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Cette semaine dans Crimes · Histoires Vraies, vous avez découvert l'affaire du Gang des Amazones. Entre 1989 et 1990, un groupe de 5 jeunes femmes commettent 7 braquages de banque et un cambriolage dans le Vaucluse, autour d'Avignon. Elles dérobent 300 000 francs, l'équivalent de 70 000 euros de nos jours. Elles sont arrêtées et libérées après quelques mois, puis jugées en 1996. L'avocat général requiert 4 à 10 ans d'incarcération. Mais la défense argumente qu'elles ont agi pour survivre, pour sortir d'une impasse. Leurs parcours sont semés d'embuche, des enfances violentes, des placements en foyer, de la pauvreté… Certaines sont mères célibataires de plusieurs enfants. Elles vivent dans la précarité. La juge Françoise Saboye s'est montrée clémente et a fait le choix de la réinsertion. Pour elle, un délinquant ne peut pas être réduit à l'erreur qu'il a commise. Mais qu'est-ce que l'on entend par réinsertion, et qui décide que l'on est “réinséré” ?
durée : 00:15:33 - Journal de 8 h - L'ONG Iran Human rights a recensé près de 3 500 morts dans la répression des manifestations par le régime, mais le bilan réel est bien plus élevé. Certaines estimations dépassent même les 20 000 morts. Mais avec Internet coupé depuis deux semaines, il est difficile d'en savoir plus.
durée : 00:15:33 - Journal de 8 h - L'ONG Iran Human rights a recensé près de 3 500 morts dans la répression des manifestations par le régime, mais le bilan réel est bien plus élevé. Certaines estimations dépassent même les 20 000 morts. Mais avec Internet coupé depuis deux semaines, il est difficile d'en savoir plus.
Savez-vous que vous pouvez changer votre année avec une simple question ?On passe nos journées à se poser des questions… mais pas toujours les bonnes. Certaines ouvrent des perspectives, soutiennent notre élan, clarifient nos désirs. D'autres nous enferment dans la peur, la victimisation ou l'auto-sabotage.Dans cet épisode, je partage avec vous une des questions les plus puissantes que je connaisse en tant que coach.Une question simple, mais profonde, qui peut transformer la trajectoire de votre année, et de votre vie.Et je vous confie un défi sur 30 jours pour tester le pouvoir transformateur de cette question !Même sans action immédiate, le simple fait de vous poser cette question va changer votre posture et vos décisions.Vous pouvez aussi :
Le rasoir d'Alder est une règle de bon sens… qui coupe net les débats stériles. Son idée centrale tient en une phrase : si une affirmation ne peut pas être tranchée par l'observation ou l'expérience, alors elle ne vaut pas la peine d'être débattue.On l'appelle aussi, avec un humour très “scientifique”, « l'épée laser flamboyante de Newton » (Newton's flaming laser sword). Cette formule a été popularisée au début des années 2000 par le mathématicien australien Mike Alder, notamment dans un essai publié en 2004.Et c'est précisément pour cela qu'on parle de rasoir d'Alder : comme pour le rasoir d'Occam, le concept porte le nom de la personne qui l'a formulé et rendu célèbre. Ce n'est pas Newton qui l'a inventé : Newton sert ici de clin d'œil dans le surnom. À noter d'ailleurs qu'on voit parfois “Adler” écrit par erreur, mais l'attribution correcte est bien Alder.Le rasoir d'Alder ne dit pas “c'est faux”. Il dit : “ce n'est pas un bon usage de notre temps de le disputer comme si on pouvait conclure.”Exemple : “Existe-t-il un univers parallèle exactement identique au nôtre, mais inaccessible à jamais ?” Peut-être. Mais si, par définition, aucune mesure ne peut le confirmer ou l'infirmer, alors le rasoir d'Alder conseille de ne pas transformer ça en bataille intellectuelle.C'est une invitation à déplacer la discussion vers des questions testables :Au lieu de débattre “l'intelligence est-elle une essence mystérieuse ?”, on peut demander “quels tests permettent de prédire des performances cognitives, et avec quelle fiabilité ?”Au lieu de “la conscience est-elle immatérielle ?”, on peut demander “quels corrélats neuronaux de l'expérience consciente peut-on mesurer ?”En ce sens, Alder est proche de l'esprit de Karl Popper et de la falsifiabilité : une proposition devient “scientifique” si on peut imaginer ce qui la rendrait fausse. Mais Alder va plus loin en mode pragmatique : si on ne peut pas trancher, ne gaspillons pas l'énergie à polémiquer.Attention : ce rasoir n'est pas une loi de la nature. Il peut être trop strict. Certaines questions paraissent non testables… jusqu'au jour où une nouvelle méthode les rend observables (c'est arrivé souvent dans l'histoire des sciences). Et puis, on peut aussi débattre de valeurs, d'éthique, de sens — sans “expérience” au sens strict.Conclusion : le rasoir d'Alder n'élimine pas les grandes questions. Il vous aide à repérer celles qui, pour l'instant, ne peuvent produire ni preuve ni progrès — juste des joutes verbales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le symposion (pluriel symposia), dans la Grèce antique, est l'un des moments les plus emblématiques de la vie aristocratique. Le mot signifie littéralement « boire ensemble » (syn = ensemble, posis = boisson). Mais ce n'était pas juste une “soirée arrosée” : c'était un rituel social, un espace politique… et parfois un lieu de débordement.Un banquet en deux actesUn symposion se déroule généralement après le repas (deipnon). On passe ensuite à la seconde partie : le vin, la conversation et les jeux. Les invités, presque toujours des hommes libres, s'allongent sur des lits (les klinai) dans une pièce appelée andron, réservée aux hommes. La règle est claire : on ne boit pas le vin pur. Il est mélangé à l'eau dans un grand vase, le cratère, puis servi.Et il y a un chef de soirée : le symposiarque. C'est lui qui décide du dosage du vin, du rythme de la fête, parfois même des gages. Autrement dit : il contrôle le niveau d'ivresse collective.Un lieu de culture… mais pas seulementLe symposion est aussi un endroit où l'on “fait société”. On y débat : poésie, philosophie, politique, amour, guerre. Beaucoup de textes célèbres prennent place dans ce cadre — par exemple le Banquet de Platon, où l'on discute d'Éros. On improvise des vers, on chante, on joue de la musique (souvent de la lyre).Mais attention : ce n'est pas une réunion égalitaire. C'est un espace où l'on construit du prestige, où l'on teste les alliances et où l'on affine les réseaux.“Sans censure” : alcool, sexe, dominationEt oui, le symposion pouvait aussi être très cru.Les invités jouent parfois au kottabos, un jeu où l'on lance les restes de vin en visant une cible — souvent accompagné de défis, de paris, de moqueries. Certains symposia dérivent : insultes, violence, agressivité, comportements humiliants.Côté sexualité, il faut être précis : les épouses citoyennes sont normalement absentes. En revanche, on y trouve des hétaïres (courtisanes cultivées, parfois très influentes), des danseuses, des musiciennes, et des esclaves. Certaines soirées incluent des prestations érotiques, et peuvent se conclure par des rapports sexuels. Il existe aussi, dans certaines cités, des relations entre hommes, notamment dans un cadre éducatif ou social : l'éros et le désir sont des thèmes centraux.Le symposion est donc un miroir de la Grèce : raffiné, intellectuel… mais aussi profondément marqué par la hiérarchie, la virilité, l'alcool et le pouvoir. Ce n'est pas “une orgie” par définition, mais c'est un lieu où tout peut basculer — parce que c'est précisément là que les élites se mettent à nu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Invitée: Corinne Maier. La vie moderne impose une mobilisation constante. Il faut être le ou la meilleure au travail, dans ses loisirs, bien réussir dans sa vie familiale et sociale. Et il faut sʹinformer, sʹengager, bref: être toujours au top. Certaines personnes, fatiguées, choisissent le retrait. Elles font du désengagement une forme silencieuse de résistance. A-t-on le droit de refuser de participer à la frénésie du monde? Peut-on se mettre en retrait, voire bifurquer, sans être perçu comme irresponsable? La paresse peut-elle devenir un choix politique assumé? Tribu reçoit Corinne Maier, essayiste, qui signe ce livre "Non merci! L'art heureux de se désengager" aux éditions de L'observatoire.
Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Les manifestants brandissent un immense drapeau du Venezuela dans les rues de Pretoria, capitale de l'Afrique du Sud. Celui des États-Unis, flotte en arrière-plan au-dessus d'une ambassade américaine surprotégée. Les slogans des manifestants sud-africains sont clairs : « Hands Off Venezuela », ‘Ne touchez pas au Venezuela.' » « Il s'agit d'une manifestation d'urgence, explique Mohammed Desai, de l'Association Afrique du Sud-Amérique latine, organisée par diverses organisations de la société civile sud-africaine, des partis politiques ainsi que des syndicats. Aujourd'hui, c'est le Venezuela qui est attaqué, demain, nous craignons que ce soit l'Afrique du Sud ! » Lors de la manifestation, le secrétaire général du Parti communiste sud-africain Solly Mapaila regrette le manque de réactions internationales. « À l'heure actuelle, tonne-t-il, les États-Unis font ce qui leur plait ! Il est regrettable qu'ils soient autorisés à le faire et que certains pays dans le monde n'aient pas réagi de manière appropriée... Nous refusons de vivre dans un monde monolithique dans lequel les États-Unis nous imposent une forme extrême de capitalisme de droite et de conservatisme, sans quoi ils ne nous considèrent ! » Nations unies, salle du Conseil de sécurité. Trois notes, les diplomates s'installent. La présidence somalienne prend le micro : la réunion 10085 du Conseil de sécurité est déclarée ouverte. Ce 5 janvier 2026, la désapprobation africaine face à l'intervention des États-Unis au Venezuela est cette fois-ci exprimée en termes diplomatiques, par la voix de l'ambassadeur Lewis Brown. Le représentant du Liberia aux Nations unies s'exprime devant le Conseil au nom du A3, le groupe des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité : « De tels développements représentent des défis sérieux, non seulement par rapport à la stabilité interne du Venezuela, mais aussi parce qu'ils soulignent l'impératif de sauvegarder, plus largement, la paix et la sécurité de la région. Le A3 demeure ferme dans son engagement en faveur des principes fondamentaux du droit international, y compris le respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, tels qu'inscrits dans la charte des Nations unies, dans l'intérêt de la stabilité régionale et de la paix internationale. » Plusieurs gouvernements et organisations ont également marqué leur protestation par des communiqués : le Ghana, la Namibie, l'Union africaine ou l'Alliance des États du Sahel. Interventionnisme décomplexé Le cas vénézuélien est devenu emblématique d'un interventionnisme décomplexé. Et l'Afrique est d'autant plus concernée par cette politique de puissance qu'elle en a elle-même été la cible. Dès février 2025, des frappes américaines sont déclenchées contre des cibles de l'organisation État islamique dans les montagnes du Golis, dans le nord de la Somalie. À la fin de l'année, c'est le Nigeria qui fait l'objet d'une intervention américaine, préparée et justifiée par un argumentaire sur mesure : l'existence d'un prétendu massacre de chrétiens dans le pays. Des frappes censées viser l'État islamique sont déclenchées le jour de Noël, le 25 décembre. En ce début d'année 2026, certains sur place s'interrogent encore sur les motivations réelles de l'intervention américaine… Comme le professeur Muktar Omar Bunza, qui enseigne l'histoire sociale à l'Université du Nord-Ouest à Sokoto, au Nigeria. « Avec ce qu'il s'est passé au Venezuela, explique-t-il, les gens ont l'impression que les Américains peuvent prendre n'importe quel prétexte, comme par exemple cette histoire de persécutions religieuses, que n'importe quoi peut servir de justification pour que les Américains s'emparent des ressources d'un endroit. Donc, les gens ont peur, ils craignent que ce soit juste une étape, ils perdent confiance dans l'idée d'une démocratie américaine qui respecterait les droits humains, ou qui les défendrait ». Le Grand invité AfriqueOusmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump» L'inquiétude est d'autant plus forte que la parole développée autour de cette politique de puissance s'émancipe largement des faits, de la réalité du terrain. L'exemple nigérian n'est pas unique. L'Afrique du Sud a elle aussi dû endurer les déformations trumpiennes de la vérité. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est érigé en défenseur des fermiers blancs qu'il considère victimes d'un « génocide » en Afrique du Sud. Cette affirmation ne s'appuie pourtant sur aucun fait. « Il nous ramène dans notre passé ! » Se rendre dans une ferme au nord de Pretoria aide à s'en rendre compte. Ici on élève des poulets et l'on produit des choux ou des poivrons. Le Dr. Ethel Zulu est nutritionniste de formation. Il y a une dizaine d'années, elle a choisi de devenir agricultrice, elle est aujourd'hui à la tête d'une propriété d'une vingtaine d'hectares. Le crime en milieu rural, raconte-t-elle, touche aussi (et surtout) la communauté noire. Elle en a elle-même été victime. « Avant, explique-t-elle, nous occupions notre maison entièrement, mais nous avons décidé d'y installer aussi certains de nos employés, pour ne pas être seules ma fille et moi. Comme ça on se sent un peu plus en sécurité. Vous savez, cette question de la sécurité dans les fermes est un problème qui touche toute la communauté agricole, ce n'est pas du tout un problème racial mais bien un problème national. » Sa réaction aux propos du président américain, à ses affirmations sur une communauté blanche prise pour cible et l'existence d'un « génocide » ? « Cet homme est raciste, c'est tout ! Parce que les incidents que subissent les agriculteurs noirs dans leurs exploitations, comme moi, personne n'en a parlé. Nous venons par exemple de perdre un cadre de notre coopérative - AFASA. Le 26 décembre 2025, ils sont entrés armés chez lui, lui ont dérobé tout son argent, puis l'ont tué ! Et on nous dit que les agriculteurs blancs sont plus vulnérables que les agriculteurs noirs ? Ce sont des mensonges, des absurdités, nous sommes tous des cibles ! D'une certaine manière, ces propos divisent le pays en raison de notre histoire. Nous essayons d'aller de l'avant, et lui, il nous ramène dans notre passé ! » Ethel Zulu sort son téléphone et ouvre WhatsApp. Apparaissent alors de nombreux groupes communautaires, symbole de l'entraide entre voisins. « Tous les membres sont des agriculteurs du coin… Là, c'est notre équipe d'urgence… » Dans ces groupes, les noms Afrikaners, de la minorité blanche, se mêlent aux noms africains. Illustration d'une communauté d'agriculteurs soudée, victime de la même criminalité, parce qu'isolée en milieu rural, loin des postes de police. « Not in our name » De l'autre côté de l'Atlantique, malgré le rappel des faits et de la réalité de terrain, Donald Trump persiste. Le documentaliste Louis Gaigher et plusieurs dizaines d'Afrikaners ont co-signé une lettre ouverte dans la presse sud-africaine, « Not in our name », 'Pas en notre nom'. Une réponse aux propos américains. « Je pense que ce qu'il fait ici, ou plutôt le genre de rhétorique qu'il utilise, relève complètement de la suprématie blanche. Je trouve cela extrêmement opportuniste. Je ne peux parler qu'en mon nom, je refuse qu'on me présente comme un réfugié ou quelqu'un qui souffre à cause du gouvernement postapartheid et de la démocratie. » En Afrique du Sud, 35 ans après la fin de l'Apartheid, la minorité blanche est encore très puissante économiquement et politiquement. Elle détient une grande majorité des terres du pays. Si la Nation arc-en-ciel est confrontée à bien des défis, Louis Gaigher et les autres signataires de cette tribune, refusent d'être « des pions dans les guerres culturelles américaines ». « L'administration américaine attaque notre politique de redistribution des terres. Mais ici nous avons l'État de droit qui doit toujours être protégé. Et c'est complètement ridicule que les Américains se plaignent de notre loi sur l'expropriation sans compensation alors qu'ils font précisément la même chose, et de manière très violente, avec le Venezuela, ou encore avec leurs projets pour le Groenland ! » Les cas nigérian et sud-africain viennent en tout cas confirmer que la manipulation décomplexée de la réalité est l'un des piliers de la gouvernance trumpienne. « Ce que Donald Trump a fait, c'est qu'il a reconfiguré ce que nous considérions comme ‘la vérité', analyse Trust Matsilele, maître de conférences à l'Université de Birmingham. La vérité ou les faits sont maintenant des concepts fragiles. À partir du moment où ils ne servent plus ses intérêts, ils peuvent être contestés ou rejetés. C'est ce qu'on pourrait appeler une ‘politisation de la vérité'. Certaines des choses qui avaient été vues comme des vérités établies sont remises en cause : le changement climatique, les concepts de démocratie et d'État de droit. Tout cela a été bousculé par la vision du monde de Donald Trump ». Le chercheur s'arrête sur les risques que fait courir un tel comportement : « La vérité doit être la vérité, quelle que soit votre position. À partir du moment où vous commencez à politiser tout cela, on bascule de la vérité objective à la propagande, la mésinformation, la désinformation et les fake news… » Des opinions publiques africaines partagées À Kinshasa, dans le quartier commerçant de la Gombe, la circulation est encore timide et les embouteillages n'ont pas encore fait leur apparition, ce matin-là. Les Kinois sont déjà sur le chemin du travail. Certains, comme Jacquemain, disent la crainte que leur inspire désormais Trump, en dépit de son engagement en faveur du processus de paix en République démocratique du Congo. « Auparavant, quand il était arrivé au pouvoir, on pensait qu'il allait faire de bonnes choses, surtout pour notre pays la RDC. On pensait que c'était dans notre intérêt, la population congolaise. Mais maintenant, quand on constate la politique qu'il est en train d'amener dans le monde, on se demande : est-ce que ce n'est pas par intérêt pour nos minerais ? On a ensuite vu ce qu'il s'est passé au Venezuela, et puis ça n'est pas encore fini, on attend encore maintenant bientôt le Groenland et tout ça. On se demande : qu'est-ce qu'il se passe dans la tête de ce président-là ? » Patrick, lui aussi, déplore les coups portés à l'ordre international. « Quand il est venu, regrette-t-il, il a montré l'image de quelqu'un qui voulait la paix. Maintenant, on est en train de remarquer qu'il crée des problèmes. Apparemment, il ne respecte pas les lois internationales. Il y a eu la Deuxième Guerre mondiale. Après, les gens se sont réunis pour établir des lois qu'ils devraient respecter. Apparemment, ces lois, lui, ne lui disent rien. Il fait ce qu'il veut. Alors, ça fait craindre. » Cela provoque des débats également à Abidjan, en Côte d'Ivoire, comme entre ces étudiants en anglais rassemblés dans une salle d'université. Beaucoup admirent le président américain. « Il faut dire que c'est un gars bien, estime Daniel, il exerce un pouvoir très exécutif. Ses partisans valorisent son leadership et aussi sa manière de prendre des décisions… Quand il veut faire, il fait ». « Le monsieur il est simple, avance de son côté Emmanuella. Il te dit “fais ça”, tu ne fais pas ça, il te voit directement comme un ennemi… Pour diriger, il faut avoir de la poigne, on ne peut pas diriger avec les sentiments ». L'interventionnisme américain au Venezuela ou au Nigeria n'émeut pas Ange, qui n'a pas 20 ans. Il voit Trump comme un modèle à suivre et approuve sa posture envers les États africains : « C'est un monsieur qui agit par intérêt et ses relations avec l'Afrique sont plutôt par intérêt. ‘Je vous apporte quelque chose si vous m'apportez quelque chose. Si vous ne m'apportez rien, je ne vous apporte rien !' Je pense que Donald Trump a eu cette intelligence-là et il fait bien. Un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts. Et je pense que Donald Trump applique cela et ça me fait plaisir de voir cela ». Ange rêve d'étudier aux États-Unis. Son espoir paraît compromis depuis le 1er janvier et la suspension de la délivrance de visas accordés aux ressortissants ivoiriens, une mesure jugée discriminatoire par beaucoup. « Une nouvelle approche mercantiliste » La diplomatie trumpienne navigue-t-elle à vue, comme l'assurent certains observateurs, ou a-t-elle une cohérence et une logique profonde ? Pour le professeur Adekeye Adebajo de l'Université de Pretoria, la politique internationale de Donald Trump s'inscrit dans le temps long de l'interventionnisme américain. « Je pense, explique cet universitaire, que ce que fait Trump s'inscrit dans la continuité de ce que les États‑Unis ont fait par le passé, car je ne crois pas qu'il soit forcément exact de le présenter comme une aberration totale. Il y a trente‑cinq ans, George Bush Père a envoyé des troupes américaines au Panama et ils y ont arrêté le dictateur Manuel Noriega, l'ont littéralement enlevé et emmené aux États‑Unis pour y être jugé et emprisonné… Donc, si nous connaissons notre histoire, nous savons que de nombreuses administrations américaines ont fait exactement ce que Trump a fait, ou des choses similaires ». Le chercheur voit également dans le regard trumpien sur le monde une doctrine qui associe une nouvelle fois la puissance, le commerce et l'accès aux ressources minières. « Je pense que, fondamentalement, il y a un principe : il s'agit d'une nouvelle approche mercantiliste qui consiste essentiellement à freiner la mainmise de la Chine sur les minerais rares et à s'assurer que les États‑Unis aient effectivement accès à ces ressources. On a vu que ses efforts de “paix” dans la région des Grands Lacs, en RDC, au Rwanda, en Ukraine et ailleurs, ont aussi comporté des accords miniers. L'intervention et l'enlèvement du président vénézuélien portent évidemment aussi sur le pétrole, et je pense donc qu'une grande partie de tout cela tourne autour de la Chine, de l'équilibrage de la puissance chinoise et des garanties qu'elle ne puisse pas rivaliser avec les États‑Unis ». Adekeye Adebajo insiste sur un troisième aspect : la diplomatie trumpienne est marquée par sa volonté de défaire le multilatéralisme. C'est ainsi que les États-Unis sont récemment sortis de 66 organisations internationales. Et c'est ainsi qu'ils ont fermé l'Usaid, l'Agence américaine pour le développement international. Usaid : les lourdes conséquences d'une fermeture Le Soudan du Sud est l'un des pays qui en sort le plus affecté. L'assistance américaine a été divisée par plus de quatorze entre 2024 et 2025. Il n'aura fallu que quelques semaines après l'annonce de la fin d'Usaid pour en mesurer les conséquences dans la localité de Gurei, à l'ouest de la capitale du Soudan du Sud, Juba. Le centre de nutrition de Gurei prend en charge des enfants en malnutrition sévère. D'habitude très fréquenté, il est quasiment vide en ce mois de mars 2025. Les aliments thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition infantile, les fameux sachets de pâte d'arachide enrichie fournis par l'Usaid, ne sont déjà plus disponibles depuis environ un mois. Quand Helen Furu vient faire examiner son fils Joseph, 1 an, elle doit faire ce constat douloureux : depuis la dernière visite, sa situation ne s'améliore pas, faute d'aliments thérapeutiques. « Mon mari est fonctionnaire et ça arrive souvent qu'il ne soit pas payé, confie Helen Furu. Quant à moi, quand j'étais enceinte de Joseph, je travaillais sur le marché et je me suis épuisée. Quand il est né, il était très faible et chétif. Quand il a été pris en charge ici, avec les traitements, son état s'est un peu amélioré. Chaque lundi, je viens ici pour le suivi mais ça fait un moment que les traitements à base de pâte d'arachide ne sont plus distribués, je ne sais pas trop quel est le problème. Cela m'inquiète car, quand il prend ce complément, il va mieux. J'ai envie de dire aux Américains de ne pas arrêter de soutenir les enfants du Soudan du Sud. Dans notre pays, très peu de gens vivent bien. La grande majorité souffre car il n'y a pas de travail ». Le directeur du centre de Gurei, Sarafino Doggal, porte une blouse blanche brodée du logo de l'Usaid, vestige de temps révolus. Debout dans son bureau face à un mur de tableaux statistiques, il appelle au soutien pour faire face aux besoins énormes de la population : « Hier, par exemple, nous avons reçu 325 patients venus de différents quartiers. Nous les recevons, mais le problème c'est que nous n'avons pas de médicaments. Il y a de nombreux enfants en situation de malnutrition. Vous voyez tous ces patients ? Ils viennent à la clinique le matin sans avoir pris de petit-déjeuner, pas même un thé. Ils vont passer toute leur journée ici, et puis rentrer chez eux où il n'y aura rien à manger. Les chefs communautaires m'ont dit que la situation empire, surtout en ce qui concerne la malnutrition infantile, à cause de l'arrêt des aliments thérapeutiques. Les enfants et leurs mères souffrent énormément. » Plusieurs mois ont passé et les conséquences de la fin de l'Usaid continuent à se faire sentir sur le continent, ailleurs. Comme à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Aster pousse le lourd portail gris et entre dans la petite cour ombragée qui jouxte une école. Du linge encore mouillé pend sur deux longues cordes attachées à une maison blanche. Cet après-midi, une dizaine de jeunes travailleuses du sexe ont trouvé refuge, comme elle, dans ce centre d'accueil et de prévention du Sida de l'ONG éthiopienne Ishdo : « Je viens ici pour prendre une douche, me soigner, et on ne me demande pas de payer en échange. Je suis ici tous les jours depuis cinq mois, et cet endroit est très important pour moi. Je me sens heureuse et en sécurité ici. » Depuis son ouverture en décembre 2024, ce centre d'accueil est ouvert 7 jours sur 7. Hiwot Mekonnen est l'infirmière en cheffe de la structure : « Nos patientes passent le test de dépistage du VIH. Nous leur proposons également des services de planification familiale, un dépistage des problèmes de santé mentale, des violences sexistes et un test du cancer du col de l'utérus. » Plusieurs fois par semaine, l'équipe médicale organise aussi des séances de prévention, dans une petite salle aux murs tapissés d'informations sur la contraception féminine. Des préservatifs sont également à leur disposition. L'arrêt des financements de l'Usaid, bailleur principal d'Onusida qui finance la structure, a frappé de plein fouet les activités du centre. « Ces deux derniers mois, nous n'avons pu organiser ni les séances de prévention, ni les tests, explique Hiwot Mekonnen. Et si les femmes continuent leur activité sans préservatifs, cela augmentera la transmission du VIH. La situation est instable, et j'ai beaucoup de doutes ». Ces dernières années pourtant, les efforts d'Onusida avaient porté leurs fruits : 94% des personnes diagnostiquées séropositives recevaient ici un traitement antirétroviral, dit ARV. Désormais, l'agence de l'ONU doit compter sur le mémorandum signé en décembre dernier entre les gouvernements éthiopien et américain, d'un montant d'1 milliard et demi de dollars. Objectif affiché : « Renforcer les systèmes de santé publique et la prévention des maladies… »
Le rasoir d'Alder est une règle de bon sens… qui coupe net les débats stériles. Son idée centrale tient en une phrase : si une affirmation ne peut pas être tranchée par l'observation ou l'expérience, alors elle ne vaut pas la peine d'être débattue.On l'appelle aussi, avec un humour très “scientifique”, « l'épée laser flamboyante de Newton » (Newton's flaming laser sword). Cette formule a été popularisée au début des années 2000 par le mathématicien australien Mike Alder, notamment dans un essai publié en 2004.Et c'est précisément pour cela qu'on parle de rasoir d'Alder : comme pour le rasoir d'Occam, le concept porte le nom de la personne qui l'a formulé et rendu célèbre. Ce n'est pas Newton qui l'a inventé : Newton sert ici de clin d'œil dans le surnom. À noter d'ailleurs qu'on voit parfois “Adler” écrit par erreur, mais l'attribution correcte est bien Alder.Le rasoir d'Alder ne dit pas “c'est faux”. Il dit : “ce n'est pas un bon usage de notre temps de le disputer comme si on pouvait conclure.”Exemple : “Existe-t-il un univers parallèle exactement identique au nôtre, mais inaccessible à jamais ?” Peut-être. Mais si, par définition, aucune mesure ne peut le confirmer ou l'infirmer, alors le rasoir d'Alder conseille de ne pas transformer ça en bataille intellectuelle.C'est une invitation à déplacer la discussion vers des questions testables :Au lieu de débattre “l'intelligence est-elle une essence mystérieuse ?”, on peut demander “quels tests permettent de prédire des performances cognitives, et avec quelle fiabilité ?”Au lieu de “la conscience est-elle immatérielle ?”, on peut demander “quels corrélats neuronaux de l'expérience consciente peut-on mesurer ?”En ce sens, Alder est proche de l'esprit de Karl Popper et de la falsifiabilité : une proposition devient “scientifique” si on peut imaginer ce qui la rendrait fausse. Mais Alder va plus loin en mode pragmatique : si on ne peut pas trancher, ne gaspillons pas l'énergie à polémiquer.Attention : ce rasoir n'est pas une loi de la nature. Il peut être trop strict. Certaines questions paraissent non testables… jusqu'au jour où une nouvelle méthode les rend observables (c'est arrivé souvent dans l'histoire des sciences). Et puis, on peut aussi débattre de valeurs, d'éthique, de sens — sans “expérience” au sens strict.Conclusion : le rasoir d'Alder n'élimine pas les grandes questions. Il vous aide à repérer celles qui, pour l'instant, ne peuvent produire ni preuve ni progrès — juste des joutes verbales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un acteur du monde du foot est l'accusé du soir. Il est ensuite défendu avant le verdict du juge.
Certaines tirent vers un bleu foncé presque marine, d'autres vers un bleu plus clair ou légèrement métallisé. Cette variation n'est ni un hasard, ni une erreur.La première raison est historique et industrielle. La flotte de la Gendarmerie nationale se renouvelle progressivement, sur plusieurs années, et fait appel à différents constructeurs automobiles. Or, chaque constructeur possède sa propre palette de teintes, ses pigments, ses vernis et ses procédés de peinture. Même lorsqu'un bleu est officiellement défini, il n'est jamais reproduit de manière absolument identique d'une marque à l'autre.Deuxième facteur : l'évolution des normes dans le temps. La couleur réglementaire des véhicules de gendarmerie a changé à plusieurs reprises. Dans les années 1970 et 1980, les véhicules étaient souvent peints dans un bleu très sombre, proche du noir. À partir des années 2000, les autorités ont cherché à améliorer la visibilité des forces de l'ordre, notamment pour des raisons de sécurité routière. Les bleus sont alors devenus légèrement plus clairs, parfois métallisés, afin de mieux capter la lumière et d'être plus visibles de jour comme de nuit.Troisièmement, le vieillissement des véhicules joue un rôle important. L'exposition au soleil, aux intempéries et aux lavages répétés modifie la perception de la couleur. Deux voitures identiques, mais d'âges différents, peuvent donner l'impression d'appartenir à des teintes distinctes alors qu'elles sont sorties de la même chaîne de peinture.Il faut aussi prendre en compte la diversité des missions. Certains véhicules spécialisés — autoroutiers, unités de montagne, brigades mobiles ou véhicules banalisés — peuvent recevoir des peintures ou des habillages spécifiques. Le bleu n'est alors pas seulement esthétique : il doit s'adapter à l'environnement, au marquage réfléchissant et aux équipements embarqués.Enfin, la perception humaine amplifie ces différences. La lumière ambiante, l'angle de vue et même l'environnement urbain ou rural influencent notre manière de percevoir une couleur. Un même bleu peut paraître très différent sous un ciel gris, un soleil éclatant ou un éclairage artificiel.En résumé, si les voitures de gendarmerie n'ont pas toutes la même teinte de bleu, c'est le résultat d'un mélange de contraintes industrielles, d'évolutions réglementaires, de vieillissement naturel et de choix fonctionnels. Derrière ce détail en apparence anodin se cache une réalité très concrète : même l'uniforme des forces de l'ordre évolue avec le temps, la technique et les usages. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pendant plus de cinq siècles, ils n'étaient qu'une hypothèse, un détail mystérieux dans des carnets griffonnés à l'envers. Aujourd'hui, des chercheurs italiens viennent de confirmer leur existence : des tunnels souterrains conçus par Léonard de Vinci ont bien été découverts sous le château des Sforza, à Milan.Le Castello Sforzesco est l'un des symboles les plus imposants de la Renaissance italienne. Construit au XVe siècle par la puissante famille Sforza, il servait à la fois de résidence, de forteresse et de centre de pouvoir militaire. C'est précisément dans ce contexte que Léonard de Vinci arrive à Milan, vers 1482, au service du duc Ludovic le More. L'artiste n'est alors pas seulement peintre : il est aussi ingénieur militaire, architecte et stratège.Dans ses célèbres carnets, Léonard dessine des plans complexes de fortifications, de bastions… et de galeries souterraines. Longtemps, les historiens ont cru qu'il s'agissait de projets théoriques, voire de simples exercices intellectuels. Mais les technologies modernes ont changé la donne.En 2024, une équipe de chercheurs italiens a utilisé des techniques de radar à pénétration de sol, de scans laser et de modélisation 3D pour explorer les fondations du château. Les résultats sont sans appel : plusieurs galeries étroites et voûtées, situées à plusieurs mètres sous terre, correspondent précisément aux schémas de Léonard de Vinci. Certaines relient différentes parties du château, d'autres semblent mener vers l'extérieur des remparts.À quoi servaient ces tunnels ? Les hypothèses convergent vers un usage militaire et stratégique. Ces passages permettaient de déplacer des soldats discrètement, de ravitailler la forteresse en cas de siège, ou encore d'offrir une voie de fuite aux dirigeants. L'une des galeries pourrait même avoir été conçue pour permettre au duc de rejoindre rapidement les troupes stationnées à l'extérieur du château.Ce qui rend cette découverte fascinante, c'est la précision de Léonard de Vinci. Ses dessins, vieux de plus de 500 ans, se révèlent d'une exactitude remarquable, tant dans les proportions que dans l'orientation des structures. Ils confirment que Léonard ne se contentait pas d'imaginer : il concevait des ouvrages destinés à être construits et utilisés.Aujourd'hui encore, une grande partie de ces tunnels reste inaccessible au public, pour des raisons de sécurité et de conservation. Mais leur validation scientifique éclaire d'un jour nouveau le génie de Léonard de Vinci et rappelle que la Renaissance ne s'est pas seulement jouée sur les murs des palais, mais aussi sous terre, dans l'ombre des stratégies et de l'ingénierie.Une preuve de plus que, cinq siècles plus tard, Léonard de Vinci continue de révéler ses secrets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Les langues aiment transformer les lieux réels en idées abstraites. Certaines rivières ont ainsi quitté la géographie pour entrer dans le vocabulaire courant. Pactole, méandre et Bérézina en sont trois exemples célèbres : chacune a donné naissance à un mot, parce qu'un événement marquant s'y est déroulé ou parce que sa forme était si singulière qu'elle est devenue symbolique.Commençons par le Pactole. Cette petite rivière de l'Antiquité coulait en Lydie, dans l'actuelle Turquie. Selon la mythologie grecque, le roi Midas, condamné à transformer en or tout ce qu'il touchait, se serait lavé dans le Pactole pour se débarrasser de ce don empoisonné. Le fleuve se serait alors chargé de paillettes d'or, faisant sa richesse. Historiquement, le Pactole charriait effectivement de l'or alluvial, ce qui a contribué à la prospérité de la région. Résultat : le mot est devenu synonyme de source de richesse abondante. Aujourd'hui, « toucher le pactole », c'est trouver une manne financière inespérée.Passons au méandre. Le mot vient du Méandre, un fleuve d'Asie Mineure célèbre pour son tracé extraordinairement sinueux. Ses courbes étaient si nombreuses et si prononcées que les géographes grecs en ont fait un modèle. Peu à peu, le nom propre est devenu un nom commun. Un méandre désigne désormais une courbe naturelle très marquée d'un cours d'eau, puis, par extension, un cheminement compliqué, tortueux, intellectuel ou administratif. Quand un raisonnement « part en méandres », il serpente au lieu d'aller droit au but.Enfin, la Bérézina. Il s'agit d'une rivière de Biélorussie entrée brutalement dans la langue française à cause d'un événement historique précis : la retraite de Russie de Napoléon en 1812. Lors du franchissement de la Bérézina, l'armée française subit des pertes humaines effroyables dans des conditions chaotiques. Militairement, l'opération permit pourtant d'éviter l'anéantissement total. Mais dans les esprits, l'épisode est resté comme une catastrophe absolue. C'est ce souvenir collectif qui a fait de « bérézina » un synonyme de désastre complet, souvent employé bien au-delà du contexte militaire.Ces trois mots montrent comment la langue fonctionne par mémoire symbolique. Le Pactole incarne l'abondance, le Méandre la complexité, la Bérézina l'échec. À chaque fois, un fleuve réel devient une image mentale durable.En résumé, si ces rivières sont devenues des mots, c'est parce que leur histoire ou leur forme a frappé l'imagination collective. La géographie s'est effacée, mais le symbole, lui, coule toujours dans la langue. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au milieu du XVIIᵉ siècle, alors que la France est secouée par une grave crise politique et sociale appelée la Fronde, un phénomène littéraire et politique inédit envahit Paris et les grandes villes du royaume : les mazarinades.Les mazarinades sont des pamphlets satiriques, le plus souvent anonymes, dirigés contre le cardinal Jules Mazarin, principal ministre du royaume et successeur de Richelieu. Elles apparaissent à partir de 1648, alors que le jeune Louis XIV n'a que dix ans et que le pouvoir est exercé en son nom par sa mère, Anne d'Autriche, assistée de Mazarin. Ce dernier, d'origine italienne, concentre rapidement les haines : il incarne à la fois l'impôt, l'autoritarisme royal et l'influence étrangère.Concrètement, une mazarinade est un court texte imprimé, parfois en vers, parfois en prose, souvent grossier, ironique ou violemment diffamatoire. On y ridiculise Mazarin, on l'accuse de voler l'État, de manipuler la reine, voire de comploter contre la France. Certaines prennent la forme de chansons, de dialogues imaginaires, de faux procès ou de sermons parodiques. Leur ton est mordant, populaire, et leur objectif clair : mobiliser l'opinion contre le pouvoir.Le succès est immense. On estime qu'il a été publié entre 4 000 et 6 000 mazarinades en seulement quelques années. Grâce à l'imprimerie et à la circulation rapide des textes, ces pamphlets touchent un public bien plus large que les cercles lettrés. Ils sont lus à voix haute dans les rues, dans les tavernes, parfois même à la cour. C'est l'un des premiers exemples de guerre de l'information à grande échelle en France.Les mazarinades jouent un rôle politique réel. Elles nourrissent la défiance envers le pouvoir central, soutiennent les parlementaires frondeurs ou certains princes rebelles, et participent à la politisation du peuple urbain. Pour la première fois, une large partie de la population est exposée quotidiennement à des discours politiques critiques, souvent caricaturaux, mais très efficaces émotionnellement.Ironie de l'histoire : Mazarin finit par triompher. La Fronde échoue, l'autorité royale est restaurée, et le jeune Louis XIV tirera une leçon durable de cette période : ne plus jamais laisser la contestation s'exprimer librement. La centralisation du pouvoir et le contrôle renforcé de l'information sous son règne trouvent en partie leur origine dans le traumatisme des mazarinades.En somme, les mazarinades ne sont pas de simples libelles insultants. Elles constituent un moment fondateur de la satire politique moderne, annonçant déjà les caricatures, les journaux d'opinion et, d'une certaine manière, nos polémiques médiatiques contemporaines. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Stan a 35 ans. Sudiste d'origine, parisien d'adoption, il avait à cœur de raconter son parcours intime avec beaucoup de sincérité.Son histoire sexuelle commence plutôt sous de bons auspices. Des premières amours joyeuses, un coming-out simple et fluide. Puis plusieurs relations heureuses, épanouissantes, qui lui ont permis de se construire. Avec Stan, on parle aussi de santé intime, de prévention, du rapport au préservatif, pas toujours évident ni systématique pour lui, mais aujourd'hui pleinement questionné.Fêtard, épicurien, curieux de la vie et des autres, Stan a pourtant longtemps privilégié les relations longues. Des histoires belles, parfois intenses, mais aussi des ruptures douloureuses qui l'ont amené à se remettre en question et à entamer un vrai travail sur lui. Un chemin introspectif qui a profondément fait évoluer son rapport à la sexualité.Stan parle aussi sans détour de son terrain addictif. Une facilité à basculer dans des consommations excessives, qu'il s'agisse de substances, d'alcool… ou de porno. Une addiction qui s'est installée progressivement, avec une consommation quotidienne, des contenus toujours plus extrêmes, et dont il observe aujourd'hui les effets délétères sur son désir et sa sexualité. Il est actuellement accompagné par une psychologue sexologue pour reprendre la main sur cette pratique devenue envahissante et qui ne lui procure plus de plaisir.À presque 35 ans, Stan est célibataire et sur les applications de rencontre. Il en explore les possibilités sans s'y reconnaître complètement. Certaines rencontres lui ont néanmoins permis de retrouver confiance en lui et d'ouvrir de nouvelles portes, comme l'exploration des sextoys ou des expériences à plusieurs. Ce qu'il cherche aujourd'hui, ce sont des liens de confiance, des partenaires réguliers, des sexfriends avec qui vivre une sexualité joyeuse, libre, sécurisée et pleinement assumée.Un épisode sensible, lucide et profondément humain.
"J'ai rencontré quelqu'un qui n'avais pas assez d'eau, et qui a dû voler une bouteille. Quelqu'un lui a cassé le bras pour ça. Certaines femmes ont dû vendre leur corps contre de la nourriture. C'est terrible."C'est l'histoire des “snake heads”, des criminels sans remords prêts à réduire en esclavage des milliers de migrants venus chercher une vie meilleure aux États-Unis. Ces trafiquants d'êtres humains mettent en place un véritable réseau de bateaux clandestins, passant par la Chine et la Thaïlande, avant de débarquer sur les côtes américaines. La police et Interpol parviendront-ils à démanteler cette organisation planétaire ?Interpol est un podcast d'Initial Studio, adapté de la série documentaire audiovisuelle éponyme produite par New Dominion Pictures. Cet épisode a été écrit par Tom Naughton, Steve Zorn et Michael Eldridge. Il a été réalisé par Joe Wiecha.Bonne écoute !Production exécutive du podcast : Initial StudioProduction éditoriale : Sarah Koskievic et Marie AgassantMontage : Camille LegrasAvec la voix d'Alix Martineau Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d'informations.
Invité :Thierry Clair, secrétaire général d'Unsa policeChroniqueurs :Jean-Baptiste Marty, journaliste police-justice d'Europe 1 Gabrielle Cluzel, éditorialiste, rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui nous allons aborder un sujet tabou mais bien réel. Un tabou à briser. Celui du regret maternel.Afin d'y voir plus clair, nous avons demandé l'aide de Chat GPT. Et voici ce qu'il nous dit :“Le regret maternel peut se manifester de différentes manières. Certaines mères peuvent regretter d'avoir eu des enfants en raison de contraintes personnelles, professionnelles ou financières. D'autres peuvent ressentir un sentiment de perte d'identité personnelle, de liberté ou d'accomplissement personnel en tant que mère. Certaines peuvent également éprouver des sentiments de frustration, de solitude, de dépression ou de stress liés à la maternité.”De mon côté, j'ai préféré faire appel à une jeune femme qui elle, est bien réelle et se trouve juste en face de moi… Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Salariées, cadres, RH, infirmières, juristes.Certaines gagnaient très bien leur vie.D'autres étaient en burn out.Mais elles avaient un point commun : elles ne se sentaient plus à leur place.Après avoir accompagné plus de 1000 femmes à changer de voie, voici ce que j'ai appris.– Pourquoi le vrai problème, ce n'est pas “je n'ai pas d'idée”– Pourquoi on attend toutes une autorisation qu'on ne recevra jamais– Ce qui déclenche vraiment le déclic– Et le seul point commun chez celles qui changent leur vie
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les frappes américaines au Nigeria, une nouvelle version du plan de paix américain pour l'Ukraine et l'investissement israélien pour produire ses propres armes. Madagascar : pourquoi certaines nominations font polémique ? À Madagascar, la nomination de plusieurs juges et chefs de région par les autorités a été remise en question. Pourquoi ces nominations font-elles polémique ? Ces nominations risquent-elles de raviver les tensions sociales et les manifestations sur l'île ? Avec Guilhem Fabry, correspondant de RFI à Antananarivo. Nigeria : que sait-on des frappes américaines contre l'État islamique ? Washington a mené des frappes au Nigeria contre le groupe État islamique. Que sait-on du bilan de ces frappes ? Donald Trump affirme que les autorités nigérianes ne sont pas assez efficaces pour lutter contre le terrorisme. Qu'est-il mis en place actuellement au Nigeria pour lutter contre la menace jihadiste ? Avec Seidik Abba, journaliste, écrivain, président du Centre international d'études et de réflexion sur le Sahel (CIRES). Auteur de « Mali/Sahel: notre Afghanistan à nous ? » (Impact éditions). Guerre en Ukraine : jusqu'où Kiev peut-elle aller pour parvenir à un accord de paix ? Une nouvelle version du plan de paix américain a été présenté à l'Ukraine et la Russie. Volodymyr Zelensky semble plus réceptif à cette version, contrairement à VladirmirPoutine. Quelles concessions l'Ukraine fait-elle dans ce nouveau plan ? Quels leviers de pression disposent les États-Unis pour convaincre le Kremlin ? Avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur-associé à Euro Créative. Israël : une indépendance militaire à 110 milliards de dollars ? Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a annoncé investir 110 milliards de dollars pour produire ses propres armes. À l'heure actuelle et après deux ans de guerre à Gaza, est-ce que Israël a vraiment les moyens d'investir autant dans l'armement ? Cette décision signifie-t-elle que le pays reçoit de moins en moins de matériels militaires venant d'autres pays ? Avec Lyna Ouandjeli, chercheuse à l'Institut européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (Eismena).
durée : 00:05:55 - Grand Reportage - par : Aurélie Kieffer - On ne sait pas guérir toutes les douleurs. Certaines d'entre elles résistent aux interventions chirurgicales et aux traitements médicamenteux. Mais il existe une palette de solutions alternatives ou complémentaires. - réalisation : Annie Brault
durée : 00:18:49 - L'Invité(e) des Matins du samedi - par : Nicolas Herbeaux, Margaux Leridon - Françoise Sagan, connue dans le monde entier pour ses écrits, nous a aussi légué des chansons. Certaines attendent encore d'être interprétées. Entretien avec Denis Westhoff, fils de Françoise Sagan, pour l'ouvrage "Françoise Sagan. Sans un regret. Toutes les paroles de ses chansons". - réalisation : Jean-Christophe Francis - invités : Denis Westhoff Photographe, fils unique de Françoise Sagan
Ce message inspiré de l'histoire du fils prodigue, nous a énormément éclairés sur la filiation. Nous apprenons que certaines choses que nous demandons à Dieu ne représentent pas toujours un point de départ serein pour nous. Le fils prodigue, bien qu'héritier légitime, avait fait une demande légitime, mais au mauvais moment. En réalité, l'héritage ne s'obtient qu'à la mort du père et non de son vivant.Le bien matériel qu'un père peut donner peut disparaître, mais le don qu'il est pour nous demeure éternellement. Certaines bénédictions, en effet, ne s'obtiennent que par la loi de l'honneur, et la loyauté ne se récompense qu'avec la monnaie du ciel.Enfin, lorsque Dieu choisit de bénir, Il fait concourir les temps et les circonstances en notre faveur, orchestrant chaque détail pour manifester sa volonté parfaite. Charge à nous de veiller à ce que l'exaucement ne nous éloigne pas de Dieu.Une ressource n'est pérenne que près de la source.Soutenez-nous sur PayPal !
Tout commence par un simple mail reçu un soir de pluie : “J'aime votre travail.” Mais derrière ces mots polis se cache une réalité bien plus sombre. Dans ce nouvel épisode de votre podcast horreur, je vous plonge au cœur d'une relation perverse et malsaine entre un créateur de contenus et un prédateur. Cet homme n'est pas un simple fan, c'est un serial killer qui connaît des détails de mes récits que je n'ai jamais publiés.Ce récit horreur explore la frontière ténue entre la fiction audio et le true crime. À la manière d'une légende urbaine qui prendrait vie, l'obsession de cet auditeur pour ma voix transforme chaque mot en une caresse mortelle. Inspiré par l'esthétique viscérale de Clive Barker, ce récit mélange horreur et désir, où la narration devient un rituel presque sexuel et meurtrier. C'est une plongée dans l'horreur psychologique pure, un affrontement psychologique où la voix devient une arme.Pourquoi ce podcast horreur est-il différent ? Parce qu'il traite de l'interdit. On y parle de smut horreur, de cette attirance malsaine pour le macabre qui anime certains de nos auditeurs les plus sombres. Si vous cherchez une histoire vraie ou une fiction qui vous fera douter de chaque message reçu sur vos réseaux, vous êtes au bon endroit. Cet épisode est une fiction audio horreur psychologique conçue pour être endurée, pas seulement écoutée.L'horreur et désir se mêlent ici dans une danse macabre. Le tueur ne veut pas seulement être entendu, il veut fusionner avec l'œuvre. En tant que podcast narratif français, "Dans l'Ombre des Légendes" s'efforce de repousser les limites du genre. Ce podcast audio immersif vous place directement dans le studio, face à l'écran, attendant le prochain mail de celui qui tue en écoutant ma voix.Est-ce une légende urbaine moderne ou un témoignage de l'ombre ? La vérité est sans doute plus dérangeante. Ce podcast horreur complet est réservé à un public averti, prêt à explorer les zones taboues de la psyché humaine. Entre creepypasta français et réalité clinique, découvrez comment un simple podcast peut devenir l'obsession d'un monstre.Soutenez l'ombre : Si ce podcast horreur vous a marqué et que vous voulez plus de récits transgressifs, laissez 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify. Chaque avis est une pierre posée sur l'édifice de nos cauchemars communs et nous permet de rester un podcast horreur indépendant et libre.Dans l'Ombre des Légendes — Parfois, vos auditeurs ne sont pas innocents. Certaines histoires ne se racontent pas pour être comprises, elles se racontent pour être vécues jusqu'au dernier souffle.
Pour en savoir plus sur comment trouver le bonheur et remplir ta vie d'épanouissement, je te donne rendez-vous sur : https://www.sylvainviens.com/Dans cette capsule, je reviens sur un comportement que l'on a toutes et tous : mettre les gens sur un piédestal… ou, au contraire, les dénigrer.Deux extrêmes qui semblent opposés, mais qui racontent en réalité la même chose.Quand je mets quelqu'un sur un piédestal,je ne le vois plus vraiment. Je l'idéalise. Je le grandis… et souvent, je me rapetisse.À l'inverse, quand je dénigre quelqu'un, je fais l'inverse en apparence, mais le mécanisme est le même :je me compare, je me positionne, je cherche à protéger quelque chose en moi.Dans les deux cas, je ne suis plus en relation. Je suis en évaluation.Mettre sur un piédestal, c'est donner à l'autre un pouvoir excessif sur mon estime.Dénigrer, c'est tenter de reprendre ce pouvoir… maladroitement.Il y a une voie beaucoup plus saine : voir l'autre comme un être humain, ni au-dessus, ni en dessous, juste à hauteur.Tu veux en savoir plus, n'oublie pas la
Plus d'un million de casques bleus ont servi dans plus de 70 opérations de paix depuis le début de l'Organisation des Nations unies en 1945. Certaines modestes, d'autres beaucoup plus ambitieuses qui ont suscité l'intérêt ou le désintérêt des puissances selon les périodes. Le nombre de casques bleus déployés dans le monde est passé de plus de 100.000 jusqu'en 2016 à environ 60.000 en 2025. Si la mission onusienne de maintien de la paix a longtemps fait l'unanimité parmi les États membres, aujourd'hui, l'intensification des rivalités internationales, la contestation de certaines normes et le recours à la force, en violation du droit, fragilisent sa pertinence et sa légitimité. À cela, s'ajoutent d'autres défis : gestion plutôt que résolution des conflits, politisation de la bureaucratie, pressions budgétaires, contributions militaires inégales, affirmation des États hôtes et offres de sécurité alternatives. Comment les jeux de pouvoir entre États influencent-ils les décisions du Conseil de Sécurité et la conduite des missions ? Qui sont les gagnants et les perdants d'une paix devenue un enjeu stratégique ? Quel est l'avenir d'une ONU de plus en plus marginalisée politiquement ? Invité : Arthur Boutellis, conseiller senior à l'International Peace Institute et enseignant à l'Université de Columbia et à Sciences Po. Également chercheur associé au Centre Thucydide de l'Université Paris 2 Panthéon Assas. « Rivalités pour la paix. Géopolitique de l'ONU », éd. Armand Colin.
Depuis le mois de février, près de 32 000 Palestiniens des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams, au nord de la Cisjordanie occupée, ont été déplacés de force par l'armée israélienne. Un exil imposé qui bouleverse les gestes les plus simples du quotidien. Pour les femmes, cette violence prend souvent la forme d'une double peine. Perdre un toit, c'est perdre aussi l'intimité, les repères, l'espace du soin et du quotidien. Surtout dans la société traditionnelle palestinienne. Raghad Lafi a 25 ans. Elle est mère de trois enfants et vit avec son mari et quinze autres personnes de sa famille élargie dans un appartement de Tulkarem. Sa maison, dans le camp de réfugiés, a été démolie en juin dernier par l'armée israélienne. Depuis, sa vie a changé du tout au tout. « Ici, il n'y a pas d'intimité. Pas de repos. On ne se sent pas bien entourée non plus. La maison, c'est tout pour un être humain. Là, on doit payer un loyer cher… et les écoles sont loin pour les enfants… Et je ne sors pas. Je reste dans cet appartement depuis, et je reste enfermée vingt-quatre heures sur vingt-quatre », raconte-t-elle. Ce sont des femmes comme Raghad que Nehaya al Jundi essaie d'aider au quotidien. Elle est la responsable du comité populaire pour les services du camp de réfugiés de Nour Shams. Elle aussi, à 54 ans, a été déplacée de force. Elle n'a pas vu sa maison depuis environ dix mois et le précise : pour les femmes, ces évictions sont une double peine. « Aujourd'hui, la femme palestinienne traverse la période la plus difficile de sa vie. Elle souffre d'une crise immense, parce qu'elle est le pilier du foyer », explique-t-elle. « J'en suis arrivée au point où, par manque d'intimité, j'ai peur de me laver » Car dans la société traditionnelle palestinienne, la femme est celle qui assure que le foyer est un lieu où l'on se sent bien. Celle qui assure l'éducation, la nourriture. Tout repose sur elle. Nehaya al Jundi ajoute : « Aujourd'hui, les femmes se retrouvent dans des logements très simples, impropres à l'habitation. Certaines vivent dans des maisons sans fenêtres, où l'on a simplement tendu une bâche. D'autres louent des maisons très anciennes, abandonnées dans les villages par leurs propriétaires, qui ont construit des maisons neuves ailleurs. Les familles ont été contraintes de louer ces logements, juste pour se cacher, pour se couvrir. Aujourd'hui, des femmes viennent, elles me disent sans cesse : "J'ai l'impression d'être à la rue." Et moi aussi, je le dis : "J'ai l'impression d'être à la rue, même quand je suis dans ma maison". J'étais quelqu'un avant qui, été comme hiver, prenait une douche tous les matins. Aujourd'hui, je ne peux même plus. J'en suis arrivée au point où, par manque d'intimité, j'ai peur de me laver. Imagine jusqu'où on en est arrivés. » Le plus grand déplacement forcé de Palestiniens de Cisjordanie depuis 1967 C'est ça la souffrance de chaque femme palestinienne déplacée, dit-elle. Celles de Nour Shams, où elle vivait, mais celles du camp de réfugiés de Tulkarem, de Jénine. Ces camps vidés de leurs habitants en février par l'armée israélienne. Le plus grand déplacement forcé de Palestiniens de Cisjordanie depuis 1967. « Je fais partie de ces femmes qui souffrent rien qu'à cause du mot déplacement. Je le déteste. Je le déteste profondément et je n'aime pas que quelqu'un le répète, ou dise que je suis une déplacée. Mais on est obligés de l'utiliser avec les médias pour qu'ils comprennent ce que signifie le déplacement. Mais celui qui ne l'a pas vécu, pas expérimenté, ne pourra jamais nous comprendre », affirme-t-elle. « Beaucoup veulent avant tout aider les autres », précise Nehaya. « Parfois, dit-elle, en s'oubliant soi-même. » À lire aussiEn Cisjordanie, les Palestiniens de Nour Shams face aux démolitions annoncées par l'armée israélienne
Si vous prévoyez de faire un virement bancaire dans les prochains jours, attention ! Certaines opérations Pauline ne seront pas possibles entre le 25 et le 28 décembre... Une suspension qui va s'appliquer à tous les virements bancaires standards entre 2 banques différentes.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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À une semaine de Noël, moment fort pour les chrétiens, les Haïtiens comptent bien pouvoir célébrer l'événement. À Port-au-Prince notamment, les chrétiens n'abandonnent pas la pratique de leur religion et continuent de se rendre au temple, y compris dans les zones contrôlées par les gangs. Certaines communautés trouvent des solutions pour continuer à se rassembler. C'est le cas de l'église adventiste Horeb qui se situe sur la route des Dalles, dans un quartier sous le joug du gang Tilapli. Là-bas, les fidèles trouvent toujours un moyen de venir prier. Mais pour d'autres, c'est plus compliqué. Ainsi, des églises catholiques ont dû suspendre leurs messes ou se réorganiser dans d'autres lieux. Reportage de notre correspondant en Haïti, Peterson Luxama. En Argentine, la réforme du travail de J. Milei prend du retard Des milliers de personnes ont manifesté hier (jeudi 18 décembre) à Buenos Aires pour rejeter la réforme du travail voulue par le président qui prévoit une extension de la journée de travail de 8 à 12 heures par accord mutuel ou bien encore des restrictions au droit de grève. C'est une nouvelle «cruauté législative» imaginée par Javier Milei, juge Pagina 12. Mais, pour l'instant, son parcours législatif est retardé, se réjouit le quotidien de gauche. Le gouvernement voulait que le Sénat se prononce sur son projet de loi avant la fin de l'année. Mais il a dû tout repousser au 10 février 2026. C'est, donc, un revers pour Javier Milei, qui a pourtant remporté les législatives d'octobre 2025, mais sans majorité absolue. En réalité, hier, le président a enregistré deux défaites liées l'une à l'autre. «Une stratégie inopportune à la Chambre des députés a déclenché un ouragan au Sénat», explique le journal Clarin qui poursuit sur un ton moqueur : c'est «l'effet papillon libertarien». En effet, hier, alors qu'une commission du Sénat commençait à examiner la réforme du travail, les députés, eux, se penchaient sur le Budget 2026. Comme le raconte Clarin, l'obstination du gouvernement à vouloir faire approuver, contre l'avis du Congrès, un article réduisant les financements aux universités et les aides aux personnes porteuses d'un handicap, a braqué ses alliés potentiels qui ont décidé de bloquer sa réforme du travail au Sénat. Tout cela est inquiétant, juge, pour sa part, La Nacion car cela a créé des tensions au sein du camp de Javier Milei. «L'incapacité de satisfaire les désirs maximalistes du président (ses caprices, diront certains) a créé un terrain fertile pour raviver des conflits non résolus et rouvrir de vieilles blessures liées à des projets avortés», explique le quotidien qui pointe du doigt deux personnes, en particulier, dans l'entourage du président : sa «soeurissime» - c'est ainsi que La Nacion appelle Karina Milei - et son «super conseiller», Santiago Caputo. Entre eux, «l'animosité demeure», prévient le journal. L'armée vénézuélienne toujours unie derrière Nicolas Maduro Dans l'océan Pacifique, une nouvelle frappe américaine a fait cinq morts jeudi (18 décembre 2025). Au moins, 104 personnes présentées comme des trafiquants de drogue par Washington, ont été tuées depuis le mois de septembre 2025. Washington qui ne relâche pas la pression sur le Venezuela dans l'espoir de faire tomber le président Nicolas Maduro. Mais, pour l'instant, l'armée continue de le soutenir, analyse le quotidien colombien El Tiempo qui s'est entretenu avec des soldats. Cette cohésion devrait perdurer au sommet de l'appareil militaire car les généraux et les amiraux «occupent des ministères et contrôlent certains secteurs de l'économie», ce qui leur permet de s'enrichir depuis des années. Si le pouvoir tombe, alors ils tombent aussi. Et ce qui les attend, ce sont «des procès à La Haye ou devant des tribunaux étasuniens» pour violations des droits humains, explique El Tiempo. Quant aux échelons intermédiaires, poursuit le quotidien colombien, ils ne se rebellent pas car ils ont peur que Nicolas Maduro les jette en prison. «Certains capitaines et lieutenants qui ont obéi aux ordres et participé à la répression, craignent d'être sacrifiés en cas de négociations», d'être les grands perdants en cas d'accord entre les élites politiques, écrit El Tiempo. Ils «font donc pression sur Nicolas Maduro pour qu'il n'abandonne pas le pouvoir sans une amnistie générale», explique une source anonyme au journal. Reste le gros de la troupe, les soldats tout en bas de l'échelle : eux, ils restent loyaux à Nicolas Maduro «par discipline». L'armée pourrait-elle finir par lâcher le président vénézuélien ? Selon El Tiempo, cela dépendra de ce qu'on lui offre. Une intervention américaine n'aurait aucun effet, juge le journal. Mais une amnistie et la garantie de poursuivre leur carrière, cela pourrait convaincre les échelons intermédiaires de soutenir un changement de régime. Or, ce sont eux qui «contrôlent les troupes et maintiennent une certaine stabilité dans le pays», fait remarquer le quotidien. Les hauts gradés, eux, sont trop mouillés dans les crimes de la dictature chaviste. Mère à 15 ans en Guyane En Guyane, les jeunes filles mineures sont 10 fois plus nombreuses à tomber enceintes que dans le reste du pays. À l'échelle de l'Amérique du Sud, c'est même le territoire où les grossesses adolescentes sont les plus répandues. Ces filles, parfois très jeunes, âgées de moins de 15 ans pour certaines, sont en général soutenues par leur famille mais souvent stigmatisées à l'école, contraintes de choisir entre la casquette de maman et celle de lycéenne. Reportage à Cayenne d'Amélie Beaucour. Le journal de la 1ère Sous le coup d'une enquête pour escroquerie et abus de position dominante, le Groupe Bernard Hayot (GBH) se défend.
Cuisiner, bricoler, jardiner... Ces activités du quotidien peuvent provoquer de nombreux traumatismes à nos mains. Certaines peuvent être bénignes comme les morsures, les coupures, les entorses du doigt ou les brûlures, mais d'autres peuvent être plus sévères, et nécessiter des interventions plus lourdes comme l'amputation. Comment protéger ses mains ? Quelle est la première cause des accidents de la main ? En cas d'accident, quels sont les premiers gestes à réaliser ? 2 mains, 54 os. Les blessures et accidents de la main sont fréquents et peuvent survenir dans des contextes variés : professionnels, domestiques ou de loisirs. Des accidents courants, qui peuvent prendre des formes multiples : abrasion ou coupures plus ou moins profondes, brûlures par le froid ou par le chaud, écrasement, agression chimique ou électrique, morsures animales ou piqûres végétales... Un organe sophistiqué et un outil précieux Un certain nombre d'accidents surviennent lors d'activités festives : feux d'artifice, pétards… et dans d'autres contextes, des gestes mal maîtrisés en cuisine (découpe, ouverture des huîtres, des noix de coco…). L'atteinte des mains peut également être liée à des lésions mineures négligées et qui, dans certains cas, peuvent être à l'origine de sérieuses surinfections. La main est à la fois un outil et un organe complexe, et la prise en charge de ces différentes atteintes (fractures, plaies, amputation) peuvent nécessiter le recours à une chirurgie spécialisée, dans des centres dédiés. La prévention des accidents Grand nombre de ces accidents de la main sont évitables. Des dispositifs de prévention (gants, carters, écrans, détecteurs...) et notices d'informations existent, tant dans le cadre professionnel, que dans le cadre domestique avec, par exemple, les mises en garde pour un certain nombre d'outils électriques ou de produits chimiques. La fatigue ou l'empressement peuvent conduire à négliger ces mesures ou dispositifs et constituent autant de facteurs de risque pour l'intégrité des mains. En cas d'accident, il est important de s'adresser à un service d'urgence dédié si possible et d'orienter le patient vers des services d‘accompagnement et de réadaptation, pour faire face aux séquelles éventuelles, en limiter l'impact tant fonctionnel que psychologique. Avec : Dr Patrick Knipper, chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et chirurgien de la Main à l'Hôpital Européen Georges Pompidou de Paris. Président d'Interplast-France, ONG de chirurgie réparatrice dans les pays en voie de développement Pr Henri Assé, chirurgien plasticien, chirurgien de la main à l'Institut de Chirurgie Reconstructive (ICR) à Abidjan en Côte d'Ivoire. ► En fin d'émission, un reportage d'Inès Emprin sur un cours de médecine innovant qui a recours au théâtre pour travailler la relation médecin/patient. Pendant une matinée, des étudiants en troisième année de médecine, accompagnés par des élèves comédiens du Cours Florent, s'entraînent sur des scénarios fréquents dans le quotidien des praticiens : gérer un patient agacé par un retard, annoncer qu'on n'a pas eu accès aux résultats d'examens à cause d'une panne informatique... Programmation musicale : ► Bill Withers – Grandma's hands ► Ceasar, Ngiah Tax Olo Fotsy - Mampanota.
Cuisiner, bricoler, jardiner... Ces activités du quotidien peuvent provoquer de nombreux traumatismes à nos mains. Certaines peuvent être bénignes comme les morsures, les coupures, les entorses du doigt ou les brûlures, mais d'autres peuvent être plus sévères, et nécessiter des interventions plus lourdes comme l'amputation. Comment protéger ses mains ? Quelle est la première cause des accidents de la main ? En cas d'accident, quels sont les premiers gestes à réaliser ? 2 mains, 54 os. Les blessures et accidents de la main sont fréquents et peuvent survenir dans des contextes variés : professionnels, domestiques ou de loisirs. Des accidents courants, qui peuvent prendre des formes multiples : abrasion ou coupures plus ou moins profondes, brûlures par le froid ou par le chaud, écrasement, agression chimique ou électrique, morsures animales ou piqûres végétales... Un organe sophistiqué et un outil précieux Un certain nombre d'accidents surviennent lors d'activités festives : feux d'artifice, pétards… et dans d'autres contextes, des gestes mal maîtrisés en cuisine (découpe, ouverture des huîtres, des noix de coco…). L'atteinte des mains peut également être liée à des lésions mineures négligées et qui, dans certains cas, peuvent être à l'origine de sérieuses surinfections. La main est à la fois un outil et un organe complexe, et la prise en charge de ces différentes atteintes (fractures, plaies, amputation) peuvent nécessiter le recours à une chirurgie spécialisée, dans des centres dédiés. La prévention des accidents Grand nombre de ces accidents de la main sont évitables. Des dispositifs de prévention (gants, carters, écrans, détecteurs...) et notices d'informations existent, tant dans le cadre professionnel, que dans le cadre domestique avec, par exemple, les mises en garde pour un certain nombre d'outils électriques ou de produits chimiques. La fatigue ou l'empressement peuvent conduire à négliger ces mesures ou dispositifs et constituent autant de facteurs de risque pour l'intégrité des mains. En cas d'accident, il est important de s'adresser à un service d'urgence dédié si possible et d'orienter le patient vers des services d‘accompagnement et de réadaptation, pour faire face aux séquelles éventuelles, en limiter l'impact tant fonctionnel que psychologique. Avec : Dr Patrick Knipper, chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et chirurgien de la Main à l'Hôpital Européen Georges Pompidou de Paris. Président d'Interplast-France, ONG de chirurgie réparatrice dans les pays en voie de développement Pr Henri Assé, chirurgien plasticien, chirurgien de la main à l'Institut de Chirurgie Reconstructive (ICR) à Abidjan en Côte d'Ivoire. ► En fin d'émission, un reportage d'Inès Emprin sur un cours de médecine innovant qui a recours au théâtre pour travailler la relation médecin/patient. Pendant une matinée, des étudiants en troisième année de médecine, accompagnés par des élèves comédiens du Cours Florent, s'entraînent sur des scénarios fréquents dans le quotidien des praticiens : gérer un patient agacé par un retard, annoncer qu'on n'a pas eu accès aux résultats d'examens à cause d'une panne informatique... Programmation musicale : ► Bill Withers – Grandma's hands ► Ceasar, Ngiah Tax Olo Fotsy - Mampanota.
Parfois, une découverte fondamentale naît d'un simple geste du quotidien. En 1965, au cœur de l'Antarctique, le glaciologue français Claude Lorius se réchauffe dans sa tente après une longue journée de carottage. Pour célébrer, il verse un peu de whisky dans un verre et y plonge un glaçon taillé dans un bloc de glace prélevé sous ses pieds. C'est alors qu'il remarque un détail à première vue anodin : de minuscules bulles d'air s'échappent de la glace fondante. Ce geste presque banal va pourtant bouleverser notre compréhension du climat.Lorius réalise que ces petites bulles ne sont pas quelconques : elles sont de l'air piégé depuis des milliers d'années dans les couches de glace. Chaque flocon tombé sur l'Antarctique emprisonne un peu de l'atmosphère de son époque. En se compactant, la neige devient glace et capture des bulles intactes comme des capsules temporelles. À cet instant, Lorius comprend que si l'on parvient à analyser cet air ancien, on pourrait reconstituer la composition de l'atmosphère du passé, gaz à effet de serre compris.Cette intuition géniale va donner naissance à une véritable révolution scientifique. Dans les années suivantes, Lorius et ses collègues perfectionnent les techniques de forage profond. Plus on descend dans la glace, plus on remonte dans le temps. Certaines carottes glaciaires atteignent plus de 3 000 mètres de profondeur, révélant une histoire climatique qui s'étend sur plus de 800 000 ans.Les analyses montrent un lien frappant : à chaque augmentation du dioxyde de carbone (CO₂) dans l'atmosphère correspond une hausse claire des températures globales. Inversement, les périodes glaciaires coïncident avec des niveaux de CO₂ plus faibles. Les carottes glaciaires deviennent ainsi l'une des preuves les plus solides de l'influence des gaz à effet de serre sur le climat.Dans les années 1980, les travaux de Lorius contribueront directement à faire émerger la conscience moderne du réchauffement climatique d'origine anthropique. Son fameux glaçon dans le whisky n'a pas seulement rafraîchi une soirée au pôle Sud : il a ouvert une fenêtre unique sur l'histoire du climat et permis d'alerter la planète sur les risques futurs.Une simple bulle d'air, vieille de plusieurs millénaires, a suffi à changer la science — et à nous rappeler que les grandes découvertes commencent parfois dans un verre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce qui aurait pu relever de la science-fiction il y a encore quelques années est bien réel à Dublin, la capitale irlandaise : des repas peuvent désormais arriver par les airs. Pizza, cafés, repas... Certaines commandes sont aujourd'hui livrées directement chez l'habitude, à l'aide de drones. Pour l'instant, une seule entreprise propose ce service. Mais cette petite révolution technologique est loin de plaire à tout le monde. De notre correspondante à Dublin, Seamus Doyle vit dans un quartier résidentiel, à l'ouest de Dublin, là où s'est installée une start-up spécialisée dans la livraison par drones. Depuis, son quotidien a changé : il ne supporte plus les vols incessants au-dessus de sa maison. « Il y en a un autre qui passe maintenant ! Ça fait dix minutes qu'on est là et on en a vu quatre passer ! On entend un bourdonnement constamment, qui passe au-dessus, c'est comme si une voiture traversait votre jardin ! C'est agaçant quand vous aviez l'habitude de simplement profiter de votre extérieur et de la faune,qui désormais est effrayée par les drones ! Nous avons un arbuste fruitier dans le jardin qu'on doit toujours protéger des oiseaux et maintenant, on n'a plus besoin de le protéger, car les oiseaux ne nichent plus ici », déplore-t-il. Seamus n'est pas le seul à être agacé. Avec d'autres habitants, il a fondé le collectif « Drone Action Dublin 15 » : « Les drones perturbent des personnes sensibles au bruit, des gens qui essaient de dormir pendant la journée parce qu'ils travaillent la nuit. Mais il y a aussi des préoccupations concernant la vie privée : ces drones ont des caméras. On nous dit qu'ils n'enregistrent pas, mais ils regardent bien dans les jardins pour déposer les livraisons ! » À lire aussiEn Inde, la livraison ultra-rapide des objets du quotidien et des repas explose Une réglementation qui reste à établir La start-up derrière ce service prévoit déjà de s'étendre au sud de Dublin. Elle n'est pas seule : Iona, arrivée il y a quelques mois, tente, elle aussi, de s'implanter. Or ici, pas de pizzas ou de fast-food, leurs drones transportent des colis de 10 à 20 kilos, ciblant les zones rurales et mal desservies, comme l'explique le dirigeant français, Étienne Louvet : « Il y a de plus en plus de e-commerce, de plus en plus de colis, mais c'est la chose la plus compliquée à livrer pour les logisticiens, surtout dans les zones qui n'ont pas une densité de population élevée. Donc, on va laisser une partie des zones rurales sans accès à des produits ! » Le secteur de la livraison par drones décolle donc à toute vitesse en Irlande, ce qui pousse certains politiques à réclamer une réglementation rapide. « En réalité, les habitants du quartier ont été traités comme des cobayes, pour un service non testé et non réglementé, condamne John Walsh, conseiller municipal à l'ouest de Dublin. Je pense que certaines livraisons par drone – par exemple de produits sanguins ou de produits médicaux – sont tout à fait acceptables, mais ce dont nous parlons ici, c'est d'une livraison à grande échelle de fast-food ! Ce n'est donc certainement pas un service essentiel ou nécessaire ! » Amazon et Google veulent aussi se lancer dans la livraison par drones, pour tout type de produits. Fixer des règles devient nécessaire, afin d'éviter avant que le ciel irlandais ne se transforme en jungle aérienne. À lire aussiLivraisons à domicile : un modèle déjà à bout de souffle ?
Dans cet épisode, on se pose une question folle, mais de plus en plus légitime : le Thunder version 2025 est-il au même niveau que les Warriors de 2016 ? Avec un début de saison historique, un collectif injouable et un Shai en mode patron, la comparaison n'a jamais semblé aussi sérieuse. On enchaîne avec un débrief deux mois après la trade deadline estivale : qui a réellement gagné ou perdu ces mouvements majeurs ? Certaines franchises surfent déjà sur leurs choix, d'autres commencent à regretter sévèrement. Et pour finir, on fait un point express sur la NBA Cup, qui arrive en mode showtime à Las Vegas avec deux affiches explosives : OKC–Spurs d'un côté, Knicks–Magic de l'autre.Avec Jacques Monclar et Baptiste Denis.Jacques Monclar, Rémi Reverchon, Mary Patrux, Xavier Vaution, Fred Weis et Chris Singleton décryptent l'actualité de la NBA dans le Podcast NBA Extra, présenté par Nicolas Sarnak et Baptiste Denis.En complément de l'émission lancée en 2012, beIN SPORTS a créé, avec ce podcast, un nouveau format pour revenir en profondeur sur la ligue nord-américaine de basketball. Chaque semaine, les membres de l'émission débattent autour de trois thèmes majeurs, qui font l'actualité de la NBA.Un podcast à retrouver aussi sur Youtube : https://tinyurl.com/y4sabkns Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d'informations.
La justice a prononcé ce jeudi 11 décembre la liquidation du groupe centenaire d'électroménager Brandt, fleuron industriel français, en grandes difficultés depuis son placement en redressement judiciaire. Au-delà du sort de la marque centenaire, c'est tout le secteur du gros électroménager «made in France» qui se trouve fragilisé, entre marché à deux vitesses, appareils plus durables et concurrence étrangère. Quelque 700 emplois supprimés seront supprimés dans l'entreprise, spécialisée dans l'électroménager, des réfrigérateurs aux fours en passant par les machines à laver. « C'est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l'industrie française », a réagi son président François Bonneau, après cette décision du tribunal des affaires économiques (TAE) de Nanterre, rapporte l'Agence France presse. Mais au-delà de Brandt, c'est tout un secteur qui est bouleversé et qui se retrouve en difficulté. La marque est connue de toutes les générations, car elle produit des objets que beaucoup de Français ont ou ont eu chez eux. Pourtant, le groupe fait face à une baisse continue des commandes et perd de plus en plus d'argent en produisant en France. Son propriétaire depuis 2014, l'Algérien Cevital, a d'ailleurs cherché des partenaires pour accompagner son développement, en vain. Car derrière ce dossier, c'est bien l'avenir de l'électroménager made in France qui se joue. Et paradoxalement, le marché national ne s'effondre pas. Il reste relativement stable, autour de 9 à 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Les ménages continuent donc de s'équiper ou de renouveler leurs appareils, malgré l'inflation et la pression sur le pouvoir d'achat. Mais cette dynamique est à deux vitesses, et c'est là que les difficultés apparaissent. À lire aussiComment expliquer les difficultés de l'industrie européenne? Un marché à deux vitesses pénalisant le gros électroménager Le petit électroménager se porte très bien. Robots culinaires, machines à café, aspirateurs autonomes, ces produits connaissent un vrai succès. En revanche, le gros électroménager est à la peine. Fours, réfrigérateurs, lave-linge, les ventes reculent fortement. Comme c'est le cœur de métier de Brandt, on comprend mieux les difficultés du groupe. Les explications sont multiples. D'abord, l'immobilier. La France traverse une crise immobilière. On achète moins d'appartements et de maisons. Or, un frigo ou un lave-linge s'achète rarement par plaisir, on le fait lors d'un déménagement ou de l'aménagement d'un nouveau logement. Le marché est grippé, et celui de l'électroménager en subit mécaniquement les symptômes. Deuxième facteur: la durabilité des appareils. Ils durent plus longtemps et sont réparables. C'est une bonne nouvelle pour la planète et pour les consommateurs mais pas pour les industriels, qui vendent moins. Enfin, la France est saturée en équipements. La quasi-totalité des foyers sont déjà équipés. Pas besoin de racheter du neuf, sauf panne grave. Il n'y a ainsi presque plus de clients à conquérir. À lire aussiEn France, le mouvement de désindustrialisation s'accélère Concurrence internationale et explosion des marques distributeurs À ces difficultés internes s'ajoute la concurrence internationale. Aujourd'hui, près de la moitié des produits électroménagers vendus en France sont fabriqués en Chine, souvent à très bas prix. L'Europe de l'Est et la Turquie complètent ce paysage compétitif redoutable. S'ajoute à cela l'explosion des marques de distributeurs, qui tirent les prix vers le bas. Résultat: les prix s'effondrent et les marges pour les fabricants français ne suivent plus. C'est l'ensemble de ces mécanismes dont Brandt est victime. Pour autant, il ne faut pas enterrer l'électroménager français. Certaines marques s'en sortent encore, mais principalement sur le haut de gamme. Dans tous les cas, ces modèles ne recréeront pas les milliers d'emplois industriels d'hier, et ne remplaceront pas les grandes usines qui ont fait le renom du secteur au siècle passé.
En 1987, un drame aussi absurde qu'effroyable secoue l'atoll de Faaite, dans l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Ce qui restera dans l'histoire comme « l'Affaire des bûchers de Faaite » est l'un des épisodes les plus sombres de la Polynésie contemporaine : une véritable flambée de fanatisme religieux, ayant conduit des habitants ordinaires à torturer et brûler vives plusieurs personnes accusées… de sorcellerie.L'affaire commence lorsque deux prédicatrices évangéliques venues de Tahiti arrivent sur l'île. Leur discours passionné, mêlant visions apocalyptiques, exorcismes improvisés et dénonciations des “forces démoniaques”, trouve un écho dans une partie de la population. Sur cet atoll isolé, marqué par une forte tradition orale et une vie communautaire très soudée, leurs propos déclenchent une spirale incontrôlée. Les habitants, déjà influencés par des croyances ancestrales autour des esprits, se laissent convaincre de la présence d'un mal invisible parmi eux.Rapidement, un climat d'hystérie collective s'installe. Des habitants sont accusés d'être “possédés”, de jeter des sorts ou d'être à l'origine de malheurs supposés. Les suspects, souvent choisis au hasard ou dénoncés pour des comportements jugés étranges, sont séquestrés, frappés, torturés. Le phénomène prend l'ampleur d'une véritable chasse aux sorcières. Les prédicatrices encouragent les exorcismes, et une partie de la population croit sincèrement agir pour “sauver” l'île du mal.Le 2 septembre 1987, la situation atteint son paroxysme. Six personnes, parmi lesquelles un adolescent, sont enfermées, battues, puis jetées dans des bûchers allumés pour “purifier” le village. Certaines meurent brûlées vives sous les yeux de leurs proches, convaincus d'assister à la libération de leur âme. Ce passage à l'acte marque l'un des rares cas contemporains de sacrifices humains motivés par un délire mystico-religieux dans un territoire français.Lorsque les gendarmes arrivent enfin sur l'île, ils découvrent une communauté sous le choc, incapable d'expliquer rationnellement ce qu'elle vient de vivre. L'affaire fait immédiatement la une des journaux, sidérant l'opinion publique. Les procès qui s'ensuivent mettent en avant un phénomène de psychose collective, influencée par des croyances syncrétiques mêlant christianisme évangélique et traditions polynésiennes.L'Affaire des bûchers de Faaite reste aujourd'hui un exemple tragique de la manière dont l'isolement, la peur et le fanatisme peuvent transformer une communauté paisible en groupe meurtrier. Un rappel brutal du pouvoir destructeur des croyances lorsqu'elles échappent à toute raison. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l'Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu'il prétend victimes d'un « génocide ». De notre envoyé spécial de retour de Johannesburg Les démentis sud-africains n'y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l'Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l'économie dépend largement de l'usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme. Sur le port d'East London, la scène est pourtant immuable : rangées de berlines alignées sous les projecteurs, grues immobiles dans l'air salin, ouvriers qui s'affairent en attendant les navires. Dirk Botes, responsable clientèle, détaille l'organisation du terminal automobile : « Cette zone peut préstocker environ 1 400 voitures. Dans le hangar là-bas, un peu moins de 4 000, et sur l'esplanade ouverte environ 1 500. » Ce soir, un navire doit pourtant accoster avec plusieurs heures de retard, perturbé par le mauvais temps. « Il va charger ces véhicules, décharger ceux qui arrivent d'Europe, puis on recommencera avec le bateau suivant », explique-t-il. Ce ballet, autrefois parfaitement réglé, s'est ralenti au fil des mois. Le port exporte de moins en moins de voitures, essentiellement des Mercedes Classe C dont les ventes déclinent depuis plusieurs années. Sphiwe Mthembu, le directeur du port, ne masque pas son inquiétude : « La situation nous touche directement. Quand un constructeur présent depuis soixante-cinq ans commence soudain à souffrir d'une baisse de volumes, cela nous affecte immédiatement. Nous recevons des conteneurs destinés à l'usine : si l'usine tourne moins bien, le port en subit l'impact. Nous devons absolument garder Mercedes-Benz ici et attirer un deuxième grand constructeur. C'est vital pour l'économie locale. » En ville, la chambre de commerce suit de près la situation. Sa directrice, Lizelle Maurice, femme d'affaires respectée et ardente défenseure de l'économie locale, résume l'impact en quelques mots : « Le marché américain était notre plus gros marché, environ 30% de toutes les commandes. Quand les volumes ont commencé à baisser, les fournisseurs de Mercedes-Benz ont immédiatement réduit leurs effectifs. Et cela, c'était avant même les tarifs de Trump. La pandémie avait déjà mis notre économie à genoux. L'an dernier, l'usine est passée de trois à deux équipes, puis 700 départs volontaires ont été annoncés. Les décisions de Washington n'ont fait qu'aggraver une situation déjà très tendue. » Pour comprendre la centralité de Mercedes-Benz dans la région, Ted Keenan, journaliste du Daily Dispatch, déroule une liste : Auria Africa, Valeo International, AIH, et bien d'autres. Tous ont licencié ces derniers mois. «Certaines estimations parlent de 160 000 personnes potentiellement touchées dans la région si Mercedes s'en allait », glisse-t-il, avant de nuancer : « Je ne crois pas que ce soit réaliste. Ce serait la pire chose qui puisse arriver. Mais, il y a des rumeurs persistantes venues de Chine : Mercedes-Benz serait prêt à partager son usine. Aujourd'hui, beaucoup de constructeurs partagent leurs installations. Ce n'est pas impensable. » Pour les employés, c'est jour de fête. Plusieurs centaines d'entre eux sont rassemblés sur un terrain de rugby pour la traditionnelle célébration de fin d'année. Brochettes, musique, danses. Thabile Bevu, délégué du syndicat Numsa, explique pourtant que cette année a été rude : « La production s'est arrêtée plus tôt que d'habitude, quatre semaines en avance. C'est une combinaison de facteurs. Les taxes américaines ont forcé l'usine à réduire. En juillet, on a aussi été en chômage technique pendant six semaines. Beaucoup d'employés embauchés l'an dernier ont déjà perdu leur travail. Alors, tout le monde se demande : est-ce que je serai le prochain ? Mais Mercedes a toujours réussi à faire face, en travaillant avec nous. » Le lendemain, l'un des ouvriers, Phiwe Qaba, arborant un maillot bleu clair des Orlando Pirates, confirme que la crainte est constante : « On parle toujours du même sujet. Parce que dès que les États-Unis arrêtent de commander, notre vie quotidienne change. » Si lui bénéficie d'accords garantissant un revenu minimum même en cas de chômage technique, il pense aux autres, à ceux qui gravitent autour de l'usine : « La dame qui vend des fruits à l'entrée, le gars qui fait le ménage, celle qui prépare la nourriture… eux rentrent chez eux sans un sou. C'est une catastrophe. » À quelques kilomètres du centre-ville, dans le township historique de Duncan Village, on ressent déjà les secousses de la crise. Khulile Jacobs, éducateur et figure locale, fait visiter le lycée du quartier et raconte l'effet sur les familles : « Beaucoup avaient pris des prêts logement ou auto. Avec les licenciements, tout risque de s'effondrer. Des familles qui avaient quitté le township pour des quartiers plus aisés reviennent déjà. Le mouvement a commencé juste après l'élection américaine de novembre. Les entreprises savaient ce qui allait arriver. » Pour Khulile Jacobs, les raisons des décisions de Donald Trump dépassent largement les questions agricoles ou sécuritaires : « C'est une nouvelle forme de guerre froide. L'Afrique du Sud est un hub d'investissements sur le continent. On a l'impression que Trump essaie de détourner ces investissements vers les États-Unis. » Il ajoute un facteur géopolitique majeur : « Le fait que notre pays ait amené Israël devant la Cour internationale de justice a pesé lourd. Pour Trump, c'est comme si l'Afrique du Sud s'était opposée à un allié stratégique. » Et lorsqu'on lui demande s'il soutient son gouvernement dans cette démarche, la réponse est sans ambiguïté : « À 100 %, même plus. Nous nous tiendrons toujours aux côtés du peuple palestinien. Moralement, nous ne pouvons pas faire autrement. » Malgré tout, certains veulent croire à un possible apaisement. Lizelle Maurice, la directrice de la chambre de commerce, appelle à ne pas couper le dialogue : « Trump doit comprendre que ses décisions touchent des millions de personnes. Il doit revoir sa stratégie vis-à-vis de l'Afrique du Sud. Comme je le dis toujours : garde tes amis près de toi, mais tes ennemis encore plus près. »
Le “gang des 40 éléphants” est l'un des groupes criminels les plus fascinants — et les plus méconnus — de l'histoire britannique. Actif à Londres du XIXᵉ siècle jusqu'aux années 1950, ce gang est unique pour une raison majeure : il était entièrement composé de femmes, organisées, redoutablement efficaces, et capables de tenir tête à la police comme aux grands syndicats du crime.Leur nom vient du quartier Elephant and Castle, au sud de Londres, où beaucoup d'entre elles vivaient. Dès le départ, elles se spécialisent dans un domaine précis : le vol à l'étalage, mais à une échelle industrielle. À une époque où les magasins se multiplient et où la surveillance est encore rudimentaire, les “40 Elephants” deviennent maîtres dans l'art de dérober des objets de luxe.Pour cela, elles mettent au point des techniques inédites. Elles portent sous leurs jupes ou manteaux des vêtements spécialement cousus pour cacher bijoux, soieries ou parfums. Certaines robes sont équipées de poches secrètes qui permettent de faire disparaître des marchandises en quelques secondes. D'autres membres ont des rôles précis : espionner les routines des vendeurs, distraire les employés ou transporter les biens volés hors de Londres.Ce gang est également unique par son organisation interne, très moderne pour l'époque. Il fonctionne avec une hiérarchie claire, des règles strictes et même un système de solidarité : si une membre est arrêtée, le groupe l'aide à payer avocats et amendes. Certaines dirigeantes deviennent légendaires, comme Alice Diamond, surnommée “Diamond Annie”, connue pour sa taille imposante, ses bagues en diamants… et son autorité sans partage.Le gang se distingue aussi par sa longévité exceptionnelle. Alors que la plupart des groupes criminels disparaissent en quelques années, les 40 Elephants prospèrent pendant presque un siècle. Elles s'adaptent sans cesse : dans les années 1920, elles étendent leurs activités au cambriolage de maisons riches, au racket ou à la revente de marchandises sur un véritable marché parallèle.Enfin, leur singularité tient au contexte social. À une époque où les femmes ont peu de droits, peu d'argent et peu d'indépendance, ce gang représente un phénomène rare : un réseau féminin puissant, organisé et redouté, contrôlant une partie de la criminalité londonienne.Le gang des 40 éléphants reste ainsi unique : un mélange de ruse, d'audace, d'organisation et de résistance aux normes sociales. Un chapitre surprenant et encore trop peu connu de l'histoire criminelle européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une vaste étude menée par l'équipe de l'Université de Cambridge a analysé les cerveaux de 3 802 individus âgés de 0 à 90 ans grâce à de l'IRM de diffusion, afin de cartographier comment les connexions neurales évoluent tout au long de la vie. Les chercheurs ont identifié quatre points de bascule – vers 9, 32, 66 et 83 ans – qui marquent des transitions entre cinq grandes phases d'organisation cérébrale. Chaque point correspond à un changement marqué dans la façon dont les régions du cerveau sont connectées et dans l'efficacité globale du réseau neuronal.9 ans correspond à la fin de l'enfance et au début de l'adolescence cérébrale. Depuis la naissance, le cerveau a produit un excès de connexions, puis a procédé à une élimination massive, appelée « poda synaptique ». En parallèle, la matière grise et la matière blanche continuent de croître, ce qui améliore l'épaisseur corticale et stabilise les plis du cortex. Cette période optimise les fonctions fondamentales : langage, mémoire, coordination, apprentissages de base. Le passage vers 9 ans reflète un basculement global : le cerveau quitte la phase d'enfance et entre dans une adolescence prolongée sur le plan neuronal.32 ans marque l'entrée dans la pleine maturité adulte. Entre 9 et 32 ans, les connexions se renforcent, la matière blanche se densifie et les échanges entre régions distantes deviennent plus rapides et plus efficaces. Le cerveau affine son organisation interne, ce qui correspond au pic des performances cognitives : raisonnement abstrait, mémoire de travail, rapidité intellectuelle, flexibilité mentale. Autour de 32 ans se produit le changement le plus marqué de toute la vie : le réseau neuronal se stabilise et atteint un plateau structurel, caractéristique du cerveau adulte pleinement mature.66 ans correspond au début du vieillissement cérébral. Après plusieurs décennies de relative stabilité, la connectivité globale commence à diminuer. La matière blanche, essentielle aux communications longue distance dans le cerveau, montre des signes de dégradation. La conséquence est un ralentissement progressif de la vitesse de traitement, une diminution de la flexibilité cognitive et parfois une réduction de la mémoire de travail. Néanmoins, certaines capacités – comme les savoirs accumulés ou l'intelligence cristallisée – restent relativement préservées.83 ans marque l'entrée dans la phase de vieillesse avancée. À cet âge, le cerveau connaît une nouvelle reconfiguration : les réseaux deviennent plus fragmentés et s'appuient davantage sur des connexions locales. La communication globale perd en efficacité, ce qui augmente la vulnérabilité aux fragilités cognitives et aux maladies neurodégénératives. Certaines zones plus robustes peuvent compenser partiellement, mais l'organisation générale du réseau est moins stable et moins intégrée.En résumé, cette étude montre que le cerveau ne vieillit pas de façon linéaire. Il traverse cinq grandes phases, avec des changements profonds à 9, 32, 66 et 83 ans. Ces âges clés correspondent à des réorganisations profondes : apprentissage fondamental, maturité cognitive, entrée dans le vieillissement et vieillesse avancée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les étoiles massives sont des géantes du cosmos. Ces astres grandioses font au moins douze fois la masse du soleil. Leur surface atteint des températures très élevées, parfois plus de 100 000 degrés. Elles brillent de mille feux dans le ciel. Certaines sont des millions de fois plus lumineuses que le soleil. Le vent solaire n'est qu'une brise, en comparaison des tornades qu'elles créent. Ces géantes vivent souvent en couple, valsant l'une autour de l'autre avec une grâce céleste. Et quand elles fusionnent, c'est l'explosion ! Est-ce de leurs réactions que provient l'or de nos bijoux ? L'astrophysicienne Yaël Nazé nous livre certains de leurs mystères au micro d'Axelle Thiry. Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comme chaque premier jeudi du mois, nous consacrons notre émission à la sexualité. Ce mois-ci, la sexologue de l'émission, Noëlle Cayarcy, répond à toutes les questions que se posent les auditeurs sur les douleurs pendant les rapports sexuels. Objectif : identifier l'origine pour trouver le soulagement et retrouver confiance. Comment oser en parler à son partenaire, comme à un.e soignant.e ? La douleur au cours des rapports sexuels peut être multifactorielle. Dyspareunie chez la femme, algie sexuelle chez l'homme, cette douleur peut être physique, psychologique ou mixte… Dans tous les cas, elle n'est jamais normale, ni imaginaire et ne doit pas être banalisée. Il faut la considérer comme un signal à écouter, interpréter et prendre en compte. Ne pas taire sa douleur sexuelle La douleur, symptôme ou signal d'alerte, peut en effet freiner, gêner ou faire obstacle aux relations intimes. Il est essentiel d'en parler, que l'on soit en couple ou non : décrire la nature de la sensation et la localiser, identifier les conditions ou même les positions au cours desquelles les douleurs ou la gêne se font sentir. De multiples causes physiques ou non Les douleurs au cours de la sexualité sont multiples dans leurs manifestations comme dans leurs explications : douleurs d'origine physique, associées à une affection ou un trouble, des changements physiologiques et hormonaux, des actes médicaux, douleurs cicatricielles... Ces causes sont variées et appelleront des diagnostics et des réponses très différentes : endométriose, ménopause, sécheresse vaginale, suite de chirurgies, douleurs lors de l'érection, douleurs associées à l'utilisation d'accessoires inappropriés. Soulagement et patience Certaines douleurs sexuelles vont être réactionnelles, après un événement pénible ou traumatique, sans d'ailleurs que la personne ne soit forcément consciente du lien entre l'épreuve et sa manifestation douloureuse. Le soulagement peut prendre du temps. Certaines situations peuvent donc nécessiter de la patience, et dans tous les cas, de la bienveillance de la part du professionnel de santé, comme du partenaire de confiance, à qui l'on confie cette plainte. Avec : Noëlle Cayarcy, sage-femme, sexologue, oncosexologue, membre de l'Association inter-disciplinaire post-universitaire de sexologie, directeur de projets en prévention de santé, experte à la Haute Autorité de santé et présidente de la Communauté pluriprofessionnelle de santé de Paris XVIe. Programmation musicale : ► Bruno Mars, Anderson Paak, Thundercat – After last night ► Mightyyout, Davido – I Know
Pourquoi, au Moyen Âge, certains nobles affichaient-ils des chaussures si longues et pointues qu'il fallait parfois les attacher au mollet avec une ficelle pour pouvoir marcher ? Ces chaussures ont un nom : les poulaines. Et elles racontent beaucoup plus qu'une simple mode extravagante.La polaine apparaît en Europe au XIIᵉ siècle, mais explose vraiment au XIVᵉ. C'est une chaussure dont l'avant se prolonge en une longue pointe, parfois de plusieurs dizaines de centimètres. Les chroniqueurs de l'époque en parlent avec amusement… ou indignation. Car ces chaussures ne sont pas là pour le confort : elles sont un symbole social.D'abord, la pointe longue signale que le porteur n'a pas besoin de travailler. Si vos journées sont faites de cheval, de guerre ou de labour, ce type de chaussure est totalement inutile, voire dangereux. En revanche, si vous êtes un noble qui ne marche qu'en intérieur, accompagné de serviteurs, la polaine devient un signe ostentatoire : elle dit au monde que vous appartenez à la classe oisive, celle qui peut se permettre d'être impratique. C'est, en un sens, l'équivalent médiéval d'un talon aiguille de vingt centimètres.Mais les poulaines deviennent aussi un terrain de compétition aristocratique. Plus la pointe est longue, plus elle indique le rang. Certaines sources évoquent des pointes de cinquante centimètres chez les nobles les plus fortunés. La mode devient tellement extrême que des villes, comme Paris ou Londres, tentent d'en limiter la longueur par des lois somptuaires. Elles craignent que cette extravagance ne brouille les distinctions sociales ou n'encourage une vanité jugée dangereuse.Il existe une autre dimension, plus symbolique : dans certaines iconographies, la chaussure pointue est associée au raffinement, à l'élégance, parfois même à une virilité sublimée. Pour les jeunes aristocrates, elle devient un marqueur séduisant, un signe de modernité et de bravoure.Cependant, cette mode attire critiques et satire. Certains religieux y voient une perversion morale, un signe d'orgueil ou même une « chaussure du diable » (à cause de la pointe, jugée trop agressive). Des sermons médiévaux dénoncent ces nobles qui peinent à s'agenouiller pour prier parce que leurs chaussures sont trop longues.Vers la fin du XVe siècle, la tendance disparaît, remplacée par les chaussures larges dites « à bec d'âne ». Mais les poulaines laissent une empreinte durable : elles montrent que la mode a toujours été un langage social puissant. Au Moyen Âge déjà, on affichait sa position non par les mots, mais… par la longueur de ses chaussures. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un matin calme de septembre 2025 à Hollywood, dans un garage de fourrière automobile, une odeur nauséabonde alerte des employés autour d'un véhicule de marque Tesla. Intrigués, ils inspectent la voiture, enregistrée au nom d'un certain David A. Burke, mieux connu du grand public sous le nom de scène D4vd, jeune chanteur indie pop américain en pleine ascension. En ouvrant le coffre, les agents de police font une découverte macabre, le corps d'une jeune femme, Céleste Rivaz, sévèrement décomposé et démembré, enveloppé dans un sac en plastique. Au cœur du mystère, quel est le lien entre Céleste et David, et surtout, quelle était la nature de leur relation? Suivez‑nous alors que les internautes tentent de repérer tous les indices et résoudre cette histoire. En coulisses, des démarches s'enchaînent, une perquisition dans une maison louée sur les hauteurs, des images de voisinage transmises aux enquêteurs, des analyses médico‑légales toujours en attente. Certaines traces évoquent un trajet nocturne loin de Los Angeles, d'autres brouillent la datation du décès. Rien n'est tranché, l'enquête se poursuit et la présomption d'innocence demeure. Suivez‑nous pour faire la part entre ce qui tient et ce qui reste à éclaircir.nordvpn.com/distorsion, Rabais exclusif sur ton abonnement + plus 4 mois gratuits! ÉrosEt Compagnie : 15% de rabais avec le code DistorsionObtenez 25 $ de rabais, 10 Go gratuits et 1 mois d'internet gratuit avec FIZZ! Code promo PODZZ sur fizz.caPatreonSite WebBoutique Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis 1948, des millions de Palestiniens vivent en exil et une partie de leur patrimoine aussi. Certaines de ces antiquités de Gaza ont trouvé refuge à Genève depuis près de 20 ans. Dans cet épisode, Fadel Al Otol, archéologue palestinien arrivé en Suisse en 2025, et Marc-André Haldimann, archéologue suisse, retracent le destin de ces objets sauvés de la guerre. Entre amitié, exil et urgence patrimoniale, ils racontent comment l'histoire de Gaza survit, loin de Gaza.
Starbucks gagne de l'argent même lorsque ses clients ne boivent pas de café, et cela repose sur deux mécanismes économiques très simples : l'argent non dépensé et l'argent immobilisé.D'abord, Starbucks vend énormément de cartes-cadeaux et de bons prépayés. Les clients y chargent par exemple 25, 50 ou 100 dollars. Dès que cet argent est chargé, Starbucks l'encaisse immédiatement, alors qu'aucun produit n'a encore été servi. C'est une avance de trésorerie : l'entreprise reçoit le paiement bien avant de fournir le café ou la nourriture.Ensuite, il existe un phénomène appelé “breakage”. Il s'agit de la partie des cartes-cadeaux qui ne sera jamais dépensée. Cela peut être une carte perdue, quelques dollars oubliés, un cadeau jamais utilisé ou un solde trop faible pour être récupéré. Dans le cas de Starbucks, on estime qu'environ 10 % des 2 milliards de dollars en circulation sur les cartes ne seront jamais utilisés. Cela représente environ 200 millions de dollars qui deviennent un bénéfice pur. Aucun café n'a été produit, aucune marchandise n'a été vendue, mais l'argent est bel et bien définitivement acquis par l'entreprise.À cela s'ajoute un autre avantage colossal : les intérêts. Tout l'argent chargé sur les cartes et l'application Starbucks reste sur les comptes de l'entreprise jusqu'à ce qu'il soit dépensé. Pendant ce temps, Starbucks peut utiliser ces milliards comme n'importe quelle trésorerie. Elle peut les placer sur des comptes rémunérés, les utiliser pour financer son activité ou réduire ses besoins d'emprunt. Cet argent immobilisé, appelé “float”, rapporte des dizaines de millions de dollars par an en intérêts.C'est exactement le même mécanisme que celui des compagnies aériennes avec leurs miles, de PayPal avec les soldes des comptes, ou d'Amazon avec les cartes prépayées. L'entreprise reçoit l'argent aujourd'hui et n'a pas besoin de fournir immédiatement le service. Certaines sommes ne seront jamais consommées et une partie génère de la valeur financière en attendant d'être utilisées.En résumé, Starbucks bénéficie d'un double avantage :l'argent jamais dépensé, qui devient un profit net,l'argent temporairement stocké, qui apporte des revenus financiers.Cela transforme les cartes-cadeaux et les recharges d'application en une source de revenus extrêmement rentable, parfois même plus lucrative que la vente de café elle-même. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.