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Nous sommes aujourd'hui avec Romain Taieb, le fondateur de Doki Doki, le premier hand roll bar de la capitale. Serveur, puis manager et directeur de restaurant chez Paris Society, où il participe à la création du Piaf et de Bambini, il vole de ses propres ailes en 2021 pour importer en France un concept découvert à New York. Quatre adresses parisiennes plus tard, la marque vise les 5 millions d'euros de chiffre d'affaires et prépare ses premières ouvertures à l'étranger. Pour co-animer ce nouvel épisode de Business of Bouffe, Philibert est accompagné d'Elisa Gautier, la fondatrice du restaurant Kiosk et de la newsletter Chaleur Tournante.Dans ce 1er chapitre, Romain Taieb remonte le fil d'un parcours qui n'avait rien d'écrit. Une enfance en Afrique de l'Ouest, une arrivée à Paris à sept ans, la perte prématurée de ses parents, puis huit années à vivre du poker avant de tout reprendre à zéro. Il entre alors dans la restauration par la plus petite porte, en brasserie, et y découvre un métier de courage qui le passionne. Manager, puis directeur, il enchaîne les univers jusqu'au coup de fil de Laurent de Gourcuff qui le mène chez Paris Society, et jusqu'à ce comptoir new-yorkais où tout se joue. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À 20 ans, Ismail créait sa première entreprise à Alger avec une plateforme SMS.Quelques années plus tard, il se lançait dans une idée qui semblait folle : convaincre les banques européennes d'ouvrir leurs données. Cette vision pionnière de l'open banking l'a mené à négocier avec BNP Paribas, Société Générale ou HSBC pendant 7 ans.En 2021, il rejoint Yassir comme General Manager Product & Technology et fait passer l'équipe tech de 50 à 300+ personnes, dans 25 pays, tout en triplant la base utilisateurs jusqu'à 10 millions. Début 2025, il quitte ce poste pour construire un "portfolio de projets" : CTO fractionné, investisseur en Afrique, refusant désormais le salariat classique. Un parcours qui interroge notre rapport au travail et à l'entrepreneuriat.————— ISMAIL CHAIB —————Retrouvez Ismail sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/ichaib/Sa newsletter Unsettled Threads : https://unsettledthreads.substack.com/————— PARTIE 1/3 : PARCOURS —————(00:00) Intro + présentation d'Ismail(05:04) Open Bank Project : l'idée folle d'ouvrir les données bancaires(09:10) Les différentes phases du projet et le premier client(13:39) Les 4 premières années avant le product-market fit(21:20) Négocier avec les banques : barrières et politiques internes(28:32) L'effet boule de neige après les premiers deals(36:29) Ne pas pouvoir payer les salaires(38:14) Santé mentale et retraite annuelle dans le désert algérien(41:09) La fin d'Open Bank Project et le départ d'Ismail(42:15) Yassir : la super app africaine(52:17) Les 6 piliers du scaling(59:42) Structure : équipes cross-fonctionnelles (SAUCE framework)(1:23:04) Psychological safety : l'incarner à chaque occasion(1:27:32) Différences entre marché européen et africain(1:30:05) Douter tout le temps : une feature, pas un bug(1:35:21) Ce qui fait un bon leader technique(1:36:57) Embarquer les gens : clarté, cohérence, servant leadership(1:43:19) Construire sa carrière comme un portfolio(1:46:33) Ne plus croire au salariat : pourquoi ?(1:52:27) Décider si on dit oui : l'humain, le secteur, le business————— PARTIE 2/3 : ROLL-BACK —————(1:59:49) Le projet qui a raté : 6 mois de retard et client insatisfait(2:06:40) Leçons : avoir les bonnes personnes, une checklist, de l'humilité————— PARTIE 3/3 : STAND-UP —————(2:08:20) Framework de prise de décision en 5 étapes————— RESSOURCES —————Team Topologies (Manuel Pais & Matthew Skelton) — nouvelle édition avec case study YassirWardley Mapping (Simon Wardley)Architecture for Flow (Susanne Kaiser) — combine Team Topologies, Wardley Maps et DDDEmpire of AI (Karen Hao) — l'histoire d'OpenAI depuis le début————— 5 ÉTOILES —————Si cet épisode vous a plu, pensez à laisser une note et un commentaire - c'est la meilleure façon de faire découvrir le podcast à d'autres personnes !Envoyez-moi une capture de cet avis (LinkedIn ou par mail à dx@donatienleon.com) et je vous enverrai une petite surprise en remerciement.
Au Sénégal, la passe d'armes entre le pouvoir exécutif de Bassirou Diomaye Faye et le pouvoir législatif d'Ousmane Sonko s'est poursuivi à l'Assemblée nationale, avec une proposition de loi sur l'obligation d'une déclaration de patrimoine. Celle-ci visait dans un premier temps seulement le chef de l'État, avant que le gouvernement ne l'élargisse aux autres présidents d'institutions. La proposition a été finalement adoptée par une large majorité. Les détails avec Elimane Ndao.
La SADC peut-elle encore peser sur les crises qui secouent l'Afrique australe ? Cette organisation régionale, qui réunit seize pays du sud du continent, tient son sommet des chefs d'État ce lundi 17 août à Durban, en Afrique du Sud. Alors que le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo a profondément mis à l'épreuve sa capacité à agir militairement et diplomatiquement, quel rôle peut-elle encore jouer face aux crises de la région ? Al Kitenge, expert en stratégie économique et en innovation, répond aux questions de Clothilde Hazard. RFI : Ce lundi se réunissent les chefs d'État de la SADC, l'Organisation régionale d'Afrique australe. Ces dernières années, la région a été secouée par de nombreuses crises importantes. La plus importante dans l'est de la RDC. Mais la SADC semble peiner à apporter des réponses efficaces à ces crises. Est-ce qu'elle est devenue impuissante ? Al Kitenge : Effectivement, la SADC est devenue quasi impuissante parce qu'elle n'a pas été en mesure de régler le problème géopolitique. Et cela a un impact complet sur tout le reste. Et les questions économiques et les questions de politique générale. Pour ce qui est de la crise à l'est de la RDC, comment vous expliquez l'échec de la SADC ? L'échec de la SADC est de n'avoir pas été en mesure de régler de manière frontale les questions qui opposaient ses propres membres. Donc, il est inacceptable que des questions d'instabilité se soient fait remarquer dans la région et que la SADC n'ait pas été en mesure de prendre des dispositions correctes. L'Angola a essayé, mais c'était des échecs successifs. Et le cas de la RDC est un cas non isolé. Quels sont les autres cas ? Le cas du Burundi avec le Rwanda, les grandes difficultés que l'on a aujourd'hui en Afrique du Sud avec les questions d'immigration. Comment vous expliquez que la SADC, justement sur le plan géopolitique, n'arrive pas à trouver des solutions ? La SADC n'est pas organisée pour régler ces situations. À la première épreuve, on s'est rendu compte qu'elle est extrêmement faible. Et ça, on le remarque également quand vous regardez les échanges commerciaux. Il n'y a aucune préférence d'échanges commerciaux entre les pays de la SADC et aujourd'hui, c'est la plus grosse faiblesse. On a les faiblesses géopolitiques, on a des faiblesses économiques. Ces pays n'ont pas les mêmes intérêts financiers. Lorsque vous regardez les pays anglophones, ils sont tournés vers le Royaume-Uni et les pays francophones sont tournés vers la France et la Belgique. Et cette dissension, justement, fait que dans les échanges commerciaux, les intérêts ne sont pas les mêmes. Regardez la question énergétique qui aurait pu être une question qui pouvait être réglée de manière claire. La SADC n'a pas de politique intégrée qui puisse être en mesure de résoudre les choses. Comment faire pour que les intérêts soient convergents justement ? Faire un petit peu ce qu'a échoué l'Union africaine, s'assurer que, du point de vue de l'intégration économique, les pays soient plus proches. En ayant une intégration économique, on peut avoir l'intégration politique et géopolitique. Il faudrait avoir une mutualisation d'un certain nombre d'éléments, en l'occurrence les infrastructures, les transports et l'énergie. Mais il y a quelque chose de très simple qu'il faudrait être en mesure de regarder. Aujourd'hui, nous avons le grand choc lié au détroit d'Ormuz. Et on se rend bien compte que, comme des gens sans intelligence collective, nous avons tous perdu. Et ce qu'il faut regarder aujourd'hui, c'est que, nous devrions avoir la possibilité de développer des solutions locales - quand je dis locales, ça veut dire régionales. Et cette question de Covid qui nous a pratiquement bousculé, la guerre entre l'Ukraine et la Russie, même chose, mais nous sommes en troisième choc frontal exogène qui aurait bien pu nous questionner. Mais si les gens ne se questionnent pas, ce sera très difficile qu'ils aient des résultats conjoints. Concrètement, est-ce qu'on parle de corridors ? Est-ce qu'on parle de politiques communes ? Quelles sont les marges de manœuvre de la SADC ? Les seules marges de manœuvre sont financières et économiques. Je donne un exemple très simple : l'Union africaine a échoué, en tout cas dans les dix dernières années, à mettre en place le centre d'échange financier. Rien qu'à cause de ça, nous sommes toujours sur le swift, qui est un élément qui ne permet pas des échanges locaux. C'est ce genre de choses qui auraient pu être des soudures entre les pays. Et tant que nous n'en sommes pas encore là, tant que nous n'avons pas les mêmes intérêts économiques et financiers, il est très difficile que le déséquilibre politique ou géopolitique d'un pays intéresse les autres. Est-ce que vous pensez que la SADC aujourd'hui s'attelle justement à régler ce problème d'intérêts différents ? Les citoyens de ces pays sont en train de regarder. Ce qui se passe en Afrique du Sud est une honte générale. Et si on n'arrive pas à résoudre toutes ces questions en même temps, la SADC aura perdu son crédit. Oui, le sommet a lieu à Durban, en Afrique du Sud. Les tensions anti-migrants dans le pays touchent directement plusieurs pays de la SADC, puisque beaucoup des migrants concernés viennent des pays voisins. Est-ce que c'est justement un dossier sur lequel l'organisation pourrait davantage intervenir et sur lequel elle pourrait discuter à l'occasion de ce sommet ? Déjà, pour qu'ils aient la capacité de se regarder droit dans les yeux, il faudrait qu'ils règlent et qu'ils parlent de manière frontale de la question et qu'elle soit traitée. Parce que le vivre ensemble des populations engendre les échanges commerciaux et les échanges des biens des personnes. Vous vous rendez bien compte, par exemple, pour le Congo : une grande part de Sud-Africains travaille dans le secteur minier. Imaginez que du jour au lendemain, on commence à chasser ces personnes. Ce sera la catastrophe la plus générale. Est-ce qu'aujourd'hui on a quand même des exemples de corridors de ces infrastructures partagées ? Si on prend des exemples concrets ? Le corridor de Lobito est en train d'en devenir un. Il part de Johannesburg, il passe par la Zambie, il va jusqu'en Angola. C'est une première opportunité. Et la deuxième opportunité, c'est le développement des nouvelles infrastructures. En RDC, par exemple, tout ce qui est Moanda et la RN1. Le corridor de Lobito sert des intérêts connus qui sont les intérêts des États-Unis, qui ont investi à la fois dans les infrastructures en Zambie, en Angola, même en termes de production d'énergie, mais également en termes de rail. Et cela voudrait justement aider la Zambie et la RDC à augmenter leur capacité de production en métaux stratégiques pour être en mesure d'alimenter le marché international. Ça touche la Zambie, ça touche la RDC et ça touche l'Angola, qui sont trois pays de la SADC. Et la capacité à résoudre des problèmes conjoints peut permettre justement que nous soyons en mesure de pouvoir consolider à la fois les relations pour que les uns et les autres soient interconnectés. La seule chose qui peut mettre les pays ensemble, ce sont leurs intérêts.
« 2050 : comment la démographie va bouleverser l'ordre mondial », titre L'Express qui sonne l'alarme : « La chute mondiale de la natalité plonge l'humanité dans une situation historique. D'ici à 2050, les bouleversements politiques, économiques et géopolitique seront nombreux… » Ce qui conduit l'hebdomadaire à tirer le signal d'alarme. Citant le Japon, avec une démographie en berne, comme d'autres pays « riches », la France notamment. Dans ces conditions, la question de l'immigration devient cruciale. L'Express s'intéresse donc à l'Afrique, « le dernier grand réservoir d'immigration », nous dit-on. « Lentement mais inexorablement, ajoute l'hebdomadaire, la "jeune Afrique", de plus en plus d'origine subsaharienne, va continuer à changer la donne démographique sur le Vieux Continent, comme elle l'a fait depuis un demi-siècle ». Toutefois, remarque L'Express, « les Cassandre de "l'invasion" escamotent facilement le fait que la plupart des migrants africains restent sur leur continent (…), ils quittent leur pays pour s'installer dans un autre pays africain, mieux loti ». Par exemple, la Côte d'Ivoire ou l'Afrique du Sud… « Le président s'amuse » La Une de Paris Match fait couler beaucoup d'encre… On y voit une photo d'Emmanuel Macron en jet ski, jambes nues, bras musclés, lunettes de soleil imposantes, regardant l'objectif. Une photo qui fait l'objet de nombreuses railleries sur les réseaux sociaux, et met en colère certains journaux français. Cette semaine, Libération s'exclamait : « On a d'abord cru à une fausse Une de magazine people ». Le Parisien a, lui aussi, remarqué cette photo, « vivement critiquée par les opposants politiques du président qui lui reprochent des occupations de vacances déconnectées des Français ». « Vous avez vu mon gros jet ski comme il va vite ? », s'est moquée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, qui, sur X, « a mis en parallèle la photo de Paris Match, "avec les morts causés par cinq canicules, une sécheresse et des incendies historiques" ». Libération évoque aussi la réaction d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste : « Pendant la canicule, quand la France brûle, quand une partie des Français n'a pas pu partir en vacances, le président s'amuse en jet ski à Brégançon. C'est ça le message ? C'est très réussi ». Paparazzis Une autre photo de Paris Match fait également polémique. Toujours en Une de l'hebdomadaire, mais en petit format, on voit Raphaël Glucksmann, probable futur candidat à l'élection présidentielle et sa compagne la journaliste Léa Salamé, s'embrasser, debout, dans l'eau, la Méditerranée semble-t-il. Là encore, Libération s'emporte : à l'intérieur de Paris-Match, nous dit-on, « un roman photo de huit pages avec de (fausses ?) photos volées et des légendes ridicules : "Il la retient dans le courant, mais pour se préparer au gros temps politique, il peut compter sur elle, son "meilleur coach" ». Libération ne décolère pas et s'adresse aux responsables politiques : « Qu'ils se posent la question de pourquoi la distance s'est créée entre eux et une grande majorité de la population. Ce n'est pas en jouant la comédie pour des paparazzis qu'on gagne une élection présidentielle ». L'expérience est-elle un atout ? L'élection présidentielle qui aura lieu au printemps 2027 intéresse déjà la presse internationale. Courrier International nous signale un article de Die Zeit. L'hebdomadaire allemand constate ainsi « qu'un nombre étonnamment élevé de candidats, ou pressentis comme tels pour l'élection présidentielle de 2027, ont déjà exercé des fonctions gouvernementales, voire plus ». Allusion à l'ancien président François Hollande, dont la photo, riant aux éclats, illustre l'article. Mais, se demande Die Zeit, « avoir trop d'expérience peut-il être néfaste en politique ? », ajoutant aussitôt : « Pourtant, l'expérience engendre la confiance... Après tout, lorsqu'on monte dans un avion, on espère que ce n'est pas la première fois que le ou la pilote prend place dans le cockpit ». Et François Hollande, lui « sait piloter », remarque Die Zeit, qui semble donc avoir une nette préférence pour l'ancien président socialiste (qui ne s'est toutefois pas encore officiellement déclaré candidat). Mais l'hebdomadaire ne place pas l'expérience par-dessus tout. « Certains candidats, estime Die Zeit, semblent tellement appartenir à une autre époque qu'il faut accompagner leur nom d'une note en bas de page avec des informations biographiques, et pas seulement pour les jeunes électeurs ». Dans le viseur de l'hebdomadaire : Dominique de Villepin, « locataire de Matignon il y a vingt ans, sous la présidence de Jacques Chirac » … L'hebdomadaire met aussi en garde contre le « trop d'expérience », et prend pour exemple l'ex-chancelière allemande Angela Merkel, « restée 16 ans à la tête du pays », et que visiblement il ne porte pas dans son cœur. « Avec le recul, accuse Die Zeit, on voit mieux à quel point la stabilité que promettait son expérience était trompeuse ».
Cap sur la Centrafrique pour notre série consacrée aux actrices oubliées des luttes anticoloniales, à la rencontre d'Élisabeth Domitien. Née dans la région de la Lobaye vers 1925, cette militante s'engage très jeune au sein du Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) fondé par Barthélemy Boganda. Longtemps restée dans l'ombre des grandes figures masculines de l'histoire centrafricaine, elle fut pourtant l'une des artisanes de l'indépendance. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle a contribué à diffuser les idéaux du mouvement indépendantiste auprès des populations. Alors que son nom semble peu à peu s'effacer de la mémoire collective, certains plaident pour une meilleure reconnaissance de son héritage. De notre correspondant à Bangui, Sous les arbres et sur les banquettes aménagées dans l'enceinte de l'Alliance française, quelques visiteurs consultent des ouvrages d'histoire et de vieux albums photographiques consacrés à la République centrafricaine. Sur plusieurs clichés jaunis par le temps apparaît le visage d'Élisabeth Domitien, une femme au regard déterminé souvent entourée de militantes ou de responsables politiques de l'époque. Maurice Guimendego, professeur d'histoire, s'arrête longuement sur une photographie datant des années précédant l'indépendance. « Élisabeth Domitien fut un véritable leader politique féminin. Elle entre en politique dans le Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) créé par Barthélemy Boganda, à la fin des années 1940. Elle était commerçante et femme d'affaires, comme on le dit, même si elle ne parlait pas français. Elle prononçait ses discours en sango. Elle avait quelque chose de l'ordre du charisme naturel », explique-t-il. À quelques mètres de là, Yvon Yangana parcourt un album consacré aux pionniers de la nation. Il vient de découvrir cette histoire d'Élisabeth Domitien. « Lorsque l'on évoque l'indépendance de notre pays, les noms des grands leaders masculins reviennent souvent. Pourtant, derrière cette conquête de la liberté se trouvait aussi cette femme courageuse. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle parcourait les villages, mobilisait les mères, les commerçantes et les agricultrices, en expliquant l'importance de l'émancipation du peuple centrafricain », confie-t-il. Dans la médiathèque, un groupe de jeunes observe des photographies montrant Élisabeth Domitien lors de plusieurs cérémonies officielles. Parmi eux se trouve Antoine Gonda, un agriculteur d'une vingtaine d'années. « J'ai compris que c'était une femme de caractère. On raconte qu'elle n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait, même face aux plus hautes autorités. Bien avant que les questions de représentation féminine ne deviennent un enjeu mondial, elle avait déjà tracé la voie. Aujourd'hui, même si un hôpital porte son nom, je trouve qu'elle est tombée dans l'oubli », déplore-t-il. Après l'indépendance de la République centrafricaine, en 1960, Élisabeth Domitien poursuit son engagement politique. Son influence grandit progressivement au sein du Mesan. En 1972, elle devient vice-présidente du parti. Trois ans plus tard, le président Jean-Bedel Bokassa la nomme Première ministre, faisant d'elle la première femme à occuper cette fonction en Afrique subsaharienne. À lire aussiNuits africaines en Centrafrique: le célèbre bar dancing ABC de Bangui[02/10]
Le groupe Trace s'est imposé dans le paysage comme le diffuseur et le promoteur des musiques afro-urbaines. Éditeur de 30 chaînes de télévision diffusées sur tous les continents, Trace est souvent surnommé le « MTV africain ». Mais ses activités s'étendent au-delà de la sphère des médias : Trace cherche désormais aussi à jouer sa partition dans le développement de l'industrie musicale africaine. Dans les locaux de Trace, à Clichy, en banlieue de Paris, Fabien Pugliese réalise les derniers réglages du nouveau studio radio. « D'ici, on va alimenter notre radio DAB ainsi que nos radios sur la Caraïbe, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. On va pouvoir programmer et envoyer en live », explique-t-il. L'ambition historique de Trace est d'être une plateforme, une opportunité d'exposition pour les musiques afro-caribéennes. Un pari gagnant pour Olivier Laouchez, qui est à la tête du groupe : « On l'a démontré, et ce qui vient de se passer avec l'explosion de l'afrobeat, de l'amapiano, des musiques caribéennes, du compas, du zouk, montre que l'on ne s'est pas trompé. On avait effectivement fait le bon pari ! ». Première composante de cette réussite, la qualité des artistes et de leur production. Mais Olivier Laouchez est fier, aussi, du rôle que joue Trace dans ce domaine. « On a toujours été la plateforme qui les a accompagnés. Parfois, on a même produit nous-mêmes des titres avec des artistes. Par exemple, on a fait ce titre avec Dadju et Serge Ibaka qui s'appelle "Mafiozzy Style", qui était platinum. On a coproduit énormément de choses. On participe désormais aussi au plus gros événement musical du continent africain que sont les Trace Awards », détaille-t-il. « Amener des solutions » Mais l'entrepreneur ne s'arrête pas là. Depuis 2003, celui-ci développe les activités de son groupe. « En plus de notre activité historique de médias télévisuels et radiophoniques, on a développé des plateformes digitales. On a, d'une part, une plateforme qu'on est en train de lancer qui s'appelle Trace+, qu'on développe en partenariat avec TikTok. C'est une espèce de "social super app" sur laquelle on va retrouver non seulement les formats tiktokiens où on peut poster soi-même du contenu, mais il va y avoir également tous les contenus professionnels du groupe Trace. Et on a une plateforme de formation professionnelle en ligne qui s'appelle Trace Academia », explique Olivier Laouchez. Les collaborations se multiplient, les prix s'amoncellent. L'entreprise prend à bras le corps le tournant des plateformes en ligne et de l'intelligence artificielle. Mais pour Olivier Laouchez, un objectif reste central : « Amener des solutions », notamment sur les droits d'auteur encore peu collectés sur le continent. « On a pris la décision de développer une plateforme digitale qu'on devrait lancer en partenariat avec le gouvernement de la République démocratique du Congo d'ici à la fin de l'année, pour justement amener une solution à ce problème de la collecte. Et l'idée, c'est de pouvoir déployer ensuite cette plateforme dans tous les pays intéressés en Afrique, fait-il savoir. Nous, on veut absolument que les artistes gagnent leur vie grâce à leur talent, grâce à leur musique. Donc on veut être en même temps celui qui va assurer la promotion, mais également la monétisation de leurs offres », conclut-il. Et pour les artistes en quête de notoriété, une nouvelle plateforme de détection de talents, Trace Next, va être prochainement lancée. À lire aussiDan Assayag dresse le portrait de 18 musiciens africains dans la saison 4 de la série Y'Africa
Tensions géopolitiques, commerce international, souveraineté, nouvelles technologies, transition énergétique, matières premières, emploi, formation et inégalités : cette saison, « Éco d'ici, Éco d'ailleurs » et « Le grand invité de l'économie RFI - Jeune Afrique » a donné la parole à des dirigeants, entrepreneurs, experts et décideurs pour décrypter les grandes transformations en cours entre Afrique, Europe et reste du monde. Voici une sélection de certains des entretiens les plus marquants. Retrouvez ici nos invités en vidéo Grégory Clerc : Castel mise sur l'Afrique et la décentralisation Directeur général du groupe Castel depuis 2023, Grégory Clerc est revenu sur la transformation d'un groupe mondial du vin et des boissons, particulièrement implanté en Afrique. Au-delà de la gouvernance et de la succession au sein du groupe, il a défendu une stratégie fondée sur la croissance africaine et sur la capacité de Castel à s'adapter à un continent en pleine mutation. L'un des points forts de son intervention concerne l'organisation du groupe : Grégory Clerc revendique un modèle largement décentralisé, laissant une importante marge de décision aux filiales et à leurs dirigeants. Une manière, selon lui, de rester au plus près des réalités locales et de préserver l'agilité du groupe. Autre enjeu majeur : la sécurité. Malgré les difficultés rencontrées dans certains pays du Sahel, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, Castel n'envisage pas de retrait de ses marchés africains. Le groupe assume une stratégie de long terme fondée sur la connaissance du terrain et la résilience. Alahassane Diakité : le cacao ivoirien face à la volatilité des marchés La crise du cacao a constitué l'un des grands sujets agricoles de la saison. Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et de Diakité Cocoa Products, a livré son analyse d'une filière confrontée à la volatilité des cours, à la spéculation, aux stocks et aux difficultés rencontrées par les producteurs ivoiriens. Pour lui, l'une des réponses passe par l'accélération de la transformation locale. La Côte d'Ivoire compte déjà plusieurs usines de transformation et l'objectif affiché est d'augmenter encore cette capacité afin de contribuer à stabiliser la filière et à créer davantage de valeur sur place. Autre combat : permettre aux producteurs et aux coopératives d'accéder davantage aux marchés à terme et de mieux maîtriser leurs risques. Une question essentielle dans une filière exposée aux mouvements des marchés internationaux et aux stratégies des grands négociants. L'entretien a également porté sur la gouvernance de la filière et sur la nécessité, selon Alahassane Diakité, de maintenir le débat sur le cacao à distance des affrontements politiques. Une position qui prend une dimension régionale alors que la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux poids lourds mondiaux du cacao, cherchent à renforcer leur coopération pour peser davantage sur les marchés internationaux. Athina Argyriou : l'automobile européenne face aux offensives chinoise et américaine L'industrie automobile est elle aussi au cœur des bouleversements mondiaux. Athina Argyriou, déléguée générale de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), a analysé la montée en puissance des constructeurs chinois, la politique protectionniste américaine et les difficultés auxquelles les constructeurs européens doivent répondre. Elle souligne notamment les atouts industriels de la Chine : une importante capacité d'ingénierie, un effort considérable de recherche et développement et un appareil industriel capable de mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché. Face à cette concurrence, elle met en garde contre la tentation européenne du protectionnisme. Pour elle, la compétitivité passe davantage par le maintien d'une base industrielle solide, l'innovation et l'indépendance énergétique. La transition vers la voiture électrique constitue évidemment l'un des grands enjeux. Athena Argyriou estime que le choix américain de ralentir cette évolution risque de pénaliser l'industrie des États-Unis elle-même, tandis que l'Europe doit continuer à investir dans cette transformation pour préserver sa compétitivité. Baba Hady Thiam : Simandou, le pari minier de la Guinée Avec Baba Hady Thiam, avocat d'affaires franco-guinéen, l'émission s'est penchée sur l'un des projets miniers les plus importants du continent : Simandou. Un projet intégré associant extraction de minerai de fer, infrastructures ferroviaires, installations portuaires et transformation locale. Pour la Guinée, l'enjeu dépasse largement l'exploitation du minerai. Simandou doit devenir un catalyseur permettant de développer d'autres secteurs de l'économie et de sortir du piège traditionnel de la dépendance aux matières premières. Baba Hady Thiam insiste cependant sur une condition essentielle : la réussite dépendra de la capacité à exécuter concrètement les plans annoncés. L'autre grand sujet est celui du contenu local. L'enjeu ne doit pas simplement être de fixer des pourcentages minimums d'emplois ou de contrats attribués aux entreprises nationales. Il doit, selon lui, permettre une véritable montée en gamme des compétences locales afin que les entreprises guinéennes soient capables, demain, de prendre en charge des projets de plus en plus complexes. Amal El Fallah Seghrouchni : construire une souveraineté numérique africaine L'intelligence artificielle et la souveraineté numérique ont occupé une place centrale dans la saison. À Marrakech, à l'occasion du Gitex Africa 2026, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre marocaine chargée de la transition numérique, a défendu une vision d'une IA souveraine et durable. La souveraineté ne se résume pas au stockage des données. Elle suppose également des infrastructures, des capacités de calcul, des datacenters, une connectivité et surtout une réglementation capable de protéger les données et d'encadrer leur utilisation. La ministre marocaine plaide également pour une coopération accrue entre les pays africains. Plutôt que de reproduire les modèles européens ou asiatiques, elle défend une « troisième voie » africaine de l'intelligence artificielle et de la technologie, fondée sur le partage des données, des talents et des capacités de calcul. El Mouhoub Mouhoud : immigration, école et mobilité sociale L'économiste El Mouhoub Mouhoud, spécialiste de la mondialisation et président de l'université PSL, a abordé l'économie à travers son propre parcours et son ouvrage « Le Prénom ». Son intervention a permis de revenir sur l'immigration économique, mais aussi sur la réussite scolaire des enfants issus de l'immigration. Il dénonce une vision du débat public qui se concentre sur les situations les plus visibles, qu'il s'agisse de la délinquance ou des réussites sportives, en oubliant la masse de jeunes issus de l'immigration qui réussissent par l'école. L'apprentissage apparaît à ses yeux comme un outil particulièrement efficace contre les discriminations à l'embauche : une fois les jeunes présents dans l'entreprise, leurs compétences peuvent s'exprimer concrètement et les préjugés liés au nom ou au territoire peuvent reculer. Il invite également à dépasser l'idée d'une méritocratie selon laquelle la réussite ne dépendrait que de la volonté individuelle. L'accès à l'école, la transmission familiale, le goût de l'effort et les conditions sociales jouent un rôle déterminant dans les trajectoires. Thierry Marx : immigration, emploi et transmission des savoir-faire Pour clôturer cette sélection, Thierry Marx a apporté son regard de chef cuisinier et de président de l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration. Son parcours personnel, marqué par une scolarité difficile avant de devenir l'un des grands chefs français, a servi de point de départ à une réflexion sur la formation, l'apprentissage et l'immigration économique. Dans un secteur qui emploie une importante proportion de travailleurs issus de l'immigration, Thierry Marx insiste sur les situations concrètes des personnes formées et employées dans l'hôtellerie-restauration, notamment celles qui peuvent se retrouver confrontées à des difficultés administratives après leur apprentissage. La transmission est également au cœur de son intervention. Pour Thierry Marx, former ne consiste pas à reproduire mécaniquement un modèle : transmettre un savoir-faire doit permettre à celui qui apprend de devenir autonome, de développer sa curiosité et, à son tour, de transmettre.
Tensions géopolitiques, commerce international, souveraineté, nouvelles technologies, transition énergétique, matières premières, emploi, formation et inégalités : cette saison, « Éco d'ici, Éco d'ailleurs » et « Le grand invité de l'économie RFI - Jeune Afrique » a donné la parole à des dirigeants, entrepreneurs, experts et décideurs pour décrypter les grandes transformations en cours entre Afrique, Europe et reste du monde. Voici une sélection de certains des entretiens les plus marquants. Retrouvez ici nos invités en vidéo Grégory Clerc : Castel mise sur l'Afrique et la décentralisation Directeur général du groupe Castel depuis 2023, Grégory Clerc est revenu sur la transformation d'un groupe mondial du vin et des boissons, particulièrement implanté en Afrique. Au-delà de la gouvernance et de la succession au sein du groupe, il a défendu une stratégie fondée sur la croissance africaine et sur la capacité de Castel à s'adapter à un continent en pleine mutation. L'un des points forts de son intervention concerne l'organisation du groupe : Grégory Clerc revendique un modèle largement décentralisé, laissant une importante marge de décision aux filiales et à leurs dirigeants. Une manière, selon lui, de rester au plus près des réalités locales et de préserver l'agilité du groupe. Autre enjeu majeur : la sécurité. Malgré les difficultés rencontrées dans certains pays du Sahel, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, Castel n'envisage pas de retrait de ses marchés africains. Le groupe assume une stratégie de long terme fondée sur la connaissance du terrain et la résilience. Alahassane Diakité : le cacao ivoirien face à la volatilité des marchés La crise du cacao a constitué l'un des grands sujets agricoles de la saison. Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et de Diakité Cocoa Products, a livré son analyse d'une filière confrontée à la volatilité des cours, à la spéculation, aux stocks et aux difficultés rencontrées par les producteurs ivoiriens. Pour lui, l'une des réponses passe par l'accélération de la transformation locale. La Côte d'Ivoire compte déjà plusieurs usines de transformation et l'objectif affiché est d'augmenter encore cette capacité afin de contribuer à stabiliser la filière et à créer davantage de valeur sur place. Autre combat : permettre aux producteurs et aux coopératives d'accéder davantage aux marchés à terme et de mieux maîtriser leurs risques. Une question essentielle dans une filière exposée aux mouvements des marchés internationaux et aux stratégies des grands négociants. L'entretien a également porté sur la gouvernance de la filière et sur la nécessité, selon Alahassane Diakité, de maintenir le débat sur le cacao à distance des affrontements politiques. Une position qui prend une dimension régionale alors que la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux poids lourds mondiaux du cacao, cherchent à renforcer leur coopération pour peser davantage sur les marchés internationaux. Athina Argyriou : l'automobile européenne face aux offensives chinoise et américaine L'industrie automobile est elle aussi au cœur des bouleversements mondiaux. Athina Argyriou, déléguée générale de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), a analysé la montée en puissance des constructeurs chinois, la politique protectionniste américaine et les difficultés auxquelles les constructeurs européens doivent répondre. Elle souligne notamment les atouts industriels de la Chine : une importante capacité d'ingénierie, un effort considérable de recherche et développement et un appareil industriel capable de mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché. Face à cette concurrence, elle met en garde contre la tentation européenne du protectionnisme. Pour elle, la compétitivité passe davantage par le maintien d'une base industrielle solide, l'innovation et l'indépendance énergétique. La transition vers la voiture électrique constitue évidemment l'un des grands enjeux. Athena Argyriou estime que le choix américain de ralentir cette évolution risque de pénaliser l'industrie des États-Unis elle-même, tandis que l'Europe doit continuer à investir dans cette transformation pour préserver sa compétitivité. Baba Hady Thiam : Simandou, le pari minier de la Guinée Avec Baba Hady Thiam, avocat d'affaires franco-guinéen, l'émission s'est penchée sur l'un des projets miniers les plus importants du continent : Simandou. Un projet intégré associant extraction de minerai de fer, infrastructures ferroviaires, installations portuaires et transformation locale. Pour la Guinée, l'enjeu dépasse largement l'exploitation du minerai. Simandou doit devenir un catalyseur permettant de développer d'autres secteurs de l'économie et de sortir du piège traditionnel de la dépendance aux matières premières. Baba Hady Thiam insiste cependant sur une condition essentielle : la réussite dépendra de la capacité à exécuter concrètement les plans annoncés. L'autre grand sujet est celui du contenu local. L'enjeu ne doit pas simplement être de fixer des pourcentages minimums d'emplois ou de contrats attribués aux entreprises nationales. Il doit, selon lui, permettre une véritable montée en gamme des compétences locales afin que les entreprises guinéennes soient capables, demain, de prendre en charge des projets de plus en plus complexes. Amal El Fallah Seghrouchni : construire une souveraineté numérique africaine L'intelligence artificielle et la souveraineté numérique ont occupé une place centrale dans la saison. À Marrakech, à l'occasion du Gitex Africa 2026, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre marocaine chargée de la transition numérique, a défendu une vision d'une IA souveraine et durable. La souveraineté ne se résume pas au stockage des données. Elle suppose également des infrastructures, des capacités de calcul, des datacenters, une connectivité et surtout une réglementation capable de protéger les données et d'encadrer leur utilisation. La ministre marocaine plaide également pour une coopération accrue entre les pays africains. Plutôt que de reproduire les modèles européens ou asiatiques, elle défend une « troisième voie » africaine de l'intelligence artificielle et de la technologie, fondée sur le partage des données, des talents et des capacités de calcul. El Mouhoub Mouhoud : immigration, école et mobilité sociale L'économiste El Mouhoub Mouhoud, spécialiste de la mondialisation et président de l'université PSL, a abordé l'économie à travers son propre parcours et son ouvrage « Le Prénom ». Son intervention a permis de revenir sur l'immigration économique, mais aussi sur la réussite scolaire des enfants issus de l'immigration. Il dénonce une vision du débat public qui se concentre sur les situations les plus visibles, qu'il s'agisse de la délinquance ou des réussites sportives, en oubliant la masse de jeunes issus de l'immigration qui réussissent par l'école. L'apprentissage apparaît à ses yeux comme un outil particulièrement efficace contre les discriminations à l'embauche : une fois les jeunes présents dans l'entreprise, leurs compétences peuvent s'exprimer concrètement et les préjugés liés au nom ou au territoire peuvent reculer. Il invite également à dépasser l'idée d'une méritocratie selon laquelle la réussite ne dépendrait que de la volonté individuelle. L'accès à l'école, la transmission familiale, le goût de l'effort et les conditions sociales jouent un rôle déterminant dans les trajectoires. Thierry Marx : immigration, emploi et transmission des savoir-faire Pour clôturer cette sélection, Thierry Marx a apporté son regard de chef cuisinier et de président de l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration. Son parcours personnel, marqué par une scolarité difficile avant de devenir l'un des grands chefs français, a servi de point de départ à une réflexion sur la formation, l'apprentissage et l'immigration économique. Dans un secteur qui emploie une importante proportion de travailleurs issus de l'immigration, Thierry Marx insiste sur les situations concrètes des personnes formées et employées dans l'hôtellerie-restauration, notamment celles qui peuvent se retrouver confrontées à des difficultés administratives après leur apprentissage. La transmission est également au cœur de son intervention. Pour Thierry Marx, former ne consiste pas à reproduire mécaniquement un modèle : transmettre un savoir-faire doit permettre à celui qui apprend de devenir autonome, de développer sa curiosité et, à son tour, de transmettre.
durée : 00:02:34 - Le Vrai ou Faux s'intéresse cette semaine aux ingérences numériques étrangères. Chaque jour, on se penche sur ces opérations de désinformation en vue de l'élection présidentielle. Vendredi 14 août : l'ingérence russe en Afrique. - équipe : Armêl Balogog, La cellule Vrai ou faux Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
RFI continue d'explorer les histoires de la nuit en Afrique. Dans cet épisode, direction la Côte d'Ivoire, à Abidjan, où la capitale de « l'enjaillement » - le fait de s'amuser - doit en bonne partie sa réputation à une artère mythique de la commune de Yopougon, la rue Princesse, rasée il y a 15 ans, le 5 août 2011, au nom de la salubrité urbaine. De notre correspondant à Abidjan, L'histoire de la rue Princesse, « temple des nuits chaudes de la capitale économique » ivoirienne avec ses « boissons qui coulent à flot, [sa] musique à profusion, et le monde qui bouge », comme le rappelle une archive sonore de l'époque, a duré vingt ans. Aujourd'hui, les nuits se sont refroidies. Mais si les commerces ont pris la place des maquis dans la célèbre artère, Charlie Beaux-Yeux garde encore en mémoire l'ambiance festive qui l'a longtemps animée. En 1991, cet entrepreneur avait ouvert L'Image, la toute première boîte de la rue Princesse et le début d'un mythe. « On s'est dit qu'il fallait réveiller la commune, et cela en créant une image, l'image de la commune de Yopougon. Comme nous étions dans le milieu du show-biz, on attirait tous les artistes qui passaient en Côte d'Ivoire. Même les footballeurs venaient, c'était le rendez-vous des grands ! », se remémore celui-ci. Dans la foulée de L'Image, d'autres boîtes comme La Clinique, Le Sérum, La Pharmacie de garde cimentent la réputation de la rue Princesse. L'artère de deux kilomètres de long devient un maquis géant et le passage obligé des fêtards. Le producteur de musique Claude Bassolé était le propriétaire de L'Image. Pour lui, la rue Princesse a même redéfini la culture ivoirienne. « On a inversé la tendance ! Les gens quittaient Cocody, Treichville, Marcory, pour aller danser à Yopougon. Une boîte de nuit qui jouait à l'époque du zouglou était considérée comme une boîte folklorique. On a imposé cette musique qui est devenue notre identité nationale », raconte-il. Les stars du zouglou comme Magic System ou Yodé et Siro ont donné leurs premiers concerts rue Princesse dans les années 1990. Celle-ci a aussi vu l'émergence du coupé-décalé avec son roi, DJ Arafat, qui a fait ses premiers pas au Shangaï. Preuve de l'importance du lieu, le président Laurent Gbagbo en personne y a passé une soirée en 2008, au Queen's, la discothèque de la star du foot Didier Drogba. La fin d'une rue, la fin d'un mythe La médaille a son revers : le vacarme et la prostitution. En 2011, la rue Princesse est rasée au nom de la salubrité, quelques mois après l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara. Le mythe tombe, mais son esprit demeure. Il a même infusé dans tout le quartier de Yopougon, selon Léo Montaz, ethnologue spécialiste de la musique ivoirienne : « Je ne pense pas qu'il y ait des lieux qui aient la même image que la rue Princesse, qui soient aussi importants dans l'imaginaire ivoirien d'aujourd'hui. Yopougon reste un quartier central des cultures musicales ivoiriennes et un haut lieu de la fête, notamment pour les classes moyennes et les classes populaires qui n'ont pas les moyens d'aller dans les boîtes branchées de Cocody ». Yopougon reste habité par la rue Princesse. Aujourd'hui, le biama, la version survoltée du coupé-décalé, ressuscite les nuits de la commune la plus populaire d'Abidjan.
Il y a 70 ans jour pour jour, le 13 août 1956, la Tunisie adoptait son Code du statut personnel, l'un des textes les plus progressistes du monde arabe pour les droits des femmes : interdiction de la polygamie, divorce judiciaire pouvant être aussi à l'initiative de la femme, consentement obligatoire de la femme au mariage. Aujourd'hui, alors que la Tunisie célèbre sa Journée nationale de la femme, que reste-t-il de cet héritage et quels sont les combats des féministes tunisiennes ? Hela Ben Salem, secrétaire générale de l'Association tunisienne des femmes démocrates, répond aux questions de RFI. RFI : Le Code du statut personnel a 70 ans, est-ce que les avancées qu'il avait permises sont menacées aujourd'hui ? Hela Ben Salem : Le Code du statut personnel a été en 1956 une décision politique et réformatrice qui a profondément transformé la situation des femmes et la société tunisienne de manière générale. Sauf qu'aujourd'hui, lorsqu'on parle des droits des femmes, on ne peut pas les dissocier de la situation démocratique générale, du recul des libertés, de l'État de droit, de l'indépendance, de la justice, de la liberté d'expression et évidemment les droits des femmes de manière générale. Quels sont les acquis les plus fragilisés aujourd'hui selon vous ? C'est la structure et la symbolique du CSP principalement qui est en danger. Les tentatives de noyer les femmes à des rôles traditionnels, de remettre en question l'égalité et les acquis obtenus au cours de décennies de lutte. Ce qui est préoccupant, malheureusement, c'est qu'il y a des discours conservateurs aujourd'hui, malheureusement en Tunisie, et ces discours ne sont plus uniquement marginaux. Lorsque les institutions de l'État et les espaces religieux officiels ouvrent leurs portes à des discours réactionnaires et discriminatoires, nous devons nous poser la question : quelle est la position de l'État dans la protection de ces acquis ? Le Code statut personnel est en vigueur depuis sa promulgation en 1956, et évidemment, une grande partie des réformes ont été portées à l'époque par la volonté politique, surtout après la révolution. Nous avons eu des acquis depuis toujours attendus et portés par le mouvement féministe. Et depuis 2019, malheureusement, nous n'avons eu aucun acquis de ce gouvernement, de ce pouvoir politique, et le risque est de voir le discours conservateur se réinstaller, et se normaliser et devenir progressivement acceptable dans un silence complice de l'État. Du pouvoir, tout simplement. Quels sont ces thèmes conservateurs qui reviennent sur la place publique ? C'est principalement ceux qui sont relatifs au statut des femmes. Donc la polygamie ou encore le statut de chef de famille. On ne parle plus non plus de l'égalité en matière d'héritage. La bataille est éminemment politique. Elle n'est pas moins importante que celle pour les libertés individuelles et collectives, parce que, pour nous, en tant que femme démocrate, en tant que féministe, il n'y a pas de démocratie sans égalité. Il n'y a pas d'égalité réelle sans État de droit. On ne veut pas seulement protéger le Code du statut personnel contre tout recul, mais nous voulons poursuivre et approfondir ce projet. Car 70 ans après, les discriminations, les violences, la pauvreté et la précarité persistent. Quelles sont les réformes que vous défendez, en particulier ? L'égalité dans l'héritage, l'égalité dans la responsabilité des familles pour abolir l'institution du chef de famille, le droit de la famille de manière générale, parce qu'il y a aujourd'hui des dispositions, par exemple, qui maintiennent encore des différences de traitement entre les femmes et les hommes. Le père est toujours le tuteur des enfants, même en cas de divorce. L'inégalité successorale, c'est l'une des formes de violence économique. C'est important aujourd'hui qu'on consacre des textes pour mettre la femme sur un pied d'égalité avec l'homme, en matière justement d'accès à la terre, d'accès aux ressources, d'égalité dans l'héritage. Tout cela. Quels sont les courants politiques, par exemple à l'Assemblée, qui mettent en danger les droits des femmes ? Le discours de certains députés à l'ARP, pas mal de députés qui ont proposé la réforme du Code du statut personnel pour des raisons démographiques, chose qui est étonnante. Chose qui est choquante parce que les femmes ne sont pas des machines de reproduction. Donc, il faut respecter aussi la dignité des femmes, leurs corps, leurs droits sexuels et corporels. Parce que la Tunisie, qu'on le veuille ou pas, possède un héritage réformateur réel. Le Code du statut personnel a profondément transformé le droit de la famille dès 1956. L'espoir aussi dépend d'une chose essentielle, c'est d'être toujours vigilants et vigilantes en tant que citoyens et citoyennes tunisiens. Après 70 ans, nous ne voulons pas seulement protéger ce qui a été obtenu, mais nous voulons aussi poursuivre le projet d'émancipation et faire de l'égalité une réalité pour toutes les Tunisiennes, tout en sachant que les combats des femmes se poursuivent depuis plus de 36 ans, même au sein de l' ATFD, [l'Association tunisienne des femmes démocrates, ndlr] , depuis sa création. Donc, de génération à l'autre, ce projet et ce combat est porté par toutes les générations et peu importe le pouvoir politique en place. À écouter aussiMaroc, Tunisie, Liban : où en est l'égalité hommes-femmes?
C'est au début des années 2000 que l'Afrique de l'Ouest voit une nouvelle migration en provenance de Chine s'établir dans quelques pays (Sénégal, Côte d'Ivoire, Cameroun, Ghana). Parmi eux, on distingue deux types de migrants. Il y a d'abord ces Chinois venus dans le cadre de grands projets de construction d'infrastructures régis par des partenariats entre la Chine et les pays d'Afrique de l'Ouest. Et puis il y a ceux qui émigrent par leurs propres moyens et qui cherchent des opportunités de faire des affaires dans des pays africains. C'est à ces derniers que nous nous intéressons ici avec le sinologue Antoine Kernen, spécialiste des relations Chine-Afrique. Plusieurs dizaines de milliers de migrants chinois exercent leur activité commerciale dans des pays d'Afrique de l'Ouest. La plupart s'installent dans les grandes villes et les capitales. Une part importante de ces commerçants chinois est originaire des régions de l'est de la Chine, explique Antoine Kernen, sinologue et professeur à la faculté de sciences sociales et politiques de l'université de Lausanne en Suisse. « Il y a une proportion de personnes qui viennent de ces régions très dynamiques de la côte chinoise, donc Zhejiang et Fujian. Donc ce ne sont pas des gens qui viennent des régions les plus pauvres de Chine, c'est vraiment des gens qui sont portés par le dynamisme économique de ces régions côtières qui produisent des biens manufacturés pour la Chine, pour l'étranger. Et si on veut, l'Afrique devient une nouvelle frontière, finalement un nouvel endroit où on peut tenter d'aller vendre ces produits qu'on manufacture dans ces provinces côtières ». À leurs débuts, ces commerçants chinois se sont d'abord tournés vers la vente de produits bon marché pour toucher une plus large partie de la population africaine, mais aujourd'hui leur activité évolue. « Progressivement, on a aussi maintenant effectivement des produits beaucoup plus sophistiqués qui arrivent sur le marché. Les motos, ça fait un moment, les climatisations, ça fait un moment, tout le gros électroménager peut être chinois, il y a d'autres offres, mais globalement, l'arrivée des produits chinois a entraîné une certaine démocratisation de l'accès à certains biens. On voit que le coût effectivement de ces produits, qui était réservé auparavant vraiment à une élite, se sont démocratisés parmi, en gros, la classe moyenne urbaine des pays de l'Afrique de l'Ouest ». Des commerçants chinois qui diversifient leurs activités Autre phénomène comme au Cameroun : face à la concurrence des petits commerçants locaux et des grandes chaînes de distribution chinoises, les migrants investisseurs chinois diversifient leurs activités. « Donc on voit ces mêmes personnes, c'est pour ça que ce terme d'investisseurs est assez bon, finalement, qui réinvestissent dans d'autres domaines, qui vont décider finalement de créer des restaurants, mais pas forcément des restaurants chinois. Il y a des chaînes de fast food au Cameroun maintenant qui sont tenues par des Chinois. Des petites industries chinoises se développent aussi maintenant dans la périphérie de Yaoundé, Douala, ce qui montre bien qu'on est quand même dans une temporalité qui est plus longue. On n'est plus simplement à écouler son container de produits chinois et de se dire "bon, la prochaine fois, je reviens pas" ». Ces dernières années, il n'y a pas eu d'augmentation importante de migrants chinois venus s'installer pour investir dans le commerce dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Toutefois, le sinologue Antoine Kernen a, lui, constaté une légère augmentation de Chinois expatriés au Cameroun. Ces derniers ont un profil différent des migrants investisseurs puisqu'ils viennent dans les pays d'Afrique de l'Ouest pour travailler dans des entreprises chinoises déjà implantées sur place. À lire aussiMoins de prêts, projets resserrés: les investissements chinois en Afrique évoluent
Le dernier épisode de notre série consacrée aux entreprises africaines qui investissent en France braque les projecteurs sur le maroquinier sénégalais Maraz, qui s'apprête à ouvrir sa première boutique à Paris. Pour cette marque haut de gamme déjà implantée en Afrique, il s'agit d'une étape stratégique majeure qui va la conduire à relever les défis du marché européen entre concurrence, droits de douane et adaptation de ses collections. Des sandales, des chaussures, des sacs ou encore des porte-documents en cuir : la marque sénégalaise Maraz s'est imposée en quelques années en Afrique avec des boutiques à Dakar, Abidjan et Kigali. Son fondateur, Moustapha Sy N'Diaye, s'apprête désormais à franchir une nouvelle étape avec l'ouverture d'un magasin à Paris : « Ça fait partie du développement. C'est également un pari parce qu'aujourd'hui, ce qu'on a l'habitude de voir, c'est plutôt l'inverse : des marques qui viennent d'Europe, des États-Unis, qui s'implantent en Afrique. Il est rare de voir des marques africaines qui produisent et conçoivent en Afrique venir s'installer à Paris », affirme-t-il. Cette implantation représente un défi de taille. La marque devra en effet trouver sa place sur un marché du luxe très concurrentiel, adapter ses collections aux quatre saisons européennes et rester compétitive malgré les coûts liés aux importations. « Celui qui produit en Europe et vend en Europe a plus d'avantages que celui qui produit en Afrique, qui doit franchir les barrières douanières et supporter des coûts supplémentaires avant de proposer ses produits ici. C'est un pari qu'il faudra relever. Nous allons y faire face et proposer ce que nous avons de plus beau. La clientèle occidentale recherche de l'authenticité et c'est ce que nous venons lui offrir », poursuit Moustapha Sy N'Diaye. Une présence du luxe africain encore discrète Les maisons de luxe africaines restent encore peu nombreuses à tenter l'aventure parisienne. La marque ivoirienne Aliwax, fondée par la créatrice Alice Gnapa, a récemment ouvert une boutique dans la capitale. Dix ans plus tôt, la Maison Goya, créée par le styliste béninois Rodrigue Vodounou, avait déjà fait ce choix. Pour Moustapha Sy N'Diaye, davantage de marques africaines devraient suivre cette voie : « Aujourd'hui, je pense qu'il faut que d'autres viennent renforcer ce mouvement : l'Afrique a son mot à dire. Et Paris est une belle terre d'accueil pour la mode ». Président Afrique de Business Europe et enseignant à l'Essec, Benoît Chervalier observe lui aussi une évolution, même si elle reste encore modeste : « Ce que l'on voit, c'est que cela n'existait pour ainsi dire pas il y a une dizaine d'années et que cela commence à émerger. Il faut accompagner ce mouvement pour qu'il se transforme en une véritable dynamique et une trajectoire de croissance ». Pour les acteurs du secteur, le développement de ces marques en France passera aussi par le soutien de la diaspora africaine, qu'elle soit entrepreneure, investisseuse ou tout simplement cliente de ces productions. À lire aussiMoustapha Sy Ndiaye, le créateur à l'âme entrepreneuriale de Maraz
Des millions de personnes ont levé les yeux ce mercredi pour assister à une éclipse solaire, spectaculaire par endroits en Europe mais également visible en Afrique. C'est à Tabarka où le phénomène a été le plus marqué en Tunisie, avec 59,06 % du soleil masqué. L'éclipse partielle a aussi pu être observée depuis Dakar et plusieurs régions du Sénégal, avec un maximum d'occultation d'environ 37 % du disque solaire en fin de journée.
Le Sénat américain a voté, le vendredi 7 août 2026, la prolongation jusqu'à fin décembre 2028 de l'Agoa, le dispositif qui permet à 32 pays africains d'exporter une partie de leurs produits vers les États-Unis sans droits de douane. Ce feu vert, encore tributaire d'un vote de la Chambre des représentants puis de la promulgation par Donald Trump, offre une visibilité accrue à des secteurs clés comme l'automobile sud-africaine, le textile kényan ou malgache, ou encore la vanille de Madagascar. Comment expliquer ce rétropédalage alors que l'accord devait normalement prendre fin à la fin de l'année 2026 ? Si seulement 6% des exportations africaines partent vers les États-Unis, pourquoi les pays africains tenaient-ils autant à ce renouvellement ? Avec Eva Massy, journaliste au service Afrique de RFI.
Les banques africaines sont de plus en plus nombreuses à s'implanter sur la place financière parisienne. Si le Brexit a accéléré l'arrivée de certains établissements, le retrait progressif de banques françaises du continent africain crée aussi de nouvelles opportunités pour ces acteurs, qui cherchent à faire fructifier les entreprises entre l'Europe et l'Afrique. First Bank of Nigeria, Ecobank, BGFI Bank… Une dizaine de banques africaines sont aujourd'hui présentes à Paris. Parmi les plus récentes, Access Bank, qui a ouvert une succursale il y a quatre ans, via sa filiale britannique. Après le Brexit, disposer d'une présence au sein de l'Union européenne était devenu indispensable, explique Justin Maria, directeur de la succursale parisienne de The Access Bank UK : « Il y a eu un choix politique d'attirer un maximum de banques en France, comparativement à d'autres places importantes en Europe, et notamment celle de Francfort. Paris a quand même un rôle pivot sur ce redéploiement en Europe pour des groupes bancaires installés en Angleterre ». Les clients d'Access Bank en France sont principalement des entreprises qui commercent avec l'Afrique ou y investissent. Pour Justin Maria, l'essor des banques africaines en Europe s'explique également par le retrait progressif de plusieurs banques françaises du continent : « La nature a horreur du vide. Si vous retirez une banque française d'Afrique subsaharienne, vous avez une banque d'Afrique subsaharienne qui va racheter cette filiale. La Société Générale s'est retirée du Cameroun très récemment. La Société Générale, depuis Paris, à travers sa filiale camerounaise, avait une vraie connaissance du marché camerounais. Aujourd'hui, elle se retire. Je ne dis pas qu'elle a perdu sa connaissance du marché en quelques semaines, mais les banques africaines qui sont à Paris ont au moins une meilleure connaissance que Société Générale sur le marché camerounais ». « Pas encore une déferlante » Pour ces établissements, le retrait des banques françaises représente une opportunité de récupérer progressivement une partie de leur clientèle. Mais le phénomène ne doit pas être surestimé, estime Benoît Chervalier, président Afrique de Business Europe : « Ce n'est pas non plus une déferlante dans le sens où toutes les banques africaines ne vont pas être présentes à la fois sur la place européenne et sur la place de Paris. Quand on regarde dans le détail, on voit que la majeure partie de ces banques sont des bureaux de représentation. Elles ne peuvent pas exercer d'activités bancaires en propre et ne sont pas régies sous le statut d'établissement de crédit, même si certaines franchissent ce pas ». United Bank for Africa pourrait prochainement rejoindre ce cercle restreint. Présente à Paris depuis 2009, la banque du milliardaire nigérian Tony Elumelu est en attente de l'agrément des autorités françaises en tant qu'établissement de crédit. Elle deviendrait alors la troisième banque africaine à obtenir ce statut en France. À lire aussiIntelcia: comment le géant marocain des centres d'appels s'est imposé en France [3/5]
Le président libérien Joseph Boakai a désigné un nouveau directeur de l'Agence libérienne de lutte contre la drogue, affichant sa volonté d'"intensifier" le combat contre le trafic après la plus grande saisie de drogue de l'histoire du pays : près de quatre tonnes de cocaïne estimées à 276 millions d'euros. Depuis ces saisies, les Libériens ont fait part de leur indignation, réclamant des mesures plus strictes de surveillance des responsables et policiers liés à la lutte anti-drogue.
Toute cette semaine Aujourd'hui l'économie vous propose de partir à la rencontre des diasporas commerçantes. Mardi 11 août, on vous raconte l'histoire d'une communauté discrète mais essentielle à l'économie ougandaise : les Indo-Ougandais. Leur population est aujourd'hui estimée à environ 35 000 personnes. « Vous venez d'Ouganda ? » demande un interlocuteur surpris. « Oui. Ma famille a été expulsée en 1972. Ils sont devenus des réfugiés à Londres et après la chute d'Idi Amin Dada, ils sont revenus en Ouganda », explique celui qui est devenu l'un des visages politiques les plus connus des États-Unis. Mais avant de devenir maire de New York, Zohran Mamdani a connu Kampala, où il est né. Son père, Mahmood Mamdani, est une figure locale de la diaspora indienne du pays. C'est au XIXe siècle qu'une importante communauté indienne s'est installée sur les terres de ce qui allait devenir l'Ouganda. Une installation liée aux perspectives de contrat de travail proposées par le colonisateur britannique. Beaucoup d'immigrés indiens sont alors à la recherche d'un meilleur avenir, comme le rappelle l'historien Gérard Prunier. « Une plaisanterie anglaise est de dire : "l'Afrique de l'Est, c'est l'Amérique de l'Indien", c'est-à-dire ils viennent là comme les Italiens vont en Argentine. » La réussite économique de la communauté suscite jalousie Ces nouveaux arrivants vont s'installer dans des villes, mais aussi et surtout dans les campagnes parfois reculées, ouvrant de petits commerces. Une communauté, les « Dukawalla », qui va créer un véritable tissu économique. La diaspora s'organise aussi autour de grandes familles, comme l'explique la chercheuse Sandrine Perrot du Centre international de recherches de Sciences Po. « Les grandes familles qui ont construit aussi toute l'agriculture d'exportation autour, notamment avec des grosses exploitations. On parle vraiment de familles installées depuis très longtemps. » Et cette réussite économique dont parle Sandrine Perrot ne va pas sans susciter de jalousie avec, dans les années 1940-1950, les premières manifestations et boycotts de magasins indiens. Les manifestants dénoncent leur suprématie économique. Mais le point de rupture intervient des années plus tard en 1972, l'expulsion de toutes les populations asiatiques d'Ouganda est ordonnée par Idi Amin Dada, qui a pris le pouvoir par la force. Dans un extrait de ses discours, il dit : « C'est vrai, ils sont restés à l'écart, au sein d'une communauté fermée. Ils ont bridé l'économie du pays. » « La diaspora indienne présente en Ouganda contribuerait à 60 % du PNB » En l'espace de trois mois, l'Ouganda perd de très nombreux commerçants, des membres de l'administration publique, de l'industrie. L'économie ougandaise plonge dans la crise, désormais déconnectée de tous ses réseaux d'import-export que la diaspora avait tissés. Il faudra attendre 1986 pour que Yoweri Museveni, prenant les rênes de l'Ouganda, incite ses communautés à revenir au pays. Un retour s'opère petit à petit via un système de compensation. Depuis, Yoweri Museveni s'est appuyé sur cette diaspora qui a continué d'avoir un poids essentiel dans l'économie ougandaise, comme l'explique la chercheuse Sandrine Perrot. « La diaspora indienne présente en Ouganda contribuerait à 60 % du PNB. On a encore des figures de millionnaires, multimillionnaires et qui sont très proches des premiers cercles du pouvoir et qui ont bâti vraiment des empires. » Reste aujourd'hui la question de la reconnaissance officielle. Pour être citoyens ougandais, il faut appartenir à l'une des ethnies dites indigènes inscrites dans la Constitution. Au Kenya, les Kényans d'origine asiatique ont obtenu en 2017 la reconnaissance officielle de leur statut de 44ᵉ tribu du pays.
De Casablanca aux Ardennes, Intelcia a fait de la France un marché clé de son développement. Le géant marocain de l'externalisation y emploie aujourd'hui près de 3 500 personnes et mise sur l'intelligence artificielle pour accompagner, plutôt que remplacer, ses salariés. Avec 800 millions d'euros de chiffre d'affaires et une présence dans une vingtaine de pays, Intelcia est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux de l'outsourcing, l'externalisation de services comme la relation client ou la gestion d'infrastructures informatiques. Après dix ans sous le contrôle du groupe français Altice, l'entreprise est revenue entre les mains de ses dirigeants historiques marocains. « Aujourd'hui, 100 % de l'entreprise est détenue par ses managers », affirme Karim Bernoussi, le directeur général. Créée à Casablanca par des ingénieurs marocains, Intelcia s'adressait d'abord au marché français depuis ses centres d'appels installés au Maroc. Mais pour poursuivre sa croissance, le groupe décide en 2011 de s'implanter directement en France. « On s'est dit qu'il fallait être proche des clients français, explique Karim Bernoussi, on ne pouvait pas faire que de l'offshore, on ne pouvait pas produire pour ses clients qu'au Maroc ou en Afrique subsaharienne, il fallait être présent sur le marché. En 2011, on a eu l'opportunité de faire l'acquisition d'un acteur qui avait à peu près 1 000 collaborateurs sur quatre sites en France. Et ça nous a permis d'un coup, en 2011, d'avoir une vraie présence en France. » Aujourd'hui, Intelcia emploie près de 3 500 personnes dans l'Hexagone. Le groupe travaille aussi bien pour des administrations, comme France Travail, que pour de grandes entreprises privées. Il est notamment le premier employeur du département des Ardennes. « L'avenir se fait avec un combo IA et humain » L'an dernier, Intelcia a toutefois été visée par des accusations sur les conditions de travail de certains salariés. Une question écrite à l'Assemblée nationale évoquait notamment « des humiliations quotidiennes, des convocations publiques » et « une précarité organisée ». Des critiques rejetées par Karim Bernoussi : « On est dans un secteur dans lequel, si vous ne traitez pas vos salariés avec transparence, si vous ne mettez pas en place un climat de confiance, vous ne pouvez pas performer puisque notre première richesse, ce sont nos employés. Nous avons un regard très important sur la manière dont nos salariés sont employés, dont ils sont traités et sur la façon dont on les fait grandir. » L'autre défi du secteur est désormais l'essor de l'intelligence artificielle, qui transforme rapidement le fonctionnement des centres d'appels. Pour Karim Bernoussi, cette évolution ne remet pas en cause les emplois en France. « L'avenir se fait avec un combo IA et humain. Aujourd'hui, l'IA va permettre à nos agents de travailler de manière beaucoup plus efficace. Lorsque vous demandez un nouveau code pour une carte de crédit, vous n'avez pas besoin d'un humain pour vous le donner. En revanche, tout contact avec un client est une opportunité pour les marques de faire passer un message ou de réaliser des ventes. Et ça, le meilleur moyen de le faire, c'est avec l'humain. » Selon une étude du cabinet américain Gartner, près d'un tiers des responsables de services clients ont déjà engagé ou prévoient des réductions d'effectifs liées à l'intelligence artificielle d'ici l'année prochaine. L'Organisation internationale du travail estime toutefois que la transformation des tâches est plus probable que la disparition complète des emplois. À lire aussiCes entreprises africaines qui investissent en France: Creativo El Matador, le pari d'un transformateur nigérian [2/5]
When people ask for "African prints," they're usually asking for Kente—but Omolala knows there's so much more. That's why she started Ova Afrique: to educate, preserve, and celebrate the rich tapestry of West African fabrics and the stories behind them.In this episode, Omolala takes us inside her world, from sourcing 40-year-old Aso Oke for a Human Rights Commission project, to creating custom bags that carry the names of women who preserve culture. She shares the meaning behind her brand's name (a blend of family names and "Afrique" with a French touch), why she chooses to use cowrie shells despite their misunderstood history, and how she's bringing authentic African craftsmanship to a global audience.Omolala also gets vulnerable about her journey with self-doubt, the fear of being seen, and the mentors who pushed her to step out of her shell. She reflects on the influence of her mother, a serial entrepreneur who taught her resilience and shares why she believes "your story is your strategy."Whether you're an entrepreneur, a culture enthusiast, or just someone trying to find your voice, this episode is a masterclass in authenticity and courage.Check them out @ovaafrique@nourish.offline
Deuxième épisode de notre série consacrée aux entreprises africaines qui investissent en France avec la nigériane Creativo El Matador, spécialisée dans la transformation de matières premières agricoles et qui voit dans l'Hexagone de nouvelles opportunités de croissance. L'objectif de Creativo El Matador est de raccourcir les circuits commerciaux entre l'Afrique et l'Europe. Pour son directeur général, Adebowale Adeyeye, il est temps de mettre fin à un modèle où les matières premières africaines sont transformées en Asie avant d'être commercialisées sur le marché européen. « Il est nécessaire de renforcer notre relation directe avec la France, de rompre avec ce commerce triangulaire et de réfléchir à la manière dont nous pouvons créer de la valeur à la fois localement et en France, pour des produits consommés en France mais issus d'Afrique. C'est la stratégie que nous mettons en œuvre. Avec le cacao, la noix de cajou, la gomme arabique, ou le gingembre. Notre objectif, c'est de réduire les délais de transport et de transit, de maximiser la création de valeur, et de permettre aux consommateurs d'accéder à des produits de la meilleure qualité, au meilleur prix », explique-t-il. Pour concrétiser cette stratégie, l'entreprise a ouvert un bureau à Paris afin de partir à la conquête du marché européen. Pour Adebowale Adeyeye, la France s'est imposée naturellement. « La France entretient des relations historiques très fortes avec l'Afrique. De nombreux pays africains sont francophones et d'anciennes colonies françaises, ce qui explique la solidité de ces liens. Je suis d'origine nigériane et j'ai grandi entouré de pays francophones. La France dispose d'une politique africaine très affirmée. Son intérêt pour l'Afrique, ainsi que son engagement en matière d'investissement et de développement du continent, sont également des raisons qui ont motivé notre décision. » Un entrepôt puis une usine près de Marseille Le bureau français de Creativo El Matador doit créer 24 emplois en trois ans. L'entreprise est accompagnée par Business France. Pour Nicole Blazik, directrice des projets d'investissements internationaux de l'agence, basée à Johannesburg, cette implantation s'inscrit dans une stratégie de développement classique : « Il veut être entre les deux continents, il veut exporter ses produits, vendre en Europe et également sourcer des produits européens et français pour les faire revenir en Afrique. Souvent, les entreprises commencent avec un bureau commercial et ensuite elles veulent enchaîner avec une unité de production. Exactement ce que Creativo El Matador va faire ». Longtemps considérée comme un frein, la barrière de la langue n'est plus un obstacle, sourit Adebowale Adeyeye. Et l'accent du sud de la France non plus… Creativo El Matador vient d'acquérir un terrain près de Marseille où seront construits un entrepôt et une usine de transformation, dont la mise en service est prévue d'ici la fin de l'année. À lire aussiCes entreprises africaines qui investissent en France: la pharma sud-africaine Aspen [1/5]
En 1925 André Gide part au Congo en quête d'exotisme et revient révolté.Embarquez pour un voyage singulier aux côtés de l'écrivain André Gide, qui nous entraîne en 1925 dans le cœur de l'Afrique équatoriale française. Sous couvert d'une mission officielle, André Gide et son compagnon Marc Allégret vont découvrir une réalité bien éloignée des paysages de rêve qu'ils espéraient. Avec un esprit d'observation aiguisé et une grande sensibilité, Gide va se faire le témoin des atrocités commises par l'administration coloniale et les compagnies privées exploitant les ressources de cette Afrique. Des témoignages glaçants sur les mauvais traitements, les violences et les massacres de populations locales vont bouleverser le célèbre écrivain, qui décide alors de mener une enquête approfondie pour dénoncer ces abus.De Libreville à Fort-Archambault, en passant par Brazzaville et le fleuve Congo, Gide et Allégret vont arpenter ces contrées reculées, recueillir les confidences des victimes et remonter jusqu'aux responsables de ces exactions. Un combat courageux et sans compromis qui les mènera jusqu'à la Société des Nations et aboutira à des réformes significatives, malgré la résistance acharnée du lobby colonial.Plongez dans les pages de ce voyage initiatique qui a marqué l'engagement intellectuel de Gide et interrogé en profondeur les fondements du système colonial français. Un épisode marquant de l'histoire de la littérature et de la pensée politique du XXe siècle.
C dans l'air l'invité du 10 février 2026 avec Vincent Crouzet, ancien espion de la DGSE. Il publie "Le jour où je suis devenu espion", aux éditions de l'Observatoire. Livre dans lequel il raconte 20 ans d'espionnage pour la France.Il raconte comment il est passé de jeune sportif grenoblois à espion professionnel, dévoile les qualités recherchées et la formation des agents secrets, évoque ses missions en Afrique auprès de criminels de guerre comme Jonas Savimbi, et explique comment il a géré le mensonge permanent vis-à-vis de sa famille. Il aborde également l'évolution du métier d'espion et compare la réalité aux séries télévisées.Vincent Crouzet est ancien espion de la DGSE. Devenu écrivain et expert en renseignement, il analysera également le rôle actuel de la DGSE face aux nouvelles menaces.
Nous commencerons notre tour d'horizon de l'actualité par une discussion sur la récente vague migratoire à Ceuta, une petite enclave espagnole située en Afrique du Nord. Ces événements mettent à l'épreuve les politiques d'ouverture de l'Espagne. Ensuite, nous parlerons de l'échec des projets de la FIFA visant à vendre des parts de la Coupe du monde et d'autres tournois à des investisseurs privés. Notre sujet sur les sciences et les technologies portera sur la réglementation du développement de l'IA. Il semblerait que les États-Unis et la Chine suivent des voies différentes. Et enfin, nous aborderons une découverte historique remarquable qui apporte un nouvel éclairage sur les origines de l'une des boissons les plus célèbres au monde : le Coca-Cola. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : Use of the Present Subjunctive with Certain Verbs. Nous nous intéresserons à un site français qui vient d'être inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO : les forteresses royales du Languedoc situées dans le sud de la France. Nous reviendrons ainsi sur l'histoire de ce site historique. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Attendre quelqu'un au tournant. Nous parlerons des grands incendies qui touchent la France cet été et du fort impact qu'ils ont sur tout le pays. - L'afflux de migrants submerge les capacités de l'Espagne et met à l'épreuve sa politique migratoire - Le projet de privatisation de la FIFA se retourne contre elle - Les États-Unis et la Chine choisissent des chemins différents pour encadrer le développement de l'intelligence artificielle - Finalement, le Coca-Cola serait-il né en Europe ? - Les forteresses royales du Languedoc ont été inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO - La France connaît des incendies d'une ampleur inédite
À Addis-Abeba en Éthiopie, un lieu mythique fait renaître depuis une dizaine d'années l'éthio-jazz, genre musical mélange de gamme pentatonique éthiopienne et de jazz nord-américain. L'African Jazz Village, située au sous-sol du Ghion Hotel, accueille quatre soirs par semaine des artistes de l'ancienne et de la nouvelle génération, sous le regard du père du genre, Mulatu Astatke. Immersion dans ce club de musique historique. De notre correspondante à Addis-Abeba, Le nom de l'African Jazz Village clignote sur les néons verts. La musique, de l'extérieur, se fait déjà entendre. Passé l'entrée, le club mythique se découvre : la scène surplombe une salle en rotonde, à la lumière tamisée. Les murs sont tapissés de photos de grands noms de l'éthio-jazz et d'affiches de concert de Mulatu Astatke. Chaque soir de concert, le père de l'éthio-jazz et créateur du lieu, Mulatu Astatke, 82 ans, prend place dans le public. « Quand vous entrez ici, vous êtes dans un autre monde. Vous êtes en Afrique, en Éthiopie, telle qu'elle est aujourd'hui. Vous voyez ce public ? Ici, c'est toujours un lieu où il y a des étincelles, ça a toujours été magnifique, je l'adore. J'essaie de promouvoir et de montrer au monde entier comment les Africains contribuent à la culture mondiale. C'est ce que je m'efforce de faire », confie-t-il. À lire aussiMulatu Astatke, père de l'éthio-jazz, revient avec un album et une tournée d'adieux Ce soir-là, le pianiste Tewodros Aklilu, du groupe mythique Admas, assure le show avec d'autres musiciens. Jouer à l'African Jazz Village est toujours un moment émouvant pour lui. « Ce lieu a près de 60 ans d'histoire. Si vous regardez à votre droite, vous verrez la salle dans laquelle les dirigeants africains se sont réunis pour proclamer l'Union africaine. C'est important pour nous. Chaque fois que nous jouons, je le ressens. Je ressens cette énergie qui animait ceux qui disaient : "Nous devons nous rassembler, former une union." C'est ce que nous incarnons », explique-t-il. Pour le pianiste, la mission de l'African Jazz Village est aussi de transmettre cette musique, créée dans les années 1950 puis interdite sous le régime communiste du Derg, à la jeunesse éthiopienne. « Toutes ces mélodies, ils ont grandi avec, leurs parents aussi. Certains les entendaient déjà bébés, bercés par leur mère, alors cela réveille des souvenirs. Et aujourd'hui, cette génération est folle de l'éthio-jazz », ajoute Tewodros Aklilu. Dans le public, Selam, 23 ans, est venue accompagnée d'une amie. « Nous sommes allés à un autre concert, mais je trouve celui-ci plus sympa, alors nous sommes revenues. L'ambiance est bonne. On adore le jazz, c'est pour cela que nous venons ici », raconte-t-elle. Le club peut accueillir jusqu'à 300 personnes par soir. À lire aussiComment l'éthio-jazz a ressuscité pour se démultiplier à travers le monde
Au Maghreb, les migrants noirs cibles d'actes racistes sur fond de lutte contre l'immigrationUne vidéo insoutenable a bouleversé la Tunisie : une femme noire enceinte, dénudée et menacée de viol collectif devant sa famille. Si ces images ont choqué, elles ne racontent qu'une partie d'un phénomène plus vaste : la montée du racisme négrophobe au Maghreb sur fond de lutte contre l'immigration subsaharienne. Discours politiques, montée des mouvements nationalistes, expulsions massives dans le désert, violences documentées par les ONG, accords migratoires avec l'Union européenne… Comment le Maghreb est-il devenu un espace où les personnes exilées d'Afrique subsaharienne sont de plus en plus prises pour cibles ? Rapports, archives et témoignages mettent en lumière les logiques politiques qui traversent la Tunisie, la Libye, le Maroc et l'Algérie. Une analyse pour comprendre comment les politiques migratoires, le racisme d'État et l'externalisation des frontières européennes alimentent une crise humanitaire et une haine tenace, qui reste largement ignorée.
Cette semaine, les invités d'Éric Topona analysent l'état de la démocratie dans certains pays d'Afrique subsaharienne : Sénégal, Madagascar, Mali, Burkina Faso, Niger, notamment.
Ce soir dans Accents d'Europe, plongée dans les archives coloniales de la Belgique : à l'AfricaMuseum, de vieilles cartes minières sur les sous-sols de la RDC, du Rwanda et du Burundi intéressent de près une société privée américaine. Nous irons aussi en Espagne, où la crise des engrais relance la filière du purin de vache. On parle aussi de l'avenir de la PAC avec l'économiste Jean-Christophe Bureau. Les cartes minières très convoitées de Tervuren Près de Bruxelles, l'AfricaMuseum conserve des milliers de cartes et relevés géologiques datant de l'époque coloniale. Des documents précieux sur les ressources minières de la RDC, du Rwanda ou du Burundi : cobalt, lithium, cuivre, étain… La RDC a passé un accord avec une société privée américaine pour les numériser. Le musée veut garder la main. Un bras de fer discret, avec beaucoup d'argent à la clé. Reportage de Jean-Jacques Héry. En Espagne, le retour du purin La fermeture du détroit d'Ormuz a fait flamber les prix des engrais azotés. En Espagne, la crise a relancé une filière traditionnelle : le purin. Dans les Asturies, les autorités aident les éleveurs bovins à transformer ce sous-produit agricole en engrais. Reportage de Diane Cambon. La PAC, impossible à réformer ? La Politique agricole commune représente 54 milliards d'euros par an, près d'un tiers du budget de l'Union européenne. Indispensable, mais très critiquée, elle entre dans une nouvelle phase de négociations pour 2028-2034. Comment piloter une politique commune face à des agricultures européennes si différentes ? Entretien avec Jean-Christophe Bureau, professeur à AgroParisTech, co-auteur de La Politique agricole commune, aux éditions La Découverte. En République Tchèque, des bouteilles de vin du XIXè siècle Pour finir, une histoire de vin qui a défié les affres de l'Histoire : une centaine de bouteilles du XIXè siècle ont été retrouvées dans un château tchèque. Alexis Rosenzweig.
À l'ONU, la course est encore longue, mais les choses se précisent. Le successeur d'António Guterres pour le poste de secrétaire général sera connu en octobre. D'ici là, des votes indicatifs vont s'enchaîner, ils permettent d'affiner les pronostics. Et pour le moment, les deux candidats du continent africain (le Sénégalais Macky Sall et l'Ougandais Olara Otunnu) n'ont pas convaincu. Professeur de droit en Afrique du Sud, Carlos Lopes a été secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique. Il analyse les chances du continent pour obtenir ce poste prestigieux. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : Le premier vote indicatif du Conseil de sécurité a vu la candidate du Costa Rica, Rebeca Grynspan, plébiscitée. Un vote décevant pour les deux candidats de l'Afrique, le Sénégalais Macky Sall et l'Ougandais Olara Otunnu ? Carlos Lopes : Le premier vote indicatif, à mon avis, ne bouleverse pas l'analyse politique des candidatures africaines qui étaient déjà un peu présentes. Il la confirme plutôt. Dans le cas de Macky Sall, le soutien officiel finalement apporté par le président Bassirou Diomaye Faye est venu un peu tard et n'a pas pu rétablir une cohérence institutionnelle, si je peux dire comme ça, parce que le Sénégal reste profondément divisé sur son héritage, sur sa candidature. Le Sénégal a également profondément divisé la sous-région et je pense que la candidature est mal partie. Pour Olara Otunnu, c'est très différent. Il reste une personnalité respectée dans l'histoire des Nations unies. Mais en tant que représentant permanent de l'Ouganda, il avait été un des principaux artisans de l'introduction de ce qu'on appelle maintenant le vote indicatif « straw poll » (un vote informel, ndlr). Mais cette contribution historique ne suffit pas à compenser son entrée tardive. Il a un parcours politique assez difficile à déceler, avec des zigzags, avec des difficultés dans ses relations avec le président actuel. Son prestige diplomatique appartient davantage à l'histoire qu'à son présent politique. Est-ce que cette candidature ougandaise vient affaiblir l'Afrique et donc affaiblir Macky Sall ? Je pense qu'il y a un autre élément qui mérite d'être souligné et qui affaiblit n'importe quelle candidature africaine. En maintenant ces candidatures dans une élection, le principe de rotation régionale favorise clairement l'Amérique latine et les Caraïbes. Je pense que l'Afrique prend le risque d'apparaître comme remettant en cause le principe dont elle a elle-même largement bénéficié par le passé. Les deux secrétaires généraux africains, Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan, avaient pu compter sur un soutien très large des autres régions du Sud, précisément parce qu'elles respectaient cette logique de rotation. Affaiblir aujourd'hui ce principe pourrait créer un précédent dont l'Afrique elle-même pourrait pâtir. Et je pense que c'est ça qui affaiblit au départ déjà ces deux candidatures. Est-ce que Macky Sall doit aller chercher le soutien officiel de l'Union africaine pour peut-être justement changer la donne ? D'abord, il n'y a pas vraiment de possibilité de le faire. Du point de vue des procédures, ce serait extrêmement compliqué. Cela exigerait presque une réunion exceptionnelle du Conseil exécutif de l'Union africaine, qui n'est pas prévue pour le mois prochain jusqu'à la fin de l'élection. Mais du point de vue politique aussi, ce serait très difficile de mobiliser les pays qui ont démontré de la résistance. Il y avait tous les grands pays qui étaient du côté de la Résistance, justement parce qu'ils ont invoqué le principe de la rotation régionale. Je pense donc que c'est vraiment difficile de pouvoir convaincre l'Union africaine après que le pays qui est responsable de la présidence rotative, le Burundi, ait dépassé un peu son rôle et proclamé cette candidature sans passer par les procédures habituelles. Il y a donc beaucoup de malentendus et de difficultés politiques qui ont été créés et qui rendent cet appui de l'Union africaine pratiquement impossible. Macky Sall, qui a rencontré depuis le mois de mars les quinze membres du Conseil de sécurité, a obtenu six bulletins favorables, sept bulletins défavorables et deux sans opinion. La candidature de Macky Sall est-elle encore légitime ? Doit-il la retirer ? Il a fait un communiqué en disant qu'il continue avec sa candidature et je pense que c'est une décision qui est logique pour lui. Les premières consultations servent davantage à mesurer les équilibres qu'à désigner un vainqueur. Mais bien sûr, si on regarde tous les candidats qui se sont présentés à ce premier vote indicatif, il est celui qui est en plus grande difficulté, de loin. Le turnover au poste de secrétaire général des Nations unies n'est pas obligatoire, mais il est souvent cité. Cette année, c'est au tour de l'Amérique latine. Peut-on espérer voir une femme obtenir pour la première fois le poste de secrétaire général ? Je pense que les deux mieux placées après ce premier vote sont Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett. Je pense qu'elles ont vraiment fait un parcours remarquable toutes les deux. Je pense donc qu'on a une vraie chance qu'une de ces deux puisse éventuellement obtenir le poste. C'est une dimension qui est devenue politique par ailleurs. Après près de 80 ans d'existence sans aucune femme au poste de secrétaire général, de nombreux États considèrent que le moment est venu de corriger cette anomalie historique. À lire aussiSecrétariat général de l'ONU: le Sénégalais Macky Sall en difficulté après un premier vote indicatif
On se souvient de la phrase cinglante de Donald Trump en 2018 qui avait qualifié les pays du continent de « pays de merde » : le président américain n'a jamais caché son dédain, pour ne pas dire plus, envers l'Afrique et ses habitants. Dernier exemple en date : le durcissement de la politique migratoire américaine. Depuis hier, constate Afrik.com, « les ressortissants de 50 pays, dont 30 États africains, pourront être tenus de verser une caution pouvant atteindre 20 000 dollars », s'il veulent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires. « Expérimenté pendant un an, ce mécanisme devient désormais permanent, pointe le site panafricain. […] Le gouvernement américain explique que cette politique répond au nombre important de visiteurs qui restent sur le territoire après l'expiration de leur visa. Selon les données officielles citées par les autorités, plus de la moitié des voyageurs provenant des pays concernés avaient dépassé la durée de séjour autorisée en 2024. La caution constitue ainsi une garantie financière destinée à inciter les bénéficiaires des visas à respecter les conditions de leur séjour ». Trente pays africains sont donc concernés, précise Afrik.com, « notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie ainsi que plusieurs pays du Maghreb. Parallèlement, les autorités américaines maintiennent une interdiction de délivrance de nouveaux visas pour dix autres pays. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et la Somalie, déjà soumis à ces restrictions depuis plus d'un an ». Au Maroc, la politique de la flatterie… Trump et l'Afrique toujours : le Maroc fait les yeux doux au président américain… La grande autoroute qui relie le nord et le sud du pays, entre Tiznit et Dakhla, va s'appeler « Autoroute Donald J. Trump », selon une décision du roi Mohammed VI. « Le souverain attache explicitement cette décision, explique le site marocain Médias 24, à la reconnaissance, en décembre 2020, par la première administration Trump, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. "Quel immense honneur !", a réagi le président américain, exprimant l'espoir de parcourir "très bientôt" toute la longueur de cet axe (un peu plus de 1 000 km…). » « Le pouvoir marocain cajole son allié américain », commente Le Point Afrique. « Donner le nom d'une autoroute située au Sahara à un président américain en exercice caractérise bien la loufoquerie des relations diplomatiques actuelles, depuis la guerre en Ukraine et le début du second mandat trumpien. Tel un dictateur lambda, l'homme aime apposer son nom sur des bâtiments officiels ainsi que des portraits géants. Et la diplomatie marocaine utilise au mieux les envies de reconnaissance de son allié ». « Flatter, flatter, il en restera toujours quelque chose », ironise encore Le Point Afrique. En effet, « de nombreux chantiers en cours [au Maroc] sont gourmands en capitaux : aéroport, nouveau port de Dakhla Atlantique, projets industriels… Le 25 juillet dernier, l'ambassadeur des États-Unis signait le premier investissement fédéral au Sahara occidental : un projet de production d'hydrogène et d'ammoniaque. Et des taxes ont été levées sur les exportations d'engrais vers les États-Unis ». Complications en RDC… Enfin, Trump et l'Afrique, ça se complique avec la RDC. « Beaucoup de bruit pour rien ? », s'interroge Jeune Afrique. « À Washington comme à Kinshasa, beaucoup ont voulu voir dans le partenariat portant sur l'exploitation des minerais critiques, signé en juin de l'année dernière, le début d'un basculement géopolitique en Afrique centrale ». Et bien peine perdue : « Certes, Kinshasa a transmis aux autorités américaines une liste de permis miniers – une quarantaine – susceptibles d'intéresser des investisseurs. Mais dire que l'engouement des dits investisseurs reste limité est un euphémisme », relève le site panafricain. En clair : les entreprises américaines ne se bousculent pas au portillon… Trop de risques en RDC, explique Jeune Afrique : avant de se lancer, « les entreprises évaluent avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique, la qualité des infrastructures, l'accès à l'énergie, les conditions fiscales et la capacité à exploiter un gisement pendant plusieurs décennies. Cette réalité explique pourquoi les annonces politiques ne se sont pas transformées en vague d'investissements ».
La Fifa a finalement renoncé à son projet d'ouvrir à des investisseurs privés le capital d'une société commerciale liée à la Coupe du monde qui a suscité une forte opposition, notamment en Europe et en Amérique du Nord. En Afrique en revanche, la Confédération africaine de football (CAF) s'est montrée beaucoup plus prudente. Pourquoi cette différence ? Que révèle-t-elle du rapport de force entre la Fifa et le football africain ? Abdoulaye Thiam, journaliste sportif, est l'invité de Sophiane Amazian. RFI : Le projet de Gianni Infantino d'ouvrir une société commerciale pour vendre une partie de la Coupe du monde à des investisseurs étrangers est finalement abandonné, êtes-vous surpris de ce rétropédalage ? Abdoulaye Thiam : Non pas du tout. Je ne suis pas surpris. Je pense d'ailleurs que c'est une excellente chose de la part même du président Gianni Infantino, qui prône quand même l'unité du football. Quand on parle de l'unité avec un projet, qui a fini par diviser le monde entier, les 54 fédérations qui composent l'UEFA ont rejeté le projet. Il y a une quarantaine de fédérations de la CONCACAF qui ont fait la même chose. La Conmebol est en train de réfléchir. Je pense qu'il était de bon aloi pour lui de revoir sa copie, de faire du rétropédalage pour le bien du football mondial. La CAF, la Confédération africaine de football, de son côté a été plus souple dans sa communication et ne s'est pas vraiment opposée. Pourquoi cette prise de position ? Je crois que d'abord, les intérêts de la CAF ne sont pas les mêmes que les intérêts européens. Patrice Motsepe semble même pousser les fédérations africaines à aller vers cette direction-là. Ce serait seulement l'argument économique et financier qui expliquerait pourquoi les fédérations africaines n'étaient pas vent debout ces derniers jours contre ce projet ? Absolument. Il suffit tout simplement de jeter aujourd'hui un coup d'œil sur le calendrier qu'on n'arrive plus à maîtriser. Notre dernière CAN devait avoir lieu aux mois de juin-juillet 2025, mais à cause de la Coupe du monde des clubs, très chère à Gianni Infantino, l'Afrique a basculé sur deux années, fin 2025 et début 2026. Il y a donc un double standard, là, de la CAF ? D'un côté elle appuie les décisions du patron de la Fifa, de l'autre elle voit son tournoi continental passer au second plan ? Absolument. Mais bon, quand vous regardez quand même l'apport de la Fifa, on peut comprendre certains présidents africains qui ont besoin de cet argent-là. Mais il y avait quand même un énorme danger parce qu'il fallait faire attention à l'exigence de la rentabilité des actionnaires qui vont certainement prendre des décisions futures, notamment sur le calendrier de la Coupe du monde, sur son format, sur les droits de télévision, sur le développement des compétitions. C'est là-bas qu'il fallait mettre particulièrement le curseur. La Coupe du monde de football doit rester un sport très populaire. Que représente le président de la Fifa, Gianni Infantino, sur le continent africain ? Je pense que s'il y a une élection, il fera le carton plein. C'est 54 sur 54 pays qui vont voter pour lui. Il est vu ici comme étant quelqu'un qui apporte énormément d'argent. Sauf que les gens, ce qu'ils ne disent pas, c'est que ce qu'on donne au Sénégal, ce qu'on donne à la Mauritanie, ce qu'on donne au Maroc, c'est la même chose qu'on donne à la France. C'est quelque chose qui a été voté par le Conseil de la Fifa. Malheureusement, la CAF aujourd'hui, les 54 sont considérés tout simplement comme étant un bétail électoral. Mais quand il s'agit de prendre des décisions, on préfère tourner le dos ailleurs. Surtout encore, vu les dernières décisions qui ont été prises par Gianni Infantino sur le football africain, notamment la non-maîtrise de notre calendrier, notamment les changements de périodes, on va basculer de deux ans vers quatre ans. Ça, c'est un projet qui est très cher à Gianni Infantino. Or, beaucoup de décideurs ne sont pas d'accord avec ce projet-là. Finalement, il a fini par s'imposer parce qu'à partir de 2028, c'est terminé. Il n'y aura plus une CAN tous les deux ans, mais plutôt tous les quatre ans. Vous dites que le football africain doit se prendre en main et ne plus dépendre des décisions de Gianni Infantino ? Absolument. Moi, je pense qu'aujourd'hui, c'est une grosse aberration. Je trouve même que c'est une honte de voir qu'en 2022 il y a eu 62 matchs qui ont été joués au Maroc, parce que tout simplement il y a plusieurs pays en Afrique, au sud du Sahara, qui ne disposent même pas d'un seul stade répondant aux normes de la Fifa et aux exigences de la CAF. Ça, c'est inacceptable pour un pays qui se dit émergent. Pour un pays qui aime la jeunesse. Parce que quand même, la jeunesse représente plus de 75 % dans la plupart des pays en Afrique, au sud du Sahara. Mais quand il s'agit de jouer un match de football, tout le monde externalise pour aller au Maroc. Là, ce n'est pas la faute de Gianni Infantino, ce n'est pas non plus la faute du Maroc. C'est tout simplement parce que les autorités n'ont pas fait le travail pour lequel elles ont été élues. Il va falloir quand même balayer devant sa porte avant de chercher un bouc émissaire. À lire aussiFifa: perte de confiance, appel à la démission, Infantino peut-il tenir ?
Au premier semestre 2026, la Chine a battu tous ses records économiques avec l'Afrique, avec près de 200 milliards de dollars d'échanges commerciaux et plus de 33 milliards d'investissements. Pékin met en avant un partenariat « gagnant-gagnant », porté par les exemptions de droits de douane pour 53 pays africains et par de grands projets dans l'énergie, les infrastructures et l'industrie, de l'Éthiopie à l'Égypte. Qui profite réellement le plus de ces chiffres records ? Pourquoi la Chine mise-t-elle de plus en plus sur l'Afrique pour sa stratégie économique ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin.
Originaire du Congo-Brazzaville, la Sape est un marqueur identitaire puissant pour les Congolais de la diaspora. Plus qu'une passion pour une forme d'élégance, c'est aussi un trait d'union entre les continents. Costumes trois pièces, pantalon zébré et démarche millimétrée, les sapeurs de la diaspora font aussi de ce mouvement un divertissement atypique. Un reportage haut en couleurs signé Tom Schneider. Au milieu des bars d'immeubles, sur un parking des Mureaux en banlieue parisienne, Maman Clarisse fête son anniversaire. Pour l'occasion, ce groupe d'amis originaire du Congo-Brazzaville fait griller quelques brochettes. Ils ont en commun le plaisir de s'habiller, ce sont des sapeurs qui, eux seuls, ont le secret pour accorder couleurs, coupes et motifs parfois extravagants. Jean-Marie a opté aujourd'hui pour un look monochrome. « Je suis habillé tout en écologie, tout en vert. » Mais s'habiller avec des habits de marque coûte très cher. Jean-Marie, cariste de profession, en fait pourtant une priorité. « Oui, ça coûte cher, c'est une fortune. Et si tu gagnes 1 200 €, tu feras comment ? Donc, j'ai dit : "Écoute, je fais le sacrifice parce que je veux une paire de chaussures qui coûte 300 €." J'ai dit : "Écoute, je ne mange pas pour acheter le vêtement." » À lire aussiCongo-Brazzaville: à la rencontre de passionnés, durant la 7e édition du Festival de la Sape Dans la sape, chacun a son sobriquet pour affirmer son style Le groupe de sapeurs a recours à des moyens informels de financement, comme la tontine. C'est un système très répandu en Afrique dans lequel des particuliers versent de l'argent dans une caisse commune. Les bénéficiaires en profitent ensuite de manière cyclique. Freddy Nkouka est l'une des grosses têtes du groupe. « C'est compliqué parce qu'il y en a d'autres qui font des tontines. Ils cotisent : le mois là, il peut toucher par exemple 5 000 € ou 10 000 € ; le mois prochain, ça sera toi. Moi, c'est comme ça. » Dans la Sape, acronyme pour Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, chacun a son sobriquet, c'est-à-dire son surnom. Une manière de se distinguer et d'affirmer son style. « Moi, Freddy Nkouka, le roi des Croco, je suis le premier sapeur congolais qui a commencé à porter du croco. C'est moi qui commande tous les animaux de la forêt. Freddy, le roi des crocos. » C'est que la sape et l'humilité ne sont pas vraiment synonymes. Les sapeurs parlent souvent d'eux à la troisième personne. Ce n'est aussi pas qu'une affaire d'hommes. Les femmes vantent fièrement leur sobriquet, comme Prisca. « La fille qui dérange. J'aime être sexy. Moi, je m'habille comme des Beyoncé, Rihanna. J'aime les habits, donc même si je mets un sac à patates, ça me va. » Sur les réseaux sociaux, Freddy le roi des crocos et son ami Jerome Loufoua font de courtes vidéos du style de leurs amis. Des vidéos qui atteignent parfois plusieurs centaines de milliers de vues. Ils espèrent ainsi que la Sape soit enfin reconnue comme patrimoine immatériel de l'humanité à l'Unesco. À lire aussiAprès la rumba congolaise, la Sape veut être inscrite au patrimoine de l'humanité
Dernier volet de notre série « Afrique, le temps des possibles » : comment faire des ressources naturelles du continent un levier de prospérité durable plutôt qu'une simple source d'exportations ? Agriculture, sols, pétrole, minerais critiques, santé ou encore capital humain : le banquier d'affaires Lionel Zinsou, l'économiste Kako Nubukpo et l'ingénieure agronome Senda Zarrouk confrontent leurs analyses sur les conditions d'une croissance plus inclusive, capable de préserver les ressources tout en créant davantage de valeur en Afrique.
Selon les autorités espagnoles, 60 000 migrants ont rejoint l'enclave espagnole de Ceuta, au Maroc, en quelques jours. Vendredi, elles ont affirmé que plus de la moitié d'entre eux seraient déjà rentrés au pays. De leur côté, les autorités marocaines disent coopérer avec leurs homologues espagnoles afin de rapatrier les migrants. Un afflux massif et spectaculaire, alimenté par des rumeurs virales sur les réseaux sociaux, qui aurait fait 60 morts, selon un dernier bilan de Madrid.
L'Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) affirme avoir constaté un blocage ciblé de Facebook, YouTube et TikTok sur l'ensemble du territoire, après des tests techniques menés par son réseau de moniteurs à Conakry et dans plusieurs régions. Sans aucune explication de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications, du ministère des Télécommunications ni des opérateurs, l'organisation dénonce une restriction numérique opaque qui prive des millions de Guinéens de moyens essentiels d'information, de communication et de participation au débat public. Comment expliquer ces restrictions ? Pourquoi le gouvernement guinéen ne communique-t-il pas ? Avec Qemal Affagnon, responsable de la section Afrique de l'Ouest d'Internet sans frontières. Co-auteur de l'ouvrage Coupures Internet en Afrique : technologie, droits et pouvoir (éditions Bloomsburry).
Six ans jour pour jour après le meurtre d'Akua Denteh, 90 ans, lynchée dans le nord du Ghana après avoir été désignée comme « sorcière », Amnesty International pointe l'absence de loi spécifique protégeant les femmes accusées de sorcellerie. Malgré des condamnations judiciaires, plusieurs promesses politiques, le texte qui devait criminaliser les accusations de sorcellerie reste bloqué entre Parlement, exécutif et consultations interminables avec les autorités traditionnelles. Pourquoi aucune réelle décision n'a-t-elle été prise en six ans ? Pourquoi les accusations de sorcellerie continuent-elles de provoquer autant de violence dans le pays ? Avec Welly Diallo, journaliste au service Afrique de RFI.
[REDIFFUSION] Bienvenue dans les Fabuleux Destin, le podcast pour découvrir des histoires vraies et étonnantes. Cette semaine, découvrez l'incroyable histoire du couple Lucie et Raymond Aubrac. Véritable héros de la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont mené des actions dans le but d'informer les différents groupes résistants français permettant aux forces armées de perdurer pendant l'occupation. Proche de Jean Moulin, et d'autres grands noms de la résistance, ils sont des personnages incontournables de cette période historique. Joignez-vous à nous et revivez ce récit au travers de cette saison. Arrestation et torture Le 10 novembre 1942, la Wehrmacht envahit la zone sud, jusqu'ici restée « libre ». Hitler a peur : les alliés du général de Gaulle sont parvenus à s'emparer de territoires stratégiques en Afrique du Nord, tandis que la résistance en zone sud ne cesse de prendre de l'ampleur. Le Führer, craignant que ses ennemis tentent un débarquement dans la région de Toulon, décide de manière unilatérale de bafouer les accords de Montoire et d'étendre son pouvoir sur l'ensemble du territoire français. À Lyon, où Lucie et Raymond Aubrac intensifient leurs activités clandestines, les SS investissent tous les bâtiments officiels. Le réseau « Libération » doit redoubler de vigilance, d'autant qu'il n'a cessé de gagner en importance - devenant le deuxième réseau le plus important de la zone sud. Le journal, deux ans après sa création, approche désormais les 100 000 tirages par numéro. Colossal… Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clément Prévaux Voix : Andréa Brusque Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Le Royaume-Uni a confirmé des coupes budgétaires massives dans son aide au développement destinée à plusieurs pays africains, conséquence de la réduction progressive de l'effort d'aide de 0,5% à 0,3% du PIB d'ici 2027. Selon les détails publiés, le Mozambique, le Malawi, le Kenya et la Tanzanie verront leurs versements britanniques diminuer de 90% d'ici 2029, tandis que la Somalie et le Soudan du Sud subiront des réductions de près de 50%, malgré des contextes marqués par les conflits et les crises humanitaires. Comment expliquer cette décision ? À quel point les pays africains peuvent-ils en être impactés ? Londres avait promis de remplacer une partie de ces financements directs par une « assistance technique » via des ONG et des consultants. Ce système peut-il compenser les coupes budgétaires ? Avec Emeline Vin, correspondante de RFI à Londres.
durée : 00:05:04 - Les Matins de France Culture - par : Camille Nédellec - Avec le projet d'un gazoduc transafricain, le Maroc entend devenir un hub énergétique stratégique entre l'Afrique et l'Europe. Ce chantier d'envergure témoigne de la volonté du pays de diversifier ses partenariats économiques. Camille Nédellec analyse la stratégie d'influence du royaume chérifien. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
46 avant J.-C. : à Utique, sur les rives de la Méditerranée où s'est réfugié le dernier carré des opposants à César, Caton le Jeune affronte stoïquement la fin d'un monde auquel il n'entend pas survivre.Plongez au cœur des derniers jours de la République romaine avec ce récit captivant des derniers instants de Caton le Jeune, dernier rempart de la tradition républicaine face à l'ascension de Jules César.Alors que la guerre civile fait rage entre César et Pompée, le jeune Caton, issu d'une illustre famille plébéienne, se dresse comme le dernier défenseur inflexible des valeurs républicaines. Animé d'un stoïcisme à toute épreuve, ce personnage austère et intransigeant refuse de plier face à la montée en puissance de César et rejoint le camp pompéien pour tenter de sauver la République.Après la défaite de Pompée à Pharsale, Caton se replie en Afrique avec les derniers républicains. Mais lorsque l'armée de César les rattrape à Thapsus, l'issue du combat semble inéluctable. Plutôt que de subir la clémence de son ennemi, Caton choisit alors un geste ultime, un suicide retentissant qui marquera l'histoire pour l'éternité.À travers le récit passionnant de ses dernières heures, découvrez la personnalité fascinante de Caton le Jeune, figure emblématique d'une époque charnière où la République romaine vacille face à l'avènement du pouvoir personnel. Un épisode captivant de l'Histoire antique
durée : 00:03:08 - Géopolitique - L'Union africaine tenait, au Ghana, un sommet consacré à la santé. L'occasion de rappeler que le sida reste un fléau majeur. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
On la connaît sagement assise derrière le Mahatma Gandhi, revêtue d'un sari, le visage affable, la parole rare. Elle a pourtant été de toutes les luttes. Qui était Kasturba, l'épouse de Gandhi ?À l'aube de la Première Guerre mondiale, le couple Gandhi revient d'Afrique du Sud pour mener un combat politique et spirituel en Inde. Franck Ferrand retrace la vie de Kasturba, l'épouse de Mohandas Gandhi, et son engagement sans faille aux côtés de son mari dans la lutte pour l'indépendance. Originaire du Gujarat, Kasturba est promise en mariage dès l'âge de 7 ans à un jeune garçon du même âge, Mohandas Gandhi. Leur union sera finalement célébrée à 13 ans, malgré l'intimidation des jeunes mariés. Kasturba, bien que née dans l'aisance, va peu à peu s'émanciper et développer une forme de résistance passive face à l'autoritarisme de son époux. Lorsque Gandhi décide de s'engager dans la défense des droits des Indiens en Afrique du Sud, Kasturba l'accompagne et partage ses épreuves. Ensemble, ils vont forger une conscience politique qui les mènera jusqu'en Inde, où Gandhi deviendra le leader de la lutte pour l'indépendance.