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Vous m'en direz des nouvelles
Entre héritage et identités multiples, Hervé Yamguen expose «Nos géographies intimes»

Vous m'en direz des nouvelles

Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 47:17


La galerie AFIKARIS propose la deuxième exposition personnelle de l'artiste camerounais Hervé Yamguen. « Nos géographies intimes » propose un ensemble de dessins, peintures, sculptures en bronze et masques en bois qui interroge notre manière d'habiter le monde. L'artiste autodidacte, Hervé Yamguen a développé une pratique éclectique, touchant à des domaines tels que l'écriture, les arts plastiques, la performance et la conception de scénographies théâtrales. Son art vise à transcender le quotidien, à dépasser la réalité tangible pour explorer des sphères plus vastes de l'existence. Hervé Yamguen, artiste plasticien camerounais, était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. L'exposition « Nos géographies intimes » est à retrouver à la galerie Afikaris à Paris jusqu'au 31 octobre 2026.   ► Chronique : Saison 1 Épisode 1 Jessica Taieb nous présente la série brésilienne « Révèle-toi ! ». Une toute nouvelle télénovela diffusée sur les chaines Globo et Novelas+ depuis le 28 août 2026. On y suit Leona, une jeune femme qui tente de se reconstruire après un drame personnel et devient nounou au sein d'une riche famille, un travail qui va complètement bouleverser sa vie. L'occasion de revenir également sur l'impact que les télénovelas brésiliennes continuent à avoir dans le monde.  À écouter aussiLe monde en séries télés ► Reportage Fanny Imbert nous emmène visiter l'exposition « Avant que tout ne disparaisse. Faire l'inventaire du quotidien » à la Galerie Person Paris.   ► Playlist du jour Esele Mulema Moam - Los Camaroes Mao Sidibé – Amina Yé.

Vous m'en direz des nouvelles !
Entre héritage et identités multiples, Hervé Yamguen expose «Nos géographies intimes»

Vous m'en direz des nouvelles !

Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 47:17


La galerie AFIKARIS propose la deuxième exposition personnelle de l'artiste camerounais Hervé Yamguen. « Nos géographies intimes » propose un ensemble de dessins, peintures, sculptures en bronze et masques en bois qui interroge notre manière d'habiter le monde. L'artiste autodidacte, Hervé Yamguen a développé une pratique éclectique, touchant à des domaines tels que l'écriture, les arts plastiques, la performance et la conception de scénographies théâtrales. Son art vise à transcender le quotidien, à dépasser la réalité tangible pour explorer des sphères plus vastes de l'existence. Hervé Yamguen, artiste plasticien camerounais, était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. L'exposition « Nos géographies intimes » est à retrouver à la galerie Afikaris à Paris jusqu'au 31 octobre 2026.   ► Chronique : Saison 1 Épisode 1 Jessica Taieb nous présente la série brésilienne « Révèle-toi ! ». Une toute nouvelle télénovela diffusée sur les chaines Globo et Novelas+ depuis le 28 août 2026. On y suit Leona, une jeune femme qui tente de se reconstruire après un drame personnel et devient nounou au sein d'une riche famille, un travail qui va complètement bouleverser sa vie. L'occasion de revenir également sur l'impact que les télénovelas brésiliennes continuent à avoir dans le monde.  À écouter aussiLe monde en séries télés ► Reportage Fanny Imbert nous emmène visiter l'exposition « Avant que tout ne disparaisse. Faire l'inventaire du quotidien » à la Galerie Person Paris.   ► Playlist du jour Esele Mulema Moam - Los Camaroes Mao Sidibé – Amina Yé.

Reportage international
Sur les traces de Céline Dion au Canada

Reportage international

Play Episode Listen Later Sep 12, 2026 2:29


Céline Dion retrouve la scène parisienne ce samedi, pour son premier véritable concert depuis six ans. Au Québec, ce retour ravive aussi les souvenirs de celle qui a grandi à Charlemagne avant de devenir une star mondiale et remet aussi en lumière la place qu'occupe encore Céline Dion dans la mémoire collective.     « Dans 150 mètres, tourner à droite sur la rue Céline-Dion... », dit le GPS. La chanteuse a son boulevard à Charlemagne, où elle a grandi. Mais pour retrouver les lieux de son enfance, il faut davantage d'imagination. Sa maison natale a été démolie. Le bar voisin où elle chantait déjà devant un public à huit ou neuf ans, a lui aussi disparu. « Comme vous voyez, maintenant, c'est un stationnement vide », présente Sylvain Crévier, maire suppléant, fait la visite. « C'est juste à côté que la famille Dion a élevé ses 14 enfants et fait de nombreuses soirées festives et musicales. Et puis, c'est la rivière. Donc, elle a été bercée par le son des grenouilles de nombreuses soirées chaudes d'été », ajoute-t-il.  Depuis, le décor bucolique a laissé place à la banlieue. Et au bruit des voitures sur le boulevard Céline-Dion. Du moins, c'est comme ça que tout le monde l'appelle. « Selon les règles québécoises, pour donner un nom à un boulevard, il faut être décédé, donc ils ne l'ont pas permis. Mais on en est très fiers, donc on le fait pareil. Et puis Google Maps l'a enregistré. Donc, c'est un fait maintenant », affirme-t-il. À lire aussiConcerts de Céline Dion à Paris: «C'est une star qui est une business woman, elle a su se faire attendre» Le boulevard rejoint l'autoroute. Trente kilomètres plus loin, à Montréal, une robe blanche se détache dans la pénombre du musée McCord Stewart. Celle que Céline Dion portait aux Jeux olympiques de Paris 2024. Sur les écrans, sa prestation repasse en boucle. « C'est assez émouvant de voir ça », précise Lucie. Pour elle, la robe compte moins que ce qu'elle lui rappelle : le retour de Céline sur scène. « Ça donne la chair de poule. C'est la patrimonialisation, en quelque sorte, d'un moment incroyable. C'est tout ce qui nous émeut aussi », explique-t-elle. Devant la vitrine, une autre visiteuse essuie ses yeux. « J'ai versé quelques larmes de joie, de bonheur, d'émotion », reconnaît-elle. Les lieux qui racontent Céline Dion sont rares au Québec, rappelle Lorraine. À ses côtés, sa famille n'y voit pourtant pas un manque. « On la vénère pour son talent, on n'a pas besoin de monument. La planète est à ses pieds. […] Céline Dion dans cette robe-là, c'est un monument en elle-même. C'est elle-même, sa personnalité, sa voix. Juste de l'entendre. C'est un tout. C'est vraiment sublime », raconte un membre de la famille.  À Charlemagne pourtant, certains voudraient lui faire davantage de place. « Ça revient souvent dans les consultations citoyennes que la ville fasse quelque chose pour dire que c'est le lieu de naissance de Céline », souligne un habitant. Car les lieux se sont effacés. Pas la curiosité. « Il y a encore beaucoup de touristes qui arrivent ici à Charlemagne pour voir où est-ce qu'elle a été élevée, donc c'est bizarre », s'étonne-t-il. Plusieurs idées sont à l'étude, dit le maire, mais rien ne sera décidé sans l'accord de la famille Dion. À lire aussiLe retour évènement de Céline Dion à Paris

Reportage culture
«Quand on y met le prix, on s'engage»: Payer pour lire, le succès des «reading party»

Reportage culture

Play Episode Listen Later Sep 11, 2026 2:33


Se rassembler pour partager un moment lecture, loin des écrans : c'est l'objectif des « reading party », ou soirées lectures. Le concept a été popularisé par The Offline Club, une société qui propose des événements déconnectés partout en Europe. Reportage sur un après-midi lecture organisé par l'antenne parisienne du Offline Club avec Élise Veran. À lire aussiLe désamour des jeunes pour la lecture : «Faire lire, c'est un rôle-clé des enseignants»

Reportage Culture
«Quand on y met le prix, on s'engage»: Payer pour lire, le succès des «reading party»

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Sep 11, 2026 2:33


Se rassembler pour partager un moment lecture, loin des écrans : c'est l'objectif des « reading party », ou soirées lectures. Le concept a été popularisé par The Offline Club, une société qui propose des événements déconnectés partout en Europe. Reportage sur un après-midi lecture organisé par l'antenne parisienne du Offline Club avec Élise Veran. À lire aussiLe désamour des jeunes pour la lecture : «Faire lire, c'est un rôle-clé des enseignants»

Journal d'Haïti et des Amériques
En Haïti, une rentrée sous le signe de l'insécurité et de la vie chère

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 30:00


Ce lundi 7 septembre, c'est la rentrée scolaire pour les enfants haïtiens. Pourtant, de nombreux parents peinent à réunir l'argent nécessaire pour envoyer leurs enfants à l'école. Et bon nombre d'établissements ont dû être déplacés en raison de l'insécurité, sans avoir retrouvé de locaux adaptés pour accueillir les écoliers. Peterson Luxama, correspondant de RFI à Port-au-Prince, est allé à la rencontre de parents et d'un directeur d'établissement. Esclavage : la Jamaïque dépose une demande de réparations au Royaume-Uni Y aura-t-il un jour des réparations pour l'esclavage ? C'est ce que tente d'obtenir la Jamaïque, ancienne colonie britannique, mais toujours membre du Commonwealth. En visite au Royaume-Uni, la ministre jamaïcaine de la Culture a présenté une demande en ce sens au roi Charles III ce lundi. Le monarque britannique, toujours chef de l'État de la Jamaïque, doit décider ensuite s'il la transmet ou non à l'instance judiciaire compétente en la matière. Le pays caribéen pose trois questions : la traite des Africains en Jamaïque était-elle légale au regard du droit anglais ? La traite des esclaves était légale au regard du droit international ? La Grande-Bretagne doit-elle accorder des réparations en conséquence ? Honduras : non-lieu pour l'ancien président Hernandez L'ex-président Juan Orlando Hernandez, condamné à 45 ans de prison pour narcotrafic aux États-Unis, et gracié par Donald Trump en janvier, n'affrontera finalement pas la justice de son pays. Le 1er septembre, un tribunal hondurien a prononcé un non-lieu dans l'affaire Pandora 2. Dans cet immense dossier de corruption, une trentaine de personnes du Parti national, dont Juan Orlando Hernandez lui-même, étaient soupçonnées d'avoir détourné l'équivalent de 11 millions d'euros. Avec ce non-lieu définitif, plusieurs voix de la justice et des droits humains dénoncent un grave retour en arrière pour le Honduras, explique la correspondante de RFI à Tegucigalpa, Marie Griffon. À lire aussiHonduras : indignation après un non-lieu pour l'ex-président Juan Orlando Hernandez dans une affaire de corruption Dans le journal d'Outre-mer La 1ère Aux Antilles, les victimes du chlordécone sont de plus en plus nombreuses à demander réparation, explique Edwige Saint-Thomas. À écouter aussiLe journal d'Outre-mer La 1ère

Chronique des Matières Premières
Le soufre, un marché toujours restreint après six mois de guerre au Moyen-Orient

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Sep 6, 2026 1:46


C'est un marché qui n'arrive pas à se relever : celui du soufre. Avant la guerre au Moyen-Orient, la région représentait plus de 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis le mois de mars, les exportations du Golfe se sont effondrées. Les exportations de la région du Golfe ont drastiquement chuté, voire été réduites à zéro pour plusieurs pays, à part au mois de juin où l'on retrouve des volumes significatifs exportés par les Émirats arabes unis, l'Iran, le Koweït ou encore le Qatar, selon les données du cabinet Kpler. Ce qui a aussi contribué à tendre le marché, c'est la stratégie de la Chine, premier exportateur d'acide sulfurique. Elle pâtit aussi de ne plus pouvoir acheter dans la région du Golfe : ses stocks portuaires, qui sont d'ordinaire à cette période d'environ 2 à 2,5 millions de tonnes, étaient mi-août seulement de 800 000 tonnes, selon Michaël Sebag, négociant en engrais pour la société Orcom à Genève. Depuis le mois de mai, l'Empire du Milieu a décidé par précaution de garder à domicile sa propre production. Privé des volumes du Golfe et des volumes chinois, le marché ne pouvait que monter. À lire aussiLe marché du soufre se rétrécit et inquiète le secteur minier Des prix élevés mais en baisse Les prix du soufre sont élevés mais en légère baisse car les usines qui utilisent du soufre et de l'acide sulfurique achètent moins. C'est le cas des fabricants d'engrais phosphatés. Mosaic, le leader américain du secteur, a décidé de fermer deux de ses usines au Brésil. L'Office chérifien des phosphates au Maroc privilégie désormais la production d'intrants qui demandent moins de soufre, tels que le TSP qui nécessite pour fabriquer une tonne environ 180 kg de soufre alors que le DAP en requiert 450 kg. Aux prix actuels du soufre, produire des engrais phosphatés coûte trop cher par rapport au prix auquel ils sont vendus. Les cours ont grimpé, mais pas suffisamment aux yeux des fabricants pour absorber la hausse de la matière première : « En 2008, par exemple, quand le soufre était à 1 000 dollars, le DAP valait 1 300 dollars. Aujourd'hui, le soufre vaut 1 000 dollars, mais le DAP, un des intrants les plus utilisés, vaut 900 dollars », explique Michaël Sebag. Un poids pour l'agriculture 900 dollars la tonne pour le DAP – selon le prix de référence indien –, cela reste très lourd pour la trésorerie d'une exploitation, d'autant que d'autres coûts comme le carburant se sont aussi envolés. Cela se traduit au niveau des commandes d'engrais phosphatés qui tournent au ralenti. Cela fait deux mois que le Brésil, un des gros importateurs, n'a par exemple quasiment rien acheté. Si à terme les agriculteurs finissent par renoncer à une partie des volumes dont ils ont besoin, les rendements de la récolte 2026/2027 devront être revus. À écouter dans 8 milliards de voisinsDes mines aux champs : sur la route de nos engrais

Revue de presse internationale
À la Une: vers une nouvelle crise des Malouines entre l'Argentine et le Royaume-Uni

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Sep 5, 2026 4:07


C'est une actualité qui peut faire revivre à certains des souvenirs de 1982, année où ce petit archipel a été le théâtre d'une guerre d'un peu plus de deux mois, entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Ces îles, appelées Malouines à Buenos Aires et Falkland à Londres, sont aujourd'hui britanniques, mais ont toujours été revendiquées par les gouvernements argentins successifs, et Javier Milei, l'actuel président d'extrême droite du pays, ne déroge pas à la règle : il a déclaré cette semaine que l'Argentine devait récupérer ces îles « comme une question d'importance nationale », raconte le quotidien argentin La Nacion.  Mais tout ceci est « un virage calculé », pour le journal conservateur : « Ce qui n'a jamais été une préoccupation centrale dans sa vie personnelle et politique, bien au contraire, est devenu le point d'orgue d'une sorte de relance de l'administration présidentielle de Javier Milei. » En effet, si l'on regarde le calendrier du pays, l'élection présidentielle aura lieu en octobre 2027, ce qui n'a rien d'anodin. La réaction de Javier Milei intervient « à un moment où son gouvernement est désapprouvé par plus des deux tiers des Argentins, notamment en raison des conséquences de sa politique économique sur la vie quotidienne », souligne d'ailleurs La Nacion. Le contexte est donc primordial, car il permet au gouvernement de « reprendre la main sur l'actualité », tout en mettant sous le tapis les problèmes économiques. C'est même une volonté explicite de Javier Milei, qui « a appelé à mettre de côté tout autre débat et à abandonner les points de vue divergents, observe le quotidien, ce n'est pas le moment de discuter de certaines questions. Une cause nationale l'exige. » Les réactions ne se sont pas fait attendre au Royaume-Uni « Ces îles sont britanniques et le resteront », une réponse sans équivoque du chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband. Le célèbre tabloïd anglais The Sun adresse quant à lui un avertissement encore plus clair au président argentin, en une de son site internet : « Hands off », que l'on pourrait traduire par « Bas les pattes », en français.  « La revendication argentine est une imposture flagrante », juge le Times, pour qui Javier Milei ne dispose d'aucune option militaire. « Sa marine est moribonde après des années de négligence et son armée de l'air commence à peine à se reconstruire », raille le journal britannique, qui s'alerte néanmoins de potentielles « actions de nuisance » de la part de Buenos Aires.  Un point de vue partagé par le Daily Telegraph, qui considère que « la Grande-Bretagne doit se tenir aux côtés des Malouines », et qui appelle dans ses colonnes « à résister à l'agression argentine, et à respecter la volonté du peuple », évoquant le droit à l'autodétermination des habitants de l'archipel.  Un droit payé « au prix d'un immense tribut en sang en 1982 », selon le Times, qui conclut que « le meilleur moyen d'éviter que cela ne se reproduise est une position totalement claire de la part du Royaume-Uni. Cela implique un renforcement proportionné de ses défenses. » L'AfD en tête des sondages d'une élection régionale dans l'est de Allemagne « Comment peut-on voter pour l'AFD ? » se demande le site d'information allemand Der Spiegel. « Pour la première fois depuis 1945, un parti minimisant l'importance de la période nazie est sur le point de prendre le pouvoir dans un Land allemand. Cela risque d'avoir un impact considérable sur la réputation de l'Allemagne à l'étranger », craint le média en ligne.  Pas de doute en revanche dans les pages du Suddeutsche Zeitung. « Il est temps d'abandonner le principe de l'espoir, tranche amèrement le quotidien national, L'AfD devrait remporter les élections régionales avec une large majorité. La question est de savoir si elle sera capable de gouverner. » Si c'est le cas, « le parti d'extrême droite disposerait alors de ressources financières et structurelles considérables pour sa guerre culturelle, dont l'objectif est l'instauration d'un régime différent, autoritaire », redoute le journal.  Même constat outre-Rhin : une région gouvernée par l'AfD « en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes », note l'historienne Hélène Miard-Delacroix dans une tribune au quotidien français Le Monde, prédisant même que « son arrivée au pouvoir dans l'une de ces régions pourrait faire basculer le pays dans une crise sécuritaire et économique majeure. » À lire aussiLe président argentin durcit le ton sur les Malouines tandis que Londres réaffirme sa souveraineté

Journal d'Haïti et des Amériques
Visa pour l'image : la géographie mondiale de la cocaïne

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Sep 4, 2026 30:00


Le trafic de drogue, les groupes criminels qui gangrènent et endeuillent plusieurs pays du continent américain : ce phénomène est au cœur d'une exposition photographique présentée actuellement au festival Visa pour l'image, à Perpignan, dans le sud de la France.   Intitulée Sangre Blanca, « le sang blanc », l'exposition du photographe danois Mads Nissen raconte en images la géographie mondiale de la cocaïne : de la Colombie, où la coca est cultivée et transformée en drogue, jusqu'à l'Europe, où elle est consommée, en passant par le Mexique, devenu l'une des principales plaques tournantes du trafic. Au micro de Sarah Krakovitch, Mads Nissen revient sur les raisons qui l'ont poussé à travailler sur ce sujet il y a dix ans, au lendemain des accords de paix entre le gouvernement colombien et les FARC.  Droits de douane US : l'industrie canadienne appréhende une éventuelle augmentation Au Canada, industriels et commerçants attendent avec anxiété le 8 septembre, date à laquelle de nouveaux droits de douane américains pourraient entrer en vigueur. Un nouveau coup dur pour l'économie canadienne, alors que le bras de fer commercial avec Washington pèse déjà lourdement sur certains secteurs. C'est notamment le cas de l'industrie du meuble, particulièrement touchée : les droits de douane atteignent jusqu'à 50 % sur certains produits. Le secteur est déjà fragilisé par la hausse du prix du bois, l'augmentation des coûts de production et sa forte dépendance au marché américain. Un reportage de notre correspondante Nafi Alibert. Les Brésiliens de France mobilisés pour voter aux élections d'octobre À un mois de l'élection présidentielle brésilienne, les Brésiliens installés en France se préparent à voter. À Paris, près de 28 000 électeurs sont inscrits, soit une hausse d'environ 32 % par rapport à 2022, tandis qu'un nouveau bureau de vote a été ouvert à Marseille, où 2 700 Brésiliens pourront voter. Cette progression pourrait témoigner d'une mobilisation accrue de la diaspora, alors que le vote est obligatoire au Brésil pour les 18-70 ans. Les électeurs voteront sur des machines électroniques, comme au Brésil, mais uniquement pour le président de la République, pas pour les législatives et régionales qui auront lieu au même moment, nous explique Maria Paula Carvalho, de la rédaction brésilienne de RFI. Journal de la 1ère Les « difficultés » des transports publics en Martinique au menu ce jeudi d'une rencontre au siège de la Collectivité Territoriale. À écouter aussiLe journal d'Outre-mer La 1ère

Journal d'Haïti et des Amériques
Brésil : l'affaire Banco Master touche désormais la Cour suprême

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 30:00


De nouvelles révélations dans l'affaire Banco Master : cette vaste fraude financière, qui éclabousse depuis février le monde politique brésilien, atteint désormais la Cour suprême. Le magistrat Alexandre de Moraes, qui a fait condamner l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, est soupçonné d'avoir entretenu des liens privilégiés avec le banquier au cœur du scandale. Le timing des révélations rend cette nouvelle affaire particulièrement explosive, selon le politologue Gustavo Ribeiro. À lire aussiBrésil: la Cour suprême éclaboussée par le vaste scandale financier Banco Master Interview avec Rafael Ramirez, ancien ministre vénézuélien du Pétrole Rafael Ramirez, ancien ministre du Pétrole du Venezuela (2002-2014), ancien président de la compagnie pétrolière d'État du Venezuela (PDVSA, 2004-2014) et bras droit du président Hugo Chavez revient dans une interview avec Justine Fontaine sur l'accord pétrolier conclu récemment avec les États-Unis et sur le déclin de l'industrie pétrolière au Venezuela. À écouter aussiPétrole vénézuélien : « C'est un accord désastreux qui porte atteinte aux intérêts du pays » Haïti : modification du calendrier électoral Avec Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, on revient entre autres sur la modification du calendrier des élections, en raison du retard pris dans l'enregistrement des membres des organisations politiques. Seules 21 des 105 structures politiques ont pour l'instant réussi à enregistrer les 30 000 membres exigés. Le délai pour le dépôt des candidatures est donc prolongé jusqu'au 14 octobre. En revanche, le premier tour des élections présidentielles et législatives, ainsi que le référendum constitutionnel, reste fixé au 13 décembre. Journal de la 1ère Privés de bus depuis maintenant trois jours, les Martiniquais habitant le nord et le centre du département commencent à manifester leur colère. À écouter aussiLe journal d'Outre-mer La 1ère

Journal d'Haïti et des Amériques
Les midterms aux États-Unis, «dernière chance de sauver la démocratie»

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 30:00


À deux mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, Anne Cantener reçoit Reed Brody, avocat spécialisé dans la défense des victimes de régimes autoritaires et militant pour la défense des droits humains. La campagne électorale est « très polarisée », explique-t-il. Donald Trump est de plus en plus impopulaire alors que l'inflation augmente et que la guerre en Iran n'est pas comprise. En mauvaise posture, le président américain « s'emploie à fragiliser le système électoral par des redécoupages favorables aux républicains », souligne Reed Brody. Pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, « les démocrates devront remporter 52 ou 53 % des voix », précise-t-il. Donald Trump remet également en cause le mécanisme même du vote. Chaque État organise ses élections ; ce n'est pas du ressort de Washington. « Assez intelligemment, le président a décidé de s'attaquer au vote par correspondance car les services postaux sont du ressort de l'exécutif. Il a pris un décret qui indique que La Poste n'enverra de bulletins qu'à ceux qui sont des citoyens américains aux yeux de l'administration Trump. Moi-même, je ne sais pas encore si je vais pouvoir voter par correspondance », raconte l'avocat. « Donald Trump est en train de jeter les bases pour contester les résultats s'ils lui sont défavorables. Depuis sa défaite de 2020, il affirme que la fraude électorale est un gros problème aux États-Unis alors qu'il n'y a aucune preuve que cela soit le cas. » Or ces élections de mi-mandat sont particulièrement importantes. « Pour beaucoup d'Américains, c'est la dernière chance de sauver notre démocratie, d'exercer un contrôle démocratique », affirme Reed Brody. « C'est l'une des dernières occasions de poser des limites démocratiques à un président qui balaie tous les contre-pouvoirs. » Nicaragua : le pouvoir verrouille encore plus les élections Désormais, l'opposition n'a plus le droit de participer aux scrutins. Hier, mardi 1er septembre, l'Assemblée nationale a approuvé une réforme constitutionnelle qui exclut des élections toute personne ayant, selon le gouvernement, participé à des « actes putschistes » ou de « trahison de la patrie » ou qui aurait sollicité une « intervention militaire » étrangère. Au Nicaragua, cela fait des années que les opposants au régime sont persécutés : emprisonnés ou contraints à l'exil. La nouvelle Constitution, adoptée l'an dernier, a interdit de participation les partis n'ayant pas « la même ligne idéologique que le Front sandiniste de libération nationale, le mouvement de Daniel Ortega et de la co-présidente du pays, sa femme, Rosario Murillo ». Aujourd'hui, ne subsistent que des petits partis mineurs en phase avec le pouvoir. Mais cette réforme n'est pas que symbolique. C'est un pas de plus dans le totalitarisme et un moyen pour le couple présidentiel de s'assurer que jamais le pouvoir n'échappera à leur famille. Un dossier signé Marine de La Moissonnière, avec les analyses d'Hélène Roux, chercheuse en sciences sociales, et Gilles Bataillon, sociologue et professeur à l'EHESS. Le journal de la 1ère En Martinique, la rentrée commence très mal pour les usagers des transports du nord et du centre. À écouter aussiLe journal d'Outre-mer La 1ère

Vivre ailleurs
Entreprendre à l'étranger: comment savoir si vous êtes prêt?

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Aug 21, 2026 10:25


L'entrepreneuriat séduit beaucoup aujourd'hui pour diverses raisons, notamment le désir de liberté ou l'envie de réaliser ses rêves. Mais que faire pour réussir son projet à l'étranger ? À côté des questions techniques telles que le visa, le statut ou les fonds financiers, quelles bonnes questions faut-il se poser pour assurer toutes ses chances de réussite dans ce domaine en expatriation ? Julien Faliu est le créateur et le responsable du site expat.com à l'île Maurice. Explications. À lire aussiLe syndrome de l'imposteur en expatriation

Reportage International
Corée du Sud: 76 ans après la guerre, un retraité s'emploie à déminer la zone démilitarisée

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 17, 2026 2:26


En Corée du Sud, 76 ans après la fin des combats, la guerre de Corée continue chaque année de faire des victimes à cause des mines. Il y en aurait plus de deux millions le long de la frontière entre les deux Corées - la plus grande concentration au monde. Cette situation rend la frontière dangereuse alors que de nombreux Sud-Coréens y vivent et y travaillent encore. Face aux risques, un militaire à la retraite s'est donné pour mission de déminer les lieux. De notre correspondant à Séoul, Passé le checkpoint militaire, nous entrons au cœur de la zone démilitarisée. Ici, le silence n'est interrompu que par le bruit des tirs venant des bases militaires. Nous rejoignons Kim Ki-ho, 76 ans, dans son travail, au cœur d'un champ de mines. « Là, il y en a une près de l'arbre, ne bougez pas. Il faut creuser un peu, attention quand même. La M7, c'est une mine antichar américaine qui contient sept kilos de TNT. Elle est encore active. Souvent, elles viennent par grappe. Normalement, seul un véhicule lourd peut les faire exploser, mais comme la mine est très vieille, elle devient très sensible. Là, si je mets mon pied, on est morts », explique-t-il. En une trentaine de minutes, Kim Ki-ho a récupéré quatre mines dans un rayon de 50 mètres : « Rien que dans la zone où on est et à laquelle les civils ont accès, il y aurait environ 500 000 mines. À cela s'ajoutent environ 200 000 mines qui ont été placées sans être cartographiées, donc même l'armée ne sait pas où elles peuvent être. 99% d'entre elles sont des mines américaines et sud-coréennes ». Ces engins explosifs continuent de faire des victimes. Depuis la fin de la guerre, on dénombre 6 400 personnes blessées ou tuées par des mines, comme Ahn Mijae, 73 ans. Cette agricultrice, qui vit au cœur de la zone démilitarisée, est aujourd'hui en situation de handicap à cause de ces armes. « J'étais venue dans cette région pour cultiver des terres et j'avais commencé à faire pousser du ginseng. Au bord du champ, une courge était arrivée à maturité. J'ai voulu la cueillir. Au moment où j'ai posé le pied pour la prendre, il y a eu une énorme explosion. Je me suis effondrée immédiatement, ma jambe ne tenait plus qu'à un bout de chair. C'était cette mine-là, une M14 coupe-cheville, comme les Américains l'appellent », se souvient-elle. Chaque été, les pluies torrentielles de la mousson provoquent des glissements de terrain, déplaçant les mines et augmentant le danger aux abords des habitations. Ces conditions rendent le travail de déminage de Kim Ki-ho toujours plus difficile et périlleux. À lire aussiLe président sud-coréen propose un dialogue à Pyongyang pour mettre formellement fin à la guerre de Corée

Journal d'Haïti et des Amériques
Aux États-Unis, le lac Powell à son plus bas niveau

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Aug 17, 2026 30:00


Situé à la frontière entre l'Utah et l'Arizona, le lac Powell a enregistré samedi 15 août son plus bas niveau historique. Une nouvelle illustration de la crise qui frappe le fleuve Colorado. C'est le deuxième plus grand réservoir d'eau douce de l'ouest des États-Unis, un lac artificiel de 300 km sur 40 km de large alimenté par les eaux du fleuve Colorado, lui-même gonflé par la fonte des neiges des montagnes Rocheuses. Le lac Powell a commencé à se remplir après la construction du barrage hydroélectrique de Glen Canyon en 1963 mais, depuis vingt ans, son niveau n'arrête pas de baisser. Samedi 15 août 2026, il était 55 mètres en dessous de son niveau maximum, soit le plus bas jamais enregistré. Ce record alarmant en suit un autre : neuf jours plus tôt, c'est le lac Mead, le plus grand lac artificiel du pays, lui aussi sur le fleuve Colorado, qui a atteint son plus bas niveau. Le fleuve, long de plus de 2 000 kilomètres, traverse sept États du pays : la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique, l'Arizona, l'Utah, le Colorado et le Wyoming. Il alimente 40 millions de personnes en eau potable et en hydroélectricité, et irrigue plus de 2 millions d'hectares de terres cultivables. La majorité des légumes consommés aux États-Unis pendant l'hiver sont cultivés en Californie et en Arizona. Mais la sécheresse, accentuée par le changement climatique, réduit les chutes de neige sur les Rocheuses et donc la quantité d'eau du fleuve. Dans le même temps, la demande en eau ne cesse d'augmenter, avec un secteur agricole qui en consomme les trois quarts. Les explications de François-Damien Bourgery, du service International de RFI. À écouter aussiLe lac Powell, une réserve d'eau menacée   En Haïti, au secours des femmes victimes de violences En Haïti, la situation des femmes et des filles se détériore de plus en plus. Selon l'ONU, 5 500 cas de violences basées sur le genre ont été recensés durant la seule première moitié de l'année 2026. Parmi ces cas, 70% sont des viols collectifs attribués aux gangs armés qui terrorisent la population. L'Ouest et l'Artibonite restent les départements les plus touchés par ce fléau. Les femmes et les filles y sont utilisées par des criminels comme moyens de pression pour asseoir leur terreur sur les habitants. Dans la commune de Gros-Morne, située à environ 30 km au nord des Gonaïves et particulièrement affectée par les activités du gang Kokorat San Ras, l'Association des Femmes en Action de Gros-Morne vient en aide aux victimes de violences dans toute la région de l'Artibonite. Elle les accompagne dans la reconstruction de leur vie, les aide à surmonter leurs traumatismes et à reprendre une existence normale, notamment grâce à des activités génératrices de revenus. Un dossier de Ronel Paul. À écouter aussiEn Haïti, parole aux femmes victimes de viols   Au Salvador, la santé made in Bukele Au Salvador, la santé se digitalise comme en Europe. Les consultations se font désormais en ligne, les plateformes de prise de rendez-vous existent aussi. Le gouvernement de Nayib Bukele met en avant cette transition numérique comme un symbole de modernisation de l'État. Mais sur le terrain, cette modernisation coexiste avec une réalité beaucoup plus fragile. Les hôpitaux publics continuent de faire face à des pénuries récurrentes de médicaments essentiels et de personnel. Un reportage de notre correspondante régionale, Marie Griffon. À lire aussiAu Salvador, le président Nayib Bukele livre la santé de ses concitoyens à Google   Le journal d'Outre-mer la 1re Le 16 août 2005, un avion transportant 152 Martiniquais s'écrasait au Venezuela.

Reportage international
Corée du Sud: 76 ans après la guerre, un retraité s'emploie à déminer la zone démilitarisée

Reportage international

Play Episode Listen Later Aug 17, 2026 2:26


En Corée du Sud, 76 ans après la fin des combats, la guerre de Corée continue chaque année de faire des victimes à cause des mines. Il y en aurait plus de deux millions le long de la frontière entre les deux Corées - la plus grande concentration au monde. Cette situation rend la frontière dangereuse alors que de nombreux Sud-Coréens y vivent et y travaillent encore. Face aux risques, un militaire à la retraite s'est donné pour mission de déminer les lieux. De notre correspondant à Séoul, Passé le checkpoint militaire, nous entrons au cœur de la zone démilitarisée. Ici, le silence n'est interrompu que par le bruit des tirs venant des bases militaires. Nous rejoignons Kim Ki-ho, 76 ans, dans son travail, au cœur d'un champ de mines. « Là, il y en a une près de l'arbre, ne bougez pas. Il faut creuser un peu, attention quand même. La M7, c'est une mine antichar américaine qui contient sept kilos de TNT. Elle est encore active. Souvent, elles viennent par grappe. Normalement, seul un véhicule lourd peut les faire exploser, mais comme la mine est très vieille, elle devient très sensible. Là, si je mets mon pied, on est morts », explique-t-il. En une trentaine de minutes, Kim Ki-ho a récupéré quatre mines dans un rayon de 50 mètres : « Rien que dans la zone où on est et à laquelle les civils ont accès, il y aurait environ 500 000 mines. À cela s'ajoutent environ 200 000 mines qui ont été placées sans être cartographiées, donc même l'armée ne sait pas où elles peuvent être. 99% d'entre elles sont des mines américaines et sud-coréennes ». Ces engins explosifs continuent de faire des victimes. Depuis la fin de la guerre, on dénombre 6 400 personnes blessées ou tuées par des mines, comme Ahn Mijae, 73 ans. Cette agricultrice, qui vit au cœur de la zone démilitarisée, est aujourd'hui en situation de handicap à cause de ces armes. « J'étais venue dans cette région pour cultiver des terres et j'avais commencé à faire pousser du ginseng. Au bord du champ, une courge était arrivée à maturité. J'ai voulu la cueillir. Au moment où j'ai posé le pied pour la prendre, il y a eu une énorme explosion. Je me suis effondrée immédiatement, ma jambe ne tenait plus qu'à un bout de chair. C'était cette mine-là, une M14 coupe-cheville, comme les Américains l'appellent », se souvient-elle. Chaque été, les pluies torrentielles de la mousson provoquent des glissements de terrain, déplaçant les mines et augmentant le danger aux abords des habitations. Ces conditions rendent le travail de déminage de Kim Ki-ho toujours plus difficile et périlleux. À lire aussiLe président sud-coréen propose un dialogue à Pyongyang pour mettre formellement fin à la guerre de Corée

Reportage Afrique
Histoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 15, 2026 2:21


Dans ce nouvel épisode de notre série sur l'histoire de la nuit africaine, direction le Cameroun sur les traces d'un rythme qui a pris d'assaut Yaoundé. Mariages, anniversaires, remises de diplômes : dans la capitale camerounaise, rien ou presque ne se célèbre plus sans le mbolé. Pourtant, il y a une quinzaine d'années, ce genre musical était réservé à une toute autre atmosphère : celle des veillées funéraires. Des nuits du quartier de Mvog-Ada aux célébrations populaires, le mbolé s'est transformé pour devenir, à la tombée du jour, la musique phare de la jeunesse du pays.  De notre correspondant à Yaoundé, Le djembé, un instrument de percussion joué à mains nues, résonne dans le quartier Ekounou. Ce soir-là, il ne s'agit pas d'une veillée mais d'un casting. Une vingtaine de jeunes rivalisent de mélodies devant DJ Lexus, surnommé « Le Monstre », l'un des pionniers du mbolé. « Le plus difficile a été fait : faire connaître le mouvement, nous faire accepter par nos pairs. Maintenant, il faut qu'il perdure. Ça doit passer par les générations futures », affirme celui-ci.  DJ Lexus, l'enfant des veillées des quartiers Mvog-Ada et Anguissa, organise ce type d'événements partout dans la ville. L'idée : dénicher la nouvelle pépite du mbolé et continuer la modernisation d'un genre qui, selon lui, est en pleine mutation : « Chaque jour, un nouveau concept sort, une nouvelle basse, la compétition est rude. Même les arrangeurs doivent être prêts. Aujourd'hui, nous donnons davantage de couleurs à ce rythme. Quand on a commencé, on frappait dans nos mains, c'était juste acoustique, alors que maintenant on ajoute des nappes de synthé, des basses profondes. Mais on garde l'âme, l'énergie du mbolé ». Ce sont de véritables magiciens de la composition qui ont fait le succès de cette musique, comme DJ Lexus et aujourd'hui, Junior Abega, dit « Sa Majesté ». Ce fils de musicien renommé a contribué à la fabrication de plusieurs hits mbolé depuis son studio du quartier Efoulan. En studio, il a fallu trouver à ce genre musical une vraie identité sonore : « Au départ, c'était un mouvement très spontané, très local, porté par les quartiers populaires. Les premières chansons du mbolé étaient faites dans la rue, à l'arrache. Puis, certains artistes ont compris qu'il fallait améliorer la qualité des enregistrements et qu'il fallait une rythmique qui donne immédiatement envie de bouger, parce que c'est ça le mbolé. Et puis le texte doit parler aux gens. On a travaillé les fréquences, la profondeur. Le mbolé, aujourd'hui, ça doit taper dans le cœur et dans les enceintes ».  Malgré le succès, les soirées mbolé continuent Pour garder la flamme allumée, chaque dimanche, musiciens, DJ, artistes mbolemen et simples passionnés se retrouvent à ce carrefour mouvementé du quartier Emombo, dans l'un des lieux de rassemblement les plus emblématiques des amoureux du mbolé. Il s'agit d'une vaste structure en bois à l'entrée de laquelle sont installés de nombreux équipements de musique. Parmi les habitués, Aline, une fan de la première heure qui a vu cette musique prendre de l'ampleur et passer de la rue aux événements les plus importants du pays. « J'ai l'habitude d'aller aux soirées mbolé parce que c'est un mouvement du pays. C'est propre à nous. Le mbolé, c'est une histoire de ghetto. Les artistes portent leur vécu, leur ressenti. J'aime cette musique parce qu'à travers elle, dans les paroles, je me retrouve », raconte-t-elle.  Le mbolé a connu son véritable décollage au début des années 2010, après les premières chansons enregistrées par des artistes comme Petit Malo, surnommé « le pape du mbolé ».    À lire aussiLe difficile export de la musique camerounaise

Afrique Économie
Ces entreprises africaines qui investissent en France: la pharma sud-africaine Aspen [1/5]

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 9, 2026 2:21


Les entreprises africaines sont encore peu nombreuses à investir en France, mais certaines y développent des activités industrielles. Premier volet de notre série consacrée à ces investissements avec le laboratoire sud-africain Aspen, qui a fait de son usine normande l'un de ses principaux sites de production en Europe. Douze ans après le rachat d'une usine à Notre-Dame-de-Bondeville, près de Rouen, le groupe pharmaceutique sud-africain Aspen continue d'investir en France. Le site produit notamment des anticoagulants injectables et des seringues destinés aux marchés français et européen. « Nous avons acquis en France une usine qui fabriquait déjà des médicaments très importants : des anticoagulants injectables, explique Stavros Nicolaou, directeur exécutif d'Aspen, pour qui la France est devenue un marché stratégique. Au total, nos investissements, avant et après le Covid, dépassent largement les 200 millions d'euros. Nous sommes le plus important investisseur africain en France. C'est un marché majeur pour nous. » Avec près de 700 salariés en France, Aspen fait figure d'exception. Les entreprises africaines qui investissent dans l'industrie française restent rares. Mais, selon Stavros Nicolaou, les mentalités évoluent progressivement. « Je pense justement qu'il faut casser cette image. Beaucoup de gens associent encore les entreprises africaines à des demandes d'aide ou de soutien financier, souligne-t-il. Aspen démontre exactement le contraire. Nous avons investi massivement en Europe, non seulement en France, mais aussi en Allemagne et aux Pays-Bas. D'habitude ce sont les présidents africains qui appellent les dirigeants européens pour demander des médicaments essentiels, mais pendant le Covid, c'étaient les Premiers ministres français et italien qui nous téléphonaient pour nous demander de mettre ces médicaments à leur disposition. » À lire aussiLe géant pharmaceutique Aspen reçoit 600 millions d'euros pour aider l'Afrique à se vacciner Une vitrine internationale Pour Stanislas Zézé, économiste ivoirien et président de Bloomfield Investment Corporation, ces implantations répondent moins à une logique commerciale qu'à une stratégie de crédibilité internationale. « Les profits les plus élevés sont en Afrique, les besoins les plus élevés sont en Afrique. Donc, évidemment, c'est dans une logique de croissance, analyse l'économiste. Ça n'a pas beaucoup de sens parce que la croissance dans les pays développés est très faible. Je ne sais pas pourquoi on irait chercher la croissance en Europe pendant qu'on vient d'un continent où il y a le plus de croissance. C'est surtout une logique d'avoir une stature internationale et de dire : "Je suis en France, je suis aux États-Unis." Mais le plus gros de leur chiffre d'affaires se fait en Afrique, et c'est tout à fait normal. » Cette présence africaine en France reste toutefois limitée. En 2024, les investissements en provenance du continent ont représenté 39 projets, à l'origine de 593 créations d'emplois dans l'Hexagone. À lire aussiPharmaceutique: un rapprochement à près de 350 milliards d'euros en réponse à «la falaise des brevets»

Reportage International
Australie: des voies vertes de Sydney pour le bien-vivre et le bien-être des habitants

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 2, 2026 2:35


Alors que l'Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s'adapter au réchauffement climatique. C'est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l'un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c'est d'aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d'une ville qui reste essentiellement pensée pour l'automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d'euros par an.  De notre correspondant à Sydney, Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c'était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d'anciennes canalisations, qui diront le contraire. À l'image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c'est super ! Depuis l'ouverture, il y a tellement de gens qui l'utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d'espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement. » C'est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d'idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C'est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « Les coûts économiques, seulement pour l'ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d'euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité. » À lire aussiLe changement climatique s'accélère en Australie, où le réchauffement dépasse le seuil de 1,5°C Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu'aujourd'hui d'ici à 2050 dans l'ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu'à l'est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d'accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l'exercice, qui sont au frais, accessibles à tous. » Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l'ordre de 600 millions d'euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l'estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.

Afrique Économie
Cameroun: un premier financement pour la réalisation du corridor routier Douala-Bangui

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 2, 2026 2:15


Une première phase de financement pour les 800 km de route entre Douala, au Cameroun, et Bangui, en République centrafricaine. Elle vient d'être annoncée par la Banque mondiale et se monte à 425 millions de USD. Le début des travaux sur ce tronçon communément appelé corridor économique Douala-Bangui est fixé pour l'an prochain. 80 % des produits vers la RCA, et 70 % vers le Tchad transitent par cet axe aujourd'hui en mauvais état. De notre correspondant à Yaoundé, L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui est censé moderniser et automatiser les opérations de pesage et aussi réduire les délais de transport des marchandises entre les deux pays. « Il y aura un dispositif de présélection installé sur la voie et ce sont les véhicules qui sont soupçonnés d'être en surcharge qui vont se faire peser à la station, et de manière automatique. Les amendes, s'il y en a, vont être enregistrées et le reçu directement imprimé », explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics. À lire aussiLe patronat camerounais s'inquiète de l'impact de l'état des routes sur les entreprises Il faut aujourd'hui compter de 9 à 12 jours pour parcourir 1400 km entre Douala au Cameroun et Bangui en RCA. Le mauvais état de la route y est pour beaucoup. Les tracasseries administratives aussi en raison notamment des 17 postes de contrôle informels, selon la Banque mondiale. L'institution va donc concentrer les premiers financements sur le Cameroun. « Pour la première phase de financement, le Cameroun va bénéficier d'un montant de 425 millions de dollars, il va aussi bénéficier à la Centrafrique pour un montant de 90 millions de dollars et à la Cemac, via un appui régional pour préparer les phases ultérieures de ce projet », détaille Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division région Afrique de l'Ouest et du Centre de la Banque mondiale. À lire aussiCameroun: polémiques autour du chantier de l'autoroute Yaoundé-Douala   Un projet de plusieurs années   Côté Cameroun, il est question de reconstruire des routes et d'en réhabiliter d'autres pour fluidifier le trafic entre Douala et la RCA. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, énumère les tronçons concernés : « Reconstruction de la route Yaoundé-Douala de 215 km, réhabilitation de la section Yaoundé-Bonis-Ayos de 332 km et réhabilitation de la section Bonis-Bertoua, soit un programme de mise à niveau de 800 km de routes, un programme conçu pour croiser les attentes de l'économie ». L'aménagement du corridor économique Douala-Bangui s'étendra sur plusieurs années et devrait créer 2 000 à 4 000 emplois directs et indirects. À lire aussiCameroun: fluidifier le trafic des marchandises reste un casse-tête

Reportage international
Australie: des voies vertes de Sydney pour le bien-vivre et le bien-être des habitants

Reportage international

Play Episode Listen Later Aug 2, 2026 2:35


Alors que l'Europe et la France en particulier traversent une période de canicule sans précédent, dans des pays déjà habitués aux fortes chaleurs, on tente également de s'adapter au réchauffement climatique. C'est notamment le cas de la ville de Sydney, en Australie, où l'un des moyens envisagés pour faire baisser la température, c'est d'aménager des voies vertes, autrement dit, des pistes cyclables couvertes par des arbres, pour relier entre eux les différents quartiers d'une ville qui reste essentiellement pensée pour l'automobile. Loin de seulement apporter du confort et de la fraîcheur aux habitants, ces voies vertes pourraient également réduire les dépenses de santé de plusieurs centaines de millions d'euros par an.  De notre correspondant à Sydney, Et si le secret, pour survivre dans une jungle de béton, c'était de planter des arbres ? Ce ne sont en tout cas pas les utilisateurs de la Inner West Greenway, une voie verte de 6 km ouverte en décembre dernier, presque entièrement abritée sous des arbres, qui longe d'anciennes canalisations, qui diront le contraire. À l'image de Lili, qui y passe une bonne partie de son temps libre. « Je viens marcher ici quasiment tous les jours, c'est super ! Depuis l'ouverture, il y a tellement de gens qui l'utilisent, ça fait prendre conscience à quel point nous avions besoin de ce genre d'espace. En particulier, ici, proche du centre-ville, pour les gens qui vivent en appartement. » C'est également le constat du comité pour Sydney, un laboratoire d'idées qui a récemment appelé les autorités à construire beaucoup plus de voies vertes, à la fois pour rendre la ville plus cyclable, mais aussi, et surtout, pour la rendre plus fraîche. En particulier dans les banlieues ouest, à la fois très bétonnées et éloignées du littoral, où les coûts engendrés par les journées de forte chaleur sont énormes. C'est ce que rappelle Sam Kernaghan, directeur de la politique de résilience au comité pour Sydney. « Les coûts économiques, seulement pour l'ouest de Sydney, des journées de chaleur extrême, sont de 900 millions d'euros par an. Cela inclut les dépenses de santé pour les familles, les dépenses supplémentaires pour se rafraichir, comme la climatisation, mais aussi les coûts en termes de baisse de productivité. » À lire aussiLe changement climatique s'accélère en Australie, où le réchauffement dépasse le seuil de 1,5°C Des îlots et des corridors de fraîcheur face à l'urbanisation galopante Des journées de chaleur extrême, c'est-à-dire où le thermomètre affiche plus de 35 degrés, il pourrait y en avoir deux fois plus qu'aujourd'hui d'ici à 2050 dans l'ouest de Sydney, où, en période de canicule, la température est déjà 5 à 10 degrés plus élevée qu'à l'est de la ville, situé en bord de mer. Et alors que la population augmente et que la ville se densifie, il est essentiel pour Sam Kernaghan d'accompagner ce développement avec des îlots et des corridors de fraîcheur. « Il nous faut donner à cette population qui grandit accès à des endroits où ils peuvent nager, marcher, faire de l'exercice, qui sont au frais, accessibles à tous. » Les villes, et leurs habitants, ont tout à y gagner. Avoir accès à des espaces verts a de fait un impact positif scientifiquement prouvé sur la santé mentale. Et leur démultiplication à Sydney pourrait également y faire considérablement réduire les dépenses de santé. De l'ordre de 600 millions d'euros par an selon le Comité pour Sydney, dont l'estimation ne prend en compte que les maladies cardiovasculaires, aggravées par la chaleur.

Reportage International
Bolivie: changement des politiques de lutte contre le narcotrafic, un discours plus qu'une réalité?

Reportage International

Play Episode Listen Later Jul 31, 2026 2:34


En Bolivie, on cultive la feuille de coca depuis des siècles et sa production est en partie légale. Pendant 20 ans, la gauche a mené des politiques favorables à cette culture, mais depuis plusieurs années, la production illégale pour le narcotrafic est en augmentation. Avec le retour de la droite au pouvoir fin 2025, c'est une nouvelle stratégie qui est mise en place : discours de fermeté et rapprochement idéologique et financier avec les États-Unis pour lutter plus frontalement contre le narcotrafic. Comment cette évolution se traduit-elle sur le terrain ? Nils Sabin a suivi des policiers et des militaires qui réalisaient une opération d'éradication de cultures de coca. De notre correspondant à La Paz, Le jour se lève à peine dans cette région de jungle de montagne, à plusieurs heures de route de La Paz. Et, déjà, le campement militaire temporaire fourmille d'activités. Pendant cinq jours, militaires et policiers réalisent des opérations d'éradication de cultures de coca illégales dans la zone. Ernesto est l'un des gradés en charge de ce travail, il a requis l'anonymat : « On forme notre colonne de sécurité et ensuite, on se rend sur le site d'éradication. Là-bas, nous, les policiers, avons la charge de la sécurité et les soldats sont ceux qui s'occupent de l'éradication ». Un tiers de la production de coca en Bolivie est illégal Derrière nous, on entend les soldats qui déracinent les plants de coca avec des pioches. Ils vont travailler sur cette parcelle toute la matinée, nous explique un autre soldat : « Ils se sont mis en ligne d'un point à un autre, et ils vont éradiquer jusqu'en haut. Je pense sur une distance d'environ 100 mètres ». Ces opérations sont essentielles pour limiter la production de coca dans le pays : en 2024, la Bolivie en comptait 35 000 hectares, dont un tiers est illégal et donc à destination de la production de cocaïne. Ici, l'éradication est réalisée en concertation avec les producteurs locaux pour limiter les tensions, c'est l'une des mesures qui ont été mises en place par la gauche dans les années 2000. « Dans les zones où un accord a été conclu, comme vous pouvez le voir, le propriétaire de la plantation de coca est présent. C'est donc lui qui indique quelle parcelle va être rationalisée. Il y a donc un consentement de la part des membres de la communauté, mais dans les zones rouges, cet accord n'existe généralement pas et les gens réagissent de manière hostile », explique Ernesto. À lire aussiBolivie: le pays rêve d'exporter sa production de feuille de coca Éradication de coca : « Quel que soit le gouvernement, c'est pareil » Malgré le revirement opéré par le président Rodrigo Paz sur les questions de narcotrafic, ces opérations coordonnées d'éradication de coca n'ont pas été modifiées. C'est ce qu'explique Gonzalo, le représentant des producteurs de coca de la zone : « J'ai vu passer Morales, Arce, Añez, quel que soit le gouvernement, c'est pareil. Avec Rodrigo Paz, le fonctionnement est le même, on n'a pas vu de changements ». Quant au rapprochement avec les États-Unis, il a conduit au retour de la DEA, l'agence antidrogue américaine, dans le pays. Et, fin juillet, une aide de 20 millions de dollars à la Bolivie pour lutter contre le narcotrafic a été signée. Mais cela ne s'est pas encore traduit par des changements concrets. Daniel est l'un des fonctionnaires qui vient vérifier les superficies de culture de coca des producteurs : « C'est presque pareil qu'avant, nous sommes toujours 25 fonctionnaires pour toute la région de La Paz ». Si les discours et le ton du gouvernement ont bien changé, sur le terrain, ces évolutions se font encore attendre. À lire aussiLe retour de la droite au pouvoir en Bolivie, promesse d'une lutte frontale contre le narcotrafic?

Vivre ailleurs
Les difficultés du retour d'expatriation

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 31, 2026 7:55


Rentrer dans son pays d'origine après une expatriation est parfois plus difficile que de partir. Quitter un pays d'accueil ne signifie pas simplement faire ses valises. En effet, revenir « chez soi » après plusieurs années d'absence est l'une des étapes les plus déroutantes de l'expatriation. Rentrer est une nouvelle transition souvent sous-estimée, rarement anticipée, et pourtant décisive. Julien Faliu est le créateur et le responsable du site Expat.com à l'île Maurice. Explications. À lire aussiLe retour d'expatriation et le choc culturel inversé

Reportage international
Bolivie: changement des politiques de lutte contre le narcotrafic, un discours plus qu'une réalité?

Reportage international

Play Episode Listen Later Jul 31, 2026 2:34


En Bolivie, on cultive la feuille de coca depuis des siècles et sa production est en partie légale. Pendant 20 ans, la gauche a mené des politiques favorables à cette culture, mais depuis plusieurs années, la production illégale pour le narcotrafic est en augmentation. Avec le retour de la droite au pouvoir fin 2025, c'est une nouvelle stratégie qui est mise en place : discours de fermeté et rapprochement idéologique et financier avec les États-Unis pour lutter plus frontalement contre le narcotrafic. Comment cette évolution se traduit-elle sur le terrain ? Nils Sabin a suivi des policiers et des militaires qui réalisaient une opération d'éradication de cultures de coca. De notre correspondant à La Paz, Le jour se lève à peine dans cette région de jungle de montagne, à plusieurs heures de route de La Paz. Et, déjà, le campement militaire temporaire fourmille d'activités. Pendant cinq jours, militaires et policiers réalisent des opérations d'éradication de cultures de coca illégales dans la zone. Ernesto est l'un des gradés en charge de ce travail, il a requis l'anonymat : « On forme notre colonne de sécurité et ensuite, on se rend sur le site d'éradication. Là-bas, nous, les policiers, avons la charge de la sécurité et les soldats sont ceux qui s'occupent de l'éradication ». Un tiers de la production de coca en Bolivie est illégal Derrière nous, on entend les soldats qui déracinent les plants de coca avec des pioches. Ils vont travailler sur cette parcelle toute la matinée, nous explique un autre soldat : « Ils se sont mis en ligne d'un point à un autre, et ils vont éradiquer jusqu'en haut. Je pense sur une distance d'environ 100 mètres ». Ces opérations sont essentielles pour limiter la production de coca dans le pays : en 2024, la Bolivie en comptait 35 000 hectares, dont un tiers est illégal et donc à destination de la production de cocaïne. Ici, l'éradication est réalisée en concertation avec les producteurs locaux pour limiter les tensions, c'est l'une des mesures qui ont été mises en place par la gauche dans les années 2000. « Dans les zones où un accord a été conclu, comme vous pouvez le voir, le propriétaire de la plantation de coca est présent. C'est donc lui qui indique quelle parcelle va être rationalisée. Il y a donc un consentement de la part des membres de la communauté, mais dans les zones rouges, cet accord n'existe généralement pas et les gens réagissent de manière hostile », explique Ernesto. À lire aussiBolivie: le pays rêve d'exporter sa production de feuille de coca Éradication de coca : « Quel que soit le gouvernement, c'est pareil » Malgré le revirement opéré par le président Rodrigo Paz sur les questions de narcotrafic, ces opérations coordonnées d'éradication de coca n'ont pas été modifiées. C'est ce qu'explique Gonzalo, le représentant des producteurs de coca de la zone : « J'ai vu passer Morales, Arce, Añez, quel que soit le gouvernement, c'est pareil. Avec Rodrigo Paz, le fonctionnement est le même, on n'a pas vu de changements ». Quant au rapprochement avec les États-Unis, il a conduit au retour de la DEA, l'agence antidrogue américaine, dans le pays. Et, fin juillet, une aide de 20 millions de dollars à la Bolivie pour lutter contre le narcotrafic a été signée. Mais cela ne s'est pas encore traduit par des changements concrets. Daniel est l'un des fonctionnaires qui vient vérifier les superficies de culture de coca des producteurs : « C'est presque pareil qu'avant, nous sommes toujours 25 fonctionnaires pour toute la région de La Paz ». Si les discours et le ton du gouvernement ont bien changé, sur le terrain, ces évolutions se font encore attendre. À lire aussiLe retour de la droite au pouvoir en Bolivie, promesse d'une lutte frontale contre le narcotrafic?

Journal d'Haïti et des Amériques
Nouveau tour de vis dans la politique anti-immigration des États-Unis

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jul 29, 2026 30:00


Les États-Unis durcissent encore un peu plus leur politique migratoire. Après les arrestations devant les tribunaux où des migrants se rendaient pour répondre à une convocation pour étudier leur dossier, place désormais aux interpellations dans les aéroports. Plusieurs médias américains révèlent cette nouvelle manière de procéder de l'ICE, la police anti-immigration, nous explique Marine de La Moissonnière du service international de RFI. On savait que l'ICE intervenait dans les aéroports du pays, depuis quelques mois, pour arrêter des étrangers sous le coup d'une mesure d'expulsion. La nouveauté, c'est que la police anti-immigration interpelle désormais des gens dont le visa a expiré, mais qui ne sont pas sous le coup d'une obligation de quitter les États-Unis, y compris des personnes dont la procédure de renouvellement du visa est à l'étude. L'administration Trump fait également pression sur les étrangers en leur infligeant des amendes : 998 dollars par jour passé aux États-Unis sans papiers. C'est autorisé par la loi depuis 1996. Mais avant Donald Trump, jamais aucun président des États-Unis n'avait utilisé cette arme. Impossible de savoir combien de personnes ont préféré rentrer dans leur pays d'origine, faute de pouvoir payer. Enfin, Washington a annoncé hier (mardi 28 juillet 2026) une réforme de la procédure de demande d'asile qui est entrée en vigueur immédiatement. Désormais, les dossiers de certains demandeurs d'asile seront directement traités par un juge, parfois même sans les entendre. Auparavant, tous les demandeurs d'asile avaient un premier rendez-vous avec un agent des services de l'immigration, dans un bureau. Ce n'est qu'en cas de rejet de leur dossier qu'ils voyaient un juge qui pouvait ordonner leur renvoi des États-Unis. Présenté comme une simplification de la procédure, ce changement devrait surtout permettre d'accélérer l'expulsion de centaines de milliers de demandeurs d'asile.   Le difficile labeur des agriculteurs haïtiens Plus de la moitié de la population haïtienne se trouve en insécurité alimentaire aiguë, selon la FAO. Alors que près de la moitié des produits alimentaires consommés dans le pays sont importés et souvent trop chers, l'agriculture locale peine à se développer : elle emploie près de 60% de la population, mais ne représente que 20% du PIB d'Haïti. Elle est frappée durement par le changement climatique. Louise Jouveshomme a pu s'entretenir avec des agriculteurs qui lui ont raconté devoir faire face à des sécheresses et des inondations de plus en plus fréquentes. Ils dénoncent également le manque de soutien des pouvoirs publics. Un abandon qui remonte aux années 80 lorsque les grandes institutions monétaires, comme le FMI ou la Banque mondiale, conditionnent leur soutien économique à l'ouverture d'Haïti au commerce mondial. Pour tenter d'enrayer cette crise, il existe des initiatives locales comme celles lancées par le MPP, le Mouvement paysan papaye, basées sur l'entraide entre paysans et le respect de l'environnement. À écouter aussiLe programme alimentaire mondial au secours des agriculteurs haïtiens Recrudescence de la dengue au Honduras Près de la moitié de la population mondiale, soit environ 4 milliards de personnes, vit dans des zones où il existe un risque de transmission de la dengue, selon l'OMS. En Amérique centrale, depuis début juillet 2026, la région est sur ses gardes. Avec le retour de la saison des pluies, les moustiques vecteurs du virus prolifèrent à nouveau. Deux pays sont aujourd'hui fortement touchés dans la région : le Panama et le Honduras où cinq personnes sont mortes ces dernières semaines, dont deux enfants. La capitale, Tegucigalpa, concentre la majorité des cas. Sur place les autorités sont à pied d'œuvre pour tenter de limiter la propagation du virus. Reportage de Marie Griffon. À lire aussiDengue, Zika, chikungunya: les moustiques invasifs coûtent des milliards, la prévention reste à la traîne Le journal de la 1ère L'île de Montserrat et la Martinique veulent renforcer leur coopération en matière de santé.

Invité culture
Jean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»

Invité culture

Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 3:30


L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Ainsi on peut vouloir dénoncer le racisme et reproduire de manière insidieuse et inconsciente des procédés néocoloniaux. C'est le sujet du film Gavagai, d'Ulrich Köhler, sorti ce mercredi 22 juillet sur les écrans français. Dans ce film, le réalisateur Ulrich Köhler montre le tournage au Sénégal d'un film se voulant progressiste. Lors de la première mondiale au Festival de Berlin, l'un des personnages principaux, incarné par Jean-Christophe Folly, est victime de préjugés racistes.  À lire aussiLe comédien Jean-Christophe Folly pour son premier roman « Benoit Blues »

Invité Culture
Jean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»

Invité Culture

Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 3:30


L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Ainsi on peut vouloir dénoncer le racisme et reproduire de manière insidieuse et inconsciente des procédés néocoloniaux. C'est le sujet du film Gavagai, d'Ulrich Köhler, sorti ce mercredi 22 juillet sur les écrans français. Dans ce film, le réalisateur Ulrich Köhler montre le tournage au Sénégal d'un film se voulant progressiste. Lors de la première mondiale au Festival de Berlin, l'un des personnages principaux, incarné par Jean-Christophe Folly, est victime de préjugés racistes.  À lire aussiLe comédien Jean-Christophe Folly pour son premier roman « Benoit Blues »

Afrique Économie
Au Kenya, la fibre de sisal, une culture résiliente et un pari économique

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jul 22, 2026 2:31


Dans le sud-est du Kenya, la culture du sisal séduit de plus en plus de petits agriculteurs. Résistante à la sécheresse, cette fibre naturelle offre une alternative économique, malgré des contraintes d'investissement et de temps. De notre correspondante de retour de Taita-Taveta, Dans la région de Taita-Taveta, les champs de sisal s'étalent à perte de vue. La grande majorité appartient à de grandes exploitations. Mais de petits agriculteurs s'y mettent aussi. Rachel Kilonzo a planté ses premiers pieds il y a 8 ans. Elle récolte deux fois par an : « Je pense que vous pouvez voir le sourire sur mon visage, parce que je me dis que la récolte approche. Et je sais que quand je récolterai, j'aurai de l'argent en poche. » Une réponse aux sécheresses récurrentes Cette région, près de la côte est du Kenya, subit des sécheresses de plus en plus fréquentes qui affectent les cultures traditionnelles de maïs et de légumineuses. Le sisal est perçu comme une alternative. « Le sisal résiste même en cas de sécheresse. Le mien a huit ans. Je ne l'ai jamais arrosé et il n'a jamais séché, témoigne Rachel Kilonzo. Je ne l'ai jamais traité non plus. C'est donc très économique. Il y a même eu une période où il n'a pas plu pendant presque un an. Mais dès que les premières pluies sont arrivées, mon sisal s'est très bien porté. » Rachel vend ses récoltes à une plus grande exploitation voisine. Le Kenya exporte environ 95 % de sa production de sisal. La fibre naturelle connaît un regain d'intérêt à l'échelle mondiale, explique Paul Opee, directeur adjoint des conseils de service technique au sein de l'organisme public en charge de la régulation des cultures à fibres au Kenya : « Le premier producteur de sisal au monde est le Brésil, suivi, de loin, par la Tanzanie, puis par le Kenya. Mais la demande mondiale est bien supérieure à l'offre, donc le secteur a encore un fort potentiel de croissance. » À lire aussiAu Kenya, du miel et de l'agroforesterie pour préserver l'environnement Un potentiel freiné par les contraintes d'investissement L'organisme soutient les petits agriculteurs pour adopter la culture du sisal, tout comme la Taita Taveta Wildlife Association. En plus d'être résiliente, la plante permet de lutter contre l'érosion des sols. Mais l'agriculture à petite échelle représente encore moins de 5 % de la production kényane. « Pour cultiver du sisal, il faut commencer par faire pousser pendant environ 2 ans un jeune plant dans une pépinière, explique Paul Opee. Une fois mis en terre, il faut encore attendre 3 ans avant la première récolte. Ensuite, la récolte est possible pendant une dizaine d'années, avec un pic de production autour de la sixième année. Dans les zones arides et semi-arides, les populations sont relativement pauvres, leur demander de se lancer dans la culture du sisal alors qu'elles devront attendre cinq ans avant d'en tirer des revenus est quasiment impossible. » À cela s'ajoute le coût des outils nécessaires pour extraire les fibres des feuilles de sisal. Si le Kenya exporte ensuite principalement cette fibre, elle peut aussi être transformée en produits à plus forte valeur ajoutée, comme des paniers, un savoir-faire traditionnel dans la région. À lire aussiLe sisal, une fibre dure entrée dans le 21e siècle

Reportage Afrique
Campus de légende: en Afrique du Sud, se réapproprier sa langue maternelle pour décoloniser le savoir [3/6]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 2:31


On prend maintenant la direction de l'Afrique du Sud, à l'université de Witwatersrand, à Johannesburg, sur un campus qui date de 1896, devenue université de Wits en 1992. Cet établissement d'excellence, classé parmi les meilleurs du continent, est aussi connu pour son ancrage libéral et pour son activisme, notamment contre le régime de l'apartheid. Wits occupe aujourd'hui une place centrale dans la décolonisation des savoirs. De notre envoyé spécial à Johannesburg, À l'école d'architecture de l'université Wits, à Johannesburg en Afrique du Sud, le professeur Nnamdi Elleh marque les esprits dès les premiers instants. Dès notre arrivée, il s'arrête devant un grand escalier en colimaçon et présente son dernier projet, réalisé en décembre avant son départ à la retraite. « Ici, on retrouve Léonard de Vinci. Et à côté, une figure namibienne ; et d'autres figures du continent. Nulle part ailleurs dans le monde, on ne trouve l'homme de Vitruve de De Vinci aux côtés de figures africaines. Pourtant, quand on les regarde, on constate qu'elles ont aussi des proportions parfaites. C'est le dernier projet que j'ai réalisé en décembre, avant mon départ », explique-t-il. En sept ans à la tête de cette école, le professeur Elleh a œuvré pour inciter ses étudiants à réfléchir dans leurs langues africaines. Une démarche qu'il juge essentielle pour une véritable décolonisation des savoirs. « On ne peut pas parler de décolonisation si le soi, ou la façon de penser, restent étrangers. Les étudiants connaissent le récit. Ils connaissent l'histoire. Maintenant, on doit réfléchir à comment penser des concepts dans sa langue maternelle », détaille-t-il. C'est dans cet esprit qu'a été créée la plateforme Wits Innovations Vernaculaires (Wits-VITS), visant à élaborer un large lexique de notions complexes en langues locales. Le professeur Elleh partage l'un de ses exemples préférés : « L'un de mes exemples préférés, c'est quand un étudiant a travaillé sur le mot ''paysage''. Dans sa culture zouloue, le paysage englobe le ciel, la terre, le vent, l'air, ainsi que les vivants et les morts. Je n'avais jamais entendu une définition pareille ! » Cette initiative prend tout son sens dans un contexte où, dans la plupart des universités africaines, l'enseignement se fait encore en langues dominantes, principalement l'anglais et le français. Pour Nnamdi Elleh, les mots eux-mêmes sont un enjeu de pouvoir : « Souvent, quand quelque chose est nouveau, on parle d'occidentalisation. Mais le mot "occidentalisation" est déjà une arme. Il signifie : "Je possède. Tu n'es qu'un emprunteur." La plus grande arme, c'est d'abord le mot. Avec mon programme, je veux donc décoloniser les mots et les pensées. » Les résultats de cette approche sont tangibles. En décolonisant les mots dès leur entrée à l'école d'architecture, les étudiants voient leur cursus se transformer. Marie-Justine Mutabazi, 25 ans, étudiante en cinquième année, en témoigne : « Quand on arrive en première année, on pense que l'architecture, il s'agit de quelque chose qui se situe en dehors de l'expérience africaine. Mais M. Elleh nous a recentrés sur l'Afrique et sur les connaissances africaines. Alors, aujourd'hui, maintenant qu'on réalise nos projets de master, on est capables de puiser ce savoir au plus profond de nous-mêmes. Ce n'est plus quelque chose que l'on doit aller chercher à l'extérieur de soi. » À Wits, les langues vernaculaires, souvent reléguées au passé, deviennent ainsi des langues résolument modernes, des moteurs d'innovation au service de la connaissance. À lire aussiLe mouvement rastafarien en Afrique, entre tolérance et marginalisation

Reportage culture
Aux origines de Nuits d'Afrique: le Club Balattou, lieu culturel mythique à Montréal

Reportage culture

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 5:00


À Montréal, le festival international Nuits d'Afrique fête sa 40e édition avec des concerts prévus jusqu'au dimanche 19 juillet au soir. Si ce rendez-vous culturel accueille aujourd'hui un public de plus de 250 000 personnes, il a débuté dans la pénombre d'un petit bar, grâce à la volonté d'un ancien danseur et chorégraphe guinéen nommé Lamine Touré. En 1985, il fonde le désormais mythique Club Balattou, pour « bal à tous, à tout le monde », berceau des musiques du monde à Montréal. De notre envoyée spéciale à Montréal, On le surnomme « le baobab de Montréal ». Après une enfance entre Boké en Guinée et Bouaké en Côte d'Ivoire, Lamine Touré passe une décennie en Europe, puis s'installe dans la plus grande ville du Québec. À son arrivée en 1974, il constate que les Africains ne sont qu'une cinquantaine ici, et qu'ils ne font pas communauté. « Quand je suis arrivé à Montréal, j'ai trouvé que chacun faisait sa culture, mais chacun dans son coin. Alors moi, j'ai dit : "Mais non, ça c'est pas normal." C'est mieux qu'on trouve une façon de rassembler tout le monde, pour que par exemple nous, les immigrants, on puisse profiter. Mais les Québécois de souche aussi vont profiter. Parce qu'à travers la culture, on peut se connaître », explique-t-il. Le premier lieu du genre au Canada Ni une ni deux, Lamine Touré fonde le Club Balattou, boulevard Saint-Laurent. Le lieu rassemble les cultures africaines, antillaises et latino-américaines et devient rapidement une institution. La première discothèque africaine du Canada est tout en longueur, avec une scène très proche du public, des canapés en cuir, des miroirs aux murs et au plafond. La chanteuse sud-africaine Lorraine Klaasen évoque avec émotion ce lieu mythique : « Des fois, je passe là-bas au Balattou, je vois les petites photos là où j'étais jeune avec beaucoup d'autres artistes, je me dis "Oh mon Dieu". Cela existe toujours comme un lieu où tu vas aller vraiment écouter les musiques africaines, si tu veux danser. Et il y a le miroir. Donc quand j'y chante, je me regarde moi-même dans le miroir (rires), il y a mon reflet, je me dis "Oh Lorraine, you are cute'' (''Oh Lorraine, tu es mignonne"). Alors, si tu veux vraiment aller dans une place où tu veux écouter la musique africaine, va au Balattou. » Un refuge où rencontrer sa communauté Papa Wemba, Youssou N'Dour, Boubacar Diabaté, Oumou Sangaré… Tous les désormais grands noms de la sono mondiale sont passés par le Balattou. Au-delà de la musique, le lieu devient un repaire, un refuge où se sentir chez soi, peu importe d'où l'on vient. « L'accueil qu'il y a au Balattou, tu ne trouves ça nulle part ailleurs. Parce que moi, je fais l'accueil à l'africaine. Supposons si je viens chez toi, dans ta maison, dès que je rentre, qu'est-ce que tu fais ? Tu me serres la main, non ? C'est ce que je fais au Balattou jusqu'à maintenant. Depuis que j'ai ouvert, je suis toujours là. » Du Club Balattou au festival Nuits d'Afrique Lamine Touré voulait faire du Balattou un lieu familial, mais il se heurte à une limite légale : l'interdiction du club aux moins de 21 ans à cause de la vente d'alcool. « Il faut faire quelque chose. Parce que si ça reste comme cela, il n'y a pas de relève. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à faire Nuits d'Afrique en plein air. C'est pour la famille », se souvient-il. Deux ans plus tard, Lamine Touré sort les cultures afrodescendantes du Balattou et les déploie dans les rues de la ville pour toucher les plus jeunes. Quarante ans plus tard, le festival Nuits d'Afrique prend place dans le quartier des spectacles, en plein cœur de Montréal. Et Lamine Touré, l'homme qui a installé l'Afrique à Montréal, rêve désormais de créer des festivals similaires en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Mali ou au Sénégal. À lire aussiLe jeune collectif Zalam Kao au festival Nuits d'Afrique de Montréal   À lire aussiTrente ans de Nuits d'Afrique à Montréal

Vivre ailleurs
Les résultats de l'édition 2026 du baromètre de l'association Français du Monde-ADFE

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 8:35


Les résultats du quatrième baromètre de l'association Français du Monde-ADFE sont publiés. Organisée tous les deux ans, cette enquête aide à comprendre les préoccupations des Français établis hors de France. Deux thématiques émergent des résultats cette année : la progression des inquiétudes liées à la géopolitique et les interrogations concernant l'accessibilité de l'enseignement français à l'étranger. Stéphane Arnoux est le délégué général de l'association Français du Monde-ADFE.   À lire aussiLe rapport de la mission d'information du Sénat sur l'enseignement français à l'étranger

Reportage Culture
Aux origines de Nuits d'Afrique: le Club Balattou, lieu culturel mythique à Montréal

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 5:00


À Montréal, le festival international Nuits d'Afrique fête sa 40e édition avec des concerts prévus jusqu'au dimanche 19 juillet au soir. Si ce rendez-vous culturel accueille aujourd'hui un public de plus de 250 000 personnes, il a débuté dans la pénombre d'un petit bar, grâce à la volonté d'un ancien danseur et chorégraphe guinéen nommé Lamine Touré. En 1985, il fonde le désormais mythique Club Balattou, pour « bal à tous, à tout le monde », berceau des musiques du monde à Montréal. De notre envoyée spéciale à Montréal, On le surnomme « le baobab de Montréal ». Après une enfance entre Boké en Guinée et Bouaké en Côte d'Ivoire, Lamine Touré passe une décennie en Europe, puis s'installe dans la plus grande ville du Québec. À son arrivée en 1974, il constate que les Africains ne sont qu'une cinquantaine ici, et qu'ils ne font pas communauté. « Quand je suis arrivé à Montréal, j'ai trouvé que chacun faisait sa culture, mais chacun dans son coin. Alors moi, j'ai dit : "Mais non, ça c'est pas normal." C'est mieux qu'on trouve une façon de rassembler tout le monde, pour que par exemple nous, les immigrants, on puisse profiter. Mais les Québécois de souche aussi vont profiter. Parce qu'à travers la culture, on peut se connaître », explique-t-il. Le premier lieu du genre au Canada Ni une ni deux, Lamine Touré fonde le Club Balattou, boulevard Saint-Laurent. Le lieu rassemble les cultures africaines, antillaises et latino-américaines et devient rapidement une institution. La première discothèque africaine du Canada est tout en longueur, avec une scène très proche du public, des canapés en cuir, des miroirs aux murs et au plafond. La chanteuse sud-africaine Lorraine Klaasen évoque avec émotion ce lieu mythique : « Des fois, je passe là-bas au Balattou, je vois les petites photos là où j'étais jeune avec beaucoup d'autres artistes, je me dis "Oh mon Dieu". Cela existe toujours comme un lieu où tu vas aller vraiment écouter les musiques africaines, si tu veux danser. Et il y a le miroir. Donc quand j'y chante, je me regarde moi-même dans le miroir (rires), il y a mon reflet, je me dis "Oh Lorraine, you are cute'' (''Oh Lorraine, tu es mignonne"). Alors, si tu veux vraiment aller dans une place où tu veux écouter la musique africaine, va au Balattou. » Un refuge où rencontrer sa communauté Papa Wemba, Youssou N'Dour, Boubacar Diabaté, Oumou Sangaré… Tous les désormais grands noms de la sono mondiale sont passés par le Balattou. Au-delà de la musique, le lieu devient un repaire, un refuge où se sentir chez soi, peu importe d'où l'on vient. « L'accueil qu'il y a au Balattou, tu ne trouves ça nulle part ailleurs. Parce que moi, je fais l'accueil à l'africaine. Supposons si je viens chez toi, dans ta maison, dès que je rentre, qu'est-ce que tu fais ? Tu me serres la main, non ? C'est ce que je fais au Balattou jusqu'à maintenant. Depuis que j'ai ouvert, je suis toujours là. » Du Club Balattou au festival Nuits d'Afrique Lamine Touré voulait faire du Balattou un lieu familial, mais il se heurte à une limite légale : l'interdiction du club aux moins de 21 ans à cause de la vente d'alcool. « Il faut faire quelque chose. Parce que si ça reste comme cela, il n'y a pas de relève. C'est à ce moment-là que j'ai pensé à faire Nuits d'Afrique en plein air. C'est pour la famille », se souvient-il. Deux ans plus tard, Lamine Touré sort les cultures afrodescendantes du Balattou et les déploie dans les rues de la ville pour toucher les plus jeunes. Quarante ans plus tard, le festival Nuits d'Afrique prend place dans le quartier des spectacles, en plein cœur de Montréal. Et Lamine Touré, l'homme qui a installé l'Afrique à Montréal, rêve désormais de créer des festivals similaires en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Mali ou au Sénégal. À lire aussiLe jeune collectif Zalam Kao au festival Nuits d'Afrique de Montréal   À lire aussiTrente ans de Nuits d'Afrique à Montréal

Reportage Afrique
Cameroun: le taro à la sauce jaune, trésor de la cuisine traditionnelle redécouvert par les jeunes influenceurs

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 2:19


Le reportage Afrique de ce jour nous conduit au Cameroun, pays d'une grande diversité culinaire traditionnelle, avec des spécialités tels que le taro à la sauce jaune, communément appelé « achu ». Ce plat a été vulgarisé ces derniers temps via les réseaux sociaux par les influenceurs locaux à travers le concept culinaire du « dimanche taro », sorte de brunch généralement à ciel ouvert et qui permet à la jeunesse camerounaise de redécouvrir la cuisine traditionnelle. À l'origine, ce plat issu des régions du Nord-ouest et de l'Ouest était servi lors des mariages traditionnels, des funérailles, des naissances ou encore certains rituels initiatiques. Grâce aux réseaux sociaux, le taro à la sauce jaune est plus qu'un facteur d'intégration culturelle pour la jeunesse. Reportage à Yaoundé avec notre correspondant Emmanuel Jules Ntap. De notre correspondant à Yaoundé, Emmanuel Jules Ntap Des sonorités musicales distillées par un disc-jockey accueillent, ce dimanche, quelques jeunes venus déguster le taro à la sauce jaune dans un restaurant situé au quartier Bastos, à Yaoundé. L'espace fait environ 100 mètres carrés où sont soigneusement rangées une trentaine de tables rectangulaires et carrées au milieu des chaises et canapés rembourrés. En cet après-midi, la présence de trois jeunes filles, la vingtaine révolue, ne passe pas inaperçue. Elles dansent, chantent et se prennent en selfies en attendant de passer à table. Larissa est l'une d'elles. « Nous sommes venues manger le taro comme d'habitude. Ce n'est pas un plat de mon aire culturelle, mais je trouve ce plat délicieux », confie-t-elle. La commande est prête au bout de dix minutes. C'est le moment de passer à table. Larissa est la première à déguster. « Regardez comment ma sauce déborde, humm c'est bon. Il y a le morceau de poulet, de viande, la peau de bœuf, le pistache, le piment. Je vais les déguster comme il faut », s'enthousiasme-t-elle. À lire aussiLes délices du continent au Cameroun: la sauce jaune du taro que l'on aime manger le dimanche La pâte grise du taro est servie sous forme circulaire dans le plat, de façon à former un creux à l'intérieur duquel est déversée la sauce jaune. Cette spécialité culinaire n'a pas besoin de couverts pour être consommée. Démonstration avec Lucie, une jeune entrepreneure. « Je ne connaissais pas ce plat, mais j'ai appris, à travers les dimanches taro, la façon de manger avec ça : avec deux doigts, on rapproche le plat vers nous, on penche la tête et voilà. C'est un plat qu'on mange seul, en fait, on ne le partage pas », explique-t-elle. C'est le concept du « dimanche taro », via les réseaux sociaux, qui a suscité l'engouement de la jeunesse pour ce mets traditionnel. Moustik le Karismatik, jeune influenceur, en est l'initiateur. « La vérité est que ça permet de reconnecter les uns et les autres à leur culture culinaire. Ça leur permet de redéfinir leur identité », affirme-t-il. Pour les experts de la gastronomie, la sauce jaune a aussi le mérite d'avoir des vertus dont on ne parle pas encore assez. Émile Engoulou, hôtelier-restaurateur et président de l'Association des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Cameroun, souligne ses bienfaits. « Les 16 à 14 ingrédients qui constituent le mélange donnant la sauce jaune sont chacun un aliment. Donc, le ''achu'' est vraiment une bombe médicamenteuse, un ''alicament'', comme disent les savants », précise-t-il. Plus de dix caravanes culinaires pour la dégustation du taro à la sauce jaune ont d'ores et déjà été organisées dans trois villes du Cameroun, avec chaque fois une forte affluence de la jeunesse. À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique

Chronique des Matières Premières
Sénégal: la filière du riz local plombée par le manque de structuration et de compétitivité

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 1:59


Au Sénégal , la filière du riz tire la sonnette d'alarme. Plus de 250 000 tonnes de riz blanc sénégalais se retrouvent stockées, faute d'acheteurs, le marché étant saturé par le riz importé moins cher. Un problème qui révèle une difficulté structurelle : celle de réguler l'approvisionnement en riz blanc, alors que le pays ne produit pas encore assez de riz pour satisfaire la demande nationale. De notre correspondante à Dakar, Des sacs de riz sénégalais qui s'accumulent dans les hangars faute d'acheteurs. L'image est douloureuse mais connue. Cette année encore, dans la vallée du fleuve Sénégal, 37 000 tonnes de riz blanc n'ont pas encore trouvé preneur. Idem du côté de l'Union des producteurs de la délégation de Dagana, dans le nord du pays. À cela s'ajoutent environ 294 000 tonnes de paddy, ou riz brut non décortiqué, récoltées depuis le début de l'année et toujours à vendre… Une crise de commercialisation Une « crise de commercialisation sans précédent », estiment les acteurs de la filière rizicole sénégalaise qui, faute de ventes et d'argent, ne peuvent pas financer la prochaine campagne agricole, mettant en péril tout le secteur. Une situation aberrante quand on connaît l'appétit des Sénégalais pour cette céréale, au sein d'un pays dans lequel 1,3 million de tonnes de riz sont consommées chaque année. Le riz local peine à se faire une place Mais le riz local peine à se faire une place dans les foyers sénégalais. En cause, selon les producteurs : le manque de mesures fortes pour privilégier le riz local et l'absence de régulation efficace du marché. C'est toute la difficulté : le Sénégal ne produit pas assez de riz, il faut donc importer pour éviter la rupture de stock ; mais il s'agit dans le même temps d'empêcher que le riz asiatique, moins cher à 300 francs CFA le kilo, ne vienne concurrencer le riz local, moins compétitif. En novembre 2025, un accord a été signé avec les autorités : sur 100 000 tonnes de riz importé, 10% devaient venir de la production locale. Un accord non respecté, selon l'association nationale des riziers du Sénégal. Idem avec l'engagement de verser une subvention de 50 francs CFA par kilo aux importateurs pour les encourager à acheter du riz local... lequel est 50 francs CFA plus cher justement que le kilo de riz importé. Les subventions ne guérissent pas le problème « Ces mesures sont temporaires et ne résolvent pas le problème de fond », tempête Moustapha Tall, président des importateurs de riz, qui pointe le manque d'organisation et de professionnalisation de la filière, ce qui « fait monter le prix du riz local » et empêche l'augmentation des capacités de production du fait d'un accès inégal aux intrants, de beaucoup de petites exploitations et d'une production de riz encore insuffisamment mécanisée. Dans l'immédiat, le Sénégal a décidé de suspendre pour un mois les importations de riz, pour écouler le riz local et soulager les producteurs sénégalais. Mais pour combien de temps ? À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique

Aujourd'hui l'économie
Le surprenant retour en grâce des géants du tabac

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 3:13


Longtemps considérée comme une industrie en déclin, l'industrie du tabac retrouve les faveurs des investisseurs. Portés par le succès des sachets de nicotine, du tabac chauffé et de la cigarette électronique, des groupes comme Philip Morris voient leur valorisation boursière s'envoler. Derrière ce regain d'intérêt, c'est toute la transformation du modèle économique des cigarettiers qui séduit aujourd'hui les marchés. Contre toute attente, le tabac redevient une valeur d'avenir en Bourse. Les marchés financiers parient désormais sur les sachets de nicotine, le tabac chauffé et les cigarettes électroniques pour assurer la croissance d'un secteur que beaucoup croyaient condamné. Car ce ne sont plus les cigarettes à proprement parler qui séduisent les investisseurs. Ce qui les intéresse désormais, c'est la capacité des industriels à transformer leur modèle économique. Depuis une dizaine d'années, les grands groupes du secteur investissent massivement dans les produits de nicotine sans combustion. Si la cigarette électronique est désormais bien connue du grand public, le tabac chauffé et les sachets de nicotine connaissent, eux aussi, un essor rapide. Ces nouveaux produits répondent à une double logique. D'un côté, ils permettent de conserver des consommateurs qui souhaitent abandonner la cigarette traditionnelle sans renoncer à la nicotine. De l'autre, ils offrent aux industriels un nouveau relais de croissance alors que les ventes de cigarettes continuent de reculer dans de nombreux pays. À lire aussiLe géant du tabac BAT supprime des milliers de postes dans le monde face au déclin des ventes de tabac Philip Morris, symbole de la transformation de l'industrie du tabac Philip Morris illustre parfaitement cette mutation. De prime abord, on pourrait penser que le fabricant historique de cigarettes est fragilisé par la baisse du tabagisme. Pourtant, c'est tout l'inverse. Depuis le début de l'année 2024, sa valeur boursière a quasiment doublé pour atteindre près de 250 milliards de dollars. Une progression qui s'explique par un changement profond de stratégie. Le groupe continue bien sûr de produire des cigarettes, mais cette activité n'est plus son unique moteur de croissance. Philip Morris a fortement développé le tabac chauffé ainsi que les sachets de nicotine. Les investisseurs considèrent désormais que ces nouveaux produits pourraient représenter une part croissante des bénéfices du groupe dans les années à venir. Cette évolution illustre une réalité économique plus large : les marchés ne valorisent pas uniquement les résultats actuels d'une entreprise, mais surtout sa capacité à générer des bénéfices futurs. Lorsqu'un investisseur achète une action, il achète en quelque sorte les profits espérés des dix, quinze ou vingt prochaines années. C'est précisément pour cette raison qu'une amélioration des perspectives de croissance peut faire bondir la valorisation d'une entreprise. C'est exactement ce qui se produit aujourd'hui dans le secteur du tabac. Les investisseurs estiment que les grands cigarettiers pourraient continuer à créer de la valeur pendant encore plusieurs décennies grâce à leurs nouvelles activités. De la cigarette à un écosystème de nicotine : un nouveau défi économique et sanitaire La transformation du secteur ne consiste plus simplement à vendre des paquets de cigarettes. Les industriels développent désormais un véritable écosystème composé d'appareils, de recharges, de sachets de nicotine et de services destinés à fidéliser les consommateurs sur le long terme. Mais cette évolution soulève également de nombreuses interrogations. Pour les industriels, ces nouveaux produits représentent l'avenir du secteur et la clé de leur croissance future. Pour les autorités sanitaires, la question est beaucoup plus complexe. Si ces produits peuvent contribuer à faire reculer la consommation de cigarettes traditionnelles, ils entretiennent néanmoins une dépendance à la nicotine et pourraient attirer de nouveaux consommateurs, en particulier parmi les plus jeunes. Tout l'enjeu des prochaines années sera donc de trouver un équilibre entre innovation économique, rentabilité des entreprises et protection de la santé publique. C'est précisément cette équation que les investisseurs observent aujourd'hui de très près, convaincus que l'avenir des géants du tabac se jouera désormais bien au-delà de la cigarette traditionnelle. À lire aussiArrêter de fumer : les conseils d'une addictologue

Reportage Afrique
Tanzanie: des écoles enseignent des chansons et danses locales pour protéger les petites communautés

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:10


En Tanzanie, le swahili n'est pas seulement une langue, mais aussi une culture. À 70 km au nord de la capitale économique Dar es Salaam, l'école historique TaSuBa à Bagamoyo forme les prochaines générations d'artistes tanzaniens venus de tout le pays. Les élèves et les professeurs de cette école unique en Afrique de l'Est poursuivent la transmission de chansons et danses des communautés locales, tout en les traduisant en kiswahili. De notre envoyée spéciale à Bagamoyo, « Cette chanson s'appelle Lekatulinge ; c'est une danse pour s'amuser, en swahili. Lekatulingue, cela veut dire "amusons-nous" », explique Epimack Luanda. Il est professeur de danse à TaSuBa, l'Institut des Arts et de la culture de Bagamoyo. Le regard concentré, il observe la cinquantaine d'élèves qui s'entraînent à l'ombre de manguiers gigantesques. Pour Epimack, ancien professeur de kiswahili à l'école primaire, la langue commune des Tanzaniens est essentielle dans la propagation des traditions artistiques du pays. « Nous avons plus de 125 tribus différentes mais nous sommes tous connectés grâce au kiswahili », souligne-t-il. « On ne connaît rien de notre culture, de notre langue » Parmi les élèves présents ce jour-là, il y a Fatuma : « Je suis tellement tellement fière d'étudier ici. » La jeune femme de 21 ans vient d'Arusha, au nord de la Tanzanie. Ces danses et chants traditionnels sont sa raison de vivre depuis toute petite. Selon elle, c'est aussi grâce à la langue kiswahili que ces traditions peuvent se transmettre. « La plupart des chansons sont en langue tribale, donc on ajoute un peu de kiswahili pour que tout le monde puisse comprendre », détaille-t-elle. Dans la même classe ce jour-là, Revellian, 29 ans, explique à quel point TaSuBa est un lieu d'apprentissage important. « La plupart d'entre nous est née en ville, on ne connaît rien de notre culture, de notre langue. Ici on apprend tout ça : les traditions, les chants, les rythmes et tout ça. » À lire aussiAu Xème siècle, l'extraordinaire essor de la culture swahilie Le théâtre swahili est historiquement accessible à tous Des arts sous toutes leurs formes que l'on appelle ici le théâtre swahili. Historiquement, il se veut accessible à tous, d'où l'usage de la langue commune des Tanzaniens. Mais si la forme est la même, le fond a changé ces derniers temps. Habituellement utilisés pour parler des problèmes sociétaux, les artistes font désormais profil bas lorsqu'il s'agit de parler politique. Une conséquence des tueries d'octobre 2025 lors de l'élection présidentielle, comme l'explique Shabani Mbatta, professeur et membre de la troupe Bagamoyo Players qui se produit partout dans le monde. « Si tu essaies de parler de choses négatives comme la corruption, alors tu es en danger. On faisait ça avant, mais plus maintenant. » À lire aussiLe swahili, une langue africaine au rayonnement mondial

Afrique Économie
Reprise très partielle de l'activité d'Eramet Grande Côte au Sénégal

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 2:32


Au Sénégal, l'activité minière d'Eramet a repris à 30% de son niveau habituel depuis fin avril dans la région de Grande-Côte. Le site où sont produits des sables minéralisés (tels que le zircon ou l'ilménite) avait été touché par un incendie en février. Quelles perspectives pour les employés et pour le budget de l'État sénégalais, qui perçoit une part des revenus d'Eramet ? Eramet a payé 76 millions d'euros sous forme d'impôt et de taxes à l'État sénégalais en 2025 sur une contribution totale estimée à 230 millions d'euros par le groupe français, qui comptabilise aussi notamment les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Cette année, la chute de l'activité se fera inévitablement sentir, confirme Frédéric Zanclan, directeur d'Eramet Grande Côte : « Sachant qu'on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n'avons pas encore les chiffres. » Avant l'incendie de février, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l'État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs du pays, avec des volumes exportés de gaz et de pétrole supérieurs aux prévisions et un cours des hydrocarbures favorable, devrait permettre d'atténuer la baisse de la contribution d'Eramet, selon Youga Sow, consultant en stratégie dans le domaine minier et fondateur du cabinet Advise Africa. Mais l'impact ne sera pas neutre ajoute t-il : « L'État devrait retomber sur ses pattes mais il faut relativiser, car c'est un État qui est endetté et qui fait face à beaucoup de problèmes économiques et où l'économie est quasiment stagnante, chaque sous compte, donc ce qui se passe à Eramet ne peut pas être sans impact sur les revenus de l'État, et il n'y a pas que les revenus collectés par l'État, on parle aussi d'emplois. » À lire aussiLe fonds d'investissement Orion CMC aurait des visées sur le groupe français Eramet Un coup social et humain important Seule une partie des employés a en effet été rappelée pour relancer la production en avril. Ceux qui sont au chômage, mais salariés directs d'Eramet, bénéficient en attendant leur retour d'un dispositif de soutien, précise Frédéric Zanclan : « À titre illustratif, pour la tranche ouvrière, on reverse jusqu'à 73% du salaire ; le plancher minimum est d'environ 50% pour l'ensemble des salariés. » Ces mesures concernent une minorité de salariés : sur 3 000 employés d'Eramet, environ 2 500 ne sont pas directement rattachés au groupe français et ne bénéficient donc pas de la même prise en charge : « Nous avons des sous-traitants, des prestataires, des intérimaires, qui eux, en fonction de la stratégie de leur entreprise, sont soit au chômage technique, même parfois en licenciement pour motif économique. » Un aspect social et humain qui est le plus important aux yeux de Youga Sow : « Ces acteurs-là vivaient jusqu'ici de cette activité autour d'Eramet. Si Eramet est contraint, pour des raisons technico-économiques que nous pouvons comprendre, de réajuster son modèle, cela va forcément se faire au détriment des revenus engrangés par les sous-traitants et les employés. » Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ? « La question c'est comment cela sera géré, quel est le modèle de transition qui sera mis en place pour atténuer les effets négatifs, quel est l'horizon, qu'est-ce qui est projeté ?, s'interroge le fondateur du cabinet Advise Africa. Est-ce qu'on est parti pour six mois, pour neuf mois et dans combien de temps la situation va être rétablie ​​​​​​​? Est-ce qu'il y a un plan de retour à la normale ​​​​​​​? Plus, il y a de transparence dans les éléments d'information communiqués et dans le traitement de la situation, plus les parties concernées seront enclines à comprendre la situation. » Eramet confirme que son projet de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n'est plus d'actualité et que le volume 2026 se situera entre 300 000 et 400 000 tonnes. « Nous sommes dans la phase d'appel d'offres, recrutement de prestataires et l'achat des équipements nécessaires pour redémarrer l'usine mobile flottante – affectée par l'incendie, NDLR – si le projet est bien mené, nous espérons revenir à 100% de notre capacité nominale au premier trimestre 2027 », précise Frédéric Zanclan. À écouter aussiAu Sénégal, la mine mobile d'Eramet accusée de détruire le désert et l'économie locale

Livre international
Kim Jong-un, «Le Grand successeur», de la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield

Livre international

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 4:29


Qui est réellement Kim Jong-un ? C'est la question à laquelle a tenté de répondre la journaliste néo-zélandaise Anna Fifield, dans son ouvrage Le Grand successeur publié aux Arènes. Une enquête sur l'un des dirigeants les plus secrets de la planète, doté de l'arme nucléaire et gardant la mainmise sur 25 millions d'habitants. Alors que le dictateur joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale, avec notamment la présence de ses soldats en Ukraine.   À lire aussiLe président Xi Jinping dit à Kim Jong-un vouloir porter les relations à «de nouveaux sommets»

Journal d'Haïti et des Amériques
Coupe du monde : à la veille de son premier match, Haïti retient son souffle

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 30:00


Ce vendredi (12 juin 2026), place aux débuts des deux autres pays hôtes du Mondial après la victoire du Mexique face à l'Afrique du Sud (2-0). Le Canada ouvre le bal contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, avant l'entrée en lice des États-Unis face au Paraguay. Deux rendez-vous importants pour les organisateurs, avec des attentes différentes mais la même ambition de réussir leur entrée dans la compétition. Nous en parlons avec Frédéric Suteau. À la veille de son premier match, Haïti retient son souffle. Les Grenadiers s'apprêtent à disputer leur deuxième Coupe du monde en plus de cinquante ans et seront portés par tout un pays. L'ancienne gloire Philippe Vorbe a partagé ses souvenirs de l'épopée de 1974, tout en exprimant son inquiétude face aux difficultés que traverse aujourd'hui le football haïtien. Un entretien réalisé par notre correspondant Peterson Luxama. ►Le calendrier Coupe du monde.   À lire aussiLe dossier Coupe du monde    Au Brésil, la société se divise autour d'un liquide vaisselle Notre dossier du jour nous conduit au Brésil, où des décisions a priori anodines se retrouvent au cœur de la bataille politique. Le rappel de certains lots d'un liquide vaisselle par l'agence sanitaire a été interprété par les partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro comme une décision à caractère politique. Un nouvel exemple de la polarisation qui continue de marquer la vie publique brésilienne, nous explique notre correspondante Sarah Cozzolino.   Journal de la 1ère L'Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à autoriser la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures en Guyane et dans l'ensemble des Outre-mer français.

Afrique Économie
Quand le manque de cash pèse sur les agents ivoiriens de «mobile money»

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 2:18


La Côte d'Ivoire compte aujourd'hui plus de 400 000 points de service de mobile money selon l'Agence de promotion de l'inclusion financière – c'est 300 fois plus que le nombre total de distributeurs automatiques de billets. Les Ivoiriens utilisent les cabines au quotidien, pour déposer leur salaire, retirer de l'argent, mais les agents de mobile money sont parfois confrontés à un manque de liquidités qui pénalise leur activité. De notre correspondant à Abidjan, Fin d'après-midi au quartier d'Angré Château. L'heure de faire les courses ou de prendre les transports, mais sur ce carrefour très passant, la cabine de mobile money est à court de cash. Rosette est fataliste, elle est venue retirer 10 000 francs CFA – 15 euros : « Quand tu viens, ils n'ont pas ce dont vous avez besoin, c'est un truc qui arrive, donc on fait avec. » Assise dans la cabine jaune, la guichetière Nema fait patienter les clients : « Il y a des jours où il peut y avoir beaucoup de retraits et il nous arrive de manquer d'espèces. On s'excuse et on dit aux clients que nous sommes en mode dépôt. » Plutôt que de faire la queue, certains clients partent retirer ailleurs. Affoué est la gérante de la cabine. Pour cette ancienne comptable, perdre un client, c'est un manque à gagner : « Tu perds le client, et tu perds la commission du client, donc voilà pourquoi il faut bien s'occuper des clients afin que les commissions puissent augmenter et pouvoir dégager un bénéfice net. » Perte de clientèle, perte de rentabilité Les différents opérateurs de mobile money, comme Orange, Moov, MTN ou Wave, reversent une commission aux gérants de cabines. À titre d'exemple, ces derniers gagnent entre 20 et 60 francs CFA – entre 3 et 9 centimes d'euros – pour une transaction de 10 000 francs CFA – 15 euros. Plus il y a de transactions, et plus elles sont importantes en valeur, plus leurs revenus augmentent. La machine se grippe en cas de manque de cash ou de crédit. Les agents de mobile money sont obligés de fermer boutique pour se réapprovisionner auprès des opérateurs ou des banques. « Ils ont une perte de clientèle, ils n'ont pas assez de commissions, c'est pas rentable pour eux, ils sont obligés de fermer les agences pour aller chez les distributeurs. » À lire aussiGuinée : un manque persistant de liquidités handicape les commerçants La moto pour être plus réactif Gertrude Yapi est directrice des opérations de Leya, une startup abidjanaise qui a mis en place un service de convoyeurs de fonds à moto pour dépanner les points de service de mobile money : « On les approvisionne – en crédit – en moins de quatre minutes, et on envoie le cash en moins de 30 minutes pour satisfaire la clientèle. On permet aux points de vente d'avoir un chiffre d'affaires de 50 % en plus. » Leya revendique aujourd'hui plus de 3 000 clients actifs dans quatre villes de Côte d'Ivoire : Abidjan, Bondoukou, Bouaké et Korhogo. Pour l'économiste ivoirien Kassoum Timité, la continuité de service est essentielle pour soutenir l'activité économique en général : « Le mobile money s'adresse directement à la population dans le secteur informel, qui représente la plus grande part de l'activité économique en Côte d'Ivoire (il pèserait jusqu'à 40% du produit intérieur brut, selon le Fonds monétaire international, ndlr). Donc le manque de liquidités va ralentir les transactions et l'activité économique diminuera aussi. » En 2024, plus de 140 milliards de francs CFA – plus de 210 millions d'euros – étaient échangés via mobile money chaque jour selon l'agence ivoirienne de promotion de l'inclusion financière, près de quatre fois plus qu'en 2020. À écouter aussiLe paiement mobile en Afrique de l'Ouest : validé et adopté

Accents d'Europe
Italie : l'extrême droite pousse son obsession de la «remigration»

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 26, 2026 19:29


Direction l'Italie, où l'extrême droite identitaire milite pour un projet de loi sur la « remigration », et pas seulement des immigrés sans papiers. 150 000 signatures ont été réunies en un mois de campagne, de quoi voir l'initiative arriver au Parlement. Au sommaire également : une expérience irlandaise très concrète pour protéger les enfants des écrans : « It takes a village » ! Si Giorgia Meloni se montre très dure contre l'immigration irrégulière, elle organise en parallèle l'entrée de travailleurs étrangers pour les besoins de l'économie : près de 500 000 visas doivent être délivrés. Une contradiction pour l'extrême droite identitaire et les groupuscules néofascistes, qui mènent campagne depuis un mois autour d'un mot d'ordre : la « remigration », et pas seulement celle des sans-papiers. Dans des centaines de communes italiennes, leurs militants installent des stands, récoltent des signatures et revendiquent déjà 150 000 soutiens, trois fois plus que le seuil nécessaire pour déposer leur projet de loi au Parlement. Reportage à Turin, Cécile Debarge. Le fascisme italien, un héritage jamais vraiment soldé Entretien avec Lucien Jaume, auteur de La vraie nature du fascisme italien, publié aux éditions Tallandier. L'historien s'est replongé dans les discours, la politique de Benito Mussolini, mais aussi dans la doctrine de son philosophe officiel, Giovanni Gentile. Il analyse le rapport changeant à la question raciale et antisémite qui, contrairement au nazisme, n'est pas centrale au  fascisme italien.    À écouter aussiLe spectre du fascisme hante l'Italie En Hongrie, le gouvernement Magyar fait entrer la société civile au pouvoir À quoi ressemble le paysage politique hongrois depuis la victoire triomphale de Péter Magyar sur Viktor Orban ? Le nouveau Premier ministre a formé son gouvernement le 11 mai 2026. Une équipe composée de membres de son parti, mais aussi de nombreux profils venus de la société civile. C'est le cas du ministre de l'Environnement : un ancien directeur de zoo, grand ami des animaux. À Budapest, Florence La Bruyère. À lire aussiHongrie: le Premier ministre Peter Magyar en Pologne pour son premier déplacement à l'étranger En Irlande, une ville fait bloc contre les smartphones Comment protéger les enfants des écrans ? À Greystones, au sud de Dublin, parents, écoles et commerçants se sont mis d'accord il y a trois ans autour d'une règle simple : pas de smartphone avant 13 ans. Un modèle qui porte ses fruits et qui inspire l'Irlande qui prendra bientôt la présidence du Conseil de l'Union européenne avec une priorité : interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le reportage de Clémence Pénard.   À écouter aussiEnfants et écrans: en quoi consiste la règle du 3-6-9-12?

Accents d'Europe
Italie : l'extrême droite pousse son obsession de la «remigration»

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 26, 2026 19:29


Direction l'Italie, où l'extrême droite identitaire milite pour un projet de loi sur la « remigration », et pas seulement des immigrés sans papiers. 150 000 signatures ont été réunies en un mois de campagne, de quoi voir l'initiative arriver au Parlement. Au sommaire également : une expérience irlandaise très concrète pour protéger les enfants des écrans : « It takes a village » ! Si Giorgia Meloni se montre très dure contre l'immigration irrégulière, elle organise en parallèle l'entrée de travailleurs étrangers pour les besoins de l'économie : près de 500 000 visas doivent être délivrés. Une contradiction pour l'extrême droite identitaire et les groupuscules néofascistes, qui mènent campagne depuis un mois autour d'un mot d'ordre : la « remigration », et pas seulement celle des sans-papiers. Dans des centaines de communes italiennes, leurs militants installent des stands, récoltent des signatures et revendiquent déjà 150 000 soutiens, trois fois plus que le seuil nécessaire pour déposer leur projet de loi au Parlement. Reportage à Turin, Cécile Debarge. Le fascisme italien, un héritage jamais vraiment soldé Entretien avec Lucien Jaume, auteur de La vraie nature du fascisme italien, publié aux éditions Tallandier. L'historien s'est replongé dans les discours, la politique de Benito Mussolini, mais aussi dans la doctrine de son philosophe officiel, Giovanni Gentile. Il analyse le rapport changeant à la question raciale et antisémite qui, contrairement au nazisme, n'est pas centrale au  fascisme italien.    À écouter aussiLe spectre du fascisme hante l'Italie En Hongrie, le gouvernement Magyar fait entrer la société civile au pouvoir À quoi ressemble le paysage politique hongrois depuis la victoire triomphale de Péter Magyar sur Viktor Orban ? Le nouveau Premier ministre a formé son gouvernement le 11 mai 2026. Une équipe composée de membres de son parti, mais aussi de nombreux profils venus de la société civile. C'est le cas du ministre de l'Environnement : un ancien directeur de zoo, grand ami des animaux. À Budapest, Florence La Bruyère. À lire aussiHongrie: le Premier ministre Peter Magyar en Pologne pour son premier déplacement à l'étranger En Irlande, une ville fait bloc contre les smartphones Comment protéger les enfants des écrans ? À Greystones, au sud de Dublin, parents, écoles et commerçants se sont mis d'accord il y a trois ans autour d'une règle simple : pas de smartphone avant 13 ans. Un modèle qui porte ses fruits et qui inspire l'Irlande qui prendra bientôt la présidence du Conseil de l'Union européenne avec une priorité : interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le reportage de Clémence Pénard.   À écouter aussiEnfants et écrans: en quoi consiste la règle du 3-6-9-12?

Reportage International
Au Canada, la fin annoncée de la distribution du courrier à domicile

Reportage International

Play Episode Listen Later May 23, 2026 2:29


La visite du facteur qui passe quotidiennement déposer le courrier ne sera bientôt plus qu'un souvenir au Canada. D'ici cinq ans, des millions de foyers perdront leur livraison à domicile au profit de boîtes centralisées. Dans ce pays vaste comme l'Europe, mais peuplé comme une fraction de la France, la proximité est devenue un luxe que la poste canadienne dit ne plus pouvoir offrir. À lire aussiLe service postal à l'arrêt au Canada paralysé par une grève nationale

Reportage International
«On a acheté le savoir-faire»: au Vietnam, la filière du cheveu est en plein essor

Reportage International

Play Episode Listen Later May 22, 2026 2:31


Au Vietnam, le marché des perruques et extensions est en pleine croissance, porté par la demande internationale, notamment en Europe, aux États-Unis et en Afrique. Appréciés pour leur qualité naturelle, leur résistance et leur polyvalence, les cheveux vietnamiens, souvent peu traités, sont très recherchés. En 2024, le pays exportait déjà pour plusieurs dizaines de millions de dollars de produits capillaires. Un secteur en forte expansion, restructuré pendant la pandémie de Covid-19. Au nord d'Hanoï, au milieu des rizières et du complexe industriel de Bac Ninh, se trouve le « village du cheveu ». À Binh An, entre les échoppes de pho et de banh mi, des dizaines de commerçants vendent des cheveux transformés. D'anciennes granges ont été reconverties en ateliers où l'on trie, tisse et colore la matière première. D'autres ont développé de véritables usines. C'est le cas de cette vendeuse : « La majorité de mes cheveux viennent du Vietnam, ce sont des cheveux bruts vietnamiens, donc la qualité est toujours garantie, notamment pour la décoloration et la teinture. » Transformés en extensions ou perruques, les cheveux vietnamiens sont réputés pour leur qualité, leur résistance et leur aspect naturel. Peu traités et souvent coupés directement sur la tête des donateurs, ils sont très recherchés sur les marchés internationaux, affirme cette autre vendeuse : « Aujourd'hui, notre marché se développe principalement en Afrique. Environ 85% de nos ventes se font en Afrique. En un mois, nous produisons entre 1,6 et 2 tonnes de marchandises. » Nigeria, Ghana, Zambie : l'Afrique s'impose aujourd'hui comme un marché en plein essor, aux côtés de l'Europe et des États-Unis. Le cheveu est aussi acheté en Inde Longtemps dominé par les acteurs chinois et indiens, le secteur voit désormais émerger des producteurs vietnamiens. Présent dans la région depuis 15 ans, un producteur observe que la filière s'est restructurée depuis la pandémie de Covid-19 : « Avant, des acheteurs chinois venaient au Vietnam, à Bac Ninh, pour collecter les cheveux vietnamiens. Mais quand le Covid est arrivé, ils ne pouvaient plus venir. Alors, on a dû produire nous-mêmes. On a acheté le savoir-faire, la technique pour transformer les cheveux. » Porté par une forte croissance économique, le niveau de vie moyen augmente au Vietnam. Les donneurs de cheveux se raréfient, poussant les collecteurs vers les zones les plus rurales du pays. Les cheveux sont parfois rachetés quelques euros, soulevant des questions éthiques. Certains vendeurs locaux se tournent aussi vers des cheveux venus d'autres pays, notamment d'Inde, moins chers mais dont la provenance est plus difficile à tracer. « Ces cheveux sont ensuite vendus à des pays comme le Vietnam. Puis, depuis le Vietnam, ils sont revendus à d'autres pays, principalement en Afrique. Mais dans notre usine, nous ne vendons qu'une seule qualité : des cheveux vietnamiens bruts de donneurs ». L'homme affirme être attentif aux questions éthiques. Ces perruques haut de gamme, 100% made in Vietnam, sont parfois revendues plus de 600 euros, soit un revenu significatif pour ces marchands, qui misent sur un secteur en pleine expansion. À lire aussiLe commerce du cheveu en Chine

Accents d'Europe
L'Europe mobilisée contre le tabac

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 21, 2026 19:29


700.000 décès par an : c'est le bilan du tabagisme au sein de l'Union européenne. La France teste le dépistage systématique, la Belgique renforce les contrôles. De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, le gouvernement fait le pari d'une génération sans tabac. Également au programme : reportage au Kosovo où le dernier procès des ex-dirigeants de l'UCK continue de cristalliser les tensions. Comment enrayer l'addiction au tabac chez les jeunes Européens ? Au Royaume-Uni, les personnes nées depuis le 1er janvier 2009 n'auront jamais le droit d'acheter des cigarettes, tout simplement. C'est la mesure-phare de la loi sur le tabac et le vapotage qui a été votée début mai 2026. Elle vise à réduire drastiquement la consommation dans la durée, grâce à un effet cumulatif. En revanche, elle ne s'attaque que modérément à la cigarette électronique. Explications et réactions dans ce reportage, Marie Billon. De l'autre côté de la Manche, la Belgique a été le dernier pays européen à autoriser la vente de tabac à des mineurs. Jusqu'en 2019, il était possible d'acheter des cigarettes dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, il faut avoir 18 ans pour pouvoir acheter du tabac ou des produits dérivés. Les commerçants ont été mis à contribution pour dissuader les acheteurs, mais ils ne jouent pas tous le jeu. Dans un contexte où le gouvernement fédéral restreint l'accès au tabac depuis plusieurs années, des contrôles récents montrent que seulement la moitié des commerçants sont en conformité avec la loi. À Bruxelles, les précisions de Jean-Jacques Héry.   La revue de presse de Franceline Beretti L'Ukraine intensifie sa riposte sur le territoire russe ; l'accord commercial avec États-Unis signé par l'Union européenne ; le « Breturn » ou le désir d'Europe des Britanniques.   Kosovo : le verdict du procès des ex-dirigeants de l'UCK repoussé au mois de juillet Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo et l'intervention de l'Otan contre la Serbie, le verdict très attendu ces jours-ci contre les anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo a été repoussé à La Haye au mois de juillet 2026. Le procureur a requis jusqu'à 45 ans de prison contre ceux qui, en 2008, étaient devenus les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Le report n'a pas été bien accueilli dans la société kosovare où le tribunal spécial chargé de juger les crimes de la guérilla indépendantiste de l'UCK suscite une profonde indignation. Dans le plus jeune État d'Europe dont l'indépendance reste contestée par la Serbie, par plusieurs États de l'UE et l'ONU, ce procès cristallise toujours les tensions entre justice internationale et récit national. Reportage de notre correspondant à Pristina, Louis Seiller. À lire aussiLe tribunal spécial pour le Kosovo entre en délibéré dans le procès des anciens chefs de l'UCK

Accents d'Europe
L'Europe mobilisée contre le tabac

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later May 21, 2026 19:29


700.000 décès par an : c'est le bilan du tabagisme au sein de l'Union européenne. La France teste le dépistage systématique, la Belgique renforce les contrôles. De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, le gouvernement fait le pari d'une génération sans tabac. Également au programme : reportage au Kosovo où le dernier procès des ex-dirigeants de l'UCK continue de cristalliser les tensions. Comment enrayer l'addiction au tabac chez les jeunes Européens ? Au Royaume-Uni, les personnes nées depuis le 1er janvier 2009 n'auront jamais le droit d'acheter des cigarettes, tout simplement. C'est la mesure-phare de la loi sur le tabac et le vapotage qui a été votée début mai 2026. Elle vise à réduire drastiquement la consommation dans la durée, grâce à un effet cumulatif. En revanche, elle ne s'attaque que modérément à la cigarette électronique. Explications et réactions dans ce reportage, Marie Billon. De l'autre côté de la Manche, la Belgique a été le dernier pays européen à autoriser la vente de tabac à des mineurs. Jusqu'en 2019, il était possible d'acheter des cigarettes dès l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, il faut avoir 18 ans pour pouvoir acheter du tabac ou des produits dérivés. Les commerçants ont été mis à contribution pour dissuader les acheteurs, mais ils ne jouent pas tous le jeu. Dans un contexte où le gouvernement fédéral restreint l'accès au tabac depuis plusieurs années, des contrôles récents montrent que seulement la moitié des commerçants sont en conformité avec la loi. À Bruxelles, les précisions de Jean-Jacques Héry.   La revue de presse de Franceline Beretti L'Ukraine intensifie sa riposte sur le territoire russe ; l'accord commercial avec États-Unis signé par l'Union européenne ; le « Breturn » ou le désir d'Europe des Britanniques.   Kosovo : le verdict du procès des ex-dirigeants de l'UCK repoussé au mois de juillet Vingt-sept ans après le conflit au Kosovo et l'intervention de l'Otan contre la Serbie, le verdict très attendu ces jours-ci contre les anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo a été repoussé à La Haye au mois de juillet 2026. Le procureur a requis jusqu'à 45 ans de prison contre ceux qui, en 2008, étaient devenus les premiers dirigeants du Kosovo indépendant. Le report n'a pas été bien accueilli dans la société kosovare où le tribunal spécial chargé de juger les crimes de la guérilla indépendantiste de l'UCK suscite une profonde indignation. Dans le plus jeune État d'Europe dont l'indépendance reste contestée par la Serbie, par plusieurs États de l'UE et l'ONU, ce procès cristallise toujours les tensions entre justice internationale et récit national. Reportage de notre correspondant à Pristina, Louis Seiller. À lire aussiLe tribunal spécial pour le Kosovo entre en délibéré dans le procès des anciens chefs de l'UCK

Reportage International
Roumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires

Reportage International

Play Episode Listen Later May 15, 2026 2:27


En Roumanie, des historiens planchent sur l'intégration de cours optionnels sur l'histoire des Roms, à destination des collégiens et lycéens. Le module doit notamment approfondir le sujet de l'esclavage de cette minorité, estimée entre 1,5 et 2 millions de personnes dans le pays, selon l'État roumain. Aboli il y a 170 ans, le travail forcé souffre d'un manque de visibilité dans les écoles roumaines. Mais le début de cet enseignement, prévu à la rentrée 2026, pourrait prendre du retard. De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes Assis à son bureau à Bucarest, le sociologue Adrian-Nicolae Furtuna ouvre un livre d'archives. À l'intérieur, les contrats de vente d'esclaves roms défilent : « Regardez ici. C'est le cas de Craciun, un enfant Rom, qui a été vendu à trois maîtres différents en seulement deux jours. Vous voyez ici, vous pouvez voir la signature et l'empreinte du doigt, en bas du texte rédigé en cyrillique. » Pendant près de cinq siècles, l'esclavage des Roms se pratique dans les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie. Monastères, boyards, paysans, l'ensemble de la société recourt au travail forcé de cette minorité ethnique. Les esclaves sont alors considérés comme des biens meubles. Une absence de droit avec son lot de personnes battues, parfois jusqu'à la mort, de violences sexuelles et d'enfants séparés de leurs parents. Cette page de l'histoire est tombée dans l'oubli en Roumanie, depuis l'abolition du système, il y a 170 ans. « J'ai découvert l'histoire de l'esclavage des Roms quand j'avais 20 ans. J'étais étudiant. Quand j'ai démarré mes recherches, je ne courais pas après le sensationnel. Mais à force de documenter, j'ai fini par tomber sur des informations comme celle-ci, raconte Adrian-Nicolae Furtuna. Ces documents montrent clairement comment un paysan roumain pouvait acheter un enfant pour ensuite le revendre au monastère dont il dépendait. » « Ils ont besoin de comprendre (...) ce qu'il s'est passé » Delia Grigorie, activiste et maîtresse de conférences à l'université de Bucarest, travaille à la rédaction de nouveaux manuels scolaires. Depuis l'adoption d'une loi en juillet 2023, les collégiens et lycéens roumains peuvent choisir des cours dédiés à l'histoire des Roms. Le programme, d'une durée de quatre ans, toujours en cours d'élaboration, doit s'attarder sur leur esclavage : « Ils ont besoin de comprendre, dès le plus jeune âge, ce qu'il s'est passé : pourquoi les Roms ont été marginalisés et restent encore aujourd'hui fortement stigmatisés. Mais aussi, pourquoi ils s'excluent parfois eux-mêmes et gardent une très faible estime d'eux-mêmes. L'enseignement de cette histoire, qui n'est toujours pas enseignée à l'école, est essentiel. Si on la transmet, je suis sûr que le racisme reculera. » Mais le démarrage du nouveau cours prend du retard. Le groupe d'experts chargé de rédiger les manuels a remis sa proposition de curriculum à une commission du ministère de l'Éducation. Depuis huit mois, les chercheurs sont sans nouvelles. Delia Grigorie évoque un début des cours au plus tôt pour la rentrée 2027… quatre ans après le vote de la loi. À lire aussiLe difficile accès des enfants Roms à l'éducation

Reportage culture
Exposition «K-Beauty», la beauté sud-coréenne au musée Guimet à Paris

Reportage culture

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 3:03


Les produits de beauté sud-coréens cartonnent dans nos salles de bain, mais que sait-on vraiment des rituels de la beauté au pays du Matin calme ? Le musée Guimet, à Paris, décrypte les secrets de la beauté sud-coréenne à travers une exposition inédite K-Beauty, l'histoire d'un phénomène, à retrouver au musée Guimet jusqu'au 6 juillet. À lire aussiLe succès du skincare coréen en France: miracle cosmétique ou mirage marketing?

Reportage International
Turquie: «Yellow Letters», un film choc sur la répression après la tentative de coup d'État de 2016

Reportage International

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 2:32


Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d'or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant. De notre correspondante à Ankara, Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir. À lire aussiBerlinale: le festival teinté de polémiques s'achève avec l'Ours d'or pour «Yellow Letters» d'Ilker Catak « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre » Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots. « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il. À lire aussiLe réalisateur allemand Ilker Çatak en un mot, un geste et un silence Aucune décision de justice ne fera justice Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. » Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers. Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance. À lire aussiEntretien avec Ilker Çatak sur «Yellow Letters», le splendide Ours d'or 2026

Reportage International
«Nous payons un lourd tribut»: au Liban, hôpitaux et secouristes sont aussi dans le viseur d'Israël

Reportage International

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 2:36


À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban devenue ville fantôme, les services de secours ont été durement frappés par les bombardements israéliens. Au total, au Liban, plus de 100 secouristes ont perdu la vie depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026. Les hôpitaux sont aussi menacés et des centres de santé ont été détruits ou ont dû fermer, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais dénonce des attaques répétées contre le secteur de la santé. De notre correspondante de retour de Nabatiyeh, À Nabatiyeh, au Liban, les secouristes sont considérés comme des héros. Uniforme bleu et rouge, gilet pare-balles, Mohamad Khayyat ne profite pas vraiment de cette trêve de papier. « Il y a une trêve, mais même les drones sont toujours là : hier, il y avait beaucoup d'avions de guerre dans le ciel, et la veille aussi. C'est clair qu'ils violent déjà la trêve. Nous, en tant qu'équipe de secours, nous restons présents et prêts à servir les gens en cas d'incident », confie-t-il. Responsable des opérations des ambulanciers de Nabatiyeh, Mohamed a perdu plusieurs collègues. « Malheureusement, nous avons payé un lourd tribut – un tribut qui ne peut pas être compensé : la perte de nos jeunes, de nos vies. » Il dénonce le ciblage à répétition des secouristes par Israël. « La première fois, deux jeunes, Joud et Ali, étaient sur une moto quand ils ont été ciblés. Puis, deux jours avant la trêve, notre martyr Mahdi a été directement ciblé alors qu'il était dans une ambulance, en train d'accomplir son devoir pour aider nos collègues des autres associations de secours, qui avaient déjà été frappés par une première et une deuxième frappe. Nous sommes allés leur porter secours et soutien pour évacuer les blessés. Notre ambulance a elle aussi été ciblée par une troisième frappe. » À lire aussiLiban: la santé en péril « C'est comme s'ils nous poussaient à partir » Ces trois frappes successives ont fait quatre morts qui viennent s'ajouter aux plus de 100 secouristes tués par Israël depuis le début de la guerre. À l'hôpital du Secours populaire de Nabatiyeh, les chambres des patients hébergent désormais les soignants et les pompiers. « ​​​​​​​On héberge les gens des organisations qui aident comme la nôtre. Sinon, on ne pourrait pas travailler, explique Mona Abou Zeid, qui dirige l'hôpital. Regardez, vous voyez cet immeuble ? Maintenant, il est complètement à terre. Il était à 200 mètres, mais le souffle était très fort, c'était un grand immeuble. La fumée est arrivée jusqu'ici, le verre était cassé partout. Des gens dormaient ici. » Au moins 59 centres de soins et six hôpitaux ont été détruits ou ont dû fermer. « ​​​​​​​On ne se sent pas très en sécurité. Il n'y a aucun respect du droit international, qui protège les secouristes, les hôpitaux. À la fin, si personne ne nous protège, aucune loi, qui va protéger la population ? Le jour où ils vont bombarder l'hôpital, qui va rester ​​​​​​​? C'est comme s'ils nous poussaient à partir. » Viser intentionnellement des secouristes ou des hôpitaux est un crime de guerre. À lire aussiLe secteur libanais de la santé dans le viseur de l'armée israélienne

Couleurs tropicales
Spéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 3

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 48:30


Nous sommes au cœur du domaine royal de Kassav', le groupe qui fait encore, en 2025, rayonner les Antilles, ses peuples, son histoire et sa culture. [Rediffusion] Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Jocelyne Béroard - Kolé séré Jean-Philippe Marthély - Imagine Jean-Philippe Marthély et Patrick Saint-Eloi - Pa bizwen palé Jacob Desvarieux et Georges Decimus - Mwen diw awa. Jacob Desvarieux, guitariste et chanteur, a confondé en 1979 Kassav', avec le percussioniste Pierre‑Édouard Décimus, son style, mêlant virtuosité rock et rythmes créoles, contribue à faire du zouk un phénomène mondial. Il s'éteint en 2021 des suites du Covid‑19, laissant un héritage incontournable de la musique caribéenne.  À lire aussiLe parcours de Jacob Desvarieux, un être extraordinaire, un an après sa mort Jean-Claude Naimro - En mouvmen Jocelyne Béroard - Jilo mayé. Patrick Saint-Eloi - Mi tche mwen Georges Décimus et Jean-Philippe Marthély - Mangola. Jacob Desvarieux - Oh Madiana Jean-Philippe Marthély - Rété. Jocelyne Beroard et Jocelyne Labylle - Avan i two ta Viviane Rangon et Patrick Saint-Eloi - Rékonsylié Retrouvez notre playlist sur Deezer.  À lire aussiSpéciale Kassav' dans Couleurs Tropicales - Épisode 2