailleurs dans le pays, au plus fort des tensions, l'hymne américain a parfois été sifflé. « Mais ce n'est jamais arrivé ici, à London », raconte Johan, un fidèle supporter des Knights. « C'est une forme de respect. Nous, on veut juste voir du bon hockey et là, on parle d'enfants qui jouent. Ce ne sont même pas des adultes. On essaie de laisser le plus possible la politique en dehors du hockey... » Il faut dire que malgré les crispations politiques, le hockey reste aussi - et surtout - un espace de coopération entre les deux pays. La ligue junior de l'Ontario, l'OHL, compte trois franchises américaines. Et dans l'effectif des London Knights, deux jeunes joueurs viennent des États-Unis. Mais « c'est assez fluide. Ils viennent ici, ils vivent ici, ils sont logés chez l'habitant. Nous leur obtenons un visa étudiant pour qu'ils puissent venir jouer pour nous. C'est donc un bon arrangement, déclare Rick Steadman, l'un des entraîneurs des Knights. Et c'est la même chose dans l'autre sens : aux États-Unis, ils font venir des joueurs canadiens. Cela fonctionne très bien pour tous les joueurs de hockey, qui pouvent aller d'un pays à l'autre ». À lire aussiJustin Trudeau jubile et tacle Donald Trump après la victoire du Canada en hockey sur glace « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis » Mais si les joueurs vont et viennent de part et d'autre de la frontière, ce n'est plus forcément le cas de tous les fans. « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis. Les fans des London Knights ont l'habitude d'aller voir les matchs un peu partout. Mais désormais, ils se rendent beaucoup moins aux États-Unis parce qu'ils s'inquiètent de la situation à la frontière. Moi, par exemple, en tant que journaliste, j'y réfléchis à deux fois avant d'aller aux États-Unis parce que je me dis : est-ce que je veux vraiment me prendre la tête avec les gardes-frontières ? C'est juste une sorte de barrière que nous n'avons jamais connue, même lors du premier mandat de Trump », analyse Ryann Pyette, journaliste sportif au London Free Press. Comme beaucoup de fans, celui-ci espère néanmoins retrouver les États-Unis sur la glace, le mois prochain, en finale des JO, dans le match pour la médaille d'or. À lire aussiLe hockey sur glace, terrain des tensions entre le Canada et les États-Unis
Pourquoi a-t-on l'impression que tout devient plus sombre, plus grave, plus angoissant une fois la nuit tombée ? Cette sensation bien connue n'est pas qu'une impression subjective. En 2022, des chercheurs de l'université de Harvard ont formulé une hypothèse scientifique devenue très commentée : la théorie Mind After Midnight, publiée dans la revue Frontiers in Network Psychology.Selon cette hypothèse, le cerveau humain n'est tout simplement pas conçu pour fonctionner de manière optimale après minuit. Passé un certain seuil nocturne, notre organisme entre dans une zone de vulnérabilité cognitive et émotionnelle. Les chercheurs expliquent que la nuit combine plusieurs facteurs biologiques défavorables : la fatigue, la privation de sommeil, la baisse de la température corporelle et surtout des déséquilibres neurochimiques.Le principal mécanisme en cause concerne les neurotransmetteurs. La nuit, la production de sérotonine et de dopamine, associées à la régulation de l'humeur et à la motivation, diminue. À l'inverse, les circuits cérébraux liés à la peur, à l'anticipation négative et à la rumination, notamment ceux impliquant l'amygdale, deviennent relativement plus dominants. Résultat : le cerveau interprète plus facilement les pensées de manière pessimiste, anxieuse ou catastrophique.Autre élément clé de la théorie Mind After Midnight : la baisse du contrôle cognitif. Le cortex préfrontal, chargé de la prise de recul, du raisonnement logique et de la régulation émotionnelle, est particulièrement sensible au manque de sommeil. La nuit, il fonctionne au ralenti. Cela signifie que les pensées négatives ne sont plus correctement filtrées. Une inquiétude banale en journée peut ainsi se transformer en spirale mentale nocturne, donnant l'impression que « tout va mal ».Les chercheurs de Harvard soulignent aussi un facteur comportemental : l'isolement nocturne. La nuit, les interactions sociales diminuent, les possibilités d'action concrète sont réduites, et le cerveau se retrouve seul face à lui-même. Or, notre cognition est fondamentalement sociale. Privé de feedback extérieur, le cerveau a tendance à amplifier les scénarios internes, souvent les plus sombres.Cette théorie a des implications très concrètes aujourd'hui. Elle permet de mieux comprendre pourquoi les travailleurs de nuit, les personnes souffrant d'insomnie chronique ou de troubles anxieux présentent un risque accru de dépression, d'idées noires et de prises de décision impulsives. Les chercheurs insistent d'ailleurs sur un point crucial : les décisions importantes ne devraient jamais être prises au cœur de la nuit.En résumé, si le cerveau broie du noir la nuit, ce n'est pas parce que la réalité devient soudain plus sombre, mais parce que nos circuits cérébraux sont biologiquement désynchronisés. La théorie Mind After Midnight nous rappelle une chose essentielle : parfois, le problème n'est pas ce que l'on pense… mais l'heure à laquelle on pense. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
INSCRIPTIONS POUR LA DEUXIEME PROMO DE LA FORMATIONJe rêvais de démarrer l'année 2026 avec enfin une énergie digne du mois de juin, quand le soleil se couche à 23h sur la côte atlantique, qu'on prend l'apéro dehors et qu'on se rêve à danser les pieds dans le sable, bon je sais cette image s'applique plus à celles et ceux qui ont la vingtaine et pas d'enfants à gérer, mais on peut rêver...La réalité, c'est que nous sommes bien en janvier, un mois d'hibernation pour la nature, un mois de contemplation et non un mois où l'on est tout feu tout flamme. Alors si vous êtes comme moi, dans une énergie plus lente et plus tranquille, pas de panique, c'est normal.Ceci dit, j'adore le mois de janvier pour les opportunités que cela procure. Pour ce moment de renouveau où on s'autorise à imaginer une année différente.Il y a 3 ans, mon début d'année 2023 ressemblait à un trou noir. Dépression sévère et perte d'envie de tout. Et pourtant j'ai fini en décembre 2023 avec la capacité de ressentir de la joie, du bonheur et une vie bien plus sereine. Pourquoi je vous dis ça? Parce qu'on ne peut pas contrôler les aléas de la vie, on ne sait pas comment se finira 2026. En revanche, on peut tout à fait mettre des choses en place pour petit à petit évoluer. Alors si vous êtes un petit perdu•e ou si vous êtes curieux ou curieuse, je vous prends la main et je vous emmène avec moi. Et comme chaque année on vous a créé un guide pour vous accompagner. Si vous ne l'avez pas déjà fait vous pouvez faire celui du bilan 2025 ou commencer directement par celui-ci pour vous lancer dans le grand bain de 2026.
Ceci est un extrait de l'épisode 254 Vous connaissez ce moment gênant où notre enfant vient nous voir en nous demandant “maman, papa, comment on fait les bébés?”Beaucoup de parents redoutent cet instant où il va falloir sortir des explications qui leur paraissent soit trop intimes, soit trop risquées.Cette question est peut-être la première d'une longue série entre l'enfance et l'adolescence qui nous met dans un malaise parfois assez profond. Si vous êtes dans ce cas là alors pas de panique, Charline Vermont, alias orgasme et moi sur les réseaux sociaux est là pour vous aiguiller face à toutes les questions que peuvent avoir vos enfants.Dans cet épisode hyper riche et pratique, vous ressortirez équipé pour affronter les conversations les plus intimes au plus pragmatiques.Charline est passionnante, à travers son best seller Corps, amours, sexualité, les 120 questions que vont vous poser vos enfants, elle vous permet de créer une connexion profonde avec vos enfants et vos adolescents.Vous êtes prê•tes ? Allez c'est parti.Je vous souhaite une très bonne écouteLES LIENS UTILES :Corps, amour, sexualité : Les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Sophie Nanteuil, Charline VermontCorps, amour, sexualité : Le cahier d'activités (+ 150 quiz, tests & jeux) Charline VermontCorps, amour, sexualité : Y'a pas d'âge pour se poser des questions ! L'éducation à la sexualité enfin à la portée de tout le monde ! Charline Vermont