Reportage Culture

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Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la ch…

Rfi - Muriel Maalouf


    • Feb 21, 2026 LATEST EPISODE
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    • 3m AVG DURATION
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    Martin Parr: «Global Warning», une exposition humoristique et posthume au musée du Jeu de Paume

    Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 2:28


    Le musée du Jeu de Paume, à Paris, consacre en ce moment une exposition au photographe britannique Martin Parr, disparu en décembre 2025. À travers 180 photos issues de ses 50 ans de carrière, Martin Parr : Global Warning met en lumière les obsessions du photographe – le tourisme, la surconsommation, le réchauffement climatique –, mais aussi son humour, tantôt tendre, tantôt piquant, envers ses congénères. 29 janvier 2026. C'est avec une émotion palpable que Quentin Bajac, directeur du musée du Jeu de Paume et commissaire de l'exposition Global Warning, inaugure l'événement. Il connaissait bien Martin Parr avec qui il avait même publié, en 2010, un livre d'entretiens (Le Mélange des genres, édition Textuel, réédité en 2026). Surtout, les deux hommes avaient préparé ensemble cette exposition : « Martin était très enthousiasmé par ce projet », confie ainsi Quentin Bajac.  Hélas, la maladie a emporté Martin Parr le 6 décembre 2025, quelques semaines à peine avant l'ouverture de Global Warning au Jeu de Paume – ultime ironie cruelle de la vie, pour un photographe qui aura manié cette forme si particulière d'humour toute sa carrière durant.  À lire aussiLe photographe britannique Martin Parr est mort à l'âge de 73 ans 50 ans de carrière exposés  C'est donc sans surprise que l'on retrouve la patte de Martin Parr tout au long de l'exposition, notamment « dans la sélection des photos, raconte Quentin Bajac. Nous l'avons faite ensemble. Il tenait vraiment à ce que chacune des décennies de sa carrière soit représentée. » On retrouvera donc aussi bien les photos désormais très connues de plages bondées et aux couleurs criardes, prises dans les années 1980 et 1990, que des images plus confidentielles, capturées dans les années 1970 (et en noir et blanc !) où l'on pressent déjà son envie de représenter les classes moyennes.  En cinq décennies, Martin Parr a accumulé plus de 50 000 prises de vue dans ses archives – aujourd'hui stockées à la Martin Parr Foundation, à Bristol, en Angleterre, où il vivait. Impossible d'être tout à fait exhaustif ; en revanche, on peut clairement identifier certaines des marottes du photographe. « La société de consommation, le tourisme planétaire, le réchauffement climatique », énumère le directeur du Jeu de Paume. Autant d'axes autour desquels l'exposition est donc organisée, sans en oublier deux autres : l'addiction technologique et les rapports entre les humains et les animaux.  « Ma ligne de front, c'est le supermarché »  Ces thématiques sont loin de celles privilégiées par les confrères de Martin Parr à l'époque, aux premiers rangs desquelles les conflits et la pauvreté. « Il le disait : "Ma ligne de front, c'est le supermarché" », se remémore avec tendresse Quentin Bajac.  On ne s'étonnera donc pas de croiser, ici, deux femmes retranchées derrière leurs caddies, semblant prêtes à retourner au combat ; là, un bébé dans un chariot de courses, quasi enseveli sous les couches et les paquets de viande bon marché ; ou, plus loin, des clients semblant sur le point de s'empoigner pour mettre la main sur le dernier pack de bière en promotion.  Ces images pourraient sembler cruelles, elles dégagent pourtant une certaine tendresse pour l'espèce humaine. « ​​​​​​​Martin ne se mettait pas en surplomb, raconte Quentin Bajac. Il avait conscience de faire partie du problème : il voyageait énormément pour ses reportages, appréciait la plage et le shopping... »  À lire aussi«Life's a Beach», Martin Parr exposé à Evian Un humour tout british  Les constats posés par Martin Parr, une photo à la fois, pourraient aussi être déprimants. C'était sans compter sur sa touche bien à lui : son regard décalé, toujours de biais ; et surtout, «​​​​​​​ ​​​​​​​l'humour, fondamental. Parfois cruel, ironique, tendre... En fait, il n'y a pas un humour de Martin Parr mais bien des humours de Martin Parr », insiste le commissaire de l'exposition.  Nous voilà donc amenés à sourire en coin tout au long de l'exposition. Le photographe lui-même en jouait d'ailleurs. «​​​​​​​ ​​​​​​​Les Français m'adorent parce que je me moque des Anglais : ça leur fait gagner du temps », s'était-il un jour amusé au cours d'une conférence. Le succès de l'exposition Global Warning ne l'a pas démenti : face à l'affluence, le musée du Jeu de Paume a décidé d'étendre ses horaires de visite.  Martin Parr : Global Warning, au musée du Jeu de Paume (Paris) jusqu'au 24 mai 2026. À lire aussi«How Do You Feel?» nous demande Joel Quayson à la Maison européenne de la photographie

    «Presque égal, presque frère», une création scénique sur l'argent et le racisme signée Christophe Rauck

    Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 2:50


    La nouvelle création du Théâtre des Amandiers à Nanterre nous fait découvrir un grand auteur contemporain suédois d'origine tunisienne. Christophe Rauck met en scène un diptyque de Jonas Hassen Khemiri. Dans Presque égal, presque frère, il est question d'une société régie par l'argent et le racisme. Des pièces menées tambour battant entre sketches, stand-up et performance.

    Trois films africains en compétition à la Berlinale 2026

    Play Episode Listen Later Feb 14, 2026 2:38


    Cap sur Berlin où se tient jusqu'au dimanche 22 février la 76ᵉ édition du festival international de cinéma. Un festival à l'ADN toujours très politique et qui confirme une tendance observée depuis quelques années : une attention particulière portée au cinéma africain. Comme en 2024, l'année qui vit le sacre de Dahomey de Mati Diop, trois films tournés sur le continent africain sont en lice pour le prestigieux Ours d'or. Les trois films sont Dao, d'Alain Gomis ; À voix basse, de Leyla Bouzid ; et SoumSoum, la nuit des astres, de Mahamat-Saleh Haroun. À lire aussiLa 76e Berlinale célèbre les cinémas du monde avec 80 pays représentés

    Talent Kaché, la «Star academy» de Bolon Sylla, jeune migrant sénégalais

    Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 4:00


    Le reportage culture nous emmène dans les soirées « Open Mic », micro ouvert en français, où se détectent les nouveaux talents de la scène rap et R'n'B française. Bolon Sylla, jeune Sénégalais vivant en France, a lancé l'initiative « Talent Kaché ». Son objectif : mettre en lumière celles et ceux qui débutent.  L'ambiance rappelle celle des battles de rap : DJ, lumière minimaliste et capuches de rigueur. À ceci près qu'il ne s'agit pas d'une compétition, mais d'une restitution, celle des huit sélectionnés de la saison 3 de Talent Kaché, ou TLK pour les intimes. Une initiative de détection d'artistes lancée sur les réseaux sociaux. « Notre connexion s'est faite sur Instagram, explique Uzibinski, et on s'est vu et l'alchimie est bien passée. Du coup, on a tourné directement avec TLK. » « En fait, ils présentaient un "open mic" dans un "event", raconte Realness, j'ai été très intéressée et c'est comme ça qu'ils m'ont recrutée, pour me proposer de faire partie de la saison 3. » Ces deux chanteurs ont eu droit, comme les huit autres sélectionnés, à l'enregistrement d'un clip suivi d'une performance scénique au Doc, lieu culturel du 19ᵉ arrondissement de Paris.  « On m'a tendu la main et je fais pareil » Talent Kaché en est à sa troisième édition. Son promoteur, le Sénégalais Bolon Sylla, est arrivé en France en 2018. Il a connu les pires galères des jeunes migrants avant de trouver aide et assistance. « Je pense que c'est mon parcours qui m'a permis de faire cela, confie-t-il. Parce que moi aussi, on m'a beaucoup aidé en fait. Et je me suis dit : pourquoi ne pas partager ça avec les gens qui sont courageux et qui ont du talent ? On m'a tendu la main et je fais pareil. » La soirée de restitution se veut un tremplin pour des débutants souvent éloignés des projecteurs et des grands médias. Elise Allasia commence tout juste à percer. « J'ai quelques singles qui sont sortis sur les plateformes et j'ai aussi un EP en préparation. En attendant, je fais pas mal de scènes, j'ai fait beaucoup de premières parties. La première partie de Kimberose, liste la jeune chanteuse, Cerrone, Michel Fugain aussi, c'est assez éclectique... Et là, fin février, je fais la première partie de Ben l'Oncle Soul. » Pour Jiaceka ce type d'évènement sert aussi son réseau. « Si tu fais de la musique dans Paris, tu as toujours l'occasion de rencontrer des gens qui font des évènements, qui te proposent des choses, et puis on échange, on essaie d'apprendre les uns des autres, d'évoluer, de se faire connaître aux yeux des autres, d'un autre public. » Bolon Sylla n'est pas peu fier de ses poulains. Et surtout, de partager avec eux un moment de fraternité. «​​​​​​​ ​​​​​​​J'aime bien partager ma joie en fait et c'est ça aussi qui me pousse ». À écouter dans L'Invité cultureDans «DUB», le chorégraphe franco-sénégalais Amala Dianor crée l'union des danses undergound

    Les mots d'Anne Sylvestre à l'honneur dans le spectacle musical «La vie en vrai»

    Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 4:09


    Plus de cinq ans après sa mort, la figure majeure de la chanson française, Anne Sylvestre, continue d'inspirer les nouvelles générations. La comédienne et metteuse en scène Marie Fortuit et la chanteuse et pianiste Lucie Sansen se sont retrouvées autour de son répertoire, unies par l'envie de reprendre le flambeau de ses textes, sa musique, sa poésie et son engagement politique. Leur spectacle musical s'intitule La vie en vrai. Les dates de la tournée :  - 10 février- Val de Reuil (27) Théâtre de l'Arsenal - 13 février - Noyal sur Villaine (35) L'intervalle - 14 février - Saint-Gilles (35) Commune de Saint-Gilles - 6 mars - Montivilliers (76) Service Culturel - 7 mars - Rouen (76) L'étincelle - 8 mars - Loiron-Ruillé (53) Théâtre les 3 chênes - 12 mars - Rumilly (74) Quai des arts - 13 mars - Ricamarie (42) Centre culturel - 16,17 mars - Troyes (10) Théâtre de la Madeleine - 21 mars - Lardy (91) Salle Cassin - 28 mars - Erstein (67) Musée - 7 avril - Loire-Authion (49) - 9 avril - Sené (56) Grain de Sel - 24 avril - Duclair (76) - Théâtre Duclair - 29,30 avril - Colmar (68) La Comédie de Colmar - 9 mai - Brétignolles-sur-Mer (85) Mairie - 15 mai - Crépy en Valois (60) Centre Culturel - 20,22 et 23 mai - Foix (09) - L'Estive

    Le concert pour Gaza: «Voix de Gaza» à l'Institut du Monde arabe à Paris

    Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 2:42


    « Voix de Gaza », une soirée musicale et poétique, s'est tenue vendredi soir 6 février à l'Institut du monde arabe pour célébrer la fin de résidence d'artistes gazaouis bénéficiaires du programme Pause. Ce programme lancé par le Collège de France en 2017 a pour but de soutenir des artistes et chercheurs issus de zones en danger et d'être accueillis en France. Depuis l'attaque israélienne à Gaza, nombreux sont les artistes de cette enclave à avoir souscrit à ce programme. La soirée a réuni le groupe musical Radio Gaza entre pop, rock, rap et chansons traditionnelles ainsi que des poètes. Abu Joury fait du rap depuis 2001. Il a souscrit au programme Pause et bénéficie d'une résidence à Angers depuis un an avec sa famille. Il y retrouve d'autres musiciens palestiniens bénéficiaires du même programme. Ils fondent ensemble le groupe musical Radio Gaza, dont Abu Joury écrit les textes. « Le rap que j'écris, c'est mon histoire, celle de ma société. J'écris sur la politique qui interfère tellement dans nos vies. Sur les difficultés qu'on traverse au quotidien à Gaza. Aujourd'hui, je parle aussi de l'exil. Je n'aurais jamais cru que j'écrirais un jour là-dessus. Sur ma mère, restée à Gaza, et combien elle me manque. Sur ma maison où j'ai pu juste vivre deux ans avec ma femme avant de devoir partir. Mais y a-t-il des mots assez forts pour exprimer ce que je ressens ? Telle est la question. » Radio Gaza, c'est « un peu la fusion de tous ces styles » avec des instruments À Angers, c'est l'association Al Kamandjati basée aussi à Jérusalem qui accueille les artistes palestiniens. « Radio Gaza, c'est un collectif de ces musiciens qui sont arrivés en France en janvier 2025 et qui, petit à petit, comme ils avaient déjà joué ensemble, certains dans un groupe de rock, un des premiers groupes de rock de Gaza qui s'appelait Water Band. Il y avait aussi Abu Joury, le rappeur, et puis d'autres qui enseignaient la musique au Conservatoire de Gaza, donc musique traditionnelle... Ils se sont retrouvés tous ensemble ici et ils se sont dit : "On ne va pas faire du pur pop rock arabe. On ne va pas faire que du rap en arabe. On ne va pas faire que de la musique traditionnelle". Donc, c'est un peu la fusion de tous ces styles avec guitare, basse, batterie, saz, oud et des chants », explique Yacine Laghrour, coordinateur de l'orchestre. Une véritable renaissance pour les artistes palestiniens grâce au programme Pause et pourtant celui-ci a été suspendu par le Collège de France depuis le mois de janvier pour les artistes de Gaza. Les raisons officielles invoquées étant la difficulté de sortir de l'enclave. Une raison qui ne convainc pas les nombreuses institutions culturelles en France mobilisées pour accueillir les artistes palestiniens. 

    «Le Paris de tous les jours» du peintre franco-algérien, Bilal Hamdad, au Petit Palais

    Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 2:30


    Depuis quelques mois, les toiles de Diego Velasquez et de Claude Monet, exposées au Petit Palais à Paris, ont de nouvelles connaissances avec qui échanger : les tableaux du Franco-Algérien Bilal Hamdad. Les toiles hyper réalistes de l'artiste dialoguent avec celles des grands maîtres de la peinture classique et donnent à voir un Paris qui, jusque-là, ne trouvait pas sa place dans les grandes institutions : celui de Barbès Rochechouart, de Châtelet-les-Halles, et des livreurs Deliveroo. Elle trône, imposante, dans la « galerie des grands formats » du Petit Palais : la toile Paname, conçue par le peintre Bilal Hamdad spécialement pour l'exposition qui lui est consacrée. Plus de trois mètres de hauteur et quatre de largeur, qui capturent sur le vif – et dans un style quasi-photographique – la sortie du métro Barbès-Rochechouart, quartier populaire de la capitale française. Avec cette toile, les vendeurs de maïs ambulants, les livreurs Deliveroo et les doudounes multicolores sont immortalisés aux côtés des Parisiennes du XVIIIe siècle et des scènes bibliques plus classiques qui peuplent habituellement les galeries du musée. Des étoiles dans les yeux, la directrice du musée, Annick Lemoine, réfute tout paradoxe : « Bilal Hamdad amène au Petit Palais le Paris d'aujourd'hui, mais en défendant une peinture qui s'inscrit dans l'histoire de l'art. Sa pratique est traditionnelle, académique : de l'huile sur toile, sur grand format. » Rien de plus logique donc que de l'inviter à prendre ses quartiers dans ce célèbre musée du centre parisien, habitué à faire dialoguer, tous les ans, des peintres contemporains avec les artistes historiques qui peuplent la collection. D'autant que, poursuit la directrice, Bilal Hamdad « insère dans ses œuvres, de manière extrêmement discrète, des références à ces peintures de maître qui l'ont nourri ». On pense par exemple à son Angélus, un jeune homme perché sur une rambarde d'escalier dans le métro. Où est la référence au célèbre Angélus de Jean-François Millet (1859) ? Subtilement cachée en arrière-plan. « Très discrètement, Bilal Hamdad a représenté une trace, comme une saleté, sur le mur derrière le jeune homme. Mais en réalité, cela reprend la silhouette du village, en arrière-plan de l'Angélus de Millet, détaille Annick Lemoine. Mais si on ne le sait pas, on ne peut pas le voir. » Une exposition pédagogique et aux accents politiques Pour rester accessible à celles et ceux qui ne seraient pas rodés aux milliers de références dont fourmille l'histoire de la peinture classique, le Petit Palais a truffé le parcours de petites explications. Les toiles de Bilal Hamdad sont donc fréquemment accompagnées de cartels pointant, lorsqu'il y en a, les clins d'œil à des tableaux passés.  Car l'idée de cet événement était, précisément, d'ouvrir le champ de la culture à un public plus large que celui qui arpente habituellement les couloirs du Petit Palais. « On a fait le choix de défendre un jeune artiste, martèle Annick Lemoine, mais notre ambition, c'était aussi de faire venir, par cette exposition, des personnes qui n'auraient autrement peut-être pas franchi les portes du Petit Palais. Et c'est un fait, on a eu beaucoup plus de jeunes visiteurs, qui n'avaient jamais mis les pieds dans notre musée et qui ont, par ce biais, découvert le Petit Palais. »  Le message politique du travail de Bilal Hamdad, lui, est plus discret – et surtout laissé à l'interprétation des spectateurs. Il se lit surtout dans le fait de « peindre des gens », comme le dit l'artiste, quelle que soit leur origine sociale ou ethnique, et de leur donner, toujours, la même importance.  Une série, pourtant, se teinte d'un message plus franchement affirmé : ces tableaux – dont certains figurent au Petit Palais – de jeunes hommes étendus dans l'eau, morts ou endormis, l'histoire ne le dit pas. Sur l'une de ces toiles, au premier plan, un petit bateau en papier rouge fait une référence discrète, pas à l'histoire de l'art cette fois, mais bien à l'actualité. Dans son studio du XIXe arrondissement parisien, le peintre acquiesce : « Je voulais rendre hommage à toutes ces personnes qui traversent la Méditerranée – ou d'autres endroits du monde, d'ailleurs. » On ne se refait pas : l'inspiration lui est en premier lieu venue d'il y a plusieurs siècles, plus précisément du tableau Ophélie de John Everett Millais (1852).  Un mélange des époques et des références qui a su séduire le public : pendant les six premières semaines de l'exposition, plus de 239 000 personnes ont franchi les portes du Petit Palais. À lire aussiAu Petit Palais, le street art s'invite aux côtés des œuvres classiques ►Bilal Hamdad, Paname, exposition à découvrir au Petit Palais (Paris) jusqu'au 8 février. 

    La «Cendrillon» de Pauline Viardot envoûte les scènes françaises

    Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 2:54


    Cendrillon, mais autrement. À l'âge de 83 ans, Pauline Viardot signa un opéra‑comique où l'héroïne échappe au merveilleux pour s'inscrire dans une réalité plus humaine et sociale, loin du conte de Charles Perrault. Créée en 1904, cette œuvre renaît aujourd'hui dans une nouvelle production de la Co[opéra]tive, un collectif de scènes françaises qui va à la rencontre du public en dehors des grandes institutions lyriques. Revisitée par le metteur en scène David Lescot, cet « opéra de salon » miniature d'une durée de 1h10 est actuellement en tournée à travers la France pour plus de 70 représentations. À lire aussi«Anora» de Sean Baker: un Cendrillon moderne et déjanté, Palme d'or 2024   À lire aussiMariame Clément, metteuse en scène pour «Cendrillon» de Massenet à l'Opéra de Paris

    «La Passagère» de Weinberg, un opéra face à la mémoire de la Shoah

    Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 2:57


    Adapté d'un récit autobiographique, La Passagère met en scène, lors d'une croisière, la confrontation entre une ancienne gardienne SS et une survivante du camp d'Auschwitz. Longtemps censuré pour son supposé « humanisme abstrait », cet opéra, composé en 1968 par le musicien polonais juif Mieczysław Weinberg (1919-1996), est présenté pour la première fois en France, à l'Opéra national du Capitole de Toulouse. La Passagère, à voir jusqu'au 29 janvier 2026 à l'Opéra national du Capitole de Toulouse. À écouter aussiJérémie Dres mène l'enquête sur sa famille dans la BD «Les fantômes de la rue Freta» - Invité culture - RFI

    Hip-Hop: de Marseille à Medellín, la danseuse Marina Gomes raconte les quartiers populaires

    Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 2:36


    Déconstruire les clichés par la danse et le hip-hop : c'est la mission que s'est donnée la chorégraphe marseillaise Marina Gomes. Sa trilogie — Asmanti, La Cuenta, Bach Nord — est affichée au festival Suresnes Cités Danse, en banlieue parisienne. Trois pièces pour raconter la résilience, la jeunesse et la puissance de création des quartiers populaires. Survêts, baskets, casquette… Des jeunes traînent autour d'un banc. Leur démarche nonchalante pleine d'attitude se mue en danse. « C'est une pièce qui se passe dans les quartiers populaires. Elle raconte différents moments du quotidien, différentes trajectoires, avec l'idée d'offrir un espace de représentativité à nos paroles, à nos récits, à nos vécus. Ce sont des fragments de vie, dans différents pays, à différents moments, mais on pourrait être dans un seul et même quartier », explique Marina Gomes. Originaire de Marseille, la danseuse et chorégraphe raconte la vie et son vécu dans les villes touchées par la violence et le narcotrafic. Après avoir composé Asmanti et Bach Nord, c'est en Colombie, à Medellín, qu'elle puise l'idée de la troisième pièce - La Cuenta – qui compose sa trilogie. « Là-bas, j'ai rencontré des collectifs de jeunes qui menaient un travail de mémoire et de résilience avec les familles de victimes. Ce qui m'a frappée, c'est la force de leur parole », raconte-t-elle. « Leur slogan était : “Nos vies comptent”, “chaque être assassiné était un être aimé”. Ils affirmaient que rien ne justifie l'homicide. Quand je suis rentrée à Marseille, cela a fait écho avec ce que nous traversions alors, notamment en 2023, l'une des années les plus sanglantes. Mais ce qui m'a marquée, c'est qu'en France, j'avais parfois l'impression qu'on comptait les morts, poursuit la chorégraphe. On les réduit à des chiffres, surtout lorsqu'on suppose, parfois sans rien savoir, un lien avec le narcotrafic. On ne s'émeut pas, alors qu'il s'agit souvent de mineurs ou de très jeunes personnes », déplore-t-elle. Ces constats soulèvent, selon elle, une question fondamentale : « Les enfants des quartiers populaires sont-ils considérés comme des enfants français ? Et les enfants racisés ? » Rendre des visages et des récits à celles et ceux qu'on réduit au silence Sur scène, des fleurs poussent sur des grillages, déplacés comme des cercueils. Le décor évoque un point de deal : un danseur, assis, encagoulé, attend, guitare à la main, tel un fusil. « Les cagoules renvoient à la déshumanisation. Les victimes sont souvent présentées comme des personnes sans visage, sans histoire, analyse Marina Gomes. Je commence donc par entrer dans le cliché — les “méchants”, les “criminels” — puis j'enlève les masques pour montrer qu'il y a des personnes, des histoires, des émotions, précise-t-elle. Nous dansons avec nos vêtements du quotidien. Ils font partie de la street culture. Ces codes sont immédiatement lisibles pour les jeunes et les publics issus du hip-hop, mais beaucoup moins pour les publics des théâtres. Il y a là un renversement de domination culturelle », souligne la chorégraphe. Une fête, des corps qui s'enlacent… puis des tirs. Lumière rouge sang. Lui veut se battre, elle le retient. « Je ne voulais pas parler seulement de celles et ceux qui meurent, mais de celles qui restent, dont on ne parle jamais, insiste Marina Gomes. On ne parle pas de ces familles meurtries, de ces femmes qui pleurent un enfant, un frère, un amoureux. La danse est un langage sans frontières, ni géographiques ni linguistiques. L'émotion est un terrain commun : face à quelqu'un qui ressent quelque chose, il est difficile de rester indifférent. Mon travail consiste à créer un espace où l'on partage la même émotion. À partir de là, le dialogue devient possible », conclut-elle. La danse comme émotion partagée et geste politique Faire danser les jeunes des quartiers est aussi au cœur de son engagement. Une vingtaine de lycéens de Nanterre participent au spectacle, comme Myriam, élève au lycée Joliot-Curie. « Tout le monde pense que ceux qui viennent de la banlieue font du trafic ou des affaires louches. Alors qu'en vérité, on est sérieux, déterminés, et on a aussi du génie, témoigne-t-elle. Faire ce spectacle de danse nous rend fiers et montre qu'on peut y arriver », ajoute la lycéenne. Du bitume à la scène, le hip-hop est aujourd'hui pratiqué par près de 600 000 personnes en France et s'impose comme l'un des arts vivants les plus populaires et fédérateurs du pays. Depuis plus de 30 ans, le festival Suresnes Cités Danse a contribué à faire entrer les danses urbaines sur les scènes institutionnelles, les reconnaissant comme un art chorégraphique à part entière. « Être ici, à Suresnes, avec ces trois spectacles, est symboliquement très fort pour moi, confie Marina Gomes. Quand un théâtre ouvre ses portes à des récits comme les nôtres, racontés sans compromis, c'est un geste politique. Cela dit que le vivre-ensemble est possible. »

    «ID. Noires»: une bande dessinée à 16 mains pour et par des sans-papiers africains

    Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 2:25


    On ne compte plus les œuvres d'art, films, romans ou bandes dessinées, qui parlent des parcours migratoires. Mais peu sont le fait de personnes exilées. Une bande dessinée, publiée par Fremok éditions, en fait partie. ID. Noires, récits d'exils des mains des sans-papiers a été créée par huit auteurs à partir du parcours de certains d'entre eux, membres de Baraka Grafika et d'un collectif de sans-papiers à Bruxelles.   À lire aussiJusqu'au bout de la langue : comment traduire les récits des demandeurs d'asile ?

    Au festival Flamenco de Nîmes, «Nocturna» de la chorégraphe et danseuse Rafaela Carrasco

    Play Episode Listen Later Jan 17, 2026 2:46


    Dans le sud de la France, la ville de Nîmes accueille pour la 36ᵉ année le festival Flamenco, le plus ancien d'Europe en dehors de l'Espagne. Guitaristes virtuoses, artistes dont les voix s'élèvent en autant de chants tragiques, et chorégraphes qui ne cessent de revisiter cet art. Le flamenco prend ses quartiers au sein du public nîmois familier de cet art. L'un des spectacles phares de la programmation, Nocturna de la grande chorégraphe et danseuse Rafaela Carrasco, nous entraîne dans les profondeurs de la nuit.   À lire aussi«Les Saisons» de Pomme sublimées par les circassiens Marie et Yoann Bourgeois

    Rétrospective Escher à la Monnaie de Paris: quand les mathématiques se font art

    Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 2:39


    C'est une première en France : longtemps négligé par les historiens de l'art, le peintre Maurits Cornelis Escher bénéficie d'une grande rétrospective à la Monnaie de Paris jusqu'au 1er mars 2026. Celui qu'on surnomme le « mathémagicien » ne fascine pas que les scientifiques : ses trompe-l'œil et ses espaces impossibles ont marqué la culture hippie. Nicolas Pichon-Loevenbruck a visité l'exposition en compagnie de Jean-Hubert Martin, son commissaire. Montent-ils… ou descendent-ils ? Sur cette gravure, les personnages semblent prisonniers d'escaliers infinis. Avec cette illusion vertigineuse, Maurits Cornelis Escher, un artiste inclassable né en 1898 aux Pays-Bas et longtemps resté en marge, devient une icône des années 1970, séduisant jusqu'aux plus grandes stars. « Mick Jagger voulait avoir une couverture de lui et il s'est adressé à lui en lui envoyant une lettre. Escher a été très choqué par cette manière de s'adresser à lui, et donc il a refusé de la faire », raconte à ce propos Jean-Hubert Martin, le commissaire de l'exposition. Ce qui fascinait Mick Jagger et fascine encore les visiteurs, c'est le génie d'Escher pour le trompe-l'œil : des escaliers qui descendent quand on les monte, une cascade qui se déverse sur elle-même, des mains qui se dessinent seules... « Cette main se dessine elle-même, se renvoie à elle-même. Et pour bien nous montrer qu'il s'agit là totalement d'illusion, ces deux mains qui sortent de la feuille sont sur une feuille qui est, elle-même, punaisée sur un support », poursuit Jean-Hubert Martin. « Les mathématiciens et les savants ont été fascinés par les gravures d'Escher » Ces illusions n'ont rien de magique. Elles sont le fruit d'un travail minutieux, nourri par les mathématiques. Grâce à son frère physicien, Escher lit les travaux les plus avancés de son temps sur la perspective qu'il transforme en moteur créatif. Et, en retour, son art fascine les savants de son époque. « Les mathématiciens et les savants ont été fascinés par les gravures d'Escher justement parce qu'elles représentaient des figures géométriques dont ils pouvaient donner la formule mais qu'ils ne savaient pas représenter », reprend Jean-Hubert Martin. Mais chez Escher, pas d'aridité mathématique. Ses œuvres sont, avant tout, des jeux pour le spectateur, comme Métamorphose, l'un de ses chefs-d'œuvre. Sur cette gravure longue de quatre mètres, Escher joue avec notre regard : un échiquier se transforme en salamandre, puis en une multitude d'hexagones, puis en une ruche d'où s'échappe une nuée d'abeilles qui, à leur tour, deviennent des cubes. « Et ces cubes donnent naissance à une ville qui elle-même se termine par un échiquier : tout cela est un grand jeu pour lui. » Faire l'expérience de l'infini Comme pour nous inviter à entrer dans le jeu d'Escher, les commissaires de l'exposition ont imaginé des espaces immersifs où l'on se promène au cœur des géographies paradoxales du peintre néerlandais. « On entre dans une sorte de palais des glaces. Sur un certain nombre de surfaces sont représentées des gravures d'Escher, mais qui sont ici animées pour donner le sentiment de l'infini en réalité », explique Jean-Hubert Martin. Faire l'expérience de l'infini : c'est ce que les hippies ont cherché dans l'œuvre d'Escher, qu'ils ont propulsée sous les projecteurs - une influence toujours bien vivante chez les artistes, musiciens et designers d'aujourd'hui auxquels l'exposition consacre sa dernière salle. 

    «Les Saisons» de Pomme sublimées par les circassiens Marie et Yoann Bourgeois

    Play Episode Listen Later Jan 9, 2026 4:46


    La compositrice et chanteuse Pomme donne corps à son album Saisons dans une nouvelle création imaginée avec les circassiens Marie et Yoann Bourgeois, intitulée Le Petit Cirque. Un spectacle poétique déployé en quatre mouvements, qui représentent à la fois les quatre saisons d'une année, mais aussi les quatre grands âges de la vie, de l'enfance à la vieillesse en passant par l'adolescence et l'âge adulte. À découvrir sur scène les 9 et 10 janvier à Brive, en France, et les 20 et 21 mars à Tournai, en Belgique.

    En Martinique, les peuples taïnos et kalinagos racontés dans une exposition inédite

    Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 2:38


    Plus de 330 pièces réunies en un seul et même lieu : en Martinique, l'exposition Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos – co-organisée par le musée du Quai Branly-Jacques Chirac et la Fondation Clément – présente, pour la première fois de manière aussi riche, l'histoire de ces peuples premiers quasiment anéantis par Christophe Colomb et les conquistadors après 1492. Un événement à lourde teneur historique mais surtout symbolique. Un siège cérémoniel - un « duho » - taillé dans du bois de gaïac et finement gravé ; un porte-missel unique au monde sculpté dans de l'écaille de tortue offert par les Taïnos aux missionnaires ; ou encore des colliers funéraires en pierres semi-précieuses et des figures humaines modelées dans des coquillages : André Delpuech, le commissaire derrière Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos parcourt les 1000m² de l'exposition comme s'il parcourait son empire.  Voilà plusieurs dizaines d'années que l'ancien directeur du musée de l'Homme travaille sur ces deux peuples amérindiens : « la boucle est bouclée », souffle-t-il en embrassant du regard les centaines de pièces collectées pour l'occasion, dont certaines découvertes lors de fouilles qu'il a lui-même dirigées.   Un événement d'une ampleur inédite   D'autres expositions ont déjà raconté les Taïnos et les Kalinagos : ce fut le cas en 1994, lors d'un événement qui devait préfigurer la naissance du musée du quai Branly-Jacques Chirac ; puis en 2024, avec une exposition qui a donné son fil conducteur à celle présentée en ce moment à la Martinique. Mais, grâce à la participation de la Fondation Clément, c'est la première fois qu'un tel espace leur est consacré.  Un événement nécessaire, selon André Delpuech, pour changer le regard occidental sur la fameuse « rencontre » de 1492. « Tout le monde connaît le voyage de Christophe Colomb, admet le commissaire. Mais les vrais découvreurs de la Caraïbe, ce sont ceux qui sont arrivés sur ces îles 6000 ou 7000 ans avant Jésus-Christ, et y ont prospéré jusqu'à l'arrivée des Européens. » Avant de regretter : « On a souvent occulté les sociétés qui vivaient là avant, et surtout leur profondeur historique. » Parmi les témoignages de cet héritage : le « jardin créole », c'est-à-dire les fruits et légumes encore cultivés aujourd'hui dans la Caraïbe : manioc, patate douce, ananas, piments, etc., autant d'aliments consommés quotidiennement dans la région et qui ont été importés par les Taïnos et les Kalinagos de leurs terres natales, en Amérique centrale.   L'héritage kalinago, toujours vivant  En quelques décennies, l'arrivée des colons espagnols a décimé ces deux peuples millénaires. Mais quelques-uns ont survécu. « Il y a des Garifunas, des Amérindiens métissés et des Noirs africains à Saint-Vincent. Les études génétiques montrent, notamment dans les Grandes Antilles, qu'une large partie de la population a une ascendance taïno », développe André Delpuech. Aujourd'hui encore, 3 000 descendants kalinago vivent sur l'île de la Dominique. Sa présidente, Sylvanie Burton, en fait d'ailleurs partie. Signe de l'importance de cette exposition, la cheffe d'État s'est déplacée pour son inauguration, tout comme la cheffe élue du territoire kalinago, Anette Sanford.   Émue aux larmes, cette dernière n'est pas parvenue à aller au bout de son discours introductif. « C'est un moment très émouvant pour moi. Être face à mon héritage ancestral, voir la créativité et l'inventivité de ma lignée tout en sachant ce qu'ils ont enduré – les meurtres, les viols –, ce n'est pas évident », a-t-elle expliqué, encore remuée, quelques minutes plus tard.   « Donner la parole aux oubliés de l'Histoire » La présence de ces représentants était essentielle, cruciale, pour le commissaire de l'exposition. « Dans ces sociétés dans lesquelles le récit était jusqu'à présent écrit uniquement par les blancs, il fallait donner la parole aux oubliés de l'Histoire », souligne André Delpuech. Ce à quoi s'attellent les deux dernières salles de l'événement, consacrées aux massacres de la colonisation et à la survivance des peuples amérindiens de la Caraïbe. Très complète, Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos ouvre une fenêtre sur un pan de l'histoire souvent ignoré par les manuels et les institutions. Une étape cruciale, mais insuffisante, selon Anette Sanford : « Pour nous maintenant, ce qui compte, c'est de se revitaliser. C'est bien de constater que notre héritage perdure, mais nous avons aussi notre rôle à jouer pour transmettre notre histoire à nos enfants, la leur apprendre, et nous assurer qu'ils aient ce savoir ». C'est ce que disent, également, les personnes interrogées dans le court-métrage Voix Kalinagos diffusé en fin de parcours. Une femme y entonne une chanson traditionnelle. À voix basse, dans la salle, Anette Sanford fredonne l'air à son tour. Signe, s'il en fallait encore, que la tradition kalinago vit toujours. À lire aussiComment préserver les savoir-faire agricoles des Outre-Mer ?

    Avec «While My Guitar Gently Weeps», Renaud Cojo rend hommage à nos influences musicales

    Play Episode Listen Later Jan 2, 2026 8:14


    Quel serait l'album de votre vie ? Après avoir posé cette question qui le travaille depuis 2019 à des anonymes, le metteur en scène français Renaud Cojo l'a soumise plus récemment à des chanteurs et à des musiciens. Parmi eux, plusieurs ont accepté de lui raconter le lien particulier qu'ils entretiennent avec un disque. Des confidences qui ont débouché sur la création intitulée While My Guitar Gently Weeps, une succession de témoignages intimes dans lesquels chacun se raconte à tour de rôle à travers l'album qui a marqué sa vie.   À lire aussiAnna Karénine revisitée: «Une chanson, c'est comme une équation»

    Le Musée Guimet démontre que le manga, c'est bien tout un art

    Play Episode Listen Later Dec 27, 2025 3:03


    Comment attirer dans les musées un public plus jeune ? Guimet, le musée des arts asiatiques à Paris, a trouvé une bonne idée : faire dialoguer ses collections avec un objet de pop culture par excellence. En l'occurrence, les mangas, les bandes dessinées japonaises. L'exposition, qui s'y tient actuellement jusqu'au 9 mars 2026, s'intitule « Manga, tout un art ! ». Le manga « c'est une pop culture qui n'a pas d'équivalent », précise Didier Pasamonik, l'un des commissaires de l'exposition. « Si on prend, en termes de vente, One Piece c'est 550 millions d'exemplaires, Tintin c'est 250 millions et Astérix doit être à 325 millions. On est vraiment sur des chiffres énormes. Et surtout, il s'agit de 1 118 épisodes de One Piece, en face il y a combien d'Astérix ? », ajoute-t-il. Des rouleaux anciens des monastères bouddhiques, préhistoire du geste du dessin japonais, jusqu'au triomphe des séries modernes, le musée Guimet fait dialoguer ses collections avec des centaines de planches d'auteurs majeurs. Le manga, proprement dit, naît à la fin du XIXᵉ siècle, avec l'ouverture du Japon à l'influence occidentale. « Rakuten Kitazawa, qui est en fait le premier mangaka professionnel, est directement influencé par la bande dessinée occidentale. Les mangas n'existent que quand une tradition du dessin et de la narration japonaise rencontre l'Occident. Rakuten Kitazawa va publier notamment une revue qui s'appelle Jiji Manga et qui va faire rentrer le mot manga pour la première fois dans un sens bande dessinée. Manga veut dire dessin libre, croquis », raconte le commissaire d'exposition.  À lire aussiLe Japon veut quadrupler les exportations de ses mangas, dessins animés et jeux vidéo Les non-initiés et les amateurs du genre pourront admirer de nombreuses planches originales, dont celles du maître Osamu Tezuka, qui a révolutionné le manga au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « Tezuka n'est pas nommé le dieu des mangas pour rien. Il est à la fois un dessinateur extrêmement productif, puisqu'il va dessiner 150 000 planches, mais en même temps c'est le premier à faire des dessins animés qui ont une portée internationale, puisque Astro Boy en 1963 va être diffusé aux États-Unis. Et là ça devient le modèle d'une production qui se pense comme un film, un objet de marchandising, d'adaptation au théâtre », explique Didier Pasamonik. Pour l'occasion, le musée expose à titre exceptionnel sa « Joconde »: La grande vague de Kanagawa, une des deux estampes d'Hokusai en sa possession, un chef-d'œuvre présenté en vis-à-vis de planches de bandes dessinées franco-belges qui lui rendent hommage.  À lire aussiLe manga sous toutes ses coutures: au Japon comme en France, en livre comme en animé

    À Paris, l'appartement de Jacques Prévert, une capsule temporelle sauvée in extremis

    Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 4:47


    À Paris, les appartements de Jacques Prévert et de Boris Vian sont sauvés. Les deux logements, laissés à l'identique depuis cinquante ans, risquaient de disparaître, menacés par un projet d'expansion du Moulin Rouge, le propriétaire des lieux. Un accord a finalement été trouvé. Depuis des mois, la petite-fille de Jacques Prévert, Eugénie Bachelot-Prévert, se battait pour sauver ce patrimoine historique.  Combien de touristes passent à côté de ce petit bijou sans même le savoir ? Pour accéder aux appartements de Jacques Prévert et de Boris Vian, dans le quartier Pigalle (XVIIIe arrondissement), il faut emprunter une petite ruelle adossée au Moulin Rouge. Tout au fond se trouve une petite bâtisse. Là, derrière une lourde porte du deuxième étage, se cache l'appartement dans lequel Jacques Prévert a vécu de 1954 à 1975, juste avant sa mort en 1977.   De la table de travail du poète au fauteuil consacré à sa sieste – et qui porte encore la trace de sa sueur –, tout a été conservé à l'identique. Un petit miracle que l'on doit à Eugénie Bachelot-Prévert, la petite-fille et unique ayant droit de l'auteur.   Un véritable inventaire à la Prévert  Ici, un pape lumineux ; là, une carte postale qui fait du bruit lorsque l'on appuie dessus. « Il y a tout l'univers de Jacques Prévert dans son bureau, comme un cabinet de curiosités », raconte Eugénie Bachelot-Prévert. Un monde fantasque, aux accents malicieux, et surtout plein d'humour. « Les surréalistes adorent les farces et attrapes, il y en a plein ici », explique encore celle qui est aujourd'hui artiste.   Mais l'appartement et ses 100 m² sont aussi une véritable capsule temporelle. Il y a d'abord les murs eux-mêmes : l'endroit a été aménagé par Jacques Couëlle, architecte-sculpteur emblématique du milieu du siècle dernier. C'est lui qui a pensé ces murs blanchis à la chaux, grêlés de dizaines de petites niches de rangement, dans une ambiance méditerranéenne.  Et puis il y a ces objets, qui témoignent de l'actualité d'une époque : une lampe de mineur, offerte par les grévistes de 1963 – Jacques Prévert avait publiquement soutenu le mouvement – ; des portraits disséminés de Brigitte Bardot, que le poète admirait ; un vieux téléphone à cadran ; et même le lit d'Esmeralda, interprétée par Gina Lollobrigida dans le film Notre-Dame de Paris sorti en 1956. Des souvenirs dans un écrin, un temps menacés  Le matériel, c'est une chose ; le vivant en est une autre. De la vie, cet appartement en a connu : « Jean Gabin est venu ici fumer des cigarettes avec mon grand-père ; Arletty y a lu un texte... Sur cette table [dans la pièce à vivre], Serge Gainsbourg est venu, solennellement et timidement, demander l'autorisation à Jacques Prévert d'utiliser son nom pour sa chanson, la chanson de Prévert. Il l'a chantée à mon grand-père qui a dit : "C'est très bien, mon p'tit gars", puis ils ont ouvert une bouteille de champagne à 10 heures. » Une foule de souvenirs qui ont failli disparaître lorsque le Moulin Rouge, propriétaire des lieux, a refusé de renouveler le bail, sans concertation préalable. Il s'agissait, pour le célèbre cabaret, de mener d'importants travaux afin de réhabiliter la salle historique dans laquelle se produisait la chanteuse Mistinguett. « L'appartement de Jacques Prévert représente 0,67 % de la superficie totale du Moulin Rouge, c'est une goutte d'eau. Il n'y a pas un patrimoine qui doit en écrabouiller un autre », se désolait à l'époque Eugénie Bachelot-Prévert.   Courriers adressés au ministère de la Culture, pétition en ligne, demandes de conciliation. Rien ne semblait y faire, jusqu'à un rendez-vous fin décembre au cours duquel un accord de principe, formulé oralement, a été trouvé. « Cela nous a donné l'occasion de discuter, ce qui aurait dû être fait dès le début, relate l'unique ayant-droit de Jacques Prévert. En fait, on a eu l'impression d'un grand malentendu. » Les termes de l'accord restent encore à définir mais l'appartement de Jacques Prévert et celui de son voisin, Boris Vian, pourraient être transformés en musée. « Tout est à inventer, pointe Eugénie Bachelot-Prévert. Mais j'ai confiance, cela va être fait en bonne intelligence. » En attendant, pour éviter toute frayeur à l'avenir, elle a pris une décision : les démarches pour que l'appartement soit classé aux monuments historiques ont été lancées. À écouter aussiNotre-Dame de Paris, le miracle touristique

    L'exposition Giacometti / Marwan Obsessions à l'Institut Giacometti

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2025 2:29


    L'Institut Giacometti à Paris aime confronter les œuvres d'artistes contemporains avec celles du sculpteur auquel le musée est dédié. En ce moment, les peintures de l'artiste syrien Marwan, décédé en 1972, dialoguent avec les sculptures du Suisse Alberto Giacometti. Les artistes partagent une même obsession pour la figure humaine qu'on retrouve dans les œuvres. Une exposition qui prend place dans le très bel hôtel particulier où s'est établi le musée entre art nouveau et art déco. L'exposition Giacometti / Marwan Obsessions, c'est au musée Giacometti jusqu'au 25 janvier 2026.   Dès l'entrée de l'exposition, on est accueilli par trois peintures grand format de Marwan représentant des figures. Elles font face à des têtes et bustes de Giacometti. « Ce qui a suscité notre envie, c'étaient les grandes têtes de la fin de l'œuvre de Marwan, qui, bien sûr, évoquaient un certain écho avec la façon dont Giacometti, lui aussi, faisait des bustes, des têtes et s'est attaché à la figure humaine pendant une très très grande partie de sa carrière », explique Françoise Cohen, co-commissaire de l'exposition.  Marwan met en avant dans sa peinture des humains anti-héros. Des êtres fragiles, silhouettes androgynes, se tenant parfois dans un coin du tableau, délaissant la place centrale. Ils font ainsi naturellement pendant aux sculptures diaphanes toutes en longueur de Giacometti. Les deux artistes sont reliés aussi par leur rapport à la matière.  « Giacometti est connu pour utiliser le plâtre de façon complètement personnelle, un peu comme de la terre. C'est-à-dire, qu'il va ajouter des parcelles de plâtre. Quand on est proche, on voit bien la trace de ses doigts. Dans l'oeuvre de Marwan, les tableaux sont souvent des huiles sur toile. Avec une certaine transparence, on a comme ça une construction de touches, les unes au-dessus des autres. Sans que la matière soit très très épaisse, mais qui montre une construction dans le temps », raconte Françoise Cohen. Et si Marwan a fait toute sa carrière à Berlin où il s'est établi, il est toujours en lien avec son pays. Il peint les intellectuels syriens, mais aussi son ami le poète irakien Badr Chaker el Sayyab. Quant à sa ville Damas, c'est une source continuelle d'inspiration, notamment dans les visages-paysages où l'abstraction est un leurre. « Le visage est étalé comme un paysage, dans lequel il incite le spectateur à rentrer. Pour lui, il s'exprime en disant, que toutes les bosses, les volumes qui apparaissent pour rendre les cheveux, le front, etc, sont en fait les reliefs, les collines de la ville de Damas, sa ville d'origine », précise la co-commissaire de l'exposition. Une peinture puissante qui nous happe et qui dialogue avec beaucoup de justesse avec les sculptures de Giacometti. Les deux artistes ayant en partage une quête constante de la condition humaine, vulnérable et fragile. 

    Laurent Lafitte fait chanter la liberté avec «La Cage aux folles»

    Play Episode Listen Later Dec 19, 2025 3:05


    Au Théâtre du Châtelet, Olivier Py ressuscite la version musicale de Broadway de La Cage aux folles. Celle qu'on ne connaissait pas en France. Avec Laurent Lafitte en travesti, vedette d'un cabaret tropézien. Un spectacle flamboyant qui conjugue paillettes et politique.

    Dans les foires aux vinyles, des passionnés font vivre les 33 tours et les vieilles «galettes»

    Play Episode Listen Later Dec 13, 2025 2:47


    Dimanche 14 décembre, à Paris, 50 000 vinyles sont mis en vente à moins de dix euros lors du Paris Vinyl Sale. Après le salon Paris Loves Vinyl qui s'est tenu il y a deux semaines dans la capitale française, ce destockage confirme la passion des audiophiles français pour la musique enregistrée sur les galettes de vinyles. À lire aussiLe Kenya en vinyle : l'emblématique magasin Real Vinyl Guru [1/3]

    De l'île déserte à la jungle urbaine: «Robinson Crusoé» d'Offenbach au Théâtre des Champs-Élysées

    Play Episode Listen Later Dec 12, 2025 3:28


    Son histoire a défrayé la chronique il y a trois siècles : Robinson Crusoé, le célèbre naufragé anglais, renaît au Théâtre des Champs-Élysées à Paris dans un opéra-comique composé par Jacques Offenbach en 1867. Cette œuvre rare et méconnue retrouve aujourd'hui toute son actualité grâce à un duo français bien rodé dans le répertoire du roi de l'opérette. Le metteur en scène Laurent Pelly et le chef d'orchestre Marc Minkowski revisitent ce classique en abordant des questions sensibles liées au passé colonial avec humour et ingéniosité.  À lire aussi«Opéra de quat'sous» à la Comédie-Française   À lire aussiMarc Minkowski, chef d'orchestre à tout crin

    Le sommeil dans tous ses états au musée Marmottan-Monet à Paris

    Play Episode Listen Later Dec 6, 2025 2:38


    À Paris, le musée Marmottan-Monet présente jusqu'au 1ᵉʳ mars 2026 l'exposition « L'empire du sommeil », qui regroupe 130 œuvres venues de Florence, de Montréal ou de Dublin : dessins, peintures, de l'Antiquité au XXᵉ siècle qui racontent la fascination des artistes pour cet état mystérieux qu'est le sommeil. « On a encore pas vraiment compris pourquoi on dort. Et pourquoi pas seulement les Hommes dorment, mais pourquoi tous les êtres vivants doués d'un cerveau dorment ? », fait remarquer Laura Bossi, commissaire de l'exposition L'empire du sommeil mais aussi neurologue et historienne des sciences. « Même les méduses, les poissons, on pensait qu'ils ne dormaient pas, mais en fait, apparemment, ils dorment aussi. Les oiseaux dorment parfois avec une partie du cerveau. On a beaucoup, beaucoup d'écrits. Mais le sommeil reste un mystère », poursuit-elle. C'est ce mystère que les visiteurs tentent de percer. Un état de conscience modifié dans lequel nous sommes plongés un tiers de notre vie. Un sujet qui a toujours fasciné les artistes, comme le montre la très riche exposition du musée Marmottan-Monet. « On a voulu montrer que c'est compliqué. Le sommeil est souvent aussi ambigu, parce qu'il y a le sommeil qui peut rappeler la mort ou bien l'amour, comme c'est d'ailleurs très bien dit dans les mythes grecs où le dieu du sommeil, Hypnos, est en même temps le plus doux des dieux. Mais en même temps, c'est le frère de la mort, et les deux sont les enfants de la nuit en même temps. L'Empire, c'est aussi l'empire sur nous-même. Nous n'avons pas le pouvoir de nous soustraire au sommeil. Et d'ailleurs, la privation de sommeil est une véritable torture. Il y a des rares maladies génétiques où les personnes qui ne peuvent pas dormir meurent », développe la commissaire de l'exposition. « On peint le lit de mort » Toutes les facettes du sommeil, du doux rêve à l'hallucination cauchemardesque, de l'endormi à l'insomniaque, sont évoquées dans l'exposition. Peindre le sommeil, c'est aussi peindre l'intime. « Dès qu'on sait tenir un crayon, qu'on dessine, on a envie de peindre le sommeil des modèles. On peint ses bébés, on peint ses maîtresses et ses amants. On peint le lit de mort. Il y a eu énormément d'artistes qui ont voulu, pour la mémoire d'abord, souvent pour eux-mêmes, peindre les dernières images de leur amour. Et ici, on montre deux tableaux de Monet, très peu connus et très intimes, qui sont son fils Jean, bébé, avec sa poupée endormie dans le berceau. Et on montre sa femme, Camille, morte sur son lit de mort, qui est un tableau que moi, je trouve parmi les plus émouvants de l'exposition où elle est, comme on faisait à l'époque, habillée avec sa robe de mariée et son voile de mariée », expose Laura Bossi. Victor Hugo, photographié par Nadar sur son lit de mort en 1885, côtoie le masque mortuaire qu'en fit Aimé-Jules Dalou. Dans la section consacrée aux troubles du sommeil, un tableau du Tchécoslovaque Maximilian Pirner, une somnambule en équilibre sur une corniche, nous donne le vertige. Ou un autoportrait plutôt angoissant d'Edvard Munch, les yeux caverneux, intitulé « Le Noctambule ». Et après la mort, le désir, avec beaucoup de belles endormies : l'exposition consacre une belle salle, entièrement couverte de rouge, à l'érotisme que convie parfois le sommeil. Pour aller plus loin : Exposition L'empire du sommeil

    Transmusicales de Rennes: Zonbi, paroles créoles sur fond de jazz et de post punk

    Play Episode Listen Later Dec 6, 2025 4:59


    Un chanteur principal d'origine haïtienne, des paroles en créole, un saxophoniste japonais, et beaucoup d'énergie : voilà le cocktail surprenant qui compose le groupe Zonbi. Le quintet se produit ce samedi 6 décembre 2025 sur la scène des 47ᵉ Trans'Musicales de Rennes, festival de musiques émergentes dans l'ouest de la France. Avec comme objectifs : rendre hommage à la culture haïtienne, offrir un défouloir, et surtout, rejeter toutes les règles...  Zonbi c'est cinq personnes, cinq instruments. Quatre musiciens donc : le saxophoniste japonais Shion Iwata, le bassiste Achille Bof, le guitariste Simon Harel et le batteur Tom Dalib. Tous réunis autour du frontman et chanteur, Dimitri Milbrun. Quant à leurs influences, elles sont aussi nombreuses et diverses que les membres du groupe :  au fil des morceaux de Zonbi, on passe par le jazz et le punk, on va de la bossa nova à la no-wave. En entretien, c'est pareil : on passe d'un interlocuteur à l'autre sans distinction ni hiérarchie.  Tom Dalib commence : « Dans la partie composition, on passe beaucoup de temps à chercher vraiment un univers sonore, une patte musicale qui nous soit propre...». Puis son camarade Simon Harel prend la suite : « on ne joue ensemble que depuis un an, et on vient tous de projets musicaux totalement distincts.» Avant que le bassiste Achille Bof ne conclue : « c'est toujours un peu comme ça que ça se passe. Si quelqu'un amène une idée, il y a un dialogue qui se crée. » Un exemple ? « Sur la chanson Lanmou Ak Lanmo, on commence par un côté un peu bossa nova... quand on a commencé à travailler dessus, il n'y avait pas du tout toutes les distorsions qu'on entend à la fin. Achille [le bassiste] a entendu ça, et il a tout de suite dit 'ça ne va pas, il faut cradifier tout ça.' » Conclusion : la bossa nova des débuts a été conservée... mais elle laisse progressivement la place à une instrumentation profondément no wave.  Confrontés à la possibilité de choisir un registre et de s'y tenir, ils ont donc choisi, précisément, de ne pas le faire. Car s'il y avait un mot pour résumer Zonbi, ce serait celui-ci : « insoumission ». Hors de question de se laisser enfermer dans une case. Le fondateur du groupe, Dimitri Milbrun, y voit une réminiscence de son héritage haïtien. « C'est dû profondément à une forme de fièvre que les Haïtiens peuvent avoir vis-à-vis de toute forme d'autorité malveillante. Il y a un feu intérieur qui ne s'éteint pas.» Des chansons en créole Cette double culture franco-haïtienne est omniprésente chez Zonbi. À commencer par le nom du groupe qui s'écrit « z.o.n.b.i » et pas à l'américaine, et surtout par la langue employée pour les textes, le créole. "A la maison, on a toujours parlé créole. C'est dans cette langue que mes parents me parlaient, quelque part, c'est même ma langue maternelle. Donc il y avait une facilité, pour moi, à parler en créole, certaines choses sonnent mieux ; mais c'est aussi que je voulais sortir du choix binaire, chanter soit en anglais, soit en français... j'avais envie de quelque chose qui me ressemble beaucoup plus,»raconte Dimitri Milbrun. Quant au fait qu'une partie de l'audience ne comprendra pas les paroles, le frontman balaie : « nos amis antillais, qui parlent le créole ou peut-être simplement le comprennent, eux, comprendront nos textes." Et Shion Iwata de compléter : « je suis japonais. Que les chansons soient en français ou en créole, je ne les comprendrai pas. Et alors ? Notre langage commun, c'est la musique, c'est ça qui compte.» Achille Bof : « notre musique transmet une énergie ; il n'y a pas besoin de comprendre les paroles pour saisir qu'on est en colère ou pour entrer dans une forme de transe.»   Le folklore haïtien chanté Les histoires racontées font aussi la part belle au folklore haïtien, comme dans leur titre intitulé « Papa Legba ». « Les loas ce sont les esprits vaudou. Et Papa Legba, lui, il est entre guillemets le premier loa qu'on rencontre parce que sans lui, on ne peut pas parler aux autres. C'est lui qui a les clés. On a quand même ce respect par rapport à l'impact culturel et historique qu'il a eu en Haïti. On aime bien se dire que quand on est sur scène, imaginez qu'on est un groupe qui joue pour une cérémonie vaudou », explique Dimitri Milbrun. Le résultat, ce sont des chansons qui transpirent l'énergie, la hargne aussi parfois. Zonbi c'est donc un groupe jeune, révolté, en colère. On n'a pas besoin de parler le créole pour le comprendre. Il n'y a plus qu'une chose à faire : se laisser emporter par la fièvre collective. À lire aussiAsfar Shamsi, la nouvelle voix de la scène post-rap

    Gerhard Richter: un géant de la peinture à la Fondation Louis Vuitton

    Play Episode Listen Later Nov 29, 2025 2:14


    La Fondation Louis Vuitton consacre une rétrospective monumentale à Gerhard Richter, figure majeure de l'art contemporain. Plus de 270 œuvres retracent six décennies de création d'un artiste qui n'a cessé de brouiller les frontières entre abstraction et figuration.  Pour aller plus loin : Exposition du peintre allemand, Gerhard Richter.

    «Des décennies d'impunité»: Chrystèle Khodr ravive sur scène le massacre du camp palestinien de Tall el-Zaatar

    Play Episode Listen Later Nov 29, 2025 2:28


    Chrystèle Khodr, metteuse-en-scène libanaise, part comme toujours de documents réels pour restituer l'histoire et raviver une mémoire enfouie. Cette fois, elle nous fait remonter dans le temps. Dans la pièce Silence ça tourne, elle plonge dans les archives pour raconter le massacre du camp palestinien de Tall el-Zaatar aux abords de Beyrouth. Nous sommes en 1976, au début de la guerre civile au Liban. La pièce est jouée actuellement à la maison de la culture de Bobigny, en région parisienne. Elle sera en mars 2026 au Théâtre de la Bastille à Paris.   À lire aussi«Vers les métamorphoses»: Étienne Saglio jongle avec l'illusion et la poésie

    «1925-2025. Cent ans d'Art déco», la magie et les paradoxes d'un style intemporel

    Play Episode Listen Later Nov 22, 2025 2:57


    C'est un dialogue entre passé et présent autour d'un mouvement artistique né dans l'effervescence des Années folles. Cent ans après sa consécration, l'art déco revient sous les projecteurs. Le Musée des Arts décoratifs à Paris célèbre ce style audacieux et extravagant à travers plus de 1 200 œuvres : mobilier, bijoux, affiches, mode, objets d'art et du quotidien. 

    Le Bénin en majesté au musée Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt

    Play Episode Listen Later Nov 16, 2025 2:40


    À quoi ressemblait le Dahomey de 1930 ? Une exposition historico-ethnographique se tient actuellement au musée Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt, en banlieue de Paris, jusqu'en juin prochain. On y découvre des centaines de clichés et de films pris à l'époque par une expédition financée par l'homme d'affaires Albert Kahn, et organisée par un prêtre missionnaire, le père Aupiais. L'exposition s'intitule « Bénin aller-retour, regards sur le Dahomey de 1930 ».  En janvier 1930, un drôle d'équipage quitte Paris pour le Dahomey. L'opérateur Frédéric Gadmer transporte de lourdes caméras et des appareils capables de produire des autochromes en couleurs, ancêtres de la diapositive. À ses côtés, se tient le père missionnaire Francis Aupiais. Un bien curieux missionnaire. Censé évangéliser le Dahomey, il tombe amoureux de sa culture et de sa religion, le vodun.  « C'est un personnage très intéressant, parce qu'il est complètement acteur de la colonisation et, à la fois, c'est quelqu'un qui n'a pas du tout les préjugés de son époque », explique Julien Faure-Conorton, l'un des commissaires de l'exposition. Ce dernier a travaillé pendant des années sur les 1 102 clichés et les 140 bobines de films rapportés par l'expédition. Une équipée financée par le mécène Albert Kahn, soucieux de documenter les richesses du monde avant les bouleversements induits par le capitalisme. « Ce père missionnaire va aller voir Albert Kahn avec un projet double, qui est le projet officiel, à savoir documenter les œuvres missionnaires au Dahomey. Et puis de l'autre côté, ce dont on a l'impression qui constitue le vrai projet qui va être de documenter les pratiques cérémonielles, donc liées à la royauté, et les pratiques cultuelles liées en particulier au vodun. », poursuit Nathalie Doury, directrice du musée Albert-Kahn.  À lire aussiFrance: des milliers de photos du début du XXe siècle en ligne sur internet Il embarque ainsi sur les routes du Dahomey. Il est un opérateur soucieux d'exactitude documentaire et un missionnaire que sa hiérarchie regarde de biais en raison de sa fascination pour les colonisés. « Il utilise la culture traditionnelle du Dahomey pour démontrer la valeur de cette culture aux Européens. C'est pour cela qu'il se focalise sur les cérémonies vaudoues, les cérémonies royales et funéraires, parce qu'elles sont l'occasion pour lui de montrer la sophistication de la culture traditionnelle du Dahomey. Et donc finalement, par un raisonnement par l'absurde, de dire : "Vu que ces gens-là sont si sophistiqués, et que leurs cérémonies sont si élaborées, on ne peut pas les traiter comme des gens inférieurs" », décrypte Julien Faure-Conorton.  Près d'un siècle après, les commissaires ne se sont pas contentés de présenter les films et les autochromes dans une scénographie léchée. Ils ont aussi choisi d'interroger des artistes contemporains. « Il s'agissait déjà d'offrir des contrepoints thématiques, politiques aussi, sur le regard occidental. Et c'est pour cela que des artistes comme Ishola Akpo ou Roméo Mivekannin sont très importants, car ils permettent de contrebalancer ce poids historique qui est assez pesant sur ces images », précise David-Sean Thomas, co-commissaire. Sept artistes béninois et africains proposent donc des tableaux, des photos, des vidéos questionnant le regard ethnographique. L'exposition a aussi donné lieu à une collaboration scientifique avec des chercheurs béninois. Et tous les documents présentés sont d'ailleurs accessibles via internet au public international.  À lire aussiIndépendance du Dahomey

    «La Cité Immersive des Fables»: Jean de la Fontaine au XXIe siècle

    Play Episode Listen Later Nov 14, 2025 2:28


    La Cité Immersive des Fables, dédiée à l'œuvre de Jean de La Fontaine s'est installée en bordure des Champs Élysées à Paris. La figure controversée de l'un de ses investisseurs, le milliardaire conservateur, Pierre-Édouard Stérin a fait planer une ombre sur le projet, mais fort de son succès à Rouen avec Viking, la société « Cités Immersives », opérateur culturel privé, mise sur ce nouveau concept d'attraction culturelle en ciblant un public éloigné des musées traditionnels.

    Hommage aux victimes des attentats de Paris au musée Carnavalet

    Play Episode Listen Later Nov 8, 2025 4:10


    Dix ans après les attentats terroristes intervenus les 7, 8, 9 janvier et le 13 novembre 2015 à Paris, le musée Carnavalet-Histoire de Paris présente, au sein du parcours permanent de ses collections, une sélection d'hommages anonymes, collectés sur les lieux des attaques, ainsi que des œuvres d'art urbain, créées en relation avec les tragiques événements. L'exposition au musée Carnavalet se poursuit jusqu'au 7 décembre 2025, et une autre exposition, également en hommage aux victimes des attentats, est inaugurée ce 13 novembre 2025 aux Archives de Paris. 

    «Gathering» de Samar Haddad King: mariage en temps de guerre et résilience palestinienne

    Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 3:06


    Gathering (Rassemblement) de Samar Haddad King, est présenté en France après avoir été créé à New York. L'artiste américano-palestinienne raconte, dans cette performance artistique, l'histoire d'un mariage qui tourne court en raison de la guerre. Si la tragédie est au cœur du spectacle, il est loin d'être morbide. La metteuse-en-scène met en avant la culture palestinienne et sa résilience dans un esprit de fête. Le spectacle a été présenté au Festival des Arts de Bordeaux et est en tournée dans le sud-ouest de la France jusqu'à fin novembre.

    Grandeur et renaissance: la Fondation Cartier pour l'art contemporain s'établit place du Palais Royal

    Play Episode Listen Later Nov 1, 2025 2:34


    La Fondation Cartier s'établit dans un nouveau lieu au cœur de Paris, juste en face du Louvre. Le bâtiment haussmannien du Louvre des Antiquaires a été complètement évidé par l'architecte star Jean Nouvel. Des plateformes modulables peuvent ainsi accueillir les œuvres d'art contemporain en adaptant l'espace intérieur aux besoins de chaque exposition. En ouverture Exposition Générale, un florilège de la collection constituée durant les quarante ans de la Fondation.  Les nouvelles espaces de la Fondation Cartier À lire aussiArt contemporain: une nouvelle Fondation Cartier conçue par Jean Nouvel ouvre face au Louvre

    Le gothique se décline en plusieurs périodes au Louvre-Lens

    Play Episode Listen Later Oct 31, 2025 5:17


    Des premières cathédrales à la série à succès Wednesday, le Louvre-Lens explore jusqu'au 26 janvier 2026 plus de mille ans d'histoire et d'esthétiques. L'exposition s'intitule « Gothiques », tant ce mouvement, né au XIIe siècle en France, revêt différents atours. « Cette exposition gothique au Louvre-Lens a la particularité de proposer un voyage à travers 1000 ans d'histoire », précise la directrice du musée, Annabelle Ténèze. Elle nous propose de traverser ce que peut-être la vie gothique, aussi bien au Moyen Âge, jusqu'à la contre-culture goth. Pour résumer, de Notre-Dame de Paris à Gotham City, la ville de Batman. Ce voyage dans le temps et l'espace commence en 1 140 par l'architecture et la sculpture. Parmi les quelque 250 œuvres, dessins, peintures, vitraux ou même musique, on trouve beaucoup de sculptures médiévales extrêmement raffinées. Le conseiller scientifique de l'exposition, Florent Meunier, conservateur en chef du patrimoine au musée du Louvre, nous présente une pièce d'exception.« C'est le moulage du Tentateur de la cathédrale de Bâle, donc un canton Suisse actuel. Derrière le moulage, il y a des animaux venimeux, des serpents, des crapauds. Alors de face, par contre, c'est un homme qui essaie de séduire. Il a enlevé un gant, c'est extrêmement intéressant », raconte-t-il. Le gothique révolutionne l'architecture des églises, et pourtant, le terme « gothique » est, à l'origine, péjoratif. C'est même une insulte lâchée par les artistes de la Renaissance. « Les contemporains du gothique ne lui donnent pas un nom et au XVIe siècle, Raphaël, Castiglione, Vasari, mais aussi Rabelais pour la France, se mettent à appeler l'art du Moyen Âge "gothique", c'est-à-dire aussi barbare que l'art des Goths et des Vandales, qui avaient détruit Rome au Ve siècle », explique Annabelle Ténèze.  Le retour en grâce du gothique Au XIXe siècle, avec la rénovation de Notre-Dame ou la mode des romans gothiques anglais, le style revient en grâce et impose une nouvelle esthétique, qui se diffuse jusqu'à nos jours. Le Louvre-Lens expose des œuvres contemporaines, comme une sorte de cathédrale bulldozer de métal conçue par le Belge Wim Delvoye, ou un tryptique, réalisé par la jeune artiste, Agathe Pitié. « Une œuvre qui s'appelle "Le sac de Rome par les Goths". Au lieu que ce soit les Goths, le peuple contre les Romains, ce sont les gothiques de la contre-culture. On retrouve dans mon travail des éléments d'architecture gothique, des stars de la contre-culture, mais aussi une référence au Moyen Âge gothique avec un trait rappelant l'enluminure médiévale », précise Agathe Pitié.  Et à l'heure actuelle, entre le succès du concert de Mylène Farmer, Nevermore, et celui de la série Wednesday de Tim Burton sur Netflix, le gothique a encore de beaux jours devant lui. À lire aussiNotre-Dame de Paris: histoire d'une cathédrale hors norme

    Un voyage musical dans l'art de Kandinsky à la Philharmonie de Paris

    Play Episode Listen Later Oct 25, 2025 3:08


    Et si les couleurs pouvaient danser au rythme des sons ? À la Philharmonie de Paris, l'exposition Kandinsky. La musique des couleurs explore le lien intime entre peinture et musique chez le maître de l'abstraction Vassily Kandinsky (1866-1944). Près de 200 œuvres et objets révèlent comment le peintre russe a fait vibrer ses toiles comme des partitions. Une immersion sensorielle, coorganisée avec le Centre Pompidou, qui détient l'un des fonds les plus importants de l'artiste au monde. ► Kandinsky. La musique des couleurs jusqu'au 1er février 2026 à la Philharmonie de Paris.

    La foire AKAA fête ses dix ans et célèbre la création africaine

    Play Episode Listen Later Oct 24, 2025 2:42


    AKAA, Also Known As Africa, la grande foire d'art contemporain, fête ses dix ans à Paris, au Carreau du Temple. En une décennie, AKAA a contribué à changer le regard des Français et des Afrodescendants sur l'art africain, mais aussi celui du marché de l'art qui a fait du segment africain un incontournable.  D'avoir créé un rendez-vous pour les artistes africains ou issus de la diaspora, c'est intéressant parce que cela permet de voir à quel point cette créativité est riche. AKAA, ce sont encore les artistes qui en parlent le mieux. Kuka Ntadi est artiste visuel franco-congolais : « Maintenant que le marché de l'art commence à s'y intéresser, on voit que les artistes commencent à s'épanouir dans leur créativité, à faire des choses de plus en plus incroyables. On assiste tout simplement au fait que l'on est dans l'art contemporain avant tout. » La foire AKAA a donc libéré les artistes en même temps qu'elle les mettait en lumière. En dix ans, le galeriste Christophe Person a vu la qualité générale augmenter : « C'est qu'il y a dix ans, quand AKAA s'est lancée et quand beaucoup se sont lancés dans l'art africain, il y avait un vrai engouement qu'aujourd'hui, on pourrait qualifier de spéculatif. Tout le monde voulait acheter des artistes africains et donc on achetait juste des images qui étaient séduisantes à l'œil. Aujourd'hui, on est arrivé à une période où il faut quand même fouiller davantage, parce qu'il faut essayer de représenter des artistes qui vont s'inscrire dans l'histoire de l'art. Avec des sources d'inspiration qui soient plus que des images tirées d'Instagram. » À lire aussiAKAA 2025 : Serge Mouangue révolutionne l'esthétique entre l'Afrique et le Japon Le regard occidental, influence ou dialogue ? Si AKAA a fait évoluer les artistes, est-ce que le regard du public occidental a lui aussi pesé sur les processus créatifs ? Le Kényan Evans Mbugua et le Bissau-Guinéen Nu Barreto, tous deux plasticiens, vivent et travaillent en France : « – Le regardeur peut nous renvoyer un ressenti, répond Evans Mbugua, surtout pour moi qui travaille sur les émotions, et cela m'informe, cela m'aide à creuser plus. Je pense que l'art est un dialogue. Et ce dialogue est un aller-retour entre l'atelier et l'œil de celui qui regarde.  – Nu Barreto, est-ce que le regard du public européen ou vivant en France a changé votre façon de travailler ? – Forcément, ces regards-là finissent par apporter quelque chose indirectement, mais tout en laissant à l'artiste la liberté dans sa création de pouvoir proposer des choses à la société. » L'écueil auquel la foire AKAA et ses artistes tentent d'échapper, serait donc de succomber au public. Sitor Senghor est le directeur artistique d'AKAA : « Ils font beaucoup moins ce qui est à la mode. Même si, vous avez énormément d'artistes en résidence en Occident et donc ils vont produire ce qui plait en Occident, donc en perdant un peu de leur identité. C'est pour cela que je voudrais vraiment que l'on puisse donner toute leur chance aux artistes du continent qui sont en train de changer. » Qualité, authenticité, deux mots d'ordres indispensables alors que le marché de l'art contemporain africain cherche un nouveau souffle. Heureusement pour lui, s'il souffre d'un problème de demande conjoncturelle, l'offre, elle, est structurellement toujours plus riche.  À écouter aussiLa foire d'art contemporain africain parisienne AKAA fête ses 10 ans

    «Copistes» au Centre Pompidou-Metz, une commande originale à cent artistes contemporains

    Play Episode Listen Later Oct 18, 2025 2:38


    Jusqu'au 2 février 2026, le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition inédite intitulée Copistes. Cent artistes contemporains ont reçu une invitation ainsi formulée : « À partir de l'œuvre de votre choix conservée parmi les collections du musée du Louvre, imaginez sa copie ». Une carte blanche séduisante, inégale et stimulante.  ► Exposition Copistes jusqu'au 2 février 2026 au Centre Pompidou-Metz

    De Broadway à Paris: «Cher Evan Hansen» met en musique les maux de la jeunesse

    Play Episode Listen Later Oct 17, 2025 3:17


    L'isolement des jeunes, le harcèlement scolaire et l'impact des réseaux sociaux – ces thèmes sensibles sont les ingrédients principaux d'une comédie musicale récompensée avec six Tony Awards, un Grammy et un Olivier Awards. Créée à Broadway en 2016, Cher Evan Hansen débarque à Paris pour cinquante représentations. Le metteur en scène Olivier Solivérès signe cette adaptation française inédite avec des paroles revisitées par la chanteuse Hoshi, elle-même victime de cyberharcèlement et d'homophobie. Pour aller plus loin :  Hoshi ouvre son «Cœur Parapluie»

    Le festival Électropicales à Saint-Denis de La Réunion: une célébration de la culture créole

    Play Episode Listen Later Oct 11, 2025 3:30


    La 17e édition des Électropicales s'est terminée dans la nuit de samedi à dimanche 12 octobre à Saint-Denis de La Réunion. Considéré comme le plus grand rendez-vous de musiques électroniques et hip-hop de l'océan Indien, le festival a rassemblé plus de quarante artistes locaux, régionaux et internationaux, pour quatre soirées intenses au cœur de la capitale réunionnaise. Entre maloya réactualisé, techno-punk, rap, bouyon, et bien d'autres styles encore, Les Électropicales ont offert un panorama musical riche et métissé, à l'image de l'île intense. Ces derniers jours, le quartier du Barachois, d'ordinaire assez calme, s'est transformé en un véritable théâtre sonore et visuel. Fondateur et directeur des Électropicales, Thomas Bordese vise à créer un espace dans lequel l'on se sent libre, en sécurité et en lien : « Je vais répéter ce qu'un artiste m'a dit quand il était venu : "Ton festival sent l'amour". Peut-être que c'est l'amour d'une équipe qui bosse dessus pendant un an, qui se donne à fond pour faire des choses belles, pour transformer un espace historique : le Barachois, avec la mer à côté, les arbres centenaires... Il le transforme en un endroit qui est méconnaissable pour les Dionysiens et les Réunionnais. C'est un point d'entrée de La Réunion qui est quand même très emblématique. On sublime le Barachois, j'espère en tout cas. » Sur scène, les boucles répétitives des machines électroniques s'entremêlent naturellement aux rythmes de l'océan Indien chez ces artistes de La Réunion, de Maurice ou de Mayotte. Pour le pionnier de l'électro-maloya, Jako Maron, cette fusion n'est pas un simple choix artistique, c'est un acte de mémoire : « Le maloya, c'est une voix qui vient de loin, c'est le seul témoignage qu'on ait musicalement qui nous donne un peu les sentiments qu'ils ont pu ressentir. Je parle de ceux qui étaient avant nous, sur l'île, de l'histoire de l'esclavage. On n'a pas de livre. Ils n'ont pas fait des tableaux. Ils n'ont rien fait. Ce sont des gens qui ont tout donné. Et après, ils n'ont même pas une tombe, pour beaucoup. C'est la seule résonance qui reste de leur voix. Cette résonance, cette voix, moi, je veux la faire résonner dans le monde entier. Je joue du maloya, la musique qui vient de l'esclavage. On entend leurs souffrances, leur fierté dedans, c'est ça le combat pour moi. » Chez les rappeurs, même constat : les racines refont toujours surface. N'Dji, voix montante du rap réunionnais, célèbre sa créolité dans ses clips comme dans ses textes. Il raconte : « C'est très naissant le rap local, le rap créole. On est donc dans un mimétisme du rap français. Moi, j'écoutais beaucoup MC Solaar. Ils chantent en français. Quand tu veux t'approprier un peu plus ta façon de t'exprimer, tu ne mens pas, donc tu t'exprimes avec les codes du milieu dans lequel tu as grandi. Naturellement, tu transfères cela dans le rap créole. Je ne suis pas le plus grand puriste du maloya rap, mais c'est quelque chose qui me parle et dès que j'ai l'occasion d'introduire un peu de maloya dans ma musique, j'en mets. »  Cette année encore, Les Électropicales s'affirment comme un festival capable de bâtir des ponts entre les continents, les époques et les identités. Une célébration sonore où le passé et le futur dialoguent sous les palmiers, au rythme des basses.  À lire aussiLe maloya, l'esprit créole de La Réunion

    Georges de La Tour, le virtuose du noir et de la lumière en majesté au musée Jacquemart-André

    Play Episode Listen Later Oct 11, 2025 2:35


    Georges de La Tour est en majesté dans le bel hôtel particulier du musée Jacquemart-André à Paris. Peintre du XVIIe siècle à la production rare, on lui connait une quarantaine d'œuvres dont on peut voir plus de la moitié dans l'exposition. Des tableaux où l'artiste se joue avec virtuosité du noir et de la lumière, ce qui lui vaut le surnom de « Caravage français ». L'artiste célèbre de son vivant tombe ensuite dans l'oubli pour être redécouvert au début du XXe siècle. ► Exposition Georges de La Tour, entre ombre et lumière, du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026

    L'exposition «Amazônia» au Quai Branly: les autochtones ont la parole

    Play Episode Listen Later Oct 4, 2025 2:38


    Malgré cinq siècles de contact avec l'Amazonie, ce territoire est toujours perçu comme mystérieux, notamment par les Européens. Beaucoup imaginent à tort une immense forêt vierge peuplée d'Amérindiens, isolés du reste du monde. Un décor exotique figé, vision réductrice et même fausse de cette région du monde. Au Quai Branly, l'exposition « Amazônia, Créations et futurs autochtones » rétablit une forme de vérité en donnant à voir un point de vue plus juste : celui des peuples autochtones. Coiffes traditionnelles, masques, poupées en argile, corbeilles à manioc, flèches ou encore urnes funéraires : plus de deux cents œuvres sont rassemblées au Quai Branly, entre objets, peintures, sculptures, photos et vidéos. Denilson Baniwa, artiste et militant brésilien pour les droits des peuples autochtones et co-commissaire de l'exposition « Amazônia » : « Nous avons un grand cliché sur l'Amazonie : c'est juste une vaste zone inhabitable, très inhospitalière à l'humain. Alors qu'il y a plusieurs peuples qui y vivent, et qui s'épanouissent dans leurs territoires. Et un deuxième cliché, c'est qu'il faut préserver cet endroit. Donc, on veut le préserver sans demander aux gens qui sont là-bas ce qu'ils pensent de cette préservation, comment eux, ils veulent se connecter avec le monde, comment eux, ils veulent protéger la forêt ». La pluralité de l'Amazonie L'exposition renverse ainsi le regard, loin de la vision occidentale, plus proche du vécu des autochtones, de leurs désirs et de leur mode de vie. Chaque œuvre, au-delà de son aspect esthétique, porte une signification politique ou chamanique. Les masques font surgir des entités surnaturelles parfois dangereuses, les diadèmes sont à l'image d'un défunt particulier selon leurs couleurs et les plumes utilisées, les peintures corporelles marquent naissances, fêtes ou un deuil. Pour Leandro Varison, anthropologue brésilien et co-commissaire, il faut avant tout saisir la pluralité de l'Amazonie : ses environnements, ses langues, ses futurs. Il explique : « Les peuples autochtones sont très divers, à la fois d'une communauté à l'autre, mais même au sein d'une seule communauté. Nous avons des autochtones qui habitent en ville, qui ont un compte en banque, qui vont faire leurs courses au supermarché. Et nous avons des autochtones isolés, qui ne parlent pas d'autres langues et qui refusent tout contact. Donc entre ces différentes situations et les différentes réponses apportées aux communautés, tout est très varié, c'est presque du sur-mesure. Il y a une résistance formulée – ou en train d'être formulée – par ces communautés pour repenser à comment nous pouvons réfléchir à ces menaces qui pèsent sur nous. À la fois en replongeant dans notre propre histoire, à la fois en récupérant et en rendant plus forte notre culture, mais aussi en récupérant des instruments qui nous sont offerts par le monde global. » Avec « Amazônia », l'art contemporain prend un tout autre sens puisque tout est lié au vivant, aux humains, aux plantes et aux esprits. L'exposition se veut claire : non, l'histoire de l'Amazonie ne commence pas avec la colonisation et non, ce territoire ne se résume pas aux menaces futures. Et si les communautés autochtones paraissent isolées, nous le sommes tout autant d'elles. L'exposition « Amazônia, Créations et futurs autochtones » est à voir au Quai Branly à Paris jusqu'au 18 janvier prochain.

    Première française pour «Satyagraha», l'opéra immersif de Philip Glass sur Gandhi

    Play Episode Listen Later Oct 3, 2025 4:00


    C'est l'une des œuvres les plus engagées de l'art lyrique. À la fois politique et spirituel, Satyagraha de Philip Glass s'inscrit dans un contexte de lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, tout en puisant son inspiration en Inde, à travers la vie de Mahatma Gandhi et sa philosophie de résistance non violente. Composé en 1979 et chanté en sanskrit, cet opéra est présenté pour la première fois en France, à Nice, dans le sud de l'Hexagone. La mise en scène de la chorégraphe Lucinda Childs, compatriote et amie de longue date du compositeur américain, s'accompagne de projections vidéo à 360°, faisant de cette création le premier opéra immersif présenté en France.

    À Paris, «Disney100: l'Exposition» revient sur les cent ans d'histoire de Disney

    Play Episode Listen Later Sep 27, 2025 2:44


    Mickey Mouse, Cendrillon, Simba, Mary Poppins, Bambi ou encore les Aristochats… Ces personnages ont marqué des générations de millions d'individus à travers le monde. Coup de projecteur aujourd'hui sur Disney, le mastodonte du divertissement, dont l'exposition du centenaire fait escale à Paris jusqu'au 26 octobre, après avoir déjà tourné à Londres, Munich ou encore Séoul. C'est un contrat de 1923 qui signe les débuts officiels de l'entreprise créée par un jeune américain de 22 ans, Walt Disney et son frère Roy. « Ce qui marque la naissance de la Walt Disney Company, c'est le contrat que Walt et son frère Roy signent avec une distributrice de dessin animé, Margaret J. Winkler, raconte Sébastien Durand, expert français de Disney, Elle commande une première série de dessins animés, à ce jeune homme qui y est allé au culot. Elle lui commande six premiers cartoons. Il signe le contrat et c'est le 16 octobre 1923, et ça marque les débuts de ce qui est aujourd'hui la Walt Disney Company ». Un document que l'on peut voir dans la première salle de l'exposition, non loin des premières esquisses de Mickey Mouse. La célébrissime souris prendra vie cinq ans plus tard, explique Sébastien Durand : « Le cinéma parlant était tout nouveau et venait d'être inventé l'année précédente avec le chanteur de jazz. Walt Disney va tout miser sur cette idée de "on va sonoriser Mickey". Il va mettre sa maison en gage, il va hypothéquer tout ça parce que ça passe ou ça casse. Il a une toute petite équipe pour faire Mickey. Et la question qui va très vite se poser, c'est : qui va faire la voix de Mickey ? » C'est Walt lui-même qui prêtera sa voix à la souris les premières années. Autant de détails que l'on apprend dans cette exposition du centenaire. Et notamment la philosophie du fondateur, et parmi l'un de ses grands principes. La règle d'or, c'est l'art du récit, comme l'explique Becky Kline à la tête des archives Disney : « Dans tout ce que l'on fait, que ce soit une croisière, une attraction d'un des parcs, un film, une série télévisée, tout repose sur l'histoire que l'on raconte. Et cela, quelle que soit la forme choisie, que ce soit l'animation traditionnelle, en 2D, ou par ordinateur ou un livre, puisque l'on édite aussi des livres. On raconte des histoires. » On pourrait citer d'autres règles d'airains, comme l'importance de la musique et des chansons, ou le goût pour l'innovation. On peut voir, parmi les quelque 250 pièces, costumes ou accessoires exposés à Paris, une caméra spécialement conçue pour le premier long métrage d'animation de l'histoire, Blanche neige et les sept nains, en 1937. « Ils créent une caméra que l'on appelle la caméra multiplane, qui permet de mettre les différents plans verticaux. Et la caméra va se rapprocher. Vous savez, dans Blanche Neige, au début, on est dans la forêt, on s'approche du château, les arbres deviennent flous… Donc, il y a toujours eu ce mélange de technologie au service de l'histoire chez Disney, dès les débuts », analyse Sébastien Durand. Casques de Star Wars, robe rouge de Cruella, ou cheval de manège de Mary Poppins, des objets iconiques figurent également en bonne place, participant à la magie Disney jamais démentie depuis un centenaire. À lire aussiDisney, mastodonte du divertissement, célèbre son centenaire actuellement à Paris

    Germaine Acogny invoque Joséphine Baker et Pina Bausch au Théâtre des Champs-Élysées

    Play Episode Listen Later Sep 26, 2025 3:00


    Affronter la scène à 81 ans pour incarner la fougueuse Joséphine Baker : c'est le pari audacieux relevé par la chorégraphe franco-sénégalaise Germaine Acogny. Dans un solo saisissant, la star de la danse afro-contemporaine s'empare des planches du Théâtre des Champs-Élysées à Paris, exactement un siècle après que Joséphine Baker y a fait sensation avec sa Revue Nègre. Elle fait ensuite le lien avec Le Sacre du printemps de Stravinsky dans la version de Pina Bausch revisité par des danseurs de quatorze pays africains, tous formés à son École des Sables au Sénégal. Loin des clichés du music-hall, des grimaces et des ceintures de bananes, Germaine Acogny incarne une Joséphine Baker d'une dignité rare, poétique, mais tout aussi puissante. « Aux obsèques de Joséphine Baker, quelqu'un a dit : "Elle est morte, mais elle est immortelle". Donc, j'ai voulu donner vie justement à cette combattante, cette femme qui a lutté contre le racisme, qui a adopté des enfants du monde entier, les a élevés et d'une grande générosité. Même actuellement, des gens très riches ne vont jamais adopter douze enfants ! » Seule en scène, Germaine Acogny retrace en moins de 30 minutes la vie de cette star, mère, espionne et militante afro-américaine. Par touches subtiles, elle évoque un déhanché de charleston, mime le geste de tirer à l'arc et enfile un costume d'Amazone. « Je suis née au Bénin, j'ai grandi au Sénégal. Donc, les Amazones de mon pays, ce sont des guerrières. C'est à travers cette danse des Amazones que je montre la résistante, la combattante, celle qui a libéré les Noirs, les Mexicains, les Indiens et qui a libéré la France aussi ». Animée par l'esprit de Joséphine Baker, qu'elle a rencontrée à l'âge de 29 ans, Germaine Acogny poursuit aujourd'hui son combat pour les droits civiques : « Jusqu'à présent, ce racisme existe. Et dans les matchs de foot, il y a beaucoup d'Africains dans les équipes internationales qui jouent bien et on leur jette des peaux de bananes. Comme à des singes ! Eh ben, la banane, je l'ai jetée aussi. » Pour Germaine Acogny, icône de la danse africaine des temps modernes, amener le « Sacre du Printemps », ce rite païen aux rythmes saccadés, en Afrique était une évidence. À travers son école des Sables, cette chorégraphie sublime et tribale prend racine dans la terre.« Rien que ce nom, ça appelle beaucoup les ancêtres. Je me sens vraiment à la source, être en contact avec la terre, avec la communauté », réagit Aziz Zondi, danseur burkinabé. « C'est à la fois contemporain, à la fois doux – avec la douceur de la femme, l'énergie, la force des hommes », ajoute Manuela Hermine, danseuse ivoirienne. « Nous, on le redécouvre à chaque fois qu'on vient pour ce travail-là », renchérit Aziz Zondi. Déjà salué dans 17 pays, ce Sacre du Printemps plus universel que jamais n'a que rarement été applaudi devant un public aussi divers qu'à Paris. À lire aussiPour Germaine Acogny, «le corps des danseurs sera notre archive» des danses traditionnelles

    Exposition «Afrosonica»: un voyage au cœur des sons d'Afrique au MEG en Suisse

    Play Episode Listen Later Sep 20, 2025 2:59


    Raconter l'Afrique et ses diasporas à travers leurs sons et leurs musiques, c'est l'objectif d'une exposition immersive au Musée d'ethnographie de Genève, en Suisse. Avec plus de 200 œuvres – archives, instruments anciens et installations contemporaines –, Afrosonica. Paysages sonores embarque le public dans un voyage multisensoriel qui met en lumière le son comme vecteur de connexion, de résistance et de changement. Des tambours et des luths, des gousses de fruits et des cocons d'insectes, des graines et des coquillages : c'est l'Afrique dans toute sa diversité sonore qui se déploie sur 1 000 mètres carrés au Musée d'ethnographie de Genève. Mo Laudi, artiste multidisciplinaire et DJ sud-africain, est co-commissaire de l'exposition : « "Afrosonica" fait référence à une tradition dans les townships de fusionner des mots pour créer de nouvelles significations. Ici, c'est l'idée que l'Afrique est riche ; les minéraux les plus précieux proviennent du Congo et se retrouvent dans nos téléphones portables ; l'or d'Afrique du Sud orne les Rolex. Et quand vous écoutez du rock and roll, il a ses racines en Afrique, tout comme le hip-hop et le jazz. Aujourd'hui, il y a une fierté à affirmer : "Je suis Africain." Il est essentiel de se souvenir de ces racines pour avancer. » Cet ambassadeur de l'afro-électro présente lui-même une création. Inspirée des peintures murales des maisons d'Afrique du Sud, il y mêle plastique recyclé et chants de travail. Avec l'ethnomusicologue canadienne Madeleine Leclair, conservatrice au MEG, les deux commissaires ont puisé dans les 20 000 heures d'archives du musée et passé commande à sept artistes contemporains pour créer un parcours libre où le son est outil de mémoire, de transmission, de contestation. À écouter aussiAfrosonica, paysages sonores au Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) Madeleine Leclair : « Les grands mouvements politiques, les grands chamboulements qui ont marqué l'histoire de l'Afrique – la colonisation, décolonisation, indépendance – étaient accompagnés de musique. C'est vraiment un élément fédérateur. Également en Afrique du Sud, à l'époque de l'apartheid notamment, le gouvernement est même allé jusqu'à censurer des enregistrements, de personnages importants dans la contestation rayés du disque. » Une vingtaine de thèmes rythment le parcours, illustrant le pouvoir du son entre révolte et résilience, rituel et réactivation de la mémoire. Des peintures préhistoriques de harpes du Sahara croisent le chant vaudou du Bénin des années 1960, tandis que la rumba congolaise se frotte aux vinyles d'un jukebox. Le public peut assister à un « bain d'oreilles » au Nigeria et se laisser hypnotiser par le vrombissement d'un rhombe, petit objet en os, en bois ou en ivoire, que l'on fait tournoyer au-dessus de la tête à l'aide d'une ficelle. Madeleine Leclair : « Ces rhombes sont mis en mouvement sur les cinq continents, notamment au Brésil, en Australie également, et en Afrique, ça peut aussi être interprété comme la voix des ancêtres. » Et parfois, il suffit d'un bidon d'huile et d'un câble de frein à vélo pour créer une cithare au Burkina Faso et redonner un sens au son. ► L'exposition Afrosonica. Paysages sonores à voir et à écouter au MEG en Suisse jusqu'au 4 janvier 2026.

    «Borda», le nouveau spectacle de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues

    Play Episode Listen Later Sep 19, 2025 3:19


    La grande chorégraphe brésilienne engagée, Lia Rodrigues, est de retour au Festival d'Automne à Paris. Sa dernière création Borda est présentée ce week-end au Théâtre National de Chaillot dans le cadre d'une grande tournée jusqu'à mi-octobre. Une pièce que l'artiste a créée une fois de plus au cœur de la Favela Mare à Rio de Janeiro où elle a implanté son centre d'art. « Il y a plusieurs sens dans ces mots, et c'est pour cela que j'aime bien, parce que ce n'est pas seulement une frontière aux limites, c'est aussi du verbe broder. C'est aussi quand on fait en sorte qu'une phrase soit plus belle. Au moins, en portugais, on a ce sens-là. Alors, j'aime bien ces sens un peu flottants. » Un univers flottant, mais aussi imaginaire et fantasmagorique. C'est ce monde qui s'ouvre à nous dans le dernier spectacle de Lia Rodrigues. La pièce commence dans le silence. Un tableau vivant. Un amas de tissu qui respire et sous lequel sont enfouis les neuf interprètes. « Tout ce que vous avez vu sur scène, ce sont des matériaux de 35 ans de ma compagnie. De toutes les pièces qu'on a mises sur les plateaux pour créer les costumes et aussi les costumes du May B d'une pièce de Maguy Marin qui a offert cette pièce pour les élèves de notre école. » À lire aussiDanse: «Encantado», la dernière création de Lia Rodrigues Une scénographie conçue de tissus, de voilages blancs et de plastiques Ainsi les tissus composent la scénographie, le décor de la pièce. Les danseurs semblent éclore de cette matière qu'ils déploient sur scène. Voilages blancs et plastiques envahissent l'espace au sein d'interprètes qui se découvrent grimaçants, prenant vie, troquant la torpeur et la lenteur contre une danse énergique. Une pièce conçue dans la favela Maré à Rio de Janeiro où Lia Rodrigues est installée. « Depuis 20 ans, je mène un projet avec une association, et on a créé un centre d'art et une école de danse. Cette école de danse a été créée en 2011 et c'est ça notre projet pédagogique. On a 300 élèves de tous les âges. » Borda une pièce généreuse qui se termine dans une explosion de gestes et de sons et où la vie prend toujours le dessus. À lire aussiDanse Lia Rodrigues Encantado

    À Bethléem, le plus ancien orgue de la chrétienté résonne à nouveau

    Play Episode Listen Later Sep 13, 2025 4:32


    À Jérusalem, une mélodie médiévale a été jouée pour la première fois sur l'orgue de Bethléem, un orgue vieux de 1000 ans considéré comme le plus ancien de la chrétienté, le 9 septembre dernier. L'histoire raconte qu'après avoir été probablement apporté en Terre Sainte par les croisés français, il a été utilisé pendant près d'un siècle dans l'église de la Nativité, jusqu'à l'une des invasions musulmanes de la fin du XIIe siècle. L'instrument avait alors été retiré afin d'être protégé de la dévastation... et peut-être aussi avec l'espoir qu'on puisse un jour le réutiliser. Avec ses tuyaux bruns, verts et rougeâtres qui se dressent majestueusement dans le monastère de Saint-Sauveur, l'orgue de Bethléem, muet depuis 800 ans, a de nouveau résonner le 9 septembre dernier au cœur de la vieille ville de Jérusalem en jouant un Bénédicamus Domino. « Il s'agit du plus vieil instrument de musique à émettre encore un son, car il n'existe pas de guitare, il n'existe pas de flûte qui soit plus ancienne que cet orgue-là », raconte ainsi le frère Stéphane, le supérieur de la basilique du Saint-Sépulcre, par ailleurs responsable du projet dans lequel l'orgue sera intégré. Découvert au début du XXe siècle lors de fouilles archéologiques à Bethléem, l'instrument date de l'époque médiévale. David Catalunya, spécialiste en musicologie, a mené le projet qui a conduit à sa réhabilitation. « C'est très difficile de trouver les mots pour décrire l'émotion que j'ai ressentie. Lorsque le son s'est révélé après 800 années de silence, c'était… je ne sais pas : comme découvrir une tombe de pharaon ! », raconte-t-il. À lire aussiUne histoire des rythmes de l'époque médiévale à aujourd'hui Les tuyaux de cuivre ont été particulièrement bien préservés, poursuit celui-ci : « Merci à ceux qui ont pris soin de cet instrument depuis sa découverte. L'autre facteur, c'est le climat. Il est très sec ici, et cela a grandement contribué à la très bonne conservation de ses éléments, cela a évité la corrosion. Les tuyaux ont 1 000 ans et ils ont un son très authentique. La sonorité originale a été pleinement préservée ». « Il y a à peu près 200 tuyaux d'orgues qui sont arrivés jusqu'à nous, dont à peu près huit qui émettent encore un son juste [...] », acquiesce le frère Stéphane. L'orgue sera désormais conservé au musée... un petit miracle. À lire aussiLe chant grégorien : une histoire de chœurs, ouverts sur le monde

    Avec l'exposition «All About Love», Mickalene Thomas célèbre les femmes noires

    Play Episode Listen Later Sep 12, 2025 2:54


    Artiste montante de la scène états-unienne, Mickalene Thomas s'est fait connaître dès les années 1990 pour le regard nouveau et engagé qu'elle porte sur la place des femmes noires dans l'art. Son travail infuse dans les connaissances précises de l'histoire de l'art dont elle réinvente les codes. Pour clore son itinérance internationale, après Los Angeles, Philadelphie et Londres, celle-ci présente jusqu'au 9 novembre son exposition « All About Love » au musée des Abattoirs de Toulouse, dans le sud de la France. Les œuvres et installations de Mickalene Thomas mêlent peinture, photographies, vidéos, et surtout collage. Ses tableaux très colorés représentent les femmes de sa vie : sa mère, ses amies, ses amantes, ainsi que des artistes qu'elle admire. Elle photographie et peint des corps noirs, gros, queers, au regard assuré et à l'érotisme affirmé, manière pour elle de questionner les notions traditionnelles de beauté, de sexualité et de féminité, simplement en donnant à voir sa réalité. Elle représente notamment des femmes en train de se reposer, pour affirmer que les corps noirs ont, eux aussi, droit au repos, aux loisirs et au luxe.  « Les systèmes sociaux cherchent à enfermer les femmes noires dans le rôle de servante, estime Mickalene Thomas. On ne nous perçoit pas souvent comme des personnes ayant droit à la joie ou au loisir. Même si nous possédons tout cela, ce n'est pas ce qu'on choisit de mettre en lumière chez nous. Ce qui est mis en avant, au contraire, ce sont nos traumatismes, les services rendus aux patriarches, à l'idéologie de la société blanche. Mon travail s'adresse avant tout aux femmes noires ordinaires qui possèdent toutes ces choses qu'on leur refuse souvent, parce qu'on leur répète qu'elles ne devraient même pas les désirer. Mais pourtant le désir est bien là, comme la sensualité est là, mais aussi l'excellence, la joie, l'amour. Toutes ces choses sont là, profondément ancrées dans leur identité », poursuit-elle.  Le déjeuner sur l'herbe d'Édouard Manet revisité Toute l'œuvre de Mickalene Thomas célèbre les femmes noires et leur lutte pour occuper les espaces sociaux et artistiques. Le seul espace où elles n'ont pas à se battre devient alors leur foyer. L'artiste crée de grandes installations immersives inspirées des pièces de son enfance qui deviennent des lieux de reprise du pouvoir, de liberté et de communauté.  L'artiste raconte : « Un foyer est avant tout un lieu de joie, de réconfort et de sécurité. L'importance de ce lieu est au cœur de mon travail. En fait, peu importe le chaos du monde extérieur, les épreuves auxquelles on doit faire face dehors. Que ce soit mon père ou ma mère, lorsqu'ils sortaient de la maison, ils affrontaient toutes sortes de discriminations liées à la couleur de leur peau. Alors quand ils rentraient, le foyer redevenait un espace de beauté, d'amour, de grâce même. Un lieu où on comprend les difficultés vécues au quotidien, dès le moment où l'on en passe la porte ». Mickalene Thomas revisite également des tableaux classiques de l'histoire de l'art européen, comme Le déjeuner sur l'herbe d'Édouard Manet dans lequel les femmes apparaissent passives et façonnées par le regard masculin. Elle se les réapproprie en y intégrant des femmes affirmées, incarnant un érotisme puissant et libre. « All About Love » invite à repenser nos imaginaires et à célébrer l'amour sous toutes ses formes. À lire aussi«The Color Line», une réévaluation des artistes africains-américains

    Musiques électroniques: «algoraves» et «live coding», l'émergence d'une pratique artistique multidisciplinaire

    Play Episode Listen Later Sep 6, 2025 2:57


    C'est un mouvement underground qui se démocratise depuis une dizaine d'années sur la scène musicale : les algoraves. Contraction des mots algorithme et rave, les algoraves sont des évènements dans lesquels les musiciens pratiquent le live coding, une pratique d'improvisation où les langages de programmation deviennent des instruments de création en temps réel. Les platines et les instruments sont remplacés par des ordinateurs sur lesquels les lignes de codes s'enchaînent pour créer ou modifier un son. Des lignes de codes défilent sur un écran géant, soutenues par des images, elles aussi codées. Une rythmique électronique résonne, elle est composée par un musicien peu commun, un live coder. L'artiste Azertype pianote sur les touches de son clavier d'ordinateur. « Pour moi, le live coding, c'est créer de la musique ou des images en écrivant des lignes de code pour modifier en temps réel. C'est plus de l'ordre de la jam ou d'une improvisation. Et l'algorithme, on va dire, c'est plus un mouvement, une manière dont se passent les soirées », estime-t-il. Car le live coding c'est d'abord une question de transparence envers le public. « Quand on fait du live coding, on aime bien montrer son écran pour que les personnes puissent suivre, regarder ce qu'on est en train de faire, faire le lien entre ce qu'on voit et ce qu'on entend », explique-t-il. Azertype s'amuse à unifier homme et machine, il a créé un exosquelette, un dispositif métallique adoptant la forme de ses épaules avec un ordinateur sur lui et les bras remplis d'autres gadgets : « Cela me permet de me déplacer dans le public, de voir les gens et de sortir du côté où on est sur scène, derrière son ordinateur, au-dessus de tout le monde. Moi, je préfère être au milieu avec les gens. » Lors de ces algoraves, on ne code pas que du son, mais aussi des images. « Je crée des petites boucles animées en temps réel en les programmant pendant des performances. Ce que je fais souvent, c'est que je prépare une petite animation, mais qui va évoluer. C'est-à-dire qu'il n'y a pas plusieurs scénettes, il y en a une majeure avec tous les effets, et je vais en rajouter au fur et à mesure, la rendre plus complexe. L'image qui est projetée, elle est 100 % programmée, c'est un algorithme qui la génère. Et donc du coup, quand on manipule l'algorithme, on n'est plus absolument tous les aspects de l'image » détaille l'artiste Flopine, vidéo-jockey et live-codeuse visuelle. La pratique est née au Royaume-Uni et se diffuse peu à peu en France. À Lyon, chaque année, un évènement réunit la communauté. Remy Georges est membre du Cookie Collective, un rassemblement d'artistes digitaux, qui organise cet évènement. « Chaque année, j'essaye d'organiser une algorave assez massive, sous la forme d'un marathon dans lequel on essaye de faire 12h de musique non-stop avec des lives allant de 20 à 40 minutes selon les années. Tout s'enchaîne toute la nuit, avoir des gens qui, toute la soirée, vont faire de la musique uniquement sur des outils qu'ils ont bidouillés pour l'événement. C'est super impressionnant et agréable. Il y a quelque chose de très performatif et de très vivant, moins opaque que d'autres événements », raconte-t-il. Performance musicale et esthétique, démonstration de virtuosité informatique, le live coding et sa déclinaison festive l'algorave se complètent et continuent de conquérir de nouveaux adeptes.  À lire aussiKutu, des transes électro entre la France et l'Éthiopie avec l'album «Marda»

    «Few Days Before Tomorrow»: danser collectivement pour affirmer le vivre ensemble

    Play Episode Listen Later Sep 5, 2025 2:48


    « Je voulais qu'on voit l'humanité qu'on partage » : Serge Aimé Coulibaly, le chorégraphe burkinabè, crée un spectacle de danse participative de grande ampleur avec une cinquantaine d'amateurs accompagnés par des danseurs et musiciens professionnels, dans le cadre du festival MolenFest 2025 à Molenbeek. Cette commune bruxelloise, souvent associée à la violence, veut montrer un autre visage et présente sa candidature comme Capitale européenne de la culture 2030.  ► Molenfest 2025 se déroule à Molenbeek jusqu'au 7 septembre. À lire aussiLiban, la culture malgré tout : rendez-vous avec la danse

    Liban, la culture malgré tout: rendez-vous avec la danse

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2025 3:55


    Le Liban commémore cette année 50 ans du début de la guerre civile. Mais une guerre en chasse une autre dans ce petit pays de 4 millions d'habitants qui compte presque autant de Libanais que de réfugiés syriens et palestiniens. Guerre entre Israël et le Hezbollah qui perdure malgré le cessez-le-feu, les drones israéliens survolent toujours le sud du pays et les bombes pleuvent par intermittence. Et cela sans compter l'effondrement bancaire dans un pays réduit à fonctionner avec du cash et une explosion dans le port de Beyrouth équivalente à une bombe nucléaire qui a laissé la capitale exsangue. Et malgré toutes ces catastrophes la créativité libanaise est à son apogée. Beyrouth fourmille d'expositions, pièces de théâtre, festivals de toutes sortes cinéma, musique et le public est au rendez-vous. On vous propose de vous emmener dans cette vitalité tous les dimanches de ce mois d'août. « Liban : la culture malgré tout », une série proposée par Muriel Maalouf à la réalisation Diego Tenorio. Aujourd'hui rendez-vous avec la danse.

    Rue des artistes : Côte d'Ivoire, le village Ki-Yi commémore ses 40 ans

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2025 4:29


    C'est une institution culturelle au coeur d'Abidjan... le village Ki-Yi fête cette année ses 40 ans – avec toujours à sa tête, l'autrice, plasticienne, chorégraphe camerounaise Were-were Liking, 75 ans, six décennies de carrière derrière elle. La communauté des “Ki-Yistes” tente d'explorer de nouvelles formes de création pour parler à la nouvelle génération et assurer sa pérennité. Reportage 

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