L'actualité sur le terrain avec les reportages et enquêtes de nos correspondants. RFI propose, du lundi au vendredi, un grand reportage et des enquêtes réalisés par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde.

Aujourd'hui, une édition spéciale Ukraine. L'invasion russe du pays vient d'entrer dans sa 5è année. Le front s'est quasi figé avec avantage aux forces russes. 20% du territoire dans l'Est, avec la Crimée conquise auparavant. En 2è partie, nous serons aux côtés de ces réfugiés qui continuent d'arriver en Pologne, il s'agit de ces Ukrainiens pour qui il était trop difficile de partir au début de la guerre. Souvent âgés ou handicapés, ils ne font qu'un passage par Varsovie avant un autre horizon. Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l'Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité (documentés par l'ONU). Particulièrement en territoire occupé. Alors que les combats continuent, qu'un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages. Si tous les jours, d'autres violations viennent allonger la liste, cela n'annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient… Un Grand reportage d'Emmanuelle Chaze qui s'entretient avec Jacques Allix. La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés Depuis l'invasion partielle de l'Ukraine en 2022, 90% des réfugiés sont passés par la Pologne. Près d'un million d'Ukrainiens se sont établis dans le pays. Mais, avec le temps, la solidarité dopée par la peur de voir les Russes envahir le sol polonais s'est érodée. Un sentiment anti-ukrainien s'est même développé. Et les aides aux réfugiés se sont taries. Les Ukrainiens qui continuent de passer la frontière sont ceux qui étaient malades ou infirmes ou trop précaires, pour fuir dès le départ. Ils ont souvent besoin d'un accompagnement, et ne sont accueillis que par des bénévoles, qui leur proposent de migrer vers d'autres pays. Un Grand reportage d'Adrien Sarlat qui s'entretient avec Jacques Allix.

Comment protéger les poissons ? Surpêche, chalutage illégal : souvent bien difficile de repérer les fraudeurs. Le long des côtes cambodgiennes, une solution se dessine. 5 000 blocs de béton sont en train d'être disposés sous l'eau pour dissuader les pécheurs de venir traîner là leurs filets. Historiquement au Cambodge, on mange surtout du poisson d'eau douce issu du Mékong. Pour diversifier la ressource, on regarde maintenant vers la mer. Mais déjà, des menaces planent. Face aux techniques plus performantes de chalutage pirate, l'organisme MCC a donc développé un projet en béton. « Au Cambodge, parpaings contre chalutiers », un Grand reportage de Juliette Buchez épaulée de Len Leng.

Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l'Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu'il prétend victimes d'un « génocide ». (Rediffusion du 10 décembre 2025) De notre envoyé spécial de retour de Johannesburg Les démentis sud-africains n'y changent rien. Washington sanctionne : boycott du G20 organisé à Johannesburg, exclusion de l'Afrique du Sud du prochain sommet États-Unis/Afrique et, surtout, décisions économiques lourdes, notamment des droits de douane de 30% sur les exportations sud-africaines. Pour East London, ville du Cap-Oriental dont l'économie dépend largement de l'usine Mercedes-Benz, la punition américaine est un séisme. Sur le port d'East London, la scène est pourtant immuable : rangées de berlines alignées sous les projecteurs, grues immobiles dans l'air salin, ouvriers qui s'affairent en attendant les navires. Dirk Botes, responsable clientèle, détaille l'organisation du terminal automobile : « Cette zone peut préstocker environ 1 400 voitures. Dans le hangar là-bas, un peu moins de 4 000, et sur l'esplanade ouverte environ 1 500. » Ce soir, un navire doit pourtant accoster avec plusieurs heures de retard, perturbé par le mauvais temps. « Il va charger ces véhicules, décharger ceux qui arrivent d'Europe, puis on recommencera avec le bateau suivant », explique-t-il. Ce ballet, autrefois parfaitement réglé, s'est ralenti au fil des mois. Le port exporte de moins en moins de voitures, essentiellement des Mercedes Classe C dont les ventes déclinent depuis plusieurs années. Sphiwe Mthembu, le directeur du port, ne masque pas son inquiétude : « La situation nous touche directement. Quand un constructeur présent depuis soixante-cinq ans commence soudain à souffrir d'une baisse de volumes, cela nous affecte immédiatement. Nous recevons des conteneurs destinés à l'usine : si l'usine tourne moins bien, le port en subit l'impact. Nous devons absolument garder Mercedes-Benz ici et attirer un deuxième grand constructeur. C'est vital pour l'économie locale. » En ville, la chambre de commerce suit de près la situation. Sa directrice, Lizelle Maurice, femme d'affaires respectée et ardente défenseure de l'économie locale, résume l'impact en quelques mots : « Le marché américain était notre plus gros marché, environ 30% de toutes les commandes. Quand les volumes ont commencé à baisser, les fournisseurs de Mercedes-Benz ont immédiatement réduit leurs effectifs. Et cela, c'était avant même les tarifs de Trump. La pandémie avait déjà mis notre économie à genoux. L'an dernier, l'usine est passée de trois à deux équipes, puis 700 départs volontaires ont été annoncés. Les décisions de Washington n'ont fait qu'aggraver une situation déjà très tendue. » Pour comprendre la centralité de Mercedes-Benz dans la région, Ted Keenan, journaliste du Daily Dispatch, déroule une liste : Auria Africa, Valeo International, AIH, et bien d'autres. Tous ont licencié ces derniers mois. «Certaines estimations parlent de 160 000 personnes potentiellement touchées dans la région si Mercedes s'en allait », glisse-t-il, avant de nuancer : « Je ne crois pas que ce soit réaliste. Ce serait la pire chose qui puisse arriver. Mais, il y a des rumeurs persistantes venues de Chine : Mercedes-Benz serait prêt à partager son usine. Aujourd'hui, beaucoup de constructeurs partagent leurs installations. Ce n'est pas impensable. » Pour les employés, c'est jour de fête. Plusieurs centaines d'entre eux sont rassemblés sur un terrain de rugby pour la traditionnelle célébration de fin d'année. Brochettes, musique, danses. Thabile Bevu, délégué du syndicat Numsa, explique pourtant que cette année a été rude : « La production s'est arrêtée plus tôt que d'habitude, quatre semaines en avance. C'est une combinaison de facteurs. Les taxes américaines ont forcé l'usine à réduire. En juillet, on a aussi été en chômage technique pendant six semaines. Beaucoup d'employés embauchés l'an dernier ont déjà perdu leur travail. Alors, tout le monde se demande : est-ce que je serai le prochain ? Mais Mercedes a toujours réussi à faire face, en travaillant avec nous. » Le lendemain, l'un des ouvriers, Phiwe Qaba, arborant un maillot bleu clair des Orlando Pirates, confirme que la crainte est constante : « On parle toujours du même sujet. Parce que dès que les États-Unis arrêtent de commander, notre vie quotidienne change. » Si lui bénéficie d'accords garantissant un revenu minimum même en cas de chômage technique, il pense aux autres, à ceux qui gravitent autour de l'usine : « La dame qui vend des fruits à l'entrée, le gars qui fait le ménage, celle qui prépare la nourriture… eux rentrent chez eux sans un sou. C'est une catastrophe. » À quelques kilomètres du centre-ville, dans le township historique de Duncan Village, on ressent déjà les secousses de la crise. Khulile Jacobs, éducateur et figure locale, fait visiter le lycée du quartier et raconte l'effet sur les familles : « Beaucoup avaient pris des prêts logement ou auto. Avec les licenciements, tout risque de s'effondrer. Des familles qui avaient quitté le township pour des quartiers plus aisés reviennent déjà. Le mouvement a commencé juste après l'élection américaine de novembre. Les entreprises savaient ce qui allait arriver. » Pour Khulile Jacobs, les raisons des décisions de Donald Trump dépassent largement les questions agricoles ou sécuritaires : « C'est une nouvelle forme de guerre froide. L'Afrique du Sud est un hub d'investissements sur le continent. On a l'impression que Trump essaie de détourner ces investissements vers les États-Unis. » Il ajoute un facteur géopolitique majeur : « Le fait que notre pays ait amené Israël devant la Cour internationale de justice a pesé lourd. Pour Trump, c'est comme si l'Afrique du Sud s'était opposée à un allié stratégique. » Et lorsqu'on lui demande s'il soutient son gouvernement dans cette démarche, la réponse est sans ambiguïté : « À 100 %, même plus. Nous nous tiendrons toujours aux côtés du peuple palestinien. Moralement, nous ne pouvons pas faire autrement. » Malgré tout, certains veulent croire à un possible apaisement. Lizelle Maurice, la directrice de la chambre de commerce, appelle à ne pas couper le dialogue : « Trump doit comprendre que ses décisions touchent des millions de personnes. Il doit revoir sa stratégie vis-à-vis de l'Afrique du Sud. Comme je le dis toujours : garde tes amis près de toi, mais tes ennemis encore plus près. »

Il y a 4 ans, la Russie lançait une guerre totale contre l'Ukraine. Fantassins à l'offensive dans l'est du pays, attaques massives de drones. Frappes de missiles dans tout le pays. Ces 4 dernières années ont aussi été marquées par des violations du droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité (documentés par l'ONU). Particulièrement en territoire occupé. Alors que les combats continuent, qu'un jeu de négociations se poursuit ; un double travail a commencé : au niveau sociétal, pour ne pas oublier victimes et prisonniers, et pour dénoncer les crimes commis par la Russie. Au niveau de la justice, pour construire un faisceau de preuves et de témoignages. Si tous les jours, d'autres violations viennent allonger la liste, cela n'annule pas les précédentes, et la justice, elle, se souvient… « Face à la guerre : les Ukrainiens en quête de mémoire et justice » un Grand reportage d'Emmanuelle Chaze.

Depuis l'invasion partielle de l'Ukraine en 2022, 90% des réfugiés sont passés par la Pologne. Près d'un million d'Ukrainiens se sont établis dans le pays. Mais, avec le temps, la solidarité dopée par la peur de voir les Russes envahir le sol polonais s'est érodée. Un sentiment anti-ukrainien s'est même développé. Et les aides aux réfugiés se sont taries. Les Ukrainiens qui continuent de passer la frontière sont ceux qui étaient malades ou infirmes ou trop précaires, pour fuir dès le départ. Ils ont souvent besoin d'un accompagnement, et ne sont accueillis que par des bénévoles, qui leur proposent de migrer vers d'autres pays. « La Pologne, simple terre de transit pour Ukrainiens fragilisés », un Grand reportage d'Adrien Sarlat.

Bienvenue dans le Grand reportage, pour le supplément du dimanche. Le 24 février 2026, l'Ukraine entrera dans sa 5è année de guerre, d'attaques de missiles et de drones, de privations, de combats diplomatiques pour avoir de l'aide. 20% du territoire est occupé par les forces russes... En seconde partie, menace sur les glaciers du grand Sud argentin, le président Milei entreprend de modifier les lois pour permettre le lancement de projets miniers à l'occasion du recul des glaces. Branle-bas de combat pour la Bundeswehr Il y a 4 ans, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis, l'Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d'époque pour la Bundeswehr. L'Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir. Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix. Les glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge En Argentine, la fonte des glaciers sous l'effet du changement climatique réveille de funestes appétits. Le président Milei lui-même, adepte du tronçonnage en tous genres verrait bien quelques coupes sombres dans la loi de protection des glaciers. Ultralibéral et climatosceptique, son côté trumpiste le pousserait bien à forer partout. Et là, sous les décombres des majestueux géants de glaces du grand Sud argentin se trouvent des minerais critiques, notamment le cuivre : essentiel à la transition énergétique. Les populations locales tentent de parer les coups de pelleteuse. Mais, le Parlement pourrait, dans les semaines à venir, ouvrir la voie à de pharaoniques investissements miniers. Un Grand reportage de Théo Conscience qui s'entretient avec Jacques Allix.

Ce samedi, une émission contrastée, urbaine et rurale, sud-américaine et française. Nous voici en France, côté campagne. Parmi les défis à relever pour les agriculteurs, le changement climatique, le manque d'eau... Nous nous sommes rendus dans le Roussillon, où se pose la question du partage de l'eau. On y invente de gros tuyaux pour détourner partiellement une rivière afin d'irriguer les vergers. En seconde partie d'émission, ça va swinguer avec la samba et le lâcher prise du carnaval de Rio. Agriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau À l'heure du Salon international de l'agriculture à Paris, la colère paysane gronde toujours en France. Normes contraignantes, concurrence exacerbée par l'accord UE / Mercosur, gestion de l'épidémie bovine… et il faut ajouter à cela la sécheresse. À cause du réchauffement climatique, de plus en plus d'agriculteurs manquent d'eau et la question du partage de la ressource est devenue épineuse. Illustration dans le sud de la France, dans la région de Perpignan. L'été dernier (2025) : fleuves à sec, cultures desséchées… squelettes d'abricotiers et de vignes arrachés. En perspective pour résoudre le problème : un tuyau de 10 km pour dériver une partie d'un cours d'eau afin de sécuriser l'irrigation. Mais ce projet ne fait pas l'unanimité, y compris chez les agriculteurs… Un Grand reportage de Laura Salabert qui s'entretient avec Jacques Allix. Le carnaval de Rio : résister par la fête C'est l'une des plus grandes fêtes du monde. Importé par les colons portugais, le carnaval de Rio mélange aujourd'hui influences africaines et européennes. Un moment de l'année où les hiérarchies s'inversent, les corps se montrent et les classes se croisent. Que ce soit dans les fanfares de rues ou dans le sambodrome, le rendez-vous est hautement politique. Un Grand reportage de Sarah Cozzolino qui s'entretient avec Jacques Allix.

À l'heure du Salon international de l'agriculture à Paris, la colère paysane gronde toujours en France. Normes contraignantes, concurrence exacerbée par l'accord UE / Mercosur, gestion de l'épidémie bovine… et il faut ajouter à cela la sécheresse. À cause du réchauffement climatique, de plus en plus d'agriculteurs manquent d'eau et la question du partage de la ressource est devenue épineuse. Illustration dans le sud de la France, dans la région de Perpignan. L'été dernier (2025) : fleuves à sec, cultures desséchées… squelettes d'abricotiers et de vignes arrachés. En perspective pour résoudre le problème : un tuyau de 10 km pour dériver une partie d'un cours d'eau afin de sécuriser l'irrigation. Mais ce projet ne fait pas l'unanimité, y compris chez les agriculteurs… « Agriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau », un Grand reportage de Laura Salabert.

Il y a 4 ans, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis, l'Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d'époque pour la Bundeswehr. L'Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir. « Branle-bas de combat pour la Bundeswehr », un Grand reportage de Nathalie Versieux.

C'est l'une des plus grandes fêtes du monde. Importé par les colons portugais, le carnaval de Rio mélange aujourd'hui influences africaines et européennes. Un moment de l'année où les hiérarchies s'inversent, les corps se montrent et les classes se croisent. Que ce soit dans les fanfares de rues ou dans le sambodrome, le rendez-vous est hautement politique. « Le carnaval de Rio : résister par la fête », un Grand reportage de Sarah Cozzolino.

En Argentine, la fonte des glaciers sous l'effet du changement climatique réveille de funestes appétits. Le président Milei lui-même, adepte du tronçonnage en tous genres verrait bien quelques coupes sombres dans la loi de protection des glaciers. Ultralibéral et climatosceptique,son côté trumpiste le pousserait bien à forer partout. Et là, sous les décombres des majestueux géants de glaces du grand Sud argentin se trouvent des minerais critiques, notamment le cuivre : essentiel à la transition énergétique. Les populations locales tentent de parer les coups de pelleteuse. Mais, le Parlement pourrait, dans les semaines à venir, ouvrir la voie à de pharaoniques investissements miniers. « Les glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge », un Grand reportage de Théo Conscience.

Pour commencer, un sujet brûlant que nous suivons largement depuis des semaines, la lutte effrénée contre l'immigration lancée par le président des États-Unis. Sur le plan intérieur, elle se décline à travers les violentes opérations menées par la police spécialisée ICE. Notamment à Minneapolis après 2 mois de chaos, 2 morts et des traumatismes... En 2è partie, l'excision reste très fréquente en Égypte. Un symbole du patriarcat, une tradition perpétrée au nom d'une soi-disant pureté. Minneapolis, la première résistance d'ampleur à Donald Trump Retour à Minneapolis. À sa situation qui aurait pu ébranler la toute-puissance de Donald Trump. Mais la tornade s'éloigne… Des agents de la police de l'immigration sont toujours sur place. Mais le gros des troupes de ICE a été rappelé par Washington, face à la virulence de la contestation et de la solidarité de la population avec des migrants illégaux que Donald Trump se fait fort de chasser. L'administration américaine revendique la plus grosse opération anti-migrants de l'histoire. Et c'est en janvier que la situation avait dégénéré. Après la mort Renée Good, puis celle d'Alex Pretti. Edward Maille a vécu au plus près cette première résistance d'ampleur à Donald Trump. Un Grand reportage d'Edward Maille qui s'entretient avec Jacques Allix. L'excision, la dignité mutilée des femmes égyptiennes Vendredi dernier (6 février 2026) était placé sous le signe de la journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Selon la formule officielle. Mutilations qui consistent à altérer les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Il est estimé que 200 millions de femmes ou de filles, voire fillettes, vivent aujourd'hui sous ce traumatisme. L'excision, un des symboles du patriarcat, une tradition perpétrée au nom d'une soi disant pureté, est particulièrement répandue dans un pays: l'Égypte. Ça y est interdit. C'est un crime. Mais ça se pratique largement. Nous rediffusons aujourd'hui ce reportage d'Alice Moreno sur le combat de ces Égyptiennes qui résistent… ou tentent de guérir. Un Grand reportage d'Alice Moreno qui s'entretient avec Jacques Allix.

Bienvenue dans Grand reportage, le supplément du samedi pour retrouver deux reportages diffusés cette semaine. Direction le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, 220 millions d'habitants, régulièrement sur le devant de l'actualité en raison des violences qui opposent différentes communautés... En 2è partie, la boxe thaï qui trouve des adeptes dans plus d'un pays. Dans son berceau thaïlandais, c'est toute une histoire, toute une culture et les femmes montent maintenant sur le ring. Nigeria : quand l'insécurité devient une affaire américaine Nigeria, dans le nord-ouest, dans la nuit du 25 décembre 2025. Des missiles américains, tirés depuis le golfe de Guinée, frappent par surprise les régions de Sokoto et de Kwara. Les cibles sont mal définies. Des députés américains – relayés par Donald Trump - dénoncent depuis des mois de prétendus « massacres », voire un « génocide » des chrétiens du Nigeria. Sur le terrain, la situation est pourtant beaucoup plus complexe – alors que musulmans et chrétiens subissent au quotidien la violence des groupes armés. Liza Fabbian, envoyée spéciale de RFI, s'est rendue dans l'État de Kaduna, touché comme tant d'autres, par ces troubles endémiques... Un Grand reportage de Liza Fabbian qui s'entretient avec Jacques Allix. Boxe thaï : les femmes à la conquête du ring « Femmes, ne touchez pas le ring s'il vous plaît »… cette inscription a longtemps figuré devant les cordes du ring d'un des plus grands stades de Bangkok. La boxe thaï, art ancestral thaïlandais, sport de combat, existe depuis des siècles au Royaume de Siam. Elle a très longtemps été réservée aux hommes. Mais, depuis quelques années, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se faire une place dans cet art martial qui est aussi une industrie lucrative. Parfois même, de jeunes enfants sont embrigadés. Ce qui soulève bien des interrogations alors que Nations unies et associations alertent sur le danger de cette pratique… Un Grand reportage de Juliette Chaignon qui s'entretient avec Jacques Allix.

Retour à Minneapolis. À sa situation qui aurait pu ébranler la toute-puissance de Donald Trump. Mais la tornade s'éloigne… Des agents de la police de l'immigration sont toujours sur place. Mais le gros des troupes de ICE a été rappelé par Washington, face à la virulence de la contestation et de la solidarité de la population avec des migrants illégaux que Donald Trump se fait fort de chasser. L'administration américaine revendique la plus grosse opération anti-migrants de l'histoire. Et c'est en janvier que la situation avait dégénérée. Après la mort Renée Good, puis celle d'Alex Pretti. Edward Maille a vécu au plus près cette première résistance d'ampleur à Donald Trump. « Minneapolis, la première résistance d'ampleur à Donald Trump », un Grand reportage d'Edward Maille.

Nigeria, dans le nord-ouest, dans la nuit du 25 décembre 2025. Des missiles américains, tirés depuis le golfe de Guinée, frappent par surprise les régions de Sokoto et de Kwara. Les cibles sont mal définies. Des députés américains – relayés par Donald Trump - dénoncent depuis des mois de prétendus « massacres », voire un « génocide » des chrétiens du Nigeria. Sur le terrain, la situation est pourtant beaucoup plus complexe – alors que musulmans et chrétiens subissent au quotidien la violence des groupes armés. Liza Fabbian, envoyée spéciale de RFI, s'est rendue dans l'État de Kaduna, touché comme tant d'autres, par ces troubles endémiques... « Nigeria : quand l'insécurité devient une affaire américaine », un Grand reportage de Liza Fabbian.

Vendredi dernier (6 février 2026) était placé sous le signe de la journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Selon la formule officielle. Mutilations qui consistent à altérer les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Il est estimé que 200 millions de femmes ou de filles, voire fillettes, vivent aujourd'hui sous ce traumatisme. L'excision, un des symboles du patriarcat, une tradition perpétrée au nom d'une soi disant pureté, est particulièrement répandue dans un pays: l'Égypte. Ça y est interdit. C'est un crime. Mais ça se pratique largement. Nous rediffusons aujourd'hui ce reportage d'Alice Moreno sur le combat de ces égyptiennes qui résistent… ou tentent de guérir. (Rediffusion) « L'excision, la dignité mutilée des femmes égyptiennes », un Grand reportage d'Alice Moreno.

« Femmes, ne touchez pas le ring s'il vous plaît »… cette inscription a longtemps figuré devant les cordes du ring d'un des plus grands stades de Bangkok. La boxe thaï, art ancestral thaïlandais, sport de combat, existe depuis des siècles au Royaume de Siam. Elle a très longtemps été réservée aux hommes. Mais, depuis quelques années, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se faire une place dans cet art martial qui est aussi une industrie lucrative. Parfois même, de jeunes enfants sont embrigadés. Ce qui soulève bien des interrogations alors que Nations unies et associations alertent sur le danger de cette pratique… « Boxe thaï : les femmes à la conquête du ring », un Grand reportage de Juliette Chaignon.

Manon Chapelain, à Damas, nous fait vivre la toute récente guerre qui a opposé, fin janvier 2026, la nouvelle armée syrienne aux forces qui contrôlaient un tiers du territoire au nom d'une autonomie kurde. Manon a suivi la ligne de front aux côtés des soldats de Damas qui ont bénéficié du soutien de la coalition internationale... En 2è partie, Côme Bastin nous fait entendre la jeunesse du Sri Lanka, 4 ans après sa Révolution qui a vu une gauche radicale balayer les pouvoirs en place à Colombo. Syrie : l'assaut de l'armée qui mit fin au rêve d'autonomie kurde En Syrie, les autorités gouvernementales ont pris d'assaut, fin janvier 2026, les territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition de groupes armés, à majorité kurde, contrôlait depuis 2017 et de manière autonome. Un tiers du territoire syrien, un contrôle obtenu à la faveur de la lutte contre l'organisation État islamique. Dans un pays morcelé par 14 années de guerre, l'unité territoriale était devenue la priorité du président de transition Ahmed Al-Charaa. La semaine dernière, les deux partis ont annoncé avoir signé un accord global : arrêt définitif des combats et fin d'autonomie kurde dans la région. Un Grand reportage de Manon Chapelain qui s'entretient avec Jacques Allix. Au Sri Lanka, entre Génération Z, marxisme et âge de raison Gen Z. La génération Z, ces jeunes nés avec la révolution numérique et les réseaux sociaux. Au Sri Lanka, au large de la pointe sud du continent indien, elle a frappé un grand coup en 2022. Elle a chassé le président. Les jeunes du Bangladesh, du Népal, de Madagascar et d'ailleurs se sont sentis pousser des ailes : ils ont aussi secoué leurs institutions. Que reste-t-il du mouvement là où il est né ? Il peut se targuer de la confirmation au pouvoir, d'une gauche radicale. Mais finances et catastrophe naturelle portent une ombre au tableau. Un Grand reportage de Côme Bastin qui s'entretient avec Jacques Allix.

Nous commençons notre supplément par le Groenland. Longtemps quelque peu sous les radars de l'actualité, Donald Trump a précipité ce gros glaçon du Grand Nord dans toutes les conversations géopolitiques. Après avoir menacé d'user de la force pour accaparer le Groenland, au nom de la sécurité nationale des États-Unis, le président américain a fini par exclure un acte de guerre... En 2ème partie, le militantisme de la jeunesse tunisienne se porte sur l'environnement et l'agriculture responsable. Make America go away : la réponse du Groenland à Trump Le Groenland, immense île arctique et isolée, se retrouve aujourd'hui au centre des préoccupations géostratégiques mondiales. Les menaces à répétition de Donald Trump ont projeté tout un peuple bien tranquille dans un tourbillon d'incertitudes. Ce qui faisait sourire, il y a encore un an, est désormais pris très au sérieux : l'hypothèse d'une invasion américaine. Le regard des Groenlandais est désormais tourné vers le ciel, de peur que leur avenir — et leur terre — ne leur échappe. Un Grand reportage d'Ottilia Ferey qui s'entretient avec Jacques Allix. La jeunesse tunisienne : une résistance en sourdine La révolution en Tunisie a 15 ans. En décembre 2010, s'immolait le marchand ambulant Mohamed Bouazizi. Le 14 janvier 2011, le président Ben Ali était renversé. Sonnait l'heure des printemps arabes. Peine perdue sauf en Tunisie qui connut une phase démocratique… douchée par le coup de force du président Kaïs Saïed en 2021. Les luttes socio-économiques ont pratiquement disparue de l'espace public, et beaucoup de jeunes Tunisiens ont quitté le pays. Le reliquat d'engagement de la jeunesse s'exprime sur le plan politique, sous l'emprise de la répression. Et à travers un militantisme vert, pour l'environnement et l'agriculture durable : sous cette bannière de la Révolution de 2011, justice, liberté, égalité, dignité. Un Grand reportage de Lilia Blaise qui s'entretient avec Jacques Allix.

En Syrie, les autorités gouvernementales ont pris d'assaut, fin janvier 2026, les territoires administrés par les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition de groupes armés, à majorité kurde, contrôlait depuis 2017 et de manière autonome. Un tiers du territoire syrien, un contrôle obtenu à la faveur de la lutte contre l'organisation État islamique. Dans un pays morcelé par 14 années de guerre, l'unité territoriale était devenue la priorité du président de transition Ahmed Al-Charaa. La semaine dernière, les deux partis ont annoncé avoir signé un accord global : arrêt définitif des combats et fin d'autonomie kurde dans la région. « Syrie : l'assaut de l'armée qui mit fin au rêve d'autonomie kurde », un Grand reportage de Manon Chapelain.

Le Groenland, immense île arctique et isolée, se retrouve aujourd'hui au centre des préoccupations géostratégiques mondiales. Les menaces à répétition de Donald Trump ont projeté tout un peuple bien tranquille dans un tourbillon d'incertitudes. Ce qui faisait sourire, il y a encore un an, est désormais pris très au sérieux : l'hypothèse d'une invasion américaine. Le regard des Groenlandais est désormais tourné vers le ciel, de peur que leur avenir — et leur terre — ne leur échappe. « Make America go away : la réponse du Groenland à Trump », un Grand reportage d'Otillia Ferey.

Gen Z. La génération Z, ces jeunes nés avec la révolution numérique et les réseaux sociaux. Au Sri Lanka, au large de la pointe sud du continent indien, elle a frappé un grand coup en 2022. Elle a chassé le président. Les jeunes du Bangladesh, du Népal, de Madagascar et d'ailleurs se sont sentis pousser des ailes : ils ont aussi secoué leurs institutions. Que reste-t-il du mouvement là où il est né ? Il peut se targuer de la confirmation au pouvoir, d'une gauche radicale. Mais finances et catastrophe naturelle portent une ombre au tableau. « Au Sri Lanka, entre Génération Z, marxisme et âge de raison », un Grand Reportage de Côme Bastin.

La révolution en Tunisie a 15 ans. En décembre 2010, s'immolait le marchand ambulant Mohamed Bouazizi. Le 14 janvier 2011, le président Ben Ali était renversé. Sonnait l'heure des printemps arabes. Peine perdue sauf en Tunisie qui connut une phase démocratique… douchée par le coup de force du président Kaïs Saïed en 2021. Les luttes socio-économiques ont pratiquement disparue de l'espace public, et beaucoup de jeunes Tunisiens ont quitté le pays. Le reliquat d'engagement de la jeunesse s'exprime sur le plan politique, sous l'emprise de la répression. Et à travers un militantisme vert, pour l'environnement et l'agriculture durable : sous cette bannière de la Révolution de 2011, justice, liberté, égalité, dignité. « La jeunesse tunisienne : une résistance en sourdine », un Grand reportage de Lilia Blaise.

Bienvenue dans le supplément du Grand reportage consacré entièrement à la Birmanie. Reportage sur la vie quotidienne à Rangoon. 5 ans après la prise de pouvoir par les militaires, Aung San Suu Kyi, alors dirigeante, est toujours détenue, condamnée à 27 ans de prison. Un long processus électoral vient de s'achever en Birmanie. Les militaires règnent et régneront. En 2è partie, dans le nord de la Thaïlande, se regroupent par milliers, ceux qui fuient le sol birman. Avec Juliette Chaignon. En Birmanie, vivre sous la junte La dernière phase du long processus électoral a pris fin le week-end dernier en Birmanie. Résultats officiels, ou pas encore,… une chose est sûre : le parti de la junte au pouvoir s'affiche grand gagnant. C'est le 1er février 2021, que les chars de l'armée birmane faisaient tomber le gouvernement élu avec une large majorité d'Aung San Suu Kyi. Depuis, les militaires règnent sans partage. Mais les militants pro-démocratie ont pris les armes. Les groupes rebelles et les armées ethniques contrôlent de larges pans d'une Birmanie à feu et à sang. L'économie est à genoux et la jeunesse rêve d'exil plutôt que de conscription. Alors que le pays est fermé aux journalistes, les élections ont permis à RFI de se rendre à Rangoun, la capitale économique et culturelle du pays. Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Jacques Allix. Refuge précaire sur le sol thaïlandais pour les exilés birmans En Birmanie, le processus électoral s'est achevé et la junte n'est en rien menacée de ses pleins pouvoirs. Depuis son coup d'État de 2021, qui a mis fin à la brève transition démocratique débutée en 2015, des forces de résistance, alliées à des groupes ethniques, combattent les militaires. Les civils fuient par dizaines de milliers ; bombardements, persécutions et crise économique. Ils fuient dans les pays voisins comme la Thaïlande. Un Grand reportage de Juliette Chaignon qui s'entretient avec Jacques Allix.

Bienvenue dans ce supplément du Grand reportage consacré aux peintures rupestres et au cannabis. À l'autre bout du continent, en Afrique australe, sa préhistoire. Encore bien cachées dans la nature, des grottes et des pierres portent les souvenirs des chasseurs cueilleurs. Il s'agit de gravures de peintures rupestres, la datation est imprécise mais on parle de milliers d'années. En 2è partie: le cannabis avec sa culture légale au Maroc, alternative à la production d'herbe, avec Matthias Raynal. Afrique australe : percer les secrets des peintures rupestres En Afrique australe, cachée au cœur de la nature d'aujourd'hui, se trouve la mémoire des chasseurs cueilleurs d'hier. Les plus anciens habitants connus de la région ont laissé derrière eux une multitude de peintures rupestres sur les parois des grottes et les rochers. Des milliers de sites renferment ce patrimoine archéologique : au Zimbabwe, au Botswana, au Lesotho, ou encore en Afrique du Sud. Et on s'interroge sur l'âge, la signification de ces témoignages, et sur le mode de vie de ces sociétés anciennes. Un Grand reportage de Claire Bargelès qui s'entretient avec Jacques Allix. Au royaume du cannabis, la révolution du chanvre légal Le Maroc est réputé à travers le monde entier pour la qualité de sa résine de cannabis. C'est le plus gros producteur de la planète. Problème, jusque-là, seuls les narcotrafiquants en profitaient réellement, exploitant un terroir unique dans le nord du pays. À flanc de montagnes, dans le Rif, les champs de marijuana s'étendent à perte de vue. Il y a quelques années, l'idée a germé dans l'esprit des autorités : extirper cette économie de l'illicite et de l'informel, pour en faire une culture légale. Agriculteurs, coopératives de transformation, exportateurs, une nouvelle filière se déploie. Un Grand reportage de Matthias Raynal qui s'entretient avec Jacques Allix.

En Birmanie, le processus électoral s'est achevé et la junte n'est en rien menacée de ses pleins pouvoirs. Depuis son coup d'État de 2021, qui a mis fin à la brève transition démocratique débutée en 2015, des forces de résistance, alliées à des groupes ethniques, combattent les militaires. Les civils fuient par dizaines de milliers ; bombardements, persécutions et crise économique. Ils fuient dans les pays voisins comme la Thaïlande. « Refuge précaire sur le sol thaïlandais pour les exilés birmans », un Grand reportage à Mae Sot, de Juliette Chaignon, épaulé de son fixeur Shakeel.

La dernière phase du long processus électoral a pris fin le week-end dernier en Birmanie. Résultats officiels, ou pas encore,… une chose est sûre : le parti de la junte au pouvoir s'affiche grand gagnant. C'est le 1er février 2021, que les chars de l'armée birmane faisaient tomber le gouvernement élu avec une large majorité d'Aung San Suu Kyi. Depuis, les militaires règnent sans partage. Mais les militants pro-démocratie ont pris les armes. Les groupes rebelles et les armées ethniques contrôlent de larges pans d'une Birmanie à feu et à sang. L'économie est à genoux et la jeunesse rêve d'exil plutôt que de conscription. Alors que le pays est fermé aux journalistes, les élections ont permis à RFI de se rendre à Rangoun, la capitale économique et culturelle du pays. « En Birmanie, vivre sous la junte », un Grand reportage de Nicolas Rocca, réalisation : Pauline Leduc.

Le Maroc est réputé à travers le monde entier pour la qualité de sa résine de cannabis. C'est le plus gros producteur de la planète. Problème, jusque-là, seuls les narcotrafiquants en profitaient réellement, exploitant un terroir unique dans le nord du pays. À flanc de montagnes, dans le Rif, les champs de marijuana s'étendent à perte de vue. (Rediffusion) Il y a quelques années, l'idée a germé dans l'esprit des autorités : extirper cette économie de l'illicite et de l'informel, pour en faire une culture légale. Agriculteurs, coopératives de transformation, exportateurs, une nouvelle filière se déploie. «Au royaume du cannabis, la révolution du chanvre légal», un Grand reportage de Matthias Raynal.

En Afrique australe, cachée au cœur de la nature d'aujourd'hui, se trouve la mémoire des chasseurs cueilleurs d'hier. Les plus anciens habitants connus de la région ont laissé derrière eux une multitude de peintures rupestres sur les parois des grottes et les rochers. Des milliers de sites renferment ce patrimoine archéologique : au Zimbabwe, au Botswana, au Lesotho, ou encore en Afrique du Sud. Et on s'interroge sur l'âge, la signification de ces témoignages, et sur le mode de vie de ces sociétés anciennes. « Afrique australe : percer les secrets des peintures rupestres », un Grand reportage signé Claire Bargelès.

Bienvenue dans notre supplément du dimanche avec nos reporters qui étaient sur le terrain, Eliott Brachet et Nicolas Feldmann. Tout d'abord nous sommes au Soudan, après 2 ans d'une guerre fratricide qui aurait fait plus de 200 000 morts. Elle se poursuit au centre du pays. Un Soudan écartelé entre les 2 troupes des généraux rivaux. En 2è partie, Nicolas Feldmann rentre du Canada où il a pu percevoir les méfaits des taxes Trump sur le secteur automobile. Usines et salariés doivent se réinventer. Au Soudan, Khartoum renaît péniblement de ses cendres Épicentre de la guerre au Soudan, Khartoum est restée pendant près de deux ans l'une des principales lignes de front. En avril 2023, c'est dans la capitale soudanaise, peuplée de 8 millions d'habitants, que les premiers affrontements ont éclaté. Dans le sillage de la guerre qui pourrait avoir fait plus de 200 000 morts, Khartoum s'est vidée de la moitié de sa population. En mars 2025, l'armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane est revenue en force dans la capitale. Chassant les troupes du général Hemetti. Aujourd'hui, hors des grandes villes, la guerre s'est déportée vers les plaines et les montagnes du Kordofan, au centre du pays, offrant un répit salvateur aux habitants d'une capitale méconnaissables. Un Grand reportage de Eliott Brachet qui s'entretient avec Jacques Allix. Un an de Donald Trump à la Maison Blanche : au Canada, l'automobile sous pression Depuis des décennies, l'industrie automobile nord-américaine fonctionne comme un tout. Entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pas vraiment de frontières. Moteurs, sièges, électronique : les pièces nécessaires à l'assemblage d'une voiture peuvent traverser jusqu'à 8 fois les frontières des 3 pays. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a mis à mal cette mécanique bien huilée. Au nom de l'« America First », les voitures importées aux États-Unis sont désormais visées par 25% de droits de douane. Au Canada, usines, sous-traitants et milliers de travailleurs ont dû s'adapter souvent dans l'urgence : notamment en Ontario, au cœur de l'industrie automobile du pays. Un Grand reportage de Nicolas Feldmann qui s'entretient avec Jacques Allix.

Bienvenue dans ce supplément du Grand reportage consacré entièrement à l'Amérique de Donald Trump. C'est le 20 janvier 2026 qu'il a pu marquer ses 12 mois d'un retour au pouvoir quelque peu fracassant. Donald Trump n'a eu de cesse de vouloir bouger les lignes à l'intérieur et à l'extérieur de son pays. En seconde partie, direction l'Afrique. où nous verrons les conséquences des coups de griffe du président américain au nom de sa devise «L'Amérique d'abord». Virginie occidentale, le mirage d'une vie meilleure Il y a tout juste un an, Donald Trump revenait à la Maison Blanche ; raz-de-marée électoral à l'appui, promesse de relance d'une économie sinistrée par l'inflation des années Biden, en bandoulière. Douze mois plus tard, l'économie stagne et les démocrates font entendre une petite musique : celle de «l'accessibilité...». Donald Trump aurait sacrifié les Américains les plus pauvres, sur l'autel du tohubohu qu'il sème à l'international. Biens et services, ressources de première nécessité, restent inaccessibles. Nous voici en Virginie occidentale, un concentré de détresse sociale : logements indignes, chômage, insécurité alimentaire. On y a voté Trump à 70%. Mais la lumière n'est toujours pas au bout du tunnel. Un Grand reportage de Vincent Souriau qui s'entretient avec Jacques Allix. Interventionnisme, aide coupée, manipulation: le nouveau visage de la politique de Trump en Afrique Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Un Grand reportage de : Valentin Hugues | Liza Fabbian | Paulina Zidi | Benoît Almeras | Florence Miettaux | Marlène Panara | Laurent Correau. Entretien avec Jacques Allix.

Épicentre de la guerre au Soudan, Khartoum est restée pendant près de deux ans l'une des principales lignes de front. En avril 2023, c'est dans la capitale soudanaise, peuplée de 8 millions d'habitants, que les premiers affrontements ont éclaté. Dans le sillage de la guerre qui pourrait avoir fait plus de 200 000 morts, Khartoum s'est vidée de la moitié de sa population. En mars 2025, l'armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane est revenue en force dans la capitale. Chassant les troupes du général Hemetti. Aujourd'hui, hors des grandes villes, la guerre s'est déportée vers les plaines et les montagnes du Kordofan, au centre du pays, offrant un répit salvateur aux habitants d'une capitale méconnaissables. « Au Soudan, Khartoum renaît péniblement de ses cendres », un Grand reportage signé Eliott Brachet.

Depuis des décennies, l'industrie automobile nord-américaine fonctionne comme un tout. Entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pas vraiment de frontières. Moteurs, sièges, électronique : les pièces nécessaires à l'assemblage d'une voiture peuvent traverser jusqu'à 8 fois les frontières des 3 pays. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a mis à mal cette mécanique bien huilée. Au nom de l'« America First », les voitures importées aux États-Unis sont désormais visées par 25% de droits de douanes. Au Canada, usines, sous-traitants et milliers de travailleurs ont dû s'adapter souvent dans l'urgence : notamment en Ontario, au cœur de l'industrie automobile du pays. « Un an de Donald Trump à la Maison Blanche : au Canada, l'automobile sous pression » : un Grand reportage de Nicolas Feldmann, réalisation : Pauline Leduc.

Il y a tout juste un an, Donald Trump revenait à la Maison Blanche ; raz-de-marée électoral à l'appui, promesse de relance d'une économie sinistrée par l'inflation des années Biden, en bandoulière. Douze mois plus tard, l'économie stagne et les démocrates font entendre une petite musique : celle de «l'accessibilité...». Donald Trump aurait sacrifié les Américains les plus pauvres, sur l'autel du tohubohu qu'il sème à l'international. Biens et services, ressources de première nécessité, restent inaccessibles. Nous voici en Virginie occidentale, un concentré de détresse sociale : logements indignes, chômage, insécurité alimentaire. On y a voté Trump à 70%. Mais la lumière n'est toujours pas au bout du tunnel. « Virginie occidentale, le mirage d'une vie meilleure », un Grand reportage de Vincent Souriau, réalisation : Pauline Leduc.

Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Les manifestants brandissent un immense drapeau du Venezuela dans les rues de Pretoria, capitale de l'Afrique du Sud. Celui des États-Unis, flotte en arrière-plan au-dessus d'une ambassade américaine surprotégée. Les slogans des manifestants sud-africains sont clairs : « Hands Off Venezuela », ‘Ne touchez pas au Venezuela.' » « Il s'agit d'une manifestation d'urgence, explique Mohammed Desai, de l'Association Afrique du Sud-Amérique latine, organisée par diverses organisations de la société civile sud-africaine, des partis politiques ainsi que des syndicats. Aujourd'hui, c'est le Venezuela qui est attaqué, demain, nous craignons que ce soit l'Afrique du Sud ! » Lors de la manifestation, le secrétaire général du Parti communiste sud-africain Solly Mapaila regrette le manque de réactions internationales. « À l'heure actuelle, tonne-t-il, les États-Unis font ce qui leur plait ! Il est regrettable qu'ils soient autorisés à le faire et que certains pays dans le monde n'aient pas réagi de manière appropriée... Nous refusons de vivre dans un monde monolithique dans lequel les États-Unis nous imposent une forme extrême de capitalisme de droite et de conservatisme, sans quoi ils ne nous considèrent ! » Nations unies, salle du Conseil de sécurité. Trois notes, les diplomates s'installent. La présidence somalienne prend le micro : la réunion 10085 du Conseil de sécurité est déclarée ouverte. Ce 5 janvier 2026, la désapprobation africaine face à l'intervention des États-Unis au Venezuela est cette fois-ci exprimée en termes diplomatiques, par la voix de l'ambassadeur Lewis Brown. Le représentant du Liberia aux Nations unies s'exprime devant le Conseil au nom du A3, le groupe des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité : « De tels développements représentent des défis sérieux, non seulement par rapport à la stabilité interne du Venezuela, mais aussi parce qu'ils soulignent l'impératif de sauvegarder, plus largement, la paix et la sécurité de la région. Le A3 demeure ferme dans son engagement en faveur des principes fondamentaux du droit international, y compris le respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, tels qu'inscrits dans la charte des Nations unies, dans l'intérêt de la stabilité régionale et de la paix internationale. » Plusieurs gouvernements et organisations ont également marqué leur protestation par des communiqués : le Ghana, la Namibie, l'Union africaine ou l'Alliance des États du Sahel. Interventionnisme décomplexé Le cas vénézuélien est devenu emblématique d'un interventionnisme décomplexé. Et l'Afrique est d'autant plus concernée par cette politique de puissance qu'elle en a elle-même été la cible. Dès février 2025, des frappes américaines sont déclenchées contre des cibles de l'organisation État islamique dans les montagnes du Golis, dans le nord de la Somalie. À la fin de l'année, c'est le Nigeria qui fait l'objet d'une intervention américaine, préparée et justifiée par un argumentaire sur mesure : l'existence d'un prétendu massacre de chrétiens dans le pays. Des frappes censées viser l'État islamique sont déclenchées le jour de Noël, le 25 décembre. En ce début d'année 2026, certains sur place s'interrogent encore sur les motivations réelles de l'intervention américaine… Comme le professeur Muktar Omar Bunza, qui enseigne l'histoire sociale à l'Université du Nord-Ouest à Sokoto, au Nigeria. « Avec ce qu'il s'est passé au Venezuela, explique-t-il, les gens ont l'impression que les Américains peuvent prendre n'importe quel prétexte, comme par exemple cette histoire de persécutions religieuses, que n'importe quoi peut servir de justification pour que les Américains s'emparent des ressources d'un endroit. Donc, les gens ont peur, ils craignent que ce soit juste une étape, ils perdent confiance dans l'idée d'une démocratie américaine qui respecterait les droits humains, ou qui les défendrait ». Le Grand invité AfriqueOusmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump» L'inquiétude est d'autant plus forte que la parole développée autour de cette politique de puissance s'émancipe largement des faits, de la réalité du terrain. L'exemple nigérian n'est pas unique. L'Afrique du Sud a elle aussi dû endurer les déformations trumpiennes de la vérité. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est érigé en défenseur des fermiers blancs qu'il considère victimes d'un « génocide » en Afrique du Sud. Cette affirmation ne s'appuie pourtant sur aucun fait. « Il nous ramène dans notre passé ! » Se rendre dans une ferme au nord de Pretoria aide à s'en rendre compte. Ici on élève des poulets et l'on produit des choux ou des poivrons. Le Dr. Ethel Zulu est nutritionniste de formation. Il y a une dizaine d'années, elle a choisi de devenir agricultrice, elle est aujourd'hui à la tête d'une propriété d'une vingtaine d'hectares. Le crime en milieu rural, raconte-t-elle, touche aussi (et surtout) la communauté noire. Elle en a elle-même été victime. « Avant, explique-t-elle, nous occupions notre maison entièrement, mais nous avons décidé d'y installer aussi certains de nos employés, pour ne pas être seules ma fille et moi. Comme ça on se sent un peu plus en sécurité. Vous savez, cette question de la sécurité dans les fermes est un problème qui touche toute la communauté agricole, ce n'est pas du tout un problème racial mais bien un problème national. » Sa réaction aux propos du président américain, à ses affirmations sur une communauté blanche prise pour cible et l'existence d'un « génocide » ? « Cet homme est raciste, c'est tout ! Parce que les incidents que subissent les agriculteurs noirs dans leurs exploitations, comme moi, personne n'en a parlé. Nous venons par exemple de perdre un cadre de notre coopérative - AFASA. Le 26 décembre 2025, ils sont entrés armés chez lui, lui ont dérobé tout son argent, puis l'ont tué ! Et on nous dit que les agriculteurs blancs sont plus vulnérables que les agriculteurs noirs ? Ce sont des mensonges, des absurdités, nous sommes tous des cibles ! D'une certaine manière, ces propos divisent le pays en raison de notre histoire. Nous essayons d'aller de l'avant, et lui, il nous ramène dans notre passé ! » Ethel Zulu sort son téléphone et ouvre WhatsApp. Apparaissent alors de nombreux groupes communautaires, symbole de l'entraide entre voisins. « Tous les membres sont des agriculteurs du coin… Là, c'est notre équipe d'urgence… » Dans ces groupes, les noms Afrikaners, de la minorité blanche, se mêlent aux noms africains. Illustration d'une communauté d'agriculteurs soudée, victime de la même criminalité, parce qu'isolée en milieu rural, loin des postes de police. « Not in our name » De l'autre côté de l'Atlantique, malgré le rappel des faits et de la réalité de terrain, Donald Trump persiste. Le documentaliste Louis Gaigher et plusieurs dizaines d'Afrikaners ont co-signé une lettre ouverte dans la presse sud-africaine, « Not in our name », 'Pas en notre nom'. Une réponse aux propos américains. « Je pense que ce qu'il fait ici, ou plutôt le genre de rhétorique qu'il utilise, relève complètement de la suprématie blanche. Je trouve cela extrêmement opportuniste. Je ne peux parler qu'en mon nom, je refuse qu'on me présente comme un réfugié ou quelqu'un qui souffre à cause du gouvernement postapartheid et de la démocratie. » En Afrique du Sud, 35 ans après la fin de l'Apartheid, la minorité blanche est encore très puissante économiquement et politiquement. Elle détient une grande majorité des terres du pays. Si la Nation arc-en-ciel est confrontée à bien des défis, Louis Gaigher et les autres signataires de cette tribune, refusent d'être « des pions dans les guerres culturelles américaines ». « L'administration américaine attaque notre politique de redistribution des terres. Mais ici nous avons l'État de droit qui doit toujours être protégé. Et c'est complètement ridicule que les Américains se plaignent de notre loi sur l'expropriation sans compensation alors qu'ils font précisément la même chose, et de manière très violente, avec le Venezuela, ou encore avec leurs projets pour le Groenland ! » Les cas nigérian et sud-africain viennent en tout cas confirmer que la manipulation décomplexée de la réalité est l'un des piliers de la gouvernance trumpienne. « Ce que Donald Trump a fait, c'est qu'il a reconfiguré ce que nous considérions comme ‘la vérité', analyse Trust Matsilele, maître de conférences à l'Université de Birmingham. La vérité ou les faits sont maintenant des concepts fragiles. À partir du moment où ils ne servent plus ses intérêts, ils peuvent être contestés ou rejetés. C'est ce qu'on pourrait appeler une ‘politisation de la vérité'. Certaines des choses qui avaient été vues comme des vérités établies sont remises en cause : le changement climatique, les concepts de démocratie et d'État de droit. Tout cela a été bousculé par la vision du monde de Donald Trump ». Le chercheur s'arrête sur les risques que fait courir un tel comportement : « La vérité doit être la vérité, quelle que soit votre position. À partir du moment où vous commencez à politiser tout cela, on bascule de la vérité objective à la propagande, la mésinformation, la désinformation et les fake news… » Des opinions publiques africaines partagées À Kinshasa, dans le quartier commerçant de la Gombe, la circulation est encore timide et les embouteillages n'ont pas encore fait leur apparition, ce matin-là. Les Kinois sont déjà sur le chemin du travail. Certains, comme Jacquemain, disent la crainte que leur inspire désormais Trump, en dépit de son engagement en faveur du processus de paix en République démocratique du Congo. « Auparavant, quand il était arrivé au pouvoir, on pensait qu'il allait faire de bonnes choses, surtout pour notre pays la RDC. On pensait que c'était dans notre intérêt, la population congolaise. Mais maintenant, quand on constate la politique qu'il est en train d'amener dans le monde, on se demande : est-ce que ce n'est pas par intérêt pour nos minerais ? On a ensuite vu ce qu'il s'est passé au Venezuela, et puis ça n'est pas encore fini, on attend encore maintenant bientôt le Groenland et tout ça. On se demande : qu'est-ce qu'il se passe dans la tête de ce président-là ? » Patrick, lui aussi, déplore les coups portés à l'ordre international. « Quand il est venu, regrette-t-il, il a montré l'image de quelqu'un qui voulait la paix. Maintenant, on est en train de remarquer qu'il crée des problèmes. Apparemment, il ne respecte pas les lois internationales. Il y a eu la Deuxième Guerre mondiale. Après, les gens se sont réunis pour établir des lois qu'ils devraient respecter. Apparemment, ces lois, lui, ne lui disent rien. Il fait ce qu'il veut. Alors, ça fait craindre. » Cela provoque des débats également à Abidjan, en Côte d'Ivoire, comme entre ces étudiants en anglais rassemblés dans une salle d'université. Beaucoup admirent le président américain. « Il faut dire que c'est un gars bien, estime Daniel, il exerce un pouvoir très exécutif. Ses partisans valorisent son leadership et aussi sa manière de prendre des décisions… Quand il veut faire, il fait ». « Le monsieur il est simple, avance de son côté Emmanuella. Il te dit “fais ça”, tu ne fais pas ça, il te voit directement comme un ennemi… Pour diriger, il faut avoir de la poigne, on ne peut pas diriger avec les sentiments ». L'interventionnisme américain au Venezuela ou au Nigeria n'émeut pas Ange, qui n'a pas 20 ans. Il voit Trump comme un modèle à suivre et approuve sa posture envers les États africains : « C'est un monsieur qui agit par intérêt et ses relations avec l'Afrique sont plutôt par intérêt. ‘Je vous apporte quelque chose si vous m'apportez quelque chose. Si vous ne m'apportez rien, je ne vous apporte rien !' Je pense que Donald Trump a eu cette intelligence-là et il fait bien. Un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts. Et je pense que Donald Trump applique cela et ça me fait plaisir de voir cela ». Ange rêve d'étudier aux États-Unis. Son espoir paraît compromis depuis le 1er janvier et la suspension de la délivrance de visas accordés aux ressortissants ivoiriens, une mesure jugée discriminatoire par beaucoup. « Une nouvelle approche mercantiliste » La diplomatie trumpienne navigue-t-elle à vue, comme l'assurent certains observateurs, ou a-t-elle une cohérence et une logique profonde ? Pour le professeur Adekeye Adebajo de l'Université de Pretoria, la politique internationale de Donald Trump s'inscrit dans le temps long de l'interventionnisme américain. « Je pense, explique cet universitaire, que ce que fait Trump s'inscrit dans la continuité de ce que les États‑Unis ont fait par le passé, car je ne crois pas qu'il soit forcément exact de le présenter comme une aberration totale. Il y a trente‑cinq ans, George Bush Père a envoyé des troupes américaines au Panama et ils y ont arrêté le dictateur Manuel Noriega, l'ont littéralement enlevé et emmené aux États‑Unis pour y être jugé et emprisonné… Donc, si nous connaissons notre histoire, nous savons que de nombreuses administrations américaines ont fait exactement ce que Trump a fait, ou des choses similaires ». Le chercheur voit également dans le regard trumpien sur le monde une doctrine qui associe une nouvelle fois la puissance, le commerce et l'accès aux ressources minières. « Je pense que, fondamentalement, il y a un principe : il s'agit d'une nouvelle approche mercantiliste qui consiste essentiellement à freiner la mainmise de la Chine sur les minerais rares et à s'assurer que les États‑Unis aient effectivement accès à ces ressources. On a vu que ses efforts de “paix” dans la région des Grands Lacs, en RDC, au Rwanda, en Ukraine et ailleurs, ont aussi comporté des accords miniers. L'intervention et l'enlèvement du président vénézuélien portent évidemment aussi sur le pétrole, et je pense donc qu'une grande partie de tout cela tourne autour de la Chine, de l'équilibrage de la puissance chinoise et des garanties qu'elle ne puisse pas rivaliser avec les États‑Unis ». Adekeye Adebajo insiste sur un troisième aspect : la diplomatie trumpienne est marquée par sa volonté de défaire le multilatéralisme. C'est ainsi que les États-Unis sont récemment sortis de 66 organisations internationales. Et c'est ainsi qu'ils ont fermé l'Usaid, l'Agence américaine pour le développement international. Usaid : les lourdes conséquences d'une fermeture Le Soudan du Sud est l'un des pays qui en sort le plus affecté. L'assistance américaine a été divisée par plus de quatorze entre 2024 et 2025. Il n'aura fallu que quelques semaines après l'annonce de la fin d'Usaid pour en mesurer les conséquences dans la localité de Gurei, à l'ouest de la capitale du Soudan du Sud, Juba. Le centre de nutrition de Gurei prend en charge des enfants en malnutrition sévère. D'habitude très fréquenté, il est quasiment vide en ce mois de mars 2025. Les aliments thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition infantile, les fameux sachets de pâte d'arachide enrichie fournis par l'Usaid, ne sont déjà plus disponibles depuis environ un mois. Quand Helen Furu vient faire examiner son fils Joseph, 1 an, elle doit faire ce constat douloureux : depuis la dernière visite, sa situation ne s'améliore pas, faute d'aliments thérapeutiques. « Mon mari est fonctionnaire et ça arrive souvent qu'il ne soit pas payé, confie Helen Furu. Quant à moi, quand j'étais enceinte de Joseph, je travaillais sur le marché et je me suis épuisée. Quand il est né, il était très faible et chétif. Quand il a été pris en charge ici, avec les traitements, son état s'est un peu amélioré. Chaque lundi, je viens ici pour le suivi mais ça fait un moment que les traitements à base de pâte d'arachide ne sont plus distribués, je ne sais pas trop quel est le problème. Cela m'inquiète car, quand il prend ce complément, il va mieux. J'ai envie de dire aux Américains de ne pas arrêter de soutenir les enfants du Soudan du Sud. Dans notre pays, très peu de gens vivent bien. La grande majorité souffre car il n'y a pas de travail ». Le directeur du centre de Gurei, Sarafino Doggal, porte une blouse blanche brodée du logo de l'Usaid, vestige de temps révolus. Debout dans son bureau face à un mur de tableaux statistiques, il appelle au soutien pour faire face aux besoins énormes de la population : « Hier, par exemple, nous avons reçu 325 patients venus de différents quartiers. Nous les recevons, mais le problème c'est que nous n'avons pas de médicaments. Il y a de nombreux enfants en situation de malnutrition. Vous voyez tous ces patients ? Ils viennent à la clinique le matin sans avoir pris de petit-déjeuner, pas même un thé. Ils vont passer toute leur journée ici, et puis rentrer chez eux où il n'y aura rien à manger. Les chefs communautaires m'ont dit que la situation empire, surtout en ce qui concerne la malnutrition infantile, à cause de l'arrêt des aliments thérapeutiques. Les enfants et leurs mères souffrent énormément. » Plusieurs mois ont passé et les conséquences de la fin de l'Usaid continuent à se faire sentir sur le continent, ailleurs. Comme à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Aster pousse le lourd portail gris et entre dans la petite cour ombragée qui jouxte une école. Du linge encore mouillé pend sur deux longues cordes attachées à une maison blanche. Cet après-midi, une dizaine de jeunes travailleuses du sexe ont trouvé refuge, comme elle, dans ce centre d'accueil et de prévention du Sida de l'ONG éthiopienne Ishdo : « Je viens ici pour prendre une douche, me soigner, et on ne me demande pas de payer en échange. Je suis ici tous les jours depuis cinq mois, et cet endroit est très important pour moi. Je me sens heureuse et en sécurité ici. » Depuis son ouverture en décembre 2024, ce centre d'accueil est ouvert 7 jours sur 7. Hiwot Mekonnen est l'infirmière en cheffe de la structure : « Nos patientes passent le test de dépistage du VIH. Nous leur proposons également des services de planification familiale, un dépistage des problèmes de santé mentale, des violences sexistes et un test du cancer du col de l'utérus. » Plusieurs fois par semaine, l'équipe médicale organise aussi des séances de prévention, dans une petite salle aux murs tapissés d'informations sur la contraception féminine. Des préservatifs sont également à leur disposition. L'arrêt des financements de l'Usaid, bailleur principal d'Onusida qui finance la structure, a frappé de plein fouet les activités du centre. « Ces deux derniers mois, nous n'avons pu organiser ni les séances de prévention, ni les tests, explique Hiwot Mekonnen. Et si les femmes continuent leur activité sans préservatifs, cela augmentera la transmission du VIH. La situation est instable, et j'ai beaucoup de doutes ». Ces dernières années pourtant, les efforts d'Onusida avaient porté leurs fruits : 94% des personnes diagnostiquées séropositives recevaient ici un traitement antirétroviral, dit ARV. Désormais, l'agence de l'ONU doit compter sur le mémorandum signé en décembre dernier entre les gouvernements éthiopien et américain, d'un montant d'1 milliard et demi de dollars. Objectif affiché : « Renforcer les systèmes de santé publique et la prévention des maladies… »

Le Laos et la Bolivie au sommaire du supplément du Grand reportage. Direction le Laos avec Jean-Pierre Fage, sur l'une de ces nouvelles routes de la soie lancées tel un filet sur le monde par la Chine. C'est en 2013 que le président Xi Jinping lance la nouvelle initiative, la bonne idée d'influence sur ses voisins et au-delà. En 2è partie : une montagne qui s'effondre sur elle-même, minée depuis des siècles, par l'exploitation de filons prometteurs, le Cerro Rico en Bolivie, avec Nils Sabin. Laos: sur la voie des investissements chinois Au Laos, la Chine est devenue le premier investisseur, mais aussi le principal créancier du pays. Un des effets des tentaculaires Routes de la Soie développées par Pékin. Plus de 140 pays, plus de 4 milliards d'habitants sont maintenant concernés par ces coopérations avec le géant asiatique. Une conquête chinoise à bas bruit, antérieure à l'expansionnisme claironnant de Donald Trump. Le petit Laos et sa large dette est pris dans cette dynamique, où s'affiche le train à grande vitesse Vientiane / Kunming. Et cela transforme en profondeur le paysage socio-économique du pays. Un Grand reportage de Jean-Pierre Fage qui s'entretient avec Jacques Allix. Cerro Rico en Bolivie: la montagne minée par l'argent Dans le sud de la Bolivie, le Cerro Rico est une montagne surexploitée. Creusée depuis 480 ans pour ses ressources minières : argent, étain, plomb ou zinc. Ses mines ont enrichi l'empire espagnol et toute l'Europe pendant l'époque coloniale et tout le secteur de la ville de Potosi est classé patrimoine mondial de l'Unesco. La montagne est devenue un gruyère. Elle menace de s'effondrer sur elle-même. Mais difficile de vraiment calmer le jeu, tant les mines sont essentielles à l'emploi et l'économie. Un Grand reportage de Nils Sabin qui s'entretient avec Jacques Allix.

Les réfugiés d'Haïti et la Bulgarie au sommaire de ce supplément du Grand reportage. Notre premier reportage concerne la violence en Haïti qui pousse des milliers d'Haïtiens à fuir leur pays. Nous sommes allés à leur rencontre en Guyane, entre Brésil et Suriname. Un long périple les a fait échouer aux confins de l'Europe. 2ème reportage: la zone euro s'étend. Un 21ème pays sur les 27 que compte l'Union européenne a rejoint la monnaie unique. Grand reportage à Sofia avec Agnieszka Kumor. Survivre en attendant l'asile, le quotidien difficile des Haïtiens en Guyane De tontons macoutes en chimères et en bandes armées, Haïti vit depuis des décennies avec la violence ; et beaucoup choisissent l'exil. Depuis 2010, ce sont les gangs qui se sont généralisés. La République dominicaine (voisine), les États-Unis, le Mexique, le Canada voient arriver ces exilés. La France aussi. Et notamment en Guyane, porte d'entrée vers l'Europe. Dans cette collectivité française d'Outre-mer, le nombre de demandes d'asile d'Haïtiens a triplé en trois ans. On ne les considère plus comme des migrants économiques. Et ils comptent pour 90% des dossiers. En attendant - les papiers- les mois passent, les années aussi, pour des réfugiés Sans statut, sans aide, sans possibilité de travail. Un Grand reportage d'Amélie Beaucour qui s'entretient avec Jacques Allix. Entre enthousiasme et inquiétude, la Bulgarie passe à l'euro Alors que le 1er janvier 2026, la Bulgarie est devenue le 21ème pays à être passé à l'euro, le fait d'abandonner la monnaie nationale, le lev est loin de faire l'unanimité. Si les partisans de la monnaie unique y voient une opportunité pour leur pays, membre de l'UE depuis 2007, ses opposants craignent au contraire que cela n'alimente l'inflation. Traductions : Lubomir Boyadjiev. Un Grand reportage d'Agnieszka Kumor qui s'entretient avec Jacques Allix.

Dans le sud de la Bolivie, le Cerro Rico est une montagne surexploitée. Creusée depuis 480 ans pour ses ressources minières : argent, étain, plomb ou zinc. Ses mines ont enrichi l'empire espagnol et toute l'Europe pendant l'époque coloniale et tout le secteur de la ville de Potosi est classé patrimoine mondial de l'Unesco. La montagne est devenue un gruyère. Elle menace de s'effondrer sur elle-même. Mais difficile de vraiment calmer le jeu, tant les mines sont essentielles à l'emploi et l'économie. « Cerro Rico en Bolivie : la montagne minée par l'argent », un Grand reportage de Nils Sabin.

Alors que le 1er janvier 2026, la Bulgarie est devenue le 21ème pays à être passé à l'euro, le fait d'abandonner la monnaie nationale, le lev est loin de faire l'unanimité. Si les partisans de la monnaie unique y voient une opportunité pour leur pays, membre de l'UE depuis 2007, ses opposants craignent au contraire que cela n'alimente l'inflation. «Entre enthousiasme et inquiétude, la Bulgarie passe à l'euro», un Grand reportage d'Agnieszka Kumor. En images

Au Laos, la Chine est devenue le premier investisseur, mais aussi le principal créancier du pays. Un des effets des tentaculaires Routes de la Soie développées par Pékin. Plus de 140 pays, plus de 4 milliards d'habitants sont maintenant concernés par ces coopérations avec le géant asiatique. Une conquête chinoise à bas bruit, antérieure à l'expansionnisme claironnant de Donald Trump. Le petit Laos et sa large dette est pris dans cette dynamique, où s'affiche le train à grande vitesse Vientiane / Kunming. Et cela transforme en profondeur le paysage socio-économique du pays. «Laos: sur la voie des investissements chinois», un Grand reportage de Jean-Pierre Fage.

De tontons macoutes en chimères et en bandes armées, Haïti vit depuis des décennies avec la violence ; et beaucoup choisissent l'exil. Depuis 2010, ce sont les gangs qui se sont généralisés. La République dominicaine (voisine), les États-Unis, le Mexique, le Canada voient arriver ces exilés. La France aussi. Et notamment en Guyane, porte d'entrée vers l'Europe. Dans cette collectivité française d'Outre-mer, le nombre de demandes d'asile d'Haïtiens a triplé en trois ans. On ne les considère plus comme des migrants économiques. Et ils comptent pour 90% des dossiers. En attendant - les papiers- les mois passent, les années aussi, pour des réfugiés Sans statut, sans aide, sans possibilité de travail. «Survivre en attendant l'asile, le quotidien difficile des Haïtiens en Guyane», un Grand reportage d'Amélie Beaucour.

Le Grand reportage week-end de ce dimanche est consacré à la Corée du Sud, qui connaît le plus faible taux de natalité au monde : 0,7 enfant par femme. Conséquence : des entreprises, des écoles qui ferment, des villages abandonnés, vidés de leurs habitants. Avec une vie précaire pour ceux qui s'y accrochent encore. En seconde partie, nous revenons sur le Cap-Vert, qui veut s'imposer comme un modèle de développement de l'économie de la mer en Afrique. La Corée du Sud est le pays qui connaît le plus faible taux de natalité au monde : 0,7 enfant par femme. Une dénatalité qui se constate d'ailleurs au quotidien. Un déclin de population entamé en 2020, première année où le nombre de décès a surpassé le nombre de naissances. Conséquence : des entreprises, des écoles qui ferment, des villages abandonnés, vidés de leurs habitants. Avec une vie précaire pour ceux qui s'y accrochent encore. « Corée du Sud : ces villages en voie de disparition », un grand reportage de Célio Fioretti. Le Cap-Vert veut s'imposer comme un modèle de développement de l'économie de la mer en Afrique, avec le développement des énergies durables, des projets d'économie circulaire et sa stratégie pour les capitaux. Pays insulaire, sa bande côtière est un atout majeur. Mais elle est aussi sa faiblesse : quand les stocks de poisson sont mis à mal par la pêche illégale ou quand le changement climatique menace. La tempête Erin en août dernier a par exemple endommagé les infrastructures. Et le Cap-Vert doit également relever un défi : proposer du travail à tous ceux qui envisagent d'émigrer. « Cap-Vert : pavillon haut sur l'économie bleue », un Grand Reportage de Charlotte Cosset.