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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Rfi - Sarah Bakaloglou


    • Jan 4, 2022 LATEST EPISODE
    • daily NEW EPISODES
    • 2m AVG DURATION
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    Turquie: le désespoir des agriculteurs

    Play Episode Listen Later Jan 4, 2022 2:34

    En un an, la livre turque a perdu près de 50 % de sa valeur par rapport au dollar. Conséquence : une inflation galopante, 36 % en un an qui pénalise l'immense majorité des Turcs. C'est le cas des agriculteurs, confrontés à une hausse sans fin de leurs coûts de production. Beaucoup songent aujourd'hui à abandonner le métier. 

    Mexique: à Tijuana, la traversée risquée par la mer

    Play Episode Listen Later Jan 3, 2022 2:27

    L'affluence migratoire à la frontière entre le Mexique et les États-Unis atteint des records. En 2021, au moins 1,7 million de personnes ont été arrêtées par les autorités américaines en tentant de traverser. En Basse Californie, la ville de Tijuana, les migrants sont au plus proche du rêve américain. Au pied du mur, certains prennent tous les risques pour passer de l'autre côté en essayant la voie maritime. Ces derniers mois, ce phénomène s'est accentué depuis la plage de Tijuana et parmi ceux qui ont tenté de rejoindre le sol américain en nageant au mois de novembre, au moins une femme est morte. Plusieurs accidents ont eu lieu. La traversée est dangereuse. Sur la plage de Tijuana, les pompiers, sauveteurs en mer, sont les premiers témoins de ces drames.

    Royaume-Uni: un an après, les conséquences du Brexit pour les commerçants

    Play Episode Listen Later Jan 2, 2022 2:30

    Depuis un an, le Royaume-Uni est sorti de l'Union européenne. Les conséquences n'ont pas tardé à se manifester comme dans cette rue commerçante à Londres, dans le quartier de Hackney. De notre correspondante à Londres, Stéphane gère un café et une épicerie fine sur Broadway Market, dans le nord-est de Londres. Pour ce Français installé dans la capitale il y a 17 ans, c'est encore douloureux de parler du Brexit. Depuis un an, le personnel se fait plus rare, il y a moins de travailleurs compétents dans le service et plus d'étudiants européens. « C'est le délire. À une époque il y aurait eu bien plus de Français, là sur une équipe de 20 il n'y a que deux Français et les Britanniques bien plus qu'avant », constate-t-il.  Quant aux produits qui viennent d'Europe, leur prix ne fait qu'augmenter à cause des douanes. Difficile de faire ses stocks comme avant surtout que, dans son épicerie, Stéphane vend majoritairement de la nourriture importée du continent. « On est encore un peu dans le flou, les règles recommencent à changer, ça me dépasse. De passer d'un marché complètement ouvert. Par exemple, je n'arrive plus à me procurer des Saint-Marcellin. Ils ont mis un embargo, on n'en envoie plus en Angleterre et je ne sais pas vraiment pourquoi », dit Stéphane.  ► À lire aussi : Brexit : face aux pénuries de main-d'œuvre, Londres assouplit ses règles d'immigration Privilégier les produits britanniques La clientèle n'est plus la même non plus, conséquence aussi de la pandémie. Mike, le poissonnier à quelques minutes de l'épicerie de Stéphane est moins pessimiste. Cet Anglais se dit peu impacté par le Brexit. Il décide de privilégier les produits britanniques. Nous nous approvisionnons principalement au Royaume-Uni. Donc, il y a eu plus de poissons et de fruits de mer disponibles. Nous avons décidé d'aider les pêcheurs que nous soutenons normalement en vendant plus dans les restaurants, en vendant plus dans notre magasin parce qu'ils ont besoin de notre soutien. C'est vrai que pour les produits que nous achetons en France ou en Italie, le prix est plus élevé et les produits moins disponibles. ► À écouter aussi : Brexit : 10 mois après, le temps des regrets ? « Ces effets prendront beaucoup plus de temps à se concrétiser » Et pour le personnel, il n'embauche que des Britanniques ou des étrangers qui vivent ici depuis longtemps. Pour l'économiste du Kings College de Londres, Jonathan Portes, tout cela va prendre du temps. Le Brexit reste une mauvaise nouvelle pour l'économie du pays, mais les ménages ne ressentent pas encore ses conséquences. Alors que le commerce a certainement été touché par le Brexit, il n'a pas encore eu beaucoup d'impact sur le PIB, les emplois et les salaires. Ces effets prendront beaucoup plus de temps à se concrétiser. Ainsi, la meilleure estimation que nous puissions faire est que sur 5, 10 ou 15 ans, la croissance du Royaume-Uni sera affectée, mais il ne faut pas exagérer. Le Royaume-Uni restera une économie ouverte de taille moyenne et petite, commerçant beaucoup avec l'Union européenne et le reste du monde. Nous aurons du mal à nous développer pour élever le niveau de vie, mais cet effet ne sera pas catastrophique, nous serons considérablement pauvres, mais ce ne sera pas la fin du monde. Il ajoute que les échanges commerciaux entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ont chuté de 15 % depuis le Brexit… 

    Les «entreprises récupérées», symboles d'une Argentine où les crises se suivent et se ressemblent

    Play Episode Listen Later Jan 1, 2022 2:32

    Grèves générales, manifestations durement réprimées, démission du gouvernement : en décembre 2001, l'Argentine traverse la crise économique, politique et sociale la plus traumatisante de son histoire récente. Alors que l'économie s'effondre, partout dans le pays, des ouvriers occupent leurs usines, et s'organisent en coopératives pour reprendre le contrôle de leur outil de travail. 20 ans plus tard, certaines de ces « entreprises récupérées » existent encore, en dépit des crises économiques à répétition. De notre correspondant à Buenos Aires, Il est 9h du matin en banlieue de Buenos Aires. Les ouvriers de l'usine métallurgique de la Coopérative du 19 décembre, se mettent au travail. Perché sur un tabouret, Jorge, la soixantaine, fait passer des plaques de fer dans une presse hydraulique de 300 tonnes. « Je travaille ici depuis 1992. D'abord pour l'entreprise privée, puis pour la coopérative depuis ses débuts », raconte-t-il. L'usine a en effet connu deux périodes très différentes. Jusqu'au début des années 2000, elle est administrée par Isaco, une entreprise de pièces automobiles. Mais en décembre 2001, l'économie argentine s'effondre, et Isaco baisse le rideau. « Nous, les ouvriers, étions suspendus, certains avaient été licenciés. Seuls quelques contremaîtres en qui les propriétaires avaient confiance continuaient à travailler clandestinement, car c'est interdit pour une entreprise en faillite », se souvient Enrique Iriarte. Certains ouvriers, comme lui, continuent malgré tout de venir chaque jour devant l'usine. « Le 19 décembre 2002, on a décidé de rentrer de force dans l'usine et de l'occuper. On est rentré et on est resté, on est même allé jusqu'à dormir ici », ajoute-t-il. Une usine gérée avec fierté par les cols bleus Depuis ce jour, l'usine fonctionne sans patron. Enrique Iriarte, qui n'a jamais quitté son bleu de travail et la chaîne de production est le président de la coopérative du 19 décembre, qui gère l'usine. Les bénéfices sont répartis entre les travailleurs, et les décisions sont prises collectivement, explique Benjamin Carro, le trésorier de la coopérative. « On organise des assemblées pour informer les collègues, leur expliquer : “voilà ce qu'il se passe, on doit prendre telle ou telle décision...”. On en discute, et puis on vote » Les années passent, la situation économique s'améliore, et le carnet de commande de la coopérative se remplit. Mais en 2018, l'Argentine bascule dans une nouvelle crise, et la demande de pièces automobiles dégringole. Il faut se réinventer. Les ouvriers se serrent la ceinture, et se mettent à produire des bancs d'écoles ou des barreaux de fenêtre pour maintenir l'activité. La coopérative n'a jamais arrêté de travailler. Avec des problèmes, comme toutes les entreprises, mais on n' a jamais arrêté de travailler. Après toutes ces années, on avait compris que si on faisait tous des efforts, on allait y arriver. On avait déjà ce qu'il fallait pour tenir. Et ça c'est une vraie fierté, avoir réussi à nous inscrire dans le temps. On compte actuellement près de 300 entreprises récupérées en Argentine, qui font travailler plus de 18 000 personnes. 20 ans après la crise de 2001, les coopératives et l'autogestion se sont enracinés dans le paysage social d'un pays où les crises se suivent et se ressemblent.

    Inde: la musique traditionnelle soufie rassemble toutes les confessions au mausolée de Nizamuddin

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2021 2:50

    La politique du parti nationaliste hindou tend à diviser de plus en plus les hindous et musulmans, et à effacer le riche héritage musulman de ce pays. Mais un lieu demeure le symbole du mélange des différentes religions et cultures qui se sont croisées dans le sous-continent : le mausolée musulman de Nizamuddin, dans le sud de New Delhi, rassemble tous les soirs les Indiens de toutes les confessions, pour écouter la musique traditionnelle soufie, appelée qawwalî. Découverte de l'un des derniers lieux du syncrétisme indien.  De notre correspondant à New Delhi, Le soleil vient de se coucher, une cinquantaine de croyants sortent de la mosquée de Nizamuddin, dans le sud de New Delhi, et s'arrêtent dans la cour du mausolée de Nizamuddin Auliya. Des musiciens s'assoient à même le sol devant le monument, et entonnent leurs premières strophes. C'est le début du qawwalî. Les dévots ou amateurs de musique, comme le jeune Hisham, se placent à leurs côtés : « Le sentiment de paix que nous trouvons ici est unique. Avec mon ami, quand nous sommes stressés, nous venons écouter le qawwalî. »  Ils sont une dizaine de musiciens en habits traditionnels. Ils jouent de l'harmonium, des percussions, et reprennent avec ferveur ces poèmes en ourdou ou en persan, composés pour beaucoup au Moyen-Âge. Des textes qui parlent avec une grande poésie de leur amour pour les saints et dieux soufis. À chaque fin de strophe, leurs bras s'élancent vers ce magnifique mausolée éclairé, comme s'ils parlaient à leur poète vénéré alors que le public, lui, dépose des billets devant les instruments.   « Vous pouvez accepter la sagesse, quelle que soit son origine » Le qawwali transmet ainsi les connaissances spirituelles des siècles passées, à travers des contes et des fables, or ces histoires sont à l'image du sous-continent indien : un mélange des cultures et des religions qui y vivent. Dhruv Sangari est musicien qawwal : « Il n'y a pas que les musulmans qui peuvent tomber amoureux du prophète Mahomet, que la paix soit sur lui - tout le monde peut apprécier sa bonté et sa générosité. De la même manière, il n'y a pas que les hindous qui tombent amoureux du dieu Ram, et il est célébré dans l'Indonésie musulmane, par exemple. Vous pouvez accepter la sagesse, quelle que soit son origine. »  Ce mélange se ressent dans le public venu au mausolée de Nizamuddin, qui comprend également des hindous, des sikhs ou des chrétiens. Qui écoutent tous cette musique sacrée musulmane. « Je suis communiste et non religieux, mais cette musique m'envoûte, confie Ananda Krishnan, un hindou originaire du Kerala. Je viens ici avec mon ami, qui est musulman. Et nous sommes tous les deux touchés, car cette musique parle à tout le monde. Ce mélange, c'est la beauté de l'Inde. »  Cette beauté disparaît, malheureusement, sous les coups de la politique du gouvernement nationaliste hindou, qui divise hindous et musulmans. Et présente ces derniers comme un danger pour l'avenir de l'Inde. 

    Thaïlande: les femmes dans le milieu de la boxe

    Play Episode Listen Later Dec 30, 2021 2:30

    En Thaïlande, le sport national, la boxe thaïe, ou muay thai, se féminise peu à peu. Le stade le plus prestigieux du pays a accueilli au mois de septembre le premier combat féminin de son histoire. Malgré le succès des boxeuses thaïlandaises sur la scène internationale, les résistances sont fortes dans le milieu de la boxe, où des superstitions tenaces empêchent encore les femmes d'occuper un rôle central.  De notre correspondante à Bangkok, Le moment était historique. Le 18 septembre dernier, le prestigieux stade Lumpinee, à Bangkok, accueillait son premier combat féminin. Les combattantes ont d'abord effectué le way kruu, une série de mouvements chorégraphiés, destinée à mettre en valeur leur souplesse et leur grâce, des qualités également requises des boxeurs masculins. Et, c'est la jeune Sanechan, 17 ans, qui est sortie victorieuse. Mais si la discipline se féminise peu à peu, de nombreuses superstitions régissent encore la présence des femmes. Par exemple, au contraire des boxeurs qui enjambent les cordes pour rejoindre le ring, les femmes sont contraintes à se courber pour passer en dessous. Pour la championne Biamouali Sep, la pratique est humiliante pour les boxeuses. « C'est au cas où une femme aurait ses règles ce qui est considéré comme porte-malheur. En plus, on est toutes considérées comme toutes lesbiennes, ce qui est mal vu. Mais franchement, ils pourraient au moins nous laisser passer en dessous de la deuxième corde, au milieu, au lieu de nous faire carrément ramper sous la dernière. » Les croyances autour du pouvoir maléfique des règles et des parties intimes du corps féminin sont tenaces en Asie du Sud-Est, accusées de faire perdre leur pouvoir de protection magique aux tatouages des hommes et aux incantations des moines. Les légendes autour des malheurs engendrés par les femmes sur le ring pullulent, même à l'époque moderne. Boxeuses transsexuelles sont mieux acceptées L'ancienne reporter sportive Suwanna srisongran, raconte qu'un soir, une infirmière a fait prendre des risques inconsidérés aux boxeurs. « Ce soir-là, elle était venue assister le médecin du ring, qui n'était pas encore arrivé. Mais elle ne connaissait rien au monde de la boxe, aux croyances, aux cérémonies des moines. Personne ne lui avait expliqué, et tout à coup, l'un des boxeurs est blessé à la tête, alors elle se précipite sur le ring, en enjambant les cordes, pour le soigner. À partir de là, ça a été l'hécatombe. Ce soir-là, plus de 10 boxeurs ont été gravement blessés. »  En conséquence, les boxeuses transsexuelles sont mieux acceptées que les boxeuses nées femmes. C'est le cas de la championne Nong Toom, devenue icône nationale, qui a pu finalement s'offrir une chirurgie de changement de sexe après des années de combat contre des hommes sous une apparence féminine.   Les clichés ont la vie dure, mais grâce à leur succès sur la scène internationale et avec l'espoir de voir la boxe thaïe bientôt en compétition olympique, les boxeuses, combat après combat, gagnent la considération du public thaïlandais. 

    Royaume-Uni-France: le foie gras de la discorde

    Play Episode Listen Later Dec 29, 2021 2:29

    La France et le Royaume-Uni ont un nouveau sujet de tension, qui tombait à point pour le repas de Noël : le foie gras. Ou plutôt, le « faux gras », son équivalent végétalien. En effet, le gouvernement de Londres fait appel aux chefs pour tenter de trouver une alternative éthique au foie gras, dont la commercialisation est en passe d'être bannie du territoire britannique.  De notre correspondante à Londres, L'ambiance est festive à Borough Market. Chez ce boucher, les conversations tournent autour du menu de Noël. Peu de chances que l'absence de foie gras soit remarquée, car cette tradition très française ne semble pas manquer à une nation éduquée aux alternatives. Quitte à résoudre d'apparentes contradictions.  « Je suis boucher mais je soutiens vraiment le mouvement végan, vraiment. Oui, je soutiens les deux causes. Je crois qu'il faut s'approvisionner localement, avec des produits de bonne qualité, une bonne race de viande, et d'un autre côté, je mange de la viande un jour sur deux. Ce n'est pas un régime végétalien mais certainement végétarien. » Au-delà de la question alimentaire, la production de foie gras a été interdite au Royaume-Uni en 2006, suite à la loi sur le bien-être animal. Pourtant, ces quinze dernières années, son importation a continué, aux alentours de 200 tonnes par an. Avec la prochaine interdiction, le gouvernement veut symboliser son émancipation des règles de l'Union. Mais il y a un manque à gagner pour la gastronomie. Il a donc fait appel à la créativité des chefs pour trouver des alternatives végétariennes. Comme le « faux gras » du chef Alexis Gautier, servi dans son restaurant gastronomique entièrement végétarien.   « Moi personnellement, je suis un anti-foie gras, explique-t-il, et avec des associations contre la torture animale, on a demandé au gouvernement britannique de non seulement ne pas autoriser le gavage de canards et d'oies en Grande-Bretagne, mais surtout d'arrêter d'importer de la torture inutile. Et ils nous ont dit, oui, on va le faire, puisque maintenant on est en dehors de l'Union européenne, on peut le faire. On veut convaincre les gens d'arrêter de manger du foie gras, et de naturellement passer à du faux gras, ou personne n'a été abusé, personne n'a été torturé, personne n'a été tué mais c'est toujours aussi délicieux. C'était vraiment la clé, il fallait que ce soit délicieux. » Le véganisme, un mode de vie ? Faire du Brexit l'occasion d'importer de manière plus éthique et équitable semble très bien intentionné. Mais pour Surge, une association de défense des animaux, il est hypocrite d'utiliser le bien-être animal comme motif légal, si le gouvernement continue d'autoriser les poulets en batterie, ou aux hormones.  Et ce client, qui vient d'acheter de la viande, s'interroge : « Il n'y a aucune logique à notre attitude envers les animaux. Par exemple, j'ai un chat. Je ne vais pas manger mon chat. Où est-ce que se situe la limite entre un chat et un veau ? Je veux dire si on commence à imposer des valeurs véganes au fonctionnement du monde, vous allez vous retrouver au milieu de gens très hostiles. Mais je pense que cette prise de conscience autour du véganisme me semble aller, doucement, dans la bonne direction. Et je vous dis ça en tant que passionné de cuisine ! » Le foie gras de la discorde n'est peut-être qu'un pied de nez symbolique aux importations françaises, qui, sans le Royaume-Uni, continuera d'en exporter 5 000 tonnes chaque année.  ► À lire aussi : Le véganisme fait de nouveaux adeptes: les animaux de compagnie

    Quel avenir pour les réfugiés syriens de Jordanie ?

    Play Episode Listen Later Dec 28, 2021 2:31

    Des conditions de vie de plus en plus difficiles dans un contexte bien particulier : le rapprochement entre Damas et Amman. Depuis plusieurs mois, les deux régimes multiplient les discussions, rouvrent leurs frontières et reprennent les échanges économiques. Une situation qui inquiète les 1,4 millions de réfugiés syriens en Jordanie, pris en tenaille entre la menace d'un retour forcé et un quotidien précaire.  De notre correspondante dans le camp d'Ad-Dafyaneh à la frontière entre la Syrie et la Jordanie, Ils sont près de 200 réfugiés à vivre dans le village d'Ad-Dafyaneh, à 5 km de la Syrie. Contrairement aux camps officiels encadrés par le gouvernement jordanien, ici pas de maisons en dur. Les réfugiés vivent dans des tentes faites de bâches et de couvertures. La crise économique ne fait qu'aggraver une situation déjà précaire. « Chaque année, la vie devient plus difficile, raconte Sahar, originaire du nord de la Syrie. Je dois dépenser toujours plus pour mes enfants, dans les couches, dans le lait. Mais il n'y a pas de travail. Nous n'avons rien, pas de moyens de transport. Je ne peux même pas offrir une éducation à mon fils. » Depuis le début de la crise sanitaire, les emplois se font de plus en plus rares. Résultat : beaucoup de réfugiés ne comptent plus que sur la présence des ONG. Mais là aussi, la situation se dégrade. Basma a fui Alep avec sa famille il y a sept ans. « Les aides baissent de plus en plus. Nous ne recevons déjà plus de versements mensuels ni de coupons alimentaires. C'est difficile, vraiment difficile et ça me fait peur. » Car faute de fonds, beaucoup d'ONG mettent fin à leurs projets. C'est le cas par exemple de l'organisation italienne Vento di Terra, présente depuis 2014 en Jordanie. Pour Heba Abu Ghazleh, coordinatrice de projets sur le terrain, la situation est alarmante. « Les donneurs se concentrent sur d'autres pays, donc la plupart des ONG en Jordanie ferment leurs bureaux et partent. Ça va impacter directement les réfugiés. Les services d'assistance santé et de distributions d'argent vont s'arrêter, les services d'éducation vont être réduits. Après notre départ, il n'y aura plus rien pour eux. » La peur du retour en Syrie Malgré tout, peu de réfugiés imaginent rentrer en Syrie. D'abord pour des raisons économiques, souligne Ahmed, en Jordanie depuis 2014 : « Je travaillais dans une ferme, mais la guerre a tout détruit. Maintenant, il n'y a plus de terres à cultiver, plus de travail ni de maison où vivre. » D'autres craignent la répression du régime de Bachar el-Assad. Assis sur un coussin, les traits tirés, Khaled écoute les messages vocaux envoyés par sa famille encore en Syrie. Elle le supplie de rester en Jordanie. « Ce que je souhaite, c'est être en sécurité. Je ne peux pas me permettre de rentrer en Syrie, car là-bas, je suis menacé. Même si ici la vie est chère, si je rentre, ma famille sera en danger et ils me tueront. » Seuls 280 000 Syriens sur les plus de six millions qui ont fui le pays sont officiellement rentrés depuis 2016. En provenance du Liban et de la Jordanie, ils ont pour beaucoup subi des violences et des abus à leur retour. ► À lire aussi : Pour les Syriens réfugiés en Jordanie, le moment du retour n'est pas encore venu

    Iran: la consommation alimentaire des ménages encore frappée par l'inflation

    Play Episode Listen Later Dec 27, 2021 2:11

    En Iran, l'inflation dépasse toujours les 50%. Un chiffre encore plus élevé pour les produits de consommation courante qui ont augmenté de plus de 70%. Une situation qui rétrécit l'assiette de nombreux Iraniens. ► À lire aussi : Iran: l'inflation galopante «rétrécit» l'assiette de nombreux habitants

    Serbie: la population ne veut pas de la mine de lithium Yadar

    Play Episode Listen Later Dec 27, 2021 2:29

    C'est un projet d'exploitation de lithium qui fait beaucoup parler de lui et qui soulève une vague nationale de protestations en Serbie. La mine Yadar, que souhaite ouvrir la multinationale Rio Tinto dans l'Ouest du pays a provoqué la colère de la population. Sur place, les habitants, qui risquent d'être déplacés, organisent la résistance. 

    Génération post-soviétique: Vitalii Sych, quand la presse ukrainienne délaisse la langue russe

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2021 2:19

    Fin de notre série sur la chute de l'URSS. Il y a trente ans, l'Union soviétique connaissait ses dernières heures. Aujourd'hui, nous sommes en Ukraine. À la période soviétique, la langue russe s'était largement imposée à Kiev et dans les grandes villes du pays, au détriment de l'ukrainien, relégué dans les campagnes et dans la culture populaire. Mais 30 ans plus tard, après deux révolutions et une guerre entre l'Ukraine et la Russie, la langue ukrainienne connaît un renouveau sans précédent dans l'espace public. En 2019, le Parlement ukrainien a voté une loi qui impose que la presse écrite soit imprimée avec un minimum de 50 % du contenu en ukrainien. Les groupes de presse ont eu plusieurs mois pour se préparer à l'échéance du 1er janvier 2022, mais Vitalii Sych, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire NV, a estimé que le bilinguisme n'était pas viable. « D'un point de vue économique, pour nous, ça n'avait aucun sens, ça serait trop cher, les coûts d'impression seraient trop élevés, et on s'est alors dit : pourquoi ne pas prendre une décision radicale et complètement changer de langue ? » Depuis sa création, en 2014, le titre était publié en langue russe, comme de nombreux médias de presse écrite en Ukraine. « D'abord, j'ai demandé à la rédaction : "est-ce que vous pouvez écrire en ukrainien ? Soyez honnêtes, et pas seulement pour des raisons de patriotisme de façade." La plupart des journalistes ont répondu oui, beaucoup parlent ukrainien à la maison, même s'ils écrivaient en russe au journal. Certains ont dit que ça serait difficile, mais qu'ils y arriveraient. » 80 % des abonnés et lecteurs réguliers ont soutenu la décision d'imprimer le journal en langue ukrainienne. Et pour cause : en trois décennies, le nombre de personnes parlant ukrainien n'a cessé d'augmenter. « 50 % des Ukrainiens parlent ukrainien à la maison, un quart parle à la fois ukrainien et russe et un quart parle uniquement russe. On note une augmentation de 15 % sur 30 ans du nombre de personnes s'exprimant uniquement en ukrainien à la maison. » « Il faut une ukrainisation douce pour assurer la construction de notre État » Âgé de 46 ans, Vitalii Sych a quant à lui grandi à la période soviétique, à Vinnitsya, une ville de l'ouest ukrainophone, où pourtant à l'époque le russe était prédominant. « Quand j'étais jeune, il y avait 35 écoles secondaires dans ma ville, et seulement deux d'entre elles enseignaient en ukrainien. 1992 a été la dernière année lors de laquelle on pouvait choisir entre le russe et l'ukrainien pour l'examen d'entrée à l'université. L'année d'après, il n'y avait pas le choix, c'était seulement en ukrainien. C'est pour ça que je suis un représentant de l'ancienne génération, qui a été éduquée principalement en russe. » 30 ans après la fin de l'URSS, l'éducation dans un pays indépendant a produit une nouvelle génération qui parle naturellement ukrainien. Cependant, de plus en plus de russophones font désormais un choix conscient et civique de privilégier l'usage de la langue nationale. « Depuis 2014, un facteur politique est apparu, en raison de l'agression russe. Il y a eu une russification pendant l'Union soviétique, maintenant je crois qu'il faut une ukrainisation douce pour assurer la construction de notre État sur le long terme. Mais il faut admettre qu'il y a beaucoup qui ont plus de 30 ou 40 ans qui parlent russe pour des raisons historiques, et il y a beaucoup de patriotes parmi eux ! Je crois qu'il y avait plus de russophones que d'ukrainophones sur la ligne de front. » Selon un sondage récent, 70 % des Ukrainiens se disent fiers de leur pays et de leur culture, c'est deux fois plus qu'en 2004. Et ils sont près de 80 % à affirmer que l'ukrainien est leur langue natale, même quand, au quotidien, ils parlent souvent russe.

    Israël: les festivités de Noël font grise mine face au manque de tourisme

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2021 2:36

    Noël sans pèlerins venus de l'étranger à Nazareth, en Galilée. La ville de l'Annonciation fait face à un taux de chômage élevé : près de 45 %. Et les chrétiens de la ville sont de plus en plus nombreux à la quitter face aux problèmes économiques et la flambée de violence qui sévit dans les localités arabes en Israël. L'allumage du sapin de Noël en plein cœur de la Galilée. Nazareth est la plus grande ville arabe en Israël, avec près de cent mille habitants. Dans la ville de l'Annonciation, la majorité, 65 %, est désormais musulmane. Tout comme le maire de Nazareth, Ali Salam, un des rares politiciens arabes du pays à avoir pris fait et cause pour l'ancien Premier ministre Benyamin Netanyahu. « Cela fait deux mois que nous préparons les festivités de Noël. Il est regrettable que tout le pays soit fermé. Il y a seulement du tourisme intérieur. Nous ne recevons pas un shekel du gouvernement. Notre situation est très difficile, nous n'avions jamais vu ça. On ne sait pas comment on peut continuer. » La ville dépend à 70 % du tourisme, et cette année encore, pour la seconde fois consécutive, les recettes restent au plancher. La quasi-totalité des visiteurs sont des juifs israéliens qui viennent le week-end, sans passer la nuit dans la ville. Hayim Salami dirige l'hôtel Olivié, un établissement flambant neuf. Taux d'occupation pour ce mois de décembre : à peine 40 %. « On ne peut pas parler de tourisme. D'habitude en cette période et même pendant toute l'année, des milliers de touristes de l'étranger passent la nuit ici, à Nazareth. Et pendant la journée, des dizaines, même des centaines de milliers de visiteurs de l'étranger viennent ici. C'est la situation. C'est comme ça pour toute l'industrie du tourisme en Israël et apparemment dans le monde entier. » Le secteur du tourisme au ralenti La communauté chrétienne de la ville en est réduite à faire appel aux donateurs pour financer les évènements liés à la fête de Noël. Nabil Totry est le président de l'association de la parade de Noël : « Malheureusement, tous les 18 mois, on a un nouveau ministre du Tourisme. Et rien ne se passe. La municipalité demande de l'aide, mais ses appels ne sont pas entendus. Je ne veux pas dire que c'est voulu, mais c'est ce qui se passe dans la réalité ». Les responsables de la ville font tout en cette période pour minimiser le phénomène de violence qui sévit au sein de la société arabe en Israël. C'est très marginal, affirme le père Semaan Bajjali, de la basilique grecque orthodoxe de l'Annonciation : « Nous espérons que cette année nous amène plus de joie, plus de paix pour tous. Nous prions tout le temps pour cela. Parfois, il y a des problèmes, mais c'est lié à des questions politiques. Pas aux relations entre musulmans, chrétiens ou juifs ». Des problèmes qui, dans un passé pas très lointain, avaient provoqué de graves frictions entre chrétiens et musulmans, notamment autour de l'imposante basilique de l'Annonciation.

    Génération post-soviétique: la Crimée, symbole des conséquences de la chute de l'URSS

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2021 2:31

    Trente ans après de la chute de l'URSS, un conflit majeur perdure entre les deux ex-Républiques socialistes soviétiques que sont l'Ukraine et la Russie. En Crimée annexée par Moscou, en 30 ans, on a eu 3 passeports : soviétique, ukrainien et désormais russe. Les armes grondent tout près, dans le Donbass, les tensions géopolitiques restent élevées et celles dans la vie quotidienne aussi. Youri Yougansson est né à Sébastopol en Union soviétique, Russe par son père et Ukrainien par sa mère. Il a aujourd'hui des enfants dans les deux pays. Ce marin devenu photographe pose un regard singulier sur ces 30 dernières années. Yeux pétillants et moustache blanche, Youri Yougansson accueille dans l'appartement familial sur les hauteurs de Sébastopol. Au mur, un tapis à motif rouge et beige, héritage de sa mère décédée. Sur la table du salon, du vin blanc de Crimée, du thé servi dans des tasses et une théière blanche à motifs bleus éclatants. « C'est une artiste de l'usine de porcelaine Lomonossov à Leningrad qui a créé ce motif très célèbre. Elle a vécu le siège de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale, quand on mettait du scotch en croix sur les fenêtres pour éviter qu'elles ne se brisent sous les bombardements. Vous voyez ces motifs en forme de croix sur la théière ? Eh bien, ça vient de son souvenir de son époque. » Né en 1956, Youri juge ne pas avoir hérité de cette période simplement de la solide porcelaine soviétique : « Les valeurs et les principes soviétiques dans lesquels j'ai grandi restent ceux qui me guident encore aujourd'hui. C'est surtout un patriotisme dans le bon sens du terme, c'est-à-dire que ce n'est pas un patriotisme exacerbé, qui me donnerait envie de prendre une mitraillette et de partir à l'attaque, mais plutôt, par exemple, de ne pas cracher à côté de la poubelle, de ne pas jeter les ordures dans les rues. Ma mère est Ukrainienne d'Odessa et mon père est Russe de Leningrad. Chez nous, en principe, on ne parlait pas de nationalités. Même à l'école, nous ne parlions pas de ça non plus ». « La période de transition m'a laissé un mauvais souvenir » Assise en face de lui sur un fauteuil en velours marron, sa belle-fille Elena Bogdanova lève les yeux au ciel. Née en 1976, la chute de l'URSS et son passeport devenu ukrainien ont marqué pour elle une rupture : « Pour moi, Sébastopol a toujours été sous l'autorité de Moscou, et dans mon souvenir, c'est à peine s'il y avait une école par ville où on apprenait en ukrainien. En tout cas, cette langue, je ne l'avais jamais pratiquée. En 1991, je pensais à entrer en faculté de physique et de mathématiques, et là on nous a dit que nous passerions les examens en ukrainien. C'était une grosse erreur de la part des nouvelles autorités. Cette période de transition entre les deux États m'a laissé un mauvais souvenir. Ça nous a mis dans de très mauvaises dispositions pour longtemps, et en ce qui me concerne personnellement, définitivement ». Dans le salon chaleureux plane une ombre, celle de la famille de Youri : « J'ai trois filles du premier mariage de ma femme. Deux filles sont restées ici, et la troisième est mariée à un officier de la marine ukrainienne, et elle vit aujourd'hui là-bas. Personnellement, je pourrais vivre dans n'importe quel pays ». Propos rarissimes dans une région où plus personne ne rappelle tout haut que Russes et Ukrainiens partageaient le même bal des officiers de marine. Depuis 2014, seul le drapeau russe flotte au-dessus de la base navale.

    Génération post-soviétique: comment l'URSS disparaît peu à peu des consciences

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2021 2:39

    À Tbilissi, l'histoire de Dato Chaguelichvili, un Géorgien né en 1990, montre comment 30 ans après sa chute, l'URSS disparaît peu à peu des consciences.   ► Dossier : Chute de l'URSS, 30 ans après

    Génération post-soviétique: contrer l'influence russe persistante dans les pays du Caucase

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2021 2:27

    Suite de notre série sur la chute de l'URSS. Il y a trente ans, l'Union soviétique vit ses dernières heures. À tour de rôle, les Républiques socialistes soviétiques déclarent leur indépendance. Parmi elles, l'Azerbaïdjan le 30 août 1991. À Istanbul, notre correspondante Anne Andlauer a rencontré Elvin, un jeune Azerbaïdjanais aux opinions bien arrêtées sur l'URSS, sa dissolution et les relations à entretenir avec la Russie d'aujourd'hui.   ► À lire aussi : 1917-1991, histoire de l'Union soviétique en 15 dates

    Chute de l'URSS: en Russie, l'enseignement de l'Histoire est encore loin d'être objectif

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2021 2:30

    Notre série sur les trente ans de la chute de l'Union soviétique. Une page de l'histoire récente qui est devenue un enjeu politique très sensible, son enseignement, tout particulièrement de la période stalinienne. De notre correspondante à Moscou, Un mercredi après-midi à Moscou, une classe en visite au musée du goulag de la ville : « La première chose que vous voyez ici à l'entrée, c'est ce que l'on voit aussi en premier quand on a affaire au système totalitaire : des portes. Voilà les portes des ministères, des bureaux, des portes de prison et des camps de travail. » Konstantin Andreev, le responsable du centre de formation du musée, désigne aux adolescents des portes épaisses, le plus souvent en métal avec des serrures et des chaînes. La classe est silencieuse, ce n'est pas toujours le cas : « Un jour, un jeune homme est venu avec sa classe en costume, cravate et pin's Komsomol sur la poitrine, c'est-à-dire un pin's de l'Union des jeunesses léninistes communistes. Je fais la visite guidée, je parle de Staline, des camps, et lui montre son désaccord. Je le vois très bien, et je passe énormément d'énergie à expliquer. Après la visite, il est venu me demander : "Pourquoi détestez-vous autant le régime soviétique ? Pourquoi vous en parlez comme ça ?" J'ai regardé son pin's et je lui ai dit : "Vous savez, c'est pour que vous ayez la liberté de porter ce pin's ou de ne pas le porter". » Des manuels scolaires pour « créer du patriotisme » À peine 20 à 30% des élèves de terminale en visite dans ce musée savent ce qu'étaient le goulag et le culte de la personnalité, dit Konstantin Andreev. La responsabilité serait à trouver notamment dans l'histoire telle qu'elle est enseignée, et notamment depuis la mise en place de nouveaux manuels en 2012, selon la professeure d'histoire Elena Dordjieva. « Sur le pacte Molotov-Ribbentrop par exemple, il est écrit qu'il "a permis d'éviter la guerre entre l'Union soviétique et l'Allemagne", explique-t-elle. Mais rien n'est dit sur les conséquences de ce pacte sur les peuples baltes, sur leur déportation. Et puis il y a aussi un problème avec l'objectif affiché des auteurs de ce manuel : créer du patriotisme. Mais la tendance en ce moment, c'est le faux patriotisme. Le patriotisme, c'est l'amour de la patrie, pas l'amour du gouvernement. Pour aimer sa patrie, il faut étudier son histoire de manière objective. Et pour cela, il faut parler ouvertement des pages sombres de l'histoire. » Au printemps dernier, les sanctions pour la « diffusion d'informations notoirement fausses sur les agissements de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale » s'élevaient jusqu'à trois ans d'emprisonnement.

    Chute de l'URSS: le 11 mars 1990, la Lituanie déclare son indépendance

    Play Episode Listen Later Dec 19, 2021 2:27

    En décembre 1991, la Lituanie est déjà sortie de facto de l'URSS. Le 11 mars 1990, le Soviet suprême dominé par Sajudis a déclaré l'indépendance à l'unanimité. Margarita Seselgyte est alors une adolescente qui ne rêve que de vivre dans son propre pays, libre et indépendant. Trente ans plus tard, elle dirige l'Institut de relations internationales de l'université de Vilnius et a fait des questions de sécurité et de défense sa spécialité.   De notre correspondante à Vilnius, Entre les conférences à l'étranger, les réunions pédagogiques, Margarita Seselgyte, la jeune directrice, assure aussi quelques cours. Pour les troisièmes années, ce sera un exercice de simulation pour apprendre à négocier autour d'une question d'importance mondiale : les conséquences du réchauffement climatique. Il y a presque trente ans, c'est elle qui était à la même place. Et depuis, elle n'a plus quitté l'institut : « C'était un endroit totalement différent où un vent nouveau soufflait. C'était le vent de liberté, de la sincérité. La hiérarchie n'existait plus. C'était l'exact opposé de ce que nous connaissions. »  Sur le chemin de la Lituanie pour l'indépendance, une date reste inscrite dans sa mémoire : l'attaque par les Soviétiques le 13 janvier 1991. « Je regardais la télévision, et d'un coup l'image a disparu, se souvient-elle. J'ai compris que quelque chose de tragique venait de se passer. J'étais toute seule à la maison et j'étais assez affolée. Mes parents étaient partis défendre le parlement avec mes grands-parents. Cela m'a profondément marqué de comprendre que la liberté pouvait si facilement être bâillonnée, si on le veut. »  ► À lire sur RFI Savoirs : La Russie et le monde depuis 1991 2004 a été une année charnière pour la Lituanie. Le pays adhère à l'Union européenne et à l'Otan. La jeune politologue rédige alors les rapports soumis à la Commission européenne pour évaluer les progrès du pays : « Nous et tout le monde dans la fonction publique, nous étions animés par une très grande responsabilité pour que la Lituanie réussisse cette adhésion. Et si on regarde l'histoire de la Lituanie dans son entier, il me semble que c'est l'une des meilleures choses qui lui soit arrivée. »  Ces deux institutions sont jusqu'à maintenant la meilleure assurance-vie dont bénéficie le pays. Et que la Lituanie défende aujourd'hui la démocratie dans le monde ne surprend pas la jeune femme : « L'Islande a reconnu l'indépendance de la Lituanie. Cela a été très important que quelqu'un nous dise : "On croit en vous, on vous reconnaît." Le fait que ce soit un petit pays qui l'ait fait, le premier et de manière audacieuse, a marqué l'identité de la Lituanie. Ce n'est pas un hasard si nous nous engageons pour le partenariat oriental ou Taïwan. Un petit pays peut le faire et être audacieux. »  La mémoire de ce passé soviétique ne doit pas disparaître. L'Institut des relations internationales a créé un centre qui collecte et analyse les témoignages liés au passé communiste de la Lituanie. 

    Grèce: à Lesbos, après Moria, un camp de plus en plus fermé

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2021 2:40

    Sur l'île grecque de Lesbos, le camp de Moria, devenu un symbole des flux migratoires à destination de l'Europe, a été détruit par un incendie en septembre 2020. Depuis, une structure temporaire, dite « centre d'accueil et d'identification », a vu le jour sur le site de Mavrovovouni. Un espace surveillé à l'accès contrôlé, enclavé entre la route et la mer, qui limite beaucoup la liberté de mouvements des quelques 2 200 demandeurs d'asile qui s'y trouvent actuellement. À l'avenir, en théorie d'ici la fin 2022, les autorités grecques envisagent la création d'un nouveau camp, financé par l'Europe et similaire à ceux de Samos, Kos et Leros, et dont l'apparence évoque celle d'une prison. Joël Bronner s'est rendu dans ce camp de réfugiés. De notre envoyé spécial à Lesbos, « On sent que nous sommes enfermés quelque part. Enfermés comme si on n'a pas droit à la vie. » Comme ce Congolais de 31 ans, de nombreux demandeurs d'asile se sentent comme emprisonnés dans le camp de Lesbos, qui a remplacé celui de Moria fin 2020. Kamille Mobaki, lui aussi Congolais, est sur l'île depuis deux ans : « Ici, c'est une sorte de prison. On ne peut sortir qu'une fois par semaine. Et le temps passé dehors est limité. Au moins, en prison, vous connaissez la durée de votre peine, vous savez si c'est deux, quatre ou six ans… Maintenant ça fait deux ans que je suis ici et peut-être que j'y serai pendant cinq ans, je n'en sais rien. Nous ne savons rien et nous perdons espoir. » Assise près de trois policiers en faction, un bébé sur les genoux, c'est à demi-mot que la Camerounaise Vicky Chalene donne son point de vue sur Mavrovouni : « Pour le moment, on ne peut rien dire, parce que on n'a même pas encore les papiers et tout et tout, donc si on commence à parler, là… Les conditions de vie ne sont pas faciles. Eux, ils font de leur mieux… Vous-mêmes, vous voyez : à côté de la mer, le froid, le vent et tout et tout, avec des enfants… Voilà, elle a déjà [passé] 2 ans ici. Donc les enfants qui ont besoin d'aller à l'école, ils ont besoin, ils n'ont pas demandé à naître. » « Le gouvernement nous traite comme des animaux » Francis Mutemba, du Congo, évoque, lui, entre autres choses, la saleté du camp et la présence de souris qui laissent régulièrement, dit-il, des crottes sur son couchage : « Le camp est près de la mer, vous ne pouvez pas y passer votre vie, il fait extrêmement froid ici. Même en été par moments, il fait froid. Cet endroit était un ancien terrain de l'armée, ce n'est pas un endroit pour vivre. En plus, le sol est contaminé par le plomb. Je ne comprends pas le gouvernement grec, ils nous traitent comme des animaux. C'est injuste, le système est injuste. » Alors que la pluie tombe à grosse gouttes sur Mythilène, la capitale de Lesbos, Liza Papadimitriou, qui représente MSF, souligne que les migrants sont de plus en plus traités comme des criminels : « Nous sommes poussés à modifier nos opérations et à nous rapprocher du camp parce que les gens ne peuvent pas en sortir. Ils sont soumis à des restrictions de mouvement discriminatoires sous le prétexte du Covid, alors que pour le reste de la population, ces mesures ne sont plus en vigueur. Et, bien entendu, cela a un impact sur leur accès à nos soins. » Toutes les personnes croisées ce jour-là à Mavrovouni avaient déjà eu au moins un ou deux rejets de leur demande d'asile. Parfois plus. Mais en l'absence de solutions, ils restent enfermés en Grèce, à Lesbos, dans le camp qui a succédé à Moria. Enfermés dans ce rejet.

    Mexique: la frontière américaine toujours fermée pour les demandeurs d'asile

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2021 2:38

    Depuis le 7 novembre, les États-Unis ont rouvert leurs frontières terrestres et aériennes aux touristes et aux visiteurs vaccinés. Pourtant, les demandeurs d'asile ne sont pas concernés. Le passage de la frontière est toujours interdit aux migrants, qu'ils soient vaccinés ou non, en raison d'une mesure sanitaire. Ces derniers sont alors automatiquement refoulés. Cette situation paradoxale abat les demandeurs d'asile à Tijuana, qui craignent pour leur sécurité et provoque la colère des organisations civiles. La Casa del Migrante, un refuge sur les hauteurs de Tijuana, héberge une centaine de migrants, essentiellement des familles mexicaines qui espèrent aller aux États-Unis. C'est le cas de Marcos, Rosa et leurs deux enfants. Ils ont fui leur foyer au Michoacan du jour au lendemain sous la menace d'un groupe criminel. Ils ont pris la route vers le nord et sont passés sur le sol américain pour demander l'asile. « Quand on est arrivé à San Diego, ils nous ont arrêtés. Avec ma femme et mes enfants, on a cru qu'ils allaient nous aider. On est resté un jour. Le jour suivant, ils nous ont expulsé à Tijuana. Entre eux, ils parlaient seulement en anglais. À aucun moment, ils ne nous ont expliqué pourquoi ils ne pouvaient pas nous aider. Ils ne nous ont pas non plus laissé la chance de présenter les documents qu'on avait. » « Ils nous ont donné une feuille de papier qui dit qu'on a été expulsés par le titre 42. » Malgré la réouverture de la frontière aux touristes, cette mesure sanitaire instaurée par Donald Trump est toujours en vigueur. « C'est de la discrimination ! Le titre 42 ne fait rien d'autre que discriminer, comme si ceux qui demandent l'asile sont contagieux alors que ceux qui vont dépenser de l'argent, ceux-là non... » À Tijuana, les migrants patientent à la frontière Impossible pour la famille de faire marche arrière. Depuis trois mois, elle est coincée à la frontière. Face à cette situation, Jessica Tapia, directrice de l'Organisation internationale pour les migrations à Tijuana, ne peut que constater à quel point la ville est sous pression : « Ce qu'ils veulent, surtout les familles qui arrivent, c'est traverser de manière sûre. Et avoir une option de le faire de manière légale. Donc ils restent de plus en plus longtemps à Tijuana et c'est un défi pour les structures d'accueil et les services sont saturés ». Les moyens manquent et ceux qui viennent en aide aux migrants sur le terrain se sentent impuissants, comme le Père Patricio Murphy qui dirige le refuge : « Tous les jours arrivent des gens qui cherchent un refuge ou à faire une demande d'asile et nous on doit leur annoncer que l'asile n'existe pas en ce moment. Et on ne sait pas quand il va ouvrir ». Tous dépendent d'une ouverture de la politique américaine : « On a déjà fait des manifestations, des protestations, on a écrit des lettres ouvertes à Biden pour qu'il prenne une décision, car les gens ont besoin de décision ». La famille de Rosa n'a pas d'autre choix que d'attendre pour le moment. En danger au Mexique, elle espère encore pouvoir construire une nouvelle vie sûre aux États-Unis : « On veut y retourner pour demander l'asile, quand ce sera à nouveau permis, pour qu'ils nous laissent au moins la chance de nous écouter. Nous avons laissé toute notre vie construite là-bas pour venir ici et demander l'asile. On ne vient pas par envie, mais par nécessité ».

    Royaume-Uni: des avancées dans la lutte contre le harcèlement sexuel en politique grâce à #MeToo

    Play Episode Listen Later Dec 16, 2021 2:36

    Au Royaume-Uni, pas de #MeToo politique en tant que tel, mais le phénomène mondial de libération de la parole autour des violences sexuelles et sexistes a aussi changé la donne au sein du Parlement de Westminster et du gouvernement. Ces dernières années, plusieurs ministres et députés ont été accusés de harcèlement sexuel et de nouveaux mécanismes ont été mis en place pour porter plainte. Mais les mentalités mettent cependant du temps à changer.

    Chili: des électeurs inquiets ou indécis face à la polarisation de la présidentielle

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2021 2:30

    Au Chili, ce dimanche a lieu l'élection présidentielle la plus importante depuis la fin de la dictature du général Pinochet, en 1990. Car le scrutin intervient deux ans après le soulèvement lancé en octobre 2019 contre les inégalités sociales. Mais aussi en pleine rédaction d'une nouvelle Constitution, qui pourrait remplacer le texte hérité de la dictature. Or, jamais une présidentielle n'avait été si polarisée depuis le retour à la démocratie. Le candidat d'extrême droite José Antonio Kast, défenseur historique de la dictature, est opposé à l'ancien leader étudiant de gauche Gabriel Boric. Un scrutin qui génère une certaine inquiétude parmi les électeurs. Dans les rues piétonnes du centre-ville de la capitale, les passants font leurs achats de Noël. Et des sympathisants du candidat de gauche Gabriel Boric, 35 ans, distribuent des tracts. Carolina Santana, 41 ans, travaille dans un hôpital public et a prévu de voter pour lui. Elle soutient la plupart des réformes qu'il propose dans la santé, l'éducation et les retraites. Mais pas seulement : « Ce qui me convainc chez lui, c'est qu'il soutient l'Assemblée constituante que nous avons, car c'est quelque chose pour lequel nous nous sommes mobilisés depuis 2019. » Elle a été très surprise que le candidat d'extrême droite José Antonio Kast, un défenseur historique de la dictature, arrive en tête du premier tour : « Je n'arrivais pas à y croire... Mais dans ce pays, certaines plaies ne sont pas refermées, en particulier concernant les droits de l'homme. Je dois admettre que j'ai peur de ce qu'il pourrait se passer dimanche. » Une présidentielle encore très indécise L'élection s'annonce en effet très serrée entre les deux candidats. Mario Vargas, 61 ans, propriétaire de plusieurs commerces, votera lui sans hésitation pour José Antonio Kast. Et même si le Chili est le pays le plus sûr d'Amérique latine, il est préoccupé par les sujets de la sécurité et de l'immigration : « Il va nous débarrasser de la délinquance, du trafic de drogue. Les gens qui sont venus de l'étranger détruisent notre pays. On a besoin d'un président qui prenne les choses en main, avec autorité, pas d'un président qui nous mène vers le Venezuela, le Nicaragua ou Cuba. » Cette élection, c'est la liberté ou le communisme, assure ainsi José Antonio Kast, car son concurrent de gauche est allié au Parti communiste. Pourtant, Gabriel Boric a un programme plutôt social-démocrate, et José Antonio Kast défend plusieurs mesures autoritaires. À cause de la forte polarisation de la campagne, certains électeurs sont indécis, ou voteront soit blanc soit nul, comme Carmen Gloria Rosselot, une retraitée du nord du pays : « Je voterai mais je vais annuler mon vote, car je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis du centre. » Elle n'est convaincue par aucun des deux candidats. Et malgré la présence de l'extrême droite au second tour de la présidentielle, près de la moitié des électeurs chiliens pourraient encore une fois bouder les bureaux de vote ce dimanche.

    Suède: l'Église formule des excuses officielles à la communauté Sami

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2021 2:36

    Fin novembre, l'Église de Suède, dans une cérémonie à la cathédrale d'Uppsala, a pour la première fois formulé des excuses officielles à la communauté samie. Le gouvernement, de son côté, va mettre en place une « commission de la vérité » pour revenir sur les discriminations subies par les Samis, éleveurs de rennes et dernier peuple autochtone d'Europe. Au début du XXe siècle, les enfants samis étaient scolarisés de force dans des écoles nomades, les théoriciens de la race mesuraient leur crâne, des tombes ont été pillées... Le traumatisme est tel que beaucoup de Samis ont caché leurs origines à leurs enfants et petits-enfants, qui les redécouvrent aujourd'hui.

    Venezuela: avec la crise, la santé mentale des habitants se détériore

    Play Episode Listen Later Dec 13, 2021 2:33

    Le pays est en crise depuis plusieurs années maintenant. Hyperinflation, pénuries, services basiques déficients... La vie au quotidien est toujours plus difficile. Mais qu'en est-il du moral des habitants ? Comment vit-on lorsque l'on manque de tout alors que l'on a vécu dans la prospérité ? Le pays a été le plus riche du continent et aujourd'hui, ils seraient 94% à vivre sous le seuil de pauvreté. Comment vont les Vénézuéliens ? Ils sont une quinzaine réunis un dimanche pour former un cercle de parole destiné aux journalistes. Un métier difficile au Venezuela. « Nous les journalistes, peu importe ce que l'on fait, on est en danger, explique Yira Yoyotte. Publier un tweet par exemple. Aller couvrir une manifestation peut avoir de graves conséquences, comme une détention arbitraire ». Et aux problèmes liés à la liberté d'expression s'ajoutent les difficultés du quotidien : « Au Venezuela aujourd'hui, nous les journalistes nous devons cumuler 3 ou 4 emplois. Pour vivre "à moitié" comme on dit et quand je dis "vivre à moitié", je parle de couvrir nos besoins de base, et je ne parle pas de vêtements ou de chaussures mais de nous alimenter et d'avoir du matériel de travail à jour ». Un mal-être généralisé chez les étudiants La psychologue qui dirige cet atelier de soutien émotionnel, Yorelis Acosta, étudie le mal-être de ses concitoyens depuis plusieurs années : « Ce que je dis à mes patients, c'est que la santé mentale, c'est la tranquillité. Qui peut dire aujourd'hui au Venezuela qu'il est tranquille ? Quand tu te réveilles, tu es tranquille ou au contraire tu te dis : "Qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui ? Est-ce qu'il y aura des transports publics ? Qu'est-ce que je vais pouvoir acheter pour manger ?" Et quelque chose qui m'a marqué dernièrement, ce sont les plus jeunes. Le suicide, les idées suicidaires et la dépression sont très présents chez les jeunes générations. C'est très net en consultation ». « Les jeunes ne voient plus l'université comme une opportunité pour devenir "quelqu'un" » Il faut désormais se rendre à Mérida, car c'est là-bas que le taux de suicide est le plus élevé au Venezuela. Une ville qui a été un pôle universitaire très important. Chez un chercheur de l'Observatoire vénézuélien de la violence, qui préfère ne pas donner son nom, on évoque une hypothèse qui expliquerait pourquoi les mérideños vont mal.  « En géographie, là où moi je donne des cours, j'avais en moyenne 50 à 60 étudiants chaque année, confie-t-il. Et puis quelques années déjà avant la pandémie, peu à peu, je n'ai plus eu que 14 étudiants, puis 9, puis 7, et aujourd'hui en temps de pandémie, je n'ai plus qu'un seul élève. Et c'est un mécanisme que l'on retrouve partout. Les jeunes ne voient plus l'université comme une opportunité pour devenir "quelqu'un" comme on disait avant. » Aujourd'hui, les campus sont déserts, complètement abandonnés par les étudiants et les professeurs. Entre 5 et 6 millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015. En plus donc des difficultés à vivre dans le pays, ils sont très nombreux à porter en eux l'absence d'un parent ou d'un ami.

    États-Unis: les magasins face aux problèmes d'approvisionnement

    Play Episode Listen Later Dec 12, 2021 2:34

    La situation reste compliquée dans les ports du pays, toujours engorgés. Les retards de livraisons s'accumulent, la chaîne d'approvisionnement reste perturbée. Et en bout de chaîne, les petits magasins et les consommateurs tentent de s'organiser au mieux pour les fêtes de fin d'année. Loubna Anaki est allée fin novembre à la rencontre des acheteurs de cadeaux impatients. De notre correspondante à New York, Dans le célèbre magasin Macy's, ils sont nombreux à avoir déjà commencé leurs achats pour les fêtes : « Si vous voulez tout avoir à temps, il faut commencer bien avant. Au moins deux semaines à l'avance. » « On reçoit tout en retard aujourd'hui et il y a des produits qui sont bloqués dans les transports ! » Des produits bloqués en route, Christie en sait quelque chose. Elle a commandé des couteaux de cuisine pour un cadeau d'anniversaire et elle attend toujours : « J'ai passé commande mi-octobre pour l'avoir fin octobre. Et c'est sur un cargo quelque part. Le magasin m'appelle toutes les semaines pour me dire "Ça va arriver !". On est maintenant fin novembre et ça n'arrivera probablement pas avant Noël. » Christie dit avoir prévenu son ami qu'il faudra être patient : « Je peux pas juste appeler et annuler en disant que je vais aller chercher les couteaux ailleurs. Ils ne sont nulle part. » Car ces retards ne touchent pas que les particuliers. Les magasins en souffrent aussi. Ils sont dus aux blocages dans les ports. Il n'y a pas assez de routiers et d'employés pour tout acheminer. Et malgré les efforts du gouvernement, cela va prendre du temps pour que la chaîne d'approvisionnement revienne à la normale.  « C'est l'un des effets du Covid-19 » « Trois à cinq fois par semaine, je reçois un mail de mes fournisseurs me disant : "On a des problèmes d'approvisionnement, merci d'être patient le temps qu'on règle le problème", confie Charles Branstool, qui tient une boutique dans l'East Village. Je n'ai jamais vu ça : même mes fournisseurs ne savent pas quand ils auront les produits. » Charles dit avoir dû remplacer certaines de ses marques phares par d'autres pour éviter d'avoir des rayons vides. À Harlem, Grandma Dawn, elle, avait pris les devants pour que son magasin de jouets soit prêt pour les fêtes. Elle a commencé à passer ses commandes dès le mois de juin : « Tout ce qu'on a l'habitude de commander, on l'a commandé en double en nous disant que ça nous tiendrait jusqu'en décembre. J'ai tout stocké chez moi, dans ma cave, dans plusieurs pièces de ma maison. On a tout ce qu'il nous faut pour les ventes en ligne et pour le magasin. » Après deux saisons perturbées par la crise sanitaire, les magasins espèrent que ces problèmes d'approvisionnement ne vont pas trop perturber leurs objectifs de chiffre d'affaires. Surtout après deux saisons affectées par la crise sanitaire.  D'autant plus que certains estiment que les ruptures de stocks les plus importantes sont encore à venir. Un seul conseil, selon Charles Branstool : « S'il y a une chose que vous voulez absolument acheter, alors allez-y dès que possible et acheter avant qu'elle ne soit plus là. »

    Mexique: retour à la normale pour les frontaliers

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2021 2:29

    Après 20 mois de fermeture, la zone frontalière revit à nouveau. Depuis le 8 novembre, la frontière terrestre et aérienne des États-Unis est à nouveau ouverte pour les visiteurs vaccinés et sur présentation d'un test Covid négatif. À Tijuana, le plus grand point de passage entre les deux pays, l'activité a repris comme avant. La réouverture de la frontière réactive l'économie et les liens familiaux. 

    Maroc-Israël: un an après la normalisation, les espoirs des juifs israéliens d'origine marocaine

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2021 2:30

    Il y a un an exactement, c'est via un simple tweet que l'ancien président américain Donald Trump annonce la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. Quelques jours plus tard, le royaume chérifien et l'État hébreu actent officiellement leur réconciliation dans le cadre des accords d'Abraham, ces accords de paix entre Israël et certains pays arabes, sous l'égide de Washington. Un an plus tard, ce rapprochement fait toujours la joie des Israéliens juifs originaires du Maroc. Reportage près de Tel-Aviv, de Sami Boukhelifa. En ce début décembre, l'association des juifs de Marrakech en Israël célèbre son quarantième anniversaire et la fête de Hanoukka. Un double événement qui réjouit le président de cette association, David Ouaknin Kenan : « Hanoukka est une fête extraordinaire pour le peuple juif. C'est la fête de la lumière, c'est la fête du miracle. »  Âgé de 83 ans, David Ouaknin Kenan a fait son Aliyah, son immigration vers Israël, en 1955. Depuis, il œuvre sans relâche à rapprocher le Maroc et l'État hébreu, ses deux pays : « Depuis un an, c'est un amour qui s'est dévoilé des deux côtés. En tout point de vue. Dans les secteurs économique, culturel, touristique, dans les échanges, dans l'amitié. Ce qui se passe actuellement est très important. Actuellement, il y a des milliers d'Israéliens qui sont au Maroc. » Cet accueil est réservé à Abderrahim Bayoud, chef du bureau de liaison du Maroc en Israël. Il est l'invité d'honneur de la soirée. Très discret, il refuse poliment de s'exprimer. Ce diplomate n'a pas le statut d'ambassadeur. Le président de l'Association des juifs de Marrakech, David Ouaknin Kenan, attend avec impatience l'ouverture d'une ambassade du Maroc, en Israël : « Actuellement au Maroc, notre représentant israélien a déjà le titre d'ambassadeur. Inch'allah, ça va venir ici aussi. Nous faisons ce qu'il faut afin de changer le statut du représentant du Maroc. » Mohamed VI veut favoriser la solution à deux États Le roi Mohamed VI dit vouloir favoriser les négociations entre Israéliens et Palestiniens, dans le cadre de la solution à deux États. Mais Yaakov Peretz, ancien militaire, membre de l'association des juifs de Marrakech ne partage pas tout à fait cette vision : « Notre roi du Maroc essaye de faire la paix, entre nous et les pays arabes. Mais de mon point de vue personnel, être Palestinien, c'est une identité, pas un pays. Aujourd'hui, je vous le dis sincèrement, en tant que colonel de l'armée israélienne, en tant que Marocain, en tant qu'Israélien, je ne vois pas comment on peut avoir deux pays, dans ce petit pays qui s'appelle Israël. » Selon Yaakov Peretz, si la paix est possible entre Israël et le Maroc, elle l'est également avec les Palestiniens. Mais il plaide pour leur intégration au sein d'un seul et unique État juif.

    Reportage international - La success-story des crypto-monnaies en Ukraine

    Play Episode Listen Later Dec 9, 2021 2:35

    L'Ukraine, n'est pas à un paradoxe près : le pays fait partie des économies les plus pauvres du continent. Mais dernièrement, Kiev connait un boom sans précédent du secteur IT et, plus particulièrement, des crypto-monnaies. Les Bitcoins et crypto-dollars sont largement utilisés par la nouvelle classe influente des jeunes ingénieurs en informatique et des dirigeants de start-up. C'est également de plus en plus le cas dans des couches plus larges de la société à tel point que le New York Times a récemment appelé Kiev, la « crypto-capitale du monde ». Sur fond de pandémie de Covid-19, l'Ukraine connait un profond mouvement de digitalisation de son économie, jusque dans les usages quotidiens. Reportage de notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan.

    Reportage international - Territoires palestiniens: début des élections municipales en Cisjordanie

    Play Episode Listen Later Dec 8, 2021 2:17

    Tous les 4 ans, ce sont les seules élections où les Palestiniens sont appelés aux urnes. La première étape du vote pour les élections municipales en Cisjordanie occupée commence ce samedi 11 décembre. 154 petites villes et villages sont concernés, leurs habitants éliront leurs conseillers. La seconde partie du vote, dans les plus grandes villes (66), aura lieu le 26 mars. C'est donc une élection avec peu d'enjeu et peu de compétition électorale, car le Hamas ne participe pas au scrutin dans ce territoire dirigé par l'Autorité palestinienne. Mais pour les Palestiniens, il s'agit surtout d'une action peu commune : le fait de s'exprimer politiquement, lors d'élections. De notre correspondante à Ramallah,  C'est uniquement dans les petits villages palestiniens que l'on peut sentir une ferveur électorale. Des discussions entre familles, des questions sur le vote des uns et des autres. Ailleurs, le vote de samedi passe inaperçu, explique Fareed Taamallah, porte-parole du comité central des élections. « Comme le Hamas boycotte les élections municipales en Cisjordanie, leur absence rend la compétition électorale très faible. Si le Hamas participait, évidemment, les Israéliens aurait aussi restreint la campagne, aurait arrêté des candidats, comme ils l'ont fait en 2016… Mais là, comme le Hamas n'est pas là, les Israéliens ne considèrent pas cette élection comme importante et n'y prêtent pas trop d'attention. Donc, c'est une campagne qui fait un peu profil bas. » Une parenthèse démocratique Mais l'importance de ce vote, c'est surtout le processus démocratique – le fait de s'exprimer, mettre un bulletin dans l'urne – ce sont les seules élections ayant lieu en Palestine, explique Ibrahim, 32 ans, qui vient de Jifna, à côté de Ramallah : « On n'a jamais eu de réelle vie démocratique. Notre Parlement a été suspendu depuis 2007, il n'y a pas eu d'élections législatives depuis ». Mais dans cette première partie des élections municipales, on vote surtout pour des familles ou des tribus plus que pour des partis politiques ou des factions, et il n'y a souvent qu'une seule liste, continue-t-il : « J'espère que plus tard, si on a d'autres élections municipales, d'autres élections en général, nous, les Palestiniens, commencerons à voter pour les programmes des listes, ce qu'ils attendent des différentes listes, et non pas seulement pour les relations qu'ils ont aux personnes dans ces listes. Car on a besoin de voir un réel changement, et ce changement peut venir de ces petites élections municipales. J'aimerais aussi voir une meilleure participation des jeunes, et une véritable participation des femmes dans ces élections, car il y a des quotas de femmes pour les listes candidates, mais on voit bien qu'ils ajoutent les femmes seulement pour compléter leurs listes ». Ce serait un bon début, ajoute-t-il, en attendant d'avoir enfin des élections législatives ou présidentielles.

    Reportage international - Liban: crise économique, politique et de l'armée, le témoignage d'un soldat des forces spéciales

    Play Episode Listen Later Dec 7, 2021 2:30

    Direction le Liban, où la crise économique et politique exacerbe les tensions communautaires. Au mois d'octobre, des milices chrétiennes et musulmanes se sont affrontées à Beyrouth, faisant 7 morts. Le pays du Cèdre semble de plus en plus fragmenté entre ses 17 confessions. Face à ce repli communautaire, l'armée multiconfessionnelle tente de maintenir une stabilité toujours plus fragile. Mais comme toute la population libanaise, les militaires sont frappés de plein fouet par la dévaluation de la monnaie, la chute de leur salaire et l'inflation. L'institution semble se fissurer de toute part : un budget divisé par six, un absentéisme qui explose et de nombreuses défections. De notre correspondant à Beyrouth, Au Liban, les militaires ne sont pas autorisés à parler aux journalistes. Mais ce soldat des forces spéciales, que nous appellerons Mazen et dont nous avons modifié la voix, a choisi de se livrer malgré tout. Il raconte le quotidien de ses frères d'armes que la crise économique frappe de plein fouet. « Un soldat comme moi, il y a 3 ans, gagnait l'équivalent de 1 200 $ par mois. Aujourd'hui, notre salaire vaut à peine 80 $. Alors, j'ai trouvé un boulot à côté : je me suis lancé dans le commerce de voitures. Ça me rapporte 100 à 200 $ par mois. Certains camarades ont ouvert une épicerie, d'autres sont devenus chauffeurs de taxi… on tente de survivre. » Des défections de plus en plus courantes Comme la plupart de ses collègues, Mazen ne va plus à l'armée que deux jours par semaine. Un arrangement qui s'est fait avec l'aval de sa hiérarchie, consciente que son maigre salaire ne lui permettait plus de faire vivre sa femme et ses deux enfants. Une tolérance devenue monnaie courante dans l'armée libanaise, pour éviter des vagues de désertions. « Dans mon unité, avant, nous étions 1 500. Aujourd'hui, nous sommes environ 400 de moins. J'en connais beaucoup qui se sont enfuis en disant qu'ils partaient en week-end à l'étranger et qui ne sont jamais revenus. Alors pour éviter ça désormais, nous avons interdiction de voyager. Ils nous ont même retiré nos passeports. » Avec fierté, Mazen nous dévoile ses jambes et son torse couverts de cicatrices, stigmates des combats contre les jihadistes de l'organisation État islamique. Mais aujourd'hui, l'armée n'a plus les moyens de soigner ni de soutenir financièrement ses blessés de guerre. « Moi, je suis devenu militaire parce que j'aimais l'armée, parce que j'aimais mon pays et que je voulais le défendre. Mais nous sommes arrivés à une situation intenable. Je me sens humilié. La meilleure solution maintenant, c'est de quitter ce pays. » L'armée, un dernier rempart qui se fissure Mazen a bien conscience que son départ, comme celui de nombre de ses camarades, affaiblira durablement une institution déjà à bout de souffle. Dans un pays failli, rongé par la corruption et le repli communautaire, l'armée libanaise multiconfessionnelle est souvent présentée comme l'un des derniers remparts contre le chaos. « Il va y avoir une guerre civile, c'est sûr… Et les gens s'enfuiront à l'étranger. Les milices de partis politiques ouvriront les frontières pour que tous les militaires s'en aillent, et pouvoir faire leur guerre tranquille. Chacun défendra son camp. Les chiites défendront les chiites, les sunnites, les sunnites, et les chrétiens, les chrétiens. C'est une évidence. » Sur les 60 000 soldats du pays du cèdre, 2 500 auraient fait défection depuis le début de la crise. L'armée libanaise vit aujourd'hui sous perfusion de la communauté internationale, dernier filet de sécurité pour maintenir la paix dans un pays en plein effondrement.

    Reportage international - Lituanie: les migrants refoulés par les gardes-frontières

    Play Episode Listen Later Dec 6, 2021 2:36

    Depuis le début de l'été, la Lituanie connaît une importante vague migratoire, orchestrée par le dirigeant biélorusse Alexandre Loukachenko. Alors que la situation s'est tendue en Pologne, la Lituanie a déclaré depuis le 10 novembre l'état d'urgence à sa frontière pour se protéger. Si les migrants ne sont pas aussi massivement présents qu'en Pologne, les gardes-frontières refoulent tous les jours quelques dizaines de personnes. Reportage à la frontière. De notre correspondante à Vilnius, C'est l'agitation dans les locaux du groupe de bénévoles Siena. Un Lituanien et une Portugaise sont de garde. Ils ont reçu un appel au secours d'un groupe avec des petits enfants.  Les bénévoles font réchauffer des soupes. Ils versent du thé dans des thermos. Des chaussures et des combinaisons chaudes pour les enfants dépassent des sacs. Dalia Beigiene héberge l'association dans son centre de formation.  « On doit aider les gens, on doit aider les enfants, sans se demander comment ils se sont retrouvés dans une telle situation aujourd'hui », raconte-t-elle. Pendant que l'on contrôle nos autorisations, l'hélicoptère de l'armée qui assiste les gardes-frontières se met à tourner pour tenter de repérer le groupe de migrants. La frontière est à moins de 500 mètres, mais on ne la voit pas. Ils sont là, le long d'un sentier. Dans l'une des tentes, les femmes et les enfants se tiennent chaud en restant collés les uns aux autres.  ► À lire aussi : En Lituanie, les frontières avec la Biélorussie au cœur de la visite du président polonais Ils sont 14. Deux Somaliennes et des Kurdes irakiens. Il y a six enfants. Le plus petit a à peine deux ans. L'un des pères de famille raconte leur périple.  La police lituanienne m'a attrapé et m'a dit retourne en Biélorussie. La police biélorusse nous dit, non, vous ne pouvez pas retourner à Minsk, vous devez retourner en Lituanie. Et comme ça tout le temps, au moins 20 fois, nous avons fait l'aller-retour avec la Pologne. Nous avons juste besoin d'aide, nous ne voulons pas retourner en Biélorussie Les gardes-frontières récupèrent leurs passeports. Le groupe est emmené au chaud. Une fois partis, il ne reste de ce camp de fortune que quelques détritus et cinq paires de chaussettes détrempées. Mendel, l'un des bénévoles. « On essaye d'être là pour leur donner de la nourriture chaude, des habits secs. Peut-être notre présence peut empêcher que les gens soient refoulés en Biélorussie. Il y a vraiment des personnes qui doivent obtenir l'asile », affirme-t-il.  ► À lire aussi : La Lituanie commence à refouler les migrants en provenance de la Biélorussie voisine Tout est bien qui finit bien. Malheureusement pas dans leur cas. Les autorités ont annoncé que le groupe a été ramené le lendemain à la frontière. Les enfants ne peuvent pas être un prétexte à la migration illégale a déclaré la ministre de l'Intérieur. À une centaine de kilomètres de la frontière, au Parlement, quelques députés s'inquiètent. lIs ne veulent plus avoir seulement les expressions « attaque hybride » et « état d'urgence » à la bouche. « Il s'agissait vraiment d'un groupe de personnes vulnérables, s'attriste le député Tomas Tomilinas. Ils auraient vraiment dû être acceptés en Lituanie pour raison humanitaire. Il y a des exceptions pour demander l'asile quand on passe illégalement, mais tout est très flou. La présence d'avocats, d'humanitaires changerait la situation. » Depuis le début de l'été, la Lituanie a déjà procédé à plus de 7 800 refoulements. Jusqu'à présent, seulement quinze personnes ont pu obtenir l'asile.

    Reportage international - Espagne: la grogne des policiers contre le gouvernement

    Play Episode Listen Later Dec 5, 2021 2:27

    En Espagne, les policiers protestent depuis des semaines contre l'intention du gouvernement socialiste d'amender la loi sur la sécurité citoyenne. Pour l'essentiel, les manifestants sont des membres des forces de l'ordre qui dénoncent les mesures les affaiblissant, selon eux, face aux délinquants.

    Reportage international - Dans les Territoires palestiniens, la cuisine aussi devient politique

    Play Episode Listen Later Dec 4, 2021 2:32

    Comme pour tous les autres aspects de la vie quotidienne des Palestiniens, la cuisine locale, et plus précisément cette récolte d'herbes comestibles, est intrinsèquement liée à l'occupation. Cueillette interdite, recettes oubliées, colonies à proximité... les obstacles sont nombreux. De notre correspondante à Ramallah, Imad, jeune trentenaire palestinien, qui vit à Ramallah, connaît tous les noms des plantes en latin et leur propriété médicinale. Il ne passe pas un jour de son temps libre sans explorer la nature. « Chaque endroit que je visite, où je me rends, je vais toujours dans le village alentour pour demander aux habitants “ quel est le nom de la plante ?”, “comment l'utilisez-vous ?”. Parfois, je suis chanceux : un vieil homme vient avec moi dans les montagnes, je suis hyper heureux », s'exclame-t-il. Une cueillette auparavant interdite Sa plante préférée ? Le zaatar, une variété d'origan au cœur de la cuisine palestinienne et qu'il cueille désormais en toute légalité. Cela n'a pas toujours été le cas. En 1977, Israël décide d'en interdire la cueillette au motif qu'il s'agit « d'espèce protégée ».  Mais ce n'est pas suffisant pour arrêter Imad. « En général les plantes viennent des montagnes, assez éloignées. Donc, il n'y a pas vraiment de risque de croiser la police. Je n'ai jamais croisé de policier, peut-être une fois ou deux tout au plus. En revanche, les colons me demandent de partir, ça, c'est tout le temps », dit-il.   Mais pour les moins chanceux qui se faisaient prendre, les amendes oscillaient entre 3 000 et 5000 shekels (soit 900 et 1 300 euros). Une somme pour ces cueilleurs, loin d'avoir le profil de criminels. En 2009, l'avocat Rabea Eghbariah s'empare du dossier, parle d'une interdiction « culturellement problématique » pour les Palestiniens. « La Palestine est une nation agricole à l'origine » Depuis, cueillir du zaatar est à nouveau autorisé, seulement en toutes petites quantités. Mais c'est essentiel, estime Mirna Bamieh, artiste et chef palestinienne. « C'est vraiment frustrant, car ils interdisent la cueillette en assumant que les Palestiniens ne savent pas bien les récolter. Et c'est toujours ce qu'essaient de faire les colonisateurs sur les populations colonisées : les faire se sentir plus faibles… », déplore Mirna Bamieh. Pour redonner à la cuisine palestinienne d'antan une place centrale, Mirna a lancé « Palestine Hosting Society » en 2017. Un projet qui met l'accent sur les recettes oubliées, pour sauvegarder et documenter l'héritage culinaire palestinien. La Palestine est une nation agricole à l'origine. Mais à cause de l'occupation, on a perdu l'accès à des terres agricoles et la souveraineté sur la nourriture a disparu. C'est quelque chose que j'ai réalisé : la carte palestinienne a été modifiée à de très nombreuses reprises, et on a maintenant des îlots palestiniens ségrégués : les hommes ne pouvant plus bouger, les recettes ne peuvent pas non plus voyager avec eux. Alors la cuisine Palestine a été mise à plat… alors qu'en fait elle a telleeeeement de richesse qui a été oubliée ! Et donc à travers ce projet, j'ai essayé de retrouver toute cette profondeur, réactivé cette cuisine qui, malheureusement, a été trop longtemps oppressée et oubliée. Depuis, elle organise des dîners thématiques, poste des recettes « oubliées » sur sa page Instagram. « Car c'est à notre génération de se battre », conclut-elle.

    Reportage international - En Corée du Sud, le tatouage est considéré comme un acte médical

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2021 2:35

    La pratique du tatouage est réservée aux médecins dans le pays. Mais un mouvement politique et citoyen envisage de modifier la loi pour régulariser la situation des dizaines de milliers de tatoueurs en Corée du Sud qui exercent encore leur art illégalement. Un paradoxe alors que la tendance au tatouage chez les Sud-Coréens est visible à l'œil nu lorsque l'on se promène dans les rues de Séoul. De notre correspondant à Séoul, Nicoals Rocca, En plein cœur du quartier branché de Mapo, une maison à brique rouge détonne au milieu des immeubles gris. Baek Song-an nous fait le tour des trois étages qui composent le studio. Plusieurs salons, avec différentes tables, sur l'une d'entre elles au sous-sol, une jeune femme se fait tatouer. Difficile de deviner que cette scène en apparence banale est passible de 7 500 euros d'amende et de deux ans d'emprisonnement. « En Corée du Sud, les clients ne réalisent pas que c'est illégal, explique Baek Song-an. Habituellement, ils nous contactent sur Instagram, on discute du design et parfois ils se déplacent ici et ensuite on les tatoue. Pour nous, les problèmes apparaissent généralement lorsqu'il y a un désaccord avec le client et qu'il veut porter plainte par exemple. » Celui qui se fait surnommer Baek-Sa, soit « 104 » en coréen exerce son métier depuis 16 ans. « Officiellement, je suis sans emploi, comme beaucoup d'autres tatoueurs. Les clients nous règlent en argent liquide habituellement et on ne peut pas le déclarer, on ne paie pas d'impôts. Mais toute la préparation au tatouage est déclarée au sein d'une entreprise de design. » « On se prévient et on fait très attention » Autrefois, l'image du tatouage était liée aux mafieux et à ceux qui refusaient le service militaire. Désormais, on estime à près d'un million le nombre de Sud-Coréens tatoués. Pourtant, les artistes restent une cible pour les autorités. « Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes directs avec la police à propos de mon travail. Mais j'ai entendu beaucoup d'histoires d'autres tatoueurs, raconte Baek Song-an. En Corée du Sud, il y a certaines périodes où les policiers ciblent particulièrement les tatoueurs. Donc, dès qu'on a l'information, on se prévient et on fait très attention. Souvent, par exemple, ils prêteront plus attention à ceux qui tatouent les personnes les plus jeunes. »  Projet de loi sur la liberté de tatouer Mettre fin au tabou dans un pays qui floute encore les tatouages à la télévision, c'est l'objectif de Ryu Ho-jeong. La députée du parti de la Justice est apparue le dos nu rempli de tatouage devant l'Assemblée nationale. Après avoir créé la polémique, elle cherche à faire passer une proposition de loi. « Le point central de la loi s'appelle "Tatoo Up", le tatouage comme travail. Elle offrira la liberté de tatouer aux artistes et veillera aussi à la santé des Sud-Coréens, explique Ryu Ho-jeong. Si le texte passe, alors il y aura des salons qui seront enregistrés pour effectuer des tatouages et des artistes habilités à le faire. Cette loi permettra aussi de garantir que les studios respecteront les mêmes critères sanitaires que d'autres commerces. » Le texte sera soumis au vote d'ici à la fin de l'année 2021.

    Reportage international - En Italie, une coopérative résiste à la mafia la plus dangereuse du pays

    Play Episode Listen Later Dec 2, 2021 2:35

    Déjà 70 mafieux condamnés lors du maxi-procès qui se tient depuis le début de l'année en Italie contre la Ndrangheta, la plus puissante des mafias italiennes. Ce procès historique redonne de l'espoir aux Calabrais qui s'organisent pour changer les mentalités et relancer l'économie de la région la plus pauvre du pays Entre mer et montagne, dans les hauteurs du Locride, sous la semelle de la botte italienne, nous avons rendez-vous dans le restaurant de Pino Trimbolli. C'est une adresse appréciée de la région qui a attisé l'intérêt de la mafia. Mais ce cuisinier a choisi son camp : « En Calabre, tu ne peux pas te permettre de rester neutre, c'est tout noir ou tout blanc ici. Moi j'ai pris le parti de la légalité, c'est ce en quoi je crois. »  Au milieu d'une salle bondée, ce père de quatre garçons nous raconte : après une série d'intimidations, il est menacé de mort par des mafiosi en 2019. Pour ne pas être seul dans son combat, il a donc rejoint le groupe Goel, une coopérative qui rassemble entrepreneurs, agriculteurs et travailleurs victimes de la mafia calabraise, un groupe de 350 personnes qui, comme lui, refusent de céder. « Depuis, les menaces se sont arrêtées » « Je ne dormais pas la nuit, je me sentais seul, alors avoir une autre famille – le groupe Goel en soutien – et avoir eu la possibilité de raconter tout publiquement parce qu'ici encore, il y a une vraie omerta, eh bien, ça a attiré l'attention. Il y a eu tout de suite plein de gens qui ont choisi de venir au restaurant, justement parce que l'on a eu le courage de dénoncer. Et depuis, les menaces se sont arrêtées. » L'effet de groupe, la solidarité et la médiatisation des agressions mafieuses, voilà les outils pour se protéger de la Ndrangheta, assure Vincenzo Linarello. C'est lui qui dirige la coopérative Goel. Et depuis 20 ans, il se bat aux côtés de ceux qui résistent à la mafia. « Ils ont versé des litres et des litres de liquides inflammables et un incendie énorme s'est propagé ici. Les flammes étaient tellement fortes que le toit s'est effondré. » Se développer sans passer par la mafia Nous sommes dans une exploitation agricole, vue sur la mer. Ici à l'entrée, un tracteur complètement calciné, derrière l'étage d'un bâtiment brûlé. Les stigmates des derniers incendies mafieux subis par cette ferme : sept en sept ans. Alors pour prendre le contrepied, après chaque intimidation on y organise de grandes fêtes. « Quand la Ndrangheta frappe, les gens disent : "Tu vois, rien ne changera jamais ici !" Et un peuple déprimé se tient mieux en laisse. Alors on mobilise les habitants, l'opinion nationale autour de la victime et la fête crée un élan de solidarité, explique Vincenzo Linarello. Plus vous nous attaquez, plus vous nous renforcerez. » Pour défier la plus puissante des mafias, qui contrôle la plus pauvre des régions italiennes, il faut jouer sur le terrain économique, assure-t-il. Relancer l'emploi et valoriser le territoire, souvent laissé à l'abandon. Le sud de la Calabre est difficile d'accès, manque d'infrastructures et détient le record de chômage des jeunes Italiens. ► À lire aussi :  • Le plus grand procès contre la mafia ‘Ndrangheta s'ouvre en Calabre • Procès de la ‘Ndrangheta: «la plupart des accusés sont issus de la société civile régionale»

    Reportage international - Inflation en Espagne: une flambée des prix qui inquiète et fait gronder le pays

    Play Episode Listen Later Dec 1, 2021 2:31

    Les Espagnols vont devoir se serrer la ceinture avant Noël. L'inflation a de nouveau accéléré en novembre pour atteindre les 5,6% sur un an. Un niveau jamais atteint depuis septembre 1992. Cette hausse s'explique principalement par l'augmentation des prix des produits alimentaires et des carburants. ► À lire aussi :  • Les Espagnols inquiets pour leur avenir face à une inflation galopante • Espagne: à Madrid, manifestation de policiers en colère contre le gouvernement

    Reportage international - La ville la plus terrorisée du Mexique se trouve dans l'État du Zacatecas

    Play Episode Listen Later Nov 30, 2021 2:31

    À Fresnillo, la guerre entre cartels fait des dizaines de morts par mois. Des corps sont retrouvés à même la rue et les habitants vivent terrorisés par une violence qu'aucun gouvernement n'a su faire baisser. 96% de ses habitants ne se sentent pas en sécurité, contre 66% dans le pays. De notre correspondante à Mexico, « Tous les jours, on a un, deux, trois morts. Pas une journée sans exécutions. » Rigoberto a vécu à Fresnillo toute sa vie. Ce n'est pas son vrai nom. Comme la plupart des habitants de Fresnillo, il vit quotidiennement avec la peur. Une enquête de perception de l'insécurité montre que la ville est la plus effrayée des 84 choisies. Rigoberto est également journaliste de faits divers. Un soir, il y a quelques mois, il est prévenu qu'un homme a été tué par balle à quelques rues du centre-ville : « Je fais toujours le signe de croix devant mes images de Dieu et de Jésus. Avant de sortir couvrir un événement. Je leur demande de me filer un coup de main car je ne sais jamais là où je mets les pieds. » Sur place, Rigoberto a reconnu le corps de son frère. À sa connaissance, il n'était impliqué dans aucune affaire illégale. Le responsable n'a pas été retrouvé. Corps calcinés ou crucifiés Dans la ville, certains murs portent des impacts de balles et les commerçants se plaignent de voir de moins en moins de clients. Dans l'État de Zacatecas, des corps ont été retrouvés calcinés, démembrés, pendus, écartelés ou crucifiés. L'origine de cette violence qui a dégénéré ces dernières années serait un conflit territorial entre deux des plus grands cartels du Mexique. Le Sinaloa, l'organisation historique du Chapo Guzman, et le Cartel Jalisco Nueva Generación, arrivé sur l'échiquier en 2010 et déjà présent dans une grande partie du territoire. 36 000 assassinats en 2020 Le maire de la ville, Saúl Monreal, explique que l'État, en plein cœur du Mexique, est une place stratégique : « J'ai demandé au gouverneur de l'État et au président de la République plus de présence de la Garde nationale et de l'armée. Heureusement, ils ont écouté nos demandes. » Mais le maire mise également sur les programmes d'insertion de la jeunesse. « Je suis convaincu que la prévention des délits vient aussi avec le sport, la culture et les événements pour les jeunes. Fresnillo est un pôle de développement naturel : on a la première mine productrice d'argent du monde. » Depuis le début de la guerre contre le narcotrafic en 2007, ni les stratégies d'affrontement armé ni la politique d'apaisement actuelle du président Lopez Obrador n'ont réussi à faire baisser la violence. L'an dernier, 36 000 personnes ont été assassinées. Soit quatre fois plus qu'en 2007.

    Reportage international - Le courage de Joséphine Baker à Miami en 1951

    Play Episode Listen Later Nov 30, 2021 2:38

    Noire, bisexuelle, antiraciste et féministe… Dès les années 20, Joséphine Baker a quitté son Missouri natal marquée par les émeutes raciales de son enfance, pour s'installer en France, où sa « danse sauvage » a fait d'elle une icône des Années folles. Après la guerre et son engagement dans la Résistance, Joséphine Baker est de retour aux États-Unis, pour une tournée durant laquelle elle n'hésite pas à s'ériger contre la ségrégation. Son passage à Miami en 1951 fait date : la danseuse impose de jouer devant une audience composée de noirs ET de blancs. Il règne comme un parfum d'année folle dans le hall d'entrée du National Hotel, un des derniers établissements art déco de Miami Beach. Une jeune chanteuse afro-américaine reprend les standards de Joséphine Baker. Bianca Rosario se souvient de l'héritage musical mais aussi politique de la première icone noire du music-hall.  « Elle s'est battue pour nos droits civiques, pour l'égalité de tous, elle a vraiment été une pionnière, une femme forte pour son époque, explique Bianca Rosario. C'est grâce à elle, grâce à son travail que je chante et que suis ici aujourd'hui. Elle nous a ouvert beaucoup de portes en tant que femmes afro-américaines » Miami Beach n'a pas oublié cette tournée mémorable de Joséphine Baker en 1951. L'une des salles les plus en vue de l'époque, le Copa City Club, veut faire venir la vedette. Mais dans cette ville du Sud des États-Unis, la ségrégation est encore strictement imposée. Alors Joséphine Baker, fidèle à ses engagements anti racistes, n'accepte de jouer qu'à une condition : que l'audience ne soit pas ségréguée. Un choix courageux et qui fera date, comme l'explique Dan Gelber, le maire de Miami Beach. « C'était très audacieux pour son époque. Il faut imaginer qu'ici, jusque dans les années 60, si vous étiez noirs, vous deviez présenter une carte d'identité pour entrer dans notre ville le soir. Tous les établissements, tous les clubs étaient ségrégués. Vous aviez des restaurants pour les blancs et des restaurants pour les noirs, des toilettes pour les blancs, d'autres pour les noirs. Nous étions une ville du sud profond. Alors la mairie a dû choisir entre ses lois ségrégationnistes et la bonne décision. Et elle a finalement accepté la demande de Miss Baker et autorisé un public diversifié. Ce n'était pas rien pour l'époque. Donc avoir Miss Baker qui nous dit, vous devez changer vos façons de faire sinon je ne joue pas chez vous, c'était vraiment quelque chose » raconte-t-il. Et pourtant, aujourd'hui, Joséphine Baker reste beaucoup plus connue en France où elle a passé la majeure partie de sa vie qu'aux États-Unis ou elle est née. À Miami, toutes les festivités pour son entrée au Panthéon sont d'ailleurs organisées par le Consulat de France.

    Reportage international - Singapour: les travailleurs migrants encore confinés malgré la forte couverture vaccinale du pays

    Play Episode Listen Later Nov 28, 2021 2:31

    C'est un pays souvent montré comme modèle en termes de gestion sanitaire, de couverture vaccinale et de traçage sanitaire : Singapour est moins connu cependant pour le sort qu'il réserve aux quelque 300 000 travailleurs migrants, originaire en majorité du Bangladesh, et qui vivent dans des dortoirs à l'intérieur des terres de cette île. Si au début de la pandémie, la promiscuité de leurs logements avait généré des clusters inquiétants, ils sont aujourd'hui vaccinés à 97 %, et la moitié d'entre eux possède également des anticorps contre le Covid-19 après avoir été contaminé. Pourtant, alors que la population singapourienne a connu depuis le début de la pandémie plusieurs vagues d'assouplissements des mesures anti-Covid, ces hommes eux sont toujours confinés depuis plus de 18 mois. Ce sont dix neuf long mois résumables en quelques phrases. Ce jeune Bangladais, qui tient à rester anonyme, travaille depuis cinq ans sur des chantiers à Singapour. Mais depuis l'arrivée de la pandémie, il n'a pu sortir de sa chambre qu'il partage avec douze autres migrants que pour aller travailler : « Notre vie quotidienne est une vie privée de toute liberté. J'essaie comme je peux de tuer le temps, je regarde mon téléphone, je fais mes cinq prières par jour, et parfois j'appelle la famille ». Pourtant, lorsqu'il pense au salaire moyen du Bangladesh, 260 euros, il se dit que Singapour reste sa meilleure option : « Je pense que travailler à Singapour, c'est pas mal pour avoir une vie meilleure, et là dans la situation actuelle, eh bien on doit accepter notre sort, même si on vit vraiment en ce moment la pire période de nos vies ». Pour le professeur Teo, doyen en Santé publique de l'Université Nationale de Singapour, cette période doit cesser, alors que 97 % des travailleurs migrants sont désormais entièrement vaccinés : « Pour leur santé mentale, les travailleurs migrants devraient être autorisés à plus se déplacer : aller dans des magasins, au cinéma, au temple ou à la mosquée. Je pense qu'il y a des progrès à faire dans ce domaine ». Des « centres récréatifs pour migrants » mis en place Des petites améliorations sont apparues ces derniers mois, une poignée de travailleurs a ainsi pu passer un jour de congé dans le quartier indien de Singapour à condition de respecter un strict protocole sanitaire. Il leur est également possible de se rendre pour 4 heures dans ce que Singapour appelle un « centre récréatif pour migrants », mais à écouter Ethan Guo, à la tête de l'ONG Transient Workers Count Too, ces endroits où l'on peut accéder si l'on remplit certains critères n'ont de récréatifs que le nom : « C'est un endroit très austère, il y a un coiffeur, une ou deux épiceries, un endroit où acheter du crédit mobile. Et puis c'est difficile pour eux de se coordonner avec leurs amis qui sont souvent dans d'autres dortoirs loin et ne peuvent pas aller dans le même centre récréatif, donc il n'y a pas vraiment de raison pour eux d'aller là-bas ». Et si Ethan Guo consacre ses journées à aider sur le plan juridique et social ces étrangers qui bâtissent les gratte-ciels de Singapour, il note que le sort de ces hommes est totalement absent de l'esprit de beaucoup de ses concitoyens : « Le Singapourien moyen n'a pas de contact avec les travailleurs migrants, qui vivent loin des quartiers résidentiels. Et en fait si vous dites aujourd'hui à un Singapourien qu'ils sont toujours confinés depuis le début de la pandémie, il y a de grande chance qu'il soit surpris, beaucoup de personnes ici ne le savent même pas ». Mais si les travailleurs migrants sont absents visuellement de la vie de beaucoup de Singapouriens, Ethan Guo note tout de même que bon nombre de ses concitoyens sont les héritiers proches ou lointains d'hommes venus un jour travailler à Singapour.

    Reportage international - Vol de vélos à New York, les livreurs ripostent

    Play Episode Listen Later Nov 27, 2021 2:30

    New York compte près de 65 000 livreurs. Avec la pandémie et les confinements, beaucoup d'entre eux se sont tournés vers les applications de livraison de repas. Ils utilisent pour la plupart des vélos électriques très convoités par les voleurs en raison de leurs prix élevés. Dans la ville, les vols de vélos électriques ont augmenté et ces livreurs sont devenus des cibles au point où certains d'entre eux ont décidé de former des patrouilles pour se protéger les uns les autres.

    Reportage international - Iran: des milliers d'Iraniens quittent le pays pour raisons économiques

    Play Episode Listen Later Nov 26, 2021 2:32

    Depuis environ un an, on assiste à une vague de migration des Iraniens qui quittent le pays à cause de l'aggravation de la situation économique et le manque de perspective pour une amélioration de la situation économique et politique du pays. Aucun chiffre n'a été fourni officiellement, mais ils sont des dizaines de milliers à quitter l'Iran pour se rendre en Europe, aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie. Le nombre des migrants a été multiplié par trois ces trois dernières années. Certains sont des parents dont les enfants vivent déjà l'étranger, mais la plupart sont des jeunes ingénieurs qui cherchent une meilleure vie, comme c'est le cas de Mohsen un jeune ingénieur informatique qui quitte le pays avec sa femme pour se rendre dans un pays européen : « En ce qui me concerne, la situation économique et le manque de stabilité et de perspective économique pour me permettre de progresser en tant qu'ingénieur. Ceux qui décident de partir prennent en compte la vie de tous les jours et la situation économique en général. » Le contrôle de tous les leviers du pouvoir par les conservateurs avec la récente élection du président Ebrahim Raissi, la mise à l'écart des réformateurs et l'absence de tout espoir de réformes politique encouragent ceux qui cherchent à partir. Mais l'aggravation de la situation économique, avec une inflation qui dépasse largement les 50%, joue un rôle considérable comme l'explique Hassan, un retraité de 70 ans qui vit à Téhéran. : « A mon retour après deux mois de voyages, j'ai appris que deux de mes voisins avaient vendu leur appartement pour partir à l'étranger. Leurs enfants sont déjà à l'étranger. Ils sont inquiets par rapport à la situation économique, l'inflation, l'insécurité. J'étais très surpris qu'en deux mois deux de mes voisins dans un petit immeuble aient décidé de partir, l'un pour partir au Canada et l'autre pour un autre pays. » Les pays occidentaux sont bien sûr une destination préférée, mais il y a de plus en plus d'Iraniens qui achètent un appartement en Turquie où ils peuvent obtenir en même temps une carte de résidence. Selon les chiffres officiels, le nombre d'Iraniens qui ont immigré en Turquie a été multiplié par trois au cours des cinq dernières années et il y a désormais quelque 40 000 Iraniens qui partent s'installer en Turquie. À ces réfugiés aisés, il faut ajouter ceux qui tentent leur chance en essayant d'atteindre clandestinement les pays européens via la Biélorussie. Treize d'entre eux avaient été coincés récemment à la frontière avec la Pologne. Il y a plus de cinq millions d'Iraniens qui ont quitté l'Iran ces quarante dernières années et vivent à l'étranger, mais le rythme des départs s'est encore accéléré depuis un an.

    Reportage international - Espace: des astronautes simulent la vie sur Mars

    Play Episode Listen Later Nov 26, 2021 2:22

    On a marché sur Mars... ou presque ! Avec un an de retard, Covid oblige, la Mission Amadee-20 vient de s'achever. Six « astronautes analogues », des personnes reproduisant sur Terre les conditions de longue mission dans l'espace, ont vécu coupés du monde dans une « station martienne », dans le désert du Néguev, en Israël. Ils sont originaires du Portugal, d'Espagne, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Autriche et d'Israël. Une simulation de retour sur terre pour les six astronautes. Ils viennent de passer trois semaines à l'isolement total, comme s'ils vivaient sur Mars. C'est la mission Amadee-20. Nous sommes en plein désert du Néguev, très précisément dans le cratère de Ramon. Anne Baer dirige les chasseurs d'innovations de la compagnie Ikare. « On est vraiment dans ce cratère exceptionnel d'un point de vue géologique dans les conditions les plus similaires qui soient sur Terre à ce qui se passe sur la planète Mars. C'est la raison pour laquelle ils ont choisi Israël et ce cratère qui gagne à être connu, le cratère de Ramon », explique-t-elle. Plus d'une vingtaine d'expériences sont réalisées dans l'habitacle, mais aussi lors de sorties réalisées avec des combinaisons spatiales. À l'étude notamment des impressions 3D, le recyclage des eaux usées, un drone martien ou encore un rover capable d'utiliser le vent martien pour se déplacer sur la planète rouge. « On est en condition off-grid. L'espace est un domaine dans lequel on innove pour les technologies du futur et l'usage quotidien, mais c'est un marché de l'extrême. D'autres technologies qui ont été déployées ici sont celles qui arriveront dans nos assiettes pour ce qui est de la nourriture dans 20 ans, 25 ans. » ajoute-t-elle. « Nous avons fait un pas important » Mais ce n'est pas tout. Ce qui est testé, c'est également l'aspect psychologique et relationnel de la vie dans ces conditions extrêmes. João Lousada, originaire du Portugal et chef de l'équipe des astronautes analogues, est satisfait du travail qui a été accompli. « Je crois que nous avançons. C'était l'objectif de cette mission. Nous avons franchi plusieurs pas dans la bonne direction. Nous avons appris beaucoup de choses qui nous rapprochent de Mars. Avec la technologie que nous avons testée, les procédures et les expériences que nous avons réalisées, tout cela contribue à nous mener vers cette planète. Je suis convaincu que nous avons fait un pas important ici », affirme-t-il. Anika Mehlis, une jeune allemande et la seule femme du groupe, reste cependant  très réaliste. « Quand la technologie permettra d'aller sur Mars, je serai peut-être un peu trop vieille ! Mais j'espère être encore vivante quand on marchera sur Mars. Et quand je les verrai à la télé je pourrais dire : tiens j'ai eu un petit rôle dans cette histoire », dit-elle. Les regards sont maintenant tournés vers la prochaine mission de simulation Amadee et la recherche de nouveaux astronautes.

    Reportage international - Un an après sa mort, le retour posthume de Diego Maradona dans son quartier natal de Fiorito

    Play Episode Listen Later Nov 24, 2021 2:32

    Un an après sa mort, Diego Maradona est omniprésent dans son quartier natal de Villa Fiorito. Le visage et le numéro 10 de l'idole argentine s'affichent partout sur les murs de ce quartier défavorisé. La maison où il est né, longtemps laissée presque à l'abandon, vient d'être déclarée monument historique national. À Fiorito, certains espèrent qu'elle sera transformée en musée pour honorer la mémoire de l'enfant du quartier. C'est une petite cahute au fond d'un jardin, cachée derrière une grille délabrée envahie par la végétation. « Nous sommes à Villa Fiorito, devant la maison de Diego Maradona, là où il a vécu jusqu'à son adolescence. » Sur la façade s'affiche le visage du plus célèbre des Argentins auréolé de grands rayons jaunes, le regard fixé sur l'horizon. La quarantaine, Javier Lopez a toujours vécu à Villa Fiorito. Depuis un an, il voit touristes, curieux et fanatiques affluer dans le quartier natal de l'idole argentine : « Les gens ont commencé à venir ici pour lui rendre hommage. Après, il n'y a pas grand-chose qui a été fait, à part des fresques dans beaucoup d'endroits. » Partout, de la gare ferroviaire au moindre coin de rue, Maradona est présent. Devant le terrain municipal où celui que l'on surnommait à l'époque « Pelusa », le chevelu, a caressé ses premiers ballons, une grande fresque représente côte à côte le gamin de Fiorito et le capitaine de la sélection argentine soulevant la coupe du monde. ► À lire aussi : Diego Maradona, mort d'une légende universelle L'histoire continue Sur le terrain caillouteux, quelques enfants se font des passes sous la chaleur du printemps austral. « Nous sommes sur le terrain de Dieu, là où Maradona faisait des misères à ses adversaires avec son pied gauche magique. Des buts comme le plus beau qu'il a mis contre les Anglais, il en marquait déjà ici. » La peau burinée par le soleil et un mulet qui lui descend jusqu'au milieu du dos, Pancho Torres est le gardien des lieux. Il raconte qu'enfant, il avait l'habitude de jouer ici avec Maradona. Il montre avec fierté une photo en noir et blanc de 1974 qu'il garde comme une relique. On y voit Maradona avec ses coéquipiers d'Estrella Roja, son premier club. « Diego a fait beaucoup de choses ici. Déjà, il a sorti la villa de l'anonymat. Ce que Diego représentait quand il était en vie est différent de ce qu'il représente maintenant qu'il est mort, parce que l'histoire continue. » ► À écouter : Mort de Diego Maradona : les Argentins pleurent leur « Dieu » « Il n'a jamais oublié d'où il venait » Cette histoire, beaucoup aimeraient qu'elle continue à s'écrire ici à Fiorito, où tout a commencé. Par exemple, en transformant la maison natale de Diego en Musée, suggère Armando Susu Fleita, directeur d'une radio communautaire du quartier : « Les gens ont déjà commencé à se l'approprier comme un musée. Ici, il y a beaucoup de religiosité populaire. Bientôt, les gens vont le considérer comme un saint. » Pour ça, il faudrait que la municipalité indemnise les actuels occupants de la maison, qui se montrent peu arrangeants. Pour Armando Fleita ce serait une manière de rendre à Maradona ce qu'il a apporté au quartier. « Diego, c'est l'homme qui s'est sorti de sa condition, il a fait énormément de choses pour les autres, il s'est toujours souvenu de nous. Pardon, à chaque fois que je parle de Diego, je suis ému. Il s'est toujours souvenu de nous, et surtout de Fiorito. Il n'a jamais oublié d'où il venait » Un an après sa mort, que ce soit sur les murs du quartier ou dans les mémoires, Diego Maradona est plus présent que jamais à Villa Fiorito. ► À lire aussi : Argentine: Diego Maradona a agonisé, «abandonné à son sort» selon des experts médicaux

    Reportage international - La Bosnie-Herzégovine risque l'implosion

    Play Episode Listen Later Nov 23, 2021 2:35

    En annonçant la création d'une armée autonome pour l'entité serbe du pays, le chef politique des Serbes de Bosnie a franchi un nouveau cap dans sa démarche sécessionniste. Évoqué partout, le risque d'une implosion de l'État bosnien sème le trouble dans le pays. Si certains ne croient pas à un retour de la guerre, d'autres craignent de voir ressurgir les violences intracommunautaires qui ont ensanglanté le pays, il y a tout juste 26 ans. Dans son épicerie située entre une mosquée et un monastère orthodoxe, Hatidža ne cache pas son inquiétude. Depuis la fin de la guerre en 1995, le village de cette mère de famille de 39 ans est coupé en deux par une frontière invisible : celle qui sépare les deux entités de Bosnie-Herzégovine. D'un côté, la Fédération croato-musulmane, de l'autre, la République serbe de Bosnie. « Ici on vit comme des voisins entre Serbes et musulmans, on se parle et on vit bien ensemble. On a aucun problème, on vit comme des citoyens normaux, affirme-t-elle. Mais quand on écoute les discours politiques, on ne sait pas ce qu'il faut croire, on est vraiment et sincèrement inquiets. J'avais 14 ans quand la dernière guerre a éclaté et maintenant certains voudraient qu'il y en ait une autre, mais j'espère vraiment qu'il ne se passera rien. » Habitué des provocations, le chef nationaliste serbe Milorad Dodik a récemment semé le trouble en annonçant la création d'une armée autonome. Le haut représentant de la communauté internationale dans le pays a parlé de sécession et de menace existentielle pour la Bosnie-Herzégovine. Comme Hatidža, de nombreux Bosniens ne veulent pas croire à une implosion du pays. « On partira en Allemagne (rire) ! Je ne sais pas, je ne sais même pas comment fonctionnerait cette séparation. Certains pensent que ce serait mieux et que c'est ce qu'il faut faire, que ça va être super ! Mais moi, je ne suis pas sûre que ça nous permette de vivre mieux. » « Se séparer pour en finir ! » Malgré les efforts de la communauté internationale, la société bosnienne reste profondément divisée. Depuis 30 ans, les partis nationalistes n'ont cessé d'attiser les tensions et les trois communautés ne partagent plus grand-chose dans leur quotidien. Dragana habite à Pale, l'ancienne capitale des Serbes durant le conflit et situé à 20 km de Sarejevo. Cette coiffeuse de 39 ans approuve l'idée d'une séparation. « Moi je vis en République serbe. Et pourquoi ne pas faire cette séparation ? C'était la même chose avec la guerre : ils voulaient leur pays et nous le nôtre ! s'écrie-t-elle. Aujourd'hui, on ne parle pas beaucoup de ces possibilités, et on entend parler de Srebrenica, tout le temps. Ça ne fait que semer plus de haine. Il faudrait qu'on se sépare pour en finir. » Un retour des années 90, c'est ce que craignent beaucoup de citoyens dans les Balkans, en Bosnie-Herzégovine, mais aussi au Kosovo et au Monténégro. La Serbie du président Vučić est accusée de promouvoir sa vision du monde serbe et de déstabiliser ses voisins. Une politique dangereuse qui fait à nouveau craindre pour la paix, dans la région. Ce reportage près de la ligne de démarcation héritée de la guerre est à écouter dans son intégralité sur notre site dans Accent d'Europe . 

    Reportage international - Royaume-Uni: y aura-t-il des jouets sous le sapin de Noël?

    Play Episode Listen Later Nov 22, 2021 2:33

    Après les stations essence et les rayons de supermarchés vides, c'est au tour du secteur du jouet de s'inquiéter au Royaume-Uni. Les vendeurs ne savent pas s'ils seront suffisamment approvisionnés avant les fêtes de fin d'année. De notre correspondante à Londres, Un homme déguisé en capitaine crochet et une femme en sorcière gesticulent sur le trottoir. Des enfants les observent depuis leurs poussettes. On est devant l'entrée d'Hamleys, une enseigne mythique de Regent Street, l'une des rues les plus animées de Londres.  Victoria regarde le spectacle avec sa fille de 17 mois, Nelly. Elle a déjà commencé ses courses de Noël. « Mes parents sont dans le magasin en train d'acheter des jouets à ma fille. Ils m'ont dit qu'ils étaient inquiets des pénuries qui arrivent. L'année dernière, avec le Covid, on n'a pas acheté les cadeaux à temps », raconte Victoria. Et, s'adressant à sa fille : « Nelly, tu attends Noël avec impatience ? Est-ce qu'on va avoir des jouets sous le sapin à Noël cette année au lieu d'en avoir quelques jours plus tard ? Nous l'espérons bien ! » Charlie sort du magasin, une peluche sous les bras pour son fils. Pour le moment, les rayons sont pleins. Elle veut d'abord retrouver l'esprit des fêtes de fin d'année qui a tant manqué l'année dernière. « On n'a pas encore fait les courses de Noël. Mais si on commence à voir que des jouets manquent, on se dépêchera de tout acheter ». Du jamais-vu Un tee-shirt rouge, comme tous les vendeurs, Bruno vérifie l'état des rayons. Il travaille ici depuis plusieurs années, il n'a jamais vu ça. Pour lui, le Brexit et le manque de chauffeurs routiers réduisent les capacités de l'enseigne. « On s'attend à des pénuries. Nous faisons des réserves. Mais on encourage les clients à faire leurs achats maintenant pour Noël, indique-t-il. Ça touche surtout les jouets qui viennent d'Europe, comme ce nounours Steiff qui vient d'Allemagne. On n'en a plus beaucoup. Pat' Patrouille est très demandé aussi. Il risque d'en manquer. » Avec ses 170 magasins, The Entertainer est le plus grand vendeur de jouets du Royaume-Uni. Son patron Gary Grant prévient qu'il n'y aura peut-être pas assez de Barbie pour tous les enfants cette année. Sur Skynews, il tente de rassurer : « Il n'y a pas de pénurie de jouet à l'heure actuelle, mais nous devons vous prévenir : n'attendez pas la dernière minute pour acheter les jouets de Noël. Si vous allez dans un magasin de jouets en décembre, il y a aura plein de jouets, mais pas tous ceux que nous devrions avoir à cette période. » Des pénuries davantage liées au Covid selon un professeur à la Bayes Business School, qui vont finir par se résorber. Trop de demandes par rapport à l'offre, explique ManMohan Sodhi. « Il n'y a pas assez de main-d'œuvre pour décharger les navires, conduire les camions jusqu'aux magasins de détail et les conteneurs sont également bloqués dans les ports, ce qui entraîne des retards dans les livraisons. » Les décorations de Noël habillent déjà quelques rues de la capitale. Des fêtes sans Barbie, peut-être, mais en famille cette fois, s'exclament un frère et une sœur chez Hamleys. Il y a un an, les restrictions sanitaires les avaient séparés.

    Reportage international - L'intégration des réfugiés en Allemagne

    Play Episode Listen Later Nov 21, 2021 2:35

    Alors qu'on attend, début décembre, la nomination d'un nouveau gouvernement en Allemagne, c'est l'heure des bilans pour Angela Merkel. Dans une rare interview accordée à la télévision, la chancelière est revenue sur l'arrivée de plus d'un million de réfugiés en 2015. Elle y affirme que « oui, l'Allemagne a réussi à absorber ce flux migratoire ». Six ans après, si tout n'est pas parfait, le constat de la chancelière semble pourtant être le bon.    Ce reportage est à retrouver dans son intégralité dans Accent d'Europe 

    Reportage international - Football: comment le Qatar se prépare à accueillir la Coupe du monde 2022

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2021 2:30

    Le 21 novembre 2022, sera donné le coup d'envoi de la Coupe du Monde de football. Pour la première fois, cette compétition sera organisée dans un pays arabe et pour la première fois, elle aura lieu en novembre et décembre pour échapper aux températures extrêmes de ce pays du Golfe. Le Qatar est une riche monarchie pétrolière, mais un petit pays par sa taille et sa population. Comment se prépare-t-il à cet l'événement ? Visite du stade al-Janoub : notre guide – longue barbe blanche et tenue traditionnelle des habitants du Golfe - s'appelle Abdulaziz al-Ishaq. Dans les années 1970, il jouait en défense dans l'équipe qatarienne d'al-Wakrah. Aujourd'hui, il est le directeur de ce stade de 40 000 places et c'est avec fierté qu'il nous montre le moindre équipement des vestiaires : « Le joueur pourra ranger ses chaussures ici. » Stades climatisés  Nous voici dans les gradins : étrange sensation de fraîcheur. Le stade est climatisé. « La FIFA exige seulement de sécuriser la température pour les joueurs mais, précise Saoud Ghani, l'ingénieur qui a supervisé ce dispositif. Nous avons décidé de sécuriser la température pour les supporteurs et même de sécuriser la température pour la pelouse. » Les responsables qatariens n'ont pas fini d‘entendre les critiques sur l'impact environnemental de la climatisation des stades. D'autant que la compétition a été programmée en novembre et décembre, précisément pour éviter les fortes chaleurs de l'été dans la région. 6,7 milliards de dollars d'investissement Hassan al-Thawadi dirige le Comité qui organise la Coupe du Monde au Qatar. Il espère jusqu'à 1,5 million de visites pendant la compétition pour laquelle son pays a dû construire et donc investir. Il précise qu'avec « 6,7 milliards de dollars, ce sont les stades mais aussi toutes les infrastructures directement liées au sport qui ont été rénovés ou construits. On parle aussi de 64 sites d'entrainement. » Certains stades seront en partie démontés après la compétition. Le Qatar promet des dons à des pays pauvres qui n'ont pas les moyens de s'offrir de tels équipements. « Les boissons alcoolisées seront autorisées » Pays musulman conservateur, le Qatar est-il prêt à accueillir des supporteurs venus du monde entier y compris ceux qui voudront boire de l'alcool ? « Oui », répond Youssef al-Khater, membre élu du Conseil consultatif et ancien ambassadeur : « Nous avons nos propres valeurs mais nous nous sommes pleinement engagés auprès de la FIFA. Les boissons alcoolisées seront autorisées dans les stades, dans les fans-zones et dans certains hôtels. Cela ne devrait pas être le plus gros problème. » Le Qatar est déjà en phase d'échauffement. Dans quelques jours débutera la Coupe arabe de football, un test avant le grand rendez-vous de l'année prochaine, pour le Mondial 2022.

    Reportage international - Au Venezuela, les enfants font face à une crise alimentaire

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2021 2:38

    J-1 des élections régionales et municipales au Venezuela. Et ce alors que le pays traverse une grave crise économique et sociale. La dollarisation et l'ouverture du marché a mis fin aux pénuries alimentaires. Mais en raison de l'hyperinflation, les Vénézuéliens ne peuvent pas acheter la nourriture dont ils auraient besoin. La malnutrition touche désormais une grande partie de la population, mais les premières victimes en sont les jeunes enfants. Beaucoup de bébés vénézuéliens commencent à souffrir alors qu'ils sont encore dans ventre de leurs mères qui ne peuvent pas manger à leur faim.

    Reportage international - Royaume-Uni: à Hastings, les pêcheurs crispés par le conflit franco-britannique sur les licences

    Play Episode Listen Later Nov 19, 2021 2:30

    Les discussions sont toujours en cours entre la France et le Royaume-Uni pour régler le conflit sur les licences accordées aux pêcheurs européens dans la Manche après le Brexit. La France semble anticiper un échec des négociations : la ministre de la Mer Annick Girardin a annoncé jeudi qu'elle préparait un plan pour indemniser les pêcheurs français qui n'obtiendraient pas le précieux sésame. Si, du côté français, on demande donc plus de licences, plus vite, les pêcheurs anglais, eux, estiment que le gouvernement britannique en a déjà délivré un trop grand nombre, 98% des demandes européennes selon les chiffres officiels de Londres.

    Reportage international - Élection présidentielle au Chili: quelles sont les attentes des jeunes?

    Play Episode Listen Later Nov 17, 2021 2:27

    L'élection présidentielle chilienne est la plus importante depuis près de trente ans, car le Chili est en pleine rédaction d'une nouvelle Constitution. C'est la première présidentielle depuis le mouvement social historique contre les inégalités sociales d'il y a deux ans, lancé au départ par des lycéens, contre la hausse du prix du ticket de métro. De notre correspondante à Santiago, En cet après-midi de printemps austral, plusieurs lycéennes préparent une banderole. En lettres rouges et noires, il est écrit « nunca más », plus jamais. Car il y a deux ans, en plein mouvement social contre les inégalités, un policier a tiré des billes de plomb sur des élèves dans la cour d'un lycée de Santiago. Belén était présente ce jour-là. Elle a participé aussi aux manifestations. Mais elle n'a que 17 ans alors elle ne pourra pas voter ce dimanche : « C'est nous qui avons lancé cette révolte populaire, donc je trouve ça très injuste que nous ne puissions pas participer aujourd'hui », scande-t-elle. Elle défend le droit de vote à seize ans et elle souhaite une réforme des retraites et du système de santé, qui ont été entièrement ou partiellement privatisés sous la dictature. Elle défend aussi la rédaction d'une nouvelle Constitution, qui pourrait remplacer dès l'an prochain le texte actuel, hérité du régime du général Pinochet. ► À lire aussi : Commémoration du soulèvement social au Chili, des manifestations avec les mêmes revendications Une jeunesse qui demande une société moins inégalitaire Des revendications partagées par Daniela, 18 ans, qui voudrait que la société chilienne soit moins inégalitaire. « Pour moi la question des inégalités de genre et du féminisme, c'est très important. L'aide sociale à l'enfance aussi. Et puis cela me semble inacceptable que l'eau soit privatisée ici », dit-elle. Elle va voter pour le jeune candidat de gauche Gabriel Boric, un ancien leader étudiant. Notamment pour faire barrage au candidat d'extrême droite José Antonio Kast : « Je pense que je vais voter pour Boric. Ce n'est pas mon candidat idéal, mais c'est le moins mauvais, je crois. Je sais que je ne voterai pas pour Kast en tout cas, car ce serait un complet retour en arrière », craint Daniela. ► À lire aussi : Élection présidentielle au Chili, José Antonio Kast, candidat ultraconservateur donné favori Des votants encore indécis Mais beaucoup de ses amis sont encore indécis, et au Chili l'abstention est généralement très forte. Autour de 50 % même pour l'élection présidentielle. Par exemple Dennisse Tapia, 19 ans, restera à la maison ce dimanche. Elle soutient les revendications du mouvement social de 2019, mais elle n'a pas participé aux manifestations : « J'ai le droit de vote, mais je ne vais pas l'exercer, car je ne suis convaincue par aucun candidat. Ils ont tous quelques idées qui me plaisent et d'autres avec lesquelles je ne suis pas d'accord », pense-t-elle.  Pour le premier tour, les sondages donnent favoris l'ancien leader étudiant Gabriel Boric et le candidat d'extrême droite José Antonio Kast. Mais ces enquêtes d'opinion sont peu fiables et d'autres candidats plus modérés, à droite et au centre gauche, pourraient créer la surprise.

    Reportage international - Ukraine: les réformes législatives de Volodymyr Zelensky vouées à l'échec?

    Play Episode Listen Later Nov 16, 2021 2:30

    Adoption d'une loi anti-oligarque, création d'un bureau national et d'une haute cour anti-corruption. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky multiplie les initiatives pour honorer les promesses de son programme. Mais dans les faits toutes ces réformes législatives ont bien du mal à changer la donne, car c'est l'ensemble du système judiciaire qui ne fonctionne pas. Quant à la corruption, elle touche beaucoup les juges eux-mêmes.

    Reportage international - Allemagne: explosion des cas de Covid-19 dans la région de la Suisse saxonne

    Play Episode Listen Later Nov 15, 2021 2:09

    Le pays est frappé par une quatrième vague de la pandémie. La coalition qui doit bientôt gouverner l'Allemagne travaille dans l'urgence à un durcissement des restrictions. Quelques zones sont durement touchées. C'est le cas du district de la Suisse saxonne près de Dresde qui enregistre un taux d'incidence record de 1 300 pour 100 000 habitants.

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