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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

RFI


    • May 20, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 4m AVG DURATION
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    Dans «Notre Salut», Swann Arlaud incarne un fonctionnaire ordinaire du régime de Vichy

    Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:33


    Swann Arlaud, c'est l'une des personnalités au cœur du 79ᵉ festival international de cinéma. Le 20 mai était projeté en compétition Notre Salut, un film sur un fonctionnaire zélé du régime pétainiste de Vichy, collaborant avec les Allemands. L'acteur, qui est l'un des signataires de la pétition anti-Vincent Bolloré qui fait tant parler sur la Croisette, incarne le personnage principal.  À lire aussiCinéma: le patron de Canal+ ne veut plus travailler avec les signataires d'une tribune contre Bolloré

    «Ben'imana», le film rwandais de Marie-Clémentine Dusabejambo sur «Les cicatrices du génocide»

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 3:31


    Comment continuer de côtoyer ses voisins, ses anciens amis, parfois sa famille, lorsqu'un génocide a creusé un fossé au sein des communautés ? C'est ce qu'explore le film Ben'imana, présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes. Dans ce premier long-métrage, la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo suit le personnage de Vénéranda, victime tutsi du génocide, et de sa fille Tina, en 2012, alors que les communautés tentent de se réconcilier à travers des procès populaires traditionnels, des « Gacaca ». Marie-Clémentine Dusabejambo est l'invitée culture du jour. À lire aussiDocumenter le génocide des tutsi du Rwanda À lire aussiCinéma: «Father's Day» au Rwanda, quel rôle pour les hommes, les pères, les génocidaires?

    Arthur Harari questionne l'identité et le genre avec «L'Inconnue»

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 3:41


    Direction Cannes pour retrouver une personnalité du 79ᵉ festival international de cinéma. Aujourd'hui le réalisateur Arthur Harari. Coscénariste du film Anatomie d'une chute, qui remporta la Palme d'or, il est cette fois en première ligne pour son nouveau long métrage L'Inconnue, en lice pour la Palme d'or et projeté lundi 18 mai.  À lire aussiCinéma: Arthur Harari sort «Onoda, 10 000 nuits dans la jungle»

    La réalisatrice Judith Godrèche, à Cannes, pour son film «Mémoire de fille» d'Annie Ernaux

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 3:33


    En 2016, l'autrice française Annie Ernaux publiait son vingtième roman, Mémoire de fille. Un récit autobiographique comme une plongée dans l'été de ses 18 ans, premier été hors de la maison familiale pour être monitrice dans une colonie de vacances. Elle y subira des agressions et des viols commis par l'un des moniteurs. Ce récit, la réalisatrice Judith Godrèche l'a porté au cinéma dans une adaptation éponyme, nominée au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard.   À lire aussiCannes: Judith Godrèche réalisatrice du court-métrage «Moi Aussi» sur les violences sexuelles

    «Les Sacrifiés du paradis», une BD qui aborde l'écologie utilisée comme un outil de domination

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 3:38


    Dans leur roman graphique Les Sacrifiés du paradis, enquête au cœur du colonialisme vert, l'historien Guillaume Blanc et le dessinateur Chico Pacheco reviennent sur un sujet rarement abordé : le « colonialisme vert ». À travers une enquête située dans les parcs naturels éthiopiens des années 1960, le livre montre comment la protection de la nature a parfois servi à déplacer, contrôler ou expulser des populations africaines.  À lire aussiGuillaume Blanc, le colonialisme vert façonne toujours nos imaginaires

    Cinéma: dans «L'Abandon», Antoine Reinartz incarne le professeur Samuel Paty dans ses derniers jours

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 3:36


    C'est un drame qui avait secoué toute la France. En octobre 2020, le professeur d'histoire-géo Samuel Paty était assassiné à la sortie de son collège par un jeune islamiste pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Charlie Hebdo. Les onze derniers jours du professeur sont aujourd'hui portés à l'écran par le réalisateur français Vincent Garenq dans son film L'Abandon. Le rôle de Samuel Paty a été confié à l'acteur Antoine Reinartz. 

    Karine Barclais, fondatrice du Pavillon Afronova à Cannes

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 3:35


    En sept ans, c'est devenu le point de rendez-vous incontournable avec le cinéma africain au village international du Festival de Cannes. Cette année encore, le Pavillon Afronova s'est installé à quelques pas du Palais des Festivals et de la Croisette. Son objectif : porter haut les couleurs des cinémas africains et de la diaspora. Et surtout, soutenir la croissance économique des marchés du continent. Karine Barclais est la fondatrice du Pavillon, elle est l'invitée de Léa Boutin-Rivière.

    Cannes 2026: Pierre Salvadori filme l'illusion et le mensonge dans «La Vénus électrique»

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 3:33


    Direction Cannes, dans le sud de la France, où s'ouvrira ce soir le 79ᵉ festival de cinéma. RFI vous fera vivre pendant deux semaines cette grande fête internationale du septième art. Pierre Salvadori est le réalisateur du film d'ouverture projeté hors compétition – également en salles dès le mercredi 13 mai – La Vénus électrique, comédie romantique et ode à l'illusion, avec Anaïs Demoustiers dans le rôle d'une fausse voyante, et Pio Marmaï qui joue un peintre endeuillé dans le Paris des années 1920. La Vénus électrique, comédie romantique de Pierre Salvadori, avec Anaïs Demoustiers, Pio Marmaï, Gilles Lellouche et Vilama Pons, sortie le mercredi 13 mai 2026, 2h02.

    Caroline Gueye représente le Sénégal à la 61e Biennale d'Art de Venise

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 3:34


    La 61ᵉ Biennale d'Art de Venise s'est ouverte ce week-end sous tension. Manifestations, sit-in et prises de parole ont en effet jalonné la préouverture en raison de la présence des pavillons russe et israélien. Le jury ayant démissionné la veille de l'ouverture, refusant d'évaluer les artistes de pays accusés de crimes de guerre, soit Israël et la Russie. Cette année, 111 artistes sont réunis dans l'exposition centrale autour de laquelle se déploient une centaine de pavillons nationaux. Le Sénégal en fait partie. Il a pris place dans un palais vénitien, le Palazzo Navaggero, le long du Grand Canal, non loin des Giardini, le cœur battant de la Biennale. RFI y a rencontré l'artiste Caroline Gueye qui représente le Sénégal cette année.      À lire aussiBiennale de Venise: une 61e édition marquée par les tensions géopolitiques

    Llewellyn Xavier, le feu sous la lumière

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 3:35


    À 85 ans, Llewellyn Xavier n'a rien d'un monument figé. Le pionnier de l'art contemporain caribéen reçoit dans son atelier de Sainte-Lucie – cette petite île anglophone, État à part entière, nichée près de la Martinique – avec une sérénité qui contraste avec la densité de son œuvre. Musique indienne en fond, ambiance zen à l'intérieur. Dehors, la 34ᵉ édition du festival de Jazz & Arts de Sainte-Lucie bat son plein. L'homme a pourtant tout d'un colosse. Du MoMA new-yorkais au Smithsonian de Washington, son travail a traversé les institutions les plus puissantes du monde occidental sans jamais s'y dissoudre. Sa peinture reste un champ de bataille autant qu'une source de lumière : politique, organique, obstinément vivante. Face à face avec un géant discret, dans son atelier où tout commence. À écouter dans L'Invité cultureÀ la Biennale de Venise, l'artiste Michael Armitage dépeint la réalité crue de son quotidien

    Dans «C'est quoi l'amour?», Fabien Gorgeart réinvente la famille recomposée

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 3:07


    L'invité culture aujourd'hui est le cinéaste Fabien Gorgeart, dont le nouveau film est en salles depuis ce mercredi 6 mai 2026. C'est quoi l'amour ? explore les liens familiaux, et  les recompositions amoureuses, à travers Marguerite et Fred interprétés par Laure Calamy et Vincent Macaigne. Ces deux là ont divorcé, et comme Fred veut épouser sa nouvelle compagne à l'Église, il doit prouver que ce mariage précédent n'a jamais existé : procédure d'un autre siècle, qui va mettre les anciens époux à l'épreuve. 

    Cinéma: Intagrist el Ansari, réalisateur touareg «nostalgique d'un monde qui disparaît»

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 7:10


    Quand les peuples disparaissent, leur parole demeure. Le film documentaire Ressacs : une histoire touarègue, qui sort ce 6 mai en salles, immortalise les récits, les légendes, et surtout le mode de vie des Touaregs. Le mode de vie de ce peuple nomade, en exil depuis les années 1980, est aujourd'hui menacé – par l'insécurité, par l'instabilité politique, par la sécheresse, par la sédentarisation. Peu à peu, les Touaregs voient leurs coutumes et leurs traditions s'effacer. Le réalisateur Intagrist el Ansari a choisi de les immortaliser avant qu'il ne soit trop tard.  RFI : Intagrist el Ansari, bonjour. Vous dévoilez un documentaire sur la communauté touareg et son histoire, intitulé Ressacs - c'est un mot qui désigne le roulement des vagues sur elles-mêmes. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Ce titre, pour moi, il résonne avec ce que les touaregs vivent, c'est-à-dire cet exil récurrent qu'ils vivent depuis une trentaine d'années maintenant, si ce n'est plus. Et, de manière métaphorique, symbolique, pour nous, la mer est une frontière infranchissable. Si on est à la mer, c'est qu'on ne peut pas aller plus loin.    Vous dites avoir fait ce film en raison d'une forme d'urgence, et vous le dédiez à votre fils. Avez-vous ressenti le besoin de transmettre quelque chose, avant qu'il ne soit trop tard ? J'ai été marqué par ce monde nomade qui est en train de disparaître. Je suis un enfant du campement : jusqu'à la fin des années 1980, je n'ai connu que ce monde-là. J'ai donc une certaine nostalgie à le voir disparaître. Et il y avait aussi cette nécessité de le mettre à l'image. J'avais l'intention de mettre à l'écran cette génération de touaregs qui sont nés dans les années 1920-1930. Donc, à un moment donné, j'ai compris que j'avais un rôle de passeur entre cette génération et celle des enfants qui eux, ne le connaîtront pas. Je sais que mon fils, et de manière plus large, tous les enfants de cette génération qui sont nés en exil , dans un mode touareg dispersé, vont finir par se poser des questions sur qui ils sont. Sans avoir la prétention de répondre à cette question, le film donne des indications.   Le nomadisme est une dimension essentielle de la vie touarègue. Or, aujourd'hui, les touaregs sont soit obligés de s'installer dans des camps de réfugiés, soit ils s'installent en ville, à Tamanrasset par exemple. Est-il possible d'être touareg tout en étant sédentaire ?  A en croire mon ami Abdallah, de Tinariwen, qui est un des personnages de ce film, c'est non seulement possible, mais en plus, c'est clairement l'avenir des touaregs. Ce qui est évident, c'est que les touaregs ne pourront plus avoir ce rapport,  dans leur majorité, avec le monde saharien. Mais les générations à venir continuent d'être qui ils sont. Ils sont reliés à un imaginaire, qui leur a été transmis. C'est assez étonnant d'ailleurs, parce que vous avez des jeunes enfants qui n'ont pas du tout connu ce monde-là, et, rien que par la musique, ils se revendiquent de ce monde qu'ils n'ont pas connu. Mais force est de constater que, de toute évidence, le monde touareg tel qu'il a été jusqu'à une période assez récente, au moins jusqu'aux années 80, tel que moi je l'ai connu, ne pourra plus perdurer sous cette forme-là. Et c'est regrettable.   Comment fait-on pour entretenir ce lien avec l'environnement, avec l'imaginaire, avec les mythes, quand on est coupé de ce mode de vie ? Pour l'ancienne génération, c'est ce que je disais tout à l'heure, ils vivent et ils nagent complètement dans ce monde-là encore. Prenez ma mère : c'est une femme de plus de 85 ans aujourd'hui, et pour elle, la vie est toujours celle du campement, alors même qu'elle vit dans une grande ville. Donc ça montre la force de cet imaginaire.   Dans ce film, vous explorez aussi les raisons qui ont amené tous ces bouleversements. L'une d'entre elles étant la colonisation. De quelle manière a-t-elle progressivement dispersé la communauté touareg ? Il y a une fracture du monde touareg. Le monde touareg du nord a été coupé du monde touareg du sud pendant la colonisation, parce qu'il y avait une nécessité de réorganiser l'Afrique, entre l'Afrique du nord et l'Afrique de l'ouest, pendant la conquête coloniale. Et cette fracture s'est aggravée avec la décolonisation, les tracés des frontières entre les pays nouvellement créés. Alors que cette génération d'anciens pensait que la décolonisation permettrait de reprendre les frontières de ce qu'était l'Afrique à la fin du 19e siècle, c'est-à-dire des communautés qui vivaient en coexistence.   Par ailleurs, avant l'arrivée des colons, la région était le théâtre d'un commerce transsaharien florissant, qui faisait la richesse de la communauté touareg. Pourquoi les colons ont-ils démantelé ce commerce ?  Pour une raison assez simple : le commerce transsaharien n'était pas en faveur du principal motif de la conquête coloniale, qui est avant tout une conquête pour les ressources. Il fallait donc couper ce qui faisait le lien entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne.    Et puis il y a un autre facteur, la sécheresse. Comment impacte-t-elle le mode de vie traditionnel touareg ? Le monde touareg, après cette grande épopée du commerce caravanier, a reposé essentiellement sur le monde animal, c'est-à-dire l'élevage. Or, la région du Sahel et du Sahara a été la première à être touchée de manière évidente par les changements climatiques. Surtout, et c'est là la conséquence majeure pour le monde touareg, les troupeaux ont été littéralement décimés. Sans troupeaux, on met les touaregs au chômage, puisqu'il n'y a plus besoin de suivre la transhumance.   A la fin du film, vous avez cette phrase, vous dites « les peuples disparaissent, leur légende reste ».Est-ce que ça signifie que pour vous, aujourd'hui, la communauté touareg est vouée à disparaître ou est-ce que c'est simplement le mode de vie traditionnel que vous pensez voué à disparaître ? C'est une résonance aussi à la phrase qui est un peu plus loin, d'Ibrahim Al-Kouni, qui dit qu'après « la perte de la souveraineté, la perte du royaume », c'est le chant - donc l'imaginaire - qui prend le relais d'une certaine façon et qui continue à nous relier à ce que nous sommes. Pour moi, "le monde touareg disparaît, mais la légende reste", c'est une façon de dire à mon fils et à cette génération que même si le monde touareg n'existe plus sous la forme physique nomade, il continuera encore peut-être à subsister dans vos esprits.

    Le quadrille de Guadeloupe inscrit au patrimoine immatériel de la France

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 3:54


    Il n'y a pas que la biguine en Guadeloupe : on y danse aussi le quadrille. Une danse de l'Hexagone, la danse de Louis XVI, qui s'est créolisée comme la religion chrétienne avec l'arrivée des colons. Aujourd'hui, le quadrille de Guadeloupe est inscrit au patrimoine immatériel de la France. Un long combat pour Isabelle Calabre, spécialiste de danse. Elle vient de sortir par ailleurs un ouvrage pour jeune public : Moi aussi je danse le classique qui fait suite au livre Moi aussi je danse le quadrille (éditions Caraïbéditions).  À écouter dans Musiques du mondeLes musiques nées de l'esclavage par Bertrand Dicale

    Le désordre amoureux selon James L. Brooks

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 3:30


    C'est une figure majeure mais discrète du cinéma américain : James L. Brooks est l'un des grands maîtres de la comédie romantique. Il est aussi l'un des créateurs de la série culte Les Simpson. Après une longue absence, il revient au cinéma avec Ella McCay, l'histoire d'une jeune femme politique propulsée à la tête d'un État, rattrapée par ses conflits familiaux et affectifs. Le film est déjà disponible sur Disney+. Il sort exceptionnellement en salles en France les 14 et 15 mai. Interview de James L. Brooks.

    Le Sénégal accueille la Biennale de la danse en Afrique

    Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 3:47


    Après le Mozambique en 2023, c'est au tour du Sénégal d'accueillir pour la première fois la Biennale de la danse en Afrique. Pendant cinq jours, 25 compagnies africaines et de la diaspora vont se produire à 60 kilomètres au sud de Dakar, à Toubab Dialao, petite ville côtière qui abrite également l'École des Sables, fondée par la chorégraphe sénégalo-béninoise Germaine Acogny. Gacirah Diagne, co-directrice artistique de cette biennale, répond aux questions de notre correspondante à Dakar. La Biennale de la danse en Afrique se tiendra jusqu'au 3 mai à Toubab Dialao. À lire aussiAu Sénégal, une Biennale de la danse en Afrique 2026 pour communiquer à travers le mouvement

    Mario Canonge: le jazz magma au cœur des volcans caribéens avec «Caldeira»

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 6:52


    Le pianiste martiniquais Mario Canonge dévoile un nouvel album intitulé Caldeira. Une rencontre entre l'improvisation savante du jazz et la transe des musiques populaires antillaises. Ici, le pianiste s'entoure du Martiniquais Michel Alibo à la contrebasse et du Guadeloupéen Arnaud Dolmen à la batterie pour former un trio d'exception, où chacun des musiciens s'inspire des sonorités caribéennes pour célébrer l'énergie de leurs terres volcaniques respectives. RFI : Mario Canonge, vous avez toujours bâti des ponts entre la biguine, le zouk, le jazz. Aujourd'hui, vous évoquez un besoin d'extérioriser le feu qui vous anime, qui vient nourrir votre musique. Comment vous définiriez ce feu ? Je suis ce feu. Je parle du feu parce que je suis un garçon assez speed, mais en même temps, j'aime aller au bout des choses. Je parle de feu parce que l'album s'appelle Caldeira. C'est autour des volcans, puisque je viens d'une région où les volcans sont présents dans toutes les îles des Antilles. Je parle de ce feu parce que je sais que, lorsque je compose, par exemple, je commence une composition et je la termine tout de suite. Et en même temps, je peux être à feu doux, parce que je peux également laisser les compositions de côté un certain temps, puis y revenir pour certains détails, pour essayer de parfaire ces compositions. Vous l'avez dit, ce nouvel album s'intitule Caldeira. C'est le nom des dépressions circulaires qui se forment au cœur des volcans après les éruptions. Qu'est-ce qui vous a plu dans le fait d'intituler votre album comme ce phénomène précisément ? Quand on parle des volcans, on ressent d'abord une certaine crainte. Mais en même temps, la vie vient également des volcans. Il faut remarquer qu'aux abords des volcans, les terres sont très fertiles. Pour moi, les volcans, c'est la crainte, mais en même temps, c'est une espèce de force pour la population, parce qu'il y a cette montagne imposante que l'on respecte. Sur cet album, vous vous êtes entouré de Michel Alibo à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie. Comment avez-vous trouvé votre équilibre tous les trois ? Là, vous parlez déjà de deux autres volcans. Arnaud Dolmen, lui, est de la Guadeloupe et Michel Alibo de la Martinique. Nous avons grandi dans une culture caribéenne. Nous avons en plus en commun cet amour du jazz, d'un jazz large, c'est-à-dire de toutes les musiques qui viennent du monde, qui nous permettent d'exprimer pleinement notre envie d'explorer dans notre musique. Les thèmes existent évidemment, mais l'essentiel, c'est cette communication que nous avons entre nous dans le jeu, dans l'improvisation, et que nous essayons de partager avec le public. Vous avez invité le saxophoniste haïtiano-américain Goodwin sur plusieurs morceaux. Est-ce que c'était pour vous une manière de confronter deux visions de la Caraïbe, deux jeux différents, influencés par vos traditions respectives ? La culture haïtienne est très proche de la nôtre et on se comprend. On peut parler créole entre nous. Goodwin est américain, d'origine haïtienne, mais américain. Quand on se parle, on parle créole pour se comprendre, parce que j'ai un anglais qu'il vaut mieux éviter. Ce qui me plaît chez lui, c'est son son. Il a un son qui me rappelle vraiment celui de la musique antillaise que j'ai connue quand j'étais gamin, celui des grands saxophonistes que j'ai connus. Un chant un peu sucré, quelque chose qui apaise et qui vous emmène. Et en plus, c'est un virtuose de son instrument, un musicien extraordinaire.   À écouter dans L'épopée des musiques noiresKareen Guiock-Thuram et Mario Canonge, deux âmes sensibles et complices

    Deuil en Guinée-Bissau et mariage en France: avec «Dao», Alain Gomis filme la vie

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 3:52


    Filmer la vie d'une famille afro-descendante dans la France d'aujourd'hui, c'est le projet du cinéaste Alain Gomis. Dao, son sixième long-métrage projeté en compétition à la dernière Berlinale, sort en salles en France ce mercredi 29 avril. Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis alterne entre une cérémonie de deuil en Guinée-Bissau et un mariage en France.  À écouter dans Tous les cinémas du mondeDans «Dao», Alain Gomis filme la vie d'une famille entre la France et la Guinée-Bissau

    Merzak Allouache filme une société algérienne en miniature dans «Première ligne»

    Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:27


    Quand une journée de repos à la plage tourne à la foire d'empoigne. C'est le sujet de la comédie Première ligne, diffusée sur les écrans français en ce mois d'avril après avoir fait les beaux jours des cinémas algériens. L'anecdote paraît simple mais elle offre au réalisateur Merzak Allouache la matière d'une observation fine des travers de la société algérienne. À écouter aussiEntretien aveArtc Mahamat-Saleh Haroun pour «Soumsoum, la nuit des astres»

    Juste Shani, étoile montante du rap en France

    Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 4:57


    C'est un visage sur lequel le milieu du rap va devoir compter : celui de Juste Shani. La jeune femme, d'origine sénégalaise et congolaise, était en concert samedi 25 avril au Théâtre de Verdure, à Dakar, pour promouvoir son EP Diamant noir. Juste Shani s'est fait remarquer par sa plume aiguisée, son rap technique, mais aussi les thèmes qu'elle met en avant, les droits des femmes tout particulièrement. Léa Boutin-Rivière l'a rencontrée il y a quelques jours, alors qu'elle s'apprêtait à monter sur scène au Printemps de Bourges. Juste Shani fait la tournée des festivals cet été. Elle sera notamment à Bruxelles le 21 mai, à Marseille pour Marsattac le 13 juin puis aux Francofolies de la Réunion début septembre. À écouter aussiLe Diamant Noir Tour de Juste Shani se poursuit en France jusqu'à début décembre

    L'artiste Mahi Binebine a de grandes ambitions pour le 4ᵉ Festival du livre africain à Marrakech

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:18


    Au Maroc, la 4e édition du Festival du livre africain à Marrakech (FLAM) se tient du 23 au 25 avril 2026. Une manifestation littéraire qui réunit près d'une trentaine d'auteurs et autrices du continent, du Maghreb, de l'Afrique subsaharienne mais aussi des diasporas. Avec à l'affiche, entre autres, le prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio, Alain Mabanckou, Christiane Taubira et Yanick Lahens. L'initiateur de cet événement, l'écrivain et peintre marocain Mahi Binebine, répond aux questions de Catherine Fruchon-Toussaint sur place à Marrakech. Fondé en 2023, le Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) s'est construit à partir d'un besoin profond : créer, sur des terres africaines, un espace littéraire et intellectuel qui nous rassemble, nous relie et nous projette. La ville de Marrakech, carrefour des langues, des routes et des imaginaires, s'est imposée comme le lieu naturel pour accueillir cette ambition. Le FLAM : un temps de réflexion critique Un lieu où les voix du continent et de ses diasporas peuvent se rencontrer, dialoguer, se reconnaître – et parfois, se retrouver après de longues séparations. L'histoire africaine est faite de circulations anciennes, de liens tissés entre nos cultures et nos sociétés, mais aussi de ruptures, de silences, de méconnaissances. Le FLAM est né pour rouvrir ces chemins, pour retisser ces fils, pour redonner souffle à une conversation interrompue. Dès sa création, le festival a été pensé comme une fête joyeuse, un moment de célébration de la rencontre, de la littérature, de la pensée, mais aussi comme un temps de réflexion critique. Un espace où l'on peut interroger les non-dits du passé, les blessures mémorielles, les héritages complexes, tout en restant ancrés dans un présent vibrant, traversé par les grandes mutations d'un continent qui s'affirme, qui se transforme, qui n'attend plus aucune validation extérieure. Un lieu où l'Afrique ne se pense plus comme la marge d'un centre, mais comme un centre parmi d'autres, légitime, créatif et fécond. À lire aussiLe 1ᵉ Festival du livre africain de Marrakech, tout feu, tout flamme Une programmation variée, rigoureuse et accessible pour un large public À travers ses débats, ses tables rondes et ses rencontres, le FLAM souhaite reprendre les combats jamais achevés et en engager d'autres, imposés par les défis du monde contemporain. Il tente d'accompagner, par la pensée, par l'élan créatif et par la puissance de l'imagination littéraire, le devenir d'un continent qui doit être pensé, repensé, réécrit depuis le Sud. Pour ce faire, le FLAM s'inscrit dans une vision à la fois ancrée en Afrique et tournée vers le monde. Ceci est d'autant plus vrai que le passé comme l'avenir du continent s'entrelacent avec ceux d'autres géographies, d'autres histoires, d'autres imaginaires. Pour porter cette ambition, le festival propose une programmation à la fois variée, rigoureuse et accessible, pensée pour toucher un large public : débats, tables rondes, rencontres littéraires, ateliers d'écriture, masterclasses, petits déjeuners avec les auteurs, nocturnes littéraires, spectacles de musique, lectures, leçon inaugurale, grand entretien, librairie éphémère, matinées contes, séances de dédicaces, le prix des lycéens de Marrakech… Une diversité de formats qui permet d'apprécier la grande diversité de nos littératures, de découvrir les grandes voix de la pensée africaine, mais aussi les jeunes voix qui renouvellent nos imaginaires et nos façons de dire le monde. La jeunesse au cœur de ces trois jours de célébration Le FLAM accorde une place essentielle à la jeunesse et lui consacre une programmation ambitieuse. Convaincu qu'ils constituent l'une des forces majeures du continent africain, le festival croit en la nécessité de favoriser l'accès des jeunes à la culture, à la littérature et aux arts. Accompagner cette jeunesse, c'est nourrir sa pensée critique, approfondir sa connaissance de l'Histoire, éveiller sa sensibilité, nourrir son imaginaire, et lui offrir les outils nécessaires pour imaginer et construire l'avenir. Le FLAM, ce sont trois jours de récits, de rencontres, de partage, de transmission, de dialogue, d'émotions et d'enchantement. Trois jours durant lesquels nous célébrons ensemble la vitalité des lettres africaines et la richesse de nos imaginaires. À lire aussiMaroc: le Festival du livre africain de Marrakech s'impose comme un événement majeur

    Le lien étroit entre Prince et Minneapolis, exploré par le chercheur Rashad Shabazz

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 4:43


    Il y a une décennie, le 21 avril 2016, un OVNI musical s'éteignait : le chanteur, musicien et compositeur Prince. Dix ans plus tard, certains tubes demeurent – dont l'inoubliable Purple Rain –, ainsi que l'image d'un artiste aussi extravagant qu'exigeant. Prince aura été le premier à mélanger avec autant d'enthousiasme et de brio des genres musicaux allant du funk au disco en passant par le rock, la pop, et le gospel. Un style musical qui doit beaucoup à la ville natale de Prince, Minneapolis. RFI : Rashad Shabazz, bonjour. Vous venez de publier l'ouvrage Prince's Minneapolis, dans lequel vous explorez le lien entre l'origine géographique de Prince et la musique qu'il a créée. De quelle manière les lieux et la musique qui en est issue sont-ils liés ?   Rashad Shabazz : On ne peut pas séparer les deux, ils sont toujours intimement liés. L'endroit où est créée la musique la sculpte, et la musique est sculptée par cet endroit. Tout type de musique, à n'importe quelle époque, dépend de son contexte social. Que ce soit le rap dans le Bronx des années 1980, les Beatles dans l'Angleterre des années 1960, ou Prince à Minneapolis dans les années 1970 et 1980. Quelle que soit la musique dont vous parlez, si vous l'étudiez, vous pourrez toujours identifier la relation entre ce son et le lieu d'où il vient.  Ce que vous démontrez, c'est que le contexte de Minneapolis, justement, est très particulier. La scène musicale de Minneapolis est très spéciale. Elle découle de la naissance de la ville, lorsque les colons blancs s'installent, au début du XIXᵉ siècle, sur des terres qui appartenaient depuis des centaines d'années à des peuples indigènes. À ce moment-là, le son est utilisé par les colons pour faire une démarcation claire entre leurs territoires et ceux des indigènes : que ce soit le son de la langue anglaise, celui des canons et des pistolets, ou bien la musique militaire, axée sur les cuivres. Et puis, ces colons avaient des origines très variées : certains venaient du sud des États-Unis, d'autres du nord. D'autres encore étaient des migrants européens, des Scandinaves notamment. Mais ce qu'ils pouvaient tous partager, c'était la musique. À partir de là, il y a eu un véritable élan musical à Minneapolis : la ville a créé des opéras, des salles de concert, des écoles de musique. Tout cela a tracé la route pour ce qui allait venir par la suite, à savoir, l'éducation musicale universelle – une politique qui a démarré au début du XXᵉ siècle et qui a perduré jusque dans la jeunesse de Prince.  Quelle était cette politique ? Concrètement, chaque enfant qui passait par le système scolaire public de Minneapolis bénéficiait d'une éducation musicale quotidienne, tout au long de sa scolarité. Qu'ils soient blancs, noirs, issus de la classe ouvrière, de la classe moyenne, qu'ils soient riches ou non… Tous ces enfants en ont profité. Cela a donné lieu à une meilleure éducation musicale sur plusieurs générations.  Donc, lorsque Prince naît en 1958, c'est dans une ville qui a fait de la musique une part cruciale de son identité, dès sa fondation. Cela a véritablement préparé le terrain pour la croissance musicale de Prince.  Un autre facteur-clé, selon vous, de la place de la musique à Minneapolis, c'est le racisme et la ségrégation. Au début du XXᵉ siècle, des populations noires sont venues s'installer à Minneapolis. Il s'agissait d'anciens esclaves, de personnes chassées de chez elles par les lois Jim Crow [série de lois ségrégationnistes en vigueur à l'époque, NDLR], ou de personnes qui fuyaient le racisme. Lorsque ces populations sont arrivées à Minneapolis, les restrictions pour le logement – et les actes de terrorisme de certains habitants blancs de la ville – les ont forcées à vivre dans les quartiers sud et nord de la ville. Ces zones sont devenues les sections noires de Minneapolis, avec leur propre cartographie musicale. On y jouait du blues, les prémices du rock'n'roll…  Prince a grandi au milieu de cette cartographie-là. Dans son quartier, autour de lui, il entend James Brown, Earth Wind & Fire, tous les musiciens issus de la Motown. Mais, sur les radios locales, essentiellement blanches, il découvre aussi le rock de certains musiciens comme Santana ou les Pink Floyd. Il ne fait aucune distinction de valeur entre ces univers, et il apprend à jouer tout cela. La force de Prince, c'est sa capacité à les combiner tous ensemble pour créer quelque chose de nouveau et d'unique. C'est cela, le son de Minneapolis. C'est un son né d'un paysage musical fragmenté, en raison d'une histoire qui remonte au XIXᵉ siècle. L'histoire de Minneapolis a donc influencé le "son" de Prince. À l'inverse, l'héritage musical de Prince influence-t-il toujours Minneapolis aujourd'hui ? La diversité dans la création musicale dont Prince a fait preuve continue d'être reflétée, aujourd'hui, dans les salles de concert de la ville. Partout aux États-Unis, la musique jouée dans les clubs et les salles dépend de leur environnement. De la musique noire est jouée dans les quartiers noirs, et vice versa. Mais pas à Minneapolis. À Minneapolis, on peut entendre n'importe quel type de musique, n'importe où. À mon sens, c'est cela, l'héritage laissé par la musique de Prince.  À lire aussiL'aura de Prince résistera-t-elle à l'érosion du temps ?

    Garder les traces face à l'effacement. Taysir Batniji, l'artiste palestinien expose à la Galerie Agnès B.

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 3:27


    La Galerie du Jour Agnès B présente actuellement les œuvres de six artistes palestiniens dans l'exposition The Grain of Our Hearts conçue avec le collectif Maan (« Ensemble » en arabe). Un collectif né en octobre 2023 à la suite de l'exposition Ce que la Palestine apporte au monde à l'Institut du monde arabe. Les divers supports – photos, collages, dessins, gravures, récits – se retrouvent autour de la transmission d'une histoire. Comment garder les traces et raconter l'histoire face à l'effacement ? Taysir Batniji, artiste confirmé est l'aîné des six exposants. À lire aussiHenry Taylor, héritier afro-américain de Picasso, célébré au musée Picasso-Paris

    Saint-Pierre-et-Miquelon, au cœur du nouveau roman d'Anne-Solange Muis

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:22


    Anne-Solange Muis est géographe. Elle a créé la maison d'édition Terre Urbaine, qui publie des essais sur l'écologie, les territoires et la ville. Son premier roman, Une île pour elle, a reçu plusieurs prix, dont le prix Amerigo-Vespucci. Son nouveau roman, Écume d'hiver, nous emmène sur l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle est l'une des invités du Festival du Livre de Paris qui se tient au Grand Palais du 17 au 19 avril 2026. Dans le village de Miquelon, l'hiver a tout effacé et l'horizon n'existe plus. C'est ici que sont nés Michel et Jean, deux frères qui vivent de la pêche traditionnelle à la morue. Mais un soir de grand froid, Jean disparaît. Son sort va alors sceller le destin de son fils Yoann, contraint de revenir sur l'île qu'il avait quittée enfant. Se heurtant à un quotidien où la nature guide tout, cet homme devra renouer avec la terre qui l'a vu naître et, qui sait, avec son passé. À travers des chapitres composés comme des tableaux, Anne-Solange Muis plonge le lecteur dans les paysages et les légendes de Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce bout de France perdu aux confins de l'Atlantique Nord. Et bâtit, avec une langue d'une infinie sobriété, le décor immense d'une vibrante histoire de transmission. (Présentation des éditions Phébus)

    La romancière Elsa Olaizola questionne la transmission de la violence dans «L'Héritage de Soledad»

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 7:18


    Avec L'Héritage de Soledad, Elsa Olaizola interroge, à travers un voyage initiatique, la part d'ombre transmise par nos parents. Son premier roman est publié chez JC Lattès. Entretien avec la romancière, également membre de la rédaction numérique de RFI. RFI : Vous signez, chez Jean-Claude Lattès, L'Héritage de Soledad, un premier roman magistral, un roman initiatique où l'on suit, sur les routes de l'Ouest américain, le jeune Emiliano qui part sur les traces de son histoire familiale, celle de sa mère qui porte en elle un très lourd secret. Pourquoi avez-vous choisi ce thème du secret familial pour ce premier roman ? Elsa Olaizola : Je pense que c'est un thème universel qui concerne beaucoup de personnes, avec des questions sur : qu'est-ce qui constitue ma famille ? Pourquoi mon père, ma mère réagissent-ils de cette façon ? Qu'est-ce qui se passe dans la cellule familiale ? Et je pense qu'à différentes étapes de nos vies, on se pose ces questions. Moi, j'arrive à la trentaine, j'arrive dans une nouvelle période de ma vie où je me préoccupe de ce que nous ont transmis nos ancêtres. La question que vous posez est celle de la transmission des traumatismes d'une génération à l'autre. C'est une question qui hante le livre. Est-ce aussi une question qui vous hante ? En fait, je pense que ce qui me hante, c'est de savoir qui on est vraiment. En tant qu'enfant, ce qui peut être difficile, c'est de recevoir des choses de la part de ses parents sans connaître leur histoire. Par exemple, dans ce livre, Emiliano a beaucoup souffert d'être aux côtés d'une mère, certes qui l'aime, mais qui traverse des épisodes de colère très violents, proches de la folie. Et lui, il reçoit cette violence en tant qu'enfant. En sens inverse, le parent peut se demander : qu'est-ce que je possède de mon histoire familiale ? Qu'est-ce qui m'a construite et que je vais peut-être transmettre ou que je n'aurais pas du tout envie de transmettre ? Et en fait, Djune (la protagoniste du roman, NDLR), c'est ce qui la hante. Elle a peur de ce qu'elle va transmettre à son enfant, de ce qu'elle pourrait transmettre lié à son histoire avec le père d'Emiliano, mais aussi de son histoire familiale à elle, une histoire qu'elle connaît mal.  La violence est un héritage ? Comment fait-on quand on reçoit un tel héritage ? Emiliano, lui, a trouvé une solution, il prend la route...  Emiliano a beaucoup de colère en lui. C'est un adolescent. L'adolescence est souvent une période de grande colère, mais lui a des raisons supplémentaires d'être en colère, parce qu'il est dans une relation très conflictuelle avec sa mère. La mère d'Emiliano redoute d'avoir transmis à son fils un héritage de violence, parce qu'elle-même se pense issue d'une tradition de violence. Donc, durant toute sa vie, elle va chercher à protéger Emiliano de cette violence. Et en même temps, ce qui est terrible pour cette mère, c'est qu'elle guette le moindre signe de violence chez son fils. Si elle le voit, par exemple, courir après des poules dans le jardin – parce que c'est un enfant et qu'il veut jouer –, elle va en être terrifiée et y voir la preuve qu'il a reçu de la violence en héritage. Ce qui est important, c'est que la violence n'est pas seulement dans le cercle familial. On est aux États-Unis, et donc, on est dans une société très violente, une société qui s'est construite sur le génocide des peuples natifs américains, une société patriarcale violente aussi envers les femmes. Se pose donc pour elle la question de savoir comment faire pour que son fils échappe à une violence, alors que celle-ci est partout présente. Finalement, on a l'impression qu'à travers cette Amérique ultra-violente, vous nous offrez un miroir du monde. Le monde est donc si violent que ça ? Moi, c'est comme ça que je le ressens. Je pense que c'est important d'avoir conscience de cette violence du monde justement pour pouvoir la prendre en compte et savoir ce que l'on en fait. Vous parliez du fait qu'Emiliano se rend dans une réserve où il y a des Natifs américains. Pour moi, cette partie du roman est très importante parce que ce peuple, le peuple lakota qui vit dans la réserve de Pine Ridge, est un peuple qui a vécu la colonisation par les Européens. Et ce que je voulais montrer à travers les personnages qu'Emiliano va rencontrer, c'est que ce sont des militants, des hommes et des femmes qui vont se battre contre cette violence des États-Unis, qui vont se battre pour récupérer leurs terres. Et au contact de ces militants, Emiliano va réussir à transformer toute la colère qui l'habite. Il va réussir à se dire qu'elle peut avoir un sens. En filigrane de ce roman, il y a l'histoire d'une femme que l'on pense être la grand-mère d'Emiliano et la mère de Djune. Cette femme s'appelle Soledad. C'est une guérillera mexicaine. Une femme sans foi ni loi qui symbolise d'une certaine façon la violence du capitalisme au Mexique. Un personnage éminemment tragique dont vous racontez l'histoire en filigrane du roman. Cette grand-mère supposée est absolument incroyable. Est-ce qu'elle a réellement existé ? Elle n'a pas existé, c'est un personnage fictif. Elle m'est apparue, littéralement. Je l'ai vue, cette guérillera qui s'appelle donc Soledad Romeros del Rosario. Pourquoi j'ai créé ce personnage ? Parce que parmi les choses qui me mettent en colère, il y a le fait que les femmes sont souvent effacées des livres d'histoire. Et quand elles ne sont pas effacées, on minimise leur rôle, ou on leur prête des traits de bonté, de gentillesse, etc. Et ce que j'ai voulu montrer, c'est que, en fait, une femme peut être violente, une femme peut commander. Soledad n'entre pas dans la guérilla parce qu'elle est outrée par les conditions de vie des pauvres Mexicains, elle le fait parce qu'elle s'ennuie et parce qu'elle se rend compte qu'elle est douée pour monter à cheval, dévaliser des banques, tuer des riches propriétaires terriens. Et elle aime ça ! Je voulais créer un personnage de femme, comme vous l'avez dit, sans foi ni loi, et non pas une femme qui doit absolument avoir une part de douceur ou une part de quelque chose. Non. Il y a des hommes psychopathes, mais il peut aussi y avoir des femmes psychopathes. Je ne suis pas pour cette violence à outrance, mais cela me tenait à cœur de montrer une femme qui, tout d'un coup, prend la tête de toutes les guérillas du Mexique. Et ce que je voulais montrer aussi, c'est qu'Emiliano, qui est un jeune garçon, va prendre cette femme pour modèle et se reconnaître en elle. Moi, en tant que petite fille, j'ai grandi avec des modèles masculins parce qu'en fait, c'était l'unique chose que l'on nous proposait. Et je voulais inverser les choses, montrer qu'un petit garçon peut très bien grandir en ayant un modèle féminin pour exemple.  L'Héritage de Soledad d'Elsa Olaizola, publié aux éditions JC Lattès, 304 pages, 2026. À lire aussiÉtats-Unis: excuses historiques de Joe Biden pour les sévices dans les pensionnats pour Natifs américains

    Isaach de Bankolé retrouve Claire Denis dans «Le Cri des gardes»

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 3:31


    Le Cri des gardes, le nouveau film de Claire Denis, est sorti mercredi 15 avril en salles. C'est l'adaptation de Combat de nègre et de chiens, la pièce du dramaturge Bernard-Marie Koltès : un huis clos, de nuit, dans la chaleur africaine, filmé comme une tragédie grecque – un homme qui vient chercher le corps de son frère, assassiné sur un chantier.

    Les réalisateurs Olivier Nakache et Éric Toledano encapsulent les années 1980 dans «Juste une illusion»

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 5:05


    Olivier Nakache et Éric Toledano, réalisateurs d'Intouchables, un des plus gros succès du cinéma français, reviennent à l'un de leurs sujets de prédilection : la famille. Dans leur nouveau long métrage, Juste une illusion, qui sort en salles mercredi 15 avril 2026 en France, ils revisitent les années 1980 de leur adolescence. Et c'est le portrait d'une famille attachante qui apparait l'écran.

    Osam : fusion futuriste et oud en apesanteur sur «Mars», son nouvel EP

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 4:13


    Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident. RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ? Osam : J'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu "imposé". Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher autre chose. Et c'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc. Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ? C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, il y a toujours ces petits oud-jouets. J'ai commencé à m'entraîner dessus comme un jouet et cela a grandi petit à petit. Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ? C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités graves et aigues, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content. Cet EP est un voyage initiatique entre la Terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ? Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à voir cet EP un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter par la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire, de ce voyage. Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ? Déjà humainement on s'entend super bien, et musicalement c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer, en cinq minutes on a enregistré un solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable, j'ai trop kiffé. Osam Mars (Mad Rabbit) 2026 Facebook / Instagram / YouTube

    Les peintures colorées et intenses de Miryam Haddad, des panneaux inspirés des portes de Palmyre

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 3:32


    Miryam Haddad, jeune artiste syrienne née à Damas et qui vit en France aujourd'hui, expose ses peintures à la galerie Art Concept dans le Marais à Paris. Des œuvres colorées, vivantes mais aussi intensément chargées, autant que l'histoire de son pays et de sa région, le Moyen-Orient. Ces paysages où la terre, l'eau et le ciel se fondent dans des volutes laissent apparaître des signes, des figures géométriques, des visages, créant une œuvre envoûtante. Miryam Haddad a signé il y a quelques années l'affiche du prestigieux festival de théâtre d'Avignon. Ses peintures figurent dans plusieurs collections, dont celle de l'Institut du monde arabe à Paris. Une exposition à retrouver jusqu'au 18 avril 2026 à la galerie Art Concept à Paris.  À écouter dans De vive(s) voix«Et la terre se transmet comme la langue», variations autour de Mahmoud Darwich

    La chanteuse Dinaa, ou quand l'écho d'une «Maison vide» devient refuge

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 6:09


    Après deux années à sillonner les routes de France seule avec sa guitare, la chanteuse Dinaa dévoile son tout premier album, Maison vide. Elle qui transforme sa vie en chansons se confie sur une rupture amoureuse difficile qui a tout chamboulé. Elle y livre ses morceaux comme des confidences, entre le besoin de fuir et l'envie de tromper l'absence dans la fête pour anesthésier la douleur. Le champ de bataille qu'est sa Maison vide se révélera finalement être aussi son dernier refuge… RFI : Vous avez commencé en chantant dans la rue avec votre guitare. Qu'est ce qui a changé aujourd'hui depuis cette période dans votre manière de créer et de vous raconter ? Dinaa : Déjà moi quand j'ai commencé à chanter dans la rue, je ne chantais pas mes propres chansons. Je chantais beaucoup de reprises, etc. Donc déjà, il y a eu une grosse évolution sur la manière où j'arrive à me livrer aussi aux gens. Aujourd'hui, c'est plutôt fou de me dire que je joue maintenant en concert et que j'arrive à chanter mes chansons devant plusieurs personnes, alors que de base, les gens s'arrêtaient pas dans la rue pour me regarder ou quand il y avait deux personnes, j'étais super contente. Ça m'a beaucoup aidé. Je pense que sans cette étape là, je n'aurais pas réussi à me dévoiler et à partager mes propres sons. Comme je disais, le truc d'avoir des gens qui passent mais qui s'arrêtent pas vraiment, ça me permettait de réussir à chanter en public sans me sentir observée, d'avoir ce truc d'une foule qui te regarde droit dans les yeux. Et je pense que ça a été une étape hyper importante pour arriver à faire ce que je fais aujourd'hui. Votre voix sur maison vide passe de quelque chose de très intime, parfois à des moments beaucoup plus puissants. Qu'est ce que vous avez exploré de nouveau vocalement sur cet album ? Vocalement, je suis très contente parce que j'ai réussi à vraiment sortir ma voix. C'était un truc qui me frustrait un petit peu sur les autres projets. On me disait tout le temps en concert « Je n'avais pas compris que tu chantais aussi bien ! » Et en fait, je me rends compte que sur toutes mes chansons, je faisais des petites voix toutes mignonnes et j'avais besoin un peu de pouvoir montrer ce côté plus soul, ce côté plus poussé, plus porté sur des morceaux comme « Désolé pour le bruit » par exemple, où là je m'amuse vraiment vocalement.  Je suis très contente d'avoir réussi à un peu mélanger toutes ces tessiture vocale. Moi je suis quelqu'un qui aime bien chanter de plein de manières différentes. C'est pas facile parce qu'il faut quand même garder un fil conducteur. Mais je suis contente de ce que j'ai réussi à faire à ce niveau là sur le projet.     Dans plusieurs titres, vous évoquez la tristesse et la solitude, mais sur des prods quand même assez entrainantes, joyeuses presque. Pourquoi un tel contraste ? Moi je suis quelqu'un de très solaire dans la vie et c'est quelque chose que j'avais envie de transmettre dans ma musique. J'ai pas envie que quelqu'un écoute le projet à la fin et qu'il soit juste dépité. Et je pense qu'il y a une manière un peu cool, comme Amy Winehouse par exemple - moi je suis très fan - ces musiques hyper entraînantes, ça donne le sourire, ça donne envie de faire la fête, ça s'écoute à n'importe quel moment. Et pour autant, elle aborde des thématiques graves. Et je pense que c'est important pour réussir à faire passer aussi toutes ces émotions qui sont très lourdes, de les amener avec un peu de légèreté parce que sinon ça devient très difficile quoi. Dans « Nuits acides », vous abordez la question des drogues et de la fête comme échappatoire. Pourquoi c'était important pour vous d'en parler aussi frontalement ? Moi déjà, j'ai eu un entourage très jeune où j'ai été confrontée à ce monde-là de la drogue, la fête, le monde de la nuit. C'est vrai que c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. J'avais besoin de parler de tout ça et je pense que c'est des thématiques où je trouve qu'il y a une manière de le dire. Dans le morceau, je le dis : « La première prise était déjà de trop / Mais tout le monde s'en fiche / Ouais c'est rigolo / Askip détruire c'est la mode / Il y a la queue chez le dealer ». C'est une manière très simple de le dire. Mais c'est tellement réel. J'ai 21 ans, j'ai des potes avec qui on discute, on parle de ça, ils sont là : « Non, mais c'est tranquille. J'ai 20 ans, je fais ma vie, je fais mes expériences et c'est ok. » Mais il faut faire hyper gaffe. Et je trouve qu'il y a des gens qui se détruisent tellement facilement sans se rendre compte du poids et de l'impact que ça peut réellement avoir sur eux. Et moi j'ai vu des gens se détruire avec ça et c'est vrai que je trouvais que c'était important d'en parler. À écouter dans Bonnes pulsations du mondeLes femmes sont à l'honneur (Dinaa, Alsarah, Celia Wa, Queen Rima...) et NTM dégaine en live

    L'histoire oubliée du football féminin, revisitée dans la BD «Le Match du siècle» de Julie Billault

    Play Episode Listen Later Apr 8, 2026 5:46


    L'histoire oubliée du football féminin, retracée en bande dessinée : dans Le Match du Siècle, la scénariste Julie Billault et le dessinateur Seb Piquet remontent dans le temps, jusqu'à la Première Guerre mondiale. Une époque où les femmes ont remplacé leurs maris partis au front à l'usine – et aussi sur les terrains de football. La pratique suscite l'engouement du public. Pourtant, à la fin de la guerre, elle est interdite, et ce jusque dans les années 1970. Une histoire méconnue et pourtant symptomatique des avancées des droits des femmes au siècle dernier.  RFI : Julie Billault, vous co-signez avec le dessinateur Sébastien Piquet la BD Le Match du siècle. De quoi parle cet ouvrage ? Julie Billault : L'idée, c'est de raconter comment le football s'est imposé en Angleterre pour les femmes pendant la Première Guerre mondiale, puisqu'elles ont pris la place des hommes dans les usines, et comment cet engouement pour ce sport s'est fait de plus en plus fort. Jusqu'au retour des hommes où, peu de temps après, la Fédération anglaise édicte un ban, c'est-à-dire une interdiction peu ou prou pour les femmes de pratiquer le football. Et cette interdiction va durer 50 ans. Le match du siècle, qui donne son nom à la BD, c'est cette rencontre du 23 mars 1920 entre l'équipe féminine de Liverpool et leurs adversaires écossais. En tout cas, c'est comme ça que c'est raconté dans la BD. Mais en réalité, après ce match, les footballeuses continuent de jouer, et la BD court jusque dans les années 1970. Pourquoi avoir choisi cette date du 23 mars 1920 ? C'est ce jour-là que l'on va enregistrer la plus grosse affluence pour un match de football joué par des femmes pendant 100 ans. Il se déroule à Goodison Park, un stade où joue aujourd'hui l'équipe d'Everton. Le match se déroule à guichets fermés, avec plus de 50 000 spectateurs à l'intérieur et 15 000 à l'extérieur. Pour moi, c'était vraiment essentiel pour montrer l'engouement, presque six mois avant que ça soit totalement interdit. Ce n'est pas une interdiction qui est prononcée parce que l'intérêt décline ; c'est une interdiction qui est prononcée parce qu'il y a trop de concurrence. Justement, d'où vient cette interdiction ? Pour commencer, il y a de la concurrence avec les hommes, ce qui n'était pas prévu. On n'imaginait pas que ces femmes allaient poursuivre leur activité une fois la guerre terminée. Et puis, pendant la guerre, ces équipes ne sont pas vraiment dans une situation de professionnalisation. Elles font des matchs de charité, c'est-à-dire que les recettes sont reversées aux soldats qui sont sur le front. Bien évidemment, ces matchs de charité perdent leur raison d'être, en quelque sorte, après la guerre. C'est aussi une période d'une intense crise économique en Europe et notamment en Angleterre. Donc, ces femmes qui sont aussi ouvrières vont faire des matchs pour engranger des recettes afin de les reverser aux grévistes. C'est à partir de ce moment-là que la Fédération siffle en quelque sorte la fin de la partie et dit que c'est terminé. Elle prononce donc cette interdiction qui n'en est pas vraiment une, mais qui va vraiment marginaliser les joueuses. La Fédération décrète qu'à partir de ce moment-là, les femmes ne peuvent plus utiliser les infrastructures de la Fédération, et plus personne ne peut les aider à pratiquer. De fait, cela leur interdit l'accès à tous les stades du pays, ou presque, ainsi qu'à tous les entraîneurs disponibles.  Ce ban va donc jusqu'au milieu des années 1970, soit 50 ans. Comment expliquez-vous que cela ait duré aussi longtemps ?  Cela correspond à un mouvement de fond. Car dans la foulée, d'autres interdictions vont suivre en Europe. Et peu à peu, la pratique tombe dans l'oubli. Avant les Coupes du monde pirates des années 1970, on a peu d'équipes, ça redémarre doucement, mais cela reste encore très à la marge. Donc, il n'y a pas de véritable nécessité de se pencher sur le ban. Et puis, quand les Coupes du monde arrivent, on réalise qu'il y a toujours beaucoup de public, une vraie attente, et des pratiquantes, donc cela devient une évidence. Ce qui est aussi intéressant dans cette bande dessinée, c'est qu'au-delà de l'aspiration sportive, cette opportunité permet aussi, en toile de fond, une véritable lutte sociale pour les droits des travailleuses. En rentrant dans les usines, les femmes deviennent ouvrières, découvrent et assument une nouvelle condition. Et elles sont, à l'instar des hommes, touchées par les mêmes problématiques. Donc, jouer au football, qui est un sport extrêmement populaire – au sens où il vient du peuple –, c'est aussi une façon d'appartenir à ce mouvement ouvrier. Par ailleurs, ce qui m'a intéressée avec cette BD, c'est de montrer que ces femmes ne sont pas forcément activistes. Il y a plutôt l'idée d'un féminisme par la pratique, pas forcément assumé ni revendiqué ; il y a surtout une envie de jouer. C'est cela qui me plaisait aussi : dire que ces luttes sociales et pour les droits des femmes ne sont pas seulement l'apanage des femmes éduquées. Ces femmes arrivent à faire avancer les causes, en faisant.  Aujourd'hui, les équipes féminines de football ont pris de l'ampleur, mais il aura fallu quelques décennies. À la lecture de votre BD, on se rend compte que ce chemin avait déjà été parcouru par d'autres femmes il y a un siècle. Peut-on dire aujourd'hui que les choses ont changé ?  La question se pose. En tout cas, en France et en Angleterre, quand on est une petite fille, si on veut jouer au football, on peut y arriver plus facilement. Il y a des constitutions d'équipes, il commence à y avoir un peu de place dans tous les clubs, ou presque. En revanche, dès qu'on veut passer à un stade supérieur, ça reste encore un parcours semé d'embûches. Cela semble particulièrement difficile. Quand on pense que les actuels dirigeants des fédérations avaient 20 ans quand le ban a été levé... Ils ont grandi avec le fait que les femmes ne faisaient pas partie du paysage. À partir de là, c'est difficile d'avoir une action totalement inclusive.  Pour aller plus loin : Le football féminin

    La guitare selon Raphaël Feuillâtre, entre clarté baroque et éclats sud‑américains

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 3:50


    Il compte parmi les musiciens classiques les plus écoutés sur les plateformes. Né à Djibouti et formé en France, Raphaël Feuillâtre s'impose aujourd'hui comme le nouveau visage mondial de la guitare classique. Salué pour la subtilité de son jeu et l'ampleur d'un répertoire qui traverse les styles et les siècles, il sera le premier guitariste invité au Festival de Pâques d'Aix-en-Provence, où il se produira ce mardi 7 avril dans un programme qui relie les maîtres baroques français et allemands aux compositeurs espagnols et latino‑américains – de Bach à Piazzolla. 

    «À présent, je suis entière», confie Lucy Sante, l'autrice américaine de «D'elle à moi»

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 5:57


    Dans son livre D'elle à moi, l'écrivaine et critique américaine Lucy Sante livre le récit bouleversant d'une transition de genre tardive. En 2021, à 67 ans, Luc Sante annonçait à ses proches son besoin de devenir Lucy. Son autobiographie retrace plus de six décennies de silence et d'identité réprimée, et entremêle sa trajectoire intime à son parcours d'immigrée belge aux États-Unis, dans le New York vibrant des années 1970 et 1980.

    «L'Odyssée TransAntarctic»: un récit musical entre archives et aventure par Graciane Finzi

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 3:55


    Mettre en musique un voyage vers l'Antarctique : c'est le pari de Graciane Finzi. À 80 ans, la compositrice française d'origine italienne signe un concert-récit immersif qui fait revivre l'expédition polaire menée en 1914 par le capitaine britannique Ernest Shackleton. Rencontre avec l'artiste qui met le cap sur Monaco où son spectacle accoste ce vendredi 3 avril pour trois représentations au festival du Printemps des Arts de Monte-Carlo. À partir du journal de bord d'Ernest Shackleton et des photographies d'époque, L'Odyssée TransAntarctic retrace en une heure le naufrage du voilier L'Endurance et la survie spectaculaire de son équipage, resté plus de deux ans sur la glace. Un voyage qui mêle instruments classiques et ambiances électroniques, archives historiques et paysages sonores arctiques. À lire aussiL'altiste française Karine Lethiec

    Biréli Lagrène et ses «Elegant People» revisitent le jazz américain

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 6:05


    Biréli Lagrène manie la guitare depuis près de cinq décennies. Le jazz manouche, le blues, le jazz, la guitare classique. L'âge aidant, il aime revisiter les classiques du jazz américain, en compagnie d'un trio de musiciens. Ce sont peut-être eux les Elegant People dont nous parle l'album qui vient juste de sortir sur les plateformes.  Le guitariste français de jazz Biréli Lagrène aime surprendre ses fans, emprunter de nouveaux chemins, ou carrément ouvrir de nouvelles routes. Le guitariste qui, à 13 ans, épatait les gitans de Strasbourg, sa ville natale, fut un enfant prodige du jazz manouche, avant de devenir l'un des guitaristes les plus innovants et les plus recherchés de sa génération. Admiré par Georges Benson, ami du regretté Sylvain Luc avec lequel il a collaboré à de nombreuses reprises, Biréli Lagrène est réputé pour son jeu inventif et désormais de plus en plus dépouillé. Des qualités qu'il met au service du répertoire de jazz américain sur son dernier opus Elegant People qui sort sous le label Pewee! Il y est en compagnie de Jean-Yves Jung, son pianiste et principal collaborateur, William Brunard à la contrebasse et Raphaël Pannier à la batterie. À lire aussiBiréli Lagrène, passionné de Django Reinhardt, rend hommage à Loulou Gasté

    Falmarès, poète guinéen exilé: «Il faut chercher la beauté, même si elle est loin»

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 3:43


    L'exil, sa Guinée natale, la Bretagne où il a élu domicile, la beauté de la nature et toutes ses rencontres : dans son recueil Le Jardin des Flamboyants, paru fin février, le poète Falmarès (Mohamed Bangoura, de son vrai nom) raconte – ou chante, comme il le dit – sa vie. Les souvenirs de Koba, où il est né ; l'héritage de sa famille de griots ; la douleur du périple qui l'a mené en Libye, en Italie, puis en France ; mais surtout les petites joies du quotidien, qu'il ne faut jamais perdre de vue. RFI : Vous venez de publier un recueil de poèmes, Le Jardin des Flamboyants. Comment, dans votre parcours, en êtes-vous arrivé à la poésie ? Falmarès : J'ai rencontré la poésie sur ce périple difficile que j'ai effectué. Quand je suis arrivé en Italie, j'avais du mal à dormir, j'étais traumatisé par tout ce qui se passait. J'ai ressenti le besoin de la lecture. Comme tout était écrit en italien, je me suis mis à écrire en français pour me lire. Ensuite, à mon arrivée à Nantes, j'ai découvert les bibliothèques et je passais toutes mes journées à lire et à écrire. Et c'est comme ça que j'ai découvert la poésie, mais disons la littérature d'une manière générale. Vous publiez un recueil très riche, plus d'une centaine de poèmes. Écrivez-vous tous les jours ?  Je n'écris pas tous les jours, mais je garde cette habitude-là d'écrire toutes les semaines. Cette régularité me permet d'apprendre davantage. Je me considère comme un apprenant permanent et comme quelqu'un de curieux, qui observe, qui aussi essaie de se souvenir. Parce que le poète, pour moi, c'est aussi quelqu'un qui se souvient. J'essaie de me souvenir aussi de Koba, à 200 km de Conakry, de mettre mon oreille au plus près du stylo pour écrire sur ça. Mais pour moi, mon écriture va au-delà d'une simple écriture d'exil.  Justement, que représente la poésie pour vous ? Un moyen d'exorciser, un refuge ?  La poésie, d'abord, c'est l'espoir. Le poète doit chanter l'espoir, chanter la beauté, même si parfois, certaines situations masquent cette part de beauté. Mais on doit la chercher, même si elle est loin. Vous employez le terme de chanter. Quel est le rapport que vous faites entre la poésie et le chant, l'écriture et la musicalité ? La poésie est un chant. Quand on parle, par exemple, du mandingue, les premiers poètes qui ont existé, ce sont des griots. Or les griots, ce sont des joueurs de kora, de musique. Même en Occident ! Les premiers poètes, Hésiode, Homère... c'étaient des aèdes, qui chantaient leurs poèmes. Donc, je ne peux pas dissocier la poésie de la musicalité. La poésie sans la musique s'arrête tout de suite. Vous dites aussi dans l'un de vos textes que chaque poète a en lui ou en elle un langage à transmettre au monde. Quel est le vôtre ? Le langage, c'est le langage poétique qui est universel. Il y a aussi la langue mandingue, cette parole des griots, de mes grands-parents... et cette rencontre avec le langage occidental. J'écris entre ces deux mondes-là.  Vous signez un recueil plein de vie, de douceur, de bonheur – même s'il y a aussi des textes plus sombres où vous racontez l'exil, la Libye, le périple. Considérez-vous la joie comme un acte de résistance ? Nous ne devons pas oublier les petites choses. Dans une vie, il n'y a pas que des choses douloureuses. Moi, sur ce périple où j'ai failli mourir plusieurs fois, j'ai rencontré la poésie, j'ai rencontré des humains... Et puis il y a tout simplement la joie de vivre, d'avoir survécu. Donc, on ne doit pas oublier cette joie des choses simples de la vie. Je pense que je veux parler de ça surtout, de chanter les choses simples de la vie, le jardin, des plantes, une promenade. Je sais que ce n'est pas facile d'arriver à la simplicité, mais j'essaie, je tente.  À écouter dans Sur le pont des arts«Catalogue d'un exilé» de Falmarès, la poésie est un ailleurs

    Alison Bechdel joue avec l'autofiction dans son nouveau roman graphique «Lessivée»

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:31


    On la surnomme la « Queen of queer » (« Reine du queer »). L'autrice de bande dessinée Alison Bechdel vient de publier son dernier roman graphique, Lessivée, paru chez Denoël Graphic. Cette Américaine de 65 ans a connu un grand succès public et critique il y a 20 ans avec Fun home, récit autobiographique sur son enfance un peu particulière dans un salon funéraire. Dans Lessivée, elle s'invente un avatar qui vit dans une communauté progressiste et s'interroge sur son rapport à l'argent.    À lire aussiLa bande dessinée, un art qui se féminise et ne cesse de se précariser

    La chanteuse vénézuélienne Rebecca Roger Cruz, le chant des oiseaux et de l'âme

    Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 6:44


    La chanteuse et musicienne Rebecca Rogez Cruz a été l'un des temps forts du festival Babel Music XP, à Marseille, dans le sud de la France. Née à Caracas, bercée par la chanson latino-américaine et initiée au jazz et aux musiques traditionnelles, elle déploie un paysage musical unique et inclassable à la croisée du baroque, de la chanson populaire, du flamenco et du rock. Sa voix transporte aussi bien au cœur des cérémonies vénézuéliennes que directement dans la nature entourée d'oiseaux. RFI : Votre parcours va de Caracas au conservatoire classique, du flamenco au rock psychédélique. À quel moment avez-vous senti que vous trouviez votre identité ? Rebecca Roger Cruz : Cela a commencé de manière assez naturelle puisque j'écoute plein de genres de musique. Je viens d'une ville et d'un pays multiculturels, où la musique est omniprésente. Sans m'en rendre compte, j'étais déjà imprégnée de plusieurs styles. Avec le temps, cela s'est cristallisé dans la manière dont j'écris la musique, la manière dont je compose. C'était assez naturel d'inclure tous ces outils et inspirations. En live, vous utilisez des graines, des cordes, des bambous. Comment choisissez-vous les textures sonores, par rapport à des instruments plus conventionnels ? Les percussions sont des instruments qui font partie de traditions du Venezuela, notamment les bambous comme les quitiplas, des instruments qui viennent de la région de Barlovento. Au Venezuela, les maracas sont aussi très présentes. Pour nous, c'est un instrument virtuose. C'est un instrument qui est soliste et qui est connecté avec le son des graines. Il y a beaucoup de choses qui viennent finalement de la nature : les tambours qui sont faits avec le bois qui est à disposition, les graines, etc. Il y a un côté naturel, organique, connecté avec la nature de mon pays, mais aussi avec ses sonorités musicales. J'ai voulu écrire un album pour cordes, ce qui n'est pas tout à fait traditionnel. J'avais l'envie de faire une musique de chambre, quelque chose d'intime, quelque chose d'intérieur, comme si on était dans un salon. Les cordes sont des instruments qui vont bien avec la voix, mais aussi avec les percussions. On pense que c'est une association pas très fréquente, mais cela marche bien. Dans votre musique, vous évoquez les rites ancestraux du Barlovento. Comment transpose-t-on la dimension sacrée collective d'un rite sur une scène de concert moderne ? Ce qu'on garde à l'intérieur, c'est l'émotion que ça nous fait ressentir. Cette tradition est vivante en moi, elle est ancrée dans ma voix et elle m'inspire aussi beaucoup pour écrire des chansons. Je ne revendique pas de faire une musique traditionnelle dans ce concert ni d'amener les gens dans une carte postale, dans quelque chose de folklorique ou d'exotique. Cette musique est un pont pour me connecter avec des sentiments qui sont nécessaires en ce moment, pour se reconnecter avec soi, mais aussi avec les autres, avec notre environnement. Plutôt que dire qu'on va vivre une expérience sacrée, c'est peut-être essayer de créer, le temps d'un concert, une petite cérémonie collective. Vous aviez brillé auparavant dans plusieurs groupes. Qu'est-ce que votre premier album solo vous a permis de dire que vous ne pouviez pas exprimer entièrement dans le collectif ? Cet endroit de douceur, de vulnérabilité personnelle. Dans Parranda La Cruz, c'est une rencontre forte entre deux cultures lointaines, La Réunion et le Venezuela. Géographiquement, c'est loin, mais on s'est rendu compte à quel point on était proches par notre histoire commune, par un répertoire, la force et la puissance des tambours, des voix. J'ai envie de pouvoir me connecter avec la contemplation. Cet album a permis de guérir beaucoup de choses et être plus en lien avec ma douceur.

    Bérangère McNeese filme de lumineuses et courageuses «Filles du ciel»

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 3:30


    Les amateurs de séries connaissent Bérangère McNeese pour avoir joué dans la série à succès HPI (le personnage de Daphné, la jeune enquêtrice data analyste). La comédienne belge passe à la réalisation avec un premier long-métrage remarqué, sorti ce mercredi 25 mars sur les écrans français. Les Filles du ciel met à l'honneur la sororité à travers la relation de quatre jeunes filles marginales qui composent une famille de substitution. À écouter dans L'Invité cultureAkinola Davies Jr, réalisateur de «Un jour avec mon père»: «Mon film est 100% Nollywood»

    Akinola Davies Jr, réalisateur de «Un jour avec mon père»: «Mon film est 100% Nollywood»

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 3:23


    Imaginez Lagos en 1993. La ville gronde, les militaires sont dans les rues, le Nigeria retient son souffle après une élection annulée. Notre invité culture, aujourd'hui, Akinola Davies Junior, a filmé ce chaos, vu à hauteur d'enfant. Son premier film «Un jour avec mon père», suit deux enfants, deux frères, qui accompagnent leur père dans la mégapole. En mai dernier, il a reçu, au festival de Cannes, une mention spéciale pour la très prestigieuse Caméra d'Or. Il sort ce mercredi dans les salles françaises et Akinola Davies Junior est au micro d'Elisabeth Lequeret.

    La pièce «Scènes de la vie conjugale» raconte le récit d'un amour en mouvement

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 3:31


    Scènes de la vie conjugale, c'est ce film mythique réalisé par Ingmar Bergman au début des années 1970. Le réalisateur suédois y décortique la relation de couple, ou c'est plutôt le grand déballage. L'amour se mêle aux reproches, les sentiments au sexe entre désir et répulsion. Un grand moment de vérité qu'adapte sur scène Christophe Perton au théâtre de la Concorde. Une pièce jouée comme un match de boxe par Stanislas Nordey et Romane Bohringer. À lire aussi«Dites-lui que je l'aime»: Romane Bohringer filme l'absence des mères

    «Et toi, comment ça va?», le Liban en guerre raconté à travers une correspondance dessinée

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 3:22


    « Et toi, comment ça va ? » : cette question banale ne se pose pas vraiment pour les habitants de pays en guerre. C'est pourtant le titre d'un roman graphique qui vient de paraître chez Casterman. Pendant plusieurs mois, les dessinateurs Charles Berberian, à Paris, et Michèle Sandjofski, à Beyrouth, ont échangé une correspondance dessinée, pour parler du pays bombardé par Israël.  À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: au Liban, ceux qui restent à Beyrouth malgré les frappes israéliennes

    Déracinement et reconstruction par le langage dans la pièce «Au bout de ma langue»

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 5:51


    Créée dans le cadre du dispositif 4x4 des Tréteaux de France, la pièce Au bout de ma langue – انا لا اشتكي, écrite par Simon Grangeat, raconte le déracinement, l'attachement à sa terre et la difficulté à se reconstruire dans une nouvelle culture, par un angle bien précis : celui du langage. Un petit garçon, Taym, arrive en France à 9 ans, après avoir fui la violence de son pays. Agressé par une langue qu'il ne comprend pas, incapable de se faire entendre, Taym plonge dans le mutisme jusqu'à la reconstruction. Rencontre avec la metteuse en scène Tal Reuveny.  RFI : Tal Reuveny, dans Au bout de ma langue – انا لا اشتكي, vous racontez l'histoire d'un petit garçon, Taym. Il arrive en France à l'âge de 9 ans, sans parler la langue, et s'enferme dans le mutisme comme mécanisme de protection. De quelle manière ce texte a-t-il résonné en vous ?  Tal Reuveny : Cela a beaucoup fait écho à ma vie. Moi aussi, je suis arrivée en France il y a dix ans, presque onze maintenant, et je ne parlais pas un mot de la langue. Je me souviens de mon stress la veille de mon départ. J'ai appelé une amie pour lui demander : « Comment on dit ''merci'' ? » (rires). C'était ça, mon niveau de français avant d'arriver. Depuis, je vis ma vie en français, cette langue est entrée dans ma vie. Je me reconnais beaucoup dans l'histoire de Taym, à quel point c'était compliqué de rentrer dans une autre culture, une autre langue ; mais aussi à quel point c'était émouvant et transformatif de traverser cela. Lorsque notre cerveau arrive à faire les deux en même temps, ça ouvre une richesse aussi en nous, en tant qu'humains. Un des gros questionnements de la pièce, c'est justement que ce petit garçon a peur de disparaître, comme si cette nouvelle identité allait effacer l'identité syrienne qu'il avait jusque-là. Votre pièce montre qu'en réalité, on peut cumuler les deux : on n'a pas à s'effacer. C'est vrai, et j'ai trouvé l'écriture de Simon Grangeat très impressionnante. Simon a vécu en France toute sa vie, il n'a pas traversé lui-même cette expérience. Mais il a réussi à comprendre profondément cette peur de se perdre dans cette expérience d'immigré, dans le fait d'apprendre une nouvelle langue. Cette peur existe, et pour une raison : c'est vrai que quand on cumule une autre langue, une petite partie de nous doit faire de la place. À terme, ces deux réalités peuvent vivre ensemble, mais cela prend du temps. Et dans l'histoire de Taym, c'est encore plus violent : il se retrouve sans repères lorsque sa mère décide d'arrêter de parler en arabe à la maison. Pour lui, c'est ça, le plus violent dans son histoire. Donc cela amène aussi la question de comment faire, ici en France, pour accueillir d'autres langues, d'autres cultures, et pour ne pas obliger les autres à effacer leur identité, qu'on puisse aussi profiter de cette multiculturalité, ici, en France. Effectivement, dans le court texte qui accompagne la pièce, vous expliquez qu'arriver dans un pays avec une langue qu'on ne comprend pas, c'est une violence symbolique. De quelle manière ? C'est une violence symbolique, mais c'est aussi technique. On ne sait pas ce qui se passe autour de nous. On n'a pas de clés de parole, c'est vrai. Mais on n'a pas non plus les clés de politesse, de l'humour... Et c'est comme si on enlevait une partie de notre personnalité, de ce qu'on était dans notre pays d'avant. On ne peut plus être rigolo, cynique... On perd beaucoup de qui on est. Et on doit, petit à petit, soit réinventer qui nous sommes, soit reprendre ça dans une autre langue, avec une autre culture, avec d'autres références. Donc oui, la violence est symbolique mais aussi technique. La pièce parle du silence de ce petit garçon, et pourtant, il y a tout un travail autour des sons, des enregistrements, des voix... Pour parler de l'absence de quelque chose, il faut déjà remplir la scène et l'expérience du public des choses qu'après on va enlever. Donc, le silence et puis les chansons ; le silence et puis la parole ; le monologue intérieur de Taym... Oui, cette pièce parle du silence, mais de manière très sonore. Taym a fermé sa bouche, mais pas ses oreilles, et il a beaucoup écouté. C'est pour cela aussi qu'on a choisi de mettre le public dans une position où il doit être vigilant, écouter, ne pas comprendre. Il y a beaucoup de parties en arabe, qui ne sont pas traduites, et c'est fait exprès. C'est une manière de se mettre à la place de Taym, et de comprendre pourquoi ce silence est arrivé en lui. On a aussi voulu faire comprendre au public qu'il n'a pas besoin de tout comprendre tout le temps, et de l'inviter à vivre cette expérience joyeuse de projeter, d'imaginer, d'être actif, et de ne pas être toujours baigné dans la langue, le mot, l'explication. C'est même mieux, parfois, de ne pas tout comprendre : on fait attention aux expressions du visage, aux silences... Quand on enlève la langue, on écoute les choses qu'on n'a pas l'habitude d'écouter.  Cette pièce est dévoilée dans un contexte politique très particulier en France : montée de l'extrême droite, renfermement sur soi, etc. Quelle importance cela donne-t-il à la pièce ?  On vit dans un moment horrible, difficile. On voit des horreurs... Cette pièce, c'est notre petite façon à nous d'essayer de montrer à quel point l'inconnu nous met dans une situation de jugement, et même de préjugé. Cela nous empêche d'approcher l'autre, de mieux le comprendre, de faire les liens. Et donc, évidemment, cette pièce aujourd'hui, c'est une pièce politique.   "Au bout de ma langue," pièce de Simon Grangeat, mise en scène de Tal Reuveny, avec Omar Salem. Les 20 et 21 mars 2026 au Maif Social Club à Paris, puis les 18 et 22 avril au Lavoir moderne parisien, et du 7 au 23 juillet dans le cadre du "off" d'Avignon.  À lire aussiFestival d'Avignon : deux «seuls en scène» du OFF autour de la famille

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