Landlocked country in northern central Africa
POPULARITY
Categories
durée : 00:12:13 - Le Fil de l'histoire - par : Stéphanie Duncan - Parmi les victoires de la France libre, la première fut remportée à Koufra, dans le désert libyen, en 1941. Depuis le Tchad où il est basé avec ses hommes, Leclerc est chargé par de Gaulle d'engager le combat avec les Italiens d'un poste perdu au milieu du désert, mais important stratégiquement. - équipe : Claire Destacamp, Anne-Cécile Perrin, Frédéric Martin - invités : Sébastien Albertelli Docteur en histoire, professeur agrégé dans le secondaire Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans un décret paru vendredi, le Président tchadien a annoncé accorder une grâce présidentielle à 9 dirigeants de l'opposition actuellement incarcérés. Parmi eux : l'ancien premier ministre Succès Masra, qui avait été condamné à une peine de 20 ans de prison ferme il y a tout juste un an. Ce geste de clémence du chef de l'Etat vous surprend-t-il ? Peut-il apaiser les tensions politiques au Tchad ? Vos réactions nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Succès Masra, ancien Premier ministre et figure de l'opposition tchadienne, a été gracié par le président Mahamat Idriss Déby, qui annule ainsi sa peine de 20 ans de prison ferme. Huit autres dirigeants de partis membres du GCAP, condamnés à huit ans de détention, bénéficient également d'une remise totale de leur peine. Comment expliquer cette décision ? Est-ce le signe d'un apaisement de la situation politique au Tchad ? Avec Remadji Hoinathy, chercheur à l'ISS Africa (l'Institut d'études de sécurité), spécialiste du lac Tchad et de l'Afrique centrale.
Se dirige-t-on vers un apaisement du climat politique au Tchad ? Une question légitime après la grâce accordée vendredi à neuf opposants politiques par le président Déby, dont l'ancien Premier ministre Succès Masra, précédemment condamné à 20 ans de prison. Le ministre de la Communication tchadien Gassim Chérif est notre invité.
Au Tchad, l'opposant Succès Masra est désormais libre. L'ancien Premier ministre condamné à 20 ans de prison a bénéficié d'une grâce présidentielle. Il consacre sa première interview depuis sa libération à France 24.
Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a gracié l'opposant Succès Masra, ainsi que huit autres dirigeants de partis d'opposition. Le chef des Transformateurs purgeait depuis plus d'un an une peine de 20 ans de prison ferme. Cette grâce ouvre-t-elle de nouvelles perspectives pour l'opposition ?
La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison
La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison
Chirurgienne, patineuse, éditeur, pâtissier, leurs parcours singuliers racontent la France d'aujourd'hui, riche de ses talents et de ses diversités. Né(e)s ici ou venus d'ailleurs, ces femmes et ces hommes inspirent par leur engagement et leur réussite. Leurs portraits sont autant de modèles pour les générations futures. Dans ce deuxième épisode, Hissein Mahamoud Barkai, originaire du Tchad, est l'un des seuls chefs pâtissiers venus du désert. Un parcours qui bouscule les traditions en s'imposant en tant qu'homme tchadien dans le domaine de la gastronomie avec ses pâtisseries. Il porte avec fierté sur la scène internationale le patrimoine culinaire de son pays. « Je m'appelle Hissein Mahamoud Barkai. Je suis chef pâtissier, plus connu sous le nom de pâtissier du désert ». Grand, élancé, lunettes rivées sur le nez, Hissein Mahamoud Barkai ressemble beaucoup plus à un médecin ou un créateur de mode. Il lui arrive de remplacer la toque par le turban. Ses origines nomades et tchadiennes ne sont jamais loin. Issu du peuple Gourane, sa famille était loin d'imaginer le choix de leur fils : « Pour moi, en tant qu'homme tchadien, dans ma communauté c'était vraiment très mal vu, voire honteux d'exercer ce métier de cuisinier dans sa famille. C'est une tâche qui est réservée aux femmes. Mais moi, dès ma petite enfance, j'avais ce rêve, cette envie et cette passion, mais je n'ai jamais pu m'exprimer ». Des sablés à base de farine de millet et de bissap en poudre Aujourd'hui, rendez-vous est pris dans le 18ᵉ arrondissement parisien au House of Africa pour un atelier pâtisserie. Dès qu'il met ses mains dans la farine, c'est un autre homme. Il est heureux. « On va faire des sablés à base de farine de millet, propose le chef pâtissier du Sahel. Elle est riche en fibres. Pour moi, c'est même une farine de futur, sans gluten. Dans de nombreux pays d'Afrique, c'est l'une des bases de l'alimentation et au Tchad, on fait la "boule" avec, qu'on appelle aussi "foufou". Ici, en France, quand on parle de millet, ce sont des graines que l'on donne aux oiseaux. » Sa cuisine poétique invite au voyage. Pour faire plaisir à ses parents, Hissein Mahamoud Barkai va faire des études de lettres modernes et un jour, il tombe en amour pour une pâtisserie qui va changer sa vie : « Un week-end, je suis allé en bas de chez moi, où il y avait une boulangerie-pâtisserie, et j'ai acheté un Paris-Brest. Ce gâteau, c'était une découverte pour moi, c'était délicieux, et je me suis posé cette question : est-ce que je peux créer autre chose ? En fait, tout est parti de là, de ce gâteau, le Paris-Brest ». « Je ne me sentais pas vraiment heureux » Il va longtemps travailler dans l'anonymat pour se construire et il va se consacrer au Paris-Brest qu'il va revisiter. Ce classique intemporel de la pâtisserie française, à base de pâte à choux et de crème pâtissière, le Paris-Brest. Ce gâteau va renaître sous une nouvelle étoile avec cette nouvelle appellation, Le Paris-Ndjamena Kornaka. « Depuis que j'ai acheté ce Paris-Brest, j'étais tellement inspiré que je suis retourné à mes fourneaux. Et c'est là que j'ai trouvé les balanites aegyptiaca, ou dattiers du désert, ce sont des amandes qui sont très amères. Et je me suis dit que j'allais réaliser un praliné à base de cette amande, le kornaka. J'ai fait plusieurs essais mais ça ne fonctionnait pas, car c'est très amer. Il fallait arriver à ajuster l'amertume. Ça m'a pris une année entière. Je faisais des tests. Je descendais dans la rue et je faisais goûter ma préparation aux gens. Certaines personnes que je rencontrais m'encourageaient, alors que d'autres trouvaient ça infect. J'étais vexé. Mais à force de persévérance j'ai trouvé la bonne formule, et j'étais heureux, et la pâtisserie est devenue pour moi un jeu d'enfants. » Moringa, spiruline du lac Tchad, tamarin noir ou encore gomme arabique, plus rien ne l'arrête pour une cuisine qui invite au voyage. Le chef pâtissier Hissein Mahamoud Barkai allie les saveurs de l'Afrique et celles de l'Occident. Et il est fier de publier son premier livre, Le pâtissier du désert, itinéraire d'un Gourane, aux éditions ligne-devie.com, un ouvrage de recettes sucrées, consacré à la gastronomie contemporaine tchadienne. À lire aussiPortraits des diasporas africaines: Aïcha N'Doye chante à l'oreille des patientes [1/5]
Après le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le Tchad a annoncé le 27 juillet son retrait de la Cour pénale internationale. C'est une nouvelle étape dans la stratégie diplomatique de ces États du Sahel. Après leur départ de la CEDEAO et de l'OIF, les Etats de l'AES dénoncent désormais une institution qu'elles jugent instrumentalisée par les puissances occidentales.
Une première phase de financement pour les 800 km de route entre Douala, au Cameroun, et Bangui, en République centrafricaine. Elle vient d'être annoncée par la Banque mondiale et se monte à 425 millions de USD. Le début des travaux sur ce tronçon communément appelé corridor économique Douala-Bangui est fixé pour l'an prochain. 80 % des produits vers la RCA, et 70 % vers le Tchad transitent par cet axe aujourd'hui en mauvais état. De notre correspondant à Yaoundé, L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui est censé moderniser et automatiser les opérations de pesage et aussi réduire les délais de transport des marchandises entre les deux pays. « Il y aura un dispositif de présélection installé sur la voie et ce sont les véhicules qui sont soupçonnés d'être en surcharge qui vont se faire peser à la station, et de manière automatique. Les amendes, s'il y en a, vont être enregistrées et le reçu directement imprimé », explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics. À lire aussiLe patronat camerounais s'inquiète de l'impact de l'état des routes sur les entreprises Il faut aujourd'hui compter de 9 à 12 jours pour parcourir 1400 km entre Douala au Cameroun et Bangui en RCA. Le mauvais état de la route y est pour beaucoup. Les tracasseries administratives aussi en raison notamment des 17 postes de contrôle informels, selon la Banque mondiale. L'institution va donc concentrer les premiers financements sur le Cameroun. « Pour la première phase de financement, le Cameroun va bénéficier d'un montant de 425 millions de dollars, il va aussi bénéficier à la Centrafrique pour un montant de 90 millions de dollars et à la Cemac, via un appui régional pour préparer les phases ultérieures de ce projet », détaille Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division région Afrique de l'Ouest et du Centre de la Banque mondiale. À lire aussiCameroun: polémiques autour du chantier de l'autoroute Yaoundé-Douala Un projet de plusieurs années Côté Cameroun, il est question de reconstruire des routes et d'en réhabiliter d'autres pour fluidifier le trafic entre Douala et la RCA. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, énumère les tronçons concernés : « Reconstruction de la route Yaoundé-Douala de 215 km, réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos de 332 km et réhabilitation de la section Bonis-Bertoua, soit un programme de mise à niveau de 800 km de routes, un programme conçu pour croiser les attentes de l'économie ». L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui s'étendra sur plusieurs années et devrait créer 2 000 à 4 000 emplois directs et indirects. À lire aussiCameroun: fluidifier le trafic des marchandises reste un casse-tête
Réagissez à l'actualité de votre choix avec Chantal Lorho. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Après l'annonce faite en début de semaine par le Tchad de se retirer de la CPI, les invités d'Éric Topona se prononcent sur la viabilité de cette juridiction internationale tant décriée par certains gouvernements, notamment africains.
Le Tchad se retire de la Cour Pénale Internationale. Ndjamena dénonce la justice « à géométrie variable » de la CPI. Critiques justifiées ou faux prétexte au moment où le régime tchadien pourrait être accusé de complicité de crimes de guerre au Soudan ? Votre avis nous intéresse. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ainsi que le Venezuela, c'est au tour du Tchad d'annoncer son retrait de la Cour pénale internationale, dénonçant une « justice à géométrie variable » qu'il juge défavorable aux pays africains. Comment expliquer de telles accusations ? Alors que le ministre des Affaires étrangères tchadien, Abdoulaye Sabre Fadoul, a échangé au téléphone avec le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires africaines, quel rôle les États-Unis ont-ils pu jouer sur ce retrait ? Avec Raphaëlle Nollez-Goldbach, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), enseignante en droit international à l'École normale supérieure à Paris.
Maladie hémorroïdaire, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal, les pathologies touchant le canal anal sont encore très taboues. Ainsi, leur évocation provoque souvent gêne et rires. Et, pourtant, ces pathologies touchent un nombre important de patients qui n'osent pas en parler et qui peuvent même tarder à consulter par peur de l'auscultation. Comment améliorer la prise en charge et déconstruire les tabous entourant ces maladies ? Ce sont des pathologies taboues, honteuses pourtant très fréquentes : les maladies de la sphère anale. Crise d'hémorroïdes, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal… Un adulte sur trois dans le monde souffrira, au moins une fois dans sa vie, d'une crise hémorroïdaire. Comment dépasser les tabous qui freinent la prise en charge ? Les conséquences d'un dépistage et d'une prise en charge tardifs peuvent être préjudiciables pour la santé. Quels sont les symptômes devant amener à consulter en urgence ? Quelles peuvent être les complications d'une prise en charge tardive ? Avec : Pr Laurent Abramowitz, Professeur associé des universités, praticien à l'hôpital Bichat. Président du GREP (groupe de recherche en proctologie de la société française de proctologie). Co-directeur du DIU de proctologie de la société française de proctologie Pr Ouchemi Choua, Professeur titulaire de Chirurgie Générale, Membre Associé de l'Académie Nationale de Chirurgie de France. Chef de Service de Chirurgie Générale au CHU la Référence Nationale de N'Djamena au Tchad et Coordonnateur du D.E.S. de Chirurgie Générale à la Faculté de Médecine de N'Djamena. Programmation musicale : ► Lenny Kravitz – It ain't over 'till it's over ► Camille Yembé & Ino Casablanca – Autodéfense.
Maladie hémorroïdaire, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal, les pathologies touchant le canal anal sont encore très taboues. Ainsi, leur évocation provoque souvent gêne et rires. Et, pourtant, ces pathologies touchent un nombre important de patients qui n'osent pas en parler et qui peuvent même tarder à consulter par peur de l'auscultation. Comment améliorer la prise en charge et déconstruire les tabous entourant ces maladies ? Ce sont des pathologies taboues, honteuses pourtant très fréquentes : les maladies de la sphère anale. Crise d'hémorroïdes, fissure ou fistule anale, incontinence ou encore cancer anal… Un adulte sur trois dans le monde souffrira, au moins une fois dans sa vie, d'une crise hémorroïdaire. Comment dépasser les tabous qui freinent la prise en charge ? Les conséquences d'un dépistage et d'une prise en charge tardifs peuvent être préjudiciables pour la santé. Quels sont les symptômes devant amener à consulter en urgence ? Quelles peuvent être les complications d'une prise en charge tardive ? Avec : Pr Laurent Abramowitz, Professeur associé des universités, praticien à l'hôpital Bichat. Président du GREP (groupe de recherche en proctologie de la société française de proctologie). Co-directeur du DIU de proctologie de la société française de proctologie Pr Ouchemi Choua, Professeur titulaire de Chirurgie Générale, Membre Associé de l'Académie Nationale de Chirurgie de France. Chef de Service de Chirurgie Générale au CHU la Référence Nationale de N'Djamena au Tchad et Coordonnateur du D.E.S. de Chirurgie Générale à la Faculté de Médecine de N'Djamena. Programmation musicale : ► Lenny Kravitz – It ain't over 'till it's over ► Camille Yembé & Ino Casablanca – Autodéfense.
A la Une de la presse, ce mardi 28 juillet, la décision du Tchad de se retirer de la Cour pénale internationale, qu'il accuse d'appliquer une justice "à géométrie variable". Un claquement de porte diplomatique américain. La contestation grandissante du régime en Tunisie. Et le retour de "Zizou" à la tête des Bleus.
Depuis fin juin, une vague de disparitions frappe la capitale malgache, touchant en majorité des enfants et des adolescents. En une semaine, quatre personnes ont été retrouvées mortes, dont une fillette de douze ans et un adolescent de dix-sept ans. Entre fugues, négligences et soupçons de meurtres, les autorités peinent à rassurer une population qui bascule dans la psychose.
L'ancien président sénégalais Macky Sall est de retour au Sénégal. Accueilli par ses partisans à son arrivée à l'aéroport de Dakar. Il a été reçu par la suite par le président Bassirou Diomaye Faye. Macky Sall est candidat au poste de Secrétaire général des Nations unies. Il sollicite à cet effet le soutien de son successeur.
Sous l'arbre à palabres, les invités d'Eric Topona dressent d'abord un bilan du forum africain de l'eau qui s'est tenu à N'Djaména les 15 et 16 juillet 2026. Ils se prononcent ensuite sur les stratégies pour favoriser un accès équitable à l'eau en Afrique.
La presse congolaise se fait l'écho jeudi 16 juillet des deux mois de l'épidémie d'Ebola. Le Journal de Kinshasa relate ainsi la colère des équipes de riposte à Bunia, qui ont manifesté mercredi. « Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes de risque », écrit le journal. L'un de ces soignants laisse éclater sa colère dans les colonnes du quotidien. « Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés ». Et le Journal de Kinshasa de poursuivre : « les revendications répétées des équipes de terrain suscitent de vives inquiétudes quant à leurs répercussions sur les opérations de riposte ». À Kinshasa, le Forum des As rapporte des tensions lors d'un sit-in de médecins, en grève depuis plusieurs semaines pour exiger notamment le paiement de leurs primes de risque. « Des agents de la police nationale congolaise [les] ont dispersés à l'aide de jets d'eau », écrit le site, qui parle d'une « humiliation inqualifiable pour ceux qui ne faisaient que revendiquer leurs droits sociaux ». Ouverture du sommet africain sur l'eau à Ndjamena Dans chacun des pays représentés au Tchad, la presse rappelle les positions de ses dirigeants. Si en RDC, le Journal de Kinshasa assure que le pays est considéré « comme l'un des plus riches en ressources en eau douce sur le continent », au Gabon, Gabonreview écrit que « Brice Clotaire Oligui Nguema joue la carte de la franchise ». « La décision des autorités de décréter l'état d'urgence hydrique témoigne de l'ampleur des difficultés rencontrées dans plusieurs localités du pays », poursuit le site. Afrik.com revient plus largement sur la question de l'eau, « devenue une question de sécurité ». « Dans plusieurs régions du continent, la raréfaction des ressources hydriques est à la base des tensions entre agriculteurs et éleveurs, rappelle le site. Elle favorise les déplacements de populations et accentue les vulnérabilités face aux crises humanitaires ». Deux membres de la délégation de l'UE à Ouagadougou déclarés « persona non grata » Une décision qui « s'inscrit dans une série de décisions illustrant la volonté du pouvoir burkinabè de durcir sa posture diplomatique », nous dit Afriksoir, à Abidjan. Le site souligne que cette « nouvelle crise diplomatique pourrait compliquer davantage les relations entre Ouagadougou et Bruxelles, alors que le Burkina Faso fait toujours face à d'importants défis sécuritaires, humanitaires et économiques ». Sahel Horizon se montre plutôt critique de la décision du gouvernement burkinabè. « Cette crise met en lumière une tension structurelle, s'inquiète le site : celle entre affirmation de souveraineté et respect d'engagements internationaux librement consentis ». Sahel Horizon assure que les autorités « gagneraient en crédibilité en articulant leur position autour des engagements auxquels elles ont elles-mêmes souscrit ». Le Premier ministre français en visite au Maroc « Reset d'une relation d'exception », titre L'Opinion à Rabat. « La France se rend bien compte qu'elle n'a plus de partenaires stables et fiables en Afrique du Nord en dehors du Maroc », déclare un analyste interrogé par le site. L'Opinion met l'accent sur les enjeux économiques de la relation bilatérale. « Si Emmanuel Macron s'est décidé à reconnaître la marocanité du Sahara, lance L'Opinion, c'est qu'il a voulu à tout prix ne pas perdre le marché marocain ô combien juteux pour les champions français. » À Paris, Le Monde Afrique tempère : « la visite des 15 et 16 juillet risque toutefois de buter sur un point de tension bilatérale : le respect des libertés fondamentales ». Le quotidien français revient sur « les récentes arrestations du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, dimanche à Tanger [puis libéré mercredi], et du cinéaste et musicien marocain installé en France El Mahdi Lyoubi, lundi à Casablanca ». Ces incidents, conclut Le Monde, « rappellent la brutalité dont peut faire preuve le palais à l'encontre des voix s'autorisant à critiquer le régime et les institutions ».
Organisé par le Tchad et la Banque mondiale, le forum africain de l'eau se tient jusqu'à ce jeudi (16 juillet 2026) à N'djamena. L'or bleu au cœur de nombreuses menaces : changement climatique, instabilité géopolitique, bouleversements technologiques. Les inégalités dans l'accès à l'eau sont criantes. À quel point les ressources sont-elles menacées ? Quelles solutions pour permettre à chacun d'obtenir une eau régulière et sûre ? Avec : Emma Haziza, hydrologue, docteur de l'École des Mines de Paris, spécialisée dans l'adaptation de notre société au changement climatique Simon Porcher, économiste, professeur des universités à Paris Dauphine PSL, directeur de l'Institut d'Economie de l'Eau. Auteur de La fin de l'eau ? et de Nous sommes faits d'eau Abou Amani, directeur de la Division des sciences de l'eau à l'UNESCO, et secrétaire du Programme hydrologique intergouvernemental de l'UNESCO.
Organisé par le Tchad et la Banque mondiale, le forum africain de l'eau se tient jusqu'à ce jeudi (16 juillet 2026) à N'djamena. L'or bleu au cœur de nombreuses menaces : changement climatique, instabilité géopolitique, bouleversements technologiques. Les inégalités dans l'accès à l'eau sont criantes. À quel point les ressources sont-elles menacées ? Quelles solutions pour permettre à chacun d'obtenir une eau régulière et sûre ? Avec : Emma Haziza, hydrologue, docteur de l'École des Mines de Paris, spécialisée dans l'adaptation de notre société au changement climatique Simon Porcher, économiste, professeur des universités à Paris Dauphine PSL, directeur de l'Institut d'Economie de l'Eau. Auteur de La fin de l'eau ? et de Nous sommes faits d'eau Abou Amani, directeur de la Division des sciences de l'eau à l'UNESCO, et secrétaire du Programme hydrologique intergouvernemental de l'UNESCO.
Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l'année. Trente ans après la naissance de la "nation arc-en-ciel", près de 50 000 migrants illégaux ont quitté le pays ces dernières semaines, tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité. Philippe Gervais-Lambony, professeur émérite à l'Université Paris Nanterre et spécialiste de l'Afrique du Sud analyse les racines de cette poussée xénophobe.
Le Club a organisé une rencontre sur la thématique « jeunesse, musique numérique, l'entreprenariat culturel, pour promouvoir la paix, l'égalité et le développement à travers la créativité ». Avec la participation d'Idriss Mamadou Brahim, président du Club RFI Mongo. Cousin du Club : Abakar Nanterlé, délégué provincial du développement touristique de la culture et l'artisanat à Guéra. Portrait d'Avenir : Ndiglembaye Mbainadjibé Olivier. Musique : On ne veut pas la guerre, Miroir du Guéra. L'équipe du Club RFI - Journaliste-producteur : Éric Amiens. - Coordination de l'atelier littéraire « L'écume des mots » : Myriam Guilhot. - Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol. Réalisation : Cécile Bonici. Mise en ligne internet : Sonia Borelva
Au Sénégal, nouvelle dissension entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef. Le président de la République a saisi le Conseil constitutionnel sur la réforme de la Constitution adoptée le 29 juin par l'Assemblée nationale. Cette réforme réduit les pouvoirs du chef de l'État tout en renforçant ceux de l'Assemblée.
Le Sénégal est éliminé de la Coupe du monde 2026 après un match renversant contre la Belgique ce mercredi. Les Lions de la Teranga menait par 2 buts à zéro avant de subir une remontada dans les dernières minutes. Au Sénégal, c'est la colère et la frustration.
Quel est le rôle des femmes dans le groupe terroriste Boko Haram et dans ses déclinaisons les plus récentes, comme le groupe ISWAP ? La réponse se trouve dans un roman coup de poing, La fabrique à kamikazes, que vient de publier, aux éditions Saint Graal Ivoirien, le journaliste camerounais David Wanedam, qui a été rédacteur en chef à L'œil du Sahel. Ce livre-enquête est bâti sur les témoignages terribles de plusieurs jeunes femmes qui ont été kidnappées par les groupes jihadistes du nord-est du Nigeria et du nord du Cameroun. RFI : Dans votre livre La Fabrique à Kamikazes, vous racontez l'histoire d'une jeune femme nigériane, Falmata, qui est enlevée par les jihadistes de Boko Haram et qui est progressivement happée par les mécanismes de l'endoctrinement. Pourquoi ce focus sur une jeune femme et pas sur un combattant de Boko Haram ? David Wanedam : Parce que la guerre a d'abord été perçue comme une affaire d'hommes, dans la propagande, dans la vidéo, etc. Et tous les matériaux de communication de Boko Haram tournent essentiellement autour des hommes. Et donc ça fait plusieurs années que je couvre la question et ça m'a intrigué, évidemment, de savoir où étaient donc finalement les femmes. D'où cette question de savoir quel est le parcours de Falmata, comment elle est devenue une kamikaze, une arme intelligente destinée à détruire. La question vient vraiment de la vague des attentats kamikazes que nous avons eus, particulièrement au Cameroun, dans la région de l'Extrême Nord, sur la période 2016 jusqu'à 2019 C'est en avril 2014, lors de l'enlèvement de quelque 276 lycéennes à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, qu'on a découvert le rôle des épouses forcées et des jeunes femmes kamikazes dans la stratégie de Boko Haram. Et vous dites que les malheureuses sont plutôt bien traitées après leur enlèvement. Falmata était, écrivez-vous, « une invitée de marque dans un palais de conte de fées » Vous savez, dans l'interprétation de l'Islam que font Boko Haram et ses autres déclinaisons, les femmes sont en réalité au centre de tout. On a pu par exemple entendre des éléments clés du mouvement fanfaronner que, tant que les femmes accouchent, Boko Haram ne peut pas disparaître. Et donc il est apparu que la femme est à la fois le socle biologique et le socle idéologique du groupe, et donc elles sont porteuses du mouvement dans son présent, mais également dans son futur. Elles sont très, très bien traitées, contrairement à ce que les hypothèses de départ nous donnaient. Et donc Falmata a trouvé dans cet environnement une famille nouvelle, qui l'honorait quasiment. Donc ces jeunes filles sont à la fois protégées, mais aussi instrumentalisées avant d'être plus tard transformées en armes de terreur. Vous racontez que Falmata, l'héroïne de votre roman, est une forte tête. Elle échappe de justesse à la mise à mort par lapidation. Elle réussit à s'évader. On croit qu'elle va s'en sortir, mais non, parce que, quand elle revient parmi les siens, dans la région où elle a été kidnappée, on la soupçonne d'être une fille de Boko Haram. Malheureusement, cette réalité-là, on la vit et on la vivra encore. Il y a une sorte d'ostracisme vis-à-vis de ceux qu'on soupçonne d'avoir été affiliés ou associés de quelque forme au groupe Boko Haram, et on vit déjà des situations où des femmes sont ostracisées, sont abandonnées à la périphérie du village, et qui préfèrent même parfois retourner au sein du groupe plutôt que de rester là où elles ne sont pas acceptées. Et donc oui, ça génère de la peur dans la communauté qui se dit qu'il y a peut-être une cellule dormante qui est en train de naître au sein du village ou bien de la communauté, au point où les Etats aujourd'hui arrêtent à peu près tout le monde au faciès ou bien au moindre soupçon. On ne va pas raconter la fin de votre livre, qui est haletant. Qu'en est-il aujourd'hui de ces femmes kamikazes qui se faisaient sauter sur les marchés du Nord Cameroun et du nord-est du Nigeria ? Nous sommes aujourd'hui cinq ans après la mort du chef terroriste Abubakar Shekau, qui a été tué dans la forêt de Sambisa en mai 2021 Le mouvement a su s'adapter. Et ça, c'est la capacité des mouvements djihadistes. Il y a eu un grand débat interne sur l'usage des kamikazes femmes qui avaient été utilisées de façon industrielle par Abubakar Shekau en son temps. Ça ne veut pas dire que c'est fini. Les attentats ont changé de forme, les groupes se sont sophistiqués. Ils savent utiliser désormais des drones armés pour collecter du renseignement, pour larguer des explosifs. Et l'intelligence des groupes est telle qu'aujourd'hui, ils n'ont pas besoin des femmes forcément pour aller faire des attentats kamikazes. Les femmes peuvent servir de vecteurs de renseignement, de vecteurs logistiques, notamment en ravitaillant de la nourriture. Elles peuvent entrer dans les marchés plus facilement. Les femmes peuvent se ravitailler en munitions parce qu'elles sont moins perçues comme étant suspectes. Il y a des attentats qui sont commis, notamment au véhicule bélier, qui sont chargés d'explosifs et qui ciblent des camps militaires. Ça, ça n'a pas changé. Ce qui a changé, par contre, c'est l'utilisation qu'ils font des femmes dans les groupes. Parce que oui, il y a des femmes aujourd'hui qui sont destinées à nettoyer, par exemple, des armes. Quand les combattants rentrent de leur bataille, elles nettoient les armes, elles font la cuisine, elles font les marchés, elles font les champs, bref, ce sont elles qui font tourner la machine djihadiste aujourd'hui. Et donc ne pas prendre en compte la question de la femme dans ces groupes, c'est prendre la question à moitié sur ce millefeuille qu'est la question djihadiste dans le bassin du lac Tchad. Mais voulez-vous dire qu'il y a, dans la direction de Boko Haram, des gens un tout petit peu moins extrémistes que les autres qui ont dit qu'il fallait arrêter d'utiliser les femmes comme kamikazes ? Ils n'ont pas renoncé totalement, ils ont juste trouvé des outils de substitution. Il y a des hommes qui sont kamikazes et qui sont célébrés après les attentats. Les attentats de type kamikaze existent toujours, mais ils ont juste changé de forme.
Au Niger, c'est la deuxième fois de l'année que l'aéroport international de Niamey est visé par un groupe jihadiste. La dernière attaque s'est produite jeudi dernier, et a fait treize victimes selon les autorités : onze militaires et deux civils. Mais cette fois-ci, apparemment, la junte au pouvoir au Niger n'a pas eu besoin de l'aide des Russes pour repousser l'assaut des terroristes. Alors peut-on parler d'un succès ou d'un échec pour les miliaires au pouvoir à Niamey ? Le chercheur nigérien Brimaka Abdoul Azizou Garba enseigne à l'Institut de sciences politiques de Louvain-Europe, en Belgique. Il a été aussi conseiller spécial du président Mohamed Bazoum. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : En janvier, les terroristes avaient attaqué l'aéroport de Niamey avec des motos. Cette fois-ci, ils ont essayé de s'y introduire par la ruse en se faisant passer pour des passagers. Pourquoi ce changement de stratégie ? Brimaka Abdoul Azizou Garba : Effectivement, lors de la première attaque, ils seraient arrivés à moto et pour cette deuxième, les informations, en tout cas, font état de l'usage de véhicules, notamment de taxis et de minibus. Donc, ce qui complique la détection et la prévention. C'est vrai qu'après la première attaque, des mesures avaient pourtant été prises pour renforcer la sécurité à l'intérieur et aux abords de l'aéroport. Mais, apparemment, cela n'a pas dissuadé les terroristes qui ont peut-être pu infiltrer la capitale pour mieux observer et tester les dispositifs et exploiter les moindres failles. Depuis quelques semaines, le régime militaire nigérien est en train de détruire un certain nombre de quartiers autour de l'aéroport pour mieux protéger celui-ci. Est-ce pour cela que les assaillants du 18 juin ont tenté de rentrer par la ruse en se déguisant en simple passagers ? Sûrement, parce qu'on a vu que ces mesures ont tendance à un peu dégager, décongestionner l'aéroport, en déguerpissant le quartier mitoyen. Et je pense que tout cela est observé de l'intérieur. Donc, c'est pour cela que je parle d'infiltration. Et ça, c'est typique des conflits asymétriques où l'on utilise l'effet de surprise. En janvier, l'attaque avait été revendiquée par l'EIS, l'État islamique au Sahara. Cette fois-ci, elle est revendiquée par le Jnim. Y a-t-il une coordination ou une compétition entre ces deux groupes terroristes ? Je ne pense pas que ce soit une coordination ou une compétition. Ce qui est sûr, c'est que les deux attaques à l'aéroport, c'est à cause des drones qui s'y trouvent et que les terroristes n'arrivent pas à se mouvoir comme ils veulent à cause de ces drones militaires. Je pense que l'objectif, c'est de tout faire pour détruire ces vecteurs aériens. Je dirais plutôt qu'il faut peut-être explorer un rapprochement entre l'Iswap [État islamique en Afrique de l'Ouest, NDLR] et le Jnim [lié à al-Qaïda, NDLR]. Je pense que, s'il y a coordination, peut-être c'est à ce niveau entre le Jnim et l'Iswap, du côté du bassin du lac Tchad, mais pas au niveau de l'EIS, l'État islamique au Sahara. Et est-ce que le Jnim et l'EIS, l'État islamique au Sahara, ont des ambitions politiques semblables ou différentes ? Je crois que, dans un premier temps, leur objectif, c'est d'affaiblir le Niger parce que c'est le pays quand même le plus solide des trois, où ils n'arrivent pas à prendre, à contrôler un espace. Et l'objectif, a priori, c'est de chercher à affaiblir l'État du Niger sur le plan militaire pour pouvoir s'en prendre facilement aux deux autres. C'est-à-dire qu'au Niger, les jihadistes n'arrivent pas à se tailler un fief comme au Mali ou comme au Burkina Faso ? Oui, les jihadistes n'arrivent pas à le faire parce que le Niger a vécu quand même 12 ans de stabilité politique, 12 ans de sécurité et de développement. Et je pense que le Niger a eu beaucoup d'acquis, y compris sur le plan militaire. Et ça, ça a fait que le Niger s'est largement démarqué des deux autres [pays membres de l'Alliance des États du Sahel, NDLR]. Et ça ne serait pas du tout facile pour les terroristes de pouvoir contrôler un espace au Niger, comme ils l'ont fait au Burkina Faso et au Mali. La résistance farouche des militaires nigériens le 18 juin, est-ce le signe que la junte commence à s'organiser face aux attaques terroristes, ou est-ce à votre avis un acte de désespoir sans lendemain ? Je connais bien nos militaires, je sais que ce sont des militaires qui sont braves. Il suffit de mettre les bonnes personnes à la bonne place pour qu'on puisse voir la différence. On a de très bons militaires, on a de très bons chefs militaires qui sont capables de bien planifier et de bien mener la résistance. Je crois que, dans les mesures que l'état-major a pu prendre, il y a sûrement eu des changements au niveau du dispositif et au niveau de la planification, et c'est ce qui a peut-être donné ce résultat. Au final, cette attaque terroriste repoussée devant l'aéroport ce jeudi 18, est-ce un échec ou un succès pour l'armée du Niger ? Moi, je pense que c'est un succès parce que, lors de la première attaque, on a vu que ce sont les Russes qui sont sortis pour dire : « Bon, on a sauvé le site, sans nous, ils allaient prendre votre aéroport. » Et le général Tiani [qui dirige le Niger depuis juillet 2023, NDLR] l'a dit lui-même dans le discours qu'il a fait : il a remercié les partenaires russes. Et je pense que, cette fois-ci, la riposte est venue des soldats nigériens et ils ont tout le mérite. Et ça montre une fois de plus que l'armée nigérienne est bel et bien capable d'assurer la sécurité de l'État. À lire aussiNiger: le Jnim revendique l'attaque de l'aéroport de Niamey qui a tué au moins 11 soldats et deux civils
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur le projet du chemin de fer reliant le Cameroun au Tchad, le sort des avoirs gelés iraniens après l'accord et la présidentielle au Pérou. Mondial 2026 : Hervé Renard peut-il sauver les Aigles de Carthage ? Coup de tonnerre dans le camp tunisien en pleine Coupe du monde 2026 ! Après la lourde défaite face à la Suède (5-1), la Fédération tunisienne a décidé de se séparer de son sélectionneur, Sabri Lamouchi. Pour le remplacer, elle a fait appel à une figure bien connue du football africain : Hervé Renard. Arrivé en urgence au Mexique, le technicien français prend immédiatement les commandes des Aigles de Carthage avec une mission claire : relancer l'équipe dans la compétition. Pourquoi ce choix ? Hervé Renard peut-il provoquer l'électrochoc attendu et changer le destin de la Tunisie dans ce Mondial ? Avec Cédric de Oliveira, journaliste au service des sports de RFI. Cameroun-Tchad : qui aura le dernier mot sur le tracé du chemin de fer ? Après plus d'une année de réflexion, le président Paul Biya a finalement arrêté son choix concernant le tracé de la future ligne ferroviaire destinée à relier le Cameroun au Tchad. Trois itinéraires étaient sur la table : un corridor central, un corridor oriental et un corridor occidental. C'est finalement cette dernière option qui a été retenue par Yaoundé. Le chemin de fer partirait de Ngaoundéré, traverserait Garoua, Maroua et Kousséri, avant d'arriver à N'Djamena. Mais côté tchadien, ce tracé suscite de nombreuses réserves. Pourquoi N'Djamena s'oppose-t-elle à cette option ? Comment les deux pays peuvent-ils trouver un terrain d'entente pour concrétiser ce projet stratégique pour le développement régional ? Avec Polycarpe Essomba, journaliste au service Afrique de RFI. Accord Iran/États-Unis : les avoirs iraniens gelés seront-ils bientôt débloqués ? C'était l'un des principaux points de blocage des négociations entre Téhéran et Washington. Mais un accord semble se dessiner. Selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, les États-Unis auraient accepté de débloquer les avoirs iraniens gelés à l'étranger. Le responsable iranien a même rappelé que la restitution de ces fonds, ainsi que des compensations pour les dommages subis, constituaient deux exigences essentielles. Mais de combien d'argent parle-t-on exactement ? Pourquoi ces fonds sont-ils si stratégiques pour l'économie iranienne ? Donald Trump ira-t-il réellement jusqu'au bout de cet engagement ? Avec Guillaume Naudin, présentateur de la chronique « La fabrique du monde » sur RFI. Pérou : vers un recomptage de tous les bulletins de la présidentielle ? 35 000 voix seulement séparent les deux candidats sur les 19 millions de bulletins dépouillés. 10 jours après le second tour de la présidentielle, plus de 99% de votes ont été comptabilisés et l'écart reste infime entre la candidate de droite Keiko Fujimori et le candidat de gauche Roberto Sanchez. Alors que le suspense demeure total, Roberto Sanchez réclame le recomptage de l'ensemble des bulletins. Pourquoi demander un nouveau décompte alors que le dépouillement n'est pas encore totalement terminé ? Quels sont les enjeux derrière ce bras-de-fer politique ? Avec Lissell Quiroz, historienne et professeure en études latino-américaines à Cergy Paris Université.
Au Cameroun, la région de l'Extrême-Nord fait face à une crise humanitaire persistante marquée par les conflits armés liés à Boko Haram, des épidémies de choléra et de rougeole, et les conséquences du changement climatique. Des milliers de déplacés internes et de réfugiés du Nigéria et Tchad voisins exercent une pression intense sur des structures de sanitaires déjà fragiles, alors que la situation sécuritaire entrave l'accès aux soins. Aujourd'hui, près de 3 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire sévère, selon OCHA. Les enfants en sont les premières victimes : au premier trimestre de cette année, 200 000 enfants ont été diagnostiqués de malnutrition et dans l'Extrême-Nord. [Reportage long format à l'occasion de la Journée mondiale contre la faim] Pour lutter contre la mortalité infantile, l'ONG humanitaire médicale internationale ALIMA soutient des structures locales du département du Mayo-Tsanaga qui assurent aux populations isolées et vulnérables un accès gratuit aux soins : prise en charge médicale et thérapeutique des enfants malnutris à l'hôpital régional annexe de Mokolo et dans six centres de santé périphériques. Mais aussi stratégie communautaire pour dépister et prévenir la malnutrition et former les familles à l'éducation nutritionnelle. Dès qu'un enfant est diagnostiqué pour malnutrition au niveau d'un des centres de santé, il entre dans un programme de 42 jours, c'est-à-dire qu'il est soigné en communauté et s'il présente des complications, il est immédiatement référé à l'hôpital régional annexe de Mokolo. 2 600 admissions depuis 2024 Déshydratation, hypoglycémie, détresse respiratoire, fièvre, anémie, hypothermie, convulsions, épuisement... Les conséquences de la malnutrition peuvent être fatales pour les enfants. Pour sauver les tout-petits malnutris, le centre nutritionnel thérapeutique interne de l'hôpital de Mokolo est le seul fonctionnel dans tout le département. Depuis 2024, il a enregistré 2 600 admissions. Deux volets de prise en charge : d'abord médicamenteuse, pour lever les complications, et nutritionnelle, pour remédier aux défaillances en nutriments et vitamines liées à l'état instable des enfants malades. Aujourd'hui, l'hôpital de Mokolo enregistre un taux de guérison de 93%. La guérison de ces enfants passe aussi par des activités de stimulation physique et cognitive. La psychostimulation est essentielle dans la prise en charge de la malnutrition car lorsqu'un enfant est malnutri, il est amorphe, fatigué, éteint, son cerveau est ralenti. Si ce volet cognitif et psychique n'est pas pris en compte, cela va retarder l'amélioration de son état clinique, son développement psychomoteur et sa physiologie future. Les activités d'éveil vont donc faciliter sa guérison. Un suivi en communauté À la sortie de l'hôpital, les enfants sont suivis dans les centres de santé en communauté : consultations d'évolution, sensibilisations aux bonnes pratiques nutritionnelles et à l'hygiène, visites à domicile des relais communautaires, démonstrations culinaires. Les communautés sont des leviers indispensables à la santé infantile. À Mokolo, comme dans tant d'autres communautés, chaque enfant sauvé est une victoire collective. Une victoire rendue possible par le dévouement des soignants, l'engagement des communautés et le soutien des agences humanitaires. Des témoignages qui rappellent combien l'accès aux soins reste un enjeu central dans une région où les distances, l'insécurité et la baisse des financements humanitaires compliquent les parcours de santé. ► Un reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé par Victor Uhl, en partenariat avec l'ONG Alima (Alliance for International Medical Action), à l'occasion de la Journée mondiale contre la faim. Programmation musicale : ► Blick Bassy – Donalina
Au Cameroun, la région de l'Extrême-Nord fait face à une crise humanitaire persistante marquée par les conflits armés liés à Boko Haram, des épidémies de choléra et de rougeole, et les conséquences du changement climatique. Des milliers de déplacés internes et de réfugiés du Nigéria et Tchad voisins exercent une pression intense sur des structures de sanitaires déjà fragiles, alors que la situation sécuritaire entrave l'accès aux soins. Aujourd'hui, près de 3 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire sévère, selon OCHA. Les enfants en sont les premières victimes : au premier trimestre de cette année, 200 000 enfants ont été diagnostiqués de malnutrition et dans l'Extrême-Nord. [Reportage long format à l'occasion de la Journée mondiale contre la faim] Pour lutter contre la mortalité infantile, l'ONG humanitaire médicale internationale ALIMA soutient des structures locales du département du Mayo-Tsanaga qui assurent aux populations isolées et vulnérables un accès gratuit aux soins : prise en charge médicale et thérapeutique des enfants malnutris à l'hôpital régional annexe de Mokolo et dans six centres de santé périphériques. Mais aussi stratégie communautaire pour dépister et prévenir la malnutrition et former les familles à l'éducation nutritionnelle. Dès qu'un enfant est diagnostiqué pour malnutrition au niveau d'un des centres de santé, il entre dans un programme de 42 jours, c'est-à-dire qu'il est soigné en communauté et s'il présente des complications, il est immédiatement référé à l'hôpital régional annexe de Mokolo. 2 600 admissions depuis 2024 Déshydratation, hypoglycémie, détresse respiratoire, fièvre, anémie, hypothermie, convulsions, épuisement... Les conséquences de la malnutrition peuvent être fatales pour les enfants. Pour sauver les tout-petits malnutris, le centre nutritionnel thérapeutique interne de l'hôpital de Mokolo est le seul fonctionnel dans tout le département. Depuis 2024, il a enregistré 2 600 admissions. Deux volets de prise en charge : d'abord médicamenteuse, pour lever les complications, et nutritionnelle, pour remédier aux défaillances en nutriments et vitamines liées à l'état instable des enfants malades. Aujourd'hui, l'hôpital de Mokolo enregistre un taux de guérison de 93%. La guérison de ces enfants passe aussi par des activités de stimulation physique et cognitive. La psychostimulation est essentielle dans la prise en charge de la malnutrition car lorsqu'un enfant est malnutri, il est amorphe, fatigué, éteint, son cerveau est ralenti. Si ce volet cognitif et psychique n'est pas pris en compte, cela va retarder l'amélioration de son état clinique, son développement psychomoteur et sa physiologie future. Les activités d'éveil vont donc faciliter sa guérison. Un suivi en communauté À la sortie de l'hôpital, les enfants sont suivis dans les centres de santé en communauté : consultations d'évolution, sensibilisations aux bonnes pratiques nutritionnelles et à l'hygiène, visites à domicile des relais communautaires, démonstrations culinaires. Les communautés sont des leviers indispensables à la santé infantile. À Mokolo, comme dans tant d'autres communautés, chaque enfant sauvé est une victoire collective. Une victoire rendue possible par le dévouement des soignants, l'engagement des communautés et le soutien des agences humanitaires. Des témoignages qui rappellent combien l'accès aux soins reste un enjeu central dans une région où les distances, l'insécurité et la baisse des financements humanitaires compliquent les parcours de santé. ► Un reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé par Victor Uhl, en partenariat avec l'ONG Alima (Alliance for International Medical Action), à l'occasion de la Journée mondiale contre la faim. Programmation musicale : ► Blick Bassy – Donalina
Ce lundi 15 juin, c'est la Journée mondiale contre la faim. Une journée instaurée par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, et qui intervient dans un contexte de plus en plus préoccupant en Afrique. La baisse continue des financements internationaux, conjuguée à la coupe drastique de l'aide américaine, rend la lutte contre la faim et la malnutrition d'autant plus difficile que le changement climatique et les conflits régionaux s'accentuent. Kinday Samba, directrice régionale du Programme alimentaire mondial pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale (Tchad, RCA, Cameroun), est la grande invitée Afrique de ce lundi. RFI : Kinday Samba, pourriez-vous nous dresser un tableau général de la situation de la faim en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale ? Kinday Samba : La situation est très préoccupante. On peut déjà dire qu'on est dans une crise chronique qui est en train de devenir une crise beaucoup plus difficile à contenir, à cause de plusieurs facteurs qui s'accélèrent en même temps. On parle des conflits dans le Sahel, les chocs climatiques, les pressions économiques et les déplacements de populations. Les régions que je couvre abritent plus de 52 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire sévère, où l'instabilité et l'insécurité sont étroitement liées. Il y a un an, le PAM annonçait suspendre son aide alimentaire nutritionnelle vitale au Sahel central et au Nigeria, et ce, à cause d'un manque de financement urgent, avec deux millions de bénéficiaires directement impactés, notamment des réfugiés soudanais au Tchad, maliens en Mauritanie, ainsi que les populations vulnérables au Burkina Faso et au Niger. Un an plus tard, où en est la situation de ces aides dans ces zones ? La situation reste toujours difficile. On est toujours en train de vivre une contrainte financière qui n'a pas impacté que des activités nutritionnelles. Il y a d'autres activités qui ont été impactées. Si on parle concrètement pour cette année, on va réduire le nombre de personnes qui vont bénéficier des assistances. Par exemple, au Cameroun, plus de 500 000 personnes risquent de perdre l'accès à une assistance alimentaire et nutritionnelle. Au Mali aussi, on est contraint à une réduction de 25 % des bénéficiaires en 2026, comparé à 2025, et jusqu'à 55 % par rapport aux niveaux historiques récents. Et si on parle du Nigeria spécifiquement, nous ne pouvons aujourd'hui atteindre qu'une fraction des besoins. Nous prévoyons d'assister un peu moins d'un million de personnes dans un pays où plus de 34 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire. Le PAM estime d'ailleurs avoir besoin de 620 millions de dollars pour poursuivre l'apport de cette aide nutritionnelle. Est-ce que vous êtes encore loin de cet objectif ? Oui, on est loin de cet objectif. Parce que si on voit dans notre propre région pour cette année, on a besoin d'à peu près 1 milliard de dollars. Et, pour le moment, on n'a mobilisé que 25 % de cette somme. Donc, on est loin de ce chiffre. C'est une baisse globale qui se traduit en termes de nombre de personnes qu'on peut assister. Le PAM n'a pu assister que 7,6 millions de personnes dans le cadre de la réponse d'urgences en 2025. Donc, une partie importante a reçu des rations réduites. Aujourd'hui, ce que l'on observe dans le Sahel, c'est un véritable point de bascule. Donc, si on parle de 2026, le nombre de bénéficiaires prévus pour la réponse d'urgence a été revu à la baisse, passant de 6,9 millions en 2025 à 5,4 millions en 2026. Or, comme je l'ai dit, la région abrite plus de 52 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire. Un point de bascule, dîtes-vous, notamment dû à la coupe drastique de l'aide américaine qui affecte des programmes humanitaires dans le monde entier, dont les vôtres. Dans quelle proportion votre budget a-t-il diminué et comment vous êtes-vous réorganisé ? Ça ne concerne pas que les États-Unis. C'est une tendance beaucoup plus large. Avec une baisse globale des contributions au Sahel, les financements humanitaires ont chuté de près de 41 % en 2025, et certains pays ont été beaucoup plus affectés que d'autres. Donc, on a priorisé drastiquement nos opérations, allant jusqu'à ce que notre directrice exécutive finisse par décrire comme abandonner ceux qui ont faim pour nourrir les plus affamés. Donc, des analyses menées dans plusieurs pays montrent que les résultats sont préoccupants. Les ménages bénéficiant des rations complètes sont nettement mieux protégés contre la faim que ceux qui reçoivent des rations réduites. J'ai parlé du fait qu'on avait dû, pour certains, réduire nos rations. Donc, la priorisation s'est fortement renforcée et s'appuie davantage sur des données probantes, avec une concentration des ressources sur les populations les plus vulnérables, les plus à risque et les zones de plus fort impact. Voulez-vous dire qu'il y a un désintérêt de plus en plus croissant de la part des donateurs ? Oui, et depuis des années. Nous sommes à la mi-juin. C'est le début de la période de soudure dans de nombreuses régions que vous couvrez. Comment faites-vous face aux urgences durant cette période de soudure qui va durer trois mois ? Il y a des pays où le gouvernement – je peux citer la Mauritanie – couvre plus que 80 % des besoins, qui sont très, très importants. Donc, ça, c'est un des avantages de cette coupe de financement : les gouvernements sont en train de prendre davantage la responsabilité de répondre à ces situations. À lire aussiJournée mondiale contre la faim: la faim gagne du terrain dans le monde À lire aussiJournée mondiale contre la faim: crises et malnutrition
À l'âge de 82 ans, s'est éteint en France, le 9 mai 2026, un grand nom du voyage en Afrique en la personne de Maurice Freund. Hommage en voyages… En Mauritanie, on l'a surnommé « le frère du désert » ou « le pilier de la tente, la khayma ». Ici ou ailleurs, on l'appelait parfois « Momo » ou « Monsieur Maurice ». Dans la presse, il était « le Robin des airs », « le pirate des airs » aussi. Celles et ceux qui ont un jour voyagé au Sahel et dans le Sahara connaissent l'empreinte profonde que Maurice Freund, né en Alsace en 1943, et disparu récemment, a laissé derrière lui. À l'annonce de son décès, les hommages ont d'ailleurs plu sur le désert et la toile, venus du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de Mauritanie, d'Algérie, du Niger ou de France ; mais aussi les récits des nombreux voyages, échanges et rencontres qu'il aura permis, rendu possible. Entrepreneur baroudeur et militant, Maurice Freund aura donc fait voyager des milliers d'Occidentaux sur le continent africain, en particulier dans le Sahel. Mais ce proche de Thomas Sankara et ami de Pierre Rabhi, une figure de l'agroécologie, aura surtout fait du tourisme solidaire, de la démocratisation de l'aérien et du désenclavement des zones subsahariennes, le combat de sa vie. Et ce, en dépit d'un contexte politique, économique et sécuritaire compliqué, qui a beaucoup changé depuis la création de sa coopérative de voyageurs Point Afrique en 1995. Maurice Freund mènera ce combat jusqu'au bout, puisqu'en février 2026, il était encore au Tchad pour évaluer, promouvoir une relance du tourisme dans le nord du pays… Maurice, on le connaissait bien à Si loin si proche, pour avoir déjà retracé sa trajectoire de pionnier des vols charters, de son vivant, dans une série en deux épisodes, mais aussi pour avoir voyagé à de nombreuses reprises grâce à lui et ses avions, via sa coopérative Point Afrique qui a succédé au Point Mulhouse fondé en 1964. Aujourd'hui, pour lui rendre hommage, on vous emmène sur certains de ces voyages au Tchad, au Maroc ou en Mauritanie, auprès de peuples du désert qu'il aimait tant… Un hommage à travers enfin, des paroles de certains de ses proches qui reviennent sur l'héritage laissé par Maurice Freund, et que beaucoup entendent défendre, perpétuer… Le 28 mai 2026, la coopérative Point Afrique et ses membres réunis en AG ont annoncé vouloir continuer l'œuvre de Maurice, afin de défendre une certaine idée du voyage : engagé, durable et équitable. Que cela soit dit… Un point c'est tout ! En savoir plus : - Sur Point Afrique Voyages, la coopérative de voyageurs fondé par Maurice Freund - Sur Maurice Freund et l'épopée du Point Mulhouse puis du Point Afrique. Un podcast Si loin si proche en deux épisodes - Sur le Festival « Le Sahara s'invite à Fort Barraux » les 24, 25 et 26 juillet 2026. Avec des délégations venues du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, d'Algérie, de Libye et du Niger. Par l'association 20 Degrés Nord dont Jade Mietton - Sur le témoignage livré par Maurice Freund lui-même dans « Est-ce ainsi que les hommes volent ? Mémoires d'un Robin des airs » et paru aux Éditions La Martinière.
Jour de vote en Guinée. Près de 7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche pour les élections législatives et communales. Ce scrutin marque une étape importante dans le rétablissement de l'ordre constitutionnel, cinq ans après le coup d'État de 2021 qui avait porté Mamadi Doumbouya au pouvoir. De leur côté, plusieurs partis politiques d'opposition avaient appelé au boycott du scrutin.
Chad's got a new truck, a new boat, and a lot on his mind. The 2026 Ford F-250 Super Duty is built out and beautiful — Avalanche Gray, Bodyguard bumpers, Mickey Thompson tires, Lear topper, the works. Thank you Corning Ford. Now that that's out of the way, Chad goes somewhere unexpected. Black Springs. Growing up poor. Brown bag lunches with cold spaghetti between two pieces of generic wheat bread. Riding bikes until dark. Breakdancing with J.J. and Marcus and Corey on a piece of graffitied cardboard. A nail through the foot. A wood-burning stove. Government cheese. A mom working graveyard shifts at the Veterans Hospital in oncology while going to nursing school and still making it to every game. He talks about what that upbringing gave him. From humility, to discipline, faith, the fear of God, and what it means to be 51 years old, in the best shape of his life, doing exactly what he was put on earth to do. He talks about his dad. Twenty years this August. He's still talking to him. TChad doesn't have it all figured out. He'll be the first to tell you. But he knows where he came from and he's not ashamed of any of it. This Life Ain't For Everybody. This one especially. This episode is presented by Jack Daniel's Tennessee Whiskey, and brought to you by Corning Ford, Napa Valley Olive Oil, Oakley Sunglasses, Resistol, Mickey Thompson Tires and Wheels, TKO Vitality, Almost Heaven Saunas, and BEDSLIDE!
Au début du mois de mai 2026, un sommet intitulé « Africa forward » (« en avant l'AFRIQUE »), organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, réunissait 35 chefs d'État et de gouvernement de tout le continent ainsi que des représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains. Il y fut surtout question d'investissements et d'affaires. La France, contestée voire expulsée de certaines de ses anciennes possessions et affaiblie politiquement, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones. Un mouvement de redéploiement économique a déjà été entamé par de nombreux autres pays : la Chine, la Turquie, l'Inde, les pays du Golfe, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. L'annonce en novembre 2022 de la fin de l'opération française Barkhane au Sahel a été largement interprétée comme la clôture d'un cycle stratégique ouvert au début des années 2000, marqué par la centralité des opérations extérieures de contre-terrorisme, de stabilisation et de gestion des crises. Barkhane fut le successeur de Serval, avec une empreinte régionale étendue. Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Le Sahel qui, au fil des années, a cessé d'être seulement un théâtre de lutte contre le terrorisme pour devenir un terrain de rivalités entre puissances, où Russie, Turquie et Émirats Arabes Unis sont particulièrement actifs. La guerre de l'information est généralement mise en avant comme le maillon faible de l'opération Barkane au cours de laquelle la France s'est vue imposer des récits adverses donnant l'image d'un pays intrusif et inefficace, questionnant sa légitimité. Et aujourd'hui, la tentation est grande dans le débat public français de réduire Barkhane à un échec à oublier. Pour cette cinquième émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, nos invités : Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse en Science politique à l'IRD, Institut de Recherche pour le Développement, et membre du laboratoire PRODIG Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l'Institut de Recherche pour le développement. Co-directeur de la collection Afrique(s) aux éditions FMSH, Fondation Maison des Sciences de l'Homme.
En République démocratique du Congo (RD Congo), cela fait tout juste une semaine que l'épidémie d'Ebola a été déclarée, et elle représente un risque très élevé, le niveau d'alerte maximal, déclaré par l'OMS, qui affirme que "l'épidémie se propage rapidement". Plus de 160 personnes seraient déjà probablement décédées du virus selon les autorités congolaises. Sur place, la riposte tente de s'organiser. Les ONG multiplient les envois de matériel d'urgence médicale.
Quelles sont les grandes mutations du secteur pétrolier africain ? Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, baisse relative des investissements internationaux, transition énergétique et quête d'attractivité, les pays africains producteurs tentent de repositionner leur stratégie. Tournée dans le cadre des 4èmes Journées Pétrole, cette émission réunit experts, économistes, représentants d'États et industriels autour d'une même interrogation : comment transformer les ressources pétrolières en véritable levier de développement durable ? NOS INVITÉS Gacyen Mouely, associé gérant 3M - Partners & Conseils et organisateur des 4èmes Journées Pétrole à Casablanca Cyril Ruchonnet, directeur associé chez S&P Global Laura Sima, directrice associée, recherche sur les Solutions Amont chez S&P Global Mahamat Togoï, ingénieur géologue, enseignant-chercheur à l'Institut National Supérieur de Pétrole de Mao (Tchad) Hashir Mabignath Sall, directeur général adjoint de l'Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI) du Gabon Michel Prudhomme Nzouba fondateur Eco Partners, ancien dirigeant de Shell, Assala Energy, Maurel & Prom. Les grandes thématiques de l'émission
Quel élève n'a jamais rêvé d'être ailleurs qu'assis à son pupitre à écouter son professeur ou faire ses exercices de mathématiques ? Et quel enseignant n'a pas déjà eu un mal fou à intéresser sa classe à la conjugaison des verbes pronominaux ou l'accord du participe passé ? La motivation est un enjeu du quotidien à l'école et la concurrence est rude pour les enseignants. Entre la petite flemme passagère, les distractions extérieures ou la méthode pédagogique mal comprise ou adaptée, il peut s'avérer difficile pour les élèves de rester concentré sur la tâche demandée. Pourtant, la motivation est un élément moteur dans le processus d'apprentissage. Elle conditionne l'attention et les efforts que l'élève va fournir. Dans certains cas, le manque de motivation peut aussi révéler des difficultés plus grandes. En France, un élève sur cinq présente des risques élevés de décrochage scolaire, selon le baromètre 2025 réalisé par l'association Ecolhuma « Accrochage et mixité scolaire ». Se pencher sur les mécanismes de la motivation est donc essentiel pour maintenir les enfants à l'école. Alors au quotidien, comment maintenir la motivation des élèves ? Quels sont les signes d'une perte d'intérêt pour l'école ? Comment redonner le goût d'apprendre ? Avec : • Anne Philippon, professeure agrégée d'histoire et de géographie, formatrice et enseignante en éducation prioritaire et dans un lycée expérimental accueillant des élèves décrocheurs. Autrice de La motivation scolaire - comprendre ses mécanismes pour intervenir efficacement (Dunod, 2026). En début d'émission, l'école autour du monde avec Emeline Vin, correspondante de RFI à Londres, au Royaume-Uni, où l'école à la maison séduit de plus en plus de familles. En fin d'émission, reportage de Raphaëlle Constant dans le camp de réfugiés soudanais de Farchana à l'est du Tchad, dans la province du Ouaddaï, fragile zone frontalière avec le Soudan, où vivent plus de 56 000 exilés. Là-bas, le Haut-Commissariat pour les Réfugiés renforce la connectivité pour en faire un levier d'espoir et d'autonomie. Un Centre connecté a été ouvert en 2025 et propose des formations en informatique, des cours de français et d'anglais. En pleine zone désertique, derrière un grillage, deux bâtiments blancs aux volets bleus sont installés au bord de la piste. Le Centre connecté de Farchana fait partie de l'initiative Conneàctivity Refugees qui vise à connecter 20 millions de réfugiés d'ici 2030. Un reportage de réalisé en partenariat avec le Fonds Muskoka. Programmation musicale : ► Ice Comfortable - Blasé ► Cocinarte - Cimafunk, La Tribu.
Au Tchad, la condamnation à huit ans de prison de huit responsables de l'opposition provoque de vives réactions. Alors que des voix dénoncent un recul des libertés publiques, le MPS, le parti présidentiel, appelle « l'ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue républicain ». Comment vivez-vous cette crispation entre pouvoir et opposition ? Vos témoignages nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Le Nigeria confirme ce samedi la mort d'un chef de l'organisation État islamique, Abu-Bilal al-Minuki, lors de la deuxième opération en cinq mois lancée avec les forces américaines. Ce pays d'Afrique de l'Ouest est toujours en proie à des violences jihadistes. Ces derniers mois, les attaques meurtrières et des enlèvements de masse s'y sont multipliés.
La Radiobox, un studio de radio mobile « tout-en-un » conçu par l'ONG Making Waves, est devenue un outil de sensibilisation déployé à grande échelle par la Croix-Rouge française dans ses missions, notamment en Afrique (Guinée, Tchad, Cameroun). En février 2020, dans L'atelier des médias, était présenté un prototype d'un objet appelé Radiobox. Alexandre Plank, réalisateur radio de métier, racontait avoir travaillé avec l'ONG Radio Sans Frontières au Kurdistan irakien au moment de la bataille de Mossoul, en 2016-2017. Pour lui, « l'intuition première de la Radiobox elle vient (...) de voir l'ennui de gens éloignés de leur famille, éloignés de leur ville et n'ayant pas la possibilité de faire quoi que ce soit ». Le succès reposerait sur la simplicité : « Si on arrivait à simplifier le dispositif radiophonique, les gens l'utiliseraient. » Le défi technique était de créer un objet robuste et accessible. Il a été relevé par le technicien et bidouilleur Anthony Capelli. Aujourd'hui, la version 4 de la Radiobox tient dans un sac à dos et fonctionne sur batterie. La Radiobox au service de la santé communautaire Pour la Croix-Rouge française, cet objet est une solution « low-tech » idéale pour les zones reculées. Loïc Judeau, référent technique santé aux opérations internationales de cette assocation, a immédiatement été séduit par cet outil qui « est extrêmement simple et qu'un enfant de 6 ans en quelques minutes peut mettre en œuvre ». Déployée d'abord au Tchad puis en Guinée, la Radiobox permet de transformer des séances de sensibilisation classiques en véritables événements communautaires. L'efficacité est au rendez-vous. Des études d'impact menées par la Croix-Rouge montrent que 91 % des auditeurs au Tchad déclarent avoir changé positivement leur comportement de santé après une émission. Pour Loïc Judeau, la force du dispositif réside dans l'horizontalité de la parole : « C'est plus efficace que les moyens de sensibilisation traditionnels parce qu'on reprend le système de pairs-aidants. C'est la maman qui va témoigner, c'est le patient qui va venir témoigner et donc forcément ça va beaucoup plus parler à la communauté. » Briser les réticences : l'exemple du Dr Ousmane en Guinée En République de Guinée, le Docteur Ousmane Camara utilise la Radiobox pour des campagnes de vaccination ou la prévention de maladies. Pour ce médecin-animateur radio, l'outil a changé la donne dans les villages où la couverture radio est inexistante. « C'est un outil qui favorise activement la résilience des parties prenantes », explique-t-il, précisant que la Radiobox aide à « casser les réticences, donner la parole, permettre à ceux qui sont les plus réticents dans les activités communautaires à s'approcher ». L'impact va au-delà du moment de l'émission en public. Les contenus sont enregistrés et diffusés via WhatsApp ou YouTube, créant une viralité positive. Le Docteur Ousmane souligne que cette approche a « beaucoup permis cette amélioration dans la communication avec les bénéficiaires au niveau communautaire ». De l'urgence humanitaire au podcast pédagogique Au-delà de la sensibilisation, la Radiobox s'invite dans les situations d'urgence, comme lors du passage du cyclone Chido à Mayotte, pour donner la parole aux victimes. La Croix-Rouge explore également de nouveaux formats, comme le podcast Ça décale, qui plonge l'auditeur dans la tête des secouristes lors d'interventions d'urgence. Qu'il s'agisse de former des ambassadeurs ou de mener des projets de « démocratie sonore » en Seine-Saint-Denis – comme l'explique Alexandre Plank en fin d'émission –, la Radiobox prouve que la radio, loin d'être reléguée au passé, reste l'un des moyens les plus puissants pour restaurer le lien humain là où il est le plus fragile.
durée : 00:58:48 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : retour de terrain avec Amaury Hauchard qui rentre du Tchad, puis table-ronde sur la politique de Pedro Sánchez à la veille des élections régionales en Andalousie. - réalisation : Margot Page, Fanny Richez, Sacha Mattei, Barthélémy Gaillard, Léa Capuano, Louise Cognard, Pénélope Le Mauguen - invités : Amaury Hauchard Journaliste indépendant, Maria Elisa Alonso Maîtresse de conférences à l'université de Lorraine, membre associée au CREDA (Centre de recherche et de documentation sur les Amériques), Nacima Baron Professeure de géographie à l'université Gustave Eiffel Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Réagissez à l'actualité de votre choix avec Juan Gomez. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Au Tchad, voilà un an que l'opposant Succès Masra est en prison. À la suite de son arrestation, l'ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison pour avoir diffusé en 2023 un message qui, selon le tribunal, aurait provoqué, deux ans plus tard, de graves violences intercommunautaires dans le sud du Tchad. À la tête de son parti les Transformateurs, Succès Masra est arrivé officiellement deuxième à la présidentielle de 2024, avec 18% des voix. Depuis un an, de nombreuses voix s'expriment en sa faveur. Parmi elles, il y a sa sœur, Chancelle Masra, qui vit en France. À lire aussiCondamnation de huit opposants au Tchad: «Le système en place souhaite qu'on ferme la bouche», assure leur coalition
Nouvelle alerte de l'opposition tchadienne sur l'état du climat politique dans le pays. En conférence de presse mercredi à N'Djamena, le parti Les Patriotes, membre de l'ex-Groupe de concertation des acteurs politique, le GCAP, a dénoncé ce qu'il décrit comme un durcissement du pouvoir, sur fond de condamnations judiciaires visant plusieurs responsables politiques. Le mouvement évoque également une dégradation de la situation sécuritaire et des fractures communautaires croissantes.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des sanctions européennes contre des colons israéliens extrémistes, un projet d'extraction de cuivre en RDC et une loi pour réduire la peine de Jair Bolsonaro au Brésil. Tchad : que va devenir le GCAP après la condamnation de huit cadres ? Jugés pour « attroupement armé », « mouvement insurrectionnel », « rébellion » et « détention d'armes de guerre », huit présidents du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), plateforme d'opposition, ont été condamnés à huit ans de prison ferme par le tribunal de N'Djamena. Un avocat de la défense dénonce un verdict « rendu à l'arrachée ». Comment interpréter de tels propos ? Que reproche-t-on aux accusés ? Quel avenir pour le GCAP après cette décision de justice ? Avec Nadia Ben Mahfoudh, correspondante de RFI à N'Djamena. Israël : que reproche-t-on aux colons extrémistes sanctionnés par les Européens ? Après des mois de blocage en raison du véto de la Hongrie, l'Union européenne est parvenue à trouver un accord pour sanctionner « les principales organisations israéliennes coupables de soutenir la colonisation extrémiste et violente de la Cisjordanie, ainsi que leurs dirigeants », comme l'a annoncé Jean-Noël Barrot sur X, le ministre des Affaires étrangères français. Une décision « arbitraire » et « politique » a dénoncé le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar. Qui sont les colons extrémistes visés par ces sanctions ? Que leur reproche-t-on ? À quel point cette décision peut-elle impacter les relations entre Israël et les pays européens ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. RDC : le pays va-t-il devenir le numéro un mondial du cuivre ? C'est un ambitieux projet d'exploitation de cuivre que vient de dévoiler la société chinoise « China Railway Resources Universal Limited » (CRRU). Situé dans l'espace Grand Kasaï, au centre-ouest de la RDC, le futur site minier pourrait produire entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an, ce qui en ferait l'une des plus importantes mines de cuivre au monde. Déjà deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili, la RDC pourrait, grâce à cette initiative, renforcer davantage sa place sur le marché international. Mais que sait-on réellement de ce projet ? Quelles retombées économiques et sociales peut-il apporter aux populations congolaises ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Brésil : vers une réduction de peine pour Jair Bolsonaro ? La Cour suprême du Brésil a suspendu l'application d'une loi ouvrant la voie à une réduction de la peine de prison de Jair Bolsonaro. Reconnu coupable d'avoir fomenté un coup d'État contre son successeur Luiz Inacio Lula da Silva après sa défaite en octobre 2022, l'ancien président a été condamné à 27 ans de réclusion en septembre 2025. Comment la Cour suprême justifie-t-elle sa décision ? Si après examen, les juges valident la loi, quel sera le sort de l'ex-président ? Avec Adriana Moysés, cheffe adjointe du service en langue brésilienne de RFI.
Cette attaque du groupe jihadiste Boko Haram qui a visé une base militaire de l'armée tchadienne située à Barka Tolorom, sur la rive du lac Tchad. Le bilan officiel est d'au moins 23 morts et 26 blessés, tandis que les opérations de ratissage sont en cours.