L'actualité mondiale de l'ONU

Au Siège de l'ONU à New York, en marge de la Commission de la condition de la femme consacrée cette année à l'accès à la justice, la République démocratique du Congo met en avant des avancées, notamment une présence accrue des femmes dans les instances décisionnelles et une égalité inscrite dans la Constitution, ainsi qu'une approche plus globale face aux violences faites aux femmes.Dans un entretien avec ONU Info, la ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant, Micheline Ombaé Kalama, insiste : « Punir ne suffit pas : il faut aussi réparer ».Dans l'Est du pays, les violences sexuelles liées aux conflits restent l'une des injustices les plus profondes. Elles sont, souligne-t-elle, « utilisées comme armes de guerre » pour « réduire » les femmes, les rendre « incapables même de réfléchir ou de résister », avec des conséquences durables.Malgré des obstacles persistants, notamment dans les zones affectées par les conflits où l'accès aux victimes reste difficile, les autorités congolaises entendent renforcer l'accès à la justice, notamment à travers la redynamisation des tribunaux et l'organisation d'audiences foraines.Mais leur réponse ne s'arrête pas aux sanctions. La RDC mise également sur la réparation, à travers le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) et des centres intégrés de prise en charge, qui offrent un accompagnement en plusieurs volets — médical, psychosocial, juridique et de réinsertion économique — permettant aux survivantes de « reprendre leur vie en marche » et de se réintégrer dans la société.La ministre met également en avant la promotion d'une « masculinité positive » — encourager les hommes, dès le plus jeune âge, à reconnaître les capacités des femmes et à les considérer comme des égales — ainsi qu'une politique de « tolérance zéro » à l'égard des auteurs de violences, afin de prévenir ces crimes et renforcer la réponse judiciaire.(Interview : Micheline Ombaé Kalama, ministre du Genre, de la Famille et de l'Enfant de la RDC; propos receuillis par Cristina Silveiro)

Le conflit au Moyen-Orient replonge le Liban dans une spirale de violence, marquée par des bombardements et des échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah, qui frappent de plein fouet les civils, en particulier les enfants. Selon l'UNICEF, plus de 820.000 personnes ont été déplacées en quelques semaines, dont près de 300.000 enfants, contraints de fuir dans la panique, souvent sans rien emporter.Beaucoup ont passé leurs premières nuits dans la rue avant de trouver refuge dans des abris surpeuplés ou chez des proches. Le bilan est déjà lourd : plus d'une centaine d'enfants tués et des centaines blessés en quelques semaines seulement.Certains, gravement blessés, se réveillent après une intervention médicale pour apprendre que leurs parents, leurs frères ou leurs sœurs ont été tués.« Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a des explosions du matin au soir au Liban, y compris à Beyrouth… Et c'est la deuxième fois en 18 mois », explique Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF, dans un entretien à ONU Info Genève.« Ils ont besoin de tout. En fait, ils n'ont plus rien », souligne-t-il, décrivant une situation où les besoins vitaux — eau, soins, éducation — se doublent d'un traumatisme profond, dans un pays à nouveau secoué par des explosions quotidiennes.(Interview : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF ; propos recueillis par Nancy Sarkis, ONU Info Genève)

Depuis 2024, la Journée internationale de l'apprentissage numérique est célébrée chaque année le 19 mars. A cette occasion, des collégiens de notre partenaire Eco Radio, du collège Vincent Van Gogh, à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, en France, ont interrogé Michela Pagano, chargée de projet au sein de la section pour la technologie et l'intelligence artificielle dans l'éducation à l'UNESCO.Dans cet entretien, elle observe qu'une partie essentielle de l'apprentissage se déroule désormais dans des espaces numériques.Elle souligne deux principaux risques concernant l'utilisation du numérique et de l'intelligence artificielle dans l'éducation.Le premier, c'est « l'atrophie cognitive » : en se reposant trop sur l'IA, on risque de moins développer sa propre capacité à réfléchir, à analyser, à résoudre des problèmes.Le deuxième risque, c'est la question de la confiance : des outils d'IA produisent des résultats qui semblent clairs, bien rédigés, propres, mais leur apparence de fiabilité ne garantit ni l'exactitude, ni la vérité. Entretien réalisé par Clara et Devon avec Jean à la technique.

À l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, en février, le Palais des Nations à Genève a accueilli la projection d'un film consacré à Frantz Fanon, psychiatre martiniquais et figure majeure des luttes anticoloniales, engagé durant la guerre d'Algérie et auteur d'analyses marquantes sur les mécanismes d'oppression et les inégalités structurelles.Organisé par l'Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD) et l'association Shap Shap, l'événement a réuni chercheurs, cinéastes et jeunes participants autour d'une réflexion sur l'actualité de sa pensée face aux fractures sociales contemporaines.Dans ce podcast, ONU Info Genève revient sur les débats qui ont suivi la projection avec Karima Cherif, Directrice de la communication de l'UNRISD, Jean-Claude Barny, réalisateur du film, et Alexandre Bouyer, qui incarne Fanon à l'écran.Ils évoquent la portée contemporaine de son message, le rôle du cinéma pour sensibiliser aux injustices sociales, et l'engagement de jeunes participants venus partager leurs expériences et leurs idées pour transformer les inégalités. Entretien réalisé par Alexandre Carette

Chirurgienne et féministe, Sarah Abramowicz a fait de l'excision l'un des combats de sa vie. Fondatrice de l'association « Réparons l'excision », elle se dit « horrifiée » par le sort de ces jeunes filles qui subissent cet acte de « torture ».A l'occasion de la Journée de la femme, qui est célébrée le 8 mars, elle a accordé un entretien à ONU Info Genève. Elle explique pourquoi elle lutte contre cette pratique et raconte notamment le cas d'une patiente qui l'a profondément marquée. Entretien réalisé par Kenza Cissé, ONU Info Genève

À qui appartient réellement la terre dans le monde ? Un nouveau rapport publié par la FAO, en collaboration avec le CIRAD et la Coalition internationale pour l'accès à la terre (ILC), dresse un état des lieux préoccupant des droits fonciers à l'échelle mondiale.Selon l'étude, seulement 35 % des terres dans le monde sont aujourd'hui formellement documentées. Une situation qui alimente une insécurité foncière massive : près de 1,1 milliard de personnes, soit environ 23 % de la population adulte mondiale, craignent de perdre leurs terres dans les cinq prochaines années.Pourtant, des progrès ont été accomplis sur le plan politique. « Le rapport montre qu'au cours des deux dernières décennies, des progrès ont été réalisés, particulièrement en matière de politiques publiques », explique Ward Anseeuw, responsable de l'équipe foncière de la FAO.Mais sur le terrain, l'insécurité foncière persiste. Lorsque les droits sont flous ou contestés, les risques d'expulsions, d'accaparement des terres et de conflits augmentent, souligne le rapport, qui appelle à accélérer la sécurisation des droits fonciers dans le monde.(Interview : Ward Anseeuw, responsable de l'équipe foncière de la FAO; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Au menu de l'actualité :L'ONU craint une escalade régionale de la guerre en IranL'éducation en temps de conflit au cœur d'une réunion du Conseil de sécuritéTémoignage d'une Française qui se bat contre l'excision Présentation : Jérôme Bernard

En moins de trois semaines, Madagascar a été frappée par deux cyclones, Fytia puis Gezani, qui ont causé des dégâts considérables, notamment à Tamatave, deuxième ville du pays. Environ 500.000 personnes sont sinistrées, selon les estimations, alors que des infrastructures essentielles ont été lourdement endommagées.Dans cet entretien, la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) à Madagascar, Tania Goosens, décrit une situation « très difficile » sur le terrain : absence d'électricité, manque d'eau potable, accès compliqué aux zones touchées, et besoins urgents en abris, vivres et soins médicaux.Si le PAM a pu lancer des actions anticipatoires et une première réponse rapide, l'agence fait face à un grave déficit de financement. Elle estime ses besoins à 18 millions de dollars pour les six prochains mois, afin de couvrir la période de soudure et la réponse aux cyclones, alors que l'insécurité alimentaire continue de s'aggraver dans le pays et que la saison cyclonique démarre avec intensité.(Extrait sonore : Tania Goosens, Représentante du PAM à Madagascar ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

À l'occasion de la Journée mondiale de la radio, ONU Info donne la parole à Hamida Aman, fondatrice de Radio Begum, une station afghane « faite par des femmes pour des femmes », née en mars 2021, quelques mois avant le retour des Talibans au pouvoir.Pensée au départ comme une radio généraliste célébrant « les accomplissements des femmes ces 20 dernières années », Radio Begum a dû transformer sa mission face aux restrictions imposées aux médias et aux femmes.Privée de musique et de divertissement, elle s'est tournée vers un rôle vital : l'éducation, avec six heures de cours radiophoniques par jour, ainsi que des programmes de santé, de soutien psychologique et d'accompagnement social. La radio propose aussi des émissions qui informent les Afghanes de leurs droits à travers le prisme de l'islam, leur permettant de faire valoir leurs droits et parfois même de les défendre au sein de leur propre famille.« En ce moment en Afghanistan, (…) on n'entend que des voix d'hommes (…) Donc entendre une voix de femme dans tout cet univers masculin, c'est juste une sorte de petite lumière ou une lueur dans tout un océan de noir. Et c'est ça, Begum », explique Hamida Aman. Dans un pays où les femmes sont écartées de l'espace public, Radio Begum leur offre un espace à elles : « un espace de libre-échange », « un espace dédié uniquement aux femmes ».(Interview : Hamida Aman, fondatrice de Radio Begum; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Dans cet entretien, Olfa Dabbabi, jeune entrepreneure tunisienne, partage sa passion pour l'art numérique et son engagement en faveur des femmes.« La femme est la source de mon inspiration », confie-t-elle, expliquant vouloir la représenter à travers ses œuvres — son corps, sa beauté, son âme. Pour Olfa, l'art est aussi un moyen d'encourager les femmes à s'exprimer pleinement.Elle insiste aussi sur l'importance de la diversité : « J'aime montrer que la différence est une source de richesse… c'est ce qui nous rend uniques ». Venue au WEIF, le Forum international de l'entrepreneuriat féminin, pour mettre en lumière OLFUS, l'entreprise qu'elle a fondée, Olfa — qui vit avec un handicap lié au système nerveux — adresse un message simple et puissant à toutes celles et ceux qui affrontent des obstacles : « Il faut toujours persévérer… ne jamais abandonner ».(Interview : Olfa Dabbabi, fondatrice d'OLFUS; propos recueillis par Makki Abdelmonem, ONU Info)

À l'occasion de la Journée mondiale de la radio, la Directrice générale de la Fondation Hirondelle, partenaire de l'ONU, nous parle de ce média très écouté dans les pays en proie à des conflits.Dans un entretien accordé à ONU Info, Caroline Vuillemin nous explique la création à Madagascar de Studio Sifaka en 2019, qui a bénéficié du soutien financier des Nations Unies. Cette radio est aujourd'hui très populaire chez la jeunesse malgache. La Gen Z s'est servie de cette plateforme pour informer et éduquer sur les questions politiques surtout pendant les manifestations qui ont secoué l'île en 2019 et 2025.L'entretien s'intéresse à la lutte contre la désinformation, un enjeu crucial dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, qui constitue un axe stratégique central pour la Fondation Hirondelle.L'entretien souligne également le rôle de la radio, qui demeure un moyen d'information essentiel pour les populations isolées. « La radio reste le média le plus accessible, particulièrement dans les pays en conflit ou ceux confrontés à des problèmes d'infrastructures, notamment en matière d'électricité », insiste cette structure basée à Genève.(Interview : Caroline Vuillemin, Directrice générale de la Fondation Hirondelle ; propos recueillis par Kenza Cissé)

Du 11 au 13 février à Marrakech, la Conférence des Nations Unies sur le travail des enfants met en lumière l'urgence de protéger le droit à l'enfance et à l'éducation.Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), près de 8 % des enfants du monde entier travaillent.Dans un entretien accordé à ONU Info, Vera Paquete-Perdigão, Directrice du Département de la gouvernance à l'OIT, alerte sur la situation des enfants dans les zones de conflit. Beaucoup sont soumis à des formes de travail extrême, voire à la traite ou au recrutement par des groupes armés.Face à cette réalité, l'ONU appelle à une action urgente, notamment en Afrique subsaharienne, pour inverser cette tendance. Mme Paquete-Perdigão plaide pour un investissement massif dans l'éducation. Entretien réalisé par Alpha Diallo, ONU Info Genève

À l'occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines (MGF), l'agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA) rappelle l'ampleur d'une pratique qui touche encore des millions de filles dans le monde.Aujourd'hui, 230 millions de femmes et de filles vivent avec les conséquences des mutilations génitales féminines, tandis que 4,5 millions de filles risquent d'y être soumises rien qu'en 2026.Dans cet entretien accordé à ONU Info, Cécile Mazzacurati, conseillère genre à l'UNFPA, souligne qu'il s'agit d'une « violation des droits humains fondamentaux » et insiste sur l'urgence d'accélérer les efforts, alors que les financements diminuent.Elle met aussi en garde contre l'argument culturel souvent avancé pour justifier la pratique : « Les pratiques peuvent être transformées sans que les cultures mêmes en soient profondément modifiées ».L'entretien aborde également le coût sanitaire et économique des MGF — 1,4 milliard de dollars par an — ainsi que les bénéfices d'un abandon de la pratique, qui représente aussi « un levier de développement économique très puissant ». (Interview : Cécile Mazzacurati, Conseillère genre à l'UNFPA; propos recueillis par Cristina Silveiro)

La cheffe de la composante de police de la Mission de paix des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO), Mamouma Ouédraogo, qui a été nommée à ce poste en novembre 2025, était cette semaine au siège des Nations Unies à New York.Elle a participé à la Semaine de la police, qui réunit de hauts responsables de la police des Nations Unies issus des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales, et a fait un exposé, jeudi, devant les membres du Conseil de sécurité.Dans un entretien accordé à ONU Info, à la veille de la réunion du Conseil, elle détaille l'appui apporté par la composante de police de la MONUSCO à la police nationale congolaise et explique les mesures prises pour lutter contre les violations des droits humains, et en particulier les violences sexuelles. Entretien réalisé par Jérôme Bernard

À l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, l'invitée d'ONU Info Genève était Léonie de Picciotto, survivante de l'HolocausteDans cet épisode, elle revient sur :

La MONUSCO salue l'annonce du Qatar sur le déploiement d'une première équipe chargée de surveiller le cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23, dans le cadre de l'initiative de paix de Doha.« Il s'agit d'un signal positif », affirme la porte-parole de la Mission, Ndeye Khady Lo, dans un entretien à ONU Info, estimant que cette avancée contribue à rendre « l'architecture du cessez-le-feu plus concrète et opérationnelle ».Cette initiative intervient dans un contexte de violences persistantes dans l'est de la RDC, marqué notamment par la prise de Goma en janvier 2025, puis de Bukavu en février, par l'AFC/M23, ainsi que par de récents développements à Uvira, au Sud-Kivu.La porte-parole revient sur la résolution du Conseil de sécurité adoptée en août 2025, qui autorise la MONUSCO à appuyer un cessez-le-feu permanent via un mécanisme conjoint de suivi.Une première équipe doit ainsi être déployée à Uvira, au Sud-Kivu. La Mission précise toutefois qu'il ne s'agit pas d'un retour durable dans cette province, qu'elle a quittée en juin 2024, mais d'un appui limité au cadre strict du mécanisme de surveillance.(Interview : Ndeye Khady Lo, porte-parole de la MONUSCO ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Dans une enquête menée en Europe, l'UNESCO a examiné le niveau de préparation des enseignants face à la haine antisémite. Objectif : mieux comprendre leur expérience, leurs connaissances et les outils dont ils disposent, afin de proposer des solutions éducatives aux États membres.Les résultats sont « mitigés », avec des constats parfois jugés « alarmants » : 78% des enseignants interrogés disent avoir été confrontés à au moins un incident antisémite entre élèves.Dans un entretien accordé à ONU Info, Karel Fracapane, de la section de l'éducation à la citoyenneté mondiale et à la paix de l'UNESCO, revient sur les principaux enseignements de l'enquête.Du déni ou de la distorsion de la Shoah aux gestes et symboles nazis, en passant par des propos antisémites lors de discussions liées à la guerre entre Israël et le Hamas, il décrit les incidents signalés par les enseignants.Pour l'UNESCO, la priorité est claire : renforcer les formations et mieux outiller les enseignants, en particulier face aux formes contemporaines de l'antisémitisme.(Interview : Karel Fracapane, de la section de l'éducation à la citoyenneté mondiale et à la paix de l'UNESCO; propos recueillis par Cristina Silveiro)

Dans un entretien accordé à ONU Info, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Nigéria dresse un état des lieux sans détour des défis sécuritaires et humanitaires auxquels le pays est confronté.Mohamed Malick Fall explique pourquoi les violences ne visent pas un groupe religieux ou ethnique en particulier, tout en détaillant l'ampleur des besoins humanitaires — déplacements, insécurité alimentaire, malnutrition et vulnérabilités climatiques — dans un contexte de forte contraction des financements.L'entretien souligne enfin la responsabilité de l'État nigérian à assurer un financement humanitaire prévisible et constant, indispensable pour répondre durablement aux besoins des populations.(Interview : Mohammed Malick Fall, Coordonnateur résident des Nations Unies au Nigéria ; propos recueillis par Fabrice Robinet)