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À Mayotte, archipel français de l'océan Indien, jusque-là l'immigration provenait essentiellement des îles voisines des Comores. Mais, les conflits sur le continent africain rebattent les cartes. Depuis plusieurs années, des migrants la région des Grands Lacs et de Somalie affluent en nombre vers le département français d'Outre-mer. En 2024, les Congolais de RDC étaient majoritaires parmi ceux qui y présentaient une première demande d'asile. Cela, devant les Comoriens. Ils demandent l'asile à la France, mais sur place les infrastructures ne sont pas adaptées, et la plupart vivent dans l'extrême précarité. À Tsoundzou, au sud de Mamoudzou, le chef-lieu de Grande Terre, un camp informel compte plus de 1 000 personnes. « Mayotte, confetti français hostile pour exilés congolais », un Grand reportage de Lisa Morisseau.
L'épidémie d'Ebola, responsable de 139 décès suspects dans l'est de la République démocratique du Congo, circulerait depuis deux mois et devrait continuer de se propager, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la Santé. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais était l'invité du journal de l'Afrique.
C'est l'intitulé d'une série de quatre reportages à lire dans Le Monde Afrique. Avec ce constat de départ : « Le premier trimestre de cette année a été l'un des plus meurtriers depuis 2014 pour les migrants partis de Tunisie et de Libye en direction de l'Europe, avec 765 morts recensées par l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations. (…) Le phénomène persiste (et s'amplifie donc) dans la plus grande indifférence. (…) Depuis ces 12 dernières années, l'OIM a recensé 26 734 morts en Méditerranée. Le bilan d'une guerre, sachant que l'agence onusienne insiste sur le caractère très restrictif de cette estimation. Le véritable nombre de vies effacées ne sera jamais connu. » Des accords « opaques » Indifférence donc… et complicité… Pour l'Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d'Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l'arrivée au pouvoir de la première ministre d'extrême droite, la coopération de l'Italie avec les acteurs libyens s'est intensifiée, de même qu'avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides. « Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu'ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu'interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. » « Grand remplacement » Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu'ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu'à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l'Algérie. » Et Le Monde Afrique de rappeler « qu'en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l'Europe. » Ebola : l'inquiétude… À la Une également, l'épidémie d'Ebola qui continue sa progression en RDC et au-delà… « C'est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l'est du pays, pour lequel il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s'en rende compte ? », s'interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C'est le premier cas documenté à ce stade. L'une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n'alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l'Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l'hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l'Allemagne. Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu'une épidémie d'Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n'est plus seulement un problème congolais : c'est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. » Propagation rapide… Mais pour l'instant, « ce qui inquiète l'OMS, relève Afrik.com, c'est surtout la vitesse et l'ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu'à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d'Ebola. » Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l'Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l'épidémie d'Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. » Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l'Ituri compte plus d'un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »
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C'est l'intitulé d'une série de quatre reportages à lire dans Le Monde Afrique. Avec ce constat de départ : « Le premier trimestre de cette année a été l'un des plus meurtriers depuis 2014 pour les migrants partis de Tunisie et de Libye en direction de l'Europe, avec 765 morts recensées par l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations. (…) Le phénomène persiste (et s'amplifie donc) dans la plus grande indifférence. (…) Depuis ces 12 dernières années, l'OIM a recensé 26 734 morts en Méditerranée. Le bilan d'une guerre, sachant que l'agence onusienne insiste sur le caractère très restrictif de cette estimation. Le véritable nombre de vies effacées ne sera jamais connu. » Des accords « opaques » Indifférence donc… et complicité… Pour l'Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d'Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l'arrivée au pouvoir de la première ministre d'extrême droite, la coopération de l'Italie avec les acteurs libyens s'est intensifiée, de même qu'avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides. « Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu'ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu'interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. » « Grand remplacement » Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu'ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu'à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l'Algérie. » Et Le Monde Afrique de rappeler « qu'en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l'Europe. » Ebola : l'inquiétude… À la Une également, l'épidémie d'Ebola qui continue sa progression en RDC et au-delà… « C'est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l'est du pays, pour lequel il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s'en rende compte ? », s'interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C'est le premier cas documenté à ce stade. L'une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n'alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l'Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l'hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l'Allemagne. Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu'une épidémie d'Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n'est plus seulement un problème congolais : c'est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. » Propagation rapide… Mais pour l'instant, « ce qui inquiète l'OMS, relève Afrik.com, c'est surtout la vitesse et l'ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu'à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d'Ebola. » Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l'Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l'épidémie d'Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. » Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l'Ituri compte plus d'un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »
Au début du mois, le président congolais, devant les journalistes, affirmait : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. Mon vœu le plus ardent est que cette République retrouve sa stabilité, sa dignité et que l'on mette la RDC sur de bons rails. » Depuis, pointe le site Afrikarabia, « le scénario qui se profile est apparu clairement : la guerre à l'est de la RDC a de fortes chances de repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2028 et un projet de référendum pourrait acter un prochain changement de Constitution et permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat. » Prétextes ? En effet, précise Jeune Afrique, « une large portion du territoire dans l'est du pays (entre les mains de l'AFC-M23) échappe au contrôle du pouvoir central, ce qui y rend impossible l'organisation de scrutins. "Si on ne peut pas terminer cette guerre, on ne pourra malheureusement pas organiser les élections en 2028", a clarifié le président. Ses partisans décrivent un Tshisekedi comme investi d'une mission, celle de mettre fin à la guerre, priorité des priorités. » De plus, poursuit Jeune Afrique, « les partisans du chef de l'État estiment que leur champion mérite de rester au pouvoir parce qu'il aurait été gêné dans l'exercice de ses mandats. D'abord, jusqu'en décembre 2020, par sa coalition contrainte avec le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila. Puis par la guerre, notamment quand, au début de 2025, les villes de Goma et de Bukavu sont tombées entre les mains de l'armée rwandaise et des rebelles de l'AFC/M23 – le gouvernement congolais et l'administration américaine accusant Kabila de les soutenir. » À lire aussiRDC : révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Sur les pas de Mobutu ? Alors pour rester au pouvoir, une seule solution : modifier la constitution par référendum… « Un nouveau texte pourrait ouvrir la voie à la remise à zéro du compteur des mandats présidentiels, pointe Jeune Afrique. Et une récente proposition de loi sur le référendum déposée par le parti présidentiel, l'UDPS, va même plus loin. Elle offre une brèche permettant de modifier l'article 220, qui limite leur nombre. » Bref, résume le site panafricain, « après avoir combattu les régimes de Mobutu Sese Seko et de Joseph Kabila, l'UDPS assume aujourd'hui son intention de se maintenir au pouvoir. À entendre ses partisans, il y aurait une différence fondamentale entre Tshisekedi-le-démocrate et ses tyranniques prédécesseurs. » Récemment, relève Afrik.com, « le quotidien belge La libre Belgique s'interrogeait en Une : "Félix Tshisekedi est-il en train de marcher dans les pas de Mobutu ?" La question visait les intentions prêtées au chef de l'État congolais de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Mais elle pourrait également s'appliquer à son parti, s'exclame le site. Longtemps formation d'opposition persécutée, l'UDPS semble aujourd'hui fascinée par ce qu'elle dénonçait hier : l'hégémonie du MPR, le parti-État du maréchal Mobutu. » En effet, précise Afrik.com, « après avoir consolidé son pouvoir au sommet de l'État, le parti présidentiel paraît décidé à étendre son contrôle sur les provinces congolaises les plus stratégiques jusqu'ici laissées à ses alliés de l'Union sacrée. Gouverneurs fragilisés, assemblées provinciales instrumentalisées, campagnes de déstabilisation savamment orchestrées : partout dans le pays, la machine politique tshisekediste avance. » Avec en ligne de mire, donc, la présidentielle dans un peu plus de deux ans… À lire aussiRDC : l'opposition poursuit ses échanges face à l'annonce d'un éventuel troisième mandat du président Mépris des principes démocratiques ? Pour sa part, l'opposition tente de freiner cet élan… « Le contexte de guerre est entretenu par le pouvoir, qui s'en sert comme marchepied et comme prétexte pour établir sa dictature », accuse l'opposant Delly Sesanga, dans les colonnes de Jeune Afrique. Et avant-hier, rapporte Le Journal de Kinshasa, « le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a dénoncé à la fois l'impasse sécuritaire dans l'est et ce qu'il qualifie de "mépris des principes démocratiques" par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en RDC. Sous le slogan "Touche pas à ma Constitution", Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il s'appuie sur le préambule de la Constitution qui désigne "l'impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme" comme causes de la ruine du pays. Pour lui, pointe encore Le Journal de Kinshasa, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l'est et la reconstruction de l'autorité publique. »
Au début du mois, le président congolais, devant les journalistes, affirmait : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. Mon vœu le plus ardent est que cette République retrouve sa stabilité, sa dignité et que l'on mette la RDC sur de bons rails. » Depuis, pointe le site Afrikarabia, « le scénario qui se profile est apparu clairement : la guerre à l'est de la RDC a de fortes chances de repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2028 et un projet de référendum pourrait acter un prochain changement de Constitution et permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat. » Prétextes ? En effet, précise Jeune Afrique, « une large portion du territoire dans l'est du pays (entre les mains de l'AFC-M23) échappe au contrôle du pouvoir central, ce qui y rend impossible l'organisation de scrutins. "Si on ne peut pas terminer cette guerre, on ne pourra malheureusement pas organiser les élections en 2028", a clarifié le président. Ses partisans décrivent un Tshisekedi comme investi d'une mission, celle de mettre fin à la guerre, priorité des priorités. » De plus, poursuit Jeune Afrique, « les partisans du chef de l'État estiment que leur champion mérite de rester au pouvoir parce qu'il aurait été gêné dans l'exercice de ses mandats. D'abord, jusqu'en décembre 2020, par sa coalition contrainte avec le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila. Puis par la guerre, notamment quand, au début de 2025, les villes de Goma et de Bukavu sont tombées entre les mains de l'armée rwandaise et des rebelles de l'AFC/M23 – le gouvernement congolais et l'administration américaine accusant Kabila de les soutenir. » À lire aussiRDC : révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Sur les pas de Mobutu ? Alors pour rester au pouvoir, une seule solution : modifier la constitution par référendum… « Un nouveau texte pourrait ouvrir la voie à la remise à zéro du compteur des mandats présidentiels, pointe Jeune Afrique. Et une récente proposition de loi sur le référendum déposée par le parti présidentiel, l'UDPS, va même plus loin. Elle offre une brèche permettant de modifier l'article 220, qui limite leur nombre. » Bref, résume le site panafricain, « après avoir combattu les régimes de Mobutu Sese Seko et de Joseph Kabila, l'UDPS assume aujourd'hui son intention de se maintenir au pouvoir. À entendre ses partisans, il y aurait une différence fondamentale entre Tshisekedi-le-démocrate et ses tyranniques prédécesseurs. » Récemment, relève Afrik.com, « le quotidien belge La libre Belgique s'interrogeait en Une : "Félix Tshisekedi est-il en train de marcher dans les pas de Mobutu ?" La question visait les intentions prêtées au chef de l'État congolais de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Mais elle pourrait également s'appliquer à son parti, s'exclame le site. Longtemps formation d'opposition persécutée, l'UDPS semble aujourd'hui fascinée par ce qu'elle dénonçait hier : l'hégémonie du MPR, le parti-État du maréchal Mobutu. » En effet, précise Afrik.com, « après avoir consolidé son pouvoir au sommet de l'État, le parti présidentiel paraît décidé à étendre son contrôle sur les provinces congolaises les plus stratégiques jusqu'ici laissées à ses alliés de l'Union sacrée. Gouverneurs fragilisés, assemblées provinciales instrumentalisées, campagnes de déstabilisation savamment orchestrées : partout dans le pays, la machine politique tshisekediste avance. » Avec en ligne de mire, donc, la présidentielle dans un peu plus de deux ans… À lire aussiRDC : l'opposition poursuit ses échanges face à l'annonce d'un éventuel troisième mandat du président Mépris des principes démocratiques ? Pour sa part, l'opposition tente de freiner cet élan… « Le contexte de guerre est entretenu par le pouvoir, qui s'en sert comme marchepied et comme prétexte pour établir sa dictature », accuse l'opposant Delly Sesanga, dans les colonnes de Jeune Afrique. Et avant-hier, rapporte Le Journal de Kinshasa, « le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a dénoncé à la fois l'impasse sécuritaire dans l'est et ce qu'il qualifie de "mépris des principes démocratiques" par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en RDC. Sous le slogan "Touche pas à ma Constitution", Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il s'appuie sur le préambule de la Constitution qui désigne "l'impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme" comme causes de la ruine du pays. Pour lui, pointe encore Le Journal de Kinshasa, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l'est et la reconstruction de l'autorité publique. »
Jean-Jacques Muyembe est une figure mondiale de la virologie. Congolais, il fait partie de l'équipe qui a co-découvert le virus Ebola en 1976. Depuis, il a géré épidémie après épidémie en RDC, souvent dans des zones de guerre, parfois en véhicule blindé. Ce lundi, le directeur de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa répond aux questions de Patient Ligodi sur cette dix-septième épidémie. Il exprime un regret : la détection trop tardive. Et lance un avertissement : personne ne connaît encore l'ampleur réelle de ce qui se passe en Ituri. Quand on est l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), comment gère-t-on une épidémie dans une zone qui est contrôlée par la rébellion ? Est-ce facile pour vous de pouvoir recevoir les échantillons et faire les suivis comme il le faut, sachant qu'administrativement et politiquement, il y a des défis ? Nous avons eu cette expérience en 2018-2020, quand nous avons géré l'épidémie à Mangina, Beni et Butembo. C'était vraiment un grand défi. C'est le plus grand défi, je peux dire, de ma vie, de pouvoir travailler sur un terrain miné par des groupes armés. Mais on parvient toujours à s'entendre, à trouver des solutions pour que le travail puisse se faire dans les meilleures conditions possibles. D'ailleurs, pendant l'épidémie, par exemple, de Beni et Mangina, nous avions perdu un médecin de l'OMS qui a été assassiné, nous avons également perdu une infirmière à Biakato, qui a été attaquée par des groupes armés en pleine nuit. Ils sont entrés dans le dortoir où se trouvaient nos agents et ils ont massacré et blessé beaucoup de personnes là-dedans. Donc, c'est un grand risque. D'ailleurs, moi-même, quand je partais là-bas, je circulais dans un véhicule blindé parce que vous faites la route de Beni à Butembo, la route la plus dangereuse du monde. Donc il faut avoir un véhicule blindé ou bien des hélicoptères qui ont des mitrailleuses. C'était à l'époque de la Monusco. Maintenant, je ne sais pas comment nous allons faire, mais je crois que le ministre va donner des instructions pour que l'on utilise le personnel local. Au lieu de prendre des personnels de Kinshasa – la logistique serait très compliquée –, il vaut peut-être mieux utiliser le personnel local pour avoir la confiance de la population, vous voyez ? Parce que quand nous travaillions là-bas, même nous qui venions de Kinshasa, on nous appelait les étrangers. Alors, j'ai dû changer de stratégie pour donc engager les enfants et le personnel local, pour avoir confiance en la population et travailler en toute confiance avec eux. Il y a également Kinshasa. On sait qu'il y a une connexion aérienne entre Bunia et Kinshasa. Il y a eu dans un premier temps un premier cas qui a été signalé comme étant positif. Pour les cas qui étaient venus de Bunia, c'était un cas qui était parti à l'enterrement de son père décédé à Bunia. Puis, quand il est revenu, quand on a commencé à parler de cette épidémie, il est venu se présenter spontanément à l'INRB pour faire le test. Mais le test est négatif. Pour le moment, il est gardé en surveillance. Eu égard au niveau de propagation, à ce qu'on sait de cette épidémie, s'il y a des actions urgentes à faire pour limiter la propagation et l'évolution de cette épidémie, que faut-il faire ? Franchement, pour le moment, personne ne peut donner un chiffre. Personne n'a la maîtrise des chiffres. On ne peut pas dire combien de cas il y a, combien de contacts, combien de décédés d'Ebola. Ils sont en train de travailler. Maintenant, on va faire la liste linéaire de tous les cas suspects et tracer s'il y a des liens entre ces cas. Nous saurons exactement quelle est l'ampleur du problème. Mais pour le moment, c'est simplement la panique parce qu'on dit que c'est une souche nouvelle. En fait, elle n'est pas si nouvelle que cela. Ce n'est pas la souche la plus meurtrière. Même les organismes internationaux doivent mettre un peu d'eau dans leur vin, se calmer et attendre que les premières investigations nous disent exactement quand cette maladie a commencé, combien de cas, quels sont les contacts, et ainsi de suite. Nous commencerons alors à parler de l'ampleur de l'épidémie. À lire aussiEbola: de Mongbwalu à Goma, comment une épidémie a traversé une ligne de front
Depuis le 1ᵉ mai, la Chine a supprimé les droits de douane sur les importations venant de 53 pays africains. Une mesure présentée par Pékin comme un moyen de renforcer encore les échanges avec le continent. Et à Yiwu, gigantesque plateforme du commerce mondial dans l'est de la Chine, commerçants chinois et africains voient déjà les affaires s'accélérer. De notre envoyée spéciale à Yiwu, Des kilomètres de couloirs, des milliers de boutiques et des acheteurs venus du monde entier. À Yiwu, dans l'est de la Chine, l'Afrique occupe une place de plus en plus importante. Steve Umba est Congolais. Cela fait près de vingt ans qu'il travaille à Yiwu dans le fret maritime entre la Chine et plusieurs pays africains : « Ça a quand même aidé, zéro taxe, c'est avantageux. Ça a boosté beaucoup de marchés, beaucoup de jeunes entreprises, tout le monde s'y retrouve. Les Chinois, ils sont ouverts. Ils gagnent, vous gagnez aussi. Et vous évoluez ensemble », explique-t-il. Selon les autorités chinoises, les échanges entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau record sur les quatre premiers mois de l'année. Et à Yiwu, les exportations vers le continent augmentent constamment, selon Zhu Shun, président de la Chambre de commerce Chine-Afrique à Yiwu : « Les exportations de Yiwu vers l'Afrique augmentent chaque année. Les acheteurs africains aiment venir faire leurs achats tout-en-un ici. Un conteneur peut contenir des dizaines, voire des centaines de références différentes », explique-t-il. Yiwu est aujourd'hui le plus grand marché de petits articles au monde : bijoux, jouets, décorations, ustensiles de cuisine ou matériel de construction. Selon Steve Umba, c'est une plaque tournante : « Ici il y a tout. Ce genre de marché, vous ne le trouvez nulle part ailleurs. » À lire aussiLa Chine étend le «tarif douanier zéro» à toute l'Afrique, avec des effets économiques limités « Les importations africaines en Chine devraient augmenter » Dans certains secteurs, les commerçants chinois disent voir la demande africaine progresser rapidement. Sally a 20 ans, elle vend des bijoux : « On voit que l'économie africaine se porte de mieux en mieux. Les consommateurs ont plus de pouvoir d'achat, ils peuvent acheter plus de choses. C'est un peu la Chine des années 1980 : avec l'enrichissement de la population, la demande augmente, analyse-t-elle. Aujourd'hui, la Chine a l'une des chaînes d'approvisionnement les plus performantes au monde et l'Afrique représente un marché immense. Alors pourquoi ne pas coopérer pour répondre ensemble à ces besoins ? » Pour Pékin, cette politique de franchise douanière doit permettre d'augmenter les importations africaines vers la Chine – notamment agricoles – mais aussi de renforcer les investissements chinois sur le continent. Zhu Shun est convaincu du potentiel de cette mesure : « On voit déjà de plus en plus d'entrepreneurs chinois se rendre en Afrique pour acheter des produits agricoles, souligne-t-il. Les importations africaines en Chine devraient fortement augmenter une fois que les procédures seront bien en place. Car la Chine est un immense marché de consommation. » Et dans les allées de Yiwu, beaucoup y voient surtout une opportunité commerciale appelée à grandir encore, y compris Steve Umba : « Foncez avec des ambitions, Yiwu, c'est l'idéal pour le business. » À écouter dans Invité Afrique midi«En supprimant les droits de douane, la Chine ambitionne d'exporter massivement vers l'Afrique»
La République démocratique du Congo, touchée par une nouvelle épidémie d'Ebola, recense 246 cas suspects et 80 décès potentiellement liés à ce virus. L'OMS élève ce dimanche 17 mai son niveau d'alerte, il s'agit désormais d'une « urgence de santé publique de portée internationale ». Sylvain Blaize, docteur en virologie, responsable du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales (FHV), répond aux questions de RFI. RFI : Il s'agit d'une résurgence de la souche d'Ebola « Bundibugyo », une souche mal connue. Quelle est sa particularité ? Concernant son niveau de létalité, à quel point est-elle mortelle ? Sylvain Blaize : La souche « Bundibugyo » est une des espèces de virus Ebola pathogènes pour l'homme. C'est la seule qui a été découverte récemment, puisque la découverte de ce virus date de 2007. Il y a eu deux épidémies déjà recensées, notamment dans la même région en RDC, et à côté en Ouganda. La particularité, finalement, il n'y en a pas vraiment par rapport aux autres souches d'Ebola, si ce n'est que c'est peut-être la moins létale des souches pathogènes, puisqu'on a une létalité de 30 à 50 % sur les deux épidémies précédentes. L'Organisation mondiale de la santé élève ce dimanche son niveau d'alerte et considère qu'il s'agit d'une « urgence de santé publique de portée internationale ». Deux cas, dont un mort, ont aussi été confirmés en Ouganda alors que le Rwanda et la RDC fermaient temporairement leurs frontières. Le Soudan du Sud et le Kenya sont en alerte. Que doit-on faire concrètement ? Quels sont les gestes barrières à mettre en place ? La transmission se fait par contact pour ces virus. Donc, il faut évidemment éviter tout contact avec les malades. Il n'y a malheureusement pas de vaccin ni de traitement contre cette souche particulière de virus Ebola, contrairement à la souche Zaïre. Le seul moyen de contrer cette épidémie, c'est de limiter les contacts entre les malades et les personnes saines. La difficulté aujourd'hui, c'est qu'on est dans une zone de conflit, avec des interventions qui sont difficiles. Une zone où les gens se déplacent beaucoup, où il y a des mouvements de population. Le risque de dissémination est très élevé. Et la découverte tardive de cette épidémie à un moment où elle est déjà très disséminée, avec des cas en Ouganda aussi (...) des milliers de contacts potentiellement à surveiller. Il n'y a pas de vaccin pour l'heure, ni de traitement thérapeutique. Comment peut-on gérer une épidémie dans ce contexte ? Je vous le disais, le moyen de gérer cette épidémie, c'est de recenser tous les contacts, de les suivre, de les isoler dès qu'ils tombent malades, puisque la contagion se fait dès que les signes cliniques apparaissent. Au niveau des traitements, il n'y a pas de traitement spécifique, mais on a des traitements que l'on dit de support symptomatique, qui passent par aider l'organisme à passer le cap, la réhydratation, une espèce de prise en charge en soins intensifs. Mais évidemment, dans la région où sévit le virus, c'est difficile à mettre en place. Donc, principalement limiter les contacts entre les malades et les personnes saines. La 17ᵉ épidémie d'Ebola que connaît la République démocratique du Congo. Vous qui avez travaillé sur l'épidémie en Guinée en 2014, quelles leçons peuvent être tirées de ces précédentes épidémies ? Les leçons qu'on peut tirer, c'est qu'effectivement, la première chose à faire pour limiter l'ampleur de ces épidémies, c'est de les détecter le plus vite possible. On l'a vu en Guinée – le problème, c'est qu'on est un peu dans la même situation – le virus avait été détecté très tardivement. Au moment où on l'avait détecté à l'époque en Guinée, il s'était déjà disséminé à Conakry, au Liberia. Si on découvre rapidement le virus, on peut rapidement contrôler sa dissémination, surtout dans ces régions assez reculées. Par contre, si on le détecte tardivement, quand les gens ont déjà bougé et le virus est déjà présent dans différentes localités, c'est beaucoup plus compliqué. La première chose, c'est de renforcer les méthodes et les moyens de diagnostic sur place et la surveillance dans ces régions isolées. L'épidémie a franchi un nouveau seuil le 14 mai avec la mort en Ouganda d'un Congolais de 59 ans de retour de l'Ituri. Cela pose la question de la gestion des enterrements, par exemple, des contacts des corps avec les familles. Comment cela peut-il s'organiser ? En cas d'épidémie, ce que font les équipes en place, c'est de prendre en charge les enterrements puisqu'on sait que les enterrements sont des moments de grande contagiosité puisque les corps sont très contagieux. Les gens qui assistent aux obsèques ont l'habitude de toucher les corps. Il y a des rites qui sont associés et qui favorisent la transmission. Cela passe par des enterrements que l'on dit « sécurisés », où les gens n'ont plus accès au corps. Ce qui pose des problèmes sociaux, puisque ces traditions sont importantes pour les populations qui sont touchées. Mais il faut vraiment limiter le contact entre les corps et faire des enterrements sécurisés, c'est quelque chose de très important pour la lutte. Le foyer d'infection s'est déclaré à Mongwalu, à environ 80 kilomètres de la capitale de la province de l'Ituri. Une zone difficile d'accès pour les équipes médicales. Quels sont, à ce stade de l'épidémie, les besoins les plus importants pour les médecins sur place ? Les besoins les plus urgents, c'est de mettre en place des centres de traitement et des centres de diagnostic pour pouvoir recenser les contacts et les malades le plus rapidement possible, ainsi que pour les équipes sur place, suivre les contacts et les recenser. C'est un gros travail d'épidémiologie qui doit se faire rapidement. Et puis mettre en place des centres de traitement temporaire, comme on l'a vu en Afrique de l'Ouest à l'époque, pour pouvoir prendre en charge les malades. Il y a 33 150 cas suspects. Cela fait beaucoup de personnes à prendre en charge et il n'y a pas les moyens sur place. Il faut renforcer les structures de santé très rapidement. Comment protège-t-on les équipes sanitaires sur place ? On les protège avec des équipements de protection individuelle, qui visent à empêcher tout contact entre les muqueuses, la peau des soignants et les fluides biologiques des malades. Cela passe par des blouses étanches, par des lunettes étanches, par des masques chirurgicaux et FFP2 qui sont plus efficaces que des masques chirurgicaux. Une tenue où il n'y a aucun centimètre carré de peau à l'air libre. C'est difficile d'entrer dans ces tenues, puisque sur place il fait chaud. Quand on est dans ces tenues, on peut être en situation au maximum trois quarts d'heure. Après, ce n'est plus possible, la personne risque d'avoir un malaise à cause de la déshydratation et de la chaleur. C'est très compliqué pour les soignants d'intervenir avec ces tenues. À lire aussiRDC: l'épidémie d'Ebola est désormais une urgence sanitaire «de portée internationale», selon l'OMS
En évoquant un possible report de l'élection présidentielle de 2028 si le conflit persiste dans l'est de la RDC, Félix Tshisekedi s'est dit prêt pour un troisième mandat si les Congolais le lui demandaient par référendum. Que vous inspirent ces déclarations ? L'opposition a-t-elle les moyens d'agir ? Quelles peuvent être les conséquences politiques ? Nous lançons le débat. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Un inventeur génial en RDC se mure dans la solitude avec ses automates jusqu'à une visite inattendue. Inspiré du spectacle original de 2009 avec les robots de lʹEPFL et de lʹECAL, ainsi que du créateur dʹautomates François Junod, Christian Denisart met en scène "Robots Kinshasa", 15 artistes dans une version "low cost/low tech" inventive, mêlant musiciens et roboticiens congolais pour une histoire portée par la musique et la danse. "Robots Kinshasa" à voir au Théâtre Barnabé à Servion les 29 et 30 mai. Le metteur en scène lausannois Christian Denisart et les Kinois Bienvenu Nanga, Junior Longalonga et Tshoper sont les invités de Pierre Philippe Cadert.
« Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens humiliés dans votre pays », met en garde la ministre des Affaires étrangères nigériane. C'est le titre d'un article du média nigérian Vanguard, qui relate les déclarations de la représentante du gouvernement. Elle dit avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-africain sur ce sujet brûlant. « Elle a également condamné la 'rhétorique violente et aveugle' des groupes politiques xénophobes en Afrique du Sud, déclarant ensuite que les Nigérians ont fait preuve, et continuent de faire preuve, d'une retenue louable face à la crise actuelle », rapporte le média. Ces manifestations et tensions xénophobes en Afrique du Sud ont aussi fait l'objet d'un éditorial dans les colonnes de Vanguard. Son auteur estime que de nombreux Sud-Africains ont toujours été hostiles, et pointe la responsabilité de Pretoria : « le plus scandaleux, écrit-il, c'est que le gouvernement sud-africain agisse comme si de rien n'était. » Il évoque ensuite les réactions de différents pays africain face à cette situation, ce qu'il voit comme un message d'espoir : « des voix s'élèvent pour réclamer des sanctions. J'espère que les efforts diplomatiques permettront d'envoyer les signaux nécessaires aux instances compétentes. » En RDC, les réactions s'enchaînent après l'annonce de Félix Tshisekedi Le président s'est dit prêt pour un potentiel troisième mandat à la tête du pays si il y a une demande populaire, « et la société civile redoute une aggravation des tensions politiques », titre Radio Okapi, en évoquant ensuite l'appel de la nouvelle société civile congolaise, à l'ouverture d'un débat démocratique et apaisé suite aux annonces du chef de l'État. Félix Tshisekedi se dit prêt à « revenir » une troisième fois si les Congolais le lui demandent, via un référendum, mais pour Afrik.com, « La formule est connue, usée jusqu'à la corde sur le continent ». « Le président congolais semble découvrir une passion très africaine : le goût au pouvoir prolongé », estime le site, avant d'ajouter que : « le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas seulement l'évocation d'un troisième mandat. C'est la banalisation progressive de l'idée même de toucher à la Constitution. L'article 220, censé verrouiller la limitation des mandats présidentiels, constituait jusqu'ici l'un des rares garde-fous encore respectés, dans une région où les Constitutions sont devenues des brouillons réécrits au gré des ambitions personnelles », affirme Afrik.com « Aujourd'hui, le président Tshisekedi ouvre clairement la porte à sa remise en cause », conclut Afrik.com, avant de s'interroger : « au fond, la vraie question n'est pas de savoir si les Congolais peuvent demander à Félix Tshisekedi de revenir. La vraie question est de savoir si lui est encore capable d'imaginer quitter le pouvoir. » Le retour de trois supporters sénégalais à Dakar, après trois mois de détention au Maroc ne passe pas inaperçu dans la presse sénégalaise Un retour au pays avec « un accueil triomphal », célèbre PressAfrik. Les trois supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier ont regagné le Sénégal ce jeudi soir, après avoir purgé leurs peines de prison pour hooliganisme, prononcées par la justice marocaine. « Ils ont été accueillis en héros par les membres du 12e Gaïndé, comité de supporters de l'équipe nationale du Sénégal, raconte PressAfrik. Vêtus de tenues et casquettes aux couleurs du Sénégal, drapeaux à la main, les militants du groupe " Allez Casa" se sont joints à la mobilisation pour soutenir leurs trois confrères. » La Radio Télévision Sénégalaise renchérit, en rapportant, qu'ils ont été « chaleureusement accueillis par une foule nombreuse composée de proches, de supporters et de sympathisants. » Autre signe, s'il y en avait besoin, que ce retour était attendu : plus tôt cette semaine, Le Quotidien titrait que « Les trois «Gaïndé» rentraient au bercail ce jeudi. » Quinze supporters sénégalais restent néanmoins en détention. La justice marocaine les a condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison.
« Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens humiliés dans votre pays », met en garde la ministre des Affaires étrangères nigériane. C'est le titre d'un article du média nigérian Vanguard, qui relate les déclarations de la représentante du gouvernement. Elle dit avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-africain sur ce sujet brûlant. « Elle a également condamné la 'rhétorique violente et aveugle' des groupes politiques xénophobes en Afrique du Sud, déclarant ensuite que les Nigérians ont fait preuve, et continuent de faire preuve, d'une retenue louable face à la crise actuelle », rapporte le média. Ces manifestations et tensions xénophobes en Afrique du Sud ont aussi fait l'objet d'un éditorial dans les colonnes de Vanguard. Son auteur estime que de nombreux Sud-Africains ont toujours été hostiles, et pointe la responsabilité de Pretoria : « le plus scandaleux, écrit-il, c'est que le gouvernement sud-africain agisse comme si de rien n'était. » Il évoque ensuite les réactions de différents pays africain face à cette situation, ce qu'il voit comme un message d'espoir : « des voix s'élèvent pour réclamer des sanctions. J'espère que les efforts diplomatiques permettront d'envoyer les signaux nécessaires aux instances compétentes. » En RDC, les réactions s'enchaînent après l'annonce de Félix Tshisekedi Le président s'est dit prêt pour un potentiel troisième mandat à la tête du pays si il y a une demande populaire, « et la société civile redoute une aggravation des tensions politiques », titre Radio Okapi, en évoquant ensuite l'appel de la nouvelle société civile congolaise, à l'ouverture d'un débat démocratique et apaisé suite aux annonces du chef de l'État. Félix Tshisekedi se dit prêt à « revenir » une troisième fois si les Congolais le lui demandent, via un référendum, mais pour Afrik.com, « La formule est connue, usée jusqu'à la corde sur le continent ». « Le président congolais semble découvrir une passion très africaine : le goût au pouvoir prolongé », estime le site, avant d'ajouter que : « le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas seulement l'évocation d'un troisième mandat. C'est la banalisation progressive de l'idée même de toucher à la Constitution. L'article 220, censé verrouiller la limitation des mandats présidentiels, constituait jusqu'ici l'un des rares garde-fous encore respectés, dans une région où les Constitutions sont devenues des brouillons réécrits au gré des ambitions personnelles », affirme Afrik.com « Aujourd'hui, le président Tshisekedi ouvre clairement la porte à sa remise en cause », conclut Afrik.com, avant de s'interroger : « au fond, la vraie question n'est pas de savoir si les Congolais peuvent demander à Félix Tshisekedi de revenir. La vraie question est de savoir si lui est encore capable d'imaginer quitter le pouvoir. » Le retour de trois supporters sénégalais à Dakar, après trois mois de détention au Maroc ne passe pas inaperçu dans la presse sénégalaise Un retour au pays avec « un accueil triomphal », célèbre PressAfrik. Les trois supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier ont regagné le Sénégal ce jeudi soir, après avoir purgé leurs peines de prison pour hooliganisme, prononcées par la justice marocaine. « Ils ont été accueillis en héros par les membres du 12e Gaïndé, comité de supporters de l'équipe nationale du Sénégal, raconte PressAfrik. Vêtus de tenues et casquettes aux couleurs du Sénégal, drapeaux à la main, les militants du groupe " Allez Casa" se sont joints à la mobilisation pour soutenir leurs trois confrères. » La Radio Télévision Sénégalaise renchérit, en rapportant, qu'ils ont été « chaleureusement accueillis par une foule nombreuse composée de proches, de supporters et de sympathisants. » Autre signe, s'il y en avait besoin, que ce retour était attendu : plus tôt cette semaine, Le Quotidien titrait que « Les trois «Gaïndé» rentraient au bercail ce jeudi. » Quinze supporters sénégalais restent néanmoins en détention. La justice marocaine les a condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison.
Pour ce premier roman, le dramaturge congolais Jocelyn Danga utilise le parler cru de Kinshasa pour nous raconter l'histoire de Muntu, un professeur de lycée désabusé qui va partir à Metz... Il s'appelle Muntu. En langue bantoue, cela veut dire « homme » ou « humain ». Et le roman de Jocelyn Danga est fait de ses attentes, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses colères et son amour pour Moro, la mère. Il partage le quotidien de millions de Congolais ou du moins de Kinois, qui ont fait de la débrouille un art : « Se débrouiller ou mourir, ce devrait être le slogan de Kinshasa ». Il va donc partir, en France, avec un plan foireux mais légalement après s'être fait virer de son poste d'enseignant après avoir abusé d'alcool. La premère partie du roman se passe à Kinshasa. L'auteur raconte avec des mots assez durs, le quotidien de Kinshasa avec ses bruits, ses odeurs mais aussi avec sa géographie de la ville avec ses noms de rues, de boulevards et ses spécialités. Il critique également le système scolaire miné par la corruption avec des élèves qui « ont un creux béant dans le crâne ». Jocelyn Danga explique « qu'on sacrifie la jeunesse, avec la corruption ». Invité : Jocelyn Danga, est un poète et dramaturge congolais de Kinshasa. En 2024, il a écrit une dizaine de pièces dont deux sont éditées Un oiseau à l'aube (éditions Passage(s) et Cette lettre que je t'écrirai peut-être jamais (éditions Nzoï). En 2024, sa pièce « Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel » est lue dans le cadre du cycle « Ça va, ça va le monde ! » au Festival d'Avignon. Une pièce qui abordait déjà le thème de l'immigration. Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad, est son premier roman. Il vit à Chambéry depuis plusieurs années. À écouter aussiJocelyn Danga Motty (République démocratique du Congo): «Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel» Programmation musicale : L'artiste Ray Lema avec le titre Partage.
Pour ce premier roman, le dramaturge congolais Jocelyn Danga utilise le parler cru de Kinshasa pour nous raconter l'histoire de Muntu, un professeur de lycée désabusé qui va partir à Metz... Il s'appelle Muntu. En langue bantoue, cela veut dire « homme » ou « humain ». Et le roman de Jocelyn Danga est fait de ses attentes, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses colères et son amour pour Moro, la mère. Il partage le quotidien de millions de Congolais ou du moins de Kinois, qui ont fait de la débrouille un art : « Se débrouiller ou mourir, ce devrait être le slogan de Kinshasa ». Il va donc partir, en France, avec un plan foireux mais légalement après s'être fait virer de son poste d'enseignant après avoir abusé d'alcool. La premère partie du roman se passe à Kinshasa. L'auteur raconte avec des mots assez durs, le quotidien de Kinshasa avec ses bruits, ses odeurs mais aussi avec sa géographie de la ville avec ses noms de rues, de boulevards et ses spécialités. Il critique également le système scolaire miné par la corruption avec des élèves qui « ont un creux béant dans le crâne ». Jocelyn Danga explique « qu'on sacrifie la jeunesse, avec la corruption ». Invité : Jocelyn Danga, est un poète et dramaturge congolais de Kinshasa. En 2024, il a écrit une dizaine de pièces dont deux sont éditées Un oiseau à l'aube (éditions Passage(s) et Cette lettre que je t'écrirai peut-être jamais (éditions Nzoï). En 2024, sa pièce « Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel » est lue dans le cadre du cycle « Ça va, ça va le monde ! » au Festival d'Avignon. Une pièce qui abordait déjà le thème de l'immigration. Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad, est son premier roman. Il vit à Chambéry depuis plusieurs années. À écouter aussiJocelyn Danga Motty (République démocratique du Congo): «Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel» Programmation musicale : L'artiste Ray Lema avec le titre Partage.
Après avoir sanctionné l'armée rwandaise en raison de son soutien aux rebelles de l'AFC/M23, Washington frappe l'ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019. Il est accusé de "semer l'instabilité" dans son pays.
En République démocratique du Congo (RDC), « le pouvoir prépare un braquage constitutionnel », déclare l'un des principaux leaders de l'opposition. Vendredi dernier, le premier vice-président de l'Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, disait sur RFI vouloir changer la Constitution pour résoudre un certain nombre de problèmes avant la prochaine élection présidentielle de décembre 2028. L'ancien ministre Olivier Kamitatu réagit ce mardi 28 avril. Il est l'un des pères de la Constitution de 2006, actuellement en vigueur. C'est aussi le porte-parole de l'opposant Moïse Katumbi, qui est arrivé officiellement deuxième à la dernière présidentielle. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Olivier Kamitatu, « il faut changer la Constitution, notamment pour mieux répartir les compétences entre l'État central et les provinces » dit le premier vice-président de l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que vous en pensez ? Olivier Kamitatu : tout ce qu'il faut dire, c'est un monument de contrevérités, un véritable catalogue de mensonges et je dirais même une leçon d'hypocrisie. Parce qu'en réalité, les problèmes institutionnels qu'il a relevés, l'élection des sénateurs, les compétences des provinces, la gouvernance locale, seraient bloqués par l'article 220. C'est juridiquement faux et manifestement de très mauvaise foi. L'article 220, effectivement, protège un nombre limité et précis de dispositions qui sont intangibles, parmi lesquelles la forme républicaine de l'État, le suffrage universel, le nombre et la durée des mandats présidentiels. Mais il ne protège nullement le mode d'élection des sénateurs ni les compétences des gouverneurs. Ces matières relèvent des lois organiques que le Parlement peut modifier à la majorité absolue sans toucher à un seul mot de la Constitution. Cette manipulation est d'autant plus grossière que monsieur Jean-Claude Tshilumbayi sait pertinemment que la vraie disposition intangible qui les embarrasse, c'est l'alinéa 2 de l'article 220, celui qui interdit formellement toute révision portant sur la limitation du nombre des mandats présidentiels. C'est cela et cela seul qu'ils veulent supprimer. Alors le premier vice-président ne dément pas que cette nouvelle Constitution pourrait permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, mais il dit que c'est le vœu de la population et que même à Kinshasa, qui vote plutôt pour l'opposition, les gens ont dit oui à un troisième mandat, quand le président a félicité les footballeurs congolais pour leur qualification à la Coupe du monde. Écoutez, cet argument fait rire. Aucune démocratie sérieuse ne peut confondre l'acclamation des stades avec une délibération citoyenne. Là, monsieur Jean-Claude Tshilumbayi a touché véritablement à une indignité politique. Ce qu'on a entendu, effectivement, un petit nombre dans ce stade disait oui, allez, troisième mandat. « Tina trois » jusqu'au troisième. Et d'autres scandaient « Tina, Sénat » jusqu'au Sénat. Parce que finalement, après son mandat, il doit aller au Sénat, y dormir et y passer le reste de sa vie. C'est ça que les Congolais ont demandé au stade de Kinshasa. Alors vous parlez d'indignité politique, mais concrètement Olivier Kamitatu, qu'est-ce que vous pouvez faire pour empêcher le pouvoir congolais actuel de changer la Constitution par un vote du Congrès par exemple, vu que l'UDPS y dispose d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale comme au Sénat ? Écoutez, la même Constitution nous fait le devoir de nous opposer à un braquage constitutionnel, parce que c'est à cela qu'on assiste aujourd'hui. L'article 64 de la Constitution nous dit bien que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation de la loi et de la Constitution. Ce que nous avons réussi il y a dix ans, et bien pour le Congo, nous le réussirons aujourd'hui contre ceux qui veulent faire ce braquage constitutionnel. Ce que vous avez réussi il y a dix ans, c'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il y a dix ans, il y avait exactement les mêmes velléités de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir. Et c'est là où on doit s'élever contre le cynisme absolu de l'UDPS. Parce que, il y a dix ans, des jeunes Congolais sont descendus dans les rues de Kinshasa pour défendre exactement ce que Jean-Claude Tshilumbayi est en train de détruire : la limitation des mandats, le respect de la Constitution, le refus du glissement. Ces jeunes gens, je vous le rappelle, ils s'appelaient Rossy Mukendi Tshimanga, Thérèse Kapangala. Ils avaient pour eux leur jeunesse, leur courage, leur foi dans une Constitution que l'UDPS leur avait appris à considérer comme un bien sacré. Nous avions demandé à cette jeunesse de se lever pour défendre, au péril de sa vie, cette Constitution. Nous, le G7, à l'époque, l'UDPS était à nos côtés et aujourd'hui qu'est-ce qu'on voit ? Ces gens qui crachent sur la mémoire de Rossy Mukendi Tshimanga, qui piétinent le sacrifice de Thérèse Kapangala. Ils trahissent chacun de ceux qui ont cru dans leurs promesses, qui ont payé de leur liberté et de leur vie la fidélité à une cause que tous ces leaders ont abandonnée aujourd'hui, dès lors qu'elle ne leur servait plus. Nous leur devons au minimum de ne pas nous taire. Alors c'est vrai qu'il y a dix ans, Joseph Kabila s'est cassé les dents sur son projet de pouvoir briguer un troisième mandat. Face à la résistance de l'opposition du G7 et de l'Église catholique, il a dû renoncer. Mais le premier vice-président de l'Assemblée dit qu'à l'époque, le régime s'était discrédité par ses manœuvres pour se cramponner au pouvoir, ce qu'on appelait le glissement, et que la situation est complètement différente aujourd'hui. Mais il oublie un fait capital : c'est sous Félix Tshisekedi que la situation sécuritaire à l'Est s'est dramatiquement dégradée. Et donc ce régime voudrait se prévaloir de son bilan catastrophique pour se maintenir. Il n'y a pas de justification morale possible à un tel renversement des choses, en voulant dire que non, non, non, ça a totalement changé. Alors que la situation du pays, chaque Congolaise, chaque Congolais le sent dans sa vie quotidienne, a empiré au cours des dix dernières années. Olivier Kamitatu, je vous remercie. À lire aussiRDC: «Il faut changer de Constitution pour résoudre un certain nombre de problèmes» - Le grand invité Afrique
Les autorités de Kinshasa veulent muscler les recettes fiscales de la capitale congolaise. En déplacement à Paris et Bruxelles, une délégation officielle a rencontré la diaspora pour l'inciter à mieux s'acquitter de ses impôts. Car malgré des investissements importants, notamment dans l'immobilier, les recettes fiscales restent largement insuffisantes. « Il y a déperdition. Nous l'avons quantifiée à plusieurs milliards de francs congolais. » Le constat est sans détour. Ces milliards manquants pèsent directement sur les finances de la ville-province de Kinshasa, en RDC. Pour tenter d'y remédier, Gérard Kaja Kambowa, chargé de mission à la Direction générale des recettes de Kinshasa, a fait le déplacement en Europe. Objectif : convaincre les Congolais de l'étranger de renforcer leur contribution fiscale. « Nous devons contribuer pour faire évoluer la fiscalité à Kinshasa vers une fiscalité tournée vers le développement. Et pour y parvenir, chacun doit être fier de participer à cet élan en payant impôts et redevances », plaide Gérard Kaja Kambowa. « À quoi bon payer les impôts si on ne sait pas où va l'argent ? » Un message entendu par la diaspora, mais qui se heurte à une défiance persistante. Jean Mulumba Butshie Mutuakashala, président de la plateforme COACOF (associations congolaises de France), reconnaît l'ampleur du problème. « C'est un réflexe naturel. Les gens se demandent pourquoi payer alors qu'on ne sait pas où va l'argent. Entre les affaires, la gabegie, cela alimente la méfiance. Ce sont des pratiques installées depuis longtemps », explique-t-il. Impôt foncier, taxes sur les revenus locatifs ou encore sur les véhicules : autant de prélèvements encore largement contournés, y compris par des propriétaires vivant à l'étranger. Pour simplifier les démarches, les autorités mettent en avant la plateforme numérique IRMS-DGRK. Elle permet de déclarer et payer ses impôts à distance, depuis n'importe quel pays. Selon Gérard Kaja Kambowa, le système est conçu pour lever les obstacles administratifs : « Chaque contribuable peut accéder à son compte fiscal, centraliser ses obligations et payer en toute sécurité. Il n'y a plus de tracasseries et plus d'excuses quand il faut contribuer au développement de notre nation » Au-delà de la modernisation administrative, l'enjeu est crucial : financer le programme « Kin Ezo Bonga », lancé l'an dernier. Ce vaste plan de transformation de la capitale, étalé sur cinq ans, représente plus de 10 milliards de dollars d'investissements. À lire aussiRDC: l'Union sacrée de la nation ouvre le débat sur la révision de la Constitution
« Il est des visites qui agissent comme des révélateurs silencieux, s'exclame Le Matin d'Algérie. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d'une profondeur souvent négligée. Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l'Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d'un passé profondément pluriel, où se croisent le judaïsme, le christianisme, la romanité, l'amazighité et, plus tard, l'islamité. » Cette visite, poursuit le quotidien algérien, « met (donc) en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. C'est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l'Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. » Saint-Augustin l'Algérien Et en arrière-plan de cette visite, il y a l'ombre de saint Augustin : « Léon XIV appartient en effet à la famille religieuse des augustiniens, pointe Le Monde Afrique , qui se revendique de la philosophie du théologien, centrée sur les rapports entre foi et raison. Le pape souhaitait ardemment marcher dans les pas de son maître à penser. Il va ainsi visiter les vestiges de son ancienne ville, Hippone, et célébrer une messe dans la basilique qui porte son nom à Annaba. Ce voyage ne se limite cependant pas à l'attachement personnel de Léon XIV à saint Augustin, relève encore Le Monde Afrique. (…) Il s'agit plutôt pour lui de se saisir de cette figure africaine, à cheval entre les cultures puniques, latine et romaine, pour porter un message de dialogue et d'apaisement entre les deux rives de la Méditerranée. "Personnellement, j'espère me rendre en Algérie pour visiter les lieux où a vécu Saint-Augustin, mais aussi pour poursuivre le dialogue, pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman", avait-il récemment déclaré. » En effet, rebondit le site Algérie Patriotique, « depuis plusieurs années, la diplomatie pontificale a engagé un glissement progressif vers les “périphéries actives”. Afrique, Méditerranée, Asie en transformation, autant de régions où l'Église catholique ne cherche plus seulement à maintenir une présence institutionnelle, mais à écouter les recompositions sociales, politiques et spirituelles du monde. » « Algérophobie » ? Le site TSA, Tout sur l'Algérie, prend pour sa part une tournure plus polémique pour dénoncer ce qu'il appelle « l'algérophobie » de certains médias français. TSA qui s'en prend aux hebdomadaires, Le Point et L'Express, ainsi qu'au Figaro qui publie une interview de Boualem Sansal dans laquelle on peut lire : « Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. » Commentaire de TSA : « Sans surprise, l'écrivain, habitué des gros mensonges sur son pays d'origine, en a ressassé plus d'un. Pourquoi tant de terrain ? » Et les migrants ? Libération à Paris souligne qu'il n'y a en Algérie que « quelques milliers de catholiques, une communauté essentiellement composée désormais d'étudiants et de migrants subsahariens. » D'ailleurs, « selon le porte-parole du Vatican, le pape pourrait aborder la question épineuse des migrations, l'Algérie étant une des routes entre le désert et la mer Méditerranée. La présence catholique (dans le pays) est, en fait, symbolique mais… historique, pointe le quotidien français, longtemps associée, pour le pire, à la puissance coloniale. Trouvé après l'indépendance de l'Algérie, un certain modus vivendi a été fragilisé, dans les années 90 et 2000, par le prosélytisme et l'expansion des évangéliques, notoirement en Kabylie, avant que le pouvoir algérien n'y ait mis un coup d'arrêt, en 2006, par une ordonnance. Cela a entraîné la fermeture de nombreux lieux de culte, l'interdiction, dans les faits, de convertir les musulmans. » Et Libération de conclure : « Le pape ira-t-il sur ce terrain-là ? L'affaire, en soi, relève du tabou. » Et les pays en crise ? Enfin cette remarque du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « La tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises. (…) Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays par le Vatican, c'est bien l'absence de pays en crise Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabés, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais, qui souffraient du martyre, auraient aimé se voir réconfortés par la visite de Sa Sainteté. »
C'est un nouvel album très attendu par ses fans : Fally Ipupa sortira XX le 17 avril 2026, pour marquer ses vingt ans de carrière. Avant deux concerts prévus au Stade de France, les 2 et 3 mai. Une consécration pour la star congolaise de la rumba, qui trace sa route depuis ses premiers pas artistiques dans le quartier de Bandal, à Kinshasa, et son premier album solo Droit chemin, en 2006. Fally Ipupa est l'invité de Charlotte Idrac. RFI : Pourquoi ce titre de l'album « XX » ? Fally Ipupa : « XX » en chiffres romains, c'est 20 donc c'est 20 ans de ma carrière solo. Et puis je trouvais ça artistique de laisser un peu planer le doute. Pourquoi « XX » ? Justement, c'était la raison pour laquelle j'avais vraiment voulu que ça s'appelle « XX ». Vingt ans de carrière solo, donc… Est-ce que c'est passé vite ? Je ne dirais pas vite, mais rempli quand même. On a fait énormément de choses… Ça, c'est le huitième album studio, ça va… Quel message vous voulez faire passer dans cet album anniversaire ? L'amour. Comme toujours… Comme toujours. En quoi il se distingue des autres ? En termes de chansons, déjà les textes, en termes de vision, en termes de nombre de chansons. Mais artistiquement, je pense que c'est quelque chose. Il y a une nouvelle vision et on a pris un peu plus de risques. Dans quel sens ? Même si, forcément, il y a des surprises… Il y a des surprises artistiquement, il suffit de regarder mon dernier single qui vient de sortir, ça s'appelle « Cinéma ». C'est vraiment un mélange ((de))… Voilà, c'est mon univers quoi. C'est vraiment quelque chose de très travaillé et il faut découvrir l'album en tout cas. Vous restez fidèle à la rumba quand même ? Toujours. Je reste fidèle à la guitare congolaise et au lingala. Et puis à la vision de Fally. La participation d'autres artistes est annoncée. Est-ce que c'est important pour vous ces duos, ces collaborations ? On annonce notamment Lokua Kanza… Oui, Lokua Kanza c'est exceptionnel parce que pour moi, c'est le plus grand artiste africain. Et puis c'est vraiment quelqu'un que j'aime énormément. L'artiste et l'homme, c'est mon idole. C'est à peu près un prof. Donc collaborer avec lui, c'était avec un grand plaisir. J'ai encore cette émotion de quand je le voyais, quand j'étais encore à Bandal et avoir la chance de collaborer à plusieurs reprises avec lui, c'est moi qui suis heureux. Deux dates sont prévues au Stade de France les 2 et 3 mai. C'est une première pour un artiste congolais, pour un artiste africain francophone, sachant que le site a une capacité de plus de 80 000 places. Qu'est-ce que ça représente pour vous cet endroit ? Le travail, la résilience, la confirmation, la volonté d'aboutir à quelque chose. C'est des années de travail. Donc pour moi c'est une grosse fête, c'est une fête africaine, une fête mondiale, ça prouve qu'on a travaillé. Est-ce que vous le voyez comme une consécration ou une étape de plus dans votre carrière ? Une étape de plus, je dirais. Est-ce que vous êtes un ambassadeur de la musique africaine, de la rumba congolaise ? Non, je ne suis pas ambassadeur, pas officiellement, le pays ne m'a pas octroyé... Non moi je suis un artiste africain d'origine congolaise qui fait de la musique congolaise, de la musique de Fally. Et comment est-ce que vous voyez la jeune génération ? Il y a des talentueux, il y a des talentueuses. La relève, je pense qu'elle est assurée même si on est encore un peu là. Vous êtes aussi un artiste engagé avec des actions humanitaires, notamment dans l'est de la RDC, où les violences sont interminables. Quel est votre message face à cette situation ? Oh, ça fait longtemps qu'on en parle et je dirais toujours un message de paix, message d'amour, message de solidarité. Moi, avec la Fondation, on a déjà eu à faire pas mal de de choses en Afrique et au Congo, notamment à l'est du Congo. On a envoyé des ambulances médicalisées, on a fait pas mal de choses. Et je dirais aujourd'hui, tout le monde connaît la situation, tout le monde est au courant. Je compatis avec toutes ces personnes qui sont à l'est du pays. En tant que Congolais, en tant qu'Africain, en tant qu'humain, je lance un message de solidarité, un message d'amour, un message de paix à tous mes frères de l'est du Congo. Vous êtes parfois surnommé « l'aigle ». Pourquoi ce surnom ? Et est-ce qu'il vous convient ? Ce surnom me convient à 100 %. C'est par rapport à ma vision, par rapport à la carrière que j'ai déjà depuis Bandal jusqu'aujourd'hui et par rapport, je pense, à ma manière de se renouveler et de prendre des risques.
Un match historique pour la République démocratique du Congo se joue ce mardi soir au Mexique. Les Léopards rencontrent la Jamaïque, avec à la clé une qualification pour la Coupe du monde de football 2026. Ce serait une première depuis la participation du pays - qui s'appelait à l'époque le Zaïre -, en 1974. Et c'est donc « un moment historique » pour l'ancien international congolais Christopher Oualembo, aujourd'hui entraîneur des U-16, la sélection nationale des moins de 16 ans. Depuis Kinshasa, il est l'invité de Charlotte Idrac RFI : Christopher Oualembo, dans quel état d'esprit vous êtes avant le match de ce soir ? Est-ce que vous êtes excité, stressé, confiant ? Christopher Oualembo : Très excité. Bien sûr, on a confiance en nos joueurs, mais il y a beaucoup de tension quand même parce que 52 ans après, on revient à la Coupe du monde. Donc, c'est historique ce qui est en train de se passer. On représente aussi toute l'Afrique, donc forcément, il y a beaucoup de pression aussi et de responsabilité que de représenter ce continent, de par notre victoire ce soir, on l'espère. Toute la nation congolaise est unie derrière les Léopards ? Je pense qu'il ne manque personne ! Tout le monde est là, tout le monde est aux aguets. On attend avec impatience le match de ce soir en espérant la victoire à tous les niveaux, même au niveau de la politique, au niveau de la religion, à tous les niveaux. Dans tous les secteurs, tout le monde est motivé, tout le monde est focalisé pour qu'on puisse tous être unis derrière ce match et cette victoire. Donc c'est un jour spécial pour vous ? Très spécial, bien sûr, c'est clair, 52 ans après…Beaucoup n'étaient pas nés. Quand on sait qu'aujourd'hui, en République démocratique du Congo, il y a à peu près 50 % de la population qui a moins de quinze ans. C'est historique ce qui se passe, c'est historique. Beaucoup n'ont pas connu la Coupe du monde et là, c'est l'occasion de la découvrir de par le match de ce soir. Vous-même, vous n'avez pas vécu cette qualification d'il y a 52 ans : vous êtes trop jeune. Quel écho a ce match pour vous ? Est ce qu'on vous en a parlé ? Bien sûr. J'ai eu l'occasion de rencontrer certains Mondialistes qui sont encore vivants, on a cette chance-là, comme Mafu Kibonge, etc. Donc ça veut dire qu'ils nous ont transmis cette passion, certains détails qu'on considère vraiment parce qu'on se dit que c'est un héritage qu'on doit faire perdurer en espérant que ça puisse continuer. Parce que là, ça peut être le nouveau départ, repartir 52 ans après. L'idée c'est ne pas uniquement de se qualifier, mais c'est de continuer et d'enchaîner les qualifications pour les Coupes du monde à venir. Et pour les plus jeunes générations que vous encadrez, est-ce que ça leur parle, ces récits d'il y a 52 ans ? Ça leur parle parce qu'il y a cette transmission, et c'est culturel. Pour nous, le football ici, c'est vraiment quelque chose d'exceptionnel, tout le monde suit le football. C'est vraiment « institutionnel ». Donc ils ont des images, il y a des photos, il y a aussi ces histoires avec le fameux coup franc ou le vieux Ilunga Mwepu sort du mur pour tirer le ballon. Donc effectivement, tout ça, ce sont des choses qui qui marquent, même s'ils ne l'ont pas vécu, ils ont des souvenirs de ce qui a été immortalisé sur ces moments-là. Même si la compétition à l'époque s'était assez mal terminée : neuf buts face à la Yougoslavie. Est-ce qu'aujourd'hui, 52 ans plus tard, les Léopards sont une équipe plus expérimentée avec un collectif solide ? Oui, beaucoup plus. Après, c'est vrai qu'à l'époque, il y avait déjà aussi de très bons joueurs, avec un très bon groupe. Même si c'est vrai que le décalage s'est fait sur la Coupe du monde. Mais ce qui est sûr, c'est qu'actuellement, la démonstration de force de la République démocratique du Congo n'est plus à démontrer. Je pense qu'on a vu aujourd'hui que, effectivement, le groupe vit bien et qu'on a de très bons joueurs qui sont capables de rivaliser avec de grandes nations. Là, ce sera un duel inédit face à la Jamaïque. Qu'est-ce que vous pensez de cette équipe ? Est ce qu'elle vous fait peur ? Non ! On ne peut pas avoir peur quand on joue au football. Les joueurs qui vont jouer ce soir sont des joueurs qui sont habitués au haut niveau, au très haut niveau même, qui sont aussi en compagnie, dans leur club, de très grands joueurs et qui jouent aussi contre de très grands joueurs quasiment chaque week-end. Donc je pense que l'expérience ils l'ont, la compétence aussi et il n'y a pas à avoir peur. Je pense qu'il n'y a pas de pression à se mettre, mais plutôt beaucoup de motivation. Vous l'évoquiez tout à l'heure, il y a aussi une dimension qui dépasse la RDC. Dans quelle mesure il y a un enjeu aussi pour l'Afrique ? Oui, parce qu'on gagnerait une place de plus. Il y aurait un pays africain de plus ce soir si on arrivait à éliminer la Jamaïque. Là, c'est de continent à continent, ce n'est pas que de pays à pays. Donc effectivement, on est on est très, très, très déterminés. Il y a beaucoup de solidarité dans le groupe, ça je le sais. Mais il y a une résonance vraiment continentale. C'est l'Afrique entière qui nous soutient ce soir. Est-ce que vous avez un pronostic ? Je ne suis pas bon pronostic. Je ne peux pas me prononcer, mais peu importe : l'essentiel c'est qu'on marque un but de plus ce soir, c'est tout. Est-ce que vous allez regarder le match ? En famille, entre amis, Entre joueurs ? Oui, en famille, avec les fistons. Avec madame. Tranquillement. On va regarder ça à la télé et on va croiser les doigts. Et vous pensez que les Congolais seront dehors dans les rues pour fêter ça en cas de victoire ? Ah bah ça pour le coup, j'en suis quasiment sûr. Oui parce que on voit déjà les préparatifs. Les stades sont en train de se remplir. Déjà dès le matin. Donc c'est clair que ça va forcément fêter. Si on gagne, je pense qu'il y en a qui dormiront pas. ► RDC/Jamaïque ce soir à 21h TU. Radio Foot Internationale avec Annie Gasnier est à Kinshasa : Emissions spéciales à 16h10 et 21h10 TU. À lire aussiMondial 2026: Kinshasa prête à vibrer pour le barrage capital de la RDC contre la Jamaïque
Ils viennent de la région des Grands Lacs, et notamment de l'est de la République démocratique du Congo. De plus en plus de migrants d'Afrique centrale tentent le long voyage vers le département français de Mayotte, dans l'océan Indien. La semaine dernière, le 18 mars, 18 personnes sont mortes noyées au large des Comores. Selon des rescapés, les passeurs leur avaient assuré qu'ils étaient arrivés à Mayotte. Cette route migratoire n'est pas nouvelle, mais elle se structure, explique Fahad Idaroussi Tsimanda, docteur en géographie, et chercheur associé à l'université de Montpellier. Il est l'invité de Charlotte Idrac. RFI : Est-ce que la tendance d'un flux de migrants d'Afrique centrale vers Mayotte s'intensifie ? Fahad Idaroussi Tsimanda : Oui, entre 2003 et 2025, on observe une forte hausse des demandes d'asile de ressortissants d'Afrique centrale comme les Congolais, qui sont passées d'environ 150 en 2021 à plus de 1000 en 2024. Cette évolution s'explique par les conflits qu'il y a dans la région, les crises économiques et l'attractivité du territoire de Mayotte. Ayant vécu à Mayotte depuis de nombreuses années, quand on se promène dans les rues de Mamoudzou, dans les rues de Tsoundzou et autres, on voit que les visages qu'on ne voyait pas avant sont de plus en plus présents à Mayotte. Donc oui, les flux de migrants entre l'Afrique en direction de Mayotte s'intensifient. Et donc c'est une évolution des routes migratoires via l'océan Indien, en comparaison avec d'autres routes, par exemple celles du désert libyen ? Effectivement. La particularité et la différence entre la route migratoire vers Mayotte et en direction de la France hexagonale, c'est que vers Mayotte, il y a moins de risques de dangers. Je ne dis pas qu'il n'existe pas de risque, mais le risque est moindre par rapport au passage vers la Libye. Là-bas, le risque est multiple d'être capturé par des bandits, se faire emprisonner ou se faire tuer. Pour venir à Mayotte, le souci, c'est plutôt le chavirage en mer. C'est pourtant un voyage très long. Dans le cas du récent naufrage, un rescapé a témoigné avoir pris un bateau depuis Dar es Salam, donc à plus de 700 kilomètres des Comores. Est-ce qu'on sait comment fonctionnent les passeurs sur cette route ? Quel type d'embarcation ? Est-ce que ce sont des réseaux structurés ? Les trajets reposent sur des réseaux transnationaux organisés. Les migrants passent effectivement par plusieurs pays et des points de transit régionaux avant d'arriver aux Comores. Ceux qui quittent le Congo, par exemple, vont jusqu'en Tanzanie. Entre les Comores et la Tanzanie, il y a une coopération : Il y a des pêcheurs, il y a des marchands comoriens, il y a des chefs de navires comoriens qui vont en Tanzanie pour faire du commerce, et ensuite amener les produits en direction des Comores. Donc de là, il y a des personnes qui peuvent se transformer en passeurs pour transporter ces personnes jusqu'au large des Comores. Les personnes sont cachées dans les cales des bateaux et ensuite un kwassa kwassa vient accoster juste à côté du bateau. Un kwassa kwassa, donc une petite embarcation... Effectivement, une petite barque de quelques mètres, qui peut chavirer au moindre faux pas, avec des grosses vagues. Il y a des passeurs qui les prennent dans les hautes mers. Ensuite, ils vont en direction de Mayotte et pour certains, parfois, ils atterrissent aux Comores. Malgré les risques et malgré l'éloignement, est-ce que ça confirme selon vous, l'attractivité de Mayotte en tant que département français ? Est-ce que c'est une destination finale pour ces personnes ou « par défaut » ? Le territoire de Mayotte, c'est une destination très attractive parce que le risque est moindre. Donc venir ici, c'est avoir en tête que, du jour au lendemain, si ma demande d'asile est acceptée, je peux facilement aller en métropole. Mayotte n'est pas une destination finale, c'est juste un point de passage pour les personnes qui viennent ici et qui souhaiteraient voir leur situation s'améliorer, obtenir un titre de séjour, ensuite prendre l'avion pour un voyage non clandestin, et arriver dans l'Hexagone. Et face à cet afflux, à cette tendance, quelle est la réponse des autorités à Mayotte ? Une fois ici à Mayotte, les personnes sont accompagnées, il y a des associations qui viennent vers ces personnes et leur demandent de déposer une demande de protection. Ce qui fait qu'il est impossible d'expulser ces personnes. On doit étudier d'abord son dossier, voir si la personne est éligible pour savoir ensuite ce qu'on va faire de cette personne. Et compte tenu de ce qui se passe là-bas au Congo, la demande peut être instruite très rapidement et la personne obtient un asile, un asile politique. Je pense aussi que les passeurs comoriens, depuis la Tanzanie, encouragent aussi cette tendance pour s'enrichir. Maintenant, ce n'est plus entre les Comores, Madagascar et Mayotte, mais ça va au-delà. Donc il y a une manne financière à ne pas négliger parce que c'est devenu une route très lucrative : la traversée entre Mayotte et Anjouan peut aller jusqu'à plus de 500 euros par tête. Donc le trajet depuis la Tanzanie jusqu'à Mayotte, je pense que ça doit avoisiner les 1000, 2000, voire plus, c'est énorme.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la puissance navale chinoise et une nouvelle personne à la tête de l'Assemblée nationale au Cameroun. Assassinat de Patrice Lumumba : connaîtra-t-on un jour la vérité ? 65 ans après l'assassinat de Patrice Lumumba, la Chambre du Conseil de Bruxelles a décidé de juger un ancien diplomate belge pour son implication présumée dans la mort du Premier ministre congolais. Étienne Davignon est soupçonné de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant mené à cette page sombre de l'histoire de la RDC. Pourquoi n'a-t-il pas été inculpé plus tôt ? Quelles sont les preuves à disposition de la justice ? Avec Pierre Benazet, correspondant de RFI à Bruxelles. Chine : comment Pékin renforce sa puissance navale ? Selon le Pentagone, la Chine possèderait plus de 370 navires et sous-marins, ce qui en fait la plus grande flotte militaire du monde. Dernièrement, une publication du Parti communiste chinois a appelé à développer davantage l'économie maritime du pays, tout en défendant la nécessité de s'engager activement dans la gouvernance mondiale des océans. Comment la Chine est-elle parvenue à se doter d'une telle défense maritime ? Pourquoi Pékin préfère développer ses capacités navales plutôt que sa force de frappe aérienne et terrestre ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Cameroun : un « séisme » politique ? Pour la première fois en 34 ans, l'Assemble nationale du Cameroun a un nouveau président. Les députés ont élu Théodore Datouo pour succéder à Cavayé Yeguié Djibril, au perchoir depuis les premières élections multipartites de 1992. Comment expliquer ce changement et pourquoi maintenant ? Est-ce le début d'une nouvelle ère à l'Assemblée nationale ? Où en est le remaniement du gouvernement promis, il y a trois mois, par le président Paul Biya ? Avec Stéphane Akoa, politologue camerounais et chercheur à la Fondation Paul Ango Ela. Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux » de Jessica Taieb. Aujourd'hui, elle revient sur la coupure internet au Congo-Brazzaville qui a duré plusieurs jours, alors que les Congolais attendaient les résultats du scrutin présidentiel.
C'est officiel depuis ce vendredi 20 mars 2026, le prix Voix d'Afriques 2026 récompense le jeune écrivain de RDC, Pascal Boroto, âgé de 24 ans, pour son premier roman intitulé : « Le nom de ma mère ». À l'occasion de la cérémonie à Kinshasa, grand reportage sur place à la rencontre du cinquième lauréat de ce prix littéraire créé par RFI, les éditions J.-C. Lattès, en partenariat avec la Cité Internationale des Arts à Paris. Après la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazzaville et le Cameroun, c'est la première fois qu'un auteur de la République Démocratique du Congo est récompensé par le prix Voix d'Afriques. À Kinshasa, et à l'Institut Français, lieu de la remise officielle du Prix, rencontre avec quelques-uns des jurés présents : Mohamed Mbougar Sarr, le président du jury, prix Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète mémoire des hommes ; Anne-Sophie Stefanini, directrice littéraire des éditions J.-C. Lattès ; Hemley Boum, écrivaine et lauréate du prix des Cinq continents 2025 pour Le Rêve du pécheur et le lauréat. D'une fratrie de six enfants, Pascal Boroto né en 2001 à Bukavu où il vit actuellement, a toujours eu envie d'écrire et de suivre les traces de sa mère la journaliste Solange Lusiku, fondatrice d'un quotidien indépendant en RDC. Après la mort prématurée de cette dernière en 2018, il a voulu lui rendre hommage dans son premier roman aujourd'hui primé Le nom de ma mère. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l'absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l'espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu'il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d'un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l'équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès).
La République Démocratique du Congo - l'ancien Congo belge, puis Zaïre - est un des pays les plus pauvres au monde. Près de trois Congolais sur quatre vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. La captation de ses richesses depuis la colonisation par des puissances étrangères mais aussi par ses dirigeants et la persistance de la guerre à l'est - 6 millions de morts depuis 30 ans - font de cet immense territoire au cœur du continent africain un colosse aux pieds d'argile. Le premier à découvrir l'embouchure du fleuve Congo, c'est le navigateur portugais Diogo Cão en 1482. Il n'ira pas beaucoup plus loin : les membres de l'équipage meurent les uns après les autres de la malaria. Au 19e siècle, ce vaste territoire au centre de l'Afrique est donc un des derniers à ne pas avoir été exploré. Jusqu'à l'expédition de l'Américain Henry Stanley en 1871 pour sauver le Docteur Livingstone, disparu depuis des années. En 1874, une grande expédition est lancée par le Daily Telegraph et le New York Herald avec Stanley à sa tête pour découvrir les zones encore inexplorées du continent. Stanley, encore, part de Zanzibar à l'est et atteint la côte atlantique trois ans plus tard. A court d'argent, il rentre, pour trouver de nouveaux financements et cette fois il se tourne vers la reine Victoria. Avec : Bob Kabamba, politiste et spécialiste du Congo, professeur de sciences politiques à l'université de Liège.
Les résultats officiels de l'élection présidentielle d'hier dimanche au Congo ne seront connus que dans deux ou trois jours, mais les jeux sont faits. À 82 ans, Denis Sassou Nguesso, le président sortant au pouvoir depuis 42 ans, devrait conserver son trône. « L'empereur » est d'ailleurs l'un de ses surnoms, relève Le Monde Afrique, de même que « le patriarche » ou encore « l'éléphant ». « Malgré des accusations de fraude répétées à chaque scrutin depuis vingt ans, pointe le journal, Denis Sassou Nguesso conserve le pouvoir. Pour convaincre une population qui s'est appauvrie ces dernières années en dépit d'un sous-sol riche en pétrole, ses équipes vantent la stabilité et la paix apportées par son régime. “La dextérité du pilote aguerri“, souligne Pierre Moussa, son directeur de campagne. Comme s'il souhaitait désamorcer les doutes sur son âge et ses capacités, le candidat du Parti congolais du travail a multiplié les apparitions durant la campagne, participant à 15 meetings en 13 jours ». « À l'international, nul ne s'émeut de l'autoritarisme du régime, souligne encore Le Monde Afrique. Un ancien diplomate en poste à Brazzaville définit Denis Sassou Nguesso comme un “chef de clan un peu mafieux“ qui a opéré des “détournements massifs issus de la rente pétrolière pour ses proches“. Le président congolais est surtout à la tête d'un État qui est le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne et qui a su se rendre incontournable auprès de ses partenaires étrangers. » La libre expression bâillonnée et l'opposition muselée Le scrutin d'hier s'est déroulé « dans un black-out numérique total », relève pour sa part Afrik.com : internet coupé. Comme ce fut le cas en 2021, de même qu'en 2016. « La répétition de cette pratique à chaque échéance électorale majeure conforte les critiques de l'opposition et des organisations de défense des droits numériques, qui y voient un outil de contrôle du flux d'informations en période sensible. » Pas de libre expression sur le net donc, et l'opposition est depuis longtemps bâillonnée pour ne pas dire neutralisée. « Les deux principales figures de l'opposition, rappelle Afrik.com, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont emprisonnés depuis l'élection contestée de 2016, condamnés à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État. Des poursuites largement considérées comme politiquement motivées, relève le site panafricain. En juin dernier, le ministère de l'Intérieur a suspendu quinze partis d'opposition, dont plusieurs envisageaient de former une coalition pour contester le scrutin. Et le mois précédent, le leader des socialistes congolais, Lassy Mbouity, candidat déclaré, a été enlevé par des hommes masqués et retrouvé torturé plusieurs jours plus tard. » « Entre ferveur et résignation » À lire dans Le Point Afrique, le reportage de sa correspondante à Brazzaville. « La jeunesse congolaise entre ferveur et résignation », affirme-t-elle, avec notamment le témoignage de Merveille, étudiante de 20 ans, qui exprime un ras-le-bol général : « le non-paiement de ses professeurs à l'université, les coupures d'eau chroniques et l'absence totale de perspectives professionnelles. “C'est le village ici, soupire-t-elle. Les diplômes dorment à la maison. Ma mère et mon père sont au chômage. Je n'ai pas confiance en Sassou pour me promettre un meilleur avenir !" Pourtant, paradoxe congolais oblige, relève la correspondante du Point Afrique, Merveille porte le visage du président sur sa poitrine : “il reste le sage de notre pays“, justifie-t-elle, comme pour s'excuser de cette contradiction. Un culte de la personnalité qui, au Congo, demeure l'ultime rempart contre l'incertitude de l'après. » Un possible basculement ? Pour autant, analyse Ledjely en Guinée, « cette apparente résignation ne signifie pas nécessairement que la situation restera figée indéfiniment. Dans un pays où plus de 60% de la population a moins de 18 ans, les frustrations sociales pourraient finir par s'exprimer plus ouvertement. La situation est d'autant plus sensible que le Congo représente environ 30% de la production pétrolière de la zone Cemac, alors que les indicateurs sociaux restent préoccupants : le taux de chômage y est de 42% et plus de la moitié des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté. (…) Pour l'heure, constate Ledjely, Denis Sassou Nguesso et son régime donnent l'impression d'être invulnérables. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille considérer les Congolais comme définitivement résignés ou incapables de reprendre leur destin en main. L'histoire politique du continent africain montre que des régimes apparemment inébranlables peuvent, du jour au lendemain, être rattrapés par la colère populaire ou par des dynamiques politiques inattendues. »
Nous partons en Afrique du côté de celles et ceux qui ont fui l'est de la RDC, des dizaines de milliers de personnes ont fui en décembre 2025 et se sont retrouvées piégées par l'offensive meurtrière du mouvement AFC-M23 sur Uvira, puis sont arrivées au Burundi dans le camp de Busuma. En seconde partie, reportage avec ces mamans qui, en France, élèvent leur ou leurs enfant (s) toute seule. Enquête sur la vie souvent bien difficile de ces mamans solos qui ont besoin d'aide et de dignité. Les naufragés du Busuma Dans l'est de la République démocratique du Congo, en décembre 2025, ils ont fui par dizaines de milliers l'offensive de l'AFC-M23 sur Uvira. Plus de 80 000 Congolais sont ainsi arrivés, soudainement, au Burundi voisin. Depuis, la plupart de ces refugiés vivent sur le site de Busuma, dans des conditions extrêmement précaires. Ils sont doublement victimes : de la guerre et des réductions drastiques de l'aide internationale. Ils tentent de survivre, de surmonter leur traumatisme, et de se reconstruire. Un Grand reportage de Florence Morice qui s'entretient avec Jacques Allix. Mamans séparées : élever ses enfants malgré tout En France, le taux de pauvreté a atteint son plus haut niveau depuis quasiment trente ans. Parmi les populations les plus touchées, se trouvent les familles monoparentales. Il y en a de plus en plus, une famille sur 4. À leur tête, le parent est dans l'immense majorité des cas une maman. Elles élèvent un ou plusieurs enfants, travaillent ou survivent grâce aux aides, habitent en banlieue, en campagne ou en ville. Ces mamans solos, qui se sentent souvent livrées à elles-mêmes, luttent désormais pour plus de droits, plus d'assistance et davantage de dignité… Les aides étant insuffisantes à échelle nationale, des communes prennent le problème à bras-le-corps pour aider ces mères aux multiples besoins. Un Grand reportage de Lou Ecalle qui s'entretient avec Jacques Allix.
Principale voie de communication et d'échanges entre Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique sur l'Atlantique, et héritage de la colonisation, le chemin de fer Congo-Océan (CFCO) va être réhabilité par les autorités congolaises. Il avait été inauguré en 1934 et doit être remis à niveau. Un préfinancement, estimé à 595 millions de dollars, d'une entreprise chinoise doit permettre ces travaux. De notre correspondant à Brazzaville, Place de la gare centrale de Brazzaville, une foule bigarrée a bravé une fine pluie pour assister au lancement des travaux de réhabilitation et de modernisation du chemin de fer Congo-Océan. Ils vont durer quatre ans et consister notamment en l'élargissement de l'écartement des rails des 510 kilomètres de voie ferrée, nécessaire pour les nouvelles locomotives. Ministre d'État en charge des grands travaux, Jean-Jacques Bouya indique que l'objectif est de lui rendre sa compétitivité et sa robustesse : « Au titre de la voie ferrée, [il s'agira] du remplacement systématique des anciens rails de la voie principale, du remplacement des traverses en bois par des traverses en béton. Bref, la reconstruction complète de la voie, des ouvrages et du tunnel long. » Jadis qualifié d'épine dorsale de l'économie congolaise, le chemin de fer assurait le transit des marchandises des pays de la région qui n'ont pas d'accès à la mer. Il a aujourd'hui presque perdu ce statut. Il a parfois été pris en otage lors des conflits dans le Pool, région voisine de Brazzaville. Et depuis 2016, le trafic est passé à un train par semaine, contre un train quotidiennement auparavant. À écouter dans Grand reportageLe train transgabonais, la difficile modernisation d'une ligne de vie « Le chemin de fer transporte mieux que la route » Par le chemin de fer, de nombreux produits sont acheminés vers le port de Pointe-Noire, où ils sont exportés. Cheminot, la cinquantaine révolue, Bruno mesure son impact. « Le chemin de fer sert à transporter beaucoup de marchandises : il y a des minerais, du bois, du ciment. Aujourd'hui, il y a la route nationale qui a été construite, c'est vrai. Mais elle ne suffit pas. Le chemin de fer transporte mieux que la route. Sa réhabilitation est une action à louer, très importante. Je pense aussi que c'est une action qui relie les peuples », commente-t-il. Depuis une dizaine d'années, le Congo dispose d'une route asphaltée qui relie Brazzaville et Pointe-Noire, également préfinancée par la Chine. Usager du chemin de fer, Julien Nguebo est enchanté de voir sa réhabilitation qui devrait permettre de lui redonner sa compétitivité : « Ça ravitaillait et ça donnait du poids à l'économie congolaise. Je suis très content qu'on puisse le réhabiliter, afin que nous retrouvions la vitalité du passé », se réjouit-il. Construit entre 1921 et 1934, le chantier a vu des milliers d'Africains, Congolais, Centrafricains, Camerounais et Tchadiens, perdre leur vie durant les travaux. À lire aussiCongo-Brazzaville: construction à Loango d'un musée sur la traite négrière et la mémoire de l'esclavage
Dans l'est de la République démocratique du Congo, en décembre 2025, ils ont fui par dizaines de milliers l'offensive de l'AFC-M23 sur Uvira. Plus de 80 000 Congolais sont ainsi arrivés, soudainement, au Burundi voisin. Depuis, la plupart de ces refugiés vivent sur le site de Busuma, dans des conditions extrêmement précaires. Ils sont doublement victimes : de la guerre et des réductions drastiques de l'aide internationale. Ils tentent de survivre, de surmonter leur traumatisme, et de se reconstruire. « Les naufragés de Busuma », un Grand reportage de Florence Morice.
La République démocratique du Congo lance l'un des plus grands projets urbains de son histoire : l'extension de Kinshasa, avec la construction d'une nouvelle ville, Kinshasa Kia Mona, à 60 kilomètres du centre actuel. Estimé à 46 milliards d'euros, le chantier a débuté en décembre 2025 avec une première phase portée par un consortium chinois. Mais les autorités congolaises cherchent désormais à attirer d'autres investisseurs, notamment en Europe. Rui Mendez Da Silva est impressionné par l'ampleur du projet Kia Mona. L'entrepreneur béninois est le cofondateur de Khemet Automotive, une entreprise qui fabrique des véhicules électriques sur le sol africain. Son ambition : se développer sur le marché d'Afrique centrale. L'extension de Kinshasa représente, pour lui, une véritable opportunité. « Ce projet crée une dynamique. Il vise à attirer des industriels et des investisseurs, explique-t-il. Dans ce cadre, des facilités sont mises en place, avec des mécanismes qui n'existent pas forcément ailleurs. Pour nous, cela facilite les choses. Par exemple, il y a des incitations fiscales qui sont vitales : elles nous permettent de réduire les coûts, notamment pour l'importation des pièces que nous allons assembler. » Une première phase dominée par les entreprises chinoises La première pierre de la cité industrielle, portée par un consortium d'entreprises chinoises, a été posée en décembre 2025. Cette zone constitue la première phase de la gigantesque nouvelle ville. Mais seuls 15 à 20% des espaces seront ouverts à des investisseurs non chinois. « Cela peut sembler peu, estime Rui Mendez Da Silva, mais c'est aussi à nous de venir présenter nos projets et notre ambition de nous installer. Je pense qu'il faut aussi savoir s'imposer. » Selon les plans sino-congolais, près d'un millier d'usines pourraient s'y implanter en cinq ans. Mais les entreprises chinoises ne seront pas les seules impliquées, assure le ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi : « La Chine est peut-être entrée en premier dans la cité industrielle, mais cela ne représente que 75 kilomètres carrés sur les 430 kilomètres carrés qu'il reste à développer. Il y a de la place pour la France, et même, je dirais, de la place pour tout le monde. » La RDC multiplie les partenaires internationaux Le projet repose sur des partenariats public-privé. Pour attirer des investisseurs, le coordinateur du projet, Thierry Katembwe, s'est rendu à plusieurs reprises à Paris ces derniers mois, notamment à l'invitation du Medef. Ces démarches ont déjà débouché sur un accord avec Dassault Systèmes. Bpifrance participe également au financement du projet. « Le projet n'est absolument pas uniquement chinois. Il y a aujourd'hui une forte diversification. Comme je l'ai dit, il y a un financement français et d'autres arrivent. Nous avons signé avec Dassault, d'autres partenariats se préparent. Des Américains sont présents, des Sud-Africains travaillent sur une cité résidentielle, et il y a bien sûr des Congolais avec de très beaux projets. Il y a aussi des Canadiens. Nous sommes clairement dans une phase de forte diversification, et c'est l'objectif : ne pas avoir d'orientation géographique particulière », explique Thierry Katembwe. Les premières infrastructures devraient être livrées d'ici la fin de l'année. La République démocratique du Congo se donne huit ans pour désengorger sa capitale, qui compte aujourd'hui près de 17 millions d'habitants.
Depuis samedi dernier, le Congo, capitale Brazzaville, est en campagne électorale avant d'élire leur président dans une quinzaine de jours (15 mars). Le président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, dont plus de 40 au pouvoir part grand favori. Il va affronter six autres personnes lors de ce scrutin, la plupart sans envergure. Pour cette présidentielle, les principaux partis d'opposition ne prennent pas part au scrutin. De quoi se poser la question sur le véritable enjeu dans cette élection. L'opposition et une partie de la société civile dénoncent un scrutin verouilllé et joué d'avance. Joe Washington Ebina est le président de la Fondation Ebina qui lutte en faveur des droits humains au Congo. Il est le grand Invité Afrique de Sidy Yansané. RFI : Le président Denis Sassou-Nguesso vise un cinquième mandat à 82 ans, après quatre décennies au pouvoir et sans réelle opposition. Question simple : ce cinquième mandat lui est-il déjà acquis, comme le disent ses partisans ? Joe Washington Ebina : Cette présidentielle se déroule dans un contexte politique et institutionnel vraiment fragile. Avec une concentration du pouvoir pendant 40 ans, l'opposition qui existe aujourd'hui est malheureusement muselée. Il faut préciser qu'il y a l'affaiblissement de l'opposition parce que depuis près de dix ans, il y a des prisonniers politiques comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissa, dont l'incarcération a non seulement réduit la capacité organisationnelle de l'opposition, mais aussi servi de moyen de pression politique. La grande question est existentielle et aussi économique. Tous les Congolais à l'heure actuelle vous parlent des difficiles conditions de vie ou de l'obtention d'un simple passeport. Cinq ans de plus amélioreront-ils tout cela ? Va-t-il y avoir l'électricité et l'eau potable ? Les conditions de vie seront-elles meilleures dans les hôpitaux et dans l'assainissement au niveau des villes et pour les retraités qui cumulent près de 50 mois d'arriérés de pensions ? Donc, pour nous, finalement, cette présidentielle est un non-événement, c'est la continuité d'un système qui, malheureusement, ne trouve pas de solutions au quotidien des Congolais. Deux des principales figures de l'opposition, le général Jean-Marie Michel Mokoko et Okombi Salissa, sont toutes les deux en prison. Ont-ils donné des consignes à leurs militants et à leurs électeurs ? Ce sont des prisonniers emblématiques au niveau du Congo. Cela fait près de dix ans qu'on entend très peu parler d'eux, donc il y a très peu de messages de leur part. Ce qu'il faut savoir, c'est que, en 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko avait été arrêté, incarcéré, après un procès dénoncé par l'Union européenne, puis confirmé dans son arrestation en 2018. Donc, cela fait aujourd'hui près de dix ans. C'était lors de la présidentielle de 2016. Donc, ils ont été arrêtés dans un contexte électoral. Ce sont des personnes qui gênaient le pouvoir, qui avaient une certaine confiance de la population. Cette aura dérangeait le pouvoir. Tout le monde a compris qu'ils ont été arrêtés suite à leurs revendications et suite à leur candidature malgré tout. Est-ce qu'il y a des consignes de boycott ou une décision du genre ? Nous n'avons pas entendu de leur part une consigne envers la population, mais nous comprenons très bien que ce sont des citoyens muselés qui sont aujourd'hui dans des conditions très précaires à la maison d'arrêt. Ces deux figures de l'opposition sont en prison, mais comment expliquez-vous l'absence quasi-totale de concurrents d'importance face à Denis Sassou-Nguesso ? Parce que c'est une instrumentalisation. Les Congolais se reconnaîtront. Nous sommes dans un théâtre de chez nous, c'est-à-dire qu'aujourd'hui tout est muselé. Les médias publics sont contrôlés par le pouvoir. Il y a le fameux découpage électoral qui a été dénoncé par les membres de l'opposition. Les grands ténors de l'opposition ne sont pas visibles, et vous constaterez très bien sur le terrain que le président de la République reste le maître de toute cette situation. Le rapport 2025 du Centre d'action pour le développement basé à Brazzaville pointe de multiples arrestations et détentions arbitraires. Diriez-vous que la répression contre les voix dissidentes s'est accrue ces dernières années ? Oui, il faut le dire. Il y a un climat délétère qui s'est installé depuis quelques temps, avec l'exécution de certains bandits. Mais dans le fond, ces exécutions ont créé un climat de peur. En ce qui concerne l'opinion nationale, on a eu l'impression quand même dans certains messages qu'il y avait un problème de liberté d'expression à certains niveaux. Vous parlez de l'exécution de certains bandits. À quoi faites-vous référence ? Ce climat délétère sans passer par la case de la justice a créé un climat de peur dans la population. Les acteurs politiques ont senti une certaine répression dans leur expression libre. La rencontre libre de certains partisans, de certains politiciens, telles que des réunions, telles que des rencontres pour travailler sur leurs partis politiques, ont été touchées par ce climat de peur. Climat de peur justifié par l'insécurité dans les grandes villes Brazzaville et Pointe-Noire. Le climat n'étant pas fiable à une expression libre, cela ne peut entacher une évolution simple d'une démocratie normale. Comment réagit la population congolaise à l'absence d'opposants et de rivaux de poids dans cette nouvelle course à la présidentielle ? Quelques soient les élections, chaque élection qui passe, le président de la République est toujours gagnant. Donc, ce n'est pas un enjeu populaire. Nous ne constatons pas d'engouement. Les grandes questions restent d'actualité. Est-ce que les prisonniers politiques seront libérés ? Les conditions de vie améliorées ? Nous, nous considérons que non, parce que ce qu'il n'a pas pu faire en 40 ans, il ne le fera pas avec cinq ans de plus. Donc, il n'y a pas d'espoir. La vérité, c'est celle-là : il n'y a pas d'espoir. Ce sont les mêmes dirigeants qui ont apporté la même sauce. Je suis plutôt pessimiste. ► Affiches de campagne des candidats à la présidentielle du 15 mars 2026 au Congo-Brazzaville
En RDC, l'offensive de décembre dernier de l'AFC/M23, un groupe politico-militaire soutenu par le Rwanda, a forcé des dizaines de milliers de Congolais à fuir vers le Burundi voisin. La majorité des réfugiés d'Uvira a été regroupée à l'est du pays, sur le site de Busuma, où ils ne sont pas autorisés à sortir, pour des raisons de « sécurité », expliquent les autorités burundaises. Mais face à l'extrême précarité, certains n'hésitent pas à tenter de s'enfuir. Entre restrictions, aide humanitaire insuffisante et tentatives de retour vers leur pays, la vie ici se vit sous tension permanente. De notre envoyée spéciale de retour de Busuma, Alice Zainabou frotte la terre rouge qui colle encore à ses pommes de terre. À 28 ans, réfugiée, elle est devenue vendeuse au marché de Busuma pour survivre. À l'aube, chaque jour, elle part à la lisière du site pour s'approvisionner. « Les cultivateurs burundais viennent là avec leur marchandise et il y a une corde qui nous sépare, qui délimite le site, décrit la jeune femme. Ils viennent jusqu'à la barrière, on prend ce qu'ils nous apportent, mais on ne dépasse pas. » Cette corde est gardée par des policiers, car à Busuma, les réfugiés n'ont pas l'autorisation de sortir. Kititwa Muzingwa, ancien directeur de radio au Congo, vit mal cet enfermement. « On est considérés comme des prisonniers. Vous ne pouvez pas sortir du camp. Beaucoup réclament un peu de va-et-vient, ça pourrait soulager. Nous ne pouvons pas vivre dans de telles conditions », témoigne-t-il en observant ses six enfants jouer devant leur tente de bric et de broc. Aujourd'hui, il est sans revenus et dépendant d'une aide insuffisante. À Ruyigi, l'administratrice Diane Niyibitanga justifie cette décision des autorités burundaises : « Cela ne veut pas dire que les réfugiés sont considérés comme des prisonniers. C'est plutôt pour leur protection, parce qu'on ne peut pas savoir ce qu'ils vont faire ou ce qui peut leur arriver s'ils sortent sans autorisation, argue-t-elle. Dans ce cas, c'est le Burundi qui sera comptable. » À lire aussiAu Burundi, les réfugiés traumatisés par les blessures invisibles de la guerre [1/4] « La vie ici est trop dure » Pour Kititwa, rentrer en RDC est impossible : la guerre fait toujours rage dans les hauts plateaux d'où il vient. Mais dans le camp, beaucoup vivaient à Uvira et, depuis que l'AFC/M23 s'en est retiré, rester à Busuma dans la précarité peut sembler absurde. « La vie ici est trop dure, déplore Linda. Si on ne nous donne pas le minimum pour vivre, je préfère rentrer à Uvira, même si c'est risqué, et mourir là-bas plutôt que mourir de faim et de froid ici, et dormir à même le sol. » Seul un accord entre le Burundi et la RDC pourrait permettre un rapatriement. En attendant, et depuis que la frontière a rouvert entre les deux pays, le HCR plaide pour un assouplissement. « S'il y a des personnes qui veulent partir, c'est leur droit, défend Simplice Kpandji, responsable local de l'UNHCR. C'est pour cela qu'on continue de négocier, pour que les personnes qui se sentent prêtes et qui n'ont pas besoin de notre appui pour partir chez elles, qu'elles puissent le faire. » En attendant, loin des enjeux diplomatiques mais pressés par l'urgence de trouver de quoi vivre, certains, comme Linda, tentent une évasion nocturne : « Oui, j'ai tenté de partir, on a fui tôt, un matin, à pied. Mais on a été rattrapés et ramenés ici ». Sans amélioration de son quotidien sur le site, elle prévient : elle tentera à nouveau de partir. À lire aussiAu Burundi, des réfugiés congolais pris au piège d'une aide qui s'essouffle [2/4]
Sept candidats. Quinze jours pour convaincre. Et le 15 mars 2026... les Congolais décideront. Face au président sortant Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis plus de quarante ans, 6 candidats d'opposition ont décidé de relever le défi. L'opposition a-t-elle réellement ses chances ? Allez-vous suivre cette campagne de près ? Vos réactions nous intéressent ! Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
L'offensive de l'AFC/M23 sur le territoire d'Uvira, dans le Sud-Kivu en décembre 2025, a provoqué la fuite de dizaines de milliers de Congolais vers le Burundi voisin. La majorité d'entre eux a été regroupée à l'est du pays, sur le site de réfugiés de Busuma. Sous des abris de fortune, ils tentent de se reconstruire. Ils racontent la fuite sous les bombes, les familles séparées et les traumatismes qui ne les quittent pas. De notre envoyée spéciale de retour de Busuma, À l'intérieur d'une tente fouettée par le vent, Sarah, 34 ans, tient sa tête dans ses mains. « J'ai des palpitations, et parfois des vertiges, comme si j'allais tomber par terre, donc je suis venue consulter », explique-t-elle. Sarah a fui la guerre dans l'est de la RDC en décembre dernier avec ses sept enfants. Elle porte le dernier, âgé de trois mois, dans son dos. Ce matin, elle est venue dans cette clinique pour réfugiés confier ses douleurs visibles et invisibles : « Mon mari a été tué par une bombe lancée par un drone. Je me suis retrouvée seule avec nos enfants et j'ai fui. Mais en route, je suis tombée dans une embuscade. Trois hommes en armes m'ont violée devant mes propres enfants. Depuis, ces images tournent en boucle dans ma tête. Et quand j'y repense, j'ai même du mal à respirer. » À lire aussiBurundi: l'ONU lance un appel pour pouvoir venir en aide aux réfugiés fuyant l'est de la RDC « Environ 70% de la population souffre de traumatismes » Le docteur Parfait Baluge, responsable de la clinique, a très vite compris, en arrivant sur le site, l'urgence d'offrir un soutien psychologique aux réfugiés. « Environ 70% de la population souffre de traumatismes. Ils sont très déprimés, beaucoup souffrent d'états de stress, d'anxiété. Femmes, hommes, enfants... Il y a vraiment beaucoup de cas de traumatismes », relate-t-il. Dans la panique de la fuite, de nombreuses familles se sont disloquées. Benoît (le prénom a été modifié), 17 ans, est arrivé ici sans aucun adulte pour l'accompagner. « J'avais déjà perdu mon père et je vivais seulement avec ma mère. Mais pendant les combats, elle a fait une crise cardiaque et elle en est morte. J'ai fui quand les combats sont devenus intenses. Mais la route était vraiment dangereuse, il y avait beaucoup de balles qui sifflaient et des bombardements... Sur la route, on a dû enjamber des cadavres. Il en avait beaucoup », confie-t-il. En partant, Benoît a pris sur ses épaules son petit frère âgé de 9 ans. Il en est responsable aujourd'hui. Encore mineur, il est déjà devenu chef de famille. À Busuma, les réfugiés ont fui la guerre, mais pour beaucoup, elle continue autrement. À lire aussiRDC-Rwanda: plus de 200 réfugiés rwandais ont regagné leur pays
Depuis décembre, avec l'offensive de l'AFC/M23 dans le Sud-Kivu, plus de 60 000 réfugiés congolais ont été regroupés sur le site de Busuma, au Burundi. Un site prévu à l'origine pour accueillir 20 000 personnes et qui n'était encore à leur arrivée qu'un terrain vierge : pas d'abris, pas d'eau, pas d'infrastructures. Rien. Trois mois plus tard, malgré les efforts des humanitaires, les familles vivent toujours dans une immense précarité : promiscuité, manque d'eau, aide alimentaire tardive... À Busuma, l'urgence se heurte aux coupes budgétaires internationales. De notre envoyée spéciale de retour de Busuma Un camion-citerne entre sur le site. Rapidement, un attroupement se forme. Élizabeth, 25 ans, se faufile à l'arrière. Elle glisse sa bassine jaune en dessous du tuyau. Le camion est venu alimenter le centre de santé. Mais, elle espère grappiller quelques gouttes. « Je suis enceinte. Je ne peux pas marcher des heures pour aller puiser de l'eau à la source. Je prie pour avoir un peu de quoi faire à manger à mes enfants », explique-t-elle. Elle a passé la journée à attendre devant le réservoir installé pour les réfugiés. Cela fait trois jours qu'elle n'a pas d'eau. « À la pompe, il n'y a déjà presque plus d'eau. Je suis encore loin dans la file. Je ne suis pas sûre du tout d'en avoir », poursuit-elle. Les équipes de Médecins sans frontières ont depuis installé une canalisation pour acheminer l'eau sur le site. Mais elle reste rare. Le choléra, qui avait frappé en décembre, est contenu et c'est maintenant la rougeole qui guette. Chaque jour, des agents de santé arpentent les allées poussiéreuses du site pour faire de la prévention. Une femme s'approche, son bébé contre elle. Il tousse, tremblant. « Je pense qu'il est tombé malade à cause du froid. Je n'ai reçu ni matelas, ni abri, ni couvertures. Il fait très froid la nuit. Sans aide, nous allons tous finir par tomber malades. », se désole-t-elle. Le vent déferle en rafale pendant qu'elle nous parle. D'une main, elle retient la bâche qui menace de céder. Arrivée avec ses quatre enfants, sans rien, elle partage cette tente avec un inconnu qui l'a accueillie. Elle nous raconte : « La nuit mes enfants ont peur, et cela les empêche de dormir. Quand il pleut beaucoup, l'eau nous envahit et le vent emporte notre bâche en plastique. On passe des heures debout, sans fermer l'œil de la nuit. » Moins de la moitié des réfugiés ont reçu un abri Car à Busuma, trois mois après leur arrivée, moins de la moitié des réfugiés ont reçu un abri. La faute aux coupes drastiques dans l'aide internationale, déplore Simplice Kpandji, responsable local pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés : « Nous pâtissons des coupes budgétaires. Les besoins sont immenses. Certains bailleurs nous soutiennent encore, mais ce n'est pas suffisant. Cela limite notre capacité à offrir un minimum de vie digne à ces réfugiés. C'est un grand problème que nous affrontons. » Depuis décembre, des dizaines de décès ont été recensés, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. L'aide alimentaire a aussi tardé à être distribuée et le Programme alimentaire mondial envisage aujourd'hui de réduire de 25 % les rations car ses ressources s'épuisent. Lassés par cette extrême précarité, certains réfugiés le disent : ils veulent rentrer en RDC, malgré la guerre qui continue. À lire aussiAu Burundi, les réfugiés traumatisés par les blessures invisibles de la guerre
L'auteur congolais Steve Aganze publie « Bahari-Bora », un premier roman aux éditions Récamier dans lequel il raconte l'histoire de Bahari-Bora, une jeune fille victime de la guerre. (Rediffusion du 16 septembre 2025) « Bahari-Bora » signifie « bel océan tranquille » en swahili. C'est aussi le nom de l'héroïne du premier roman de l'auteur congolais Steve Aganze, une jeune fille enlevée par un groupe armé et utilisée comme arme de guerre, battue et violée. Recueillie dans un hôpital après sa fuite, on lui apprend qu'elle est enceinte. Mais quel monde offrir à cet enfant ? Bahari-Bora: c'est la somme de toutes les femmes inspirantes, celles qui se sont battues malgré l'adversité Invité : Steve Aganze est né en 1999 à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il part vivre à Kinshasa en 2011, après avoir subi des années de guerre. En 2023, il figure parmi les finalistes du prix Voix d'Afrique. Programmation musicale : L'artiste Zaz avec le titre Sains et saufs, extrait de l'album éponyme à paraître le 19 septembre 2025.
L'auteur congolais Steve Aganze publie « Bahari-Bora », un premier roman aux éditions Récamier dans lequel il raconte l'histoire de Bahari-Bora, une jeune fille victime de la guerre. (Rediffusion du 16 septembre 2025) « Bahari-Bora » signifie « bel océan tranquille » en swahili. C'est aussi le nom de l'héroïne du premier roman de l'auteur congolais Steve Aganze, une jeune fille enlevée par un groupe armé et utilisée comme arme de guerre, battue et violée. Recueillie dans un hôpital après sa fuite, on lui apprend qu'elle est enceinte. Mais quel monde offrir à cet enfant ? Bahari-Bora: c'est la somme de toutes les femmes inspirantes, celles qui se sont battues malgré l'adversité Invité : Steve Aganze est né en 1999 à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il part vivre à Kinshasa en 2011, après avoir subi des années de guerre. En 2023, il figure parmi les finalistes du prix Voix d'Afrique. Programmation musicale : L'artiste Zaz avec le titre Sains et saufs, extrait de l'album éponyme à paraître le 19 septembre 2025.
Nous vous emmenons dans le nord-est du Brésil sur la caravane fluviale scientifique Iaraçu qui remonte le fleuve Amazone de Manaus à Belém avec une vingtaine de scientifiques à bord. Au rythme des escales, des hydrologues, des géologues, des archéologues échangent avec les populations amazoniennes sur le changement climatique, les pollutions ou la préservation des forêts. L'objectif est de renforcer les liens entre la science et la société pour alimenter les discussions à la COP30. (Rediffusion du 13 novembre 2025) Une vingtaine de scientifiques a embarqué à bord d'une caravane pas comme les autres : la caravane fluviale Iaraçu. Ils sont Brésiliens, Français, Congolais et Gabonais. Leur mission ? Remonter le fleuve de Manaus à Belém, à la rencontre des communautés locales, les Ribeirinhos, pour les écouter, partager leurs savoirs, et surtout porter leurs voix jusqu'à la COP 30. Ils travaillent avec et pour les populations locales. C'est une aventure humaine et scientifique hors du commun organisée par l'IRD, l'Ambassade de France au Brésil et le Centre franco-brésilien de la biodiversité en Amazonie. Nous avons eu la chance de monter à bord ! → Retrouvez Le journal de bord Iaraçu ici. Avec : - Valérie Verdier, présidente directrice générale de l'IRD - Marie-Paule Bonnet, hydrologue, directrice de recherche à l'IRD - Loïc Martin, géochimiste, post doctorant au Luxembourg Institute of Science of Technology - Helena Lima, archéologue, chercheuse au Musée Goeldi à Belém - Jérôme Murienne, chargé de recherche au CNRS sur l'ADN environnementale - Yago Ferreira, éducateur environnemental - Helen Gurgel, géographe de la santé et professeure à l'Université de Brasilia - Pedro, habitant de Gurupa. Musiques diffusées pendant l'émission - Ellielthon Douglas - Rap do Meio Ambiente - Jair Rodriguez - O Garimpeiro - Grupo Kuatá de Carimbó - Que Peixe Que É - Conjunto Tapayoara - Carimbó.
Le président congolais Félix Tshisekedi vient d'achever une longue tournée dans une demi-douzaine de pays, effectuant une offensive diplomatique et politique, des États-Unis aux Émirats arabes unis, en passant par l'Angola et le Togo. Guerre dans le Kivu, dialogue intercongolais, crise avec le Rwanda, minerais critiques... Kinshasa a plusieurs dossiers brûlants sur la table. Pour aborder ces sujets, le porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, Patrick Muyaya, est notre Grand Invité Afrique ce matin. Il répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : Depuis le début de l'année, le président Félix Tshisekedi multiplie les déplacements : Togo, Congo, France, les Émirats, les États-Unis et puis l'Angola pour finir cette grosse tournée. Qu'en est-il ressorti de concret à la fois sur les plans diplomatique, économique et surtout sécuritaire ? Patrick Muyaya : La plus récente visite, celle en Angola, c'était évidemment pour passer en revue la question de l'évolution du processus de paix. Et il y avait évidemment la question du dialogue intercongolais. Ensuite, la visite aux Émirats, là aussi, il s'agissait de mettre les dispositifs en place d'un partenariat stratégique, car les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo ont des intérêts en commun à construire et à partager. Pour revenir maintenant sur la visite à Washington, une visite historique, si je peux me permettre, en termes de partenariat stratégique RDC-États-Unis, nous avons eu la première réunion du comité directeur conjoint. Il y a aussi eu ce sommet sur les minerais critiques. Le président Tshisekedi a réussi à inscrire la République démocratique du Congo au cœur du débat sur la transition énergétique, faisait de notre pays un atout pour régler les problèmes de l'humanité. Revenons à l'Angola, puisqu'à la suite de la visite du président Tshisekedi, on a confié à Luanda un nouveau mandat : créer les conditions d'un dialogue intercongolais en parlant à toutes les parties. Qu'espérez-vous du président João Lourenço, ex-médiateur dans la crise rwando-congolaise, dans ce nouveau rôle ? Il va faire une forme de pré-consultation des différentes parties. Mais comme notre président de la République l'a dit et redit, le dialogue entre Congolais se tiendra en République démocratique du Congo. Et ce dialogue, j'insiste là-dessus, ne consacrera aucune forme d'impunité, parce que c'est l'impunité dont bénéficient certains acteurs qui est à la base de la répétitivité des conflits que nous déplorons dans la partie est du pays. Parlons de l'un de ces acteurs. RFI a révélé que, en décembre dernier, l'ancien président Joseph Kabila, condamné à mort pour trahison et crimes de guerre par la justice congolaise, avait été reçu à Luanda par la présidence angolaise. Kinshasa est-elle prête à dialoguer avec cet acteur congolais-là ? Dans le dialogue que nous devons avoir, nous avons un point principal : l'agression. Lorsque vous regardez les prises de position et les attitudes du président honoraire, il est évident qu'il est complice de l'agression parce qu'il est difficile d'imaginer que c'est lui qui a combattu par le passé le M23. Puis, dans une tribune publique, brisant de longues années de silence, il dit soutenir et justifier le combat du M23. Il y a des gestes qu'il n'aurait jamais dû poser. Tout dépendra évidemment du rapport que, le moment venu, le président Lourenço fera de ses différentes consultations, notamment avec celui que vous avez cité. Malgré l'accord signé à Washington, et aussi l'accord-cadre de Doha et ses protocoles censés être appliqués, les violences perdurent sur le terrain. Que manque-t-il pour que, au moins, il y ait un cessez-le-feu ? Il manque de la volonté du côté du Rwanda, car il est évident que toute idée visant à ramener la paix dans cette partie de notre pays n'arrange pas le président Paul Kagame, qui est aussi derrière ces faux prétextes d'extermination ou de ciblage des populations banyamulenge. Il y a un autre prétexte qu'il utilise, celui de la présence des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda, mouvement sanctionné par l'ONU et considéré comme génocidaire par Kigali, NDLR). Je pense que, au terme de tous ces processus, le Rwanda ne viendra plus recycler ces prétextes, d'autant qu'il est censé régler ces problèmes en ce moment. Vous êtes porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication. Vous insistez beaucoup sur certains termes, qualifiant le président Paul Kagame de « père du M23 » avec qui il entretient « une relation diabolique ». Peut-on vraiment parler d'effort de paix quand, des deux côtés rwandais et congolais, il y a des termes extrêmement forts pour désigner l'adversaire et la personne avec laquelle on doit négocier ? Nous qualifions Kagame et le M23 de relation père-fils à raison. Qui a créé le M23 ? Qui arme le M23 ? Qui conduit les opérations du M23 ? Il y a des rapports du groupe d'experts des Nations unies qui le disent de manière régulière. Donc cette filiation existe bel et bien. La frontière avec le Burundi est toujours fermée. Des habitants d'Uvira se sont réfugiés au Burundi, fuyant les combats. Avez-vous des informations concernant l'ouverture prochaine d'une frontière et une stabilisation d'Uvira ? Le gouvernement travaille déjà sur un plan de restauration de l'autorité de l'État, qui va permettre un retour progressif de nos populations qui sont à Uvira, pour revenir en sécurité là où ils doivent être. Et de ce point de vue, il y a une évolution, après la dernière réunion au Qatar. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, séjourne actuellement à Kinshasa pour voir dans quelle mesure on peut mettre en place le mécanisme de cessez-le-feu qui pourra, s'il est mis en place et surtout s'il est respecté, contribuer au retour des populations qui sont parties se réfugier au Burundi voisin.
D'après l'OMS, on dénombrerait plus de 24 millions d'adultes atteints de diabète, pour la région Afrique. Près de la moitié d'entre eux l'ignorent, et faute de diagnostic, ces personnes qui vivent avec un excès de sucre dans le sang (une hyperglycémie chronique) sont exposées aux complications du diabète : atteintes cardiovasculaires, rénales, oculaires ou nerveuses. En République Démocratique du Congo, ce sont entre 7 et 10% de la population qui seraient concernés par le diabète de type 2, soit près de 3 millions de personnes au total. Au-delà du nécessaire dépistage des populations, se pose également la question cruciale de l'accès au traitement, et en particulier à l'insuline. Un diabète équilibré repose également sur l'information et l‘éducation thérapeutique des patients. Aujourd'hui, dans certaines régions congolaises, l'insécurité complique l'accès aux traitements et la question de l'accès matériel et financier à l'insuline se pose de manière critique. Un médecin du Sud-Kivu, alerte sur cette situation et nous le recevons dans Priorité Santé. Le diabète constitue en 2026 un problème de santé publique à l'échelle planétaire. D'après l'OMS, la région Afrique compte plus de 24 millions d'adultes atteints de diabète. Et, près de la moitié d'entre eux l'ignorent, faute de diagnostic. En RDC, entre 7 et 10% de la population seraient concernés par cette maladie chronique, cela représente près de 3 millions de Congolais. Une prise en charge plurielle Le diabète peut entraîner de multiples complications si le taux de glucose n'est pas équilibré par un accompagnement : l'éducation thérapeutique du patient va permettre de dispenser des conseils en matière d'alimentation et d'insister sur l'importance de l'activité physique et d'un traitement si besoin. Soigner une maladie métabolique au long cours, soit acquise dès la naissance comme le diabète de type 1, ou qui a pu se développer à l'âge adulte comme le diabète de type 2, implique des obstacles très différents en fonction de notre environnement, de nos moyens, des infrastructures sanitaires et dans certains cas, tout simplement, de notre sécurité. Témoignage d'un spécialiste de Bukavu Nous donnons la parole au Dr Albert Kalehezo, fondateur du Centre de diabétologie du Kivu, une structure dédiée à l'accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1. Le témoignage de ce spécialiste du diabète qui exerce dans cette ville de la République Démocratique du Congo passée, il y a près d'un an, sous le contrôle de l'AFC M 23, nous permet de comprendre très concrètement comment ce contexte d'insécurité globale (physique, mentale, sanitaire et financière) va directement fragiliser les populations, et davantage compliquer la prise en charge des patients. Avec : Dr Albert Kalehezo, médecin fondateur et directeur du Kivu Diabetes Center à Bukavu en RDC, une structure dédiée à l'accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1 dans l'est du pays. Membre de la Société Francophone du diabète et de l'International Society for Pediatric and Adolescent (ISPAD) Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur général de l'ONG Santé Diabète, à Bamako au Mali. ► En fin d'émission, nous faisons le point sur une nouvelle piste thérapeutique dans la prévention du choc anaphylactique, complication de l'allergie qui peut constituer une urgence médicale absolue. Des chercheurs de l'Inserm à Toulouse et de l'Institut Pasteur à Paris sont sur la piste d'un vaccin pouvant protéger, de manière durable, les personnes allergiques contre l'anaphylaxie. Interview du Dr Laurent Reber, directeur de recherche à l'Inserm. Programmation musicale : ► Ampire Joven's – Kabumbu ► Dowdelin – Do you.
D'après l'OMS, on dénombrerait plus de 24 millions d'adultes atteints de diabète, pour la région Afrique. Près de la moitié d'entre eux l'ignorent, et faute de diagnostic, ces personnes qui vivent avec un excès de sucre dans le sang (une hyperglycémie chronique) sont exposées aux complications du diabète : atteintes cardiovasculaires, rénales, oculaires ou nerveuses. En République Démocratique du Congo, ce sont entre 7 et 10% de la population qui seraient concernés par le diabète de type 2, soit près de 3 millions de personnes au total. Au-delà du nécessaire dépistage des populations, se pose également la question cruciale de l'accès au traitement, et en particulier à l'insuline. Un diabète équilibré repose également sur l'information et l‘éducation thérapeutique des patients. Aujourd'hui, dans certaines régions congolaises, l'insécurité complique l'accès aux traitements et la question de l'accès matériel et financier à l'insuline se pose de manière critique. Un médecin du Sud-Kivu, alerte sur cette situation et nous le recevons dans Priorité Santé. Le diabète constitue en 2026 un problème de santé publique à l'échelle planétaire. D'après l'OMS, la région Afrique compte plus de 24 millions d'adultes atteints de diabète. Et, près de la moitié d'entre eux l'ignorent, faute de diagnostic. En RDC, entre 7 et 10% de la population seraient concernés par cette maladie chronique, cela représente près de 3 millions de Congolais. Une prise en charge plurielle Le diabète peut entraîner de multiples complications si le taux de glucose n'est pas équilibré par un accompagnement : l'éducation thérapeutique du patient va permettre de dispenser des conseils en matière d'alimentation et d'insister sur l'importance de l'activité physique et d'un traitement si besoin. Soigner une maladie métabolique au long cours, soit acquise dès la naissance comme le diabète de type 1, ou qui a pu se développer à l'âge adulte comme le diabète de type 2, implique des obstacles très différents en fonction de notre environnement, de nos moyens, des infrastructures sanitaires et dans certains cas, tout simplement, de notre sécurité. Témoignage d'un spécialiste de Bukavu Nous donnons la parole au Dr Albert Kalehezo, fondateur du Centre de diabétologie du Kivu, une structure dédiée à l'accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1. Le témoignage de ce spécialiste du diabète qui exerce dans cette ville de la République Démocratique du Congo passée, il y a près d'un an, sous le contrôle de l'AFC M 23, nous permet de comprendre très concrètement comment ce contexte d'insécurité globale (physique, mentale, sanitaire et financière) va directement fragiliser les populations, et davantage compliquer la prise en charge des patients. Avec : Dr Albert Kalehezo, médecin fondateur et directeur du Kivu Diabetes Center à Bukavu en RDC, une structure dédiée à l'accompagnement des enfants et jeunes vivant avec le diabète de type 1 dans l'est du pays. Membre de la Société Francophone du diabète et de l'International Society for Pediatric and Adolescent (ISPAD) Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur général de l'ONG Santé Diabète, à Bamako au Mali. ► En fin d'émission, nous faisons le point sur une nouvelle piste thérapeutique dans la prévention du choc anaphylactique, complication de l'allergie qui peut constituer une urgence médicale absolue. Des chercheurs de l'Inserm à Toulouse et de l'Institut Pasteur à Paris sont sur la piste d'un vaccin pouvant protéger, de manière durable, les personnes allergiques contre l'anaphylaxie. Interview du Dr Laurent Reber, directeur de recherche à l'Inserm. Programmation musicale : ► Ampire Joven's – Kabumbu ► Dowdelin – Do you.
En janvier 2025, la Monusco est confrontée à une double mission : protéger les civils tout en assurant la sécurité de son propre personnel, pris dans cinq jours d'affrontements intenses. Vivian van de Perre est la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies pour la protection et les opérations de la Monusco et en est la cheffe par intérim. Elle se trouvait à Goma au moment des combats. Un an après, comment a-t-elle personnellement vécu cette bataille ? Elle répond aux questions de Patient Ligodi. RFI : Un an après la prise de la ville par l'AFC/M23, comment avez-vous personnellement vécu cette bataille et ces moments de bascule pour la Monusco ? Vivian van de Perre : Merci beaucoup pour la question. La bataille de Goma, en janvier 2025, nous ne l'oublierons jamais, qu'il s'agisse de la population, des combattants des deux camps ou des Casques bleus eux-mêmes. C'est la bataille la plus intense que nous ayons connue dans l'est du pays, de par son ampleur. Elle n'a absolument rien de comparable avec la prise de Goma en 2012. Cette fois-ci, il s'agissait d'une bataille urbaine intense et prolongée. Ces journées ont été un choc par leur intensité et par ce qu'elles ont signifié pour la population de Goma et pour la mission de la Monusco, dont le mandat est de protéger les civils. Dans la ville, le sentiment immédiat n'était pas celui de considérations géopolitiques abstraites, mais celui de l'urgence. Le bruit et l'impact continus des armes légères et lourdes, la pression exercée par l'arrivée massive de civils et de personnels en uniforme venus chercher refuge dans les bases de la Monusco et la responsabilité, au milieu de tout cela, de maintenir nos Casques bleus opérationnels et concentrés malgré les risques auxquels ils étaient eux-mêmes exposés, ont constitué un véritable défi. Le 28 janvier, vous vous en souvenez peut-être, je faisais un briefing devant le Conseil de sécurité. La bataille de Goma n'était pas encore terminée. Mais la nuit, l'intensité diminuait en raison de l'obscurité. J'ai donc pu informer le Conseil depuis Goma et leur dire que la violence devait cesser immédiatement, car la situation échappait à tout contrôle d'une manière susceptible d'entraîner l'ensemble de la région dans un conflit encore plus profond. On avait vraiment le sentiment qu'il s'agissait d'un moment ou tout pouvait basculer et c'est la crainte qu'on avait. Nos bases — les bases de la Monusco — étaient touchées, tout comme les résidences de notre personnel. Et bien sûr, l'ensemble de la population civile de Goma et de ses environs était également affectée. Nous avons été pris dans des tirs croisés. Il ne s'agissait pas d'une attaque directe contre l'ONU, mais nous étions pris dans les tirs croisés. Dans le même temps, nous recevions des civils et des personnels de sécurité qui avaient besoin de protection, dans toutes nos bases — dans nos bases militaires autour de Goma, comme dans nos bases civiles. Il y avait donc un véritable sentiment d'urgence et une intensité sans précédent. Mais un an plus tard, dispose-t-on aujourd'hui d'un rapport consolidé du nombre de civils tués à Goma lors de cette bataille de janvier 2025 ? Et quelles sont les principales difficultés pour documenter ces chiffres aujourd'hui ? On n'a pas véritablement de chiffres précis. Le brouillard de la guerre est tel qu'il est très difficile d'établir un bilan civil pleinement consolidé et vérifié de manière indépendante, car les combats actifs ont tout perturbé — l'accès aux sites, aux dossiers médicaux, les hôpitaux étaient débordés, les communications coupées, et les conditions nécessaires pour mener des vérifications en toute sécurité n'étaient pas réunies. En outre, les gens avaient peur. Ils craignaient d'être ciblés. L'intimidation des survivants et des témoins représentait un risque réel. Il y a ensuite eu des déplacements de population, à la fois volontaires et fortement encouragés, voire forcés, ce qui compliquait les recherches. Les familles se déplaçaient. Par ailleurs, pour des raisons sanitaires, les corps étaient très rapidement collectés et mis en terre afin d'éviter la propagation de maladies transmissibles. À cela s'ajoute le fait que, puisque nous combattions aux côtés du gouvernement de la RDC pendant la bataille de Goma, nous étions à ce moment-là considérés comme une partie au conflit. Nous n'avions donc pas la liberté de mouvement et ne pouvions pas circuler librement. Il est donc difficile de se prononcer avec précision. Les estimations varient largement. C'est pourquoi nous souhaitons soutenir l'intervention d'un organe indépendant, comme la commission d'enquête récemment créée par le Conseil des droits de l'Homme, afin qu'elle devienne opérationnelle avec des ressources adéquates et, surtout, qu'elle bénéficie d'un accès sans restriction. La Monusco est prête à les soutenir, ainsi que d'autres mécanismes nationaux, pour enquêter sur ces incidents graves, prévenir les récidives et rendre justice aux victimes, le moment venu. Qu'est-ce qui a été, selon vous, déterminant dans la chute de Goma ? Au-delà des faiblesses connues des forces congolaises, quel a été concrètement le rôle de la Monusco face à l'avancée de l'AFC/M23 appuyé par l'armée rwandaise ? Qu'est-ce qui a fait que très rapidement, Goma s'est retrouvé dans une situation où l'AFC/M23 n'a pas trouvé de résistance armée, alors qu'il y avait la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe), la Monusco, les FARDC, les Wazalendo… Oui, nous nous étions préparés à l'éventualité que Goma soit attaquée. Mais je tiens à réaffirmer que ce M23 n'est pas le même que celui de 2012. Le qualifier simplement de groupe armé ou de groupe rebelle ne rend pas compte du niveau d'équipement et d'organisation qu'il a atteint. Et comme nous le savons tous, il bénéficie du soutien de pays voisins, ce qui a été largement établi par différents rapports. Il ne s'agissait donc pas tant d'un combat contre un groupe rebelle que d'un affrontement qui ressemblait presque à un conflit entre deux armées conventionnelles. L'ampleur des combats était sans précédent. Nous étions désavantagés dans l'utilisation de nos technologies en raison du brouillage très actif des signaux GPS pendant la bataille — et, soit dit en passant, cela se poursuit encore aujourd'hui —, ce qui nous empêchait d'utiliser nos hélicoptères et nos drones. Nous ne pouvions pas utiliser nos équipements technologiques. Et l'ampleur de l'attaque était considérable. J'ai également vu autour de l'aéroport des combats extrêmement violents. Ce n'est pas comme si le M23 était simplement entré et avait pris le contrôle, comme en 2012. C'était une bataille extrêmement intense. J'ai vu les forces gouvernementales se battre très violemment à l'aéroport et subir de lourdes pertes. Cela nous amène à réfléchir aux leçons à tirer. Tout d'abord, il y a eu un mépris répété des décisions prises par le Conseil de sécurité, par l'Union africaine, par la Communauté d'Afrique de l'Est et par la SADC, pour n'en citer que quelques-unes. Tous ont cherché à empêcher une escalade du conflit. Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2773 après la chute de Goma. Cependant, cela n'a pas empêché l'extension du conflit, qui s'est poursuivi jusqu'à Bukavu, qui est également tombée — même si ce ne fut pas à l'issue d'une bataille aussi intense que celle de Goma. De même, la signature récente de l'accord de Washington n'a pas empêché la prise d'Uvira. Deuxièmement, tout processus de paix qui n'est pas ancré dans les droits humains et dans la protection des civils est fragile dès le départ. Il faut considérer la protection des droits humains comme une mesure de confiance. Sans s'attaquer, au moins en partie, aux causes profondes du conflit et si l'on cherche à régler les différends sur le champ de bataille, ce conflit se poursuivra. Et il est évidemment impératif de l'empêcher. La primauté de la médiation et des accords négociés est donc absolument centrale. La solution à la situation dans l'est du pays ne réside pas dans une nouvelle guerre, ni sur le champ de bataille. Protéger les civils et votre propre personnel : qu'est-ce qui a été le plus difficile à gérer ? La partie la plus difficile a été de gérer deux urgences simultanément : protéger les civils dans une ville en proie à de violents combats et assurer la sécurité ainsi que la continuité de nos opérations. Heureusement, nous avions évacué la plupart du personnel non-essentiel hors de Goma. Lorsque j'ai informé le Conseil depuis Goma, j'ai été très claire : certains de nos sites étaient affectés et nous accueillions un grand nombre de personnes venues y chercher refuge. Sur le plan opérationnel, cela implique des décisions complexes, prises minute par minute : où renforcer les dispositifs, comment sécuriser les emprises, comment maintenir la coordination humanitaire et appuyer les partenaires, sans accroître les risques pour les civils autour de nos sites. Un exemple concret de ce que signifie notre mandat de protection dans la pratique est ce qui s'est passé après la chute de Goma. Entre 2 000 et 3 000 militaires désarmés des FARDC et de la Police nationale congolaise, ainsi que plusieurs civils de haut profil, ont trouvé refuge dans les bases de la Monusco à Goma en janvier et y sont restés pendant quatre mois. À partir du 30 avril 2025, nous avons mené une opération visant à relocaliser en toute sécurité 1 359 d'entre eux vers Kinshasa, en étroite coordination avec le CICR en tant qu'intermédiaire neutre, et en étroite concertation avec le gouvernement de la RDC, en veillant au respect de la sécurité, de la dignité et de la neutralité tout au long du processus. Cette opération a été conduite avec le consentement éclairé des personnes concernées et dans le strict respect des Conventions de Genève. Pendant plus de trois mois, nous avons assuré une protection physique, un hébergement, des soins médicaux et une alimentation à ces personnes placées sous notre responsabilité, alors même que nous n'étions pas équipés pour accueillir un nombre aussi élevé de personnes et que des maladies transmissibles se sont déclarées en raison de la surpopulation. Nous nous souvenons que les 23 et 24 janvier 2025, les positions de la Monusco et de la SAMI-DRC, la force de la SADC, ont été prises pour cibles. Deux Casques bleus sud-africains, ainsi qu'un Casque bleu uruguayen, ont été tués. Un an plus tard, quel est le bilan au niveau des Nations unies ? Dans ces incidents, comme dans tant d'autres où des Congolais et d'autres personnes ont perdu la vie – et ils étaient très majoritairement congolais – des biens ont été détruits et de nombreuses personnes ont été blessées. Nous continuons à appeler et soutenir les efforts afin de déterminer les responsabilités dans ce qu'il s'est passé. Ces pertes humaines et matérielles ont été rapportées au Conseil de sécurité, et la position générale des Nations unies est claire : l'ONU ne peut jamais être attaquée directement. Nous étions impliqués dans le conflit au début de l'offensive du M23. Mais les attaques délibérées contre les Casques bleus sont inacceptables et peuvent constituer de graves violations du droit international. Nous continuons donc à soutenir la documentation et la préservation des informations, dans la mesure du possible. Mais établir les responsabilités dépend très largement de l'accès, de la coopération et de la capacité des autorités compétentes à enquêter sur ces incidents de manière crédible et en toute sécurité. Nous continuons à plaider pour que ces conditions soient réunies. Nous avons également renforcé – et continuons de renforcer – les mesures de protection pour les Casques bleus et les civils, car notre devoir immédiat est d'empêcher de nouvelles pertes en vies humaines, qu'il s'agisse de nos propres personnels ou des civils pris dans les tirs croisés. Normalement, la justice met du temps à être rendue. Elle est lente, mais elle finit par rattraper les responsables. Nous l'avons vu dans d'autres contextes. Mais pourquoi a-t-on l'impression que la région des Grands Lacs est la seule où des Casques bleus peuvent être attaqués, où des hélicoptères de la Monusco peuvent être détruits, sans clarification, sans explication, sans suivi judiciaire, sans sanctions ? Pourquoi ? La première étape est d'arrêter les combats dans l'est. Après cela, il y aura le temps d'examiner toutes ces questions. Car il est bien sûr inacceptable qu'une mission de maintien de la paix, décidée à l'unanimité par 193 États membres et financée par ces mêmes États, soit empêchée de faire correctement son travail. Je tiens également à souligner que la Monusco est la seule à être encore présente sur le terrain. De nombreux autres acteurs armés et divers groupes ont quitté l'est, qui est aujourd'hui toujours sous contrôle du M23. Mais nous, nous sommes toujours là et nous avons toujours un rôle important à jouer. Nous tenons bon et nous remplissons ce rôle du mieux que nous le pouvons, malgré les restrictions de mouvement. Mais Il viendra un moment où il faudra établir les responsabilités. Eh bien sûr, nous avons documenté tout cela, et le moment viendra. Mais notre priorité immédiate est de mettre fin aux combats et de créer les conditions pour que des solutions négociées puissent être instaurées, afin que l'on trouve une solution à cette situation persistante dans l'est, qui dure depuis trente ans et qui, au moment même où nous parlons, semble encore s'aggraver. Voilà notre priorité absolue. La justice et la responsabilité viendront après. Avec le nouveau mandat de la Monusco, que fait concrètement la mission aujourd'hui sur le terrain, différemment de ce qu'elle faisait dans les semaines et les mois ayant suivi la prise de Goma, et par rapport à l'ancien mandat ? Dans les zones contrôlées par le M23, la situation est évidemment différente, car nous n'avons jamais pu y retrouver notre liberté de mouvement. Nous pouvons faire entrer et sortir des troupes et du personnel, mais sans aéroport, cela se fait par voie terrestre, ce qui prend plus de temps. Mais les troupes ne peuvent pas patrouiller librement. Le Conseil de sécurité le sait parfaitement. Des pressions sont exercées sur le M23 pour qu'il nous accorde la liberté de mouvement, mais ce groupe pose des conditions que nous ne pouvons pas accepter, car nous ne pouvons pas coopérer avec un groupe armé ayant pris le contrôle d'un territoire souverain de la RDC. Malgré cela, nous avons établi un modus operandi qui nous permet de rester présents dans l'est. Cette présence est précieuse, car elle donne un certain espoir à la population : l'ONU est toujours là, la communauté internationale ne les a pas oubliés. Nous utilisons nos réseaux pour surveiller la situation et en rendre compte. Mais les opérations classiques de maintien de la paix que nous menons en Ituri et dans le grand nord ne sont pas possibles dans les zones contrôlées par le M23. Un nouvel élément figure toutefois dans la résolution : lorsqu'un cessez-le-feu est en place – et nous devrions en avoir un – nous sommes mandatés pour le soutenir. Cela a été négocié à Doha, avec un rôle pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), et la Monusco fait partie intégrante de ce mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, y compris sur le plan logistique. Ce mécanisme est prêt, il n'est pas encore visible parce que le cessez-le-feu ne tient pas pleinement. Mais nous sommes prêts. Nous nous préparons activement, mais certaines conditions doivent être en place : l'accès aux aéroports, l'utilisation de nos hélicoptères. En mars, nous retournerons devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Il nous a demandé des propositions concrètes sur la mise en œuvre du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, et nous serons prêts à les présenter, afin qu'il puisse prendre une décision.
Un an après la bataille de Goma, quelle est la réalité du contrôle exercé sur la ville par l'AFC/M23, soutenu par Kigali ? Comment le groupe AFC/M23 se finance-t-il ? Et quelles perspectives de paix, alors que les initiatives diplomatiques — qui se multiplient — n'ont que peu d'effet sur le terrain ? Zobel Behalal, expert senior à l'Initiative mondiale contre le crime organisé transnational et ancien membre du panel d'experts des Nations unies sur la RDC, répond aux questions de Florence Morice. RFI : Il y a un an, lors de la chute de Goma, beaucoup d'analystes affirmaient que le M23 n'avait pas les moyens de gouverner la ville. Un an plus tard, peut-on dire que l'on s'était trompé ? Zobel Behalal : Oui, évidemment, on s'était trompé il y a un an. Parce qu'aujourd'hui, le mouvement non seulement contrôle la ville, mais il a étendu son pouvoir sur d'autres territoires, et notamment sur la province du Sud-Kivu. De quelle manière est-ce qu'il contrôle la ville, concrètement ? Le M23, toujours soutenu massivement par le Rwanda, a installé une administration parallèle avec des gouverneurs qui ont été nommés dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu, des administrateurs du territoire. Il a installé un système de taxation assez bien huilé. Le M23 contrôle également des territoires stratégiques de production minière, qui sont une source d'enrichissement assez considérable pour lui. Et ensuite, ce qu'il faut noter, c'est que le M23 contrôle cinq postes frontaliers stratégiques, notamment avec le Rwanda et l'Ouganda. Comment le M23 finance-t-il cette administration parallèle ? Essentiellement par ces taxes et le contrôle des ressources minières ? On a vu une nomenclature des taxes assez bien élaborée par le mouvement, qui concerne aussi bien le mariage, le transfert d'un corps, que la traversée d'une frontière, l'exploitation d'un site minier. Donc ça couvre vraiment toute l'activité économique et sociale des territoires sous son contrôle et cela rapporte énormément d'argent au mouvement. Il faut aussi comprendre que le M23 ne dépense pas beaucoup d'argent pour ses troupes. Les soldats, pour la plupart, sont très peu payés, ils reçoivent un entretien journalier pour leur nutrition, donc ceux-ci se sucrent sur le dos de la population et l'essentiel de l'argent collecté par le M23 va dans les poches de ses cadres politiques et militaires. Avant la chute de Goma, le M23 contrôlait déjà d'importants sites miniers. C'était le cas, par exemple, de Rubaya. Qu'est-ce qui a changé depuis un an ? Est-ce qu'ils ont mis la main sur de nouveaux sites stratégiques ? Depuis la chute de Goma, le M23 a étendu son contrôle sur des sites miniers, notamment dans la province du Sud-Kivu, des sites miniers de production d'or et de ce qu'on appelle la wolframite, ce qui constitue des sources de revenus importantes pour le mouvement. Il a continué à maintenir son contrôle sur les routes d'exportation des minerais de coltan exploités à Rubaya vers le Rwanda. Donc tout cet argent rentre dans les caisses du mouvement, mais profite surtout aux cadres politiques, aux cadres militaires et évidemment aux pays qui soutiennent le M23. Quels sont les pays qui bénéficient de ces ressources ? On a suffisamment d'informations et de preuves pour attester du soutien massif du Rwanda vis-à-vis du M23 et on sait que ce soutien rapporte énormément d'argent au Rwanda. Les statistiques du Rwanda d'exportation du coltan sur la période de janvier à juin 2025 sont 200 % supérieures à ce que c'était à la même période en 2024. Et on sait aussi qu'il y a des pays qui profitent de manière passive de la présence du M23, notamment les flux commerciaux et économiques entre le M23 et le Congo et l'Ouganda. Il y a également des pays un peu plus lointains, comme le Kenya et la Tanzanie. Prenons un exemple, celui du commerce du carburant. Aujourd'hui, à Goma, le carburant est sous le contrôle des proches du général Makenga, qui est le chef militaire du M23, et ses proches ont un monopole sur l'importation du carburant qui vient de pays comme le Kenya. Donc ça enrichit des réseaux qui, de manière passive ou indirecte, contribuent à financer le mouvement et profitent également de cette économie illicite. Depuis un an, les initiatives diplomatiques se multiplient, mais on a le sentiment qu'elles ont peu d'effet sur le terrain. Pour quelle raison, selon vous ? Il y a eu une forte mobilisation diplomatique qui est appréciable. Mais ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il y a un élément qui structure cette guerre, il y a un élément qui constitue son carburant, c'est l'exploitation des ressources naturelles. Donc l'angle mort des principaux processus de paix, c'est qu'ils ne prennent pas suffisamment en compte cet aspect qui pourtant représente un moyen de pression sur les différents acteurs pour les obliger à se mettre autour de la table pour discuter. Mais le processus de Washington et l'accord-cadre qui a été signé en fin d'année dernière aux États-Unis prétend justement placer cette dimension économique et l'organisation économique régionale au cœur des discussions. Autant on se félicite du fait que les Américains aient mis sur la table cette dimension économique, autant on reste encore sur notre faim sur les mesures concrètes qui vont véritablement résoudre le problème dans sa profondeur. On a plutôt l'impression que ce processus pourrait représenter une prime à l'ambition expansionniste de certaines parties. Il pourrait représenter une source d'enrichissement des réseaux criminels préexistants. Donc il faut commencer par créer des conditions pour que ces personnes n'accèdent plus à ces ressources naturelles. Et c'est l'angle mort, comme je le disais, de ces processus de paix. Donc le M23, et ? Le M23, les pays voisins comme le Rwanda… Et il faut reconnaître aussi que, aujourd'hui, dans l'exploitation illicite des ressources naturelles, les réseaux criminels se recrutent au sein de l'élite politique, sécuritaire de tous les pays, y compris du Congo. On n'a pas d'éléments qui nous permettent de dire aujourd'hui que ces élites au Congo, au Rwanda et dans les autres pays, ne continueront pas à tirer les ficelles lorsque ces contrats seront appliqués. Tout récemment, l'Angola, qui semblait sorti des processus de négociation, a relancé des consultations et plaide pour un dialogue national. Est-ce que cette nouvelle initiative de Luanda est porteuse d'espoir selon vous ? L'initiative angolaise est potentiellement une évolution positive, car si la crise du M23 s'inscrit dans une dynamique géo-criminelle, où des États instrumentalisent le crime transnational organisé à des fins économiques et financières, il faut reconnaître que cette crise prospère aussi parce qu'elle s'ancre dans des faiblesses structurelles profondes que seuls les Congolais eux-mêmes ont la capacité et le devoir de traiter. Donc un dialogue intercongolais, qui va discuter du partage des richesses, de la forme de l'État, de comment faire nation, de la lutte contre l'impunité, me semble bienvenu. À lire aussiRDC: à Rubaya, des mines stratégiques au cœur de la guerre, toujours contrôlées par le M23
Originaire d'Amérique du Sud, le manioc a été largement adopté par le continent africain, depuis plusieurs siècles déjà. Aliment incontournable, on en consomme les feuilles et la racine. Cuisiné tout simplement en frites, on peut aussi le broyer pour produire de la farine, sa pulpe fermentée devient également une semoule succulente que l'on appellera attiéké. Toujours fermenté et cuit à la vapeur, il se transforme aussi en pâte dont les Congolais ont fait leur spécialité sous le nom de chikwangue. Les possibilités du manioc et de ses dérivés en cuisine sembleraient presque infinies. La traditionnelle racine ne demande qu'à montrer toute sa modernité. Mais avant de faire preuve de créativité avec le manioc, comment le préparer, réussir sa fermentation, sa semoule, et tirer le meilleur de cet aliment du quotidien ? Décryptage avec nos chefs. Avec : • Anto Cocagne, « Le Chef Anto », cheffe à domicile, autrice de Mon Afrique – Produits phares, savoir-faire, recettes (Mango éditions,2024) et fondatrice de Baraka by le Chef Anto, table et épicerie fine qui met en valeur le meilleur des saveurs africaines, située à Paris • Warren Kambogo, entrepreneur, directeur de SOPRAA, Société de Production Agricole-Apicole et de SOVAPROAT, société de valorisation et de production des produits agricoles agroindustriels et du terroir au Gabon • Celso de Freitas Andrade, chef et co-gérant du restaurant brésilien Gabriella à Paris. Auteur de Brasileiro - Mémoire, histoires et recettes du Brésil (Solar, 2025). En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. On continue de parler du manioc avec Thibault qui a notamment demandé à l'intelligence artificielle de créer une recette originale avec la fameuse tubercule. Programmation musicale : ► Sabir - Dar Disku, Billur Battal ► Esta Tierra No Es Mia - Bopol Mansiamina.
L'invité Afrique de ce matin est le Congolais Ghislain Kabuyaya qui a fondé et qui dirige la maison d'édition Mlimani à Goma en RDC. Comment faire vivre une maison d'édition alors que la guerre règne à l'Est du Congo ? Ghislain Kabuyaya répond à Olivier Rogez. RFI : Ghislain Kabuyaya, comment se passe votre travail d'éditeur au quotidien à Goma ? Est-ce qu'il est encore possible pour vous de publier des livres ? Est-ce qu'il est possible de rencontrer des auteurs, d'imprimer et de diffuser? Ghislain Kabuyaya : oui, c'est encore possible, nous sommes restés très déterminés, très optimistes malgré le défi lié à l'environnement dans lequel nous évoluons. Et d'ailleurs, la maison d'édition est nommée Mlimani en référence au volcan du Nyiragongo (situé à Goma NDLR) car on avait estimé que bâtir une maison d'édition au pied du volcan, c'est déjà prendre un risque. Donc, cela veut dire que nous devons rester vraiment résilients. Avec un mental d'acier pour affronter beaucoup de défis. Dans l'industrie du livre, il faut toujours se battre pour que voilà malgré les difficultés dans lesquelles nous évoluons. Concrètement, comment faites-vous aujourd'hui pour faire imprimer vos ouvrages ? Est-ce que les imprimeurs travaillent encore à Goma ? D'où vient le papier? Le papier, nous l'importons de Kampala, mais le gros du travail, il se fait au niveau de Goma. Nous avons un imprimeur avec lequel nous collaborons parce qu'on s'était dit qu'il était important de faire l'impression chez nous pour limiter les différents coûts qui font que le livre devient souvent cher. Les coûts liés à l'importation font qu'une fois sur place, chez nous à Goma, le livre est presque un produit de luxe. Il y a des livres qui se vendaient auparavant à 40, 50, 70 euros, et du coup, la population a du mal à les acheter. Quel est le prix moyen d'achat d'un des livres de la maison Mlimani ? Le prix moyen c'est 5 dollars, et le livre le plus cher chez Mlimani c'est 10 dollars. On pense qu'avec 10 dollars, e Congolais moyens a encore la capacité d'acheter un livre. Avec la crise actuelle, vous arrivez quand même à vendre suffisamment pour pouvoir vivre et faire fonctionner la maison? Non... Je pense que la crise (politique NDLR) nous a beaucoup affecté, et il y a en parallèle une crise économique. Les gens ne peuvent pas se procurer les livres facilement dans le contexte actuel, parce qu'il y a beaucoup de besoins primaires et secondaires à satisfaire. Alors comment faites-vous ? Nous expédions nos livres dans d'autres villes qui ne sont pas trop affectées comme chez nous là-bas à l'Est. Vous voulez dire que l'on peut les trouver à Kinshasa, à Beni, à Butembo... Tout à fait. Nous avons des "points focaux" basés dans différentes villes de chez nous, donc Beni, Butembo, Lubumbashi, Kinshasa, Kisangani, Bunia également. Et nos points focaux continuent à faire un travail vraiment remarquable à travers les écoles, à travers les universités, pour promouvoir les livres. Votre catalogue est très intéressant parce qu'il est à plusieurs niveaux. Vous éditez des auteurs gomatraciens, des auteurs du Kivu, des auteurs congolais, et vous achetez des droits aussi. Vous avez par exemple racheté à Gallimard les droits du livre du docteur Mukwege. Est ce que est Ce que ça ne vous a pas ruiné ? Non, pas vraiment, parce que généralement les achats de droits ça nous facilite la vie. Les coûts liés à au processus éditorial, donc la fabrication, la conception, le graphisme, tout ça prend beaucoup de temps, ça prend également beaucoup d'argent. Mais quand on arrive à acheter le droit, par exemple chez Gallimard, on a fait une très bonne collaboration. Pour le moment, le livre se vend à 10 dollars, ce qui met les gens à l'aide. Ils achètent facilement sentateur 1 Voilà, vous en avez vendu combien d'exemplaires? Pour le moment, je crois, on est entre 1300 et 1350. Vous éditez aussi des auteurs congolais. On peut citer notamment Ange Kassongo qu'on connaît bien puisqu'elle a travaillé avec nous. Donc vous allez chercher des auteurs du terroir... Ça se passe bien, ça se passe très bien. Nous faisons la promotion d'auteurs de chez nous qui publient des écrits qui ont une résonance particulière par rapport à nos réalités. C'est important car les écrits qu'on a majoritairement dans nos librairies, dans nos bibliothèques, et qui arrivent chez nous sous forme de dons n'ont rien à voir beaucoup plus avec nos réalités. Ghislain Kabuyaya, quel est votre rêve en tant qu'éditeur ? C'est de faire rayonner l'industrie du livre chez nous, c'est-à-dire d'arriver à rendre le secteur plus compétitif même sur le plan international. Propos recueillis par Olivier Rogez
Ce vendredi est jour férié en RDC, en hommage à Laurent-Désiré Kabila, président tué il y a 25 ans, jour pour jour. Quel souvenir en gardent-ils ? Sa résistance à une première attaque du Rwanda trouve-t-elle un écho dans le Congo d'aujourd'hui ? Les commanditaires de son assassinat sont-ils enfin identifiés ? L'historien Isidore Ndaywel est professeur à l'université de Kinshasa et siège à l'Académie congolaise des sciences. Il est aussi le vice-président de l'Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques. En ligne de Kinshasa, il répond à Christophe Boisbouvier. RFI : Isidore Ndaywel, quel est le souvenir que gardent les Congolais de Laurent-Désiré Kabila ? Isidore Ndaywel : Je pense du positif. Le souvenir que laisse Laurent-Désiré Kabila est double. Le premier, c'est certainement le fait d'avoir permis à la société congolaise de renouer avec la mémoire de Lumumba. La mémoire de l'indépendance. Une mémoire qui avait été quelque peu occultée, manipulée, instrumentalisée pendant la longue période de Mobutu. Alors, le deuxième élément qui est le plus popularisé, c'est le fait d'avoir laissé presque cette phrase répétée souvent par la jeunesse congolaise : « Ne jamais trahir le Congo. » Alors vous parlez de Mobutu ? Laurent-Désiré Kabila est en effet l'homme qui a fait tomber le dictateur Mobutu. Mais est-ce qu'il n'est pas devenu lui-même un dictateur ? Oui, effectivement, il y a eu quelques erreurs. La première erreur, à mon avis, en prenant le pouvoir, c'est d'avoir voulu absolument agir en solo. S'il avait pu renouer à ce moment-là avec les grands leaders de l'opposition de l'époque, notamment Antoine Gizenga et Étienne Tshisekedi, et prendre en charge la crise démocratique qui était déjà en place avec la Conférence nationale souveraine, bien sûr, le scénario aurait pu être différent. C'est avec l'aide militaire du Rwanda que Laurent-Désiré Kabila a pris le pouvoir en 1997. Mais un an plus tard, il a renvoyé tous ses conseillers rwandais. La guerre a éclaté et une colonne rwandaise venue par avion à l'ouest de Kinshasa a marché sur la capitale. Comment Laurent-Désiré Kabila a-t-il réussi à s'en sortir ? Vous rappelez là une page vraiment triste et sombre pour les habitants de la capitale. Effectivement, à partir du 2 août 1998, après la mesure qu'il a prise de renvoyer ces mercenaires rwandais et ougandais, nous avons eu une attaque en règle du Rwanda en essayant de prendre à revers pratiquement le pays à partir de l'Ouest, et donc avec prise du barrage d'Inga et avec la coupure de courant. On a pu s'en sortir, simplement parce que Laurent-Désiré Kabila a pu négocier l'intervention de l'Angola et ensuite celle du Zimbabwe. Et c'est donc avec l'aide militaire de ces deux pays, l'Angola et le Zimbabwe, qu'il a sauvé son régime. Vingt-huit ans plus tard, est-ce que le régime de Félix Tshisekedi ne compte pas aussi sur une aide militaire étrangère pour repousser la nouvelle offensive appuyée par le Rwanda ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je pense que, dans la situation actuelle, le Congo ne peut pas sortir seul de ses difficultés, sans l'aide des pays africains alliés. Et en cela, il n'y a pas à en rougir. Le Congo, dans le passé, a également apporté son aide à un certain nombre de pays africains, notamment lorsqu'il a été question de la libération de ces différents pays, notamment l'Angola, dans la lutte contre l'apartheid, et lors de l'indépendance du Zimbabwe. Là, les forces armées congolaises, à l'époque zaïroises, étaient intervenues. Même au Tchad. Donc je pense que, dans la situation actuelle, le Congo n'a pas d'autre choix. Il y a 25 ans, jour pour jour, le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila a été tué dans son bureau de Kinshasa par l'un de ses gardes du corps. Alors, parmi les suspects qui ont été évoqués, notamment dans le podcast que RFI a publié il y a cinq ans avec Arnaud Zajtman et Esdras Ndikumana, il y a un homme d'affaires libanais, Bilal Bakri, surnommé Héritier, qui s'est ensuite réfugié à Goma sous la protection des rebelles du RCD, appuyés à l'époque par le Rwanda. Qui étaient les commanditaires, à votre avis ? Bon, je pense que, pour tout ce qui se passe au Congo, il y a une lecture externe hors Congo qu'il faut mettre à l'avant-plan. Quand on connaît le rôle stratégique que représentent sur l'échiquier de l'économie mondiale les minerais du Congo, il est évident que ça n'a rien à voir avec des scénarios de type local. C'est quelque chose qui a été bien mené par des forces internationales pour pouvoir éliminer Laurent-Désiré Kabila. À lire aussi1/4 La fin de Kabila - L'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, un thriller congolais
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les manœuvres chinoises autour de Taïwan, des accusations russes sur une attaque ukrainienne contre une résidence de Vladimir Poutine et le revers du PDCI aux législatives ivoiriennes. Royaume-Uni : pourquoi Londres restreint les visas des ressortissants congolais ? Le Royaume-Uni a imposé des restrictions de visa aux ressortissants de la RDC. Pourquoi Londres décide-t-il de s'en prendre aux visas congolais ? Y a-t-il un froid diplomatique entre la RDC et le Royaume Uni ? Avec Aurélien Antoine, professeur de droit public à l'université Jean Monnet de Saint-Etienne et fondateur de l'Observatoire du Brexit. Taïwan : les inquiétantes manœuvres de la Chine autour de l'île Les navires chinois se sont retirés des alentours de Taïwan après avoir exercé plusieurs manœuvres militaires autour de l'île, avec des tirs réels à longue portée et des exercices d'envergure visant notamment à simuler un blocus de l'île. Quel était le but de Pékin en démarrant ces opérations ? Y a-t-il un risque de confrontation directe entre Taipei et Pékin ? Taïwan et ses alliés pourraient-ils tenir tête à la Chine en cas d'agression de Pékin ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Guerre en Ukraine : les Ukrainiens ont-ils vraiment attaqués une résidence de Poutine ? La Russie accuse l'Ukraine d'avoir tenté d'attaquer par drones une résidence présidentielle de Vladimir Poutine dans la région de Novgorod, une allégation immédiatement démentie par Kiev. Que sait-on sur cette présumée attaque ? L'hypothèse d'un mensonge orchestré par la Russie est-elle plausible ? Cette situation ne pourrait-elle pas influencer les pourparlers en cours dirigés par Trump ? Avec Cyrille Bret, géopoliticien, maître de conférences à Sciences Po Paris, chercheur associé spécialiste de la Russie et de l'Europe orientale à l'Institut Jacques Delors. Côte d'Ivoire : pourquoi le PDCI a-t-il perdu tant de terrain aux législatives ? Le résultat des législatives donnent la victoire au parti du président Ouattara qui obtient 77% des sièges avec un taux de participation de seulement 35%. Comment expliquer ce faible chiffre ? Le PDCI n'a obtenu que 32 sièges, moitié moins qu'en 2021. Comment expliquer ce revers subi par le parti d'opposition ? Avec Bineta Diagne, correspondante permanente de RFI à Abidjan.
Radio Foot, deux émissions en direct ce mardi, à 16h10 TU et 21h10 TU. ► CAN 2025 : 3e journée dans le groupe D. Bénin/Sénégal à 19h (TU), les Lions de la Teranga partis fort face au Botswana, mais freinés par des Léopards solides qui les accompagnent en tête. L'équipe de Pape Thiaw et ses atouts offensifs face aux Guépards de Gernot Rohr. Le Bénin qui malgré les vents contraires (suspension de joueurs et panne de VAR pour le 1er match), est assuré de poursuivre la route au Maroc. Pour faire au moins aussi bien qu'en Égypte ? Botswana/RDC (19h TU), les Zèbres déjà hors-course, les Congolais convoitent aussi la 1ère place. Sébastien Desabre prône l'attaque, face au 11 d'Afrique australe. ► CAN 2025 : le Mali minimaliste. Trois matches nuls, cela suffit pour passer, et affronter le 2e du groupe C. Le spectacle attendra. Trois nuls et une qualification, du déjà-vu. Le Portugal en 2016, on connait la suite. Des Aigles en rodage avant d'entrer dans le vif du sujet ? ► Claude Le Roy met les pieds dans le plat ! Et s'en prend aux instances. La CAN tous les quatre ans, un frein pour le développement du football africain ? La Coupe arabe, une compétition « bidon » qui n'a pas de sens pour l'ancien coach, et qui dessert les intérêts continentaux. Que penser de ces déclarations ? Calendrier CAN 2025 : programme complet, dates et horaires des matchs Pour débattre avec Annie Gasnier : Yoro Mangara, Benjamin Moukandjo et Nabil Djellit. Technique /réalisation : Laurent Salerno - David Fintzel / Pierre Guérin. Radio Foot sera de retour ce soir à 21h10 TU pour une deuxième émission