Podcasts about culture afrique

  • 47PODCASTS
  • 2,208EPISODES
  • 19mAVG DURATION
  • 1DAILY NEW EPISODE
  • Sep 28, 2026LATEST

POPULARITY

20192020202120222023202420252026


Best podcasts about culture afrique

Show all podcasts related to culture afrique

Latest podcast episodes about culture afrique

Chronique de Mamane
«Silence radio» sur le bilan de Président-Fondateur

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 28, 2026 2:57


Du pain, des jeux et des clashs, Président-Fondateur a trouvé la parade pour qu'on ne parle pas de son bilan. Les Gondwanais peuvent passer trois heures devant leur feuilleton préféré sans se rendre compte que Président-Fondateur avait déjà fait quatre mandats présidentiels. Mais l'arme absolue, c'est le football.

Chronique de Mamane
«Silence radio» sur le bilan de Président-Fondateur

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 28, 2026 2:57


Du pain, des jeux et des clashs, Président-Fondateur a trouvé la parade pour qu'on ne parle pas de son bilan. Les Gondwanais peuvent passer trois heures devant leur feuilleton préféré sans se rendre compte que Président-Fondateur avait déjà fait quatre mandats présidentiels. Mais l'arme absolue, c'est le football.

Reportage Afrique
Tchad: l'artiste Soléa Damas renforce le lien entre instruments traditionnels et musique moderne

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Sep 26, 2026 2:28


Au Tchad, des artistes musiciens s'emploient à renforcer le lien entre instruments traditionnels tels que la harpe, la cithare et le balafon et la musique moderne. C'est le cas de Soléa Damas, originaire du Sud, musicien sculpteur, harpiste et cithariste, auteur de plusieurs titres dominés par ces sonorités patrimoniales. Son œuvre, saluée pour son originalité après son premier album de 2018, inspire de nombreux jeunes qui imitent ses pas, se forment à la pratique et fabriquent eux-mêmes ces instruments. Notre correspondant Olivier Monodji a suivi une séance de formation au centre culturel et artistique « Kaya Kendé » (Les pro de la harpe) où la connaissance des instruments traditionnels continue de se transmettre. « Vouloir, c'est pouvoir », dit-on. Pour Soléa Damas, l'idée de fabriquer des instruments traditionnels ne date pas d'hier : c'est la concrétisation de son rêve, disposer de ses propres instruments pour mieux composer et interpréter ses chansons. « C'était parti, d'abord, d'une remarque. Plus tard, en 2019, je suis reparti chez les parents, certains détenteurs du savoir. Je travaille avec eux sur la fabrication, sur l'utilisation. Après, l'idée de faire des recherches est venue », explique-t-il.  Dans son atelier du 7ᵉ arrondissement de N'Djamena, vêtu de sa tenue de travail, deux morceaux de bois en main et un crayon posé sur l'oreille, il fredonne quelques-uns de ses titres tout en s'affairant au rythme des marteaux, scies et rabots. Les sons du réglage des instruments se mêlent à ce vacarme artisanal. « Ça, c'est la Sanza. Ça, c'est une innovation. On a récupéré quelques organes d'une guitare morte pour fabriquer la harpe. Là, elle est électro-acoustique », précise Soléa Damas.  À lire aussiLa sanza, un piano à pouces aux multiples noms Toujours entouré de ses apprenants, une dizaine au total. Parmi eux, Menda Benjamin, diplômé mais au chômage, découvre un métier porteur. Quant à la plus jeune, Sanglar Patricia, 15 ans, elle se distingue par sa motivation et sa passion : « J'ai adhéré pour motiver d'autres personnes. » Les matières premières se raréfient. « Il faut parcourir de longues distances pour s'en procurer, se lamente l'artiste Soléa Damas. Parfois, au mois de juillet ou autre, on rentre en province avec une autorisation, on taille du bois mort, c'est ce qui permet de fabriquer aussi les tambours, les tambourins. C'est beaucoup de difficultés et à l'heure où le monde fait face au réchauffement climatique, nous sommes aussi en train de chercher à innover, à réinventer la fabrication des instruments. » Fabriquer, oui, mais surtout concilier ces instruments avec sa musique : c'est ce qui révèle l'identité de l'artiste. C'est son défi. « Un peu ailleurs, partout, les artistes brillent avec les instruments patrimoniaux, avec les instruments de chez eux. Mais, pourquoi pas au Tchad ? Pourtant, il y a une panoplie d'instruments », regrette-t-il. Âgé de 38 ans et enseignant de carrière, Soléa Damas ambitionne de transformer le centre de formation et de fabrication des instruments traditionnels en une véritable académie, afin de promouvoir davantage le patrimoine musical tchadien. À lire aussiLe balafon, une histoire d'héritage

Reportage culture
«Sunville», une création afrofuturiste entre exil, mémoire et réconciliation

Reportage culture

Play Episode Listen Later Sep 26, 2026 3:38


Sur une île peuplée de survivants, entre fin du monde et terre promise, Sunville imagine la société de demain. Ce théâtre musical porté par les textes du poète congolais Fiston Mwanza Mujila, la mise en scène de Stephanie Thiersch et la musique de Sofia Jernberg, née en Éthiopie, mêle rumba congolaise, jazz, électronique et musique contemporaine. Une création mondiale foisonnante qui inaugure « Unlimited », la nouvelle section de la Deutsche Oper Berlin dédiée aux formes artistiques sans frontières. Une mer de boules noires en plastique, des costumes éclatants et une galerie de personnages échoués sur une île imaginaire. C'est dans ce décor singulier que s'ouvre Sunville, une utopie née de la rencontre entre l'écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila et la chorégraphe et metteuse en scène allemande Stephanie Thiersch. « Il y a des gens qui arrivent de partout, qui ont fui des maladies, des guerres ou des dictatures et qui essaient sur cette île de construire la société de demain », explique Fiston Mwanza Mujila. Mais cette société idéale reste insaisissable. « On ne sait pas si elle est meilleure ou mauvaise », souligne Stephanie Thiersch. Entre mythologies, récits contradictoires et sauts dans le temps, la metteuse en scène compose un univers mouvant où la mer de boules peut tour à tour évoquer le danger, le chaos ou un terrain de jeu propice aux rencontres. Les blessures du passé au cœur du récit Présentée dans la Tischlerei, l'ancienne menuiserie transformée en laboratoire de création de la Deutsche Oper Berlin, l'œuvre fait dialoguer passé et futur. Le contre-ténor belgo-congolais Serge Kakudji y interprète un ancien champion de boxe de l'époque coloniale. « À l'époque coloniale, en Afrique du Sud, beaucoup de Noirs étaient cantonnés à la boxe », rappelle le chanteur. Son personnage porte les stigmates de cette histoire, mais aussi l'espoir d'une réparation symbolique. Sur scène, les objets abandonnés ou dévalorisés retrouvent une dignité nouvelle. « Il y a un message de réconciliation, mais aussi un clin d'œil à la restitution des objets d'art emportés par les puissances coloniales, explique Serge Kakudji. Même des objets du quotidien que l'on rejette habituellement retrouvent ici une valeur. Un pneu crevé peut devenir un objet précieux une fois peint en doré. » Une mosaïque musicale sans frontières À l'image de son récit éclaté, Sunville refuse les catégories. La compositrice suédoise d'origine éthiopienne Sofia Jernberg compose une partition foisonnante où se croisent rumba congolaise, chants sud-africains, musique classique et guitare électrique. « La guitare électrique renvoie à un personnage qui aime détruire et brûler les choses, d'où cette esthétique trash, explique la compositrice. Il nous fallait quelque chose de brut, de contemporain. J'ai même créé certains sons diffusés par les haut-parleurs avec l'intelligence artificielle, ce que je trouvais amusant pour un projet futuriste. » Cette diversité musicale reflète l'identité même de Sunville, œuvre polyglotte interprétée en français, allemand, anglais, lingala, swahili, hébreu et suédois. Rire contre la nuit Malgré les thèmes graves qu'elle aborde, la création ne cède jamais au pessimisme. Au contraire, elle fait du rire une forme de résistance. « Sur scène, nous rions contre le colonialisme, contre la xénophobie, affirme Fiston Mwanza Mujila. Le rire peut être un remède contre la nuit, contre la solitude. Ce rire est une magie. » Dans un monde secoué par les crises et les replis identitaires, Sunville choisit ainsi la poésie, le métissage et l'humour pour esquisser d'autres futurs possibles. À lire aussiFiston Mwanza Mujila, un enfant des mines et du crayon

Reportage Culture
«Sunville», une création afrofuturiste entre exil, mémoire et réconciliation

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Sep 26, 2026 3:38


Sur une île peuplée de survivants, entre fin du monde et terre promise, Sunville imagine la société de demain. Ce théâtre musical porté par les textes du poète congolais Fiston Mwanza Mujila, la mise en scène de Stephanie Thiersch et la musique de Sofia Jernberg, née en Éthiopie, mêle rumba congolaise, jazz, électronique et musique contemporaine. Une création mondiale foisonnante qui inaugure « Unlimited », la nouvelle section de la Deutsche Oper Berlin dédiée aux formes artistiques sans frontières. Une mer de boules noires en plastique, des costumes éclatants et une galerie de personnages échoués sur une île imaginaire. C'est dans ce décor singulier que s'ouvre Sunville, une utopie née de la rencontre entre l'écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila et la chorégraphe et metteuse en scène allemande Stephanie Thiersch. « Il y a des gens qui arrivent de partout, qui ont fui des maladies, des guerres ou des dictatures et qui essaient sur cette île de construire la société de demain », explique Fiston Mwanza Mujila. Mais cette société idéale reste insaisissable. « On ne sait pas si elle est meilleure ou mauvaise », souligne Stephanie Thiersch. Entre mythologies, récits contradictoires et sauts dans le temps, la metteuse en scène compose un univers mouvant où la mer de boules peut tour à tour évoquer le danger, le chaos ou un terrain de jeu propice aux rencontres. Les blessures du passé au cœur du récit Présentée dans la Tischlerei, l'ancienne menuiserie transformée en laboratoire de création de la Deutsche Oper Berlin, l'œuvre fait dialoguer passé et futur. Le contre-ténor belgo-congolais Serge Kakudji y interprète un ancien champion de boxe de l'époque coloniale. « À l'époque coloniale, en Afrique du Sud, beaucoup de Noirs étaient cantonnés à la boxe », rappelle le chanteur. Son personnage porte les stigmates de cette histoire, mais aussi l'espoir d'une réparation symbolique. Sur scène, les objets abandonnés ou dévalorisés retrouvent une dignité nouvelle. « Il y a un message de réconciliation, mais aussi un clin d'œil à la restitution des objets d'art emportés par les puissances coloniales, explique Serge Kakudji. Même des objets du quotidien que l'on rejette habituellement retrouvent ici une valeur. Un pneu crevé peut devenir un objet précieux une fois peint en doré. » Une mosaïque musicale sans frontières À l'image de son récit éclaté, Sunville refuse les catégories. La compositrice suédoise d'origine éthiopienne Sofia Jernberg compose une partition foisonnante où se croisent rumba congolaise, chants sud-africains, musique classique et guitare électrique. « La guitare électrique renvoie à un personnage qui aime détruire et brûler les choses, d'où cette esthétique trash, explique la compositrice. Il nous fallait quelque chose de brut, de contemporain. J'ai même créé certains sons diffusés par les haut-parleurs avec l'intelligence artificielle, ce que je trouvais amusant pour un projet futuriste. » Cette diversité musicale reflète l'identité même de Sunville, œuvre polyglotte interprétée en français, allemand, anglais, lingala, swahili, hébreu et suédois. Rire contre la nuit Malgré les thèmes graves qu'elle aborde, la création ne cède jamais au pessimisme. Au contraire, elle fait du rire une forme de résistance. « Sur scène, nous rions contre le colonialisme, contre la xénophobie, affirme Fiston Mwanza Mujila. Le rire peut être un remède contre la nuit, contre la solitude. Ce rire est une magie. » Dans un monde secoué par les crises et les replis identitaires, Sunville choisit ainsi la poésie, le métissage et l'humour pour esquisser d'autres futurs possibles. À lire aussiFiston Mwanza Mujila, un enfant des mines et du crayon

Reportage Afrique
Côte d'Ivoire: Grand-Bassam déjà dans les préparatifs de la Fête de l'Abissa

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Sep 25, 2026 2:13


En Côte d'Ivoire, se tiendra dans un mois, à partir du 25 octobre, la fête de l'Abissa. Deux semaines de festivités qui se déroulent dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, à une trentaine de kilomètres d'Abidjan pour célébrer le nouvel an du peuple N'Zima Kôtôkô. Sur place, les habitants sont déjà à pied d'œuvre pour préparer la ville à recevoir les dizaines de milliers de festivaliers. Reportage à Grand-Bassam.  De notre correspondante en Côte d'Ivoire, Dans sa boutique située au quartier France, Jean Ndouba Kouamé vend des produits de tous les jours, divers articles qu'ils commencent à stocker en plus grand nombre, en prévision de la fête. « C'est un grand moment pour nous parce que tous les commerçants arrivent à s'en sortir. Peu importe ce que tu vends, ça va marcher. Même si tu es un mauvais dessinateur, dessine n'importe quoi sur un tableau et les gens vont aimer et acheter ! Parce que ce moment est un moment sacré pour nous, c'est notre nouvel an ! Les gens viennent de partout. Pendant cette période, si tu es un commerçant et que tu as l'habitude de vendre pour 50 000 francs CFA par mois, là en une semaine, tu vas atteindre près de 350 000 francs CFA. Tu multiplies ton chiffre d'affaires par 5 », explique-t-il. L'Abissa est une fête traditionnelle qui célèbre le nouvel an chez le peuple N'zima Kôtôkô. L'événement rassemble chaque fin octobre des dizaines de milliers de visiteurs, venus admirer les danses rituelles, de célébration et de cohésion. Elles se déroulent sur une place exiguë, près du palais royal, où les ouvriers sont à pied d'œuvre. « Il va y avoir une tribune ici qui est en train d'être installée…, raconte Binlin Ndamoulé, président de la Commission Tradition et Valorisation culturelle de l'Abissa. On sent la frénésie, parce qu'habituellement quand on vient, c'est calme. Mais vous voyez, à tous les coins de rue, des petites constructions sont en train d'être faites. C'est ça aussi, ça participe de la préparation de l'événement ». Un pagne créé spécialement pour le festival Si les tambours traditionnels rythment les danses de l'Abissa, les pagnes, eux, les habillent. Chaque année, le festival crée un modèle spécial. Sur des tons de bleu cette année, avec les attributs traditionnels – équivalent des armoiries – des 7 familles qui composent les N'zima. « Le pagne cette année est vraiment beau. On est sorti de l'ordinaire. On a changé la couleur, il est magnifique », précise Binlin Ndamoulé. Et ils se vendent plutôt bien, explique Dédé Kouamé Jean-Jacques, l'un des fournisseurs : « On peut vendre plus de 300 000 à 400 000 francs CFA par jour. Une année, j'ai même vendu plus de 1 400 000 francs CFA en une journée seulement. Ce n'est pas obligatoire [d'en porter, NDLR], mais quand on dit "l'Abissa", et que tu portes une tenue en pagne, c'est bien beau ». Vêtu du pagne officiel, maquillé de kaolin, comme il est de coutume à l'Abissa, il ne reste plus qu'à attendre le début des festivités. Elles sont prévues dans un mois. À lire aussiCôte d'Ivoire: quand les ainés N'Zima transmettent leur patrimoine culturel lors de l'Abissa

Chronique de Mamane
Campagne électorale pour le Ballon d'Or

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 24, 2026 3:00


Le Ballon d'Or est devenu une vraie élection présidentielle. 

Chronique de Mamane
Campagne électorale pour le Ballon d'Or

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 24, 2026 3:00


Le Ballon d'Or est devenu une vraie élection présidentielle. 

Chronique de Mamane
Article 13 de la Déclaration des droits de l'homme

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 2:52


Le Gondwanais lambda se pose des questions sur l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Chronique de Mamane
Article 13 de la Déclaration des droits de l'homme

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 2:52


Le Gondwanais lambda se pose des questions sur l'article 13 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Chronique de Mamane
ICE à l'Assemblée générale de l'ONU

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 22, 2026 2:42


La délégation gondwanaise à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, a reçu des instructions très particulières. 

new york humour culture afrique
Chronique de Mamane
ICE à l'Assemblée générale de l'ONU

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 22, 2026 2:42


La délégation gondwanaise à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, a reçu des instructions très particulières. 

new york humour culture afrique
Chronique de Mamane
Il faut faire un geste

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 21, 2026 2:54


Au Gondwana, il est très bien vu d'être généreux.

Chronique de Mamane
Il faut faire un geste

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 21, 2026 2:54


Au Gondwana, il est très bien vu d'être généreux.

Reportage culture
«Au Mali, quand les animaux dansent»: une plongée dans un théâtre ancestral menacé

Reportage culture

Play Episode Listen Later Sep 19, 2026 2:56


Le musée des Confluences de Lyon invite à un voyage sur les rives du Niger avec l'exposition « Au Mali, quand les animaux dansent ». À travers 110 masques, marionnettes et instruments issus de la collection de Sonia et Albert Loeb, dont une centaine ont été donnés au musée, elle dévoile l'univers du sogo bō (« les animaux sortent », en langue bamanan), un théâtre populaire ancestral du centre-ouest du Mali. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco depuis 2014, cette tradition est au cœur d'une immersion entre art, musique et mémoire. Dès l'entrée, une impressionnante tête d'antilope de plus de quatre mètres de haut donne le ton. Au fil du parcours, lions, girafes, buffles décorés de boîtes de conserve et éléphants aux couleurs éclatantes peuplent les salles du musée. Conçues à partir de bois, de tissus, de métal ou encore de fibres végétales, ces créations témoignent de la richesse artistique du sogo bō, qui signifie littéralement « les animaux sortent », en langue bamanan. Pour Albert et Sonia Loeb, galeristes, collectionneurs et passionnés de longue date du Mali, ces œuvres sont bien plus que de simples objets. « C'est un très ancien spectacle, très poétique, où les animaux représentent les hommes », expliquent-ils. Accompagnées de chants, de percussions et de mises en scène, ces représentations jouent également un rôle essentiel dans la cohésion sociale des communautés. À lire aussiCultes préislamiques du Mali: l'exemple du Nya minianka Traditionnellement organisés sur les places de village, au bord du fleuve Niger ou même à bord de pirogues, les spectacles du sogo bō mettent en scène des récits fondateurs, des mythes, mais aussi des scènes de la vie quotidienne. Une pratique profondément liée au rythme des populations locales. Comme le souligne Yoann Cormier, commissaire de l'exposition, chez les Bamana, peuple agricole, les représentations accompagnent les grandes périodes de récolte. Chez les Bozo, davantage tournés vers la pêche, elles sont associées aux grands cycles du fleuve. Pendant près de 20 ans, Sonia et Albert Loeb ont parcouru les rives du Niger pour collecter objets, témoignages et enregistrements. Un travail de sauvegarde devenu précieux alors que cette tradition est aujourd'hui fragilisée. L'insécurité et la pression des groupes jihadistes ont rendu de nombreux rassemblements villageois impossibles, menaçant la transmission de ce patrimoine inscrit depuis 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Malgré ce contexte difficile, l'exposition se veut porteuse d'espoir. Selon Yoann Cormier, plusieurs festivals internationaux et initiatives locales contribuent encore à faire vivre cette pratique, à l'archiver et à la transmettre aux nouvelles générations. À lire aussiPatrimoine religieux et culturel face à la guerre : de Tombouctou à Odessa, comment résister?

Reportage Culture
«Au Mali, quand les animaux dansent»: une plongée dans un théâtre ancestral menacé

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Sep 19, 2026 2:56


Le musée des Confluences de Lyon invite à un voyage sur les rives du Niger avec l'exposition « Au Mali, quand les animaux dansent ». À travers 110 masques, marionnettes et instruments issus de la collection de Sonia et Albert Loeb, dont une centaine ont été donnés au musée, elle dévoile l'univers du sogo bō (« les animaux sortent », en langue bamanan), un théâtre populaire ancestral du centre-ouest du Mali. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco depuis 2014, cette tradition est au cœur d'une immersion entre art, musique et mémoire. Dès l'entrée, une impressionnante tête d'antilope de plus de quatre mètres de haut donne le ton. Au fil du parcours, lions, girafes, buffles décorés de boîtes de conserve et éléphants aux couleurs éclatantes peuplent les salles du musée. Conçues à partir de bois, de tissus, de métal ou encore de fibres végétales, ces créations témoignent de la richesse artistique du sogo bō, qui signifie littéralement « les animaux sortent », en langue bamanan. Pour Albert et Sonia Loeb, galeristes, collectionneurs et passionnés de longue date du Mali, ces œuvres sont bien plus que de simples objets. « C'est un très ancien spectacle, très poétique, où les animaux représentent les hommes », expliquent-ils. Accompagnées de chants, de percussions et de mises en scène, ces représentations jouent également un rôle essentiel dans la cohésion sociale des communautés. À lire aussiCultes préislamiques du Mali: l'exemple du Nya minianka Traditionnellement organisés sur les places de village, au bord du fleuve Niger ou même à bord de pirogues, les spectacles du sogo bō mettent en scène des récits fondateurs, des mythes, mais aussi des scènes de la vie quotidienne. Une pratique profondément liée au rythme des populations locales. Comme le souligne Yoann Cormier, commissaire de l'exposition, chez les Bamana, peuple agricole, les représentations accompagnent les grandes périodes de récolte. Chez les Bozo, davantage tournés vers la pêche, elles sont associées aux grands cycles du fleuve. Pendant près de 20 ans, Sonia et Albert Loeb ont parcouru les rives du Niger pour collecter objets, témoignages et enregistrements. Un travail de sauvegarde devenu précieux alors que cette tradition est aujourd'hui fragilisée. L'insécurité et la pression des groupes jihadistes ont rendu de nombreux rassemblements villageois impossibles, menaçant la transmission de ce patrimoine inscrit depuis 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Malgré ce contexte difficile, l'exposition se veut porteuse d'espoir. Selon Yoann Cormier, plusieurs festivals internationaux et initiatives locales contribuent encore à faire vivre cette pratique, à l'archiver et à la transmettre aux nouvelles générations. À lire aussiPatrimoine religieux et culturel face à la guerre : de Tombouctou à Odessa, comment résister?

Invité Afrique
Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne: «70 ans plus tard, c'est un combat qui a porté ses fruits»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 18, 2026 9:25


Il y a 70 ans, quelque 50 écrivains et artistes noirs se réunissaient en septembre 1956 à la Sorbonne, à Paris, pour proclamer la renaissance de la culture africaine. Aujourd'hui, ce combat est-il gagné ou est-ce qu'il reste des citadelles à prendre ? Florence Alexis est l'une des deux commissaires de l'exposition qui accompagne le colloque organisé ce vendredi à la Sorbonne. Elle connaît d'autant mieux les enjeux du congrès de 1956 que son père, le grand écrivain haïtien Jacques Stephen Alexis, y a participé. Elle répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l'Histoire », a lancé Aimé Césaire à la Sorbonne, il y a 70 ans. En quoi ce premier Congrès des écrivains et artistes noirs a-t-il été fondateur ? Il est fondateur parce que, d'abord, il a lieu après le lancement de ce concept de négritude qui a été, comme vous le savez, inventé par Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor. Et le Congrès des écrivains et artistes noirs se place dans cette lignée avec un axe très ouvert sur la culture et les arts. Est-ce qu'on peut dire qu'à l'époque, la colonisation a détruit la culture africaine et que l'enjeu, c'est cette renaissance de la culture, ou pas ? Oui, on peut le dire. Senghor le dit lui-même avec ses propres mots : « La Renaissance européenne s'est édifiée sur les ruines de la civilisation négro-africaine. La force américaine s'est engraissée de la sueur du sang nègre. C'est 200 millions de morts que la traite des nègres a coûté à l'Afrique, mais qui dénombrera les richesses perdues ? Grâce à Dieu, la flamme n'est pas éteinte. Le levain est resté au fond des cœurs et des corps meurtris qui permet aujourd'hui notre renaissance. » Si vous voulez, effectivement, il y a vraiment une destruction liée aux prédations coloniales, mais en même temps, il y a un appel à la renaissance sur ce qu'il reste et ce qui a pu survivre à la violence coloniale qui a précédé. Peut-on parler de la fin d'une domination occidentale sur la culture africaine ? À ce moment-là, oui, puisqu'il y a reconquête, si vous voulez. Il y a la redéfinition des appartenances. C'est une réflexion endogène, sur soi, qui permet aussi de se relier aux autres, parce qu'il y a peut-être un point qui est important à souligner, c'est que ces hommes ont traversé la Deuxième Guerre mondiale, comme vous le savez. Par exemple, un homme comme Léopold Sédar Senghor a combattu comme soldat français pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il a d'ailleurs frôlé la mort. Il a failli être exécuté par les Allemands à ce moment-là. Et donc, il y a aussi l'expérience du racisme et du nazisme qui éclaire la réflexion de ce congrès et qui, tout en défendant ses propres valeurs, s'attache vraiment à la notion d'universel et de lien avec le reste de l'humanité. Est-ce que c'est vrai qu'il y a eu, pendant ce congrès il y a 70 ans, un débat assez vif entre Senghor, qui croyait en une seule culture négro-africaine, et votre père, Jacques Stéphen Alexis, qui préférait parler de culture nationale ? Oui, il y a des débats qui sont en fait des approches, je dirais, à la fois philosophiques et politiques. Effectivement, mon père était plus attaché à défendre les approches nationales de la culture haïtienne. Mais je dirais qu'il y a un fond commun qui est partagé, même si les participants ne partagent pas tous les mêmes idées. Est-ce une façon pour votre père, à ce moment-là, d'affirmer les cultures caribéennes à côté des cultures africaines ? Les cultures africaines, elles ont survécu peut-être un petit peu mieux, mais les cultures caribéennes sont à peine définies à l'époque, même si les leaders du début du XXᵉ siècle, qui ont lancé les Congrès panafricains - c'est intéressant de le rappeler - sont tous des gens de la Caraïbe. Donc la notion même de panafricanisme, elle naît dans la Caraïbe, elle est lancée par des Trinidadiens et portée également par des Noirs américains et des Haïtiens. C'est intéressant de voir que cette idée panafricaine, elle émerge même du monde des diasporas africaines avant même de s'épanouir en Afrique, avec d'autres leaders au Ghana, au Kenya, etc. Mais c'est vrai qu'à l'époque, il y a manifestement un grand besoin de se définir en tant que Caribéens, et c'est cette voie que mon père a essayé d'exprimer au sein du Congrès, avec d'autres. Il y avait d'autres intellectuels de la Caraïbe, Édouard Glissant qui est encore très jeune, et Frantz Fanon qui va faire une communication très importante lors de ce congrès. Alors, en 1956, dans ce congrès, il y avait 52 hommes et une femme, une seule femme. Est-ce que tout cela ne paraît pas très anachronique aujourd'hui ? Oui, totalement. Je pense que là, il y a vraiment un impensé de la part des organisateurs et des délégués. Et il y a effectivement une seule femme sur la photo, elle s'appelle Clara Perez. En fait, elle est l'épouse du président du Congrès qui était un Haïtien. Un illustre Haïtien qui s'appelait Jean Price-Mars et qui a présidé ce congrès à la place d'un autre très grand intellectuel noir, qui s'appelait W.E.B. Dubois, un Noir américain qui a été interdit de passeport par les États-Unis ; de même, par ailleurs, que la délégation sud-africaine, qui à cause de l'apartheid n'a pas pu se rendre non plus au Congrès. Vous avez beaucoup de femmes qui auraient pu être présentes à ce moment-là, et il n'y en a aucune sur la photo, sinon Madame Price-Mars. Mais évidemment, il y a beaucoup de femmes comme Paulette et Jeanne Nardal, dont on reparle aujourd'hui bien utilement, comme Jacqueline Leiner, comme Lilyan Kesteloot, comme Joséphine Baker, qui a soutenu concrètement le Congrès des femmes, comme Sarah Maldoror, comme Gerty Archimède ou encore Suzanne Roussi Césaire, qui était l'épouse d'Aimé Césaire et qui s'était déjà illustrée comme une grande intellectuelle dans l'entre-deux-guerres. Donc les femmes sont absentes. Effectivement, je pense que c'est le fruit des mentalités de l'époque. Mais justement, dans l'exposition, on a traité ce sujet et on a rappelé ce que les femmes avaient déjà commencé à apporter à la réflexion. On le montre dans l'exposition. 70 ans après, est-ce que les combats de 1956 sont tous gagnés ou est-ce qu'il reste des citadelles à prendre ? Sur le champ culturel, en tout cas, quand on voit leurs préoccupations de l'époque, on se rend compte que les artistes se confrontent exactement aux mêmes difficultés aujourd'hui. Le recel de biens culturels, qui est déjà à l'ordre du jour dans les débats du Congrès, ce sont des problèmes qui sont encore d'actualité aujourd'hui. Vous parlez des recels de biens culturels, mais sur ce plan là, il y a quand même une petite évolution depuis une dizaine d'années, non ? Bien sûr qu'il y a évolution. Mais justement, c'est ça qui est intéressant : c'est de montrer que le Congrès de 1956 aborde déjà ces questions, même si les gens ne s'en souviennent pas bien et que, aujourd'hui, 70 ans plus tard, on voit quand même que c'est un combat qui a porté ses fruits, puisque ce sont des questions qui sont abordées prudemment, je dirais timidement, très progressivement. Mais en tout cas, le débat a porté ses fruits. Et aujourd'hui, effectivement, beaucoup d'œuvres d'art commencent à être rapatriées dans leur terre natale. Et donc, effectivement, vous avez raison, il y a des évolutions. Ce qui est intéressant, c'est de montrer que le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, fondé par Alioune Diop, a vraiment ouvert ces débats et nous amène aujourd'hui à résoudre certaines questions qui étaient encore en suspens à l'époque. Florence Alexis, vous êtes l'une des deux commissaires de l'exposition qui accompagne le colloque de ce vendredi à la Sorbonne, à Paris. Quelles sont les pièces que vous tenez à exposer, à montrer au public, dans la partie dont vous avez la responsabilité, c'est-à-dire la mémoire d'un congrès, celui de 1956 ? Je me suis appuyée sur le fonds photographique de Présence africaine. Ce sont des documents plutôt anciens mais qui sont mal connus, notamment la magnifique affiche de l'exposition, qui était un dessin qui avait été offert par Pablo Picasso à Alioune Diop à l'occasion de ce congrès, et qui représente un des fils d'Aimé Césaire, à l'époque. Il y a évidemment une photo très connue qui est la photo du Congrès, où on voit la plupart des participants et dont nous avons parlé tout à l'heure. Et puis, il y a évidemment un portrait d'Alioune Diop, qui me paraît évidemment très important parce que c'était un homme qui était à la fois très discret, mais qui a été, on le voit aujourd'hui, terriblement efficace dans ses initiatives. Donc, c'est une figure qui gagne à être connue et qui devrait être mieux connue des jeunes Africains. Il y a une très belle photo qui vient des archives de l'humanité et qui montre Aimé Césaire, mon père Jacques Stéphen Alexis et l'écrivain noir américain Richard Wright, qui débattent debout dans la cour de la Sorbonne. Ça, c'est une image qui est moins connue. Il y a des portraits d'Aimé Césaire, il y a des photos, des débats et puis un très beau portrait, d'un homme qui a beaucoup compté - vous demandiez comment les choses avaient pu évoluer entre-temps - qui n'est plus de ce monde aujourd'hui, mais dont je suis heureuse de pouvoir prononcer le nom, qui s'appelait Okwui Enwezor, qui est un essayiste et un curateur du Nigeria. Il a été le premier Africain commissaire de la Biennale de Venise en 2015. Je dirais qu'il a fait basculer la présence des artistes non européens dans les grands événements artistiques mondiaux. Votre père, Jacques Stephen Alexis, a disparu en Haïti en 1961. Sans doute a-t-il été assassiné par les Tontons Macoutes de François Duvalier. Est-ce qu'aujourd'hui la République haïtienne a tout fait pour honorer sa mémoire ? Oui, la République haïtienne fait ce qu'elle peut dans la situation où elle est aujourd'hui. Puisque, vous le savez, l'État haïtien est en très grave difficulté actuellement et très menacé. Mais malgré ça, l'État haïtien a présenté officiellement ses excuses en 2022, quand nous avons eu la possibilité de célébrer le centenaire de mon père, qui est né en 1922. À l'occasion de la célébration de ce centenaire, l'État haïtien a présenté ses excuses. Face à la dérive politique et criminelle de votre pays, des troupes africaines, notamment tchadiennes, sont arrivées cette année à Port-au-Prince. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative africaine portée par la communauté internationale ? J'en pense beaucoup de bien. Je vois un témoignage de solidarité qui est extrêmement précieux parce que Haïti a eu l'occasion, à maintes reprises depuis son indépendance en 1804, de témoigner sa solidarité avec les pays africains et avec tous les peuples en lutte pour leur liberté. Donc, en ce sens, il est important qu'Haïti reçoive ce soutien de l'Afrique, parce que les liens avec Haïti et l'Afrique sont extrêmement forts, y compris culturels. Mais j'ai un peu peur du contexte actuel qui ne facilite pas ces initiatives, tout à fait louables et précieuses.    

Reportage Afrique
Mauritanie: le ngomu, couscous traditionnel, plus qu'un plat, un patrimoine culinaire [2/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Sep 18, 2026 2:24


C'est un plat, un patrimoine culinaire très prisé par les Mauritaniens : le couscous, appelé aussi ngomu. Chaque jour, dans plusieurs cuisines, la vapeur monte au-dessus des couscoussières, répandant la douce odeur du ngomu à travers les quartiers. Ce plat requiert des heures de préparation. Avec délicatesse. De notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry Dans ce carrefour, du matin au soir, des femmes se retrouvent pour faire et vendre leur couscous. Du fait de ce plat, l'endroit est tellement prisé qu'il a été nommé le Carrefour Couscous. Mariame Mint Ahmed, assise, des plats de semoule bien tamisée autour d'elle, explique les procédures à suivre pour bien préparer le ngomu. « La semoule est tamisée, humidifiée et roulée à la main, puis cuite à la vapeur sur une couscoussière, détaille-t-elle. La viande est mijotée avec les épices et les légumes. Pour finir, on dresse la semoule dans un plat, on ajoute la viande et les légumes, puis on verse le bouillon avant de servir. » Elle donne aussi les raisons qui font que ce plat est si courtisé par les Mauritaniens. « Le couscous fait partie du patrimoine culinaire mauritanien. Il est préparé avec soin, surtout lors des mariages et des grands événements, rappelle-t-elle. Apprécié par les invités, il suscite souvent leur curiosité sur les endroits où on peut le déguster. » Ce plat, qui se prépare avec beaucoup de délicatesse, fait aussi l'objet de convoitise à l'extérieur. Selon Izzé Mint Brahim, chaque année, des milliers de sachets de couscous sec sont exportés du pays. « Pour le couscous sec que nous exportons, on utilise la semoule et la farine. Au lieu de la couscoussière, on l'étale sur un torchon propre pour le faire sécher puis nous le mettons en sachets, explique Izzé Mint Brahim. Il est ensuite expédié dans la sous-région. Certains clients nous appellent et nous mettent en contact avec des chauffeurs et d'autres envoient des proches pour l'acheter et l'envoyer à leur famille. » À lire aussiLe couscous: une tradition millénaire entre lieu de mémoire et syncrétisme culturel Un plat de partage Walid, lui, n'est pas venu pour acheter, mais il confirme la saveur du ngomu. « C'est un très bon plat mauritanien. Surtout, il est accompagné par des légumes, sourit-il. C'est délicieux. » Pour mieux conserver ce patrimoine culinaire et assurer sa transmission de génération en génération, l'État mauritanien a mis en place en 2021 l'École nationale des métiers du tourisme. « Le premier objectif, c'est de recenser notre patrimoine, ensuite de former des formatrices sur la technique pédagogique pour pouvoir transmettre ce savoir-faire à des jeunes générations, liste Mohamedou Zein El Abidine, son directeur général, et le troisième objectif, c'est que ce patrimoine-là soit reconnu au niveau de l'Unesco comme un patrimoine culinaire propre à la Mauritanie. » Le ngomu est plus qu'un simple repas. C'est aussi un plat de partage et de convivialité. Il rassemble les familles et les invités autour d'une même table.  À lire aussiEn Mauritanie, le thé, loin d'être une simple boisson, est une langue [1/3]

Chronique de Mamane
Supporter de l'équipe qui gagne

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 2:49


En football et en politique, il y a des gens qui ne souffrent jamais.

Chronique de Mamane
Supporter de l'équipe qui gagne

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 2:49


En football et en politique, il y a des gens qui ne souffrent jamais.

Reportage Afrique
En Mauritanie, le thé, loin d'être une simple boisson, est une langue [1/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 2:30


En Mauritanie, le thé se vit et se boit au quotidien. Partout dans le pays, c'est la première chose servie à un visiteur. Derrière cette boisson se cache un aspect culturel très prisé par les populations, il est utilisé pour honorer les invités. Le thé rassemble les familles, accueille les invités et rythme les journées. Immersion dans le rituel le plus sacré des Mauritaniens. De notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry Dans cette maison, Mariam El Medou et quelques membres de sa famille sont assis dans le salon. Devant elle, il y a tout le matériel nécessaire pour préparer le thé. À côté, un plateau avec du pain, du lait et des arachides. Les discussions vont bon train, accompagnées par de la musique. Pour Mariam, le thé est essentiel dans le quotidien des Mauritaniens. « Le thé, c'est quelque chose qui honore les Mauritaniens. Il fait partie de notre culture. C'est la première boisson qu'on sert dès qu'on a une visite, explique Mariam. Partout où tu vas, on te servira du thé, peu importe la maison dans laquelle tu entres. Pour préparer le thé, nous utilisons trois théières. Le thé est une boisson que nous avons héritée de nos ancêtres. Si nous avons mal à la tête, nous comprenons immédiatement que c'est un signal qui indique qu'il faut boire du thé. » Le thé est loin d'être une simple boisson en Mauritanie. Selon Ba Adama Moussa, il joue aussi un rôle de fédérateur. « Le thé rapproche les Mauritaniens. C'est quelque chose que les Mauritaniens prennent pratiquement à toutes les heures de la journée, précise-t-il. Dans les bureaux mauritaniens, il est pratiquement pris à toutes les heures. Quand les Mauritaniens vous disent quoi de neuf ? En général, les langues se délient autour de ce thé-là. » À écouter dans 8 milliards de voisinsCuisine : thés et infusions du continent africain Une façon de recevoir Mohamed Zein Albidina décrit la spécificité du thé et le moment idéal pour le préparer. « On dit que le thé mauritanien, il a ses trois J. Le premier J, c'est qu'il faut un nombre de personnes pour que le thé soit agréable, liste-t-il. Le deuxième J, ce sont les braises. Aujourd'hui, on élabore le thé sur le feu à gaz, mais la saveur du thé, son goût, c'est lorsqu'il est fait sur des braises ou le feu de bois. Et le troisième J, c'est celui de la lenteur parce qu'il y a un premier verre et il y a un deuxième verre, et il y a un troisième verre. Et entre chacun des verres, il faut un temps qui va donner l'occasion de discuter. Et on dit que le dernier est le mieux apprécié. » C'est souvent autour du thé que se prennent les décisions les plus importantes. « En général, on décide ensemble. C'est comme des gens qui veulent faire un travail en Occident : les gens s'invitent autour d'un resto, autour d'un verre, ils commencent à discuter, à échanger. Voilà, ils commencent à prendre des décisions ou en tout cas à échanger et finissent par se connaître, par casser la glace, illustre Ba Adama Moussa. Le thé joue exactement ce rôle-là en Mauritanie. » En Mauritanie, le thé n'est pas qu'une boisson. C'est une langue, une façon de recevoir, une façon d'aimer. À écouter dans C'est pas du ventThé : du champ à la tasse

Chronique de Mamane
Transfert de technologie

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 16, 2026 2:39


Au Gondwana, on dirait que le mercato est permanent.

Chronique de Mamane
Transfert de technologie

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 16, 2026 2:39


Au Gondwana, on dirait que le mercato est permanent.

Chronique de Mamane
Ministres en pagaille

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 2:55


Au Gondwana, il y a plusieurs types de ministres.

Chronique de Mamane
Ministres en pagaille

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 2:55


Au Gondwana, il y a plusieurs types de ministres.

Chronique de Mamane
Projet ou programme électoral?

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 14, 2026 2:44


Mamane, à l'élection présidentielle, il y a deux types de candidats : celui qui a un programme, et celui qui a un projet…

Chronique de Mamane
Projet ou programme électoral?

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 14, 2026 2:44


Mamane, à l'élection présidentielle, il y a deux types de candidats : celui qui a un programme, et celui qui a un projet…

Chronique de Mamane
De l'argent frais pour les élus

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 10, 2026 2:41


Le Gondwana a trouvé une solution efficace pour lutter contre la corruption des élus.

Chronique de Mamane
De l'argent frais pour les élus

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 10, 2026 2:41


Le Gondwana a trouvé une solution efficace pour lutter contre la corruption des élus.

Chronique de Mamane
La TVA au Gondwana

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 9, 2026 2:51


Certains Gondwanais croient que la TVA est un problème de pays riches.

Chronique de Mamane
La TVA au Gondwana

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 9, 2026 2:51


Certains Gondwanais croient que la TVA est un problème de pays riches.

Chronique de Mamane
La TVA antisociale

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 8, 2026 2:44


L'actualité nous sert un concept assez étonnant : la TVA sociale.

Chronique de Mamane
La TVA antisociale

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 8, 2026 2:44


L'actualité nous sert un concept assez étonnant : la TVA sociale.

Chronique de Mamane
La dette publique

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 2:45


Le débat sur la dette publique est arrivé jusqu'au Gondwana.

Chronique de Mamane
La dette publique

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 2:45


Le débat sur la dette publique est arrivé jusqu'au Gondwana.

Invité Afrique
Frédérique Cifuentes: «Le textile permet d'exprimer la richesse culturelle du Soudan, comme la poésie»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 5, 2026 4:35


Au Soudan, et précisément à Khartoum, dans les années 2000, elle a entrepris un projet photographique, avec une recherche consacrée aux vestiges de la culture cinématographique et aux traces d'une scène du cinéma autrefois florissante. Frédérique Cifuentes, photographe, réalisatrice et commissaire d'expositions, revisite ses archives et en ressort des œuvres imprimées sur textile exposées à l'Institut Goethe à Paris, à l'occasion de la deuxième rencontre du cinéma soudanais. RFI : Vous exposez des photos que vous avez prises à Khartoum au Festival du film soudanais à Paris. Pour l'occasion, vous avez choisi de présenter des clichés imprimés cette fois-ci sur des tissus. Comment l'idée vous est-elle venue ? Frédérique Cifuentes : La série photo originale que j'ai commencée en 2004, 2005, 2006, à Khartoum, je l'ai déjà présentée. Je voulais présenter les tirages de l'époque d'une autre manière. Depuis à peu près deux ans, je commence à travailler la photo à travers le textile et pas seulement la photo, mais les archives photographiques. Dans ces tirages, vous faites référence à deux films présentés dans le cadre de ce festival, à savoir The Dislocation of Amber de Hussein Shariffe (1975) et Tajouj de Gadalla Gubara (1977). Il y a des paroles sur les photos, de la poésie ? Il y a beaucoup de symbolique sur les panneaux réalisés en référence à ces deux films. Par exemple, pour Tajouj, j'ai pris une partie d'un dialogue en arabe. Tous les appliqués qui reproduisent les dialogues des films ou la poésie qui est récitée dans The Dislocation of Amber, je les ai donc écrits en arabe. Pour Tajouj, j'ai repris un dialogue qui dit : « Nous voyons la beauté du monde à travers ces yeux. » Et ça fait référence aux yeux de Tajouj, qui est l'héroïne du film et qui est une actrice magnifique qui, effectivement, nous fait voir le monde à travers un prisme de la beauté et montre la richesse du pays. En ce qui concerne Dislocation of Amber, c'est un film conceptuel dans lequel il n'y a pas de dialogues, mais un poème du poète soufi du 13e siècle Ibn Al Farid est récité tout au long du film. Qu'est-ce qui a déclenché l'idée d'aller filmer ces cinémas en plein air à Khartoum ? Je suis allée pour la première fois au Soudan en 2002 pour un festival soufi, complètement par hasard. J'ai été subjuguée par la beauté du pays, les gens. Venant de France, de Paris, je n'avais jamais vu une luminosité aussi incroyable et une telle richesse culturelle magnifique. J'ai été happée par (la culture soufie) et j'y suis retournée. J'ai continué à faire des recherches sur les soufis pendant plusieurs années. Et puis je me suis aussi intéressée à l'architecture coloniale de Khartoum. Khartoum a été traversée par plusieurs vagues de colonisation. Il y a eu les Turcs, les Anglais à l'époque coloniale britannique ; il y a eu une série de constructions de cinémas en plein air. J'ai rencontré ensuite le cinéaste Gadalla Gubara, un pionnier du cinéma en Afrique et au Soudan. Cela a été aussi un grand projet à long terme que j'ai réalisé. Et puis j'avais envie de le réinterpréter, de le redécouvrir d'une autre façon. Et pourquoi pas le textile? Parce que finalement, avec le textile, on peut explorer d'autres possibilités qui peuvent aider à exprimer d'autres choses et apporter d'autres éléments de la richesse culturelle du Soudan, comme la poésie. Vous parlez de la fragilité des textiles et aussi de ces lieux dont on ne sait pas aujourd'hui ce qu'ils deviennent. Effectivement, la fragilité, on peut la percevoir à travers ces formes de tissu. C'est comme un puzzle qui est démantelé. Et cela peut effectivement faire référence au patrimoine architectural du Soudan, qui est certainement maintenant anéanti à cause de la guerre. Mais ce n'est pas parce que physiquement, on ne voit plus les bâtiments que l'âme des bâtiments n'existe plus. C'est aussi cela que je voulais mettre en valeur à travers ce travail. C'est montrer que cela a existé et cela continue à exister dans la mémoire des gens, que cela continue à exister surtout dans le ressenti et les émotions. À lire aussiÀ Paris, un festival sur le cinéma soudanais relate les guerres et bouleversements du pays

Chronique de Mamane
Les vacances sont finies, l'argent aussi

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 2:45


Il faut bien se rendre à l'évidence : les vacances sont bel et bien terminées.

Chronique de Mamane
Les vacances sont finies, l'argent aussi

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 2:45


Il faut bien se rendre à l'évidence : les vacances sont bel et bien terminées.

Chronique de Mamane
La rentrée du Sud global

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 2:54


Mamane, dans le Préau et le Sud global, on ne connaît pas de vacances ! ...

Chronique de Mamane
La rentrée du Sud global

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 2:54


Mamane, dans le Préau et le Sud global, on ne connaît pas de vacances ! ...

Chronique de Mamane
La rentrée du carré VIP de la «Cour de Récré»

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 1, 2026 2:58


Dans le carré VIP de la Cour de Récré, les choses ne sont plus ce qu'elles ont été.

Chronique de Mamane
La rentrée du carré VIP de la «Cour de Récré»

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Sep 1, 2026 2:58


Dans le carré VIP de la Cour de Récré, les choses ne sont plus ce qu'elles ont été.

Reportage Afrique
Histoire de la nuit africaine: le club DjaDja, la boîte afro la plus célèbre du Maroc [10/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 29, 2026 4:40


Ouvert en 2019, seulement un an après la sortie du tube éponyme, le DjaDja Afro Club, boîte branchée de Casablanca, est devenu le symbole d'un pays en plein bouleversement démographique, où les Africains d'origine subsaharienne se comptent désormais par dizaines de milliers. Le nombre de résidents étrangers au Maroc a augmenté de 76 % en 10 ans. Les Sénégalais et les Ivoiriens sont en tête des nations les plus représentées.  De notre correspondant à Casablanca, Au DjaDja, des clients venus de toute l'Afrique se pressent pour écouter les derniers sons afro en vogue, mais le lieu s'est donné pour but d'ouvrir ses portes au plus grand nombre et de participer à ce grand mouvement d'expansion culturelle de la musique africaine dans le monde. À 30 minutes de l'ouverture des portes, Konaté Vamory, le créateur ivoirien de la boite de nuit afro la plus célèbre du pays, est détendu sur une banquette en skaï, aux côtés d'un buste géant d'une femme noire qui trône au-dessus du DJ booth. L'établissement vient de fêter ses 7 ans d'existence et il est devenu une référence de la nuit casablancaise. « C'est la fête abidjanaise que j'ai voulu apporter ici, et voilà, on l'a fait et ça a été très bien fait. Toute la semaine, je suis moi-même émerveillé, rit le gérant du DjaDja club, de l'ambiance que les DJ produisent et de comment ça se défoule sur la piste de danse… Je suis émerveillé tous les soirs, donc tous les soirs, c'est une nouvelle histoire au DjaDja. » La boîte de nuit est devenue le symbole d'un Maroc devenu pays de destination et plus seulement de transit pour les travailleurs migrants venus d'Afrique subsaharienne. Sénégalais, Ivoiriens, Congolais – sapés comme jamais – se pressent déjà devant les portes de l'établissement situé sur la corniche Aïn Diab en bord d'océan. Le club propose une diversité inédite de musiques venues de toute l'Afrique. Konaté Vamory, le patron originaire de Boundiali en Côte d'Ivoire, veut faire du DjaDja une vitrine internationale de la musique afro. « Il y a des gens de toutes les communautés et de tous les continents, s'exclame-t-il. Parfois, le weekend, tu as des Asiatiques, des Saoudiens, des Blacks bien sûr, des Afros, des Marocains, même des Arabes… donc tout le monde vient. » À lire aussiFestival Gnaoua 2026: les ponts à travers l'Afrique de Richard Bona et des maâlems marocains « Une sorte d'expansion culturelle africaine » Pour convaincre le propriétaire des lieux d'accepter son projet, Konaté Vamory a tablé sur le haut de gamme : achat d'une bouteille plus que recommandé pour pouvoir entrer et cocktail à 150 dirhams, près de 15 euros. L'équipe est très qualifiée, comme ce barman congolais, Cheryl qui est « artiste barman jongleur, donc je jongle avec des ustensiles du bar, des shakers, des bouteilles… ». Un DJ sénégalais, des danseuses marocaines, ou encore un superviseur camerounais, qui répond au nom de Joseph-Renault Bagel, complètent l'équipe. « C'est l'Afrique et nous essayons d'avoir cette mixité, histoire que tout le monde s'y retrouve et nous partageons toutes les musiques », s'enthousiasme ce dernier. L'homme jovial, au look inimitable, évoque un lieu refuge, ouvert à tous, où les propos racistes et irrespectueux restent à la porte d'entrée. « Le racisme, il est présent, mais chez nous, au DjaDja, l'une de nos missions, c'est de mettre de côté tout ce qui est divergence culturelle, tout ce qui est divergence de couleur de peau, explique Joseph-Renault Bagel. Il y a beaucoup de populations, beaucoup de communautés, des musiques qu'elles ne connaissaient pas, et le DjaDja a cette mission d'apporter, au-delà de la bonne musique, de la culture aussi, une sorte d'expansion culturelle africaine. » Le DjaDja a accueilli des stars de la musique afro : Roseline Layo, Singuila, Didi B ou encore Himra. Mais la Queen Aya Nakamura, dont le tube « DjaDja » a baptisé le club, est encore attendue. « Je ne sais pas si elle est au courant, rit Konaté Vamory, on n'a pas encore les moyens pour la faire venir mais quand elle sera là, on lui racontera l'histoire pour lui faire plaisir. »

Reportage Afrique
Histoire de la nuit africaine: à Antananarivo, 15 ans de fête et de brassage culturel au Jao's Pub[9/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 28, 2026 2:26


À Antananarivo, sur les Hautes Terres, une salle de concert fait résonner depuis quinze ans maintenant les sonorités et les rythmes des côtes malgaches, bien au-delà de leurs régions d'origine. Jaojoby et sa fille Eusébia sont les rois et reines du salegy, le genre de musique traditionnelle le plus populaire sur l'île. En 2011, ils ouvrent l'emblématique Jao's Pub, devenu un lieu de rayonnement culturel et un tremplin pour de nombreux artistes. De notre correspondante à Antananarivo, À la nuit tombée, en ce jour de juin, malgré le froid mordant de l'hiver austral, les trottoirs d'Ambohipo, quartier populaire et enclave côtière au cœur de la capitale, ont vu fleurir tables, tabourets et surtout barbecues pour faire griller les maskita, ces brochettes de viande à la bosse de zébu. Les commerçants ont laissé place aux noctambules en mini-jupes à paillettes et blousons de soirée. Vers 21 h, à l'entrée du Jao's Pub, les clients commencent à s'amasser. « Aujourd'hui, c'est le 15ᵉ anniversaire du Jao's Pub, se réjouit Odèque, 30 ans, surexcité en entrant dans le cabaret. Et je sais qu'ils vont valoriser les traditions de chez moi, la Sava : le salegy, le begina, le malesa… Des rythmes de ce genre, moi, ça m'émerveille ! Surtout le trotrobe, parce que le trotrobe, c'est le rythme par excellence de ma ville, Sambava. » Dans leur loge, les fondateurs du lieu, Jaojoby, 70 ans, et Eusébia, sa fille, se préparent. « Mon rêve, c'était ça : créer un lieu pour les jeunes, pour la promotion de la culture, des musiques de Madagascar. Pas que pour le salegy, précise Jaojoby. C'est pour les rythmes qui bougent, les rythmes tropicaux. » « On a même eu des concerts de jazz ici, rit sa fille, Eusébia. Il y a des artistes côtiers mais aussi tananariviens qui ont fait leur première scène ici, au Jao's Pub, et qui par la suite ont pu avoir une carrière à l'international. » Un succès dont père et fille sont fiers. « Trouver un endroit pour se produire, si tu es quelqu'un qui n'est pas très, très connu, c'est très difficile, souligne Eusébia. Il faut que tu sois connu pour que tu puisses jouer dans des lieux. Et au Jao's Pub, on a toujours accueilli de nouveaux groupes qui n'étaient pas connus. On ne refuse personne. Et donc le lieu est fait pour ça aussi. » À lire aussiHistoire de la nuit africaine: au Sénégal, la montée en puissance des soirée reggae «sound system» [8/10] « Ça fait oublier tous les problèmes » Vers 23h, père et fille arrivent sur scène. Dans le public, on est loin du millier de spectateurs des grandes heures du Jao's Pub. Mais Odèque, lui, ne cache pas son enthousiasme et interpelle son idole. « Je suis un grand fan de vous, Jaojoby, depuis mes 4 ans, s'exclame-t-il. Je n'aime pas trop les bars dans la vie, mais le 15ᵉ anniversaire du Jao's Pub, je ne pouvais pas le manquer ! On va rester ici jusqu'à l'aube ! » Au pied de la scène, Patricia, originaire de la côte ouest, se déhanche avec ses amies. « Il y a de l'ambiance, de la bonne musique, ça fait oublier tous les problèmes, souffle-t-elle. C'est un lieu célèbre et dès qu'il y a un grand événement, je fais le déplacement. » Quinze ans après son ouverture, le Jao's Pub continue de faire vivre les rythmes des côtes malgaches au cœur de la capitale. Plus qu'une salle de concert, le lieu est devenu un espace de rencontre entre les différentes régions de la Grande Île, une scène ouverte aux jeunes artistes et un point de passage pour des influences venues d'ailleurs. Un lieu de brassage culturel, devenu au fil des années l'un des symboles des nuits malgaches. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Soweto, le Club Pelican, lieu de rencontres durant l'apartheid[4/10]

Reportage Afrique
Science-fiction africaine: Sun Xa Experiment, héritiers sud-africains de l'afrofuturiste Sun Ra [5/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 27, 2026 3:16


La musique de Sun Ra, le roi de l'afrofuturisme, continue de résonner et d'inspirer des artistes, tels que la chanteuse américaine Janelle Monáe ou le producteur Flying Lotus. En Afrique du Sud, le jazzman étatsunien disparu en 1993 et sa mythologie cosmique – il disait venir de Saturne – ont notamment influencé un groupe actuel du township de Soweto : le Sun Xa Experiment. Il tente de prolonger sa philosophie de la musique, en y mêlant les traditions africaines. De notre correspondante à Johannesburg,  Le lieu de répétition du Sun Xa Experiment se trouve au cœur du township, dans un bâtiment à l'arrière d'une maisonnette tout ce qu'il y a de plus banal. Le bassiste, Tebogo Mkhize, nous entraîne dans une grande pièce à l'ambiance feutrée, pleine de trésors, suspendue hors de l'espace et du temps. « Si vous avancez un peu, sur la gauche, il y a des platines, avec plein de vinyles. Puis, si vous regardez tout autour de vous, on trouve de l'art et même des accessoires comme ce crâne, vous nous verrez parfois avec sur scène, d'autres fois sans, raconte-t-il. Et encore sur la gauche, c'est la partie studio, où on a nos boîtes à rythmes, nos contrôleurs, des enceintes et des écrans. » Lebohang More a participé à la fondation du collectif, il y a plus de 10 ans. Et c'est bien la découverte de Sun Ra, lorsqu'il avait la vingtaine, qui a agi comme une révélation. « On a d'abord regardé son film, Space is the place, puis un de nos frères à l'époque nous a amené tout son catalogue musical. On s'est plongé là-dedans pendant deux ans !, se rappelle-t-il. On se disait : "C'est quoi ce truc ?" Le morceau sur le cosmos, par exemple, les sonorités, les chœurs… C'est comme ça que tout a commencé. » À écouter aussi#Afrofuturismes 3/5 : Littérature et musique, les bras ailés de l'afrofuturisme « Retrouver la place qui nous revient en tant que peuple » L'héritage de ce pionnier de l'Afrofuturisme a été combiné, par le groupe, à une autre référence du free jazz : le Sud-Africain Ndikho Xaba, lui aussi depuis décédé. C'est de là que vient le nom Sun Xa. « Ils jouaient tous les deux du piano, et ils se sont même rencontrés. Ndikho Xaba a quitté l'Afrique du Sud et a vécu en exil à partir des années 70, continuant à jouer sa musique d'avant-garde, explique Buyisiwe Njoko, la chanteuse du groupe. Et avec Sun Ra, tout ça influence ce qu'on fait. » Le groupe a fait de ces inspirations quelque chose qui lui est propre, une musique qui guérit, selon ses mots, qui en appelle au pouvoir des ancêtres et aux forces cosmiques, et qui se veut aussi novatrice. Sur scène, les corps peints des cinq musiciens font partie du spectacle, mêlant théâtre et danse. Et les messages de redéfinition de l'identité noire portés à l'époque aux États-Unis par Sun Ra ont une résonance particulière en Afrique du Sud. « Nous avons une chanson qui parle de récupérer nos terres, de retrouver la place qui nous revient en tant que peuple, pointe Tebogo Mkhize. Il ne s'agit pas d'aller faire la guerre, ou quoi que ce soit, notre mission est plutôt de révéler qui nous sommes réellement, de réaffirmer notre identité. C'est l'un des messages que nous cherchons à faire passer. » La vision de Sun Ra continue donc d'être refaçonnée par ce collectif, pour imaginer, au travers de la musique, un futur plus libérateur et positif.

Afrique Économie
L'industrie musicale africaine: au Cap-Vert, la musique au cœur de l'économie nationale [10/10]

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 27, 2026 2:50


L'économie du Cap-Vert est dominée par le tourisme, qui représente près d'un quart de son PIB. Les visiteurs sont attirés par les plages, les randonnées et la faune du pays, mais aussi… par sa musique. S'il s'agit d'un vecteur d'attractivité important pour le pays, le développement de l'industrie musicale n'y est pourtant pas si simple. Les producteurs bataillent pour dépasser l'isolement de l'archipel. Consacrer 5% du PIB au secteur culturel, telle est la volonté des autorités. Un objectif difficile à atteindre avec la crise. Les producteurs de musique, notamment José Da Silva, le manageur de Cesaria Évora, ont de leur côté créé un écosystème particulier car, comme dans le monde entier, l'économie de la musique a été bouleversée. Priorité : faire jouer les artistes en concert. « Les artistes aujourd'hui vivent pratiquement que de la scène. Ce que rapportent les disques, c'est vraiment très peu en musique traditionnelle. Donc, on les fait connaître sur scène et ça permet de voir quels titres bougent le plus. Et à partir de là de produire », explique-t-il. Selon le ministère de l'Économie, un quart des emplois au Cap-Vert découle de l'industrie de la musique, mais peu de travailleurs sont déclarés. Et au pays de Cesaria Évora, les artistes, comme le guitariste et arrangeur Hernani Almeida, 30 ans de carrière internationale, rencontrent toujours des difficultés pour trouver des financements. « C'est plus facile de faire des productions, parce qu'on a déjà des studios. C'est toujours le problème de l'argent. C'est très difficile de trouver des sponsors au Cap-Vert », regrette-t-il. À lire aussiAtlantic Music Expo: la musique comme arme diplomatique au Cap-vert « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine » José Da Silva estime qu'il faut injecter entre 15 000 et 20 000 euros pour produire un disque de musique traditionnelle. Les attentes, les goûts du public ont aussi évolué, la production des styles comme la morna, qui ont fait connaitre l'archipel, est devenue un véritable défi : « Actuellement, en musique traditionnelle, c'est un vrai combat parce qu'on a de moins en moins d'écoute, de moins en moins de gens qui sont emballés, souligne-t-il. Il faut vraiment que le titre de musique traditionnelle soit très très fort pour qu'il intéresse un public plus large. » L'avenir du secteur passera donc par les musiques urbaines, de plus en plus populaires au Cap-Vert. Un marché porteur mais totalement nouveau avec ses propres règles, estime José Da Silva. « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine, parce que je pense qu'on n'a pas la technologie qu'il faut. Donc on l'envoie pour la mixer à Lisbonne ou à Paris. Derrière, on lance la production du clip et voilà, on a un titre prêt à être lancé. C'est quelque chose de beaucoup plus simple et qui prend moins de temps souvent que la musique traditionnelle », poursuit-il. Les autorités gardent en tout cas leur ambition de mettre la musique au cœur du développement. En mai dernier, un accord a été signé avec l'Union africaine pour faire du pays la capitale africaine de la culture en 2028.

Reportage Afrique
Science-fiction africaine: au Cameroun, les bandes-dessinées afro-futuristes de Nathanaël Ejob [4/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 26, 2026 2:07


Il est considéré par beaucoup comme le père des webtoons africains, pour avoir introduit et développé ce format de lecture à travers l'application Zebra Comics, produite par le studio du même nom, qui revendique aujourd'hui une centaine d'ouvrages adaptés aux habitudes de lecture des jeunes sur smartphone. Nathanaël Ejob développe une constellation d'histoires, de genres et de mythologies africaines réinventées pour le public d'aujourd'hui. Dans son univers, on passe de la fantasy africaine à la science-fiction, mais surtout de l'afro-futurisme avec des récits comme celui d'Anaki, son best-seller. De notre correspondant à Yaoundé, Derrière son bureau, dans le quartier Biyem Assi, Paterson relit Anaki, une œuvre de Nathanaël Ejob, pour la énième fois. « C'est surtout l'aventure de la jeune Anaki qui est de la tribu des Balemba, tel qu'il a appelé son univers. Les Balemba sont des humains aux pouvoirs surnaturels qui sont doués par rapport au commun ordinaire et aux autres populations », détaille-t-il. De l'avis de cet amateur de bandes dessinées et directeur du Mboa BD Festival, Nathanaël Ejob est la référence du genre au Cameroun et sur le continent. « Nathanaël Ejob est la meilleure "success story" du milieu de la bande dessinée de la décennie en cours », affirme-t-il. Anaki, publié en 2019, est le best-seller de Nathanaël Ejob. L'œuvre a connu une percée spectaculaire, notamment au Nigeria voisin. « C'est une œuvre qui a eu un impact important et qui a généré 16 millions de nairas. "Anaki" a également mené avec succès quatre campagnes de crowdfunding aux États-Unis. C'est un exemple fort du potentiel commercial de création africaine. Lorsqu'ils sont bien développés et bien distribués », raconte le créateur. Cet univers puise également dans son parcours personnel. Auteur, dessinateur, scénariste, entrepreneur et membre fondateur de Zebra Comics, il est aujourd'hui considéré par beaucoup comme l'un des créateurs de bande dessinée les plus productifs d'Afrique. Nathanaël s'est lancé après un constat : il voyait très peu de héros africains modernes capables de parler à la fois à sa génération et au reste du monde. « L'Afrique est souvent racontée à travers certains clichés comme la guerre, la pauvreté. Je voulais montrer que l'Afrique a une source d'idées, de puissance, de beauté, de conflits, de spiritualités, de technologies et du futur », souligne-t-il. Avec neuf de ses amis, il a lancé en 2016 Zebra Comics, un studio de création, d'édition et de diffusion de « webtoon » basé à Douala, la capitale économique camerounaise. Zebra Comics revendique une centaine d'ouvrages et le plus grand catalogue de titres originaux créés par un même studio sur le continent. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]

Reportage Afrique
Science-fiction africaine: la série futuriste kenyane qui aborde les défis sociétaux contemporains [3/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 25, 2026 2:37


Cette semaine, RFI vous emmène à la découverte de l'imaginaire de science-fiction africain. Aujourd'hui, rendez-vous au Kenya, avec Subterranea, une série mêlant SF et psychologie, dont les huit épisodes sont sortis en 2024 sur Showmax. Le pitch : huit Kényans coincés dans un bunker qui tentent de survivre, persuadés qu'à l'extérieur, le monde s'effondre. Une série qui explore un genre encore peu exploité au Kenya. De notre correspondante à Nairobi, Une alarme d'autodestruction, des personnages assassinés... Dès les premières secondes, Subterranea plonge dans le feu de l'action. La série suit huit Kényans coincés dans un bunker, persuadés que Nairobi subit une attaque. Très vite, le spectateur apprend qu'ils font en réalité l'objet d'une expérience psychologique. Subterranea assume la science-fiction, un genre encore peu exploré au Kenya, reconnaît Brian Munene, scénariste et producteur. « Notre marché est largement saturé de drames familiaux et de comédies familiales. On se demandait donc si le public allait comprendre ce projet et si nous serions capables de le réaliser comme nous l'avions imaginé, compte tenu des contraintes budgétaires. Mais finalement, nous nous sommes dit : "Faisons-le". Ce que nous avons cherché à faire, c'est ancrer la série dans des personnages auxquels les Kényans peuvent facilement s'identifier, des situations qu'ils peuvent comprendre et envers lesquelles ils peuvent éprouver de l'empathie. » Dérives sectaires, avortement, dépression ou encore problèmes d'addiction... Les personnages soulèvent divers enjeux sociétaux qui permettent aussi de parler, dans la série, du Kenya d'aujourd'hui. « Beaucoup de gens sont confrontés à ces difficultés, mais elles sont rarement mises en avant à la télévision ou au cinéma, en particulier en Afrique de l'Est. Lorsque nous avons choisi les huit personnages que nous voulions placer dans le bunker, nous avons donc été très attentifs à représenter ces Kényans qui ont besoin que leur voix soit entendue », ajoute Brian Munene. Pour survivre dans le bunker, les huit Kényans doivent s'entraider. C'est tout le message de la série selon Likarion Wainaina, réalisateur et producteur. Il s'exprime depuis la terrasse d'un café à Nairobi. « Les Kényans parviennent à se mobiliser lorsqu'ils poursuivent un objectif commun, et cela naît souvent d'une situation de pression. On l'a vu avec le mouvement Gen Z. Nous nous sommes demandé : comment mettre en lumière cette idée de communauté, alors même qu'elle est en train de s'effriter aujourd'hui, notamment à cause de l'urbanisation croissante ? L'idée est venue : et si nous mettions des Kényans dans un bunker et les forcions à former une communauté ? Des personnes issues de différents groupes ethniques, de différents âges et de différentes religions, qui finissent malgré tout par se comprendre les unes les autres. » Ce producteur espère voir de plus en plus de science-fiction naître du continent africain, par exemple en adaptant les contes locaux sur grand écran. À lire aussiLes séries télés qui ont fait le buzz [2/4]: «Country Queen», une production kényane

Reportage Afrique
Science-fiction africaine: au Rwanda, la bande dessinée rêve d'indépendance énergétique [2/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 24, 2026 2:26


Au Rwanda, une maison d'édition fait émerger de nouveaux récits afro-futuristes à travers des bandes dessinées. Parmi celles-ci, l'histoire de Kinyaga, une intrigue reprenant les thèmes de l'indépendance énergétique et des nouvelles technologies. De notre correspondante à Kigali, En 2100, une forêt de gratte-ciels domine l'horizon de Kigali. À l'origine du développement de la capitale du Rwanda, une mystérieuse énergie, explique l'illustrateur de Kinyaga, Tresor Dushime. « Le livre raconte l'histoire d'une jeune femme qui essaie de sauver son pays, avec une énergie qui s'appelle l'impulsion Kinyaga. C'est une énergie qui vient des volcans des Virunga, et dans ce futur, on a découvert que les Virunga abritent cette énergie qui sert à alimenter tout le pays. » détaille-t-il. Des dessins épurés aux couleurs ocre et pourpres illustrent une station futuriste, un laboratoire ultra-technologique où la jeune ingénieure doit se replonger dans un héritage passé pour résoudre des pannes inexpliquées. « C'est là que la majorité de l'action se passe. Vous pouvez voir que c'est une centrale qui est installée directement sur le volcan. J'ai voulu imaginer cette technologie et la centrer sur ce que nous avons ici au Rwanda. » précise Tresor Dushime. Son œuvre lance un avertissement contre la surexploitation, tout en portant le rêve d'un Rwanda autosuffisant, où les ressources naturelles du pays sont protégées et mises à profit. « On est dépendant de différents pays pour le pétrole, par exemple. Alors je voulais imaginer à quoi le Rwanda ressemblerait si on pouvait s'alimenter nous-mêmes en énergie. C'est un livre sur comment investir sur soi-même plutôt que de dépendre des autres. » souligne l'illustrateur. Kinyaga est publié par Imagine We Publishers, une maison d'édition rwandaise créée en 2015 par Dominique Uwase Alonga. Son objectif : proposer une série de bandes dessinées sur le thème de la réimagination, afin de promouvoir de nouveaux récits, plus positifs, dans un pays marqué par un passé douloureux. « À l'époque, il y avait plus de livres ou d'histoires sur le génocide contre les Tutsis de 1994. Notre identité sociale et culturelle était plus basée sur un traumatisme qu'un espoir de joie et de productivité. Je me suis dit que le livre serait une avenue par laquelle on peut partager nos histoires et nos peines, mais aussi nos espoirs et nos joies. » explique Dominique Uwase Alonga. La maison d'édition a pour ambition de porter des univers et des personnages littéraires dans lesquels la jeunesse rwandaise pourra se reconnaître et s'identifier. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, la boîte à histoires Akissa puise dans les contes et légendes africains

Reportage Afrique
Science-fiction africaine: au Nigeria, les séries afro-futuristes de Nollywood [1/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 23, 2026 2:37


Lorsqu'on pense au cinéma et au Nigeria, vient tout de suite en tête le célèbre Nollywood et ses films et séries dramatiques au ton théâtral. Mais parmi les 2 500 réalisations produites, aucune œuvre de science-fiction. Le genre est en revanche bien présent en ligne avec des réalisations à l'opposé du blockbuster américain Black Panther et qui revendiquent ces racines africaines. Ce mélange d'influences entre tradition africaine et science-fiction est défini par l'autrice nigériane Nnedi Okorafor comme l'afro-futurisme. L'intelligence artificielle générative a aussi donné « aux créateurs africains des superpouvoirs sans budgets hollywoodiens », selon le fondateur du premier festival du film d'intelligence artificielle africain, Obinna Okerekeocha. De notre correspondante à Lagos, Ola, un jeune homme qui naviguait dans les tumultes de l'adolescence se retrouve également à composer avec les super-pouvoirs d'une divinité Yoruba dont il est la réincarnation. C'est l'intrigue du court métrage Ogun Ola: the war is coming, réalisé par le collectif nigérian The Critics. Victor Josiah, l'un des cinq réalisateurs du groupe, revendique l'appartenance à ce genre où les imaginaires sont inspirés et racontés par des Africains. « Nous avions une passion ou un intérêt similaire pour les films hollywoodiens, ce sont les films de super-héros que nous avons regardés : Spiderman, Superman, et les autres. Et nous voulions cela dans un sens pour Nollywood. Nous voulions ça pour le Nigeria. Et nous voulions aussi avoir nos propres super-héros, nous voulions avoir nos propres films dont nous pourrions nous vanter et en être fiers », explique-t-il. Nollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale, n'a vu émerger son premier long métrage de science-fiction qu'en 2020 : Ratnik, du regretté réalisateur Dimeji Ajibola, qui plonge Lagos dans un univers post-apocalyptique. En revanche, la production est bien plus développée en ligne, où de jeunes réalisateurs s'essayent au genre, parfois uniquement munis de leurs téléphones et de logiciels gratuits. C'est le cas de Divine Xaendra Odera, diplômée en art théâtral à l'université de Benin City. Elle écrit, produit et monte ses propres réalisations. « Le genre lui-même est déjà quelque chose qui nécessite généralement un énorme budget juste pour être exécuté. Je réalise que si nous avions plus de gens qui osaient commencer avec ce qu'ils avaient, malgré les détails techniques qu'il faudrait pour le genre, alors cela inspirerait la prochaine génération de cinéastes à faire plus », détaille-t-elle. L'intelligence artificielle, une aide à la création ? À Lagos, l'agence créative Vortex, fondée en 2013, a d'abord été une maison d'édition de bandes dessinées avant de devenir un studio d'animation mettant en avant la science-fiction africaine. Pour Somto Ajuluchukwu, son fondateur, l'intelligence artificielle peut favoriser la création. « Ce que vous imaginez peut prendre vie, vous savez, peu importe à quel point c'est fou, c'est aussi ce qui m'excite dans l'IA. Ce même niveau de flexibilité pour créer. Je pense donc que l'IA fournit en quelque sorte cette solution pour pouvoir imaginer et voir à quoi peut ressembler l'imagination », souligne-t-il. En septembre prochain se tiendra la seconde édition du Naija AI Festival, dédiée aux films africains créés à l'aide de l'intelligence artificielle. L'an dernier, plus de 300 productions y avaient été présentées. À lire aussiÉtats généraux du film documentaire: l'occasion «de raconter l'Afrique sous différents regards»