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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

RFI


    • Dec 25, 2025 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 4m AVG DURATION
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    La création 360 du chorégraphe Mehdi Kerkouche: quand la danse devient expérience collective

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2025 5:25


    Qu'est-ce qui nous unit encore en tant que collectif dans un monde de plus en plus polarisé ? C'est l'une des questions que se pose le chorégraphe Mehdi Kerkouche avec sa dernière création, « 360 ». Sur scène, huit danseurs tâtonnent puis parviennent à trouver un langage commun à travers la danse. Particularité de cette expérience : les spectateurs s'y sentent aussi vivants que les artistes. (Rediffusion du 28 mai 2025).  À lire aussiMehdi Kerkouche fait entrer le public dans la danse avec «360»

    Adnan Joubran, oudiste palestinien du Trio Joubran en tournée mondiale pour la paix

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2025 6:48


    Ambassadeur de la culture palestinienne, le Trio Joubran, virtuose de l'oud, sillonne le monde à travers une musique entre tradition et innovation. Ces trois frères nés à Nazareth ont conquis les plus grandes salles de concert — du Carnegie Hall à l'Olympia, où ils étaient les premiers Palestiniens à se produire en 2013. Pour la tournée des « Vingt printemps » du trio, Samir, Wissam et Adnan Joubran revisitent leur répertoire en compagnie d'un ensemble de cordes et de percussions. Ils rajoutent deux nouveaux titres particulièrement engagés pour la cause palestinienne : « Alternative Silence » et « At Dawn ». Rencontre avec Adnan Joubran, 39 ans, lors du concert à la Philharmonie de Paris. (Rediffusion du 13 décembre 2024)   À écouter, notre podcast par Guilhem Delteil« Palestiniens » en 5 épisodes

    Muriel Robin incarne «La pire mère au monde» dans le premier film de Pierre Mazingarbe

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2025 3:28


    En cette veille de Noël, alors que des familles dans le monde entier s'apprêtent à se retrouver, un nouveau film en salle ce mercredi en France propose un face à face mère-fille à la fois conflictuel et réjouissant. Son titre : La pire mère au monde. Le réalisateur Pierre Mazingarbe met en scène les retrouvailles entre une fille, brillante magistrate nommée dans un petit tribunal de province, et sa mère, greffière.  RFI : Vous incarnez « la pire mère au monde » dans le film de Pierre Mazingarbe, à savoir une greffière d'un petit tribunal de province qui va faire équipe avec sa fille jouée par Louise Bourgoin. Elle est substitut du procureur et les deux ne se sont pas vues pendant quinze ans. La fille, Louise, est raide comme la justice, votre personnage aussi. Se ressemblent-elles ? Muriel Robin : Elles se ressemblent. Je me demande même si la mère n'est pas moins raide que la fille. C'est la mère, quelque part, qui a fabriqué la fille. Parce que c'est une mère sacrifiée – comme l'étaient les mamans de cette époque-là –pour que sa fille soit plus libre et ait accès à plus de choses. Elle a fabriqué un monstre qui la déteste. C'est peut-être la pire mère au monde, mais c'est la fille la plus détestable de la planète. Le titre est une antithèse. En tout cas, c'est une histoire mère-fille dans laquelle on peut s'identifier, malgré le fait qu'il y ait beaucoup de choses dans ce film et qu'il y ait plusieurs strates dans cette histoire. Il y a le polar, il y a les petites histoires derrière. Il y a l'histoire qu'on croit être au premier plan et finalement, c'est ce qui se passe derrière qui est important. Il y a même un aspect de comédie sociale aussi, puisque le film montre aussi le fonctionnement d'un petit tribunal de province sans moyens. Oui, il y a cela dans toutes ces strates. Il y a la comédie sociale, cette justice - dont le métier de magistrat est plutôt féminin, jusqu'à ce qu'on monte à des postes plus élevés où il n'y a plus du tout de femmes. C'est un film généreux, drôle, dans lequel on peut verser sa larme aussi. Ce n'est pas rare du tout, on l'a vu lors des projections. Ce fil entre la mère et la fille, tout d'un coup, on est dans une chose intimiste. Pour composer ce rôle de mère, avez-vous pensé à la vôtre ou pas du tout ? Comment avez-vous trouvé ce personnage ? J'aime beaucoup interpréter les femmes qui ont quelque chose de dur, parce que ma maman était comme cela. J'ai fait un copié-collé de ma mère, donc, je suis devenue cela. Sauf que maintenant, je m'en suis débarrassée, car j'ai trouvé que ce n'était pas très intéressant. Cela faisait un peu peur. Vous avez beaucoup joué avec ce type de personnage sur scène. Sur scène, au début, j'étais cela. Je m'en suis débarrassé, mais je connais très bien. Cette partie dure, je la remets, il faut la mettre. Tu en veux combien ? Je t'en mets un kilo, deux, quatre kilos ? Pas de problème. On vous voit enfin au cinéma. Je fais référence à votre déclaration, en début d'année, où vous estimiez ne pas avoir les rôles que vous pourriez au cinéma. Est-ce que, depuis, les propositions ont afflué ? Est-ce que cette déclaration a remué quelque chose dans le milieu du cinéma français ? Non, pas encore. Maintenant que le film va sortir, j'observerai ce qui se passe. Et puis, quoi qu'il se passe, ce sera bien. Pour la suite, peut-être un spectacle ? Les spectateurs ne vous ont pas vu sur scène depuis 2019. En tout cas, en « one-man-show » et en spectacle nouveau, cela fait treize ans. J'ai un nouveau spectacle. Le jouerais-je, le jouerais-je pas ? Il faut bien que j'entretienne un peu le suspense. On a beaucoup plus peur en vieillissant, c'est incroyable. Peur du trac ? Pas le trac, mais plutôt la peur que les gens ne viennent pas. Parce qu'il y a tellement d'artistes, tellement de gens drôles. Ce qui me ferait y retourner, ce serait si cela correspond à qui je suis aujourd'hui et à ce que je veux donner au public. ►La pire mère au monde, de Pierre Mazingarbe, avec Muriel Robin et Louise Bourgoin. Sortie le 24 décembre 2025. À lire aussi«L'Engloutie» et «Le pays d'Arto» : deux femmes face au secret

    «L'Engloutie», de Louise Hémon: une institutrice face au vertige de la montagne

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2025 3:35


    L'invitée culture aujourd'hui est une jeune cinéaste qui a fait le buzz à Cannes avec son premier film. L'Engloutie, de Louise Hémon, vient d'obtenir le prix Jean Vigo. Situé dans un hameau alpin isolé à la fin du XIXᵉ siècle, c'est le portrait d'une très jeune institutrice républicaine, envoyée pour « civiliser » ce coin reculé. Louise Hémon est au micro d'Elisabeth Lequeret. À lire aussi«L'Engloutie» et «Le pays d'Arto» : deux femmes face au secret

    Claire Tabouret dévoile ses projets de vitraux pour Notre-Dame de Paris

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2025 3:34


    À quoi vont ressembler les futurs vitraux modernes de Notre-Dame de Paris ? Lauréate du concours organisé par le ministère de la Culture, la plasticienne Claire Tabouret présente pour la première fois au public son travail. Ceci dans le cadre d'une double exposition du Grand Palais – dont l'autre parcours est signé Eva Jospin –, à découvrir jusqu'au 15 mars 2026.  À lire aussiÉlodie Schneider: l'engagement d'une vitrailliste à Notre-Dame de Paris

    L'historien Romain Bertrand pour la bande-dessinée «Les sentiers d'Anahuac»

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 3:39


    La bande dessinée Les sentiers d'Anahuac, de l'historien Romain Bertrand et du dessinateur Jean Dytar, a reçu le Grand Prix de la Critique ACBD 2026 début décembre. Cet ouvrage retrace la conquête espagnole du Mexique à travers le regard d'Antonio Valeriano, un jeune Indien issu de la noblesse indigène. Il aborde les thèmes de la colonisation et de la mémoire des Nahuas, l'un des principaux groupes indigènes du Mexique. L'historien Romain Bertrand est au micro de Lisa Giroldini. À lire aussiMagellan n'a pas fait le tour du monde

    Nicolas Maury pour la série «Les Saisons»: « Je suis fasciné par les contradictions et par les inconvenances»

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2025 3:35


    Révélé par la série à succès « Dix pour cent » dans laquelle il jouait Hervé, le comédien Nicolas Maury signe la réalisation d'une minisérie pour Arte, « Les Saisons», dont le premier épisode est diffusé ce jeudi 18 décembre (et déjà disponible sur la plateforme Arte.tv). Cette série suit l'histoire d'un triangle amoureux entre trois personnages dont on suit les moments clés, sur une période de trente ans. Nicolas Maury répond aux questions de Sophie Torlotin.  À lire aussi«Dites-lui que je l'aime»: Romane Bohringer filme l'absence des mères

    Cinéma: «Le Chant des forêts», trois générations à l'affût dans les Vosges

    Play Episode Listen Later Dec 16, 2025 3:25


    Dans le film Le Chant des forêts, le réalisateur Vincent Munier revient sur les terres qui l'ont façonné : les Vosges, leurs clairières, leurs brumes et leurs présences discrètes. Il signe un film intime, presque murmuré, où trois générations se retrouvent autour d'une même passion pour le sauvage et l'art de l'affût. Il répond aux questions d'Elisabeth Lequeret. À écouter aussiLe réalisateur Amine Adjina explore « l'univers du cinéma méditerranéen » avec « La petite cuisine de Mehdi »

    Dans «Rue de Phénicie», l'écrivaine Lamia Ziadé utilise l'auto-dérision comme arme de survie

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2025 6:35


    Après un livre sur les divas arabes, un autre plus sombre suite à l'explosion dans le port de Beyrouth, on attendait le prochain roman graphique de Lamia Ziadé. La dessinatrice et plasticienne franco-libanaise vient de publier, toujours chez P.O.L. , Rue de Phénicie, son livre le plus personnel. Une mise à nu bouleversante où, avec sa verve habituelle, Lamia Ziadé mêle vie privée et analyse géopolitique imparable et où la violence du monde n'empêche pas l'humour.    Entre sacré et populaire, Mariana Delgadillo Espinoza fait dialoguer les siècles avec «Sucreries»

    Le scénariste Wilfrid Lupano pour la bande dessinée «Le mètre des Caraïbes»

    Play Episode Listen Later Dec 14, 2025 3:29


    Les révolutionnaires français avaient pensé imposer leur système métrique aux États-Unis. À la fin du XVIIIᵉ siècle, un scientifique français avait été envoyé pour faire la promotion de cette invention révolutionnaire, mais il est enlevé par des pirates au large de la Guadeloupe. Le scénariste Wilfrid Lupano et le dessinateur Léonard Chemineau tirent de cette histoire une bande dessinée d'aventure, comique et historique, Le mètre des Caraïbes, publiée aux éditions Dargaud. À lire aussiJérémie Dres mène l'enquête sur sa famille dans la BD «Les fantômes de la rue Freta»

    Touhfat Mouhtare, entre les Comores et la France, vivre sous le radar avant la reconnaissance

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2025 3:29


    Autrice de trois romans, l'écrivaine d'origine comorienne revient dans son nouveau livre Choses qui arrivent, aux éditions Bayard, sur une époque marquante dans sa vie. Quand, étudiante en France, elle a manqué un rendez-vous avec l'administration pour renouveler son titre de séjour, la plongeant dans quatre ans de clandestinité. Un récit qui vient d'être couronné par le prix littéraire de la Renaissance Française 2025. Née aux Comores, Touhfat Mouhtare a grandi entre son île et plusieurs pays d'Afrique subsaharienne. Venue à Paris pour y poursuivre ses études, elle vit aujourd'hui en France. Elle est l'autrice de trois livres : Âmes suspendues (Coelacanthe, 2011), Vert cru (KomEdit, 2018, mention spéciale du prix du Livre insulaire au salon d'Ouessant), ainsi que Le Feu du milieu (Le Bruit du monde, Prix Alain Spiess du deuxième roman 2022). Son nouveau livre s'intitule Choses qui arrivent (Bayard).

    Le dessinateur belge Philippe Geluck expose le Chat au musée Maillol à Paris

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2025 3:32


    L'artiste et dessinateur belge Philippe Geluck est mis à l'honneur au musée Maillol à Paris. Une exposition lui est consacrée jusqu'en mai 2026 ainsi qu'à son personnage de bande dessinée fétiche Le Chat. Un monsieur Chat en costume cravate coloré, absurde, parfois stupide, souvent philosophe. Les bandes dessinées du Chat ont été traduites en 17 langues, le personnage félin a été décliné en programme télévisé La minute du Chat et il aura bientôt un musée à sa gloire à Bruxelles.  À écouter aussi2. Le chat acte XVI : Le nouveau Philippe Geluck

    Le réalisateur Amine Adjina explore «l'univers du cinéma méditerranéen» avec «La petite cuisine de Mehdi»

    Play Episode Listen Later Dec 9, 2025 6:31


    Quand un cuisinier s'emmêle les cuillères... Un premier long métrage, en salles à partir du mercredi 10 décembre en France, raconte les tiraillements de Mehdi, jeune Français d'origine algérienne, qui cache à sa mère sa liaison avec Léa et sa passion pour la gastronomie française. Aussi, quand sa copine insiste pour rencontrer sa mère, le jeune homme va trouver la pire des solutions. Amine Adjina, réalisateur de La petite cuisine de Mehdi, est notre Invité culture. À lire aussiIl était une fois l'Histoire de France avec Amine Adjina   À réécouter aussiL'autre et soi-même, la vérité révélée

    Nicolas Daubanes expose au Panthéon ses dessins monumentaux à la poudre d'acier

    Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 3:36


    Direction le Panthéon à Paris où sont exposées, jusqu'au 8 mars 2026, les œuvres d'un artiste contemporain : Nicolas Daubanes. Dans cette exposition intitulée Ombre est lumière, et à travers plusieurs dessins monumentaux réalisés avec de la poudre d'acier, l'artiste plasticien rend hommage aux insurgés de la Commune, aux déportés de la Seconde Guerre mondiale et aux résistants de la guerre en créant un dialogue avec l'architecture et les sépultures du temple républicain. ►Si vous voulez en savoir plus: Exposition Ombre est lumière. Mémoires des lieux

    «La chanson française un peu beaucoup passionnément», un livre et une déclaration d'amour à la musique

    Play Episode Listen Later Dec 5, 2025 4:26


    L'invité culture est le journaliste Didier Varrod, directeur musical de Radio France. Il publie La chanson française, un peu, beaucoup, passionnément. aux éditions Le Robert. Une balade en 21 chapitres dans l'histoire de la chanson française. RFI : La chanson française, un peu, beaucoup, passionnément, c'est le titre de l'ouvrage en forme de déclaration d'amour que vous consacrez à votre passion, qui est aussi celle de beaucoup de gens dans le monde pour la chanson française. Il compte 21 chapitres, 21 moments qui retracent l'histoire moderne de cette chanson. Et en vous lisant, on comprend une chose essentielle : cette chanson française est aussi le miroir de la société dans toutes ses dimensions, ses revendications, ses soubresauts et ses crises. Didier Varrod : Contrairement à ce qu'avait dit Serge Gainsbourg sur un plateau de télévision, j'ai toujours pensé que la chanson était un art majeur, même si ce n'est pas un art académique. Je comprends la nuance gainsbourienne qui consiste à dire que pour faire de la peinture, il faut un apprentissage académique, il faut connaître toute l'histoire de la peinture, mais pour moi, la chanson m'a élevé « au grain ». C'est vrai que la littérature, les livres, le cinéma, ont été importants, mais la chanson a été une sorte de tuteur qui m'a accompagné dans mon éducation, dans mes prises de conscience, dans mes émotions et dans mon identité. Je pense que c'est comme ça pour beaucoup de Françaises et de Français et de gens dans le monde entier, d'ailleurs. Parce que la musique est « un cri qui vient de l'Intérieur », comme disait Bernard Lavilliers. C'est un terrain de jeu commun, un terrain qui fabrique du bien commun, du vivre-ensemble. Pour moi, c'est aussi une langue. Le français est peut-être ma première langue maternelle, mais la chanson française, en quelque sorte, est une deuxième langue. Elle m'a permis de communiquer avec des gens. Elle m'a permis d'entrer dans l'intimité des artistes que j'ai rencontré. Pour moi, elle fait socle. Et, j'ai toujours pensé aussi que si demain il y avait une catastrophe nucléaire ou une catastrophe épouvantable, et que dans un endroit secret était protégés des disques et des vinyles, on pourrait alors comprendre ce qu'était la France des années 1950 à aujourd'hui, rien qu'à travers des chansons. C'est pour ça qu'elle a cette importance pour moi. Dans ce livre, vous partez souvent d'un cas particulier, d'une rencontre, d'une anecdote, pour exhumer une tendance générale dans la chanson française. Prenons le cas des rapports entre le monde politique et la chanson. Est-ce que les personnels politiques ont toujours courtisé les chanteurs et chanteuses ? A contrario, est-ce que les artistes ont eu besoin des politiques ? C'est un phénomène qui est apparu progressivement avec l'émergence de la société du spectacle pour reprendre les termes de Guy Debord. Il est vrai que dans les années 1950 et les années début des années 1960, les artistes, la chanson d'un côté et le monde politique, de l'autre, étaient deux territoires relativement distincts. Ce qui a changé, c'est qu'à la fin des années 1950 et au début des années 1960, il y a une nouvelle catégorie sociologique qui apparait : la jeunesse. Dans les années 1950  ou 1940, voire avant la guerre, il n'y avait pas d'adolescence. L'adolescence n'était pas considérée comme une catégorie sociale à l'instar des enfants et des adultes. Et souvent d'ailleurs, les artistes qui sont issus des années 1960 le racontent. Leur révolution, c'est ça. C'est la prise en compte tout d'un coup d'une catégorie nouvelle qui s'appelle la jeunesse, l'adolescence. Et pour le coup, elle arrive avec sa propre langue, ses propres désirs d'apparence, sa volonté de se distinguer par des vêtements, par la musique, et puis progressivement par du cinéma, puis dans les années 1980 avec la BD.  Et ça, le monde politique le comprend... À partir du moment où cette catégorie est identifiée, elle devient attractive, et elle est convoitée par le personnel politique. D'autant plus avec l'instauration par Valéry Giscard d'Estaing (président de la France entre 1974 et 1981, NDLR) du droit de vote à 18 ans où, finalement, on sort de l'adolescence. Et on comprend que cette adolescence construit aussi les premières utopies, les premières convictions politiques. Je pense que ce qui a rapproché finalement le monde politique et le monde de la musique, c'est à la fois le courant des yéyés, la période de mai 1968, et aussi après les années s1970, la prise en compte de la jeunesse comme une véritable catégorie socioprofessionnelle. Et cette chanson française n'évolue pas en vase clos. Elle se fait la caisse de résonance des luttes de l'époque, des injustices, des combats. Il y a toujours eu une chanson d'auteur qui avait comme préoccupation de raconter le monde et de raconter en chanson quelles étaient les préoccupations sociales et politiques de leurs auteurs. Il y a eu, comme je le raconte dans le livre, des compagnons de route du Parti communiste français, notamment avec Jean Ferrat qui était un artiste extrêmement populaire à l'époque. À côté, il y avait des acteurs comme Yves Montand et Simone Signoret. Toute une sphère artistique très en lien avec le Parti communiste. Mais dans les années 1970, la France rattrape son retard dans la culture politique. John Fitzgerald Kennedy (président des États-Unis de 1961 à 1963, NDLR) est passé par là. Il a fait de sa campagne électorale, une campagne spectacle où le show business commençait à intervenir dans la vie politique américaine. Et du coup, Giscard, quand il arrive en 1974, applique un peu cette recette. Avec une volonté de resserrer les liens avec la sphère artistique. D'ailleurs, il vise les jeunes. Il fait fabriquer des t-shirts et il les fait porter aux artistes qui sont les plus populaires, les plus emblématiques. On a des photos de Claude François ou de Johnny Hallyday ou Sylvie Vartan avec le t-shirt « Giscard à la barre ». La chanson française se fait l'écho des revendications et des cris, enfin des revendications, des injustices, des combats. Dans les années 1970, il y a une nouvelle scène française, une nouvelle chanson française qui est une chanson d'auteur, portée par des auteurs, compositeurs, interprètes et non plus seulement par des interprètes qui se contentaient de faire des adaptations de standards américains ou anglais. Donc, à partir du moment où cette génération d'auteurs est arrivée, elle s'est inscrite dans la tradition française, celle de l'écrit qui dit quelque chose du monde, et qui existait déjà, du reste, dans les années 1920 ou 1930, avec des chanteurs qui utilisaient la chanson pour raconter à la fois leur intériorité, mais aussi leur relation au monde et leur volonté d'émancipation. Dans les années 1970, il y a la volonté d'accompagner un désir de changement, d'alternance. Il faut se remettre dans l'esprit une chose : à l'époque, les gens pensaient que l'alternance politique n'était qu'une utopie, qu'elle n'arriverait jamais. Dès lors, nous n'avions pour y croire que quelques enseignants qui nous enseignaient une vision alternative du monde. Et puis, nous avions les chanteurs. Renaud, Bernard Lavilliers, Alain Souchon, Daniel Balavoine qui exprimaient à travers leurs mots une conscience ouvrière, une volonté de changer le monde. Pour mon cas personnel, j'ai toujours pensé que les chansons de Renaud ont été bien plus efficaces que tous les cours d'éducation civique que je subissais à l'école. Quant à Balavoine, je le considère un peu comme un tuteur, un grand frère qui m'a appris la vie, qui m'a appris quel était le prix de l'émotion, qui m'a appris à « m'emporter pour ce qui m'importe », puisque c'était une des grandes phrases de Balavoine, « je m'emporte pour ce qu'il m'importe ». Alors, est-ce que pour autant les chansons changent le monde ? C'est Jean-Jacques Goldman qui a posé de façon assez judicieuse la question, sans réellement y répondre. Mais en tout cas, elles accompagnent les soubresauts politiques, elles accompagnent les mutations, et parfois, elles sont simplement la bande originale d'un moment. Chaque révolution à ses chansons. Dans ce livre, vous abordez aussi un chapitre très intéressant, c'est l'irruption du rap dans les années 1990 et la difficulté qu'a eue l'industrie musicale à intégrer le rap dans le champs de vision. Il a fallu le succès de MC Solaar, expliquez-vous, pour que finalement, on se rende compte que les banlieues avaient quelque chose à dire. Et elles le disaient d'une façon différente, mais qui était aussi de la chanson française. J'ai eu la chance de vivre personnellement ce moment. Je suis en 1991 appelé à la direction artistique de Polydor. Je ne suis pas un enfant du rap, loin de là. J'ai acheté quelques 45 tours de rap, Sugar Hill Gang qui tournait sur ma platine tout le temps. On commençait à voir des breakers comme Sydney à la télévision. Mais pour moi, c'était quand même un monde un peu étranger. Et quand j'arrive en 1991 chez Polydor, qui est vraiment le label très imprégné de chanson française, Serge Reggiani, Renaud, Maxime Le Forestier etc, il y a toute une nouvelle pop française qui émerge avec Niagara, Mylène Farmer, Patricia Kaas. Et au milieu, il y a une espèce de d'électron libre qui s'appelle MC Solaar, avec un projet hybride entre la chanson et le rap. Ce n'est pas tout à fait du rap au sens où on croit l'entendre, et ce n'est pas tout à fait de la chanson. Et de cette hybridité va naître effectivement une culture qui est celle du rap populaire qui va débouler sur les antennes de toutes les radios. Pourquoi l'industrie musicale a eu autant de mal à intégrer le rap dans ses raisonnements ? Parce que ces jeunes gens n'avaient jamais eu la chance d'être visibles, ni à la radio ni à la télé. Faut quand même rappeler que jusque dans les années 1980, il n'y a pas de « blacks » à la télé, il n'y a pas d'arabes à la télé. Et quand on les voit, c'est soit parce qu'il y a des émeutes, soit parce que tout d'un coup, il y a un élan collectif antiraciste. Donc tout d'un coup, cette jeunesse que l'on ne connaît pas arrive et remet en question la manière traditionnelle de faire la chanson. La chanson, ce n'est plus forcément un couplet, un refrain, un couplet, un refrain. Ça peut être un flow qui dure pendant trois minutes sans refrain. Ça peut être – oh scandale ! – l'arrivée du sampling dans cette musique. Et ce sampling déstabilise une partie des gens de la chanson française qui se disent « mais enfin, ils ne peuvent pas composer leur propre rythmique, ils ne peuvent pas employer un batteur et un bassiste pour créer une rythmique ! ». Et la chanson française a aussi refusé quelque part cette irruption de ce mode d'expression qui était nouveau, spontané, et aussi extrêmement écrit, mais dans une langue qui n'était pas tout à fait la langue académique. Et c'est vrai que finalement, Solaar a réussi à imposer une image de grand sage. Et il a réussi, tout d'un coup, à intéresser les tenants du patrimoine de la chanson française, c'est à dire les Aznavour, les Gainsbourg, les Juliette Gréco, tous ces artistes vraiment très patrimoniaux qui avaient connu la poésie surréaliste, qui avaient connu Boris Vian, qui avaient connu Jacques Canetti. Donc ça a été pour moi magnifique de vivre à la fois cette émergence, de comprendre aussi que ça grattait, que ça n'allait pas être facile. Finalement, puisque j'ai toujours une vision un peu historique de la chanson, je me dis que ce n'est pas si loin de ce qu'ont vécus dans les années 1960 Eddy Mitchell, Dick Rivers, Johnny Hallyday qui – comme par hasard – étaient tous des mômes issus des quartiers populaires, de la banlieue, qu'on n'appelait pas encore banlieue, et qui s'exprimaient avec des rythmes et des mots qui n'étaient pas ceux de la génération d'avant. On voit à nouveau avec le rap l'émergence d'une musique stigmatisée par l'establishment, adoubée par la rue et par le public. C'est ça qui est très intéressant. Mais encore aujourd'hui, on s'aperçoit par exemple avec la mort de Werenoi, une partie de la France s'interroge. C'est juste le plus gros vendeur de disque en France ! Et moi, je voulais aussi raconter ce long chemin de croix qu'ont vécu les rappeurs pourtant installés depuis le début des années 1990. Je ne vous dis pas le nombre de courriers que reçoit la médiatrice de France Inter (station de radio où travaille Didier Varrod, NDLR) tous les jours, toutes les semaines pour râler en disant « mais comment vous pouvez passer cette musique qui n'est pas de la musique ? ». On a eu la même chose avec la musique électronique. Mais c'est pour dire encore qu'aujourd'hui, même si cette musique-là est majoritaire économiquement dans le pays et qu'elle draine effectivement la majorité de la jeunesse, elle n'est pas la musique majoritaire pour l'institution. Dans ce livre, vous évoquez beaucoup d'artistes qui vous ont marqués. On ne va pas tous les citer. Il y a Véronique Sanson, bien évidemment. Et puis, vous parlez de Mylène Farmer. Et en lisant le chapitre sur Mylène Farmer, je me suis dit : est-ce que la chanson française fabrique des mythes ? Ou est-ce que ce sont les mythes qui s'incarnent dans la chanson française, comme ils pourraient s'incarner en littérature ou ailleurs ? C'est une question que je me suis posée plusieurs fois en écrivant ce chapitre sur Mylène Farmer. Est-ce qu'elle est née pour devenir mythologique, avec la volonté de le devenir ? Ou est-ce que finalement, c'est l'histoire de la chanson française dans son évolution qui a fabriqué ce mythe ? En fait, je pense très honnêtement que, c'est l'histoire de la chanson française qui crée le mythe autour de Mylène Farmer. Même si Mylène Farmer, quand elle arrive au début des années 1980, se nourrit d'un certain nombre de mythologies très fortes, de figures mythologiques qui cultivent à la fois le secret, un univers un peu sombre, etc. Mais en fait, c'est en regardant l'histoire de la chanson que l'on s'aperçoit que finalement, ce mythe va naître et se muscler et s'intensifier. Cette identité, parfois, se transmet de père en fils. Vous abordez parmi tous les phénomènes que génère la chanson dans une société. Celui de l'héritage et des familles : les Higelin, les Chedid, les Gainsbourg.. La chanson française, serait-elle transmissible génétiquement, si je puis dire ? C'est l'une de ses singularités. Et en fait, c'est un questionnement que j'ai eu parce souvent, quand on me présente un artiste, je me dis « Tiens, c'est la fille de ou le fils de... ». Il y a quand même ce truc en France qui rend un peu suspect la légitimité ou l'intégrité, lorsque l'on est fille ou fils de ou petit-fils ou petite fille de. Et c'est vrai que c'est une question. En fait, c'est l'une des singularités de l'histoire de la chanson française. Il y a Gainsbourg, il y a Chedid, il y a Hardy, Dutronc, France Gall... Une partie de l'histoire de la chanson s'est construite, édifiée et fut nourrie par ces familles. Et c'était aussi peut-être leur rendre alors ce qui m'a aussi poussé. J'ai beaucoup hésité à écrire ce chapitre, jusqu'au moment où je suis allé voir le spectacle d'Alain Souchon avec ses deux fils. Au départ, je me disais « Mais il ne peut pas faire un spectacle tout seul ou avec Laurent Voulzy (son complice de scène NDLR) ». Et en fait, de voir ces trois personnalités liées par le sang, par un amour inconditionnel et construire une œuvre d'art à l'intérieur d'une histoire de la chanson, ça m'a bouleversé. Je me suis dit : « Il faut rendre hommage à cette volonté de revendiquer à ciel ouvert une histoire de famille. » Et puis après, il y a aussi une dimension dans les histoires de famille que l'on aborde assez peu. C'est le phénomène de la statue du Commandeur, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'artistes qui sont tellement impressionnés par l'image de la mère ou du père qui se disent « comment puis-je le dépasser ? ». Ce n'est pas simple pour tout le monde. Oui, et j'aurais pu aussi d'ailleurs évoquer dans le livre toutes les histoires de famille qui ont échoué, ou en tout cas, ces histoires d'enfants qui ont eu moins de succès ou ont eu plus de difficultés que leur maman ou leur papa. Et ça fera peut-être l'objet d'un tome 2, mais ce n'est jamais très agréable d'écrire sur les échecs. Mais ce que vous racontez là est vraiment juste. Quand on parle de Thomas Dutronc par exemple (fils de Jacques Dutronc et de Françoise Hardy, tous deux artistes NDLR), c'est quand même génial. Une jeune garçon, un fils de, avec un père et une mère qui ont marqué la chanson... Il fait son apprentissage en secret se disant « si j'ai une chance de réussir, il ne faut pas que je sois chanteur, ou en tout cas, il ne faut pas que mon fantasme premier soit d'être dans la lumière ». Et c'est très bouleversant, parce qu'en fait, il va devenir un immense musicien en s'imposant la clandestinité. Il est devenu guitariste de jazz manouche, pour aller dans un monde qui n'était ni celui de son père, ni celui de sa mère. Donc il y a des très belles histoires dans cette épopée de la chanson française.

    Sarah Lélé: entre la Belgique et le Cameroun, le stand-up comme miroir social

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2025 3:27


    C'est une voix unique du stand-up francophone : dans son spectacle La mauvaise éducation, Sarah Lélé mêle l'humour à la réflexion sur l'identité, la double culture et les héritages coloniaux. Entre calme scénique et punchlines cinglantes, elle interroge les normes et les regards croisés entre l'Europe et l'Afrique.  ► La mauvaise éducation, de Sarah Lélé, au théâtre des Mathurins jusqu'au 30 décembre. Et aussi sur Amazon Prime Video, où elle est l'une des invitées d'honneur du Gala Juste pour rire.

    «Dites-lui que je l'aime»: Romane Bohringer filme l'absence des mères

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2025 3:26


    Avec Dites-lui que je l'aime, Romane Bohringer signe un film profondément personnel. En adaptant le livre de Clémentine Autain sur sa mère Dominique Laffin, la réalisatrice se retrouve face à sa propre histoire d'abandon maternel. Un docu-fiction hybride où deux femmes cherchent à comprendre les mères qui leur ont manqué.

    Entre sacré et populaire, Mariana Delgadillo Espinoza fait dialoguer les siècles avec «Sucreries»

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2025 3:52


    Tisser des liens entre la musique d'hier et celle d'aujourd'hui, c'est la vocation de l'ensemble Alkymia fondé par Mariana Delgadillo Espinoza, il y a dix ans. Avec Sucreries : Y se va la segunda ! (« C'est reparti pour un tour ! ») en français, la cheffe franco-bolivienne explore les racines de la musique coloniale de Sucre, la capitale historique de la Bolivie. À travers des chants sacrés et des danses populaires, son ensemble d'instruments anciens célèbre la rencontre entre musiciens espagnols, africains et indigènes qui ont métissé les paysages sonores boliviens depuis le 17e siècle. RFI : Votre parcours est aussi coloré que la musique que vous défendez. Vous êtes né en Bolivie, vous avez été élevée en partie en Allemagne, formée en France. Avant de créer en 2014 un ensemble à votre image, l'ensemble Alkymia. Quelle est sa philosophie ?  Mariana Delgadillo Espinoza : Alkymia, c'est la rencontre avec des artistes qui aiment confronter des musiques qui semblent éloignées par des moyens poétiques. On arrive à trouver des liens pour construire des ponts. Tout le répertoire médiéval, renaissance jusqu'au baroque, etc. Notre idée, c'est de montrer qu'en revisitant notre histoire, on comprend des choses de nos jours d'une autre manière. On montre, grâce aux musiques anciennes, les liens que nous avons avec ce que nous sommes aujourd'hui. En compagnie de votre ensemble – composé de flûtes, violes, guitares baroques, tambours renaissance, grelots de chevilles et castagnettes, entre autres –, vous êtes parti sur les traces de la musique bolivienne du 17ᵉ siècle à nos jours, avec un album au titre pour le moins intrigant, Sucreries. Il fait référence à la ville de Sucre, en Bolivie, la première capitale, devenue, depuis les colonies, une ville culturelle. Beaucoup de musiques ont été composées pour cette ville par des compositeurs espagnols, puis métis, puis indigènes. L'aventure a commencé il y a dix ans, en 2015, avec votre premier voyage durant lequel vous vous êtes plongé dans les archives de l'ancienne cathédrale, que vous avez confronté à la réalité de la vie actuelle. Quelles sont les délices musicaux que vous y avez dénichés ? La première chose, c'était le lien de cette musique sacrée avec la danse. J'ai vu qu'il y avait des pièces qui ont été écrites à Sucre. Comme un rythme de danse interdite en Espagne par exemple. Je voulais proposer une relecture, avec les musiques traditionnelles, des colonies espagnoles. Y se va la segunda ! (« C'est reparti pour un tour ! ») est le sous-titre de cet album qui réunit seize titres de la colonisation jusqu'à l'Indépendance. En quoi cette musique était-elle engagée, voire subversive ? On sait qu'il était interdit aux indigènes et aux Noirs de participer à la musique dans la cathédrale et dans les églises, selon les règles des colonies. Dans les manuscrits, on voit que, petit à petit, on sollicite des musiciens d'origine indigène ou africaine pour participer et renforcer les rangs des musiciens. Des orphelins métis, voire d'origine indigène, entrent dans les chœurs d'enfants parce qu'ils ont des belles voix et deviennent compositeurs. C'est pour cela que l'on voit, dans le disque, des pièces anonymes. Des « armes vaillantes » aux cris de joie, en passant par des chants sacrés et des danses populaires, vous traversez toute la palette des expressions musicales. Si cet album avait un message à passer, ici et maintenant, ce serait lequel ? De vivre la spiritualité – ou peut-être juste la croyance que nous avons quelque chose au-dessus de nous – dans un esprit, avant tout, de joie. Sans différence entre les uns et les autres. Et de nous laisser entraîner. Ensemble Alkymia Sucreries : Y Se Va la Segunda ! (Acte 6) 2025 Facebook / Instagram / YouTube À lire aussiPourquoi le chant est essentiel dans toutes les cultures humaines

    «Les conséquences»: Pascal Rambert sonde le passage du temps dans sa dernière pièce

    Play Episode Listen Later Dec 1, 2025 3:30


    À l'heure du zapping et des réseaux sociaux qui font défiler le monde à toute vitesse, le metteur en scène français Pascal Rambert s'inscrit dans le temps et vient de créer le premier volet d'une trilogie théâtrale : Les conséquences. Avec des acteurs dont la plus âgée est octogénaire et les plus jeunes sont dans la vingtaine, il nous fait rentrer dans une trame familiale. Le temps qui passe, les bouleversements sociaux et les conflits intergénérationnels sont au cœur de cette pièce où l'amour est porté haut. Rencontre avec le metteur-en-scène. La pièce présentée dans le cadre du Festival d'automne à Paris est cette semaine à Annecy puis à Nice dans le sud de la France.  À lire aussiThéâtre : les conséquences de Pascal Rambert : une fresque familiale

    Hélène Rytmann: rendre son nom à la femme effacée par Althusser

    Play Episode Listen Later Nov 29, 2025 3:36


    Johanna Luyssen signe avec Les Fragments d'Hélène, une enquête littéraire et féministe. Elle y retrace la vie d'Hélène Rytmann, résistante, militante communiste, sociologue dont l'histoire a été engloutie par celle de son meurtrier, le philosophe Louis Althusser, qui l'a étranglée en 1980. À partir d'archives, de lettres et de témoignages, Johanna Luyssen reconstitue le parcours d'une femme libre et intellectuelle, tout en dénonçant la misogynie qui a entouré ce féminicide.

    Laura Nsafou, une voix afroféministe au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse

    Play Episode Listen Later Nov 28, 2025 3:40


    Du 26 novembre au 1er décembre, la ville de Montreuil, à l'est de Paris, accueille la 41ème édition du Salon du livre et de la presse jeunesse, axée cette année sur la thématique de "l'Art de l'autre." Parmi les milliers d'auteurs et d'autrices présents : la romancière afroféministe Laura Nsafou. Dans son travail, l'autrice d'origine martiniquaise et congolaise s'est donné une mission : représenter ceux qui ne le sont que rarement.  RFI : Bonjour Laura Nsafou. Vous êtes autrice de livres et albums pour enfants, afroféministe également. Si vous deviez résumer votre travail en quelques mots, qu'est-ce que vous diriez ?   Laura Nsafou : (rire) C'est dur ! Mais c'est un travail littéraire qui tente de proposer une vraie diversité en termes de représentation des communautés noires, et qui essaie de montrer une pluralité d'histoires aussi, en rappelant que les personnages noirs peuvent exister dans le rêve aussi, pas que dans certains stéréotypes, et faire rêver.    Puisque vous employez le mot de "stéréotype," pour vous, ce n'est pas le stéréotype en tant que tel le problème, c'est bien cela ? Oui, en fait, c'est surtout qu'aujourd'hui, la présence des personnages noirs oscille toujours entre l'invisibilisation pure et simple ou la stéréotypisation. Or, l'existence des stéréotypes et des cases ne définit pas les existences des communautés noires. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est veiller à ce qu'il y ait une richesse d'histoires. Et aussi examiner la façon dont notre imaginaire collectif s'est figé autour de la représentation des personnages noirs. Par l'illustration par exemple, on peut représenter une diversité de carnations, de types de cheveux, ou même d'origines au sein de la diaspora. C'est un peu tous ces écueils-là que j'essaie de décortiquer.   Cela fait une dizaine d'années que vous écrivez des livres. Comment en êtes-vous venue à traiter, dès le début de votre carrière d'ailleurs, ces problématiques ? Avant d'être autrice, je suis aussi une lectrice. Une jeune femme noire, d'origine martiniquaise par ma mère et congolaise par mon père, qui a grandi en France et qui ne s'est pas vue en littérature jeunesse. L'exemple que je donne souvent, c'est cette enseignante, quand j'avais huit ans, qui a demandé à ma classe d'aller dans la bibliothèque de l'école et de choisir un livre avec un personnage principal qui nous ressemble. Et moi, je n'en avais pas. Je suis repartie avec un exemplaire de Tom-Tom et Nana, parce qu'il y avait Rémi, le meilleur ami noir personnage secondaire. (rire) Donc, il y avait une expérience propre au fait de ne pas se voir. Et un enfant, quand il voit ça, il se dit « qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? » Et donc, l'acte d'écrire est venu avec cette envie de voir des princesses noires, de voir des fées noires, des choses comme ça que je ne voyais pas. Comme un million de papillons noirs, mon premier album, c'était vraiment la volonté de créer un album que je n'avais pas eu.   Le fait d'écrire ces ouvrages, c'est donc aussi une sorte de soin pour vous ? Complètement ! Effectivement,  il y avait cet enjeu de parler de thèmes assez durs, que ce soit le harcèlement scolaire, les discriminations, ou dans le cas du Chemin de Jada [album paru en 2020, ndlr], la question du colorisme. Donc, ce sont des thématiques dures, mais mon envie venait toujours de les raconter avec de la poésie et avec une fin heureuse, lumineuse, joyeuse. C'est vraiment ça que je trouve aussi intéressant avec le format de l'album jeunesse,  parce qu'on ne s'adresse pas seulement aux enfants, on crée un espace de discussion entre adultes et enfants. Mais le fait est qu'en France, dès lors qu'on propose une histoire avec des personnages minorisés, il y a tout de suite cette présomption de non-universalité.  On parle beaucoup de littérature universelle, mais on oublie que l'universel se travaille et l'universel se crée ensemble.   Et sur cette notion d'universalisme, justement, la question ne se pose jamais quand ce sont des livres qui mettent en scène des enfants blancs.  C'est un peu l'exemple que je donne : je ne pense pas que pour le Petit Nicolas [série de nouvelles pour enfants datant des années 1950-1960 et toujours très populaire en France, ndlr], on a présumé que c'était forcément un livre communautariste. On part simplement du principe que ça parle à tout le monde.Sauf que ce principe-là, il marche pour toutes les histoires. En fait, juste, on existe.

    «Vers les métamorphoses»: Étienne Saglio jongle avec l'illusion et la poésie

    Play Episode Listen Later Nov 27, 2025 3:45


    L'illusionniste, metteur en scène, jongleur et magicien Étienne Saglio est en tournée avec son spectacle Vers les métamorphoses. Une invitation poétique à aller de l'avant malgré les coups du sort et, dans son cas, une séparation amoureuse.   À écouter aussiComment les prestidigitateurs manipulent notre cerveau ?

    Avec «La voix de Hind Rajab», la Tunisienne Kaouther Ben Hania a créé un film pour ne pas oublier

    Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 3:22


    La Tunisienne Kaouther Ben Hania est l'une des cinéastes les plus singulières et audacieuses de sa génération. Après Les Filles d'Olfa, elle revient avec La Voix de Hind Rajab, construit autour de l'enregistrement d'une fillette de six ans piégée sous les tirs à Gaza, en appel avec le Croissant-Rouge palestinien. Un film bouleversant qui mêle fiction et réalité ayant remporté, à la Mostra de Venise, le Lion d'Argent 2025, l'une des plus hautes récompenses du festival.   À lire aussiMostra de Venise: «La voix de Hind Rajab», docufiction choc sur Gaza, reçoit le Lion d'argent

    Rebecca Zlotowski met en scène Jodie Foster en psychanalyste dans «Vie privée»

    Play Episode Listen Later Nov 24, 2025 3:33


    Une psychanalyste décide d'enquêter sur la mort d'une de ses patientes : ainsi débute le film Vie privée en salles en France demain après avoir été présenté hors compétition au dernier festival de Cannes. Dans son 6ᵉ long métrage, Rebecca Zlotowski réalise un thriller drolatique et met en scène la comédienne américaine Jodie Foster. 

    «Shuffle» du guitariste Waxx, dans les coulisses de la musique moderne

    Play Episode Listen Later Nov 23, 2025 7:09


    Le guitariste français Waxx sort son premier livre, Shuffle. Le résultat d'années de recherche dans les bacs à vinyles, mais aussi dans les magazines spécialisés, biographies et autobiographies d'artistes musiciens. Il en tire une exploration de l'histoire de la musique moderne, des Beatles à Adèle, à travers plus de 40 anecdotes. Entre secrets de fabrication d'albums, soucis en tournée, moments intimes et anecdotes sur les morceaux cultes des cinquante dernières années.

    François-Xavier Gbré capte les rumeurs de l'histoire dans ses photos

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2025 3:28


    Radio Ballast est une expression qui fait référence aux rumeurs circulant autour du rail ou du chemin de fer. C'est le titre de l'exposition du photographe franco-ivoirien François-Xavier Gbré à la Fondation Henri-Cartier Bresson jusqu'au 11 janvier. Le projet a aussi remporté le prix de la Fondation Hermès. Durant près d'un an, le photographe a suivi les traces du chemin de fer qui traverse la Côte d'Ivoire à la recherche des traces de l'histoire. Un beau livre paru aux éditions Atelier EXB accompagne l'exposition.

    Avec «Rouge Signal», Laurie Agusti raconte la dérive masculiniste d'un jeune français

    Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 3:29


    Rouge signal, c'est le nom d'une couleur de vernis utilisée pour sublimer les ongles. C'est aussi le titre d'un roman graphique très remarqué, publié aux éditions 2042. Il s'agit de la première bande dessinée de Laurie Agusti, qui raconte la radicalisation masculiniste d'un jeune homme blanc. Alexandre, malheureux en amour, rumine son ressentiment tout en observant de chez lui, sur le trottoir d'en face, quatre femmes employées d'un salon de beauté. À lire aussiMasculinisme : épiphénomène ou vraie tendance de société ?

    «Dossier 137», un film sur l'IGPN et les violences policières pendant le mouvement des Giles Jaunes

    Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 3:33


    Trois ans après la Nuit du 12, récit d'une enquête policière sur un féminicide qui avait décroché sept Césars, le réalisateur Dominik Moll est de retour avec Dossier 137. Ce film, qui était en compétition au dernier festival de Cannes, s'intéresse de nouveau à un service de police : l'IGPN, la police des polices, saisie pour un cas de violence policière en marge d'une manifestation des Gilets jaunes. À lire aussiCinéma: «La Nuit du 12» triomphe à la 48e cérémonie des César

    Sofia Belabbès: «Je ne fais rien de politique, rien d'engagé. Je suis là pour détendre les gens»

    Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 3:37


    L'invitée culture aujourd'hui s'appelle Sofia Belabbes. Elle a 29 ans et elle fait partie de cette génération d'humoristes qui bousculent les lignes avec son franc-parler. Sur scène, elle parle d'elle, des autres, du monde qui l'entoure. Son nouveau spectacle s'appelle Ketchup Mayo. Sofia Belabbès au micro d'Elisabeth Lequeret. Sofia Belabbès joue son spectacle Ketchup Mayo au Théâtre de la Contrescarpe à Paris jusqu'au 31 décembre 2025. Elle est également en tournée dans plusieurs villes de France.

    Jérémie Dres mène l'enquête sur sa famille dans la BD «Les fantômes de la rue Freta»

    Play Episode Listen Later Nov 16, 2025 3:27


    Quand une enquête intime et familiale permet de rendre compte de la grande histoire, celle d'un monde disparu : la communauté juive en Pologne au début du XXème siècle. L'auteur de bande dessinée Jérémie Dres raconte, dans Les fantômes de la rue Freta, un roman graphique publié chez Bayard, sa découverte de l'existence d'une grande tante, qui vivait à Varsovie pendant la Seconde guerre mondiale et a probablement été déportée et assassinée par les nazis pendant la Shoah. À lire aussiJérémie Dres, itinéraire de deux français en Afghanistan en 2001

    Olivier Korber: quand l'économiste devient compositeur avec «Gargantua»

    Play Episode Listen Later Nov 13, 2025 3:52


    À la fois pianiste, spécialiste des marchés de taux de change et enseignant à l'université, Olivier Korber ajoute une nouvelle corde à son arc en signant son premier album de compositions, Gargantua. Entouré d'une quinzaine de musiciens, ce passionné de philosophie et de physique théorique nous entraîne dans 72 minutes de musique de chambre – des pièces pour piano jusqu'au quatuor à cordes. L'aventure commence par une suite orchestrale haute en couleurs, aussi fantaisiste qu'humaniste : La Journée de Gargantua. Rencontre avec cet artiste-économiste hors du commun.

    Annick Redolfi, réalisatrice du documentaire «Devant - Contrechamp de la rétention»

    Play Episode Listen Later Nov 11, 2025 3:25


    Avec son documentaire Devant – Contrechamp de la rétention, la réalisatrice Annick Redolfi, choisit de regarder ce que l'on ne voit jamais : la vie qui s'organise juste devant le centre de rétention administrative de Vincennes. 

    La danseuse Aurélie Dupont incarne Martha Graham, «une femme moderne, visionnaire, qui prenait des risques»

    Play Episode Listen Later Nov 11, 2025 3:36


    À l'occasion du centenaire de la Martha Graham Dance Compagny, le Théâtre du Châtelet à Paris rend hommage à la grande chorégraphe des États-Unis. Martha Graham a marqué et initié la danse contemporaine. Elle a formé de grands créateurs comme Merce Cunningham et a été sollicitée par des interprètes vedettes comme Rudolf Noureev et Mikhail Baryshnikov, ou encore Liza Minnelli et Madonna. Au programme du Châtelet : des œuvres phares de Martha Graham et une invitée d'honneur, la danseuse étoile Aurélie Dupont, qui n'est pas remontée sur scène depuis dix ans. Le centenaire de Martha Graham, c'est jusqu'au 14 novembre au Théâtre du Châtelet à Paris. 

    Le cinéaste Thomas Kruithof a voulu «filmer ce qui brûle encore» avec son long-métrage «Les Braises»

    Play Episode Listen Later Nov 9, 2025 3:23


    Rencontre avec le cinéaste Thomas Kruithof. Les braises, son nouveau film, plonge au cœur du mouvement des Gilets jaunes, commencé en novembre 2018, à travers le portrait d'un couple : Karine, interprétée par Virginie Efira, et Jimmy, interprété par Arieh Worthalter. Lui est chauffeur routier, elle est ouvrière en usine. Quand Karine rejoint les ronds-points et les manifestations, c'est tout l'équilibre de leur relation qui se fissure.

    Dans les coulisses du monde littéraire avec Lola Gruber

    Play Episode Listen Later Nov 6, 2025 3:29


    Après une semaine marquée par les grands prix littéraires, gros plan aujourd'hui sur un roman français qui, justement, s'amuse du monde de l'édition et de ses récompenses. Intitulée Elisabeth Lima, cette fiction, publiée chez Christian Bourgois, est signée Lola Gruber, qui imagine comment trois amis montent une supercherie littéraire en inventant de toute pièce une romancière, Elisabeth Lima, sous le nom de laquelle ils publient un livre écrit ensemble. Lola Gruber est l'invitée culture de Catherine Fruchon-Toussaint. Lola Gruber, née en 1972, a travaillé dans les milieux du théâtre et du cinéma. Après un recueil de nouvelles très remarqué en 2005, Douze histoires d'amour à faire soi-même (Les Petits Matins) et un premier roman en 2009 Les Pingouins dans la jungle (Les Petits Matins), son roman Trois concerts (Phébus, 2019) a reçu quatre prix littéraires, dont le prix Alain Spiess. Horn venait la nuit (2024) récompensé par le prix Charles Oulmont vient d'être réédité dans la collection Satellites. Elisabeth Lima est son nouveau roman.

    Le DJ et musicien réunionnais Aleksand Saya, du maloya à l'électro créole

    Play Episode Listen Later Nov 5, 2025 4:23


    L'invité Culture est le musicien réunionnais Aleksand Saya. Le DJ et beatmaker s'empare des rythmes de son île natale et de l'Océan Indien, comme le maloya et le sega, pour les fusionner aux musiques électroniques. Entre roulements de tambour, nappes synthétiques et caissons de basse, ses vibrations créoles ne ressemblent à aucune autre. Aleksand Saya sera en concert le 7 novembre au Kerveguen à Saint-Pierre, au sud de La Réunion. 

    Kompromat exprime la beauté du monde, entre techno radicale et grande poésie

    Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 4:37


    En 2018, la collision entre deux figures françaises des musiques électroniques, Vitalic et Rebeka Warrior, donne naissance à Kompromat. Le premier apporte sa techno et son énergie rave, la seconde ses textes tranchants et poétiques. Le duo explosif aux influences berlinoises et à l'esthétique post-punk est actuellement en tournée, et en concert ce 5 novembre au Zénith de Paris. Moitié de KOMPROMAT, le DJ Vitalic fête les vingt ans de la sortie de son premier album, OK Cowboy, publié initialement en 2005. Ce 14 novembre, il le ressort en plusieurs formats (coffret, double vinyle, CD et digital) agrémentés de morceaux rares et de versions inédites.  OK Cowboy est un album majeur de la musique électronique, un disque charnière entre les époques.   À lire aussiKompromat: «Playing/Praying», le nouvel album électro-punk de Vitalic et Rebeka Warrior

    Jen Cardini, le cœur battant des nuits électroniques européennes

    Play Episode Listen Later Oct 30, 2025 6:00


    C'est l'une des grandes voix européennes sur la scène électronique. Ses débuts en tant que DJ dans des clubs emblématiques parisiens comme Le Pulp datent d'il y a plus de trente ans. Jen Cardini poursuit sa carrière avec une musique à la croisée de la house et de la techno, teintée d'influences new wave et électronica.   L'artiste sera en concert ce vendredi 31 octobre au Sucre, à Lyon dans le sud-est de la France.  La première édition de son festival, "Nightclubbing", axé sur la culture club et l'inclusion, tiendra sa première édition du 24 au 27 septembre 2026 dans différents clubs et lieux situés au cœur du bassin de la Villette, à Paris.

    Cinéma: «La femme la plus riche du monde», une irrésistible comédie

    Play Episode Listen Later Oct 29, 2025 3:34


    L'invité Culture est le réalisateur Thierry Klifa. Son film, La femme la plus riche du monde, propose une satire irrésistible et librement interprétée de l'affaire Liliane Bettencourt. L'héritière de L'Oréal versa des sommes colossales à François-Marie Banier, photographe et artiste, qui fut finalement poursuivi devant la justice par la fille de l'héritière. À lire aussiMort de Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal

    François Ozon réussit l'impossible: adapter au cinéma «L'Étranger» d'Albert Camus

    Play Episode Listen Later Oct 28, 2025 3:30


    La première phrase de ce roman l'a imposé d'emblée comme un classique : « Aujourd'hui, maman est morte. » Vous aurez peut-être reconnu L'Étranger, le premier roman d'Albert Camus publié en 1942. Ce roman, symbole de la littérature de l'absurde, a été traduit en 68 langues. Une adaptation cinématographique a été réalisée par Luchino Visconti en 1967, mais n'est pas restée dans les annales. Ce mercredi sort au cinéma une version signée François Ozon, avec Benjamin Voisin dans le rôle titre. À lire aussiPour François Ozon, réalisateur de «Mon Crime»: «Le procès est une scène de théâtre»

    Les rêves colorés de la plasticienne nigériane Otobon Nkanga au musée d'Art Moderne de Paris

    Play Episode Listen Later Oct 27, 2025 3:42


    J'ai rêvé de toi en couleurs, c'est le titre de l'exposition monographique que le Musée d'art moderne de Paris consacre jusqu'au 22 février 2026 à l'artiste plasticienne Otobong Nkanga, née à Kano au Nigeria, et qui réside en Belgique depuis une vingtaine d'années. Otobong Nkanga travaille sur le thème du lien brisé et à recréer entre l'humain et son environnement.  RFI : Bonjour Otobong Nkanga, vous présentez ici, au Musée d'art moderne de Paris, une monographie rétrospective de votre œuvre. Qu'est-ce que ça vous fait de revisiter ce que vous avez produit au fil des ans ?  Otobong Nkanga : Cela me fait vraiment plaisir, comme j'ai fait mes études ici en France, à Paris. Et de rentrer dans ce musée pour montrer la sélection de mon travail, c'est réellement quelque chose qui me touche. Je suis à la fois étonnée, émue et fière, car c'est un musée que je venais visiter quand j'étais à Paris. J'allais y regarder des expositions, par exemple de Dominique Gonzalez-Foerster ou Pierre Huyghe. Et à cette époque-là, je regardais ces artistes avec un immense respect, et de constater que je suis moi aussi entrée dans l'un des plus grands musées de France...Oui, c'est incroyable !  Qu'est-ce que vous avez choisi de montrer aux visiteurs français ou étrangers qui viendront ici  ?  D'abord des pièces que j'ai réalisées ici à Paris, comme celle qui s'appelle Keyhole. Il y a plusieurs pièces qui datent de ce temps-là, et d'autres plus actuelles, afin de montrer l'étendue des choses. C'est aussi la première fois que je montre des pièces que j'ai faites à l'école. C'est important de pouvoir les montrer, car il y a des jeunes qui créent et travaillent, et ils peuvent ainsi constater que les œuvres tracent une certaine ligne qui va être suivie dans le futur.  On peut voir beaucoup de choses, on peut voir du tissage, des collages, des céramiques, des installations. Mais au final, quelle est la forme d'expression plastique qui vous correspond le plus ?  Tout commence avec les dessins, l'installation, les sculptures, les tapisseries, les performances. Tout cela commence vraiment par une esquisse ou un dessin. Et à partir de là, je commence à voir mes idées dans un espace. Et à partir de là, pour moi, il n'y a pas une médium qui me semble plus important qu'une autre. C'est en fonction de l'idée que j'ai, en fonction de la manière que je trouve la meilleure pour exprimer quelque chose.  Votre travail questionne beaucoup le rapport entre l'humain et la nature… Ces liens que l'on crée, ces liens que l'on détruit, ces liens que l'on aimerait pouvoir recréer. Je pense notamment à toute la partie sur les industries extractives. Est-ce que l'action de l'homme sur la nature est toujours négative ? Je ne crois pas que c'est l'action de l'homme qui est négative sur la planète, parce que, nous aussi, nous venons de cette planète, de cette nature-là. Mais ce que je crois en revanche, c'est que la manière de développer et de structurer nos entreprises extractives ne prend pas en compte une partie « dormante ». Je veux dire, le fait de laisser les choses reposer, repousser, se régénérer. Tout ce que l'on fait, c'est de sortir, sortir des choses. On a toujours été extractifs, nous les humains, mais la manière dont nous le faisons aujourd'hui est marquée par le capitalisme. On le fait pour le capital et non pas pour l'humain. C'est pourquoi nous entrons dans des guerres. C'est pourquoi nous entrons dans un système qui n'est pas favorable aux humains, surtout pour les gens qui habitent sur les terres qui possèdent ces ressources minières.  ► Exposition I Dreamt of you in Colours, d'Otobong Nkanga au Musée d'art moderne de Paris jusqu'au 22 février 2026. 

    Dans les coulisses du nouveau spectacle d'Issa Doumbia

    Play Episode Listen Later Oct 26, 2025 3:25


    Aujourd'hui, notre Invité culture nous vient du stand-up : de ses débuts à Trappes, en banlieue parisienne, jusqu'aux plateaux de cinéma, en passant par une transformation physique marquante et une popularité toujours grandissante, Issa Doumbia raconte son histoire dans un nouveau ciné-spectacle, Monsieur Doumbia, une forme hybride où il mêle confidences intimes, humour et séquences inspirées de sa carrière à l'écran comme à la télévision. Après avoir fait salle comble au Grand Rex à Paris, Monsieur Doumbia est actuellement en tournée dans plusieurs villes françaises jusqu'en 2026.  ► Site internet Issa Doumbia

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