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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Rfi - Sarah Bakaloglou


    • Apr 18, 2026 LATEST EPISODE
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    En Pologne, le développement économique ne bénéficie pas à tout le monde

    Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 2:28


    Ce lundi 20 mars se tiendra le premier sommet France-Pologne depuis la signature du traité de Nancy, un traité pour renforcer la collaboration entre les deux pays signé il y a presque un an. Depuis le retour au pouvoir de Donald Tusk fin 2023, la Pologne est redevenue une puissance centrale de l'Union européenne, portée par l'économie la plus dynamique de la région. De notre correspondant à Varsovie,  Dans les rues de la capitale, les Varsoviens ressentent le développement économique du pays dans leur portefeuille depuis quelques années, pour le meilleur comme pour le pire. Les bras chargés de deux sacs de courses remplis à ras-bord, Ewa, 80 ans, sort tout juste du centre commercial où elle a l'habitude de faire ses achats. « Même en étant à la retraite, je sens que je vis plus confortablement qu'avant, confie l'octogénaire. Je peux acheter des articles plus haut de gamme, plus chers, de meilleure qualité, mes courses n'ont plus rien à voir. » Comme tous les Polonais, Ewa a vu le pays se transformer drastiquement ces 20 dernières années. Pour Marzena, 67 ans, c'est l'adhésion à l'Union européenne en 2004 qui a été l'élément déclencheur de la transformation du pays. « Avant, selon moi, l'économie n'était pas aussi stable et prévisible qu'elle peut l'être aujourd'hui, analyse-t-elle. Avant, on nous promettait que tout allait changer, qu'on allait reconstruire la Pologne, mais rien ne marchait. Mais depuis qu'on a reçu des fonds européens, on voit que ça fait avancer les décisions politiques. Il suffit de regarder à quoi ressemble la capitale, et surtout le centre ! Et si vous roulez vers l'est, vous pourrez voir l'amélioration de nos infrastructures routières. » Avec un taux de chômage parmi les plus bas d'Europe et 3,6 % de croissance enregistrée en 2025, le pays est désormais la 6ᵉ puissance économique européenne et la 20ᵉ mondiale. Mais à l'École de commerce de Varsovie, le professeur Marius-Jan Radlo met en garde contre les risques d'une croissance essentiellement tirée par le Plan de reconstruction européen, dont les fonds devraient cesser d'affluer d'ici la fin de l'année. « Les pays qui ne financent pas leur propre potentiel de croissance peuvent tomber dans le piège du développement régional : on se développe vite, donc l'aide européenne retombe, alors qu'on n'a pas mis de modèle en place pour se développer de façon autonome », explique le professeur. À lire aussiRafał Trzaskowski : «L'investissement européen a soutenu le miracle économique de la Pologne» Une forte inflation Malgré une hausse certaine du pouvoir d'achat et un salaire moyen qui avoisine désormais les 2 100 euros par mois, les Polonais se retrouvent aussi confrontés à une forte inflation. Dans le quartier résidentiel d'Ursynow, au sud de Varsovie, Marta promène son fils dans une poussette. La jeune maman de 39 ans et son compagnon se félicitent d'avoir acheté leur appartement avant la naissance de leur fils. Cinq ans après l'achat, ils estiment qu'ils ne seraient pas en capacité d'acheter le même bien aujourd'hui. « On l'a acheté à 1 600 euros le m², alors que maintenant, dans notre quartier, on ne peut pas viser un appartement à moins de 4 200 euros le m², témoigne-t-elle. C'est difficile, car les salaires ne sont pas en adéquation avec les besoins et la hausse des prix. » Pour la jeune maman comme pour beaucoup de Polonais, la croissance a un prix que tous ne peuvent pas se permettre de payer. À écouter dans Reportage internationalEn Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe

    Australie: les installations de batteries solaires en plein boom, dopées par les subventions

    Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 2:38


    En Australie, plus de 30% des foyers sont équipés de panneaux solaires, un record mondial. Mais ces énormes quantités d'électricité produites en plein jour sont en partie gâchées, faute d'être entièrement utilisées ou stockées. C'est précisément sur ce point que le gouvernement australien a décidé d'intervenir, en introduisant un mécanisme de subvention pour les batteries solaires, dont le coût élevé constituait un frein pour les particuliers et les PME. Un dispositif qui, neuf mois après sa mise en place, rencontre un succès dépassant toutes les prévisions. De notre correspondant à Sydney, Après des semaines passées à étudier des devis, John s'est enfin décidé, et c'est aujourd'hui qu'il fait installer une batterie dans sa maison. Elle va emmagasiner l'électricité générée dans la journée par les panneaux solaires dont il est déjà équipé. L'objectif est de ne plus dépendre du réseau électrique traditionnel, même à la nuit tombée, dans une maison plutôt mal isolée : « Il fait très chaud dans cette maison l'été, et on doit faire tourner l'air conditionné toute la journée, seulement pour maintenir la température de la chambre à coucher à 24°C la nuit. » Pour John, son installation lui a coûté environ 4 000 euros. Un investissement rendu possible grâce à des aides de l'État, qui couvrent jusqu'à 30% du coût des batteries pour les particuliers. Le dispositif, introduit en juillet 2025, rencontre un incroyable succès. À tel point que l'enveloppe initiale, 2,3 milliards de dollars qui devait financer le programme jusqu'à 2030, a déjà été entièrement dépensée, contraignant le gouvernement à voter en début d'année une rallonge de 5 milliards de dollars supplémentaires. « Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre » Ce dispositif est un véritable coup d'accélérateur pour la transition énergétique, puisque plus de 250 000 foyers se sont équipés de batteries depuis le lancement de cette politique, et la barre des 500 00 pourrait être franchie à l'occasion de son premier anniversaire. Les particuliers ne sont pas les seuls à s'en féliciter. C'est également le cas des installateurs comme Frank, venu avec son équipe mettre en place la batterie de John : « La politique du gouvernement a eu un impact significatif sur mon entreprise. Mon chiffre d'affaires a été multiplié par trois ou quatre ​​​​​​​! » Avec plus de quatre millions de foyers équipés de panneaux solaires en Australie, mais moins de 10% d'entre eux disposant également d'une batterie, la marge de progression reste énorme. Reste que les avancées réalisées ces derniers mois ravissent Chris O'Keefe, porte-parole du Clean Energy Council : « ​​​​​​​Nous installons actuellement 1 ​​​​​​​000 batteries individuelles par jour en Australie. Donc je pense que la demande était clairement là, même s'il est vrai que la popularité de ce dispositif a surpris autant le gouvernement que les professionnels du secteur. » Si le gouvernement australien continue, en dépit des recommandations de l'Agence internationale de l'énergie, d'approuver l'ouverture de nouveaux forages gaziers et de nouvelles mines de charbon – 35 depuis 2022 –, son pari de produire plus de 80% de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici à 2035 semble lui en très bonne voie. À lire aussiL'Australie va offrir trois heures d'électricité solaire par jour à ses habitants à partir de 2026

    En Irlande, un revenu de base pour les artistes

    Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 2:36


    En Irlande, les artistes reçoivent 325 euros par semaine, par l'État. Le Basic Income for the Arts, en français, « le revenu de base pour les artistes », est un programme pilote, qui avait été lancé par le gouvernement pour aider le secteur à se relever après la pandémie de Covid-19. Ainsi, depuis octobre 2022, 2 000 artistes, tirés au sort, perçoivent ce revenu garanti et ont donc pu dire adieu aux jobs alimentaires. Et bonne nouvelle, le programme vient d'être prolongé ! Parmi ces 2 000 chanceux, le peintre Gearoid O'Dea. Dans son atelier, au sud de Dublin, il respire enfin. « Ce dispositif m'a offert de l'espace mental : ça te permet de vivre avec beaucoup moins de stress, et je n'ai plus besoin d'accepter des projets qui ne me ressemblent pas ! La plupart des œuvres ici ont été réalisées grâce au programme ! Je dirais que ça m'a permis d'élargir le champ de mon travail : car aujourd'hui, j'essaie vraiment d'explorer des formats plus ambitieux ».  Tandis que Gearoid peint de beaucoup plus grandes toiles, le compositeur Michael Gallen a lui imaginé un tout nouvel opéra, qui lui a valu le Prix Fedora 2025 ! « Avant, j'avais toujours l'impression de vivre au bord du précipice, sans savoir si je pourrais enchaîner un nouveau projet. Je pensais qu'être artiste, c'était forcément sacrifier sa vie personnelle : fonder une famille me semblait impensable… Mais aujourd'hui, je suis papa ! Et ce programme m'a redonné confiance, le sentiment que mon travail compte vraiment pour la société, a de la valeur ! », dit-il. Et une valeur économique tangible : selon un récent rapport, le dispositif aurait déjà généré plus de 100 millions d'euros de bénéfices pour la société irlandaise. Avec ses quatre prix Nobel de littérature et ses icônes musicales - U2, Sinead O'Connor… On pourrait croire l'Irlande paradis des artistes !  Une chance unique pour l'Irlande Mais c'est tout l'inverse : l'Irlande est le pays européen qui consacre le moins à la culture, avec seulement 0,2 % de son PIB. Beaucoup d'artistes créent donc malgré un contexte difficile. « Samuel Beckett avait dû quitter l'Irlande pour s'épanouir en tant qu'artiste ! Sans revenu de base, d'autres talents risquent d'en faire autant, attirés par d'autres pays ou contraints de changer de voie. Ce programme est une chance unique pour l'Irlande d'affirmer sa place comme pays de créativité et d'expression artistique », explique Maria Fleming, présidente de la Campagne Nationale pour les Arts. Le Basic Income for the Arts devait durer trois ans, de 2022 à 2025, mais fort de son succès, il vient d'être prolongé et élargi à 2 000 artistes supplémentaires. Un véritable coup de pouce pour le secteur, qui donnerait même des idées à d'autres pays, comme l'Australie, le Canada ou encore la Corée du Sud, qui se renseignent sur ce dispositif inédit ! 

    Journée des prisonniers palestiniens: les familles mobilisées contre la loi israélienne sur la peine de mort

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 2:28


    La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s'inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire. Reportage de notre correspondante à Ramallah, Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. » Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam.  Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. » Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. » Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. » Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers. À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes

    «Il m'a dit que c'était sa copine… il s'agissait d'une IA»: en Corée du Sud, la romance virtuelle séduit les jeunes

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 2:23


    En Corée du Sud, certains jeunes tombent amoureux d'intelligences artificielles (IA). Conçus pour discuter, réconforter ou simuler des relations amoureuses, les robots conversationnels connaissent un succès croissant auprès des jeunes Sud-Coréens qui développent parfois des relations amoureuses. Un phénomène en pleine expansion qui intrigue les sociologues et inquiète certains parents. Lorsque Joo Hanna a contrôlé le téléphone de son fils de 15 ans, elle ne s'attendait pas à ce que ce dernier passe ses nuits à discuter avec une intelligence artificielle qu'il considère comme sa petite amie : « Nous contrôlons assez strictement son utilisation du téléphone. Mais nous avons découvert qu'il l'utilisait jusqu'à 5 heures du matin pour discuter avec quelqu'un. J'ai donc parlé avec lui, je voulais comprendre ce qui se passait, car cela commençait à affecter sa vie scolaire. Il m'a dit que c'était sa copine d'école. J'ai insisté : ''Est-ce vraiment quelqu'un que tu connais ?'' En réalité, non, il s'agissait d'une IA. » En Corée du Sud, cette histoire n'a rien d'anodin. Comptant plus d'un million d'utilisateurs actifs chaque mois, selon l'entreprise ScatterLab qui l'a conçue en 2024, l'application Zeta permet de discuter avec des personnages générés par IA. L'application figure parmi les dix les plus téléchargées sur mobile par les moins de 20 ans en Corée du Sud. De jeunes utilisateurs qui passent en moyenne deux heures et quarante minutes par jour sur l'application. Park Han-woo, directeur de l'Institut de recherche sur les cyber-émotions à l'université Yeungnam, a étudié cette application et brosse un portrait de ses utilisateurs pour comprendre ce qui les pousse à nouer des relations avec des IA : « Dans de nombreux cas, les utilisateurs qui interagissent avec des IA ont en réalité des amis et un réseau social dans la vie réelle. La majorité des utilisateurs que j'ai rencontrés ont créé des amis virtuels, des partenaires amoureux ou des conseillers émotionnels. Pour eux, interagir avec ces personnages est parfois plus facile que parler avec de vrais humains. » Si l'IA peut simuler l'empathie et l'intimité, réduire la solitude ou faciliter l'expression des sentiments, la relation reste programmée et à sens unique, rappelle le chercheur : « Pour les utilisateurs, l'expérience émotionnelle peut néanmoins sembler très réelle et cela comporte des risques. Si une personne devient trop dépendante des relations avec l'IA, cela peut réduire sa motivation à entretenir ou à nouer des relations dans le monde réel. » Le phénomène reste récent en Corée du Sud. S'il inquiète certains parents, l'utilisation de l'IA conversationnelle reste quand même valorisée et aucune régulation sur ce sujet n'est à ce jour envisagée. À lire aussiAu Japon, l'amour en mode virtuel

    Expulsés des États-Unis, des milliers de Honduriens démunis après la fin d'un programme d'aide au retour

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 2:30


    Au Honduras, alors que le pays fait face depuis plusieurs mois à une augmentation continue des expulsions de ses ressortissants depuis les États-Unis, le nouveau gouvernement hondurien, élu en janvier, met fin à un programme public de réintégration : « Hermano vuelve a Casa » (« Frère rentre à la maison »), mis en place sous le gouvernement de gauche de Xiomara Castro. Il prévoyait une aide d'environ 100 euros pour chaque migrant ainsi qu'un accompagnement administratif. Le nouveau gouvernement, de droite, dirigé par Nasry Asfura, promet plutôt de recentrer son action sur la réintégration par le travail. Mais pour l'instant, les migrants de retour au pays se retrouvent sans travail et sans aide. Reportage de notre correspondante. À lire aussiLes expulsions de migrants aux États-Unis: quatre questions pour comprendre

    Au Liban, des habitants de Beyrouth encore sous le choc: «Deux missiles sont entrés par le mur de ma chambre»

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 2:28


    Le Liban doit engager des pourparlers avec Israël à Washington, ce mardi 14 avril. La population civile, principale victime des bombardements, n'espère qu'un cessez-le-feu. Elle est encore sous le choc d'un des pires épisodes de cette guerre, le bombardement massif d'immeubles d'habitation à Beyrouth, le 8 avril dernier. Le dernier bilan de ce « mercredi noir » fait état d'au moins 357 morts et près de 2 000 blessés. Reportage dans le quartier de Tallet el Khayat, à Beyrouth, où le bombardement d'un immeuble a fait 12 morts. De nos correspondants à Beyrouth, Plus de peur que de mal pour Hassan Zaatari, employé d'un bureau d'études dans la capitale du Liban, et son équipe, qui se dépêchent de vider les lieux pour s'installer ailleurs. « Nous avions fini le travail. Nous étions rentrés chez nous quand nous avons appris que l'immeuble avait été frappé. Dieu merci, les bureaux étaient vides et aucun de nos employés n'a été tué. Nous essayons de sauver ce que nous pouvons de nos données. Ce côté du bâtiment n'a pas été dévasté, l'autre moitié en revanche a disparu », témoigne-t-il. Au soir de ce « mercredi noir », une ultime salve de missiles s'abat sur l'immeuble résidentiel de huit étages. Parmi les victimes, la poétesse Salma Khatoum. Chadi et ses parents, eux, ont survécu. Le jeune homme, couvert de traces d'éclats sur tout le corps, a vu son monde s'effondrer. « J'étais au lit quand j'ai vu deux missiles traverser le mur juste au-dessus de moi et rentrer dans le sol, se souvient-il. Les chambres ont été détruites, comme le salon, la salle à manger et la cuisine. Ma mère a les mains cassées. Mon père, c'est le cas le plus grave parce qu'il était dans le couloir et il est tombé dans le vide. On est blessés mais saufs, par miracle. » Peu d'espoirs dans les négociations Pour les habitants, rien ne prouve que l'immeuble de ce quartier huppé abritait un membre du Hezbollah. Dans les ruines immenses du bâtiment effondré, les vestiges d'une vie passée : des tapis, des jouets d'enfants, des documents que certains cherchent à retrouver, comme cet homme hissé au cinquième étage grâce à une nacelle de fortune. « Dans ce placard, on avait des vêtements et nos papiers surtout. On ne les a pas trouvés. Pour refaire un passeport au Liban, c'est l'enfer », explique-t-il. L'enfer, c'est de continuer à voir les siens mourir, depuis des décennies, s'émeut Marwan Ido, un voisin. Ce dernier ne croit pas aux négociations directes annoncées ce mardi entre Israël et le Liban. « Négocier pour quoi ? Ces gens sont morts pour quoi ? Pour quelle cause ? Que l'on arrête de mentir. Ce sont tous des menteurs. Ils ne voient que leur intérêt. C'est tout », fulmine-t-il. D'autres Libanais s'accrochent à l'espoir d'un cessez-le-feu, tandis que le bourdonnement menaçant des drones israéliens a repris dans le ciel de Beyrouth. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: au Liban, un rassemblement contre les négociations avec Israël à Washington   À écouter aussiLa communauté internationale a-t-elle abandonné le Liban ?

    En Allemagne, le mouvement de jeunes du parti d'extrême droite AfD en quête de respectabilité

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 2:28


    Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a tenu son congrès national à Magdebourg, dans la région de la Saxe-Anhalt, où il espère gagner d'importantes élections régionales en septembre. Pour élargir sa base, le parti cherche aussi à contrôler davantage son organisation de jeunes, critiquée pour sa radicalité. Une nouvelle structure a été créée en novembre, Generation Deutschland, et désormais, c'est au tour des régions de créer leurs organisations locales. Le but affiché : se montrer respectables.  Un reportage de notre envoyée spéciale dans la Hesse, près de Fulda, à retrouver dans la longueur dans le podcast Accents d'Europe. À lire aussiEn Allemagne, l'extrême droite en embuscade aux élections professionnelles

    Corée du Sud: les cerisiers «Yoshino», héritage controversé de la colonisation japonaise

    Play Episode Listen Later Apr 11, 2026 2:13


    En Corée du Sud, le début du printemps est marqué par la floraison des cerisiers. Un spectacle magnifique où de nombreux touristes et locaux viennent contempler ces fleurs rose pâle. Un décor qui n'est pas au goût de tous : des militants espèrent déraciner les cerisiers de Corée du Sud d'ici 2050. La raison ? Ces arbres sont d'origine japonaise. De notre correspondant à Séoul, « Yoshino », voilà le nom de la discorde. Ces cerisiers originaires du Japon représentent la très grande majorité des cerisiers présents en Corée du Sud. Des arbres que Hyun Jin-oh et son association « Cherry 2050 » cherchent à remplacer par un équivalent coréen, le cerisier royal, qu'ils cultivent dans leur pépinière. « Le Yoshino est une espèce japonaise, tandis que le cerisier royal est une espèce endémique de Corée. Ce n'est pas que les arbres japonais soient “mauvais” en soi, mais le cerisier est un symbole culturel fort du Japon. Il est lié à l'histoire et à l'idéologie japonaise. Pendant la colonisation japonaise de la Corée, ces arbres ont été plantés massivement sur notre territoire pour imposer une culture », explique Hyun Jin-oh. Interrogé sur la manière dont son association compte remplacer ces centaines de milliers d'arbres, il précise : « Les cerisiers japonais ont une durée de vie d'environ 60-80 ans. Lorsqu'ils arrivent en fin de vie, c'est-à-dire bientôt, nous pensons qu'il faudrait les remplacer par des cerisiers indigènes. En revanche, dans certains lieux symboliques comme les sites liés à la résistance anti-japonaise ou l'Assemblée nationale, nous pensons qu'un remplacement plus rapide est nécessaire. » De retour à Séoul, les rues et les berges du fleuve Han sont remplies de passants venus observer et immortaliser, appareil photo à la main, les cerisiers en fleurs. Lee Jung-gu, la cinquantaine, est l'un d'entre eux. S'il sait que les arbres qu'il contemple ont été plantés par l'occupant japonais, il ne souhaite pas trop y penser. « Le fait que les cerisiers se soient largement répandus en Corée à cause du Japon, c'est une histoire douloureuse, ça nous rappelle notre passé. Mais on ne peut pas rester bloqué sur le passé, sinon on n'avance jamais, la Corée n'avancera jamais. Bien sûr, il ne faut pas oublier les leçons de l'histoire. Mais en même temps, il n'y a pas besoin de rejeter ce qu'on a aujourd'hui. On peut simplement profiter du printemps tel qu'il est. » Pour profiter du printemps et de ses cerisiers, qu'ils soient coréens ou japonais, il faut vite s'y prendre. La floraison ne dure que quelques jours par an, un instant éphémère qui émerveille tout le monde, aussi bien à Séoul qu'à Tokyo. À lire aussiLa Corée du Sud craint la pénurie de plastique à cause du blocage du détroit d'Ormuz

    Dans le sud de la Syrie, les habitants sous la menace de l'armée israélienne

    Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 2:39


    Depuis le début de la guerre qui secoue le Moyen-Orient, les autorités syriennes tentent de se maintenir à l'écart du conflit. Mais dans le sud du pays, les incursions israéliennes se multiplient depuis la chute de Bachar el-Assad. La semaine dernière, l'armée israélienne a même utilisé, pour la première fois, le sol syrien pour mener des opérations au Liban. Un jeune berger a également été tué. Dans ces villages frontaliers, les habitants redoutent une escalade. Ils craignent qu'Israël, qui pilonne actuellement le sud du Liban, ne cherche à étendre son contrôle jusqu'au sud de la Syrie.  De notre envoyée spéciale dans les zones frontalières au sud de la Syrie, Il s'appelait Oussama al-Fahd. Il avait 17 ans, était parti acheter une bouteille de gaz, vendredi 3 avril, lorsqu'un tir d'obus israélien s'est écrasé sur sa voiture. La carcasse du véhicule est toujours là, gisante, explosée sur le bas-côté. Son père dit ne pas comprendre pourquoi le jeune berger a été ciblé. « Ils ont choisi leur victime au hasard, sans aucune raison. Ils l'ont tué alors qu'il était innocent », dénonce-t-il.  Son village, Al-Rafid, se trouve à la lisière du Golan, que l'armée israélienne occupe depuis l'année 1967. Depuis la chute de Bachar al-Assad, cette dernière avance méthodiquement ses troupes à l'intérieur du territoire syrien. Chez Oussama, des positions se trouvent désormais de l'autre côté du jardin. « Depuis la chute d'Assad, Dieu en est témoin, nous n'avons pas eu un seul jour de répit. Israël vole nos terres, et en plus ils s'en réjouissent !, alerte le père du jeune garçon tué. Nous sommes nombreux dans ce village à être déplacés du Golan. Je suis moi-même déplacé du Golan. Nous ne partirons pas à nouveau, nous ne quitterons pas nos terres. Mais nous vivons dans la peur. Dans la peur qu'une guerre éclate demain ou après-demain. » À lire aussiLe «Grand Israël»: projet idéologique ou stratégie politique en marche? « Ils ont brûlé l'ensemble des terres » Le village tout entier vit depuis sous la menace directe des incursions israéliennes. Fadi Al-Mutairi, un voisin, possède 2 hectares de terres sur lesquels il n'est plus autorisé à se rendre. « Ils ont brûlé l'ensemble des terres près de leurs positions avec du glyphosate, soi-disant pour empêcher les bergers de s'approcher de leur frontière », témoigne-t-il. Entre ces nouvelles positions, des villages entiers se retrouvent enclavés. Les check-points israéliens se multiplient, empêchant les habitants de circuler. Ce fournisseur a désormais peur de prendre sa voiture pour aller travailler. « Ils choisissent toujours de se positionner sur un passage que l'on ne peut pas contourner en empruntant une route secondaire. Ce sont des barrages temporaires, imprévisibles : on ne peut pas savoir où et quand ils seront installés, s'effraie-t-il. On tombe dessus soudainement, sans pouvoir les anticiper. » À lire aussiSyrie: des habitants dénoncent la volonté d'Israël «d'étendre son occupation» près de Damas « Ils vont prendre toute la région » C'est sur un barrage de ce type que Wodi al-Bakri, 21 ans, s'est fait arrêter par des soldats israéliens il y a un an. Son père ne connaît ni la raison de cette arrestation, ni la localisation de sa prison. « Ils vont prendre toute la région, et personne ne reviendra. Israël entre et sort comme il souhaite, sans impunité. Ils comptent tout prendre, ils ont l'intention d'annexer toute la région, toute la province », s'indigne-t-il. Dans ces bourgades reculées, l'armée syrienne n'est pas déployée. Il y a seulement quelques contingents des Nations unies, censés maintenir la paix. Pour leurs habitants, il y a surtout la solitude. L'exemple de Gaza dévastée, plus récemment celui du Sud-Liban bombardé. Puis cette question qui revient : « Qui, aujourd'hui, est en mesure d'arrêter l'État israélien ? » À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: plus de 300 morts dans les bombardements israéliens sur Beyrouth les plus violents depuis 1982

    Concert de Céline Dion à Paris: rude bataille pour la billetterie aussi bien au Canada qu'en France

    Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 2:27


    Neuf millions, c'est la population de l'Autriche, ou celle de New York. C'est aussi le nombre de personnes inscrites à la loterie officielle pour tenter d'obtenir un billet pour Céline Dion. Seize concerts, mais aucun chez elle au Canada. Pour voir la diva, c'est à Paris, en septembre prochain, que ça se passe. Un rendez-vous qui tourne au casse-tête pour ses milliers de fans québécois, coincés entre le décalage horaire, les algorithmes capricieux et des prix qui s'envolent. Avec notre correspondant à Montreal, Nafi Alibert Un latte dans une main, un téléphone dans l'autre. Ariane hésite : « Ma préférée, il y en a tellement. Celle-là. J'irais où tu iras ». Sur son écran les titres de la diva québécoise défilent sans fin. « En fait, je pense que ma playlist, c'est juste toutes les chansons de Céline… ça doit faire un bon dix heures peut-être ». Mais ce qu'Ariane cherche vraiment aujourd'hui, ce n'est pas de la musique : « Je regardais voir si j'avais reçu un courriel pour la prévente… Rien encore. » Alors elle rafraîchit la page. Encore. Et encore. « Trois ou quatre fois par heure peut-être. Attends, je regarde encore. Mais non, je n'ai rien. Je n'ai pas eu de chance ».  Après plusieurs jours d'attente, pas d'accès aux places en prévente pour elle « Je vais essayer de rester positive et d'espérer accéder à des billets à la vente normale ». Ariane le sait, les centaines de milliers de places disponibles risquent de s'envoler en un rien de temps. « Moi et mes copines, il va falloir qu'on se fasse un petit plan de match. On se met toutes à la même heure sur l'ordi en essayant d'avoir les billets. Il faudrait que je mette mon alarme. »  La vente générale ouvre à dix heures, heure de Paris… soit quatre heures du matin, au Québec « Pour Céline, on peut se lever à n'importe quelle heure », lance Jérôme. Mais lui n'aura pas besoin de réveil. Il a tiré le bon numéro dans la loterie planétaire qui a laissé Ariane, et des millions d'autres fans sur le carreaux. Il a déboursé 400  euros pour une place VIP pour la première. « Je suis comme, oh, my God, C'est incroyable. ça va arriver ! » Céline, c'est bien plus qu'un concert « Céline elle fait partie de ma vie, souligne Jérôme. Quand René est décédé, je suis allé faire la queue pendant trois heures à l'extérieur à Montréal, à moins de 31 degrés, en plein mois de janvier pour aller sur sa tombe. Comme quoi, aller jusqu'à Paris, pour Céline ça ne me freine pas.  C'est une espèce de pèlerinage collectif que je n'ai jamais fait ». Un pèlerinage. Le mot dit tout pour Danick Trottier, professeur de musicologie, spécialiste de Céline Dion. « C'est une des dernières stars de la pop planétaire du 20e siècle à avoir un public aussi fidèle et qui veut la revoir énormément sur scène ».  Derrière l'engouement, les prix eux s'envolent déjà. « On a entendu des 2000 à 3000 dollars », selon Danick Trottier. Face à cette flambée, Ariane hésite : « C'est quand même intense ». Pour elle, le billet reste un rêve. Plus proche que jamais… mais déjà peut-être hors de portée. 

    Législatives en Hongrie: dans les villages, le parti de Viktor Orban reste favori

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 2:28


    En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban, à la traîne dans les sondages pour l'élection du 12 avril, subit sans doute l'usure inévitable du pouvoir après 16 ans de gouvernement. Mais il reste tout de même très populaire. Son électorat est estimé aujourd'hui à environ 2,5 millions de personnes. Viktor Orban a surtout la cote dans les petites villes de province. Choyés par le dirigeant nationaliste, ces communes et villages sont depuis longtemps un bastion de son parti, le Fidesz. C'est là que se joueront les élections législatives, soulignent les analystes. Dans ces villages, les routes et les conduites d'eau ont été refaites, les bâtiments publics isolés, les bains thermaux rénovés. Le chef du Fidesz a su donner aux Hongrois un sentiment de stabilité et de sécurité. Reportage de notre correspondante à Martonvasar, dans l'une de ces petites communes, à mi-chemin entre Budapest et le lac Balaton. À lire aussiLégislatives en Hongrie: le vice-président américain à Budapest pour soutenir Viktor Orban

    Vietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 2:35


    Hanoï, capitale du Vietnam, veut s'imposer comme une mégapole internationale. Une ambition réaffirmée lors du XIVe congrès du Parti communiste en janvier, marquant l'entrée du pays dans une « nouvelle ère », parfois présentée comme une seconde phase de renouveau économique du pays. Hanoï prévoit notamment la construction du plus grand stade du monde en périphérie et un opéra luxueux, symbole de « soft power ». La ville change de visage à grande vitesse, au point d'inquiéter certains riverains. De notre correspondant à Hanoï, Un opéra à l'allure futuriste, coiffé d'un dôme inspiré de coquilles d'huîtres : ce nouveau lieu culturel pourrait devenir un symbole fort de « soft power » à Hanoï, au Vietnam. Devant le chantier, dans le quartier de Tây Hô, s'étend le lac de l'Ouest, d'où se reflètent temples bouddhistes et villas au style indochinois. En bord de rive, une femme vend des « banh tôm », c'est-à-dire des beignets de crevettes. Elle espère attirer plus de clientèle une fois l'opéra construit : « Oui, bien sûr, il y en aura sûrement plus. La plupart de nos clients viennent surtout pour faire des offrandes. Ils entrent dans le temple là-bas pour prier. Nous vendons des spécialités traditionnelles du quartier. » Pour mener à bien le projet, les constructeurs ont rasé une partie du quartier, suscitant la critique de riverains. Cet habitant estime que le projet d'opéra pourrait perturber la vie locale : « Les habitants vivent ici depuis longtemps, parce que les zones autour sont d'anciens villages. Ici, il y a des ensembles de pratiques culturelles et de traditions anciennes. Donc, les habitants sont installés ici depuis longtemps, ils ne veulent pas changer leur environnement de vie. » « Ce que tu peux garder, tu le gardes » À Tây Hô, quartier prisé où le foncier a flambé, de nombreux riverains questionnent aussi les indemnisations liées aux expropriations. Les autorités assurent respecter la loi foncière, réformée en 2024, qui prévoit notamment un rôle accru de l'État dans la régulation des prix et des procédures simplifiées pour les investisseurs. Pour Quang Anh, ancien diplomate vietnamien, la tension entre modernité et préservation du patrimoine reste forte à Hanoï : « Il y a une volonté de redéfinir le zonage et de redévelopper largement pour avoir des infrastructures urbaines intégrées. Ce que tu peux garder, tu le gardes, comme les anciennes maisons françaises dans le quartier français ici. Ils veulent les préserver et en faire un patrimoine culturel. » Le Vietnam vise une croissance ambitieuse, autour de 10% par an, avec l'objectif de devenir un pays à revenus élevés en 2045. Ces grands chantiers d'infrastructures doivent y contribuer : « Un des piliers clés de cette stratégie sera constitué par ces énormes projets d'infrastructures publiques, avec de gros décaissements qui vont aussi aider à stimuler l'économie. Hanoï, pendant longtemps, a été affectée par une très mauvaise gestion urbaine. » Rocades, nouvelles lignes de métro, destructions d'anciens blocs de logements hérités de l'époque soviétique... La planification concerne 126 communes et quartiers à l'échelle de toute la capitale. Hanoï se projette sur un siècle, avec une vision urbaine de long terme qui structure son développement jusqu'à l'horizon 2100. À lire aussiVietnam: à Ciputra, un quartier huppé de Hanoï, l'air aussi est plus propre

    En Espagne, la hausse des frais de scolarité des écoles françaises inquiète les parents d'élèves

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 2:39


    À partir de la rentrée 2026, les écoles françaises de l'étranger vont subir une hausse significative des frais de scolarité, décidée unilatéralement par l'État français. Cette décision, dénoncée par les parents d'élèves, poussent certains à déscolariser leurs enfants, alors que près de 400 000 enfants sont scolarisés dans le monde dans ces établissements. En Espagne, l'Association des parents d'élèves est mobilisée. Elle envisage de recourir au tribunal administratif si l'État français persiste. Le reportage de notre correspondante à Barcelone.  À lire aussiLes mesures d'urgence avant la réforme attendue de l'AEFE inquiètent les établissements à l'étranger

    En Pologne, l'extrême droite agite la menace d'une sortie de l'Union européenne

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 2:29


    En 2015, l'idée du Brexit avait inspiré le gouvernement nationaliste et conservateur de l'époque en Pologne. Le parti Droit et Justice, alors au pouvoir et en bras de fer permanent avec l'Union européenne, avait suggéré l'idée d'un Polexit, soit un Brexit à la polonaise. L'idée a depuis été enterrée. Mais aujourd'hui, alors que Varsovie est le moteur économique de l'Union européenne et que la coalition pro-européenne de Donald Tusk dirige le pays, le Polexit fait son grand retour dans le débat public. De notre correspondant à Varsovie, Le veto du président Karol Nawrocki au programme d'armement européen SAFE a ravivé le spectre jusqu'ici oublié du Polexit, une sortie de la Pologne de l'Union européenne. En refusant de signer la loi permettant à la Pologne de recevoir les crédits SAFE, le chef de l'État a justifié sa décision par des motifs souverainistes. « J'ai pris la décision de ne pas signer la loi qui permet à la Pologne de recevoir les crédits SAFE. En effet, jamais je ne signerai une loi qui entrave notre souveraineté, notre indépendance, notre sécurité économique et militaire », a-t-il déclaré. Une rhétorique eurosceptique qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des commentateurs et des responsables politiques. Le Premier ministre Donald Tusk a été le premier à formaliser les craintes en réintroduisant le terme de Polexit, qu'il présente désormais comme une menace réelle. « Ce qu'il est en train de se passer actuellement avec le président Nawrocki, le président du PiS Jarosław Kaczynski et les deux partis de Konfederacja, encore plus à droite, c'est une dérive ouvertement anti-européenne. Une hystérie anti-allemande, une réticence grandissante à soutenir la Pologne qui combat la Russie. Alors, appelons un chat un chat : ceux qui disent que ce sont les prémices du Polexit ont malheureusement raison », a-t-il assené. Un ton alarmiste que les responsables du parti Droit et Justice (PiS) jugent excessif, voire infondé. Le député Przemyslaw Czarnek a même tourné cette accusation en dérision, préférant parler de « Tusk-Exit » avant de lancer : « À bas le gouvernement ! » Pourtant, selon Malgorzata Kopka-Piatek, chercheuse à l'Institut d'affaires publiques de Varsovie, les élections législatives prévues l'an prochain pourraient rebattre les cartes. Le PiS, en quête de majorité, pourrait être contraint de s'allier avec deux formations souverainistes encore plus radicales, Konfederacja et Konfederacja de la Couronne polonaise. « Or, ces deux partis se positionnent très clairement contre l'Union européenne et pourraient exiger le Polexit comme condition sine qua non à leur participation au gouvernement du PiS », explique-t-elle. La chercheuse souligne également le rôle clé du président de la République, dont les positions eurosceptiques sont connues. « Tous ces éléments pourraient créer un effet domino. Or, il suffit d'un vote à la Diète [la chambre basse du Parlement, NDLR] et d'une signature du président pour faire sortir la Pologne de l'Union européenne », avertit-elle. Un autre facteur pourrait jouer en défaveur du maintien de la Pologne dans l'UE : la fin prochaine des avantages financiers qui ont jusqu'ici rendu l'Europe populaire auprès des Polonais. « Selon les estimations, la Pologne devrait devenir un contributeur net au budget de l'Europe à partir de 2034. L'Union perdra donc ce qui la rendait attractive en Pologne, à savoir les avantages financiers colossaux dont le pays a bénéficié jusque-là », analyse Malgorzata Kopka-Piatek. Dans ce contexte, la tentation du Polexit pourrait séduire une partie croissante de l'électorat. Avec les élections législatives d'octobre 2027 en ligne de mire, ce débat pourrait s'imposer comme l'un des thèmes centraux de la campagne. Entre rhétorique souverainiste, alliances politiques incertaines et calculs budgétaires, l'avenir européen de la Pologne semble plus que jamais incertain. À lire aussiEn Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe

    Espagne: l'île d'Ibiza face à une crise de logements sans précédent

    Play Episode Listen Later Apr 4, 2026 2:53


    Toute l'Espagne vit une crise du logement sans pareil. Malgré une économie qui connaît la croissance et un taux d'activité historiquement record, la rareté et la cherté du logement sont devenues l'une des trois principales préoccupations des Espagnols, selon les sondages. Pas assez de logements publics, des loyers et des prix d'achat inaccessibles pour une grande majorité de personnes... De tout le pays, l'endroit le plus critique est l'île d'Ibiza, dans les Baléares (160 000 habitants environ sur 572 km²), où précisément la condition d'insularité complique encore davantage les choses. De notre envoyé spécial à Ibiza, À Ibiza, acquérir un bien immobilier relève de l'impossible si l'on n'est pas vraiment riche. Pour les autres, il faut débourser de 1 500 à 2 000 euros par mois pour un loyer – en moyenne – pour un appartement standard, quand on parvient à en trouver un. Nouria, une institutrice d'une trentaine d'années, estime avoir de la chance de partager un 60m². Pourtant, ses mots trahissent un profond malaise : « Moi, je crois que d'un côté, il y a une sensation de rage, et d'autre part, de frustration. Ma famille vit ici depuis des générations. On a été élevés ici et moi, je ne peux pas rester ici. » La pénurie de logements sur l'île est alimentée par plusieurs facteurs. D'abord, une offre largement insuffisante face à la demande. Ensuite, une invasion touristique qui voit débarquer quelque deux millions de visiteurs entre juin et septembre. Enfin, le fait que 80% des achats immobiliers sont réalisés par des investisseurs ou des non-résidents. Résultat : les habitants d'Ibiza doivent souvent consacrer entre 50 et 75% de leurs revenus, voire davantage, pour se loger. Face à cette crise, les autorités locales pointent du doigt les appartements touristiques illégaux. En juin 2025, elles ont contraint la plateforme Airbnb à retirer 65 000 annonces. Mariano Juan Colomar, responsable du territoire et de l'aménagement touristique au sein du Conseil d'Ibiza, l'autorité insulaire, se montre satisfait des mesures prises. « Dans l'île d'Ibiza, nous avons obtenu le niveau zéro d'intrusion, c'est-à-dire passer de 30 000 annonces, l'équivalent de 150 000 lits touristiques illégaux, à un contrôle permanent et absolu des activités illégales dans l'île. Je crois que c'est un modèle de réussite, car il y a de la collaboration entre le public et le privé, et toutes les administrations travaillent ensemble. » Les résultats sont tangibles : les amendes pour les infractions sont passées de 4 000 à 50 100 euros, et une véritable armée d'inspecteurs a été déployée. La ville d'Ibiza a ainsi fait table rase des appartements touristiques illégaux, une première en Espagne. Pourtant, ces mesures restent insuffisantes. Le déséquilibre entre l'offre et la demande est tel que c'est tout le tissu social et économique de l'île qui en pâtit. Consuelo Antunes, vice-présidente des petites et moyennes entreprises de l'île, explique les conséquences directes de cette crise du logement : « Le fait qu'il soit difficile de trouver un logement pour vivre rend compliqué pour nous de faire venir du personnel de l'extérieur. Ce serait trop cher pour eux de vivre ici. C'est ce qui fait que nous avons un nombre d'employés plus réduit. » Dans sa petite société de construction, elle n'emploie que 15 personnes, alors qu'elle en aurait besoin de 40. Impossible de les trouver, faute de logements abordables. Cette pénurie de main-d'œuvre touche tous les secteurs. Les écoles et les lycées manquent de professeurs, les tribunaux d'avocats ou de greffiers, et les hôpitaux de médecins. Une situation qui révolte Nouria et toute une génération d'habitants. « Le logement ne devrait pas être un bien de spéculation. Le logement est un droit », lance-t-elle avec conviction. Un récent sondage, publié dans le journal local Diario de Ibiza, révèle l'ampleur du désarroi : 30% des résidents envisageraient de quitter l'île. Un exode qui, s'il se concrétisait, risquerait d'aggraver encore un peu plus la crise que traverse Ibiza. À lire aussiEspagne: l'État et l'Église signent un accord l'indemnisation des victimes de viols

    Égypte: le gouvernement décide d'un couvre-feu commercial, face à la hausse des prix de l'énergie

    Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 2:25


    Heurtée de plein fouet par la guerre qui fait rage au Proche-Orient, l'économie égyptienne est aux abois. Monnaie dévaluée, inflation galopante et prix de l'énergie qui s'envolent. Pour faire face, le gouvernement a décrété samedi 28 mars un couvre-feu commercial d'un mois. Tous les magasins non essentiels sont tenus de fermer leurs portes en soirée pour économiser de l'énergie. De notre correspondant au Caire, Dans une rue commerciale du centre historique du Caire, l'ambiance rappelle celle d'un jour férié, une heure avant l'extinction des feux imposée par les autorités. Couteau et pierre à aiguiser en main, un boucher exprime sa frustration face à une mesure qu'il juge injuste. « Si seulement c'était que le week-end, mais non, cette loi va s'appliquer tous les jours », confie-t-il, résigné. Durant un mois, renouvelable au bon vouloir du gouvernement, une nouvelle réglementation impose aux commerces non essentiels de baisser leur rideau à 21 heures précises, et à 22 heures les week-ends. De l'autre côté du trottoir, un vendeur de grillades, lui, continue de travailler derrière son barbecue, sous certaines conditions. « On nous a dit qu'on pouvait continuer, mais à condition de baisser la lumière », explique-t-il. Pour beaucoup, cette mesure suscite avant tout de l'incompréhension. « Cela ressemble à un couvre-feu, mais les personnes peuvent quand même circuler. C'est une décision pourrie qui rappelle l'époque du coronavirus. On dit que c'est à cause de la guerre. Mais ceux qui sont bombardés, comme à Dubaï, ils n'ont pas de couvre-feu. C'est toujours les Égyptiens qui payent la facture », s'indigne ce chauffeur de taxi, qui préfère garder l'anonymat. Si l'Égypte échappe aux bombardements qui frappent d'autres pays de la région, elle n'en subit pas moins les conséquences économiques du conflit, en particulier dans le secteur de l'énergie. « L'Égypte est passée du statut d'exportateur net de gaz à celui d'importateur net, souligne Timothy Kaldas, directeur adjoint du think tank Tahrir Institute for Middle East Policy. La majeure partie du gaz qu'elle importe provenait d'Israël. Or, en raison de la guerre, Israël a interrompu sa production. L'alternative consiste donc à essayer de réduire la consommation autant que possible. Les conséquences économiques de la guerre n'en sont qu'au tout début pour les pays fragiles comme l'Égypte. Une autre possibilité que nous avons déjà observée par le passé serait des coupures de courant tournantes. » En attendant, le gouvernement égyptien multiplie les mesures contraignantes pour faire face à la crise. Parmi elles figurent l'extinction partielle de l'éclairage public, le recours au télétravail obligatoire un jour par semaine pour les fonctionnaires, ou encore l'augmentation des prix des transports en commun. Autant de décisions qui pèsent un peu plus sur le quotidien des Égyptiens. À lire aussiÉgypte: au Caire, le marché des panneaux publicitaires en pleine progression

    Espagne: l'État et l'Église signent un accord l'indemnisation des victimes de viols

    Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 2:53


    À deux mois de la visite du pape en Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez et l'Église espagnole viennent de signer un accord « pionnier » pour indemniser les victimes d'agressions sexuelles commises par des religieux. Cet accord concerne les affaires prescrites ou impliquant des auteurs décédés. de notre correspondant en Espagne Il aura fallu trois années d'âpres négociations et de nombreuses réticences et opacité de la part de l'Eglise catholique espagnole pour que voit le jour cet accord entre l'État et l'Épiscopat. Conclu en janvier, il vient tout juste d'être officialisé. Maria, accompagnante et psychologue de l'association Acogida Betania, fondée en 2019 pour soutenir les victimes des abus sexuels au sein de l'Eglise, se félicite de cet accord même s'il survient un peu tard selon elle : « Cet accord survient un peu tard pour nous. Les victimes n'ont reçu aucun soutien durant trop de temps. Durant vingt, trente ou quarante années, elles ont vécu avec ce traumatisme et ont fait face à un silence et à un obscurantisme d'une institution, qui a tout fait pour nier, remettre en doute leur parole et occulter des faits et des crimes commis à l'intérieur de l'Eglise » . À lire aussiEspagne: au moins 2056 victimes de pédocriminalité au sein de l'Église, selon la Conférence épiscopale Le plan de réparation intégrale baptisé Priva n'a pas convaincu les plaignants L'accord change en effet la donne. Jusqu'alors, les prélats acceptaient au compte-gouttes de recevoir des personnes affirmant avoir été victimes d'actes pédophiles commis par des religieux. Une procédure qui s'inscrivait dans le cadre du Plan de réparation intégrale baptisé Priva mais qui n'a pas convaincu les plaignants comme le rappelle Maria : « Les victimes n'avaient pas confiance dans le plan prévue par l'Eglise car c'était la propre Église, celle qui durant des années n'a pas su protéger ces victimes, qui décidait de comment et quand et avec quelle quantité, elle allait dédommager les victimes ». Désormais, c'est un organisme public qui recevra les plaintes des victimes et c'est l'Église qui devra les indemniser au cas par cas. Un barème de rémunération va être établit selon la gravité de l'abus sexuel. « De nombreuses victimes m'ont écrit pour me faire part de leur soulagement après cet accord même s'il arrive tard, cela suppose une certaine tranquillité de pouvoir compter sur le défenseur du peuple, un organisme indépendant ». Selon le défenseur du peuple, qui se fonde sur un rapport publié en 2023, depuis 1940, plus de 200 mille mineurs pourraient avoir subi des agressions sexuelles de la part d religieux catholiques espagnols, chiffre qui s'élèverait à 400 mille si l'on compte les agressions commises par des laïcs dans les milieux religieux.

    Guerre au Moyen-Orient: la communauté libanaise expatriée au Qatar s'inquiète

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 2:31


    La guerre au Liban, un conflit suivi avec douleur par l'immense diaspora libanaise dont la population dépasse en nombre celle des Libanais vivant dans leur propre pays. Pour les expatriés libanais du Golfe, la situation est particulière puisqu'eux-mêmes vivent dans des pays déstabilisés par cette guerre régionale.   De notre envoyé spécial à Doha, Au Qatar, deux amies libanaises expatriées pour des raisons professionnelles et économiques, comme tant d'autres de leurs compatriotes, échangent sur la situation au Liban. « On a cette énorme inquiétude concernant le Liban. On vit les infos, on se réveille, on regarde les infos, on est toujours devant nos écrans, témoigne la première. On travaille, c'est vrai, mais notre tête est ailleurs. » « Le Liban, c'est notre pays. C'est le plus beau pays, on l'aime. Mais malheureusement, on a vécu beaucoup de guerres et on continue à vivre beaucoup de guerres, complète son amie. Et maintenant, le Liban saigne. Donc nous sommes fatigués, nous sommes épuisés moralement. » À écouter aussiGrand Reportage - Liban: voyage au cœur d'un pays déplacé « On ne s'y attendait pas » 17 ans au Qatar pour l'une, 10 ans pour l'autre, l'une travaille dans le domaine de la santé, l'autre dans l'éducation. Les deux amies libanaises ont connu d'autres guerres dans leur pays, mais cette fois, le conflit est régional, avec des drones et des missiles iraniens interceptés ici dans le ciel des pays du Golfe. « On ne s'y attendait pas et on ne sait pas ce qu'il va se passer dans une semaine, dans quelques jours, parce qu'on a dû partir pour de meilleures opportunités, pour trouver la stabilité pour nous et pour nos enfants, exprime une des deux amies. Et on se retrouve de nouveau dans une situation vraiment extrêmement compliquée. » Passé le trouble des premiers jours, les deux amies libanaises se sentent en sécurité au Qatar, où les alertes se font désormais plus rares. « Donc ici, pour nous, ce qu'on vit maintenant, c'est rien du tout, honnêtement, c'est rien du tout, juge l'une. » « On a honte d'en parler », réagit son amie. « Donc ce qu'on vit maintenant ici, c'est rien du tout parce qu'on le sent ici, il y a l'État, il y a les gens qui travaillent derrière, il y a les leaders qui sont là, il y a les gens qui t'envoient des messages pour te rassurer, poursuit la première. Ça, ça nous manque au Liban. » À lire aussiBombardements au Liban: plainte contre X de la FIDH et d'un Franco-Libanais pour «crime de guerre» « On va être tiraillées » Le dialogue entre les deux femmes continue : « On est au Qatar, on se dit grâce à Dieu, on est au Qatar. Parce que même avec les bombardements et les missiles, on sent toujours, toujours cette protection. Vraiment. » Parfois, une phrase s'interrompt dans un sanglot lorsque les deux expatriées évoquent les conversations avec leur famille restée au Liban. « On se sent coupable parce que, lorsqu'on voit nos parents dans quel état ils sont, bien sûr, en tant que Libanaise, j'ai envie d'y aller, de les aider. Je suis en train de les aider financièrement. Mais il y a aussi le côté moral. Ils ont besoin de nous. Mais comment ? On va être tiraillées…, confie-t-elle. Parce qu'ici, le Qatar, pour moi, c'est mon deuxième pays, il a besoin de nous. Maintenant, on ne peut pas partir parce qu'on a nos familles ici, on a nos enfants, donc on va rester, inchallah, tout ira bien. » À lire aussiMade in Qatar: comment Doha a privilégié la production locale agricole en prévision d'une guerre

    En Hongrie, la presse prête à défendre sa liberté à quelques jours des législatives

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 2:35


    En Hongrie, à quelques jours des élections législatives à un tour du 12 avril 2026, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui où Viktor Orban gagnerait le scrutin. Le dirigeant d'extrême droite l'a annoncé : il souhaite faire taire la poignée de médias indépendants qui existent encore dans le pays. La presse libre se prépare au pire. Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe. À lire aussiÉlections en Hongrie: malgré les sondages, pourquoi la partie est loin d'être gagnée pour l'opposition

    En Turquie, la laïcité, inscrite dans la Constitution, fait débat

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 2:36


    En Turquie, la querelle autour de la laïcité a ressurgi dans le débat public ces dernières semaines. En plein mois de ramadan, un mois de communion spirituelle, on a pu constater les fractures, toujours plus fortes, entre un pouvoir qui se revendique ouvertement de l'islam et une partie de la société qui dénonce des injonctions et une instrumentalisation de la religion. Alors que la laïcité est un principe inscrit dans la Constitution turque, deux polémiques sont venues illustrer cette fracture. Un reportage de notre correspondante à Ankara à écouter en version longue dans Accents d'Europe. À lire aussiEn Turquie, la laïcité installée par Atatürk, un modèle confronté à la montée du religieux

    Les drones intercepteurs Strila en Ukraine

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 2:30


    Avant la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs étaient surtout une affaire qui regardait l'Ukraine. Mais depuis plus d'un mois, ces drones attirent tous les regards. Alors que Kiev continue à lutter contre l'agression russe, Wiy, l'une de ces entreprises de fabrication de drones intercepteurs, a signé un partenariat avec une entreprise allemande, Quantum Systems, qui permettra la livraison prochaine à l'armée ukrainienne de quelque 15 000 drones, une alternative efficace et bien moins coûteuse que des missiles, pour contrer les attaques de drones. Dans une région de l'ouest de l'Ukraine, sous haute sécurité, notre correspondante Emmanuelle Chaze a pu rencontrer les créateurs et les opérateurs de ces drones. Avec notre envoyée spéciale, Emmanuelle Chaze Le drone intercepteur Strila fait un bruit semblable à celui d'un essaim d'abeilles. Pour la première fois, l'entreprise ukrainienne Wiy Drones, qui les coproduit avec Quantum Systems – une entreprise allemande –, accepte de les montrer lors d'un entraînement dans l'ouest de l'Ukraine. Dmytro Horlin, directeur de la technologie de Quantum Systems en Ukraine, est optimiste sur l'efficacité de son produit : « Dans un futur proche, il sera possible de contrôler non pas un, mais par exemple cinq drones Strila à la fois, ça veut dire qu'ils pourront éliminer encore plus de [drones kamikazes] Shahed d'un coup, car ceux-ci volent rarement seuls. » L'intercepteur de drone Strila est conçu par la société Wiy Drones  Une efficacité plus bienvenue alors que, depuis 2022, Moscou a lancé plus de 57 000 drones sur l'Ukraine, selon la défense anti-aérienne ukrainienne. Pour les contrer et protéger la population, Max, le cofondateur de Wiy Drones, explique un fonctionnement simple : « Il y a un écran où on voit l'image filmée par le drone, et ici la carte pour comprendre où vous volez, un peu comme une feuille de route : ça vous montre d'où vous venez et où vous allez... et aussi, les cibles qui viennent dans notre direction sont affichées sur les radars. » Une simplicité nécessaire, renchérit « Zanzibar », le nom de code de l'instructeur en chef qui entraîne les opérateurs des Strila : « Notre station au sol a été créée pour simplifier au maximum le contrôle du drone. On a développé un programme de haut niveau, directement avec l'armée, c'est-à-dire en prenant en compte leurs ajustements et leurs besoins pour une utilisation de combat appropriée. » À lire aussiGuerre en Ukraine: les drones, symboles d'une nouvelle ère de la guerre La sécurité de l'Ukraine reste prioritaire Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs ukrainiens sont convoités, en témoignent les nombreux nouveaux accords de défense signés par Volodymyr Zelensky avec des pays du Golfe. Mais la priorité pour les fondateurs de Wiy Drones reste pour l'instant la sécurité de l'Ukraine, comme l'explique Dmytro Horlin : « Bien sûr, nous constatons un vif intérêt de la part des pays du Moyen-Orient pour cette technologie. Mais je précise que notre priorité, notre intérêt premier, en Ukraine, est la protection de l'espace aérien ukrainien. » Depuis l'an dernier, la production quotidienne de drones a doublé, et Dmytro ambitionne de doubler encore, voire de tripler sa production dans les prochains mois. Vu d'Ukraine, le drone intercepteur Strila semble promettre des miracles, mais dans la guerre des drones, la course à la performance n'est jamais finie.

    Les tensions entre Pékin et Tokyo pèsent sur les Chinois installés au Japon

    Play Episode Listen Later Mar 29, 2026 2:27


    Le président français Emmanuel Macron est à Tokyo, du 30 mars au 2 avril, dans un contexte régional tendu. Les relations continuent à se dégrader entre le Japon et la Chine. En novembre 2025, des propos de Sanae Takaichi, la Première ministre nippone, sur une potentielle réaction de son pays à une intervention militaire chinoise autour de Taïwan ont provoqué la colère de Pékin. Depuis, la Chine a conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre au Japon et a mis en place des restrictions aux exportations de terres rares. Il y a quelques jours, un militaire japonais aurait fait irruption dans l'ambassade de Chine à Tokyo, menaçant de tuer les diplomates chinois. Un contexte pesant notamment pour les près de 900 000 Chinois qui vivent au Japon. De notre envoyé spécial à Tokyo, À Ikebukuro, quartier animé de Tokyo, une vingtaine de personnes se sont rassemblées parmi les musiciens et les passants. Chinois et Japonais sont venus échanger et débattre, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre leurs deux pays. « Beaucoup de Chinois qui vivent au Japon n'ont pas d'amis japonais. Parce que les Japonais sont xénophobes mais également assez introvertis », confie l'un des participants. C'est Shigeru Takano, un Japonais, qui a lancé ce groupe il y a trois ans et demi. Son objectif : stimuler les échanges linguistiques, culturels et économiques avec la communauté chinoise. Un projet ambitieux mais qui a été freiné par les relations tendues entre Pékin et Tokyo. « On déplore 20% de participants en moins », explique-t-il en observant le petit attroupement. Parmi eux, une Chinoise installée au Japon depuis deux décennies témoigne des répercussions concrètes de ces tensions politiques : « Parfois, les problèmes politiques nous affectent directement. Cela a un impact sur nous, les citoyens ordinaires, ceux qui veulent simplement s'amuser ou travailler pour des relations amicales entre les deux pays. Quand je rentre en Chine et que je dis que j'habite ici, on me parle mal, on me dit des choses blessantes. » « Lavage de cerveau » Les enquêtes d'opinion le confirment : une hostilité réciproque s'est installée entre les deux peuples. Un informaticien japonais de 42 ans, présent lors de cette rencontre, déplore cette situation. « Le nationalisme est de plus en plus présent dans le monde entier, et c'est pareil au Japon où il y a aussi de la xénophobie. Cela a toujours existé, mais maintenant, c'est juste plus intense. Mais les gens restent des gens... En réalité, la plupart d'entre eux aiment la paix », estime-t-il. Les Chinois présents ont demandé à rester anonymes, beaucoup critiquant ouvertement leur gouvernement. « Tous ces problèmes politiques dépendent directement des hauts dirigeants chinois. En une phrase, tout peut être réglé par Xi Jinping. S'il veut que ça se passe bien, alors les choses se passeront bien. En Chine, les gens sont hostiles aux Japonais à cause de la propagande anti-américaine et anti-occidentale : ils subissent un lavage de cerveau », affirme l'un d'eux. Du côté japonais, certains partagent ce sentiment, mais le dirigent vers leurs propres autorités. « Le gouvernement japonais actuel, avec des politiciens d'extrême droite comme notre Première ministre Sanae Takaichi, est xénophobe. Cela va limiter le développement économique du Japon. Je pense que le peuple japonais finira par se réveiller. Aux prochaines élections, ces politiciens d'extrême droite devront quitter le gouvernement », lance un participant. Un avis qui semble toutefois isolé. La ligne dure adoptée par Sanae Takaichi face à Pékin a été largement plébiscitée dans les urnes en février. Son parti contrôle en effet plus des deux tiers de l'Assemblée nationale. À lire aussiJapon: le coût des traditionnels pique-niques sous les cerisiers en fleurs explose avec l'inflation

    Au Qatar, le pari d'une mosquée dédiée aux femmes pour questionner les mentalités

    Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 2:35


    C'est un lieu très rare dans le monde musulman. Alors que les mosquées sont essentiellement fréquentées par les hommes et que les espaces pour les femmes y sont souvent réduits en surface, le Qatar a décidé de bousculer la donne. À Doha, la capitale, une mosquée pour femmes a été ouverte il y a deux ans.  Au-delà du lieu de prières, cette mosquée souhaite aussi questionner les mentalités et rappeler que la moitié des fidèles sont des femmes. RFI a obtenu l'autorisation de visiter cette mosquée pas comme les autres. De notre envoyée spéciale à Doha, Assise à même le sol, Lamia El Kamel semble absorbée par sa psalmodie des versets du Coran. Cette Soudanaise avoue qu'elle n'était pas habituée à fréquenter les mosquées avant de découvrir ce lieu réservé aux femmes. « Dans une mosquée pour femmes, tu te sens à l'aise. Tu t'assois comme tu veux. Tu n'es pas dans le contrôle. Quand tu es dans une mosquée pour femmes, tu as l'impression qu'il n'y a que toi et Dieu. La société est loin », confie-t-elle. Ce lieu de culte, d'une superficie de 4 600m², se distingue par son design contemporain. Conçue par un duo d'architectes new-yorkais très en vue, la mosquée Al Mujadilah a été voulue par Cheikha Moza, la mère de l'actuel émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Elle en a confié la direction à l'islamologue Sohaira Siddiqui, qui guide les visiteurs à travers ses espaces. « L'architecture de la mosquée est très féminine, non ? », lui demande-t-on. « Oui. Quand on conçoit une mosquée pour femmes, il y a des critères subtils à prendre en compte, vous savez. Les courbes, l'élégance, l'élévation, et je trouve que ce lieu incarne tous ces éléments », répond-elle. Nous sommes ici dans la salle de prière, qui peut accueillir jusqu'à 800 personnes. « On a aussi une bibliothèque. On y trouve par exemple ce livre : Les femmes, la famille et le divorce dans l'histoire de l'Islam. Autre livre ici : Introduction à la banque et à la finance islamiques. Ou encore : Les femmes, la science et la technologie. Certains ouvrages parlent de religion et d'autres sont juste centrés sur la femme », précise Sohaira Siddiqui. Le lieu comprend également des jardins, des terrasses et un café au design épuré, où l'on entend le bruit apaisant d'une machine à café. Le concept séduit Hajer Naïli, une Française travaillant dans l'humanitaire et de passage à Doha. Mug à la main, elle explique qu'entre deux sessions de travail, elle prend le temps de prier. « C'est juste agréable en tant que femme d'avoir un vis-à-vis sur l'imam, de pouvoir entendre le sermon sans avoir à être derrière une barrière, un rideau ou cachées », témoigne-t-elle. Avec ce lieu de culte, Sohaira Siddiqui espère secouer les mentalités. Pour amplifier son message, la mosquée a lancé son propre podcast. « Le premier épisode commence avec une phrase que les femmes musulmanes entendent fréquemment : "Il vaut mieux qu'elles prient à la maison." La question qu'on veut soulever, c'est : qu'est-ce que nos mosquées deviennent quand on part du principe que les femmes feraient mieux de prier chez elles ? On a oublié qu'il y a un milliard de femmes musulmanes dans le monde. Ce qui est énorme quand on y pense », souligne-t-elle. Tout sourire, Sohaira Siddiqui révèle avoir été approchée par plusieurs pays souhaitant s'inspirer de ce modèle. Une initiative qui pourrait bien essaimer au-delà des frontières du Qatar. À lire aussiMade in Qatar: comment Doha a privilégié la production locale agricole en prévision d'une guerre

    En Autriche, les élèves au défi de tenir trois semaines sans portable

    Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 2:28


    Trois semaines sans votre smartphone, en seriez-vous capables ? C'est le défi que viennent de relever plus de 70 000 élèves autrichiens. L'idée est partie d'un établissement de Gänserndorf, en Basse-Autriche, où un professeur de biologie, Fabian Scheck, avait lancé ce défi à ses élèves l'an passé. Ils viennent à nouveau de participer à l'expérience qui se fait cette fois à l'échelle de toute l'Autriche et qui vient tout juste de s'achever le 24 mars. RFI s'est rendu à Gänserndorf, dans une des classes de Fabian Scheck en plein milieu de ce défi.  De notre envoyée spéciale à Gänserndorf, Dans cette classe de Vienne, une vingtaine d'élèves âgés de 10 et 11 ans participent à une expérience inédite : passer trois semaines sans smartphone. La plupart d'entre eux reconnaissent y passer au moins trois heures par jour. Anika, l'une des élèves, explique son utilisation : « Moi, j'utilise mon portable surtout pour communiquer et aussi quand je m'ennuie. WhatsApp, YouTube et aussi des jeux. » Pour ces jeunes, ce défi représente un véritable challenge, mais Lina n'a pas hésité à s'y joindre, comme l'ensemble de ses camarades. « Je veux passer moins de temps sur mon téléphone, et je me suis dit que ce serait un bon début. J'aimerais avoir plus de temps pour d'autres choses et ne pas être tout le temps distraite par mon téléphone. Avant, par exemple, je regardais toujours des trucs sur mon téléphone avant de me coucher, mais là, ne plus le faire m'aide à dormir plus tôt et je sens que je suis moins fatiguée », confie-t-elle. Des effets positifs Fabian Scheck, leur professeur, les interroge sur leur ressenti après plusieurs jours d'expérience. « Cela me permet de trouver des nouveaux loisirs et de mieux réviser pour l'école », affirme une élève. Si les premiers jours sans téléphone ont été difficiles pour la plupart, avec parfois des symptômes de sevrage, les effets positifs se font déjà sentir. Amina et Öslim, deux amies de la classe, partagent leur expérience. « J'arrive mieux à me concentrer à l'école et à obtenir de meilleures notes. Et ça fait du bien parce que ça me permet de passer plus de temps avec ma famille ou mes amis », explique Amina. « Moi aussi, j'ai beaucoup plus de temps pour étudier et je ne remets plus les choses à plus tard. Quand j'ai quelque chose à faire, maintenant, je le fais tout de suite. J'aimerais bien continuer après à réduire le téléphone », ajoute Öslim. Ce défi, auquel participent 72 000 élèves autrichiens, est également suivi par des scientifiques. Fabian Scheck, à l'origine de cette initiative, se réjouit de l'engouement qu'elle suscite. « Un mouvement s'est créé et cela permet de sensibiliser les gens à cette question. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes le font, mais je sais que, grâce à notre initiative, de nombreux parents se demandent désormais : "Est-ce que je ne pourrais pas moi aussi réduire un peu mon temps d'écran ?" Mais évidemment, ceux qui sont le plus vulnérables, ceux à qui cela fait le plus de mal, ce sont les jeunes, car leur cerveau est encore en train de se développer. Il est donc essentiel que nous en discutions, y compris avec les responsables politiques, en Autriche et dans l'Union européenne », souligne-t-il. À la fin de l'échange, ses élèves n'ont qu'un mot à lui adresser, en français dans le texte : « Merci ! » À lire aussiPourquoi le verdict contre Meta et Google résonne au-delà des États-Unis?

    À Londres, une école produit son électricité grâce à un projet solaire local

    Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 2:34


    Un quartier qui se cotise pour acheter des panneaux solaires et devenir auto-suffisant en énergie, à moindre coût : pour l'instant, c'est encore une utopie, mais au Royaume-Uni, plusieurs coopératives tentent de s'en approcher. Le gouvernement vient d'ailleurs d'annoncer des financements pour encourager le développement de ces systèmes. Emeline Vin a visité une école de Londres qui s'est lancée dans l'énergie communautaire. À 500 mètres de la gare Eurostar de St Pancras, à Londres, sur le toit d'un lycée, 200 panneaux solaires ont été installés, il y a deux ans, par l'association Power Up North London. « Nous avons un accord sur 20 ans. Nous, nous fournissons l'endroit, et nous nous engageons à acheter l'électricité pendant 20 ans – le prix ne bouge pas ! Power Up possède les panneaux, les fait fonctionner et s'occupe de la maintenance pendant 20 ans. L'école n'a pas dû fournir de capital, c'était vraiment gagnant-gagnant », explique Julian Race, le gérant commercial du lycée Regent's School. Les panneaux solaires fournissent 10% de l'électricité de l'établissement. Les week-ends et les jours de vacances, l'énergie non utilisée est rachetée par le réseau national – une économie de 45 000 euros par an pour l'école. « Ça nous protège un peu contre les variations de prix [de l'énergie]. Ces installations nous rendent un peu plus autonomes. Et dans le quartier, les habitants constatent ce qui peut être fait à l'échelle locale. Et en plus, on rejette moins de CO2 qu'avant ! », dit-il. À lire aussiComment les universités britanniques coupent leurs liens avec l'industrie fossile Un impact social au-delà de l'énergie Les économies pourront aussi aller à des actions de lutte contre la pauvreté, qui concerne 7 élèves sur 10 du lycée. Dans le nord de Londres, Power Up a déjà lancé une quarantaine de projets similaires : des particuliers, souvent des riverains, achètent des actions à 100 ou 200 euros. La présidente Tanuja Pandit explique le principe : « Les actionnaires investissent avec un objectif de 4,5% d'intérêts en plus de récupérer leurs apports. C'est un investissement, pas un prêt ».  Power Up ne s'arrête pas à la pose de panneaux solaires ou de pompes à chaleur. « Dans cette école, on organise des clubs "énergie verte" pour sensibiliser les élèves. Ils en parlent ensuite à leurs parents, qui en parlent autour d'eux... Les impacts, tangibles ou non, sont nombreux », ajoute-t-elle. Un modèle en expansion mais encore limité À l'échelle du pays, il existe plus de 600 organisations comme Power Up North London, qui produisent l'équivalent de la consommation annuelle de 213 000 maisons. À Londres, la pionnière, c'est Giovanna Speciale. Pour elle, l'énergie communautaire pourrait, à terme, représenter une solution nationale, à une condition : « Les normes doivent changer, il y a trop d'obstacles. Chaque site nous demande un travail exorbitant. Déjà que seule une minorité de bâtiments peut prétendre [à accueillir des panneaux solaires], cela dépend entièrement de la motivation et de l'investissement des acteurs, beaucoup n'ont tout simplement pas les ressources, ce n'est pas leur priorité ».  Le gouvernement britannique doit investir un milliard de livres sterling dans les mois qui viennent pour soutenir la création de nouveaux projets d'énergie communautaire.  À lire aussiFin du charbon au Royaume-Uni: quelle est la recette?

    En Allemagne, l'extrême droite en embuscade aux élections professionnelles

    Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 2:37


    L'extrême droite allemande ne progresse pas uniquement en politique. Zentrum, une organisation proche du parti extrémiste de droite AfD, veut profiter des élections professionnelles qui ont démarré début mars dans le pays pour mettre un pied dans les usines allemandes. Reportage dans la plus importante usine de Mercedes et ses 12 500 salariés, à l'est de Stuttgart. De notre envoyée spéciale à Untertürkheim, Devant la porte des usines Mercedes, à Untertürkheim, 13h30 sonne l'heure du changement d'équipes sur le parking des salariés. Comme partout en Allemagne, on vote chez Daimler pour le renouvellement du comité d'entreprise. Dans un contexte de crise de l'automobile, l'ambiance dans l'usine est plutôt tendue, comme l'explique Pedro, un ouvrier espagnol qui s'apprête à monter sur son vélo : « Dans les périodes de campagne, l'ambiance est toujours un peu tendue, on sent une certaine nervosité. Tout le monde ne parle que des élections. Zentrum ? Oui, je crois qu'ils s'engageraient aussi bien qu'IG Metall le fait depuis des années. » Dans la cage d'escalier du parking, les affiches des listes en campagne confirment la joute entre IG Metall, syndicat historique de la métallurgie, réputé proche des sociaux-démocrates, et Zentrum, proche du parti d'extrême droite AfD. « IG Metall est l'ennemi préféré de Zentrum. Pour Zentrum, le conflit salariés-patrons, la lutte des classes, ne jouent aucun rôle. Leur adversaire, c'est toujours IG Metall », explique la chercheuse Daphne Weber, qui étudie les syndicats de droite. Il y a quelques semaines, la patronne de l'AfD, Alice Weidel, est venue à la rencontre des ouvriers devant les grilles de l'usine Daimler. Une source d'inquiétude pour Danial Bamdali, ouvrier turc en poste chez Daimler depuis 2010 et membre d'IG Metall. « Ce qui nous inquiète, c'est cette agitation d'extrême droite, ici, dans l'entreprise, explique-t-il. Et ce qui nous affecte, c'est que la direction soutient ça, puisqu'ils ne font rien contre. » « L'extrême droite obtiendra davantage de mandats » Zentrum, qui n'est pas reconnu comme un syndicat, est dépourvu de toute expérience en matière de négociations tarifaires. Christian Steffen, responsable de la stratégie politique chez IG Metall dans le sud-ouest du pays, doute que cela freine l'extrême droite : « Nous supposons qu'il y aura, aux élections des comités d'entreprise, des résultats qui, en partie, ne vont pas nous plaire. L'extrême droite obtiendra davantage de mandats, mais je ne crains pas de tremblement de terre. » Zentrum, 18 élus dans les comités sortants, ne pèse pour l'heure pas grand-chose sur un total de 180 000 élus dans les entreprises du pays. Mais il menace la paix sociale, surtout dans l'automobile. Et il fragilise les syndicats confrontés à la progression du vote d'extrême droite chez les ouvriers. À lire aussiAllemagne: le parti du chancelier Merz en tête et l'AfD en forte progression en Rhénanie-Palatinat

    En Pologne, la ville de Stalowa Wola attend les fonds européens du programme de défense Safe

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 2:25


    En Pologne, après le veto du président Karol Nawrocki au plan européen Safe, qui doit permettre aux pays de l'UE d'augmenter leurs capacités militaires, le gouvernement pro-européen de Donald Tusk élabore une solution pour ne pas perdre les 44 milliards d'euros de crédit destinés à ce pays frontalier de l'Ukraine et principal bénéficiaire de ces prêts à taux préférentiel. Cette décision du président conservateur, qui refuse de s'endetter auprès de Bruxelles, divise le pays, et en particulier la petite ville de Stalowa Wola : elle abrite une usine d'armement historique et attend beaucoup des fonds qu'elle devrait recevoir. Un reportage de notre envoyé spécial à Stalowa Wola à retrouver en intégralité dans Accents d'Europe. À lire aussiPologne: le président Nawrocki prêt à mettre son «veto» au programme européen de défense SAFE

    Turquie: les Afghans, nouvelle main-d'œuvre face au recul des travailleurs locaux

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:38


    Comme le textile ou la construction, le secteur agricole en Turquie est de plus en plus dépendant d'une main-d'œuvre étrangère, migrante. Chez les éleveurs en particulier, les Afghans prennent peu à peu la place des locaux comme ouvriers agricoles ou bergers. Les jeunes générations de Turcs se détournent de l'agriculture, durement touchée ces dernières années par l'hyperinflation dont souffre le pays. Mais pour ces paysans afghans, les conditions de travail sont souvent très précaires. Un reportage près d'Ankara d'Anne Andlauer. À lire aussiEn Turquie, les agriculteurs à bout de souffle face à l'inflation

    Argentine: 50 ans après le coup d'État de 1976, la mémoire résiste

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:29


    En Argentine, les petits-enfants de disparus reprennent le flambeau de la mémoire. Leurs grands-parents ont lutté contre la dictature dans les années 1970, leurs parents contre l'impunité dans les années 1990, eux luttent aujourd'hui contre l'oubli. Alors que le pays commémore ce mardi les 50 ans du coup d'État de 1976 sur fond de révisionnisme historique de la part du président Javier Milei, notre correspondant Théo Conscience est allé à la rencontre de cette nouvelle génération. De notre correspondant à Buenos Aires, On les reconnait au foulard blanc noué autour de leur tête. Comme chaque semaine depuis près de 50 ans, les Mères de la place de Mai entament une nouvelle ronde pour réclamer la vérité sur le sort de leurs enfants disparus pendant la dictature. « C'est la ronde nᵒ 2501. Qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, elles n'ont jamais arrêté de venir. » Lucas Pedulla se joint régulièrement aux rondes hebdomadaires des Mères de la place de Mai. À 35 ans, il appartient au collectif Nietes, qui regroupe depuis 2019 des petits-enfants de disparus de la dictature. Son grand-père Juan Jorge Wehitt a été enlevé par les militaires en 1978. « Le crime de disparition forcée est un crime qui continue de se perpétuer jour après jour, car chaque jour, ma mère attend de savoir ce qui est arrivé à son père. Donc pour moi venir ici, c'est une manière d'inscrire ce combat sur la durée », complète-t-il. À écouter aussiGéopolitique - Argentine : mémoire en danger ? « La mémoire, c'est quelque chose qui se transmet » Selon les organisations de défense des droits humains, la dictature a fait disparaître plus de 30 000 opposants entre 1976 et 1983. Un chiffre aujourd'hui remis en cause par le président ultralibéral Javier Milei, qui promeut une réécriture historique du récit de la dictature. « Les discours négationnistes gagnent beaucoup de terrain, que ce soit au sein du gouvernement ou avec le président qui réhabilite de vieilles théories pour justifier ce qui s'est passé. » Rocco Bianchi Bolzan, 21 ans, est lui aussi petit-fils de disparu. Face au révisionnisme de Javier Milei, et alors que les Mères de la Place de Mai sont chaque année un peu moins nombreuses, le collectif Nietes se prépare à reprendre le flambeau de la mémoire, explique Lucas. « Nous pouvons interpeller, raconter et expliquer l'importance de cette cause à des générations pour qui la dictature est quelque chose de lointain », explique Lucas Pedulla. Pour toucher cette génération qui ne connaît la dictature qu'à travers les livres d'histoire, le collectif Nietes organise régulièrement des rencontres avec des collégiens et des lycéens. L'enjeu, explique Rocco, c'est de transformer l'Histoire en mémoire. « La mémoire, c'est quelque chose qui se transmet. Rien qu'en racontant une histoire à la première personne, on livre un témoignage qui permet l'empathie et l'identification, et on peut profondément toucher les gens. » À côté de Rocco, Lucas Pedulla approuve. « Il faut cultiver la sensibilité », conclut-il. À lire aussiArgentine: 45 ans après, les Grands-Mères de la place de Mai toujours à la recherche des enfants disparus

    Exercice Cold Response: des milliers de soldats de l'Otan s'exercent au-delà du cercle polaire

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 2:33


    Dans le nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire, des milliers de soldats s'entraînent dans le froid et la neige. L'exercice de l'Otan Cold Response 2026 réunit 14 pays alliés pour tester leur capacité à combattre et à coopérer dans des conditions arctiques. Le chancelier allemand et le Premier ministre canadien ont fait le déplacement pour saluer leurs troupes. Dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, ces manœuvres prennent en effet une importance stratégique particulière.  Un reportage de notre envoyée spéciale à Bardufoss, aux côtés des soldats en plein exercice militaire, à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe. À lire aussiMission «Sentinelle arctique»: l'Otan muscle sa présence dans le Grand Nord

    Attentats de Bruxelles: 10 ans après, les Bruxellois toujours marqués

    Play Episode Listen Later Mar 21, 2026 2:43


    Il y a dix ans jour pour jour – le 22 mars 2016 – avaient lieu les attentats de Bruxelles, quelques mois après les attentats de Paris, perpétrés par la même équipe de terroristes et revendiqués par l'organisation État islamique. Une tragédie qui a profondément marqué les Belges et la capitale européenne. Alors que les cérémonies officielles de commémoration se déroulent ce 22 mars, comment la ville vit-elle avec les souvenirs de la tragédie ? De notre correspondant à Bruxelles, Un peu avant 8 heures ce 22 mars 2016, les kamikazes faisaient exploser deux bombes à l'aéroport de Bruxelles, soufflant une partie du hall des départs de l'aéroport de Zaventem. Une heure plus tard, une section du deuxième wagon de la rame de métro qui s'apprêtait à quitter la station Maelbeek, au cœur du quartier européen, volait en éclats. Un kamikaze venait de se faire sauter avec son sac à dos. Bilan de ces attentats, attaques les plus meurtrières de l'histoire de la Belgique : 35 morts et 340 blessés. Au mur de la station de métro Maelbeek, une plaque vitrée de plusieurs mètres de long abrite depuis 10 ans des messages de soutien et d'espoir rédigés quelques semaines après les attentats. Au niveau inférieur, sur le quai, Georges, 84 ans – 74 à l'époque –, se souvient : « Moi, j'étais à 6,5 mètres de la bombe. Je crois que j'étais un des plus proches de ceux qui sont sortis vivants de là. Et la chance que j'ai eue, c'est qu'il y avait des sièges et ils m'ont un peu protégé. » Ses souvenirs se font plus précis : « J'avais le crâne brûlé au troisième degré, mes mains brûlées et la figure brûlée au deuxième degré. Je me suis évanoui peut-être une fraction de seconde, mais je me suis retrouvé, je ne sais pas comment, debout. Et comme mes jambes étaient plus ou moins intactes, j'ai couru tout en haut. Comment je m'en suis sorti ? Je n'en sais rien », conclut l'octogénaire. Sur place, à Maelbeek, tout est désorganisé avec des secours qui sont à l'aéroport, là où les premières bombes ont explosé une heure plus tôt. Gaëtan Meuleman, secouriste occasionnel, intervient et participe à la mise en place d'un hôpital de guerre au rez-de-chaussée d'un hôtel voisin. « C'est le chaos, c'est le chaos total. Les premières victimes ont été posées à même le sol, sans matériel. Il faut attendre que les secours arrivent, se rappelle-t-il. On a fait le maximum de ce qu'on a pu avec les moyens qu'on avait. Mettre des perfusions pour pouvoir mettre des voies d'entrée, il faut compenser les hémorragies, les brûlures, mettre les anti-douleurs. On est face à des plaies qu'on n'a pas l'habitude de voir. » À lire aussiUn an après, Bruxelles se souvient des pires attentats de son histoire « On n'est pas indemne, on a perdu des plumes » Et puis il y a l'après. « Tous les intervenants, quels qu'ils soient, ont été confrontés à l'horreur. Personne, personne n'était prêt ce jour-là. Personne. Mon entourage, ma famille ont essayé de me dire que je n'allais pas bien, confie le secouriste. Mais moi, je pensais : foutez-moi la paix. Et puis j'ai vu un psychologue. Je n'avais jamais vu de psychiatres et de psychologues avant le 22 mars. Puis on se rend compte que ben non, on n'est pas indemne, on a perdu des plumes. » 10 ans plus tard, la date du 22 mars résonne pour chaque Bruxellois, chacun, chacune se rappelle où il était à ce moment-là, et ce qu'il faisait lorsque les bombes ont explosé. « On croise dans les couloirs des collègues qui gardent des séquelles des attentats, des personnes défigurées », témoigne Nathalie, qui travaille au sein des institutions européennes voisines. « Nous nous souvenons de ceux et celles qui étaient ici. Nous continuerons à nous en souvenir et nous espérons que quelque chose comme ça ne se reproduira jamais », poursuit Gina, sa collègue. Un message d'espoir partagé par de nombreuses victimes avec un mot qui revient souvent, celui de résilience. Mais aussi une peur : celle de l'oubli et la crainte que peu à peu, le nom des victimes s'efface des mémoires. À lire aussiAttentats de Bruxelles: Abrini condamné à 30 ans de prison, pas de peine additionnelle pour Abdeslam

    Journée internationale des forêts: l'Irlande et le défi du reboisement

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 2:35


    On l'appelle l'« île d'émeraude ». Pourtant, l'Irlande est l'un des pays les moins boisés d'Europe. À l'occasion de la Journée internationale des forêts, direction cette terre particulière : seul 11% de son territoire est recouvert de forêts. Mais le gouvernement irlandais veut augmenter cette surface à 18% d'ici 2050. L'Irlande se reboise donc à marche forcée. De notre correspondante à Dublin, Niall Charleton montre comment planter un arbre : « Alors, je vais creuser un trou carré. Je soulève simplement la motte du sol, j'y place les racines, puis je remets un peu de terre par-dessus. Et voilà, notre arbre est planté ! » Sa pelle à la main, Niall, 68 ans, est prêt à se retrousser les manches. Et le programme s'annonce chargé pour cette quarantaine de bénévoles. Objectif : planter 1 000 arbres en une seule journée, dans ce parc du sud du comté de Dublin. Mais il faut viser haut, explique Niall. L'Irlande accuse un retard considérable en matière de couverture forestière : seulement 11% de son territoire est boisé, contre une moyenne européenne à 35%. « C'est une véritable honte ! Et en matière de forêts naturelles, à peine 2% de notre territoire en est couvert. Tout le reste, ce sont des plantations industrielles, dominées par l'épicéa de Sitka. Une filière du bois florissante, mais un désastre pour la biodiversité : c'est toxique, ça étouffe le reste du vivant ! Mais nous vivons sur une île humide : alors, ces arbres poussent plus vite ici que partout ailleurs en Europe, grâce à des pluies quasi permanentes, vous l'avez peut-être remarqué », conclut Niall, un brin ironique. Cette espèce, qui pousse donc rapidement en Irlande, est entièrement destinée à être coupée et commercialisée. L'Irlande compte en fait très peu d'arbres indigènes. Or, selon les bénévoles, seules des forêts mixtes favorisent vraiment la biodiversité. À lire aussiReforestation: oui mais pas n'importe comment Si un agriculteur plante des arbres, « la terre est dédiée à la forêt » Ce jour-là, c'est le conseil municipal de Dublin qui a financé les jeunes pousses, comme du frayssinet de Killarney et de l'aubépine. Un geste qui s'inscrit dans un plan bien plus ambitieux : le gouvernement souhaite planter 8 000 hectares d'arbres chaque année, soit l'équivalent d'une forêt de la taille de Strasbourg. Et pour y parvenir, des incitations encouragent les agriculteurs à planter sur leurs terres. Mais selon Martha O'Hagan, professeure de finance durable à l'université Trinity de Dublin, plusieurs freins persistent : « Il existe cette règle, selon laquelle une fois qu'un agriculteur plante des arbres, la terre est définitivement dédiée à la forêt. Il prend ainsi une décision sur l'usage de ses terres pour les générations futures, ses enfants et petits-enfants. En plus, la valeur à l'hectare de cette parcelle chute, puisqu'elle ne peut plus servir qu'à la sylviculture ! De quoi faire hésiter les agriculteurs. » Et pourtant, il y a urgence. Sans baisse des émissions d'ici 2030, l'Union européenne pourrait infliger à l'Irlande jusqu'à 26 milliards d'euros d'amende. Et les forêts, on le sait, restent l'un des meilleurs puits de carbone pour lutter contre le réchauffement climatique. À lire aussiAdapter le paysage face au réchauffement climatique

    Turquie: un an après l'arrestation d'Imamoglu, la jeunesse du CHP reste mobilisée

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 2:47


    Il y a un an, le 19 mars 2025, un séisme politique secouait la Turquie. Le maire d'Istanbul, la plus grande ville du pays, et principal opposant du président Erdogan, était arrêté pour des allégations de corruption, puis incarcéré quatre jours plus tard. Sa détention a déclenché une vague de manifestations massives et une mobilisation inédite dans les rangs de son parti, le CHP, qui dénonce un complot visant à saboter la candidature d'Ekrem Imamoglu à la prochaine présidentielle. Depuis un an, la branche jeunesse du parti est particulièrement mobilisée derrière lui et ne perd pas espoir.  Ankara, siège du CHP, Parti républicain du peuple. Özgür Özel, son dirigeant, tient une conférence de presse consacrée à ce qu'il appelle « le gang judiciaire » derrière l'arrestation d'Ekrem Imamoglu et son procès pour « corruption ». Cela fait un an que le maire d'Istanbul, le principal rival de Recep Tayyip Erdogan, est derrière les barreaux. Au fond de la salle, téléphone à la main, Dogukan Koçoglu retranscrit l'événement sur les réseaux sociaux. Sur sa veste de costume bleue, il porte un drapeau rouge orné de six flèches blanches, le symbole du CHP. Il a 23 ans. Il se souvient très bien du 19 mars 2025, le matin de l'arrestation d'Ekrem Imamoglu. « Je ne me suis jamais senti aussi désespéré… J'ai pensé que tout était fini, que ce pays n'avait plus d'avenir », dit-il. Du désespoir à la mobilisation Un an plus tard, ce membre de la branche jeunesse du CHP n'est plus dans le même état d'esprit. Il parle avec excitation des manifestations massives qui ont suivi l'arrestation, puis des rassemblements hebdomadaires du CHP dans tout le pays, jusqu'au 99e, cette semaine, devant la mairie d'Istanbul. « Je sens qu'on est beaucoup plus forts qu'il y a un an. Le CHP, Ekrem Imamoglu, moi, les autres militants… Parce qu'on a quand même traversé des épreuves inimaginables ! Le pouvoir a fait emprisonner une quinzaine de nos maires. Il a même essayé de mettre le parti sous tutelle, mais il a échoué. Au CHP, on est conscients qu'on est à l'aube d'une renaissance, mais que l'accouchement se fait dans la douleur. On attend avec impatience les élections, le jour où ce pouvoir devra rendre des comptes ». « Si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre » Cette élection présidentielle aura lieu au plus tard en mai 2028. Mais la candidature d'Ekrem Imamoglu semble plus que compromise. Non seulement il est en prison et accablé par les procès, mais son diplôme universitaire a été annulé la veille de son arrestation au prétexte d'irrégularités, ce qui l'empêche légalement de briguer la fonction suprême. Pourtant, le CHP refuse d'envisager un autre candidat. Okan Apan, rapporteur pour la jeunesse au sein du QG de campagne d'Ekrem Imamoglu, l'explique avec un proverbe turc. « C'est l'histoire du loup qui s'approche du troupeau et dit : "Je ne veux que le bœuf roux, après je vous laisse tranquille". Mais bien sûr, le loup ne cesse de revenir, d'exiger toujours plus… À la fin, il n'y a plus de troupeau. Si on laisse tomber Imamoglu, tout autre candidat sérieux se trouvera empêché à son tour. Ce serait jeter le CHP dans une impasse ». Ce militant signale aussi que les rangs de la branche jeunesse du CHP n'ont fait que croître depuis un an, malgré la répression. « Chez beaucoup de jeunes, il y a ce sentiment très fort que si on ne prend pas de risque maintenant, si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre ». D'ici aux élections, le CHP a l'intention de continuer à manifester, mais aussi d'être plus présent sur le terrain, auprès des électeurs. Et notamment auprès des jeunes.  À lire aussiTurquie: Ekrem Imamoglu, l'ancien maire d'Istanbul et rival d'Erdogan, face à ses juges

    Royaume-Uni: comment la série télévisée «Peaky Blinders» a revitalisé le tourisme à Birmingham

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 2:31


    Ce vendredi 20 mars sort The Immortal Man sur Netflix, film qui raconte la suite de Peaky Blinders. Quatre ans après la dernière saison de cette série, qui suit l'histoire d'un groupe de gangsters dans le Birmingham des années 1910 à 1930. On a pu y voir de grands noms : Cillian Murphy, Stephen Graham, Adrien Brody ou encore Anya Taylor-Joy. Malgré des histoires sombres, violentes dans la classe ouvrière anglaise du siècle dernier, le succès de la série a entraîné une revitalisation du secteur touristique dans la deuxième ville du pays. De notre correspondante de retour de Birmingham, Dans l'ancien quartier industriel de Birmingham, un grand hangar abrite des studios de cinéma. La fresque sur les murs indique que Peaky Blinders, la série à succès de Netflix, y a été tournée. Depuis, elle attire des touristes du monde entier, comme Maninder : « Nous sommes originaires d'Inde, mais on vit à Northampton depuis trois ans. J'ai découvert Birmingham avec ''Peaky Blinders'', et ça m'a donné envie de visiter. Il y a plein de choses : l'aquarium, les canaux... » Tout un ciné-tourisme autour des Peaky Après la première saison, sortie en 2013, le nombre de touristes étrangers a bondi de 20% dans la région. Cette popularité s'est maintenue. Costume trois-pièces et casquette gavroche distinctive, Edward Gostick anime dix visites guidées par semaine sur le thème des gangsters de Birmingham : « Nous sommes ici au Bull, l'un des pubs les plus anciens de Birmingham, au cœur du quartier où l'on fabriquait les armes. Et voici une photo de Samuel Sheldon, un véritable gangster. C'est lui qu'on envoyait quand les gangs rivaux venaient lancer des pierres dans le quartier, semer la terreur. Il avait 10 ans. » Escape games, expositions, magasins de souvenirs... Longtemps perçue comme grise et pauvre, toute la ville s'est mise aux couleurs de la série. « L'impact sur la ville a été très positif. Comme Robin des Bois pour Nottingham, ou Shakespeare pour Stratford-upon-Avon, ça nous a donné une identité : 40% de mes visiteurs viennent du Royaume-Uni. Pour le reste, j'ai déjà eu des touristes de 60 pays différents », raconte Edward Gostick. « Partout où je vais dans le monde, les gens ont vu ''Peaky Blinders'' » À 15 kilomètres de la ville, Andrew Lovett a accueilli une partie des tournages dans son écomusée du Black Country. « Il y a eu un avant et un après : on accueille aujourd'hui 400 000 visiteurs par an, des visiteurs plus jeunes, plus internationaux. On organise des soirées ''Peaky Blinders'', avec 2 500 personnes en costumes ! », s'enthousiasme-t-il. Au-delà de l'effet Peaky, il y a Harry Potter tourné en Écosse, Paddington à Londres, Game of Thrones au Pays de Galles… La tendance du ciné-tourisme profite à tout le pays, explique Patricia Yates, PDG de Visit Britain : « D'après nos recherches, sept touristes étrangers sur dix viennent pour voir "en vrai" des endroits qu'ils ont vus à l'écran. C'est grâce au développement des plateformes internationales de streaming. Partout où je vais dans le monde, les gens ont vu ''Peaky Blinders'', ''Harry Potter''... Le rayonnement est mondial. » Après le film The Immortal Man, deux autres saisons des aventures des gangsters de Birmingham sont prévues. De quoi soutenir les 114 000 emplois liés au tourisme dans la région.

    L'Italie divisée autour du référendum sur la réforme de la justice

    Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 2:38


    Les 22 et 23 mars 2026, les Italiens doivent se prononcer par référendum sur une réforme de la justice portée par le gouvernement de Giorgia Meloni. La principale innovation vise à instaurer une stricte séparation des carrières des magistrats entre le siège et le parquet. Le gouvernement et ses promoteurs y voient une façon de lutter contre des magistrats qu'ils jugent politisés, tandis que l'opposition dénonce une menace pour la séparation des pouvoirs. Le référendum s'est cristallisé sur la personnalité de la présidente du Conseil italien. À lire aussiItalie: la réforme de la justice passe une étape importante devant le Sénat

    Génocide contre la communauté yézidie: le procès

    Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 2:47


    Le procès de Sabri Essid, jihadiste français présumé mort en Syrie, s'est ouvert à Paris ce lundi 16 mars pour génocide et crime contre l'humanité, commis contre la communauté yézidie. Un premier procès pour « génocide » qui ouvre la voie, en France, à la reconnaissance des crimes subis par cette petite communauté irakienne principalement rassemblée dans le nord-est du pays, et ce, douze ans après l'opération lancée par l'État islamique au Sinjar en août 2014. Des victimes irakiennes témoignent dans ce procès en France, mais en Irak, la communauté yézidie réclame toujours justice. En janvier, Bagdad a accueilli 5 704 prisonniers soupçonnés d'appartenance à l'État islamique et détenus jusqu'alors en Syrie. Les autorités se sont engagées à les juger. Mais entre méfiance et peur, la communauté yézidie doute que ce soit une réelle nouvelle occasion de voir ses bourreaux jugés pour les crimes qu'ils ont commis. Reportage auprès de la communauté yézidie en Irak. Au Kurdistan irakien, c'est dans un village à l'écart de la ville de Dohouk, que vit Weedad. En 2014, tous ses proches, son mari et trois de ses quatre enfants ont été tués par les combattants de l'État islamique au Sinjar. À 52 ans, elle peine à se déplacer, résultat des sévices que cette femme yézidie a subi au cours de sa captivité aux mains de Daech. « Mon fils et moi, on a essayé de s'enfuir trois fois, mais ils nous ont rattrapé. Ils m'ont tout fait subir. Ils m'ont électrocutée, mon dos souffre encore des séquelles des câbles électriques », dit-elle.  Réduite en esclavage pendant trois ans, elle a été vendue plus de vingt fois à différents combattants. « Ils faisaient commerce de nous. Sur Facebook, ils postaient l'âge, le nombre d'enfant qu'une femme avait, ils décrivaient sa beauté, son apparence, tout. Et quelqu'un arrivait pour la récupérer », explique-t-elle.  « Je veux les voir réduits en pièces devant nous » La violence qu'elle a subie la ronge. Quand elle a appris que 5 700 détenus soupçonnés d'appartenance à l'État islamique ont été transférés de Syrie en Irak pour être jugés, où ils risquent la peine de mort; cela n'a fait qu'alimenter sa colère. Car c'est un tout autre châtiment qu'elle attend. « La peur ne nous quitte jamais. Je veux que ceux qui ont commis ces crimes contre nous, devant nous, je veux les voir réduits en pièces devant nous. Je ne veux pas qu'ils soient juste exécutés simplement ».  « Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue » Pour être entourée, elle se rend régulièrement dans les bureaux de Yazda. Cette ONG internationale défend les droits de la communauté yézidie. En Irak, elle milite pour faire changer la législation. Car en 2019, les membres présumés de l'État islamique ont été jugés selon l'article 4 de la loi antiterroriste, et condamné à mort ou à perpétuité pour leur affiliation à l'organisation terroriste. « Si vous les poursuivez en vertu de l'article 4, vous ne montrez pas toute la réalité », explique Riadh Khairi, directeur de Yazda en Irak. « Mais s'il existe une loi condamnant le génocide, alors toute la vérité peut être faite. Ils n'ont pas été seulement les victimes du terrorisme. Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue, alors s'il n'y a pas de procès basés sur les véritables crimes commis, cette peur restera », ajoute-t-il.  À Bagdad, le centre national pour la coopération judiciaire internationale assure que les preuves du génocide seront incluses dans les actes d'accusation, même sans loi spécifique disponible. « Ils seront jugés pour leur affiliation à une organisation terroriste mais aussi pour les crimes qu'ils ont commis alors qu'ils étaient membres de l'État islamique », indique Ali Dhia, directeur adjoint du centre national pour la coopération judiciaire internationale. Les premiers procès de ces détenus ne devraient pas s'ouvrir avant au moins un an. Dix ans après la chute de l'État islamique en Irak. À lire aussi«Il fallait garder des traces, pour ancrer ce génocide des Yézidis dans l'histoire»

    Liban: un village se barricade contre l'afflux de déplacés

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 2:18


    Aux premiers jours de la guerre au Liban, les déplacés de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, ont cherché refuge dans la capitale. D'autres ont tenté leur chance à quelques kilomètres de là dans la montagne qui jouxte la capitale libanaise. Mais dans ce fief chrétien, ces déplacés n'ont pas trouvé le meilleur accueil. Illustration à Wadi Chahrour avec ce reportage signé Aabla Jounaïdi et Jad El Khoury nos envoyés spéciaux au Liban. Wadi Chahrour al-Soufla, ici pas d'école accueillant des déplacés. La population fuyant la banlieue sud à majorité chiite n'a pas de point de chute dans le village à majorité chrétienne. Une aubaine pour Jean, un commerçant du village. « Cette guerre, nous n'en voulons pas. Je ne veux pas faire de politique, mais nous payons toujours le prix des guerres causées par les autres sur notre sol. C'est le Hezbollah qui nous amené là. Notre village veut juste éviter qu'un intrus nous apporte des problèmes comme on a vu dans les hôtels ou ailleurs ».  À Wadi Chahrour, on dit vouloir éviter les frappes israéliennes qui à Beyrouth et ailleurs ont touché des civils auxquels s'étaient mêlés des personnalités du Hezbollah. Barrières érigées à l'entrée, caméra de surveillance, et contrôles des identités sont le lot désormais de tous ceux qui traversent la vallée. Le maire Georges Abou Rached défend le dispositif décidé aux premiers jours de la guerre par sa municipalité. « Pendant la guerre de 2006, notre village avait été bombardé parce qu'un camion avec des missiles du Hezbollah a été la cible des Israéliens. Alors oui, ce sont des mesures drastiques, et les gens doivent faire des détours pour rentrer chez eux, mais nous n'avons pas le choix. Il faut protéger notre vallée ». Dans ce bastion des Forces libanaises, parti issu de l'ancienne milice chrétienne durant la guerre civile, on assure que ces mesures ne visent pas la population chiite. Le maire en veut pour preuve la présence de Mahmoud. Après un contrôle de leurs documents par la municipalité puis l'armée, le jeune homme a pu accueillir des proches chez lui. « Je loue ici depuis des années. Je m'attendais à cette guerre. Ma famille a quitté la banlieue sud pour venir ici. On aimerait être protégé par un État fort et des institutions souveraines et pas des partis confessionnels ». Ces barrières érigées entre Libanais évoquent malgré tout l'époque noire de la guerre civile. Partout dans la ville, des affiches placardées invitent ceux qui souhaitent s'installer au village à se déclarer aux autorités pour une vérification auprès des autorités. Jusqu'ici, une centaine de personnes ont pu s'installer à Wadi Chahrour.

    Lieux de mémoire: l'autre combat mené par la Russie dans les régions d'Ukraine sous son contrôle depuis 2022

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 2:41


    Musées, statues, monuments, noms de rue... La Russie s'installe de plus en plus dans l'espace géographique des parties des régions de Donetsk et de Zaporijia sous son contrôle, y compris le plus quotidien. Objectif : toujours mieux diffuser son récit historique. Un récit pivot dans sa narration officielle pour justifier son offensive en Ukraine. Marioupol, une rue tranquille dans le centre, et une maison aux allures neuves mais sans tapage : le musée Jdanov. 154 mètres carrés dédiés au natif de la ville, cadre important de la construction puis du maintien de l'Union soviétique, et proche de Staline. Vitrine du Kremlin dans cette partie de la région de Donetsk sous drapeau russe, Marioupol portait d'ailleurs sous l'URSS, de 1948 à 1989, le nom de Jdanov. Un immense buste de cette figure historique est visible dans le petit jardin du musée. Viktor Ignatyevich Mikhalenko, guide du musée, accueille et fait la visite. Antenne du Musée mémorial d'État de Saint-Pétersbourg dédié à la défense et au siège de Léningrad (NDLR Léningrad était le nom de Saint-Pétersbourg sous l'URSS), le lieu a été installé dans les décombres de l'ancien musée de la culture populaire, très abîmé par les combats lors du siège de la ville en 2022. Ce siège a fait au moins 22 000 morts civils d'après la municipalité ukrainienne en exil de Marioupol, et détruit ou endommagé 90% des bâtiments résidentiels, selon l'ONU. « En novembre 2023, Vladimir Vladimirovitch Poutine a chargé les autorités de Saint-Pétersbourg de reconstruire le bâtiment et de créer ce musée », explique Viktor Mikhalenko. « Des spécialistes de Saint-Pétersbourg ont tout créé, de la façade aux équipements informatiques en passant par les expositions que vous voyez ici ». Dans les deux premières pièces, des photos d'enfance et de famille, les livres lus et les médailles reçues par Jdanov, ainsi que de nombreux éléments sur le siège de Léningrad dont Jdanov a dirigé la défense pendant la Seconde Guerre mondiale (« la grande guerre patriotique » pour les Russes). Sont présentées, entre autres, des cartes militaires. Depuis l'envoi de ses soldats en Ukraine, le pouvoir russe promeut particulièrement une image qu'il souhaite « plus positive » de Staline – et de ses proches comme Jdanov –, comme celle notamment d'un dirigeant présenté, tout particulièrement dans les manuels d'histoire scolaire, comme un bon chef de guerre. Promouvoir une image « plus positive » de Staline « Le musée a ouvert ses portes le 15 février 2025 », précise Viktor Mikhalenko. « Vous pouvez même lire ici le discours d'inauguration d'Alexandre Dmitrievitch Beglov, le gouverneur de Saint-Pétersbourg, dans lequel il a notamment dit : "Nous nous efforçons de transmettre aux visiteurs la vérité historique sur notre compatriote Andreï Alexandrovitch Jdanov." » La vérité selon la Russie se trouve dans l'inversion des termes, dans son effort de comparaison historique entre la Seconde Guerre mondiale et son « opération spéciale » en Ukraine. Dans ce musée, un projet limpide : faire l'analogie historique entre le siège de Marioupol en 2022 et celui de Léningrad sous la Seconde Guerre mondiale. Svetlana Alexandrovna Seledet, conservatrice du musée, résume : « Depuis la fin des événements militaires, Saint-Pétersbourg participe activement à la reconstruction de la ville. L'ouverture de ce musée en témoigne. Les deux villes sont aussi jumelées, et elles ont ce lien : elles ont survécu aux combats pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous, nous avons survécu aux événements de 2022. Les populations ont souffert dans les deux villes ». Changer certains noms de rue Sur un des murs à l'entrée, quelques témoignages d'une autre facette et d'un autre rôle de Jdanov que celui qui y est célébré par la Russie de Vladimir Poutine : des photos de ce bras droit de Staline lors du premier congrès des écrivains soviétiques en 1934. Jdanov y fixa la ligne culturelle du Parti communiste : l'art doit servir l'État. Les descendants des familles d'artistes réprimés sous l'Union soviétique, déportés au goulag ou exécutés, et ceux qui protègent leur mémoire, comme celle de la célèbre poétesse Akhmatova, ont qualifié l'ouverture du musée « d'insulte à leur mémoire ».  Nina Popova, présidente de la Fondation caritative des Amis du Musée Anna Akhmatova de la Maison de la Fontaine à Saint-Pétersbourg et son ancienne directrice pendant 30 ans, a elle déclaré : « C'est comme gifler une femme qui a tant résisté, qui a surmonté l'épreuve et qui n'a jamais oublié l'humiliation terrible qu'elle a subie. » Anna Akhmatova a évité la déportation, mais s'est vue réduite au silence. Viktor Mikhalenko affirme lui que les équipes du musée « ont fait des recherches » et « qu'à ce jour, il n'existe aucun document où Andreï Jdanov ait personnellement signé une quelconque liste d'exécution ». Comme dans de nombreuses villes des territoires sous drapeau russe depuis 2022, certaines des rues de Marioupol ont été rebaptisées. Aujourd'hui encore, certains habitants affirment se perdre dans leur propre ville, quand d'autres se montrent fatalistes et préfèrent souligner : « Quand ici c'est devenu l'Ukraine, [après la chute de l'URSS, NDLR], des noms de rues issus de l'Union soviétique ont été changés, pour des noms de héros ukrainiens. Et maintenant, les Russes reviennent aux anciens noms. » Installer ou réinstaller des statues Peut-être la conviction qu'il s'agit là d'un simple flux et reflux de l'histoire, avec chaque camp renvoyé à l'autre, comme s'il n'y avait ni responsables, ni coupables. Peut-être aussi une manière de se retrancher dans le propos le plus prudent possible, tant chacun mesure la sensibilité du sujet et tant les propos sont, partout, mesurés au trébuchet. Quand on ne refuse pas, et c'est souvent, de s'exprimer tout court. L'évitement et la méfiance face aux questions d'un interlocuteur inconnu sont devenus une règle. À Mélitopol, devenue la capitale administrative de cette partie de la région de Zaporijia sous contrôle russe, se dresse dans le centre-ville une statue dorée haute de plusieurs mètres : celle de Lénine. Devenue un lieu de rassemblement des pro-russes en 2014-2015, elle avait été enlevée de l'espace public par les autorités ukrainiennes, puis retrouvée par les fonctionnaires mis en place par Moscou qui l'ont réinstallée le 5 novembre 2022. Quelques semaines plus tard, le 17 décembre, elle était, de nuit, aspergée de peinture rouge. À l'époque, une babouchka rencontrée à proximité se permettait encore de rire de ce geste d'un : « C'est la jeunesse, ils sont énervés. » Certains passants évoquaient alors encore, sans filtre, le rôle de « partisans » dans des attentats contre les représentants des autorités russes ou leurs infrastructures, laissant en un mot échapper sans aucune équivoque leur opposition à la présence de Moscou. Plus de trois ans sous drapeau russe plus tard, c'en est terminé des allusions ironiques au geste de colère devant la remise en place de la statue de Lénine. L'évoquer, c'est s'entendre répondre le plus souvent de très évasifs : « Je ne me souviens pas. » Ou à peine un très timide : « Lénine était une personnalité ambivalente. » Un passant se fait un peu plus direct : « Aujourd'hui, de tels excès seraient certainement très improbables ». La Société d'histoire militaire russe partout à la manœuvre L'antenne locale du KPRF, le Parti communiste russe, a lui installé à Mélitopol le 9 mai 2025 la première et à ce jour seule statue de Staline dans les régions passées sous contrôle russe en 2022. « Staline est le vainqueur de la Seconde Guerre mondiale », dit Oleg Aleksandrovich Slusarenko, premier secrétaire du comité local du KPRF et élu local. « Sur le piédestal de sa statue, il est donc écrit : Au généralissime de l'Union soviétique, inspirateur et organisateur de la victoire du peuple soviétique sur les envahisseurs nazis, à Joseph Vissarionovitch Staline, ses descendants reconnaissants. » Visiblement très rodé à répondre aux critiques sur le bilan du dirigeant, Oleg Slusarenko affirme aussi : « Le système soviétique était jeune [à l'époque de Staline,NDLR]. Comme dans toute jeune civilisation, il s'y passait beaucoup de choses qui, en général, plaisaient à certains, mais pouvaient en contrarier d'autres ». Une affirmation dans la ligne des autorités russes qui ne nient pas les répressions soviétiques mais les minimisent, en les présentant comme une tragédie sans réel coupable, tout en glorifiant chaque jour un peu plus la puissance géopolitique et militaire de l'URSS. Reste que sur la question de la mémoire, on retrouve surtout à la manœuvre la Société d'histoire militaire russe. Fondée en 2012, là encore sur demande de Vladimir Poutine, elle est aujourd'hui dirigée par Vladimir Médinsky, l'historien préféré du chef de l'État russe. Certains observateurs vont jusqu'à lui prêter une proximité idéologique telle avec Vladimir Poutine qu'ils avancent qu'il serait à l'origine de l'essai du président publié en 2021 et titré : De l'unité historique des Russes et des Ukrainiens. Y est développé tout l'argumentaire tant mis en avant par le Kremlin pour justifier l'envoi de ses soldats en Ukraine, comme celui que Russes et Ukrainiens ne formeraient qu'un seul peuple ; ou encore que l'Ukraine n'est pas un pays mais une création artificielle des bolcheviks, et ne peut donc avoir d'aspiration propre.  Vladimir Médinsky est aussi l'inflexible chef de file des négociateurs russes sur les pourparlers de la fin de la guerre en Ukraine. Dans les régions prises par Moscou depuis 2022, ses hommes sont en tout cas partout. À Mélitopol, ils installent très activement de nombreux monuments et des statues, comme un buste de Pavel Soudoplatov en plein centre-ville. Sous Staline, Soudoplatov était un haut responsable féroce des services de renseignements. Ce natif de Mélitopol est notamment connu pour avoir réprimé avec acharnement le mouvement national ukrainien et ses militants, y compris hors des frontières de l'Union soviétique. Pour l'un des membres de la société historique russe locale, Valeri Vladimirovitch Belostennyi : « Avant nous, on a essayé ici d'inculquer aux enfants une culture différente, un intérêt pour les héros Marvel ou James Bond. Mais nous avons notre propre James Bond, un vrai héros, et il faut montrer ses activités aux enfants, pour leur apprendre à aimer leur histoire. Après tout, bon nombre d'opérations importantes ont été menées directement sous sa supervision et parfois par lui-même directement. Personne ne lui avait jamais appris comment être un officier du renseignement, mais lui, il a formé une galaxie colossale de personnes ». Depuis 2023, Volodymyr Zelensky a pris de nombreuses sanctions contre la Société d'histoire militaire russe en tant qu'entité, ainsi que contre certains de ses membres. Au début de ce mois de mars 2026, le président de l'Ukraine a également placé sur sa liste de sanctions tous les responsables des branches de la Société d'histoire militaire russe dans les régions passées sous drapeau russe en 2022, ainsi que ceux de la Crimée. Kiev qualifie l'organisation d'« outil de propagande révisionniste, contribuant à justifier l'invasion à grande échelle ». À Mélitopol, Yuriy Petrovich Volodovsky, directeur exécutif de la branche de Zaporijia, fait lui déjà la liste de tous ses prochains projets. Beaucoup d'entre eux visent la jeunesse.        

    Au Mexique, la boxe préserve les jeunes de la violence

    Play Episode Listen Later Mar 14, 2026 2:47


    La pratique de la boxe dans une école d'un quartier défavorisé de la capitale mexicaine aide les jeunes adolescents à s'en sortir. De notre correspondante à Mexico, La voiture grimpe péniblement la côte jusqu'à un petit terrain où se garer. Quelques mètres plus bas, la route bétonnée s'arrête devant l'école David Paul Ausubel, où un ouvrier pose des pavés. Yair Ruiz, pédagogue et fondateur du collectif « Boxeo por la Paz » (« Boxe pour la paix »), vient chaque jour sur les hauteurs de Chimalhuacán donner volontairement un entraînement de boxe aux collégiens. « Bonjour prof ! », il est reçu avec enthousiasme par la quinzaine de jeunes âgés de 11 à 17 ans qui étudient là, tous niveaux confondus, dans une petite pièce où s'infiltrent la poussière et la lumière. « La porte doit rester ouverte, car nous n'avons pas d'électricité, explique l'enseignante Karin Pache Bautista, même si le bruit des travaux dans la rue distrait les élèves ». La petite école est située sur le flanc d'une montagne qui borde l'État de Mexico. L'est de la capitale mexicaine s'étend en contrebas, mais ce quartier où près de 70 % de la population vit en situation de pauvreté et où le sentiment d'insécurité est très fort se trouve à la marge. Boxer pour étudier Les après-midis, Yair Ruiz prend le relais de la classe traditionnelle avec des cours de boxe, pour autant, « le but n'est pas de former des boxeurs ». Depuis 2023, ce sport sert avant tout à retenir l'attention des jeunes de cette école et à éviter le décrochage scolaire : « On se concentre sur la boxe, mais il ne s'agit pas seulement de donner des coups, les jeunes doivent étudier pour garantir leur avenir. » Boxeo por la Paz est un projet communautaire, porté par quelques bénévoles, sans aucun soutien des pouvoirs publics. « Je n'avais jamais vu une école comme celle-ci, confie Araceli Tellez, mère d'élève, qui apprécie les effets de la méthode sur son fils. Christopher est très réservé, mais depuis qu'il fréquente la classe, il est plus motivé. Et surtout, il aime y aller. » Gants de boxe aux poignets, l'adolescent confirme son goût pour le sport et le fait d'« apprendre à se défendre ». Pour l'avenir, il promet vouloir « continuer à étudier » afin de devenir chirurgien. « Prenez de l'élan et ne regardez pas l'obstacle, ne laissez pas la peur vous arrêter ! », crie l'entraîneur dans la cour. Karin Pache Bautista, qui regarde ses élèves s'échauffer en sautant un parcours improvisé à partir de larges tubes en PVC, assure « qu'ils s'amusent et que cela aide beaucoup l'aspect pédagogique ». La jeune étudiante en psychologie apporte son soutien à l'école en focalisant son attention sur « les jeunes qui ne savent toujours ni lire ni écrire ». Elle explique qu'en plus des conditions matérielles précaires, la situation familiale de certains élèves est difficile et complique l'apprentissage : « Ils sont parfois tristes, bagarreurs ou agressifs, c'est à cause de ce qui se passe à la maison. » À lire aussi«Un fleuve d'acier»: comment les armes américaines nourrissent la violence des cartels mexicains Une initiative communautaire Soulevant la poussière du sol, les adolescents répètent en duo un enchaînement de coups montré par leur professeur. « Ça nous permet de diminuer notre stress et d'évacuer nos émotions », affirme Andrea, 15 ans. L'adolescente aux cheveux teints en rouge regarde son amie frapper avec énergie les gants d'un autre camarade : « Même quand elle se fatigue ou qu'elle prend un coup qui lui fait mal, sa volonté ne diminue pas. » Une fois l'exercice terminé, Jana, 13 ans, s'approche avec un grand sourire : « La boxe m'a beaucoup servi, si tu as des problèmes à la maison, tu peux les décharger ici. » La jeune fille, coiffée d'un nœud blanc, s'illustre parmi les meilleures élèves de la classe. « Le Maître Yair veut que l'on sache se défendre dans une situation dangereuse si le dialogue ne fonctionne pas. Il veut aussi que l'on communique entre nous et que l'on soit toujours unis. » Équipé d'un gilet de protection, Yair Ruiz encaisse les frappes des adolescents qui défilent devant lui, les encourageant par des surnoms affectueux. Il raconte volontiers comment la pratique des arts martiaux l'a lui-même aidé à surmonter une période difficile de sa vie. À son tour, il s'efforce aujourd'hui de transmettre à ces jeunes les valeurs et la discipline du sport. Un combat dans « cette zone exclue et abandonnée » qui revêt une dimension préventive : « Ces jeunes ne sont pas tentés d'approcher des groupes délinquants ou de consommer de la drogue. »  Comme preuve de cette réussite, il compte les jeunes qui parviennent à aller au lycée : « À la première génération, il y en a eu un, dans la suivante, ils étaient trois, l'an dernier, ils étaient neuf. Maintenant, ils pensent à l'université ! » En mars 2026, le gouvernement mexicain a lancé un programme national proposant des milliers de cours de boxe gratuits à des jeunes dans des gymnases à travers le pays, afin de les éloigner de la drogue et de la violence. L'initiative porte elle aussi le nom de « Boxe pour la paix ». « Un excellent nom », s'amuse Yair Ruiz, plaisantant d'être fier d'avoir peut-être pu inspirer le gouvernement. Le collectif de Chimalhuacán n'a toutefois rien à voir avec ce programme et n'en bénéficiera pas. Non sans une légère amertume, l'instructeur de boxe, qui rêve de réunir un jour assez de fonds pour construire un gymnase dans ce quartier, glisse : « Ce serait bien que les institutions se tournent enfin vers les initiatives communautaires et voient ce que nous faisons. » À écouter dans Grand reportageLes corridos, ces chansons prohibées que le Mexique adore

    Made in Qatar: comment Doha a privilégié la production locale agricole en prévision d'une guerre

    Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 2:39


    C'est l'une des hantises du Qatar : se retrouver isolé du reste du monde par une guerre ou un événement géopolitique majeur, comme lors du blocus mis en place par ses voisins en 2017 pour protester contre sa politique étrangère. L'offensive israélo-américaine sur l'Iran a rappelé cette menace. Mais depuis 2017, le pays a constitué des stocks stratégiques et il a surtout encouragé la production locale.  De notre envoyée spéciale de retour de Doha, Tomates, concombres, poivrons ou encore champignons, depuis quelques années, l'agriculture locale est en plein boom et manger qatarien est même devenu, pour certains, un devoir national. Il fait déjà près de 30°C ce matin dans cette ferme au milieu du désert. Paré d'une dishdasha – cette longue tunique blanche portée dans le Golfe –, Nasser Al Khalaf fait le tour de son exploitation. « Là, c'est de la menthe qu'on fait pousser à même l'eau, sans terre. Les eaux comprennent les nutriments nécessaires aux racines. Au Qatar, on utilise la menthe pour le thé mais aussi dans les salades », explique le directeur d'Agrico. À une heure de Doha, des concombres et des champignons germent dans des salles qui ressemblent à des datacenters. À quelques mètres de là, 700 000 tilapias – des poissons d'eau douce – s'ébattent dans des cuves. « Comme dit mon père, si c'est possible au Qatar, c'est possible sur la Lune ! », s'exclame Nasser Al Khalaf.  À grand recours de climatiseurs, de ventilateurs et de technologies de pointe, l'impossible surgit en plein désert. Premier émetteur de CO₂ par habitant, le Qatar fait passer sa sécurité alimentaire avant les considérations écologiques. « C'est de notre devoir de participer à la sécurité alimentaire du Qatar, je suis très heureux et très fier d'y participer, affirme celui qui dirige Agrico. 10 tonnes de légumes sortent d'ici chaque jour. En tout, dans la ferme, on a une production de 5 000 tonnes par an. Et notre ambition, c'est d'arriver à 7 000 tonnes de production annuelle. »  Désormais autosuffisant en lait, le Qatar espère produire 55 % de ses fruits et légumes d'ici 2030. À lire aussiSommet des océans: l'aquaculture peut-elle empêcher la surpêche? Un secteur hautement stratégique Dans les allées de l'université du Qatar, nous retrouvons Kamal Usman, un chercheur nigérian. Après le blocus décrété en 2017 par des voisins du Qatar, il a été désigné pour prendre la tête du pôle de recherche agricole de l'établissement.  « C'est un secteur hautement stratégique pour le pays. Les autorités nous demandent de fournir des informations qui peuvent les aider à définir leurs politiques, indique le chercheur. Les investissements ont atteint de nouveaux paliers. L'université débloque des fonds importants. On reçoit aussi des subventions étatiques. L'intérêt pour ce secteur augmente et les investissements aussi. »  Depuis le début des frappes iraniennes sur plusieurs pays du Golfe et la fermeture de son espace aérien, le Qatar, situé juste en face de la République islamique, semble plus que jamais convaincu de son choix.  À lire aussiMondial au Qatar: gazon maudit

    En Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle

    Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 3:07


    Une terre de conteurs et de chansons, partagées dans l'atmosphère feutrée d'un pub… La musique traditionnelle fait partie de cet imaginaire que l'on associe tous à l'Irlande !  Des airs transmis de génération en génération, portés par des instruments traditionnels… le tin whistle, le bodhrán, le violon, qui racontent l'âme d'un peuple. Et aujourd'hui, la folk irlandaise connaît un véritable renouveau. En ces temps incertains, les histoires difficiles d'autrefois trouvent un nouvel écho. De notre correspondante à Dublin,  Eux, ce sont Madra Salach, les nouveaux chouchous du pays !  C'est dans un pub bien sûr que Paul, le chanteur du groupe, nous a donné rendez-vous : « Madra, ça veut dire “chien” et Salach veut dire “sale” ». Donc, on s'appelle « sale clébard » ! « Je voulais choisir un nom en langue irlandaise ! » À part le nom, toutes leurs chansons sont pour l'instant en anglais. Comme leur dernier titre, « Blue and Gold », qui parle de jeux à gratter !  Un geste peut-être anodin, mais plein d'espoir, et qui peint en réalité un portrait très actuel de la société irlandaise : « Tu achètes ce genre de tickets et tu te mets à rêver : si je gagnais beaucoup d'argent, qu'est-ce que j'en ferais ? En fait à Dublin c'est quasi impossible de faire quoi que ce soit sans argent, et puis la crise du logement est hors de contrôle ! », explique-t-il. « L'histoire irlandaise a été profondément marquée par l'exil. Or, encore aujourd'hui, à cause du coût de la vie, même s'il y a du travail ici, les jeunes quittent le pays en masse à cause du coût de la vie !  Même si ce n'est pas aussi traumatisant qu'à l'époque de la Grande Famine, des personnes sont contraintes de partir aujourd'hui, alors qu'elles préféreraient peut-être rester. » Et c'est pour ça, d'après Paul, que les vieilles chansons traditionnelles résonnent avec toujours autant de force aujourd'hui.  Trad Fest à Dublin en est un exemple. Avec 150 concerts en cinq jours, le festival montre que la musique irlandaise est tout sauf un héritage figé. Martin Harte est l'un de ses organisateurs : « La musique folk, la musique traditionnelle, repose avant tout sur l'art du récit. Beaucoup de chansons du répertoire folk parlent de guerre, de famine, de discrimination et de répression. Ce sont des thèmes qui trouvent un écho aujourd'hui, dans un monde traversé par tant d'angoisses…  Des groupes comme Madra Salach ou Lankum se sont ré-appropriés ce style, à leur manière, le tout accompagné d'instruments traditionnels. Et c'est devenu très populaire auprès d'une nouvelle génération, qui n'a pas forcément grandi en écoutant ces sonorités. » À la Waltons School of Music de Dublin, John, enseignant, a d'ailleurs observé un engouement croissant chez les jeunes pour l'apprentissage du bodhrán, ce tambour traditionnel irlandais : « La musique trad, c'est un peu comme le blues au Sud des États-Unis. Ça vient de la pauvreté. En Irlande, il suffisait de deux ou trois personnes réunies dans une pièce pour faire la fête ! Tant qu'il y avait un feu, une flûte, un violon ou bien un bodhrán ! » Pas de bodhran chez Madra Salach, mais un harmonium, une sorte d'accordéon. Preuve que les instruments traditionnels reviennent aussi en force.

    Dans les îles Canaries, l'usine de dessalement la plus efficace au monde

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 2:57


    Ce dimanche 22 mars, l'ONU célèbre la Journée mondiale de l'eau alors que 1,8 milliard de personnes n'ont pas d'accès direct à l'eau potable dans le monde. En Europe, un territoire se démarque pour son savoir-faire en matière de désalinisation, l'archipel espagnol des îles Canaries. Dans cette région sèche et très prisée des touristes, les usines de dessalement sont légion. L'une d'elles, située sur l'île de Grande Canarie, a fait la Une de l'actualité en décrochant le record du monde de l'usine de dessalement la plus efficace énergétiquement.  De notre correspondant à Las Palmas,  En Espagne, aux îles Canaries, l'eau potable passe très souvent par l'étape « dessalement ». Une technologie exploitée depuis 60 ans et qui est devenue depuis quelques semaines un savoir-faire reconnu avec l'établissement d'un nouveau record du monde officiel : celui de l'usine de dessalement la moins énergivore. « Avant ce record, l'usine de dessalement la plus efficace au monde se trouvait en Arabie saoudite avec 2,21 kilowattheures par mètre cube d'eau. Cela signifie que pour chaque 1 000 litres d'eau dessalée, il faut injecter 2,21 kWh d'énergie dans le système », indique Baltasar Peñate Suarez, le responsable du département de l'eau à l'Institut technologique des Canaries. « De notre côté, nous avons commencé en 2021 avec nos premières conceptions et nous obtenions toujours une consommation d'énergie inférieure à 2 kWh. Avec ce concept, nous nous sommes dit : “Si nous pouvons descendre sous la barre de 2, nous avons peut-être une chance de battre le record”, se rappelle-t-il. Ensuite, nous avons construit l'usine expérimentale, nous avons commencé à obtenir des résultats et on a alors constaté que nous étions non seulement en dessous de 2, mais même en dessous de 1,9. La plus faible consommation d'énergie que nous avons obtenue — et que nous avons enregistrée comme record — est de 1,794 kWh. » À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: les usines de dessalement de l'eau, des infrastructures vitales et sensibles Des solutions d'appui en cas de crise Une performance unique rendue possible en grande partie grâce à une parfaite optimisation de l'espace. Petite, l'usine est installée à l'intérieur de quatre conteneurs transportables. « De ce côté-ci, ce qu'on voit, c'est la filtration de l'eau de mer, parce qu'il peut y avoir du sable ou de la terre qui entrent avec l'eau, détaille Baltasar Peñate Suarez. Au fond, on a le système de pompage à haute pression, qui est l'élément clé : c'est là qu'une partie de l'eau de mer qu'on capte entre dans le système. Et ici, à gauche, on a la partie de récupération d'énergie. » Pensée pour réduire au maximum la consommation énergétique, sa production se limite à 2 500 mètres cubes d'eau par jour, soit la consommation moyenne de 15 000 personnes. Trop peu pour des zones densément peuplées, mais une solution d'appui en cas de crises sur des territoires secs et isolés comme celui des Canaries. « Il y a des îles comme Lanzarote ou Fuerteventura où 90 % de l'eau potable, voire plus, vient du dessalement, explique Juan Antonio de la Fuente, chef de projet spécialisé dans la désalinisation. Et récemment, il y a quelques années, il y a eu une éruption volcanique sur l'île de La Palma. On a donc déplacé des usines de ce type, avec cette technologie, pour les installer là-bas afin de dessaler de l'eau pour l'irrigation des plantations de bananes. » Avec l'obtention de ce record mondial, les îles Canaries se placent comme un territoire avant-gardiste du dessalement de l'eau de mer. Depuis l'officialisation de son record, l'Institut technologique des Canaries assure recevoir des appels du monde entier. À lire aussiScience : comment fonctionne une usine de dessalement de l'eau de mer?

    Cisjordanie occupée: le village de Qaryut endeuillé après des attaques de colons israéliens

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 2:35


    Le groupe israélien de défense des droits humains Yesh Din a signalé une hausse de la violence des colons, dans le contexte de la guerre en Iran qui a débuté le 28 février. Environ 50 incidents ont été enregistrés au cours des quatre premiers jours du conflit, et cinq Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée. Une violence en toute impunité. Reportage dans un village endeuillé entre Ramallah et Naplouse. De notre envoyée spéciale à Qaryut, village entre Ramallah et Naplouse « La trace de sang que vous voyez là par terre, c'est celle du sang de Muhammad. Il a été atteint par une balle en pleine tête. C'est la première victime », confie Bachar. La première victime d'une attaque meurtrière, le 3 mars, dans le village de Qaryut, en Cisjordanie occupée. Une scène de guerre avec 40 minutes de combats que décrit Bachar, secouriste. Les villageois palestiniens ont tenté de se défendre contre un groupe d'une bonne vingtaine de colons israéliens armés. Les deux frères, Mohamed et Fahim Mouammar, sont morts. Ils étaient âgés de 48 et 52 ans. « Les tireurs venaient de ce verger-là. L'un d'entre eux était un colon qui portait un uniforme militaire », nous indique Bachar. L'identité du tireur et les circonstances de l'incident font l'objet d'une « enquête », a déclaré l'armée israélienne, qui condamne sévèrement les faits. Bachar ramasse des cartouches au sol et nous explique : « Son arme, c'était un fusil d'assaut M16, et ça, la marque rouge sur la cartouche, c'est la marque des balles explosives. » Jamil, le frère des deux victimes, a été touché au pied par une de ces munitions. Il se rappelle de ce jour : « Fahim est mort dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital. La balle a touché l'artère, il s'est vidé de son sang. »  L'attaque a eu lieu en pleine journée, à midi. Pour Jamil, les assaillants étaient là pour tuer : « Ils devaient avoir l'intention de tuer puisqu'ils sont venus avec une arme et ils ont tiré directement sur nous. Ce n'était pas juste pour nous faire peur. » Bachar traverse le verger de la famille Mouamar et nous apprend que « cette zone est l'une des plus dangereuses de Qaryut. Toutes les maisons ici sont entourées de grillages pour se protéger, comme une prison. Ici, c'est la colonie de Shilo, et là, la colonie d'Eli ». Le secouriste raconte que, le matin de l'attaque, un des colons équipé d'un bulldozer a voulu tracer une piste pour relier ces colonies illégales au regard du droit international. Les villageois palestiniens sont intervenus pour le chasser. L'homme est revenu avec un groupe ultra-violent pour une opération punitive. Jamil a reconnu un des assaillants. La police et l'armée israéliennes sont arrivées presque une heure après la confrontation. « Le tireur est reconnaissable à 100%. L'armée est venue et a pris ses affaires et ses moutons. Le lendemain, il est revenu s'installer au même endroit », déplore Jamil.  L'Autorité palestinienne dénonce « l'escalade majeure du terrorisme des colons à la faveur de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran ».

    Turquie: une sècheresse record à Ankara déclenche une polémique politique

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 2:37


    En Turquie, une sécheresse record a récemment privé la capitale, Ankara, d'une large partie de ses ressources en eau. Une pénurie qui s'est muée en polémique politique. Le gouvernement accuse la mairie, aux mains de l'opposition, d'être responsable de la situation et la taxe d'« incompétence ». Mais le maire d'Ankara, possible rival du président Erdogan à la prochaine présidentielle, renvoie la balle au gouvernement. Des rivalités politiques qui n'aident pas à résoudre la crise, alors que le changement climatique risque d'aggraver la situation.  Reportage de notre correspondante à Ankara. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe.

    Élections législatives en Hongrie: Viktor Orban mène une campagne anti-Ukraine

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 2:32


    À la peine dans les sondages, Viktor Orban joue la carte anti-Ukraine. À moins de deux mois des élections législatives, prévues le 12 avril 2026, le Premier ministre hongrois intensifie sa campagne en prenant pour cible l'Ukraine alors que son parti, le Fidesz, est en difficulté. Le dirigeant accuse la Commission européenne de vouloir installer au pouvoir le parti d'opposition Tisza, mené par le conservateur Péter Magyar. Et selon Viktor Orban, Tisza serait un agent de Bruxelles et de l'Ukraine. Selon lui, cette coalition Bruxelles-Kiev voudrait augmenter les impôts afin de financer et d'armer Kiev et d'envoyer les Hongrois se battre aux côtés de l'Ukraine. Reportage de notre correspondante à Budapest. À retrouver dans la longueur sur Accents d'Europe. À lire aussiHongrie: Viktor Orban promet de chasser du pays «tous les agents de Bruxelles» s'il est réélu

    Dans le nord d'Israël, les habitants pris entre les feux iranien et libanais

    Play Episode Listen Later Mar 8, 2026 2:39


    Israël et les États-Unis poursuivent leur guerre contre l'Iran. L'armée israélienne mène aussi une offensive dans le sud-Liban, contre le Hezbollah, allié du régime de Téhéran. Des dizaines de milliers de Libanais ont dû fuir les combats. De l'autre côté de la frontière, les Israéliens se retrouvent eux aussi, encore une fois, en première ligne, deux ans après la dernière guerre avec le Liban. Notre envoyé spécial en Israël est allé à leur rencontre, à quelques kilomètres du front. De notre envoyé spécial en Israël, Johanna nous emmène dans son sous-sol. Un abri y a été aménagé. Son mamad – nom donné à ce genre d'abri – est devenu l'une des pièces principales de la maison. « Ici, dorment mon mari et mon fils », montre Johanna. Nous sommes à Ma'alot, une petite ville à seulement sept kilomètres de la frontière. La menace est très proche. Les alertes aériennes sonnent plusieurs fois par jour. « On a celle des tirs qui viennent du Liban et là, on a une alerte directement et il faut tout de suite se mettre à l'abri. Le délai, c'est zéro seconde. Et on a les alertes des tirs qui viennent d'Iran. Et là, on a un avertissement. » Une guerre pour « finir le travail » Prise entre deux feux, cette professeure d'hébreu, mère de quatre enfants, en a vu d'autres : « Il y a une espèce de sensation "encore une fois", et en même temps, on est peut-être plus à même de réagir correctement. On est moins dans la panique, on fait tout de suite ce qu'il faut. Les enfants, ils le prennent, ils le gèrent mieux. » Mieux préparée mais aussi plus inquiète pour l'avenir, Johanna soutient quand même la guerre pour « finir le travail ». « Je ne crois pas qu'il n'y ait aucune intervention extérieure qui ait jamais été faite que par des motivations très altruistes, etc. Mais on ne peut pas nier quand même que ça soit nécessaire de le faire. Et là tout de suite, je soutiens entièrement ce qui est en train d'être fait », appuie-t-elle. À lire aussiEn Iran, un quotidien rythmé par les bombes et une répression toujours aussi brutale À quelques collines de la frontière, le danger est omniprésent À 20 minutes de route, la journée est encore calme au kibboutz de Sasa, 250 habitants. Le front n'est plus qu'à trois kilomètres. On y retrouve Yaëlle dans la grande salle commune, totalement vide. « La salle à manger joue un très grand rôle dans notre vie sociale. On y rencontre des gens », explique-t-elle. Yaëlle a quitté la France pour s'installer ici, il y a 50 ans. Déplacée pendant la dernière guerre, elle ne repartira plus. Elle ne se fait plus d'illusions :  « On a pensé ça après chaque opération, après chaque guerre qu'il y a eu. Et malheureusement, ça ne se passe pas vraiment comme on espérait. Je ne suis pas très optimiste. C'est notre vie, je pense : angoissante et qui ne nous rend pas très optimistes. » Quelques collines nous séparent désormais de la frontière. Dans les hauteurs de Kyriat Shmona, le danger est omniprésent. La guerre pourrait durer encore plusieurs semaines, prévient le gouvernement israélien. Les habitants du nord d'Israël sont prêts à tenir encore, angoissés mais résignés, sans savoir quand ils pourront retrouver une vie normale. À lire aussi«On en ressortira plus forts»: en Israël, une déplacée raconte le bombardement de son habitation

    À Séoul, les victimes de l'incendie du bidonville de Guryong sans solution de relogement

    Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 2:29


    En Corée du Sud, le 16 janvier 2026, un gigantesque incendie ravageait la majeure partie du dernier bidonville de Séoul. En contraste avec l'image moderne de la capitale coréenne et ses luxueux immeubles du quartier de Gangnam, les maisons de tôle du village de Guryong abritent encore entre 1 500 et 2 000 personnes vivant dans la misère. Des Sud-Coréens oubliés du gouvernement qui attendent depuis plus de trois décennies d'être relogés. De notre correspondant à Séoul,  Il ne reste que des cendres des 160 foyers détruits par le plus grand incendie de ces 40 dernières années à Guryong. Il n'a fait aucune victime, mais près de 200 habitants ont été déplacés après le sinistre. « Cela faisait plus de 30 ans que je vivais là », témoigne l'une d'entre elles, Park Chansoo, 76 ans. Elle prend le thé dans un abri de fortune, installé à l'entrée du village : « Je ne vis pas sur les aides, je travaille tous les jours à frotter les gens dans les bains publics. C'est toute ma vie qui vient de brûler, les photos de ma fille quand elle a eu son diplôme. Il ne reste plus rien », déplore-t-elle.  Comme la plupart des habitants de Guryong, à mesure que la ville de Séoul se développait à la fin des années 1980, les plus précaires, ne pouvant s'offrir un logement, furent repoussés à la marge jusqu'à construire ce bidonville adossé à la colline. Pour la première fois depuis l'incendie, Park Chansoo visite ce qui était autrefois sa maison et son quartier, et peine à contenir son émotion. « Là, il y avait l'épicerie, se souvient-elle. Ici, c'était le salon de coiffure. Ça, c'était ma vaisselle la plus précieuse, je ne voulais m'en servir que le jour où j'aurais enfin un appartement, mais il n'en reste que des morceaux. »  « On nous demande de quitter notre maison sans rien nous donner en retour » Depuis plus de dix ans, la mairie de Séoul annonce des plans pour détruire le bidonville. Pourtant, aucun n'a réellement porté ses fruits, notamment à cause de disputes entre les habitants et la mairie. « Nous voulons que nos habitations soient reconnues comme des logements, certes illégaux, et nous partirons, explique Park Chansoo. Mais la ville considère notre village comme un terrain d'élevage d'animaux, ce qui nous empêche de vendre le terrain ou d'avoir droit à une compensation ou un logement social si l'on part d'ici. C'est absurde, on nous demande de quitter notre maison sans rien nous donner en retour. » En trente ans, trente incendies ont été recensés à Guryong. L'insalubrité des logements, le réseau électrique improvisé ou les poêles à charbon sont souvent à l'origine de ces drames. Si Park Chansoo et ses voisins ont perdu leur maison, ils souhaitent garder leur dignité et enfin obtenir de la mairie de Séoul la reconnaissance de leur situation et une compensation pour vivre en sécurité. À lire aussiCorée du Sud: à Séoul, un projet immobilier menace un monument classé par l'Unesco

    Espagne: en Catalogne, une agence immobilière sanctionnée pour discrimination raciale, une première

    Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 2:36


    Le racisme touche tous les secteurs et tous les pays. En Catalogne, en Espagne, alors que la crise du logement fait rage plusieurs associations dénoncent un racisme presque systématique dans le secteur de l'immobilier et pour la première fois en Catalogne une agence immobilière vient d'être condamnée par le gouvernement à une amende.

    En Colombie, les législatives se jouent aussi sur les réseaux sociaux

    Play Episode Listen Later Mar 6, 2026 2:46


    Ce 8 mars 2026, les Colombiens sont appelés aux urnes pour renouveler le Congrès. Parmi les candidats, nombreux sont ceux qui se sont d'abord fait connaître sur les réseaux sociaux. Ces créateurs de contenu, ancrés à gauche ou à droite, sont devenus de véritables références politiques pour leur génération, au point de façonner les opinions et de mobiliser les foules. Entre mèmes, threads éducatifs et lives militants, une nouvelle forme d'engagement politique est en train de naître.  De notre correspondante à Medellín, Smartphone en main, en mode selfie, Hernan Muriel ne rate rien du cortège qui défile ce jour-là pour défendre les 23 % de hausse du salaire minimum. Flanqué d'un t-shirt noir au logo du Pacte historique, la coalition de gauche du président Gustavo Petro, Hernan Muriel commente la scène à ses centaines de milliers d'abonnés. « Allez, cessons d'être si complaisants, interpelle-t-il sur la vidéo. Soit on penche du côté de ceux qui sont en train de faire s'effondrer le pays, en augmentant la pauvreté, en creusant les écarts d'inégalité, soit nous penchons de l'autre côté, du côté du peuple, et de celui qui veut augmenter le salaire minimum, celui qui a historiquement réduit la pauvreté monétaire et l'extrême pauvreté.» Avant de s'engager dans la campagne électorale en cours, Hernan Muriel, 28 ans, militait déjà sur les réseaux sociaux. Il s'est d'ailleurs appuyé sur eux pour fonder le mouvement Cofradía para el Cambio : « Aujourd'hui, je suis candidat pour le Pacte historique. Je veux représenter le Pacte historique à la Chambre des représentants du département d'Antioquia ». Son compte TikTok affiche aujourd'hui près de 400 000 abonnés et celui d'Instagram plus de 195 000, essentiellement des jeunes. Certaines de ses vidéos sont vues des millions de fois. À lire aussiColombie: la violence s'intensifie à l'approche des élections législatives « D'une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro » Le phénomène intéresse les chercheurs de la fondation Pares. « En Colombie, YouTube, Facebook et TikTok sont devenus les principaux moyens d'information de la population en général, analyse Isaac Morales, spécialiste des questions de la démocratie et de la gouvernance au sein de la fondation. Et un grand nombre de jeunes ont accès à ces réseaux ou aux réseaux sociaux en général. Cela permet d'avoir une audience bien plus grande que celle d'il y a cinq ou dix ans. » L'influence directe de ces candidats issus des réseaux sociaux reste difficile à mesurer. Pour le chercheur, leur pouvoir de mobilisation auprès des électeurs est indéniable : « Non seulement en Colombie, mais dans plusieurs pays d'Amérique latine et du monde, les partis politiques sont conscients de la grande influence des réseaux sociaux et se tournent vers ce type de profils et de personnages qui peuvent apporter des votes. Mais, ce que nous avons vu, c'est que ce n'est pas toujours le cas. En effet, lors des élections de 2022, beaucoup d'influenceurs se sont lancés en politique et beaucoup n'ont pas réussi à obtenir de mandat. Mais lors de la grève nationale en 2019 et 2021, on a vu une grande couverture de l'évènement sur les réseaux sociaux et surtout de la part des jeunes très proches du projet du président Gustavo Petro. D'une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro. » Dimanche 8 mars, plus de 3 000 candidats se disputeront les 103 sièges du Sénat et les 183 sièges de la Chambre des représentants, une bataille qui s'annonce serrée. À lire aussiLes influenceurs ont-ils trop de pouvoir ?

    Égypte: dans le quartier populaire de Matareya, des milliers de personnes rompent le jeûne ensemble

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 2:22


    Depuis 2013, le quartier populaire de Matareya, à l'est du Caire, organise le plus grand iftar de la capitale égyptienne. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes se retrouvent le temps d'une soirée au milieu du ramadan pour rompre le jeûne ensemble. Pour les jeunes organisateurs, c'est l'occasion de redorer l'image de ce quartier souvent méprisé. Pour les invités, c'est un moment pour oublier, le temps d'une soirée, les conflits qui déchirent la région. De notre correspondant au Caire, Derrière son petit stand de sandwichs, au milieu de la foule, Marwa n'arrête pas. « Je fais du foie sauté, je ne les compte plus, Dieu soit béni ! », s'exclame-t-elle. À une heure de la rupture du jeûne, l'ambiance est déjà surchauffée à Matareya : « Vous ne trouverez pas meilleure ambiance ! La vie est belle chez nous ! » Taha, en pull blanc floqué du logo de l'événement, s'affaire à distribuer les portions et à coordonner ses bénévoles. Il participe à l'organisation depuis le début, en 2013. « Au début on était juste un groupe de jeunes qui voulaient rompre le jeûne ensemble. Il n'y avait que trois ou quatre tables, se rappelle-t-il. Et maintenant, comme vous pouvez le voir, ça a grandi ! C'est devenu un jour saint pour Matareya. » À lire aussiL'iftar, le repas de rupture du jeûne musulman, inscrit au patrimoine immatériel de l'Unesco Un quartier populaire qui redore son image Ce quartier populaire des faubourgs du Caire traîne depuis longtemps une mauvaise réputation. Beaucoup le perçoivent encore comme une ashwā'iyya, ces zones d'habitat informel marquées par la pauvreté et l'insécurité. Son nom reste aussi associé, pour certains, aux affrontements sanglants qui ont éclaté pendant la révolution de 2011. « Nous voulons montrer une image différente. Les quartiers populaires ne sont pas comme les gens l'imaginent. Aujourd'hui, on montre qu'un quartier populaire peut accueillir des milliers de personnes, se réjouit Tahar. Ses habitants sont généreux. Venez nous rendre visite et vous verrez le respect, la politesse et les bonnes valeurs des gens, très loin de l'image que vous en avez peut-être. Et ça nous rend heureux ! » Mission réussie, à en juger par le sourire de cette dame et de ses voisines, venues de l'autre bout de la ville. « Les habitants de Matareya sont les plus aimables et les plus gentils ici, vraiment », affirme-t-elle. Cette année, alors que le fracas des armes vient perturber le mois sacré, elle adresse une pensée pour les guerres qui frappent la région : « Que Dieu protège l'Égypte et que Dieu protège toute la communauté musulmane. Qu'il protège tous les pays arabes de ce qu'ils traversent, demande-t-elle. Ce ramadan, c'est la communauté du peuple musulman : nous nous tenons les uns aux côtés des autres, unis, comme une seule main. » C'est d'ailleurs par un chant en soutien à la Palestine que se terminera la soirée. À lire aussiÀ Gaza, les difficiles célébrations du ramadan en temps de guerre

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