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Aujourd'hui, Bruno Poncet, cheminot, Laura Warton Martinez, sophrologue, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entame le 20 juillet à Paris sa visite d'État en France. Petit pays pétrolier niché au cœur de l'Afrique centrale et riche de plusieurs ressources – notamment minières –, le Gabon entretient depuis toujours une relation privilégiée avec la France, loin de pâtir des volontés de réajustements de certains axes de coopération entre Paris et le continent. Bergès Mietté est enseignant de sciences politiques à l'université internationale de Libreville et analyse cette exception gabonaise dans la politique africaine de la France. RFI : Le président Brice Clotaire Oligui Nguema est à Paris pour une visite d'État de trois jours. Est-ce pour vous la preuve qu'entre Libreville et Paris le ciel est sans nuages ? Bergès Mietté : Effectivement, le ciel est sans nuages entre Libreville et Paris depuis le coup d'État [en août 2023 contre le président Ali Bongo Ondimba, NDLR] d'ailleurs. Donc, cette visite consacre l'idée selon laquelle tout va très bien entre les deux États. Comment analysez-vous le choix de Paris de placer justement cette séquence diplomatique sous le sceau de la visite d'État ? Ce qui est quand même, il faut le rappeler, le plus haut niveau protocolaire pour des visites de ce type… Vous faites bien de le mentionner, parce qu'au mois de mai 2024, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la transition, avait effectué une visite officielle à Paris. La différence, c'est que cette visite est effectivement une visite d'État, puisqu'elle s'inscrit au lendemain de l'élection présidentielle d'avril 2025, ayant porté officiellement Brice Clotaire Oligui Nguema à la magistrature suprême. C'est une première du genre depuis les élections qui ont suivi le renversement d'Ali Bongo. Contrairement aux gens du Sahel, qui ont rompu de manière brutale avec Paris, le Gabon reste, lui, désireux de maintenir une relation fluide avec la France. Comment expliquez-vous cette exception gabonaise dans la politique africaine de la France ? Ce qu'il faut dire, c'est que depuis le coup d'État sans rupture préalable, le Gabon s'inscrit résolument dans une trajectoire de continuité affichée et assumée avec la France. Le Gabon se distingue des trajectoires d'autres États ayant enregistré des coups d'État sur le continent africain par l'absence d'une séquence de rupture avec la France. Le président de la transition avait été reçu en grande pompe par Emmanuel Macron fin-mai 2024. Peu de temps après, au mois de novembre 2025, Macron est venu personnellement saluer la fin de la transition à Libreville. Donc, il est vrai qu'à la différence d'autres États africains, notamment ceux de l'Afrique de l'Ouest, le Gabon n'est pas en proie au terrorisme pouvant justifier une coopération militaire de substitution de la France. C'est pourquoi je pense, par hypothèse, qu'en Afrique subsaharienne, l'insécurité pousse à chercher des partenaires alternatifs. Sur les sujets qui pourraient intéresser le Gabon, il y a les suites à donner à la politique très volontariste et même souverainiste du président Oligui, qui prône sur les matières premières plus de transformation locale, notamment avec le manganèse opéré avec le géant français Eramet. Y a-t-il des attentes précises sur ce point ? Oui, je pense que c'est l'un des trois principaux enjeux de la visite du président gabonais à Paris. Il s'agit de l'enjeu ferroviaire et minier, en particulier le projet de réhabilitation du Transgabonais, qui s'étend sur environ 700 kilomètres reliant les communes d'Owendo et de Franceville. Il s'agit pour le Gabon d'un projet vital pour l'économie nationale, car, comme vous le savez, c'est par ce chemin de fer vieillissant que transitent au quotidien l'essentiel des ressources naturelles du pays vouées à l'exportation. Pour financer ce vaste projet de modernisation, le Gabon a effectivement besoin des capitaux étrangers. Et l'une des raisons de cette visite du président gabonais, c'est justement de voir dans quelle mesure, avec le soutien naturellement de la France, le Gabon pourra mener à terme ce vaste projet de développement. Et comme vous l'avez rappelé, il y a effectivement l'ambition affichée par les autorités gabonaises de transformer localement certaines ressources, en particulier le manganèse qui est exploité depuis la fin des années 1960 par le groupe Eramet. Cette question avait justifié, si j'ai bonne mémoire, la présence du président français au Gabon. Et ce sera l'occasion, lors de cette visite justement, de voir dans quelle mesure cette ambition-là pourra se concrétiser, puisque cette idée-là fait consensus au sein de la population gabonaise. La France, on le sait, a déjà acté le retrait de ses forces du camp de Gaulle qui a été rétrocédé à l'armée gabonaise. Mais, selon des sources proches de l'Élysée, il y a un nouvel accord de défense qui est en négociation et qui pourrait être signé pendant cette visite ou tout prochainement. Qu'est-ce qu'on peut en attendre ? Moi, je ne parlerai pas de retrait des troupes françaises stationnées à Libreville. Il s'agit plutôt d'une politique de restructuration puisqu'il est vrai que les effectifs ont été réduits mais les troupes françaises sont encore stationnées à Libreville. Peut-être pas dans les mêmes proportions, mais elles y sont toujours. L'un des enjeux de cette visite officielle du président gabonais à Paris, c'est justement de voir dans quelle mesure on peut réorganiser ce dispositif français dans la sous-région d'Afrique centrale, dans un contexte, vous l'avez si bien dit, marqué par des critiques acerbes et par le rejet de la politique africaine de la France, notamment dans les pays de l'Alliance des États du Sahel [Burkina Faso, Mali et Niger, NDLR]. Pensez-vous que le président Oligui va profiter de cette visite d'État pour solliciter des autorités françaises un soutien dans les tractations en cours pour la restructuration avec le Fonds monétaire international (FMI) de la dette gabonaise ? Oui, je pense, parce que le président, lors de son adresse devant les parlementaires réunis en congrès le 30 juin dernier, a clairement indiqué que le Gabon avait acté la présence du FMI à Libreville. Et je pense que, au regard des relations historiques avec la France, cette question-là fera l'objet du débat. À lire aussiGabon: les enjeux de la visite du président Brice Oligui Nguema en France
L'Agence internationale de l'énergie pointe dans son rapport annuel, publié en fin de semaine dernière, les tensions sur la disponibilité des minéraux critiques et une hausse importante des prix de certains d'entre eux. Le continent africain est évidemment un acteur central dans cette compétition mondiale et tente de tirer son épingle du jeu par différents moyens. Il y a d'abord le levier de l'offre et les répercussions sur les prix. L'année 2025 a été marquée par une hausse des cours d'un grand nombre de ces métaux critiques. « Les prix des métaux de base tels que l'aluminium, le cuivre et l'étain ont augmenté d'un tiers entre janvier 2025 et avril 2026, avec des cours du cuivre qui ont atteint des sommets. Les prix des matériaux destinés aux batteries se sont également redressés après une baisse en 2023 et 2024 », détaille Tim Gould, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie. Le conflit au Moyen-Orient est en cause, mais pas seulement : « Les prix du lithium ont plus que doublé, tandis que ceux du cobalt ont augmenté d'environ 130%, en grande partie en raison des restrictions à l'exportation imposées par la République démocratique du Congo. » Après avoir suspendu les exportations de cobalt, la RDC a remplacé l'interdiction par un système de quotas. Kinshasa n'est pas le seul producteur africain à jouer sur ce levier. Tim Gould lors d'une présentation du rapport : « Ce que vous voyez actuellement à l'écran, c'est une forte augmentation du nombre de restrictions commerciales. Désormais, il ne s'agit plus seulement de la Chine. D'autres pays ont également mis en place de nouvelles restrictions, notamment le quota d'exportation de cobalt imposé par la RDC, que j'ai déjà mentionné, ainsi que les restrictions commerciales imposées par le Zimbabwe sur le lithium, par le Mozambique sur le graphite. » Madagascar mise sur son graphite Si l'AIE note une baisse des dépenses dans l'exploration minière, certains pays profitent néanmoins de l'engouement pour certains minerais. Au début de l'année, Madagascar a levé son moratoire sur les permis miniers, rouvrant la porte aux investisseurs. Une aubaine, notamment dans le domaine du graphite dominé actuellement par la Chine. « Les pays occidentaux, on va dire, que ce soit des Européens ou des Canadiens, ou des Américains ou des Australiens, sont à la recherche de ressources en graphite. Et il se trouve qu'il y en a à Madagascar. Ce qui permettrait in fine d'acquérir une certaine indépendance vis-à-vis de la Chine », remet en contexte Jean-Jacques Young, consultant minier et fin connaisseur de l'île. Et Madagascar, qui dispose de l'une des trois plus grosses réserves mondiales de graphite, a sa partition à jouer. « Madagascar a une position très privilégiée dans le secteur du graphite, parce que les réserves sont importantes. Elles sont réparties sur plusieurs territoires dans le pays. Donc oui, effectivement, il y a un certain nombre d'investisseurs qui développent aujourd'hui des projets de mine de graphite. C'est tout à fait exact », confirme l'expert. Les États du continent restent cependant largement tributaires d'investissements extérieurs, du manque d'infrastructure énergétiques. Dans un moyen terme beaucoup misent sur la transformation locale pour améliorer encore plus le profit tiré de leur sous-sol. À lire aussiRDC: l'entreprise minière Kamoto Copper company, filiale du groupe Glencore, placée sous scellé
L'Invitée culture est la romancière sénégalaise Sokhna Ndao. Son quatrième roman Catharsis est paru aux éditions Obangame. À travers le destin d'une couturière de génie, Sokhna Ndao revient sur les violences subies par les femmes dans un pays foncièrement patriarcal. RFI : Vous signez, aux éditions Obangame, un quatrième roman dans lequel vous poursuivez votre exploration des maux et des combats de la société moderne sénégalaise. Catharsis raconte la vie d'une épouse qui va se retrouver confrontée à la violence de sa belle-famille. Les violences faites aux femmes sont une problématique qui vous tient à cœur. Est-ce que vous diriez que votre héroïne, Tabara, est représentative de la condition féminine au Sénégal ? Sokhna Ndao : Elle est représentative de la condition féminine au Sénégal parce que ce roman a été écrit durant la pandémie de Covid-19, et je me suis rendu compte que six ans plus tard, la situation n'avait pas changé. On a de plus en plus des femmes qui sont victimes de violences au quotidien. Violences psychologiques et physiques. Et ça me tenait à cœur de leur donner un espace pour s'exprimer. Les violences faites aux femmes dans les familles, c'est quelque chose de très commun donc, mais dont on parle peu. On en parle de plus en plus. C'est le retentissement qui n'a pas la force que j'aimerais qu'il ait. Mais si vous allez sur les réseaux sociaux, il y a énormément de mots-dièse qui se sont multipliés pour dénoncer le code de la famille, qui n'a pas été révisé. On parle encore de « puissance paternelle » au Sénégal. Votre mari peut vous battre et vous n'avez pas le droit de rentrer chez vous parce que vos parents vous disent que « c'est un déshonneur, que vous devez rester dans votre couple, dans votre mariage ». Et ces femmes enfermées meurent de plus en plus. On s'aperçoit effectivement que votre héroïne, Tabara, est dépossédée de tout par son époux ; de sa liberté d'abord, de sa marge de manœuvre, de son identité même, et de son enfant. Et elle n'a aucun recours... C'est-à-dire que personne ne l'écoute parce qu'elle méconnaît la loi. Ce roman, il a mis du temps à sortir parce que je devais d'abord me renseigner au niveau de la loi, la loi islamique et le code de la famille au Sénégal. En fait, Tabara ne sait absolument pas qu'elle a des droits. Son mari l'enferme dans ce tunnel de doutes, ce qui lui permet de l'exploiter davantage. Et si elle avait été au courant que son mari n'a pas le droit de faire tout cela, elle se serait révoltée plus tôt. Donc dans le texte, je glisse quelques petits indices par-ci par-là pour dire « renseignez-vous ». Parce que vous êtes peut-être dans des situations qui ne sont absolument pas tolérables, ni aux yeux des hommes, ni aux yeux de Dieu. Tabara est quand même une situation particulière parce qu'elle n'a pas une grande famille. Son père a disparu après sa naissance et sa mère est assez défaillante. Cela renforce l'emprise que la belle-famille exerce sur elle. Est-ce qu'une femme ayant une famille normale au Sénégal peut davantage compter sur une forme de protection ? Oui et non, dans le sens où effectivement, si on prend l'exemple de la famille de Tabara, il y a une problématique, un traumatisme d'abandon dès le départ. Sa mère ne la défend pas. Elle est même absolument complice de ses bourreaux. Et ça, c'est une réalité, une mère qui projette sur son enfant ses propres traumatismes. D'ailleurs, elle le dit dans le roman à un moment donné. « Peut-être que si j'avais eu un fils, ton père serait resté avec moi », ce qui est extrêmement violent. Donc, quand Tabara part dans la belle-famille, sa mère se débarrasse d'elle – c'est le deuxième choc d'abandon – et sa belle-mère trouve en Tabara une victime parfaite. Cette femme, issue elle-même d'un milieu polygame qui a traversé énormément de traumatismes grâce à la situation financière de ses enfants, peut imposer une dictature dans cette maisonnée. Et imposer des violences psychologiques envers ces belles-filles qu'elle maltraite aux yeux de tous. Et personne ne dit rien. Personne ne fait rien. Comment vous l'expliquez, cette apathie ? Souvent, quand vous êtes harcelée, quand vous êtes victime d'une perversion narcissique, il y a tout un écosystème qui se fait complice. Puisqu'elle est là, elle est devenue riche, elle impose sa loi et les autres se disent : « Ah, si je prends parti, si je défends, elle va devenir violente envers moi, donc je vais devenir complice pour ne pas aussi subir les foudres de l'harceleur. » Il y a aussi une question que vous abordez, c'est justement la transmission de l'éducation. Vous écrivez à un moment une très jolie phrase : « Mes rêves n'étaient que des inepties implantées depuis l'enfance, formatées pour me faire écraser par le monde ». C'est ce que pense Tabara dans ce roman. L'éducation est très importante, on n'apprend pas aux jeunes filles à résister, on leur apprend à se soumettre... Il y a une asymétrie. En fait, les hommes ont le droit d'être respectés, d'être obéis, de n'être jamais contredits. Et la femme, c'est « l'agneau sacrificiel », en fait. Elle doit avoir des valeurs confucéennes, faire preuve de probité, faire preuve d'humilité. En fait, on n'apprend pas aux hommes à aimer. La femme se retrouve muselée. Et si je reviens sur la mère de Tabara, elle ne l'a jamais défendue. Elle lui demande d'être humble, soumise, patiente. Pour Tabara et pour ces femmes, oui, les hommes ont plus de droits au Sénégal. Et actuellement, les femmes perdent du terrain. En tant que femme, chaque année, je rentre et je vois que la génération de ma mère a eu plus de droits que moi, et d'une certaine manière, cela m'exaspère. Dans Catharsis, vous abordez d'autres problèmes sociaux. Vous déconstruisez un certain nombre de mythes, comme celui de la justice, celui de l'expatriation, puisque Farah, l'époux de Tabara, se retrouve en France dans une situation difficile. À chaque fois, on a le sentiment que le rapport de force sociale dans ce roman est très cruel. Le monde est impitoyable... C'est un monde impitoyable et j'aime beaucoup explorer les dynamiques, les déséquilibres qui « créent des distorsions ». Sinon, ce serait plat, ennuyeux. C'est parce qu'il y a des rapports de force, des problématiques d'argent, de liberté, que forcément, on en vient à certains comportements. Je ne suis pas en train de dire que Farah est victime, mais pour produire un monstre, il me fallait un schéma, un chaînon. On ne naît pas monstre, on le devient. La belle-mère de Tabara, pour moi, c'est ce que la société sénégalaise fabrique de pire comme monstre. Ces monstres du quotidien qui normalisent les violences psychologiques. Je voulais un peu apporter un regard différent par rapport au lecteur. Tabara va quand même connaître un destin incroyable puisqu'elle va réussir finalement à s'émanciper. Comment y parvient-elle ? Sans divulguer pour autant la fin du roman. Le talent. C'est son talent. Dépossédée de tout, elle se dit : « Je vais travailler, je vais devenir indépendante financièrement. » Dès le début du roman, sa mère lui dit : « Tu n'es même pas – excusez-moi le terme – foutue d'être avocate, ou médecin, tu es qu'une saltimbanque, je n'ai pas élevé une saltimbanque. » Et ce sont sa créativité, son imagination, son talent qui vont lui ouvrir les portes. Et au Sénégal, vous avez énormément de femmes couturières, artistes, chanteuses qui s'émancipent grâce à leur talent. C'est une littérature sociale et engagée qui « porte le couteau dans la plaie », pour reprendre les mots d'un journaliste célèbre, mais c'est aussi un roman habité par une écriture très particulière et très belle. Je veux vous citer vous. À un moment, Tabara dit à son amant : « Tôt ou tard, toi aussi tu vas graver tes initiales dans l'une de mes cicatrices. » Le style est quelque chose que vous avez beaucoup travaillé ? J'aime beaucoup la poésie. Petite, mes premiers chocs esthétiques ont été poétiques. C'était Baudelaire. Je m'en rappelle encore. Le mort joyeux m'a interloquée. Et les mots ont pour moi un poids pour parler des maux. « Un roi cruel m'a rendu cynique », dit encore Tabara. Rassurez-nous ; finalement, elle n'est pas si cynique que ça, votre héroïne ? Son cœur continue de battre, même si pour faire cette catharsis, elle y croit encore. Même si, jusqu'à la fin, elle se pose la question du « est-ce que j'y vais, est-ce que je n'y vais pas ? » Mais pour elle, elle pensait que l'amour arrive trop tard. C'est un roman, mais il y a de la musique dedans. Tous les chapitres commencent par une citation, souvent en anglais, d'un chanteur de pop ou de rock. On a du David Bowie, on a du Coldplay, on a du Phil Collins, on en a plein d'autres comme ça. Pour quelles raisons ? C'est mon père qui m'a fait découvrir les Beatles, donc pour moi, la musique n'a pas de frontières. Je sais que ça peut choquer, mais si je cite Ismaël Lo, il dit s'être inspiré d'Ottis Redding, de Jimi Hendrix. Youssou N'Dour a chanté du Bob Dylan, donc la présence de la musique dans ce livre est un choix personnel. C'est un peu aussi pour rendre hommage à cet héritage culturel que j'ai reçu. C'est comme la bande son du roman en fait. C'est d'ailleurs ce que j'écoutais quand je l'écrivais.
L'Invitée culture est la romancière sénégalaise Sokhna Ndao. Son quatrième roman Catharsis est paru aux éditions Obangame. À travers le destin d'une couturière de génie, Sokhna Ndao revient sur les violences subies par les femmes dans un pays foncièrement patriarcal. RFI : Vous signez, aux éditions Obangame, un quatrième roman dans lequel vous poursuivez votre exploration des maux et des combats de la société moderne sénégalaise. Catharsis raconte la vie d'une épouse qui va se retrouver confrontée à la violence de sa belle-famille. Les violences faites aux femmes sont une problématique qui vous tient à cœur. Est-ce que vous diriez que votre héroïne, Tabara, est représentative de la condition féminine au Sénégal ? Sokhna Ndao : Elle est représentative de la condition féminine au Sénégal parce que ce roman a été écrit durant la pandémie de Covid-19, et je me suis rendu compte que six ans plus tard, la situation n'avait pas changé. On a de plus en plus des femmes qui sont victimes de violences au quotidien. Violences psychologiques et physiques. Et ça me tenait à cœur de leur donner un espace pour s'exprimer. Les violences faites aux femmes dans les familles, c'est quelque chose de très commun donc, mais dont on parle peu. On en parle de plus en plus. C'est le retentissement qui n'a pas la force que j'aimerais qu'il ait. Mais si vous allez sur les réseaux sociaux, il y a énormément de mots-dièse qui se sont multipliés pour dénoncer le code de la famille, qui n'a pas été révisé. On parle encore de « puissance paternelle » au Sénégal. Votre mari peut vous battre et vous n'avez pas le droit de rentrer chez vous parce que vos parents vous disent que « c'est un déshonneur, que vous devez rester dans votre couple, dans votre mariage ». Et ces femmes enfermées meurent de plus en plus. On s'aperçoit effectivement que votre héroïne, Tabara, est dépossédée de tout par son époux ; de sa liberté d'abord, de sa marge de manœuvre, de son identité même, et de son enfant. Et elle n'a aucun recours... C'est-à-dire que personne ne l'écoute parce qu'elle méconnaît la loi. Ce roman, il a mis du temps à sortir parce que je devais d'abord me renseigner au niveau de la loi, la loi islamique et le code de la famille au Sénégal. En fait, Tabara ne sait absolument pas qu'elle a des droits. Son mari l'enferme dans ce tunnel de doutes, ce qui lui permet de l'exploiter davantage. Et si elle avait été au courant que son mari n'a pas le droit de faire tout cela, elle se serait révoltée plus tôt. Donc dans le texte, je glisse quelques petits indices par-ci par-là pour dire « renseignez-vous ». Parce que vous êtes peut-être dans des situations qui ne sont absolument pas tolérables, ni aux yeux des hommes, ni aux yeux de Dieu. Tabara est quand même une situation particulière parce qu'elle n'a pas une grande famille. Son père a disparu après sa naissance et sa mère est assez défaillante. Cela renforce l'emprise que la belle-famille exerce sur elle. Est-ce qu'une femme ayant une famille normale au Sénégal peut davantage compter sur une forme de protection ? Oui et non, dans le sens où effectivement, si on prend l'exemple de la famille de Tabara, il y a une problématique, un traumatisme d'abandon dès le départ. Sa mère ne la défend pas. Elle est même absolument complice de ses bourreaux. Et ça, c'est une réalité, une mère qui projette sur son enfant ses propres traumatismes. D'ailleurs, elle le dit dans le roman à un moment donné. « Peut-être que si j'avais eu un fils, ton père serait resté avec moi », ce qui est extrêmement violent. Donc, quand Tabara part dans la belle-famille, sa mère se débarrasse d'elle – c'est le deuxième choc d'abandon – et sa belle-mère trouve en Tabara une victime parfaite. Cette femme, issue elle-même d'un milieu polygame qui a traversé énormément de traumatismes grâce à la situation financière de ses enfants, peut imposer une dictature dans cette maisonnée. Et imposer des violences psychologiques envers ces belles-filles qu'elle maltraite aux yeux de tous. Et personne ne dit rien. Personne ne fait rien. Comment vous l'expliquez, cette apathie ? Souvent, quand vous êtes harcelée, quand vous êtes victime d'une perversion narcissique, il y a tout un écosystème qui se fait complice. Puisqu'elle est là, elle est devenue riche, elle impose sa loi et les autres se disent : « Ah, si je prends parti, si je défends, elle va devenir violente envers moi, donc je vais devenir complice pour ne pas aussi subir les foudres de l'harceleur. » Il y a aussi une question que vous abordez, c'est justement la transmission de l'éducation. Vous écrivez à un moment une très jolie phrase : « Mes rêves n'étaient que des inepties implantées depuis l'enfance, formatées pour me faire écraser par le monde ». C'est ce que pense Tabara dans ce roman. L'éducation est très importante, on n'apprend pas aux jeunes filles à résister, on leur apprend à se soumettre... Il y a une asymétrie. En fait, les hommes ont le droit d'être respectés, d'être obéis, de n'être jamais contredits. Et la femme, c'est « l'agneau sacrificiel », en fait. Elle doit avoir des valeurs confucéennes, faire preuve de probité, faire preuve d'humilité. En fait, on n'apprend pas aux hommes à aimer. La femme se retrouve muselée. Et si je reviens sur la mère de Tabara, elle ne l'a jamais défendue. Elle lui demande d'être humble, soumise, patiente. Pour Tabara et pour ces femmes, oui, les hommes ont plus de droits au Sénégal. Et actuellement, les femmes perdent du terrain. En tant que femme, chaque année, je rentre et je vois que la génération de ma mère a eu plus de droits que moi, et d'une certaine manière, cela m'exaspère. Dans Catharsis, vous abordez d'autres problèmes sociaux. Vous déconstruisez un certain nombre de mythes, comme celui de la justice, celui de l'expatriation, puisque Farah, l'époux de Tabara, se retrouve en France dans une situation difficile. À chaque fois, on a le sentiment que le rapport de force sociale dans ce roman est très cruel. Le monde est impitoyable... C'est un monde impitoyable et j'aime beaucoup explorer les dynamiques, les déséquilibres qui « créent des distorsions ». Sinon, ce serait plat, ennuyeux. C'est parce qu'il y a des rapports de force, des problématiques d'argent, de liberté, que forcément, on en vient à certains comportements. Je ne suis pas en train de dire que Farah est victime, mais pour produire un monstre, il me fallait un schéma, un chaînon. On ne naît pas monstre, on le devient. La belle-mère de Tabara, pour moi, c'est ce que la société sénégalaise fabrique de pire comme monstre. Ces monstres du quotidien qui normalisent les violences psychologiques. Je voulais un peu apporter un regard différent par rapport au lecteur. Tabara va quand même connaître un destin incroyable puisqu'elle va réussir finalement à s'émanciper. Comment y parvient-elle ? Sans divulguer pour autant la fin du roman. Le talent. C'est son talent. Dépossédée de tout, elle se dit : « Je vais travailler, je vais devenir indépendante financièrement. » Dès le début du roman, sa mère lui dit : « Tu n'es même pas – excusez-moi le terme – foutue d'être avocate, ou médecin, tu es qu'une saltimbanque, je n'ai pas élevé une saltimbanque. » Et ce sont sa créativité, son imagination, son talent qui vont lui ouvrir les portes. Et au Sénégal, vous avez énormément de femmes couturières, artistes, chanteuses qui s'émancipent grâce à leur talent. C'est une littérature sociale et engagée qui « porte le couteau dans la plaie », pour reprendre les mots d'un journaliste célèbre, mais c'est aussi un roman habité par une écriture très particulière et très belle. Je veux vous citer vous. À un moment, Tabara dit à son amant : « Tôt ou tard, toi aussi tu vas graver tes initiales dans l'une de mes cicatrices. » Le style est quelque chose que vous avez beaucoup travaillé ? J'aime beaucoup la poésie. Petite, mes premiers chocs esthétiques ont été poétiques. C'était Baudelaire. Je m'en rappelle encore. Le mort joyeux m'a interloquée. Et les mots ont pour moi un poids pour parler des maux. « Un roi cruel m'a rendu cynique », dit encore Tabara. Rassurez-nous ; finalement, elle n'est pas si cynique que ça, votre héroïne ? Son cœur continue de battre, même si pour faire cette catharsis, elle y croit encore. Même si, jusqu'à la fin, elle se pose la question du « est-ce que j'y vais, est-ce que je n'y vais pas ? » Mais pour elle, elle pensait que l'amour arrive trop tard. C'est un roman, mais il y a de la musique dedans. Tous les chapitres commencent par une citation, souvent en anglais, d'un chanteur de pop ou de rock. On a du David Bowie, on a du Coldplay, on a du Phil Collins, on en a plein d'autres comme ça. Pour quelles raisons ? C'est mon père qui m'a fait découvrir les Beatles, donc pour moi, la musique n'a pas de frontières. Je sais que ça peut choquer, mais si je cite Ismaël Lo, il dit s'être inspiré d'Ottis Redding, de Jimi Hendrix. Youssou N'Dour a chanté du Bob Dylan, donc la présence de la musique dans ce livre est un choix personnel. C'est un peu aussi pour rendre hommage à cet héritage culturel que j'ai reçu. C'est comme la bande son du roman en fait. C'est d'ailleurs ce que j'écoutais quand je l'écrivais.
L'actuel chef de l'État sénégalais Bassirou Diomaye Faye reçoit vendredi 17 juillet son prédécesseur Macky Sall, candidat déclaré au poste de secrétaire général des Nations unies. En quête de parrainages, Macky Sall cherche des soutiens, dans un contexte politique marqué par l'accentuation de la rivalité entre Bassirou Diomaye Faye et le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko. La rencontre pourrait aussi masquer des enjeux de politique interne à Dakar. Moussa Diaw, professeur émérite de sciences politiques à l'université Gaston-Berger de Saint-Louis, analyse les enjeux de cette visite. Il est l'invité de Polycarpe Essomba. RFI : Est-ce que l'annonce de cette rencontre entre Bassirou Diomaye Faye, l'actuel président sénégalais, et son prédécesseur, Macky Sall, vous a surpris ? Moussa Diaw : Oui, cela m'a surpris. Comme cela a surpris aussi beaucoup de Sénégalais. Le président Diomaye Faye avait exprimé son avis sur la candidature de l'ex-président Macky Sall, sur le fait qu'il n'avait pas été informé, qu'il n'a pas été sollicité pour un éventuel soutien. Donc, il avait une position sur cette candidature qu'il considérait comme ne le concernant pas. Quels bénéfices politiques le président Diomaye Faye peut-il tirer du fait de recevoir Macky Sall ? Le bénéfice politique, il est dans le fait que le président Diomaye cherche à créer un parti, un appareil politique. Et d'ailleurs, la date est annoncée : le 8 août, pour la campagne de lancement de ce parti. Il est donc dans une posture politique où il cherche des alliés, où il cherche à associer un certain nombre de leaders politiques qui pourraient lui permettre de renouveler son mandat, parce qu'il y pense et c'est ça, justement, l'objectif de ce point de vue-là. L'audience avec le président Macky Sall serait une occasion d'aborder cette question d'alliance entre le président Diomaye et le parti APR que dirige Macky Sall pour pouvoir mener une campagne électorale pour les élections locales, législatives, présidentielles en 2029. Dans l'autre sens, quelle peut être la motivation de Macky Sall, au-delà de la question d'un possible soutien à sa candidature à l'ONU ? Macky Sall a quitté le pouvoir. Il avait soutenu Amadou Ba [ex-Premier ministre du Sénégal, NDLR] pendant la campagne présidentielle de 2024. Ce dernier n'a pas réussi. Son parti était devenu pratiquement orphelin parce qu'il n'y avait pas de numéro deux. L'APR souffre de l'absence de son chef qui est à l'extérieur, qui vit au Maroc. Ce qui fait que le parti était livré à lui-même. Et maintenant, ce retour pourrait permettre à ce parti-là de nouer des relations de coalition avec Diomaye qui va fonder sa formation. Cela lui permettrait d'abord d'accéder à des ressources. Vous savez, un parti qui perd le pouvoir, c'est aussi une perte de ressources, parce que la politique ici fonctionne par le clientélisme. Il faut avoir suffisamment de ressources pour pouvoir entretenir une clientèle politique. Cette rencontre se tient dans un moment où le bras-de-fer entre Bassirou Diomaye Faye et l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko, actuel président de l'Assemblée nationale et président du parti Pastef, bat son plein à Dakar. Est-ce que, du coup, Ousmane Sonko fait les frais de toutes ces manœuvres dont vous parlez, du rapprochement entre Diomaye Faye et Macky Sall ? Ousmane Sonko est dans sa logique. Il a réussi à organiser son congrès et il est en train de mener un combat sur le terrain, dans la vente des cartes à ses militants, et il les exhorte à une remobilisation des forces pour pouvoir tenir les engagements qu'il avait pris devant les Sénégalais. Donc, oui, il y a cette rivalité de pouvoir, cette concurrence entre les deux leaders. Chacun cherche à se consolider dans l'espace politique sénégalais. Au niveau de l'opposition, elle s'est fragmentée... C'est pour cela que chacun d'eux se bat, c'est la raison pour laquelle ils cherchent à les rassembler, à créer une dynamique politique pour pouvoir constituer une sorte de rampe de lancement politique. Pour vous, Ousmane Sonko n'a pas à s'inquiéter outre mesure de manœuvres qui sont orchestrées en ce moment autour du président Diomaye Faye ? Je ne crois pas, pour la simple raison que sa popularité n'est pas affectée. Son dernier voyage, pour inaugurer la permanence de son parti à Touba, montre bien cette capacité de mobilisation, l'adhésion massive des jeunes à son parti, à sa personne. Tout cela montre qu'il a encore une popularité auprès des jeunes et des militants, et qu'ils sont attachés à sa personne. Le venue de Macky Sall à Dakar fait aussi son lot de mécontents, notamment auprès des familles des victimes de la répression de l'ancien régime. Elles appellent à ne pas sacrifier « la mémoire à l'autel de la diplomatie ». Comment entendez-vous ces cris ? C'est un cri de tristesse, un cri de désarroi. Ces familles ont perdu leurs enfants. D'autres ont eu des effets collatéraux sur leurs propres personnes, handicapées à vie. D'autres ont perdu leur emploi. Donc il y a eu beaucoup de victimes. Or, jusqu'à présent, la justice ne s'est pas prononcée sur ce dossier-là. Et Macky Sall, est considéré comme un responsable : c'était lui le président de la République. Ces citoyens-là ne souhaitent pas la venue de Macky Sall. C'est ce qui fait que ce climat est lourd. Cette visite est contestée par ces organisations-là et par ces personnes qui sont des victimes des répressions qui ont eu lieu entre 2021 et 2024.
Extrait qui compile plusieurs passages avec différentes invitées, où nous évoquons le rapport au corps, à la séduction, les critères physiques, le mal que ça nous a fait d'être cachée, rejetée parfois, et la joie de réussir à séduire ceux/celles qui nous semblaient hors d'atteinte (ce que je nomme "phase palmarès"). Parce que oui, on a le droit d'être des personnes désirantes et désirables, même quand on ne correspond pas aux normes de beauté capitalistes occidentales.Ce qui fait un bon lien avec l'épisode avec Morgane Tocco, docteure en anthropologie sociale, diplômée de l'EHESS, autrice du livre "Moi aussi je te regarde - Regards de femmes sur corps d'hommes" aux éditions du Détour. https://singlejungle.lepodcast.fr/ep-point-135-morgane-tocco-moi-aussi-je-te-regarde-regards-de-femmes-sur-corps-dhommes Et avec cet épisode du podcast du magazine Elle, "il était une (première) fois" auquel j'ai participé :https://podcasts.elle.fr/elle-il-etait-une-premiere-fois/202403140652-sex-therapy"Sur une application de rencontre, Louisa fait défiler les profils. Elle tombe sur celui d'un homme tellement beau qu'elle se demande ce qu'il peut bien faire sur ce genre de plateforme. Ils commencent à discuter et elle s'interroge alors sur ce qu'il peut bien lui trouver. Un premier rendez-vous est décidé. Dans les rues, toutes les filles se retournent sur son passage, mais c'est elle qu'il a choisie. Leur première nuit d'amour est torride, inoubliable. En suivront de nombreuses autres qui, à chaque fois, lui feront l'effet d'un shot de confiance en soi."
À Montréal, le festival international Nuits d'Afrique fête sa 40e édition avec des concerts prévus jusqu'au dimanche 19 juillet au soir. Si ce rendez-vous culturel accueille aujourd'hui un public de plus de 250 000 personnes, il a débuté dans la pénombre d'un petit bar, grâce à la volonté d'un ancien danseur et chorégraphe guinéen nommé Lamine Touré. En 1985, il fonde le désormais mythique Club Balattou, pour « bal à tous, à tout le monde », berceau des musiques du monde à Montréal. De notre envoyée spéciale à Montréal, On le surnomme « le baobab de Montréal ». Après une enfance entre Boké en Guinée et Bouaké en Côte d'Ivoire, Lamine Touré passe une décennie en Europe, puis s'installe dans la plus grande ville du Québec. À son arrivée en 1974, il constate que les Africains ne sont qu'une cinquantaine ici, et qu'ils ne font pas communauté. « Quand je suis arrivé à Montréal, j'ai trouvé que chacun faisait sa culture, mais chacun dans son coin. Alors moi, j'ai dit : "Mais non, ça c'est pas normal." C'est mieux qu'on trouve une façon de rassembler tout le monde, pour que par exemple nous, les immigrants, on puisse profiter. Mais les Québécois de souche aussi vont profiter. Parce qu'à travers la culture, on peut se connaître », explique-t-il. Le premier lieu du genre au Canada Ni une ni deux, Lamine Touré fonde le Club Balattou, boulevard Saint-Laurent. Le lieu rassemble les cultures africaines, antillaises et latino-américaines et devient rapidement une institution. La première discothèque africaine du Canada est tout en longueur, avec une scène très proche du public, des canapés en cuir, des miroirs aux murs et au plafond. La chanteuse sud-africaine Lorraine Klaasen évoque avec émotion ce lieu mythique : « Des fois, je passe là-bas au Balattou, je vois les petites photos là où j'étais jeune avec beaucoup d'autres artistes, je me dis "Oh mon Dieu". Cela existe toujours comme un lieu où tu vas aller vraiment écouter les musiques africaines, si tu veux danser. Et il y a le miroir. Donc quand j'y chante, je me regarde moi-même dans le miroir (rires), il y a mon reflet, je me dis "Oh Lorraine, you are cute'' (''Oh Lorraine, tu es mignonne"). Alors, si tu veux vraiment aller dans une place où tu veux écouter la musique africaine, va au Balattou. » Un refuge où rencontrer sa communauté Papa Wemba, Youssou N'Dour, Boubacar Diabaté, Oumou Sangaré… Tous les désormais grands noms de la sono mondiale sont passés par le Balattou. Au-delà de la musique, le lieu devient un repaire, un refuge où se sentir chez soi, peu importe d'où l'on vient. « L'accueil qu'il y a au Balattou, tu ne trouves ça nulle part ailleurs. Parce que moi, je fais l'accueil à l'africaine. Supposons si je viens chez toi, dans ta maison, dès que je rentre, qu'est-ce que tu fais ? Tu me serres la main, non ? C'est ce que je fais au Balattou jusqu'à maintenant. Depuis que j'ai ouvert, je suis toujours là. » Du Club Balattou au festival Nuits d'Afrique Lamine Touré voulait faire du Balattou un lieu familial, mais il se heurte à une limite légale : l'interdiction du club aux moins de 21 ans à cause de la vente d'alcool. « Il faut faire quelque chose. Parce que si ça reste comme cela, il n'y a pas de relève. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à faire Nuits d'Afrique en plein air. C'est pour la famille », se souvient-il. Deux ans plus tard, Lamine Touré sort les cultures afrodescendantes du Balattou et les déploie dans les rues de la ville pour toucher les plus jeunes. Quarante ans plus tard, le festival Nuits d'Afrique prend place dans le quartier des spectacles, en plein cœur de Montréal. Et Lamine Touré, l'homme qui a installé l'Afrique à Montréal, rêve désormais de créer des festivals similaires en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Mali ou au Sénégal. À lire aussiLe jeune collectif Zalam Kao au festival Nuits d'Afrique de Montréal À lire aussiTrente ans de Nuits d'Afrique à Montréal
À Montréal, le festival international Nuits d'Afrique fête sa 40e édition avec des concerts prévus jusqu'au dimanche 19 juillet au soir. Si ce rendez-vous culturel accueille aujourd'hui un public de plus de 250 000 personnes, il a débuté dans la pénombre d'un petit bar, grâce à la volonté d'un ancien danseur et chorégraphe guinéen nommé Lamine Touré. En 1985, il fonde le désormais mythique Club Balattou, pour « bal à tous, à tout le monde », berceau des musiques du monde à Montréal. De notre envoyée spéciale à Montréal, On le surnomme « le baobab de Montréal ». Après une enfance entre Boké en Guinée et Bouaké en Côte d'Ivoire, Lamine Touré passe une décennie en Europe, puis s'installe dans la plus grande ville du Québec. À son arrivée en 1974, il constate que les Africains ne sont qu'une cinquantaine ici, et qu'ils ne font pas communauté. « Quand je suis arrivé à Montréal, j'ai trouvé que chacun faisait sa culture, mais chacun dans son coin. Alors moi, j'ai dit : "Mais non, ça c'est pas normal." C'est mieux qu'on trouve une façon de rassembler tout le monde, pour que par exemple nous, les immigrants, on puisse profiter. Mais les Québécois de souche aussi vont profiter. Parce qu'à travers la culture, on peut se connaître », explique-t-il. Le premier lieu du genre au Canada Ni une ni deux, Lamine Touré fonde le Club Balattou, boulevard Saint-Laurent. Le lieu rassemble les cultures africaines, antillaises et latino-américaines et devient rapidement une institution. La première discothèque africaine du Canada est tout en longueur, avec une scène très proche du public, des canapés en cuir, des miroirs aux murs et au plafond. La chanteuse sud-africaine Lorraine Klaasen évoque avec émotion ce lieu mythique : « Des fois, je passe là-bas au Balattou, je vois les petites photos là où j'étais jeune avec beaucoup d'autres artistes, je me dis "Oh mon Dieu". Cela existe toujours comme un lieu où tu vas aller vraiment écouter les musiques africaines, si tu veux danser. Et il y a le miroir. Donc quand j'y chante, je me regarde moi-même dans le miroir (rires), il y a mon reflet, je me dis "Oh Lorraine, you are cute'' (''Oh Lorraine, tu es mignonne"). Alors, si tu veux vraiment aller dans une place où tu veux écouter la musique africaine, va au Balattou. » Un refuge où rencontrer sa communauté Papa Wemba, Youssou N'Dour, Boubacar Diabaté, Oumou Sangaré… Tous les désormais grands noms de la sono mondiale sont passés par le Balattou. Au-delà de la musique, le lieu devient un repaire, un refuge où se sentir chez soi, peu importe d'où l'on vient. « L'accueil qu'il y a au Balattou, tu ne trouves ça nulle part ailleurs. Parce que moi, je fais l'accueil à l'africaine. Supposons si je viens chez toi, dans ta maison, dès que je rentre, qu'est-ce que tu fais ? Tu me serres la main, non ? C'est ce que je fais au Balattou jusqu'à maintenant. Depuis que j'ai ouvert, je suis toujours là. » Du Club Balattou au festival Nuits d'Afrique Lamine Touré voulait faire du Balattou un lieu familial, mais il se heurte à une limite légale : l'interdiction du club aux moins de 21 ans à cause de la vente d'alcool. « Il faut faire quelque chose. Parce que si ça reste comme cela, il n'y a pas de relève. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à faire Nuits d'Afrique en plein air. C'est pour la famille », se souvient-il. Deux ans plus tard, Lamine Touré sort les cultures afrodescendantes du Balattou et les déploie dans les rues de la ville pour toucher les plus jeunes. Quarante ans plus tard, le festival Nuits d'Afrique prend place dans le quartier des spectacles, en plein cœur de Montréal. Et Lamine Touré, l'homme qui a installé l'Afrique à Montréal, rêve désormais de créer des festivals similaires en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Mali ou au Sénégal. À lire aussiLe jeune collectif Zalam Kao au festival Nuits d'Afrique de Montréal À lire aussiTrente ans de Nuits d'Afrique à Montréal
Ecoutez L'œil de Philippe Caverivière du 16 juillet 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, Barbara Lefebvre, prof d'histoire-géo, et Didier Giraud, éleveur de bovins, débattent de l'actualité autour d'Olivier Truchot.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu est au Maroc depuis mercredi 15 juillet, conduisant une importante délégation d'une douzaine de ministres. Alors que plusieurs accords relatifs devraient être signés, la visite coïncide aussi avec une soudaine crispation sur la question des droits humains, Rabat ayant engagé des procédures contre un journaliste et un artiste. Mehdi Alioua, sociologue à l'université internationale de Rabat, titulaire de la chaire Migrations, mobilités et cosmopolitisme, analyse ces rapports Paris-Rabat, notamment en rapport avec le reste de l'Afrique, au micro de Polycarpe Essomba. RFI : Un match France-Maroc semble se jouer de manière subtile depuis quelques années en Afrique subsaharienne : là où la France perd pied ou fait des ajustements, le Maroc s'installe et investit. Le Royaume chérifien est-il devenu l'adversaire que la France n'a pas vu venir sur ces terres qui lui étaient jusqu'ici préférentielles ? Mehdi Alioua : Oui et non. C'est-à-dire que, non, d'abord, parce qu'une grande partie des investissements marocains se font en joint-venture avec des entreprises françaises ou d'un commun accord avec la diplomatie française. Donc, il y a quand même une coopération forte Sud-Sud qui passe aussi par une coopération Nord-Sud à travers les liens d'amitié entre Rabat et Paris. Mais, oui, parce que le Maroc est allé plus loin que ça, avec des investissements à 100 % marocains, mais surtout une diplomatie et une volonté clairement affichée par le chef de l'État, le Roi du Maroc, d'une politique africaine pour l'Afrique. Dans le Sahel, on sait les rapports dégradés entre la France et les États de l'AES, une zone où l'influence du Maroc est grandissante. Rabat peut-il du coup jouer un rôle dans une perspective d'amélioration de ces relations ? Oui, Rabat essaye de tout cœur de jouer un rôle. Après je ne pense pas que la situation soit dégradée au niveau des peuples. C'est plus compliqué que ça. Il y a beaucoup de Franco-Maliens - par exemple, pour prendre le Mali - pour lesquels, je pense par exemple que ça s'est dégradé au niveau politique. Et surtout avec de nouveaux régimes politiques et de nouveaux pouvoirs politiques qui ont joué de manière très populiste, il faut le dire clairement, sur une anti-France, sur un sentiment anti-France. Ce n'est pas du tout que comme ça que fonctionne la diplomatie marocaine. En revanche, il faut bien comprendre que nous avons des relations entre le Maroc et les pays sahéliens qui sont millénaires, qui datent bien avant l'Islam et qui n'ont fait que se renforcer avec l'Islam. Il ne faut pas oublier que nous avons au moins une dynastie célèbre qui donnera le mot français « marabout », al-mourabitoune, qui viennent du Sahel et qui ont régné à partir d'une ville, Aghmat, à côté de Marrakech, sur un empire qui allait de l'Espagne jusqu'en Guinée et au Mali actuel compris. Donc, on a des relations séculaires qui font qu'il y a bien sûr une diplomatie marocaine qui sait réactiver ces relations-là. Nous sommes voisins, nous sommes séparés par une mer de sable, le Sahara, mais dans laquelle nous savons naviguer depuis des siècles. Sur un plan interne, les autorités marocaines ont fait arrêter ces derniers jours de voix, parmi les plus critiques du gouvernement : le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet et le rappeur Mehdi Black Wind. Faut-il s'en inquiéter ? Il faut toujours s'inquiéter lorsque des journalistes ou des artistes finissent en prison. Ici, pour les autorités en question, il s'agit de la justice qui mène ses enquêtes de manière, en principe, indépendante. Les personnes interpellées peuvent se défendre. Le journaliste a été libéré, mais il est toujours sous examen. Donc, les gens vont se défendre. Ce n'est pas très clair pour l'autre dossier, mais il y a déjà des associations d'avocats et des défenseurs des droits humains au Maroc qui se mobilisent pour défendre, et la justice présentera en fait les griefs qu'elle leur porte. Le Maroc a fait un bond en avant assez considérable depuis des années sur la question du respect des droits humains et des procédures. Mais, malheureusement, il y a parfois des vieux réflexes. Pensez-vous qu'aujourd'hui Rabat exerce le même attrait ? Pour revenir un peu sur le concept que nous avons évoqué au début de match France-Maroc, est-ce que Rabat exerce aujourd'hui sur les Subsahariens le même attrait, la même attraction, qu'exerçait ou qu'exerce encore jusqu'aujourd'hui Paris ? Non, pas du tout. En revanche, le Maroc attire de plus en plus. C'est une volonté très claire des autorités marocaines de d'attirer plus. On le voit avec la Coupe d'Afrique des nations de football : le Maroc a énormément investi pour faire une CAN formidable, mais on voit à quel point c'est fragile et comme quoi ça peut se retourner rapidement contre le Maroc. D'un côté, la société marocaine, les jeunes ont dit : « Mais pourquoi investir dans les stades autant d'argent alors qu'on a encore des problèmes endémiques de pauvreté ? » Et d'un autre côté, sur le continent, il a suffi d'une finale et d'une mésentente entre Maroc et Sénégal pour retourner une partie de l'opinion africaine contre le Maroc. Il faut dire aussi que ceux qui répètent qu'on a des pelouses comme en Europe, qu'on est les meilleurs d'Afrique, en bien ceux qui disent ça sans humilité sont quand même des personnes portant atteinte à la diplomatie africaine du Maroc. Donc, ça se retourne contre le Maroc. C'est toujours compliqué. Le Maroc attire et en même temps fait peur. Le Maroc n'attirera jamais autant que la France tant qu'il restera un pays à revenu intermédiaire faible. Le jour où le Maroc aura beaucoup plus de richesses et qu'il sera beaucoup plus développé économiquement, de fait, le Maroc attirera autant, si ce n'est plus, que la France. À lire aussiLe Premier ministre français à Rabat pour sceller un nouveau traité bilatéral France–Maroc
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Extrait de l'épisode avec Maud Le Rest, journaliste, autrice de "Tu devrais voir quelqu'un" (éditions Anne Carrière).Plusieurs sujets évoqués :1) la solitude des hommes. Ils ne prennent pas soin d'eux, donc ils ne prennent pas soin de leurs relations amicales, donc ils n'ont pas d'ami·es à qui se confier en cas de besoin. C'est un cercle vicieux en termes de santé mentale. 2) le patriarcat, à travers la pop culture notamment, a conditionné les femmes à aimer / désirer, les hommes fuyants, émotionnellement indisponibles, taciturnes. C'est le terreau des violences. Voir : "Désirer la violence - ce(ux) que la pop culture nous apprend à aimer" de Chloé Thibaud (éditions Les Insolentes), et "Dix questions sur la culture du viol" de Valérie Rey Robert (éditions Libertalia)3) les raisons évoquées par les hommes pour refuser de prendre en charge leur santé mentale (attention bcp de mauvaise foi dans leurs propos)4) les hommes qui ont le budget, le temps, l'énergie, pour participer à des marathons, refusent de prendre soin de leur santé mentale. Donc non, ce n'est pas une question d'argent, de temps pour d'énergie. Episode complet : https://singlejungle.lepodcast.fr/rediff-maud-le-rest-hommes-et-sante-mentale-solitude-plus-refus-de-se-soigner-egal-consequences-sur-toute-la-societe Un épisode initialement diffusé le 18 décembre 2024, et qui a été très apprécié. N'hésitez pas à l'envoyer aux hommes de votre entourage, car ils sont très rares à prendre en charge leur santé dont leur santé mentale. L'occasion aussi de vous signaler la sortie du nouveau livre de Maud Le Rest, aux éditions La Meute "Toi t'es pas comme les autres filles”, sur le phénomène des "pick me", ou syndrome de la Schtroumpfette, ces femmes qui n'ont pas encore découvert le féminisme, la sororité, et souhaitent à tout prix être choisies, validées par les hommes. Maud Le Rest est journaliste et autrice, elle consacre un ouvrage, "Tu devrais voir quelqu'un" (éditions Anne Carrière), à un sujet d'utilité publique : la santé mentale des hommes, leur refus d'en prendre soin, et l'impact que ce choix catastrophique, a sur la société entière, et en premier lieu, les femmes. Le Bechdel test est une des illustrations : est-il possible qu'au cinéma, 2 femmes parlent d'autre chose ensemble que d'un homme de leur vie ? Notre vie entière est consacrée en bonne partie à prendre soin des hommes : père, frère(s), grands-parents, oncles, cousins, amis, et un jour.. compagnon, ex-compagnon. 80% de nos séances chez 1 psy tournent autour d'eux. Ces charge mentale, charge affective, charge sexuelle, devraient être partagées. Chères auditrices, chers auditeurs alliés, Maud Le Rest et moi vous invitons à poser la question à tous les hommes autour de vous : combien seraient prêts à consulter pour régler leurs problèmes : addictions, mauvaise gestion financière, professionnelle, affective, manque d'engagement auprès de leurs proches, de leurs amis, violence envers eux-mêmes et envers les autres etc. Indice : commencez par les sportifs et les fêtards, ils ont visiblement du temps et un budget. Reste la volonté, enfin, de prendre soin d'eux, pour avoir enfin de la considération pour autrui, à commencer par les femmes qui les entourent. Bonne écoute ! Précisions : à 13'30 j'évoque une vidéo de France TV Slash, relayé par Odiawara, avec le chanteur Kalash et Fabrice Eboué, et je précise "leur culture créole". Or seul Kalash a une culture créole. Fabrice Eboué est né en Ile de France il est métis, mais son père est camerounais, et sa maman, blanche, normande. Depuis la diffusion de cet épisode, Kalash a été accusé de violences économiques (entre autres) par son ex-femmes et mère de leurs deux filles "Non-paiement de pensions alimentaires, non-respect de certains décisions de justice, conflits récurrents" https://rci.fm/deuxiles/infos/People/Ingrid-Littre-livre-Sa-Verite-sur-sa-relation-avec-KalashSi vous voulez soutenir Single Jungle, avec un don en une seule fois, j'ai ouvert un Tipeee : https://fr.tipeee.com/single-jungle. J'ai suivi le conseil d'auditrices et d'auditeurs qui ont proposé de participer à la hauteur de leurs moyens, ponctuellement, aux frais des épisodes (prise de son/montage et hébergement). Merci aux premières personnes qui ont participé ! Retrouvez Maud Le Rest sur les réseaux sociauxhttps://www.instagram.com/maudlerest/https://x.com/MaudLeResthttps://bsky.app/profile/maudlerest.bsky.social Références citées dans l'épisode ou en bonus ou recommandées par l'invitée (à suivre) PodcastsSingle Jungle Ep.75 Francis Dupuis Déri "Les hommes et le féminisme, faux amis, poseurs ou alliés" https://singlejungle.lepodcast.fr/ep-point-75-francis-dupuis-deri-les-hommes-et-le-feminisme-faux-amis-poseurs-ou-allies VidéosVidéo de Maud Le Rest pour Konbini https://www.instagram.com/p/DCbvIfpgE0a/Témoignage de Kalash (artiste rappeur, chanteur), ayant grandi en Martinique, sur sa prise en charge de sa santé mentale https://www.instagram.com/reel/C3GXuyYo6PY/?igsh=djA5YmlqdXgyamh1 Il y a aussi le témoignage de Fabrice Eboué, humoriste, dans le même épisodeVidéo humoristique et sincère de Thomas Sii, sur son père qui se moque de lui car il consulte 1 psy https://www.instagram.com/reel/DCUUIlHgOZb/?igsh=aTNwbTVwbWNlYXBvVidéo de Kevin Ozg sur les hommes qui refusent de montrer des émotions ou parler de leurs sentiments (autre que la colère) https://vm.tiktok.com/ZGdNV7swu/ Aide financière pour consulter 1 psyUne séance de psy gratuite et sans ordonnance chaque mois pour tous les Français dès le 1er janvier 2025 Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme “Mon soutien psy”, lancé en 2022. À l'époque, il offrait huit séances gratuites par an, mais uniquement sur prescription médicale. Jusqu'ici limité à 8 séances annuelles gratuites sur ordonnance, il passe à 12 consultations par an sans formalités. https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles/322452-sante-mentale-une-seance-de-psy-gratuite-chaque-mois-pour-les-francais-des-2025Le dispositif mis en place en place en mars 2021 à destination des étudiants à la suite de l'épidémie de Covid-19 est prolongé en 2023 (et 2024 ?). Vous êtes étudiant·e et vous ressentez le besoin d'une aide psychologique ? Vous pouvez bénéficier de 8 consultations gratuites avec un psychologue, sans avance de frais. Tous les étudiants qui le souhaitent peuvent en bénéficier." https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14726 Si vous vivez dans une localité où il n'y a pas de psy ou s'ils/elles n'ont pas de disponibilités avant plusieurs semaines, vous pouvez faire une téléconsultation, notamment via Qare https://www.qare.fr/ Si vous n'avez droit à aucune aide financière mais que vous souhaitez suivre une thérapie, un travail sur votre estime de soi, et pensez ne pas en avoir les moyens. Vous pouvez poser la question aux psychologues/psychiatres dans votre secteur (à voir sur Doctolib), il arrive régulièrement qu'ils/elles acceptent d'adapter leur tarif à leur patientèle. Dans mon cas par exemple, ma psy pratiquait le tarif de base de 40€ la séance (non remboursée par la sécurité sociale ou mutuelle), je ne pouvais pas aller au-delà de 30€ la séance la 1ère année, elle a accepté, le temps que mes finances s'améliorent. Et je sais que pour d'autres patientes (dont une de mes amies intermittente du spectacle), elle peut descendre à 20€ par exemple. Il suffit d'en parler ! Votre santé mentale mérite d'y réfléchir ! C'est le meilleur cadeau qu'on puisse s'offrir. Sujet évoqué dans le podcast "Thune", réalisé par Laurence Vély et Anna Borrel, dans cet épisode "l'argent sur le divan" avec la psychanalyste Mathilda Audasso https://podcasts.apple.com/fr/podcast/largent-sur-le-divan-avec-mathilda-audasso-psychanalyste/id1538572182?i=1000583258570 Si vous n'êtes pas encore prêt·e mais vous vous intéressez à la psychologie, psychanalyse, vous pouvez écouter et lire les chroniques de Mardi Noir (Emmanuelle Laurent) https://www.slate.fr/source/199596/mardi-noir et en podcast (pas les mêmes thématiques que les articles) : "ça tourne pas rond" https://www.slate.fr/audio/ca-tourne-pas-rond/ produit et réalisé par Slate.fr sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours. Montage et réalisation : Aurélie Rodrigues. AVERTISSEMENT IMPORTANT : Ne jamais s'inscrire sur une application ou site de rencontres payant sans 1) lire les avis sur Google (Play store) ou Apple (App store) 2) lire les conditions tarifaires de l'abonnement. Ainsi je vous déconseille fortement le site PARSHIP, qui pratique l'extorsion : on ne peut pas résilier avant 1 an obligatoire, même si on n'utilise plus le service, qui n'est pas satisfaisant, car très peu de personnes dans votre région. Le service client n'a que mépris pour les clients et le service communication ne veut rien entendre (un comble), aucun arrangement possible. Donc évitez une dépense inutile.Episode enregistré en novembre 2024 chez Isabelle, à Paris, merci à elle et à son chat pour leur hospitalité.Prise de son, montage et mixage : Isabelle FieldMusique : Nouveau générique ! Vous l'avez reconnu ? C'est le générique de la série mythique des années 90 "Code Quantum" avec Scott Bakula. J'adore cette série, féministe, inclusive. Dédicace à Richard Gaitet (Arte Radio), auteur, fan inconditionnel aussi de cette série.Virgules sonores : Edouard JoguetLogo conçu par Lynda Mac-ConnellHébergement : Podcloud
Le reportage Afrique de ce jour nous conduit au Cameroun, pays d'une grande diversité culinaire traditionnelle, avec des spécialités tels que le taro à la sauce jaune, communément appelé « achu ». Ce plat a été vulgarisé ces derniers temps via les réseaux sociaux par les influenceurs locaux à travers le concept culinaire du « dimanche taro », sorte de brunch généralement à ciel ouvert et qui permet à la jeunesse camerounaise de redécouvrir la cuisine traditionnelle. À l'origine, ce plat issu des régions du Nord-ouest et de l'Ouest était servi lors des mariages traditionnels, des funérailles, des naissances ou encore certains rituels initiatiques. Grâce aux réseaux sociaux, le taro à la sauce jaune est plus qu'un facteur d'intégration culturelle pour la jeunesse. Reportage à Yaoundé avec notre correspondant Emmanuel Jules Ntap. De notre correspondant à Yaoundé, Emmanuel Jules Ntap Des sonorités musicales distillées par un disc-jockey accueillent, ce dimanche, quelques jeunes venus déguster le taro à la sauce jaune dans un restaurant situé au quartier Bastos, à Yaoundé. L'espace fait environ 100 mètres carrés où sont soigneusement rangées une trentaine de tables rectangulaires et carrées au milieu des chaises et canapés rembourrés. En cet après-midi, la présence de trois jeunes filles, la vingtaine révolue, ne passe pas inaperçue. Elles dansent, chantent et se prennent en selfies en attendant de passer à table. Larissa est l'une d'elles. « Nous sommes venues manger le taro comme d'habitude. Ce n'est pas un plat de mon aire culturelle, mais je trouve ce plat délicieux », confie-t-elle. La commande est prête au bout de dix minutes. C'est le moment de passer à table. Larissa est la première à déguster. « Regardez comment ma sauce déborde, humm c'est bon. Il y a le morceau de poulet, de viande, la peau de bœuf, le pistache, le piment. Je vais les déguster comme il faut », s'enthousiasme-t-elle. À lire aussiLes délices du continent au Cameroun: la sauce jaune du taro que l'on aime manger le dimanche La pâte grise du taro est servie sous forme circulaire dans le plat, de façon à former un creux à l'intérieur duquel est déversée la sauce jaune. Cette spécialité culinaire n'a pas besoin de couverts pour être consommée. Démonstration avec Lucie, une jeune entrepreneure. « Je ne connaissais pas ce plat, mais j'ai appris, à travers les dimanches taro, la façon de manger avec ça : avec deux doigts, on rapproche le plat vers nous, on penche la tête et voilà. C'est un plat qu'on mange seul, en fait, on ne le partage pas », explique-t-elle. C'est le concept du « dimanche taro », via les réseaux sociaux, qui a suscité l'engouement de la jeunesse pour ce mets traditionnel. Moustik le Karismatik, jeune influenceur, en est l'initiateur. « La vérité est que ça permet de reconnecter les uns et les autres à leur culture culinaire. Ça leur permet de redéfinir leur identité », affirme-t-il. Pour les experts de la gastronomie, la sauce jaune a aussi le mérite d'avoir des vertus dont on ne parle pas encore assez. Émile Engoulou, hôtelier-restaurateur et président de l'Association des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Cameroun, souligne ses bienfaits. « Les 16 à 14 ingrédients qui constituent le mélange donnant la sauce jaune sont chacun un aliment. Donc, le ''achu'' est vraiment une bombe médicamenteuse, un ''alicament'', comme disent les savants », précise-t-il. Plus de dix caravanes culinaires pour la dégustation du taro à la sauce jaune ont d'ores et déjà été organisées dans trois villes du Cameroun, avec chaque fois une forte affluence de la jeunesse. À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique
Ecoutez L'œil de Philippe Caverivière du 16 juillet 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après plus d'un an de crise aiguë, le Mali et l'Algérie ont annoncé vendredi dernier le rétablissement de leurs liens diplomatiques. Une décrispation qui a surpris, alors qu'aucun signal ne l'avait laissé présager et que le Mali accusait avec virulence l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes » actifs à la frontière entre les deux pays : les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA. Quel rôle ont joué la Russie ou le Niger dans ce dégel ? La stratégie essentiellement militaire du Mali face aux groupes armés pourrait-elle évoluer avec l'implication d'Alger, qui prône le dialogue ? Ce rapprochement est-il crédible ou s'agit-il d'une énième péripétie diplomatique ? Michaël Béchir Ayari est analyste principal sur l'Algérie au sein de l'International Crisis Group (ICG), et auteur d'un rapport à paraître ce mercredi, intitulé Algérie-Mali : consolider la détente. RFI : Après plus d'un an de rupture diplomatique, le Mali et l'Algérie ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens mutuels. Un dégel que l'on n'avait pas vraiment vu venir. Beaucoup d'observateurs y voient la main de la Russie, qui aurait exigé de Bamako une position plus conciliante avec son voisin algérien. Est-ce que c'est le cas ? Michaël Ayari : Il y a beaucoup de suppositions. D'après nos sources, il semblerait qu'il y ait déjà depuis un moment, même avant avril, c'est-à-dire les attaques coordonnées d'avril [menées conjointement par le Jnim et le FLA, NDLR], et surtout après avril, une médiation claire et nette du Niger. Le Niger qui a lui-même renoué récemment avec l'Algérie. Exactement, en début d'année. Donc ça partirait de là. Mais bon, il y a beaucoup de rumeurs, vous savez, il y a tellement d'acteurs investis au Mali... Les Russes, à mon avis, n'ont pas joué de rôle direct, même si évidemment il y a eu certainement des discussions entre Alger et Moscou, ça c'est clair. Bamako a rompu l'accord de paix de 2015, qui avait été conclu entre l'État malien et les groupes armés indépendantistes du Nord, et qui avait été largement négocié à Alger. Les autorités maliennes de transition refusent tout dialogue avec les groupes armés, djihadistes ou indépendantistes, et n'envisagent qu'une réponse militaire. Cette position pourrait-elle évoluer à la faveur du dégel entre le Mali et l'Algérie ? Forcément, il y a eu un deal quelque part. Il y a un contenu de ce deal. Forcément, le primat de la logique politique sur la logique militaire doit être une des clauses. À mon avis, c'est clair. Le retour à l'accord d'Alger, ça m'étonnerait beaucoup. Mais qu'il y ait une initiative politique, directement, pour une discussion, notamment avec le FLA... parce que l'État se délite. Et personne n'a intérêt à ce que le Mali tombe, y compris l'Algérie. Donc vous pensez que, malgré leur discours guerrier, les militaires au pouvoir à Bamako depuis bientôt six ans pourraient faire un pas vers les rebelles indépendantistes du FLA ? C'est peut-être un peu prématuré de dire ça. Vous savez, il y a plein de choses qui peuvent empêcher cela. Il faudra voir quelle forme ça prend. Si donc il y a eu un deal et qu'il est respecté, les prochaines étapes du deal, c'est : un retour de la coordination sécuritaire, un renforcement de l'échange de renseignements et une implication d'Alger, qui a quand même des contacts avec certains leaders du FLA, pour peut-être calmer les choses. Mais tout ça reste quand même conditionné. Beaucoup de choses peuvent arriver. Il peut y avoir des spoilers [des éléments perturbateurs, NDLR] au niveau international, il peut y avoir une opinion publique au Mali totalement opposée à ça, il peut y avoir aussi à l'intérieur du régime, ou du système, des forces qui refusent ça aussi... Donc on est à un moment où le choc frontal n'a pas l'air de marcher, et tout le monde essaie de mettre de l'eau dans son vin pour donner une chance à la paix, ce qui est très positif. Vous envisagez une reprise de la coopération sécuritaire entre les deux États, mais il faut quand même rappeler que le pic de la crise avait été atteint en avril 2025, lorsque le Mali avait accusé l'Algérie d'avoir abattu un drone sur son territoire. L'Algérie assurait que le drone se trouvait dans le ciel algérien. L'affaire est donc soldée ? Ou enterrée ? Il y a beaucoup de dossiers qui sont encore en suspens. Alors, ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'entre le Mali et l'Algérie, il n'y a pas de gros dossiers historiques. On est surtout sur du conjoncturel. Mais par contre, ce qui s'est passé ces quinze mois, les accusations qui ont été lancées de part et d'autre, il y aura des choses à clarifier, c'est sûr. Justement, il est notoire que l'Algérie sert de refuge à des combattants et à des chefs du Jnim, liés à al-Qaïda, ou à des indépendantistes du FLA, depuis des années. Et ça exaspère les autorités maliennes de transition, qui ont accusé l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes ». Est-ce que quelque chose a changé ? En fait, ça a toujours été pareil. Vous avez une Algérie qui, dès les années 1980, a essayé de se positionner entre les rebelles et les autorités maliennes. S'ils sont trop du côté des autorités maliennes, ils perdent toute influence auprès des rebelles. Et s'ils sont trop près des rebelles, ils perdent toute influence par rapport aux autorités maliennes et toute crédibilité. Donc ils essaient d'être entre les deux, parce qu'ils savent très bien que ce qui se passe au Mali concerne le sud de leur territoire et que tout mouvement indépendantiste ou séparatiste peut, à un moment donné, commencer à revendiquer une partie du sud de l'Algérie. Et donc de ce point de vue, ils veulent être au milieu. Ça veut dire que de temps en temps, on ferme les yeux sur certaines activités, mais ça ne veut pas dire qu'on soutient totalement les acteurs qui veulent en découdre avec le gouvernement malien ou alors qui veulent atteindre à l'unité du pays. La présence en Algérie de l'imam Dicko, opposant malien en exil qui prône la chute des militaires au pouvoir, est-ce qu'elle pourrait être remise en cause ? Il va devoir être plus discret, tout simplement. Si l'accord tient, évidemment, on n'entendra pas parler de l'imam Dicko. À mon avis, il n'y aura pas d'extradition, ça c'est sûr. Et si par contre l'accord ne tient pas, on entendra parler de lui, voilà ! La reconnaissance récente par le Mali du plan marocain pour le Sahara occidental : Alger n'en tient pas trop rigueur à Bamako, c'est sans conséquence ? Ça a été très mal perçu, évidemment. Tout le monde s'est dit : « Voilà, c'est une concession faite au Maroc, peut-être que le Maroc a promis quelque chose », et on se rend compte que le Maroc n'a pas donné grand-chose. Donc ils ne vont pas revenir et reconnaître à nouveau la République arabe sahraouie démocratique, mais ils ne vont pas non plus avoir une voix très active sur le dossier sahraoui. Ce dégel Mali-Algérie, en fin de compte, vous y croyez ou c'est une énième péripétie ? Quand il y a des communiqués comme ça qui sortent, c'est qu'il y a quelque chose de profond qui a été réglé. Mais ça ne veut pas dire que ça va être linéaire. Il peut y avoir des rechutes et puis ça dépend du terrain aussi. Il peut y avoir un Jnim qui tout d'un coup devient incontrôlable, un Jnim qui gagne des batailles, il peut y avoir des tensions internes à droite et à gauche... Donc voilà, les choses maintenant sont à faire et il faut attendre les prochaines étapes. Et si le deal a été conclu, la première chose qu'on verra, c'est un accroissement et une amélioration de la coopération sécuritaire entre le Mali et l'Algérie. À lire aussiAlgérie-Mali: comment expliquer le dégel diplomatique? Algérie-Mali : consolider la détente, à lire sur le site d'International Crisis Group
En Zambie, dans la province de la Copperbelt, se trouvent d'immenses réserves de cuivre et d'autres minerais de la transition, essentiels pour la fabrication des batteries électriques. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent s'accaparer ces minerais et pour la Zambie qui espère tirer profit de ces ressources pour sortir de son endettement évalué à environ 30 milliards de dollars en 2024. Le président sortant, Hakainde Hichilema, candidat à sa propre succession, a ainsi fait une promesse de campagne : tripler la production de cuivre pour renflouer les caisses d'un État déclaré en faillite en 2021. Mais sur place, le constat est amer. De notre envoyé spécial à Chingola, Pour répondre à la question que vous rapportent les mines de cuivre ? Eugene Mulanga de la fondation Caritas nous emmène au bord de la rivière Kafue : « C'est ici à Chingola que la pollution des mines est la plus importante, dénonce-t-il. Pollution de la rivière et de ses rives mais également pollution du sol. C'est pour ça que la plupart des agriculteurs sont affectés, ainsi que la faune et la vie aquatique. Je crois que c'est le pire endroit de Zambie tant la pollution est répandue. » Depuis des années, des entreprises minières rejettent illégalement leurs résidus dans la rivière. Et le bilan est désastreux. Tout est contaminé aux métaux lourds. La rivière et les poissons bien sûr, mais également les sols, l'air et même l'eau du robinet. Une catastrophe écologique, sanitaire et économique qui fait enrager Felix Chipoya, directeur de l'Alliance territoriale, une ONG locale. « Quand les sols sont contaminés, cela signifie que les agriculteurs doivent utiliser davantage d'engrais. Or ces engrais sont de plus en plus chers et les petits producteurs ne peuvent pas les acheter. Tout ça pourquoi ? Parce que les sols sont pollués. Donc, les agriculteurs s'enfoncent dans la pauvreté. Ce n'est pas ça le développement », s'irrite-t-il. À lire aussiEn Afrique, la course aux minerais stratégiques bat son plein sur la «ceinture de cuivre» Pour une « situation gagnant-gagnant » C'est tout le paradoxe de la Copperbelt. Une région extrêmement riche dont la population reste très pauvre. Car ces immenses réserves de cuivre, exploitées par des multinationales étrangères, n'ont pas permis son développement. « Le premier objectif des investisseurs, c'est de faire des profits. Mais, de la même façon qu'ils font des profits, nous aussi, les Zambiens, nous devons en tirer des bénéfices », insiste Felix Chipoya. En 2022, près de 65 % de la population zambienne vivait avec moins de 2 dollars par jour. Pour redresser la situation, l'actuel président Hakainde Hichilema, candidat à sa propre succession lors de la prochaine élection présidentielle d'août 2026, souhaite tripler la production de cuivre du pays. Encore faut-il que cette future manne financière profite réellement au pays. « Nous pensons qu'il est tout à fait possible d'arriver à une situation gagnant-gagnant, plaide Eugene Mulanga. D'autant plus que le cuivre, le cobalt et tous ces minerais sont très recherchés dans le monde. Nous aimerions que le gouvernement adopte une autre approche, en taxant davantage l'industrie minière ». Pour les habitants de la Copperbelt, il est temps que les mines de cuivre leur apportent autre chose que la pollution. À écouter dans Grand reportageZambie : dans la Copperbelt, des minerais et des larmes
Avec : Jean-Philippe Doux, journaliste et libraire. Frédéric Hermel, journaliste et écrivain. Et Emmanuelle Dancourt, journaliste indépendante. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
Un épisode initialement diffusé le 18 décembre 2024, et qui a été très apprécié. N'hésitez pas à l'envoyer aux hommes de votre entourage, car ils sont très rares à prendre en charge leur santé dont leur santé mentale. L'occasion aussi de vous signaler la sortie du nouveau livre de Maud Le Rest, aux éditions La Meute "Toi t'es pas comme les autres filles”, sur le phénomène des "pick me", ou syndrome de la Schtroumpfette, ces femmes qui n'ont pas encore découvert le féminisme, la sororité, et souhaitent à tout prix être choisies, validées par les hommes. Maud Le Rest est journaliste et autrice, elle consacre un ouvrage, "Tu devrais voir quelqu'un" (éditions Anne Carrière), à un sujet d'utilité publique : la santé mentale des hommes, leur refus d'en prendre soin, et l'impact que ce choix catastrophique, a sur la société entière, et en premier lieu, les femmes. Le Bechdel test est une des illustrations : est-il possible qu'au cinéma, 2 femmes parlent d'autre chose ensemble que d'un homme de leur vie ? Notre vie entière est consacrée en bonne partie à prendre soin des hommes : père, frère(s), grands-parents, oncles, cousins, amis, et un jour.. compagnon, ex-compagnon. 80% de nos séances chez 1 psy tournent autour d'eux. Ces charge mentale, charge affective, charge sexuelle, devraient être partagées. Chères auditrices, chers auditeurs alliés, Maud Le Rest et moi vous invitons à poser la question à tous les hommes autour de vous : combien seraient prêts à consulter pour régler leurs problèmes : addictions, mauvaise gestion financière, professionnelle, affective, manque d'engagement auprès de leurs proches, de leurs amis, violence envers eux-mêmes et envers les autres etc. Indice : commencez par les sportifs et les fêtards, ils ont visiblement du temps et un budget. Reste la volonté, enfin, de prendre soin d'eux, pour avoir enfin de la considération pour autrui, à commencer par les femmes qui les entourent. Bonne écoute ! Précisions : à 13'30 j'évoque une vidéo de France TV Slash, relayé par Odiawara, avec le chanteur Kalash et Fabrice Eboué, et je précise "leur culture créole". Or seul Kalash a une culture créole. Fabrice Eboué est né en Ile de France il est métis, mais son père est camerounais, et sa maman, blanche, normande. Depuis la diffusion de cet épisode, Kalash a été accusé de violences économiques (entre autres) par son ex-femmes et mère de leurs deux filles "Non-paiement de pensions alimentaires, non-respect de certains décisions de justice, conflits récurrents" https://rci.fm/deuxiles/infos/People/Ingrid-Littre-livre-Sa-Verite-sur-sa-relation-avec-Kalash Si vous voulez soutenir Single Jungle, avec un don en une seule fois, j'ai ouvert un Tipeee : https://fr.tipeee.com/single-jungle. J'ai suivi le conseil d'auditrices et d'auditeurs qui ont proposé de participer à la hauteur de leurs moyens, ponctuellement, aux frais des épisodes (prise de son/montage et hébergement). Merci aux premières personnes qui ont participé ! Retrouvez Maud Le Rest sur les réseaux sociauxhttps://www.instagram.com/maudlerest/https://x.com/MaudLeResthttps://bsky.app/profile/maudlerest.bsky.social Références citées dans l'épisode ou en bonus ou recommandées par l'invitée (à suivre) PodcastsSingle Jungle Ep.75 Francis Dupuis Déri "Les hommes et le féminisme, faux amis, poseurs ou alliés" https://singlejungle.lepodcast.fr/ep-point-75-francis-dupuis-deri-les-hommes-et-le-feminisme-faux-amis-poseurs-ou-allies VidéosVidéo de Maud Le Rest pour Konbini https://www.instagram.com/p/DCbvIfpgE0a/Témoignage de Kalash (artiste rappeur, chanteur), ayant grandi en Martinique, sur sa prise en charge de sa santé mentale https://www.instagram.com/reel/C3GXuyYo6PY/?igsh=djA5YmlqdXgyamh1 Il y a aussi le témoignage de Fabrice Eboué, humoriste, dans le même épisodeVidéo humoristique et sincère de Thomas Sii, sur son père qui se moque de lui car il consulte 1 psy https://www.instagram.com/reel/DCUUIlHgOZb/?igsh=aTNwbTVwbWNlYXBvVidéo de Kevin Ozg sur les hommes qui refusent de montrer des émotions ou parler de leurs sentiments (autre que la colère) https://vm.tiktok.com/ZGdNV7swu/ Aide financière pour consulter 1 psyUne séance de psy gratuite et sans ordonnance chaque mois pour tous les Français dès le 1er janvier 2025 Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme “Mon soutien psy”, lancé en 2022. À l'époque, il offrait huit séances gratuites par an, mais uniquement sur prescription médicale. Jusqu'ici limité à 8 séances annuelles gratuites sur ordonnance, il passe à 12 consultations par an sans formalités. https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles/322452-sante-mentale-une-seance-de-psy-gratuite-chaque-mois-pour-les-francais-des-2025Le dispositif mis en place en place en mars 2021 à destination des étudiants à la suite de l'épidémie de Covid-19 est prolongé en 2023 (et 2024 ?). Vous êtes étudiant·e et vous ressentez le besoin d'une aide psychologique ? Vous pouvez bénéficier de 8 consultations gratuites avec un psychologue, sans avance de frais. Tous les étudiants qui le souhaitent peuvent en bénéficier." https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14726 Si vous vivez dans une localité où il n'y a pas de psy ou s'ils/elles n'ont pas de disponibilités avant plusieurs semaines, vous pouvez faire une téléconsultation, notamment via Qare https://www.qare.fr/ Si vous n'avez droit à aucune aide financière mais que vous souhaitez suivre une thérapie, un travail sur votre estime de soi, et pensez ne pas en avoir les moyens. Vous pouvez poser la question aux psychologues/psychiatres dans votre secteur (à voir sur Doctolib), il arrive régulièrement qu'ils/elles acceptent d'adapter leur tarif à leur patientèle. Dans mon cas par exemple, ma psy pratiquait le tarif de base de 40€ la séance (non remboursée par la sécurité sociale ou mutuelle), je ne pouvais pas aller au-delà de 30€ la séance la 1ère année, elle a accepté, le temps que mes finances s'améliorent. Et je sais que pour d'autres patientes (dont une de mes amies intermittente du spectacle), elle peut descendre à 20€ par exemple. Il suffit d'en parler ! Votre santé mentale mérite d'y réfléchir ! C'est le meilleur cadeau qu'on puisse s'offrir. Sujet évoqué dans le podcast "Thune", réalisé par Laurence Vély et Anna Borrel, dans cet épisode "l'argent sur le divan" avec la psychanalyste Mathilda Audasso https://podcasts.apple.com/fr/podcast/largent-sur-le-divan-avec-mathilda-audasso-psychanalyste/id1538572182?i=1000583258570 Si vous n'êtes pas encore prêt·e mais vous vous intéressez à la psychologie, psychanalyse, vous pouvez écouter et lire les chroniques de Mardi Noir (Emmanuelle Laurent) https://www.slate.fr/source/199596/mardi-noir et en podcast (pas les mêmes thématiques que les articles) : "ça tourne pas rond" https://www.slate.fr/audio/ca-tourne-pas-rond/ produit et réalisé par Slate.fr sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours. Montage et réalisation : Aurélie Rodrigues. AVERTISSEMENT IMPORTANT : Ne jamais s'inscrire sur une application ou site de rencontres payant sans 1) lire les avis sur Google (Play store) ou Apple (App store) 2) lire les conditions tarifaires de l'abonnement. Ainsi je vous déconseille fortement le site PARSHIP, qui pratique l'extorsion : on ne peut pas résilier avant 1 an obligatoire, même si on n'utilise plus le service, qui n'est pas satisfaisant, car très peu de personnes dans votre région. Le service client n'a que mépris pour les clients et le service communication ne veut rien entendre (un comble), aucun arrangement possible. Donc évitez une dépense inutile.Episode enregistré en novembre 2024 chez Isabelle, à Paris, merci à elle et à son chat pour leur hospitalité.Prise de son, montage et mixage : Isabelle FieldMusique : Nouveau générique ! Vous l'avez reconnu ? C'est le générique de la série mythique des années 90 "Code Quantum" avec Scott Bakula. J'adore cette série, féministe, inclusive. Dédicace à Richard Gaitet (Arte Radio), auteur, fan inconditionnel aussi de cette série.Virgules sonores : Edouard JoguetLogo conçu par Lynda Mac-ConnellHébergement : Podcloud
À Kinshasa, les petites ruelles résonnent encore des mots du théâtre en lingala. Mais ces représentations se font de plus en plus rares, dans un paysage culturel largement dominé par le français. Malgré cette évolution, des auteurs et metteurs en scène poursuivent leur combat pour faire vivre et renouveler le répertoire théâtral congolais en langue nationale. De notre correspondante à Kinshasa, Dans les ruelles étroites du quartier Riguini, une troupe répète la pièce Juge président. Dans cette scène, un taxi-moto de Kinshasa et un client négocient le prix d'une course. Chris Ngazyeme, comédien : « Je joue le rôle du motard, c'est un motard qui a augmenté son prix alors que normalement il y a un prix fixé par la loi. Je pars en procès. Le juge président me condamne car je n'ai pas respecté le prix légal, donc il me condamne à une peine de prison. » Il nous explique pourquoi la pièce est jouée entièrement en lingala, l'une des langues nationales : « En fait, d'abord, c'est ma langue et je me sens plus à l'aise de jouer en lingala qu'en français. On peut m'expliquer la scène en lingala, je joue directement. » À écouter aussiCréer en langues africaines: les séries télévisées en pulaar [2/5] Et c'est bien la particularité des pièces jouées en lingala : offrir une liberté d'improvisation aux comédiens. Pour Olivier Castro, auteur et metteur en scène, l'objectif est aussi de créer une connexion avec le public : « J'écris souvent des pièces qui essaient d'éveiller les consciences. Donc, l'apport du lingala, c'est vraiment pour être en communion avec le public, qu'il se sente vraiment en communion avec une personne qui lui parle de ses réalités, de ce qu'il vit au jour le jour. Parce que je trouve qu'en français, il y a une distance. » Accompagner les écrivains en lingala Le théâtre en lingala a connu son âge d'or dans les années 1950 avec des œuvres jouées au théâtre national qui ont marqué les esprits comme Muana Nsusu et Diallo sans souci. Mais les œuvres en lingala sont de plus en plus rares, explique Israel Tshipamba, directeur du Tarmac des auteurs : « Il y a eu beaucoup de programmes à l'époque développés par l'Institut français, par l'organisation internationale de l'OIF, pour qu'il y ait des auteurs qui écrivent en français, mais je crois qu'aujourd'hui si l'État met en place un programme pour accompagner les écrivains en lingala, en tshiluba, en français, ça va marcher. » Les auteurs et metteurs en scène d'œuvres se sont adaptés pour continuer à faire vivre leurs pièces en lingala. Elles sont désormais filmées, puis diffusées à la télévision nationale. À écouter aussiCréer en langues africaines: Nigeria, littérature en yoruba et roman fondateur de D.O. Fagunwa [1/5]
Avec : Benjamin Amar, professeur d'histoire-géographie. Yael Mellul, ancienne avocate. Et Juliette Briens, journaliste à L'Incorrect. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
Découvrir, comprendre, et enfin maîtriser… Kamehameha : telle est notre noble quête du jour ! Mais rassurez-vous : le Kamehameha dont je parle, c'est tout simplement Kamehameha Ier, roi de Hawaï ! Il a fondé une dynastie, et changé à tout jamais l'histoire de cet archipel paradisiaque, au point qu'on le surnomme même parfois le “Napoléon du Pacifique”. Donc rien à voir avec une fanfiction du manga Dragon Ball ! Après, je peux tenter ma propre transformation saiyan, en disant sans faire de faute le véritable nom complet du roi Kamehameha : Kalani Paiʻea Wohi o Kaleikini Kealiʻikui Kamehameha o ʻIolani i Kaiwikapu kauʻi Ka Liholiho Kūnuiākea ! C'est bon je suis prêt, alors c'est parti !Bonne écoute !
À Montréal, Steven Jambot est allé rencontrer Philippe Lamarre, cofondateur d'Urbania, un média de société qui s'est donné pour mission de « rendre l'ordinaire extraordinaire ». Créé en 2003 sous la forme d'un magazine indépendant, Urbania est devenu un groupe diversifié présent au Québec mais aussi en France. Il vient d'ailleurs de racheter le studio de podcast français Binge audio. Dans cet entretien, il est question d'audace, de storytelling et de souveraineté culturelle. « Ça a toujours été notre ambition d'être une sorte de TV5 Monde jeune et cool. » Philippe Lamarre, cofondateur d'Urbania, résume ainsi l'énergie qui anime ce groupe média québécois aujourd'hui solidement implanté des deux côtés de l'Atlantique. L'enjeu est de taille : dans un paysage médiatique dominé par les algorithmes des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), comment faire exister une culture francophone originale et indépendante ? Pour Philippe Lamarre, la réponse réside dans la capacité à créer des ponts entre les territoires et les formats, tout en restant fidèle à la promesse d'Urbania : « rendre l'ordinaire extraordinaire ». Un magazine pour développper un storytelling Tout commence à Montréal, en 2003. Designer de formation, Philippe Lamarre avoue une « difficulté à se faire dire quoi faire dans la vie ». Après avoir lancé son agence de création, il crée Urbania sur un coup de tête, mû par une véritable « allergie à l'autorité ». L'idée ? Un magazine thématique qui pose un regard « anthropologique » sur la ville, loin des sentiers battus et des vedettes. Le succès actuel du groupe repose sur une expertise peaufinée depuis les débuts : le storytelling – l'art de raconter des histoires, en bon français. Philippe Lamarre se plaît à rappeler : « Notre slogan de rendre l'ordinaire extraordinaire, c'est qu'on prend des choses qui semblent banales [...] et on essaie de les raconter de façon captivante. » Il cite comme inspirations le magazine Colors de Benetton ou l'émission documentaire belge Strip-tease. Aujourd'hui, Urbania est une « machine » diversifiée de plus de 100 collaborateurs répartis entre Montréal et Paris. Le groupe s'appuie sur plusieurs piliers : une unité éditoriale, un studio de création de contenus pour les marques (branded content), une maison de production audiovisuelle et un laboratoire technologique. Il accompagne aussi des influenceurs dans le développement de leurs contenus. Cette structuration permet au groupe de rester indépendant financièrement : « On veut faire de l'argent pour raconter plus d'histoires », martèle Philippe Lamarre. La conquête de la France et la conviction du podcast C'est en 2020 qu'Urbania a franchi l'océan pour s'installer à Paris. L'objectif n'était pas d'exporter un produit québécois, mais de bâtir un « cousin français » avec des équipes locales et une ambition commune. À écouter aussiComment Urbania France veut informer autrement En mars 2026, le groupe a franchi une étape majeure en rachetant Binge Audio, le studio de podcast français qui produit notamment Les Couilles sur la table ou Programme B, alors en redressement judiciaire. Ce rachat vise à créer un « pont entre les podcasts et l'audiovisuel ». Il est « stratégique », assure Philippe Lamarre, qui croit fermement que la frontière entre les formats s'efface : « Le podcast, de plus en plus, devient un médium audiovisuel parce que les podcasts sont maintenant des vidéos. Donc la frontière entre les genres et les formats est en train de s'abattre. » En outre, l'audio offre une fidélité d'audience précieuse dans un monde de consommation rapide et morcelée. Mais le regard de Philippe Lamarre se tourne vers l'ensemble de l'espace francophone, notamment l'Afrique et Haïti. Son rêve pour les dix prochaines années ? « Fédérer une espèce de communauté de gens anticonformistes qui ont envie de bousculer l'ordre établi et qui s'adonnent à être francophones ». Ouvrir des bureaux à Dakar ou Abidjan fait déjà partie d'hypothèses de travail. Souffler sur les braises de la souveraineté numérique Au-delà de son entreprise, Philippe Lamarre s'implique dans le débat public au Québec. Il a coprésidé un groupe de travail sur l'avenir de la culture et de l'audiovisuel québécois, remettant en 2025 un rapport dont il a proposé le titre : Souffler sur les braises. Le constat est le suivant : face au numérique qui a abattu les frontières, la culture francophone risque de s'effriter si elle ne se prend pas en main. Il pointe notamment du doigt l'impact de la loi C-18 au Canada, qui a conduit Meta (Facebook et Instagram) à bloquer les contenus d'actualité sur ses plateformes. Pour lui, la solution passe par une reprise de contrôle de la distribution : inciter les audiences à s'abonner directement aux infolettres ou aux applications des médias pour ne plus dépendre des plateformes. Pour l'avenir, Philippe Lamarre explore aussi le potentiel de l'Intelligence Artificielle (IA). Chez Urbania, un responsable accompagne les équipes pour s'épargner les tâches répétitives et aider les créateurs à mieux distribuer leurs contenus. « L'intelligence artificielle brise le coût de fabrication du contenu. Mais il faut trouver une manière de créer des outils où on garde le contrôle de la relation avec les audiences », explique clairement Philippe Lamarre. À ceux qui voudraient suivre ses traces d'entrepreneur des médias, Philippe Lamarre conseille de faire preuve de « persévérance », de savoir s'entourer de gens « meilleurs [qu'eux] » et de continuer à se retrousser les manches, chaque matin. Tant qu'à faire, pour raconter des histoires extraordinaires ?
Dans les années 1970, l'université de Dakar vit un paradoxe : l'un des plus grands intellectuels africains travaille dans ses murs, mais n'a pas le droit d'y enseigner. Son nom : Cheikh Anta Diop. Face au président Léopold Sédar Senghor et à sa négritude, il défend une vision radicalement différente de ce que pourrait être une renaissance africaine. Notre série sur les campus africains de légende se rend aujourd'hui à Dakar, au cœur d'un des grands duels intellectuels du XXᵉ siècle. De notre correspondante à Dakar, Dans les années 1970 du Sénégal post-indépendance, la pensée senghorienne domine, mais le campus de l'université de Dakar est déjà un lieu de contestation naissante. « Senghor et les étudiants, ce n'était pas facile, se rappelle Buuba Diop, historien, qui y était étudiant. Ceux qui contestaient Senghor en tant qu'étudiants étaient majoritaires. Les étudiants du Parti socialiste étaient minoritaires. C'est ainsi qu'on a dissous des organisations étudiantes. » Face à Senghor et sa négritude, un homme incarne une autre vision. Cheikh Anta Diop. C'est un intellectuel accompli. Son premier grand livre, Nations nègres et culture, est paru en 1955. Sa thèse : la civilisation égyptienne antique était une civilisation noire africaine, et c'est de cette vérité scientifique que doit partir toute renaissance du continent. « Pour Senghor, "l'émotion est nègre comme la raison est hellène". Alors là, Cheikh Anta Diop ne pouvait pas être d'accord », souligne l'historien. « La question essentielle a également été l'Égypte, l'origine de la civilisation africaine à partir de l'Égypte, etc. Ça, Senghor était tout à fait contre, explique Fatou Sow, sociologue, elle était elle aussi à l'université. Je pense que Senghor avait à la fois un respect pour cet homme intelligent et brillant quand même, et puis en même temps, une aversion pour ce qu'il écrivait. Et ils n'ont pas arrêté de se répondre l'un à l'autre. » À lire aussiCampus de légende: au Ghana, l'Institute of African Studies de Legon, lieu de rayonnement du panafricanisme [1/6] Un défenseur du wolof peu entendu Les deux hommes s'opposent aussi sur les langues : Senghor défend le français, Cheikh Anta Diop milite pour les langues africaines. Jusqu'en 1981, Diop n'aura pas le droit d'enseigner l'histoire à l'université. Relégué à l'Institut fondamental d'Afrique noire, il y crée un laboratoire de datation au carbone 14, mariant physique nucléaire et recherche sur les origines africaines. Sur le campus, dans ces années-là, les occasions de l'entendre sont rarissimes. « L'Association des historiens africains a organisé une conférence sur la haute antiquité et la Méditerranée, Cheikh Anta Diop n'était pas prévu au programme. Quelques amis sont allés voir l'association en leur disant : "Mais vous ne pouvez pas faire ce type de réflexion sans inviter Cheikh Anta Diop." Donc, ils sont allés l'inviter, raconte Fatou Sow. J'étais à cette conférence-là. Personne n'a bougé dans la salle. Il a parlé tout seul. Et ça, je pense que ça a été un moment très important parce que c'est la première fois qu'il parlait sur le campus. » Cheikh Anta meurt en 1986, à 62 ans. Un an plus tard, l'université prend son nom. L'Ifan, l'Institut fondamental d'Afrique noire, aussi. Une reconnaissance trop tardive pour Fatou Sow. Et aujourd'hui, le wolof qu'il défendait comme langue d'enseignement n'a toujours pas intégré l'université qui porte son nom. À écouter dans La marche du mondeÀ l'école de Cheikh Anta Diop
Depuis vendredi soir 10 juillet, la ville de La Rochelle, dans le sud-ouest de la France, accueille la 42ᵉ édition des Francofolies, ce festival dédié aux musiques françaises et francophones. Jusqu'à mardi soir, les têtes d'affiche se succèdent sur scène : Orelsan, Gims, ou Aya Nakamura pour ne citer qu'eux. Mais depuis leur création, les Francofolies ont aussi toujours mis en valeur l'émergence, notamment grâce à un dispositif dédié. Lorsqu'on vient à La Rochelle, impossible de louper ce bâtiment : une grande bâtisse en bois sur le vieux port estampillée « Le Chantier des Francofolies » et qui abrite le programme du même nom. « Très simplement, le Chantier des Francofolies, c'est ce que l'on appelle un dispositif d'accompagnement », explique Marc Mottin. Il est le coordinateur artistique et pédagogique du Chantier des Francofolies. « On est tourné vers l'émergence, donc c'est vrai que ce sont plutôt des jeunes artistes qui sont encore à leurs débuts. Pour l'essentiel d'entre eux, de carrière. Ils ont souvent sorti maximum un projet dans leur histoire. » Accompagnement artistique et technique Tous les automnes, l'équipe du Chantier reçoit des centaines de candidatures, 800 précisément pour l'édition 2026. Seule une quinzaine est ensuite sélectionnée pour participer au dispositif avec un objectif bien précis. « Sa spécificité, c'est qu'on est tourné vers le perfectionnement du live, donc on travaille essentiellement la scène », ajoute Marc Mottin. « Donc, cela va, je dirais, à la fois d'un travail artistique, à un travail aussi technique, parce qu'on fait aussi un travail d'accompagnement là-dessus, notamment aussi avec les ingénieurs du son des artistes. » Travailler l'énergie et ne former qu'une entité sur scène Et c'est bien pour cela que le dispositif se conclut par un passage, aux Francofolies, des artistes épaulés toute l'année. Tout le monde s'appelle. Clara fait partie des 14 groupes de la mouture 2026. Ce samedi, le quintette 100 % féminin et 100 % queer s'est produit en plein cœur de La Rochelle. L'occasion de mettre en pratique tous les enseignements de l'année. « Un exercice qui m'a marqué, c'était l'exercice de prendre l'énergie, de regarder l'énergie qu'on avait chacune sur scène et après de s'en inspirer pour justement ne former qu'une espèce d'entité sur scène et être vraiment ensemble et mieux se comprendre et mieux jouer ensemble, finalement », explique Clara Bureau, la fondatrice du groupe. Zaho de Sagazan, Juliette Armanet, et les autres Des leçons d'autant plus précieuses qu'elles sont prodiguées par d'anciens lauréats du chantier. « C'est un espace où on est avec des professionnels qui n'ont pas d'intérêt auprès de nous, qui ne sont pas là pour nous faire signer, nous faire aller par ci, par là », souligne Malo Texier, la bassiste du groupe. « Et ce sont des espaces rares, c'était exceptionnel pour ça. Ça nous a fait un bien fou. Et l'avant-après était aussi dans l'épanouissement, dans le travail... » Pour ce groupe né il y a tout juste deux ans, le Chantier est tout à la fois une école, une marque de légitimité et un espoir pour la suite, car il faut dire que depuis sa création en 1998, le dispositif a fait ses preuves : Feu! Chatterton, Zaho de Sagazan, Juliette Armanet ou encore Clara Luciani ont tous fait leurs armes à La Rochelle.
L'Irlande s'enfonce dans une crise immobilière sans précédent. D'ici à 2050, le pays devrait avoir besoin de deux millions de nouveaux logements, selon les projections du gouvernement. Or, une grande partie devront être construits là où les besoins sont les plus criants : dans les agglomérations. À Dublin, une solution jusque-là marginale pourrait prendre de l'ampleur : les « maisonnettes » de jardin, ces petites dépendances sont désormais envisagées comme une réponse à la pénurie. De notre correspondante à Dublin, Steven et Mark, trentenaires, vivent dans une petite maison blanche, à l'ouest de Dublin. La particularité ? Les beaux-parents de Steven peuvent frapper à leur porte en quelques secondes, littéralement : « Quand les gens apprennent que nous vivons dans le jardin des parents de Mark, ils imaginent une cabane ! Mais quand ils rentrent ici, ils réalisent qu'il s'agit d'une véritable maison, construite en blocs de béton : quand on rentre, on a un espace de vie ; sur la gauche, une salle de bains entièrement carrelée ; et puis notre chambre… Tout l'espace dont nous avons besoin, et ça nous convient parfaitement ! » Les « granny flats », traduisez « l'appartement de mamie », des annexes pensées à l'origine pour les aînés, mais dont profite aujourd'hui plutôt la jeune génération, selon Mark : « Notre maison est attenante à celle de mes parents, ce qui nous a permis de construire jusqu'à 40 m², sans avoir à demander de permis de construire. On en a simplement parlé aux voisins et, une fois leur accord obtenu, nous avons lancé le projet. » Une aide de l'État En Irlande, près de neuf habitants sur dix vivent dans une maison, selon l'Office central des statistiques. Ces maisonnettes de jardin pourraient ainsi représenter jusqu'à 350 000 logements supplémentaires, estime Seán O'Neill McPartlin, du think tank Progress Ireland : « À travers le pays, les jardins sont pleins de hangars, de bureaux, ou même de salles de sport à domicile : les voisins sont donc habitués à ce que ces petites structures apparaissent à côté de chez eux. Nous, on dit qu'en plus de ces structures, ou à leur place, les gens pourraient construire des petites maisons, à condition de respecter certaines règles. » Alors pour encourager leur développement, l'État a mis en place une exonération fiscale pour les propriétaires, si les revenus locatifs ne dépassent pas 14 000 euros par an. Constantina vient d'emménager dans l'une de ces maisonnettes, pour laquelle elle paie 1 150 euros de loyer par mois. Elle nous donne rendez-vous dans les bureaux d'une multinationale de la tech à Dublin, où elle travaille comme responsable clientèle. Consternée, elle fait défiler sur son téléphone les annonces postées sur Daft, principal site de location en Irlande : « Par exemple autour d'ici, tu vois qu'il y a des chantiers, des grues partout ! Mais alors, quand on regarde les annonces… un T1 à 2 750 euros ; ce studio : 2 350 euros ; un autre à 2 390 euros… Le reste de la vie ici n'est pas donné non plus : si tu veux sortir manger, ça te coûte facilement 30 à 40 euros. Donc si tu consacres autant d'argent au loyer, il ne te reste plus grand-chose pour vivre. Et dans ce cas, à quoi bon ! » Même les salariés de la tech, pourtant parmi les mieux rémunérés, ne sont donc pas épargnés.
Au Japon, le matcha est victime de son succès. Et ce thé vert en poudre séduit aujourd'hui le monde entier. Apprécié pour son goût, mais aussi pour ses vertus, notamment sa richesse en polyphénols, de puissants antioxydants, il connaît un succès sans précédent. Sur tous les continents, la demande explose. Une popularité qui commence pourtant à avoir des conséquences inattendues dans l'archipel, où producteurs comme consommateurs font face à des difficultés. De notre correspondant à Tokyo, Hanako, 24 ans, vient de faire une heure de queue pour bénéficier d'une dégustation gratuite de thé matcha : « Le matcha latté, il n'y a rien de mieux. L'amertume du matcha qui se marie à la douceur du lait, c'est le bonheur. Je suis complètement accro. » Cette exploitante d'une maison de thé constate chaque jour l'incroyable popularité du matcha : « On n'avait jamais vu cela. Des touristes du monde entier se pressent ici. Tous les jours, on a des clients américains, français, allemands, singapouriens, coréens ou taïwanais. Cela me fait plaisir qu'ils apprécient autant notre thé. » L'an dernier, le Japon a exporté près de 13 000 tonnes de thé vert, soit trois fois plus qu'il y a cinq ans. Mais la demande mondiale est telle que les producteurs peinent à faire face. Car, dans l'archipel, l'agriculture est en crise. Elle n'emploie plus qu'un million de personnes – contre deux millions il y a vingt-cinq ans – et ces professionnels vieillissent : leur moyenne d'âge est désormais de 69 ans. C'est pareil pour la théiculture. Il y a quinze ans, le pays comptait 46 000 plantations de thé, mais on n'en dénombre plus que 20 000 aujourd'hui. L'an dernier, le Japon n'a donc récolté que 74 000 tonnes de feuilles de thé, soit 10% de moins qu'en 2015. Ce petit producteur envisage l'avenir avec une certaine inquiétude : « Ce succès mondial du matcha nous enchante, bien sûr, d'autant qu'il ne semble pas éphémère mais être une tendance lourde. Après, nos agriculteurs sont si peu nombreux et si âgés que cela devient vraiment compliqué à gérer. Notre profession ne s'en sortira qu'en innovant. Par exemple, il faudrait développer des variétés de thé vert qui peuvent être récoltées sur une plus longue période, ce qui permettrait des rythmes de travail soutenables. » Une production en baisse et des prix en hausse Le matcha est issu d'une variété particulière de thé vert, le tencha, qui, en raison de son succès, se vend six fois plus cher que les autres types de thé. Dès lors, attirés par la perspective de revenus plus élevés, de nombreux agriculteurs, qui avaient toujours cultivé des variétés comme le sencha, se sont reconvertis dans le tencha. Et la production de sencha s'est effondrée. Ce dont témoigne ce négociant : « Les producteurs de sencha ou de variétés qu'on utilise pour les thés vendus en bouteille n'étant plus assez nombreux, ils n'arrivent pas à honorer la demande. Donc, ces thés coûtent de plus en plus cher. » En effet, depuis l'automne dernier, le prix des thés verts en bouteille a augmenté de 20%. « Ce sont les consommateurs japonais qui font les frais de l'engouement mondial pour le matcha », dénoncent en boucle les réseaux sociaux. Alors qu'un autre effet pervers de cette mode prend de l'ampleur : la contrefaçon.
Depuis la tenue du sommet du G7 à Evian entre le 15 et le 17 juin dernier auquel le président français Emmanuel Macron n'a pas invité son homologue sud-africain, un irritant s'est immiscé dans les relations franco-sud-africaines. Alors que Cyril Ramaphosa est en visite officielle à Paris ce vendredi 10 juillet, les deux dirigeants vont-ils en parler ? Quels sont par ailleurs les autres enjeux de ce déplacement ? Chercheuse à International Crisis Group, la Sud-Africaine Liesl Louw répond pour l'occasion aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Est-ce que les relations franco-sud-africaines se sont distendues depuis qu'Emmanuel Macron a oublié d'inviter Cyril Ramaphosa au dernier G7, à Evian, en France ? Liesl Louw : Oui, il y avait des tensions, c'est sûr, parce qu'initialement, apparemment, Ramaphosa a reçu une invitation pour assister au G7, mais il a été désinvité, ou comme vous avez dit, on a oublié de l'inviter au dernier moment. Donc Ramaphosa aussi n'est pas allé au sommet de Nairobi, le Africa Forward du mois de mai dernier. Donc il y avait ces deux rendez-vous et je pense que l'Afrique du Sud est déçue par cette situation. Mais on a compris que la pression du président Trump, qui menaçait de ne pas venir à Evian, si Ramaphosa assistait à cette réunion, était principalement la cause de cette situation par le fait que Ramaphosa finalement n'a pas été invité pour venir au G7. Vu la proximité stratégique entre la France et les États-Unis, on l'a encore vu cette semaine à Ankara lors du sommet de l'Otan, quel est l'intérêt pour Cyril Ramaphosa de venir en France ? Oui, il y a beaucoup d'intérêts. D'abord économique, pour attirer des investissements. Le plus grand problème aujourd'hui pour Ramaphosa, c'est le manque de croissance économique. L'Afrique du Sud n'attire pas d'investissements étrangers, mais il y a des sociétés françaises implantées en Afrique du Sud et l'Afrique du Sud aimerait bien augmenter ces investissements et le commerce entre les deux pays. On fait face à des graves problèmes de chômage. Ça aussi, c'est une des causes de ces graves émeutes et des manifestations xénophobes en Afrique du Sud. Donc, Ramaphosa veut montrer que, malgré ces tensions géopolitiques, l'Afrique du Sud reste un pays important sur le plan international et africain, même si les relations entre l'Afrique du Sud et le reste du continent passent un très mauvais moment actuellement. Malgré l'attaque de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Afrique du Sud maintient son alliance stratégique avec Moscou. Est-ce que ce n'est pas un sérieux point de divergence entre l'Afrique du Sud et la France ? Est-ce que ça ne va pas finir par fragiliser les relations entre les deux pays ? Oui, c'est vrai que, depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'Afrique du Sud a été très critiquée par les pays européens pour sa position. Surtout certains individus au sein de l'ANC [le parti au pouvoir, NDLR] qui sont ouvertement pro-russes. L'Afrique du Sud aussi a présidé un sommet des Brics où la Russie joue un rôle important. Mais je pense que c'est ça qui fait que l'Afrique du Sud est un peu au cœur de ce jeu géopolitique. Parce que d'un côté, certains sont vus comme pro-russes, mais en même temps, le président Ramaphosa est très ouvert aux Occidentaux. L'Afrique du Sud a quand même montré une position non alignée, neutre quelque part dans ce jeu géopolitique. Je pense que ce sentiment pro-russe a un peu diminué avec le temps depuis 2022. Les relations avec l'Europe se sont améliorées depuis. Depuis un mois, le gouvernement sud-africain est accusé par plusieurs autres gouvernements africains, notamment ceux du Nigeria et du Ghana, de fermer les yeux sur les graves violences xénophobes en Afrique du Sud. En allant à Paris, est-ce que Cyril Ramaphosa vient aussi rompre un certain isolement diplomatique ? Oui, absolument, l'Afrique du Sud et son image sur le continent souffrent énormément de ces violences xénophobes. Ramaphosa, lui-même, je pense, n'a pas su être à la hauteur pour dénoncer ces manifestations, mais pas uniquement les manifestations, la violence contre les étrangers africains en Afrique du Sud. En ce qui concerne son isolement diplomatique, c'est très intéressant de voir l'Afrique du Sud renouer des liens avec des pays comme le Rwanda où, depuis très longtemps, l'Afrique du Sud n'avait pas eu de bonnes relations. Le ministre des Affaires étrangères rwandais était en Afrique du Sud pour la première fois en visite officielle depuis douze ans. Et du fait de cet isolement diplomatique, est-ce que le business en souffre ? Est-ce qu'il y a moins d'investissements en Afrique du Sud ? Je pense que, pour le moment, on ne sent pas encore ça. Le manque d'investissement en Afrique du Sud, depuis très longtemps, est lié à d'autres facteurs, notamment les problèmes d'infrastructures et d'approvisionnement en électricité. Là où on peut voir peut-être à l'avenir un problème économique lié à ces violences xénophobes, c'est pour les entreprises sud-africaines implantées sur le continent, comme le groupe de télécom MTN par exemple au Nigeria, qui est parfois mis en difficulté par le gouvernement nigérian à cause de ce qu'il se passe en Afrique du Sud et des violences xénophobes.
durée : 00:01:29 - Le 6/9 de l'été - par : Florence Paracuellos - Avant les festivals ou la piscine, avant cet immense océan de repos et de sérénité que devraient être les vacances, dans un monde idéal… Une seule chose à faire ! Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:01:29 - Les 80'' - par : Florence Paracuellos - Avant les festivals ou la piscine, avant cet immense océan de repos et de sérénité que devraient être les vacances, dans un monde idéal… Une seule chose à faire ! Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Aujourd'hui, Abel Boyi, éducateur, Bérénice Levet, philosophe, et Sandrine Pégand, avocate, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui, Abel Boyi, éducateur, Bérénice Levet, philosophe, et Sandrine Pégand, avocate, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Le 9 juillet 2024, en pleine nuit, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, deux des principaux dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), étaient brutalement arrêtés en Guinée. Ils auraient été brutalisés, voire torturés, selon le témoignage de l'un de leurs codétenus désormais libre. Deux ans après, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus. À l'occasion d'une conférence consacrée au sort des deux militants guinéens ce jeudi 9 juillet à Dakar, le défenseur des droits de l'homme sénégalais Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, est le grand invité Afrique de RFI. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : La société civile guinéenne marque ce jeudi 9 juillet les deux ans des disparitions de Mamadou Billo Bah et de Foniké Menguè. Deux ans sans aucune information, deux ans de silence. Comment jugez-vous cette situation ? Alioune Tine : C'est scandaleux. C'est révoltant parce que Billo Bah et Foniké Menguè, c'étaient les leaders de la société civile guinéenne qui ont travaillé avec beaucoup de courage, qui ont permis la démocratie et puis qui ont été enlevés par des personnes. Ils les ont amenés à la gendarmerie de Hamdallaye et puis au palais Mohammed V, et puis dans les îles Fotoba. Et on ne les a plus revus. Il y a un rescapé qui est là à Dakar, que je connais, Mohamed Cissé. C'est le seul survivant de cette histoire. Il est temps de mettre un terme à cette situation, parce que la vie des Guinéens, ça compte. Les familles des disparus estiment que le système judiciaire ne joue pas son rôle. Est-il encore possible d'enquêter en Guinée sur ce cas ? Difficilement. En Guinée, je pense que ce soit les institutions judiciaires, tout est sous contrôle. La seule possibilité aujourd'hui, c'est au niveau africain. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, la Cour de justice de la Cédéao et même les plaintes qui sont déposées en France. Vous venez de le dire, une plainte a été déposée en France par les avocats en juillet 2024, il y a deux ans. Cette procédure, d'après vous, peut-elle aboutir ? Tant que les gens sont au pouvoir, c'est extrêmement difficile. Et maintenant, j'ai l'impression que l'influence que la France avait à l'époque a beaucoup baissé. Donc la France fait vraiment attention quand elle est en Guinée. Et cette situation, elle ne peut pas continuer en Guinée. On ne peut pas développer la Guinée par la peur et par les violations des droits de l'homme. L'organisation Tournons La Page Guinée qui affirme avoir documenté 35 cas de disparitions forcées et 12 cas d'enlèvements arbitraires depuis la prise de pouvoir des militaires en 2021, estime que c'est un retour au régime répressif du temps de Sekou Touré… Maintenant, dès que vous êtes opposant, activiste des droits de l'homme ou même journaliste d'investigation, vous n'avez plus la possibilité de vivre en Guinée. Sois vous êtes obligé d'être dans un exil forcé, c'est le cas de Cellou Dalein Diallo, de Sidya Touré qui étaient les principaux opposants. C'est le cas également de nombreux membres de la société civile guinéenne qui sont dans la sous-région ou en Europe, parce qu'ils ne peuvent plus vivre en Guinée Conakry du fait de leurs idées, du fait de leurs croyances. Ça se fait dans un silence qui est extrêmement inquiétant aujourd'hui, ni l'Union européenne, ni l'Union africaine, ni même les Nations unies, c'est vrai qu'il y a eu des interventions des Nations unies, mais timide. Je pense que la communauté africaine et internationale a besoin de regarder ce qui se passe en Guinée sous le règne du général Doumbouya. Mais on a l'impression qu'on est en train de revivre les pires moments de Sekou Touré. Comment vous expliquez ce silence continental, ce silence international ? Il y a un véritable basculement géopolitique. La chute du mur de Berlin avait permis le développement des droits de l'homme, le développement de la démocratie. Mais maintenant, avec les conflits armés que nous avons en Afrique, puis aussi le fait que les pays occidentaux n'aient pas eu la possibilité, les capacités de mettre un terme à ces conflits... La sous-région, c'est une espèce de proie pour la plupart des puissances impériales de venir chercher les matières premières. Il y a beaucoup de ressources en Guinée. La Guinée est très riche en ressources. Tant que les gens font du business, ça marche et c'est ça. C'est scandaleux. Il est temps aussi de mettre un terme à l'impunité. La Cour pénale internationale est très critiquée sur le continent africain, mais est-ce que vous estimez néanmoins que la CPI doit enquêter sur la situation en Guinée ? C'est vrai que la CPI a été affaiblie par certaines grandes puissances aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier… Trump, les États-Unis… Mais, je pense que la CPI s'était impliquée déjà quand il y a eu les événements du 28 septembre, le stade de Conakry. Aujourd'hui plus que jamais, la CPI doit investiguer en Guinée, se saisir de ce qui se passe en Guinée. Je pense que ce serait franchement une bonne prévention des violations des droits de l'homme. Et puis également lutter contre l'impunité des crimes internationaux comme les disparitions forcées, comme les détentions arbitraires en Guinée Conakry. Pour revenir à Foniké Menguè et à Mamadou Billo Bah, l'inquiétude sur le sort des deux militants grandit chaque jour depuis deux ans. Vous gardez néanmoins espoir de les revoir vivant ? Ecoutez, moi, je garde espoir de les voir vivants. Je connais bien les deux, je connais bien leurs familles. La famille de Billo Bah est venue me voir ici il n'y a pas si longtemps, avec ses enfants. Donc vraiment, nous continuons à garder espoir et continuerons à mettre la pression pour qu'on nous dise ce que sont devenus Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
Dix terroristes présumés ont été arrêtés lundi 6 juillet au Maroc lors d'une opération d'envergure menée dans tout le pays. Les autorités les soupçonnent d'appartenir à une cellule liée à l'État islamique au Sahel et d'avoir tenté de préparer un projet d'attentat. Des armes, des documents de propagande et du matériel pouvant servir à fabriquer des explosifs ont été saisis lors des perquisitions. Pour en parler, l'auteur du livre Maroc, le défi de la puissance, Abdelmalek Alaoui, qui préside également l'Institut marocain d'intelligence stratégique basé à Rabat, est le grand invité Afrique de RFI, ce mercredi 8 juillet. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : Des interventions dans sept villes du pays, dix arrestations, un laboratoire pour concevoir des bombes découvert : cette cellule, indique les autorités, ne formait pas des terroristes pour partir à l'étranger mais pour frapper le territoire marocain. Abdelmalek Alaoui : La chose qui est certaine, c'est qu'il y a une inversion du centre de gravité tel qu'on le connaissait jusqu'à présent. Jusqu'à présent, il y avait une exportation de jihadistes vers la région du Sahel. Et là nous sommes dans une situation qui est assez inédite et qui marque une transformation de l'État islamique au Sahel, en donnant les instructions à ces unités combattantes de rester dans les pays qui étaient des pays de missions, avec un niveau de sophistication de plus en plus élevé. C'est très vraisemblablement une cellule qui était prête à passer à l'action. Tout le monde a en mémoire les attentats d'ampleur, notamment celui de Marrakech en 2011. L'État islamique cherche-t-il à frapper le royaume marocain car il y a aussi une réelle confrontation idéologique ? Il y a une confrontation qui est une confrontation fondamentale, puisqu'au Maroc, le Roi, qui est commandeur des croyants, promeut un Islam du milieu, de rite malékite. Et donc, depuis les attentats de 2003, le Maroc a toujours joué sur un aspect tridimensionnel : le renseignement, la théologie, mais également le social. Car, évidemment, la pauvreté est souvent le terreau de la radicalisation. Et donc, évidemment, frapper le Maroc, c'est frapper le symbole de l'islam du milieu tel qu'il est porté par le roi Mohammed VI. La Fondation Mohammed VI des oulémas africains forme des centaines d'imams pour tout le continent, ce qui constitue un antidote doctrinal au jihadisme sahélien. Vous évoquiez le niveau de sophistication de la cellule démantelée, composée de trois équipes : la première chargée de valider les cibles, la seconde en charge des achats, la troisième gérait l'assemblage des explosifs, le tout étant coordonné par des cadres de l'État islamique à l'étranger. Peut-on parler d'un fonctionnement militaire ? C'est un fonctionnement typique des organisations terroristes, lorsqu'elles arrivent à maturité et lorsqu'elles ont pu obtenir également du financement. Parce que là, on parle de communications cryptées, on parle de cellules qui sont étanches entre elles. La cellule n'en était plus à un stade d'endoctrinement. C'est une structuration avancée qui montre que le groupe n'en était plus à ce stade-là, mais à celui de la planification tactique. Il y a une sophistication de plus en plus importante de l'État islamique et des différentes cellules avec lesquelles il essaie d'organiser ses projections sur les territoires extérieurs. L'État islamique continue son expansion au Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Comment les autorités marocaines collaborent avec les juntes militaires qui sont au pouvoir dans ces États ? On en a des marqueurs extérieurs. On le voit, le Maroc se met en position de médiateur, a poursuivi le dialogue avec les différents pays de l'AES lorsque ceux-ci ont voulu rompre la discussion avec Paris. Et donc, le Maroc s'est trouvé en tiers de confiance qui permet de vasculariser une relation tridimensionnelle entre le Maroc, le Sahel et la France, mais aussi d'autres grandes puissances. Le Maroc a cette doctrine basée d'abord sur le fait qu'il faut désenclaver le Sahel. C'est pourquoi il y a une initiative atlantique très importante qui est promue par le Roi Mohammed VI pour permettre au commerce de mieux fonctionner dans ces zones-là. Car, encore une fois, l'insécurité est nourrie par la précarité économique. Le Maroc a également signé des accords de coopération sécuritaire avec Israël, les États-Unis, la France. Cette coopération internationale est-elle également essentielle dans la lutte contre le terrorisme ? Sur la coopération avec les États-Unis, évidemment, elle est très importante. C'est une relation qui est très ancienne. D'ailleurs, l'exercice African Lion se déroule traditionnellement au Maroc chaque année, car il permet de reproduire des théâtres d'opérations dans lesquels il y a à la fois le désert, la montagne et le Maroc offre cette richesse-là. Sur la coopération avec Israël, il n'y a rien de public, d'autant plus que le Maroc est sur une ligne extrêmement ferme sur la solution à deux États [un israélien et l'autre palestinien, NDLR]. Avec la France, enfin, la coopération sécuritaire a bien repris depuis la reprise de la relation et de cette embellie diplomatique qui a eu lieu à l'automne 2024 et la reconnaissance par le président Macron de l'intégrité territoriale du Maroc et donc de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Rappelons que le Maroc a toujours joué un rôle très important en matière de renseignement et de coopération avec la France, la localisation du terroriste Abaaoud [Abdelhamid Abaaoud, acteur-clé des attentats de novembre 2015 en France, NDLR] avait été rendue en grande partie possible grâce à un renseignement de la DGST. La DGST marocaine a également formé des officiers au Gabon, en Côte d'Ivoire, en Guinée-Conakry, à Madagascar et en Tanzanie. Vu la pression des groupes terroristes, cette coopération panafricaine doit-elle absolument se renforcer ? Le modèle marocain est basé sur le fait qu'il refuse le tout technologique. L'aspect humain du renseignement reste extrêmement important dans la technicité. Eh oui, effectivement, la coopération y joue un rôle essentiel. Car même si le Maroc a développé des services de renseignements parmi les plus efficaces et les plus respectés au monde, la menace, elle, ne dort jamais. Donc, il est important de pouvoir continuer à discuter avec tous les partenaires et de pouvoir aller au-delà des frontières, lorsque cela est nécessaire.
C'est une discipline libre mêlant sport et art. Le football freestyle consiste à réaliser des figures acrobatiques et des enchaînements créatifs à l'aide d'un ballon de foot. Le concept : deux freestylers, une scène, un ballon, une musique et trois rounds de 30 secondes pour le battle. La Côte d'Ivoire est le premier pays à avoir remporté le championnat d'Afrique de la discipline. Lumière sur le football freestyle à travers ses icônes ivoiriennes. De notre correspondant à Abidjan, Devant les yeux ébahis des enfants venus les admirer cet après-midi, des freestylers font virevolter un ballon de football sur une aire de jeu au Dokui, quartier situé à la lisière d'Abobo. Abobo, où la discipline connaît ses premiers adeptes à la fin des années 2000. Stéphane Bogui en est l'un des pionniers. Il est aujourd'hui président de la Fédération ivoirienne de football freestyle et des disciplines associées. « Nous avons débuté par une association, le collectif Donga Freestyle. En 2012, nous avons eu la septième vague de freestylers. À partir de là est né le club de Yopougon ainsi que celui de Marcory. » De ce noyau initial, semé par les précurseurs, naît la jeune fédération qui tente, tant bien que mal, de se faire une place. Objectifs : structurer la discipline et la faire rayonner dans le pays du football roi. « C'est à partir de là que nous avons eu cette stabilité et le tout premier championnat de Côte d'Ivoire, nous avons eu notre premier champion. » Auréolé du tout premier titre ivoirien, Abdoul Titi Koné enchaîne et en décroche deux autres, soit trois au total. Le jeune freestyler part ensuite à la conquête de l'Afrique et réussit à entrer dans l'histoire en remportant, cette fois-ci, le tout premier titre africain en 2018. Il récidive ensuite en 2019. « Remporter le championnat d'Afrique deux fois d'affilée, déjà, ce sont de grandes émotions parce que, quand tu es champion pour la première fois, on t'attend. Donc moi aussi, déjà dans ma tête, je suis préparé parce que le talent seul ne suffit pas. » Avec sa rigueur, Abdoul Titi Koné change peu à peu de dimension et bourlingue grâce à son talent. Il rencontre des personnalités du monde sportif telles que Zinédine Zidane. En février 2026, il est fait chevalier du Mérite sportif ivoirien. En reconversion de carrière, Titi Koné collabore désormais à divers projets internationaux liés au foot. « Quand ils voient qui tu connais, ils pensent directement au freestyle. Et forcément, il y a les gestes techniques, il y a des petits ponts et tout ça, ça fait partie du football, c'est vrai. Je n'ai pas réussi dans le foot à onze, mais je suis toujours dans l'écosystème du football. » « Le foot freestyle était fait pour moi » Sur les traces d'Abdoul Titi Koné, dont il affirme s'être inspiré à ses débuts, Kevin Mobio, dit Arshvane, est le nouveau champion du football freestyle. Sacré trois fois d'affilée, il s'est imposé comme le leader de la nouvelle vague des freestylers ivoiriens. Pour cet ancien footballeur, le freestyle est arrivé dans sa vie comme une évidence. « J'avais comme l'impression que le foot freestyle était fait pour moi, en fait. À peine quelques mois d'entraînement et j'ai assimilé rapidement les figures. J'avais vraiment envie de jouer au foot, mais je vois que là, je fais un truc qui me réussit facilement. Donc j'ai décidé de laisser le foot et de me concentrer sur le freestyle. » Résultat : trois sacres d'affilée. Mais en dehors des compétitions, le football freestyle se vit aussi comme un art de la scène. Arshvane : « On nous appelle souvent pour des prestations, pour freestyle est intacte en Côte d'Ivoire, mais elle jongle à petite échelle, à l'ombre du football roi que le monde puisse savoir que l'on a des freestylers. On a une fédération en Côte d'Ivoire. » Beaucoup ont découvert le football freestyle aux Jeux de la Francophonie d'Abidjan. Ignace Cassio, né avec un handicap moteur, y avait fait sensation. Il a ensuite participé aux Jeux de Kinshasa et s'apprête à disputer ceux d'Erevan : « C'est un grand plaisir de participer pour donner toujours le meilleur de soi en harmonie. J'ai obtenu une médaille de bronze, une médaille d'argent et, cette fois-ci, la médaille d'or. » La passion autour du football freestyle est intacte en Côte d'Ivoire, mais elle jongle à petite échelle, à l'ombre du football roi. À lire aussiFootball, les autres terrains: au Sénégal, le e-sport [1/5] À lire aussiFootball, les autres terrains: en RDC, le baby-foot, terrains en miniature [2/5] À lire aussiFootball, les autres terrains: au Maroc, le pari fou des fans de «Footgolf» [3/5]
Notre grand invité Afrique du jour nous emmène au Sénégal, en plein tourment politique. Vendredi 3 juillet, le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la création prochaine de son propre parti politique, décision qui accentue la confrontation avec son ancien mentor et désormais président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Les deux hommes cherchent visiblement à assoir leurs statures et se diriger tout droit vers un duel pour la présidentielle de 2029. Professeur agrégé de sciences politiques à l'Université Gaston-Bergé de Saint-Louis, Maurice Soudieck Dione répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : Ce parti politique n'a pas encore de nom, de logo… Bassirou Faye est-il en train d'officialiser sa candidature à la présidentielle de 2029 ? Maurice Soudieck Dione : Bien entendu, les actes qu'ils posent vont dans le sens d'officialiser sa candidature pour la présidentielle de 2029, qui est une échéance électorale cruciale. Je crois que le duo s'est transformé en duel. Et aujourd'hui, je crois qu'on va vers une clarification politique des forces qui gravitent autour de l'une et de l'autre personnalité. Et ce combat politique devra être tranché par le vote du peuple. En annonçant la création de son parti, Bassirou Diomaye Faye quitte officiellement le Pastef ? Oui, naturellement, puisqu'on ne peut pas être à la fois membre de deux partis politiques qui sont concurrents. Ça n'a pas beaucoup de sens. Donc, le président était dans une logique de dire qu'il est dans le Pastef. Aujourd'hui, la stratégie semble avoir évolué pour un parti politique qui lui est propre et qui va naturellement chercher à capter des soutiens au niveau du Pastef, mais aussi avec d'autres forces politiques qui gravitent sur la scène nationale. Le chef de l'État est déjà à la tête de la coalition Diomaye président. Pourquoi, au Sénégal - on l'a vu avec Abdoulaye Wade, avec Macky Sall - diriger son propre parti est fondamental pour mener sa carrière ? Le président de la République a besoin d'un appareil politique pour asseoir son pouvoir. Et cela, c'est une réalité. On l'a vu lorsque le président Abdou Diouf s'est départi de son appareil politique en 1996. C'est ainsi qu'il a perdu le pouvoir en 2000. Parce que, évidemment, son parti a été marqué par des départs de barons. Donc, un chef de l'État qui n'a pas de soutien politique à travers une formation qu'il dirige, c'est une manière de fragiliser son pouvoir. Dans cette bataille politique, il y a aussi la vaste réforme constitutionnelle votée à l'Assemblée le 29 juin, à la demande d'Ousmane Sonko, qui prévoit notamment d'interdire au chef de l'État de présider un parti politique. Est-ce que cette réforme peut affaiblir Bassirou Diomaye Faye ? Naturellement, cette disposition ne semble pas arranger le président de la République. Il y a aussi cette question de la mise en œuvre de la réforme, puisque le président est l'acteur principal qui doit permettre l'effectuation de ladite réforme, puisque c'est le président qui choisit en dernière instance si la réforme doit être approuvée par l'Assemblée nationale ou soumise à référendum. Le président a opté pour le référendum, mais la Constitution ne lui impose pas de délai. Et de ce point de vue, il est fort probable que ce référendum n'ait finalement pas lieu. Ou alors que le président, sur la base de l'article 51, propose un autre projet de référendum et le soumette au peuple. Les deux hommes avaient promis de réformer le système, qui est un système où le président a beaucoup de pouvoir. Aujourd'hui, le chef de l'État n'a aucun intérêt à modifier la Constitution ? Je crois qu'il faut peut-être voir les choses avec un peu plus de nuances. Parce qu'à la vérité, l'hyperprésidentialisation du système politique sénégalais nous a permis d'avoir une stabilité politique près de 63 ans. Le président de la République doit rester la clé de voûte des institutions et chercher à tempérer son pouvoir avec celui d'un Premier ministre qui n'est pas élu, mais qui est nommé, ne fera que nous mener encore à des crises. Et l'histoire nous l'a montré, à travers toutes les confrontations qu'on a connues au sommet de l'État depuis Senghor et Mamadou Dia, en passant par Idrissa Seck, Abdoulaye Wade, Macky Sall, etc. Le Sénégal traverse une période difficile, notamment au niveau économique. Est-ce que cette lutte des chefs entre Bassirou Faye et Ousmane Sonko ne va pas frustrer un peu plus les populations ? Bien entendu, parce que là, on est dans une situation alarmante pour les finances publiques qui plombent les capacités d'investissement de l'État, les capacités de financer les projets de l'État, alors que on ne peut pas exécuter le programme qui a été promis aux Sénégalais, notamment sur le plan économique, s'il n'y a pas de financement. Et à côté de cette situation-là, vous avez le coût de la vie qui augmente. Et si en plus de cela, on doit avoir une guerre des chefs, un conflit au sommet de l'État qui va se traduire par des luttes de positionnement pour les échéances électorales à venir, naturellement, l'électorat peut se dire que les hommes politiques sont tous les mêmes et que ce qui les intéresse, c'est finalement leur propre égo et la conquête du pouvoir...
Louise : Bon, j'ai pris une grande décision ! Je vais acheter un vieux van et l'aménager moi-même pour nos prochaines vacances !Julien : Ah bah carrément, l'idée est géniale, mais tu es sûre d'avoir la patience et le savoir-faire pour tous les travaux ?Louise : J'ai déjà regardé au moins cinquante tutos sur YouTube et je suis super motivée à l'idée d'avoir notre petite maison roulante. Donc je suis certaine que ça va le faire !Julien : Et bah bon courage la bricoleuse, préviens-moi quand il faudra tester le matelas ! C'est là que je serai le plus utile ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le sommet de l'Otan commence ce mardi 7 juillet à Ankara, en Turquie. Quel va être le futur de l'Otan et tous les pays de l'Alliance sont-ils prêts à la défendre ? Sur la frégate française qui a participé aux grands exercices maritimes Baltops, personne n'en doute. Ces exercices existent depuis 1972 et visent à renforcer la cohésion entre les Alliés et à réaffirmer la volonté de défendre cette région limitrophe de la Russie. De notre correspondante dans la région, Sur la passerelle, la situation est tendue. Tout le monde a revêtu sa tenue d'alerte, une cagoule et des gants ignifuges et des lunettes. Le commandant en second : « Là, nous sommes en entraînement pour le tir. Donc, nous allons tirer avec le canon 100 mm, le canon 20 mm et la mitrailleuse arrière sur des ballons qui simulent des aéronefs qui nous arrivent dessus à grande vitesse. On s'est toujours entraîné contre les menaces aériennes. On a évidemment rajouté les nouvelles menaces qu'on peut voir dans les différents conflits qui nous entourent, évidemment les drones dont on entend beaucoup parler. » Au niveau inférieur se trouve le Central Operations. C'est le lieu le plus secret de la frégate où se trouvent tous les écrans qui surveillent la mer. Les équipes de l'enseigne de vaisseau Kevin s'entraînent à réagir si un aéronef ne réagit pas aux sommations d'identification. Un exercice qui s'est aussi fait à plusieurs pendant Baltops : « C'est comme ça que l'on est les meilleurs. Aujourd'hui, on a la chance de pouvoir partager notre situation en liaison radio ou en liaison satellite. On est vraiment monté en gamme dans la richesse des informations que l'on peut partager avec les navires de l'Otan. » À lire aussiLa Turquie veut être au centre du jeu à l'occasion du sommet de l'Otan La Baltique, un espace stratégique sous surveillance Tout au long des deux semaines d'exercice, les marins français se sont entraînés avec les Alliés à se ravitailler en mer, à déminer un territoire pour escorter des unités dites précieuses ou arraisonner des navires suspects. Le commandant de la frégate Martin Redoutey : « En étant présent, on envoie ce message de détermination sur notre capacité à mener des opérations complexes pour défendre le territoire des pays de l'Otan. » La mer Baltique concentre une partie importante des échanges commerciaux mondiaux. Protéger les voies maritimes dans une région de plus en plus stratégique est nécessaire. Les Alliés ne sont pas seuls. La Russie est aussi riveraine et montre sa présence. Quand un Tupolev, un avion russe de combat, est repéré, tout le monde s'active. Le commandant Martin Redoutey : « À une dizaine de kilomètres du bateau, on a certainement un aéronef probablement de nationalité russe qui est en transit, qui a un profil qui est stable. Là, on voulait s'assurer de la cinématique et des intentions de cet aéronef. Il ne présente pas de difficulté particulière. » En mer Baltique, même en exercice, la vigilance des Alliés ne retombe jamais. À lire aussiSommet de l'Otan d'Ankara : l'Europe face au vide laissé par le retrait militaire américain
Très prisée des touristes comme des habitants de la capitale vietnamienne, la vente sur les trottoirs fait partie du quotidien d'Hanoï. Mais les autorités entendent désormais mieux encadrer, voire restreindre, ces activités. En intensifiant les contrôles et les amendes contre les vendeurs informels, la ville bouscule aussi une part de la culture locale. De notre correspondant à Hanoï, Riz, thé, ventilateurs, oiseaux, coiffeurs ou vendeurs de poissons rouges : on trouve de tout sur les trottoirs d'Hanoï. Mais depuis de nombreuses années, la ville entend « rendre les trottoirs aux piétons ». Installée sur un tabouret en plastique, devant son magasin débordant d'objets et de condiments en tout genre, cette vendeuse a retiré les cartons et les étagères du trottoir qu'elle occupait jusque-là. Dans ce vieux quartier populaire d'Hanoï, de nombreuses activités commerciales s'exercent sur ces espaces, au détriment des passants. « Ceux qui n'ont pas de maison ou de local ne pourront plus vendre, déplore la commerçante. On pourra seulement louer, ou vendre, à l'intérieur des maisons. Parce que les gens ont le droit de louer ou d'exercer à l'intérieur, mais pas sur le trottoir. L'État n'autorise pas la vente sur les trottoirs, car ils doivent être réservés aux piétons. » Depuis son bia hoi, établissement où l'on sert la bière pression locale du même nom, cette commerçante a perdu presque la moitié de sa clientèle. Il y a quelques mois encore, elle vendait sa bière, son riz sauté et son alcool de riz à l'abricot depuis le trottoir, désormais transformé en parking pour scooters. « Ma clientèle a diminué de moitié. Vraiment de moitié, voire davantage, dénonce-t-elle. Et encore, moi, j'ai la chance de pouvoir louer un local. J'ai donc un espace à l'intérieur. Mais beaucoup de personnes ne vendent que sur le trottoir. Pour elles, cela signifie perdre totalement leur activité. » À lire aussiAu Vietnam, la progression rapide de l'obésité inquiète les autorités « Au Vietnam, s'installer sur le trottoir fait partie de la culture » Jusqu'ici occupés de manière informelle, à la limite de la légalité, certains trottoirs pourraient désormais être loués dans un cadre réglementé. La ville d'Hanoï envisage d'expérimenter la location d'une partie de ces espaces. Avec un tarif maximal d'un euro cinquante par mètre carré, des commerçants triés sur le volet pourraient ainsi bénéficier d'un droit d'usage encadré. « Quand on ne peut plus servir sur le trottoir, les clients doivent s'asseoir à l'intérieur, mais ils n'aiment pas ça. Il fait chaud, c'est étroit et bruyant, explique une commerçante. Si l'État nous autorise à louer une partie du trottoir, je le ferai pour pouvoir y servir mes clients. Dans mon établissement, les gens préfèrent s'asseoir dehors. Au Vietnam, s'installer sur le trottoir fait partie de la culture. Donc, si cela devient possible, je louerai cet espace. » Les demandeurs devront remplir plusieurs critères. Ils devront notamment obtenir l'accord d'au moins 50 % des propriétaires et des habitants concernés, maintenir un passage piéton continu d'au moins 1,5 mètre et installer des caméras de surveillance. Les bénéficiaires devront également disposer d'un local donnant sur la rue concernée. Les commerces occupant illégalement le trottoir s'exposeront, quant à eux, à des sanctions plus lourdes, pouvant atteindre 200 euros. À lire aussiTo Lam, le puissant et ambitieux leader vietnamien qui s'inspire de Xi Jinping
Ce mois de juillet 2026, l'une des grandes plumes de la littérature francophone aura 85 ans : l'écrivain congolais Emmanuel Dongala, né en 1941. Son parcours l'a fait traverser toute l'histoire du Congo-Brazzaville, de l'indépendance aux déchirements de la guerre civile, en passant par l'âge d'or de la littérature et du théâtre dans les années 70 à 90. C'est cette histoire qu'il a racontée à RFI, à la première personne. RFI : Vous êtes né en juillet 1941, il y a 85 ans. Est-ce que pendant votre enfance se mettent déjà en place des choses importantes pour votre vie d'écrivain ? Emmanuel Dongala : D'abord, quand j'étais petit, à l'époque, il n'y avait pas de télévision et le soir, en saison sèche, il faisait froid. On était dehors, autour du feu, sous le clair de lune, et notre mère, ma mère, nous racontait des histoires, des contes. Et ça me fascinait. Je me disais : « Il faut qu'un jour moi aussi je me mette à inventer mes propres contes. » Et c'est incroyable comme cette femme analphabète m'a poussé à devenir écrivain. Et mieux encore, mon père était instituteur et il avait des livres à la maison que je feuilletais. Je ne comprenais pas la moitié de ce qu'il y avait dans ces livres-là. Mais l'objet était là et fascinant… … Fascinant. Je lisais, je passais de la littérature aux sciences, vous savez, ces grosses encyclopédies de l'époque, Larousse. Je me souviens très bien. Et être fils d'instituteur a été très important pour moi. C'est ce qui a fait ce que je suis aujourd'hui. … Et être bercé par les contes de votre mère. Oui aussi. Il y a un conte qui vous a marqué ? Oui, plusieurs. Et quelquefois la grand-mère, qui était encore vivante, nous racontait ces contes-là sur les animaux de la brousse, les hommes et les sorciers. C'était vraiment fascinant. À lire aussiL'écrivain congolais Emmanuel Dongala Dans les années 70, vous devenez enseignant-chercheur en chimie à l'université de Brazzaville. Le pays est alors en pleine République populaire, pétri de principes marxistes-léninistes, sous la direction de Marien Ngouabi. Quel souvenir personnel est-ce que vous gardez de cette période révolutionnaire ? Ouh là là ! D'abord tout était caporalisé. Parti unique. « Le pouvoir est au bout du fusil » : c'est le slogan qu'on voyait partout dans les rues. « Le parti dirige l'État ». Même à l'université, au Conseil de l'université, il y avait un représentant du parti qui faisait face au recteur. Il y avait quand même une ferveur révolutionnaire. On croyait vraiment qu'on allait changer le monde. Mais à la fin, c'était beaucoup plus des slogans et de la répression qu'autre chose. Est-ce qu'il y a des anecdotes qui vous ont marqué sur ce quotidien pendant la période révolutionnaire ? Oui. Par exemple, une fois, il y avait un grand meeting du parti et le représentant du parti, habillé en col mao, se lève, crie : « À bas l'impérialisme ! » La foule répond : « À bas ! » « À bas le colonialisme ! » La foule crie : « À bas ! » « À bas le néocolonialisme ! » « À bas ! » « C'est bien, nous sommes maintenant libres », a répondu à la suite le représentant du parti. Voilà, c'était fini pour lui. La parole était performative. C'était marrant ! Et puis il y avait beaucoup de ces slogans-là qui nous font rire aujourd'hui. Par exemple : « Il faut se serrer la ceinture aujourd'hui pour mieux vivre demain. » Parce qu'il y avait la pénurie, il n'y avait rien, il y avait des retards de salaires. Donc pour amadouer la population ou pour expliquer, on disait : « Il faut se serrer la ceinture aujourd'hui pour mieux vivre demain. » À lire aussiRetour au Congo, avec Emmanuel Dongala Et quel était justement votre quotidien d'enseignant-chercheur dans ces années 70 à Brazzaville ? Moi, j'étais assez indépendant parce que j'étais en chimie. Mais mes collègues de philosophie, par exemple, disent que la philosophie marxiste primait sur tout. Les autres philosophes, les Kant, les Sartre, c'était des « philosophes bourgeois », ça ne comptait pas. Et c'était terrible cet encadrement de la pensée à l'époque pour des universitaires. Tout le monde devait être marxiste. Ils parlaient du socialisme scientifique et ils parlaient des lois du mouvement social, je ne sais pas quoi. Moi qui suis chimiste et physicien, je ne connais que les trois lois de Newton. Mais eux, ils avaient une loi du socialisme, etc. Il y avait une contrainte intellectuelle. L'espace intellectuel était assez restreint. Est-ce que c'est le moment où vous entrez en écriture ou est-ce que vous êtes entré en écriture plus tôt ? Ah non, j'ai commencé tout simplement, tout bêtement au lycée, en écrivant des poèmes – des mauvais poèmes. Parce qu'à l'époque on envoyait des poèmes aux filles, vous voyez ? J'ai commencé par ça : imiter les Baudelaire, Rimbaud, etc. Et je lisais beaucoup, énormément. C'est ça qui m'a donné vraiment le goût d'écrire. En 1973, vous publiez Un fusil dans la main, un poème dans la poche qui raconte le parcours d'un jeune révolutionnaire africain, de la lutte anticoloniale à l'exercice du pouvoir. Et vous montrez dans ce livre comment l'idéal de libération se déforme jusqu'à produire de nouvelles formes d'oppression. Comment ce texte a-t-il été accueilli à l'époque par vos lecteurs congolais et par le pouvoir ? Les lecteurs congolais, c'était extraordinaire. Une réception incroyable, parce que le livre a été publié par Albin Michel et après on ne le trouvait plus. J'ai vu des gens qui le faisaient circuler par photocopie. Et autre anecdote que je trouve très intéressante : le livre avait été traduit en portugais et des années plus tard, j'ai retrouvé des combattants du MPLA, le parti angolais, et il y en a un qui m'a dit : « J'ai lu votre livre dans le maquis. C'était vraiment très bien. C'était exactement ce qui se passait. Mais vous, vous étiez dans quel maquis ? » Moi j'ai dit : « Non, je n'ai jamais combattu. Je ne sais même pas par quel bout on tient un fusil ! » Il était étonné que j'aie si bien décrit la réalité du maquis. Quand l'imaginaire rencontre la réalité, ça fait vraiment plaisir pour un écrivain. Au Congo, le livre a été censuré, banni parce qu'il y avait une liste de livres interdits. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais compris. Autant je comprenais la censure pour Jazz et vin de palme, mais pour Un fusil dans la main, un poème dans la poche, je n'ai pas compris pourquoi c'était censuré. À lire aussi«Un fusil dans la main, un poème dans la poche», par Emmanuel Dongala De quand date votre engagement dans le théâtre, sur la scène brazzavilloise, et pourquoi le théâtre ? Et bien parce que ça fait partie de la littérature, de tout ce que j'aimais et de toute la vie qui était autour de moi. Parce que c'est très théâtral, la vie congolaise, la vie au Congo. Et c'était vraiment une période bénie, cette époque-là des années 70-90 où le théâtre congolais était vraiment florissant. Je ne prétends pas que c'est nous qui avons créé le théâtre congolais. Non, ça existait bien avant nous. Il y avait beaucoup de petites troupes. Il y avait le théâtre national. Mais vraiment, à cette époque-là, parmi les groupes qui existaient, beaucoup montaient plus des scénettes que du théâtre. Et il y a trois groupes qui ont émergé : la troupe de Sony [Sony Labou Tansi, NdlR]. Sony a fait un travail remarquable pour mettre le théâtre congolais sur la scène internationale. La troupe qui s'appelait Ngunga, de mon ami Matondo aussi, qui était très bien, et la mienne s'appelait l'Éclair. Et ça avait tellement d'impact sur les autres que les jeunes, les autres troupes, nous taquinaient ou se moquaient de nous – ils nous jalousaient un peu d'ailleurs – en nous qualifiant de « So-ma-do », acronyme de Sony, Matondo et Dongala. Et chacun de nos groupes travaillait de façon différente. Matondo était spontané, dur, pour confronter la réalité. Sony jouait ses très beaux textes. Il venait à Limoges tout le temps. Et moi je m'intéressais beaucoup plus au théâtre international. Mais j'ai joué des pièces congolaises de Sylvain Bemba et d'autres. Mais tout de suite, j'ai monté « Sartre ». Et quand un de mes livres, Le Feu des origines, a été traduit au Japon, j'ai été invité au Japon. Je me suis mis à lire la littérature japonaise et j'ai découvert une pièce de Yukio Mishima qui s'appelle « Sotoba Komachi », qui m'a plu. Je l'ai montée à Brazzaville. Donc voilà la différence un peu entre nous trois, mais c'était vraiment vibrant. C'était une rivalité fraternelle. Vous diriez qu'il y a eu un âge d'or du théâtre congolais dans ces années 70, peut-être 80 ? Jusqu'en 90, oui. Le théâtre continue aujourd'hui, je ne vais pas dire que ça n'existe plus, mais cette époque particulière a quand même marqué et a été une période importante parce qu'il n'y avait pas que nous. Je parlais du parti unique, il avait aussi des pièces révolutionnaires, et puis ça passait à la radio, c'était très populaire, très suivi. Il n'y avait pas qu'à Brazzaville, il y avait aussi à Pointe-Noire, à Dolisie et puis il y avait des scènes dans les lycées, il y avait des troupes. Jusqu'à aujourd'hui, le théâtre est très aimé au Congo. Est-ce que vous pouvez nous raconter l'histoire du théâtre de l'Éclair dont vous êtes le principal animateur dans les années 80 ? Comment est-ce qu'il est né ? Il y avait un embryon, une petite troupe qui était là, qui végétait un peu, et on est venu me voir. On m'a demandé de prendre la direction de cette troupe. On a commencé à travailler d'abord sur la gestuelle, parce qu'on a eu la chance d'avoir le mime Marceau qui est passé à Brazzaville et on a fait un petit stage avec lui. Ensuite, on a eu d'autres comédiens, d'autres metteurs en scène français qui sont passés à Brazzaville. Donc le théâtre de L'Éclair, ce qui le caractérisait aussi, c'était beaucoup la gestuelle, surtout quand j'ai monté « Sotoba Komachi » de Yukio Mishima, il y avait beaucoup de ces pas glissés. Je tenais beaucoup à ça. J'ai monté « Sartre », comme je l'ai dit tout à l'heure, ce n'était pas rien : « Les mains sales ». S'il y avait cette scène théâtrale aussi riche, ça veut dire aussi qu'il y avait un vivier d'acteurs importants dans le Brazzaville de l'époque ? Oui, oui. Le grand théâtre, à l'époque, c'était le théâtre national. Il était subventionné par l'État et les acteurs étaient payés, professionnels. Donc c'est pour vous dire que l'État donnait une importance à ça. Nous, on était des théâtres indépendants, des groupes indépendants. Moi, comme j'étais professeur à l'université, j'avais un peu d'argent, je finançais ça moi-même et les prix des billets étaient vraiment modiques, évidemment. À lire aussi2. Emmanuel Dongala Est-ce qu'il y a des anecdotes qui vous ont marqué sur cette période théâtrale ? Oui, absolument, parce qu'à cette époque-là, je vous ai dit, on vivait sous une dictature de parti unique et il y avait des flics partout. Ils venaient écouter ce qu'on disait, etc. Évidemment, ils ont mis quelqu'un pour suivre Sony. « Ce qu'il fait dans son théâtre, c'est suspect », disaient-ils. Et Sony les a repérés tout de suite. Ces gens-là, ils n'étaient pas malins et on les repérait tout de suite. C'est lui qui me raconte : il me dit qu'il a conçu une scène avec un comédien. Il allait parcourir trois mètres sur le plateau, s'arrêter, bailler, puis retourner et un autre refaisait la même chose, et la même chose… et la même chose. Et là, au bout d'une demi-heure, le gars commençait à s'ennuyer. Il a dit : « Mais si c'est ça le théâtre, pourquoi on nous demande d'espionner ? » Puis il n'est plus jamais revenu. Mais moi, mon plus grand coup, ce n'était pas dans le théâtre. C'était quand j'étais professeur de chimie à l'université de Brazzaville, directeur des affaires académiques. J'organisais des conférences académiques. Et à l'époque, il y avait un grand débat dans le parti pour savoir qui était de droite, qui était de gauche. Il y avait un combat idéologique dans le parti. Il se trouve que je suis professeur de chimie et en chimie, il y a des molécules qu'on appelle énantiomères. Ça veut dire tout simplement que les molécules sont exactement les mêmes. La seule chose qui les distingue, c'est que, quand vous faites passer la lumière, l'une dévie la lumière à droite, l'autre dévie la lumière à gauche. Donc ce sont des molécules droites et gauches. Donc je me suis dit : « Ah ah ah ! Je vais faire une conférence académique de chimie organique avec le titre "De la notion de droite et de gauche". » Voilà le titre de ma conférence. Oh là là… alors qu'il y a un débat qui était de droite, de gauche dans le parti, les gens se sont dit : « Ça y est, qu'est-ce qu'il va dire celui-là ? » Je n'ai jamais vu un tel engouement parmi les services de sécurité de Brazzaville, il y avait trois ou quatre agents dans la salle pour voir ce que j'allais dire, sur la notion de droite et de gauche. Je me suis bien amusé. Ils se sont ennuyés à mort. D'ailleurs, ils n'ont rien compris. Est-ce que vous pourriez nous parler de vos relations avec Sony Labou Tansi et Matondo Kubu Turé, qui étaient donc les deux autres grands animateurs de la scène théâtrale de l'époque ? Oui, ce sont des frères. Dans le théâtre, on a combattu ensemble, on a fait des choses ensemble. Et ce qui est remarquable, c'est que nous avions des divergences politiques profondes. Par exemple, Sony était dans un parti politique et moi je ne l'étais pas, etc. Mais ça, ça ne nous divisait absolument pas. On se retrouvait, on discutait quelquefois, on copiait un peu les uns sur les autres… parce que j'ai vu quelquefois que Sony piquait quelque chose chez Matondo par exemple. Donc c'est pour ça que ces trois groupes sont restés si emblématiques pour les jeunes Congolais. Il y avait une forme d'émulation aussi entre vous ? Absolument. Rivalité, jalousie fraternelle. Sony avait un peu plus de succès que nous parce qu'il était connu à l'étranger. Il avait des pièces qui étaient jouées à Paris et chaque année il venait à Limoges. Mais c'est bien, parce que ce succès nous a entraînés aussi, nous a fait travailler plus fort encore. Donc voilà ce que c'était le « So-ma-do ». Qu'est-ce que vous retenez de la scène littéraire de cette époque à Brazzaville ? C'est aussi la grande époque de la littérature congolaise. Il y avait des écrivains avant, je vais citer les Letembet Ambily, les Jean Malonga, etc. Mais là, notre génération, ce groupe d'écrivains, je cite quelques noms : Tati Loutard, Henri Lopez, Sony Labou Tansi, Sylvain Bemba, Tchicaya U Tam'si – Bon, il était un peu plus âgé que nous, il n'était pas tout à fait dans notre groupe – et j'en passe… C'est vraiment à ce moment-là qu'il y a eu un véritable corpus de la littérature congolaise, connu à l'étranger, parce qu'on commençait à gagner des prix à l'étranger, à être traduit. Je suis traduit dans une douzaine de langues, par exemple. Et ce qui est encore une fois très intéressant, c'est qu'on était sous la dictature et on arrivait quand même à produire ces œuvres… qui étaient censurées. Comme je vous ai dit, Jazz et vin de palme a été censuré. Sony Labou Tansi a eu des livres censurés, mais on produisait quand même. Il y avait une forme de tolérance, finalement, du pouvoir. Oui, c'est ça qui est paradoxal. En fait, le pouvoir ne savait pas trop. Comme on disait à l'époque : « Il censurait les livres, mais ne censurait pas les écrivains. » C'était ça la formule qu'on avait trouvée. Il y avait une sorte de tolérance et puis je dois dire, quelqu'un qui était très bien, qui était ministre, membre du parti, mais qui nous protégeait, c'est le poète Jean-Baptiste Tati Loutard. Il nous protégeait vraiment. Il a protégé Sony pendant longtemps. Sony était fonctionnaire. Quelquefois, il partait à Limoges pour le théâtre, il abandonnait son boulot… Mais il nous a protégé, Tati Loutard, et je lui suis très reconnaissant pour ça. Est-ce que vous vous rencontriez entre auteurs ? Est-ce que vous formiez un cercle de gens qui se retrouvaient régulièrement ? Oui, on se retrouvait quand un livre des nôtres paraissait et on en discutait. C'est pour ça que Sylvain Bemba a créé ce mot qu'il appelle « la phratrie », la fraternité des lettres entre nous. Et ça a tenu, malgré les guerres civiles, les répressions politiques. C'est le seul endroit où la politique ne nous a pas divisés. Jusqu'à la guerre civile de 98 où nous sommes partis. Sony était mort. Et puis nous sommes partis, dispersés. Quelles sont les anecdotes dont vous vous souvenez sur cette « phratrie » des lettres ? On faisait lire nos manuscrits, les uns aux autres. On se passait les manuscrits. Il y a un point central autour duquel nous tournions, c'était Sylvain Bemba. C'était lui, vraiment le patriarche, c'est lui qu'on allait voir pour passer nos manuscrits. Et j'avais créé aussi une revue, Les Cahiers de théâtre de L'Éclair, qui n'a produit que trois numéros, malheureusement. Dedans, il y avait les contributions de Sony et des autres intellectuels de la place qui s'intéressaient au théâtre. Voilà encore un lieu d'échanges. C'était ça l'époque. Mais bon, on rencontrait des difficultés quand même pour imprimer. Il fallait taper, dactylographier à la machine. Je ne sais pas si vous savez ce que c'est de taper à la machine avec le papier carbone. Et puis quand on voulait faire des tracts, il fallait ronéotyper avec de l'encre sale. Donc c'était difficile, mais on réussissait quand même à faire circuler nos manuscrits, nos idées, les discussions sur la place. Le parti unique avait ce qu'il appelait l'Union nationale des écrivains et artistes du Congo. Tout le monde devait y être, tous les artistes, les écrivains, etc. Et nous, on ne voulait pas faire partie de cette UNEAC caporalisée par le parti. Nous avons créé à part, de façon tout à fait indépendante, ce que nous appelions l'ANEC, Association nationale des écrivains du Congo. Et tous les bons écrivains y étaient… j'exagère, parce que Tati Loutard est resté à l'UNEAC. Mais tous les autres, les Sony, les Matondo, tous les autres écrivains étaient avec nous dans cette association pour laquelle je dis fièrement que j'étais le président et le cocréateur. Et le pouvoir a laissé faire ? Oui, je pense que c'est arrivé au moment où déjà le parti unique était en fin de course. Les années 90 voient une explosion de violence politique au Congo au travers des milices que vous décrivez dans l'une de vos œuvres majeures, Johnny chien méchant. Quelle expérience personnelle, intime, est-ce que vous avez eue de ces milices, vous, Emmanuel Dongala ? Je les ai vécues… Un beau jour, vous voyez dans la rue des gamins avec des fusils plus hauts qu'eux, qui intimident les adultes, qui les font s'agenouiller dans la rue, dans les barrages. Mais vous vous dites : « Dans quel monde nous vivons ? » C'était terrible. Donc, avec ma famille, nous avons fui pour aller vers Pointe-Noire à pied, à travers la forêt. C'est terrible. C'est ça qui m'a donné l'idée d'écrire Johnny, chien méchant. Des gamins comme ça qui ont terrorisé des adultes, leur première expérience amoureuse est un viol. Mais qu'est-ce qu'on peut faire des gamins comme ça ? Comment les récupérer ? C'était vraiment terrible à vivre. Et c'est là où j'ai vraiment vu la souffrance humaine, la cruauté humaine. En ce sens que, par exemple, j'ai vu à un barrage où, pour passer, il fallait donner une pièce de 100 francs. 100 francs CFA, ce n'est rien. Et il y a un pauvre vieil homme, à l'époque, qui n'avait pas d'argent du tout. Et je vois quelqu'un à côté de lui qui dit : « Il n'a pas d'argent, je vais payer, je paie à sa place. » Et le petit milicien, là, avec son fusil, dit : « Non, ce n'est pas ton argent qu'on veut, c'est SON argent à lui. » Vous vous rendez compte… Ils se sont mis à battre le vieil homme. C'était cruel. C'est quelque chose qui a complètement échappé aux politiciens. En plus de ça, ce qui m'a touché personnellement, c'est qu'il y a eu des pillages partout. Ma bibliothèque a été pillée. J'avais des livres signés d'Aimé Césaire, de Jorge Sabato, le Portugais. Et en plus de ça, j'avais de la correspondance parce que j'ai fait des études aux États-Unis à une époque où il y avait les Civil Rights, donc j'ai eu une correspondance avec Malcolm X. Tout ça, ça a été détruit. Mais dans tous ces trucs-là, il y a toujours des moments cocasses. Un jour, en me promenant dans un grand marché de Brazzaville qu'on appelle le marché Total, je vois par terre mes livres pillés. Je dis : « Ce n'est pas possible, il faut que j'aille appeler la police pour récupérer mes bouquins. » Je vais voir la police. Je dis : « Voilà, j'ai vu à Total par terre mes livres. Je veux que vous veniez avec moi en tant que policier pour récupérer mes livres », l'agent de police appelle son chef. Son chef vient, je répète. Il me dit : « Ah, attendez, précisons : vos livres, ils ont été pillés ou volés ? » Je dis : « Pardon ? ». « Ah oui, parce que si ça a été volé, d'accord. Nous faisons une enquête. Mais si ça a été pillé, c'est la guerre, on ne peut rien faire. » [Il rit] Donc, c'est ça la guerre civile… À lire aussiEmmanuel Dongala, une sonate des Lumières
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l'Époux est avec eux ? » Méditation de l'évangile (Mt 9, 14-17) par Monique BaujardChant Final "Un vin nouveau" par HilsongRetrouvez tous nos contenus, articles et épisodes sur rcf.frSi vous avez apprécié cet épisode, participez à sa production en soutenant RCF.Vous pouvez également laisser un commentaire ou une note afin de nous aider à le faire rayonner sur la plateforme.Retrouvez d'autres contenus de vie spirituelle ci-dessous :Halte spirituelle : https://audmns.com/pMJdJHhB. A. -BA du christianisme : https://audmns.com/oiwPyKoLe Saint du Jour : https://audmns.com/yFRfglMEnfin une Bonne Nouvelle : https://audmns.com/afqCkPVConnaître le judaïsme : https://audmns.com/VTjtdyaEnfin, n'hésitez pas à vous abonner pour ne manquer aucun nouvel épisode.À bientôt à l'écoute de RCF sur les ondes ou sur rcf.fr !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les trois pays membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), ont formalisé auprès des Nations unies leur intention de retrait de la CPI. L'AES reproche à cette instance onusienne basée à la Haye aux Pays-Bas de manquer d'impartialité et de politiser la question des droits humains. Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a acté leur départ le mardi 30 juin. Le retrait devrait être consommé dans un an. En attendant, la CPI a déjà invité les trois pays à rester et à discuter en son sein. Sur les implications et les conséquences de ce retrait, Julien Antouly, maître de conférences en droit international, spécialiste des pays du Sahel, répond à nos questions. RFI : Les raisons avancées par les régimes militaires des États de l'AES sur le manque d'impartialité et les accusations d'instrumentalisation des droits humains pour justifier leur retrait de la CPI vous semble-t-elle pertinentes ? Julien Antouly : Ces critiques sont assez anciennes. Elles ont été déjà formulées par de nombreux États, dont certains d'ailleurs ont quitté la CPI depuis. Elles ne sont pas totalement dénuées de pertinence. Toutefois, dans le cas précis des États de l'AES, qui ont également qualifié la CPI de juridictions transformées en instruments de répression néocoloniale, elles me semblent un tout petit peu abusives puisque la CPI n'a pas mené d'action extrêmement hostile à l'encontre de ces trois États. Parmi les accusations, il y a celle selon laquelle la CPI ne s'intéresse qu'aux pays africains. Oui, là encore, c'est une accusation assez ancienne. Il est vrai que, durant ses premières années, la Cour a ouvert principalement des enquêtes sur des situations qui concernaient des pays africains. Toutefois, il faut reconnaître que les choses ont changé depuis et aujourd'hui, plus de la moitié des enquêtes qui sont ouvertes devant la CPI concernent des situations géographiques en-dehors du continent. On peut penser par exemple au conflit en Ukraine, en Palestine, ou encore plus récemment aux Philippines. Est-ce que l'objectif caché de ces retraits n'est pas la crainte pour les régimes militaires de ces trois pays de se voir eux-mêmes poursuivis pour des exactions commises par les armées nationales, notamment malienne et burkinabè, au regard des exactions documentées et dénoncées dans ces pays par diverses ONG ? Exactement, et c'est comme ça que j'explique également cette décision. Mais en ce sens, il faut préciser que le retrait, qui a été annoncé et qui est maintenant formalisé, ne change pas fondamentalement la situation sur le plan juridique. D'une part, ce retrait ne sera effectif que dans un an. Et d'autre part, la Cour conserve une compétence pour les éventuels crimes qui ont été commis ou serait commis entre aujourd'hui et le retrait. Et sur ce point, il faut bien distinguer la situation du Mali de celle du Niger et du Burkina Faso. Concernant le Mali, il y a déjà une situation sous enquête ouverte depuis 2012, puisqu'à l'époque le gouvernement avait renvoyé la situation à la CPI. Et donc, le procureur peut facilement ouvrir des enquêtes spécifiques à propos de certains événements ou contre des personnalités qui seraient impliquées dans des massacres. Les enquêtes déjà ouvertes par la CPI vont-elles être affectées par ce retrait ? Là encore, il faut distinguer le plan juridique et le plan opérationnel. Sur le plan juridique, ce n'est pas affecté puisque la Cour préserve sa compétence. Mais d'un point de vue opérationnel, on peut imaginer que la Cour aura du mal à mener des enquêtes dans les pays sahéliens s'il n'y a aucune coopération avec les États. Ce retrait peut-il, du coup, prêter à conséquence pour les citoyens de ces pays, en matière de lutte contre l'impunité ? Oui, mais il faut relativiser les conséquences. Les situations sous enquête devant la CPI sont extrêmement marginales. Il y a actuellement seulement trois affaires concernant le Mali, dont deux qui ont été jugées. Et, en réalité, devant les différents massacres et les crimes qui ont été commis, ce sont plutôt les juridictions nationales ou les juridictions régionales qui doivent se saisir de la situation. La CPI n'intervient qu'en complémentarité. Donc, on ne peut pas attendre de la CPI qu'elle poursuive tous les criminels. Et donc, à l'inverse, ce n'est pas parce que ces États se retirent de la CPI que les différentes voies de justice se referment totalement. Mais il faut reconnaître qu'au Sahel, elles sont actuellement très difficiles à trouver. D'autres pays africains pourraient-ils être tentés de suivre le chemin du Mali, du Burkina et du Niger ? Oui, c'est possible. Même si là aussi, il faut relativiser les conséquences de ces décisions. Il y a pour l'instant relativement peu d'États qui ont effectivement quitté la CPI. Que ce soit sur le continent africain ou en-dehors. Et certains États qui avaient annoncé quitter la Cour étaient finalement revenus sur leur décision. Donc, nous verrons à l'avenir, mais je n'imagine pas en tout cas un retrait massif de la trentaine d'États africains qui sont parties à la Cour et au statut de Rome actuellement. Les victimes des crimes de guerre ou crimes contre l'humanité risquent-elles de perdre une voie de recours ? Oui, c'est une des voies qui se referme. Mais, à mon sens, ça n'a jamais été la voie la plus efficace pour les victimes de crimes, et plus particulièrement au Sahel. D'autres voies peuvent être explorées, notamment du point de vue régional, avec par exemple la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, puisqu'une affaire a récemment été ouverte à l'encontre du Mali devant cette Cour. Donc, c'est en effet une voie qui se referme, mais c'est loin d'être la seule voie et encore moins la plus efficace. À lire aussiAprès le Niger, le Mali et le Burkina Faso rompent à leur tour avec la Cour pénale internationale
Vous avez déjà participé à un crowfunding pour aider à financer un projet artistique, associatif, caritatif ? Alors peut-être que ce message vous parlera. A chaque épisode, à la fin, j'évoque mon Tipeee, espace où vous pouvez contribuer à produire financièrement les épisodes. Les détails sont ici : https://fr.tipeee.com/single-jungle. Je prends le temps vocalement aujourd'hui de vous expliquer pourquoi chaque participation, même d'1€ aide vraiment. Si 10% d'entre vous donnaient 1€, ponctuellement, ce serait déjà génial. [Sachant que Tipeee prend 8% de frais]. On pourrait, si ce n'est couvrir la totalité des frais : 200€/épisode (prise de son/montage, mixage) + frais d'hébergement chez Podcloud: 6€/mois, mais au moins en partie. Dans le milieu du crowdfunding, on appelle ça la "love money". L'argent qui vient de l'amour. Un sujet qui intéresserait beaucoup Charlotte Montpezat qui disait dans le podcast "Thune" : "Derrière la demande d'argent, j'entends souvent une demande d'amour." Si vous aimez Single Jungle, si vous aimez ce travail que je réalise depuis 6 ans, si vous aimez certain·es des invité·es, et pour finir, si vous m'aimez (un peu, beaucoup, à la folie), à vous de jouer ! Bien sûr, si vous n'avez pas le budget, vous pouvez aussi prouver votre amour en relayant le podcast autour de vous ! C'est grâce à vous qu'on a déjà atteint 570 000 écoutes tous épisodes confondus. Merci mille fois ! Références citées dans l'épisode (ou en bonus) Ep.43
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, est l'invité de la rédaction. La semaine dernière, Kigali et Kinshasa ont tenu à Londres la sixième réunion de leur Comité conjoint de suivi de l'accord de paix. Les deux pays s'y sont engagés à désamorcer les tensions, notamment autour de Minembwe, et à élargir le mandat du mécanisme de vérification du cessez-le-feu. Mais cet engagement intervient alors que Washington multiplie les sanctions contre des responsables et des entreprises rwandaises, accusés de complicité dans le trafic de l'or et du coltan issus des zones contrôlées par l'AFC/M23. Devant le Conseil de sécurité, l'émissaire américain Massad Boulos a lui-même mis en cause le respect des engagements de Kigali. Le Rwanda maintient-il sa version des faits face à ces accusations convergentes ? Olivier Nduhungirehe répond aux questions de Patient Ligodi. RFI : On a suivi, notamment au cours de la dernière réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, Massad Boulos, qui a déclaré que la RDC n'avait pas neutralisé les FDLR et que le Rwanda n'avait pas retiré ses forces de défense ni cessé son soutien au M23. Que répondez-vous justement au médiateur ? Olivier Nduhungirehe : Il faut prendre ces déclarations en combinaison avec la déclaration du secrétaire d'État Marco Rubio, le 5 juin, lors de l'audition à la Chambre des représentants. Il avait dit que le Rwanda est en train de mettre en œuvre ses engagements, même si ce n'est pas suffisant, c'est ce qu'il avait dit. Mais il n'avait rien dit sur la RDC. Mais le problème, c'est que les engagements de la RDC font aussi partie intégrante des accords de Washington. Et jusqu'à présent, il n'y a pas le moindre commencement d'exécution de ces engagements. En ce qui concerne Massad Boulos, le problème qui est présent, c'est que l'accord de paix est un accord qui a été signé par deux parties avec des obligations, des engagements sécuritaires. Même les Américains disent que le gouvernement congolais ne s'est jamais engagé dans la mise en œuvre de son obligation sécuritaire principale. À lire aussiRDC et Rwanda «ont convenu de mesures concrètes» sur l'application de l'accord de paix, selon Washington L'accusation contre le Congo est là. Le Congo n'a pas neutralisé les FDLR. Les FDLR sont localisées sur le territoire congolais. Les FDLR, on les retrouve notamment à Walikale. Les FDLR ont dit qu'ils ne vont pas désarmer. Ça, c'est factuel. Pourquoi vous ne quittez pas les territoires congolais comme le dit Massad Boulos ? Est-ce que vous pensez que l'accord de Washington est un accord unilatéral qui ne regarde que le seul Rwanda ? Pourquoi, dans un accord de paix, tout en reconnaissant que l'une des parties n'a pas mis en œuvre ces accords, continue de soutenir les FDLR, continue d'utiliser les drones pour tuer des populations civiles ? Mais dans le même temps, on dit que l'autre partie doit mettre en œuvre ses obligations, comme si c'était un accord qui ne concernait que le seul Rwanda. Donc il faut quand même, à un certain moment, être cohérent. Toutes les deux parties, comme l'exigent les accords de Washington, doivent mettre en œuvre ces obligations. Ce n'est pas le seul Rwanda qui doit le faire. À lire aussiEst de la RDC: Kigali affirme que toutes les parties doivent respecter leurs engagements Les États-Unis ont sanctionné Gasabo Gold et plusieurs autres entreprises rwandaises qu'ils accusent d'avoir participé au trafic provenant des zones contrôlées par la M23 dans l'est de la RDC. Quelle est votre réponse par rapport à ça ? Les États-Unis admettent que la partie congolaise n'a pas mis en œuvre ses obligations de neutralisation des FDLR. Les États-Unis admettent même qu'il y a eu une intensification des attaques de drones. Vous avez vu la dernière déclaration du groupe international de contact qui parle de ces attaques de drones. Mais lorsqu'il s'agit de sanctions, il n'y a que le Rwanda qui est sanctionné. Donc, il y a un problème. Ça nous ramène à une autre opinion sur la médiation. Nous sommes déçus par la partialité de cette médiation. La partialité de plus en plus flagrante, de plus en plus criante, où, malgré les preuves sur le terrain, malgré les éléments que nous avons fournis aux Américains depuis l'année passée, quasiment chaque jour sur les violations quotidiennes de Kinshasa dans l'application de l'accord de paix. Mais à la fin, il n'y a que le Rwanda qui est sanctionné. C'est un problème. Qu'est-ce qui explique cela ? Il faut demander à ceux qui prennent les sanctions. Ce n'est pas nous. Et ce n'est pas la première fois puisque là, on a eu l'armée rwandaise qui a été sanctionnée. On a eu des officiers rwandais qui ont été sanctionnés. Gasabo Gold a été sanctionné par l'Union européenne, on se rappelle l'année dernière, et là maintenant par les États-Unis, ça fait quand même beaucoup. Oui, justement, c'est ça la question qu'il faut poser à ceux qui prennent des sanctions. Si les Américains ou les Européens disaient que la RDC mettait en œuvre ses obligations, je comprendrais qu'ils ne prennent pas de sanctions contre la RDC. Mais le problème, c'est qu'ils admettent eux-mêmes que la RDC n'a rien fait dans la neutralisation des FDLR. Et d'ailleurs, au lieu de s'acheminer vers cette solution, la RDC prend le chemin inverse. Par exemple, à la mi-mars, lors de la première réunion entre les trois parties, donc la RDC, le Rwanda et le Burundi après la prise d'Uvira, l'armée congolaise, les commandants des FARD, ont déclaré le 29 mars à Kisangani qu'ils allaient engager des actions contre les FDLR. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? C'est que deux jours après le 31 mars, ils ont plutôt envoyé des hélicoptères à Walikale pour donner des armes, des munitions, de l'argent aux mêmes FDLR. Nous avons donné cette information aux Américains. Donc, il y a un problème dans cette médiation qui fait que la partialité de la médiation américaine ne présage rien de bon dans une mise en œuvre effective des accords de Washington, et aussi ne présage rien de bon pour une paix durable à l'est de la RDC et dans les Grands Lacs africains. À lire aussiRwanda-RDC: un an après, l'accord de paix de Washington peine à se concrétiser sur le terrain, selon un rapport
Pendant 50 ans, il y a eu en tête d'affiche à La Valentine un hypermarché Géant Casino. Le plus grand de tous les Géant Casino : près de 15.000 m². Pour vous donner un élément de comparaison, c'est 1,5 fois le Stade de France. Et je ne compte pas les réserves ! Donc un géant au sens propre du terme... Ecoutez Olivier Dauvers : les secrets de la conso du 01 juillet 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Il est le Grand invité Afrique de RFI ce mercredi. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, répond aux questions de Patient Ligodi, au lendemain du discours de Félix Tshisekedi sur l'état de la nation. Riposte contre Ebola, accords de paix de Washington et de Doha, saisine de la Cour internationale de Justice contre le Rwanda : le chef de l'État congolais a multiplié les annonces. Nous reviendrons aussi sur l'interdiction de sortie du territoire visant l'opposant Delly Sesanga, sur le débat autour de la révision constitutionnelle, et sur la candidature congolaise à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). RFI : Félix Tshisekedi a déclaré qu'Ebola n'est ni une rumeur, ni une honte, et qu'elle exige responsabilité, solidarité et vérité. Quand se rendra-t-il à Bunia pour incarner justement cette solidarité sur le terrain ? Patrick Muyaya : Dès que les conditions seront réunies, n'oubliez pas que lorsque le Président de la République se déplace, il se déplace avec une logistique particulière qui implique par exemple d'avoir un dispositif sécuritaire assez élevé en termes de chiffres. Justement, ici, le risque, ce ne serait peut-être pas le président ou sa délégation directement, mais tous les dépendants qui pourront être dans une ville où il y a encore les virus qui circulent. Ça veut dire qu'il va se rendre ? Bien sûr que le président de la République s'y rendra. La question des accords de paix et comment on explique, par exemple, le fait qu'aujourd'hui encore, sur le terrain, particulièrement dans la zone de Minembwe, il y a l'armée congolaise et ses alliés qui continuent à bombarder certaines zones ? Bon, écoutez, d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas parce que nous sommes engagés dans un processus de paix que nous ne devons pas répondre à notre devoir régalien de protection de nos populations. Sur Minembwe, on en parle beaucoup, mais il se passe des choses inacceptables à Minembwe. Je pourrais vous partager des images sur lesquelles le Rwanda utilise les ambulances pour transporter des drones et faire des attaques en partant de l'utilisation des matériels médicaux d'une ambulance. C'est une accusation grave. C'est une accusation qui est étayée. C'est un crime de guerre. Est-ce que cette accusation est portée à la médiation ? Évidemment, il existe des mécanismes qui rapportent évidemment tous les incidents sur le terrain. Récemment, à Londres, il y a eu une réunion du comité conjoint de surveillance. Je crois que, le 8 juillet prochain, il y aura une réunion du mécanisme conjoint de la gestion de l'accord de Washington, où toutes ces informations sont relayées. L'Américain Massad Boulos a affirmé la semaine dernière, devant le Conseil de sécurité, que Kinshasa n'avait pas lancé d'opération de neutralisation contre les FDLR. De son côté, le ministre rwandais des Affaires étrangères vous accuse également d'organiser politiquement ces FDLR… On a identifié six zones où se trouvent les résidus des FDLR. Cinq zones sont situées dans les parties du territoire sous contrôle du Rwanda et du M23. Nous avons soumis le rapport en novembre 2025, de tous les processus qu'on a commencés sur la zone d'intérêt 1 et sur les cinq zones d'intérêt. Comprenez que le préalable, c'est le départ. Finalement, que reste-t-il de ces accords ? Que ce soit l'accord de Washington, l'accord de Doha, que ce soit les engagements de Montreux ? Pour revenir sur les accords de Doha et l'engagement de Montreux ici, le premier préalable sur lequel nous devons commencer à bâtir, c'est le cessez-le-feu. À Montreux, on s'est mis d'accord par mémorandum sur comment le cessez-le-feu devrait se faire. Deuxième chose, il y avait justement la question de la libération de prisonniers. Au moment où je vous parle, il y a le premier groupe de prisonniers qui se trouve déjà à Beni. N'eût été la question d'Ebola, ils auraient déjà transité en Ouganda et ils auraient rejoint Goma. Combien sont-ils ? Une quinzaine. Vous parlez de quinze personnes qui seraient affiliées à l'AFC/M23 ? Qui sont identifiées comme telles. Qui étaient dans les prisons congolaises gérées par le gouvernement congolais, que vous avez identifiées ? Voilà, que nous avons identifiées. Parce que la question de la libération des prisonniers était parmi les mesures de confiance. Nous les avons ramenés à Beni et, au moment où je vous parle, une discussion se fait avec les autorités ougandaises pour définir le protocole, parce qu'il s'agit de faire un mouvement dans une région qui est touchée par Ebola, pour être sûr que les protocoles ou les screenings nécessaires sont respectés. Je crois que ça, c'est un signe de bonne foi. Le président Tshisekedi a évoqué un débat politique normal dans une démocratie vivante où le désaccord est naturel et la contradiction est utile. Mais pourquoi dans ces cas, l'opposant Delly Sesanga est-il interdit de quitter le territoire ? J'ai appris de source judiciaire qu'il y avait un dossier qui avait été ouvert. Parce que figurez-vous, que nous, au niveau du gouvernement, nous ne pensons pas que la violence a sa place en démocratie. Vous avez vu les communiqués que nous avons faits consécutifs à la manifestation du 12 juin. Par la suite, il y a eu des prises de position des uns des autres. Certains disaient qu'il y avait dix morts, certains disaient qu'il y avait autant de blessés. Certains disaient qu'il y avait des portés disparus. Le parquet s'est saisi du sujet. Aujourd'hui, des enquêtes en cours nécessitent sûrement que Delly Sesanga ou d'autres puissent présenter leurs moyens de défense. Donc c'est une procédure judiciaire normale, consécutive aux déclarations qui ont été faites par certains d'entre eux. Parce que s'il y a eu des allégations de ce type et que le parquet voudrait avoir des éclairages, c'est tout à fait évident. Je pense qu'il existe des voies de recours qui peuvent permettre à M.Sesanga d'avoir l'autorisation de voyager. C'est une question de routine, à mon avis.
Alors que le lieu de prière est fréquenté à la fois par les juifs et les musulmans, les travaux d'entretien dans le caveau des Patriarches, également appelé la mosquée Ibrahimi, illustrent les tensions entre les colons israéliens et les Palestiniens. Car le monument se trouve sur la partie sous contrôle militaire israélien de Hébron. Difficile alors pour des Palestiniens de se rendre dans ce lieu sacré pour les trois religions monothéistes et qui abrite les sépultures d'Abraham, Jacob, Isaac et Rebecca. De notre envoyée spéciale à Hébron, Lieu de prière et de tension entre les deux communautés, les fidèles juifs et musulmans viennent se recueillir sur la sépulture d'Abraham à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie occupée. Les uns l'appellent le caveau des Patriarches, les autres, la mosquée Ibrahim. D'après les accords d'Oslo, signés en 1997, la ville inclut une zone sous contrôle militaire israélien, la zone H2, précisément où se trouve le monument. Impossible pour les 40 000 Palestiniens de circuler librement dans la zone, contrairement aux 200 familles de colons israéliens. Face à la polémique entre Israéliens et Palestiniens autour des travaux d'entretien, l'enjeu est désormais politique. Devant l'entrée du sanctuaire, côté juif, l'accès se fait sous escorte militaire car les Israéliens ont commencé les travaux il y a dix jours. « Il faut refaire le toit », explique Aaron Maruani, l'adjoint au maire de la colonie voisine d'Hébron, Kyriat Arba. « C'est l'endroit où tout a commencé pour nous. C'est un lieu de prière aujourd'hui pour les Israéliens, l'autre moitié pour les musulmans. La chambre principale du côté israélien est découverte, quand ils prient, ils sont sous la pluie. C'est vraiment un besoin basique d'avoir un toit, c'est devenu un drame mondial, mais il n'y a rien de spécial. » En vertu du protocole d'Hébron, signé au moment des accords d'Oslo en 1997, c'est la municipalité palestinienne qui assure l'entretien des édifices publics. Le dossier traîne depuis des années. Pour Anouar Abud Eisheh, ancien ministre de la Culture palestinien, la bataille autour du lieu de culte est surtout politique. « Cela fait 14 siècles que c'est le patrimoine des autochtones musulmans. Quand les colons arrivent, qu'ils veulent gérer la mosquée d'Abraham et qu'ils disent : "C'est le caveau des Patriarches et les musulmans n'ont pas le droit d'être là." C'est de l'occupation. » À lire aussiCaveau des patriarches : heurts entre Palestiniens et soldats à Hébron La mosquée Ibrahim « est en train d'être confisquée doucement par les colons » La configuration du sanctuaire est particulière, explique Johanna, une Israélienne juive venue prier. « On est très très attachés à Hébron. Les musulmans prient de l'autre côté, chacun a son entrée, chacun se respecte. » Surtout personne ne se croise et chacun rappelle les massacres passés à Hébron : 70 juifs avaient été assassinés par des Arabes en 1929, et puis en 1994, un colon a tué 29 musulmans lors de la prière, dans la mosquée. Aujourd'hui, les militaires israéliens sont présents partout des deux côtés et aux checkpoints, comme l'explique Hicham Sharabashi, activiste palestinien. « Aujourd'hui il n'y a qu'un accès, une entrée, un checkpoint pour aller à la mosquée et après la prière vous ne pouvez pas rester, il faut quitter la zone. » L'armée dit assurer la sécurité des colons. La question des travaux va donc bien au-delà du simple toit et le rabbin Ben le concède volontiers : « Si vous faites des travaux de rénovation dans votre maison, ça signifie bien que c'est votre maison. Donc on montre que nous sommes les propriétaires de la maison. » C'est précisément ce que craint Anouar Abu Eisheh : « On sent le danger. On sent que le patrimoine de mes parents, de mes grands-parents est en train d'être confisqué doucement par les colons. » Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a récemment déclaré avoir retiré aux Palestiniens leur autorité sur le monument : il assume une forme d'annexion rampante dans la zone. À lire aussiCisjordanie occupée: Israël renforce un peu plus son contrôle sur la mosquée d'Ibrahim
C'est une plaie de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l'exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée. De notre envoyé spécial de retour du Gabon, Paulin Boukika ouvre sur sa table basse le dossier dans lequel il conserve les documents relatifs à la mort de son fils. Cet agent des forces de l'ordre partage le récit macabre du jour où le corps inerte de Darlin, 14 ans, a été retrouvé, parmi d'autres, devant un célèbre restaurant de plage de la capitale du Gabon, en 2018 : « J'étais au travail. La mère de l'enfant m'appelle en pleurant : "On a retrouvé les enfants morts à la plage. Il faut venir parce qu'on a retrouvé des corps, je ne sais pas s'il est parmi eux." » Paulin Boukika se rend à Gabosep, une des morgues de Libreville : « On m'accompagne là où ils mettent les corps dans les tiroirs. On commence par le premier. J'ai dit "non, ce n'est pas lui". Le deuxième, ce n'est pas lui, etc. C'est au neuvième tiroir que je vois qu'il était là, déjà identifié parce qu'il portait un autre nom. J'ai dit : "Non, ça, ce n'est pas son nom, il s'appelle Boukika Darlin Stessi." » « La première version, c'était qu'il s'est noyé » Paulin Boukika conserve notamment les photos prises à la morgue du corps mutilé. Il n'y a jamais eu d'autopsie : « La première version qui m'a été donnée, c'était qu'il s'est noyé. Mais quand je suis retourné à la morgue la deuxième fois pour l'examiner, j'ai bien vu qu'il n'avait pas d'yeux, que le sexe était mutilé, qu'il y avait des parties entaillées. C'est là que j'ai compris que l'enfant ne s'était pas noyé parce qu'il avait des cicatrices un peu au front, au niveau des mains. Il y avait des blessures qui montraient qu'il avait été ligoté et s'était débattu. » À l'époque, le procureur parle de trois morts par noyade et le gouvernement s'inquiète d'une « récupération politicienne », à quelques mois des élections législatives. Alors que selon certains protagonistes, une quinzaine de corps ont été retrouvés ce jour-là. « La réaction officielle, c'était de nier la situation, se remémore Paulin Boukika. Ils ont masqué en disant qu'ils étaient à la plage, qu'ils se sont noyés à la plage. Et ils ont maintenu ce cap-là. On m'a dit : "Les poissons peuvent manger les yeux, les poissons peuvent manger le sexe." Mais est-ce qu'on peut manger le sexe de quelqu'un sans déchirer la culotte ? Mais il avait encore le slip ! Mais le poisson est rentré où et il est sorti comment ? » « La réaction officielle, c'était de nier la situation » La plainte de Paulin n'a jamais débouché. Pour lui, aucun doute, l'affaire a été enterrée : « J'ai continué à faire des recours au tribunal, à faire des plaintes, tout ça n'a jamais abouti. Il n'y a pas eu d'enquête. J'ai été obligé d'abandonner. Ils ont dû couvrir les commanditaires de ces crimes-là, car quand on camoufle, ça veut dire qu'on connaît les commanditaires, on connaît les gourous qui ont fait ça. Les parents victimes, on n'a jamais eu satisfaction. Darlin était mon fils ainé, j'avais beaucoup à lui transmettre. La blessure revient comme si c'était hier. » Des questions sans réponses et des crimes sans coupables. Et pas de statistique officielle. C'est aussi ce que déplore Germaine Bita. Sur sa terrasse qui surplombe les pistes de l'aéroport, elle ressasse encore les conditions de la disparition de son fils Guy-Léandre, en 2008 : « Un matin, il est parti. Après, je ne l'ai plus jamais revu. Et j'ai trouvé son corps à la plage. C'est là-bas qu'on a balancé son corps. On avait enlevé ses organes. Il n'avait que 18 ans. L'enfant n'avait plus de langue. Son sexe était élevé. Il était nu. Donc je suis allé à la police, j'ai porté plainte. » Malgré un témoin oculaire et plusieurs déplacements au commissariat, aucune enquête n'est entreprise, selon Germaine : « Il y a un monsieur qui a dit qu'il avait vu trois personnes balancer des choses à l'eau. On a dit ça à la police. Rien n'a été fait. C'est resté comme ça. » « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur » Une douleur que partage aussi Marie-Anne Minkoue qui reçoit RFI devant sa modeste maison du quartier de Nzeng Ayong, et exhume des archives des photos de journaux relatant des assassinats : « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur, sans une goutte de sang restant. Des hommes l'avaient invité à aller à la chasse avec eux. Il a fallu payer 300 000 francs [457 euros, NDLR] pour l'autopsie. Mais ça n'a rien donné. Un des assassins a été arrêté, placé en préventive, mais il a fini par sortir, et il est rentré au village. Il avait un frère bien placé. C'est de la corruption pure et simple. » C'était en l'an 2000. Quelques années plus tard, c'est son fils qui disparait. Sans nouvelles, elle a un jour découvert la photo de son corps illustrant un article dans le quotidien gouvernemental L'Union. Mais elle n'a jamais su d'où venait la photo, récupérée sur Internet, ni ce qui est advenu de son fils. Aujourd'hui âgée, c'est elle qui a dû élever ses petits-enfants. Elle raconte un enfant disparu dans le quartier récemment, une jeune femme dépecée dans un hôtel. Le sang pour servir les génies des eaux Si les crimes rituels touchent d'autres pays d'Afrique centrale et du golfe de Guinée, la situation au Gabon est mieux connue grâce au travail et à la ténacité d'un homme. En face de l'un de plus grands hôtels de Libreville, Jean-Elvis Ebang Ondo aime à regarder les cocotiers dont on débite les noix pour les passants du bord de mer. C'est lui qui les a plantés, en souvenir de son fils, Éric, retrouvé là, sur cette plage, en 2005 : « C'est là où on a découvert le corps de l'enfant. Ils étaient au nombre de deux qu'on a enlevés. On tue la personne ailleurs et on vient déposer le corps au niveau de la mer ou bien au niveau des fleuves, pour servir les génies. Parce qu'on signe le pacte avec les forces du mal. L'élément essentiel qu'on retire, c'est le sang. Le sang, c'est le carburant dans le monde mystique. » Cet endroit, il l'a baptisé le « Jardin des innocents ». Contrairement à beaucoup de familles de victimes, cet enseignant a choisi de ne pas se taire et de ne pas tomber dans la fatalité face à ces crimes qui n'ont rien de traditionnel. « Selon nos études, le phénomène des crimes rituels date des années 1930. Ce sont des pratiques importées et qui persistent. Ce genre-là fonctionne en réseau. Il y a les commanditaires, il y a l'exécutant, il y a les démarcheurs. Le plus souvent, ce sont les proches qui passent à l'acte. Le commanditaire est servi à travers le marabout qui essaie d'exécuter en fonction des besoins de ce commanditaire », affirme Jean-Elvis Ebang Ondo. Suite à ce drame, il a fondé l'Association de lutte contre les crimes rituels, organisé des manifestations régulières et suivies, mené le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires du pays, jusque dans l'enceinte du Sénat de transition où il a siégé de 2023 à fin 2025. Il a écrit plusieurs livres qui font autorité sur le sujet. Il a remarqué la concomitance entre vagues de crimes rituels et périodes de forte activité politique, tels que des élections ou des remaniements. Les commanditaires seraient donc massivement des personnalités puissantes issues du monde politique, de l'élite économique. Jean-Elvis Ebang Ondo parle de dizaines de cas en année électorale, mais ne publie plus de statistiques par crainte de récupération politique. Le difficile accès à la justice pour des familles sans moyens Autre problème : la justice qui manque de moyens et d'indépendance. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont chargés de mener ces études-là, ces enquêtes-là, ne sont pas bien documentées, estime Jean-Elvis Ebang Ondo. Techniquement, ils n'ont pas assez de matériel. Parce que chez vous, on parle de l'ADN, vous pouvez classer un dossier pendant X temps… La conservation des dossiers, ça manque chez nous. Le second point, c'est que les juges reçoivent des coups de fil anonymes, ils ne sont pas à l'aise pour traiter un tel dossier. Les procédures ne vont nulle part. Dans mon cas personnel, nous avons donné tout ce qu'il y avait comme indices, ça n'a pas abouti. Au niveau de la justice, ça a été bien verrouillé pour que les commanditaires ne soient pas arrêtés. Pour qu'un dossier soit bien traité au niveau du tribunal, il faut un rapport d'un médecin légiste, mais il n'y en a même pas cinq au Gabon et il faut les payer ». La question des moyens, le magistrat Eddy Minang la partage. Auteur d'une thèse devenue un livre l'an dernier (2025) sur les crimes rituels, il estime que le cadre juridique renforcé est suffisant : « C'est à partir de 2019 que le législateur a introduit dans le code pénal le terme de "meurtre à des fins rituelles, meurtre à des fins de prélèvement d'organes ou de tout autre tissu, de cession de chair humaine, etc". Cela renvoie à un certain nombre de meurtres, des meurtres ésotériques, qui sont commis simplement dans le but de prélever des organes humains. Et ces organes humains servent à concocter, à préparer ce qu'on appelle vulgairement des "pièces détachées". Et dans l'imaginaire collectif, les auteurs pensent qu'en utilisant ces pièces détachées – ça peut être le cœur, ça peut être le cerveau, ça peut être même le sang et d'autres organes du corps humain –cela donne un certain nombre de pouvoirs, que ce soit le pouvoir spirituel, que ce soit le pouvoir économique, que ce soit également le pouvoir politique. » De l'argent pour les exécutants, des fétiches pour les commanditaires Pour les exécutants, l'argent est sans aucun doute la motivation. Pour les commanditaires, c'est le pouvoir, avec l'appui du sorcier. « La particularité avec le crime rituel, c'est que le prélèvement d'organes se fait souvent à vif, détaille le procureur de la république, actuellement suspendu de ses fonctions. Plus la personne souffre, parce que la personne doit dégager une force qu'on appelle l'énergie vitale, plus le fétiche sera puissant. Tout le problème, c'est souvent de remonter jusqu'au commanditaire. On se retrouve souvent entre la parole de l'un contre celle de l'autre. L'exécutant va dire, c'est M. Untel qui m'a envoyé, alors qu'il n'y a pas de preuve. Le plus souvent, l'exécutant ne connaît même pas le commanditaire. Il connaît celui qui a servi d'intermédiaire et tout cela pose problème ». Dernier cas très médiatisé de crime rituel au Gabon : en décembre 2025, le corps d'un adolescent de 13 ans retrouvé dans la fosse septique de son immeuble, cinq jours après sa disparition. Aux enquêteurs, un des quatre suspects interpellés dit avoir agi sur ordre d'un présumé commanditaire à des fins fétichistes. Dans la foulée, certains appellent au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2010. Le président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, demande au Conseil économique et social (Cesec) d'organiser une consultation sur le sujet. Aujourd'hui, la consultation a eu lieu, l'attention médiatique est retombée, et l'idée d'un retour de la peine capitale semble enterrée, nous explique Geoffroy Foumboula, 2è vice-président du Cesec : « Nous avons écouté tout le monde et je pense que l'opinion elle-même s'est rétractée parce qu'elle a compris que la peine de mort n'était pas du tout la solution, mais qu'il fallait par contre simplement travailler dans le sens que la justice fasse convenablement son travail, améliorer le dispositif juridique, le code pénal, le code de procédure pénale pour que les responsables soient identifiés, que ces responsables soient condamnés. » Crimes rituels, trafic d'organes et violence social symbolique La société gabonaise est si traumatisée par ces crimes dits rituels que, selon plusieurs spécialistes, des réseaux criminels transfrontaliers de trafic d'organes jouent de cette psychose, explique Geoffroy Foumboula : « On peut se retrouver dans des situations où, pendant l'élection, comme on sait que de façon psychologique, s'il y a des crimes de sang qui sont opérés, on va les attribuer aux acteurs politiques, on peut avoir des réseaux transfrontaliers qui en profitent pour faire des crimes de sang, des abus de trafic d'organes, de façon à ce que dans la psychologie générale de la population, on puisse attribuer cela aux crimes rituels, qui s'inscrivent souvent dans une approche soi-disant d'ascension sociale à travers des sacrifices humains. » Généralement, les victimes sont issues des populations défavorisées, ce qui accentue encore les difficultés pour recourir à la police et à la justice. À la violence physique, s'ajoute donc une violence sociale exercée par des élites qui, en plus de prendre possession des richesses du pays, s'octroieraient un véritable droit de vie et de mort sur les corps des Gabonais. C'est l'analyse du sociologue et anthropologue Joseph Tonda. Pour lui, c'est un rapport de domination entre héritage des sociétés traditionnelles et coloniales : « Le pouvoir ici est la continuation du domaine de la chasse. Celui qui a le pouvoir, c'est le chasseur, c'est le guerrier, c'est celui qui doit conquérir l'autre, qui doit assujettir l'autre, qui doit dominer l'autre, qui doit détruire l'autre pour sa propre consommation. On peut dire que ces comportements – anthropophagie, prélèvement d'organes – existaient auparavant, mais qu'ils ont été transformés et massifiés par l'État moderne. Il revendique le monopole de l'exercice du pouvoir physique, matériel, mais il y a aussi le pouvoir symbolique. Donc, les deux doivent être associés. C'est comme si le pouvoir était une machine à reproduire l'inégalité. Ces pratiques d'une violence extrême amènent aussi à une forme de peur permanente et quasiment de complotisme. On entend des choses, ça prend des proportions incroyables parce que les masses, elles extrapolent, elles exagèrent. Il y a de l'amplification par le peuple qui n'a pas les moyens de contrôler la machine. C'est difficile dans ce domaine-là de discerner ce qui est réel et ce qui est irréel. » Les religions traditionnelles gabonaises rejettent la pratique des sacrifices Depuis le renversement du pouvoir des Bongo en août 2023, le discours d'un retour aux traditions progresse au Gabon. Mais pour les défenseurs des rites traditionnels, être associé aux crimes rituels est infamant. Ni le bwiti – le rite le plus présent – ni les autres mysticismes gabonais ne permettent les sacrifices, rappelle Jean François Ndong Ebe, président de l'association Vanga Tsengue, qui promeut le bwiti : « Les crimes rituels ont toujours concerné toutes les religions. On a vu ici certains pasteurs qui ont été condamnés. Donc, c'est la déviance de certains individus. Il y a des gens, des imposteurs, des charlatans qui s'érigent en soignants, en guérisseurs, alors qu'ils ne le sont pas. En réalité, le bwiti ne reconnaît pas les sacrifices. Le sacrifice est condamné, le sang est condamné. C'est pourquoi il y a certains soi-disant bwitistes qui ont fait des sacrifices au nom du bwiti alors qu'ils ne le sont pas. Ce ne sont que des malfaiteurs, tout simplement. » Derrière des justifications mystiques, œuvrent des réseaux criminels qui, chaque année, laissent des corps sans vie et mutilés. Et, pour les familles, des blessures que l'absence d'accès à la justice empêche de soigner. Lors d'une récente interview à Jeune Afrique, le président Oligui Nguema a dénoncé une « abomination » : « Chaque enfant enlevé, chaque vie brisée par ces pratiques barbares est un échec collectif. Trop de dossiers de crimes rituels dorment dans les tiroirs des tribunaux. Trop de coupables échappent à la justice. Ce qui doit changer immédiatement, c'est l'impunité. Quand un crime rituel est commis, l'enquête doit aboutir, le procès doit avoir lieu et la sanction doit être exemplaire. Plus personne au Gabon ne doit pouvoir commettre un tel acte en pensant qu'il s'en tirera. » Pour aller plus loin ► Gabon: la disparition de plusieurs élèves après une baignade fait polémique ► Journée de l'enfant: au Gabon, l'ALCR attire l'attention sur les crimes rituels ► Gabon: des manifestants appellent à la fin des crimes rituels contre les enfants après plusieurs cas ► Gabon: retour du débat sur la peine de mort après la médiatisation de plusieurs crimes rituels.