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Nouvel épisode de cette série qui propose un grand entretien avec un.e auteur.e dans son pays natal. Et c'est à Kinshasa que je retrouve Pascal Boroto, le lauréat du cinquième prix littéraire « Voix d'Afriques » de RFI et des éditions J.-C. Lattès. Découverte d'un jeune écrivain de 25 ans qui raconte son pays, la République démocratique du Congo, à travers le portrait de sa mère. Une rencontre tout en émotion. Économiste et journaliste, Pascal Boroto est originaire du Kivu, en RDC. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d'équipes de collecte de données du Fonarev. Pour faire entendre les histoires qu'on lui a confiées, il a fondé Les Voix des Oubliés. Le nom de ma mère, primé par le prix « Voix d'Afriques » est son premier roman. « Mon écriture est un pont, une main tendue, qui prend sa source dans cette tension-là, celle qui existe entre la vie et la disparition, entre l'absolution et la dénonciation, entre la présence et le manque. Au fond, elle naît de l'espace qui me sépare et me relie à ma mère et à ma terre. » Solange Lusiku est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu'il est encore lycéen, Solange meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d'un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, il intègre l'équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. (Présentation des éditions J.-C. Lattès) ILLUSTRATION MUSICALE : Jean-Claude Gianadda Sel de la terre.
Selon l'agence Reuters, au moins cinquante personnes originaires de plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, dont des femmes et des enfants, sont portées disparues en mer après le naufrage de leur embarcation en bois le 14 juillet au large de la Libye. Seulement une dizaine de passagers de cette traversée ont pu être secourus. Cet énième drame migratoire est un exemple de plus des dangers que comportent ces voyages vers l'Europe. Une thématique qui est abordée par l'Union européenne sous un prisme largement sécuritaire. Entretien avec Tania Racho, membre de l'association Désinfox-Migrations, docteure en droit européen, chercheuse associée à l'Institut d'études de droit public de Paris-Saclay et à l'Institut Convergences Migrations. Retrouvez les chiffres et idées reçues sur la migration sur le site de Désinfox-Migrations. À lire aussiSOS Méditerranée: 10 ans d'opérations de sauvetage de migrants et des milliers de vies sauvées
Le 9 juillet 2024, en pleine nuit, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, deux des principaux dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), étaient brutalement arrêtés en Guinée. Ils auraient été brutalisés, voire torturés, selon le témoignage de l'un de leurs codétenus désormais libre. Deux ans après, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus. À l'occasion d'une conférence consacrée au sort des deux militants guinéens ce jeudi 9 juillet à Dakar, le défenseur des droits de l'homme sénégalais Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, est le grand invité Afrique de RFI. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : La société civile guinéenne marque ce jeudi 9 juillet les deux ans des disparitions de Mamadou Billo Bah et de Foniké Menguè. Deux ans sans aucune information, deux ans de silence. Comment jugez-vous cette situation ? Alioune Tine : C'est scandaleux. C'est révoltant parce que Billo Bah et Foniké Menguè, c'étaient les leaders de la société civile guinéenne qui ont travaillé avec beaucoup de courage, qui ont permis la démocratie et puis qui ont été enlevés par des personnes. Ils les ont amenés à la gendarmerie de Hamdallaye et puis au palais Mohammed V, et puis dans les îles Fotoba. Et on ne les a plus revus. Il y a un rescapé qui est là à Dakar, que je connais, Mohamed Cissé. C'est le seul survivant de cette histoire. Il est temps de mettre un terme à cette situation, parce que la vie des Guinéens, ça compte. Les familles des disparus estiment que le système judiciaire ne joue pas son rôle. Est-il encore possible d'enquêter en Guinée sur ce cas ? Difficilement. En Guinée, je pense que ce soit les institutions judiciaires, tout est sous contrôle. La seule possibilité aujourd'hui, c'est au niveau africain. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, la Cour de justice de la Cédéao et même les plaintes qui sont déposées en France. Vous venez de le dire, une plainte a été déposée en France par les avocats en juillet 2024, il y a deux ans. Cette procédure, d'après vous, peut-elle aboutir ? Tant que les gens sont au pouvoir, c'est extrêmement difficile. Et maintenant, j'ai l'impression que l'influence que la France avait à l'époque a beaucoup baissé. Donc la France fait vraiment attention quand elle est en Guinée. Et cette situation, elle ne peut pas continuer en Guinée. On ne peut pas développer la Guinée par la peur et par les violations des droits de l'homme. L'organisation Tournons La Page Guinée qui affirme avoir documenté 35 cas de disparitions forcées et 12 cas d'enlèvements arbitraires depuis la prise de pouvoir des militaires en 2021, estime que c'est un retour au régime répressif du temps de Sekou Touré… Maintenant, dès que vous êtes opposant, activiste des droits de l'homme ou même journaliste d'investigation, vous n'avez plus la possibilité de vivre en Guinée. Sois vous êtes obligé d'être dans un exil forcé, c'est le cas de Cellou Dalein Diallo, de Sidya Touré qui étaient les principaux opposants. C'est le cas également de nombreux membres de la société civile guinéenne qui sont dans la sous-région ou en Europe, parce qu'ils ne peuvent plus vivre en Guinée Conakry du fait de leurs idées, du fait de leurs croyances. Ça se fait dans un silence qui est extrêmement inquiétant aujourd'hui, ni l'Union européenne, ni l'Union africaine, ni même les Nations unies, c'est vrai qu'il y a eu des interventions des Nations unies, mais timide. Je pense que la communauté africaine et internationale a besoin de regarder ce qui se passe en Guinée sous le règne du général Doumbouya. Mais on a l'impression qu'on est en train de revivre les pires moments de Sekou Touré. Comment vous expliquez ce silence continental, ce silence international ? Il y a un véritable basculement géopolitique. La chute du mur de Berlin avait permis le développement des droits de l'homme, le développement de la démocratie. Mais maintenant, avec les conflits armés que nous avons en Afrique, puis aussi le fait que les pays occidentaux n'aient pas eu la possibilité, les capacités de mettre un terme à ces conflits... La sous-région, c'est une espèce de proie pour la plupart des puissances impériales de venir chercher les matières premières. Il y a beaucoup de ressources en Guinée. La Guinée est très riche en ressources. Tant que les gens font du business, ça marche et c'est ça. C'est scandaleux. Il est temps aussi de mettre un terme à l'impunité. La Cour pénale internationale est très critiquée sur le continent africain, mais est-ce que vous estimez néanmoins que la CPI doit enquêter sur la situation en Guinée ? C'est vrai que la CPI a été affaiblie par certaines grandes puissances aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier… Trump, les États-Unis… Mais, je pense que la CPI s'était impliquée déjà quand il y a eu les événements du 28 septembre, le stade de Conakry. Aujourd'hui plus que jamais, la CPI doit investiguer en Guinée, se saisir de ce qui se passe en Guinée. Je pense que ce serait franchement une bonne prévention des violations des droits de l'homme. Et puis également lutter contre l'impunité des crimes internationaux comme les disparitions forcées, comme les détentions arbitraires en Guinée Conakry. Pour revenir à Foniké Menguè et à Mamadou Billo Bah, l'inquiétude sur le sort des deux militants grandit chaque jour depuis deux ans. Vous gardez néanmoins espoir de les revoir vivant ? Ecoutez, moi, je garde espoir de les voir vivants. Je connais bien les deux, je connais bien leurs familles. La famille de Billo Bah est venue me voir ici il n'y a pas si longtemps, avec ses enfants. Donc vraiment, nous continuons à garder espoir et continuerons à mettre la pression pour qu'on nous dise ce que sont devenus Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, en 50 ans le droit de l'environnement s'est largement développé : il y a quarante fois plus de lois environnementales. Un droit constitutionnel à un environnement sain a été adopté dans 88 pays, 65 autres ont inscrit la protection de l'environnement dans leur constitution. Plus de 350 cours et tribunaux environnementaux ont été créés dans plus de 50 pays. Plus de 1 100 accords environnementaux internationaux ont été signés. C'est formidable me direz-vous ! Oui… sauf que quand vous voyez l'ampleur des pollutions, la vitesse à laquelle disparaît le Vivant et les conséquences de plus en meurtrières du changement climatique, une question s'impose : est-ce que le droit tel qu'il existe aujourd'hui est à la hauteur pour protéger la vie sur Terre ? Vous connaissez la réponse… A l'heure où les enjeux deviennent existentiels, comment transformer ce droit ? Qu'est-ce qui lui manque pour être réellement efficace ? Nos invités, tous juristes, ont des réponses aiguisées ! Avec Laurent Neyret : professeur de Droit à Sciences Po où il enseigne le droit face à l'urgence écologique) pour son ouvrage « Liberté, dignité, habitabilité : donner au siècle la valeur qui lui manque » Gallimard Marine Calmet: juriste militante, présidente de l'association Wild Legal et porte-parole du collectif Or de question Laurent Fonbaustier : professeur à l'Université Paris-Sud, responsable du master 2 Droit de l'environnement pour son ouvrage La refondation écologique du monde, paru aux Puf Musiques diffusées dans l'émission K.O.G - Dreaming Amanaz - Khala My Friend
Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement, en 50 ans le droit de l'environnement s'est largement développé : il y a quarante fois plus de lois environnementales. Un droit constitutionnel à un environnement sain a été adopté dans 88 pays, 65 autres ont inscrit la protection de l'environnement dans leur constitution. Plus de 350 cours et tribunaux environnementaux ont été créés dans plus de 50 pays. Plus de 1 100 accords environnementaux internationaux ont été signés. C'est formidable me direz-vous ! Oui… sauf que quand vous voyez l'ampleur des pollutions, la vitesse à laquelle disparaît le Vivant et les conséquences de plus en meurtrières du changement climatique, une question s'impose : est-ce que le droit tel qu'il existe aujourd'hui est à la hauteur pour protéger la vie sur Terre ? Vous connaissez la réponse… A l'heure où les enjeux deviennent existentiels, comment transformer ce droit ? Qu'est-ce qui lui manque pour être réellement efficace ? Nos invités, tous juristes, ont des réponses aiguisées ! Avec Laurent Neyret : professeur de Droit à Sciences Po où il enseigne le droit face à l'urgence écologique) pour son ouvrage « Liberté, dignité, habitabilité : donner au siècle la valeur qui lui manque » Gallimard Marine Calmet: juriste militante, présidente de l'association Wild Legal et porte-parole du collectif Or de question Laurent Fonbaustier : professeur à l'Université Paris-Sud, responsable du master 2 Droit de l'environnement pour son ouvrage La refondation écologique du monde, paru aux Puf Musiques diffusées dans l'émission K.O.G - Dreaming Amanaz - Khala My Friend
Prévention de la torture : la Commission nationale des droits humains veut mieux faire appliquer les normes de l'ONU by TOPFM MAURITIUS
En ce mois des Fiertés, il est important de rappeler que les personnes LGBT sont plus sujettes au mal-être et aux tentatives de suicide car elles sont plus exposées aux violences et discriminations, à l'abus de substances psychoactives ou au renoncement aux soins. Pour faire rempart au désespoir, le « 31 14 » est le numéro de la ligne d'écoute nationale confidentielle et gratuite. Il a pour mission d'apporter écoute et secours aux personnes en détresse psychologique. Chaque année en France, 9 000 personnes mettent fin à leurs jours, l'un des taux les plus élevés d'Europe. Laurence Théault s'est rendue au centre « 31 14 » de Lille, dans le nord de la France. Le 31 14 ne cesse de sonner, au bout du fil, celles qu'on appelle les répondantes sont des infirmières. Elles ont été formées à la prévention du suicide. Le profil des gens qui composent le « 31 14 » est très varié. « Toutes les tranches d'âges sont représentées, donc on peut aussi bien prendre en charge des enfants que des personnes âgées, des adultes. On prend en charge au « 31 14 » ici des personnes homosexuelles, transgenres, explique Estelle, infirmière. Le fait de ne pas forcément être accepté dans la famille par l'entourage. L'isolement, c'est un facteur de vulnérabilité ». Les situations de désespoir sont bien identifiées : solitude, isolement social, familial, discrimination, précarité, rupture amoureuse. Les soignantes le savent, il ne faut jamais minimiser la souffrance psychique. « L'attitude qu'il ne faudrait surtout pas avoir, c'est banaliser, minimiser la souffrance de la personne. Ne pas légitimer sa souffrance non plus. Lui dire : "C'est pas grave" et c'est ce qu'ils entendent autour d'eux, "c'est pas grave, il suffit de se bouger et tu vas y arriver". C'est de la clinique. On la repère, donc les symptômes, et ensuite on prend en charge en fonction des symptômes, développe l'infirmière. C'est du soin. C'est même que du soin en fait. La seule particularité ici qu'on a au « 31 14 », c'est qu'on soigne sans le corps. Mais on soigne. » À lire aussiItalie: le suicide d'un adolescent mis à l'écart à cause de son homosexualité Le centre « 31 14 » collabore avec le Samu C'est très important que la personne en détresse puisse mettre des mots sur sa souffrance. Également infirmière, Mélina définit les contours de ce dispositif. « On est des professionnels de santé. On a une ligne d'évaluation et d'orientation avec des professionnels de santé, infirmiers, psychologues. Ce n'est pas une ligne d'écoute où aujourd'hui "j'ai envie de parler, je m'ennuie, je vais appeler le 31 14". » Le « 31 14 » peut collaborer avec le Samu dans des situations d'urgence. « Elle a pris en charge une personne qui était manifestement en état de crise suicidaire à proximité d'ici. La désescalade étant difficile, elle a contacté le Samu pour envoyer une ambulance et que cette personne soit prise en charge aux urgences », décrit Mélina. Ces recours au Samu ne représentent que 8 à 10 % des appels. Il y a 9 000 décès par suicide par an en France. C'est énorme pour les répondantes, ces morts sont évitables. Mélina se sent utile. « Il y a des personnes qui disent : "Vous m'avez sauvé la vie." Des personnes qui rappellent parfois en disant : "À ce moment-là, j'ai fait tel geste et grâce à vous, je suis en vie et je vous remercie. Maintenant, je me suis sécurisée" », raconte-t-elle. À lire aussiFrance: harcelée pour son homosexualité, une directrice d'école se suicide le jour de la rentrée « Entre 25 et 45 % des personnes trans qui ont des idées suicidaires » Les personnes LGBT+ sont confrontées à des risques accrus de suicide en raison de discriminations et d'isolement, comme l'explique le psychiatre Charles-Édouard Notredame, coordinateur national adjoint du « 31 14 ». « Chez les populations homosexuelles, gays et lesbiennes, on a un risque multiplié par quatre de suicide dans les populations trans. Donc, en transidentité, ce risque est multiplié par huit et on estime que c'est environ entre 25 et 45 % des personnes trans qui ont des idées suicidaires. On entend souvent qu'on est dans une société plus ouverte, qui inclut davantage les personnes homosexuelles, mais on est loin d'être arrivé au bout du chemin, et en particulier pour les personnes trans. Mais ça reste des populations vulnérables, requiert une attention particulière. » Le centre « 31 14 » de Lille reçoit 400 appels par jour. À lire aussiDroits des personnes LGBTQ+: tour d'horizon des situations à travers le monde
8 avril 2026 - Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, Nathalie Godard, directrice de l'Action, Amnesty International, Hamad Gamal, journaliste, fondateur de Sudfa Media.Modération: Sara Trabi, journaliste.Retrouvez la vidéo: https://youtu.be/LGe7C7Pp_nYSuivez nos évènements sur les réseaux sociaux YouTube : @upiremmo Facebook : @institutiremmo X-Twitter : @IiReMMO Instagram : @institutiremmo LinkedIn : @Institut iReMMOSoutenez notre chaîne HelloAsso : @iremmo
durée : 00:12:26 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Fabienne Sintes - Que change l'accord de paix signé hier par Donald Trump pour les Iraniens ? Le soulagement de la fin des combats ? La colère contre le régime ? La crainte d'une répression encore plus dure ? Sepideh Farsi, réalisatrice iranienne, est l'invitée d'un jour dans le monde. - invités : Sepideh Farsi Réalisatrice iranienne Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Selma a fui la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari emprisonné dans les geôles du régime dont elle ne sait pas s'il est mort ou vivant. Elle arrive en France, à Bordeaux, clandestinement, sans papier, sans travail. Le film L'étrangère nous plonge dans l'intime d'une femme prise par les tourments du quotidien, du parcours des demandes de droit d'asile, et les incertitudes autour du destin de ses proches laissés en Syrie. Gaya Jiji, réalisatrice, était l'invitée de Nathalie Amar sur RFI. Le film « L'étrangère » sortira en salle le 24 juin 2026. ► Chronique : Le hit de la semaine Ali Bilali de la rédaction kiswahili de RFI à Nairobi nous fait découvrir son coup de cœur musical avec l'artiste burundais Kidum. ► Playlist du jour : - Bedouin Burger - Nomad - Sarab - Zourouni.
Selma a fui la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari emprisonné dans les geôles du régime dont elle ne sait pas s'il est mort ou vivant. Elle arrive en France, à Bordeaux, clandestinement, sans papier, sans travail. Le film L'étrangère nous plonge dans l'intime d'une femme prise par les tourments du quotidien, du parcours des demandes de droit d'asile, et les incertitudes autour du destin de ses proches laissés en Syrie. Gaya Jiji, réalisatrice, était l'invitée de Nathalie Amar sur RFI. Le film « L'étrangère » sortira en salle le 24 juin 2026. ► Chronique : Le hit de la semaine Ali Bilali de la rédaction kiswahili de RFI à Nairobi nous fait découvrir son coup de cœur musical avec l'artiste burundais Kidum. ► Playlist du jour : - Bedouin Burger - Nomad - Sarab - Zourouni.
Les États-Unis ont bombardé l'Iran dans la nuit du 10 au 11 juin. Et l'Iran a, de son côté, visé des bases militaires américaines dans des pays du Golfe et fermé complètement le détroit d'Ormuz. La Turquie et la Russie leur demandent d'arrêter ces attaques et de reprendre des négociations. Des discussions sont prévues pour parler de l'avenir de Gaza, avec le Hamas comme interlocuteur principal. Le mouvement multiplie les exécutions, les violences, les humiliations pour éliminer ses opposants et contrôler Gaza, selon une commission d'enquête des Nations unies. Entretien avec Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), auteure de Gaza, quel avenir ? (éditions Stock). À lire aussiLa branche armée du Hamas confirme la mort de son tout nouveau chef dans une frappe israélienne à Gaza
Alors qu'Israël continue ses frappes sur le Liban, RFI se penche sur la communauté des domestiques vivant sur place. Selon l'ONU, environ 250 000 étrangers constituent le personnel de maison au Liban. En grande majorité des femmes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique. Mais ces personnes travaillent sous le système dit « la kafala » qui les privent de leurs droits les plus élémentaires. Et la guerre lancée par Israël depuis 2024 ne les épargne pas. Julie El Khoury, coordinatrice des programmes de l'ONG Kafa qui leur vient en aide, est la Grande Invitée Afrique. RFI : Tout d'abord, expliquez-nous en quoi consiste le système de la kafala ? Julie El Khoury : La kafala, c'est un système qui régit l'emploi et le séjour des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur employeur. Ca crée une relation de pouvoir qui renforce considérablement les vulnérabilités à l'exploitation et aux abus. On observe de nombreuses pratiques abusives : la confiscation des passeports, la restriction à la liberté de mouvement, l'isolement... Il y a aussi le non-paiement des salaires, de longues heures de travail aussi, et l'absence de la vie privée. Et cela peut, dans plusieurs situations, aboutir à des violences psychologiques, physiques et même sexuelles. C'est pour cette raison que, en tant qu'organisation de défense des droits des femmes et des travailleuses migrantes domestiques, nous considèrons le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne. L'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 va déstabiliser la région, avec le pilonnage de l'armée israélienne d'abord à Gaza, puis au Liban : 4 000 morts et 43 000 logements détruits fin 2024 d'après les autorités libanaises. Comment ces domestiques ont-elles vécu cette guerre ? Les migrantes travailleuses domestiques ont été touchées par les conséquences de la guerre en termes de déplacements forcés. Il y a aussi un nombre de travailleuses qui ont été abandonnées par leurs employeurs dans des zones ciblées par Israël, donc leur situation s'est aggravée en quelques jours. Elles étaient exclues des centres de refuge collectifs et se sont retrouvées à la rue pour quelques nuits. Après ça, les organisations non gouvernementales et des collectifs communautaires se sont organisés pour accueillir ces travailleuses domestiques migrantes déplacées de force de leur région de résidence. Maintenant que les bombardements israéliens ont repris sur le Liban, quelle est leur situation aujourd'hui ? Bien que l'État ait annoncé une décision gouvernementale d'accueillir toutes les personnes dans les refuges, même si elles sont non-libanaises, les domestiques ont toujours connu l'exclusion. Mais encore une fois, des centres collectifs gérés par des ONG ont accueilli un grand nombre de femmes migrantes, certaines ont trouvé refuge dans des logements partagés de type d'hébergement informel, où les conditions ne sont pas du tout adéquates en ce qui concerne la sécurité, l'intimité et aussi l'accès aux services essentiels. Contrairement à 2024, cette fois-ci, nous n'avons pas reçu de rapport sur des travailleuses domestiques migrantes abandonnées par les familles comme en 2024. Comment interviennent les gouvernements des pays dont ces femmes sont originaires ? Il y a des ambassades qui se sont mobilisées rapidement et parmi les ambassades, quelques-unes ont pu ouvrir aussi des centres de refuge et aider dans le processus de rapatriement. Mais ça, c'était surtout en 2024 et 2025, il n'y a pas eu autant d'initiatives en 2026. Ces femmes que vous assistez, que vous racontent-elles de leur état d'esprit, vu le traitement qui leur est réservé ? Nous travaillons avec des femmes leaders communautaires qui ont émergé au sein des travailleuses domestiques migrantes. Et ces femmes en particulier jouent un rôle très essentiel dans l'orientation d'autres femmes vers les services de soutien. Leur courage et leur motivation pour faire ce travail en temps de guerre est extrêmement important. Elles trouvent la force pour résister, pour soutenir et être en solidarité avec d'autres femmes de toutes nationalités, incluant les femmes libanaises et les personnes déplacées de force libanaises, pas seulement la communauté migrante. Bien sûr qu'elles souffrent d'un malaise psychologique de stress, comme toute la population au Liban, mais en même temps, elles savent bien comment être en solidarité pour dépasser cette période de crise et rester fortes et disponibles pour aider les autres.
Dans cet épisode, Godefroy Laurendeau nous fait découvrir le travail de Francis Lepage, urbaniste de formation et auteur d'un ouvrage incroyablement pertinent: Regards sur la ville, comprendre les enjeux urbains contemporains. Pour sa dernière chronique de la saison, Philippe de Grosbois décortique le discours entourant les « oubliés » du système économique et débusque ce qui se cache derrière. Et on clôt l'épisode avec Laurence Guénette qui vient nous présenter le dernier numéro de Droits et libertés. En bonus à la fin fin fin, un extrait prémonitoire de 1977 du grand Yvon Deschamps !
L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village. De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair, Dans l'école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l'école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… » Ce chemin, c'est celui qui mène du village palestinien d'Umm al-Khair jusqu'à l'école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. » Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. » À lire aussiColons israéliens: ce que l'on sait des nouvelles sanctions européennes et de leur véritable portée « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés » Aujourd'hui, les villageois palestiniens s'organisent. Tareq, professeur d'anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J'emmène les élèves le matin à l'école en allant travailler. » L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd'hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. » Pendant l'entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l'autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu'on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. » Pas d'incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c'est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police… À lire aussiCisjordanie occupée: les colons israéliens «n'agissent pas seuls et sont protégés par l'armée israélienne»
L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village. De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair, Dans l'école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l'école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… » Ce chemin, c'est celui qui mène du village palestinien d'Umm al-Khair jusqu'à l'école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. » Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. » À lire aussiColons israéliens: ce que l'on sait des nouvelles sanctions européennes et de leur véritable portée « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés » Aujourd'hui, les villageois palestiniens s'organisent. Tareq, professeur d'anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J'emmène les élèves le matin à l'école en allant travailler. » L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd'hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. » Pendant l'entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l'autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu'on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. » Pas d'incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c'est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police… À lire aussiCisjordanie occupée: les colons israéliens «n'agissent pas seuls et sont protégés par l'armée israélienne»
En ce moment, Xi Jinping se place au centre du jeu diplomatique mondial en pleine guerre en Ukraine. Le dirigeant suprême de la Chine se pose en acteur responsable et stable sur la scène internationale et on ne parle plus dans les médias du système politique chinois, qui repose sur la surveillance et un système d'enfermement très diversifié qui étouffe la société civile. En cette année 2026, qui marque les 60 ans du déclenchement de la Révolution culturelle par Mao Zedong, l'ouvrage du sinologue Jean-Philippe Béja - directeur de recherche émérite au CNRS/CERI - tombe à pic : Surveiller et punir en Chine, Laogai et technosurveillance de 1946 à nos jours, paru aux éditions de La Découverte. À lire aussiCensure numérique: la Chine expérimente un modèle régionalisé
La prison politique n'a jamais été un monde neutre. Elle est traversée de rapports de genre et c'est précisément ce que met au jour Irène Gimenez dans Prisonnières politiques en Espagne. Fin et sortie de dictature, publié aux éditions du CNRS. Son livre s'attarde sur une génération née dans l'ombre de la guerre d'Espagne, politisée dans la fièvre des années 1968 et passée par les geôles du franquisme finissant. C'est une enquête dense, charpentée, nourrie de récits rares. On y entre par le quotidien carcéral – ses routines, ses humiliations, ses violences – jusqu'aux formes de torture. Mais ce qui affleure surtout, c'est autre chose : des pratiques d'auto-organisation, des chaînes de solidarité, des amitiés politiques qui tiennent debout quand tout vacille. Une contre-histoire de la prison, racontée depuis celles qui l'ont traversée. En creux, c'est aussi une lecture de la transition démocratique espagnole qui se dessine… car derrière la sortie officielle de la dictature, certaines logiques – notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste – prolongent des structures héritées de la dictature. À lire aussiEspagne: une victime du régime franquiste entendue par un juge pour la première fois
Au Tchad, voilà un an que l'opposant Succès Masra est en prison. À la suite de son arrestation, l'ancien Premier ministre a été condamné à vingt ans de prison pour avoir diffusé en 2023 un message qui, selon le tribunal, aurait provoqué, deux ans plus tard, de graves violences intercommunautaires dans le sud du Tchad. À la tête de son parti les Transformateurs, Succès Masra est arrivé officiellement deuxième à la présidentielle de 2024, avec 18% des voix. Depuis un an, de nombreuses voix s'expriment en sa faveur. Parmi elles, il y a sa sœur, Chancelle Masra, qui vit en France. À lire aussiCondamnation de huit opposants au Tchad: «Le système en place souhaite qu'on ferme la bouche», assure leur coalition
« Citoyenneté en action » : c'est autour de ce thème que le Club RFI Ouaké a célébré ses 10 ans d'existence. Une célébration riche en couleurs, qui a réuni des associations de jeunes, des sages et les autorités communales. Au cœur de l'événement : des échanges et des communications centrés sur la promotion de l'éducation, de la citoyenneté et des droits humains. Avec la participation de : Taoffic Tassou, président du Club RFI Ouaké, Déo Gracias Bossou (reportage). Le cousin/invité du club : Djaffo Awali, président de l'organe consultatif de la jeunesse de la commune de Ouaké. Portrait d'Avenir : Soulemane Iza, étudiant en Lettres modernes. Proverbe : « Seul on va vite, mais ensemble on va loin ». Musique : Ma culture, DJ AZ 1er. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva
Plus de 1.600 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti au cours des trois premiers mois de 2026, soit dans des violences perpétrées directement par les gangs, soit dans des opérations de sécurité menées contre les gangs, selon un nouveau rapport des Nations Unies.Si les autorités ont réussi à limiter l'expansion territoriale des gangs dans certaines zones de Port-au-Prince, les violences continuent de s'étendre dans plusieurs régions du pays, notamment dans l'Artibonite et le Centre. Meurtres ciblés, violences sexuelles, enlèvements et attaques coordonnées contre des populations civiles restent fréquents.Dans cet extrait sonore accordé à ONU Info, le porte-parole du BINUH, Mathias Gillmann, revient sur la situation sécuritaire et les violations des droits humains en Haïti, ainsi que sur les appels des Nations Unies à renforcer les pôles judiciaires spécialisés, prévenir le trafic d'armes et garantir le respect des droits humains lors des opérations de sécurité.(Extrait sonore : Mathias Gillmann, porte-parole du BINUH; propos recueillis par Cristina Silveiro)
En septembre 2022 en Iran éclatait le mouvement de révolte Femme Vie Liberté contre le régime de la République islamique. Dans la bande dessinée Une voix pour la liberté – Toomaj Salehi, un rappeur iranien en résistance, parue chez Delcourt, la Franco-Iranienne Bahareh Akrami retrace le parcours de l'une des figures du mouvement, le rappeur Toomaj Salehi. Alors que l'Iran vient de traverser un nouveau mouvement de protestation historique, dont la répression a fait des milliers de morts, un mouvement suivi de l'agression américano-israélienne censée renverser le régime, l'autrice continue de lutter pour faire entendre la voix de ses concitoyens. À écouter dans Légendes UrbainesÉmission spéciale sur Toomaj Salehi
En Ukraine, suite au vote d'une loi de réforme du Code civil, des rassemblements de la société civile ont lieu à travers tout le pays. Si le gouvernement et Ruslan Stefanchuk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien, présentent ce projet comme nécessaire, une partie de la population y voit plutôt un retour en arrière et la menace de discriminations, entre autres. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Ils sont quelques centaines à s'être réunis à Kharkiv et scandent : « Le pouvoir en Ukraine, c'est le peuple ». Ces civils protestent contre la loi 15150. Elle a été adoptée en première lecture le 28 avril dernier, avec 254 voix « pour ». Pour entrer en vigueur, elle doit encore passer en deuxième lecture puis par une procédure finale. Cette loi doit réformer le Code civil, sauf que plusieurs de ses articles font débat : ils touchent aux libertés individuelles et aux droits de chacun. « Il s'agit d'une tentative de donner l'illusion de l'action alors qu'en réalité, nous n'avançons pas, fustige Yulia, une étudiante en droit. Certaines restrictions entérinent les anciens concepts et normes juridiques absolus, discriminatoires et rétrogrades, ou, au contraire, aggravent la situation. » Catalyseur des inquiétudes, l'insertion dans la loi du concept de « bonne moralité », un terme vague qui permettrait aux juges de légiférer sur des questions familiales ou personnelles selon leur propre définition de ce qui est moral et de ce qui ne l'est pas, ainsi que le concept de réconciliation, préconisé avant de prononcer un divorce. « Qui sait, si, par exemple, il y a eu des violences conjugales et qu'ils sont forcés de se réconcilier, est-ce que ce sera normal ?, interroge Anastasia, une étudiante préoccupée par cette mesure. D'un point de vue psychologique, est-ce normal ? En général, je ne le pense pas. » Dans ce concept de « bonne moralité », se glisse celui que le couple ne peut qu'être composé d'un homme et d'une femme, entérinant la discrimination pour toute la communauté LGBTQ+. « Je ne comprends tout simplement pas pourquoi mes amis, deux hommes, qui sont ensemble depuis huit ans, ne peuvent pas se marier, dénonce Nadya, une artiste. Ou bien mes deux copines, en couple, qui n'ont pas le droit de se rendre visite si l'une d'elles est hospitalisée… » À lire aussiUkraine: la société civile se soulève contre la criminalisation des soldats Un texte qui détériore les droits humains Si la loi a été adoptée en première lecture par 254 députés, deux s'y sont opposés, dont Inna Sovsun, du parti d'opposition Holos. Pour elle, ce vote tient à une méconnaissance du texte proposé et il menace l'avenir européen de l'Ukraine : « C'est devenu un scandale pour la population ainsi que pour nos partenaires, en particulier l'Union européenne, parce que, de manière générale, ce texte n'améliore pas la situation des droits humains et, dans certains cas, l'aggrave même, souligne la députée. Et, évidemment, ce texte va à l'encontre des engagements pris par l'Ukraine dans le cadre du processus d'intégration à l'Union européenne. L'Ukraine doit respecter ces engagements, et ce projet s'en écarte clairement. C'est donc inacceptable. » Face au mécontentement populaire, les parlementaires ne peuvent que déposer des amendements à la loi 15150. De son côté, malgré la guerre et les bombardements, la société civile ukrainienne continuera de se mobiliser pour ces droits ces prochains jours – signe d'une démocratie en pleine action. À lire aussiUkraine: le gouvernement alerte sur la situation humanitaire désastreuse à Kherson
Le Journal en français facile du lundi 4 mai 2026, 18 h 00 à Paris. Comprendre deux extraits du journal avec : un exercice A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! un exercice B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page ► EXERCICES exercice niveau A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! exercice niveau B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CfgP.A
La surpopulation carcérale devient-elle une norme dans certains pays européens ? Le Comité du Conseil de l'Europe pour la prévention de la torture (CPT), qui présentait son rapport annuel il y a quelques semaines, pose la question. En avril, la France a battu un nouveau record du nombre de personnes incarcérées (+6,3% de détenus sur un an, pour +1,6 % de places supplémentaires). Outre l'Hexagone, figurent parmi les pays les plus problématiques : Chypre, l'Irlande et la Belgique. Dans ce contexte, à Bruxelles, l'Association 9m² fait visiter une ancienne prison fermée seulement depuis novembre 2022 : la prison de Forest. Notre correspondant sur place a suivi la visite de l'ancienne prison de Forest en compagnie d'un groupe d'étudiants en communication. Le but de cette visite : sensibiliser par la pédagogie les citoyens à la réalité de l'enfermement et au quotidien des détenus, dans une prison extrêmement vétuste qui a longtemps été l'un des symboles d'une surpopulation carcérale très forte dans le pays. Avec l'association 9m² – la taille d'une cellule –, le lieu devient ainsi un centre de rencontre et de débat sur la privation de liberté. Aujourd'hui en Belgique, faute de lits disponibles, 663 prisonniers dorment sur des matelas au sol, d'après l'administration pénitentiaire. Le reportage de Jean-Jacques Héry, correspondant à Bruxelles, est à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe ce 5 mai à 19h40 Temps universel. À lire aussi«Ça bout»: en colère, les agents pénitentiaires français bloquent les prisons pour demander plus de moyens
En 2009, la Commission vérité et réconciliation, instaurée après la guerre civile qui a déchiré le Liberia entre 1989 et 2003, avait recommandé l'organisation d'un grand procès pour juger les criminels de guerre. Depuis, peu de choses ont été faites en ce sens. De notre envoyé spécial à Monrovia, Si l'ancien président Charles Taylor a été jugé et condamné par un tribunal international, c'était à La Haye et pour ses crimes commis en Sierra Leone. D'autres chefs de guerre ont été condamnés à l'étranger, mais aucun à Monrovia. Le président Joseph Boakai, arrivé au pouvoir en 2024, avait fait de la justice l'une de ses promesses phares, mais les défenseurs des droits humains attendent toujours, avec impatience, de voir des procès se tenir dans le pays. Dans son bureau de la banlieue de Monrovia, Adama Dempster prépare une réunion de partage d'expérience avec des Éthiopiens en visite au Liberia. Eux aussi se battent pour la justice dans leur pays. À la tête d'une fédération d'organisations de défense des droits humains, Adama Dempster était optimiste quand le président Joseph Boakai a signé en 2024 un executive order pour mettre en place un tribunal sur les crimes de guerre : « J'étais là quand le président Boakai a signé l'executive order, j'étais dans la salle, juste à côté du président. Ça a marqué un tournant dans ce long combat pour la justice, souligne-t-il. Malheureusement, ce processus aurait dû être très rapide mais cela fait déjà deux ans et peu de choses ont avancé. Et la dynamique en faveur de la création de ce tribunal est en train de ralentir. Cela compromet notre quête de justice puisque, pendant ce temps-là, des criminels présumés, des victimes ou des témoins disparaissent. » À lire aussiGuerre civile au Liberia: «Il n'y a pas un groupe ethnique qui a échappé au massacre» Les procès à l'étranger, un « pas vers la justice » L'un des principaux chefs de guerre, Prince Johnson, est mort en 2024, sans jamais avoir été inquiété. Pour l'instant, les défenseurs des droits humains doivent se contenter des procès des criminels de guerre qui se sont réfugiés à l'étranger. Comme Kunti Kamara, l'un des chefs de l'Ulimo, récemment condamné par la justice française au nom de la compétence universelle pour les crimes les plus graves. « C'est très bien qu'il y ait des procès à l'étranger, c'est un pas vers la justice. Ça devrait certes être à la justice libérienne de faire cela, mais tant mieux si d'autres pays le font. Ces gens ont fui le pays, ils ont changé de noms, ils ont menti à leurs pays d'accueil, tant mieux si la justice les rattrape, approuve Peterson Sonyah, qui dirige la plus grande association de victimes de la guerre, la Liberia Massacre and Survivors Association. Martina Johnson, une proche de Charles Taylor, va bientôt être jugée [en Belgique]. Nous applaudissons tous les pays qui poursuivent ces gens, parce que nos gouvernements ont pris trop de retard. » À écouter dans L'Invité d'Afrique midiCrimes des guerres civiles au Liberia: «Si on tarde trop, il n'y aura bientôt plus personne à juger» Mettre fin au « régime de l'impunité » Frances Greaves se félicite aussi de ces procès à l'étranger. Mais pour celle qui fut membre d'un groupe de femmes, Women of Liberia Mass Action for Peace, qui a joué un rôle décisif pour mettre fin à la guerre, la justice doit passer par Monrovia : « Ceux qui connaissent l'histoire du Liberia savent que l'impunité fait partie du quotidien. On appelle à la mise en place de ce tribunal pour mettre fin à cette impunité, pour que les gens soient tenus responsables de leurs actions, martèle-t-elle. Et avoir les procès ici au Liberia aurait un deuxième avantage. La population est largement illettrée. Si les procès ont lieu ici, ils pourront être diffusés à la télé ou à la radio, et c'est très important. Si cela ne se concrétise pas, cela enverra un très mauvais signal pour les générations futures. Ce sera encore le régime de l'impunité. » Pour l'instant, la commission chargée de la mise en place du tribunal continue son travail. Les premiers procès sont espérés pour fin 2027. À écouter dans L'Invité d'Afrique midLes excuses du président libérien au nom de l'État pour la guerre civile «sont bienvenues mais tardives»
Le Journal en français facile du vendredi 24 avril 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CdzO.A
Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d'or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant. De notre correspondante à Ankara, Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir. À lire aussiBerlinale: le festival teinté de polémiques s'achève avec l'Ours d'or pour «Yellow Letters» d'Ilker Catak « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre » Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots. « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il. À lire aussiLe réalisateur allemand Ilker Çatak en un mot, un geste et un silence Aucune décision de justice ne fera justice Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. » Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers. Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance. À lire aussiEntretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d'or 2026
Le Journal en français facile du vendredi 17 avril 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/Cckg.A
La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s'inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire. Reportage de notre correspondante à Ramallah, Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. » Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam. Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. » Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. » Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. » Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers. À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes
Le Journal en français facile du mercredi 15 avril 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CcLM.A
Depuis le début de la guerre au Soudan, le Tchad a accueilli 1,3 million de réfugiés, parmi eux plus de 90% sont des femmes et des enfants. Ce conflit se caractérise par un extraordinaire niveau de violation des droits de l'homme, c'est la plus grande crise humanitaire de la planète selon l'ONU. Les récits de la guerre et des violences systémiques existent mais les regards sont moins souvent tournés vers les populations civiles qui arrivent dans les camps de réfugiés au Tchad dans un dénuement presque total et qui tentent de survivre. Dans un contexte de gel des financements américains et à l'approche des trois ans du conflit au Soudan, le Tchad fait face à de véritables défis socio-économiques pour apporter une réponse humanitaire aux réfugiés. Alors comment s'organise la vie dans les camps ? Dans une zone refuge, quelle économie informelle existe pour permettre aux réfugiés de travailler ? Quel accès à l'éducation est possible pour éviter une génération sacrifiée, et comment permettre aux enfants de trouver des espaces de paix et de cohésion ? L'arrivée massive et continue de réfugiés exerce une pression importante sur les communautés locales, elles-mêmes en grande précarité, et sur les ressources naturelles déjà limitées comme l'eau, le bois de chauffe et les terres arables. Alors quelle cohabitation est possible avec les populations tchadiennes ? Finalement, comment construire le dialogue et l'espoir pour ces réfugiés en exil dans ce contexte ? Reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé en février 2026 dans les camps de réfugiés d'Adré et de Farchana, dans la province du Ouaddaï qui accueille le plus grand nombre de populations exilées. En partenariat avec le Fonds Muskoka Programmation musicale : ► Sudani - Alsarah and The Nubatones.
Depuis le début de la guerre au Soudan, le Tchad a accueilli 1,3 million de réfugiés, parmi eux plus de 90% sont des femmes et des enfants. Ce conflit se caractérise par un extraordinaire niveau de violation des droits de l'homme, c'est la plus grande crise humanitaire de la planète selon l'ONU. Les récits de la guerre et des violences systémiques existent mais les regards sont moins souvent tournés vers les populations civiles qui arrivent dans les camps de réfugiés au Tchad dans un dénuement presque total et qui tentent de survivre. Dans un contexte de gel des financements américains et à l'approche des trois ans du conflit au Soudan, le Tchad fait face à de véritables défis socio-économiques pour apporter une réponse humanitaire aux réfugiés. Alors comment s'organise la vie dans les camps ? Dans une zone refuge, quelle économie informelle existe pour permettre aux réfugiés de travailler ? Quel accès à l'éducation est possible pour éviter une génération sacrifiée, et comment permettre aux enfants de trouver des espaces de paix et de cohésion ? L'arrivée massive et continue de réfugiés exerce une pression importante sur les communautés locales, elles-mêmes en grande précarité, et sur les ressources naturelles déjà limitées comme l'eau, le bois de chauffe et les terres arables. Alors quelle cohabitation est possible avec les populations tchadiennes ? Finalement, comment construire le dialogue et l'espoir pour ces réfugiés en exil dans ce contexte ? Reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé en février 2026 dans les camps de réfugiés d'Adré et de Farchana, dans la province du Ouaddaï qui accueille le plus grand nombre de populations exilées. En partenariat avec le Fonds Muskoka Programmation musicale : ► Sudani - Alsarah and The Nubatones.
Ce jeudi paraît un rapport de près de 300 pages, issu de deux ans d'enquête auprès des victimes civiles du Burkina Faso. L'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a recueilli des centaines de témoignages de Burkinabè ayant subi entre 2023 et 2025 des attaques terroristes du Jnim, mais aussi la répression des forces armées burkinabè. Répression, notamment, contre la communauté peule. Les 57 incidents documentés par l'ONG illustrent la crise profonde et violente que traverse ce pays, sous la coupe d'une junte militaire qui n'arrive pas à endiguer la vague jihadiste. Une junte qui réprime violemment les supposés complices des terroristes. Avec ce rapport, qui recense 1 800 victimes civiles en deux ans, l'ONG espère une réaction de la communauté internationale, et un début de judiciarisation de ce qu'elle qualifie de « crimes de guerre » et de « crimes contre l'humanité ». Ilaria Allegrozzi, co-autrice de ce rapport, est la grande invitée Afrique Matin de RFI. RFI : « Personne ne pourra s'échapper », c'est le titre de votre rapport sur les crimes commis au Burkina Faso entre 2023 et 2025. « Personne ne pourra s'échapper », qui dit cela exactement ? Avant de vous dire qui dit ça, je reviens sur le titre qui est assez évocateur dans le sens où vraiment ça renvoie à une image symbolique de la guerre et pourtant réelle où personne n'est à l'abri, où les populations civiles sont piégées entre des violences avec des abus venant de tous les côtés. Maintenant, qui dit « Personne ne pourra s'échapper » ? C'est le président du Burkina Faso lui-même qui, pendant une réunion avec les chefs peuls en février 2023, avait dit que l'épicentre du terrorisme se situait au sein des communautés peuls et avait, de façon directe, menacé de tuer les peuls qui collaborent avec les groupes armés jihadistes. Ils les ont alors ciblés dans des massacres, les ont forcés à quitter leurs terres. Et ce schéma d'abus envers la communauté peule constitue une forme de nettoyage ethnique, d'après nous. Vous avez donc enquêté sur une période 2023-2025 avec un recensement de 57 attaques contre des civils. Quid de la difficulté d'enquêter dans un pays où la terreur règne, notamment la terreur de parler ? Oui, vous avez raison. En fait, les pertes civiles dans les conflits qui frappent le Burkina Faso ne sont pas connues parce qu'il n'y a pas de mécanisme pour recenser les victimes. Et beaucoup d'incidents passent inaperçus. Aussi à cause du climat de peur, de terreur et de répression instauré par cette junte militaire qui a muselé la dissidence, l'opposition, les médias, cela a empêché la circulation des informations sur la situation sécuritaire. J'ajoute également que la propagande gouvernementale, mais la propagande aussi du Jnim empêchent d'avoir vraiment une vision claire de ce qui se passe au Burkina Faso, y compris de documenter les incidents. Au moins 10 000 morts civils recensés par l'ONG Acled depuis 2016 ou même 1 800 morts recensés dans votre rapport : ce sont des chiffres qui sont très certainement en-deçà de la réalité, mais qui sont éloquents… Oui, justement, 10 600 morts selon Acled depuis 2016. De notre côté, 57 incidents documentés ont engendré la mort de 1 800 civils, dont 1 200 tués par les forces de sécurité et les VDP [Volontaires pour la défense de la patrie, supplétifs civils des forces de sécurité, NDLR]. Qu'est-ce que ça veut dire ? Cela reflète trois réalités. La première, on n'a pas été en mesure de documenter tous les incidents, la deuxième c'est que les forces de sécurité et leurs supplétifs VDP semblent être plus violents que le Jnim. Et troisièmement, ça pourrait aussi être une tendance régionale dans le sens où même au Mali, l'année passée, Acled avait souligné que les forces de sécurité avaient tué plus de civils que le Jnim. Ces 57 cas que vous documentez dans votre rapport, 57 attaques, aucune n'a fait l'objet d'enquêtes et encore moins de condamnations de la part des autorités burkinabè. Qu'est-ce que cela signifie ? Ça veut dire qu'en fait, il y a un double discours entre « on va faire des enquêtes » - c'est ce que disait pour un certain nombre de cas les autorités burkinabè et le président Traoré - et le fait qu'on ne voit jamais d'instruction et encore moins de procès dans ces exactions contre des civils ? Au Burkina Faso, on est dans un contexte d'impunité généralisée grandissante, où aucun membre des forces de sécurité burkinabè n'a fait l'objet de poursuites, ni amené devant les tribunaux pour des présumés violations des droits humains commises dans le cadre des opérations de contre-terrorisme. Donc, vous voyez que les voies de recours pour les victimes au niveau national sont très limitées. Les enquêtes encore plus. Et aussi, au niveau régional, les voies de recours pour les victimes deviennent de plus en plus limitées et restreintes, parce que le Burkina a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et, par conséquent, a privé ses citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice de la Cédéao. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que la communauté internationale se désintéresse, ou en tout cas détourne son regard, de ce qui se passe au Burkina Faso ? Bien sûr. La crise au Burkina Faso est complètement passée sous silence. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a d'intérêt, il n'y a pas d'enjeux ? Je pense qu'après le coup d'État militaire de 2022, les partenaires internationaux du Burkina Faso se sont complètement désengagés et au lieu de trouver des voies de sortie ou des dialogues avec les autorités militaires, ont préféré laisser le Burkina Faso à son sort et n'ont pas porté l'attention nécessaire à cette crise. C'est inquiétant ? C'est très inquiétant ! Mais je pense qu'avec une couverture médiatique plus importante, une mobilisation des victimes avec des plaintes des ONG, il est possible d'obtenir des résultats, notamment pousser le Procureur de la Cour pénale à agir et à ouvrir un examen préliminaire sur les crimes commis par tous les camps. ► Rapport sur les Crimes contre l'humanité commis par tous les camps au Burkina Faso
« Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ». Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »
Le Journal en français facile du mercredi 25 mars 2026, 17 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CYmp.A
Les principaux opposants politiques au président Saïed en prison, des défenseurs des droits, des avocats, des syndicalistes et des journalistes poursuivis en justice et souvent condamnés : Saadia Mosbah n'a pas échappé à cette règle qui prévaut en Tunisie. Rien ni personne ne doit contester les actes du pouvoir en place. Emprisonnée depuis près de deux ans pour des accusations de malversations financières, la présidente de l'association M'nemty (mon rêve) a été condamnée jeudi dernier à huit ans de prison et à une lourde amende. « Saadia Mosbah, 66 ans, avait été en première ligne, rappelle Le Monde Afrique, pour défendre les migrants en provenance d'Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l'arrivée de "hordes de migrants clandestins" et un complot "pour changer la composition démographique" du pays. (…) Ancienne hôtesse de l'air, elle-même noire de peau, elle avait été à l'origine de l'adoption en 2018 d'une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales. » À lire aussiEn Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison Pression accrue sur les ONG En Tunisie, silence prudent des médias… C'est dans la presse étrangère qu'on commente cette condamnation. Notamment chez le voisin algérien : « Sombres jours pour les libertés en Tunisie, s'exclame Le Matin d'Algérie. Saadia Mosbah vient d'être arbitrairement condamnée par une justice aux ordres. (…) Pour les observateurs tunisiens et internationaux, cette condamnation illustre une tendance inquiétante, pointe le quotidien algérien : une pression accrue sur les ONG et les militants antiracistes, en particulier ceux qui défendent les droits des migrants. Plusieurs organisations dénoncent la multiplication des poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile, qu'elles jugent motivées par des raisons politiques plutôt que pénales. L'affaire Saadia Mosbah reste un signal fort pour la société civile tunisienne, conclut Le Matin d'Algérie, et acte l'absence de liberté d'association et d'indépendance de la justice dans ce pays. » Le site Afrik.com s'insurge : « Que fait Saadia Mosbah dans les geôles de Kaïs Saïed ? (…) Oui, en 2026, reconnaître pleinement l'autre comme son semblable, comme un être humain titulaire de droits, au premier rang desquels figure le droit fondamental à la vie, peut vous être reproché pénalement (en Tunisie). Oui, en 2026, une femme, une mère, un être humain, est condamnée en Tunisie à huit ans d'emprisonnement pour avoir défendu le respect du droit à la vie de chacun. (…) La souveraineté de la Tunisie ne saurait être placée au-dessus des droits humains, affirme encore Afrik.com. Au contraire, elle doit garantir à chaque Tunisien et à chaque être humain se trouvant sur son territoire le respect du droit à la vie et la protection de ses droits fondamentaux. » Le Cameroun : « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme » À la Une également le Cameroun… Un pays verrouillé, constate Le Monde Afrique, avec cette longue analyse sur la situation politique du pays, cinq mois après la présidentielle et la réélection contestée de Paul Biya, 93 ans, à un huitième mandat. « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme », titre le journal. En effet, depuis octobre dernier, « aucun nouveau gouvernement n'a encore été formé, malgré les attentes d'ouverture et de pacification après la dernière crise électorale. Paul Biya a pourtant promis de s'y atteler. "Dans les prochains jours", disait-il, le 31 décembre dernier. Puis, à nouveau, le 10 février, la dernière fois que les Camerounais ont vu leur président (à la télévision) et entendu le son de sa voix usée. (…) Face à ce pouvoir granitique, l'opposition a rendu les armes, relève Le Monde Afrique. Issa Tchiroma, candidat malheureux à la présidentielle, jugeant sa vie menacée, a discrètement trouvé refuge au Nigeria, puis en Gambie. Impossible pour lui d'organiser la résistance loin de ses troupes. La société civile survit, sujette aux "intimidations et à la peur". C'est dans ce contexte, pointe encore Le Monde Afrique, que le pape Léon XIV se rendra dans le pays, du 15 au 18 avril, au milieu de sa tournée africaine. Une visite qui divise le camp de la contestation, entre ceux qui l'assimilent à un acte de légitimation d'un pouvoir usurpé et ceux qui espèrent que le pape abordera les sujets qui fâchent le pouvoir. »
Le Journal en français facile du mercredi 18 mars 2026, 17 h 00 à Paris. Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau A2 | Moyen-Orient, France, Afrique : les titres du 18 mars 2026 Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CXW0.A
Le procès de Sabri Essid, jihadiste français présumé mort en Syrie, s'est ouvert à Paris ce lundi 16 mars pour génocide et crime contre l'humanité, commis contre la communauté yézidie. Un premier procès pour « génocide » qui ouvre la voie, en France, à la reconnaissance des crimes subis par cette petite communauté irakienne principalement rassemblée dans le nord-est du pays, et ce, douze ans après l'opération lancée par l'État islamique au Sinjar en août 2014. Des victimes irakiennes témoignent dans ce procès en France, mais en Irak, la communauté yézidie réclame toujours justice. En janvier, Bagdad a accueilli 5 704 prisonniers soupçonnés d'appartenance à l'État islamique et détenus jusqu'alors en Syrie. Les autorités se sont engagées à les juger. Mais entre méfiance et peur, la communauté yézidie doute que ce soit une réelle nouvelle occasion de voir ses bourreaux jugés pour les crimes qu'ils ont commis. Reportage auprès de la communauté yézidie en Irak. Au Kurdistan irakien, c'est dans un village à l'écart de la ville de Dohouk, que vit Weedad. En 2014, tous ses proches, son mari et trois de ses quatre enfants ont été tués par les combattants de l'État islamique au Sinjar. À 52 ans, elle peine à se déplacer, résultat des sévices que cette femme yézidie a subi au cours de sa captivité aux mains de Daech. « Mon fils et moi, on a essayé de s'enfuir trois fois, mais ils nous ont rattrapé. Ils m'ont tout fait subir. Ils m'ont électrocutée, mon dos souffre encore des séquelles des câbles électriques », dit-elle. Réduite en esclavage pendant trois ans, elle a été vendue plus de vingt fois à différents combattants. « Ils faisaient commerce de nous. Sur Facebook, ils postaient l'âge, le nombre d'enfant qu'une femme avait, ils décrivaient sa beauté, son apparence, tout. Et quelqu'un arrivait pour la récupérer », explique-t-elle. « Je veux les voir réduits en pièces devant nous » La violence qu'elle a subie la ronge. Quand elle a appris que 5 700 détenus soupçonnés d'appartenance à l'État islamique ont été transférés de Syrie en Irak pour être jugés, où ils risquent la peine de mort; cela n'a fait qu'alimenter sa colère. Car c'est un tout autre châtiment qu'elle attend. « La peur ne nous quitte jamais. Je veux que ceux qui ont commis ces crimes contre nous, devant nous, je veux les voir réduits en pièces devant nous. Je ne veux pas qu'ils soient juste exécutés simplement ». « Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue » Pour être entourée, elle se rend régulièrement dans les bureaux de Yazda. Cette ONG internationale défend les droits de la communauté yézidie. En Irak, elle milite pour faire changer la législation. Car en 2019, les membres présumés de l'État islamique ont été jugés selon l'article 4 de la loi antiterroriste, et condamné à mort ou à perpétuité pour leur affiliation à l'organisation terroriste. « Si vous les poursuivez en vertu de l'article 4, vous ne montrez pas toute la réalité », explique Riadh Khairi, directeur de Yazda en Irak. « Mais s'il existe une loi condamnant le génocide, alors toute la vérité peut être faite. Ils n'ont pas été seulement les victimes du terrorisme. Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue, alors s'il n'y a pas de procès basés sur les véritables crimes commis, cette peur restera », ajoute-t-il. À Bagdad, le centre national pour la coopération judiciaire internationale assure que les preuves du génocide seront incluses dans les actes d'accusation, même sans loi spécifique disponible. « Ils seront jugés pour leur affiliation à une organisation terroriste mais aussi pour les crimes qu'ils ont commis alors qu'ils étaient membres de l'État islamique », indique Ali Dhia, directeur adjoint du centre national pour la coopération judiciaire internationale. Les premiers procès de ces détenus ne devraient pas s'ouvrir avant au moins un an. Dix ans après la chute de l'État islamique en Irak. À lire aussi«Il fallait garder des traces, pour ancrer ce génocide des Yézidis dans l'histoire»
Au sommaire : En République démocratique du Congo, une partie de la majorité politique plaide pour une modification de la Constitution. L'opposition refuse ce projet, estimant qu'il viserait surtout à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui est aujourd'hui interdit. Au Sénégal, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté ce mercredi 11 mars une loi qui renforce les sanctions contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe. La nouvelle loi prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans, contre un maximum de 5 ans auparavant. À l'international, nos éditorialistes font un point sur la guerre au Moyen-Orient, sur le blocage du détroit d'Ormuz et ses conséquences en Afrique et au-delà. Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Wuldath Mama, journaliste béninoise spécialiste des questions internationales Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50 en République démocratique du Congo Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
« Le 20 février dernier, Ousmane (un prénom d'emprunt) a ramassé quelques affaires et a fui, rapporte Le Monde Afrique. “Depuis, témoigne le Sénégalais, je vis caché, dans une ville dont je ne peux pas donner le nom. Je suis pétrifié. Le voisinage a appris des choses sur ma vie. Ils savent que je suis homosexuel“. Le trentenaire l'assure, si l'information circule, il “risque d'être tabassé et arrêté, ou arrêté puis tabassé. Je ne vois pas d'autres solutions que de partir à l'étranger dès que je peux“, lâche-t-il. Dénonciations, racket, agressions… Depuis plusieurs semaines, constate encore Le Monde Afrique, au Sénégal, les personnes homosexuelles ou soupçonnées de l'être font face à une explosion d'hostilité, dans un pays déjà marqué, cette dernière décennie, par des mobilisations homophobes régulières. » Doublement des peines… Hier mercredi, rapporte sobrement le site Seneweb, « l'Assemblée nationale a voté une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles. Celles-ci sont désormais punies de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une vague de débats passionnés et une série d'arrestations à travers le pays pour notamment actes contre-nature présumés. La nouvelle loi prévoit également des sanctions pénales contre la promotion et le financement de l'homosexualité au Sénégal. Toutefois, pointe encore Seneweb, la loi prévoit de punir toute personne se livrant à une “dénonciation abusive faite de mauvaise foi“ contre de supposés homosexuels, afin de limiter les dérives. » Pour sa part, note Walf Quotidien, l'opposition ultra-minoritaire, a voté contre le texte. L'opposition qui estime que la nouvelle loi n'est pas assez répressive et qui réclame la criminalisation de l'homosexualité. Au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises ? Alors, pour Jeune Afrique, il y a deux aspects importants dans ce durcissement de la loi : tout d'abord, il « porte l'empreinte du souverainisme cher aux Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (le Pastef, le parti au pouvoir). Face à un Occident jugé trop permissif, voire dépravé, c'est au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises, marquées par l'influence conjointe de l'islam (surtout) et du catholicisme, qu'un durcissement des peines encourues par les auteurs d'actes qualifiés de “contre nature“ a fait son entrée dans le Code pénal, sans que le mot “homosexualité“ y soit explicitement prononcé. » En effet, remarque le site panafricain, « le projet de loi indique qu'il s'agit de “l'un des cas suivants : acte sexuel entre personnes de même sexe ; acte sexuel avec un cadavre ; acte sexuel avec un animal“. Autrement dit, l'homosexualité se retrouve réprimée aux côtés de la nécrophilie et de la zoophilie. » Un héritage colonial ? Et puis, autre aspect important de ce durcissement législatif contre les homosexuels, toujours d'après Jeune Afrique : l'aspect historique… « Un peu d'archéologie juridique permet de douter que cette législation marquerait un sursaut identitaire résolument africain face à un monde où de plus en plus de pays ont non seulement abandonné une législation répressive sur le sujet mais aussi promu les droits des personnes LGBT+. » En effet, précise Jeune Afrique, « dans sa formulation actuelle comme dans sa refonte, l'article 319 du Code pénal sénégalais repose sur une formulation forgée en France il y a bien longtemps avant de tomber définitivement en désuétude il y a déjà près de cinq décennies. » Avec notamment cette notion d'« acte contre-nature », effacée durant la Révolution, et qui était réapparue sous Pétain durant l'occupation. En fait, résume le site panafricain, « ce n'est pas l'homosexualité qui a été importée d'Occident, mais sa criminalisation. » Tolérance zéro ou presque sur le continent Et depuis ces dernières années, la tendance s'est accentuée sur le continent, relève encore Jeune Afrique : « l'Ouganda a promulgué une loi incluant la peine de mort pour “homosexualité aggravée“. Le Mali d'Assimi Goïta a criminalisé l'homosexualité en novembre 2024, une première dans un pays où les textes de loi ne l'évoquaient pas jusqu'alors. Le Burkina Faso d'Ibrahim Traoré a suivi en septembre 2025 avec un texte prévoyant deux à cinq ans de prison. Au Ghana, où les évangélistes américains sont très présents, un projet prévoyant jusqu'à dix ans de prison pour “promotion des droits LGBT“ est en cours de réintroduction. Quelques pays prennent le chemin inverse. Maurice a décriminalisé l'homosexualité en 2023, la Namibie en 2024. Mais ces législations progressistes font figure d'exception. »
Le Journal en français facile du mercredi 11 mars 2026, 17 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CWBq.A
Le Journal en français facile du vendredi 6 mars 2026, 17 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CVHL.A
À Guadalajara, ville de l'ouest du Mexique et l'une des trois villes hôtes nationales du Mondial de football 2026, des centaines de sacs poubelles contenant des restes humains ont été retrouvés ces derniers mois dans des fosses clandestines autour du stade qui accueillera la compétition. Alors que le Mondial se rapproche et que le pays se prépare à recevoir des touristes du monde entier, ces découvertes macabres rappellent la triste réalité des disparitions forcées au Mexique. De notre correspondante à Mexico, Le 4x4 avance sur un chemin de terre et s'arrête devant trois grands chênes. Derrière, les champs s'étendent à perte de vue. Carmen Ponce coupe le contact et saute du véhicule. « Quand on est arrivés, tout n'était que hautes herbes. On nous a dit qu'on allait trouver vers ces arbres, donc on s'est frayé un chemin et on a commencé à chercher vers cette pierre », montre-t-elle. La jeune femme de 26 ans marche vers un terrain débroussaillé. À côté des arbres, la terre fraîche indique l'emplacement de la fosse clandestine désormais recouverte : « De ce côté, à gauche, la tige en métal est entrée très facilement et, en la retirant de la terre, on a senti cette odeur fétide d'être humain en décomposition. » C'est un appel anonyme qui l'a guidée, elle et son collectif de recherche, vers cette fosse commune, en septembre dernier. Au bout de ce chemin, on leur a dit qu'ils trouveraient huit corps. Au final, une trentaine de sacs ont été déterrés. « Ce sont des sacs plastiques noirs, entourés de gros scotch, décrit Carmen Ponce. En les ouvrant, on a trouvé trois bras avec des tatouages qui nous ont été très utiles pour les identifier. Il y avait des sacs qui contenaient un bras, une jambe. Dans d'autres, juste le torse et un seul bras. » À lire aussiMexique: des marches de deuil pour les disparus à Mexico et dans plusieurs villes « On marche sur une terre où sont enterrés nos enfants » Aussi macabre soit-elle, la découverte de cette fosse n'a pas surpris le collectif de recherche. Ces derniers mois, plusieurs charniers comme celui-ci ont été localisés à Zapopan, à quelques kilomètres du stade qui accueillera quatre matchs du mondial de football en juin 2026. « Le cas de Zapopan est emblématique car c'est une zone où circule beaucoup d'argent, notamment du blanchiment d'argent, explique Jonathan Avila. Membre du Centre de justice pour la paix et le développement, il surveille cette zone depuis plusieurs années déjà. Le crime organisé y est présent depuis les années 1980. Et puis, cette zone autour du stade regroupe des champs et des terrains abandonnés, donc c'est plus simple d'y enterrer des corps. » En 2025, presque 500 sacs ont été déterrés aux alentours du stade. Des exhumations en masse, devant lesquelles les autorités locales ont gardé le silence. Seule prise de parole officielle, le maire de Zapopan a annoncé une réunion avec les représentants de la Fifa au Mexique pour évoquer le sujet des fosses. Ces déclarations sont loin d'être suffisantes pour les proches de disparus, comme la mère de Carmen Ponce qui cherche toujours son fils : « On marche sur une terre où sont enterrés nos enfants. Et toutes ces personnes qui vont venir découvrir la belle Guadalajara, je veux qu'elles sachent qu'elles marchent sur un cimetière. » Au total, plus de 130 000 personnes sont portées disparues au Mexique selon les chiffres du gouvernement fédéral. À lire aussiAu Mexique, les familles de disparus se lancent à la recherche de leurs proches
durée : 00:03:16 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Le rapport annuel de Human Rights Watch met en évidence la baisse de la démocratie, et donc des droits humains dans le monde. L'ONG internationale estime que l'administration de Donald Trump a précipité une dégradation amorcée depuis des années. Elle appelle à un sursaut démocratique. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Le Journal en français facile du mardi 20 janvier, 17 h 00 à Paris. ► EXERCICE Comprendre un extrait du journal | Astronomie : une tempête solaire exceptionnelle | niveau B2 (exercice + PDF)Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CMsq.A