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Grand reportage
La Russie en Afrique: une stratégie d'influence en mutation

Grand reportage

Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 19:30


Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique   Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie   Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent   Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner

Grand reportage
Des sirènes russes au mouroir ukrainien: les combattants africains de Vladimir Poutine

Grand reportage

Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 19:30


Ils seraient aujourd'hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d'une guerre qui s'enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l'Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d'autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l'université ou un emploi. Aujourd'hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d'influence entre Moscou et le continent africain. En ce matin de début février, 200 personnes environ se retrouvent dans le jardin familial de Bibiana Wangari, à Mukurwe-Ini, dans le centre du Kenya, à un peu plus de 2h de route au nord de Nairobi. Ce sont des funérailles, mais la cérémonie se déroule sans corps et sans cercueil, constate Albane Thirouard, la correspondante de RFI. Des bougies ont été déposées sur une tombe symbolique en contrebas. Charles Waithaka, dit « Charlo », le fils de Bibiana, avait 30 ans. Parti en octobre en Russie, sa famille a perdu le contact vers Noël, et c'est sur Facebook que sa mère a appris son décès en Ukraine : « Je me suis réveillée un jour et la nouvelle était partout sur les réseaux sociaux. J'ai appris qu'il avait marché sur une mine. Avant de partir, il m'avait appelée pour me dire qu'il avait obtenu un emploi pour travailler en tant que mécanicien pour la construction d'un camp militaire. Une fois sur place, il m'a appelée pour me dire qu'il était en Russie. On a continué à parler, jusqu'au jour où il m'a dit qu'il allait être déployé sur le front. Il a pleuré, beaucoup pleuré. En tant que mère, ce n'était pas facile. Chaque jour il m'appelait en pleurant "maman, je veux rentrer au Kenya, ce n'est pas bien ici.". » À lire aussiCombattants africains tués sur le front ukrainien: le deuil impossible de familles désemparées Le corps de Charles Waithaka n'a pas pu être rapatrié. Les présents lui rendent hommage. Un homme prend le micro, il vient de rentrer du front. « J'ai eu la chance de rentrer à la maison, témoigne Dancan. J'aurais pu finir comme ça. J'ai vu la mort de mes propres yeux. Je sais que ce n'est pas facile, vu comment la guerre se déroule là-bas : les gens meurent, et quand une personne meurt, le corps est juste laissé là, personne ne s'en occupe ». Dancan détaille son expérience : « J'ai l'impression d'avoir été trompé. Je suis allé là-bas, je pensais travailler comme chauffeur. Une fois arrivé, on m'a donné une formation militaire. Et même quand tu dis que tu ne veux pas faire ce travail et que tu veux rentrer chez toi, on te force à aller au front. Les Russes n'ont aucune humanité. Alors j'ai fait semblant d'être fou, on m'a envoyé à l'hôpital, et c'est comme ça que j'ai pu m'échapper. Mais je sais que beaucoup de Kényans sont encore là-bas. Ils cherchent des moyens d'en sortir et de rentrer chez eux mais ce n'est pas facile, c'est même très difficile. » Dancan affirme par ailleurs ne jamais avoir touché l'argent promis. « Il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine » À plusieurs milliers de kilomètres de là, Mike – un nom d'emprunt – laisse un message vocal à RFI : « On est venu ici pour travailler, on nous avait dit que ce serait un travail dans la sécurité. Une fois arrivés en Russie, on s'est rendu compte que c'était un emploi militaire. Nous n'avions rien signé au Kenya, les recruteurs ont juste pris nos passeports pour arranger le visa et les billets d'avion. Ce n'est qu'une fois en Russie que nous avons signé des papiers mais tout était en russe donc nous ne comprenions pas. Nous les avons scannés avec nos téléphones et c'est là que nous avons compris que les documents que nous nous apprêtions à signer étaient des contrats dans l'armée. On attend. Ils vont nous emmener combattre. Mon ami et moi refusons d'y aller, nous cherchons à nous échapper. » Quelques jours plus tard, Mike prévient : il est parvenu à fuir et à quitter la Russie. À lire aussiDes proches de Kényans envoyés par la Russie sur le front critiquent la diplomatie de leur pays À Nairobi, l'association VOCAL Africa tente de venir en aide aux familles sans nouvelles de leurs proches. Julius Kimani Kamanu est venu accompagné de son père pour évoquer le cas de son frère, âgé de 26 ans, parti en Russie il y a plusieurs mois. Sur le téléphone de Julius, il y a une photo : trois hommes armés posant en tenue de combat. « C'est la dernière photo qu'il nous a envoyée, le dernier jour où nous avons pu communiquer avec lui, souligne Julius Kimani Kamanu. Il y a mon frère, Peter Kimemia, un homme que je ne connais pas qui est sûrement russe, et l'ami avec qui mon frère est parti. Il nous a dit qu'il partait pour un emploi de chauffeur donc quand nous l'avons vu comme ça en tenue militaire, ça nous a choqués ». Peter Kimemia Kamanu est parti en Russie avec un visa de visiteur, avec un billet d'avion aller-retour, pour un séjour de quelques jours à peine. Lui aussi a été trompé, affirme Julius : « L'agent lui avait dit qu'il allait travailler comme chauffeur en Russie. Avant de partir, mon frère vendait des téléphones et des ordinateurs. On lui avait promis un meilleur emploi en Russie avec un bon salaire. Il est arrivé en Russie le 22 octobre 2025 et il nous a informés qu'il était dans un hôtel en attendant plus d'informations. Quelques jours plus tard, il nous a informés qu'il avait été emmené dans un camp militaire et qu'il allait y recevoir une formation, puisque le travail de chauffeur se ferait dans un camp militaire. Donc, il a commencé sa formation militaire qui a duré moins d'une semaine. Puis, un jour, il nous a appelés à minuit, il était terrorisé. Il nous a dit qu'il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine. C'était notre dernière communication, le 18 novembre. » Julius affirme que le numéro de l'agent avec lequel son frère communiquait n'est plus joignable. La famille a écrit aux autorités kényanes pour obtenir des nouvelles mais la demande n'a pas abouti. Les estimations du nombre de Kényans partis en Russie ne cessent de gonfler ces dernières semaines. Mi-février, le gouvernement a haussé le ton. Le ministre des Affaires étrangères a promis de se rendre à Moscou pour « enrayer » ce phénomène, alors que son bras droit dénonçait auprès des médias « un schéma inacceptable consistant à attirer des gens et à les faire mourir ». À lire aussiLe Kenya inculpe un homme accusé d'avoir envoyé des citoyens combattre contre leur gré pour Moscou « Parfois ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir » En Afrique du Sud, la politique de recrutement russe a pris une tournure politique. La fille de l'ex-président Jacob Zuma est visée par une enquête judiciaire pour son rôle dans l'envoi de 17 combattants sud-africains. Elle a dû démissionner de son poste de députée. À lire aussiUkraine: la fille de Jacob Zuma a-t-elle orchestré le départ de Sud-Africains sur le front? Elle est directement mise en cause par l'un d'entre eux, qui a répondu par écrit à notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues, joignant photos et vidéo où on le voit en treillis dans la neige : « J'ai quitté l'Afrique du Sud, le 9 juillet 2025. Je suis venu en Russie parce que je n'avais pas de travail et que Duduzile Zuma [la fille de Jacob Zuma, NDLR], nous avait promis des emplois. Tout n'était que mensonges. Nous nous sommes retrouvés à nous entraîner à l'attaque, à utiliser des bombes et à creuser des abris, des toilettes, à manger de la nourriture avariée et périmée. Parfois, ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir et ils se moquaient que nous tombions malades. Il n'y avait pas de jours de repos. Ensuite, nous sommes partis vers le front et notre groupe a été séparé. Je ne sais pas où sont les autres. Nos familles et nos enfants nous manquent vraiment. C'est très douloureux : aidez-nous à rentrer chez nous, s'il vous plaît. » L'affaire fait grand bruit dans un pays membre des Brics où les partis russophiles MK ou EFF sont bien implantés au parlement. Au point que l'actuel chef de l'État, Cyril Ramaphosa, a téléphoné à Vladimir Poutine pour obtenir leurs rapatriements il y a quelques jours. À lire aussiAfrique du Sud: Ramaphosa remercie Poutine pour le retour de Sud-Africains enrôlés en Ukraine   Impossible de savoir exactement combien de ressortissants africains portent aujourd'hui l'uniforme russe. Selon un rapport de l'Institut français des relations internationales, ils seraient de 3.000 à 4.000 sur 18.000 à 20.000 combattants étrangers. Le groupe d'investigation All Eyes on Wagner a obtenu une liste de 1 417 contractuels ayant servi entre 2023 et mi-2025. Ils sont originaires de 35 pays africains ; 316 sont décédés. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner Les récits de combattants mettent en avant le rôle d'intermédiaires qui diffusent des promesses trompeuses. Des militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage À Yaoundé, Richard Onanena a échangé avec l'un d'entre eux, un Camerounais qui s'est rendu à plusieurs reprises en Russie dans un cadre universitaire. Saluant les « convergences de valeurs » russo-africaines, il explique accompagner certains vers un recrutement dans l'armée : « Cette rémunération, elle est alléchante. Il y a une batterie de documents qui vous sont présentés. Vous avez la possibilité de lire ces documents, de les faire traduire, on ne peut pas vous enrôler de force dans l'armée. C'est un contrat où on vous dit combien vous serez payés, combien de temps vous devez servir, et quels sont les avantages que vous aurez et ainsi de suite. Si vous êtes d'accord vous signez, si vous n'êtes pas d'accord vous ne signez pas. Mais avant d'arriver à ce niveau, il y a déjà une présélection. On vérifie votre état et l'agent de recrutement décide si oui ou non vous êtes recruté, ce n'est pas automatique. Néanmoins, il est important de préciser qu'il y a des personnes, qui ne sont pas des Russes pour la plupart, qui vont se servir de la détresse de leurs frères africains, pour leur faire miroiter des choses qui parfois n'ont absolument rien à voir avec la vérité, et peut-être d'une manière ou d'une autre les convaincre, ou les contraindre. » Certaines recrues, en revanche, sont tout à fait conscientes de leur choix. Les militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage. Les salaires promis sont par exemple dix fois supérieurs à ceux de l'armée camerounaise. Un militaire du BIR, bataillon d'intervention rapide, unité d'élite, explique comment il a vu certains de ses frères d'armes céder aux sirènes russes, à commencer par son cousin... Il évoque même des complicités au sein de la hiérarchie : « Il m'a dit que c'est un colonel qui a géré, c'est par le réseau de ce colonel qu'il a voyagé. Après deux semaines, je n'avais plus de ses nouvelles, son numéro ne passait plus, et jusqu'à maintenant, rien. Quand je suis entré en contact avec un autre collègue qui était là-bas, il m'a fait comprendre que les Camerounais qui étaient arrivés à cette époque, en mars-avril-mai 2024, étaient tous morts, parce que les attaques étaient très intenses. J'ai essayé d'en parler avec la famille, mais ils ne voulaient rien entendre, alors j'ai lancé un appel sur les réseaux sociaux, voir si je pouvais le retrouver. Un gars m'a répondu qu'il n'était plus en vie. Sa famille a honte de dire qu'il est mort, alors ils le cachent aux gens. » « Plein d'Africaines vantent le programme » Mais le front n'est pas la seule voie de recrutement pour de jeunes Africains. Via des influenceurs très suivis, la Russie promeut le programme « Alabuga start », qui s'adresse à des jeunes femmes étrangères de 18 à 22 ans. Selon ses promoteurs, ce sont des formations de qualité, tout inclus, il n'y a que des avantages. Mais dans cette zone économique spéciale du Tatarstan, on monte des drones pour bombarder l'Ukraine, comme l'ont documenté plusieurs enquêtes. Certaines pratiques peuvent être assimilées à de la traite d'êtres humains, ont mis en garde les Nations unies. Ce type de contenus attire l'attention, par exemple de Rebecca : « J'ai vu ça sur TikTok, je me suis inscrite. J'ai donné mon identité, copie de mon passeport. » Aide-soignante ivoirienne, elle a expliqué à Benoit Almeras, notre correspondant à Abidjan, avoir candidaté après avoir vu sur les réseaux « plein d'Africaines vanter le programme, le logement inclus, les avantages, la possibilité de rester en Russie ou de rentrer avec le certificat. Elles disent qu'elles sont bien à l'aise ». Des jeunes femmes comme Rebecca, il y en a des dizaines à Abidjan, attirées par la promesse d'une formation gratuite à l'étranger. La Russie prend le contre-pied de l'Europe où les démarches d'expatriation sont de plus en plus difficiles, et où le discours xénophobe s'impose. Et peu importe les risques encourus pour une jeunesse africaine urbaine prête à tenter sa chance au péril de sa vie. « Des sirènes russes au mouroir ukrainien : les combattants africains de Vladimir Poutine », un récit de François Mazet, à la réalisation de Pauline Leduc.

Journal de l'Afrique
Les frappes américano-israéliennes sur l'Iran suscitent des réactions en Afrique aussi

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 12:42


Les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, et les ripostes de la République islamiste, suscitent de nombreuses réactions. Plusieurs dirigeants africains se sont exprimés. 

Invité Afrique
Terrorisme en Afrique: «Il faut accroître encore plus la surveillance» en ligne

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 8:55


Alors que les chefs d'état-major des pays membres de la Cédéao doivent achever leur sommet vendredi 27 février à Freetown, en Sierra Leone, qu'en est-il de la lutte antiterroriste sur Internet ? Le recrutement de combattants se fait aussi en ligne, tout comme une bonne partie des activités criminelles, et l'intelligence artificielle, qui continue de se développer, apporte aussi son lot de difficultés pour les services de sécurité du continent. Comment les États africains se préparent-ils à cette lutte numérique ? Notre grand invité Afrique est l'Ivoirien Franck Kié, expert en cybersécurité et commissaire général du salon Cyber Africa Forum. Il répond aux questions de Sidy Yansané.    RFI :  Récemment, le chef du Bureau de cyberdéfense des forces armées de votre pays, la Côte d'Ivoire, affirmait que « les terroristes sont omniprésents sur le web ». Vous qui êtes à la tête du Cyber Africa Forum depuis bientôt dix ans, vous diriez que les États prennent enfin conscience du phénomène ? Franck Kié : Les États africains, en particulier depuis quelques années, se rendent compte de l'importance du phénomène qu'est la cybercriminalité et tous les risques liés à la cybersécurité de façon générale. Néanmoins, certains exemples très récents nous démontrent qu'il y a encore une marge de manœuvre assez importante en termes de mise en œuvre d'actions pour pouvoir être pleinement efficace et opérationnelle sur ce volet-là. Même si aujourd'hui on a de plus en plus d'information et de plus en plus de sensibilisation, des acteurs publics et privés tendent encore à penser, surtout en Afrique, que cette menace est encore assez éloignée d'eux. Au-delà de ça, il faut aussi continuer dans la formation du capital humain et puis surtout investir dans les infrastructures qui nous permettront de nous défendre. Au cours des dernières années, l'Afrique a quand même fait un bond qualitatif assez important sur le volet de la gouvernance, avec la mise en place dans plusieurs pays africains d'agences nationales de la sécurité des systèmes d'informations, d'agences de protection des données à caractère personnel et la régulation aussi qui les accompagne, avec des lois de lutte contre la cybercriminalité. Pour la cybersécurité, il faut maintenant aller encore un peu plus loin sur les autres volets cités précédemment. Quelle est votre analyse plus poussée sur l'état actuel de la lutte contre le terrorisme en ligne dans la sous-région ? Le biais numérique devient aujourd'hui un vecteur pour les crimes et les actions malveillantes. Donc, il faut accroître encore plus la surveillance. On peut voir qu'à travers la propagation des fake news, il y a un vrai aspect de lutte informationnelle sur le volet numérique. En plus de ça, avec l'émergence et la démocratisation de l'intelligence artificielle, on a un risque encore plus accru car ça donne encore plus de moyens à ces criminels pour arriver à leurs fins. Il y a aussi une filière qui, on le sait, est difficile à surveiller : celle de l'argent mobile. Les Africains sont champions mondiaux de l'emploi d'argent numérique. Plus de la moitié des comptes dans le monde sont en Afrique. En 2024, les régions Ouest et Est pesaient à elles seules pour près de 1 000 milliards de dollars de transactions d'après la GSM Association. Comment préserver ce service, tout en repérant les transactions criminelles et terroristes ? Les États, en accord avec les régulateurs et les opérateurs de télécommunications qui opèrent en général ce type de solution, essaient de mettre en place de plus en plus de mesures qu'on appelle des KWC (Know Your Customer), qui permettent de savoir qui est derrière le compte pour avoir une certaine traçabilité derrière les transactions. Là aussi, il ne faut pas que des jeunes se fassent instrumentaliser et donner leur identité afin que des personnes mal intentionnées puissent faire des transferts d'argent à travers leurs comptes. On sait que ces recrutements se déroulent beaucoup sur les réseaux sociaux. Comment se passe la coopération entre les États et les plateformes, les sociétés numériques, notamment les Gafam - plus puissantes multinationales des technologies de l'information et de la communication - pour lutter contre le terrorisme en ligne ? La relation n'est pas forcément toujours évidente car ces Gafam aujourd'hui sont tellement puissants qu'ils peuvent décider de ne pas répondre à un État ouest-africain dont le PIB est inférieur à leur valorisation boursière. D'où la nécessité de coopération qui permettrait ensemble d'être un levier plus important face à ces opérateurs. Il y a toujours la question légitime de ces plateformes qui se demandent à quel moment il s'agit de terrorisme ou de cybercriminalité et à quel moment c'est plutôt une forme de restriction de la liberté d'expression. Un exemple : le président français Emmanuel Macron lui-même révélait avoir reçu il y a quelques mois un message d'un de ses homologues africains s'interrogeant sur l'authenticité d'une vidéo générée par l'IA parlant d'un coup d'État en France. La présidence française a demandé à Facebook de retirer cette vidéo, elle a reçu une réponse négative. Je crois me souvenir que l'entreprise n'avait même pas répondu. Si même un État comme la France, dans son rapport de force avec ces Gafam, peut avoir ce type de réponse, je vous laisse imaginer la difficulté pour des pays moins puissants économiquement.

Le Grand Invité
Le pape Léon part en voyage à Monaco, en Afrique et en Espagne

Le Grand Invité

Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 17:27


Le Vatican a annoncé mercredi les prochaines destinations du Saint Père. Monaco le 28 mars. L'Afrique du 13 au 23 avril avec des étapes en Algérie au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. L'Espagne du 6 au 12 juin, avec des étapes à Madrid, Barcelone et aux Canaries. Après un début de pontificat qui ressemble surtout à un "voyage apostolique au Vatican", le pape repart en pèlerinage. Décryptage du sens de ces voyages avec François Mabille le directeur de l'Observatoire géopolitique des Religions de l'IRIS et Mgr Jean-Paul Vesco, le cardinal archevêque d'Alger.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Grand reportage
East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump

Grand reportage

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 19:30


Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l'Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu'il prétend victimes d'un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025) De notre envoyé spécial de retour de Johannesburg Les démentis sud-africains n'y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l'Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l'économie dépend largement de l'usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme. Sur le port d'East London, la scène est pourtant immuable : rangées de berlines alignées sous les projecteurs, grues immobiles dans l'air salin, ouvriers qui s'affairent en attendant les navires. Dirk Botes, responsable clientèle, détaille l'organisation du terminal automobile : « Cette zone peut préstocker environ 1 400 voitures. Dans le hangar là-bas, un peu moins de 4 000, et sur l'esplanade ouverte environ 1 500. » Ce soir, un navire doit pourtant accoster avec plusieurs heures de retard, perturbé par le mauvais temps. « Il va charger ces véhicules, décharger ceux qui arrivent d'Europe, puis on recommencera avec le bateau suivant », explique-t-il. Ce ballet, autrefois parfaitement réglé, s'est ralenti au fil des mois. Le port exporte de moins en moins de voitures, essentiellement des Mercedes Classe C dont les ventes déclinent depuis plusieurs années. Sphiwe Mthembu, le directeur du port, ne masque pas son inquiétude : « La situation nous touche directement. Quand un constructeur présent depuis soixante-cinq ans commence soudain à souffrir d'une baisse de volumes, cela nous affecte immédiatement. Nous recevons des conteneurs destinés à l'usine : si l'usine tourne moins bien, le port en subit l'impact. Nous devons absolument garder Mercedes-Benz ici et attirer un deuxième grand constructeur. C'est vital pour l'économie locale. » En ville, la chambre de commerce suit de près la situation. Sa directrice, Lizelle Maurice, femme d'affaires respectée et ardente défenseure de l'économie locale, résume l'impact en quelques mots : « Le marché américain était notre plus gros marché, environ 30% de toutes les commandes. Quand les volumes ont commencé à baisser, les fournisseurs de Mercedes-Benz ont immédiatement réduit leurs effectifs. Et cela, c'était avant même les tarifs de Trump. La pandémie avait déjà mis notre économie à genoux. L'an dernier, l'usine est passée de trois à deux équipes, puis 700 départs volontaires ont été annoncés. Les décisions de Washington n'ont fait qu'aggraver une situation déjà très tendue. » Pour comprendre la centralité de Mercedes-Benz dans la région, Ted Keenan, journaliste du Daily Dispatch, déroule une liste : Auria Africa, Valeo International, AIH, et bien d'autres. Tous ont licencié ces derniers mois. «Certaines estimations parlent de 160 000 personnes potentiellement touchées dans la région si Mercedes s'en allait », glisse-t-il, avant de nuancer : « Je ne crois pas que ce soit réaliste. Ce serait la pire chose qui puisse arriver. Mais, il y a des rumeurs persistantes venues de Chine : Mercedes-Benz serait prêt à partager son usine. Aujourd'hui, beaucoup de constructeurs partagent leurs installations. Ce n'est pas impensable. » Pour les employés, c'est jour de fête. Plusieurs centaines d'entre eux sont rassemblés sur un terrain de rugby pour la traditionnelle célébration de fin d'année. Brochettes, musique, danses. Thabile Bevu, délégué du syndicat Numsa, explique pourtant que cette année a été rude : « La production s'est arrêtée plus tôt que d'habitude, quatre semaines en avance. C'est une combinaison de facteurs. Les taxes américaines ont forcé l'usine à réduire. En juillet, on a aussi été en chômage technique pendant six semaines. Beaucoup d'employés embauchés l'an dernier ont déjà perdu leur travail. Alors, tout le monde se demande : est-ce que je serai le prochain ? Mais Mercedes a toujours réussi à faire face, en travaillant avec nous. » Le lendemain, l'un des ouvriers, Phiwe Qaba, arborant un maillot bleu clair des Orlando Pirates, confirme que la crainte est constante : « On parle toujours du même sujet. Parce que dès que les États-Unis arrêtent de commander, notre vie quotidienne change. » Si lui bénéficie d'accords garantissant un revenu minimum même en cas de chômage technique, il pense aux autres, à ceux qui gravitent autour de l'usine : « La dame qui vend des fruits à l'entrée, le gars qui fait le ménage, celle qui prépare la nourriture… eux rentrent chez eux sans un sou. C'est une catastrophe. » À quelques kilomètres du centre-ville, dans le township historique de Duncan Village, on ressent déjà les secousses de la crise. Khulile Jacobs, éducateur et figure locale, fait visiter le lycée du quartier et raconte l'effet sur les familles : « Beaucoup avaient pris des prêts logement ou auto. Avec les licenciements, tout risque de s'effondrer. Des familles qui avaient quitté le township pour des quartiers plus aisés reviennent déjà. Le mouvement a commencé juste après l'élection américaine de novembre. Les entreprises savaient ce qui allait arriver. » Pour Khulile Jacobs, les raisons des décisions de Donald Trump dépassent largement les questions agricoles ou sécuritaires : « C'est une nouvelle forme de guerre froide. L'Afrique du Sud est un hub d'investissements sur le continent. On a l'impression que Trump essaie de détourner ces investissements vers les États-Unis. » Il ajoute un facteur géopolitique majeur : « Le fait que notre pays ait amené Israël devant la Cour internationale de justice a pesé lourd. Pour Trump, c'est comme si l'Afrique du Sud s'était opposée à un allié stratégique. » Et lorsqu'on lui demande s'il soutient son gouvernement dans cette démarche, la réponse est sans ambiguïté : « À 100 %, même plus. Nous nous tiendrons toujours aux côtés du peuple palestinien. Moralement, nous ne pouvons pas faire autrement. » Malgré tout, certains veulent croire à un possible apaisement. Lizelle Maurice, la directrice de la chambre de commerce, appelle à ne pas couper le dialogue : « Trump doit comprendre que ses décisions touchent des millions de personnes. Il doit revoir sa stratégie vis-à-vis de l'Afrique du Sud. Comme je le dis toujours : garde tes amis près de toi, mais tes ennemis encore plus près. »

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] CEDEAO : à quand une force anti-terroriste en Afrique de l'Ouest ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 20:00


Les chefs d'état-major de la CEDEAO sont réunis pour accélérer la mise en place d'une brigade régionale anti-terroriste. Forte de 1 650 hommes, elle devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année. Ce projet vous semble-t-il crédible ? Comment l'Afrique de l'Ouest peut-elle relever le défi sécuritaire ? Une coopération avec les pays de l'AES sera-t-elle possible ?  Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

KALIMANJARO - Le Podcast des ambitieux
#358 JEAN-LUC AKOTO : LES SECRETS D'UN BANQUIER PRIVÉ POUR BÂTIR UNE FORTUNE EN AFRIQUE (30 ANS D'EXP)

KALIMANJARO - Le Podcast des ambitieux

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 112:51


L'argent ne fait pas le bonheur, mais il peut traverser les générations... si vous savez comment le structurer.Dans cet épisode de Kalimanjaro, nous recevons Jean-Luc Akoto, Président de LIMAYA CAPITAL. Fort d'une carrière de près de 30 ans, de la BNP Paribas à la création de sa propre structure, Jean-Luc est une voix incontournable sur la finance et la dynamique économique du continent africain.Jean-Luc Akoto nous plonge dans l'univers méconnu de la gestion de patrimoine en Afrique. Il démystifie le rôle du gestionnaire de patrimoine : non, il ne rend pas riche. Il gère l'existant, l'améliore et le protège. Une nuance essentielle pour comprendre comment sécuriser et transmettre son patrimoine.L'épisode explore également la question de l'héritage et de la transmission intergénérationnelle. Comment construire un patrimoine qui traverse les générations ? Quels sont les pièges à éviter ? Pourquoi l'éducation financière est-elle la clé pour ne jamais être esclave de l'argent ?Jean-Luc partage aussi sa vision de la dynamique économique du continent africain. Les opportunités d'investissement sur la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières), les obligations d'État, le private equity, l'immobilier. Il insiste sur l'importance de diversifier son allocation d'actifs et de connaître son profil de risque.Enfin, il nous livre des conseils précieux : le respect ne s'achète pas, mais il ouvre les portes. La discipline bat le talent. Et surtout, ne soyez jamais esclaves de l'argent.Un épisode riche, technique et inspirant pour tous ceux qui veulent bâtir une fortune durable en Afrique.Suivez Jean-Luc Akoto sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/jean-lucakoto/

Journal de l'Afrique
Trump annonce une surtaxe des droits de douane de 15 %, quel impact en Afrique du sud ?

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 15:21


Après le revers infligé au président américain par la Cour suprême, Donald Trump a annoncé une surtaxe mondiale 15 %. Quel impact pour le continent africain et pour l'Afrique du sud en particulier, l'un des pays le plus durement frappés ?

Invité Culture
Quand la chasse continue: des bûchers d'Europe aux violences en Afrique

Invité Culture

Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 3:42


On croit souvent que les chasses aux sorcières appartiennent à un passé lointain, enfoui dans l'Europe du XVIIᵉ siècle. Pourtant, dans Les Filles-au-Diable, l'historienne Christelle Taraud montre que cette violence est toujours à l'œuvre, notamment en Afrique, où des femmes sont encore accusées de sorcellerie. 

Invité culture
Quand la chasse continue: des bûchers d'Europe aux violences en Afrique

Invité culture

Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 3:42


On croit souvent que les chasses aux sorcières appartiennent à un passé lointain, enfoui dans l'Europe du XVIIᵉ siècle. Pourtant, dans Les Filles-au-Diable, l'historienne Christelle Taraud montre que cette violence est toujours à l'œuvre, notamment en Afrique, où des femmes sont encore accusées de sorcellerie. 

Aujourd'hui l'économie
En Afrique, le secteur financier entre dans l'ère de la rentabilité, de l'IA et de la cybersécurité

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 3:22


Après plusieurs années de forte croissance et d'innovation, le secteur financier africaine entre dans une nouvelle phase de son développement. Plus mature, plus structuré, il privilégie désormais la rentabilité, la sécurité et l'efficacité opérationnelle, dans un contexte économique marqué par le ralentissement de l'inflation et la solidité de la demande intérieure. Le sujet est vaste, tant le secteur financier africain connaît actuellement une mutation profonde. Selon un récent baromètre publié par Deloitte et l'Africa Financial Summit, le modèle économique évolue en profondeur. Après des années de forte croissance et d'innovation, le secteur entre dans une nouvelle phase : celle de la maturité. Une maturité qui a une conséquence directe, la confiance économique. D'après cette étude, le moral des dirigeants d'institutions financières du continent est bon. Ils se disent confiants dans les perspectives économiques à moyen terme. Cette confiance s'explique notamment par un contexte macroéconomique plus favorable : l'inflation ralentit dans de nombreux pays, la croissance reste solide et la demande intérieure demeure dynamique. Concrètement, la stabilisation des prix permet aux ménages de retrouver du pouvoir d'achat. Ils peuvent ainsi épargner un peu plus, investir davantage et consommer. Résultat : les volumes de crédits augmentent, tout comme la souscription d'assurances et, plus largement, les transactions financières. Autant de signaux positifs pour les banques, les assurances et l'ensemble de l'écosystème financier. Rentabilité, discipline et cybersécurité au cœur des priorités Dans ce climat plus confiant, la priorité stratégique des institutions financières devient clairement la rentabilité. Cette évolution illustre bien la maturité du secteur. À l'image d'un adolescent qui grandit, la maturité implique moins de prise de risque, davantage de discipline et une gestion plus rigoureuse. C'est exactement ce qui se joue aujourd'hui dans la finance africaine. Pendant des années, banques et assurances ont investi massivement pour se développer, étendre leur réseau et toucher le plus grand nombre. Désormais, l'objectif n'est plus de grandir à tout prix, mais de mieux grandir, être rentable pour investir plus intelligemment, de manière ciblée et durable. Cette nouvelle stratégie s'accompagne d'une priorité donnée à la sécurité, dans un contexte où la digitalisation a fortement accru les risques cyber. Paiements mobiles, applications bancaires et plateformes numériques facilitent la vie des clients, mais attirent aussi les cybercriminels. Les banques et les assurances doivent donc investir massivement pour prévenir ces menaces, protéger les comptes de centaines de millions de clients et garantir la fiabilité des systèmes. Pour ce faire, elles s'appuient notamment sur l'intelligence artificielle. Grâce à l'IA, les institutions financières peuvent analyser en quelques secondes le comportement d'un client : habitudes de paiement, revenus, dépenses. Cela permet de détecter rapidement les tentatives de fraude, mais aussi de surveiller les mouvements de comptes et d'intervenir le plus vite possible en cas de soupçon. Intelligence artificielle, intégration financière et inclusion : les nouveaux leviers de croissance L'intelligence artificielle joue également un rôle central dans l'octroi de crédits. Elle permet d'évaluer plus finement la solvabilité des emprunteurs et d'anticiper les risques de défaut. Le secteur passe ainsi progressivement d'une finance réactive à une finance prédictive, capable d'anticiper les comportements et de mieux maîtriser les risques. Une mutation essentielle, à l'échelle du continent comme au niveau mondial. Parallèlement, l'Afrique traverse une transformation majeure avec l'accélération de l'intégration financière. Un système permettant d'effectuer des paiements directs entre pays, sans passer par l'euro ou le dollar, se met progressivement en place. Cette évolution pourrait profondément transformer les échanges commerciaux intra-africains, réduire les coûts de transaction et renforcer la souveraineté financière du continent. Enfin, le prochain grand défi reste l'inclusion financière. Toucher le plus grand nombre, être présent partout sur le continent et intégrer des millions de personnes encore éloignées du système bancaire constituent le principal levier de croissance pour les banques et les assurances. Aujourd'hui, cette inclusion reste incomplète, mais les pistes évoquées — digitalisation, intelligence artificielle, interopérabilité des paiements — sont précisément celles sur lesquelles s'appuient les grands acteurs financiers africains pour y remédier. À lire aussiL'Afrique perd 88 milliards de dollars par an en raison de flux financiers illicites, alerte l'UA

Balade accompagnée - FB La Rochelle
Sara Zégut, guide de safari en Afrique du Sud et photographe animalière

Balade accompagnée - FB La Rochelle

Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 2:30


durée : 00:02:30 - Sara Zégut, guide de safari en Afrique du Sud et photographe animalière Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Invité Afrique
Énergie solaire en Afrique: «Le continent a les meilleures données d'irradiation solaire de la planète»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 7:11


L'année 2025 a été particulièrement ensoleillée pour le secteur énergétique en Afrique. L'an dernier, le continent a enregistré une progression inédite selon le Global Solar Council. Le groupe qui réunit de nombreux acteurs du secteur indique une hausse de 54 % d'installations en énergie solaire par rapport à l'année précédente. Un record qui montre tout l'intérêt de l'industrie du solaire dans la région la plus ensoleillée au monde. Une énergie dont les équipements tendent à se généraliser à travers l'Afrique. Gilles Parmentier est le fondateur et directeur général du groupe Africa REN.  RFI : Toutes les études indiquent un marché du solaire en expansion en Afrique. Quels sont les facteurs de croissance de cette énergie verte ? Gilles Parmentier : De toute évidence, l'énergie solaire en Afrique fait vraiment sens. Premièrement, elle est abondante. Le continent a les meilleures données d'irradiation solaire de la planète. Ensuite, elle est gratuite par définition, une fois qu'on a installé une centrale solaire. Et aujourd'hui, c'est une énergie extrêmement compétitive. Le prix au kilowatt/heure, le prix de revient de la centrale, tout cela rend le solaire plus compétitif qu'une centrale thermique ou autre type de technologie. Quand on pense énergie, on pense généralement à de l'électrification. Quels sont les usages les plus fréquents du solaire sur le continent ? Il y en a deux principalement : la production électrique d'une part, et d'autre part il y a tout ce qui est chauffe-eau solaire, four solaire, où on vient transformer l'énergie solaire en chaleur. On va la retrouver dans des usages domestiques et résidentiels sur la maison. Par contre, l'énergie électrique sert pout tout type d'usage. On a des centrales raccordées au réseau national, donc qui vont se brancher sur les lignes à haute tension et alimenter les villes. On a des centrales solaires en site isolé par exemple, qui vont alimenter des mines, des cimenteries, etc. Et il y a des centrales solaires en toiture destinées par exemple à des supermarchés ou à des entrepôts. Et puis il y a également les centrales solaires en microgrid : on vient alimenter un village de façon autonome avec du solaire qu'on doit complémenter par du diesel. Et enfin le solaire domestique, là c'est le panneau solaire sur la maison ou le kit solaire dans les zones très rurales. Cette croissance est aussi due à la hausse de la production décentralisée de l'énergie solaire. C'est un peu ce que vous venez de décrire. Alors que d'habitude on produit à grande échelle pour raccorder l'énergie au réseau électrique national du pays. Expliquez-nous la différence entre les deux systèmes… Ça c'est la grande promesse du solaire ! Jusqu'à récemment, une centrale électrique était de grande capacité. On la reliait avec des lignes à haute tension vers les centres de consommation, les villes. La difficulté du continent, c'est que la population à électrifier est encore énorme, 700 millions d'habitants sur le continent n'ont toujours pas accès à l'électricité, et par ailleurs on est sur des distances à couvrir très importantes. Il a fallu prendre conscience que le réseau électrique n'allait pas pouvoir aller partout rapidement. Le solaire étant beaucoup plus modulable qu'une centrale à charbon, une centrale diesel ou une centrale hydro, on est arrivé à une technologie qui permet d'installer des centrales solaires de capacité moyenne, voire petite, dans des villages, des villes moyennes, sans attendre que les lignes à haute tension arrivent. C'est un peu ça la grande révolution : les minigrid ou microgrid et c'est ce qui permet d'électrifier des populations sans avoir à tirer des lignes sur des centaines de kilomètres pour amener l'électricité qui serait produite ailleurs. On vient produire directement à l'endroit de la consommation. Cela peut sembler un peu curieux de parler d'une progression de l'énergie solaire aujourd'hui en Afrique, qui est la région la plus ensoleillée au monde, avec du soleil durant les deux tiers de l'année dans une bonne partie du continent. Dès les années 1980, le Niger s'est distingué par la fabrication de chauffe-eau, capteurs et autres équipements solaires par exemple. Voyez-vous une difficulté à faire accepter l'énergie solaire sur le continent ? Ou est-ce vraiment une question d'accès à la technologie ? Peut-être qu'une des difficultés principales, c'est la difficulté à mettre sur pied un projet où on va vendre l'énergie pendant 20 à 25 ans à une société publique nationale d'énergie. On doit arriver à mobiliser des financements et à les sécuriser pendant une durée très longue. Le défi, il est là : c'est vraiment d'arriver à mobiliser ces ressources sur un très long terme, puisqu'on va chercher à emprunter sur des durées allant de 15 à 18 ans. Donc c'est très long et ça implique de prendre quand même des risques importants sur des pays qui peuvent parfois traverser des transitions politiques ou des cycles économiques qui mettent en difficulté ces projets-là. À lire aussiL'énergie solaire a connu un développement sans précédent en Afrique lors de l'année 2025        

L'Echo du monde
Giorgia Meloni et le plan Mattei : une nouvelle approche de l'Italie en Afrique

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 5:16


Dans cet épisode, Christian Makarian, se penche sur la stratégie africaine de Giorgia Meloni pour l'Italie. Il revient sur le plan Mattei, un programme de coopération économique et énergétique avec les pays africains, qui s'appuie sur l'héritage d'Enrico Mattei, un pionnier de la politique pétrolière italienne. Christian Makarian explore les enjeux géopolitiques et économiques de cette nouvelle approche italienne en Afrique, tout en abordant la question sensible des flux migratoires. Une analyse approfondie des ambitions de la présidente du conseil italien sur la scène internationale.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Oh My Goal - France
Hervé Renard  : Le Français mal aimé devenu roi en Afrique

Oh My Goal - France

Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 49:28


Dans ce nouvel épisode exclusif de Colinterview, Hervé Renard, double champion de la CAN, se livre comme jamais. Retour sur son incroyable aventure avec la Zambie en deux parties, sa relation fusionelle avec le Maroc, son rôle clé aux côtés de Claude Le Roy, la gestion des superstars en Côte d'Ivoire et les coulisses époustouflantes des préparations pour la CAN. Il partage également des moments touchants sur la relation unique qu'il entretenait avec sa mère.Le coach français revient aussi sur son expérience en Arabie Saoudite, notamment son discours viral à la mi-temps du match d'ouverture face à l'Argentine de Lionel Messi au Mondial 2022. Des anecdotes folles, que vous pourrez retrouver dans son livre "Moi, le foot, l'Afrique", disponible aux éditions Talent Sport. Découvrez son livre ici : https://www.talenteditions.fr/livre/herve-renard-moi-le-foot-lafrique-9782378155124/  Abonnez-vous pour plus d'épisodes Colinterview !#HervéRenard #Colinterview #CAN #Zambie #CôteDIvoire #Football #Mondial2022 #ArabieSaoudite #ClaudeLeRoy #LionelMessi #Maroc #FootballAfrica #MoiLeFoot #TalentSport00:00 : Introduction01:30 : Hervé Renard dans Colinterview02:15 : Son actualité avec l'Arabie Saoudite04:45 : Son regard sur la CAN 202508:13 : Son livre : Moi, le foot, l'Afrique10:40 : Son discours légendaire contre l'Argentine13:25 : La gestion de la notoriété et de son image19:40 : La stratégie de l'Arabie Saoudite23:30 : La difficultés du métier d'entraîneur31:15 : Les conditions en Zambie38:48 : Adjoint de Claude Le Roy au Ghana42:10 : La CAN 2012 avec la Zambie

Les Libéros - Le Football de notre enfance
En route vers la Coupe du Monde 2006 | Episode 7 | L'Afrique de l'inédit

Les Libéros - Le Football de notre enfance

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 143:52


En 2006, quelque chose bascule dans l'histoire du football africain. Pour la première fois, des nations considérées comme secondaires sur l'échiquier continental renversent la hiérarchie et s'invitent à la Coupe du monde. Le Togo, le Ghana, l'Angola et la Tunisie écrivent une page inédite. Dans cet épisode de la saga En route vers la Coupe du Monde 2006, Les Libéros plongent dans un système de qualification impitoyable : cinq groupes, un seul qualifié par groupe, aucune seconde chance. En Afrique, la route vers la Coupe du monde est une épreuve d'endurance mentale, tactique et politique. De la montée en puissance du Ghana à la discipline angolaise, de l'expérience tunisienne à l'explosion togolaise portée par Emmanuel Adebayor, cet épisode décrypte les dynamiques collectives, les matchs décisifs, les basculements générationnels et les séismes symboliques provoqués par ces qualifications. Au-delà des résultats, c'est un changement d'équilibre continental qui s'opère. Le Cameroun, le Nigeria et le Sénégal restent à quai. Une nouvelle Afrique du football s'affirme. Les Libéros analysent également la CAN 2006 comme répétition stratégique avant l'Allemagne, détaillent les groupes du Mondial et interrogent une question centrale : laquelle de ces nations est réellement armée pour surprendre la planète football ? Un épisode charnière, à la croisée du sport, de la géopolitique et de l'évolution des modèles africains de performance. Learn more about your ad choices. Visit podcastchoices.com/adchoices

Entrepreneur State Of Mind Podcast
Retour en Afrique dans l'entreprise familiale : les leçons et le parcours de Fabien PITTÉ-HADDAD

Entrepreneur State Of Mind Podcast

Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 93:00


Pour ceux qui souhaitent rejoindre la #TribuESOA c'est par ici : https://bit.ly/TribuESOAVoici ce que vous obtenez en rejoignant la tribu ESOA :✅ Echangez quotidiennement avec Kahi, Moulaye pour co-construire le podcast mais aussi sur vos difficultés, interrogations et l'actualité en toute simplicité !✅ Accès d'un an à la communauté privée ESOA (La tribe): un réseau exclusif de 200 membres dans 15 pays entrepreneurs et professionnels africains partout dans le monde pour développer votre réseau, échanger, et vous entraider.✅ Accès à tous nos Masterminds, Book Clubs, Meetups, et événements ESOA exclusifs et à tarifs réduits: participez à des sessions interactives avec Kahi, Moulaye, et des experts invités pour enrichir vos connaissances et votre réseau.✅ Le Template du Life Plan de Moulaye et Kahi: des outils concrets pour clarifier vos objectifs professionnels et personnels, adaptés à tous les profils.✅ Le Replay unique du Mastermind du 18 Décembre “Construire son plan de vie” : un contenu exclusif pour vous guider dans la création de votre plan de vie et de carrière.---------Le Podcast "#Entrepreneur State Of Africa" dit tout haut ce que les #entrepreneurs pensent tout bas, avec Kahi Lumumba (Co-Founder & CEO Totem Experience, Adicomdays) et Moulaye Tabouré (Co-Founder & CEO de ANKA (ex-Afrikrea) ). Dans cet épisode, Kahi et Moulaye reçoivent Fabien PITTÉ-HADDAD, fils, neveu et frère de pharmaciens qui après avoir étudié aux US et travailler dans les grand groupes comme CVS , est renté pour être aujourd'hui Director Of Development du groupe LONGCHAMP (Pharmacie et Laboratoire). -----Ce podcast est produit par Totem Factory by Totem Experience que vous pouvez joindre pour tous vos besoins de production

Invité Afrique
Minerais critiques en Afrique: «L'objectif est de devenir un continent où il y a des mines et des raffineries»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 7:12


Depuis ce mercredi 4 février 2026, une quarantaine de délégations africaines sont à Washington, aux États-Unis, pour un sommet sur les minerais critiques. Une réunion à laquelle doit notamment assister la RDC en présence du président Félix Tshisekedi. D'autres délégations venant de Guinée et du Kenya, entre autres, sont également attendues pour ce sommet. L'Afrique regorge de richesses dont dépend l'avenir de la transition énergétique. Fini le pétrole, on parle désormais de coltan, de gallium, de cobalt et bien d'autres minerais stratégiques désormais au centre de la compétition mondiale. Ce matin, notre grand invité Afrique est Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Il répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : En 2018 vous sortiez le livre-enquête La guerre des métaux rares (éd. Les liens qui libèrent). À l'époque, ce qu'on appelle désormais les terres rares et minerais critiques n'étaient pas du tout connus du grand public. Désormais, ils sont dans toutes les bouches. Peut-on dire que la guerre que vous annonciez a commencé ? Guillaume Pitron : Elle avait déjà commencé en 2018 et elle ne fait que s'intensifier. Parce qu'on a toujours davantage besoin de ces métaux critiques. Des métaux appelés critiques car il y a des risques de rupture d'approvisionnement compte tenu de leur production tenue par seulement quelques pays, dont la Chine. Leur consommation a explosé ces dernières années car ces matériaux sont nécessaires pour fabriquer des moteurs, des voitures électriques, des turbines d'éoliennes, mais également pour l'électronique, pour le secteur de la défense. Et puis, les pays occidentaux n'ont pas beaucoup agi ces huit dernières années pour diversifier leurs approvisionnements. Or, la guerre commerciale lancée par le président Donald Trump a forcé la Chine à sortir sa carte maîtresse : cesser ses exportations de terres rares. Cela crée une énorme inquiétude dans le monde occidental, parce qu'on n'a pas de plan B pour faire tourner nos économies. Vous diriez que les pays africains en tirent profit autant sur le plan économique qu'énergétique ? À mon avis, ils n'en tirent pas assez profit. D'abord parce qu'un gisement n'est pas une mine. Dire qu'on a un gisement de terres rares ou de lithium ou de cobalt ne veut pas dire qu'on l'a exploité. Or, exploiter un gisement et ouvrir une mine, ça met du temps. Deuxièmement, une fois que l'exploitation commence se pose la question de la juste répartition des bénéfices. Qui va travailler dans la mine ? Des Chinois ou des Africains ? Qui va raffiner le minerai ? Et où ? A priori, le minerai sera transporté en Chine pour être raffiné sur place et sa valeur ajoutée sera donc transférée à la Chine. Comment se passe la répartition des gains entre les Africains et les Chinois après que le minerai a été extrait et éventuellement raffiné ? Donc l'objectif pour l'Afrique demain, c'est de faire ce qu'a fait la Chine : devenir un continent où se trouvent des mines accompagnées de raffineries, d'usines de transformation et de fabrication de composants et de batteries. L'Amérique de Donald Trump est en pleine offensive sur le continent, c'est le moins qu'on puisse dire. Washington reçoit en ce moment même plusieurs délégations africaines. Peut-on parler d'un nouveau rapport de forces autour des richesses africaines, ou alors est-ce business as usual ? Je dirais que c'est business as usual. Et, pardon de le dire, c'est une forme de néocolonisation mais cette fois-ci repeinte à la sauce verte. L'avantage de l'Afrique, c'est qu'elle a pour elle une histoire qu'elle ne veut pas répéter. Et elle a aussi pour elle une ribambelle de pays acheteurs de ces matériaux comme la Chine, les Européens, les Américains pour ne citer qu'eux . Des pays clients qu'ils vont pouvoir mettre en concurrence. Donc l'Afrique a entre ses mains certaines cartes à son avantage pour pouvoir choisir ses partenaires qui, en échange de ses minerais, lui fourniront le plus de savoir-faire et le plus de technologie au meilleur prix. « Eviter les erreurs du passé, un néocolonialisme vert »… Pensez-vous qu'il y a encore un risque que l'Afrique rate le train de la transition énergétique en subissant les pressions des puissances extérieures ? Mais c'est tout à fait possible et c'est même plausible et probable. Et j'en veux pour exemple le cas de la RDC. Aujourd'hui, la RDC est un scandale géologique, c'est un pays qui concentre énormément de ressources sous la forme de gisements et qui notamment exploite un métal phare de la transition énergétique : le cobalt. Il n'y a pas de voiture électrique sans cobalt, il n'y a pas de téléphone portable sans cobalt. La RDC concentre les deux tiers des ressources mondiales de cobalt. Ce cobalt aujourd'hui est produit par la RDC mais n'est pas transformé sur place. Il est, pour 80 % de ce cobalt, sorti de la RDC et raffiné en Chine. Toute la valeur ajoutée du minerai sort du pays. Donc aujourd'hui, concrètement, vous avez une situation d'une considérable iniquité dans laquelle la RDC se fait, pardon de le dire, complètement plumer par la Chine, car Kinshasa n'a pas été capable de faire valoir ses intérêts face à la Chine. C'est une situation concrète qui montre que le néocolonialisme se répète avec d'autres matières premières, avec d'autres pays aux pratiques néocoloniales. Et c'est précisément cette situation congolaise autour du cobalt qu'il ne faut surtout pas répéter en Guinée, au Congo, en Algérie, en Afrique du Sud, etc. pour peu que l'Afrique veuille réellement devenir un grand continent, profitant de tous les effets potentiellement bénéfiques de la transition énergétique. À lire aussiÉtats-Unis: plusieurs délégations africaines à Washington pour un sommet sur les minerais critiques À lire aussiRDC-Rwanda: comment Washington veut rattraper la Chine sur les minerais stratégiques et Kinshasa en tirer profit

Afrique Économie
Moins de prêts, projets resserrés: les investissements chinois en Afrique évoluent

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 2:30


Sur cette dernière décennie, d'après une étude de l'Observatoire de la finance du développement, Pékin a perçu plus d'argent du continent africain qu'il n'en a fourni. Les crédits accordés il y a une dizaine d'années arrivent à échéance, ainsi, la Chine est passée du statut de source de financement pour l'Afrique à celui de créancier. En parallèle, elle continue d'investir sur le continent, mais redessine profondément sa relation financière avec ses partenaires africains. En 2024, la Chine a accordé un peu plus de 2 milliards de dollars de prêts à l'Afrique, loin du pic de près de 30 milliards en 2016. Un changement drastique qui ne traduit pas un désengagement de Pékin à l'égard du continent, mais plutôt une évolution de la relation Chine-Afrique. Pour Philippe Aguignier, chercheur à l'Institut Montaigne et enseignant sur l'économie chinoise à l'Inalco, « la Chine a appris de ses expériences passées. Dans les années 2010, c'est peut-être allé trop vite, il n'y avait pas suffisamment d'examen critique de la qualité des projets ». Aujourd'hui, estime-t-il, « il y a un examen beaucoup plus rigoureux et sélectif des projets financés. » « Certains fondamentaux n'ont pas changé » On constate moins d'investissements dans des mégaprojets d'infrastructures, mais plutôt un resserrement vers des projets plus ciblés, dans le transport ou l'énergie. Pékin est aussi plus regardant sur les pays auxquels les crédits sont accordés. « Les vannes étaient ouvertes à partir des années 2010 jusqu'à la fin de la décennie. Mais avec le Covid, beaucoup de pays africains ont rencontré un ralentissement économique et ainsi des difficultés à rembourser. La Chine fait donc beaucoup moins de nouveaux crédits. » Ainsi, en 2024, d'après le Boston University Global Development Policy Center, seuls cinq États africains (Angola, RDC, Égypte, Kenya et Sénégal) ont obtenu des prêts de Pékin. Malgré cette évolution, « il y a certains fondamentaux qui n'ont pas changé », estime Philippe Aguignier. « La Chine finance principalement des projets qui intéressent la Chine : dans le domaine des ressources naturelles en particulier, mais également des projets d'infrastructures pour exporter les matières premières. » À lire aussiLa Chine continue l'accélération historique de ses exportations vers l'Afrique  Une perception qui évolue Le partenariat Chine-Afrique évolue, tout comme sa perception par les gouvernements africains. Pour Magaye Gaye, économiste et ancien cadre de la Banque ouest-africaine de développement, « l'enthousiasme des années 2010 a laissé place à une lucidité croissante ». D'après lui, « les populations voient les infrastructures, mais constatent aussi le faible impact sur l'emploi industriel, la transformation locale et la montée en compétence ». Cette évolution du partenariat serait aussi « renforcée par l'arrivée de nouvelles générations politiques africaines, souvent plus jeunes et souverainistes ». Pour l'économiste, « le sentiment dominant n'est pas celui d'un rejet de la Chine, mais plutôt d'une exigence accrue de transparence, de retombées locales et de partenariats plus équilibrés ». En parallèle de cette reconfiguration de la relation Chine-Afrique, les pays africains diversifient leurs partenariats. « De plus en plus d'industriels se tournent vers des pays comme la Turquie, les Émirats arabes unis ou le Maroc », explique Magaye Gaye. À écouter dans La Chronique transportsLa Chine poursuit sa tournée en Afrique, centrée sur l'infrastructure et les partenariats stratégiques L'Afrique, pilier de la politique étrangère chinoise De son côté en revanche, Pékin continue de revendiquer une activité florissante sur le continent. Pour Selma Mihoubi, docteure en géopolitique de Sorbonne Université et spécialiste de l'influence informationnelle de la Chine en Afrique francophone, ces investissements sont même mis en avant dans les médias internationaux contrôlés par les autorités. « Si une entreprise chinoise construit une route au Sénégal ou au Niger, les reportages sur cette entreprise seront présentés comme une action d'aide au développement », mais à l'inverse, poursuit-elle, « il y a très peu de contenus dans les médias chinois qui traitent de l'exploitation de ressources minières sur le continent par des entreprises chinoises. C'est une manière de véhiculer des représentations favorables à la puissance chinoise ». Les médias chinois internationaux, comme la télévision CGTN, sont également utilisés pour contrer le narratif du « piège de la dette africaine », selon lequel certains pays africains seraient en difficulté après des prêts accordés par la Chine. Selon Selma Mihoubi, « il y a souvent du faux fact-checking, des articles qui expliquent qu'en réalité, les pays africains sont plus endettés à l'égard de leurs partenaires occidentaux que de la Chine ». Avec l'évolution de ses investissements sur le continent, Pékin entend toujours faire de l'Afrique un pilier durable de sa politique étrangère, alors que cette année marque les 70 ans de la relation entre la Chine et l'Afrique. À écouter dans Le livre international«Pour la Chine, l'Afrique est un grand laboratoire» 

Reportage Afrique
À Johannesburg, les chorégraphes Germaine Acogny et Gregory Maqoma se répondent en spectacle

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:45


En Afrique du Sud, deux chorégraphes emblématiques du continent, la Franco-Béninoise Germaine Acogny, icône de la danse contemporaine, et le Sud-Africain Gregory Maqoma, se sont retrouvés pour monter un spectacle en deux parties. Ce double programme, montré pour la première fois à l'université de Johannesburg, propose un dialogue entre les générations et les cultures africaines. De notre correspondante à Johannesburg, À 81 ans, Germaine Acogny ne cesse de se réinventer. Cette fois-ci, seule en scène, elle rejoue, à sa façon et au travers de ses mouvements, la vie de la danseuse, chanteuse et militante Joséphine Baker. Une chorégraphie sous forme d'hommage très politique : « J'ai voulu interpréter vraiment la résistante. Cette première pièce est d'actualité, sur le racisme qui ne se défait pas et contre lequel on est encore obligés de se battre », s'indigne la chorégraphe. Et elle prend un exemple : « Cette banane que j'ai prise, en France, je la lance ! Parce que vous savez, le racisme qui existe quand il y a les footballeurs qui perdent, on leur jette des bananes comme à des singes ? Eh bien moi, je l'ai écrasée ici. » Le spectacle Joséphine, conçu à l'origine pour le théâtre parisien des Champs-Élysées l'année dernière, est désormais assorti d'une deuxième partie : un tourbillon de couleurs et des artistes de tout le continent qui se lancent dans une danse fougueuse et déchaînée. Un dialogue entre l'Afrique du Sud et l'Afrique de l'Ouest Pour accompagner la pièce de Germaine Acogny, il a été demandé au chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma, de 30 ans son cadet, de dessiner une réponse. C'est ainsi qu'est né Bantu, le peuple. « C'est un honneur pour moi de partager la scène avec "Mama Germaine" et son travail. Cela honore aussi qui nous sommes et notre humanité. Sa pièce parle beaucoup de résistance, analyse le chorégraphe. Je souhaitais y répondre en utilisant le sens de l'urgence que ressent la jeunesse d'aujourd'hui. Et je voulais aussi évoquer l'éradication des frontières et que l'on puisse s'autoriser à penser sans elles. »  À cette occasion, une troupe a été composée à partir de danseurs des compagnies des deux chorégraphes, l'École des Sables sénégalaise et le Vuyani Dance Theatre sud-africain. Chacun amène ses mouvements et sa culture, et le tout forme un magnifique ensemble. « Il a voulu faire un dialogue aussi entre l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Sud, estime Germaine Acogny. Moi, ce que j'ai vu, c'est le fait de partir de nos origines vers la contemporanéité. Et vous avez vu cette gaïeté, on sent aussi qu'il y a un rituel et la joie de vivre, la joie de célébrer, et je trouve que c'était une excellente rencontre. » L'équipe espère maintenant pouvoir présenter ce double programme lors d'une tournée mondiale, avec des dates déjà prévues en France et en Allemagne plus tard dans l'année.  À lire aussiLe chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma en un mot, un geste et un silence 

Afrique Économie
En Afrique du Sud, la guerre du tabac est déclarée avec le géant British American Tobacco

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 2:27


Le groupe British American Tobacco (BAT) menace de fermer sa seule usine de production sud-africaine. BAT se dit victime du marché illégal de cigarettes dans le pays ; l'entreprise estime qu'il représente environ 75% du marché. Seulement, derrière ce possible retrait du sol sud-africain, certains acteurs du secteur y voient surtout une manœuvre commerciale. Selon British American Tobacco, le marché du tabac sud-africain est aujourd'hui dominé à 75% par le commerce illégal de cigarettes. « On nous a longtemps promis des changements, mais rien n'est fait. Et aujourd'hui, nous avons tout simplement atteint un point où nous ne sommes plus en mesure de desservir un marché qui n'existe pas », se défend Johnny Moloto, en charge de la région Afrique subsaharienne pour l'entreprise. Seulement, dans son communiqué, BAT annonce passer à un modèle d'importation. La multinationale souhaite donc quitter l'industrie sud-africaine, mais pas son marché. Une situation incompréhensible pour Sinen Mnguni, président de FITA, une coopération d'acteurs du tabac créée en 2012 pour faire face aux grandes entreprises du secteur : « Si vous n'êtes pas satisfait des règles, pourquoi produire à l'étranger pour ensuite importer en Afrique du Sud ? En fin de compte, ils licencient des employés en Afrique du Sud et souhaitent désormais avoir le moins de relations possible avec les autorités sud-africaines. Tout en faisant en sorte que la réglementation soit si stricte pour les acteurs locaux et qu'il leur sera impossible de faire des affaires. Ils veulent renforcer leur contrôle à tel point que les acteurs locaux ne puissent plus les concurrencer. » Un coup de bluff de British American Tobacco ? La situation illustre le combat entre petits producteurs et multinationales. Quelques jours après l'annonce par BAT de la fermeture de son usine fin 2026, plusieurs médias sud-africains révèlent qu'en parallèle, l'entreprise a racheté plus de 100 000 de ses propres actions. « Le cœur de cette histoire, c'est surtout l'intérêt des actionnaires, décrypte le professeur Lekan Ayo-Yusuf, directeur du Centre africain pour la surveillance de l'industrie du tabac, mais ils utilisent désormais la question du commerce illicite pour forcer le gouvernement à négocier et à les aider à retrouver une place dominante, puisqu'ils ne sont pas en mesure de battre leurs concurrents sur le marché… Vous savez, BAT est une entreprise très rusée. Par exemple : BAT est désormais le plus grand détenteur de parts de marché dans le domaine des cigarettes électroniques. Ils pourraient alors tenter d'utiliser ce problème de commerce illicite, qui concerne les cigarettes traditionnelles, pour faire pression sur le gouvernement et obtenir une exemption des restrictions publicitaires ou des taxes sur les cigarettes électroniques, tout ça pour compenser leurs pertes liées au tabac. » Le professeur utilise l'expression « faire pression », parce que BAT parle maintenant de continuer sa production locale si la part du commerce illicite chute drastiquement en Afrique du Sud. À lire aussiLe tabac: histoire d'un produit populaire devenu un problème de santé publique

Grand reportage
«Le supplément du samedi» du 31 janvier 2026

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 48:30


Bienvenue dans ce supplément du Grand reportage consacré aux peintures rupestres et au cannabis. À l'autre bout du continent, en Afrique australe, sa préhistoire. Encore bien cachées dans la nature, des grottes et des pierres portent les souvenirs des chasseurs cueilleurs. Il s'agit de gravures de peintures rupestres, la datation est imprécise mais on parle de milliers d'années. En 2è partie: le cannabis avec sa culture légale au Maroc, alternative à la production d'herbe, avec Matthias Raynal. Afrique australe : percer les secrets des peintures rupestres  En Afrique australe, cachée au cœur de la nature d'aujourd'hui, se trouve la mémoire des chasseurs cueilleurs d'hier. Les plus anciens habitants connus de la région ont laissé derrière eux une multitude de peintures rupestres sur les parois des grottes et les rochers. Des milliers de sites renferment ce patrimoine archéologique : au Zimbabwe, au Botswana, au Lesotho, ou encore en Afrique du Sud. Et on s'interroge sur l'âge, la signification de ces témoignages, et sur le mode de vie de ces sociétés anciennes. Un Grand reportage de Claire Bargelès qui s'entretient avec Jacques Allix. Au royaume du cannabis, la révolution du chanvre légal  Le Maroc est réputé à travers le monde entier pour la qualité de sa résine de cannabis. C'est le plus gros producteur de la planète. Problème, jusque-là, seuls les narcotrafiquants en profitaient réellement, exploitant un terroir unique dans le nord du pays. À flanc de montagnes, dans le Rif, les champs de marijuana s'étendent à perte de vue. Il y a quelques années, l'idée a germé dans l'esprit des autorités : extirper cette économie de l'illicite et de l'informel, pour en faire une culture légale. Agriculteurs, coopératives de transformation, exportateurs, une nouvelle filière se déploie. Un Grand reportage de Matthias Raynal qui s'entretient avec Jacques Allix. 

Le Cours de l'histoire
En Afrique, les Européens n'ont rien découvert

Le Cours de l'histoire

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 3:33


durée : 00:03:33 - Le Fil histoire - Aucun espace terrestre n'était inconnu avant le regard porté par les Européens sur le continent africain. Dans toutes les régions du monde, des savants produisaient des connaissances dans leur propre langue, à l'oral, à l'écrit ou dans des formes graphiques. - réalisation : Margot Page - invités : Camille Lefebvre historienne française, directrice de recherche au CNRS et membre de l'Institut des mondes africains

Reportage Afrique
En Afrique du Sud, les mineurs clandestins terrorisent les communautés des bidonvilles

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 2:11


À Randfontein, dans le nord-est de l'Afrique du Sud, à une heure à l'ouest de Johannesburg, une communauté d'un petit quartier informel se dit terrorisée par les « zama zama », nom donné à ces mineurs clandestins qui descendent sous terre pour trouver de l'or. Dans cette petite ville minière, ces derniers intimideraient la population pour la faire fuir, car le quartier est situé juste à côté d'anciennes mines d'or. De notre correspondant de retour de Randfontei,  Caroline porte un sweat à capuche gris et une casquette noire. L'air inquiet, elle nous raconte l'angoisse quotidienne liée à la présence des « zama zama » : « Ils toquent à nos portes, entrent, prennent tout votre argent, vos affaires, tout ce que vous avez, même vos papiers d'identité. Et si vous n'avez rien, ils vous menacent de prendre votre enfant. Ils sont masqués. Un matin, ils ont frappé ma voisine. Tout cela a commencé en novembre, et pendant tout le mois de décembre. Nous n'avons pas pu profiter de Noël. C'était terrible. » Si terrible que cette communauté a décidé de fuir. Elle s'est réfugiée deux semaines dans un gymnase municipal des alentours avant d'en être expulsée, et de retourner à Sporong. « C'est nous qui avons construit Sporong, raconte Thembela, qui fait partie des premiers habitants de ce quartier informel, créé il y a une dizaine d'années. Et pendant longtemps, c'était paisible. C'était agréable de vivre ici. Même si c'est un endroit isolé, loin de tout service, de tout développement économique, on s'en sortait, on réussissait à vivre. Et puis un jour, tout a changé, soudainement. Notre quiétude a été bouleversée. Nous sommes traumatisés. » Certains orpailleurs clandestins sont liés à des organisations criminelles En Afrique du Sud, on estime à 6 000 le nombre de mines abandonnées, mais encore accessibles, et qui attirent la convoitise des orpailleurs clandestins. Partout où il y a des résidus d'or, ces « zama zama » s'engouffrent sous terre. « Ils ont vu que notre sol était riche, que notre terre était riche en or. Ils cherchent donc à nous éloigner de cet endroit pour pouvoir le prendre. Et ils nous tirent dessus », explique Jullian. Si certains mineurs clandestins rejoignent les sous-sols simplement pour survivre et espérer gagner un peu d'argent, d'autres sont liés à des organisations criminelles bien structurées. « Ces gangsters sont venus ici et ont tiré au hasard sur environ huit personnes, poursuit Jullian, devant une taverne du quartier. Deux sont mortes sur place, juste là. Regardez, cette fenêtre est encore brisée. » Sur place, la population excédée ne croit plus vraiment en l'aide des autorités. Mais face à la colère des habitants, un poste de police mobile vient tout de même d'être installé aux abords du quartier. À lire aussiAfrique du Sud: l'exploitation minière illégale «représente une menace sécuritaire» et «des pertes fiscales»

Cultures monde
Violences policières, une arme politique : En Afrique du Sud, l'ANC vise les mineurs

Cultures monde

Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 58:16


durée : 00:58:16 - Cultures Monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - En janvier 2025, après un siège policier de cinq mois, on découvrait la mort de plus de 80 mineurs clandestins dans la mine abandonnée de Stilfontein. Cette tragédie, nourrie par le discours xénophobe et répressif de l'ANC, fait tristement écho au massacre de 34 mineurs grévistes à Marikana en 2012. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Judith Hayem maîtresse de conférences en anthropologie à l'université Lille 1 ; Cécile Perrot Maîtresse de conférences à l'Université de Rennes 2, spécialiste des politiques sociales sud africaines

Beau Voyage
Interview Express avec Sophie : ses meilleurs adresses et conseils en Afrique du Sud

Beau Voyage

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 22:15


Aujourd'hui, on vous emmène en Afrique du Sud. Un pays immense, lumineux, sauvage.Notre invitée s'appelle Sophie et il y a 10 ans, elle a tout quitté, Paris, son job dans la finance, et son confort pour partir vivre là-bas.Elle est depuis, installée au cœur du Drakensberg, dans une réserve zouloue, loin du tourisme de masse. Avec son compagnon, ils ont redonné vie à un lodge accroché à flanc de falaise.Depuis, l'Afrique du Sud est devenue son quotidien. Alors on lui a posé une question simple :Si vous deviez partir demain en Afrique du Sud, que faut-il absolument voir, vivre, goûter… et comprendre ?Dans cet épisode court, Sophie partage son Afrique du Sud à elle : ses coups de cœur, ses idées reçues à déconstruire, ses conseils très concrets, et ce qui rend ce pays aussi puissant qu'attachant.Un podcast produit et réalisé par Sakti Productions & Beau Voyage

7 milliards de voisins
Quel accès et quel partage de l'eau ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 48:30


Selon les Nations unies, 2,2 milliards de personnes n'avaient toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, soit environ 25% de la population dans le monde. En Afrique subsaharienne, la statistique grimpe à 70% avec des disparités selon les régions et les zones rurales et urbaines. Si des progrès ont été faits, force est de constater que l'objectif de développement durable numéro 6, fixé par les Nations unies à l'agenda 2030 « garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » est encore loin d'être atteint. Derrière les chiffres, les conséquences sont concrètes pour les populations souvent obligées de se déplacer pour accéder aux puits et aux bornes fontaines. L'eau est à la jonction de nombreux domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre la pauvreté, mais aussi l'accès à l'énergie et la préservation de l'environnement. Garantir l'accès à l'eau à la population a donc de nombreux impacts. C'est aussi un investissement rentable. Toujours selon les Nations unies, pour chaque dollar investi dans les infrastructures sanitaires et liées à l'eau, l'effet multiplicateur est estimé à 2 pour l'eau potable et grimpe à 5,5 pour l'assainissement.   En Afrique, où l'accès à l'eau potable progresse trop lentement, faute notamment d'investissements, les défis sont grands pour améliorer la situation. Le continent doit, en effet, faire face aux effets du changement climatique, avec la multiplication des inondations et des vagues de chaleur qui aggravent le risque de pénurie d'eau. L'urbanisation galopante et l'étalement des villes qui se font de manière anarchique compliquent également la mise en place de point d'eau et les raccordements. Enfin le manque de financement, la multiplicité des acteurs du secteur freinent aussi les travaux d'infrastructures.   Face à ce constat et si tout le monde s'accorde sur l'objectif, quels sont les moyens à mettre sur la table ? Faut-il une politique africaine unique de l'eau ? Et concrètement sur le terrain, quelles sont les solutions qui fonctionnent pour répondre aux besoins en eau des populations ? Sont-elles reproductibles à grande échelle ?   Émission enregistrée à Dakar à l'occasion de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations unies sur l'eau de 2026 qui se déroule les 26-27 janvier 2026.   Avec : • Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal  • Pedro Arrojo Agudo, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains à l'eau potable et à l'assainissement   • Sareen Malik, secrétaire exécutive du Réseau africain de la société civile pour l'eau et l'assainissement (ANEW) et vice-présidente de Assainissement et Eau pour tous (SWA) • Aziz Faye, coordonnateur de la Plateforme des Organisations de la Société Civile de l'eau et de l'assainissement du Sénégal (POSCEAS) et président de l'Alliance Africaine de Faitières pour l'Eau et l'Assainissement (AAFEA).   Programmation musicale :  ► Ya Nob Bandit Bi - Jahman X-Press ► Out of orbit - Flox.

Un jour dans le monde
En Afrique, une inondation a tout ravagé

Un jour dans le monde

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 3:42


durée : 00:03:42 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Les paysages du Mozambique, du Zimbabwe et d'Afrique du Sud, sont méconnaissables. Les pluies ont tout emporté, les maisons, les routes, les écoles et de nombreuses vies. Pour l'heure, au moins cent personnes ont disparu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

InterNational
En Afrique, une inondation a tout ravagé

InterNational

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 3:42


durée : 00:03:42 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Les paysages du Mozambique, du Zimbabwe et d'Afrique du Sud, sont méconnaissables. Les pluies ont tout emporté, les maisons, les routes, les écoles et de nombreuses vies. Pour l'heure, au moins cent personnes ont disparu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

7 milliards de voisins
Quel accès et quel partage de l'eau ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 48:30


Selon les Nations unies, 2,2 milliards de personnes n'avaient toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, soit environ 25% de la population dans le monde. En Afrique subsaharienne, la statistique grimpe à 70% avec des disparités selon les régions et les zones rurales et urbaines. Si des progrès ont été faits, force est de constater que l'objectif de développement durable numéro 6, fixé par les Nations unies à l'agenda 2030 « garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » est encore loin d'être atteint. Derrière les chiffres, les conséquences sont concrètes pour les populations souvent obligées de se déplacer pour accéder aux puits et aux bornes fontaines. L'eau est à la jonction de nombreux domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre la pauvreté, mais aussi l'accès à l'énergie et la préservation de l'environnement. Garantir l'accès à l'eau à la population a donc de nombreux impacts. C'est aussi un investissement rentable. Toujours selon les Nations unies, pour chaque dollar investi dans les infrastructures sanitaires et liées à l'eau, l'effet multiplicateur est estimé à 2 pour l'eau potable et grimpe à 5,5 pour l'assainissement.   En Afrique, où l'accès à l'eau potable progresse trop lentement, faute notamment d'investissements, les défis sont grands pour améliorer la situation. Le continent doit, en effet, faire face aux effets du changement climatique, avec la multiplication des inondations et des vagues de chaleur qui aggravent le risque de pénurie d'eau. L'urbanisation galopante et l'étalement des villes qui se font de manière anarchique compliquent également la mise en place de point d'eau et les raccordements. Enfin le manque de financement, la multiplicité des acteurs du secteur freinent aussi les travaux d'infrastructures.   Face à ce constat et si tout le monde s'accorde sur l'objectif, quels sont les moyens à mettre sur la table ? Faut-il une politique africaine unique de l'eau ? Et concrètement sur le terrain, quelles sont les solutions qui fonctionnent pour répondre aux besoins en eau des populations ? Sont-elles reproductibles à grande échelle ?   Émission enregistrée à Dakar à l'occasion de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations unies sur l'eau de 2026 qui se déroule les 26-27 janvier 2026.   Avec : • Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal  • Pedro Arrojo Agudo, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains à l'eau potable et à l'assainissement   • Sareen Malik, secrétaire exécutive du Réseau africain de la société civile pour l'eau et l'assainissement (ANEW) et vice-présidente de Assainissement et Eau pour tous (SWA) • Aziz Faye, coordonnateur de la Plateforme des Organisations de la Société Civile de l'eau et de l'assainissement du Sénégal (POSCEAS) et président de l'Alliance Africaine de Faitières pour l'Eau et l'Assainissement (AAFEA).   Programmation musicale :  ► Ya Nob Bandit Bi - Jahman X-Press ► Out of orbit - Flox.

Grand reportage
Afrique australe : percer les secrets des peintures rupestres

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 19:30


En Afrique australe, cachée au cœur de la nature d'aujourd'hui, se trouve la mémoire des chasseurs cueilleurs d'hier. Les plus anciens habitants connus de la région ont laissé derrière eux une multitude de peintures rupestres sur les parois des grottes et les rochers. Des milliers de sites renferment ce patrimoine archéologique : au Zimbabwe, au Botswana, au Lesotho, ou encore en Afrique du Sud. Et on s'interroge  sur l'âge, la signification de ces témoignages, et sur le mode de vie de ces sociétés anciennes. « Afrique australe : percer les secrets des peintures rupestres », un Grand reportage signé Claire Bargelès.

Grand reportage
«Le supplément du samedi» du 24 janvier 2026

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 48:30


Bienvenue dans ce supplément du Grand reportage consacré entièrement à l'Amérique de Donald Trump. C'est le 20 janvier 2026 qu'il a pu marquer ses 12 mois d'un retour au pouvoir quelque peu fracassant. Donald Trump n'a eu de cesse de vouloir bouger les lignes à l'intérieur et à l'extérieur de son pays. En seconde partie, direction l'Afrique. où nous verrons les conséquences des coups de griffe du président américain au nom de sa devise «L'Amérique d'abord».  Virginie occidentale, le mirage d'une vie meilleure Il y a tout juste un an, Donald Trump revenait à la Maison Blanche ; raz-de-marée électoral à l'appui, promesse de relance d'une économie sinistrée par l'inflation des années Biden, en bandoulière. Douze mois plus tard, l'économie stagne et les démocrates font entendre une petite musique : celle de «l'accessibilité...». Donald Trump aurait sacrifié les Américains les plus pauvres, sur l'autel du tohubohu qu'il sème à l'international.  Biens et services, ressources de première nécessité, restent inaccessibles. Nous voici en Virginie occidentale, un concentré de détresse sociale : logements indignes, chômage, insécurité alimentaire. On y a voté Trump à 70%. Mais la lumière n'est toujours pas au bout du tunnel.  Un Grand reportage de Vincent Souriau qui s'entretient avec Jacques Allix.   Interventionnisme, aide coupée, manipulation: le nouveau visage de la politique de Trump en Afrique Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Un Grand reportage de : Valentin Hugues | Liza Fabbian | Paulina Zidi | Benoît Almeras | Florence Miettaux | Marlène Panara | Laurent Correau. Entretien avec Jacques Allix. 

Histoires d'Argent
Sylvain : comment son travail en Afrique révèle sa relation à l'argent

Histoires d'Argent

Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 69:53


Merci à Sylvain !==COACHING RELATION À L'ARGENT

C'est pas du vent
Cuisson au bois en Afrique : un désastre sanitaire et environnemental ignoré

C'est pas du vent

Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 48:30


Le sujet ne fait pas la Une des journaux, pourtant il concerne 1 milliard de personnes sur le continent africain : la cuisson au bois a des conséquences sanitaires et environnementales catastrophiques et très peu de gens s'en préoccupent... C'est un sujet qui ne fait pas la Une des journaux et pourtant il est à la croisée de la lutte contre la pauvreté, de l'émancipation et de la santé des femmes, de l'accès à l'éducation pour les enfants, de la lutte contre la déforestation et le changement climatique. Ce sujet, c'est celui de la cuisson des aliments sur le continent africain. En 2026, 1 milliard de personnes dépendent encore de systèmes de cuisson rudimentaires alimentés au bois, au fumier animal ou par des résidus agricoles. Le plus souvent, c'est une marmite posée sur trois pierres à l'intérieur de la maison. Par exemple au Bénin, en Éthiopie, au Liberia, en République démocratique du Congo, en Tanzanie… plus de 80% de la population dépend toujours de la biomasse pour cuire ses repas. Au Nigeria, au Kenya ou au Ghana, c'est 70%. Il existe de nombreuses initiatives locales pour améliorer la situation. Nous vous emmènerons dans le nord du Sénégal où l'ONG Nebeday innove avec une méthode de diffusion de foyers améliorés fabriqués à partir de ressources locales. Plus de 15 000 familles sont déjà équipées. 1 million d'arbres ont été sauvés. C'est un beau résultat, mais il faut agir à une échelle beaucoup plus grande...  Un reportage de Pauline Le Troquier.  Avec l'éclairage de Youba Sokona, scientifique malien, il travaille depuis plus de 40 ans dans les domaines de l'énergie et du climat au niveau international. Il a été le premier coordinateur du Centre africain pour la politique en matière de climat, le secrétaire exécutif de l'Observatoire du Sahara et du Sahel, professeur honoraire à l'University College London, membre de l'Académie mondiale des sciences et de l'Académie africaine des sciences. Il a été vice-président du GIEC, le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du Climat de 2013 à 2024.

Invité Afrique
Gerard Akindes: «Les infrastructures de la CAN sont en déphasage avec la réalité du football local»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 8:40


Alors qu'au Sénégal, les Lions de la Teranga ont célébré hier et avant-hier leur victoire à la Coupe d'Afrique des nations 2025, notre Grand invité Afrique s'intéresse ce matin à l'avenir des stades et des autres grandes infrastructures construites pour l'organisation de l'événement. Par le passé, plusieurs pays hôtes ont engagé des chantiers d'envergure colossale pour une CAN réussie, mais que deviennent toutes ces installations sportives, une fois la compétition terminée ? Le Béninois Gerard Akindes est chercheur en économie du sport, basé au Qatar. Il répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : Tout d'abord, quel bilan faites-vous de la CAN qui vient de s'achever au Maroc sur les plans économique, commercial, mais aussi en termes de soft power ?  Gerard Akindes : Pour le Maroc, il n'y a rien à dire. Ils ont mis leur empreinte diplomatique, une belle visibilité avec les stades et tout ce qu'ils ont organisé. Ils ont marqué aussi leur soft power en Afrique. C'est un pays qui compte aujourd'hui par sa présence et par son offre de stades pour toutes les équipes qui n'ont pas de stade homologué dans leur pays d'origine. Donc à ce niveau-là, ils ont réussi leur pari avec des stades superbes, de grande classe et de grande qualité.  La CAN s'est déroulée au Maroc, certes, mais il y a aussi des retombées à l'échelle de l'ensemble du continent ... Je ne suis pas toujours convaincu par les retombées économiques. D'abord, les retombées économiques sont extrêmement difficiles à évaluer. Dans son ensemble, je ne pense pas qu'il y ait de réelles retombées pour l'Afrique. Qui bénéficie vraiment d'un événement qui se déroule au Maroc ? À lire aussi«C'est la CAN la plus rentable de l'histoire pour le pays hôte», affirme le ministre de l'Industrie du Maroc Mais au-delà du pays hôte, il y a aussi les pays participant à la compétition. On vend plus de maillots des équipes nationales, les restaurants, les bars sont remplis dans chacun des pays par les supporters. Il y a toute une économie indirecte qui se joue durant cette compétition, non ?  Oui, ça, on ne peut pas mettre en doute. Mais à l'échelle d'une économie nationale, qu'est-ce que ça représente ? Vous l'avez dit, le premier enjeu pour les pays hôtes, ce sont les infrastructures sportives, mais aussi les hôtels, les routes, les centres de santé et autres pour accueillir tous les supporters. Peut-on considérer qu'une CAN est facteur de développement en Afrique ? Grande question ! Je ne pense pas. La CAN, comme tous les grands événements ont un impact pour accélérer certains projets d'infrastructures ou de services dans une société. Est-ce que ces projets étaient faisables sans la CAN ? Certainement que oui. Maintenant si on parle de développement, est-ce que tout ce qui est fait pour la CAN a des implications sur le long terme ? C'est le cas pour certaines infrastructures, comme les routes, les trains, les transports. Vous anticipez ma question, à savoir l'avenir des infrastructures sportives dont l'entretien à terme est plus coûteux que leur construction. Que sont devenus les stades dans les anciens pays hôtes ?  Le problème est qu'on abrite une CAN avec des infrastructures complètement en déphasage avec la réalité du football local. Elles sont trop chères pour les clubs, elles sont trop chères pour les fédérations, elles ne sont pas pratiques parce qu'elles sont surdimensionnées pour des clubs qui ont des audiences de maximum 1 000 spectateurs dans un stade de 20 000 à 30 000 places. Et c'est un des gros problèmes de la CAN : elle monte en visibilité, mais elle est de plus en plus en déphasage avec la réalité du football de tous les week-ends, surtout en Afrique subsaharienne.  Alors posons la question qui fâche : une CAN est-elle une bonne opération pour un pays hôte ?  (Rires) Il y a une réponse diplomatique. La CAN est une opération de vanité pour la plupart du temps. Mais au-delà de ça, sur le plan de l'infrastructure sportive elle-même, jusqu'à présent, elle n'a pas pu être conçue pour être recyclée autrement. On n'est pas encore arrivé à trouver une formule architecturale qui permet au stade de prendre une autre dimension après l'événement. C'est peut-être la réflexion que l'Afrique doit mener. Regarder la CAN comme un événement qui va s'intégrer dans le tissu social et économique d'une société une fois que la compétition est finie, et ça, on en est encore loin.  Il y a un autre événement sportif qui a lieu tous les quatre ans et qui est aussi très populaire, ce sont les Jeux olympiques auxquels les athlètes africains et africaines participent massivement malgré tout, et dont l'équipement est moins coûteux dans certaines disciplines comme le tennis, le cyclisme, les arts martiaux... N'est-ce pas là une opportunité pour les pays les plus pauvres, et notamment la région qui nous intéresse, l'Afrique, qui permettrait de faire émerger des athlètes internationaux ?   Bon, on doit mettre le football dans une catégorie à part. On est tous contaminés par le football. Mais des sports moins coûteux, ça dépend de la vision que le pays projette vis-à-vis de son sport. Si notre vision est de tout faire pour être performant pour être vu à la CAN, éventuellement la Coupe du Monde, on maintient ce qu'on est en train de faire. Si notre vision c'est de faire participer un maximum de nos enfants à des activités sportives auxquelles ils vont prendre goût, qui va les maintenir en bonne santé, qui va leur donner peut-être des perspectives pour le 0,01 % qui entreront dans l'élite sportive, il faut adopter une autre approche. Encore une fois, ça dépend de ce que la société veut faire de son sport. Les pays scandinaves ne gagnent pas de médailles en masse, ils ont une philosophie politique sportive différente : c'est la participation qui prime. En Afrique, on veut une élite très vite, quel que soit le sport, mais on n'investit pas assez pour une participation à grande échelle. 

Grand reportage
Interventionnisme, aide coupée, manipulation: le nouveau visage de la politique de Trump en Afrique

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 19:30


Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Les manifestants brandissent un immense drapeau du Venezuela dans les rues de Pretoria, capitale de l'Afrique du Sud. Celui des États-Unis, flotte en arrière-plan au-dessus d'une ambassade américaine surprotégée. Les slogans des manifestants sud-africains sont clairs : « Hands Off Venezuela », ‘Ne touchez pas au Venezuela.' » « Il s'agit d'une manifestation d'urgence, explique Mohammed Desai, de l'Association Afrique du Sud-Amérique latine, organisée par diverses organisations de la société civile sud-africaine, des partis politiques ainsi que des syndicats. Aujourd'hui, c'est le Venezuela qui est attaqué, demain, nous craignons que ce soit l'Afrique du Sud ! » Lors de la manifestation, le secrétaire général du Parti communiste sud-africain Solly Mapaila regrette le manque de réactions internationales. « À l'heure actuelle, tonne-t-il, les États-Unis font ce qui leur plait ! Il est regrettable qu'ils soient autorisés à le faire et que certains pays dans le monde n'aient pas réagi de manière appropriée... Nous refusons de vivre dans un monde monolithique dans lequel les États-Unis nous imposent une forme extrême de capitalisme de droite et de conservatisme, sans quoi ils ne nous considèrent ! » Nations unies, salle du Conseil de sécurité. Trois notes, les diplomates s'installent. La présidence somalienne prend le micro : la réunion 10085 du Conseil de sécurité est déclarée ouverte. Ce 5 janvier 2026, la désapprobation africaine face à l'intervention des États-Unis au Venezuela est cette fois-ci exprimée en termes diplomatiques, par la voix de l'ambassadeur Lewis Brown. Le représentant du Liberia aux Nations unies s'exprime devant le Conseil au nom du A3, le groupe des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité : « De tels développements représentent des défis sérieux, non seulement par rapport à la stabilité interne du Venezuela, mais aussi parce qu'ils soulignent l'impératif de sauvegarder, plus largement, la paix et la sécurité de la région. Le A3 demeure ferme dans son engagement en faveur des principes fondamentaux du droit international, y compris le respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, tels qu'inscrits dans la charte des Nations unies, dans l'intérêt de la stabilité régionale et de la paix internationale. » Plusieurs gouvernements et organisations ont également marqué leur protestation par des communiqués : le Ghana, la Namibie, l'Union africaine ou l'Alliance des États du Sahel. Interventionnisme décomplexé  Le cas vénézuélien est devenu emblématique d'un interventionnisme décomplexé. Et l'Afrique est d'autant plus concernée par cette politique de puissance qu'elle en a elle-même été la cible. Dès février 2025, des frappes américaines sont déclenchées contre des cibles de l'organisation État islamique dans les montagnes du Golis, dans le nord de la Somalie. À la fin de l'année, c'est le Nigeria qui fait l'objet d'une intervention américaine, préparée et justifiée par un argumentaire sur mesure : l'existence d'un prétendu massacre de chrétiens dans le pays. Des frappes censées viser l'État islamique sont déclenchées le jour de Noël, le 25 décembre. En ce début d'année 2026, certains sur place s'interrogent encore sur les motivations réelles de l'intervention américaine… Comme le professeur Muktar Omar Bunza, qui enseigne l'histoire sociale à l'Université du Nord-Ouest à Sokoto, au Nigeria. « Avec ce qu'il s'est passé au Venezuela, explique-t-il, les gens ont l'impression que les Américains peuvent prendre n'importe quel prétexte, comme par exemple cette histoire de persécutions religieuses, que n'importe quoi peut servir de justification pour que les Américains s'emparent des ressources d'un endroit. Donc, les gens ont peur, ils craignent que ce soit juste une étape, ils perdent confiance dans l'idée d'une démocratie américaine qui respecterait les droits humains, ou qui les défendrait ». Le Grand invité AfriqueOusmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump» L'inquiétude est d'autant plus forte que la parole développée autour de cette politique de puissance s'émancipe largement des faits, de la réalité du terrain. L'exemple nigérian n'est pas unique. L'Afrique du Sud a elle aussi dû endurer les déformations trumpiennes de la vérité. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est érigé en défenseur des fermiers blancs qu'il considère victimes d'un « génocide » en Afrique du Sud. Cette affirmation ne s'appuie pourtant sur aucun fait. « Il nous ramène dans notre passé ! » Se rendre dans une ferme au nord de Pretoria aide à s'en rendre compte. Ici on élève des poulets et l'on produit des choux ou des poivrons. Le Dr. Ethel Zulu est nutritionniste de formation. Il y a une dizaine d'années, elle a choisi de devenir agricultrice, elle est aujourd'hui à la tête d'une propriété d'une vingtaine d'hectares. Le crime en milieu rural, raconte-t-elle, touche aussi (et surtout) la communauté noire. Elle en a elle-même été victime. « Avant, explique-t-elle, nous occupions notre maison entièrement, mais nous avons décidé d'y installer aussi certains de nos employés, pour ne pas être seules ma fille et moi. Comme ça on se sent un peu plus en sécurité. Vous savez, cette question de la sécurité dans les fermes est un problème qui touche toute la communauté agricole, ce n'est pas du tout un problème racial mais bien un problème national. » Sa réaction aux propos du président américain, à ses affirmations sur une communauté blanche prise pour cible et l'existence d'un « génocide » ? « Cet homme est raciste, c'est tout ! Parce que les incidents que subissent les agriculteurs noirs dans leurs exploitations, comme moi, personne n'en a parlé. Nous venons par exemple de perdre un cadre de notre coopérative - AFASA. Le 26 décembre 2025, ils sont entrés armés chez lui, lui ont dérobé tout son argent, puis l'ont tué ! Et on nous dit que les agriculteurs blancs sont plus vulnérables que les agriculteurs noirs ? Ce sont des mensonges, des absurdités, nous sommes tous des cibles ! D'une certaine manière, ces propos divisent le pays en raison de notre histoire. Nous essayons d'aller de l'avant, et lui, il nous ramène dans notre passé ! » Ethel Zulu sort son téléphone et ouvre WhatsApp. Apparaissent alors de nombreux groupes communautaires, symbole de l'entraide entre voisins. « Tous les membres sont des agriculteurs du coin… Là, c'est notre équipe d'urgence… » Dans ces groupes, les noms Afrikaners, de la minorité blanche, se mêlent aux noms africains. Illustration d'une communauté d'agriculteurs soudée, victime de la même criminalité, parce qu'isolée en milieu rural, loin des postes de police.  « Not in our name » De l'autre côté de l'Atlantique, malgré le rappel des faits et de la réalité de terrain, Donald Trump persiste. Le documentaliste Louis Gaigher et plusieurs dizaines d'Afrikaners ont co-signé une lettre ouverte dans la presse sud-africaine, « Not in our name », 'Pas en notre nom'. Une réponse aux propos américains. « Je pense que ce qu'il fait ici, ou plutôt le genre de rhétorique qu'il utilise, relève complètement de la suprématie blanche. Je trouve cela extrêmement opportuniste. Je ne peux parler qu'en mon nom, je refuse qu'on me présente comme un réfugié ou quelqu'un qui souffre à cause du gouvernement postapartheid et de la démocratie. »  En Afrique du Sud, 35 ans après la fin de l'Apartheid, la minorité blanche est encore très puissante économiquement et politiquement. Elle détient une grande majorité des terres du pays. Si la Nation arc-en-ciel est confrontée à bien des défis, Louis Gaigher et les autres signataires de cette tribune, refusent d'être « des pions dans les guerres culturelles américaines ». « L'administration américaine attaque notre politique de redistribution des terres. Mais ici nous avons l'État de droit qui doit toujours être protégé. Et c'est complètement ridicule que les Américains se plaignent de notre loi sur l'expropriation sans compensation ​alors qu'ils font précisément la même chose, et de manière très violente, avec le Venezuela, ou encore avec leurs projets pour le Groenland ! » Les cas nigérian et sud-africain viennent en tout cas confirmer que la manipulation décomplexée de la réalité est l'un des piliers de la gouvernance trumpienne. « Ce que Donald Trump a fait, c'est qu'il a reconfiguré ce que nous considérions comme ‘la vérité', analyse Trust Matsilele, maître de conférences à l'Université de Birmingham. La vérité ou les faits sont maintenant des concepts fragiles. À partir du moment où ils ne servent plus ses intérêts, ils peuvent être contestés ou rejetés. C'est ce qu'on pourrait appeler une ‘politisation de la vérité'. Certaines des choses qui avaient été vues comme des vérités établies sont remises en cause : le changement climatique, les concepts de démocratie et d'État de droit. Tout cela a été bousculé par la vision du monde de Donald Trump ». Le chercheur s'arrête sur les risques que fait courir un tel comportement : « La vérité doit être la vérité, quelle que soit votre position. À partir du moment où vous commencez à politiser tout cela, on bascule de la vérité objective à la propagande, la mésinformation, la désinformation et les fake news… » Des opinions publiques africaines partagées À Kinshasa, dans le quartier commerçant de la Gombe, la circulation est encore timide et les embouteillages n'ont pas encore fait leur apparition, ce matin-là. Les Kinois sont déjà sur le chemin du travail. Certains, comme Jacquemain, disent la crainte que leur inspire désormais Trump, en dépit de son engagement en faveur du processus de paix en République démocratique du Congo. « Auparavant, quand il était arrivé au pouvoir, on pensait qu'il allait faire de bonnes choses, surtout pour notre pays la RDC. On pensait que c'était dans notre intérêt, la population congolaise. Mais maintenant, quand on constate la politique qu'il est en train d'amener dans le monde, on se demande : est-ce que ce n'est pas par intérêt pour nos minerais ? On a ensuite vu ce qu'il s'est passé au Venezuela, et puis ça n'est pas encore fini, on attend encore maintenant bientôt le Groenland et tout ça. On se demande : qu'est-ce qu'il se passe dans la tête de ce président-là ? » Patrick, lui aussi, déplore les coups portés à l'ordre international. « Quand il est venu, regrette-t-il, il a montré l'image de quelqu'un qui voulait la paix. Maintenant, on est en train de remarquer qu'il crée des problèmes. Apparemment, il ne respecte pas les lois internationales. Il y a eu la Deuxième Guerre mondiale. Après, les gens se sont réunis pour établir des lois qu'ils devraient respecter. Apparemment, ces lois, lui, ne lui disent rien. Il fait ce qu'il veut. Alors, ça fait craindre. » Cela provoque des débats également à Abidjan, en Côte d'Ivoire, comme entre ces étudiants en anglais rassemblés dans une salle d'université. Beaucoup admirent le président américain. « Il faut dire que c'est un gars bien, estime Daniel, il exerce un pouvoir très exécutif. Ses partisans valorisent son leadership et aussi sa manière de prendre des décisions… Quand il veut faire, il fait ». « Le monsieur il est simple, avance de son côté Emmanuella. Il te dit “fais ça”, tu ne fais pas ça, il te voit directement comme un ennemi… Pour diriger, il faut avoir de la poigne, on ne peut pas diriger avec les sentiments ». L'interventionnisme américain au Venezuela ou au Nigeria n'émeut pas Ange, qui n'a pas 20 ans. Il voit Trump comme un modèle à suivre et approuve sa posture envers les États africains : « C'est un monsieur qui agit par intérêt et ses relations avec l'Afrique sont plutôt par intérêt. ‘Je vous apporte quelque chose si vous m'apportez quelque chose. Si vous ne m'apportez rien, je ne vous apporte rien !' Je pense que Donald Trump a eu cette intelligence-là et il fait bien. Un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts. Et je pense que Donald Trump applique cela et ça me fait plaisir de voir cela ». Ange rêve d'étudier aux États-Unis. Son espoir paraît compromis depuis le 1er janvier et la suspension de la délivrance de visas accordés aux ressortissants ivoiriens, une mesure jugée discriminatoire par beaucoup. « Une nouvelle approche mercantiliste » La diplomatie trumpienne navigue-t-elle à vue, comme l'assurent certains observateurs, ou a-t-elle une cohérence et une logique profonde ? Pour le professeur Adekeye Adebajo de l'Université de Pretoria, la politique internationale de Donald Trump s'inscrit dans le temps long de l'interventionnisme américain. « Je pense, explique cet universitaire, que ce que fait Trump s'inscrit dans la continuité de ce que les États‑Unis ont fait par le passé, car je ne crois pas qu'il soit forcément exact de le présenter comme une aberration totale. Il y a trente‑cinq ans, George Bush Père a envoyé des troupes américaines au Panama et ils y ont arrêté le dictateur Manuel Noriega, l'ont littéralement enlevé et emmené aux États‑Unis pour y être jugé et emprisonné… Donc, si nous connaissons notre histoire, nous savons que de nombreuses administrations américaines ont fait exactement ce que Trump a fait, ou des choses similaires ».  Le chercheur voit également dans le regard trumpien sur le monde une doctrine qui associe une nouvelle fois la puissance, le commerce et l'accès aux ressources minières. « Je pense que, fondamentalement, il y a un principe : il s'agit d'une nouvelle approche mercantiliste qui consiste essentiellement à freiner la mainmise de la Chine sur les minerais rares et à s'assurer que les États‑Unis aient effectivement accès à ces ressources. On a vu que ses efforts de “paix” dans la région des Grands Lacs, en RDC, au Rwanda, en Ukraine et ailleurs, ont aussi comporté des accords miniers. L'intervention et l'enlèvement du président vénézuélien portent évidemment aussi sur le pétrole, et je pense donc qu'une grande partie de tout cela tourne autour de la Chine, de l'équilibrage de la puissance chinoise et des garanties qu'elle ne puisse pas rivaliser avec les États‑Unis ». Adekeye Adebajo insiste sur un troisième aspect : la diplomatie trumpienne est marquée par sa volonté de défaire le multilatéralisme. C'est ainsi que les États-Unis sont récemment sortis de 66 organisations internationales. Et c'est ainsi qu'ils ont fermé l'Usaid, l'Agence américaine pour le développement international. Usaid : les lourdes conséquences d'une fermeture Le Soudan du Sud est l'un des pays qui en sort le plus affecté. L'assistance américaine a été divisée par plus de quatorze entre 2024 et 2025. Il n'aura fallu que quelques semaines après l'annonce de la fin d'Usaid pour en mesurer les conséquences dans la localité de Gurei, à l'ouest de la capitale du Soudan du Sud, Juba. Le centre de nutrition de Gurei prend en charge des enfants en malnutrition sévère. D'habitude très fréquenté, il est quasiment vide en ce mois de mars 2025. Les aliments thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition infantile, les fameux sachets de pâte d'arachide enrichie fournis par l'Usaid, ne sont déjà plus disponibles depuis environ un mois. Quand Helen Furu vient faire examiner son fils Joseph, 1 an, elle doit faire ce constat douloureux : depuis la dernière visite, sa situation ne s'améliore pas, faute d'aliments thérapeutiques. « Mon mari est fonctionnaire et ça arrive souvent qu'il ne soit pas payé, confie Helen Furu. Quant à moi, quand j'étais enceinte de Joseph, je travaillais sur le marché et je me suis épuisée. Quand il est né, il était très faible et chétif. Quand il a été pris en charge ici, avec les traitements, son état s'est un peu amélioré. Chaque lundi, je viens ici pour le suivi mais ça fait un moment que les traitements à base de pâte d'arachide ne sont plus distribués, je ne sais pas trop quel est le problème. Cela m'inquiète car, quand il prend ce complément, il va mieux. J'ai envie de dire aux Américains de ne pas arrêter de soutenir les enfants du Soudan du Sud. Dans notre pays, très peu de gens vivent bien. La grande majorité souffre car il n'y a pas de travail ». Le directeur du centre de Gurei, Sarafino Doggal, porte une blouse blanche brodée du logo de l'Usaid, vestige de temps révolus. Debout dans son bureau face à un mur de tableaux statistiques, il appelle au soutien pour faire face aux besoins énormes de la population : « Hier, par exemple, nous avons reçu 325 patients venus de différents quartiers. Nous les recevons, mais le problème c'est que nous n'avons pas de médicaments. Il y a de nombreux enfants en situation de malnutrition. Vous voyez tous ces patients ? Ils viennent à la clinique le matin sans avoir pris de petit-déjeuner, pas même un thé. Ils vont passer toute leur journée ici, et puis rentrer chez eux où il n'y aura rien à manger. Les chefs communautaires m'ont dit que la situation empire, surtout en ce qui concerne la malnutrition infantile, à cause de l'arrêt des aliments thérapeutiques. Les enfants et leurs mères souffrent énormément. » Plusieurs mois ont passé et les conséquences de la fin de l'Usaid continuent à se faire sentir sur le continent, ailleurs. Comme à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Aster pousse le lourd portail gris et entre dans la petite cour ombragée qui jouxte une école. Du linge encore mouillé pend sur deux longues cordes attachées à une maison blanche. Cet après-midi, une dizaine de jeunes travailleuses du sexe ont trouvé refuge, comme elle, dans ce centre d'accueil et de prévention du Sida de l'ONG éthiopienne Ishdo : « Je viens ici pour prendre une douche, me soigner, et on ne me demande pas de payer en échange. Je suis ici tous les jours depuis cinq mois, et cet endroit est très important pour moi. Je me sens heureuse et en sécurité ici. » Depuis son ouverture en décembre 2024, ce centre d'accueil est ouvert 7 jours sur 7. Hiwot Mekonnen est l'infirmière en cheffe de la structure : « Nos patientes passent le test de dépistage du VIH. Nous leur proposons également des services de planification familiale, un dépistage des problèmes de santé mentale, des violences sexistes et un test du cancer du col de l'utérus. » Plusieurs fois par semaine, l'équipe médicale organise aussi des séances de prévention, dans une petite salle aux murs tapissés d'informations sur la contraception féminine. Des préservatifs sont également à leur disposition. L'arrêt des financements de l'Usaid, bailleur principal d'Onusida qui finance la structure, a frappé de plein fouet les activités du centre. « Ces deux derniers mois, nous n'avons pu organiser ni les séances de prévention, ni les tests, explique Hiwot Mekonnen. Et si les femmes continuent leur activité sans préservatifs, cela augmentera la transmission du VIH. La situation est instable, et j'ai beaucoup de doutes ». Ces dernières années pourtant, les efforts d'Onusida avaient porté leurs fruits : 94% des personnes diagnostiquées séropositives recevaient ici un traitement antirétroviral, dit ARV. Désormais, l'agence de l'ONU doit compter sur le mémorandum signé en décembre dernier entre les gouvernements éthiopien et américain, d'un montant d'1 milliard et demi de dollars. Objectif affiché : « Renforcer les systèmes de santé publique et la prévention des maladies… »

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique : quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, président d'AfricSearch, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent. Cette semaine, quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise.  Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. • Cheick Mohamed Cissé, 33 ans, architecte, créateur et directeur général de MEDCIS ART, entreprise de construction basée à Gbessia (Conakry), Guinée.  Cheick cherche à améliorer la visibilité et la notoriété de MEDCIS ART et se demande comment attirer de riches clients guinéens. Partie 2 : quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise « Personne n'est indispensable au travail. » Les patrons de PME qui ont vu partir un de leurs collaborateurs-clé réfuteront sûrement la formule. Perte de savoir-faire, risque de désorganisation, chute de productivité,... Le départ d'un talent n'est pas sans conséquences pour l'entreprise, c'est même tout l'écosystème qui peut en pâtir.   Changer d'emploi est courant dans une carrière, mais dans des contextes africains où le financement des PME est particulièrement crucial pour leur survie, le moindre élément perturbateur peut inquiéter les investisseurs. Un départ, même s'il se passe bien, peut porter préjudice à la réputation et à la valeur l'entreprise. Il s'agit donc pour un dirigeant de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ou plutôt d'anticiper au mieux un départ éventuel de son proche collaborateur. Recruter un remplacement avant son départ, assurer le transfert des savoir-faire, établir au contrat une clause de non-concurrence...Quelles dispositions prendre pour atténuer au mieux le départ d'un employé-clé ? Et comment organiser le travail pour que la valeur de sa PME soit moins fragile ? Avec : • Abdoulaye Mbaye, fondateur et dirigeant de Neurotech, un opérateur panafricain de services informatiques présent dans 6 pays • Jean-Marc Savi de Tové, co-fondateur de Adiwale Partners, fonds de capital-investissement panafricain • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. Programmation musicale :  ► Jogodo - Wizkid / Asake ► PEPPA POT - Major Lazer, Diplo, America Foster. 

Heartbeat of Humanity
Soins de santé mentale communautaires en Afrique : Renforcer les communautés et les systèmes

Heartbeat of Humanity

Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 37:56


Dans cet épisode du podcast Heartbeat of Humanity, Ahlem Cheffi, spécialiste SMSPS du Centre du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour la Santé Mentale et le Soutien Psychosocial, échange avec le Dr Fabrice Ouédraogo et Yahaya Diallo (Croix-Rouge burkinabè), ainsi qu'avec Hema Lacina (Croix-Rouge danoise).Cet épisode a été enregistré au Burkina Faso lors de la formation régionale sur les soins de santé mentale communautaires (SSMC), organisée conjointement par le Centre du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour et la Croix-Rouge burkinabè pour la SMSPS, et basée sur les lignes directrices Community mhGAP de l'OMS.La discussion aborde les soins de santé mentale communautaires comme une approche de renforcement des systèmes, ancrée dans la force collective des communautés, et positionnant celles-ci comme des acteurs clés de la prévention, de la réponse précoce et de l'accès aux soins. La conversation met en lumière le rôle essentiel des communautés dans la réduction de la stigmatisation liée à la santé mentale, le soutien au bien-être et le développement de réponses SMSPS durables, culturellement adaptées à travers l'Afrique.--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Community Mental Health in Africa: Strengthening communities and systems In this episode of Heartbeat of Humanity, Ahlem Cheffi, MHPSS Hub Specialist, speaks with Dr. Fabrice Ouédraogo and Yahaya Diallo (Burkina Faso Red Cross) and Hema Lacina (Danish Red Cross).This episode was recorded from Burkina Faso during the regional training on Community Mental Health Care (CMHC), jointly organized by the MHPSS Hub and the Burkina Faso Red Cross and based on the WHO Community mhGAP guidelines. The discussion frames community mental health care as a systems-strengthening approach, rooted in the collective strength of communities and positioning communities as key actors in prevention, early response, and access to care.The conversation highlights the power of communities in reducing mental health stigma, supporting wellbeing, and advancing culturally grounded, sustainable MHPSS responses across Africa.

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique : quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, président d'AfricSearch, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent. Cette semaine, quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise.  Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. • Cheick Mohamed Cissé, 33 ans, architecte, créateur et directeur général de MEDCIS ART, entreprise de construction basée à Gbessia (Conakry), Guinée.  Cheick cherche à améliorer la visibilité et la notoriété de MEDCIS ART et se demande comment attirer de riches clients guinéens. Partie 2 : quand les têtes d'affiche quittent l'entreprise « Personne n'est indispensable au travail. » Les patrons de PME qui ont vu partir un de leurs collaborateurs-clé réfuteront sûrement la formule. Perte de savoir-faire, risque de désorganisation, chute de productivité,... Le départ d'un talent n'est pas sans conséquences pour l'entreprise, c'est même tout l'écosystème qui peut en pâtir.   Changer d'emploi est courant dans une carrière, mais dans des contextes africains où le financement des PME est particulièrement crucial pour leur survie, le moindre élément perturbateur peut inquiéter les investisseurs. Un départ, même s'il se passe bien, peut porter préjudice à la réputation et à la valeur l'entreprise. Il s'agit donc pour un dirigeant de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ou plutôt d'anticiper au mieux un départ éventuel de son proche collaborateur. Recruter un remplacement avant son départ, assurer le transfert des savoir-faire, établir au contrat une clause de non-concurrence...Quelles dispositions prendre pour atténuer au mieux le départ d'un employé-clé ? Et comment organiser le travail pour que la valeur de sa PME soit moins fragile ? Avec : • Abdoulaye Mbaye, fondateur et dirigeant de Neurotech, un opérateur panafricain de services informatiques présent dans 6 pays • Jean-Marc Savi de Tové, co-fondateur de Adiwale Partners, fonds de capital-investissement panafricain • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. Programmation musicale :  ► Jogodo - Wizkid / Asake ► PEPPA POT - Major Lazer, Diplo, America Foster. 

Cultures monde
Retours de terrain : En Afrique, l'influence grandissante de la Turquie

Cultures monde

Play Episode Listen Later Jan 16, 2026 21:46


durée : 00:21:46 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - Dans son enquête documentaire "Le drone et le Coran", Karina Chabour documente la façon dont la Turquie étend son influence sur le continent africain. En une vingtaine d'années, le pays s'est imposé comme un partenaire incontournable, grâce à des leviers diplomatiques, économiques et religieux. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Karina Chabour journaliste à France 24

Reporters
Le drone et le Coran : enquête exclusive sur la puissance turque en Afrique

Reporters

Play Episode Listen Later Jan 16, 2026 46:50


En deux décennies, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan s'est imposée comme un acteur majeur en Afrique. Plus discrète que la Chine ou la Russie, la présence turque n'en est pas moins redoutablement efficace. À coups de drones, de chantiers de BTP, d'écoles ou d'ONG, Ankara tisse patiemment son réseau d'influence. Karina Chabour a enquêté sur cette offensive, qui mêle coopération économique, militaire et influence religieuse. 

Priorité santé
Hausse des maladies cardiovasculaires en Afrique subsaharienne: comment mieux les prévenir?

Priorité santé

Play Episode Listen Later Jan 15, 2026 48:30


Si les maladies infectieuses demeurent une cause majeure de mortalité dans la région africaine, les décès dus aux maladies chroniques sont en constante augmentation. Ce changement s'explique par la modification des habitudes telle que les habitudes alimentaires, la sédentarité et le vieillissement des populations. Parmi ces maladies chroniques, on compte les maladies cardiovasculaires. Comment mieux prévenir ces maladies ? Comment atteindre toutes les populations, même les plus reculées ? Quels sont les enjeux en matière d'accès aux soins de pointe en cardiologie ? Deux spécialistes mauritaniens partagent leur expérience.  AVC, infarctus, atteinte des valves cardiaques : ces maladies constituent, d'après l'OMS, la principale cause de décès au niveau mondial. Longtemps considéré comme un risque sanitaire majeur réservé aux pays développés, ces atteintes cardiovasculaires dépassent désormais les maladies infectieuses comme principale cause de mortalité dans la région Afrique.   Facteurs de risques évitables  Derrière cette tendance - la transition épidémiologique - on retrouve comme explication l'incidence croissante de maladies chroniques, de l'hypertension artérielle, du diabète ou du surpoids, associés à l'urbanisation, aux changements d'alimentation et à la sédentarité conjugués. Améliorer la prévention  Si ces modifications en termes de mode de vie expliquent, en partie, la croissance du risque cardiovasculaire à l'échelle de l'Afrique, un certain nombre d'insuffisances viennent encore majorer ce fardeau : pas assez de sensibilisation, pas assez de dépistage et de diagnostic précoce et pas suffisamment de suivi et de spécialistes, pour les patients chroniques, pour stabiliser et contrôler les symptômes.  Cette question de la prévention cardiovasculaire en Afrique, constitue donc un enjeu majeur à l'échelle du continent. Un enjeu, et même une priorité !  Avec :  Pr Sirakhé Camara, cardiologue à Nouakchott. Directeur du Centre National de Cardiologie et président de la Société mauritanienne de cardiologie Dr Fatimata Gatta Ba, cardiologue, cheffe de service des Urgences du Centre National de Cardiologie de Nouakchott en Mauritanie.    Programmation musicale : ► Innoss'B - Love Ya Rs  ► JAZZWRLD, MaWhoo, Thukutela, Gi-Ceejay – Uzizwa Kanjan.

Priorité santé
Hausse des maladies cardiovasculaires en Afrique subsaharienne: comment mieux les prévenir?

Priorité santé

Play Episode Listen Later Jan 15, 2026 48:30


Si les maladies infectieuses demeurent une cause majeure de mortalité dans la région africaine, les décès dus aux maladies chroniques sont en constante augmentation. Ce changement s'explique par la modification des habitudes telle que les habitudes alimentaires, la sédentarité et le vieillissement des populations. Parmi ces maladies chroniques, on compte les maladies cardiovasculaires. Comment mieux prévenir ces maladies ? Comment atteindre toutes les populations, même les plus reculées ? Quels sont les enjeux en matière d'accès aux soins de pointe en cardiologie ? Deux spécialistes mauritaniens partagent leur expérience.  AVC, infarctus, atteinte des valves cardiaques : ces maladies constituent, d'après l'OMS, la principale cause de décès au niveau mondial. Longtemps considéré comme un risque sanitaire majeur réservé aux pays développés, ces atteintes cardiovasculaires dépassent désormais les maladies infectieuses comme principale cause de mortalité dans la région Afrique.   Facteurs de risques évitables  Derrière cette tendance - la transition épidémiologique - on retrouve comme explication l'incidence croissante de maladies chroniques, de l'hypertension artérielle, du diabète ou du surpoids, associés à l'urbanisation, aux changements d'alimentation et à la sédentarité conjugués. Améliorer la prévention  Si ces modifications en termes de mode de vie expliquent, en partie, la croissance du risque cardiovasculaire à l'échelle de l'Afrique, un certain nombre d'insuffisances viennent encore majorer ce fardeau : pas assez de sensibilisation, pas assez de dépistage et de diagnostic précoce et pas suffisamment de suivi et de spécialistes, pour les patients chroniques, pour stabiliser et contrôler les symptômes.  Cette question de la prévention cardiovasculaire en Afrique, constitue donc un enjeu majeur à l'échelle du continent. Un enjeu, et même une priorité !  Avec :  Pr Sirakhé Camara, cardiologue à Nouakchott. Directeur du Centre National de Cardiologie et président de la Société mauritanienne de cardiologie Dr Fatimata Gatta Ba, cardiologue, cheffe de service des Urgences du Centre National de Cardiologie de Nouakchott en Mauritanie.    Programmation musicale : ► Innoss'B - Love Ya Rs  ► JAZZWRLD, MaWhoo, Thukutela, Gi-Ceejay – Uzizwa Kanjan.

Un jour dans le monde
En Afrique du Sud : la coopération navale des BRICS+

Un jour dans le monde

Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 3:38


durée : 00:03:38 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Ce sont la Chine, la Russie et l'Iran qui organisent au large de l'Afrique du Sud un exercice militaire en mer. L'idée ? Sécuriser les voies de navigation internationales, notamment au cap de Bonne-Espérance, le Canal de Suez ou encore dans le Golf Persique. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

InterNational
En Afrique du Sud : la coopération navale des BRICS+

InterNational

Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 3:38


durée : 00:03:38 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Ce sont la Chine, la Russie et l'Iran qui organisent au large de l'Afrique du Sud un exercice militaire en mer. L'idée ? Sécuriser les voies de navigation internationales, notamment au cap de Bonne-Espérance, le Canal de Suez ou encore dans le Golf Persique. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Les Grandes Gueules
La difficulté du jour - Joëlle Dago-Serry : "Toutes les semaines je rencontre des diasporas qui me disent : 'Je rentre en Afrique'. L'avenir est là-bas. On se fait cracher dessus en France" - 12/01

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Jan 12, 2026 3:21


Aujourd'hui, Charles Consigny, avocat, Joëlle Dago-Serry, coach de vie, et Jean-Loup Bonnamy, prof de philo, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.

Invité Afrique
Venezuela-États-Unis: «Derrière les réactions prudentes» des Africains, «il y a des calculs de diplomatie»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 8, 2026 9:38


En Afrique, à quelques exceptions près, les réactions sont très prudentes après l'enlèvement, samedi 3 janvier par les Américains, du président du Venezuela, Nicolas Maduro. Pourquoi cette retenue ? Paul-Simon Handy est directeur Afrique de l'Est et Union africaine à l'Institut d'études de sécurité (l'ISS). Pour lui, beaucoup d'États africains basent leurs calculs sur la puissance comparée de la Chine et des États-Unis et ils en tirent des conséquences très pratiques. Il s'en explique au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Paul-Simon Handy, chez les pays africains, à part l'Afrique du Sud et peut-être le Ghana, les réactions à l'opération militaire américaine sont très timides. Est-ce que cela vous surprend ? Paul-Simon Handy : On n'est pas vraiment surpris parce que l'on sait que les réactions du président américain peuvent être très revanchardes. Oui, on ne veut pas se fâcher avec Donald Trump ? En effet, derrière la prudence de plusieurs pays, il y a des calculs de diplomatie prudente, de peur de subir les foudres du président américain, comme on a déjà pu le constater dans des pays qui comptent parmi les pays les plus importants en Afrique, comme le Nigéria et l'Afrique du Sud. Alors en Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a eu des mots forts contre l'agression américaine. Mais au sein de son gouvernement, le parti Alliance démocratique n'est pas d'accord. Est-ce que cela ne le fragilise pas ? Je ne pense pas que l'ANC et le président Ramaphosa soient surpris que l'Alliance démocratique ne les ait pas soutenus dans ce cadre. Pour le président sud-africain, c'était certainement une occasion rêvée de prendre les États-Unis en flagrant délit de violation du droit international. L'Alliance démocratique a toujours voulu être un parti qui pense certainement que critiquer les États-Unis dirigé par le président Trump n'était pas une bonne idée et pourrait, au contraire, accroître encore la croisade du président Trump contre l'Afrique du Sud. Et qu'en pense l'opinion sud-africaine ? Est-ce qu'elle soutient l'ANC contre ce raid américain ou est-ce qu'elle craint des représailles commerciales des États-Unis ? Non, l'opinion publique sud-africaine est très en soutien de l'ANC. L'Afrique du Sud se vit comme un pays leader en Afrique. Et se voir malmener comme ça par un pays avec lequel elle avait des relations plutôt bonnes... Non. l'opinion publique, la presse, est plutôt favorable à l'approche de l'ANC, qui a toujours été relativement ferme. Paul-Simon Handy, comment expliquez-vous le silence de l'Algérie quand on connaît la proximité qui existait entre le président Maduro et le président Abdelmadjid Tebboune ? Alors, je pense que l'Algérie, comme certains autres États, fait preuve de prudence stratégique. L'Algérie vient de terminer un mandat de deux ans au Conseil de sécurité des Nations unies sur un échec diplomatique, il faut le dire. Car le vote de la résolution 2797, dont le porteur de crayon étaient quand même les États-Unis, constituaient une sorte d'échec diplomatique pour l'Algérie. Sur le Sahara occidental. Sur le Sahara occidental. Donc, je pense que l'Algérie est encore en train de digérer cet échec diplomatique et ne voudrait pas en rajouter en se mettant en porte-à-faux avec un partenaire américain qui est devenu extrêmement imprévisible. Le deuxième aspect, à mon avis, c'est que la non-réaction de l'Algérie officielle démontre aussi que les alliances de blocs sont terminées dans le monde. Les amitiés avec des pays comme la Chine, la Russie ne protègent pas d'une agression militaire. Ce qui veut dire que, aujourd'hui, l'Algérie sait qu'elle peut très bien faire l'objet d'une attaque et que aucun autre État ne viendra la soutenir, et certainement pas les autres grands États comme la Chine, la Russie, ni même l'Iran. Alors justement en Iran l'année dernière, au Venezuela cette année, est ce que ces opérations militaires montrent la supériorité stratégique des Américains sur la Chine, y compris en Afrique ? Très certainement oui. Supériorité militaire... On voit que les États-Unis d'Amérique ont subi la concurrence de pays comme la Chine, la Russie, tous les pays qu'on dénomme souvent comme « puissance montante ». Ces pays sont des puissances montantes, économiques, diplomatiques, mais n'ont pas encore atteint la puissance militaire du leader américain. Il y a une vraie domination militaire américaine que la Chine est en train d'essayer de rattraper, mais elle en est encore loin. Autres pays très discrets depuis samedi dernier, les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Pourquoi ne sont-ils pas aux côtés de la Russie pour dénoncer, je cite l'ambassadeur de Moscou à New York, « le retour à l'ère de la domination américaine par la force et l'illégalité » ? Alors si on ne peut déjà pas défendre sa souveraineté par ses propres moyens, ses propres forces de défense et de sécurité, le meilleur antidote est certainement la légitimité transmise par les urnes. Les pays de l'AES n'ont pas cette légitimité populaire. Ces pays sont bien conscients de la faiblesse de leur position et de l'absence de réaction probable d'alliés. Et donc leur silence, pour moi, est évocateur d'une vraie prise de conscience de ce que leur position est : très délicate. Le projet qu'ils veulent mener n'est pas partagé par la communauté internationale.   À lire aussiLes décisions des autorités vénézuéliennes seront «dictées» par les États-Unis affirme la Maison Blanche À lire aussiLe Mexique défend sa souveraineté face aux menaces d'intervention des États-Unis

Franck Ferrand raconte...
BONUS : Une aviatrice en Afrique: Beryl Markham

Franck Ferrand raconte...

Play Episode Listen Later Dec 18, 2025 1:36


Anglaise d'origine, mais vouée dès l'enfance aux sortilèges de l'Afrique orientale, Beryl Markham deviendra la plus intrépide des aviatrices de brousse.Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.