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Notre installation au Kenya marque le début d'une nouvelle vie. Après des années de préparation, nous avons franchi le pas.Nous partageons avec vous les coulisses de notre projet d'immigration en Afrique. Après avoir mûrement réfléchi à notre installation au Kenya, nous avons finalement pris l'avion pour concrétiser ce rêve familial. Ce changement de vie représente l'aboutissement de mois de travail et de planification intense pour tout organiser avant notre départ.Dans cette vidéo, nous revenons sur notre préparation et sur les raisons qui nous ont poussés à choisir ce pays. C'est une aventure humaine que nous souhaitons partager avec ceux qui envisagent également un changement de vie radical. Nous remercions nos proches pour leur soutien indéfectible durant cette période de transition.Si vous avez aimé la vidéo, cliquez sur J'aime et abonnez-vous pour suivre la suite de notre aventure au Kenya et nos conseils pour réussir votre changement de vie !
Au Gondwana, dans les marchés publics, il y a une règle fondamentale à ne pas oublier...
Le marché ferroviaire mondial se porte bien. Portés par les investissements publics, les enjeux climatiques et le développement des transports collectifs, les fabricants de trains, de locomotives, de métros et de tramways voient leurs carnets de commandes se remplir. Mais derrière cette croissance se joue aussi une bataille industrielle entre l'Europe et la Chine. Une fois n'est pas coutume, un secteur se porte bien ! Il s'agit du ferroviaire. Les fabricants de trains, de locomotives, de métros ou de tramways profitent d'un véritable appétit pour le rail partout dans le monde. Le marché mondial des équipements ferroviaires devrait ainsi progresser de 3,2% par an dans les prochaines années. Le train revient tout simplement à la mode. Un peu partout sur la planète, les gouvernements investissent dans le rail. Il y a évidemment l'enjeu climatique : le train permet de transporter des voyageurs et des marchandises avec moins d'émissions de CO2 que l'avion ou la voiture. Mais les investissements répondent également à des enjeux très concrets d'aménagement du territoire et de développement économique. Et le ferroviaire ne se résume pas aux trains à grande vitesse. Le marché englobe également les trains régionaux, les métros, les tramways, le fret et les locomotives. Il faut y ajouter toute une industrie moins visible, mais essentielle au fonctionnement des réseaux : la signalisation, la maintenance, les infrastructures et les systèmes de contrôle. À lire aussiTrain à grande vitesse: l'Europe met 500 milliards sur la table pour relier toutes ses capitales d'ici 2040 Des réseaux de plus en plus intelligents Ces systèmes évoluent eux aussi pour rendre les réseaux plus efficaces et donc plus intéressants économiquement. Car construire une nouvelle ligne de chemin de fer coûte extrêmement cher et prend des années. Avant même d'imaginer de nouveaux kilomètres de voies, les industriels cherchent donc à mieux utiliser ceux qui existent déjà. Une meilleure signalisation, des systèmes automatisés ou encore la maintenance prédictive peuvent permettre de réduire les temps d'attente, d'éviter certaines interruptions et donc d'augmenter la capacité d'un réseau. Cette évolution est particulièrement importante dans les grandes métropoles, où la demande de transport augmente alors qu'il est souvent très difficile de construire de nouvelles infrastructures. C'est aussi un terrain sur lequel les industriels innovent beaucoup. L'intelligence artificielle et l'automatisation doivent notamment permettre de mieux anticiper les pannes, d'améliorer la maintenance et de fluidifier la circulation des trains. Le ferroviaire devient ainsi progressivement un secteur de plus en plus technologique, au-delà de la seule fabrication des trains. À lire aussiLa compagnie italienne Trenitalia veut devenir le géant européen du train à grande vitesse L'Europe face à la concurrence chinoise Cette dynamique profite notamment à l'Europe, qui dispose de plusieurs champions mondiaux du ferroviaire : Alstom en France, Siemens en Allemagne, Stadler en Suisse ou encore CAF en Espagne. Ces entreprises sont capables de fabriquer des trains à grande vitesse, des métros, des trains régionaux ou encore des systèmes de signalisation. Mais l'Europe reste un marché très fragmenté. Un train qui circule en France ne peut pas forcément circuler tel quel en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Les normes, les procédures et parfois les systèmes de signalisation restent différents. Pour les industriels, c'est un vrai problème. Plus il faut adapter un train aux règles de chaque pays, plus sa fabrication coûte cher. À l'inverse, certains concurrents disposent de marchés domestiques gigantesques et peuvent produire en beaucoup plus grandes séries. C'est notamment le cas de la Chine, avec CRRC, le premier constructeur ferroviaire mondial. Les trains chinois commencent d'ailleurs à s'exporter en Indonésie, au Laos, en Malaisie, aux Émirats arabes unis ou encore au Kazakhstan. Pour l'instant, on est loin d'une déferlante chinoise en Europe comparable à celle observée dans l'automobile électrique. Mais la concurrence est là et elle est appelée à s'intensifier. Autre enseignement : la croissance du marché ferroviaire est très inégale selon les régions. Elle devrait atteindre 5,5% par an en Amérique latine, contre 3,7% en Europe occidentale. La tendance reste donc positive: la demande mondiale progresse, les investissements repartent et les industriels innovent. Bref, le ferroviaire semble bien parti pour rester sur de bons rails.
Dans la course à l'excellence des universités sur la scène internationale, les étudiants étrangers sont un atout. Mais pour les États, ils sont également un outil d'influence dans le monde, le fameux soft power... Et autant dire que ça bouge aussi sur ce terrain, alors que les universités françaises et britanniques cherchent surtout à renflouer leurs caisses. La Turquie et la Russie pensent Sud global et accueillent à bras ouverts les étudiants africains. En France, la rentrée 2026 a été compliquée pour les étudiants internationaux. Pour la plupart, ils devront s'acquitter de 3 000 euros de frais d'inscription en licence 4000 en master, beaucoup plus que ceux pratiqués pour les Français... La Turquie cherche à attirer les étudiants africains Une stratégie à l'opposé de celle souhaitée par la Turquie qui accueille 60 000 étudiants africains cette année contre quelques milliers, il y a dix ans. Ils étudient la médecine, l'ingénierie, l'informatique, les sciences politiques ou encore le commerce et bénéficient de bourses généreuses. À Ankara, Anne Andlauer a rencontré certains d'entre eux ! Et en Russie aussi, on s'intéresse de près aux étudiants africains et plus généralement aux étudiants du Sud global. Les explications de Gregory Rayko, chef de la rubrique internationale du site The Conversation France qui publie un article passionnant intitulé « Russie : les étudiants étrangers au cœur d'une nouvelle stratégie internationale ». Les coûts exorbitants des universités britanniques Enfin pour ceux qui rêvent d'étudier au Royaume-Uni. Il va falloir être très riche, ou très endetté pour s'offrir un cursus universitaire facturé parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros par an... Résultat : les candidats se font plus rares, Marie Billon. Les secrets enfouis du ghetto de Varsovie Et on fait un pas de côté avec un reportage qui nous entraîne dans les méandres des fouilles archéologiques à Varsovie. Et pas n'importe lesquelles puisqu'il s'agit de celles du ghetto détruit par l'armée allemande en 1943 après l'insurrection. Les archéologues ont pu retrouver des milliers d'objets, mais aussi des souterrains qui permettent d'éclairer les conditions de vie des juifs enfermés, persécutés, puis déportés. Pour la première fois, le site ouvrait son accès au public. Adrien Sarlat les a suivis. À lire aussi80e anniversaire du ghetto de Varsovie: le président allemand demande «pardon» La chronique musique de Vincent Théval Avec la musicienne danoise Agnes Obel.
Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo. Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ? Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords. La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d'intimité à la scénographie. Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. » Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle. Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil. Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode. Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ». Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ». Invités : - Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène. Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027 - Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003 - Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète. Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi. Programmation musicale : Le duo suisse Saint Aube.
Dans la course à l'excellence des universités sur la scène internationale, les étudiants étrangers sont un atout. Mais pour les États, ils sont également un outil d'influence dans le monde, le fameux soft power... Et autant dire que ça bouge aussi sur ce terrain, alors que les universités françaises et britanniques cherchent surtout à renflouer leurs caisses. La Turquie et la Russie pensent Sud global et accueillent à bras ouverts les étudiants africains. En France, la rentrée 2026 a été compliquée pour les étudiants internationaux. Pour la plupart, ils devront s'acquitter de 3 000 euros de frais d'inscription en licence 4000 en master, beaucoup plus que ceux pratiqués pour les Français... La Turquie cherche à attirer les étudiants africains Une stratégie à l'opposé de celle souhaitée par la Turquie qui accueille 60 000 étudiants africains cette année contre quelques milliers, il y a dix ans. Ils étudient la médecine, l'ingénierie, l'informatique, les sciences politiques ou encore le commerce et bénéficient de bourses généreuses. À Ankara, Anne Andlauer a rencontré certains d'entre eux ! Et en Russie aussi, on s'intéresse de près aux étudiants africains et plus généralement aux étudiants du Sud global. Les explications de Gregory Rayko, chef de la rubrique internationale du site The Conversation France qui publie un article passionnant intitulé « Russie : les étudiants étrangers au cœur d'une nouvelle stratégie internationale ». Les coûts exorbitants des universités britanniques Enfin pour ceux qui rêvent d'étudier au Royaume-Uni. Il va falloir être très riche, ou très endetté pour s'offrir un cursus universitaire facturé parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros par an... Résultat : les candidats se font plus rares, Marie Billon. Les secrets enfouis du ghetto de Varsovie Et on fait un pas de côté avec un reportage qui nous entraîne dans les méandres des fouilles archéologiques à Varsovie. Et pas n'importe lesquelles puisqu'il s'agit de celles du ghetto détruit par l'armée allemande en 1943 après l'insurrection. Les archéologues ont pu retrouver des milliers d'objets, mais aussi des souterrains qui permettent d'éclairer les conditions de vie des juifs enfermés, persécutés, puis déportés. Pour la première fois, le site ouvrait son accès au public. Adrien Sarlat les a suivis. À lire aussi80e anniversaire du ghetto de Varsovie: le président allemand demande «pardon» La chronique musique de Vincent Théval Avec la musicienne danoise Agnes Obel.
Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo. Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ? Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords. La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d'intimité à la scénographie. Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. » Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle. Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil. Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode. Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ». Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ». Invités : - Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène. Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027 - Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003 - Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète. Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi. Programmation musicale : Le duo suisse Saint Aube.
« Après plus de 23 ans de présence et 1700 milliards de dollars dépensés, relève le Wall Street Journal, l'Amérique met un terme à ce que les critiques ont qualifié de guerre sans fin en Irak, en fermant ce mercredi sa dernière grande base militaire ». L'Amérique qui « laisse derrière elle une nation en péril », pointe le quotidien américain. En effet, en Irak, les milices armées soutenues par l'Iran renforcent leur emprise, conséquence de « la guerre sans fin menée par les États-Unis contre l'Iran. (…) Les militants et les forces pro-iraniennes, relève le journal, ont lancé plus de 600 attaques contre des installations diplomatiques et militaires américaines en Irak au cours des deux premiers mois de la guerre contre Téhéran ». Et les menaces contre les citoyens américains présents en Irak sont constantes : « l'ambassade américaine à Bagdad envoie désormais fréquemment des alertes de sécurité à des ressortissants américains et à d'autres personnes. Environ deux alertes par semaine concernent des enlèvements. Une équipe du Wall Street Journal a d'ailleurs dû quitter Bagdad précipitamment ce mois-ci après des menaces d'enlèvement proférés par une milice chiite ». De plus, les armes prolifèrent dans le pays : « le flux d'armes légères, de drones et de roquettes en provenance d'Iran s'est intensifié cet été, relève le Wall Street Journal. Et les attaques récentes ont impliqué des missiles à plus longue portée et des drones ». Témoin, les récentes attaques de drone sur l'Arabie saoudite, tirés depuis le territoire irakien. Dans l'ombre, l'agenda iranien « En Irak, le mirage du désarmement des milices », titre Libération à Paris. « L'annonce avait fait grand bruit : au début de l'été, le tout nouveau Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, avait officialisé un calendrier censé donner le monopole des armes au gouvernement. L'occasion semblait rêvée : jusqu'alors, les factions évoluant en marge de l'État conditionnaient la remise de leur arsenal au départ des troupes étrangères présentes sur le sol irakien, effectif donc ce mercredi ». Mais, relève Libération, « sans surprise, malgré le retrait en cours, une partie des factions pro-iraniennes, regroupées au sein de la Résistance islamique en Irak, fait toujours la sourde oreille ». En fait, pointe le journal, Irak, « Ali al-Zaidi est condamné à jouer les équilibristes. Soutenu par Washington – l'homme d'affaires serait adoubé par Donald Trump –, le chef du gouvernement n'aurait, en réalité, qu'une marge de manœuvre très limitée. Alors, où se trouve le véritable centre du pouvoir irakien, et qui décide ? La réponse semble se décliner en deux temps, répond Libé : à Bagdad, tout d'abord, où le juge Faiq Zaidan, président du Conseil supérieur de la magistrature, a pris en main tous les dossiers épineux – il a d'ailleurs poussé à la nomination d'Al-Zaidi au poste de Premier ministre – ; mais également à Téhéran, où les Gardiens de la révolution continuent de peser de tout leur poids sur les groupes armés autant que sur la coalition au pouvoir ». Une femme Première ministre au Maroc… On l'évoque largement dans la revue de presse Afrique, avec la réaction des médias marocains. El Pais à Madrid publie un long article sur le parcours politique de Fatima Ezzahra El Mansouri, maire de Marrakech, ministre de l'Urbanisme et du Logement et coordinatrice de la direction collective du PAM, le Parti Authenticité et Modernité, arrivé en tête aux récentes législatives. « Une femme dirigera donc le gouvernement marocain », commente le quotidien espagnol, et qui sera notamment « chargé de la Coupe du monde 2030, responsable d'un programme d'investissement d'environ 20 milliards d'euros dans les infrastructures sportives et de transport ». Toutefois, relève le Guardian à Londres, « organiser une Coupe du monde ne suffira pas à apaiser une génération désabusée ». En effet, constate le quotidien britannique, « un an après des manifestations de masse réclamant un changement de priorités politiques, la génération Z marocaine a massivement boycotté le scrutin de la semaine dernière ». Et « il y a peu de chances, pronostique le Guardian, que le roi et son futur gouvernement accèdent aux demandes de réaffectation des ressources d'une Coupe du monde qui profitera avant tout aux grandes villes et à une élite ».
Au Gondwana, la ressource naturelle la plus rentable, c'est le marché public.
Au Mali, alors que des influenceurs militent ouvertement en faveur de l'excision des jeunes filles depuis quelques semaines, les associations féministes qui luttent contre ces mutilations sexuelles, sont obligées de suspendre leurs activités. Quel est le rôle des autorités militaires dans tout cela ? Mamadou Mbodji est docteur en psychologie clinique. Depuis Dakar où il exerce, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Une étude, faite dans quinze pays africains et publiée dans la revue Nature, révèle que 44 000 jeunes filles décèdent tous les ans à la suite de leur excision. Alors, quels sont les arguments des nouveaux militants pro excision sur les réseaux sociaux ? Mamadou Mbodji : Derrière tout ce vacarme, si vous voulez, mais malheureusement, ces décès qui sont passés inaperçus aux yeux des populations, derrière tout ça se profile, si vous voulez, un profond besoin d'affirmation de soi et d'une identité sociale et culturelle, de ressortissants, d'individus, d'Africains dont les certitudes et les repères sont devenus évanescents aujourd'hui. Ils sont confrontés à un quotidien difficile lié à la crise économique, à l'incurie des gouvernants et surtout à l'insécurité également générée par les groupes jihadistes qui ne laissent pas de répit à certains pays, notamment les pays sous régime militaire. Alors c'est connu que, dans de pareilles situations de déliquescence, de crise économique et sociale, où les repères sont brouillés, eh bien les réflexes et ressorts humains les plus archaïques ont tendance à remonter à la surface, à réapparaître. Du coup, les extrémismes se réveillent de leur hibernation et chacun y va de sa partition de manière compulsive pour calmer l'angoisse, parce que les gens n'ont rien vers quoi se tourner. Les populations dans ces cas-là vont s'adonner à des pratiques rituelles sacrificielles, comme pour demander la clémence des divinités. Il y en a même qui vous disent que le sang des excisées est dédié aux divinités pour les calmer et peut-être implorer leur clémence. Dès lors, concernant l'excision et l'infibulation, les autorités militaires, si vous voulez aujourd'hui, ont tendance à être très timides parce qu'elles n'ont rien à donner aux populations. Elles sont dépassées et elles préfèrent donner quelque chose aux populations pour leur permettre de se tourner vers autre chose que contre elles. Ces pratiques-là sont plus ou moins financées, encouragées même timidement par les autorités. Les populations s'en donnent à cœur joie. Souvent c'est dirigé même contre l'Occident, comme dans une revendication identitaire : « nous, nous sommes Africains. Si nous croyons à ça, y toucher ou élaborer des lois contre ça, c'est s'en prendre à nous. C'est menacer notre identité nationale ». Alors moi, je n'accorderais pas trop d'importance à ce discours qui va retomber très rapidement, mais qui aujourd'hui prend de l'ampleur parce que tout simplement, il y a une situation de crise. À lire aussiGuerre numérique entre militants pro-excision maliens et féministes ouest-africaines Alors, comme en effet, les associations africaines qui luttent contre l'excision sont soutenues par l'ONU et par l'Union européenne, les régimes militaires au pouvoir au Sahel s'appuient sur les militants pro excision pour mobiliser leurs partisans. Mais est-ce que ça marche auprès de l'opinion publique ? Ben non, ça marche, mais de manière superficielle parce qu'il va arriver un terme où ces gens vont se tourner vers ces régimes en leur disant : « oui mais après tout ça, qu'est-ce que vous nous offrez ? Qu'est-ce que vous proposez aux populations ? » On dit souvent que les premiers gardiens de l'excision, ce sont les femmes elles-mêmes, mais est-ce qu'en réalité ce ne sont pas les hommes ? Ben non, si vous voulez. Non, parce que les femmes ont toujours été au cœur des choses. Les hommes souvent n'étaient pas tenus au courant ou ils fermaient les yeux. Mais les femmes ont toujours été au cœur. Ce sont elles qui sont excisées et ce sont elles qui excisent. Elles sont les premières à reproduire un schéma social qui leur est défavorable par leur manque de moyens de se penser et de déconstruire certains schémas familiaux. Donc elles sont les premiers vecteurs, si on peut dire, d'une reproduction sociale discriminante et défavorable à leur égard. S'il y a des gens à cibler, ce ne sont pas les hommes. Ils ne sont pas à absoudre, évidemment, mais ce sont surtout les femmes qu'il faut cibler. Les femmes d'un certain âge, parce que aussi, elles retrouvent dans ces moments de crise une place, un statut, une autorité qui leur échappait, qui vient renforcer une identité déjà défaillante. Alors, je pense qu'on va vers une évolution des choses, mais une évolution très, très, très lente, parce que les représentations et les croyances sont tenaces. Et nos pays vivent dans des situations de vie quotidienne insupportables. Donc, ce que vous dites, c'est que les lois votées dans chacun de ces pays ne suffisent pas à faire reculer les mutilations sexuelles ? Elles ne suffisent pas. Elles sont utiles, elles sont même indispensables. Il faut qu'on vote ces lois-là, qu'elles existent au Sénégal par exemple. L'ampleur que ça a eu, je ne dis pas que ces pratiques génitales féminines ont disparu totalement. Même à Dakar, il arrive qu'on entende de temps en temps que des familles… Mais c'est vrai que l'urbanisation et les campagnes qui se vident, l'urbanisation a tendance à casser un peu, si vous voulez, les possibilités de recomposition de la famille élargie. Il y a une forme de nucléarisation des ménages, et ça ne favorise pas, si vous voulez, la survivance de telles pratiques. Donc, il faut que la loi, évidemment, soit là, qu'on vote ces lois là, mais il faut coupler ces lois aussi à des financements. Il faut financer les organismes qui travaillent là-dessus, des associations de quartier, parce qu'il y a des organisations politiques de quartier, et ces organisations pourraient être des vecteurs pour la sensibilisation acharnée, pour calmer un peu les ardeurs et éradiquer petit à petit ce fléau. Mais il faudra du temps et de la persévérance. À écouter aussiUn oeil sur les réseaux : Mali : les réseaux sociaux ravivent le débat sur l'excision
Au Gondwana, la ressource naturelle la plus rentable, c'est le marché public.
durée : 00:02:50 - Le 5/7 - Qu'arrive-t-il aux sardines nageant au large de l'Afrique du Sud ? Depuis le milieu de l'été, des échouages massifs ont lieu sur les côtes. Une mortalité qui inquiète, et pourrait être liée à un virus. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:50 - Debout la Terre - Qu'arrive-t-il aux sardines nageant au large de l'Afrique du Sud ? Depuis le milieu de l'été, des échouages massifs ont lieu sur les côtes. Une mortalité qui inquiète, et pourrait être liée à un virus. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Deux spectacles sur les traumatismes de la guerre et de l'esclavage : « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo et « L'Enfant soldat née musique » de Zarina Khan. Dans ces deux spectacles présentés au festival Les Zébrures à Limoges, il est question de musique. Dans « L'Enfant-soldat née musique » de Zarina Khan, Soledad est une adolescente enrôlée de force dans la guerre en tant qu'enfant soldat, dans une métropole africaine. Elle a une capacité auditive particulière : « elle prend les bruits et la fureur du monde pour les orchestrer intérieurement, elle attrape les sonorités terrifiantes pour les transformer », nous raconte la metteuse en scène. L'art lui permet ainsi de traverser les pires horreurs et la barbarie du monde. La musique construite à partir du texte est écrite avec des sonorités et jouée en plusieurs langues parmi lesquelles le lingala, le kikongo, le swahili et le français. L'histoire personnelle de la metteuse en scène lui a donné l'idée de cette pièce. En effet, née en Tunisie d'une mère russe orthodoxe et d'un père musulman, elle assiste à l'âge de 4 ans à la tentative de lapidation de sa mère. Zarina Kahn va ensuite enchaîner les exils à travers le monde. « C'est la poésie qui m'a permis de survivre. » C'est sans doute dans cette enfance marquée par la violence et le déracinement qu'elle trouve la source de son inspiration. Aujourd'hui, on estime à près de 300.000 le nombre d'enfants soldats : « un drame intemporel. » Il est également question de souffrance dans la pièce « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo. La pièce commence comme une pièce de Marivaux : avec une dispute de couple. Vanessa et Kongo ne parviennent pas à avoir d'enfant. Elle est originaire des Caraïbes et fait des cauchemars récurrents ; lui est originaire du Congo-Brazzaville et va la convaincre d'aller interroger les ancêtres à Loango, un ancien port d'embarquement des esclaves situé à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Mais Vanessa est très sceptique quant au pouvoir des 'gris-gris' et de ce qu'elle appelle les amulettes et semble rejeter l'africanité qu'elle porte en elle. Ensemble, ils vont à la rencontre de Mama Nzinga « la voix, le chemin » celle qui va pousser à regarder à l'intérieur de soi. Elle va donc les remettre en connexion avec les ancêtres jusqu'à les faire voyager dans le temps... dans la cale d'un bateau négrier... Un voyage initiatique sur les traces de leurs racines. Pour écrire cette pièce, Ulrich N'Toyo a collecté sa matière sur le terrain en Guyane, en Martinique, en Guiné-Bissau, en Guadeloupe. Le spectacle est rythmé par les sons de la rumba congolaise et le Grand Kallé. Un choix que l'auteur justifie : « quand on veut raconter l'esclavage, cela passe par la rumba ». Pour lui, il faut raconter et écrire et cela implique de fouiller les petits récits pour interroger la grande Histoire : « Revêtir le manteau des souvenirs. » À lire chez l'Harmattan : Le silence des tabous de Ulrich N'Toyo. Invités : Zarina Khan, philosophe, autrice, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne française, née à Tunis. Formée notamment auprès de Peter Brook, Ingmar Bergman, Andréas Voutsinas et Philippe Adrien, elle fonde en 1984 la Compagnie Zarina Khan, avec laquelle elle développe une œuvre où le théâtre devient un espace de création, de transmission et de dialogue entre les cultures. Depuis plus de quarante ans, son travail est étroitement lié à la défense des droits humains et des droits de l'enfant. En 2005, sa candidature est proposée pour le Prix Nobel de la Paix. Ulrich N'Toyo est un comédien, conteur, marionnettiste et metteur en scène ; originaire du Congo-Brazzaville. Il découvre le théâtre dès l'enfance à Brazzaville et se forme auprès de plusieurs figures majeures de la scène congolaise, parmi lesquelles Dieudonné Niangouna, Julien Bissila et Abdon Fortuné Koumbha. En 2007, il s'installe en France où il poursuit un parcours artistique partagé entre l'Afrique et l'Europe. Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie. Programmation musicale : L'artiste Grand Kallé avec le titre Parafifi.
Deux spectacles sur les traumatismes de la guerre et de l'esclavage : « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo et « L'Enfant soldat née musique » de Zarina Khan. Dans ces deux spectacles présentés au festival Les Zébrures à Limoges, il est question de musique. Dans « L'Enfant-soldat née musique » de Zarina Khan, Soledad est une adolescente enrôlée de force dans la guerre en tant qu'enfant soldat, dans une métropole africaine. Elle a une capacité auditive particulière : « elle prend les bruits et la fureur du monde pour les orchestrer intérieurement, elle attrape les sonorités terrifiantes pour les transformer », nous raconte la metteuse en scène. L'art lui permet ainsi de traverser les pires horreurs et la barbarie du monde. La musique construite à partir du texte est écrite avec des sonorités et jouée en plusieurs langues parmi lesquelles le lingala, le kikongo, le swahili et le français. L'histoire personnelle de la metteuse en scène lui a donné l'idée de cette pièce. En effet, née en Tunisie d'une mère russe orthodoxe et d'un père musulman, elle assiste à l'âge de 4 ans à la tentative de lapidation de sa mère. Zarina Kahn va ensuite enchaîner les exils à travers le monde. « C'est la poésie qui m'a permis de survivre. » C'est sans doute dans cette enfance marquée par la violence et le déracinement qu'elle trouve la source de son inspiration. Aujourd'hui, on estime à près de 300.000 le nombre d'enfants soldats : « un drame intemporel. » Il est également question de souffrance dans la pièce « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo. La pièce commence comme une pièce de Marivaux : avec une dispute de couple. Vanessa et Kongo ne parviennent pas à avoir d'enfant. Elle est originaire des Caraïbes et fait des cauchemars récurrents ; lui est originaire du Congo-Brazzaville et va la convaincre d'aller interroger les ancêtres à Loango, un ancien port d'embarquement des esclaves situé à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Mais Vanessa est très sceptique quant au pouvoir des 'gris-gris' et de ce qu'elle appelle les amulettes et semble rejeter l'africanité qu'elle porte en elle. Ensemble, ils vont à la rencontre de Mama Nzinga « la voix, le chemin » celle qui va pousser à regarder à l'intérieur de soi. Elle va donc les remettre en connexion avec les ancêtres jusqu'à les faire voyager dans le temps... dans la cale d'un bateau négrier... Un voyage initiatique sur les traces de leurs racines. Pour écrire cette pièce, Ulrich N'Toyo a collecté sa matière sur le terrain en Guyane, en Martinique, en Guiné-Bissau, en Guadeloupe. Le spectacle est rythmé par les sons de la rumba congolaise et le Grand Kallé. Un choix que l'auteur justifie : « quand on veut raconter l'esclavage, cela passe par la rumba ». Pour lui, il faut raconter et écrire et cela implique de fouiller les petits récits pour interroger la grande Histoire : « Revêtir le manteau des souvenirs. » À lire chez l'Harmattan : Le silence des tabous de Ulrich N'Toyo. Invités : Zarina Khan, philosophe, autrice, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne française, née à Tunis. Formée notamment auprès de Peter Brook, Ingmar Bergman, Andréas Voutsinas et Philippe Adrien, elle fonde en 1984 la Compagnie Zarina Khan, avec laquelle elle développe une œuvre où le théâtre devient un espace de création, de transmission et de dialogue entre les cultures. Depuis plus de quarante ans, son travail est étroitement lié à la défense des droits humains et des droits de l'enfant. En 2005, sa candidature est proposée pour le Prix Nobel de la Paix. Ulrich N'Toyo est un comédien, conteur, marionnettiste et metteur en scène ; originaire du Congo-Brazzaville. Il découvre le théâtre dès l'enfance à Brazzaville et se forme auprès de plusieurs figures majeures de la scène congolaise, parmi lesquelles Dieudonné Niangouna, Julien Bissila et Abdon Fortuné Koumbha. En 2007, il s'installe en France où il poursuit un parcours artistique partagé entre l'Afrique et l'Europe. Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie. Programmation musicale : L'artiste Grand Kallé avec le titre Parafifi.
Au Gondwana, il y a des influenceurs de l'opposition et des influenceurs de Président-Fondateur.
Du pain, des jeux et des clashs, Président-Fondateur a trouvé la parade pour qu'on ne parle pas de son bilan. Les Gondwanais peuvent passer trois heures devant leur feuilleton préféré sans se rendre compte que Président-Fondateur avait déjà fait quatre mandats présidentiels. Mais l'arme absolue, c'est le football.
Antonio Guterres a profité de son dernier discours d'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU pour plaider une réforme en profondeur des institutions, en ciblant particulièrement la composition du Conseil de sécurité. Il a jugé « injuste et indéfendable » que l'Afrique n'y dispose toujours d'aucun siège permanent. Concrètement, qu'est-ce que cela signifierait d'avoir un siège permanent africain au Conseil de sécurité ? Quel pays africain pourrait donc prendre cette place de membre permanent ? Avec Francis Kpatindé, maître de conférences à Sciences Po Paris.
Rien ne va plus entre Washington et Khartoum depuis une semaine, depuis que les Américains ont refusé un visa au président soudanais Abdel Fattah al-Burhan et l'ont donc empêché de venir à la dernière Assemblée générale de l'ONU. Pourquoi cette mesure exceptionnelle à l'égard d'un général qui est impliqué depuis trois ans et demi dans une guerre civile meurtrière ? Et jusqu'où ira ce bras de fer ? Le chercheur soudanais Suliman Baldo est le directeur de l'Observatoire de la Transparence et des Politiques au Soudan. En ligne de New York, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Pourquoi les Américains ont-ils refusé un visa au général al-Burhan pour l'assemblée générale de l'ONU ? Suliman Baldo : Les Américains mènent une initiative pour proposer une négociation pour terminer les combats au Soudan et il a été proposé une cessation d'hostilités humanitaires au Soudan, pour trois mois, aux deux belligérants au Soudan, l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. Or, Burhan a résisté à cette feuille de route proposée par les États-Unis et ses alliés régionaux pour deux raisons : parce que l'armée soudanaise continue à croire qu'elle peut réaliser une victoire militaire sur les Forces de soutien rapide, et parce que les conditionnalités politiques n'étaient pas acceptées par le général. Est-il vrai que les Américains ont dit au général Al-Burhan : « Si vous acceptez de signer une trêve de 90 jours, vous aurez un visa pour New York » ? Je crois que les choses ont atteint un point où les États-Unis ont décidé d'affronter Burhan. D'abord, dans les fuites orchestrées sur le développement d'armement chimique par l'armée soudanaise, avec l'implication de Burhan, selon les fuites qui ont été publiées par deux journaux, le New York Times et le Washington Post, le même jour, il y a deux semaines à peu près. Et c'était pour démontrer que Burhan était impliqué dans un crime de guerre en permettant sous son commandement à l'armée de développer des armes chimiques. Et donc c'était orchestré juste avant la tenue de l'assemblée générale, pour vraiment montrer que Burhan n'était pas qualifié en quelque sorte pour être un membre de cette assemblée de chefs internationaux. C'était une façon de vouloir délégitimer Abdel Fattah al-Burhan avant l'Assemblée générale de l'ONU ? Tout à fait. Alors, sur le terrain militaire, les Forces armées soudanaises du général Burhan avancent depuis deux mois dans la province du Kordofan du Nord, notamment autour de la ville d'El Obeid. Est-ce que ce n'est pas la vraie raison pour laquelle Abdel Fattah al-Burhan ne veut pas signer de cessez-le-feu ? Je crois que l'armée soudanaise est en train de poursuivre un plan pour utiliser le nord du Kordofan comme base pour mener des attaques dans le fief des FSR, dans la région du Darfour. Or, les FSR ont toujours des milliers de combattants et ont déployé des soldats nouvellement formés avec des équipements complets, comme des Technicals Toyota, qui sont équipés pour la guerre de savane et du désert, et ils vont donc repousser l'offensive de l'armée soudanaise et continueront, je crois, avec ces batailles sans cesse, parce qu'il est clair et évident pour tout le monde qu'il n'y aura jamais de solution militaire pour la guerre actuelle, surtout avec l'utilisation maintenant de drones des deux côtés. Alors la semaine dernière, les Américains sont allés loin dans leur bras de fer avec le général al-Burhan puisqu'ils l'ont déclaré illégitime. Qui va gagner à l'usure ? Est-ce que c'est Donald Trump ou est-ce que c'est Abdel Fattah al-Burhan ? Il y a beaucoup de contradictions parce que maintenant, l'Arabie saoudite [qui soutient Burhan] a besoin de beaucoup de soutien militaire et d'intelligence de la part des États-Unis dans sa guerre avec les Houthis au Yémen. Donc, le numéro un saoudien, Ben Salmane, a fait appel au président Trump pour intervenir contre les Houthis au Yémen, qui ont vraiment paralysé l'industrie pétrolière dans le pays. Et donc, à cause de cette dépendance aux États-Unis, l'Arabie saoudite ne peut pas beaucoup s'opposer à la politique américaine au Soudan. Alors le camp du général al-Burhan affirme que les Américains ont basculé dans le camp du général Hemedti et qu'ils ne peuvent plus faire de médiation. Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout seuls, je ne crois pas que les Américains vont arriver à trouver une solution pour cette guerre très complexe et à multiples dimensions, parce qu'ils se sont aliéné l'armée soudanaise complètement. Mais ça veut dire qu'il faut que les Américains se retirent de la négociation, à votre avis ? Je ne pense pas, parce que les Américains ont eux aussi des intérêts stratégiques au Soudan. Et pour eux, c'est la question d'éloigner l'influence de la Russie de la mer Rouge. Parce que la Russie est l'un des fournisseurs d'armement de l'armée soudanaise et poursuit toujours le projet d'avoir une base militaire sur la mer Rouge, à Port-Soudan. Et les Américains ne veulent pas en entendre parler, comme les Saoudiens d'ailleurs, et c'est pourquoi les Américains restent engagés au Soudan. À lire aussiSoudan: grande offensive menée par l'armée, des progrès au Kordofan du Nord
Du pain, des jeux et des clashs, Président-Fondateur a trouvé la parade pour qu'on ne parle pas de son bilan. Les Gondwanais peuvent passer trois heures devant leur feuilleton préféré sans se rendre compte que Président-Fondateur avait déjà fait quatre mandats présidentiels. Mais l'arme absolue, c'est le football.
Au Gondwana, il y a des influenceurs de l'opposition et des influenceurs de Président-Fondateur.
Cette année, c'est la Camerounaise Hermine Yollo qui remporte le prix RFI Théâtre pour la pièce Ima Maryam : le jugement de Marie. Le prix lui a été remis dimanche soir (27 septembre 2026) à Limoges. Depuis le 23 septembre, le festival les Zébrures met à l'honneur des jeunes auteurs dans la capitale limousine et propose spectacles, lectures et concerts pour faire vivre la francophonie sous toutes ses formes. Hassane Kassi Kouyaté, auteur, metteur en scène et directeur du festival les Zébrures vient de signer un éditorial pour résister à « l'asphyxie du théâtre ». "Le Théâtre est un lieu de résistance, il faut oser" Selon lui, l'art et la culture sont les seuls moyens de sauver nos âmes et notre libre arbitre. « “Refuser l'isolement”, c'est d'ailleurs l'un des slogans de cette édition, face au repli identitaire. Le directeur du festival évoque des problèmes financiers, mais aussi des problèmes de visas non accordés à certains artistes venus d'ailleurs. “C'est très surprenant que ces visas leur soient refusés alors que ce sont ces artistes qui font le pont entre la France et le reste du monde. Certains visas ont été refusés pour des raisons fallacieuses.” » « Pour cette édition 2026, Hassane Kassi Kouyaté va mettre en lecture les textes de nombreux jeunes auteurs dans le spectacle Un infime bruit du monde. Les auteurs ont dû écrire entre une et trois pages à partir de ce texte. Parmi ces artistes, Patherson, slameur et poète sénégalais est en résidence d'écriture à Limoges. Il tente de créer des ponts entre slam et écritures dramaturgiques. Il souhaite rendre la poésie plus accessible et la manière de la déclamer « moins élitiste. » Il travaille sur un texte où il part des traditions orales africaines pour les enrichir d'éléments issus de l'écriture théâtrale. Au Cameroun, le slam est également très important tout comme les écritures dramaturgiques, « beaucoup de gens écrivent, il y a une grande dynamique mais il manque des vitrines pour l'autrice », nous raconte Hermine Yollo qui, elle, vient de remporter le Prix RFI Théâtre pour sa pièce Ima Maryam : le jugement de Marie., une histoire percutante autour du personnage de la Vierge Marie. Hermine Yollo, née à Douala, au Cameroun dans une famille de comédiens est autrice, metteuse en scène... ou plutôt « metteuse en mots » comme elle aime se décrire: « Je mets en scène les mots, comme je mets en scène une pièce de théâtre », précise-t-elle. Elle est également traductrice de formation, directrice de la compagnie NGOTI, une compagnie camerounaise de théâtre professionnel. Beaucoup de femmes écrivent mais elles écrivent dans leur chambre... nous travaillons à encourager les femmes à sortir de leur chambre. Avec Ima Maryam : le jugement de Marie, elle entend questionner des sujets tabous et déboulonner certains dogmes religieux. En effet, elle donne la parole voix à Marie, la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. « Pour moi c'était important d'entendre cette voix là ! C'est aussi ça le théâtre : mettre de la fiction, mais en allant plus loin que la fiction ». Celle qui a inspiré, c'est Maryam qui lui est venue par le rêve, celle qui a inspiré la Vierge Marie et qui n'a pas du tout la même histoire qu'on raconte sur la Vierge Marie. Elle dit « non, je ne suis pas celle que vous croyez.. .» En lisant plusieurs passages de la Bible et en cherchant dans d'autres documents, l'autrice est persuadée que ce personnage a été victime d'un viol. Le texte a été mis en lecture à Limoges par Aurélie Van Den Daele, directrice du Théâtre de l'Union qui qualifie ce texte d' « atypique et de féministe qui nous ramène à des choses qu'on oublie. C'est très courageux car c'est un pavé dans la mare. » Programmation musicale : L'artiste Jacques Surette avec le titre « Hallo ma belle ». On peut également entendre le texte « Guérison » de Patherson.
Cette année, c'est la Camerounaise Hermine Yollo qui remporte le prix RFI Théâtre pour la pièce Ima Maryam : le jugement de Marie. Le prix lui a été remis dimanche soir (27 septembre 2026) à Limoges. Depuis le 23 septembre, le festival les Zébrures met à l'honneur des jeunes auteurs dans la capitale limousine et propose spectacles, lectures et concerts pour faire vivre la francophonie sous toutes ses formes. Hassane Kassi Kouyaté, auteur, metteur en scène et directeur du festival les Zébrures vient de signer un éditorial pour résister à « l'asphyxie du théâtre ». "Le Théâtre est un lieu de résistance, il faut oser" Selon lui, l'art et la culture sont les seuls moyens de sauver nos âmes et notre libre arbitre. « “Refuser l'isolement”, c'est d'ailleurs l'un des slogans de cette édition, face au repli identitaire. Le directeur du festival évoque des problèmes financiers, mais aussi des problèmes de visas non accordés à certains artistes venus d'ailleurs. “C'est très surprenant que ces visas leur soient refusés alors que ce sont ces artistes qui font le pont entre la France et le reste du monde. Certains visas ont été refusés pour des raisons fallacieuses.” » « Pour cette édition 2026, Hassane Kassi Kouyaté va mettre en lecture les textes de nombreux jeunes auteurs dans le spectacle Un infime bruit du monde. Les auteurs ont dû écrire entre une et trois pages à partir de ce texte. Parmi ces artistes, Patherson, slameur et poète sénégalais est en résidence d'écriture à Limoges. Il tente de créer des ponts entre slam et écritures dramaturgiques. Il souhaite rendre la poésie plus accessible et la manière de la déclamer « moins élitiste. » Il travaille sur un texte où il part des traditions orales africaines pour les enrichir d'éléments issus de l'écriture théâtrale. Au Cameroun, le slam est également très important tout comme les écritures dramaturgiques, « beaucoup de gens écrivent, il y a une grande dynamique mais il manque des vitrines pour l'autrice », nous raconte Hermine Yollo qui, elle, vient de remporter le Prix RFI Théâtre pour sa pièce Ima Maryam : le jugement de Marie., une histoire percutante autour du personnage de la Vierge Marie. Hermine Yollo, née à Douala, au Cameroun dans une famille de comédiens est autrice, metteuse en scène... ou plutôt « metteuse en mots » comme elle aime se décrire: « Je mets en scène les mots, comme je mets en scène une pièce de théâtre », précise-t-elle. Elle est également traductrice de formation, directrice de la compagnie NGOTI, une compagnie camerounaise de théâtre professionnel. Beaucoup de femmes écrivent mais elles écrivent dans leur chambre... nous travaillons à encourager les femmes à sortir de leur chambre. Avec Ima Maryam : le jugement de Marie, elle entend questionner des sujets tabous et déboulonner certains dogmes religieux. En effet, elle donne la parole voix à Marie, la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. « Pour moi c'était important d'entendre cette voix là ! C'est aussi ça le théâtre : mettre de la fiction, mais en allant plus loin que la fiction ». Celle qui a inspiré, c'est Maryam qui lui est venue par le rêve, celle qui a inspiré la Vierge Marie et qui n'a pas du tout la même histoire qu'on raconte sur la Vierge Marie. Elle dit « non, je ne suis pas celle que vous croyez.. .» En lisant plusieurs passages de la Bible et en cherchant dans d'autres documents, l'autrice est persuadée que ce personnage a été victime d'un viol. Le texte a été mis en lecture à Limoges par Aurélie Van Den Daele, directrice du Théâtre de l'Union qui qualifie ce texte d' « atypique et de féministe qui nous ramène à des choses qu'on oublie. C'est très courageux car c'est un pavé dans la mare. » Programmation musicale : L'artiste Jacques Surette avec le titre « Hallo ma belle ». On peut également entendre le texte « Guérison » de Patherson.
Né en 106 av. J.-C., Pompée hérite de son père le goût des armes et de la politique. Ses débuts sont fulgurants : allié du dictateur Sylla, il s'impose comme l'un des plus brillants généraux de Rome. Victorieux en Afrique, en Espagne et en Orient, il forme avec César et Crassus le Premier Triumvirat en 60 av. J.-C. Mais l'entente ne dure pas. Principal opposant à César, Pompée fuit en Égypte dans l'espoir d'y trouver refuge. Suivez l'ascension, puis la chute, de Pompée le Grand, l'illustre général devenu le grand rival de César. Crédits : Lorànt Deutsch, Bruno Calvès.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Soledad est une enfant arrachée à sa famille et enrôlée de force dans la guerre. Zarina Khan, l'autrice de L'enfant-soldat née Musique, milite pour le droit des enfants. Sa pièce repose sur une enquête et un vécu auprès de ces trop nombreux enfants soldats en Afrique. Le texte aborde un sujet âpre soutenu par de la musique en live sur scène et l'interprétation théâtrale remarquable de Nancy Nkusi. La pièce, en tournée, a été présentée aux Zébrures, le festival des francophonies qui se poursuit jusqu'au 3 octobre à Limoges. À lire aussiLes Zébrures, festival des francophonies: «Un théâtre de résistance et de reconstruction»
Soledad est une enfant arrachée à sa famille et enrôlée de force dans la guerre. Zarina Khan, l'autrice de L'enfant-soldat née Musique, milite pour le droit des enfants. Sa pièce repose sur une enquête et un vécu auprès de ces trop nombreux enfants soldats en Afrique. Le texte aborde un sujet âpre soutenu par de la musique en live sur scène et l'interprétation théâtrale remarquable de Nancy Nkusi. La pièce, en tournée, a été présentée aux Zébrures, le festival des francophonies qui se poursuit jusqu'au 3 octobre à Limoges. À lire aussiLes Zébrures, festival des francophonies: «Un théâtre de résistance et de reconstruction»
Ulysse a gagné la guerre de Troie. Et il a mis dix ans à rentrer chez lui.Dans cet épisode, je pars d'une scène de L'Odyssée, le film de Christopher Nolan, pour parler d'un piège que beaucoup d'entrepreneurs et d'entrepreneuses connaissent sans le nommer : atteindre son objectif et perdre ce pour quoi on se battait.Troie, c'est l'objectif. Le cheval, c'est la stratégie. Ithaque, c'est la vision.Tu vas découvrir :la différence entre objectif, stratégie et vision, racontée à travers l'histoire d'Ulysse ;les trois pièges qui font gagner Troie et perdre Ithaque ;ma propre Troie : le bac + 5 qui devait tout changer, et ce que mon premier salaire m'a appris ;pourquoi on ne trouve pas son Ithaque tout seul ;trois questions pour vérifier dès aujourd'hui que ton objectif te mène bien là où tu veux aller.Si tu te lances ou si tu veux structurer ton activité, rejoins le Kali Business Starter Pack de Blacknetwork : un samedi sur deux, en visio, pour passer du rêve à une entreprise structurée.
Les répercussions potentielles d'El Niño sur les plantations des pays producteurs de fèves inquiètent. El Niño met l'océan Pacifique en surchauffe et provoque de fortes précipitations ou des sécheresses selon les régions du monde. La perturbation climatique devrait s'amplifier cet automne mais s'annonce d'ores et déjà d'une intensité historique. Dans le secteur du cacao, la baisse de production pourrait être de 300 000 à 400 000 tonnes, répartie entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud. L'Équateur, producteur majeur de fèves, est aux premières loges et se prépare à souffrir de pluies excessives, qui risquent de favoriser le développement de maladies dans les plantations. Le Ghana, numéro 2 mondial, s'attend pour sa part à une diminution de sa production de 20 à 40 %, selon l'Agence nationale d'exportation (CMCG). La Côte d'Ivoire, son voisin, n'a pas fourni d'estimation, mais en 1983, El Niño avait provoqué une sécheresse terrible en Côte d'Ivoire, avec des feux de plantation et de forêt dans tout l'est et le centre et, au bout du compte, la perte de 10 000 ha de cacao, se souvient François Ruf, expert de la filière cacao de Côte d'Ivoire. Il ajoute que le couvert forestier désormais quasi inexistant ne pourra pas atténuer de la même manière un éventuel choc similaire. La crainte pour cet automne, c'est que l'harmattan souffle plus chaud et plus fort que d'ordinaire en Afrique de l'Ouest, et qu'il vienne malmener des plantations qui ont déjà souffert d'avoir reçu trop de pluie fin mai-début juin, au moment crucial de la floraison. Impact difficile à évaluer L'impact d'El Niño reste cependant difficile à prédire de manière fiable, les estimations sont à prendre avec des pincettes car si El Niño est bien présent, ses conséquences précises relèvent encore de la spéculation, prévient le responsable des achats de cacao chez Mondelez International, Darren O'Brien. En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao a tout de même ralenti ses ventes par anticipation, pour s'assurer d'avoir les volumes physiques nécessaires pour honorer ses contrats. Cette prudence est liée à El Niño, mais aussi à la baisse structurelle de la production, en raison de virus de l'œdème des pousses du cacaoyer (Swollen shoot) et du vieillissement des plantations. Les rendements sont en baisse, d'année en année, et font craindre une chute des volumes récoltés d'ici 2030 en Afrique de l'Ouest si rien n'est fait pour redresser la barre, explique un acteur de la filière. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, des chercheurs testent une bio-solution contre le Swollen Shoot, la maladie du cacao Contexte porteur pour les prix Ce contexte est propice à une hausse des prix. Les records de fin 2024 sont loin, mais les risques qui pèsent sur les récoltes ont fait grimper les cours ces six derniers mois. Courant septembre, les précipitations en Afrique de l'Ouest ont atténué les inquiétudes, mais les prix restent au-dessus de 5 700 dollars la tonne. Le premier transformateur d'Asie, Guan Chong Cocoa, n'exclut pas de voir le seuil des 8 000 dollars la tonne atteint d'ici fin décembre. L'autre inconnue qui pèsera sur les marchés, c'est la demande : elle a été très bonne en Asie au deuxième trimestre mais moins dynamique en Europe, le premier marché où l'on consomme du chocolat. À lire aussiLa demande croissante de biocarburants et les risques liés à El Niño font grimper les prix de l'huile de palme
Dans ce supplément de Grand reportage, Florence Morice pour cette enquête sur les personnes expulsées des États-Unis et Léa Boutin-Rivière nous parlera art, histoire, culture et politique avec la Tapisserie de Bayeux. Les naufragés de la machine à expulser de Donald Trump Aux États-Unis, depuis janvier 2025, au moins 25 000 personnes ont été expulsées. Expulsées vers des pays qui ne sont pas les leurs, où elles n'ont ni famille ni repères. Par centaines, elles ont notamment été envoyées en Afrique, dans douze pays qui ont conclu des accords avec les États-Unis pour les accueillir. Que deviennent ces personnes expulsées, une fois arrivées sur le continent africain ? Pendant plusieurs mois, RFI a enquêté au sein d'un consortium de 25 médias internationaux coordonné par Forbidden Stories, et suivi le parcours de plusieurs d'entre elles. Certaines bloquées dans un pays étranger, sans statut ni perspective. D'autres finalement renvoyées, indirectement dans leur pays avec, à la clé, les dangers qu'elles avaient fuis. Un Grand reportage de Florence Morice qui s'entretient avec Jacques Allix. Tapisserie de Bayeux : l'incroyable épopée Elle est devenue le symbole des liens entre la France et le Royaume-Uni : la tapisserie de Bayeux. Broderie monumentale de près de 70 mètres de long, qui raconte la conquête de l'Angleterre par les Normands. Elle est présentée en ce moment au British Museum, à Londres. C'est la première fois que cette œuvre quasi-millénaire, passe aux Anglais grâce à un prêt concédé par le président français Emmanuel Macron. Une fresque de tissus à manipuler avec infinies précautions qui retricote les relations entre les deux pays et génère une « Bayeux-mania » outre-Manche. Un Grand reportage de Léa Boutin-Rivière qui s'entretient avec Jacques Allix.
En RD Congo, deux hauts responsables de l'armée congolaise sont décédés dans le crash d'un avion survenu vendredi 25 septembre. Douze autres personnes, membres de la délégation et de l'équipage, ont également péri. Les causes de l'accident ne sont pas encore connues. Une enquête est en cours.
L'Intelligence Artificielle est en train de redéfinir le monde, mais comment s'assurer qu'elle n'oublie pas l'humain en chemin ? Et surtout, comment une femme scientifique formée au Sénégal s'impose-t-elle aujourd'hui dans cette révolution technologique ? Dans ce nouvel épisode de WolofTech, je reçois la Dr Ndèye Arame Diago. Ancienne étudiante de l'UCAD, ex-enseignante au sein des plus grandes universités sénégalaises (Thiès, Bambey) et aujourd'hui enseignante en informatique en France, elle nous livre un témoignage puissant sur la résilience, la place des femmes dans les STEM et sa vision de l'IA pour l'Afrique.Elle nous parle aussi de sa thèse en IA dont l'application pourrait révolutionner le transport urbain. À travers son organisation "Human Impact ID", elle mène un combat essentiel : remettre l'humain au cœur des algorithmes et utiliser la tech pour accélérer le développement du Sénégal.
Dans la Russie de Vladimir Poutine, le pouvoir ne s'arrête pas aux portes de la chambre à coucher. Sexualité, famille, normes de genre : le Kremlin tente de contrôler l'intime au nom des valeurs traditionnelles. Dans son livre, Le Sexe de Poutine : genre, pouvoir et contre-culture en Russie (éditions Textuel), le chercheur Lukas Aubin décrypte cette guerre culturelle, devenue un véritable instrument de pouvoir et d'influence dans le monde entier. Sophia Khatsenkova l'a rencontré. RFI : Je vais commencer en parlant du corps de Poutine lui-même. Le président russe a longtemps mis en scène un corps viril, sportif, parfois torse nu. Que voulait-il raconter à travers ces images ? Lukas Aubin : Déjà, Vladimir Poutine s'inscrit complètement en opposition vis-à-vis de Boris Eltsine. Boris Eltsine a laissé dans la mémoire de beaucoup de Russes une image plutôt négative, parce que c'est l'image, en fait, d'un pays meurtri par les crises économiques. Et au milieu de tout cela, on avait Boris Eltsine qui était régulièrement alcoolisé dans des séquences politiques importantes. Et donc, Vladimir Poutine arrive. Il dit : « Avec moi, ce sera le retour de la verticale du pouvoir, ce sera le retour de la force ». Vladimir Poutine pratiquant des dizaines de sports différents, se mettant en scène, c'est en fait l'archétype de la Russie qui se redresse et qui va revenir sur le devant de la scène internationale. Son projet, c'est de remettre la Russie au centre du grand jeu géopolitique mondial. Cette masculinité très démonstrative, très brute, traduit-elle une force réelle ou au contraire une forme de fragilité du pouvoir russe ? Pour moi, c'est les deux. Quand vous vous accaparez la plupart des instruments politiques de votre pays, que ce soit les médias, que ce soit la police, les services de renseignement, vous avez entre les mains un arsenal hyperpuissant qui vous permet d'agir très vite, de pouvoir prendre des décisions très importantes, etc. Mais pour autant, c'est aussi la plus grande faiblesse, parce que tout ce pouvoir, il est construit autour de votre personne, et votre personne, qu'on le veuille ou non, elle est mortelle. Depuis le 24 février 2022, on aurait pu imaginer que Vladimir Poutine allait multiplier encore un peu plus les mises en scène sportives pour se montrer fort, etc. Et en fait, c'est l'inverse qui se passe aujourd'hui. Vladimir Poutine est plutôt en retrait, il semble plutôt isolé. Et donc cet isolement, je crois, traduit aussi cette faiblesse. Passons maintenant au thème de la sexualité. Vous en parlez beaucoup dans votre livre. À quoi ressemble la vie des personnes LGBTQ+ en Russie aujourd'hui ? Quand vous êtes LGBT+, quand vous êtes queer, vous êtes extrémiste dans le logiciel de Vladimir Poutine et des autorités russes. Alors aujourd'hui, vous avez trois possibilités. Soit vous continuez à essayer de vivre votre vie normalement, voire à militer, et auquel cas, vous rentrez dans un bras de fer directement avec l'État russe, soit vous vous cachez, vous supprimez cette partie de votre identité des réseaux sociaux et de l'espace public. Troisième possibilité, vous partez en exil, ce qui a été le cas de beaucoup de personnes LGBT+, de queers, de féministes depuis le début de la guerre évidemment, et même d'ailleurs avant. À lire aussiRussie: la Cour suprême bannit le «mouvement LGBT» pour «extrémisme» Et pourquoi est-ce que la lutte contre les droits LGBTQ+ est-elle devenue un outil aussi efficace de politique étrangère notamment ? Je me suis intéressé à comment Vladimir Poutine utilisait cette rhétorique et comment il cherchait à l'exporter. Cette rhétorique, c'est quoi ? La Russie est la gardienne des valeurs traditionnelles. Elle est la gardienne de la famille nucléaire traditionnelle, de valeurs ancestrales, etc. Face à un Occident décadent, on dit en fait que cet Occident décadent est à combattre et qu'il faut justement trouver des relais à l'étranger pour pouvoir les combattre. Et donc ces relais, Vladimir Poutine les trouve notamment dans le « Sud global ». Ça peut être en Afrique, ça peut être en Amérique latine, ça peut être aussi en Asie. Le but de Vladimir Poutine, quand il fait ça, c'est de diviser. Et donc, diviser, ça suppose de diviser l'Otan et de diviser aussi l'Union européenne. En quoi cette guerre culturelle permet-elle au Kremlin de justifier la guerre menée contre l'Ukraine ? Vladimir Poutine, déjà, a cette idée très masculiniste. Il compare l'Ukraine à une femme à qui il faudrait imposer quelque chose. Donc il avait dit « que ça te plaise ou non, ma jolie, il faudra supporter. » Il dit ça deux semaines avant l'invasion russe de l'Ukraine. Il considère que l'Occident était en train d'avancer ses pions avant le 24 février 2022. En Ukraine, ses pions, ça passait par l'Otan. Il y avait un caractère militaire, mais qui avait aussi un caractère civilisationnel. Derrière cette guerre civilisationnelle, l'idée c'était que, globalement, l'Occident allait diffuser ses valeurs libérales pro-LGBT+ jusqu'en Ukraine. Un argument qu'il utilisait, en plus, pour justifier sa guerre et la vendre à sa propre population. Donc d'ailleurs, c'est pour ça qu'il dit toujours qu'il mène une opération militaire spéciale en Ukraine, mais qu'il fait une guerre politique à l'Occident. Et en fait, les mots sont très choisis et très importants. On est dans cette logique effectivement de civilisation et ça lui sert d'argument. La question LGBT+, ça lui sert d'argument pour attaquer l'Ukraine. Le Kremlin peut-il durablement contrôler l'intimité ou est-ce précisément ce genre d'espace qui finit toujours par lui échapper ? Je pense qu'à terme c'est toujours un espace qui échappe à n'importe quel dirigeant. Globalement, tous ces régimes autoritaires qui ont cherché à organiser l'intime, à contrôler les individus jusque dans la chambre à coucher, etc, tous ces régimes dans l'histoire, ils se sont effondrés. Quand on regarde les choses, parce qu'en fait, la plus grande force, c'est aussi la plus grande faiblesse de ces régimes. Vladimir Poutine, le jour où il cède le pouvoir, ou il meurt, ou pour X ou Y raison, bref, il n'est plus là, et bien c'est très délicat d'imaginer la suite. Donc on peut imaginer qu'il est en plein cœur de ce qu'on appelle l'hubris du pouvoir, que pour le moment, il s'accroche à cette guerre comme il s'accroche au Kremlin, à son poste. Et plus ça avance, moins il y a de successeurs potentiels. Donc on peut tout à fait imaginer que, à sa chute, il y aura de fortes turbulences en Russie et dans ce cas-là, peut-être que les corps reprendront leur liberté. À lire aussiPoutine: le virilisme au service du pouvoir
Sur une île peuplée de survivants, entre fin du monde et terre promise, Sunville imagine la société de demain. Ce théâtre musical porté par les textes du poète congolais Fiston Mwanza Mujila, la mise en scène de Stephanie Thiersch et la musique de Sofia Jernberg, née en Éthiopie, mêle rumba congolaise, jazz, électronique et musique contemporaine. Une création mondiale foisonnante qui inaugure « Unlimited », la nouvelle section de la Deutsche Oper Berlin dédiée aux formes artistiques sans frontières. Une mer de boules noires en plastique, des costumes éclatants et une galerie de personnages échoués sur une île imaginaire. C'est dans ce décor singulier que s'ouvre Sunville, une utopie née de la rencontre entre l'écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila et la chorégraphe et metteuse en scène allemande Stephanie Thiersch. « Il y a des gens qui arrivent de partout, qui ont fui des maladies, des guerres ou des dictatures et qui essaient sur cette île de construire la société de demain », explique Fiston Mwanza Mujila. Mais cette société idéale reste insaisissable. « On ne sait pas si elle est meilleure ou mauvaise », souligne Stephanie Thiersch. Entre mythologies, récits contradictoires et sauts dans le temps, la metteuse en scène compose un univers mouvant où la mer de boules peut tour à tour évoquer le danger, le chaos ou un terrain de jeu propice aux rencontres. Les blessures du passé au cœur du récit Présentée dans la Tischlerei, l'ancienne menuiserie transformée en laboratoire de création de la Deutsche Oper Berlin, l'œuvre fait dialoguer passé et futur. Le contre-ténor belgo-congolais Serge Kakudji y interprète un ancien champion de boxe de l'époque coloniale. « À l'époque coloniale, en Afrique du Sud, beaucoup de Noirs étaient cantonnés à la boxe », rappelle le chanteur. Son personnage porte les stigmates de cette histoire, mais aussi l'espoir d'une réparation symbolique. Sur scène, les objets abandonnés ou dévalorisés retrouvent une dignité nouvelle. « Il y a un message de réconciliation, mais aussi un clin d'œil à la restitution des objets d'art emportés par les puissances coloniales, explique Serge Kakudji. Même des objets du quotidien que l'on rejette habituellement retrouvent ici une valeur. Un pneu crevé peut devenir un objet précieux une fois peint en doré. » Une mosaïque musicale sans frontières À l'image de son récit éclaté, Sunville refuse les catégories. La compositrice suédoise d'origine éthiopienne Sofia Jernberg compose une partition foisonnante où se croisent rumba congolaise, chants sud-africains, musique classique et guitare électrique. « La guitare électrique renvoie à un personnage qui aime détruire et brûler les choses, d'où cette esthétique trash, explique la compositrice. Il nous fallait quelque chose de brut, de contemporain. J'ai même créé certains sons diffusés par les haut-parleurs avec l'intelligence artificielle, ce que je trouvais amusant pour un projet futuriste. » Cette diversité musicale reflète l'identité même de Sunville, œuvre polyglotte interprétée en français, allemand, anglais, lingala, swahili, hébreu et suédois. Rire contre la nuit Malgré les thèmes graves qu'elle aborde, la création ne cède jamais au pessimisme. Au contraire, elle fait du rire une forme de résistance. « Sur scène, nous rions contre le colonialisme, contre la xénophobie, affirme Fiston Mwanza Mujila. Le rire peut être un remède contre la nuit, contre la solitude. Ce rire est une magie. » Dans un monde secoué par les crises et les replis identitaires, Sunville choisit ainsi la poésie, le métissage et l'humour pour esquisser d'autres futurs possibles. À lire aussiFiston Mwanza Mujila, un enfant des mines et du crayon
Suzy & Nicola are back for part two of their Pitti Fragranze roundup, continuing their deep-dive into the perfume launches, houses and ideas that made this year's Florence fair feel so full of possibility.Having attended Pitti Fragranze for thirteen years, Suzy felt this was one of the most exciting editions yet. Alongside the return of classical perfume structures reinterpreted for contemporary tastes, she noticed a growing confidence in brands drawing upon personal heritage, local materials, food culture, landscape, ritual and memory. In this episode, the pair explore some of the fragrances that most vividly expressed those stories.From a Chinese-French house capturing the transient scent of sun-dried osmanthus, to Korean brands evoking fire-charred ingredients, graceful calligraphy and fine-dining balances of flavour, this episode travels widely through fragrance's newest creative terrain. There is also a decadent, night-time gourmand journey through Bandra in Mumbai; a woody incense scent from Reserve en Afrique; and two beautifully emotional creations from Italian poet-perfumer Meo Fusciuni.Listen for a perfume that smells of roasted chestnuts, fermented tea and Korean seaweed crisp; a vivid, herbal peach; a “new century” Parma violet growing in a cold spring garden; and a cocoa-rich love story that charts the bitterness and sweetness of heartbreak…https://fragranze.pittimmagine.com/en/events-calendarReserve en Afrique – WoodooReserve en Afrique's Woodoo is a woody, resinous composition built around the warm, meditative pull of incense, balsams and dry woods.It opens with ginger and olibanum, giving the fragrance both brightness and a slightly peppery, ceremonial character. Labdanum, iris and white flowers arrive at the heart, adding a soft, ambery texture: floral, but shadowed by resin and a certain velvety darkness. The base of musk, benzoin, cedar, tonka bean and cypriol brings a long-lasting warmth, with dry woods, sweet balsams and a gently smoky earthiness.The name suggests ritual, mystery and a connection to wood, smoke and spirituality, and the composition seems to play with all those ideas. This is not necessarily a loud fragrance, but one that gradually develops its presence on skin: incense-lit, softly floral, smooth with tonka, and grounded by a woody, mineral base.Reserve en Afrique draws inspiration from African landscapes, stories and olfactory traditions, translating them into contemporary fine fragrance. Woodoo feels like a particularly atmospheric example of that approach: a scent that uses familiar perfume materials, but lets them tell a more transportive story.Cent.PM – eau de penséeEau de pensée, the debut fragrance from Chinese-French house Cent.PM, begins with an intensely personal memory: founder Haoyuan recalling the childhood ritual of sun-drying osmanthus blossoms in a field.Rather than trying to make a literal flower portrait, Cent.PM treats the memory as something unstable and shifting. The perfume is intended to capture that instant when an old recollection suddenly brightens into focus, only to blur again as past and present overlap. The opening is vibrant and light-filled, with notes including neroli, pink pepper and mandarin lending a sparkling, green-citrus lift. From there, the fragrance becomes more veiled and contemplative, eventually settling into a warm, close-to-the-skin afterglow.Osmanthus can be a fascinating material in perfume: floral, but also capable of suggesting apricot, tea, suede and a certain honeyed, almost leathery softness. Here, its role appears to be as much emotional as olfactory, carrying the atmosphere of childhood, sunshine, landscape and passing time.Cent.PM approaches fragrance as a meeting point between cultures, materials and memory. Its name and first release suggest an interest in the fleeting, in-between time of late afternoon: a moment for reflection, imagination and sensory recollection.Sisology – Être toiKorean house Sisology's Être toi is a tender, uplifting fragrance built around the idea that being fully oneself is its own kind of beauty.The scent opens with freesia and peach, combining clean floral freshness with soft, gently juicy fruit. Rose sits at the heart, bringing a familiar, romantic bloom, but the fragrance's real appeal lies in the ease of its overall structure. Patchouli, woods and amber provide a warm, lightly earthy base that gives the composition depth without overwhelming its airiness.Sisology describes Être toi as a perfume for the easy laugh, the hopeful heart and the comfort of sincerity. It is imagined as sunlight through lace curtains: bright but soft, clean but intimate. That makes it sound less like a dramatic statement fragrance and more like a gentle confidence-builder, the kind of scent that feels naturally part of the wearer rather than something imposed upon them.The brand is based in Seoul and works across fragrance and sensorial beauty. Its style is rooted in the expressive, emotional side of scent, but presented in a modern, approachable way. Être toi is a quietly optimistic introduction to that world.Insenf – Charred WoodFounded in Seoul in 2025, Insenf is a niche perfume house that combines traditional Korean craftsmanship with modern scent science. Its work takes everyday cultural references such as fashion, food and lifestyle, then interprets them through fragrance in unusual and highly textural ways.Charred Wood is part of the Table Collection, inspired by ingredients transformed through fire, smoke and time. In perfume terms, that means the scent has the drama of a meal cooked over open heat: black pepper freshly crushed on the table; chestnuts slowly roasting; smoke rising from salted seaweed; the mineral warmth of charcoal lingering after the flames are gone.The opening combines black pepper, roasted chestnut and smoked sea salt. It is dry, spicy and savoury, with the chestnut adding a nutty, almost comforting contrast to the salt and smoke. The heart moves in an even more unexpected direction: fermented tea, Korean seaweed crisp, incense resin, myrrh and clove leaf. These notes suggest a rich umami character, but the resins and clove also ensure it remains recognisably perfumery rather than becoming simply gastronomic.Charcoal, hinoki, amberwood, patchouli and vetiver provide the base. Hinoki is especially evocative here, its dry, aromatic woodiness echoing Japanese and Korean bathing and temple woods, while vetiver and patchouli add rootiness and shadow. Charred Wood sounds like a fragrance for anyone who enjoys scent at its most savoury, smoky and unconventional.Kuoca – Wild PeachKuoca approaches fragrance through the lens of fine dining, treating its compositions as carefully balanced experiences in which freshness, sweetness, texture and contrast all matter. The Korean beauty brand is best known for making sensorial products that feel deliciously tactile, and Wild Peach takes that same appetite for pleasure into fragrance.Wild Peach centres on the sunny, juicy character of ripe fruit, but it is not designed as a dense peach syrup. Verbena and mint bring a sparkling, aromatic greenness that makes the peach feel freshly picked and still cool from the morning air. Peach blossom adds a lighter floral aspect, while ho wood lends a smooth, softly woody finish.The brand describes Wild Peach through the image of freshly squeezed peaches from Provence, with aromatic herbs giving a more sophisticated edge to the fruit. This sounds like a peach scent for those who usually find fruit fragrances too candied or obvious: bright, translucent and almost thirst-quenching rather than sticky.It is also a useful example of one of the wider trends Suzy noticed at Pitti: perfume houses taking familiar notes and shifting expectations around them. Peach here becomes less about confectionery and more about the contrast between ripe flesh, green leaves, fresh herbs and pale wood.Salon de Nevaeh – ChoseoKorean house Salon de Nevaeh was impossible to overlook at Pitti, not least because of its exquisite bottle design. The flacons are ceramic and inset with mother-of-pearl, giving them the presence of miniature objects of craft rather than simply containers for perfume.Inside, the fragrances draw upon Korean aesthetic and cultural references. Choseo is inspired by “Grass Script”, a flowing form of cursive calligraphy in which brushstrokes can appear dynamic, spontaneous and unruly, while still carrying great poise and control.That movement is reflected in the perfume's green composition. Dried herbs, green leaves, lime and mandarin give the opening an angular, bright and almost brush-like energy. Spearmint, geranium and muguet create a cooler, softer heart, while pine needle, galbanum, rosewood and musk provide a base that is leafy, resinous and quietly woody.The brand describes the fragrance as sharp and unruly green up close, but gentler and pale green from a distance. That is a beautiful way of describing the evolution of a green scent: the vivid snap of crushed stems and herbs gradually becoming more hazy, calm and atmospheric on skin. Salon de Nevaeh is described as Korea's first niche perfume house and translates traditional Korean culture into contemporary fragrance.Sasva – Forbidden Words Bombay...
Au Maroc, les élections législatives ont enregistré seulement 38% de participation, le taux le plus faible de ces vingt dernières années. Un chiffre qui s'explique notamment par la faible mobilisation des jeunes, alors qu'il y a un an, la Gen Z 212 descendait dans la rue pour réclamer davantage de justice sociale et de meilleures perspectives. Comment expliquer ce désintérêt de la jeunesse pour les élections ? Peut-on parler d'une défiance envers la classe politique ? Avec Sophiane Amazian, journaliste au service Afrique de RFI.
À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés. Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18. Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants. Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude. « Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats. Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations. Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine. Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... » (Présentation des éditions Belfond) Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass.
Pendant six mois, RFI et 25 autres médias internationaux ont enquêté, au sein du consortium Forbidden Stories, sur la politique d'expulsions massives de l'administration Trump. Au cœur de l'enquête : les accords conclus dans le plus grand secret par Washington avec plusieurs pays, notamment en Afrique, pour y envoyer des migrants expulsés des États-Unis. Comment les journalistes ont-ils accédé à ces documents opaques et identifié les contreparties accordées aux États qui acceptent ces migrants? Avec Florence Morice, journaliste au service Afrique de RFI.
Comment un coup d'Etat, une prise de pouvoir anticonstitutionnelle, peut se transformer en pouvoir politiquement et juridiquement légitime ? Lorsqu'un putschiste devient candidat puis président élu, faut-il continuer à considérer le pouvoir comme issu d'un coup d'état ou accepter sa nouvelle légitimité électorale ? Avec la participation de : Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice Kabinet Fofana, analyste politique et directeur de l'association guinéenne des sciences politiques Remadji Hoinathy, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS), spécialiste du bassin de lac Tchad et de l'Afrique centrale
À l'occasion de ses 20 ans, l'association Cartooning for Peace célèbre à Paris son anniversaire. Cette organisation née au lendemain de la polémique sur les caricatures du Prophète en 2005 vise à défendre les droits et la liberté des caricaturistes à travers le monde. Sur le continent : en Ouganda avec Jimmy Spire condamné pour avoir dénoncé des faits de corruption, au Kenya avec l'arrestation arbitraire de Kibet Bull, au Rwanda avec le meurtre du caricaturiste congolais Kayene assassiné en 2024… Les exemples de dessinateurs censurés ou persécutés ne manquent pas. Pour en parler, le dessinateur et directeur de l'un des plus anciens journaux satiriques en Afrique : Lassane Zohoré de l'hebdomadaire ivoirien Gbich. Il est l'invité de Frédéric Garat. RFI : Bon anniversaire. Puisque vous fêtez avec Cartooning for Peace, cette année, vos 20 ans d'existence. Vous serez présent ce jeudi 24 septembre à Paris, au Théâtre de la Concorde, pour une grande soirée placée sous le thème de la « Démocratie sous pression : dessiner pour résister ». Est-ce que les dessinateurs africains sont sous pression sur le continent ? Lassane Zohoré : Je crois que tous les dessinateurs dans le monde sont sous pression. Aujourd'hui, bon, on ne peut pas rire de tout, on ne peut pas forcément parler de tout, mais bon, on se bat comme on peut à côté des journalistes pour pouvoir gagner davantage notre droit à la parole, pour faire progresser la démocratie dans le monde. Voilà, donc, je pense qu'on n'échappe pas à ça. Heureusement que Cartooning for Peace existe pour que nous puissions aussi continuer à mener cette bataille-là. Justement depuis que Cartooning for Peace a été créé, donc en 2006, sous l'égide de Kofi Annan et du dessinateur français Plantu. Est-ce que vous diriez que l'association a contribué à améliorer la situation des caricaturistes sur le continent ? Oui, bien sûr, parce que, bon, il faut dire que pendant longtemps, le dessin a été considéré comme un divertissement. Et après, quand on a commencé à parler des problèmes politiques, les gens ont ouvert un peu plus les yeux pour voir ce que racontent les dessins. Il faut dire qu'un texte peut passer inaperçu, mais un dessin, c'est difficile que ça passe inaperçu. Voilà, donc, je pense que Cartooning for Peace a vraiment contribué à donner un statut aux dessinateurs sur le continent et aussi à se battre à leurs côtés. Parce que déjà, quand je prends le cas de Gado au Kenya, Zapiro en Afrique du Sud ou encore Willy Zekid au Congo, je pense que Cartooning s'est vraiment battu aux côtés de ces personnes-là pour la liberté d'expression. La caricature, ça reste malgré tout un outil de résistance et de mobilisation citoyenne en Afrique ? Oui, tout à fait. Tout à fait, parce que nous sommes sur un continent qui est en majorité analphabète. Donc, le dessin aide aussi à comprendre certaines situations. Un dessin qui critique une situation, ça parle beaucoup plus qu'un long texte. Donc, je pense que ça contribue largement à se battre contre des fléaux ou encore sur des situations qui n'arrangent pas vraiment la population. Justement en Afrique, là où l'info ne passe plus parce que les médias sont censurés, les radios coupées, les journaux interdits, un dessin, ça peut éveiller les consciences ? Déjà même, je prends la situation de Gbich que je connais le mieux, on a eu quand même à traiter pas mal de sujets qui ont contribué à faire prendre conscience à la population. Et je pense qu'on ne dira pas que les dessinateurs sont ceux qui portent le lourd fardeau de la liberté d'expression, mais on fait partie du combat et on apporte notre pierre à l'édifice. Les dessins peuvent vraiment contribuer à faire avancer des causes. En l'occurrence, Gbich, dont vous êtes le directeur, au cours de l'histoire récente ivoirienne, est-ce qu'il y a des dessins qui sont restés particulièrement emblématiques au cours des différentes crises qu'a connu le pays ? Bon, moi, ça va être difficile que je cite un dessin, mais il y a une période qui m'a particulièrement marqué quand il y a eu l'élection en 2010 entre Laurent Gbagbo et Ouattara. À ce moment, le peuple était vraiment stressé et nous, on a fait vraiment des dessins qui ont réussi à décrisper la situation parce qu'on a eu des témoignages en fait. Il y en a qui étaient complètement déprimés, mais grâce à Gbich, ils arrivaient à supporter cette période-là, parce qu'on arrivait à dédramatiser les situations, à dépassionner les débats. Et je pense que ça, c'est tout le travail des dessinateurs. C'est ce que vous dites d'ailleurs, je crois que c'est une de vos maximes : « Le dessin, c'est un poil à gratter en temps de paix et un apaisant en temps de guerre. » Exactement. Donc c'est un slogan qui a longtemps été utilisé par Gbich. Donc à chacun son rôle. Vous savez, les hommes politiques eux-mêmes acceptent bien la situation, mais ce sont les militants qui jouent souvent les gens zélés. Et moi, j'ai reçu parfois des coups de fil de menaces. Une fois, j'ai reçu un coup de fil où on me disait qu'on connaissait mes déplacements, les personnes que je fréquentais… les militants effectivement peuvent se montrer très zélés. Mais pour avoir échangé avec le président Ouattara et Gbagbo, eux, à leur niveau, il n'y a jamais eu de problème. En la matière, est-ce qu'il ne faudrait pas, Lassane Zohoré, un statut peut-être plus solide, professionnel, du dessinateur, un statut de dessinateur de presse par exemple ? Est-ce que vous y travaillez avec Cartooning for Peace dans les différents pays où vous êtes actif ? Oui, bon, déjà le dessinateur de presse est accepté comme un professionnel de l'information, donc je pense que ça aussi, c'est aussi le fait de s'être battu pendant longtemps. On avait un statut assez hybride, mais aujourd'hui, il y a même des pays où le dessinateur est carrément journaliste. Voilà. C'est un combat de tous les jours, il faut se battre pour pouvoir être reconnu et je pense qu'en Côte d'Ivoire, en tout cas pour nous, il n'y a pas de souci, nous sommes reconnus par le monde des médias. C'est un combat de tous les jours qu'il faut mener afin que le destinateur soit reconnu.
Bassirou Diomaye Faye est l'invité de RFI et France 24 en marge de l'Assemblée générale de l'ONU 2026, ce 24 septembre à New York. Au micro de Mounia Daoudi et de Marc Perelman, le président du Sénégal revient sur la crise que traverse cette institution et la succession du Portugais Antonio Guterres au poste de Secrétaire général des Nations unies. « Qui de mieux pour défendre la réforme de l'architecture financière internationale que le président Macky Sall », insiste-t-il au sujet de son prédécesseur à la tête de l'État sénégalais et ancien adversaire politique. Bassirou Diomaye Faye défend également le programme d'aide de 2,2 milliards de dollars signé avec le FMI le 1er septembre. Il enjoint les opposants à ce plan, incarnés notamment par son ex-Premier ministre Ousmane Sonko, à adopter un « comportement patriotique » lors du futur vote sur la loi de finances rectificative de son pays. Entretien exclusif. RFI / France 24 : Nous sommes ici aux Nations unies, des Nations unies impuissantes souvent, presque ruinées, certains disent inutiles, avec une Afrique qui est historiquement sous-représentée. À quoi bon finalement ces Nations unies ? Est-ce qu'il ne faut pas revoir totalement l'architecture internationale ? Bassirou Diomaye Faye : Je crois que le constat est partagé sur l'état de l'ONU aujourd'hui. Et c'est justement parce qu'il est dans cet état qu'il faut se rappeler ce qui a été à l'origine de la création de cette organisation. Nous venions juste de sortir d'un contexte d'après Seconde Guerre mondiale, avec les ravages que l'on a connus. Le monde ne pouvait pas rester impuissant ou attendre encore de plonger dans un tel chaos pour éviter une guerre de cette ampleur. Nous devons donc toujours nous rappeler l'idée originelle. Et c'est justement parce que les Nations unies ne sont plus aujourd'hui, de l'avis de beaucoup d'observateurs, à la hauteur de la mission originelle qui a été la leur, qu'il faut s'y intéresser, les réformer et leur faire jouer le rôle qui devait être le leur, leur faire assumer la mission pour laquelle elles ont été créées. Cette organisation demeure importante. Aujourd'hui, nous devons travailler à ce que le multilatéralisme reprenne le dessus sur les initiatives bilatérales. C'est tout le sens du combat que nous sommes en train de mener aux Nations unies et dans toutes les tribunes où il est question de parler de notre organisation commune. L'Afrique y est sous-représentée. Je suis tout à fait en phase avec vous. Tous les discours, depuis des années, convergent sur la nécessité pour l'Afrique d'avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. C'est un combat qui est en train d'être mené, et nous espérons que les voix qui portent réellement la décision au sein de l'ONU comprendront la nécessité qu'un continent qui doit faire 2,5 milliards de personnes à l'horizon 2050 ne puisse être exclu des instances de décision de l'organisation mondiale. Ce combat, c'était celui d'Antonio Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre. Pourquoi avez-vous choisi de soutenir la candidature de Macky Sall, alors que tout le monde s'accorde à dire qu'elle n'a que très peu de chances d'aboutir ? Je ne partage pas ce pessimisme sur la candidature de l'ancien président du Sénégal, Monsieur Macky Sall. Tout au contraire, je pense qu'elle garde encore toutes ses chances de succès. En réalité, ceux qui sont, ou celles qui sont considérés comme ayant des chances, ne le seront que lorsque les cinq auront décidé que leur candidature passe. On ne sait pas encore ce que seront les votes des membres permanents du Conseil de sécurité. Les jeux restent ouverts. Nous sommes en train de faire le travail. De notre point de vue, nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent, ceux qui tiennent la décision et j'estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles. Mais ce sur quoi je voudrais insister, c'est le profil du candidat. Je pense que vous venez de le dire tout à l'heure, l'Afrique est sous-représentée. Qui de mieux aujourd'hui pour défendre une meilleure place de l'Afrique que le président Macky Sall ? Qui de mieux pour défendre la réforme de l'architecture financière internationale que le président Macky Sall, qui a subi les affres de la dette qui l'ont plombé par rapport aux ambitions qu'il a eues et qu'il partage avec beaucoup de pays du tiers-monde ou du Sud ? Je pense que sur ce rapport-là, il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais, de le soutenir parce que nous pensons aujourd'hui que la place qui doit être celle de l'Afrique au sein de l'ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain. Alors vous, vous avez mentionné la dette, cette fameuse dette cachée, le gouvernement, votre gouvernement, vient de conclure un accord très attendu avec le Fonds monétaire international, qui doit permettre un prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Pour ça, il faut que votre dette, qui est donc bien plus importante qu'il y a quelques années, devienne soutenable. Il y a des négociations qui sont en train de s'ouvrir avec les créanciers multilatéraux et bilatéraux. Est-ce que vous espérez que ces négociations vont se conclure rapidement, plus rapidement que d'autres pays, par exemple comme le Ghana ou la Zambie ? Je pense que c'est une préoccupation partagée tant par le Sénégal, qui a choisi le cadre commun du G20, que par le cadre lui-même, qui doit faire preuve d'efficacité et d'efficience, particulièrement sur la réduction des délais dans le cadre des négociations. En réalité, c'est ça qui fait les hésitations des États qui sont dans une telle situation, à recourir à ce cadre. J'ai été récemment à Washington et j'ai vu que c'est une préoccupation que je partage avec la directrice générale du fonds, mais aussi avec le directeur général de la Banque mondiale. J'estime que ce que nous avons demandé avant de choisir le cadre, c'est que le cadre soit amélioré. Et la préoccupation fondamentale a été la préoccupation sur le délai de traitement ou des discussions qui doivent se tenir dans ce cadre. Sur ce rapport, nous avons des engagements fermes qui nous ont été donnés sur la réduction des délais avant d'avoir choisi le cadre. Nous espérons que chaque partie fera preuve de toutes les diligences possibles pour que nous allions plus vite et qu'au-delà du Sénégal, d'autres pays qui fatalement vont se retrouver dans cette situation-là auront plus confiance en ce cadre qui a été institué aussi pour être choisi par les pays qui sont dans une situation comme la nôtre. Donc d'ici quelques mois ? Nous l'espérons, nous travaillons à cela aussi. FMI rime souvent avec austérité. Il se dit que vous avez déjà accepté de baisser les subventions à l'énergie. D'autres mesures d'austérité risquent d'arriver également. Est-ce que finalement, ce ne sont pas les plus démunis qui vont encore devoir payer le prix de ces politiques du FMI ? Au contraire, je pense que dans le cadre du Sénégal, ce que nous avons réussi, c'est de préserver le pouvoir d'achat des plus démunis, comme vous l'avez dit. En 2026, nous avions, face aux difficultés, programmé de payer 35 milliards [de FCFA, NDLR] de bourses de sécurité familiale, nous avons décidé de doubler cette enveloppe pour la porter en 2026 à 70 milliards. Cette même enveloppe de 70 milliards sera doublée en 2027 pour être portée à 140 milliards. Et le registre national des bénéficiaires de ces bourses passe d'environ 500 000 à 1 million de bénéficiaires. Pas plus tard qu'avant-hier, dans le cadre du Programme national de solidarité, nous avons fait beaucoup de soutien à beaucoup de ménages vulnérables. Donc, notre préoccupation fondamentale dans le cadre de ces discussions avec le Fonds a été de préserver le pouvoir d'achat et d'assister les plus faibles pour que, justement, ils n'aient pas à payer le prix fort des efforts que nous sommes fatalement amenés à faire pour restaurer les équilibres financiers. C'est sur cela que nous travaillons. Et dans un registre d'austérité, comme on veut le faire croire, on ne recrute pas 2000 enseignants, on ne recrute pas plus de 2000 personnels de santé. On ne fait pas autant d'investissements que ce que nous sommes en train de faire dans le domaine de la santé et dans d'autres domaines. Je pense que le Sénégal a réussi aujourd'hui à restaurer la confiance avec le peuple, de l'État avec le peuple. Le Sénégal a réussi à restaurer sa confiance avec les partenaires et les investisseurs. Et nous sommes en train d'enclencher une phase que nous espérons va très rapidement porter ses fruits par rapport à la qualité de vie des Sénégalais. C'est cela notre préoccupation quotidienne. Pour que cela soit en effet enclenché, il faut que les mesures que vous êtes en train de mettre en place soient adoptées. C'est l'objet de la loi de finances qui va bientôt arriver devant l'Assemblée nationale. Or, à l'Assemblée nationale, votre ancien parti, le Pastef, a une très large majorité. Est-ce qu'il n'y a pas un risque de censure, justement, de cette loi de finances ? Rappelons quand même que certains membres du Pastef vous ont accusé de trahison et de vous soumettre au FMI. Je vois que vous souriez. Est-ce que ce n'est pas une véritable crainte, cette censure ? En fait de trahison, la seule chose que je suis susceptible de trahir, c'est mon serment que j'ai prêté le 2 avril 2024 face au peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ces référents, il n'y a pas d'autres choses qui m'engagent. Par rapport à la loi de finances rectificative comme par rapport à d'autres lois, quand il s'agit d'aller à l'Assemblée nationale, le gouvernement y va. Ce qu'il ne faut pas oublier aussi, c'est que le gouvernement est une institution à côté de l'institution que représente l'Assemblée nationale et celle que je représente moi-même et d'autres institutions, notamment sur le plan judiciaire. Et là-bas, chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre saura juger chacun par rapport à la posture qui est la sienne. Mais j'estime que dans le contexte où nous sommes, par rapport aux efforts que nous sommes amenés à faire pour le bénéfice du peuple sénégalais, ces représentants ne sauraient avoir un autre comportement patriotique que d'accompagner cette dynamique qu'ils ont trouvée, qu'ils ont eu à manager avec nous et qui est restée en l'état, mais que nous sommes en train de travailler à juguler. On se souvient, monsieur le Président, que le limogeage de votre Premier ministre, Ousmane Sonko, est intervenu peu après une visite du Fonds monétaire international. Est-ce que finalement, c'est votre volonté d'avancer avec le Fonds monétaire international qui a été l'objet de la rupture avec votre ancien compagnon de route ? Non, même pas. Nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets. Le président de la République que je suis l'avait choisi comme Premier ministre en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution. Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance et la République est à l'œuvre. Et c'est la seule chose qui soit immuable. Monsieur le Président, étant donné le contexte qu'on vient de décrire à l'Assemblée nationale, il y a une question qui se pose, c'est la possibilité éventuellement de dissoudre cette Assemblée nationale. Vous y êtes autorisé par la Constitution à partir du 2 décembre. Est-ce que cette option est bien sur la table ? Nous ne sommes pas encore au 2 décembre et il n'y a pas de fixation sur une dissolution de l'assemblée ou sur l'organisation d'élections à telle date ou telle autre date. Toujours est-il que ceux qui ont hâte d'aller aux élections et qui, de ce fait, ont saisi la Cour suprême pour obtenir cette date-là, ils ont vu la Cour leur dire par deux fois, par un référé-liberté dont elle a été saisie et par un référé mesures utiles, rien ne me contraint à parler ou à fixer la date des élections en ce moment, et si cela devait se faire, ce sera dans le cadre d'un consensus - vous savez mon attachement au dialogue et mon sens de la concertation par rapport à ce qui concerne les affaires publiques. Mais vous n'excluez pas quand même l'option de la dissolution de l'Assemblée nationale ? Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu'on aura en face, on décidera. Mais la seule boussole que nous avons, c'est l'intérêt supérieur du peuple sénégalais et la fluidité dans la communication des institutions. Comme je l'ai dit, chaque institution est appelée à être à la hauteur. Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un blocage qui soit absolument insurmontable. Et c'est justement quand de telles situations arrivent que la Constitution a aménagé les pouvoirs de chaque institution pour qu'elle puisse agir en conséquence. Monsieur le Président, vous venez de lancer il y a quelques semaines votre parti, Kiiraay – Les Patriotes républicains. Or, un sujet préoccupe aujourd'hui les Sénégalais, allez-vous annoncer le report des élections locales qui sont prévues pour se tenir le 17 janvier ? J'ai rappelé tout à l'heure qu'il y a une organisation de la société civile qui a saisi la Cour des comptes, la Cour suprême plutôt, pour lui demander de m'enjoindre à fixer la date de l'élection. Un référé-liberté. La Cour a considéré que, au regard des dispositions légales, l'élection peut s'organiser jusqu'à la fin de l'année, les élections locales jusqu'à la fin de l'année 2027. Une autre organisation, cette fois-ci constituée d'acteurs politiques, le Front pour la défense de la République, a saisi la même cour en référé mesures utiles, et la Cour a aussi décidé de la même chose. Donc, il n'y a rien qui urge en réalité, et je ne voudrais pas que nous soyons dans l'obsession électorale permanente, alors que nous avons quelque chose qui doit aujourd'hui nous préoccuper fondamentalement, c'est comment discuter avec le fonds, obtenir un accord, un programme qui passe en conseil d'administration, qui soit approuvé et qui restaure définitivement la confiance des partenaires vis-à-vis du Sénégal et des investisseurs vis-à-vis du Sénégal. C'est cela ma préoccupation. Il y a un sujet qui préoccupe la communauté internationale, c'est la loi que vous avez promulguée le 31 mars sur la criminalisation de l'homosexualité. Est-ce que vous comprenez ces critiques et est-ce que vous êtes d'accord avec l'option qui avait été mise sur la table par Ousmane Sonko, d'éventuellement durcir cette loi si nécessaire ? De quelle communauté internationale parlez-vous ? La France, les Nations Unies... Est-ce que dans ces pays-là, quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués, mais est-ce que nous avons réagi ? Non. Nous avons considéré que ce sont des pays souverains qui ont fait leurs options législatives et nous l'avons respecté. Nous demandons la même chose. Monsieur le Président, l'Union européenne finance la construction au Sénégal de deux centres d'accueil de migrants secourus en mer. Est-ce que les pays africains ne sont pas en train de devenir les sous-traitants d'une politique migratoire répressive menée par plusieurs pays européens ? Non, pas du tout. En réalité, même quand il a été question pour le Sénégal d'accueillir certains migrants refoulés de certains pays, nous avons refusé. Les migrants, par contre, qui prennent la mer pour l'essentiel sont aussi des Africains, il est question d'abord de leur protection, de leur intégrité physique au regard des conditions dans lesquelles ces migrants voyagent, et on sait à quel point c'est périlleux et combien de vies ça a coûté. D'un autre côté, c'est de ne pas les laisser entre les mains de passeurs ou de trafiquants d'êtres humains. Il est de notre responsabilité d'empêcher ces départs. Nous sommes en train de réaliser depuis 2024 des résultats extrêmement importants au Sénégal, ce que nous faisons en collaboration avec les autres pays de destination de ces flux migratoires irréguliers. Sur ce rapport, quand nous ramenons des migrants en terre ferme, il est de notre responsabilité aussi de les prendre en charge. Il ne s'agit en réalité que de cela, pas plus. Alors le Sénégal doit accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse. C'est la première fois que des Jeux olympiques vont se tenir sur le continent africain. J'imagine que c'est un immense motif de fierté, mais c'est aussi un défi logistique et sécuritaire. Est-ce que le Sénégal sera prêt à tous ces points de vue ? On dira enfin 150 ans après, enfin la flamme vient en Afrique. Nous avons eu l'honneur et le privilège de l'accueillir au nom de l'Afrique qui accueille ces Jeux, qui sont célébrés à Dakar. Nous avons de notre côté travaillé à être à la hauteur des défis qui sont certes organisationnels, sécuritaires. À ce stade, les infrastructures qui doivent accueillir les Jeux sont prêtes et nous travaillons aussi à continuer à parfaire le concept de sécurité des Jeux. Sur ce rapport, nous sommes confiants, à quelques semaines des Jeux, que le Sénégal sera prêt, que nous organiserons des Jeux à notre image, sobres mais festifs, mais que nous montrerons aussi une jeunesse qui n'a pas que la migration en ligne de mire, mais qui est débordante d'énergie, qui est fière et qui est prête à accueillir le monde dans notre hospitalité légendaire. Sur le plan régional, Monsieur le Président, la situation sécuritaire au Mali, avec qui vous partagez une frontière, et plus largement dans les pays de l'AES, est préoccupante. Est-ce que vous ne craignez pas, je sais que vous en avez discuté avec plusieurs de vos homologues ici à New York, est-ce que vous ne craignez pas une contagion au Sénégal ? Vous parliez des JOJ justement, est-ce que vous avez eu à déjouer des tentatives d'attaques terroristes ces dernières semaines ? Le Mali est un pays voisin qui le restera parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront. Sur ce rapport, quand il y a des problèmes de sécurité de cette nature au Mali, ils concernent forcément le Sénégal. Le terrorisme n'a pas de frontières. Ces conflits asymétriques ne sont pas à l'image des conflits conventionnels que nous connaissons. Donc, tout pays peut être frappé parce que justement, les facteurs qui font décider de frapper tel pays ou tel autre pays ne sont maîtrisés par aucun État. Le pays où nous sommes l'a vécu, votre pays l'a vécu, d'autres encore l'ont vécu. Donc le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri. Mais nous prenons toutes les mesures qu'il faut, qui sont nécessaires, en concertation avec les pays avec lesquels nous partageons cette menace réelle par l'échange de renseignements et par tout autre mécanisme. Nous sommes même allés à un moment donné jusqu'à des patrouilles communes pour anticiper cette menace et enrayer toute tentative de frappe sur le Sénégal. Nous continuons à être vigilants, notamment dans le contexte des Jeux, mais nous sommes tout à fait conscients du niveau de la menace dans toute la sous-région, et cela nous concerne au plus haut point. Alors justement, vous êtes depuis quelques semaines président en exercice de la Cédéao, une institution régionale en crise, notamment à cause du départ de ces trois pays de l'Alliance des États du Sahel. Votre première visite a été justement pour le Mali. Alors est-ce que ça veut dire que vous allez aussi vous rendre au Burkina Faso et au Niger ? Et est-ce que, on sait qu'il y a beaucoup de médiations pour essayer de faire revenir ces trois pays dans le giron de la Cédéao et de l'Union africaine, c'est votre objectif à vous ? Je n'ai pas de frontières en tant qu'Africain, pour aller dans un pays ou dans un autre où je serai certainement bien accueilli en tant que frère africain. Évidemment, je me suis rendu au Mali, je pourrai me rendre dans n'importe quel autre pays dans le futur, selon les besoins et les disponibilités. La Cédéao fait face à des défis. Nous avons vu trois membres qui sont importants quitter l'organisation et créer une autre organisation, la Confédération des États du Sahel. C'est leur souveraineté de décider d'être dans une organisation ou d'en sortir. Ce n'est pas une première ni dans le monde, ni en Afrique. Nous respectons cette décision et nous travaillons à garantir les conditions d'une coexistence des deux organisations qui garantissent la libre circulation des personnes et des biens et qui garantissent une cohabitation qui permette d'avoir un commerce réel entre les pays, qu'ils soient membres de la Cédéao ou qu'ils soient membres de la Confédération des États du Sahel. Sur ce rapport, le dialogue est enclenché. Nous avons nommé un négociateur spécial en la personne du président Lansana Kouyaté. Le Sénégal jouera sa partition. Nous n'avons pas de sens interdit. Nous tendons la main à tout le monde et nous parlons à tout le monde, quelle que soit l'organisation dont il ressort. Parce qu'il nous faut bien discuter des problèmes que nous avons en commun, à savoir comment piloter cette sortie de la façon la plus intelligente possible. Et s'il était demain de la décision de ces autorités de prendre une autre voie, nous pourrons toujours en discuter parce que nous partageons le même espace commun et nous devons y travailler et cohabiter dans les meilleures formes possibles.
« Rétablir la confiance et gérer la transformation » : c'est le thème officiel de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est ouverte hier mardi à New York. « Et l'Afrique dans tout ça ? », s'interroge L'Observateur Paalga au Burkina Faso. « L'ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les États-Unis ou encore la France… Mais en réalité, pointe le quotidien burkinabé, la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d'État de s'écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd'hui du Sahel à l'est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand-chose ». Faut pas rêver… Le quotidien Aujourd'hui, toujours à Ouaga, renchérit : « Les questions de sécurité et de guerre en RDC, au Soudan, ou encore au Sahel, le problème de la dette et de la justice financière internationale seront aussi dans les discours de nos princes. Pour quels résultats ? Faut pas rêver ! », s'exclame le quotidien ouagalais. « Si l'Afrique est courtisée et est devenue le lieu d'une intense guerre géopolitique, c'est que les puissants de ce monde savent que c'est le continent de l'avenir pour sa jeunesse face à des pays anémiés démographiquement, mais aussi pour ses richesses en sous-sol. Ce sera donc le lieu de tenir des postures de fermeté, estime Aujourd'hui, face aux grands de ce monde dont les règles de coopération suivent le curseur de leurs intérêts : "dis-moi quelles richesses sont enfouies dans ton sous-sol et je te dirai quel genre de partenariat nous ferons". Les discours des Africains devront être de cette tonalité : "Respectez-nous et traitons d'égal à égal" ». Le beau discours de Guterres… C'était le sens d'ailleurs de l'intervention du secrétaire général de l'ONU lors du récent forum Unstoppable Africa 2026 à New York : « Antonio Guterres en effet a appelé à un changement de modèle dans les relations économiques avec l'Afrique, relève Afrik.com. (…) "Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l'Afrique", a-t-il déclaré devant des responsables politiques, investisseurs et dirigeants d'entreprises. Le secrétaire général de l'ONU a plaidé pour davantage de transformation locale des ressources, d'investissements et de partenariats. Objectif : permettre au continent de conserver une plus grande part de la valeur créée. Antonio Guterres a ainsi souligné l'importance croissante de l'Afrique dans l'économie mondiale, relève encore Afrik.com. Il a notamment cité un marché évalué à environ 3 000 milliards de dollars, ainsi que la présence de l'Afrique sur près de 30 % des ressources minérales mondiales et environ 60 % du potentiel solaire de la planète. Le secrétaire général de l'ONU a également mis en avant la progression de la population active africaine, qui constitue l'un des principaux moteurs démographiques de la prochaine période ». Mieux se faire entendre… Voilà pour les paroles, reste à passer aux actes… C'était le sens, remarque le site Africa News, du discours du président kenyan William Ruto, qui a appelé, en marge du sommet onusien, à « repenser les partenariats internationaux avec l'Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent : "la question, a-t-il dit, n'est plus seulement de savoir combien d'argent nos partenaires peuvent apporter à l'Afrique. La vraie question, c'est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l'Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international" ». Déjà, un premier pas serait que l'Afrique puisse mieux se faire entendre… En effet, rappelle le site marocain Atalayar : « Paradoxe du multilatéralisme contemporain : l'Afrique concentre plus de 60 % des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l'ONU, mais ne dispose d'aucun siège permanent au sein de son instance décisionnelle ». Et depuis des années, l'Union africaine réclame « au moins deux sièges permanents dotés de toutes les prérogatives — y compris le droit de veto — ainsi que de cinq sièges non permanents ». Et pour l'instant, rien n'a bougé.
C'est un Antonio Guterres sombre et alarmiste qui est apparu, à New York mardi 22 septembre, pour son dernier discours à la tribune de l'ONU. Après dix années passées à la tête des Nations unies, le secrétaire général a mis en garde contre la pollution de l'atmosphère et les dangers de l'intelligence artificielle. Mais quel est son bilan en Afrique ? Mahamat Saleh Annadif, tour à tour ministre des Affaires étrangères du Tchad et représentant spécial de l'ONU au Mali, répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Il est de bon ton de dire qu'Antonio Guterres a échoué dans sa mission de ramener la paix dans le monde. Est-ce que c'est vrai pour l'Afrique ? Mahamat Saleh Annadif : Moi je crois que d'abord c'est injuste de dire que Guterres a échoué. Et je voudrais profiter de votre micro d'abord pour rendre hommage à une personnalité humaniste exemplaire, qui a été toujours aux côtés des causes justes. Et depuis qu'il est à la tête des Nations Unies, vous avez vu qu'il était toujours du côté des Africains, il était toujours du côté des femmes et vous l'avez vu en mars 2024 à la frontière Égypte-Gaza, auprès des enfants de Gaza. Donc, c'est quelqu'un d'une personnalité exceptionnelle. D'autres exemples parlant des femmes, pour la première fois, c'est avec Guterres qu'on a connu des femmes africaines à la tête de missions de paix. Vous avez notre Bintou Keita qui a été cheffe de mission de paix en RDC. Vous avez Valentine Rugwabiza qui est cheffe du maintien de la paix en RCA. C'est autant de choses qui sont à mettre au crédit du secrétaire général Guterres. Maintenant, pour ce qui est de la paix, la Charte des Nations Unies donne la responsabilité de la paix dans le monde aux membres du Conseil de sécurité des Nations Unies et surtout aux cinq membres permanents détenteurs du droit de veto. Le secrétaire général, il ne vote pas et il ne dispose pas de troupes. Je peux considérer qu'il est chef d'orchestre parce qu'il harmonise, il oriente, il coordonne les travaux du Conseil de sécurité. Et si je continue, je peux l'appeler comme un chef d'orchestre, sans baguette rigide, face à des musiciens qui déclarent toujours leur souveraineté, des musiciens souverains. Et donc les règles d'engagement, les financements des opérations de maintien de la paix dépendent des membres du Conseil de sécurité. Et malgré tout, les forces de maintien de la paix des Nations unies ont fait du travail. Et je ne peux pas du tout dire que Guterres a échoué. Au contraire, il a fait ce qu'il peut. Mais s'il y a un échec, il doit incomber aux membres du Conseil de sécurité et non au Secrétaire général des Nations unies. En 2023, le Mali a exigé le retrait de la Minusma, car il estimait que le bilan de cette mission de l'ONU était inadapté aux défis sécuritaires du pays. Qu'est-ce que vous en pensez ? Malheureusement, le constat aujourd'hui, c'est que l'insécurité s'aggrave. Les gens continuent à mourir. Il faut souhaiter, il faut espérer que la paix revienne dans ce pays que j'ai tant aimé. Alors, quelques mois avant le retrait de la Minusma, les Maliens avaient déjà expulsé Guillaume Ngefa, le chef droits de l'homme de cette mission de l'ONU. Est-ce que les autorités maliennes n'ont pas expulsé les Casques bleus tout simplement pour qu'il n'y ait plus de témoins de leurs éventuelles exactions contre les populations civiles ? C'est sûr que les missions de paix dans les pays défendent un certain nombre de valeurs, parmi lesquelles la question des droits de l'homme. Et souvent, dans les difficultés auxquelles on a eu à faire face, on constate que les pays parlent souvent de leur souveraineté, parlent d'ingérence. Et j'ai toujours dit à nos amis africains que, tant qu'on ne consolide pas le front intérieur, tant qu'on ne consolide pas la paix, l'ingérence extérieure va toujours être là. Et donc il faut en tenir compte. Je dirai tout simplement que la Minusma a fait du bon travail. Malheureusement, ça s'est mal terminé et je souhaite que la paix revienne au Mali. Pour la succession d'Antonio Guterres, qui vous paraît le mieux placé pour le 1ᵉʳ janvier prochain ? Nous sommes à notre troisième scrutin indicatif et jusque-là, ce qui se dégage, c'est que ce sont les femmes qui arrivent en tête de ces votes. Est ce qu'on ira vers l'élection d'une femme ? Est-ce que si le quatrième, cinquième vote indicatif ne donnent pas de résultats, est-ce que tout va être remis à zéro et est-ce qu'on va faire appel à d'autres candidats ? Tout ça, c'est entre les mains des membres du Conseil de sécurité et il est difficile de se prononcer à leur place. Est-ce que l'ancien président sénégalais Macky Sall a des chances ou pas ? Il est comme tous les candidats et jusque-là, c'est difficile de dire. Je vois tout simplement que l'ancienne présidente du Chili, elle a retiré sa candidature. Le président Macky Sall est encore sur la liste et il faut attendre, tout simplement. Donc le scrutin n'est pas encore définitivement joué pour une candidate latino-américaine ? Pas du tout. À ce stade, vraiment, il n'y a pas du tout de certitudes. Parce que, quand on compare ce scrutin aux anciennes élections où, dès le troisième vote, en général, il y avait une tendance qui se dégageait, ce n'est pas le cas pour le moment. Et donc les deux candidats africains, l'Ougandais Olara Otunnu et le Sénégalais Macky Sall, ne sont pas encore hors-jeu ? Pas du tout. Une élection n'est jamais gagnée à l'avance et il faut suivre et puis voir un peu quelle en sera l'issue. À lire aussiAssemblée générale de l'ONU: dans son discours d'adieu, Antonio Guterres prône un Conseil de sécurité ouvert à l'Afrique
Pionnier, dissident, migrant, psychanalyste… Alhassane Chérif a eu mille vies en une seule.Fils de Chérif né en Guinée, il apprend à lire sans aller à l'école, échappe à la prison militaire après des grèves scolaires, puis s'embarque dans la cale d'un bateau direction la France. Sans passeport mais armé d'une soif d'apprendre inébranlable, il devient l'un des précurseurs de l'ethnopsychiatrie à Paris avant de faire un choix audacieux : tout quitter pour introduire la psychologie moderne dans son pays d'origine.Dans cette interview, il livre un témoignage d'une rareté absolue sur :Son enfance sous le statut sacré de "Chérif" et les vérités complexes de la polygamie. La traversée clandestine vers l'Europe et son arrivée dans la France des années 60-70. Son analyse psychanalytique cash du racisme moderne et des fractures politiques. Comment il a soigné les traumatismes invisibles des épidémies d'Ebola et de Covid-19 en Afrique. Un récit brut sur l'art de bâtir son propre destin, le courage d'être utile et la liberté d'un homme qui refuse qu'on lui dicte sa place.Soutenez ce podcast http://supporter.acast.com/les-deviations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour écouter l'émission en une fois, avec les bonus, pour 2€ par mois, c'est ici : https://m.audiomeans.fr/s/S-tavkjvmo 5/6 - Pourquoi le SAS est devenu une légende ?En 1941, au cœur de la guerre du désert, une poignée d'hommes tente une expérience militaire presque insensée : être parachutée derrière les lignes ennemies, saboter les aérodromes de l'Axe et disparaître avant que les Allemands et les Italiens comprennent ce qui vient de se passer.Leur première opération est pourtant un désastre. Des hommes sont tués, blessés ou capturés, le matériel est dispersé et presque aucun objectif n'est atteint. Pour beaucoup d'unités, l'histoire se serait arrêtée là.Pas pour le SAS.Son fondateur, David Stirling, comprend que le problème ne vient pas de son idée, mais de la méthode. Avec l'aide de Jock Lewes, de Paddy Mayne et du Long Range Desert Group, il transforme alors le désert en immense terrain d'expérimentation. Finis les parachutages hasardeux : les SAS traversent désormais les lignes ennemies en véhicules, approchent les aérodromes de nuit, posent leurs explosifs puis disparaissent dans l'obscurité.Les résultats deviennent spectaculaires.Des dizaines d'avions sont détruits au sol. Les raids se multiplient. Paddy Mayne et Stirling commencent même à tenir, non sans humour, une sorte de compétition sur le nombre d'appareils détruits. Puis apparaissent les Jeeps lourdement armées, capables de foncer directement sur les aérodromes ennemis en mitraillant les avions alignés.En quelques mois, une petite unité expérimentale devient une menace suffisamment sérieuse pour obliger l'ennemi à renforcer la protection de ses arrières.Mais derrière les exploits se dessine surtout une révolution militaire : quelques hommes bien choisis, capables d'initiative et d'improvisation, peuvent produire des effets disproportionnés par rapport à leur nombre.C'est dans le désert que naissent alors les principes, les hommes et les symboles qui feront du SAS bien davantage qu'une simple unité de commandos.Une légende commence à se construire...Dans l'épisode 2, réservé aux abonnés Premium, nous revenons sur la personnalité de Paddy Mayne, et sur les avancées du SAS en Sicile, en Italie, puis en France et en Allemagne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aux États-Unis, depuis janvier 2025, au moins 25 000 personnes ont été expulsées. Expulsées vers des pays qui ne sont pas les leurs, où elles n'ont ni famille ni repères. Par centaines, elles ont notamment été envoyées en Afrique, dans douze pays qui ont conclu des accords avec les États-Unis pour les accueillir. Que deviennent ces personnes expulsées, une fois arrivées sur le continent africain ? Pendant plusieurs mois, RFI a enquêté au sein d'un consortium de 25 médias internationaux coordonné par Forbidden Stories, et suivi le parcours de plusieurs d'entre elles. Certaines bloquées dans un pays étranger, sans statut ni perspective. D'autres finalement renvoyées, indirectement dans leur pays avec, à la clé, les dangers qu'elles avaient fuis. « Les naufragés de la machine à expulser de Donald Trump », un Grand reportage de Florence Morice.
Selon l'OMS, environ 55 millions de personnes seraient atteintes de démence dans le monde, dont 60 à 70% des cas sont attribués à la maladie d'Alzheimer. Cette pathologie neurodégénérative affecte principalement les personnes âgées et peut entrainer des troubles de la mémoire, du comportement ou encore du langage. Quels sont les premiers signes de la maladie d'Alzheimer ? Quels sont les facteurs de risques ? Comment prévenir la maladie ? Quelles sont les dernières avancées dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer ? Le 21 septembre, c'est la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. Cette maladie neurodégénérative - la plus fréquente- survient, le plus souvent après 65 ans. Son caractère progressif et la variété des troubles induits (altération de la mémoire, de l'attention, des émotions et à terme du langage et des fonctions vitales) retardent souvent son diagnostic. Ces troubles impactent fortement la qualité de vie et l'autonomie du patient, en sollicitant considérablement l'entourage. Aujourd'hui, dans un pays comme la France, 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d'Alzheimer ou une autre démence impliquant un déclin cognitif. Chaque année, 225 000 nouveaux cas d'Alzheimer sont diagnostiqués, un chiffre qui pourrait doubler d'ici 2050, toujours d'après l'Inserm. Médecins et chercheurs travaillent à mieux comprendre la maladie : cerner les facteurs qui pourraient favoriser sa survenue, ses conséquences pour les capacités cérébrales, en insistant sur le repérage des signes à un stade précoce. De leur côté, les associations de patients et d'aidants s'emploient à changer le regard sur la maladie d'Alzheimer et imaginer des pistes pour accompagner les patients en proposant des activités adaptées, pour lutter contre l'isolement des malades et l'épuisement de leur entourage. L'OMS-Afrique s'est récemment engagé dans une réflexion pour mettre en place des mesures nationales de lutte contre la maladie d'Alzheimer, dans cette région Afrique, car dans les zones où l'espérance de vie augmente, le grand public comme les soignants de première ligne ne sont pas encore familiarisés avec ces formes de démence liée à l'âge, avec à la clé, un défaut de diagnostic et de prise en charge. Avec : Pr Bruno Dubois, professeur de neurologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, membre de l'Académie nationale de médecine Dr Ubrich Venceslas Acko, médecin interniste, gériatre au CHU d'Angré à Abidjan, en Côte d'Ivoire, et enseignant-chercheur à l'Université Félix Houphouët-Boigny Benoît Durand, directeur délégué de l'association France Alzheimer. Reportage de Raphaëlle Constant. Programmation musicale : ► Hwasa - Good Goodbye ► Victony - SLICK.
Pour écouter l'émission en une fois, avec les bonus, pour 2€ par mois, c'est ici : https://m.audiomeans.fr/s/S-tavkjvmo 4/6 - Pourquoi le SAS est devenu une légende ?En 1941, au cœur de la guerre du désert, une poignée d'hommes tente une expérience militaire presque insensée : être parachutée derrière les lignes ennemies, saboter les aérodromes de l'Axe et disparaître avant que les Allemands et les Italiens comprennent ce qui vient de se passer.Leur première opération est pourtant un désastre. Des hommes sont tués, blessés ou capturés, le matériel est dispersé et presque aucun objectif n'est atteint. Pour beaucoup d'unités, l'histoire se serait arrêtée là.Pas pour le SAS.Son fondateur, David Stirling, comprend que le problème ne vient pas de son idée, mais de la méthode. Avec l'aide de Jock Lewes, de Paddy Mayne et du Long Range Desert Group, il transforme alors le désert en immense terrain d'expérimentation. Finis les parachutages hasardeux : les SAS traversent désormais les lignes ennemies en véhicules, approchent les aérodromes de nuit, posent leurs explosifs puis disparaissent dans l'obscurité.Les résultats deviennent spectaculaires.Des dizaines d'avions sont détruits au sol. Les raids se multiplient. Paddy Mayne et Stirling commencent même à tenir, non sans humour, une sorte de compétition sur le nombre d'appareils détruits. Puis apparaissent les Jeeps lourdement armées, capables de foncer directement sur les aérodromes ennemis en mitraillant les avions alignés.En quelques mois, une petite unité expérimentale devient une menace suffisamment sérieuse pour obliger l'ennemi à renforcer la protection de ses arrières.Mais derrière les exploits se dessine surtout une révolution militaire : quelques hommes bien choisis, capables d'initiative et d'improvisation, peuvent produire des effets disproportionnés par rapport à leur nombre.C'est dans le désert que naissent alors les principes, les hommes et les symboles qui feront du SAS bien davantage qu'une simple unité de commandos.Une légende commence à se construire...Dans l'épisode 2, réservé aux abonnés Premium, nous revenons sur la personnalité de Paddy Mayne, et sur les avancées du SAS en Sicile, en Italie, puis en France et en Allemagne. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.