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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

RFI


    • Jun 11, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 4m AVG DURATION
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    Vassilena Serafimova, un marimba sans frontières dans l'album «Melodies in a Bottle»

    Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 4:28


    Venu d'Afrique, façonné en Amérique latine, puis perfectionné en Europe et en Asie, le marimba a traversé les continents et les siècles. En France, il s'est révélé au grand public aux Victoires de la musique classique en 2015 grâce à la Bulgare Vassilena Serafimova. Dans son dernier album Melodies in a Bottle, cette ambassadrice du marimba fait dialoguer les lames boisées de son instrument avec les cordes du quatuor féminin Ardeo. Une traversée musicale de Vivaldi à Gershwin, en passant par Satie et Debussy. Rencontre cette virtuose qui a choisi le marimba à seulement 12 ans.

    Toutes les vies de Cheikh Ibra Fam réunies dans son album «Adouna»

    Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 6:19


    Le chanteur et musicien sénégalais Cheikh Ibra Fam est de retour. Après Peace in Africa sorti en 2022, il dévoile un nouvel album intitulé Adouna. Une fusion sonore tirée de tous ses voyages autour du monde : soul ouest-africaine, maloya réunionnais, sonorités zouk et rythmes afro-cubains. Un disque solaire qui vous donnera à coup sûr envie de danser. À lire aussiCheikh Ibra Fam dans le tourbillon de la vie

    Marc Ball: «Bruce Lee est le symbole des opprimés de la Terre»

    Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 3:29


    Propulsé au rang d'icône en 1973 par Opération Dragon de Robert Clouse, Bruce Lee a répandu une fièvre du kung-fu qui hante toujours l'imaginaire mondial. Avec Opération Dragon : la révolution Bruce Lee, Marc Ball revient sur le film culte qui a fait du surdoué du kung-fu un symbole de résistance pour tous les exclus. Un documentaire inédit diffusé mercredi 10 juin sur Arte.   À lire aussiBruce Lee et son ultime film «Opération Dragon» racontés dans un documentaire sur Arte

    Olivier Mellor, pour la chronique sociale «7 minutes (comité d'usine)»

    Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 3:36


    Faut-il tout accepter pour garder son travail ? Cette question est au cœur de la pièce 7 minutes (comité d'usine) de Stefano Massini, mise en scène cette année par Olivier Mellor. Dans une usine Picard & Roche, onze femmes disposent d'une heure top chrono pour s'accorder sur une décision : voter pour ou contre la réduction de leur pause déjeuner de 7 minutes, au nom des 200 ouvrières de l'usine. Une chronique sociale où le temps devient outil de pouvoir. À retrouver sur scène :  Du 11 au 28 juin 2026 au Théâtre de l'Épée de Bois, Cartoucherie de Vincennes (Paris) Décembre 2026 : à l'espace culturel Saint-André (Abbeville, 80) Mars 2027 : au Centre culturel Jacques Tati (Amiens, 80) Mars 2027 : à L'Éden – scènes transfrontalières (Hirson, 02) Mars 2027 : à l'Espace culturel Antoine Vitez (Moreuil, 80) 11, 12, 13 mai 2027 : au Comité de Picardie (Amiens, 80) Mai 2027 : au Théâtre du Beauvaisis – scène nationale (Beauvais, 60) Mai 2027 : au Théâtre de la Verrière (Lille, 59)

    RDC: à la Biennale de Venise, le feu réparateur de la photographe Gosette Lubondo

    Play Episode Listen Later Jun 7, 2026 3:32


    « Saisis le feu », c'est sous cette thématique autour de la forge et des forgerons que sont réunis les neuf artistes du Pavillon du Congo à Venise. Pour sa première participation à la Biennale d'art, la RDC s'est installée dans l'un des plus beaux lieux de la cité des Doges, dans la Scuola Grande di San Marco. La photographe Gosette Lubondo fait partie des plus jeunes artistes du pavillon. Gosette Lubondo, qui vient de recevoir le prix Art African Award, expose pour la première fois à la Biennale de Venise. Une biennale qui accueille le public jusqu'au 22 novembre.   À lire aussiLa Biennale de Venise se déchire face à la participation de la Russie et d'Israël

    «Toutes mes sœurs» de Massoud Bakhshi: 18 ans dans la vie de deux sœurs iraniennes

    Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 3:34


    Pendant dix-huit ans, le réalisateur iranien Massoud Bakhshi a filmé deux sœurs de Téhéran, de leurs jeux d'enfance à leur entrée dans l'âge adulte. Avec Toutes mes sœurs, il compose un documentaire intime et politique, où les questions de famille, de liberté, de transmission et de condition féminine racontent en creux l'évolution de la société iranienne contemporaine.  À lire aussiIran: le combat de Mersedeh Shahinkar, icône du mouvement Femme, vie, liberté

    Hala Moughanie: «Aucun être humain ne devrait accepter d'être en alerte constante»

    Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 3:39


    Le Liban a été à l'honneur, à la fin du mois de mai, du prestigieux festival des Étonnants voyageurs à Saint-Malo, dans l'ouest de la France. Parmi les nombreux écrivains invités, Muriel Maalouf a aussi rencontré Hala Moughanie. Dramaturge, elle a publié son premier roman Les bestioles aux éditions Elzyad. Le récit prend sa source dans l'explosion du port de Beyrouth en 2020. À travers son personnage principal, un épicier, l'autrice fait entendre la rage et la colère de tout un peuple impuissant face au chaos subi depuis des décennies.

    Cinéma: avec «La Bataille de Gaulle», Simon Abkarian incarne Charles avant De Gaulle

    Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 3:27


    C'est le plus gros projet du cinéma français cette année : avec plus de 70 millions d'euros de budget, le diptyque La Bataille de Gaulle, réalisé par Antonin Baudry, fait figure de véritable blockbuster. Dans ces deux longs métrages – dont le premier volet sort ce mercredi 3 juin –, le cinéaste se penche sur le combat de Charles de Gaulle, entre 1940 et 1944, pour organiser la France libre, unifier la résistance, et combattre l'occupant. Simon Abkarian – qui incarne le général à l'écran – est l'invité culture de RFI. RFI : Simon Abkarian, vous incarnez Charles de Gaulle dans le diptyque La Bataille de Gaulle – comment était-ce, de se glisser dans la peau d'un tel personnage ?  Simon Abkarian : (rires) On ne s'y glisse pas comme cela ! Cela passe par le texte d'abord : le scénario, l'écriture. Puis, il y a le travail sur le maquillage et la silhouette. Et surtout, essayer de trouver l'endroit de la folie de Charles de Gaulle ; de son humanité, son éloquence, son érudition, son courage, sa probité, etc. Ce sont de belles nourritures, pour un acteur.  Lorsqu'on joue une figure aussi connue, documentée, et chargée historiquement, de quelle liberté de jeu dispose-t-on vraiment ? Il faut, justement, se libérer de l'icône, s'en défaire. J'avais commencé à regarder des archives et, très vite, j'ai décidé d'arrêter – je m'en étais assez imprégné. Il fallait ensuite laisser libre cours à l'imaginaire, dans mon travail d'acteur. C'est-à-dire de réinvention, de réincarnation. On ne peut pas jouer De Gaulle d'une manière anthropologique, ce n'est pas possible – et ce n'est pas intéressant de jouer une icône. Une icône, ça s'accroche à un mur, et basta. L'important, c'est lui redonner son souffle et sa vie, et de l'incarner par le travail d'acteur. Vous parliez de la folie de Charles de Gaulle : pour incarner ce personnage, sachant ce qu'il représente aujourd'hui en France, peut-être fallait-il aussi un petit grain de folie ? Quoi que l'on essaie d'incarner, si on n'a pas un grain de folie en soi, il ne faut pas faire ce métier. Il y a, à un moment donné, un endroit de folie, qui fait que, d'un coup, on se projette dans le corps d'un autre, dans l'histoire d'un autre. Mais, c'est vrai, avec Charles de Gaulle, c'est un peu puissance 10. Le type est irrationnel, irréel ; et il est lui-même un acteur qui se joue et se représente sur la scène du monde. C'est très important, pour un acteur, d'avoir un grain de folie pour aller vers ces rôles-là. Cette année, de nombreux films présentés à Cannes, outre La bataille de Gaulle, abordaient la période de la Seconde Guerre mondiale et la notion de résistance. Comment interprétez-vous ce mouvement collectif ? Je crois qu'on a besoin de retourner à nos fondamentaux, c'est-à-dire, ceux qui se sont battus pour que la France soit un pays prospère. Le piège de la prospérité, c'est qu'on a tendance à oublier ceux qui sont morts pour tout cela. Aujourd'hui, je pense que le moment est venu de se rappeler qui a bâti tout ça, et à quel prix. De se souvenir de ce que l'on a combattu, de qui on a combattu, et de qui est en train de ressortir sa tête des marécages. À mon avis, il est nécessaire, et vital, de réaliser ce genre de projets. On a besoin presque de spiritualité pour nous sortir du prosaïque et faire appel à ce qu'il y a de noble en nous. Le contexte politique dont vous parlez à demi-mots, a-t-il joué dans votre décision d'accepter ce rôle du général de Gaulle ? Le contexte n'était pas le même lorsque j'ai accepté le rôle. Mais je pense que les artistes, quels qu'ils soient, ont quelque chose en eux, une espèce d'antenne qui leur permet de voir un peu plus loin. Il y a quelque chose qu'ils entendent et qu'ils voient venir que peut-être le commun des mortels ne veut pas voir, ou ne sait pas voir. En tout cas, ce sont des alarmes qu'on tire en disant « voilà, il y avait ça, cette résistance-là, cette invasion-là, cette idéologie mortifère-là, qui risque de revenir en ayant changé un peu son costume et son verbiage .»

    Avec «Saytu», l'artiste Alioune Diagne peint ce qui disparaît

    Play Episode Listen Later May 31, 2026 3:35


    Après son passage remarqué à la Biennale de Venise en 2024, Alioune Diagne présente Saytu, à la Galerie Templon à Paris. Une série de peintures inédites aux couleurs telluriques issue d'un travail de terrain mené pendant deux ans au Sénégal. Le titre, emprunté au wolof, désigne l'idée de recherche et de préservation. L'artiste de 40 ans a parcouru le centre et le sud-est de son pays, le Sénégal, à la rencontre de communautés minoritaires : Bassari, Bédik, Dialonké et Coniagui. Chez ces ethnies vivant dans des villages isolés à Etiolo, Ibel, Iwol, Andjel, Madina Baffé, il a observé des rituels, des cérémonies et des formes de transmission, aujourd'hui fragilisés par les mutations sociales et culturelles du monde contemporain. Certaines pratiques disparaissent progressivement. Son projet repose moins sur une logique documentaire que sur une traduction plastique. Alioune Diagne réinterprète ces expériences à travers son système de « signes inconscients », une accumulation de modules picturaux proches du pointillisme occidental qui structure l'ensemble de ses compositions. De loin, les scènes apparaissent nettement. À mesure que le regard s'approche, elles se fragmentent en une multitude de signes autonomes. Masques, danses, chants, costumes et cérémonies deviennent des surfaces vibrantes dans lesquelles se mêlent abstraction et figuration. Certaines œuvres, à l'image de La jeune fille bassari, se livrent immédiatement. D'autres, comme Sous l'arbre sacré et La foule qui danse, demandent un regard plus attentif. L'exposition s'inscrit dans une réflexion sur la mémoire et la circulation des savoirs à l'ère de la mondialisation. Pour Alioune Diagne, la peinture est un outil d'archive autant qu'un espace de transformation. Son intérêt pour les rituels féminins et leurs formes de transmission traverse plusieurs de ses œuvres récentes, notamment La première ligne et Rythme Dialonké. Influencé par la pratique de son grand-père, maître coranique, l'artiste sénégalais développe un langage visuel pensé comme un système de signes universels. Une manière pour Alioune Diagne de fixer ce qui subsiste encore, avant disparition.  Alioune Diagne, exposition « Saytu » à la galerie Templon jusqu'au 18 juillet 2026

    Dan Assayag dresse le portrait de 18 musiciens africains dans la saison 4 de la série Y'Africa

    Play Episode Listen Later May 28, 2026 4:05


    Les multiples visages de la création musicale sur le continent africain sont sous le feu des projecteurs. La saison 4 de la série Y'Africa est sortie il y a quelques jours sur les plateformes Trace Urban. Après les artistes et les sportifs, la série part cette fois à la rencontre des musiciens africains. Y'Africa dresse le portrait de 18 d'entre eux, venus du Rwanda, du Sénégal, du Maroc, du Cameroun ou encore du Ghana, et montre qu'il n'y a pas une mais bien des scènes émergentes africaines. Dan Assayag est le réalisateur de la série.   La saison 4 de la série Y'Africa est déjà disponible sur les plateformes de Trace Urban ainsi que sur l'application d'Orange, Max it TV. À lire aussiFemua 18: en replaçant les traditions au cœur de la société, le «Femua tradi» impose la réflexion

    Isabelle Aboulker, de l'ombre à la lumière avec «Les Enfants du Levant»

    Play Episode Listen Later May 27, 2026 4:02


    C'est l'une des grandes voix de la petite enfance. Isabelle Aboulker a composé une trentaine d'opéras destinés à la jeunesse, dont Les Enfants du Levant, inspiré d'une histoire vraie. En 1861, une soixantaine de jeunes, âgés de 5 à 21 ans, sont envoyés à pied de la prison de la Roquette à Paris jusqu'à une colonie agricole pénitentiaire sur une île paradisiaque au large de Toulon qui deviendra un bagne. Rencontre avec la compositrice octogénaire qui a su transformer cette mémoire sombre en une partition vivante et lumineuse, incarnée jusqu'au 30 mai par les enfants de la Maîtrise de l'Opéra de Lyon. Un opéra pour toute la famille à voir jusqu'au 30 mai au Théâtre de La Renaissance – Oullins-Pierre-Bénite. À lire aussiIsabelle Aboulker compose «Archipel(s)» pour la Maîtrise populaire de l'Opéra-Comique

    Face aux murs, la Saison Méditerranée répond par l'art

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 3:36


    Marseille a ouvert grand ses ports, ses scènes et ses mémoires au lancement le 15 mai de la Saison Méditerranée 2026, vaste projet artistico-diplomatique lancé par Emmanuel Macron trois ans auparavant,  porté par l'Institut français avec le soutien de RFI et de France Médias Monde. Cette édition met à l'honneur cinq pays liés à la France par leur histoire commune : le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte et le Liban. Le contexte géopolitique est électrique. Les frontières se ferment, les discours identitaires prospèrent et le débat migratoire se raidit partout. Face à cette situation, la Saison Méditerranée choisit le contrechamp. Là où les États parlent de contrôle des flux migratoires, les artistes racontent les circulations et les transmissions. À la direction artistique, la commissaire générale et metteuse en scène indépendante Julie Kretzschmar fait le pari des récits longtemps relégués à la marge. Ceux des héritages métissés, des mémoires déplacées. Une programmation qui refuse l'exotisme de façade et préfère donner à entendre ce que les conflits, les guerres, les exils et les fractures politiques tentent d'effacer, à savoir des langues, des gestes quotidiens, des imaginaires et des vies, bien évidemment. Mémoires coloniales et postcoloniales Les œuvres présentées traversent les mémoires coloniales et postcoloniales sans détour. Une comédienne libanaise raconte ainsi le chaos de son pays à travers une simple recette de taboulé. Une cuisine comme archive intime d'un territoire en ruines. Plus loin, l'artiste palestinien Shareef Sarhan reconstruit une tour de débris détruite par un char israélien en 2023. Cette installation brute, traversée par la guerre, circulera entre Marseille, Bordeaux et Montpellier. La cérémonie d'ouverture le 15 mai a réuni Camélia Jordana et Sofiane Saidi, roi d'un raï débarrassé des clichés folkloriques. Une inauguration musicale à l'image de l'événement : hybride et politique. La Saison Méditerranée 2026, ce sont plus de 200 événements entre expositions, concerts et performances dans 60 villes françaises et du pourtour méditerranéen jusqu'au 31 octobre 2026. À écouter dans 8 milliards de voisinsLes initiatives pour faire bouger les sociétés méditerranéennes

    La poétesse libanaise Sofia Karampali-Farhat illumine le festival des Étonnants voyageurs à Saint-Malo

    Play Episode Listen Later May 25, 2026 3:36


    À Saint-Malo, le 36e festival des Étonnants voyageurs se poursuit, jusqu'au lundi 25 mai au soir, avec le Liban comme invité d'honneur. Écrivains et cinéastes du pays du cèdre sont présents en masse dans la ville bordée par l'océan. Sofia Karampali-Farhat est sans doute la benjamine des invités. Sa poésie résonne pourtant comme si elle venait du fond des temps.   À lire aussiAvec «La Poésie de Madagascar de langue française», un concentré d'un siècle de vers

    Dans «Notre Salut», Swann Arlaud incarne un fonctionnaire ordinaire du régime de Vichy

    Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:33


    Swann Arlaud, c'est l'une des personnalités au cœur du 79ᵉ festival international de cinéma. Le 20 mai était projeté en compétition Notre Salut, un film sur un fonctionnaire zélé du régime pétainiste de Vichy, collaborant avec les Allemands. L'acteur, qui est l'un des signataires de la pétition anti-Vincent Bolloré qui fait tant parler sur la Croisette, incarne le personnage principal.  À lire aussiCinéma: le patron de Canal+ ne veut plus travailler avec les signataires d'une tribune contre Bolloré

    «Ben'imana», le film rwandais de Marie-Clémentine Dusabejambo sur «Les cicatrices du génocide»

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 3:31


    Comment continuer de côtoyer ses voisins, ses anciens amis, parfois sa famille, lorsqu'un génocide a creusé un fossé au sein des communautés ? C'est ce qu'explore le film Ben'imana, présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes. Dans ce premier long-métrage, la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo suit le personnage de Vénéranda, victime tutsi du génocide, et de sa fille Tina, en 2012, alors que les communautés tentent de se réconcilier à travers des procès populaires traditionnels, des « Gacaca ». Marie-Clémentine Dusabejambo est l'invitée culture du jour. À lire aussiDocumenter le génocide des tutsi du Rwanda À lire aussiCinéma: «Father's Day» au Rwanda, quel rôle pour les hommes, les pères, les génocidaires?

    Arthur Harari questionne l'identité et le genre avec «L'Inconnue»

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 3:41


    Direction Cannes pour retrouver une personnalité du 79ᵉ festival international de cinéma. Aujourd'hui le réalisateur Arthur Harari. Coscénariste du film Anatomie d'une chute, qui remporta la Palme d'or, il est cette fois en première ligne pour son nouveau long métrage L'Inconnue, en lice pour la Palme d'or et projeté lundi 18 mai.  À lire aussiCinéma: Arthur Harari sort «Onoda, 10 000 nuits dans la jungle»

    La réalisatrice Judith Godrèche, à Cannes, pour son film «Mémoire de fille» d'Annie Ernaux

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 3:33


    En 2016, l'autrice française Annie Ernaux publiait son vingtième roman, Mémoire de fille. Un récit autobiographique comme une plongée dans l'été de ses 18 ans, premier été hors de la maison familiale pour être monitrice dans une colonie de vacances. Elle y subira des agressions et des viols commis par l'un des moniteurs. Ce récit, la réalisatrice Judith Godrèche l'a porté au cinéma dans une adaptation éponyme, nominée au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard.   À lire aussiCannes: Judith Godrèche réalisatrice du court-métrage «Moi Aussi» sur les violences sexuelles

    «Les Sacrifiés du paradis», une BD qui aborde l'écologie utilisée comme un outil de domination

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 3:38


    Dans leur roman graphique Les Sacrifiés du paradis, enquête au cœur du colonialisme vert, l'historien Guillaume Blanc et le dessinateur Chico Pacheco reviennent sur un sujet rarement abordé : le « colonialisme vert ». À travers une enquête située dans les parcs naturels éthiopiens des années 1960, le livre montre comment la protection de la nature a parfois servi à déplacer, contrôler ou expulser des populations africaines.  À lire aussiGuillaume Blanc, le colonialisme vert façonne toujours nos imaginaires

    Cinéma: dans «L'Abandon», Antoine Reinartz incarne le professeur Samuel Paty dans ses derniers jours

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 3:36


    C'est un drame qui avait secoué toute la France. En octobre 2020, le professeur d'histoire-géo Samuel Paty était assassiné à la sortie de son collège par un jeune islamiste pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Charlie Hebdo. Les onze derniers jours du professeur sont aujourd'hui portés à l'écran par le réalisateur français Vincent Garenq dans son film L'Abandon. Le rôle de Samuel Paty a été confié à l'acteur Antoine Reinartz. 

    Karine Barclais, fondatrice du Pavillon Afronova à Cannes

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 3:35


    En sept ans, c'est devenu le point de rendez-vous incontournable avec le cinéma africain au village international du Festival de Cannes. Cette année encore, le Pavillon Afronova s'est installé à quelques pas du Palais des Festivals et de la Croisette. Son objectif : porter haut les couleurs des cinémas africains et de la diaspora. Et surtout, soutenir la croissance économique des marchés du continent. Karine Barclais est la fondatrice du Pavillon, elle est l'invitée de Léa Boutin-Rivière.

    Cannes 2026: Pierre Salvadori filme l'illusion et le mensonge dans «La Vénus électrique»

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 3:33


    Direction Cannes, dans le sud de la France, où s'ouvrira ce soir le 79ᵉ festival de cinéma. RFI vous fera vivre pendant deux semaines cette grande fête internationale du septième art. Pierre Salvadori est le réalisateur du film d'ouverture projeté hors compétition – également en salles dès le mercredi 13 mai – La Vénus électrique, comédie romantique et ode à l'illusion, avec Anaïs Demoustiers dans le rôle d'une fausse voyante, et Pio Marmaï qui joue un peintre endeuillé dans le Paris des années 1920. La Vénus électrique, comédie romantique de Pierre Salvadori, avec Anaïs Demoustiers, Pio Marmaï, Gilles Lellouche et Vilama Pons, sortie le mercredi 13 mai 2026, 2h02.

    Caroline Gueye représente le Sénégal à la 61e Biennale d'Art de Venise

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 3:34


    La 61ᵉ Biennale d'Art de Venise s'est ouverte ce week-end sous tension. Manifestations, sit-in et prises de parole ont en effet jalonné la préouverture en raison de la présence des pavillons russe et israélien. Le jury ayant démissionné la veille de l'ouverture, refusant d'évaluer les artistes de pays accusés de crimes de guerre, soit Israël et la Russie. Cette année, 111 artistes sont réunis dans l'exposition centrale autour de laquelle se déploient une centaine de pavillons nationaux. Le Sénégal en fait partie. Il a pris place dans un palais vénitien, le Palazzo Navaggero, le long du Grand Canal, non loin des Giardini, le cœur battant de la Biennale. RFI y a rencontré l'artiste Caroline Gueye qui représente le Sénégal cette année.      À lire aussiBiennale de Venise: une 61e édition marquée par les tensions géopolitiques

    Llewellyn Xavier, le feu sous la lumière

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 3:35


    À 85 ans, Llewellyn Xavier n'a rien d'un monument figé. Le pionnier de l'art contemporain caribéen reçoit dans son atelier de Sainte-Lucie – cette petite île anglophone, État à part entière, nichée près de la Martinique – avec une sérénité qui contraste avec la densité de son œuvre. Musique indienne en fond, ambiance zen à l'intérieur. Dehors, la 34ᵉ édition du festival de Jazz & Arts de Sainte-Lucie bat son plein. L'homme a pourtant tout d'un colosse. Du MoMA new-yorkais au Smithsonian de Washington, son travail a traversé les institutions les plus puissantes du monde occidental sans jamais s'y dissoudre. Sa peinture reste un champ de bataille autant qu'une source de lumière : politique, organique, obstinément vivante. Face à face avec un géant discret, dans son atelier où tout commence. À écouter dans L'Invité cultureÀ la Biennale de Venise, l'artiste Michael Armitage dépeint la réalité crue de son quotidien

    Dans «C'est quoi l'amour?», Fabien Gorgeart réinvente la famille recomposée

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 3:07


    L'invité culture aujourd'hui est le cinéaste Fabien Gorgeart, dont le nouveau film est en salles depuis ce mercredi 6 mai 2026. C'est quoi l'amour ? explore les liens familiaux, et  les recompositions amoureuses, à travers Marguerite et Fred interprétés par Laure Calamy et Vincent Macaigne. Ces deux là ont divorcé, et comme Fred veut épouser sa nouvelle compagne à l'Église, il doit prouver que ce mariage précédent n'a jamais existé : procédure d'un autre siècle, qui va mettre les anciens époux à l'épreuve. 

    Cinéma: Intagrist el Ansari, réalisateur touareg «nostalgique d'un monde qui disparaît»

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 7:10


    Quand les peuples disparaissent, leur parole demeure. Le film documentaire Ressacs : une histoire touarègue, qui sort ce 6 mai en salles, immortalise les récits, les légendes, et surtout le mode de vie des Touaregs. Le mode de vie de ce peuple nomade, en exil depuis les années 1980, est aujourd'hui menacé – par l'insécurité, par l'instabilité politique, par la sécheresse, par la sédentarisation. Peu à peu, les Touaregs voient leurs coutumes et leurs traditions s'effacer. Le réalisateur Intagrist el Ansari a choisi de les immortaliser avant qu'il ne soit trop tard.  RFI : Intagrist el Ansari, bonjour. Vous dévoilez un documentaire sur la communauté touareg et son histoire, intitulé Ressacs - c'est un mot qui désigne le roulement des vagues sur elles-mêmes. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Ce titre, pour moi, il résonne avec ce que les touaregs vivent, c'est-à-dire cet exil récurrent qu'ils vivent depuis une trentaine d'années maintenant, si ce n'est plus. Et, de manière métaphorique, symbolique, pour nous, la mer est une frontière infranchissable. Si on est à la mer, c'est qu'on ne peut pas aller plus loin.    Vous dites avoir fait ce film en raison d'une forme d'urgence, et vous le dédiez à votre fils. Avez-vous ressenti le besoin de transmettre quelque chose, avant qu'il ne soit trop tard ? J'ai été marqué par ce monde nomade qui est en train de disparaître. Je suis un enfant du campement : jusqu'à la fin des années 1980, je n'ai connu que ce monde-là. J'ai donc une certaine nostalgie à le voir disparaître. Et il y avait aussi cette nécessité de le mettre à l'image. J'avais l'intention de mettre à l'écran cette génération de touaregs qui sont nés dans les années 1920-1930. Donc, à un moment donné, j'ai compris que j'avais un rôle de passeur entre cette génération et celle des enfants qui eux, ne le connaîtront pas. Je sais que mon fils, et de manière plus large, tous les enfants de cette génération qui sont nés en exil , dans un mode touareg dispersé, vont finir par se poser des questions sur qui ils sont. Sans avoir la prétention de répondre à cette question, le film donne des indications.   Le nomadisme est une dimension essentielle de la vie touarègue. Or, aujourd'hui, les touaregs sont soit obligés de s'installer dans des camps de réfugiés, soit ils s'installent en ville, à Tamanrasset par exemple. Est-il possible d'être touareg tout en étant sédentaire ?  A en croire mon ami Abdallah, de Tinariwen, qui est un des personnages de ce film, c'est non seulement possible, mais en plus, c'est clairement l'avenir des touaregs. Ce qui est évident, c'est que les touaregs ne pourront plus avoir ce rapport,  dans leur majorité, avec le monde saharien. Mais les générations à venir continuent d'être qui ils sont. Ils sont reliés à un imaginaire, qui leur a été transmis. C'est assez étonnant d'ailleurs, parce que vous avez des jeunes enfants qui n'ont pas du tout connu ce monde-là, et, rien que par la musique, ils se revendiquent de ce monde qu'ils n'ont pas connu. Mais force est de constater que, de toute évidence, le monde touareg tel qu'il a été jusqu'à une période assez récente, au moins jusqu'aux années 80, tel que moi je l'ai connu, ne pourra plus perdurer sous cette forme-là. Et c'est regrettable.   Comment fait-on pour entretenir ce lien avec l'environnement, avec l'imaginaire, avec les mythes, quand on est coupé de ce mode de vie ? Pour l'ancienne génération, c'est ce que je disais tout à l'heure, ils vivent et ils nagent complètement dans ce monde-là encore. Prenez ma mère : c'est une femme de plus de 85 ans aujourd'hui, et pour elle, la vie est toujours celle du campement, alors même qu'elle vit dans une grande ville. Donc ça montre la force de cet imaginaire.   Dans ce film, vous explorez aussi les raisons qui ont amené tous ces bouleversements. L'une d'entre elles étant la colonisation. De quelle manière a-t-elle progressivement dispersé la communauté touareg ? Il y a une fracture du monde touareg. Le monde touareg du nord a été coupé du monde touareg du sud pendant la colonisation, parce qu'il y avait une nécessité de réorganiser l'Afrique, entre l'Afrique du nord et l'Afrique de l'ouest, pendant la conquête coloniale. Et cette fracture s'est aggravée avec la décolonisation, les tracés des frontières entre les pays nouvellement créés. Alors que cette génération d'anciens pensait que la décolonisation permettrait de reprendre les frontières de ce qu'était l'Afrique à la fin du 19e siècle, c'est-à-dire des communautés qui vivaient en coexistence.   Par ailleurs, avant l'arrivée des colons, la région était le théâtre d'un commerce transsaharien florissant, qui faisait la richesse de la communauté touareg. Pourquoi les colons ont-ils démantelé ce commerce ?  Pour une raison assez simple : le commerce transsaharien n'était pas en faveur du principal motif de la conquête coloniale, qui est avant tout une conquête pour les ressources. Il fallait donc couper ce qui faisait le lien entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne.    Et puis il y a un autre facteur, la sécheresse. Comment impacte-t-elle le mode de vie traditionnel touareg ? Le monde touareg, après cette grande épopée du commerce caravanier, a reposé essentiellement sur le monde animal, c'est-à-dire l'élevage. Or, la région du Sahel et du Sahara a été la première à être touchée de manière évidente par les changements climatiques. Surtout, et c'est là la conséquence majeure pour le monde touareg, les troupeaux ont été littéralement décimés. Sans troupeaux, on met les touaregs au chômage, puisqu'il n'y a plus besoin de suivre la transhumance.   A la fin du film, vous avez cette phrase, vous dites « les peuples disparaissent, leur légende reste ».Est-ce que ça signifie que pour vous, aujourd'hui, la communauté touareg est vouée à disparaître ou est-ce que c'est simplement le mode de vie traditionnel que vous pensez voué à disparaître ? C'est une résonance aussi à la phrase qui est un peu plus loin, d'Ibrahim Al-Kouni, qui dit qu'après « la perte de la souveraineté, la perte du royaume », c'est le chant - donc l'imaginaire - qui prend le relais d'une certaine façon et qui continue à nous relier à ce que nous sommes. Pour moi, "le monde touareg disparaît, mais la légende reste", c'est une façon de dire à mon fils et à cette génération que même si le monde touareg n'existe plus sous la forme physique nomade, il continuera encore peut-être à subsister dans vos esprits.

    Le quadrille de Guadeloupe inscrit au patrimoine immatériel de la France

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 3:54


    Il n'y a pas que la biguine en Guadeloupe : on y danse aussi le quadrille. Une danse de l'Hexagone, la danse de Louis XVI, qui s'est créolisée comme la religion chrétienne avec l'arrivée des colons. Aujourd'hui, le quadrille de Guadeloupe est inscrit au patrimoine immatériel de la France. Un long combat pour Isabelle Calabre, spécialiste de danse. Elle vient de sortir par ailleurs un ouvrage pour jeune public : Moi aussi je danse le classique qui fait suite au livre Moi aussi je danse le quadrille (éditions Caraïbéditions).  À écouter dans Musiques du mondeLes musiques nées de l'esclavage par Bertrand Dicale

    Le désordre amoureux selon James L. Brooks

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 3:30


    C'est une figure majeure mais discrète du cinéma américain : James L. Brooks est l'un des grands maîtres de la comédie romantique. Il est aussi l'un des créateurs de la série culte Les Simpson. Après une longue absence, il revient au cinéma avec Ella McCay, l'histoire d'une jeune femme politique propulsée à la tête d'un État, rattrapée par ses conflits familiaux et affectifs. Le film est déjà disponible sur Disney+. Il sort exceptionnellement en salles en France les 14 et 15 mai. Interview de James L. Brooks.

    Le Sénégal accueille la Biennale de la danse en Afrique

    Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 3:47


    Après le Mozambique en 2023, c'est au tour du Sénégal d'accueillir pour la première fois la Biennale de la danse en Afrique. Pendant cinq jours, 25 compagnies africaines et de la diaspora vont se produire à 60 kilomètres au sud de Dakar, à Toubab Dialao, petite ville côtière qui abrite également l'École des Sables, fondée par la chorégraphe sénégalo-béninoise Germaine Acogny. Gacirah Diagne, co-directrice artistique de cette biennale, répond aux questions de notre correspondante à Dakar. La Biennale de la danse en Afrique se tiendra jusqu'au 3 mai à Toubab Dialao. À lire aussiAu Sénégal, une Biennale de la danse en Afrique 2026 pour communiquer à travers le mouvement

    Mario Canonge: le jazz magma au cœur des volcans caribéens avec «Caldeira»

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 6:52


    Le pianiste martiniquais Mario Canonge dévoile un nouvel album intitulé Caldeira. Une rencontre entre l'improvisation savante du jazz et la transe des musiques populaires antillaises. Ici, le pianiste s'entoure du Martiniquais Michel Alibo à la contrebasse et du Guadeloupéen Arnaud Dolmen à la batterie pour former un trio d'exception, où chacun des musiciens s'inspire des sonorités caribéennes pour célébrer l'énergie de leurs terres volcaniques respectives. RFI : Mario Canonge, vous avez toujours bâti des ponts entre la biguine, le zouk, le jazz. Aujourd'hui, vous évoquez un besoin d'extérioriser le feu qui vous anime, qui vient nourrir votre musique. Comment vous définiriez ce feu ? Je suis ce feu. Je parle du feu parce que je suis un garçon assez speed, mais en même temps, j'aime aller au bout des choses. Je parle de feu parce que l'album s'appelle Caldeira. C'est autour des volcans, puisque je viens d'une région où les volcans sont présents dans toutes les îles des Antilles. Je parle de ce feu parce que je sais que, lorsque je compose, par exemple, je commence une composition et je la termine tout de suite. Et en même temps, je peux être à feu doux, parce que je peux également laisser les compositions de côté un certain temps, puis y revenir pour certains détails, pour essayer de parfaire ces compositions. Vous l'avez dit, ce nouvel album s'intitule Caldeira. C'est le nom des dépressions circulaires qui se forment au cœur des volcans après les éruptions. Qu'est-ce qui vous a plu dans le fait d'intituler votre album comme ce phénomène précisément ? Quand on parle des volcans, on ressent d'abord une certaine crainte. Mais en même temps, la vie vient également des volcans. Il faut remarquer qu'aux abords des volcans, les terres sont très fertiles. Pour moi, les volcans, c'est la crainte, mais en même temps, c'est une espèce de force pour la population, parce qu'il y a cette montagne imposante que l'on respecte. Sur cet album, vous vous êtes entouré de Michel Alibo à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie. Comment avez-vous trouvé votre équilibre tous les trois ? Là, vous parlez déjà de deux autres volcans. Arnaud Dolmen, lui, est de la Guadeloupe et Michel Alibo de la Martinique. Nous avons grandi dans une culture caribéenne. Nous avons en plus en commun cet amour du jazz, d'un jazz large, c'est-à-dire de toutes les musiques qui viennent du monde, qui nous permettent d'exprimer pleinement notre envie d'explorer dans notre musique. Les thèmes existent évidemment, mais l'essentiel, c'est cette communication que nous avons entre nous dans le jeu, dans l'improvisation, et que nous essayons de partager avec le public. Vous avez invité le saxophoniste haïtiano-américain Goodwin sur plusieurs morceaux. Est-ce que c'était pour vous une manière de confronter deux visions de la Caraïbe, deux jeux différents, influencés par vos traditions respectives ? La culture haïtienne est très proche de la nôtre et on se comprend. On peut parler créole entre nous. Goodwin est américain, d'origine haïtienne, mais américain. Quand on se parle, on parle créole pour se comprendre, parce que j'ai un anglais qu'il vaut mieux éviter. Ce qui me plaît chez lui, c'est son son. Il a un son qui me rappelle vraiment celui de la musique antillaise que j'ai connue quand j'étais gamin, celui des grands saxophonistes que j'ai connus. Un chant un peu sucré, quelque chose qui apaise et qui vous emmène. Et en plus, c'est un virtuose de son instrument, un musicien extraordinaire.   À écouter dans L'épopée des musiques noiresKareen Guiock-Thuram et Mario Canonge, deux âmes sensibles et complices

    Deuil en Guinée-Bissau et mariage en France: avec «Dao», Alain Gomis filme la vie

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 3:52


    Filmer la vie d'une famille afro-descendante dans la France d'aujourd'hui, c'est le projet du cinéaste Alain Gomis. Dao, son sixième long-métrage projeté en compétition à la dernière Berlinale, sort en salles en France ce mercredi 29 avril. Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis alterne entre une cérémonie de deuil en Guinée-Bissau et un mariage en France.  À écouter dans Tous les cinémas du mondeDans «Dao», Alain Gomis filme la vie d'une famille entre la France et la Guinée-Bissau

    Merzak Allouache filme une société algérienne en miniature dans «Première ligne»

    Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:27


    Quand une journée de repos à la plage tourne à la foire d'empoigne. C'est le sujet de la comédie Première ligne, diffusée sur les écrans français en ce mois d'avril après avoir fait les beaux jours des cinémas algériens. L'anecdote paraît simple mais elle offre au réalisateur Merzak Allouache la matière d'une observation fine des travers de la société algérienne. À écouter aussiEntretien aveArtc Mahamat-Saleh Haroun pour «Soumsoum, la nuit des astres»

    Juste Shani, étoile montante du rap en France

    Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 4:57


    C'est un visage sur lequel le milieu du rap va devoir compter : celui de Juste Shani. La jeune femme, d'origine sénégalaise et congolaise, était en concert samedi 25 avril au Théâtre de Verdure, à Dakar, pour promouvoir son EP Diamant noir. Juste Shani s'est fait remarquer par sa plume aiguisée, son rap technique, mais aussi les thèmes qu'elle met en avant, les droits des femmes tout particulièrement. Léa Boutin-Rivière l'a rencontrée il y a quelques jours, alors qu'elle s'apprêtait à monter sur scène au Printemps de Bourges. Juste Shani fait la tournée des festivals cet été. Elle sera notamment à Bruxelles le 21 mai, à Marseille pour Marsattac le 13 juin puis aux Francofolies de la Réunion début septembre. À écouter aussiLe Diamant Noir Tour de Juste Shani se poursuit en France jusqu'à début décembre

    L'artiste Mahi Binebine a de grandes ambitions pour le 4ᵉ Festival du livre africain à Marrakech

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:18


    Au Maroc, la 4e édition du Festival du livre africain à Marrakech (FLAM) se tient du 23 au 25 avril 2026. Une manifestation littéraire qui réunit près d'une trentaine d'auteurs et autrices du continent, du Maghreb, de l'Afrique subsaharienne mais aussi des diasporas. Avec à l'affiche, entre autres, le prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio, Alain Mabanckou, Christiane Taubira et Yanick Lahens. L'initiateur de cet événement, l'écrivain et peintre marocain Mahi Binebine, répond aux questions de Catherine Fruchon-Toussaint sur place à Marrakech. Fondé en 2023, le Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) s'est construit à partir d'un besoin profond : créer, sur des terres africaines, un espace littéraire et intellectuel qui nous rassemble, nous relie et nous projette. La ville de Marrakech, carrefour des langues, des routes et des imaginaires, s'est imposée comme le lieu naturel pour accueillir cette ambition. Le FLAM : un temps de réflexion critique Un lieu où les voix du continent et de ses diasporas peuvent se rencontrer, dialoguer, se reconnaître – et parfois, se retrouver après de longues séparations. L'histoire africaine est faite de circulations anciennes, de liens tissés entre nos cultures et nos sociétés, mais aussi de ruptures, de silences, de méconnaissances. Le FLAM est né pour rouvrir ces chemins, pour retisser ces fils, pour redonner souffle à une conversation interrompue. Dès sa création, le festival a été pensé comme une fête joyeuse, un moment de célébration de la rencontre, de la littérature, de la pensée, mais aussi comme un temps de réflexion critique. Un espace où l'on peut interroger les non-dits du passé, les blessures mémorielles, les héritages complexes, tout en restant ancrés dans un présent vibrant, traversé par les grandes mutations d'un continent qui s'affirme, qui se transforme, qui n'attend plus aucune validation extérieure. Un lieu où l'Afrique ne se pense plus comme la marge d'un centre, mais comme un centre parmi d'autres, légitime, créatif et fécond. À lire aussiLe 1ᵉ Festival du livre africain de Marrakech, tout feu, tout flamme Une programmation variée, rigoureuse et accessible pour un large public À travers ses débats, ses tables rondes et ses rencontres, le FLAM souhaite reprendre les combats jamais achevés et en engager d'autres, imposés par les défis du monde contemporain. Il tente d'accompagner, par la pensée, par l'élan créatif et par la puissance de l'imagination littéraire, le devenir d'un continent qui doit être pensé, repensé, réécrit depuis le Sud. Pour ce faire, le FLAM s'inscrit dans une vision à la fois ancrée en Afrique et tournée vers le monde. Ceci est d'autant plus vrai que le passé comme l'avenir du continent s'entrelacent avec ceux d'autres géographies, d'autres histoires, d'autres imaginaires. Pour porter cette ambition, le festival propose une programmation à la fois variée, rigoureuse et accessible, pensée pour toucher un large public : débats, tables rondes, rencontres littéraires, ateliers d'écriture, masterclasses, petits déjeuners avec les auteurs, nocturnes littéraires, spectacles de musique, lectures, leçon inaugurale, grand entretien, librairie éphémère, matinées contes, séances de dédicaces, le prix des lycéens de Marrakech… Une diversité de formats qui permet d'apprécier la grande diversité de nos littératures, de découvrir les grandes voix de la pensée africaine, mais aussi les jeunes voix qui renouvellent nos imaginaires et nos façons de dire le monde. La jeunesse au cœur de ces trois jours de célébration Le FLAM accorde une place essentielle à la jeunesse et lui consacre une programmation ambitieuse. Convaincu qu'ils constituent l'une des forces majeures du continent africain, le festival croit en la nécessité de favoriser l'accès des jeunes à la culture, à la littérature et aux arts. Accompagner cette jeunesse, c'est nourrir sa pensée critique, approfondir sa connaissance de l'Histoire, éveiller sa sensibilité, nourrir son imaginaire, et lui offrir les outils nécessaires pour imaginer et construire l'avenir. Le FLAM, ce sont trois jours de récits, de rencontres, de partage, de transmission, de dialogue, d'émotions et d'enchantement. Trois jours durant lesquels nous célébrons ensemble la vitalité des lettres africaines et la richesse de nos imaginaires. À lire aussiMaroc: le Festival du livre africain de Marrakech s'impose comme un événement majeur

    Le lien étroit entre Prince et Minneapolis, exploré par le chercheur Rashad Shabazz

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 4:43


    Il y a une décennie, le 21 avril 2016, un OVNI musical s'éteignait : le chanteur, musicien et compositeur Prince. Dix ans plus tard, certains tubes demeurent – dont l'inoubliable Purple Rain –, ainsi que l'image d'un artiste aussi extravagant qu'exigeant. Prince aura été le premier à mélanger avec autant d'enthousiasme et de brio des genres musicaux allant du funk au disco en passant par le rock, la pop, et le gospel. Un style musical qui doit beaucoup à la ville natale de Prince, Minneapolis. RFI : Rashad Shabazz, bonjour. Vous venez de publier l'ouvrage Prince's Minneapolis, dans lequel vous explorez le lien entre l'origine géographique de Prince et la musique qu'il a créée. De quelle manière les lieux et la musique qui en est issue sont-ils liés ?   Rashad Shabazz : On ne peut pas séparer les deux, ils sont toujours intimement liés. L'endroit où est créée la musique la sculpte, et la musique est sculptée par cet endroit. Tout type de musique, à n'importe quelle époque, dépend de son contexte social. Que ce soit le rap dans le Bronx des années 1980, les Beatles dans l'Angleterre des années 1960, ou Prince à Minneapolis dans les années 1970 et 1980. Quelle que soit la musique dont vous parlez, si vous l'étudiez, vous pourrez toujours identifier la relation entre ce son et le lieu d'où il vient.  Ce que vous démontrez, c'est que le contexte de Minneapolis, justement, est très particulier. La scène musicale de Minneapolis est très spéciale. Elle découle de la naissance de la ville, lorsque les colons blancs s'installent, au début du XIXᵉ siècle, sur des terres qui appartenaient depuis des centaines d'années à des peuples indigènes. À ce moment-là, le son est utilisé par les colons pour faire une démarcation claire entre leurs territoires et ceux des indigènes : que ce soit le son de la langue anglaise, celui des canons et des pistolets, ou bien la musique militaire, axée sur les cuivres. Et puis, ces colons avaient des origines très variées : certains venaient du sud des États-Unis, d'autres du nord. D'autres encore étaient des migrants européens, des Scandinaves notamment. Mais ce qu'ils pouvaient tous partager, c'était la musique. À partir de là, il y a eu un véritable élan musical à Minneapolis : la ville a créé des opéras, des salles de concert, des écoles de musique. Tout cela a tracé la route pour ce qui allait venir par la suite, à savoir, l'éducation musicale universelle – une politique qui a démarré au début du XXᵉ siècle et qui a perduré jusque dans la jeunesse de Prince.  Quelle était cette politique ? Concrètement, chaque enfant qui passait par le système scolaire public de Minneapolis bénéficiait d'une éducation musicale quotidienne, tout au long de sa scolarité. Qu'ils soient blancs, noirs, issus de la classe ouvrière, de la classe moyenne, qu'ils soient riches ou non… Tous ces enfants en ont profité. Cela a donné lieu à une meilleure éducation musicale sur plusieurs générations.  Donc, lorsque Prince naît en 1958, c'est dans une ville qui a fait de la musique une part cruciale de son identité, dès sa fondation. Cela a véritablement préparé le terrain pour la croissance musicale de Prince.  Un autre facteur-clé, selon vous, de la place de la musique à Minneapolis, c'est le racisme et la ségrégation. Au début du XXᵉ siècle, des populations noires sont venues s'installer à Minneapolis. Il s'agissait d'anciens esclaves, de personnes chassées de chez elles par les lois Jim Crow [série de lois ségrégationnistes en vigueur à l'époque, NDLR], ou de personnes qui fuyaient le racisme. Lorsque ces populations sont arrivées à Minneapolis, les restrictions pour le logement – et les actes de terrorisme de certains habitants blancs de la ville – les ont forcées à vivre dans les quartiers sud et nord de la ville. Ces zones sont devenues les sections noires de Minneapolis, avec leur propre cartographie musicale. On y jouait du blues, les prémices du rock'n'roll…  Prince a grandi au milieu de cette cartographie-là. Dans son quartier, autour de lui, il entend James Brown, Earth Wind & Fire, tous les musiciens issus de la Motown. Mais, sur les radios locales, essentiellement blanches, il découvre aussi le rock de certains musiciens comme Santana ou les Pink Floyd. Il ne fait aucune distinction de valeur entre ces univers, et il apprend à jouer tout cela. La force de Prince, c'est sa capacité à les combiner tous ensemble pour créer quelque chose de nouveau et d'unique. C'est cela, le son de Minneapolis. C'est un son né d'un paysage musical fragmenté, en raison d'une histoire qui remonte au XIXᵉ siècle. L'histoire de Minneapolis a donc influencé le "son" de Prince. À l'inverse, l'héritage musical de Prince influence-t-il toujours Minneapolis aujourd'hui ? La diversité dans la création musicale dont Prince a fait preuve continue d'être reflétée, aujourd'hui, dans les salles de concert de la ville. Partout aux États-Unis, la musique jouée dans les clubs et les salles dépend de leur environnement. De la musique noire est jouée dans les quartiers noirs, et vice versa. Mais pas à Minneapolis. À Minneapolis, on peut entendre n'importe quel type de musique, n'importe où. À mon sens, c'est cela, l'héritage laissé par la musique de Prince.  À lire aussiL'aura de Prince résistera-t-elle à l'érosion du temps ?

    Garder les traces face à l'effacement. Taysir Batniji, l'artiste palestinien expose à la Galerie Agnès B.

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 3:27


    La Galerie du Jour Agnès B présente actuellement les œuvres de six artistes palestiniens dans l'exposition The Grain of Our Hearts conçue avec le collectif Maan (« Ensemble » en arabe). Un collectif né en octobre 2023 à la suite de l'exposition Ce que la Palestine apporte au monde à l'Institut du monde arabe. Les divers supports – photos, collages, dessins, gravures, récits – se retrouvent autour de la transmission d'une histoire. Comment garder les traces et raconter l'histoire face à l'effacement ? Taysir Batniji, artiste confirmé est l'aîné des six exposants. À lire aussiHenry Taylor, héritier afro-américain de Picasso, célébré au musée Picasso-Paris

    Saint-Pierre-et-Miquelon, au cœur du nouveau roman d'Anne-Solange Muis

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:22


    Anne-Solange Muis est géographe. Elle a créé la maison d'édition Terre Urbaine, qui publie des essais sur l'écologie, les territoires et la ville. Son premier roman, Une île pour elle, a reçu plusieurs prix, dont le prix Amerigo-Vespucci. Son nouveau roman, Écume d'hiver, nous emmène sur l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle est l'une des invités du Festival du Livre de Paris qui se tient au Grand Palais du 17 au 19 avril 2026. Dans le village de Miquelon, l'hiver a tout effacé et l'horizon n'existe plus. C'est ici que sont nés Michel et Jean, deux frères qui vivent de la pêche traditionnelle à la morue. Mais un soir de grand froid, Jean disparaît. Son sort va alors sceller le destin de son fils Yoann, contraint de revenir sur l'île qu'il avait quittée enfant. Se heurtant à un quotidien où la nature guide tout, cet homme devra renouer avec la terre qui l'a vu naître et, qui sait, avec son passé. À travers des chapitres composés comme des tableaux, Anne-Solange Muis plonge le lecteur dans les paysages et les légendes de Miquelon-Langlade, à Saint-Pierre-et-Miquelon, ce bout de France perdu aux confins de l'Atlantique Nord. Et bâtit, avec une langue d'une infinie sobriété, le décor immense d'une vibrante histoire de transmission. (Présentation des éditions Phébus)

    La romancière Elsa Olaizola questionne la transmission de la violence dans «L'Héritage de Soledad»

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 7:18


    Avec L'Héritage de Soledad, Elsa Olaizola interroge, à travers un voyage initiatique, la part d'ombre transmise par nos parents. Son premier roman est publié chez JC Lattès. Entretien avec la romancière, également membre de la rédaction numérique de RFI. RFI : Vous signez, chez Jean-Claude Lattès, L'Héritage de Soledad, un premier roman magistral, un roman initiatique où l'on suit, sur les routes de l'Ouest américain, le jeune Emiliano qui part sur les traces de son histoire familiale, celle de sa mère qui porte en elle un très lourd secret. Pourquoi avez-vous choisi ce thème du secret familial pour ce premier roman ? Elsa Olaizola : Je pense que c'est un thème universel qui concerne beaucoup de personnes, avec des questions sur : qu'est-ce qui constitue ma famille ? Pourquoi mon père, ma mère réagissent-ils de cette façon ? Qu'est-ce qui se passe dans la cellule familiale ? Et je pense qu'à différentes étapes de nos vies, on se pose ces questions. Moi, j'arrive à la trentaine, j'arrive dans une nouvelle période de ma vie où je me préoccupe de ce que nous ont transmis nos ancêtres. La question que vous posez est celle de la transmission des traumatismes d'une génération à l'autre. C'est une question qui hante le livre. Est-ce aussi une question qui vous hante ? En fait, je pense que ce qui me hante, c'est de savoir qui on est vraiment. En tant qu'enfant, ce qui peut être difficile, c'est de recevoir des choses de la part de ses parents sans connaître leur histoire. Par exemple, dans ce livre, Emiliano a beaucoup souffert d'être aux côtés d'une mère, certes qui l'aime, mais qui traverse des épisodes de colère très violents, proches de la folie. Et lui, il reçoit cette violence en tant qu'enfant. En sens inverse, le parent peut se demander : qu'est-ce que je possède de mon histoire familiale ? Qu'est-ce qui m'a construite et que je vais peut-être transmettre ou que je n'aurais pas du tout envie de transmettre ? Et en fait, Djune (la protagoniste du roman, NDLR), c'est ce qui la hante. Elle a peur de ce qu'elle va transmettre à son enfant, de ce qu'elle pourrait transmettre lié à son histoire avec le père d'Emiliano, mais aussi de son histoire familiale à elle, une histoire qu'elle connaît mal.  La violence est un héritage ? Comment fait-on quand on reçoit un tel héritage ? Emiliano, lui, a trouvé une solution, il prend la route...  Emiliano a beaucoup de colère en lui. C'est un adolescent. L'adolescence est souvent une période de grande colère, mais lui a des raisons supplémentaires d'être en colère, parce qu'il est dans une relation très conflictuelle avec sa mère. La mère d'Emiliano redoute d'avoir transmis à son fils un héritage de violence, parce qu'elle-même se pense issue d'une tradition de violence. Donc, durant toute sa vie, elle va chercher à protéger Emiliano de cette violence. Et en même temps, ce qui est terrible pour cette mère, c'est qu'elle guette le moindre signe de violence chez son fils. Si elle le voit, par exemple, courir après des poules dans le jardin – parce que c'est un enfant et qu'il veut jouer –, elle va en être terrifiée et y voir la preuve qu'il a reçu de la violence en héritage. Ce qui est important, c'est que la violence n'est pas seulement dans le cercle familial. On est aux États-Unis, et donc, on est dans une société très violente, une société qui s'est construite sur le génocide des peuples natifs américains, une société patriarcale violente aussi envers les femmes. Se pose donc pour elle la question de savoir comment faire pour que son fils échappe à une violence, alors que celle-ci est partout présente. Finalement, on a l'impression qu'à travers cette Amérique ultra-violente, vous nous offrez un miroir du monde. Le monde est donc si violent que ça ? Moi, c'est comme ça que je le ressens. Je pense que c'est important d'avoir conscience de cette violence du monde justement pour pouvoir la prendre en compte et savoir ce que l'on en fait. Vous parliez du fait qu'Emiliano se rend dans une réserve où il y a des Natifs américains. Pour moi, cette partie du roman est très importante parce que ce peuple, le peuple lakota qui vit dans la réserve de Pine Ridge, est un peuple qui a vécu la colonisation par les Européens. Et ce que je voulais montrer à travers les personnages qu'Emiliano va rencontrer, c'est que ce sont des militants, des hommes et des femmes qui vont se battre contre cette violence des États-Unis, qui vont se battre pour récupérer leurs terres. Et au contact de ces militants, Emiliano va réussir à transformer toute la colère qui l'habite. Il va réussir à se dire qu'elle peut avoir un sens. En filigrane de ce roman, il y a l'histoire d'une femme que l'on pense être la grand-mère d'Emiliano et la mère de Djune. Cette femme s'appelle Soledad. C'est une guérillera mexicaine. Une femme sans foi ni loi qui symbolise d'une certaine façon la violence du capitalisme au Mexique. Un personnage éminemment tragique dont vous racontez l'histoire en filigrane du roman. Cette grand-mère supposée est absolument incroyable. Est-ce qu'elle a réellement existé ? Elle n'a pas existé, c'est un personnage fictif. Elle m'est apparue, littéralement. Je l'ai vue, cette guérillera qui s'appelle donc Soledad Romeros del Rosario. Pourquoi j'ai créé ce personnage ? Parce que parmi les choses qui me mettent en colère, il y a le fait que les femmes sont souvent effacées des livres d'histoire. Et quand elles ne sont pas effacées, on minimise leur rôle, ou on leur prête des traits de bonté, de gentillesse, etc. Et ce que j'ai voulu montrer, c'est que, en fait, une femme peut être violente, une femme peut commander. Soledad n'entre pas dans la guérilla parce qu'elle est outrée par les conditions de vie des pauvres Mexicains, elle le fait parce qu'elle s'ennuie et parce qu'elle se rend compte qu'elle est douée pour monter à cheval, dévaliser des banques, tuer des riches propriétaires terriens. Et elle aime ça ! Je voulais créer un personnage de femme, comme vous l'avez dit, sans foi ni loi, et non pas une femme qui doit absolument avoir une part de douceur ou une part de quelque chose. Non. Il y a des hommes psychopathes, mais il peut aussi y avoir des femmes psychopathes. Je ne suis pas pour cette violence à outrance, mais cela me tenait à cœur de montrer une femme qui, tout d'un coup, prend la tête de toutes les guérillas du Mexique. Et ce que je voulais montrer aussi, c'est qu'Emiliano, qui est un jeune garçon, va prendre cette femme pour modèle et se reconnaître en elle. Moi, en tant que petite fille, j'ai grandi avec des modèles masculins parce qu'en fait, c'était l'unique chose que l'on nous proposait. Et je voulais inverser les choses, montrer qu'un petit garçon peut très bien grandir en ayant un modèle féminin pour exemple.  L'Héritage de Soledad d'Elsa Olaizola, publié aux éditions JC Lattès, 304 pages, 2026. À lire aussiÉtats-Unis: excuses historiques de Joe Biden pour les sévices dans les pensionnats pour Natifs américains

    Isaach de Bankolé retrouve Claire Denis dans «Le Cri des gardes»

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 3:31


    Le Cri des gardes, le nouveau film de Claire Denis, est sorti mercredi 15 avril en salles. C'est l'adaptation de Combat de nègre et de chiens, la pièce du dramaturge Bernard-Marie Koltès : un huis clos, de nuit, dans la chaleur africaine, filmé comme une tragédie grecque – un homme qui vient chercher le corps de son frère, assassiné sur un chantier.

    Les réalisateurs Olivier Nakache et Éric Toledano encapsulent les années 1980 dans «Juste une illusion»

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 5:05


    Olivier Nakache et Éric Toledano, réalisateurs d'Intouchables, un des plus gros succès du cinéma français, reviennent à l'un de leurs sujets de prédilection : la famille. Dans leur nouveau long métrage, Juste une illusion, qui sort en salles mercredi 15 avril 2026 en France, ils revisitent les années 1980 de leur adolescence. Et c'est le portrait d'une famille attachante qui apparait l'écran.

    Osam : fusion futuriste et oud en apesanteur sur «Mars», son nouvel EP

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 4:13


    Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident. RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ? Osam : J'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu "imposé". Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher autre chose. Et c'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc. Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ? C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, il y a toujours ces petits oud-jouets. J'ai commencé à m'entraîner dessus comme un jouet et cela a grandi petit à petit. Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ? C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités graves et aigues, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content. Cet EP est un voyage initiatique entre la Terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ? Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à voir cet EP un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter par la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire, de ce voyage. Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ? Déjà humainement on s'entend super bien, et musicalement c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer, en cinq minutes on a enregistré un solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable, j'ai trop kiffé. Osam Mars (Mad Rabbit) 2026 Facebook / Instagram / YouTube

    Les peintures colorées et intenses de Miryam Haddad, des panneaux inspirés des portes de Palmyre

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 3:32


    Miryam Haddad, jeune artiste syrienne née à Damas et qui vit en France aujourd'hui, expose ses peintures à la galerie Art Concept dans le Marais à Paris. Des œuvres colorées, vivantes mais aussi intensément chargées, autant que l'histoire de son pays et de sa région, le Moyen-Orient. Ces paysages où la terre, l'eau et le ciel se fondent dans des volutes laissent apparaître des signes, des figures géométriques, des visages, créant une œuvre envoûtante. Miryam Haddad a signé il y a quelques années l'affiche du prestigieux festival de théâtre d'Avignon. Ses peintures figurent dans plusieurs collections, dont celle de l'Institut du monde arabe à Paris. Une exposition à retrouver jusqu'au 18 avril 2026 à la galerie Art Concept à Paris.  À écouter dans De vive(s) voix«Et la terre se transmet comme la langue», variations autour de Mahmoud Darwich

    La chanteuse Dinaa, ou quand l'écho d'une «Maison vide» devient refuge

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 6:09


    Après deux années à sillonner les routes de France seule avec sa guitare, la chanteuse Dinaa dévoile son tout premier album, Maison vide. Elle qui transforme sa vie en chansons se confie sur une rupture amoureuse difficile qui a tout chamboulé. Elle y livre ses morceaux comme des confidences, entre le besoin de fuir et l'envie de tromper l'absence dans la fête pour anesthésier la douleur. Le champ de bataille qu'est sa Maison vide se révélera finalement être aussi son dernier refuge… RFI : Vous avez commencé en chantant dans la rue avec votre guitare. Qu'est ce qui a changé aujourd'hui depuis cette période dans votre manière de créer et de vous raconter ? Dinaa : Déjà moi quand j'ai commencé à chanter dans la rue, je ne chantais pas mes propres chansons. Je chantais beaucoup de reprises, etc. Donc déjà, il y a eu une grosse évolution sur la manière où j'arrive à me livrer aussi aux gens. Aujourd'hui, c'est plutôt fou de me dire que je joue maintenant en concert et que j'arrive à chanter mes chansons devant plusieurs personnes, alors que de base, les gens s'arrêtaient pas dans la rue pour me regarder ou quand il y avait deux personnes, j'étais super contente. Ça m'a beaucoup aidé. Je pense que sans cette étape là, je n'aurais pas réussi à me dévoiler et à partager mes propres sons. Comme je disais, le truc d'avoir des gens qui passent mais qui s'arrêtent pas vraiment, ça me permettait de réussir à chanter en public sans me sentir observée, d'avoir ce truc d'une foule qui te regarde droit dans les yeux. Et je pense que ça a été une étape hyper importante pour arriver à faire ce que je fais aujourd'hui. Votre voix sur maison vide passe de quelque chose de très intime, parfois à des moments beaucoup plus puissants. Qu'est ce que vous avez exploré de nouveau vocalement sur cet album ? Vocalement, je suis très contente parce que j'ai réussi à vraiment sortir ma voix. C'était un truc qui me frustrait un petit peu sur les autres projets. On me disait tout le temps en concert « Je n'avais pas compris que tu chantais aussi bien ! » Et en fait, je me rends compte que sur toutes mes chansons, je faisais des petites voix toutes mignonnes et j'avais besoin un peu de pouvoir montrer ce côté plus soul, ce côté plus poussé, plus porté sur des morceaux comme « Désolé pour le bruit » par exemple, où là je m'amuse vraiment vocalement.  Je suis très contente d'avoir réussi à un peu mélanger toutes ces tessiture vocale. Moi je suis quelqu'un qui aime bien chanter de plein de manières différentes. C'est pas facile parce qu'il faut quand même garder un fil conducteur. Mais je suis contente de ce que j'ai réussi à faire à ce niveau là sur le projet.     Dans plusieurs titres, vous évoquez la tristesse et la solitude, mais sur des prods quand même assez entrainantes, joyeuses presque. Pourquoi un tel contraste ? Moi je suis quelqu'un de très solaire dans la vie et c'est quelque chose que j'avais envie de transmettre dans ma musique. J'ai pas envie que quelqu'un écoute le projet à la fin et qu'il soit juste dépité. Et je pense qu'il y a une manière un peu cool, comme Amy Winehouse par exemple - moi je suis très fan - ces musiques hyper entraînantes, ça donne le sourire, ça donne envie de faire la fête, ça s'écoute à n'importe quel moment. Et pour autant, elle aborde des thématiques graves. Et je pense que c'est important pour réussir à faire passer aussi toutes ces émotions qui sont très lourdes, de les amener avec un peu de légèreté parce que sinon ça devient très difficile quoi. Dans « Nuits acides », vous abordez la question des drogues et de la fête comme échappatoire. Pourquoi c'était important pour vous d'en parler aussi frontalement ? Moi déjà, j'ai eu un entourage très jeune où j'ai été confrontée à ce monde-là de la drogue, la fête, le monde de la nuit. C'est vrai que c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. J'avais besoin de parler de tout ça et je pense que c'est des thématiques où je trouve qu'il y a une manière de le dire. Dans le morceau, je le dis : « La première prise était déjà de trop / Mais tout le monde s'en fiche / Ouais c'est rigolo / Askip détruire c'est la mode / Il y a la queue chez le dealer ». C'est une manière très simple de le dire. Mais c'est tellement réel. J'ai 21 ans, j'ai des potes avec qui on discute, on parle de ça, ils sont là : « Non, mais c'est tranquille. J'ai 20 ans, je fais ma vie, je fais mes expériences et c'est ok. » Mais il faut faire hyper gaffe. Et je trouve qu'il y a des gens qui se détruisent tellement facilement sans se rendre compte du poids et de l'impact que ça peut réellement avoir sur eux. Et moi j'ai vu des gens se détruire avec ça et c'est vrai que je trouvais que c'était important d'en parler. À écouter dans Bonnes pulsations du mondeLes femmes sont à l'honneur (Dinaa, Alsarah, Celia Wa, Queen Rima...) et NTM dégaine en live

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