Southernmost country in Africa
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durée : 00:02:50 - Le 5/7 - Qu'arrive-t-il aux sardines nageant au large de l'Afrique du Sud ? Depuis le milieu de l'été, des échouages massifs ont lieu sur les côtes. Une mortalité qui inquiète, et pourrait être liée à un virus. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:50 - Debout la Terre - Qu'arrive-t-il aux sardines nageant au large de l'Afrique du Sud ? Depuis le milieu de l'été, des échouages massifs ont lieu sur les côtes. Une mortalité qui inquiète, et pourrait être liée à un virus. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
En Afrique du Sud, ce week-end a été marqué par plusieurs fusillades de masse, à Johannesburg et au Cap, qui ont fait au moins 27 morts. Et un tueur en série court toujours près de Johannesburg, où le corps d'une onzième femme a été retrouvé. L'enquête continue continue pour retrouver l'auteur des faits.
À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés. Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18. Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants. Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude. « Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats. Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations. Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine. Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... » (Présentation des éditions Belfond) Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass.
durée : 00:03:14 - Les journaux de France Culture - Elles sont 9 à avoir été retrouvées sans vie, en l'espace de deux mois, abandonnées dans des espaces publics à l'est de Johannesburg. Le pays est connu pour son taux d'homicides très élevé par rapport au reste du monde, et cette violence n'épargne pas les femmes, comme l'illustre cette affaire. - équipe : La Rédaction de France Culture Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le solaire photovoltaïque connaît une progression spectaculaire dans le monde. Portée par la baisse considérable du prix des panneaux solaires, cette énergie se diffuse désormais bien au-delà des pays riches. Une évolution qui transforme progressivement le fonctionnement du marché de l'électricité et pose de nouveaux défis aux producteurs et aux gestionnaires de réseaux. L'énergie solaire connaît une progression rapide à travers le monde. Cette dynamique s'explique notamment par deux facteurs : l'ensoleillement et surtout la spectaculaire baisse du prix des panneaux photovoltaïques. Au début des années 2000, il fallait compter environ cinq à six dollars pour un watt de capacité solaire. Aujourd'hui, ce coût est tombé à environ 12 centimes de dollar par watt. Une chute considérable qui a rendu les installations photovoltaïques beaucoup plus accessibles. Cette baisse des prix s'explique notamment par l'explosion de la production de panneaux solaires, avec un rôle majeur joué par la Chine, devenue le principal acteur de cette industrie. Résultat : le solaire se diffuse désormais à grande vitesse dans de nombreuses régions du monde. La progression du photovoltaïque ne concerne d'ailleurs plus seulement les pays riches. Au Pakistan, en Inde, en Afrique du Sud ou encore aux Philippines, les entreprises et les particuliers installent de plus en plus de panneaux afin de produire leur propre électricité. Le solaire séduit aussi parce qu'il permet de réduire la facture d'électricité Dans certains pays, le développement du solaire répond moins à un objectif de transition énergétique qu'à une nécessité économique très concrète. Lorsque l'électricité est chère, peu disponible ou peu fiable, produire soi-même une partie de son énergie peut permettre de réduire les coûts et de sécuriser son approvisionnement. Mais cette multiplication des installations photovoltaïques change aussi la relation entre les consommateurs et les fournisseurs d'électricité. Plus les particuliers et les entreprises produisent eux-mêmes leur énergie, moins ils ont besoin d'acheter de l'électricité auprès de leur fournisseur traditionnel. Pour les producteurs et les fournisseurs d'électricité, le modèle économique devient donc plus complexe. Ils doivent continuer à entretenir les réseaux électriques et à disposer de capacités de production capables de prendre le relais lorsque les panneaux ne produisent plus, notamment le soir ou lorsque l'ensoleillement est insuffisant. Autrement dit, les clients consomment moins d'électricité du réseau, mais les coûts nécessaires au fonctionnement de ce réseau, eux, ne disparaissent pas. Des réseaux électriques qui doivent s'adapter à la multiplication des petits producteurs Cette évolution constitue également un défi technique. Les réseaux électriques ont historiquement été conçus autour d'un modèle relativement centralisé : de grandes centrales produisent l'électricité, qui est ensuite acheminée vers des millions de consommateurs. Le développement du photovoltaïque modifie progressivement cette organisation. Des millions de particuliers et d'entreprises deviennent eux-mêmes de petits producteurs d'électricité. Les panneaux solaires peuvent produire beaucoup d'énergie en pleine journée, puis presque plus rien lorsque le soleil disparaît. Il faut donc désormais apprendre à gérer ces nouveaux flux d'électricité et à adapter les réseaux à une production beaucoup plus décentralisée. Le développement des batteries de stockage constitue l'une des pistes pour répondre à ce défi. Elles permettent de conserver une partie de l'électricité produite lorsque le soleil brille afin de pouvoir l'utiliser plus tard, lorsque la production solaire diminue. La baisse spectaculaire du prix des panneaux solaires ne transforme donc pas seulement la manière de produire de l'électricité. Elle commence aussi à bouleverser le modèle économique et l'organisation du secteur électrique, en faisant émerger un système dans lequel les consommateurs peuvent eux-mêmes devenir producteurs. À lire aussiLes panneaux solaires chinois envahissent l'Afrique, un marché en pleine expansion
Au Mali, le bilan de l'attaque menée le 10 septembre 2026 par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, contre le camp de l'armée à Dioura, dans la région de Mopti, s'alourdit. Selon plusieurs sources, au moins 100 militaires maliens ont été tués, soit deux fois plus que les premières estimations recueillies sur le terrain. Plusieurs dizaines d'autres soldats ont été faits prisonniers par les jihadistes.
Au sommaire : En République démocratique du Congo, retour sur les heurts qui ont éclaté ce mardi (15 septembre 2026) dans la capitale Kinshasa entre des partisans de l'opposition et des militants favorables au gouvernement, alors que la coalition C64 avait appelé à manifester contre le projet de modification de la Constitution. Aux États-Unis, l'administration Trump a annoncé de nouvelles restrictions concernant la délivrance de visas à certains ressortissants sud-africains accusés d'être impliqués dans des politiques de discrimination raciale ou d'expropriation foncière sans indemnisation. Cette décision, que l'Afrique du Sud conteste, risque-t-elle d'aggraver davantage les relations entre les deux pays ? Depuis lundi (14 septembre 2026), les rebelles houthis poursuivent leur offensive au Yémen, prenant notamment le contrôle de plusieurs positions et îles stratégiques en mer Rouge, tandis que les combats avec les forces soutenues par l'Arabie saoudite s'intensifient. Cette nouvelle escalade fait craindre une aggravation de la crise humanitaire et des perturbations sur une route maritime essentielle. Enfin que penser de la proposition de Ursula von der Leyen au Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, de devenir le premier pays « membre associé » de l'Union européenne ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Lanciné Bakayoko, journaliste à la RTI Nouhou Baldé, fondateur et administrateur du site Guinéematin Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
Israël et le Maroc vont ouvrir des ambassades dans leurs pays respectifs, a annoncé mercredi le ministère israélien des Affaires étrangères, après une rencontre entre les deux chefs de la diplomatie, sous l'égide américaine. Les deux pays avaient normalisé leurs relations diplomatiques en décembre 2020 dans le cadre des accords d'Abraham, un processus entre Israël et plusieurs pays arabes, soutenu par Washington.
Le retour du phénomène climatique El Niño, qui s'annonce très intense, inquiète particulièrement en Afrique australe où certaines zones pourraient être touchées par de grandes sécheresses. La ville et la région du Cap, en Afrique du Sud, anticipent déjà un été très chaud et sec, favorable au déclenchement d'incendies. Une organisation de pompiers bénévoles spécialisés en feux de forêt et collabore avec les autorités dans la zone. De notre envoyée spéciale au Cap, Le mois de novembre approche, et avec lui le début de la saison des feux. C'est l'heure de vérifier le matériel pour les pompiers bénévoles du Cap, tels que Rouvanne van den Berg, qui compte 13 ans d'expérience : « Voici ce qui se trouve à l'arrière de notre véhicule. Avec cette pompe, on peut attaquer des incendies à proximité des routes. Nous avons aussi ces outils que nous emportons avec nous jusqu'à la ligne de feu ». La ville est particulièrement exposée aux feux de végétation puisqu'elle est bâtie au pied de la montagne de la Table, comme l'explique Thane Masureik : « À partir de cette clôture, là-haut, à environ 50 mètres de nous, c'est le début de forêt. Et là en-bas, à une centaine de mètres, se trouve une grande autoroute et une zone résidentielle très peuplée ». En 2021 déjà, un grand incendie s'était déclaré non loin de cette base, ainsi que s'en souvient Rouvanne van den Berg : « Il a dévasté la grande bibliothèque de l'université du Cap. Des conditions météorologiques extrêmes ont contribué à son embrasement et à sa propagation très rapide. Nous avons passé la journée à le combattre, là-bas, puis je suis rentré chez moi. Le lendemain matin, vers 7h, le feu avait franchi la montagne jusqu'à atteindre mon propre jardin ! On combat des incendies dans des espaces naturels, mais ils peuvent immédiatement menacer les quartiers résidentiels qui entourent la montagne ». À lire aussiEl Niño «va s'intensifier»: pourquoi les prochains mois inquiètent les climatologues Les services météorologiques prévoient que le phénomène El Niño devrait fortement toucher l'Afrique du Sud cette année, de quoi renforcer le niveau de vigilance. Lee Kleynhans est en charge de la communication de ce groupe de pompiers bénévoles : « Bien sûr, je crains que la saison soit difficile. Et ce n'est pas seulement à cause d'El Niño : le dérèglement climatique a globalement changé la donne pour nous. On ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver au cours d'une saison. La réalité, c'est qu'il existe toujours un risque que les équipes soient fatiguées et se retrouvent débordées », regrette-t-il. Pour se préparer au mieux, il faut aussi étudier la végétation très particulière de la zone : « Nous avons beaucoup de plantes fynbos dans la région, et c'est une végétation qui a naturellement besoin du feu afin de pouvoir germer. Dans le cadre des préparatifs menés en collaboration avec les autorités, nous recueillons donc des données pour savoir quand une zone a brûlé pour la dernière fois et à quel moment elle pourrait être amenée à brûler de nouveau », précise Lee Kleynhans. Les quelque 350 bénévoles, répartis sur quatre bases, vont aussi profiter des dernières semaines pour parfaire leur entraînement et se tenir prêts à intervenir dès les premiers départs de feu. À écouter aussiEl Niño : pourquoi l'Afrique australe sera-t-elle plus touchée par ce phénomène?
En Afrique du Sud, l'entreprise pétrolière britannique Shell a perdu, le mois dernier, ses droits d'exploration au large de la Wild Coast qui longe l'océan Indien. La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a donné raison aux populations locales et aux ONG qui avaient lancé cette action en justice. La décision ne laisse pas le secteur pétro-gazier indifférent. Avec notre correspondante en Afrique du Sud, Cela fait 5 ans que la société civile s'oppose aux explorations sismiques prévues par le géant britannique. Après plusieurs recours, la Cour constitutionnelle a finalement tranché : les populations n'ont pas été correctement consultées et le juge Jody Kollapen a donc confirmé à Shell le retrait de son autorisation : « La consultation est une procédure censée permettre de respecter la dignité humaine, en faisant une place à la table des décisions à ceux dont la vie et les moyens de subsistance pourraient être affectés ». Shell prévoyait de créer des ondes sismiques grâce à l'envoi d'un navire équipé de canons à air, afin de pouvoir analyser la structure géologique du sous-sol marin. Ce qui n'était pas au goût des militants locaux tels que Nonhle Mbuthuma. « Nous, les populations côtières, dépendons de l'océan et continuons à pratiquer des méthodes de pêche traditionnelles. Mais au-delà de nos moyens de subsistance, nous avons aussi des droits culturels : en tant qu'habitants de la Wild Coast, nous croyons que nos ancêtres résident dans l'océan », explique-t-elle. L'affaire pourrait créer des remous dans tout le secteur, estime Otlotleng Mokgatle, analyste chez Control Risks : « L'une des conséquences de cette décision, c'est de renforcer le sentiment, notamment chez les investisseurs, que le secteur offshore sud-africain est exposé à un ensemble de risques, liés à un groupe d'acteurs très actifs et, disons-le, offensifs en Afrique du Sud ». Le bassin d'Orange toujours attractif Le groupe français TotalEnergies a déjà connu des déboires similaires lorsque la justice a annulé, en première instance en 2025, une autorisation environnementale pour un ensemble de blocs au large du Cap. Cependant le bassin d'Orange, à la frontière avec la Namibie plus au nord, est plein de promesses et pourrait continuer à aiguiser les appétits et ce malgré les risques judiciaires. « Je ne dirais pas que cela va nécessairement réduire l'attractivité de l'Afrique du Sud pour de futurs investissements dans le pétrole et le gaz, notamment parce que le potentiel géologique reste très important. Les investisseurs prennent ce potentiel en compte, tout comme ils prennent en compte les conditions fiscales, les infrastructures existantes dans le pays, ainsi que les incertitudes judiciaires suite à cette décision. Je pense donc que cela aura davantage un impact sur la prime de risque, mais cela ne devrait pas faire perdre au marché toute son attractivité », selon Otlotleng Mokgatle : Début août, un tribunal a rejeté la demande d'associations qui cherchaient à empêcher une campagne d'études sismiques dans le bassin d'Orange. Shell y maintient pour l'instant sa présence, tout comme TotalEnergies, qui fait cependant l'objet d'un nouveau recours autour d'une autorisation environnementale. À lire aussiAfrique du Sud: victoire en justice des défenseurs de l'environnement face à Shell
durée : 00:58:12 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Trente ans après la mise en place de la Commission vérité et réconciliation, censée faire la lumière sur les crimes de l'apartheid, un grand nombre de coupables avérés n'ont encore jamais été condamnés. La justice sud-africaine a ouvert, le 11 février 2026, une nouvelle commission d'enquête. - équipe : Vivian Lecuivre, Fanny Richez, Anouk Milliot, Léa Capuano, Barthélémy Gaillard, Léane Hattermann - invités : Joséphine Kloeckner Journaliste indépendante, correspondante en Afrique du Sud, Francis Kpatindé Enseignant à Sciences Po, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique et du Monde Afrique, Cécile Perrot Maîtresse de conférences à l'Université de Rennes 2, spécialiste des politiques sociales sud africaines Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
En musique, l'amapiano sud-africain, qui a déjà conquis le monde, continue d'évoluer et de se réinventer. Et de nouveaux artistes émergent sans cesse, parfois mis en lumière grâce à des « dance challenges », de petites chorégraphies mises en ligne sur les réseaux sociaux qui deviennent virales et que tout le monde s'amuse à reproduire. À tel point que ces vidéos sont devenues des outils pour les artistes émergents qui souhaitent gagner en visibilité. De notre correspondante à Johannesburg, Dans les rues du township d'Alexandra, des rythmes d'amapiano s'échappent de partout : d'un salon de coiffure, des enceintes d'une voiture, et de la petite pièce dans laquelle vit, avec toute sa famille, Olanna, 15 ans, qui se filme en train de danser : « Moi, un challenge, ça me demande juste 2 minutes pour l'apprendre, et ensuite je filme. C'est facile, et des fois, j'invente même mes propres pas. Ça me rend heureuse de danser, et ça me détend, même quand je suis triste », explique-t-elle. La vidéo est ensuite directement postée sur les réseaux. Il n'y a donc pas besoin de grand-chose pour participer, et c'est ce qui plait aussi à Angie, qui, à quelques rues de là, reproduit également des chorégraphies vues en ligne. « À l'école, dans la cour de la maison, à l'intérieur : je danse partout. Même dans les centres commerciaux. Et des fois, des gens me rejoignent. J'aime ces défis, la variété des danses qui existent. Et ça permet de découvrir de nouveaux artistes, de nouvelles musiques et des genres que je ne connaissais pas », raconte-t-elle. À lire aussiL'amapiano, cette musique électronique sud-africaine en train de conquérir le monde Même si ces chorégraphies naissent souvent sans qu'on s'y attende, ceux qui produisent de l'amapiano s'y intéressent de près, comme DJ Nastor, artiste installé à Johannesburg. « J'ai récemment publié un nouveau morceau, et j'ai encouragé les gens sur TikTok à créer des challenges autour. Donc ça fait partie des stratégies pour promouvoir notre musique, et ce format est aussi très courant chez nous. Et puis de voir des gens danser sur ma musique, ça montre qu'elle est bien reçue et qu'elle fait plaisir », se réjouit-il. Et régulièrement, un « dance challenge » partagé au-delà des frontières permet au monde entier de s'enthousiasmer pour la musique sud-africaine. Boniswa Sidwaba est conseillère en stratégie digitale et ancienne responsable de contenu pour la plateforme TikTok en Afrique du Sud : « La raison pour laquelle ces vidéos voyagent autant et sont devenues des phénomènes en ligne, c'est grâce aux algorithmes qui permettent aux contenus d'émerger en fonction des centres d'intérêt, et non de la localisation. Ça a joué un grand rôle dans la distribution, afin que des gens, partout dans le monde, puissent être exposés à de tels contenus ». La fin de l'année et l'approche de l'été austral promettent en tout cas d'être un terrain fertile pour voir émerger de nouveaux sons et leurs chorégraphies. À lire aussi«A-Pop»: Tyla, la pop mondiale à l'heure sud-africaine
En Afrique du Sud, les affrontements entre étrangers et Sud-Africains continuent. Les militants du mouvement March and March continuent de manifester toutes les semaines pour demander le départ des immigrés illégaux. Des militants de ce mouvement ont attaqué un groupe d'étrangers qui s'étaient installés depuis trois mois devant le centre de refugiés de Durban. Les affrontements ont été violents.
Après un an d'enquête anti-dumping, Pékin a décidé d'instaurer, au mois d'août, de nouvelles taxes sur les noix de pécan américaines et mexicaines, estimant que ces partenaires pratiquaient des prix anormalement bas. Ces sanctions profiteront à un pays : l'Afrique du Sud. Symboliquement, c'est un coup dur, car pour la petite histoire, le Mexique et les États-Unis sont devenus de gros producteurs de noix de pécan ces dernières années, pour répondre, précisément, à la demande de la Chine. Mais dans les faits, le commerce a déjà chuté : en deux ans, les ventes de ces deux pays à la Chine ont été divisées par dix, en valeur. Le commerce bilatéral de noix de pécan pèse néanmoins encore quelques millions de dollars pour ces deux exportateurs. Le gouvernement mexicain a donc fait part de son inquiétude, après la décision, même si le pays a collaboré à l'enquête de Pékin et écope à ce titre de taxes plus faibles – entre 17,8% et 51,6% – que celles appliquées aux États-Unis, qui sont de 54%, selon l'agence Bloomberg. Le recul des exportations, la baisse des prix et la sécheresse sévère – les pacaniers ont besoin d'une irrigation abondante pour garantir un rendement élevé – font que les producteurs mexicains ne sont plus dans une optique de croissance, explique José Gutierrez Fernandez, analyste agricole chez S&P Global Energy, qui précise qu'ils « ne renouvellent pas leurs vergers et procèdent à l'arrachage des arbres ». Selon l'expert, la récolte mexicaine est en diminution progressive depuis la campagne 2022-2023. Les États-Unis s'adaptent Les États-Unis restent des producteurs importants et vont devoir renforcer leurs liens avec d'autres acheteurs. La filière américaine mise notamment de plus en plus sur l'exportation de noix transformées, explique José Gutierrez Fernandez. Washington a ainsi réussi à augmenter ses exports de cerneaux vers l'Union européenne, le Canada, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Israël. Mais les chiffres de cette année risquent d'être affectés par le blocage du détroit d'Ormuz. Sur ces marchés d'exportation, la concurrence des amandes, des noix et des pistaches reste rude et nécessitera peut-être de nouvelles campagnes de promotion pour faire grimper la demande. L'Afrique du Sud, fournisseur numéro 1 de la Chine La Chine, premier importateur mondial de noix de pécan, est loin d'être autosuffisante, même si elle encourage ses agriculteurs à planter des pacaniers et projette une récolte d'environ 11 700 tonnes pour la campagne 2026-2027, selon S&P Global Energy. Le pays a commencé à diversifier ses sources d'approvisionnements agricoles depuis quelques années et cela a profité à l'Afrique du Sud, qui est devenue le fournisseur numéro un avec une part de marché qui a bondi pour atteindre l'année dernière 86%. Rien qu'entre 2024 et 2025, les exportations sud-africaines vers la Chine ont augmenté de près de 50% pour s'élever à 48 860 tonnes. Le pays pourrait atteindre une capacité de production de 70 000 tonnes quand tous les arbres plantés entreront en production, selon José Gutierrez Fernandez, qui estime ce volume largement suffisant pour répondre à la demande chinoise, sachant que pour garantir l'approvisionnement de ses usines, la Chine peut compter sur deux autres fournisseurs de l'hémisphère Sud : le Brésil et l'Argentine. À lire aussiNoix de pécan, l'enquête chinoise qui vise les États-Unis et le Mexique
Pillages de commerces à Johannesburg, traque dans les rues et alertes des ambassades africaines : en Afrique du Sud, la xénophobie du quotidien s'est transformée en une crise humanitaire et politique majeure.Soutenez le Média !
L'Afrique du Sud possède la plus grande place financière du continent africain avec sa Johannesburg Stock Exchange (JSE). Quelques 400 entreprises cotées, une capitalisation de 1 500 milliards de dollars, et de nouveaux produits qui voient régulièrement le jour. C'est le cas de cette nouvelle obligation verte, indexée sur des résultats environnementaux. Lancée en avril, elle doit lutter contre des plantes invasives qui colonisent les bassins versants autour du Cap. De notre correspondante à Johannesburg, Sur le parvis de la Johannesburg Stock Exchange (JSE), trône une statue contemporaine d'un combat entre un ours et un taureau, des animaux qui représentent, dans le monde financier, les cours à la hausse et à la baisse. « Nous nous trouvons au cœur du quartier d'affaires de Sandton, décrit Maurice Madiba, le directeur des marchés primaires, sur la rue Maude, que j'aime bien surnommer la "Wall Street" d'Afrique. » Dans le hall d'entrée, des écrans affichent les fluctuations des marchés et une corne de koudou repose sur un socle : elle retentit à chaque entrée en Bourse d'une entreprise. Mais Maurice Madiba est là pour présenter une nouvelle sorte de produit, afin d'améliorer les obligations vertes déjà existantes : des obligations liées aux résultats. « Les obligations traditionnelles rapportent un certain taux d'intérêt, d'un montant fixe chaque année. Mais ici, on établit un taux d'intérêt minimal, et si l'initiative financée est une réussite, les investisseurs empochent en plus un coupon de performance », explique-t-il. Et pour ce premier essai, les 2,5 milliards de rands (environ 134 millions d'euros) émis sur 5 ans par l'une des banques du pays auprès d'investisseurs doivent servir à nettoyer les zones de captage d'eau dans la région du Cap de toutes les plantes invasives qui épuisent les ressources. « La ville du Cap a besoin d'eau, et elle est prête à payer. Elle s'engage à rémunérer les gains en eau auprès de l'organisme qui nettoie. Plus le volume d'eau qui s'écoule vers l'aval est important, plus le projet génère de revenus, et plus les intérêts versés peuvent être élevés », détaille Maurice Madiba. À écouter dans Grand reportageFace au changement climatique, Le Cap peut-il montrer la voie? « Veut-on vraiment que le secteur privé fasse des profits sur une crise qu'il a aidé à créer ? » Ces travaux d'élimination des plantes invasives, dont les résultats seront mesurés régulièrement par des experts indépendants, sont menés par l'ONG internationale The Nature Conservancy. « Jusqu'à présent, les investissements étaient insuffisants. Et on parle de financements innovants depuis des années, mais nous n'avions pas encore réussi à quantifier les bénéfices apportés par la nature. Cette approche nous fait passer d'un financement traditionnel, par projet et à court terme, à un modèle de long terme, capable de changer d'échelle », analyse Louise Stafford, la directrice locale de l'ONG. Mais le chercheur en économie politique à l'Université de Johannesburg (UJ) Patrick Bond met en garde, de façon globale, contre cette financiarisation de la protection de l'environnement. « Veut-on vraiment que le secteur privé fasse des profits sur une crise qu'il a aidé à créer ? Laisser des banquiers résoudre cette crise alors qu'ils ne sont même pas capables de maîtriser l'instabilité de leurs propres marchés, c'est de la folie », s'inquiète-t-il. Si ce produit financier est considéré comme une réussite, d'autres obligations de ce type pourraient suivre selon les acteurs du secteur. À lire aussiComment déceler (et contrecarrer) l'écoblanchiment?
La musique de Sun Ra, le roi de l'afrofuturisme, continue de résonner et d'inspirer des artistes, tels que la chanteuse américaine Janelle Monáe ou le producteur Flying Lotus. En Afrique du Sud, le jazzman étatsunien disparu en 1993 et sa mythologie cosmique – il disait venir de Saturne – ont notamment influencé un groupe actuel du township de Soweto : le Sun Xa Experiment. Il tente de prolonger sa philosophie de la musique, en y mêlant les traditions africaines. De notre correspondante à Johannesburg, Le lieu de répétition du Sun Xa Experiment se trouve au cœur du township, dans un bâtiment à l'arrière d'une maisonnette tout ce qu'il y a de plus banal. Le bassiste, Tebogo Mkhize, nous entraîne dans une grande pièce à l'ambiance feutrée, pleine de trésors, suspendue hors de l'espace et du temps. « Si vous avancez un peu, sur la gauche, il y a des platines, avec plein de vinyles. Puis, si vous regardez tout autour de vous, on trouve de l'art et même des accessoires comme ce crâne, vous nous verrez parfois avec sur scène, d'autres fois sans, raconte-t-il. Et encore sur la gauche, c'est la partie studio, où on a nos boîtes à rythmes, nos contrôleurs, des enceintes et des écrans. » Lebohang More a participé à la fondation du collectif, il y a plus de 10 ans. Et c'est bien la découverte de Sun Ra, lorsqu'il avait la vingtaine, qui a agi comme une révélation. « On a d'abord regardé son film, Space is the place, puis un de nos frères à l'époque nous a amené tout son catalogue musical. On s'est plongé là-dedans pendant deux ans !, se rappelle-t-il. On se disait : "C'est quoi ce truc ?" Le morceau sur le cosmos, par exemple, les sonorités, les chœurs… C'est comme ça que tout a commencé. » À écouter aussi#Afrofuturismes 3/5 : Littérature et musique, les bras ailés de l'afrofuturisme « Retrouver la place qui nous revient en tant que peuple » L'héritage de ce pionnier de l'Afrofuturisme a été combiné, par le groupe, à une autre référence du free jazz : le Sud-Africain Ndikho Xaba, lui aussi depuis décédé. C'est de là que vient le nom Sun Xa. « Ils jouaient tous les deux du piano, et ils se sont même rencontrés. Ndikho Xaba a quitté l'Afrique du Sud et a vécu en exil à partir des années 70, continuant à jouer sa musique d'avant-garde, explique Buyisiwe Njoko, la chanteuse du groupe. Et avec Sun Ra, tout ça influence ce qu'on fait. » Le groupe a fait de ces inspirations quelque chose qui lui est propre, une musique qui guérit, selon ses mots, qui en appelle au pouvoir des ancêtres et aux forces cosmiques, et qui se veut aussi novatrice. Sur scène, les corps peints des cinq musiciens font partie du spectacle, mêlant théâtre et danse. Et les messages de redéfinition de l'identité noire portés à l'époque aux États-Unis par Sun Ra ont une résonance particulière en Afrique du Sud. « Nous avons une chanson qui parle de récupérer nos terres, de retrouver la place qui nous revient en tant que peuple, pointe Tebogo Mkhize. Il ne s'agit pas d'aller faire la guerre, ou quoi que ce soit, notre mission est plutôt de révéler qui nous sommes réellement, de réaffirmer notre identité. C'est l'un des messages que nous cherchons à faire passer. » La vision de Sun Ra continue donc d'être refaçonnée par ce collectif, pour imaginer, au travers de la musique, un futur plus libérateur et positif.
Au Sénégal, le Conseil constitutionnel a invalidé, mardi, la proposition de loi du Pastef, le parti d'Ousmane Sonko, sur l'encadrement des fonds spéciaux. Ces fonds de plusieurs milliards de francs CFA destinés aux présidents d'institutions sont exécutés jusqu'ici dans l'opacité sans aucune forme de contrôle. Le Pastef d'Ousmane Sonko et le Kiiraay, le parti du président Bassirou Diomaye Faye, s'accusent mutuellement.
Portée par l'explosion de l'amapiano ces dernières années, l'industrie musicale sud-africaine grandit à une vitesse record. On estime que la nation arc-en-ciel représente près de 80 % des revenus musicaux d'Afrique subsaharienne. Alors, dans le pays de Nelson Mandela, tout le monde veut sa part du gâteau, et c'est toute l'industrie qui change, avec de plus en plus de labels indépendants. Avec notre correspondant à Johannesburg, L'Afrique du Sud compte plusieurs milliers de labels indépendants. Mzukisi Ntambo travaille pour l'un d'entre eux, Pika Records, enregistré en 2025 : « Nous souhaitons que les artistes conservent leur indépendance, en les accompagnant de projets en projets. Un artiste va nous demander de l'aide en relations publiques, par exemple. Alors on lui dit : "Voilà comment on va intervenir sur ce projet spécifique." Mais notre label ne possède pas les artistes. L'idée, c'est que nous grandissions ensemble, le label et les artistes. » Cette indépendance permet aux artistes sud-africains de conserver leur identité. Illustration avec le dernier projet du label Pika Records, Imali de Lix Da Lion, qui mélange l'anglais et le Xhosa. Un son produit par Sthembiso Twala. « Je me contente de produire pour les autres. Je suis 100 % indépendant », explique le musicien. « Pika est un label indépendant et ensemble on collabore. Je produis pour eux, et quand le son est commercialisé, nous partageons les bénéfices », précise-t-il. De meilleurs revenus ? Car, face à une industrie musicale à la croissance fulgurante, en plus de performer, les artistes sud-africains veulent aussi porter la casquette de chefs d'entreprise. Une tendance qui a poussé Sony, Warner et Universal à s'adapter. « Je ne pense pas que les majors vont disparaître, parce qu'elles évoluent. Elles cèdent une grande partie du contrôle qu'elles avaient. Et permettent aux artistes d'avoir leur mot à dire », témoigne Gift Mdlalose, directeur de la Music Business Academy. Il nuance cependant la notion d'indépendance : « En réalité ces compagnies finissent par vous signer. Ce qui change, c'est que vous signez avec votre propre société, et qu'elles appellent ça un contrat de distribution. » Car, si les labels indépendants garantissent l'authenticité, sur le plan financier, les multinationales contrôlent encore 70 % des parts de marché en Afrique du Sud. Et empochent souvent la majorité des revenus, surtout quand un hit devient planétaire. À lire aussiL'industrie musicale africaine: au Sénégal, le stream comme moyen de rémunérer des artistes locaux? [5/10]
La SADC peut-elle encore peser sur les crises qui secouent l'Afrique australe ? Cette organisation régionale, qui réunit seize pays du sud du continent, tient son sommet des chefs d'État ce lundi 17 août à Durban, en Afrique du Sud. Alors que le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo a profondément mis à l'épreuve sa capacité à agir militairement et diplomatiquement, quel rôle peut-elle encore jouer face aux crises de la région ? Al Kitenge, expert en stratégie économique et en innovation, répond aux questions de Clothilde Hazard. RFI : Ce lundi se réunissent les chefs d'État de la SADC, l'Organisation régionale d'Afrique australe. Ces dernières années, la région a été secouée par de nombreuses crises importantes. La plus importante dans l'est de la RDC. Mais la SADC semble peiner à apporter des réponses efficaces à ces crises. Est-ce qu'elle est devenue impuissante ? Al Kitenge : Effectivement, la SADC est devenue quasi impuissante parce qu'elle n'a pas été en mesure de régler le problème géopolitique. Et cela a un impact complet sur tout le reste. Et les questions économiques et les questions de politique générale. Pour ce qui est de la crise à l'est de la RDC, comment vous expliquez l'échec de la SADC ? L'échec de la SADC est de n'avoir pas été en mesure de régler de manière frontale les questions qui opposaient ses propres membres. Donc, il est inacceptable que des questions d'instabilité se soient fait remarquer dans la région et que la SADC n'ait pas été en mesure de prendre des dispositions correctes. L'Angola a essayé, mais c'était des échecs successifs. Et le cas de la RDC est un cas non isolé. Quels sont les autres cas ? Le cas du Burundi avec le Rwanda, les grandes difficultés que l'on a aujourd'hui en Afrique du Sud avec les questions d'immigration. Comment vous expliquez que la SADC, justement sur le plan géopolitique, n'arrive pas à trouver des solutions ? La SADC n'est pas organisée pour régler ces situations. À la première épreuve, on s'est rendu compte qu'elle est extrêmement faible. Et ça, on le remarque également quand vous regardez les échanges commerciaux. Il n'y a aucune préférence d'échanges commerciaux entre les pays de la SADC et aujourd'hui, c'est la plus grosse faiblesse. On a les faiblesses géopolitiques, on a des faiblesses économiques. Ces pays n'ont pas les mêmes intérêts financiers. Lorsque vous regardez les pays anglophones, ils sont tournés vers le Royaume-Uni et les pays francophones sont tournés vers la France et la Belgique. Et cette dissension, justement, fait que dans les échanges commerciaux, les intérêts ne sont pas les mêmes. Regardez la question énergétique qui aurait pu être une question qui pouvait être réglée de manière claire. La SADC n'a pas de politique intégrée qui puisse être en mesure de résoudre les choses. Comment faire pour que les intérêts soient convergents justement ? Faire un petit peu ce qu'a échoué l'Union africaine, s'assurer que, du point de vue de l'intégration économique, les pays soient plus proches. En ayant une intégration économique, on peut avoir l'intégration politique et géopolitique. Il faudrait avoir une mutualisation d'un certain nombre d'éléments, en l'occurrence les infrastructures, les transports et l'énergie. Mais il y a quelque chose de très simple qu'il faudrait être en mesure de regarder. Aujourd'hui, nous avons le grand choc lié au détroit d'Ormuz. Et on se rend bien compte que, comme des gens sans intelligence collective, nous avons tous perdu. Et ce qu'il faut regarder aujourd'hui, c'est que, nous devrions avoir la possibilité de développer des solutions locales - quand je dis locales, ça veut dire régionales. Et cette question de Covid qui nous a pratiquement bousculé, la guerre entre l'Ukraine et la Russie, même chose, mais nous sommes en troisième choc frontal exogène qui aurait bien pu nous questionner. Mais si les gens ne se questionnent pas, ce sera très difficile qu'ils aient des résultats conjoints. Concrètement, est-ce qu'on parle de corridors ? Est-ce qu'on parle de politiques communes ? Quelles sont les marges de manœuvre de la SADC ? Les seules marges de manœuvre sont financières et économiques. Je donne un exemple très simple : l'Union africaine a échoué, en tout cas dans les dix dernières années, à mettre en place le centre d'échange financier. Rien qu'à cause de ça, nous sommes toujours sur le swift, qui est un élément qui ne permet pas des échanges locaux. C'est ce genre de choses qui auraient pu être des soudures entre les pays. Et tant que nous n'en sommes pas encore là, tant que nous n'avons pas les mêmes intérêts économiques et financiers, il est très difficile que le déséquilibre politique ou géopolitique d'un pays intéresse les autres. Est-ce que vous pensez que la SADC aujourd'hui s'attelle justement à régler ce problème d'intérêts différents ? Les citoyens de ces pays sont en train de regarder. Ce qui se passe en Afrique du Sud est une honte générale. Et si on n'arrive pas à résoudre toutes ces questions en même temps, la SADC aura perdu son crédit. Oui, le sommet a lieu à Durban, en Afrique du Sud. Les tensions anti-migrants dans le pays touchent directement plusieurs pays de la SADC, puisque beaucoup des migrants concernés viennent des pays voisins. Est-ce que c'est justement un dossier sur lequel l'organisation pourrait davantage intervenir et sur lequel elle pourrait discuter à l'occasion de ce sommet ? Déjà, pour qu'ils aient la capacité de se regarder droit dans les yeux, il faudrait qu'ils règlent et qu'ils parlent de manière frontale de la question et qu'elle soit traitée. Parce que le vivre ensemble des populations engendre les échanges commerciaux et les échanges des biens des personnes. Vous vous rendez bien compte, par exemple, pour le Congo : une grande part de Sud-Africains travaille dans le secteur minier. Imaginez que du jour au lendemain, on commence à chasser ces personnes. Ce sera la catastrophe la plus générale. Est-ce qu'aujourd'hui on a quand même des exemples de corridors de ces infrastructures partagées ? Si on prend des exemples concrets ? Le corridor de Lobito est en train d'en devenir un. Il part de Johannesburg, il passe par la Zambie, il va jusqu'en Angola. C'est une première opportunité. Et la deuxième opportunité, c'est le développement des nouvelles infrastructures. En RDC, par exemple, tout ce qui est Moanda et la RN1. Le corridor de Lobito sert des intérêts connus qui sont les intérêts des États-Unis, qui ont investi à la fois dans les infrastructures en Zambie, en Angola, même en termes de production d'énergie, mais également en termes de rail. Et cela voudrait justement aider la Zambie et la RDC à augmenter leur capacité de production en métaux stratégiques pour être en mesure d'alimenter le marché international. Ça touche la Zambie, ça touche la RDC et ça touche l'Angola, qui sont trois pays de la SADC. Et la capacité à résoudre des problèmes conjoints peut permettre justement que nous soyons en mesure de pouvoir consolider à la fois les relations pour que les uns et les autres soient interconnectés. La seule chose qui peut mettre les pays ensemble, ce sont leurs intérêts.
Le Nigeria et l'Afrique du Sud sont deux puissances africaines, deux moteurs de la zone de libre-échange continentale. Mais aujourd'hui leurs relations sont au plus bas. Abuja accuse Pretoria de xénophobie et de mauvais traitements envers ses ressortissants. À Lagos et à Enugu, des rapatriés témoignent au micro de nos correspondants.
Les entreprises africaines sont encore peu nombreuses à investir en France, mais certaines y développent des activités industrielles. Premier volet de notre série consacrée à ces investissements avec le laboratoire sud-africain Aspen, qui a fait de son usine normande l'un de ses principaux sites de production en Europe. Douze ans après le rachat d'une usine à Notre-Dame-de-Bondeville, près de Rouen, le groupe pharmaceutique sud-africain Aspen continue d'investir en France. Le site produit notamment des anticoagulants injectables et des seringues destinés aux marchés français et européen. « Nous avons acquis en France une usine qui fabriquait déjà des médicaments très importants : des anticoagulants injectables, explique Stavros Nicolaou, directeur exécutif d'Aspen, pour qui la France est devenue un marché stratégique. Au total, nos investissements, avant et après le Covid, dépassent largement les 200 millions d'euros. Nous sommes le plus important investisseur africain en France. C'est un marché majeur pour nous. » Avec près de 700 salariés en France, Aspen fait figure d'exception. Les entreprises africaines qui investissent dans l'industrie française restent rares. Mais, selon Stavros Nicolaou, les mentalités évoluent progressivement. « Je pense justement qu'il faut casser cette image. Beaucoup de gens associent encore les entreprises africaines à des demandes d'aide ou de soutien financier, souligne-t-il. Aspen démontre exactement le contraire. Nous avons investi massivement en Europe, non seulement en France, mais aussi en Allemagne et aux Pays-Bas. D'habitude ce sont les présidents africains qui appellent les dirigeants européens pour demander des médicaments essentiels, mais pendant le Covid, c'étaient les Premiers ministres français et italien qui nous téléphonaient pour nous demander de mettre ces médicaments à leur disposition. » À lire aussiLe géant pharmaceutique Aspen reçoit 600 millions d'euros pour aider l'Afrique à se vacciner Une vitrine internationale Pour Stanislas Zézé, économiste ivoirien et président de Bloomfield Investment Corporation, ces implantations répondent moins à une logique commerciale qu'à une stratégie de crédibilité internationale. « Les profits les plus élevés sont en Afrique, les besoins les plus élevés sont en Afrique. Donc, évidemment, c'est dans une logique de croissance, analyse l'économiste. Ça n'a pas beaucoup de sens parce que la croissance dans les pays développés est très faible. Je ne sais pas pourquoi on irait chercher la croissance en Europe pendant qu'on vient d'un continent où il y a le plus de croissance. C'est surtout une logique d'avoir une stature internationale et de dire : "Je suis en France, je suis aux États-Unis." Mais le plus gros de leur chiffre d'affaires se fait en Afrique, et c'est tout à fait normal. » Cette présence africaine en France reste toutefois limitée. En 2024, les investissements en provenance du continent ont représenté 39 projets, à l'origine de 593 créations d'emplois dans l'Hexagone. À lire aussiPharmaceutique: un rapprochement à près de 350 milliards d'euros en réponse à «la falaise des brevets»
Son nom n'est désormais connu que des plus anciens, mais à Soweto, le Club Pelican était, dans les années 1970, un endroit incontournable pour ceux qui aimaient la musique et la fête. En plein apartheid, ce night-club, l'un des premiers du genre dans le township, offrait un espace afin de décompresser, faisant fi des lois de ségrégation, et permettait à des populations quotidiennement séparées de se croiser, le temps d'une soirée. De notre correspondante à Johannesburg, Il ne reste plus que l'enseigne couverte de rouille sur la façade délabrée pour deviner que c'est ici, derrière les rails de chemin de fer, non loin du stade d'Orlando, que se trouvait l'un des lieux mythiques de Soweto pour faire la fête. Le Club Pelican, premier night-club du township, était une scène incontournable pour tous les musiciens, et c'est là que le saxophoniste Khaya Mahlangu a fait ses premières armes. « Le club était tout petit, se rappelle-t-il, seule la section rythmique pouvait tenir sur scène. Les cuivres étaient dans un coin, mais si on était quatre ou cinq, on se retrouvait à jouer collés aux tables du premier rang. » Lieu de choix, à l'époque, pour écouter de la musique live, du jazz au funk en passant par la soul, le Club Pelican a attiré beaucoup de grands noms mais a aussi permis de former nombre de musiciens en devenir. « C'était une institution, poursuit Khaya Mahlangu. Les plus jeunes venaient jouer lorsque l'orchestre résident faisait une pause. On a appris à la dure là-bas, si on n'arrivait pas à suivre les changements d'accords, on nous criait dessus : "Mec, tu n'entends pas la mélodie ou quoi ?". Et c'est aussi là que tous les musiciens de passage venaient, après avoir joué leur concert, car il y avait une grande culture de faire des bœufs. » À lire aussiLes archives étonnantes sur les «années cachées» de la musique sud-africaine [2/3] Un endroit unique La boîte de nuit a été ouverte par les frères Michaels : Lucky, et sa personnalité très charismatique, aujourd'hui décédé ; et Leo, qui gérait l'établissement avec lui. « C'était l'un des premiers clubs multiraciaux d'Afrique du Sud, se rappelle Leo. Vous savez que le pays était très ségrégué à l'époque, et nous, nous avions des personnes blanches qui venaient même si c'était interdit pour elles de se rendre à Soweto. Cet endroit était vraiment unique. » C'est après avoir découvert des boîtes du Mozambique, avec des noms comme Flamingo, que les frères Michaels ont opté pour Pelican. L'établissement vendait illégalement de l'alcool et offrait aux habitants un rare espace de liberté. « On pouvait y aller pour échapper un peu à la pression de l'apartheid, pointe l'ancien propriétaire du club. Cela attirait des gens de tous horizons, des docteurs, des avocats, mais aussi de simples passants. La police faisait souvent des descentes, et on se retrouvait derrière les barreaux. Mais on payait une amende, et ensuite on recommençait comme avant. » Le Club Pelican a finalement fermé ses portes dans les années 1980, avec la montée des violences dans le township. Mais sa bande-son peut toujours s'écouter grâce à une compilation éditée par le label Matsuli Music. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: l'African Jazz Village, lieu mythique de l'éthio-jazz
Deux médecins qui s'envolent pour l'Afrique du sud en pleine épidémie de sida, une femme demande à sa copine comment faire de bonnes fellations et deux blondes qui tombent nez à nez avec deux chevaux... Écoutez dans ce podcast 3 des meilleures blagues racontées par les Grosses Têtes de Laurent Ruquier. Tous les jours, en podcast, retrouvez une compilation des meilleures blagues de vos Grosses Têtes préférées.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au sommaire : depuis la fin du mois de mai, le mouvement anti-immigration « March and March » multiplie les manifestations en Afrique du Sud, au cours desquelles certains de ses partisans s'en prennent à des migrants en situation irrégulière. Plus de 160 000 étrangers auraient déjà quitté le pays pour fuir les violences. Qui est Andy Burnham, le nouveau Premier ministre britannique, et quels sont les principaux défis qui l'attendent ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Lanciné Bakayoko, journaliste à la RTI Jean-Paul Oro, correspondant à Paris du quotidien L'intelligent d'Abidjan Hanène Zbiss, journaliste tunisienne, présidente de la section tunisienne de l'UPF (Union de la presse francophone).
À Soweto, au sud-ouest de Johannesburg, la Ubuntu Farm veut développer l'économie de ce township hérité des politiques ségrégationnistes de l'apartheid à travers l'agriculture. Francis Marsh s'est lancée seule dans cette aventure, sur le terrain de son ancien lycée. Rapidement, elle engage deux de ses voisines, et le trio de la Ferme Ubuntu est créé. Ensemble, elles créent de l'emploi, apprennent l'agriculture aux plus jeunes, avec comme seule boussole la philosophie Ubuntu chère à Nelson Mandela. De notre envoyé spécial à Soweto, En Afrique du Sud, la petite ferme Ubuntu accueille une vingtaine de volontaires, dans la bonne humeur, pour planter de nouveaux arbres : des citronniers ou encore des abricotiers. Cette ferme communautaire ne cesse de s'agrandir : en à peine deux ans, Francis Marsh et sa petite équipe ont déjà planté environ un hectare sur les quatre disponibles. « Nous avons commencé avec de la coriandre, un peu de chou et aussi des épinards. Dans cette serre, il y a aussi des betteraves ou des carottes. Notre rêve, c'est de voir ce champ entièrement planté », explique Francis. Avant les fruits et les légumes, c'est d'abord une idée qui germe dans la tête de Francis. Tous les jours, elle voit ce terrain vague que son ancien lycée n'entretient plus et décide de prendre les choses en main. Elle étudie les sciences de la terre, contacte le principal du lycée et lui propose ce projet agricole. « Nous travaillons au développement économique de nos townships. Nous voulons que les gens travaillent ici et gagnent leur vie ici. Car si nous parvenons à créer davantage d'emplois dans nos quartiers, je suis convaincue que la violence des gangs et tout ce qui va avec, la criminalité, diminueront à coup sûr », souligne-t-elle. Dans ces communautés marginalisées, frappées par le chômage de masse et en proie aux gangs, les habitants font face à un manque cruel d'opportunités. Pour Shaen Smith, aujourd'hui fière secrétaire d'Ubuntu Farm, l'agriculture lui a presque sauvé la vie. « Je traversais des épreuves personnelles et cette expérience, vous savez, mettre les mains dans la terre et manger les légumes que l'on a plantés, de ses propres mains, m'a vraiment transformée. Cela m'a redonné espoir », confie-t-elle. Ce n'est donc pas un hasard si, au moment de lancer le projet, Francis choisit sans aucune hésitation le nom Ubuntu : une philosophie qui prône des valeurs d'humanité, de respect et d'entraide, chères à Nelson Mandela. « Il était passionné par cet Ubuntu. C'est pourquoi je me suis dit : ''Utilisons cela'', parce qu'il y croyait vraiment, et cela faisait aussi partie de son héritage. Nous ne devons pas laisser cet héritage disparaître », rappelle Francis. Avec ses grandes bottes blanches tachées de terre, Francis marche alors dans les pas de l'ancien président, pour changer profondément le quotidien de sa communauté. À lire aussiCameroun: des avancées sur la sécurité alimentaire dans le nord du pays
Réagissez à l'actualité de votre choix avec Juan Gomez. RFI vous donne la parole. L'occasion d'aborder des thèmes qui ne font pas toujours la Une des médias français et internationaux. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
On prend maintenant la direction de l'Afrique du Sud, à l'université de Witwatersrand, à Johannesburg, sur un campus qui date de 1896, devenue université de Wits en 1992. Cet établissement d'excellence, classé parmi les meilleurs du continent, est aussi connu pour son ancrage libéral et pour son activisme, notamment contre le régime de l'apartheid. Wits occupe aujourd'hui une place centrale dans la décolonisation des savoirs. De notre envoyé spécial à Johannesburg, À l'école d'architecture de l'université Wits, à Johannesburg en Afrique du Sud, le professeur Nnamdi Elleh marque les esprits dès les premiers instants. Dès notre arrivée, il s'arrête devant un grand escalier en colimaçon et présente son dernier projet, réalisé en décembre avant son départ à la retraite. « Ici, on retrouve Léonard de Vinci. Et à côté, une figure namibienne ; et d'autres figures du continent. Nulle part ailleurs dans le monde, on ne trouve l'homme de Vitruve de De Vinci aux côtés de figures africaines. Pourtant, quand on les regarde, on constate qu'elles ont aussi des proportions parfaites. C'est le dernier projet que j'ai réalisé en décembre, avant mon départ », explique-t-il. En sept ans à la tête de cette école, le professeur Elleh a œuvré pour inciter ses étudiants à réfléchir dans leurs langues africaines. Une démarche qu'il juge essentielle pour une véritable décolonisation des savoirs. « On ne peut pas parler de décolonisation si le soi, ou la façon de penser, restent étrangers. Les étudiants connaissent le récit. Ils connaissent l'histoire. Maintenant, on doit réfléchir à comment penser des concepts dans sa langue maternelle », détaille-t-il. C'est dans cet esprit qu'a été créée la plateforme Wits Innovations Vernaculaires (Wits-VITS), visant à élaborer un large lexique de notions complexes en langues locales. Le professeur Elleh partage l'un de ses exemples préférés : « L'un de mes exemples préférés, c'est quand un étudiant a travaillé sur le mot ''paysage''. Dans sa culture zouloue, le paysage englobe le ciel, la terre, le vent, l'air, ainsi que les vivants et les morts. Je n'avais jamais entendu une définition pareille ! » Cette initiative prend tout son sens dans un contexte où, dans la plupart des universités africaines, l'enseignement se fait encore en langues dominantes, principalement l'anglais et le français. Pour Nnamdi Elleh, les mots eux-mêmes sont un enjeu de pouvoir : « Souvent, quand quelque chose est nouveau, on parle d'occidentalisation. Mais le mot "occidentalisation" est déjà une arme. Il signifie : "Je possède. Tu n'es qu'un emprunteur." La plus grande arme, c'est d'abord le mot. Avec mon programme, je veux donc décoloniser les mots et les pensées. » Les résultats de cette approche sont tangibles. En décolonisant les mots dès leur entrée à l'école d'architecture, les étudiants voient leur cursus se transformer. Marie-Justine Mutabazi, 25 ans, étudiante en cinquième année, en témoigne : « Quand on arrive en première année, on pense que l'architecture, il s'agit de quelque chose qui se situe en dehors de l'expérience africaine. Mais M. Elleh nous a recentrés sur l'Afrique et sur les connaissances africaines. Alors, aujourd'hui, maintenant qu'on réalise nos projets de master, on est capables de puiser ce savoir au plus profond de nous-mêmes. Ce n'est plus quelque chose que l'on doit aller chercher à l'extérieur de soi. » À Wits, les langues vernaculaires, souvent reléguées au passé, deviennent ainsi des langues résolument modernes, des moteurs d'innovation au service de la connaissance. À lire aussiLe mouvement rastafarien en Afrique, entre tolérance et marginalisation
Le feuilleton judiciaire autour de Kemi Seba connaît un nouveau rebondissement en Afrique du Sud. La justice a reporté l'examen de la demande d'extradition formulée par le Bénin, le temps de disposer et d'étudier l'ensemble des pièces transmises par les autorités de Cotonou. Pourquoi le Bénin réclame-t-il l'extradition de l'activiste ? Quels faits lui sont reprochés ? Pourquoi Kemi Seba affirme-t-il craindre pour sa vie s'il est renvoyé dans son pays ? Avec Joël Atayi-Guédegbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.
En Afrique du Sud, la pression contre les migrants s'accentue. Entre les retours volontaires et les expulsions, les autorités affirment que plus de 53 000 personnes ont quitté le pays depuis la mi-mai sur fond de violences xénophobes et de mobilisation d'organisations anti-immigration qui réclament le départ des personnes en situation irrégulière. Que vous inspirent ces tensions ? Quelle doit être la réaction des États africains ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Le journaliste a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des contenus numériques jugés diffamatoires, injurieux et outrageux. « Comment le Maroc resserre l'étau autour de ses critiques de l'étranger », titre Afrik.com, qui rappelle que ce journaliste appartient à une génération « qui a incarné l'espoir d'une presse marocaine affranchie des communiqués officiels ». Le site fait le lien entre cette arrestation et deux affaires similaires. L'interdiction de sortie de territoire de l'historien franco-marocain Maâti Monjib, et la condamnation au début de l'année de Zineb El Kharroubi, figure franco-marocaine du collectif Gen Z 212. Elle avait été arrêtée à l'aéroport de Marrakech alors qu'elle rendait visite à sa famille. « L'aéroport est devenu le lieu où se joue le sort des voix critiques, qu'on les empêche d'en sortir ou qu'on les cueille à l'arrivée », s'inquiète Afrik.com. Et la presse marocaine de répondre : « Nul n'est au-dessus de la loi, et le Maroc ne craint personne ». C'est ce qu'écrit le site La Relève, qui poursuit : « Le Maroc ne sera intimidé par personne, quels que soient son nom, sa nationalité, ses soutiens ou ses connexions ». Une perquisition fait réagir la presse à Madagascar C'était la semaine dernière à Ambohibao, en périphérie d'Antananarivo. Des hommes encagoulés, affirmant agir sur ordre de la présidence, ont fait irruption au domicile de ressortissants chinois. Mais au plus haut sommet de l'État, on parle d'imposteurs. « État de non-droit », titre Midi-Madagasikara. « Ce qui s'est passé à Ambohibao jeudi dernier risque de ternir l'image du régime en place », lance le quotidien. « Les citoyens malagasy attendent un rebondissement, ne serait-ce que pour savoir s'il y a eu prise de responsabilité afin de sanctionner ceux qui ont participé à cette opération » poursuit le journal, pour qui « il est peut-être question d'abus de pouvoir, d'usurpation de titre et de fonction et de vol ». À lire aussiMadagascar: des perquisitions polémiques embarrassent le pouvoir Cinq mois de suspension des réseaux sociaux au Gabon « Déjà 145 jours sans réseaux sociaux », se lamente Info241. Il y a 5 mois, la Haute Autorité de la communication décrétait cette suspension, sur fond notamment de lutte contre la diffamation et la diffusion de contenus haineux. « Cinq mois plus tard, poursuit Info241, ce qui était présenté comme une mesure d'urgence ressemble de plus en plus à une privation durable ». Le site s'alarme surtout de l'absence de réaction politique et de la société civile. « Même les institutions censées défendre les libertés publiques donnent l'impression d'avoir accepté une normalité impossible : celle d'un pays où les citoyens doivent ruser pour accéder à Facebook, Tiktok, Whatsapp, Youtube ou d'autres plateformes. » Cette ruse, c'est notamment l'utilisation des VPN. Gabonreview revient justement sur cette pratique, dans un article intitulé « Cinq mois de silence numérique : quand le remède devient le poison ». Le site donne la parole à plusieurs acteurs de la société civile qui, en plus de dénoncer une « méthode répressive globale », s'inquiètent d'une « recrudescence alarmante de cyberattaques ». « La suspension aurait produit l'exact contraire de l'effet recherché », écrit Gabonreview. À lire aussiGabon: un collectif d'associations dénonce le piratage de groupes WhatsApp Afrique du Sud : enquête sur des vols de câbles électriques « Des réseaux criminels occultes couperaient les lignes électriques pour forcer les quartiers désespérés de Johannesburg à verser des pots-de-vin illégaux pour des réparations de base », lance le Daily Maverick. Des arnaques à l'électricité qui suscitent l'indignation, et qui révèlent, selon des conseillers municipaux cités par le Daily Maverick, l'incompétence de la compagnie d'électricité. Le journal donne la parole à de nombreux riverains, comme ce propriétaire d'immeuble qui vit sans courant depuis plus d'un mois. City Power, le gestionnaire du réseau « ne dispose pas des pièces détachées pour effectuer les réparations », explique-t-il. Alors il a dû les acheter lui-même, moyennant 7 000 rands (près de 400 euros). « Mais à ce jour, son immeuble est toujours privé d'électricité. »
Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l'année. Trente ans après la naissance de la "nation arc-en-ciel", près de 50 000 migrants illégaux ont quitté le pays ces dernières semaines, tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité. Philippe Gervais-Lambony, professeur émérite à l'Université Paris Nanterre et spécialiste de l'Afrique du Sud analyse les racines de cette poussée xénophobe.
Depuis la tenue du sommet du G7 à Evian entre le 15 et le 17 juin dernier auquel le président français Emmanuel Macron n'a pas invité son homologue sud-africain, un irritant s'est immiscé dans les relations franco-sud-africaines. Alors que Cyril Ramaphosa est en visite officielle à Paris ce vendredi 10 juillet, les deux dirigeants vont-ils en parler ? Quels sont par ailleurs les autres enjeux de ce déplacement ? Chercheuse à International Crisis Group, la Sud-Africaine Liesl Louw répond pour l'occasion aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Est-ce que les relations franco-sud-africaines se sont distendues depuis qu'Emmanuel Macron a oublié d'inviter Cyril Ramaphosa au dernier G7, à Evian, en France ? Liesl Louw : Oui, il y avait des tensions, c'est sûr, parce qu'initialement, apparemment, Ramaphosa a reçu une invitation pour assister au G7, mais il a été désinvité, ou comme vous avez dit, on a oublié de l'inviter au dernier moment. Donc Ramaphosa aussi n'est pas allé au sommet de Nairobi, le Africa Forward du mois de mai dernier. Donc il y avait ces deux rendez-vous et je pense que l'Afrique du Sud est déçue par cette situation. Mais on a compris que la pression du président Trump, qui menaçait de ne pas venir à Evian, si Ramaphosa assistait à cette réunion, était principalement la cause de cette situation par le fait que Ramaphosa finalement n'a pas été invité pour venir au G7. Vu la proximité stratégique entre la France et les États-Unis, on l'a encore vu cette semaine à Ankara lors du sommet de l'Otan, quel est l'intérêt pour Cyril Ramaphosa de venir en France ? Oui, il y a beaucoup d'intérêts. D'abord économique, pour attirer des investissements. Le plus grand problème aujourd'hui pour Ramaphosa, c'est le manque de croissance économique. L'Afrique du Sud n'attire pas d'investissements étrangers, mais il y a des sociétés françaises implantées en Afrique du Sud et l'Afrique du Sud aimerait bien augmenter ces investissements et le commerce entre les deux pays. On fait face à des graves problèmes de chômage. Ça aussi, c'est une des causes de ces graves émeutes et des manifestations xénophobes en Afrique du Sud. Donc, Ramaphosa veut montrer que, malgré ces tensions géopolitiques, l'Afrique du Sud reste un pays important sur le plan international et africain, même si les relations entre l'Afrique du Sud et le reste du continent passent un très mauvais moment actuellement. Malgré l'attaque de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Afrique du Sud maintient son alliance stratégique avec Moscou. Est-ce que ce n'est pas un sérieux point de divergence entre l'Afrique du Sud et la France ? Est-ce que ça ne va pas finir par fragiliser les relations entre les deux pays ? Oui, c'est vrai que, depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'Afrique du Sud a été très critiquée par les pays européens pour sa position. Surtout certains individus au sein de l'ANC [le parti au pouvoir, NDLR] qui sont ouvertement pro-russes. L'Afrique du Sud aussi a présidé un sommet des Brics où la Russie joue un rôle important. Mais je pense que c'est ça qui fait que l'Afrique du Sud est un peu au cœur de ce jeu géopolitique. Parce que d'un côté, certains sont vus comme pro-russes, mais en même temps, le président Ramaphosa est très ouvert aux Occidentaux. L'Afrique du Sud a quand même montré une position non alignée, neutre quelque part dans ce jeu géopolitique. Je pense que ce sentiment pro-russe a un peu diminué avec le temps depuis 2022. Les relations avec l'Europe se sont améliorées depuis. Depuis un mois, le gouvernement sud-africain est accusé par plusieurs autres gouvernements africains, notamment ceux du Nigeria et du Ghana, de fermer les yeux sur les graves violences xénophobes en Afrique du Sud. En allant à Paris, est-ce que Cyril Ramaphosa vient aussi rompre un certain isolement diplomatique ? Oui, absolument, l'Afrique du Sud et son image sur le continent souffrent énormément de ces violences xénophobes. Ramaphosa, lui-même, je pense, n'a pas su être à la hauteur pour dénoncer ces manifestations, mais pas uniquement les manifestations, la violence contre les étrangers africains en Afrique du Sud. En ce qui concerne son isolement diplomatique, c'est très intéressant de voir l'Afrique du Sud renouer des liens avec des pays comme le Rwanda où, depuis très longtemps, l'Afrique du Sud n'avait pas eu de bonnes relations. Le ministre des Affaires étrangères rwandais était en Afrique du Sud pour la première fois en visite officielle depuis douze ans. Et du fait de cet isolement diplomatique, est-ce que le business en souffre ? Est-ce qu'il y a moins d'investissements en Afrique du Sud ? Je pense que, pour le moment, on ne sent pas encore ça. Le manque d'investissement en Afrique du Sud, depuis très longtemps, est lié à d'autres facteurs, notamment les problèmes d'infrastructures et d'approvisionnement en électricité. Là où on peut voir peut-être à l'avenir un problème économique lié à ces violences xénophobes, c'est pour les entreprises sud-africaines implantées sur le continent, comme le groupe de télécom MTN par exemple au Nigeria, qui est parfois mis en difficulté par le gouvernement nigérian à cause de ce qu'il se passe en Afrique du Sud et des violences xénophobes.
Pour jouer au foot, il suffit d'avoir un ballon. Pour le reste, n'importe quelle rue peut se transformer en terrain. On connaît bien, par exemple, le foot des rues dans les favelas brésiliennes. Mais en Afrique du Sud aussi, dans les townships, on joue avec panache. Cela s'appelle le « Kasi Football », le foot des quartiers. De notre envoyé spécial à Soweto, Le soleil s'apprête à se coucher sur Soweto, et dans les rues du quartier de Naledi, des jeunes jouent au football à chaque coin de rue. « Je veux devenir joueur professionnel. Pour rendre fière ma mère, et toute ma famille », confie l'un d'eux. Nous assistons à un entraînement de Kasi football, aux côtés du coach Elvis Radebe. « Le Kasi football, c'est une histoire de panache. Et ça ne veut pas forcément dire des dribbles ; plutôt un talent inné, que Dieu vous a donné. Ce qu'un entraîneur ne peut pas vous apprendre. Danser sur le ballon, embrasser le ballon… Parfois on se dit : “mais d'où il sort ça ?”. Et c'est justement ça, le Kasi football : se faire plaisir ! » Cette pratique est historique dans les townships sud-africains, transmise de génération en génération. Pour Thabang Mosia, 14 ans, sa figure signature consiste à se tenir debout sur le ballon pour provoquer son adversaire. « Ça me rend heureux parce que c'est quelque chose que j'aime faire. Je le fais surtout quand il y a du monde qui regarde, mais je ne joue pas pour les autres, je joue pour moi. » Sur les réseaux sociaux, des vidéos de joueurs qui dansent avec le ballon deviennent virales. Des internautes qualifient certains dribbles de séances d'hypnose pour endormir l'équipe adverse. Un phénomène qui donne des idées à Joseph Khoza, un enfant du quartier, qui a grandi avec un ballon dans le sac à dos. « On ne peut pas juste garder ça pour nous alors qu'il y a les réseaux sociaux maintenant. Il faut qu'on tire profit de tout ça. » Ce touche-à-tout, footballeur, entrepreneur, professionnel du marketing et plus encore, assiste aujourd'hui à l'entraînement pour créer du contenu. « Ici, tout le monde contribue à ce magnifique sport. C'est une plateforme qui nous permet de faire tout ce qu'on veut. Mon objectif ultime, c'est de développer cet écosystème tout entier. » La nuit tombe, les terrains se vident peu à peu. Au prochain match, quand ils entreront sur le terrain, Thabang et ses coéquipiers auront comme l'impression de monter sur scène, tout à fait libres le temps du match, prêts à défier l'équipe adverse en se tenant debout sur le ballon. À lire aussiAfrique du Sud: l'État gèle une dotation de 200 millions de dollars destinée Johannesburg, épinglée pour sa mauvaise gestion
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La guerre se poursuit entre la Russie et l'Ukraine : Kiev a subi la pire frappe depuis le début de la guerre et la Russie fait face à une grave pénurie de carburant. Aux États-Unis, les célébrations du 250ᵉ anniversaire de l'indépendance divisent la société. En Afrique du Sud, des mouvements xénophobes poussent des milliers d'étrangers à fuir. Enfin, plusieurs équipes africaines voient leur parcours s'arrêter en Coupe du monde.
durée : 00:03:12 - Géopolitique - par : Pierre Haski - L'Afrique du Sud est secouée par une campagne anti-migrants africains illégaux : le président Ramaphosa met en garde contre "la xénophobie et l'afrophobie", mais le mouvement ne faiblit pas, alimenté par les rivalités politiques, les réseaux sociaux, et… l'exemple américain. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 02:29:23 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Ce matin, à 7h40, Guillaume Erner reçoit l'ingénieur Jean-Marc Jancovici pour parler des vagues de chaleur qui frappent la France. À 7h17, Jean-Philippe Rémy analyse les ressorts du mouvement anti-immigration March and March en Afrique du Sud. - équipe : Félicie Faugère, Marie-Lys de Saint Salvy, Mathilde Thon-Fourcade, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux, Jean Leymarie, François Saltiel, Alexandra Delbot, Lucile Commeaux, Gilles Gressani, Yoann Duval, Alice Deschamps Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:12 - InterNational - par : Pierre Haski - L'Afrique du Sud est secouée par une campagne anti-migrants africains illégaux : le président Ramaphosa met en garde contre "la xénophobie et l'afrophobie", mais le mouvement ne faiblit pas, alimenté par les rivalités politiques, les réseaux sociaux, et… l'exemple américain. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:12:27 - Les Enjeux - par : Guillaume Erner - Ce mardi 30 juin, des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs grandes villes d'Afrique du Sud, à l'appel du mouvement anti-immigration March and March. Cet évènement s'inscrit dans l'histoire du pays, marquée par les violences et la xénophobie. - équipe : Félicie Faugère, Mathilde Thon-Fourcade - invités : Jean-Philippe Rémy Grand reporter au journal Le Monde Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:12 - Les Matins de France Culture - L'angoisse monte en Afrique du Sud pour les étrangers qui y vivent. Des manifestants ont laissé jusqu'à ce mardi 30 juin, aux sans-papiers pour que tous quittent le pays, après des mois de poussée xénophobe. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Des milliers de Sud-Africains ont manifesté mardi pour exiger le départ des sans-papiers, une mobilisation marquée par la chute mortelle d'un étranger et l'annonce de milliers de départs, après des semaines de campagne aux accents xénophobes.
durée : 00:15:12 - Journal de 8 h - L'angoisse monte en Afrique du Sud pour les étrangers qui y vivent. Des manifestants ont laissé jusqu'à ce mardi 30 juin, aux sans-papiers pour que tous quittent le pays, après des mois de poussée xénophobe. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
En Afrique du Sud, les étrangers fuient massivement le pays alors que des groupes xénophobes ont exigé le départ de tous les migrants illégaux avant la date butoir de ce mardi, le 30 juin. « La terreur et les larmes » des Malawites contraints d'abandonner leur vie en Afrique du Sud, fait la Une du Daily Maverick. Le quotidien sud-africain s'est rendu sur le site de l'ancien cinéma en plein-air de Durban, la plus grande ville de la province du KwaZulu-Natal dans l'est du pays. C'est là sur un site d'un kilomètre carré, qu'Azadi attend, « son bébé endormi sur sa poitrine ». C'est avec « tristesse » que ce père de famille retourne au Malawi mais il ne voit pas d'autre option car « la situation n'est pas bonne » en Afrique du Sud pour tous ceux qui ne sont pas Sud-Africains. « Ce n'est pas la première fois que le pays est en proie à une poussée de fièvre xénophobe, écrit la correspondante du Monde Afrique. Mais jamais des étrangers terrorisés n'avaient ainsi fait leurs bagages en masse (…). Pratiquement inconnu il y a trois mois, le mouvement March and March, à l'origine de la mobilisation, appelle à des manifestations pacifiques. Mais dans son sillage, depuis des semaines, une campagne ultraviolente déferle sur les réseaux sociaux », poursuit le journal qui rappelle que le mouvement a déjà fait « au moins quatre morts, peut-être plus ». En danger À Mankweng, dans le nord du pays, « plus de 600 zimbabwéens » campent devant le poste de police, rapporte le Daily Sun. Nombre d'entre eux sont sans-papiers, pas tous, Juliat, elle, a « des documents légaux pour rester en Afrique du Sud » mais elle a été forcée de quitter le logement qu'elle louait. Cette mère de deux enfants vit désormais dans la peur, raconte le quotidien sud-africain. Dans la nation arc-en-ciel, « requiem pour l'Ubuntu et le legs de Madiba », titre Aujourd'hui au Faso. L'Ubuntu, c'est cette « philosophie de la compassion chère à Nelson Mandela », précise le journal. Si « le chômage, la corruption endémique et la dégradation des sévices publics (…) font le lit de cette chasse au faciès », le pays devrait pourtant « avoir les ressorts pour conjurer ce genre de comportement. L'apartheid, c'était seulement avant hier ». Réforme constitutionnelle au Sénégal Au Sénégal, « l'Assemblée nationale a adopté, en séance plénière, la proposition de loi portant sur la révision de la Constitution, écrit Dakaractu. Les députés du groupe parlementaire Pastef, qui disposent d'une majorité dans l'hémicycle, ont voté le texte ». Un texte qui renforce le pouvoir du Parlement et du Premier ministre au détriment du président. « Le vote s'est tenu dans un climat de fortes tensions entre le Pastef et la coalition Diomaye Président, qui soutient le chef de l'État et réclamait le retrait du projet au profit d'une concertation plus large », poursuit Dakaractu. « Bassirou Diomaye Faye a décidé de soumettre au référendum la proposition de révision constitutionnelle adoptée », indique Le Soleil. Ousmane Sonko, le président de l'Assemblée, lui, demande au chef de l'État « de promulguer la loi sans passer par un référendum », précise Senego. « Le bras de fer s'intensifie entre les deux hommes », poursuit le média. Selon Afrik.com, ce référendum sera « un test personnel pour Bassirou Diomaye Faye (…), une victoire du oui conforterait le projet de refondation institutionnelle porté par Ousmane Sonko et confirmerait sa popularité auprès des Sénégalais ». Performance marocaine Au Mondial de football, la « qualification héroïque du Maroc face au Pays-Bas, titre Médias24. Menés à un quart d'heure de la fin du terme, les Lions de l'Atlas ont trouvé les ressources nécessaires pour égaliser » puis éliminer les Hollandais aux tirs aux buts, se réjouit le média marocain. Afrik foot évoque la performance des Marocains qui ont « imposé leur jeu », avec 70% de possession de balle en leur faveur. Les Marocains affronteront les Canadiens samedi en 8e de finale.
En Afrique du Sud, ce 30 juin est l'échéance de l'ultimatum lancé par les militants anti-immigration aux populations étrangères (principalement les ressortissants subsahariens et asiatiques en situation irrégulière) pour quitter le pays. De nombreux groupes anti-immigration illégale ont annoncé des marches dans les grandes villes sud-africaines. Des manifestations que redoutent les autorités. L'Ivoirien Marc Gbaffou, fondateur et ancien président du Forum de la diaspora africaine, a résidé durant deux décennies en Afrique du Sud – qu'il a été contraint de quitter en 2019 – pays qu'il dit aimer. Il dénonce le laxisme des autorités sud-africaines sur cette question, un manque d'action qui selon lui favorise la montée de la xénophobie dans le pays. Il répond aux questions de Polycarpe Essomba. RFI : Pourquoi cette question de l'immigration suscite-t-elle autant de tensions et régulièrement en Afrique du Sud ? Marc Gbaffou : Depuis pratiquement 2008, la diaspora africaine n'a pas cessé d'interpeller le gouvernement là-dessus. On a besoin en Afrique du Sud de voter une loi contre la xénophobie, pour arrêter ces pratiques-là. Il n'y a pas cette loi jusqu'aujourd'hui. C'est comme si on encourageait parce que si on n'encourageait pas, on aurait pris des dispositions pour arrêter ces attaques. Craignez-vous, vous qui avez vécu en Afrique du Sud, qui avez expérimenté par vous-même ces tensions, redoutez-vous qu'aujourd'hui la situation soit complètement hors de contrôle ? Mais chaque année c'est la même chose, la situation n'est pas maîtrisée. Vous pouvez vous même écouter le discours que tiennent les membres du gouvernement, les élus dans les différentes villes. Quand vous écoutez ces discours-là, vous vous dites si les élus peuvent tenir ces discours-là, c'est qu'ils n'ont pas la volonté d'arrêter la xénophobie. En fait, c'est comme si le gouvernement soufflait sur le froid et le chaud. Donc, vous voulez dire qu'il y a un contexte général, une parole publique qui est complètement débridée et qui laisse prospérer ces agissements, ces agressions, sur les populations immigrées ? Bien sûr que oui, parce que l'ironie, c'est que les migrants sont présentés comme des gens qui vivent en Afrique du Sud sans papiers. C'est très difficile pour le Sud-Africain de comprendre qu'un migrant qu'il a rencontré détient un document pour vivre de manière légale en Afrique du Sud. Quand un Sud-Africain te croise dans la rue, il se dit, si tu es migrant noir africain, il se dit que tu n'as pas tes papiers pour vivre là. Pour nous, le gouvernement n'a pas cette volonté aujourd'hui d'arrêter cette montée de xénophobie que nous constatons, que nous observons en Afrique du Sud. Alors vous parlez des gens qui sont chassés. Est-ce que dans votre cas, vous avez quitté Johannesburg, l'Afrique du Sud, en raison de ces menaces xénophobes ? Alors moi je suis parti volontairement, certes, mais ça a été l'une des raisons. Pourquoi ? Parce que les Sud-Africains, certains Sud-Africains ont commencé même à dire que le Forum de la diaspora africaine organisait pour faire venir les migrants, pour faire rentrer les migrants à Johannesburg, en Afrique du Sud, ce qu'on ne comprenait pas. Et on nous présentait comme des gens qui encourageaient l'entrée des « migrants illégaux » en Afrique du Sud. Donc, comme on n'avait pas des résultats positifs par rapport au travail qu'on faisait nous autres, j'étais parti parce que j'étais découragé d'un travail qui ne produisait rien. Et chaque année, il y avait des attaques sur les migrants. Comment peut-on aujourd'hui travailler à reconstruire la sérénité, la cohésion sociale entre les différentes communautés, les populations issues de l'immigration et puis les communautés locales ? Il faut déjà que l'on accepte qu'il y a une montée de la xénophobie en Afrique du Sud. Il faut que ça soit reconnu et il faut que le gouvernement accepte de faire un effort. Et l'effort, c'est juste de prendre une loi qui va condamner les gens qui sont auteurs de ces attaques et de ces manipulations xénophobes. Si on accepte déjà à la tête de l'Etat, si on accepte de le faire, ça va se passer. Si on a pu arrêter l'apartheid, ce n'est pas la xénophobie qu'on ne peut pas arrêter, mais c'est parce qu'il n'y a pas cette volonté politique. Alors vous parlez de l'absence de réaction des autorités sud-africaines et vous évoquez tantôt la timidité de la réaction de l'Union africaine. Qu'est-ce que vous espérez de ces différentes autorités au niveau sud-africain et au niveau continental ? Au niveau continental, qu'on attire l'attention du gouvernement sud-africain que ce qui est fait en Afrique du Sud, il faut que ça s'arrête. On voit aujourd'hui que beaucoup de Sud-Africains sortent aussi pour faire des affaires aussi bien dans le continent qu'à l'extérieur du continent. Mais nous parlons du continent africain, aujourd'hui, un peu partout ou tu vas en Afrique, dans beaucoup de pays, il y a des investisseurs sud-africains, des travailleurs sud-africains qui se déplacent et donc il faut que l'Union africaine attire l'attention du gouvernement sud-africain sur ce fait que les Africains se déplacent dans leur continent, soit pour faire des affaires, soit pour chercher une meilleure vie. Il faut que, au niveau de l'Afrique du Sud, le gouvernement prenne des sanctions contre ceux qui pratiquent ces attaques xénophobes sur les migrants africains et asiatiques. Voilà, je crois que ces deux choses-là, si elles sont faites, il n'y a pas de raison qu'on assiste à cette discrimination, à cette montée de xénophobie là.
Au Senegal, c'est dans un climat tendu que l'Assemblée nationale a adopté ce lundi un texte révisant la Constitution. La session a été marquée par des échanges houleux entre députés et des échauffourées entre manifestants et policiers aux abords du Parlement. La proposition de loi qui a été adoptée vise à redéfinir les pouvoirs du chef de l'Etat, du Parlement et du Premier ministre.
La junte burkinabé a annoncé vendredi la rupture des relations diplomatiques avec la France. Les relations entre les deux pays étaient très dégradées. La junte a franchi un pas et les conséquences pourraient être nombreuses.
On en sait un peu plus sur l'attaque terroriste qui a visé, jeudi 18 juin 2026, une base militaire située au sein de l'aéroport international Diori Hamani de Niamey. Au soir des faits, l'armée nigérienne a communiqué un bilan officiel après plusieurs heures d'opérations de ratissage. Revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, l'attaque a été repoussée par les Forces de défense et de sécurité après plus de deux heures de violents affrontements.
La deuxième journée de la Coupe du monde s'ouvre et déjà, les premiers calculs commencent. Au sommaire de Radio Foot Internationale à 23h10 Paris | 21h10 TU. Sur RFI, YouTube & Facebook Live. : - Afrique du Sud : un nul qui sauve, mais qui ne suffit pas ; - Suisse-Bosnie : la Nati accrochée pour son entrée contre le Qatar, a répondu fort face à la Bosnie-Herzégovine ; - Sénégal : témoignage et choses vues à New York ! ; - Canada et Mexique : les pays hôtes au révélateur. Afrique du Sud : un nul qui sauve, mais qui ne suffit pas Menés très tôt par la République Tchèque, les Bafana Bafana ont arraché le 1-1 grâce à Mokoena sur penalty. Un point précieux, mais la qualification n'est pas acquise. L'Afrique du Sud peut-elle encore croire à la suite ? Suisse-Bosnie : la Nati accrochée pour son entrée contre le Qatar, a répondu fort face à la Bosnie-Herzégovine 4-1, un doublé de Johan Manzambi en sortie de banc, et la Nati qui prend la main dans le groupe B. Enfin le vrai départ dans ce Mondial ? Sénégal : témoignage et choses vues à New York ! Djenyaba Saw, joueuse professionnelle sénégalaise au Luxembourg, est avec nous en studio. Elle est rentrée de New York, où elle a assisté au choc entre la France et les Lions de la Teranga. Témoignage ! Et que retenir de cette entrée en lice des Lions ? Canada et Mexique : les pays hôtes au révélateur Le Canada reçoit le Qatar, le Mexique défie la Corée du Sud : à domicile, l'attente est immense. Le public sera-t-il un moteur ou une pression supplémentaire ? Autour d'Annie Gasnier nos consultants du soir : Philippe Doucet et Éric Rabésandratana. Édition : David Fintzel — Technique/Réalisation : Alice Mesnard. ► Le calendrier Coupe du monde ► Notre dossier spécial.