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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Rfi - Sarah Bakaloglou


    • Jan 22, 2023 LATEST EPISODE
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    À Taïwan, les femmes aussi veulent faire leur service militaire

    Play Episode Listen Later Jan 22, 2023 2:31


    Archipel démocratique revendiqué par la Chine, Taïwan a annoncé au début du mois de janvier l'allongement du service militaire, essentiellement pour faire face aux menaces d'invasion de la Chine communiste. Mais les femmes sont les grandes absentes de ce nouveau système. Certaines d'entre elles se mobilisent et demandent d'être prises en compte dans la stratégie de défense nationale. De notre correspondant à Taipei, « La guerre ne regarde pas les femmes ». Voilà en substance les commentaires reçus depuis plusieurs semaines par la députée taïwanaise Fan Yun. L'élue du Parti démocrate progressiste a soutenu sur les réseaux sociaux la participation des femmes au service militaire. « En tant que pays vivant sous la menace de la Chine, c'est mieux si tous les citoyens, hommes et femme, peuvent défendre notre pays. Si nous sommes autorisés à le faire, je suis certaine que beaucoup accepteront, moi y compris ! » Pourquoi y a-t-il encore cette réticence dans la société taïwanaise ? Fan Yun répond : « Je me souviens très bien quand la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen était candidate. Certains disaient qu'une personne qui porte une jupe ne pouvait pas devenir cheffe des armées, et finalement, elle a été élue ! Les temps ont changé. Il n'y aucune raison pour que les femmes ne puissent pas faire leur conscription. » ► À lire aussi : Taïwan: des simulations montrent l'ampleur de la catastrophe en cas d'invasion chinoise Des formations de défense civile Depuis la démocratisation de Taïwan dans les années 1990, les femmes peuvent entrer dans l'armée. Elles représentent aujourd'hui 13 % des effectifs, soit le ratio le plus élevé d'Asie. Mais les citoyennes lambdas, elles, restent tenues à l'écart. Patina, 30 ans, est consultante dans le secteur privé. Depuis plusieurs mois, elle enchaîne les formations de défense civile. « Après l'invasion russe en Ukraine, beaucoup de Taïwanais ont pris conscience de la menace d'invasion. Mais nous, les femmes, n'avons pas fait notre service militaire, donc nous connaissons peu de choses sur la défense », dit-elle. Puis, elle poursuit : « À ce moment-là, j'ai discuté avec mon petit ami et je lui ai dit : si un jour, tu es mobilisé et que tu ne reviens pas, comment je ferai pour me défendre ? C'est pour ça que j'ai commencé à participer à ces formations de défense. » ► À lire aussi : Taïwan rallonge la durée de son service militaire « Cela va venir » La présidente taïwanaise l'a promis. Les femmes auront un jour le droit de faire leur service miliaire. Han Gan-ming est chercheur à l'Institut de recherche sur la sécurité et la défense nationale. Il était auparavant chargé du recrutement au sein de la réserve taïwanaise. La position de l'armée, c'est que le nombre de réservistes hommes est déjà suffisant pour répondre à nos besoins de défense. Si les femmes devaient aussi faire leur service militaire, nous n'aurions pas la capacité pour former autant de monde. Mais je crois que les femmes peuvent jouer un rôle important dans la défense civile. Certes, il n'y a pas encore de projet concret sur la table, mais cela va venir. En attendant le soutien du gouvernement, les jeunes Taïwanaises continueront de se former seules. Selon de récents sondages, environ 70 % des Taïwanais se disent prêts à se battre en cas d'invasion chinoise.

    Football: en Irak, la Coupe du Golfe des nations a dopé l'économie de Bassora

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2023 2:29


    La Coupe du Golfe des nations de football s'est terminée ce jeudi 19 janvier en Irak, par la victoire du pays hôte. L'événement, qui ne s'était plus tenu en Irak depuis 1979, a déclenché une euphorie dans le pays et chez les habitants de Bassora, ville d'accueil de la compétition. Mais ce n'était pas uniquement lié au sport. Durant les deux semaines de tournoi, des touristes et supporters venus du golfe Persique et de toute l'Irak ont fait vivre l'économie de la ville. 

    Chine: ceux qui ne partent pas en vacances pendant les congés du Nouvel An lunaire

    Play Episode Listen Later Jan 20, 2023 2:39


    La Chine et une partie de l'Asie célèbrent ce samedi 21 janvier l'entrée dans la Nouvelle année lunaire. Pour la première fois depuis 3 ans, des centaines de millions de Chinois ont pu rejoindre cette année leur famille à la campagne, sans barrières sanitaires. Malgré cette liberté retrouvée, certains restent travailler dans les mégalopoles chinoises. De notre correspondant à Pékin, avec Louise May du bureau de Pékin, Des palettes de colis tirés dans des camions, des employés qui surveillent les robots chargés de dispatcher les commandes en fonction des zones à distribuer – le Grand Pékin et sa région et jusqu'en Mongolie intérieure –, nous sommes à la périphérie de la capitale chinoise, dans les entrepôts de Jingdong, l'un des géants du commerce en ligne en Chine. Ici, les travailleurs ne chôment pas pendant les vacances de la fête du printemps, souligne Wang Yuahuan, du département international de JD.com. « Cette année, nous voulons promouvoir l'idée que les gens peuvent rentrer chez eux les mains vides pour le Nouvel An chinois. Vous commandez des produits de la fête du printemps via notre plateforme et vous pouvez partir tranquille, sans avoir à trimballer d'énormes sacs pendant le voyage. La livraison arrivera dans votre village. » Des colis à livrer alors que le pouls des mégalopoles s'arrête de battre pendant ces grandes vacances chinoises. Une grosse semaine, parfois dix jours quand l'employeur est conciliant. Du travail en plus pour les chauffeurs de taxi Par la fenêtre du taxi : des commerces et des institutions fermés et des clients qui trépignent dans le froid en attendant une voiture. La plupart des chauffeurs de taxis et de VTC sont rentrés, mais pas celui que nous avons rencontré. « En ce moment, il y a beaucoup de commandes et ce sont les chauffeurs qui choisissent », explique le chauffeur. « On avait des passagers avant qui annulaient les courses, car on n'arrivait pas assez vite. Aujourd'hui, c'est nous qui faisons défiler les clients sur le téléphone et on décide qui on prend. Vous voyez les gens au bord de la route. S'ils tapent du pied, s'ils se frottent les mains, c'est qu'ils attendent depuis plus de 20 minutes. »      Pour la première fois cette année, il est possible de rentrer dans sa province pour passer les fêtes en Chine sans avoir à faire de quarantaine en arrivant et surtout en revenant à Pékin. Malgré cela, ce jeune livreur n'est pas parti, fatigué de la pesanteur des traditions familiales, dit-il. « Rentrer à la maison à un âge comme le mien, c'est juste pas possible ! Cela ne peut que mal tourner », redoute le livreur. « Vous avez 10 parents qui vous entourent et vous bombardent de questions : “Tu veux qu'on te présente quelqu'un ? Comment va le travail ? Combien tu gagnes ? Il faut te marier voyons !” Non vraiment, pour moi, c'est trop fatigant. »  Des primes d'activité qui ne compensent pas la solitude Se marier ou rester travailler en ville, avec un bonus. « Nos livraisons couvrent 366 villes et plus de 1 700 districts et comtés à travers le pays. L'épidémie ne nous arrête pas », assure Wang Yuahuan, du département international de JD.com. « À Pékin par exemple, le pic des contaminations, c'était mi-décembre, on a eu recours à plus de 1 000 de nos coursiers venus d'autres provinces. C'est sur la base du volontariat et d'incitations internes. »  Des primes qui consolent, mais ne compensent pas la solitude d'une partie de ces forçats de la route sans vacances. « Je travaille depuis cinq mois », nous a confié un de ces jeunes livreurs. Seuls ceux qui travaillent à la livraison des tours de bureaux peuvent faire une pause le week-end. 

    Depuis l'Irak, Erfan Mortezai, cousin de Mahsa Amini, demande l'asile en Europe

    Play Episode Listen Later Jan 19, 2023 2:34


    Cela fait quatre mois cette semaine qu'en Iran la jeune kurde Mahsa Amini a été tuée pour avoir mal porté son voile. Une mort qui a déclenché un important mouvement de contestation. Le cousin de Mahsa Amini, un activiste kurde retranché en Irak depuis un an, se dit, lui, menacé de mort par le régime. Il demande aujourd'hui aux pays européens de l'accueillir. Dans un camp du Komala, qui est un camp communiste iranien retranché en Irak, le cousin de Mahsa Amini nous accueille. « Erfan Mortezaï est mon nom. Je viens du Kurdistan d'Iran. Dans le passé, j'ai combattu pour un groupe armé kurde. Un jour, j'ai été arrêté et emprisonné pendant dix-huit mois. Une fois libéré, j'ai fui en Irak et j'ai intégré les rangs armés du Parti communiste iranien, le Komala », raconte le jeune homme. Et d'ajouter : « Jina Amini est ma cousine maternelle. Nous étions vraiment proches, nos familles se rendaient visite tout le temps. » « Ici, je ne me sens pas en sécurité. Je ne peux pas sortir du camp. Il n'y a que mes amis pour me protéger », affirme Erfan.  À la question de savoir s'il a des armes sous son lit et s'il se prépare à une attaque à n'importe quel moment, il répond : « Oui, en fait, comme j'ai parlé à des médias étrangers, j'ai reçu des messages selon lesquels si je sortais de ce camp, je serais au moins kidnappé et ramené en Iran. Ou alors, je serais directement assassiné. C'est ce qui est arrivé à l'un de mes amis. Ces trois derniers jours, surtout, j'ai reçu des messages Instagram me disant qu'on me cherchait et qu'on me ramènerait en Iran. » Et aujourd'hui, le jeune homme demande l'exil à l'Europe. « Oui, je décide aujourd'hui d'appeler l'Europe à l'aide. Non seulement pour que je puisse être en sécurité, mais aussi pour que je puisse poursuivre mon combat pour mon peuple. » « Ce régime utilise les exécutions pour terrifier la population. Mais ça ne va pas stopper cette révolution. Regardez, vendredi dernier, il y a eu d'importantes manifestations dans deux villes kurdes. Dans les universités et dans les usines pétrochimiques notamment, il y a encore de nombreuses grèves. En vrai, c'est ça qui fera chuter ce régime. C'est la chute de son économie. » Erfan est bien décidé, il rejoindra l'Europe quoi qu'il arrive, même par la mer.  ► À lire : « Ils font tout pour nous faire taire », la diaspora iranienne face aux pressions du régime

    Sur l'île de Schiermonnikoog, en mer du Nord, l'exploitation gazière inquiète

    Play Episode Listen Later Jan 17, 2023 2:37


    En mer du Nord, des champs gaziers encore inexploités pourraient garantir aux Pays-Bas une partie de son indépendance énergétique. Mais des habitants de la région voient ce projet d'un mauvais œil. Reportage sur l'île de Schiermonnikoog. La région de Groningue dans le nord des Pays-Bas possède le plus grand gisement gazier de toute l'Europe occidentale. De quoi assurer en partie l'indépendance énergétique du pays, pourrait-on penser. Mais en réalité, avant le début de l'invasion russe de l'Ukraine, les Pays-Bas étaient devenus très dépendants vis-à-vis des importations de gaz en provenance de Russie. En cause : des tremblements de terre à répétition causés par l'exploitation intensive du sol. Et qui ont contraint le gouvernement néerlandais à faire fermer progressivement les vannes d'ici 2024. Désormais, La Haye cherche désespérément des solutions d'urgence et porte désormais son dévolu sur des champs gaziers encore inexploités en mer du Nord. Un projet très controversé, car la zone est située à proximité de réserves naturelles protégées. Fin décembre, plusieurs organisations allemandes de défense de l'environnement ont déposé un recours auprès d'un tribunal néerlandais afin d'empêcher les forages.

    Pourquoi la Belgique ne sanctionne pas les diamants de Russie

    Play Episode Listen Later Jan 16, 2023 2:36


    Suite aux sanctions contre la Russie, les importations russes vers l'Europe ont chuté de plus de 60% et les exportations européennes vers la Russie d'un tiers. Mais un secteur ne s'est pas vu sanctionné par les États membres, celui des diamants. Les États-Unis l'ont fait. Alors pourquoi un tel « oubli » au sein de l'Union européenne ? Le quartier des diamantaires ne paie pas de mine, trois rues sans grand éclat situées à deux pas de la gare d'Anvers. Pourtant, si l'on regarde bien, on aperçoit des caméras partout et par mesure de sécurité, des barrières empêchent l'accès du périmètre aux véhicules. Car ici se joue la plus grande part du négoce mondial de diamants. Derrière les portes sécurisées des bourses se négocient l'achat et la vente de ces pierres précieuses, qu'elles soient taillées ou à l'état brut. Parmi celles-ci, un quart environ sont des diamants russes dont l'importation échappe encore à toute sanction. Les professionnels se pressent sous la pluie d'un bâtiment à l'autre, la plupart refusent d'aborder le sujet. Seul Christophe, employé par une société spécialisée dans le transport des pierres précieuses, accepte de prendre quelques minutes. « Je crois que beaucoup d'entreprises et de personnes qui travaillent ici dans le secteur du diamant refusent déjà de travailler avec les diamants russes. Il y a des entreprises qui le font toujours bien sûr, mais oui, c'est une question difficile, il y a tellement d'argent en jeu ». « Les diamants vont simplement être vendus ailleurs » En 2021, 1,8 milliard d'euros de diamants russes ont ainsi été importés à Anvers. Les chiffres de l'année dernière ne sont pas encore connus, mais même si les estimations prévoient une légère baisse, la valeur des importations devrait tout de même atteindre 1,3 milliard d'euros. « Une somme conséquente qui finance directement la guerre en Ukraine », estiment les partisans d'une interdiction des diamants russes. Une argumentation balayée par Tom Neys, le porte-parole de l'Antwerp World Diamond Center, l'AWDC, l'association des diamantaires d'Anvers. Il rappelle l'importance vitale du diamant pour la Belgique qui représente, selon lui, 1 500 entreprises et 30 000 emplois directs et indirects. « Si vous mettez en place des sanctions, ça veut dire que vous forcez ces entreprises à aller ailleurs. Il y a beaucoup de naïveté là-dedans. Évidemment, la Russie ne va pas arrêter de vendre des diamants parce que l'Europe va les refuser.  Les diamants vont simplement s'en aller et être vendus ailleurs. Et l'Europe va, à nouveau, perdre une industrie à 40 milliards. » ► À écouter aussi : Les diamants russes sur la sellette en Europe Hans Merket ne croit pas à ces chiffres. Pour ce chercheur spécialiste des liens entre ressources naturelles et conflit et qui s'intéresse plus particulièrement au secteur du diamant, il y aurait pourtant moyen d'agir, mais le lobbying des diamantaires est très efficace et a des relais, reconnaît-il. « Il y a eu des pressions des hommes politiques belges. Ils ont utilisé plusieurs arguments, disant que ce secteur va déménager vers Dubaï, par exemple. Ils ont présenté beaucoup de scénarios catastrophe comme perdre des emplois, la fin d'Anvers capitale du diamant. Notre Premier ministre a même dit que l'Ukraine en pâtirait, car la Belgique tomberait dans une crise économique à cause de ces sanctions et qu'il n'y aurait plus de moyens pour aider l'Ukraine. Ce sont tous des scénarios loin de la réalité, ce qui a mené à une approche très passive. » « Trop dur de sanctionner les diamants russes » Effectivement, à l'heure où neuf paquets de sanctions ont déjà été adoptés par les États membres depuis le début de la guerre en Ukraine, jamais les 27 n'ont discuté d'éventuelles sanctions concernant le secteur du diamant. Pourtant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à sanctionner les importations de diamants, source de revenus pour le pouvoir russe. Des ONG comme Transparency International dénoncent la position hypocrite de la Belgique. « On a jamais vu ne serait-ce qu'un brouillon où aurait été marqué "oui on sanctionne les importations de diamant de Russie", remarqueRoland Papp, spécialiste des flux financiers illicites chez Transparency. Ils stoppent ce genre de proposition très en amont, avant même que ça arrive au vote. Parce que les États membres et la Commission ne veulent pas d'une surprise de dernière minute. Ils préfèrent proposer des sanctions sur lesquelles tous les États membres sont déjà d'accord. Et c'est là qu'on peut parler de cynisme pour l'ensemble du secteur du diamant et pour la Belgique. Le gouvernement belge dit publiquement qu'il ne va pas s'y opposer si c'est mis sur la liste des sanctions, mais en coulisses, il se démène depuis le début du conflit pour faire comprendre que ce serait trop dur pour lui. Par conséquent, la Commission ne le proposera jamais ! », affirme Roland Papp. Au mois de juillet dernier, Transparency international a écrit une lettre au gouvernement belge et à la Commission européenne réclamant la mise en place de sanctions sur les importations de diamants en provenance de Russie. Elle vient de recevoir une réponse de la Commission il y a quelques jours. Sans grande surprise, celle-ci se dit consciente des appels à bannir les importations de diamants russes et déterminée à mettre en œuvre ou à renforcer les sanctions existantes. Et se contente de rappeler que toute nouvelle éventuelle sanction doit être prise à l'unanimité des États membres. ► À écouter aussi : Diamant russe: l'Europe peut-elle s'en passer ?

    Au procès des attentats de Bruxelles, des polémiques à répétition

    Play Episode Listen Later Jan 15, 2023 2:30


    Le procès des attaques en Belgique s'est ouvert le 5 décembre en Belgique. Parmi les accusés, plusieurs hommes déjà condamnés pour les attentats de Paris en 2013 comme Salah Abdeslam et Mohammed Abrini. Mais depuis le début des audiences, les difficultés s'enchaînent. Il y a d'abord eu le débat sur les box individuels des accusés. Les réaménager en espace commun a retardé le début du procès. Ce sont maintenant les fouilles à nu systématiques imposées aux détenus lorsqu'ils sont transférés de la prison au tribunal qui font polémique. De quoi inquiéter les parties civiles, qui souhaitent que le procès avance sur le fond. « Je pense que ce sont des polémiques extrêmement dommageables, que l'on aurait dû tout simplement éviter. J'espère qu'elles vont cesser, parce qu'il est temps que l'on parle du fond du dossier, s'agace Me Guillaume Lys, avocat de l'association de victimes V-Europe. Et puis surtout, entendre ces accusés se plaindre de fouille quand on voit ce que nous, nos clients victimes ont vécu, il n'y a pas de comparaison dans l'horreur qui est possible. » Environ 35 millions d'euros ont pourtant été investis dans l'organisation du procès, le plus cher de l'histoire de la Belgique. Il a fallu notamment aménager les anciens locaux de l'Otan en périphérie de Bruxelles, choisis pour accueillir la cour d'assises à la place du palais de justice. Une décision qui ne fait toujours pas l'unanimité. « On avait déjà eu un premier exemple très récent, c'était le procès de l'attentat du Musée juif qui s'était parfaitement déroulé au palais de justice de Bruxelles, rappelle Me Guillaume Lys. Il y a eu un choix politique de tout délocaliser, de revoir certaines procédures (…) On aurait dû construire sur ce que l'on connaissait, sur ce qui fonctionnait et pas tenter quelque chose de nouveau. » ► À lire aussi : Procès des attentats de Bruxelles: les incidents de séance s'accumulent au quatrième jour d'audience « On a envie de leur dire de se mettre à notre place aussi » Sabine Borgignons s'est malgré tout décidée à assister aux audiences. Elle fait partie des victimes des deux attentats quasi simultanés, à l'aéroport de Zaventem et dans la station de métro Maelbeek, qui avaient fait 32 morts et plus de 300 blessés. Plongée dans le coma pendant plus d'un mois après l'explosion dans le métro à Maelbeek, elle a aujourd'hui un message pour les accusés : « On a envie de leur dire de se mettre à notre place aussi. On nous demande de nous à leur place, mais eux devraient le faire aussi. » De son côté, la défense continue de dénoncer des atteintes aux droits des accusés et des problèmes d'organisation. Le procès des attentats du 13 novembre 2015 à Paris est érigé en exemple. Alors, la justice belge serait-elle en train de perdre la face ? « Comparaison n'est pas raison. Le système juridictionnel français n'est pas du tout comparable au système belge, indique Luc Hennard, porte-parole du procès. Notre société démocratique belge fait la démonstration qu'au-delà des difficultés, vous avez un procès qui se tient et qui aborde le fond. » Les auditions des enquêteurs ont en effet déjà pu commencer. Elles devraient se poursuivent jusqu'à la fin du mois de janvier. ► À lire aussi : Attentats de Bruxelles: le plus grand procès de l'histoire belge s'ouvre ce mercredi

    Le système de santé japonais vacille face à la double épidémie de Covid et de grippe

    Play Episode Listen Later Jan 14, 2023 2:30


    Alors que l'archipel fait face à une épidémie jumelle de Covid et de grippe, le système de santé japonais est en train de s'écrouler, victime d'une pénurie de lits hospitaliers, de soignants et de médicaments. De notre correspondant à Tokyo, Au Japon, chaque semaine, plus de 7 000 ambulances sont dites « en état de détresse » : elles ne trouvent pas, dans le délai requis de 30 minutes, un hôpital pouvant accueillir le malade qu'elles transportent. Les ambulanciers éconduits par des services d'urgence saturés, les soignants débordés, tel est le quotidien de ce médecin hospitalier. « La plupart de nos lits destinés aux malades du Covid sont occupés. Il nous en reste quelques-uns, mais on ne peut pas y mettre de patients, faute de personnel, plusieurs soignants ayant eux-mêmes été contaminés et étant dès lors en arrêt maladie. Pour ne rien arranger, le virus se répand dans d'autres services : des malades hospitalisés en pédiatrie ou en orthopédie l'ont contracté. C'est pareil dans beaucoup d'hôpitaux. Bref, tout indique que notre système de soins de santé est en train de vaciller... » « C'est terrible, les analgésiques, mais aussi les antibiotiques ou les médicaments contre la fièvre viennent à manquer, confirme un pharmacien. Les grossistes mettent un temps fou à nous livrer en raison de la rupture des chaînes d'approvisionnement. Elle touche surtout les génériques. Or, 80% des traitements prescrits au Japon sont des médicaments de ce type... Résultat, beaucoup de malades du Covid ou de la grippe ne sont pas soignés correctement ». Les pharmacies touchées par une pénurie de médicaments Les rayons des officines se vidant à vue d'œil, les Japonais se ruent dans les parapharmacies et y achètent – en masse – tous les produits qui, espèrent-ils, les soulageront s'ils tombent malades et manquent de médicaments à leur tour. « Les vitamines, les fortifiants, les bonbons au menthol pour la gorge et tout ça... c'est la razzia, s'exclame, stupéfaite, la gérante d'un drugstore du centre-ville. Je n'ai jamais vu cela ! Les gens en achètent pour toute leur famille, pour leurs amis... Je comprends : ils sont angoissés. Mais, d'un autre côté, c'est dans ces périodes de crise qu'il faut être solidaire, donc penser un peu aux autres clients... » Comme la plupart des habitants de la capitale, ces deux Tokyoïtes sont très inquiets. « J'ai peur pour mes petits-enfants, avoue l'un. Les experts disent que la rentrée des classes va donner lieu à une multiplication des clusters dans les écoles. » « C'est la double peine, abonde l'autre. La peur du virus et l'angoisse, si on l'attrape, de ne pas pouvoir être hospitalisé et même de manquer de médicaments... » À en croire la rumeur publique – les réseaux sociaux, notamment – si on ne trouve plus grand-chose dans les pharmacies et les parapharmacies, c'est à cause des immigrés chinois : ils auraient fait des stocks afin de les envoyer à leurs proches, restés au pays. Il y a trois ans, déjà, des ragots racistes de cet acabit avaient rendu ces mêmes immigrés responsables de la pénurie de masques que l'archipel avait connue au tout début de l'épidémie.

    Covid-19 en Chine: l'industrie pharmaceutique sur le pied de guerre pour combler la pénurie de médicaments

    Play Episode Listen Later Jan 13, 2023 2:33


    Les compagnies pharmaceutiques sont mobilisées face à l'épidémie en Chine. Les autorités centrales et provinciales ont demandé aux usines de médicaments de garantir l'approvisionnement pour les vacances du Nouvel An lunaire.  Et avec Louise May, du bureau de Pékin L'épaisse pâte blanche tourne derrière les vitres d'un malaxeur mécanique, avant de ressortir plus loin sous forme de comprimés. « Ici on fabrique des gélules et des cachets qui seront ensuite emballés sur nos lignes de production pour être expédiés au plus vite », explique un employé de Youcare-Yuekang en blouse blanche. Comme d'autres compagnies pharmaceutiques à Pékin, l'entreprise a dû mettre les bouchées doubles pour assurer l'approvisionnement en médicaments de la capitale et sa région et aujourd'hui, bien au-delà. Personnel mobilisé 24h sur 24 L'urgence donne la cadence, car cela fait maintenant plus d'un mois que la Chine est submergée par la vague Omicron. Comme en 2020 pour les masques et les équipements médicaux, le gouvernement central a sonné la mobilisation générale. Il aura fallu quelques semaines seulement pour que l'appareil industriel réoriente sa production sur les médicaments contre le Covid. Depuis fin décembre, les médias d'État ont sorti les trompettes pour annoncer la bonne nouvelle. La production d'ibuprofène et de paracétamol a été multipliée par quatre le mois dernier, celle des kits de tests Covid a augmenté de plus de 80%. « Comme vous pouvez le voir, notre personnel est mobilisé 24 h sur 24 jusqu'au Nouvel An lunaire, explique monsieur Zhang. Nous avons aussi demandé aux employés de ne pas prendre de vacances. Ceux qui l'acceptent verront leur salaire tripler, nous devons tout faire pour garantir l'approvisionnement », assure le directeur général de Yuekang. Le Parti communiste chinois a l'habitude d'aligner les kilomètres de nouvelles routes et de lignes de TGV dans ses bilans. Cette fois, ce sont des centaines de millions de comprimés produits par jour qui sont brandis face à l'épidémie. Une manière de tenter d'effacer les jours de souffrance de celles et ceux qui ont pris la vague Covid sans pouvoir trouver d'antidouleur en pharmacie, même en cas de rage de dents, pendant les premières semaines de pénurie. Soutien aux hôpitaux ruraux Le 10 décembre dernier, trois jours après l'abandon de la politique de prévention et de contrôle de l'épidémie qui a précédé la flambée des contaminations, le gouvernement de Pékin a réuni treize compagnies pharmaceutiques pour soutenir la production. Mieux vaut tard que jamais. Les pharmacies manquaient alors de tout, aujourd'hui le pic de l'épidémie est passé à Pékin, comme dans la plupart des mégalopoles chinoises. Mais les urgences continuent de recevoir un grand nombre de patients âgés en état critique. Des responsables de la santé ont également affirmé cette semaine craindre de nouvelles contaminations dans les campagnes pendant les vacances de la « fête de printemps ». C'est vers ces hôpitaux ruraux notamment que se déploie l'effort du moment. « Nous coordonnons le déploiement des fournitures médicales en fonction de la situation épidémique dans les régions, explique Zhou Jian, directeur adjoint du département de l'industrie des biens de consommation au sein du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information. Notre priorité étant de fournir les hôpitaux, les maisons de retraite et les orphelinats ». Pour cela, il a fallu faire un état des lieux et réorienter certaines lignes de production. « Nous avons cartographié de manière exhaustive la situation des fabricants du secteur et envoyé des commissaires dans les entreprises clés pour garantir la production, ajoute encore cet officiel. De l'emploi de la main d'œuvre et des matériaux à la logistique, nous avons fortement soutenu les compagnies pharmaceutiques pour qu'elles arrivent rapidement à leurs pleines capacités productives. » Vidéoconférences pour rassurer les employés malades Un peu plus d'un mois après le début de l'explosion des contaminations à Pékin et dans la province du Hebei, les ouvriers remis du virus sont revenus sur leurs postes de travail. « Nous n'avions jamais connu de cas de Covid dans l'entreprise, raconte Yu Weishi. Mais le 29 novembre dernier, l'un de nos employés, monsieur Liu Fuli qui travaille dans la logistique, a été testé positif », poursuit le président de Yuekang Pharmaceutical Industry. Fièvre, maux de gorge, courbatures : le malade va rapidement se rétablir, grâce aux médicaments produits par un groupe pharmaceutique dont le best-seller est une injection de Gingko Bilboa produit en partenariat avec une société française. Cette fois, ce sont les comprimés au paracétamol de la marque qui ont été utilisés, associés à un remède de médecine traditionnel maison. Quand l'épidémie a éclaté dans l'entreprise, des téléconsultations en visio ont été organisées avec le personnel. « Nous avons commencé avec quelques dizaines de personnes et, au plus haut [des contaminations, NDLR] nous avions 200 personnes par jour qui assistaient à ces vidéoconférences », se souvient monsieur Yu. Il n'y a pas eu d'hospitalisation, la plupart des cadres et des travailleurs seraient revenus au travail dans les trois jours qui ont suivi l'infection :« Nous avons expliqué que nous avions les médicaments nécessaires pour se soigner, ce qui a permis de calmer les inquiétudes et de pouvoir reprendre rapidement la production afin de garantir l'approvisionnement ». Traitements contre le Covid Les ouvriers sont à leurs postes, la production tourne à plein régime, c'est le moment pour les autorités d'organiser une visite chez les fabricants de médicaments à Pékin. Les grands bus gris des voyages officiels ont fait la tournée des usines cette semaine dans la capitale. Signe que la page zéro-Covid est définitivement tournée, on retire les masques pour les photos officielles. Des serial tousseurs se bousculent aux conférences de presse et des poignées de mains sont engagées entre les plus souriants. Quant aux journalistes, ils peuvent poser toutes les questions qu'ils veulent sans avoir à les soumettre à l'avance. Les intervenants esquivent les plus sensibles, notamment celle du retard à l'allumage de cette mobilisation qui arrive après que la plupart des Chinois ont déjà été infectés. Après les antipyrétiques et les antidouleurs le mois dernier, l'effort est fait désormais sur les traitements contre le Covid et notamment l'Azivudine, premier médicament oral made in China contre les symptômes sévères de la pneumonie virale. Développé par Fosun Pharma et Henan Genuine Biotech, d'autres entreprises dont CR Double crane – Shuanghe Pharmaceutical Co. Ltd ont été appelées à contribuer à la production. Cet autre géant chinois du médicament dispose de 20 parcs industriels dans le pays, dont le plus grand en banlieue de Pékin. « Nous sommes une entreprise d'État et le gouvernement central nous a demandé de garantir la production de ce nouveau médicament », confie Guo Meili. La directrice de la production de ce campus de 15 hectares, qui compte 1200 employés, souligne que la compagnie vient d'acheter de nouveaux équipements étrangers. Elle table sur une production de 12 millions de comprimés par jour le mois prochain. « Depuis le 5 janvier dernier, nous avons mis à disposition nos lignes de production, explique-t-elle. On continue de produire d'autres médicaments, mais on se concentre surtout sur ce nouveau traitement. » Antidiarrhéiques et oxymètres Après le Paxlovid de Pfizer et l'Azivudine de Henan Genuine Biotech, le Molnupiravir de Merck a fait son entrée sur le marché chinois vendredi. La Chine continentale dispose donc désormais de trois antiviraux contre le Covid, mais toujours pas de vaccins ARNm. Plusieurs laboratoires chinois y travaillent. « Des essais cliniques sont en cours, mais on ne peut pas avancer de date de mise sur le marché », fait savoir le directeur de la recherche et développement de Yuekang. Les rares Chinois qui n'ont pas encore été contaminés doivent aller jusqu'à Hong Kong s'ils veulent un vaccin étranger. Ce tourisme vaccinal n'est pas à la portée de toutes les bourses. Et pour obtenir une dose de rappel BioNTech, il faut passer par une réservation via l'application de Shanghai Fosun Pharmaceutical. En attendant, certains médicaments chinois contre la fièvre et la douleur sont de nouveau disponibles dans les pharmacies de la capitale. Ce qui est surtout demandé ces derniers temps, ce sont les antidiarrhéiques à cause du sous variant XBB.1.5 américain, lance une pharmacienne. Autre best-seller du moment : lesoxymètres de pouls via le doigt pour mesurer le taux de saturation en oxygène dans le sang.

    Andrii, chef d'un groupe de reconnaissance en Ukraine: «En face, ils se moquent d'être tués»

    Play Episode Listen Later Jan 12, 2023 2:10


    C'est un témoin direct des méthodes de combat russes, notamment celle du groupe paramilitaire Wagner. Andrii, membre d'une unité de reconnaissance de l'armée ukrainienne, raconte à nos envoyés spéciaux la violence des combats autour de Bakhmout, dans le Donbass. De nos envoyés spéciaux à Kramatorsk, Avant l'interview, une vérification s'impose : « Commandant, je dis quoi ? Que je suis chef d'un groupe de reconnaissance ? Désolé, je demande parce qu'on ne sait jamais ce qui est secret et ce qui ne l'est pas. » Avant Bakhmout, Andrii était sur le front sud, à Kherson. « Là-bas, on avait, en face, des forces régulières et les commandants essayaient de préserver leurs hommes. Ils ne les balançaient pas comme des bûches au feu. Ici, ils les jettent à la mort. Les soldats eux-mêmes savent qu'ils vont mourir. Simplement, ils ne savent pas si ce sera d'une balle ukrainienne, ou de celle des Russes qu'ils ont dans leur dos, et qui les empêchent de revenir. » ► À lire aussi : Ukraine: dans le Donbass, les conséquences du froid sur la guerre « Ils marchent sur les corps de leurs camarades » Lui et ses hommes vont au-devant de l'ennemi. En première ligne pour voir désormais à l'œuvre les centaines de soldats russes lancés par le groupe Wagner et largement recrutés dans les prisons. « C'est comme dans ce film, War Z, ou World War Z, je ne sais plus. Les zombies font la guerre. C'est exactement pareil. Ils marchent sur les corps de leurs camarades. C'est vraiment… intéressant. Pour moi, ils prennent des drogues. Ce n'est pas de l'alcool, c'est différent. Parce qu'ils ne ressentent pas la peur. Ils se moquent d'être tués. Ils s'effondrent seulement quand ils ne peuvent plus du tout marcher. » ► À lire aussi : Ukraine: à Soledar, un front loin d'être gelé « On va gagner, c'est sûr. Reste à savoir à quel prix. » Après des mois soumis à ce harcèlement, on demande au jeune homme comment il se sent. Même si tout se lit sur son visage. « Fatigué. Fatigué. Je veux dire, comme tout le monde ici. C'est assez dur. Que faire ? On est très motivés. Il faut tenir. On va gagner, c'est sûr. Reste à savoir à quel prix. Combien de gens devront mourir ? Mais je n'ai aucun doute sur la victoire très prochaine. Peut-être pas ce mois, ni le suivant, mais bientôt. » Les Ukrainiens, conscients de ne pouvoir lancer tant d'hommes à la mort, réclament plus d'équipements, des blindés, de l'artillerie et, pour le groupe d'Andrii, davantage de drones de reconnaissance. ► À lire aussi : Ukraine: les civils encore dans la ville de Bakhmout vivent grâce à l'aide humanitaire

    Allemagne: à la recherche de solutions durables pour le logement de réfugiés en séjour long

    Play Episode Listen Later Jan 11, 2023 2:35


    En 2022, Berlin a accueilli plus de 100 000 réfugiés. Des arrivées qui ont encore plus mis en lumière la crise du logement que traverse la capitale allemande depuis de nombreuses années. Venus en grande majorité d'Ukraine, 90% d'entre eux ont déposé une demande de séjour long. Si à l'instar d'autres grandes villes du pays, Berlin a tout d'abord compté sur la solidarité de ses habitants et mis en place près de 30 000 places d'accueil d'urgence, elle doit désormais construire et trouver des solutions durables pour faire face à ces nouveaux arrivants partis pour rester.

    Quand les espèces de poissons invasives chamboulent l'écosystème en Méditerranée

    Play Episode Listen Later Jan 10, 2023 2:33


    Avec l'élargissement du canal de Suez en 2015 et le réchauffement climatique, des dizaines d'espèces de poissons originaires de la mer Rouge prolifèrent désormais en Méditerranée orientale. Certaines sont si voraces qu'elles déciment les espèces indigènes au point que les spécialistes de biologie marine craignent que le bassin méditerranéen n'ait bientôt plus beaucoup à envier aux mers semi-tropicales. Au sud de la Turquie, dans la petite station balnéaire de Kas, l'arrivée du poisson-lion, ou rascasse volante, bouleverse l'écosystème et la vie des habitants qui vivent de la mer. 

    Lahore, la capitale culturelle du Pakistan suffoque sous un épais nuage de pollution

    Play Episode Listen Later Jan 9, 2023 2:41


    Fermeture temporaire des écoles pendant quelques jours, fermetures des commerces et des restaurants après 22 heures ; à Lahore, la capitale provinciale du Pakistan, des mesures ont été prises par les autorités locales en raison des niveaux alarmants de « smog », un  épais nuage de pollution toxique. Dans certains quartiers, l'indice de qualité de l'air atteint 400, un seuil considéré comme une menace pour la santé publique, selon les experts. De notre correspondante à Islamabad, Les rues de Lahore sont plongées dans un épais nuage de pollution : le smog composé de gaz et de particules. Dans sa maison à Lahore, Rafay Alam, l'avocat spécialiste de l'environnement et militant écologiste nous présente un objet devenu indispensable dans son quotidien : « Il s'agit d'un appareil de mesure de la qualité de l'air. En ce moment, la qualité de l'air à l'intérieur est bonne, elle est inférieure à 50. » Mais à l'extérieur, dans son jardin, rapidement les chiffres grimpent sur l'écran de l'appareil. « On est passé de 35 à 90. C'est trois fois plus mauvais dehors en ce moment. Quand on est au-dessus de 50, c'est mauvais pour nous. », s'inquiète l'avocat. L'air est suffocant, la gorge et les yeux piquent. Une situation qui se répète tous les hivers : de Kaboul en Afghanistan à Calcutta en Inde, en passant par le Punjab entre autres, au Pakistan. La géographie de la région explique que le smog perdure de longs mois explique Rafay Alam. « C'est en partie parce que la région est encerclée par les chaînes de montagnes de l'Hindou Kouch, de l'Himalaya et de Karakoram. Donc la pollution est comme bloquée et ne peut pas s'échapper. Que peut-on faire si ce n'est attendre qu'il pleuve. » Cinq appareils pour 18 millions d'habitants Le brûlage des résidus de récolte et la pollution industrielle sont des facteurs importants, le secteur des transports, serait responsable à lui seul de plus de 40% de la pollution atmosphérique au Pakistan. Dans La province du Punjab, habitée par 18 millions de personnes, il n'y a que cinq appareils de mesure de la qualité de l'air. Les autorités locales ne prennent pas le sujet au sérieux, selon le militant écologiste. « Nous avons les exemples de Los Angeles, mais aussi Londres, Stockholm, et plus récemment Pékin. Dans toutes ces villes, il y avait une prise de conscience. Parce que régler la qualité de l'air ne se fait pas du jour au lendemain, cela prend des années, poursuit Rafay Alam. Parce que vous devez régler la qualité de vos carburants, changer vos modes de transport, comment vous pensez la ville.  Et cela prend du temps. Et donc dans toutes ces villes où la qualité de l'air a été contrôlée, il y avait une vision commune qui était partagée. C'est ce qui nous fait défaut, car nous ne reconnaissons pas l'existence de ce problème », ajoute le militant. Dans la périphérie de Lahore, Les cheminées des briqueteries crachent leur fumée noire toxique dans l'air déjà pollué.  Sur un chantier, Maksoud Ali dirige les autres ouvriers qui s'attellent à transposer les briques sorties des fours sous terre sur des charrettes tractées par des ânes. « Il y a beaucoup de fumée et de pollution ici. On fait attention à la direction dans laquelle va la fumée et on travaille dans un endroit qui se trouve du côté opposé au vent. Quand nous tombons malades, nous prenons des médicaments prescrits par le médecin et nous pouvons travailler quelques mois de plus. Nous ne gagnons pas assez dans les autres usines. Ici, au moins, nous sommes payés chaque semaine » assure-t-il. Comme des millions d'autres travailleurs journaliers dans le secteur industriel et agricole, il survit avec sa famille grâce aux quelques dizaines d'euros qu'il gagne chaque mois ici, même si leur santé en pâtit.

    Au Texas, les nouvelles règles migratoires américaines vues par des réfugiés vénézuéliens

    Play Episode Listen Later Jan 9, 2023 2:34


    Ces dernières semaines, la ville d'El Paso, où se trouvait le président américain ce dimanche, a vu affluer des milliers de Vénézuéliens qui ont simplement traversé le fleuve Rio Grande pour demander l'asile aux États-Unis. Rencontre avec des Vénézuéliens arrivés récemment au Texas, qui fuient une situation catastrophique dans leur pays. De notre correspondant à Houston, Dans un hangar de Houston, des dizaines de personnes cherchent leur bonheur parmi les vêtements, le linge, le petit mobilier, les jouets. Ils sont arrivés ces derniers jours du Venezuela et l'association Accion social Venezuela donne tout ce qu'elle a collecté. Emili est arrivée il y a quatre mois et a découvert qu'elle était enceinte de six mois. Comme tout le monde ici, elle a fui le régime de Nicolas Maduro et espère ici un futur meilleur pour elle et ses enfants. « J'ai toujours pensé venir aux États-Unis, avec des papiers, mais la situation est devenue telle qu'on a dû venir maintenant, sans papiers », explique-t-elle. Diana Mendt a créé cette association. Elle déplace des cartons pour que les gens se servent. « Avant, je faisais la coordination entre les familles de Vénézuéliens et les donateurs, mais depuis le mois de juin, je ne peux plus, car ils sont trop nombreux. Beaucoup de migrants viennent, beaucoup d'autres vont arriver et ils doivent être aux États-Unis parce qu'ils ne sont pas en sécurité au Venezuela. » De nouvelles règles pour les migrants Pour faire face à l'afflux, le président Joe Biden a annoncé de nouvelles règles migratoires plus restrictives, mais aussi avancé le chiffre de 30 000 autorisations d'entrer sur le territoire chaque mois et de 20 000 droits d'asile accordés chaque année – trois fois plus qu'avant pour les migrants venant d'Haïti, du Nicaragua, et Cuba et du Venezuela. Ces règles vont obliger les migrants à prendre un rendez-vous via une application sur téléphone à un des points d'entrée aux États-Unis pour y présenter leurs documents de demande d'asile. Tous ceux qui ne suivront pas la règle seront automatiquement expulsés. Renso a trouvé un vélo pour son fils aîné. Il était garde du corps au Venezuela, mais la situation y est devenue intenable. Il pense avoir eu beaucoup de chance de parvenir au bout du trajet indemne avec sa famille. Alors il est favorable au système proposé par le président américain. « Si nous avions eu la possibilité de le faire, nous aurions pris rendez-vous et serions venus en avion. Nous n'aurions pas risqué ce trajet, le désespoir et la tristesse que nous avons vus et vécus en venant à pied », explique-t-il. Mais cette mesure qui doit remplacer le Titre 42 mis en place par Donald Trump, au début de l'épidémie de Covid, est accueillie froidement par ceux qui sont investis dans la cause des migrants. « Je trouve ça infect, ils ont oublié leur principe d'humanité tout bonnement. Dans l'urgence, on fait comme on peut, et on est dans une situation d'urgence ». Natalie Jones aide à transporter les dons. « Imaginez-vous devant quitter tous vos biens et vos souvenirs, ils abandonnent tout derrière eux ». Mariella a elle aussi tout abandonné et a tout risqué. Sa famille est arrivée à Houston en avion avec un visa de touriste. Mais pas elle. Avant le départ il y a un an, elle s'est fait voler son visa. Elle a dû prendre des bus et passer à pied par le Rio Grande. Aujourd'hui, elle a un petit boulot de taxi, son émigration n'est pas forcément définitive pour autant. « Si le gouvernement change, si Maduro part, si le Venezuela commence à se remettre sur pied, nous pourrons probablement y retourner. » Sa fille Elsys n'a en revanche pas le même avis : « Je dois penser à mon futur. Si je rentre au Venezuela dans la situation actuelle, je n'aurai pas de futur ! ». Pour elle, l'avenir est ici, aux États-Unis.

    En Chine, la disparition des derniers vestiges du «zéro Covid»

    Play Episode Listen Later Jan 7, 2023 2:23


    C'est l'un des derniers piliers de la stratégie «zéro Covid-19» qui tombe en Chine. Après près de trois ans de fermeture du pays, les quarantaines à l'arrivée sur le sol chinois sont levées ce dimanche. En un mois, la Chine a fait table rase de sa politique sanitaire. De notre correspondant à Pékin, avec Louise May, du bureau de Pékin Une cabine de tests Covid-19 comme il y en avait des milliers sur les trottoirs de Pékin il y a encore un mois. Celle-ci est hissée sur un véhicule triporteur. « Elle sera revendue d'occasion plus tard sur internet », nous dit la compagne du transporteur. « C'est fini tout ça ! Il n'y a plus de « gros blancs », plus de tests à Pékin… La ville est ouverte ! » Pékin, ville ouverte… au virus. Autre disparition : celle des Dabai, surnommés les « gros blancs » pour leurs combinaisons blanches devenues symbole de la stratégie sanitaire chinoise. Dans chaque ville de Chine, les autorités sanitaires chinoises avaient mis en place un cabanon de tests Covid-19 pour 800 habitants. Dix travailleurs médicaux ou assistants sur chaque station. Monsieur Lee faisait partie de cette armée du « zéro Covid ». Travailleur migrant, il a suivi les foyers épidémiques l'année dernière dans l'est et le sud de la Chine. « D'abord, j'ai été à Hangzhou où j'ai aidé les autorités locales à collecter les tubes des tests Covid. Je faisais la tournée entre les laboratoires et 10 stations de PCR. Deux tours le matin et deux tours l'après-midi. Après je suis allé à Ningbo où j'ai travaillé comme gardien de centre de quarantaine, détaille monsieur Lee. Enfin, j'ai été à Canton, quand l'épidémie a éclaté là-bas ». Payés entre 30 et 40 euros la journée, depuis la levée des restrictions sanitaires, ces soldats du coronavirus ont perdu leur emploi. ► À lire aussi : Covid-19: comment la Chine est passée du «zéro Covid» au «full Covid» Nous sommes dans le nord de Pékin près de l'aéroport. Une grue soulève des cabanons Algeco qui sont démontés un peu plus loin sur le parking d'un parc des expositions. Chapka et veste molletonnée, le gardien à l'entrée explique : « Ça, c'était l'hôpital de campagne pour les malades à symptômes légers. Avant ça, il y avait une zone de quarantaine ici pour les voyageurs venant de l'étranger. Mais tout est terminé désormais. Le centre a été vidé, il y a 10 jours. Ils démontent tout maintenant. Ça ne reviendra » « 80 euros par jour pour le transport de cadavres » Vestige d'une époque là encore révolue, sur un mur, une bannière : « Point de transfert vers la zone de quarantaine » disent les caractères blancs sur fond rouge. Les quarantaines obligatoires à l'arrivée sont supprimées ce dimanche dans les aéroports en Chine. Quant à monsieur Lee, juste après avoir enlevé sa combinaison, il a attrapé le Covid-19. « J'ai perdu mon travail le 13 décembre. Le lendemain j'ai voulu me faire embaucher dans l'usine d'un ami et j'ai été infecté. Je ne suis pas inquiet, je pense que je pourrai vite retrouver un emploi dans le gardiennage. Et puis comme il y a beaucoup de gens qui meurent à Shanghai en ce moment, affirme Monsieur Lee, des agences proposent 80 euros par jour pour transporter les cadavres. » Transport de cadavres, revente sur internet des tubes et longs cotons tiges utilisés pour les tests, les derniers gagne-pain du « zéro Covid-19 » finiront par disparaître, affirme Monsieur Lee, content de sortir de ces trois ans d'enfermement. ► À écouter aussi : Chine: de la stratégie zéro Covid à une épidémie galopante

    L'inquiétant phénomène des gangs latinos à Madrid

    Play Episode Listen Later Jan 6, 2023 2:34


    Depuis le début de l'année, les règlements de compte entre gangs composés d'immigrés d'Amérique latine ont déjà fait cinq morts dans la capitale espagnole. Selon la Garde civile, ces bandes d'adolescents sont violents, de plus en plus jeunes et très présents à Madrid et sa périphérie. De notre correspondant à Madrid, Nous sommes dans le quartier de Villaverde, dans l'extrême sud de Madrid, une périphérie où vit une importante population issue de l'Amérique latine, principalement des Équatoriens, des Péruviens, des Colombiens et des Dominicains. Dans un marché, pullulent les petits commerces latinos, comme on dit ici. Et aussi des discothèques, où ont lieu l'essentiel des disputes violentes. Jorge est Péruvien. Il confirme que ces groupes violents de jeunes Latinos sont chaque fois plus présents dans le quartier. « Je les vois souvent, car je reviens du travail au petit jour. Ils sortent des discothèques. Une fois, je les ai surpris dans une rue où deux bandes s'affrontaient avec des tessons de bouteilles. Dans mon pays, cela arrive, c'est normal, mais pas ici. Cela m'a atterré », témoigne-t-il. Ces groupes d'adolescents sont nombreux. Les forty two, les Dominican don't play, les Trinitarios, la garde civile et la police nationale ne savent plus où donner de la tête, et constatent que les affrontements entre bandes sont de plus en plus nombreux, pour en découdre. Notamment ici à Villaverde où récemment un jeune a été tué de deux balles dans la nuque, en plein jour. « Ces bandes bougent beaucoup d'un quartier à l'autre, explique Rosa, une Équatorienne à la retraite qui œuvre dans une association de quartier pour tenter de freiner le phénomène de ces groupes rivaux. Je connais une discothèque où des jeunes s'y rendent pour s'amuser. Certains commencent à discuter pour un rien et les problèmes commencent. Ça peut s'envenimer jusqu'à l'utilisation d'une arme blanche. Dans cet endroit, il y a déjà eu un mort ou deux, voire plus. » De plus en plus jeunes et une éducation déficiente Ce qui inquiète le plus les enquêteurs, c'est que les membres de ces groupes sont de plus en plus jeunes, des adolescents de 13 à 16 ans, qui cessent d'aller à l'école. Ils rejoignent les rangs de ces mouvements, avec des rites d'initiation violents, au couteau, qui impliquent de s'attaquer physiquement à un groupe rival. Rosa pointe un grave déficit d'éducation : « En plus du problème parental, très souvent personne ne les élève. Ils regardent beaucoup la télévision, jouent aux jeux vidéo. La clé serait qu'ils puissent étudier comme de bons adolescents. » Il y a l'éducation, et il y a aussi le phénomène de la drogue, cocaïne, héroïne, crack. Juan Francisco est dominicain, professeur d'éducation physique dans un lycée de Villaverde Alto. Il connaît bien ces jeunes. « Comme ces bandes sont très territoriales, elles ne permettent pas que quiconque s'approche de leur zone, car elles craignent qu'on leur prenne leur part de marché, quelque chose qui leur serait inacceptable », explique-t-il. Les sociologues pointent divers facteurs pour expliquer cette montée de la violence entre groupes latinos : le manque d'emploi, l'expulsion en banlieue de familles immigrées, la pénétration des drogues. Sans oublier, souligne Juan Francisco, l'attrait pour des jeunes Latino-Américains déracinés d'appartenir à une tribu urbaine puissante et respectée.

    Pologne: l'académie de théâtre ferme faute de chauffage

    Play Episode Listen Later Jan 4, 2023 2:35


    En Pologne, les prix de l'électricité renvoient des étudiants à la maison. À Varsovie, l'université de théâtre ne rouvre pas au mois de janvier, comme c'était pourtant prévu dans le calendrier universitaire. Elle hibernera jusqu'en mars. Pour les étudiants, c'est le retour des cours à distance.

    Québec: les demandeurs d'asile confrontés au manque de services

    Play Episode Listen Later Jan 3, 2023 2:25


    Selon certaines projections, 50 000 personnes seraient arrivées au Canada l'an dernier en empruntant le Chemin Roxham, une route de campagne en théorie interdite entre les États-Unis et le sud du Québec. Des Haïtiens, des Mexicains, des Colombiens, des Congolais empruntent ce passage, car il leur permet de demander l'asile. La politique canadienne très restrictive d'octroi de visas limite les demandes à l'aéroport. Le problème, c'est que les organismes d'accueil manquent de ressources pour fournir un hébergement d'urgence et aider les migrants dans leurs démarches. Plusieurs doivent se résoudre à dormir dehors faute d'un toit disponible. De notre correspondante à Montréal, « On est obligés de refuser beaucoup de gens. Sur toute l'île de Montréal, on est trois organismes à faire de l'hébergement pour des familles demandeuses d'asile », explique Eva Garcia Turgeon. Elle coordonne le Foyer du monde, qui accueille une vingtaine de familles venues au Canada pour demander protection. Une goutte d'eau dans l'océan de migrants qui fuient leur pays pour aboutir à Montréal. À chaque semaine, on cogne à notre porte avec des personnes qui sont en pleurs, des femmes avec leurs enfants qui ne savent pas où aller dormir, où passer la nuit, parce qu'il n'y a rien, il n'y a aucune option pour elles. Là, c'est l'hiver qui s'en vient. Donc, ça fait peur, ça fait vraiment peur, parce qu'on n'a pas de ressources, et on n'a pas assez d'aide, pour pouvoir accueillir ces personnes-là. Depuis la réouverture des frontières avec les États-Unis, les demandeurs d'asile passent à nouveau par un chemin frontalier interdit, mais connu de tous, au sud du Québec. Ces dizaines de milliers de personnes arrivent à Montréal, une ville où le prix des appartements explose, comme l'explique cette Mexicaine d'origine. « Le problème, c'est qu'on a une crise de logement, et le propriétaire chaque jour augmente le loyer parce qu'il y a une demande. Je voudrais que le gouvernement aussi s'implique parce qu'il y a beaucoup de propriétaires qui sont abusifs », dit-elle. Les enfants vivent mal leur acclimatation Confrontés à un manque de services à leur arrivée au Canada, de nombreux demandeurs d'asile vivent difficilement leur acclimatation. Arthur Durieux, qui a fondé l'organisme d'hébergement Le Pont, constate que les conditions difficiles sur la route affectent aussi les enfants. Des jeunes enfants de 5 ou 6 ans qui ne parlent pas, qui sont soit très violents, soit très affectueux avec des personnes qui ne sont pas leurs parents ou leurs familles. On a des enfants qui ne grandissent plus, les parents nous disent ils ont arrêté de grandir, ils ne mangent pas correctement, ils dorment plus. Faire pipi au lit, faire des cauchemars, crier, tous les enfants qu'on a vus, on a observé des rapports de ça. Maria a dû fuir le Nicaragua et laissé son fils de 6 ans, après avoir été harcelée par la police lors des dernières élections. « Je n'avais plus accès à mes médicaments, le stress augmentait, mon moral était affecté », explique Maria. « Un jour, ils sont venus chez moi, en mettant tout à sac, et en me volant. Sur le mur, ils ont écrit des menaces de mort. C'est là que j'ai décidé de partir rapidement pour le Canada, pour ne pas mourir. » La jeune femme prépare sa demande d'asile, en espérant faire venir son fils d'ici à deux ans, si elle l'obtient.

    Allemagne: la transformation des exploitations minières se heurte à de nombreuses difficultés

    Play Episode Listen Later Jan 2, 2023 2:35


    L'Allemagne s'est fixée pour objectif de sortir de la production d'électricité à partir du charbon d'ici à 2038 au plus tard. La dernière mine de houille allemande ayant fermé en 2018, les mines de charbon encore en activité dans le pays n'extraient plus que du lignite, source importante de pollution. Cette activité se concentre dans trois régions : la Rhénanie, l'Allemagne centrale et la Lusace, qui sont d'ores et déjà engagées dans un processus de transformation progressive de leurs mines à ciel ouvert. Mais cette transformation se révèle plus difficile que prévu, car les enjeux sont à la fois économiques, sociaux et environnementaux.

    Au Royaume-Uni, les banques de chaleur se multiplient contre la crise énergétique

    Play Episode Listen Later Jan 1, 2023 2:36


    En raison de l'explosion des coûts, 60% des Britanniques doivent restreindre leur chauffage, et un sur cinq ne peut même pas l'allumer. Alors, des « banques de chaleur » fleurissent à travers le pays : des lieux publics ouverts à tous pour venir se réchauffer. Visite de l'une d'elles à Birmingham, la ville la plus affectée par la pauvreté énergétique. De notre correspondante à Londres, Tous les vendredis, ils sont une dizaine à se rassembler au centre communautaire de Nechells, au nord-est de Birmingham. Autour d'une table, on discute, on boit un thé… Entre ses deux petits boulots, Yunfang vient régulièrement, au lieu de rester seule chez elle dans la journée. « Ici, il fait plus chaud que chez moi. Il fait trop froid dans ma maison. Quand mon mari travaille, que les enfants sont à l'école, je ne vais pas allumer le chauffage pour moi toute seule… », dit-elle. À côté de la jeune femme, Bea grignote un biscuit. Cette quadragénaire a cessé de travailler après un AVC. Elle vient profiter d'un peu de compagnie ici et du chauffage. « J'ai une minuterie sur ma chaudière, elle s'éteint automatiquement dans la matinée et ne se rallume que le soir. Pour la même durée, mes factures ont doublé ! C'est difficile », déplore-t-elle. ► À lire aussi : Royaume-Uni: avec la crise, les banques alimentaires de plus en plus sollicitées 4 000 lieux recensés Dans la région de Birmingham, près de la moitié des habitants n'ont pas les moyens de se chauffer correctement. Beth Bailey, la gérante du Nechells Pod, est bien consciente des défis auxquels fait face le quartier. « Les gens que nous accueillons ici sont vraiment très affectés par ce problème », explique Beth Bailey. « Ceux qui travaillent travaillent pour des plateformes, comme Uber, ou ont des contrats précaires, et n'ont pas de revenus stables ni élevés. Ici, notre assistante sociale est conseillère en énergie, elle peut les aider dans les démarches pour obtenir des aides. » Cet hiver, plusieurs plateformes ont été lancées pour recenser 4 000 warm spaces, des églises, des gymnases chauffés ouverts au public. Ce n'est pas une première pour le Nechells. « C'est quelque chose que nous avons toujours fait, la seule différence, c'est que ça a un nom cette année et qu'on a pu avoir un peu d'argent pour couvrir les factures », ajoute Beth Bailey. « On est toujours ouverts dans la journée, n'importe qui peut venir, se faire une tasse de thé, se réchauffer, charger son téléphone… Tout ce qui peut poser problème à la maison. » ► À lire aussi : Crise énergétique au Royaume-Uni: des actions organisées jusqu'au British Museum Éviter la pérennisation du mouvement Les subventions viennent des associations, mais le conseil municipal n'a pas encore participé. Les politiques saluent l'élan de solidarité, mais les mouvements de lutte contre la pauvreté énergétique craignent que la nécessité des warm banks ne devienne permanente, dit Alexandra Considine, de Fuel Poverty Action. Des banques de chaleur, ça ne devrait pas exister. Nous savons que beaucoup de gens s'engagent, font en sorte d'aider leurs voisins à ne pas avoir froid. Mais nous estimons que ce n'est pas tenable. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Nous aurions dû investir dans le renouvelable il y a bien longtemps, nous devrions mettre en place un tarif de l'énergie progressif, pour que vous et moi n'ayons pas à payer aussi cher l'unité que le propriétaire d'une villa ou d'une piscine. Une nouvelle hausse des prix de l'énergie est attendue au printemps.

    Pérou: guide de randonnées, un métier émancipateur pour les femmes

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2022 2:34


    Longtemps exclues des expéditions touristiques au Machu Picchu, les femmes péruviennes sont désormais de la partie. Guides et porteuses sont de plus en plus nombreuses sur les chemins de randonnée. Reportage au départ d'un trek, à une centaine de kilomètres de Cusco.  Avec notre correspondante dans la région,  Sac à dos sur les épaules, bâtons de marche en main, Soledad et son collègue encadrent un groupe de 16 randonneurs. Au programme pour quatre jours de marche : 42 kilomètres et des passages à plus de 4 000 mètres d'altitude, pour atteindre la citadelle inca du XVe siècle, le Machu Picchu. « Aujourd'hui, c'est le jour le plus facile, nous allons au campement d'Ayapata. Ce chemin des incas, c'est comme notre bureau de travail. On y raconte notre histoire. Ce que je préfère, c'est la partager avec les groupes », raconte la guide.  Avant de venir dans la région de Cusco il y a deux ans, Soledad a travaillé dans la forêt amazonienne. Là-bas, les femmes sont guides depuis une dizaine d'années. Dans les Andes, c'est plus récent : Avant, beaucoup croyaient qu'on était le sexe faible, qu'on ne pouvait pas guider un groupe, marcher sur de longues distances. Ici, sur le chemin inca, il y a parfois des tarentules. Eh bien, on ne s'enfuit pas en courant !  Les mentalités changent peu à peu. Nous sommes les femmes d'une nouvelle génération. Les entreprises commencent à évoluer aussi : elles nous font plus confiance, à nous les femmes, car nous sommes plus responsables. Des qualités appréciées aussi chez les porteuses. Autour de Soledad, une vingtaine de porteurs en blouson vert fluo s'activent : tri des duvets, des matelas, des sacs de vêtements des touristes. Elle est la seule femme de l'expédition. Aujourd'hui, elle ne porte pas la jupe traditionnelle des Andes, mais un t-shirt floqué « Donner le pouvoir aux femmes ».  ► À lire aussi : Au Pérou, les jeunes influenceurs défendent coûte que coûte la langue quechua « Aujourd'hui, on a l'opportunité de gagner un peu plus » « Pour moi, rien n'est difficile, on peut tout faire ! Bien sûr, il y a encore beaucoup de machisme. Pendant longtemps, mon frère disait que c'était dangereux de travailler avec autant d'hommes », poursuit la jeune femme. Soledad a été l'une des premières embauchées, en 2018. Elle a candidaté après avoir lu une petite annonce dans les journaux : 70 euros pour quatre jours de portage.  « J'éduque mes deux fils seule, je dois tout payer : les factures, la pension…  Avant, je travaillais dans des restaurants comme femme de ménage, mais aujourd'hui, on a l'opportunité de gagner un peu plus. C'est sûr que ça nous éloigne aussi de la famille, mais c'est aussi pour leur bien », conclut la guide.  Parmi les 200 collègues de Soledad, on retrouve dix guides femmes et 20 porteuses. Le chemin vers la parité sera encore long, mais l'entreprise a déjà réussi à organiser une expédition avec une équipe 100% féminine l'an dernier.  ► À écouter : S'unir pour exister : le combat des rappeuses féministes d'Amérique latine

    Inde: comment le gouvernement Modi utilise l'histoire comme instrument politique

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2022 2:36


    Le 1er décembre, l'Inde a pris pour un an la présidence du G20. C'est une fierté pour ce pays émergent, que le gouvernement de Narendra Modi veut également utiliser pour promouvoir sa version de l'histoire au service de sa propre idéologie nationaliste. L'un des slogans mis en avant est en effet que l'Inde est la « mère de la démocratie ». Une affirmation contestée par beaucoup d'historiens indiens et qui dénote avec les atteintes portées aux droits démocratiques dans le pays. Avec notre correspondant à New Delhi,  On voit sur une vidéo de promotion du gouvernement indien le Premier ministre, Narendra Modi, prendre symboliquement le bâton de la présidence du G20 – ce groupe des 20 pays les plus industrialisés, devenu de plus en plus important sur la scène mondiale – au nom de l'Inde. Ce pays y est décrit comme « la mère de la démocratie ». On retrouve cette appellation à de nombreuses reprises dans la communication indienne. Elle est justifiée par New Delhi, en s'appuyant sur un livre qui vient d'être publié par le Conseil indien de la recherche historique, sous la coordination de son secrétaire, le professeur Umesh Ashok Kadam. « Des éléments de démocratie sont présents en Inde de manière continue depuis l'époque védique, soit plus d'un millénaire avant notre ère. Mais cela n'a pas été compris par les colons. Ils ont exclu les textes religieux, qu'ils considéraient comme des textes épiques et non de l'histoire, alors que ces écrits montrent qu'il y avait des conseils de village où toute la communauté participait », explique ce dernier.  ► À lire aussi : Inde : les laissés-pour-compte du « modèle du Gujarat » « Réécrire l'histoire de manière glorieuse dans le but d'inspirer les générations futures » Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur, lors d'une déclaration récente, et c'est dans ce sens que travaille ce centre de recherche public. Avec un risque : celui de tordre la réalité. Car ces conclusions sont contestées par beaucoup d'historiens indiens, comme Mahalakshmi Ramakrishnan, professeure d'histoire ancienne à l'université Jawaharlal Nehru.  « Il est connu qu'au Xe siècle, un village du Tamil Nadou organisait l'élection d'un conseil de représentants. Mais c'est un village de brahmanes, les élites et prêtres locaux. Ce n'est même pas au niveau régional, et encore moins généralisé à la société indienne. Ce n'est donc pas la même chose que de parler de démocratie telle qu'on la perçoit aujourd'hui », rectifie la chercheuse.  Cet exemple dévoile notamment à quel point, pour les nationalistes hindous au pouvoir, l'histoire est un outil politique qui peut être remodelé pour servir leur idéologie. C'est l'analyse Nilanjan Mukhopadhyay, écrivain spécialisé dans le mouvement nationaliste hindou : Ces gens ont une vision qui place les hindous au centre de l'Histoire. Ils modifient le passé pour démontrer que les musulmans sont des étrangers et des traîtres dans ce pays, et s'en servent pour glorifier l'histoire hindoue. Pour ce faire, ils utilisent les textes mythologiques comme preuves historiques. Par ce slogan, l'inde se targue aussi d'être un modèle de démocratie. Or depuis huit ans que Narendra Modi est au pouvoir, les arrestations d'opposants au régime ont explosé et les journalistes sont poursuivis pour leurs écrits, ce qui indiquerait plutôt un déclin de la pratique démocratique en Inde. ► À lire aussi : Inde : le BJP de Narendra Modi remporte une victoire écrasante dans le Gujarat

    Covid-19 en Chine: Langfang face à l'épidémie des «poumons blancs»

    Play Episode Listen Later Dec 30, 2022 2:38


    En Chine, la déferlante Omicron a pris de court les services de santé. Les soins intensifs sont saturés, notamment dans les villes moyennes de la province du Hebei, autour de Pékin. Reportage à Langfang.  De notre correspondant à Pékin et Louise May, du bureau de RFI en Chine, Des chariots-brancards poussés avec l'énergie du désespoir, des visages fermés sous les masques, voilà plus d'un mois que l'hôpital de Langfang se bat contre une épidémie qui a surpris les campagnes alentours. Ici, on cultivait les céréales, les légumes, les fruits, quand tout le monde est tombé malade, suite à la levée abrupte des restrictions sanitaires. Après trois semaines de silence, les commerces et les restaurants rouvrent peu à peu. Les salariés masqués retournent au travail et des TGV qui toussent font le plein, matin et soir, pour aller et revenir de la capitale chinoise située à une soixantaine de kilomètres. La vie normale a repris, dit la propagande. Mais pas aux urgences, où les personnes âgées, dans un état critique, continuent d'affluer.   Les températures sont descendues jusqu'à -12°C ces derniers jours dans les plaines du Hebei. De l'extérieur, la masse grise de l'hôpital Guandaojiu de Langfang semble frigorifiée. Une fois passé les grandes portes doublées de couvertures matelassées à l'entrée, les visiteurs aux regards inquiets accélèrent le pas, les bras chargés de couvertures, de vêtements et de victuailles pour les malades. Dans le hall d'accueil, les cris lancés aux smartphones sont autant de bouteilles jetées dans un océan d'incertitude : « c'est le troisième service d'urgence que je fais avec ma mère, martèle un homme d'une cinquantaine d'années et, à chaque fois, on nous répond qu'il n'y a pas de place ! » La plupart des hôpitaux de Pékin et sa région ont poussé les murs pour répondre à l'afflux des fiévreux. Mais tous les établissements ne disposent pas des mêmes ressources. Un chauffeur de VTC ronge son frein : « nous devons nous battre pour trouver des cachets contre la fièvre et un lit pour soigner nos anciens, comment se fait-il que nos usines qui produisent autant de médicaments n'aient pas été informées de l'ouverture du pays ? ». Patients sous dialyse L'ouverture de la Chine et des villes chinoises est une autre manière de parler du relâchement de la politique de prévention et de contrôle de l'épidémie annoncé par la commission nationale de la santé le 7 décembre. L'explosion des contaminations qui a suivi ce changement à 180 degrés de la politique sanitaire, affecte en priorité les personnes âgées. « Tous les matins, à 5 heures, j'avais de la fièvre et j'avais froid, raconte une septuagénaire. Je voulais prendre des médicaments antidouleurs, mais on en n'avait pas à la maison. J'ai envoyé mon mari en chercher, il n'en a pas trouvé ! J'y suis allée, j'ai fait sept ou huit pharmacies avant de trouver deux boites ». Les récits se suivent et se ressemblent. Généralement, l'étape d'après, c'est une respiration altérée et un état de santé qui se dégrade rapidement. Puis, la tournée des établissements de soins, en panique, jusqu'à trouver celui qui peut prendre en charge une mère, un père, un oncle, une tante en grande souffrance. Mais pour cela, il faut d'abord prendre un numéro dans la file d'attente. Faute de place, les patients s'effondrent dans les couloirs ou sont allongés à même le sol. La plupart doivent patienter quelques jours sous dialyse avant d'être hospitalisés, pour celles et ceux qui ont de la chance. Pas de lit sans « guanxi » C'est le cas de cet homme de 79 ans qui a fini par être accepté aux services des maladies respiratoires au huitième étage de l'établissement. C'est sa fille qui nous parle de lui et du combat qu'il a fallu mener pour arriver jusqu'ici : « Tout le monde a attrapé le Covid ici, affirme cette dernière. On a attendu en bas aux urgences pendant trois jours. Les médecins disent que les morts sont des personnes âgées, mais personne n'est venu nous voir. À chaque fois, on nous répondait : "il n'y a pas de lits." Si vous n'avez pas de relations, ne pensez même pas à venir ici. » Pas de lits sans « guanxi » (« relations » en chinois). Toutes les chambres du service des maladies respiratoires sont occupées par six patients, dont cette grand-mère de 74 ans, qui n'en revient pas d'être toujours en vie. « Vendredi dernier, je ne pouvais plus ouvrir les yeux, raconte-t-elle. Marcher entre le salon et ma chambre était devenu impossible. Mon fils m'a d'abord emmenée aux urgences de l'hôpital du peuple, mais il y avait tellement de monde qu'on ne pouvait même pas s'assoir. Puis, ils ont pris une radio de mes poumons. Ils ont dit : "tes poumons sont devenus tout blancs, toutes les parties sont infectées." Ma petite sœur a eu la trouille en voyant ça. Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle m'a trouvé une place ici ! » ► À lire aussi : Covid-19 : crainte du sous-variant chinois BF.7, Pékin se veut rassurant « Asymptomatiques au cimetière » Les « poumons blancs », marques de l'infection sur les scanners, ont envahi les réseaux sociaux. Ces images de bronches laiteuses ont rappelé à certains internautes les débuts de la pandémie à Wuhan il y a trois ans, déclenchant toutes sortes de rumeurs aussitôt démenties par les autorités. Ces dernières ont pourtant de plus en plus de mal à convaincre, vu le manque de transparence sur les statistiques. En plus d'avoir cessé de publier les bilans quotidiens de l'épidémie, les critères permettant d'établir ce qui définit une mort du Covid, en l'occurrence la pneumonie et l'insuffisance respiratoire, ont été réduits. Les médias d'État ne parlent jamais des décès liés à la pneumonie virale et répètent que la majorité des cas de contaminations au sous-variant d'Omicron sont asymptomatiques. « Cela fait 20 jours que mon beau-père est sous perfusions, s'emporte un voyageur à la gare. Ils parlent de 95 % de personnes qui n'ont pas de symptômes avec le Covid, mais moi, je n'en connais pas ! L'épouse du frère de mon père a été asymptomatique jusqu'au cimetière. » Nouveau coup de feu au huitième étage de l'hôpital de Langfang. Près de la sortie des ascenseurs, des lits de camps de fortune permettent à celles et ceux qui attendent des nouvelles de se reposer ou de pleurer. Un patient, visiblement au plus mal, vient de franchir les portes battantes sur une civière, direction les urgences. « Mon père a 74 ans. Il est trop malade cette fois. Il a les poumons blancs. J'ai vu d'autres patients dans le service qui ont aussi les poumons blancs. Mais avec des symptômes plus légers, c'est possible de s'en sortir. Là, on ne sait pas. Ils l'ont emmené, mais rien n'est sûr, selon les médecins. On n'a rien dit à maman », confie la fille du patient, en larmes, qui vient de voir son père partir sur un brancard. Rien n'est certain avec cette première épidémie, dont la région du Hebei a été l'épicentre mi-décembre. « Il y a des gens qui viennent des comtés voisins, confie une cheffe infirmière. L'hôpital reste sous pression et beaucoup de personnes âgées sont décédées. On fait tous notre maximum pour les sauver. Vous voyez ces respirateurs, ces équipements pour administrer de l'oxygène aux patients, mais leur corps est trop faible pour lutter contre ce virus. C'est vraiment une maladie qui décime les oncles et les tantes âgées. Et ça coûte très cher de rester en soins intensifs. » ► À lire aussi : Nouvelle vague de Covid-19 en Chine : l'Inde se tient prête Crématoriums débordés Les frais d'hospitalisation sont inabordables pour la plupart des familles. Il en est de même pour les funérailles. Comme à Pékin, les crématoriums sont débordés et obtenir une place ces jours-ci exige de la patience. Devant le grand funérarium de Langfang, les faux canons grimpés à l'arrière des pick-up funéraires font le tour du parking plusieurs fois par jour. Comme le veut la tradition, la pétarade vient chasser les mauvais esprits. Il n'y a presque plus de place pour se garer. Une épaisse fumée noire sort de la longue cheminée du salon mortuaire. « Il y a 4 à 5 fois plus de cérémonies en ce moment qu'avant l'épidémie, confie un employé à l'entrée. Il y a tellement de monde que l'on doit refuser des demandes. Avant, on comptait 8 à 10 personnes à incinérer par jour, en ce moment, c'est entre 30 et 50. »Puis l'homme vérifie dans son carnet. « L'affluence a commencé à partir du 11 décembre dernier. C'était juste après l'ouverture de la ville [la levée des restrictions sanitaires qui a entrainé une explosion des cas, NDLR]. » Devant la salle de deuil, les familles se bousculent pour accompagner les défunts dans leur dernière demeure. Mais là aussi, il faut patienter. « Nous avons dû attendre plusieurs jours avant d'obtenir une place, il y a 4 ou 5 morts qui attendent devant nous, indique l'un des accompagnants. Il y a tellement de morts du Covid, qu'ils gagnent de l'argent. La situation est sombre, et cela, à un prix pour les proches. Les frais d'hôpital, puis la morgue et la cérémonie funéraire, au total cela peut dépasser les 11 000 euros. » Une somme importante notamment pour les familles d'agriculteurs des environs encore sonnées, comme la plupart des habitants, par la fulgurance du mal qui décime les plus fragiles. « Ce virus est tellement fort que tout le monde a été touché, poursuit le chauffeur de VTC. Je n'avais pas attrapé de rhume en dix ans. Je n'avais pas de médicaments chez moi. Et j'ai été infecté comme la plupart des personnes que je connais en moins de six jours après la levée des restrictions sanitaires. »

    Iran: face à la répression du régime, le choix de l'exil

    Play Episode Listen Later Dec 29, 2022 2:34


    En Iran, dix manifestants attendent dans le couloir de la mort, alors que deux ont déjà été exécutés ces dernières semaines. Des morts qui s'ajoutent aux centaines des manifestations, victimes de la répression du régime de Téhéran. Une bonne moitié d'entre elles seraient kurdes. Certains choisissent de s'exiler face à cette violence, notamment en Irak où la frontière n'a jamais été fermée. Rencontre avec l'un de ces manifestants iraniens, devenu réfugié au Kurdistan d'Irak. Avec notre correspondant de retour de Souleymane,  Souleymane, ville de 800 000 habitants, est située aux pieds des montagnes qui séparent l'Irak de l'Iran. Nous sommes à 40 kilomètres de la frontière iranienne. D'anciens manifestants ont trouvé refuge ici, dont Salah. Ce Kurde iranien vient juste de trouver un poste de mécanicien au sud de la ville.  « J'étais dans une manifestation, il y a onze jours encore… Les forces gouvernementales sont venues me chercher la nuit suivante, chez moi, à deux heures du matin pour me mettre en prison. Là-bas, les gardes ont commencé à me frapper. J'ai un énorme bleu encore aujourd'hui sur l'épaule droite. Ils me demandaient pourquoi j'étais dans les manifestations. Je leur disais que je n'avais rien fait d'illégal ! Que j'étais simplement présent. Au bout de quelques jours, ils m'ont présenté à un juge. Mais j'avais les yeux bandés : je ne suis même pas sûr que c'était un vrai juge… À cet instant, je tremblais, j'avais vraiment très peur. Le juge m'a dit que qu'il allait me libérer, mais que si jamais j'étais repris à manifester, il donnerait personnellement l'ordre de mon exécution », retrace-t-il.  Une fois sorti de prison, Salah prend la décision de quitter l'Iran.   « Je suis allé dans une ville, proche de la frontière. Arrivé sur place, je me suis rendu compte que j'avais été suivi par les services secrets. J'ai passé une nuit là-bas avant de mettre le cap sur l'Irak. Arrivé à Souleymane, j'ai pris une chambre dans un motel et j'ai commencé à chercher du travail pour pouvoir survivre. Ce garage avait besoin d'un mécano, j'ai fait un essai et ils m'ont gardé », poursuit-il.  « Les manifestations en cours ne sont conséquentes que dans les villes kurdes » S'il retourne en Iran, Salah craint de se faire arrêter de nouveau pour des raisons arbitraires. « Si un policier ne croit pas le papier qui prouve que j'ai purgé ma peine de prison, je risque d'être à nouveau enfermé. Ici, je suis plus en sécurité qu'en Iran, mais je me méfie. Les services secrets de Téhéran sont partout. Ils peuvent me surveiller et penser que je prépare quelque chose. Alors, je dois prendre garde », explique-t-il.  Trois mois après la mort de Mahsa Amini, Jina de son nom kurde, Salah espère bien voir la République islamique tomber. Mais il doute d'une telle issue.  Évidement que j'espère que ce régime meurtrier va s'effondrer… Mais les manifestations en cours ne sont conséquentes que dans les villes kurdes. Il faudrait que les grandes villes perses comme Téhéran ou Ispahan se soulèvent bien plus ! C'est seulement comme ça que le régime pourrait tomber. En Irak, il n'existe pas de statut de réfugié pour les Iraniens. En théorie, Salah doit faire un aller-retour à la frontière dans 30 jours pour renouveler son visa.  ► À lire aussi : Contestation en Iran : la peine de mort reste l'ultime outil de répression

    L'inflation galopante ronge le porte-monnaie des Hongrois

    Play Episode Listen Later Dec 27, 2022 2:28


    Direction la Hongrie, championne d'Europe de l'inflation. La hausse des prix était de 23% en novembre, 25% prévu pour décembre. C'est le taux le plus élevé de toute l'Union européenne, où la hausse des prix est en moyenne de 10%. Certains Hongrois sont obligés de prendre un deuxième, voire un troisième emploi. Avec notre correspondante à Budapest,  Sur les marchés de Budapest, c'est l'affluence. Erzsébet fait ses courses, à l'affût des promotions, car les prix alimentaires ont augmenté de 44% depuis l'année dernière. Le prix des œufs et du pain a même doublé. « Tout est beaucoup plus cher ! Au moins 40% de plus ! La viande, le pain… Ah, le pain est inabordable ! Beaucoup de gens apprennent à faire le pain à la maison. Manger sainement, c'est devenu un luxe », témoigne-t-elle.  Pour lutter contre l'inflation, le gouvernement hongrois a gelé les prix de certains aliments : la farine, le lait demi-écrémé, certains morceaux de porc et de poulet… Ce gel des prix vient d'être prolongé jusqu'en avril prochain. Mais Erzsébet ne voit pas vraiment la différence dans son porte-monnaie : « Les gens se précipitent sur ces produits dont le prix est plafonné, décrit-elle. Du coup, les étagères sont vides, et si on veut du lait, il ne reste que le plus cher. Ce gel des prix, je ne vois pas en quoi il nous aide vraiment. »  ► À lire aussi : Hongrie : la flambée des prix de l'énergie annonce un hiver particulièrement rude Pourquoi l'inflation atteint-elle 25% en Hongrie, alors qu'en Europe elle n'est que de 10% ? C'est à cause de la guerre en Ukraine, répète le gouvernement de Viktor Orban. Mais pour Dora Györffy, professeur à l'université Corvinus de Budapest, c'est aussi dû à la politique économique du gouvernement :  En janvier 2020, le taux d'inflation était déjà de 4,7%, trois fois plus que la moyenne européenne ! Tout ça parce que depuis 2016, le gouvernement a constamment dévalué le forint, pour rendre le pays plus compétitif. Mais les importations sont devenues plus chères, et ça a nourri l'inflation. Pour Dora Györffy, le populisme de Viktor Orban a aussi contribué à la hausse des prix : « La deuxième cause de l'inflation, c'est l'énorme déficit budgétaire, affirme-t-elle. Avant les élections, le gouvernement a dépensé beaucoup d'argent : il a remboursé les impôts aux familles nombreuses, et il a versé un treizième mois aux retraités. » Ce sont les retraités qui subissent le plus les conséquences de l'inflation. C'est le cas de Katalin. Avec sa pension d'environ 380 euros par mois, elle n'arrive plus à payer ses factures. Alors, elle travaille à temps partiel dans quatre endroits différents : « Je travaille dans une pharmacie, je fais des ménages chez une famille, et aussi dans un bureau, et dans un café… Je m'en sors comme ça. » Le gouvernement a annoncé que les retraites seraient augmentées de 15% à partir de janvier. Mais cette hausse sera loin de compenser l'inflation. ► À lire aussi : Allemagne : l'inflation devrait rester haute dans les prochaines années

    Corée du Nord: l'inquiétude d'une transfuge nord-coréenne pour son pays

    Play Episode Listen Later Dec 26, 2022 2:33


    Plus fermée que jamais. Voilà plus de trois ans que la Corée du Nord a renforcé significativement le contrôle de ses frontières et de sa population pour contrôler la pandémie. Malgré des informations très limitées, l'isolement du pays inquiète de nombreuses ONG, notamment au sujet de la sécurité alimentaire des 25 millions de Nord-Coréens, alors que les récoltes n'ont pas été très bonnes dans l'un des pays les plus pauvres au monde. Une situation qui inquiète les quelque 30 000 transfuges nord-coréens passés au sud. Les températures glaciales de la capitale sud-coréenne n'effraie pas Kim Na-young*. À 26 ans, elle a passé 23 hivers en Corée du Nord, où le thermomètre peut descendre jusqu'à -30, avant de passer au sud. « Je n'ai personne de ma famille nucléaire, mais j'ai beaucoup de proches encore sur place comme ma grand-mère maternelle et ma tante qui m'ont élevée », raconte-t-elle. C'est dans les locaux du groupe des médias de l'unification, organisme visant à promouvoir les droits de l'homme en Corée du Nord, qu'elle nous accueille. Comme beaucoup d'autres transfuges, elle est inquiète pour son pays: « Depuis que je suis arrivée ici, j'ai été en contact avec des personnes en Corée du Nord à plusieurs reprises, donc j'ai entendu parler de la situation sur place et on m'a dit que c'était très inquiétant. Mais comme j'étais infirmière là-bas, c'était quelque chose auquel je m'attendais… » Un recours constant au marché noir pour se soigner Le pays a dû affronter une vague de Covid-19 qui a démarré officiellement en mai dernier et Na-young connaît les failles du système de santé nord-coréen. « Le système de santé est cent fois meilleur à Pyongyang que dans le reste du pays. Si vous voulez recevoir des soins, vous devez d'abord vous rendre à l'hôpital, le médecin vous donne une ordonnance et il faut aller à la pharmacie. Mais ça, c'est la théorie. Car en réalité, les gens vont au marché noir pour acheter des médicaments. La plupart sont des produits de contrebande. Il y a beaucoup de faux médicaments, certains qui viennent de Chine, d'Asie du Sud-Est ou d'Allemagne. Et le problème, c'est que même si les gens ont leur ordonnance, ils ne s'adressent pas à des pharmaciens mais à de simples commerçants. Et si vous voulez une opération ou un traitement particulier, il faudra absolument payer, même si officiellement c'est gratuit », explique la transfuge.  Le prix du riz en forte augmentation Autre source d'inquiétude : la situation alimentaire. De mauvaises récoltes et une baisse des importations dues au contrôle strict des frontières ont fait grimper le prix du riz, produit essentiel en Corée du Nord. « Pour les Nord-Coréens, si tu manges, tu vis, si tu ne manges pas, tu meures et c'est pour cela que le riz est aussi important. En travaillant à l'hôpital, j'ai vu des gens mourir de faim. Donc en fait pour les Nord-Coréens, la question déterminante ce n'est pas : qu'est-ce que je peux manger ? Mais est-ce que je peux manger ? Ainsi, en Corée du Nord, l'importance du prix du riz est similaire à celle du dollar pour l'économie mondiale. Tous les prix de tous les produits dépendent de celui du riz, c'est à ce point-là important pour la société nord-coréenne. Donc si les prix augmentent, ceux qui ne peuvent pas en acheter seront affamés, seront en mauvaise santé et pourront éventuellement mourir. En fait, la hausse du prix du riz, cela veut dire que les circuits d'importations fonctionnent mal et que tout va augmenter. Donc le pays sera plus pauvre et ce sera plus dur d'y vivre », détaille-t-elle. Malgré une hausse des coûts depuis le début de la pandémie, Na-young, comme beaucoup d'autres transfuges, continue d'envoyer chaque année de l'argent à ses proches en Corée du Nord. * Les prénoms ont été modifiés

    Jordanie: une ferme en plein désert utilise l'eau de mer pour faire pousser des légumes

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2022 2:36


    En Jordanie, plus de 50% de l'eau douce est utilisée pour l'agriculture, un secteur très aquavore dans un pays aride où la ressource en eau est très limitée. Dans le sud de l'État, à une quinzaine de kilomètres d'Aqaba, une exploitation maraîchère d'un nouveau genre a vu le jour il y a 5 ans. Une ferme au milieu du désert où faire pousser des légumes est devenu possible grâce à de l'eau de mer et un savant mélange de technologies. De notre envoyée spéciale à Aqaba, Dans cette vallée particulièrement aride, deux serres blanches se distinguent dans ce paysage ocre, sablonneux où rien en pousse. Ici, les températures peuvent atteindre les 45 degrés l'été, elles descendent à peine en dessous de 20°C degrés en hiver, et les jours de pluie se comptent sur les doigts de la main sur une année. À l'intérieur de la première serre, Mahmoud Al Shehab, l'un des employés de la ferme, s'affaire autour des cultures. « Je commence à récolter d'abord les tomates puis les poivrons... Je n'aurais jamais pensé que l'on serait capable de faire pousser des légumes dans le désert. C'est vraiment incroyable. » Ici les plantes sont cultivées hors sol, dans des grands bacs, l'irrigation se fait grâce à un système de goutte à goutte. « Comme vous pouvez le voir ici, il y a seau et un autre seau là-bas, ce qui nous permet de voir la quantité d'eau que l'on donne et celle que les plantes n'absorbent pas pour être sûr qu'on leur donne assez d'eau. Ici, l'eau, c'est tout ! » Un site autosuffisant en énergie Cette eau, si précieuse, elle est pompée dans la mer Rouge, à une quinzaine de kilomètres de là. « Ce que vous entendez, c'est l'eau de mer qui arrive dans les réservoirs sur la ferme, et cette eau passe ensuite dans notre processus de désalinisation », explique Blaise Jowett, le responsable de l'exploitation. « L'eau douce sert à irriguer les cultures, le reste de l'eau qui est encore très salée, alimente notre système de climatisation, l'eau est vaporisée dans les serres pour les rafraîchir », ajoute-t-il. « On utilise des ressources renouvelables que nous offre l'océan, et on arrive à produire. Ça n'impacte pas les ressources en eau douce jordaniennes. » Et pour faire fonctionner l'unité de dessalement de l'eau et le système de climatisation des serres, des panneaux solaires sont installés sur le site, ce qui permet à la ferme d'être autosuffisante en énergie. Un projet soutenu en Norvège Dans la chambre froide, des concombres et des aubergines attendent d'être vendus. « Nous les vendons sur le marché local, nous avons noué des liens avec les navires de croisière qui accostent à Aqaba et nous leur fournissons des légumes et puis, nous avons aussi essayé d'exporter vers la Norvège et ça a plutôt bien fonctionner », souligne Blaise Jowett. Ce projet de ferme éco-responsable est soutenu par une fondation norvégienne. Et Blaise Jowett et ses collègues ne comptent pas s'arrêter là. « À l'avenir, nous allons nous agrandir pour atteindre 10 hectares, mais l'idée, c'est d'accroître la portée de cette initiative, particulièrement en Jordanie, mais aussi dans d'autres régions arides. » Un projet de ferme similaire est censé voir le jour en Tunisie.

    Italie: Rome renoue avec la Fête de la Befana

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2022 2:37


    Sur la place Navone, à Rome, se trouve le plus caractéristique marché de Noël italien. Fondé en 1876, on l'appelle « la Fête de la Befana ». Du nom d'une drôle de sorcière qui, selon la légende, distribue, la nuit précédant l'Épiphanie, des bonbons aux enfants sages et du charbon à ceux qui n'ont pas été gentils. Mise à l'arrêt en 2019, en raison de la pandémie, la fête renaît avec de nouvelles attractions, à la grande joie des visiteurs qui pourront en profiter jusqu'au 6 janvier. De notre correspondante à Rome, Des rires, des regards émerveillés par les spectacles de marionnettes avec en vedette Pulcinella, personnage emblématique de la commedia dell'arte, le petit théâtre de Marvin Bucci, installé derrière la fontaine de Neptune, est une des nouveautés de la Fête de la Befana. Et Aldo semble aussi heureux que ses deux bambins « C'est super ! Il y a plein de monde, les enfants jouent avec des copains… On est tous ensemble à faire la fête. » La place Navone accueille 70 stands où l'on trouve toutes sortes d'objets artisanaux, notamment pour la décoration des crèches. Stefania De Angelis est une « presepista ». Elle crée des crèches en bois, des santons et autres éléments, selon un savoir-faire ancestral. « Pour notre famille, être sur cette place est une tradition. Ma belle-mère y était depuis 1944. J'observe une forte envie de se retrouver ensemble, de refaire les crèches et aussi l'envie de paix. Revoir la place avec tant de gens, cela m'émeut. » Parfums de douceurs sucrées Émotions, plaisirs et légèreté dans un bain de parfums mêlant marrons chauds, barbe à papa et mela stregata : une pomme recouverte d'un glaçage rouge flamboyant. Explications du commerçant Alfiero Tredicine. « La mela stregata est une spécialité romaine qui remonte à l'époque de la guerre. On l'aime vraiment beaucoup… Et à partir du 29 décembre, on verra de grandes chaussettes suspendues autour des stands pour la Befana ». La Befana est une sorcière bienveillante censée se déplacer sur un balai volant pour récompenser les enfants sages en garnissant leurs chaussettes de friandises, à l'occasion de l'Épiphanie. Mais avant, on attend bien sûr Babbo Natale… Juste à côté du manège, qui semble sorti d'un conte de fées, autre nouveauté : une boîte aux lettres pour soumettre ses désirs au Père Noël et à l'édile de Rome. Lisa, 10 ans, et Elio, 11 ans, nous confient ce qu'ils demandent au maire. « Pour ma ville, je voudrais que les rues ne soient plus envahies par les ordures et moins de pollution », dit l'un des enfants. « J'aimerais tant que les pauvres deviennent comme nous : ni riches ni pauvres ; la sérénité pour toutes les personnes », s'exclame l'autre. Avec ces paroles de sagesse, Lisa et Elio découvriront certainement leur chaussette remplie de petites douceurs par la mythique Befana.

    Les différentes grèves qui touchent le Royaume-Uni perturbent Noël

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2022 2:30


    Après deux Noël virtuels à cause de la pandémie, le Royaume-Uni s'apprête à passer un réveillon gâché par les grèves des transports, des postiers et par l'inflation qui a atteint 10,7% le mois dernier. De notre correspondante à Londres, Charlotte bien au chaud dans sa doudoune bleu marine ouvre la porte de son café. Il donne sur le marché de Noël, avec ses cahutes en bois ornés de décorations aux tons rouges. La commerçante aurait dû monter dans un train pour rejoindre sa famille, mais les grèves en ont décidé autrement. Exceptionnellement, elle conduira jusqu'à la maison de ses parents… « Je ne veux pas dépendre des trains, car je ne rentrerai jamais à la maison et je ne voulais pas dépendre non plus de la poste, je suis allée faire mes courses en magasin. Noël n'a pas été le même cette année, on n'a même pas l'impression que c'est Noël », constate Charlotte. Pourtant, les guirlandes lumineuses égayent cette petite ville médiévale, aux maisons à colombage et aux rues pavées. Elle attire de nombreux touristes en cette période, mais cette année, ils étaient moitié moins que d'habitude, regrette cette trentenaire. « Normalement tout le monde fait ses courses à cette période, même en soirée, cette année personne n'a fait ça, les magasins ne restaient pas ouverts, car ils ne pouvaient pas payer le personnel plus longtemps. » Une année « stressante » Anthony se tient de l'autre côté de la place, un sac dans une main. « J'ai le cadeau de ma mère… C'est un savon pour le visage et une bougie », indique-t-il. Cet avocat se dit peu touché par l'inflation. Il y aura des cadeaux sous le sapin pour tout le monde, sauf celui qu'il a commandé par internet. Il avait oublié la grève des facteurs. « Il a été expédié il y a une semaine, mais je n'ai toujours rien », dit Anthony. À quelques minutes du marché de Noël, une chorale s'est installée dans une rue piétonne. Carry écoute avec son fils William. Ils grignotent des bonbons dans un grand sac en plastique. Cette année a été stressante, raconte sa mère. « Il a fallu réduire les dépenses à cause du prix du carburant et de l'électricité qui grimpe, réduire le nombre de cadeaux aussi », explique-t-elle. « Nous prenons toujours quelques jours pour Noël, mais cette année, nous ne le ferons pas, c'est triste »,  Faire des économies pour les fêtes de fin d'année Selon l'Armée du salut, une personne sur cinq pourrait être allée dans une banque alimentaire pour préparer le dîner de Noël… Et des millions ont prévu de faire des économies pour ces fêtes de fin d'année. Presque la moitié de la population a réduit ses dépenses, explique Harry Kind membre de l'association de consommateur Which, qui vient de sortir une étude sur le sujet Que ce soit en offrant moins de cadeaux, de la nourriture moins chère ou même un quart des personnes qui ont l'intention de rester à la maison plutôt que de sortir voir leurs amis et leur famille. Les factures sont tellement plus élevées que l'année dernière ; l'énergie seule est deux fois plus chère, les gens doivent trouver 1200 euros de plus juste pour payer leur facture d'énergie. Quant aux prix de l'alimentation, ils ont augmenté de 20 %. Plus 22% même pour la traditionnelle dinde de Noël… Si bien que de nombreux Britanniques avouent faire l'impasse cette année…

    Liban: la production locale de jouets à l'assaut d'un marché en ébullition

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2022 2:38


    Au Moyen-Orient, où les deux tiers de la population a moins de 35 ans, le marché du jouet est en ébullition à l'approche des fêtes de fin d'années. Alors que le secteur est dominé par les marques occidentales, de plus en plus d'entrepreneurs arabes relèvent le défi. Loin des figurines Spiderman, Lego et Barbie, eux, fabriquent des jeux qui s'inspirent de la société et de la culture locale. Beaucoup de ces créateurs sont à Beyrouth où la crise économique a donné un coup d'accélérateur au « made in Lebanon ». De notre correspondante à Beyrouth, Sophie Guignon Au Liban, sous les sapins de Noël, les cadeaux fabriqués localement ont une place de choix cette année. Dans un magasin de jouet de la capitale, Rachelle Daou et son fils Mateo viennent essayer un kit de construction de maisons baptisé Bildits.  Muni de peinture, de mini-briques et de ciment « made in Lebanon », le garçon de 8 ans se glisse dans la peau d'un architecte. « Moi, j'adore ! Ça nous laisse travailler notre imagination », dit le petit Mateo. « Ce jeu l'aide à développer sa créativité et ça lui permet de travailler avec ses mains », ajoute sa mère Rachelle. Ce jeu, inventé par Nadi Chemaly, propose d'ériger une maison sans imposer de modèle culturel. « Si vous regardez tous les jeux ici, aucun d'eux ne vise le marché libanais. Les enfants libanais doivent toujours s'amuser avec les mêmes jouets que les Européens ou les Américains. Alors que les maisons qu'ils construisent, elles ressemblent vraiment à des maisons libanaises », explique Nadi Chemaly. Des jeux moins chers que ceux importés Alors que 95% des jouets sont importés au Liban, les produits locaux - jusqu'à moitié moins chers - sont une aubaine pour les parents dont le pouvoir d'achat s'est effondré avec la crise économique. Sur les hauteurs de Beyrouth, la menuiserie Bejjani tourne à plein régime. Ici, le Jakaroo, un jeu de stratégie jordanien, a été remis au goût du jour par Rafqa Achkar, une créatrice libanaise. « Il y a beaucoup de commandes sur le Jakaroo et les jeux de société. Depuis la crise, pour soutenir l'économie locale, on fait tout au Liban », dit Rafqa Achkar. Roy Bejjani, le menuisier, s'affaire sur ses machines de découpe de bois. Diversifier son activité lui a permis de sauver son entreprise de la faillite et de retrouver le sourire. « C'était un défi de réussir à produire cet objet au Liban. C'est un contexte difficile pour trouver des matières premières. Quand je commence à travailler sur les jeux, ça me rend heureux », souligne le menuisier.  9 % de croissance d'ici à cinq ans L'enthousiasme pour les jeux libanais touche aussi les adultes. Dans un café pour passionnés, tout le monde connaît Wasta, « piston » en arabe. Le gagnant de ce jeu de carte - créé par Elie Kesrouany - est celui qui survit au politicien corrompu, au banquier sans scrupules ou encore au voyou milicien. « La carte numéro 4, c'est l'immunité parlementaire. C'est un jeu satirique », indique Elie Kesrouany. « Au Liban, tout est basé sur les pistons. C'est un message sous forme de jeu, le but est d'amuser les gens, de les faire rire, mais ça les rend aussi très conscients de ce qu'il se passe. » Wasta s'est déjà vendu à 6 500 exemplaires. Avec une population jeune, le marché du jouet au Moyen-Orient devrait enregistrer 9% de croissance d'ici à cinq ans, la plus forte augmentation au monde.

    Afghanistan: les universités sont désormais interdites aux femmes

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2022 2:25


    En Afghanistan, les autorités ont annoncé mardi 20 décembre que les universités afghanes étaient interdites aux femmes. Depuis que les talibans ont pris le pouvoir, les filles sont privées d'enseignement secondaire. Les facultés publiques et privées du pays ont été informées par un courrier du ministre de l'Enseignement supérieur. Aucune explication n'a été fournie par le régime taliban pour justifier cette décision, qui entre en vigueur jusqu'à nouvel ordre. « Si nous sommes tous admis, nous entrerons. Si ce n'est pas le cas, aucun de nous ne participera aux cours. » C'est le slogan scandé par au moins une centaine d'étudiantes et d'étudiants solidaires, devant l'université de médecine de Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan, suite à la décision du régime. Auparavant, les universités leur étaient toujours accessibles à la condition que femmes et hommes soient séparés dans les classes et que seules des personnes âgées enseignent aux étudiantes. À Kaboul, des étudiantes qui se sont présentées aux portes de leurs facultés en ont été chassées à coup de crosse par les talibans. Un enseignant d'une faculté de médecine a accepté de se confier sous couvert d'anonymat. Mardi 20 décembre, aucune étudiante n'a été autorisée à pénétrer dans l'établissement. « La plupart de nos collègues féminines ont éclaté en sanglot, raconte-t-il. Pour être honnête, je suis aussi très triste. Je ne peux même pas expliquer ce que je ressens. Si nous continuons comme ça, je suis sûr que nous nous dirigeons vers l'obscurité. Le monde nous a abandonné au milieu de nulle part. » ► À lire aussi : Afghanistan : l'accès aux universités interdit aux femmes, « une étape supplémentaire de durcissement » « J'ai peur de l'avenir » À Kaboul, Rabia, étudiante en quatrième année de journalisme, est restée chez elle toute la journée, impuissante et désemparée. « Je n'ai pas peur des difficultés auxquelles nous sommes confrontées, mais j'ai peur de l'avenir, car je n'ai aucun contrôle là-dessus, confie-t-elle. Parce que ce sont d'autres personnes qui décident pour moi. Pourquoi : parce que je suis une fille. » Pour Leila, étudiante à Herat dans l'ouest du pays, la désillusion est à son paroxysme. « Ils mettent en place les mêmes restrictions que lors de leur précédent régime, explique-t-elle. La seule différence, c'est que cette fois-ci, ils le font de façon progressive et pas en une seule fois. Nous y avons cru, nous étions pleines d'espoir et nous étions confiantes. On pensait que les talibans avaient changé et qu'ils n'imposeraient pas de restrictions aux femmes cette fois-ci. » La jeune femme âgée de 23 ans refuse de se déclarer vaincue. Elle va poursuivre ses études à domicile, assure-t-elle, et se promet de ne jamais baisser les bras. ► À lire aussi : Afghanistan : première exécution publique officielle depuis le retour des talibans

    Italie: Befana la sorcière de Noël, un mythe traditionnel pour célébrer l'Épiphanie

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2022 2:37


    Direction Piazza Navona (place Navone, en français) à Rome, sur le plus caractéristique marché de Noël italien. Fondée en 1876, on l'appelle « la fête de la Befana », du nom d'une drôle de sorcière qui, selon la légende, distribue, la nuit précédant l'Épiphanie, des bonbons aux enfants sages et du charbon à ceux qui n'ont pas été gentils. Mise à l'arrêt en 2019, en raison de la pandémie, la fête renaît avec de nouvelles attractions, à la grande joie des visiteurs qui pourront en profiter jusqu'au 6 janvier. Avec notre correspondante à Rome, Des rires, des regards émerveillés par les spectacles de marionnettes avec en vedette Pulcinella (Polichinelle en français), personnage emblématique de la Commedia dell'arte, le petit théâtre de Marvin Bucci installé derrière la fontaine de Neptune est une des nouveautés de la fête de la Befana. Aldo semble aussi heureux que ses deux bambins : « C'est super ! Il y a plein de monde, les enfants jouent avec des copains… On est tous ensemble à faire la fête. » La place Navone accueille 70 stands où l'on trouve toutes sortes d'objets artisanaux, notamment pour la décoration des crèches. Stefania De Angelis est une « presepista ». Elle crée des crèches en bois, des santons et autres éléments, selon un savoir-faire ancestral. « Pour notre famille, être sur cette place est une tradition, explique Stefania De Angelis. Ma belle-mère y était depuis 1944. J'observe une forte envie de se retrouver ensemble, de refaire les crèches et aussi l'envie de paix. Ça m'émeut beaucoup de revoir la place avec tant de gens ! » Émotions, plaisir et légèreté Une ambiance légère dans un bain de parfums mêlant marrons chauds, barbe à papa et « mela stregata » : une pomme recouverte d'un glaçage rouge flamboyant. « La mela stregata est une spécialité romaine qui remonte à l'époque de la guerre, décrit Alfiero Tredicine, le commerçant. On l'aime vraiment beaucoup… Et à partir du 29 décembre, on verra de grandes chaussettes suspendues autour des stands pour la Befana ». La Befana est une sorcière bienveillante censée se déplacer sur un balai volant pour récompenser les enfants sages en garnissant leurs chaussettes de friandises, à l'occasion de l'Épiphanie. Mais avant, on attend bien sûr Babbo Natale, le Père Noël.  Juste à côté du manège qui semble sorti d'un conte de fée, une autre nouveauté : une boîte aux lettres pour soumettre ses désirs au Père Noël et à l'édile de Rome. Deux enfants nous confient ce qu'ils demandent au maire. « Pour ma ville, je voudrais que les rues ne soient plus envahies par les ordures et moins de pollution » affirme Lisa, 10 ans. Elio, d'un an son ainé : « J'aimerais tant que les pauvres deviennent comme nous : ni riches ni pauvres ; la sérénité pour toutes les personnes ! » Avec ces paroles de sagesse, Lisa et Elio découvriront certainement leur chaussette remplie de petites douceurs par la mythique Befana. ► À lire aussi : Noël en Allemagne : le sapin de la sobriété fait polémique

    New York continue à faire face à un afflux de migrants venus du Texas

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2022 2:29


    Aux États-Unis, les suites de la crise migratoire causée par le gouverneur du Texas. Le républicain Greg Abbott continue d'envoyer des bus remplis de migrants vers la Côte Est. Une manœuvre qui fait polémique et qui a été critiquée jusqu'au sommet de l'État. À New York, le maire a déclaré l'état d'urgence et les associations locales s'organisent du mieux qu'elles peuvent. De notre correspondante à New York, « Non, 10 et demi, c'est trop grand pour toi. Enlève-les ». À l'église Sainte-Rita, c'est jour de distribution de vêtements pour l'hiver. Depuis quelques semaines, cette église vient en aide aux migrants et demandeurs d'asile récemment arrivés à New York, comme Manuela, une Vénézuélienne de 26 ans accompagnée de sa fille et son mari : « Ici, on nous donne de la nourriture et des vêtements. Et nous sommes logés dans une chambre d'hôtel tous les trois ». Elle et sa famille sont arrivées, il y a deux semaines, après un long voyage périlleux : « On a mis 28, 30 jours. On a marché, pris des bus. On a quitté notre pays à cause de la crise économique, du manque de travail… tout ! » ► À lire aussi : États-Unis : des gouverneurs républicains déplacent des migrants pour dénoncer la politique de Biden « Expulsés » par le gouverneur du Texas Manuela fait partie de plus de 25 000 migrants expédiés en bus, depuis la frontière sud des États-Unis, par le gouverneur républicain du Texas. Ils arrivent souvent épuisés, affamés et perdus, selon Helen Foster de l'église Sainte Rita. « Ils leur disent juste qu'il faut partir. Ils sont mis dans un bus, leurs enfants sont dans un autre, ils s'inquiètent… Ils sont vraiment traités comme du bétail ». Face à ces arrivées massives, des associations d'entraide et des bénévoles ont mis en place des lieux de premier accueil offrant notamment un soutien psychologique. « On voit tout de suite qu'ils sont en détresse. Donc ce qu'on essaie de faire, c'est de vérifier s'ils vont bien et on leur offre un soutien émotionnel. Ils se sentent dépassés. Ils sont très reconnaissants d'être là, mais certains n'ont pas choisi de venir à New York. Et il y a beaucoup de choses qui font surface. Beaucoup d'entre eux sont sur la route depuis 35 mois et c'est la première fois qu'ils sont pris en charge, explique Mariposa qui fait partie d'une association de défense de migrants. « Certains ont des traumatismes, ils ont été exposés à des violences sexuelles, physiques, ils ont fait face aux difficultés météorologiques, ça fait beaucoup ! » déplore encore Mariposa. Elle se dit choquée par les décisions du gouverneur texan : « C'est vraiment dégoûtant de voir que des êtres humains sont utilisés comme des pions dans un jeu politique. C'est scandaleux, ça me dépasse. » Ces associations jugent également insuffisantes les solutions du maire pour loger les migrants. New York qui fait déjà face à une crise de logement se retrouve dépassée par ces arrivées massives. En tout, la prise en charge de ces migrants devrait coûter plus de 600 millions de dollars à la ville cette année. ► À lire aussi : États-Unis : les données personnelles de milliers de migrants publiées en ligne par erreur

    Les chrétiens de Beit Sahour en Cisjordanie, une communauté en voie de disparition

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2022 2:25


    Ils vivent principalement autour de Bethléem. Les lieux saints chrétiens sont en passe de devenir des musées, affirment-ils. Ils émigrent en grand nombre, notamment vers le continent américain. À Beit Sahour, la communauté compte 13 000 habitants où l'on compte une majorité de chrétiens. Avec notre correspondant à Jérusalem, Allumage du sapin de Noël, nous sommes à Beit Sahour, une ville avec plus de 90% de chrétiens. Un record dans cette région. À deux pas de Bethléem et de Beit Jala, en tout trois petites villes, derniers bastions chrétiens de Cisjordanie avec une communauté de 33 000 âmes. Samir Qumisyeh dirige, Al Mahd, une petite station de télévision chrétienne, une entreprise quasi familiale. Quatre de ses frères et un de ses fils sont déjà partis. « Du point de vue économique, la situation est très mauvaise. D'une manière générale, les gens souffrent. Il y a beaucoup de restrictions en raison de l'occupation et pour les chrétiens, la situation est désastreuse. Parmi les membres de notre communauté, beaucoup sont pauvres, les gens émigrent quotidiennement. Il faudrait trouver une solution, mais je suis pessimiste ! », ajoute Samir Qumisyeh. Pour le journaliste Elias Atrash dont une partie de la famille est également déjà installée à l'étranger, le taux de chômage élevé fait fuir la population : « L'avenir est très limité ici. À vrai dire, c'est plus facile en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine. Il y a des Palestiniens qui vivent partout dans le monde entier. Mais ici, c'est très limité pour trouver du travail. » Chercher une vie meilleure Et la situation a peu de chance de s'améliorer avec la nouvelle configuration politique en Israël, estime le maire de Beit Sahour, Hani al Hayek qui tente d'inciter les habitants de sa ville à tenir bon. « Ce sont les familles et les jeunes qui s'en vont. Ils cherchent une meilleure vie à l'extérieur. Nous faisons notre possible pour arrêter cette émigration. C'est important, bien sûr, de mettre un terme à l'occupation pour donner l'espoir aux gens que la vie, ici à Beit Sahour, est meilleure pour eux. » Cette année, la saison de Noël se présente sous un meilleur jour que les deux années précédentes. Les pèlerins ont repris le chemin de la principale attraction touristique de la ville : le site du Champ des Bergers tel qu'il est évoqué dans les évangiles. ►À écouter aussi : Décryptage - Cisjordanie : la violence au quotidien

    Côte d'Ivoire: les bienfaits sur l'environnement de l'agroforesterie et de la culture du cacao

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2022 2:33


    En Côte d'Ivoire, près de 80% du couvert végétal a disparu ces dernières années. La culture du cacao est souvent indexée. Et pourtant, il existe des initiatives durables, qui associent agroforesterie et culture du cacao. En témoigne l'expérience menée par Ambroise N'Koh, qui cultive du cacao de manière biologique. Ce planteur ivoirien a été primé en 2019 d'un International Cacao Awards. Un prix qui récompense les meilleurs cacaos du monde au salon du chocolat de Paris. De notre correspondante à Abidjan, Tous les matins, Ambroise N'Koh observe et parle à ses cacaoyers. « Ici, c'est Capitaine, mon arbre fétiche. Il est le seul cacaoyer qui, à ma connaissance, produit jusqu'à 450 cabosses par an. Il était stérile. Il m'a fallu passer seulement trois mois à ses pieds pour lui demander de ne pas être le dernier de la classe. Et aujourd'hui, il me le rend bien. ». Ambroise N'Koh, installé près d'Azaguié à 40 km au nord d'Abidjan, utilise des outils et des techniques traditionnels pour entretenir sa plantation de quinze hectares. Des plans de caféiers ceinturent la plantation de cacao. Ce producteur cultive aussi des agrumes et des légumes. Selon lui, l'agroforesterie crée un microclimat et un écosystème qui permet d'éviter d'utiliser des pesticides. « Un des fléaux qui frappent le cacaoyer, c'est une maladie considérée comme le sida du cacaoyer. Elle est transmise par le virus contenu dans la salive de la cochenille farineuse. Or quand une cochenille farineuse passe par une caféière, elle est dévitalisée. C'est la raison pour laquelle nous mettons la caféière autour du cacaoyer. De plus, dans la caféière, nous élevons ce que l'on appelle des fourmis rouges. Donc tous les insectes qui viennent de la forêt seront détruits à 80 – 90% par ces fourmis. ». Emprisonner le carbone Cette plantation fait aussi l'objet d'une analyse régulière : Mafoudia Soumah, une étudiante, calcule chaque jour, le carbone séquestré par chaque arbre de la plantation. « Je dois d'abord mesurer la hauteur de tous les arbres, y compris les cacaoyers ainsi que la circonférence, et je dois aussi analyser le sol. Les producteurs attendent le retour du calcul carbone. Car quand ils plantent des arbres, ils sont payés en fonction du carbone séquestré par arbre. » Des recherches ont démontré que le rendement était plus important grâce à l'agroforesterie. Dr Athanaze Yaou Bi, enseignant-chercheur à l'université de Bouaké : « Quand les feuillages tombent, les animaux viennent loger là, car il y a une forêt… ça améliore le rendement du cacao. » Ici, rien ne se perd. Les résidus issus du cacao sont transformés en beurre de cacao ou encore en jus. Des produits valorisés par un groupement de femmes, qui trouvent preneurs à l'étranger. ►À écouter aussi : Afrique Économie - Le cacao est-il en surproduction ?

    Colombie: à Medellín, des banques alimentaires comme rempart quotidien contre la pauvreté

    Play Episode Listen Later Dec 16, 2022 2:31


    Les Restos du cœur français ont inspiré d'autres initiatives à l'étranger : celle de la Fondation Saciar en est l'exemple. Avec l'aide de la directrice de l'Alliance française, dans les années 2000, une famille colombienne a ouvert la première banque alimentaire de Colombie. Aujourd'hui, son travail ne cesse de croître, car la pauvreté est omniprésente en Colombie. Depuis la pandémie, elle a augmenté. On estime qu'environ 21 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. De notre correspondante à Medellín,  Le quartier de Vallejuelos est situé au nord-ouest de Medellín, dans les montagnes. Il faut marcher une centaine de mètres sur un chemin étroit en ciment pour arriver à la cantine de la Fondation Saciar. Elle se trouve dans une paroisse, près de la station de téléphérique urbain. Dans ce quartier d'invasion, c'est-à-dire que ses habitants s'y sont installés sans autorisation à leur arrivée à Medellín, du lundi au vendredi, 110 enfants et 35 personnes âgées déjeunent grâce aux dons de la Fondation Saciar. Clemencia Tamayo est bénévole et responsable des « temples cantines ». « La pandémie a aggravé les besoins et la faim dans le pays, et donc par extension la nécessité d'avoir ces "temples cantines". On a aussi moins de donateurs. Parce qu'il faut le dire, les donateurs ont aussi des problèmes financiers. Ils ne sont pas en mesure de donner comme avant. En ce moment, il est donc plus compliqué pour nous de trouver des ressources pour soutenir ce type d'initiatives. Partout, il y a plus de besoins que l'on peut couvrir vue la situation économique. » Soulager financièrement les Colombiens La majorité des bénéficiaires sont des victimes de la violence. Ce sont des déplacés ou réfugiés qui ont fui leurs régions à cause du conflit armé ou de menaces. Ces Restos du cœur colombiens sont devenus leur deuxième maison : celle de l'espoir. Alba Tamayo est mère de deux enfants et habitante du quartier. « Ça permet de faire de grandes économies. Pour moi, c'est primordial. Je peux me coucher l'esprit tranquille, car je sais que mes deux filles vont pouvoir déjeuner le lendemain. Avec ma situation financière, je me suis toujours demandé si mes filles pourraient réaliser leurs rêves et travailler. Je ne savais pas si c'était possible. Grâce à ces lieux, elles peuvent s'en sortir. » 1 500 personnes aidées chaque jour Aujourd'hui, après plus de 20 ans d'existence, treize cantines ont vu le jour à Medellín et ses alentours. Tout fonctionne grâce aux dons, soit de particuliers, soit d'entreprises, mais aussi et surtout grâce à la chasse au gaspillage. Par l'intermédiaire du programme de récupération des excédents agricoles, Saciar a sauvé, en 2020, 3 000 tonnes de fruits et légumes. Pedronel Giraldo Araque, l'ex-directeur de la Fondation Saciar, explique : « Avec les banques alimentaires et les dons qu'on offre à plus de 450 organisations humanitaires, on aide directement environ 108 000 personnes. En plus de ça, on peut dire que 1 500 personnes sont nourries chaque jour de la semaine grâce à ce qu'on appelle nos "temples cantines" et nos cafétérias. » En Colombie, l'insécurité alimentaire touche plus de 54 % des Colombiens, tandis que près de 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année dans le pays.

    Au Qatar, les courses de chameaux restent le sport favori des habitants

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2022 2:34


    Au Qatar, où se terminera dimanche la Coupe du monde de football, les habitants ne sont pas forcément de grands passionnés du ballon rond. Les Qatariens adorent en revanche les courses de chameaux, une passion qui peut rapporter gros. Nous sommes au Hejen Racing Comité, à 25 kilomètres au nord de Doha. Un carré de pelouse taillé aux ciseaux, un parterre de fleurs, une piste ronde de 8 kilomètres et partout autour, des autoroutes et le désert. Il est midi, et on s'affaire. Après celles du petit matin, seize nouvelles courses sont programmées en début d'après-midi. Chameaux et chamelles doivent être préparés, harnachés et équipés d'un robot. Ali est l'un des éleveurs. « C'est un robot. Un robot pour la course. Il est harnaché sur le chameau. Et c'est lui qui va faire que le chameau coure vite. Avant, c'étaient des enfants, mais c'est fini depuis 20 ans. Trop dangereux. J'ai une télécommande et un talkie-walkie. Si je veux que le chameau accélère, j'active la cravache ou je crie dans le talkie-walkie. Il reconnaît ma voix et va plus vite. » Un sport qui peut rapporter gros Cravache activée, en piste ! À bord d'un gros 4x4 rutilant, course filmée et commentée en direct sur une télé et une radio dédiées. Adnan Yaya est chargé des relations publiques du comité. Il nous présente la course :  « C'est très important, oui, très important. C'est le premier festival de la saison ici et dans le golfe Persique. Aujourd'hui, les courses sont longues de 5 kilomètres. Vous allez voir de l'action ! - Il y a beaucoup d'argent à gagner ? - Oh oui bien sûr ! Celui ou celle qui va gagner va rapporter aujourd'hui à son propriétaire 400 000 euros par course si c'est une femelle, et 250 000 si c'est un mâle. Parce que les femelles sont différentes et plus rapides que les mâles. - Les femelles sont plus rapides ? - Oui, bien sûr, et leur prix est plus élevé parce qu'elles se reproduisent entre les courses. Elles sont bien traitées parce que si une femelle coure vite, elle donnera des petits qui courront vite aussi ! » Des courses dans tout le golfe Persique Peu ou pas de public, mais un ballet de voitures de part et d'autre de la piste. « Nous suivons toujours la course juste à côté des chameaux. Dans le dernier kilomètre, chaque entraîneur active sa cravache. Tous veulent gagner, ils encouragent les chameaux. Chaque bête comprend ses propres mots. Lorsqu'elle les entend, elle sait ce qu'on attend d'elle. » Après dix jours de course au Qatar, la caravane prendra la direction de Dubaï, avant Abou Dhabi, puis l'Arabie saoudite. C'est culturel et c'est ainsi chaque saison de novembre à mars.

    Au Québec, les municipalités s'efforcent de préserver les espaces sauvages

    Play Episode Listen Later Dec 14, 2022 2:34


    En marge de la COP15 à Montréal, des représentants d'organismes de protection de l'environnement et des villes du Québec se rencontrent ce jeudi 15 décembre. Au menu des discussions : la façon dont les municipalités peuvent en faire davantage pour prendre soin de la biodiversité sur leur territoire. Plusieurs d'entre elles prennent déjà des initiatives pour limiter le développement urbain, comme dans la ville de Québec. Avec 540 000 habitants environ, la ville de Québec compte un grand nombre d'autoroutes pour desservir les banlieues qui ne cessent de grignoter les territoires encore préservés. Pourtant, il y a quelques mois, cette municipalité décide d'acheter 150 hectares vendus par un promoteur non loin du centre-ville. Canards Illimités, un organisme qui protège les marais où vit la sauvagine, participe à l'acquisition de cet espace sauvage. Sébastien Rioux en est le directeur. « On y retrouve des lacs, des milieux humides, des grandes parcelles de forêt. C'est un milieu extrêmement riche en termes de biodiversité. On a sauté sur cette opportunité-là, sans hésitation. » Préserver des fonctions écologiques naturelles Un quart des milieux humides de la planète se trouvent au Canada. Ils conservent l'eau et la filtrent. Sébastien Rioux détaille les risques que représentent la destruction de ce type de zone en y construisant des routes ou des habitations. « En développant ce secteur-là, il y a une série de conséquences qui viennent avec ça. Il y a plus de nutriments dans l'eau, il y a certains milieux humides qui vont être drainés, certaines portions de forêts qui vont être enlevées. On vient couper le potentiel de biens et services écologiques du milieu. Donc, en le conservant intégralement, on vient préserver ces fonctions écologiques-là. » En protégeant le domaine de la Sagamité, la ville de Québec et Canards Illimités protègent aussi une zone située non loin d'un lac utilisé qui alimente 300 000 personnes en eau potable. La conseillère municipale, Marie-Josée Asselin explique : « On ne peut pas renoncer à investir dans la protection de la source d'eau notamment, mais aussi dans la protection de la biodiversité, on veut lutter contre les îlots de chaleur. Il faut garder des arbres, il faut garder de la verdure. C'est bon pour la santé mentale des citoyens aussi, on sait que lorsqu'on vit à proximité de la nature, les gens sont en meilleure santé. » Des taxes foncières retirées aux municipalités En protégeant cet espace, la ville de Québec investit finalement dans une infrastructure naturelle pour ne pas construire une usine de filtration d'eau plus tard. Ce faisant, elle renonce à des taxes foncières. Un choix que l'on observe dans plusieurs équipes municipales élues récemment et qui reflète un changement de mentalité au Québec, selon Marie-Josée Asselin. « Il y a quelques années, développer un nouveau quartier résidentiel en rasant un boisé, ouvrir des rues, il n'y avait personne qui s'opposait à ça, cela faisait partie de ce qu'on voyait un peu partout. Maintenant, chaque quartier qui se développe, les gens sont préoccupés du devenir des arbres, on doit justifier les actions qu'on pose, en fonction du long terme, en fonction de la crise climatique. Je pense que les élus sont représentatifs aussi des préoccupations des citoyens qui commencent à être de plus en plus tournés vers ces enjeux-là. » Les municipalités vont avoir besoin du soutien financier du gouvernement du Québec pour protéger leur territoire, car leurs revenus dépendent en très grande partie des taxes foncières.

    En mer Rouge, les coraux résistent au réchauffement climatique grâce à une particularité génétique

    Play Episode Listen Later Dec 13, 2022 2:41


    Les coraux ne couvrent que 0,2 % des fonds marins dans le monde. Pourtant, ils abritent au moins un quart de la faune et de la flore des océans. Plus de 500 millions de personnes en dépendent directement pour pêcher, attirer les touristes ou simplement continuer de vivre sur leurs terres, car le récif corallien protège de l'érosion. Problème : ils sont très sensibles au changement climatique. 99 % des coraux seraient incapables de survivre à des canicules marines de plus en plus fréquentes. Il y a toutefois un espoir selon les chercheurs : les coraux du nord de la mer Rouge, qui résistent à la hausse des températures et peuvent survivre dans une eau jusqu'à 5 degrés plus chaude. Depuis 15 ans, Fahad Galal emmène les touristes en excursion à la découverte des trésors sous-marins de la mer Rouge. Mais le moniteur de plongée craint pour l'avenir... « On s'inquiète vraiment pour les coraux. Parce que ces dernières années, il y en a beaucoup qui ont été abîmés. Près de 30 à 40 % d'entre eux ! Il y a une grande différence entre ce qu'on voit ici par rapport à il y a 10 ou 15 ans. On essaye de sensibiliser et de protéger les coraux, mais sans soutien de la part du gouvernement, on ne peut pas le faire correctement. » Une résistance génétique au réchauffement maritime Et ce jour-là, sur son bateau, équipé de son masque et tuba, Youval Arbel se jette à l'eau : « Là, on va plonger. On va voir les coraux, ceux qui survivent et qui souffrent du réchauffement climatique ». Sous l'eau, des dizaines de poissons multicolores nagent encore près du récif. Un spectacle époustouflant et un grand soulagement pour le directeur adjoint de l'association environnementale israélienne Zalul. « On veut protéger ces coraux parce qu'ils sont résistants au blanchissage thermique, qui cause la mort des coraux partout dans le monde. C'est une particularité génétique de ces coraux ici, au nord de la mer Rouge. » Cette résistance, héritée d'évènements géologiques et climatiques anciens, représente un grand espoir selon lui. « S'ils survivent, tous les coraux survivent, car il s'agit des mêmes espèces qu'ailleurs. Il s'agit juste de quelques gènes qui leur donnent cette résistance. On pourrait les faire se reproduire avec les autres coraux et ainsi sauver les coraux de toute la planète ! » Un risque accru de pollution en mer Rouge Et en plus du risque climatique, ces coraux doivent faire face à un danger plus immédiat : la pollution, explique Nadav Dasberg, également membre de l'ONG. « Il y a environ 2 ans, Israël a fait la paix avec les Émirats arabes unis. On est devenus amis ! C'est une très bonne nouvelle, car nous sommes pour la paix, mais avec ce rapprochement diplomatique a été conclu un accord pour que les pétroliers ne passent plus par le canal de Suez, mais rejoignent Israël et que le pétrole passe par un vieux pipeline jusqu'en Méditerranée, puis soit transféré en Europe. Cela va augmenter le risque de marée noire dans le golfe d'Aqaba. » De deux ou trois bateaux par an, il est prévu que 70 pétroliers empruntent ce passage chaque année. Une menace environnementale, mais aussi économique, rappelle-t-il. Le tourisme rapporte chaque année des millions d'euros à la région.

    Hongrie: la flambée des prix de l'énergie annonce un hiver particulièrement rude

    Play Episode Listen Later Dec 12, 2022 2:34


    Pour faire face à l'envolée des prix du gaz et de l'électricité, les Hongrois s'adaptent comme ils peuvent. L'inflation est l'une des plus élevées de l'Union européenne : 21% sur un an, et 40% pour l'alimentation. L'hiver s'annonce difficile, alors chacun fait comme il peut pour tenter de conserver un peu de chaleur. Reportage à Budapest, où le mot d'ordre est aux économies d'énergie.  Reportage à retrouver en intégralité dans Accents d'Europe à 19H10 TU.  ► À lire aussi : L'Europe face à la crise énergétique

    Corée du Sud: l'ultime concert des BTS rassemble plus de 50 millions de personnes en ligne

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2022 2:36


    Les BTS, le groupe de K-pop le plus écouté au monde, débute le 13 décembre 2022 une pause d'au moins trois ans. Les fans ultra-fidèles du groupe, les Army, étaient évidemment déçus, mais ils avaient eu le droit à un dernier concert en octobre. Un événement qui a rassemblé 50 000 personnes sur place et plus de 50 millions en ligne auquel s'était rendu notre correspondant en Corée du Sud. Les sept membres du boys band qui pèse plusieurs milliards de dollars, doivent effectuer leur service militaire et le premier, Jin, le plus âgé va débuter ce mardi ses 18 mois de service sous les drapeaux. ► À écouter aussi : Corée du Sud: BTS, le groupe de K-Pop le plus connu au monde, en mode pause

    La frégate «Chevalier Paul» en mer Baltique pour renforcer les positions de l'Otan

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2022 2:34


    Un fleuron de la marine française, le bras droit du porte-avion Charles de Gaulle, patrouille actuellement en mer Baltique. La frégate de défense anti-aérienne Chevalier Paul, intégrée à la mission « Brilliant Shield » de l'Otan a fait escale à Stockholm. Un signal donné à la Suède (et à la Finlande), pour leur témoigner du soutien de la France pendant leur attente d'adhésion à l'Otan. De notre correspondante à Stockholm,  C'est un colosse de 153 mètres de long et de 42 mètres de haut. La frégate Chevalier Paul abrite 200 marins et plus de 40 missiles de moyenne et longue portée. Ce soir, la presse suédoise est conviée à bord. C'est donc en anglais, depuis la passerelle de pilotage, que le commandant Anthony Branchereau décrit sa mission. « Ce qu'on offre à l'Otan ici en mer Baltique, c'est notre capacité très ample de détecter tout ce qui passe dans l'espace aérien. Les vols commerciaux, à plus de 10 000 mètres de haut, toute l'activité militaire liée à l'Otan. On travaille aussi avec les forces aériennes suédoises, on s'entraîne avec vos avions militaires, les Grippen. Et on est là pour surveiller les activités de l'armée de l'air russe entre Saint-Pétersbourg et l'enclave de Kaliningrad, au sud de la Baltique. Pour être prêts, pour anticiper, pour connaître les activités menées par les forces russes. » Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Otan a doublé sa présence dans la Baltique pour renforcer le flanc est de la frontière européenne. Avec son radar d'une portée de 500 kilomètres, le Chevalier Paul, une fois posté au milieu de la mer, a l'œil sur toute la région. « Il y a 50 ans, beaucoup de pays de la région étaient sous la tutelle de l'URSS. Mais depuis que les États baltes, que les Polonais, les Danois et les Norvégiens ont rejoint l'Otan, et peut-être demain la Suède et la Finlande, si on regarde une carte, on peut dire que la Baltique – qui était un lac russe avant – est devenue un lac de l'Otan », poursuit le commandant Anthony Branchereau. Coopération  Sur le pont, une piste d'hélicoptères, des lanceurs de missiles, des cheminées infrarouges pour capter et brouiller les signaux. Le navire peut lancer une attaque en quatre secondes et atteindre une vitesse de trente nœuds en deux minutes. Pour Jérôme Chevalier, l'attaché de la Défense française en Suède, l'escale du Chevalier Paul à Stockholm est aussi une opération diplomatique : « On a permis au personnel du FMB, l'équivalent de la DGA française qui s'occupe des programmes d'armement suédois, de nous visiter pour s'intéresser à des systèmes très particuliers puisqu'ils voudraient acquérir les mêmes sur leurs bâtiments. » C'est la première fois que la frégate navigue dans la Baltique, l'occasion de tester le matériel dans des conditions glaciales : les températures prévues pour les prochaines semaines sont bien en dessous de zéro.

    Mondial 2022: Sialkot, Pakistan, fleuron du ballon rond au pays du cricket

    Play Episode Listen Later Dec 9, 2022 2:45


    C'est à 1 800 kilomètres des stades qatariens que les ballons de la Coupe du monde ont été fabriqués : à Sialkot, dans le nord du Pendjab, au Pakistan. Le pays fou de cricket est devenu au fil des dernières décennies une grande industrie du football qui a permis à la ville de devenir un fleuron du ballon rond. De notre correspondante à Islamabad, Des milliers de ballons blancs nacrés aux zébrures dorées bleues et rouges sont alignés sur des charriots de l'usine Forwards Sports. Située à Sialkot, dans le Pendjab, au Pakistan, elle garde bien secrètes les étapes de fabrication d'« Al Rihla », le ballon officiel du Mondial 2022. Elle est la seule au monde, avec une autre située en Chine, à le fabriquer. Champion de la fabrication du ballon rond « Et voici pour finir la station d'inspection finale. Ici, nous vérifions le poids du ballon, sa taille, sa rondeur, et aussi son design », indique Hassan Masood, directeur de Forward Sports, une entreprise familiale initiée par son grand-père en 1975. L'usine a fabriqué les ballons des trois dernières Coupes du monde. « Ici, nous avons des travailleurs hautement qualifiés qui ont savoir qui s'est transmis depuis le siècle dernier. Leur savoir-faire, qui a commencé par la couture à la main, s'étend maintenant à la reliure thermique et à d'autres technologies. Mais l'état d'esprit, les compétences et la capacité d'apprentissage des habitants de cette ville sont la principale force derrière le développement de ces productions », assure le chef d'entreprise. Sialkot est la grande gagnante du ballon rond sur le plan économique. Elle a résisté à la montée de la Chine, à l'automatisation et à l'instabilité politique et économique du Pakistan, pour construire un pôle de fabrication de football et de sport de classe mondiale, attirant des marques de premier plan. Sur les terrains, c'est une autre histoire. À l'extérieur de l'usine Forwards Sports, s'étend un terrain de football. Sur la pelouse, aucun ballon rond, mais des joueurs de cricket, le sport favori des Pakistanais, dont l'équipe nationale a été finaliste lors de la récente Coupe du monde en novembre dernier. Quant au football, l'équipe pakistanaise ne s'est jamais qualifiée pour une Coupe du monde de la Fifa. Elle peine à se faire une place et n'a jamais été sélectionnée pour une compétition internationale. Absent des compétitions de football Sur un terrain de Sialkot, Malik Abdul Aziz encourage son équipe de juniors. « Nous devons garder notre défense bien serrée, nous devons bien faire le marquage individuel, et surtout les milieux de terrain doivent être très bons, leur rappelle-t-il. Bonne chance les gars. »   L'entraîneur, professeur de sport et passionné de football, a créé son club il y a onze ans. Il compte à ce jour 500 membres, dont une vingtaine de filles. Il regrette que le ballon rond n'ait pas plus de place au Pakistan. « C'est la troisième fois consécutive que les ballons de la Coupe du monde sont fabriqués dans cette ville, mais Sialkot n'a même pas de stade de football. Les principaux revenus de la ville proviennent de l'industrie du sport, mais il n'y a pas d'infrastructure sportive digne de ce nom », regrette l'entraîneur.  « Nos joueurs manquent de professionnalisme, les entraîneurs ici manquent de professionnalisme, et il n'y a pas de véritable intérêt développé pour le football. Quand vous prenez l'exemple du Sénégal ou du Ghana, ce ne sont pas des pays riches, tout comme le Pakistan. Ils sont même plus pauvres que le Pakistan. Mais ils ont cette culture, tout comme le Qatar qui l'a développée, ajoute Malik Abdul Aziz. Mais ici, nous n'avons même pas cette base de départ. Sans cela, nous ne pouvons pas avoir de bonne équipe au niveau national ou international. » La plupart des joueurs de Malik Abdul Aziz n'ont pas les moyens de payer les frais d'inscription mensuels qui s'élèvent à 750 roupies soit 3,18 euros. L'entraîneur ne demande qu'à 20% des membres de s'en acquitter afin d'encourager les plus démunis à intégrer son club.

    Pays-Bas: les exploitants agricoles sous serres étouffés par les prix de l'énergie

    Play Episode Listen Later Dec 8, 2022 2:29


    On la présente souvent comme la Silicon Valley de l'agriculture : la région du Westland aux Pays-Bas. C'est sur cette terre d'innovation que les Néerlandais ont développé la culture sous serres, ce qui fait du pays aujourd'hui le deuxième exportateur mondial de fruits et de légumes, derrière les États-Unis. Mais avec l'augmentation des prix de l'énergie, les factures de gaz ont explosé et c'est tout un secteur qui est en difficulté.  Leo Van Der Lans garde le sourire. Les temps sont pourtant durs pour son entreprise. À l'abri de ses serres, des tomates s'alignent à perte de vue. Pour qu'elles poussent en hiver, la technique est bien connue de sa famille depuis des décennies : une température ambiante, des néons pour remplacer la lumière naturelle... Mais tout cela consomme beaucoup trop d'énergie.  « Le problème, c'est que les prix du gaz sont incroyablement hauts. On est passé de 15 à 20 centimes d'euros le mètre cube, à 1,60 ou 1,70 euro, relate l'agriculteur. On a même atteint à un moment 2,50 euros ! C'est beaucoup trop pour faire pousser des tomates. » Léo Van Der Lans n'a donc pas le choix : pour faire des économies, ils vont devoir freiner leur production. « On limite notre utilisation des lumières artificielles et on va aussi retarder la plantation de certains plants de tomates, explique-t-il. Cela devrait nous permettre de réduire de 20 à 25% notre consommation de gaz par rapport à ce qu'on consomme habituellement »  ► À lire aussi : Coûts de l'énergie : la filière endive en sursis « Nos producteurs ne peuvent pas faire face » D'après l'association Glastuinbouw, qui représente les professionnels du secteur, les exploitants agricoles sous serres ont dû réduire leur consommation de gaz de près d'un quart. « La situation sur le plan énergétique évolue trop vite en ce moment. Et nos producteurs ne peuvent pas faire face, explique Jean Aerts, spécialiste en énergie. On estime qu'ils ont dû réduire leur production sur 40% de leurs parcelles. Nous sommes en crise aujourd'hui. » Et cela se ressent déjà, avec cet hiver moins de tomates, de poivrons ou de concombre néerlandais exportées vers les supermarchés européens. Les fleurs, autre produit phare issus des serres des Pays-Bas, sont aussi touchées. Woutert Duijvesteijn cultive des chrysanthèmes. Il fait le choix de l'innovation. « Nous avons changé tout notre système d'éclairage pour le remplacer par des LED, expose-t-il. Ça nous permet de réduire notre consommation d'énergie de 50%. Ici, nous avons aussi une machine alimentée en gaz, qui produit de l'électricité. Lorsque la demande est forte, on revend une partie de cette électricité à des entreprises. On évolue, on s'adapte et on innove. Mais notre défi, c'est vraiment d'aller vers moins de gaz. » Woutert en est sûr : d'ici cinq à dix ans, les Néerlandais sauront une nouvelle fois innover sous leurs serres pour se passer totalement du gaz.  ► À lire aussi : Rachid Mrabet (Giec) : « Il faut aller vers une agriculture écologiquement intensive »

    Allemagne: une place renommée au nom du héros national camerounais Rudolf Douala Manga Bell

    Play Episode Listen Later Dec 7, 2022 2:23


    En Allemagne, les autorités berlinoises ont renommé la semaine dernière une place du nom du roi Rudolf Douala Manga Bell, véritable héros national au Cameroun. Ce résistant fut pendu en public par les colons allemands en 1914 pour s'être opposé à une décision de l'administration coloniale. Ce changement de nom n'est pas le premier, la ville de Ulm avait déjà fait de même récemment. C'est en tout cas un pas important vers la réhabilitation de ce résistant africain et une nouvelle étape dans le travail de mémoire des Allemands. À Berlin, Delphine Nerbollier revient sur ce processus de réparations tardives de la part des Allemands.

    Québec: pour sauver le caribou forestier, ONG et communauté autochtone s'organisent

    Play Episode Listen Later Dec 7, 2022 2:24


    Le bourdon à tache rousse, la chauve-souris nordique, la raie tachetée, la couleuvre brune font partie des espèces que le gouvernement du Québec vient de placer sur la liste des espèces menacées à l'occasion de l'ouverture de la COP15 sur la biodiversité à Montréal. Cependant, le caribou forestier, qui ressemble beaucoup au renne de Laponie, ne bénéficiera pas de nouvelles mesures de protection alors qu'il a quasiment disparu de la vallée du Saint-Laurent. Les organismes de défense de l'environnement s'inquiètent de sa possible disparition. « Nos grands-parents, mon grand-père entres autres, chassaient le caribou. Le nord de notre territoire, c'était une forêt de caribous il n'a pas si longtemps. » Louis Lesage veille sur le territoire des Wendats, une des nations autochtones établie un peu au nord de la ville de Québec. Comme beaucoup d'autres, il constate la quasi-disparition de ce quadrupède un peu moins gros qu'un cheval dans le sud du Québec. Il a fallu mettre une quinzaine d'individus dans un enclos pour les protéger, à 1h30 à vol d'oiseau de là. Pour lutter contre ce déclin, la communauté wendat a pris une décision. Réguler le nombre de prédateurs « Faut prendre un choix déchirant, à un endroit précis, dans un secteur précis, là où les femelles caribous mettent bas, on va essayer d'éliminer le plus possible les prédateurs qui sont là, principalement l'ours. L'ours, au printemps, est un prédateur très important des jeunes caribous. » Au printemps, les Wendats piègent donc l'ours. Sauf que d'autres prédateurs s'attaquent aussi aux caribous, notamment le coyote et le loup. Cependant, ce sont surtout les coupes forestières qui précipitent sa disparition, comme l'explique la biologiste Marianne Caouette de Nature Québec, un organisme qui défend l'environnement. « La cause ultime du déclin du caribou au Québec, c'est la transformation de l'habitat par les activités humaines et tout particulièrement par l'exploitation forestière. Toutes les coupes forestières et la construction des chemins forestiers, ça va vraiment nuire au caribou, mais aussi favoriser ses prédateurs. C'est un indicateur de la santé de nos écosystèmes, de notre environnement. Donc, quand on perd le caribou, on sait que quelque chose ne va pas bien dans l'écosystème. Ce n'est pas seulement le caribou qui va disparaître, mais probablement beaucoup d'autres espèces. Et cela a un impact sur nous les humains qui profitons de ce que la nature nous offre. » Recréer un environnement propice au caribou Conscients de l'importance de disposer de forêts sans coupes forestières, les Wendats veulent relier entre eux des parcs régionaux et des territoires au nord de Québec pour créer un environnement propice aux espèces sauvages. « Dans quelques années, on va se ramasser avec un immense territoire de vieilles forêts, très bonnes pour le caribou dans le futur. Donc, a cette chance-là ici d'avoir des secteurs forestiers qui vont être prêts à accueillir le caribou quand on va le relâcher de là où il est en enclos », explique Louis Lesage. Pour l'instant, le gouvernement du Québec refuse de prendre de telles mesures, mais la société civile veille au grain.

    Irlande: la crise du secteur de la tech provoque de l'inquiétude

    Play Episode Listen Later Dec 5, 2022 2:35


    En Irlande, après deux années de pandémie qui ont boosté le secteur, les licenciements se multiplient chez les géants du numérique qui font face à une crise. Le secteur de la technologie de l'information dans le pays représente 140 000 emplois, soit 6 % de l'emploi total. Un poids économique qui risque aujourd'hui de coûter cher à l'île. Car si l'Irlande a réussi à sortir quasiment indemne de la pandémie, c'est grâce aux recettes fiscales générées par ces multinationales. Ces suppressions de poste pourraient coûter 10 milliards d'euros à l'Irlande.

    Royaume-Uni: avec la crise, les banques alimentaires de plus en plus sollicitées

    Play Episode Listen Later Dec 4, 2022 2:35


    Choisir entre se chauffer ou se nourrir : au Royaume-Uni, ce dilemme touche de plus en plus de monde. L'inflation a atteint 11% ce mois-ci et les factures d'énergies explosent. À Londres, de moins en moins de personnes sont épargnées par la crise.  De notre correspondante à Londres, Des vitraux aux couleurs vives éveillent cette journée pluvieuse. Il fait froid dans cette église à Hackney, dans le nord de Londres. Les bénévoles emmitouflés dans leurs manteaux servent des sacs remplis de nourritures. « Pâtes, riz, jus de fruit, légumes en boîte, biscuit, sucre… », énumère Clive. Il travaille pour la banque alimentaire depuis sept ans. Il voit de plus en plus de nouvelles têtes franchir le seuil du lieu de culte. C'est le cas de Simon, comédien de 28 ans. « C'est ma première fois dans une banque alimentaire, ça fait trois semaines que je ne mange que de la soupe et du pain, donc j'ai un peu faim. Je ne mets pas le chauffage, j'utilise le moins possible l'électricité », indique-t-il. « On ne peut pas continuer à s'agrandir » Son visage caché derrière son bonnet noir et son masque révèlent des yeux verts fatigués. Depuis qu'il a attrapé le coronavirus, il ne peut plus postuler de nouveaux emplois. Des cas de Covid long qu'on voit souvent, explique Pat, des boucles grises tombent sur son visage souriant. Elle dirige la banque alimentaire depuis 10 ans. La demande n'a jamais été aussi élevée, même pendant la pandémie. « On s'attend à ce que ça dure encore au moins 2 ans. Quelque chose doit changer, car de plus en plus de personnes ont besoin de notre aide. On ne peut pas continuer à s'agrandir », craint Pat Une chose l'inquiète encore plus, le profil de ses nouveaux clients : des familles dont les parents travaillent, si bien qu'elle doit adapter les horaires. « Des infirmières, des professeurs… Nous avons dû mettre en place un nouveau créneau, le vendredi soir, de 18h à 20h, qui permet aux personnes qui travaillent de venir dans notre banque alimentaire. Jusqu'ici, nous n'avions jamais eu besoin d'ouvrir le soir. » D'une crise du coût de la vie en crise de santé publique ? Pat fait un signe de la main à une dame d'un certain âge qui vient d'entrer dans l'église avec son caddie. Elle n'a pas très envie de parler de sa situation comme la plupart des gens ici. « On n'utilise plus la lumière et pas le chauffage, donc on a froid. Depuis ce matin, j'ai un peu de gaz, au moins on pourra boire quelque chose de chaud », explique la femme. L'association qui gère ces points de distribution dans le pays a publié ses derniers chiffres. En 6 mois, 320 000 nouvelles personnes ont fréquenté une banque alimentaire. Le rapport à la nourriture change, alerte Susan Jebb de l'organisme britannique Food Foundation,  Nos dernières chiffres montrent qu'un tiers des personnes interrogées nous déclarent qu'au cours du dernier mois, elles ont sauté un repas ou mangé un repas beaucoup plus petit que d'habitude parce qu'elles s'inquiétaient du prix des aliments. Et c'est une augmentation dramatique par rapport à il y a seulement 6 mois. Elle craint que cette crise du coût de la vie se transforme en crise de la santé publique. 

    Inde: Goa, le havre tropical des Russes qui fuient la guerre

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2022 2:36


    Bien loin du froid et du climat politique de Moscou, de nombreux Russes ont trouvé refuge dans l'État balnéaire de Goa pour éviter la conscription. Ici, on fraternise avec les Ukrainiens et on fait la fête pour oublier le conflit. Avec la bienveillance de l'Inde qui délivre très facilement des visas aux Russes, tout en refusant de condamner Vladimir Poutine devant les Nations unies.  De notre envoyé spécial à Goa, Un barman ukrainien, des conversations en russe, des sourires, un fond de musique électro. Au nord de Goa, le café Sho est un incontournable pour les touristes de Russie. La saison commence pour eux d'ordinaire fin novembre, mais cette année, ce fut le 21 septembre. Le jour où Poutine a décrété la mobilisation, se souvient Vladimir, arrivé de la ville de Nizhny-Novgorod. « J'ai préféré partir avant de recevoir ma lettre de mobilisation », explique Vladimir. « J'ai de la famille et des amis en Ukraine. Il était hors de question que je me batte contre eux et meurt pour un vieux dirigeant stupide. À Goa, je m'amuse. Je suis sûr que je ne veux pas rentrer tant que Poutine est au pouvoir. » « À Goa, les Russes sont plutôt des électrons libres » Vladimir part le 23 septembre et met 5 jours à rejoindre les cocotiers de Goa.  « Je ne voulais pas attirer l'attention des services secrets », poursuit-il. « J'ai pris un premier avion pour la ville russe d'Oufa, puis le train pour passer la frontière du Kazakhstan. Sur place c'était terrible, il y avait énormément de Russes qui fuyaient. On a finalement trouvé un taxi pour Astana. De là, j'ai pris l'avion pour Almaty, puis Delhi, puis Goa. » Cette année tout a changé, témoigne Denis Chernenko, une figure russe de Goa qui organise des tournois d'échecs. « J'étais là quand la guerre a commencé. Beaucoup plus de Russes sont venus que d'habitude », a-t-il constaté. « Et pas des touristes de masses, ils viennent pour fuir la guerre. Ils sont arrivés en avion du Kazakhstan, de Géorgie, de Turquie, des Émirats… À Goa, les Russes sont