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Le Journal en français facile du jeudi 17 septembre 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/D3X9.A
Au sommaire : Des citoyens russes LGBT, considérés comme terroristes par Moscou, trouvent refuge en Pologne pour échapper à la répression et à l'emprisonnement.La Banque Centrale Américaine augmente ses taux directeurs pour contenir l'inflation à 3,7%, contrairement aux demandes de Donald Trump.Malgré une hausse des revenus médians de 2,5% aux États-Unis, le pouvoir d'achat des ménages atteint un plus bas historique en raison de l'inflation et de la hausse des taux immobiliers.Donald Trump menace de suspendre les échanges commerciaux avec l'Europe si le Canada devient membre associé de l'Union Européenne.Sébastien Lecornu prolonge et renforce les aides sur le carburant pour les entreprises et les pêcheurs jusqu'au 31 décembre.Le président libanais Joseph Aoun est reçu à Paris pour mobiliser le soutien international à l'armée libanaise dans le désarmement du Hezbollah.Le député PS Philippe Brun est suspendu par son parti à la veille de la primaire de gauche, accusé de harcèlement et de violences.La NASA découvre le plus gros cratère récent jamais identifié sur la Lune, formé au printemps 2024 par l'impact d'une comète ou d'un astéroïde.Une nouvelle grille d'évaluation du français au baccalauréat et au brevet pénalisera les mauvaises expressions de 2 points pour renforcer la maîtrise de la langue.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le Journal en français facile du lundi 14 septembre 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/D2wc.A
Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU
Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU
En Guinée Conakry, beaucoup sont choqués par la découverte le 24 août, près de Forécariah, d'une fosse commune avec six corps qu'on a retrouvés les mains ligotées et les yeux bandés. S'agit-il d'exécutions extrajudiciaires ? Saura-t-on un jour la vérité ? L'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, contraint à l'exil, préside toujours l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), malgré sa dissolution officielle, en mars dernier, par le régime du président Doumbouya. De passage à Paris, le principal opposant guinéen répond aux questions de RFI. RFI : Vive émotion en Guinée et à l'étranger après la découverte le 24 août près de Forécariah d'une fosse commune où se trouvaient six corps, les mains ligotées et les yeux bandés. Mais cette semaine, la commission défense et sécurité, qui dépend directement de la présidence guinéenne, a promis que toute la lumière serait faite. Est-ce que cela vous rassure ? Cellou Dalein Diallo : Cela ne me rassure pas dans la mesure où il y a eu beaucoup de cas déplorables qui appelaient des enquêtes sérieuses pour identifier les auteurs et commanditaires des crimes. Il y a eu les disparitions forcées. Le procureur a été saisi. La justice a promis de faire la lumière sur ces cas. Jusqu'à présent, on n'a aucune information. Donc aujourd'hui, les disparitions forcées, il y a au moins une douzaine de jeunes, de citoyens portés disparus et jusqu'à présent, on n'a pas de résultats. N'oubliez pas que cette fosse commune a été découverte non loin du camp de Kalia, le camp occupé par les forces spéciales. Donc, qu'est-ce que vous espérez ? Nous avons appelé à conduire des enquêtes, mais déjà les premiers signes sont source d'inquiétude dans la mesure où on a enterré à nouveau les corps sans faire d'autopsie, sans avoir cherché à identifier les corps. Donc il y a vraiment aucun signe d'espoir par rapport à ça. Cellou Dalein Diallo, on entend depuis le mois dernier sur les réseaux sociaux une conversation téléphonique que vous auriez eue avec le magistrat guinéen Algassimou Diallo. Est-ce que vous confirmez avoir échangé avec lui au téléphone ? Je confirme que je n'ai pas échangé avec Algassimou, avec lequel je n'ai aucune relation personnelle. Je pense que le souci est d'inventer un complot. Vous savez, la Guinée est habituée au complot permanent. Et de trouver le moyen peut-être de m'inculper puisqu'ils ont tout essayé avec le dossier Air Guinée qui était un dossier bidon. Ils n'ont pas pu. Maintenant peut-être qu'on va me coller un complot pour pouvoir peut-être obtenir une décision de justice, je ne sais pas. Mais moi je ne connais pas Algassimou. Je connais Algassimou à travers les médias mais je ne le connais pas physiquement et je n'ai pas échangé avec lui. Cellou Dalein Diallo, vous êtes aujourd'hui à la tête d'un parti, l'UFDG, qui a été officiellement dissous. Et aux législatives du 31 mai dernier, aucun député de votre camp n'a pu être élu. Est-ce que dans le paysage politique guinéen, vous n'êtes pas désormais hors jeu ? Mais attendez, ne dites pas élu. On n'avait même pas le droit de présenter de liste puisque le parti était dissous avant. Donc le parti ne pouvait pas présenter de candidat. Et moi-même je suis exclu, je suis radié du fichier électoral. Donc est-ce que le parti, malgré la dissolution, existe ? Bien sûr, il existe. C'est une adhésion à des idées, à des principes, à des convictions. Et n'oubliez pas que la moitié des fédérations sont à l'extérieur. En Guinée, compte tenu du climat de terreur, c'est difficile de critiquer. Nous ne sommes pas d'accord avec la confiscation du pouvoir. Nous ne sommes pas d'accord avec la restriction drastique des libertés publiques. Nous ne sommes pas d'accord avec la violation récurrente et massive des droits de l'homme. Donc le parti existe, c'est une revendication, c'est une aspiration du peuple que nous incarnons. Et à l'étranger, étant donné que la moitié des structures du parti se trouvaient à l'étranger, 60 à 70 % de la diaspora guinéenne milite au sein de l'UFDG. Ça donne une force et ça permet au parti de continuer d'exister et de se battre, en commençant par, bien entendu, dénoncer cette folie liberticide. Alors vous contestez fortement le régime du président Doumbouya, mais depuis que celui-ci est au pouvoir, l'argent arrive en Guinée. Et d'après la CNUCED, c'est-à-dire l'ONU, votre pays est en 2025 celui d'Afrique subsaharienne qui a attiré le plus d'investissements directs étrangers, quelque 8 milliards de dollars grâce notamment au projet des mines de fer de Simandou. Oui, c'est une réalité. Le problème, c'est que ce n'est pas le résultat d'une politique judicieuse. C'est la conjoncture internationale favorisée par une demande forte de nos mines. Ce n'est pas le fait d'une politique particulière d'attraction des investisseurs étrangers. Est-ce que ceci, pour l'instant, contribue à l'amélioration des conditions de vie des Guinéens ? Non. Puisqu'entre temps, la Banque mondiale note que la pauvreté s'est aggravée dans le pays. Entre la Russie et l'Occident, le régime du président Doumbouya refuse de choisir. Il y a deux mois, par exemple, il s'est opposé au débarquement à Conakry d'un lot important de matériels militaires russes à destination du Mali. Est-ce que ce n'est pas de sa part une façon habile de s'attirer les bonnes grâces de la France qui du coup hésite à condamner ses dérives ? Je pense qu'il réussit à ménager les uns et les autres. La France ? Oui, c'est peut-être une des raisons pour lesquelles elle ferme parfois les yeux, ou fait des communiqués plutôt timides par rapport à la condamnation des disparitions forcées. Donc je pense que les dirigeants guinéens essayent de ménager toutes les grandes puissances. Donc vous reconnaissez une certaine habileté diplomatique de la part du régime du président Doumbouya ? Oui, je crois que le régime exploite cet intérêt de toutes les grandes puissances par rapport aux mines. Je pense que la junte a braqué un pays riche en minerai notamment. On parle beaucoup du fer de Simandou, mais notre bauxite aussi est la bauxite qui a la plus grande teneur actuellement en aluminium. Donc il joue, je pense, pour que les gens ferment les yeux et essaient de ménager tout le monde. À lire aussiDissolution des partis en Guinée: l'opposant Cellou Dalein Diallo appelle l'opposition à «l'union sacrée»
Au Liban, l'armée israélienne occupe 600 kilomètres carrés du sud du pays. Malgré un cessez-le-feu en vigueur et des négociations en cours, elle continue de raser des villages entiers, de dynamiter des zones entières, d'avancer sur le territoire libanais, de causer des destructions massives… Et de faire régner la peur, notamment dans les régions qui vivent comme dans des zones occupées. RFI est allé à la rencontre des habitants de Kfarchouba et Halta, au sud-est du Liban, à quelques kilomètres de la frontière avec Israël et la Palestine historique. De notre envoyée spéciale à Kfarchouba et Halta, À Kfarchouba, les habitants disent vivre sous une occupation qui ne dit pas son nom. Une occupation qui se traduit, chaque jour, par des restrictions et une peur permanente. Ferial Abdel Aal, 43 ans, raconte : « On ne sait pas à quel moment Israël peut entrer chez nous, dans nos maisons. Il n'y a aucune sécurité. Premièrement, à cause d'Israël, qui peut entrer dans le village, et deuxièmement, on ne peut pas aller sur nos terres. Ils tirent dès qu'ils voient quelqu'un, les drones sont au-dessus de nos têtes. » La quadragénaire estime que le gouvernement libanais les a abandonnés: « Malheureusement, l'État ne s'occupe absolument pas de nous. Au minimum, qu'il nous envoie une force de l'armée libanaise pour qu'elle soit stationnée à l'entrée du village. Comme ça, nous pourrions, dans une certaine mesure, nous sentir en sécurité. Si Israël venait et voulait entrer, l'armée nous préviendrait. » Pour le maire de KfarChouba, Kassem Kadri, le village est dans une zone grise. « Kfarchouba a souffert de lourdes destructions lors des guerres précédentes. Cette année, la municipalité a dû se plier aux exigences israéliennes pour les éviter. » À Halta, à quelques minutes en voiture de Kfarchouba, Fadi Shebli, 53 ans, dit avoir toujours vécu sous occupation israélienne. L'an dernier, alors qu'il s'occupait de ses abeilles, il a lui aussi été pris pour cible. « J'ai pris une balle juste à côté de moi, ici, et la poussière m'est arrivée dessus. Je me suis levé, complètement hors de moi. Le poste était à environ 500 mètres de moi. Je me suis mis à crier : "Sur quoi tu tires ? Espèce d'animal !" Ma voix a porté jusque-là. Je leur ai crié que j'avais une autorisation et que je voulais savoir sur quoi ils tiraient. Je me suis mis à crier, à les insulter », raconte-t-il. Dans ce sud du Liban, malgré la peur, les destructions et l'absence de garanties sur leur sécurité, les habitants restent. Pour eux, quitter leur terre, serait aussi abandonner ce qui leur reste. À lire aussi«Des gens ne sont pas relâchés»: les habitants du sud du Liban terrorisés par les enlèvements de l'armée israélienne
Le Journal en français facile du mardi 25 août 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CzWs.A
Le Journal en français facile du vendredi 21 août 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CywN.A
Le Journal en français facile du jeudi 20 août 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CylK.A
Le Journal en français facile du vendredi 14 août 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CxqQ.A
Depuis le 9 août, le village palestinien de Qusra, en Cisjordanie occupée, vit sous le blocus de quelques dizaines de colons israéliens qui résistent à l'armée. Alors que plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies illégales au regard du droit international, quel est le profil des plus violents ? Bénéficient-ils d'une forme d'impunité de la part des Forces de défenses israéliennes ? Invité de RFI, Thomas Vescovi est doctorant en science politique à l'EHESS et à l'Université libre de Bruxelles. Il est également membre du comité de rédaction du site Yaani.fr.
« Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s'ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d'amende contre Ras Bath. À l'encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d'appel de Bamako, dont l'accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l'objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d'opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c'est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s'exclame Sahel Horizon. Elle n'est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu'il combattait ; il est jugé aujourd'hui sous un pouvoir militaire qu'il refuse. Il n'a pas changé de position quand la rue a changé d'humeur, et il n'est pas devenu le chantre de l'ordre nouveau quand tant d'autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C'est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l'on peut acheter n'est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d'une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l'autre, l'implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s'incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s'est manifestée trois jours plus tard, à travers l'attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d'emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l'on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d'en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays
« Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s'ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d'amende contre Ras Bath. À l'encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d'appel de Bamako, dont l'accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l'objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d'opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c'est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s'exclame Sahel Horizon. Elle n'est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu'il combattait ; il est jugé aujourd'hui sous un pouvoir militaire qu'il refuse. Il n'a pas changé de position quand la rue a changé d'humeur, et il n'est pas devenu le chantre de l'ordre nouveau quand tant d'autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C'est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l'on peut acheter n'est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d'une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l'autre, l'implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s'incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s'est manifestée trois jours plus tard, à travers l'attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d'emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l'on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d'en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays
Depuis le début du mois de juillet, RFI s'est embarqué à bord de l'Ocean Viking, le bateau de sauvetage affrété par l'ONG française SOS Méditerranée. Patrouillant dans les eaux internationales au large de la Libye, le navire humanitaire a effectué samedi 18 juillet son premier sauvetage de l'été. L'équipage a secouru 38 migrants principalement issus d'Érythrée, du Soudan et de Somalie. Sous un soleil de plomb, sans eau et quasiment à court de carburant, ils voguaient sur une barque de fortune, en fer rouillé, qui menaçait de chavirer à tout moment. Une fois sains et saufs à bord de l'Ocean Viking, ces naufragés de la Méditerranée racontent leur périple, et comment ils en sont venus à prendre autant de risques pour fuir la violence, la torture et la guerre. De notre envoyé spécial à bord, Sur le pont de l'Ocean Viking, les rescapés jouent aux cartes pour tuer le temps. Un peu de légèreté sous une chaleur écrasante. De quoi dissiper un instant les souvenirs du passé. Hadrob, 25 ans, vient d'un petit village en Érythrée. « J'ai fui le service militaire obligatoire. Là-bas, ils te recrutent de force. Tu ne peux plus voir ta famille. Si ta mère meurt, tu ne pourras même pas l'enterrer. À 10 ou 11 ans, tu peux être mobilisé. Femme ou homme, tu n'as pas le choix, ils t'embarquent. De crainte des rafles militaires, tous les jeunes Érythréens vont se cacher dans les montagnes. Pourquoi je devrais rester dans un tel pays ? Alors, j'ai fui au Soudan. » Hadrob se retrouve alors dans un pays ravagé par la guerre. Il gagne sa croûte dans une boulangerie, puis décide de tenter sa chance en Libye. « Au bout de sept jours à Tripoli, une milice, la Brigade 444, a débarqué de nuit dans l'appartement. Ils sont venus avec six véhicules. Ils tiraient en l'air. Ils nous ont menottés et nous ont envoyés en prison dans un grand camp militaire. Dans la prison, il y a plus de 400 personnes. La moitié sont dans un sale état, certains y meurent. À 6 h du matin, on te réveille pour que tu ailles les servir jusqu'à 8 h du soir. » À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: au cœur d'une Méditerranée de plus en plus mortelle « La Libye est un enfer. C'est un enfer, je vous le dis » Travail forcé, racisme, sévices corporels, sexuels et psychologiques sont quotidiens en Libye. Les exilés sont ensuite monnayés comme de la marchandise, raconte Mahmoud, un jeune Soudanais. « Ils exploitent les étrangers. Ils te prennent ton argent, te font miroiter un départ vers l'Europe, mais finalement rien ne se passe. D'autres te prennent ton argent, te font monter dans un bateau et ensuite ils te vendent aux autorités libyennes qui viennent t'intercepter et te ramener en prison. Et pour en sortir, tu dois payer encore. C'est du commerce d'êtres humains ! On te vend ici et on te rachète là. Moi, ça m'est arrivé deux fois. Et à chaque fois, tu dois retrouver un travail, galérer, repartir de zéro. » Comme son compatriote, Hamza, crâne chauve et visage balafré, a vu sa vie pulvérisée par la guerre. D'abord réfugié au Caire, il doit échapper aux rafles menées par les autorités égyptiennes. Une fois en Libye, Hamza est emprisonné et torturé à plusieurs reprises. « J'ai été brisé en Libye. Une année s'est écoulée comme 100 ans. Je n'ai pu regarder personne dans les yeux, ni dire un mot contre l'injustice permanente. Il n'y a pas d'humanité en Libye. Alors quand j'ai pris la mer, je me suis convaincu que si les garde-côtes venaient pour nous intercepter, je me jetterais à l'eau. J'étais prêt à me tuer plutôt que d'être renvoyé là-bas, emprisonné une nouvelle fois. La Libye est un enfer. C'est un enfer, je vous le dis. Ils m'ont détruit. » Fuyant la Somalie, l'Érythrée ou le Soudan en guerre, le calvaire de ces exilés se poursuit dans les pays de transit comme l'Égypte, la Tunisie et la Libye. Bafouant les droits humains, ces régimes autoritaires continuent pourtant de recevoir un soutien croissant des pays européens au nom de la lutte contre l'immigration clandestine. Pour leur sécurité, RFI a préféré garantir l'anonymat des témoins que vous venez d'écouter. Leurs prénoms ont été modifiés. À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: les premières vies sauvées de l'été au large de la Libye
Depuis le début du mois de juillet, RFI s'est embarqué à bord de l'Ocean Viking, le bateau de sauvetage affrété par l'ONG française SOS Méditerranée. Patrouillant dans les eaux internationales au large de la Libye, le navire humanitaire a effectué samedi 18 juillet son premier sauvetage de l'été. L'équipage a secouru 38 migrants principalement issus d'Érythrée, du Soudan et de Somalie. Sous un soleil de plomb, sans eau et quasiment à court de carburant, ils voguaient sur une barque de fortune, en fer rouillé, qui menaçait de chavirer à tout moment. Une fois sains et saufs à bord de l'Ocean Viking, ces naufragés de la Méditerranée racontent leur périple, et comment ils en sont venus à prendre autant de risques pour fuir la violence, la torture et la guerre. De notre envoyé spécial à bord, Sur le pont de l'Ocean Viking, les rescapés jouent aux cartes pour tuer le temps. Un peu de légèreté sous une chaleur écrasante. De quoi dissiper un instant les souvenirs du passé. Hadrob, 25 ans, vient d'un petit village en Érythrée. « J'ai fui le service militaire obligatoire. Là-bas, ils te recrutent de force. Tu ne peux plus voir ta famille. Si ta mère meurt, tu ne pourras même pas l'enterrer. À 10 ou 11 ans, tu peux être mobilisé. Femme ou homme, tu n'as pas le choix, ils t'embarquent. De crainte des rafles militaires, tous les jeunes Érythréens vont se cacher dans les montagnes. Pourquoi je devrais rester dans un tel pays ? Alors, j'ai fui au Soudan. » Hadrob se retrouve alors dans un pays ravagé par la guerre. Il gagne sa croûte dans une boulangerie, puis décide de tenter sa chance en Libye. « Au bout de sept jours à Tripoli, une milice, la Brigade 444, a débarqué de nuit dans l'appartement. Ils sont venus avec six véhicules. Ils tiraient en l'air. Ils nous ont menottés et nous ont envoyés en prison dans un grand camp militaire. Dans la prison, il y a plus de 400 personnes. La moitié sont dans un sale état, certains y meurent. À 6 h du matin, on te réveille pour que tu ailles les servir jusqu'à 8 h du soir. » À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: au cœur d'une Méditerranée de plus en plus mortelle « La Libye est un enfer. C'est un enfer, je vous le dis » Travail forcé, racisme, sévices corporels, sexuels et psychologiques sont quotidiens en Libye. Les exilés sont ensuite monnayés comme de la marchandise, raconte Mahmoud, un jeune Soudanais. « Ils exploitent les étrangers. Ils te prennent ton argent, te font miroiter un départ vers l'Europe, mais finalement rien ne se passe. D'autres te prennent ton argent, te font monter dans un bateau et ensuite ils te vendent aux autorités libyennes qui viennent t'intercepter et te ramener en prison. Et pour en sortir, tu dois payer encore. C'est du commerce d'êtres humains ! On te vend ici et on te rachète là. Moi, ça m'est arrivé deux fois. Et à chaque fois, tu dois retrouver un travail, galérer, repartir de zéro. » Comme son compatriote, Hamza, crâne chauve et visage balafré, a vu sa vie pulvérisée par la guerre. D'abord réfugié au Caire, il doit échapper aux rafles menées par les autorités égyptiennes. Une fois en Libye, Hamza est emprisonné et torturé à plusieurs reprises. « J'ai été brisé en Libye. Une année s'est écoulée comme 100 ans. Je n'ai pu regarder personne dans les yeux, ni dire un mot contre l'injustice permanente. Il n'y a pas d'humanité en Libye. Alors quand j'ai pris la mer, je me suis convaincu que si les garde-côtes venaient pour nous intercepter, je me jetterais à l'eau. J'étais prêt à me tuer plutôt que d'être renvoyé là-bas, emprisonné une nouvelle fois. La Libye est un enfer. C'est un enfer, je vous le dis. Ils m'ont détruit. » Fuyant la Somalie, l'Érythrée ou le Soudan en guerre, le calvaire de ces exilés se poursuit dans les pays de transit comme l'Égypte, la Tunisie et la Libye. Bafouant les droits humains, ces régimes autoritaires continuent pourtant de recevoir un soutien croissant des pays européens au nom de la lutte contre l'immigration clandestine. Pour leur sécurité, RFI a préféré garantir l'anonymat des témoins que vous venez d'écouter. Leurs prénoms ont été modifiés. À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: les premières vies sauvées de l'été au large de la Libye
« Voilà maintenant trois ans que Mohamed Bazoum et son épouse, Hadiza, ne sont pas sortis à l'air libre, constate Le Monde Afrique. Trois ans qu'ils sont enfermés entre quatre murs à Niamey, la capitale du Niger, sans même une promenade quotidienne comme y ont droit les détenus de droit commun. Depuis qu'il a été renversé par le chef de sa propre garde rapprochée, le général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, l'ex-président nigérien est séquestré dans l'enceinte du palais présidentiel. (…) Sous surveillance permanente de gardes armés, précise le journal, le couple est détenu dans un appartement de son ancienne résidence, composé d'une chambre, d'une salle de bains et d'un petit salon, desservis par un couloir de quelques mètres où faire quelques pas. Il a interdiction d'en sortir. Même aérer leur est impossible : toutes les fenêtres ont été verrouillées. Leurs seules visites sont celles de leur médecin personnel, une à deux fois par semaine. (…) Moins de trois semaines après l'avoir renversé, les putschistes avaient accusé Mohamed Bazoum de "complot d'attentat à la sécurité et à l'autorité de l'État" et de "haute trahison", rappelle Le Monde Afrique. (…) La Cour d'État, une nouvelle juridiction créée par la junte, a levé son immunité présidentielle en juin 2024, ouvrant la voie à son éventuel procès. Mais depuis, rien. Mohamed Bazoum n'a jamais été formellement inculpé et ses avocats, dont un lui a rendu une unique visite en 2024, n'ont jamais eu accès au dossier ». Récents signaux positifs ? Alors, au cours de ces trois ans, plusieurs chefs d'État ont tenté d'obtenir la remise en liberté de Mohamed Bazoum : le Français Emmanuel Macron, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Congolais Denis Sassou Nguesso ou encore, l'ancien président béninois Patrice Talon. Le Qatar, le Maroc, l'Algérie ou encore l'Union européenne ont tenté également de jouer les bons offices. Sans résultat… Depuis ces derniers jours, relève encore Le Monde Afrique, « certains proches de Mohamed Bazoum espèrent sa libération. Ils évoquent ainsi de récents "signaux positifs", telles les visites de son grand frère aux autorités nigériennes le mois dernier. "La junte est totalement imprévisible", estime un ancien collaborateur du président détenu. Tout est possible avec ces gens. D'autant plus que le général Tiani est acculé. Il ne tient le pouvoir qu'à Niamey. Tout le reste du pays part en lambeaux. Libérer Bazoum, affirme-t-il encore, pourrait lui permettre de redorer un peu son blason, tant en interne qu'auprès des étrangers" ». « L'arbitraire ne doit pas devenir la norme » Et à l'occasion de ce troisième anniversaire de la détention de Mohamed Bazoum, les tribunes fleurissent dans la presse du continent. Mamadou Kiari Liman-Tinguiri, ancien ambassadeur du Niger aux États-Unis, s'indigne dans les colonnes de Jeune Afrique : « Au Niger, l'arbitraire ne doit pas devenir la norme, écrit-il, et le président Bazoum doit être libéré. (…) De même qu'Hamadou Adamou Souley, l'ancien ministre de l'Intérieur, le journaliste Moussa Tchangari, infatigable défenseur des droits humains, et toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur proximité réelle ou supposée avec l'ancien régime. Nous ne nous tairons pas tant qu'ils ne seront pas libres ». « Le choix de l'apaisement » ? Autre tribune publiée par Ledjely en Guinée : « Libérer Mohamed Bazoum et son épouse ne constituerait pas un aveu de faiblesse, peut-on y lire. Ce serait, au contraire, une démonstration de sagesse politique et une décision de haute portée morale. Rien de ce qui est entrepris dans l'amertume et le bras de fer perpétuel ne résiste à l'épreuve du temps. Faire le choix de l'apaisement en accordant la liberté au couple présidentiel offrirait au Niger l'opportunité de refermer une fracture douloureuse et de renvoyer au monde l'image d'une nation souveraine, sûre de sa force et respectueuse de la dignité humaine ». « À quand la fin de ce calvaire ? », s'interroge enfin le site Financial Afrik. « Il s'avère indispensable, affirme-t-il, de passer des condamnations de principe à des mesures coercitives. L'Union européenne doit faire plus qu'adopter des résolutions. De même que l'Union africaine, dont on peut déplorer l'apathie, voire le silence assumé. Après des protestations timides dans les jours qui avaient suivi le coup d'État, elle semble plutôt avoir privilégié la voie de la normalisation avec la junte au pouvoir. Ses principes, ses valeurs, ses chartes attendront ».
« Voilà maintenant trois ans que Mohamed Bazoum et son épouse, Hadiza, ne sont pas sortis à l'air libre, constate Le Monde Afrique. Trois ans qu'ils sont enfermés entre quatre murs à Niamey, la capitale du Niger, sans même une promenade quotidienne comme y ont droit les détenus de droit commun. Depuis qu'il a été renversé par le chef de sa propre garde rapprochée, le général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, l'ex-président nigérien est séquestré dans l'enceinte du palais présidentiel. (…) Sous surveillance permanente de gardes armés, précise le journal, le couple est détenu dans un appartement de son ancienne résidence, composé d'une chambre, d'une salle de bains et d'un petit salon, desservis par un couloir de quelques mètres où faire quelques pas. Il a interdiction d'en sortir. Même aérer leur est impossible : toutes les fenêtres ont été verrouillées. Leurs seules visites sont celles de leur médecin personnel, une à deux fois par semaine. (…) Moins de trois semaines après l'avoir renversé, les putschistes avaient accusé Mohamed Bazoum de "complot d'attentat à la sécurité et à l'autorité de l'État" et de "haute trahison", rappelle Le Monde Afrique. (…) La Cour d'État, une nouvelle juridiction créée par la junte, a levé son immunité présidentielle en juin 2024, ouvrant la voie à son éventuel procès. Mais depuis, rien. Mohamed Bazoum n'a jamais été formellement inculpé et ses avocats, dont un lui a rendu une unique visite en 2024, n'ont jamais eu accès au dossier ». Récents signaux positifs ? Alors, au cours de ces trois ans, plusieurs chefs d'État ont tenté d'obtenir la remise en liberté de Mohamed Bazoum : le Français Emmanuel Macron, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Congolais Denis Sassou Nguesso ou encore, l'ancien président béninois Patrice Talon. Le Qatar, le Maroc, l'Algérie ou encore l'Union européenne ont tenté également de jouer les bons offices. Sans résultat… Depuis ces derniers jours, relève encore Le Monde Afrique, « certains proches de Mohamed Bazoum espèrent sa libération. Ils évoquent ainsi de récents "signaux positifs", telles les visites de son grand frère aux autorités nigériennes le mois dernier. "La junte est totalement imprévisible", estime un ancien collaborateur du président détenu. Tout est possible avec ces gens. D'autant plus que le général Tiani est acculé. Il ne tient le pouvoir qu'à Niamey. Tout le reste du pays part en lambeaux. Libérer Bazoum, affirme-t-il encore, pourrait lui permettre de redorer un peu son blason, tant en interne qu'auprès des étrangers" ». « L'arbitraire ne doit pas devenir la norme » Et à l'occasion de ce troisième anniversaire de la détention de Mohamed Bazoum, les tribunes fleurissent dans la presse du continent. Mamadou Kiari Liman-Tinguiri, ancien ambassadeur du Niger aux États-Unis, s'indigne dans les colonnes de Jeune Afrique : « Au Niger, l'arbitraire ne doit pas devenir la norme, écrit-il, et le président Bazoum doit être libéré. (…) De même qu'Hamadou Adamou Souley, l'ancien ministre de l'Intérieur, le journaliste Moussa Tchangari, infatigable défenseur des droits humains, et toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur proximité réelle ou supposée avec l'ancien régime. Nous ne nous tairons pas tant qu'ils ne seront pas libres ». « Le choix de l'apaisement » ? Autre tribune publiée par Ledjely en Guinée : « Libérer Mohamed Bazoum et son épouse ne constituerait pas un aveu de faiblesse, peut-on y lire. Ce serait, au contraire, une démonstration de sagesse politique et une décision de haute portée morale. Rien de ce qui est entrepris dans l'amertume et le bras de fer perpétuel ne résiste à l'épreuve du temps. Faire le choix de l'apaisement en accordant la liberté au couple présidentiel offrirait au Niger l'opportunité de refermer une fracture douloureuse et de renvoyer au monde l'image d'une nation souveraine, sûre de sa force et respectueuse de la dignité humaine ». « À quand la fin de ce calvaire ? », s'interroge enfin le site Financial Afrik. « Il s'avère indispensable, affirme-t-il, de passer des condamnations de principe à des mesures coercitives. L'Union européenne doit faire plus qu'adopter des résolutions. De même que l'Union africaine, dont on peut déplorer l'apathie, voire le silence assumé. Après des protestations timides dans les jours qui avaient suivi le coup d'État, elle semble plutôt avoir privilégié la voie de la normalisation avec la junte au pouvoir. Ses principes, ses valeurs, ses chartes attendront ».
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis se sont officiellement retirés de l'Organisation mondiale de la santé et ont brutalement réduit leurs financements destinés à l'USAID, l'agence américaine pour le développement international. Un désengagement qui fragilise de nombreuses ONG internationales, mais aussi les agences humanitaires des Nations unies ou encore la Croix-Rouge, ce qui met en danger plus de 200 millions de personnes directement dépendantes du soutien international. Pierre Micheletti, médecin de formation, président d'honneur d'Action contre la faim et membre du conseil d'administration de SOS Méditerranée, s'alarme de cette situation. Dans son ouvrage Action humanitaire, le crépuscule des dieux, il appelle à refonder le système de l'aide humanitaire. Action humanitaire, le crépuscule des dieux ? de Pierre Micheletti, préface d'Elias Sanbar et Esther Duflot, postface de Nadine Machikou, publié aux éditions Un monde nouveau, 7 mai 2026, 212 pages, 14,90 euros. À lire aussiDr. Pierre Micheletti: régler «les crises» est «la meilleure façon de relancer l'économie mondiale»
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis se sont officiellement retirés de l'Organisation mondiale de la santé et ont brutalement réduit leurs financements destinés à l'USAID, l'agence américaine pour le développement international. Un désengagement qui fragilise de nombreuses ONG internationales, mais aussi les agences humanitaires des Nations unies ou encore la Croix-Rouge, ce qui met en danger plus de 200 millions de personnes directement dépendantes du soutien international. Pierre Micheletti, médecin de formation, président d'honneur d'Action contre la faim et membre du conseil d'administration de SOS Méditerranée, s'alarme de cette situation. Dans son ouvrage Action humanitaire, le crépuscule des dieux, il appelle à refonder le système de l'aide humanitaire. Action humanitaire, le crépuscule des dieux ? de Pierre Micheletti, préface d'Elias Sanbar et Esther Duflot, postface de Nadine Machikou, publié aux éditions Un monde nouveau, 7 mai 2026, 212 pages, 14,90 euros. À lire aussiDr. Pierre Micheletti: régler «les crises» est «la meilleure façon de relancer l'économie mondiale»
Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Et c'est à Kinshasa que je retrouve Pascal Boroto, le lauréat du cinquième prix littéraire « Voix d'Afriques » de RFI et des éditions J.-C. Lattès. Découverte d'un jeune écrivain de 25 ans qui raconte son pays, la République démocratique du Congo, à travers le portrait de sa mère. Une rencontre tout en émotion. Économiste et journaliste, Pascal Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d'équipes de collecte de données du Fonarev. Pour faire entendre les histoires qu'on lui a confiées, il a fondé Les Voix des Oubliés. Le nom de ma mère, primé par le prix « Voix d'Afriques » est son premier roman. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l'absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l'espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu'il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d'un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l'équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès) ILLUSTRATION MUSICALE : Jean-Claude Gianadda Sel de la terre.
Le 9 juillet 2024, en pleine nuit, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, deux des principaux dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), étaient brutalement arrêtés en Guinée. Ils auraient été brutalisés, voire torturés, selon le témoignage de l'un de leurs codétenus désormais libre. Deux ans après, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus. À l'occasion d'une conférence consacrée au sort des deux militants guinéens ce jeudi 9 juillet à Dakar, le défenseur des droits de l'homme sénégalais Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, est le grand invité Afrique de RFI. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : La société civile guinéenne marque ce jeudi 9 juillet les deux ans des disparitions de Mamadou Billo Bah et de Foniké Menguè. Deux ans sans aucune information, deux ans de silence. Comment jugez-vous cette situation ? Alioune Tine : C'est scandaleux. C'est révoltant parce que Billo Bah et Foniké Menguè, c'étaient les leaders de la société civile guinéenne qui ont travaillé avec beaucoup de courage, qui ont permis la démocratie et puis qui ont été enlevés par des personnes. Ils les ont amenés à la gendarmerie de Hamdallaye et puis au palais Mohammed V, et puis dans les îles Fotoba. Et on ne les a plus revus. Il y a un rescapé qui est là à Dakar, que je connais, Mohamed Cissé. C'est le seul survivant de cette histoire. Il est temps de mettre un terme à cette situation, parce que la vie des Guinéens, ça compte. Les familles des disparus estiment que le système judiciaire ne joue pas son rôle. Est-il encore possible d'enquêter en Guinée sur ce cas ? Difficilement. En Guinée, je pense que ce soit les institutions judiciaires, tout est sous contrôle. La seule possibilité aujourd'hui, c'est au niveau africain. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, la Cour de justice de la Cédéao et même les plaintes qui sont déposées en France. Vous venez de le dire, une plainte a été déposée en France par les avocats en juillet 2024, il y a deux ans. Cette procédure, d'après vous, peut-elle aboutir ? Tant que les gens sont au pouvoir, c'est extrêmement difficile. Et maintenant, j'ai l'impression que l'influence que la France avait à l'époque a beaucoup baissé. Donc la France fait vraiment attention quand elle est en Guinée. Et cette situation, elle ne peut pas continuer en Guinée. On ne peut pas développer la Guinée par la peur et par les violations des droits de l'homme. L'organisation Tournons La Page Guinée qui affirme avoir documenté 35 cas de disparitions forcées et 12 cas d'enlèvements arbitraires depuis la prise de pouvoir des militaires en 2021, estime que c'est un retour au régime répressif du temps de Sekou Touré… Maintenant, dès que vous êtes opposant, activiste des droits de l'homme ou même journaliste d'investigation, vous n'avez plus la possibilité de vivre en Guinée. Sois vous êtes obligé d'être dans un exil forcé, c'est le cas de Cellou Dalein Diallo, de Sidya Touré qui étaient les principaux opposants. C'est le cas également de nombreux membres de la société civile guinéenne qui sont dans la sous-région ou en Europe, parce qu'ils ne peuvent plus vivre en Guinée Conakry du fait de leurs idées, du fait de leurs croyances. Ça se fait dans un silence qui est extrêmement inquiétant aujourd'hui, ni l'Union européenne, ni l'Union africaine, ni même les Nations unies, c'est vrai qu'il y a eu des interventions des Nations unies, mais timide. Je pense que la communauté africaine et internationale a besoin de regarder ce qui se passe en Guinée sous le règne du général Doumbouya. Mais on a l'impression qu'on est en train de revivre les pires moments de Sekou Touré. Comment vous expliquez ce silence continental, ce silence international ? Il y a un véritable basculement géopolitique. La chute du mur de Berlin avait permis le développement des droits de l'homme, le développement de la démocratie. Mais maintenant, avec les conflits armés que nous avons en Afrique, puis aussi le fait que les pays occidentaux n'aient pas eu la possibilité, les capacités de mettre un terme à ces conflits... La sous-région, c'est une espèce de proie pour la plupart des puissances impériales de venir chercher les matières premières. Il y a beaucoup de ressources en Guinée. La Guinée est très riche en ressources. Tant que les gens font du business, ça marche et c'est ça. C'est scandaleux. Il est temps aussi de mettre un terme à l'impunité. La Cour pénale internationale est très critiquée sur le continent africain, mais est-ce que vous estimez néanmoins que la CPI doit enquêter sur la situation en Guinée ? C'est vrai que la CPI a été affaiblie par certaines grandes puissances aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier… Trump, les États-Unis… Mais, je pense que la CPI s'était impliquée déjà quand il y a eu les événements du 28 septembre, le stade de Conakry. Aujourd'hui plus que jamais, la CPI doit investiguer en Guinée, se saisir de ce qui se passe en Guinée. Je pense que ce serait franchement une bonne prévention des violations des droits de l'homme. Et puis également lutter contre l'impunité des crimes internationaux comme les disparitions forcées, comme les détentions arbitraires en Guinée Conakry. Pour revenir à Foniké Menguè et à Mamadou Billo Bah, l'inquiétude sur le sort des deux militants grandit chaque jour depuis deux ans. Vous gardez néanmoins espoir de les revoir vivant ? Ecoutez, moi, je garde espoir de les voir vivants. Je connais bien les deux, je connais bien leurs familles. La famille de Billo Bah est venue me voir ici il n'y a pas si longtemps, avec ses enfants. Donc vraiment, nous continuons à garder espoir et continuerons à mettre la pression pour qu'on nous dise ce que sont devenus Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, en 50 ans le droit de l'environnement s'est largement développé : il y a quarante fois plus de lois environnementales. Un droit constitutionnel à un environnement sain a été adopté dans 88 pays, 65 autres ont inscrit la protection de l'environnement dans leur constitution. Plus de 350 cours et tribunaux environnementaux ont été créés dans plus de 50 pays. Plus de 1 100 accords environnementaux internationaux ont été signés. C'est formidable me direz-vous ! Oui… sauf que quand vous voyez l'ampleur des pollutions, la vitesse à laquelle disparaît le Vivant et les conséquences de plus en meurtrières du changement climatique, une question s'impose : est-ce que le droit tel qu'il existe aujourd'hui est à la hauteur pour protéger la vie sur Terre ? Vous connaissez la réponse… A l'heure où les enjeux deviennent existentiels, comment transformer ce droit ? Qu'est-ce qui lui manque pour être réellement efficace ? Nos invités, tous juristes, ont des réponses aiguisées ! Avec Laurent Neyret : professeur de Droit à Sciences Po où il enseigne le droit face à l'urgence écologique) pour son ouvrage « Liberté, dignité, habitabilité : donner au siècle la valeur qui lui manque » Gallimard Marine Calmet: juriste militante, présidente de l'association Wild Legal et porte-parole du collectif Or de question Laurent Fonbaustier : professeur à l'Université Paris-Sud, responsable du master 2 Droit de l'environnement pour son ouvrage La refondation écologique du monde, paru aux Puf Musiques diffusées dans l'émission K.O.G - Dreaming Amanaz - Khala My Friend
durée : 00:12:26 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Fabienne Sintes - Que change l'accord de paix signé hier par Donald Trump pour les Iraniens ? Le soulagement de la fin des combats ? La colère contre le régime ? La crainte d'une répression encore plus dure ? Sepideh Farsi, réalisatrice iranienne, est l'invitée d'un jour dans le monde. - invités : Sepideh Farsi Réalisatrice iranienne Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Alors qu'Israël continue ses frappes sur le Liban, RFI se penche sur la communauté des domestiques vivant sur place. Selon l'ONU, environ 250 000 étrangers constituent le personnel de maison au Liban. En grande majorité des femmes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique. Mais ces personnes travaillent sous le système dit « la kafala » qui les privent de leurs droits les plus élémentaires. Et la guerre lancée par Israël depuis 2024 ne les épargne pas. Julie El Khoury, coordinatrice des programmes de l'ONG Kafa qui leur vient en aide, est la Grande Invitée Afrique. RFI : Tout d'abord, expliquez-nous en quoi consiste le système de la kafala ? Julie El Khoury : La kafala, c'est un système qui régit l'emploi et le séjour des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur employeur. Ca crée une relation de pouvoir qui renforce considérablement les vulnérabilités à l'exploitation et aux abus. On observe de nombreuses pratiques abusives : la confiscation des passeports, la restriction à la liberté de mouvement, l'isolement... Il y a aussi le non-paiement des salaires, de longues heures de travail aussi, et l'absence de la vie privée. Et cela peut, dans plusieurs situations, aboutir à des violences psychologiques, physiques et même sexuelles. C'est pour cette raison que, en tant qu'organisation de défense des droits des femmes et des travailleuses migrantes domestiques, nous considèrons le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne. L'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 va déstabiliser la région, avec le pilonnage de l'armée israélienne d'abord à Gaza, puis au Liban : 4 000 morts et 43 000 logements détruits fin 2024 d'après les autorités libanaises. Comment ces domestiques ont-elles vécu cette guerre ? Les migrantes travailleuses domestiques ont été touchées par les conséquences de la guerre en termes de déplacements forcés. Il y a aussi un nombre de travailleuses qui ont été abandonnées par leurs employeurs dans des zones ciblées par Israël, donc leur situation s'est aggravée en quelques jours. Elles étaient exclues des centres de refuge collectifs et se sont retrouvées à la rue pour quelques nuits. Après ça, les organisations non gouvernementales et des collectifs communautaires se sont organisés pour accueillir ces travailleuses domestiques migrantes déplacées de force de leur région de résidence. Maintenant que les bombardements israéliens ont repris sur le Liban, quelle est leur situation aujourd'hui ? Bien que l'État ait annoncé une décision gouvernementale d'accueillir toutes les personnes dans les refuges, même si elles sont non-libanaises, les domestiques ont toujours connu l'exclusion. Mais encore une fois, des centres collectifs gérés par des ONG ont accueilli un grand nombre de femmes migrantes, certaines ont trouvé refuge dans des logements partagés de type d'hébergement informel, où les conditions ne sont pas du tout adéquates en ce qui concerne la sécurité, l'intimité et aussi l'accès aux services essentiels. Contrairement à 2024, cette fois-ci, nous n'avons pas reçu de rapport sur des travailleuses domestiques migrantes abandonnées par les familles comme en 2024. Comment interviennent les gouvernements des pays dont ces femmes sont originaires ? Il y a des ambassades qui se sont mobilisées rapidement et parmi les ambassades, quelques-unes ont pu ouvrir aussi des centres de refuge et aider dans le processus de rapatriement. Mais ça, c'était surtout en 2024 et 2025, il n'y a pas eu autant d'initiatives en 2026. Ces femmes que vous assistez, que vous racontent-elles de leur état d'esprit, vu le traitement qui leur est réservé ? Nous travaillons avec des femmes leaders communautaires qui ont émergé au sein des travailleuses domestiques migrantes. Et ces femmes en particulier jouent un rôle très essentiel dans l'orientation d'autres femmes vers les services de soutien. Leur courage et leur motivation pour faire ce travail en temps de guerre est extrêmement important. Elles trouvent la force pour résister, pour soutenir et être en solidarité avec d'autres femmes de toutes nationalités, incluant les femmes libanaises et les personnes déplacées de force libanaises, pas seulement la communauté migrante. Bien sûr qu'elles souffrent d'un malaise psychologique de stress, comme toute la population au Liban, mais en même temps, elles savent bien comment être en solidarité pour dépasser cette période de crise et rester fortes et disponibles pour aider les autres.
Dans cet épisode, Godefroy Laurendeau nous fait découvrir le travail de Francis Lepage, urbaniste de formation et auteur d'un ouvrage incroyablement pertinent: Regards sur la ville, comprendre les enjeux urbains contemporains. Pour sa dernière chronique de la saison, Philippe de Grosbois décortique le discours entourant les « oubliés » du système économique et débusque ce qui se cache derrière. Et on clôt l'épisode avec Laurence Guénette qui vient nous présenter le dernier numéro de Droits et libertés. En bonus à la fin fin fin, un extrait prémonitoire de 1977 du grand Yvon Deschamps !
L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village. De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair, Dans l'école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l'école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… » Ce chemin, c'est celui qui mène du village palestinien d'Umm al-Khair jusqu'à l'école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. » Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. » À lire aussiColons israéliens: ce que l'on sait des nouvelles sanctions européennes et de leur véritable portée « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés » Aujourd'hui, les villageois palestiniens s'organisent. Tareq, professeur d'anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J'emmène les élèves le matin à l'école en allant travailler. » L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd'hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. » Pendant l'entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l'autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu'on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. » Pas d'incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c'est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police… À lire aussiCisjordanie occupée: les colons israéliens «n'agissent pas seuls et sont protégés par l'armée israélienne»
En ce moment, Xi Jinping se place au centre du jeu diplomatique mondial en pleine guerre en Ukraine. Le dirigeant suprême de la Chine se pose en acteur responsable et stable sur la scène internationale et on ne parle plus dans les médias du système politique chinois, qui repose sur la surveillance et un système d'enfermement très diversifié qui étouffe la société civile. En cette année 2026, qui marque les 60 ans du déclenchement de la Révolution culturelle par Mao Zedong, l'ouvrage du sinologue Jean-Philippe Béja - directeur de recherche émérite au CNRS/CERI - tombe à pic : Surveiller et punir en Chine, Laogai et technosurveillance de 1946 à nos jours, paru aux éditions de La Découverte. À lire aussiCensure numérique: la Chine expérimente un modèle régionalisé
La prison politique n'a jamais été un monde neutre. Elle est traversée de rapports de genre et c'est précisément ce que met au jour Irène Gimenez dans Prisonnières politiques en Espagne. Fin et sortie de dictature, publié aux éditions du CNRS. Son livre s'attarde sur une génération née dans l'ombre de la guerre d'Espagne, politisée dans la fièvre des années 1968 et passée par les geôles du franquisme finissant. C'est une enquête dense, charpentée, nourrie de récits rares. On y entre par le quotidien carcéral – ses routines, ses humiliations, ses violences – jusqu'aux formes de torture. Mais ce qui affleure surtout, c'est autre chose : des pratiques d'auto-organisation, des chaînes de solidarité, des amitiés politiques qui tiennent debout quand tout vacille. Une contre-histoire de la prison, racontée depuis celles qui l'ont traversée. En creux, c'est aussi une lecture de la transition démocratique espagnole qui se dessine… car derrière la sortie officielle de la dictature, certaines logiques – notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste – prolongent des structures héritées de la dictature. À lire aussiEspagne: une victime du régime franquiste entendue par un juge pour la première fois
Au Tchad, voilà un an que l'opposant Succès Masra est en prison. À la suite de son arrestation, l'ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison pour avoir diffusé en 2023 un message qui, selon le tribunal, aurait provoqué, deux ans plus tard, de graves violences intercommunautaires dans le sud du Tchad. À la tête de son parti les Transformateurs, Succès Masra est arrivé officiellement deuxième à la présidentielle de 2024, avec 18% des voix. Depuis un an, de nombreuses voix s'expriment en sa faveur. Parmi elles, il y a sa sœur, Chancelle Masra, qui vit en France. À lire aussiCondamnation de huit opposants au Tchad: «Le système en place souhaite qu'on ferme la bouche», assure leur coalition
« Citoyenneté en action » : c'est autour de ce thème que le Club RFI Ouaké a célébré ses 10 ans d'existence. Une célébration riche en couleurs, qui a réuni des associations de jeunes, des sages et les autorités communales. Au cœur de l'événement : des échanges et des communications centrés sur la promotion de l'éducation, de la citoyenneté et des droits humains. Avec la participation de : Taoffic Tassou, président du Club RFI Ouaké, Déo Gracias Bossou (reportage). Le cousin/invité du club : Djaffo Awali, président de l'organe consultatif de la jeunesse de la commune de Ouaké. Portrait d'Avenir : Soulemane Iza, étudiant en Lettres modernes. Proverbe : « Seul on va vite, mais ensemble on va loin ». Musique : Ma culture, DJ AZ 1er. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva
Plus de 1.600 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti au cours des trois premiers mois de 2026, soit dans des violences perpétrées directement par les gangs, soit dans des opérations de sécurité menées contre les gangs, selon un nouveau rapport des Nations Unies.Si les autorités ont réussi à limiter l'expansion territoriale des gangs dans certaines zones de Port-au-Prince, les violences continuent de s'étendre dans plusieurs régions du pays, notamment dans l'Artibonite et le Centre. Meurtres ciblés, violences sexuelles, enlèvements et attaques coordonnées contre des populations civiles restent fréquents.Dans cet extrait sonore accordé à ONU Info, le porte-parole du BINUH, Mathias Gillmann, revient sur la situation sécuritaire et les violations des droits humains en Haïti, ainsi que sur les appels des Nations Unies à renforcer les pôles judiciaires spécialisés, prévenir le trafic d'armes et garantir le respect des droits humains lors des opérations de sécurité.(Extrait sonore : Mathias Gillmann, porte-parole du BINUH; propos recueillis par Cristina Silveiro)
En septembre 2022 en Iran éclatait le mouvement de révolte Femme Vie Liberté contre le régime de la République islamique. Dans la bande dessinée Une voix pour la liberté – Toomaj Salehi, un rappeur iranien en résistance, parue chez Delcourt, la Franco-Iranienne Bahareh Akrami retrace le parcours de l'une des figures du mouvement, le rappeur Toomaj Salehi. Alors que l'Iran vient de traverser un nouveau mouvement de protestation historique, dont la répression a fait des milliers de morts, un mouvement suivi de l'agression américano-israélienne censée renverser le régime, l'autrice continue de lutter pour faire entendre la voix de ses concitoyens. À écouter dans Légendes UrbainesÉmission spéciale sur Toomaj Salehi
En Ukraine, suite au vote d'une loi de réforme du Code civil, des rassemblements de la société civile ont lieu à travers tout le pays. Si le gouvernement et Ruslan Stefanchuk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien, présentent ce projet comme nécessaire, une partie de la population y voit plutôt un retour en arrière et la menace de discriminations, entre autres. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Ils sont quelques centaines à s'être réunis à Kharkiv et scandent : « Le pouvoir en Ukraine, c'est le peuple ». Ces civils protestent contre la loi 15150. Elle a été adoptée en première lecture le 28 avril dernier, avec 254 voix « pour ». Pour entrer en vigueur, elle doit encore passer en deuxième lecture puis par une procédure finale. Cette loi doit réformer le Code civil, sauf que plusieurs de ses articles font débat : ils touchent aux libertés individuelles et aux droits de chacun. « Il s'agit d'une tentative de donner l'illusion de l'action alors qu'en réalité, nous n'avançons pas, fustige Yulia, une étudiante en droit. Certaines restrictions entérinent les anciens concepts et normes juridiques absolus, discriminatoires et rétrogrades, ou, au contraire, aggravent la situation. » Catalyseur des inquiétudes, l'insertion dans la loi du concept de « bonne moralité », un terme vague qui permettrait aux juges de légiférer sur des questions familiales ou personnelles selon leur propre définition de ce qui est moral et de ce qui ne l'est pas, ainsi que le concept de réconciliation, préconisé avant de prononcer un divorce. « Qui sait, si, par exemple, il y a eu des violences conjugales et qu'ils sont forcés de se réconcilier, est-ce que ce sera normal ?, interroge Anastasia, une étudiante préoccupée par cette mesure. D'un point de vue psychologique, est-ce normal ? En général, je ne le pense pas. » Dans ce concept de « bonne moralité », se glisse celui que le couple ne peut qu'être composé d'un homme et d'une femme, entérinant la discrimination pour toute la communauté LGBTQ+. « Je ne comprends tout simplement pas pourquoi mes amis, deux hommes, qui sont ensemble depuis huit ans, ne peuvent pas se marier, dénonce Nadya, une artiste. Ou bien mes deux copines, en couple, qui n'ont pas le droit de se rendre visite si l'une d'elles est hospitalisée… » À lire aussiUkraine: la société civile se soulève contre la criminalisation des soldats Un texte qui détériore les droits humains Si la loi a été adoptée en première lecture par 254 députés, deux s'y sont opposés, dont Inna Sovsun, du parti d'opposition Holos. Pour elle, ce vote tient à une méconnaissance du texte proposé et il menace l'avenir européen de l'Ukraine : « C'est devenu un scandale pour la population ainsi que pour nos partenaires, en particulier l'Union européenne, parce que, de manière générale, ce texte n'améliore pas la situation des droits humains et, dans certains cas, l'aggrave même, souligne la députée. Et, évidemment, ce texte va à l'encontre des engagements pris par l'Ukraine dans le cadre du processus d'intégration à l'Union européenne. L'Ukraine doit respecter ces engagements, et ce projet s'en écarte clairement. C'est donc inacceptable. » Face au mécontentement populaire, les parlementaires ne peuvent que déposer des amendements à la loi 15150. De son côté, malgré la guerre et les bombardements, la société civile ukrainienne continuera de se mobiliser pour ces droits ces prochains jours – signe d'une démocratie en pleine action. À lire aussiUkraine: le gouvernement alerte sur la situation humanitaire désastreuse à Kherson
Le Journal en français facile du lundi 4 mai 2026, 18 h 00 à Paris. Comprendre deux extraits du journal avec : un exercice A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! un exercice B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page ► EXERCICES exercice niveau A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! exercice niveau B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CfgP.A
La surpopulation carcérale devient-elle une norme dans certains pays européens ? Le Comité du Conseil de l'Europe pour la prévention de la torture (CPT), qui présentait son rapport annuel il y a quelques semaines, pose la question. En avril, la France a battu un nouveau record du nombre de personnes incarcérées (+6,3% de détenus sur un an, pour +1,6 % de places supplémentaires). Outre l'Hexagone, figurent parmi les pays les plus problématiques : Chypre, l'Irlande et la Belgique. Dans ce contexte, à Bruxelles, l'Association 9m² fait visiter une ancienne prison fermée seulement depuis novembre 2022 : la prison de Forest. Notre correspondant sur place a suivi la visite de l'ancienne prison de Forest en compagnie d'un groupe d'étudiants en communication. Le but de cette visite : sensibiliser par la pédagogie les citoyens à la réalité de l'enfermement et au quotidien des détenus, dans une prison extrêmement vétuste qui a longtemps été l'un des symboles d'une surpopulation carcérale très forte dans le pays. Avec l'association 9m² – la taille d'une cellule –, le lieu devient ainsi un centre de rencontre et de débat sur la privation de liberté. Aujourd'hui en Belgique, faute de lits disponibles, 663 prisonniers dorment sur des matelas au sol, d'après l'administration pénitentiaire. Le reportage de Jean-Jacques Héry, correspondant à Bruxelles, est à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe ce 5 mai à 19h40 Temps universel. À lire aussi«Ça bout»: en colère, les agents pénitentiaires français bloquent les prisons pour demander plus de moyens
En 2009, la Commission vérité et réconciliation, instaurée après la guerre civile qui a déchiré le Liberia entre 1989 et 2003, avait recommandé l'organisation d'un grand procès pour juger les criminels de guerre. Depuis, peu de choses ont été faites en ce sens. De notre envoyé spécial à Monrovia, Si l'ancien président Charles Taylor a été jugé et condamné par un tribunal international, c'était à La Haye et pour ses crimes commis en Sierra Leone. D'autres chefs de guerre ont été condamnés à l'étranger, mais aucun à Monrovia. Le président Joseph Boakai, arrivé au pouvoir en 2024, avait fait de la justice l'une de ses promesses phares, mais les défenseurs des droits humains attendent toujours, avec impatience, de voir des procès se tenir dans le pays. Dans son bureau de la banlieue de Monrovia, Adama Dempster prépare une réunion de partage d'expérience avec des Éthiopiens en visite au Liberia. Eux aussi se battent pour la justice dans leur pays. À la tête d'une fédération d'organisations de défense des droits humains, Adama Dempster était optimiste quand le président Joseph Boakai a signé en 2024 un executive order pour mettre en place un tribunal sur les crimes de guerre : « J'étais là quand le président Boakai a signé l'executive order, j'étais dans la salle, juste à côté du président. Ça a marqué un tournant dans ce long combat pour la justice, souligne-t-il. Malheureusement, ce processus aurait dû être très rapide mais cela fait déjà deux ans et peu de choses ont avancé. Et la dynamique en faveur de la création de ce tribunal est en train de ralentir. Cela compromet notre quête de justice puisque, pendant ce temps-là, des criminels présumés, des victimes ou des témoins disparaissent. » À lire aussiGuerre civile au Liberia: «Il n'y a pas un groupe ethnique qui a échappé au massacre» Les procès à l'étranger, un « pas vers la justice » L'un des principaux chefs de guerre, Prince Johnson, est mort en 2024, sans jamais avoir été inquiété. Pour l'instant, les défenseurs des droits humains doivent se contenter des procès des criminels de guerre qui se sont réfugiés à l'étranger. Comme Kunti Kamara, l'un des chefs de l'Ulimo, récemment condamné par la justice française au nom de la compétence universelle pour les crimes les plus graves. « C'est très bien qu'il y ait des procès à l'étranger, c'est un pas vers la justice. Ça devrait certes être à la justice libérienne de faire cela, mais tant mieux si d'autres pays le font. Ces gens ont fui le pays, ils ont changé de noms, ils ont menti à leurs pays d'accueil, tant mieux si la justice les rattrape, approuve Peterson Sonyah, qui dirige la plus grande association de victimes de la guerre, la Liberia Massacre and Survivors Association. Martina Johnson, une proche de Charles Taylor, va bientôt être jugée [en Belgique]. Nous applaudissons tous les pays qui poursuivent ces gens, parce que nos gouvernements ont pris trop de retard. » À écouter dans L'Invité d'Afrique midiCrimes des guerres civiles au Liberia: «Si on tarde trop, il n'y aura bientôt plus personne à juger» Mettre fin au « régime de l'impunité » Frances Greaves se félicite aussi de ces procès à l'étranger. Mais pour celle qui fut membre d'un groupe de femmes, Women of Liberia Mass Action for Peace, qui a joué un rôle décisif pour mettre fin à la guerre, la justice doit passer par Monrovia : « Ceux qui connaissent l'histoire du Liberia savent que l'impunité fait partie du quotidien. On appelle à la mise en place de ce tribunal pour mettre fin à cette impunité, pour que les gens soient tenus responsables de leurs actions, martèle-t-elle. Et avoir les procès ici au Liberia aurait un deuxième avantage. La population est largement illettrée. Si les procès ont lieu ici, ils pourront être diffusés à la télé ou à la radio, et c'est très important. Si cela ne se concrétise pas, cela enverra un très mauvais signal pour les générations futures. Ce sera encore le régime de l'impunité. » Pour l'instant, la commission chargée de la mise en place du tribunal continue son travail. Les premiers procès sont espérés pour fin 2027. À écouter dans L'Invité d'Afrique midLes excuses du président libérien au nom de l'État pour la guerre civile «sont bienvenues mais tardives»
Le Journal en français facile du vendredi 24 avril 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CdzO.A
Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d'or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant. De notre correspondante à Ankara, Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir. À lire aussiBerlinale: le festival teinté de polémiques s'achève avec l'Ours d'or pour «Yellow Letters» d'Ilker Catak « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre » Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots. « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il. À lire aussiLe réalisateur allemand Ilker Çatak en un mot, un geste et un silence Aucune décision de justice ne fera justice Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. » Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers. Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance. À lire aussiEntretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d'or 2026
Le Journal en français facile du vendredi 17 avril 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/Cckg.A
La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s'inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire. Reportage de notre correspondante à Ramallah, Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. » Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam. Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. » Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. » Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. » Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers. À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes
Le Journal en français facile du mercredi 15 avril 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CcLM.A
Depuis le début de la guerre au Soudan, le Tchad a accueilli 1,3 million de réfugiés, parmi eux plus de 90% sont des femmes et des enfants. Ce conflit se caractérise par un extraordinaire niveau de violation des droits de l'homme, c'est la plus grande crise humanitaire de la planète selon l'ONU. Les récits de la guerre et des violences systémiques existent mais les regards sont moins souvent tournés vers les populations civiles qui arrivent dans les camps de réfugiés au Tchad dans un dénuement presque total et qui tentent de survivre. Dans un contexte de gel des financements américains et à l'approche des trois ans du conflit au Soudan, le Tchad fait face à de véritables défis socio-économiques pour apporter une réponse humanitaire aux réfugiés. Alors comment s'organise la vie dans les camps ? Dans une zone refuge, quelle économie informelle existe pour permettre aux réfugiés de travailler ? Quel accès à l'éducation est possible pour éviter une génération sacrifiée, et comment permettre aux enfants de trouver des espaces de paix et de cohésion ? L'arrivée massive et continue de réfugiés exerce une pression importante sur les communautés locales, elles-mêmes en grande précarité, et sur les ressources naturelles déjà limitées comme l'eau, le bois de chauffe et les terres arables. Alors quelle cohabitation est possible avec les populations tchadiennes ? Finalement, comment construire le dialogue et l'espoir pour ces réfugiés en exil dans ce contexte ? Reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé en février 2026 dans les camps de réfugiés d'Adré et de Farchana, dans la province du Ouaddaï qui accueille le plus grand nombre de populations exilées. En partenariat avec le Fonds Muskoka Programmation musicale : ► Sudani - Alsarah and The Nubatones.
Ce jeudi paraît un rapport de près de 300 pages, issu de deux ans d'enquête auprès des victimes civiles du Burkina Faso. L'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a recueilli des centaines de témoignages de Burkinabè ayant subi entre 2023 et 2025 des attaques terroristes du Jnim, mais aussi la répression des forces armées burkinabè. Répression, notamment, contre la communauté peule. Les 57 incidents documentés par l'ONG illustrent la crise profonde et violente que traverse ce pays, sous la coupe d'une junte militaire qui n'arrive pas à endiguer la vague jihadiste. Une junte qui réprime violemment les supposés complices des terroristes. Avec ce rapport, qui recense 1 800 victimes civiles en deux ans, l'ONG espère une réaction de la communauté internationale, et un début de judiciarisation de ce qu'elle qualifie de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité ». Ilaria Allegrozzi, co-autrice de ce rapport, est la grande invitée Afrique Matin de RFI. RFI : « Personne ne pourra s'échapper », c'est le titre de votre rapport sur les crimes commis au Burkina Faso entre 2023 et 2025. « Personne ne pourra s'échapper », qui dit cela exactement ? Avant de vous dire qui dit ça, je reviens sur le titre qui est assez évocateur dans le sens où vraiment ça renvoie à une image symbolique de la guerre et pourtant réelle où personne n'est à l'abri, où les populations civiles sont piégées entre des violences avec des abus venant de tous les côtés. Maintenant, qui dit « Personne ne pourra s'échapper » ? C'est le président du Burkina Faso lui-même qui, pendant une réunion avec les chefs peuls en février 2023, avait dit que l'épicentre du terrorisme se situait au sein des communautés peuls et avait, de façon directe, menacé de tuer les peuls qui collaborent avec les groupes armés jihadistes. Ils les ont alors ciblés dans des massacres, les ont forcés à quitter leurs terres. Et ce schéma d'abus envers la communauté peule constitue une forme de nettoyage ethnique, d'après nous. Vous avez donc enquêté sur une période 2023-2025 avec un recensement de 57 attaques contre des civils. Quid de la difficulté d'enquêter dans un pays où la terreur règne, notamment la terreur de parler ? Oui, vous avez raison. En fait, les pertes civiles dans les conflits qui frappent le Burkina Faso ne sont pas connues parce qu'il n'y a pas de mécanisme pour recenser les victimes. Et beaucoup d'incidents passent inaperçus. Aussi à cause du climat de peur, de terreur et de répression instauré par cette junte militaire qui a muselé la dissidence, l'opposition, les médias, cela a empêché la circulation des informations sur la situation sécuritaire. J'ajoute également que la propagande gouvernementale, mais la propagande aussi du Jnim empêchent d'avoir vraiment une vision claire de ce qui se passe au Burkina Faso, y compris de documenter les incidents. Au moins 10 000 morts civils recensés par l'ONG Acled depuis 2016 ou même 1 800 morts recensés dans votre rapport : ce sont des chiffres qui sont très certainement en-deçà de la réalité, mais qui sont éloquents… Oui, justement, 10 600 morts selon Acled depuis 2016. De notre côté, 57 incidents documentés ont engendré la mort de 1 800 civils, dont 1 200 tués par les forces de sécurité et les VDP [Volontaires pour la défense de la patrie, supplétifs civils des forces de sécurité, NDLR]. Qu'est-ce que ça veut dire ? Cela reflète trois réalités. La première, on n'a pas été en mesure de documenter tous les incidents, la deuxième c'est que les forces de sécurité et leurs supplétifs VDP semblent être plus violents que le Jnim. Et troisièmement, ça pourrait aussi être une tendance régionale dans le sens où même au Mali, l'année passée, Acled avait souligné que les forces de sécurité avaient tué plus de civils que le Jnim. Ces 57 cas que vous documentez dans votre rapport, 57 attaques, aucune n'a fait l'objet d'enquêtes et encore moins de condamnations de la part des autorités burkinabè. Qu'est-ce que cela signifie ? Ça veut dire qu'en fait, il y a un double discours entre « on va faire des enquêtes » - c'est ce que disait pour un certain nombre de cas les autorités burkinabè et le président Traoré - et le fait qu'on ne voit jamais d'instruction et encore moins de procès dans ces exactions contre des civils ? Au Burkina Faso, on est dans un contexte d'impunité généralisée grandissante, où aucun membre des forces de sécurité burkinabè n'a fait l'objet de poursuites, ni amené devant les tribunaux pour des présumés violations des droits humains commises dans le cadre des opérations de contre-terrorisme. Donc, vous voyez que les voies de recours pour les victimes au niveau national sont très limitées. Les enquêtes encore plus. Et aussi, au niveau régional, les voies de recours pour les victimes deviennent de plus en plus limitées et restreintes, parce que le Burkina a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et, par conséquent, a privé ses citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice de la Cédéao. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que la communauté internationale se désintéresse, ou en tout cas détourne son regard, de ce qui se passe au Burkina Faso ? Bien sûr. La crise au Burkina Faso est complètement passée sous silence. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a d'intérêt, il n'y a pas d'enjeux ? Je pense qu'après le coup d'État militaire de 2022, les partenaires internationaux du Burkina Faso se sont complètement désengagés et au lieu de trouver des voies de sortie ou des dialogues avec les autorités militaires, ont préféré laisser le Burkina Faso à son sort et n'ont pas porté l'attention nécessaire à cette crise. C'est inquiétant ? C'est très inquiétant ! Mais je pense qu'avec une couverture médiatique plus importante, une mobilisation des victimes avec des plaintes des ONG, il est possible d'obtenir des résultats, notamment pousser le Procureur de la Cour pénale à agir et à ouvrir un examen préliminaire sur les crimes commis par tous les camps. ► Rapport sur les Crimes contre l'humanité commis par tous les camps au Burkina Faso
Le Journal en français facile du mercredi 25 mars 2026, 17 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CYmp.A
Le Journal en français facile du mercredi 18 mars 2026, 17 h 00 à Paris. Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau A2 | Moyen-Orient, France, Afrique : les titres du 18 mars 2026 Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CXW0.A
Le procès de Sabri Essid, jihadiste français présumé mort en Syrie, s'est ouvert à Paris ce lundi 16 mars pour génocide et crime contre l'humanité, commis contre la communauté yézidie. Un premier procès pour « génocide » qui ouvre la voie, en France, à la reconnaissance des crimes subis par cette petite communauté irakienne principalement rassemblée dans le nord-est du pays, et ce, douze ans après l'opération lancée par l'État islamique au Sinjar en août 2014. Des victimes irakiennes témoignent dans ce procès en France, mais en Irak, la communauté yézidie réclame toujours justice. En janvier, Bagdad a accueilli 5 704 prisonniers soupçonnés d'appartenance à l'État islamique et détenus jusqu'alors en Syrie. Les autorités se sont engagées à les juger. Mais entre méfiance et peur, la communauté yézidie doute que ce soit une réelle nouvelle occasion de voir ses bourreaux jugés pour les crimes qu'ils ont commis. Reportage auprès de la communauté yézidie en Irak. Au Kurdistan irakien, c'est dans un village à l'écart de la ville de Dohouk, que vit Weedad. En 2014, tous ses proches, son mari et trois de ses quatre enfants ont été tués par les combattants de l'État islamique au Sinjar. À 52 ans, elle peine à se déplacer, résultat des sévices que cette femme yézidie a subi au cours de sa captivité aux mains de Daech. « Mon fils et moi, on a essayé de s'enfuir trois fois, mais ils nous ont rattrapé. Ils m'ont tout fait subir. Ils m'ont électrocutée, mon dos souffre encore des séquelles des câbles électriques », dit-elle. Réduite en esclavage pendant trois ans, elle a été vendue plus de vingt fois à différents combattants. « Ils faisaient commerce de nous. Sur Facebook, ils postaient l'âge, le nombre d'enfant qu'une femme avait, ils décrivaient sa beauté, son apparence, tout. Et quelqu'un arrivait pour la récupérer », explique-t-elle. « Je veux les voir réduits en pièces devant nous » La violence qu'elle a subie la ronge. Quand elle a appris que 5 700 détenus soupçonnés d'appartenance à l'État islamique ont été transférés de Syrie en Irak pour être jugés, où ils risquent la peine de mort; cela n'a fait qu'alimenter sa colère. Car c'est un tout autre châtiment qu'elle attend. « La peur ne nous quitte jamais. Je veux que ceux qui ont commis ces crimes contre nous, devant nous, je veux les voir réduits en pièces devant nous. Je ne veux pas qu'ils soient juste exécutés simplement ». « Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue » Pour être entourée, elle se rend régulièrement dans les bureaux de Yazda. Cette ONG internationale défend les droits de la communauté yézidie. En Irak, elle milite pour faire changer la législation. Car en 2019, les membres présumés de l'État islamique ont été jugés selon l'article 4 de la loi antiterroriste, et condamné à mort ou à perpétuité pour leur affiliation à l'organisation terroriste. « Si vous les poursuivez en vertu de l'article 4, vous ne montrez pas toute la réalité », explique Riadh Khairi, directeur de Yazda en Irak. « Mais s'il existe une loi condamnant le génocide, alors toute la vérité peut être faite. Ils n'ont pas été seulement les victimes du terrorisme. Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue, alors s'il n'y a pas de procès basés sur les véritables crimes commis, cette peur restera », ajoute-t-il. À Bagdad, le centre national pour la coopération judiciaire internationale assure que les preuves du génocide seront incluses dans les actes d'accusation, même sans loi spécifique disponible. « Ils seront jugés pour leur affiliation à une organisation terroriste mais aussi pour les crimes qu'ils ont commis alors qu'ils étaient membres de l'État islamique », indique Ali Dhia, directeur adjoint du centre national pour la coopération judiciaire internationale. Les premiers procès de ces détenus ne devraient pas s'ouvrir avant au moins un an. Dix ans après la chute de l'État islamique en Irak. À lire aussi«Il fallait garder des traces, pour ancrer ce génocide des Yézidis dans l'histoire»
Le Journal en français facile du mercredi 11 mars 2026, 17 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CWBq.A
Le Journal en français facile du vendredi 6 mars 2026, 17 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CVHL.A