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Country in Central Africa

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centrafrique

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Reportage Afrique
Les actrices des luttes anticoloniales: Élisabeth Domitien en Centrafrique [6/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 16, 2026 2:14


Cap sur la Centrafrique pour notre série consacrée aux actrices oubliées des luttes anticoloniales, à la rencontre d'Élisabeth Domitien. Née dans la région de la Lobaye vers 1925, cette militante s'engage très jeune au sein du Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) fondé par Barthélemy Boganda. Longtemps restée dans l'ombre des grandes figures masculines de l'histoire centrafricaine, elle fut pourtant l'une des artisanes de l'indépendance. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle a contribué à diffuser les idéaux du mouvement indépendantiste auprès des populations. Alors que son nom semble peu à peu s'effacer de la mémoire collective, certains plaident pour une meilleure reconnaissance de son héritage. De notre correspondant à Bangui, Sous les arbres et sur les banquettes aménagées dans l'enceinte de l'Alliance française, quelques visiteurs consultent des ouvrages d'histoire et de vieux albums photographiques consacrés à la République centrafricaine. Sur plusieurs clichés jaunis par le temps apparaît le visage d'Élisabeth Domitien, une femme au regard déterminé souvent entourée de militantes ou de responsables politiques de l'époque. Maurice Guimendego, professeur d'histoire, s'arrête longuement sur une photographie datant des années précédant l'indépendance.  « Élisabeth Domitien fut un véritable leader politique féminin. Elle entre en politique dans le Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) créé par Barthélemy Boganda, à la fin des années 1940. Elle était commerçante et femme d'affaires, comme on le dit, même si elle ne parlait pas français. Elle prononçait ses discours en sango. Elle avait quelque chose de l'ordre du charisme naturel », explique-t-il. À quelques mètres de là, Yvon Yangana parcourt un album consacré aux pionniers de la nation. Il vient de découvrir cette histoire d'Élisabeth Domitien. « Lorsque l'on évoque l'indépendance de notre pays, les noms des grands leaders masculins reviennent souvent. Pourtant, derrière cette conquête de la liberté se trouvait aussi cette femme courageuse. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle parcourait les villages, mobilisait les mères, les commerçantes et les agricultrices, en expliquant l'importance de l'émancipation du peuple centrafricain », confie-t-il. Dans la médiathèque, un groupe de jeunes observe des photographies montrant Élisabeth Domitien lors de plusieurs cérémonies officielles. Parmi eux se trouve Antoine Gonda, un agriculteur d'une vingtaine d'années. « J'ai compris que c'était une femme de caractère. On raconte qu'elle n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait, même face aux plus hautes autorités. Bien avant que les questions de représentation féminine ne deviennent un enjeu mondial, elle avait déjà tracé la voie. Aujourd'hui, même si un hôpital porte son nom, je trouve qu'elle est tombée dans l'oubli », déplore-t-il. Après l'indépendance de la République centrafricaine, en 1960, Élisabeth Domitien poursuit son engagement politique. Son influence grandit progressivement au sein du Mesan. En 1972, elle devient vice-présidente du parti. Trois ans plus tard, le président Jean-Bedel Bokassa la nomme Première ministre, faisant d'elle la première femme à occuper cette fonction en Afrique subsaharienne. À lire aussiNuits africaines en Centrafrique: le célèbre bar dancing ABC de Bangui[02/10]

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Les grands invités de la saison d'Éco d'ici Éco d'ailleurs

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Aug 15, 2026 52:22


Tensions géopolitiques, commerce international, souveraineté, nouvelles technologies, transition énergétique, matières premières, emploi, formation et inégalités : cette saison, « Éco d'ici, Éco d'ailleurs » et « Le grand invité de l'économie RFI - Jeune Afrique » a donné la parole à des dirigeants, entrepreneurs, experts et décideurs pour décrypter les grandes transformations en cours entre Afrique, Europe et reste du monde. Voici une sélection de certains des entretiens les plus marquants. Retrouvez ici nos invités en vidéo Grégory Clerc : Castel mise sur l'Afrique et la décentralisation Directeur général du groupe Castel depuis 2023, Grégory Clerc est revenu sur la transformation d'un groupe mondial du vin et des boissons, particulièrement implanté en Afrique. Au-delà de la gouvernance et de la succession au sein du groupe, il a défendu une stratégie fondée sur la croissance africaine et sur la capacité de Castel à s'adapter à un continent en pleine mutation. L'un des points forts de son intervention concerne l'organisation du groupe : Grégory Clerc revendique un modèle largement décentralisé, laissant une importante marge de décision aux filiales et à leurs dirigeants. Une manière, selon lui, de rester au plus près des réalités locales et de préserver l'agilité du groupe. Autre enjeu majeur : la sécurité. Malgré les difficultés rencontrées dans certains pays du Sahel, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, Castel n'envisage pas de retrait de ses marchés africains. Le groupe assume une stratégie de long terme fondée sur la connaissance du terrain et la résilience. Alahassane Diakité : le cacao ivoirien face à la volatilité des marchés La crise du cacao a constitué l'un des grands sujets agricoles de la saison. Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et de Diakité Cocoa Products, a livré son analyse d'une filière confrontée à la volatilité des cours, à la spéculation, aux stocks et aux difficultés rencontrées par les producteurs ivoiriens. Pour lui, l'une des réponses passe par l'accélération de la transformation locale. La Côte d'Ivoire compte déjà plusieurs usines de transformation et l'objectif affiché est d'augmenter encore cette capacité afin de contribuer à stabiliser la filière et à créer davantage de valeur sur place. Autre combat : permettre aux producteurs et aux coopératives d'accéder davantage aux marchés à terme et de mieux maîtriser leurs risques. Une question essentielle dans une filière exposée aux mouvements des marchés internationaux et aux stratégies des grands négociants. L'entretien a également porté sur la gouvernance de la filière et sur la nécessité, selon Alahassane Diakité, de maintenir le débat sur le cacao à distance des affrontements politiques. Une position qui prend une dimension régionale alors que la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux poids lourds mondiaux du cacao, cherchent à renforcer leur coopération pour peser davantage sur les marchés internationaux. Athina Argyriou : l'automobile européenne face aux offensives chinoise et américaine L'industrie automobile est elle aussi au cœur des bouleversements mondiaux. Athina Argyriou, déléguée générale de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), a analysé la montée en puissance des constructeurs chinois, la politique protectionniste américaine et les difficultés auxquelles les constructeurs européens doivent répondre. Elle souligne notamment les atouts industriels de la Chine : une importante capacité d'ingénierie, un effort considérable de recherche et développement et un appareil industriel capable de mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché. Face à cette concurrence, elle met en garde contre la tentation européenne du protectionnisme. Pour elle, la compétitivité passe davantage par le maintien d'une base industrielle solide, l'innovation et l'indépendance énergétique. La transition vers la voiture électrique constitue évidemment l'un des grands enjeux. Athena Argyriou estime que le choix américain de ralentir cette évolution risque de pénaliser l'industrie des États-Unis elle-même, tandis que l'Europe doit continuer à investir dans cette transformation pour préserver sa compétitivité. Baba Hady Thiam : Simandou, le pari minier de la Guinée Avec Baba Hady Thiam, avocat d'affaires franco-guinéen, l'émission s'est penchée sur l'un des projets miniers les plus importants du continent : Simandou. Un projet intégré associant extraction de minerai de fer, infrastructures ferroviaires, installations portuaires et transformation locale. Pour la Guinée, l'enjeu dépasse largement l'exploitation du minerai. Simandou doit devenir un catalyseur permettant de développer d'autres secteurs de l'économie et de sortir du piège traditionnel de la dépendance aux matières premières. Baba Hady Thiam insiste cependant sur une condition essentielle : la réussite dépendra de la capacité à exécuter concrètement les plans annoncés. L'autre grand sujet est celui du contenu local. L'enjeu ne doit pas simplement être de fixer des pourcentages minimums d'emplois ou de contrats attribués aux entreprises nationales. Il doit, selon lui, permettre une véritable montée en gamme des compétences locales afin que les entreprises guinéennes soient capables, demain, de prendre en charge des projets de plus en plus complexes. Amal El Fallah Seghrouchni : construire une souveraineté numérique africaine L'intelligence artificielle et la souveraineté numérique ont occupé une place centrale dans la saison. À Marrakech, à l'occasion du Gitex Africa 2026, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre marocaine chargée de la transition numérique, a défendu une vision d'une IA souveraine et durable. La souveraineté ne se résume pas au stockage des données. Elle suppose également des infrastructures, des capacités de calcul, des datacenters, une connectivité et surtout une réglementation capable de protéger les données et d'encadrer leur utilisation. La ministre marocaine plaide également pour une coopération accrue entre les pays africains. Plutôt que de reproduire les modèles européens ou asiatiques, elle défend une « troisième voie » africaine de l'intelligence artificielle et de la technologie, fondée sur le partage des données, des talents et des capacités de calcul. El Mouhoub Mouhoud : immigration, école et mobilité sociale L'économiste El Mouhoub Mouhoud, spécialiste de la mondialisation et président de l'université PSL, a abordé l'économie à travers son propre parcours et son ouvrage « Le Prénom ». Son intervention a permis de revenir sur l'immigration économique, mais aussi sur la réussite scolaire des enfants issus de l'immigration. Il dénonce une vision du débat public qui se concentre sur les situations les plus visibles, qu'il s'agisse de la délinquance ou des réussites sportives, en oubliant la masse de jeunes issus de l'immigration qui réussissent par l'école. L'apprentissage apparaît à ses yeux comme un outil particulièrement efficace contre les discriminations à l'embauche : une fois les jeunes présents dans l'entreprise, leurs compétences peuvent s'exprimer concrètement et les préjugés liés au nom ou au territoire peuvent reculer. Il invite également à dépasser l'idée d'une méritocratie selon laquelle la réussite ne dépendrait que de la volonté individuelle. L'accès à l'école, la transmission familiale, le goût de l'effort et les conditions sociales jouent un rôle déterminant dans les trajectoires. Thierry Marx : immigration, emploi et transmission des savoir-faire Pour clôturer cette sélection, Thierry Marx a apporté son regard de chef cuisinier et de président de l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration. Son parcours personnel, marqué par une scolarité difficile avant de devenir l'un des grands chefs français, a servi de point de départ à une réflexion sur la formation, l'apprentissage et l'immigration économique. Dans un secteur qui emploie une importante proportion de travailleurs issus de l'immigration, Thierry Marx insiste sur les situations concrètes des personnes formées et employées dans l'hôtellerie-restauration, notamment celles qui peuvent se retrouver confrontées à des difficultés administratives après leur apprentissage. La transmission est également au cœur de son intervention. Pour Thierry Marx, former ne consiste pas à reproduire mécaniquement un modèle : transmettre un savoir-faire doit permettre à celui qui apprend de devenir autonome, de développer sa curiosité et, à son tour, de transmettre.  

Éco d'ici éco d'ailleurs
Les grands invités de la saison d'Éco d'ici Éco d'ailleurs

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Aug 15, 2026 52:22


Tensions géopolitiques, commerce international, souveraineté, nouvelles technologies, transition énergétique, matières premières, emploi, formation et inégalités : cette saison, « Éco d'ici, Éco d'ailleurs » et « Le grand invité de l'économie RFI - Jeune Afrique » a donné la parole à des dirigeants, entrepreneurs, experts et décideurs pour décrypter les grandes transformations en cours entre Afrique, Europe et reste du monde. Voici une sélection de certains des entretiens les plus marquants. Retrouvez ici nos invités en vidéo Grégory Clerc : Castel mise sur l'Afrique et la décentralisation Directeur général du groupe Castel depuis 2023, Grégory Clerc est revenu sur la transformation d'un groupe mondial du vin et des boissons, particulièrement implanté en Afrique. Au-delà de la gouvernance et de la succession au sein du groupe, il a défendu une stratégie fondée sur la croissance africaine et sur la capacité de Castel à s'adapter à un continent en pleine mutation. L'un des points forts de son intervention concerne l'organisation du groupe : Grégory Clerc revendique un modèle largement décentralisé, laissant une importante marge de décision aux filiales et à leurs dirigeants. Une manière, selon lui, de rester au plus près des réalités locales et de préserver l'agilité du groupe. Autre enjeu majeur : la sécurité. Malgré les difficultés rencontrées dans certains pays du Sahel, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, Castel n'envisage pas de retrait de ses marchés africains. Le groupe assume une stratégie de long terme fondée sur la connaissance du terrain et la résilience. Alahassane Diakité : le cacao ivoirien face à la volatilité des marchés La crise du cacao a constitué l'un des grands sujets agricoles de la saison. Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et de Diakité Cocoa Products, a livré son analyse d'une filière confrontée à la volatilité des cours, à la spéculation, aux stocks et aux difficultés rencontrées par les producteurs ivoiriens. Pour lui, l'une des réponses passe par l'accélération de la transformation locale. La Côte d'Ivoire compte déjà plusieurs usines de transformation et l'objectif affiché est d'augmenter encore cette capacité afin de contribuer à stabiliser la filière et à créer davantage de valeur sur place. Autre combat : permettre aux producteurs et aux coopératives d'accéder davantage aux marchés à terme et de mieux maîtriser leurs risques. Une question essentielle dans une filière exposée aux mouvements des marchés internationaux et aux stratégies des grands négociants. L'entretien a également porté sur la gouvernance de la filière et sur la nécessité, selon Alahassane Diakité, de maintenir le débat sur le cacao à distance des affrontements politiques. Une position qui prend une dimension régionale alors que la Côte d'Ivoire et le Ghana, deux poids lourds mondiaux du cacao, cherchent à renforcer leur coopération pour peser davantage sur les marchés internationaux. Athina Argyriou : l'automobile européenne face aux offensives chinoise et américaine L'industrie automobile est elle aussi au cœur des bouleversements mondiaux. Athina Argyriou, déléguée générale de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle), a analysé la montée en puissance des constructeurs chinois, la politique protectionniste américaine et les difficultés auxquelles les constructeurs européens doivent répondre. Elle souligne notamment les atouts industriels de la Chine : une importante capacité d'ingénierie, un effort considérable de recherche et développement et un appareil industriel capable de mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché. Face à cette concurrence, elle met en garde contre la tentation européenne du protectionnisme. Pour elle, la compétitivité passe davantage par le maintien d'une base industrielle solide, l'innovation et l'indépendance énergétique. La transition vers la voiture électrique constitue évidemment l'un des grands enjeux. Athena Argyriou estime que le choix américain de ralentir cette évolution risque de pénaliser l'industrie des États-Unis elle-même, tandis que l'Europe doit continuer à investir dans cette transformation pour préserver sa compétitivité. Baba Hady Thiam : Simandou, le pari minier de la Guinée Avec Baba Hady Thiam, avocat d'affaires franco-guinéen, l'émission s'est penchée sur l'un des projets miniers les plus importants du continent : Simandou. Un projet intégré associant extraction de minerai de fer, infrastructures ferroviaires, installations portuaires et transformation locale. Pour la Guinée, l'enjeu dépasse largement l'exploitation du minerai. Simandou doit devenir un catalyseur permettant de développer d'autres secteurs de l'économie et de sortir du piège traditionnel de la dépendance aux matières premières. Baba Hady Thiam insiste cependant sur une condition essentielle : la réussite dépendra de la capacité à exécuter concrètement les plans annoncés. L'autre grand sujet est celui du contenu local. L'enjeu ne doit pas simplement être de fixer des pourcentages minimums d'emplois ou de contrats attribués aux entreprises nationales. Il doit, selon lui, permettre une véritable montée en gamme des compétences locales afin que les entreprises guinéennes soient capables, demain, de prendre en charge des projets de plus en plus complexes. Amal El Fallah Seghrouchni : construire une souveraineté numérique africaine L'intelligence artificielle et la souveraineté numérique ont occupé une place centrale dans la saison. À Marrakech, à l'occasion du Gitex Africa 2026, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre marocaine chargée de la transition numérique, a défendu une vision d'une IA souveraine et durable. La souveraineté ne se résume pas au stockage des données. Elle suppose également des infrastructures, des capacités de calcul, des datacenters, une connectivité et surtout une réglementation capable de protéger les données et d'encadrer leur utilisation. La ministre marocaine plaide également pour une coopération accrue entre les pays africains. Plutôt que de reproduire les modèles européens ou asiatiques, elle défend une « troisième voie » africaine de l'intelligence artificielle et de la technologie, fondée sur le partage des données, des talents et des capacités de calcul. El Mouhoub Mouhoud : immigration, école et mobilité sociale L'économiste El Mouhoub Mouhoud, spécialiste de la mondialisation et président de l'université PSL, a abordé l'économie à travers son propre parcours et son ouvrage « Le Prénom ». Son intervention a permis de revenir sur l'immigration économique, mais aussi sur la réussite scolaire des enfants issus de l'immigration. Il dénonce une vision du débat public qui se concentre sur les situations les plus visibles, qu'il s'agisse de la délinquance ou des réussites sportives, en oubliant la masse de jeunes issus de l'immigration qui réussissent par l'école. L'apprentissage apparaît à ses yeux comme un outil particulièrement efficace contre les discriminations à l'embauche : une fois les jeunes présents dans l'entreprise, leurs compétences peuvent s'exprimer concrètement et les préjugés liés au nom ou au territoire peuvent reculer. Il invite également à dépasser l'idée d'une méritocratie selon laquelle la réussite ne dépendrait que de la volonté individuelle. L'accès à l'école, la transmission familiale, le goût de l'effort et les conditions sociales jouent un rôle déterminant dans les trajectoires. Thierry Marx : immigration, emploi et transmission des savoir-faire Pour clôturer cette sélection, Thierry Marx a apporté son regard de chef cuisinier et de président de l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration. Son parcours personnel, marqué par une scolarité difficile avant de devenir l'un des grands chefs français, a servi de point de départ à une réflexion sur la formation, l'apprentissage et l'immigration économique. Dans un secteur qui emploie une importante proportion de travailleurs issus de l'immigration, Thierry Marx insiste sur les situations concrètes des personnes formées et employées dans l'hôtellerie-restauration, notamment celles qui peuvent se retrouver confrontées à des difficultés administratives après leur apprentissage. La transmission est également au cœur de son intervention. Pour Thierry Marx, former ne consiste pas à reproduire mécaniquement un modèle : transmettre un savoir-faire doit permettre à celui qui apprend de devenir autonome, de développer sa curiosité et, à son tour, de transmettre.  

Les Grandes Gueules
"On s'en fout, on s'en fout pas" : La vente de la maison du général de Gaulle compromise - 12/08

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Aug 12, 2026 8:07


Plusieurs débats au cœur de l'actualité, les Grandes gueules ont le choix, en débattre ou non : Centrafrique, scandale sexuel à l'ambassade de France ; La vente de la maison du général de Gaulle compromise.

Reportage Afrique
Les actrices des luttes anticoloniales: Andrée Blouin, influente conseillère et mobilisatrice de réseaux féminins [4/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 12, 2026 2:32


La suite de notre série sur les actrices oubliées de la décolonisation. Nous nous penchons aujourd'hui sur le parcours d'Andrée Blouin, enfant métisse née en Centrafrique, qui a fait ses premiers pas en politique en Guinée et est devenue une influente conseillère de Patrice Lumumba au moment de l'indépendance du Congo. Le récit de Laurent Correau. Enfant métisse enlevée à sa mère, Andrée Blouin passe quatorze ans dans un orphelinat de Brazzaville, véritable prison pour « filles de sang mêlé », comme l'explique Subha Xavier, professeure en études françaises et africaines à l'université d'Emory, aux États-Unis : « Elle a vécu des années extrêmement difficiles au couvent. Elle les décrit comme des moments terribles d'oppression, d'aliénation, de malnutrition. On essayait de les assimiler à la culture française en les dénaturalisant de leurs origines africaines. » Au début de l'âge adulte, la mort de son fils René, auquel on refuse la quinine parce qu'il est Noir, la politise définitivement et l'ancre dans la lutte contre le système colonial. Elle suit son mari en Guinée où elle s'engage dans les années 1950 aux côtés du PDG-RDA, le Parti démocratique de Guinée, conduit par Ahmed Sékou Touré. Elle contribue à y mobiliser les femmes, notamment dans la campagne du « non » au référendum de 1958… Les explications de l'historienne Elisabeth Dikizeko : « Sékou Touré fut le catalyseur de son engagement politique. Et en Guinée, elle va adhérer au R.D.A. (Rassemblement démocratique africain), un parti anticolonialiste très important. Et là-bas, à Conakry, elle fera la rencontre de plusieurs grandes figures nationalistes camerounaises ou congolaises qui vont la pousser vers un engagement panafricaniste beaucoup plus important ».  À lire aussiLes actrices des luttes anticoloniales: au Maroc, les anonymes oubliées [3/10] Elle est appelée au Congo par les leaders nationalistes Pierre Mulele et Antoine Gizenga. Elle y organise une campagne de mobilisation populaire, structure des réseaux féminins, rédige des discours. Et comme en témoigne sa fille, Eve Blouin, elle devient cheffe du protocole du gouvernement de Patrice Lumumba après l'indépendance :  « Elle ouvrait son courrier, elle organisait les priorités des dossiers en cours, elle orchestrait les délégations étrangères et du corps diplomatique parce que c'était un véritable ballet. Mais elle avait fort à faire, car les forces adverses lui sabotaient le travail. Il y avait des dossiers qui disparaissaient, des clés qui disparaissaient. Elle arrivait, la porte de son bureau était grande ouverte. Même chose pour le bureau de Lumumba ». Elle affronte alors la presse coloniale, les diplomates et les puissances occidentales, qui voient en elle une agent du communisme international. Elle est expulsée du Congo et doit connaître l'exil… Andrée Blouin meurt en 1986, après avoir incarné l'une des voix féminines puissantes des décolonisations africaines.  À lire aussiLes actrices des luttes anticoloniales: Muthoni wa Kirima, figure féminine des Mau Mau [2/10]

Afrique Économie
Cameroun: un premier financement pour la réalisation du corridor routier Douala-Bangui

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 2, 2026 2:15


Une première phase de financement pour les 800 km de route entre Douala, au Cameroun, et Bangui, en République centrafricaine. Elle vient d'être annoncée par la Banque mondiale et se monte à 425 millions de USD. Le début des travaux sur ce tronçon communément appelé corridor économique Douala-Bangui est fixé pour l'an prochain. 80 % des produits vers la RCA, et 70 % vers le Tchad transitent par cet axe aujourd'hui en mauvais état. De notre correspondant à Yaoundé, L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui est censé moderniser et automatiser les opérations de pesage et aussi réduire les délais de transport des marchandises entre les deux pays. « Il y aura un dispositif de présélection installé sur la voie et ce sont les véhicules qui sont soupçonnés d'être en surcharge qui vont se faire peser à la station, et de manière automatique. Les amendes, s'il y en a, vont être enregistrées et le reçu directement imprimé », explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics. À lire aussiLe patronat camerounais s'inquiète de l'impact de l'état des routes sur les entreprises Il faut aujourd'hui compter de 9 à 12 jours pour parcourir 1400 km entre Douala au Cameroun et Bangui en RCA. Le mauvais état de la route y est pour beaucoup. Les tracasseries administratives aussi en raison notamment des 17 postes de contrôle informels, selon la Banque mondiale. L'institution va donc concentrer les premiers financements sur le Cameroun. « Pour la première phase de financement, le Cameroun va bénéficier d'un montant de 425 millions de dollars, il va aussi bénéficier à la Centrafrique pour un montant de 90 millions de dollars et à la Cemac, via un appui régional pour préparer les phases ultérieures de ce projet », détaille Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division région Afrique de l'Ouest et du Centre de la Banque mondiale. À lire aussiCameroun: polémiques autour du chantier de l'autoroute Yaoundé-Douala   Un projet de plusieurs années   Côté Cameroun, il est question de reconstruire des routes et d'en réhabiliter d'autres pour fluidifier le trafic entre Douala et la RCA. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, énumère les tronçons concernés : « Reconstruction de la route Yaoundé-Douala de 215 km, réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos de 332 km et réhabilitation de la section Bonis-Bertoua, soit un programme de mise à niveau de 800 km de routes, un programme conçu pour croiser les attentes de l'économie ». L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui s'étendra sur plusieurs années et devrait créer 2 000 à 4 000 emplois directs et indirects. À lire aussiCameroun: fluidifier le trafic des marchandises reste un casse-tête

Reportage Afrique
Nuits africaines en Centrafrique: le célèbre bar dancing ABC de Bangui[02/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 1, 2026 2:17


Direction aujourd'hui la Centrafrique, où nous entrons dans le célèbre bar-dancing ABC. C'est dans ce lieu emblématique qu'est née la musique centrafricaine moderne, des années 1960 jusqu'au début des années 2000. Situé au quartier du Km5, dans le troisième arrondissement de Bangui, l'ABC a été l'un des centres névralgiques de l'animation nocturne de la capitale. Chaque soir, durant cette période aujourd'hui empreinte de nostalgie, les habitants venaient assister aux prestations en direct des premiers orchestres de l'histoire de la musique centrafricaine.   De notre correspondant à Bangui, Lorsque le soleil disparaît derrière les collines du Bas-Oubangui, Ahmadou Ahmaxon Djahmey, ancien sportif, apparaît au bord de la route. Il observe les lumières qui s'allument devant ce vaste bâtiment. Tout autour, quelques buvettes et gargotes animent encore les lieux. Les parfums de viande grillée, les sonorités des guitares électriques, le rythme des batteries et les voix amplifiées par les micros semblent encore résonner dans les mémoires. L'endroit conserve une atmosphère particulière, et Ahmadou Ahmaxon Djahmey ressent une profonde nostalgie. « Au Congo-Kinshasa, il y avait un bar qui s'appelle ABC, là où jouaient les grands orchestres de l'époque. C'était comme ça que l'idée de créer ABC est venue à Thierry ABC, comme au Congo-Kinshasa. Parce que là-bas, il y avait l'ambiance », raconte Ahmadou Ahmaxon Djahmey. Le bar-dancing ABC fonctionnait comme un véritable incubateur culturel où se produisaient les anciennes gloires de la musique centrafricaine. Les artistes y trouvaient leur première scène et les orchestres leur premier public. « On dit le grand ABC Terre d'ambiance. C'est ça qui a fait en sorte que l'ambiance était quatre saisons. Les mots me manquent », lâche Ahmadou Ahmaxon Djahmey, le sourire empreint de nostalgie. À lire aussiNuits africaines en RDC: le Kimpwanza Bar, haut lieu de l'Abako et des grandes figures de la musique [1/10] « ABC, c'était le centre de l'ambiance » Chaque week-end, après une semaine de travail, de nombreux Banguissois se rendaient à l'ABC pour écouter de la musique, découvrir les nouveaux orchestres et profiter d'une ambiance unique. Alex Ballu, promoteur culturel, se souvient encore de cette époque. « ABC, c'était un carrefour, c'était le centre de l'ambiance. Il fallait aller danser au son de formidables musiques avec l'icône de la musique centrafricaine, le défunt Thierry Yaso. Et, mangez également les méchouis de ABC.» Des spectateurs venus de tous les quartiers de Bangui s'y retrouvaient pour écouter une rumba centrafricaine enrichie d'éléments folkloriques locaux, portée par des textes évoquant les réalités du quotidien, les amours contrariées, les difficultés sociales ou encore les espoirs de la jeunesse. Aujourd'hui, après les multiples crises qu'a traversées le pays, le bâtiment a été transformé en dépôt de marchandises au cœur du Km5. Chaque jour, de nombreux Centrafricains et ressortissants étrangers viennent découvrir ce lieu emblématique, chargé d'histoire et de souvenirs. À lire aussiCentrafrique: le plus célèbre dancing de Bangui rouvre ses portes malgré le couvre-feu

Santé | Deutsche Welle
Le choléra : la maladie des "mains sales"

Santé | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 12:30


Diarrhée abondante, vomissement, déshydratation rapide, crampes musculaires… Ce sont les symptômes du choléra. En Centrafrique, les acteurs du secteur de la santé misent sur la sensibilisation pour lutter contre cette maladie qui peut être mortelle faute de traitement. Dans Capsule santé, on reviendra également notamment sur les gestes et habitudes à adopter pour éviter toute contamination.

Reportage Afrique
Femmes de la terre: en Centrafrique, Josiane Tambassoua contribue à la sécurité alimentaire [4/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 22, 2026 2:17


En Centrafrique, Josiane Tambassoua incarne une génération de femmes engagées qui, à travers leur travail quotidien, participent activement à la sécurité alimentaire et à la dynamisation de l'économie locale. En valorisant le travail de la terre, elle démontre que l'agriculture peut être une activité rentable et porteuse d'avenir. Pour les jeunes générations, son parcours constitue une véritable source d'inspiration.  De notre correspondant à Bangui, Ce matin, une légère brume flotte au-dessus de la plantation. Les chants d'oiseaux accompagnent les agriculteurs déjà à l'œuvre. Au milieu des rangées verdoyantes de cultures, Josiane Tambassoua supervise les activités agricoles, organise les travaux et veille au bon développement des cultures. Ici, les plants de manioc s'étendent à perte de vue. Plus loin, des parcelles de maïs et d'arachides témoignent de la diversité des productions. Josiane a compris que la terre représente bien plus qu'un simple moyen de subsistance. « Depuis plusieurs années, je travaille la terre avec passion. Je suis convaincue que l'agriculture est l'un des moyens les plus efficaces pour nourrir nos familles et lutter contre l'insécurité alimentaire, souligne Josiane Tambassoua. Après les crises politico-sécuritaires, la RCA fait face à un important défi humanitaire. Nous nous battons pour lutter contre l'insécurité alimentaire qui touche la population de mon pays. » Chaque jour, les tâches sont nombreuses : désherbage, entretien des plantations, surveillance des cultures et préparation des futures semences rythment son quotidien. « Je suis fière de contribuer à la sécurité alimentaire de ma communauté. Lorsque je vois les produits de ma plantation sur les marchés ou dans les assiettes des familles, je ressens une grande satisfaction, se réjouit l'agricultrice. Cela me motive à produire davantage et à encourager d'autres femmes à s'investir dans l'agriculture. Chaque récolte représente une source d'espoir et de stabilité pour les populations. » À lire aussiFemmes de la terre: au Maroc, Wissal Ben Moussa régénère ce qui a été détruit [3/5] « C'est une femme inspirante » Sous la chaleur de midi, les ouvriers poursuivent leurs activités entre les rangées de cultures. Le bruit des outils se mêle aux échanges entre les travailleurs. Malgré la fatigue, Romaric Ndotoloum, l'un des ouvriers, garde les yeux tournés vers la prochaine récolte, avec l'espoir d'une production abondante. « C'est une femme inspirante. Depuis des années, elle porte le flambeau de l'agriculture et nourrit un grand nombre de Centrafricains, explique-t-il. Une grande partie de nos productions est vendue sur les marchés locaux. Les revenus tirés de la vente des récoltes permettent de soutenir les dépenses familiales et d'améliorer les conditions de vie des ménages. » Josiane partage régulièrement son expérience avec d'autres femmes centrafricaines et étrangères, les encourageant à investir dans l'agriculture comme moyen d'autonomisation économique. Aujourd'hui, son plus grand projet est d'exporter ses produits dans la sous-région. Elle ambitionne également de créer un centre de formation destiné aux femmes afin de leur apprendre à produire, transformer et commercialiser leurs récoltes. À lire aussiFemmes de la terre: à Soweto, une ferme s'inspire de Nelson Mandela [1/5]

Journal de l'Afrique
Niger : attaque jihadiste dans la zone des "trois frontières", 16 soldats tués

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jul 19, 2026 12:11


Le Niger a été visé par une attaque terroriste, dans la région de Téra, dans l'ouest. Cela s'est passé dans la région de Téra... Une unité de l'armée nigérienne a été prise pour cible. Plusieurs terroristes ont également été tués dans les combats.

Journal de l'Afrique
L'Argentine renverse l'Égypte (3-2) : les Pharaons ont mené jusqu'à la 79e

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jul 7, 2026 13:29


L'Égypte va longtemps faire des cauchemars de cette incroyable défaite contre l'Argentine (3-2) en 8e de finale du Mondial américain. Les coéquipiers de Mohamed Salah menaient pourtant 2-0 jusqu'à la 79e minute grâce notamment à un énorme match de leur gardien Shobeir. Mais les Pharaons ont craqué et encaissé 3 buts en 13 minutes.

Reportage Afrique
De la place du village à la scène: des danseurs traditionnels stars à Mbaïki, en Centrafrique

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 2:32


Dans la préfecture de la Lobaye, à Mbaïki, la danse traditionnelle continue de faire vibrer les communautés. Jadis pratiquées essentiellement par des adultes lors des cérémonies coutumières, des fêtes familiales ou des rassemblements communautaires, ces expressions culturelles connaissent aujourd'hui un nouvel essor. Entre festivals, spectacles publics et diffusion sur les réseaux sociaux, les artistes traditionnels gagnent en visibilité et certains deviennent de véritables références locales. Des danseurs qui réussissent à préserver cet héritage culturel tout en attirant les jeunes générations. De notre envoyé spécial de retour de Mbaïki, Au signal du chef de groupe, la chorégraphie débute. Les danseurs du groupe Molika Ti Beafrika forment un demi-cercle. Leurs pieds frappent le sol en cadence, soulevant par moments de légers nuages de poussière. Progressivement, le rythme s'accélère. Deux danseurs s'avancent au centre du cercle pour exécuter une séquence plus complexe. « C'est une danse traditionnelle et nous chantons en patois », explique Juvenal Bissé, l'un des danseurs. Pour lui, la danse offre des opportunités de rencontres, d'échanges et de promotion culturelle. À Mbaïki, les groupes de danse se professionnalisent, attirent de nouveaux adeptes et deviennent de véritables ambassadeurs de la culture locale. Fabrice Tabaré, un spectateur, salue cet engagement. « En tant que peuple, nous reconnaissons leurs efforts. Ce sont nos vedettes et elles bénéficient de toute notre reconnaissance. Je les considère comme les gardiens de notre culture, souligne-t-il. À travers leurs chants et leurs danses, ils nous transmettent l'histoire, les valeurs et la mémoire collective de toute une communauté. Vive la danse traditionnelle ! » Au-delà de son aspect culturel, la danse traditionnelle génère également des revenus grâce aux prestations lors de cérémonies, de festivals ou d'événements publics. « Au début, les revenus étaient irréguliers et la vie était difficile, témoigne Teddy Pamo, chef du groupe Molika Ti Beafrika. Aujourd'hui, grâce à notre persévérance, je peux vivre de mon métier, soutenir ma famille et transmettre notre patrimoine culturel en sensibilisant la population. » À lire aussiTî-Ï Festival 2026: Bangui célèbre la renaissance culturelle d'un peuple « Chacun doit prendre ses responsabilités pour défendre nos traditions » Mais cette quête de visibilité ne doit pas faire oublier l'essentiel : le respect des traditions. Pendant les répétitions, les anciens veillent à la transmission fidèle des chants, des rythmes et des significations culturelles associés à chaque danse. « Il est important de protéger la biodiversité. Dans nos chansons, nous sensibilisons les populations à la préservation de la nature et les encourageons à ne pas pratiquer la pêche avec des produits chimiques, poursuit le leader du groupe. Aujourd'hui, les gens nous respectent en raison de notre noble engagement. Notre culture est de plus en plus influencée par la mondialisation. Chacun doit prendre ses responsabilités pour défendre et préserver nos traditions. » À travers leurs prestations, ces groupes de danse traditionnelle nourrissent désormais l'ambition de se produire sur la scène internationale afin de valoriser la culture centrafricaine au-delà des frontières. À lire aussiRCA/RDC: Bangui et Zongo, la culture en partage pour ces villes jumelles [2/3]

Journal de l'Afrique
Mondial 2026 : des Léopards valeureux s'inclinent en fin de match face à l'Angleterre

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 11:46


Après avoir mené au score face à l'Angleterre pendant plus d'une heure, puis résisté grâce à un énorme Lionel Mpasi, les Léopards ont été punis par un doublé de l'inévitable Harry Kane (75e, 86e) en fin de match. À Kinshasa, nombreux sont fiers du parcours de leur équipe nationale malgré l'élimination en 16es de finale.

Santé | Deutsche Welle
Conflit armé : des soins pour les survivants en Centrafrique

Santé | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 12:30


Comment se relever et réapprendre à vivre après avoir survécu à une violente agression dans un contexte de conflit armé ? En Centrafrique, des ONG mènent des actions sur le terrain pour venir en aide aux survivantes et survivants. Témoignages et explications à suivre dans ce numéro de Capsule santé.

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - La Libre Antenne

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 20:00


Réagissez à l'actualité de votre choix avec Juan Gomez. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Centrafrique : peut-on rendre justice en l'absence de François Bozizé?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jun 16, 2026 20:00


En Centrafrique, c'est un procès très attendu qui doit s'ouvrir ce mardi 16 juin 2026) devant la Cour pénale spéciale de Bangui. L'ancien président François Bozizé sera jugé par contumace pour des accusations de crimes contre l'humanité commis entre 2009 et 2013. Qu'attendez-vous de ce procès ? L'absence du principal accusé risque-t-elle de limiter la portée de cette procédure ?  Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Chronique des Matières Premières
Tensions sur le marché du sable, ressource mondiale surexploitée

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Jun 15, 2026 2:18


C'est aujourd'hui la deuxième ressource mondiale la plus consommée après l'eau. Longtemps considérée, à tort, comme une ressource inépuisable, la demande mondiale en sable dépasse l'offre et menace les écosystèmes, alerte un récent rapport de l'ONU. La demande mondiale de sable est en hausse continue dans le monde. Elle devrait augmenter de 45 % d'ici 2060 selon le rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement. Une ressource indispensable notamment pour le secteur de la construction. Un chiffre pour se rendre compte : pour fabriquer une tonne de béton, il faut six à sept tonnes de sable. Pour un kilomètre d'autoroute, il faut compter 10 000 tonnes de sable. « Le sable est le héros invisible de notre développement », rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève, le Centre d'analyse des données du Programme des Nations unies pour l'environnement. Y a-t-il à proprement parler un marché mondial du sable ? Il y a un marché du sable, mais il s'agit principalement d'un marché local. Son prix relativement faible et surtout son poids, très lourd, en font une ressource difficile à transporter sur de longues distances. Actuellement, le géant du secteur reste la Chine, qui consomme environ 25 milliards de tonnes de sable par an. Cela représente la moitié de la consommation mondiale annuelle ! Pour cela, la Chine a dû investir pour extraire de telles quantités et le pays a mis au point des procédés de fabrication artificielle, consistant dans le broyage et le tamisage de roches ou de résidus miniers. « Depuis 2005, on observe un énorme développement de la Chine avec une demande très importante de sable et gravier. La Chine a produit plus de béton chaque année que les États-Unis pendant 33 ans. C'est absolument énorme. Mais on arrive à un plateau au niveau des besoins », explique Pascal Peduzzi. À lire aussiLe sable, cet or jaune qui menace l'équilibre de la planète Le continent africain, futur ogre de sable La croissance de la demande en sable sera tirée à l'avenir par le continent africain, qui devrait prendre le relais de la Chine à l'horizon 2100. L'exode rural, le rattrapage en infrastructures… Le marché africain du sable va se tendre. Or, il n'est pas possible d'extraire du sable du Sahara, ce dernier étant trop fin pour être utilisé pour le secteur de la construction. Sur le continent, l'absence d'organisation et de régulation de la filière rime déjà avec des extractions sauvages et le développement d'un marché noir. Ce qui pose de nombreuses questions environnementales. Car le sable est indispensable à de nombreux écosystèmes, notamment sous-marins. Pour Pascal Peduzzi, « si le marché n'est pas bien encadré et régulé, c'est un marché qui va être récupéré par le secteur informel. Et le secteur informel n'a pas les outils, donc le sable va être extrait dans des endroits faciles d'accès : les berges des rivières, les plages. Des endroits où le sable ne devrait pas être extrait. » À écouter aussi Centrafrique : ils pêchent le sable de l'Oubangui au péril de leur vie pour nourrir leur famille Une demande qui explose et les prix alors ? Certaines régions ayant épuisé leurs réserves de sable et régulé le marché, comme dans une partie de l'Europe, le sable sera bientôt importé depuis de plus longues distances. Son prix va donc mécaniquement augmenter. Mais il ne devrait pas connaître une flambée. Hormis les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite qui sont allés chercher du sable en Océanie pour leurs projets pharaoniques, la plupart des pays vont devoir investir pour trouver des solutions d'avenir. Comme, par exemple, développer des filières de recyclage de déchets liés à l'extraction de certains minerais à l'image du fer. À l'échelle mondiale, les terrils représentent entre 30 et 60 milliards de tonnes par année.

Journal de l'Afrique
Centrafrique : dix-sept migrants expulsés des États-Unis sont arrivés à Bangui

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jun 14, 2026 20:34


La République centrafricaine est devenue l'un des nouveaux pays d'accueil de migrants expulsés des États-Unis. Dans la nuit de vendredi, un premier vol en provenance de Washington a atterri discrètement à l'aéroport international de Bangui, avec, à son bord, une vingtaine de ressortissants étrangers. Parmi eux, figurent notamment des migrants iraniens, turcs, syriens et afghans.

Reportage Afrique
Le goût des origines: à Mbaïki, en Centrafrique, redécouvrir les recettes des grands-parents [1/2]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 14, 2026 2:32


En cette période de vacances, beaucoup de jeunes regagnent leurs villages ou les villes de province. Face à l'influence croissante de la restauration rapide, des produits importés et des modes de consommation urbains, ils sont beaucoup à faire aujourd'hui le choix de renouer avec les traditions culinaires héritées de leurs parents et grands-parents. Une transmission d'un savoir-faire qui contribue à préserver le patrimoine culturel, à renforcer les liens intergénérationnels et à valoriser les produits locaux. De notre envoyé spécial de retour de Mbaïki, Roger est un peintre d'une vingtaine d'années vivant à Bangui. Il a quitté la capitale pour passer quelques jours auprès de ses grands-parents à Mbaïki. Son séjour a un objectif particulier : « J'ai décidé de venir ici pour découvrir les plats traditionnels que mes grands-parents maîtrisent depuis plusieurs décennies. Loin des aliments modernes et des supermarchés, je découvre ici des recettes que je ne connaissais presque pas, témoigne-t-il. J'avoue que c'est important de les connaître car ça fait partie de notre culture. » Sous un soleil déjà chaud, sa grand-mère Salimata, appuyée sur une canne en bois, revient du champ avec des ingrédients nécessaires à la préparation d'une sauce traditionnelle. Elle montre à Roger les meilleures astuces. « C'est une sauce gluante faite à base d'écorce avec des escargots. Je l'assaisonne avec la pâte de sésame mélangée avec le sel traditionnel obtenu à partir de la tige de palmier, explique-t-elle. On la mange avec la boule de maïs comme accompagnement. Tu ne trouveras pas ce plat ailleurs. » À lire aussiLes délices du continent: en Centrafrique, les grillades de Bangui « C'est révoltant de constater que de nos jours, ce savoir-faire tend à disparaître » À quelques kilomètres de là, dans une autre concession au quartier de Bombolet, Grâce, propriétaire d'un restaurant à Bangui, participe elle aussi à cette redécouverte culinaire. Pour elle, les recettes traditionnelles constituent également une opportunité économique. « Nous sommes au 21ᵉ siècle : aujourd'hui, beaucoup de personnes, notamment des étrangers, recherchent des produits naturels et des plats authentiques de notre pays. C'est pourquoi je reviens aux sources dans ma ville natale pour apprendre, souligne-t-elle. À mon tour, je vais valoriser ces recettes dans mon restaurant, qui est un carrefour de richesse et de découverte. C'est révoltant de constater que de nos jours, ce savoir-faire tend à disparaître. » Auprès de ses grands-parents, elle observe attentivement le lavage des feuilles, le pilage dans le mortier, le dosage des ingrédients et la gestion du feu de bois. Des techniques simples en apparence, mais qui demandent patience, expérience et savoir-faire. « À Bangui, les jeunes sont de plus en plus déracinés. Pourtant, dans l'arrière-pays, chaque aliment et chaque produit du terroir joue un rôle important, poursuit Grâce. Il nous appartient de faire en sorte que ces plats deviennent de véritables archives vivantes, car ils racontent l'histoire des familles, des villages et des communautés. Les jeunes d'aujourd'hui seront les adultes de demain. C'est pourquoi il est important que nous restions proches des personnes âgées. » À Mbaïki, les recettes sont partagées entre anciens et jeunes comme un héritage vivant, transmis de main en main, de parole en parole, et désormais de génération en génération. À lire aussiTî-Ï Festival 2026: Bangui célèbre la renaissance culturelle d'un peuple

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - La Libre Antenne

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later May 29, 2026 20:00


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Reportage Afrique
En République centrafricaine, le «Ngou Ti Gozo» est une nourriture adorée par les enfants

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 29, 2026 2:28


En République centrafricaine, le tapioca, appelé « Ngou Ti Gozo » en langue locale sango, fait partie du quotidien de nombreux élèves et étudiants. Fabriqué à base de fécule de manioc soigneusement lavée puis séchée, cet aliment populaire est vendu à bas prix dans les écoles, les lycées et les universités. Beaucoup le surnomment pain de guerre ou encore œuf de Boy-rabe. Simple, nourrissant et accessible, le « Ngou Ti Gozo » est devenu, au fil des années, un véritable aliment de résistance pour de nombreux jeunes confrontés aux difficultés de la vie estudiantine. Faute de moyens pour fréquenter les restaurants ou se procurer des repas plus coûteux, élèves et étudiants s'en contentent pour calmer la faim et poursuivre les cours dans de meilleures conditions. De notre correspondant à Bangui, Dès les premières heures de la journée, les vendeuses prennent place aux abords de l'université de Bangui. Certaines sont assises sous un arbre ou à l'ombre d'un mur, tandis que d'autres sillonnent la concession avec leurs plateaux posés sur la tête. Léa Wédane, vendeuse de tapioca et d'arachides grillées, a parcouru plusieurs kilomètres à pied avant d'arriver sur le campus. « Je me lève toujours très tôt pour préparer ces aliments. Tout doit être prêt avant l'ouverture des écoles. Mon tapioca a toujours la forme d'un œuf. Je grille aussi des arachides salées que je mets ensuite dans de petits sachets. Cette activité représente une importante source de revenus pour moi. » Pendant les pauses, les salles de cours se vident peu à peu. Les parfums du tapioca chaud et des arachides grillées attirent rapidement les étudiants. Fatigué après un cours de mathématiques, Peniel Mbeas sort quelques pièces soigneusement gardées dans sa poche et les tend à la vendeuse. « Le tapioca Ngou Ti Gozo, c'est vraiment bon. Ça a un goût doux et accompagné de l'arachide, c'est vraiment bon. On appelle ça souvent aussi boulangerie Ngaissona. À la fin de chaque course, il y a des temps creux de 10 à 15 minutes. On prend ça très rapidement. » À lire aussiEn Centrafrique, à l'occasion de la fête de Pâques, un repas hors du commun Le «Ngou Ti Gozo» aide les jeunes à tenir la journée Autour des plateaux de « Ngou Ti Gozo », l'ambiance est vivante et chaleureuse. Pour Marcelin Derick, étudiant à l'École normale supérieure, cet aliment représente une solution simple pour affronter de longues journées d'études. « Ça donne le soubassement pour tenir dans la journée. Ça plâtre le ventre comme du béton. Voilà, c'est comme le béton. Si tu prends ça et que tu es rassasié, c'est du béton. Et ça va t'aider dans la journée pour avancer. »  Vendu à seulement 25 francs CFA, soit environ quelques centimes d'euros, le « Ngou Ti Gozo » permet à de nombreux jeunes de manger sans trop dépenser. Pour Narcisse Morio, étudiant en licence de sociologie, cet aliment fait partie du quotidien des étudiants. « Je confirme que c'est moins cher. Même le plat présenté au niveau de la restauration, le prix est élevé, plus même que le prix d'un Ngou Ti Gozo. Parce que même à 50 francs, un étudiant peut prendre un Ngou Ti Gozo à 25 francs CFA et puis ajouter des pistaches à 25, ça fait déjà 50 francs. Puis après ça, il prend aussi de l'eau, juste de l'eau glacée. »  Aujourd'hui encore, de nombreux fonctionnaires et même certaines autorités du pays gardent un souvenir particulier du tapioca consommé durant leur parcours scolaire et universitaire. Certains continuent d'en acheter, comme pour conserver un lien avec cette période marquante de leur vie. À lire aussiLes délices du continent: en Centrafrique, les grillades de Bangui

Invité Afrique
Détention de Joseph Figueira en Centrafrique: «À Bria, j'ai vraiment cru que je n'allais pas survivre»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 26, 2026 11:53


C'est un témoignage exceptionnel, celui de Joseph Figueira, le chercheur belgo-portugais qui a été arrêté par des mercenaires russes de Wagner il y a 2 ans jour pour jour – c'était à Zemio, dans le sud-est de la République centrafricaine – et qui a été finalement libéré le 7 avril dernier pour raisons humanitaires. A-t-il été arrêté par hasard ou a-t-il été une cible soigneusement choisie à des fins de propagande politique ? A-t-il vu sa dernière heure arriver dans les cachots secrets de Wagner et dans les prisons centrafricaines ? En ligne du Portugal, où il se reconstruit en famille, le chercheur répond à Christophe Boisbouvier.  RFI : Nous sommes le 26 mai 2024, à Zemio, dans le sud-est de la Centrafrique, vous êtes en train de terminer une expertise de terrain pour l'ONG américaine FHI 360 dans le cadre d'un appel à projet de l'Usaid. Vous buvez une bière dans une « guest house » avec plusieurs autres humanitaires et là vous voyez arriver trois Russes du groupe Wagner accompagnés d'un gendarme centrafricain. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Joseph Figueira : À ce moment-là, je ne comprends pas trop. Ils arrivent, ils me signalent que je dois les suivre et donc ils me forcent à les suivre. Ils me mettent sur une moto qui nous emmène jusqu'à l'aérodrome où ils avaient une petite base temporaire. Très vite, vous êtes embarqué dans un avion, direction Bria, dans le centre du pays. Pourquoi Bria ?  Alors, je ne sais pas, je pense que c'est parce qu'ils ont ce qu'on peut appeler un « black site », un site noir, qui échappe à tout contrôle de l'État. Et je sais que c'est un lieu où plusieurs personnes ont disparu et sont régulièrement torturées.  C'est un ancien bâtiment construit par des diamantaires et là, vous subissez des coups, des sévices. Vous êtes menacé de mort ?  Oui, oui, je suis menacé de mort plusieurs fois. Je suis frappé. J'ai aussi le poignet menotté à la cheville pendant deux jours.  Est-ce qu'il y a un moment où vous avez vraiment cru que vous alliez mourir ? Oui, oui, plusieurs fois, ils m'ont mis en joue et puis ils m'ont dit aussi que j'allais mourir. Donc oui. Et puis, j'entendais des cris d'appel à l'aide, des supplications d'autres personnes qui étaient en train de se faire torturer. Et puis, après mon transfèrement au camp de Roux, à Bangui, j'ai aussi connu plusieurs personnes qui avaient fait l'objet de tortures de la part du groupe Wagner. Dès votre arrestation à Zemio, vos deux téléphones portables sont confisqués. Est-ce que vous pensez que les Russes de Wagner vous ont pris par hasard parce que vous étiez un des rares Européens qui circulait à Zemio ? Où est-ce que vous pensez qu'ils vous ciblaient personnellement ? Oui, je comprends tout de suite que j'étais ciblé, parce que dès que je suis emmené à l'aérodrome, on me montre deux photos de moi qui proviennent d'un groupe WhatsApp où il y a des ministres et des ex-ministres centrafricains qui sont présents dans le groupe. Je comprends tout de suite que ces photos ont été transmises au groupe Wagner et donc, je comprends que c'est un commando qui est venu me chercher. Voulez-vous dire qu'ils vous ciblaient grâce à des complicités au sein du gouvernement centrafricain ? Oui, et donc ils m'accusent tout de suite d'être un membre de la CPC, Coalition des patriotes pour le changement. Ce qui frappe pendant vos deux ans de détention, c'est l'acharnement des Russes de Wagner contre votre personne. Les sévices en prison dès l'étape de Bria, les pressions sur vous et sur le procureur lors de votre procès à Bangui, qui se termine en novembre dernier par une condamnation à dix ans de travaux forcés, malgré la défense acharnée de maître Nicolas Tiangaye. Qu'est-ce que les Russes voulaient prouver à travers votre personne ? Je pense qu'ils veulent surtout diaboliser les ONG, les médias, les partenaires occidentaux de façon générale, parce qu'il y a certaines ONG qui documentent les exactions qui sont commises par le groupe Wagner et donc évidemment ce n'est pas dans leur intérêt d'avoir ces personnes présentes sur le territoire centrafricain. Il faut diaboliser les Américains ? C'est cela. Mais vous n'êtes pas Américain ? Non, je ne suis pas Américain. Non, mais pour les Wagner, c'était suffisant. Parce que vous aviez eu l'occasion de travailler dans des projets financés par l'Usaid, en fait ? Et aussi notamment à cause du soutien que je fournissais au travail d'enquête du bureau du greffe de la CPI.  La Cour pénale internationale... Oui. Qui a un bureau à Bangui... Oui. Qui dans le groupe Wagner jouait un rôle actif pour vous mettre en accusation et vous faire condamner ? Alors, je ne sais pas qui exactement, mais je sais que c'étaient des gens assez haut placés au sein du groupe qui sont assez bien connus à Bangui. Qu'est-ce qui vous le laisse penser ? Toute la campagne de diffamation, de diabolisation qui a été mise en place, notamment à travers plusieurs comptes Twitter, des articles placés dans la presse… Ça correspond au mode opératoire du groupe Wagner.  Après deux ans de détention, Joseph Figuera, vous avez fini par être libéré le 7 avril pour raison humanitaire, officiellement. Qu'est-ce qui a joué en faveur de cette mesure de clémence ? Je pense que ce sont principalement les efforts menés par le Portugal et la Belgique. Et puis aussi la pression des ONG derrière, mais pas que. Il y a aussi eu des rapports publiés par le groupe de travail de l'ONU sur les mercenaires, sur la détention arbitraire. Et je crois que vous avez pu recevoir la visite de représentants consulaires de la Belgique et du Portugal... Oui, dès le début.  Et aujourd'hui, à qui voulez-vous dire merci ? Eh bien, merci à mes deux pays, à toutes les ONG, à mes amis, à la famille et puis aux médias aussi, comme RFI, parce que je pense que, sans vous, je ne serais pas là aujourd'hui. Avez-vous eu des moments de désespoir ? Oui. Vous savez, le camp de Roux à Bangui, ce sont vraiment des conditions inhumaines. Donc, il y a eu des jours très, très compliqués. On a eu plusieurs décès aussi à l'intérieur. On se rend bien compte que, dans ce genre d'endroit, la vie est très fragile. Mais voilà, j'avais tout ce monde derrière moi et c'est ce qui m'a permis de tenir. Et dans ces moments-là, on tient comment ? Grâce à la foi et à l'idée de savoir que la famille nous attend dehors. À lire aussiCentrafrique : comment Wagner a ciblé l'humanitaire Joseph Figueira dans une campagne d'instrumentalisation

Invité Afrique
«Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali», affirme le député français Bruno Fuchs

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 22, 2026 13:12


« Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali et la junte au pouvoir à Bamako va tomber dans quelques semaines ou quelques mois. » C'est du moins ce qu'affirme sur RFI le député français centriste Bruno Fuchs, qui préside à l'Assemblée nationale la commission des Affaires étrangères. La semaine dernière, Bruno Fuchs a accompagné le président français Emmanuel Macron au sommet Afrique-France de Nairobi, au Kenya. Aujourd'hui, il fait une analyse comparée des atouts de la France et de la Russie en Afrique. Et pronostique un prochain duel à Madagascar. RFI : « L'Afrique a besoin d'investissements plutôt que d'aides publiques. Et cela tombe bien, car on n'a plus totalement les moyens », a déclaré Emmanuel Macron la semaine dernière à Nairobi, au Kenya. Mais à l'heure de l'épidémie d'Ebola, comment empêche-t-on la baisse de 37 % des fonds de la chaîne de surveillance des épidémies en Afrique ? Bruno Fuchs : On fait avec 37 % de moins immédiatement, et on fait un plaidoyer auprès de tous les acteurs qui ont de l'influence – des parlementaires, des scientifiques, des ministres, des présidents de la République – pour réaugmenter cette dotation. On voit bien que l'intérêt du monde – pas uniquement d'une partie de l'Afrique, vous parlez d'Ebola, mais il existe d'autres situations – est de multiplier et de renforcer les coopérations, d'avoir une vision multilatérale de la résolution des grands sujets qui touchent l'humanité. La santé, mais également l'environnement, qui est un sujet crucial. Démontrer à ceux qui, délibérément, baissent leurs contributions que ce n'est pas à leur bénéfice. Ils pensent qu'en baissant leur contribution, ils s'avantagent. C'est une erreur, car nous verrons que, sur les épidémies ou sur le climat, les conséquences pour ceux qui baissent sont aussi importantes que pour les autres. On fait avec ce qu'on a, aujourd'hui. C'est vrai pour l'ONU, pour les réfugiés, pour tous les grands budgets d'entraide. Et vite, on fait le plaidoyer pour réaugmenter ces budgets en démontrant que c'est au détriment de tout le monde, notamment de ceux qui baissent leur budget. Le sommet Afrique-France de Nairobi de la semaine dernière, vous y étiez, a mis l'accent sur l'économie. Mais en désertant le terrain politique, la France ne risque-t-elle pas de se banaliser en Afrique et de laisser le champ libre à des concurrents stratégiques comme la Russie ? Non, on n'abandonne pas le champ politique. Je pense qu'on a deux grandes zones : la zone des pays anglophones comme le Kenya et Nairobi, où nous sommes l'un des partenaires en concurrence avec les autres. Et la partie francophone. Là, nos relations sont plus compliquées parce qu'on n'est pas encore sortis complètement – et je pense que le discours de Nairobi nous en fera sortir, j'espère, définitivement – d'une relation coloniale, puis postcoloniale, françafricaine, toutes les étapes que l'on connait. Ces deux situations sont différentes. Ce qu'on a pris comme engagement depuis un moment – et le président à Nairobi l'a clairement dit quand on parlait de relations politiques –, dans l'imaginaire des gens, c'était de l'ingérence : on place des présidents, etc. Il m'est arrivé à Dakar, dans la rue, de croiser des étudiants ou des gens dans la rue qui m'ont dit : « De toute façon, notre président, c'est Macron. » À l'époque de Macky Sall. Je leur ai dit : « Mais vous rigolez. » Mais c'est encore l'imaginaire. Il faut couper entièrement avec cela. Mais cela ne veut pas dire que l'on n'a pas de relations politiques avec les États. Mais des relations politiques en reconnaissant la souveraineté et l'identité des États africains, notamment francophones. Les relations politiques existent, mais l'ingérence est maintenant clairement et définitivement arrêtée. On a également supprimé nos emprises militaires. On supprime l'ingérence, on n'a plus d'emprise militaire et donc les relations deviennent forcément principalement économiques, et également – c'est l'une des grandes forces de la France – culturelles, sportives. Il y a d'autres sources d'influence et de diplomatie. Mais c'est principalement l'économie. C'est un raisonnement assez logique. Maintenant, la question qui se pose : avons-nous les entreprises, la volonté, les entrepreneurs pour aller investir plus fortement en Afrique que l'on ne le fait aujourd'hui ? Auquel cas, ce sont les autres pays concurrents qui rafleront la mise et qui auront des relations privilégiées avec l'Afrique. Donc, la balle est dans le camp des opérateurs économiques français ? Et des politiques qui doivent créer les conditions pour que les chefs d'entreprise aient envie d'y aller. Par exemple, j'ai envoyé une mission parlementaire en RDC à Kinshasa, qui est revenue il y a quelques jours et qui va finaliser la semaine prochaine un traité de coopération économique entre la France et la RDC. La Chine a un traité de coopération [avec la RDC] avec des avantages fiscaux, de stabilité, sociaux, etc. Nous, nous n'avons pas de traité de coopération économique. Voilà typiquement un rôle dans lequel nous, politiques, sommes capables de créer un cadre dans lequel on peut favoriser l'arrivée d'entreprises françaises en sécurisant leurs investissements. Vous parliez du Sénégal. Vous qui étiez à Nairobi la semaine dernière, comment expliquez-vous que des chefs d'États souverainistes comme le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, ou même ouvertement pro-russes comme le Centrafricain Faustin Archange Touadéra, aient fait le déplacement pour ce sommet Afrique-France ? Je pense – j'en suis même certain et je le constate tous les jours quand je me déplace en Afrique – que la France – l'Europe, on va dire, pour ne pas être immodestes non plus – propose le meilleur modèle de partenariat à ses partenaires, notamment africains. Qui fait plus que la France sur la biodiversité ? Qui fait plus que la France sur la santé, les vaccins ? Qui fait plus que la France sur l'enseignement, sur l'entrepreneuriat ? Ce modèle universaliste, ce ne sont pas les Russes qui le font, ce ne sont pas les Américains qui le font, ce ne sont pas les Chinois qui le font. Je pense que ce modèle trouve un écho en Afrique. Là où il y a des problèmes, c'est notre comportement qui date de la colonisation, toute l'histoire qu'on a pas soldée avec l'Afrique francophone, et je pense qu'on est en train de le faire. Mais si on élimine tous les irritants – le franc CFA, la question des visas, etc. – on redeviendra une puissance désirée. Autre facteur : quand vous voyez les crises actuelles dans le monde, qui est fiable dans ses engagements ? Ce ne sont pas les Américains, demandez aux pays du Golfe qui n'ont pas été protégés par les Américains ! Ce ne sont pas les Russes qui sont en train de quitter le Mali parce que cela ne se passe pas bien pour eux, ils ne résistent pas, ils partent. La France est là, la France est fiable et elle fait face à ses engagements, quelles que soient les circonstances. Ce modèle, je pense, les pays africains l'entendent. Concernant la Centrafrique, on a normalisé nos relations, on a retrouvé des relations normales avec le président Faustin Archange Touadéra. Les Russes sont là-bas. Nous aussi. Il faut qu'on apprenne à travailler avec tout le monde. La France – et aucun pays occidental – n'est à l'échelle des besoins des pays africains. La France seule ne peut pas répondre à l'ensemble des besoins d'un pays, et a fortiori de tous les pays africains. Donc, il faut travailler avec tout le monde, il faut apprendre cela. Il y avait une contradiction côté français : les Français sont les chantres du multilatéralisme, c'est vrai, on y croit. Sauf pour un espace dans le monde, l'Afrique francophone, où nous avons été, jusqu'à Nairobi, unilatéraux. On impose nos vérités, on impose nos vues et on ne supporte pas que l'on nous résiste. Je pense que cette contradiction est en train d'être résolue et je pense qu'elle l'a été définitivement à Nairobi. Le 25 avril dernier, le Mali a été frappé par une offensive conjointe des jihadistes du Jnim et des rebelles touaregs du FLA. La semaine dernière, à Nairobi, Emmanuel Macron a eu cette phrase : « Le départ des militaires français n'est sans doute pas la meilleure décision que les putschistes ont prise pour leur pays. » Est-ce à dire que la France se réjouit de l'échec militaire des Russes au nord du Mali ? Les Sahéliens en général – la situation au Burkina Faso et au Niger n'est pas non plus extraordinaire en termes sécuritaires – s'aperçoivent finalement que d'avoir sorti et chassé le partenaire français, c'est contre-productif. Parce que la junte malienne, je pense, a quelques jours à vivre ou quelques semaines à vivre. Aujourd'hui, elle est en position de faiblesse par rapport au FLA et au Jnim. Et donc le régime au Mali va changer dans quelques semaines, quelques mois, c'est inéluctable. Pour les Maliens, ils ont le choix entre les jihadistes intégristes – pas pour tous, mais ils sont quand même aujourd'hui les plus forts – et les rebelles du FLA, d'un côté, et de l'autre la vie démocratique, les libertés publiques, la vie d'avant au Mali, qui sont en danger. La vie au Mali risque de changer. Bien sûr, le président n'a pas fait la conclusion que vous avez tirée, mais c'est un constat clair. Si les Français étaient restés… Certainement avec une meilleure gouvernance d'Ibrahim Boubacar Keïta, qui faisait défaut parce que son action politique était insuffisante. C'est peut-être l'une des erreurs de Barkhane que d'avoir fait reposer la réussite de l'opération militaire sur un pouvoir politique faible qui n'était pas capable d'assurer les accords d'Alger. C'est l'erreur principale. Mais aujourd'hui, le Mali, dans quelques mois, ne sera plus le Mali d'il y a cinq ou six ans. Quel est, à votre avis, le scénario le plus probable dans les mois qui viennent au Mali ? Il y a plusieurs scénarios, je vais en donner deux pour être rapide. Le premier : si la junte et le président Assimi Goïta sont raisonnables, ils ouvrent les négociations. Il y aurait une période de transition de trois à six mois avec l'un des militaires de la Transition – je ne vais pas donner de noms, mais qui ne serait pas Assimi Goïta –, qui va jusqu'aux élections avec une période électorale dans trois ou six mois. C'est là que la question se pose : dans la gouvernance, dans le travail commun, comment intégrer le Jnim ? Le FLA, c'est peut-être plus facile, mais il faudra intégrer le Jnim. Je pense que le Jnim est prêt à déposer les armes et à arrêter la lutte armée, à condition de participer à la vie politique du pays. Pas de prendre le contrôle du Mali, mais de participer à la vie politique. La question qui va se poser pour nous, Européens ou Français, que fait-on ? Supporte-t-on cette transition dans laquelle le Jnim a un rôle politique ou on ne la supporte pas ? Je n'ai pas la réponse, mais c'est un vrai problème de conscience et un vrai problème politique. Deuxième scénario : la junte veut résister absolument, ne discute pas et, à un moment ou un autre, se retrouve en position de faiblesse. Les Russes sont en train de négocier leur départ, contrairement à ce qu'ils disent, mais des éléments montrent qu'il y a là les conditions des leur départ. Là, à un moment, la junte tombera. Si ce n'est pas négocié, ce sera certainement pire que s'il y avait eu une négociation. Après, pour prendre des exemples, on peut être dans un schéma à la mauritanienne, c'est-à-dire un régime religieux, un schéma nigérian, c'est-à-dire un État fédéral au Mali dans lequel quelques États ou un État appliquent la charia – c'est le cas au Nigeria – et d'autres non. Donc un État fédéral finalement, avec des régimes différents, qui garantit la représentativité et le rôle de chacune des communautés dans la vie du pays, la vie politique du pays, comme au Nigeria par exemple. C'est un schéma. Et après il y a le schéma ultime qui est celui de l'Afghanistan. Je ne souhaite pas qu'on puisse avoir un Afghanistan en plein cœur du Sahel, parce qu'après cela aura des conséquences sur toute la zone. Vous avez les pays du Sahel, mais vous avez la Guinée, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo. Cela devient compliqué. Vous avez des éléments qui vous indiquent que les Russes sont sur le départ de Bamako ? Ils négocient. Ils ont replié leurs positions. Il y a des négociations actuellement – après, tout dépend du Jnim, tout dépend de la junte – à la faveur desquelles ils seraient prêts à rentrer, moyennant quand même un certain nombre de garanties sur les actifs qu'ils exploitent aujourd'hui au Mali. Les mines d'or, par exemple, pour lesquelles ils n'ont pas très envie de se sentir spoliés, même si leur légitimité à les exploiter, à mon avis, est assez discutable. À Madagascar, où vous vous êtes rendu il y a six mois, le nouveau régime dirigé par le colonel Michael Randrianirina se tourne de plus en plus vers la Russie, notamment vers les militaires de l'Africa Corps et vers les techniciens russes de la Commission électorale de Moscou en vue de la présidentielle de 2027. Qu'en pensez-vous ? J'en pense plusieurs choses. La première, c'est que, avec la perte d'influence, le départ ou en tout cas la minoration des Russes au Sahel, les Russes vont tout jouer sur Madagascar. Cela va être leur modèle, leur laboratoire, parce qu'ils ont des positions là-bas et que c'est une porte sur l'océan Indien. Il y a aussi une volonté et une vision stratégique. Nous, Français, avons intérêt à faire vraiment un gros focus avec beaucoup de moyens sur Madagascar pour contrer cela. Concernant leur influence réelle, les Russes ont très peu d'argent à donner, ils profitent beaucoup, notamment sur la question armée. Si on est très présents, nous, à Madagascar, pas sûr que les Russes réussissent à faire une grosse entrée et à établir une grosse emprise à Madagascar. Pour comprendre cela, il faut se mettre à la place des présidents : le président – Faustin Archange Touadéra, quand il a pris le pouvoir en 2016, ou Michael Randrianirina, ici – est désarmé. Il a besoin de développer son pays. Que fait-il ? Il va voir les uns et les autres. Il va voir le président Poutine qui lui dit : « Je te donne des instructeurs. » Le président Macron qui lui dit : « Je te propose un certain nombre d'actions économiques. » Donc le président Macron, la France en tout cas, n'est pas capable de donner ou de vendre au président Michael Randrianirina l'intégralité de ses besoins. On peut aussi le voir de façon moins conflictuelle, où un président africain, comme tout président, va chercher ses partenaires là où c'est le moins cher et là où il a des besoins. Madagascar, c'est un petit peu différent parce que les Russes, justement, vont vouloir jouer Madagascar comme une sorte de laboratoire de ce qu'ils peuvent faire en Afrique, compte tenu de leurs échecs au Sahel.  Ne pensez-vous pas que les Russes vont tenter d'avoir une relation d'exclusivité avec Madagascar ? Les Malgaches ne le souhaitent pas parce que la culture malgache, la culture d'un certain nombre de dirigeants malgaches, n'est pas tournée vers la Russie. Certains le sont, mais majoritairement non. Et l'intérêt du président Michael Randrianirina n'est pas de tout mettre dans le panier russe. On le voit, les Russes sont en Guinée depuis 1960. Ils ont fait zéro route, zéro école, zéro hôpital. Ils ont fait des routes pour les mines, mais pas pour la population. Tout le monde voit l'apport quasi nul, souvent prédateur, des Russes dans les pays africains. Les Russes donnent des armes. Nous, on ne donne pas d'armes, on les vend. Et parfois on ne le fait pas parce que, quand les militaires locaux ne sont pas formés, on ne donne pas d'armes à des gens qui ne sont pas formés. Les Russes le font. On ne donne pas les mêmes services, j'allais dire. Mais si la France prend conscience qu'il y a un enjeu stratégique majeur à Madagascar, notre présence actuelle, économique, politique, culturelle, devrait suffire à limiter en tout cas l'impact des Russes. Mais il faut prendre conscience de cela. Il ne faut pas les laisser faire.   À lire aussiMadagascar: l'ambassadeur de l'UE défend le rôle de l'Europe dans un pays qui se rapproche de la Russie

Reportage Afrique
République centrafricaine: la prolifération des faux documents dans le pays

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 19, 2026 2:26


En Centrafrique, la falsification de documents administratifs prend une ampleur inquiétante. Actes de naissance, diplômes, certificats ou encore pièces d'identité : ces faux documents circulent de plus en plus dans certains quartiers de Bangui et dans plusieurs villes de province. Pourtant, la loi centrafricaine qualifie cette pratique de « faux et usage de faux », une infraction passible de poursuites judiciaires et de sanctions pénales. Malgré les risques encourus, de nombreux jeunes sans emploi ou en situation de précarité se tournent vers cette activité devenue, pour certains, un moyen rapide de gagner de l'argent. De notre correspondant à Bangui, Entre les vendeurs ambulants, les étals de légumes et les friperies, un petit kiosque en bois attire discrètement des visiteurs. Au premier regard, rien ne le distingue des autres commerces. Pourtant, derrière une vieille imprimante reliée à un ordinateur portable poussiéreux, une équipe de jeunes falsifie des cachets, des signatures et des documents administratifs. L'un d'eux, qui a requis l'anonymat, explique leur activité. « Nous fabriquons de faux documents pour aider certains compatriotes dans le besoin. Beaucoup n'ont pas le temps de suivre les procédures normales. D'autres ont perdu leurs papiers pendant les crises. Ils cherchent donc à avoir rapidement les documents privés et publics. » Autour de lui, des feuilles plastifiées, des tampons et des formulaires vierges sont rangés dans des chemises usées. Les clients arrivent discrètement, souvent envoyés par une connaissance. Gaël Boris, opérateur économique, témoigne. « Aujourd'hui, on est en train de marcher dans le PÉRIL concernant nos frères et nos sœurs qui sont au quartier, qui ne font rien. Et ils ne veulent pas aller à l'école, mais ils veulent seulement avoir un diplôme parallèle obtenu dans le quartier pour ensuite aller candidater dans les ministères. Et là, vraiment, ce n'est pas bien. » À lire aussiCentrafrique: de faux diplômes de baccalauréat seraient délivrés aux politiciens locaux « Je ne condamne personne, mais je condamne seulement l'État » Derrière ce phénomène se cachent plusieurs réalités : difficultés d'accès aux documents officiels, lourdeurs administratives, perte de papiers pendant les crises successives, mais aussi faiblesse des contrôles dans certains services publics. Alain Ngana, acteur de la société civile. « Ce qui pousse vraiment les gens à faire des faux papiers, c'est le fonctionnement de l'administration, qui est lente. Les gens font de faux passeports et de fausses pièces d'identité nationale. Il y a aussi les actes de naissance, parfois faire les démarches au niveau des mairies, c'est un peu difficile. Les gens préfèrent aller faire un faux acte de naissance pour leurs besoins. » Les prix varient selon le document demandé. Les plus simples coûtent quelques milliers de francs CFA. En revanche, certaines pièces plus sensibles peuvent atteindre 50 000 francs CFA, soit environ 76 euros. Dimitri Lebo, étudiant, s'interroge. « Où allons-nous ? Où va la RCA avec tout ça ? Je ne condamne personne, mais je condamne seulement l'État. Pour mettre fin à cette corruption, il faut aussi que chacun ait un peu de conscience morale. » La police a déjà arrêté plusieurs faussaires dans différents quartiers populaires de la capitale. Beaucoup ont été jugés et condamnés pour faux et usage de faux. Selon une source policière, les opérations se poursuivent afin de démanteler les réseaux encore actifs. À lire aussiCentrafrique: l'augmentation du prix des cartes d'identité fait polémique

Tous les cinémas du monde
79e festival de Cannes: «Congo Boy», Semaine de la critique et Quinzaine des cinéastes

Tous les cinémas du monde

Play Episode Listen Later May 16, 2026 48:28


De la plage des Palmes au Palais des Festivals, d'un lieu d'interview à notre studio RFI sur la Croisette : nous vous emmenons avec nous pour vivre le parcours d'un festivalier. Émission en mode reportage donc pour vous livrer nos premières impressions de la 79e édition du plus grand festival de cinéma au monde.  Nous vous livrons nos premières impressions de cette nouvelle édition du plus grand festival du monde. Gros plan sur le film Centrafricain Congo Boy de Rafiki Fariala, produit par Boris Lojkine. Après son documentaire Nous, étudiants, le cinéaste raconte en fiction son histoire de jeune réfugié congolais en Centrafrique, qui s'occupe de ses quatre frère et sœurs tout en passant le bac. Son rêve : gagner un concours de chant organisé par l'Unicef pour s'en sortir. Boris Lojkine (L'histoire de Souleymane, sélectionné au Festival de Cannes en 2024) est le producteur du film, mais également cette année le parrain de la Fabrique de l'Institut français. Zoom également ce samedi sur la Semaine de la critique et la Quinzaine des cinéastes dont RFI est partenaire. À l'affiche : In Waves, le film d'animation de Phuong Mai Nguyen qui a fait l'ouverture de la Semaine et Shana de Lila Pinell sélectionné à la Quinzaine. Tous les contenusFestival de Cannes 2026

Journal de l'Afrique
RD Congo : Félix Tshisekedi ouvre la porte à un troisième mandat

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later May 6, 2026 12:51


Félix Tshisekedi face à la presse. C'est une première depuis février 2024 pour le président de la République démocratique du Congo. Guerre dans l'Est, économie et avenir politique ont été évoqués, sur fond d'éventuelles révision de la Constitution.

Reportage Afrique
«Un savoir-faire qu'il faut développer»: les femmes en marche vers l'autonomie et la reconnaissance en Centrafrique

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 5, 2026 2:27


En Centrafrique, les femmes prennent de plus en plus conscience de leur situation et se mettent en ordre de bataille pour leur émancipation. Partout, des initiatives émergent, portées par une volonté commune : conquérir une autonomie économique durable et affirmer leur place dans la société. Longtemps considérées comme le sexe faible, elles ont décidé de reprendre leur destin en main. Activités génératrices de revenus, petits commerces, agriculture, artisanat : une dynamique collective qui redessine peu à peu le paysage économique local, malgré de nombreux défis à relever. De notre correspondant à Bangui, Au milieu des rangées de bananiers et d'avocatiers, Yvette Denzou s'active. Machette à la main, elle avance d'un pas sûr, observant chaque parcelle avec attention. En face, des tomates mûrissent lentement dans un petit jardin bien clôturé, offrant des touches de rouge vif, promesses de récoltes à venir. Pour Yvette Denzou, l'agriculture est bien plus qu'un simple moyen de subsistance : « La terre, c'est notre richesse. Tout ce que vous voyez ici est le fruit de notre travail. Nous cultivons pour nourrir nos familles, mais également pour vendre et vivre dignement. Mon combat, c'est de montrer que nos produits locaux ont de la valeur. Quand je vois mes cultures grandir, je sais que mes efforts ne sont pas vains. » Au quartier Kassaï, dans le septième arrondissement de Bangui, un atelier artisanal est installé au bord de la route. À l'intérieur, Rebecca Mambelo façonne patiemment ses créations : bois, fibres naturelles et tissus. Ici, chaque objet raconte une histoire : « L'artisanat, c'est ma passion, mais c'est aussi ma vision : créer quelque chose qui nous ressemble et qui peut nous faire vivre dignement. Je fabrique des sacs, des paniers, des vêtements et des perles artisanales. À travers mon savoir-faire, je défends la valeur des femmes. » « Il faut un lieu vraiment dédié à la femme » Aujourd'hui, de nombreuses femmes centrafricaines s'inspirent de modèles venus du continent pour aller de l'avant. Parmi ces figures, Sefora Kodjo, présidente de la Fondation Sephis. Lors de son séjour à Bangui, cette Ivoirienne a partagé son expérience avec des femmes qui rêvent de réussir : « J'ai vu que la Centrafrique est riche de son sol. Il y a énormément de richesses locales et un savoir-faire qu'il faut développer, amplifier. On a des questions d'infrastructure, on a des questions de la technologie, du digital, de la connexion internet. Ce sont sur beaucoup de défis de ce genre qu'il faut encore travailler. » Pour que cet élan se consolide, la structuration est essentielle, selon Portia Deya Abazene, présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (Fafeca) : « Parce que si tu restes dans l'informel, tu ne pourras pas gagner les parts de marché. Donc, il faut d'abord que l'on surmonte ce défi de se structurer et de se former. Il faut un incubateur, il faut un lieu dédié à la femme. » Dans un contexte encore fragile, ces femmes tracent leur chemin avec détermination. Entre initiatives individuelles et actions collectives, elles doivent aussi lutter contre les pesanteurs sociales qui cherchent encore à les reléguer au second plan dans la société. À lire aussi«Chaque jour, on voit sa tombe»: à Bangui, des familles enterrent leurs morts à domicile, faute de cimetières À lire aussi«Il n'est jamais revenu»: en Centrafrique, terreur au lycée de Boali après la mort de plusieurs élèves [2/3]

Reportage International
Russie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Reportage International

Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:29


Le secteur militaro-industriel – y compris l'armée – veut attirer plus de jeunes techniciens et spécialistes, en particulier dans le pilotage des drones. Les écoles d'apprentissage de pilotage pour enfants, jeunes et adultes commencent à se multiplier dans le pays, et les élèves sont incités à se tourner davantage vers l'enseignement technique. Presque 14 ans, couvé du regard par son père, il est assis sur une chaise pliante, ses yeux faisant l'aller-retour entre une tablette à plusieurs manettes et le ciel balayé par des rafales d'un vent puissant. Facile de deviner ce qu'il y scrute avant même qu'on lève les yeux : le bruit léger mais strident d'un drone plane au-dessus des têtes. Pas question de le photographier parmi la foule venue à ce festival patriotique annuel sur un aérodrome dans la nature, à une demi-heure de voiture de Lipetsk. Pourtant, Artëm est déjà une petite célébrité locale : il est champion de vol de drones de sa région, et très bien classé dans les championnats nationaux. « Mon père m'a montré une vidéo sur Internet où un pilote assemblait des drones et les faisait voler et m'a demandé si ça m'intéressait. J'ai adoré et je m'y suis mis », raconte-t-il. Un intérêt dont les motifs n'ont rien à voir avec des affrontements militaires : ce qu'Artëm dit aimer, « c'est qu'on peut admirer de magnifiques paysages en vol, et on peut aussi en faire son métier plus tard, notamment en compétition. Bon, quand je serai grand, tout peut changer, alors je ne sais pas encore ce que je ferai plus tard. Mais les drones peuvent servir à irriguer les champs, à prendre des photos et même à gagner de l'argent ». L'usage large des drones dans le secteur civil et les perspectives de carrière qui y sont liées, les nombreuses petites entreprises locales qui en développent et ont leur stand dans le festival en parlent beaucoup. Usage civil des drones mis en avant Mais les hommes venus démontrer l'éventail de leur production sont le plus souvent masqués, et affirment parfois être d'anciens combattants. Du reste, le festival – gratuit pour le public – est organisé par l'association régionale des vétérans, et nombreux sont ceux liés, notamment familialement, aux soldats qui se battent en Ukraine. « Regardez, ce drone est revenu du front aujourd'hui, il a terminé une mission de combat hier soir », explique un homme qui se présente sous le nom « Ocean » et représente la société locale Neibo. « Celui-ci, par exemple, a une capacité de déplacement de 10 kilomètres aller et 10 kilomètres retour. C'est un appareil qui peut fonctionner par radio et par fibre optique. La fibre optique permet un vol totalement silencieux, mais en cas de coupure de la ligne, l'équipement bascule automatiquement en mode radiocommandé et continue d'exécuter la mission avec un seul opérateur depuis une seule console. Et si notre drone, désormais radiocommandé, pénètre dans le système de défense antidrone, il dispose d'un algorithme pour sortir du périmètre de sécurité du système », poursuit-il. « Ocean » affirme utiliser « un maximum » de composants russes, et pour l'heure, ne pas avoir encore pu remplacer par une production nationale un seul élément : le moteur. Il déclare aussi que sa petite société vend à des compagnies nationales. « Nous sommes une petite entreprise ajoute -t-il, nous produisons entre 50 et 60 engins par mois. Mais si nous recevions une commande du ministère de la Défense, nous serions en mesure d'accroître notre capacité de production de manière significative. » Des pratiques de pression rapportées dans certaines universités, un démenti de l'armée Dans les allées des stands montés sur l'herbe, on croise aussi des officiers venus vanter leur académie militaire des forces aériennes, « une des plus importantes de Russie » dit l'un d'eux, une pile de prospectus devant lui. Mais aussi un jeune étudiant en physique venu avec sa grand-mère, dont l'un des fils est décédé dans les combats en Ukraine. Le jeune homme, lui, déclare dans une formule grinçante : « Je dois poursuivre sérieusement mes études, sinon, on va m'expulser de l'université. Et après, je vais devoir prendre des cours pour piloter des drones, puis signer un contrat pour l'armée et finalement être envoyé en troupes d'assaut. » Sa babouchka (« grand-mère ») proteste. Cette pratique de pression suite à de mauvais résultats ou des signalements de mauvais comportements d'élèves a en effet en tout cas été signalée dans certaines universités russes. Le journal Kommersant rapporte aussi que, selon des avocats spécialisés dans le droit militaire, ont été signalées « des situations où des étudiants endettés pour leurs études se seraient vu proposer des contrats comme alternative à l'exclusion pour non paiement » de l'université. À Novossibirsk, en février, l'enregistrement audio d'une professeure d'université, mécontente du peu d'enthousiasme des élèves à s'engager, a fuité et fait scandale. « D'où vient cette peur ? Êtes-vous tous des lâches ? », a-t-elle notamment déclaré. Après la publication de l'enregistrement audio, l'enseignante s'est plainte de menaces sur les réseaux sociaux, a contacté le FSB – le service de renseignement intérieur – et a notamment ensuite déclaré avoir « parlé sous le coup de l'émotion », mais ne pas avoir de regrets. « J'aurais probablement dû m'exprimer avec plus de douceur. Quant au fait de les avoir appelés à aimer leur patrie… je ne retirerai jamais ces mots ! », a-t-elle affirmé. Les événements de ce type ont en tout cas fini par faire réagir les autorités, d'autant qu'une vaste campagne de recrutement de soldats contractuels pour les forces de systèmes sans pilote a débuté en janvier. Le 27 avril, le ministère de la Défense a apporté un démenti officiel au recrutement d'étudiants par la coercition. Lors d'une réunion consacrée au recrutement d'étudiants pour les troupes de systèmes sans pilote, le vice-ministre de la Défense et général d'armée Viktor Goremykin a précisé que les candidats souhaitant intégrer les forces de systèmes sans pilote peuvent choisir de signer un contrat d'un, deux ou trois ans et insisté sur le fait que « toute forme de contrainte à la signature d'un contrat est exclue ». Le ministère de la Défense a aussi annoncé la mise en place d'une ligne téléphonique spéciale, destinée à recueillir les plaintes pour tentative de contrainte à la signature de contrats. Des cours de pilotage de drone à partir de 9 ans Kommersant écrit que « la question de l'issue d'un contrat demeure délicate. Suite à l'annonce de la mobilisation partielle à l'automne 2022, la durée d'engagement de la plupart des militaires sous contrat a été prolongée jusqu'à la fin officielle du régime de mobilisation. Les garanties spécifiques offertes aux candidats aux troupes de drones entrant en service diffèrent sensiblement des pratiques habituelles. Toutefois, la validité de ces garanties ne pourra être vérifiée qu'en 2027, à l'expiration des premiers contrats d'un an ». De Krasnodar à Sotchi ou Ivanov, en passant par la capitale russe, on signale en tout cas de plus en plus la création d'écoles de drones locales. Celle de Lipetsk est dirigée par l'association régionale des vétérans. Elle emploie notamment un homme – lui aussi masqué – qui se présente comme « Sergueï », ex-combattant de Wagner, l'ancienne compagnie d'Evgeni Prigojine inscrite sur la liste noire de l'Union européenne, des États-Unis et d'autres pays pour – notamment – crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique. « Sergueï » est aujourd'hui instructeur pour les soldats comme pour les enfants à partir de 9 ans, et visite régulièrement les écoles de la région. « Nous commençons par l'enseignement théorique, explique-t-il. Ensuite, les enfants assemblent des drones, puis les programment. Nous les formons sur des simulateurs informatiques. Puis, ils prennent les drones pour les piloter. Nous organisons ces cours et formons les enfants gratuitement. De plus, ils n'étudient pas seulement les drones et la robotique, mais nous leur enseignons aussi des valeurs patriotiques. Nous intégrons même des notions scolaires. Nous éduquons nous-mêmes les enfants. » Pour « Sergueï », ce sont les 10-18 ans qui apprennent le plus vite, « car ils sont habitués à jouer aux jeux vidéo ». Des incitations à s'orienter vers l'enseignement technique Parallèlement, les places à l'université ont été réduites et les incitations des enseignants lors de l'orientation à se rendre dans l'enseignement technique au lieu de la filière générale sont de plus en plus nombreuses, et parfois mêmes pressantes, selon certains témoignages. L'entrée à l'université se fait en moyenne à 18 ans, après onze ans de scolarité dans la filière générale, et les études y durent en général cinq ans, quand la filière technique compte neuf ans d'étude, et une spécialisation supérieure qui ne dépasse pas les trois ans. Ce changement de braquet, qui intervient sans avoir été formellement annoncé, suscite certaines critiques. Un enseignant, qui a demandé à s'exprimer anonymement, juge ainsi que : « ​​​​​​​La qualité de l'enseignement dans les écoles techniques, après plus de 30 ans de réformes, s'est considérablement détériorée et la confiance du public est rompue. Si la qualité était meilleure, peut-être que les familles réagiraient différemment. Mais là, naturellement, les parents sont très mécontents de voir leurs enfants privés de la possibilité de recevoir une bonne éducation. Par ailleurs, l'enseignement technique est aussi une formation qui s'achève très rapidement. Et contrairement aux universités qui permettent d'obtenir un sursis, les jeunes qui y ont étudié doivent faire leur service militaire très vite et très jeune, et tout le monde n'est pas prêt si rapidement pour ça. » Pas les adolescents qui fréquentent les festivals comme ceux de Lipetsk, qu'ils soient venus en famille ou avec leur mouvement de jeunesse patriotique. On leur offre de tester des armes automatiques, de faire des parcours du combattant, et bien sûr de rencontrer « Sergueï », l'instructeur, qui a déployé ses drones dans son stand. Médailles sur la poitrine, le dirigeant de l'association régionale des vétérans, Alexander Yastreb, rencontre et serre des mains dans les allées des stands du festival. Ce natif de Crimée ne mentionne pas Wagner dans sa biographie officielle, mais parmi les récompenses qu'il affiche sur sa poitrine, on remarque quatre croix noires, soit une distinction non officielle décernée par la société militaire d'Evgueni Prigojine. Et dans la liste des « points chauds » où il dit avoir servi son pays, figurent notamment la Syrie, la Libye, le Tchad et la Centrafrique, ainsi que « l'opération spéciale ». Il se présente aujourd'hui aux primaires de Russie Unie, le parti au pouvoir, pour concourir comme élu à la Douma.  S'il est désigné, Alexander Yastreb pourrait faire partie des 80-100 vétérans du conflit en Ukraine à devenir députés en septembre 2026, soit presque 20% de l'assemblée. La Douma, bien sûr, ne conteste jamais les projets du Kremlin. Mais cette forte présence à venir de ces vétérans à Moscou est une forme de traduction de leur poids dans les rouages de l'appareil d'État. Et le signal, parmi d'autres, qu'ils sont destinés à rester, quelle que soit l'issue du conflit, une force politique et sociale qui va peser sur l'avenir de la Russie. À commencer par celui de la jeunesse aujourd'hui. Retrouvez tous nos articles, reportages et émissions sur la Russie

Reportage Afrique
«Il n'est jamais revenu»: en Centrafrique, terreur au lycée de Boali après la mort de plusieurs élèves [2/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:26


Dans la ville de Boali, à 95 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine, les élèves du lycée sont confrontés, depuis le début de l'année, à un phénomène aussi troublant qu'inexpliqué : des décès mystérieux et répétés au sein de leur établissement. Depuis janvier 2026, une dizaine d'élèves auraient perdu la vie dans des circonstances encore difficiles à élucider. Dans la ville, de nombreux habitants évoquent des causes mystiques, tandis que la justice, faute de preuves, refuse pour l'instant de valider cette hypothèse. À l'approche des examens de fin d'année, l'inquiétude grandit : certains parents préfèrent garder leurs enfants à la maison, dans l'attente de réponses concrètes. De notre correspondant à Bangui, Dans la cour du lycée moderne de Boali, en Centrafrique, les élèves se promènent par petits groupes. Les visages sont fermés. Chacun observe autour de lui avec une inquiétude palpable, comme si le danger pouvait surgir à tout instant. Sac au dos, Nelson Tende et ses camarades de sixième tentent de contenir la peur qui les envahit : « On a peur... On se demande s'il y a de mauvais esprits dans cet établissement. Chaque fois qu'un camarade tombe malade, on pense que c'est la fin pour lui. L'école, qui devrait être un lieu d'apprentissage, devient un endroit où l'on lutte pour survivre. » Dans cet établissement public, les élèves restent sur leurs gardes. Certains envisagent même des manifestations, voire un boycott des cours si la situation perdure. Depuis le début de l'année, selon Euphrasie Ngoumba, membre de l'association des parents d'élèves, 15 élèves ont déjà perdu la vie : « D'après nos observations, les victimes présentent toujours les mêmes symptômes : agitation, troubles mentaux, maux de tête, perte de connaissance, puis parfois la mort. Un enfant peut être en parfaite santé, quelques heures auparavant, puis s'effondrer brutalement. Nous envoyons nos enfants à l'école pour construire leur avenir, et non pour mourir. » « L'avenir de mes enfants est menacé » Ce matin-là, Jacob Panzé se rend au champ, accompagné de sa femme et de leur chien. Depuis la mort de son fils, élève en classe de troisième, survenue en février , le deuil ne l'a jamais quitté : « J'ai élevé mon enfant dans la difficulté. J'ai traversé tant d'épreuves pour lui offrir une éducation. Il rêvait de devenir médecin. Ce matin-là, il est parti à l'école en parfaite santé... et il n'est jamais revenu vivant. Je suis convaincu que les élèves sont ensorcelés. » Malgré ces soupçons, aucun suspect n'a été interpellé à ce jour, faute de preuves tangibles. Une absence de réponses qui renforce l'angoisse des familles : « L'avenir de mes enfants est menacé. Je ne peux pas prendre le risque d'en perdre encore un. La vérité doit être établie avant que je ne les laisse retourner à l'école. L'école ne doit pas être un lieu dangereux. Les autorités doivent agir pour garantir leur sécurité. » Entre hypothèses médicales et croyances populaires, la vérité peine à émerger. À l'hôpital de la ville, le personnel appelle au calme : aucune épidémie n'a été détectée ces derniers mois. De leur côté, les autorités locales poursuivent les investigations pour tenter de comprendre ce phénomène. Au lycée de Boali, les responsables multiplient les actions de sensibilisation pour rassurer les parents et encourager le retour des élèves en classe.

Reportage Afrique
«Chaque jour, on voit sa tombe»: à Bangui, des familles enterrent leurs morts à domicile, faute de cimetières

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 3, 2026 2:23


La mort n'est plus seulement une douleur intime à Bangui. Elle est devenue, au fil des années, une épreuve logistique, sociale et profondément humaine. Depuis près d'une décennie, la capitale de la Centrafrique ne dispose plus de véritable cimetière public accessible à tous. Une crise silencieuse mais lourde de conséquences que vivent chaque jour des familles désemparées. Dans les quartiers périphériques comme dans la capitale, les concessions familiales et les fermes sont devenues, faute d'alternative, des lieux d'inhumation improvisés. Derrière les murs de maisons modestes, sous des manguiers ou à l'écart des habitations, reposent désormais des pères, des mères, des enfants. De notre correspondant à Bangui, Après avoir délimité un espace dans cette ferme privée, un groupe de jeunes commence à creuser la terre, à l'aide de pelles et de pioches. Un trou rudimentaire, d'environ deux mètres carrés et profond de deux mètres. Les larmes aux yeux, Enock Bouaka, qui vient de perdre son jeune frère, fixe la fosse qui s'agrandit lentement : « Ce qui se passe n'est pas normal. Voir ces jeunes faire ce travail archaïque, sans encadrement, sans lieu approprié, ça me brise. Mais, on n'a pas le choix. C'est notre petit frère qui est parti. On ne pouvait pas le laisser à la morgue et il n'y a nulle part où aller. Alors, on a décidé de l'enterrer ici. » Autour de lui, cousins et voisins s'activent en silence. Les gestes sont mécaniques, presque automatiques. Mais sur les visages, la fatigue se mêle à l'incompréhension. Enterrer un proche devrait être un moment de recueillement. Ici, c'est devenu une urgence à gérer, selon Enock Bouaka : « Cette situation dépasse la simple question d'espace. Elle touche à la dignité et même à nos traditions. Chez nous, le lieu de repos des morts est sacré. C'est un lien avec la mémoire familiale. Il nous faut des cimetières. » Des cimetières saturés  À Bangui, en Centrafrique, les cimetières publics existants depuis l'indépendance en 1960 sont aujourd'hui saturés. Debout à côté d'une tombe en béton, érigée dans sa propre concession, Claudine Nguingo se souvient de l'épreuve vécue par sa famille, il y a deux mois : « L'absence de cimetière nous traumatise. Ceux qui ont des moyens trouvent toujours des solutions rapides. Mais les pauvres improvisent. Quand notre grand-père est décédé, on a fait le tour des chefs de quartiers pour demander un bout de terre. On n'a rien trouvé. Tu es en deuil, et en plus, tu dois supplier, c'est un double malheur. On a fini par l'enterrer ici, à côté de la maison. Chaque jour, on voit sa tombe, ça ravive la douleur. » Une réalité que confirme Jean-Baptiste, ancien chef de quartier, qui observe, impuissant, les conséquences de cette crise : « Avant, on accompagnait nos morts dans des lieux dédiés, respectés par tous. Aujourd'hui, chacun fait comme il peut. Il n'y a plus de registre, plus de suivi, aucune garantie que ces tombes resteront intactes. On voit apparaître des sépultures un peu partout dans les parcelles. Cela pose des problèmes sanitaires, de pollution, mais également de dignité humaine. Ce n'est pas normal. Une société ne peut pas fonctionner ainsi. » Selon une source à la mairie de Bangui, plusieurs sites ont été identifiés pour la création de nouveaux cimetières publics. Leur aménagement est annoncé dans les prochaines semaines. À lire aussiCentrafrique: au moins 29 morts au lycée Barthélémy Boganda de Bangui, le président Touadéra décrète trois jours de deuil

Afrique Économie
Centrafrique: l'ambition agricole face aux défis des investissements et de la modernisation

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 2:36


Après des décennies marquées par des crises politiques et sécuritaires ayant freiné l'essor économique de son pays, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, affiche une ambition claire : faire de l'agriculture le pilier stratégique du développement national. L'objectif est de stimuler la création de richesses, générer des emplois durables, accroître les recettes d'exportation et garantir la sécurité alimentaire. Dans un pays où la majorité de la population vit essentiellement de l'agriculture, la modernisation du secteur apparaît désormais comme une priorité incontournable. Avec notre correspondant à Bangui, Au cœur de ces champs de maïs, d'arachides et de manioc, la saison des récoltes marque, en Centrafrique, l'aboutissement de longs mois de patience et d'efforts, où le travail accompli prend enfin tout son sens. Pour Gustave, propriétaire de la plantation, cette période représente non seulement un moment pour tirer profit de son travail, mais aussi une occasion d'envisager des améliorations concrètes afin d'optimiser les conditions de travail : « Cela fait 20 ans que je suis dans l'agriculture, mais rien ne change vraiment pour nous. Nous avons des terres en abondance, mais nous n'avons pas la capacité d'augmenter les superficies cultivées. Il nous manque des crédits agricoles et du matériel, pour mieux faire. »  Sous la surface du sol, l'arachide dissimule sa richesse. Pour la récolter, il faut extraire la plante, la débarrasser de la terre qui l'enveloppe. Ici, les familles travaillent collectivement, avec des méthodes simples et traditionnelles. « Nous vendons nos produits à l'état brut après la récolte. Il n'existe pas de stratégie efficace de transformation locale. Trop souvent, nous les vendons à bas prix, puis ils nous reviennent transformés à un coût plus élevé. Le travail est pénible, car nous travaillons manuellement », regrette Élodie, qui est cultivatrice. « Notre priorité est d'investir dans la mécanisation, l'irrigation et l'accès à des intrants de bonne qualité » Confronté à de multiples défis, le gouvernement affiche de grandes ambitions. Lors de sa première prise de parole après sa réélection pour un nouveau mandat de sept ans, le président Faustin-Archange Touadéra a réaffirmé sa volonté de faire de l'agriculture le pilier stratégique de l'économie nationale : « Notre priorité est d'investir dans la mécanisation, l'irrigation et l'accès à des intrants de bonne qualité. Il s'agit de promouvoir une agriculture moderne afin d'augmenter les rendements. De nombreux agriculteurs ont des projets viables, mais manquent de moyens financiers. Nous allons les former aux bonnes pratiques agricoles et créer un fonds national de crédit agricole. Les banques locales nous aideront à renforcer ce dispositif. » Pour des économistes tels que Lorenzo Ganazoui, une seule solution s'impose : relancer de vastes activités agricoles dans les zones contrôlées par l'État. « Il fut un temps où la croissance du produit intérieur brut était à 55% portée par l'agriculture. Et aujourd'hui, quand vous posez la question aux décideurs, ils disent que c'est l'insécurité répétitive qui fait en sorte qu'il y a eu délaissement de ce secteur », détaille cet expert. Il s'interroge sur la lenteur des investissements malgré l'amélioration sécuritaire dans certaines régions du pays : « ​​​​​​​Pourquoi est-ce qu'on n'a pas pris le temps de commencer à intensifier l'agriculture dans ces zones-là, en attendant de pacifier les autres zones ? Attendre à ce qu'on puisse pacifier tout le territoire avant de penser à porter l'économie agricole, c'est attendre une éternité qui n'existerait jamais. » Aujourd'hui, la sécurisation des zones agricoles demeure un enjeu majeur. De nombreux villages continuent d'être la cible d'attaques des coupeurs de route. Ces incursions répétées entravent momentanément les activités agricoles des populations du nord-ouest et du sud-est. À lire aussiCentrafrique : les défis du président Faustin-Archange Touadéra, investi pour un nouveau mandat

Le club RFI
Club RFI Kigali (Rwanda) : 3ème édition du tournoi de football intercommunautaire

Le club RFI

Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 19:29


Cette semaine, le Club RFI de Kigali au Rwanda présente son tournoi intercommunautaire de la francophonie. Une rencontre de football qui a rassemblé les représentants, des communautés d'une dizaine de pays africains (Bénin, Cameroun, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Sénégal, Tchad…). Un grand moment sportif et de partage pour témoigner l'amitié entre les peuples. Avec la participation de : Richard Murigande, président du Club RFI Kigali-Rwanda. Cousin/invité du club : Soro Tanignigui Siriki, entrepreneur, CEO de Bright African Elite.  Portrait d'avenir : Nathanaël Amogho. Objectif : devenir footballeur professionnel. Musique du Club :  Igikosi Rafiki du Rwanda et Professor Jay de la Tanzanie. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici  Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - La Libre Antenne

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 20:00


Réagissez à l'actualité de votre choix avec Namouri Dosso. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Reportage Afrique
En Centrafrique, à l'occasion de la fête de Pâques, un repas hors du commun

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 2:29


En Centrafrique, Pâques n'est pas seulement une fête religieuse. C'est un moment durant lequel les familles se retrouvent autour de repas hors du commun. Pendant le week-end pascal, elles préparent des recettes traditionnelles, avec des plats qui deviennent des symboles de transmission et de partage. De notre correspondant à Bangui, Dans la cuisine, véritable cœur battant de la maison, les arômes se mêlent et racontent déjà une histoire : celle d'un repas préparé avec soin, à partir de recettes transmises de génération en génération. Les ingrédients sont soigneusement disposés, et les gestes, précis, presque rituels, sont exécutés avec fierté par les enfants de la maison, sous le regard attentif des parents. Nicoletta, la mère de famille, décrit avec émotion le menu de ce jour particulier. « Aujourd'hui, nous mangeons le plat emblématique qu'est la feuille de Gnétum à l'arachide et à la viande de brousse. À côté, il y a de l'agneau rôti, de la boule de manioc et des beignets de maïs. Nous avons aussi du vin de palme comme boisson locale. Chez nous, le repas de Pâques est presque un rituel sacré », explique-t-elle. Au centre de la table, les mets trônent avec générosité : plats mijotés, accompagnements variés et boissons rafraîchissantes. Pour Moïse Nzoya, chaque repas de Pâques porte en lui une histoire, une origine, un souvenir. « Nous avons également le vin de palme et le vin à base de mil. Chez nous, Pâques est un mélange de repas et de boissons traditionnels. Lorsque nous nous réunissons en famille après la messe, nous partageons une calebasse de vin de palme ou de mil. Rien qu'en sentant l'odeur ou en voyant le décor, cela donne envie de boire. Chacun boit à tour de rôle, ce qui crée une véritable connexion, en lien avec nos traditions », raconte-t-il. Chaque famille célèbre Pâques avec le repas emblématique de son choix. Lorsque toute la famille est réunie, comme le souligne Housny Webi, un silence respectueux s'installe, accompagné d'une prière, marquant ainsi le caractère sacré de ce moment de partage. À lire aussiChinko, quand un sanctuaire sauvage renait au cœur de l'Afrique

Grand reportage
Chinko, quand un sanctuaire sauvage renait au cœur de l'Afrique

Grand reportage

Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 19:30


Dans le sud-est de la République centrafricaine, la réserve animalière de Chinko s'impose aujourd'hui comme l'un des derniers grands sanctuaires sauvages d'Afrique centrale. C'est un vaste territoire protégé. Une biodiversité exceptionnelle continue d'y survivre : éléphants de forêt, lions, léopards, girafes et bien d'autres espèces rares encore. Pourtant, pendant plusieurs décennies, la réserve a été durement touchée par le braconnage, l'insécurité et l'exploitation illégale des ressources naturelles. Afin d'inverser cette tendance, un partenariat public-privé a été signé avec le gouvernement centrafricain en 2014 avec l'ONG African Parks. L'accord a été renouvelé pour 25 ans en 2020. La restauration de la réserve et la gestion durable sont à l'ordre du jour, avec l'implication croissante des populations locales dans la protection de leur territoires. « Chinko, quand un sanctuaire sauvage renait au cœur de l' Afrique », est le grand reportage de Rolf Steve Domia-Leu.

Revue de presse Afrique
À la Une: l'investiture du président centrafricain

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 3:36


Faustin Archange Touadéra a officiellement prêté serment hier pour un troisième mandat. Plusieurs personnalités du continent ont assisté à la cérémonie, rapporte Africanews, notamment le président gabonais Brice Clothaire Oligui Nguema ou encore le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani. « La cérémonie d'investiture hier marque aussi le début d'une 7e République pour la Centrafrique », précise le site. Une nouvelle république « issue de la réforme constitutionnelle de 2023, qui a également supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et allongé leur durée », passant de cinq à sept ans. Mais « que fera Faustin Archange Touadéra de ce troisième mandat ? », s'interroge le Pays. Le média burkinabé pointe de nombreux défis. « À commencer par l'équation sécuritaire qui reste l'une des priorités de l'exécutif, dans la continuité des efforts de stabilisation du pays qui sort de plusieurs années de crise, dans un contexte aussi où la MINUSCA, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine est appelée à réduire ses effectifs à cause d'une baisse de budget. » La situation demeure fragile, souligne Maliweb. Cette nouvelle donne « obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous l'influence des groupes armés. » Conséquences de la guerre au Moyen-Orient En Égypte, le gouvernement a imposé depuis samedi un couvre-feu aux magasins, restaurants et centres commerciaux. Ils doivent désormais fermer à 21h pour « tenter de réduire la facture énergétique du pays qui a plus que doublé en raison de la guerre au Moyen-Orient » et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Une mesure qui inquiète les commerçants interrogés par Africanews. « Tout le monde sera touché, les touristes ne sortent que le soir », se désole le propriétaire d'une bijouterie. « La guerre au Moyen-Orient aura-t-elle raison de la croissance africaine », s'interroge Jeune Afrique. Si les perspectives restent globalement « très positives », « la hausse marquée du pétrole et du gaz ravive le spectre d'un nouvel épisode inflationniste à l'échelle globale », note le magazine. Mais les perturbations du trafic maritime ne pourraient-elles pas être une opportunité pour les ports d'Afrique de l'Est ? « Ils offrent en théorie une alternative mais sont déjà largement congestionnés », explique Le Monde Afrique. Le port kenyan de Mombasa a accueilli « 60 navires en deux semaines autour de la mi-mars contre 40 en moyenne en saison normale. » Un regain d'activité qui constitue aussi « un défi », le flux de navires supplémentaires aggrave la « congestion perpétuelle » du port. Selon le quotidien, la situation serait encore pire à Dar es-Salaam capitale économique de la Tanzanie voisine, « les bateaux doivent y attendre 30 jours au large avant d'amarrer, contre 7 à 10 jours à Mombasa. » Et pour les pays exportateurs de denrées agricoles comme le Kenya ou l'Afrique du sud, un « autre défi se profile ». C'est vers les pays du Golfe que leurs fruits et légumes sont exportés, des cargaisons qui pour l'instant ne peuvent pas bouger.

Journal de l'Afrique
Présidentielle au Congo : les résultats attendus dans les prochains jours

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 14:19


Au Congo, le président sortant, Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis plus de 40 ans brigue un nouveau mandat. Face au boycott d'une partie de l'opposition et à un scrutin jugé joué d'avance, les observateurs redoutent une abstention massive.

Reportage Afrique
À Bangui, une Pharma Box pour rendre accessible la santé aux habitants

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 2:20


En Centrafrique, l'accès aux soins de santé demeure un défi majeur, en particulier dans les zones rurales et enclavées. C'est dans ce contexte que l'ONG Action contre la Faim, avec le soutien de la fondation CMA-CGM et en partenariat avec le ministère de la Santé, a lancé la première Pharma Box dans le pays. De notre correspondant à Bangui, L'introduction de la Pharma Box apparaît comme une innovation importante pour renforcer le système de santé, notamment pour ce qui est du stockage et de la distribution des médicaments essentiels au profit des plus vulnérables. La toute première Pharma Box a été officiellement inaugurée à Bangui le 10 avril 2025. Elle peut stocker plusieurs tonnes de médicaments et contribuer à la prise en charge médicale de dizaines de milliers de personnes, notamment des enfants et des femmes enceintes souffrant de malnutrition.  Installée sur la dalle en béton de la concession de l'ONG Action contre la faim, solidement fixée par des barres de fer qui assurent sa stabilité, la Pharma Box attire le regard avec sa couleur blanche. Ce conteneur de douze mètres de long, transformé en pharmacie mobile et autonome, fonctionne uniquement grâce à l'énergie solaire. À l'intérieur, plusieurs compartiments permettent de stocker jusqu'à 18 mètres cubes de médicaments. « Dans la Pharma Box, aujourd'hui, nous stockons du lait thérapeutique, mais aussi des antibiotiques, des analgésiques et des anti-inflammatoires, décrit Marie Lamotte, coordonnatrice de l'ONG Action contre la faim. Nous stockons les suppléments en vitamines et minéraux qui font partie du traitement systématique de la malnutrition, et enfin, des tests de diagnostic pour identifier le VIH, l'hépatite, le paludisme ou encore des tests de glycémie. » À lire aussi«On opère avec des lampes de téléphones»: un hôpital de la capitale de Centrafrique face aux délestages La Pharma Box, une solution aux défis logistiques En Centrafrique, les défis logistiques et sécuritaires compliquent considérablement l'accès aux soins de santé dans plusieurs régions. C'est dans ce contexte qu'est née l'idée de la Pharma Box. « Avec l'état des routes qui est un défi, les enjeux en approvisionnement de carburant, mais aussi l'électricité et du coup une difficile climatisation des pharmacies – un élément indispensable pour maintenir les médicaments à une bonne température –, liste Marie Lamotte, au vu de toutes ces contraintes, notre partenaire, la fondation CMA-CGM, a proposé cette solution innovante qu'est la Pharma Box. » Plus d'un an après le lancement du projet pilote de la Pharma Box, l'équipe dresse un bilan très positif. Une couverture importante a notamment été enregistrée au complexe hospitalier universitaire pédiatrique de Bangui, le plus grand centre pédiatrique du pays. « Cette dernière phase, entre juillet 2024 et juin 2025, c'est plus de 21 000 enfants qui ont pu être dépistés par les agents de santé au niveau de l'accueil du CHU, met en avant la coordonnatrice de l'ONG Action contre la faim. Et enfin, c'est 1 700 enfants de moins de cinq ans, atteints de malnutrition aiguë sévère, qui ont pu être pris en charge. Cela peut permettre le traitement de plus de 50 000 enfants et femmes enceintes par an. » Après ce projet pilote, l'équipe d'Action contre la faim envisage de déployer dans les prochains mois cette Pharma Box dans plusieurs districts sanitaires du pays, notamment dans les régions reculées et difficiles d'accès, afin de rapprocher les soins de santé des populations les plus vulnérables. À écouter dans Priorité santéSanté en République Centrafricaine

Grand reportage
La Russie en Afrique: une stratégie d'influence en mutation

Grand reportage

Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 19:30


Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique   Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie   Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent   Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner

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L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: à Baboua, la jeunesse mobilisée face à l'insécurité [4/4]

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Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 2:25


Quatrième et dernier volet de notre série de reportages en Centrafrique dans la ville de Baboua qui se relève. Située à seulement 50 kilomètres de la frontière camerounaise, cette ville diamantifère a été profondément marquée par la crise de 2013 à 2016. Longtemps laissée à elle-même, livrée à l'insécurité et au manque d'infrastructures, Baboua semblait condamnée à l'abandon. Mais aujourd'hui, un vent de renouveau souffle sur la ville. Les jeunes, en coordination avec les chefs de villages et les forces de sécurité, s'organisent pour lutter contre les bandits armés et protéger leur communauté. Grâce à leur engagement citoyen, les routes entre Baboua et la frontière sont plus sûres et les habitants peuvent reprendre leurs activités agricoles et économiques en toute sérénité. De notre correspondant de retour de Baboua, Le ciel est noyé dans le brouillard, l'air est frais. Florentin pédale en direction de la falaise de Garga-Mbongo. Sur son dos, un sac contenant un bidon d'eau et quelques vivres. Entre ses mains, un téléphone relié à un fil métallique, improvisé pour capter le réseau. « Nous sommes simplement des habitants de la ville. Nous faisons de notre mieux pour parcourir les secteurs périphériques, les champs et les zones isolées », explique-t-il. Ce matin, il a choisi de parcourir une dizaine de kilomètres au nord de la ville pour recueillir des informations. « Dans nos activités quotidiennes, nous essayons d'être curieux et de poser des questions. Nous cherchons à repérer les inconnus, à vérifier si des hommes armés ne sont pas dans le secteur et à identifier des comportements inhabituels. » Depuis le désarmement, en octobre dernier, des rebelles des 3R, conformément à l'accord de paix de Ndjamena, il n'y a plus d'attaques dans la ville de Baboua et sa périphérie. Mais certains hommes armés ont changé de stratégie et agissent désormais comme des coupeurs de route. À lire aussiCentrafrique: les chefs rebelles de l'UPC et des 3R de retour à Bangui « La population vit dans un climat de peur » « La plupart des hommes armés sont autour des chantiers miniers. Ils font des braquages et la population vit dans un climat de peur, confie Privât, un habitant de Baboua. Nous sommes là pour lutter contre le grand banditisme, les assassinats, les enlèvements et le phénomène des coupeurs de route, chacun à notre manière. » Mais l'activité de ces jeunes n'est pas sans conséquences. Anselme, un agriculteur, s'inquiète pour son fils, qui reçoit régulièrement des menaces de mort : « Mon fils continue d'aller à l'école. Un jour, il a reçu des menaces de la part de ces bandits. Certains d'entre eux sont de jeunes habitants du village. J'ai peur pour la vie de mon fils, s'alarme Anselme, mais il est déterminé. Nous avons trop souffert. Ces actes de banditisme doivent cesser. » Les autorités locales travaillent en étroite collaboration avec ces jeunes afin de rétablir l'ordre et la sécurité dans la localité. « Ce ne sont pas des groupes rebelles, indique Jean Michel Bouaka, sous-préfet de Bouar. Ces gens utilisent pour la plupart des armes artisanales pour braquer des gens qui vaquent à leurs occupations. Ces jeunes en profitent pour les braquer, pour prendre leurs biens. Mais ce ne sont pas des groupes armés en tant que tels. Nous avons nos forces. Nous avons les Facas, la gendarmerie, la police, la Minusca et les alliés russes qui sont là pour nous prêter main-forte. » La plupart de ces jeunes volontaires ont l'ambition d'intégrer le rang des Forces armées centrafricaines pour défendre leur pays contre les rebelles et les bandits.  Retrouvez les premiers épisodes de notre série sur l'Ouest centrafricain : L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: le problème persistant des viols à Baboua [3/4]        

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L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: le problème persistant des viols à Baboua [3/4]

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Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 2:28


Direction Baboua, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière camerounaise, au nord-ouest de Bangui, pour le troisième volet de notre série de reportages. Dans cette ville, les violences sexuelles connaissent une inquiétante recrudescence ces dernières semaines. Chaque semaine, une dizaine de femmes, principalement de jeunes filles, sont victimes de viol. Si certaines bénéficient d'une prise en charge à l'hôpital local, beaucoup restent silencieuses, freinées par le poids des traditions et la stigmatisation sociale. Ces agressions surviennent autant en pleine ville que dans les champs ou les villages alentour, et les auteurs présumés sont parfois des bandits armés… mais aussi des proches. Face à cette situation alarmante, l'ONG SENI PLUS, basée à Baboua, apporte un accompagnement psychologique pour favoriser la réinsertion sociale des survivantes, sans discrimination. De notre envoyé spécial à Baboua, À la tombée de la nuit, le quartier populaire de Bokom est plongé dans l'inquiétude. La peur s'installe, les jeunes filles n'osent plus sortir ni marcher seules dans les rues. Privé d'éclairage public, le quartier s'enfonce dans l'obscurité, à peine éclairé par la lueur lointaine de la lune. Sous un hangar de fortune, fait de paille et de bâche, des jeunes se rassemblent. Ils fument et consomment de l'alcool. C'est ici qu'une jeune fille de 15 ans été violée. « Ce qui m'est arrivé m'a brisée. Je passais ici pour aller au marché. Ce jour-là, il pleuvait. Je n'ai rien fait pour mériter ça. Ils ont abusé de moi avant de fuir. Aujourd'hui, je veux que justice soit faite », confie-t-elle. Dans la cour à côté, Lima malaxe la boule de manioc à l'aide d'une spatule. Il y a un mois, alors qu'elle travaillait aux champs, elle a confié sa fille de 5 ans à son oncle paternel. Malheureusement, celui-ci a abusé d'elle : « Après le forfait, il a quitté le village sans laisser de trace. Ma fille est entre la vie et la mort à l'hôpital. L'enquête se poursuit pour le retrouver. » À l'hôpital de Baboua, les victimes reçoivent des soins médicaux et un accompagnement psychologique. Dans son bureau, Elvige Kadjidja Bita, de l'ONG Seni Plus, en reçoit plusieurs par jour. « Des cas d'agressions sexuelles, avec ou sans pénétration, ne sont pas des cas isolés, c'est régulier. Franchement, ici à Baboua, le nombre est élevé. Parfois, on reçoit dix cas par semaine. La statistique mensuelle des filles violées varie généralement entre 15 et 18 cas. L'âge des victimes varie de 5 à 15 ans pour les plus jeunes, et de 18 ans jusqu'à pas d'âge. Certains parents gardent le silence pour des questions de coutumes. Ces prises en charge sont gratuites à notre niveau », explique-t-elle. Beaucoup d'agressions au sein de la famille Malgré les nombreuses sensibilisations, la situation continue de gagner du terrain dans cette ville d'environ 20 000 habitants, dont les jeunes représentent plus de 70% de la population, selon les autorités locales : « Ça se passe beaucoup au sein de la famille. Ça peut être l'oncle paternel ou maternel qui est l'auteur. Souvent, l'enfant est allée jouer et un voisin vient coucher avec elle. Lorsque l'on amène des enfants de 5 ans ici, ce sont des cas délicats qui nécessitent des soins minutieux. On amène la victime chez les médecins pour une prise en charge médicale, on l'amène ici pour la prise en charge psychologique. On répond aux besoins selon la nécessité et selon l'urgence : d'abord sauver la vie avant la prise en charge psychosociale. » À Baboua, ces filles sont régulièrement victimes de stigmatisation et de rejet de la part de la société. Pour une lutte efficace, les autorités locales multiplient depuis le début du mois de février les sensibilisations en porte-à-porte et les réunions publiques, appelant la population à la vigilance et à saisir la justice. À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]​​​​​​​ À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]

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L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]

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Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:18


La Centrafrique poursuit lentement mais résolument son processus de reconstruction. À Bouar, une ville d'environ 30 000 habitants située à l'ouest du pays, l'hôpital préfectoral renaît progressivement après plusieurs années de profondes difficultés. Manque de personnel qualifié, insuffisance d'infrastructures adaptées, pénurie de médicaments et d'équipements médicaux... Autant de défis qui ont longtemps empêché cette formation sanitaire d'assurer pleinement sa mission première : sauver des vies. Aujourd'hui, en complément des efforts engagés par le gouvernement pour améliorer la qualité des soins, une nouvelle étape vient d'être franchie. Début février 2026, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a doté l'établissement en équipements médicaux, redonnant espoir au personnel soignant comme aux populations locales. De notre correspondant de retour de Bouar, Dans les couloirs silencieux du service des urgences, le temps semble suspendu. Sur les lits usés, les patients tentent de trouver le sommeil. Le bras relié à un sérum, ils observent presque machinalement les gouttelettes tomber une à une, au rythme lent de l'attente. Cet hôpital fonctionne avec des services limités : la chirurgie, la maternité, la pédiatrie et les urgences. Martin Zekana est le médecin-chef de cet hôpital : « Nous avons un circuit d'évacuation qui est clairement défini pour des cas qui dépassent notre plateau technique. Il s'agit entre autres des cas de traumatologie, des accidents de la voie publique où il y a des fractures ouvertes. On n'a pas un service de traumatologie, ni de radiologie qui peut nous situer sur la lésion osseuse. Devant cette situation, nous transférons les patients à l'hôpital général de Bangui. » Mireille, victime d'un accident, fait partie des patients pris en charge dans cet établissement. Comme beaucoup d'autres, elle vient de loin, du village de Kpocté, situé à proximité de Bouar : « À chaque maladie, nous sommes obligés de venir ici parce que dans mon village, il n'y a pas de centre de santé. Nous transportons les malades sur des motos ou dans des pousse-pousse, même les femmes enceintes. Nous sommes heureux que l'hôpital soit doté d'équipements qui permettront de sauver des vies et de s'occuper des malades. » Des défis à relever Cette dotation du HCR permet de relever le niveau du plateau technique de l'hôpital, explique le docteur Martin Zekana, médecin-chef : « Nous avons reçu le Dinamap, qui est un moniteur de paramètres vitaux d'un malade au niveau du bloc opératoire. Nous avons aussi reçu des lits de réanimation, des lits mécanisés. Il y a également des appareils qui nous permettent de voir dans quelle mesure le malade a besoin d'oxygène ou pas. » L'hôpital de Bouar est le plus grand de toute la préfecture. Mais avec l'accroissement de la population, sa capacité d'accueil reste limitée et le nombre de spécialistes se compte sur les doigts d'une main. « Nous avons des difficultés d'accès à l'électricité et à l'eau potable, explique le docteur Zekana. Il y a aussi d'autres défis à relever en termes d'extension d'infrastructures, la nécessité d'avoir un centre d'imagerie et surtout de rehausser notre plateau technique. » Toutefois, un autre problème majeur s'impose : l'hôpital ne dispose pas de morgue. En cas de décès, le corps est remis directement aux parents pour inhumation. C'est un besoin réel qui se fait sentir dans cette formation sanitaire. À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]

Reportage International
Save a Child's Heart, l'association qui soigne les enfants cardiaques du monde entier

Reportage International

Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 2:52


Depuis 30 ans, l'ONG israélienne Save a Child's Heart (Sauvez le cœur d'un enfant) soigne les enfants atteints de problèmes cardiaques originaires de différents pays, notamment africains. Les équipes soignantes forment également des médecins qui deviendront spécialisés en chirurgie cardiaque pédiatrique. RFI s'est rendu à l'hôpital pour enfants Sylvan Adams du Wolfson Medical Center à Holon, près de Tel-Aviv. De notre envoyée spéciale à Holon, Katherine a les traits tirés. Assise au chevet de son fils, hospitalisé dans l'unité de soins intensifs pédiatriques, elle raconte à voix basse comment elle est arrivée de Bangui, la capitale de la Centrafrique, quelques jours plus tôt, avec le petit Ebenzer. « Les docteurs ont dit qu'il a la tétralogie de Fallot, une malformation cardiaque congénitale. Il a un an et deux mois. Il va mieux, ils ont sauvé la vie de mon fils », raconte-t-elle. Le docteur Muulu fait partie de l'équipe de soignants. Ce chirurgien zambien est arrivé en Israël grâce à une bourse d'études, il y a deux ans. « Certains enfants ont besoin d'une chirurgie cardiaque en urgence. Hier, nous avons opéré un nouveau-né de huit jours. Il faut ouvrir la poitrine, réparer le cœur. Si vous n'agissez pas, l'enfant meurt », explique-t-il. Le docteur Muulu complète sa formation en chirurgie cardiaque, enchaîne les gardes, l'apprentissage de l'hébreu, mais garde le sourire : « On soigne tout le monde ici. Des enfants israéliens, mais aussi africains, palestiniens. Peu importe la couleur, la religion, un enfant est un enfant et il doit être soigné. » Après l'opération, les enfants poursuivent leur convalescence dans une maison d'accueil gérée par l'ONG Save a Child's Heart, près de Tel-Aviv, où nous rencontrons Sara. « Je suis la maman de Manu. Nous venons du Rwanda. Cela fait pratiquement trois ans et demi que nous sommes ici. Nous avons passé beaucoup de temps à l'hôpital, aux soins intensifs, parce qu'il a subi plusieurs opérations. Nous sommes avec lui, nous combattons », affirme-t-elle. Pour aider les parents déracinés, des volontaires israéliens comme Laxi viennent distraire les enfants malades. « On fait des gâteaux, de la peinture, etc. Je suis volontaire ici depuis trois mois. Je viens trois fois par semaine et c'est très chouette », s'enthousiasme-t-elle. Dans la maison d'accueil, la cuisine est commune, et les plats rappellent le pays. Toutes les mamans s'entraident malgré la barrière de la langue. Pour Sara, ce sont des moments de joie : « C'est à toi de préparer ce que tu veux, selon votre culture. Il y a toujours cinq ou six mamans. Tu demandes le sel, l'autre te montre le sucre. C'est du fun. » Depuis le tournage du reportage, Ebenzer et Catherine sa maman ont quitté les soins intensifs. La convalescence du petit garçon se passe bien. À lire aussiSoudan du Sud: l'ONG Save the Children suspend à son tour ses activités dans l'est du pays

Reportage Afrique
L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 2:25


En Centrafrique, ils ont attendu douze longues années. Douze années d'exil, d'incertitude et de survie loin de leur terre natale. Ce mois de février 2026 marque la fin d'un chapitre douloureux pour 286 réfugiés centrafricains, qui ont fui la crise militaro-politique de 2013 pour se réfugier au Cameroun voisin. Après plus d'une décennie passée loin de chez eux, ils ont officiellement regagné la République centrafricaine, dans le cadre d'un retour volontaire organisé et encadré par les autorités des deux pays, sous la coordination du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies. De notre envoyé spécial, À l'aube, la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique s'éveille dans un silence chargé d'histoire. Une dizaine de bus de transport en commun s'immobilisent devant la barrière qui sépare les deux pays. À leur bord, 286 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants. Assis au premier rang du bus, Adamou tient fermement un drapeau centrafricain, tandis que son fils Nabil brandit celui du Cameroun. Tous deux regardent à travers les vitres : sur leurs visages, se lisent la fierté et une émotion difficile à contenir. « Mon fils est né au Cameroun dans un camp de réfugiés. Il y a passé treize années de sa vie. On lui montrait son pays à travers des photos. Aujourd'hui, il est fier d'être de retour dans son pays, comme s'il retrouvait une partie de lui qu'il n'avait jamais connue », raconte le jeune père. Lorsque la portière s'ouvre, Nafissa Zara se lève aussitôt. Elle se précipite pour descendre, la première, son sac serré contre elle. L'instant est chargé d'émotion. « J'ai fui la guerre. J'avais abandonné mon village dans l'urgence, laissant derrière moi des maisons détruites, des champs incendiés et des proches tués. Les souvenirs sont douloureux. Mais ce retour triomphal marque un signe d'espoir. Je suis là pour reconstruire mon pays », affirme-t-elle. Environ 600 000 Centrafricains ont trouvé refuge dans les pays voisins, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU. Son représentant, Williams Chemaly, affirme que plusieurs dizaines de milliers ont déjà pu regagner le pays. « En Centrafrique, nous avons 75 000 Centrafricains qui sont revenus d'asile durant les trois, quatre dernières années. En plus des rapatriés, il y a des personnes déplacées internes, presque 400 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays. Notre travail est d'appuyer le gouvernement à servir les réfugiés étrangers, les personnes déplacées internes et les rapatriés », détaille-t-il. Une fois rapatriés et réinstallés, ces Centrafricains de retour bénéficient de plusieurs programmes de relèvement socio-économique. « De la nourriture, de la protection immédiate, des interventions sociales et des besoins sanitaires. Il y a des interventions de fonds pour aider les personnes à ouvrir les fenêtres pour l'avenir. Il y a un travail structurant avec le gouvernement pour que le retour ne marque pas la fin de l'assistance, mais le début du développement », affirme Williams Chemaly. À ce jour, au moins 14 pôles de développement ont été créés par le gouvernement, le HCR et les bailleurs de fonds. Ceux-ci visent à permettre aux réfugiés de devenir acteurs de leur avenir, portés par l'espoir de reconstruire leur pays. À lire aussiOuest de la Centrafrique: avec la saison de la transhumance, tensions entre agriculteurs et éleveurs ressurgissent

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] Centrafrique: François Bozizé sera-t-il absent à son procès ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 20:00


En Centrafrique, la Cour pénale spéciale envisage d'ouvrir le procès de François Bozizé en avril 2026. Mais l'ancien président, poursuivi pour de graves violations des droits humains, vit en exil en Guinée-Bissau. Sera-t-il extradé ? Un procès par contumace risque-t-il de susciter des frustrations ?  Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] La Libre Antenne

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 20:00


Réagissez à l'actualité de votre choix avec Juan Gomez. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Couleurs tropicales
Singuila en concert exceptionnel à l'Accor Arena, à Paris, le 19 juin

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 48:30


Au programme des nouveautés : Singuila, Buda B, Rogatien Milord et 2 L entre autres. Dans la séquence Gold, hommage à Sly Dunbar, batteur jamaïcain et membre emblématique du duo Sly & Robbie. L'artiste est décédé lundi 26 janvier 2026. Et dans la séquence Génération consciente, Karfa Diallo nous parle du Black History Month, et Ibrahim Fama Diabaté présente la 7ème édition du QITAA (Quotient Intellectuel & Talents Artistiques d'Abidjan). Playlist du 27 janvier Singuila - Bébé s'en va Buda B feat Waraba - Dougnou baa Franck Lenar - Morpheùs Phoner : Ibrahim Fama Diabaté présente la 7ème édition du QITAA (Quotient Intellectuel & Talents Artistiques d'Abidjan), évènement culturel et académique qui aura lieu au Palais de la Culture de Treichville, en Côte d'Ivoire du 28 au 30 mai. Tuco Gadamn - Cops Rogatien Milord - Aimons-nous vivant Patou Mangamba - Follow money Uzi Freyia - Oulala Ramiro Naka & Tabanka Djaz - Tchon tchoma Naïka - One track mind 2L - Enchantée James BKS - Milli Vanity Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons Phoner : Karfa Diallo présente la 7ème édition hexagonale du Black History Month qui aura lieu du 31 janvier au 28 février à Bordeaux, Paris, Rouen et Poitiers.  Le programme du Black History Month Séquence Gold : Pierre Akendengue - Africa Obota (1976) Pierre Akendengue sera en concert à Libreville vendredi 30 et samedi 31 janvier à l'Institut Français du Gabon. Blaaz - Aller retour (2008) Chaka Demus & The Pliers - Murder she wrote (Chanson produite en 1992 par Sly & Robbie) Victor Démé  - Djon maya (2008) A partir de mercredi 28 janvier, un nouveau podcast orginal estampillé RFI mettra à l'honneur le parcours atypique du musicien burkinabè Victor Démé. Une série de 5 épisodes baptisée Notre incroyable histoire avec Victor Démé, produite par David Commeillas et réalisée par Simon Decreuze. Déjà disponible sur rfi.fr, l'application RFI Pure Radio et les plateformes d'écoute Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] La Libre Antenne

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 20:00


Réagissez à l'actualité de votre choix avec Juan Gomez. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Journal de l'Afrique
CAN 2025 : l'Algérie sort la RD Congo au bout du suspense et affrontera le Nigeria en quarts

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jan 6, 2026 13:47


L'Algérie s'est qualifiée mardi pour les quarts de finale de la CAN 2025 en éliminant la RD Congo (1-0) tout au bout d'une prolongation irrespirable grâce à un but d'Adil Boulbina à la 119e minute. Les Fennecs du sélectionneur Vladimir Petkovic affronteront au prochain tour le Nigeria.

Grand reportage
«Le supplément du samedi» du 4 janvier 2026

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 48:30


En cette fin de semaine, se referme la Conférence pour le Climat, la COP30 de Belém au Brésil, aux portes de la gigantesque forêt amazonienne. Nous avons proposé 4 Grands Reportages de Lucile Gimberg sur l'Amazonie brésilienne, un sur l'Amazonie péruvienne avec Martin Chabal et un en vis-à-vis du Brésil sur ce poumon vert de l'Afrique, le Bassin du Congo parcouru par Rolf Stève Domia-Leu. Nous commençons par ce Bassin du Congo et sa forêt, et finissons aux côtés de Lucile Gimberg. (Rediffusion) République centrafricaine: la Basse-Lobaye un trésor de biodiversité en péril En République centrafricaine, au cœur du Bassin du Congo... La Basse-Lobaye est une réserve de près de 3 000 kilomètres carrés : un véritable joyau de biodiversité, recouvert en grande partie par une forêt tropicale humide. Mais ce trésor naturel est aujourd'hui fragilisé. La Basse-Lobaye, tout comme l'ensemble du Bassin du Congo, fait face à de grands défis environnementaux : déforestation, exploitation minière, changement climatique… Surnommé le «poumon de l'Afrique», ce vaste ensemble forestier joue pourtant un rôle vital dans la régulation du climat mondial : il stocke le carbone, purifie l'air et protège la vie. Un Grand reportage de Rolf Stève Domia-Leu qui s'entretient avec Jacques Allix.   Amazonie 4/4: les défis autour des concessions forestières durables  Dernier épisode de notre série exceptionnelle de Grands Reportages en Amazonie à l'occasion de la COP30 sur le climat qui doit se terminer, cette fin de semaine, au Brésil. Nous partons dans le Para, l'un des États brésiliens les plus touchés par la déforestation. Dans l'ouest du Para, la forêt est encore préservée…  Pour tenter de la conserver, le gouvernement brésilien autorise des entreprises privées à exploiter des parcelles de forêts publiques, à condition qu'elles en fassent un usage raisonné et durable. Comment extraire du bois sans détruire la forêt ? Et comment les populations locales voient ces activités économiques en développement ? Un Grand reportage de Lucile Gimberg qui s'entretient avec Jacques Allix.