Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adap…

Politique de logement et ségrégation, immigration et urbanisme, constructions et représentations : dans « Bâtir », Salim Djaferi interroge l'influence du colonialisme sur la façon de concevoir les villes en France. Dans « Rumba », David Murgia conclut une trilogie sur la précarité et l'exclusion sociale, après Laïka et Pueblo. Deux spectacles sont à l'honneur aujourd'hui ! Leur point commun ? Mettre en récit l'exclusion sociale. Côté « IN » Bâtir de Samir Djaferi Le metteur en scène retrace l'histoire de la politique urbaine en France, celle qui a vu surgir les grands ensembles de banlieue. Il nous entraîne dans les archives du département de la Seine-Saint-Denis autant que dans la mémoire familiale, pour mettre en lumière la dimension raciale des politiques de logement social depuis les années 1950. Côté « OFF », Rumba de David Murgia David Murgia nous plonge dans l'histoire d'un spectacle joué sur les parkings de la périphérie. Un acteur et un musicien y répètent une pièce sur Saint-François d'Assise. Au fil de leurs rencontres, ils donnent voix à des hommes et des femmes relégués aux marges, écartés de la société et rendus invisibles. C'est le troisième volet de la « Trilogie des pauvres diables », que David Murgia et l'auteur italien Ascanio Celestini, au regard presque anthropologique, consacrent à l'exclusion sociale après Laïka (2017) et Pueblo (2020). Ils ont à cœur de raconter les invisibles : « Ils n'ont pas d'auteurs à proximité, pas de réalisateur pour raconter leurs histoires, ne savent pas forcément les écrire, mais des histoires, ils en ont un tas. » Rumba suit deux personnages qui observent les gens, inventent leurs vies, puis se rendent sur un parking pour y jouer un spectacle autour de Saint-François d'Assise. Saint François d'Assise (1181/1182–1226), fondateur de l'ordre des Franciscains et grande figure de la spiritualité chrétienne, issu d'une famille aisée, renonce à toutes ses richesses pour vivre dans la pauvreté, la simplicité et au service des plus démunis, à l'imitation du Christ. Je me sens chanteur de récit. Le spectacle fait surgir une galerie de pauvres, de figures marginalisées : ceux qui affirment qu'il faut se souvenir du nom des morts en Méditerranée pour les enterrer dans le cœur des vivants, mais aussi les racistes, comme Giovanni, personnage qui tient des propos ouvertement haineux contre les gitans. Dans Bâtir, Salim Djaferi mène l'enquête. À partir de l'histoire de sa propre famille, il déploie un récit plus large. Sur un ton doux, toujours souriant, il raconte pourtant l'implacable : les assignations, les orientations forcées, qu'il rejoue inlassablement par des gestes – à droite, à gauche, les deux bras tendus pour indiquer la direction – comme les stewards et hôtesses de l'air dans un avion. Il choisit de ne montrer aucune image des cités ni des immeubles : tout passe par le corps. "Je raconte la périphérie mais aussi le centre, s'il y a une périphérie, il y a forcément un centre" Il raconte la politique raciale mise en place pour loger les immigrés à partir des Trente Glorieuses, cette période de prospérité qui suit la Seconde Guerre mondiale en France. Il raconte la manière dont les bidonvilles ont été « résorbés » dans les années 1950, et sa découverte, aux archives départementales, de notes administratives où l'on classe les demandeurs de logement social selon « leur distance culturelle vis-à-vis de la France ». Un spectacle très politique, qui n'accuse pas un gouvernement plutôt qu'un autre, mais met en lumière un cadre racial, une sorte de pensée collective structurante. Invités: Salim Djaferi, metteur en scène de Bâtir, et David Murgia, co-auteur et comédien. Rumba est à voir au théâtre des Doms. Programmation musicale : L'artiste Lisette Lombe et Marc Namour sur RFI avec le titre « Ma langue » : un extrait de leur spectacle Ce que le ventre dit qui se joue au théâtre des Doms et que l'on verra la saison prochaine à Paris au 104.

Dans Oiseau tiré du roman Impossibles adieux, Julie Deliquet propose une lecture-performance du premier chapitre du roman de l'autrice et prix Nobel de littérature Han Kang. Après l'anglais, l'espagnol et l'arabe, c'est le coréen qui était la langue invitée pour cette 80è édition du Festival d'Avignon. À cette occasion et sur commande de Tiago Rodrigues, Julie Deliquet a mis en lecture en français et en coréen, le premier chapitre Oiseau, tiré du roman Impossibles adieux de la Coréenne Han Kang et pour lequel elle a remporté en 2021 le Prix Nobel de Littérature. Dans ce roman, elle tente d'approcher par la fiction, la tragédie du soulèvement de Jeju en République de Corée... Un matin, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon, qui vit sur l'île de Jeju. Elle s'est sectionné les doigts et elle est hospitalisée sur le continent. Elle demande de se rendre à Jeju afin de nourrir son petit perroquet blanc laissé à son domicile. Gyeongha prend l'avion. Elle arrive sur l'île dont la végétation luxuriante a été envahie par une tempête de neige. Gyeongha découvre à son arrivée comment l'histoire familiale d'Inseon s'entremêle à l'un des pires massacres de l'histoire coréenne - le massacre de Jeju, une île coréenne - et dont le nombre de victimes est estimé à 30 000. Le massacre de Jeju désigne une répression sanglante menée en Corée du Sud sur l'île de Jeju après la Seconde Guerre mondiale après que la Corée s'est libérée du joug japonais. À l'origine, des habitants et des groupes de gauche protestent contre la division de la Corée et contre les élections séparées au Sud. Le soulèvement est alors écrasé par l'armée et les forces de sécurité sud-coréennes. De très nombreux civils sont arrêtés, torturés et exécutés, des villages sont détruits. Les historiens précisent que des dizaines de milliers de personnes ont été tuées sans qu'un chiffre exact puisse être donné. Longtemps censuré et tabou, cet épisode n'a été officiellement reconnu que tardivement, et fait aujourd'hui l'objet de commémorations et de travaux de mémoire. L'actrice française Isabelle Huppert et l'actrice coréenne Hyeyoung Lee mettent en voix en français et en coréen ce texte mémoriel, révélant les motifs récurrents qui traversent l'œuvre de Han Kang : traumatismes de l'histoire, fragilité de l'être, croyance absolue en la vie... Han Kang ou Han Gang (en coréen : 한강), née le 27 novembre 1970 à Gwangju, est une romancière sud-coréenne. Elle reçoit le prix Nobel de littérature en 2024. Invitée : Julie Deliquet, metteuse en scène française, fondatrice du collectif In Vitro, Julie Deliquet crée des pièces à l'inspiration cinématographique : Fanny et Alexandre d'Ingmar Bergman à la Comédie-Française en 2019, Un conte de Noël d'après le film d'Arnaud Desplechin. Elle crée en 2025 La guerre n'a pas un visage de femme de l'autrice prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch. Elle a dirigé le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis en 2020, avant de prendre la direction du Théâtre national de la Colline en mars 2026. Et Fanny Imbert nous emmène voir le spectacle Neige, neige, neige, de Lee Jaram d'après Maître et serviteur de Léon Tolstoï. Un spectacle qui suit l histoire d'un marchand cupide et de son serviteur pris dans la tempête... Programmation musicale : L'artiste Claire Diterzi avec le titre Ma bouche, ton écluse.

Dans cette émission, Etienne Minoungou et Israël Nzila parlent de leurs pièces respectives. Ils ne se seraient jamais rencontrés mais grâce à Etienne Minoungou, ils dialoguent grâce au théâtre dans «L'intraitable beauté du monde», un titre inspiré d'une lettre écrite par Glissant et Chamoiseau à Barack Obama après son élection en 2008. Etienne Minoungou s'est rendu sur la tombe d'Edouard Glissant en Martinique pour lui demander l'autorisation d'emprunt de cette formule ! Avec cette pièce, il fait dialoguer deux grands auteurs Edouard Glissant et Sony Labou Tansi. Il définit son spectacle comme un « théâtre de conversation »: « une dramaturgie traditionnelle où les vivants se retrouvent sans distinction, célèbrent le quotidien et l'invisible. L'acteur principal c'est la parole de l'imagination ». Deux auteurs dont il a apprivoisé les textes : « Glissant, c'est touffu, complexe mais c'est comme une forêt, on s'y habitude, on reconnait les chemins, les lianes et cette forêt devient une clairière. » Edouard Glissant, écrivain martiniquais disparu en 2011, était romancier mais aussi philosophe et poète. C'était l'homme du « tout monde », de la relation et du concept de « créolisation » Sony Labou Tansi, né en 1947, écrivain congolais décédé en 1995, était un auteur de théâtre prolifique et d'un roman essentiel La vie et demie. L'auteur et dramaturge congolais Israël Nzila a ouvert la saison du cycle « Ça va, ça va le monde ». Lauréat du prix RFI théâtre 2025, sa pièce « Clipping » raconte l'histoire de Do, une femme qui cherche son enfant, dans un marché de Lubumbashi, elle a connu la guerre, les viols, les violences et tout cela est dans sa tête, dans sa psyché. A-t-elle vraiment perdu son enfant ou revit-elle son propre abandon, comme un cauchemar ? Un texte où il est question de folie et dont la fin reste ouverte. Le son y occupe une place centrale. Le titre lui-même, Clipping, désigne en technique audio la saturation du signal : dans la pièce, les voix se bousculent et se chevauchent — celle de Do, de sa mère, de l'enfant, du père, mais aussi le brouhaha du marché, qui devient personnage à part entière. Le metteur en scène, Jean-Paul Delore a choisi de faire dire le texte par une seule comédienne : Lindiwe Martchykiza. « toute cette pièce, je l'ai écrite en voyant Do dans son cachot », explique le dramaturge. Invités : - Etienne Minoungou, acteur, conteur, fondateur du festival « Les Récréâtrales » à Ouagadougou. Sa pièce « L'intraitable beauté du monde » est à voir à Avignon jusqu'au 19 juillet. - Israël Nzila, auteur et dramaturge congolais né en 1995 à Kinshasa. Il est lauréat du prix RFI Théâtre en 2025 pour son texte « Clipping ». La pièce sera prochainement disponible en replay et en podcast sur le site de RFI. Programmation musicale : L'artiste GYSLAIN N avec le titre Tout à l'amour. Il sera en concert ce jour dans le cadre du « off » au théâtre de l'Arrache-Coeur. .

Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent le roman de Camille de Toledo, Thésée, sa nouvelle vie. Qui commet le meurtre d'un homme qui se tue ? C'est la question qui ouvre le spectacle de Valérie Dréville et Guy Cassiers qui mettent en scène Thésée, sa nouvelle vie de Camille de Toledo, paru en 2020, aux éditions Verdier. Après le suicide de son frère Jérôme en 2005 et la mort de ses parents, Camille de Toledo devient « Thésée » et s'installe en Allemagne avec trois cartons d'archives, qu'il explore en espérant comprendre ce qui a poussé son frère à se tuer. Il s'interroge : le suicide est-il un problème sociétal ? Un acte libre ? Aucune réponse ne lui convient. Il entame une enquête, à la fois documentaire et fictionnelle, qui circule entre les trajectoires de ses ancêtres et les transformations sociales et politiques de l'Europe. Ce n'est pas la première fois que Valérie Dréville et Guy Cassiers travaillent ensemble. La tragédienne est à l'origine de ce projet. « Quand j'ai lu le roman de Camille de Toledo, j'ai immédiatement pensé au théâtre. » Elle se souvient avoir été frappée par cette phrase de l'écrivain : « Quand j'écris, je pense pas à la littérature, mais j'entends des voix. » Avec Guy Cassiers, formé aux Beaux-Arts d'Anvers et habitué à inventer un langage très visuel, ils construisent un dispositif où les photos et les images se figent sur l'écran et se mêlent à sa présence… Seule, filmée en permanence, dans une sorte de kaléidoscope visuel, elle pense être une intermédiaire entre le texte scénique et le public : « Je passe à travers les personnages et les différents points de vue sur leur histoire. » La dramaturgie se déploie autant dans les images que dans le jeu Guy Cassiers, lui, entend « la polyphonie des voix. Valérie était la seule à pouvoir nous guider dans ces voix et nous faire entrer dans chaque pensée de chaque personnage », explique-t-il. Ainsi, en 1h40, le spectacle traverse l'histoire personnelle de Camille de Toledo mais aussi celle de l'Europe, comme un voyage dans le labyrinthe du XXè siècle. Le texte remonte la généalogie de l'auteur, qui fait des découvertes et trouve des réponses. La fin se veut optimiste : la pièce se définit comme une tragédie, mais qui s'ouvre vers la lumière. Elle invente la notion de « revivance » et se clôt sur un mot : avenir. Invitée : Valérie Dréville, metteuse en scène et comédienne, et Guy Cassiers. Valérie Dréville est une actrice et metteuse en scène française née en 1962. Elle a été formée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. Elle entre au théâtre au début des années 1980 et collabore régulièrement avec quelques figures importantes du théâtre public, comme Antoine Vitez, Claude Régy, Alain Françon ou Stanislas Nordey. Elle traverse aussi bien des textes classiques que contemporains. Guy Cassiers est un metteur en scène belge, principalement actif en Flandre, connu pour un travail qui mêle textes, arts visuels et technologies numériques. Camille de Toledo est un écrivain français né en 1975. Il est également plasticien et vidéaste. Il vit aujourd'hui à Berlin. Thésée, sa vie nouvelle vie d'après le roman de Camille de Toledo à voir à Avignon jusqu'au 24 juillet. Et Fanny Imbert a assisté au spectacle Le projet Barthes qu'on peut voir du 4 au 24 juillet au Train Bleu. Programmation musicale : La reprise de la chanson de Barbara « Du bout des lèvres », une chanson de 1968 et tirée du spectacle Barbara (par Barbara) joué à Avignon. Une mise en scène d'Emmanuel Noblet qu'on peut voir à la Scala Provence.

Dans Mon frère, le comédien François Gremaud déroule, sur scène, la trajectoire de son frère Christian, sourd de naissance, entre injustices, fierté et engagement. François Gremaud et son frère Christian Gremaud évoquent leur création théâtrale Mon frère, une pièce où la langue des signes et la langue parlée se répondent et se complètent. Deux frères, deux langues : la naissance de Mon frère Sourd de naissance, Christian raconte sans complexe son rapport à la surdité : « Je ne me suis pas senti handicapé. Je suis né sourd mais je n'ai jamais vraiment eu conscience de cela. C'est plus tard que j'ai compris, mais je m'accepte tel que je suis. » François Gremaud nous confie la genèse de cette création : « J'ai imaginé ce spectacle car, à un moment de la vie de Christian, je l'ai retrouvé très affecté par la série d'injustices qu'il a vécues. Je voulais lui donner la possibilité d'exprimer tout ce qu'il avait gardé durant ces années. » Fort de ses nombreuses expériences, Christian n'a pas eu peur d'être sur scène : « J'aime m'exprimer, car quand je parle, personne ne m'écoute ! », explique-t-il non sans humour. Créer entre français et LSF : réécrire plutôt que traduire Écrire entre deux langues n'a pourtant pas été simple. François a d'abord rédigé un corpus en français, avec des jeux de mots et des phrases littéraires, mais ce texte n'était pas toujours adapté à la langue des signes, parfois intraduisible en LSF : un texte « trop entendant ». Les deux frères ont ensuite non pas traduit, mais recréé le spectacle en langue des signes, sur la base de ce corpus. Et cette fois, certains jeux de signes étaient très difficiles à rendre en français pour son frère François. Christian a également tenu à montrer la pluralité des langues des signes : par exemple, signer « Donald Trump » – un signe inventé par les Sourds américains, main sur le front pour mimer sa mèche – qu'il faut voir pour comprendre… et sourire. Une histoire personnelle devenue combat militant Christian a appris la langue des signes à deux ans, au moment du Réveil sourd, ce mouvement social et culturel majeur de l'histoire des Sourds en France, qui émerge dans les années 1970. Ce n'était pas encore la LSF telle qu'on la connaît aujourd'hui, devenue une langue à part entière, mais une gestuelle que François a apprivoisée à quatre ans et qui est devenue leur langue à eux. Christian parvient à mettre des mots sur le silence : « Le silence, c'est tous les jours, c'est mon quotidien. Je ressens des vibrations. Quand je vois une foule bruyante, je vois les expressions sur les visages, les sensations visuelles. » Aujourd'hui, selon lui, il y a bien une petite évolution, mais encore largement insuffisante. Trop peu d'inclusivité dans le travail, par exemple : « On court après l'accessibilité. On nous dit que ça coûte trop cher, que nous ne sommes pas assez nombreux, que c'est possible… mais trop cher. » François, lui, a envie d'inverser cette phrase : « C'est compliqué, mais c'est possible ». Le spectacle propose d'ailleurs au public d'apprendre ces quatre mots signés : résister, égalité, union et amour. Invités : François Gremaud, comédien suisse et metteur en scène de théâtre, et Christian Gremaud. Un grand merci à Sylvie Dhailly pour l'interprétation LSF/français. Mon frère : à voir à Avignon, puis au Théâtre du Rond-Point à partir du 18 septembre 2026. Et, le reportage de Fanny Imbert avec la compagnie Minute Papillon spécialisée dans l'art lyrique, qui présente La Cuisine musicale, un spectacle ludique pour tout public. Programmation musicale : L'artiste Suzanne Belaubre avec le titre C'est quoi la suite ?

Née en 1994, la Franco-Brésilienne Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, dévoile son premier album éponyme, Gildaa. Un mélange envoûtant de jazz, chanson, funk et électro, porté par douze titres en français et en portugais. Gildaa : quand le Brésil et la France dialoguent en musique Gildaa, artiste franco-brésilienne, incarne une dualité où le cœur et la raison se répondent. Née et grandie en France, elle est allée chaque année au Brésil - le pays de sa mère - pour y puiser chaque année une nostalgie et une émotion brute, bercée par les mélodies de sa famille et les sons du violon, qui ont marqué son entrée en musique. « Le Brésil, c'est mon cœur, l'émotion, la nostalgie ; la France, c'est plus le mental, la raison », confie-t-elle. Cette double culture se reflète dans ses chansons, où les mots et les mélodies s'entrelacent en français et en portugais. Sur scène, Gildaa devient une autre personnalité, une incarnation artistique. Un projet artistique aux multiples visages Son album s'inscrit dans un projet artistique global, où chaque média – clips, film, scène – raconte une partie de l'histoire. Gildaa joue avec les héteronymes. « Chaque média raconte une partie du projet. L'album fait partie d'un grand tout », explique-t-elle. Une autobiographie plus ou moins dissimulée se dessine entre les lignes mais la « pudeur me garde de tout dire ». Parmi ses titres, l'un reprend le mythe grec de Perséphone, raconté comme un écho à une emprise subie... Mélodies et mots : un pont entre deux mondes Sa voix, elle la définit comme « versatile ». Avec des chansons en français et en portugais, Gildaa tisse un lien unique entre deux langues, deux cultures, et deux émotions. Son violon, premier vecteur de sa passion musicale, porte les souvenirs d'une enfance partagée entre deux pays. Son art explore les thèmes de l'identité, de la mémoire et de la résilience, tout en laissant une place à l'imaginaire et à la mythologie. Que ce soit à travers le mythe de Perséphone ou les récits familiaux, son œuvre invite à une réflexion sur ce qui nous lie aux autres, aux absents, et à nous-mêmes. Invitée : La chanteuse Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, née en 1994 à Paris, est une chanteuse, musicienne, autrice-compositrice et comédienne franco-brésilienne. Titres de Gildaa diffusés - Perséphone - Pensées diluviennes - Et vous - Mainha.

Du 3 juillet au 8 août 2026, La 8è édition de l'opération « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire », organisée par la Fondation VINCI Autoroutes, s'installe sur 12 aires du réseau VINCI Autoroutes du 3 juillet au 8 août 2026 ! Le but ? Inciter les vacanciers à faire une pause en leur proposant de proposer de repartir avec un livre... Cette 8è édition de l'opération « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire » qui reprend un aphorisme de Victor Hugo, est menée en partenariat avec Folio (Gallimard), le Centre national du livre (CNL) avec son opération « Partir en Livre », le ministère de l'Éducation nationale avec son opération « Cet été, je lis » et l'association « Lire et faire lire ». Elle est parrainée par l'auteur Hervé Le Tellier très attaché à ces « livres de vacances ». « Je trouve que c'est un très joli projet de faire lire des livres à des gens qui ne vont pas être forcément ceux qui entrent dans les librairies ». Parmi cette sélection de quatorze livres en format poche et dont les thèmes gravitent autour du thème du voyage: des récits, reportages, romans ou poésie « pour faire voyager le lecteur ! ». Est proposé l'un des premiers romans de Hervé Le Tellier, Le Voleur de nostalgie qui est un hommage à Italo Calvino, un des auteurs préférés de Hervé Le Tellier. A retrouver également : Alors c'est bien de l'autrice Clémentine Mélois sur les derniers jours de la vie son père mais également pas mal de classiques : Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, Les neiges du Kilimandjaro de Joseph Kessel, La tour de la prison de Marguerite Yourcenar, Miss Dalloway de Virginia Wolf... Mais on tpeut aussi découvrir la poésie persane, avec le recueil J'irai jusqu'au rivage du soleil de Forough Farrokhzâd, une poétesse iranienne, icône de l'émancipation féminine, disparue prématurément à l'âge de 32 ans dans un accident de voiture.Selon Hervé Le Tellier, cette diversité permet de faire dénicher des livres qu'on n'aurait jamais eu l'idée ou - l'envie ! - d'ouvrir « On voyage dans la langue de l'autre ! ». Invité : Hervé Le Tellier, écrivain français né en 1957 et membre de l'Oulipo. Il a publié une trentaine d'ouvrages, dont le roman L'Anomalie qui a obtenu le prix Goncourt en 2020. Il est le parrain de cette huitième opération « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire ». Il vient également de publier Jardin sauvage et autres parcs parisiens, une promenade dans quinze jardins et parcs de Paris. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue (ou pas !) en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et si jamais, vous vous sentez « dans vos petits souliers » quand vous entendez une expression, alors cette chronique est vraiment faite pour vous ! Programmation musicale : L'artiste Pomme avec le titre Le village.

Après avoir décortiqué les grandes œuvres de la peinture dans Les yeux de Mona, l'auteur Thomas Schlesser nous transmet l'amour de la nature et de la poésie dans Le chat du jardinier. Louis est jardinier en Provence. Solitaire, sa vie s'effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, la soixantaine passée lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d'hier et d'aujourd'hui. Elle va alors transmettre le goût des mots. Ce n'est pas la première fois que cet auteur raconte l'art au travers d'une histoire: en 2024, son roman Les Yeux de Mona connait un grand succès. Il a été traduit environ quarante fois. Dans ce roman, l'apprentissage de la vie passe par la découverte de l'art. À travers la description d'œuvres, l'auteur propose une initiation accessible à l'histoire de l'art. Il y narre l'histoire d'une fillette menacée de cécité, que son grand-père accompagne pendant un an dans les musées parisiens. Avec ce nouveau roman d'initiation, Thomas Schlesser nous initie à la poésie: « Moi je crois beaucoup aux vertus existentielles des grands productions humaines. Elles infusent notre être ». La poésie, il l'a découverte au lycée grâce à Guillaume Apollinaire. Dès lors, elle ne l'a jamais abandonnée. Avec Le chat du jardinier, l'auteur entend rendre ce langage accessible. « La poésie qui semble élitiste est un adjudant merveilleux pour se faciliter la parole. C'est le langage qui unit tout le monde. » Invité : Thomas Schlesser est historien de l'art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman, professeur à l'École polytechnique et auteur de nombreux essais. Le chat du jardinier est publié aux éditions Albin Michel. Programmation musicale : L'artiste Grand Corps Malade en duo avec Styleto avec le titre Le prochain rêve.

Jamais l'émission n'aura autant mérité son titre qu'aujourd'hui ! La revue d'anthropologie et de sciences sociales Terrain consacre son dernier numéro à l'illusion vocale. Invités : Vincent Hirtzel, chargé de recherche au Cnrs, directeur du centre d'Enseignement et de recherches en Études amérindiennes et Aïssatou Mbodj-Pouye, anthropologue, directrice de recherche au CNRS et membre de l'Institut des mondes africains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé au Togo avec Frédérick Mawupenkor TSATSU, délégué général des 11èmes Joutes Verbales Francophones qui va désigner le meilleur orateur ou la meilleure oratrice du pays ! Et la finale aura lieu ce 11 juillet 2026 à l'Institut français du Togo. Programmation musicale : L'artiste Vicky R feat. Ebokolo avec le titre Djolo.

Dans son roman, NyxX, l'auteur Julien Perez raconte la rencontre d'un journaliste vieillissant et d'une jeune femme de 25 ans qui a fait fortune en imaginant une plateforme numérique pour échanger nos rêves. Dans la mythologie grecque, Nyx est une déesse grecque de la Nuit. Dans le seconde roman de Julien Perez, il s'agit d'un réseau social en 2029 qui permet de capter ses rêves durant la nuit, puis de les transformer en vidéo comme si ont regardait un film, avant de pouvoir les partager sur les réseaux sociaux. Pauline Grandgeorges, la créatrice de cette application technologique embauche Karol Malik, un ancien journaliste et auteur de trois romans passés inaperçus pour écrire sa biographie... Le roman va osciller sans cesse entre réalité et souvenirs. La thématique du rêve est très importante pour l'auteur « J'avais un rapport très compliqué au sommeil lorsque j'étais enfant. Je rêvais beaucoup des rêves effrayants, j'appréhendais beaucoup les moments d'endormissement. » Invité : Julien Perez, auteur français né en 1986. Il est également musicien, auteur et compositeur, il signe de nombreux albums sous le nom de PEREZ (Rex, Vert Vert, Un album de collection, Surex, Cavernes, L'Hôte, Saltos). Il travaille avec les arts plastiques, le cinéma et le théâtre. En compagnie de l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster, il forme le duo Exotourisme. En 2025, il publie Hommages, son premier roman. NyxX, son second roman est paru aux éditions POL. Programmation musicale : L'artiste Julien Perez avec son titre « 7 lav » extrait de son album Rev.

Depuis mars 2025, sous l'impulsion de Donald Trump, l'anglais est devenu, par décret, la seule langue officielle aux États-Unis rompant ainsi avec l'histoire du pays qui a toujours plaidé, pour le plurilinguisme. Et pour cause, plus de 350 langues sont parlées dans le pays. Selon certaines projections démographiques, l'espagnol pourrait devenir la langue majoritaire dans le pays d'ici la fin du siècle. Pourquoi instaurer une langue officielle 250 ans après ? Ce décret est-il le point de début d'une politique linguistique offensive ? Quelles langues parle-t-on aujourd'hui aux États-Unis ? Les États-Unis, une tour de Babel sans langue officielle Dès les premières colonies, l'anglais s'impose comme langue dominante, mais sans jamais être officiellement consacrée. Néerlandais, allemand, espagnol ou langues amérindiennes coexistent sans que les autorités ne jugent utile d'imposer un cadre. Au XIXè siècle, l'afflux d'immigrants européens (allemands, italiens) et asiatiques (mandarins) ne change pas la donne : l'anglais reste de facto la langue commune. Ce n'est qu'à partir des années 1960, avec l'explosion de l'immigration hispanophone et asiatique, que le débat aurait dû s'imposer. Mais le « culte de la liberté » l'emporte : les États-Unis ne légifèrent pas. Aujourd'hui, plus de 350 langues y sont parlées, avec une domination écrasante de l'anglais et de l'espagnol. Certains États, comme Hawaï ou le Nouveau-Mexique, adoptent des langues co-officielles, mais ces mesures restent symboliques. Du melting-pot vire au communautarisme ? L'absence de langue officielle a-t-elle accéléré la fragmentation des États-Unis ? À partir des années 1980, le melting-pot semble céder la place à un repli communautaire : les crises économiques, l'ultra-libéralisme reaganien et l'effondrement de l'ascenseur social ont creusé les inégalités. Résultat ? Des quartiers entiers où l'anglais disparaît au profit du polonais, du russe ou de l'espagnol. Il n'est pas rare de croiser à New York, des jeunes de 25 ans ne parlant pas un mot d'anglais, précise Romuald Sciora. À Los Angeles, des écoles enseignent exclusivement en espagnol. Les médias et les publicités s'adaptent, renforçant l'isolement : chaînes de télé en mandarin, journaux en russe, cours de récréation où l'anglais est minoritaire. Bill Clinton avait envisagé une légifération dans les années 1990, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Aujourd'hui, imposer l'anglais comme langue unique est perçu comme une provocation et un acte réactionnaire : comment justifier une telle mesure alors que l'espagnol est parlé par près de 50 millions de personnes ? Les tentatives de Donald Trump pour promouvoir l'anglais ont été vues comme une attaque contre les hispanophones. Cinquante ans de tergiversations ont transformé un débat pragmatique en sujet explosif. Vers un bilinguisme ou un multilinguisme officiel ? Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de savoir si les États-Unis doivent légiférer, mais comment le faire sans braquer une partie de leur population. Face à cette fragmentation, les États-Unis devraient-ils s'inspirer du Canada en adoptant deux langues officielles, l'anglais et l'espagnol ? Les hispanophones, qui représentent près de 20% de la population : une telle mesure aurait le mérite de reconnaître une réalité démographique tout en apaisant les tensions. Un cadre bilingue permettrait d'imposer l'apprentissage des deux langues dès l'école, brisant ainsi les barrières entre communautés. Invité : Romuald Sciora, essayiste, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui ! Programmation musicale : L'artiste Cécile McLorin Salvant avec la reprise de la chanson extraite du film «Les parapluie de Cherbourg».

Marcel Benabou publie un essai hommage consacré à François Le Lionnais, créateur de l'OULIPO, l'ouvroir de littérature potentielle. François Le Lionnais, « FLL » était un ingénieur, mathématicien et écrivain est né en 1901 et disparu en 1984. Il est surtout connu pour avoir été le « fraisident-pondateur » de l'Oulipo (l'Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1960 avec l'écrivain Raymond Queneau. Ce mouvement réunit des écrivains, des traducteurs, des universitaires, dont Marcel Benabou fut longtemps le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Dans cet essai, Marcel Benabou commente en quelque 400 pages les poèmes de François Le Lionnais, qui visaient à être le plus court possible puisque telle était son ambition. François Le Lionnais était un passionné par les liens entre sciences, mathématiques et littérature, il a joué un rôle-clé dans la promotion d'une approche ludique et contrainte de la création littéraire, où les auteurs utilisent des règles formelles (comme les lipogrammes ou les palindromes) pour stimuler leur imagination. Il a peu écrit : des poèmes avec le minimum de mots, le minimum de lettres, et même, sommet de la réduction, un poème sans lettres. Il disait de lui-même qu'il avait une certaine « constipation de plume » « Symétriquement, j'ai voulu commenter de manière la plus longue possible ces très courts poèmes », nous explique Marcel Benabou. Ainsi, il nous raconte les dessous du poème composé du seul mot « Fenouil » ou de la réduction d'un poème à une seule lettre « T. » : une lettre qui a finalement tant de choses à dire et qui ouvre un très grand champ d'interprétations... FLL est notamment l'auteur de La Littérature potentielle (1973), un ouvrage fondateur coécrit avec Raymond Queneau, qui explore les contraintes formelles comme outil de création littéraire. On lui doit aussi Les Nombres remarquables (1983), un livre dédié aux propriétés mathématiques singulières, ou encore Le Second Manifeste de l'Oulipo (1973), où il théorise les principes de ce mouvement. Par ailleurs, il a rédigé des essais sur les échecs, comme L'Ouverture française (1935), et des textes plus personnels, tels que Le Temps (1963), mêlant réflexions scientifiques et philosophiques. L'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) est un groupe littéraire fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l'écrivain Raymond Queneau. Ce dernier a déjà beaucoup publié dont le fameux Zazie dans le métro, ce ne sont donc pas des jeunes gens en mal de reconnaissance et d'aventures ! Leur objectif est d'explorer les possibilités de la création littéraire à travers des contraintes formelles, souvent inspirées des mathématiques ou des jeux de langage. Ces contraintes, comme l'écriture sans la lettre e (lipogramme) dans La disparition de Georges Perec ou la structure en s+7 (remplacer chaque substantif d'un texte par le septième suivant dans un dictionnaire), stimulent l'imagination et donnent naissance à des œuvres originales. Invité : Marcel Benabou, né en 1939 au Maroc, est un écrivain et historien français, membre de l'Oulipo depuis 1970. Il en était le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Ses travaux littéraires s'inscrivent dans la tradition oulipienne, utilisant des contraintes formelles pour explorer des thèmes comme le langage, la mémoire et la création. Parallèlement à son activité d'auteur, il a mené une carrière d'historien, spécialisé dans l'Antiquité romaine. Ses ouvrages, tels que Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres (1986) ou Jette ce livre avant qu'il ne soit trop tard (1992), illustrent son approche à la fois structurée et réflexive de l'écriture. Aux franges du silence, glose pour FLL est publié aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste Dali avec le titre Parler fort.

Sommes-nous égaux devant le langage ? Dans Le capital Linguistique, Frédéric Lebaron interroge le concept de capital linguistique. Mais qu'est-ce qu'un capital linguistique ? Pour le sociologue du langage, « chacun a des compétences linguistiques : ce qui m'intéresse, c'est comprendre la manière dont ces ressources intériorisées fonctionnent et sont dotées d'une valeur sociale. Les ressources linguistiques sont immédiatement évaluées : la valeur du langage va déterminer la valeur d'une personne. » L'auteur fait la différence entre sociolinguistique et sociologie du langage. Pour faire simple, la sociologie du langage étudie le rôle du langage dans la structuration de la société et les enjeux sociaux liés aux langues quand la sociolinguistique étudie les relations entre la langue et la société, en se concentrant sur l'usage concret des langues dans les interactions sociales. La sociologie du langage existait avant la sociolinguistique : l'un des pionniers était Marcel Cohen qui a écrit Pour une sociologie du langage en 1956. Dans son essai, Frédéric Lebaron évoque également la question de la hiérarchie des langues, de la place et de la dominance de l'anglais dans l'espace francophone : la présence des anglicismes par exemples. Invité : Frédéric Lebaron, sociologue, professeur à l'École Normale Supérieure Paris Saclay, il a notamment travaillé sur les discours économiques. Auteur de Le Capital Linguistique: une sociologie du langage, publié aux éditions CNRS. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire, Adam Mots présentera son spectacle «La calebasse n'a pas de couvercle» entre théâtre, slam, poésie et « griotisme » à l'Institut français d'Abidjan, le 4 juillet. Programmation musicale : L'artiste Zaho avec Alonzo & Magic System - pour le titre « Mauvais caractère ».

Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis. Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants. Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier. La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis ! On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne. Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... ! La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération. Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène. Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran. À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93. Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93. Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ».

Pour son premier essai en solo, le journaliste et désormais écrivain Anthony Vincent s'attelle à décortiquer l'insulte et surtout à analyser comment les communautés dénigrées par les structures masculinistes, blanches et hétéronormées se réapproprient aujourd'hui, et ce depuis longtemps, les injures pour les transformer en symboles de regroupement et d'émancipation. Chaque insulte n'est pas qu'un simple mot. Même si, à la base, l'insulte est « un acte de langage bref, à visée offensive », cet acte prend quasiment toujours sa base sur un stigmate que l'auteur français définit comme le renvoi à « un statut social négatif, attribué et perpétué ». En effet, chaque insulte a une histoire. Et c'est cette histoire qu'il faut absolument connaître pour passer de l'injure à un élan de solidarité communautaire quasiment naturel, en se réappropriant le stigmate. Ce « retournement du stigmate », d'abord défini sociologiquement par Louis Gruel, l'un des disciples de Bourdieu, apparaît donc comme nécessaire et inévitable, puisque « les insultes que nous utilisons et/ou subissons nous situent socialement », explique Vincent dans son livre. En effet, parce que ces insultes marquent à vie ceux qui les reçoivent, elles leur permettent également de s'identifier, de se reconnaître, de se rallier et de se renforcer contre « l'ordre cishétéroblantriarcal et validiste », comme le constate le journaliste français. L'insulte : de l'injure à la solidarité se présente aujourd'hui comme un ouvrage transversal essentiel à la sociologie linguistique actuelle et questionne, malgré tout, la réappropriation du stigmate. « En retournant un mot stigmatisant, ne sommes-nous pas en train de réactiver la domination qu'il cristallise ? » Une question légitime qui se doit d'être posée, selon Anthony Vincent, puisque, premièrement, toute thèse sociologique se doit de faire face à sa propre réfutabilité, mais surtout parce que le risque de la réappropriation serait de figer les identités des communautés insultées et peut-être même de perpétuer un socle de domination. Néanmoins, pour Vincent, la réappropriation est inévitable, car la récupération d'une insulte vaut tout de même bien mieux que sa dépolitisation, « afin de transformer la cicatrice des injures en force collective », comme nous l'a dédicacé notre invité du jour. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Sarah Decottignies des éditions Le Robert et les CM1 A de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui ! Invité : Anthony Vincent, journaliste, écrivain, animateur de podcasts et spécialiste mode. Son premier ouvrage en solo L'insulte : de l'injure à la solidarité est d'ores et déjà disponible aux éditions Les Liens qui Libèrent. Programmation musicale : Angèle avec son nouveau titre Dis-le.

Le recueil Sous le règne du fouet rassemble les témoignages de 27 parcours de vie, anciens esclaves : 14 femmes et 13 hommes. Au cœur de la crise économique qui ravage les États-Unis au début des années 1930, le Federal Writers' Project, une agence fédérale du New Deal, lance une entreprise de collecte de la voix des sans-voix dont l'ampleur n'a jamais été égalée : près de 2 300 témoignages d'anciens esclaves sont recueillis, transcrits et édités. Cette source inestimable et sans équivalent dans le monde restait jusqu'à ce jour largement inédite en français. Invitée : Elsa Queré, traductrice du recueil Sous le règne du fouet, une histoire orale de l'esclavage aux éditions Ici-Bas. Avec la préface de Françoise Vergès. Programmation musicale : L'artiste Fatoumata Diwara avec le titre "Fala" qui veut dire "orphelin" en bambara.

Depuis plus d'un siècle, à Hauterives, dans la Drôme, dans le sud-est de la France, se visite le palais idéal du Facteur Cheval. Dimitri Delmas, illustrateur, designer et écrivain vient de publier J'avais bâti dans un rêve un palais, un roman consacré au facteur Ferdinand Cheval. Ferdinand Cheval est né en 1836 dans une famille modeste de la Drôme, à Charmes sur l'Herbasse, dans un petit village très rural. Après avoir quitté l'école à 13 ans, il devient boulanger, puis facteur en 1867 à Hauterives. C'est un homme ordinaire, discret, qui effectue chaque jour sa tournée à pied dans les campagnes autour de Hauterives. Il ne quittera jamais son département. En 1879, alors qu'il trébuche sur une pierre de forme étrange, il a une révélation : il décide de construire un palais, seul, avec ses mains et les pierres qu'il ramasse pendant ses tournées. Chaque soir, après ses longues journées de travail, Cheval se consacre à la construction de son Palais idéal. Est-ce un rêve ou une façon de fuir la dureté du monde ? Car il aura eu une vie douloureuse... marquée par des deuils. Armé d'une brouette, d'une pelle et d'une lampe à pétrole, il transporte des centaines de kilos de pierres qu'il façonne avec des outils rudimentaires. Il mélange ciment, chaux et fil de fer pour donner vie à un monument inspiré par les cartes postales, les magazines illustrés et ses propres rêves. Et tout cela dans une période marquée par la naissance du capitalisme, par l'industrialisation et le colonialisme. Son palais, mélange de grottes, de tours, de sculptures d'animaux et de motifs exotiques, devient une œuvre démesurée : 26 mètres de long, 12 mètres de haut et 10 mètres de large. Malgré les moqueries de ses voisins et les difficultés techniques, il achève son œuvre en 1912. Il décède en 1924. Le Palais idéal du Facteur Cheval se visite à Hauterives, dans la Drôme. Invité : Dimitri Delmas, auteur et illustrateur français. Son roman J'avais bâti dans un rêve un palais est publié aux éditions Actes Sud. Et la chronique Ailleurs nous emmène en Australie ou Jacques Bernard, créateur du Van du Livre, une librairie ambulante francophone qui parcourt l'Australie depuis 12 ans pour transmettre le goût des livres. Le livre La GRANDE histoire du Van du Livre est disponible à la commande sur son site. Programmation musicale : La Grande Sophie avec Philippe Katerine pour le titre Un duo avec moi.

Emily est une jeune femme qui vit seule avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C'est là qu'elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Un jour, une lettre arrive : elle doit vendre la maison, en indivision. Pauline Peyrade nous offre avec Les Habitantes l'histoire d'Émilie, une femme qui vit depuis toujours dans la maison de sa grand-mère, Moon. C'est là qu'elle a grandi, là qu'elle reste, comme si ce lieu faisait partie d'elle. Pas par nostalgie, mais parce que cette maison est un refuge, un monde à part où chaque détail compte : le bruissement des feuilles, le vol des insectes, la lumière sur l'étang. Pourtant, un jour, des lettres arrivent. On lui demande de vendre. Émilie se retrouve menacée de perdre, ce qui la rattache à la vie. L'autrice aura mis trois ans pour écrire Les habitantes. Pauline Peyrade n'aime pas les romans explicatifs : avec ce roman, elle n'avait pas en tête d'écrire de grands affrontements mais plutôt de raconter la vie d'une femme qui fait face à une violence systémique. Je ne voulais pas que l'écologie soit le sujet central du roman, mais plutôt une manière de l'écrire. Elle ne concentre pas l'intrigue sur le combat intrafamilial mais cherche à raconter un autre rapport au monde en lutte contre le patriarcat et le capitalisme. Elle reconstitue le lieu qui habite le roman : insectes, végétaux : par la lecture, on le ressent, on les rencontre, elle créé des présences dans le livre et raconter des histoires par les sensations. Invitée : Pauline Peyrade, écrivaine et dramaturge. Formée à l'écriture théâtrale, elle se consacre à des récits où les émotions et les relations humaines occupent une place centrale. Son premier roman, L'Âge de détruire publié aux éditions de Minuit remporte le prix Goncourt du premier roman en 2023. « Les habitantes » également publié aux éditions de Minuit, vient de remporter le Prix du Livre Inter 2026. Programmation musicale : l'artiste Étienne Daho en duo avec l'artiste Alan Stivell avec le titre « An hanv » (qui veut dire « L'été ») une chanson en hommage à Frank Darcel du groupe Marquis de Sade disparu en 2024.

Avec plus de 3 millions d'exemplaires vendus, Ariol le petit ânon le plus célèbre de la bande dessinée confirme son statut de héros des enfants et des familles. Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur a été désigné comme parrain de la 12è édition de Partir en Livre. Ce n'est pas par hasard si Emmanuel Guibert a été choisi comme parrain de cette douzième édition de Partir en Livre qui aura lieu du 17 juin au 19 juillet 2026. Depuis tout petit, l'auteur et dessinateur est passionné de lecture. La lecture finit toujours par engendrer la lecture ! C'est une adresse du bonheur donc on y retourne. À l'initiative du CNL (Centre national du Livre), et sous l'impulsion du ministère de la Culture, le grand festival du livre pour la jeunesse a pour thème « Nos petits et grands héros » avec un clin d'oeil particulier au petit ânon Ariol dont le recueil Les vacances chez papy et mamie est paru le 10 juin 2026. Avec beaucoup d'humour et de subtilité, Emmanuel Guibert a fait de cet ânon, un véritable héros pour la jeunesse. On suit, depuis 26 ans, maintenant les aventures du petit âne bigleux, éternel élève de CM1 avec ses copains Ramono le cochon, Pétula, Batégaille ou Tiburge ! Un personnage que son auteur a voulu pour toutes les tranches d'âge. Emmanuel Guibert s'amuse également beaucoup avec les manières de parler et les accents et parsème ses scénarios de jeux de mots : « internet » devient par exemple « interbête ». Invité : Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur français, né en 1964. Il s'est fait remarquer avec des œuvres comme La Guerre d'Alan qui relate les souvenirs d'un soldat durant la Seconde Guerre mondiale, Le Photographe (avec Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier) ou des ouvrages jeunesse tels que les Sardines de l'Espace ou Ariol (avec Marc Boutavant), où il mêle une grande sensibilité humaine à une narration très maîtrisée. Merci à Lucie et Emile pour leur lecture. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Être coiffé au poteau » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : L'artiste Minou avec le titre « Différent ».

Vingt ans après la disparition de l'humoriste Raymond Devos : y a-t-il des héritiers aujourd'hui dans ce domaine si particulier de l'humour absurde ? La Scala organisait une soirée spéciale Devos 2.0, ce lundi 15 juin 2026... Il y a 20 ans, disparaissait l'artiste Raymond Devos. Maître incontesté du jeu de mots et des absurdités du langage, il transformait les expressions du quotidien en situations loufoques où le sérieux basculait dans le burlesque. Qui sont aujourd'hui les héritiers de Devos ? Comment faire vivre ce patrimoine exceptionnel auprès de nouvelles générations sans céder à l'imitation ? Invités : - François Rollin, auteur, comédien, scénariste, metteur en scène, Prix Raymond Devos 2009, un prix qui récompense « une personne dont l'œuvre contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement ou à sa promotion » - Geneviève Meley Othoniel, directrice de l'École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) une école ouverte en 2024 qui forme des humoristes - Aliocha, étudiant humoriste à l'ESAR. Une soirée spéciale Devos 2.0 a eu lieu à la Scala le 15 juin 2026. Programmation musicale : L'artiste Voyou en duo avec Tuerie pour le titre « Hula Hoop ».

Connaissez-vous l'algospeak ? L'algospeak désigne un ensemble de mots codés, détournés ou modifiés que les internautes utilisent pour contourner les systèmes de modération automatisée des plateformes... Sur les réseaux sociaux, parler de « sekksse » plutôt que de « sexe » ou écrire « v1olence » pour évoquer la violence n'est pas une simple fantaisie, mais une stratégie pour déjouer la censure. En effet, YouTube, Instagram ou encore TikTok filtrent et masquent systématiquement les publications contenant des termes jugés sensibles ou enclins à heurter la sensibilité des internautes ! Comme l'argot des faubourgs du XIXè siècle, né pour échapper à la compréhension des autorités, l'algospeak – mot valise, contraction d'algorithm et speak – est un langage crypté (un cryptolecte) façonné par les utilisateurs des médias sociaux les internautes. Une ruse linguistique qui interroge : jusqu'où ira cette guerre des mots contre les machines ? Invitée : Anne Gensane, enseignante chercheuse en sciences du langage, Université d'Artois. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Dakar au Sénégal pour parler de la 9è édition du Festival International des Arts de la marionnette au Sénégal qui aura lieu du 16 au 21 juin. Organisé par l'association DJARAMA (un mot peul qui signifie à la fois « bonjour » et « merci »), ce festival a lieu depuis 2013. C'est un festival itinérant qui réunit des compagnies nationales et internationales : Sénégal, Guinée Bissau, Belgique, Canada, France. Le but est de faire réunir un jeune public à des spectacles parfois sans paroles. Avec Mamby Mawine, comédienne, directrice artistique du Pôle culturel Djaram'Arts, metteuse en scène et formatrice en théâtre jeune public. Programmation musicale : Les artistes Stromae et Tove Lo avec le titre « Des fleurs ».

Dans Pourquoi le football publié en 2021, le philosophe Stéphane Floccari noue la pratique sportive du foot et la philosophie... et convoque Michel Platini et Vladimir Jankélévitch, Pelé et Pasolini, Cantona et Cioran. Le peu de morale que je sais, je l'ai appris sur les scènes de théâtre et dans les stades de football, disait le philosophe Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1959. Depuis, le football a changé de visage, des centaines de milliards se sont déversés sur les terrains, avec des débordements en tout genre mais le foot reste une passion puissante à l'échelle planétaire, avec des fans venus de tous les horizons... Et les intellectuels ont aussi leur mot à dire sur le sport ! Rabelais ou Ronsard, écrivains et poètes de la Renaissance jouaient déjà à un jeu qui ne s'appelait pas encore football, à une période où la Coupe du monde n'existait pas... Avec les sons d'archives de : - Jacques Derrida, grand philosophe, penseur de la déconstruction. Il confie sa passion pour le foot, une passion née pendant la guerre alors qu'il vivait jeune homme en Algérie - Denis Podalydès, de la Comédie française. Il raconte à l'occasion de la victoire de la France en 1998 que sa journée commence par la lecture du journal l'Équipe - Daniel Picouly, écrivain qui parle du « vrai football ». Avec également le reportage de Jérémie Lanche, à Genève, en Suisse. Invité : Stéphane Floccari est agrégé et docteur en philosophie, professeur au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés, et à l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), à Paris, chargé d'enseignement à la Sorbonne, Stéphane Floccari est, depuis l'enfance, un passionné de football, qu'il a pratiqué dans l'équipe de France des écrivains sportifs. Il est l'auteur de Pourquoi le football ? aux éditions des Belles Lettres en 2021. Il a également publié plus récemment, Le Sport émoi aux éditions Amphora. Le calendrier de la Coupe du Monde. Programmation musicale : L'artiste Lescop avec le titre Comète.

Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu'elle se parle aujourd'hui ? Et d'archiver nos manières de parler ? Pourquoi s'écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s'envoyer un message rapide et efficace… ? Tel était le dilemme entre le SMS et l'appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d'étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s'y est mis. Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole « Ce qui nous intéresse, c'est que c'est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n'y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d'écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu'à maintenant, l'étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ». « Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! » « Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocaux Ce qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n'est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu'on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions. Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s'arrêter plus facilement qu'une communication par téléphone classique. Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française. Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Tirer les vers du nez » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : L'artiste franco-guinéenne Annie Lalalove avec le titre Let it be blue.

Avec son seul en scène « Mérou », qui se joue actuellement à la Scala de Paris, l'humoriste Lou Trotignon devient l'un des premiers comédiens français à consacrer un spectacle entier à la transidentité, via son expérience personnelle. En plus de cette représentation fraîche et intimiste, une collection d'archives sélectionnée en collaboration avec le Centre d'archives, des mémoires et des cultures LGBTQI+ est également visible sur place. « Les minorités, et pas simplement les LGBTQIA+, ont cette capacité à prendre soin des archives de manière différente, de manière plus collective et de manière communautaire », explique le spécialiste des transféminismes Sam Bourcier, quant à la nécessité de l'existence en France d'un centre d'archives LGBTQIA+. Objets, documents et même des archives orales sont récoltées par le Centre d'archives LGBTQI+, logé pour le moment à Césure (dans le 5è arrondissement de Paris), pour lequel Sam Bourcier œuvre à la programmation. Contrairement à d'autres archives plus conventionnelles, n'importe qui peut alimenter et consulter ces archives, pour la simple et bonne raison que « chaque archive compte », d'après Bourcier, pour qui la France est encore en retard sur la conservation d'archives LGBTQIA+. C'est l'une des raisons pour laquelle l'humoriste Lou Trotignon a décidé de collaborer avec le Centre d'Archives LGBTQI+ de Paris et de les mettre à l'honneur autour de son stand-up sur la transidentité. « Le stand-up, l'humour, c'est juste raconter son histoire et il s'avère que mon histoire, c'est que je suis trans », précise le comédien. J'ai créé ce spectacle pour que des gens comme moi ne se sentent pas seuls. Je parle de transition mais les autres peuvent également se sentir concernés. Trouver son chemin dans ce monde peut être difficile. — Lou Trotignon Trotignon a d'ailleurs choisi de nommer son spectacle « Mérou » en référence à la nature hermaphrodite du mérou, un poisson au sexe indéterminé pendant les premières années de sa vie. « Être trans, pour moi, c'est l'identité du doute, si on doute, c'est qu'on avance », ajoute-t-il. Invités : Lou Trotignon, comédien et humoriste. Son spectacle « Mérou » se joue actuellement à la Scala de Paris, du 9 au 19 juin 2026. Sam Bourcier, sociologue, figure de l'activisme queer, spécialiste des subcultures sexuelles, des féminismes et des transféminismes, collecteur d'archives orales, responsable de la programmation du Centre d'archives LGBTQI+ de Paris et professeur des universités. Programmation musicale : Alma Rechtman et son titre Corps tambour.

Dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, publié aux éditions Le Robert, le psycholinguiste Pascal Gygax démonte les mécanismes de la masculinisation de la langue et montre en quoi ils influencent en profondeur notre vision de la société. Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père meurt, mais le fils survit et est amené aux urgences. Arrivé à l'hôpital, le chirurgien de garde dit : « Je ne peux pas opérer car c'est mon fils ! » Comment cette situation est possible ? C'est par cette devinette, qui s'avère être une question assez structurante, que commence l'essai co-écrit par Pascal Gygax ! La réponse est la « mère » mais beaucoup de gens testés ont eu beaucoup de peine à trouver la solution, comme si notre cerveau ne pouvait le capter immédiatement ! « Il y a un stéréotype ! On n'est pas habitué à l'association « chirurgien/femme ». En langue française, on a un autre problème : on utilise le masculin pour parler de personnes qui ne sont pas homme (médecin, professeur....) ». C'est ce qu'on appelle le masculin générique... Pour le chercheur, le cerveau a du mal à envisager spontanément le féminin lorsqu'il doit souvent lever une ambiguïté entre un féminin et un masculin. « Mais notre cerveau n'aime pas laisser des cases vides : lorsqu'il doit trancher, il va plutôt se tourner vers le masculin. C'est une forme d'androcentrisme. Nous voyons le monde à travers un prisme plutôt masculin, parce que nous y avons été exposés depuis tout petits. » Mais, comment on est ont arrivé là ? Tout d'abord, il y a eu des vagues de « masculinisation de la langue » notamment à partir du XVIIè siècle : des mots comme « autrice » ont disparu. « Une manière de dire aux femmes que les métiers tels que docteur, philosophe, sont réservés aux hommes ! C'est très assumé. » Comment faire un langage plus inclusif ? Pascal Gygax nous apprend que les premières théories sur l'écriture inclusives apparaissent dans le livre de Nancy Hardesty Inclusive Language in the Church. Dans cet ouvrage, l'autrice proposait d'utiliser des termes épicènes « enfant de Dieu » plutôt que « fils de Dieu ». « Il ne faut pas confondre écriture inclusive et point médian qui est juste une des formes possibles de l'écriture inclusive », précise Pascal Gygax. D'autres stratégies existent : changer la fonction grammaticale, utiliser le pluriel ou encore recourir à la forme passive. On peut aussi employer des doublets : « Françaises, Français », « les femmes et les hommes ». Mais est-ce que cela peut fonctionner ? « C'est surtout une question d'habitude. Certaines formes, comme les néologismes, mettront sans doute plus de temps à entrer dans les mœurs ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Israël Tshipamba, directeur du festival Ça se passe à Kin. Invité : Pascal Gygax, psycholinguiste, directeur de recherches à l'université de Fribourg en Suisse. Co-auteur avec de Et si on arrêtait de penser au masculin ? publié aux éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Sébastien Tellier & Juliette Armanet avec le titre « Attraction ».

Dans Holopherne doit mourir, l'avocate Chirinne Ardakani met en scène le procès fictif du Patricarcat. Un procès pour féminicide, un procès de masse historique au nom de toutes les femmes et pour toutes les victimes pour juger du patriarcat qui gouverne nos sociétés depuis des décennies voire des siècles. Une œuvre pensée pour créer du débat. "J'ai imaginé ce procès du patriarcat car c'est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes" explique Chirinne Ardakani. Mêlant droit, théâtre et histoire de l'art, le Théâtre de la Concorde propose avec ce spectacle de rendre justice aux vies. Dans cette audience hors norme, des figures multiples– anonymes, historiques ou symboliques – sont appelées à comparaître. Toutes sont suspectées d'avoir participé, à des degrés divers, à une organisation criminelle tentaculaire : le Patriarcat incarné par Holopherne. Holopherne est un personnage du livre de Judith, dans la Bible. C'est un général sanguinaire chargé de piller les cités puis des violer les femmes. Il va tomber amoureux de Judith, une veuve magnifique qui va le séduire, le faire boire, puis le tuer en le décapitant. Au cœur du procès, il y a Holopherne mais aussi un tableau célèbre, Judith décapitant Holopherne signé par l'artiste italienne Artemisia Gentileschi du début du 17eme siècle. Très tôt dans le spectacle, il y a un montage vidéo ou sont incriminés tous les puissants de ce monde et de tous les pays, de l'Afghanistan au Soudan : "De tout temps, les lois, les états estiment que e corps des femmes est un sujet de législation. Qu'on peut disposer comme on veut de leurs corps." L'avocate rappelle que le Code civil a longtemps été très misogyne en France avec de grandes inégalités qui perdurent encore dans de nombreux pays. Dans la vraie vie, Chirinne Ardanaki est avocate pénaliste à la Défense : je défends des hommes accusés de crimes sexuels mais dans la vie de tous les jours, elle est engagée pour la défense des femmes "Je défends l'homme mais je combat le mâle, le théâtre est un moyen pour cela." Invitée : Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et en droit des étrangers, autrice et militante pour les droits humains. Elle est l'avocate du Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi. Et le reportage de Fanny Imbert avec des spectateurs. Programmation musicale : L'artiste Yamé avec le titre Ne reviens pas.

Dans Le loup de la famille, l'auteur libanais Souhaib Ayoub raconte la vie d'une famille traversée par la guerre. Le loup de la famille raconte l'histoire d'une famille sur trois générations mais aussi la vie d'un immeuble dans un quartier pauvre de Tripoli, la deuxième ville du Liban au nord du pays. Le roman n'est pas daté et c'est volontaire « il y a aussi beaucoup de guerres locales : à Tripoli par exemple, entre les Sunnites et les Alaouites, on a aussi la guerre civile et toutes les guerres personnelles de chaque famille ! » L'appartement familial a été bombardé et le narrateur, Hassan, un ado muet le raconte comme une légende, et pour cause, le narrateur n'était pas né ! La famille de cet immeuble est atypique : il y a Shamzé, la grand-mère, une femme bédouine qui a vécu de nombreux drames, Zied, le père amant de DolceVita, une femme transgenre. Le roman est traversé de bout en bout par la guerre... « La guerre, cette fille de pute ! ». Souhaib Ayoub définit la guerre actuelle comme une guerre insupportable. « On est attaqués chaque jour par Israël ». Même en exil, il porte la douleur de la guerre et éprouve une forme de culpabilité à vivre loin de son pays. « Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix, il y a juste des moments d'espoirs de paix. C'est un peuple qui vit en résistance tout le temps ! Chaque Libanais vit la guerre n'importe où, comme un acte de fuite. » Invité : Souhaib Ayoub, écrivain, peintre et comédien, est né en 1989 à Tripoli, au Liban. Il réside à Paris depuis 2015. Il est à l'origine du projet « Ta'a naktob » (« Écrivons ensemble ») visant à promouvoir l'écriture créative auprès des jeunes. Il est l'auteur de Rajul min sâtân (« Un homme de satin » sorti en 2019) et de « Le loup de la famille », aux éditions Actes Sud, son premier récit traduit en France. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « se faire du mouron » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : Les artistes JeanJass & Chilly Gonzales avec le titre « IMAX ».

Dans son nouveau livre L'Odyssée par l'Odyssée, l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l'Odyssée de.... l'Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère ! Comment raconter l'Odyssée ? Ce long voyage d'Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque. Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l'on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé… Comment raconter cette épopée qui hante l'imaginaire occidental depuis l'Antiquité et la rendre accessible ? Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman, précise l'auteur, « je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui ». Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitres Il raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres. Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité « C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles » Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l'Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre « C'était un peu les stand-uppers de l'époque ! Ils devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est-à-dire presque possédés par les dieux ! » De «nostalgie» à «xénophobie» : ces mots du quotidien hérités de l'Odyssée Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l'actualité de l'Odyssée mais aussi l'importance du grec dans notre vocabulaire. « Protée » qui a donné protéiforme ou encore les rituels d'hospitalité qui ont donné naissance au « philoxenia » lors de l'épisode du cyclope et son contraire « xenophobie »... « Circé » qui a donné « cirque » ou encore le mot « nostalgie » hérité des « nostoi ». Invité : Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point. Auteur de « L'Odyssée de l'Odyssée”. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère », aux éditions Grasset. Programmation musicale : Les artistes Areski Belkacem et Brigitte Fontaine avec le titre L'eternel retour.

Simon Paré-Poupart est éboueur - ou vidangeur comme on dit au Québec - depuis une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il publie Ordures! Journal d'un vidangeur chez Lux Éditions. Simon Paré-Poupart est éboueur - ou plus précisément « Vidangeur » : car c'est le terme utilisé au Canada. Il nettoie la « marde » des autres. Depuis qu'il a commencé « sa » job, il a ramassé près de 70.000 tonnes de déchets. Dans ce livre publié, véritable journal intime de son métier, Simon Paré-Poupart raconte les dessous de ce métier sans aucun pathos : la dure réalité de son métier : un métier physique, et peu valorisé socialement. Il se compare à un « Sisyphe de la société de consommation ». Diplômé en sociologie, ce métier, il l'a choisi « Je trouve qu'il y a quelque chose d'enivrant à faire ce métier ». Et on peut se poser la question : que racontent nos ordures ? Que disent-elles de nous qui jetons près de 2 milliards de tonnes de déchets par an dans le monde avec des matières de plus en plus difficiles à recycler ? Simon Paré-Poupart se définit comme freegan. Il récupère les déchets de la société de consommation puis en vit afin de consommer le moins possible. Éboueur par choix, par adhésion et en toute conscience, il raconte la fierté et la joie qu'il éprouve à exercer ce métier… ce qui va à rebours du premier sentiment que l'on peut avoir en voyant passer les camions poubelles ! Son livre n'est pas sans rappeler l'essai de Joseph Ponthus À la ligne publié en 2019. Disparu en 2021, cet auteur qui a travaillé à la chaîne dans les usines racontait les dessous de la vie dans les usines. Ordures ! regorge d'expressions québécoises. « Job » est au féminin. On trouve aussi les mots « marde », le « helper », « le draveur » ou « le bucheux » ou encore des expressions telles que « Rester sur la run pour taler ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Valentin Kuamba Kuka nous parlera du laboratoire MASAPO qui célèbre la diversité des récits et revitalise l'art du conte. Invité : Simon Paré-Poupart, écrivain, sociologue et vidangeur. Son ouvrage Ordures ! a remporté le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie essai. À retrouver chex Lux Éditions. Programmation musicale : Le groupe Il Est Vilaine avec le titre Ketchup purée.

La chanteuse Suzanne Belaubre sort son premier album Feu de bois. Elle voit la musique en couleurs… Chacune de ses chansons est associée à une teinte particulière. Suzanne Belaubre publie son premier vrai album après une mixtape. Ses chansons, très poétiques, abordent nos imperfections, nos fragilités, nos fêlures. Elle avait envie de faire un pas vers la lumière qu'on porte en soi. L'artiste a la capacité d'associer la musique à des couleurs. À la fin du XIXè siècle, on appelait cela l'« audition colorée ». Aujourd'hui, ce phénomène neurologique porte un nom scientifique : la synesthésie. Et cela se ressent dans sa musique. « Quand je compose au piano, il y a la musique et les mots qui viennent ensemble ». Le disque est volontairement sans percussions, mais non sans rythme : Ce qui importe, c'est la mélodie et le jeu des silences. Son album a été enregistré à Montréal, « J'avais découvert la scène francophone québécoise que je trouvais fantastique. Cela m'a beaucoup enrichie, notamment dans leur manière d'utiliser le langage. C'est très inspirant pour le chant et le déploiement de la voix. » Les arbres, la nature, les oiseaux sont également des thèmes récurrents, presque obsessionnels dans Feu de bois. Suzanne Belaubre explique qu'elle a un rapport particulier aux arbres depuis son enfance. « Les arbres font partie des organismes les plus anciens de notre monde, on découvre énormément de choses sur leur fonctionnement. J'ai besoin de retrouver une mémoire ancestrale bienveillante, et c'est ce que peuvent m'apporter les vieux arbres ». Invitée : Suzanne Belaubre, chanteuse, autrice, compositrice, pianiste, bassiste, beatmaker. Son premier album Feu de bois est composé de dix-huit titres enregistrés à Montréal. Elle sera en concert le 3 juin 2026 à la Maroquinerie en première partie de Marie-Flore. Programmation musicale : - Cosmonaute - À mon rythme - Si je suis un arbre - C'est quoi la suite.

Dans son romain Clément, l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste que lui et ses frères ont subi durant son enfance. Dans cette auto-fiction, Romain Lemire raconte son histoire même si vous avez changé les prénoms des protagonistes : un petit garçon qui vit une enfance heureuse avec ses deux frères et sa sœur au sein d'une famille bourgeoise, aimante, cultivée jusqu'à ce jour de juillet 1983 où son père qu'il admire tant, le réveille une nuit pour abuser de lui. Son père, un professeur de lettres brillant, un homme admiré, séduisant loin de l'image qu'on pourrait s'en faire. Pour préparer le livre, il a fouillé dans vingt-cinq ans d'agendas, quinze ans de photos et relu toutes ses lettres. Le roman évolue au fil des années du narrateur. La première partie du livre est écrite à la première personne : c'est un journal intime qui commence le jour de sa naissance, le 25 juin 1976, à la maternité de Port-Royal à Paris. On entend un bébé parler, commenter ce qui l'entoure avec humour. On le voit grandir, on partage ses joies, ses découvertes, ses étonnements et quand l'innommable se produit, quand il raconte avec l'innocence d'un garçon de 7 ans, ce que son père lui montre et lui demande... Puis c'est le récit de Clément devenu adulte à la première personne, ensuite à la troisième personne, avant un retour au retour au « je » et aux échanges épistolaires avec les membres de sa famille... Avec ce roman, l'auteur entend témoigner et briser le tabou de l'inceste. Les chiffres sont terribles : en France, un enfant est victime d'inceste toutes les 3 minutes; un fléau qu'on retrouve à peu près dans les mêmes proportions partout dans le monde. Invité : Romain Lemire, auteur, parolier et chanteur. Son roman Clément est paru aux éditions Le Cherche-Midi. Clément a remporté le Prix Goncourt du Premier roman. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Faire amende honorable » avec Jean Pruvost, et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : L'artiste Camille Yembé avec le titre Rien à fêter.

L'acteur et metteur en scène Charles Berlin signe la mise en scène du texte « C'est si simple l'amour » dans un dyptique consacré à l'auteur Lars Norén. Un huis-clos à l'humour mordant et aux dialogues acérés. Deux couples d'amis se retrouvent pour fêter la première d'un spectacle mais au fur et à mesure que l'alcool délie les langues, ils vont se déchirer, exposer leurs failles, leur jalousie, leurs trahisons et révéler leurs vrais visages au terme d'une soirée explosive : « Lars Noren voulait écrire ce qui surgissait, sans se censurer », nous précise Charles Berling. Un salon bourgeois comme théâtre de l'explosion intime La pièce se déroule dans un immense salon bourgeois, décoré avec goût : une partie du public est placée sur scène, les spectateurs sont donc assis à deux pas du cœur de l'action « Je voulais matérialiser sur scène le fait qu'on a de moins en moins d'intimité ». Les canapés sont recouverts de draps blancs. « Au début, tout est beau, tout est emballé puis tout se délite ! » Une tragicomédie selon Norén et Berling La pièce oscille entre humour noir et règlements de comptes sans pitié. Les dialogues sont très crus, les insultes foudroyantes : « quand la tragicomédie existe, quand les gens rient et sont effrayés, je suis totalement heureux ». Malgré cela, la pièce ne bascule jamais dans le pathos. « Ce qu'il faut c'est qu'on rentre dans la pièce et qu'elle nous bouleverse, on a fait un grand travail de texte ». « Lost and found » et « C'est si simple l'amour » font partie du cycle des 14 pièces écrites par Norèn entre 1989 et 1995. Invité : Charles Berling, né en 1958 à Saint-Mandé, est un acteur, metteur en scène et réalisateur français. Issu d'une famille de diplomates, il passe son enfance entre l'Asie et l'Afrique, puis se forme au théâtre en France. Révélé au cinéma dans les années 1990, il se fait connaître du grand public avec des films comme « Nelly et Mr Arnaud », « Ridicule » ou « L'ennui ». Il mène en parallèle une importante carrière au théâtre, comme comédien et metteur en scène, et devient aussi directeur de lieux culturels (notamment à Toulon/Châteauvallon). Engagé, il défend une vision exigeante et populaire de la culture, entre cinéma d'auteur, théâtre et projets audiovisuels. Il dirige le Théâtre Chateauvallon Liberté Scène à Toulon. Lars Göran Ingemar Norén est un poète, metteur en scène, dramaturge et auteur suédois, né le 9 avril 1944, à Stockholm en Suède, et mort le 26 janvier 2021. Il est considéré comme l'une des grandes voix du théâtre européen contemporain. Souvent rapproché de Strindberg ou de Bergman, il explorait dans ses pièces, les zones sombres de l'intime : familles en crise, secrets, maladies, solitude, violence sociale, racisme, dérive des marginaux. C'est si simple l'amour : À voir au Théâtre de l'Atelier jusqu'au 1er juillet 2026. Programmation musicale : L'artiste Pépite avec le titre L'amertume.

Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu'on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L'École de la vie, aux éditions Albin Michel. Ils s'appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ». L'École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité. Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m'ont le plus appris ». Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d'autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s'éparpillent au beau milieu d'une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sort encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. » Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d'oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l'adolescence tels que l'homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d'eux comme on parlerait d'une brigade criminelle. Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ». L'autrice publie aussi des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ». Invitée : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire. Elle anime des ateliers d'écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Son roman L'École de la vie est paru aux éditions Albin Michel. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans. Programmation musicale : L'artiste montréalais Mathieu Des Longschamps avec le titre Le vert et le bleu.

Dans le «procès d'une vie», Barbara Lamballais et Karina Testa reviennent sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972... Le spectacle vient d'être récompensé à trois reprises, lors de la dernière cérémonie des Molières. Automne 1972 : au cours d'un procès retentissant, l'avocate Gisèle Halimi obtient la relaxe pour Marie-Claire Chevallier accusée d'avoir avorté, ce qui en ces années-là était interdit par la loi, mais aussi pour sa mère et la femme qui avait pratiqué de manière clandestine cette interruption de grossesse. Ce fut un tournant pour l'histoire des femmes et l'histoire du droit. C'est à partir de cet évènement que Barbara Lamballais et Karina Testa ont écrit Le procès d'une vie. Un texte écrit à quatre mains dont l'écriture a été initiée en 2018 alors que Gisèle Halimi était encore en vie. Un spectacle très documenté sur les faits : elles ont fait appel à des professionnels de la justice pour bien comprendre tous les tenants et aboutissants de l'affaire. En août 1971 : Marie-Claire Chevalier, jeune est âgée de 16 ans. Jeune fille isssue d'un milieu populaire, elle est violée par un élève de son lycée âgé de 18 ans. Elle se retrouve alors enceinte et elle demande à sa mère de l'aider à avorter : l'avortement est alors illégal et passible de cinq ans de prison. De son côté, son violeur est arêté pour une affaire de vol de voiture ; il dénonce Marie‑Claire Chevalier pour avortement clandestin, espérant ainsi obtenir un traitement plus favorable de la justice. Elle est alors poursuivie ainsi que sa mère et les femmes qui l'ont aidée. L'avocate Gisèle Halimi décide de faire de ce procès un acte politique en dénonçant publiquement l'injustice de la loi anti-avortement et en montrant que ce sont surtout les femmes les plus modestes qui en souffrent. Ce procès devient un événement médiatique majeur et suscite un large mouvement de soutien : intellectuels, médecins, militants et une partie de l'opinion se mobilisent. Marie‑Claire est finalement relaxée, et les autres prévenues reçoivent des peines symboliques. L'affaire de Bobigny joue un rôle décisif dans l'évolution des mentalités et prépare le terrain à la loi Veil de 1975, qui dépénalise l'IVG en France. Le spectacle raconte donc un procès, mais aussi un pan de l'histoire de la société française.... Invitées : Barbara Lamballais, autrice et metteuse en scène de la pièce Le procès d'une vie Karina Testa, autrice et comédienne de Le procès d'une vie. À voir au Théâtre du Splendid jusqu'en janvier 2027. Et cet été, à Avignon au Théâtre des Gémeaux du 4 au 25 juillet 2026. Programmation musicale : L'artiste La Ciguë avec le titre la Ache des chiens.

Depuis un coup de fil qui a bouleversé sa vie en 2009, Amaury da Cunha entretient un lien ambigu avec son téléphone portable... En juillet 2009, Amaury Da Cunha apprend le suicide de son frère par un appel téléphonique glaçant. Dans son roman Touche Fantôme, il retrace le rapport qu'il entretient avec son téléphone et son obsession pour les voix car, dit-il, c'est selon lui « la signature la plus intime de l'âme ». Invité : Amaury Da Cunha, journaliste au Monde des Livres, photographe et écrivain né en 1976 à Paris. Son dernier roman Touche fantôme est publié aux éditions de l'Iconoclaste. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Arrête ton char(re) ! » et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : l'artiste Aure avec le titre Orage.

La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s'articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans. Poète par défaut, dit-il, mais poète pour l'éternité ! En 2026, sont célébrés les 80 ans de la parution du recueil le plus célèbre de Jacques Prévert : Paroles. Une poésie de la rue.... ...Oui, mais une poésie savante aussi ! insiste Daniele Gasiglia-Laster. Il écrit avec les mots de tous les jours, tout en réfléchissant sur le langage. C'est une poésie truffée de références culturelles. De ce fait, la poésie de Prévert, accessible à tous, fait de lui un poète d'une modernité extraordinaire selon Daniele Gasiglia-Laster. Mais Prévert ne séduit pas seulement les adultes : sa poésie, souvent transgressive, conquiert aussi les enfants. Des poèmes comme Le Cancre sont adoptés par les instituteurs, qui en font circuler les textes dans les écoles. René Bertelé, l'homme de Paroles En 1946, René Bertelé, éditeur, publie Paroles, un recueil qui va marquer l'histoire de la poésie française. Il y rassemble une sélection de 95 textes écrits par Jacques Prévert entre 1930 et 1944. Ces textes, d'une grande diversité, oscillent entre instantanés réalistes et envolées surréalistes, entre poèmes en rimes et en prose, le tout avec une ponctuation minimaliste. Certains textes tels que Déjeuner du matin capturent des scènes du quotidien, tandis que d'autres s'étirent en réflexions plus longues. Le succès est immédiat : Paroles devient un phénomène, touchant un public bien plus large que les cercles littéraires traditionnels. Prévert et Kosma : de la poésie à la musique Les chanteurs et chanteuses des années 1950 et 1960, comme Juliette Gréco, Cora Vaucaire ou Yves Montand, contribuent à populariser encore davantage ses textes en les adaptant à la chanson. Gréco, par exemple, réinterprète à sa manière des poèmes initialement écrits pour Arletty, Je suis comme je suis transformant des textes tragiques en performances inoubliables. Parallèlement, sa collaboration avec le compositeur Joseph Kosma, un immigré hongrois, donne naissance à des chansons emblématiques comme À la belle étoile, renforçant encore son influence culturelle. Invitées : Daniele Gasiglia-Laster, auteure et critique littéraire. Spécialiste de Jacques Prévert, elle a fait publier ses œuvres complètes dans la collection, Eugénie Bachelot-Prévert petite-fille de Jacques Prévert. Jacques Prévert (1900–1977). Poète et scénariste français. Né à Neuilly-sur-Seine, il grandit à Paris et abandonne tôt ses études. Après son service militaire, il fréquente les surréalistes dans les années 1920 (notamment le groupe de la «rue du Château») sans s'y intégrer durablement. Anticonformiste, anticlérical, anticolonialiste, antimilitariste, il se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste pour le cinéma (Quai des brumes, Les Enfants du paradis, Le Jour se lève). Son premier recueil de poèmes, Paroles (1946), devient un succès populaire. Il écrit aussi des chansons (Les Feuilles mortes), des pièces de théâtre et des textes pour des albums jeunesse. Il meurt à Omonville-la-Petite (Manche) en 1977. Avec également un reportage au «Moulin à paroles», un atelier collaboratif avec des professionnels et des amateurs initié par Serge Hureau, le directeur du Hall de la chanson. Programmation musicale : Juliette Gréco avec le titre Je suis comme je suis et Fred Nevché avec le titre Tentative de descriptif d'un diner de têtes à Paris-France.

La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s'articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans.Egalement invitée, l'autrice Sonia CHIAMBRETTO, invitée d'honneur du festival. Se glisser sous une yourte pour une demi-heure de lecture, participer à un atelier de chansons, assister à une pièce de théâtre sur les jurons, à une lecture dans un cloître ou à une conversation autour de l'œuvre : chaque année, au week-end de l'Ascension, la ville de La Charité-sur-Loire célèbre le mot sous toutes ses formes. Un festival axé sur le partage et l'accueil Créé en 2005 à La Charité-sur-Loire, le Festival du Mot s'est installé en 2014 au cœur du prieuré de la cathédrale du XIᵉ siècle, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2019, il prend une nouvelle dimension et devient Le Festival Aux Quatre coins du mot, un événement résolument tourné vers « le partage, la bienveillance et l'accueil », comme le souligne Philippe Lemoine, son directeur. Pour cette nouvelle édition, le festival célèbre les 80 ans de Paroles, le célèbre recueil de poésie en vers libres de Jacques Prévert, dont l'esprit libre et populaire continue d'inspirer. Sonia Chiambretto : des mots pour les oubliées Sonia Chiambretto, poète et autrice invitée d'honneur du festival, explore à travers ses œuvres Peines mineures ou Supervision — publiées aux éditions de l'Arche — des récits marqués par l'histoire et la singularité des voix oubliées. "La poésie, c'est vraiment l'endroit de la recherche, il y a beaucoup de choses qui arrivent dans la langue, des petites révolutions, comme avec l'écriture inclusive. La langue porte quelque chose de très fort" Peines mineures, texte de commande, plonge dans les archives des jeunes filles élevées au sein de la Congrégation religieuse fondée en 1835 et dont les méthodes d'éducation ont peu évolué. Mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo avec Inès Quaireau, cette œuvre allie dimension documentaire et écriture poétique, où Sonia Chiambretto travaille « au son, à l'oreille » et « organise les silences », s'appuyant sur des archives des années 1950 à 1970. Pour elle, « il n'y a pas de gens ordinaires, chaque personne a une singularité ». Invités : Sonia Chiambretto, poète et autrice, invitée d'honneur du festival. Ses textes, Peines mineures, et Supervision sont oubliés aux éditions de l'Arche et Philippe Lemoine, directeur de la Cité du Mot. Avec également le reportage sur le groupe « Les fouteurs de joie », un collectif de cinq artistes, auteur, comédiens et interprètes de chansons qu'ils mettent en scène. Programmation musicale : Les artistes « Les fouteurs de joie » avec le titre Tardivement.

Le metteur en scène Ludovic Lagarde met en scène le texte du dramaturge Martin Crimp Des hommes endormis. Une pièce à voir à l'Athénée jusqu'au 24 mai. Amour, boulot, pouvoir, désir : deux couples tâtonnent, tentent de faire le point, pour se dire… ou ne pas se dire des choses, le temps d'une nuit, une nuit propice à la parole et à la divagation. Le texte de Crimp est fait de conversations, un peu hachées, un peu fragmentaires, où l'exploration du thème de la violence n'est jamais loin. La pièce démarre à deux heures du matin : Paul, qui crée de la danse, et Julia, critique d'art contemporain. Ce couple de quinquagénaires sans enfants mais qui a réussi socialement s'interroge sur son avenir quand surviennent Joséphine – assistante de Julia – et Tilman, jeune couple, futurs parents, invités par Julia. Invités : Ludovic Lagarde, metteur en scène. Il a mis en scène de nombreux auteurs du répertoire – Shakespeare, Tchékhov, Brecht –, mais aussi des auteurs plus contemporains tels que Samuel Beckett, Harold Pinter, Sarah Kane ou encore Olivier Cadiot avec lequel il a beaucoup collaboré. Il met en scène Des hommes endormis. Laurent Poitrenaux, comédien. Il travaille avec Ludovic Lagarde depuis près de 40 ans. Il joue le rôle de Paul dans la pièce. Le texte Des hommes endormis a été écrit par Martin Crimp, un auteur britannnique contemporain né en 1956. Dans ses textes, il aborde, avec un humour grinçant, la question de la violence. Il est l'un des auteurs de théâtre vivants parmi les plus importants. La pièce Des hommes endormis a été créé en 2018 pour la troupe du Deutsche Schauspielhaus à Hambourg. Le texte a été traduit en français par Alice Zeniter, qui a consacré sa thèse à l'auteur britannique et publié aux éditions de l'Arche. À voir au Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 24 mai. Programmation musicale : L'artiste Ofé et son titre Je sais que tu m'aimes.

La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026. D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique. « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris. Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert. Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.

Ludmilla Dabo présente son nouveau spectacle Musiques en héritage, au Théâtre de la Tempête : une création au carrefour du récit et du concert où chacun raconte sa famille, en chansons. Sur scène, six artistes, comédiennes, musiciens, à l'invitation de Ludmilla Dabo pour parler de leurs musiques préférées ou, plus précisément, raconter les mélodies de l'enfance, les premières chansons entendues ou chantées. «Musiques en héritage» est le nouveau spectacle de Ludmilla Dabo qui a toujours mis la musique au cœur de ses projets depuis une quinzaine d'années. Reprise, featuring, remix… un spectacle collaboratif Parce que la musique est faite pour être partagée, Ludmilla Dabo s'associe à cinq autres artistes (Anthony Capelli, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand et Élise Vigier), qui l'accompagnent et se dévoilent au fil d'une soirée aux airs de veillée autour d'un feu de camp. Elle souligne d'ailleurs un travail mené « en toute collectivité ». En invoquant les sons qui ont bercé leur enfance, ils renouent avec leurs parents, entretiennent le souvenir des proches qui les ont quittés. En quelques révolutions du tourne-disque, le tour est joué ; on peut remonter le temps. Ludmilla Dabo évoque sa mère et ses tantes qui pouvaient danser sur du James Brown et retrouver leurs vingt ans. Pas de nostalgie pour autant : en reprenant les titres que d'autres leur ont fait découvrir, les six interprètes se les réapproprient. Un héritage à partager La musique, c'est le temps qui passe. Les mélodies, comme les années, se suivent sans se ressembler. Louis transmet un air traditionnel breton à ses collaborateurs, air qui lui vient de son grand-père, Kaloune choisit de mettre à l'honneur le maloya et chante en créole réunionnais. Ludmilla Dabo rappelle que le maloya fait aussi partie de notre patrimoine en tant que français, qu'il est la « mémoire d'un territoire » et qu'il fait partie de la musique qu'on reçoit en héritage. Selon la formule employée par Ludmilla Dabo, la musique trace « un chemin », jalonne un parcours individuel ; et souvent, ces chemins se rencontrent. Comme lorsque Gilles Normand, le guitariste, révèle au reste du groupe qu'il a été membre des Poppys quand il était petit garçon. En guise de réponse, la troupe entonne Non, non rien n'a changé, et le public aussi s'y met : la salle se lève, chante, danse, applaudit. La musique nous relie les uns aux autres. Un objectif que Ludmilla Dabo cite dans le programme du spectacle : nous permettre d'« être de concert ensemble ». De mère camerounaise, elle ne parle pas le bassa, mais elle peut le chanter. C'est justement avec un cantique en bassa qu'elle a appris des femmes de sa famille qu'elle commence chaque représentation. Pas de barrière de la langue : tout ce qui peut se dire en musique se passe de traduction. Diplômée du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris (CNSAD) en 2010, c'est autour d'elle que David Lescot crée son Portrait de Ludmilla en Nina Simone, un portrait musical où la comédienne revient sur la vie d'une icône du blues. Elle remporte dans ce rôle le prix du Syndicat de la Critique en tant que comédienne de l'année 2021. Elle monte son premier spectacle My Body is a Cage en septembre 2021. Elle écrit, met en scène et joue dans une proposition pour l'événement Vive le Sujet du Festival d'Avignon 2022. Elle est artiste associée à La Comédie de Caen – CDN de Normandie. Invitée : Ludmilla Dabo, comédienne, chanteuse et metteuse en scène française. Son spectacle « Musiques en héritages » est à voir au Théâtre de la Tempête jusqu'au 24 mai 2026. Programmation musicale : l'artiste Aya Nakamura avec le titre Sexy nana.

Après Tè Mawon et Les Choses immobiles, l'auteur Michael Roch publie «Kò Mawon» un roman d'anticipation et d'imagination. Invité : Michael Roch, écrivain français né en 1987. Il vit actuellement en Martinique. «Kò Mawon» est publié aux éditions La Volte. Programmation musicale : L'artiste Vonfelt avec Leskop avec le titre La Nuit.

Dans cette nouvelle création, «Ici sont les dragons», la metteuse en scène Ariane Mnouchkine, raconte en deux époques la montée des totalitarismes. Dans la première partie, 1917 : la victoire était entre nos mains, la metteuse en scène et ses comédiens remontent le fil de l'Histoire jusqu'à la révolution russe de 1917. La première époque met en scène Lénine, Trotski et Staline et dévoile la manière dont une révolution peut être confisquée à un peuple par quelques hommes, tandis que la deuxième période couvre les années 1918-1933 et la montée du nazisme jusqu'à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et se nomme «Choc et mensonges» : un titre emprunté à Goebbels, ministre de Propagande d'Hitler... Une fresque historique en deux époques L'histoire débute à la fin de l'année 1916: trois femmes de noir vêtues, portant une lanterne s'avance sur scène et nous disent... «et souviens-toi, tout commence toujours par une guerre...». Mais il faut revenir à la toute première image projetée en fond de scène : une vidéo de Vladimir Poutine, face à laquelle le personnage de Cornélia le somme de se taire… Pour la metteuse en scène, l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 a été le déclencheur de cette nouvelle création «Ça a été un tel choc. Comment est-ce possible qu'aujourd'hui un pays en Europe puisse en envahir un autre ? Comment arrive-t-on de cette Révolution à Poutine avec cette inguérissable impérialisme ?» "Tout ce que les personnages disent, ils l'ont soit dit, soit écrit" Une force d'incarnation dans la mise en scène L'une des surprises tient au traitement des voix : la plupart sont enregistrées, le spectateur n'entend donc pas la voix du comédien. On entend une voix, on voit un autre corps… Cela est lié à la présence de plusieurs langues étrangères dans le spectacle : «On a essayé de faire le spectacle en français, mais cela faisait bizarre de voir Lénine parler en français ! On perdait l'époque, l'étrangeté, l'historicité». Tous les comédiens portent des masques ou des demi-masques qui les font ressembler aux personnages mais cela ne tient pas seulement à la passion qu'Ariane Mnouchkine voue aux masques «C'est un outil extraordinaire pour l'acteur. Pour qu'on croit que Lénine est en scène, il fallait le masque, autrement, ça aurait été un acteur qui essaye de ressembler à Lénine. Ici c'est l'incarnation qui rentre en scène et sorte de l'oubli». Pour Ariane Mnouchkine, le spectacle est une alerte, il parle d'aujourd'hui. «Un spectacle peut et doit parfois être un tocsin. Pas un glas, mais un tocsin. Le tocsin réveille, le glas annonce la fin, la mort. Les dragons, ce sont des tocsins». Invitée : Ariane Mnouchkine (née en 1939) est une metteuse en scène française majeure, fondatrice du Théâtre du Soleil en 1964. Sa troupe s'installe à la Cartoucherie de Vincennes en 1970. Elle a créé un théâtre collectif, engagé et populaire, mêlant travail d'ensemble, recherche esthétique (influences orientales, masque, clown, commedia dell'arte) et réflexion politique : créant des «théâtres-mondes». Elle a signé des mises en scène marquantes de classiques (Molière, Shakespeare, Eschyle) et de créations contemporaines, et a aussi réalisé pour le cinéma, notamment « Molière » (1978). Ici sont les dragons : à voir au Théâtre du Soleil jusqu'au 31 mai 2026.

Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur, publie Les chemins écarquillés, un premier roman aux accents post-apocalyptiques. C'est une course poursuite, à toute allure, comme dans un film de genre : Les chemins écarquillés est le premier roman d'Aurélien Blanchard, connu jusque-là pour être éditeur et traducteur. Il raconte la cavale de Braque, un ex-taulard à peine sorti de prison et de Victor, la créature qui fuit pour finalement échapper au zoologue Ernest Choisuel qui en veut à la vie de la créature, et à monsieur Petit, un flic solitaire, à leurs trousses. Invité : Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur. Il a été éditeur pendant près de vingt ans. Les chemins écarquillés, publié chez Christian Bourgois, est son premier roman. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française que Lucie choisit de décrypter avec Jean Pruvost, lexicographe. Avec la complicité des élèves de l'école Arago. Programmation musicale : Les artistes Clovis et Lemofil avec le titre Un bleu si bleu.

Pour ce premier roman, le dramaturge congolais Jocelyn Danga utilise le parler cru de Kinshasa pour nous raconter l'histoire de Muntu, un professeur de lycée désabusé qui va partir à Metz... Il s'appelle Muntu. En langue bantoue, cela veut dire « homme » ou « humain ». Et le roman de Jocelyn Danga est fait de ses attentes, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses colères et son amour pour Moro, la mère. Il partage le quotidien de millions de Congolais ou du moins de Kinois, qui ont fait de la débrouille un art : « Se débrouiller ou mourir, ce devrait être le slogan de Kinshasa ». Il va donc partir, en France, avec un plan foireux mais légalement après s'être fait virer de son poste d'enseignant après avoir abusé d'alcool. La premère partie du roman se passe à Kinshasa. L'auteur raconte avec des mots assez durs, le quotidien de Kinshasa avec ses bruits, ses odeurs mais aussi avec sa géographie de la ville avec ses noms de rues, de boulevards et ses spécialités. Il critique également le système scolaire miné par la corruption avec des élèves qui « ont un creux béant dans le crâne ». Jocelyn Danga explique « qu'on sacrifie la jeunesse, avec la corruption ». Invité : Jocelyn Danga, est un poète et dramaturge congolais de Kinshasa. En 2024, il a écrit une dizaine de pièces dont deux sont éditées Un oiseau à l'aube (éditions Passage(s) et Cette lettre que je t'écrirai peut-être jamais (éditions Nzoï). En 2024, sa pièce « Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel » est lue dans le cadre du cycle « Ça va, ça va le monde ! » au Festival d'Avignon. Une pièce qui abordait déjà le thème de l'immigration. Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad, est son premier roman. Il vit à Chambéry depuis plusieurs années. À écouter aussiJocelyn Danga Motty (République démocratique du Congo): «Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel» Programmation musicale : L'artiste Ray Lema avec le titre Partage.

L'auteur Ismael JUDE a deux actualités littéraires avec Une vie de Jasmin, un roman publié aux éditions Verticales mais aussi avec un atlas, En France : sur les pas de personnages de romans, publié chez Autrement. Connaissez-vous la France de Madame Bovary, celle de Lancelot du Lac ou encore celle d'Augustin Meaulnes ? Autant de héros qui ont arpenté villes et campagnes, donnant à certains paysages une aura, comme la Provence de Marcel Pagnol. De Desvres à Pointe-à-Pitre, avec une escale à Porto-Vecchio, ce voyage littéraire suit les traces de personnages qui ont façonné notre imaginaire, héros comme anti-héros. Un atlas pour du tourisme littéraireCet atlas offre une véritable occasion de faire du tourisme littéraire, de vivre, aimer et mourir avec les héros des romans. Une quarantaine de destinations sont proposées, on y trouve des itinéraires, mais aussi des cartes pour identifier les lieux de ces personnages. Tout commence avec Balzac qui, inspiré par Walter Scott, veut écrire l'histoire récente de la France en répartissant ses romans sur tout le territoire. Il commence par décrire la ville de Tours et ses alentours. On y croise aussi des portraits du Havre, de Toulon, de Marseille.Certaines villes ou régions sont devenues indissociables d'un auteur : Chateaubriand et Saint-Malo, la Provence et Pagnol. Quelques régions sont toutefois surreprésentées, comme la Normandie ou la Provence. Et certains écrivains se sont arrangés avec la réalité : certains auteurs se sont quelque peu arrangés avec la réalité: Trouville n'est plus le petit port de pêche paisible des romans de Flaubert. Cependant, l'émission y reste présente. D'autres territoires, comme le Pays basque ou le Béarn, sont au contraire moins bien représentés. Cet atlas met en avant une véritable dimension patrimoniale de la littérature : plein de références littéraires Une vie de Jasmin, un roman éco-poétiqueIsmael Jude publie également un roman. C'est l'histoire assez extraordinaire, d'une jeune femme-fleur prénommée Jasmin, qui s'écrit étrangement avec des caractères arabes et dont les parents se sont rencontrés sous le signe des fleurs, avant de les détester Jasmin aime les fleurs et qui ne vit que par les odeurs. Elle a un lien très fort avec les fleurs puisque son corps se recouvre de fleurs ou de herbes diverses. Mieux encore : quand Jasmin marche pieds nus, sur ses traces poussent des fleurs. Elle pratique une sorte de “dermaculture” et se drogue au glyphosate…Un roman éco-poétique écrit entre La Ciotat et Grasse dans une langue rare et sensuelle qui permet de renouer avec le végétal qui est en nous.L'auteur a beaucoup joué avec les mots et le champ lexical des plantes Invité : Ismaël Jude, romancier et docteur en littérature. Auteur de En France : sur les pas de personnages de romans, publié chez Autrement. Il vient également de publier Une vie de jasmin, aux éditions Verticales. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Nouakchott, en Mauritanie, pour parler du concert autour de la chanteuse de jazz Leïla Olivesi qui s'est profondément inspirée de la littérature et des poèmes de la négritude (Aimé Césaire, Senghor, Glissant, David Diop) pour son album African Rhapsody avec également une rencontre littéraire, le 6 mai 2026. Cette rencontre poétique et musicale mettra en scène les voix des écrivains Mbarek Ould Beyrouk et Salihina Moussa Konaté à l'Institut français de Mauritanie. Programmation musicale : L'artiste Aupinard avec le titre Le Thé

Il y aurait 396 millions de francophones selon le dernier rapport de l'Observatoire de la langue française qui compte les locuteurs du français pour le compte de l'OIF, l'Organisation Internationale de la Francophonie. En quatre ans, on compte 48 millions de francophones de plus. Une progression spectaculaire, portée par une nouvelle manière de compter… et par le dynamisme du continent africain. Des chiffres en forte hausse Selon le dernier rapport, la planète compte désormais 396 millions de francophones. En seulement quatre ans, cela représente 48 millions de locuteurs supplémentaires. Avec ce nouveau comptage, la France passe du 5ᵉ au 4ᵉ rang mondial. Mais l'essentiel n'est plus là : la francophonie se joue de plus en plus en dehors de l'Europe. Une nouvelle façon de compter les francophones Pour ce nouveau rapport, l'OIF a adopté une méthode de dénombrement plus proche de la réalité. Les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud sont désormais pris en compte. Si cela peut faire débat, cela reflète mieux la place du français dans les trajectoires éducatives selon Mohamed Embarki. Cette méthode est validée par le linguiste Comlan Fantognon, qui s'étonnait que ces élèves ne soient pas inclus dans les précédents classements. Elle s'inscrit dans la ligne de l'OIF, engagée de longue date pour la diversité linguistique. Une francophonie qui bascule vers le Sud Selon ce rapport, la francophonie change de visage. Dans les pays du Nord, la progression est faible, elle reste limitée en Afrique du Nord, tandis que sa croissance est très forte en Afrique subsaharienne : près de 60% des francophones vivent aujourd'hui en Afrique ! La République démocratique du Congo devient le premier pays francophone du monde, avec environ 66 millions de francophones. L'espace africain redéfinit désormais le centre de gravité de la francophonie. Ce basculement semble lié à une scolarisation en net progrès depuis une vingtaine d'années. Langues locales et langue française : un équilibre à trouver Dans plusieurs pays, le français n'est plus toujours la seule langue officielle. Pour Comlan Fantognon, l'enjeu n'est pas d'opposer le français aux langues locales, mais de trouver un équilibre. En Afrique, le français n'est pas une langue rejetée. Au contraire, il est demeure un atout déterminant pour l'employabilité et perçu comme utile et porteur d'opportunités. « C'est une langue d'emploi et une preuve d'ascension sociale ». Mais beaucoup souhaitent que les langues locales aient davantage de place, notamment à l'école. Des études montrent même que dans les pays bilingues, où les langues locales sont réellement intégrées, le français se porte parfois mieux que là où elles sont tenues à l'écart. Plus les langues locales sont reconnues, plus le français évolue, s'adapte et se renforce.... À l'horizon 2070, les projections estiment entre 498 et 527 millions de francophones dans le monde. Invités : - Mohamed Embarki, responsable de l'Observatoire de la langue française. - Comlan Fantognon, enseignant chercheur à l'université de Grenoble en didactique des langues et des cultures. Avec également le reportage de Camille Simon à Bruxelles. Programmation musicale : L'artiste Fally Ipupa avec le titre Ma Diva.

Dans son ouvrage, Juliette Mita crée un espace de rencontre entre rap et littérature et fait dialoguer rappeurs et auteurs pour montrer comment leurs univers se répondent et s'enrichissent mutuellement. Sur son compte Instagram Mots Croizés, la journaliste Juliette Mita, influenceuse-entremetteuse, forme des couples improbables en associant rappeurs et auteurs canoniques de la littérature : Shay et Sagan, Jul et Maupassant, Orelsan et Kafka, autant de duos délibérément iconoclastes qui suggèrent une certaine porosité entre les arts. À ceux qui ne jurent que par « Réda », trilogie de titres où le rappeur Lacrim déroule un sanglant récit de vengeance, elle conseille la lecture du Comte de Monte-Cristo. Trahison, incarcération, rétribution : les deux textes présentent en effet, dans les grandes lignes, des trames similaires. D'après Juliette Mita, cette démarche de comparaison vise davantage à sortir Dumas de la naphtaline qu'à légitimer Lacrim. Le rap est légitime selon ses propres codes, et c'est plutôt lui qui pourrait nous permettre d'appréhender des œuvres dont la langue a vieilli. Car le rap est bien « l'expression la plus évoluée de la littérature », dernier héritier d'une longue tradition d'écriture qui traverse aussi bien le roman du XIXè siècle que la chanson à texte de Léonard Cohen et Léo Ferré… La littérature est, à l'origine, orale, et le rap, slamé, scandé, déclamé, nous le rappelle l'autrice. Un dialogue plus qu'une filiation Pour autant, les rappeurs ne sont pas les disciples des écrivains et n'ont aucun devoir de s'intéresser à la littérature. Juliette Mita ne parle ni d'inspiration ni d'intertextualité : nul besoin de prétendre que Dinos a lu Duras pour rapprocher Les pleurs du mal de La douleur. Invitée : Juliette Mita est journaliste et fondatrice de @MotsCroizés. Son ouvrage Rap : littérature 2.0 est publié aux éditions Leduc. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Être fleur bleue » une expression poétique. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes : Zuukou Mayzie et Oxmo Puccino avec le titre Dune 2.

Le metteur en scène Jean Bellorini met en scène le roman du lauréat du Prix Goncourt 2018 « L'ordre du jour » d'Éric Vuillard. Dans les moindres détails, Éric Vuillard raconte dans son récit L'ordre du jour le rendez-vous entre Hitler et les industriels allemands, le 20 février 1933, mais aussi le diner entre Chamberlain alors Premier ministre britannique et Ribbentrop, ambassadeur d'Allemagne en Angleterre ou encore les préparatifs à l'invasion de l'Autriche par l'Allemagne en mars 1938… Ce roman couronné par le Prix Goncourt en 2017 est aujourd'hui adapté par Jean Bellorini à la Comédie française. Du roman à la scène Ce n'est pas la première fois que Jean Bellorini adapte un roman au théâtre, puisqu'il avait déjà mis en scène Les frères Karamazov de Dostoïevski, À la recherche du temps perdu de Proust ou encore les Misérables de Hugo. « C'est ce qu'il y a de plus théâtral selon moi, le théâtre récit. C'est très important de se retrouver autour d'une oeuvre ». Rendre hommage au théâtre Pour incarner les vingt-quatre pardessus noirs inquiétants, ces industriels allemands qui pénètrent dans la résidence officielle du président, Jean Bellorini fait appel à quatre comédiens de la Comédie-Française, affublés de masques rappelant ceux des carnavals du nord de la France. À leurs pieds, vingt-quatre paires de chaussures noires, savamment disposées en carré, complètent ce tableau. Derrière les masques, les figures de pouvoir paraissent d'autant plus fortes… et d'autant plus inquiétantes. Quant au dîner entre Chamberlain et Ribbentrop, il se métamorphose en cabaret clownesque. Ce dispositif confère aux personnages une dimension grotesque et distanciée, en forme de clin d'œil à Brecht. Il s'agit de « rendre plus intelligent par l'émotion et le rire ». Invité : Jean Bellorini. Né le 18 juin 1981 à Paris, Jean Bellorini est un metteur en scène de théâtre français. Ses mises en scène ont été récompensées par plusieurs prix, notamment le Molière du metteur en scène d'un spectacle du théâtre public en 2014. Il est nommé directeur du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en novembre 2013. Il dirige ensuite le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne à partir de 2020. Il dirigera le Théâtre de Carouge en Suisse dès janvier 2027. Il a mis en scène de nombreux auteurs, classiques comme contemporains : Tchekhov, Victor Hugo, Shakespeare, Novarina. Programmation musicale : L'artiste le Rat Luciano avec le titre Au nom de...

Durant tout le mois d'avril, le Centre de Transcription et d'Édition en Braille propose aux déficients visuels de faire imprimer le livre de leur choix transcrit en braille. Voilà deux cents ans, Louis Braille, un jeune Français devenu aveugle invente un alphabet qui va permettre à des millions de déficients visuels d'accéder à la lecture... Le braille, un alphabet, un code inventé par Louis Braille Louis Braille (1809-1852) est un inventeur français, devenu aveugle à l'âge de trois ans à la suite d'un accident dans l'atelier de son père. Malgré son handicap, il poursuit une scolarité brillante et intègre l'Institution royale des jeunes aveugles. En 1825, âgé de quinze ans, il développe un système d'écriture tactile à points saillants : le braille. Inspiré par une méthode de communication nocturne conçue par Nicolas-Charles-Marie Barbier de La Serre pour l'armée, il simplifie et adapte ce principe pour créer un alphabet composé de points en relief, permettant aux aveugles de lire et d'écrire de manière autonome. Son système, basé sur six points organisés en cellules, offre une accessibilité aux textes, à la musique et même aux mathématiques ce que ne permettait pas l'alphabet inventé par Barbier de la Serre. Il faudra près de 25 ans pour que ce système soit adopté en France ! Le braille n'est donc pas une langue, mais un code. À chaque caractère d'imprimerie, correspond un code. On doit donc d'abord apprendre sa langue maternelle avant de pouvoir lire en braille nous explique Denis Guérin du CTEB. Aujourd'hui utilisé dans le monde entier, ce code est un système universel qui varie selon les langues. Il a transformé la vie des personnes malvoyantes en leur donnant accès à l'éducation et à la culture. Favoriser l'édition de livres en braille Manque de professeurs, manque de manuels : aujourd'hui seulement 15% de déficients visuels lisent le braille. C'est la raison pour laquelle, durant tout le mois d'avril, le CTEB à Toulouse propose aux déficients visuels d'éditer le livre de leur choix. C'est la première initiative de ce genre. Cela coûte très cher d'éditer un livre. Seulement 4% des livres sont adaptés en braille aujourd'hui, nous précise Denis Guérin. Le braille est aussi très utilisé au Cameroun depuis les années 1960 : Coco Bertin qui dirige le CJARC à Yaoundé. Ce centre propose une formation à la lecture et à l'écriture en braille, mais aussi la production de livres en braille : Nous sommes de plus en plus sollicités partout en Afrique pour former à la lecture et à l'écriture en braille. Il y a énormément de sensibilisation et de plus en plus d'écoles inclusives. Le braille sera peut-être inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO d'ici la fin 2026. Invités : - Denis Guerin, chargé de communication du CTEB (Centre de Transcription et d'Edition en Braille) basé à Toulouse. C'est le seul centre de transcription français des livres en braille en France. - Coco Bertin, expert en développement inclusif et directeur général du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC). C'est une ONG qui s'occupe de la formation et de l'insertion sociale des personnes déficientes visuelles. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire pour parler du SILA le Salon Internationale du Livre Africain qui réunit une vingtaine de pays et qui met à l'honneur cette année, le Liban. Programmation musicale : L'artiste Von Felt, avec le titre Tais-toi ! un titre en français.

Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre. Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

C'est le moment ou jamais de pousser la porte et d'aller chez votre libraire… Deux dates importantes : 23 avril, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, et samedi 25 avril, la Fête de la librairie indépendante, initiée voilà presque 30 ans par Marie-Rose Guarnieri. Invitées : Marie-Rose Guarnieri, libraire française, dirige la Librairie des Abbesses à Paris, créatrice du Prix Wepler et de la Fête de la librairie indépendante Audrey Neveu, gérante de la librairie Les 2 GeorgeS à Bondy et à Bobigny, en région parisienne. 420 millions de livres sont vendus chaque année, près d'un livre sur deux est acheté en librairie indépendante À l'origine de la Fête de la librairie indépendante, la Sant Jordi, une fête catalane. Initiée il y a près de trente ans par Marie‑Rose Guarnieri, libraire à Montmartre, cette journée s'enracine dans une histoire de résistance. Sous le franquisme, le 23 avril était la seule journée durant laquelle écrivains, intellectuels et opposants au régime pouvaient manifester dans les rues, livres et roses à la main, pour réclamer le retour à la démocratie et la liberté de publication. En France, la Sant Jordi coïncide avec la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur. Elle rappelle le rôle fondamental des libraires : ceux qui choisissent les livres, rémunèrent les auteurs, défendent la pluralité des voix et rendent visible une profession essentielle à la vie démocratique. Aujourd'hui, sur les 3 000 librairies indépendantes en France, plus de 700 participent à cette fête en France, en Belgique et en Suisse francophones, offrant à chaque lecteur un livre et une rose. Et plus de 80 pays participent à cette journée. Libraires indépendants : un métier fragile Marie‑Rose Guarnieri et Audrey Neveu dressent un portrait sensible du métier de libraire aujourd'hui. Qu'il s'exerce à Paris ou en province, ce métier est marqué par une grande fragilité économique, mais porté par une conviction forte. Conseillers, médiateurs, découvreurs de lecteurs, ils travaillent au quotidien à élargir l'accès au livre, notamment auprès des jeunes, et à maintenir des fonds exigeants, loin des seules logiques commerciales. Édition et liberté de publication Le secteur de l'édition a connu de gros bouleversements ces derniers temps avec le rachat du groupe Hachette par Vincent Bolloré, soit une cinquantaine de maisons d'édition, et le départ de la maison Grasset de plus de 200 auteurs qui a fait suite au licenciement de son directeur historique, Olivier Nora. Pour Marie-Rose Guarnieri, « il s'est attaqué à la valeur de ce mystérieux lien qu'il y a entre un auteur, un éditeur et de la sécurité que doit être une maison d'édition, et surtout la liberté de publication et d'idées, la diversité littéraire qu'il doit y avoir dans une maison d'édition ». À lire aussiCrise dans l'édition française : le président Macron veut défendre le «pluralisme éditorial» Et l'expression du jour dans La puce à l'oreille, une chronique de Lucie Bouteloup : « montrer patte blanche ». Explication de Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions du Robert. Musique : « Ce que tu veux » de Creol et Eboloko, un duo 100% gabonais !