L'actualité sur le terrain avec les reportages et enquêtes de nos correspondants. RFI propose, du lundi au vendredi, un grand reportage et des enquêtes réalisés par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde.

En Colombie, mineurs et enfants, sont embrigadés par centaines par des groupes armés. Rebelles ou criminels. Carrément enlevés, ou recrutés avec force fourberies. Un phénomène qui s'aggrave. Combattants perdus des FARC et d'ailleurs, ils sévissent particulièrement dans la région Cauca, où les populations autochtones sont les plus touchées. Pourquoi ces jeunes sont-ils enlevés? Mais que fait l'État ? Et quel rôle pour les réseaux sociaux ? Nous avons enquêté dans cette région du sud-ouest du pays. Plusieurs noms et voix ont dû être modifiés pour des raisons de sécurité. « Enfants et adolescents dans le piège des groupes armés en Colombie », un Grand reportage de Paola Ariza, de la rédaction en espagnol de RFI.

Dans le sud du Nigeria, le village de Bille vit sous la menace. Une fuite massive de gaz toxique pourrait le faire disparaitre. Nous sommes dans un village accessible uniquement par bateau dans les criques du delta du Niger. En octobre 2025, selon les habitants, du gaz s'est soudainement mis à s'échapper. Rapidement cela se propage. Aujourd'hui, un bruit constant, des bulles de gaz et un grondement sourd venu des profondeurs font partie du quotidien et ça sent mauvais. Et si ça explosait ? Des habitants ont déjà fui ce village au cœur d'une exploitation pétrolière et gazière, initialement à Shell, et que le repreneur nigérian délaisse. « Bille, village du delta du Niger que le gaz menace », un Grand reportage au Nigeria de Moïse Gomis.

Ce dimanche, dans Grand reportage le supplément, le Mexique et la Turquie. En première partie, le Mexique, avec le drame des portés disparus, des jeunes sont enlevés, ce qu'on appelle des disparitions forcées. La Turquie, en seconde partie, où nous voyagerons au sein de la communauté Alevi. Familles mexicaines : chercher jusqu'à les retrouver Au Mexique, les gens disparaissent. Depuis des années, des milliers de personnes sont la proie du crime organisé, des cartels de la drogue ou des réseaux de traite humaine. Ce sont des disparitions forcées, en opposition aux personnes qui choisissent elles-mêmes de s'en aller et de ne plus donner de nouvelles. C'est un véritable drame national. Officiellement, plus de 130 000 personnes sont portées disparues. Face au fléau, l'État mexicain est totalement défaillant et les familles restent livrées à elles-mêmes. Les parents recherchant désespérément leurs enfants… Un Grand reportage de Gwendolina Duval qui s'entretient avec Jacques Allix. Les Alévis de Turquie, la minorité invisible La Turquie est un pays à majorité musulmane sunnite, mais elle abrite également des courants minoritaires de l'islam, comme l'alévisme. Les Alévis représenteraient entre 5 et 10 % de la population, mais il est très difficile d'en faire un recensement précis. Les citoyens turcs qui se revendiquent de l'alévité n'ont ni les mêmes origines géographiques, ni la même langue, ni toujours les mêmes croyances. Ils ont eux-mêmes des difficultés à cerner les contours de leur propre communauté. Aux yeux du président Erdogan, islamo-conservateur, les Alévis ne sont pas de vrais musulmans. Nous nous sommes rendus à Istanbul, en Cappadoce et en Anatolie pour mieux cerner la communauté. Un Grand reportage de Céline Pierre-Magnani qui s'entretient avec Jacques Allix.

Dans ce supplément de Grand reportage, Florence Morice pour cette enquête sur les personnes expulsées des États-Unis et Léa Boutin-Rivière nous parlera art, histoire, culture et politique avec la Tapisserie de Bayeux. Les naufragés de la machine à expulser de Donald Trump Aux États-Unis, depuis janvier 2025, au moins 25 000 personnes ont été expulsées. Expulsées vers des pays qui ne sont pas les leurs, où elles n'ont ni famille ni repères. Par centaines, elles ont notamment été envoyées en Afrique, dans douze pays qui ont conclu des accords avec les États-Unis pour les accueillir. Que deviennent ces personnes expulsées, une fois arrivées sur le continent africain ? Pendant plusieurs mois, RFI a enquêté au sein d'un consortium de 25 médias internationaux coordonné par Forbidden Stories, et suivi le parcours de plusieurs d'entre elles. Certaines bloquées dans un pays étranger, sans statut ni perspective. D'autres finalement renvoyées, indirectement dans leur pays avec, à la clé, les dangers qu'elles avaient fuis. Un Grand reportage de Florence Morice qui s'entretient avec Jacques Allix. Tapisserie de Bayeux : l'incroyable épopée Elle est devenue le symbole des liens entre la France et le Royaume-Uni : la tapisserie de Bayeux. Broderie monumentale de près de 70 mètres de long, qui raconte la conquête de l'Angleterre par les Normands. Elle est présentée en ce moment au British Museum, à Londres. C'est la première fois que cette œuvre quasi-millénaire, passe aux Anglais grâce à un prêt concédé par le président français Emmanuel Macron. Une fresque de tissus à manipuler avec infinies précautions qui retricote les relations entre les deux pays et génère une « Bayeux-mania » outre-Manche. Un Grand reportage de Léa Boutin-Rivière qui s'entretient avec Jacques Allix.

Au Mexique, les gens disparaissent. Depuis des années, des milliers de personnes sont la proie du crime organisé, des cartels de la drogue ou des réseaux de traite humaine. Ce sont des disparitions forcées, en opposition aux personnes qui choisissent elles-mêmes de s'en aller et de ne plus donner de nouvelles. C'est un véritable drame national. Officiellement, plus de 130.000 personnes sont portées disparues. Face au fléau, l'État mexicain est totalement défaillant et les familles restent livrées à elles-mêmes. Les parents recherchant désespérément leurs enfants… « Familles mexicaines : chercher jusqu'à les retrouver », un Grand reportage au Veracruz et au Jalisco, dans l'est et dans l'ouest du Mexique de Gwendolina Duval, réalisation : Pauline Leduc.

Elle est devenue le symbole des liens entre la France et le Royaume-Uni : la tapisserie de Bayeux. Broderie monumentale de près de 70 m de long, qui raconte la conquête de l'Angleterre par les Normands. Elle est présentée en ce moment au British Museum, à Londres. C'est la première fois que cette œuvre quasi-millénaire, passe aux Anglais grâce à un prêt concédé par le président français Emmanuel Macron. Une fresque de tissus à manipuler avec infinies précautions qui retricote les relations entre les deux pays et génère une « Bayeux-mania » outre-Manche. « Tapisserie de Bayeux : l'incroyable épopée », un Grand reportage de Léa Boutin-Rivière, réalisation : Pauline Leduc.

La Turquie est un pays à majorité musulmane sunnite, mais elle abrite également des courants minoritaires de l'islam, comme l'alévisme. Les alévis représenteraient entre 5 et 10% de la population, mais il est très difficile d'en faire un recensement précis. Les citoyens turcs qui se revendiquent de l'alévité n'ont ni les mêmes origines géographiques, ni la même langue, ni toujours les mêmes croyances. Ils ont eux-mêmes des difficultés à cerner les contours de leur propre communauté. Aux yeux du président Erdogan, islamo-conservateur, les alévis ne sont pas de vrais musulmans. Nous nous sommes rendus à Istanbul, en Cappadoce et en Anatolie pour mieux cerner la communauté. « Les alévis de Turquie, la minorité invisible », un Grand Reportage de Céline Pierre-Magnani.

Aux États-Unis, depuis janvier 2025, au moins 25 000 personnes ont été expulsées. Expulsées vers des pays qui ne sont pas les leurs, où elles n'ont ni famille ni repères. Par centaines, elles ont notamment été envoyées en Afrique, dans douze pays qui ont conclu des accords avec les États-Unis pour les accueillir. Que deviennent ces personnes expulsées, une fois arrivées sur le continent africain ? Pendant plusieurs mois, RFI a enquêté au sein d'un consortium de 25 médias internationaux coordonné par Forbidden Stories, et suivi le parcours de plusieurs d'entre elles. Certaines bloquées dans un pays étranger, sans statut ni perspective. D'autres finalement renvoyées, indirectement dans leur pays avec, à la clé, les dangers qu'elles avaient fuis. « Les naufragés de la machine à expulser de Donald Trump », un Grand reportage de Florence Morice.

Le dernier grand procès des guerres de l'ex-Yougoslavie, combattants de la liberté pour les uns, criminels de guerre pour les autres. Les anciens dirigeants du Kosovo, ceux qui ont combattu la dictature de Milosevic et porté en fait l'indépendance viennent d'être condamnés par un tribunal spécial à La Haye. Figure de proue, Hashim Thaçi, ex-président du Kosovo, 25 ans de prison pour des crimes de guerre. Marie-Charlotte Roupie, en seconde partie, nous parlera de la métamorphose de Bagdad. Héros ou criminels, les leaders de l'UCK face aux juges Les Kosovars attendent avec appréhension et indignation le verdict du procès des anciens dirigeants de l'UÇK, l'Armée de libération de leur Pays. Verdict attendu après-demain, (16 septembre 2026), vingt-sept ans après le conflit au Kosovo. C'est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. La perspective de voir condamnés à La Haye, jusqu'à 45 ans de prison, 4 leaders qui ont mis fin à l'oppression du régime Milosevic, a permis l'indépendance et dirigé le jeune État, entraine bien des tensions depuis des mois... Voici un état de l'opinion des Kosovars avant l'été. Un Grand reportage de Louis Seiller qui s'entretient avec Jacques Allix. Bagdad change de visage La ville de Bagdad s'est transformée au fil des ans. Il y a eu la chute du régime de Saddam Hussein, des guerres successives qui ont endommagé la capitale irakienne ; des murs de béton qui se sont dressés partout. Mais depuis la fin de l'État islamique, en 2017, une période d'accalmie relative permet à la ville de reprendre des couleurs. Une nouvelle métamorphose qui modifie jusqu'à la relation entre les habitants et leur ville. Un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie qui s'entretient avec Jacques Allix.

Grand Reportage nous entraine dans l'Ukraine en guerre, les offensives russes s'y sont renforcées. Attaques de missiles et de drones sur des cibles militaires et civiles. Parmi les civils, des enfants. Il y a les morts et les blessés, blessés physiquement mais aussi psychologiquement. Avec Lucas Lazo dans une colonie de vacances conçue spécialement pour tenter de soigner leurs traumatismes... En 2è partie, la Côte d'Ivoire et sa musique qui a connu un véritable âge d'or dans les années 70 et 80... Avec Marine Jeannin. Orphelins ukrainiens, thérapies de vacances dans les Carpates La guerre en Ukraine laisse derrière elle plusieurs millions de victimes ; civils et militaires, morts, blessés, disparus. Et bien sûr, demeurent des enfants… ils ont perdu une mère, un père, parfois les deux, au front, ou lors des bombardements menés par la Russie sur les villes ukrainiennes. Nous avons suivi cinquante de ces orphelins dans une colonie de vacances un peu particulière dans l'ouest du pays : un refuge à l'abri du fracas des armes. Au programme : des activités sportives, artistiques, des lectures, ainsi que des séances de thérapie collectives et individuelles, pour soigner les blessures invisibles de cette enfance dans la guerre. Les traumatismes sont encore si vifs, que ce sont surtout les adultes qui racontent leur histoire. Un Grand reportage de Lucas Lazo qui s'entretient avec Jacques Allix. Ziglibithy, funk et reggae: les années dorées de la musique ivoirienne Costumes pailletés, orchestres en direct à la télévision, vinyles qui tournent dans les salons : pendant deux décennies, Abidjan a fait danser toute l'Afrique de l'Ouest. Un patrimoine aujourd'hui menacé, que collectionneurs et archivistes s'efforcent de sauver disque par disque. Avant le rap Ivoire, avant le coupé-décalé, avant même le zouglou, il y avait les costumes pailletés de François Lougah, les déhanchés d'Ernesto Djédjé et le reggae d'Alpha Blondy. Dans les années 1970 et 1980, la Côte d'Ivoire vivait son âge d'or musical : les orchestres jouaient en direct à la télévision, les vinyles tournaient dans les salons, et les artistes remplissaient les salles bien au-delà des frontières du pays. Une époque mythique que les anciens racontent avec émotion, pendant que de jeunes passionnés tentent d'en sauver les traces. Un Grand reportage de Marine Jeannin qui s'entretient avec Jacques Allix.

Costumes pailletés, orchestres en direct à la télévision, vinyles qui tournent dans les salons : pendant deux décennies, Abidjan a fait danser toute l'Afrique de l'Ouest. Un patrimoine aujourd'hui menacé, que collectionneurs et archivistes s'efforcent de sauver disque par disque. Avant le rap Ivoire, avant le coupé-décalé, avant même le zouglou, il y avait les costumes pailletés de François Lougah, les déhanchés d'Ernesto Djédjé et le reggae d'Alpha Blondy. Dans les années 1970 et 1980, la Côte d'Ivoire vivait son âge d'or musical : les orchestres jouaient en direct à la télévision, les vinyles tournaient dans les salons, et les artistes remplissaient les salles bien au-delà des frontières du pays. Une époque mythique que les anciens racontent avec émotion, pendant que de jeunes passionnés tentent d'en sauver les traces. À 75 ans, dont 65 de carrière, Bailly Spinto n'a jamais quitté la scène. Surnommé « l'Homme à la voix d'or » ou « le Rossignol », ce chanteur à la croisée de la soul, du rock et du funk s'est construit une somptueuse villa au cœur de Yopougon, la commune la plus peuplée d'Abidjan. Ici, tout le monde le connaît, et les jeunes du quartier guident spontanément les visiteurs jusqu'à sa porte. « La plaque tournante de la musique ivoirienne, c'était la Côte d'Ivoire ! se souvient-il. Les stars comme Manu Dibango sont arrivés ici, ils se sont installés à la RTI, ils ont formé des artistes ivoiriens… Tout ça, c'était notre âge d'or ! » Les gardiens de la mémoire Cette mémoire, ce sont aussi de jeunes passionnés qui la font vivre. Dans un appartement de Cocody où il a installé son centre d'archives, BaouléCore, Cédric Kouamé, petite trentaine et grosses dreadlocks, a rassemblé une collection de 3 000 vinyles. Chaque week-end, il part « au village » fouiller les collections des anciens pour y dénicher des pépites, qu'il nettoie, écoute, classe et parfois numérise. Était-ce vraiment mieux avant ? « Une musique, pour être enregistrée, devait être réfléchie, répétée, écrite », explique-t-il pour justifier sa passion pour cette production « intemporelle ». Avec Mel Dagson, archiviste et historien qui tient une chaîne YouTube consacrée à la musique vintage ivoirienne, et l'aide à dater ses trouvailles, ils collectent les disques autant que les souvenirs. « Tous les fonctionnaires ivoiriens de l'époque possédaient tous le même meuble, une armoire symbole d'ascension sociale », raconte le premier. Le second complète : « Elle était garnie de deux indispensables : une collection de vaisselle pour recevoir, et une collection de vinyles pour faire danser leurs invités ». Un trio de géants L'extraordinaire production musicale des années 1970 repose sur les épaules de trois géants. Le premier, François Lougah, surnommé « le Papa national », est celui qui a ouvert la musique ivoirienne au monde, dès 1971-1972, jusqu'à jouer aux côtés des musiciens de la star zaïroise Abeti Masikini. Il est suivi, en 1975, par Ernesto Djédjé, chanteur et guitariste idolâtré pour ses déhanchés spectaculaires, qui invente à lui seul un genre révolutionnaire : le ziglibithy, un brassage des influences occidentales (funk, disco, reggae) avec le folklore bété. Le trio est complété en 1981 par Alpha Blondy, seul survivant de l'âge d'or, qui adapte le reggae à la sauce ivoirienne et porte la musique du pays à un niveau international inédit. « C'est celui qui a permis que le monde entier s'intéresse à la musique ivoirienne », résume Mel Dagson. Son album Cocody Rock (1984) bat des records de vente, tandis qu'Apartheid is Nazism (1985) est salué par la critique aux États-Unis. Les années 1980 consacrent aussi Bailly Spinto et le guitariste Jimmy Hyacinthe, ainsi que l'ascension de plusieurs divas : Aïcha Koné, Antoinette Konan, Chantal Taïba et Nayanka Bell. À l'époque, la musique se diffuse surtout par la radio, les night clubs et les dîners et galas organisés dans tout le pays. La RTI, école et tremplin Il est impossible de raconter cet âge d'or sans évoquer l'Orchestre de la Radiodiffusion télévision nationale (ORTI), dirigé de 1975 à 1979 par le saxophoniste camerounais Manu Dibango, à l'invitation d'Houphouët-Boigny lui-même. Un poste qui a permis d'irriguer la musique ivoirienne d'influences venues de toute la sous-région, du makossa camerounais aux rythmes congolais. Aujourd'hui, une partie de cette mémoire dort encore dans les archives de la RTI, à Cocody : 60 000 cassettes, dont certaines n'ont toujours pas été numérisées. La quasi-totalité des stars de l'époque sont passées par ses locaux. C'est le cas de la chanteuse Chantal Taïba, 44 ans de carrière, qui y a fait ses débuts à l'adolescence, contre l'avis de ses parents. « Je me suis levée un matin et je suis allée à l'orchestre leur proposer mes services », raconte-t-elle en riant. « Mais malheureusement, j'étais mineure, donc je ne pouvais pas être embauchée. » Une cousine a dû se porter garante pour qu'elle intègre l'orchestre, contre l'avis de ses parents. Sa réussite spectaculaire leur donnera tort. Au-delà de la visibilité, l'ORTI offrait aux artistes, souvent autodidactes, un salaire mensuel et un encadrement précieux dispensé par des professeurs de l'Institut national des Arts. « On accompagnait les grandes stars, Miriam Makeba, Tabuley… se souvient Chantal Taïba. Toutes les grandes stars qui passaient par la Côte d'Ivoire, c'est l'ORTI qui les accompagnait. En toute modestie, on était les meilleurs ! » Le studio JBZ, révolution technique L'autre point névralgique de la musique ivoirienne était le studio JBZ, monté en 1981 par Jacques Bizollon de Zuénoula, un Français naturalisé ivoirien qui lui a donné ses initiales. Premier studio d'enregistrement du pays, il a accueilli la crème des artistes ouest-africains jusqu'à sa fermeture, en 2018. Avant son ouverture, les artistes devaient partir enregistrer au Ghana ou au Nigeria, à grands frais. La méthode y était exigeante : « Un artiste prenait au moins 15 jours, trois semaines à faire un album, se souvient Jacques Bizollon. On faisait tout de A à Z : batterie, guitares, cuivres, puis les chœurs et les voix. On travaillait jour et nuit ! » Malgré ce succès, l'industrie musicale ivoirienne peine à se structurer. Il faut attendre 1981 pour voir naître le Bureau ivoirien du droit d'auteur (Burida), qui permet aux artistes de percevoir des redevances. Raïmi Gbadamassi, producteur nigérian installé à Abidjan et fondateur du label Badmos, en garde le souvenir : « Ernesto Djédjé percevait des droits au Burida et à la Sacem, et je lui ai payé un orchestre complet à l'époque, plus une voiture. » Malgré le succès, ces revenus ne suffisent pas toujours : faute de moyens, l'orchestre d'Ernesto Djédjé se sépare dès 1982. Le mécénat de Houphouët-Boigny Les artistes dépendent alors surtout de la générosité du président Félix Houphouët-Boigny, qui gouverne le pays de l'indépendance, en 1960, jusqu'à sa mort en 1993. Bailly Spinto fait partie de ses favoris. « Nous étions cinq ou six artistes, pas plus. Quand un président venait, c'est nous que Houphouët appelait pour chanter. » Il se souvient même que le chef de l'État a personnellement financé sa salle de concert à l'Olympia, à Paris, en 1992. Ce mécénat présidentiel a donné naissance à une expression toujours utilisée aujourd'hui : « mener la vie de Lougah », qui signifie dépenser sans compter. Une référence à François Lougah, connu pour son train de vie dispendieux - il se déplaçait notamment, dit la légende, en taxi-compteur, même pour ses voyages à l'intérieur du pays - dont le destin s'est achevé dans le dénuement. « Les Ivoiriens l'ont lâché », regrette Bailly Spinto. « Le grand François Lougah, le précurseur de la musique moderne… mon ami. » Un âge d'or aux échos contemporains L'âge d'or de la musique ivoirienne s'est éteint avec le miracle économique du pays, rattrapé dans les années 1980 par les crises économiques, politiques et militaires. Aujourd'hui, la bande-son d'Abidjan a bien changé : dans un pays où 75% de la population a moins de 35 ans, ce sont le rap Ivoire et le biama, version modernisée du coupé-décalé, qui rythment la rue. Mais les légendes des années 60-70-80 restent gravées dans la mémoire collective, jusque dans les productions les plus récentes. En témoigne Zadie Bobo, sorti l'an dernier (2025) par la chanteuse Carina Style et le rappeur Mister Christ : une reprise d'un classique de 1977 signé Ernesto Djédjé, dont les paroles rendent directement hommage au ziglibithy. Preuve que cinquante ans plus tard, la Côte d'Ivoire n'a rien perdu de sa créativité.

La ville de Bagdad s'est transformée au fil des ans. Il y a eu la chute du régime de Saddam Hussein, des guerres successives qui ont endommagé la capitale irakienne ; des murs de béton qui se sont dressés partout. Mais depuis la fin de l'État islamique, en 2017, une période d'accalmie relative permet à la ville de reprendre des couleurs. Une nouvelle métamorphose qui modifie jusqu'à la relation entre les habitants et leur ville. « Bagdad change de visage », un Grand reportage de Marie-Charlotte Roupie.

La guerre en Ukraine laisse derrière elle plusieurs millions de victimes ; civils et militaires, morts, blessés, disparus. Et bien sûr, demeurent des enfants… ils ont perdu une mère, un père, parfois les deux, au front, ou lors des bombardements menés par la Russie sur les villes ukrainiennes. Nous avons suivi cinquante de ces orphelins dans une colonie de vacances un peu particulière dans l'ouest du pays : un refuge à l'abri du fracas des armes. Au programme : des activités sportives, artistiques, des lectures, ainsi que des séances de thérapie collectives et individuelles, pour soigner les blessures invisibles de cette enfance dans la guerre. Les traumatismes sont encore si vifs, que ce sont surtout les adultes qui racontent leur histoire. « Orphelins ukrainiens, thérapies de vacances dans les Carpates », un Grand reportage de Lucas Lazo, avec la collaboration de Yashar Fasilov.

Les Kosovars attendent avec appréhension et indignation le verdict du procès des anciens dirigeants de l'UÇK, l'Armée de libération de leur Pays. Verdict attendu après-demain, (16 septembre 2026), vingt-sept ans après le conflit au Kosovo. C'est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. La perspective de voir condamnés à La Haye, jusqu'à 45 ans de prison, 4 leaders qui ont mis fin à l'oppression du régime Milosevic, a permis l'indépendance et dirigé le jeune État, entraine bien des tensions depuis des mois... Voici un état de l'opinion des kosovars avant l'été. Nous rediffusons ce reportage de Louis Seiller intitulé : « Héros ou Criminels, les leaders de l'UCK face aux juges ».

De la mer de Chine Orientale à la Méditerranée, nous embarquons tout d'abord sur l'Ocean Viking, navire de sauvetage de ces migrants qui jouent le tout pour le tout pour rejoindre l'Europe dans des cases en bambou. 1 500 morts, rien que pour les 6 premiers mois de l'année, chiffre de l'OIM.Deuxième reportage. Nous serons au Japon, dans le grand sud, à Okinawa, s'y trouvent les fameuses bases américaines. Les fermer, les agrandir, c'est l'enjeu de l'élection du gouverneur ce dimanche. Sauvetages en Méditerranée centrale : migrants refoulés, humanitaires entravés C'est l'une des routes migratoires les plus mortelles au monde… La Méditerranée. Rien qu'au cours des six premiers mois de 2026, plus de 1 500 personnes y ont péri en tentant de rejoindre l'Europe – un des pires bilans de la décennie –, chiffre de l'Organisation internationale pour les migrations. Les opérations humanitaires, elles, sont de plus en plus empêchées par l'arsenal répressif, légal, mis en place par certains pays européens ainsi que par la menace croissante des garde-côtes libyens. Financés par l'Union européenne, les Libyens multiplient les refoulements de migrants en mer et les intimidations contre les navires humanitaires. RFI a embarqué au mois de juillet sur l'Ocean Viking, le bateau affrété par l'ONG française SOS Méditerranée. Un Grand reportage d'Eliott Brachet qui s'entretient avec Jacques Allix. Okinawa vote : bases américaines en question et ombres chinoises Au Japon, Okinawa dans le grand Sud, vote pour son gouverneur le 13 septembre 2026. En question : la présence stratégique américaine, face à la Chine et à 2 pas de Taiwan. Le sortant Tamaki est contre ces fameuses bases d'Okinawa. Son rival Koja, du parti de la Première ministre est pour. Un débat qui dépasse largement la petite île. Et que la population doit endurer. Un Grand reportage d'Adrien-Guillaume Padovan qui s'entretient avec Jacques Allix.

Ce samedi, Frédérique Misslin et Stefanie Schüler accompagnent leurs reportages de leurs commentaires. Frédérique Misslin pour évoquer la situation en Cisjordanie occupée. Stefanie Schüler pour compléter le périple qu'elle nous propose dans les Halligen, ce petit archipel allemand qui pourrait être le premier territoire insulaire européen à être submergé à cause du réchauffement climatique. Cisjordanie occupée : quand des colons assiègent des Palestiniens à domicile De la France à la Grande-Bretagne, en passant par le Canada, 12 pays viennent de décider de prendre des mesures restreignant le commerce avec les colonies israéliennes illégales. Conséquences de la dégradation de la situation pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Attaques multiples des colons et intensification de la colonisation. Ces 12 pays parlent de violence sans précédent de la part des colons et estiment que le gouvernement israélien compromet une solution à 2 États. Tel Aviv crie au scandale. Menace de représailles. Et la principale organisation de colons parle de sanctions antisémites et honteuses. À l'approche des élections israéliennes, les colons en toute impunité multiplient en effet, vols, incendies parfois meurtres et bloquent des Palestiniens dans leur propre maison. Un Grand reportage de Frédérique Misslin qui s'entretient avec Jacques Allix. Comment sauver les Halligen, archipel européen menacé par la montée de la mer? Tout au nord de l'Allemagne, dix petites îles bravent les éléments : les Halligen. Plusieurs dizaines de fois par an, la mer du Nord les submerge naturellement. Et pourtant des humains vivent ici. Depuis des siècles, ils construisent leurs maisons et les étables pour leur bétail sur des monticules artificiels. De cette façon, les habitants des Halligen résistent aux pires tempêtes. Mais une nouvelle menace les guette : l'élévation du niveau de la mer, causée par le changement climatique. Un Grand reportage de Stefanie Schüler qui s'entretient avec Jacques Allix.

Au Japon, Okinawa dans le grand Sud, vote pour son gouverneur le 13 septembre 2026. En question : la présence stratégique américaine, face à la Chine et à 2 pas de Taiwan. Le sortant Tamaki est contre ces fameuses bases d'Okinawa. Son rival Koja, du parti de la Première ministre est pour. Un débat qui dépasse largement la petite île. Et que la population doit endurer. « Okinawa vote : bases américaines en question et ombres chinoises », un Grand Reportage d'Adrien-Guillaume Padovan.

Tout au nord de l'Allemagne, dix petites îles bravent les éléments : les Halligen. Plusieurs dizaines de fois par an, la mer du Nord les submerge naturellement. Et pourtant des humains vivent ici. Depuis des siècles, ils construisent leurs maisons et les étables pour leur bétail sur des monticules artificiels. De cette façon, les habitants des Halligen résistent aux pires tempêtes. Mais une nouvelle menace les guette : l'élévation du niveau de la mer, causée par le changement climatique. C'est une course contre la montre : autorités et scientifiques cherchent des méthodes qui permettraient aux Halligen de survivre. Car ces îlots ne sont pas seulement un lieu de vie pour leurs habitants et un espace culturel unique au monde. Ces îles, aussi petites soient-elles, constituent aussi l'un des derniers sanctuaires ornithologiques d'Europe. Des centaines de milliers d'oiseaux migrateurs reprennent des forces ici sur leur route d'Afrique vers le cercle polaire et des dizaines de milliers d'autres oiseaux marins les choisissent pour couver puis élever leurs poussins. Situées dans le parc national de la mer des Wadden, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, les Halligen sont devenues ces dernières années un terrain d'expérimentation scientifique. Les méthodes développées ici pourront, selon les scientifiques que nous avons rencontrés, aider des zones côtières du monde entier à s'adapter aux effets du changement climatique. «Comment sauver les Halligen, archipel européen menacé par la montée de la mer?», un Grand reportage de Stefane Schüler. La vidéo À lire aussiAux îles Halligen, menacées de disparaître: «Nos solutions d'adaptation peuvent s'appliquer à l'autre bout du monde»

De la France à la Grande-Bretagne, en passant par le Canada, 12 pays viennent de décider de prendre des mesures restreignant le commerce avec les colonies israéliennes illégales. Conséquences de la dégradation de la situation pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Attaques multiples des colons et intensification de la colonisation. Ces 12 pays parlent de violence sans précédent de la part des colons et estiment que le gouvernement israélien compromet une solution à 2 États. Tel Aviv crie au scandale. Menace de représailles. Et la principale organisation de colons parle de sanctions antisémites et honteuses. À l'approche des élections israéliennes, les colons en toute impunité multiplient en effet, vols, incendies parfois meurtres et bloquent des Palestiniens dans leur propre maison. « Cisjordanie occupée : quand des colons assiègent des Palestiniens à domicile », un Grand reportage de Frédérique Misslin.

C'est l'une des routes migratoires les plus mortelles au monde… La Méditerranée. Rien qu'au cours des six premiers mois de 2026, plus de 1 500 personnes y ont péri en tentant de rejoindre l'Europe – un des pires bilans de la décennie –, chiffre de l'Organisation internationale pour les migrations. Les opérations humanitaires, elles, sont de plus en plus empêchées par l'arsenal répressif, légal, mis en place par certains pays européens ainsi que par la menace croissante des garde-côtes libyens. Financés par l'Union européenne, les Libyens multiplient les refoulements de migrants en mer et les intimidations contre les navires humanitaires. RFI a embarqué au mois de juillet sur l'Ocean Viking, le bateau affrété par l'ONG française SOS Méditerranée. « Sauvetages en Méditerranée centrale : migrants refoulés, humanitaires entravés », un Grand reportage d'Eliott Brachet. À lire aussiÀ bord de l'«Ocean Viking»: au cœur d'une Méditerranée de plus en plus mortelle

Il y a une décennie, une semaine de violence politique fut d'une ampleur sans précédent au Gabon. Cela dans la foulée de l'annonce très contestée de la réélection d'Ali Bongo à la présidence du pays. Aujourd'hui, les victimes et leur famille tentent d'obtenir une reconnaissance et des réparations de la part des nouvelles autorités, mais le pays n'est pas forcément disposé à rouvrir ce dossier sensible. En seconde partie, Franck Alexandre, notre spécialiste défense, nous entrainera au sein de l'armée de terre française, c'est là que prennent leur envol les drones d'attaque, nouveaux vecteurs de la guerre moderne. Dix ans après, les plaies toujours vives de la crise post-électorale au Gabon Le Gabon, il y a dix ans, connaissait une semaine de violence politique d'une ampleur inédite. Cela dans la foulée de l'annonce très contestée de la réélection d'Ali Bongo à la présidence du pays. Cette flambée de violence fut marquée par l'assaut mené contre le QG du candidat Jean Ping, et par des fusillades en pleine rue dans différents quartiers de la capitale. Depuis la chute du régime Bongo fin août 2023, les victimes et leurs familles tentent d'obtenir reconnaissance et réparation de la part des nouvelles autorités, dans un pays pas forcément disposé à rouvrir ce dossier sensible. Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix. L'escadron de drones de chasse, nouveau fer de lance de l'Armée de terre L'armée de terre française : dans cette unité de chasse, ni avion de combat ni missile, mais un concept appelé à faire tache d'huile au sein de cette armée de terre. Le concept d'escadron de drones de chasse. Dans l'imaginaire collectif, il y a bien sûr en toile de fond la guerre en Ukraine. Élaborée par le premier régiment d'infanterie de marine, cette nouvelle approche a été évaluée cet été, au centre d'entrainement au combat de Mailly-le-Camp. Cette première unité illustre la bascule en mode rapide de l'armée de terre vers les drones aériens d'attaque. Un Grand reportage de Franck Alexandre qui s'entretient avec Jacques Allix.

La Cisjordanie est plus colonisée que jamais, avec attaques de colons et pression maximum de l'armée. Malgré tout, dans leur territoire, les Palestiniens, comme par défi, célèbrent haut et fort l'amour et le mariage. Les invités sont pléthores, la musique forte et ça danse au nez et à la barbe des forces d'occupation. Musique, grand défoulement et grand reportage d'Amira Souilem. La deuxième partie nous transportera en Australie et ses millions de lapins qui transforment les terres agricoles, notamment, en véritable gruyère et c'est dangereux. Un périple signé Grégory Plesse. Cupidon en Palestine occupée Les mariages palestiniens : 1 200 invités, un buffet gargantuesque et des convives tirés à quatre épingles. C'est un des paradoxes de la société palestinienne. Alors que la colonisation israélienne progresse malgré tout et meurtrit la Cisjordanie occupée, les mariages ont souvent lieu dans des cadres somptueux. Malgré les entraves à la vie quotidienne, les fêtes de mariage semblent servir désormais de défouloir à des Palestiniens qui s'endettent souvent lourdement pour fêter ce qu'ils appellent la « joie de toute une vie ». Entre colonies, barrages et raids de l'armée israélienne, célébrer l'amour relève vraiment du défi. Un Grand reportage d'Amira Souilem qui s'entretient avec Jacques Allix. Australie : 1 000 façons d'accommoder le lapin Les lapins, origine lointaine : Espagne et Portugal. En Europe, ils ont plutôt la côte : aux carottes le dimanche, doudou pour bébé, joujou pour chasseurs. Mais en Australie, les lapins sont une catastrophe : pour l'économie, pour l'environnement. Et on les mange peu, on préfère le kangourou. Introduits, nonchalamment, par des colons britanniques au milieu du XIXe siècle, ils se sont multipliés en l'absence de prédateur naturel – comme des lapins – et ils ont conquis la quasi-totalité du territoire… Plus de 150 ans après, et malgré de multiples campagnes d'éradication massive – les Australiens ont tout essayé – ils sont toujours là, 200 millions peut-être, au grand dam notamment des agriculteurs. Un Grand reportage de Grégory Plesse qui s'entretient avec Jacques Allix.

Les lapins, origine lointaine : Espagne et Portugal. En Europe, ils ont plutôt la côte : aux carottes le dimanche, doudou pour bébé, joujou pour chasseurs. Mais en Australie, les lapins sont une catastrophe : pour l'économie, pour l'environnement. Et on les mange peu, on préfère le kangourou. Introduits, nonchalamment, par des colons britanniques au milieu du XIXe siècle, ils se sont multipliés en l'absence de prédateur naturel – comme des lapins – et ils ont conquis la quasi-totalité du territoire… Plus de 150 ans après, et malgré de multiples campagnes d'éradication massive – les Australiens ont tout essayé – ils sont toujours là, 200 millions peut-être, au grand dam notamment des agriculteurs. « Australie : 1 000 façons d'accommoder le lapin », un grand reportage de notre correspondant Grégory Plesse.

Les mariages palestiniens : 1 200 invités, un buffet gargantuesque et des convives tirés à quatre épingles. C'est un des paradoxes de la société palestinienne. Alors que la colonisation israélienne progresse malgré tout et meurtrit la Cisjordanie occupée, les mariages ont souvent lieu dans des cadres somptueux. Malgré les entraves à la vie quotidienne, les fêtes de mariage semblent servir désormais de défouloir à des Palestiniens qui s'endettent souvent lourdement pour fêter ce qu'ils appellent la « joie de toute une vie ». Entre colonies, barrages et raids de l'armée israélienne, célébrer l'amour relève vraiment du défi. « Cupidon en Palestine occupée », c'est un grand reportage d'Amira Souilem.

L'armée de terre française : dans cette unité de chasse, ni avion de combat ni missile, mais un concept appelé à faire tache d'huile au sein de cette armée de terre. Le concept d'escadron de drones de chasse. Dans l'imaginaire collectif, il y a bien sûr en toile de fond la guerre en Ukraine. Élaborée par le 1er régiment d'infanterie de marine, cette nouvelle approche a été évaluée cet été, au centre d'entrainement au combat de Mailly-le-Camp. Cette première unité illustre la bascule en mode rapide de l'armée de terre vers les drones aériens d'attaque. « L'escadron de drones de chasse, nouveau fer de lance de l'Armée de terre », un grand reportage de Franck Alexandre.

Le Gabon, il y a dix ans, connaissait une semaine de violence politique d'une ampleur inédite. Cela dans la foulée de l'annonce très contestée de la réélection d'Ali Bongo à la présidence du pays. Cette flambée de violence fut marquée par l'assaut mené contre le QG du candidat Jean Ping, et par des fusillades en pleine rue dans différents quartiers de la capitale. Depuis la chute du régime Bongo fin août 2023, les victimes et leurs familles tentent d'obtenir reconnaissance et réparation de la part des nouvelles autorités, dans un pays pas forcément disposé à rouvrir ce dossier sensible. « Dix ans après, les plaies toujours vives de la crise post-électorale au Gabon », un grand reportage de François Mazet.

Bienvenue dans le Grand reportage, le supplément avec Coralie Pierret pour parler d'Ebola en RDC ; et Nathalie Versieux avec l'armée allemande, en seconde partie d'émission. La Bundeswehr se renforce, l'Allemagne change de cap face à la guerre qui dure en Ukraine, face aux menaces du président russe, à la prise de distance de Donald Trump à l'égard de ses alliés. Et d'un sérieux doute quant à la solidarité de l'Otan. «Pourquoi eux ?» En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l'Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n'ont connu une telle vague d'Ebola. Il n'y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s'étend dans l'est du pays. Le pic de l'épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années. Un Grand reportage de Coralie Pierret qui s'entretient avec Jacques Allix. Branle-bas de combat pour la Bundeswehr Il y a 4 ans, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis, l'Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d'époque pour la Bundeswehr. L'Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir. Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix.

Le Laos et la Bolivie au sommaire du supplément du Grand reportage. Direction le Laos avec Jean-Pierre Fage, sur l'une de ces nouvelles routes de la soie lancées tel un filet sur le monde par la Chine. C'est en 2013 que le président Xi Jinping lance la nouvelle initiative, la bonne idée d'influence sur ses voisins et au-delà. En 2è partie : une montagne qui s'effondre sur elle-même, minée depuis des siècles, par l'exploitation de filons prometteurs, le Cerro Rico en Bolivie, avec Nils Sabin. Laos: sur la voie des investissements chinois Au Laos, la Chine est devenue le premier investisseur, mais aussi le principal créancier du pays. Un des effets des tentaculaires Routes de la Soie développées par Pékin. Plus de 140 pays, plus de 4 milliards d'habitants sont maintenant concernés par ces coopérations avec le géant asiatique. Une conquête chinoise à bas bruit, antérieure à l'expansionnisme claironnant de Donald Trump. Le petit Laos et sa large dette est pris dans cette dynamique, où s'affiche le train à grande vitesse Vientiane / Kunming. Et cela transforme en profondeur le paysage socio-économique du pays. Un Grand reportage de Jean-Pierre Fage qui s'entretient avec Jacques Allix. Cerro Rico en Bolivie: la montagne minée par l'argent Dans le sud de la Bolivie, le Cerro Rico est une montagne surexploitée. Creusée depuis 480 ans pour ses ressources minières : argent, étain, plomb ou zinc. Ses mines ont enrichi l'empire espagnol et toute l'Europe pendant l'époque coloniale et tout le secteur de la ville de Potosi est classé patrimoine mondial de l'Unesco. La montagne est devenue un gruyère. Elle menace de s'effondrer sur elle-même. Mais difficile de vraiment calmer le jeu, tant les mines sont essentielles à l'emploi et l'économie. Un Grand reportage de Nils Sabin qui s'entretient avec Jacques Allix.

Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l'Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n'ont connu une telle vague d'Ebola. Il n'y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s'étend dans l'est du pays. Le pic de l'épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années. « Pourquoi eux ? » En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre, un Grand reportage de Coralie Pierret.

Direction Libreville. À l'instar de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais plus qu'ailleurs, la société gabonaise est meurtrie par les crimes rituels. Chaque année, ils font leur lot de victimes au nom de croyances pour des raisons politiques ou à cause de réseaux de crime organisé. On retrouve des corps abandonnés avec des organes manquants. En 2è partie, le Kosovo vit très mal les accusations de crimes de guerre portées contre les leaders de l'UCK qui ont mené le pays à l'indépendance. Gabon: la détresse sans fin des familles de victimes de crimes rituels C'est une plaie de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l'exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée. Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix. Héros ou criminels, les leaders de l'UCK face aux juges C'est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo, le verdict est attendu normalement dans les toutes prochaines semaines pour les anciens dirigeants de l'UÇK, l'Armée de libération. Ils risquent jusqu'45 ans de prison, eux, les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Mais ce tribunal spécial, de droit kosovar, avec juges internationaux à La Haye, suscite une profonde indignation dans le jeune État. Pour beaucoup, les 4 accusés ont libéré le pays de l'oppression du régime de Milošević et porté la cause de l'indépendance. Un Grand reportage de Louis Seiller qui s'entretient avec Jacques Allix.

Bienvenue dans le supplément de Grand reportage. Nous partons tout d'abord pour les États-Unis, les Américains célèbrent aujourd'hui les 250 ans de leur indépendance. Le 4 juillet 1776, un congrès réuni à Philadelphie adopte la déclaration d'indépendance des 13 colonies britanniques d'Amérique du Nord, c'est l'officialisation de la rupture avec la Grande-Bretagne. En 2è partie, il s'agira de la montée en puissance militaire du Japon face à la Chine. 250 ans des États-Unis: en Pennsylvanie, la bataille de l'identité américaine Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump, et plus généralement l'ensemble de la sphère Maga, s'emploient à imposer leur propre vision de l'Amérique. Illustration en Pennsylvanie, là où la Déclaration d'Indépendance des États-Unis fut signée le 4 juillet 1776. Un Grand reportage de François-Damien Bourgery qui s'entretient avec Jacques Allix. Yonaguni, îlot fragile entre la Chine et le Japon, divisée par la militarisation Sanction contre un proche de la Première ministre japonaise, incursion d'un militaire japonais dans l'ambassade de Chine à Tokyo, la tension est vive entre les deux plus grandes économies d'Asie. Des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d'invasion de Taïwan ont ouvert une phase gel dans les relations sino-nippones. RFI s'est rendu au Japon à l'invitation du FPCJ (Foreign Press Center Japan), une institution en partie financée par le gouvernement japonais. Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Jacques Allix.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump, et plus généralement l'ensemble de la sphère Maga, s'emploient à imposer leur propre vision de l'Amérique. Illustration en Pennsylvanie, là où la Déclaration d'Indépendance des États-Unis fut signée le 4 juillet 1776. De notre envoyé spécial de retour de Pennsylvanie, Elles sont alignées comme à la parade, le nom de leur propriétaire collé sur le pare-brise, le capot relevé pour mieux apprécier ce qu'elles ont dans le ventre. Il y en a pour tous les goûts : un antique pick-up Chevrolet bleu turquoise, un coupé Buick de 1973, plusieurs Dodge Challenger, et même un corbillard. Des dizaines au total. Penchés au-dessus des moteurs, des visiteurs de tous âges. Beaucoup arborent des tee-shirts aux couleurs des États-Unis ou floqués du mot « liberté ». Le parti républicain du comté de Lackawanna a choisi ce cinéma en plein air pour célébrer les 250 ans de l'Indépendance du pays. Le 4-Juillet n'est que dans trois semaines, mais ici, sur les hauteurs de Dickson City, la fête bat déjà son plein. Tout a été prévu pour la rendre mémorable : un défilé de motos, de quoi se restaurer, des concerts, deux films sur écran géant… Mais le clou de la journée, c'est cette exposition de véhicules d'exception. Tout un symbole. « C'est une part d'histoire. Ce sont des voitures qui ont marqué notre jeunesse. Ce sont aussi des voitures qui ont été construites ici et exportées partout dans le monde. Cela permet de montrer aux jeunes ce qui a contribué à faire la richesse de notre pays », s'enthousiasme Dan Naylor, le président des Républicains du comté de Lackawanna, avant de s'adresser à la petite foule présente pour convoquer une nouvelle fois l'histoire, plus ancienne celle-là. « Le plus grand pays au monde » Il y est question de Paul Revere, un orfèvre de Boston devenu célèbre pour avoir averti les patriotes américains de l'arrivée imminente de l'armée britannique à Lexington en 1775. « Et qui répondit à ce cri ? Ce furent des gens ordinaires, qui se mobilisèrent, qui vainquirent les Anglais et qui fondèrent ce pays ! », lance Dan Naylor au micro. « Nous devons donc être reconnaissants envers ces personnes qui ont sacrifié leurs vies pour faire de ce pays ce qu'il est, et nous devons le préserver. Et souvenez-vous : nous sommes le plus grand pays au monde et c'est ce que nous pouvons célébrer aujourd'hui. » Un discours en écho à celui de la Maison Blanche, bien décidée à faire de ce 250è anniversaire celui d'une nation glorieuse, purgée de l'esclavage et du racisme. « Je ne vois pas les couleurs. Ok ? Pour moi, on a tous le sang rouge », balaie ainsi JoAnne Mayer, l'organisatrice de l'événement, lorsqu'on l'interroge sur cette Amérique blanche et chrétienne que cherchent à promouvoir Donald Trump, son administration et le mouvement Maga en général. « Cette administration met l'accent sur les valeurs de l'individu, indépendamment de sa race, de son âge, de son origine ethnique, de son sexe ou de toute autre caractéristique qui fait de lui ce qu'il est », défend Rob Coco, responsable de la branche locale de l'association ultra-conservatrice Turning Point USA. Enveloppé dans un drapeau américain, l'étudiant de 22 ans semble oublier les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, les opérations de la police de l'immigration apparemment guidées par le simple délit de faciès, ou encore le redécoupage électoral favorable aux Afro-Américains remis en cause en Louisiane. « Je pense qu'il ne faut pas catégoriser les gens. Nous sommes tous des habitants de cette Terre, s'enflamme le jeune homme dans un élan missionnaire. Nous venons tous du même Créateur, et nous avons tous la chance d'être ici aujourd'hui, car la vie est sacrée. Alors, au lieu de juger, au lieu de parler de ce qui nous différencie, nous devrions simplement apprécier le fait d'être ici aujourd'hui et d'avoir la possibilité de l'être. » Une ode à l'unité qui peine à masquer la réalité d'un pays fracturé. À lire aussiTrumpisme au Canada: comment les idées MAGA gagnent du terrain Progressisme et armes à feu À 200 kilomètres de là, une dizaine de personnes se sont donné rendez-vous dans une armurerie de Lancaster. Elles sont toutes membres du Liberal Gun Club (LGC), un club de tir classé à gauche. « C'est une association de possesseurs d'armes à feu qui partagent les mêmes convictions, qui croient aux droits civils et aux droits constitutionnels. C'est un groupe composé de personnes vraiment, vraiment formidables ! », vante Christopher Caruana, le secrétaire de la branche pennsylvanienne du LGC. Sa longue barbe blanche, son verre de lunette fumé et ses bras tatoués donnent à ce septuagénaire un air de pirate. L'endroit fait aussi stand de tir. Au bout de la rangée, Molly teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle vient de terminer le college, le premier cycle universitaire, et s'apprête à quitter le domicile familial. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne. « Je fais 1 mètre 50 et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme », justifie la jeune femme. Un sentiment d'insécurité renforcé, dit-elle, par la façon dont « Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels ». Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de Donald Trump, ils étaient moins de 3 000. Ceux qui sont là aujourd'hui sont quant à eux des membres de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ». C'est le cas de Sam, longtemps opposé aux armes à feu, jusqu'à ce que la première élection de Donald Trump et l'attaque à la voiture-bélier commise par un sympathisant néo-nazi à Charlottesville en 2017 le fassent changer d'avis. « Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine, témoigne-t-il. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays. Aujourd'hui, on essaie d'avoir des amis partout où l'on peut. » À écouter aussiÉtats-Unis: les républicains toujours pour le port d'armes malgré les tentatives d'assassinat contre Donald Trump Des livres interdits Tandis que certains songent à quitter le pays ou à se battre arme au poing, d'autres résistent déjà. Liz et Linda sont de ceux-là. Les deux vénérables retraitées font partie des Freedom Readers, un club de lecture fondé il y a quatre ans. « À la base, c'est juste un petit groupe de dames intéressées par la lecture de livres susceptibles d'être contestés ou qui l'ont déjà été par des personnes cherchant à promouvoir cette idée d'une Amérique blanche et chrétienne », explique Liz, chemisier imprimé léopard et brushing impeccable. Ce jour-là, c'est dans sa maison d'un quartier cossu d'Elizabethtown qu'elles tiennent salon. Deux livres sont posés sur la table basse : Le Château de verre, de Jeannette Walls, et La Petite Fille de la rue Mango, de Sandra Cisneros. En novembre 2025, les deux ouvrages ont été bannis du programme et des bibliothèques scolaires d'Elizabethtown, au même titre que le film Roméo et Juliette et La Haine qu'on donne, un roman d'Angie Thomas sur la question du racisme et des violences policières. Pourquoi ? Mystère. « Le conseil d'établissement ne donne jamais les raisons de ces interdictions. Mais l'un de ses membres a apporté une image déformée du personnage central de ce livre, relate Liz à propos de La Petite Fille de la rue Mango. Il a affirmé qu'elle cherchait à attirer l'attention des hommes pour les manipuler. C'était une description complètement faussée. » L'association Etown Common Sense s'est aussi emparée de la question, l'une des nombreuses sur lesquelles elle ferraille avec ceux qu'elle désigne comme des « nationalistes chrétiens ». « En tant que parents et citoyens, nous voulons que nos écoles publiques restent véritablement publiques, ouvertes, libres et impartiales pour l'ensemble de notre communauté », insiste Kelly Fuddy, présidente de l'association et mère de deux enfants scolarisés au collège du district. À lire aussiCensure de livres aux États-Unis: le rempart conservateur contre le wokisme Le tournant Covid L'interdiction des livres par les conseils d'établissement n'est pas un phénomène nouveau, que ce soit en Pennsylvanie ou ailleurs aux États-Unis. Mais le « Keystone State » est l'un des plus touchés. En 2022, il figurait même à la deuxième place du classement établi par PEN America des États recensant le plus grand nombre de livres interdits. Un comble pour ce territoire fondé par William Penn selon les principes de tolérance et de liberté. « Cela a vraiment pris de l'ampleur en 2020 et 2021 avec le Covid-19, observe Kelly Fuddy. Beaucoup de gens qui n'étaient peut-être pas impliqués politiquement se sont mobilisés et continuent de l'être. Il s'agit pour l'essentiel d'électeurs de Donald Trump. » La mère de famille pointe aussi la responsabilité d'organisations nationales, telles que Moms for Liberty ou la Heritage Foundation, qui ont trouvé dans ce comté de Lancaster « un terrain fertile » pour cultiver leur projet politique. Les ouvrages jugés contraires aux bonnes mœurs ou faisant l'apologie de « l'idéologie woke » sont les premiers ciblés. « Ils prétendent défendre les enfants, mais ils déforment en réalité la définition de ce qui est sexuellement explicite, de ce qu'est la pornographie, reproche Kelly Fuddy. Et ils nient l'expertise professionnelle de nos éducateurs à qui nous confions nos enfants. » Et gare aux enseignants qui tentent de faire barrage aux censeurs. Kristy Moore l'a appris à ses dépens. Cette professeure d'anglais raconte avoir été victime de menaces de mort et de violences. Elle a aussi été la cible de photomontages publiés sur les réseaux sociaux, l'accusant de vouloir permettre aux collégiens d'accéder à des contenus pornographiques. Mais pas question pour elle d'abdiquer : « Si je les laisse m'intimider, je ne pourrai plus continuer à faire mon travail. » Nous avons contacté l'organisation Moms for Liberty et la présidente du conseil d'établissement d'Elizabethtown. Toutes deux ont répondu qu'elles ne souhaitaient pas participer à ce reportage. Des esclaves invisibilisés Au-delà de ces interdictions menées à l'échelle locale, le pays est aussi le théâtre d'une vague de censure dirigée depuis le sommet de l'État. Ce sont des milliers de photos d'archives de l'armée rendues inaccessibles, des dizaines et des dizaines de mots bannis de la communication gouvernementale. Ou encore ce décret signé par Donald Trump en mars 2025 pour « rétablir la vérité et le bon sens dans l'histoire américaine ». L'ordre est donné de retirer des parcs nationaux et des sites historiques tous contenus qui « dénigre de manière inappropriée les Américains, qu'ils soient vivants ou décédés ». À Philadelphie, cela se traduit par le retrait de l'exposition consacrée aux neuf esclaves de George Washington à la President's House, l'ancienne demeure du premier président des États-Unis et de son successeur John Adams. « Une super exposition, estime Dan, qui en assure la visite. Elle raconte qui étaient ces neuf esclaves et quel était leur rôle. » La ville et différentes organisations contre-attaquent au tribunal. Ordre est donné de la réinstaller, avant qu'une nouvelle décision de justice ne stoppe tout. Dan ne s'en remet pas. « Il y a encore des murs vides, des vidéos qui ne fonctionnent pas… Je trouve ça plutôt horrible au moment où l'on célèbre nos 250 ans. » Namrta, elle, est parfaitement remontée. Les yeux braqués vers la caméra d'un téléphone portable, la responsable de Get Free Philly dit tout le mal qu'elle pense de cette censure à ses abonnés. « Ce que vous voyez, vitupère la jeune femme, c'est juste un nouvel exemple de la façon dont le mouvement Maga et le gouvernement révisent l'histoire. Aujourd'hui, nous sommes à l'heure du choix : continuer ainsi pendant 250 ans à faire l'autruche ou alors nous ranger du bon côté de l'histoire en assumant et en réparant nos erreurs. » Le décret de Donald Trump ordonne aussi au ministère de l'Intérieur, qui gère les parcs nationaux et les espaces publics, de remettre en place les statues et monuments démontés ou dégradés lors du mouvement Black Lives Matter. Il cible également les musées de la Smithsonian Institution, notamment le futur Musée national de l'histoire des femmes à Washington, pour l'empêcher de « reconnaître les hommes comme des femmes ». Référence aux femmes transgenres. À lire aussiÉtats-Unis: Charlottesville déboulonne ses statues confédérées après des années de polémique « L'Amérique n'a jamais été un grand pays » Dans la capitale fédérale, malgré les tentatives de l'administration de l'effacer, la mémoire de l'esclavage reste vive dans le quartier d'Anacostia. Et particulièrement en ce 19 juin. Les habitants célèbrent Juneteenth, le jour de l'Émancipation. Le 19 juin 1865, à Gavelston, au Texas, les esclaves afro-américains apprenaient qu'ils étaient libres. « Mais que signifiait être libre pour les personnes noires à cette époque ? », s'interroge Sir Harvey Fitz, l'animateur de la journée. C'est précisément la question à laquelle doivent répondre les quelques centaines de personnes qui font face à la scène. « La liberté, c'est l'amour », affirme quelqu'un. « La liberté, c'est avoir suffisamment d'espace pour être soi-même », estime un autre. À l'ombre d'un arbre, Maleka écoute en souriant. Lorsqu'on lui demande si elle se sent libre, elle, aujourd'hui, aux États-Unis, la quadra aux grandes boucles d'oreilles colorées pousse d'abord un long soupir. « Je suis libre de plein droit, mais je ne me sens pas toujours libre certains jours, à cause de la nature oppressive de notre régime politique. » Elle dénonce pêle-mêle les atteintes aux libertés civiles et individuelles, la remise en cause de l'héritage du mouvement pour les droits civiques, qu'elle pensait pourtant acquis. « Même si je suis libre, poursuit Maleka, je suis très consciente que c'est une chose fragile et que je dois continuer à me battre pour ça, à m'exprimer et à m'opposer aux injustices. » Elle juge aussi le mouvement Maga – Make America Great Again – totalement absurde. « À quel moment l'Amérique a été grande ? Ça a toujours été un pays en quête de grandeur, mais ça n'a jamais été un grand pays, considère-t-elle. C'est insupportable, en tant que femme noire, de vivre littéralement à moins de sept kilomètres de la Maison Blanche et de celui qui y réside. Alors que ce sont des esclaves qui l'ont construite, la Maison Blanche ne reconnaît pas que le pays a construit son économie sur le dos de l'esclavage. » De l'autre côté du fleuve, le National Mall se prépare à accueillir la grande foire imaginée par Donald Trump pour célébrer le 4-Juillet. Plusieurs États démocrates ont d'ores et déjà annoncé la boycotter. La Pennsylvanie, elle, a finalement choisi d'y participer.

C'est le dernier grand procès lié aux guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo, le verdict est attendu normalement dans les toutes prochaines semaines pour les anciens dirigeants de l'UÇK, l'Armée de libération. Ils risquent jusqu'45 ans de prison, eux, les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Mais ce tribunal spécial, de droit kosovar, avec juges internationaux à La Haye, suscite une profonde indignation dans le jeune État. Pour beaucoup, les 4 accusés ont libéré le pays de l'oppression du régime de Milošević et porté la cause de l'indépendance. « Héros ou Criminels, les leaders de l'UCK face aux juges », un Grand reportage au Kosovo de Louis Seiller.

C'est une plaie de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l'exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée. De notre envoyé spécial de retour du Gabon, Paulin Boukika ouvre sur sa table basse le dossier dans lequel il conserve les documents relatifs à la mort de son fils. Cet agent des forces de l'ordre partage le récit macabre du jour où le corps inerte de Darlin, 14 ans, a été retrouvé, parmi d'autres, devant un célèbre restaurant de plage de la capitale du Gabon, en 2018 : « J'étais au travail. La mère de l'enfant m'appelle en pleurant : "On a retrouvé les enfants morts à la plage. Il faut venir parce qu'on a retrouvé des corps, je ne sais pas s'il est parmi eux." » Paulin Boukika se rend à Gabosep, une des morgues de Libreville : « On m'accompagne là où ils mettent les corps dans les tiroirs. On commence par le premier. J'ai dit "non, ce n'est pas lui". Le deuxième, ce n'est pas lui, etc. C'est au neuvième tiroir que je vois qu'il était là, déjà identifié parce qu'il portait un autre nom. J'ai dit : "Non, ça, ce n'est pas son nom, il s'appelle Boukika Darlin Stessi." » « La première version, c'était qu'il s'est noyé » Paulin Boukika conserve notamment les photos prises à la morgue du corps mutilé. Il n'y a jamais eu d'autopsie : « La première version qui m'a été donnée, c'était qu'il s'est noyé. Mais quand je suis retourné à la morgue la deuxième fois pour l'examiner, j'ai bien vu qu'il n'avait pas d'yeux, que le sexe était mutilé, qu'il y avait des parties entaillées. C'est là que j'ai compris que l'enfant ne s'était pas noyé parce qu'il avait des cicatrices un peu au front, au niveau des mains. Il y avait des blessures qui montraient qu'il avait été ligoté et s'était débattu. » À l'époque, le procureur parle de trois morts par noyade et le gouvernement s'inquiète d'une « récupération politicienne », à quelques mois des élections législatives. Alors que selon certains protagonistes, une quinzaine de corps ont été retrouvés ce jour-là. « La réaction officielle, c'était de nier la situation, se remémore Paulin Boukika. Ils ont masqué en disant qu'ils étaient à la plage, qu'ils se sont noyés à la plage. Et ils ont maintenu ce cap-là. On m'a dit : "Les poissons peuvent manger les yeux, les poissons peuvent manger le sexe." Mais est-ce qu'on peut manger le sexe de quelqu'un sans déchirer la culotte ? Mais il avait encore le slip ! Mais le poisson est rentré où et il est sorti comment ? » « La réaction officielle, c'était de nier la situation » La plainte de Paulin n'a jamais débouché. Pour lui, aucun doute, l'affaire a été enterrée : « J'ai continué à faire des recours au tribunal, à faire des plaintes, tout ça n'a jamais abouti. Il n'y a pas eu d'enquête. J'ai été obligé d'abandonner. Ils ont dû couvrir les commanditaires de ces crimes-là, car quand on camoufle, ça veut dire qu'on connaît les commanditaires, on connaît les gourous qui ont fait ça. Les parents victimes, on n'a jamais eu satisfaction. Darlin était mon fils ainé, j'avais beaucoup à lui transmettre. La blessure revient comme si c'était hier. » Des questions sans réponses et des crimes sans coupables. Et pas de statistique officielle. C'est aussi ce que déplore Germaine Bita. Sur sa terrasse qui surplombe les pistes de l'aéroport, elle ressasse encore les conditions de la disparition de son fils Guy-Léandre, en 2008 : « Un matin, il est parti. Après, je ne l'ai plus jamais revu. Et j'ai trouvé son corps à la plage. C'est là-bas qu'on a balancé son corps. On avait enlevé ses organes. Il n'avait que 18 ans. L'enfant n'avait plus de langue. Son sexe était élevé. Il était nu. Donc je suis allé à la police, j'ai porté plainte. » Malgré un témoin oculaire et plusieurs déplacements au commissariat, aucune enquête n'est entreprise, selon Germaine : « Il y a un monsieur qui a dit qu'il avait vu trois personnes balancer des choses à l'eau. On a dit ça à la police. Rien n'a été fait. C'est resté comme ça. » « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur » Une douleur que partage aussi Marie-Anne Minkoue qui reçoit RFI devant sa modeste maison du quartier de Nzeng Ayong, et exhume des archives des photos de journaux relatant des assassinats : « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur, sans une goutte de sang restant. Des hommes l'avaient invité à aller à la chasse avec eux. Il a fallu payer 300 000 francs [457 euros, NDLR] pour l'autopsie. Mais ça n'a rien donné. Un des assassins a été arrêté, placé en préventive, mais il a fini par sortir, et il est rentré au village. Il avait un frère bien placé. C'est de la corruption pure et simple. » C'était en l'an 2000. Quelques années plus tard, c'est son fils qui disparait. Sans nouvelles, elle a un jour découvert la photo de son corps illustrant un article dans le quotidien gouvernemental L'Union. Mais elle n'a jamais su d'où venait la photo, récupérée sur Internet, ni ce qui est advenu de son fils. Aujourd'hui âgée, c'est elle qui a dû élever ses petits-enfants. Elle raconte un enfant disparu dans le quartier récemment, une jeune femme dépecée dans un hôtel. Le sang pour servir les génies des eaux Si les crimes rituels touchent d'autres pays d'Afrique centrale et du golfe de Guinée, la situation au Gabon est mieux connue grâce au travail et à la ténacité d'un homme. En face de l'un de plus grands hôtels de Libreville, Jean-Elvis Ebang Ondo aime à regarder les cocotiers dont on débite les noix pour les passants du bord de mer. C'est lui qui les a plantés, en souvenir de son fils, Éric, retrouvé là, sur cette plage, en 2005 : « C'est là où on a découvert le corps de l'enfant. Ils étaient au nombre de deux qu'on a enlevés. On tue la personne ailleurs et on vient déposer le corps au niveau de la mer ou bien au niveau des fleuves, pour servir les génies. Parce qu'on signe le pacte avec les forces du mal. L'élément essentiel qu'on retire, c'est le sang. Le sang, c'est le carburant dans le monde mystique. » Cet endroit, il l'a baptisé le « Jardin des innocents ». Contrairement à beaucoup de familles de victimes, cet enseignant a choisi de ne pas se taire et de ne pas tomber dans la fatalité face à ces crimes qui n'ont rien de traditionnel. « Selon nos études, le phénomène des crimes rituels date des années 1930. Ce sont des pratiques importées et qui persistent. Ce genre-là fonctionne en réseau. Il y a les commanditaires, il y a l'exécutant, il y a les démarcheurs. Le plus souvent, ce sont les proches qui passent à l'acte. Le commanditaire est servi à travers le marabout qui essaie d'exécuter en fonction des besoins de ce commanditaire », affirme Jean-Elvis Ebang Ondo. Suite à ce drame, il a fondé l'Association de lutte contre les crimes rituels, organisé des manifestations régulières et suivies, mené le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires du pays, jusque dans l'enceinte du Sénat de transition où il a siégé de 2023 à fin 2025. Il a écrit plusieurs livres qui font autorité sur le sujet. Il a remarqué la concomitance entre vagues de crimes rituels et périodes de forte activité politique, tels que des élections ou des remaniements. Les commanditaires seraient donc massivement des personnalités puissantes issues du monde politique, de l'élite économique. Jean-Elvis Ebang Ondo parle de dizaines de cas en année électorale, mais ne publie plus de statistiques par crainte de récupération politique. Le difficile accès à la justice pour des familles sans moyens Autre problème : la justice qui manque de moyens et d'indépendance. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont chargés de mener ces études-là, ces enquêtes-là, ne sont pas bien documentées, estime Jean-Elvis Ebang Ondo. Techniquement, ils n'ont pas assez de matériel. Parce que chez vous, on parle de l'ADN, vous pouvez classer un dossier pendant X temps… La conservation des dossiers, ça manque chez nous. Le second point, c'est que les juges reçoivent des coups de fil anonymes, ils ne sont pas à l'aise pour traiter un tel dossier. Les procédures ne vont nulle part. Dans mon cas personnel, nous avons donné tout ce qu'il y avait comme indices, ça n'a pas abouti. Au niveau de la justice, ça a été bien verrouillé pour que les commanditaires ne soient pas arrêtés. Pour qu'un dossier soit bien traité au niveau du tribunal, il faut un rapport d'un médecin légiste, mais il n'y en a même pas cinq au Gabon et il faut les payer ». La question des moyens, le magistrat Eddy Minang la partage. Auteur d'une thèse devenue un livre l'an dernier (2025) sur les crimes rituels, il estime que le cadre juridique renforcé est suffisant : « C'est à partir de 2019 que le législateur a introduit dans le code pénal le terme de "meurtre à des fins rituelles, meurtre à des fins de prélèvement d'organes ou de tout autre tissu, de cession de chair humaine, etc". Cela renvoie à un certain nombre de meurtres, des meurtres ésotériques, qui sont commis simplement dans le but de prélever des organes humains. Et ces organes humains servent à concocter, à préparer ce qu'on appelle vulgairement des "pièces détachées". Et dans l'imaginaire collectif, les auteurs pensent qu'en utilisant ces pièces détachées – ça peut être le cœur, ça peut être le cerveau, ça peut être même le sang et d'autres organes du corps humain –cela donne un certain nombre de pouvoirs, que ce soit le pouvoir spirituel, que ce soit le pouvoir économique, que ce soit également le pouvoir politique. » De l'argent pour les exécutants, des fétiches pour les commanditaires Pour les exécutants, l'argent est sans aucun doute la motivation. Pour les commanditaires, c'est le pouvoir, avec l'appui du sorcier. « La particularité avec le crime rituel, c'est que le prélèvement d'organes se fait souvent à vif, détaille le procureur de la république, actuellement suspendu de ses fonctions. Plus la personne souffre, parce que la personne doit dégager une force qu'on appelle l'énergie vitale, plus le fétiche sera puissant. Tout le problème, c'est souvent de remonter jusqu'au commanditaire. On se retrouve souvent entre la parole de l'un contre celle de l'autre. L'exécutant va dire, c'est M. Untel qui m'a envoyé, alors qu'il n'y a pas de preuve. Le plus souvent, l'exécutant ne connaît même pas le commanditaire. Il connaît celui qui a servi d'intermédiaire et tout cela pose problème ». Dernier cas très médiatisé de crime rituel au Gabon : en décembre 2025, le corps d'un adolescent de 13 ans retrouvé dans la fosse septique de son immeuble, cinq jours après sa disparition. Aux enquêteurs, un des quatre suspects interpellés dit avoir agi sur ordre d'un présumé commanditaire à des fins fétichistes. Dans la foulée, certains appellent au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2010. Le président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, demande au Conseil économique et social (Cesec) d'organiser une consultation sur le sujet. Aujourd'hui, la consultation a eu lieu, l'attention médiatique est retombée, et l'idée d'un retour de la peine capitale semble enterrée, nous explique Geoffroy Foumboula, 2è vice-président du Cesec : « Nous avons écouté tout le monde et je pense que l'opinion elle-même s'est rétractée parce qu'elle a compris que la peine de mort n'était pas du tout la solution, mais qu'il fallait par contre simplement travailler dans le sens que la justice fasse convenablement son travail, améliorer le dispositif juridique, le code pénal, le code de procédure pénale pour que les responsables soient identifiés, que ces responsables soient condamnés. » Crimes rituels, trafic d'organes et violence social symbolique La société gabonaise est si traumatisée par ces crimes dits rituels que, selon plusieurs spécialistes, des réseaux criminels transfrontaliers de trafic d'organes jouent de cette psychose, explique Geoffroy Foumboula : « On peut se retrouver dans des situations où, pendant l'élection, comme on sait que de façon psychologique, s'il y a des crimes de sang qui sont opérés, on va les attribuer aux acteurs politiques, on peut avoir des réseaux transfrontaliers qui en profitent pour faire des crimes de sang, des abus de trafic d'organes, de façon à ce que dans la psychologie générale de la population, on puisse attribuer cela aux crimes rituels, qui s'inscrivent souvent dans une approche soi-disant d'ascension sociale à travers des sacrifices humains. » Généralement, les victimes sont issues des populations défavorisées, ce qui accentue encore les difficultés pour recourir à la police et à la justice. À la violence physique, s'ajoute donc une violence sociale exercée par des élites qui, en plus de prendre possession des richesses du pays, s'octroieraient un véritable droit de vie et de mort sur les corps des Gabonais. C'est l'analyse du sociologue et anthropologue Joseph Tonda. Pour lui, c'est un rapport de domination entre héritage des sociétés traditionnelles et coloniales : « Le pouvoir ici est la continuation du domaine de la chasse. Celui qui a le pouvoir, c'est le chasseur, c'est le guerrier, c'est celui qui doit conquérir l'autre, qui doit assujettir l'autre, qui doit dominer l'autre, qui doit détruire l'autre pour sa propre consommation. On peut dire que ces comportements – anthropophagie, prélèvement d'organes – existaient auparavant, mais qu'ils ont été transformés et massifiés par l'État moderne. Il revendique le monopole de l'exercice du pouvoir physique, matériel, mais il y a aussi le pouvoir symbolique. Donc, les deux doivent être associés. C'est comme si le pouvoir était une machine à reproduire l'inégalité. Ces pratiques d'une violence extrême amènent aussi à une forme de peur permanente et quasiment de complotisme. On entend des choses, ça prend des proportions incroyables parce que les masses, elles extrapolent, elles exagèrent. Il y a de l'amplification par le peuple qui n'a pas les moyens de contrôler la machine. C'est difficile dans ce domaine-là de discerner ce qui est réel et ce qui est irréel. » Les religions traditionnelles gabonaises rejettent la pratique des sacrifices Depuis le renversement du pouvoir des Bongo en août 2023, le discours d'un retour aux traditions progresse au Gabon. Mais pour les défenseurs des rites traditionnels, être associé aux crimes rituels est infamant. Ni le bwiti – le rite le plus présent – ni les autres mysticismes gabonais ne permettent les sacrifices, rappelle Jean François Ndong Ebe, président de l'association Vanga Tsengue, qui promeut le bwiti : « Les crimes rituels ont toujours concerné toutes les religions. On a vu ici certains pasteurs qui ont été condamnés. Donc, c'est la déviance de certains individus. Il y a des gens, des imposteurs, des charlatans qui s'érigent en soignants, en guérisseurs, alors qu'ils ne le sont pas. En réalité, le bwiti ne reconnaît pas les sacrifices. Le sacrifice est condamné, le sang est condamné. C'est pourquoi il y a certains soi-disant bwitistes qui ont fait des sacrifices au nom du bwiti alors qu'ils ne le sont pas. Ce ne sont que des malfaiteurs, tout simplement. » Derrière des justifications mystiques, œuvrent des réseaux criminels qui, chaque année, laissent des corps sans vie et mutilés. Et, pour les familles, des blessures que l'absence d'accès à la justice empêche de soigner. Lors d'une récente interview à Jeune Afrique, le président Oligui Nguema a dénoncé une « abomination » : « Chaque enfant enlevé, chaque vie brisée par ces pratiques barbares est un échec collectif. Trop de dossiers de crimes rituels dorment dans les tiroirs des tribunaux. Trop de coupables échappent à la justice. Ce qui doit changer immédiatement, c'est l'impunité. Quand un crime rituel est commis, l'enquête doit aboutir, le procès doit avoir lieu et la sanction doit être exemplaire. Plus personne au Gabon ne doit pouvoir commettre un tel acte en pensant qu'il s'en tirera. » Pour aller plus loin ► Gabon: la disparition de plusieurs élèves après une baignade fait polémique ► Journée de l'enfant: au Gabon, l'ALCR attire l'attention sur les crimes rituels ► Gabon: des manifestants appellent à la fin des crimes rituels contre les enfants après plusieurs cas ► Gabon: retour du débat sur la peine de mort après la médiatisation de plusieurs crimes rituels.

Direction une Italie rurale qui tente de réduire sa pollution des sols en seconde partie d'émission, mais tout d'abord en Équateur. Dans la forêt amazonienne et dans les Andes, point commun : l'or. Valeur refuge par excellence, les crises mondiales lui profitent, les cours se sont envolés et, donc, l'exploiter hors de toute règle peut vraiment valoir le coup. La montée en puissance des mafias de l'or a amené les autorités équatoriennes à décréter objectif militaire toutes les mines illégales. Équateur : L'or de la guerre et du sang L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d'or qu'il n'en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l'extraction illégale du métal jaune dont l'envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l'environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance. Le phénomène ne date pas d'hier, mais l'argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires. Entre communautés indigènes et patrouilles de l'armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang... Un Grand reportage d'Éric Samson qui s'entretient avec Jacques Allix. Italie : la révolution silencieuse des engrais La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l'urée, l'engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d'Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne. Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.

Direction l'Espagne pour notre premier reportage, une destination pour des Israéliens qui préfèrent quitter leur pays et migrer de l'autre côté de la Méditerranée. Depuis le début de la guerre à Gaza, l'Espagne s'est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Pedro Sanchez a qualifié Israël d'État génocidaire, ce qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme... En 2è partie, dans le port de Dublin, un écosystème économique et social irrigue la capitale irlandaise. Juifs en Espagne : les échos du conflit israélo-palestinien et le poids de l'histoire Depuis le début de la guerre à Gaza, l'Espagne s'est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a ouvertement qualifié Israël d'« État génocidaire ». Un positionnement qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme par les autorités israéliennes. Malgré tout, des familles israéliennes continuent de s'installer dans ce pays méditerranéen. Mais alors quelle est la réalité de cet antisémitisme vécu par les communautés juives en Espagne ? Cette réalité est-elle réellement liée à la lutte pour la cause palestinienne ? Nous sommes allés chercher des réponses dans la grande ville de Barcelone. Un Grand reportage de Oriane Verdier qui s'entretient avec Jacques Allix. Dublin, capitale irlandaise et ville portuaire : malédiction ou opportunité ? Ils sont la cheville ouvrière des échanges à travers le monde, nœuds stratégiques entre immensités maritimes et réseaux terrestres de transport, pivot de la mondialisation. Les ports. Entre quais et bassins, ils sont aussi un microcosme, ils ont une réalité sociale qui rayonne sur la ville avoisinante. Exemple Dublin. Durant des siècles, le port de la capitale de la République d'Irlande, a régi la vie de ses habitants. Pratiquement tous les corps de métiers qui gravitaient autour du port avaient un lien avec la mer. Que sont devenus ces liens aujourd'hui ? Comment le patrimoine social, historique et culturel du port de Dublin est-il devenu le moteur d'une croissance économique ? Un Grand reportage d'Agnieszka Kumor qui s'entretient avec Jacques Allix.

L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d'or qu'il n'en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l'extraction illégale du métal jaune dont l'envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l'environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance. Le phénomène ne date pas d'hier, mais l'argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires. Entre communautés indigènes et patrouilles de l'armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang... « Équateur : l'or de la guerre et du sang », un Grand reportage d'Eric Samson.

La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l'urée, l'engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d'Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne. Les agriculteurs italiens subissent en moyenne depuis quelques mois des surcoûts d'environ 30%, en raison de la hausse du prix des engrais. L'Italie, deuxième puissance agricole de l'Union européenne, importe 70% de ses engrais minéraux (azote, phosphate, potassium), dont près de 50% proviennent d'Égypte, suivie de l'Algérie, de la Libye, de la Turquie et du Maroc. Pour Cesare Fedeli, céréalier près de Milan : « Si on considère seulement l'utilisation de l'urée, qui est l'engrais azoté que nous utilisons le plus, pour 200 hectares de riz et 100 hectares de maïs, il y a eu une augmentation des coûts d'environ 35 à 40 000 euros. Par rapport à 2025, les prix des fertilisants ont augmenté de 50%. Cette augmentation, on ne peut que la subir et la peur aujourd'hui, c'est de produire à perte : que la valeur de la récolte ne permette plus de couvrir les coûts de production. Malheureusement, il n'y a pas d'alternative : nous sommes dépendants de ce type de produit. » EN IMAGES Une taxe carbone sur les engrais controversée L'Italie a réclamé la mise en place d'un corridor humanitaire sur le détroit d'Ormuz pour les engrais, alors que les craintes de crise alimentaires se renforcent. Le puissant syndicat agricole italien Coldiretti s'est rendu au Parlement européen à Strasbourg, le mois dernier (mai 2026) pour réclamer notamment la suspension de la taxe carbone aux frontières, sur les engrais. Pour Luigi Simonazzi de Coldiretti Lombardie : « En Lombardie, les céréales sont principalement destinées à l'alimentation animale. Je ne peux pas renoncer à produire mon maïs, parce que je sais qu'une vache laitière consomme chaque jour plusieurs kilos de maïs. Donc même si l'engrais coûte deux fois plus cher, je dois continuer à l'acheter. Et ensuite je dois espérer pouvoir vendre mieux mon lait, ma viande ou mes œufs. C'est là tout le problème : les coûts de production augmentent immédiatement, mais les prix agricoles ne suivent pas toujours ». En attendant une réponse à la demande de suspension temporaire de la taxe carbone aux frontières de l'UE, l'Italie a remporté une victoire en suspendant les droits d'importation sur l'ammoniac et l'urée en provenance de pays non membres de l'UE, à l'exception de la Russie et du Bélarus, qui resteront soumis à des sanctions en raison de la guerre en Ukraine. Nourrir 10 milliards d'êtres humains sans engrais La vraie question est la suivante : pourra-t-on un jour se passer des fertilisants chimiques pour nourrir 10 milliards d'êtres humains sur terre d'ici 2050 ? Dans la plaine du Piémond au pied des Alpes, Mara Stocchi et Manuele Mussa ont repris la ferme rizicole des grands-parents Una Garlanda, une exploitation de 130 hectares qui a pris un tournant radical après 40 ans de monoculture, car aujourd'hui, ils n'utilisent plus de fertilisants. Pour Mara Stocchi : « c'est un changement qui veut porter un message beaucoup plus large, parce que l'agriculture sert à nourrir les personnes. Et les personnes, pour être bien nourries, doivent manger de la nourriture saine, la nourriture que la terre leur donne. On peut aider les agriculteurs à faire des choix plus conscients, des choix plus en ligne avec ceux de nos ancêtres qui ont toujours cultivé la terre et n'avaient pas besoin de substances chimiques. » L'Italie, 1er producteur européen de riz et de fruits, et 2è producteur de légumes derrière l'Espagne, est aussi l'un des leaders du bio. L'agriculture régénératrice se développe également à grands pas. Une révolution qui prendra du temps mais qui, à l'heure du changement climatique, semble nécessaire.

Depuis le début de la guerre à Gaza, l'Espagne s'est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a ouvertement qualifié Israël d'« État génocidaire ». Un positionnement qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme par les autorités israéliennes. Malgré tout, des familles israéliennes continuent de s'installer dans ce pays méditerranéen. Mais alors quelle est la réalité de cet antisémitisme vécu par les communautés juives en Espagne ? Cette réalité est-elle réellement liée à la lutte pour la cause palestinienne ? Nous sommes allés chercher des réponses dans la grande ville de Barcelone. « Juifs en Espagne : les échos du conflit israélo-palestinien et le poids de l'histoire », un Grand reportage d'Oriane Verdier.

Une édition spéciale consacrée à l'actuelle République démocratique du Congo au temps de la colonisation belge. Nous sommes avec Florence Morice qui va nous accompagner pendant toute cette émission. Production exceptionnelle sur les mères oubliées de la colonisation belge avant l'indépendance de 1960. Ce qui allait devenir Zaïre et République démocratique du Congo, c'était le Congo belge et tout un pan de la vie sociétale du pays est resté dans l'ombre... Les mères oubliées de la colonisation belge : «Je l'appelais Papa» (1/2) Au Congo Belge, avant l'indépendance de 1960, ces femmes ont porté, élevé, parfois perdu des enfants dont l'existence dérangeait l'ordre colonial. Ces femmes congolaises sont devenues mères à 13, 14 ou 15 ans d'un enfant métis avec un colon belge. Alors que la parole des enfants métis commence peu à peu à émerger, celle de leurs mères est encore largement dans l'ombre. Les témoignages de ces mères aujourd'hui âgées de 80, parfois 90 ans, racontent une époque où le pouvoir colonial s'exerçait aussi dans l'intimité, sur les corps des femmes. Les mères oubliées de la colonisation belge : maternités confisquées (2/2) Ces femmes ont porté et mis au monde des enfants qui dérangeaient l'ordre colonial d'avant 1960. Certaines ont dû les cacher, fuir avec eux ou vivre dans la peur qu'on vienne les leur prendre. D'autres les ont vus partir sans savoir où ils grandiraient ni même si elles les reverraient un jour. Ils sont des milliers, enfants métis, à avoir été séparés de leur mère au Congo, au Rwanda et au Burundi. Pour cette politique de ségrégation et de séparation, la Belgique a été condamnée en 2024 pour crime contre l'humanité. Depuis plusieurs années, cette histoire émerge grâce au combat des personnes métisses qui réclament vérité et reconnaissance. Mais qu'en est-il des mamans ? Avec African futures lab, RFI a enquêté pour retrouver celles qui sont encore en vie. Des Grands Reportages de Florence Morice qui s'entretient avec Jacques Allix.

Coupe du monde et présence chinoise en Afrique au sommaire de ces 50 minutes. La Coupe du monde de football pour commencer. Au Mexique, Canada, États-Unis, les matches s'enchainent. Finale le 19 juillet. Chaque pays vibre à son heure. Cette semaine France/Sénégal. Score 3-1 pour la France avec un doublé de Mbappé. Sur le sol français, un moment fort... En seconde partie d'émission, Igor Strauss nous transportera en Zambie, un des pays africains toutes proportions gardées qui connait une des plus fortes présences, voire une des plus fortes pressions chinoises. L'emprise se fait notamment par les mines et nous reviendrons également sur la catastrophe de Sino-Metals... France-Sénégal : une histoire de binationalité Parmi les 1 248 footballeurs sélectionnés, 75 sont nés en France, mais représentent une autre nation. À elle seule, la sélection du Sénégal compte 10 joueurs dont le cœur et surtout le passeport auraient pu valoir un appel pour défendre le maillot Bleu et son Coq. 24 ans après la victoire des Lions de la Teranga au Mondial 2002, le Sénégal et la France se retrouvent ce soir dans le New Jersey. Une rencontre qui dépasse le sport entre deux pays, toujours liés depuis la colonisation… Ce qui rend difficile le choix pour certains supporters. Un Grand reportage de Babacar Diarra qui s'entretient avec Jacques Allix. Zambie : dans la Copperbelt, des minerais et des larmes Frontalière de la République démocratique du Congo, la province de la Copperbelt, en Zambie, possède d'immenses réserves de cuivre et d'autres minerais essentiels pour la transition énergétique. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent accaparer ces minerais, utilisés notamment pour la construction des batteries électriques. Un Grand reportage de Igor Strauss (en compagnie de Yang Mei) qui s'entretient avec Jacques Allix.

Ces femmes ont porté et mis au monde des enfants qui dérangeaient l'ordre colonial d'avant 1960. Certaines ont dû les cacher, fuir avec eux ou vivre dans la peur qu'on vienne les leur prendre. D'autres les ont vus partir sans savoir où ils grandiraient ni même si elles les reverraient un jour. Ils sont des milliers, enfants métis, à avoir été séparés de leur mère au Congo, au Rwanda et au Burundi. Pour cette politique de ségrégation et de séparation, la Belgique a été condamnée en 2024 pour crime contre l'humanité. Depuis plusieurs années, cette histoire émerge grâce au combat des personnes métisses qui réclament vérité et reconnaissance. Mais qu'en est-il des mamans ? Avec African futures lab, RFI a enquêté pour retrouver celles qui sont encore en vie. « Les mères oubliées de la colonisation belge ». Une série de 2 Grands reportages de Florence Morice, réalisée avec l'African Futures Lab. Réalisation : Pauline Leduc. À écouter aussiLes mères oubliées de la colonisation belge : «Je l'appelais Papa» (1/2)