Landlocked country in northern central Africa
POPULARITY
Categories
Les tensions en mer Noire et les perturbations du détroit d'Ormuz font remonter les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial en blé. Pour les pays africains, fortement dépendants des importations, la hausse des cours et surtout leur volatilité compliquent déjà les approvisionnements et ravivent le spectre d'une nouvelle crise alimentaire. Le prix du blé a augmenté de plus de 20% depuis le début de l'année. À cette hausse des cours s'ajoutent l'augmentation des coûts du fret et des assurances, dans un contexte de tensions sur plusieurs routes commerciales stratégiques. Cette hausse se répercute déjà sur les consommateurs africains. Pour Rémi Depoix, président de la société de négoce internationale Céréalis, spécialisée dans l'exportation de blé vers l'Afrique, le risque serait plus important encore en cas de rupture d'approvisionnement : « Il y a un impact, bien sûr, pour les opérateurs économiques, mais aussi pour le consommateur. Parce que même si le prix du pain a parfois été bloqué/fixé dans les pays, le consommateur va le payer plus cher. Mais cela pourrait être plus grave s'il y avait vraiment des ruptures d'approvisionnement dans certains pays. Cela voudrait dire qu'il pourrait y avoir un manque de pain pour l'Égypte, pour l'Algérie ou pour d'autres pays qui en sont de grands consommateurs. Cela pourrait avoir des conséquences sociales extrêmement graves. » Les minoteries africaines exposées à la volatilité Céréalis a exporté quelque 900 000 tonnes de céréales vers le continent l'an dernier. Selon Rémi Depoix, les minoteries africaines sont particulièrement exposées aux fluctuations des prix, car elles achètent principalement au plus près du marché, plutôt que dans le cadre de contrats à long terme. À cette dépendance aux importations s'ajoutent les difficultés des productions locales. La sécheresse a notamment affecté certaines récoltes africaines. Au Tchad, le gouvernement a interdit l'exportation de plusieurs céréales, dont le blé, afin de préserver les stocks disponibles. Le ministre tchadien de l'Économie, Tahir Hamid Nguilin, se veut toutefois rassurant sur la situation du pays : « Nous avons énormément de terre. Le Tchad a fait autour de trois millions de tonnes de céréales par an. C'est le premier pays d'Afrique centrale en termes de production alimentaire vivrière en céréales. C'est pour dire le niveau. Nous pensons qu'on a un gap de 100 000 tonnes sur la production de cette année, en sachant que les deux années précédentes, nous avons eu quelque part une certaine surproduction. Nous n'avons pas de crainte à ce niveau. » Des récoltes qui ne suffisent pas à réduire la dépendance Certains pays d'Afrique du Nord ont enregistré de bonnes récoltes, à commencer par le Maroc, qui devrait produire environ neuf millions de tonnes de blé cette année. Mais cette récolte ne devrait pas modifier en profondeur les besoins du royaume en importations, estime l'économiste Abdelmalek Alaoui, président de l'Institut marocain d'intelligence stratégique : « Bien qu'il y ait eu une campagne agricole importante l'an dernier, elle profite majoritairement aux industries exportatrices qui, elles, apportent des devises. Quant à la souveraineté alimentaire en matière de blé, le Maroc est structurellement déficitaire du fait des habitudes alimentaires des Marocains. Le Maroc est un importateur de blé tendre. Si les Marocains consommaient plus de blé dur, nous ne serions pas dans cette situation systémique de déficit. » Le souvenir du choc de 2022 reste présent. Au début de la guerre en Ukraine, le prix du blé était passé d'environ 170 à 400 euros la tonne sur les marchés à terme. Les cours restent aujourd'hui très éloignés de ces niveaux. Mais le contexte logistique s'est de nouveau tendu, notamment autour des ports russes. Les exportations de blé de la Russie, premier fournisseur mondial, ont chuté à 347 000 tonnes en septembre, contre plus d'un million de tonnes de plus un an auparavant. À lire aussiLes tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export
Au Tchad, des artistes musiciens s'emploient à renforcer le lien entre instruments traditionnels tels que la harpe, la cithare et le balafon et la musique moderne. C'est le cas de Soléa Damas, originaire du Sud, musicien sculpteur, harpiste et cithariste, auteur de plusieurs titres dominés par ces sonorités patrimoniales. Son œuvre, saluée pour son originalité après son premier album de 2018, inspire de nombreux jeunes qui imitent ses pas, se forment à la pratique et fabriquent eux-mêmes ces instruments. Notre correspondant Olivier Monodji a suivi une séance de formation au centre culturel et artistique « Kaya Kendé » (Les pro de la harpe) où la connaissance des instruments traditionnels continue de se transmettre. « Vouloir, c'est pouvoir », dit-on. Pour Soléa Damas, l'idée de fabriquer des instruments traditionnels ne date pas d'hier : c'est la concrétisation de son rêve, disposer de ses propres instruments pour mieux composer et interpréter ses chansons. « C'était parti, d'abord, d'une remarque. Plus tard, en 2019, je suis reparti chez les parents, certains détenteurs du savoir. Je travaille avec eux sur la fabrication, sur l'utilisation. Après, l'idée de faire des recherches est venue », explique-t-il. Dans son atelier du 7ᵉ arrondissement de N'Djamena, vêtu de sa tenue de travail, deux morceaux de bois en main et un crayon posé sur l'oreille, il fredonne quelques-uns de ses titres tout en s'affairant au rythme des marteaux, scies et rabots. Les sons du réglage des instruments se mêlent à ce vacarme artisanal. « Ça, c'est la Sanza. Ça, c'est une innovation. On a récupéré quelques organes d'une guitare morte pour fabriquer la harpe. Là, elle est électro-acoustique », précise Soléa Damas. À lire aussiLa sanza, un piano à pouces aux multiples noms Toujours entouré de ses apprenants, une dizaine au total. Parmi eux, Menda Benjamin, diplômé mais au chômage, découvre un métier porteur. Quant à la plus jeune, Sanglar Patricia, 15 ans, elle se distingue par sa motivation et sa passion : « J'ai adhéré pour motiver d'autres personnes. » Les matières premières se raréfient. « Il faut parcourir de longues distances pour s'en procurer, se lamente l'artiste Soléa Damas. Parfois, au mois de juillet ou autre, on rentre en province avec une autorisation, on taille du bois mort, c'est ce qui permet de fabriquer aussi les tambours, les tambourins. C'est beaucoup de difficultés et à l'heure où le monde fait face au réchauffement climatique, nous sommes aussi en train de chercher à innover, à réinventer la fabrication des instruments. » Fabriquer, oui, mais surtout concilier ces instruments avec sa musique : c'est ce qui révèle l'identité de l'artiste. C'est son défi. « Un peu ailleurs, partout, les artistes brillent avec les instruments patrimoniaux, avec les instruments de chez eux. Mais, pourquoi pas au Tchad ? Pourtant, il y a une panoplie d'instruments », regrette-t-il. Âgé de 38 ans et enseignant de carrière, Soléa Damas ambitionne de transformer le centre de formation et de fabrication des instruments traditionnels en une véritable académie, afin de promouvoir davantage le patrimoine musical tchadien. À lire aussiLe balafon, une histoire d'héritage
Le Journal en français facile du jeudi 24 septembre 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/D4lj.A
Comment un coup d'Etat, une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, peut se transformer en pouvoir politiquement et juridiquement légitime ? Lorsqu'un putschiste devient candidat puis président élu, faut-il continuer à considérer le pouvoir comme issu d'un coup d'état ou accepter sa nouvelle légitimité électorale ? Avec la participation de : Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice Kabinet Fofana, analyste politique et directeur de l'association guinéenne des sciences politiques Remadji Hoinathy, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS), spécialiste du bassin de lac Tchad et de l'Afrique centrale
C'est un Antonio Guterres sombre et alarmiste qui est apparu, à New York mardi 22 septembre, pour son dernier discours à la tribune de l'ONU. Après dix années passées à la tête des Nations unies, le secrétaire général a mis en garde contre la pollution de l'atmosphère et les dangers de l'intelligence artificielle. Mais quel est son bilan en Afrique ? Mahamat Saleh Annadif, tour à tour ministre des Affaires étrangères du Tchad et représentant spécial de l'ONU au Mali, répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Il est de bon ton de dire qu'Antonio Guterres a échoué dans sa mission de ramener la paix dans le monde. Est-ce que c'est vrai pour l'Afrique ? Mahamat Saleh Annadif : Moi je crois que d'abord c'est injuste de dire que Guterres a échoué. Et je voudrais profiter de votre micro d'abord pour rendre hommage à une personnalité humaniste exemplaire, qui a été toujours aux côtés des causes justes. Et depuis qu'il est à la tête des Nations Unies, vous avez vu qu'il était toujours du côté des Africains, il était toujours du côté des femmes et vous l'avez vu en mars 2024 à la frontière Égypte-Gaza, auprès des enfants de Gaza. Donc, c'est quelqu'un d'une personnalité exceptionnelle. D'autres exemples parlant des femmes, pour la première fois, c'est avec Guterres qu'on a connu des femmes africaines à la tête de missions de paix. Vous avez notre Bintou Keita qui a été cheffe de mission de paix en RDC. Vous avez Valentine Rugwabiza qui est cheffe du maintien de la paix en RCA. C'est autant de choses qui sont à mettre au crédit du secrétaire général Guterres. Maintenant, pour ce qui est de la paix, la Charte des Nations Unies donne la responsabilité de la paix dans le monde aux membres du Conseil de sécurité des Nations Unies et surtout aux cinq membres permanents détenteurs du droit de veto. Le secrétaire général, il ne vote pas et il ne dispose pas de troupes. Je peux considérer qu'il est chef d'orchestre parce qu'il harmonise, il oriente, il coordonne les travaux du Conseil de sécurité. Et si je continue, je peux l'appeler comme un chef d'orchestre, sans baguette rigide, face à des musiciens qui déclarent toujours leur souveraineté, des musiciens souverains. Et donc les règles d'engagement, les financements des opérations de maintien de la paix dépendent des membres du Conseil de sécurité. Et malgré tout, les forces de maintien de la paix des Nations unies ont fait du travail. Et je ne peux pas du tout dire que Guterres a échoué. Au contraire, il a fait ce qu'il peut. Mais s'il y a un échec, il doit incomber aux membres du Conseil de sécurité et non au Secrétaire général des Nations unies. En 2023, le Mali a exigé le retrait de la Minusma, car il estimait que le bilan de cette mission de l'ONU était inadapté aux défis sécuritaires du pays. Qu'est-ce que vous en pensez ? Malheureusement, le constat aujourd'hui, c'est que l'insécurité s'aggrave. Les gens continuent à mourir. Il faut souhaiter, il faut espérer que la paix revienne dans ce pays que j'ai tant aimé. Alors, quelques mois avant le retrait de la Minusma, les Maliens avaient déjà expulsé Guillaume Ngefa, le chef droits de l'homme de cette mission de l'ONU. Est-ce que les autorités maliennes n'ont pas expulsé les Casques bleus tout simplement pour qu'il n'y ait plus de témoins de leurs éventuelles exactions contre les populations civiles ? C'est sûr que les missions de paix dans les pays défendent un certain nombre de valeurs, parmi lesquelles la question des droits de l'homme. Et souvent, dans les difficultés auxquelles on a eu à faire face, on constate que les pays parlent souvent de leur souveraineté, parlent d'ingérence. Et j'ai toujours dit à nos amis africains que, tant qu'on ne consolide pas le front intérieur, tant qu'on ne consolide pas la paix, l'ingérence extérieure va toujours être là. Et donc il faut en tenir compte. Je dirai tout simplement que la Minusma a fait du bon travail. Malheureusement, ça s'est mal terminé et je souhaite que la paix revienne au Mali. Pour la succession d'Antonio Guterres, qui vous paraît le mieux placé pour le 1ᵉʳ janvier prochain ? Nous sommes à notre troisième scrutin indicatif et jusque-là, ce qui se dégage, c'est que ce sont les femmes qui arrivent en tête de ces votes. Est ce qu'on ira vers l'élection d'une femme ? Est-ce que si le quatrième, cinquième vote indicatif ne donnent pas de résultats, est-ce que tout va être remis à zéro et est-ce qu'on va faire appel à d'autres candidats ? Tout ça, c'est entre les mains des membres du Conseil de sécurité et il est difficile de se prononcer à leur place. Est-ce que l'ancien président sénégalais Macky Sall a des chances ou pas ? Il est comme tous les candidats et jusque-là, c'est difficile de dire. Je vois tout simplement que l'ancienne présidente du Chili, elle a retiré sa candidature. Le président Macky Sall est encore sur la liste et il faut attendre, tout simplement. Donc le scrutin n'est pas encore définitivement joué pour une candidate latino-américaine ? Pas du tout. À ce stade, vraiment, il n'y a pas du tout de certitudes. Parce que, quand on compare ce scrutin aux anciennes élections où, dès le troisième vote, en général, il y avait une tendance qui se dégageait, ce n'est pas le cas pour le moment. Et donc les deux candidats africains, l'Ougandais Olara Otunnu et le Sénégalais Macky Sall, ne sont pas encore hors-jeu ? Pas du tout. Une élection n'est jamais gagnée à l'avance et il faut suivre et puis voir un peu quelle en sera l'issue. À lire aussiAssemblée générale de l'ONU: dans son discours d'adieu, Antonio Guterres prône un Conseil de sécurité ouvert à l'Afrique
Le Club RFI Mongo du Tchad a organisé une rencontre pour permettre aux habitants de comprendre la rareté et l'irrégularité des pluies dans la région de Guéra. Les conséquences et les solutions face à cette situation. Avec la participation d'Idriss Mamadou Brahim. Cousin/invité du Club : Baiwa Mackaye Hatap, écologue et directeur de programme de l'ONG Accacia. Portrait d'Avenir : Abdelhalim Abdoulaye Khamais, un passionné du numérique. Musique : « Talou Niloumou », Matania. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.
« Restituer au pays qu'il a produit telle œuvre d'art ou tel document, c'est permettre à un peuple de recouvrer une partie de sa mémoire et de son identité », affirme en 1978, Amadou-Mahtar M'Bow, premier directeur africain de l'Unesco. En lançant son appel historique pour les restitutions, l'ancien ministre sénégalais invite les nations à « faire la preuve que dans le respect mutuel entre nations, se poursuit toujours le long dialogue des civilisations qui définit l'histoire du monde. » Il aura fallu presque 50 ans pour que cet appel historique d'Amadou Mahtar M'Bow soit entendu par la France et qu'une loi-cadre soit votée au printemps 2026, loi relative à la restitution de biens culturels ayant fait l'objet d'une appropriation illicite. Cette loi permet de sortir enfin du principe d'inaliénabilité des œuvres d'art publiques, car en tant que propriétés de l'État français, les œuvres volées pendant la colonisation ne pouvaient être données ou rendues. C'est maintenant possible et ces restituions concernent des milliers d'objets d'art présents dans les Musées français, à condition bien sûr qu'elles soient réclamées par les États anciennement colonisés concernés. Mais il reste néanmoins un grand trou noir, c'est la question des archives. Nous en débattons avec nos deux invités réunis à Paris par la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, pour participer au cycle Restitutions, une autre histoire du monde. Après la question des Musées et des Lois, c'est la question des Archives que l'historien Mamadou Diouf et l'archiviste Sarah Frioux-Salgas sont venus discuter devant un public toujours plus nombreux. Il s'agit d'évoquer sur RFI les enjeux de mémoire, de justice et de circulation des patrimoines et de se demander : comment écrire l'histoire sans archive ? À lire L'Afrique dans le temps du monde, de Mamadou Diouf, aux éditions Rot.Bo.Krik. À voir L'exposition « Héritages et contributions de l'Afrique et de ses diasporas à la marche de l'Humanité » Découvrez en vidéo les deux premières éditions du cycle #Restitutions. Une autre définition du monde proposé par la Fondation Maison des Sciences de l'Homme #Restitutions. Les Musées en question avec Souleymane Bachir Diagne et Marie-Cécile Zinsou #Restitutions. Légiférer pour réparer avec Rima Abdul Malak et Vincent Négri. Pour bien comprendre pourquoi les archives sont exclues de la loi, j'ai demandé à Vincent Négri, juriste du patrimoine et co-auteur du rapport rédigé par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine culturel africain à la demande du président Macron en 2018, de nous expliquer. RFI : Vincent Négri, que dit la loi ? Vincent Négri : La loi du 9 mai 2026 concerne la restitution des collections qui ont fait l'objet d'une appropriation illicite. Ce qui veut dire que la loi commence par définir quelles sont les collections concernées par référence à un article. À l'exception des premièrement et deuxièmement, concerne à la fois, dans un premier temps, les collections des bibliothèques issues du dépôt légal. Donc, ça, ça ne pose pas de difficultés, Mais l'autre item, ce sont les archives publiques. Ce qui veut dire que, quand la loi dit À l'exception de ces deux items, eh bien, c'est à l'exception notamment des archives publiques qui ne sont pas dans le champ de la loi. Et quand on lit la loi, on comprend bien que la loi est focalisée sur les collections de musées, donc sur les collections publiques. Mais muséales. RFI : Cela veut dire que les archives sont donc exclues de cette loi, cadre sur les restitutions de biens et d'œuvres spoliées pendant la colonisation. Ça concerne les archives publiques, mais également les archives privées. V.N. : Non pas les archives privées, puisque les archives privées, comme le qualificatif l'indique, sont en mains privées. Et donc, de toute façon, les processus de restitution qui sont engagés d'un point de vue politique et juridique depuis quelques années ne concernent que des biens publics et non pas les biens privés. RFI : Cela veut dire que, par exemple, si j'ai en ma possession une archive de Tombouctou et que je veux la restituer à une bibliothèque au Mali, je peux tout à fait le faire. V.N. : Vous pouvez le faire. Il n'y a pas de difficulté parce que par définition, cette archive n'est pas publique puisque pour une archive publique, il y a un critère qui est lié à la propriété. Donc soit l'État, soit une autre collectivité publique, Et il y a cette idée d'affectation à un service public. Et la culture est une mission de service public. RFI : Vincent Negri, vous voulez alerter sur le fait que les objets d'art et les archives ne sont pas que dans les musées, ils sont aussi sur un marché. Ça s'appelle le marché de l'art.. En ce qui concerne ce marché de l'art, qu'est-ce qui vous frappe? V.N. : Ce qui me frappe, c'est que depuis le rapport Savoy, depuis les discours d'Emmanuel Macron en 2017, s'est enclenchée une dynamique, on va dire, d'éthique et de bon et qui se traduit dans le droit par des règles. Et donc dorénavant, les musées s'abstiennent d'acquérir des collections dont la provenance est compliquée et irrégulière éventuellement. De ce point de vue là, et que sur le marché de l'art, il y a encore des acquisitions, des ventes qui sont faites, par exemple, des bronzes de Benin City. Et donc il n'y a pas très longtemps, puisqu'en juin 2025, a eu lieu à Drouot une vente où une plaque en bronze provenant du pillage de Benin City en 1897, est passée en vente et a été adjugée. Bon, et quand on lit sur le site de la maison de vente le cartel, enfin la ligne provenance, à aucun moment il n'est fait référence à la violence coloniale qui est à l'origine de la circulation de l'œuvre. Et ça, ça me pose vraiment problème. Alors que cette violence coloniale, elle est dorénavant prise en compte dans les acquisitions par les musées. L'exposition « Héritages et contributions de l'Afrique et de ses diasporas à la marche de l'Humanité » présentée par l'historien Amzat Boukari-Yabara. RFI : Amzat Boukari-Yabara, quels sont les lieux et périodes emblématiques de cette histoire générale de l'Afrique que vous aimeriez citer ? A.B-Y : Nous avons souhaité présenter effectivement quelques aspects civilisationnels qui ont été des moments de cristallisation. Donc la civilisation pharaonique pour tout ce qu'elle a pu condenser en termes de savoirs sur la médecine, sur l'architecture, sur les sciences, sur la philosophie, sur beaucoup de choses qui ont été rendues possibles, notamment par l'usage du papyrus et la question décisive de l'écriture et de la transmission des savoirs. Le lien avec Tombouctou, donc là encore la question de la culture de l'écrit, de l'oralité et de la transmission des savoirs. Nous avons également un point sur la création d'une communauté de culture swahili, dans l'espace de l'océan Indien, un espace extrêmement métissé, un espace de contacts et d'interactions qui est souvent oublié quand on a une lecture de l'Afrique centrée sur l'espace transatlantique et évidemment aussi la contribution des diasporas. Donc, nous avons un point sur la révolution haïtienne qui est quand même, du point de vue de la philosophie politique et même de la géopolitique plus globalement, est un moment décisif de rupture dans l'histoire de l'humanité. Et sur les deux dernières parties de l'exposition, nous nous consacrons à la marche vers l'indépendance des pays africains, qui a aussi changé effectivement le rapport de force international et qui a introduit sur le devant de la scène, au niveau notamment des institutions internationales et multilatérales. De nouvelles problématiques et de nouvelles aspirations que nous évoquons dans la sixième partie autour de l'Afrique que nous voulons. Rappelons justement l'importance de démocratiser la science. L'importance également de produire une culture de paix, donc de se baser sur les savoirs endogènes, les traditions, les modalités de résolution des conflits que les sociétés africaines ont pu apporter dans leur marche, qui a souvent été entravée par un certain nombre de difficultés, mais qui n'a jamais été interrompu. Donc, la question de la continuité historique nous paraît également important. Et enfin, dans les derniers éléments, nous présentons quelques outils de l'utilisation pédagogique de l'histoire générale de l'Afrique, puisqu'effectivement il y a eu tout un premier volet de projets de coopération scientifique internationale sur la rédaction des huit premiers volumes, donc projet lancé en 64, achevé en 99 avec les huit premiers volumes, principalement publiés entre 80 et 99 et en 2009, une relance du projet autour d'un neuvième volume qui deviendra finalement trois volumes. RFI : Comment rendre accessible l'histoire générale de l'Afrique ? A.B-Y : Sur la partie de l'utilisation pédagogique, j'ai eu l'occasion d'y travailler modestement, notamment avec le professeur Elikia M'Bokolo et. Et aujourd'hui, on a d'autres outils qui ont été développés comme un jeu vidéo, des capsules vidéos. C'est-à-dire qu'il s'agit aussi de se mettre à la hauteur des nouvelles générations qui ont une autre conception de l'histoire, qui ont souvent une vision un peu poussiéreuse justement des archives, donc il faut aussi arriver à penser la question des supports technologiques dans ce contexte-là, tout en gardant évidemment la rigueur scientifique et méthodologique. RFI : Quelle place pour l'archive dans cette histoire générale de l'Afrique et pouvez-vous nous donner un exemple d'une archive que vous aimez, qui vous intéresse, que vous avez envie de partager avec nos auditeurs ? A.B-Y : Alors, ce n'est pas une archive qu'on a finalement mise en avant, mais on l'avait pensée au départ. C'est tout simplement l'un des comptes-rendus de la mise en place du Comité scientifique international des huit premiers volumes, parce qu'il montrait en fait comment, autour d'un document, on réunit une grande diversité de chercheurs avec des horizons différents, avec des sensibilités, des idéologies différentes de toutes les Afriques, et aussi en dehors du continent africain, pour justement se mettre ensemble sur un projet. Donc c'est ce que je trouve intéressant, c'est comment l'archive est aussi le résultat de conciliabules, de concertations, de comment dire, de consensus qui permettent d'avancer. On devrait avoir la réplique de Toumaï, qui est l'un de nos plus anciens ancêtres, découvert au niveau du Tchad. On est dans les 7 millions d'années, également de Lucie, qui est également à l'UNESCO en termes de répliques. Et donc ce sont des éléments importants parce qu'ils sont aussi le fruit d'un travail de chercheur qui, à une certaine époque, ont su justement construire, sécuriser et transmettre ces archives. RFI : Cela veut dire aussi que l'archive, ce n'est pas seulement un document écrit. Le corps peut être archive aussi ? A.B-Y : Le corps peut être archive. Il y a tout un travail qui est fait sur la question de la restitution des restes humains qui me semble essentiel. Donc la question des sources et des fondamentalement vivante, contrairement à ce que beaucoup croient, en pensant qu'on travaille sur du matériel un peu mort, on travaille sur du matériel qui est éminemment vivant. Et c'est ça justement qui fait peut-être aussi notre vocation d'historien et qui la rend si passionnante.
Israël et le Maroc vont ouvrir des ambassades dans leurs pays respectifs, a annoncé mercredi le ministère israélien des Affaires étrangères, après une rencontre entre les deux chefs de la diplomatie, sous l'égide américaine. Les deux pays avaient normalisé leurs relations diplomatiques en décembre 2020 dans le cadre des accords d'Abraham, un processus entre Israël et plusieurs pays arabes, soutenu par Washington.
Patrick Weil est historien et directeur de recherche émérite au CNRS. Il vient de publier De l'immigration en France chez Grasset, une enquête menée auprès de ceux qui fabriquent vraiment cette politique, préfets, entrepreneurs, élus, associations, et qui ne ressemble à aucun des livres militants qu'on trouve habituellement sur le sujet.C'est la deuxième fois que je le reçois. La première, nous avions parlé de laïcité, et j'avais déjà été frappé par sa façon de désamorcer les sujets brûlants en revenant simplement aux faits et au droit. Cette fois je voulais aller plus loin, et je l'ai poussé volontairement dans tous les sens. J'ai argumenté la peur, j'ai argumenté les mauvais arguments de la gauche, j'ai posé les questions que j'entends régulièrement dès que l'on aborde ces sujets. Parce que l'immigration est probablement le sujet sur lequel je vois le plus de gens intelligents perdre leur capacité à penser.Dans cet épisode, nous parlons de ce que dit réellement le droit du sol, de ce que coûte et rapporte l'immigration, des OQTF, du regroupement familial qui concerne 14 000 personnes par an, de Meloni, de Trump, des contrôles au faciès et du code de l'indigénat. J'ai questionné Patrick sur la seule question qui compte peut-être : est-ce qu'on peut encore mettre les Français d'accord sur ce sujet ?Sa réponse m'a surpris. Et j'ai fini par lui raconter ma propre expérience, celle d'un enfant d'Antillaise à qui on a demandé d'oublier ce qu'il était pour devenir français.Citations marquantes« Les gens croient que le droit du sol, c'est comme si un enfant naît en France d'une mère étrangère, il est français. Jamais. C'est le droit américain. »« 105 millions d'étrangers entrent en France tous les ans pour faire du tourisme. L'immigration irrégulière, c'est moins de 0,2 %. »« Il me dit : je suis islamophobe. Et vingt minutes après : j'ai engagé 500 papiers, ils sont tous musulmans et deux d'entre eux sont géniaux. »« Quand on donne une réponse sans avoir fait la recherche, c'est déjà une idéologie. C'est le produit de la paresse intellectuelle. »« Le vrai sujet, c'est qu'on est dans une histoire commune qu'on ne se raconte pas. Qu'on ne nous a pas racontée. »Idées centrales discutées1. Les idées fausses sont partagées par tout le monde, pas seulement par un camp (05:03)Le droit du sol automatique à la naissance n'existe pas en France. Le regroupement familial n'a pas été créé par Giscard en 1976, il existe depuis qu'il y a de l'immigration organisée. Ces deux erreurs structurent pourtant l'essentiel du débat public.Pourquoi c'est important : on se bat sur un objet qui n'existe pas, et pendant ce temps les vrais dysfonctionnements ne sont pas traités.2. Supprimer le droit du sol déstabiliserait toutes les familles françaises (06:42)Si on supprime le double droit du sol, prouver sa nationalité suppose de remonter une filiation. Registres, paperasse, bureaucratie, pour tout le monde. Une tradition présente en France depuis 1515 disparaîtrait.Pourquoi c'est important : une mesure présentée comme dirigée contre les étrangers frapperait d'abord les Français.3. La complexité des gens n'apparaît jamais dans les sondages (14:16)L'ancien élève de Patrick, chef d'entreprise dans le Sud, se déclare islamophobe et emploie 500 personnes majoritairement musulmanes. À l'inverse, on peut défiler contre l'islamophobie et ne jamais louer son appartement à un sans-papiers.Pourquoi c'est important : c'est exactement ce niveau de réalité que le débat politique efface, et c'est là que l'accord redevient possible.4. L'immigration est un symptôme, pas la cause (65:16)Le niveau scolaire baisse à cause des méthodes d'enseignement. La crise du logement vient de décisions prises au début du premier quinquennat Macron. L'immigration sert de bouc émissaire à un dysfonctionnement général de l'État.Pourquoi c'est important : tant qu'on désigne le symptôme, on ne répare rien.5. On a augmenté l'immigration sans jamais l'annoncer ni l'accompagner (49:53)Plus 50 % entre 2000 et 2025, multiplication par cinq de l'immigration africaine en Bretagne et en Pays de la Loire. Aucune classe supplémentaire, aucune alphabétisation prévue, aucun logement. Les gens qui disent que ça ne va pas ont un peu raison.Pourquoi c'est important : c'est le point où Patrick donne raison à la colère, ce qui rend son propos crédible pour tout le monde.6. Se déclarer universaliste et accepter les contrôles au faciès est intenable (57:37)Le Conseil d'État a qualifié la pratique de racisme systémique. Aucune conséquence n'a suivi. De Blasio à New York et Theresa May en Angleterre ont supprimé les contrôles préventifs.Pourquoi c'est important : Patrick relie explicitement cette pratique au code de l'indigénat, et en fait le point d'entrée d'une vraie politique d'égalité.7. Une politique d'immigration efficace passe par le marché du travail, pas par la police (30:44)Comités départementaux du marché du travail occasionnel, bureaux de recrutement dans les pays d'origine, carte de saisonnier renouvelable sur dix ans, diversification des sources. Et un ministre dédié, qui ne soit pas celui de l'Intérieur.Pourquoi c'est important : c'est la partie programmatique du livre, et elle ne ressemble ni à la gauche ni à la droite.Questions posées dans l'interviewTu es historien. Pourquoi écrire un livre sur l'immigration aujourd'hui ?Est-ce qu'on dit n'importe quoi à gauche comme à droite sur ce sujet ?Quelle est la chose la plus incomprise sur l'immigration en France ?Que se passerait-il concrètement si on supprimait le droit du sol ?Comment expliques-tu qu'un chef d'entreprise se dise islamophobe et emploie 500 musulmans ?Ton objectif, c'est de mettre les gens d'accord sur ce sujet ? C'est possible ?C'est quoi, un immigré ? La définition légale dit-elle la même chose que ce dont les gens parlent ?L'immigration a augmenté de 50 % en vingt-cinq ans. Ce n'est pas la preuve qu'il y a un problème ?Combien ça coûte, l'immigration, et combien ça rapporte ?A-t-on raison d'avoir peur de l'extrême droite quand on voit que Meloni n'a rien changé ?Qu'est-ce qu'on répond aux gens qui ont peur pour des raisons sécuritaires ?C'est quoi, cette histoire commune dont tu dis qu'on ne se la raconte pas ?Est-ce qu'on doit être tributaire toute notre vie du colonialisme ?Concrètement, on fait quoi demain matin ?Références citées dans l'épisodeLivresDe l'immigration en France, Patrick Weil, Grasset, 2026 (02:32)La France qui veut être africaine, cité comme titre d'un collègue historien (41:55)Rapports et textesRapport Weil au gouvernement Jospin sur la politique d'immigration, 1997 (02:32)Loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, article 31 (70:57)Loi de 1973 sur la nationalité, rapporteur Jean Foyer (43:05)Décision du Conseil d'État sur les contrôles au faciès (57:37)Discours de Clemenceau du jour de l'armistice (53:00)InstitutionsCNRS, OFPRA, INSEE, Défenseur des droits, CESUPersonnalités politiquesMarine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Ciotti, François Bayrou, François Ruffin, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Giorgia Meloni, Donald Trump, Bill de Blasio, Theresa May, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Jean FoyerHistorique et culturelL'Action française et la suppression du droit du sol depuis la fin du XIXe siècle (05:03)Le double droit du sol, décision de 1515 (07:10)La France libre née au Tchad, la 2e DB, la ségrégation exigée par les Américains (40:57)Le film récent sur de Gaulle (23:40)Le code de l'indigénat (60:09)Chiffres clés+50 % d'immigration entre 2000 et 2025, environ 132 000 par an105 millions de touristes étrangers par an, immigration irrégulière estimée à moins de 0,2 %5 à 6 millions de musulmans en France, moins de 10 %, contre 30 % perçus350 000 titres délivrés par an, dont environ 120 000 étudiantsRegroupement familial : 14 000 personnes par an, enfants compris70 % des immigrés en âge de travailler occupent un emploiEnviron 30 % des membres de l'armée, des médecins et des infirmières sont enfants d'immigrésContrôles d'identité à New York : de 800 000 à 11 000 Timestamps clés00:00 — Ce qui vous attendPourquoi j'ai voulu argumenter dans les deux sens, y compris la peur.01:58 — Générique02:32 — Pourquoi un historien écrit sur l'immigration en 2026Trente ans après son premier livre et le rapport Jospin de 1997, Patrick reprend l'enquête. Cette fois pas pour le gouvernement, pour les lecteurs.04:05 — Est-ce qu'on dit n'importe quoi des deux côtés ?Oui. À gauche aussi, par exemple quand on affirme que personne ne viendrait si on ne contrôlait pas les frontières.05:03 — Le droit du sol n'est pas ce que vous croyezL'automaticité à la naissance n'existe pas en France. Ce qui existe, c'est le double droit du sol, à la troisième génération. Et le regroupement familial n'a pas été inventé par Giscard.06:42 — Ce que supprimer le droit du sol ferait vraimentProuver une filiation, des registres, de la paperasse. Une tradition ancrée depuis 1515 qui déstabiliserait toutes les familles françaises.08:06 — La méthode du livre : partir de ce que dit l'extrême droiteLa submersion, l'envahissement. Patrick répond chiffre par chiffre, y compris à Bayrou et aux 70 % de Français qui l'approuvaient.10:07 — Combien de musulmans en France ?Les Français répondent 30 %. La réalité tourne autour de 10 %. Et la laïcité n'a jamais été faite contre les croyants.11:13 — L'homme qui se dit islamophobe et emploie 500 musulmansL'anecdote qui a déclenché le livre, et qui dit tout de la complexité française.14:34 — L'agence du travail occasionnel et l'histoire folle de la rentrée universitairePourquoi déplacer la rentrée au 15 octobre a poussé les viticulteurs vers l'immigration irrégulière.17:49 — Réparer l'ÉtatLa colère des gens qui se sentent oubliés ne parle pas que d'immigration. Elle parle d'un service public qui ne sert plus le public.19:00 — Le Pen, la mère-grand et le grand méchant loupLa fable que Patrick utilise pour décrire le RN d'aujourd'hui.20:08 — Les chiffres ne suffisent pas quand il y a des croyancesMa discussion au Portugal sur les viols, et pourquoi je n'ai pas réussi à convaincre.21:39 — Ce que l'immigration a apporté à la FrancePremier pays d'immigration d'Europe dès la fin du XIXe, une force démographique dans un pays qui déclinait, et les projections de 1945 qui se sont trompées.25:59 — C'est quoi exactement un immigré ?La définition légale, et l'écart avec ce dont les gens parlent réellement.27:52 — L'augmentation de 50 %, preuve d'un problème ?Non : travailleurs, étudiants, régularisations, crises d'asile. Une immigration largement voulue.29:39 — Les OQTF, à quoi elles servent vraimentPourquoi on les délivre à tour de bras en sachant qu'elles ne seront pas exécutées.30:44 — Réguler par le marché du travail plutôt que par la policeL'exemple de Nice, les 40 000 étudiants, et le changement de statut de l'immigré à l'ère de WhatsApp.32:49 — Les saisonniers renouvelables, le modèle MeloniUne carte de dix ans qui n'a de valeur que si on repart. Et pourquoi personne ne viole la règle.34:08 — Meloni n'a rien changé, Trump siL'extrême droite n'est pas une couleur unique. Mais Patrick ne prendrait pas le risque.36:14 — Qui sont réellement ceux qui partentPas les plus pauvres. Les pauvres ne peuvent pas bouger. Souvent les plus diplômés.37:44 — Le droit à l'immobilitéLa notion qui manque au débat : le droit de rester chez soi, de ne pas être persécuté, de vivre dans un pays qui fonctionne.39:52 — Les enfants d'immigrés dans l'armée, les hôpitaux, la policeSi on les enlève, plus rien ne fonctionne.40:45 — L'histoire commune qu'on ne raconte pasLa France libre née au Tchad, l'empire, la décolonisation, et pourquoi tout cela est absent des programmes scolaires.43:05 — Les Africains de la 2e DB et la loi de 1973Un gaulliste qui se souvenait du rôle des Africains dans la Libération, et qui l'a inscrit dans la loi sur la nationalité.44:55 — Quand une réponse sans recherche devient une idéologieLe post-colonialisme comme fake news de la paresse intellectuelle, dans un sens comme dans l'autre.46:39 — Combien coûte l'immigration ?Pourquoi Patrick trouve la question absurde, et ce que ça change de savoir qu'ils arrivent déjà éduqués.49:53 — Le vrai reproche : on n'a rien prévuMultiplication par cinq en Bretagne, zéro classe supplémentaire, zéro logement. Là, les gens ont raison.51:00 — La peur sécuritaire, et l'argument du « not all men »Je prends sa place deux secondes pour retourner l'argument.55:49 — Mon expérience : oublie ce que tu es, et tu seras françaisCe que ma mère antillaise a fait, et pourquoi ça ne marche pas dans la rue.57:37 — Les contrôles au faciès, racisme systémique reconnu, zéro conséquenceDe Blasio, Theresa May, et l'inaction française.60:09 — Le code de l'indigénat n'est pas si loinL'humiliation comme peine publique, et ce qu'elle produit.61:20 — Concrètement, on fait quoi ?Le programme : rentrée au 1er octobre, comités départementaux, bureaux de recrutement, diversification, accueil, formation, explication claire de la laïcité.65:16 — L'immigration comme symptômeÉcole, logement, narcotrafic. À chaque fois, le bouc émissaire plutôt que la réforme.67:39 — Et si laisser frauder coûtait moins cher que traquer la fraude ?Ma question la plus inconfortable, et sa réponse.69:16 — Le regroupement familial, c'est 14 000 personnesLa taille d'une petite ville. Pour un débat national permanent.70:57 — Le voile, la loi de 1905, et ce qui est réellement interditCe n'est pas le signe religieux. C'est la pression. Dans les deux sens.73:15 — À quoi ouvrir, à quoi claquer la porteSa réponse tient en deux phrases. Suggestion d'autres épisodes à écouter : #207 Comprendre la tension autour de la laïcité avec Patrick Weil (https://audmns.com/oavleuD) #351 Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? (partie 1) avec Antoine Foucher (https://audmns.com/chQnSYy) Vlan #103 Comment passer du rejet des migrants à leur accueil avec Lionel Pourtau (https://audmns.com/QaEGpTn)Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au Niger, deux semaines après sa disparition, on est toujours sans nouvelles de notre confrère Moussa Kaka. Mais aujourd'hui, Reporters sans frontières (RSF) parle de « disparition forcée » et dit avoir de bonnes raisons de penser que les autorités militaires de Niamey y sont pour quelque chose. Où en est la liberté de la presse au Niger et dans les deux autres pays du Sahel central, le Mali et le Burkina Faso ? Sadibou Marong est le directeur du bureau de RSF pour l'Afrique subsaharienne. En ligne de Dakar, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Depuis maintenant deux semaines notre confrère Moussa Kaka a disparu. Est-ce que vous avez de ses nouvelles ? Sadibou Marong : À ce jour, nous n'avons pas de nouvelles de Moussa et cela fait deux semaines, donc quinze jours, que Moussa Kaka, qui est un journaliste de renom et un des vétérans de la presse au Niger, n'a pas donné signe de vie. Nous estimons que nous sommes désormais dans une situation d'une extrême gravité et sommes légitimement en face d'un cas de disparition forcée, puisque nous avons toutes les raisons de penser que les autorités militaires, ou des éléments qui leur seraient liés, y sont pour quelque chose. En tout état de cause, leur responsabilité est engagée puisque, à ce jour, elles n'ont pas ouvert d'enquête afin de retrouver Moussa et d'établir les circonstances de sa disparition. Les autorités du Niger n'ont même pas communiqué sur cette situation, ce qui agrandit davantage les inquiétudes de la famille de Moussa Kaka et de ses collègues, et de l'ensemble des défenseurs de la liberté d'expression et de la liberté de la presse dans le monde. Le signal, pour nous, est que désormais, personne parmi les journalistes n'est plus à l'abri d'un enlèvement ou d'une disparition forcée, ou d'une arrestation arbitraire. C'est-à-dire que vous pouvez travailler pendant plusieurs heures dans votre rédaction pour informer les citoyens au nom de leur droit à l'information, et à la fin de votre journée, vous devenez victime d'une disparition forcée comme Moussa Kaka. C'est cela qu'il faut dénoncer et c'est cela qu'il faut combattre. Le deuxième signal, tout aussi grave de notre point de vue, est que cette sorte de déresponsabilisation qu'on perçoit quand on voit que cela fait quinze jours, un temps si long, que les autorités militaires qui gèrent le Niger, et qui sont pourtant censées protéger tous les citoyens, y compris Moussa Kaka, continuent d'observer ce silence inquiétant. À lire aussiAu Niger, une dégradation croissante de la liberté de la presse Cette année, le Niger a connu une chute de 37 places dans votre classement Reporters sans frontières de la liberté de la presse dans le monde. Le Niger a reculé à la 120ᵉ place. Pourquoi cette dégradation ? Disons, d'une manière générale, qu'il ne s'agit pas seulement du Niger, mais pour les États de l'AES, de l'Alliance des États du Sahel, il y a des chutes ici ou là, mais la chute la plus grave, 37 places, a été notée au Niger. Le pays a pris un certain nombre de décisions défavorables à la promotion de la liberté de la presse depuis 2025. Il y a d'abord l'utilisation de la loi sur la cybercriminalité, une utilisation, disons, assez abusive pour continuer à détenir des journalistes en prison. En 2025 et jusqu'à récemment, nous avions au moins cinq à six journalistes détenus au Niger. Actuellement, dans le monitoring que nous avons, il y a les cas de Moussa Tchangari, journaliste activiste toujours en prison, de même qu'un autre cas, Serge Mathurin, qui était un présentateur dans un média local, Canal 3. Mais le Niger a connu effectivement la baisse la plus importante au classement mondial de la liberté de la presse, et les journalistes étaient essentiellement poursuivis en vertu de la loi sur la cybercriminalité. Mais au-delà de cela, ce que nous percevons, c'est que c'est aussi un pays où on a eu le développement de cette coopération accrue entre les trois de l'AES, qui se sont dotés de leurs groupes, de leurs propres radios, de leurs télévisions et de leurs agences de presse, et qui ont toujours continué, un peu, à avoir comme objectif d'aligner leurs narratifs de la même manière. Les médias des services publics continuent à travailler pour faire rayonner les narratifs proposés par l'État, et le Niger est en plein dans ce cadre-là. Face à cette situation, on voit que le journalisme de qualité a un peu tendance à régresser et cela joue sur la chute du pays dans le classement mondial de la liberté de la presse. Quel est le reproche fondamental qui est fait dans les trois pays de l'AES, du Sahel central, aux journalistes standards ? Il faut d'abord dire que les coups d'État dans les pays du Sahel central, qui ont donc formé l'alliance des États du Sahel, ont tous été le catalyseur d'importantes violations de la liberté de la presse dans ces pays. On a vu, par exemple, que la notion de journalisme patriotique ou de traitement patriotique de l'information, c'est-à-dire un traitement qui est acquis au pouvoir en place, avait émergé au Mali avec l'arrivée d'Assimi Goïta à l'époque, qui bénéficiait d'un certain élan de solidarité assez populaire et qui s'était même permis de solliciter le soutien des médias à prêcher les bonnes paroles pour, « ne pas démoraliser la population et les forces armées ». Des journalistes pro-junte l'ont vulgarisé par la suite. Mais on l'a vu aussi au Burkina avec une forme encore plus grave, comme le montre la formation, le mois dernier, d'une quarantaine de journalistes à une « immersion patriotique », parce que c'était dans un camp militaire, en présence de deux ministres qui leur demandaient s'ils allaient être des journalistes professionnels ou patriotes, et ils répondaient par l'affirmative. Mais en analysant, on se rend compte d'une chose : les régimes militaires du Sahel veulent imposer une nouvelle forme de l'information qui est fondée sur un principe très simple. C'est-à-dire que si vous avez un narratif favorable au pays, vous êtes avec eux, vous êtes pour eux. Si vous vous efforcez d'être indépendant, vous êtes alors contre eux. L'objectif de ces autorités est donc, que les médias indépendants se taisent, et c'est la raison pour laquelle ils ont suspendu des médias internationaux. Ils ont corsé les processus d'accréditation, comme on est en train de le voir au Niger, en train de s'y préparer avec une nouvelle ordonnance pour les correspondants. Ces autorités ont aussi envoyé des messages de dissuasion à la presse locale. Tous ces paradigmes ont évolué depuis l'année dernière avec ce qu'on peut considérer comme une nouvelle trouvaille : le récit, le narratif souverain, la souveraineté médiatique. Une manière pour eux d'estimer que leurs pays sont trop souvent racontés de l'extérieur par, disons, des voix qui ne sont pas forcément les leurs, qui façonnent certainement négativement leur image. Pour nous, le préalable, c'est véritablement de permettre aux journalistes locaux de jouer leur rôle par la production d'informations professionnelles, responsables et dignes d'intérêt. Mais on voit que cela n'est pas le cas. Par exemple, au Mali, les journalistes Chahana Takiou et Abdrahamane Keita ont publiquement challengé les autorités et se sont retrouvés en prison, tout comme Youssouf Sissoko, d'ailleurs. Nous continuons à demander l'abandon des charges et leur libération. C'est cela, un peu, la différence fondamentale. Ces autorités sont dans une dynamique de traitement patriotique de l'information, de contrôle du récit, de contrôle du narratif. Alors que le journalisme en soi, le préalable, c'est véritablement de permettre aux journalistes locaux, d'accepter qu'ils puissent jouer leur rôle par la production d'informations professionnelles. Mais si vous n'êtes pas avec eux, si vous faites des critiques, vous êtes pris le lendemain ou le même jour. À lire aussiRSF s'inquiète après la disparition du journaliste Moussa Kaka au Niger Est-ce que Moussa Kaka n'est pas la preuve justement qu'on peut être à la fois un journaliste indépendant et un citoyen patriote qui aime son pays ? Moussa est la preuve de la résilience dans le journalisme tel qu'on le voit. C'est pourquoi il est important de se mobiliser et de se lever pour des journalistes comme Moussa Kaka. Il y en a beaucoup d'autres dans ces pays du Sahel. On sait, par exemple, que Moussa Kaka subissait des pressions de la part des autorités depuis octobre de l'année dernière, puisqu'il a été interpellé avec un certain nombre de journalistes. C'est-à-dire que, de plus en plus, on voit l'émergence d'un nombre important de journalistes qui pensent à faire un journalisme de qualité et un journalisme digne d'intérêt, au nom du droit des populations du Sahel à l'information. Moussa Kaka, pendant près de 30 ans, n'a fait que cela. Et il y en a beaucoup d'autres, malheureusement, qui sont tellement persécutés - qui étaient obligés de se retrouver dans d'autres pays en exil, qui sont allés créer des médias à partir de l'étranger – et d'autres qui sont toujours résilients, et qui restent, et qui continuent à faire un journalisme, et un journalisme de qualité. Pour ces gens-là, il faut se lever pour protéger et accompagner ces gens, pour que le journalisme ne meure pas, pour que le Sahel ne soit pas ce grand trou noir de l'information. Ce que note le tout dernier rapport de WAJSIC (Whistleblowers and Journalists Safety International Center, ou Centre international pour la sécurité des lanceurs d'alerte et des journalistes en français), une ONG qui est basée au Ghana et qui lutte pour la protection des lanceurs d'alerte et des journalistes, c'est qu'à la différence de leurs confrères du Burkina et du Mali, les journalistes du Niger qui sont persécutés ne partent pas en exil. Effectivement, ça nous l'avons documenté et nous le notons. Comparé au niveau assez faible de journalistes du Niger qui ont quitté le pays, il y en a quand même, il y en a un peu, un nombre très petit, qui a été obligé de partir pour ne pas aller en prison, et d'autres qui ont été tellement persécutés qu'ils ont été obligés de faire autre chose que du journalisme, et d'autres qui sont restés malgré les persécutions. Aujourd'hui, si on prend le cas du Burkina Faso, c'est quand même le pays où il y a un nombre extrêmement important de journalistes en exil. Parce que là, le niveau de répression est tellement grave comparé au Mali ou au Niger, même s'il y a des Maliens aussi qui sont partis en exil. Le Burkina Faso a actuellement un nombre important, comme l'a effectivement souligné le dernier rapport, qui est un excellent rapport de WAJSIC et de Sahel Horizon sur le nombre de journalistes en exil. Mais cela, on peut le comprendre parce que c'est le caractère très féroce de la répression des journalistes au Burkina qui l'explique. On avait vu, par exemple, des acteurs non étatiques dans la répression des journalistes, qui avaient joué un rôle négatif. Par exemple au Mali, c'était le collectif de défense des militaires, au Niger, le collectif de soutien au CNSP. Mais au Burkina, par exemple, on voit autre chose, l'émergence de nouveaux acteurs comme les membres du Bataillon d'intervention rapide de la communication, Bir-C, qui en réalité, est une milice numérique qui comprend aussi bien des activistes et des proches du pouvoir, mais qui mène des campagnes de désinformation, de dénigrement et de harcèlement en ligne, contre quiconque ose critiquer les autorités. Les journalistes font partie de ces cibles-là. Donc la répression au Burkina est devenue extraordinairement féroce. On a tous les cas de journalistes portés disparus : Serge Oulon, Moussa Sareba et beaucoup d'autres. C'est quand même le pays le plus difficile dans le Sahel, comparé au Niger, par exemple. Vous êtes le responsable de RSF pour l'Afrique subsaharienne. Vous êtes basé à Dakar, est-ce que vous restez en contact avec les autorités de ces trois pays du Sahel central, afin d'essayer de défendre un espace de liberté en faveur des journalistes ? Tous les jours, nous continuons nos actions de plaidoyer en direction des États du Sahel, avec des engagements réguliers avec les autorités, en utilisant les espaces de discussion existants. Il se trouve souvent aussi que certaines autorités peuvent être fermées au dialogue et aux discussions, mais nous créons toujours le cadre adéquat pour les amener à la discussion. Par exemple, dans le cadre de la mise en œuvre de notre campagne — qui est une campagne dédiée qu'on mène depuis toutes ces années-là –, protéger les journalistes et promouvoir le droit à l'information au Sahel, nous avons soumis aux autorités du Sahel et à certains des autres États la Déclaration pour le droit à l'information au Sahel, que nous avons lancée au siège de l'Union africaine et que nous continuons de présenter aux États pour sa signature. Il y a des pays qui signent, comme par exemple la Mauritanie, la Côte d'Ivoire, et d'autres pays sahéliens ont signé. Actuellement, l'objectif, c'est de parvenir à faire signer la déclaration par les autorités du Sahel, les autorités de l'AES. Et parallèlement aussi, nous menons des actions de réponse d'urgence en faveur des médias de ces pays, nos soutiens aux radios communautaires, toutes les actions d'assistance aux journalistes en exil, et ceux en détention, et sur telle et telle interpellation ou sur telle et telle violation de liberté de la presse. Est-ce que vous avez des contacts directs avec les autorités du Niger, par exemple, ou du Mali ? Ce qu'on peut dire, c'est qu'elles restent souvent fermées, mais souvent elles communiquent de manière assez laconique. Mais souvent, elles ont une perception qu'on voit un peu cantonnée à ces critiques. Mais pour nous, ce qui est important, notre rôle n'est pas forcément de plaire, mais notre rôle est de servir de société civile, de vigie de société civile africaine dynamique, qui puisse alerter les autorités pour redresser la barre. Et on vient souvent avec des solutions, et c'est ça qui est important, qu'il s'agisse du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de l'ensemble des pays sahéliens.
Il est le magistrat sénégalais qui tient tête à Donald Trump. Depuis le départ forcé de Karim Khan il y a trois mois, Mame Mandiaye Niang est le procureur par intérim de la Cour pénale internationale, et il subit les foudres des États-Unis, qui reprochent à son tribunal d'avoir lancé des poursuites contre deux dirigeants de l'État israélien. « Nous sommes dans la tempête et c'est un test de résilience », confie-t-il à RFI. La CPI est-elle face à une menace existentielle ? En ligne de La Haye, aux Pays-Bas, le magistrat répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : La Cour pénale internationale est-elle une juridiction supranationale, corrompue et fatalement politisée comme disent les États-Unis ? Mame Mandiaye Niang : Une juridiction corrompue ? Non. Une juridiction supranationale… tout dépend de comment on interprète le mot. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit d'une juridiction qui a été mise en place par la volonté de plusieurs États. Aujourd'hui, on en compte un peu plus de 120. Est-ce que supranationale signifie au-dessus des nations ? Et ce d'autant de prérogatives à l'encontre de ces pays ? Là aussi, c'est non. En fait, nous sommes là à la disposition des États qui peuvent bien nous saisir comme alternative à une absence de justice nationale. Une juridiction politisée, disent les Américains, parce que vous avez lancé en novembre 2024 des poursuites contre le Premier ministre et l'ancien ministre de la Défense d'Israël. Cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une juridiction politisée. Maintenant, pour qui connaît le type de crime dont on est saisi, il s'agit de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de génocide. Vous savez bien qu'il s'agit là de crimes à la base desquels il y a parfois des motivations idéologiques, religieuses ou politiques. Mais non, en vérité. En fait, notre démarche est une démarche technique qui consiste à voir si ces crimes ont été commis avec cette intentionnalité qui peut parfois effectivement être bien politique. Mais nous, en ce qui concerne notre démarche, effectivement, c'est la démarche des praticiens du droit qui regardent si des infractions ont été commises et si on a effectivement la compétence pour les juger. Et lors de cette décision, vous avez également lancé des poursuites contre trois dirigeants du Hamas ? Tout à fait, parce qu'en fait, nous avons procédé à des enquêtes. Et des enquêtes que je peux dire légitimes, et donc nous avons effectivement procédé à des investigations qui ont abouti à ces mandats d'arrêt que vous mentionnez. En novembre 2024, quand votre Bureau de la Cour pénale internationale a lancé ses mandats d'arrêt contre ces deux dirigeants israéliens, le Premier ministre et l'ancien ministre de la Défense, est-ce que vous saviez que tout cela déclencherait les foudres de Washington ? Est-ce qu'on savait ? Certainement. Et ça, c'est dans la nature de la justice que notre action a souvent comme conséquence de contrarier. Donc, de ce point de vue, effectivement, nous savions bien. Et puis, il ne faut pas oublier que bien avant cela, il y a eu toute une série de contestations qui ont entouré la saisine de notre Cour par rapport à cette situation. Ça, c'est bien avant novembre 2024. Il y avait même eu des contestations légales devant notre juridiction. Et je crois d'ailleurs que, lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà sanctionné une magistrate de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, non ? Tout à fait. À l'époque, elle était procureure. Elle avait été mise sous sanctions et de telles sanctions, en fait, n'ont été enlevées par le président Joe Biden qu'après le changement au niveau de la tête de l'exécutif américain. Mais au vu du tremblement de terre que cela a provoqué depuis deux ans, est-ce que vous ne vous dites pas aujourd'hui que, si c'était à refaire, vous ne le referiez pas ? Écrire l'histoire, à mon avis, c'est toujours une sorte d'exercice qui se prête à tous les fantasmes possibles. Mais par contre, ce qu'on peut dire, c'est : est-ce qu'en regardant ce qu'on a fait, c'était une action légale et légitime ? Et par rapport à ça, je crois qu'il n'y a rien à enlever de ce qui a été fait. Le monde est aujourd'hui témoin de partout où on intervient, que ce soit à Gaza ou ailleurs. On a beau nous critiquer, mais pour chacune de ces situations, quand on les regarde, on ne peut pas dire qu'une réponse judiciaire n'est pas souhaitée. Donc, si c'était à refaire, vous le referiez ? Oui, comme j'ai dit, ce qu'on a fait était tout à fait légal. Et aujourd'hui encore, cette situation, en fait, continue de retenir notre attention. Aujourd'hui, vous voilà donc sous sanctions des Américains, comme plusieurs autres magistrats de la Cour pénale internationale. Concrètement, cela veut dire que vous ne pouvez plus utiliser de carte bancaire, par exemple ? Non, ça ce sont juste un des inconforts. Notre vie personnelle et quotidienne est affectée, mais en fait, chacun de nous essaie de s'ajuster comme il peut. Et donc, comme la plupart des cartes bancaires utilisées en Europe sont adossées à des banques américaines, vous ne pouvez plus faire vos achats avec une carte bancaire ? Ah non ! On ne peut pas faire d'achats avec les cartes bancaires. En fait, il y a des services auxquels on a théoriquement accès, mais, puisqu'ils requièrent des cartes de crédit comme « booker » (réserver) un hôtel ou acheter un billet d'avion ou un billet de train, la plupart de ces services aujourd'hui nous sont difficiles. Et vous êtes obligés de passer par un tiers ? Oui, on est obligé de passer par un tiers, y compris aussi, pour le moment, avec l'appui de la Cour elle-même qui nous permet de faire certaines choses qu'à titre individuel, il n'est plus possible de faire. Donc, le monde, en fait, découvre qu'il y a une très grande dépendance par rapport à une technologie ou bien par rapport à des outils de paiement qui sont exclusivement détenus par un pays. Par les États-Unis ? Oui, tout à fait, par les États-Unis. J'ai vécu jusqu'à quasiment mes 35 ou 40 ans sans aucune carte de crédit. Ça rend la vie difficile, mais pas impossible. Et je crois que j'appartiens aussi à un corps où on sait qu'on doit se préparer à faire face à des représailles liées aux contrariétés des gens qui n'aiment pas notre action. Et au-delà de votre cas personnel, Monsieur le juge, est-ce que les sanctions américaines entravent le fonctionnement de votre Bureau et notamment ses investigations ? De là à dire que notre action est entravée, je crois que c'est non. C'est-à-dire, il ne faut pas négliger l'impact effectivement des menaces, des représailles et surtout même d'actions futures. On ne peut pas dire que ça n'a pas d'impact, mais en même temps, pour nous, c'est une sorte de test de résilience. Nous sommes en train d'organiser aussi notre résilience par rapport à toutes ces technologies américaines dont on a pu être particulièrement dépendant. Aujourd'hui, on fait notre travail, on explore aussi des alternatives à toutes ces technologies-là. Et puis on explore aussi peut-être d'autres moyens de travail qui, dans l'immédiat, peuvent se révéler moins efficaces, mais quand même qui nous permettent de faire ce travail extrêmement important qui est le nôtre. Alors, vu que les Américains menacent de sanctions les juristes, les ONG qui travaillent avec vous, est-ce que vous n'êtes pas tout de même de plus en plus isolé ? Bon, c'est déjà le cas. En fait, il y a un certain nombre d'ONG qui ont déjà fait l'objet de sanctions et effectivement, il y en a d'autres qui le sont. Mais de là à dire que nous sommes isolés, non ! Je crois que, pour qui connaît comment la Cour a été créée et ce dont elle a besoin pour fonctionner, on ne peut pas être isolé parce que, quand même, nous sommes le produit de la volonté de plus de 120 États. Ce sont ces États qui nous donnent les budgets et qui, par leur coopération, nous permettent de fonctionner. Donc, nous ne serons isolés que si ces États nous lâchent. Maintenant il ne faut pas contester le fait qu'on vive une tempête avec quelques retraits ici ou là. Mais je crois que, de façon générale, nous bénéficions encore du soutien de tous ces États par la volonté desquels nous existons. Est-ce que vous avez accès aux outils américains de l'intelligence artificielle, ou est-ce que vous êtes obligé de passer par les outils d'autres pays comme la Chine ou les pays de l'Union européenne ? Nous y avons accès parce que la Cour ne fait pas encore l'objet de sanctions institutionnelles, comme ils disent, qui ont été brandies depuis un certain temps, mais qui, en fait, n'ont jamais été déployées. Et donc l'accès à ces outils, d'un point de vue institutionnel, est toujours possible. Oui, c'est-à-dire que la prochaine étape contre vous, ça pourrait être des sanctions américaines contre l'institution CPI, Cour pénale internationale ? Oui, tout à fait. Donc, c'est quelque chose, en fait, qui a été brandi, dont on a parlé depuis un certain temps, qui aurait la conséquence, effectivement, d'interdire à toutes ces compagnies tech américaines de coopérer avec la Cour en tant qu'institution. Pour le moment, ce n'est pas le cas. Et ces compagnies, en fait, qui coopéraient avec nous, peuvent parfaitement continuer à le faire. À plusieurs reprises, Mame Mandiaye Niang, l'État du Sénégal, votre pays donc, par les voix de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, vous a promis soutien et solidarité. L'Union européenne également, mais est-ce que ces soutiens sont suffisants ? D'un point de vue déjà de la symbolique, moi je pense que c'est extrêmement important parce que, que ce soit le Sénégal, mon pays que vous avez cité, ou l'Union européenne qui se trouve aujourd'hui être le soutien le plus important qui nous permette de fonctionner, dans ces deux cas, ça va même au-delà de la symbolique. Parce que si on est à même de fonctionner, c'est à la faveur de tous ces soutiens. Donc à titre personnel, mon pays en a fait plus que je pouvais attendre parce que je mesure la vulnérabilité possible des pays comme le mien. Mais aujourd'hui, le soutien que j'ai reçu depuis le début des sanctions a été un soutien haut et fort. Et c'est ce même soutien aussi que je reçois aujourd'hui de la France et de l'Union européenne. Et quand vous entendez les paroles de Diomaye Faye ou d'Ousmane Sonko, ça fait du bien, j'imagine ? Absolument. Ça fait du bien. Et aussi, ça fait de la fierté d'entendre que mon pays est derrière moi et que mon pays défend ses principes. Parce qu'il ne faut pas oublier quand même que le Sénégal a été le premier pays à ratifier le traité de Rome, et c'est quelque chose aujourd'hui qui est marqué dans les livres d'histoire. Et aujourd'hui cette tradition de défendre les principes. Et ça, c'est un hommage à Abdoulaye Wade ? Absolument. Et je crois que de ce point de vue, en fait, la diplomatie sénégalaise, je dois dire, à travers même les personnages politiques qui l'ont animée, a quand même fait preuve d'une certaine constance que je salue. Est-ce que, depuis que vous êtes sous sanctions américaines, vous avez des renforts financiers de la part d'autres États, notamment en Europe ? Ce qui est aussi une manifestation de soutien très claire, c'est que les contributions des États ont été déposées avec une très grande diligence. Donc, les États, quand même, ont été particulièrement diligents à donner leur contribution au niveau du budget régulier qui nous permet de fonctionner. Quels États, par exemple ? En fait, quasiment tous les États. Je crois que paradoxalement, malgré en fait cette situation qualifiée de tempête, donc la Cour, du point de vue des liquidités, est en très bonne santé. Le Tchad, le Burundi, les trois États de l'Alliance des États du Sahel… Depuis quelques mois, plusieurs pays africains annoncent leur départ de la CPI et pour certains à la suite de pressions américaines. Est-ce que ce lâchage ne vous inquiète pas ? Je crois qu'à travers les arguments qui ont été avancés, il y a eu beaucoup de malentendus. À certains, on leur a fait peur en leur indiquant qu'il y avait des mandats d'arrêt secrets contre eux. Et dans tous ces cas-là, c'était complètement faux. Aujourd'hui, le Niger ou le Burkina Faso ne sont même pas des pays de situation. Cela veut dire qu'il n'est pas envisageable d'avoir des mandats d'arrêt lancés contre qui que ce soit dans ces pays. Donc apparemment, il y a beaucoup de malentendus à travers aussi, en fait, des campagnes vicieuses et sournoises qui travestissent notre mandat. Est-ce à dire, Monsieur le Procureur, que vous espérez faire revenir le Tchad ou le Burundi, ou le Mali sur sa décision ? En tout cas, nous serons ouverts au dialogue pour l'idéal de justice internationale. J'ai du mal à croire qu'il y a quelque part au monde quelqu'un qui peut ne pas embrasser cet idéal-là. Vous comptez en effet plus de 120 membres, mais il n'y a pas dans la CPI trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les États-Unis, la Russie et la Chine. Il y a ces pays qui commencent à vous quitter. Est-ce que la CPI, 30 ans après sa naissance, n'est pas dans une très grave crise du trentenaire ? Est-ce qu'elle n'est pas face à une menace existentielle ? En fait, il peut y avoir des soubresauts et des tumultes. Et aujourd'hui, c'est tout le multilatéralisme qui est secoué. Mais j'ai du mal à croire qu'il s'agit d'une crise existentielle. Cette Cour est la résultante d'un effort constant, continu depuis pratiquement plus d'un siècle. Et bien entendu, on a eu une embellie à la fin des années 90 qui a rendu des consensus relativement faciles. Certains de ces consensus sont en train plus ou moins d'être bousculés, mais je crois que nous reprendrons le dessus parce que nous représentons un idéal qu'on ne peut pas effacer : l'idéal de justice internationale, on ne peut pas le mettre sous le boisseau quand le système national ou régional est défaillant. Donc, vous attendez le départ de Donald Trump de la Maison Blanche ? En fait, je ne le dirai pas comme ça parce que les États-Unis ont la souveraineté d'élire qui ils veulent. Mais je dirais qu'après ces moments difficiles viendront des moments plus calmes. Est-ce qu'il faudrait que la Cour pénale internationale renonce à poursuivre les ressortissants des États non membres ? Les Américains, par exemple, même s'ils sont soupçonnés d'avoir commis un crime sur le territoire d'un État membre de la CPI ? Je pense qu'en fait, il y a quelque chose à clarifier. Nous tenons cette souveraineté des États membres. Ces mêmes États membres, si vous regardez bien, en France, au Sénégal… n'importe quel pays que vous prenez, on y juge des étrangers. Un Américain qui, en France, commet un crime, on ne peut pas imaginer que ce serait une violation de la souveraineté américaine de le juger. Aux États-Unis, on juge aussi des étrangers tous les jours. Et je crois que si ce schéma est clair, la seule question qu'on doit nous poser est de savoir : est-ce que vous avez la légitimité pour juger des citoyens étrangers ? Mais tout dépend de là où ils ont commis les crimes et s'ils ont commis les crimes dans le territoire d'un État qui veut bien qu'on s'occupe de cette situation dans son territoire, on ne peut pas défaillir. Pas de compromis, même si cela pourrait arranger vos relations avec Washington ? Je crois qu'en fait, de ce point de vue, il y a plusieurs mécanismes. C'est-à-dire que ce que vous appelez compromis, c'est qu'il y a beaucoup de mécanismes aujourd'hui qui permettent en fait d'éviter certains conflits. Nous, nous sommes une juridiction qui ne revendique pas la primauté, quels que soient les criminels. Si leur pays veut bien les juger, nous on veut bien se retirer et les laisser les juger. Et ça, c'est ce qu'on appelle le principe de complémentarité qui est au cœur du traité de Rome. Cela veut dire qu'il n'y a rien de rigide dans notre action. Et ultime question, vous êtes actuellement le chef par intérim du Bureau du procureur de la CPI. Est-ce que vous êtes candidat au poste de chef du bureau en succession de Karim Khane pour le début de l'année prochaine ? Cette élection n'est pas encore à l'ordre du jour. Je préfère vraiment me concentrer sur le travail qui est le mien aujourd'hui au côté de ma collègue, Nazhat Shameem Khan. Nous avons des staffs qui ont traversé une période très difficile. Nous avons aussi beaucoup de situations avec aussi beaucoup de victimes qui attendent notre action. Et aujourd'hui, je crois que notre préoccupation immédiate, c'est de vraiment prendre tout cela en charge plutôt que de penser à des questions d'ambitions personnelles pour le futur. À lire aussiMame Mandiaye Niang, procureur de la CPI, sous sanctions américaines
La Suisse interdit l'achat et l'importation d'or en provenance du Soudan. Elle s'aligne ainsi sur les sanctions prises mi-juillet par l'Union Européenne. La décision suisse est importante car le pays est la première plaque tournante mondiale de l'or. C'est parce que la Suisse occupe une place centrale dans le commerce de l'or qu'elle doit montrer l'exemple, expliquent ceux qui militent depuis des années pour que les minerais issus de zones en conflit n'entrent plus dans le pays, comme l'organisation SwissAid. Officiellement, la Suisse n'importe pas d'or du Soudan, mais indirectement, oui : l'année dernière, un cinquième de ses achats en valeur, soit 420 tonnes d'or, provenaient des Émirats arabes unis, territoire connu pour être un hub de transit de l'or soudanais. Cet or y arrive après un long parcours, via des pays voisins. « L'or des FSR, les Forces de soutien rapide est ainsi exporté par le Tchad, la Libye, la Centrafrique, le Soudan du Sud et l'Ouganda, explique Marc Ummel, chargé des matières premières à SwissAid, l'or contrôlé par les Forces armées soudanaises passe lui par l'Égypte ». Cet or est raffiné aux Émirats arabes unis avant d'être exporté dans le monde, avec une origine émirienne, c'est comme cela qu'il entre en Suisse. Des modalités d'application encore floues Tout l'enjeu de la nouvelle interdiction, c'est maintenant d'être appliquée. Jusque-là, les importateurs suisses étaient seulement soumis à la loi sur le contrôle des métaux précieux qui n'exige pas de tracer un minerai jusqu'à sa mine d'origine. La nouvelle interdiction suppose que les autorités vont chercher à remonter plus en amont dans la chaine de commercialisation et s'assurer que chaque kilo d'or importé des Émirats ne provient pas du Soudan. Mais comment ? Ce n'est pas encore clair. Une seule raffinerie suisse, contrainte de documenter ses importations pour répondre aux nouvelles exigences de la certification LBMA - London Bullion Market Association - en vigueur depuis 2026, a reconnu cette année acheter de l'or aux Émirats arabes unis. Parmi ses fournisseurs émiriens, au moins l'un d'eux s'approvisionne au Soudan. « C'est assez pour justifier des contrôles sur cette société », estime l'expert de SwissAid. Contrôles insuffisants aux Émirats arabes unis Les Émirats ont mis en place en 2023 une nouvelle réglementation sur l'or – Due Diligence Regulation for Responsible Sourcing of Gold – mais elle n'a pas suffi à rassurer. Depuis trois ans, dans ce cadre, les raffineries de Dubaï sont soumises à des audits, mais il n'y a pas pour autant de contrôles supplémentaires aux douanes alors que les Émirats importent de l'or du Soudan, mais aussi d'autres pays secoués par des conflits comme la Russie, et la RDC. Sur le papier, la loi est une bonne chose estime SWISSAID, mais sa mise en oeuvre est largement insuffisante. Les statistiques le montrent, l'or issu de zones à risque a continué à entrer aux Emirats arabes unis depuis 2023, et les volumes ont même augmenté.
En RD Congo, l'épidémie d'Ebola a déjà fait 3 310 morts sur 6 843 cas recensés. Pour tenter d'endiguer la progression du virus, le gouvernement a lancé une campagne de vaccination il y a quinze jours. Les autorités espèrent désormais l'élargir et obtenir jusqu'à 500 000 doses du vaccin Everbo.
Mardi, à Genève, le Tchad a réfuté, une fois de plus, toute implication dans le conflit soudanais alors qu'il participait à la 63ème session du Conseil des droits humains de l'ONU. N'Djaména a été accusé à de multiples reprises de servir de couloir logistique aux rebelles soudanais des Forces de soutien rapide (FSR). Le gouvernement a systématiquement nié ces accusations.
Près d'une semaine après la mutinerie qui a secoué le Niger, le porte-parole du gouvernement a lu publiquement un court message et accuse la France et ses "valets africains" d'être responsables de la tentative de coup d'État du 29 août dernier. Un discours habituel depuis la prise de pouvoir des militaires au Niger en 2023, mais qui, cette fois, ne cite pas nommément les pays précédemment accusés, comme le Tchad.
À partir de cette rentrée scolaire, les étudiants non-européens devront payer plus cher pour leurs études en France. Les frais d'inscription pour la licence et pour le master ont été multipliés par 16. À cela s'ajoute la suppression des aides au logement dont ces étudiants bénéficiaient jusqu'ici. Et ce n'est pas tout. Originaire du Tchad et étudiant en master à Strasbourg, Hamid Wachi Allatchi est le président du collectif des étudiants extra-communautaires en France. À lire aussiRentrée scolaire: les étudiants étrangers confrontés à une forte hausse des frais [3/5]
La Cour de cassation tunisienne a rejeté jeudi le pourvoi dans l'affaire du "complot contre la sûreté de l'État", confirmant les lourdes peines prononcées en appel, en novembre 2025, contre une quarantaine de personnes dont des figures de l'opposition et des avocats.
Après la violente mutinerie qui a secoué l'armée nigérienne, un officier a évoqué mardi un complot international. À la télévision nationale, ce capitaine a porté des accusations contre plusieurs pays, dont le Tchad. Pas de réaction officielle du côté de N'Djamena mais le président Mahamat Idriss Déby a indirectement répondu dans un message sur Facebook.
Under sommaren 1940 gick Frankrike från att vara en av Europas främsta stormakter till att bli ett ockuperat, förnedrat och ett politiskt söndertrasat land. Frågan är om Frankrike hade överlevt som nation utan general Charles de Gaulle (1890–1970) och hans idé om Frankrike som ett historiskt subjekt.Han försvarade envist Frankrikes ställning i världen i kamp mot Vichyregimen och även mot sina allierade USA och Storbritannien. Fem år senare stod han i spetsen för en återupprättad fransk stat. Frankrike hade fått en egen ockupationszon i Tyskland och en permanent plats i FN:s säkerhetsråd.I detta avsnitt av podden Historia Nu samtalar programledaren Urban Lindstedt med Martin Hårdstedt, professor i historia, om Charles de Gaulles envisa kamp för Frankrike.Under första världskriget tjänstgjorde de Gaulle som officer, sårades flera gånger och tillbringade över två år i tysk krigsfångenskap. Han läste, studerade kriget och höll föredrag för andra fångar om historia och krigföring. Erfarenheterna stärkte hans intresse för sambandet mellan teknik, rörlighet, eldkraft och ledarskap.Under mellankrigstiden gjorde han sig känd som militärteoretiker. Han argumenterade för en mer rörlig och mekaniserad armé med stridsvagnar, i kontrast till den franska försvarsstrategi som i hög grad byggde på befästningar som Maginotlinjen.Efter nederlaget 1940 ville marskalk Pétain rädda Frankrike genom vapenstillestånd med Tyskland. Medan De Gaulle menade att Frankrike endast kunde räddas genom att vägra acceptera nederlagets politiska konsekvenser.De Gaulle sammanfattade senare sin historiesyn i inledningen till Mémoires de guerre: ”Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France” – hela sitt liv hade han burit på ”en viss idé om Frankrike”. Frankrike var för honom inte identiskt med en regering eller en statsförfattning. Nationen var ett historiskt kontinuum.De Gaulle flydde till Storbritannien och talade den 18 juni i radio och uppmanade fransmännen att fortsätta kampen. Men De Gaulles ställning var svag. Han hade inget folkligt mandat och hade bara varit medlem av regeringen i några dagar. Hans första uppgift blev därför att skapa legitimitet och få fransmän och allierade att acceptera hans anspråk på att företräda nationen.Förhållandet till den brittiske premiärministern Winston Churchill var motsägelsefullt. Men utan Storbritanniens stöd hade Fria Frankrike knappast överlevt 1940. Men de Gaulle vägrade acceptera rollen som brittisk klient.Ännu svårare var relationen till Franklin D. Roosevelt. USA hade länge diplomatiska förbindelser med Vichy och ville inte automatiskt erkänna de Gaulle som Frankrikes ledare. Amerikanerna stödde under en period Giraud och misstrodde de Gaulles politiska ambitioner.Sommaren 1940 hade de Gaulle bara några tusen fria franska soldater i Storbritannien. Han behövde territorium, administration och resurser. Här blev kolonialimperiet avgörande. Tchad anslöt sig till Fria Frankrike den 26 augusti under guvernören Félix Éboué. Därefter följde bland annat Kamerun, Kongo och Oubangui-Chari. Större delen av Franska Ekvatorialafrika blev därmed en territoriell bas för rörelsen.De Gaulle kunde nu uppträda som ledare för territorier med administration, soldater och råvaror. Vägen tillbaka till Paris gick i stor utsträckning genom kolonialimperiet och bars också av koloniala soldater. När Frankrike befriades skulle det redan finnas en fransk regering som kunde ta över staten.Bild: General Charles de Gaulle och hans följe tågar längs Champs-Élysées från Triumfbågen mot Notre-Dame efter Paris befrielse i augusti 1944. Fotograf okänd, Imperial War Museums (HU 66477). Public domain via Wikimedia Commons.Musik: La Marseillaise av Band of the Garde Républicaine med dirigent François-Julien Brun. Inspelad i Théâtre des Champs-Elysée 1950, Wikimedia Commons, Public Domain.Klippare: Emanuel Lehtonen Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
durée : 00:12:13 - Le Fil de l'histoire - par : Stéphanie Duncan - Parmi les victoires de la France libre, la première fut remportée à Koufra, dans le désert libyen, en 1941. Depuis le Tchad où il est basé avec ses hommes, Leclerc est chargé par de Gaulle d'engager le combat avec les Italiens d'un poste perdu au milieu du désert, mais important stratégiquement. - équipe : Claire Destacamp, Anne-Cécile Perrin, Frédéric Martin - invités : Sébastien Albertelli Docteur en histoire, professeur agrégé dans le secondaire Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Les invités d'Éric Topona se prononcent sur les conséquences juridiques de la grâce présidentielle dont ont bénéficié, il y a une semaine, plusieurs leaders de l'opposition tchadienne. Ils analysent aussi les conditions devant contribuer à apaiser le climat politique national.
Au Tchad, le pouvoir veut tourner la page des tensions politiques. Succès Masra, l'ancien Premier ministre et principal opposant au président Mahamat Idriss Déby, vient d'être gracié après plusieurs mois de prison. À peine libéré, il propose un gouvernement d'union nationale, mais cette proposition « n'est pas du tout à l'ordre du jour » pour les autorités, répond le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Gassim Cherif Mahamat. RFI : Il y a quelques jours encore, Succès Masra, ex-Premier ministre et chef du principal parti d'opposition, a été gracié avec huit autres opposants. Il a proposé sur France 24 ce week-end la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Vous vous êtes dit ouvert. Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce que vous êtes prêt à recevoir succès Masra pour en discuter ? Gassim Cherif Mahamat : Tout d'abord, nous nous réjouissons de la nouvelle de la grâce de Succès Masra et d'autres leaders du GCAP. C'est un regroupement d'acteurs politiques qui ont tous été graciés par le chef de l'État lors de la fête de l'indépendance. Donc, ce geste entre en résonance avec sa volonté de décrisper la situation politique dans notre pays, d'ouvrir la géopolitique et de donner la chance à la réconciliation et à la paix dans notre pays. À lire aussiTchad: l'ex-Premier ministre et opposant Succès Masra gracié par le président Déby et libéré Maintenant, en ce qui concerne Succès Masra, le chef de l'État a fait un message dimanche 16 août en disant qu'il renouvelle sa confiance au gouvernement actuel et au Premier ministre, l'ambassadeur Allamaye Halina. Donc, la question du partage du pouvoir ou du gouvernement d'union nationale n'est pas du tout à l'ordre du jour. Succès Masra est un citoyen tchadien, il peut jouir de ses droits comme tout le monde. Mais pour le moment, dans l'agenda du président de la République, il n'est pas question d'un gouvernement d'union nationale ou d'un partage du pouvoir, parce qu'il a été élu par le peuple tchadien sur la base d'un programme. Et on doit conduire ce programme sur les cinq années à venir. Cela veut-il dire que le gouvernement, aujourd'hui, ne considère pas Succès Masra comme un interlocuteur politique ? Il le considère comme un interlocuteur politique, comme tout autre. Mais ce n'est pas à Succès Masra d'imposer son agenda, d'imposer le tempo, et je ne vois pas en quoi, ni au nom de quelle exigence ou légitimité politique il peut imposer un gouvernement d'union nationale. Je pense que c'est quelque chose qui n'est pas réaliste dans les faits parce que parfois on peut dire des choses mais qui ne répondent pas aux faits. Et dans les faits, Succès Masra n'est pas le chef de file de l'opposition, il n'est pas opposant. Je suis désolé de vous corriger, il a été le dernier Premier ministre avant d'aller en prison. Maintenant, il y a un chef de file de l'opposition qui est l'ex-Premier ministre, Pahimi Padacké Albert, qui se retrouve dans ce qu'on appelle le cadre de dialogue politique et dans lequel vous avez des partis de l'opposition et des partis de la majorité. Donc, je ne sais pas sur quelle base il prétend être opposant, en quoi il a le monopole de l'opposition, puisque l'opposition est représentée à l'Assemblée nationale et au Sénat à travers des députés et des sénateurs. Il y a aussi des conseillers provinciaux et des conseillers municipaux. Donc, je ne vois pas en quoi Succès Masra aurait la légitimité et puis le monopole de l'opposition. La grâce a été présentée, effectivement, vous l'avez dit, comme un geste de réconciliation nationale. Est-ce que cette réconciliation doit maintenant se traduire par d'autres gestes politiques ? Quelle va être la prochaine étape politique de cette réconciliation après ces grâces ? Écoutez, il y a quelques voix qui s'élèvent pour demander une amnistie, parce que la grâce n'absout pas tout et n'efface pas la condamnation. C'est ça la différence avec l'amnistie. Donc, il y a quelques opposants qui demandent l'amnistie. Et ça, c'est le chef de l'État qui va examiner cette situation. Il prendra la décision en temps voulu. Qu'est-ce que vous attendez finalement de ces opposants que vous avez graciés ? Est-ce que vous attendez d'eux qu'ils participent justement à cette réconciliation nationale ? Bien sûr, je veux qu'ils y participent, qu'ils exercent leur travail. En tout cas, qu'ils prennent leur place d'opposants. Nous sommes un régime, un gouvernement ouvert à la critique, à l'opposition. Tant que c'est une opposition constructive avec des idées qui peuvent nous aider à avancer. Mais, souvent on se jette dans les invectives, dans les discours un peu radicaux, avec des accents un peu régionalistes, un peu confessionnels, etc. Je pense que cette posture doit changer. Nous sommes une jeune démocratie qui se consolide et on doit faire attention à certains discours de haine et de division. Parmi les autres grandes actualités qui concernent le Tchad, récemment. Le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale fin juillet. Qu'est ce qui a changé en 2026 pour que le Tchad décide finalement de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) ? C'est un examen que le gouvernement tchadien a fait sur des années. Nous nous sommes questionnés sur l'utilité d'abord de la CPI vis-à-vis de notre pays et vis-à-vis de l'Afrique de manière générale. Nous estimons que la CPI est injuste envers les Africains. Il n'y a aucun autre chef d'État qui a été condamné, si ce n'est un chef d'État africain. On est dans une logique souverainiste. Ça, nous l'assumons entièrement. Il n'y a pas que le Tchad, mais aussi d'autres pays du Sahel. En Afrique, c'est un mouvement global de fond qui s'exprime. Ce regain de souverainisme et cette lutte contre le néocolonialisme, c'est quelque chose qui irrigue notre société, qui irrigue nos gouvernements. C'est cela qui nous a conduits à quitter la CPI. Sur quels mécanismes existants peuvent s'appuyer aujourd'hui les victimes qui auraient voulu saisir la CPI ? Nous avons une justice qui est indépendante et nous entendons encore renforcer son indépendance. Par exemple, aujourd'hui au Tchad, le président de la République ne nomme plus le président de la magistrature suprême. La justice est indépendante, les institutions fonctionnent. Et puis, il y a un mécanisme au niveau de l'Union africaine qui est là, la Cour de justice de l'Union africaine. Je pense, à mon avis, qu'il faut renforcer cette cour pour régler nos problèmes africains, nos problèmes au niveau de notre continent. À lire aussiLe Tchad annonce son retrait de la CPI, dont il dénonce une justice «à géométrie variable»
Dans certains pays d'Afrique centrale, l'industrie musicale peine encore à prendre forme. Les droits d'auteurs se résument à peau de chagrin. Les revenus des artistes passent donc essentiellement par la monétisation de leurs prestations. « C'est à travers les concerts, les invitations officielles et nos partenaires. Mais on ne gagne pas vraiment d'argent via les plateformes de téléchargement », explique Ozaguin. Il est l'un des artistes les plus en vue de Centrafrique. Il vient de sortir un album et fait des scènes à Paris. Malgré tout, comme les autres, il a commencé par les orchestres. « Au début, ce n'était pas facile. Quand tu pars en concert, tu joues de 16 h à 23 h et on te paye 150, parfois 500 francs CFA à la fin du concert, donc moins d'un euro. On a patienté, persévéré », se souvient-il. Wasa, HTK, Facebook… Des endroits où performent les artistes centrafricains. « C'est moribond les droits d'auteur en Centrafrique. Les artistes vivent des programmations, des productions dans les bars-dancings, dans les snack-bars et puis également l'événementiel. C'est des opérations ponctuelles par rapport aussi aux festivités, par rapport aussi à la programmation tels que Tî-Ï Festival qui est initié par Idylle Mamba ou bien Bangui fait son cinéma », poursuit dans le même sens Alex Ballu, promoteur culturel à Bangui. Aujourd'hui, Ozaguin est devenu un artiste convoité, pourtant ce sont toujours les prestations qui le font vivre. « Parfois, il y a des gens qui ont des bars-dancings qui nous sollicitent pour aller jouer, les sociétés privées aussi, et le gouvernement parfois, quand il y a des évènements officiels. Et c'est à travers ça qu'on gagne de l'argent pour financer nos projets », témoigne le chanteur. À lire aussiL'industrie musicale africaine: les droits d'auteurs restent un mirage économique dans de nombreux pays [2/10] « La consommation de la chose artistique est assez faible » Mêmes difficultés de l'autre côté de la frontière au Tchad. « C'est assez difficile globalement pour les artistes de pouvoir subsister à travers leur art », témoigne Manassé Nguinambaye Ndoa, promoteur culturel, directeur du festival NdjamVi. Il relie la situation au contexte économique général dans la région : « La consommation de la chose artistique est assez faible. On voit le côté faible pouvoir d'achat, la faible consommation de la chose culturelle locale. » Il s'agit donc, comme en Centrafrique, de trouver des ressources. « Beaucoup d'artistes essaient de tenir le cap à travers les prestations diverses, que ce soit dans les bars, dans les centres culturels, dans les festivals, les prestations avec les ONG et pour les agences de commerce. Mais du côté des droits d'auteur, il reste beaucoup à faire », souligne Manassé Nguinambaye Ndoa. En dehors de la musique, beaucoup travaillent ou ont un petit business pour pouvoir joindre les deux bouts. À lire aussiL'industrie musicale africaine: Trace, le «MTV africain» et plus encore? [1/10]
Dans un décret paru vendredi, le Président tchadien a annoncé accorder une grâce présidentielle à 9 dirigeants de l'opposition actuellement incarcérés. Parmi eux : l'ancien premier ministre Succès Masra, qui avait été condamné à une peine de 20 ans de prison ferme il y a tout juste un an. Ce geste de clémence du chef de l'Etat vous surprend-t-il ? Peut-il apaiser les tensions politiques au Tchad ? Vos réactions nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Succès Masra, ancien Premier ministre et figure de l'opposition tchadienne, a été gracié par le président Mahamat Idriss Déby, qui annule ainsi sa peine de 20 ans de prison ferme. Huit autres dirigeants de partis membres du GCAP, condamnés à huit ans de détention, bénéficient également d'une remise totale de leur peine. Comment expliquer cette décision ? Est-ce le signe d'un apaisement de la situation politique au Tchad ? Avec Remadji Hoinathy, chercheur à l'ISS Africa (l'Institut d'études de sécurité), spécialiste du lac Tchad et de l'Afrique centrale.
Se dirige-t-on vers un apaisement du climat politique au Tchad ? Une question légitime après la grâce accordée vendredi à neuf opposants politiques par le président Déby, dont l'ancien Premier ministre Succès Masra, précédemment condamné à 20 ans de prison. Le ministre de la Communication tchadien Gassim Chérif est notre invité.
Au Tchad, l'opposant Succès Masra est désormais libre. L'ancien Premier ministre condamné à 20 ans de prison a bénéficié d'une grâce présidentielle. Il consacre sa première interview depuis sa libération à France 24.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a gracié l'opposant Succès Masra, ainsi que huit autres dirigeants de partis d'opposition. Le chef des Transformateurs purgeait depuis plus d'un an une peine de 20 ans de prison ferme. Cette grâce ouvre-t-elle de nouvelles perspectives pour l'opposition ?
La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison
Après le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le Tchad a annoncé le 27 juillet son retrait de la Cour pénale internationale. C'est une nouvelle étape dans la stratégie diplomatique de ces États du Sahel. Après leur départ de la CEDEAO et de l'OIF, les Etats de l'AES dénoncent désormais une institution qu'elles jugent instrumentalisée par les puissances occidentales.
Une première phase de financement pour les 800 km de route entre Douala, au Cameroun, et Bangui, en République centrafricaine. Elle vient d'être annoncée par la Banque mondiale et se monte à 425 millions de USD. Le début des travaux sur ce tronçon communément appelé corridor économique Douala-Bangui est fixé pour l'an prochain. 80 % des produits vers la RCA, et 70 % vers le Tchad transitent par cet axe aujourd'hui en mauvais état. De notre correspondant à Yaoundé, L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui est censé moderniser et automatiser les opérations de pesage et aussi réduire les délais de transport des marchandises entre les deux pays. « Il y aura un dispositif de présélection installé sur la voie et ce sont les véhicules qui sont soupçonnés d'être en surcharge qui vont se faire peser à la station, et de manière automatique. Les amendes, s'il y en a, vont être enregistrées et le reçu directement imprimé », explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics. À lire aussiLe patronat camerounais s'inquiète de l'impact de l'état des routes sur les entreprises Il faut aujourd'hui compter de 9 à 12 jours pour parcourir 1400 km entre Douala au Cameroun et Bangui en RCA. Le mauvais état de la route y est pour beaucoup. Les tracasseries administratives aussi en raison notamment des 17 postes de contrôle informels, selon la Banque mondiale. L'institution va donc concentrer les premiers financements sur le Cameroun. « Pour la première phase de financement, le Cameroun va bénéficier d'un montant de 425 millions de dollars, il va aussi bénéficier à la Centrafrique pour un montant de 90 millions de dollars et à la Cemac, via un appui régional pour préparer les phases ultérieures de ce projet », détaille Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division région Afrique de l'Ouest et du Centre de la Banque mondiale. À lire aussiCameroun: polémiques autour du chantier de l'autoroute Yaoundé-Douala Un projet de plusieurs années Côté Cameroun, il est question de reconstruire des routes et d'en réhabiliter d'autres pour fluidifier le trafic entre Douala et la RCA. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, énumère les tronçons concernés : « Reconstruction de la route Yaoundé-Douala de 215 km, réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos de 332 km et réhabilitation de la section Bonis-Bertoua, soit un programme de mise à niveau de 800 km de routes, un programme conçu pour croiser les attentes de l'économie ». L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui s'étendra sur plusieurs années et devrait créer 2 000 à 4 000 emplois directs et indirects. À lire aussiCameroun: fluidifier le trafic des marchandises reste un casse-tête
Réagissez à l'actualité de votre choix avec Chantal Lorho. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Après l'annonce faite en début de semaine par le Tchad de se retirer de la CPI, les invités d'Éric Topona se prononcent sur la viabilité de cette juridiction internationale tant décriée par certains gouvernements, notamment africains.
Le Tchad se retire de la Cour Pénale Internationale. Ndjamena dénonce la justice « à géométrie variable » de la CPI. Critiques justifiées ou faux prétexte au moment où le régime tchadien pourrait être accusé de complicité de crimes de guerre au Soudan ? Votre avis nous intéresse. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ainsi que le Venezuela, c'est au tour du Tchad d'annoncer son retrait de la Cour pénale internationale, dénonçant une « justice à géométrie variable » qu'il juge défavorable aux pays africains. Comment expliquer de telles accusations ? Alors que le ministre des Affaires étrangères tchadien, Abdoulaye Sabre Fadoul, a échangé au téléphone avec le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires africaines, quel rôle les États-Unis ont-ils pu jouer sur ce retrait ? Avec Raphaëlle Nollez-Goldbach, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), enseignante en droit international à l'École normale supérieure à Paris.
Maladie hémorroïdaire, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal, les pathologies touchant le canal anal sont encore très taboues. Ainsi, leur évocation provoque souvent gêne et rires. Et, pourtant, ces pathologies touchent un nombre important de patients qui n'osent pas en parler et qui peuvent même tarder à consulter par peur de l'auscultation. Comment améliorer la prise en charge et déconstruire les tabous entourant ces maladies ? Ce sont des pathologies taboues, honteuses pourtant très fréquentes : les maladies de la sphère anale. Crise d'hémorroïdes, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal… Un adulte sur trois dans le monde souffrira, au moins une fois dans sa vie, d'une crise hémorroïdaire. Comment dépasser les tabous qui freinent la prise en charge ? Les conséquences d'un dépistage et d'une prise en charge tardifs peuvent être préjudiciables pour la santé. Quels sont les symptômes devant amener à consulter en urgence ? Quelles peuvent être les complications d'une prise en charge tardive ? Avec : Pr Laurent Abramowitz, Professeur associé des universités, praticien à l'hôpital Bichat. Président du GREP (groupe de recherche en proctologie de la société française de proctologie). Co-directeur du DIU de proctologie de la société française de proctologie Pr Ouchemi Choua, Professeur titulaire de Chirurgie Générale, Membre Associé de l'Académie Nationale de Chirurgie de France. Chef de Service de Chirurgie Générale au CHU la Référence Nationale de N'Djamena au Tchad et Coordonnateur du D.E.S. de Chirurgie Générale à la Faculté de Médecine de N'Djamena. Programmation musicale : ► Lenny Kravitz – It ain't over 'till it's over ► Camille Yembé & Ino Casablanca – Autodéfense.
Maladie hémorroïdaire, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal, les pathologies touchant le canal anal sont encore très taboues. Ainsi, leur évocation provoque souvent gêne et rires. Et, pourtant, ces pathologies touchent un nombre important de patients qui n'osent pas en parler et qui peuvent même tarder à consulter par peur de l'auscultation. Comment améliorer la prise en charge et déconstruire les tabous entourant ces maladies ? Ce sont des pathologies taboues, honteuses pourtant très fréquentes : les maladies de la sphère anale. Crise d'hémorroïdes, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal… Un adulte sur trois dans le monde souffrira, au moins une fois dans sa vie, d'une crise hémorroïdaire. Comment dépasser les tabous qui freinent la prise en charge ? Les conséquences d'un dépistage et d'une prise en charge tardifs peuvent être préjudiciables pour la santé. Quels sont les symptômes devant amener à consulter en urgence ? Quelles peuvent être les complications d'une prise en charge tardive ? Avec : Pr Laurent Abramowitz, Professeur associé des universités, praticien à l'hôpital Bichat. Président du GREP (groupe de recherche en proctologie de la société française de proctologie). Co-directeur du DIU de proctologie de la société française de proctologie Pr Ouchemi Choua, Professeur titulaire de Chirurgie Générale, Membre Associé de l'Académie Nationale de Chirurgie de France. Chef de Service de Chirurgie Générale au CHU la Référence Nationale de N'Djamena au Tchad et Coordonnateur du D.E.S. de Chirurgie Générale à la Faculté de Médecine de N'Djamena. Programmation musicale : ► Lenny Kravitz – It ain't over 'till it's over ► Camille Yembé & Ino Casablanca – Autodéfense.
Depuis fin juin, une vague de disparitions frappe la capitale malgache, touchant en majorité des enfants et des adolescents. En une semaine, quatre personnes ont été retrouvées mortes, dont une fillette de douze ans et un adolescent de dix-sept ans. Entre fugues, négligences et soupçons de meurtres, les autorités peinent à rassurer une population qui bascule dans la psychose.
L'ancien président sénégalais Macky Sall est de retour au Sénégal. Accueilli par ses partisans à son arrivée à l'aéroport de Dakar. Il a été reçu par la suite par le président Bassirou Diomaye Faye. Macky Sall est candidat au poste de Secrétaire général des Nations unies. Il sollicite à cet effet le soutien de son successeur.
Sous l'arbre à palabres, les invités d'Eric Topona dressent d'abord un bilan du forum africain de l'eau qui s'est tenu à N'Djaména les 15 et 16 juillet 2026. Ils se prononcent ensuite sur les stratégies pour favoriser un accès équitable à l'eau en Afrique.
La presse congolaise se fait l'écho jeudi 16 juillet des deux mois de l'épidémie d'Ebola. Le Journal de Kinshasa relate ainsi la colère des équipes de riposte à Bunia, qui ont manifesté mercredi. « Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes de risque », écrit le journal. L'un de ces soignants laisse éclater sa colère dans les colonnes du quotidien. « Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés ». Et le Journal de Kinshasa de poursuivre : « les revendications répétées des équipes de terrain suscitent de vives inquiétudes quant à leurs répercussions sur les opérations de riposte ». À Kinshasa, le Forum des As rapporte des tensions lors d'un sit-in de médecins, en grève depuis plusieurs semaines pour exiger notamment le paiement de leurs primes de risque. « Des agents de la police nationale congolaise [les] ont dispersés à l'aide de jets d'eau », écrit le site, qui parle d'une « humiliation inqualifiable pour ceux qui ne faisaient que revendiquer leurs droits sociaux ». Ouverture du sommet africain sur l'eau à Ndjamena Dans chacun des pays représentés au Tchad, la presse rappelle les positions de ses dirigeants. Si en RDC, le Journal de Kinshasa assure que le pays est considéré « comme l'un des plus riches en ressources en eau douce sur le continent », au Gabon, Gabonreview écrit que « Brice Clotaire Oligui Nguema joue la carte de la franchise ». « La décision des autorités de décréter l'état d'urgence hydrique témoigne de l'ampleur des difficultés rencontrées dans plusieurs localités du pays », poursuit le site. Afrik.com revient plus largement sur la question de l'eau, « devenue une question de sécurité ». « Dans plusieurs régions du continent, la raréfaction des ressources hydriques est à la base des tensions entre agriculteurs et éleveurs, rappelle le site. Elle favorise les déplacements de populations et accentue les vulnérabilités face aux crises humanitaires ». Deux membres de la délégation de l'UE à Ouagadougou déclarés « persona non grata » Une décision qui « s'inscrit dans une série de décisions illustrant la volonté du pouvoir burkinabè de durcir sa posture diplomatique », nous dit Afriksoir, à Abidjan. Le site souligne que cette « nouvelle crise diplomatique pourrait compliquer davantage les relations entre Ouagadougou et Bruxelles, alors que le Burkina Faso fait toujours face à d'importants défis sécuritaires, humanitaires et économiques ». Sahel Horizon se montre plutôt critique de la décision du gouvernement burkinabè. « Cette crise met en lumière une tension structurelle, s'inquiète le site : celle entre affirmation de souveraineté et respect d'engagements internationaux librement consentis ». Sahel Horizon assure que les autorités « gagneraient en crédibilité en articulant leur position autour des engagements auxquels elles ont elles-mêmes souscrit ». Le Premier ministre français en visite au Maroc « Reset d'une relation d'exception », titre L'Opinion à Rabat. « La France se rend bien compte qu'elle n'a plus de partenaires stables et fiables en Afrique du Nord en dehors du Maroc », déclare un analyste interrogé par le site. L'Opinion met l'accent sur les enjeux économiques de la relation bilatérale. « Si Emmanuel Macron s'est décidé à reconnaître la marocanité du Sahara, lance L'Opinion, c'est qu'il a voulu à tout prix ne pas perdre le marché marocain ô combien juteux pour les champions français. » À Paris, Le Monde Afrique tempère : « la visite des 15 et 16 juillet risque toutefois de buter sur un point de tension bilatérale : le respect des libertés fondamentales ». Le quotidien français revient sur « les récentes arrestations du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, dimanche à Tanger [puis libéré mercredi], et du cinéaste et musicien marocain installé en France El Mahdi Lyoubi, lundi à Casablanca ». Ces incidents, conclut Le Monde, « rappellent la brutalité dont peut faire preuve le palais à l'encontre des voix s'autorisant à critiquer le régime et les institutions ».
Organisé par le Tchad et la Banque mondiale, le forum africain de l'eau se tient jusqu'à ce jeudi (16 juillet 2026) à N'djamena. L'or bleu au cœur de nombreuses menaces : changement climatique, instabilité géopolitique, bouleversements technologiques. Les inégalités dans l'accès à l'eau sont criantes. À quel point les ressources sont-elles menacées ? Quelles solutions pour permettre à chacun d'obtenir une eau régulière et sûre ? Avec : Emma Haziza, hydrologue, docteur de l'École des Mines de Paris, spécialisée dans l'adaptation de notre société au changement climatique Simon Porcher, économiste, professeur des universités à Paris Dauphine PSL, directeur de l'Institut d'Economie de l'Eau. Auteur de La fin de l'eau ? et de Nous sommes faits d'eau Abou Amani, directeur de la Division des sciences de l'eau à l'UNESCO, et secrétaire du Programme hydrologique intergouvernemental de l'UNESCO.
Organisé par le Tchad et la Banque mondiale, le forum africain de l'eau se tient jusqu'à ce jeudi (16 juillet 2026) à N'djamena. L'or bleu au cœur de nombreuses menaces : changement climatique, instabilité géopolitique, bouleversements technologiques. Les inégalités dans l'accès à l'eau sont criantes. À quel point les ressources sont-elles menacées ? Quelles solutions pour permettre à chacun d'obtenir une eau régulière et sûre ? Avec : Emma Haziza, hydrologue, docteur de l'École des Mines de Paris, spécialisée dans l'adaptation de notre société au changement climatique Simon Porcher, économiste, professeur des universités à Paris Dauphine PSL, directeur de l'Institut d'Economie de l'Eau. Auteur de La fin de l'eau ? et de Nous sommes faits d'eau Abou Amani, directeur de la Division des sciences de l'eau à l'UNESCO, et secrétaire du Programme hydrologique intergouvernemental de l'UNESCO.
Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l'année. Trente ans après la naissance de la "nation arc-en-ciel", près de 50 000 migrants illégaux ont quitté le pays ces dernières semaines, tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité. Philippe Gervais-Lambony, professeur émérite à l'Université Paris Nanterre et spécialiste de l'Afrique du Sud analyse les racines de cette poussée xénophobe.
Au Sénégal, nouvelle dissension entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef. Le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel sur la réforme de la Constitution adoptée le 29 juin par l'Assemblée nationale. Cette réforme réduit les pouvoirs du chef de l'État tout en renforçant ceux de l'Assemblée.
Le Sénégal est éliminé de la Coupe du monde 2026 après un match renversant contre la Belgique ce mercredi. Les Lions de la Teranga menait par 2 buts à zéro avant de subir une remontada dans les dernières minutes. Au Sénégal, c'est la colère et la frustration.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur le projet du chemin de fer reliant le Cameroun au Tchad, le sort des avoirs gelés iraniens après l'accord et la présidentielle au Pérou. Mondial 2026 : Hervé Renard peut-il sauver les Aigles de Carthage ? Coup de tonnerre dans le camp tunisien en pleine Coupe du monde 2026 ! Après la lourde défaite face à la Suède (5-1), la Fédération tunisienne a décidé de se séparer de son sélectionneur, Sabri Lamouchi. Pour le remplacer, elle a fait appel à une figure bien connue du football africain : Hervé Renard. Arrivé en urgence au Mexique, le technicien français prend immédiatement les commandes des Aigles de Carthage avec une mission claire : relancer l'équipe dans la compétition. Pourquoi ce choix ? Hervé Renard peut-il provoquer l'électrochoc attendu et changer le destin de la Tunisie dans ce Mondial ? Avec Cédric de Oliveira, journaliste au service des sports de RFI. Cameroun-Tchad : qui aura le dernier mot sur le tracé du chemin de fer ? Après plus d'une année de réflexion, le président Paul Biya a finalement arrêté son choix concernant le tracé de la future ligne ferroviaire destinée à relier le Cameroun au Tchad. Trois itinéraires étaient sur la table : un corridor central, un corridor oriental et un corridor occidental. C'est finalement cette dernière option qui a été retenue par Yaoundé. Le chemin de fer partirait de Ngaoundéré, traverserait Garoua, Maroua et Kousséri, avant d'arriver à N'Djamena. Mais côté tchadien, ce tracé suscite de nombreuses réserves. Pourquoi N'Djamena s'oppose-t-elle à cette option ? Comment les deux pays peuvent-ils trouver un terrain d'entente pour concrétiser ce projet stratégique pour le développement régional ? Avec Polycarpe Essomba, journaliste au service Afrique de RFI. Accord Iran/États-Unis : les avoirs iraniens gelés seront-ils bientôt débloqués ? C'était l'un des principaux points de blocage des négociations entre Téhéran et Washington. Mais un accord semble se dessiner. Selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, les États-Unis auraient accepté de débloquer les avoirs iraniens gelés à l'étranger. Le responsable iranien a même rappelé que la restitution de ces fonds, ainsi que des compensations pour les dommages subis, constituaient deux exigences essentielles. Mais de combien d'argent parle-t-on exactement ? Pourquoi ces fonds sont-ils si stratégiques pour l'économie iranienne ? Donald Trump ira-t-il réellement jusqu'au bout de cet engagement ? Avec Guillaume Naudin, présentateur de la chronique « La fabrique du monde » sur RFI. Pérou : vers un recomptage de tous les bulletins de la présidentielle ? 35 000 voix seulement séparent les deux candidats sur les 19 millions de bulletins dépouillés. 10 jours après le second tour de la présidentielle, plus de 99% de votes ont été comptabilisés et l'écart reste infime entre la candidate de droite Keiko Fujimori et le candidat de gauche Roberto Sanchez. Alors que le suspense demeure total, Roberto Sanchez réclame le recomptage de l'ensemble des bulletins. Pourquoi demander un nouveau décompte alors que le dépouillement n'est pas encore totalement terminé ? Quels sont les enjeux derrière ce bras-de-fer politique ? Avec Lissell Quiroz, historienne et professeure en études latino-américaines à Cergy Paris Université.
Chad's got a new truck, a new boat, and a lot on his mind. The 2026 Ford F-250 Super Duty is built out and beautiful — Avalanche Gray, Bodyguard bumpers, Mickey Thompson tires, Lear topper, the works. Thank you Corning Ford. Now that that's out of the way, Chad goes somewhere unexpected. Black Springs. Growing up poor. Brown bag lunches with cold spaghetti between two pieces of generic wheat bread. Riding bikes until dark. Breakdancing with J.J. and Marcus and Corey on a piece of graffitied cardboard. A nail through the foot. A wood-burning stove. Government cheese. A mom working graveyard shifts at the Veterans Hospital in oncology while going to nursing school and still making it to every game. He talks about what that upbringing gave him. From humility, to discipline, faith, the fear of God, and what it means to be 51 years old, in the best shape of his life, doing exactly what he was put on earth to do. He talks about his dad. Twenty years this August. He's still talking to him. TChad doesn't have it all figured out. He'll be the first to tell you. But he knows where he came from and he's not ashamed of any of it. This Life Ain't For Everybody. This one especially. This episode is presented by Jack Daniel's Tennessee Whiskey, and brought to you by Corning Ford, Napa Valley Olive Oil, Oakley Sunglasses, Resistol, Mickey Thompson Tires and Wheels, TKO Vitality, Almost Heaven Saunas, and BEDSLIDE!