POPULARITY
Kan ya Makan, il était une fois un Soudanais du Darfour qui rêvait de vivre à l'heure de la météo européenne. Une expression emportée avec lui dans les flots de sa migration. Ulysse n'a qu'à bien se tenir au bastingage du récit qui arrive : un rêve plus loin qui paraît c/o Albin Michel signé Karam Hassan, où il est question d'un dandy soudanais qui se rêvait journaliste, qui aurait pu finir en délateur du régime d'Omar El Bechir. L'Odyssée commence en abandonnant sa terre, ses proches, direction l'Égypte, le passage par la mer, la fuite en Italie, la découverte traumatisante de la jungle de Calais. Son livre reflète la condition des ces naufragés du monde qui n'ont pas tous, comme Karam, la chance de croiser la devise Liberté, Égalité, Fraternité. Aujourd'hui qu'il dirige l'association La voix des réfugiés, Karam Hassan témoigne de son rêve devenu réalité (celui d'avoir rejoint la communauté des hommes à Arras, en France) avec, malgré tout, l'impression d'être le survivant d'un crash d'avion. Programmation de l'invité : • Shukrallah Ezz El-Din Allalah belil • Bob Marley Buffalo Soldier.
Kan ya Makan, il était une fois un Soudanais du Darfour qui rêvait de vivre à l'heure de la météo européenne. Une expression emportée avec lui dans les flots de sa migration. Ulysse n'a qu'à bien se tenir au bastingage du récit qui arrive : un rêve plus loin qui paraît c/o Albin Michel signé Karam Hassan, où il est question d'un dandy soudanais qui se rêvait journaliste, qui aurait pu finir en délateur du régime d'Omar El Bechir. L'Odyssée commence en abandonnant sa terre, ses proches, direction l'Égypte, le passage par la mer, la fuite en Italie, la découverte traumatisante de la jungle de Calais. Son livre reflète la condition des ces naufragés du monde qui n'ont pas tous, comme Karam, la chance de croiser la devise Liberté, Égalité, Fraternité. Aujourd'hui qu'il dirige l'association La voix des réfugiés, Karam Hassan témoigne de son rêve devenu réalité (celui d'avoir rejoint la communauté des hommes à Arras, en France) avec, malgré tout, l'impression d'être le survivant d'un crash d'avion. Programmation de l'invité : • Shukrallah Ezz El-Din Allalah belil • Bob Marley Buffalo Soldier.
La guerre au Soudan a poussé plus de quatre millions de Soudanais à fuir le pays pour se réfugier dans les pays voisins. Parmi eux, l'Ouganda, qui accueille près de 106 000 réfugiés soudanais ayant cherché à échapper aux violences. L'artiste Algaddal Hassan en fait partie. Il travaille dans le domaine de l'art visuel, et lutte à sa manière contre la guerre, en multipliant les initiatives pour promouvoir la valeur de la paix et de l'unité au Soudan. Dans le camp de Kiryandongo, à l'ouest de l'Ouganda, il a récemment tourné un documentaire sur les défis de trois artistes réfugiés dans ce camp. Algaddal Hassan est interrogé par Houda Ibrahim. RFI : Où étiez-vous quand la guerre a commencé et qu'avez-vous fait après ? Algaddal Hassan : J'étais à Khartoum. J'ai été retenu dans mon bureau durant cinq jours, sans pouvoir y échapper. Quand j'ai pu sortir, je suis partie pour l'État du Nil Bleu, qui était encore calme. Là-bas, j'ai formé des jeunes gens à filmer avec leur portable. J'ai essayé de transmettre mon savoir aux jeunes de mon âge ou qui sont plus jeunes que moi, afin qu'ils puissent raconter leurs propres histoires. Ces jeunes ont aujourd'hui lancé l'initiative « Nous sommes tous une seule famille ». Cette initiative lutte contre le discours de la haine et s'efforce de produire des contenus qui limitent la propagation des rumeurs. Je suis très fier de ce groupe. Ils étaient capables de comprendre le poids des défis qui nous entourent au Soudan. Déjà avant la guerre, vous aviez commencé à donner des formations aux jeunes, dans un État où vous avez passé votre jeunesse ? Je tournais pour des sociétés qui m'envoyaient en reportage dans des régions lointaines et très diverses. Je profitais de ces missions pour organiser des petites formations pour les jeunes, non seulement dans ma région, le Nil bleu, mais partout où j'allais. J'ai ainsi animé des formations au Darfour, une région longtemps ravagée par la guerre et qui souffre toujours. Lorsque je suis arrivée en Ouganda, je me suis rendue dans des camps de réfugiés et j'ai formé des jeunes. C'était ma mission. Quelles sont les thématiques qui ont été le plus abordées par ces jeunes dans leur production ? Je crois que ces réfugiés ont su témoigner de leur réalité. Ils ont décrit leur expérience de réfugiés. Ils se sont concentrés sur des problèmes qui les touchaient personnellement, comme la pénurie alimentaire, le sentiment de la perte, le sentiment d'appartenance. Ce sont les thèmes qui ont été le plus fréquemment abordés par les participants. Quant à ceux au Soudan, malheureusement, les restrictions sécuritaires limitent leur capacité à travailler, et c'est l'une des raisons qui m'a poussée à quitter le pays. Actuellement, le Soudan subit de graves restrictions des libertés. Les journalistes, les photographes et les cinéastes sont pris pour cible. Donc, soit vous restez au Soudan et vous vous taisez, soit vous partez. Certains de ceux que j'ai formés ont quitté le pays et ont trouvé du travail ailleurs, ce qui les a mis à l'abri des horreurs de la guerre. Depuis, ils ont fait du chemin et ils se sont développés. Quant à ceux qui sont restés dans le pays, je peux dire que le seul groupe qui a pu résister et qui continue à produire, c'est « Kollana Ahl - nous sommes tous une seule famille ». Quel impact a eu sur votre travail le fait de devenir un réfugié ? Évidemment, je n'ai pas les mêmes moyens ici qu'au Soudan. Là-bas, j'avais mon bureau, mon matériel et mon équipe. Ici, je suis reparti de zéro. Je réfléchis à ce que je peux apporter et j'essaie de nouer des collaborations avec des artistes qui soutiennent le processus de paix au Soudan. Je travaille avec eux pour produire des chansons et des supports visuels qui s'opposent à la guerre. J'ai collaboré avec plusieurs artistes pour réaliser des productions, qui ont toutes touché et marqué le public. Quelle est la chose la plus dure que la guerre vous a imposée, en tant qu'être humain d'abord puis en tant qu'artiste ? La diaspora… Je pense que c'est cette période de déracinement que nous traversons… Je suis seul ici en Ouganda ; ma famille n'est pas là. Si ma famille était avec moi, je crois que le traumatisme se serait apaisé plus vite. Je considère la famille comme la principale source de sécurité. La guerre vous prive de ce sentiment de sécurité pour vivre dans un état de grande confusion et de désarroi. Votre souhait le plus cher à la fin de cet entretien ? Cette guerre doit s'arrêter. On n'en peut plus. Le peuple est épuisé et les Soudanais ont donné tout ce qui était possible. Si les belligérants prenaient connaissance des témoignages recueillis quotidiennement au Soudan et au sein de la diaspora, je pense qu'ils lâcheraient les armes. Mais ils ignorent complètement ces souffrances. S'ils s'intéressaient au destin des Soudanais, ils arrêteraient la guerre immédiatement. Cette guerre doit cesser. Nous, en tant qu'artistes, nous accomplissons des choses importantes, ce qui nous donne de la force et la conviction que nous sommes sur la bonne voie. Cela nous motive à faire encore plus.
Voilà trois ans jour pour jour que les Soudanais sont pris dans une guerre civile d'une violence extrême. Depuis le 15 avril 2023, des dizaines de milliers de personnes sont mortes et 11 millions ont été déplacées. Selon l'ONU, cette guerre civile est maintenant à l'origine de la plus grande crise humanitaire du monde.Après ces trois ans de guerre, Libération vous aide à comprendre cette crise. Nous recevons notre journaliste spécialiste du conflit, Célian Macé, qui s'est rendu au Soudan il y a quelques semaines. Lors de cet entretien, il vous racontera les ravages de la guerre civile et l'ampleur du désastre humanitaire. Il reviendra sur ce qu'il a vu dans la capitale, Khartoum, libérée depuis un an, et expliquera quelles sont les perspectives de résolution de ce conflit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Plus de 1,3 million de Soudanais sont réfugiés au Tchad et, parmi eux, 920 000 sont arrivés depuis le début de la guerre au Soudan en 2023. Dans l'est du Tchad, une personne sur trois est réfugiée. À une vingtaine de kilomètres de la ville d'Abéché se trouve le site informel d'Abougoudam. Créé par le HCR en décembre 2023, quelques mois après le début de la guerre, ce site est particulier : il abrite des profils dits « sensibles ». De notre envoyée spéciale de retour d'Abougoudam, Une cinquantaine de tentes blanches s'alignent sous un soleil de plomb, à quelques minutes de route du centre-ville d'Abougoudam. Officiellement, c'est un site « informel ». Officieusement, c'est une zone tampon créée par le HCR. Ici, on a regroupé des profils dits « sensibles » : des Arabes soudanais. Au Soudan, leur ethnie est associée aux paramilitaires FSR, accusés de massacres à caractère ethnique contre les populations « non-arabes », principalement Masalit et Zaghawa. Alors, pour éviter que la guerre civile ne s'exporte dans les camps du Tchad, le HCR a choisi de les isoler. Abderrahman Adalil Al Moubakkar a perdu l'usage de ses jambes pendant la guerre. Il vit ici depuis deux ans. Pour lui, être Arabe au Soudan, c'était être une cible de l'armée régulière soudanaise. « Nous, les Arabes du Darfour, on était systématiquement associés au FSR. On avait beau dire que ce n'était pas le cas, l'armée nous disait : "Vous êtes FSR." », témoigne-t-il. À lire aussi«Ce n'est pas encore le bon moment»: le difficile retour des Soudanais réfugiés en Égypte Un piège humanitaire Mais cet isolement sécuritaire est devenu un piège humanitaire. Le camp compte moins de 1 000 personnes. Trop peu pour les standards du Programme alimentaire mondial, qui n'enclenche ses distributions qu'à partir de 5 000 bénéficiaires. Résultat : les assiettes sont vides. Et par manque de financements, les derniers versements de cash du HCR remontent à décembre 2025. « Ils nous ont installés ici et nous ont abandonnés, dénonce Afaf Aboubaker Yahya. Cette mère de neuf enfants ne cache plus sa colère. On se plaint auprès du préfet mais rien n'y fait et les ONG ne viennent pas ici ou très rarement. Ce sont de généreux donateurs qui nous aident. La dernière fois, c'était pendant le ramadan. On a eu de l'huile, du sucre, du riz… mais rien depuis. Et ici il n'y a pas du tout de travail. » Pour les plus jeunes, le désespoir prend la forme d'une route longue de plusieurs milliers de kilomètres. Le fils aîné d'Afaf a 25 ans, il refuse de donner son nom, mais il est transparent sur son envie de rejoindre l'Europe. « Nous sommes détruits par ce conflit entre groupes armés, confie-t-il. J'étais étudiant avant, mais quel est mon avenir maintenant que je suis ici ? Au Soudan non plus je n'ai pas d'avenir. Mon avenir n'est pas ici. Il est en Europe, en Espagne ou en France. C'est ma seule issue. Mon seul objectif est de rejoindre le circuit pour partir en Espagne. » Une quête désespérée que toute la famille soutient. Afaf, son mari et les huit autres enfants économisent chaque centime pour financer le voyage clandestin de l'aîné. À lire aussi«Dans ces moments-là, mourir est une délivrance»: le récit d'Ali, survivant de la guerre au Soudan
Après trois longues années de guerre et d'exil, beaucoup des 1,5 million de Soudanais réfugiés en Égypte souhaitent désormais rentrer. Si le gouvernement de Khartoum déploie tous les moyens pour rapatrier ses forces vives, le choix reste difficile pour la plupart, tant la situation sur place demeure instable. Reportage de notre correspondant au Caire, Un terrain vague en plein centre du Caire : c'est ce qui sert de parking à une compagnie affrétant des bus pour le Soudan. En ce vendredi après-midi de fin mars, plus d'une heure avant le départ, les voyageurs s'agglutinent déjà autour du véhicule. Comme cette femme, qui patiente, assise sur une imposante valise : « Je suis arrivée environ 20 jours après le début de la guerre. Maintenant, je veux retourner au Soudan. Dieu soit loué, la situation s'est améliorée, ça va, il n'y a plus de problème. C'est pour ça qu'on veut rentrer. Ça suffit, on est épuisés et on a beaucoup souffert. » Pour ce jeune homme, venu accompagner son père, le retour attendra : « Ce n'est pas encore le moment pour nous, il vaut mieux attendre. » Quand on lui demande ce qu'il attend pour quitter l'Égypte et rentrer au pays, il répond : « Que la situation se calme. Que les universités et les écoles réouvrent. Alors, on rentrera si Dieu le veut. » Depuis le petit bureau de la compagnie, une employée remarque un afflux récent de candidats au retour : « Depuis le début du Ramadan, de plus en plus de Soudanais souhaitent rentrer, surtout après que l'armée a repris le contrôle de nombreuses zones. » « Ce n'est pas sûr pour eux de rentrer » Mais ce discours de retour au calme est largement entretenu par le gouvernement soudanais, alors que sur place, la guerre continue et la situation reste précaire pour les civils. Najda Mansour, militante des droits humains réfugiée au Caire, met en garde : « Bien sûr, beaucoup de personnes ont fui le pays, donc le gouvernement veut qu'ils reviennent. Mais nous continuons de leur dire que ce n'est pas sûr pour eux de rentrer. » Après la reprise de Khartoum par l'armée régulière en mars 2025, le gouvernement soudanais avait même affrété des trains gratuits pour encourager le retour de la diaspora. « Ce retour volontaire n'a pas fonctionné pour eux. Ils ont trompé les gens en les convainquant de revenir. Mais quand ils ont vu la réalité sur place, beaucoup sont revenus. Le gouvernement a besoin de recruter des gens pour se battre », explique Najda Mansour. Un risque d'autant plus grand que le billet pour Khartoum coûte entre 100 et 150 euros. Et le retour au Caire plusieurs milliers. À écouter aussiÉgypte : au Caire, la communauté soudanaise se retrouve pour défier l'exil
Le renvoi d'Olivier Nora de Grasset provoque un tsunami de débats et de réactions. Avec cette éviction brutale du directeur de la maison d'édition par le propriétaire du groupe Hachette, Vincent Bolloré, on assiste à un nouvel épisode de la bataille pour l'hégémonie culturelle d'une ligne éditoriale très ancrée à la droite de la droite. Pour Ruth Elkrief, il est extraordinaire de savoir que dans cette maison coexistaient des auteurs qui n'étaient pas d'accord sur grand-chose. Cinq poids lourds électriques font du Paris-Berlin. Ces véhicules de 40 tonnes, 100% électriques, démontrent que le transport routier, y compris le transport routier international, est éligible à l'électrique. Pour Pascal Perri, à partir de 2030, la tendance va se renforcer et toutes les entreprises qui vont investir sur des poids lourds électriques en retireront un bénéfice de l'ordre de 10 à 15% en termes d'exploitation. Depuis avril 2023, il y a une guerre civile qui a fait au moins 150 000 morts au Soudan. Au total, ce sont 19 millions de déplacés et de réfugiés. Vingt-cinq millions de personnes sur cinquante millions d'habitants sont en situation d'insécurité alimentaire grave. C'est au Soudan que se déroule en ce moment même la pire crise alimentaire du monde, affirme l'ONU. Selon Abnousse Shalmani, la même gauche qui défile pour Gaza est silencieuse sur les Soudanais qui meurent par dizaines de milliers. Il n'y a que quand il y a Israël dans l'affaire qu'il y a une mobilisation, poursuit-elle. Du lundi au vendredi, à partir de 18h, David Pujadas apporte toute son expertise pour analyser l'actualité du jour avec pédagogie.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cela fait trois ans jour pour jour que le Soudan est plongé dans une guerre civile qui oppose l'armée régulière aux forces paramilitaires. Trois ans de combats, de tueries et d'exil pour près de 13 millions de Soudanais. Ce qui en fait la pire crise humanitaire du monde selon les Nations unies. Et malgré la multiplication d'initiatives régionales, la communauté internationale peine à se mobiliser pour cette guerre oubliée. Édition spéciale du journal de l'Afrique.
Depuis le début de la guerre au Soudan, le Tchad a accueilli 1,3 million de réfugiés, parmi eux plus de 90% sont des femmes et des enfants. Ce conflit se caractérise par un extraordinaire niveau de violation des droits de l'homme, c'est la plus grande crise humanitaire de la planète selon l'ONU. Les récits de la guerre et des violences systémiques existent mais les regards sont moins souvent tournés vers les populations civiles qui arrivent dans les camps de réfugiés au Tchad dans un dénuement presque total et qui tentent de survivre. Dans un contexte de gel des financements américains et à l'approche des trois ans du conflit au Soudan, le Tchad fait face à de véritables défis socio-économiques pour apporter une réponse humanitaire aux réfugiés. Alors comment s'organise la vie dans les camps ? Dans une zone refuge, quelle économie informelle existe pour permettre aux réfugiés de travailler ? Quel accès à l'éducation est possible pour éviter une génération sacrifiée, et comment permettre aux enfants de trouver des espaces de paix et de cohésion ? L'arrivée massive et continue de réfugiés exerce une pression importante sur les communautés locales, elles-mêmes en grande précarité, et sur les ressources naturelles déjà limitées comme l'eau, le bois de chauffe et les terres arables. Alors quelle cohabitation est possible avec les populations tchadiennes ? Finalement, comment construire le dialogue et l'espoir pour ces réfugiés en exil dans ce contexte ? Reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé en février 2026 dans les camps de réfugiés d'Adré et de Farchana, dans la province du Ouaddaï qui accueille le plus grand nombre de populations exilées. En partenariat avec le Fonds Muskoka Programmation musicale : ► Sudani - Alsarah and The Nubatones.
Depuis le début de la guerre au Soudan, le Tchad a accueilli 1,3 million de réfugiés, parmi eux plus de 90% sont des femmes et des enfants. Ce conflit se caractérise par un extraordinaire niveau de violation des droits de l'homme, c'est la plus grande crise humanitaire de la planète selon l'ONU. Les récits de la guerre et des violences systémiques existent mais les regards sont moins souvent tournés vers les populations civiles qui arrivent dans les camps de réfugiés au Tchad dans un dénuement presque total et qui tentent de survivre. Dans un contexte de gel des financements américains et à l'approche des trois ans du conflit au Soudan, le Tchad fait face à de véritables défis socio-économiques pour apporter une réponse humanitaire aux réfugiés. Alors comment s'organise la vie dans les camps ? Dans une zone refuge, quelle économie informelle existe pour permettre aux réfugiés de travailler ? Quel accès à l'éducation est possible pour éviter une génération sacrifiée, et comment permettre aux enfants de trouver des espaces de paix et de cohésion ? L'arrivée massive et continue de réfugiés exerce une pression importante sur les communautés locales, elles-mêmes en grande précarité, et sur les ressources naturelles déjà limitées comme l'eau, le bois de chauffe et les terres arables. Alors quelle cohabitation est possible avec les populations tchadiennes ? Finalement, comment construire le dialogue et l'espoir pour ces réfugiés en exil dans ce contexte ? Reportage long format de Raphaëlle Constant réalisé en février 2026 dans les camps de réfugiés d'Adré et de Farchana, dans la province du Ouaddaï qui accueille le plus grand nombre de populations exilées. En partenariat avec le Fonds Muskoka Programmation musicale : ► Sudani - Alsarah and The Nubatones.
Au Soudan, la guerre entre les forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) entre dans sa quatrième année. Elle a plongé dans la pauvreté la majorité des Soudanais, arraché 11 millions d'entre eux à leurs foyers et répandu la faim. Depuis le début du conflit, en avril 2023, la production d'or déclarée a chuté, au profit des réseaux parallèles d'extraction et d'exportation. Le contrôle des zones minières entre les FAS et les FSR est devenu un élément déterminant du financement de l'effort de guerre. L'analyse de Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l'Institut français de relations internationales (IFRI). À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan
« Il est des visites qui agissent comme des révélateurs silencieux, s'exclame Le Matin d'Algérie. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d'une profondeur souvent négligée. Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l'Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d'un passé profondément pluriel, où se croisent le judaïsme, le christianisme, la romanité, l'amazighité et, plus tard, l'islamité. » Cette visite, poursuit le quotidien algérien, « met (donc) en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. C'est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l'Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. » Saint-Augustin l'Algérien Et en arrière-plan de cette visite, il y a l'ombre de saint Augustin : « Léon XIV appartient en effet à la famille religieuse des augustiniens, pointe Le Monde Afrique , qui se revendique de la philosophie du théologien, centrée sur les rapports entre foi et raison. Le pape souhaitait ardemment marcher dans les pas de son maître à penser. Il va ainsi visiter les vestiges de son ancienne ville, Hippone, et célébrer une messe dans la basilique qui porte son nom à Annaba. Ce voyage ne se limite cependant pas à l'attachement personnel de Léon XIV à saint Augustin, relève encore Le Monde Afrique. (…) Il s'agit plutôt pour lui de se saisir de cette figure africaine, à cheval entre les cultures puniques, latine et romaine, pour porter un message de dialogue et d'apaisement entre les deux rives de la Méditerranée. "Personnellement, j'espère me rendre en Algérie pour visiter les lieux où a vécu Saint-Augustin, mais aussi pour poursuivre le dialogue, pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman", avait-il récemment déclaré. » En effet, rebondit le site Algérie Patriotique, « depuis plusieurs années, la diplomatie pontificale a engagé un glissement progressif vers les “périphéries actives”. Afrique, Méditerranée, Asie en transformation, autant de régions où l'Église catholique ne cherche plus seulement à maintenir une présence institutionnelle, mais à écouter les recompositions sociales, politiques et spirituelles du monde. » « Algérophobie » ? Le site TSA, Tout sur l'Algérie, prend pour sa part une tournure plus polémique pour dénoncer ce qu'il appelle « l'algérophobie » de certains médias français. TSA qui s'en prend aux hebdomadaires, Le Point et L'Express, ainsi qu'au Figaro qui publie une interview de Boualem Sansal dans laquelle on peut lire : « Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. » Commentaire de TSA : « Sans surprise, l'écrivain, habitué des gros mensonges sur son pays d'origine, en a ressassé plus d'un. Pourquoi tant de terrain ? » Et les migrants ? Libération à Paris souligne qu'il n'y a en Algérie que « quelques milliers de catholiques, une communauté essentiellement composée désormais d'étudiants et de migrants subsahariens. » D'ailleurs, « selon le porte-parole du Vatican, le pape pourrait aborder la question épineuse des migrations, l'Algérie étant une des routes entre le désert et la mer Méditerranée. La présence catholique (dans le pays) est, en fait, symbolique mais… historique, pointe le quotidien français, longtemps associée, pour le pire, à la puissance coloniale. Trouvé après l'indépendance de l'Algérie, un certain modus vivendi a été fragilisé, dans les années 90 et 2000, par le prosélytisme et l'expansion des évangéliques, notoirement en Kabylie, avant que le pouvoir algérien n'y ait mis un coup d'arrêt, en 2006, par une ordonnance. Cela a entraîné la fermeture de nombreux lieux de culte, l'interdiction, dans les faits, de convertir les musulmans. » Et Libération de conclure : « Le pape ira-t-il sur ce terrain-là ? L'affaire, en soi, relève du tabou. » Et les pays en crise ? Enfin cette remarque du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « La tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises. (…) Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays par le Vatican, c'est bien l'absence de pays en crise Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabés, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais, qui souffraient du martyre, auraient aimé se voir réconfortés par la visite de Sa Sainteté. »
Au Soudan, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide s'affrontent depuis 2023. Selon l'ONU, environ 14 millions de personnes – soit un quart de la population – ont dû fuir le pays, qui compte désormais 9 millions de déplacés internes. Enfin, 4,4 millions de Soudanais ont franchi les frontières voisines, pour se réfugier principalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte. Adré est l'un des principaux points de passage des réfugiés soudanais. La ville abrite un camp de plus de 200 000 réfugiés le long de la frontière avec le Soudan dans lequel Zahra Adam Khamis Ibrahim est impliquée dans la vie associative. De notre envoyée spéciale à Adré, Dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, une tente abrite un atelier de couture où des femmes confectionnent des sacs. Elles se présentent comme des survivantes de la guerre. L'association « Des espaces sûrs pour les femmes et les filles » y accueille des femmes en détresse psychologique ou en état de choc post-traumatique. Au milieu de la tente, Zahra, avec son sourire en coin, incarne une forme de résilience. « Je suis Zahra Adam Khamis Ibrahim. Je viens de la capitale de l'ouest du Darfour, je suis désormais réfugiée au Tchad. » Zahra est la présidente et fondatrice de l'association. Avant la guerre, elle était membre de la société civile d'Al-Geneina, où elle aidait les femmes et les enfants victimes de violences. Comme des milliers d'habitants du Darfour occidental, elle a dû fuir en juin 2023. « Entre Al-Geneina et le Tchad, il y a environ 20 kilomètres. Sur la route, les morts jonchaient le sol, on entendait les cris des femmes et des enfants de toutes parts. Ce qu'on a vu sur la route était horrible, jusqu'à ce qu'on atteigne le Tchad. » Zahra a perdu son fils et huit membres de sa famille dans ce périple. Très vite, elle a ressenti le besoin d'agir et de s'impliquer à Adré. « À mon arrivée, j'étais préoccupée par mes soucis, mais certains avaient des problèmes bien plus graves que les miens. Je devais les aider. » Parmi ces femmes, Zainab Ali Abdallah, qui a perdu 23 membres de sa famille à Al-Geneina. Aujourd'hui, elle est la vice-présidente de l'association. « J'ai rejoint l'association pour aider les autres, mais aussi pour guérir mes traumatismes. On a commencé sous un arbre… puis on s'est déplacées d'abri en abri jusqu'à ce qu'on s'agrandisse. Très vite, on a accueilli énormément de monde. On parlait de nos problèmes. Des fois, on pouvait pleurer toutes ensemble pendant trente minutes. Et chaque témoignage était pire que le précédent. » Grâce à la mobilisation, l'association a pu construire une tente pour accueillir tous ses membres. Les premiers dons sont venus des réseaux féministes de la diaspora soudanaise. Trois ans ont passé depuis le début de la guerre au Soudan. Zahra et Zainab disent s'être adaptées à ce nouvel environnement. Elles ont réussi à retrouver un quotidien presque normal, mais le cœur de Zahra reste tourné vers son pays : « J'ai appris à m'intégrer à cette nouvelle société. Mais je pense énormément à mon pays. J'ai un besoin viscéral de retrouver mon chez-moi. Ce manque m'épuise psychologiquement. Il est vrai que mon rôle est d'aider les gens, mais je crois que, moi aussi, j'ai besoin d'un appui psychologique. » À lire aussiSoudan: les attaques se poursuivent contre des installations civiles et de santé
« Il est des visites qui agissent comme des révélateurs silencieux, s'exclame Le Matin d'Algérie. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d'une profondeur souvent négligée. Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l'Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d'un passé profondément pluriel, où se croisent le judaïsme, le christianisme, la romanité, l'amazighité et, plus tard, l'islamité. » Cette visite, poursuit le quotidien algérien, « met (donc) en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. C'est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l'Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. » Saint-Augustin l'Algérien Et en arrière-plan de cette visite, il y a l'ombre de saint Augustin : « Léon XIV appartient en effet à la famille religieuse des augustiniens, pointe Le Monde Afrique , qui se revendique de la philosophie du théologien, centrée sur les rapports entre foi et raison. Le pape souhaitait ardemment marcher dans les pas de son maître à penser. Il va ainsi visiter les vestiges de son ancienne ville, Hippone, et célébrer une messe dans la basilique qui porte son nom à Annaba. Ce voyage ne se limite cependant pas à l'attachement personnel de Léon XIV à saint Augustin, relève encore Le Monde Afrique. (…) Il s'agit plutôt pour lui de se saisir de cette figure africaine, à cheval entre les cultures puniques, latine et romaine, pour porter un message de dialogue et d'apaisement entre les deux rives de la Méditerranée. "Personnellement, j'espère me rendre en Algérie pour visiter les lieux où a vécu Saint-Augustin, mais aussi pour poursuivre le dialogue, pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman", avait-il récemment déclaré. » En effet, rebondit le site Algérie Patriotique, « depuis plusieurs années, la diplomatie pontificale a engagé un glissement progressif vers les “périphéries actives”. Afrique, Méditerranée, Asie en transformation, autant de régions où l'Église catholique ne cherche plus seulement à maintenir une présence institutionnelle, mais à écouter les recompositions sociales, politiques et spirituelles du monde. » « Algérophobie » ? Le site TSA, Tout sur l'Algérie, prend pour sa part une tournure plus polémique pour dénoncer ce qu'il appelle « l'algérophobie » de certains médias français. TSA qui s'en prend aux hebdomadaires, Le Point et L'Express, ainsi qu'au Figaro qui publie une interview de Boualem Sansal dans laquelle on peut lire : « Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. » Commentaire de TSA : « Sans surprise, l'écrivain, habitué des gros mensonges sur son pays d'origine, en a ressassé plus d'un. Pourquoi tant de terrain ? » Et les migrants ? Libération à Paris souligne qu'il n'y a en Algérie que « quelques milliers de catholiques, une communauté essentiellement composée désormais d'étudiants et de migrants subsahariens. » D'ailleurs, « selon le porte-parole du Vatican, le pape pourrait aborder la question épineuse des migrations, l'Algérie étant une des routes entre le désert et la mer Méditerranée. La présence catholique (dans le pays) est, en fait, symbolique mais… historique, pointe le quotidien français, longtemps associée, pour le pire, à la puissance coloniale. Trouvé après l'indépendance de l'Algérie, un certain modus vivendi a été fragilisé, dans les années 90 et 2000, par le prosélytisme et l'expansion des évangéliques, notoirement en Kabylie, avant que le pouvoir algérien n'y ait mis un coup d'arrêt, en 2006, par une ordonnance. Cela a entraîné la fermeture de nombreux lieux de culte, l'interdiction, dans les faits, de convertir les musulmans. » Et Libération de conclure : « Le pape ira-t-il sur ce terrain-là ? L'affaire, en soi, relève du tabou. » Et les pays en crise ? Enfin cette remarque du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « La tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises. (…) Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays par le Vatican, c'est bien l'absence de pays en crise Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabés, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais, qui souffraient du martyre, auraient aimé se voir réconfortés par la visite de Sa Sainteté. »
Trois ans de guerre au Soudan ont fait 13 millions de déplacés. Parmi eux, 1,5 million ont trouvé refuge en Égypte. C'est la plus grosse diaspora créée en dehors du pays par ce conflit qui n'en finit plus. Pour la plupart installés au Caire, ces exilés continuent de faire vivre leur culture et leurs traditions. De notre correspondant au Caire, Des notes de musique résonnent jusque dans la rue, au pied d'un immeuble du centre du Caire. Au troisième étage se trouve le vaste appartement où l'Union des artistes soudanais a élu domicile. « Je suis venu pour écouter Hadia Talsam, confie Mohannad. C'est un monstre de la chanson soudanaise. » Impossible de se frayer un chemin à l'intérieur tant l'endroit est pris d'assaut par le public. Alors Mohannad et ses copains écoutent le concert sur le palier. « Tous les âges, toutes les générations sont représentés. Le parcours de cette artiste est très long, peut-être 50 ans, explique-t-il. Elle a traversé toutes les générations et tous les publics. C'est pour ça que son public est aussi large et fidèle. » En se faufilant, on rencontre Mohamed Ismaïl, journaliste soudanais venu couvrir l'événement. « Cet endroit est le seul lieu qui réunit les Soudanais dans la capitale, il n'y en a pas d'autre. On ne se sent d'ailleurs pas au Caire, estime-t-il. Nous sommes à Khartoum ce soir. Certains sont arrivés ici avant la guerre, mais la plupart sont arrivés après » À lire aussiAu Soudan, la guerre oubliée du reste du monde et dont personne ne voit la fin Rassembler aussi sur les réseaux sociaux Rassembler les Soudanais, c'est aussi ce qu'essaye de faire Anda Kamal, mais sur les réseaux sociaux. La jeune femme de 27 ans anime depuis quelques mois un podcast où elle fait parler les habouba, les grands-mères. Dans les familles soudanaises, elles sont tout à la fois la mémoire vivante et le lien entre les générations. « À cause de la guerre et du déplacement dans plein de pays différents, la plupart des gens ont perdu leur habouba, témoigne la podcasteuse. La plupart sont restés au Soudan, ils n'ont pas voulu quitter leurs maisons. Alors que les jeunes sont partis, pour le bien de leur avenir. Ce qui a laissé un gouffre. Alors pour eux, les retrouver sur les réseaux, c'était fou. À la base j'avais à peine 1 000 abonnés, maintenant je fais des vidéos qui font plus d'un million de vues. » En ligne sur les réseaux sociaux ou dans des appartements bondés, au Caire, un fragment de Soudan continue de vivre, défiant la guerre et l'exil. À lire aussiGuerre au Soudan: une mission indépendante d'enquête de l'ONU conclut à des «actes de génocide» à El-Fasher
En France, le taux de chômage des réfugiés est quatre fois plus élevé que dans le reste de la population. Barrière de la langue, absence de réseau, trous dans le CV... Les obstacles sont nombreux. Pourtant, le statut des réfugiés leur permet de travailler en France. Alors, à Paris, le salon de l'emploi pour les réfugiés sert de porte d'entrée vers le marché du travail. Un long ruban de dizaines et de dizaines de réfugiés s'étire le long de la chambre de commerce et d'industrie, en plein cœur de Paris, place de la Bourse. C'est ici que se tient la troisième édition du Salon de l'emploi pour les réfugiés. À l'intérieur, l'ambiance est à la fois électrique et pleine d'espoir. Des centaines de personnes se pressent dans une salle exiguë, où l'on entend des phrases comme « Vous pouvez passer l'entretien », lancées par les recruteurs. Pour ces candidats, trouver un emploi en France représente une étape cruciale dans la reconstruction de leur vie après un parcours de migration souvent difficile. Britney, venue d'Haïti, serre contre elle le document indispensable aujourd'hui : son CV. « Est-ce que vous pouvez me parler de votre CV ? », lui demande un employeur. Autour d'eux, une vingtaine de stands ont été installés par des entreprises variées : McDonald's, Amazon, des agences d'intérim ou encore des enseignes de mode. Les secteurs représentés sont ceux qui connaissent des tensions de recrutement. Parmi eux, celui de la petite enfance attire particulièrement l'attention. Derrière un bureau encombré de CV, une recruteuse d'une agence de babysitting explique pourquoi la diversité des profils l'intéresse : « Afghans, Chinois, Soudanais ou Angolais... Nos clients sont internationaux, et cette mixité est un atout. » Justement, Tiga, une jeune Bangladaise aux lunettes carrées, vient de s'asseoir face à elle. À moins de 30 ans, elle a déjà une idée précise de son avenir : « Je veux commencer une carrière de fleuriste. J'ai besoin d'une formation, mais avant ça, je veux apprendre à parler le français couramment. En attendant, je cherche un travail avec des enfants ou des personnes âgées. » Comme beaucoup de participants, Tiga fait partie de cette jeunesse étrangère confrontée à un taux de chômage particulièrement élevé en France. Chez les moins de 24 ans, il frôle les 20%, et il est encore plus marqué parmi les jeunes issus de l'immigration. Clara Papilleau, qui accompagne ces jeunes en Île-de-France, le confirme : « 18% des jeunes que nous suivons sont étrangers, et les obstacles qu'ils rencontrent sont nombreux. » Parmi eux, Emmanuel, 23 ans, arrivé d'Albanie. Vêtu d'un sweat gris, il s'installe devant un recruteur après avoir postulé à plusieurs offres, notamment dans la vente. Cette année, le salon bat des records de fréquentation. Plus de 700 personnes sont venues passer des entretiens avec les employeurs. Selon les organisateurs, environ 10% des participants avaient trouvé un emploi grâce à cette manifestation lors de l'édition précédente. Un chiffre qui montre l'importance de ces initiatives pour faciliter l'insertion professionnelle des réfugiés. À lire aussiImmigration: un projet de règlement soumis au Parlement européen inquiète les associations
Radio Foot internationale à 16h10 T.U. (rediffusion 21h10 T.U.). Au sommaire ce lundi : - Ligue des Champions CAF, les clubs égyptiens au tapis, pour la 2è fois en un peu plus d'une décennie. ; - Une 9è League Cup pour Manchester City, et un 19è trophée pour Guardiola aux commandes des Skyblues. ; - La course à la C1 relancée en L1, l'OM va trembler jusqu'au bout. - Ligue des Champions CAF, les clubs égyptiens au tapis, pour la 2è fois en un peu plus d'une décennie. L'AS FAR prend sa revanche sur la saison passée et sort le tenant du titre, Pyramids FC. L'Espérance Tunis de Patrice Beaumelle élimine Al Ahly, un favori naturel du tournoi. La RS Berkane élimine les Soudanais d'Al Hilal, les Berkanais se frotteront à leurs compatriotes de Rabat en demi-finales. Le Stade Malien passe tout près de l'exploit lors de la 2è manche contre les Mamelodi Sundows. Les hommes de Mauril Njoya avaient refait une grande partie de leur retard à la mi-temps de la 2è manche, mais même réduits à 10 en fin de match, les Sud-Africains ont gardé leur but d'avance. Et affronteront les Sang et Or de Tunis, pour un ticket en finale. - Une 9è League Cup pour Manchester City, et un 19è trophée pour Guardiola aux commandes des Skyblues. Pep a battu son ancien adjoint Arteta dans un stade de Wembley bien rempli, et prolongé la disette des Gunners, contenus par la défense bleue. Doublé de Nico O'Reilly en 4 minutes, le coup de boost arrive au bon moment, peut-il galvaniser les Mancuniens dans le sprint final du championnat ? Les retrouvailles s'annoncent cruciales le 19 avril 2026 à l'Etihad Stadium. - La course à la C1 relancée en L1, l'OM va trembler jusqu'au bout. Punis par des Lillois bien remis de leur élimination en C3, les Phocéens, privés de Greenwood sur blessure, sont notamment sous la menace de leurs adversaires du soir. Talonnés aussi par l'OL et Monaco. Les Blanc et Rouge se sont imposés chez des Gones en perte de vitesse. 5è succès d'affilée pour les partenaires d'Akliouche et de
Radio Foot internationale à 16h10 T.U. (rediffusion 21h10 T.U.). Au sommaire ce lundi : - Ligue des Champions CAF, les clubs égyptiens au tapis, pour la 2è fois en un peu plus d'une décennie. ; - Une 9è League Cup pour Manchester City, et un 19è trophée pour Guardiola aux commandes des Skyblues. ; - La course à la C1 relancée en L1, l'OM va trembler jusqu'au bout. - Ligue des Champions CAF, les clubs égyptiens au tapis, pour la 2è fois en un peu plus d'une décennie. L'AS FAR prend sa revanche sur la saison passée et sort le tenant du titre, Pyramids FC. L'Espérance Tunis de Patrice Beaumelle élimine Al Ahly, un favori naturel du tournoi. La RS Berkane élimine les Soudanais d'Al Hilal, les Berkanais se frotteront à leurs compatriotes de Rabat en demi-finales. Le Stade Malien passe tout près de l'exploit lors de la 2è manche contre les Mamelodi Sundows. Les hommes de Mauril Njoya avaient refait une grande partie de leur retard à la mi-temps de la 2è manche, mais même réduits à 10 en fin de match, les Sud-Africains ont gardé leur but d'avance. Et affronteront les Sang et Or de Tunis, pour un ticket en finale. - Une 9è League Cup pour Manchester City, et un 19è trophée pour Guardiola aux commandes des Skyblues. Pep a battu son ancien adjoint Arteta dans un stade de Wembley bien rempli, et prolongé la disette des Gunners, contenus par la défense bleue. Doublé de Nico O'Reilly en 4 minutes, le coup de boost arrive au bon moment, peut-il galvaniser les Mancuniens dans le sprint final du championnat ? Les retrouvailles s'annoncent cruciales le 19 avril 2026 à l'Etihad Stadium. - La course à la C1 relancée en L1, l'OM va trembler jusqu'au bout. Punis par des Lillois bien remis de leur élimination en C3, les Phocéens, privés de Greenwood sur blessure, sont notamment sous la menace de leurs adversaires du soir. Talonnés aussi par l'OL et Monaco. Les Blanc et Rouge se sont imposés chez des Gones en perte de vitesse. 5è succès d'affilée pour les partenaires d'Akliouche et de
durée : 00:22:11 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - À la frontière tchado-soudanaise, les réfugiés fuyant la guerre au Soudan, et notamment les massacres commis dans la région du Darfour, se pressent dans des camps comme celui d'Oure-Cassoni. Celui-ci s'étend un peu plus à chaque nouveau cycle de violences dans la région. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Bastien Massa Journaliste indépendant
durée : 00:58:31 - LSD, la série documentaire - par : Raphaël Krafft - Poussée à l'exil par les massacres au Darfour ou la répression politique, la communauté soudanaise installée en France, se mobilise, mais reste impuissante face à l'inexorable destruction de son pays. - réalisation : Jean-Philippe Navarre
durée : 00:58:31 - Les documentaires de France Culture - par : Raphaël Krafft - Poussée à l'exil par les massacres au Darfour ou la répression politique, la communauté soudanaise installée en France, se mobilise, mais reste impuissante face à l'inexorable destruction de son pays. - réalisation : Maryvonne Abolivier, Anahi Morales, Jean-Philippe Navarre, Emmanuel Laurentin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 01:56:39 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin sur France Culture, l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau analyse le déni de guerre en Europe et les mécanismes historiques d'un aveuglement collectif. Et, à 7h17 Guillaume Erner reçoit le journaliste du Monde, Eliott Brachet, pour sa série de reportages au cœur du conflit au Soudan. - réalisation : Félicie Faugère
Dans un match facilité par l'expulsion précoce d'un Soudanais, l'Algérie n'a pas tremblé pour son entrée en lice dans la compétition (3-0). Grâce à un doublé de Mahrez, les Fennecs se rassurent et prennent une bonne option sur la qualification. Les doutes sont-ils chassés ? Petkovic a-t-il trouvé son onze ?
Depuis la chute d'El-Fasher entre les mains des FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo dit « Hemedti » le 26 octobre dernier, chaque semaine, le Tchad voit arriver en moyenne 2000 réfugiés soudanais. Ils arrivent pour la plupart de la capitale du Darfour-Nord. Traumatisés, affamés, assoiffés, ils ont réussi à survivre à 18 mois de siège, aux massacres, aux viols utilisés comme armes de guerre, aux jours de combat qui ont précédé la chute d'El-Fasher. Ils ont aussi survécu aux routes dangereuses et coûteuses qui mènent au Tchad voisin. Depuis novembre, les réfugiés soudanais sont relocalisés au camp de Touloum, à quelques heures de route de la frontière. Le but : éviter l'installation d'un camp à Tiné, et (donc) désengorger la frontière. Trois fois par semaine, des camions avec à leur bord les derniers réfugiés arrivés, partent pour Touloum, où sera alors finalisée leur installation au Tchad. De Tiné à Touloum : la relocalisation, c'est le quatrième et dernier volet de notre série de reportages sur la route de l'exil des réfugiés soudanais. De notre envoyée spéciale à Tiné, Effervescence, agitation et angoisse… La tension est palpable dans le camp de transit de Tiné. Daralnayim sera dans l'un des six camions prévus pour la relocalisation vers le camps de Touloum. Seule et enceinte, elle part avec pour seules affaires deux sacs, l'un sur le dos, l'autre qu'elle traîne difficilement. « Je suis heureuse de m'installer dans le camp. Ma mère et ma famille vont pouvoir me rejoindre. Je pourrai m'occuper de ma mère, ma fille et mes frères. Il faut que je puisse manger, pour prendre des forces, travailler et assurer ce qui leur faut », dit-elle. Pour cette cession de relocalisation près de 500 ménages arrivent à Touloum. Le camp existe depuis le début de la guerre au Darfour, il y a 20 ans. Il y accueille aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes. La ville la plus proche est à environ 30 min en voiture. L'eau est rare et la nourriture aussi, alors la solidarité s'organise. « Les réfugiés et les anciens refusés s'organisent entre eux et pour envoyer un peu de la nourriture, des repas chauds, de l'eau et pour accueillir les nouveaux réfugiés », explique Moussa Fofana, agent de terrain pour le HCR À lire aussiLa route de l'exil vers le Tchad: les réfugiés soudanais d'El-Fasher racontent leur cauchemar[2/4] Selon un porte-parole du PAM, l'ONG donne aux nouveaux arrivants une aide alimentaire : céréales, légumineuses, huile et sel avant de passer à une distribution d'argent quelques semaines plus tard. Mais plusieurs sources humanitaires expliquent que ces distributions sont insuffisantes. Rahma est arrivée il y a plusieurs mois à Touloum. « Nous voulons de la nourriture et que l'eau soit présente de manière constante. Ne coupez pas ces services. Voilà mon message ». Le 24 novembre dernier, les FSR ont décrété une trêve humanitaire unilatérale refusée par l'armée soudanaise. Malgré les efforts des médiateurs internationaux, le cessez-le-feu semble loin et les réfugiés de Touloum se résignent à devoir rester au Tchad. À lire aussiAu Tchad, les réfugiés soudanais racontent leur arrivée au camp de Tiné [3/4]
Depuis avril 2023, se déroule au Soudan l'un des conflits les plus meurtriers, à l'origine de « la plus grande crise humanitaire au monde » selon l'ONU. Selon des témoins ayant fui El-Fasher, la capitale du du Darfour-Nord est le lieu de massacres, violences à caractère ethnique, viols et agressions sexuelles depuis qu'elle est tombée entre les mains des paramilitaires FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo « Hemedti », le 26 octobre dernier. Plusieurs organisations humanitaires font état de crime de guerre, de crimes contre l'humanité, les Nations unies parlent d'une « spirale d'atrocité ». Après un siège de 18 mois, après la faim, la soif, la violence et la peur, certains Soudanais ont réussi à quitter El-Fasher pour se réfugier au Tchad voisin. Le Tchad et le Soudan sont séparés par un wadi, un oued sec, depuis la fin de la saison des pluies. De part et d'autre de cette frontière se trouvent deux villes : Tina, au Soudan, et Tiné, au Tchad. C'est là que les réfugiés soudanais traversent à pied, en charrette ou à l'arrière de camionnettes. De notre envoyée spéciale à Tiné, La frontière est gardée par des militaires tchadiens, mais aucune entrave n'a lieu au passage des réfugiés qui traversent tous librement. « Voilà les nouvelles familles qui viennent d'arriver. Elles sont orientées pour faire le circuit : d'abord l'enregistrement des réfugiés avec la Commission nationale d'accueil de réinsertion des réfugiés et des rapatriées du Tchad (Cenar), après avoir obtenu les informations de la personne. Puis un screening médical se fait avec Médecins sans frontière (MSF) avant leur transfert vers le site de transit », explique Georges, membre de l'équipe du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le visage fatigué, en partie dissimulé derrière son foulard bariolé, Souad Ibrahim Abdou s'installe à quelques mètres de la frontière, sous la cabane de MSF. Elle attend désormais d'être enregistrée. « On a laissé les enfants à Tawila. On remercie le seigneur d'être arrivé ici en bonne santé. Dieu merci, tout va bien. On nous a conseillé de venir ici, on nous a dit que la ville était bien. Le seul problème ici, c'est la nourriture. Aussi, il n'y a pas de travail », raconte-t-elle. Une fois le premier enregistrement effectué, les réfugiés doivent se rendre par leurs propres moyens au site de transit à la sortie de la ville. Parmi les infrastructures sur place, des pompes à eau, mais peu de latrines. Et les températures chutent fortement le matin et le soir. La jeune Daralnayim,19 ans et enceinte de sept mois, a fait le voyage seule depuis El-Fasher. Elle raconte sa vie dans le site de transit : « Il n'a pas de nourriture, pas de couvertures, pas de lit. Je n'ai pas eu d'autre choix que de rester avec des femmes ici. On a fait les démarches d'enregistrement ensemble. » Les profils de ces derniers arrivants sont majoritairement des femmes et des enfants. Mais il y a beaucoup plus d'hommes comparé au début du conflit en 2023. « Il y a de plus en plus de vieillards blessés, de gens inaptes et beaucoup d'enfants non accompagnés. Ils avaient encore l'espoir en 2023 qu'ils peuvent défendre leur terre, résister. Maintenant, c'est le désespoir total », détaille Jean-Paul Habamungu, responsable du HCR à Iriba. À lire aussiLa route de l'exil vers le Tchad: les réfugiés soudanais d'El-Fasher racontent leur cauchemar[2/3]
durée : 00:30:35 - Les Pieds sur terre - par : Sonia Kronlund, Fabienne Laumonier - Fin août 2025, l'Ocean Viking, le bateau de secours de l'ONG SOS Méditerranée, est victime, dans les eaux internationales, d'une attaque de la part des garde-côtes libyens. Quatre-vingt-sept rescapés sont à bord, essentiellement des jeunes Soudanais. Lucille et John, membres de l'ONG, racontent. - réalisation : Emmanuel Geoffroy
durée : 00:15:04 - Journal de 8 h - Massacres, viols... Les violences au Soudan, où se déroule une guerre entre l'armée et des paramilitaires, sont terribles. Des réfugiés au Tchad voisin racontent.
durée : 00:15:04 - Journal de 8 h - Massacres, viols... Les violences au Soudan, où se déroule une guerre entre l'armée et des paramilitaires, sont terribles. Des réfugiés au Tchad voisin racontent.
Notre invité Afrique ce lundi matin est le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Le 28 décembre prochain, il briguera un troisième mandat à la tête du pays, face à six autres candidats. Organisation des élections, validation des opposants par le Conseil constitutionnel, accord avec les groupes armés, situation socio-économique, relations avec les Émirats arabes unis et la Russie… Il a abordé tous ses sujets avec François Mazet à Bangui. RFI : Monsieur le président, le 28 décembre, vous allez briguer un nouveau mandat à la tête de la République centrafricaine. Pour vous, cette candidature, c'était une évidence ? Faustin-Archange Touadéra : Effectivement, j'ai fait acte de candidature à cette élection. Le peuple centrafricain et ses communautés ont organisé des marches pour solliciter le fait que je puisse faire acte de candidature. Mais voyez-vous, cela fait suite à toutes les actions que nous avons menées pendant les deux derniers mandats, durant lesquels le pays était dans une très grande difficulté. Nous avons pu avoir des accords de paix avec les 14 groupes armés. Évidemment, en face de tout ça, le peuple centrafricain pense qu'aujourd'hui, il y a la paix qui est revenue. Il y a le déploiement de l'autorité de l'État à l'intérieur du pays, des avancées notables dans le sens du bien-être du Centrafricain. Je ne dis pas que tout est parfait, mais nous avons fait un grand pas, nous relevons la tête. Alors, on va revenir sur certains points de votre bilan. Mais d'abord, c'est fort de ce bilan que vous êtes convaincu, comme le dit la chanson qui tourne déjà, que ça sera le coup KO au premier tour ? (Il rit) Ben évidemment ! Pour nos compatriotes, beaucoup pensent que ce sera au premier tour. Nous sommes conscients, évidemment, que c'est un acte, une action démocratique ! Eh bien, le jeu est ouvert et chaque camp essaie de convaincre le plus de Centrafricains à voter pour lui. Vous aurez six adversaires. Évidemment, deux noms ressortent ceux de messieurs Henri-Marie Dondra et Anicet-Georges Dologuélé qui, après des mois de conjectures, ont finalement été validés par le Conseil constitutionnel. Est-ce que c'est une bonne chose que cette élection réunisse quand même des personnalités d'importance qui peuvent venir remettre en cause votre leadership ? Je ne peux pas, en tant que candidat, émettre des avis sur la décision du Conseil constitutionnel. Je prends acte. Nous allons competir et on va demander aux Centrafricains de faire leur choix. Évidemment, les personnalités dont vous parlez ici ne sont pas inconnues. On verra bien le 28 décembre. En tout cas, messieurs Dondra et Dologuélé disent que jusqu'au bout, vous avez fait le maximum pour qu'ils ne puissent pas s'opposer à vous. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Mais en faisant quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour m'opposer à leur candidature ? Nous avons des lois, chaque individu doit se conformer à nos lois, à nos textes. Et pour ça, il y a des juridictions. Donc, en quoi puis-je interférer ou faire quoi que ce soit pour empêcher qui que ce soit de se présenter ? La preuve, c'est qu'aujourd'hui, le Conseil constitutionnel a donné un avis. Je prends acte. Alors, justement, le 28 décembre, il y aura un quadruple scrutin. C'est historique en Centrafrique. Est-ce que vous êtes confiant dans la capacité des institutions d'organiser ces élections dans les meilleures conditions possibles ? C'est un grand challenge pour le pays et c'est important. Normalement, les élections locales devaient être organisées bien avant. Malheureusement, il y a eu des difficultés techniques quant à la disponibilité du fichier électoral, puisque c'est la base même d'une élection. C'est vrai, c'est un grand défi. C'est une première, mais nous faisons confiance aux hommes et aux femmes qui travaillent dans ces institutions pour que la République centrafricaine sorte de cela vraiment grandie. Je ne dis pas que tout est rose, qu'il n'y a pas de problème, il y a des difficultés. Nous avons par exemple des difficultés financières pour soutenir un certain nombre d'actions. On a eu des promesses qui n'ont pas été tenues dans le cadre de la mobilisation des ressources. Mais l'État fait face à ça, parce que c'est un enjeu important pour la démocratie. Pour vous, la date du 28 décembre, est-elle gravée dans le marbre ? Nous avons la Constitution. La date du 28 est constitutionnelle. Au-delà, il n'y aura que du désordre. Dès qu'on va dépasser cette date, ils vont commencer par parler de transition, ils vont parler de venir partager le gâteau... Nous ne pouvons pas prendre le risque. Notre pays a connu des moments très difficiles et il nous faut tenir ce délai pour renforcer notre démocratie, respecter nos textes. Sur la question de la sécurité, vous avez commencé à l'aborder. Vous avez signé ces derniers temps des accords avec plusieurs groupes rebelles, encore cette semaine avec le MPC. Est-ce que vous êtes confiant quant au fait que, cette fois, ces accords seront respectés par toutes les parties, pas comme en 2019, 2020 ? Nous allons tout faire pour tenir nos engagements. C'est moi qui leur ai tendu la main, ce sont des fils du pays et je leur ai dit : "Votre lutte, là, je ne comprends pas les objectifs." Eh bien, ils sont d'accord. Je pense que cette fois-ci, chacun des leaders a compris que ce n'est pas la peine de continuer la guerre, la violence inutile. Qu'est-ce qu'ils y gagnent ? Et je pense que, de leur côté, ils font des efforts. Et d'ailleurs, le processus de désarmement pour les groupes UPC et 3R se déroule normalement. Il y a quelques défis, comme la prise en charge d'un certain nombre de gens désarmés. Donc, j'ai donné les instructions pour qu'on les règle. Du point de vue économique et social, la population continue de souffrir du coût de la vie. Concrètement, qu'est-ce que vous proposez pour changer la donne après déjà deux mandats ? Vous utilisez des mots, des mots très forts, mais il faut les mettre dans leur contexte. Pour le peuple centrafricain, il y a eu des avancées certaines, indéniables. Ça ne veut pas dire que tout va bien. Je n'ai pas dit que tout est pour le meilleur des mondes, ici. Non. Et c'est pour ça que nous avons proposé un plan national de développement. C'est pour ça qu'aujourd'hui, nous demandons aux Centrafricains de nous donner encore un mandat pour continuer ce que nous avons fait, parce qu'on était vraiment dans le gouffre. Et c'est sur ces progrès que nous allons tabler pour poursuivre. Nous sommes confiants. Un des points principaux pour la population, pour les entreprises, c'est la question des carburants. Les coûts des carburants qui sont extrêmement chers en Centrafrique, le plus cher du continent, la structure des prix a fait l'objet de critiques de la part de la société civile, d'ONG internationales, du FMI. Est-ce qu'il va y avoir une réforme du marché des carburants en Centrafrique ? Nous ne sommes pas un pays producteur de pétrole, nous sommes un pays continental et il nous faut de l'énergie pour faire tourner l'économie. Quand le carburant arrive dans un port, ce n'est pas le même prix que lorsqu'il arrive ici, il faut le transporter. Soit par bateau, par barge. Il y a un coût et même si c'est par la route, il y a un coût. Notre objectif, ce n'est pas d'avoir du carburant cher. Donc, pour vous, il n'y a pas de surcoût inexplicable ? En Centrafrique, ce n'est pas la volonté du gouvernement de faire surenchérir, ce sont les réalités des prix, parce que le gouvernement n'a rien à gagner en augmentant les prix, bien au contraire. Il y a cette guerre civile chez votre voisin, le Soudan. Quelle est la situation exactement dans le nord-est du pays ? Et est-ce que vous craignez qu'avec la poursuite de ce conflit, il y ait un débordement chez vous ? Nous avons connu la guerre ici, nous savons ce que c'est et ça a détruit notre pays. Une partie de notre population dans le nord s'approvisionnait au Soudan. Ça devient difficile économiquement et socialement parlant. Avec ce conflit, il y a des personnes, des Soudanais, des frères Soudanais, hommes et femmes, qui veulent la paix et viennent se réfugier en République centrafricaine, ce qui va encore perturber la situation économique et sociale de cette région. Nous sommes dans toutes les réunions, on participe, nous donnons notre contribution. Dans ce conflit, il y a quand même un acteur extérieur dont tout le monde parle, ce sont les Émirats arabes unis. Et vos adversaires disent que vous vous rapprochez d'eux et se questionnent : est-ce que la Centrafrique va servir de base arrière ? La République centrafricaine est un pays ouvert. On ne va pas dire que nous ne devions pas travailler avec un pays avec un autre. Non, vous voyez, c'est ça ces actes de désinformation. Nous avons une coopération avec les Émirats arabes unis sur des projets précis et nous continuons à travailler dans l'intérêt bien compris des deux parties. Un autre partenariat qui évidemment fait beaucoup parler depuis plusieurs années, c'est celui avec la Russie. Il a été dit et écrit que des membres du groupe Wagner allaient partir et être remplacés par une nouvelle entité, Afrika Corps, qui est directement rattachée au ministère russe de la Défense. Est-ce que vous confirmez des discussions en cours avec Moscou ? Oui, vos confrères m'ont toujours posé ce genre de questions. J'estime que j'ai toujours répondu que ce n'est pas devant votre micro que je vais m'étaler sur toutes les questions, les discussions, que nous avons avec des pays amis. Non. Si nous nous accordons, nos discussions ne vont pas être rendues publiques. Vous disiez que nous sommes en discussion ? Bien sûr, nous sommes en discussion sur beaucoup de sujets, pas seulement sécuritaires ou remplacer telle force par telle autre… Nous avons beaucoup de discussions sur le plan de la défense, sur le plan économique, sur le plan de l'éducation, de la santé. On a beaucoup de programmes ensemble. Alors, les personnes du groupe Wagner n'avaient pas seulement une activité de sécurité, ils avaient d'autres activités. Ils ont une activité économique avec des entreprises. Si les personnes de Wagner en uniforme partent, est-ce que les entreprises liées à Wagner restent ? La République centrafricaine est un pays ouvert. Il y a un code minier qui existe. Une société, n'importe laquelle, qui se constitue en République centrafricaine, qui remplit les conditions et qui fait une requête, pour avoir un permis de recherche, un permis d'exploitation, et qui remplit les conditions, eh bien ce sont des secteurs qui sont libéralisés aujourd'hui, que ce soient les mines, que ce soient les eaux et les forêts. Tout ça, c'est libéralisé. Alors, pourquoi vous voulez indexer certaines normes de sociétés comme étant des sociétés Wagner ou autres ? Ce sont des sociétés pour nous qui sont normalement constituées, légalement je veux dire, et qui exercent sur le territoire centrafricain en respectant nos lois. C'est tout. Et il n'y a pas que les Russes. Donc aucun passe-droit ici pour aucune entreprise, tout le monde est soumis aux mêmes règles. Nos textes sont clairs, il n'y a pas de passe-droit. Vous pouvez demander au ministère des Mines : telle société a rempli les conditions. Voilà, et c'est de la manière la plus transparente. À lire aussiCentrafrique: la mission d'observation électorale tente d'endiguer la désinformation avant la présidentielle
durée : 00:15:04 - Journal de 8 h - Massacres, viols... Les violences au Soudan, où se déroule une guerre entre l'armée et des paramilitaires, sont terribles. Des réfugiés au Tchad voisin racontent.
Depuis la chute d'El-Fasher entre les mains des FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo dit Hemedti le 26 octobre dernier, chaque semaine, le Tchad voit arriver en moyenne 2 000 réfugiés soudanais. Ils arrivent pour la plupart de la capitale du Darfour-Nord. Traumatisés, affamés, assoiffés, ils ont réussi à survivre à 18 mois de siège, aux massacres, aux viols utilisés comme armes de guerre, aux jours de combats qui ont précédé la chute d'El-Fasher. Ils ont aussi survécu aux routes dangereuses et coûteuses qui mènent au Tchad voisin. Le témoignage poignant de réfugiés arrivés à Tiné, ville frontalière du Soudan, dans la région du Wadi Fira. Assise sur un bidon vide, Recroquevillé sur elle-même, le visage couvert par un foulard, Salma Mohamad Abdallah a encore du mal à parler. « On est sorti d'El-Fasher à pied. C'était effrayant. Sortir de chez soi à quatre heures du matin, tout laisser derrière soi, y compris ses proches, c'est dur. Et après ça, on s'est déplacé de nuit. On a marché pendant quatre jours. Il y avait des FSR. Torture, humiliations, ils font peur. Ils nous ont tout pris et surtout, ils frappaient les hommes et ne les laissaient pas passer. » Après quatre jours de marche, elle a dû payer des passeurs, souvent FSR, pour finir le trajet jusqu'au Tchad. « Si on dit qu'on est Zaghawa, ils ne nous laissent même pas sortir d'El-Fasher » « Quand on est arrivé à Garna, on a trouvé les voitures des FSR. On a pris celle qui emmenait à Tiné. Ils nous posent toutes sortes de questions. Et si l'on dit que nous sommes Zaghawa, ils nous torturent et ne nous laissent pas monter dans les voitures. Il faut dire le nom de n'importe quelle autre ethnie pour qu'ils nous laissent passer. Mais si on dit qu'on est Zaghawa, ils ne nous laissent même pas sortir d'El-Fasher. » D'autres ont réussi à récolter suffisamment d'argent pour faire tout le trajet en voiture, mais avec une peur omniprésente : celle de se faire piller par les paramilitaires. C'est le cas de cette mère de trois enfants. Samia Ousman Hadi : « Je suis venue en voiture, mais malgré tout c'était fatiguant, on avait faim, on était épuisés et on a été insultés. Après, il a fallu s'arrêter. On est resté là, dehors en attendant la suite. Il y avait ni à boire ni à manger. C'était éprouvant. » « Des enfants ont disparu » À l'approche de Tiné, Rahma Mouhamad Abdallah et ses six enfants ont cru qu'ils n'arriveraient pas vivants au Tchad. « Des bombardements, des missiles, des drones, c'était très dur. Il y avait des enfants nus, ils marchaient sans aucun vêtement. Beaucoup ont perdu leur mère, leur père. Des enfants ont disparu. Il y a des gens qui n'ont pas retrouvé leurs familles. » Des sources gouvernementales tchadiennes confirment d'intenses activités de drone en territoire soudanais, à quelques dizaines de kilomètres de Tiné. Les humanitaires présents aux postes frontière disent avoir reçu une trentaine de blessés ayant traversé la frontière pour se faire soigner. À lire aussi«Il fallait rester à l'abri, sous terre»: des Soudanais d'El-Fasher réfugiés au Tchad témoignent [1/3]
durée : 00:30:35 - Les Pieds sur terre - par : Sonia Kronlund, Fabienne Laumonier - Fin août 2025, l'Ocean Viking, le bateau de secours de l'ONG SOS Méditerranée, est victime, dans les eaux internationales, d'une attaque de la part des garde-côtes libyens. Quatre-vingt-sept rescapés sont à bord, essentiellement des jeunes Soudanais. Lucille et John, membres de l'ONG, racontent. - réalisation : Emmanuel Geoffroy
Au Soudan, se déroule depuis avril 2023 l'un des conflits les plus meurtriers. À l'origine de « la plus grande crise humanitaire au monde », selon l'ONU. Massacres, violences à caractère ethnique, viols et agressions sexuelles. C'est l'horreur décrite par ceux qui ont réussi à fuir El-Fasher, la capitale du Darfour-Nord, tombée aux mains des paramilitaires FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo, dit Hemedti. Certains Soudanais ont réussi à quitter El-Fasher pour se réfugier au Tchad voisin. Témoignage de certains d'entre eux à Tiné, au nord du pays et le long de la frontière soudanaise. De notre envoyée spéciale de retour de Tiné, Dans le centre de transit de Tiné, Kaltouma est assise par terre, entourée de ses enfants. Le regard abattu, fixant le vide, cette mère de 32 ans a quitté El-Fasher, il y a moins d'un mois, elle y a vécu l'enfer. Kaltouma Ibrahim Abakar : « Nous étions encore à El-Fasher avant la chute. Il y a eu quatre ou cinq jours d'affrontements avec des bombardements. Le jour de la chute, il était impossible de sortir des trous qu'on a creusés sous-terre. On ne pouvait pas risquer d'aller chercher à manger ou à boire pour les enfants. Il fallait rester à l'abri, sous-terre. » Après la chute d'El-Fasher, Kaltouma et ses enfants réussissent à fuir. « Ils ont creusé toute la ville. Certains ne pouvaient pas sortir des tranchées. Ils sont restés bloqués à l'intérieur. Mais on devait passer par ces trous creusés. On n'avait pas le choix. Ceux qui avaient la force d'en sortir partaient et ceux qui n'y arrivaient pas mourraient dedans. Les enfants, les femmes sans force, les vieillards, tous sont restés bloqués là-bas. » À lire aussi«Soit tu passes, soit tu meurs»: au Tchad, des réfugiés soudanais racontent leur fuite d'El-Fasher Hawa Adam Abdallah s'avance d'un pas décidé. Elle veut parler, raconter ce que traverse son pays : « À la sortie d'El-Fasher, il y avait des tranchées creusées. En sortant de là, il y avait des paramilitaires. Ils ont tué certains d'entre nous. Parmi eux, mon frère, et ils ont enlevé mon père. Et j'ai un autre frère perdu, plus aucune nouvelle. Et puis sur la route, quand on a dépassé El-Fasher, ils nous sont tombés dessus. Ils nous ont chassés, frappés. Ils nous ont enlevé tout ce qu'on avait. Et si on n'a aucun bien, ils nous font enlever nos vêtements. On est arrivé ici sans rien. » Les deux femmes sont arrivées il y a quelques jours. Elles attendent d'être relocalisées au camp de Touloum, à deux heures de route de la frontière. « Beaucoup sont morts sur la route » Abdelmajad Ahmad Mouhammad descend du camion qui l'a transporté à Touloum. Avec ces quatre jeunes garçons, il espère retrouver sa femme et sa fille parties plus tôt : « Morts, tortures, déplacements forcés, exécutions, destructions, incendies, que des choses horribles ». C'est ainsi qu'Abdelmadjid décrit sa ville natale El-Fasher. Pourtant, ce père de 34 ans n'a quitté la capitale du Darfour du Nord qu'après sa chute le 26 octobre dernier. « Certains ont réussi à sortir, d'autres non. Beaucoup sont morts sur la route aussi à cause de la soif, de la faim, de la torture, mais d'autres, on ne sait même pas quelles directions ils ont empruntées. Leurs propres familles ne savent pas où ils sont. Ils ne savent même pas s'ils sont morts ou vivants. » Plusieurs organisations humanitaires font état de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité. Les Nations unies parlent d'« une spirale d'atrocités » Impossible de communiquer avec ceux qui sont encore à El-Fasher. 170 000 à 250 000 personnes étaient encore bloquées dans la ville au moment de sa chute.
Le conflit au Soudan a fait près de 13 millions de déplacés dont 4 millions de réfugiés à l'extérieur du pays. Seule une infime partie d'entre eux cherchent refuge en Europe : moins de 10.000 cette année à fin octobre 2025, selon le HCR. Pourtant, ils n'y sont pas toujours bien accueillis. Pour les Soudanais, trouver refuge en Europe ne va pas de soi Malgré les conventions internationales, déposer une demande d'asile n'est pas simple : en Grèce, le gouvernement a ainsi suspendu l'examen des dossiers entre mi-juillet et mi-octobre 2025. La mesure, illégale, au regard des conventions humanitaires, visait les arrivées en provenance de la Libye. Une route migratoire empruntée notamment par les jeunes Soudanais qui se retrouvent souvent accusés de délits et placés en détention. Reportage à Athènes, Joël Bronner. Avec Caroline Maillary, juriste au GISTI, groupe de soutien aux immigrés à Paris, nous verrons comment les Soudanais sont accueillis en Europe, et quelle était leur situation en France. Sur la route des Balkans, des hommages aux victimes de l'exil Pour de nombreux migrants, la Méditerranée s'est transformée en cimetière mais les autres routes sont également meurtrières. En particulier dans le nord de l'Afrique, mais aussi sur le continent européen. En traversant les Balkans, dont les frontières sont strictement contrôlées, les exilés prennent de plus en plus de risques. Et parmi ceux qui perdent la vie, peu sont identifiés. Pour conserver leur mémoire et aider les familles dans leurs recherches, plusieurs initiatives ont vu le jour dans la région. Les précisions de Simon Rico. La Pologne encadre la vente d'alcool Pour mettre fin aux désordres nocturnes, notamment, la municipalité de Varsovie s'apprête à interdire la vente d'alcool entre 22h et 6h. Alors que 200 villes du pays ont déjà appliqué cette interdiction, la capitale traîne les pieds : seuls deux quartiers seront concernés dans un premier temps. L'alcool est responsable d'environ 800.000 décès par an sur le continent européen selon l'OMS, et la Pologne fait partie des quelques pays de l'UE où la consommation a du mal à baisser. À Varsovie, les habitants font pression depuis des années pour cette mesure, qui devrait être étendue à toute la ville d'ici à juin 2026. Reportage, Adrien Sarlat.
Le conflit au Soudan a fait près de 13 millions de déplacés dont 4 millions de réfugiés à l'extérieur du pays. Seule une infime partie d'entre eux cherchent refuge en Europe : moins de 10.000 cette année à fin octobre 2025, selon le HCR. Pourtant, ils n'y sont pas toujours bien accueillis. Pour les Soudanais, trouver refuge en Europe ne va pas de soi Malgré les conventions internationales, déposer une demande d'asile n'est pas simple : en Grèce, le gouvernement a ainsi suspendu l'examen des dossiers entre mi-juillet et mi-octobre 2025. La mesure, illégale, au regard des conventions humanitaires, visait les arrivées en provenance de la Libye. Une route migratoire empruntée notamment par les jeunes Soudanais qui se retrouvent souvent accusés de délits et placés en détention. Reportage à Athènes, Joël Bronner. Avec Caroline Maillary, juriste au GISTI, groupe de soutien aux immigrés à Paris, nous verrons comment les Soudanais sont accueillis en Europe, et quelle était leur situation en France. Sur la route des Balkans, des hommages aux victimes de l'exil Pour de nombreux migrants, la Méditerranée s'est transformée en cimetière mais les autres routes sont également meurtrières. En particulier dans le nord de l'Afrique, mais aussi sur le continent européen. En traversant les Balkans, dont les frontières sont strictement contrôlées, les exilés prennent de plus en plus de risques. Et parmi ceux qui perdent la vie, peu sont identifiés. Pour conserver leur mémoire et aider les familles dans leurs recherches, plusieurs initiatives ont vu le jour dans la région. Les précisions de Simon Rico. La Pologne encadre la vente d'alcool Pour mettre fin aux désordres nocturnes, notamment, la municipalité de Varsovie s'apprête à interdire la vente d'alcool entre 22h et 6h. Alors que 200 villes du pays ont déjà appliqué cette interdiction, la capitale traîne les pieds : seuls deux quartiers seront concernés dans un premier temps. L'alcool est responsable d'environ 800.000 décès par an sur le continent européen selon l'OMS, et la Pologne fait partie des quelques pays de l'UE où la consommation a du mal à baisser. À Varsovie, les habitants font pression depuis des années pour cette mesure, qui devrait être étendue à toute la ville d'ici à juin 2026. Reportage, Adrien Sarlat.
Une guerre oubliée, ignorée par les grands médias internationaux, et qui se retrouve désormais sous les feux de l'actualité : il aura fallu les terribles massacres de civils à El-Fasher pour que le monde prenne conscience de l'atrocité de cette guerre et commence à réagir, notamment par le biais des Nations-Unies. C'est le constat dressé par le Sudan Tribune, l'un des rares médias encore en activité au Soudan. « La chute d'El-Fasher et le génocide et le nettoyage ethnique perpétrés par les FSR nous rappellent cruellement l'incapacité du monde à tirer les leçons de l'histoire, affirme le quotidien soudanais. L'inaction de la communauté internationale face aux atrocités a enhardi les auteurs de ces crimes, permettant au conflit de dégénérer en une véritable crise humanitaire. La communauté internationale doit prendre des mesures immédiates et énergiques pour protéger les civils, garantir que les auteurs de crimes de guerre rendent des comptes et mettre fin aux violences. Les peuples du Darfour et du Soudan ne méritent rien de moins. » Et le Sudan Tribune d'« exiger un cessez-le-feu immédiat, la garantie de l'accès humanitaire, la protection des civils de la violence, l'arrêt des livraisons d'armes, l'activation d'enquêtes indépendantes et la mise en œuvre de sanctions ciblées contre les individus et les entités responsables de crimes de guerre et d'atrocités ». Ceux qui « entretiennent le chaos » Récemment, Le Monde à Paris dénonçait « l'insupportable passivité internationale face à la tragédie au Soudan » et constatait qu'« aucune des grandes puissances qui se disent officiellement préoccupées par le sort des Soudanais n'a jamais demandé le moindre compte à ceux qui entretiennent le chaos ». En effet, précisait le journal, « pour le plus grand malheur des Soudanais, cette lutte pour le pouvoir et pour les ressources est entretenue et attisée par l'interventionnisme de puissances régionales qui font du Soudan le terrain par procuration de leurs rivalités ». La Croix, toujours à Paris, rebondit : « la crise soudanaise s'étend bien au-delà des frontières du pays : les paramilitaires (des FSR) sont soutenus par les Émirats arabes unis, tandis que l'armée régulière reçoit l'aide de l'Égypte, de l'Arabie saoudite ou encore de la Turquie. Elle représente un enjeu international majeur, d'autant qu'une partition du pays, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, n'est plus à exclure ». « Cette tragédie nous concerne tous, s'exclame encore le quotidien catholique. Les victimes ne sont d'aucun camp ; elles sont d'abord nos frères et sœurs, installés sur une terre qui voit se succéder les drames à un rythme infernal depuis au moins 20 ans. Il y a peu d'endroits au monde qui concentrent autant de malheurs dans une telle indifférence. » Pression Alors, « face à l'ampleur des accusations et des preuves, relève Afrik.com, le chef des FSR, le général Hemetti, a tenté de désamorcer la crise en annonçant l'ouverture d'enquêtes sur les agissements de certains de ses paramilitaires. Cette annonce a été suivie par plusieurs arrestations en fin de semaine dernière, dont celle d'un combattant surnommé Abou Loulou, dont l'authenticité de vidéos le montrant exécuter des personnes non-armées a été confirmée. Toutefois, pointe encore le site panafricain, le Haut-Commissariat des Nations unies exige davantage. Il réclame des “enquêtes indépendantes, rapides, transparentes et approfondies“ sur toutes les violations présumées du droit international, ainsi que l'obligation pour leurs auteurs de “rendre des comptes“. La tragédie d'El-Fasher accentue la pression internationale pour que justice soit faite au Soudan. » Tragédie humanitaire En attendant, « le Soudan est devenu une boucherie à ciel ouvert, soupire Seneweb à Dakar. « Une zone de non-droit, un haut lieu des violations des droits humains. (…) On ne peut plus parler simplement de guerre, tant les violences et les atrocités dépassent toute mesure. Il s'agit désormais d'une tragédie humanitaire aux allures de sanction génocidaire, poursuit Seneweb. Le Soudan continue d'étonner, d'effrayer et de choquer le monde par l'ampleur de cette violence inouïe, orchestrée par deux généraux, deux seigneurs de guerre, (…) dont le seul objectif est la préservation de leur pouvoir et de leurs intérêts personnel. »
Depuis plus de deux ans et demi, la guerre civile fait rage au Soudan, devenu un « trou noir de l'information ». Alors que s'y rendre est très compliqué, comment informer sur ce qui se passe dans ce pays ? Le journaliste Eliott Brachet, ancien correspondant de RFI à Khartoum, est l'invité de L'atelier des médias pour en discuter. La guerre civile qui ravage le Soudan depuis le 15 avril 2023 oppose les forces armées soudanaises du général Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemetti. L'ONU décrit la situation comme la « pire crise humanitaire au monde » : 150 000 morts, 13 millions de déplacés et 25 millions de personnes en proie à la famine. Dans ce contexte, le journaliste indépendant Eliott Brachet, ancien correspondant à Khartoum (2020-2023) désormais installé au Caire, décrypte les défis qu'il rencontre pour continuer d'informer sur le Soudan. Eliott Brachet rappelle que son arrivée en octobre 2020 visait à raconter « la fenêtre de liberté qui venait de s'entrouvrir avec la chute d'Omar el-Béchir ». La révolution soudanaise de décembre 2018 avait engendré une effervescence culturelle et une grande liberté de ton, favorisant la naissance d'un journalisme indépendant. Mais la nouvelle génération de journalistes a vu son travail prendre « un grand coup dans l'aile » depuis l'éclatement du conflit et a souvent été contrainte à l'exil. L'une des difficultés majeures pour la couverture médiatique est de faire franchir au Soudan le « plafond de verre dans les médias et dans l'espace public ». L'exposition Soudan, la guerre sur les cendre de la révolution, qu'Eliott Brachet a supervisée à Bayeux, en Normandie, visait d'ailleurs à recontextualiser cette guerre, en rappelant les avertissements des manifestants après le coup d'État de 2021 : la présence des deux généraux à la tête de l'État ne pouvait mener qu'au chaos. Difficulté d'accès et courage des journalistes soudanais Informer sur ce conflit est rendu extrêmement complexe par les difficultés d'accès pour la presse internationale. Les visas sont délivrés «au compte-goutte», et tout journaliste qui parvient à entrer dans les zones contrôlées par l'armée régulière est souvent suivi de près. C'est ce qu'Eliott Brachet a pu constater lors de son dernier reportage au Soudan, fin 2024. Les accès sont encore plus compliqués du côté des FSR, milice aux lignes de commandement floues, où le risque est de «servir la propagande des groupes en place». Le danger le plus grand pèse sur les journalistes soudanais : 32 ont été tués depuis le début de la guerre, indique Eliott Brachet qui insiste sur l'importance de ces regards locaux, souvent équipés d'un simple téléphone portable, qui documentent la guerre. Ces sources, issues de la génération révolutionnaire (activistes, bénévoles dans des réseaux d'entraide civils), sont essentielles pour obtenir des informations. Malgré les risques, la population reste désireuse de parler aux journalistes étrangers, explique Eliott Brachet pour qui ce conflit n'est pas une «guerre oubliée, c'est plutôt une guerre négligée ou une guerre ignorée», car les informations et les images existent, même si elles sont difficiles à obtenir. Guerre d'influence et enjeu technologique Au-delà de l'affrontement fratricide, le conflit est une « guerre d'influence » avec des ramifications régionales. Le Soudan, riche en ressources comme l'or et le pétrole, voit l'exportation de ses ressources doubler, alimentant cette « économie de guerre » qui permet aux belligérants de s'armer. Chaque camp est soutenu par un réseau d'influence : l'armée régulière reçoit l'appui de l'Égypte, du Qatar, de l'Iran et de la Turquie, tandis que les FSR bénéficient d'un soutien des Émirats arabes unis, qui fournissent notamment des drones chinois de dernière technologie. Un autre défi moderne réside dans le rôle de Starlink. Ces connexions internet, souvent amenées par les acteurs armés (notamment les FSR), créent «une dépendance énorme des populations civiles aux acteurs militaires». Les civils doivent payer «un forfait à la minute pour pouvoir se connecter», transformant la communication en une source de revenus et un moyen de contrôle pour les forces en présence. Le recours aux sources ouvertes (OSINT) Face aux restrictions d'accès sur le terrain, le croisement des informations est crucial en raison de l'énorme propagande diffusée par les deux belligérants. L'utilisation de l'OSINT (enquête en sources ouvertes) et des images satellites est un moyen essentiel de suivre le conflit à distance. Eliott Brachet s'est rapproché de réseaux de journalistes et chercheurs, comme le laboratoire de recherche humanitaire de l'université de Yale, dont le travail permet de « documenter le pillage et la mise à sac et l'incendie en fait de nombreux villages au Darfour ». Ces outils, associés aux témoignages des jeunes Soudanais, constituent aujourd'hui les sources d'information les plus fiables sur ce conflit qui dure.
durée : 00:03:32 - Le monde à l'endroit - Des exécutions massives, un probable nettoyage ethnique, une guerre terrible qui dure depuis deux ans et demi : le conflit au Soudan se déroule loin des regards et des intérêts géostratégiques occidentaux. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Au programme de Radio foot internationale, ce lundi : le sacre du Maroc au CHAN 2025, Liverpool prend la tête du championnat anglais et l'Olympique Lyonnais s'impose sur le fil contre Marseille en Ligue 1 ! CHAN 2025, le sacre du Maroc à Nairobi (3-2) aux dépens des Malgaches Mais les Barea n'ont pas rendu la tâche facile aux Lions de l'Atlas. La Grande Île a néanmoins fêté ses médaillés d'argent. Une défaite aux allures de victoire ? Troisième sacre et record de titres pour les Rouge et Vert d'Oussama Lamlioui, qui termine meilleur buteur de cette édition. Le Sénégal remporte sa séance de tirs au but ! Et s'adjuge la médaille de bronze à Kampala, où les Lions affrontaient les Soudanais vendredi. Le onze de Souleymane Diallo a fait preuve de patience pour revenir au score. Une consolation pour une équipe qui remporte le prix du fair-play du tournoi ? À lire aussiCHAN 2025 : le Maroc s'impose face à Madagascar (3-2) et remporte son troisième titre Premier League : Szoboszlai délivre Anfield ! Le coup de patte du milieu hongrois face à Arsenal permet aux Reds de remporter un match verrouillé par les deux équipes et de compter trois points d'avance sur les Gunners au classement. Fin du feuilleton Isak ! L'avant-centre arrive sur les bords de la Mersey pour une somme record ! Newcastle s'offre le buteur allemand Nick Woltemade. Chelsea, West Ham, Sunderland et Manchester United vainqueurs. Les Red Devils s'imposent dans les arrêts de jeu face à Burnley ! La mauvaise passe des Cityzens, battus à Brighton ! Et pourtant, le serial buteur Haaland avait ouvert la marque. Rodri, lui, était titulaire pour la première fois depuis un an. Mais les Seagulls ont eu le dernier mot, après le vétéran Milner, Gruda, autre remplaçant, a scellé la victoire. Déjà deux revers en trois matches pour les Skyblues. À lire aussiFootball : Liverpool arrache la victoire contre Arsenal dans un choc terne (1-0) Ligue 1 : l'OL remporte le duel des olympiques dans son stade Les Phocéens ont pourtant bien résisté à 10 contre 11 avant le CSC fatidique du capitaine Balerdi. Les Gones de Paulo Fonseca sur une bonne dynamique, malgré les départs, dont celui de Mikautadze. Le Géorgien est venu saluer le public avant de partir pour Villarreal. Marseille tâtonne toujours, des renforts attendus alors que le mercato se termine ce soir ? 9 sur 9 pour l'OL comme pour le PSG. Trois buts des Parisiens en un quart d'heure à Toulouse, match prolifique conclu 6-3, avec un Joao Neves majuscule auteur d'un triplé. À lire aussiLigue 1 : l'Olympique Lyonnais, en supériorité numérique, s'impose sur le fil contre Marseille Avec Hugo Moissonnier : Philippe Doucet, Éric Rabesandratana et Salim Baungally Technique/réalisation : Laurent Salerno – Pierre Guérin
Au programme de Radio foot internationale, ce lundi : le sacre du Maroc au CHAN 2025, Liverpool prend la tête du championnat anglais et l'Olympique Lyonnais s'impose sur le fil contre Marseille en Ligue 1 ! CHAN 2025, le sacre du Maroc à Nairobi (3-2) aux dépens des Malgaches Mais les Barea n'ont pas rendu la tâche facile aux Lions de l'Atlas. La Grande Île a néanmoins fêté ses médaillés d'argent. Une défaite aux allures de victoire ? Troisième sacre et record de titres pour les Rouge et Vert d'Oussama Lamlioui, qui termine meilleur buteur de cette édition. Le Sénégal remporte sa séance de tirs au but ! Et s'adjuge la médaille de bronze à Kampala, où les Lions affrontaient les Soudanais vendredi. Le onze de Souleymane Diallo a fait preuve de patience pour revenir au score. Une consolation pour une équipe qui remporte le prix du fair-play du tournoi ? À lire aussiCHAN 2025 : le Maroc s'impose face à Madagascar (3-2) et remporte son troisième titre Premier League : Szoboszlai délivre Anfield ! Le coup de patte du milieu hongrois face à Arsenal permet aux Reds de remporter un match verrouillé par les deux équipes et de compter trois points d'avance sur les Gunners au classement. Fin du feuilleton Isak ! L'avant-centre arrive sur les bords de la Mersey pour une somme record ! Newcastle s'offre le buteur allemand Nick Woltemade. Chelsea, West Ham, Sunderland et Manchester United vainqueurs. Les Red Devils s'imposent dans les arrêts de jeu face à Burnley ! La mauvaise passe des Cityzens, battus à Brighton ! Et pourtant, le serial buteur Haaland avait ouvert la marque. Rodri, lui, était titulaire pour la première fois depuis un an. Mais les Seagulls ont eu le dernier mot, après le vétéran Milner, Gruda, autre remplaçant, a scellé la victoire. Déjà deux revers en trois matches pour les Skyblues. À lire aussiFootball : Liverpool arrache la victoire contre Arsenal dans un choc terne (1-0) Ligue 1 : l'OL remporte le duel des olympiques dans son stade Les Phocéens ont pourtant bien résisté à 10 contre 11 avant le CSC fatidique du capitaine Balerdi. Les Gones de Paulo Fonseca sur une bonne dynamique, malgré les départs, dont celui de Mikautadze. Le Géorgien est venu saluer le public avant de partir pour Villarreal. Marseille tâtonne toujours, des renforts attendus alors que le mercato se termine ce soir ? 9 sur 9 pour l'OL comme pour le PSG. Trois buts des Parisiens en un quart d'heure à Toulouse, match prolifique conclu 6-3, avec un Joao Neves majuscule auteur d'un triplé. À lire aussiLigue 1 : l'Olympique Lyonnais, en supériorité numérique, s'impose sur le fil contre Marseille Avec Hugo Moissonnier : Philippe Doucet, Éric Rabesandratana et Salim Baungally Technique/réalisation : Laurent Salerno – Pierre Guérin
Une nouvelle vague du cinéma soudanais a émergé depuis 2019, portant les fruits de ce qui a été amorcé en 2010 comme un renouveau du mouvement cinématographique au Soudan. Quelques films remarquables ont précédé et accompagné la chute du régime d'Omar el-Béchir. La révolution artistique était déjà en marche. Parler des arbres, le documentaire de Suhaib Gasmelbari a été tourné d'une manière indépendante et sans autorisation préalable du pouvoir en place. Ce pouvoir avait fermé les salles de cinéma pour plaire aux islamistes. Il a exclu toute aide à la production. Pourtant, le jeune cinéma a pointé son nez et a fait sa sortie au grand jour, en même temps que le Hirak, le mouvement de la population dans les rues de Khartoum. En février 2019, le premier film de Suhaib Gasmelbari, Parler des arbres, est récompensé du prix du meilleur documentaire à la Berlinale. Son réalisateur accompagne avec tact quatre cinéastes soudanais de l'ancienne génération, qui essaient de projeter des films à travers le pays malgré l'interdiction imposée par le pouvoir. Et cette génération ne cesse de récolter des prix et annonce ainsi la naissance d'une nouvelle ère du cinéma soudanais. La même année, Tu mourras à 20 ans, d'Amjad Abou Alla, un premier film également, poétique et puissant, est projeté à la Mostra de Venise. Il sera très bien accueilli par les critiques. Depuis, une série de films marquants se fraient une place sur la scène internationale. Goodbye Julia de Mohamed Kordofani est l'exemple le plus parlant. Il a été projeté au Festival de Cannes en 2023 dans la compétition « Un certain regard ». Il a eu le prix de la mise en scène, ainsi que le prix parallèle de la liberté, avant de récolter au total 62 prix. Il raconte la déchirure du Soudan, à travers l'histoire de deux femmes au moment de la séparation du Soudan du Sud : « Le Soudan est un pays qui a toujours été intellectuellement fermé. Il a été toujours présent dans les bulletins d'informations avec des images d'atrocités et de destruction. Depuis notre indépendance, on passe d'une guerre à l'autre… Je pense que l'une des raisons du succès de mon film, est le fait qu'il soit mondialement apprécié, c'est parce que je montre le quotidien et la vie du citoyen. Cela donne au spectateur un accès au côté humain d'un Soudanais et permet de comprendre les dynamiques qui conditionnent ses relations avec les autres ». Les femmes ont fait leur entrée massivement dans le domaine. Elles expérimentent à leur tour cette liberté acquise. Sara Suliman, explore dans son documentaire Corps héroïques (2022), un thème jadis tabou : « Dans Corps héroïques, nous évoquons les corps et les mouvements du corps dans le mouvement féministe soudanais. Il était très important pour moi d'utiliser le mot corps dans le titre. C'est un mot sur lequel il y a beaucoup d'objection. Lors des entretiens pour le film, j'ai senti que les invitées de l'ancienne génération ont été un peu gênées de l'employer. Elles avaient des réserves, avec toujours ce sentiment que le corps implique un seul sens, celui de la sexualité. Il était donc très important de mettre fin à ses réserves et de changer toutes les choses négatives liées à ce mot. Il est très important de libérer les mots avant de libérer le corps ». Le conflit soudanais de 2023, a contraint cependant de nombreux cinéastes à s'exiler. Sara Suleiman vit actuellement à Londres. Mohamed Kordofani est à Bahrein, où il finalise l'écriture de son second film. Quant à Amjad Abou Alla, qui l'a produit, il est au Caire et travaille également sur deux nouveaux films. L'un d'eux se passe à Khartoum et se déroule sur une seule journée. Le nouveau cinéma soudanais est un cinéma d'espoir. L'espoir est son dénominateur commun. Au-delà des films, l'espoir est la devise la plus chère au peuple soudanais. À lire aussiL'émergence d'un cinéma soudanais depuis la Révolution [1/2]
Dans Radio Foot internationale 16h10-21h10 T.U. au sommaire : la rentrée des classes des Merengues, la disparition à 39 ans de Razak Omotoyossi et destination quarts de finale pour le CHAN. - La rentrée des classes des Merengues. Un mois et demi après la ½ finale perdue au Mondial des clubs, le Real Madrid reprenait le chemin de la Liga et affrontait Osasuna. Penalty transformé par Mbappé, 80 % de possession, mais une Casa Blanca confrontée au bloc bas des Rijillos. Victoire 1-0, trois premiers points pour Xabi Alonso qui n'a pas (encore) trouvé les solutions collectives. Bien défendre, être efficace devant, à quoi s'attendre pour ce Real 2025-2026 ? Mbappé avec les Blancos, Yamal avec les Blaugranas, leur maillot frappé d'un n°10 légendaire ! - La disparition à 39 ans de Razak Omotoyossi. L'ancien attaquant vedette du Bénin traversait une période particulièrement éprouvante. Début juillet, le natif de Lagos avait pourtant lancé un appel à l'aide via une vidéo postée sur les réseaux sociaux après l'incendie de sa maison. Les anciens Écureuils évoquent un bon coéquipier, la disparition d'« Omogoal » suscite une vague d'émotion. Une pathétique histoire de héros du ballon rond passé brutalement de la lumière à l'ombre ? - Destination quarts de finale pour le CHAN. Le tableau est désormais connu, après le dénouement dans le groupe D. Match sans buts à Zanzibar entre Soudanais et Sénégalais, les 6 autres formations qualifiées. Les tenants du titre se frotteront aux Ougandais qui évolueront à domicile. Le 1er match opposera vendredi le Kenya, l'un des trois pays hôtes, aux surprenants Barea du coach Romuald Rakotondrabe. Musique : Little Simz & Obongjayar - Lion Pour débattre avec Annie Gasnier : Manu Terradillos, Yoro Mangara et Patrick Juillard. Technique/réalisation Laurent Salerno - David Fintzel/Pierre Guérin.
Dans Radio Foot internationale 16h10-21h10 T.U. au sommaire : la rentrée des classes des Merengues, la disparition à 39 ans de Razak Omotoyossi et destination quarts de finale pour le CHAN. - La rentrée des classes des Merengues. Un mois et demi après la ½ finale perdue au Mondial des clubs, le Real Madrid reprenait le chemin de la Liga et affrontait Osasuna. Penalty transformé par Mbappé, 80 % de possession, mais une Casa Blanca confrontée au bloc bas des Rijillos. Victoire 1-0, trois premiers points pour Xabi Alonso qui n'a pas (encore) trouvé les solutions collectives. Bien défendre, être efficace devant, à quoi s'attendre pour ce Real 2025-2026 ? Mbappé avec les Blancos, Yamal avec les Blaugranas, leur maillot frappé d'un n°10 légendaire ! - La disparition à 39 ans de Razak Omotoyossi. L'ancien attaquant vedette du Bénin traversait une période particulièrement éprouvante. Début juillet, le natif de Lagos avait pourtant lancé un appel à l'aide via une vidéo postée sur les réseaux sociaux après l'incendie de sa maison. Les anciens Écureuils évoquent un bon coéquipier, la disparition d'« Omogoal » suscite une vague d'émotion. Une pathétique histoire de héros du ballon rond passé brutalement de la lumière à l'ombre ? - Destination quarts de finale pour le CHAN. Le tableau est désormais connu, après le dénouement dans le groupe D. Match sans buts à Zanzibar entre Soudanais et Sénégalais, les 6 autres formations qualifiées. Les tenants du titre se frotteront aux Ougandais qui évolueront à domicile. Le 1er match opposera vendredi le Kenya, l'un des trois pays hôtes, aux surprenants Barea du coach Romuald Rakotondrabe. Musique : Little Simz & Obongjayar - Lion Pour débattre avec Annie Gasnier : Manu Terradillos, Yoro Mangara et Patrick Juillard. Technique/réalisation Laurent Salerno - David Fintzel/Pierre Guérin.
La production du cinéma dans les pays africains était intimement liée au mouvement de libération de ces peuples. Les films produits depuis cette époque ont, selon les spécialistes, participé à changer l'image mentale que les autres peuples avaient de l'Afrique, mais alors que des réalisateurs comme le Sénégalais Ousmane Sembène et ses collègues conduisaient cette voie du cinéma puisant dans le réel de leur pays, le cinéma au Soudan est resté enfermé dans le cadre de la production officielle de l'État. C'est pour cela que la production du cinéma a été très limitée et son influence minime. Aujourd'hui, une nouvelle génération de cinéastes a pris le relai et tente tant bien que mal de parler, de réveiller un art qui s'endormait. À lire aussi«Talking about trees», ou les fantômes du cinéma soudanais À lire aussiFipadoc: «Soudan, souviens-toi», une jeunesse en lutte, documentée par Hind Meddeb
durée : 00:05:52 - La Revue de presse internationale - par : Juliette Micheneau - D'après l'ONU, la famine menace plus de 20 millions de Soudanais, conséquence directe du conflit entre les rebelles des Forces de soutien rapide et l'armée soudanaise. La presse internationale se fait l'écho de populations déplacées, attaquées, affamées.
L'Unesco s'est alarmée à plusieurs reprises d'un « niveau sans précédent » des « menaces sur la culture » au Soudan, s'appuyant sur les rapports de « pillages de musées, de sites patrimoniaux et archéologiques et de collections privées ». On en parle avec notre grande invitée Afrique ce samedi : Ikhlas Abdel Latif, directrice des musées à l'Autorité nationale des antiquités du Soudan, présente à Paris fin juin, pour participer à une réunion sur les vestiges historiques pillés ou menacés dans certains pays comme le Soudan, le Yémen ou la Libye. Ikhlas Abdel Latif affirme que tous les musées nationaux et privés dans les zones contrôlées par les paramilitaires des Forces de soutien rapide ont été pillés. Selon elle, il s'agit d'un « pillage organisé ». RFI : Pourriez-vous nous mettre au courant de la destruction qui a touché le secteur des musées et du patrimoine au Soudan ? Ikhlas Abdel Latif : Il est certain que les infractions, la destruction et le pillage qui ont affecté les sites archéologiques et historiques tout comme les musées ont été une pratique répandue à grande échelle. À Khartoum il y a 13 musées qui dépendent de l'Autorité générale des antiquités et des musées du Soudan. Mais il y a d'autres musées, comme le Musée militaire, le Musée du Palais présidentiel, le Musée d'Histoire naturelle… Ils sont rattachés à nous, car nous avons une responsabilité technique et artistique sur tout le secteur des musées au Soudan. L'Autorité générale pour les antiquités et les musées est officiellement responsable de tous les musées au Soudan. Et donc, tous ces musées à Khartoum ont été vandalisés ? Tous les musées qui ont été sous contrôle de la milice des Forces de soutien rapide ont été pillés, y compris celui d'histoire naturelle, qui abritait des animaux rares vivants. Il a été détruit. Ce qui a entrainé la mort de ces animaux. De même pour le musée de la Guerre où une grande partie des chars historiques a été détruite. Celui du Palais républicain a également été dévasté. Tous ces musées sont situés dans la région de Khartoum. Parmi les musées affiliés officiellement à l'Autorité générale des antiquités et des musées, il y a celui de l'Ethnographie, qui représentait les tribus et l'identité du Soudan dans sa diversité, tout en mettant en valeur l'unité à travers cette diversité. Il a été entièrement ravagé. Quant au Musée du Khalife Abdulah al-Taachi d'Omdurman, qui retrace une partie de la colonisation ottomane, et jusqu'à la libération, il a été partiellement détruit. Le musée national de Khartoum n'a pas non plus échappé à ce sort, des trésors inestimables, 100 000 pièces ont disparu ? Le Musée national soudanais à Khartoum est le plus grand du pays et l'un des plus importants. Il a été totalement pillé et vandalisé. Il abrite le plus grand entrepôt d'antiquités soudanaises. Le contenu du musée ainsi que l'entrepôt ont été pillés. Les objets n'étaient pas en exposition, mais emballés et disposés dans des caisses en raison des travaux en cours avant la guerre pour réhabiliter le lieu. Ce qui a facilité le pillage des pièces habituellement exposées. Quant au dépôt, il s'agit du plus grand des antiquités du Soudan. Malheureusement, les salles de stockage, également pillées, contenaient la plus grande quantité d'or du Royaume de Koshe. Tout cet or a été volé. Parmi les musées les plus importants également touchés, il y a celui de Nyala, au Darfour, le plus important de la région ? À Khartoum et sa région, nous avons des équipes qui travaillent à évaluer les pertes, mais en ce qui concerne les musées de Nyala et d'el-Geneina, ils sont toujours sous contrôle de la milice des FSR, tout ce que l'on sait, c'est que toutes les pièces du patrimoine qui se trouvaient à el-Geneina, ainsi qu'au musée privé du Sultan Bahr Eddine appartenant à la tribu Massalit, une tribu menacée par la milice, ont été entièrement pillées. Leur propre résidence l'a été également et les effets personnels de la famille du Sultan Bahr Eddine ont été emportés. Le musée de Nyala est considéré comme un musée national à l'échelle de la région du Darfour. Même les vitrines d'exposition ont été pillées et la milice y réside toujours. Il y a encore des musées que les Forces de soutien rapide utilisent comme résidence pour leurs hommes armés, ce qui expose les lieux et leur contenu à des dommages irréparables ? Oui, en effet, c'est bien ce que j'ai mentionné, le musée de Nyala est considéré comme leur siège. Le musée est au Darfour qui n'est pas encore libéré de leur présence. Les FSR sont une milice primitive qui ne comprend rien à la valeur de ces vestiges, à l'archéologie et à l'histoire. Alors oui, ils volent ces antiquités de manière systématique et étudiée : seules les antiquités distinctives et de très grande valeur ont été volées. Qui voulez-vous accuser ? Ceux qui financent les FSR et qui sont derrière eux. Je n'en dirai pas plus. Vous avez formé un comité pour récupérer et suivre les vestiges pillés ? J'ai formé ce comité en tant que présidente de la direction des musées, et la présidente de l'unité de suivi des vestiges pillés. Il y a un directeur sur le terrain à Khartoum. Ce comité s'occupe de tous les musées libérés dans la zone de Khartoum, et travaille sur l'évaluation des dommages. Il dresse l'inventaire de ce qui a été pillé et de ce qui reste. En même temps, il s'occupe aussi de la protection de ce qui reste. Espérez-vous récupérer ces objets pillés ? Nous y travaillons d'arrache-pied. Nous faisons tout notre possible. Depuis août 2023, nous avons pris rapidement des mesures pour surveiller ce qui se passe. L'Autorité générale des antiquités et des musées travaille main dans la main avec le gouvernement comme avec le procureur général, l'antenne locale d'Interpol, la police, la justice et le ministère des Affaires étrangères. Nous œuvrons tous à ce que la communauté internationale sache ce qui se passe à ce niveau. Nos partenaires à l'étranger ont proposé effectivement leur aide. Ils ont tous manifesté leur intérêt à l'échelle mondiale. Est-il vrai que l'on trouve ces vestiges en vente en ligne sur certains sites ? Je tiens à préciser que nos antiquités, jusqu'à maintenant n'ont pas fait leur apparition en ligne ou dans les maisons de ventes aux enchères. Ce qui indique le contrôle du gouvernement du Soudan, sur l'acheminement de ces objets volés. Nous considérons que c'est un pillage en règle pour détruire l'identité du Soudan. Ces vestiges ne sont pas uniquement un héritage soudanais, mais c'est aussi un legs international et humain. Le Soudan regorge de pièces qui portent non seulement l'histoire de la civilisation au Soudan, mais qui font également partie de l'héritage de l'humanité. Ces vestiges sont notre héritage et montrent notre union, nos liens et notre identité. Au Soudan nous avons plus de sept pays voisins, c'est l'un des plus grands pays d'Afrique et il faut savoir que la multiplicité des tribus chez nous fait partie d'un seul moule, celui de notre civilisation ancienne, la civilisation Koushite qui nous lie tous. Il s'agit donc d'une guerre systématique contre l'identité du peuple soudanais. Y a-t-il un mot pour conclure ? Oui, j'aimerais juste lancer un appel à la communauté internationale. Tous nos partenaires mondiaux sont à nos côtés, mais je réitère mon appel à cette communauté, aux Nations unies, à l'Unesco, pour qu'ils rappellent une nouvelle fois l'interdiction de faire commerce de toute œuvre du patrimoine historique du peuple soudanais. Et de multiplier la lutte contre le trafic illicite de ces vestiges.
Dans le supplément de ce samedi, deux reportages consacrés à la guerre qui sévit depuis trois ans au Soudan. En deuxième partie, nous sommes dans l'est du Tchad, des centaines de milliers de Soudanais s'y sont réfugiés depuis le début du conflit. Mais pour commencer, c'est bien au Soudan en guerre que l'on retrouve notre envoyée spéciale. À Khartoum : la guerre et le chaosAu Soudan, la guerre est entrée dans sa troisième année. Trois ans que s'affrontent l'armée du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide, des paramilitaires dirigés par le général Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Aujourd'hui, le Soudan est divisé en deux : l'armée domine le nord et l'est, tandis que le sud-ouest, avec notamment l'immense région du Darfour, est aux mains des FSR. La guerre au Soudan est considérée par l'ONU comme la plus grave crise humanitaire du moment. 13 millions de Soudanais ont fui les conflits. Aujourd'hui, certains tentent de rentrer chez eux, mais ne trouvent que désolation.Un Grand reportage de Gaëlle Laleix qui s'entretient avec François Ballarin.Survivre dans les camps de réfugiés soudanais de l'est tchadienNous partons pour l'est du Tchad, terre d'accueil de centaines de milliers de réfugiés soudanais. Ils ont fui cette guerre interne qui fait rage depuis le 15 avril 2023 au Soudan. À cette date, les Forces de soutien rapide (FSR) menées par le général « Hemedti » se soulèvent contre l'armée régulière soudanaise du général al-Buhran. Les FSR, majoritairement composées de milices arabes janjawid, la garde prétorienne de l'ex-président Omar el-Béchir, déchaînent leur violence au Darfour où elles sont actives depuis plusieurs décennies. 775 000 Soudanais ont fui vers le Tchad voisin : en grande majorité des femmes et des enfants Masalit, une communauté non arabe du Darfour.Un Grand reportage de Victor Mauriat qui s'entretient avec François Ballarin.
Au Soudan, la guerre est entrée dans sa troisième année. Trois ans que s'affrontent l'armée du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide, des paramilitaires dirigés par le général Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Aujourd'hui, le Soudan est divisé en deux : l'armée domine le nord et l'est, tandis que le sud-ouest, avec notamment l'immense région du Darfour, est aux mains des FSR. La guerre au Soudan est considérée par l'ONU comme la plus grave crise humanitaire du moment. 13 millions de Soudanais ont fui les conflits. Aujourd'hui, certains tentent de rentrer chez eux, mais ne trouvent que désolation. « À Khartoum : la guerre et le chaos », un grand reportage de Gaëlle Laleix.