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Tu n'es pas assez prête. Tu n'as pas assez d'expérience. Les autres sont meilleurs que toi. Ces phrases, tu les as déjà entendues dans ta tête, probablement plus d'une fois.Ce sont tes saboteurs. Des voix intérieures qui prennent mille formes différentes, mais qui ont toutes le même objectif : te ralentir, t'empêcher d'avancer, te maintenir dans l'hésitation plutôt que dans l'action.Dans cet épisode, je te propose une méthode en plusieurs étapes pour reprendre le dessus.D'abord, les identifier. Tant qu'ils restent flous et diffus, ils agissent en coulisses sans que tu t'en rendes vraiment compte. Les mettre en lumière, c'est déjà leur enlever une partie de leur pouvoir.Ensuite, leur donner une identité propre. Une forme, un son, parfois même un prénom. Ça peut sembler étrange, mais ça permet une chose essentielle : détacher le saboteur de toi. Le saboteur n'est pas toi, et tu n'es pas lui.Puis vient le moment de les mettre à distance, en leur parlant directement si besoin, pour reprendre un peu de contrôle sur l'espace qu'ils occupent.Et enfin, passer à l'action malgré eux. Parce que les saboteurs détestent une chose par-dessus tout : l'action. Même un petit pas, même imparfait, suffit à réduire leur emprise.On termine sur un point souvent oublié : la bienveillance envers toi-même. Les saboteurs se nourrissent de ta sévérité, de tes comparaisons, de tes jugements. T'accorder le droit à l'erreur et le temps d'apprendre, c'est une des façons les plus concrètes de leur couper l'herbe sous le pied.Un épisode pour apprendre à reconnaître ce qui te freine, et à agir malgré tout.Florence, coach en évolution et transition professionnelle.▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ Me suivre ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬Retrouvez mes accompagnements de coaching sur mon site internet.Suivez les aventures de JUNKO sur mon compte intagramSuivez l'ensemble de mes activités professionnelles sur mon compte linkedin▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ Me soutenir ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬Si vous avez apprécié cet épisode, n'hésitez pas à :Mettre 5 étoiles sur Spotify et/ou Apple Podcast pour me soutenirVous abonner au podcastLe partager en story Instagram en taguant JUNKO (@junko_coaching)Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 15 décembre 2023.Avec cette semaine :Francis Wolff, philosophe.David Djaïz, entrepreneur, essayiste et ancien secrétaire général du Conseil National de la Refondation.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.L'HUMANISME EN CRISEFrancis Wolff, vous êtes philosophe et professeur émérite à l'École normale supérieure. Qu'est-ce que philosopher ? « Chanter comme un castrat du 18e siècle, dites-vous, avec une voix d'enfant et une technique d'adulte. » Ainsi votre œuvre s'est-elle construite autour des interrogations de l'enfance – « qu'est-ce que ? » ; « pourquoi ? » – et des réponses rigoureuses de la raison philosophique. En reprenant la métaphore de Descartes, vous comparez votre philosophie à un arbre dont les racines seraient votre ontologie, le tronc votre anthropologie et les branches votre éthique, votre politique et votre esthétique.Filons cette métaphore : nous vous invitons afin d'interroger la branche politique de votre arbre, le Plaidoyer pour l'universel que vous avez publié en 2019 et dans lequel vous cherchiez à refonder une idée en crise aujourd'hui : l'humanisme. Cette branche repose sur votre tronc anthropologique – Qu'est-ce que l'homme ? Ou plutôt qu'est-ce qui est propre à l'homme ? Pour vous, ce n'est ni la raison, ni le langage, mais leur union indissociable, ce que vous appelez la « raison dialogique ». Cette définition vous permet de fonder, en raison, une éthique humaniste, universelle, qui repose sur le principe de réciprocité, et dont la traduction politique est l'idéal démocratique avec son accomplissement à l'échelle de l'humanité, l'idéal cosmopolitique.Si ces considérations peuvent sembler abstraites, elles sont en réalité très concrètes, en particulier lorsque vous les utilisez comme critère d'évaluation des valeurs. Vous montrez que sont antihumanistes toutes valeurs fondées sur l'inégalité a priori des humains, comme le racisme ou le nationalisme, ainsi que toute application du principe d'égalité qui trahit le principe de réciprocité, comme l'antispécisme.Pour ce qui est de la guerre au Proche-Orient, fidèle à ce principe de réciprocité, vous espérez que « chaque peuple surmonte un instant sa propre souffrance pour percevoir le peuple ennemi (usurpateur ou assassin) comme susceptible de souffrir lui aussi », et vous défendez la « la seule solution raisonnable et universelle » : deux États dans des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale. Ceci n'est pas contradictoire avec votre utopie cosmopolitique. D'abord parce qu'il s'agit moins d'un but – ce que vous appelez une utopie en acte – que d'un idéal régulateur. Ensuite parce que cet idéal cosmopolitique ressemble davantage à une confédération mondiale de fédérations régionales démocratiques.En 2018, dans une recension de votre ouvrage Trois utopies contemporaines qu'il avait faite pour la fondation Jean Jaurès, David Djaïz avait pointé les risques de dépolitisation que comporte un tel projet et défendait plutôt des États-Nations ouverts sur le monde. Comme lui Nicole Gnesotto et Lionel Zinsou ont beaucoup de questions à vous poser.Mais avant de laisser mes camarades vous interroger et user de leur « raison dialogique », pourriez-vous revenir sur ce concept fondamental, puisque c'est à partir de cette définition de l'homme que s'articule toute votre réflexion sur l'humanisme ?Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:07:30 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - En 1954, dans l'émission "Cent merveilles", Sacha Guitry prête sa voix à Louis Pasteur pour lire une lettre adressée à son ami Jules Vercel, où le savant exprime sa foi en la science et son espoir de vaincre la rage. - équipe : Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, Rafik Zénine, Vincent Abouchar, Emily Vallat, Hassane M'Béchour, INA Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
L'intelligence artificielle a besoin de toujours plus de puissance de calcul. Et derrière cette puissance, il y a une réalité très concrète : des data centers qui consomment des quantités gigantesques d'électricité. Aux États-Unis, leurs besoins deviennent tels que les réseaux traditionnels ne suffisent plus toujours. Les géants du secteur cherchent donc de plus en plus à produire eux-mêmes leur énergie. La solution privilégiée aujourd'hui est souvent le gaz naturel. Il permet de construire relativement vite des centrales capables de fournir une puissance importante et continue. Amazon, par exemple, développe au Texas un immense projet reposant en partie sur cette logique. Mais ce choix pourrait devenir beaucoup moins avantageux dans les prochaines années.La société Noreva, spécialisée dans l'analyse du secteur énergétique, estime que le prix du gaz naturel pourrait tripler dans certaines régions des États-Unis. Plusieurs facteurs expliqueraient cette tension. D'abord, la croissance de l'offre ralentit. Ensuite, une part croissante du gaz américain est transformée en gaz naturel liquéfié, ou GNL, puis exportée vers l'étranger. Résultat : le marché intérieur pourrait devenir beaucoup plus tendu qu'auparavant. Peter Gardett, le patron de Noreva, estime que de nombreux acteurs se sont habitués à l'idée que le gaz américain resterait durablement bon marché. Selon lui, un simple examen de l'équilibre entre production et demande montre pourtant que cette certitude devient de moins en moins solide.Ce risque arrive au mauvais moment pour l'industrie de l'intelligence artificielle. Depuis l'explosion des modèles génératifs, les investissements dans les data centers se comptent en dizaines de milliards de dollars. Leur rentabilité repose en partie sur l'accès à une énergie abondante, stable et peu coûteuse. Or, si le gaz devient nettement plus cher, l'équation économique pourrait se compliquer. D'autant que, selon TechCrunch, les nouveaux puits sont parfois moins rentables que les précédents, ce qui pourrait limiter encore davantage la croissance de la production. La question n'est donc plus seulement de savoir comment construire assez vite des centres de données. Elle devient aussi énergétique : sur quelle ressource faut-il miser pour les alimenter durablement ? Car une IA toujours plus puissante ne sera viable que si l'électricité nécessaire à son fonctionnement reste, elle aussi, économiquement soutenable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au Vietnam, près de 70 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, un volume appelé à augmenter dans un pays en pleine croissance. Alors que le tri à la source reste peu développé, une grande partie de ces déchets est enfouie ou incinérée. Dans cet écosystème, les « đồng nát », les récupérateurs de matériaux autonomes, jouent un rôle essentiel. Le secteur informel collecte plus de 30% des plastiques recyclables du pays. Indispensables au système, ces travailleurs exercent pourtant le plus souvent sans contrat ni véritable protection sociale. De notre correspondant à Hanoï À moto, à vélo ou à pied, les collecteurs s'activent pour racheter aux habitants ou récupérer dans les poubelles le plastique, le carton et la ferraille. Masque intégral sur le visage, gants remontés sur les manches de sa chemise à motifs fleuris, Phuong, 40 ans, tire une benne montée sur deux roues. Originaire d'une zone rurale, elle travaille à son compte depuis 20 ans. « Je travaille entre huit et dix heures par jour. Je collecte des objets et des matériaux usagés afin qu'ils soient recyclés, puis je les revends à des dépôts qui les achètent au poids. Je gagne environ sept à huit millions de dôngs par mois [250 euros] », déclare-t-elle. Faute de pension ou de revenus suffisants, de nombreuses personnes âgées participent aussi à ce système de collecte informel. Huyên, 78 ans, arpente les rues du centre-ville, le dos scié par deux sacs débordant de plastique et de métaux en tout genre. « Cela me permet de gagner quelques sous, même si ce n'est vraiment pas grand-chose. Et cela rend l'environnement plus propre. En me voyant ramasser ainsi, les gens peuvent penser que je suis pauvre ou que je souffre de la faim, mais en réalité, ce n'est pas le cas », affirme Huyên. La grand-mère rejoint un hangar d'où elle revend son plastique entre 3 000 et 4 000 dôngs le kilo, une dizaine de centimes. De ces dépôts, tenus par des particuliers, les matériaux repartent en camion vers des villages spécialisés. À Xà Cầu, à une heure de Hanoï, le plastique est trié, lavé et broyé avant d'être vendu à des entreprises de recyclage. Des montagnes de déchets s'élèvent jusqu'aux toits. Chi supervise l'un des hangars. Des travailleurs précaires sans protection sociale « Nous trions les différentes catégories de plastique. Nous effectuons seulement un pré-traitement, pas le recyclage. Nous les lavons, les broyons pour qu'ils prennent moins de place, puis nous les classons. Après cela, nous les vendons au poids à des entreprises », raconte Chi. La sexagénaire travaille sans masque alors qu'une odeur de produits ménagers se mêle à celle du crottin. Ces travailleurs exercent souvent sans contrat et avec une protection sociale limitée. En face, une mère de famille travaille avec son jeune fils, en vacances scolaires. « Ici, on trie les différentes sortes de plastiques. Par exemple, ces bouteilles de Coca-Cola sont mises à part. Ensuite, on les sépare : le plastique souple, le plastique rigide, le plastique cassant. Il y a toutes sortes de catégories », explique-t-elle. Ces dernières années, les autorités ont affiché leur volonté d'intégrer progressivement ces travailleurs à un système mieux encadré. D'ici au début de 2027, 5 500 travailleurs informels du nord du pays devraient recevoir des formations et des équipements de protection. Le projet doit permettre de collecter et de traiter plus proprement 20 000 tonnes de déchets plastiques. À lire aussiVietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation
Au Vietnam, près de 70 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, un volume appelé à augmenter dans un pays en pleine croissance. Alors que le tri à la source reste peu développé, une grande partie de ces déchets est enfouie ou incinérée. Dans cet écosystème, les « đồng nát », les récupérateurs de matériaux autonomes, jouent un rôle essentiel. Le secteur informel collecte plus de 30% des plastiques recyclables du pays. Indispensables au système, ces travailleurs exercent pourtant le plus souvent sans contrat ni véritable protection sociale. De notre correspondant à Hanoï À moto, à vélo ou à pied, les collecteurs s'activent pour racheter aux habitants ou récupérer dans les poubelles le plastique, le carton et la ferraille. Masque intégral sur le visage, gants remontés sur les manches de sa chemise à motifs fleuris, Phuong, 40 ans, tire une benne montée sur deux roues. Originaire d'une zone rurale, elle travaille à son compte depuis 20 ans. « Je travaille entre huit et dix heures par jour. Je collecte des objets et des matériaux usagés afin qu'ils soient recyclés, puis je les revends à des dépôts qui les achètent au poids. Je gagne environ sept à huit millions de dôngs par mois [250 euros] », déclare-t-elle. Faute de pension ou de revenus suffisants, de nombreuses personnes âgées participent aussi à ce système de collecte informel. Huyên, 78 ans, arpente les rues du centre-ville, le dos scié par deux sacs débordant de plastique et de métaux en tout genre. « Cela me permet de gagner quelques sous, même si ce n'est vraiment pas grand-chose. Et cela rend l'environnement plus propre. En me voyant ramasser ainsi, les gens peuvent penser que je suis pauvre ou que je souffre de la faim, mais en réalité, ce n'est pas le cas », affirme Huyên. La grand-mère rejoint un hangar d'où elle revend son plastique entre 3 000 et 4 000 dôngs le kilo, une dizaine de centimes. De ces dépôts, tenus par des particuliers, les matériaux repartent en camion vers des villages spécialisés. À Xà Cầu, à une heure de Hanoï, le plastique est trié, lavé et broyé avant d'être vendu à des entreprises de recyclage. Des montagnes de déchets s'élèvent jusqu'aux toits. Chi supervise l'un des hangars. Des travailleurs précaires sans protection sociale « Nous trions les différentes catégories de plastique. Nous effectuons seulement un pré-traitement, pas le recyclage. Nous les lavons, les broyons pour qu'ils prennent moins de place, puis nous les classons. Après cela, nous les vendons au poids à des entreprises », raconte Chi. La sexagénaire travaille sans masque alors qu'une odeur de produits ménagers se mêle à celle du crottin. Ces travailleurs exercent souvent sans contrat et avec une protection sociale limitée. En face, une mère de famille travaille avec son jeune fils, en vacances scolaires. « Ici, on trie les différentes sortes de plastiques. Par exemple, ces bouteilles de Coca-Cola sont mises à part. Ensuite, on les sépare : le plastique souple, le plastique rigide, le plastique cassant. Il y a toutes sortes de catégories », explique-t-elle. Ces dernières années, les autorités ont affiché leur volonté d'intégrer progressivement ces travailleurs à un système mieux encadré. D'ici au début de 2027, 5 500 travailleurs informels du nord du pays devraient recevoir des formations et des équipements de protection. Le projet doit permettre de collecter et de traiter plus proprement 20 000 tonnes de déchets plastiques. À lire aussiVietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation
Comme toujours, nous commencerons notre émission par un tour d'horizon de l'actualité. Notre premier sujet de discussion sera la condamnation à mort prononcée à l'encontre de l'ancien président Bachar al-Assad pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ensuite, nous parlerons de l'attitude de défi qu'a eue le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou envers le président américain Donald Trump. Netanyahou a publiquement et sans équivoque rejeté le plan de paix pour Gaza en 15 points de Trump. Notre sujet suivant porte sur la décision du ministère danois de l'Éducation de lutter contre l'augmentation de l'utilisation de l'IA pour tricher. Désormais, les lycéens devront présenter à l'oral leurs devoirs écrits. Et pour finir, nous parlerons de la réouverture du célèbre restaurant danois Noma. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : The Use of the Subjunctive with Certain Phrases and Expressions. Nous parlerons de l'expérimentation d'un nouveau panneau de signalisation routière, lancée par le ministère de l'Intérieur dans le nord-est de la France. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Mi-figue, mi-raisin. En raison des fortes chaleurs, les vendanges ont déjà commencé dans certaines régions françaises, battant un nouveau record de précocité. Nous verrons que les vignerons estiment que la récolte sera faible en quantité, mais bonne en qualité. - La Syrie condamne Bachar al-Assad par contumace à la peine de mort pour crimes de guerre - Netanyahou préfère défier Trump sur la question de Gaza plutôt que de perdre le soutien de sa base électorale - Le Danemark va exiger des lycéens qu'ils présentent leurs examens écrits à l'oral - L'un des restaurants les plus célèbres au monde rouvre ses portes, mais avec une nouvelle direction - Le ministère de l'Intérieur accepte d'expérimenter une nouvelle signalisation routière - Les vendanges de certaines régions ont déjà commencé, battant des records de précocité
Au Québec, province francophone du Canada, ils sont plus de 160 000 aujourd'hui à pouvoir retracer leurs origines jusqu'aux Caraïbes et à la République d'Haïti. L'immigration haïtienne au Québec est ancienne. Entretien avec Samuel Pierre, professeur titulaire à Polytechnique Montréal, auteur du livre Ces Québécois venus d'Haïti. RFI : À quand remontent les premiers mouvements d'Haïtiens en direction du Québec ? Samuel Pierre :Tout a commencé vers les années 1930, quelques Haïtiens venaient au Québec pour faire des études avec dans l'esprit de se former et ensuite de retourner au pays, mettre leurs compétences au service du pays. Et puis à partir de 1957, avec l'arrivée au pouvoir de François Duvalier, le président dictateur, de plus en plus d'intellectuels, se sentant menacés, ont choisi de se rendre au Québec et ailleurs. Ils espéraient revenir une fois la tempête passée mais ce ne fut pas le cas puisque la dictature a duré jusqu'en 1985. Entre-temps, il s'est constitué une diaspora haïtienne qui a été alimentée par vagues successives au fur et à mesure que la répression a sévi au pays. Ces Haïtiens ont investi et se sont investis au Québec. Est-ce que ces différentes vagues d'immigration correspondent à différents profils sociologiques professionnels ? Cette deuxième vague d'immigration qui a fui les Duvalier était essentiellement constituée d'intellectuels : des médecins, des ingénieurs, des infirmières, des avocats et beaucoup d'éducateurs. On a vu des promotions entières de personnes venant de l'École normale supérieure qui prenaient l'avion d'Haïti pour venir s'installer au Québec. C'était la période des indépendances et beaucoup ont aussi pris la direction de l'Afrique : dans ce qu'on appelait alors le Zaïre, au Sénégal, au Bénin, il y avait un peu partout des Haïtiens qui étaient partis pour prêter main-forte. Ensuite, à partir du début des années 1970, une nouvelle vague d'immigrés haïtiens est arrivée au Québec. Cette fois elle n'était pas seulement constituée d'intellectuels et de professionnels de haut niveau, mais d'un peu tout le monde. Les Haïtiens fuyaient la dictature mais ils partaient surtout pour des raisons économiques. Ensuite il y a eu une troisième vague au moment du tremblement de terre de 2010 et aujourd'hui, on voit arriver des personnes qui ne peuvent pas vivre en Haïti pour des raisons de sécurité, et ils sont de toutes les couches sociales. Qu'est-ce qui explique ces liens aussi forts entre Haïti et le Québec ? D'abord, nous sommes liés par la langue, le Québec étant une province francophone comme Haïti. Ensuite, la religion a joué un rôle en arrière-plan. Quand l'Église catholique a commencé à perdre pied au Québec dans les années 1960, de nombreux religieux, des prêtres, des sœurs et des frères se sont tournés vers Haïti pour renforcer le système éducatif. Cela a permis d'établir des liens entre Haïti et le Québec. Et puis avec le temps des liens d'amitié se sont établis entre les deux peuples. Vous expliquez aussi que les Haïtiens ont largement contribué à ce qu'on a appelé « la révolution tranquille », la transformation et la modernisation du Québec dans les années 1960. Oui, la Révolution tranquille a énormément bénéficié de la présence d'enseignants haïtiens à un moment où ils n'avaient pas les capacités humaines de former la population. En formant les personnes, en permettant qu'il y ait plus d'écoles qui se créent dans toutes les régions, les Haïtiens se sont retrouvés en première ligne de cette révolution. Cela a créé une force économique parce que les personnes devenaient plus formées, donc plus aptes à transformer l'économie québécoise. Nous avons fait exactement la même chose dans le domaine de la santé. Le Québec avait besoin de médecins, et ça prend du temps et de l'argent pour les former, or il y en avait tout formé qui sont venus d'Haïti et qui ont aidé à démarrer la machine. Cette intégration n'a pas été sans heurts. En 1982, il y a eu ce qu'on a appelé « l'affaire des taxis haïtiens » : sous prétexte d'améliorer la qualité du service, l'aéroport de Dorval à Montréal impose aux chauffeurs de taxis qui y exercent de s'acquitter d'un permis de 1 200 dollars canadiens par an. Résultat, alors que 90 % des chauffeurs de taxis étaient noirs (et pour beaucoup Haïtiens), ils ne sont plus que 3 % après cette mesure… D'abord, c'est une industrie où les Haïtiens étaient très présents. Nous sommes dans une société multiethnique, donc ça ne s'est pas fait sans tensions. Souvent avec les structures étatiques et d'autres fois avec la société en elle-même. Mais ils ont profité de cette situation malheureuse pour s'organiser en syndicats et en regroupements d'associations de chauffeurs de taxis pour faire face. Et dans la plupart des cas, ils ont eu gain de cause. Il y a eu des transformations positives dans ce secteur grâce à leur intervention. Et ça aussi, c'est une contribution à la société. Plus près de nous, la diaspora haïtienne a aussi joué un rôle clé pendant la pandémie de Covid-19… Oui, beaucoup d'Haïtiens qui étaient venus, quelquefois même illégalement au Canada et au Québec étaient en première ligne pour protéger, voire participer au traitement des personnes victimes de Covid au Québec. À un moment où des personnes mourraient dans la société, où tout le monde avait peur d'abord d'être en contact avec des personnes atteintes de Covid ces Haïtiens ont risqué leur vie pour leur communauté d'accueil. D'une certaine manière, ils ont été récompensés par le gouvernement du Québec en légalisant leur situation. Comment qualifieriez-vous la place de la communauté haïtienne dans la société et l'économie du Québec contemporain ? On les retrouve dans toutes les sphères d'activités économiques. Certains ont monté des petits commerces, d'autres des cabinets de médecins. Pour faire face aux difficultés d'accès au marché du travail, beaucoup ont créé leur propre entreprise. Mais ce n'est pas à sens unique. Il y a des personnes qui sont au Québec mais qui investissent aussi en Haïti dans l'éducation, la santé et le développement économique.
Voici le segment Point de contact - un chronique reliée à la technologie et à la «business» du baseball avec Jean Michel Arseneau - tirée de l'édition du 10 août 2026 du balado Compte complet avec Alain Usereau et Marc Griffin.Dans cet épisode, Jean Michel nous parle du baseball féminin en effervescence avec les debut de la WPBL à Springfield en Illinois. Ensuite, s'en va-t-on vers un stade olympique axé sur le soccer et non le baseball ?Merci à notre partenaire principal, Plan de match.Pour regarder ou écouter ce balado dans son entièreté, consultez le site web www.comptecomplet.com.#comptecomplet #balado #pointdecontact #baseball #alainusereau #marcgriffin #jeanmichelarseneau #technologie #business
De nouveaux combats ont eu lieu début août dans l'ouest du Tigré, à la frontière avec le Soudan. Il s'agit des deuxièmes affrontements signalés entre les forces fédérales éthiopiennes et les forces tigréennes depuis le début de l'année. Alors que le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont multiplié les déclarations de plus en plus hostiles ces derniers mois, faut-il craindre une reprise du conflit entre Addis-Abeba et le Tigré ? Réponses avec René Lefort, chercheur spécialiste de l'Éthiopie. RFI : Il y a eu de nouveaux combats le samedi 1ᵉʳ août au Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, entre l'armée fédérale et le Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. Que s'est-il passé exactement ? Est-ce que c'est le début d'une nouvelle guerre au Tigré ? René Lefort : Ce qui s'est réellement passé là-bas reste largement mystérieux. On sait simplement qu'il y a eu des combats qui ont commencé un matin et qui ont fini dans l'après-midi, qui ont impliqué des drones, de l'aviation et de l'artillerie. Maintenant, le problème numéro un, c'est qu'Addis-Abeba est totalement mutique, n'a pas dit un mot sur ces affrontements. Donc, tout ce que l'on sait vient du Front populaire de libération du Tigré. Alors, bien sûr, le Front populaire du Tigré a expliqué que c'est une immense victoire, qu'il avait écrasé l'ennemi qu'il avait attaqué. Quelle a été réellement l'ampleur des combats ? On ne le sait pas. Quelles étaient les forces impliquées dans ces combats ? Il n'y a pas de troupes régulières tigréennes dans cette partie du pays. Elles sont à 100 kilomètres plus à l'est. Ceux qui seraient intervenus seraient ce qu'on appelle l'armée 70, c'est-à-dire une armée affiliée aux Tigréens qui s'est constituée au Soudan à partir de soldats tigréens qui, lors des combats de 2020, ont fui au Soudan, etc. D'un côté, il y aurait donc cette armée 70. De l'autre, il y aurait l'armée fédérale. Pourquoi ont-ils éclaté précisément dans le Tigré occidental ? En 1991, lorsque les Tigréens sont arrivés au pouvoir, ils ont donc décidé que le Tigré de l'Ouest serait Tigréen. C'est d'une très grande importance parce que cette région-là est une région extrêmement riche du point de vue agricole, en particulier pour la production du sésame que l'Éthiopie exporte largement. Lorsque la guerre s'est déclenchée en 2020, une des toutes premières choses que les forces fédérales ont faite, c'est d'annexer de facto l'Ouest tigréen et d'y procéder à une véritable épuration ethnique. Depuis ce moment-là, le million de réfugiés tigréens qui sont partis de l'Ouest du Tigré reste dans des camps de réfugiés au Tigré même. Est-ce que les deux camps ont les moyens militaires et politiques de reprendre une guerre d'ampleur aujourd'hui ? D'un côté, les forces fédérales sont complètement saturées parce qu'elles font face à des guerres internes à l'Éthiopie. L'État a perdu le contrôle de pans entiers de son territoire avec une insécurité grandissante partout. Ensuite, le moral au sein des forces fédérales serait extrêmement bas. Les désertions sont massives et lorsqu'il y a des combats, il semblerait que les troupes fédérales ne se battent pratiquement pas, se rendent ou s'en vont. De l'autre côté, la situation dominante au Tigré est celle de l'épuisement. Il faut rappeler que la guerre de 2020-2022 a fait 600 000 morts. S'y ajoute surtout un blocus terrible. C'est-à-dire que l'essence, il n'y en avait pratiquement plus. Les médicaments, il n'y en avait pratiquement plus. L'argent n'arrive plus parce que les fonctionnaires ne sont plus payés depuis l'automne. La population, elle-même, ne veut plus entendre parler d'une guerre. Elle aspire en tout et pour tout à enfin retrouver la paix. Cette aspiration à la paix est tellement forte qu'il y a une désertion massive des jeunes tigréens pour échapper à la conscription. Quels sont les objectifs du TPLF ? Qu'aurait-il à gagner avec une guerre contre le gouvernement ? Je pense que si le TPLF se lance dans une guerre, c'est qu'il estime que toute discussion avec le pouvoir d'Addis-Abeba est impossible ou ne mènera à rien, et qu'il n'a donc pas d'autre solution que la guerre pour arriver à lever ce blocus, tout simplement d'au moins que les biens et l'argent arrivent au Tigré. Addis-Abeba accuse le TPLF de se rapprocher de l'Érythrée. Que sait-on réellement de ce rapprochement ? Les Tigréens le présentent comme des relations seulement de peuple à peuple et sans vraiment de dimension officielle. C'est absolument faux. Leurs dirigeants se rencontrent régulièrement et donc discutent de cette coopération entre l'Érythrée depuis qu'Issayas Afewerki est au pouvoir. Ça veut dire presque 40 ans de jouer le rôle de parrain dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique. En même temps, aujourd'hui, l'Érythrée sort de son ghetto. Il y a eu une rencontre entre Massad Boulos, l'envoyé spécial de Trump pour l'Afrique et les pays arabes qui a rencontré Issayas Afewerki. Il est clair qu'il y a là quelque chose qui se passe. Peut-on parler d'un risque de régionalisation du conflit avec le Soudan ? Il y a deux blocs qui se sont constitués. Un premier bloc comprend l'Égypte, essentiellement parce qu'elle est en bagarre depuis des années avec l'Éthiopie à propos du grand barrage de la Renaissance, dont elle estime qu'il risque de la priver de l'eau du Nil, qui pour l'Égypte est vitale. Donc un bloc qui comprend Égypte, Érythrée, Soudan, Al-Burhan du Soudan, et l'Arabie Saoudite, d'un côté, plus les guérillas du Tigré, de la région Amhara et de l'Oromia. L'autre camp consiste essentiellement en l'Éthiopie et les Émirats arabes unis, qui maintenant sont des soutiens presque déterminants de l'Éthiopie, en particulier depuis la guerre de 2020, les Forces de soutien rapides (FSR) et le Sud-Soudan. On assiste donc à une véritable polarisation régionale des conflits et, de fil en aiguille, la constitution d'alliances selon le vieux principe « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Pour terminer, qu'est-ce qui pourrait aujourd'hui empêcher une nouvelle guerre ? Ce qui pourrait empêcher la guerre, c'est tout simplement la raison. Il est sûr et certain qu'une guerre entre le Tigré et Addis-Abeba, de fil en aiguille, s'étendrait à l'ensemble de la Corne étant donné le jeu des alliances, et serait absolument dévastatrice pour tout le monde. Donc on peut espérer que la raison prévaudra. Jusqu'à maintenant, en tous les cas, elle a prévalu. Le deuxième facteur qui pourrait empêcher cette guerre, c'est la pression extérieure. Or, la pression extérieure des États-Unis, surtout de l'Union européenne un peu, est très claire, surtout pas de guerre. L'Éthiopie a absolument besoin de l'aide internationale pour survivre économiquement. Cette aide nationale vient principalement aujourd'hui du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Or, l'influence des États-Unis dans ces deux institutions est telle que, s'ils le veulent, ils pourraient freiner ou bloquer l'aide de ces institutions à l'Éthiopie. Et ça, ça serait un coup irréparable pour l'Éthiopie. À lire aussiÉthiopie: reprise des combats entre l'armée et les rebelles tigréens
La guerre a toujours eu ses soldats de fortune. Ce qui change, c'est l'échelle : la force armée est devenue un service qui s'achète, se vend et se cote, au point de constituer l'un des marchés les plus dynamiques — et les plus opaques — de l'économie mondiale de la sécurité.Ce supplément d'été explore cette industrie de l'ombre en quatre temps. D'abord la Russie, qui a fait du mercenariat un instrument d'État : après la mutinerie et la mort d'Evgueni Prigojine, le Kremlin a absorbé l'empire Wagner dans l'Africa Corps, bras armé officiel de son influence au Sahel. Le départ du groupe du Mali en juin 2025, puis les revers subis face aux offensives djihadistes du printemps 2026, racontent la puissance et les limites de ce modèle.Ensuite le marché mondial, dont les estimations oscillent entre 250 et 300 milliards de dollars : consolidation des héritiers de Blackwater, percée des sociétés chinoises sur les nouvelles routes de la soie, et retour fracassant d'Erik Prince, dont les contractors opèrent désormais d'Haïti à la RDC en passant par Gaza.Puis la France. Longtemps paralysée par le souvenir des « affreux » et de Bob Denard, elle vient de franchir un cap presque sans bruit : un décret publié le 31 octobre 2025 institutionnalise le recours à des opérateurs privés pour accompagner sa coopération militaire. Un basculement stratégique qui mérite mieux que l'indifférence dans laquelle il est passé.Enfin les hommes. Derrière le fantasme du « contractor » à 1 000 dollars par jour se cachent des métiers exigeants, des grilles de salaires plus sobres qu'on ne le croit et une ligne rouge pénale que tout candidat au départ doit connaître. Quatre articles pour comprendre ce que devient la guerre quand elle passe au privé.Rendez-vous ici pour lire ce nouveau supplément : https://defense-zone.com/blogs/pro-businessPour vous abonner : https://defense-zone.com/products/premium-pro-businessHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est une institution unique en Europe, et même au monde : en France, le Centre National du Costume et de la Scène souffle ses 20 bougies cette année. Depuis 2006, ce "musée-réservoir" situé à Moulins, dans le centre du pays, conserve et met en valeur des milliers de costumes tirés du spectacle vivant. Pour son exposition-anniversaire "Tous en Scène", le CNCS ouvre les portes sur une partie de ses trésors... et sur ses coulisses ! Une robe de plusieurs mètres de haut ; un imperméable en vinyle rouge avec un col en forme de rose géante ; des robes d'époque aux multiples soieries et broderies ; des jupes en froufrou, des masques d'animaux, des tenues en plumes... pour ses vingt ans, le Centre National du Costume et de la Scène (CNCS), à Moulins, a sorti le grand jeu, dans une scénographie extravagante et surtout ludique. 120 silhouettes exposées, 10.000 en stock Créé en 2006 à l'initiative de l'Opéra de Paris, de la Comédie-Française et de la Bibliothèque nationale de France, le CNCS a des costumes plein ses armoires. "On a environ 10.000 costumes en réserve, énonce Delphine Pinasa, la directrice, mais pour les costumes, comme il s'agit plutôt de silhouettes, on parle plutôt d'éléments. Et alors là, on a plutôt 23.000, 24.000 éléments." Et de souffler : "Sachant qu'on n'a pas fini tous les inventaires !" Toutes ces pièces sont issues de dépôts faits par les trois institutions fondatrices, mais aussi de dons privés, de legs, voire d'achats faits par le CNCS lors de ventes aux enchères par exemple. "Notre fonds s'élargit régulièrement, confirme Delphine Pinasa, même si chaque acquisition est soumise à un processus de validation." Difficile donc de faire un choix, et pourtant, il a bien fallu : une infime partie des réserves du centre, 120 silhouettes, sont sorties de leur placard pour l'exposition "rétro-festive" Tous en Scène ! Cette sélection répond à des impératifs de place, bien sûr, mais aussi de conservation. "On ne peut pas exposer les costumes en permanence, car cela les abimerait," explique la maîtresse des lieux. D'où la nécessité d'un roulement permanent, "même si le public, parfois, aime bien retrouver des costumes qu'il connaît déjà," sourit Delphine Pinasa. Deux pièces maîtresses Si le choix, "bien que mûrement réfléchi, n'a pas toujours été facile," de l'aveu même de Delphine Pinasa, plusieurs pièces se sont tout de même imposées pour cette exposition anniversaire. Parmi elles, une robe portée par la légendaire actrice Sarah Bernhardt dans Ruy Blas, en 1872. Le vêtement, fait de lampas et de satin de soie crème, orné de perles, de broderies et de paillettes, est une merveille de détails. "C'est un costume exceptionnel, vraiment unique dans nos collections," confirme la directrice du musée. Mais, à 150 ans, cette robe porte les traces de l'âge : tissu fragilisé, crevés usés jusqu'à la trame... le musée a donc fait le choix de la présenter à plat, pour ne pas l'abîmer plus, et de la montrer aux visiteurs grâce à un jeu de miroirs. "Juste à côté de Sarah Bernhardt, autre interprète légendaire, Maria Callas," nous guide Delphine Pinasa. Là encore, c'est une robe, portée par la cantatrice en 1964 dans Norma. Désormais privé de son corps, le costume de mousseline aux tons roses et orangés semble pourtant plus vivant que jamais, grâce au travail de mannequinage réalisé. Les métiers du costume mis à l'honneur Car, pointe Delphine Pinasa, "l'idée centrale, c'était tout de même de parler des 20 ans du musée, et donc des métiers qui lui sont liés." Parmi ces professions méconnues donc, celle de mannequineur. "Pour résumer, on fait l'inverse du travail du costumier," s'amuse Fabienne Sabarros-Helly, la responsable du pôle mannequinage au CNCS. "Au lieu de partir d'un corps pour créer un costume, on part d'un costume pour essayer de lui redonner le corps qui l'a porté." D'un geste, cette énergique quinquagénaire nous montre "le corps de Maria Callas," protégé par un emballage plastique. C'est sur une reproduction de ce moulage que repose, trois étages plus bas, la fameuse robe de Norma. "Ce costume, il n'est pas évident, indique Fabienne Sabarros-Helly. Il y a beaucoup de drapés assez particuliers à appréhender, cela prend déjà du temps de rentrer dans la matière." Ensuite, il a fallu recréer le corps de Maria Callas : prendre les mesures du costume, bien sûr, mais pas seulement. "Il y a aussi tout un travail d'iconographie, essayer de voir à quoi ressemblait la personne, à quoi ressemblaient les corps de l'époque." Dans les années 1960 par exemple, les femmes avaient la taille menue, soulignée, "presque triangulaire," précise, en experte, cette artisane, "mais avec un rebondi au niveau des hanches." A partir d'un mannequin "tout à fait basique," il a donc fallu retravailler la poitrine, les hanches... Bilan des courses : deux semaines de travail pour cette seule tenue. Mais l'exposition raconte aussi, dans différentes vitrines, tous les autres métiers qui se croisent au CNCS : les costumiers bien sûr ; les plumassiers, spécialistes des plumes ; les conservateurs et conservatrices, qui assurent les meilleures conditions pour éviter la dégradation de costumes parfois en mauvais état ; et enfin, les scénographes, dont le travail consiste à donner vie aux expositions. Bref, toute une armée d'abeilles ouvrières qui, elles aussi, pour les 20 ans du CNCS, entrent en scène !
C'est une institution unique en Europe, et même au monde : en France, le Centre National du Costume et de la Scène souffle ses 20 bougies cette année. Depuis 2006, ce "musée-réservoir" situé à Moulins, dans le centre du pays, conserve et met en valeur des milliers de costumes tirés du spectacle vivant. Pour son exposition-anniversaire "Tous en Scène", le CNCS ouvre les portes sur une partie de ses trésors... et sur ses coulisses ! Une robe de plusieurs mètres de haut ; un imperméable en vinyle rouge avec un col en forme de rose géante ; des robes d'époque aux multiples soieries et broderies ; des jupes en froufrou, des masques d'animaux, des tenues en plumes... pour ses vingt ans, le Centre National du Costume et de la Scène (CNCS), à Moulins, a sorti le grand jeu, dans une scénographie extravagante et surtout ludique. 120 silhouettes exposées, 10.000 en stock Créé en 2006 à l'initiative de l'Opéra de Paris, de la Comédie-Française et de la Bibliothèque nationale de France, le CNCS a des costumes plein ses armoires. "On a environ 10.000 costumes en réserve, énonce Delphine Pinasa, la directrice, mais pour les costumes, comme il s'agit plutôt de silhouettes, on parle plutôt d'éléments. Et alors là, on a plutôt 23.000, 24.000 éléments." Et de souffler : "Sachant qu'on n'a pas fini tous les inventaires !" Toutes ces pièces sont issues de dépôts faits par les trois institutions fondatrices, mais aussi de dons privés, de legs, voire d'achats faits par le CNCS lors de ventes aux enchères par exemple. "Notre fonds s'élargit régulièrement, confirme Delphine Pinasa, même si chaque acquisition est soumise à un processus de validation." Difficile donc de faire un choix, et pourtant, il a bien fallu : une infime partie des réserves du centre, 120 silhouettes, sont sorties de leur placard pour l'exposition "rétro-festive" Tous en Scène ! Cette sélection répond à des impératifs de place, bien sûr, mais aussi de conservation. "On ne peut pas exposer les costumes en permanence, car cela les abimerait," explique la maîtresse des lieux. D'où la nécessité d'un roulement permanent, "même si le public, parfois, aime bien retrouver des costumes qu'il connaît déjà," sourit Delphine Pinasa. Deux pièces maîtresses Si le choix, "bien que mûrement réfléchi, n'a pas toujours été facile," de l'aveu même de Delphine Pinasa, plusieurs pièces se sont tout de même imposées pour cette exposition anniversaire. Parmi elles, une robe portée par la légendaire actrice Sarah Bernhardt dans Ruy Blas, en 1872. Le vêtement, fait de lampas et de satin de soie crème, orné de perles, de broderies et de paillettes, est une merveille de détails. "C'est un costume exceptionnel, vraiment unique dans nos collections," confirme la directrice du musée. Mais, à 150 ans, cette robe porte les traces de l'âge : tissu fragilisé, crevés usés jusqu'à la trame... le musée a donc fait le choix de la présenter à plat, pour ne pas l'abîmer plus, et de la montrer aux visiteurs grâce à un jeu de miroirs. "Juste à côté de Sarah Bernhardt, autre interprète légendaire, Maria Callas," nous guide Delphine Pinasa. Là encore, c'est une robe, portée par la cantatrice en 1964 dans Norma. Désormais privé de son corps, le costume de mousseline aux tons roses et orangés semble pourtant plus vivant que jamais, grâce au travail de mannequinage réalisé. Les métiers du costume mis à l'honneur Car, pointe Delphine Pinasa, "l'idée centrale, c'était tout de même de parler des 20 ans du musée, et donc des métiers qui lui sont liés." Parmi ces professions méconnues donc, celle de mannequineur. "Pour résumer, on fait l'inverse du travail du costumier," s'amuse Fabienne Sabarros-Helly, la responsable du pôle mannequinage au CNCS. "Au lieu de partir d'un corps pour créer un costume, on part d'un costume pour essayer de lui redonner le corps qui l'a porté." D'un geste, cette énergique quinquagénaire nous montre "le corps de Maria Callas," protégé par un emballage plastique. C'est sur une reproduction de ce moulage que repose, trois étages plus bas, la fameuse robe de Norma. "Ce costume, il n'est pas évident, indique Fabienne Sabarros-Helly. Il y a beaucoup de drapés assez particuliers à appréhender, cela prend déjà du temps de rentrer dans la matière." Ensuite, il a fallu recréer le corps de Maria Callas : prendre les mesures du costume, bien sûr, mais pas seulement. "Il y a aussi tout un travail d'iconographie, essayer de voir à quoi ressemblait la personne, à quoi ressemblaient les corps de l'époque." Dans les années 1960 par exemple, les femmes avaient la taille menue, soulignée, "presque triangulaire," précise, en experte, cette artisane, "mais avec un rebondi au niveau des hanches." A partir d'un mannequin "tout à fait basique," il a donc fallu retravailler la poitrine, les hanches... Bilan des courses : deux semaines de travail pour cette seule tenue. Mais l'exposition raconte aussi, dans différentes vitrines, tous les autres métiers qui se croisent au CNCS : les costumiers bien sûr ; les plumassiers, spécialistes des plumes ; les conservateurs et conservatrices, qui assurent les meilleures conditions pour éviter la dégradation de costumes parfois en mauvais état ; et enfin, les scénographes, dont le travail consiste à donner vie aux expositions. Bref, toute une armée d'abeilles ouvrières qui, elles aussi, pour les 20 ans du CNCS, entrent en scène !
Épisode estival, mais pas au rabais.Tout part d'une discussion que j'ai eue avec un copain sur la formalisation des analyses de risque, et on tombe assez vite sur une idée qui tient debout : les risques que vous listez dans votre analyse de risque a priori sont, quelques mois plus tard, les causes de vos déviations. Ce qui change tout au moment de choisir vos CAPA. Si la cause identifiée était déjà dans votre analyse de risque, c'est que votre moyen de contrôle a dérivé — il faut le remettre d'aplomb. Si c'était un risque inconnu, c'est une CAPA bien plus lourde : il faut créer le système de détection.Et si on prend le problème dans l'autre sens ? Des investigations structurées dès le départ, avec les risques inscrits dans des champs exploitables, ça donne au bout de six mois une extraction qui devient, de fait, votre analyse de risque actualisée. Les signaux faibles, les probabilités à recoter, les impacts qui reviennent : tout est là.Arnaud remet une dose de réalité dans la discussion — parce que le gars qui en est à sa millième déviation de l'année ne se pose pas la question du risque déjà identifié. On parle aussi de connaissance du process, de criticité surcotée quand on ne sait pas, et de l'expert en analyse de risque qui est parti il y a cinq ans.Deuxième partie de l'épisode : notre outil d'aide à l'investigation assistée par IA, désormais quasiment terminé. On explique nos deux postulats de départ. D'abord, l'IA n'investigue pas à votre place : c'est un Dr Watson qui remet Sherlock sur les rails, qui vous demande de vous positionner avant de vous ouvrir l'esprit. Ensuite, l'indépendance vis-à-vis des données historiques — et là, la vraie question : confieriez-vous votre vie aux données qui dorment dans votre QMS ?On termine sur le QQOQCCP, le cas d'usage le plus simple à déployer : un opérateur qui répond à l'oral, aucune décision prise par l'IA, un QQOQCCP complet et uniforme, et le paragraphe intelligible généré dans la foulée. Cinq minutes selon le management, une heure selon les investigateurs.Envie de voir à quoi ça ressemble ? Écrivez-nous sur LinkedIn ou par mail, on vous organise une démo.Promotion AQE
POUR PARTICIPER : https://link.richissime.net/le1ypNPose ta question à Delphine Pinon. Elle te répond en direct !Sarah a 21 ans. Freelance depuis 2 ans, elle génère entre €3 000 et €4 000 net par mois selon les mois. Elle a hérité d'un appartement estimé à €300 000 — actuellement loué en LMNP. Elle vit chez son conjoint. Elle a €25 000 de matelas de sécurité, et déjà investi en bourse.Son objectif : lever progressivement le pied dans les prochaines années grâce à son patrimoine.Son frein : elle ne sait pas à partir de quel montant c'est réaliste de ralentir. Et elle n'arrive pas à se résoudre à vendre l'appartement hérité — pour des raisons émotionnelles. En plus, en tant que freelance, elle a peur de ne plus pouvoir accéder au crédit ou à la location si elle vend son seul bien.Dans cet extrait de la Radio Libre, Delphine démêle tout — et commence par planter une graine : garder un appartement hérité en LMNP sans crédit dessus, c'est souvent financièrement pas l'affaire du siècle. Elle dit de prendre le temps, mais que l'idée fait son chemin.Ensuite elle fait quelque chose de rare : elle construit le plan complet en direct. Si Sarah vend l'appartement, récupère €300 000, et les combine avec son épargne existante, elle peut atteindre €620 000 à placer. En mixant bourse et investissements plus boostés avec un rendement moyen de 10 à 12%, la liberté financière partielle est accessible bien avant ses 30 ans.Delphine propose aussi une option intermédiaire que Sarah n'avait pas envisagée : vendre le bien hérité, et racheter un autre bien en courte durée. Meilleur rendement — et en cas de séparation imprévue, elle peut y habiter en quelques jours.
Nous commencerons notre tour d'horizon de l'actualité par une discussion sur la récente vague migratoire à Ceuta, une petite enclave espagnole située en Afrique du Nord. Ces événements mettent à l'épreuve les politiques d'ouverture de l'Espagne. Ensuite, nous parlerons de l'échec des projets de la FIFA visant à vendre des parts de la Coupe du monde et d'autres tournois à des investisseurs privés. Notre sujet sur les sciences et les technologies portera sur la réglementation du développement de l'IA. Il semblerait que les États-Unis et la Chine suivent des voies différentes. Et enfin, nous aborderons une découverte historique remarquable qui apporte un nouvel éclairage sur les origines de l'une des boissons les plus célèbres au monde : le Coca-Cola. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : Use of the Present Subjunctive with Certain Verbs. Nous nous intéresserons à un site français qui vient d'être inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO : les forteresses royales du Languedoc situées dans le sud de la France. Nous reviendrons ainsi sur l'histoire de ce site historique. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Attendre quelqu'un au tournant. Nous parlerons des grands incendies qui touchent la France cet été et du fort impact qu'ils ont sur tout le pays. - L'afflux de migrants submerge les capacités de l'Espagne et met à l'épreuve sa politique migratoire - Le projet de privatisation de la FIFA se retourne contre elle - Les États-Unis et la Chine choisissent des chemins différents pour encadrer le développement de l'intelligence artificielle - Finalement, le Coca-Cola serait-il né en Europe ? - Les forteresses royales du Languedoc ont été inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO - La France connaît des incendies d'une ampleur inédite
#68 Anticolonialisme, panafricanisme et féminismeDeuxième partie de l'épisode consacré à la trajectoire d'Andrée Blouin (1919-1986) à partir de son autobiographie Mon pays l'Afrique publiée aux éditions Hors d'atteinte (2025).Cette œuvre est une archive historique très importante à plusieurs égards. Tout d'abord, nous ne disposons pas de beaucoup de témoignages féminins de cette époque. Ensuite, le livre nous montre que les femmes africaines ont eu une participation centrale dans les gestes révolutionnaires des décolonisations des années 1950-1960. Enfin parce qu'Andrée Blouin a eu un parcours international, pas seulement cantonné à sa région natale. Elle a été la conseillère politique des gouvernements d'Ahmed Sékou Touré (Guinée) et de Patrice Lumumba (République Démocratique du Congo).Réf.:Sékou Touré Archives INADiscours de Patrice Lumumba du 30 juin 1960 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le Gabon, qui fait face à une chute de sa production pétrolière, mise désormais sur l'exploitation minière. Les annonces se sont succédé ces derniers mois, avec des engagements financiers de plusieurs centaines de millions de dollars. Des travaux de recherche et d'exploration sont en cours dans plusieurs provinces du pays et d'ici à 2030, le pays pourrait devenir un des leaders mondiaux de la production des minerais. Avec notre correspondant à Libreville, Sept mois après son arrivée à la tête du ministère des Mines du Gabon, Sosthène Nguema Nguema dit sentir un frémissement en passe de faire de l'exploitation minière le nouveau moteur de l'économie gabonaise actuellement dépendante des recettes pétrolières. « Nous avons identifié et fait une programmation par rapport à l'ouverture de plusieurs mines entre 2026 et 2030. Dans cette fourchette, il a été identifié à peu près huit mines qui pourront voir le jour. Donc on aura la mine de Milingui pour le fer, la mine de la potasse, la mine d'Etéké pour l'or, la mine de Baniaka pour le fer. On a la mine de Mébaga, pour le fer également. Et on a la mine de M'Bilan pour le fer », détaille le ministre. L'ouverture des nouvelles exploitations créera naturellement des milliers d'emplois. Le ministre projette surtout une croissance à deux chiffres dans le secteur. « Nous sommes à hauteur de 6% aujourd'hui et nous envisageons de relever ce pourcentage dans les mois et les années qui suivent pour essayer de franchir la barre de 15-20% », précise Sosthène Nguema Nguema. Espoirs de retombées économiques Tout cela est possible, mais l'économiste Orphée Mouelé, formé à l'université Omar Bongo, pose le préalable du développement des infrastructures. « D'un point de vue technique, le succès repose sur plusieurs facteurs essentiels : la construction des infrastructures de transport, des routes, des chemins de fer, des ports, des ponts pour pouvoir acheminer correctement les minerais. Ensuite, le renforcement des capacités de production énergétique. L'énergie est fondamentale », assure l'expert. L'ONG Éthique et bonne gouvernance salue les perspectives économiques du secteur minier. Cependant, le docteur Edmiaune Zouga, sa présidente, espère un réel impact social de ces futures exploitations. « Le plus important pour nous, c'est l'impact social. Il faudrait que cela touche, booste le citoyen lambda. Il faudrait que le Gabonais ressente cet impact économique dans son assiette », espère-t-elle. En parallèle avec sa politique d'exploitation massive de ses minerais, le gouvernement impulse une nouvelle politique de transformation locale de ses matières premières pour créer plus de richesses et d'emplois dans le pays. À lire aussiLe Gabon réussit sa levée de fonds à l'international, mais peine sur le marché régional
En France, la mort est encore très souvent taboue. Pourtant, chacun y est confronté. Elle fait aussi partie du quotidien professionnel de milliers d'hommes et de femmes du milieu funéraire. Autopsier les dépouilles, inhumer les corps, voir même communiquer avec les défunts... Cette semaine, RFI vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui travaillent avec la mort. Amélie Beaucour est partie à la rencontre d'un gardien de cimetière, à Pantin, au nord de la capitale. Un lieu beaucoup plus vivant qu'on ne le croit. Il est 18h lorsque les grilles du cimetière de Pantin se ferment. Samuel Soursas fait partie des rares personnes autorisées à y passer la nuit. Son logement de fonction, situé à l'intérieur de l'enceinte, ne marque pas la fin de sa journée de travail. « Je veille à la fermeture du site, explique-t-il. On s'assure que tout le monde est bien sorti. Il arrive que les gens ne voient pas l'heure passer ou s'endorment... Et le matin, on ouvre aux employés qui travaillent sur le site. Ils sont 80 chaque jour. » Ensuite, Samuel endosse ses fonctions de garde-travaux : « J'enregistre les bons, j'accompagne les marbriers et les graveurs devant les monuments concernés... Tout ce qui touche aux travaux funéraires, en plus des inhumations. » Son outil de travail ? « Un sac à dos, des chaussures de sécurité et un petit pick-up blanc, bien pratique pour sillonner les allées arborées du site. » Car ces dernières, souligne-t-il, « donnent davantage l'allure d'un parc que d'un cimetière ». Une impression renforcée par l'immensité du lieu : « Nous avons un peu moins de 200 divisions – une division, c'est un carré de 70 mètres par 70 mètres. À l'intérieur de chacune, environ 800 tombes. Et dans chaque tombe, on peut avoir d'une à plusieurs dizaines de personnes. » Un nombre incalculable d'âmes se croisent ainsi dans ce « gigantesque poumon vert » en pleine région parisienne. Des proches venus se recueillir, mais aussi des promeneurs en quête de nature et de sérénité. Sans oublier les « habitants » du cimetière, qui, eux, « sortent non pas de leurs caveaux, mais de leurs nids ou de leurs terriers ». « Aujourd'hui, on a de la chance, il fait beau, tous les animaux sont de sortie, s'enthousiasme Samuel. Les renards, les corneilles – évidemment –, les chats, les perruches aussi... On a énormément de vie dans ce lieu qui est censé représenter la mort. » Ces occupants, peu farouches, sont respectés autant que celles et ceux qui reposent sous terre. La Ville de Paris, qui administre le site, a placé la biodiversité au cœur de ses aménagements. « Au niveau des fontaines, l'eau ne s'écoule plus dans des grilles, mais dans des récipients en ciment pour la retenir, détaille-t-il. Cela permet à tout ce qui est biodiversité – insectes, oiseaux, etc. – de venir s'abreuver. » Il évoque aussi « une division interdite au public, où l'on entrepose les gravats et où l'on casse les tombes » : « Les murs sont en gabion, mais on a créé de tout petits accès en dessous pour les renards. Ils y sont en toute tranquillité. Et lorsque les machines arrivent pour casser, ils peuvent sortir. » Samuel a découvert ce métier sur le tard. « C'est après avoir passé un concours de la fonction territoriale que j'ai reçu cette affectation : cantonnier – celui qui s'occupe d'une division – au cimetière de Pantin. » Un tournant surprenant dans sa carrière, mais qu'il ne regrette pas. « Il y a des défunts, il y a de la tristesse, il y a des pleurs, etc. Mais il y a beaucoup d'amour aussi. Les gens pleurent leurs morts, mais reviennent. C'est quelque chose qui représente beaucoup pour eux... et pour moi aussi. Ça me permet de profiter davantage de ce que j'ai. » Loin de l'atmosphère lugubre souvent associée à ces lieux, le cimetière de Pantin est, pour son gardien passionné, « un havre de paix, sur lequel je veille comme sur mon propre jardin ». Il conclut avec une étymologie qui résume sa philosophie : « "Cimetière", c'est un mot qui, il me semble, vient du grec et a été transformé en latin. Il signifie "lieu de repos". Ce n'est pas la mort, c'est le repos. » À lire aussiLa mort est mon métier: «Je m'adresse à la personne décédée», confie le nettoyeur post-mortem [2/4]
Comme l'année dernière, je propose les mercredis de l'été pour vous faire (re)découvrir un épisode.Cet été, j'ai eu envie de mettre en lumière une approche, un parcours, un métier encore plus singulier que les autres. On commence avec Sylvain Gobeil, gemmeur. Si j'ai choisi cet épisode, c'est d'abord parce qu'il n'y a pas une semaine sans que l'on me parle de lui. Et surtout, parce que cette forêt des Landes de Gascogne que j'aime depuis ma plus tendre enfance est malheureusement au cœur de l'actualité. Entre tristesse et colère, désarroi et envie d'agir, ces incendies m'ont bouleversée. Il me semblait inadéquat de prendre la parole, alors je la donne à Sylvain qui connaît cette forêt et en prend soin. •••Autodidacte, Sylvain a eu 15 vies et 50 jobs, en France et au Québec. Il est aujourd'hui gemmeur ; il récolte la résine de pin avec une technique moderne qui est beaucoup plus respectueuse de l'arbre, donc de l'environnement, et de l'humain. Fondateur de la marque Gemme Expert, il fabrique de la colophane de musique et propose ainsi une alternative artisanale, bien plus saine que la colophane industrielle. Tout en contribuant à entretenir la forêt, emblème du patrimoine local. Alors en quoi cet épisode est-il différent ?D'abord parce qu'on a parlé de tout, sauf de business — et pourtant, j'ai essayé ! Ensuite parce que c'est un épisode familial. Avec en guest mon mari, Philippe Drevet, musicien.Et parce qu'on a aussi parlé de Thomas, le fils de Sylvain. Et comment accompagner son enfant neuro-atypique avec des besoins spécifiques, lui a permis de prendre conscience de ses propres différences et difficultés dans l'apprentissage. C'est un épisode profondément humain, centré sur le coeur et la sensibilité ; Sur la qualité qui prévaut la quantité ;Et sur la solidarité. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
POUR PARTICIPER : https://link.richissime.net/le1ypNPose ta question à Delphine Pinon. Elle te répond en direct !Lucile a 32 ans, pharmacienne à mi-temps — elle a beaucoup de temps libre. Son mari aussi. Ensemble, ils gagnent €10 000 net par mois. Elle a €200 000 d'épargne — dont €160 000 disponibles, issus d'un héritage. Lui a €40 000 de son côté. Ils sont locataires.Ça fait 2 à 3 ans que cet argent dort. Et Lucile n'ose pas y toucher — parce qu'elle a trois grands projets devant elle qui pourraient en avoir besoin : acheter une maison dans le sud dans quelques années, racheter une officine dans 10 ans — ce qui nécessite environ €100 000 d'apport — et potentiellement des investissements locatifs entre temps.Sa peur : si elle investit maintenant et emprunte, elle réduit sa capacité d'emprunt future. Et si elle mobilise trop de capital, elle n'aura plus assez d'apport le jour J.Dans cet extrait de la Radio Libre, Delphine commence par pointer quelque chose que Lucile n'avait pas anticipé : avec €10 000 de revenus à deux, ils épargnent très peu chaque mois. Il y a un vrai sujet de sous-épargne à corriger d'abord.Ensuite, elle pose deux stratégies qui résolvent le problème de la capacité d'emprunt : l'achat-revente d'abord — parce que l'emprunt est court terme, libère la capacité d'emprunt rapidement, et peut considérablement gonfler l'enveloppe disponible. Et les laveries ensuite — parce qu'un fonds de commerce ne s'analyse pas avec le taux d'endettement personnel. Delphine dit aussi une chose que beaucoup ignorent : acheter un bien, y habiter 6 mois, puis le revendre — c'est une exonération de plus-value totale. Légal, simple, et très efficace en zone chère.
Synopsis Épisode d'été chargé, avec Patrick, Francis, Steve et Richer. On ouvre fort : un système de gestion de l'eau d'une ville québécoise a été piraté par un groupe russophone, une information confirmée dans le rapport annuel du Centre de la sécurité des télécommunications. Quelle ville? On ne le sait toujours pas. Et pendant ce temps, les municipalités n'ont ni le budget ni le monde pour se défendre. On parle aussi du CST qui a mené des cyberopérations offensives ayant dérangé des réseaux criminels, de l'Environmental Protection Agency américaine qui a créé une section dédiée à la cybersécurité de l'approvisionnement en eau — pendant qu'Ottawa et Québec regardent ailleurs — et du site web d'une usine de traitement d'eau retiré en panique après notre dernier épisode. Ensuite, gros morceau : les bornes de recharge Flo du Circuit électrique, leur interface web exposée, leurs cartes d'accès, et ce qui arrive quand un chercheur qui divulgue devient l'ennemi à abattre plutôt qu'un allié. On finit avec l'avis conjoint sur le durcissement des routeurs exposés à Internet, la cyber-hygiène IoT à la maison, un négociateur de rançongiciels qui travaillait en fait pour les attaquants, et une discussion franche sur le burn-out en cybersécurité. On dit « 0x296 » à l'audio, mais il s'agit bien de l'épisode 0x297. On a perdu le compte
Dieu aime que ses enfants vivent la vie en communauté. Vous savez que Dieu n'a pas créé les gens pour qu'ils soient seuls. Ensuite il dit à l'homme d'avoir une grande famille. Dieu a une vision de groupe pour nous. Il n'a pas fait sa création pour que l'on soit individuel. Dans tous ses projets, il a une vision de groupe : son peuple, son troupeau, ses enfants, sa famille, son Église. Cet article Pourquoi aller à l'Église ? est apparu en premier sur Publication Évangélique.
De l'Antiquité aux traditions populaires, explorez l'évolution de la lycanthropie à travers les siècles, entre mémoire folklorique, interprétations psychologiques, symboliques et ésotériques. Ensuite, plongez dans le phénomène contemporain du Dogman : entre buzz sur Internet, multiplication des témoignages et Web TV spécialisées, découvrez comment le mythe ancestral du loup-garou s'est réinventé pour hanter notre imaginaire moderne.⛎ Soutenir l'émission sur Tipeee : https://www.tipeee.com/arcana-mysteres-du-monde
Synopsis Le retour de Richer! Avec Patrick, Francis et Jacques, on se demande pourquoi la technologie s'invite dans nos affaires sans jamais demander la permission : des caméras infrarouges dans les prochains AirPods pour donner des yeux à Siri, de l'IA poussée dans le fond de la gorge à chaque mise à jour, et un buzz grandissant pour les téléphones « zen », les écrans e-ink et le retour à l'analogique — jusqu'au flip phone Callback 8020 de Commodore, sans navigateur ni réseaux sociaux. Ensuite ça brasse : l'AI-washing dans les startups — payer des tokens pour ce qu'un script Python de dix lignes ferait aussi bien —, les 97 % d'applications vibe-codées qui meurent dans leur première année faute de soutien, et la grande question de la souveraineté numérique canadienne : autonomie réelle ou rêve pieux? Le sujet d'opinion revient sur nos fleurons vendus aux Américains — Element AI passé chez ServiceNow, les talents formés à Mila qui migrent au sud — et sur ce que ça veut dire de partir une entreprise ici. La démonstration du jour arrive d'ailleurs toute cuite : Washington ordonne à Anthropic de couper l'accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, trois jours après leur lancement. On termine avec les face scans au Royaume-Uni, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, le débat sur l'anonymat en ligne, les 3,5 G$ de fraude par usurpation rapportés par la FTC, et une statistique qui fait mal : une cinquantaine d'entreprises québécoises par année ferment à cause d'un rançongiciel — et on n'en entend jamais parler. Crew Patrick Mathieu — Cofondateur de Hackfest.ca et fondateur de Hexius Richer Dinelle — Expert en sécurité informatique & Gestion de systèmes Francis Coats — Expert, vulgarisateur et conférencier en sécurité et en technologie Jacques Sauvé — PDG, Trilogiam Sujet d'opinion Registraire des entreprises du Québec — immatriculer une entreprise au Québec Element AI vendue à l'américaine ServiceNow (Radio-Canada) Mila – Institut québécois d'intelligence artificielle Québec débloque 36 M$ pour Mila (La Presse) Cohere et Mila collaborent pour mettre au point une IA québécoise (La Presse) Richer veut savoir La souveraineté numérique au Canada remise en question par un rapport fédéral (Radio-Canada) La souveraineté numérique est-elle hors d'atteinte? (La Presse) Énoncé de politique de souveraineté numérique du Québec (PDF) CIRANO – Souveraineté numérique (PDF) News de sécurité Patrick Anthropic – Statement on the US government directive to suspend access to Fable 5 and Mythos 5 Anthropic coupe Fable et Mythos après une directive de contrôle des exportations (Fortune) SpaceX en bourse : deux FNB canadiens couverts en CAD lancés la même journée (Wealth Professional) Commodore Callback 8020 – le flip phone sans navigateur ni réseaux sociaux METR – Measuring the Impact of Early-2025 AI on Experienced Open-Source Developer Productivity (19 % plus lents, alors qu'ils se croyaient 20 % plus rapides) Rapport sur la spécificité du taux de faillites d'entreprises au Québec (PDF, gouvernement du Québec) Francis Apple veut mettre des caméras dans les AirPods (The Verge) Les meilleurs téléphones minimalistes de 2026 (The Gadgeteer) « I Studied 1,000 Vibe-Coded Apps. 97% Failed for the Same 3 Reasons » 91,5 % des applications vibe-codées contiennent au moins une vulnérabilité (recherche Q1 2026) Jacques UK to require ID or face scan before you can make social media accounts (BleepingComputer) Keir Starmer annonce l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans (Euronews) L'Australie montre déjà les limites du dispositif (Le JDD) FTC warns of record $3.5 billion losses to imposter scams in 2025 (BleepingComputer) Communiqué original de la FTC Shamelessplug Hackfest 2026 - Québec Discord Hackfest securite.fm Crédits Montage audio par Hackfest Communication Locaux virtuels par Streamyard
Crise migratoire sans précédent où quelque 50 000 migrants ont traversé ces derniers jours la frontière entre le Maroc et Ceuta, l'enclave espagnole située sur le continent africain, soit l'équivalent de « 70 % de la population locale », selon le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas. Plus de 37 500 migrants sont déjà rentrés au Maroc, a annoncé vendredi après-midi 31 juillet le gouvernement espagnol. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu sur place et a dénoncé « une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ». Plusieurs pays de l'Union européenne, l'Italie en tête, réclament l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen. Entretien avec Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l'université Jean-Moulin-Lyon-III, membre senior de l'Institut universitaire de France et de l'Institut Convergences Migrations. RFI : Comment ont réagi les autorités marocaines face à l'afflux de personnes qui prenaient la direction de la frontière espagnole ? Marie-Laure Basilien-Gainche : Dans un premier temps, les autorités marocaines se sont révélées très timides, très prudentes, n'ont manifesté ni de soutien, ni d'opposition. Et, depuis ce matin, elles ont réitéré leur volonté de collaborer avec les autorités de police espagnoles pour empêcher ces flux de migrants depuis le Maroc vers l'enclave de Ceuta. Comment analysez-vous cette réaction et ce changement dans la stratégie, dans la réaction des autorités marocaines ? Je ne m'explique pas le changement de position du Maroc. Je ne m'explique pas le silence initial. Je pense que c'est d'abord une position qui doit être établie par le roi et par le Conseil de direction, et ensuite il s'agit de relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne qui sont ensuite révélées. C'est donc le temps de la mise en place des décisions et de la mise en place des décisions communes. À lire aussiEspagne: au moins 34 personnes meurent en tentant de rejoindre Ceuta, l'armée mobilisée face à l'afflux de migrants Les deux parties ont communiqué, ont assuré dans un premier temps travailler en coordination pour assurer le rapatriement dès que possible de toutes les personnes entrées illégalement à Ceuta ces derniers jours. On a appris il y a quelques minutes que 25 000 migrants sont repartis au Maroc. C'est le signe que cette coordination, elle marche pour le moment. Le fait que ces dizaines de milliers, essentiellement marocains, qui sont allés depuis le territoire marocain vers le territoire espagnol via la mer, soient maintenant rapatriés vers le Maroc, me paraissait évident vu les circonstances. Et c'est d'ailleurs une politique qui est menée par l'Espagne depuis très longtemps avec les « rechazos en la frontera », les rejets à la frontière qui sont très fréquents pour ce qui est des frontières terrestres. Pour ce qui était des frontières maritimes, il n'y avait pas de dispositif législatif permettant de les opérer pour les autorités espagnoles, mais la collaboration avec les autorités marocaines permet de réaliser le même effet, c'est-à-dire le renvoi des Marocains vers le territoire marocain le plus rapidement possible. Par le passé, Rabat a déjà utilisé la pression migratoire pour faire plier l'Espagne sur certains dossiers, comme en 2021, notamment. Est-ce que vous pensez que cette fois-ci, cela peut aussi être le cas ? On peut émettre des hypothèses. Bien sûr, on n'a aucune confirmation. Les relations qu'a pu avoir l'Espagne avec le Front Polisario, le rapprochement de l'Espagne avec l'Algérie sur la question du Sahara occidental, tous ces éléments pourraient indiquer un certain refroidissement des relations entre le Maroc et l'Espagne, qui pourrait expliquer peut-être le fait que les autorités marocaines ne se sont pas opposées au départ des migrants vers le territoire espagnol. Mais là, il s'agit uniquement d'hypothèses et de supputations. À lire aussiÀ Ceuta, un afflux de migrants sans précédent provoque l'affolement et un début de crise diplomatique On attendra, on a bien compris les réactions, notamment du côté marocain. Il y a aussi eu beaucoup de déclarations de la part des pays européens membres de l'Union européenne depuis hier. Est-ce qu'on peut dégager certaines tendances dans les réactions des pays de l'UE ? Les réactions, en fait, sont essentiellement celles de dirigeants de droite et d'extrême droite. Je pense en particulier à Giorgia Meloni qui veut se positionner comme chef de file de la droite et de l'extrême droite européenne et qui prend prétexte de tout élément, surtout migratoire, pour s'afficher comme celle qui soutient une politique migratoire et d'asile européenne la plus restrictive possible. Elle a donc affirmé que l'Espagne devait être suspendue de l'espace Schengen. On a de quoi être surpris puisque dans le régime de Schengen, il n'y a pas de dispositif de suspension d'un État membre. Il y a des mesures qui peuvent être prises, par exemple, lorsque la Commission fait une évaluation du mécanisme de Schengen. Elle peut relever, comme elle l'avait fait en Grèce en 2016, qu'il y a des négligences graves, et elle peut appeler les autorités à modifier leur mode de fonctionnement et les mesures qu'elles prennent pour qu'il y ait un contrôle des frontières extérieures qui soit plus solide et qui soit plus rigoureux. Mais je rappelle qu'en 2016, c'était la venue de 1 million de personnes qui était concernée. L'autre mesure qui est envisageable, c'est pour les États autres de l'Union européenne de restaurer les contrôles aux frontières intérieures. Pour rappel, beaucoup d'États membres ont restauré ces contrôles depuis 2015. Ils les ont renouvelés depuis lors. Donc, finalement, on a un espace de libre circulation qui n'en est pas un pour les ressortissants européens du fait de ces restaurations, des contrôles aux frontières intérieures. Donc, l'appel de Meloni est plus une manière symbolique de se positionner autour du fantasme migratoire et d'essayer d'affermir sa position de chef de file de la droite et de l'extrême droite au niveau européen. Est-ce que toutes ces réactions européennes, il y en a de nombreuses, signifient que ces pays européens ont peur de certaines répercussions quand même au vu de cette vague migratoire ? D'abord, ce n'est pas une vague. Ensuite, quelques dizaines de milliers de personnes, 60 000 personnes, qui sont toujours sur le territoire africain, qui ne sont pas du tout sur le territoire européen, et qui vont être rapatriées vers le Maroc. Ça n'aura aucune incidence sur l'Italie ou la Finlande. Donc, je ne vois pas pourquoi il y a cette émotion, si ce n'est qu'il y a la volonté de faire croire que le mythe du grand remplacement existe, alors que scientifiquement, il est prouvé qu'il n'existe pas. À lire aussiCeuta: face à la pression des Européens, Sanchez dénonce une «violation de l'intégrité territoriale» espagnole
POUR PARTICIPER : https://link.richissime.net/le1ypNPose ta question à Delphine Pinon. Elle te répond en direct !Yanis a 25 ans. Diplômé de chirurgie dentaire depuis juin dernier, il travaille depuis novembre. Il gagne entre €9 000 et €11 000 net par mois en salariat. Il vit chez ses parents à titre gracieux — ce qui lui permet d'épargner €8 000 à €9 000 par mois. Il place €4 000 par mois en ETF MSCI World sur son PEA. Il vient d'acheter un appartement en colocation en région parisienne début 2026.Il a déjà tout compris. Il veut juste savoir comment accélérer.Dans cet extrait de la Radio Libre, Delphine lui dit d'abord une chose que peu osent dire : rester chez ses parents une année de plus pour accumuler €100 000 supplémentaires, si la situation est confortable des deux côtés, c'est probablement la meilleure décision financière qu'il puisse prendre à cet instant.Ensuite elle pose le vrai cadre pour un profil comme le sien : avec un revenu aussi élevé, le problème ne sera pas le cash — il en aura plus qu'il ne peut en investir activement. Le vrai facteur limitant, c'est le temps. Un chirurgien dentiste qui travaille à plein régime ne peut pas enchaîner les petits projets immo en parallèle. Il faut donc viser grand — des projets qui méritent le temps qu'on y consacre.Et elle lui pointe le projet qui s'imposera à lui naturellement dans quelques années : acheter les murs de son cabinet. Un investissement patrimonial, professionnel et immobilier en même temps — et une question que se posent tous les professionnels de santé à un moment ou un autre.
Je suis particulièrement heureuse de vous proposer aujourd'hui un épisode qui m'a bouleversée et qui, je crois, va littéralement vous emporter. Il s'agit d'une discussion avec MALEK BOUKERCHI. Malek fait parti des ultra-marathonniens de l'extrême. Ils sont seulement 700 dans le monde à courir sur des milliers de kilomètres dans les déserts les plus chauds et sur les terres les plus froides. Mais Malek est aussi conteur, anthropologue, philosophe ... et fondateur de l'ONG les 42.C'est un épisode profondément humain ! Il est réalisé avec mon partenaire chéri, l'Université de la Terre, un événement qui se tiendra en mars prochain à l'Unesco.Cette discussion avec Malek résonnera longtemps en moi.D'abord parce que Malek est un poète et que notre discussion porte la marque de cette attention subtile donnée à la beauté des mots. Ensuite, parce que Malek est un philosophe, qui sait faire parler ses exploits sportifs et leur donner une résonnance dans le quotidien de nos vies. Malek témoigne de l'importance du rêve et de la nécessité du travail. Il questionne notre volonté de maitrise et la finalité de notre course effrénée. Il nous appelle à mettre l'émerveillement et les liens au coeur de nos vies. Enfin, parce que Malek est un engagé, qui change des vies. Il a grandi dans les quartiers, entre les tours, avant d'enchaîner les médailles et de voyager au bout du monde... Mais il n'a pas oublié d'où il vient ni les mains qui se sont tendues et qui lui ont permis se réaliser.Aujourd'hui, il met ses compétences et son temps au service des jeunes des quartiers et de la ruralité. Avec son association Les 42, il leur propose d'embarquer dans une aventure extraordinaire qui changera leur vie à jamais : courir un marathon. Pas pour battre le chrono. Pour faire naitre un rêve qu'ils n'auraient pas osé avoir, pour croire en eux, pour comprendre l'importance du travail et de l'entrainement, pour vivre la force du collectif. Et finalement, pour passer la ligne d'arrivée et célébrer leur victoire. Malek a emmené un collectif de jeunes à Athènes en 2023, puis à New York en 2025. Ils étaient encadrés par des patrons d'entreprise qui leur ont ouvert les portes, qui ont cru en eux, et qui, pour certains, ont couru avec eux, illustrant mieux que n'importe quel discours que nous pouvons faire tomber les murs que nous avons battis et en finir avec l'entre-soi.Ecouter cet épisode, c'est faire un plein d'énergie absolument incroyable. C'est croire à nouveau à la fraternité et en l'avenir !Je vous souhaite une très belle écoute à tous ! Vous allez vous régaler !Et bien sûr, je vous souhaite un été doux et joyeux, illuminé par le bonheur d'être avec celles et ceux que vous aimez.Demain N'attend Pas est un podcast indépendant créé et animé par Delphine Darmon.Toutes les 2 semaines, j'échange avec des personnalités inspirantes pour questionner les récits qui façonnent notre monde, et ouvrir des pistes concrètes de futurs plus désirables.
Le numéro un malien Assimi Goïta et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye ont évoqué la crise sécuritaire au Sahel, mardi 28 juillet, à Bamako. Depuis au moins deux ans, les activités subversives se multiplient sur ce théâtre d'opération, à coups de drones et de conseillers militaires. Outre la Russie, quelles sont les puissances extérieures à la manœuvre ? Vincent Crouzet est un ancien collaborateur de la DGSE, les services secrets français. Aujourd'hui, il est expert en renseignement et vient de publier Le jour où je suis devenu espion aux Éditions de l'Observatoire. RFI : Dans la guerre au Nord Mali, comment expliquez-vous l'échec militaire des Russes à Kidal il y a trois mois ? Vincent Crouzet : Il y a de nombreuses raisons. La première, c'est que les Russes et les forces armées maliennes ne bénéficient pas du soutien de la population locale dans cette partie-là du Mali. Ensuite, les Russes, tout de même, fonctionnent en mode dégradé depuis quelques mois sur cette zone et n'ont plus la puissance qu'ils avaient quand ils ont commencé leurs opérations à partir de la fin de l'année 2022. Et puis ensuite, il y a évidemment cette alliance entre les mouvements touaregs de l'Azawad et les mouvements jihadistes. Pourquoi dites-vous que les Russes sont en mode dégradé ? Tout simplement parce que l'Etat russe et parce que la puissance militaire russe sont en mode dégradé partout dans le monde. Et les Russes pâtissent, malheureusement pour eux, de leur grande faiblesse structurelle sur le plan militaire. L'Africa Corps qui nous est proposé aujourd'hui est beaucoup moins puissant que la force Wagner en 2022-2023. Lors d'une première défaite des Russes au Nord Mali, c'était à Tinzaouatène, il y a deux ans, la Direction générale du renseignement ukrainien a reconnu avoir fourni une assistance militaire aux rebelles touaregs. De quel soutien pouvait-il s'agir ? D'abord, ce ne sont pas des aides massives. C'est un soutien qui n'est pas visible. Sinon, il serait beaucoup plus dénoncé par la puissance russe. Et c'est certainement, comment dire, l'appui, le soutien de quelques conseillers militaires avec peut-être des livraisons de matériels aux groupes touaregs. Voulez-vous dire que les Ukrainiens aident les rebelles à piloter des drones ? C'est possible, mais très honnêtement, je n'en sais rien. Y a-t-il des conseillers militaires ukrainiens sur le terrain ? Certainement, mais en nombre limité. Et y a-t-il des conseillers militaires français auprès des insurgés, comme l'affirme Bamako ? Non, c'est de la propagande. C'est de la propagande des trois juntes sahéliennes. L'Afrique de papa, c'est terminé. Donc nous ne menons plus d'activités subversives dans ces trois pays. Et parmi les conseillers militaires ukrainiens, peut-il y avoir d'anciens légionnaires français, qui parlent donc français ? Alors dans la Légion étrangère française, il y a de très nombreux Ukrainiens qui ont quitté la Légion en 2022 pour se mettre au service, naturellement, de leur pays, avec leur savoir-faire, leurs compétences, leur formation. C'est possible. Donc, il est possible que d'anciens légionnaires ukrainiens se trouvent parmi ces éléments du renseignement militaire ukrainien qui seraient présents au Sahel. Mais pour l'instant, rien n'est confirmé de ce côté-là. Des armes russes viennent d'être débarquées au port de Lomé à destination du Mali. Est-ce à dire que le Togo est en train de tomber dans l'orbite de Moscou ? Je ne pense pas que le Togo tombe dans l'orbite de Moscou. Ce que l'on sait précisément, on sait que des drones Shahed ont été livrés au Mali pour lutter contre les rebelles touaregs et les rebelles jihadistes. Ça, c'est un fait. On n'a pas encore confirmation de l'engagement de ces drones Shahed sur le théâtre des opérations, mais ça ne saurait tarder. Et donc ce sont principalement des vecteurs aériens qui seraient livrés via le Togo. Y a-t-il des conseillers militaires russes au nord du Togo pour combattre les jihadistes ? Je suis incapable de répondre à votre question en la matière, mais il est possible que l'influence russe s'étende à certains États de l'Afrique de l'Ouest, et le Togo pourrait être une cible prioritaire au cours des prochains mois. Le coup d'État raté au Bénin au mois de décembre dernier, qui pouvait être derrière ? Éventuellement ou naturellement, ou évidemment les Russes. Evidemment, les Russes, à peu de frais, essayent de déstabiliser encore des pays qui ne sont pas tombés sous leur coupe, tout naturellement. Maintenant, les Russes ont ciblé certains pays d'Afrique de l'Ouest. Le chef putschiste de Cotonou, le colonel Tigri, après l'échec de son opération, s'est enfui par la frontière togolaise. Est-ce que vous savez où il pourrait être aujourd'hui ? Absolument pas. Mais vraisemblablement dans un des trois pays sahéliens, le Mali, le Niger ou le Burkina, vraisemblablement plus au Burkina Faso. Ce qui ressort des documents de la compagnie russe Africa Politology, révélés notamment par RFI en mars dernier, c'est que la Côte d'Ivoire est dans le viseur des Russes qui auraient pris contact avec des proches de l'ancien président Gbagbo et avec l'ancien Premier ministre Guillaume Soro lui-même. Est-ce que cela vous paraît crédible ? Ça me paraît crédible. Alors Africa Politology, c'est une structure qui succède à Africa Initiative ou qui vient en complément d'Africa Initiative. Donc une structure d'influence, notamment d'amplification des fausses informations, des fake news sur les réseaux sociaux, une structure de propagande panafricaniste prorusse. Il est tout à fait possible que la Côte d'Ivoire soit ciblée. Pourquoi ? Parce que la Côte d'Ivoire reste quand même un terrain propice aux partenariats stratégiques et économiques avec la France. Et évidemment, cela devient une cible naturelle pour les Russes, malheureusement. Les Russes n'ont pas su peser sur l'élection du président Ouattara l'année dernière. Mais néanmoins, ils souhaitent bien déstabiliser par des opérations subversives de guerre informationnelle et autres. Voilà ce qui continue à fonctionner en Afrique de l'Ouest. Et savez-vous où se trouve Guillaume Soro aujourd'hui ? Absolument pas.
Nous sommes le 09 décembre 1896, au cœur de la capitale française, au Grand Hôtel. C'est là que le Tout-Paris s'est donné rendez-vous autour d'un repas prévu pour 500 convives. Ensuite, les privilégiés, qui ont reçu l'invitation, sont attendus à un gala, au théâtre de la Renaissance, haut lieu de culture dirigé, à l'époque, par celle que l'on fête ce soir. Elle y fera une entré évidemment, spectaculaire. Accompagnée de 200 coupés, ces voitures hippomobiles. Elle, c'est une des premières stars internationales, on la nomme « l'Impératrice du théâtre » ou encore « la Voix d'or ». Elle s'appelle Sarah Bernhardt. Avec Martine Cadière Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Il n'est pas rare, sur le front ukrainien, d'entendre parler espagnol. Les Colombiens forment aujourd'hui le principal contingent de volontaires étrangers engagés aux côtés de l'armée ukrainienne. Ils seraient plus de 7 000 à s'être enrôlés depuis l'invasion russe à grande échelle, souvent attirés par des promesses de salaires élevés pour aider leurs familles restées au pays. Des familles rattrapées par la guerre et le deuil lorsqu'elles apprennent la mort de leur proche. S'ensuit un périple douloureux pour les mères, les épouses, les sœurs, jusqu'en Ukraine, nourries par l'espoir de retrouver un corps, ce qui ouvre aussi le droit à des indemnités. Sur le mémorial des héros de la place Maïdan, dans un océan jaune et bleu de drapeaux ukrainiens, se niche un espace dédié aux volontaires colombiens. Carmenza Guerrero s'agenouille, une dernière fois, devant le portrait de son fils, Efrain Enrique Mejia Guerrero, les traits juvéniles. Il avait 26 ans. De son téléphone serré contre son cœur, Carmenza fait jaillir quelques notes d'une musique que le garçon aimait tant. Le lendemain, elle repart en Colombie, seule. « Ne pas rentrer avec lui me déchire l'âme. Savoir que je dois partir sans rien pouvoir emporter de mon fils... Mon souhait le plus cher, c'était de pouvoir l'emmener avec moi pour lui offrir une sépulture digne », se lamente-t-elle. À Kiev, Carmenza a enchaîné les rendez-vous éprouvants avec les autorités militaires ukrainiennes. Huit mois ont passé depuis la disparition de son fils, mais personne n'a pu lui apporter de réponse : « Ils m'ont dit qu'il fallait que j'attende, parce qu'ils devaient d'abord faire l'enquête pour voir à quel endroit il était tombé. Soi-disant, ils me disaient qu'il était à Zaporijjia. Ensuite, ils m'ont dit qu'il était à Pokrovsk, puis qu'ils l'avaient déjà dans des congélateurs. » Infirmière à Bucaramanga, Carmenza s'est endettée, à hauteur de 4 000 euros, pour financer un périple en Ukraine, d'où elle repart le cœur lesté d'amertume. « La dernière fois que j'ai pu lui parler, c'était le 25 octobre. Il avait très froid. "C'est dur, ma petite maman. Je regrette d'être venu ici, ma petite maman", c'est ce qu'il m'a dit. De la chair à canon, c'est pour ça qu'il est venu en Ukraine, de la chair à canon », se désespère-t-elle. Un sacrifice inutile, c'est aussi le sentiment de Luz. Exténuée, tout juste arrivée d'un village du sud de la Colombie, elle a perdu sur le front ukrainien Juan Andres, le père de ses trois enfants. « Après un entraînement d'à peine 15 jours, il a été envoyé pour sa première mission. Alors qu'il pensait qu'il recevrait une formation de trois mois. Ce n'est pas juste », estime-t-elle. À Kiev, tout l'intimide. Pourtant, elle doit prendre son courage à deux mains pour faire reconnaître la mort de son époux, toujours porté disparu, et réclamer les indemnités promises à sa famille. « C'est pour les enfants que je suis ici, afin d'honorer une promesse de leur père. Avant de me dire adieu, il m'avait dit : "Tu vas devoir venir ici en Ukraine, il ne faut pas perdre ce qu'ils doivent me donner, c'est pour les enfants, c'est pour eux que je donne la vie." Il disait et il sentait qu'il ne reviendrait pas en Colombie et qu'il ne reverrait pas les enfants », raconte-t-elle. Dans le carré colombien du mémorial de Maïdan, Luz dépose une lettre de son fils au pied du portrait de Juan Andres : « Cher papa, j'espère que tout va bien en Ukraine. » Comme Carmenza et Luz, une dizaine de familles colombiennes font chaque mois le voyage jusqu'à Kiev. À lire aussiDu Darfour à l'Ukraine, comment les vétérans colombiens alimentent le marché mondial du mercenariat
Dans le sud-est du Kenya, la culture du sisal séduit de plus en plus de petits agriculteurs. Résistante à la sécheresse, cette fibre naturelle offre une alternative économique, malgré des contraintes d'investissement et de temps. De notre correspondante de retour de Taita-Taveta, Dans la région de Taita-Taveta, les champs de sisal s'étalent à perte de vue. La grande majorité appartient à de grandes exploitations. Mais de petits agriculteurs s'y mettent aussi. Rachel Kilonzo a planté ses premiers pieds il y a 8 ans. Elle récolte deux fois par an : « Je pense que vous pouvez voir le sourire sur mon visage, parce que je me dis que la récolte approche. Et je sais que quand je récolterai, j'aurai de l'argent en poche. » Une réponse aux sécheresses récurrentes Cette région, près de la côte est du Kenya, subit des sécheresses de plus en plus fréquentes qui affectent les cultures traditionnelles de maïs et de légumineuses. Le sisal est perçu comme une alternative. « Le sisal résiste même en cas de sécheresse. Le mien a huit ans. Je ne l'ai jamais arrosé et il n'a jamais séché, témoigne Rachel Kilonzo. Je ne l'ai jamais traité non plus. C'est donc très économique. Il y a même eu une période où il n'a pas plu pendant presque un an. Mais dès que les premières pluies sont arrivées, mon sisal s'est très bien porté. » Rachel vend ses récoltes à une plus grande exploitation voisine. Le Kenya exporte environ 95 % de sa production de sisal. La fibre naturelle connaît un regain d'intérêt à l'échelle mondiale, explique Paul Opee, directeur adjoint des conseils de service technique au sein de l'organisme public en charge de la régulation des cultures à fibres au Kenya : « Le premier producteur de sisal au monde est le Brésil, suivi, de loin, par la Tanzanie, puis par le Kenya. Mais la demande mondiale est bien supérieure à l'offre, donc le secteur a encore un fort potentiel de croissance. » À lire aussiAu Kenya, du miel et de l'agroforesterie pour préserver l'environnement Un potentiel freiné par les contraintes d'investissement L'organisme soutient les petits agriculteurs pour adopter la culture du sisal, tout comme la Taita Taveta Wildlife Association. En plus d'être résiliente, la plante permet de lutter contre l'érosion des sols. Mais l'agriculture à petite échelle représente encore moins de 5 % de la production kényane. « Pour cultiver du sisal, il faut commencer par faire pousser pendant environ 2 ans un jeune plant dans une pépinière, explique Paul Opee. Une fois mis en terre, il faut encore attendre 3 ans avant la première récolte. Ensuite, la récolte est possible pendant une dizaine d'années, avec un pic de production autour de la sixième année. Dans les zones arides et semi-arides, les populations sont relativement pauvres, leur demander de se lancer dans la culture du sisal alors qu'elles devront attendre cinq ans avant d'en tirer des revenus est quasiment impossible. » À cela s'ajoute le coût des outils nécessaires pour extraire les fibres des feuilles de sisal. Si le Kenya exporte ensuite principalement cette fibre, elle peut aussi être transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, comme des paniers, un savoir-faire traditionnel dans la région. À lire aussiLe sisal, une fibre dure entrée dans le 21e siècle
Comme toujours, nous consacrerons la première partie de notre émission à l'actualité. Tout d'abord, nous nous pencherons sur deux guerres non nécessaires. Quand ils les ont déclenchées, Poutine, puis Trump espéraient une victoire rapide. Ensuite, nous aborderons une polémique concernant des médecins cubains qui assurent des services médicaux, en particulier des services d'urgences, en Calabre, en Italie. Notre discussion suivante portera sur l'Indice de performance environnementale 2026 publié la semaine dernière. Je suis fière de dire que les pays européens sont en tête de ce classement. Et enfin, nous parlerons des finales de Wimbledon qui se sont déroulées le week-end dernier. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : The Present Subjunctive. Verbs conjugating like: recevoir, prendre, paraître, et peindre. Nous commenterons le terrible incendie qui a détruit une partie de la forêt de Fontainebleau. Nous verrons pourquoi ce lieu est unique au niveau écologique, touristique et historique. Nous terminerons avec l'expression de la semaine: De fil en aiguille. Nous discuterons de l'adoption par l'Assemblée nationale au mois de juin d'un texte qui approuve le principe d'une autonomie de la Corse. Cette réforme constitutionnelle pourrait accorder de nouveaux pouvoirs aux institutions de l'île. - Poutine et Trump sont tous deux dans l'impasse après avoir lancé des guerres éclair - Les États-Unis font pression sur la région la plus pauvre d'Italie pour qu'elle ne compte plus sur les médecins cubains - Les pays européens en tête de l'Indice de performance environnementale 2026 - Wimbledon 2026 met en avant la détermination et la résilience face à l'adversité - La forêt de Fontainebleau, en région parisienne, était en train de brûler - Les députés approuvent le principe d'autonomie de la Corse
Aujourd'hui, Bruno Poncet, cheminot, Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Ce mois de juillet 2026, l'une des grandes plumes de la littérature francophone aura 85 ans : l'écrivain congolais Emmanuel Dongala, né en 1941. Son parcours l'a fait traverser toute l'histoire du Congo-Brazzaville, de l'indépendance aux déchirements de la guerre civile, en passant par l'âge d'or de la littérature et du théâtre dans les années 70 à 90. C'est cette histoire qu'il a racontée à RFI, à la première personne. RFI : Vous êtes né en juillet 1941, il y a 85 ans. Est-ce que pendant votre enfance se mettent déjà en place des choses importantes pour votre vie d'écrivain ? Emmanuel Dongala : D'abord, quand j'étais petit, à l'époque, il n'y avait pas de télévision et le soir, en saison sèche, il faisait froid. On était dehors, autour du feu, sous le clair de lune, et notre mère, ma mère, nous racontait des histoires, des contes. Et ça me fascinait. Je me disais : « Il faut qu'un jour moi aussi je me mette à inventer mes propres contes. » Et c'est incroyable comme cette femme analphabète m'a poussé à devenir écrivain. Et mieux encore, mon père était instituteur et il avait des livres à la maison que je feuilletais. Je ne comprenais pas la moitié de ce qu'il y avait dans ces livres-là. Mais l'objet était là et fascinant… … Fascinant. Je lisais, je passais de la littérature aux sciences, vous savez, ces grosses encyclopédies de l'époque, Larousse. Je me souviens très bien. Et être fils d'instituteur a été très important pour moi. C'est ce qui a fait ce que je suis aujourd'hui. … Et être bercé par les contes de votre mère. Oui aussi. Il y a un conte qui vous a marqué ? Oui, plusieurs. Et quelquefois la grand-mère, qui était encore vivante, nous racontait ces contes-là sur les animaux de la brousse, les hommes et les sorciers. C'était vraiment fascinant. À lire aussiL'écrivain congolais Emmanuel Dongala Dans les années 70, vous devenez enseignant-chercheur en chimie à l'université de Brazzaville. Le pays est alors en pleine République populaire, pétri de principes marxistes-léninistes, sous la direction de Marien Ngouabi. Quel souvenir personnel est-ce que vous gardez de cette période révolutionnaire ? Ouh là là ! D'abord tout était caporalisé. Parti unique. « Le pouvoir est au bout du fusil » : c'est le slogan qu'on voyait partout dans les rues. « Le parti dirige l'État ». Même à l'université, au Conseil de l'université, il y avait un représentant du parti qui faisait face au recteur. Il y avait quand même une ferveur révolutionnaire. On croyait vraiment qu'on allait changer le monde. Mais à la fin, c'était beaucoup plus des slogans et de la répression qu'autre chose. Est-ce qu'il y a des anecdotes qui vous ont marqué sur ce quotidien pendant la période révolutionnaire ? Oui. Par exemple, une fois, il y avait un grand meeting du parti et le représentant du parti, habillé en col mao, se lève, crie : « À bas l'impérialisme ! » La foule répond : « À bas ! » « À bas le colonialisme ! » La foule crie : « À bas ! » « À bas le néocolonialisme ! » « À bas ! » « C'est bien, nous sommes maintenant libres », a répondu à la suite le représentant du parti. Voilà, c'était fini pour lui. La parole était performative. C'était marrant ! Et puis il y avait beaucoup de ces slogans-là qui nous font rire aujourd'hui. Par exemple : « Il faut se serrer la ceinture aujourd'hui pour mieux vivre demain. » Parce qu'il y avait la pénurie, il n'y avait rien, il y avait des retards de salaires. Donc pour amadouer la population ou pour expliquer, on disait : « Il faut se serrer la ceinture aujourd'hui pour mieux vivre demain. » À lire aussiRetour au Congo, avec Emmanuel Dongala Et quel était justement votre quotidien d'enseignant-chercheur dans ces années 70 à Brazzaville ? Moi, j'étais assez indépendant parce que j'étais en chimie. Mais mes collègues de philosophie, par exemple, disent que la philosophie marxiste primait sur tout. Les autres philosophes, les Kant, les Sartre, c'était des « philosophes bourgeois », ça ne comptait pas. Et c'était terrible cet encadrement de la pensée à l'époque pour des universitaires. Tout le monde devait être marxiste. Ils parlaient du socialisme scientifique et ils parlaient des lois du mouvement social, je ne sais pas quoi. Moi qui suis chimiste et physicien, je ne connais que les trois lois de Newton. Mais eux, ils avaient une loi du socialisme, etc. Il y avait une contrainte intellectuelle. L'espace intellectuel était assez restreint. Est-ce que c'est le moment où vous entrez en écriture ou est-ce que vous êtes entré en écriture plus tôt ? Ah non, j'ai commencé tout simplement, tout bêtement au lycée, en écrivant des poèmes – des mauvais poèmes. Parce qu'à l'époque on envoyait des poèmes aux filles, vous voyez ? J'ai commencé par ça : imiter les Baudelaire, Rimbaud, etc. Et je lisais beaucoup, énormément. C'est ça qui m'a donné vraiment le goût d'écrire. En 1973, vous publiez Un fusil dans la main, un poème dans la poche qui raconte le parcours d'un jeune révolutionnaire africain, de la lutte anticoloniale à l'exercice du pouvoir. Et vous montrez dans ce livre comment l'idéal de libération se déforme jusqu'à produire de nouvelles formes d'oppression. Comment ce texte a-t-il été accueilli à l'époque par vos lecteurs congolais et par le pouvoir ? Les lecteurs congolais, c'était extraordinaire. Une réception incroyable, parce que le livre a été publié par Albin Michel et après on ne le trouvait plus. J'ai vu des gens qui le faisaient circuler par photocopie. Et autre anecdote que je trouve très intéressante : le livre avait été traduit en portugais et des années plus tard, j'ai retrouvé des combattants du MPLA, le parti angolais, et il y en a un qui m'a dit : « J'ai lu votre livre dans le maquis. C'était vraiment très bien. C'était exactement ce qui se passait. Mais vous, vous étiez dans quel maquis ? » Moi j'ai dit : « Non, je n'ai jamais combattu. Je ne sais même pas par quel bout on tient un fusil ! » Il était étonné que j'aie si bien décrit la réalité du maquis. Quand l'imaginaire rencontre la réalité, ça fait vraiment plaisir pour un écrivain. Au Congo, le livre a été censuré, banni parce qu'il y avait une liste de livres interdits. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais compris. Autant je comprenais la censure pour Jazz et vin de palme, mais pour Un fusil dans la main, un poème dans la poche, je n'ai pas compris pourquoi c'était censuré. À lire aussi«Un fusil dans la main, un poème dans la poche», par Emmanuel Dongala De quand date votre engagement dans le théâtre, sur la scène brazzavilloise, et pourquoi le théâtre ? Et bien parce que ça fait partie de la littérature, de tout ce que j'aimais et de toute la vie qui était autour de moi. Parce que c'est très théâtral, la vie congolaise, la vie au Congo. Et c'était vraiment une période bénie, cette époque-là des années 70-90 où le théâtre congolais était vraiment florissant. Je ne prétends pas que c'est nous qui avons créé le théâtre congolais. Non, ça existait bien avant nous. Il y avait beaucoup de petites troupes. Il y avait le théâtre national. Mais vraiment, à cette époque-là, parmi les groupes qui existaient, beaucoup montaient plus des scénettes que du théâtre. Et il y a trois groupes qui ont émergé : la troupe de Sony [Sony Labou Tansi, NdlR]. Sony a fait un travail remarquable pour mettre le théâtre congolais sur la scène internationale. La troupe qui s'appelait Ngunga, de mon ami Matondo aussi, qui était très bien, et la mienne s'appelait l'Éclair. Et ça avait tellement d'impact sur les autres que les jeunes, les autres troupes, nous taquinaient ou se moquaient de nous – ils nous jalousaient un peu d'ailleurs – en nous qualifiant de « So-ma-do », acronyme de Sony, Matondo et Dongala. Et chacun de nos groupes travaillait de façon différente. Matondo était spontané, dur, pour confronter la réalité. Sony jouait ses très beaux textes. Il venait à Limoges tout le temps. Et moi je m'intéressais beaucoup plus au théâtre international. Mais j'ai joué des pièces congolaises de Sylvain Bemba et d'autres. Mais tout de suite, j'ai monté « Sartre ». Et quand un de mes livres, Le Feu des origines, a été traduit au Japon, j'ai été invité au Japon. Je me suis mis à lire la littérature japonaise et j'ai découvert une pièce de Yukio Mishima qui s'appelle « Sotoba Komachi », qui m'a plu. Je l'ai montée à Brazzaville. Donc voilà la différence un peu entre nous trois, mais c'était vraiment vibrant. C'était une rivalité fraternelle. Vous diriez qu'il y a eu un âge d'or du théâtre congolais dans ces années 70, peut-être 80 ? Jusqu'en 90, oui. Le théâtre continue aujourd'hui, je ne vais pas dire que ça n'existe plus, mais cette époque particulière a quand même marqué et a été une période importante parce qu'il n'y avait pas que nous. Je parlais du parti unique, il avait aussi des pièces révolutionnaires, et puis ça passait à la radio, c'était très populaire, très suivi. Il n'y avait pas qu'à Brazzaville, il y avait aussi à Pointe-Noire, à Dolisie et puis il y avait des scènes dans les lycées, il y avait des troupes. Jusqu'à aujourd'hui, le théâtre est très aimé au Congo. Est-ce que vous pouvez nous raconter l'histoire du théâtre de l'Éclair dont vous êtes le principal animateur dans les années 80 ? Comment est-ce qu'il est né ? Il y avait un embryon, une petite troupe qui était là, qui végétait un peu, et on est venu me voir. On m'a demandé de prendre la direction de cette troupe. On a commencé à travailler d'abord sur la gestuelle, parce qu'on a eu la chance d'avoir le mime Marceau qui est passé à Brazzaville et on a fait un petit stage avec lui. Ensuite, on a eu d'autres comédiens, d'autres metteurs en scène français qui sont passés à Brazzaville. Donc le théâtre de L'Éclair, ce qui le caractérisait aussi, c'était beaucoup la gestuelle, surtout quand j'ai monté « Sotoba Komachi » de Yukio Mishima, il y avait beaucoup de ces pas glissés. Je tenais beaucoup à ça. J'ai monté « Sartre », comme je l'ai dit tout à l'heure, ce n'était pas rien : « Les mains sales ». S'il y avait cette scène théâtrale aussi riche, ça veut dire aussi qu'il y avait un vivier d'acteurs importants dans le Brazzaville de l'époque ? Oui, oui. Le grand théâtre, à l'époque, c'était le théâtre national. Il était subventionné par l'État et les acteurs étaient payés, professionnels. Donc c'est pour vous dire que l'État donnait une importance à ça. Nous, on était des théâtres indépendants, des groupes indépendants. Moi, comme j'étais professeur à l'université, j'avais un peu d'argent, je finançais ça moi-même et les prix des billets étaient vraiment modiques, évidemment. À lire aussi2. Emmanuel Dongala Est-ce qu'il y a des anecdotes qui vous ont marqué sur cette période théâtrale ? Oui, absolument, parce qu'à cette époque-là, je vous ai dit, on vivait sous une dictature de parti unique et il y avait des flics partout. Ils venaient écouter ce qu'on disait, etc. Évidemment, ils ont mis quelqu'un pour suivre Sony. « Ce qu'il fait dans son théâtre, c'est suspect », disaient-ils. Et Sony les a repérés tout de suite. Ces gens-là, ils n'étaient pas malins et on les repérait tout de suite. C'est lui qui me raconte : il me dit qu'il a conçu une scène avec un comédien. Il allait parcourir trois mètres sur le plateau, s'arrêter, bailler, puis retourner et un autre refaisait la même chose, et la même chose… et la même chose. Et là, au bout d'une demi-heure, le gars commençait à s'ennuyer. Il a dit : « Mais si c'est ça le théâtre, pourquoi on nous demande d'espionner ? » Puis il n'est plus jamais revenu. Mais moi, mon plus grand coup, ce n'était pas dans le théâtre. C'était quand j'étais professeur de chimie à l'université de Brazzaville, directeur des affaires académiques. J'organisais des conférences académiques. Et à l'époque, il y avait un grand débat dans le parti pour savoir qui était de droite, qui était de gauche. Il y avait un combat idéologique dans le parti. Il se trouve que je suis professeur de chimie et en chimie, il y a des molécules qu'on appelle énantiomères. Ça veut dire tout simplement que les molécules sont exactement les mêmes. La seule chose qui les distingue, c'est que, quand vous faites passer la lumière, l'une dévie la lumière à droite, l'autre dévie la lumière à gauche. Donc ce sont des molécules droites et gauches. Donc je me suis dit : « Ah ah ah ! Je vais faire une conférence académique de chimie organique avec le titre "De la notion de droite et de gauche". » Voilà le titre de ma conférence. Oh là là… alors qu'il y a un débat qui était de droite, de gauche dans le parti, les gens se sont dit : « Ça y est, qu'est-ce qu'il va dire celui-là ? » Je n'ai jamais vu un tel engouement parmi les services de sécurité de Brazzaville, il y avait trois ou quatre agents dans la salle pour voir ce que j'allais dire, sur la notion de droite et de gauche. Je me suis bien amusé. Ils se sont ennuyés à mort. D'ailleurs, ils n'ont rien compris. Est-ce que vous pourriez nous parler de vos relations avec Sony Labou Tansi et Matondo Kubu Turé, qui étaient donc les deux autres grands animateurs de la scène théâtrale de l'époque ? Oui, ce sont des frères. Dans le théâtre, on a combattu ensemble, on a fait des choses ensemble. Et ce qui est remarquable, c'est que nous avions des divergences politiques profondes. Par exemple, Sony était dans un parti politique et moi je ne l'étais pas, etc. Mais ça, ça ne nous divisait absolument pas. On se retrouvait, on discutait quelquefois, on copiait un peu les uns sur les autres… parce que j'ai vu quelquefois que Sony piquait quelque chose chez Matondo par exemple. Donc c'est pour ça que ces trois groupes sont restés si emblématiques pour les jeunes Congolais. Il y avait une forme d'émulation aussi entre vous ? Absolument. Rivalité, jalousie fraternelle. Sony avait un peu plus de succès que nous parce qu'il était connu à l'étranger. Il avait des pièces qui étaient jouées à Paris et chaque année il venait à Limoges. Mais c'est bien, parce que ce succès nous a entraînés aussi, nous a fait travailler plus fort encore. Donc voilà ce que c'était le « So-ma-do ». Qu'est-ce que vous retenez de la scène littéraire de cette époque à Brazzaville ? C'est aussi la grande époque de la littérature congolaise. Il y avait des écrivains avant, je vais citer les Letembet Ambily, les Jean Malonga, etc. Mais là, notre génération, ce groupe d'écrivains, je cite quelques noms : Tati Loutard, Henri Lopez, Sony Labou Tansi, Sylvain Bemba, Tchicaya U Tam'si – Bon, il était un peu plus âgé que nous, il n'était pas tout à fait dans notre groupe – et j'en passe… C'est vraiment à ce moment-là qu'il y a eu un véritable corpus de la littérature congolaise, connu à l'étranger, parce qu'on commençait à gagner des prix à l'étranger, à être traduit. Je suis traduit dans une douzaine de langues, par exemple. Et ce qui est encore une fois très intéressant, c'est qu'on était sous la dictature et on arrivait quand même à produire ces œuvres… qui étaient censurées. Comme je vous ai dit, Jazz et vin de palme a été censuré. Sony Labou Tansi a eu des livres censurés, mais on produisait quand même. Il y avait une forme de tolérance, finalement, du pouvoir. Oui, c'est ça qui est paradoxal. En fait, le pouvoir ne savait pas trop. Comme on disait à l'époque : « Il censurait les livres, mais ne censurait pas les écrivains. » C'était ça la formule qu'on avait trouvée. Il y avait une sorte de tolérance et puis je dois dire, quelqu'un qui était très bien, qui était ministre, membre du parti, mais qui nous protégeait, c'est le poète Jean-Baptiste Tati Loutard. Il nous protégeait vraiment. Il a protégé Sony pendant longtemps. Sony était fonctionnaire. Quelquefois, il partait à Limoges pour le théâtre, il abandonnait son boulot… Mais il nous a protégé, Tati Loutard, et je lui suis très reconnaissant pour ça. Est-ce que vous vous rencontriez entre auteurs ? Est-ce que vous formiez un cercle de gens qui se retrouvaient régulièrement ? Oui, on se retrouvait quand un livre des nôtres paraissait et on en discutait. C'est pour ça que Sylvain Bemba a créé ce mot qu'il appelle « la phratrie », la fraternité des lettres entre nous. Et ça a tenu, malgré les guerres civiles, les répressions politiques. C'est le seul endroit où la politique ne nous a pas divisés. Jusqu'à la guerre civile de 98 où nous sommes partis. Sony était mort. Et puis nous sommes partis, dispersés. Quelles sont les anecdotes dont vous vous souvenez sur cette « phratrie » des lettres ? On faisait lire nos manuscrits, les uns aux autres. On se passait les manuscrits. Il y a un point central autour duquel nous tournions, c'était Sylvain Bemba. C'était lui, vraiment le patriarche, c'est lui qu'on allait voir pour passer nos manuscrits. Et j'avais créé aussi une revue, Les Cahiers de théâtre de L'Éclair, qui n'a produit que trois numéros, malheureusement. Dedans, il y avait les contributions de Sony et des autres intellectuels de la place qui s'intéressaient au théâtre. Voilà encore un lieu d'échanges. C'était ça l'époque. Mais bon, on rencontrait des difficultés quand même pour imprimer. Il fallait taper, dactylographier à la machine. Je ne sais pas si vous savez ce que c'est de taper à la machine avec le papier carbone. Et puis quand on voulait faire des tracts, il fallait ronéotyper avec de l'encre sale. Donc c'était difficile, mais on réussissait quand même à faire circuler nos manuscrits, nos idées, les discussions sur la place. Le parti unique avait ce qu'il appelait l'Union nationale des écrivains et artistes du Congo. Tout le monde devait y être, tous les artistes, les écrivains, etc. Et nous, on ne voulait pas faire partie de cette UNEAC caporalisée par le parti. Nous avons créé à part, de façon tout à fait indépendante, ce que nous appelions l'ANEC, Association nationale des écrivains du Congo. Et tous les bons écrivains y étaient… j'exagère, parce que Tati Loutard est resté à l'UNEAC. Mais tous les autres, les Sony, les Matondo, tous les autres écrivains étaient avec nous dans cette association pour laquelle je dis fièrement que j'étais le président et le cocréateur. Et le pouvoir a laissé faire ? Oui, je pense que c'est arrivé au moment où déjà le parti unique était en fin de course. Les années 90 voient une explosion de violence politique au Congo au travers des milices que vous décrivez dans l'une de vos œuvres majeures, Johnny chien méchant. Quelle expérience personnelle, intime, est-ce que vous avez eue de ces milices, vous, Emmanuel Dongala ? Je les ai vécues… Un beau jour, vous voyez dans la rue des gamins avec des fusils plus hauts qu'eux, qui intimident les adultes, qui les font s'agenouiller dans la rue, dans les barrages. Mais vous vous dites : « Dans quel monde nous vivons ? » C'était terrible. Donc, avec ma famille, nous avons fui pour aller vers Pointe-Noire à pied, à travers la forêt. C'est terrible. C'est ça qui m'a donné l'idée d'écrire Johnny, chien méchant. Des gamins comme ça qui ont terrorisé des adultes, leur première expérience amoureuse est un viol. Mais qu'est-ce qu'on peut faire des gamins comme ça ? Comment les récupérer ? C'était vraiment terrible à vivre. Et c'est là où j'ai vraiment vu la souffrance humaine, la cruauté humaine. En ce sens que, par exemple, j'ai vu à un barrage où, pour passer, il fallait donner une pièce de 100 francs. 100 francs CFA, ce n'est rien. Et il y a un pauvre vieil homme, à l'époque, qui n'avait pas d'argent du tout. Et je vois quelqu'un à côté de lui qui dit : « Il n'a pas d'argent, je vais payer, je paie à sa place. » Et le petit milicien, là, avec son fusil, dit : « Non, ce n'est pas ton argent qu'on veut, c'est SON argent à lui. » Vous vous rendez compte… Ils se sont mis à battre le vieil homme. C'était cruel. C'est quelque chose qui a complètement échappé aux politiciens. En plus de ça, ce qui m'a touché personnellement, c'est qu'il y a eu des pillages partout. Ma bibliothèque a été pillée. J'avais des livres signés d'Aimé Césaire, de Jorge Sabato, le Portugais. Et en plus de ça, j'avais de la correspondance parce que j'ai fait des études aux États-Unis à une époque où il y avait les Civil Rights, donc j'ai eu une correspondance avec Malcolm X. Tout ça, ça a été détruit. Mais dans tous ces trucs-là, il y a toujours des moments cocasses. Un jour, en me promenant dans un grand marché de Brazzaville qu'on appelle le marché Total, je vois par terre mes livres pillés. Je dis : « Ce n'est pas possible, il faut que j'aille appeler la police pour récupérer mes bouquins. » Je vais voir la police. Je dis : « Voilà, j'ai vu à Total par terre mes livres. Je veux que vous veniez avec moi en tant que policier pour récupérer mes livres », l'agent de police appelle son chef. Son chef vient, je répète. Il me dit : « Ah, attendez, précisons : vos livres, ils ont été pillés ou volés ? » Je dis : « Pardon ? ». « Ah oui, parce que si ça a été volé, d'accord. Nous faisons une enquête. Mais si ça a été pillé, c'est la guerre, on ne peut rien faire. » [Il rit] Donc, c'est ça la guerre civile… À lire aussiEmmanuel Dongala, une sonate des Lumières
La célèbre série "Flipper le dauphin", lancée en 1964, est en réalité une série de mensonge ! D'abord, car en réalité Flipper, n'était pas un dauphin, mais une dauphine. Ensuite, car, pour les besoins du tournage, il n'y avait pas qu'un seul mammifère. Elle était 5 femelles ! Et ça ne s'arrête pas là... Dans "Ah Ouais ?", Florian Gazan répond en une minute chrono à toutes les questions essentielles, existentielles, parfois complètement absurdes, qui vous traversent la tête. Un podcast RTL Originals.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, et Bruno Poncet, cheminot, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
L'affaire Georges Pouille concerne le meurtre de deux petites filles à Voreppe, en Isère. La première victime, Sarah Syad, 6 ans, est retrouvée morte le 17 avril 1991. Ensuite, cinq ans plus tard, Saïda Berch, 10 ans, disparaît à son tour. Son corps est découvert deux jours plus tard. Pendant 22 ans, l'affaire reste scrutée et non résolue malgré les efforts des enquêteurs. Ce n'est qu'en 2013 que de nouvelles analyses ADN permettent enfin d'identifier le coupable. Georges Pouille, alors âgé de 38 ans, est arrêté le 23 juillet 2013 à son domicile de Voreppe. Son profil est troublant car il vivait dans le même quartier que les familles. Il les côtoyait et s'était même rapproché d'elles après les faits. Il est jugé en 2016 pour le meurtre de Saïda Berch et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, malgré des aveux ensuite partiellement rétractés. Pour le meurtre de Sarah, il a été jugé séparément, car il était mineur au moment des faits. Ainsi, cette affaire est devenue emblématique des "cold cases" français, mais elle reste une énigme pour les enquêteurs, notamment sur le mobile. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Antoine Diers, consultant auprès des entreprises, Didier Giraud, éleveur de bovins, et Sandrine Pégand, avocate, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Téléchargez mon template Notion gratuit pour créer une offre de A à Z : http://thebboost.fr/376Votre offre ne se vend pas, ou pas assez ? Avant de la reconstruire de fond en comble, écoutez ça : 8 fois sur 10, retravailler son offre, c'est exactement la mauvaise réponse.Parce que le problème, bien souvent, ce n'est pas votre offre. C'est votre promesse, ou votre marketing. Et reconstruire une offre qui avait tout pour fonctionner, c'est de la procrastination déguisée.Dans cet épisode, on commence par un diagnostic clair pour identifier d'où vient VRAIMENT le problème (promesse, marketing ou offre). Ensuite, on déroule le tuto complet pour construire une offre qui se vend en 2026 : moderne, adaptée à l'ère de l'IA, et calibrée sur votre marché.✨ Au programme :00:00 - Introduction00:42 - Et si le problème n'était pas votre offre ?03:11 - Les 3 coupables : promesse, marketing ou offre06:49 - Comment savoir lequel vous empêche de vendre09:05 - Étape 1 : votre cible, ses besoins vs. ses envies15:31 - Étape 2 : choisir votre business model17:52 - Étape 3 : votre promesse (l'étape qui fait tout)19:17 - Étape 4 : structurer votre offre sans la surcharger24:01 - Étape 5 : fixer votre tarif28:08 - Les 3 non-négociables d'une offre qui se vend en 202634:02 - Les 4 erreurs qui tuent vos ventes✨ Liens et références cités dans l'épisode :Mon template Notion offertMon épisode sur les tarifs
"Je n'aurais jamais pu devenir l'écrivaine que je suis aujourd'hui si je n'étais pas une petite fille avec une imagination débordante." La véritable Tatiana de Rosnay s'est toujours cachée derrière ses personnages de roman : elle n'a jamais osé dire à quel point elle avait mis une partie d'elle en chacun d'entre eux… Jusqu'à aujourd'hui. Parce que derrière les best-sellers, les traductions dans plus de trente langues et les tournées de présentation, se cache une femme qui a beaucoup souffert dans sa vie de jeune adulte et qui a dû jouer des coudes pour se faire une place dans une famille qui brillait déjà beaucoup. Le succès arrive tardivement pour l'écrivaine avec le roman “Elle s'appelait Sarah” qui se vend à plus de 2 millions d'exemplaires. Ensuite, il sera au rendez-vous à chaque sortie de livre. À plus de 60 ans, Tatiana parle avec douceur de la vieillesse qui arrive, de cette joie d'une vie accomplie et de tout ce qu'il lui reste à écrire. Avec elle, on embarque dans un nouveau roman, celui de sa vie, teinté de fiertés, de victoires, de souffrances aussi et de beaucoup de paix intérieure, une paix toute récente. ✨ Belle écoute.
Nous commencerons par discuter de l'actualité. Le Premier ministre britannique vient de démissionner, deux ans à peine après sa victoire écrasante. Les dirigeants occidentaux ont-ils des leçons à en tirer ? Est-ce le signe que les démocraties occidentales sont en crise ? Notre deuxième sujet parlera des insultes incessantes que Trump adresse aux dirigeants européens. Vont-ils arrêter de se laisser faire ? La dernière insulte en date visant la Première ministre italienne marque-t-elle un tournant ? Ensuite, notre section scientifique sera consacrée à une étude fascinante qui révèle pourquoi certains papillons vivent 25 fois plus longtemps que d'autres. Et enfin, nous parlerons d'une crise qui a touché Boston : les bars de la ville se sont retrouvés à court de bière ! Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : The Present Subjunctive - The Verbs of the Third Group conjugating like acquérir, battre, conduire, and courir. Nous parlerons du nouveau projet d'un producteur de comédies musicales qui prépare un spectacle sur la victoire des Bleus lors de la Coupe du monde 1998. Elle devrait être jouée en 2028 pour marquer le 30e anniversaire de l'événement. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Retourner sa veste. Nous verrons que de nombreux essais viennent d'être publiés en France sur les dangers de l'intelligence artificielle. Pour beaucoup, nous sommes face à un choix : devenir des machines ou rester vivants. - La démission de Keir Starmer met en évidence les forces qui menacent les dirigeants occidentaux - Les dirigeants européens vont-ils enfin tenir tête à Trump ? - Des scientifiques étudient la raison pour laquelle certains papillons vivent 25 fois plus longtemps que d'autres - Boston subit avec joie l'invasion écossaise - La Coupe du monde 1998 va devenir le sujet d'une comédie musicale - Des experts du numérique alertent sur les dangers de l'IA
Aujourd'hui, Charles Consigny, avocat, Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, et Didier Giraud, éleveur de bovins, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
En RDC, le changement de Constitution proposé par le pouvoir provoque une vive réaction de l'opposition, qui y voit une manœuvre du président Tshisekedi pour faire un troisième mandat. Vendredi à Kinshasa, une manifestation de la coalition « Article 64 » s'est terminée par des affrontements. Quatre leaders de l'opposition ont été blessés. Parmi eux, il y a Delly Sesanga, qui a été ministre du Plan de 2003 à 2006 et qui préside aujourd'hui le parti Envol. En ligne de Kinshasa, il témoigne au micro de C. Boisbouvier. RFI : Vous avez été blessé lors de la manifestation du 12 juin à Kinshasa. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Delly Sesanga : Nous avons été ciblés par les escadrons envoyés par le régime qui a visé le leadership de la C64, pour décourager le peuple, comme ils ont peur du peuple congolais. Ils ont voulu désamorcer la mobilisation et la démonstration que l'on voulait faire devant le Palais du peuple. Et donc, il y a eu ce tir qui m'a atteint dans mon intégrité physique et qui a conduit à une incapacité à ce jour. Une sonde m'a été placée et je suis mis au repos pour au moins une dizaine de jours. Alors vous dites que vous avez été touché par un tir. Un tir de quoi ? Ce que je sais, c'est que le premier engin, qui a atterri entre mes jambes et qui visiblement faisait l'objet d'un tir ciblé, est un engin à déflagration. Parce que quand il est arrivé, il a éclaté et on a eu des éclats dans les jambes qui faisaient très mal. Et le deuxième, ça a été un tir d'une balle qui m'a éraflé au bas-ventre et a touché mes appareils urinaires et ainsi de suite. Ce qui a nécessité les soins que je subis aujourd'hui. Et savez-vous qui a tiré ces deux projectiles sur vous ? Nous avions en face de nous une police qui était accompagnée des Forces du progrès, qui est la milice de Monsieur Tshisekedi et de l'UDPS [Union pour la démocratie et le progrès social, le parti du chef de l'État, NDLR], qui est enrôlée aujourd'hui pour faire de la répression contre l'opposition. Ceux qui ont tiré sur moi portaient les tenues de la police. Mais je ne peux pas certifier qu'il s'agit des policiers parce qu'aujourd'hui nous sommes dans un chaos créé par Monsieur Tshisekedi, où la police se confond avec les Forces du progrès parce que les Forces du progrès sont aujourd'hui habillées en tenue de la police pour faire usage de la force. Donc, ce sont les deux mélangées. Monsieur Tshisekedi utilise une milice privée dans les forces armées et dans les forces de l'ordre pour assurer son entreprise de répression. Le gouvernement provincial de la ville de Kinshasa fait état d'un bilan de 20 blessés légers, dont 15 policiers et cinq manifestants. Est-ce que vous confirmez ? C'est complètement faux. On a vu d'abord des cadavres qui ont été récupérés par la police. Ce que nous lui demandons de restituer. Ensuite, le nombre de blessés est au-delà de ce chiffre donné. Rien que parmi les leaders de la C64, vous avez Ados Ndombasi qui a été blessé, vous avez moi-même. Vous avez Martin Fayulu, vous avez Jean-Marc Kabund. Et quand je prends les deux gardes du corps qui ont été évacués en même temps que moi et tous ceux qui sont dans les établissements ici sur place, on est au-delà de ces chiffres. Donc, c'est un mensonge éhonté. D'ailleurs, ce mardi, nous allons nous réunir à la conférence des présidents de la C64 et nous allons rendre public le bilan complet. Vous parlez de cadavres : y a-t-il eu des morts ? Il y a eu un corps qui a été récupéré au niveau de la police. Nous lui demandons de pouvoir restituer celui-ci. Et puis il a été fait état d'autres victimes de la répression qui ont perdu la vie. Après le sit-in que vous avez organisé devant le siège du parti de Martin Fayulu, les autorités vous reprochent d'avoir voulu marcher en direction du Palais du peuple, c'est-à-dire du Parlement, alors que vous n'y étiez pas autorisés. D'abord, ce sont des grands irresponsables parce que ces autorités de la ville, nous leur avons demandé de faire le sit-in à l'esplanade du Palais du peuple, le lieu où ils ont autorisé, il y a encore quelques semaines, les membres de la majorité à pouvoir s'y présenter. Nous sommes des citoyens congolais. On ne peut pas nous interdire, au nom de l'égalité de droit, de jouir des mêmes droits que la majorité. Donc, nous voulions être à l'esplanade du Palais du peuple. Donc, il n'a jamais été question de marcher sur le Palais du peuple, mais d'être plutôt à l'esplanade du Palais du peuple. Votre coalition de l'opposition s'appelle Article 64. Pourquoi pointez-vous en particulier cet article de la Constitution congolaise ? Parce que l'article 64, c'est le dernier refuge de tous les démocrates pour assurer le respect de l'ordre constitutionnel. Cet article fait un devoir à chaque Congolais de faire échec à toute personne qui veut prendre le pouvoir en violation de la Constitution, ou l'exercer en violation de celle-ci. Et l'entreprise que Monsieur Tshisekedi a initiée actuellement de vouloir changer de constitution pour se donner un troisième mandat à la tête de notre pays, c'est une tentative de renversement de l'ordre constitutionnel, une violation de son serment, une violation intentionnelle de la Constitution. C'est pourquoi nous nous mobilisons sur ce dernier refuge de la loi et de la Constitution, pour faire échec à son entreprise et pour pouvoir le plaquer au sol. Parce que le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent pas faire l'objet d'une révision de la Constitution. Et nous nous mobilisons pour faire en sorte que l'ordre constitutionnel dans notre pays soit respecté. À lire aussiRévision de la Constitution en RDC: le Sénat adopte la proposition de loi pour un référendum
Domaine de la Petite Gallée, Millery, Coteaux du lyonnaisAlerte pépite ! Au printemps 2025, je me suis rendu dans la banlieue de Lyon. C'est là que se trouve le domaine de la Petite Gallée, en appellation Coteaux du lyonnais. Un domaine à la notoriété encore modeste mais qui devrait bientôt crever l'écran et ce pour plusieurs raisons. Pour commencer, les vins sont délicieux avec le gamay en fer de lance et un travail très intéressant sur l'aligoté et la syrah. Ensuite, on reste dans des tarifs accessibles avec des vins en-dessous de 20€. Enfin et surtout grâce à Pierre Thollet. Pierre est revenu au domaine il y a peu avec des diplômes, de riches expériences en France et à l'étranger, des idées claires et la tête sur les épaules. Soit des ingrédients indispensables pour mener un domaine très haut. Alors en route pour Millery à la découverte de la Petite Gallée et des coteaux du lyonnais.Réalisation : Romain BeckerEnregistrement : Romain BeckerPost-production : Emmanuel NappeyMusique originale : Emmanuel DoréGraphismes : Léna MaziluOn se retrouve très vite pour de nouvelles aventures viticoles. D'ici-là éclatez-vous et buvez bon !Le Bon Grain de l'Ivresse, le podcast vin----------------------------------------------------------Retrouvez les dernières infos sur Instagram et FacebookContactez-nous par mailVisitez le site internet du Bon GrainHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous vous regardez dans le miroir et vous ne reconnaissez plus tout à fait la personne en face de vous. Ce que vous ressentez à ce moment-là n'est ni anormal ni superficiel, et ce n'est pas non plus uniquement lié à votre apparence.Dans cet épisode, je réponds à Claire, 42 ans, mère de trois enfants, qui m'a écrit pour me confier qu'elle a du mal à accepter son reflet et les photos prises d'elle lors des repas de famille.Sa question touche à quelque chose de très répandu, souvent passé sous silence : comment faire la paix avec les signes du vieillissement alors qu'on vit dans une société qui glorifie la jeunesse ?Dans cet épisode, je vous explique d'abord les trois mécanismes cognitifs qui amplifient le malaise, et qui n'ont finalement rien à voir avec votre visage objectif. C'est important de les connaître pour relativiser votre ressenti.Ensuite, je vous propose des pratiques concrètes pour adoucir votre regard sur vous-même, et surtout diminuer la charge émotionnelle que vous ressentez en croisant votre reflet dans le miroir ou en découvrant les photos de l'anniversaire de votre petit neveu.Vous pouvez aussi :
Bienvenue dans le supplément de Grand reportage. 50 minutes ensemble avec aujourd'hui Marielle Vitureau et Emma Garboud-Lorenzoni. En première partie, le drone qui est désormais indispensable pour assurer la sécurité d'un territoire. Il est au cœur en particulier de la guerre en Ukraine et dans les pays environnants. Comment développer les drones, et comment les intégrer ?... Ensuite, direction la Nouvelle-Zélande, pour rencontrer les jeunes Maoris, victimes des réformes gouvernementales. Les pays baltes, une région passée en mode drones Il peut voler, naviguer, rouler. Il peut porter une charge explosive ou mener des opérations de reconnaissance. Riga accueillait, cette semaine, un sommet international consacré aux drones. Compte tenu de leur proximité avec la Russie, la Lettonie et ses deux voisins baltes -la Lituanie et l'Estonie- sont en première ligne sur le sujet. Le drone est désormais indispensable pour assurer la sécurité d'un territoire. S'en protéger est devenu le défi numéro un. Dans les trois pays, les entreprises, les armées, les institutions, les industries ne parlent que d'eux... Alors, comment les développer, comment les intégrer ? Un Grand reportage de Marielle Vitureau qui s'entretient avec Matthieu Vendrely. À écouter aussiLes drones ukrainiens frappent dans la grande profondeur du territoire russe La jeunesse maorie de Nouvelle-Zélande, victime des réformes La Nouvelle-Zélande a engagé, il y a quelques années, une politique uniformisée et uniformisante de la société. Un virage intervenu en 2023 avec l'élection d une coalition de droite à Wellington. Victime de cette nouvelle donne : les droits spécifiques des Maoris ; peuple autochtone qui représente 17% de la population, près d'un million de personnes. Les jeunes Maoris sont particulièrement touchés. Marginalisation de leur langue à l'école, fin des partenariats avec les tribus pour la prise en charge des adolescents en difficulté. Un Grand reportage d'Emma Garboud-Lorenzoni qui s'entretient avec Matthieu Vendrely. À écouter aussiEn Nouvelle-Zélande: les Maoris craignent pour leurs droits
Notre premier sujet de discussion portera sur un important changement potentiel dans le processus d'élargissement de l'Union européenne. Les États membres envisagent de n'accorder le droit de veto aux nouveaux États membres que plusieurs années après leur adhésion. Ensuite, nous parlerons de l'encyclique du pape Léon XIV, dans laquelle il appelle à une action mondiale urgente pour garantir que l'IA soit au service de l'humanité, au lieu de la déstabiliser. Notre section scientifique sera consacrée à une nouvelle étude qui révèle que la pratique régulière d'activités artistiques et culturelles pourrait ralentir le vieillissement biologique de la même manière qu'une activité physique régulière. Enfin, nous conclurons la première partie de l'émission en parlant du dernier épisode du « Late Show » de Stephen Colbert, qui a marqué la fin de l'une des émissions de fin de soirée les plus emblématiques de la télévision. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : les conjonctions jusqu'à ce que, parce que, pendant que, plutôt que, et pourvu que. Nous commenterons les annonces du ministre de l'Éducation nationale sur le baccalauréat qui approche. Nous verrons quelles nouvelles exigences le ministre souhaite ajouter. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Tirer un trait sur. Nous discuterons d'une œuvre d'art monumentale qu'il sera bientôt possible de visiter à Paris. L'artiste JR va en effet transformer tout le Pont-Neuf en grotte de pierre. - L'Union européenne envisage de priver temporairement ses nouveaux États membres du droit de veto - Dans une encyclique majeure, le pape Léon XIV s'inquiète des dangers de l'intelligence artificielle pour l'humanité - L'art et la culture sont associés à un ralentissement du vieillissement biologique - Stephen Colbert présente la toute dernière émission de l'emblématique « Late Show » - Baccalauréat : les annonces du ministre de l'Éducation - L'artiste JR transforme le Pont-Neuf en grotte monumentale
Au XVIe siècle, l'Europe est en pleine Renaissance. Mais derrière les progrès artistiques et scientifiques se développe aussi une intense créativité militaire. Les ingénieurs imaginent alors toutes sortes d'armes nouvelles : canons géants, machines de siège, explosifs… et parfois des idées qui semblent aujourd'hui complètement folles. Parmi elles figure le concept des « chats fusées ».Cette étrange idée apparaît dans un traité militaire attribué à Franz Helm, un ingénieur allemand spécialisé dans l'artillerie et les armes incendiaires. Dans ses écrits, il décrit une méthode destinée à incendier une ville ennemie assiégée en utilisant… des animaux.Le principe était aussi simple que cruel. Des charges incendiaires ou des dispositifs enflammés devaient être attachés sur le dos de chats, parfois d'oiseaux. Les animaux étaient ensuite relâchés près des remparts ennemis. Les stratèges espéraient que, pris de panique, les chats retourneraient instinctivement vers leurs maisons situées à l'intérieur de la ville. En courant se cacher dans des granges, des greniers ou des toits en bois, ils auraient propagé le feu partout dans la cité.À l'époque, cette idée pouvait sembler logique. Les villes médiévales et renaissantes étaient extrêmement vulnérables aux incendies. Beaucoup de bâtiments étaient construits en bois, les rues étaient étroites et les moyens pour combattre le feu restaient limités. Une simple étincelle pouvait suffire à provoquer une catastrophe.Mais malgré sa présence dans les traités militaires, rien ne prouve que cette technique ait réellement été utilisée avec succès. Et pour cause : le plan avait de nombreux problèmes évidents. D'abord, un animal terrorisé devient totalement imprévisible. Au lieu de courir vers la ville ennemie, un chat pouvait partir dans n'importe quelle direction… y compris vers le camp de ceux qui l'avaient relâché.Ensuite, le feu et les explosions risquaient d'effrayer les animaux avant même qu'ils n'atteignent leur cible. Les chats auraient probablement cherché à se débarrasser des charges ou simplement fui au hasard.Le concept des « chats fusées » révèle surtout la mentalité militaire de l'époque. Les ingénieurs cherchaient constamment des moyens inattendus de contourner les défenses ennemies. Dans un monde où les sièges pouvaient durer des mois, toutes les idées étaient envisagées, même les plus absurdes ou les plus cruelles.Aujourd'hui, cette histoire fascine autant qu'elle choque. Elle montre qu'à la Renaissance, la frontière entre invention ingénieuse, expérimentation militaire et imagination délirante pouvait être extrêmement mince. Heureusement, les « chats fusées » semblent être restés davantage un projet théorique qu'une véritable arme de guerre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Comme toujours, nous consacrerons la première partie de notre émission à l'actualité. Notre premier sujet de discussion s'inspire d'un article paru dans le magazine The Atlantic. L'auteur de l'article affirme que les États-Unis ont subi une défaite dans leur confrontation avec l'Iran qui pourrait avoir des conséquences irréparables. Ensuite, nous parlerons d'une enquête pénale française sur Elon Musk et son réseau social, X. Il est entre autres accusé de diffusion d'images pédopornographiques et de deepfakes, de désinformation, ainsi que de complicité dans la contestation de crimes contre l'humanité par le biais de l'IA de X, Grok. Dans notre section scientifique de la semaine, nous nous intéresserons à une étude qui révèle que les perroquets sauvages imitent leurs congénères lorsqu'ils goûtent des aliments qu'ils ne connaissent pas. Et nous conclurons la première partie de l'émission d'aujourd'hui par une discussion sur la 61e Biennale de Venise, qui a commencé le 9 mai dans un contexte de tensions géopolitiques et de manifestations. Le reste de l'émission d'aujourd'hui sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : The Conjunctive Phrases à moins que, au cas où, au point que, aussi bien que, and aussitôt que. Nous parlerons d'une question qui inquiète beaucoup de Français : connaîtrons-nous des pénuries de carburant cet été ? Nous terminerons par l'expression de la semaine, « Prendre la poudre d'escampette ». Nous discuterons d'un rapport français de 1999 sur les ovnis, le rapport COMETA. Ce rapport, qui vient d'être republié par le Pentagone, défend l'hypothèse d'une vie extraterrestre. - Conflit avec l'Iran : Les États-Unis sont-ils en train de perdre ? - Les autorités françaises avancent dans leur enquête pénale sur Grok, l'IA d'Elon Musk - Les perroquets sauvages imitent leurs congénères lorsqu'ils goûtent un aliment inconnu - La Biennale de Venise 2026 dominée par les polémiques politiques - Aurons-nous du carburant cet été ? - Un rapport français de 1999 défend l'hypothèse de la vie extraterrestre