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durée : 00:29:48 - L'Entretien archéologique - par : Antoine Beauchamp - Longtemps négligées lors des fouilles en vallée du Nil, les pratiques vestimentaires sont au centre du projet de recherche "Fashioning Sudan". A l'aide de fragments textiles retrouvés en contexte funéraire, la diversité de la garde-robe de la Nubie et du Soudan se découvre, au fil et à mesure. - réalisation : Eve Etienne, Bruno Sensini, Olivier Bétard - invités : Elsa Yvanez Professeure associée en archéologie du textile et directrice du Centre pour la recherche textile à l'université de Copenhague Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Au Soudan du Sud, la ville de Lankien a été complètement détruite lors du conflit qui sévit depuis janvier dans l'État du Jonglei, dans l'est du pays. Ce conflit oppose les Forces armées sud-soudanaises du président Salva Kiir et les forces de l'opposant Riek Machar. Les 20 000 habitants de Lankien ont fui et ont survécu tant bien que mal dans les forêts marécageuses avant de commencer à revenir, au mois d'avril, quand la situation s'est un peu stabilisée. Mais ils sont revenus dans une ville-fantôme, sans aucun service de base. De notre envoyée spéciale de retour de Lankien, Jacob Dak, la trentaine, se remémore ce à quoi ressemblait Lankien avant que la ville ne soit complètement détruite par une invasion de l'armée gouvernementale du Soudan du Sud début février. « Voilà, nous entrons dans le marché principal et à droite, vous pouvez voir le centre pour la jeunesse, où les jeunes font normalement des activités pendant la journée… », montre-t-il. Tout ce qu'il reste aujourd'hui du marché n'est que dévastation : amas de tôle ondulée carbonisée, murs en terre à moitié effondrés. « Lankien était une belle ville, mais maintenant, vous voyez bien, tout a disparu, poursuit le trentenaire. Il n'y a pas de magasins, pas de clinique, pas d'eau. Tout a été détruit. Il n'y a rien dans ce marché de Lankien qui puisse aider la communauté » Et pourtant, poussés par la faim et les conditions extrêmes de survie dans les forêts marécageuses, les habitants de Lankien reviennent, espérant que le conflit ne va pas reprendre. Au milieu des ruines du marché, on distingue deux ou trois groupes d'hommes en train d'ériger des structures en bois. « J'ai perdu tout ce que je possédais dans le conflit. Mon magasin a été détruit et pillé, témoigne parmi eux Hoth Majok, 28 ans, un commerçant de Lankien. Même ma maison a été pillée puis brûlée. En plus, j'ai perdu tout l'argent liquide que j'avais économisé, il m'a été volé lors de l'attaque. Maintenant, je reconstruis mon magasin avec mes frères. Nous allons reconstruire le marché. Car lorsque les denrées seront à nouveau acheminées et proposées à la vente, encore plus d'habitants vont revenir, j'en suis persuadé. » À lire aussiSoudan du Sud: les États-Unis imposent des restrictions de visa aux dirigeants qui ont «compromis la paix» Un risque de famine Hoth espère aussi le retour des ONG. Mais la fermeture définitive de l'hôpital MSF annoncée début mai – il avait été bombardé, pillé et complètement saccagé début février, lors de l'invasion de la ville par les forces gouvernementales – et le manque de nourriture, malgré la reprise des distributions du Programme alimentaire mondial, ne font que perpétuer la souffrance des habitants. Après avoir fui Lankien, Nyanchiow Mabil, une femme de 35 ans, s'est réfugiée à Nyatim, un camp de déplacés improvisé situé à une vingtaine de kilomètres de la ville, bloqué de tout accès humanitaire par les autorités de Juba. « À Nyatim, nous avons beaucoup souffert, dénonce-t-elle. Nous n'avions que des feuilles, des nénuphars et des fruits sauvages à manger. Beaucoup de gens sont morts de faim. Ceux qui ont détruit notre ville, notre hôpital, notre marché, qui ont même cassé notre puits, ne doivent jamais revenir. C'est à cause d'eux que nous sommes dans cette situation atroce. Voilà ce que nous voulons, nous les femmes et les mères de Lankien : qu'ils nous laissent tranquilles. » Fin avril, l'ONU a fait part d'un risque de famine dans les zones les plus touchées par le conflit. Le blocage de l'assistance humanitaire a été en partie levé par les autorités de Juba. À lire aussiSoudan du Sud: l'hôpital de MSF de Lankien, ouvert dans les années 1990, a été quasiment détruit [1/2]
Au Soudan du Sud, le conflit dans le nord de l'État du Jonglei a fait plus de 300 000 déplacés depuis début 2026. Ce conflit oppose les signataires de l'accord de paix de 2018, c'est-à-dire les forces du président Salva Kiir et celles de Riek Machar, vice-président aujourd'hui détenu et en procès à Juba. RFI a pu se rendre à Lankien, à 400 kilomètres au nord-est de la capitale. Cette ville du Nord a été complètement ravagée par le conflit, et l'hôpital de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui existait là-bas depuis plus de 30 ans, n'a pas été épargné. Cette structure, vitale pour 250 000 personnes, a été entièrement détruite en février 2026. Une équipe de MSF est retournée sur le site de l'hôpital pour la première fois, en avril. Notre correspondante l'a accompagnée. « Comment dire... C'est une destruction généralisée », lâche Ben Greenacre, chargé des affaires humanitaires pour Médecins sans frontières au Soudan du Sud. Avec quatre collègues, il découvre avec stupéfaction l'étendue des dégâts à l'hôpital MSF de Lankien, dans le Jonglei : « Le matériel médical a été réduit en détritus. Toutes sortes de matériaux ont été jetés par terre. C'est clairement le résultat du pillage de l'hôpital. » Évacué le 3 février 2026, l'hôpital a été bombardé le soir-même par l'aviation sud-soudanaise. Il a été complètement saccagé, après que l'armée gouvernementale a pris la ville de Lankien, jusque-là bastion de l'opposition : « Nous sommes au Soudan du Sud depuis plus de 40 ans, et ici, à Lankien, depuis 33 ans. Des générations entières sont nées, ont été soignées et ont travaillé à l'hôpital MSF. Aujourd'hui, la destruction est quasi-totale. » Déambulant d'un pavillon à l'autre, l'équipe observe que tous les lits, tous les meubles de l'hôpital ont disparu. Tout ce qui ne pouvait pas être volé a été cassé, brûlé, jeté dehors. Des milliers de documents et de registres tapissent le sol des allées extérieures. Un employé local de MSF, présent le jour du bombardement, témoigne de façon anonyme : « Nous avions 48 patients, dont 26 soignés pour des blessures par balle. Nous les avons tous fait sortir et avons fermé l'hôpital le 3 février. Et, puis le soir-même, nous avons entendu quand un avion a lâché une bombe sur notre pharmacie. Trois jours plus tard, la ville a été capturée par l'armée gouvernementale et ses milices alliées. » À lire aussiLe Soudan, pays brisé par une guerre sans fin « Il y a un cratère au milieu de l'hôpital » Les 20 000 habitants de Lankien ont fui. C'est dans les jours suivant l'arrivée des troupes gouvernementales que la destruction de l'hôpital et de la ville a eu lieu. Les responsables du pillage n'ont pas été clairement identifiés par MSF, dont les employés ont fui la ville eux aussi. Mais tout indique que ce sont les forces pro-gouvernementales qui ont voulu priver Lankien d'hôpital, comme pour punir la communauté pour son soutien supposé au mouvement de Riek Machar. Yashovardhan, chef de mission MSF, n'en croit pas ses yeux : « Je n'ai jamais rien vu de tel. Il y a un cratère au milieu de l'hôpital à cause du bombardement aérien. Et tout le complexe autour a été saccagé. Vous pouvez voir que cela a été fait de façon intentionnelle, pour que MSF n'ait pas d'autre choix que de fermer cet hôpital. » L'hôpital de Lankien est le quatrième hôpital fermé par MSF au Soudan du Sud depuis la reprise des combats début 2025. À lire aussiSoudan du Sud: l'insécurité humanitaire grandit pour les réfugiés soudanais faute de financement
Un an après sa création, l'Etat d'Israël se dote d'un service de renseignements. Depuis plus de 75 ans, le Mossad mène des opérations spéciales en dehors de ses frontières. De l'arrestation d'Adolf Eichmann, ancien tortionnaire nazi retrouvé en Argentine en 1960, à l'explosion synchronisée de milliers de bipeurs au Liban en septembre 2024, le “gardien” d'Israël a su se forger une solide réputation. Mais l'agence et ses espions suscitent aussi beaucoup de fantasmes. Dans cette série, on vous emmène à la découverte de cet organe bien mystérieux, avec Yvonnick Denoël, historien, spécialiste du renseignement, auteur du livre Les guerres secrètes du Mossad (Nouveau Monde Editions). Episode 2 : L'émigration de juifs menacés, comme au Soudan. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Écriture et présentation : Charlotte Baris Montage et réalisation : Jules Krot Crédits : INA, Israël en Belgique Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy Cambour Pour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Voilà trois ans jour pour jour que les Soudanais sont pris dans une guerre civile d'une violence extrême. Depuis le 15 avril 2023, des dizaines de milliers de personnes sont mortes et 11 millions ont été déplacées. Selon l'ONU, cette guerre civile est maintenant à l'origine de la plus grande crise humanitaire du monde.Après ces trois ans de guerre, Libération vous aide à comprendre cette crise. Nous recevons notre journaliste spécialiste du conflit, Célian Macé, qui s'est rendu au Soudan il y a quelques semaines. Lors de cet entretien, il vous racontera les ravages de la guerre civile et l'ampleur du désastre humanitaire. Il reviendra sur ce qu'il a vu dans la capitale, Khartoum, libérée depuis un an, et expliquera quelles sont les perspectives de résolution de ce conflit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Plus de 1,3 million de Soudanais sont réfugiés au Tchad et, parmi eux, 920 000 sont arrivés depuis le début de la guerre au Soudan en 2023. Dans l'est du Tchad, une personne sur trois est réfugiée. À une vingtaine de kilomètres de la ville d'Abéché se trouve le site informel d'Abougoudam. Créé par le HCR en décembre 2023, quelques mois après le début de la guerre, ce site est particulier : il abrite des profils dits « sensibles ». De notre envoyée spéciale de retour d'Abougoudam, Une cinquantaine de tentes blanches s'alignent sous un soleil de plomb, à quelques minutes de route du centre-ville d'Abougoudam. Officiellement, c'est un site « informel ». Officieusement, c'est une zone tampon créée par le HCR. Ici, on a regroupé des profils dits « sensibles » : des Arabes soudanais. Au Soudan, leur ethnie est associée aux paramilitaires FSR, accusés de massacres à caractère ethnique contre les populations « non-arabes », principalement Masalit et Zaghawa. Alors, pour éviter que la guerre civile ne s'exporte dans les camps du Tchad, le HCR a choisi de les isoler. Abderrahman Adalil Al Moubakkar a perdu l'usage de ses jambes pendant la guerre. Il vit ici depuis deux ans. Pour lui, être Arabe au Soudan, c'était être une cible de l'armée régulière soudanaise. « Nous, les Arabes du Darfour, on était systématiquement associés au FSR. On avait beau dire que ce n'était pas le cas, l'armée nous disait : "Vous êtes FSR." », témoigne-t-il. À lire aussi«Ce n'est pas encore le bon moment»: le difficile retour des Soudanais réfugiés en Égypte Un piège humanitaire Mais cet isolement sécuritaire est devenu un piège humanitaire. Le camp compte moins de 1 000 personnes. Trop peu pour les standards du Programme alimentaire mondial, qui n'enclenche ses distributions qu'à partir de 5 000 bénéficiaires. Résultat : les assiettes sont vides. Et par manque de financements, les derniers versements de cash du HCR remontent à décembre 2025. « Ils nous ont installés ici et nous ont abandonnés, dénonce Afaf Aboubaker Yahya. Cette mère de neuf enfants ne cache plus sa colère. On se plaint auprès du préfet mais rien n'y fait et les ONG ne viennent pas ici ou très rarement. Ce sont de généreux donateurs qui nous aident. La dernière fois, c'était pendant le ramadan. On a eu de l'huile, du sucre, du riz… mais rien depuis. Et ici il n'y a pas du tout de travail. » Pour les plus jeunes, le désespoir prend la forme d'une route longue de plusieurs milliers de kilomètres. Le fils aîné d'Afaf a 25 ans, il refuse de donner son nom, mais il est transparent sur son envie de rejoindre l'Europe. « Nous sommes détruits par ce conflit entre groupes armés, confie-t-il. J'étais étudiant avant, mais quel est mon avenir maintenant que je suis ici ? Au Soudan non plus je n'ai pas d'avenir. Mon avenir n'est pas ici. Il est en Europe, en Espagne ou en France. C'est ma seule issue. Mon seul objectif est de rejoindre le circuit pour partir en Espagne. » Une quête désespérée que toute la famille soutient. Afaf, son mari et les huit autres enfants économisent chaque centime pour financer le voyage clandestin de l'aîné. À lire aussi«Dans ces moments-là, mourir est une délivrance»: le récit d'Ali, survivant de la guerre au Soudan
Trois ans de guerre au Soudan, depuis le 15 avril 2023. Trois ans de violences, de bombardements, de déplacements forcés sur le sol soudanais avant d'arriver, pour certains, à se réfugier au Tchad. La vie d'Ali Abbakar Zakaria retrace parfaitement l'évolution et la propagation des combats depuis 2023. Quitter El-Fasher pour s'installer dans une école à quelques kilomètres de là, puis retourner vers sa ville d'origine pour se soigner... et finalement fuir vers Tawila, avant de réussir à rejoindre le Tchad. Portrait d'un blessé de guerre par Nadia Ben Mahfoudh De notre correspondante, Dans la poussière du camp d'Adré, le tempo est donné par le bruit métallique du déambulateur sur le sol sec. Le rythme est lent et saccadé. C'est celui d'Ali Abbakar Zakaria, blessé de guerre : « Je viens voir ma mère tous les matins et tous les après-midi. Je m'assure qu'elle va bien, qu'elle ne manque de rien, puis je rentre chez moi. » Chez lui, Ali essaye de se rendre utile : « Je suis en train de recoudre ce tapis, celui sur lequel nous dormons. Je m'occupe comme je peux car ici, je n'ai pas de travail. » La vie de ce père de famille a basculé le jour où il a perdu sa jambe. Un drone a frappé l'école où il s'était réfugié avec les siens, dans un village à quelques kilomètres d'El-Fasher au Soudan : « On pensait être en sécurité dans cette école. On avait même un bout de terre à cultiver. Mais avant la première récolte, le drone a frappé. Ils ont survolé nos têtes deux fois pour repérer les lieux. Ce n'est qu'au troisième passage qu'ils ont tiré. Ils ont des caméras, ils savaient exactement qui était là. Dans ma propre famille, il y a eu huit morts. Ma femme et quatre de mes enfants ont été tués sur le coup. Moi, j'ai perdu une jambe. Ma fille a perdu un bras, une autre a la jambe déchiquetée et mon fils est touché au dos. » À lire aussiAu Tchad, une association de réfugiées soudanaises pour surmonter les traumatismes de la guerre « Huit de ma famille sont morts sous mes yeux » La mère d'Ali n'arrive pas à oublier. Fatna Abdoua Mohamad confie : « Huit de ma famille sont morts sous mes yeux, je les ai vus de mes propres yeux. Et puis, neuf personnes ont disparu. Morts ou vivants ? On ne sait pas. » Ali et ses trois enfants blessés sont évacués une première fois dans le camp de Zamzam. Faute de soins, ils sont ramenés sous les bombes, à l'hôpital saoudien d'El-Fasher. S'ensuivent trois mois d'enfer et deux amputations, sous un déluge de bombardements : « Même à l'hôpital, les drones frappaient régulièrement. On nous déplaçait d'une aile à l'autre pour fuir les impacts. Des gens venaient pour être soignés et mouraient dans leur lit à cause des frappes qui ciblaient le bâtiment. C'était l'horreur. Mais le pire, c'était sur la route de l'exil, vers Tawila. Ils prenaient les femmes et les violaient sous nos yeux. C'est pire que la mort. Dans ces moments-là, mourir est une délivrance. » Désormais, Ali et sa famille apprennent à vivre avec les fantômes d'une guerre qui les a marqués à jamais dans leur chair. À lire aussi«Mon père a été tué par les FSR»: au Soudan, se reconstruire malgré les séquelles de la guerre
L'émission 28 minutes du 17/04/2026 Ce vendredi, Renaud Dély décrypte l'actualité en compagnie de nos clubistes : Noémie Halioua, essayiste, membre du comité éditorial de la “Nouvelle Revue Politique”, Pascal Blanchard, historien, Pierre Jacquemain, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire “Politis” ainsi que le dessinateur de presse Pascal Gros. Au programme : départs d'écrivains après un remaniement chez Grasset, revers politiques pour le gouvernement dans le sillage de la présidentielle, Donald Trump et Léon XIV s'invectivent, Donald Trump orchestre une livraison McDonald's et Kanye West reporte son concert à Marseille. Nous recevons l'illustratrice Lucie Morel qui présente sa bande dessinée “Toc Toc”. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 17 avril 2026 Présentation Renaud Dély Production KM, ARTE Radio
durée : 02:30:58 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin, sur France Culture, à 7h40, Guillaume Erner reçoit Claire Hédon, pour parler de l'état de la promesse républicaine d'accès aux droits en France. A 7h17, Clément Deshayes revient sur la guerre toujours en cours au Soudan, et sur les raisons de son enlisement. - réalisation : Félicie Faugère
Cela fait trois ans jour pour jour que le Soudan est plongé dans une guerre civile qui oppose l'armée régulière aux forces paramilitaires. Trois ans de combats, de tueries et d'exil pour près de 13 millions de Soudanais. Ce qui en fait la pire crise humanitaire du monde selon les Nations unies. Et malgré la multiplication d'initiatives régionales, la communauté internationale peine à se mobiliser pour cette guerre oubliée. Édition spéciale du journal de l'Afrique.
C'est une guerre qui s'éternise. Au Soudan, depuis trois ans, les combats entre l'armée régulière du général al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide du général Hemedti ont provoqué une crise humanitaire de grande ampleur et le déplacement de 13 millions de personnes. L'occasion de répondre à vos questions sur l'origine du conflit, le rapport de force sur le terrain, les conséquences régionales, les implications étrangères, les initiatives diplomatiques. Avec Lucie Revilla, chargée de recherche CNRS, attachée à l'Institut des Mondes Africains.
Cela fait trois ans, aujourd'hui, que la guerre au Soudan a démarré. Une guerre pour le pouvoir entre deux camps : celui des SAF, les Forces armées soudanaises dont le commandant est le général al-Burhan et les FSR, les Forces de soutien rapide… Des paramilitaires dirigés par le général Hemedti. Depuis près d'un an la capitale Khartoum a été récupérée par l'armée, mais le conflit s'enlise dans les montagnes du sud du pays. Cette guerre est considérée comme la pire crise humanitaire du monde par les Nations unies. Marie-Hélène Verney est la représente de l'UNHCR au Soudan, l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.
durée : 00:12:02 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - Frappes de drones meurtrières, famine, effondrement des infrastructures : pour l'ONU, la guerre au Soudan est aujourd'hui la pire crise humanitaire au monde. Ni les belligérants, ni leurs soutiens ne semblent prêts à reculer. Pourquoi un tel enlisement ? Qui a intérêt à la poursuite de la guerre ? - réalisation : Félicie Faugère - invités : Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig
Alors que la guerre au Soudan est entrée, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année, nous nous penchons sur l'épreuve traversée par des réfugiés inquiets pour des proches dont ils sont sans nouvelles. C'est le cas d'une famille réfugiée au camp de Gorom, près de Juba, au Soudan du Sud, dont le fils a fui El-Fasher, six jours avant l'entrée dans la ville des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), le 26 octobre 2025. Il n'a plus donné de nouvelles depuis. La mère, les frères et les sœurs du disparu ont fait tout ce qu'ils ont pu pour retrouver sa trace, en vain. De notre correspondante à Gorom, L'appel à la prière du vendredi résonne à travers le camp de Gorom. Hayat Ali Abdulrahman, 54 ans, est arrivée ici en juillet 2025 après un périple de 25 jours depuis El-Fasher, au Darfour. Avec ses filles, elles ont fui la famine et les bombardements quotidiens des FSR au Soudan, laissant leur père et leur frère là-bas, car c'était trop dangereux pour les hommes de se risquer en dehors de la ville : « Je regrette qu'ils soient restés, mais ils ne pouvaient pas partir à ce moment-là. S'ils étaient partis avec nous, les FSR les auraient capturés et emmenés vers des lieux inconnus. C'est pourquoi mon fils a dit : "Attendons un peu, peut-être que la situation va se calmer, puis nous partirons". Mais un mois après, un obus est tombé sur son père, qui est décédé. Mon fils l'a enterré et est resté quelques semaines, puis il est parti. C'était le 20 octobre 2025. Et jusqu'à ce jour, nous ne savons pas où il est. Il est peut-être allé jusqu'à Garni, où il aurait été capturé par les FSR et emmené vers une destination inconnue. Cela fait six mois que nous n'avons aucune nouvelle de lui. » À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan « Nous voulons une rançon » Depuis son exil au Soudan du Sud et avec l'aide de ses proches, la veuve a tenté d'user de contacts au Darfour pour retrouver son fils de 28 ans qui s'appelle Majdi Adam Ibrahim. Selon les informations qu'elle a pu recueillir, il aurait pu être arrêté par les FSR à la sortie d'El-Fasher puis emmené à Nyala, au Darfour du Sud : « Nous essayons d'obtenir des informations. Nous demandons à nos connaissances de vérifier dans les prisons de Nyala, comme celle de Tagris, mais personne ne peut se rendre à Tagris, absolument personne. Les gens cherchent. Nous demandons à tous ceux que nous connaissons d'effectuer des recherches, mais ils ne l'ont pas trouvé. Personne ne peut circuler là-bas, dans les zones contrôlées par les FSR, car si vous y allez pour chercher quelqu'un, ils vous tuent vous aussi. » Le beau-fils de Hayat, Abdellatif, explique qu'en mars, la famille a reçu une demande de rançon : « Un membre des FSR a contacté mon épouse via Messenger et lui a dit : ''Ton frère est avec nous. Il va bien, il est en bonne santé, nous voulons une rançon''. » Mais le membre des FSR demande alors à la famille de payer avant même qu'elle ait pu s'assurer que Majdi est bel et bien en vie. La famille a refusé et exigé de lui parler avant tout envoi d'argent. Depuis, elle n'a plus reçu aucun message, mais espère encore le retrouver vivant. Ecoutez aussi l'édion spéciale SoudanLe Soudan, pays brisé par une guerre sans fin
A la Une de la presse, ce mercredi 15 avril, la conférence sur le Soudan qui se tient aujourd'hui à Berlin à l'occasion du 3ème anniversaire du début du conflit. Le « divorce » entre Giorgia Meloni et Donald Trump, alors qu'émerge un improbable axe Meloni/Sanchez. Le Premier ministre espagnol, qui brille par sa singularité au sein de l'UE. Et la campagne pour un «été du sexe» au Royaume-Uni.
Au Soudan, la guerre entre les forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) entre dans sa quatrième année. Elle a plongé dans la pauvreté la majorité des Soudanais, arraché 11 millions d'entre eux à leurs foyers et répandu la faim. Depuis le début du conflit, en avril 2023, la production d'or déclarée a chuté, au profit des réseaux parallèles d'extraction et d'exportation. Le contrôle des zones minières entre les FAS et les FSR est devenu un élément déterminant du financement de l'effort de guerre. L'analyse de Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l'Institut français de relations internationales (IFRI). À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan
« Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l'on sait de l'être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d'une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d'autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s'écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ». Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu'il a fallu 23 mois à l'armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l'autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c'est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s'étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ». La plus grande crise humanitaire au monde « Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d'après l'ONU, est à l'origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu'il semble loin, le temps où l'espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s'est rapidement délitée. Jusqu'à ce qu'éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ». Complicités internationales… Trois ans de guerre donc et trois ans d'inaction internationale… Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l'échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l'escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l'Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales. « Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l'Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l'Arabie saoudite et l'Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d'États extérieurs alimentent les craintes d'une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l'Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? » Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu'un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs… Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s'interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d'aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »
Le Soudan entre, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année de guerre. Le 15 avril 2023, démarraient à Khartoum, la capitale, les affrontements entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR) des paramilitaires. Il y a environ un an, la capitale a été récupérée par les forces armées soudanaises. La bataille a duré des mois et l'occupation de la ville par les FSR a laissé des stigmates durables. Comme dans le quartier d'Omdum, dans la banlieue est de la capitale De notre correspondante à Khartoum, Au fond d'un dédale de ruelles de sable de Khartoum, la capitale du Soudan, se trouve la petite maison de Maria Hassam Ibrahim, ou plutôt ce qu'il en reste. Durant leur occupation, les FSR ont tout pillé : « J'ai retrouvé cette pièce vide. Ils ont pris la cuisinière, la bonbonne de gaz, le mixeur, le frigo. Il ne restait rien. Dans ma chambre, ils n'ont laissé que le passeport de mon mari et mon diplôme universitaire. » En revanche, les livres n'ont pas bougé. « Ils n'ont rien pris de la bibliothèque. Ils n'ont rien pris parce que ce sont des illettrés », souligne-t-elle. Maria Hassam Ibrahim est rentrée à Khartoum il y a une dizaine de jours. Omdum est l'un des derniers quartiers à avoir été libéré. Les voisins de Maria Hassam Ibrahim, eux, sont restés tout au long du conflit. Leur famille en a payé le prix fort. Hassan, 12 ans, le plus jeune fils, confie : « Les FSR étaient partout. On ne sortait pas de chez nous. Un jour, j'étais dans la cour quand ils ont frappé à la porte. Je suis allé chercher mes parents. Les miliciens cherchaient des femmes et il voulait entrer. Mes parents ont refusé, alors ils leur ont tiré dessus. Mon père a été tué et les FSR sont repartis. » Suha Mustapha, la mère d'Hassan, nous accueille chez elle, comme elle le fait pour chaque voisin qui regagne le quartier. Dans son salon, quelques chaises, quatre lits pour les proches et un peu de vaisselle : « Beaucoup de choses ont été pillées, mais aujourd'hui, on a le minimum pour vivre décemment chez nous. De la vaisselle, des ustensiles de cuisine... La vie continue. Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé. À chaque fois que je regarde mes enfants, je me souviens qu'ils n'ont plus de père. M'occuper d'eux est une grande responsabilité. Ma maison se répare, mais ,on a perdu notre père. » L'école du quartier a rouvert ses portes récemment. Hassan s'y rend cinq fois par semaine. Quand il sera grand, il sera médecin. À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan
Au Soudan, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide s'affrontent depuis 2023. Selon l'ONU, environ 14 millions de personnes – soit un quart de la population – ont dû fuir le pays, qui compte désormais 9 millions de déplacés internes. Enfin, 4,4 millions de Soudanais ont franchi les frontières voisines, pour se réfugier principalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte. Adré est l'un des principaux points de passage des réfugiés soudanais. La ville abrite un camp de plus de 200 000 réfugiés le long de la frontière avec le Soudan dans lequel Zahra Adam Khamis Ibrahim est impliquée dans la vie associative. De notre envoyée spéciale à Adré, Dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, une tente abrite un atelier de couture où des femmes confectionnent des sacs. Elles se présentent comme des survivantes de la guerre. L'association « Des espaces sûrs pour les femmes et les filles » y accueille des femmes en détresse psychologique ou en état de choc post-traumatique. Au milieu de la tente, Zahra, avec son sourire en coin, incarne une forme de résilience. « Je suis Zahra Adam Khamis Ibrahim. Je viens de la capitale de l'ouest du Darfour, je suis désormais réfugiée au Tchad. » Zahra est la présidente et fondatrice de l'association. Avant la guerre, elle était membre de la société civile d'Al-Geneina, où elle aidait les femmes et les enfants victimes de violences. Comme des milliers d'habitants du Darfour occidental, elle a dû fuir en juin 2023. « Entre Al-Geneina et le Tchad, il y a environ 20 kilomètres. Sur la route, les morts jonchaient le sol, on entendait les cris des femmes et des enfants de toutes parts. Ce qu'on a vu sur la route était horrible, jusqu'à ce qu'on atteigne le Tchad. » Zahra a perdu son fils et huit membres de sa famille dans ce périple. Très vite, elle a ressenti le besoin d'agir et de s'impliquer à Adré. « À mon arrivée, j'étais préoccupée par mes soucis, mais certains avaient des problèmes bien plus graves que les miens. Je devais les aider. » Parmi ces femmes, Zainab Ali Abdallah, qui a perdu 23 membres de sa famille à Al-Geneina. Aujourd'hui, elle est la vice-présidente de l'association. « J'ai rejoint l'association pour aider les autres, mais aussi pour guérir mes traumatismes. On a commencé sous un arbre… puis on s'est déplacées d'abri en abri jusqu'à ce qu'on s'agrandisse. Très vite, on a accueilli énormément de monde. On parlait de nos problèmes. Des fois, on pouvait pleurer toutes ensemble pendant trente minutes. Et chaque témoignage était pire que le précédent. » Grâce à la mobilisation, l'association a pu construire une tente pour accueillir tous ses membres. Les premiers dons sont venus des réseaux féministes de la diaspora soudanaise. Trois ans ont passé depuis le début de la guerre au Soudan. Zahra et Zainab disent s'être adaptées à ce nouvel environnement. Elles ont réussi à retrouver un quotidien presque normal, mais le cœur de Zahra reste tourné vers son pays : « J'ai appris à m'intégrer à cette nouvelle société. Mais je pense énormément à mon pays. J'ai un besoin viscéral de retrouver mon chez-moi. Ce manque m'épuise psychologiquement. Il est vrai que mon rôle est d'aider les gens, mais je crois que, moi aussi, j'ai besoin d'un appui psychologique. » À lire aussiSoudan: les attaques se poursuivent contre des installations civiles et de santé
La guerre civile soudanaise déborde-t-elle chez le voisin tchadien ? Mercredi 18 mars, une frappe de drone a fait au moins 19 morts dans la ville tchadienne de Tiné. Les deux belligérants soudanais nient être à l'origine du bombardement. Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement était l'invité du journal de l'Afrique.
Au Soudan du Sud, les tensions restent vives et les combats continuent entre les forces du président Salva Kiir et celles de Riek Machar et d'autres groupes d'opposition au nord-est du pays. Une ville de la région est restée calme depuis la reprise des hostilités entre les signataires de l'accord de paix l'année dernière : Malakal, la capitale de l'État du Haut-Nil, dévastée par la guerre civile de 2013 à 2018. La ville connaît aujourd'hui un calme précaire, même si la vie n'est jamais revenue à la normale pour les habitants. La plupart vivent toujours dans des camps : l'un abrite des Sud-Soudanais ayant fui la guerre au Soudan depuis 2023, et un autre accueillent 45 000 personnes depuis le début de la guerre civile en 2013. De notre correspondante de retour de Malakal, Des dizaines de femmes vêtues de lawa colorées font la queue, de grandes assiettes creuses à la main. C'est la distribution alimentaire quotidienne à Bulukat, un camp de transit à Malakal, où séjournent entre 200 et 500 Sud-Soudanais ayant fui la guerre au Soudan. Nyatete Josephine Joseph, une veuve de 38 ans, mère de cinq enfants, a passé 26 ans au Soudan. Elle a fui Khartoum en guerre en décembre 2023 : « Pendant la guerre à Khartoum, j'ai vu des choses terribles de mes propres yeux. J'ai vu des gens être arrêtés, être violés devant moi. Si vous résistez, vous pouvez être tués. Les hommes qui essayaient de se plaindre car leur épouse était prise pour être violée pouvaient être assassinés. » Née à Malakal mais partie il y a très longtemps, Nyatete n'a plus aucune famille ici, et aucun endroit où aller vivre. Condamnée à rester dans ce camp de transit, elle dit avoir perdu toute foi en l'avenir : « Ce qui m'inquiète le plus, c'est que mes enfants sont déscolarisés depuis notre départ du Soudan. S'ils pouvaient aller à l'école, ils pourraient étudier et changer leur vie. Mais j'ai peur qu'ils terminent à la rue. » À lire aussiSoudan du Sud: l'ONU alerte sur les violences, l'ONG MSF a perdu le contact avec 26 employés « Il faut en finir avec le tribalisme » À une dizaine de kilomètres du centre de Malakal, l'immense camp de protection des civils est accolé à la base de l'ONU. Mais les Casques bleus se sont retirés en février, passant le relais aux autorités gouvernementales pour assurer la sécurité des dizaines de milliers de déplacés. Marina Johnson, 43 ans, mère de six enfants, s'est réfugiée ici quand la guerre civile sud-soudanaise a éclaté en 2013. Originaire de Malakal, elle dit pourtant ne pas pouvoir rentrer chez elle en ville car sa maison est occupée. Elle déplore l'insécurité persistante : « Quand nous voulons nous rendre en ville à Malakal, nous prenons des chemins détournés. Pas la route principale, car c'est bien trop dangereux. Vous pouvez vous faire attaquer, violer, voler toutes vos courses, que ce soit du poisson ou des légumes que vous essayez de venir vendre ici au camp. C'est pour cette raison que nous sortons très peu du camp. » Pour elle, le retour de la paix au Soudan du Sud est la seule issue. « La chose la plus importante dans notre situation actuelle, c'est une véritable paix et une réconciliation. Il faut en finir avec le tribalisme. Et ouvrir beaucoup d'écoles pour les enfants et développer les services de base », souhaite-t-elle. La vie dans le camp est devenue rude depuis l'année dernière et les coupes massives dans les budgets de l'aide étrangère, notamment américaine. Des services vitaux comme la gestion des eaux usées ont été dramatiquement réduits. À lire aussiSoudan: le pays touché de plein fouet par la suspension de l'aide humanitaire américaine
Sous l'Arbre à palabres, Éric Topona fait réagir ses invités à la décision du gouvernement tchadien de fermer sa frontière avec le Soudan. Cette fermeture est survenue après les incursions répétées des miliciens des des Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagolo, dit "Hemedti".
La guerre civile au Soudan, la plus grande crise humanitaire au monde selon l'ONU, dure depuis bientôt trois ans. Ce conflit est né de luttes internes et a été entretenu par les puissances régionales. À ce jour, aucune des tentatives de négociation n'a abouti et le conflit déborde ici ou là. Le Tchad a ainsi annoncé la fermeture de sa frontière ce matin, lundi 23 février 2026, après des incursions répétées de groupes armés. Avec : - Clément Deshayes, anthropologue, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig.
Bienvenue dans notre supplément du dimanche avec nos reporters qui étaient sur le terrain, Eliott Brachet et Nicolas Feldmann. Tout d'abord nous sommes au Soudan, après 2 ans d'une guerre fratricide qui aurait fait plus de 200 000 morts. Elle se poursuit au centre du pays. Un Soudan écartelé entre les 2 troupes des généraux rivaux. En 2è partie, Nicolas Feldmann rentre du Canada où il a pu percevoir les méfaits des taxes Trump sur le secteur automobile. Usines et salariés doivent se réinventer. Au Soudan, Khartoum renaît péniblement de ses cendres Épicentre de la guerre au Soudan, Khartoum est restée pendant près de deux ans l'une des principales lignes de front. En avril 2023, c'est dans la capitale soudanaise, peuplée de 8 millions d'habitants, que les premiers affrontements ont éclaté. Dans le sillage de la guerre qui pourrait avoir fait plus de 200 000 morts, Khartoum s'est vidée de la moitié de sa population. En mars 2025, l'armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane est revenue en force dans la capitale. Chassant les troupes du général Hemetti. Aujourd'hui, hors des grandes villes, la guerre s'est déportée vers les plaines et les montagnes du Kordofan, au centre du pays, offrant un répit salvateur aux habitants d'une capitale méconnaissables. Un Grand reportage de Eliott Brachet qui s'entretient avec Jacques Allix. Un an de Donald Trump à la Maison Blanche : au Canada, l'automobile sous pression Depuis des décennies, l'industrie automobile nord-américaine fonctionne comme un tout. Entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pas vraiment de frontières. Moteurs, sièges, électronique : les pièces nécessaires à l'assemblage d'une voiture peuvent traverser jusqu'à 8 fois les frontières des 3 pays. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a mis à mal cette mécanique bien huilée. Au nom de l'« America First », les voitures importées aux États-Unis sont désormais visées par 25% de droits de douane. Au Canada, usines, sous-traitants et milliers de travailleurs ont dû s'adapter souvent dans l'urgence : notamment en Ontario, au cœur de l'industrie automobile du pays. Un Grand reportage de Nicolas Feldmann qui s'entretient avec Jacques Allix.
Épicentre de la guerre au Soudan, Khartoum est restée pendant près de deux ans l'une des principales lignes de front. En avril 2023, c'est dans la capitale soudanaise, peuplée de 8 millions d'habitants, que les premiers affrontements ont éclaté. Dans le sillage de la guerre qui pourrait avoir fait plus de 200 000 morts, Khartoum s'est vidée de la moitié de sa population. En mars 2025, l'armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane est revenue en force dans la capitale. Chassant les troupes du général Hemetti. Aujourd'hui, hors des grandes villes, la guerre s'est déportée vers les plaines et les montagnes du Kordofan, au centre du pays, offrant un répit salvateur aux habitants d'une capitale méconnaissables. « Au Soudan, Khartoum renaît péniblement de ses cendres », un Grand reportage signé Eliott Brachet.
Elle a fait des centaines de milliers de morts et 12 millions de déplacés, créant ainsi la plus grave crise humanitaire au monde. Ce samedi marque les 1000 jours depuis que la guerre au Soudan opposant l'armée dirigée par le général Al Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide menés par Hemedti Dagolo à éclater, déchirant le pays.
Ce week-end, cela va faire plus de mille jours que le Soudan est en guerre. Une guerre qui oppose l'armée régulière dirigée par le général al-Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide du général « Hemetti » (qui se battent pour le contrôle du pays). Le conflit a provoqué l'une des pires crises humanitaires du moment (quinze millions de déplacés, près de quatre millions de réfugiés dans les pays voisins, et des dizaines de milliers de morts, le bilan humain est incertain). Et il ne semble pas y avoir d'issue (à ce conflit). Le professeur soudanais Suliman Baldo est le directeur exécutif de Sudan Transparency and Policy Tracker, l'Observatoire de la transparence et des politiques au Soudan. Il répond aux questions d'Alexandra Brangeon.
Au Soudan, l'année 2025 a été encore plus sanglante que les deux années précédentes. Après bientôt trois années de guerre, on estime que 150 000 personnes ont été tuées. Et dans les deux camps, du côté du président du Conseil de souveraineté de transition le général al-Burhan comme du côté du général Hemedti, les soutiens extérieurs se livrent une compétition de plus en plus féroce. C'est le cas notamment de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Roland Marchal est chercheur à Sciences Po Paris et il pense que la toute récente reconnaissance du Somaliland par Israël n'arrange rien. Il s'en explique au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Est-ce qu'on peut dire qu'au Soudan, l'année 2025 a été encore pire que les deux années précédentes ? Roland Marchal : Elle a été pire en effet, dans la mesure où des batailles stratégiques se sont menées et ont été gagnées par un camp ou l'autre et ont beaucoup plus impliqué la population civile, qui a payé un prix très élevé, non seulement en termes de déplacement, mais directement dans les combats qui étaient menés. Oui, tout à fait. Et on parle de 150 000 morts depuis deux ans et demi. Le début de cette année 2025 a été marqué par des succès des Forces armées soudanaises, notamment à Khartoum et la fin de l'année par des victoires des Forces de soutien rapide, notamment à El-Fasher. Est-ce à dire qu'il n'y a pas un camp plus fort que l'autre ? Je crois qu'on est arrivé dans une situation où, grâce aux appuis internationaux qui ont été mobilisés par chacun des protagonistes, disons, il y a une espèce d'équivalence stratégique, c'est-à-dire que la modernité des armes octroyées à un camp est contrée par de nouvelles livraisons de l'autre côté, ce qui évidemment pose des questions importantes sur les enjeux véritables d'une guerre qui est fondamentalement soudanaise, mais qui aujourd'hui renvoie à des compétitions régionales qui sont en train de monter aux extrêmes, sans commune mesure avec ce que la population souffre. Quel est le fond de la querelle entre le président Abdel Fattah al-Burhan et le général Hemedti, qui appartiennent tous deux à la communauté arabe du Soudan ? Alors d'abord, sur cette question ethnique, je crois que le Soudan, depuis son indépendance, n'a jamais été en paix et que l'armée soudanaise a été fondamentalement une armée de guerre civile, c'est-à-dire réprimant des populations à l'intérieur des frontières nationales du Soudan. Ça a été pendant très longtemps les Sud-Soudanais qui étaient partie intégrante jusqu'en 2011, mais aussi la région du Nil Bleu, et puis évidemment le Darfour et le Kordofan dont on parle plus aujourd'hui. Donc il y a une question sur pourquoi cela ? Et la thèse qu'il faudrait affiner, évidemment, est d'expliquer que les classes dirigeantes et l'État soudanais fonctionnent largement au profit des groupes arabes qui sont de la vallée du Nil et de Khartoum, contre tout le reste. Et de ce point de vue-là, un Arabe du Darfour ne vaut pas plus qu'un Zaghawa ou qu'un Four du Darfour qui ne sont pas arabes, dans la mesure où simplement, régionalement, ils sont considérés comme des périphéries, donc qui n'ont pas vocation à faire partie de l'élite politique, militaire et économique du pays. Et les chefs Zaghawas du Darfour, Jibril Ibrahim et Minni Minnawi, étaient alliés aux Forces armées soudanaises contre le général Hemedti. Qu'est-ce qu'ils deviennent depuis la prise d'El-Fasher par Hemedti ? Alors il faut rappeler que ces groupes militaires avaient été défaits notamment par les Forces de soutien rapide, mais que, en 2019, lorsque le gouvernement civil prend forme après l'arrestation d'Omar el-Béchir, il y a une volonté de normaliser les relations avec la communauté internationale et d'envoyer des signaux positifs sur la volonté de la nouvelle direction du pays de résoudre les problèmes, notamment le Darfour. Donc, en octobre 2020 est signé un accord – l'accord de Juba – qui permet à ces groupes politico militaires de revenir sur la scène soudanaise. Donc dans un premier temps, ces groupes étaient plutôt proches d'Hemedti. Mais le fait que Hemedti apparaisse soudainement comme un acteur incontournable et peut-être premier s'ils gagnaient la guerre contre l'armée soudanaise, cela a fait que ces groupes-là ont décidé, pour leur intérêt bien compris, de s'allier avec le gouvernement contre les Forces de soutien rapide. Et donc ce sont eux, fondamentalement, qui ont lutté pour défendre la ville d'El-Fasher et qui ont été battus d'une façon extrêmement sanglante à la fin du mois d'octobre. Depuis, ces groupes-là essayent de se réorganiser. Alors, vous avez deux choses qui sont en train de se passer. La première, c'est les combats qui étaient autour d'El-Fasher se dirigent aujourd'hui vraiment sur le territoire Zaghawa soudanais, mais à la frontière avec le Tchad. Et il y a de nombreux incidents de frontière dont on commence à parler, et également la possibilité de nouveaux combats dans l'extrême nord du Darfour, mais qui touche aussi la frontière du Tchad, donc avec des possibilités de déstabilisation. Et puis l'autre élément dont on parle moins, c'est le fait que ces groupes-là essayent de se réorganiser militairement et jouent déjà un rôle militaire significatif dans les batailles qui ont lieu au Kordofan, notamment autour de la ville d'El-Obeid. À lire aussiSoudan: «On a l'impression que le monde n'est pas assez horrifié par ce qui se passe», déplore l'Ocha Dans cette guerre sanglante et interminable, chacun compte ses alliés. Le général al-Burhan est soutenu par les islamistes et le général Hemedti par les Émirats arabes unis. Quel est le camp qui a le plus de profondeur stratégique ? Je dirais fondamentalement l'armée soudanaise. Pour quelle raison ? C'est que vous avez listé au niveau intérieur les islamistes, mais surtout, quand vous regardez la coalition internationale qui est derrière pour des intérêts qui sont tout à fait égoïstes, globalement, mettre la main sur un accès à la mer Rouge, vous avez la Russie, vous avez l'Iran, vous avez la Turquie, vous avez le Qatar. J'allais oublier l'Égypte, qui est un pays extrêmement important. Et donc ces pays-là ont des intérêts sécuritaires ou des ambitions économiques au Soudan et s'efforcent de soutenir le général Burhan. Parce que l'autre camp – c'est-à-dire soutenu par les Emiratis, est inacceptable parce que c'est le camp émirati, et donc ces États sont liés. Du côté des Forces de soutien rapide, vous avez, disons, une alliance régionale qui est largement celle des clients et des affidés des Émirats arabes unis, c'est-à-dire évidemment le Tchad de Mahamat Kaka, ce qui lui pose et va lui poser de plus en plus de problèmes. La Libye de Khalifa Haftar, donc ce n'est pas toute la Libye, mais c'est quand même cette Libye qui est au sud et qui permet l'approvisionnement et la logistique des Forces de soutien rapide. C'est le Soudan du Sud qui officiellement est neutre, mais finalement autorise les Forces de soutien rapide à utiliser le territoire pour des approvisionnements militaires. C'est le Kenya et l'Ouganda qui sont en affaire avec Abou Dhabi. C'est également l'Éthiopie de Abiy Ahmed, qui est un client tout à fait important des Émirats. Donc on voit que d'une certaine façon, régionalement, les Forces de soutien rapide ne sont pas du tout isolées. C'est une des raisons qui lui donnent la capacité de rebondir militairement et de trouver chaque fois les routes logistiques pour son approvisionnement militaire. Mais d'un autre côté, les grandes puissances sont plutôt du côté des Forces armées soudanaises, ce qui évidemment indique que d'une certaine façon, cette guerre ne pourra pas être gagnée militairement. Le problème aujourd'hui, c'est que personne dans la communauté internationale, y compris les États-Unis, n'ose marteler ça publiquement et de façon privée à tous les acteurs qui approvisionnent et qui alimentent cette guerre de l'extérieur. Alors, dans ce grand jeu entre puissance africaine et moyen-orientale, est-ce que la reconnaissance de l'État du Somaliland par Israël vendredi dernier est un élément important qu'il faut prendre en compte ou pas ? Oui, je crois que c'est un élément essentiel. Ce qui s'est passé jusqu'à présent, c'est que l'Arabie saoudite a toujours maintenu une position de relative neutralité, quand bien même on sentait bien que l'Arabie saoudite avait plus d'atomes crochus avec les militaires et les cadres civils du régime de Port-Soudan qu'avec les Forces de soutien rapide. Malgré tout, disons, l'aide qui a été fournie au général al-Burhan a été très limitée et ça a été largement une espèce de reconnaissance du fait que ce n'était pas un régime fantoche et que donc il fallait les considérer. Ce qui est en train de changer, c'est effectivement des événements qui se passent non seulement au Soudan, mais au sud Yémen, et avec l'éruption d'Israël au Somaliland qui change complètement la donne régionale et où tous les acteurs de la région voient les Émirats arabes unis en embuscade. Les combats au sud Yémen, dont on a peu parlé en France, marquent quand même le retour de la guerre, malgré un cessez-le-feu précaire dans une zone du pays qui avait été relativement calme et la prise de contrôle d'une région du Sud Yémen qui s'appelle le Hadramaout, qui est la région frontalière avec l'Arabie saoudite, et la milice créée et sponsorisée depuis par les Émirats arabes unis, n'a pu mener ces opérations sans le soutien et sans le feu vert des Émirats. Donc c'est un message très clair des Émirats. Certains analystes pensent que c'est un signe de mécontentement envoyé à Riyad, puisque c'est Mohammed Ben Salmane qui, en visite à Washington, avait fortement suggéré au président Trump de s'impliquer dans une nouvelle médiation au Soudan et avait également publiquement, sur le sol américain, critiqué très violemment les Forces de soutien rapide. La reconnaissance par Israël du Somaliland, indépendamment du contenu réel, ça montre la possibilité, évidemment pour les Israéliens, à terme, je ne dis pas demain matin, mais à terme, d'avoir des facilités militaires sur la côte somalienne ou somalilandaise, comme vous voudrez, et de pouvoir frapper les Houthis du Yémen. Mais ça montre aussi que les Émiratis ont d'autres ambitions, sans doute plus grandes que ce qu'on imaginait jusqu'à présent, à la fois dans leur alliance avec Israël. Une alliance qui dure et perdure en dépit de ce qui s'est passé à Gaza et également avec, à terme, une implication de l'Éthiopie, puisque l'Éthiopie a émis le 1er janvier 2024 l'idée que le Somaliland pourrait lui octroyer un territoire qui serait sous souveraineté éthiopienne sur la côte, qui servirait à la fois de port militaire et de port commercial. Donc tout ça est vu, en tous les cas par les acteurs de la région Djibouti, le gouvernement à Mogadiscio, l'Égypte et le Soudan, comme en sous-main, un appui des Émiratis qui fait que les relations entre Riyad et Abou Dhabi vont se tendre et que le soutien nominal, si vous voulez, largement diplomatique et formel qu'il y avait vis-à-vis de la junte au Soudan, va sans doute changer de forme et prendre des aspects beaucoup plus pratiques et beaucoup plus destructeurs pour la population soudanaise. Ce sera sans doute de l'aide militaire via le Pakistan ou la Turquie. L'Arabie saoudite achetant du matériel qui sera livré au Soudan et utilisé contre les Forces de soutien rapide et la population qui aurait la mauvaise idée de soutenir les Forces de soutien rapide. À lire aussiSoudan: après trois ans de guerre, quels espoirs pour 2026?
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 12 décembre 2025.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.LA SÉCURITÉ SOCIALE A 80 ANSNé en 1945 dans l'élan du Conseil national de la Résistance, l'État-providence français avait une ambition fondatrice : protéger chacun contre les grands risques de la vie. Il commence par la création de la Sécurité sociale et du régime de retraite par répartition, à une époque où 5 actifs soutenaient un retraité (contre 1,7 aujourd'hui). Les décennies suivantes ont vu un élargissement progressif du socle, au-delà de la seule logique assurantielle. Quatre-vingts ans plus tard, la Sécurité sociale n'a pas perdu l'amour des Français, ni, à leurs yeux, son attribut le plus précieux : l'universalité. Près de 80 % la considèrent comme la meilleure au monde et 85 % jugent impératif de maintenir une couverture universelle, sans distinction de revenus, selon un sondage Ifop de mars 2025. Mais elle traverse aujourd'hui une nouvelle crise grave. Le déficit record de l'assurance-maladie prévu cette année - 23 milliards en 2025 (contre 17,2 milliards en 2024) - interroge sur la capacité du système à perdurer. Et la pression démographique menace de le faire dériver encore plus, tandis que le vieillissement démographique déséquilibre autant le système de santé que celui des retraites en déficit elles de 6,6 milliards d'euros pour cette année. Un vieillissement à prendre d'autant plus en compte que les dépenses de santé augmentent exponentiellement avec l'âge. D'après la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, en 2021, la dépense annuelle moyenne a été de 1.114 euros pour les moins de 20 ans, 1.632 euros pour les 21-40 ans, 2.717 euros pour les 41-60 ans, 4.498 euros pour les 61-70 ans, 6.291 euros pour les 71-80 ans et 8.529 euros pour les plus de 80 ans. De fait, les plus de 60 ans concentrent plus de 50 % de la dépense totale, alors qu'ils représentent 28 % de la population.Dans un rapport publié le 3 novembre, la Cour des comptes a mis en garde contre les effets budgétaires du vieillissement de la population et de la baisse de la natalité. « Premier poste de dépenses de la protection sociale, les pensions de vieillesse et de survie représentaient en effet 353 milliards d'euros en 2023, soit 13,4 % du PIB »,signale le rapport. La Cour souligne que le poids de la démographie sur les finances publiques va aller croissant, et invite à repenser « la vision collective » du vieillissement et de l'âge du départ à la retraite. Pour mémoire, au début des années 1980, la dette ne finançait qu'1 % de la dépense sociale ; elle en finance désormais 10 %.Mardi, à une courte majorité - 247 voix contre 234 (et 93 abstentions) - les députés ont validé le Projet de loi de financement de la sécurité sociale. Il prévoit notamment la suspension de la réforme des retraites, la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine et la hausse de 3 % des dépenses de santé. Résultat : malgré les concessions accordées aux oppositions, le déficit de la Sécurité sociale devrait rester sous les 20Mds€ en 2026. Après un passage par le Sénat, le texte devrait revenir au Palais-Bourbon mardi prochain pour un ultime vote.L'AFRIQUE : DE JUNTE EN JUNTEEn cinq ans, le Sahel a complètement changé. Les coups d'État militaires d'abord présentés comme des réponses temporaires à la crise sécuritaire, semblent installer durablement des régimes autoritaires. Au-delà du rejet commun de la présence française, ces nouveaux pouvoirs militaires peinent à formuler un véritable projet et surtout à endiguer une vague djihadiste de plus en plus meurtrière. La région est désormais secouée par des crises répétées qui ignorent les frontières nationales. Cette vague de coups d'État et de prises de pouvoir militaires a créé un paysage politique instable dans plusieurs régions. En novembre 2025, sept pays étaient dirigés par des juntes militaires, chacuneavec sa propre trajectoire, sa justification et ses tensions politiques propres.Au Mali, le retour à un régime militaire a commencé par deux coups d'État en moins d'un an, le premier en août 2020, suivi d'un autre en mai 2021. Le Burkina Faso a connu deux coups d'État militaires en 2022. L'ordre politique du Niger s'est effondré en juillet 2023. En mars 2025, la junte a adopté une charte de transition fixant un délai de cinq ans pour le retour à un régime constitutionnel. La Guinée a basculé dans un régime militaire en septembre 2021. La junte s'était initialement engagée à une transition structurée, mais le calendrier a été sans cesse repoussé. Au Soudan l'armée a pris le contrôle en octobre 2021, faisant dérailler un fragile accord de partage du pouvoir entre civils et militaires. En avril 2023, le pays a sombré dans une guerre civile brutale entre les forces armées soudanaises et les forces paramilitaires de soutien rapide. En octobre 2025, Madagascar a rejoint la liste des pays africains sous régime militaire. En Guinée-Bissau, le coup d'État qui a renversé le 26 novembre le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu les élections en cours est le dixième putsch en Afrique depuis 2020. Ce pays lusophone côtier d'Afrique de l'Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), avait déjà connu quatre coups d'État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974. La junte promet une transition d'un an. Les Bissau-Guinéens n'y croient plus vraiment. Dans un pays où chaque cycle électoral finit dans les casernes, la démocratie semble condamnée à ne jamais dépasser le stade de l'intention. Le Bénin, longtemps considéré comme une exception démocratique et qui n'avait plus connu de tels soubresauts depuis 1972, vient de rejoindre le club des pays touché par l'épidémie de putschs. Dimanche dernier, il s'en est fallu de peu que le pays ne rejoigne la longue liste des pays africains ayant connu un coup d'État militaire ces cinq dernières années. Le coup d'État a été mis en échec.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au Soudan du Sud, l'eau est un des services de base faisant cruellement défaut à la population. Malgré ce tableau alarmant, des projets se mettent en place avec l'aide internationale. À Bor, la capitale de l'État du Jonglei, une nouvelle station de purification de l'eau du Nil a été mise en service fin 2024. Reportage dans une école où l'arrivée de l'eau courante a tout changé. De notre correspondante de retour de Bor, À l'école Saint-Andrew à Bor, au Soudan du Sud, des cadenas placés sur les robinets montrent à quel point, ici, on ne gaspille pas l'eau potable. En cette chaude fin d'après-midi, des élèves viennent se désaltérer pendant que les cuisinières de l'école font la vaisselle tout en veillant sur leurs grandes casseroles sur le feu. Le fait d'avoir l'eau courante a complètement changé leur travail. « Avant, ça pouvait arriver que la nourriture brûle, ça prenait trop de temps d'aller chercher de l'eau. Maintenant, notre cuisine est parfaite, car l'eau est à portée de main ! », explique Tabitha Erjok. En préparation de l'inauguration des nouveaux délégués de l'école, les élèves répètent des danses sur l'esplanade centrale de Saint-Andrew. On saute, on chante, on transpire tout en étanchant sa soif sans problème, maintenant que l'eau est disponible. L'arrivée de l'eau potable à l'école a considérablement amélioré les performances des 3 000 écoliers, collégiens et lycéens qui y étudient. « Auparavant, nous ne faisions cours que de 7 heures du matin à midi et demi, mais maintenant, nous avons prolongé notre programme quotidien jusqu'à 16 heures. Le nombre d'élèves a même augmenté depuis que nous sommes raccordés à l'eau. Cela nous donne l'espoir que ces jeunes puissent travailler dur et accomplir leurs rêves dans la vie », explique John Kuer Barach, directeur de Saint-Andrew. La station d'eau de Bor fait figure de modèle Pour Tuna Wilson, élève de 13 ans, l'attitude des élèves en classe est bien plus propice à l'apprentissage, car les élèves étaient vraiment déconcentrés par la chaleur et la soif. « Avant, quand nous n'avions pas l'eau courante, certains élèves dormaient en classe ou faisaient beaucoup de bruit. Le professeur leur demandait de se taire, mais ils continuaient à crier : "C'est quoi cette école où les gens ne boivent pas d'eau ?" Certains étaient même agacés par le professeur, prenaient leurs sacs et rentraient chez eux », relate la jeune fille. Avant le raccordement au réseau d'eau potable, les filles étaient chargées d'aller chercher de l'eau au puits communautaire, à l'extérieur de l'école. L'année dernière, Abuol Agou, 14 ans, a failli être renversée par une voiture alors qu'elle portait un jerrican de 20 litres sur la tête. « J'ai eu de la chance, raconte-t-elle. La voiture m'a frôlé, et j'ai eu très peur. C'est très difficile de traverser une rue tout en portant un jerrican, on a peur d'être percutée par les voitures. Donc, depuis que l'eau a été installée dans notre école, nous sommes très contentes, car nous n'avons plus à sortir chercher de l'eau et pouvons suivre nos classes. » Équipée d'un système d'électricité solaire, la station d'eau de Bor fonctionne à bas coût. Pour les parents d'élèves de Saint-Andrew, la contribution à la facture d'eau de l'école est très abordable : environ un dollar par an et par élève. À lire aussiSoudan du Sud : inauguration d'une station de purification de l'eau à Bor, dans l'État du Jonglei
Sources : https://www.courrierinternational.com/article/soudan-a-el-fasher-des-atrocites-terriblement-previsibles_236943https://www.msf.fr/actualites/soudan-un-mois-apres-la-prise-de-controle-d-el-fasher-par-les-fsr-la-situation-reste-catastrophique-pour-la-populationhttps://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/10/27/au-soudan-la-prise-d-el-fasher-revendiquee-par-les-paramilitaires-fait-craindre-un-bain-de-sang_6649871_3212.htmlhttps://news.un.org/fr/story/2025/11/1157866https://www.amnesty.org/fr/location/africa/east-africa-the-horn-and-great-lakes/sudan/Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 02:30:15 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - - réalisation : Félicie Faugère
durée : 00:12:03 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - Ce lundi 24 novembre 2025, les Forces de soutien rapide ont annoncé une trêve humanitaire de trois mois au Soudan. Une annonce qui intervient dans un pays ravagé depuis plus de deux ans par la guerre, un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 12 millions de déplacés. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig
Au Soudan, les camps de déplacés accueillent chaque jour des enfants qui portent les lourdes séquelles de la guerre, entre blessures physiques et traumatismes psychologiques. De nombreux mineurs sont également orphelins et livrés à eux-mêmes. Selon l'Unicef, plus de la moitié des personnes ayant fui El Fasher sont mineures. L'Union européenne a par ailleurs annoncé des sanctions contre le numéro deux des Forces de soutien rapide (FSR), accusé d'exactions au Soudan.
Aujourd'hui, Antoine Diers, consultant auprès des entreprises, Abel Boyi, éducateur et président de l'association "Tous Uniques Tous Unis", et Laura Warton Martinez, sophrologue, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
(00:00:33) Au Soudan, l'entraide citoyenne antidote à l'horreur de la guerre (00:08:19) Architecture: l'égo des présidents en béton armé (00:15:53) Pour l'Irlande, payer les artistes est un bon investissement
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 7 novembre 2025.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.COMMENT LE TERRORISME A TRANSFORMÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DEPUIS DIX ANS ? Voilà bientôt dix ans qu'un commando terroriste a semé la terreur dans les rues de Paris, le 13 novembre 2015, assassinant 130 personnes et en blessant plusieurs centaines d'autres. Trois rescapés se sont depuis donné la mort, succombant à leurs blessures psychiques. Ces attentats ont profondément impacté la société française. Les médias jouent un rôle central lors de tels événements. Difficile d'informer avec précision dans un climat de peur et d'incertitude après un attentat. Le 9 janvier 2015 notamment, des chaînes d'information en continu ont divulgué la présence d'otages cachés dans la chambre froide de l'Hypercacher de Vincennes, mettant leur vie en danger. Les médias servent de caisse de résonance aux terroristes, qui, pour la plupart sont avides de spectacle. Face à la sidération après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hypercacher, la société française s'est immédiatement massivement mobilisée comme en témoigne la grande manifestation du 11 janvier 2015. La vie quotidienne a été transformée, bouleversée par les dispositifs de surveillance, de prévention et de lutte antiterroriste. Le terrorisme provoque également des effets perturbateurs comme la montée de sentiments xénophobes, antimusulmans ou antisémites et leurs réponses politiques. Il a induit des progrès considérables de la recherche, en particulier, depuis 2015, sur la question des traumatismes. Il impacte les procédures judiciaires. En France, depuis 2019, le nombre de procès criminels pour terrorisme a été multiplié par sept : la raison principale en est non seulement la création d'un parquet national antiterroriste, mais aussi la volonté de donner réparation à toutes les victimes et leur offrir la possibilité de s'exprimer dans le lieu symbolique d'une cour de justice.Procureur de la République de Paris en charge de la lutte contre le terrorisme entre 2011 et 2018, François Molins a vécu les événements les plus dramatiques qui se sont succédé pendant cette période, des attentats de Mohamed Merah en 2012, au 13 novembre 2015, en passant par le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Insistant sur le fait qu'il a fallu trouver une juste mesure entre le durcissement de la réponse et le respect des libertés et droits fondamentaux, François Molins considère que « dans l'ensemble, la France y est parvenue » : L'état d'urgence décrété au lendemain du 13 Novembre a duré un peu moins de deux ans, jusqu'au 1er novembre 2017. Il a rassuré les gens et permis une amplification de la lutte - assignations à résidence, perquisitions, interdictions de séjour, fermeture de mosquées radicalisées -, toujours sous le contrôle de la justice administrative et du Parlement. Mais le risque de dérive est réel, met en garde François Mollins. En octobre 2025, cinq actes terroristes d'inspiration djihadiste ont été réalisés ou projetés, dans quatre pays européens, rappelle l'ancien procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Ces faits, insiste-t-il, doivent nous alerter sur la persistance d'une menace qui prend des formes nouvelles.LA GUERRE AU SOUDAN Au Soudan, le 26 octobre la ville d'El-Facher, capitale de la province du Darfour du Nord est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) qui assiégeaient la ville depuis plus de dix-huit mois. C'était le dernier bastion, au Darfour, des Forces armées soudanaises (FAS). La guerre au Soudan a commencé en avril 2023 lorsque les tensions autour du projet d'intégration des FSR à l'armée régulière ont éclaté en un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé de 12 à 13 millions de personnes. Deux acteurs qui s'étaient partagé le pouvoir après la chute du dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019 s'affrontent : l'armée soudanaise, héritière de l'ancien régime, avec à sa tête le général Abdel Fattah al-Burhane ; et les FSR, une unité paramilitaire dissidente dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti. En début d'année, l'armée soudanaise et ses supplétifs miliciens ont reconquis la capitale, Khartoum, ainsi que la région agricole de la Jézira, le long du Nil. Depuis, ils contrôlent toute la moitié orientale du Soudan. A l'ouest, en revanche, les RSF dominent. Le noyau dur des hommes de Hemetti est composé d'anciens combattants arabes jenjawids employés, à l'époque d'El-Béchir, pour effectuer les sales besognes du régime et écraser les mouvements rebelles du Darfour. Ils sont eux-mêmes originaires de cette région, grande comme la France métropolitaine.Situé à la lisière de la partie subsaharienne de l'Afrique et du Moyen-Orient, le Soudan concentre une multitude de richesses et d'avantages géostratégiques suscitant toutes sortes de convoitises et d'ingérences : d'immenses terres arables, les eaux du Nil, des mines d'or, du pétrole, l'accès à la mer Rouge face à l'Arabie saoudite, des frontières avec huit pays africains. Soutenues par une partie des Émirats arabes unis, les FSR contrôlent les mines d'or du Darfour, les circuits de contrebande vers la Libye et la Centrafrique, et finance une armée privée plus riche que l'État soudanais, tandis que les FAS ont bénéficié de l'appui de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie, selon des observateurs. Tous nient toute implication.Les réactions internationales demeurent d'une discrétion gênée. Lundi, toutefois, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a averti que les atrocités commises par les FRS à El-Fasher « pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme mentionne des « massacres massifs de civils et de combattants désarmés ». La région, déjà extrêmement affaiblie depuis les massacres de Geneina en 2023, s'enfonce dans un nouveau cycle de violences entre communautés, où vengeance et désordre remplacent toute stratégie politique. Le pays s'est disloqué en zones d'influence : le Darfour aux mains des FSR, le Nord et l'Est sous commandement militaire, le Sud livré au chaos. L'État soudanais, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, se délite à nouveau.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Chaque jour, en moins de 10 minutes, un résumé de l'actualité du jour. Rapide, facile, accessible.
durée : 00:03:17 - Géopolitique - par : Pierre Haski - La chute d'El Fasher, dans le Darfour, accompagnée de terribles massacres, a fait ressortir la guerre civile au Soudan de l'oubli. Mais au-delà de l'émotion, il faut que cessent les ingérences de puissances de la région, en particulier celle des Émirats arabes unis du côté des miliciens. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:33:00 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - La prise d'El Fasher, capitale du Darfour, s'est accompagnée de massacres ciblant la population civile, ravivant le spectre d'un conflit ethnique. Cette victoire des paramilitaires constitue-t-elle un tournant dans cette guerre, qui a éclaté en 2023 ? - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Tristan Coloma réalisateur de films, collaborateur pour le Monde diplomatique et chercheur indépendant notamment pour l'IFRI; Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig
durée : 00:58:31 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : retour de terrain avec Arthur Sarradin qui rentre de Syrie, puis table-ronde sur le Soudan où la prise d'El Fasher, la capitale du Darfour, par les paramilitaires, marque une étape dans la guerre qui dure depuis 2023. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Arthur Sarradin correspondant pour Radio France; Tristan Coloma réalisateur de films, collaborateur pour le Monde diplomatique et chercheur indépendant notamment pour l'IFRI; Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig
Horreur une nouvelle fois au Soudan, où les massacres se multiplient depuis la prise d'El-Facher au Darfour, par les FSR du général Hemedti. Aux Etats-Unis, les démocrates remportent plusieurs victoires clés comme dans le New jersey et en Virginie mais surtout à New York où Zohran Mamdani, musulman, immigré, ouvertement socialiste, devient à 34 ans, le nouveau maire. Et les dirigeants de la planète réunis au Brésil où doit s'ouvrir la COP 30 dans un climat international défavorable.
durée : 00:03:17 - Géopolitique - par : Pierre Haski - La chute d'El Fasher, dans le Darfour, accompagnée de terribles massacres, a fait ressortir la guerre civile au Soudan de l'oubli. Mais au-delà de l'émotion, il faut que cessent les ingérences de puissances de la région, en particulier celle des Émirats arabes unis du côté des miliciens. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme que l'histoire se répète au Darfour, au Soudan, après les informations faisant état de massacres lors de la chute de la ville d'Al-Fasher aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) la semaine dernière.
durée : 00:05:34 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Moins d'une semaine après la chute d'El-Fasher, assiégée dix-huit mois, l'ONU dénonce la poursuite des atrocités au Darfour : viols, mutilations et meurtres en toute impunité. Comment décrire l'enfer au Soudan ? Récit d'une journaliste de la BBC, de retour de Khartoum. - invités : Nawal Al-Maghafi Correspondante internationale Senior à BBC World Service
durée : 02:29:38 - Les Matins - par : Astrid de Villaines, Yoann Duval - - réalisation : Félicie Faugère
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa "profonde inquiétude" sur "l'escalade" au Soudan, le chef des opérations humanitaires onusiennes parlant d'"informations crédibles d'exécutions de masse". Il a aussi affirmé que la ville d'El-Facher au Darfour a "plongé dans un enfer encore plus noir" : "l'horreur se poursuit. Des femmes et des filles sont violées, des gens mutilés et tués, en toute impunité".
durée : 00:05:23 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Les craintes s'amplifient pour la population civile dans le Soudan en guerre, après des accusations de nettoyage ethnique dans la ville clé d'El-Facher prise par les paramilitaires au Darfour (ouest du pays), et la mort de cinq bénévoles du Croissant-Rouge au Kordofan (centre).
durée : 00:05:23 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Dans la guerre au Soudan, les paramilitaires assiègent depuis plus de 500 jours El-Fasher, la capitale de l'Etat du Darfour-Nord. Ils recourent aussi à des drones mortels et des missiles sol-air dans les zones contrôlées par l'armée. Les civils vivent un enfer : exactions, famine, viols.