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Aujourd'hui, Élina Dumont, intervenante sociale, Antoine Diers, consultant auprès des entreprises, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Avec : Juliette Briens, journaliste à L'Incorrect. Yaël Mellul, ancienne avocate. Et Jérôme Lavrilleux, propriétaire de gîtes. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
L'attentat antisémite de Bondi, qui a endeuillé l'Australie le 14 décembre dernier, pourrait fracturer plus profondément le pays. Malgré une politique migratoire très stricte, l'Australie se faisait le champion du multiculturalisme. Ainsi, certains signes inquiètent : forte progression du parti d'extrême droite One Nation, progression des groupuscules néo-nazis, mais aussi une multiplication des actes racistes, ciblant en particulier la communauté musulmane. De notre correspondant à Sidney, À la mosquée de Lakemba, la plus grande d'Australie, située dans la banlieue ouest de Sydney, c'est la dernière prière du vendredi avant le début du ramadan. Cette année, le cœur n'est pas à la fête. La mosquée a reçu deux lettres de menaces en à peine dix jours et sa page Facebook est noyée sous les commentaires haineux et insultants. D'après Jamal Kio, le porte-parole de l'association qui gère le lieu de culte, les fidèles aussi sont victimes de cette haine. « Certains se font insulter, d'autres se font cracher dessus et des femmes se font arracher leur voile, témoigne-t-il. Cette forme de racisme direct, qui devient violent, est inquiétante. » Lubna, qui fréquente régulièrement la mosquée, n'a pour sa part pas subi ce genre de violences, mais cela ne l'empêche pas de vivre dans la peur. « Je vis dans un quartier musulman, donc je ne me sens pas rejetée ou mise à l'écart. Mais si je devais sortir de ce quartier, je ne me sentirais pas en sécurité, affirme-t-elle, et je me sentirais en danger parce qu'après ce qui s'est passé en décembre, tout le monde accuse les musulmans. » À lire aussiAustralie: au moins 16 morts dans une fusillade visant la communauté juive à Sydney, dont un assaillant Un racisme ancré historiquement Ce sentiment, partagé par la communauté musulmane, se traduit également dans les intentions de vote. Un récent sondage crédite ainsi One Nation de 26 % des voix, un niveau encore jamais atteint par ce parti d'extrême droite, qui, depuis trente ans, dénonce l'immigration non européenne. Plus inquiétant encore, des groupuscules néo-nazis gagnent eux aussi en popularité. « Ils ont probablement doublé leur nombre en 2025 et pour eux, Bondi, c'était comme un trophée, analyse Kaz Ross, qui étudie depuis des années l'activité de ces groupes en ligne. Parce que leur argument, c'est de dire que ce massacre n'aurait pas eu lieu s'il n'y avait pas eu de juifs et de musulmans. Nous devons réintégrer tous ceux en Australie qui ne sont pas des Blancs d'ascendance européenne. » Face à ce danger et suite à l'attentat de Bondi, le gouvernement a durci ses lois réprimant les discours de haine, ce qui a entraîné la dissolution du plus connu des groupes néo-nazis, le Réseau national socialiste. Reste que pour Jordan McSwiney, spécialiste de l'extrême droite, le gouvernement pourrait mieux faire pour combattre le racisme : « On ne peut pas combattre efficacement le racisme en isolant une forme particulière de racisme, comme l'antisémitisme ou l'islamophobie, défend-il. Elles font partie d'une forme plus large de racisme et de suprématisme blanc qu'il faut absolument combattre. » De fait, la forme la plus négligée de racisme est aussi la plus ancienne, c'est le racisme qui cible les Aborigènes. Le 26 janvier dernier, à Perth, un homme a jeté une bombe artisanale en plein milieu d'un rassemblement aborigène, qui n'a heureusement pas explosé. Animé par des idées racistes, il a été inculpé pour terrorisme. À lire aussiAustralie: les Aborigènes victimes d'un «génocide», l'État du Victoria face à son histoire
Depuis l'invasion russe en Ukraine, le 24 février 2022, la population ukrainienne vit au rythme de la guerre. Certains ont dû fuir, des millions d'Ukrainiens se sont réfugiés à l'étranger, quand d'autres sont restés et vivent sous la menace directe des missiles et des drones russes. Mais chacun a vu son quotidien et la vie de sa famille bouleversés face à la perte de proches, la hausse du coût de la vie, la peur des bombardements ou encore face aux pannes d'électricité et de chauffage qui s'enchainent alors qu'en cet hiver 2026, les températures ont franchi la barre des - 20°C. Les cycles de négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie s'enlisent et l'extraordinaire de la guerre est devenu une « normalité ». Les Ukrainiens continuent de travailler, de consommer, de sortir et si le conflit a forcé l'économie ukrainienne à se réorienter, la croissance du PIB a atteint 2,2% en 2025. Entre fatigue et résilience, comment s'organise la vie en Ukraine ? Peut-on encore penser à l'avenir après 4 ans de guerre et comment envisager le retour pour ceux qui ont quitté l'Ukraine ? Avec : En début d'émission, un entretien avec Théo Renaudon, correspondant pour RFI en Ukraine, actuellement à Kiev. • Marianna Perebenesiuk, journaliste franco-ukrainienne, notamment pour le quotidien ukrainien Tyzhden • Alexandra Goujon, maîtresse de conférences à l'Université de Bourgogne Europe, autrice de l'Ukraine, de l'indépendance à la guerre (Cavalier Bleu, 2023). Programmation musicale : ► Yours Eternally - U2, Ed Sheeran, Taras Topolia ► D'ici, De là-bas - Souad Massi, Gaël Faye.
Depuis l'invasion russe en Ukraine, le 24 février 2022, la population ukrainienne vit au rythme de la guerre. Certains ont dû fuir, des millions d'Ukrainiens se sont réfugiés à l'étranger, quand d'autres sont restés et vivent sous la menace directe des missiles et des drones russes. Mais chacun a vu son quotidien et la vie de sa famille bouleversés face à la perte de proches, la hausse du coût de la vie, la peur des bombardements ou encore face aux pannes d'électricité et de chauffage qui s'enchainent alors qu'en cet hiver 2026, les températures ont franchi la barre des - 20°C. Les cycles de négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie s'enlisent et l'extraordinaire de la guerre est devenu une « normalité ». Les Ukrainiens continuent de travailler, de consommer, de sortir et si le conflit a forcé l'économie ukrainienne à se réorienter, la croissance du PIB a atteint 2,2% en 2025. Entre fatigue et résilience, comment s'organise la vie en Ukraine ? Peut-on encore penser à l'avenir après 4 ans de guerre et comment envisager le retour pour ceux qui ont quitté l'Ukraine ? Avec : En début d'émission, un entretien avec Théo Renaudon, correspondant pour RFI en Ukraine, actuellement à Kiev. • Marianna Perebenesiuk, journaliste franco-ukrainienne, notamment pour le quotidien ukrainien Tyzhden • Alexandra Goujon, maîtresse de conférences à l'Université de Bourgogne Europe, autrice de l'Ukraine, de l'indépendance à la guerre (Cavalier Bleu, 2023). Programmation musicale : ► Yours Eternally - U2, Ed Sheeran, Taras Topolia ► D'ici, De là-bas - Souad Massi, Gaël Faye.
Invité: Laurent Tessier. Nous passons un temps fou devant notre téléphone portable. Certains spécialistes sʹinquiètent des effets de cette consommation numérique permanente. Le sociologue Laurent Tessier se montre plus nuancé. Dans son livre "Scroller. Lʹart de faire défiler la vie", paru aux éditions MkF, le professeur à lʹInstitut catholique de Paris se demande sʹil nʹy pas aussi du positif, une quête de sens, dans ces heures passées les yeux rivés sur un appareil. Il est l'invité de Tribu.
Avec : Daniel Riolo, journaliste. Pierre Rondeau, économiste. Et Yael Mellul, ancienne avocate. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
Flambée des prix sur les marchés : la pomme d'amour atteint des sommets et certains légumes se font rares. Les planteurs pointent du doigt la chaleur, le manque d'eau et la période off-season by TOPFM MAURITIUS
Toute l'actu des sélections nationales et des championnats anglais, espagnol, italien et allemand avec nos légendaires "Drôles de Dames" : Julien Laurens, Fred Hermel, Polo Breitner et Johann Crochet.
durée : 00:56:23 - Certains l'aiment Fip - À l'occasion du festival "Chefs op' en lumière" 2026 dont elle est la présidente du jury, entretien avec une directrice de la photo passionnée qui a travaillé avec Claire Denis, Ursula Meier, Catherine Corsini, Henri Alekan, Peter Handke, André Téchiné ou Marc Fitoussi. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Clitorine, Zébulon-Claudibul ou encore Hervé, lorsqu'on attend un enfant, se mettre d'accord sur le choix du prénom n'est pas une mince affaire. Il est souvent tentant de trouver un prénom original et unique. Mais attention, l'originalité peut aussi avoir des conséquences négatives, et il est crucial de penser sur le long terme. Le prénom accompagnera l'enfant toute sa vie, donc autant opter pour un nom qui ne lui causera pas de problèmes. Certains parents n'ont pas réfléchi à tout ça, et ont choisi des prénoms un peu trop insolites pour leurs enfants, qui ont finalement été rejetés par la justice. Quels sont ces prénoms ? Sous quel motif un prénom peut-il être refusé ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant vous savez". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Joanne Bourdin. Première diffusion : juillet 2024 À écouter aussi : Qu'est-ce que l'inflexibilité intentionnelle, qui peut vous sauver au travail ? Les hommes politiques sont-ils vraiment assez protégés ? Quelles sont les 3 idées reçues pour lutter contre la chaleur ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Apparu dans les années septante, le terme "masculinisme" regroupe toutes sortes de mouvements qui partagent lʹidée que les hommes seraient menacés face aux revendications des féministes. Or le masculinisme nʹest en rien le contraire du féminisme, qui milite pour lʹégalité entre les genres: il prône la domination des hommes sur les femmes, censées rester à leur place "naturelle" dʹépouse et de mère. Les discours masculinistes ont sensiblement progressé depuis lʹavènement du mouvement #MeToo et se répandent particulièrement sur les réseaux sociaux, au sein de ce quʹon appelle la "manosphère". Leur cible privilégiée: un public jeune, friand de conseils en matière de réussite personnelle, de musculation ou de drague. Certains hommes radicalisés nécessitent dʹailleurs une surveillance attentive, y compris en Suisse: leur haine des femmes les incite à commettre des actes violents. Pourquoi le masculinisme connaît-il un nouveau souffle aujourdʹhui? Quʹest-ce que la Suisse met en place pour lutter contre ses discours? Production: Raphaële Bouchet Réalisation: José Moreno Les invité.es sont: Pauline Milani Historienne Université de Fribourg, spécialiste de lʹhistoire des femmes, du genre et des mouvements féministes et antiféministes. & Francis Dupuis-Déri Professeur de science politique à lʹUniversité du Québec à Montréal (UQAM), auteur de La crise de la masculinité : autopsie dʹun mythe tenace.
Certains produits, faute de pouvoir être consommés, sont ramenés en magasin par les clients. Un phénomène qui semble se multiplier ces dernières années dans nos supermarchés. Olivier Dauvers donne ses explications. Tous les jours, retrouvez en podcast les meilleurs moments de l'émission "Ça peut vous arriver", sur RTL.fr et sur toutes vos plateformes préférées.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour sa transition énergétique, le monde a besoin de minerais présents en masse dans les sols riches du continent africain. Cette course aux minerais stratégiques s'accélère, notamment avec le rapprochement États-Unis-RDC. Mais comment le continent peut-il vraiment tirer profit de la demande mondiale ? Illustration avec deux initiatives : mieux connaître ses sous-sols et réussir à négocier des contrats équitables. Avec notre envoyé spécial au Cap, On dit souvent que l'Afrique détient 30 % des minerais stratégiques. Mais pour le professeur Glen Nwaila, directeur du Centre africain de recherche sur les systèmes de minerai à l'université de Wits, l'exploration est encore trop peu financée sur le continent pour vraiment avancer des données précises. « Le plan pour l'avenir, afin de mettre à jour ces ressources, consiste donc en premier lieu à consolider les données africaines, souligne-t-il. Si vous recherchez des cartes géologiques et des gisements minéraux en Afrique, vous ne trouverez jamais de carte unique et unifiée. » Pour le chercheur, cette unification est essentielle, « car une fois que l'on dispose de plusieurs couches de preuves géologiques de gisements minéraux, on peut alors utiliser l'intelligence artificielle pour affiner la zone de prospection, puis des algorithmes pour définir les cibles dans différents pays. » D'autant plus qu'un état des lieux plus précis rassure les investisseurs internationaux, rappelle le professeur Nwaila. « Cela leur donne l'assurance que leur achat ou leur investissement générera les rendements escomptés. Et vous, ça vous permet donc de négocier un accord plus avantageux », estime-t-il. À lire aussiMinerais critiques en Afrique: «L'objectif est de devenir un continent où il y a des mines et des raffineries» Mieux négocier les contrats Les négociations représentent une étape cruciale pour que les gouvernements tirent vraiment profit de cette demande presque exponentielle en minéraux stratégiques, estime Olivier Pognon, directeur de l'ALSF – la Facilité africaine de soutien juridique, une organisation hébergée par la Banque africaine de développement et qui conseille les gouvernements du continent. « Ce sont des contrats extrêmement complexes et il y a un principe qui est admis, c'est que la raison pour laquelle un certain nombre de contrats n'ont pas profité aux pays africains, c'est parce que ces contrats étaient déséquilibrés », explique l'avocat. Ainsi, il tente de former les équipes sur le terrain, « de manière à pouvoir gérer les problématiques contractuelles qui se posent à eux. » Mais Olivier Pognon reste pragmatique : la route est encore longue face à des multinationales très expérimentées. Certains accusent par exemple la RDC de brader son potentiel minier aux États-Unis, ce que le pays réfute. « Ce sont des initiatives qui, à l'échelle d'un continent, prennent du temps. La satisfaction qu'on tire de ce que nous faisons, nous, ALSF, c'est que l'organisation a beaucoup gagné en crédibilité, indique l'avocat. Je pense que c'est un indicateur que la question de la bonne gouvernance dans les contrats, de la transparence, est une considération de plus en plus importante pour nos gouvernements. Il y a encore du chemin à faire. » L'organisation se félicite d'avoir permis aux gouvernements africains d'économiser plusieurs milliards de dollars ces dernières années, grâce à des contrats mieux négociés. À lire aussiRDC: La société civile souhaite une nouvelle liste de minerais stratégiques
À la fin des années 70, Los Angeles bouillonne. Une nouvelle génération rejette le rock classique, la culture dominante et le rêve californien. C'est dans ce climat qu'apparaît Slash, d'abord sous la forme d'un fanzine punk. Le magazine devient rapidement une voix essentielle de la scène locale, racontant les concerts, les groupes et la rue, sans filtre ni compromis. Très vite, l'équipe comprend qu'écrire sur cette musique ne suffit plus : pour qu'elle survive, il faut aussi l'enregistrer et la graver sur disque. En 1978, l'artiste Bob Biggs finance l'enregistrement d'un single du groupe The Germs. Ce geste marque la naissance officielle de Slash Records. Le label devient alors l'un des tout premiers à documenter la scène punk de Los Angeles, encore marginale, souvent mal comprise et parfois réprimée par la police. Slash ne cherche pas le succès commercial. Il capture un instant brut, chaotique, presque dangereux, une musique à l'image de son époque : urgente, violente et imprévisible. Très vite, Slash Records s'impose comme le cœur battant du punk californien. Le label publie des groupes aujourd'hui devenus cultes comme X, Fear, The Flesh Eaters ou The Gun Club. Chacun apporte sa propre vision du punk, qu'elle soit politique, sombre, poétique ou totalement incontrôlable. Slash devient un refuge pour les artistes qui refusent les règles et un repère pour un public en quête de nouveauté. Ici, on ne suit pas les tendances, on les provoque. Au début des années 80, un tournant s'opère avec le succès critique des albums Los Angeles et Wild Gift du groupe X. Grâce à eux, Slash attire l'attention de l'industrie musicale et signe un accord de distribution avec Warner Bros. Pour certains, c'est une trahison de l'esprit punk, pour d'autres une opportunité de faire entendre cette musique au-delà de l'underground. Le label élargit alors son catalogue en accueillant des artistes comme Violent Femmes, Los Lobos ou Dream Syndicate, tout en conservant une identité forte. Durant les années 80 et 90, Slash Records avance sur une ligne fragile. Le punk originel s'essouffle, les scènes évoluent et le label se transforme pour s'adapter aux réalités économiques. Certains y voient des compromis, d'autres une nécessité. Malgré tout, Slash continue de défendre des artistes singuliers, souvent à contre-courant. En 2000, Slash Records cesse officiellement ses activités, mais son influence demeure. Né d'un simple fanzine, le label a profondément marqué l'histoire de la musique alternative américaine, prouvant qu'un mouvement underground pouvait laisser une empreinte durable sans renier son identité. X/Johny Hit and Run Paulene Germs/Lexicon Devil The Dream Syndicate/That's What You Always Say Fear/I Love Livin' In The City Faith No More/Kindergarten Green On Red/Blue Parade L7/Pretend We're Dead Steel Pole Bath Tub/The 500 Club Failure/Another Space Song Grant Lee Buffalo/Fuzzy
REDIFF - 3.000 ans après sa mort, Ramsès II est LE pharaon par excellence. Un vrai roi de la com ! Il se voulait le plus grand Guerrier, le meilleur bâtisseur, et accessoirement le meilleur amant et le père le plus prolifique de son temps. Certains universitaires voient même en lui le méchant roi du récit de l'exode dans la bible... et supposent qu'il aurait donc combattu Moïse sur les rives de la Mer Rouge ! Chaque samedi en exclusivité, retrouvez en podcast un épisode des saisons précédentes de « Entrez dans l'Histoire ». Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Certains secrets sont trop sombres pour rester cachés sous un lit.
Quatrième et dernier volet de notre série de reportages en Centrafrique dans la ville de Baboua qui se relève. Située à seulement 50 kilomètres de la frontière camerounaise, cette ville diamantifère a été profondément marquée par la crise de 2013 à 2016. Longtemps laissée à elle-même, livrée à l'insécurité et au manque d'infrastructures, Baboua semblait condamnée à l'abandon. Mais aujourd'hui, un vent de renouveau souffle sur la ville. Les jeunes, en coordination avec les chefs de villages et les forces de sécurité, s'organisent pour lutter contre les bandits armés et protéger leur communauté. Grâce à leur engagement citoyen, les routes entre Baboua et la frontière sont plus sûres et les habitants peuvent reprendre leurs activités agricoles et économiques en toute sérénité. De notre correspondant de retour de Baboua, Le ciel est noyé dans le brouillard, l'air est frais. Florentin pédale en direction de la falaise de Garga-Mbongo. Sur son dos, un sac contenant un bidon d'eau et quelques vivres. Entre ses mains, un téléphone relié à un fil métallique, improvisé pour capter le réseau. « Nous sommes simplement des habitants de la ville. Nous faisons de notre mieux pour parcourir les secteurs périphériques, les champs et les zones isolées », explique-t-il. Ce matin, il a choisi de parcourir une dizaine de kilomètres au nord de la ville pour recueillir des informations. « Dans nos activités quotidiennes, nous essayons d'être curieux et de poser des questions. Nous cherchons à repérer les inconnus, à vérifier si des hommes armés ne sont pas dans le secteur et à identifier des comportements inhabituels. » Depuis le désarmement, en octobre dernier, des rebelles des 3R, conformément à l'accord de paix de Ndjamena, il n'y a plus d'attaques dans la ville de Baboua et sa périphérie. Mais certains hommes armés ont changé de stratégie et agissent désormais comme des coupeurs de route. À lire aussiCentrafrique: les chefs rebelles de l'UPC et des 3R de retour à Bangui « La population vit dans un climat de peur » « La plupart des hommes armés sont autour des chantiers miniers. Ils font des braquages et la population vit dans un climat de peur, confie Privât, un habitant de Baboua. Nous sommes là pour lutter contre le grand banditisme, les assassinats, les enlèvements et le phénomène des coupeurs de route, chacun à notre manière. » Mais l'activité de ces jeunes n'est pas sans conséquences. Anselme, un agriculteur, s'inquiète pour son fils, qui reçoit régulièrement des menaces de mort : « Mon fils continue d'aller à l'école. Un jour, il a reçu des menaces de la part de ces bandits. Certains d'entre eux sont de jeunes habitants du village. J'ai peur pour la vie de mon fils, s'alarme Anselme, mais il est déterminé. Nous avons trop souffert. Ces actes de banditisme doivent cesser. » Les autorités locales travaillent en étroite collaboration avec ces jeunes afin de rétablir l'ordre et la sécurité dans la localité. « Ce ne sont pas des groupes rebelles, indique Jean Michel Bouaka, sous-préfet de Bouar. Ces gens utilisent pour la plupart des armes artisanales pour braquer des gens qui vaquent à leurs occupations. Ces jeunes en profitent pour les braquer, pour prendre leurs biens. Mais ce ne sont pas des groupes armés en tant que tels. Nous avons nos forces. Nous avons les Facas, la gendarmerie, la police, la Minusca et les alliés russes qui sont là pour nous prêter main-forte. » La plupart de ces jeunes volontaires ont l'ambition d'intégrer le rang des Forces armées centrafricaines pour défendre leur pays contre les rebelles et les bandits. Retrouvez les premiers épisodes de notre série sur l'Ouest centrafricain : L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: le problème persistant des viols à Baboua [3/4]
L'alcool est dans la nature. Des végétaux produisent naturellement de l'éthanol dont raffolent certaines espèces : des singes, des oiseaux ou des chauves-souris. Il n'y a rien de plus naturel que l'alcool. L'éthanol, son nom scientifique, est apparu sur Terre il y a une centaine de millions d'années, quand les plantes ont produit des fleurs, et donc des fruits, qui finissent par pourrir : ils fermentent, un processus chimique mêlant sucre et levure. L'humain n'a pas le monopole de l'alcool, mais chez les autres animaux, on mange de l'alcool plutôt qu'on en boit. C'est le cas des singes, qui seraient tombés dedans il y a 10 millions d'années, lors d'une longue période de sécheresse, contraints de se rabattre sur des fruits pourris tombés au sol, des fruits fermentés. L'alcool tue en volant Le chimpanzé, notre cousin le plus proche, consomme chaque jour en fruits l'équivalent d'une pinte de bière. Une expérience menée sur d'autres singes, des vervets, a aussi montré leur penchant pour l'alcool. Ils avaient le choix entre un verre de jus de fruit et un verre d'éthanol ; seulement 15 % ont choisi le jus de fruit. Certains animaux consomment avec modération. Une chauve-souris africaine choisit des fruits à faible teneur en alcool, 1 % au maximum, sans doute pour éviter de voler en état d'ivresse. Ce qui n'est pas le cas d'une espèce d'oiseau d'Amérique, le jaseur. Il ne tient pas l'alcool, percute régulièrement des obstacles, et certains en meurent. Parfois l'alcool tue en volant. Un drame lié à l'alcool a eu lieu en Inde quand un éléphant a tué quatre personnes dans leur sommeil, en les écrasant, attiré par un stock d'alcool frelaté. Mais vu le poids de l'éléphant, peu de risque qu'il s'enivre : il lui faudrait boire au moins 40 litres d'alcool, soit manger près de 1 500 fruits fermentés. Source d'énergie Un autre animal tient très bien l'alcool, malgré son petit poids, à peine 50 grammes. Il s'agit du ptilocerque, un mammifère d'Indonésie de la taille d'un rat. Il peut absorber l'équivalent de neuf verres de bière, sans le moindre signe d'ébriété. Mais les animaux recherchent-ils l'ivresse comme les humains ? Plutôt de l'énergie, et l'alcool est particulièrement calorique. Une espèce de mouche ferait, elle, exception. Les femelles alcoolisées ont tendance à multiplier les partenaires sexuels – l'alcool désinhibe. Alors que les mâles rejetés par leur partenaire font le plein d'éthanol – on boit pour oublier. La question de la semaine À lire aussiPourquoi le frelon oriental tient-il si bien l'alcool?
L'EUDI Wallet, Portefeuille d'identité numérique européen Nous vivons de plus en plus dans un système qui nécessite de prouver son identité. Récemment de nouvelles lois prévoient de justifier son age pour les réseaux sociaux. Pour cela une identité numérique s’impose. A chaque contrôle on donne plus de données que nécessaire en réalité. Faut-il sacrifier son intimité pour une simple transaction. Aujourd’hui, prouver sa majorité pour accéder à un service ou ouvrir un compte bancaire exige de scanner l’intégralité d’un titre d’identité. C’est un paradoxe flagrant : pour une simple vérification d’âge, un tiers accède à votre adresse, votre lieu de naissance et votre nom complet. Ce partage excessif facilité l’usurpation d’identité et le traçage publicitaire systémique. L'EUDI Wallet (European Digital Identity Wallet) promet de briser ce cycle. Plus qu'une application, c'est le pivot d'un changement de paradigme où l’utilisateur ne subit plus la collecte de données, mais orchestre sa propre « économie de la preuve ». Quelques précisions sur le EUDI Wallet Le Portefeuille Européen d'Identité Numérique (EUDI Wallet) est un système sécurisé de gestion de l'identité instauré pour permettre aux citoyens, résidents et entreprises de l'Union européenne de s'identifier et de s'authentifier en ligne et hors ligne. Ce dispositif s’appuie sur un cadre réglementaire et technique précis pour transformer les interactions numériques au sein du marché unique. Le Cadre Juridique : eIDAS 2.0 La mise en place du EUDI Wallet repose sur le règlement eIDAS 2.0, adopté en avril 2024. Ce texte fait évoluer le cadre de 2014 pour imposer de nouvelles obligations : D'ici fin 2026 : Chaque État membre doit fournir au moins un portefeuille numérique à ses citoyens. C’est cette année que vous allez découvrir votre identité numérique généralisée. D'ici fin 2027 : Les entreprises soumises à la réglementation de lutte contre le blanchiment (AML), les grandes plateformes numériques et certains services publics devront obligatoirement accepter le portefeuille comme moyen d'identification. Objectif 2030 : L'Union européenne ambitionne que 80 % des citoyens utilisent cette solution d'ici 2030. Fonctionnement et Technologies Clés Le portefeuille fonctionne comme une application mobile sécurisée stockant des identifiants numériques vérifiés (permis de conduire, diplômes, certificats de santé). L’Architecture Reference Framework (ARF) : C’est le cadre technique qui définit les normes, protocoles et spécifications pour garantir l’interopérabilité entre les différents pays. Zéro Knowledge Proof (ZKP) : Pour protéger la vie privée, le portefeuille utilise des preuves à divulgation nulle de connaissance. Cela permet, par exemple, de prouver que l’on est majeur sans révéler sa date de naissance exacte. SD-JWT (Selective Disclosure JSON Web Tokens) : Cette technologie permet de ne dévoiler que les champs strictement nécessaires d’un document numérique. Usages et Avantages pour les Utilisateurs Le EUDI Wallet simplifie de nombreuses démarches quotidiennes : Services Financiers : Ouverture de comptes bancaires ou demandes de prêts facilitées par la transmission instantanée de documents certifiés (KYC en temps réel). Signatures Électroniques : Le portefeuille permettra de réaliser gratuitement des signatures électroniques qualifiées (QES), ayant la même valeur juridique qu’une signature manuscrite. Services Publics et Vie Quotidienne : Demande de passeport, déclaration fiscale, accès à la sécurité sociale, ou encore enregistrement d’une carte SIM. Mise en œuvre en France : France Identité La France est particulièrement avancée grâce à l’application France Identité, qui sert de socle à cette transition. Elle permet déjà d’accéder à des titres d’identité (CNI, permis de conduire numérique, carte grise) sur smartphone. L’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) coordonne le consortium POTENTIAL, un projet pilote européen majeur impliquant 19 États membres pour tester les usages du portefeuille. Pour les entreprises françaises, l’enjeu est immédiat. Grâce à l’avance prise par l’ANTS avec France Identité et le pilotage du consortium européen POTENTIAL, on dispose d’une longueur d’avance. Ce socle technique national permet d’anticiper le “go-to-regulatory” (conformité) sans sacrifier le “go-to-market” (expérience client). Autant faut-il accepter pour chaque citoyen de disposer des identités compatibles, permis de conduire et carte d’identité. Exemple pour un prêt bancaire. Procédure actuelle Prêt bancaire Procédure numérique Prêt bancaire Enjeux et Risques Identifiés Malgré les avantages en termes de lutte contre la fraude et de fluidité, plusieurs points de vigilance sont soulevés : Risque de traçage : Certains craignent que l’utilisation du portefeuille ne laisse des traces permettant à l’État ou aux émetteurs de suivre les connexions des citoyens. Actuellement en France on a le droit de vivre sans permis ni carte d’identité. Avec ses systèmes vous devez vous enregistrer sur un de ces documents. Cybersécurité (Article 45) : Le règlement oblige les navigateurs à accepter certains certificats de sécurité étatiques (QWAC), ce qui inquiète les experts quant à de possibles interceptions de trafic chiffré. Penser aussi aux textes de loi sur les back door gouvernementales pour contourner les cryptages. Dépendance matérielle : Le portefeuille repose sur les composants de sécurité des smartphones contrôlés par des firmes américaines (Apple et Google) et chinoises, posant un défi de souveraineté technologique. Pour les entreprises, l’intégration peut se faire soit en direct (gestion interne de la complexité technique et réglementaire), soit via des intermédiaires (plateformes comme Hopae ou Docusign) qui facilitent la connexion aux différents registres de confiance européens. ThématiquePromesse (Vision UE)Risque (Critique des Opposants)Vie PrivéeZéro Knowledge Proof : Vous prouvez votre âge sans donner votre date de naissance.Traçage d’usage : L’État ou le fournisseur du Wallet sait où et quand vous l’utilisez.SécuritéCoffre-fort numérique : Fin des mots de passe volés et de l’usurpation d’identité.Point de défaillance unique : Si votre smartphone est compromis ou le système piraté, toute votre vie est exposée.SouverainetéIndépendance : Une solution européenne pour ne plus dépendre de Facebook/Google Connect.Infrastructure US : Le Wallet repose sur les puces (Secure Enclave) d’Apple et Google.Liberté d’accèsVolontariat : Le citoyen reste libre d’utiliser le format papier ou plastique.Obligation déguisée : Si les banques et services publics l’imposent pour “aller plus vite”, le refus devient impossible.Web de confianceAuthentification forte : Moins de bots, de deepfakes et d’arnaques en ligne.Fin de l’anonymat : Risque de voir disparaître la possibilité de naviguer sous pseudonyme sur le Web. Transformer la contrainte en opportunité L’identité numérique n’est pas qu’une affaire de juristes ; c’est un levier de performance. La lourdeur des vérifications KYC (Know Your Customer) est le premier frein à la croissance. L’EUDI Wallet transforme ce parcours : De 7 étapes à une validation instantanée : Fini le scan de documents et la saisie manuelle. L’accès aux « credentials vérifiables » (diplômes, IBAN, attestations de fonds) fluidifie l’entrée en relation. Synergie avec l’Open Banking : Dans la lignée de la DSP3, le Wallet devient l’infrastructure de confiance permettant de sécuriser les consentements et les interactions financières en temps réel. Réduction drastique de la fraude : L’utilisation d’identités régaliennes de niveau d’assurance “élevé” élimine la fraude documentaire à la source. Souveraineté et points de friction Malgré l’optimisme technologique, des zones d’ombre persistent. Le débat s’est cristallisé autour de l’Article 45 du règlement. Les experts s’inquiètent de l’obligation faite aux navigateurs d’accepter des certificats de sécurité (QWAC) émis par les États. Le risque ? Des attaques de type Man-in-the-Middle, où un État pourrait théoriquement intercepter le trafic chiffré de ses citoyens. Plus piquant encore est le paradoxe matériel : le Wallet repose sur des “enclaves sécurisées” (puces NFC et biométrie) intégrées aux smartphones. Ces technologies NFC sont américaines sur des smartphone chinois, coréen ou américains. « L'Europe construit son identité ‘souveraine’ sur une infrastructure matérielle qu'elle ne maîtrise pas. » L’identité régalienne de demain dépendra donc, en dernier ressort, de la bonne volonté d’Apple et Google à ouvrir leurs composants sécurisés. Enfin, subsiste le risque d’un traçage par l’émetteur (l’État) qui, bien que ne voyant pas le contenu des données via ZKP, pourrait enregistrer la fréquence et le lieu des authentifications, dessinant ainsi une “ombre numérique” persistante. Conclusion : Vers une “économie de la preuve” L’EUDI Wallet marque l’avènement d’une société où la preuve certifiée — qu’il s’agisse d’un diplôme, d’une attestation électronique d’attributs ou d’un statut professionnel — devient un actif fluide et portable. Pour les entreprises, c’est l’opportunité de passer d’un web de documents statiques à un web de confiance dynamique. Cependant, le défi reste humain. Saurons-nous transformer cet outil en levier de souveraineté individuelle ou glisserons-nous vers une dépendance régalienne automatisée ? Sources : Commission européenne sur identité numérique Réglement eIDAS Par Régis BAUDOUINThe post L'EUDI Wallet, Portefeuille d'identité numérique européen first appeared on XY Magazine.
Ecoutez Ça va beaucoup mieux avec Jimmy Mohamed du 20 février 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Massivement adopté pendant et après la crise du Covid-19, le télétravail semblait s'être durablement installé dans l'organisation du travail. Mais depuis deux ans, les entreprises resserrent la vis, durcissent les règles et rappellent leurs salariés au bureau. Contexte économique, enjeux managériaux, immobilier : les raisons de ce grand rééquilibrage. Il faut remonter au printemps 2020 pour comprendre l'essor fulgurant du télétravail. La crise du Covid-19, les confinements successifs et la fermeture massive des bureaux contraignent les entreprises à improviser. En urgence, elles équipent leurs salariés, généralisent les outils numériques et basculent dans le tout à distance. Très vite, un constat s'impose. La productivité ne s'effondre pas. Au contraire, de nombreux salariés gagnent en confort de vie, en temps de transport et en flexibilité. Entre 2021 et 2023, le télétravail s'installe durablement dans le paysage professionnel, sous une forme hybride devenue la norme : deux jours à domicile, trois jours au bureau. Côté entreprises, les bénéfices semblent également évidents. Le télétravail devient un puissant levier d'attractivité et un argument clé pour recruter, notamment dans les secteurs de la tech, de la finance ou du conseil. Il permet aussi de réduire les coûts immobiliers et les dépenses énergétiques. À ce moment-là, tout plaide en faveur du télétravail, perçu comme une avancée sociale majeure. Le grand retour du bureau depuis 2024 Mais cet équilibre ne dure pas. Dès 2024, les lignes commencent à bouger. Aux États-Unis, le retour massif au présentiel s'impose rapidement. Amazon, Google, JPMorgan, Meta, Boeing ou encore UPS rappellent leurs salariés au bureau, parfois jusqu'à cinq jours par semaine. En France, la dynamique est plus progressive, mais elle est bel et bien enclenchée. De nombreuses entreprises durcissent leurs règles et réduisent le nombre de jours dits « télétravaillables ». Ce revirement s'explique en grande partie par la dégradation du contexte économique. La croissance ralentit, le chômage remonte légèrement et le marché du travail devient moins tendu. Le rapport de force se rééquilibre alors en faveur des employeurs. Quand recruter devient plus facile, les entreprises peuvent imposer davantage leurs conditions. À cela s'ajoute la question immobilière. Avant la crise sanitaire, de nombreux groupes avaient investi massivement dans des sièges sociaux flambant neufs, des tours de bureaux ou des campus ultramodernes. Laisser ces espaces largement vides représente un non-sens économique, tant en termes d'investissement que d'image. Un outil de management et de gestion des effectifs Au-delà des considérations économiques, le retour au bureau répond aussi à des enjeux managériaux. Le télétravail à grande échelle bouscule les méthodes traditionnelles de management, fragilise parfois la culture d'entreprise et complexifie la coordination des équipes, en raison de la distance et des échanges dématérialisés. Certains analystes estiment même que le retour contraint au présentiel peut devenir un outil indirect de gestion des effectifs. En durcissant les règles, certaines entreprises savent que des salariés feront le choix de partir d'eux-mêmes. Une manière de réduire la masse salariale sans plan social, ni coût financier ou politique immédiat. Pour autant, le télétravail fait désormais partie intégrante des attentes des salariés. Il s'est imposé comme un élément central du « contrat psychologique » entre l'entreprise et ses collaborateurs. C'est pourquoi la majorité des organisations ne le suppriment pas totalement, mais cherchent à le recalibrer. L'enjeu est désormais de trouver un nouvel équilibre, permettant de concilier performance économique, efficacité collective et qualité de vie au travail. Reportage FranceFrance: le télétravail va-t-il reculer?
Direction Baboua, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière camerounaise, au nord-ouest de Bangui, pour le troisième volet de notre série de reportages. Dans cette ville, les violences sexuelles connaissent une inquiétante recrudescence ces dernières semaines. Chaque semaine, une dizaine de femmes, principalement de jeunes filles, sont victimes de viol. Si certaines bénéficient d'une prise en charge à l'hôpital local, beaucoup restent silencieuses, freinées par le poids des traditions et la stigmatisation sociale. Ces agressions surviennent autant en pleine ville que dans les champs ou les villages alentour, et les auteurs présumés sont parfois des bandits armés… mais aussi des proches. Face à cette situation alarmante, l'ONG SENI PLUS, basée à Baboua, apporte un accompagnement psychologique pour favoriser la réinsertion sociale des survivantes, sans discrimination. De notre envoyé spécial à Baboua, À la tombée de la nuit, le quartier populaire de Bokom est plongé dans l'inquiétude. La peur s'installe, les jeunes filles n'osent plus sortir ni marcher seules dans les rues. Privé d'éclairage public, le quartier s'enfonce dans l'obscurité, à peine éclairé par la lueur lointaine de la lune. Sous un hangar de fortune, fait de paille et de bâche, des jeunes se rassemblent. Ils fument et consomment de l'alcool. C'est ici qu'une jeune fille de 15 ans été violée. « Ce qui m'est arrivé m'a brisée. Je passais ici pour aller au marché. Ce jour-là, il pleuvait. Je n'ai rien fait pour mériter ça. Ils ont abusé de moi avant de fuir. Aujourd'hui, je veux que justice soit faite », confie-t-elle. Dans la cour à côté, Lima malaxe la boule de manioc à l'aide d'une spatule. Il y a un mois, alors qu'elle travaillait aux champs, elle a confié sa fille de 5 ans à son oncle paternel. Malheureusement, celui-ci a abusé d'elle : « Après le forfait, il a quitté le village sans laisser de trace. Ma fille est entre la vie et la mort à l'hôpital. L'enquête se poursuit pour le retrouver. » À l'hôpital de Baboua, les victimes reçoivent des soins médicaux et un accompagnement psychologique. Dans son bureau, Elvige Kadjidja Bita, de l'ONG Seni Plus, en reçoit plusieurs par jour. « Des cas d'agressions sexuelles, avec ou sans pénétration, ne sont pas des cas isolés, c'est régulier. Franchement, ici à Baboua, le nombre est élevé. Parfois, on reçoit dix cas par semaine. La statistique mensuelle des filles violées varie généralement entre 15 et 18 cas. L'âge des victimes varie de 5 à 15 ans pour les plus jeunes, et de 18 ans jusqu'à pas d'âge. Certains parents gardent le silence pour des questions de coutumes. Ces prises en charge sont gratuites à notre niveau », explique-t-elle. Beaucoup d'agressions au sein de la famille Malgré les nombreuses sensibilisations, la situation continue de gagner du terrain dans cette ville d'environ 20 000 habitants, dont les jeunes représentent plus de 70% de la population, selon les autorités locales : « Ça se passe beaucoup au sein de la famille. Ça peut être l'oncle paternel ou maternel qui est l'auteur. Souvent, l'enfant est allée jouer et un voisin vient coucher avec elle. Lorsque l'on amène des enfants de 5 ans ici, ce sont des cas délicats qui nécessitent des soins minutieux. On amène la victime chez les médecins pour une prise en charge médicale, on l'amène ici pour la prise en charge psychologique. On répond aux besoins selon la nécessité et selon l'urgence : d'abord sauver la vie avant la prise en charge psychosociale. » À Baboua, ces filles sont régulièrement victimes de stigmatisation et de rejet de la part de la société. Pour une lutte efficace, les autorités locales multiplient depuis le début du mois de février les sensibilisations en porte-à-porte et les réunions publiques, appelant la population à la vigilance et à saisir la justice. À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4] À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]
Cette semaine, je te propose un épisode qui va t'aider à maîtriser l'art de la conversation en français. Ah là là, le small talk ou l'art d'engager la conversation en français… Le small talk, c'est comme la danse, la course à pied ou le français, ça s'apprend. Je suis une professionnelle du small talk car ça fait partie de mon métier. Je fais parler mes élèves. J'aide mes élèves à avoir confiance en eux quand ils parlent français. Donc je dois les faire parler et le small talk, c'est parfait pour ça.Un professeur qui ne sait pas faire parler ses élèves n'est pas un bon professeur. Le small talk, c'est quoi ? C'est, comme on dit en français « parler de la pluie et du beau temps » et engager la conversation avec tout le monde : ton chef, ton voisin, ta belle-mère, la boulangère…Certains diront que le small talk, c'est parler pour ne rien dire, d'autres diront que ça crée du lien. Le small talk, lorsqu'il est bien préparé, c'est quelque chose de très agréable socialement s'il est fait avec les bonnes personnes. Lorsque tu passes un bon moment et que la personne, avec qui tu discutes ou tu papotes, dégage de bonnes ondes et une bonne énergie, tu as envie de continuer la conversation et c'est pour ça que ce guide est aussi ton nouveau meilleur ami. Parce que le small talk te permet :d'entrer dans une conversationd'y resteret de t'en sortir sans malaiseDans cet épisode privé réservé aux membres du Club, je vais tout te donner et je t'aide à devenir un expert ou une experte en small talk avec une cartographie complète du small talk en français, dans toutes les situations possibles.Il y a 3 manières de soutenir ce podcast pour qu'il continue à être libre, indépendant et rebelle : 1️⃣ Le Club de Yasmine Le Club privé du podcast qui donne accès à toutes les transcriptions des épisodes, aux épisodes secrets, la newsletter privée en français et l'accès à la communauté des élèves et membres sur Discord. https://lefrancaisavecyasmine.com/club 2️⃣ Les livres du podcast Les transcriptions du podcast sont disponibles dans les livres “Le français avec Yasmine” sur Amazon : http://amazon.com/author/yasminelesire 3️⃣ Les cours de français avec YasmineRendez-vous sur le site de mon école pour découvrir le catalogue des cours disponibles : www.ilearnfrench.eu ➡️ Rendez-vous sur les réseaux sociaux Instagram : https://www.instagram.com/ilearnfrench/LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/yasmine-lesire-ilearnfrench/ ➡️ Crédit musique La musique de cet épisode est créée par le groupe Beam. Merci à Maayan Smith et son groupe pour la musique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La tokenisation désigne le fait de représenter un actif réel ou financier sous la forme de jetons numériques, appelés tokens, inscrits sur une blockchain. Autrement dit, on transforme un droit de propriété ou une créance en une unité numérique échangeable, traçable et programmable. Ce n'est pas l'actif lui-même qui disparaît ou devient virtuel, mais sa représentation juridique et économique.Concrètement, un token peut représenter une action, une obligation, une part d'immeuble, une œuvre d'art, une matière première, ou même un droit futur, comme une part de revenus. Si un immeuble est tokenisé en 1 000 tokens, chaque token correspond à une fraction précise de cet immeuble. Posséder un token revient donc à posséder une partie de l'actif sous-jacent, avec les droits associés.La première promesse de la tokenisation est la divisibilité. De nombreux actifs sont coûteux et peu accessibles : immobilier, private equity, infrastructures. En les découpant en tokens, on permet à des investisseurs disposant de montants modestes d'y accéder. Cela élargit potentiellement le nombre d'investisseurs et fluidifie les marchés.Deuxième avantage clé : la liquidité. Certains actifs sont traditionnellement difficiles à revendre rapidement. La tokenisation permet des échanges quasi instantanés sur des plateformes numériques, parfois 24 heures sur 24. Un actif historiquement illiquide peut ainsi devenir plus facilement négociable, même si cela dépend bien sûr de l'existence d'un marché actif.Troisième élément fondamental : l'automatisation. Les tokens peuvent intégrer des règles directement dans leur code, via des smart contracts. Par exemple, le versement automatique de dividendes, le respect de conditions réglementaires, ou le blocage temporaire de la revente. Cela réduit les intermédiaires, les coûts administratifs et les risques d'erreur.Quatrième enjeu : la transparence et la traçabilité. Toutes les transactions sont enregistrées sur la blockchain, ce qui facilite les audits, la lutte contre la fraude et le suivi de la propriété. Pour les institutions financières, c'est un levier majeur de simplification opérationnelle.Il est important de distinguer la tokenisation de la spéculation sur les cryptomonnaies. La tokenisation n'est pas une monnaie alternative, mais une infrastructure. Elle cherche moins à remplacer le système financier qu'à le rendre plus efficace, plus fractionnable et plus rapide.Enfin, la tokenisation pose des défis réels : cadre juridique encore incomplet, protection des investisseurs, cybersécurité, reconnaissance légale des droits attachés aux tokens. Mais malgré ces limites, elle est souvent présentée comme une évolution comparable à la dématérialisation des titres financiers dans les années 1980.En résumé, tokeniser, c'est rendre les actifs plus accessibles, plus liquides et plus automatisables, en utilisant la technologie blockchain comme registre de confiance. Une transformation discrète, mais potentiellement profonde, de la finance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 1989, au moment où le mur de Berlin tombe et où le bloc soviétique vacille, Francis Fukuyama publie un article devenu célèbre : The End of History? Il y développe une thèse audacieuse : l'humanité serait peut-être arrivée au terme de son évolution idéologique majeure.Attention, il ne parle pas de la fin des événements, ni de la fin des conflits. Il parle de la fin de l'Histoire au sens philosophique, hérité de Hegel et d'Alexandre Kojève : l'Histoire comme lutte entre grandes idéologies concurrentes pour définir le meilleur régime politique.Selon Fukuyama, le XXe siècle a vu s'affronter trois grands modèles : le fascisme, le communisme et la démocratie libérale. Le fascisme est vaincu en 1945. Le communisme s'effondre en 1989-1991 avec la chute de l'URSS. Il ne resterait alors qu'un modèle sans rival idéologique crédible : la démocratie libérale associée à l'économie de marché.Sa thèse est donc la suivante : la démocratie libérale pourrait constituer la forme finale de gouvernement humain, non pas parfaite, mais la moins mauvaise et la plus universalisable. Il ne dit pas que tous les pays sont démocratiques, mais qu'aucune idéologie alternative globale ne semble capable de la remplacer durablement.L'argument repose aussi sur une dimension anthropologique : le besoin humain de reconnaissance, ce que Hegel appelait le « thymos ». La démocratie libérale offrirait un cadre permettant de satisfaire ce besoin par des droits, l'égalité juridique et la participation politique.La thèse a suscité un immense débat. Certains l'ont interprétée comme un triomphalisme naïf de l'Occident. D'autres ont souligné que l'histoire postérieure — terrorisme, montée de la Chine autoritaire, résurgence des nationalismes, guerres en Ukraine ou au Moyen-Orient — semble contredire l'idée d'un monde stabilisé autour d'un modèle unique.Fukuyama lui-même a nuancé sa position par la suite. Il reconnaît que la démocratie peut reculer, que les institutions peuvent s'affaiblir et que l'Histoire, au sens des crises et rivalités de puissance, continue évidemment.La « fin de l'Histoire » n'est donc pas l'annonce d'un monde pacifié pour toujours. C'est une hypothèse sur l'absence d'alternative idéologique systémique à la démocratie libérale après la Guerre froide.Qu'on l'approuve ou qu'on la critique, cette thèse reste l'une des plus influentes pour comprendre l'optimisme des années 1990… et les désillusions du XXIe siècle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La situation est unique en Europe : en Lettonie, environ un résident sur dix ne possède aucune nationalité, ni lettone ni étrangère. Ces personnes ne sont pas des migrants récents, ni des réfugiés, mais des habitants installés dans le pays parfois depuis plusieurs générations. Pour comprendre ce paradoxe, il faut revenir à l'histoire mouvementée du XXᵉ siècle.Avant la Seconde Guerre mondiale, la Lettonie est un État indépendant. Mais en 1940, le pays est annexé par l'Union soviétique. Pendant près de cinquante ans, la Lettonie fait partie de l'URSS, et connaît d'importants bouleversements démographiques. Des centaines de milliers de citoyens soviétiques, principalement russophones, s'installent sur le territoire pour travailler dans l'industrie, l'administration ou l'armée. À cette époque, la notion de citoyenneté lettone disparaît : tous sont citoyens soviétiques.Tout change en 1991, lorsque la Lettonie retrouve son indépendance après l'effondrement de l'URSS. Le nouvel État fait alors un choix juridique fondamental : il rétablit la continuité de la Lettonie d'avant 1940. Autrement dit, sont automatiquement reconnus comme citoyens les personnes qui l'étaient avant l'occupation soviétique… ainsi que leurs descendants. Les autres habitants doivent, eux, demander une naturalisation.C'est là que naît le problème.Une partie importante de la population issue de l'époque soviétique ne remplit pas ces démarches. Pour devenir citoyen letton, il faut notamment réussir des tests de langue lettone, d'histoire et de connaissance de la Constitution. Certains refusent par opposition politique, d'autres par difficulté linguistique, d'autres encore par indifférence ou par peur de l'échec. Résultat : des dizaines de milliers de personnes restent dans un statut juridique intermédiaire.Ces résidents ne sont pas juridiquement apatrides au sens strict du droit international, mais ils ne sont citoyens d'aucun État. La Lettonie leur a donc créé un statut spécifique : celui de « non-citoyen ». Ils disposent d'un document de voyage particulier, souvent appelé « passeport d'étranger », sur lequel la nationalité n'est pas indiquée comme lettone, mais comme statut distinct.Concrètement, ces personnes ont le droit de vivre, travailler et bénéficier de services sociaux en Lettonie. En revanche, elles ne peuvent pas voter aux élections nationales, ni occuper certains postes publics. Leur situation soulève régulièrement des critiques d'organisations internationales, qui y voient une forme de marginalisation durable.Avec le temps, la proportion de non-citoyens diminue lentement, grâce aux naturalisations et au renouvellement des générations. Mais plus de trente ans après l'indépendance, cette situation rappelle que la fin d'un empire ne règle pas instantanément les questions d'identité, de droit et d'appartenance. En Lettonie, l'Histoire continue d'avoir des conséquences très concrètes… jusque dans les papiers d'identité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis 30 ans, l'ONG israélienne Save a Child's Heart (Sauvez le cœur d'un enfant) soigne les enfants atteints de problèmes cardiaques originaires de différents pays, notamment africains. Les équipes soignantes forment également des médecins qui deviendront spécialisés en chirurgie cardiaque pédiatrique. RFI s'est rendu à l'hôpital pour enfants Sylvan Adams du Wolfson Medical Center à Holon, près de Tel-Aviv. De notre envoyée spéciale à Holon, Katherine a les traits tirés. Assise au chevet de son fils, hospitalisé dans l'unité de soins intensifs pédiatriques, elle raconte à voix basse comment elle est arrivée de Bangui, la capitale de la Centrafrique, quelques jours plus tôt, avec le petit Ebenzer. « Les docteurs ont dit qu'il a la tétralogie de Fallot, une malformation cardiaque congénitale. Il a un an et deux mois. Il va mieux, ils ont sauvé la vie de mon fils », raconte-t-elle. Le docteur Muulu fait partie de l'équipe de soignants. Ce chirurgien zambien est arrivé en Israël grâce à une bourse d'études, il y a deux ans. « Certains enfants ont besoin d'une chirurgie cardiaque en urgence. Hier, nous avons opéré un nouveau-né de huit jours. Il faut ouvrir la poitrine, réparer le cœur. Si vous n'agissez pas, l'enfant meurt », explique-t-il. Le docteur Muulu complète sa formation en chirurgie cardiaque, enchaîne les gardes, l'apprentissage de l'hébreu, mais garde le sourire : « On soigne tout le monde ici. Des enfants israéliens, mais aussi africains, palestiniens. Peu importe la couleur, la religion, un enfant est un enfant et il doit être soigné. » Après l'opération, les enfants poursuivent leur convalescence dans une maison d'accueil gérée par l'ONG Save a Child's Heart, près de Tel-Aviv, où nous rencontrons Sara. « Je suis la maman de Manu. Nous venons du Rwanda. Cela fait pratiquement trois ans et demi que nous sommes ici. Nous avons passé beaucoup de temps à l'hôpital, aux soins intensifs, parce qu'il a subi plusieurs opérations. Nous sommes avec lui, nous combattons », affirme-t-elle. Pour aider les parents déracinés, des volontaires israéliens comme Laxi viennent distraire les enfants malades. « On fait des gâteaux, de la peinture, etc. Je suis volontaire ici depuis trois mois. Je viens trois fois par semaine et c'est très chouette », s'enthousiasme-t-elle. Dans la maison d'accueil, la cuisine est commune, et les plats rappellent le pays. Toutes les mamans s'entraident malgré la barrière de la langue. Pour Sara, ce sont des moments de joie : « C'est à toi de préparer ce que tu veux, selon votre culture. Il y a toujours cinq ou six mamans. Tu demandes le sel, l'autre te montre le sucre. C'est du fun. » Depuis le tournage du reportage, Ebenzer et Catherine sa maman ont quitté les soins intensifs. La convalescence du petit garçon se passe bien. À lire aussiSoudan du Sud: l'ONG Save the Children suspend à son tour ses activités dans l'est du pays
Hier mardi, « les universités sénégalaises étaient paralysées par une grève » qui devrait se poursuivre ce mercredi et demain, relève Afrik.com. Un mouvement qui intervient « après la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba. » C'était il y a 10 jours sur le campus. Ce décès tragique « a transformé des revendications au départ sociales en une mobilisation nationale pour la vérité et la justice », pointe le site panafricain. De plus, poursuit-il, « l'arrestation de plusieurs leaders étudiants alimente la colère sur les campus. Entre tensions sécuritaires et retards de bourses, la crise universitaire atteint un niveau inédit ». « Chute mortelle » Hier, rebondissement dans l'enquête sur la mort de l'étudiant, relate notamment Walf Quotidien : « Après le point de presse conjoint des ministres (Intérieur, Justice, Enseignement supérieur et Forces armées), le procureur de la République du tribunal de grande instance de Dakar a pris le relais. Face à la presse, Ibrahima Ndoye a écarté la thèse de la torture subie par Abdoulaye Ba, soutenue par ses camarades étudiants : "Abdoulaye Ba n'a pas été battu. Il n'y a pas eu de contact physique entre lui et les forces de défense et de sécurité. Sa mort résulte d'une chute du quatrième étage", a-t-il expliqué ». « Confronté aux flammes et aux fumées qui commençaient à l'asphyxier, précise le site Senego, Abdoulaye Ba aurait pris la décision dramatique de sauter, "atterrissant sur son côté gauche". Et c'est ce qui explique, selon le procureur, les résultats dommageables constatés par le médecin légiste sur le corps du défunt. L'enquête judiciaire confié par la sûreté urbaine et la division des investigations criminelles se poursuit afin d'établir toutes les responsabilités sur cette mort. Certains de ses camarades de chambre ont été auditionnés afin de confirmer les circonstances de l'accident ». « La chute mortelle », titre sobrement Le Soleil, qui rapporte également les conclusions du procureur. Négociations… Cette version des faits va-t-elle calmer la colère estudiantine ? Ce qui est sûr, c'est que les autorités jouent l'apaisement. « À la suite des tensions enregistrées ces derniers jours, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar a engagé des concertations avec les parties prenantes, note Walf Quotidien, "en vue de trouver une issue durable" à la crise qui secoue le campus. Ces discussions, initiées par le rectorat, réunissent les partenaires sociaux et les autorités universitaires. L'objectif est d'apaiser le climat social, de rétablir la sérénité au sein de l'institution et de garantir la continuité des enseignements ». Walf qui relève également les exigences de l'UNSAS, l'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal, et de la CSA, la Confédération des syndicats autonomes : « Que toute la lumière soit faite sur les circonstance de la mort d'Abdoulaye Ba » et que « le pouvoir actuel fasse des réformes dans l'enseignement supérieur ». Les réseaux africains de Jeffrey Epstein À lire également ce matin dans la presse, cette enquête du Monde Afrique sur les réseaux africains de Jeffrey Epstein… « Du Sénégal à la Côte d'Ivoire en passant par le Maroc ou encore le Rwanda, l'ombre du criminel sexuel s'est étendue en Afrique, pointe le journal. Les trois millions de documents rendus publics par la justice américaine montrent que le criminel sexuel et homme d'affaires américain, mort en 2019, a appliqué sur le continent la même recette qu'ailleurs dans le monde pour étancher sa soif de pouvoir. Un écosystème où s'entremêlaient relations avec les puissants, affaires parfois troubles et prédation sexuelle ». Et Le Monde Afrique de citer plusieurs personnalités : Karim Wade, qui aurait servi d'intermédiaire pour faciliter les affaires d'Epstein ; l'Emirati Sultan Ahmed Ben Soulayem, à la tête du géant portuaire DP World, très influent en Afrique, et qui a organisé à plusieurs reprises des séjours de Jeffrey Epstein sur le continent ; ou encore, Nina Keita, mannequin, ex-conseillère ministérielle et nièce du président ivoirien Alassane Ouattara. « Partout où il est passé, le multimillionnaire a tenté de faire des affaires, relève encore Le Monde Afrique. Comme en juin 2015 au Zimbabwe, où il a cherché, en vain, à profiter du marasme financier du pays pour "mettre en place un nouveau système financier" ; ou encore, en Libye, où à l'aube de la chute de Kadhafi, l'homme d'affaires a lorgné sur les quelque 80 milliards de dollars de fonds du régime gelés à l'étranger. Son objectif : restituer ces fonds gelés au nouveau pouvoir libyen moyennant commission. Un échec ».
Le chocolat est souvent associé au plaisir, au réconfort… et parfois même à des bienfaits pour la santé. Pourtant, on apprend régulièrement que certaines tablettes contiennent des traces de cadmium, un métal lourd potentiellement toxique. Comment ce contaminant se retrouve-t-il dans le chocolat ? Qu'est-ce que le cadmium exactement ? Et faut-il s'inquiéter ?Le cadmium est un métal naturellement présent dans la croûte terrestre. On le retrouve en petites quantités dans les sols, les roches et l'eau. À cela s'ajoutent des sources d'origine humaine, comme certaines activités minières, industrielles ou l'utilisation d'engrais phosphatés. Le problème est que les plantes peuvent absorber le cadmium présent dans le sol par leurs racines.C'est précisément ce qui se passe avec le cacaoyer. Les cacaoyers sont principalement cultivés dans des régions tropicales où certains sols sont naturellement riches en cadmium, notamment en Amérique latine. Lorsque l'arbre pousse, il capte ce métal en même temps que les nutriments essentiels. Le cadmium s'accumule ensuite dans les fèves de cacao, qui serviront à fabriquer le chocolat. Plus le chocolat contient de cacao, plus il est susceptible de contenir du cadmium. C'est pourquoi les chocolats noirs, très riches en cacao, sont généralement plus concernés que les chocolats au lait.Le cadmium est un métal lourd classé comme substance toxique pour l'organisme. Une exposition ponctuelle à de faibles doses n'entraîne généralement pas de symptômes immédiats. Le danger réside surtout dans l'exposition chronique, c'est-à-dire répétée sur de longues périodes. Le cadmium s'accumule progressivement dans le corps, en particulier dans les reins et le foie.À long terme, une accumulation excessive peut provoquer des atteintes rénales, une fragilisation des os, et augmenter le risque de troubles cardiovasculaires. Le cadmium est également classé comme cancérogène pour l'être humain. Cela ne signifie pas que manger une tablette de chocolat entraîne un cancer, mais qu'une exposition régulière et importante à ce métal augmente statistiquement certains risques.Face à cela, les autorités sanitaires ont fixé des seuils maximaux de cadmium autorisés dans les aliments, y compris le chocolat. Les fabricants sont tenus de respecter ces limites et de surveiller leurs matières premières. Certains chocolatiers sélectionnent désormais leurs fèves selon leur origine géographique ou mélangent des lots pour maintenir des concentrations plus faibles.Faut-il alors arrêter de manger du chocolat ? Pas nécessairement. Le chocolat reste sûr lorsqu'il est consommé avec modération. L'important est la diversité alimentaire : plus l'alimentation est variée, moins on risque d'accumuler excessivement un contaminant particulier.En résumé, si l'on trouve parfois du cadmium dans le chocolat, c'est parce que le cacaoyer absorbe naturellement ce métal présent dans certains sols. Le cadmium est un contaminant indésirable et potentiellement dangereux à long terme, mais les contrôles actuels visent à maintenir les expositions à des niveaux faibles. Comme souvent en nutrition, c'est la quantité et la régularité qui font la différence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Certains grands tubes 80, on connaît mieux leurs remix que la version dans laquelle ils devaient sortir à la base !
Bienvenue dans ce nouvel épisode de dans l'ombre des légendes. Ce soir, nous explorons une frontière interdite : celle où l'art et la chair fusionnent pour punir le voyeurisme humain. Un podcast horreur français qui vous emmène au cœur du Palais de Tokyo, face à une installation vivante sans nom. Ce n'est pas une simple performance, mais une masse organique, respirante, composée de tissus vivants et de nerfs exposés. L'œuvre qui ne supportait plus d'être regardéenous rappelle que le regard est un acte de domination, et que certaines créatures refusent d'être possédées.Dans cet épisode immersif, chandleyr vous dévoile le destin de ceux qui ont osé fixer l'invisible. L'œuvre évoluait selon l'intention du visiteur : calme face à l'attention, elle se crispait violemment face à l'avidité consommatrice. Ce récit, véritable creepypasta audio inspiré par l'horreur corporelle, interroge notre rapport à l'image. Quand le désir de voir devient une intrusion, l'art réagit. Certains ressortaient hagards, d'autres perdaient la vue, victimes d'une douleur fulgurante derrière les globes oculaires.Nous plongeons dans l'horreur et désir d'une élite culturelle qui regarde pour posséder. La nuit où tout a basculé, lors d'une nocturne privée pour influenceurs et galeristes, l'œuvre a cessé d'être une simple installation pour devenir un prédateur. C'est une histoire dans l'ombre des légendes où la chair devient langage et où les visiteurs finissent par être digérés par ce qu'ils contemplaient.Si cette incursion dans le body horror artistique vous a fasciné, abonnez-vous pour soutenir ce podcast horreur indépendant. Laissez un avis sur Spotify ou Apple Podcasts pour nourrir l'algorithme et nous aider à sortir de l'ombre.
L'intelligence artificielle fascine, mais elle coûte aussi extrêmement cher. Derrière les promesses technologiques et les démonstrations spectaculaires, une réalité financière s'impose : développer ces systèmes nécessite des investissements colossaux. Et désormais, même les géants du numérique doivent trouver de nouvelles façons de financer cette course.Dernier exemple en date : Alphabet, la maison mère de Google, s'apprête selon Bloomberg à lancer une émission obligataire d'un type très particulier. Une obligation, rappelons le, est un titre de dette. Concrètement, une entreprise emprunte de l'argent auprès d'investisseurs et s'engage à le rembourser à une date fixée, avec des intérêts. Mais ici, Alphabet prévoit plusieurs tranches, dont une obligation d'une durée exceptionnelle : 100 ans.Un siècle. Cela signifie que l'entreprise ne remboursera le capital qu'en… 2126. Ce type d'instrument financier est extrêmement rare dans le secteur technologique. Le dernier précédent remonte à 1997, lorsque Motorola, alors leader du marché des téléphones portables, avait lancé une obligation similaire, juste avant l'éclatement de la bulle internet. Pourquoi une durée aussi longue ? L'objectif est clair : attirer un large éventail d'investisseurs, notamment les fonds de pension et les compagnies d'assurance, qui cherchent des placements stables sur le très long terme. Comme l'explique Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA, « celui qui achètera cette obligation ne sera probablement pas celui qui sera encore là au moment de son remboursement ». Autrement dit, ces titres circuleront entre investisseurs pendant des décennies.Cette décision intervient dans un contexte particulier. La course à l'intelligence artificielle mobilise des ressources financières sans précédent. Les entreprises doivent investir massivement dans les centres de données, les puces spécialisées et les infrastructures énergétiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Cette pression financière ne concerne pas seulement les start-ups, mais aussi les acteurs les plus puissants du secteur. Certains observateurs y voient d'ailleurs un signal inquiétant. L'investisseur Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a rappelé sur le réseau X le précédent Motorola. Après son émission d'obligations à 100 ans, l'entreprise avait progressivement perdu sa position dominante. Pour Google, cette opération est avant tout un moyen de sécuriser des financements à très long terme, dans une industrie où les besoins en capital explosent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:15:02 - Journal de 8 h - Quelle place pour la culture dans les prochaines élections municipales ? Le monde de la culture réclame des réponses claires de la part des partis. Certains promettent des engagements, d'autres restent silencieux.
durée : 00:15:02 - Journal de 8 h - Quelle place pour la culture dans les prochaines élections municipales ? Le monde de la culture réclame des réponses claires de la part des partis. Certains promettent des engagements, d'autres restent silencieux.
durée : 00:15:02 - Journal de 8 h - Quelle place pour la culture dans les prochaines élections municipales ? Le monde de la culture réclame des réponses claires de la part des partis. Certains promettent des engagements, d'autres restent silencieux.
Parce qu'Internet adore les histoires où un mystère en épouse un autre, et qu'il n'y a rien de plus séduisant qu'un grand absent pour expliquer ce qu'on ne comprend pas. Voilà la version courte. La version longue, la voici.La rumeur selon laquelle Jeffrey Epstein serait à l'origine du bitcoin repose sur un empilement de coïncidences, de fantasmes et de méfiance envers les élites financières. Bitcoin naît en 2008 sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, une identité jamais révélée. Cette absence crée un vide narratif. Et les humains détestent le vide, ils y mettent donc ce qu'ils craignent le plus.Premier carburant de la rumeur : Epstein fréquentait des mathématiciens, des informaticiens, des cryptographes. C'est documenté. Il finançait des chercheurs, organisait des dîners où se croisaient scientifiques de haut niveau et milliardaires. Or, bitcoin repose sur de la cryptographie avancée. Certains se disent donc que « quelqu'un comme lui » aurait pu financer ou coordonner un tel projet. Raisonnement bancal, mais séduisant : il connaissait des gens intelligents, donc il était forcément derrière le truc.Deuxième ingrédient : le timing. Bitcoin apparaît juste après la crise financière de 2008, au moment où la confiance dans les banques s'effondre. Epstein, symbole ultime de la collusion entre argent, pouvoir et impunité, incarne rétrospectivement ce monde opaque que bitcoin prétend contourner. Pour certains esprits, il devient alors logique, presque ironique, que l'outil censé libérer des banques ait été créé par quelqu'un issu du cœur du système. C'est une narration paradoxale, mais les paradoxes plaisent.Troisième élément : l'obsession contemporaine du complot. Epstein est devenu une figure totémique du « tout est lié ». Dès qu'un sujet implique secret, argent, technologie et anonymat, son nom surgit mécaniquement. Bitcoin coche toutes les cases. Ajoutez à cela le fait que Satoshi Nakamoto n'a jamais touché ses bitcoins, ce qui nourrit l'idée d'un homme extrêmement riche n'ayant pas besoin d'argent. Là encore, Epstein sert de silhouette commode.Quatrième facteur, plus technique : certains ont tenté de relier des textes, des tournures de phrases, voire des centres d'intérêt supposés entre Satoshi et des cercles intellectuels fréquentés par Epstein. Ces analyses relèvent davantage de la graphologie numérique que de la preuve scientifique. Rien de sérieux n'en est sorti.Au final, aucune preuve, aucun document, aucun témoignage crédible ne relie Epstein à la création du bitcoin. La rumeur persiste parce qu'elle rassure presque : si un objet aussi déstabilisant que bitcoin a une origine sombre et humaine, alors le chaos est plus facile à accepter. C'est moins angoissant qu'admettre qu'un inconnu brillant ait pu, seul, fissurer l'ordre monétaire mondial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Certains en sont convaincus : quand tout va bien dans leur vie, l'hiver se résume à un petit rhume passager. Mais dès qu'une période difficile s'installe, c'est l'angine carabinée et une semaine cloué au lit avec 40 de fièvre. Mais cette relation entre bonheur et santé n'a rien de magique ni d'absolu. Entre études scientifiques, mécanismes biologiques et limites de cette corrélation, le lien entre bien-être mental et santé physique doit être pris en compte Quel est l'impact concret du bonheur sur notre corps ? Le bonheur pourrait-il réduire les effets d'une mauvaise hygiène de vie ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant Vous Savez". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Laura Taouchanov. À écouter aussi : Comment stimuler la production d'hormones du bonheur ? Quels sont les 5 aliments qui nous rendent heureux ? Qu'est-ce que le “syndrome du paradis”, qui nous rend malades en vacances ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
durée : 00:55:25 - Certains l'aiment Fip - Pour la sortie de "Gourou" de Yann Gozlan dont elle signe la B.O, on plonge dans le parcours de la DJ qui a signé les musiques de "Paris la blanche", "Le gang des amazones", "Je ne suis pas un salaud" ou "Arthur Rambo". Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Si le pop-corn est aujourd'hui indissociable des salles de cinéma, ce n'est ni un hasard, ni une tradition ancestrale. C'est le résultat d'une convergence historique, économique et technologique très précise, qui remonte aux États-Unis, au début du XXᵉ siècle.À l'origine, le cinéma n'est pas un loisir populaire. Dans les années 1910 et 1920, les grandes salles américaines veulent ressembler à des théâtres d'opéra : moquettes épaisses, rideaux luxueux, orchestres, et une clientèle plutôt bourgeoise. La nourriture y est mal vue. Le pop-corn, vendu dans la rue par des marchands ambulants, est associé aux classes populaires, au bruit, aux miettes et aux odeurs. Les exploitants de salles n'en veulent pas.Tout change avec l'arrivée du cinéma parlant, notamment après le succès de The Jazz Singer, puis surtout avec la Grande Dépression à partir de 1929. Des millions d'Américains perdent leur emploi. Le cinéma devient l'un des rares divertissements encore abordables : quelques cents pour oublier la crise pendant deux heures.Or, le pop-corn possède alors trois avantages décisifs :Premièrement, il est extrêmement bon marché. Le maïs est produit en masse aux États-Unis, se conserve longtemps, et un sac de grains coûte peu. Pour un vendeur, le bénéfice est énorme : le prix de vente peut être multiplié par dix ou plus par rapport au coût de production.Deuxièmement, il est facile à préparer sur place. Dans les années 1930, les machines à pop-corn portables se répandent. Elles attirent visuellement l'attention, diffusent une odeur appétissante et fonctionnent devant les clients, ce qui rassure sur l'hygiène.Troisièmement, le pop-corn est peu périssable. Contrairement aux sandwiches ou aux pâtisseries, il ne nécessite ni réfrigération ni cuisine complexe.Au début, les vendeurs s'installent simplement devant les cinémas. Certains exploitants tentent de les chasser, mais constatent vite un phénomène frappant : les salles situées près des vendeurs de pop-corn attirent davantage de spectateurs. Progressivement, des directeurs de cinéma décident d'installer leurs propres stands à l'intérieur.Pendant la Seconde Guerre mondiale, le phénomène s'amplifie. Le sucre est rationné, ce qui rend les confiseries rares et chères. Le pop-corn, lui, n'est pas rationné. Il devient la friandise dominante.Dans les années 1950, avec l'arrivée de la télévision, les cinémas traversent une nouvelle crise. Pour survivre, ils augmentent fortement leurs marges sur la nourriture. Le pop-corn devient alors une source majeure de profits, parfois plus rentable que la vente des billets eux-mêmes.Peu à peu, l'habitude se transforme en rituel culturel. Aujourd'hui, le pop-corn n'est pas seulement une collation : il est un symbole du cinéma. Et si l'on mange du pop-corn plutôt qu'autre chose, ce n'est pas parce qu'il serait intrinsèquement meilleur… mais parce qu'il était, au bon moment, le produit parfait pour sauver économiquement les salles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En Birmanie, près de cinq ans après le coup d'État du 1ᵉʳ février 2021, les organisations de défense des droits humains continuent d'alerter. Ces cinq dernières années, 64 des 73 médias indépendants de Birmanie ont été bannis du pays et contraints à l'exil, principalement en Thaïlande. Entre incertitude, pressions et recherche de financements, les défis sont grands. De notre correspondante de retour de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, Dans son dernier rapport, Human Rights Watch dénombre 30 000 prisonniers politiques arrêtés par la junte en Birmanie, une répression renforcée lors des élections du mois dernier, du 28 décembre 2025 au 25 janvier 2026, et plus de 2 200 personnes mortes en garde à vue. Des témoignages font état de torture et violences sexuelles par la junte. Cette répression s'acharne également contre la presse, une presse qui était déjà fragilisée avant le coup d'État. Derrière un haut portail, dans une rue calme de Chiang Mai, la rédaction d'Irrawaddy est en pleine réunion. L'un des principaux médias indépendants birmans a été fondé dans les années 1990 par Aung Zaw, déjà en exil à cette époque, avant un retour en Birmanie entre 2012 et 2021. « Après le coup d'État, le régime a ciblé en priorité les médias. Notre responsable administratif, mon ami, est encore en prison », explique le journaliste. La rédaction, une quarantaine de journalistes, a trouvé refuge en Thaïlande. Il reste une dizaine de correspondants en Birmanie, ils travaillent incognito et sous pression. « Notre site en birman subit des cyberattaques, ça arrive beaucoup ces temps-ci, poursuit Aung Zaw. Le régime a aussi créé de nombreux petits médias qui diffusent des rumeurs, ça nous demande plus de travail, car nos lecteurs veulent connaître la vérité. » Ce journal garde aussi un œil critique sur l'opposition. « On est connu pour ça, l'opposition nous adore et nous déteste… », s'amuse le fondateur d'Irrawaddy. À lire aussi«Les armes sont dans leurs mains»: en Birmanie, le deuil et l'impuissance d'un père face à la répression Des médias qui s'entraident Depuis un an, Irrawady, comme ses concurrents Mizzima ou DVB, doit faire sans les aides au développement des États-Unis et d'autres pays européens. « On a perdu 20 à 25 % des financements. L'an passé a été très dur et il reste beaucoup d'incertitudes pour cette année… », confie Aung Zaw, qui a dû licencier une dizaine d'employés. Les médias en exil cherchent donc des solutions ensemble. « On est toujours concurrents, mais on se partage les informations, positive le journaliste. J'en suis très heureux. On cherche le soutien de fondations privées, de philanthropes… c'est comme ça qu'on essaie de survivre dans ce monde en crise. » Des journalistes en situation de précarité Les journalistes indépendants sont encore plus précaires, en particulier les femmes. Ma Zee, c'est un surnom, les accompagne grâce à son ONG Exile Hub, fondée il y a 5 ans. Son réseau, discret, a d'abord aidé des dizaines de journalistes à fuir. Désormais, elle les aide à reconstruire leur vie, en Thaïlande ou ailleurs. « Les salaires dans la presse ici sont très faibles. Certains travaillent donc à côté, dans des cafés, dans la construction, témoigne la directrice de l'ONG. Beaucoup ont dû changer d'identité, ils ont besoin d'aide sur tous les plans. » Ma Zee et son réseau financent des bourses de reportages et des formations. L'ONG accompagne aussi celles et ceux qui sortent de prison. La Birmanie est le deuxième pays dans le monde qui emprisonne le plus de journalistes. À lire aussiEn Birmanie: Sai Zaw écope de 20 ans de prison pour avoir fait du journalisme
On y voit de la chance ou de la malchance. Certains profitent du vendredi 13 pour jouer au lotto, d'autres ne passeront jamais sous une échelle ce jour-là, ne prendront pas l'avion ou ne se marieront pas. La superstition du vendredi 13 trouve son origine dans plusieurs sources, en réalité, dont la première est… La Bible. Dans le Nouveau Testament, l'épisode de La Cène, le dernier repas du Christ, raconte que 13 personnes sont attablées autour de lui. D'où vient cette superstition ? Pourquoi le vendredi porte-t-il encore malchance ? Pour certains, ça peut être un jour de chance ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant vous savez". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Johanna Cincinatis. Première diffusion : janvier 2023 À écouter aussi : Pourquoi l'astrologie revient-elle à la mode aujourd'hui ? Quelles sont les plus grandes superstitions au théâtre ? Qu'est-ce que la chasse aux sorcières ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
À la veille de la Saint-Valentin, focus sur une industrie criminelle aussi méconnue qu'efficace : l'arnaque aux sentiments. Derrière les promesses d'amour se cache une économie mondialisée, ultra-organisée et désormais dopée à l'intelligence artificielle, qui brasse chaque année des milliards d'euros. L'arnaque aux sentiments repose sur un modèle efficace. Les escrocs créent de faux profils sur des sites de rencontres, des réseaux sociaux ou des applications de messagerie. Ils mettent en scène des identités valorisantes : ingénieurs expatriés, médecins humanitaires, entrepreneurs prospères, voire parfois des personnalités connues. L'objectif est clair, instaurer une relation affective intense en échangeant quotidiennement pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, afin de bâtir un climat de confiance solide. Progressivement, le lien émotionnel s'intensifie, la victime s'attache, se projette, et baisse sa vigilance. Puis vient le moment du piège. Une urgence surgit, un billet d'avion à payer pour une rencontre tant attendue, un problème de santé soudain, un compte bancaire bloqué. La victime, déjà émotionnellement engagée, envoie de l'argent. D'abord de petites sommes, pour se rassurer. Puis, l'engrenage se met en place. Les demandes deviennent plus fréquentes, plus importantes, jusqu'à provoquer parfois un véritable effondrement financier. Des usines à arnaques en Asie et une tradition bien ancrée en Afrique Loin du cliché de l'escroc solitaire derrière son écran, l'arnaque sentimentale est aujourd'hui une industrie mondialisée, structurée et hiérarchisée. Certaines enquêtes récentes ont révélé l'existence de véritables « usines à arnaques » en Asie du Sud-Est. Dans d'immenses complexes, des plateaux entiers d'ordinateurs sont occupés par des équipes qui se relaient 24 heures sur 24 afin de couvrir tous les fuseaux horaires. Selon une étude de l'université du Texas, ces seuls réseaux asiatiques auraient extorqué près de 75 milliards de dollars entre 2020 et 2024. Une somme vertigineuse, qui illustre la dimension industrielle de cette cybercriminalité. L'Afrique de l'Ouest constitue également un foyer historique de ces pratiques, notamment pour les victimes francophones. En Côte d'Ivoire, les « brouteurs », au Nigeria les « yahoo boys », et au Cameroun les « feymen » incarnent ces figures désormais bien connues. La méthode y reste souvent plus artisanale, moins structurée qu'en Asie, mais les gains peuvent être considérables. Certains escrocs expérimentés parviennent à générer plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. Intelligence artificielle, banques sous pression et humanité détournée La montée en puissance de l'intelligence artificielle a marqué un tournant. Désormais, les escrocs peuvent produire de faux appels vidéo ultracréditbles, combinant voix, visage et gestuelle réalistes. La fraude devient ainsi industrielle, automatisée et surtout hyper-personnalisée. La frontière entre le vrai et le faux s'efface, renforçant encore la vulnérabilité des victimes. Cette explosion des arnaques pose un défi majeur aux banques. L'enjeu est financier, juridique et réputationnel. Les établissements doivent gérer un afflux croissant de litiges tout en respectant leurs obligations de vigilance sur les mouvements de fonds. Mais comment bloquer un virement lorsque le client est lui-même persuadé d'agir par amour ? Pour répondre à ce défi, des acteurs spécialisés ont émergé, à l'image de Feedzaï, qui développe des solutions capables d'identifier en temps réel les transactions suspectes grâce à l'analyse comportementale et à l'intelligence artificielle. Toutefois, même les technologies les plus avancées ne peuvent tout empêcher. Car la véritable faille reste humaine. L'arnaque aux sentiments exploite ce qu'il y a de plus intime : le besoin d'amour, de reconnaissance et de lien. La manipulation émotionnelle est au cœur du système. Dans cette économie souterraine mondialisée, l'amour devient peu à peu un produit financier comme un autre.
Le choix d'un cercueil en osier pour les obsèques de Brigitte Bardot, le 7 janvier 2026 à Saint-Tropez, a déclenché une véritable onde de choc sur le marché funéraire en France – au point d'en faire une tendance économique.Ce modèle artisanal, souvent appelé le “Bohemian”, n'est pas une création spontanée née de l'icône elle-même, mais un produit déjà en développement dans la Vannerie de Candas, dans la Somme. Il combine une structure en pin traditionnel et un habillage en osier biodégradable tressé à la main, respectant les normes locales tout en offrant une alternative écologique aux cercueils classiques.Un prix attractif et un symbole fortSur le plan économique, l'un des premiers éléments qui expliquent l'engouement est le prix : vendu autour de 1 670 €, il se positionne en dessous de nombreux cercueils en bois traditionnel, souvent proches de 2 000 € ou plus. Ce positionnement tarifaire, associé à des valeurs éthiques, en fait une option attractive pour des familles cherchant à concilier coût et responsabilité environnementale.Explosion des commandes après l'hommageAvant la cérémonie funéraire de Bardot, ce modèle restait relativement confidentiel : la vannerie avait vendu une soixantaine d'unités. Aujourd'hui, les chiffres ont littéralement explosé. Les artisans déclarent recevoir environ 20 commandes par jour, soit plusieurs centaines par mois – un volume totalement inédit pour un produit funéraire artisanal.Cette forte demande met en lumière deux réalités économiques. D'une part, elle montre que les consommateurs sont prêts à adopter des alternatives durables, même dans des secteurs très traditionnels comme les obsèques. D'autre part, elle révèle l'ampleur de ce qu'on pourrait appeler un effet de célébrité : l'association avec une figure aussi emblématique que Bardot a servi de catalyseur médiatique et commercial.Impacts sur l'artisanat localCe succès n'est pas seulement une bonne nouvelle pour les ventes : il a aussi un impact industriel. La Vannerie de Candas doit désormais s'organiser pour répondre à la demande, former de nouveaux vanniers et étendre sa capacité de production, ce qui génère emplois et formation professionnelle dans un secteur souvent menacé par la concurrence industrielle.Une tendance qui pourrait s'essouffler ?Certains acteurs du marché prédisent que cet engouement pourrait se stabiliser ou diminuer une fois l'effet médiatique retombé, surtout si d'autres fabricants proposent des produits similaires. Mais, pour l'instant, le cercueil en osier reste un cas d'école économique : comment une innovation artisanale, associée à une personnalité forte, peut créer une nouvelle demande et influencer un marché traditionnel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En avril 1975, les derniers jours de la guerre du Vietnam se jouent dans le chaos. Les forces nord-vietnamiennes approchent de Saïgon, la capitale du Sud, et l'effondrement du régime sud-vietnamien paraît inévitable. C'est dans ce contexte d'urgence qu'est lancée l'opération Babylift, une vaste évacuation aérienne destinée à transporter des milliers d'enfants vietnamiens vers les États-Unis et d'autres pays occidentaux. Derrière l'image d'un sauvetage humanitaire spectaculaire se cache une histoire complexe, mêlant compassion, improvisation et zones d'ombre.L'opération est officiellement annoncée par le président américain Gerald Ford au début du mois d'avril 1975. Son objectif affiché est simple : évacuer les orphelins vietnamiens menacés par l'avancée communiste et leur offrir une nouvelle vie à l'étranger. En quelques semaines, plus de 3 000 enfants sont transportés, principalement vers les États-Unis, mais aussi vers l'Australie, le Canada et certains pays européens.Pour l'opinion publique occidentale, les images sont saisissantes : des nourrissons emmaillotés, alignés dans des avions militaires, encadrés par des infirmières et des bénévoles. Elles suscitent une vague d'émotion mondiale et renforcent l'idée d'un geste humanitaire massif.Mais très vite, l'opération est frappée par un drame. Le 4 avril 1975, le premier vol Babylift s'écrase peu après le décollage de Saïgon, causant la mort de plus de cent personnes, dont de nombreux enfants. Malgré ce choc, l'opération se poursuit, illustrant la détermination des autorités américaines à accélérer les évacuations.Avec le recul, l'opération Babylift apparaît beaucoup plus controversée qu'il n'y paraît au premier regard. D'abord, tous les enfants évacués n'étaient pas orphelins. Certains avaient encore des parents vivants, qui, dans la panique générale, ont pu croire confier temporairement leurs enfants à des structures d'accueil, sans comprendre qu'ils quitteraient définitivement le pays. Dans d'autres cas, les dossiers d'adoption étaient incomplets ou imprécis.Se pose alors une question éthique majeure : s'agissait-il uniquement de sauver des vies, ou aussi de vider des orphelinats à la hâte, sans vérification rigoureuse ? Pour certains historiens, l'opération répondait aussi à un objectif politique : donner une image positive de l'engagement américain au moment même où la guerre se soldait par un échec.Des décennies plus tard, de nombreux adultes issus de Babylift cherchent encore leurs origines. Certains ont retrouvé leurs familles biologiques, d'autres non. Leur parcours illustre les conséquences humaines durables de cette évacuation massive.L'opération Babylift reste ainsi un symbole ambigu : à la fois acte de solidarité et épisode troublant d'une guerre marquée par la précipitation et la confusion. Elle rappelle que même les gestes présentés comme humanitaires peuvent soulever, avec le temps, des questions profondes sur la responsabilité, le consentement et la mémoire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Yves Camdeborde, chef cuisinier, Laura Warton Martinez, sophrologue, et Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui, Yves Camdeborde, chef cuisinier, Laura Warton Martinez, sophrologue, et Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
durée : 00:03:54 - Le Billet de Daniel Morin - par : Daniel Morin - Daniel Morin a un coup de gueule à passer... Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Certains d'entre nous l'ont sans doute découverte au moment de la sortie du film Moi, Tonya, en 2017, dans lequel elle est brillamment incarnée par Margot Robbie. En janvier 1994, l'Américaine Tonya Harding, prodige du patinage artistique américain, est accusée d'avoir agressé Nancy Kerrigan, sa principale rivale sur la glace, à coup de barre de fer, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Lillehammer. Dans le cadre de la mini-série de Scandales consacrée aux grandes affaires qui ont entaché le monde du sport, la journaliste Camille Maestracci retrace le mystère, toujours aussi présent, autour de cette agression. Au programme de cet épisode : costumes moulants à paillettes et jalousies dans les vestiaires. À son micro se succèdent :Laurent Louët, journaliste au Figaro, ancien chef du service des sportsAssia Hamdi, journaliste, spécialiste des femmes dans le sport Scandales est un podcast de Madame Figaro, écrit et présenté par Marion Galy-Ramounot, et produit par Lucile Rousseau-Garcia. Camille Maestracci est l'auteure et la voix de cette mini-série consacrée aux scandales du sport. Océane Ciuni est la responsable éditoriale de Scandales, un podcast produit par Louie Créative, l'agence de contenus audios de Louie Média. Cet épisode est à retrouver sur toutes les plateformes d'écoutes : Apple Podcast, Spotify, Deezer et Amazon Music.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En 1808, quelque part sur Terre, un volcan est entré en éruption avec une violence colossale. Pourtant, personne ne sait aujourd'hui où cet événement s'est produit. Aucun cratère identifié. Aucun volcan clairement désigné. Et pourtant, ses effets ont été mesurés jusque dans l'atmosphère mondiale. Ce phénomène est aujourd'hui connu sous un nom troublant : l'éruption volcanique mystérieuse de 1808.Tout commence par des indices indirects. Les scientifiques qui étudient les carottes de glace extraites en Antarctique et au Groenland découvrent, au XXᵉ siècle, une couche riche en sulfates correspondant précisément à l'année 1808. Ces sulfates sont la signature chimique typique des grandes éruptions explosives. Or, la quantité détectée est énorme : comparable à celle laissée par certaines des plus puissantes éruptions connues de l'histoire.Mais voilà le paradoxe : aucune chronique historique ne décrit une éruption majeure cette année-là. Pas de témoignages massifs, pas de villes ensevelies, pas de récits d'obscurité prolongée ou de pluies de cendres, comme ce fut le cas pour l'éruption du Mont Tambora en 1815. Un événement assez puissant pour modifier la chimie de l'atmosphère aurait pourtant dû laisser des traces claires dans les archives humaines.Et pourtant, des effets climatiques inhabituels apparaissent dans plusieurs régions du monde à partir de 1809. Les relevés de température montrent un refroidissement notable. Des journaux personnels évoquent des étés anormalement frais, des récoltes médiocres, des hivers rigoureux. Ces anomalies suggèrent qu'un immense nuage de dioxyde de soufre a été projeté dans la stratosphère, réfléchissant une partie du rayonnement solaire.Alors où ce volcan se cache-t-il ?Plusieurs hypothèses s'affrontent. Certains chercheurs pensent à un volcan situé dans une région très peu peuplée au début du XIXᵉ siècle : peut-être dans l'océan Pacifique, en Amérique du Sud, ou dans une zone isolée d'Asie. D'autres envisagent une éruption sous-marine, beaucoup plus difficile à observer directement, mais capable de projeter d'énormes quantités de gaz dans l'atmosphère.Le mystère est renforcé par un autre détail fascinant : les signatures chimiques des sulfates indiquent une origine tropicale. Cela signifie que le volcan se trouvait probablement près de l'équateur, zone idéale pour disperser les aérosols volcaniques à l'échelle planétaire grâce aux courants atmosphériques.Malgré les satellites, la cartographie moderne et les bases de données géologiques, aucun cratère évident ne correspond encore parfaitement à l'événement. Certains volcans ont été proposés comme candidats, puis écartés faute de preuves solides.Ce qui rend cette énigme si captivante, c'est qu'elle rappelle une vérité dérangeante : même à l'époque moderne, la Terre peut produire des catastrophes majeures sans que nous en conservions un souvenir clair. Un volcan a bouleversé le climat mondial en 1808… et son identité reste perdue dans les profondeurs du temps.Un fantôme géologique, dont l'ombre plane encore sur les glaces polaires, attendant peut-être qu'un futur forage ou une nouvelle analyse chimique révèle enfin son nom. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.