Podcasts about aussile

  • 50PODCASTS
  • 360EPISODES
  • 7mAVG DURATION
  • 5WEEKLY NEW EPISODES
  • Jun 18, 2026LATEST

POPULARITY

20192020202120222023202420252026


Best podcasts about aussile

Show all podcasts related to aussile

Latest podcast episodes about aussile

Afrique Économie
Reprise très partielle de l'activité d'Eramet Grande Côte au Sénégal

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 2:32


Au Sénégal, l'activité minière d'Eramet a repris à 30% de son niveau habituel depuis fin avril dans la région de Grande-Côte. Le site où sont produits des sables minéralisés (tels que le zircon ou l'ilménite) avait été touché par un incendie en février. Quelles perspectives pour les employés et pour le budget de l'État sénégalais, qui perçoit une part des revenus d'Eramet ? Eramet a payé 76 millions d'euros sous forme d'impôt et de taxes à l'État sénégalais en 2025 sur une contribution totale estimée à 230 millions d'euros par le groupe français, qui comptabilise aussi notamment les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Cette année, la chute de l'activité se fera inévitablement sentir, confirme Frédéric Zanclan, directeur d'Eramet Grande Côte : « Sachant qu'on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n'avons pas encore les chiffres. » Avant l'incendie de février, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l'État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs du pays, avec des volumes exportés de gaz et de pétrole supérieurs aux prévisions et un cours des hydrocarbures favorable, devrait permettre d'atténuer la baisse de la contribution d'Eramet, selon Youga Sow, consultant en stratégie dans le domaine minier et fondateur du cabinet Advise Africa. Mais l'impact ne sera pas neutre ajoute t-il : « L'État devrait retomber sur ses pattes mais il faut relativiser, car c'est un État qui est endetté et qui fait face à beaucoup de problèmes économiques et où l'économie est quasiment stagnante, chaque sous compte, donc ce qui se passe à Eramet ne peut pas être sans impact sur les revenus de l'État, et il n'y a pas que les revenus collectés par l'État, on parle aussi d'emplois. » À lire aussiLe fonds d'investissement Orion CMC aurait des visées sur le groupe français Eramet Un coup social et humain important Seule une partie des employés a en effet été rappelée pour relancer la production en avril. Ceux qui sont au chômage, mais salariés directs d'Eramet, bénéficient en attendant leur retour d'un dispositif de soutien, précise Frédéric Zanclan : « À titre illustratif, pour la tranche ouvrière, on reverse jusqu'à 73% du salaire ; le plancher minimum est d'environ 50% pour l'ensemble des salariés. » Ces mesures concernent une minorité de salariés : sur 3 000 employés d'Eramet, environ 2 500 ne sont pas directement rattachés au groupe français et ne bénéficient donc pas de la même prise en charge : « Nous avons des sous-traitants, des prestataires, des intérimaires, qui eux, en fonction de la stratégie de leur entreprise, sont soit au chômage technique, même parfois en licenciement pour motif économique. » Un aspect social et humain qui est le plus important aux yeux de Youga Sow : « Ces acteurs-là vivaient jusqu'ici de cette activité autour d'Eramet. Si Eramet est contraint, pour des raisons technico-économiques que nous pouvons comprendre, de réajuster son modèle, cela va forcément se faire au détriment des revenus engrangés par les sous-traitants et les employés. » Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ? « La question c'est comment cela sera géré, quel est le modèle de transition qui sera mis en place pour atténuer les effets négatifs, quel est l'horizon, qu'est-ce qui est projeté ?, s'interroge le fondateur du cabinet Advise Africa. Est-ce qu'on est parti pour six mois, pour neuf mois et dans combien de temps la situation va être rétablie ​​​​​​​? Est-ce qu'il y a un plan de retour à la normale ​​​​​​​? Plus, il y a de transparence dans les éléments d'information communiqués et dans le traitement de la situation, plus les parties concernées seront enclines à comprendre la situation. » Eramet confirme que son projet de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n'est plus d'actualité et que le volume 2026 se situera entre 300 000 et 400 000 tonnes. « Nous sommes dans la phase d'appel d'offres, recrutement de prestataires et l'achat des équipements nécessaires pour redémarrer l'usine mobile flottante – affectée par l'incendie, NDLR – si le projet est bien mené, nous espérons revenir à 100% de notre capacité nominale au premier trimestre 2027 », précise Frédéric Zanclan. À écouter aussiAu Sénégal, la mine mobile d'Eramet accusée de détruire le désert et l'économie locale

Chronique des Matières Premières
Tensions sur le marché du sable, ressource mondiale surexploitée

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Jun 15, 2026 2:18


C'est aujourd'hui la deuxième ressource mondiale la plus consommée après l'eau. Longtemps considérée, à tort, comme une ressource inépuisable, la demande mondiale en sable dépasse l'offre et menace les écosystèmes, alerte un récent rapport de l'ONU. La demande mondiale de sable est en hausse continue dans le monde. Elle devrait augmenter de 45 % d'ici 2060 selon le rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement. Une ressource indispensable notamment pour le secteur de la construction. Un chiffre pour se rendre compte : pour fabriquer une tonne de béton, il faut six à sept tonnes de sable. Pour un kilomètre d'autoroute, il faut compter 10 000 tonnes de sable. « Le sable est le héros invisible de notre développement », rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève, le Centre d'analyse des données du Programme des Nations unies pour l'environnement. Y a-t-il à proprement parler un marché mondial du sable ? Il y a un marché du sable, mais il s'agit principalement d'un marché local. Son prix relativement faible et surtout son poids, très lourd, en font une ressource difficile à transporter sur de longues distances. Actuellement, le géant du secteur reste la Chine, qui consomme environ 25 milliards de tonnes de sable par an. Cela représente la moitié de la consommation mondiale annuelle ! Pour cela, la Chine a dû investir pour extraire de telles quantités et le pays a mis au point des procédés de fabrication artificielle, consistant dans le broyage et le tamisage de roches ou de résidus miniers. « Depuis 2005, on observe un énorme développement de la Chine avec une demande très importante de sable et gravier. La Chine a produit plus de béton chaque année que les États-Unis pendant 33 ans. C'est absolument énorme. Mais on arrive à un plateau au niveau des besoins », explique Pascal Peduzzi. À lire aussiLe sable, cet or jaune qui menace l'équilibre de la planète Le continent africain, futur ogre de sable La croissance de la demande en sable sera tirée à l'avenir par le continent africain, qui devrait prendre le relais de la Chine à l'horizon 2100. L'exode rural, le rattrapage en infrastructures… Le marché africain du sable va se tendre. Or, il n'est pas possible d'extraire du sable du Sahara, ce dernier étant trop fin pour être utilisé pour le secteur de la construction. Sur le continent, l'absence d'organisation et de régulation de la filière rime déjà avec des extractions sauvages et le développement d'un marché noir. Ce qui pose de nombreuses questions environnementales. Car le sable est indispensable à de nombreux écosystèmes, notamment sous-marins. Pour Pascal Peduzzi, « si le marché n'est pas bien encadré et régulé, c'est un marché qui va être récupéré par le secteur informel. Et le secteur informel n'a pas les outils, donc le sable va être extrait dans des endroits faciles d'accès : les berges des rivières, les plages. Des endroits où le sable ne devrait pas être extrait. » À écouter aussi Centrafrique : ils pêchent le sable de l'Oubangui au péril de leur vie pour nourrir leur famille Une demande qui explose et les prix alors ? Certaines régions ayant épuisé leurs réserves de sable et régulé le marché, comme dans une partie de l'Europe, le sable sera bientôt importé depuis de plus longues distances. Son prix va donc mécaniquement augmenter. Mais il ne devrait pas connaître une flambée. Hormis les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite qui sont allés chercher du sable en Océanie pour leurs projets pharaoniques, la plupart des pays vont devoir investir pour trouver des solutions d'avenir. Comme, par exemple, développer des filières de recyclage de déchets liés à l'extraction de certains minerais à l'image du fer. À l'échelle mondiale, les terrils représentent entre 30 et 60 milliards de tonnes par année.

Livre international
Kim Jong-un, «Le Grand successeur», de la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield

Livre international

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 4:29


Qui est réellement Kim Jong-un ? C'est la question à laquelle a tenté de répondre la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield, dans son ouvrage Le Grand successeur publié aux Arènes. Une enquête sur l'un des dirigeants les plus secrets de la planète, doté de l'arme nucléaire et gardant la mainmise sur 25 millions d'habitants. Alors que le dictateur joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale, avec notamment la présence de ses soldats en Ukraine.   À lire aussiLe président Xi Jinping dit à Kim Jong-un vouloir porter les relations à «de nouveaux sommets»

Livre international
Kim Jong-un, «Le Grand successeur», de la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield

Livre international

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 4:29


Qui est réellement Kim Jong-un ? C'est la question à laquelle a tenté de répondre la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield, dans son ouvrage Le Grand successeur publié aux Arènes. Une enquête sur l'un des dirigeants les plus secrets de la planète, doté de l'arme nucléaire et gardant la mainmise sur 25 millions d'habitants. Alors que le dictateur joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale, avec notamment la présence de ses soldats en Ukraine.   À lire aussiLe président Xi Jinping dit à Kim Jong-un vouloir porter les relations à «de nouveaux sommets»

Journal d'Haïti et des Amériques
Coupe du monde : à la veille de son premier match, Haïti retient son souffle

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 30:00


Ce vendredi (12 juin 2026), place aux débuts des deux autres pays hôtes du Mondial après la victoire du Mexique face à l'Afrique du Sud (2-0). Le Canada ouvre le bal contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, avant l'entrée en lice des États-Unis face au Paraguay. Deux rendez-vous importants pour les organisateurs, avec des attentes différentes mais la même ambition de réussir leur entrée dans la compétition. Nous en parlons avec Frédéric Suteau. À la veille de son premier match, Haïti retient son souffle. Les Grenadiers s'apprêtent à disputer leur deuxième Coupe du monde en plus de cinquante ans et seront portés par tout un pays. L'ancienne gloire Philippe Vorbe a partagé ses souvenirs de l'épopée de 1974, tout en exprimant son inquiétude face aux difficultés que traverse aujourd'hui le football haïtien. Un entretien réalisé par notre correspondant Peterson Luxama. ►Le calendrier Coupe du monde.   À lire aussiLe dossier Coupe du monde    Au Brésil, la société se divise autour d'un liquide vaisselle Notre dossier du jour nous conduit au Brésil, où des décisions a priori anodines se retrouvent au cœur de la bataille politique. Le rappel de certains lots d'un liquide vaisselle par l'agence sanitaire a été interprété par les partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro comme une décision à caractère politique. Un nouvel exemple de la polarisation qui continue de marquer la vie publique brésilienne, nous explique notre correspondante Sarah Cozzolino.   Journal de la 1ère L'Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à autoriser la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures en Guyane et dans l'ensemble des Outre-mer français.

Afrique Économie
Quand le manque de cash pèse sur les agents ivoiriens de «mobile money»

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 2:18


La Côte d'Ivoire compte aujourd'hui plus de 400 000 points de service de mobile money selon l'Agence de promotion de l'inclusion financière – c'est 300 fois plus que le nombre total de distributeurs automatiques de billets. Les Ivoiriens utilisent les cabines au quotidien, pour déposer leur salaire, retirer de l'argent, mais les agents de mobile money sont parfois confrontés à un manque de liquidités qui pénalise leur activité. De notre correspondant à Abidjan, Fin d'après-midi au quartier d'Angré Château. L'heure de faire les courses ou de prendre les transports, mais sur ce carrefour très passant, la cabine de mobile money est à court de cash. Rosette est fataliste, elle est venue retirer 10 000 francs CFA – 15 euros : « Quand tu viens, ils n'ont pas ce dont vous avez besoin, c'est un truc qui arrive, donc on fait avec. » Assise dans la cabine jaune, la guichetière Nema fait patienter les clients : « Il y a des jours où il peut y avoir beaucoup de retraits et il nous arrive de manquer d'espèces. On s'excuse et on dit aux clients que nous sommes en mode dépôt. » Plutôt que de faire la queue, certains clients partent retirer ailleurs. Affoué est la gérante de la cabine. Pour cette ancienne comptable, perdre un client, c'est un manque à gagner : « Tu perds le client, et tu perds la commission du client, donc voilà pourquoi il faut bien s'occuper des clients afin que les commissions puissent augmenter et pouvoir dégager un bénéfice net. » Perte de clientèle, perte de rentabilité Les différents opérateurs de mobile money, comme Orange, Moov, MTN ou Wave, reversent une commission aux gérants de cabines. À titre d'exemple, ces derniers gagnent entre 20 et 60 francs CFA – entre 3 et 9 centimes d'euros – pour une transaction de 10 000 francs CFA – 15 euros. Plus il y a de transactions, et plus elles sont importantes en valeur, plus leurs revenus augmentent. La machine se grippe en cas de manque de cash ou de crédit. Les agents de mobile money sont obligés de fermer boutique pour se réapprovisionner auprès des opérateurs ou des banques. « Ils ont une perte de clientèle, ils n'ont pas assez de commissions, c'est pas rentable pour eux, ils sont obligés de fermer les agences pour aller chez les distributeurs. » À lire aussiGuinée : un manque persistant de liquidités handicape les commerçants La moto pour être plus réactif Gertrude Yapi est directrice des opérations de Leya, une startup abidjanaise qui a mis en place un service de convoyeurs de fonds à moto pour dépanner les points de service de mobile money : « On les approvisionne – en crédit – en moins de quatre minutes, et on envoie le cash en moins de 30 minutes pour satisfaire la clientèle. On permet aux points de vente d'avoir un chiffre d'affaires de 50 % en plus. » Leya revendique aujourd'hui plus de 3 000 clients actifs dans quatre villes de Côte d'Ivoire : Abidjan, Bondoukou, Bouaké et Korhogo. Pour l'économiste ivoirien Kassoum Timité, la continuité de service est essentielle pour soutenir l'activité économique en général : « Le mobile money s'adresse directement à la population dans le secteur informel, qui représente la plus grande part de l'activité économique en Côte d'Ivoire (il pèserait jusqu'à 40% du produit intérieur brut, selon le Fonds monétaire international, ndlr). Donc le manque de liquidités va ralentir les transactions et l'activité économique diminuera aussi. » En 2024, plus de 140 milliards de francs CFA – plus de 210 millions d'euros – étaient échangés via mobile money chaque jour selon l'agence ivoirienne de promotion de l'inclusion financière, près de quatre fois plus qu'en 2020. À écouter aussiLe paiement mobile en Afrique de l'Ouest : validé et adopté

Vivre ailleurs
«Petit Modèle», un roman sur la vie des personnels domestiques en Afrique

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 16:08


Petit modèle, tel est le titre du dernier ouvrage de Sayouba Traoré. Né à Ouahigouya au nord de la Haute-Volta – aujourd'hui appelé Burkina Faso –, l'auteur est aussi journaliste. Jusqu'à son départ à la retraite en 2022, il était le producteur-présentateur de l'émission Le coq chante sur RFI. Désormais, Sayouba Traoré est revenu à temps plein à l'écriture. Petit modèle, son sixième livre depuis son départ à la retraite, est publié chez Nombre 7 éditions à Nîmes. À lire aussiDans l'Afrique profonde, avec Sayouba Traoré     À écouter aussiLe coq chante

Chronique des Matières Premières
Le marché du riz secoué par la tourmente mondiale causée par la guerre au Moyen-Orient

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 1:46


C'est l'une des céréales stars de la planète, avec 14 000 kilos consommés chaque seconde : le riz. Or, les cours flambent depuis quelques semaines : plus de 20% d'augmentation après avoir fortement baissé en début d'année. En cause, le contexte international avec la crise au Moyen-Orient, qui a eu des effets multiples sur la production et la stratégie des pays exportateurs. Le blocage du détroit d'Ormuz a, dans un premier temps, laissé les grands pays exportateurs avec des stocks importants sur les bras, faisant baisser les prix : la Thaïlande a par exemple perdu l'accès à l'un de ses gros marchés, l'Irak. Même chose pour le premier exportateur mondial, l'Inde, qui a vu ses ventes de riz basmati dans le Golfe diminuer de 34% en mars, rapporte Patricio Mendez del Villar, économiste au Cirad et auteur de la lettre d'information Osiriz. Mais le cours du riz est fortement reparti à la hausse depuis fin avril, porté par le renchérissement des coûts de production provoqué par la flambée des prix des carburants ainsi que par la difficulté d'accès aux matières premières qui servent à fabriquer les engrais. Il y a également eu a des effets rebonds : la Thaïlande a, par exemple, eu du mal ces derniers mois à s'approvisionner en maïs pour nourrir les bêtes utilisées dans les rizières. Résultat : les agriculteurs se sont rabattus sur les brisures de riz pour les alimenter, maintenant la pression sur les stocks. Le prix des sacs, en plastique, a lui aussi augmenté, porté par le coût des hydrocarbures. À lire aussiLe riz, 8 milliards de façons de le cuisiner Attention à El Niño Autre facteur de hausse de prix : les gros exportateurs ont choisi de privilégier leur marché intérieur en constituant des stocks, car la prochaine récolte risque de ne pas être aussi bonne que les précédentes avec la confirmation du phénomène climatique El Niño. Celui-ci va provoquer cette année des températures plus élevées, peu favorables à la production rizicole. Les rendements devraient donc être plus faibles qu'habituellement, sans compter le fait que les paysans pourraient privilégier d'autres cultures, plus adaptées à de fortes températures. Des prix hauts jusqu'en 2027 ? Quel impact final sur les prix qui sont en train de rattraper doucement les niveaux connus en milieu d'année dernière ? Un négociant du secteur contacté par RFI reste prudent : l'instabilité des cours durera au moins jusqu'à l'automne, période de récolte dans les grands pays exportateurs asiatiques. Le niveau de l'offre mondiale sera alors plus claire à ce moment-là, même si selon lui, la conjonction de tous les éléments précédemment cités feront que les prix ne repartiront pas à la baisse et que la tendance haussière devrait durer pendant au moins une année. À lire aussiL'abondance de riz fait chuter les prix mondiaux toujours plus bas

Chronique des Matières Premières
L'Allemagne et le Canada signent un accord sur le gaz naturel liquéfié (GNL)

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:04


Le Canada a conclu un accord pour fournir à l'Allemagne du gaz naturel liquéfié (GNL) provenant d'une usine qui devrait voir le jour sur la côte ouest canadienne. Cet accord est un atout pour le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui souhaite doubler les exportations du pays vers les marchés non-américains. C'est aussi une bonne nouvelle pour l'Europe. Alors que les Européens cherchent activement un approvisionnement en gaz pour remplacer les livraisons en provenance de Russie et du Moyen-Orient, les autres pays en font autant – comme l'Inde qui a réduit d'un tiers ses importations de pétrole russe et se tourne vers l'Amérique latine et l'Afrique pour les compenser. Ainsi, les routes du commerce mondial d'hydrocarbures sont en train de se redessiner. Dans ce contexte, le Canada souhaite apparaître comme un partenaire fiable qui n'utilisera pas l'énergie comme moyen de pression sur d'autres pays. Et ce alors que son GNL coûte plus cher. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022 Le nouveau terminal de liquéfaction Compte tenu du coût élevé de la construction des infrastructures nécessaires, le gaz naturel canadien coûte en effet plus cher que celui de ses concurrents. Mais cela pourrait changer. Le Canada possède d'énormes réserves de gaz naturel. Cependant, l'écrasante majorité de sa production doit transiter via les États-Unis par un gazoduc car, jusqu'à récemment, le pays ne disposait d'aucune installation d'exportation de GNL sur sa côte ouest. L'été dernier, en partenariat avec le groupe anglo-néerlandais Shell Plc, la construction d'un nouveau terminal de liquéfaction a été achevée. Il s'agit de la première phase du projet LNG Canada.  Berlin va acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an L'accord avec l'Allemagne fait partie de ce projet. Berlin s'est engagé à acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an au Canada. Cela équivaut à la consommation de l'électricité de la ville de New York pendant plus d'un mois. Le gaz proviendrait de l'usine Ksi Lisims, un projet de construction situé plus au nord, près de la frontière avec l'Alaska. À terme, cette usine devrait produire jusqu'à 12 millions de tonnes de GNL par an. Grâce à ce vaste projet, Ottawa compte doubler ses exportations de GNL vers les marchés non-américains. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien»

Accents d'Europe
Italie : l'extrême droite pousse son obsession de la «remigration»

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 26, 2026 19:29


Direction l'Italie, où l'extrême droite identitaire milite pour un projet de loi sur la « remigration », et pas seulement des immigrés sans papiers. 150 000 signatures ont été réunies en un mois de campagne, de quoi voir l'initiative arriver au Parlement. Au sommaire également : une expérience irlandaise très concrète pour protéger les enfants des écrans : « It takes a village » ! Si Giorgia Meloni se montre très dure contre l'immigration irrégulière, elle organise en parallèle l'entrée de travailleurs étrangers pour les besoins de l'économie : près de 500 000 visas doivent être délivrés. Une contradiction pour l'extrême droite identitaire et les groupuscules néofascistes, qui mènent campagne depuis un mois autour d'un mot d'ordre : la « remigration », et pas seulement celle des sans-papiers. Dans des centaines de communes italiennes, leurs militants installent des stands, récoltent des signatures et revendiquent déjà 150 000 soutiens, trois fois plus que le seuil nécessaire pour déposer leur projet de loi au Parlement. Reportage à Turin, Cécile Debarge. Le fascisme italien, un héritage jamais vraiment soldé Entretien avec Lucien Jaume, auteur de La vraie nature du fascisme italien, publié aux éditions Tallandier. L'historien s'est replongé dans les discours, la politique de Benito Mussolini, mais aussi dans la doctrine de son philosophe officiel, Giovanni Gentile. Il analyse le rapport changeant à la question raciale et antisémite qui, contrairement au nazisme, n'est pas centrale au  fascisme italien.    À écouter aussiLe spectre du fascisme hante l'Italie En Hongrie, le gouvernement Magyar fait entrer la société civile au pouvoir À quoi ressemble le paysage politique hongrois depuis la victoire triomphale de Péter Magyar sur Viktor Orban ? Le nouveau Premier ministre a formé son gouvernement le 11 mai 2026. Une équipe composée de membres de son parti, mais aussi de nombreux profils venus de la société civile. C'est le cas du ministre de l'Environnement : un ancien directeur de zoo, grand ami des animaux. À Budapest, Florence La Bruyère. À lire aussiHongrie: le Premier ministre Peter Magyar en Pologne pour son premier déplacement à l'étranger En Irlande, une ville fait bloc contre les smartphones Comment protéger les enfants des écrans ? À Greystones, au sud de Dublin, parents, écoles et commerçants se sont mis d'accord il y a trois ans autour d'une règle simple : pas de smartphone avant 13 ans. Un modèle qui porte ses fruits et qui inspire l'Irlande qui prendra bientôt la présidence du Conseil de l'Union européenne avec une priorité : interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le reportage de Clémence Pénard.   À écouter aussiEnfants et écrans: en quoi consiste la règle du 3-6-9-12?

Accents d'Europe
Italie : l'extrême droite pousse son obsession de la «remigration»

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 26, 2026 19:29


Direction l'Italie, où l'extrême droite identitaire milite pour un projet de loi sur la « remigration », et pas seulement des immigrés sans papiers. 150 000 signatures ont été réunies en un mois de campagne, de quoi voir l'initiative arriver au Parlement. Au sommaire également : une expérience irlandaise très concrète pour protéger les enfants des écrans : « It takes a village » ! Si Giorgia Meloni se montre très dure contre l'immigration irrégulière, elle organise en parallèle l'entrée de travailleurs étrangers pour les besoins de l'économie : près de 500 000 visas doivent être délivrés. Une contradiction pour l'extrême droite identitaire et les groupuscules néofascistes, qui mènent campagne depuis un mois autour d'un mot d'ordre : la « remigration », et pas seulement celle des sans-papiers. Dans des centaines de communes italiennes, leurs militants installent des stands, récoltent des signatures et revendiquent déjà 150 000 soutiens, trois fois plus que le seuil nécessaire pour déposer leur projet de loi au Parlement. Reportage à Turin, Cécile Debarge. Le fascisme italien, un héritage jamais vraiment soldé Entretien avec Lucien Jaume, auteur de La vraie nature du fascisme italien, publié aux éditions Tallandier. L'historien s'est replongé dans les discours, la politique de Benito Mussolini, mais aussi dans la doctrine de son philosophe officiel, Giovanni Gentile. Il analyse le rapport changeant à la question raciale et antisémite qui, contrairement au nazisme, n'est pas centrale au  fascisme italien.    À écouter aussiLe spectre du fascisme hante l'Italie En Hongrie, le gouvernement Magyar fait entrer la société civile au pouvoir À quoi ressemble le paysage politique hongrois depuis la victoire triomphale de Péter Magyar sur Viktor Orban ? Le nouveau Premier ministre a formé son gouvernement le 11 mai 2026. Une équipe composée de membres de son parti, mais aussi de nombreux profils venus de la société civile. C'est le cas du ministre de l'Environnement : un ancien directeur de zoo, grand ami des animaux. À Budapest, Florence La Bruyère. À lire aussiHongrie: le Premier ministre Peter Magyar en Pologne pour son premier déplacement à l'étranger En Irlande, une ville fait bloc contre les smartphones Comment protéger les enfants des écrans ? À Greystones, au sud de Dublin, parents, écoles et commerçants se sont mis d'accord il y a trois ans autour d'une règle simple : pas de smartphone avant 13 ans. Un modèle qui porte ses fruits et qui inspire l'Irlande qui prendra bientôt la présidence du Conseil de l'Union européenne avec une priorité : interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le reportage de Clémence Pénard.   À écouter aussiEnfants et écrans: en quoi consiste la règle du 3-6-9-12?

Invité de la mi-journée
Le pape Léon XIV plaide, dans sa première encyclique, pour un «ralentissement» en matière d'IA

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later May 25, 2026 6:53


Léon XIV a lancé un puissant appel à encadrer et réguler les algorithmes dans sa première encyclique, publiée lundi 25 mai 2026 par le Vatican. Le constat est sans appel selon le pape : l'intelligence artificielle (IA) entraîne le monde sur la voie d'une guerre ⁠sans fin et alimente le fossé entre les exclus et les inclus. Elle est instrumentalisée pour des raisons géopolitiques ou commerciales et il faut l'empêcher de dominer l'humain. Le Vatican a tenu ce texte secret, mais depuis son élection, il y a un an, Léon XIV a régulièrement mis en garde face aux dangers de l'IA. Le décryptage du chercheur au CNRS François Mabille, directeur de l'Observatoire géopolitique du religieux à l'Institut de relations internationales et stratégiques. François Mabille est l'auteur du livre : Le Vatican, la papauté face à un monde en crise publié aux éditions Eyrolles. À lire aussiLe pape Léon XIV plaide, dans sa première encyclique, pour un «ralentissement» en matière d'IA

Reportage International
Au Canada, la fin annoncée de la distribution du courrier à domicile

Reportage International

Play Episode Listen Later May 23, 2026 2:29


La visite du facteur qui passe quotidiennement déposer le courrier ne sera bientôt plus qu'un souvenir au Canada. D'ici cinq ans, des millions de foyers perdront leur livraison à domicile au profit de boîtes centralisées. Dans ce pays vaste comme l'Europe, mais peuplé comme une fraction de la France, la proximité est devenue un luxe que la poste canadienne dit ne plus pouvoir offrir. À lire aussiLe service postal à l'arrêt au Canada paralysé par une grève nationale

Reportage international
Au Canada, la fin annoncée de la distribution du courrier à domicile

Reportage international

Play Episode Listen Later May 23, 2026 2:29


La visite du facteur qui passe quotidiennement déposer le courrier ne sera bientôt plus qu'un souvenir au Canada. D'ici cinq ans, des millions de foyers perdront leur livraison à domicile au profit de boîtes centralisées. Dans ce pays vaste comme l'Europe, mais peuplé comme une fraction de la France, la proximité est devenue un luxe que la poste canadienne dit ne plus pouvoir offrir. À lire aussiLe service postal à l'arrêt au Canada paralysé par une grève nationale

Reportage International
«On a acheté le savoir-faire»: au Vietnam, la filière du cheveu est en plein essor

Reportage International

Play Episode Listen Later May 22, 2026 2:31


Au Vietnam, le marché des perruques et extensions est en pleine croissance, porté par la demande internationale, notamment en Europe, aux États-Unis et en Afrique. Appréciés pour leur qualité naturelle, leur résistance et leur polyvalence, les cheveux vietnamiens, souvent peu traités, sont très recherchés. En 2024, le pays exportait déjà pour plusieurs dizaines de millions de dollars de produits capillaires. Un secteur en forte expansion, restructuré pendant la pandémie de Covid-19. Au nord d'Hanoï, au milieu des rizières et du complexe industriel de Bac Ninh, se trouve le « village du cheveu ». À Binh An, entre les échoppes de pho et de banh mi, des dizaines de commerçants vendent des cheveux transformés. D'anciennes granges ont été reconverties en ateliers où l'on trie, tisse et colore la matière première. D'autres ont développé de véritables usines. C'est le cas de cette vendeuse : « La majorité de mes cheveux viennent du Vietnam, ce sont des cheveux bruts vietnamiens, donc la qualité est toujours garantie, notamment pour la décoloration et la teinture. » Transformés en extensions ou perruques, les cheveux vietnamiens sont réputés pour leur qualité, leur résistance et leur aspect naturel. Peu traités et souvent coupés directement sur la tête des donateurs, ils sont très recherchés sur les marchés internationaux, affirme cette autre vendeuse : « Aujourd'hui, notre marché se développe principalement en Afrique. Environ 85% de nos ventes se font en Afrique. En un mois, nous produisons entre 1,6 et 2 tonnes de marchandises. » Nigeria, Ghana, Zambie : l'Afrique s'impose aujourd'hui comme un marché en plein essor, aux côtés de l'Europe et des États-Unis. Le cheveu est aussi acheté en Inde Longtemps dominé par les acteurs chinois et indiens, le secteur voit désormais émerger des producteurs vietnamiens. Présent dans la région depuis 15 ans, un producteur observe que la filière s'est restructurée depuis la pandémie de Covid-19 : « Avant, des acheteurs chinois venaient au Vietnam, à Bac Ninh, pour collecter les cheveux vietnamiens. Mais quand le Covid est arrivé, ils ne pouvaient plus venir. Alors, on a dû produire nous-mêmes. On a acheté le savoir-faire, la technique pour transformer les cheveux. » Porté par une forte croissance économique, le niveau de vie moyen augmente au Vietnam. Les donneurs de cheveux se raréfient, poussant les collecteurs vers les zones les plus rurales du pays. Les cheveux sont parfois rachetés quelques euros, soulevant des questions éthiques. Certains vendeurs locaux se tournent aussi vers des cheveux venus d'autres pays, notamment d'Inde, moins chers mais dont la provenance est plus difficile à tracer. « Ces cheveux sont ensuite vendus à des pays comme le Vietnam. Puis, depuis le Vietnam, ils sont revendus à d'autres pays, principalement en Afrique. Mais dans notre usine, nous ne vendons qu'une seule qualité : des cheveux vietnamiens bruts de donneurs ». L'homme affirme être attentif aux questions éthiques. Ces perruques haut de gamme, 100% made in Vietnam, sont parfois revendues plus de 600 euros, soit un revenu significatif pour ces marchands, qui misent sur un secteur en pleine expansion. À lire aussiLe commerce du cheveu en Chine

Reportage international
«On a acheté le savoir-faire»: au Vietnam, la filière du cheveu est en plein essor

Reportage international

Play Episode Listen Later May 22, 2026 2:31


Au Vietnam, le marché des perruques et extensions est en pleine croissance, porté par la demande internationale, notamment en Europe, aux États-Unis et en Afrique. Appréciés pour leur qualité naturelle, leur résistance et leur polyvalence, les cheveux vietnamiens, souvent peu traités, sont très recherchés. En 2024, le pays exportait déjà pour plusieurs dizaines de millions de dollars de produits capillaires. Un secteur en forte expansion, restructuré pendant la pandémie de Covid-19. Au nord d'Hanoï, au milieu des rizières et du complexe industriel de Bac Ninh, se trouve le « village du cheveu ». À Binh An, entre les échoppes de pho et de banh mi, des dizaines de commerçants vendent des cheveux transformés. D'anciennes granges ont été reconverties en ateliers où l'on trie, tisse et colore la matière première. D'autres ont développé de véritables usines. C'est le cas de cette vendeuse : « La majorité de mes cheveux viennent du Vietnam, ce sont des cheveux bruts vietnamiens, donc la qualité est toujours garantie, notamment pour la décoloration et la teinture. » Transformés en extensions ou perruques, les cheveux vietnamiens sont réputés pour leur qualité, leur résistance et leur aspect naturel. Peu traités et souvent coupés directement sur la tête des donateurs, ils sont très recherchés sur les marchés internationaux, affirme cette autre vendeuse : « Aujourd'hui, notre marché se développe principalement en Afrique. Environ 85% de nos ventes se font en Afrique. En un mois, nous produisons entre 1,6 et 2 tonnes de marchandises. » Nigeria, Ghana, Zambie : l'Afrique s'impose aujourd'hui comme un marché en plein essor, aux côtés de l'Europe et des États-Unis. Le cheveu est aussi acheté en Inde Longtemps dominé par les acteurs chinois et indiens, le secteur voit désormais émerger des producteurs vietnamiens. Présent dans la région depuis 15 ans, un producteur observe que la filière s'est restructurée depuis la pandémie de Covid-19 : « Avant, des acheteurs chinois venaient au Vietnam, à Bac Ninh, pour collecter les cheveux vietnamiens. Mais quand le Covid est arrivé, ils ne pouvaient plus venir. Alors, on a dû produire nous-mêmes. On a acheté le savoir-faire, la technique pour transformer les cheveux. » Porté par une forte croissance économique, le niveau de vie moyen augmente au Vietnam. Les donneurs de cheveux se raréfient, poussant les collecteurs vers les zones les plus rurales du pays. Les cheveux sont parfois rachetés quelques euros, soulevant des questions éthiques. Certains vendeurs locaux se tournent aussi vers des cheveux venus d'autres pays, notamment d'Inde, moins chers mais dont la provenance est plus difficile à tracer. « Ces cheveux sont ensuite vendus à des pays comme le Vietnam. Puis, depuis le Vietnam, ils sont revendus à d'autres pays, principalement en Afrique. Mais dans notre usine, nous ne vendons qu'une seule qualité : des cheveux vietnamiens bruts de donneurs ». L'homme affirme être attentif aux questions éthiques. Ces perruques haut de gamme, 100% made in Vietnam, sont parfois revendues plus de 600 euros, soit un revenu significatif pour ces marchands, qui misent sur un secteur en pleine expansion. À lire aussiLe commerce du cheveu en Chine

Accents d'Europe
L'Europe mobilisée contre le tabac

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 21, 2026 19:29


700.000 décès par an : c'est le bilan du tabagisme au sein de l'Union européenne. La France teste le dépistage systématique, la Belgique renforce les contrôles. De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, le gouvernement fait le pari d'une génération sans tabac. Également au programme : reportage au Kosovo où le dernier procès des ex-dirigeants de l'UCK continue de cristalliser les tensions. Comment enrayer l'addiction au tabac chez les jeunes Européens ? Au Royaume-Uni, les personnes nées depuis le 1er janvier 2009 n'auront jamais le droit d'acheter des cigarettes, tout simplement. C'est la mesure-phare de la loi sur le tabac et le vapotage qui a été votée début mai 2026. Elle vise à réduire drastiquement la consommation dans la durée, grâce à un effet cumulatif. En revanche, elle ne s'attaque que modérément à la cigarette électronique. Explications et réactions dans ce reportage, Marie Billon. De l'autre côté de la Manche, la Belgique a été le dernier pays européen à autoriser la vente de tabac à des mineurs. Jusqu'en 2019, il était possible d'acheter des cigarettes dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, il faut avoir 18 ans pour pouvoir acheter du tabac ou des produits dérivés. Les commerçants ont été mis à contribution pour dissuader les acheteurs, mais ils ne jouent pas tous le jeu. Dans un contexte où le gouvernement fédéral restreint l'accès au tabac depuis plusieurs années, des contrôles récents montrent que seulement la moitié des commerçants sont en conformité avec la loi. À Bruxelles, les précisions de Jean-Jacques Héry.   La revue de presse de Franceline Beretti L'Ukraine intensifie sa riposte sur le territoire russe ; l'accord commercial avec États-Unis signé par l'Union européenne ; le « Breturn » ou le désir d'Europe des Britanniques.   Kosovo : le verdict du procès des ex-dirigeants de l'UCK repoussé au mois de juillet Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo et l'intervention de l'Otan contre la Serbie, le verdict très attendu ces jours-ci contre les anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo a été repoussé à La Haye au mois de juillet 2026. Le procureur a requis jusqu'à 45 ans de prison contre ceux qui, en 2008, étaient devenus les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Le report n'a pas été bien accueilli dans la société kosovare où le tribunal spécial chargé de juger les crimes de la guérilla indépendantiste de l'UCK suscite une profonde indignation. Dans le plus jeune État d'Europe dont l'indépendance reste contestée par la Serbie, par plusieurs États de l'UE et l'ONU, ce procès cristallise toujours les tensions entre justice internationale et récit national. Reportage de notre correspondant à Pristina, Louis Seiller. À lire aussiLe tribunal spécial pour le Kosovo entre en délibéré dans le procès des anciens chefs de l'UCK

Accents d'Europe
L'Europe mobilisée contre le tabac

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 21, 2026 19:29


700.000 décès par an : c'est le bilan du tabagisme au sein de l'Union européenne. La France teste le dépistage systématique, la Belgique renforce les contrôles. De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, le gouvernement fait le pari d'une génération sans tabac. Également au programme : reportage au Kosovo où le dernier procès des ex-dirigeants de l'UCK continue de cristalliser les tensions. Comment enrayer l'addiction au tabac chez les jeunes Européens ? Au Royaume-Uni, les personnes nées depuis le 1er janvier 2009 n'auront jamais le droit d'acheter des cigarettes, tout simplement. C'est la mesure-phare de la loi sur le tabac et le vapotage qui a été votée début mai 2026. Elle vise à réduire drastiquement la consommation dans la durée, grâce à un effet cumulatif. En revanche, elle ne s'attaque que modérément à la cigarette électronique. Explications et réactions dans ce reportage, Marie Billon. De l'autre côté de la Manche, la Belgique a été le dernier pays européen à autoriser la vente de tabac à des mineurs. Jusqu'en 2019, il était possible d'acheter des cigarettes dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, il faut avoir 18 ans pour pouvoir acheter du tabac ou des produits dérivés. Les commerçants ont été mis à contribution pour dissuader les acheteurs, mais ils ne jouent pas tous le jeu. Dans un contexte où le gouvernement fédéral restreint l'accès au tabac depuis plusieurs années, des contrôles récents montrent que seulement la moitié des commerçants sont en conformité avec la loi. À Bruxelles, les précisions de Jean-Jacques Héry.   La revue de presse de Franceline Beretti L'Ukraine intensifie sa riposte sur le territoire russe ; l'accord commercial avec États-Unis signé par l'Union européenne ; le « Breturn » ou le désir d'Europe des Britanniques.   Kosovo : le verdict du procès des ex-dirigeants de l'UCK repoussé au mois de juillet Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo et l'intervention de l'Otan contre la Serbie, le verdict très attendu ces jours-ci contre les anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo a été repoussé à La Haye au mois de juillet 2026. Le procureur a requis jusqu'à 45 ans de prison contre ceux qui, en 2008, étaient devenus les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Le report n'a pas été bien accueilli dans la société kosovare où le tribunal spécial chargé de juger les crimes de la guérilla indépendantiste de l'UCK suscite une profonde indignation. Dans le plus jeune État d'Europe dont l'indépendance reste contestée par la Serbie, par plusieurs États de l'UE et l'ONU, ce procès cristallise toujours les tensions entre justice internationale et récit national. Reportage de notre correspondant à Pristina, Louis Seiller. À lire aussiLe tribunal spécial pour le Kosovo entre en délibéré dans le procès des anciens chefs de l'UCK

Chronique des Matières Premières
Quels seront les prix du coton africain de la prochaine saison?

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later May 19, 2026 1:50


L'approche des semis de coton sur le continent africain va de pair avec l'annonce des prix payés au producteur. Dans les pays concernés, les discussions sont dans leur dernière ligne droite, mais l'équation s'annonce particulièrement compliquée cette année.  L'enjeu est de trouver le meilleur équilibre pour satisfaire l'attente des cotonculteurs mais aussi celle des sociétés chargées de l'égrenage, qui leur achètent le coton qui sera ensuite exporté, sous forme de fibres, au prix du marché mondial. Dans les pays francophones du continent, les prix payés aux producteurs sont généralement fixés pour toute la saison. Cette année, ils étaient compris entre 300 et 350 FCFA le kilo de coton graine en Afrique de l'Ouest et 280 FCFA au Cameroun. Un prix stable ou en légère hausse selon les pays, par rapport à l'année précédente, mais trop élevé par rapport au cours mondial. Résultat, la campagne a été difficile et le coton africain a eu du mal à se vendre, avec de multiples conséquences pour tous les acteurs de la filière. À lire aussiLe coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre Coton et engrais, deux prix à équilibrer Un ou deux pays ont déjà fait savoir, sans l'officialiser, qu'ils allaient annoncer un maintien des prix, mais ailleurs il ne faut pas exclure une baisse, explique Youssouf Djimé Sidibé, secrétaire permanent de l'Association des producteurs de coton africain (l'APROCA). L'impact de ce prix pour les producteurs dépendra beaucoup de celui des engrais. Les cotonculteurs seront en effet plus enclins à accepter un prix en baisse s'il s'accompagne d'une diminution des coûts de production, sachant que les engrais sont avancés par les sociétés cotonnières, et ensuite remboursés sur la vente de la récolte. Or le contexte actuel est plutôt à une flambée du prix des intrants, que seule une subvention gouvernementale pourrait atténuer. La prochaine récolte se joue en ce moment, résume un spécialiste de la filière. Un acteur de la filière coton camerounaise confirme : « Si le prix garanti aux producteurs n'est pas au moins équivalent à celui de l'an dernier, ils risquent de se décourager avant même le début des semis car ils ne peuvent pas se permettre de produire à perte. » À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Impact de la hausse des cours La hausse des cours mondiaux ces dernières semaines peut-elle avoir un impact sur les prix payés au producteur ? Ces prix élaborés pour l'année sont le résultat d'une formule mathématique qui est à peu près similaire dans tous les pays : elle dépend de la santé financière des sociétés cotonnières, du cours du dollar et de la moyenne des cours mondiaux calculée sur plusieurs mois. Or les cours mondiaux n'ont augmenté de manière significative que depuis peu. Un peu tard, pour avoir une véritable influence sur les prix. L'impact est surtout psychologique : un producteur voyant les cours mondiaux orientés à la hausse depuis plusieurs semaines aura peut-être du mal à accepter qu'on lui propose moins que l'année dernière pour acheter son coton. À lire aussiLes acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

Lignes de défense
Le très long déploiement au Moyen-Orient du porte-avions Charles-de-Gaulle

Lignes de défense

Play Episode Listen Later May 16, 2026 4:41


Le Charles-de-Gaulle se dirige vers la mer d'Arabie. Un « signal » selon lequel la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. Si cette opération de réassurance au profit des navires de commerce voit le jour, la mission articulée autour du groupe aéronaval devrait nécessairement être longue. Les 1 800 marins du navire-amiral de la flotte française déjà en mer depuis bientôt quatre mois s'organisent pour rester mobilisés et garder le moral.  À lire aussiLe navire amiral de la Marine française aux portes du détroit d'Ormuz

Reportage International
Roumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires

Reportage International

Play Episode Listen Later May 15, 2026 2:27


En Roumanie, des historiens planchent sur l'intégration de cours optionnels sur l'histoire des Roms, à destination des collégiens et lycéens. Le module doit notamment approfondir le sujet de l'esclavage de cette minorité, estimée entre 1,5 et 2 millions de personnes dans le pays, selon l'État roumain. Aboli il y a 170 ans, le travail forcé souffre d'un manque de visibilité dans les écoles roumaines. Mais le début de cet enseignement, prévu à la rentrée 2026, pourrait prendre du retard. De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes Assis à son bureau à Bucarest, le sociologue Adrian-Nicolae Furtuna ouvre un livre d'archives. À l'intérieur, les contrats de vente d'esclaves roms défilent : « Regardez ici. C'est le cas de Craciun, un enfant Rom, qui a été vendu à trois maîtres différents en seulement deux jours. Vous voyez ici, vous pouvez voir la signature et l'empreinte du doigt, en bas du texte rédigé en cyrillique. » Pendant près de cinq siècles, l'esclavage des Roms se pratique dans les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie. Monastères, boyards, paysans, l'ensemble de la société recourt au travail forcé de cette minorité ethnique. Les esclaves sont alors considérés comme des biens meubles. Une absence de droit avec son lot de personnes battues, parfois jusqu'à la mort, de violences sexuelles et d'enfants séparés de leurs parents. Cette page de l'histoire est tombée dans l'oubli en Roumanie, depuis l'abolition du système, il y a 170 ans. « J'ai découvert l'histoire de l'esclavage des Roms quand j'avais 20 ans. J'étais étudiant. Quand j'ai démarré mes recherches, je ne courais pas après le sensationnel. Mais à force de documenter, j'ai fini par tomber sur des informations comme celle-ci, raconte Adrian-Nicolae Furtuna. Ces documents montrent clairement comment un paysan roumain pouvait acheter un enfant pour ensuite le revendre au monastère dont il dépendait. » « Ils ont besoin de comprendre (...) ce qu'il s'est passé » Delia Grigorie, activiste et maîtresse de conférences à l'université de Bucarest, travaille à la rédaction de nouveaux manuels scolaires. Depuis l'adoption d'une loi en juillet 2023, les collégiens et lycéens roumains peuvent choisir des cours dédiés à l'histoire des Roms. Le programme, d'une durée de quatre ans, toujours en cours d'élaboration, doit s'attarder sur leur esclavage : « Ils ont besoin de comprendre, dès le plus jeune âge, ce qu'il s'est passé : pourquoi les Roms ont été marginalisés et restent encore aujourd'hui fortement stigmatisés. Mais aussi, pourquoi ils s'excluent parfois eux-mêmes et gardent une très faible estime d'eux-mêmes. L'enseignement de cette histoire, qui n'est toujours pas enseignée à l'école, est essentiel. Si on la transmet, je suis sûr que le racisme reculera. » Mais le démarrage du nouveau cours prend du retard. Le groupe d'experts chargé de rédiger les manuels a remis sa proposition de curriculum à une commission du ministère de l'Éducation. Depuis huit mois, les chercheurs sont sans nouvelles. Delia Grigorie évoque un début des cours au plus tôt pour la rentrée 2027… quatre ans après le vote de la loi. À lire aussiLe difficile accès des enfants Roms à l'éducation

Reportage international
Roumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires

Reportage international

Play Episode Listen Later May 15, 2026 2:27


En Roumanie, des historiens planchent sur l'intégration de cours optionnels sur l'histoire des Roms, à destination des collégiens et lycéens. Le module doit notamment approfondir le sujet de l'esclavage de cette minorité, estimée entre 1,5 et 2 millions de personnes dans le pays, selon l'État roumain. Aboli il y a 170 ans, le travail forcé souffre d'un manque de visibilité dans les écoles roumaines. Mais le début de cet enseignement, prévu à la rentrée 2026, pourrait prendre du retard. De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes Assis à son bureau à Bucarest, le sociologue Adrian-Nicolae Furtuna ouvre un livre d'archives. À l'intérieur, les contrats de vente d'esclaves roms défilent : « Regardez ici. C'est le cas de Craciun, un enfant Rom, qui a été vendu à trois maîtres différents en seulement deux jours. Vous voyez ici, vous pouvez voir la signature et l'empreinte du doigt, en bas du texte rédigé en cyrillique. » Pendant près de cinq siècles, l'esclavage des Roms se pratique dans les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie. Monastères, boyards, paysans, l'ensemble de la société recourt au travail forcé de cette minorité ethnique. Les esclaves sont alors considérés comme des biens meubles. Une absence de droit avec son lot de personnes battues, parfois jusqu'à la mort, de violences sexuelles et d'enfants séparés de leurs parents. Cette page de l'histoire est tombée dans l'oubli en Roumanie, depuis l'abolition du système, il y a 170 ans. « J'ai découvert l'histoire de l'esclavage des Roms quand j'avais 20 ans. J'étais étudiant. Quand j'ai démarré mes recherches, je ne courais pas après le sensationnel. Mais à force de documenter, j'ai fini par tomber sur des informations comme celle-ci, raconte Adrian-Nicolae Furtuna. Ces documents montrent clairement comment un paysan roumain pouvait acheter un enfant pour ensuite le revendre au monastère dont il dépendait. » « Ils ont besoin de comprendre (...) ce qu'il s'est passé » Delia Grigorie, activiste et maîtresse de conférences à l'université de Bucarest, travaille à la rédaction de nouveaux manuels scolaires. Depuis l'adoption d'une loi en juillet 2023, les collégiens et lycéens roumains peuvent choisir des cours dédiés à l'histoire des Roms. Le programme, d'une durée de quatre ans, toujours en cours d'élaboration, doit s'attarder sur leur esclavage : « Ils ont besoin de comprendre, dès le plus jeune âge, ce qu'il s'est passé : pourquoi les Roms ont été marginalisés et restent encore aujourd'hui fortement stigmatisés. Mais aussi, pourquoi ils s'excluent parfois eux-mêmes et gardent une très faible estime d'eux-mêmes. L'enseignement de cette histoire, qui n'est toujours pas enseignée à l'école, est essentiel. Si on la transmet, je suis sûr que le racisme reculera. » Mais le démarrage du nouveau cours prend du retard. Le groupe d'experts chargé de rédiger les manuels a remis sa proposition de curriculum à une commission du ministère de l'Éducation. Depuis huit mois, les chercheurs sont sans nouvelles. Delia Grigorie évoque un début des cours au plus tôt pour la rentrée 2027… quatre ans après le vote de la loi. À lire aussiLe difficile accès des enfants Roms à l'éducation

Chronique des Matières Premières
Pour couvrir les besoins de l'Europe, la Norvège va rouvrir trois anciens champs gaziers

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later May 14, 2026 2:11


Devenue le plus gros fournisseur de gaz naturel de l'UE depuis l'invasion russe de l'Ukraine, la Norvège propose d'augmenter sa production afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement de ses voisins européens. C'est essentiel pour la Norvège et pour l'Europe, a martelé récemment le Premier ministre norvégien. De quoi s'agit-il ? Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont montré la vulnérabilité du continent européen en matière d'approvisionnement énergétique. Actuellement, le gaz fourni par la Norvège à l'Union européenne couvre près d'un tiers de ses besoins. La vulnérabilité énergétique de l'Europe Parmi les autres fournisseurs figurent les États-Unis, l'Algérie, le Royaume-Uni, l'Azerbaïdjan, le Qatar, mais aussi la Russie. Ces dernières années, les États membres ont pourtant réduit leur dépendance à l'égard du gaz russe. Mais se couper du gaz russe prendra du temps. Tirées par la France, l'Espagne et la Belgique, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe par l'Union européenne ont ainsi augmenté de 16% au premier trimestre 2026, pour atteindre presque 7 milliards de m3, un record depuis 2022. L'exploitation des vieux champs gaziers reprend Pour fournir l'Union européenne, la production norvégienne tourne déjà à plein régime. Situés à moins de dix kilomètres à l'ouest du gigantesque gisement Ekofisk,  trois champs gaziers fermés en 1998 abritent toujours du gaz. Entre 90 et 120 millions de barils équivalent pétrole pourraient être ainsi fournis. L'exploitation de ce site nécessitera près de 2 milliards d'euros d'investissement et sera conduite par le groupe américain ConocoPhilips. Elle débutera en 2028 et durera jusqu'en 2048. Oslo propose aussi à la prospection 70 nouveaux sites en mer du Nord, mer de Norvège et mer de Barents. Les ONG sont déçues La décision de la Norvège frustre les organisations écologistes norvégiennes. Selon elles, le gouvernement norvégien accentue la dépendance mondiale aux énergies fossiles au lieu d'assurer la transition énergétique de l'économie. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022

Chronique des Matières Premières
Au Moyen-Orient, les exportations de charbon dopées par le manque de gaz

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later May 11, 2026 1:54


Le manque de gaz du Moyen-Orient dope la demande en charbon. C'est ce que montrent les chiffres du commerce mondial : alors qu'à cette période de l'année, les achats de combustible ralentissent généralement, les pays de l'hémisphère Nord sortant de leur période de chauffe, la tendance est différente cette année. Pourtant plus polluant que le gaz ou le pétrole, le charbon thermique a de nouveau la cote, pour assurer une production stable d'électricité. Les importations du mois de mai pourraient atteindre 460 000 tonnes, soit un des trois plus hauts niveaux jamais enregistrés en un mois, selon les données maritimes de Kpler, rapportées par le Financial Times. Sans grande surprise, les achats ont augmenté en Asie, une région du monde particulièrement dépendante en gaz du Moyen-Orient. Des pays qui limitaient l'utilisation de ce combustible, ou avaient mis en pause des centrales à charbon, ont renoncé à leurs bonnes intentions. On peut citer la Thaïlande, la Corée du Sud, le Vietnam ou encore le Japon. Le mois dernier, les exportations de charbon vers l'UE ont aussi augmenté de plus d'un quart.  Forte demande chinoise La Chine, plus grand pays consommateur au monde, est aussi responsable de ce boom du commerce du charbon. L'industrie chinoise a notamment augmenté ses importations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, pour fabriquer des produits pétrochimiques : il existe en effet une chimie du charbon qui permet d'obtenir des dérivés d'ordinaire issus du gaz et du pétrole. Selon le quotidien britannique, cette demande chinoise a contribué à faire bondir les prix de référence du charbon en Asie à leur plus haut niveau depuis deux ans. Ce n'est pas exclu qu'ils connaissent un nouveau sursaut, à l'approche de l'été : la mise en route des climatiseurs pèse sur la demande en électricité.  Prix du charbon et prix du fret en hausse Cette hausse de la consommation se traduit dans les prix. Les cours connaissent leur plus forte hausse depuis la guerre en Ukraine. À cette période, les prix avaient littéralement explosé suite à la volonté des Occidentaux de limiter leur dépendance au gaz et au charbon russes. Cette augmentation intervient dans un marché déjà tendu en raison de restrictions à l'exportation mises en place par l'Indonésie, le plus grand exportateur mondial de charbon thermique. La demande a aussi un impact sur les taux de fret maritime : selon l'agence de tarification Argus Media, le transport de charbon au départ de l'Indonésie a augmenté, entre mai et février, de 60 à 75 %, tandis que celui au départ de l'Australie a grimpé de 40 à 50 %.  À lire aussiLe charbon vert, une alternative

Chronique des Matières Premières
La potasse, nouvelle arme commerciale du bras de fer entre les États-Unis et l'Europe?

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later May 10, 2026 1:58


Le prochain bras de fer commercial entre l'Europe et les États-Unis pourrait concerner les engrais agricoles. Et plus précisément la potasse, un minerai méconnu du grand public, mais absolument vital pour l'agriculture mondiale et dont les Américains sont très dépendants. Les États-Unis importent plus de 90 % de leur consommation de potasse. Une vulnérabilité majeure pour la première puissance agricole mondiale et un moyen de pression potentiel contre le pays.  En novembre dernier, Washington a ajouté la potasse à sa liste des minéraux critiques, aux côtés du lithium ou du nickel. Si cette matière première est désormais considérée comme « essentielle à la sécurité économique et nationale » des États-Unis, c'est parce qu'elle est devenue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire du pays. La potasse permet d'enrichir les sols et de maintenir les rendements agricoles, notamment pour le maïs, le soja ou le blé. Sans elle, les coûts des engrais explosent et la production peut rapidement chuter. Or les réserves mondiales sont concentrées dans une poignée de pays, au premier rang desquels le Canada, premier producteur mondial. Les États-Unis sont donc extrêmement dépendants : plus de 90 % de leur consommation est importée, principalement depuis l'Ouest canadien, dans la province de Saskatchewan, qui concentre à elle seule une grande partie des réserves mondiales exploitables. Point de vulnérabilité  Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec Donald Trump, plusieurs capitales européennes cherchent à identifier les points faibles des chaînes d'approvisionnement américaines. L'idée n'est pas forcément de déclencher une guerre commerciale, mais d'avoir des leviers dans les négociations. Et parmi les vulnérabilités identifiées : la potasse. L'Allemagne estime avoir une carte à jouer via le groupe minier K+S, présent lui aussi en Saskatchewan avec sa propre exploitation. Mais toucher aux exportations de potasse serait politiquement très sensible au Canada. La Saskatchewan, province très conservatrice et fortement dépendante du secteur minier en termes de ressources et d'emplois, refuse toute idée de taxe ou de restriction sur ses exportations. Diversifier les approvisionnements  Oui, parce que dans un contexte de hausse des prix des engrais et de tensions sur l'approvisionnement, les Américains cherchent des alternatives. Les États-Unis regardent de nouveau vers la Biélorussie, autre géant mondial de la potasse, longtemps sanctionné par les Occidentaux en raison de sa proximité avec Moscou. Certaines sanctions américaines ont récemment été assouplies envers le pays afin de sécuriser cet approvisionnement stratégique. Washington réfléchit même à investir directement dans une mine biélorusse de potasse, un scénario encore inimaginable il y a deux ans. À lire aussiLe monde peut-il se passer de la potasse biélorusse?

Chronique Transports
«Rungis est le plus grand marché de gros alimentaire du monde», rappelle son président

Chronique Transports

Play Episode Listen Later May 1, 2026 2:30


Au sud de Paris, le marché de Rungis aura bientôt 60 ans. Agrandie chaque année, c'est désormais une ville entière de fruits, de légumes, de viandes, de poissons et autres nourritures. Reliée aux grandes routes et voisin d'un aéroport, Rungis est une plateforme alimentaire européenne ouverte 24 heures sur 24. Son patron publie le livre Le monde a faim aux éditions du Cherche Midi. Stéphane Layani explique à RFI que d'autres continents, dont l'Afrique, cherchent à s'en inspirer. RFI : Vous expliquez dans votre livre « Le Monde a faim », publié aux Éditions du Cherche Midi, que Rungis est le plus grand marché de gros alimentaire du monde. Stéphane Layani : Peu de Français le savent, mais c'est vrai. Rungis est un fleuron national et l'une de mes fiertés est de l'agrandir d'année en année. Aujourd'hui, s'y côtoient près de 200 pavillons de marchandises fraîches : pavillon des légumes, des fruits, des poissons, des fromages. Le marché est situé dans la ville de Rungis, au sud de Paris. Le marché de gros est aujourd'hui une plateforme de commerce international gigantesque, où l'on circule en camion entre les pavillons tellement le marché est étendu.  Rungis est une ville dans la ville, de plus de 230 hectares. Il est plus grand que Monaco. L'avantage pour les professionnels grossistes est d'avoir tous les produits rassemblés dans un même lieu. Vous dites dans votre livre que le monde a faim car la planète manque de marchés de gros. Pourquoi est-ce une injustice, notamment en ce qui concerne le transport ? C'est une injustice, oui, pour l'Asie, pour l'Afrique, des continents de pays émergents. Contrairement à ce que l'on pense, l'Asie est le continent qui a le plus faim. Par manque de connexions – ports, aéroports, routes –, 30 % des récoltes se perdent dans les champs, car les récoltes arrivent en même temps. Or, avec des véhicules individuels trop petits, des distances trop longues, les petits producteurs tels les paysans et les éleveurs ne parviennent pas à tout écouler. Les marchés de gros permettent de rassembler, de conserver et d'exporter les surplus. Les retombées, expliquez-vous, sont nombreuses au plan économique et politique. Des gains économiques incroyables pour les pays qui investissent dans les marchés de gros. Ceux qui le comprennent font des bénéfices colossaux. Un transport organisé, avec des véhicules équipés réfrigérés, permet de réduire les pertes de marchandises. Tout ceci coûte cher. Encore plus cher dans les pays où la chaleur est écrasante, comme en Afrique. Comment faire ? C'est tout le propos de mon livre. Les aides existent. Nous avons un savoir-faire français de marché de gros que nous exportons en l'adaptant aux pays demandeurs. Je veux dire aux dirigeants politiques qu'il faut encourager ces démarches. Les banques de développement, les fonds d'investissement, les institutions africaines ou asiatiques sont aussi là pour appuyer de tels projets. Mon expérience internationale m'a prouvé que l'on peut construire des bâtiments, s'équiper en infrastructures. Votre prochaine destination sera la Chine. Nous construisons un marché de gros à Canton, la plus grande ville du sud de la Chine. Un pays qui a massivement investi dans les ports, les aéroports, les voies ferrées pour exporter, mais également pour transporter les marchandises à l'intérieur même du pays. C'est l'une de leurs forces majeures. Ils organisent leur transport à l'échelle mondiale et nationale. Les Chinois ont compris qu'un maillage sur les territoires est la clé d'un pays bien nourri et économiquement prospère. Votre livre insiste bien sur le fait qu'il ne s'agit pas d'arriver et de calquer le marché de Rungis sur chaque continent du monde. Vous évoquez vos collaborations dans plusieurs pays africains. Loin de moi l'idée d'arriver et d'imposer quoi que ce soit au pays. Nous sommes sollicités pour notre expérience et nous développons les marchés de gros avec les autorités locales. Ce qui fait économiser beaucoup de dépenses inutiles, car nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Au Bénin, où nous finalisons la construction d'un important marché de gros à Cotonou. Ce marché sera relié à plusieurs autres petits marchés de gros dans des villes périphériques. D'autres pays en Afrique ? Le Nigeria, voisin du Bénin, un pays qui va compter à l'avenir, l'un des pays les plus peuplés du continent africain et du monde. La démographie y est importante, le Nigeria veut organiser un marché de gros. Vous insistez sur la notion de filières alimentaires, qu'est-ce que cela signifie exactement ? Ici, en Europe, l'organisation agroalimentaire en filières nous paraît évidente. Le commerce de la viande, par exemple, s'effectue par filière du porc, filière du poulet, etc. La même chose pour les filières des fruits et légumes. Ce n'est pas le cas à l'échelle africaine ou asiatique. À lire aussiLe plus grand marché du monde, Rungis a 50 ans!

Reportage culture
Exposition «K-Beauty», la beauté sud-coréenne au musée Guimet à Paris

Reportage culture

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 3:03


Les produits de beauté sud-coréens cartonnent dans nos salles de bain, mais que sait-on vraiment des rituels de la beauté au pays du Matin calme ? Le musée Guimet, à Paris, décrypte les secrets de la beauté sud-coréenne à travers une exposition inédite K-Beauty, l'histoire d'un phénomène, à retrouver au musée Guimet jusqu'au 6 juillet. À lire aussiLe succès du skincare coréen en France: miracle cosmétique ou mirage marketing?

Reportage Culture
Exposition «K-Beauty», la beauté sud-coréenne au musée Guimet à Paris

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 3:03


Les produits de beauté sud-coréens cartonnent dans nos salles de bain, mais que sait-on vraiment des rituels de la beauté au pays du Matin calme ? Le musée Guimet, à Paris, décrypte les secrets de la beauté sud-coréenne à travers une exposition inédite K-Beauty, l'histoire d'un phénomène, à retrouver au musée Guimet jusqu'au 6 juillet. À lire aussiLe succès du skincare coréen en France: miracle cosmétique ou mirage marketing?

Reportage International
Turquie: «Yellow Letters», un film choc sur la répression après la tentative de coup d'État de 2016

Reportage International

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 2:32


Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d'or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant. De notre correspondante à Ankara, Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir. À lire aussiBerlinale: le festival teinté de polémiques s'achève avec l'Ours d'or pour «Yellow Letters» d'Ilker Catak « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre » Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots. « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il. À lire aussiLe réalisateur allemand Ilker Çatak en un mot, un geste et un silence Aucune décision de justice ne fera justice Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. » Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers. Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance. À lire aussiEntretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d'or 2026

Reportage international
Turquie: «Yellow Letters», un film choc sur la répression après la tentative de coup d'État de 2016

Reportage international

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 2:32


Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d'or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant. De notre correspondante à Ankara, Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir. À lire aussiBerlinale: le festival teinté de polémiques s'achève avec l'Ours d'or pour «Yellow Letters» d'Ilker Catak « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre » Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots. « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il. À lire aussiLe réalisateur allemand Ilker Çatak en un mot, un geste et un silence Aucune décision de justice ne fera justice Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. » Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers. Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance. À lire aussiEntretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d'or 2026

Vivre ailleurs
Le syndrome de l'imposteur en expatriation

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 6:34


Derrière l'enthousiasme du départ à l'étranger, beaucoup d'expatriés vivent une expérience plus silencieuse : le sentiment de ne pas être légitime et l'impression que les autres surestiment leurs compétences. La peur qu'un jour, on découvre qu'ils ne sont « pas à la hauteur ». Pourquoi ce ressenti, qu'on appelle syndrome de l'imposteur, et comment s'en défaire ? Les explications de Julie Cramier, expatriée à l'île Maurice et spécialiste de la communication chez Expat.com. À lire aussiLe syndrome de l'imposteur

Reportage International
«Nous payons un lourd tribut»: au Liban, hôpitaux et secouristes sont aussi dans le viseur d'Israël

Reportage International

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 2:36


À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban devenue ville fantôme, les services de secours ont été durement frappés par les bombardements israéliens. Au total, au Liban, plus de 100 secouristes ont perdu la vie depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026. Les hôpitaux sont aussi menacés et des centres de santé ont été détruits ou ont dû fermer, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais dénonce des attaques répétées contre le secteur de la santé. De notre correspondante de retour de Nabatiyeh, À Nabatiyeh, au Liban, les secouristes sont considérés comme des héros. Uniforme bleu et rouge, gilet pare-balles, Mohamad Khayyat ne profite pas vraiment de cette trêve de papier. « Il y a une trêve, mais même les drones sont toujours là : hier, il y avait beaucoup d'avions de guerre dans le ciel, et la veille aussi. C'est clair qu'ils violent déjà la trêve. Nous, en tant qu'équipe de secours, nous restons présents et prêts à servir les gens en cas d'incident », confie-t-il. Responsable des opérations des ambulanciers de Nabatiyeh, Mohamed a perdu plusieurs collègues. « Malheureusement, nous avons payé un lourd tribut – un tribut qui ne peut pas être compensé : la perte de nos jeunes, de nos vies. » Il dénonce le ciblage à répétition des secouristes par Israël. « La première fois, deux jeunes, Joud et Ali, étaient sur une moto quand ils ont été ciblés. Puis, deux jours avant la trêve, notre martyr Mahdi a été directement ciblé alors qu'il était dans une ambulance, en train d'accomplir son devoir pour aider nos collègues des autres associations de secours, qui avaient déjà été frappés par une première et une deuxième frappe. Nous sommes allés leur porter secours et soutien pour évacuer les blessés. Notre ambulance a elle aussi été ciblée par une troisième frappe. » À lire aussiLiban: la santé en péril « C'est comme s'ils nous poussaient à partir » Ces trois frappes successives ont fait quatre morts qui viennent s'ajouter aux plus de 100 secouristes tués par Israël depuis le début de la guerre. À l'hôpital du Secours populaire de Nabatiyeh, les chambres des patients hébergent désormais les soignants et les pompiers. « ​​​​​​​On héberge les gens des organisations qui aident comme la nôtre. Sinon, on ne pourrait pas travailler, explique Mona Abou Zeid, qui dirige l'hôpital. Regardez, vous voyez cet immeuble ? Maintenant, il est complètement à terre. Il était à 200 mètres, mais le souffle était très fort, c'était un grand immeuble. La fumée est arrivée jusqu'ici, le verre était cassé partout. Des gens dormaient ici. » Au moins 59 centres de soins et six hôpitaux ont été détruits ou ont dû fermer. « ​​​​​​​On ne se sent pas très en sécurité. Il n'y a aucun respect du droit international, qui protège les secouristes, les hôpitaux. À la fin, si personne ne nous protège, aucune loi, qui va protéger la population ? Le jour où ils vont bombarder l'hôpital, qui va rester ​​​​​​​? C'est comme s'ils nous poussaient à partir. » Viser intentionnellement des secouristes ou des hôpitaux est un crime de guerre. À lire aussiLe secteur libanais de la santé dans le viseur de l'armée israélienne

Invité culture
L'artiste Mahi Binebine a de grandes ambitions pour le 4ᵉ Festival du livre africain à Marrakech

Invité culture

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:18


Au Maroc, la 4e édition du Festival du livre africain à Marrakech (FLAM) se tient du 23 au 25 avril 2026. Une manifestation littéraire qui réunit près d'une trentaine d'auteurs et autrices du continent, du Maghreb, de l'Afrique subsaharienne mais aussi des diasporas. Avec à l'affiche, entre autres, le prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio, Alain Mabanckou, Christiane Taubira et Yanick Lahens. L'initiateur de cet événement, l'écrivain et peintre marocain Mahi Binebine, répond aux questions de Catherine Fruchon-Toussaint sur place à Marrakech. Fondé en 2023, le Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) s'est construit à partir d'un besoin profond : créer, sur des terres africaines, un espace littéraire et intellectuel qui nous rassemble, nous relie et nous projette. La ville de Marrakech, carrefour des langues, des routes et des imaginaires, s'est imposée comme le lieu naturel pour accueillir cette ambition. Le FLAM : un temps de réflexion critique Un lieu où les voix du continent et de ses diasporas peuvent se rencontrer, dialoguer, se reconnaître – et parfois, se retrouver après de longues séparations. L'histoire africaine est faite de circulations anciennes, de liens tissés entre nos cultures et nos sociétés, mais aussi de ruptures, de silences, de méconnaissances. Le FLAM est né pour rouvrir ces chemins, pour retisser ces fils, pour redonner souffle à une conversation interrompue. Dès sa création, le festival a été pensé comme une fête joyeuse, un moment de célébration de la rencontre, de la littérature, de la pensée, mais aussi comme un temps de réflexion critique. Un espace où l'on peut interroger les non-dits du passé, les blessures mémorielles, les héritages complexes, tout en restant ancrés dans un présent vibrant, traversé par les grandes mutations d'un continent qui s'affirme, qui se transforme, qui n'attend plus aucune validation extérieure. Un lieu où l'Afrique ne se pense plus comme la marge d'un centre, mais comme un centre parmi d'autres, légitime, créatif et fécond. À lire aussiLe 1ᵉ Festival du livre africain de Marrakech, tout feu, tout flamme Une programmation variée, rigoureuse et accessible pour un large public À travers ses débats, ses tables rondes et ses rencontres, le FLAM souhaite reprendre les combats jamais achevés et en engager d'autres, imposés par les défis du monde contemporain. Il tente d'accompagner, par la pensée, par l'élan créatif et par la puissance de l'imagination littéraire, le devenir d'un continent qui doit être pensé, repensé, réécrit depuis le Sud. Pour ce faire, le FLAM s'inscrit dans une vision à la fois ancrée en Afrique et tournée vers le monde. Ceci est d'autant plus vrai que le passé comme l'avenir du continent s'entrelacent avec ceux d'autres géographies, d'autres histoires, d'autres imaginaires. Pour porter cette ambition, le festival propose une programmation à la fois variée, rigoureuse et accessible, pensée pour toucher un large public : débats, tables rondes, rencontres littéraires, ateliers d'écriture, masterclasses, petits déjeuners avec les auteurs, nocturnes littéraires, spectacles de musique, lectures, leçon inaugurale, grand entretien, librairie éphémère, matinées contes, séances de dédicaces, le prix des lycéens de Marrakech… Une diversité de formats qui permet d'apprécier la grande diversité de nos littératures, de découvrir les grandes voix de la pensée africaine, mais aussi les jeunes voix qui renouvellent nos imaginaires et nos façons de dire le monde. La jeunesse au cœur de ces trois jours de célébration Le FLAM accorde une place essentielle à la jeunesse et lui consacre une programmation ambitieuse. Convaincu qu'ils constituent l'une des forces majeures du continent africain, le festival croit en la nécessité de favoriser l'accès des jeunes à la culture, à la littérature et aux arts. Accompagner cette jeunesse, c'est nourrir sa pensée critique, approfondir sa connaissance de l'Histoire, éveiller sa sensibilité, nourrir son imaginaire, et lui offrir les outils nécessaires pour imaginer et construire l'avenir. Le FLAM, ce sont trois jours de récits, de rencontres, de partage, de transmission, de dialogue, d'émotions et d'enchantement. Trois jours durant lesquels nous célébrons ensemble la vitalité des lettres africaines et la richesse de nos imaginaires. À lire aussiMaroc: le Festival du livre africain de Marrakech s'impose comme un événement majeur

Chronique des Matières Premières
Le prix des préservatifs pourrait flamber à cause de la guerre au Moyen-Orient

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 1:41


La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement mondiales et aucun secteur n'est épargné. Après l'essence, les engrais et les produits alimentaires, le prix des préservatifs devrait à son tour augmenter dans les prochains mois. L'entreprise leader du secteur, Karex, a lancé l'alerte. Dans une interview à Bloomberg, son directeur général, Goh Miah Kiat, estime que le prix des préservatifs pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, jusqu'à 30%. Une hausse directement liée à l'augmentation des coûts depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le groupe malaisien, qui représente environ un cinquième de la production mondiale, évoque des hausses de 25 à 30% de ses coûts de production. Or, la fabrication de ces dispositifs médicaux est encadrée par des normes strictes, ce qui limite la capacité des producteurs à changer de recette du jour au lendemain. Hausse des prix issus de la pétrochimie Dans un contexte où le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars, les produits issus de la pétrochimie ont enregistré des hausses de prix ces dernières semaines. L'huile de silicone, utilisée comme lubrifiant, a ainsi bondi de près de 30%, selon Bloomberg. Le prix du nitrile, un caoutchouc de synthèse particulièrement résistant et notamment utilisé pour la fabrication de préservatifs sans latex, a quant à lui doublé ces derniers mois, selon cette même source. Le caoutchouc naturel n'échappe pas non plus à cette tendance haussière. Selon le site Trading Economics, les acheteurs ont tendance à se reporter sur cette matière première lorsque le coût du caoutchouc synthétique augmente, ce qui contribue, à terme, à faire également grimper son prix. Enfin, les emballages sont également touchés. À la mi-avril, le cours de l'aluminium a atteint un pic à 3 672 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mars 2022. À lire aussiEn Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait vaciller l'industrie pétrochimique Vers une pénurie ? Dans ce contexte, les consommateurs doivent s'attendre à une répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Mais une autre question se pose : celle d'éventuelles pénuries. Car, en plus des tensions sur les chaînes d'approvisionnement qui ralentissent la production, la demande de préservatifs a augmenté d'environ 30% sur un an. Cette hausse s'explique notamment par la baisse du soutien de l'USAID, décidée par Donald Trump, qui tarit les stocks et contraint les organisations à se fournir directement sur le marché commercial. L'entreprise malaisienne Karex, qui fournit de grandes marques comme Durex, estime toutefois pouvoir maintenir sa production pendant encore deux à trois mois. Mais certains anticipent déjà des pénuries. En Chine, le hashtag « hausse des prix des préservatifs » est récemment devenu viral sur les réseaux sociaux, selon Reuters. De nombreux internautes appellent à faire des stocks, alors que les autorités chinoises ont mis en place une série de mesures pour tenter d'enrayer la baisse de la natalité. À lire aussiLe préservatif : seule solution pour éviter les IST !

Reportage France
France: la filière automobile en souffrance, les ouvriers de Stellantis à Poissy se mobilisent

Reportage France

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:17


Un appel à la grève a été lancé et les salariés de Stellantis se sont mobilisés, jeudi 23 avril à Poissy, en région parisienne. Le géant français de l'automobile a annoncé, la semaine dernière, qu'il allait stopper la production de véhicules dans cette usine. Elle était la dernière d'assemblage en Île-de-France. L'impact : près de 1 000 suppressions d'emploi dans l'usine à l'horizon 2028 et des conséquences sur toute une filière. Une décision qui ne passe pas auprès des ouvriers. Reportage de Victor Delfouilloux « Beaucoup de casse, beaucoup de casse. On est passé de deux lignes de montage à une seule ligne et c'est une vraie casse de l'emploi. Il n'y a pas d'autres mots » : Mickaël Cola, gilet rouge de la CGT sur les épaules et ouvrier depuis 22 ans chez Stellantis, est en colère, mais pas surpris. « Qu'est-ce qu'on laisse à nos gamins si un site comme celui-là ne perdure pas ? Moi, je suis très inquiet. On apprend que, d'un côté, ils sont en train de délocaliser la fabrication à Vesoul pour la mettre sur Poissy. Dire que c'est ça qui va sauver nos emplois alors qu'on va détruire d'autres employeurs, pour moi, c'est pas ça. Il nous faut un nouveau véhicule sur Poissy. On n'a pas le choix, c'est primordial », poursuit-il. « C'est un éternel recommencement » Plusieurs centaines d'ouvriers et leurs soutiens ont répondu à l'appel des syndicats. Dans le cortège qui a relié la mairie de Poissy à l'usine Stellantis, Alima El Farah, déléguée UNSA, a déjà vécu une situation similaire à Aulnay-sous-Bois, autre site du groupe fermé en 2014. « On nous annonce effectivement qu'il y aura de l'assemblage jusqu'en 2028, mais derrière, on se méfie puisqu'on a eu exactement la même chose à l'époque quand on était à Aulnay. Ils ont juste attendu que la présidentielle passe et après, ils nous ont donné un coup de massue. Je suis venue ici en espérant pouvoir travailler jusqu'à ma retraite et malheureusement, c'est un éternel recommencement. » Dans la foule d'ouvriers, quelques politiques sont venus apporter leur soutien, comme François Ruffin, député de gauche de la Somme et candidat à une primaire de la gauche en vue de la présidentielle de 2027. « C'est l'illustration de toute une industrie qui est en train de flancher, l'industrie automobile, avec une division par trois en 20 ans du nombre de véhicules produits en France. Mais en général, la part de l'industrie dans le PIB, pour la première fois de notre histoire, est passée sous la barre des 10%. Parce que c'est un choix de nos dirigeants politiques et économiques depuis 40 ans. Ils ont fait le choix de se débarrasser de l'industrie. C'était le passé, c'était dépassé. Il fallait s'en débarrasser. Ils s'en sont débarrassés. Les dirigeants politiques ont laissé faire et ils ont laissé faire les patrons de ces boîtes-là. » À lire aussiLe groupe Stellantis annonce une perte nette colossale de 22,3 milliards d'euros en 2025 « Non à la fermeture de l'usine » La fin de la production des véhicules à Poissy touche de plein fouet les sous-traitants. Zouhair Eliacoubine est technicien pour Forvia, qui fabrique depuis 50 ans des pièces automobiles pour Stellantis : « On est liés. Quand ils toussent, nous on s'enrhume. Et là, ils vont mourir, on va être enterrés avec eux. Donc forcément, on vient les soutenir dans leur combat qui est le nôtre. Autour de l'usine de Poissy, il y a plusieurs milliers d'emplois qui gravitent autour. Ce n'est pas uniquement l'usine de Poissy qui va être impactée, c'est forcément les commerçants, les sous-traitants et ainsi de suite. » « Non à la fermeture de l'usine », peut-on lire sur des affiches et panneaux dans les rues de la ville. Certains commerçants affichent en devanture leur soutien aux ouvriers, comme Abdel, dont le commerce de fruits et légumes a vu passer les ouvriers de Peugeot puis de Stellantis. « Ça fait un moment, ils ont beaucoup réduit les employés, les salariés, et ça fait que ça ne travaille pas. Et quand eux, ils ne travaillent pas, les commerces aussi ne travaillent pas. Ils avaient des tarifs préférentiels, on leur faisait 10% pour les achats et maintenant ça y est, c'est mort. C'est mort pour le commerce », lâche Abdel. La CGT appelle l'État actionnaire à agir pour forcer Stellantis à conserver les 2 000 emplois du site pour garantir la pérennité de la filière. Le constructeur, de son côté, annonce qu'il va investir 100 millions d'euros sur le site de Poissy pour transformer son activité. À lire aussiStellantis, symbole d'une Europe automobile fragilisée par la Chine et la transition énergétique

Invité Culture
L'artiste Mahi Binebine a de grandes ambitions pour le 4ᵉ Festival du livre africain à Marrakech

Invité Culture

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:18


Au Maroc, la 4e édition du Festival du livre africain à Marrakech (FLAM) se tient du 23 au 25 avril 2026. Une manifestation littéraire qui réunit près d'une trentaine d'auteurs et autrices du continent, du Maghreb, de l'Afrique subsaharienne mais aussi des diasporas. Avec à l'affiche, entre autres, le prix Nobel Jean-Marie Gustave Le Clézio, Alain Mabanckou, Christiane Taubira et Yanick Lahens. L'initiateur de cet événement, l'écrivain et peintre marocain Mahi Binebine, répond aux questions de Catherine Fruchon-Toussaint sur place à Marrakech. Fondé en 2023, le Festival du livre africain de Marrakech (FLAM) s'est construit à partir d'un besoin profond : créer, sur des terres africaines, un espace littéraire et intellectuel qui nous rassemble, nous relie et nous projette. La ville de Marrakech, carrefour des langues, des routes et des imaginaires, s'est imposée comme le lieu naturel pour accueillir cette ambition. Le FLAM : un temps de réflexion critique Un lieu où les voix du continent et de ses diasporas peuvent se rencontrer, dialoguer, se reconnaître – et parfois, se retrouver après de longues séparations. L'histoire africaine est faite de circulations anciennes, de liens tissés entre nos cultures et nos sociétés, mais aussi de ruptures, de silences, de méconnaissances. Le FLAM est né pour rouvrir ces chemins, pour retisser ces fils, pour redonner souffle à une conversation interrompue. Dès sa création, le festival a été pensé comme une fête joyeuse, un moment de célébration de la rencontre, de la littérature, de la pensée, mais aussi comme un temps de réflexion critique. Un espace où l'on peut interroger les non-dits du passé, les blessures mémorielles, les héritages complexes, tout en restant ancrés dans un présent vibrant, traversé par les grandes mutations d'un continent qui s'affirme, qui se transforme, qui n'attend plus aucune validation extérieure. Un lieu où l'Afrique ne se pense plus comme la marge d'un centre, mais comme un centre parmi d'autres, légitime, créatif et fécond. À lire aussiLe 1ᵉ Festival du livre africain de Marrakech, tout feu, tout flamme Une programmation variée, rigoureuse et accessible pour un large public À travers ses débats, ses tables rondes et ses rencontres, le FLAM souhaite reprendre les combats jamais achevés et en engager d'autres, imposés par les défis du monde contemporain. Il tente d'accompagner, par la pensée, par l'élan créatif et par la puissance de l'imagination littéraire, le devenir d'un continent qui doit être pensé, repensé, réécrit depuis le Sud. Pour ce faire, le FLAM s'inscrit dans une vision à la fois ancrée en Afrique et tournée vers le monde. Ceci est d'autant plus vrai que le passé comme l'avenir du continent s'entrelacent avec ceux d'autres géographies, d'autres histoires, d'autres imaginaires. Pour porter cette ambition, le festival propose une programmation à la fois variée, rigoureuse et accessible, pensée pour toucher un large public : débats, tables rondes, rencontres littéraires, ateliers d'écriture, masterclasses, petits déjeuners avec les auteurs, nocturnes littéraires, spectacles de musique, lectures, leçon inaugurale, grand entretien, librairie éphémère, matinées contes, séances de dédicaces, le prix des lycéens de Marrakech… Une diversité de formats qui permet d'apprécier la grande diversité de nos littératures, de découvrir les grandes voix de la pensée africaine, mais aussi les jeunes voix qui renouvellent nos imaginaires et nos façons de dire le monde. La jeunesse au cœur de ces trois jours de célébration Le FLAM accorde une place essentielle à la jeunesse et lui consacre une programmation ambitieuse. Convaincu qu'ils constituent l'une des forces majeures du continent africain, le festival croit en la nécessité de favoriser l'accès des jeunes à la culture, à la littérature et aux arts. Accompagner cette jeunesse, c'est nourrir sa pensée critique, approfondir sa connaissance de l'Histoire, éveiller sa sensibilité, nourrir son imaginaire, et lui offrir les outils nécessaires pour imaginer et construire l'avenir. Le FLAM, ce sont trois jours de récits, de rencontres, de partage, de transmission, de dialogue, d'émotions et d'enchantement. Trois jours durant lesquels nous célébrons ensemble la vitalité des lettres africaines et la richesse de nos imaginaires. À lire aussiMaroc: le Festival du livre africain de Marrakech s'impose comme un événement majeur

Reportage international
«Nous payons un lourd tribut»: au Liban, hôpitaux et secouristes sont aussi dans le viseur d'Israël

Reportage international

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 2:36


À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban devenue ville fantôme, les services de secours ont été durement frappés par les bombardements israéliens. Au total, au Liban, plus de 100 secouristes ont perdu la vie depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026. Les hôpitaux sont aussi menacés et des centres de santé ont été détruits ou ont dû fermer, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais dénonce des attaques répétées contre le secteur de la santé. De notre correspondante de retour de Nabatiyeh, À Nabatiyeh, au Liban, les secouristes sont considérés comme des héros. Uniforme bleu et rouge, gilet pare-balles, Mohamad Khayyat ne profite pas vraiment de cette trêve de papier. « Il y a une trêve, mais même les drones sont toujours là : hier, il y avait beaucoup d'avions de guerre dans le ciel, et la veille aussi. C'est clair qu'ils violent déjà la trêve. Nous, en tant qu'équipe de secours, nous restons présents et prêts à servir les gens en cas d'incident », confie-t-il. Responsable des opérations des ambulanciers de Nabatiyeh, Mohamed a perdu plusieurs collègues. « Malheureusement, nous avons payé un lourd tribut – un tribut qui ne peut pas être compensé : la perte de nos jeunes, de nos vies. » Il dénonce le ciblage à répétition des secouristes par Israël. « La première fois, deux jeunes, Joud et Ali, étaient sur une moto quand ils ont été ciblés. Puis, deux jours avant la trêve, notre martyr Mahdi a été directement ciblé alors qu'il était dans une ambulance, en train d'accomplir son devoir pour aider nos collègues des autres associations de secours, qui avaient déjà été frappés par une première et une deuxième frappe. Nous sommes allés leur porter secours et soutien pour évacuer les blessés. Notre ambulance a elle aussi été ciblée par une troisième frappe. » À lire aussiLiban: la santé en péril « C'est comme s'ils nous poussaient à partir » Ces trois frappes successives ont fait quatre morts qui viennent s'ajouter aux plus de 100 secouristes tués par Israël depuis le début de la guerre. À l'hôpital du Secours populaire de Nabatiyeh, les chambres des patients hébergent désormais les soignants et les pompiers. « ​​​​​​​On héberge les gens des organisations qui aident comme la nôtre. Sinon, on ne pourrait pas travailler, explique Mona Abou Zeid, qui dirige l'hôpital. Regardez, vous voyez cet immeuble ? Maintenant, il est complètement à terre. Il était à 200 mètres, mais le souffle était très fort, c'était un grand immeuble. La fumée est arrivée jusqu'ici, le verre était cassé partout. Des gens dormaient ici. » Au moins 59 centres de soins et six hôpitaux ont été détruits ou ont dû fermer. « ​​​​​​​On ne se sent pas très en sécurité. Il n'y a aucun respect du droit international, qui protège les secouristes, les hôpitaux. À la fin, si personne ne nous protège, aucune loi, qui va protéger la population ? Le jour où ils vont bombarder l'hôpital, qui va rester ​​​​​​​? C'est comme s'ils nous poussaient à partir. » Viser intentionnellement des secouristes ou des hôpitaux est un crime de guerre. À lire aussiLe secteur libanais de la santé dans le viseur de l'armée israélienne

Livre international
«Les grandes puissances ne gagnent plus de guerres d'aujourd'hui», estime Delphine Allès

Livre international

Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 4:40


Comment nommer le monde en bouleversement constant dans lequel nous vivons ? Un monde où les règles du XXe siècle ont volé en éclats, entre le nouvel impérialisme américain de Donald Trump, la « civilisation globale » de Xi Jinping, l'expansionnisme guerrier de Vladimir Poutine et le Sud global qui cherche le « multi-alignement ». Tous nos repères ont pris un sacré coup de vieux. C'est tout l'intérêt du livre Les mots du nouveau monde, coécrit par Delphine Allès, Bertrand Badie et Stéphane Paquin. Delphine Allès, professeure de sciences politiques et vice-présidente de l'Institut national des langues et civilisations orientales, répond aux questions de RFI.   À lire aussiLe discours civilisationnel de la Chine: projet de puissance et instrument de cohésion nationale?

Couleurs tropicales
Spéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 3

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 48:30


Nous sommes au cœur du domaine royal de Kassav', le groupe qui fait encore, en 2025, rayonner les Antilles, ses peuples, son histoire et sa culture. [Rediffusion] Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Jocelyne Béroard - Kolé séré Jean-Philippe Marthély - Imagine Jean-Philippe Marthély et Patrick Saint-Eloi - Pa bizwen palé Jacob Desvarieux et Georges Decimus - Mwen diw awa. Jacob Desvarieux, guitariste et chanteur, a confondé en 1979 Kassav', avec le percussioniste Pierre‑Édouard Décimus, son style, mêlant virtuosité rock et rythmes créoles, contribue à faire du zouk un phénomène mondial. Il s'éteint en 2021 des suites du Covid‑19, laissant un héritage incontournable de la musique caribéenne.  À lire aussiLe parcours de Jacob Desvarieux, un être extraordinaire, un an après sa mort Jean-Claude Naimro - En mouvmen Jocelyne Béroard - Jilo mayé. Patrick Saint-Eloi - Mi tche mwen Georges Décimus et Jean-Philippe Marthély - Mangola. Jacob Desvarieux - Oh Madiana Jean-Philippe Marthély - Rété. Jocelyne Beroard et Jocelyne Labylle - Avan i two ta Viviane Rangon et Patrick Saint-Eloi - Rékonsylié Retrouvez notre playlist sur Deezer.  À lire aussiSpéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 2

Couleurs tropicales
Spéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 3

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 48:30


Nous sommes au cœur du domaine royal de Kassav', le groupe qui fait encore, en 2025, rayonner les Antilles, ses peuples, son histoire et sa culture. [Rediffusion] Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Jocelyne Béroard - Kolé séré Jean-Philippe Marthély - Imagine Jean-Philippe Marthély et Patrick Saint-Eloi - Pa bizwen palé Jacob Desvarieux et Georges Decimus - Mwen diw awa. Jacob Desvarieux, guitariste et chanteur, a confondé en 1979 Kassav', avec le percussioniste Pierre‑Édouard Décimus, son style, mêlant virtuosité rock et rythmes créoles, contribue à faire du zouk un phénomène mondial. Il s'éteint en 2021 des suites du Covid‑19, laissant un héritage incontournable de la musique caribéenne.  À lire aussiLe parcours de Jacob Desvarieux, un être extraordinaire, un an après sa mort Jean-Claude Naimro - En mouvmen Jocelyne Béroard - Jilo mayé. Patrick Saint-Eloi - Mi tche mwen Georges Décimus et Jean-Philippe Marthély - Mangola. Jacob Desvarieux - Oh Madiana Jean-Philippe Marthély - Rété. Jocelyne Beroard et Jocelyne Labylle - Avan i two ta Viviane Rangon et Patrick Saint-Eloi - Rékonsylié Retrouvez notre playlist sur Deezer.  À lire aussiSpéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 2

Reportage culture
Martin Parr: «Global Warning», une exposition humoristique et posthume au musée du Jeu de Paume

Reportage culture

Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 2:28


Le musée du Jeu de Paume, à Paris, consacre en ce moment une exposition au photographe britannique Martin Parr, disparu en décembre 2025. À travers 180 photos issues de ses 50 ans de carrière, Martin Parr : Global Warning met en lumière les obsessions du photographe – le tourisme, la surconsommation, le réchauffement climatique –, mais aussi son humour, tantôt tendre, tantôt piquant, envers ses congénères. 29 janvier 2026. C'est avec une émotion palpable que Quentin Bajac, directeur du musée du Jeu de Paume et commissaire de l'exposition Global Warning, inaugure l'événement. Il connaissait bien Martin Parr avec qui il avait même publié, en 2010, un livre d'entretiens (Le Mélange des genres, édition Textuel, réédité en 2026). Surtout, les deux hommes avaient préparé ensemble cette exposition : « Martin était très enthousiasmé par ce projet », confie ainsi Quentin Bajac.  Hélas, la maladie a emporté Martin Parr le 6 décembre 2025, quelques semaines à peine avant l'ouverture de Global Warning au Jeu de Paume – ultime ironie cruelle de la vie, pour un photographe qui aura manié cette forme si particulière d'humour toute sa carrière durant.  À lire aussiLe photographe britannique Martin Parr est mort à l'âge de 73 ans 50 ans de carrière exposés  C'est donc sans surprise que l'on retrouve la patte de Martin Parr tout au long de l'exposition, notamment « dans la sélection des photos, raconte Quentin Bajac. Nous l'avons faite ensemble. Il tenait vraiment à ce que chacune des décennies de sa carrière soit représentée. » On retrouvera donc aussi bien les photos désormais très connues de plages bondées et aux couleurs criardes, prises dans les années 1980 et 1990, que des images plus confidentielles, capturées dans les années 1970 (et en noir et blanc !) où l'on pressent déjà son envie de représenter les classes moyennes.  En cinq décennies, Martin Parr a accumulé plus de 50 000 prises de vue dans ses archives – aujourd'hui stockées à la Martin Parr Foundation, à Bristol, en Angleterre, où il vivait. Impossible d'être tout à fait exhaustif ; en revanche, on peut clairement identifier certaines des marottes du photographe. « La société de consommation, le tourisme planétaire, le réchauffement climatique », énumère le directeur du Jeu de Paume. Autant d'axes autour desquels l'exposition est donc organisée, sans en oublier deux autres : l'addiction technologique et les rapports entre les humains et les animaux.  « Ma ligne de front, c'est le supermarché »  Ces thématiques sont loin de celles privilégiées par les confrères de Martin Parr à l'époque, aux premiers rangs desquelles les conflits et la pauvreté. « Il le disait : "Ma ligne de front, c'est le supermarché" », se remémore avec tendresse Quentin Bajac.  On ne s'étonnera donc pas de croiser, ici, deux femmes retranchées derrière leurs caddies, semblant prêtes à retourner au combat ; là, un bébé dans un chariot de courses, quasi enseveli sous les couches et les paquets de viande bon marché ; ou, plus loin, des clients semblant sur le point de s'empoigner pour mettre la main sur le dernier pack de bière en promotion.  Ces images pourraient sembler cruelles, elles dégagent pourtant une certaine tendresse pour l'espèce humaine. « ​​​​​​​Martin ne se mettait pas en surplomb, raconte Quentin Bajac. Il avait conscience de faire partie du problème : il voyageait énormément pour ses reportages, appréciait la plage et le shopping... »  À lire aussi«Life's a Beach», Martin Parr exposé à Evian Un humour tout british  Les constats posés par Martin Parr, une photo à la fois, pourraient aussi être déprimants. C'était sans compter sur sa touche bien à lui : son regard décalé, toujours de biais ; et surtout, «​​​​​​​ ​​​​​​​l'humour, fondamental. Parfois cruel, ironique, tendre... En fait, il n'y a pas un humour de Martin Parr mais bien des humours de Martin Parr », insiste le commissaire de l'exposition.  Nous voilà donc amenés à sourire en coin tout au long de l'exposition. Le photographe lui-même en jouait d'ailleurs. «​​​​​​​ ​​​​​​​Les Français m'adorent parce que je me moque des Anglais : ça leur fait gagner du temps », s'était-il un jour amusé au cours d'une conférence. Le succès de l'exposition Global Warning ne l'a pas démenti : face à l'affluence, le musée du Jeu de Paume a décidé d'étendre ses horaires de visite.  Martin Parr : Global Warning, au musée du Jeu de Paume (Paris) jusqu'au 24 mai 2026. À lire aussi«How Do You Feel?» nous demande Joel Quayson à la Maison européenne de la photographie

Afrique Économie
Afrique-Émirats arabes unis: un boom des relations commerciales émiriennes sur le continent

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 2:26


Burkina Faso, Gabon, RDC… La liste des États où les Émirats arabes unis investissent s'est allongée ces derniers mois. Les annonces de financements d'infrastructures se multiplient. Abou Dhabi, acteur dont l'implication dans certains conflits régionaux fait polémique, s'est néanmoins imposé comme un partenaire commercial incontournable ces dernières années. Comment analyser cet attrait des gouvernements africains pour ce partenaire ? Travail sur la filière or, construction du port commercial de Banana à l'embouchure du Congo, accords commerciaux sur 6 000 produits… Julien Paluku, ministre congolais du Commerce, rentre d'une visite très fructueuse d'Abou Dhabi : « Nous exploitons une disponibilité qui est à même de devoir nous accompagner aux côtés d'autres partenariats que nous avons tissés avec d'autres pays à travers le monde. » Abou Dhabi s'est imposé comme l'un des principaux partenaires commerciaux de la RDC, car l'un de ses points forts provient de sa capacité à investir dans les projets. « Pour qu'elle se développe après la Deuxième Guerre mondiale, l'Europe a bénéficié d'un plan Marshall. Des milliards de dollars ont été investis pour que l'Europe puisse recouvrer sa santé », rappelle le ministre. « Et donc la RDC aussi, après tous ces moments de turbulences, est à la recherche de capitaux frais et se dirige vers des capitaux frais. Et les Émirats arabes unis constituent une destination importante où les capitaux sont disponibles pour pouvoir échanger avec nous et transformer notre potentiel en richesse. C'est donc dans ce sens que nous nous tournons vers les Émirats arabes unis », explique-t-il. À lire aussiLa RDC et les Émirats arabes unis ont signé un accord économique global à Abou Dhabi Les Émirats adoptent « une approche business to business » De nombreux dirigeants africains se sont succédé à Abou Dhabi ces derniers mois. Pour Oscar Lafay – ex-consultant senior de chez Deloitte, la percée des Émirats arabes unis est nette. « Ce qu'on observe avec cette percée émiratie, c'est la fin d'un monopole des puissances traditionnelles, analyse l'expert. En quatre ans, ils sont devenus le premier investisseur du continent avec plus de 110 milliards d'euros injectés. Et ils sont devenus en effet le grand argentier, là où le FMI ou les banques de développement sont plus lentes. » Autre aspect plus politique, les Émirats ont l'avantage d'avoir la neutralité postcoloniale. « C'est un grand atout puisqu'ils n'ont aucun passif historique sur le continent et ils proposent donc une approche business to business qui est très attrayante pour les différents acteurs africains », poursuit Oscar Lafay. « Et enfin, ils ont un pragmatisme transactionnel, avec une agilité pure qui leur permet d'investir là où les autres ont peur, comme récemment au Burkina, où les questions sécuritaires ou politiques ne leur font pas peur », souligne-t-il. À lire aussiKinshasa mise sur un partenariat avec Abou Dhabi pour reprendre la main sur l'or de l'Est de la RDC Un puissant réseau d'entreprises détenu par l'État Et pour faire avancer cette ambition, les Émirats s'appuient sur leur puissant réseau d'entreprises : « Il faut comprendre que ce réseau d'entreprises est finalement un réseau étatique, puisque l'influence aux Émirats arabes unis d'Abou Dhabi sur le business est très puissante. Et donc ces entreprises sont des leviers pour le pouvoir émirati afin de s'implanter durablement en Afrique. Ce qui est important avec les entreprises émiraties, c'est de comprendre leur capitalisation. Souvent plus de 20 à 30 %, voire plus, du capital est détenu par l'État. Donc, dans ce cas-là, ces entreprises sont des leviers étatiques. » Les Émirats arabes unis semblent bien déterminés à profiter du contexte international de recomposition des partenariats commerciaux et de la baisse drastique de l'aide publique au développement. À lire aussiLe président Randrianirina en visite à Abu Dhabi pour «promouvoir une diplomatie économique offensive»

Afrique Économie
Au Sénégal, le secteur des vêtements haut de gamme ne connaît pas la crise

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:38


Au Sénégal, s'il est un secteur qui résiste à la crise, c'est celui du luxe. Confectionnés à Dakar, les vêtements et accessoires haut de gamme créés par les stylistes sénégalais font mouche grâce à une clientèle africaine et internationale. Avec notre correspondante à Dakar,  Derrière la porte d'entrée, un appartement aux gigantesques baies vitrées, vue sur la mer et la mosquée de la Divinité. Bienvenue chez Solo Studio, une marque de sac à main de luxe créée par une ex-cadre de l'agro-industrie, Nogaye Diop. Sur une table en verre, quatre sacs à main sont exposés, trois en cuir rose, blanc et rouge, avec une anse en forme de corne d'animal et de coquillage Cauri. « On est une marque artisanale, explique Penda Niang, cheffe des ventes, on produit petit à petit, tout est fait à la main par des artisans ici au Sénégal. » Créée il y a 3 ans avec des sacs entre 775 dollars (430 000 FCFA) et 980 dollars (545 000 FCFA), la marque se fait repérer sur les réseaux sociaux à l'étranger. La clef du succès vient avec « les célébrités qui ont fait connaître la marque : Selena Gomez, Jenna Ortega… Ça a créé un essor sur les réseaux sociaux, poursuit Penda Niang, ça a propulsé notre marché américain, sud-africain, français… » Car si partout au Sénégal la consommation de produits haut de gamme a plutôt baissé depuis deux ans, le carnet de commandes de Solo Studio, lui, continue de grimper. À écouter dans 8 milliards de voisinsComment favoriser l'émergence du luxe en Afrique ? Encore trop de barrières douanières Fatima Zahra Ba, elle, a créé la marque So'Fatoo, en plein cœur de Point E. En 12 ans d'existence, elle est devenue une référence, en confectionnant des vêtements de cérémonie qui associent la tradition du boubou à des coupes occidentales. Mais ici aussi, même constat : si l'activité au Sénégal a baissé depuis deux ans, la recette pour survivre, pour Fatima Zahra Ba, c'est l'exportation. « On a multiplié les partenariats avec les revendeurs, explique-t-elle. On a aussi su s'adapter en créant de nouveaux produits moins chers, des produits d'appel pour toutes les personnes qui aiment la marque mais qui n'avaient pas forcément les moyens de se procurer du So'Fatoo. » Si l'année 2026 commence mieux que l'année 2025 en termes de vente, Fatima Zahra Ba est catégorique : les marques sénégalaises pourraient croître avec beaucoup plus de facilité s'il y avait moins de barrières douanières. « Il y a des frais de douane à l'entrée de l'Union européenne et aux États-Unis, ce qui fait que le produit revient beaucoup trop cher pour les clients étrangers. » D'autant que la matière première qui sert à So'Fatoo à fabriquer ses vêtements doit être importée, en l'absence d'industrie du textile et de transformation, pour l'heure, du coton sénégalais. À lire aussiLe coton invendu s'accumule et impacte tout les maillons de la chaîne

Invité Afrique
Sommet Italie-Afrique: «Rome veut aborder la question migratoire comme une question de développement»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 6:48


Aujourd'hui, vendredi 13 février à Addis-Abeba, à la veille du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, se tient un sommet Italie-Afrique. C'est le deuxième sommet de ce genre, mais c'est la première fois qu'il se tient sur le continent. Il y a deux ans, le gouvernement de Giorgia Meloni, présentait « Le plan Mattei pour l'Afrique », un programme de coopération et de développement de 5,5 milliards d'euros jusqu'en 2027. La présidente du Conseil italien fait le déplacement à Addis-Abeba et sera même l'invitée d'honneur du sommet de l'UA ce week-end. Quelles sont les ambitions de Giorgia Meloni en Afrique ? Notre grand invité Afrique est Riccardo Fabiani, directeur Afrique du Nord pour International Crisis Group. Il répond à Sidy Yansané.  À lire aussiLe plan Mattei, nouvelle politique africaine de l'Italie, commence à prendre forme

Atelier des médias
« High School Radical » : Max Laulom filme à l'iPhone ses amis devenus pro-Trump

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 35:24


Le vidéaste français Max Laulom, 28 ans, a signé avec High School Radical (Arte, 2025) un documentaire singulier qui confronte ses souvenirs de lycéen en Oklahoma à la réalité d'une Amérique fracturée.  Dix ans après son année d'échange, Max Laulom est retourné voir ses anciens amis, presque tous devenus partisans de Donald Trump. Les 4 parties de son documentaire, High School Radical, diffusé sur Arte.tv et sur YouTube, cumulent déjà plusieurs millions de vues.  « L'iPhone casse la distance » La signature de Max Laulom réside dans son usage exclusif du smartphone. En s'appuyant sur les codes du vlog, il propose une forme de témoignage incarné et immersif. Pour lui, cet outil change radicalement le rapport à l'autre : « L'iPhone casse la distance ». Cette approche, qu'il qualifie de vlog documentaire, permet de capturer le réel mieux qu'une caméra : « C'est filmer aussi la banalité, c'est filmer les petites choses, c'est laisser le réel venir pénétrer l'enregistrement, les aléas aussi ». En tournant seul, il devient plus mobile et réactif, capable de « dégainer » son téléphone pour saisir la ferveur d'un meeting ou la tension dans un stand de tir. À écouter aussiLe youtubeur Gaspard G raconte sa «mission d'information» Une Amérique enfermée dans des « bulles médiatiques » Le voyage de Max Laulom révèle une population assaillie par un flux constant d'informations. Il décrit des citoyens évoluant sous une véritable « cloche médiatique », s'informant via des podcasts d'opinion plutôt que par les médias traditionnels : « Chacun évolue dans son propre paysage idéologique. » Lors d'un meeting de Donald Trump, il a observé une ferveur quasi mystique : « C'est une messe religieuse et c'est un gourou qui vient annoncer la fin des difficultés pour ces gens-là. » Face à ce « raz de marée émotionnel », les discours factuels peinent à résonner. Documenter la « bascule » du monde Malgré la polarisation et le spectre d'une guerre civile évoqué par ses interlocuteurs, Max Laulom a produit un documentaire qui s'achève par un plaidoyer pour le dialogue. « Ma solution, c'est de rester en contact avec eux parce que [...] je suis presque une des seules composantes de leur environnement cognitif qui n'est pas de ce monde-là », explique-t-il. Max Laulom entend poursuivre cette exploration des bascules de notre monde — qu'elles soient politiques, militaires ou climatiques — prochainement en Ukraine (où il se trouve en ce moment, et pour la troisième fois), en Syrie et au Groenland. Son message pour la nouvelle génération de vidéastes est simple : « Si tu veux faire un film, tu as juste besoin d'un truc qui filme », des paroles d'Orelsan.

Reportage Afrique
À Johannesburg, les chorégraphes Germaine Acogny et Gregory Maqoma se répondent en spectacle

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:45


En Afrique du Sud, deux chorégraphes emblématiques du continent, la Franco-Béninoise Germaine Acogny, icône de la danse contemporaine, et le Sud-Africain Gregory Maqoma, se sont retrouvés pour monter un spectacle en deux parties. Ce double programme, montré pour la première fois à l'université de Johannesburg, propose un dialogue entre les générations et les cultures africaines. De notre correspondante à Johannesburg, À 81 ans, Germaine Acogny ne cesse de se réinventer. Cette fois-ci, seule en scène, elle rejoue, à sa façon et au travers de ses mouvements, la vie de la danseuse, chanteuse et militante Joséphine Baker. Une chorégraphie sous forme d'hommage très politique : « J'ai voulu interpréter vraiment la résistante. Cette première pièce est d'actualité, sur le racisme qui ne se défait pas et contre lequel on est encore obligés de se battre », s'indigne la chorégraphe. Et elle prend un exemple : « Cette banane que j'ai prise, en France, je la lance ! Parce que vous savez, le racisme qui existe quand il y a les footballeurs qui perdent, on leur jette des bananes comme à des singes ? Eh bien moi, je l'ai écrasée ici. » Le spectacle Joséphine, conçu à l'origine pour le théâtre parisien des Champs-Élysées l'année dernière, est désormais assorti d'une deuxième partie : un tourbillon de couleurs et des artistes de tout le continent qui se lancent dans une danse fougueuse et déchaînée. Un dialogue entre l'Afrique du Sud et l'Afrique de l'Ouest Pour accompagner la pièce de Germaine Acogny, il a été demandé au chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma, de 30 ans son cadet, de dessiner une réponse. C'est ainsi qu'est né Bantu, le peuple. « C'est un honneur pour moi de partager la scène avec "Mama Germaine" et son travail. Cela honore aussi qui nous sommes et notre humanité. Sa pièce parle beaucoup de résistance, analyse le chorégraphe. Je souhaitais y répondre en utilisant le sens de l'urgence que ressent la jeunesse d'aujourd'hui. Et je voulais aussi évoquer l'éradication des frontières et que l'on puisse s'autoriser à penser sans elles. »  À cette occasion, une troupe a été composée à partir de danseurs des compagnies des deux chorégraphes, l'École des Sables sénégalaise et le Vuyani Dance Theatre sud-africain. Chacun amène ses mouvements et sa culture, et le tout forme un magnifique ensemble. « Il a voulu faire un dialogue aussi entre l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Sud, estime Germaine Acogny. Moi, ce que j'ai vu, c'est le fait de partir de nos origines vers la contemporanéité. Et vous avez vu cette gaïeté, on sent aussi qu'il y a un rituel et la joie de vivre, la joie de célébrer, et je trouve que c'était une excellente rencontre. » L'équipe espère maintenant pouvoir présenter ce double programme lors d'une tournée mondiale, avec des dates déjà prévues en France et en Allemagne plus tard dans l'année.  À lire aussiLe chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma en un mot, un geste et un silence 

Reportage International
Comment le conflit en Ukraine change la société et l'économie de la région d'Irkoutsk

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 2:47


Près de quatre ans après que Vladimir Poutine a envoyé ses soldats en Ukraine, la nouvelle donne en Russie se précise et s'installe. Ascenseur social pour certains vétérans, la guerre fait aussi sentir ses effets sur les finances nationales et locales. C'est notamment le cas pour le budget 2026 de la région d'Irkoutsk, difficile à boucler. Au sommet d'une colline, une petite église aux bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de neige. Un cercueil recouvert du drapeau russe franchit la sortie, pendant que le long du chemin, des femmes, chacune un drapeau à la main, l'escorte pour un hommage : c'est l'enterrement d'un soldat russe mort en Ukraine, annoncé dans la presse locale par le comité des mères de combattants. Quelques centaines de mètres plus bas, le long d'une voie rapide, un atelier de réparation de pneus. Entre les deux, en pente douce, une petite allée arborée, bordée de portraits de combattants décédés : on l'appelle ici « l'allée des héros ». « Je les connais presque tous personnellement », confie Artëm, lui-même vétéran de « l'opération spéciale ». « Il y en a un avec qui je me suis battu côte à côte. Il y en a qui étaient avec Wagner, et il y en a d'autres du ministère de la Défense. Leurs portraits ont été ajoutés à ceux morts au combat en Tchétchénie et en Afghanistan. » Artëm est le propriétaire d'un atelier de réparation, 20 mètres carrés à la sortie de Baïkalsk, une petite localité en déclin depuis une dizaine d'années et qui comptait 13 000 habitants au dernier décompte officiel de 2021. Une agglomération sur les rives du lac Baïkal dans laquelle « on ne trouve pas de travail décent », dit-il. Recruté par Evgueni Prigojine Entre les scies visseuses, marteaux, clous et pneus, Artëm accueille ses clients avec, dès l'entrée, le drapeau de Wagner déployé sur un pan de mur. « Certains posent des questions, d'autres ne reconnaissent même pas le drapeau ; pour eux, ce n'est qu'une image. Certains sont tout simplement trop loin de cette réalité. Pour moi, bien sûr, c'est le souvenir d'y avoir participé. Même si, avec le bout de métal que j'ai désormais à la place d'une partie du bras et de l'épaule, j'ai une mémoire pour toujours. » Artëm a été blessé lors de la bataille de Bakhmout en 2023, dans un bataillon d'assaut. « Certains clients m'embrassent et me félicitent », raconte-t-il, « mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Beaucoup de gens, je dirais à peu près 50 %, se fichent de savoir qu'il y a une guerre qui se déroule en ce moment. » À écouter dans Grand reportageSyndrome afghan : le pouvoir russe face à ses vétérans de la guerre d'Ukraine  Quant au fait que le groupe paramilitaire fondé par Evgueni Prigojine ait été sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne ainsi que d'autres pays pour — notamment — crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique, peu importe en Russie, tant le groupe s'est banalisé et même parfois romantisé dans certains esprits. Artëm, lui, a choisi Wagner plutôt que l'armée régulière en juin 2023 « parce que ses hommes y ont leur propre loi ». Artëm dit aussi avoir été à l'époque « épuisé mentalement » par sept années passées derrière les barreaux, sept d'une peine de dix ans pour « consommation de drogue », affirme-t-il. Les prisons russes sont réputées pour leur implacable brutalité, et celles de la région d'Irkoutsk, très nombreuses, ont été secouées en 2021 par un scandale de tortures et d'abus tels que le comité d'enquête, organe qui répond directement au Kremlin, s'en était officiellement saisi. Combattre en Ukraine : « Une deuxième chance dans sa vie » pour un prisonnier Au printemps 2023, alors qu'Artëm est derrière les barreaux, une rumeur traverse la prison « comme une radio interne », dit-il : les recruteurs de Wagner arrivent. C'est Evgueni Prigojine lui-même qui se présente. Le dirigeant du groupe paramilitaire est précédé par un bus d'Omon, les forces anti-émeutes, pour garantir l'ordre, et est arrivé dans la cour de la prison en hélicoptère, une arrivée « spectaculaire » se rappelle Artëm. Ses souvenirs sont très précis. Il décrit Prigojine qu'il surnomme « Oncle Génia » au milieu des prisonniers en cercle, posant les conditions du contrat, « ne cachant rien des pour et des contre ». Précisant aussi que n'étaient pas concernés pour le recrutement « les condamnés pour viol et pédophilie », dit Artëm, qui ajoute : « les orphelins étaient prioritaires ». À lire aussiRussie: après les funérailles, l'amertume des partisans d'Evgueni Prigojine  À 33 ans à l'époque, Artëm avait de toute façon déjà pris sa décision. « Il me restait encore beaucoup de temps à passer en prison et je n'en pouvais plus. Et pour moi, signer, c'était une deuxième chance, une chance de réparer ma vie, et il fallait la prendre. Quand on a traversé la guerre, on recommence sa vie à zéro, on est gracié par décret du président de la Fédération de Russie. On a un document officiel signé par Vladimir Poutine lui-même, qui dit qu'on est pardonné pour héroïsme et pour bravoure. C'est quelque chose qui encourage à signer. » Sorti de prison au terme de sa peine, Artëm sait qu'il aurait été en difficulté dans une société russe sans concessions pour les anciens « taulards ». Aujourd'hui, avec la somme généreuse que lui a versée Wagner pendant la guerre, Artëm a investi dans un commerce rentable. Il a aussi désormais un statut symbolique dans la société, tant les combattants sont glorifiés et présentés par le pouvoir comme des modèles à suivre, et rencontre régulièrement des gradés au sein de la société locale des vétérans. À lire aussiL'armée russe recrute aussi à la télévision  À 38 ans aujourd'hui, Alexander a lui signé à l'automne 2023 pour deux ans pour le ministère de la Défense. Sans prévenir sa famille ni ses amis, leur envoyant une simple photo de lui en uniforme. Pourquoi s'engager ? « C'est une question difficile », répond-il. Avant d'avancer que c'est la décision d'« un homme, un vrai ». C'est d'ailleurs un motif d'engagement régulièrement mis en avant par le ministère russe de la Défense dans ses spots de campagne de recrutement. Alexander affirme aussi avoir voulu « voir ce qu'était la guerre ». Il refuse de parler de ce qu'il a fait et vu, « vous ne comprendriez rien », dit-il d'un air de défi ; et ne dit pas un mot de la blessure qui lui a valu de longs mois d'hospitalisation et une démobilisation au bout d'un an et demi. Avant de s'engager, cet ancien commandant d'une unité d'assaut dirigeait une entreprise de bâtiment de taille moyenne. De retour d'un long séjour à l'hôpital après les combats, avec essentiellement l'argent de son contrat et les indemnités pour blessure, il a construit puis ouvert en décembre un restaurant de grillades, « un rêve qu'il avait depuis plusieurs années » Quant au terrain pour le construire, Alexander a fait valoir ses droits auprès de l'administration locale : un décret de Vladimir Poutine accorde gratuitement un terrain à tous ceux décorés, comme lui, de l'ordre du Courage. Il est normalement dédié à la construction de la résidence principale, mais, dit Alexander avec un sourire en coin, « avec moi, l'administration locale regarde ailleurs ». La valeur du terrain est estimée à 1,5 million de roubles, presque 20 000 euros au cours actuel. Une somme particulièrement difficile à emprunter dans une Russie où le taux directeur de la Banque centrale est à 16%. La région ne se contente pas d'appliquer les décisions du pouvoir central. Par décret régional signé le 30 décembre dernier, elle a augmenté la prime de signature d'un contrat pour aller se battre en Ukraine aux volontaires résidant dans la région à 1,4 million de roubles (près de 17 000 euros au cours actuel), allant jusqu'à 2,4 millions (près de 30 000 euros) si le contrat est signé entre le 1ᵉʳ et le 31 janvier. Nombreuses prisons et tradition militaire, double vivier de recrutement Soldats de métier, mobilisés ou volontaires, dans la région d'Irkoutsk, ils sont nombreux à être partis pour l'Ukraine, mais les chiffres précis sont inconnus : ils sont classés secret défense. Les indices d'un large engagement sont cependant nombreux. « Dans presque chaque famille, il y a des gens qui connaissent quelqu'un lié d'une manière ou d'une autre à la guerre. Ou ils ont des amis qui se sont battus, qui sont en quelque sorte impliqués », explique Alexey Petrov, historien local, désigné agent de l'étranger en 2021. « Et parce que beaucoup de Sibériens se battent là-bas [en Ukraine, NDLR], Irkoutsk se classe parmi les plus gros contributeurs régionaux en termes de montant d'argent collecté pour la guerre, mais aussi en termes d'aide directe aux soldats, sans doute la première sur les dix régions de Sibérie. Toutes les organisations et fondations qui y sont liées sont très actives ici, envoient constamment de l'aide, des cadeaux pour la nouvelle année, des cartes, toutes sortes de choses ». Les nombreuses prisons, vivier de recrutement, y sont évidemment pour quelque chose — deux ont déjà été fermées en presque quatre ans de conflit, et il en reste 21. L'argent, évidemment, aussi : « Hier, vous étiez conducteur de tracteur, et aujourd'hui, vous êtes conducteur de camion sur le front. Et vous gagnerez cinq fois plus », dit Alexey Petrov. Mais l'histoire régionale joue aussi un rôle décisif, explique-t-il, et elle prend ses racines sous l'Union soviétique : « Irkoutsk était le centre du district militaire sibérien jusqu'en 1953, date de la mort de Staline. Toutes les troupes stationnées sur le front de l'Est ont été formées ici. Le défilé de la Victoire de 1945 dans la ville chinoise de Harbin [défilé militaire solennel de troupes de l'Armée rouge soviétique le 16 septembre 1945, NDLR] était dirigé par le général Beloborodov, originaire d'Irkoutsk. Jusqu'à sa fermeture en 2011, nous avions une très grande école, l'École d'aviation militaire d'Irkoutsk. Et il y a des dizaines de milliers de soldats qui se sont toujours entraînés ici. » Rare alerte budgétaire L'attaque de drones ukrainiens le 1er juin dernier, à plus de 4 000 kilomètres de la ligne de front, a, elle, marqué les esprits. Kiev a affirmé avoir visé la base aérienne stratégique de Belaïa, à une quinzaine de kilomètres d'Irkoutsk, une cible non confirmée par la Russie. Le gouverneur de la région a évoqué une unité militaire stationnée dans un village. Mais ce dont on parle le plus facilement à Irkoutsk cet hiver, c'est de la hausse des prix, manifeste partout en Russie. Le budget 2025 de la région, qui a été si difficile à boucler, a aussi suscité des réactions. Selon le journal Védomosti, daté du 25 novembre dernier, les plus larges déficits régionaux en valeur absolue sur les 89 régions que compte le territoire national concernaient deux régions de Sibérie : celle de Kemerovo (-43.9 milliards de roubles) et Irkoutsk (-41.1 milliards de roubles). À lire aussiLe charbon russe connaît sa pire crise depuis trente ans  Kemerovo, au sud, est une région industrielle réputée pour être en crise depuis deux ans, car elle dépend d'une filière charbon qui ne trouve plus de débouchés. Pour expliquer les difficultés de celle d'Irkoutsk, Nadejda Grosheva, docteur en économie, directeur de la Baikal International Business School de l'université d'État d'Irkoutsk, et membre du Conseil stratégique de la région d'Irkoutsk, avance par exemple qu'en Russie, les entreprises paient leurs impôts sur le lieu de leur siège. « Si vous avez une société enregistrée à Moscou, l'impôt sur les bénéfices est payé à Moscou. Ils sont tous intégrés verticalement. » De nombreuses grandes entreprises comme Gazprom ou Rosneft opèrent en effet dans la région. Chute libre des investissements dans les infrastructures Face à la grogne suscitée par certains paiements publics en retard cet automne et au début de l'hiver, et notamment le salaire des professeurs, le gouverneur Igor Kobzev, lui, a notamment expliqué dans la presse locale la baisse des recettes de cette manière : « Des signes avant-coureurs sont apparus en 2024, car nous sommes une région tournée vers l'exportation avec des produits à forte valeur ajoutée qui représentent la part du lion du budget. » Derrière cet euphémisme, cette réalité : le budget de la région est fortement dépendant des impôts des entreprises des secteurs de l'aluminium, du diamant et du gaz, des secteurs tous sous sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine. Autrement dit : si le budget de la région souffre, c'est que les recettes de ces entreprises ont baissé. La région dispose bien d'un gisement de gaz, le gisement de Kavytkinskoye, qui doit être exploité pour le gazoduc « Force de Sibérie 2 », pour fournir la Chine. Mais le projet tarde toujours à se concrétiser. De quoi faire monter dans une partie de la population une question sensible sur le contrat social et la répartition des efforts. Dimitri et Oleg, deux habitants de la région qui ont demandé à rester anonymes, ont effleuré ce sujet tabou au micro de RFI. « Il y a un déséquilibre qui est en train d'apparaître au sein de la population », a avancé Oleg. « Parce que, si on compare de manière relative, les participants à l'opération spéciale reçoivent beaucoup d'argent, tandis que les travailleurs du secteur public reçoivent des kopecks. Et ce déséquilibre n'apporte rien de bon ».  Dimitri a tiqué et avancé : « Combattre est un métier dangereux. C'est pour ça qu'il est si bien payé. » Oleg s'est contenté de répondre : « Je comprends pourquoi ceux qui sont à l'opération spéciale gagnent beaucoup d'argent. Je dis juste que ceux qui sont restés ici, ceux qui élèvent de jeunes enfants notamment, ne reçoivent pas beaucoup d'argent. C'est un déséquilibre qui est en train de naître, je n'ai rien de plus à dire. » Fin de l'échange. On n'est jamais trop prudents. Le gouverneur a promis de ne pas couper dans les dépenses sociales, mais la région a dû prendre un prêt pour boucler son budget 2025. Il a aussi annoncé un grand coup de frein pour l'investissement dans les infrastructures. En 2026, les financements passeront dans ce domaine de 18 milliards de roubles en 2025 à 4,3 milliards. Et encore, ce montant sera dépensé essentiellement dans les projets éligibles à un cofinancement fédéral. Tous les autres projets de construction et de réparation seront suspendus ou mis en sommeil. Cela concerne notamment les écoles et les centres sportifs.

Reportage International
États-Unis-Canada: le hockey à l'épreuve des tensions

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 11, 2026 2:53


Menaces de faire du Canada le "51e Etat américain", guerre commerciale et droits de douane… Près d'un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a sérieusement refroidi les relations avec son voisin. Les tensions entre les deux pays se sont même parfois invitées au coeur du sport national canadien : le hockey sur glace, avec l'hymne américain sifflé ou des rivalités exacerbées…Mais le hockey reste un espace de coopération où rien, ou presque n'a encore changé.  De notre envoyé spécial à London, À London, dans l'Ontario, près de la frontière avec les États-Unis, sur la glace, l'affiche du soir oppose deux franchises junior de hockey. Les Canadiens des London Knights, en vert et jaune, reçoivent les Erie Otters, en blanc et bleu, venus de Pennsylvanie, aux États-Unis. Et jouer contre des Américains, ce n'est plus tout à fait anodin, expliquent ces deux fans. « Il y a longtemps, quand j'étais plus jeune, ce n'était pas très important. Mais maintenant, ça l'est devenu, surtout si le Canada joue contre les États-Unis. C'est devenu une affaire personnelle, en quelque sorte, à cause de la politique. Quand on entend Trump dire qu'il veut faire de nous le 51e État des États-Unis, évidemment, en tant que Canadien et souverainiste, ça ne passe pas », affirme le premier. « Oh oui, on veut les battre pour envoyer un message politique ! », réagit le second. L'hymne américain sifflé Dans les gradins pourtant, pas de message hostile. Comme avant chaque rencontre contre une franchise américaine, une trentaine d'enfants entonnent l'hymne des États-Unis. Ailleurs dans le pays, au plus fort des tensions, l'hymne américain a parfois été sifflé. « Mais ce n'est jamais arrivé ici, à London », raconte Johan, un fidèle supporter des Knights. « C'est une forme de respect. Nous, on veut juste voir du bon hockey et là, on parle d'enfants qui jouent. Ce ne sont même pas des adultes. On essaie de laisser le plus possible la politique en dehors du hockey... » Il faut dire que malgré les crispations politiques, le hockey reste aussi - et surtout - un espace de coopération entre les deux pays. La ligue junior de l'Ontario, l'OHL, compte trois franchises américaines. Et dans l'effectif des London Knights, deux jeunes joueurs viennent des États-Unis. Mais « c'est assez fluide. Ils viennent ici, ils vivent ici, ils sont logés chez l'habitant. Nous leur obtenons un visa étudiant pour qu'ils puissent venir jouer pour nous. C'est donc un bon arrangement, déclare Rick Steadman, l'un des entraîneurs des Knights. Et c'est la même chose dans l'autre sens : aux États-Unis, ils font venir des joueurs canadiens. Cela fonctionne très bien pour tous les joueurs de hockey, qui pouvent aller d'un pays à l'autre ». À lire aussiJustin Trudeau jubile et tacle Donald Trump après la victoire du Canada en hockey sur glace « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis » Mais si les joueurs vont et viennent de part et d'autre de la frontière, ce n'est plus forcément le cas de tous les fans.  « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis. Les fans des London Knights ont l'habitude d'aller voir les matchs un peu partout. Mais désormais, ils se rendent beaucoup moins aux États-Unis parce qu'ils s'inquiètent de la situation à la frontière. Moi, par exemple, en tant que journaliste, j'y réfléchis à deux fois avant d'aller aux États-Unis parce que je me dis : est-ce que je veux vraiment me prendre la tête avec les gardes-frontières ? C'est juste une sorte de barrière que nous n'avons jamais connue, même lors du premier mandat de Trump », analyse Ryann Pyette, journaliste sportif au London Free Press. Comme beaucoup de fans, celui-ci espère néanmoins retrouver les États-Unis sur la glace, le mois prochain, en finale des JO, dans le match pour la médaille d'or. À lire aussiLe hockey sur glace, terrain des tensions entre le Canada et les États-Unis

Reportage International
Aux États-Unis, New York se prend de passion pour le couple Zohran Mamdani-Rama Duwaji

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 1, 2026 2:29


New York a officiellement un nouveau maire en la personne de Zohran Mamdani, investi jeudi 1ᵉʳ janvier lors d'une grande cérémonie suivie d'une grande fête populaire dans les rues de la ville. Ce dernier a prêté serment accompagné de son épouse, Rama Duwaji, avec laquelle il forme un couple qui a déjà souvent fait parler de lui et qui fascine les électeurs. De notre correspondante à New York, « J'aime beaucoup leur style, ils sont géniaux ! » Comme Maria et Calvin, de nombreux New-Yorkais se disent fascinés par le nouveau couple à la mode et dont tout le monde parle, celui formé par le nouveau maire et la « première dame » de la ville, Zohran Mamdani et Rama Duwaji. Lui a 34 ans et est issu d'une famille indienne d'intellectuels et d'artistes renommés. Elle a 28 ans, est née dans une famille syrienne, a grandi entre Dubaï et le Texas et est diplômée d'une école d'art. L'un et l'autre se sont connus sur une application de rencontres. Les photos de leur mariage, très simple, célébré durant la campagne, ont fait sensation. Comme la dédicace du jeune démocrate à sa femme, le soir de sa victoire : « À mon incroyable femme Rama. Mon amour. Je ne voudrais célébrer ce moment avec personne d'autre que toi à mes côtés ». « C'est quelqu'un qui a beaucoup d'énergie. Cela se voit qu'il veut bien faire. Et Rama, elle, a cette attitude de fille cool, d'artiste branchée de Brooklyn. Ils ont quelque chose de magnétique », selon cette électrice rencontrée dans la rue. « Beaucoup de New-Yorkais se reconnaissent en eux » Lisa Burns est professeure spécialiste des couples en politique et des premières dames. Pour elle, le succès des Mamdani réside dans les valeurs qu'ils incarnent. Lui, avec ses idées socialistes. Elle, avec son art engagé, exposé dans de prestigieux musées et publié dans de nombreux magazines. « Beaucoup de New-Yorkais se reconnaissent en eux : les minorités, les musulmans, les jeunes, etc. car quand on regarde nos politiciens d'aujourd'hui, une grande majorité sont des hommes blancs âgés dans lesquels une grande partie du pays ne se reconnaît pas. Alors voir la diversité que ce couple représente, ça fait du bien », estime Lisa Bruns. Un avis partagé, en effet, par les nombreux New-Yorkais qui ont voté pour Zohran Mamdani. « Les voir au pouvoir nous donne espoir. Nous avons enfin des personnes qui nous défendent et nous écoutent au lieu des vieux politiciens qui nous disent qu'on ne comprend rien parce qu'on est jeunes », s'enthousiasme une jeune femme. « C'est super d'avoir enfin quelqu'un de mon âge qui change l'image classique du politicien », abonde un jeune homme. En posant leurs valises cette semaine à la résidence officielle du maire de New York, Zohran Mamdani et Rama Duwaji deviennent l'un des plus jeunes couples à la tête de la ville. Leurs partisans espèrent qu'ils resteront fidèles aux idées et aux engagements qui ont fait leur popularité. À lire aussiLe nouveau maire de New York attendu au tournant

Aujourd'hui l'économie
Bulle de l'IA, emploi, croissance: les grands défis de l'intelligence artificielle en 2026

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Dec 29, 2025 3:18


Omniprésente dans le débat public, l'intelligence artificielle (IA) s'est imposée comme la grande révolution technologique de la décennie. Mais après l'euphorie des investissements massifs, l'IA arrive à un moment décisif. À l'horizon 2026, les questions autour de la croissance, de l'emploi et de la solidité de son modèle économique devraient trouver un premier début de réponse. Ces dernières années, l'intelligence artificielle a attiré des investissements colossaux. Des centaines de milliards de dollars ont été injectés dans les puces électroniques, les centres de données, les start-up spécialisées, mais aussi dans les logiciels et les infrastructures nécessaires à son déploiement. Résultat : les valorisations boursières ont atteint des sommets. Nvidia, par exemple, est devenue l'une des entreprises les plus valorisées au monde grâce à ses puces devenues indispensables au développement de l'IA. Mais depuis quelques mois, des signaux d'alerte apparaissent. Certains investisseurs majeurs commencent à revoir leur stratégie et à réduire les sommes injectées dans le secteur. La raison principale est simple : la rentabilité se fait encore attendre. Les bénéfices tardent à arriver et le modèle économique repose largement sur une forme d'économie circulaire. Les géants de la tech financent des start-up spécialisées dans l'IA, lesquelles achètent en retour des puces, des services de stockage et des abonnements auprès de ces mêmes acteurs. Un système qui s'auto-entretient, mais qui pourrait nécessiter un ajustement dans les mois à venir, sans pour autant affirmer qu'il y aura une explosion brutale de la bulle de l'IA. À lire aussiNvidia investit 100 milliards de dollars dans la construction de centres de données pour OpenAI L'IA face au défi de l'emploi et de la productivité L'autre grand enjeu lié à l'intelligence artificielle concerne l'emploi. Ces dernières semaines, les géants de la tech ont licencié des dizaines de milliers de salariés, justifiant ces décisions par des gains de productivité rendus possibles par l'IA. La question est désormais de savoir si ce phénomène va s'amplifier. Deux scénarios se dessinent. Le premier, pessimiste, verrait l'IA remplacer rapidement des millions de travailleurs qualifiés à travers le monde. Le second, plus mesuré, repose sur l'idée que l'IA transformera les métiers sans nécessairement les faire disparaître. Certains experts estiment même que l'intelligence artificielle pourrait créer plus d'emplois qu'elle n'en détruirait d'ici la fin de la décennie. L'enjeu central réside donc dans la capacité des entreprises à accompagner ce bouleversement, et surtout dans le rythme auquel cette transformation s'opérera. Encadrer l'IA : un enjeu économique mais aussi démocratique Au-delà de l'emploi, une question de fond s'impose : celle de notre capacité collective à encadrer l'intelligence artificielle. Si l'on s'éloigne ici de l'enjeu économique strict, le sujet reste étroitement lié, car l'IA pose aussi des questions démocratiques, informationnelles et culturelles. Elle transforme déjà notre manière de travailler, de nous informer et de produire du contenu, parfois sans que nous en ayons pleinement conscience. La véritable question est donc de savoir si nous allons subir cette technologie ou l'organiser. Pour l'heure, c'est clairement la deuxième option qui est privilégiée. Si les pouvoirs publics, les entreprises et la société dans son ensemble parviennent à fixer des règles claires, à investir dans la formation et à protéger la valeur du travail humain, alors l'intelligence artificielle pourra devenir un véritable levier de croissance et d'innovation. À lire aussiLe règlement européen sur l'intelligence artificielle entre partiellement en vigueur