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L'invité Afrique de ce matin est le Congolais Ghislain Kabuyaya qui a fondé et qui dirige la maison d'édition Mlimani à Goma en RDC. Comment faire vivre une maison d'édition alors que la guerre règne à l'Est du Congo ? Ghislain Kabuyaya répond à Olivier Rogez. RFI : Ghislain Kabuyaya, comment se passe votre travail d'éditeur au quotidien à Goma ? Est-ce qu'il est encore possible pour vous de publier des livres ? Est-ce qu'il est possible de rencontrer des auteurs, d'imprimer et de diffuser? Ghislain Kabuyaya : oui, c'est encore possible, nous sommes restés très déterminés, très optimistes malgré le défi lié à l'environnement dans lequel nous évoluons. Et d'ailleurs, la maison d'édition est nommée Mlimani en référence au volcan du Nyiragongo (situé à Goma NDLR) car on avait estimé que bâtir une maison d'édition au pied du volcan, c'est déjà prendre un risque. Donc, cela veut dire que nous devons rester vraiment résilients. Avec un mental d'acier pour affronter beaucoup de défis. Dans l'industrie du livre, il faut toujours se battre pour que voilà malgré les difficultés dans lesquelles nous évoluons. Concrètement, comment faites-vous aujourd'hui pour faire imprimer vos ouvrages ? Est-ce que les imprimeurs travaillent encore à Goma ? D'où vient le papier? Le papier, nous l'importons de Kampala, mais le gros du travail, il se fait au niveau de Goma. Nous avons un imprimeur avec lequel nous collaborons parce qu'on s'était dit qu'il était important de faire l'impression chez nous pour limiter les différents coûts qui font que le livre devient souvent cher. Les coûts liés à l'importation font qu'une fois sur place, chez nous à Goma, le livre est presque un produit de luxe. Il y a des livres qui se vendaient auparavant à 40, 50, 70 euros, et du coup, la population a du mal à les acheter. Quel est le prix moyen d'achat d'un des livres de la maison Mlimani ? Le prix moyen c'est 5 dollars, et le livre le plus cher chez Mlimani c'est 10 dollars. On pense qu'avec 10 dollars, e Congolais moyens a encore la capacité d'acheter un livre. Avec la crise actuelle, vous arrivez quand même à vendre suffisamment pour pouvoir vivre et faire fonctionner la maison? Non... Je pense que la crise (politique NDLR) nous a beaucoup affecté, et il y a en parallèle une crise économique. Les gens ne peuvent pas se procurer les livres facilement dans le contexte actuel, parce qu'il y a beaucoup de besoins primaires et secondaires à satisfaire. Alors comment faites-vous ? Nous expédions nos livres dans d'autres villes qui ne sont pas trop affectées comme chez nous là-bas à l'Est. Vous voulez dire que l'on peut les trouver à Kinshasa, à Beni, à Butembo... Tout à fait. Nous avons des "points focaux" basés dans différentes villes de chez nous, donc Beni, Butembo, Lubumbashi, Kinshasa, Kisangani, Bunia également. Et nos points focaux continuent à faire un travail vraiment remarquable à travers les écoles, à travers les universités, pour promouvoir les livres. Votre catalogue est très intéressant parce qu'il est à plusieurs niveaux. Vous éditez des auteurs gomatraciens, des auteurs du Kivu, des auteurs congolais, et vous achetez des droits aussi. Vous avez par exemple racheté à Gallimard les droits du livre du docteur Mukwege. Est ce que est Ce que ça ne vous a pas ruiné ? Non, pas vraiment, parce que généralement les achats de droits ça nous facilite la vie. Les coûts liés à au processus éditorial, donc la fabrication, la conception, le graphisme, tout ça prend beaucoup de temps, ça prend également beaucoup d'argent. Mais quand on arrive à acheter le droit, par exemple chez Gallimard, on a fait une très bonne collaboration. Pour le moment, le livre se vend à 10 dollars, ce qui met les gens à l'aide. Ils achètent facilement sentateur 1 Voilà, vous en avez vendu combien d'exemplaires? Pour le moment, je crois, on est entre 1300 et 1350. Vous éditez aussi des auteurs congolais. On peut citer notamment Ange Kassongo qu'on connaît bien puisqu'elle a travaillé avec nous. Donc vous allez chercher des auteurs du terroir... Ça se passe bien, ça se passe très bien. Nous faisons la promotion d'auteurs de chez nous qui publient des écrits qui ont une résonance particulière par rapport à nos réalités. C'est important car les écrits qu'on a majoritairement dans nos librairies, dans nos bibliothèques, et qui arrivent chez nous sous forme de dons n'ont rien à voir beaucoup plus avec nos réalités. Ghislain Kabuyaya, quel est votre rêve en tant qu'éditeur ? C'est de faire rayonner l'industrie du livre chez nous, c'est-à-dire d'arriver à rendre le secteur plus compétitif même sur le plan international. Propos recueillis par Olivier Rogez
Au Gondwana la crise économique a des conséquences inattendues au sein des familles. Les fonctionnaires gondwanais admis à la retraite refusent de céder leurs postes.
Les demi-finales de la CAN sont comme le premier tour d'une élection présidentielle.
Parfois la définition d'un mot échappe au dictionnaire lui-même.
Le slogan « consommer local », c'est aussi bon à la CAN.
Dans cette édition de la CAN 2025, les grands restent les grands. Les hiérarchies ont été respectées comme dans le régime de notre leader Bienaimé Son Excellence Président-Fondateur.
En ce début 2026, les Gondwanais ont l'impression qu'une vieille chanson revient à la mode : Michel Sardou au temps des colonies. ► Michel Sardou au temps des colonies.
L'année 2026 a commencé à 200 km/h au Gondwana. Au menu : un kidnapping dans la Cour de Récré.
De temps en temps, il est vital de revenir sur la définition réelle de la démocratie.
Au Gondwana, la liberté d'expression rime avec plusieurs autres concepts. (Rediffusion du 16 octobre 2025)
Au Gondwana, la liberté d'expression rime avec plusieurs autres concepts. (Rediffusion du 16 octobre 2025)
Il ne faut pas confondre youtubeur et vidéoman. Le youtubeur fait des tutos pour plier ses chaussettes, des vlogs où il mange des insectes en Thaïlande, ou des podcasts dans lesquels il « déconstruit la masculinité toxique » en buvant du matcha bio. Le vidéoman, lui, n'a pas de studio. Son « plateau » c'est sa voiture, sa chambre, son salon, la cour commune. Il commence sa vidéo par un « très très urgent, ça vient de tomber » et finit souvent par « Que Dieu bénisse notre Président-Fondateur ! ».
Il ne faut pas confondre youtubeur et vidéoman. Le youtubeur fait des tutos pour plier ses chaussettes, des vlogs où il mange des insectes en Thaïlande, ou des podcasts dans lesquels il « déconstruit la masculinité toxique » en buvant du matcha bio. Le vidéoman, lui, n'a pas de studio. Son « plateau » c'est sa voiture, sa chambre, son salon, la cour commune. Il commence sa vidéo par un « très très urgent, ça vient de tomber » et finit souvent par « Que Dieu bénisse notre Président-Fondateur ! ».
Le Gondwana est un miracle, parce qu'ici au Gondwana, tous les chantiers et toutes les réalisations de Président-Fondateur — routes, ponts, stades, hôtels cinq étoiles pour les sommets internationaux où on parle de pauvreté et de résilience — tous sont réalisés sur… fonds propres.
Le Gondwana est un miracle, parce qu'ici au Gondwana, tous les chantiers et toutes les réalisations de Président-Fondateur — routes, ponts, stades, hôtels cinq étoiles pour les sommets internationaux où on parle de pauvreté et de résilience — tous sont réalisés sur… fonds propres.
Pour sa quatrième édition consécutive, le festival de musique Mother Africa s'est installé le temps d'un week-end au bord de la lagune d'Abidjan. Avec sa programmation éclectique, entre rap, coupé-décalé et afrobeats, et des têtes d'affiche internationales, l'événement ambitionne d'égaler un jour les grands festivals anglophones comme AfroNation. De 30 000 à 40 000 personnes ont fait le déplacement samedi 27 et dimanche 28 décembre, selon les organisateurs. De notre correspondante à Abidjan, Malgré les problèmes d'organisation, la pluie, la boue et les cinq heures de retard sur la programmation, le public a répondu présent. Pour voir les stars locales bien sûr, Himra et Didi B en tête, mais aussi et surtout des artistes internationaux. Une occasion rare à Abidjan, qu'Enoch Tiehi, 25 ans, n'aurait manquée pour rien au monde : « C'est une très grande opportunité. Pourquoi ? Parce que cela permet de voir des artistes qu'on n'a jamais vus. Par exemple, samedi, il y avait Asake, que je n'ai jamais vu ! » En plus de la superstar nigériane de l'afrobeats Asake, la scène du festival a vu se succéder des artistes guinéens, congolais et français comme Gims, Keblack, Triangle des Bermudes, et la chanteuse de zouk Fanny J, qui s'est exprimée à sa descente de la scène : « Il y a une grande histoire d'amour entre Abidjan et moi. Donc, quand on m'a invitée, c'était une évidence pour moi de venir. Abidjan est doux et ça, c'est connu depuis la nuit des temps ! Et je suis vraiment très heureuse de voir qu'il existe un festival comme ça, parce que ça fait vraiment écho à l'international. » Pour les étoiles montantes du rap français issues de diasporas africaines, comme le drilleur Lamano ou le trio L2B, c'est aussi l'occasion de découvrir un nouveau public, déjà conquis, et de renouer avec ses racines, confient ces derniers depuis leurs loges : « C'est une fierté pour nous, les enfants du pays. On est des jeunes Africains remplis d'ambition. C'est l'Afrique qui gagne ! En plus c'est la première fois, on n'a jamais fait un concert au pays, et franchement on a kiffé, c'était lourd. Le public abidjanais est adorable, rient-ils. Une fois que tu es passé à Abidjan, c'est tout droit ! Tout est ouvert ! » Le nombre de spectateurs a augmenté d'année en année, passant de 5 000 à la première édition en 2022 à près de huit fois plus aujourd'hui, se réjouit le producteur exécutif du festival Patrick Ebongue, qui dit rêver encore plus haut : « L'objectif, un peu comme AfroNation, c'est que quand tu es invité au Mother Africa, sans connaître le line-up, tu aies envie de venir. Que ce soit pour les artistes ou pour le public. C'est le dernier week-end de l'année, donc tu peux venir à Abidjan passer ces fêtes, et tu sais que tu auras des headliners à un concert en face de la lagune. C'est un truc qu'on essaie d'instaurer, et je crois qu'on s'en sort plutôt bien. On espère même en faire bientôt un festival itinérant sur d'autres villes du continent. » Un pari ambitieux alors que dans le sillage des précurseurs, comme le Femua, de nombreux jeunes festivals sont apparus en Afrique de l'Ouest ces dernières années. Le WeLovEya, à Cotonou au Bénin, né en 2022 lui aussi, s'est ainsi déroulé aux mêmes dates cette année encore.
Dans la vie politique gondwanaise, la gastronomie est érigée en valeur cardinale.
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Mamane, en football, c'est tous les jours Noël pour certains !
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Comme les États, les Gondwanais passent un examen, au quartier, pour obtenir un crédit.
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Certains Gondwanais n'arrivent pas à regarder les matchs de la CAN à cause des coupures de courant.
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Au Gondwana aussi il y a des autochtones et des allochtones...
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Une nouvelle catégorie sociale a fait son apparition récemment : les anti-anti…
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Et si la CAN était un évènement plus géopolitique que sportif ?
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C'est devenu l'un des plus grands rendez-vous musicaux d'Afrique de l'Est... Le festival Nyege Nyege. Au bord du Nil en Ouganda, il vient de fêter fin novembre 2025 ses dix ans d'existence, une grande fête de la musique électronique et alternative au sens large du terme. Objectif : célébrer et promouvoir les scènes dites «underground», expérimentales du continent africain. Là où liberté de création fait loi. Dix ans de tous les sons et déjà une référence mondiale. Avec de grands DJs comme Skrillex… Et cela sans perdre de vue les valeurs d'origine. «En Ouganda, le Nyege Nyege, le festival électro incontournable du continent africain», un Grand reportage de Lucie Mouillaud.
La lauréate du Prix Nobel de la paix veut faire la guerre.
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Au Gondwana le cessez-le-feu ne fait jamais long feu.
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Le principe des vases communicants ne marche pas au Gondwana. Il y a les quartiers d'en-haut-de-en-haut, d'un côté, et les quartiers d'en-bas-de-en-bas, de l'autre. Ils sont soumis à la même pression atmosphérique, à la même température, ils sont reliés, entre eux, par le boulevard Président-Fondateur, l'avenue Première Dame et tout plein de raccourcis mais, tu montes ou tu descends, tu n'arriveras jamais à les équilibrer à la même hauteur... [Rediffusion du 27.04.2023]
Le principe des vases communicants ne marche pas au Gondwana. Il y a les quartiers d'en-haut-de-en-haut, d'un côté, et les quartiers d'en-bas-de-en-bas, de l'autre. Ils sont soumis à la même pression atmosphérique, à la même température, ils sont reliés, entre eux, par le boulevard Président-Fondateur, l'avenue Première Dame et tout plein de raccourcis mais, tu montes ou tu descends, tu n'arriveras jamais à les équilibrer à la même hauteur... [Rediffusion du 27.04.2023]
Le Gondwana est devenu le premier pays producteur mondial de forums internationaux. À Gondwana-City, le Gondwanais lambda est actuellement coincé entre un forum, un sommet, un colloque, une table ronde par ci, un atelier de réflexion, un symposium ou une assise nationale par là…
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Il existe un paradoxe très gondwanais qui s'applique en très très démocratique République : il faut prendre des virages pour aller tout droit. Le Premier ministre ne dira jamais — par exemple – que l'économie du pays est en ruine, mais plutôt, qu'il est « en restructuration stratégique »...
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La multiplication des coups d'État, au Gondwana, a une conséquence inattendue.
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Au Gondwana quand tout va mal, il y a un seul coupable.
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Le Gondwana, comme partout ailleurs dans le monde, subit également les affres du réchauffement climatique.
Désormais, pour être opposant au Gondwana, il faudra remplir certaines conditions.
Depuis un moment, le droit international ne marche plus très droit. Il a perdu le nord comme un GPS qui n'a plus de réseau.
Le Gondwana est le pays du changement perpétuel.
Il est devenu indispensable de voter une nouvelle loi laïcité.