L'actualité mondiale de l'ONU

Alors qu'une flambée épidemique d'Ebola se propage rapidement en République démocratique du Congo (RDC), les autorités sanitaires et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'efforcent d'interrompre la transmission d'une souche du virus pour laquelle il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement homologué. Plus de 500 cas suspects, dont plus de 130 décès suspects, ont déjà été signalés, tandis qu'une trentaine de cas ont été confirmés à ce stade en RDC. Deux cas liés à l'épidémie ont également été détectés en Ouganda.Dans un entretien accordé à ONU Info, la Directrice des urgences à l'OMS Afrique, la Dre Marie Roseline Belizaire, revient sur les défis d'une riposte menée dans un contexte d'insécurité et de déplacements de population. Elle explique notamment ce que signifie le risque « d'urgence sanitaire internationale », tout en soulignant qu'« il ne faut pas paniquer », mais agir vite « de manière coordonnée et fondée sur la science ». L'entretien aborde également les gestes essentiels de protection, l'importance d'une réponse ancrée dans les communautés et une approche visant à rapprocher les soins des populations affectées, avec prise en charge médicale et psychosociale, y compris pour les familles.(Interview : Dre Marie Roseline Belizaire, Directrice des urgences à l'OMS Afrique; propos recueillis par Cristina Silveiro)

En Haïti, des années après le départ de certains Casques bleus impliqués dans des cas d'exploitation et d'abus sexuels, des femmes et des enfants continuent de vivre avec les conséquences de ces violences, souvent dans l'oubli et la précarité.Lors d'une récente mission en Haïti, Najla Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l'exploitation et des abus sexuels commis par le personnel de l'ONU, a rencontré des femmes et des enfants victimes d'abus attribués à d'anciens Casques bleus.« Mon rôle, c'est d'assurer que ces victimes ne sont pas invisibles, qu'elles ont une voix, une assistance et un accès à la justice », explique-t-elle à ONU Info.Dans cet entretien, la Défenseure revient sur les besoins exprimés par les survivantes, notamment l'accès à un soutien psychologique, médical et à des activités génératrices de revenus pour reconstruire leur vie et retrouver leur dignité.« Elles souffrent en silence, elles sont stigmatisées, parfois elles ont peur des représailles », confie Mme Nassif Palma.Elle évoque aussi le témoignage d'une jeune fille née d'un abus sexuel commis par un Casque bleu, l'importance de la reconnaissance de paternité pour les enfants nés de ces violences, ainsi que les efforts menés avec les autorités haïtiennes, la société civile et les agences onusiennes afin d'améliorer l'accès à la justice et aux services.Najla Nassif Palma rappelle également que « les Nations Unies ont une responsabilité particulière parce que l'agresseur représentait les Nations Unies » au moment des faits.Face à l'extrême violence des gangs, Haïti accueille aujourd'hui de nouveau des forces internationales. Même si celles-ci ne relèvent ni d'un mandat direct des Nations Unies ni de celui de la Défenseure, Mme Nassif Palma indique avoir rencontré les responsables de la force multinationale afin de leur proposer l'expertise des Nations Unies et partager « des bonnes pratiques », ainsi que « des défis et des leçons qu'on a déjà apprises » en matière de prévention de l'exploitation et des abus sexuels.La Défenseure dit avoir été rassurée par l'engagement exprimé par les responsables de la force à faire de cette question « une priorité ».(Interview : Najla Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l'exploitation et des abus sexuels; propos recueillis par Crisitna Silveiro)

L'industrie forestière européenne est en pleine transformation et s'impose désormais comme un acteur clé de la transition écologique, selon un rapport des Nations Unies publié à l'approche de la 21e session du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF21).« Pendant longtemps, on associait surtout ce secteur à l'exploitation du bois comme ressource brute. Mais aujourd'hui, il devient un acteur clé de la transition écologique et de la résilience économique », explique Florian Steierer, chargé des affaires économiques à l'Unité des forêts de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU).Le bois est de plus en plus utilisé dans la construction bas carbone, les énergies renouvelables et les produits biosourcés innovants. Plusieurs pays européens investissent massivement dans ces solutions.Malgré les incendies, les ravageurs forestiers et les pressions économiques, « le secteur répond par davantage d'innovation et une approche plus circulaire de la bioéconomie », souligne Florian Steierer. « La forêt n'est plus seulement perçue comme une ressource à exploiter, mais comme une solution stratégique pour le climat, l'énergie et l'économie européenne ». (Extrait sonore : Florian Steierer, chargé des affaires économiques à l'Unité des forêts de la CEE-ONU ; propos recueillis par Cristina Silveiro ONU Info)

Plus de 1.600 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti au cours des trois premiers mois de 2026, soit dans des violences perpétrées directement par les gangs, soit dans des opérations de sécurité menées contre les gangs, selon un nouveau rapport des Nations Unies.Si les autorités ont réussi à limiter l'expansion territoriale des gangs dans certaines zones de Port-au-Prince, les violences continuent de s'étendre dans plusieurs régions du pays, notamment dans l'Artibonite et le Centre. Meurtres ciblés, violences sexuelles, enlèvements et attaques coordonnées contre des populations civiles restent fréquents.Dans cet extrait sonore accordé à ONU Info, le porte-parole du BINUH, Mathias Gillmann, revient sur la situation sécuritaire et les violations des droits humains en Haïti, ainsi que sur les appels des Nations Unies à renforcer les pôles judiciaires spécialisés, prévenir le trafic d'armes et garantir le respect des droits humains lors des opérations de sécurité.(Extrait sonore : Mathias Gillmann, porte-parole du BINUH; propos recueillis par Cristina Silveiro)

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti jeudi que d'autres cas d'hantavirus liés au navire de croisière MV Hondius restaient possibles, compte tenu de la période d'incubation qui peut atteindre six semaines. À ce stade, huit cas, dont trois décès, ont été recensés.Le navire a quitté Cabo Verde mercredi en direction des îles Canaries après quatre jours d'opérations sanitaires menées avec l'appui de l'OMS. L'agence onusienne a fourni une assistance technique, financière et de laboratoire, ainsi qu'un soutien aux évacuations médicales, notamment pour l'évacuation de trois passagers.« Les autorités cap-verdiennes ont toujours gardé leur sang-froid pour venir en aide aux malades à bord du navire, tout en veillant à protéger la santé publique de leur population », a déclaré à ONU Info mercredi soir Ann Lindstrand, Représentante de l'OMS à Cabo Verde.Le MV Hondius poursuit désormais sa route vers les îles Canaries avec un épidémiologiste de l'OMS à bord afin de poursuivre les investigations sanitaires et assister les passagers si nécessaire.(Extrait sonore : Ann Lindstrand, Représentante de l'OMS à Cabo Verde; propos recueillis par Eleuterio Guevane, ONU Info)

À l'occasion de la Resource Management Week organisée à Genève par la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), ONU Info Genève a rencontré Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie, du logement et de l'aménagement du territoire à la CEE-ONU.Dans cet entretien, il explique pourquoi les minéraux « critiques » (lithium, cobalt, terres rares…) sont devenus indispensables à la transition énergétique et aux technologies numériques.Il évoque également les fragilités des chaînes d'approvisionnement et la dépendance à un nombre limité de pays, les défis d'une exploitation durable, et le rôle des Nations Unies pour favoriser une gestion plus équitable et responsable de ces ressources.« Le principal enjeu aujourd'hui, c'est la disponibilité des minéraux critiques à court terme », affirme M. Liguti. Entretien réalisé par Alexandre Carette

À l'occasion de la 29e Réunion internationale des directeurs nationaux de l'action antimines et des conseillers des Nations Unies à Genève, ONU Info Genève a rencontré Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix.Dans cet entretien, il revient sur les attaques récentes contre les Casques bleus et la nécessité de lutter contre l'impunité.Il évoque également l'avenir de la FINUL au Liban et les conditions d'une stabilisation durable, ainsi que l'appui de la MONUSCO aux efforts diplomatiques et à un éventuel cessez-le-feu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).Enfin, le chef des opérations de paix parle de l'évolution du maintien de la paix face aux nouvelles menaces (drones, désinformation, criminalité), et les défis du multilatéralisme dans un contexte international de plus en plus polarisé.

Face aux perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (ONU-CEE) intensifie ses efforts pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement et fluidifier le transport international de marchandises.Réunis ce mardi, représentants des pays du Golfe, autorités douanières, ferroviaires et acteurs du transport routier ont examiné les solutions offertes par la Convention sur le transit international routier (TIR) afin de faciliter le transit le long de corridors terrestres alternatifs.L'ONU-CEE a également annoncé le lancement d'un observatoire en ligne des points de passage aux frontières. « Cette nouvelle plateforme fournit des données sur les points de passage frontaliers et les points de traitement TIR, permettant aux opérateurs de mieux planifier les itinéraires et d'optimiser l'acheminement des marchandises », explique Jean Rodriguez, porte-parole de l'ONU-CEE.Dans cet extrait sonore, il revient aussi sur l'essor de ces routes alternatives : « Le nombre de conteneurs transitant par le port de Djeddah […] a augmenté de 140 %, passant de 50.000 à 120.000 par semaine ».(Extrait sonore : Jean Rodriguez, porte-parole de l'ONU-CEE; propos recueillis par Cristina Silveiro)

La crise maritime dans le détroit d'Ormuz, déclenchée par le conflit dans le Golfe Persique, fait peser une nouvelle menace sur l'économie mondiale. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), une pénurie de matières premières stratégiques pourrait se profiler, alimentant déjà une course entre États pour sécuriser leurs approvisionnements.Dans cet extrait sonore, Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie durable à la CEE-ONU, rappelle que « l'impact du conflit dans le Golfe ne se limite pas au marché de l'énergie » et souligne que « la disponibilité de ces produits est fortement contrainte ». Hélium, naphta, sulfure : ces sous-produits du pétrole, essentiels aux semi-conducteurs, aux technologies numériques ou à la transition énergétique, dépendent largement de routes maritimes aujourd'hui sous tension.À court terme, les industriels s'appuient sur leurs stocks. Mais si la crise se prolonge, des pénuries pourraient émerger, avec un double effet : hausse des prix et raréfaction de technologies clés, avertit l'expert.Un éclairage pour comprendre comment une crise régionale menace déjà des chaînes d'approvisionnement vitales à l'échelle mondiale.(Extrait sonore : Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie durable à la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Près d'un milliard de personnes dépendent des plus de 2.200 sites désignés par l'UNESCO, qui couvrent quelque 13 millions de kilomètres carrés à travers la planète, abritent plus de 60% des espèces cartographiées et absorbent plus de 700 millions de tonnes de carbone par an.Ces sites — patrimoine mondial, réserves de biosphère et géoparcs — sont à la fois des alliés du climat et de la biodiversité et des moteurs de développement économique durable, selon un premier rapport mondial publié à l'occasion de la Journée de la Terre nourricière.Dans cet entretien, Martin Delaroche, co-auteur du rapport et chargé de mission au programme des réserves de biosphère de l'UNESCO, en dévoile les conclusions majeures. Du parc national de Virunga en République démocratique du Congo aux mangroves de la réserve de biosphère de Noroeste au Pérou, en passant par le Grand Canal en Chine, Tehuacan Cuicatlan au Mexique ou encore la réserve transfrontalière de Trifinio Fraternidad entre le Salvador, le Guatemala et le Honduras, Martin Delaroche nous explique ce que ces sites apportent concrètement aux populations et à la planète.Malgré leurs apports considérables, ils restent pourtant largement absents des stratégies climatiques nationales. « Seulement 5% des contributions nationalement déterminées mentionnent les sites de l'UNESCO comme alliés dans la lutte contre le changement climatique », alerte-t-il.M. Delaroche appelle les États à mieux intégrer ces sites dans leurs stratégies nationales, car ils offrent « des bénéfices multiples, non seulement pour le climat, mais également pour le maintien de la biodiversité, et surtout pour créer des opportunités et de l'emploi ». (Interview : Martin Delaroche, co-auteur du rapport et chargé de mission au programme des réserves de biosphère de l'UNESCO; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Le Représentant spécial du Secrétaire général en République démocratique du Congo (RDC), James Swan, qui est aussi le chef de la mission de paix de l'ONU, la MONUSCO, a entamé lundi à Beni sa première visite de terrain dans l'est du pays, consacrée à l'évaluation de la situation sécuritaire dans le Grand Nord.Après un briefing au quartier général de la force de la MONUSCO sur les menaces pesant sur les populations civiles, M. Swan a rencontré le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Evariste Kakule Somo, pour discuter de la protection des civils face aux violences persistantes des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).« Cette protection exige une action coordonnée entre les autorités congolaises, les forces de sécurité nationale, la MONUSCO, les acteurs humanitaires et les communautés elles-mêmes », a souligné le chef de la mission de paix.(Extrait sonore : James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la RDC et chef de la MONUSCO; propos recueillis par la MONUSCO)

À l'occasion d'un Ciné-ONU consacré au film Muganga, celui qui soigne, ONU Info Genève vous propose un entretien avec Guy-Bernard Cadière, chirurgien belge et proche collaborateur du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix en 2018.Dans cet échange, il revient sur une rencontre déterminante — un véritable « coup de foudre » en amitié — et sur leur engagement commun auprès des survivantes de violences sexuelles à l'hôpital de Panzi, en République démocratique du Congo.Au-delà du geste médical, il évoque la notion de réparation dans toutes ses dimensions — psychologique, sociale et judiciaire — ainsi que le rôle des Nations Unies face à ces violences. (Interview : Professeur Guy-Bernard Cadière ; propos recueillis par Alexandre Carette, ONU Info Genève)

À l'occasion de la fin de son mandat à la tête de l'Agence des Nations Unies d'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini est l'invité d'ONU Info Genève.Lors de cet entretien, il revient sur le bilan d'un mandat marqué par des crises majeures, notamment à Gaza ; les conséquences qu'aurait un démantèlement de l'UNRWA pour des millions de réfugiés palestiniens ; les attaques, accusations et campagnes de désinformation visant l'agence ; l'affaiblissement du droit international humanitaire et les risques pour l'ensemble du système multilatéral ; et les défis qui attendent l'UNRWA au moment de son départ.Selon Philippe Lazzarini, « le sort réservé à l'UNRWA en dit long sur l'état du droit international et du système multilatéral ».Entretien réalisé par Alexandre Carette

À l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique, la jeune poète lauréate de Toronto, Shahaddah Jack, était aux Nations Unies pour porter un message fort de mémoire, mais aussi de réappropriation et d'espoir.Dans un entretien avec ONU Info, elle revient sur son poème Reclaiming Our Pen, un appel à écrire sa propre histoire.« Tout le monde a une responsabilité de réfléchir sur cette histoire… ce n'est pas seulement une histoire noire, c'est une histoire mondiale », affirme-t-elle.Mais au-delà de la douleur, elle insiste sur une dimension essentielle souvent oubliée : « notre histoire, c'est la beauté de notre communauté ». Une poésie qui fait aussi place à la joie, comme acte de résistance.Pour elle, transmettre cette parole est crucial : « Si tu ne partages pas ton histoire, quelqu'un d'autre va le faire ». Un enjeu fondamental pour que les générations futures puissent enfin documenter, comprendre et revendiquer leur héritage.(Interview : Shahaddah Jack, jeune poète lauréate de Toronto ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

À la Une : Commémoration historique des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves à l'Assemblée générale

À l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le Représentant permanent de l'Organisation de la Francophonie (OIF) auprès des Nations Unies à New York, Michel Biang, dresse le bilan d'une organisation « en bonne santé ».Avec près de 396 millions de locuteurs, le français est aujourd'hui « la 4e langue la plus parlée au monde », souligne-t-il dans un entretien accordé à ONU Info.Au-delà des chiffres, l'OIF met en avant un projet fondé sur des valeurs — paix, démocratie, droits humains — dans un contexte international fragilisé.Cette année, le cap est mis sur la jeunesse. « Elle doit être la matrice, le centre de gravité de tous les projets », insiste Michel Biang.Sur le plan politique, l'OIF souligne son rôle d'accompagnement auprès de ses États membres, notamment ceux en rupture avec l'ordre constitutionnel, afin de les aider à « retrouver le chemin de la démocratie ».Michel Biang a également adressé un message de solidarité appuyé aux membres de la Francophonie au Moyen-Orient, citant le Liban, mais également le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite. (Interview : Michel Biang, Représentant permanent de la Francophonie auprès des Nations Unies ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Au Siège de l'ONU à New York, en marge de la Commission de la condition de la femme consacrée cette année à l'accès à la justice, la République démocratique du Congo met en avant des avancées, notamment une présence accrue des femmes dans les instances décisionnelles et une égalité inscrite dans la Constitution, ainsi qu'une approche plus globale face aux violences faites aux femmes.Dans un entretien avec ONU Info, la ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant, Micheline Ombaé Kalama, insiste : « Punir ne suffit pas : il faut aussi réparer ».Dans l'Est du pays, les violences sexuelles liées aux conflits restent l'une des injustices les plus profondes. Elles sont, souligne-t-elle, « utilisées comme armes de guerre » pour « réduire » les femmes, les rendre « incapables même de réfléchir ou de résister », avec des conséquences durables.Malgré des obstacles persistants, notamment dans les zones affectées par les conflits où l'accès aux victimes reste difficile, les autorités congolaises entendent renforcer l'accès à la justice, notamment à travers la redynamisation des tribunaux et l'organisation d'audiences foraines.Mais leur réponse ne s'arrête pas aux sanctions. La RDC mise également sur la réparation, à travers le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et des centres intégrés de prise en charge, qui offrent un accompagnement en plusieurs volets — médical, psychosocial, juridique et de réinsertion économique — permettant aux survivantes de « reprendre leur vie en marche » et de se réintégrer dans la société.La ministre met également en avant la promotion d'une « masculinité positive » — encourager les hommes, dès le plus jeune âge, à reconnaître les capacités des femmes et à les considérer comme des égales — ainsi qu'une politique de « tolérance zéro » à l'égard des auteurs de violences, afin de prévenir ces crimes et renforcer la réponse judiciaire.(Interview : Micheline Ombaé Kalama, ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant de la RDC; propos receuillis par Cristina Silveiro)

Le conflit au Moyen-Orient replonge le Liban dans une spirale de violence, marquée par des bombardements et des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah, qui frappent de plein fouet les civils, en particulier les enfants. Selon l'UNICEF, plus de 820.000 personnes ont été déplacées en quelques semaines, dont près de 300.000 enfants, contraints de fuir dans la panique, souvent sans rien emporter.Beaucoup ont passé leurs premières nuits dans la rue avant de trouver refuge dans des abris surpeuplés ou chez des proches. Le bilan est déjà lourd : plus d'une centaine d'enfants tués et des centaines blessés en quelques semaines seulement.Certains, gravement blessés, se réveillent après une intervention médicale pour apprendre que leurs parents, leurs frères ou leurs sœurs ont été tués.« Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a des explosions du matin au soir au Liban, y compris à Beyrouth… Et c'est la deuxième fois en 18 mois », explique Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF, dans un entretien à ONU Info Genève.« Ils ont besoin de tout. En fait, ils n'ont plus rien », souligne-t-il, décrivant une situation où les besoins vitaux — eau, soins, éducation — se doublent d'un traumatisme profond, dans un pays à nouveau secoué par des explosions quotidiennes.(Interview : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF ; propos recueillis par Nancy Sarkis, ONU Info Genève)

Depuis 2024, la Journée internationale de l'apprentissage numérique est célébrée chaque année le 19 mars. A cette occasion, des collégiens de notre partenaire Eco Radio, du collège Vincent Van Gogh, à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, en France, ont interrogé Michela Pagano, chargée de projet au sein de la section pour la technologie et l'intelligence artificielle dans l'éducation à l'UNESCO.Dans cet entretien, elle observe qu'une partie essentielle de l'apprentissage se déroule désormais dans des espaces numériques.Elle souligne deux principaux risques concernant l'utilisation du numérique et de l'intelligence artificielle dans l'éducation.Le premier, c'est « l'atrophie cognitive » : en se reposant trop sur l'IA, on risque de moins développer sa propre capacité à réfléchir, à analyser, à résoudre des problèmes.Le deuxième risque, c'est la question de la confiance : des outils d'IA produisent des résultats qui semblent clairs, bien rédigés, propres, mais leur apparence de fiabilité ne garantit ni l'exactitude, ni la vérité. Entretien réalisé par Clara et Devon avec Jean à la technique.