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En Ukraine, face aux bombardements qui affectent les zones grises le long de la ligne de front, les autorités ont ordonné de nouvelles évacuations de civils dans les régions de Donetsk et de Kharkiv. Dans cette dernière, frontalière avec la Russie, sept villages du secteur de Borodukhiv, au nord-ouest de la ville, sont concernés, et plus de 7 000 personnes, dont plus de 1 300 enfants, ont reçu l'ordre de partir. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Depuis quelques jours, ce centre de transit pour personnes déplacées à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, est en pleine effervescence : quotidiennement, entre 100 et 150 personnes évacuées y arrivent, dans le dénuement le plus complet. Yevheniia Kozun, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, précise : « Récemment, nous avons constaté une augmentation constante du nombre de personnes évacuées. Nos partenaires continuent de leur fournir toute l'assistance nécessaire, y compris un soutien psychologique, des articles de première nécessité, l'inscription aux aides financières, ainsi qu'une aide pour la reconstitution de leurs documents. » Cette assistance est primordiale en raison de la vulnérabilité des évacués. Liudmila Oleksandrivna, une soixantaine d'années, vient de Prudyanka, à seulement cinq kilomètres de la frontière russe. Avec son mari paraplégique, elle fait partie des quelque 300 personnes à mobilité réduite concernées par l'ordre d'évacuation. « Il y a eu des frappes sur notre maison. Nous étions sur le point de partir, suite à un accord avec les volontaires », raconte-t-elle. Depuis leur arrivée il y a quelques jours, Liudmila et son mari attendent de recevoir une place dans un centre d'hébergement spécialisé. Eux qui n'avaient jamais quitté leur village n'ont, pour le moment, aucune perspective d'avenir. « Il est peu probable qu'on puisse y retourner. Il ne reste plus que deux personnes là-bas. Bon, peut-être qu'elles sont déjà parties, je n'en sais rien. C'est ça notre vie maintenant. Je ne sais pas comment nous allons vivre, nous n'avons rien emporté avec nous », confie-t-elle. Katia, 34 ans, et son petit garçon Sasha, six ans, sont également arrivés dans ce centre il y a quelques jours. Ils viennent de Zolochiv, au nord-ouest de Kharkiv. « Nous sommes partis dimanche dernier, car il était devenu impossible de vivre là-bas. Je suis une maman avec un enfant et des drones survolent la zone, détruisent toutes les maisons, les zones de jeux, les voitures. Les enfants sont soit confinés à la maison, soit dans les abris », explique-t-elle. Employée dans un magasin de bricolage, Katia, dont les parents ont refusé de quitter la maison familiale, a longtemps hésité avant de partir. « Même si vous avez une voiture et que vous voulez partir, c'est impossible d'atteindre Kharkiv et d'évacuer par la route : ils (les Russes) tirent sur des voitures civiles », ajoute-t-elle. Malgré cette menace, Katia a tenté sa chance : elle a roulé à toute vitesse vers Kharkiv. Comme des milliers d'autres familles ukrainiennes déracinées, elle et Sasha doivent repartir de zéro, sans travail, sans école, sans logement et sans leur famille restée à la merci des bombes. À lire aussi«On a l'habitude»: en Ukraine, la vie continue à Kharkiv, malgré les bombes et les drones russes
En Ukraine, face aux bombardements qui affectent les zones grises le long de la ligne de front, les autorités ont ordonné de nouvelles évacuations de civils dans les régions de Donetsk et de Kharkiv. Dans cette dernière, frontalière avec la Russie, sept villages du secteur de Borodukhiv, au nord-ouest de la ville, sont concernés, et plus de 7 000 personnes, dont plus de 1 300 enfants, ont reçu l'ordre de partir. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Depuis quelques jours, ce centre de transit pour personnes déplacées à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, est en pleine effervescence : quotidiennement, entre 100 et 150 personnes évacuées y arrivent, dans le dénuement le plus complet. Yevheniia Kozun, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, précise : « Récemment, nous avons constaté une augmentation constante du nombre de personnes évacuées. Nos partenaires continuent de leur fournir toute l'assistance nécessaire, y compris un soutien psychologique, des articles de première nécessité, l'inscription aux aides financières, ainsi qu'une aide pour la reconstitution de leurs documents. » Cette assistance est primordiale en raison de la vulnérabilité des évacués. Liudmila Oleksandrivna, une soixantaine d'années, vient de Prudyanka, à seulement cinq kilomètres de la frontière russe. Avec son mari paraplégique, elle fait partie des quelque 300 personnes à mobilité réduite concernées par l'ordre d'évacuation. « Il y a eu des frappes sur notre maison. Nous étions sur le point de partir, suite à un accord avec les volontaires », raconte-t-elle. Depuis leur arrivée il y a quelques jours, Liudmila et son mari attendent de recevoir une place dans un centre d'hébergement spécialisé. Eux qui n'avaient jamais quitté leur village n'ont, pour le moment, aucune perspective d'avenir. « Il est peu probable qu'on puisse y retourner. Il ne reste plus que deux personnes là-bas. Bon, peut-être qu'elles sont déjà parties, je n'en sais rien. C'est ça notre vie maintenant. Je ne sais pas comment nous allons vivre, nous n'avons rien emporté avec nous », confie-t-elle. Katia, 34 ans, et son petit garçon Sasha, six ans, sont également arrivés dans ce centre il y a quelques jours. Ils viennent de Zolochiv, au nord-ouest de Kharkiv. « Nous sommes partis dimanche dernier, car il était devenu impossible de vivre là-bas. Je suis une maman avec un enfant et des drones survolent la zone, détruisent toutes les maisons, les zones de jeux, les voitures. Les enfants sont soit confinés à la maison, soit dans les abris », explique-t-elle. Employée dans un magasin de bricolage, Katia, dont les parents ont refusé de quitter la maison familiale, a longtemps hésité avant de partir. « Même si vous avez une voiture et que vous voulez partir, c'est impossible d'atteindre Kharkiv et d'évacuer par la route : ils (les Russes) tirent sur des voitures civiles », ajoute-t-elle. Malgré cette menace, Katia a tenté sa chance : elle a roulé à toute vitesse vers Kharkiv. Comme des milliers d'autres familles ukrainiennes déracinées, elle et Sasha doivent repartir de zéro, sans travail, sans école, sans logement et sans leur famille restée à la merci des bombes. À lire aussi«On a l'habitude»: en Ukraine, la vie continue à Kharkiv, malgré les bombes et les drones russes
La première partie de notre émission sera consacrée à l'actualité. Nous commencerons par une analyse des négociations au Moyen-Orient, à la lumière des intérêts divergents des dirigeants américains et israéliens. Nous poursuivrons avec une conversation sur le réarmement de l'Allemagne et ses dépenses de défense, qui auraient suscité des inquiétudes en France. Dans notre rubrique science et technologie, nous examinerons un rapport de l'université des Nations Unies avertissant que l'impact environnemental des centres de données se rapproche désormais de celui de certains des plus grands pays du monde. Et pour conclure notre partie actualités, nous discuterons de la finale de Roland-Garros. Le reste de l'émission sera consacré à la langue et à la culture françaises. Notre point de grammaire de la semaine sera : The Present Subjunctive - Verbs of the First Group. Nous parlerons de la deuxième édition d'un évènement original organisé par La Poste : la Fête de l'écrit. Ce sera l'occasion de débattre sur la place de l'écrit à l'ère du numérique et de l'IA. Nous terminerons avec l'expression de la semaine : Ne pas y aller de main morte. Nous discuterons d'une mesure symbolique prise récemment en France : l'abrogation officielle du Code noir, qui réglementait le commerce des esclaves, plus de 170 ans après l'abolition de l'esclavage. - Les divergences d'intérêts entre Trump et Netanyahou compliquent les négociations au Moyen-Orient - Le réarmement et les dépenses de l'Allemagne dans la défense inquiètent la France - Les centres de données d'IA consomment autant d'énergie que certains grands pays - Roland-Garros 2026 : une édition pleine de surprises - La Poste organise la deuxième édition de la Fête de l'écrit - Plus de 170 ans après l'abolition de l'esclavage, le Code noir est officiellement abrogé
durée : 00:04:13 - InterNational - par : Jose Manuel Lamarque - La journée mondiale des algues, entre autres, une initiative des Nations Unies et aussi menée par la France pour soutenir les algues, avec Vincent Doumeizel, le conseiller Océan des Nations Unies. Mais combien de variétés d'algues existe-t-il ? Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la prise de la forteresse de Beaufort par l'armée israélienne, le pétrolier russe naviguant sous pavillon camerounais intercepté par la France et la hausse du prix du riz. Sénégal : pourquoi le Pastef refuse de participer au nouveau gouvernement ? Le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a dévoilé lundi soir (1er juin 2026) son gouvernement de 30 ministres. Mais la nouvelle équipe ne compte aucun poids lourd du Pastef ni proche de l'ex-Premier ministre d'Ousmane Sonko. Pour justifier son absence, la formation qui est majoritaire à l'Assemblée nationale évoque des « points de désaccord ». Mais de quels désaccords s'agit-il exactement ? Comment expliquer que cinq membres du Pastef figurent malgré tout dans le nouveau gouvernement ? Ces ministres risquent-ils désormais des sanctions, voire une exclusion du parti ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente de RFI à Dakar. Liban : pourquoi Israël a hissé son drapeau sur le château de Beaufort ? « Une étape spectaculaire, un tournant décisif » : ce sont les mots du Premier ministre Benyamin Netanyahu pour saluer la prise de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban. Mais pourquoi cette citadelle est-elle si importante dans les opérations menées par l'armée israélienne contre le Hezbollah ? S'agit-il d'une victoire avant tout symbolique ou d'un avantage militaire majeur sur le terrain ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. France : que sait-on du pétrolier russe arraisonné dans l'Atlantique ? La marine française a annoncé avoir intercepté, dimanche (31 mai 2026) dans l'Atlantique, un pétrolier russe naviguant sous pavillon camerounais, lors d'une opération menée avec plusieurs partenaires, dont le Royaume-Uni. Cette affaire remet en lumière la « flotte fantôme » utilisée par Moscou pour continuer à exporter son pétrole malgré les sanctions occidentales. Comment les alliés de l'Ukraine repèrent-ils ces navires difficiles à tracer ? Ces bateaux permettent-ils réellement à la Russie de contourner les sanctions internationales ? Combien de navires composeraient aujourd'hui cette flotte parallèle ? Avec Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations Unies. Riz : comment la crise au Moyen-Orient fait flamber les prix ? C'est l'un des aliments le plus consommé au monde. Chaque seconde, près de 14 000 kilos de riz sont consommés à travers la planète. Mais avec la crise au Moyen-Orient, les prix s'envolent depuis plusieurs semaines, avec une hausse qui approche les 20%. Pourquoi une céréale aussi essentielle est-elle affectée par les tensions en Iran ? Doit-on s'attendre à de nouvelles augmentations ou un retour à la stabilité est-il possible dans les prochains mois ? Avec Aurélien Devernoix, journaliste au service économie de RFI.
durée : 00:58:56 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Face aux dérives du football business, certains acteurs proposent des visions alternatives. De l'actionnariat populaire aux conditions de travail des joueurs, en passant par la transformation des stades en bien commun, des initiatives émergent pour renouer avec les racines populaires du football. - réalisation : Margot Page, Fanny Richez, Sacha Mattei, Barthélémy Gaillard, Inès Bouffartigue Sebastia, Pénélope Le Mauguen - invités : Sébastien Thibault Docteur en science politique, Jérôme Latta Journaliste indépendant, co-fondateur et rédacteur en chef des Cahiers du football, Dominique Hyde Directrice des relations extérieures du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:30 - Les journaux de France Culture - Peintre gazaoui, Ahmed Muhanna transcrit la guerre à Gaza sur des cartons de l'aide alimentaire du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. De passage à Paris, ses œuvres font l'objet d'une exposition itinérante à travers toute l'Europe, avec le concours de l'Union européenne. - réalisation : Faouzi Tritah Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Vous vous en souvenez surement, il avait été lancé en grande pompe en janvier 2026 par Trump, le « Conseil de la paix » devait initialement incarner une alternative à l'ONU et orchestrer la reconstruction de la bande de Gaza. Pour financer ce projet pharaonique estimé à 70 milliards de dollars, le président américain avait imaginé un concept inédit : exiger un ticket d'entrée d'un milliard de dollars en liquide de la part de chaque État souhaitant obtenir un siège permanent au sein de l'organisation. Qu'en est-il quatre mois plus tard ? Et bien la réalité s'avère bien loin des ambitions affichées, et l'initiative se retrouve aujourd'hui totalement enlisée.En effet selon des révélations du Financial Times, le projet fait face à un désert financier absolu : pas le moindre dollar promis n'a effectivement été déposé. Et bien que des puissances régionales comme l'Indonésie aient initialement manifesté leur intérêt, son président a récemment douché les espoirs américains en excluant catégoriquement le versement de la somme astronomique requise.De toute façon, au-delà des contributions nationales manquantes, les rares enveloppes débloquées se heurtent à de sérieux obstacles juridiques. C'est notamment le cas d'un financement de 100 millions de dollars octroyé par les Émirats arabes unis, destiné à la formation d'une future force de police gazaouie. Cette somme est désormais totalement gelée en raison de l'opacité administrative qui entoure la structure. À l'inverse des fonds internationaux classiques, généralement administrés par la Banque mondiale sous la supervision des Nations Unies, le Conseil de la paix de Donald Trump ne dispose d'aucun mécanisme de contrôle ou de transparence indépendant. Les seules dépenses concrétisées se résument finalement à de maigres versements logistiques ayant servi à couvrir les frais de fonctionnement du bureau du Haut représentant de l'organisation.On le voit, entre promesses non tenues, refus des pays contributeurs et architecture juridique défaillante, l'institution censée bâtir un "nouveau Gaza" apparaît aujourd'hui paralysée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans cette 77e édition du podcast « Impôt et Justice sociale », produite par Tax Justice Network, Idriss Linge décrypte les débats de la quatrième session du Comité intergouvernemental de négociation (INC) qui s'est tenue du 2 au 13 février 2026 au siège des Nations Unies à New York. Au cœur des échanges : la prévention et la résolution des différends fiscaux dans le cadre du futur Protocole 2 de la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale, avec un accent particulier sur l'épineuse question des prix de transfert et de l'accès aux bases de données de comparables, aujourd'hui captées par des opérateurs privés inaccessibles aux administrations africaines. L'épisode restitue les positions du Sénégal, du Ghana, du Libéria, du Botswana et de l'Égypte — qui défend les audits simultanés contre les accords préalables sur les prix (APA) jugés taillés pour les économies riches — ainsi que la proposition alternative de Tax Justice Network : reporting pays par pays public, registre des bénéficiaires effectifs et échange automatique d'informations renforcé. L'objectif : consolider le rapport de force imposé par le Groupe africain face à l'OCDE et endiguer les pertes fiscales colossales — 49 milliards de dollars par an liés aux seules multinationales selon le State of Tax Justice — qui privent les pays du Sud des moyens de financer leurs hôpitaux, leurs écoles et leur transition écologique.
Malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025, les violations du droit international se poursuivent dans le Territoire palestinien occupé, dénonce le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).Dans cet extrait sonore, la porte-parole du HCDH, Marta Hurtado, revient sur un rapport alarmant évoquant une famine provoquée à Gaza, des déplacements forcés « sans précédent » en Cisjordanie et des actes pouvant relever de crimes de guerre, voire, « dans certaines circonstances », d'un génocide.« Le fait d'affamer une population comme méthode de guerre contre des civils constitue un crime de guerre », rappelle-t-elle.Le rapport dénonce également la montée des violences de colons, des cas présumés d'exécutions extrajudiciaires et l'absence persistante de justice pour les victimes.« L'impunité ne fait qu'alimenter la répétition des violations », souligne Marta Hurtado.(Extrait sonore : Marta Hurtado, porte-parole du HCDH; propos recueillis par Cristina SIlveiro)
Aujourd'hui dans "Le Journal imprévisible", Marc Bourreau revient sur l'Assemblée Générale des Nations Unies, qui se prononce aujourd'hui sur une résolution pour rappeler à l'ordre les États sur leurs obligations climatiques, portée par le Vanuatu, devenu le symbole de ces petites îles menacées par la montée des eaux.Le ministre des Affaires étrangères de Tuvalu, les pieds dans l'eau, a lancé un message fort lors de la COP26 en 2021, appelant à prendre des mesures alternatives et des initiatives audacieuses pour assurer l'avenir de son pays face à la réalité du changement climatique. Les petites îles du Pacifique, comme Tuvalu et le Vanuatu, sont devenues des symboles de la lutte contre le changement climatique, portant avec elles une mythologie insulaire riche en imaginaire, entre trésors cachés, monstres légendaires et conquêtes historiques. Les îles paradisiaques, comme les Seychelles ou Ibiza, font face à l'afflux massif de touristes, menaçant leur équilibre écologique et la vie des habitants, qui doivent parfois mettre en place des quotas de visiteurs pour préserver leur territoire. L'île, refuge et source d'inspiration pour certains, comme Jacques Brel, peut aussi être un lieu de tensions entre les touristes et les populations locales, qui se sentent parfois dépossédés de leur identité et de leur dignité.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Albina du Boisrouvray est philanthrope, productrice de cinéma et autrice de Naviguer l'existence. Venue d'une bonne famille, elle a donné la quasi-totalité de sa fortune à sa fondation FXB pour sortir 100 000 personnes de l'extrême pauvreté.Je connais peu de trajectoires aussi denses que celle d'Albina. Militante écologiste dans les années 70 quand personne n'écoutait, productrice de cinéma dans un milieu misogyne, candidate aux législatives en 78, et puis surtout : mère d'un fils de 24 ans mort dans un accident d'hélicoptère, celui dans lequel se trouvait aussi Daniel Balavoine. Ce que j'aime chez Albina, c'est qu'elle n'est pas dans la posture. Elle dit qu'elle ne sait pas toujours comment elle a tenu. Elle dit qu'elle a parfois tort. Elle dit que son manque d'études l'a probablement rendue plus libre que si elle avait fait l'ENA.Dans cet épisode, nous parlons de deuil, de sens, de résilience et de cette méthode qu'elle a inventée contre l'avis de tout le monde, "la graduation approach", qui transgresse la doxa du micro-crédit. J'ai questionné Albina sur les bouées qu'elles considèrent comme la colonne vertébrale de toute son existence : ne jamais se pourrir le présent pour un futur qu'on ne peut pas imaginer.Citations marquantes"La mort aura toujours le dernier mot. Mais qu'elle n'ait pas le dernier mot plus vite qu'elle devrait l'avoir.""La résilience, c'est apprendre à vivre avec. Pas s'en débarrasser. Vivre avec.""Quand j'ai vu que les gens à qui on apportait tout ça, leurs yeux s'illuminaient — ça réallumait ma propre capacité à ressentir du bonheur.""Quand on est convaincu d'avoir raison, il faut aussi questionner ça. Il faut tout questionner.""Ne jamais se pourrir le présent pour un avenir qu'on ne peut absolument pas imaginer, parce qu'il ne se passe jamais comme on l'a imaginé."Idées centrales 1. La résilience n'efface pas la douleur — elle l'intègre Titre : "Apprendre à vivre avec, pas à guérir" Albina ne dit pas qu'elle a "surmonté" la mort de son fils. Elle dit qu'elle a appris à vivre avec l'amputation. Ce décalage — entre guérir et intégrer — change tout dans la manière dont on traverse les épreuves. Cyrulnik lui a donné les mots. La vie lui a donné la méthode. Pourquoi c'est important : On vend trop souvent la résilience comme une victoire sur la douleur. Albina dit l'inverse : c'est une coexistence. Timestamp : ~07:00–10:052. Donner aux autres peut rallumer ce qu'on croyait éteint en soi Titre : "Le bonheur des autres comme carburant personnel" Ce n'est pas de la générosité romantique. C'est une mécanique très précise : quand tu vois les yeux de quelqu'un s'illuminer parce que tu lui as apporté quelque chose, ça rouvre ta propre capacité à ressentir. Albina l'a découvert au Liban en 1987, un an après la mort de François. Pourquoi c'est important : Ça retourne la question du sens — on ne trouve pas le sens en cherchant, on le trouve en faisant. Timestamp : ~20:44–21:463. La transgression comme méthode : donner plutôt que prêter Titre : "La graduation approach contre la doxa du micro-crédit" La grande transgression d'Albina : donner des entreprises aux familles au lieu de leur prêter de l'argent, et accompagner ça avec l'accès simultané à tous les droits de base. Les Nations Unies disaient que ça ne se faisait pas. Elle l'a fait quand même. Résultat : 86% de réussite, 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté. Pourquoi c'est important : Quand le consensus est fort, c'est souvent le moment de questionner, pas d'obéir. Timestamp : ~13:20–18:044. Penser par soi-même contre les doxas de son époque Titre : "Quitter une réunion d'extrême gauche en 1970 parce qu'on y préparait des attentats" Elle a été militante gauchiste jusqu'au jour où elle a compris que ça menait au terrorisme. Elle a refusé le micro-crédit quand tout le monde le défendait. Elle a soutenu le maintien du nucléaire quand sa famille politique voulait le démanteler. Sa boussole : ses propres valeurs, pas les étiquettes. Pourquoi c'est important : La liberté de pensée n'est pas un droit qu'on reçoit — c'est une discipline qu'on exerce contre soi-même d'abord. Timestamp : ~45:24–48:325. Le capitalisme n'est pas le problème. Le capitalisme débridé, si. Titre : "L'offre et la demande ça fonctionne — le problème c'est quand ça sert les actionnaires plutôt que les humains" Elle fait une distinction que peu de militant.e.s de sa génération acceptent : la nature humaine n'est pas totalement oblative, il faut un intérêt pour que ça marche. Ce qui ne fonctionne pas, c'est l'article de Friedman de 1970 qui a scellé l'idée que le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes. Pourquoi c'est important : On ne changera pas le système en le refusant en bloc. On le change en redéfinissant ce qu'il sert. Timestamp : ~36:28–39:16Questions posées dans l'interviewTu dis que l'avenir a perdu ses promesses — mais pour ta génération, les 30 glorieuses, c'était le contraire. Qu'est-ce qui a changé, selon toi?Comment on traverse la mort d'un enfant sans se laisser détruire?Est-ce que c'est la douleur qui t'a poussée vers l'humanitaire, ou tu l'aurais fait de toute façon?La graduation approach était une transgression totale à l'époque. Comment tu as eu le courage de contredire le consensus des Nations Unies?Comment on fait pour ne pas laisser sa famille imposer notre destin — surtout quand on l'aime?Tu parles de "ne pas accepter les doxas de son époque" — mais comment tu sais que tu n'es pas juste en train de remplacer une doxa par une autre?La place des femmes — tu dis que rien n'est acquis. Qu'est-ce que tu dirais à une femme jeune aujourd'hui face au retour des religions et du patriarcat?Comment tu pratiques l'instant présent concrètement? C'est une philosophie ou une discipline quotidienne?Avec le recul de tes 80 ans, qu'est-ce que tu changerais dans ta manière de vivre?A quoi tu veux claquer la porte — et où est-ce que tu veux ouvrir?Références citées dans l'épisodeLivresNaviguer l'existence — Albina du Boisrouvray (fil rouge de tout l'épisode) ~00:29Indignez-vous! — Stéphane Hessel (résonance sur la capacité d'indignation d'Albina) ~25:04Livre de Boris Cyrulnik sur la résilience (titre non précisé, mais "ça a totalement résonné") ~07:38Articles / textesArticle de Thomas Friedman (journaliste) sur "l'ère du polysène" — le monde comme système complexe et non binaire ~34:03Article de Milton Friedman (économiste, NYT, 1970) — le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes aux actionnaires ~35:44Documentaire Arte sur la violence de l'extrême droite en France et en Allemagne ~54:21PersonnesDaniel Balavoine — mort dans l'accident d'hélicoptère du Paris-Dakar 1986 ~01:03François, son fils — pilote de l'hélicoptère, 24 ans ~06:55Bernard Kouchner — mission au Liban en 1987 ~20:44Professeur Jonathan Mann (Harvard/OMS) — paradigme santé publique, alerte sur les orphelins du SIDA ~11:37Mohamed Yunus — micro-crédit (admiré, mais insuffisant pour l'extrême pauvreté) ~14:15Brice Lalonde, René Dumont — militants écologistes des années 70 ~05:04André Gorz — cité rapidement comme proche des mouvements écolos ~05:03André Delvaux — réalisateur belge représenté par Albina à Cannes ~48:59Kim Chapiron — réalisateur français, propos sur la représentation des musulmans au cinéma post-2001 ~53:32Anne Chirac — avait posé des pots de fleurs sur les Champs-Élysées en réponse aux plaidoyers écologistes ~04:04OrganisationsFXB (Fondation François-Xavier Bagnoud) — fondée par Albina ~12:24Médecins sans Frontières / Médecins du Monde — Albina a été bénévole ~22:59Banque mondiale, BRAC, Ford Foundation — ont repris la graduation approach à grande échelle ~18:31ConceptsRésilience (Cyrulnik) ~07:38Graduation approach (méthode FXB) ~15:48Polysène — ère où tout est imbriqué, plus rien n'est binaire ~34:03Famille étendue africaine ~13:32Bouddhisme : "ici et maintenant" ~59:50Talmud / pil-poul : questionnement constant ~47:07Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 — Introduction VLAN Greg ouvre sur la question centrale du podcast : "Et si on pouvait à nouveau se réjouir du futur?" Présentation d'Albina, de son livre Naviguer l'existence et de ses 12 bouées de sauvetage.01:55 — Les 12 bouées : pourquoi des bouées et pas des clés "Les clés ouvrent des portes. Les bouées, elles te sauvent dans une tempête." Une distinction qui dit tout sur l'état dans lequel elle perçoit le monde aujourd'hui.02:05 — L'avenir a perdu ses promesses Retour sur les 40 glorieuses, l'espoir de l'après-guerre, et le moment où tout a basculé. Albina raconte comment elle portait l'alerte climatique il y a 50 ans — et comment personne ne l'écoutait, même dans les réunions politiques enfumées.06:38 — Bouée #1 : ne pas se laisser détruire par le malheur La mort de son fils François à 24 ans. Comment on tient. Ce que la résilience veut vraiment dire. Cyrulnik lui a donné les mots, la vie lui a donné la méthode.10:50 — Comment la douleur l'a conduite à l'humanitaire Un an après la mort de François, elle part avec Kouchner au Liban porter des médicaments des deux côtés de la ligne de front. Elle retrouve là, pour la première fois, sa capacité à ressentir du bonheur.13:20 — La transgression de la graduation approach En Afrique, elle comprend que son modèle occidental ne fonctionne pas. Elle invente une méthode qui transgresse la doxa du micro-crédit et choque les Nations Unies. Elle a raison.18:04 — 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté 86% de réussite. La méthode FXB reprise par la Banque mondiale et BRAC. Elle a tout dépensé. Et elle continue avec des donations.24:05 — Bouée #2 : la famille et la liberté Son enfance entre Amérique du Sud et Afrique du Nord. Sa mère Quechua, son père résistant gaulliste. Comment l'absence de famille l'a paradoxalement rendue libre. Et comment elle a fait la paix avec sa mère après sa mort.33:41 — Bouée #3 : défendre la justice Néolibéralisme, Friedman, l'article qui a tout scellé en 1970. Sa distinction entre capitalisme utile et capitalisme destructeur. Et l'ère du polysène : on ne vit plus dans un monde binaire.42:09 — Bouée #5 : la place des femmes Rien n'est acquis — les États-Unis, l'Afghanistan, l'Iran. Son expérience au Festival de Cannes où deux hommes parlent d'elle comme d'un objet en direct. Et comment elle a géré un ministre qui avait fermé la porte à clé.45:24 — Bouée #9 : ne pas accepter les doxas de son époque La réunion en 1970 où elle quitte les mouvements gauchistes. Le Talmud comme modèle de questionnement permanent. Et pourquoi être convaincu d'avoir raison, c'est souvent le premier signe qu'on a un peu tort.52:56 — Bouée #8 : s'autoriser à penser par soi-même Les imaginaires des films américains post-2001, l'islamophobie ordinaire, les extrêmes qui identifient de vrais problèmes mais proposent de mauvaises solutions.58:36 — Bouée #10 : ne jamais se pourrir le présent La bouée centrale. Comment elle pratique l'instant présent concrètement — son chat le matin, la gentillesse des jeunes dans la rue. Les petits cadeaux de la vie qu'on rate quand on est dans la projection.01:00:57 — Ce qu'elle dirait aux jeunes en pleine course à la réussite 80 ans résumés en quelques phrases : ne pas mettre la réussite économique comme seule priorité. Rester ouvert aux autres. Saisir les moments de bonheur.01:06:49 — VLAN : claquer la porte sur la haine Elle veut claquer la porte sur toutes les formes de haine — islamophobie, antisémitisme, haine du voisin. Et elle termine sur une surprise : la gentillesse des jeunes qu'elle croise dans la rue, à Clichy et ailleurs. Suggestion d'autres épisodes à écouter : #346 Retrouver du pouvoir dans le chaos avec Matthieu Dardaillon (https://audmns.com/yOgbycm) Vlan #73 La vieillesse ne ressemble à rien de ce que vous pensez avec Perla Servan Schreiber (https://audmns.com/JrdGWwO) #377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? Avec Pablo Servigne (partie 1) (https://audmns.com/WMxgIMf)Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La psychiatrie se présente comme un espace de soin. Mais pour de nombreuses personnes qui en sont revenues, ce qu'elles ont vécu ressemble davantage à une privation de liberté qu'à une thérapie. Chambres d'isolement, hospitalisations sous contrainte, traitements imposés sans consentement — ces pratiques sont légales en France. Et elles continuent.Dans cet épisode, je plonge dans le mouvement pour l'abolition psychiatrique — pas pour dire que la souffrance psychique intense n'existe pas, mais pour poser la question que ce mouvement pose depuis des décennies : est-ce que la coercition peut être du soin ? Je reviens sur les travaux de Tina Minkowitz et sur ce que la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées dit sur les traitements forcés. J'explore pourquoi la réforme de l'institution — des chambres plus humaines, des durées plus courtes — ne touche pas à ce qui pose problème au fondement. Et surtout, je présente ce qui existe déjà comme alternatives : le modèle Soteria, l'Open Dialogue finlandais, le mouvement Entendre des Voix, les maisons de répit communautaires.Un épisode dense, situé politiquement, qui ne simplifie pas les tensions réelles — parce qu'elles existent — mais qui refuse aussi que ces tensions servent à maintenir le statu quo.Références citées :Minkowitz, T. (2006-2014). Travaux au sein du Comité de la CDPH / Convention relative aux droits des personnes handicapées, Nations Unies. Articles 12 et 14.Foucault, M. (1961). Histoire de la folie à l'âge classique. Gallimard.Mosher, L. R., & Menn, A. Z. (1978). Community residential treatment for schizophrenia: Two-year follow-up data. Hospital & Community Psychiatry, 29(11), 715–723.Seikkula, J., & Arnkil, T. E. (2006). Dialogical Meetings in Social Networks. Karnac Books.Romme, M., & Escher, S. (1993). Accepting Voices. Mind Publications.Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Rapports annuels sur les établissements psychiatriques. Disponibles sur cglpl.fr.Basaglia, F. (1968). L'institution en négation. Éditions du Seuil.Ben-Moshe, L. (2020). Decarcerating Disability: Deinstitutionalization and Prison Abolition. University of Minnesota Press.Venez continuer la conversation sur @equilibre.therapie.paris — vos expériences, vos réactions, vos questions. Et si cet épisode a résonné, partagez-le à quelqu'un qui en a besoin.abolition psychiatrique, soins communautaires santé mentale, hospitalisation sous contrainte France, alternatives psychiatrie coercitive, Tina Minkowitz CDPH, Open Dialogue Finlande, Soteria maison, chambres isolement psychiatrique, droits patients psychiatriques, Mad Pride France, survivants psychiatrie, désinstitutionnalisation psychiatrie
En Haïti, des années après le départ de certains Casques bleus impliqués dans des cas d'exploitation et d'abus sexuels, des femmes et des enfants continuent de vivre avec les conséquences de ces violences, souvent dans l'oubli et la précarité.Lors d'une récente mission en Haïti, Najla Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l'exploitation et des abus sexuels commis par le personnel de l'ONU, a rencontré des femmes et des enfants victimes d'abus attribués à d'anciens Casques bleus.« Mon rôle, c'est d'assurer que ces victimes ne sont pas invisibles, qu'elles ont une voix, une assistance et un accès à la justice », explique-t-elle à ONU Info.Dans cet entretien, la Défenseure revient sur les besoins exprimés par les survivantes, notamment l'accès à un soutien psychologique, médical et à des activités génératrices de revenus pour reconstruire leur vie et retrouver leur dignité.« Elles souffrent en silence, elles sont stigmatisées, parfois elles ont peur des représailles », confie Mme Nassif Palma.Elle évoque aussi le témoignage d'une jeune fille née d'un abus sexuel commis par un Casque bleu, l'importance de la reconnaissance de paternité pour les enfants nés de ces violences, ainsi que les efforts menés avec les autorités haïtiennes, la société civile et les agences onusiennes afin d'améliorer l'accès à la justice et aux services.Najla Nassif Palma rappelle également que « les Nations Unies ont une responsabilité particulière parce que l'agresseur représentait les Nations Unies » au moment des faits.Face à l'extrême violence des gangs, Haïti accueille aujourd'hui de nouveau des forces internationales. Même si celles-ci ne relèvent ni d'un mandat direct des Nations Unies ni de celui de la Défenseure, Mme Nassif Palma indique avoir rencontré les responsables de la force multinationale afin de leur proposer l'expertise des Nations Unies et partager « des bonnes pratiques », ainsi que « des défis et des leçons qu'on a déjà apprises » en matière de prévention de l'exploitation et des abus sexuels.La Défenseure dit avoir été rassurée par l'engagement exprimé par les responsables de la force à faire de cette question « une priorité ».(Interview : Najla Nassif Palma, Défenseure des droits des victimes et des survivants de l'exploitation et des abus sexuels; propos recueillis par Crisitna Silveiro)
L'industrie forestière européenne est en pleine transformation et s'impose désormais comme un acteur clé de la transition écologique, selon un rapport des Nations Unies publié à l'approche de la 21e session du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF21).« Pendant longtemps, on associait surtout ce secteur à l'exploitation du bois comme ressource brute. Mais aujourd'hui, il devient un acteur clé de la transition écologique et de la résilience économique », explique Florian Steierer, chargé des affaires économiques à l'Unité des forêts de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU).Le bois est de plus en plus utilisé dans la construction bas carbone, les énergies renouvelables et les produits biosourcés innovants. Plusieurs pays européens investissent massivement dans ces solutions.Malgré les incendies, les ravageurs forestiers et les pressions économiques, « le secteur répond par davantage d'innovation et une approche plus circulaire de la bioéconomie », souligne Florian Steierer. « La forêt n'est plus seulement perçue comme une ressource à exploiter, mais comme une solution stratégique pour le climat, l'énergie et l'économie européenne ». (Extrait sonore : Florian Steierer, chargé des affaires économiques à l'Unité des forêts de la CEE-ONU ; propos recueillis par Cristina Silveiro ONU Info)
Plus de 1.600 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti au cours des trois premiers mois de 2026, soit dans des violences perpétrées directement par les gangs, soit dans des opérations de sécurité menées contre les gangs, selon un nouveau rapport des Nations Unies.Si les autorités ont réussi à limiter l'expansion territoriale des gangs dans certaines zones de Port-au-Prince, les violences continuent de s'étendre dans plusieurs régions du pays, notamment dans l'Artibonite et le Centre. Meurtres ciblés, violences sexuelles, enlèvements et attaques coordonnées contre des populations civiles restent fréquents.Dans cet extrait sonore accordé à ONU Info, le porte-parole du BINUH, Mathias Gillmann, revient sur la situation sécuritaire et les violations des droits humains en Haïti, ainsi que sur les appels des Nations Unies à renforcer les pôles judiciaires spécialisés, prévenir le trafic d'armes et garantir le respect des droits humains lors des opérations de sécurité.(Extrait sonore : Mathias Gillmann, porte-parole du BINUH; propos recueillis par Cristina Silveiro)
Aujourd'hui dans "Le Journal imprévisible", Marc Bourreau revient sur la vie de Ted Turner, philanthrope américain et fondateur de la chaîne d'information en continu CNN, décédé à l'âge de 87 ans.Le journaliste présente le parcours de Ted Turner, passé de simple vendeur de panneaux publicitaires à propriétaire de Time Warner et de la MGM, ainsi que sur son rôle de skipper émérite et de généreux donateur des Nations Unies. Il évoque le rôle révolutionnaire joué par CNN dans le paysage médiatique mondial, avec sa couverture en direct d'événements historiques comme la chute du mur de Berlin, l'explosion de la navette Challenger ou encore la première guerre du Golfe. Il analyse aussi le positionnement parfois controversé de CNN, accusée d'être trop pro-démocrate et de privilégier l'information-spectacle, notamment lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Il revient aussi sur les critiques formulées par Ted Turner lui-même sur l'excès d'information en continu et la violence à la télévision.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À l'occasion de la Resource Management Week organisée à Genève par la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), ONU Info Genève a rencontré Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie, du logement et de l'aménagement du territoire à la CEE-ONU.Dans cet entretien, il explique pourquoi les minéraux « critiques » (lithium, cobalt, terres rares…) sont devenus indispensables à la transition énergétique et aux technologies numériques.Il évoque également les fragilités des chaînes d'approvisionnement et la dépendance à un nombre limité de pays, les défis d'une exploitation durable, et le rôle des Nations Unies pour favoriser une gestion plus équitable et responsable de ces ressources.« Le principal enjeu aujourd'hui, c'est la disponibilité des minéraux critiques à court terme », affirme M. Liguti. Entretien réalisé par Alexandre Carette
À l'occasion de la 29e Réunion internationale des directeurs nationaux de l'action antimines et des conseillers des Nations Unies à Genève, ONU Info Genève a rencontré Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix.Dans cet entretien, il revient sur les attaques récentes contre les Casques bleus et la nécessité de lutter contre l'impunité.Il évoque également l'avenir de la FINUL au Liban et les conditions d'une stabilisation durable, ainsi que l'appui de la MONUSCO aux efforts diplomatiques et à un éventuel cessez-le-feu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).Enfin, le chef des opérations de paix parle de l'évolution du maintien de la paix face aux nouvelles menaces (drones, désinformation, criminalité), et les défis du multilatéralisme dans un contexte international de plus en plus polarisé.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des Afghans coincés au Qatar, un recours déposé à l'UA contre la révision constitutionnelle au Cameroun et la flotte moustique iranienne. Tirs contre Donald Trump : comment l'assaillant a-t-il percé la sécurité présidentielle ? Alors que Donald Trump avait jusqu'à maintenant refusé de prendre part au traditionnel dîner annuel des correspondants de la présidence, sa première participation tourne au drame. Des coups de feu ont retenti au Hilton de Washington, où se tenait la cérémonie, juste après le discours de bienvenue. Des tirs visant le président américain qui a rapidement été évacué. Comment l'assaillant a-t-il pu s'approcher si près de Donald Trump avec une arme lors de ce gala normalement sécurisé ? Cet événement va-t-il entraîner des mesures de sécurité plus strictes ? Avec Guillaume Naudin, présente la chronique « La fabrique du monde » sur RFI. États-Unis : quel sort pour les Afghans coincés au Qatar ? Près de 1 100 Afghans qui ont travaillé avec l'armée américaine sont aujourd'hui coincés au Qatar. Alors que l'administration de l'ancien président, Joe Biden, avait promis de les accueillir sur le sol américain, l'administration de Donald Trump cherche maintenant à les envoyer dans un pays d'Afrique subsaharienne. Parmi ces pays, figurent la RDC avec laquelle les États-Unis viennent de signer un accord migratoire. Qui sont exactement ces Afghans ? Pourquoi sont-ils actuellement bloqués au Qatar ? Comment Washington justifie-t-il son refus de rapatrier les Afghans sur le sol américain comme l'avait promis Biden ? Avec Nicolas Rocca, journaliste au service international de RFI. Cameroun : pourquoi l'opposition dénonce une révision constitutionnelle « illégale » ? Au Cameroun, le parti d'opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, a « saisi les instances compétentes de l'Union africaine (UA) » pour contester la révision constitutionnelle adoptée par le gouvernement camerounais au début du mois d'avril. Pourquoi le MRC dénonce-t-il un « coup d'État constitutionnel » ? Maurice Kamto a-t-il des chances d'être entendu par l'UA ? Avec Stéphane Akoa, analyste politique pour la Fondation Paul Ango Ela. Iran : pourquoi la « flotte moustique » inquiète les Américains ? Alors que les négociations entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris au Pakistan, la menace iranienne en mer prend de l'ampleur. La raison : leur « flotte moustique ». De quoi s'agit-il exactement ? En quoi pourrait-il peser dans les discussions avec les États-Unis ? Avec Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations Unies.
Face aux perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (ONU-CEE) intensifie ses efforts pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement et fluidifier le transport international de marchandises.Réunis ce mardi, représentants des pays du Golfe, autorités douanières, ferroviaires et acteurs du transport routier ont examiné les solutions offertes par la Convention sur le transit international routier (TIR) afin de faciliter le transit le long de corridors terrestres alternatifs.L'ONU-CEE a également annoncé le lancement d'un observatoire en ligne des points de passage aux frontières. « Cette nouvelle plateforme fournit des données sur les points de passage frontaliers et les points de traitement TIR, permettant aux opérateurs de mieux planifier les itinéraires et d'optimiser l'acheminement des marchandises », explique Jean Rodriguez, porte-parole de l'ONU-CEE.Dans cet extrait sonore, il revient aussi sur l'essor de ces routes alternatives : « Le nombre de conteneurs transitant par le port de Djeddah […] a augmenté de 140 %, passant de 50.000 à 120.000 par semaine ».(Extrait sonore : Jean Rodriguez, porte-parole de l'ONU-CEE; propos recueillis par Cristina Silveiro)
La crise maritime dans le détroit d'Ormuz, déclenchée par le conflit dans le Golfe Persique, fait peser une nouvelle menace sur l'économie mondiale. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), une pénurie de matières premières stratégiques pourrait se profiler, alimentant déjà une course entre États pour sécuriser leurs approvisionnements.Dans cet extrait sonore, Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie durable à la CEE-ONU, rappelle que « l'impact du conflit dans le Golfe ne se limite pas au marché de l'énergie » et souligne que « la disponibilité de ces produits est fortement contrainte ». Hélium, naphta, sulfure : ces sous-produits du pétrole, essentiels aux semi-conducteurs, aux technologies numériques ou à la transition énergétique, dépendent largement de routes maritimes aujourd'hui sous tension.À court terme, les industriels s'appuient sur leurs stocks. Mais si la crise se prolonge, des pénuries pourraient émerger, avec un double effet : hausse des prix et raréfaction de technologies clés, avertit l'expert.Un éclairage pour comprendre comment une crise régionale menace déjà des chaînes d'approvisionnement vitales à l'échelle mondiale.(Extrait sonore : Dario Liguti, Directeur de la Division de l'énergie durable à la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies ; propos recueillis par Cristina Silveiro)
Dans la région de Kindia, à 140 km de Conakry, le suivi de la santé infantile constitue un défi majeur. Difficultés d'accès aux services de soins, manque de structures de santé et de personnel formé, pauvreté et pratiques néfastes, sont autant d'obstacles à l'épanouissement des enfants de 0 à 3 ans. Pour répondre à ces problématiques, le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) soutient un programme local de développement de la petite enfance : prévention de la malnutrition chronique, sensibilisation à l'importance de l'allaitement maternel et de la vaccination, lutte contre le paludisme et les maladies infantiles liées à l'eau, mais également préapprentissage par le jeu et stimulation intellectuelle et motrice des petits… (Rediffusion) Si cette initiative est une réussite, c'est notamment parce que l'éducation parentale s'appuie sur la dynamique communautaire. Les activités sont mises en place par des groupements de femmes et des relais communautaires sous la supervision des agents de santé. Cela passe par un soutien contre la malnutrition, mais aussi par des activités d'éveil, en particulier pendant la période critique des 1000 premiers jours, comme l'explique Dr Théophile Bansimba, chef nutrition du Fonds des Nations unies pour l'enfance Guinée : « De la conception à l'âge de 2, voire 3 ans, lorsque l'enfant est bien nourri, bien soigné, bien stimulé, ça nourrit le cerveau, ça facilite les connexions synaptiques, qui coordonnent le bien-être, la motricité, la sociabilité, le langage. » Retrouvez l'émission en entier ici : Comment améliorer le développement de la petite enfance en Guinée ?
Qui va succéder à Antonio Guterres fin 2026 au poste de secrétaire général de l'ONU ? Aujourd'hui et demain, les quatre candidats sont auditionnés par l'Assemblée générale à New York. Sont en lice la Chilienne Michelle Bachelet, l'Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan et le Sénégalais Macky Sall. L'ancien chef d'État du Sénégal peut-il gagner ? Christophe Boisbouvier a posé la question à Francis Kpatindé, l'ancien porte-parole du HCR pour l'Afrique, qui enseigne aujourd'hui à Sciences Po Paris et qui n'exclut pas la victoire au finish d'un OVNI, à savoir Gianni Infantino, le patron de la FIFA. RFI : Francis Kpatindé, qui est favori selon vous pour succéder à Antonio Guterres ? Francis Kpatindé : Ils sont quatre candidats à passer le grand oral aujourd'hui et demain. Mais le sentiment général à New York, au siège de l'organisation, reste néanmoins que celle ou celui qui sera élu ne figure pas encore sur la liste actuelle, même si la date de dépôt des candidatures fixée au 1ᵉʳ avril est passée. Il ne faut donc pas exclure d'autres candidatures dans les semaines ou mois à venir. Un candidat peut donc surgir à la dernière minute et rafler la mise. Au siège de l'ONU, à New York toujours, certains évoquent déjà la candidature de l'actuel vice-secrétaire générale Amina J. Mohammed, qui est métisse, binationale du Nigeria et de la Grande-Bretagne. Et même, tenez-vous bien, celle du président en exercice de la FIFA, Gianni Infantino, connu pour sa proximité avec le président américain Donald Trump. Oui, donc c'est très ouvert. Mais si on en reste à ces quatre candidats actuels, quel est à votre avis le mieux placé ? Moi, je pense que ce sera un des candidats latino-américains. Donc soit l'ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, soit l'actuel patron de l'Agence de l'énergie atomique, l'Argentin Rafael Grossi ? Oui, c'est ça. Et soit Madame Rebecca Grynspan aussi. Qui a été vice-présidente du Costa Rica ? Du Costa Rica. Voilà. La décision finale reviendra aux quinze membres du Conseil de sécurité, dont cinq ont le droit de veto. C'est à eux de donner le nom, de suggérer le nom à l'Assemblée générale des Nations unies. Et entre madame Bachelet, monsieur Grossi et madame Grynspan, qui a le meilleur profil pour plaire à la fois à l'Amérique, à la Chine et à la Russie ? Madame Bachelet est candidate. Elle a déjà travaillé aux Nations unies. Elle a même dirigé le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies, tout comme ONU-Femmes. Et elle connaît le sérail. Mais comme elle est marquée à gauche, son pays, donc le Chili, lui a retiré sa couverture. Donc, à mon avis, elle aura quelques petites difficultés. Rafael Grossi semble être proche du gouvernement actuel, le gouvernement conservateur argentin et également, donc, il pourrait avoir les faveurs du président américain Donald Trump. Donc, je pense que Rafael Grossi pourrait emporter la mise parce que son profil correspond à l'air du temps. Et parce qu'il garde de bons rapports avec Vladimir Poutine et Xi Jinping ? Absolument. Il a de bons rapports aussi bien avec le président américain et le président de son pays qu'avec donc le président chinois et le président russe. Alors, parmi les quatre candidats, il y a donc l'ancien président du Sénégal, Macky Sall. Quelles sont ses chances alors ? Macky Sall joue une partie difficile. D'abord, l'Afrique a déjà occupé la fonction à deux reprises, donc a eu deux secrétaires généraux avec l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Kofi Annan. Sa candidature n'est pas portée par son pays d'origine ni par l'Union africaine. Pour faire bref, Macky Sall est le candidat du Burundi et de quelques autres chefs d'État africains, dont le Congolais Denis Sassou-Nguesso. Par ailleurs, la gouvernance politique et économique de Macky Sall fait l'objet de vifs débats depuis deux ans. Ses adversaires mettent en exergue la répression contre la jeunesse urbaine et des opposants, et le fait qu'il ait laissé derrière lui une dette cachée pour le moins colossale. Alors ce que disent les proches de l'ancien président sénégalais, c'est que s'il y avait eu un veto de l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, il n'aurait pas maintenu sa candidature. Mais le véto, vous savez, le veto jouera plus tard. À mon avis, on est au début d'un processus et la question du veto ne se pose pas pour l'instant. Mais Macky Sall ne joue-t-il pas sur le fait que pendant ses douze ans à la tête du Sénégal, il a noué de bons rapports, il a noué des rapports de confiance, à la fois avec Donald Trump, avec Xi Jinping, avec Vladimir Poutine. Il est allé essayer de faire une médiation entre Kiev et Moscou en 2022 ? Absolument. Macky Sall connaît tout ce monde pour avoir été président du Sénégal et président en exercice de l'Union africaine. Il faut le rappeler également. Mais vous savez, en face de lui, il y a des gens qui sont aguerris. Ce ne sont pas des bleus, il y a madame Bachelet qui a été présidente du Chili, qui a dirigé l'ONU-Femmes, qui a dirigé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme. Il y a Monsieur Grossi également, qui dirige une agence qui est capitale aujourd'hui dans l'évolution pour l'énergie atomique. Donc pour vous, Macky Sall, c'est un outsider ? Moi, je pense sincèrement, avec tout le respect qu'on lui doit, parce qu'il a été président du Sénégal pendant douze ans, je pense qu'il n'a vraiment pas de chance d'être le prochain secrétaire, le 10e secrétaire général des Nations unies. Ce serait une surprise ? Absolument. Ce serait une surprise, mais une grande surprise. Mais je ne pense pas qu'il remplisse les cases pour être le 10ᵉ secrétaire général des Nations unies. À lire aussiSénégal: l'ex-président Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU
Le Représentant spécial du Secrétaire général en République démocratique du Congo (RDC), James Swan, qui est aussi le chef de la mission de paix de l'ONU, la MONUSCO, a entamé lundi à Beni sa première visite de terrain dans l'est du pays, consacrée à l'évaluation de la situation sécuritaire dans le Grand Nord.Après un briefing au quartier général de la force de la MONUSCO sur les menaces pesant sur les populations civiles, M. Swan a rencontré le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Evariste Kakule Somo, pour discuter de la protection des civils face aux violences persistantes des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).« Cette protection exige une action coordonnée entre les autorités congolaises, les forces de sécurité nationale, la MONUSCO, les acteurs humanitaires et les communautés elles-mêmes », a souligné le chef de la mission de paix.(Extrait sonore : James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la RDC et chef de la MONUSCO; propos recueillis par la MONUSCO)
Quelles que soient notre intelligence, notre classe sociale, nous sommes tous manipulables, simplement parce que nous sommes des être humains. Comprendre l'emprise, ses mécanismes, est donc important pour ne pas se laisser piéger.Le livre de Marwan : https://www.lisez.com/livres/lelegance-de-la-manipulation-influencer-et-convaincre-sans-conflit/9782221287040Mon site : https://www.fabricemidal.comReso, mon école de méditation : https://www.reso.coRéalisation, image et son : Alexandre AgostiniMontage : Constance HaondMots clé : INFLUENCER ET CONVAINCRE SANS CONFLITComment faire changer d'avis quelqu'un sans le heurter, là où les arguments et la pression échouent systématiquement ?Pour la première fois, Marwan Mery dévoile des mécanismes de manipulation et d'influence jusqu'ici réservés à sa pratique professionnelle, qu'il n'avait jamais exposés publiquement. Loin des recettes simplistes, ces leviers agissent directement sur les vulnérabilités humaines à l'origine des blocages et des résistances.Ce livre propose une plongée dans les mécanismes profonds de la psychologie humaine afin de comprendre, façonner et faire évoluer les positions des autres sans créer de rupture.Un ouvrage unique et fascinant pour obtenir ce que vous voulez, qu'il s'agisse de détourner un enfant de son écran, de libérer un proche d'une emprise ou de déverrouiller un discours radical.Marwan Mery est l'un des plus grands experts mondiaux de l'influence.Négociateur de crise, il est sollicité aux quatre coins de monde pour mener des négociations de crise, des entretiens stratégiques et des interrogatoires sensibles. Ancien officier® spécialiste de l'influence au Commandement des opérations spéciales, il est consultant pour les Nations Unies et intervient à l'Université d'Harvard.Il dirige ADN Group, une agence internationale de négociation, qui forme chaque année plusieurs milliers de personnes.Ses passages sur LEGEND ont fait des millions de vues."Marwan Mery est une légende" - Rabih El Haddad, directeur de la diplomatie multilatérale à l'ONU (UNITAR).
À l'occasion d'un Ciné-ONU consacré au film Muganga, celui qui soigne, ONU Info Genève vous propose un entretien avec Guy-Bernard Cadière, chirurgien belge et proche collaborateur du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix en 2018.Dans cet échange, il revient sur une rencontre déterminante — un véritable « coup de foudre » en amitié — et sur leur engagement commun auprès des survivantes de violences sexuelles à l'hôpital de Panzi, en République démocratique du Congo.Au-delà du geste médical, il évoque la notion de réparation dans toutes ses dimensions — psychologique, sociale et judiciaire — ainsi que le rôle des Nations Unies face à ces violences. (Interview : Professeur Guy-Bernard Cadière ; propos recueillis par Alexandre Carette, ONU Info Genève)
Entre le démantèlement de l'USAID, principal bailleur mondial, dont 83 % des programmes ont été supprimés par Donald Trump, et la baisse drastique des budgets dédiés en Europe, la solidarité internationale est en net recul. Les conséquences sont déjà concrètes pour les principaux bénéficiaires, notamment pour les femmes. Ce sont des programmes arrêtés, des associations qui stoppent leur activité et des millions de femmes qui ne bénéficieront plus de leurs services. De manière générale, les droits des femmes sont peu financés. En 2025, à peine 1,5 % des fonds humanitaires mondiaux étaient consacrés à la lutte contre les violences basées sur le genre. Pourtant, selon les Nations Unies, pour chaque dollar investi dans des programmes humanitaires incluant la dimension du genre, le retour sur investissement est de 8 dollars. Cette baisse des financements s'inscrit aussi dans un contexte global de montée des mouvements anti-droits et anti-genre. Les restrictions du droit à l'avortement aux États-Unis en sont un exemple criant, mais le backlash, le fameux retour de bâton, est planétaire. Pour la première fois, le texte final de la commission de la condition des femmes – le forum annuel mondial organisé dans le cadre des Nations Unies, consacré aux droits des femmes – n'a pas été adopté à l'unanimité et a été soumis au vote. Un symbole qui en dit long sur les tensions au sein de la communauté internationale. Des arcanes de l'ONU au terrain, comment s'organise la défense des droits des femmes ? Vers quels acteurs se tourner compte tenu de la baisse d'implication financière des États ? Avec : • Julie Gonnet, responsable du genre, de l'égalité et de l'inclusion à la division lien social de l'Agence française de développement • Lucie Daniel, responsable de plaidoyer et d'études pour l'association féministe et de soldarité internationale Equipop • Corine Moussa Vanié, présidente du conseil d'administration de l'association Akwaba Mousso, un centre intégré de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences, basé à Abidjan en Côte d'Ivoire. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris-Cité. Dans ce 4ᵉ épisode, nous donnons la parole à Isabelle, professeur de FLE (français langue étrangère) sur la confusion des prénoms et des noms, et à Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel. Programmation musicale : ► Baai - Emmanuel Jal & Abdel Gadir Salim ► One Track Mind - Naïka
Entre le démantèlement de l'USAID, principal bailleur mondial, dont 83 % des programmes ont été supprimés par Donald Trump, et la baisse drastique des budgets dédiés en Europe, la solidarité internationale est en net recul. Les conséquences sont déjà concrètes pour les principaux bénéficiaires, notamment pour les femmes. Ce sont des programmes arrêtés, des associations qui stoppent leur activité et des millions de femmes qui ne bénéficieront plus de leurs services. De manière générale, les droits des femmes sont peu financés. En 2025, à peine 1,5 % des fonds humanitaires mondiaux étaient consacrés à la lutte contre les violences basées sur le genre. Pourtant, selon les Nations Unies, pour chaque dollar investi dans des programmes humanitaires incluant la dimension du genre, le retour sur investissement est de 8 dollars. Cette baisse des financements s'inscrit aussi dans un contexte global de montée des mouvements anti-droits et anti-genre. Les restrictions du droit à l'avortement aux États-Unis en sont un exemple criant, mais le backlash, le fameux retour de bâton, est planétaire. Pour la première fois, le texte final de la commission de la condition des femmes – le forum annuel mondial organisé dans le cadre des Nations Unies, consacré aux droits des femmes – n'a pas été adopté à l'unanimité et a été soumis au vote. Un symbole qui en dit long sur les tensions au sein de la communauté internationale. Des arcanes de l'ONU au terrain, comment s'organise la défense des droits des femmes ? Vers quels acteurs se tourner compte tenu de la baisse d'implication financière des États ? Avec : • Julie Gonnet, responsable du genre, de l'égalité et de l'inclusion à la division lien social de l'Agence française de développement • Lucie Daniel, responsable de plaidoyer et d'études pour l'association féministe et de soldarité internationale Equipop • Corine Moussa Vanié, présidente du conseil d'administration de l'association Akwaba Mousso, un centre intégré de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences, basé à Abidjan en Côte d'Ivoire. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris-Cité. Dans ce 4ᵉ épisode, nous donnons la parole à Isabelle, professeur de FLE (français langue étrangère) sur la confusion des prénoms et des noms, et à Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel. Programmation musicale : ► Baai - Emmanuel Jal & Abdel Gadir Salim ► One Track Mind - Naïka
durée : 00:15:32 - Journal de 8 h - Le mandat du chef de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, s'achève au bout de six ans. Philippe Lazzarini demande, en partant, l'ouverture d'une enquête après la mort de plus de 390 employés pendant la guerre à Gaza. L'agence n'est plus que l'ombre d'elle-même.
durée : 00:15:32 - Journal de 8 h - Le mandat du chef de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, s'achève au bout de six ans. Philippe Lazzarini demande, en partant, l'ouverture d'une enquête après la mort de plus de 390 employés pendant la guerre à Gaza. L'agence n'est plus que l'ombre d'elle-même.
durée : 00:15:32 - Journal de 8 h - Le mandat du chef de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, s'achève au bout de six ans. Philippe Lazzarini demande, en partant, l'ouverture d'une enquête après la mort de plus de 390 employés pendant la guerre à Gaza. L'agence n'est plus que l'ombre d'elle-même.
À l'occasion de la fin de son mandat à la tête de l'Agence des Nations Unies d'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini est l'invité d'ONU Info Genève.Lors de cet entretien, il revient sur le bilan d'un mandat marqué par des crises majeures, notamment à Gaza ; les conséquences qu'aurait un démantèlement de l'UNRWA pour des millions de réfugiés palestiniens ; les attaques, accusations et campagnes de désinformation visant l'agence ; l'affaiblissement du droit international humanitaire et les risques pour l'ensemble du système multilatéral ; et les défis qui attendent l'UNRWA au moment de son départ.Selon Philippe Lazzarini, « le sort réservé à l'UNRWA en dit long sur l'état du droit international et du système multilatéral ».Entretien réalisé par Alexandre Carette
Faustin Archange Touadéra a officiellement prêté serment hier pour un troisième mandat. Plusieurs personnalités du continent ont assisté à la cérémonie, rapporte Africanews, notamment le président gabonais Brice Clothaire Oligui Nguema ou encore le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani. « La cérémonie d'investiture hier marque aussi le début d'une 7e République pour la Centrafrique », précise le site. Une nouvelle république « issue de la réforme constitutionnelle de 2023, qui a également supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et allongé leur durée », passant de cinq à sept ans. Mais « que fera Faustin Archange Touadéra de ce troisième mandat ? », s'interroge le Pays. Le média burkinabé pointe de nombreux défis. « À commencer par l'équation sécuritaire qui reste l'une des priorités de l'exécutif, dans la continuité des efforts de stabilisation du pays qui sort de plusieurs années de crise, dans un contexte aussi où la MINUSCA, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine est appelée à réduire ses effectifs à cause d'une baisse de budget. » La situation demeure fragile, souligne Maliweb. Cette nouvelle donne « obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous l'influence des groupes armés. » Conséquences de la guerre au Moyen-Orient En Égypte, le gouvernement a imposé depuis samedi un couvre-feu aux magasins, restaurants et centres commerciaux. Ils doivent désormais fermer à 21h pour « tenter de réduire la facture énergétique du pays qui a plus que doublé en raison de la guerre au Moyen-Orient » et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Une mesure qui inquiète les commerçants interrogés par Africanews. « Tout le monde sera touché, les touristes ne sortent que le soir », se désole le propriétaire d'une bijouterie. « La guerre au Moyen-Orient aura-t-elle raison de la croissance africaine », s'interroge Jeune Afrique. Si les perspectives restent globalement « très positives », « la hausse marquée du pétrole et du gaz ravive le spectre d'un nouvel épisode inflationniste à l'échelle globale », note le magazine. Mais les perturbations du trafic maritime ne pourraient-elles pas être une opportunité pour les ports d'Afrique de l'Est ? « Ils offrent en théorie une alternative mais sont déjà largement congestionnés », explique Le Monde Afrique. Le port kenyan de Mombasa a accueilli « 60 navires en deux semaines autour de la mi-mars contre 40 en moyenne en saison normale. » Un regain d'activité qui constitue aussi « un défi », le flux de navires supplémentaires aggrave la « congestion perpétuelle » du port. Selon le quotidien, la situation serait encore pire à Dar es-Salaam capitale économique de la Tanzanie voisine, « les bateaux doivent y attendre 30 jours au large avant d'amarrer, contre 7 à 10 jours à Mombasa. » Et pour les pays exportateurs de denrées agricoles comme le Kenya ou l'Afrique du sud, un « autre défi se profile ». C'est vers les pays du Golfe que leurs fruits et légumes sont exportés, des cargaisons qui pour l'instant ne peuvent pas bouger.
À l'occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transatlantique, la jeune poète lauréate de Toronto, Shahaddah Jack, était aux Nations Unies pour porter un message fort de mémoire, mais aussi de réappropriation et d'espoir.Dans un entretien avec ONU Info, elle revient sur son poème Reclaiming Our Pen, un appel à écrire sa propre histoire.« Tout le monde a une responsabilité de réfléchir sur cette histoire… ce n'est pas seulement une histoire noire, c'est une histoire mondiale », affirme-t-elle.Mais au-delà de la douleur, elle insiste sur une dimension essentielle souvent oubliée : « notre histoire, c'est la beauté de notre communauté ». Une poésie qui fait aussi place à la joie, comme acte de résistance.Pour elle, transmettre cette parole est crucial : « Si tu ne partages pas ton histoire, quelqu'un d'autre va le faire ». Un enjeu fondamental pour que les générations futures puissent enfin documenter, comprendre et revendiquer leur héritage.(Interview : Shahaddah Jack, jeune poète lauréate de Toronto ; propos recueillis par Cristina Silveiro)
À l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le Représentant permanent de l'Organisation de la Francophonie (OIF) auprès des Nations Unies à New York, Michel Biang, dresse le bilan d'une organisation « en bonne santé ».Avec près de 396 millions de locuteurs, le français est aujourd'hui « la 4e langue la plus parlée au monde », souligne-t-il dans un entretien accordé à ONU Info.Au-delà des chiffres, l'OIF met en avant un projet fondé sur des valeurs — paix, démocratie, droits humains — dans un contexte international fragilisé.Cette année, le cap est mis sur la jeunesse. « Elle doit être la matrice, le centre de gravité de tous les projets », insiste Michel Biang.Sur le plan politique, l'OIF souligne son rôle d'accompagnement auprès de ses États membres, notamment ceux en rupture avec l'ordre constitutionnel, afin de les aider à « retrouver le chemin de la démocratie ».Michel Biang a également adressé un message de solidarité appuyé aux membres de la Francophonie au Moyen-Orient, citant le Liban, mais également le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite. (Interview : Michel Biang, Représentant permanent de la Francophonie auprès des Nations Unies ; propos recueillis par Cristina Silveiro)
durée : 00:37:15 - Questions du soir : le débat - par : Quentin Lafay, Stéphanie Villeneuve - Khawaja Asif, ministre de la Défense pakistanais a déclaré la “guerre ouverte” à l'Afghanistan le 26 février 2026, après une offensive afghane à la frontière. Le Pakistan reproche à son voisin d'abriter des groupes djihadistes dont le Tehrik-e Taliban Pakistan qui entend renverser le Pakistan. - invités : Gilles Dorronsoro professeur de sciences politiques à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne; Ariane Quentier journaliste et consultante. Elle a été porte-parole des Nations Unies en Afghanistan entre 2003 et 2010 et a travaillé pour l'Union européenne au Pakistan de 2010 à 2012
À l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, en février, le Palais des Nations à Genève a accueilli la projection d'un film consacré à Frantz Fanon, psychiatre martiniquais et figure majeure des luttes anticoloniales, engagé durant la guerre d'Algérie et auteur d'analyses marquantes sur les mécanismes d'oppression et les inégalités structurelles.Organisé par l'Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD) et l'association Shap Shap, l'événement a réuni chercheurs, cinéastes et jeunes participants autour d'une réflexion sur l'actualité de sa pensée face aux fractures sociales contemporaines.Dans ce podcast, ONU Info Genève revient sur les débats qui ont suivi la projection avec Karima Cherif, Directrice de la communication de l'UNRISD, Jean-Claude Barny, réalisateur du film, et Alexandre Bouyer, qui incarne Fanon à l'écran.Ils évoquent la portée contemporaine de son message, le rôle du cinéma pour sensibiliser aux injustices sociales, et l'engagement de jeunes participants venus partager leurs expériences et leurs idées pour transformer les inégalités. Entretien réalisé par Alexandre Carette
Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner
durée : 00:38:16 - Questions du soir : le débat - par : Quentin Lafay, Stéphanie Villeneuve - Les États-Unis et Israël bombardent conjointement l'Iran depuis le 28 février 2026. Pour justifier leurs frappes, américains et israéliens ont mis en avant leur souhait de faire tomber le régime des mollahs, afin de libérer le peuple iranien d'un pouvoir autoritaire en place depuis 1979. - invités : Jean-Maurice Ripert Ambassadeur de France, ancien ambassadeur de France en Russie (2013-2017), en Chine (2017-2019), ex représentant permanent de la France au Conseil de sécurité, Président de l'Association française pour les Nations Unies; Mathilde Philip professeur de droit public à la faculté de droit de l'université Jean Moulin Lyon 3 et déléguée générale de la chaire lyonnaise des droits humains et environnementaux; Hirbod Dehghani-Azar avocat franco-iranien, président de l'association Norouz, Prix de la Laïcité 2023 dans la catégorie internationale
Ce jeudi se tient à Washington la session inaugurale du Conseil de paix. Cette organisation créée et présidée par Donald Trump initialement dans le but de superviser la reconstruction de Gaza ambitionne d'œuvrer à la résolution des conflits sur la planète. Le Conseil de paix revendique 27 Etats membres mais la méfiance est forte dans le monde à l'égard d'une instance qualifiée de club privé de Donald Trump destiné à suppléer les Nations Unies. Quel est le projet du Conseil de paix ? Est-ce la première pierre du nouvel ordre mondial que le Président américain souhaite imposer ? Pour en débattre Pierre Grosser, historien, spécialiste des Relations internationales, membre du Centre d'histoire de Sciences Po Alexandra Novosseloff, docteur en Sciences politiques, chercheuse associée au Centre Thucydide de l'Université de Paris-Panthéon-Assas Serigne Bamba Gaye, expert International sur les questions de paix et de sécurité ancien fonctionnaire des Nations-Unis
Ce jeudi se tient à Washington la session inaugurale du Conseil de paix. Cette organisation créée et présidée par Donald Trump initialement dans le but de superviser la reconstruction de Gaza ambitionne d'œuvrer à la résolution des conflits sur la planète. Le Conseil de paix revendique 27 Etats membres mais la méfiance est forte dans le monde à l'égard d'une instance qualifiée de club privé de Donald Trump destiné à suppléer les Nations Unies. Quel est le projet du Conseil de paix ? Est-ce la première pierre du nouvel ordre mondial que le Président américain souhaite imposer ? Pour en débattre Pierre Grosser, historien, spécialiste des Relations internationales, membre du Centre d'histoire de Sciences Po Alexandra Novosseloff, docteur en Sciences politiques, chercheuse associée au Centre Thucydide de l'Université de Paris-Panthéon-Assas Serigne Bamba Gaye, expert International sur les questions de paix et de sécurité ancien fonctionnaire des Nations-Unis
À l'occasion de la Journée mondiale de la radio, la Directrice générale de la Fondation Hirondelle, partenaire de l'ONU, nous parle de ce média très écouté dans les pays en proie à des conflits.Dans un entretien accordé à ONU Info, Caroline Vuillemin nous explique la création à Madagascar de Studio Sifaka en 2019, qui a bénéficié du soutien financier des Nations Unies. Cette radio est aujourd'hui très populaire chez la jeunesse malgache. La Gen Z s'est servie de cette plateforme pour informer et éduquer sur les questions politiques surtout pendant les manifestations qui ont secoué l'île en 2019 et 2025.L'entretien s'intéresse à la lutte contre la désinformation, un enjeu crucial dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, qui constitue un axe stratégique central pour la Fondation Hirondelle.L'entretien souligne également le rôle de la radio, qui demeure un moyen d'information essentiel pour les populations isolées. « La radio reste le média le plus accessible, particulièrement dans les pays en conflit ou ceux confrontés à des problèmes d'infrastructures, notamment en matière d'électricité », insiste cette structure basée à Genève.(Interview : Caroline Vuillemin, Directrice générale de la Fondation Hirondelle ; propos recueillis par Kenza Cissé)
Du 11 au 13 février à Marrakech, la Conférence des Nations Unies sur le travail des enfants met en lumière l'urgence de protéger le droit à l'enfance et à l'éducation.Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), près de 8 % des enfants du monde entier travaillent.Dans un entretien accordé à ONU Info, Vera Paquete-Perdigão, Directrice du Département de la gouvernance à l'OIT, alerte sur la situation des enfants dans les zones de conflit. Beaucoup sont soumis à des formes de travail extrême, voire à la traite ou au recrutement par des groupes armés.Face à cette réalité, l'ONU appelle à une action urgente, notamment en Afrique subsaharienne, pour inverser cette tendance. Mme Paquete-Perdigão plaide pour un investissement massif dans l'éducation. Entretien réalisé par Alpha Diallo, ONU Info Genève
La cheffe de la composante de police de la Mission de paix des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO), Mamouma Ouédraogo, qui a été nommée à ce poste en novembre 2025, était cette semaine au siège des Nations Unies à New York.Elle a participé à la Semaine de la police, qui réunit de hauts responsables de la police des Nations Unies issus des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales, et a fait un exposé, jeudi, devant les membres du Conseil de sécurité.Dans un entretien accordé à ONU Info, à la veille de la réunion du Conseil, elle détaille l'appui apporté par la composante de police de la MONUSCO à la police nationale congolaise et explique les mesures prises pour lutter contre les violations des droits humains, et en particulier les violences sexuelles. Entretien réalisé par Jérôme Bernard
À l'occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines (MGF), l'agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA) rappelle l'ampleur d'une pratique qui touche encore des millions de filles dans le monde.Aujourd'hui, 230 millions de femmes et de filles vivent avec les conséquences des mutilations génitales féminines, tandis que 4,5 millions de filles risquent d'y être soumises rien qu'en 2026.Dans cet entretien accordé à ONU Info, Cécile Mazzacurati, conseillère genre à l'UNFPA, souligne qu'il s'agit d'une « violation des droits humains fondamentaux » et insiste sur l'urgence d'accélérer les efforts, alors que les financements diminuent.Elle met aussi en garde contre l'argument culturel souvent avancé pour justifier la pratique : « Les pratiques peuvent être transformées sans que les cultures mêmes en soient profondément modifiées ».L'entretien aborde également le coût sanitaire et économique des MGF — 1,4 milliard de dollars par an — ainsi que les bénéfices d'un abandon de la pratique, qui représente aussi « un levier de développement économique très puissant ». (Interview : Cécile Mazzacurati, Conseillère genre à l'UNFPA; propos recueillis par Cristina Silveiro)
Dans un entretien accordé à ONU Info, le Coordonnateur résident des Nations Unies au Nigéria dresse un état des lieux sans détour des défis sécuritaires et humanitaires auxquels le pays est confronté.Mohamed Malick Fall explique pourquoi les violences ne visent pas un groupe religieux ou ethnique en particulier, tout en détaillant l'ampleur des besoins humanitaires — déplacements, insécurité alimentaire, malnutrition et vulnérabilités climatiques — dans un contexte de forte contraction des financements.L'entretien souligne enfin la responsabilité de l'État nigérian à assurer un financement humanitaire prévisible et constant, indispensable pour répondre durablement aux besoins des populations.(Interview : Mohammed Malick Fall, Coordonnateur résident des Nations Unies au Nigéria ; propos recueillis par Fabrice Robinet)
Alors que près de 1,4 million de réfugiés syriens sont rentrés au pays en un an, les besoins humanitaires restent immenses, notamment pour les personnes déplacées par les récents combats.Dans un entretien accordé à ONU Info Genève, la porte-parole de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Syrie explique le rôle central de l'agence onusienne pour accompagner les retours, soutenir les déplacés internes et répondre aux urgences, de la protection à l'accès au logement et aux documents civils.« Les réfugiés font le choix de rentrer malgré les défis matériels qu'ils vont rencontrer sur place...notre rôle est de les aider une fois qu'ils sont rentrés », souligne Céline Schmitt.Elle revient également sur la situation dans le camp d'Al-Hol, majoritairement peuplé de familles de djihadistes présumés, soulignant les efforts en cours pour rétablir les services essentiels et trouver des solutions durables.(Interview : Céline Schmitt, porte-parole du HCR; propos recueillis par Nancy Sarkis, ONU Info Genève)
C dans l'air l'invité du 26 janvier 2026 avec Justin Vaïsse, historien spécialiste des relations transatlantiques, directeur général du Forum de Paris sur la Paix.La président américain Donald Trump a présenté son "Conseil de la paix", un nouvel organisme né à Davos, et qui vient concurrencer l'ONU. Lorsque le Hamas et Israël ont signé leur accord de cessez-le-feu en octobre 2025, il prévoyait plusieurs étapes. La première était la libération des otages contre le retrait partiel d'Israël de Gaza, la seconde la création d'un "Conseil de la Paix" à l'initiative des Etats-Unis. Ce "Board of Peace" vient donc de voir le jour.Donald Trump est le premier président de ce Conseil. Il est le seul à pouvoir inviter d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à l'intégrer, et il peut décider d'en exclure un membre s'il le souhaite. Chaque Etat membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la charte, et pour rester dans ce club il faudra débourser un milliard de dollars. La mission de ce Conseil de la Paix est un copier-coller de la mission des Nations Unies. Dans le préambule de la charte signée à Davos, il est écrit que "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits" quand la charte de l'ONU, elle, parle de "préserver les générations futures du fléau de la guerre, de créer les conditions nécessaires au maintien de la justice, d'instaurer de meilleures conditions de vie et de défendre les droits de l'Homme." Quelles conséquences pour le multilatéralisme, et pour la paix dans le monde ?Ce week-end, le président américain s'en est pris à ses alliés de l'Otan. Il a affirmé que les alliés étaient «restés un peu loin des lignes de front» lors de l'intervention en Afghanistan et que les États-Unis n'ont «jamais eu besoin d'eux». Dès vendredi, le Premier ministre britannique Keir Starmer, à l'unisson de toute la classe politique, avait qualifié d'«insultants» et «franchement consternants» les déclarations du président américain. «Ces déclarations inacceptables n'appellent aucun commentaire. C'est aux familles de soldats tombés que le chef de l'État souhaite apporter du réconfort et redire la reconnaissance et la mémoire respectueuse de la nation», a dit l'entourage du Français Emmanuel Macron. Justin Vaïsse, historien spécialiste des relations transatlantiques, et directeur général du Forum de Paris sur la Paix, est notre invité. Il analysera avec nous la situation des relations transatlantiques, et les menaces qui pèsent contre la paix.
durée : 00:03:14 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Donald Trump lance son Comité de la paix dont les membres permanents auront payé un milliard de dollars, rival potentiel de l'ONU que déteste le président américain. Emmanuel Macron a été le premier à refuser l'invitation à siéger, s'attirant les foudres du président des États-Unis. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.