Reportage Afrique

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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent chaque jour en deux minutes une photographie sonore d'un événement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jo…

Rfi - Yves-Laurent Goma


    • Jan 7, 2023 LATEST EPISODE
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    Au Soudan du Sud, des conflits intercommunautaires attisés par les luttes de pouvoir

    Play Episode Listen Later Jan 7, 2023 2:14


    Des conflits intercommunautaires ont déplacé des dizaines de milliers de civils au cours de l'année 2022, dans différentes régions du Soudan du Sud. Et ce, alors que le pays tente de mettre un terme à la guerre civile qui avait éclaté en 2013, seulement deux ans après son indépendance. En août 2022, des centaines de femmes et d'enfants Nuer débarquent à Old Fangak, dans l'État du Jonglei, après avoir fui l'attaque des milices Shilluk sur leurs villages au bord du Nil. Cet assaut marque le début d'un conflit intercommunautaire, qui se résumait au départ à des rivalités politiques entre deux généraux, le Shilluk Johnson Olony et le Nuer Simon Gatwech. Mais, suite à cette attaque en août dernier, des milliers de bergers Nuer de la « White Army » sont à leur tour mobilisés et lancent une offensive brutale contre le Royaume Shilluk, dans l'État voisin du Haut-Nil. En vertu de l'accord de paix de 2018, un gouvernement d'unité nationale et de transition a été formé en 2020, réunissant Salva Kiir et son rival Riek Machar. Mais, malgré cette unité de façade, des voix s'élèvent pour dénoncer la continuation de la guerre à travers ces violences communautaires. « La plupart des affrontements communautaires au Sud-Soudan sont arrangés par des politiciens avec des calculs politiques précis. Il s'agit d'une guerre par procuration entre Kiir et son vice-président Machar », dénonce le père Paolino Tipo Deng, président de l'Initiative religieuse du Haut-Nil pour la paix et la réconciliation.  Le prélat estime que les Églises ont un rôle à jouer pour apaiser les esprits : « Les chefs religieux feront toujours de leur mieux pour éduquer et réconcilier les communautés divisées, et aussi éduquer tous les citoyens pour pouvoir éviter d'être victimes de manipulations et d'ambitions politiques égoïstes. » Mi-décembre, une autre offensive de la White Army visait cette fois les habitants de la région du Grand Pibor, les Murle, faisant des dizaines de milliers de déplacés et au moins 50 victimes. Pour l'activiste Bol Deng Bol, qui dirige le Jonglei State Civil Society Network, cette violence est le fruit des luttes de pouvoir qui se sont « intensifiées depuis la signature de l'accord de paix » de 2018. « Un autre facteur de cette violence, c'est le désœuvrement des communautés. Il n'y a pas d'hôpitaux, pas de routes, pas de jobs, rien du tout ! Les jeunes, qu'on appelle la White Army, n'ont rien à faire de positif. Et donc c'est un avantage utilisé par les acteurs politiques mécontents de la mise en œuvre de l'accord de paix. Ils se servent des jeunes pour saboter le processus de paix. » Le gouvernement sud-soudanais a nié toute implication dans les violences. Arrivera-t-il pour autant à stopper les cycles de vengeance ? Le mercredi 4 janvier, deux femmes et un enfant Nuer ont été tués « par de jeunes Murle armés », dans le nord du Jonglei, selon l'Association des Jeunes de Uror, un comté de la région.

    À Tunis, la garderie Les Chérubins accueille les enfants de migrants

    Play Episode Listen Later Jan 5, 2023 2:15


    En Tunisie, la communauté subsaharienne est souvent confrontée à des difficultés économiques. La garderie Les Chérubins à Tunis offre à la communauté la garde des enfants subsahariens à un prix symbolique. Une initiative solidaire mise en place par une femme migrante ivoirienne. De notre correspondante à Tunis, Derrière une porte sans pancartes, entre des maisons, les voix des enfants de 3 mois à 7 ans résonnent dans la garderie Les Chérubins, située au cœur du quartier populaire de Bhar Lazreg à Tunis. Isabelle Bessan, Ivoirienne installée en Tunisie, a lancé cette crèche en 2018, au départ dans un garage, puis dans ce local, pour accueillir les enfants de migrants subsahariens du quartier. « À la crèche, nous accueillons les enfants à partir de deux mois. On apprend à l'enfant à s'asseoir, faire les quatre pattes et les premiers pas pour pouvoir marcher. Et ensuite, à l'âge de deux ans et demi, nous donnons des bases à l'enfant, c'est-à-dire que nous lui apprenons à former les chiffres et les lettres » Cet enfant récite un sketch sur la thématique de l'intégration, chère à Isabelle pour sensibiliser les enfants face aux risques d'attaques racistes ou discriminatoires. « C'est vrai que ce sont des enfants, mais je me dis que parfois, ils tombent de haut, en entendant le mot "migrant", explique-t-elle. C'est en ce sens-là que j'ai composé ce petit sketch pour leur expliquer ce qu'était un migrant, ce qu'était l'intégration et le pays où ils vivent. » Une réalité migratoire, qu'Isabelle cache aussi aux enfants lorsqu'elle devient trop dure. Elle confie qu'une dizaine de ceux qui venaient à la crèche ont traversé clandestinement la mer Méditerranée avec leurs parents cette année. Deux d'entre eux sont morts dans un naufrage. Pour les familles qui restent en Tunisie, le contexte économique et social est de plus en plus difficile à vivre. La communauté compte entre 30 000 et 50 000 personnes. La majorité, sans papiers ni cartes de séjour, travaille comme main-d'œuvre non déclarée et faiblement rémunérée avec un minimum de droits en Tunisie. « Il y a beaucoup de Subsahariens maintenant en Tunisie, et c'est difficile de trouver du travail », confirme Jessica Cohebi, ivoirienne et mère d'un petit garçon qui fréquente la crèche. Le lieu n'a pas encore de statut juridique clair, donc Isabelle Bessan demande aux parents une somme symbolique pour payer le loyer, les charges. « Sur le plan financier, c'est un grand soulagement parce qu'on ne paye pas grand-chose en fait, on donne juste ce que l'on peut donner, explique Jessica. Et sur le plan social, affectif, il y a un soulagement aussi de savoir qu'ici, il est un peu en famille. » La garderie repose beaucoup sur la solidarité des trois femmes qui y travaillent, mais les besoins restent importants. Isabelle lance fréquemment des appels aux dons sur les réseaux sociaux pour des denrées alimentaires et des jouets.

    Les entreprises face au défi de l'éducation numérique en Afrique

    Play Episode Listen Later Jan 4, 2023 2:11


    Enseigner mieux et à plus de monde, pallier les dysfonctionnements du système éducatif africain... L'efficacité du numérique n'est plus à prouver. Mais comment faire pour ne pas créer de nouveaux exclus, quand on sait notamment que l'Afrique est le continent le moins connecté ? Le premier défi, c'est bien celui de la connectivité. En Afrique subsaharienne, 9 enfants sur 10 n'ont pas accès à internet. Le frein peut aussi être économique quand on sait que l'achat d'un smartphone représente parfois près d'un mois de salaire. Résultat : en 2020, dans la région, seul un habitant sur deux en possède un.  Pour lever ces barrières, la directrice de Eneza Education, basée en Côte d'Ivoire, a pensé sa plateforme de soutien scolaire pour que tout soit accessible par SMS. « Le but, c'est que les apprenants puissent retrouver à partir de leur téléphone l'ensemble du programme scolaire, qu'ils puissent apprendre, qu'ils puissent s'auto-évaluer, que ce soit à partir d'exercices ou de quiz… », explique Christelle Hien-Kouamé. ► À lire aussi : Le futur de l'éducation en Afrique au défi du numérique Des outils accessibles au plus grand nombre pour éviter l'exclusion « Toutes les populations rurales n'ont pas accès à internet. Même celles qui y ont accès n'ont pas forcément les moyens de l'avoir de manière illimitée », poursuit-elle. « Donc avoir une option qui permet à l'enfant ou à l'apprenant d'accéder avec un téléphone basique est une alternative et permet de pouvoir donner accès à des personnes qui n'ont pas forcément des niveaux de revenu élevés. » Fracture numérique, fracture sociale ou éducative aussi parfois quand les parents n'ont pas les compétences pour accompagner leurs enfants dans l'utilisation de ces outils. Et le frein peut aussi être lié à la langue. « Aujourd'hui, on est vraiment sur le programme français, et on s'est rendu compte que de plus en plus les pays demandent des contenus dans des langues locales ou du contenu local. Donc, aujourd'hui, on est en train d'y travailler », déclare Esther Brou-Kouakou, directrice Afrique de Nomad Education, une application de révision. ► À écouter aussi : Tunisie: le numérique pour rendre l'apprentissage du français plus attrayant auprès des jeunes Reprendre les codes des réseaux sociaux S'adapter, c'est donc le maître mot. Et notamment aux usages des jeunes qui, aujourd'hui, constatent les experts, ne vont plus vraiment sur internet pour surfer, mais raffolent, en revanche, des réseaux sociaux. D'où l'idée de l'appli sénégalaise TooShare. « Elle se présente comme un réseau social, sauf qu'elle intègre ce qu'on appelle un LMS, un learning management system, un système d'apprentissage où, derrière, nous avons des éditeurs de contenu pour des classroom virtuelles », indique Amadou Manel Fall. « Le fait de reprendre les codes permet peut-être moins de décrochage, parce qu'ils vont sur internet pour le côté réseau social, et leur offrir cela dans le cadre de l'apprentissage, de l'acquisition de nouvelles connaissances permet peut-être moins de décrochage et peut rendre peut-être l'apprentissage un peu plus accessible pour eux. » Penser en fonction des contraintes. La clé pour que l'éducation reste un bien commun, estime Rachel Nullans, rédactrice d'un livre blanc sur les edtech en Afrique francophone. Et que personne – ou presque – ne soit laissé sur le bord de la route.

    Mode: haut de gamme «made in Sénégal», le pari des créateurs

    Play Episode Listen Later Jan 3, 2023 2:15


    L'artisanat de luxe est en plein boom au Sénégal. Dakar n'a pas attendu le défilé de la célèbre marque française Chanel en décembre dernier pour être à la pointe de la mode. De plus en plus de marques sénégalaises haut de gamme émergent ces dernières années, fortes d'une créativité débordante. Elles bénéficient d'un nouveau regard sur l'Afrique et ont déjà séduit le marché international. De notre correspondante à Dakar, Dans un discret atelier de Tivaouane Peulh, en banlieue de Dakar, quatre artisans découpent et tressent des bandes de cuir et de wax. Sur des étagères, des rouleaux de peau de toutes les couleurs. Nous sommes chez Wude studio, une marque de sacs à main imaginée par la Franco-Sénégalaise Cécile Ndiaye. « Le sac a le dos en veau et tout le reste est tressé en vert et le wax qui rajoute une touche très lumineuse », décrit-elle. Son pari d'origine : faire du haut de gamme zéro déchet made in Sénégal. Les techniques de fabrication sont puisées dans les traditions de la région, mais le cuir utilisé provient d'invendus européens, faute d'un tannage local de qualité. « Il y a beaucoup de migrants sénégalais qui sont en Italie, qui travaillent dans les tanneries ; ils sont suffisamment organisés et ils ont suffisamment le sens du commerce pour racheter les excédents industriels des tanneries dans lesquelles ils travaillent pour les revendre ici dans des réseaux de distribution », explique la créatrice. ► À lire aussi : La fashion week bat son plein à Dakar Les débuts difficiles du made in Sénégal Mbor Ndiaye a cocréé la marque avec Cécile il y a 18 ans. Ce maroquinier autodidacte est tombé amoureux du cuir. « J'ai été formé comme électricien, on ne sait jamais ce que le Bon Dieu nous a tracé », dit Mbor Ndiaye. « Moi, j'aime taquiner les pièces qui sont tellement sensibles, ces toutes petites pièces-là. »  Mais lorsqu'il se lance dans la maroquinerie, le made in Sénégal n'attire pas, bien au contraire. « Une fois présent pour confectionner ce que je devais faire, des sandales, des nus pieds, on prenait des étiquettes venant d'Italie ou bien de la France, parce qu'à cette époque, le Sénégalais n'affectionnait pas les produits locaux », se souvient-il. Un secteur qui fait des émules Désormais, le marché se développe et la mode africaine bénéficie du coup de projecteur de certaines célébrités comme Beyoncé ou Michelle Obama. « Les réseaux sociaux ont fait beaucoup la vision de qu'on a de l'Afrique. Elle est beaucoup plus positive. Faire rêver aussi. Et puis dans la mode, on est à la pointe », souligne Cécile Ndiaye. Dans le centre de Dakar, Faiez Ftouni vend les sacs de Wudé Studio ainsi que des marques de créateurs sénégalais et africains. Depuis 2017, il a vu le secteur exploser. « On a fait des événements, des afterworks pour faire présenter de nouveaux jeunes créateurs. En fait, on a commencé avec quatre, on est peut-être à 80 », estime Faiez Ftouni. ► À écouter aussi : Sénégal: la slow fashion à la fashion week Sa clientèle reste principalement étrangère, africaine et européenne. Le haut de gamme est encore un luxe au Sénégal, où le salaire moyen dépasse à peine 120 euros.

    Madagascar: l'agroforesterie dynamique, l'alternative pour réduire la pression sur les aires protégées

    Play Episode Listen Later Jan 2, 2023 2:24


    Dans l'aire protégée d'Oronjia à une dizaine de kilomètres de Diego Suarez, dans l'extrême nord de l'île, l'agroforesterie dynamique réduit les menaces telles que la production de charbon et les défrichements liés à l'agriculture. Dans la commune d'Ambararata, de petites parcelles de terres suffisent pour satisfaire les besoins des foyers. De notre envoyée spéciale à Diego Suarez, Manguiers, citronniers, cannes à sucre ou encore arbres à noix de cajou... Autrefois asséchée, la parcelle de Fredonnat Ramanantsalama est aujourd'hui une terre d'abondance. « Ce n'est pas l'agriculture traditionnelle de mes parents que je pratique. Ici, je multiplie les cultures. Cette technique améliore la qualité du sol », explique Fredonnat Ramanantsalama. « J'ai commencé avec des espèces à croissance rapide, comme les arachides, le niébé, la canne à sucre et les bananes. Puis, on a planté des arbres fruitiers comme les manguiers que vous voyez là. Ils devraient être très hauts, mais je les taille de cette façon arrondie et ça donne plus de mangues », indique-t-il. Une technique peu gourmande en place et qui réhumidifie les sols L'agroforesterie dynamique assure aux agriculteurs des revenus toute l'année, explique Hafany Tombondray chef de projet adjoint du Missouri Botanical Garden, gestionnaire de l'aire protégée d'Oronjia. « C'est une activité qui ne demande pas beaucoup de terrain, parce que d'habitude, dans le village malgache, on a tendance à chercher beaucoup d'espace. Une parcelle pour les haricots, une parcelle pour le maïs, une parcelle le manioc. Mais dans l'agroforesterie dynamique, sur une parcelle de 40 mètres sur 40, on peut faire pousser 12 variétés d'espèces agricoles pendant chaque saison », souligne-t-il. Une technique qui a réhumidifié les sols. Au milieu de la parcelle, un bassin (creusé dans la terre) permet à Fredonnat et sa famille de couvrir leurs besoins en eau. « Avant, il fallait faire un kilomètre et demi pour trouver de l'eau. Si les paysans qui ont un petit terrain pratiquent l'agroforesterie dynamique, ils n'ont pas besoin d'entrer dans la forêt pour défricher et cultiver », poursuit Fredonnat. « Avant, je cherchais aussi des ignames sauvages à manger dans la forêt. Maintenant, je n'y vais plus. J'ai tout ici pour gagner de l'argent. Vous voyez ça, ce sont des ignames domestiqués qu'on cultive. Ça pousse très vite. » L'agroforesterie dynamique, pratiquée par une vingtaine de paysans de la région Une alternative à la collecte d'une espèce d'igname endémique à l'intérieur de la forêt, détaille Jérémie Razafitsalama, chef de Projet de conservation de l'aire protégée d'Oronjia. « L'igname autochtone est menacé d'extinction et sa collecte est devenue également une grande menace. Il faut faire un gros trou, quelques fois, ils coupent l'arbre, les racines... », décrit-il. « Et là, comme vous pouvez le voir, l'igname domestiqué est déjà productif. Les gens deviennent autonomes et contribuent à la protection de l'environnement », ajoute Jérémie Razafitsalama. Soutenus par la Fondation pour les aires protégées et Missouri Botonical Garden, une vingtaine de paysans pratiquent l'agroforesterie dynamique aux alentours d'Oronjia.

    Madagascar: protéger les mangroves pour mieux résister aux effets du changement climatique

    Play Episode Listen Later Jan 1, 2023 2:15


    Dans l'aire marine protégée d'Ambodivahibe, au nord de Madagascar, la restauration des mangroves et une gestion durable des ressources marines ont permis aux communautés alentour d'atténuer les effets du vent dans leurs localités et fournissent de nouveaux moyens de subsistance. De notre envoyée spéciale à Diego Suarez, « Ici, nous sommes dans la mangrove d'Ampondrahazo, communément appelée la mangrove de la Baie des Pirates. C'est une mangrove en cogestion avec les communautés locales », indique Boris Andrianantenaina. Il est responsable du programme de conservation marine de l'ONG Conservation International à Diego Suarez. Depuis la mise sous statut d'aire protégée en 2015, 150 hectares de mangroves ont été restaurés avec les habitants. « L'avantage ici, c'est que c'est bien protégé grâce à ces forêts de palétuviers qui ne cessent de grandir. Comme nous voyons là, il y a plus une formation de terre que de l'érosion marine ici », montre-t-il. ► À écouter aussi : Les mangroves d'Asie du Sud-Est, immenses et méconnus puits de carbone Sanctuaire pour la faune locale Remparts contre l'érosion du littoral grâce à leurs racines, elles ont aussi permis une régénération des ressources halieutiques, constate Georgette Marceline Soa, pêcheuse. Pendant la période du varatraza, la mer est très agitée, alors notre quotidien c'est dans les mangroves et je peux dire que les ressources qui se trouvent à l'intérieur commencent à augmenter et elles sont de meilleures qualités. Les crevettes et les crabes se reproduisent plus parce qu'on est très strict concernant les périodes de fermeture de pêche. Composées de six espèces de palétuviers, elles sont le sanctuaire des aigrettes et de chauves souris endémiques de la Grande Île, et plus récemment le refuge des lémuriens. C'est aussi la survie des villages qui en dépend, témoigne Frédéric Randrianarivelo, dans l'arrière mangrove. « Avant, on ne trouvait presque plus de crabes et de crevettes. Si on n'avait pas restauré les mangroves, ce ne serait que du sable ici et la zone où on pêche les poulpes n'existerait plus. Elle protège aussi le village du vent », explique-t-il. ► À lire aussi : Cameroun: la société civile appelle à protéger la mangrove pour limiter l'érosion Le potentiel économique de la mangrove Alors que le varatraza – ce vent d'Alizé qui soufflait il y a une vingtaine d'années du mois de juin à septembre et qui s'étend désormais d'avril jusqu'à novembre, perturbant les activités et les revenus des pêcheurs –, a minimisé l'accès des pêcheurs à la mer, cette gestion durable des ressources a convaincu les communautés de trois autres villages aux alentours, explique Boris Andrianantenaina. Le bénéfice que cette mangrove apporte aux communautés c'est directement la pêche. Si on prend l'exemple de la pêche au crabe, c'est en moyenne 200 kilos capturés par mois, avec un prix allant de 6 000 à 7 000 ariary le kilo [1,30 à 1,50 euro, NDLR] suivant la saison. Cela permet de contribuer aux besoins essentiels des communautés et à l'éducation de leurs enfants. Donc, ça aide la communauté à gérer les ressources. Comme vous voyez maintenant, on est en pleine saison de fermeture. On ne voit aucun matériel de pêche ici. D'après la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar, qui finance 48 aires protégées dans la Grande Île, les services écosystémiques d'une aire marine et son potentiel touristique peuvent générer jusqu'à 5,3 millions de dollars par an.

    Tunisie: la chorale de Notre-Dame de Carthage, un refuge dans l'exil

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2022 2:26


    Pour ce premier jour de l'année, rendez-vous dans la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis, à la rencontre d'une chorale pas comme les autres. Il s'agit d'un chœur composé essentiellement de ressortissants de pays subsahariens, qui tentent de célébrer une liturgie à l'image de la communauté catholique de Tunisie. Composée d'Africains, d'Européens ou de Moyens-Orientaux, ce moment vise avant tout à rassembler tous les horizons.  ► À lire aussi : À Rabat, la communauté subsaharienne se prépare au Nouvel An 2023

    Kribi, une station balnéaire idyllique au Cameroun

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2022 2:15


    Les familles camerounaises profitent de cette période pour découvrir ou redécouvrir le pays. Pour le Réveillon, plusieurs d'entre elles ont choisi de se rendre à Kribi, une cité balnéaire située à environ cinq heures de route de Yaoundé. Entre villas de luxes, balades sur la plage et spectacles de musique, les visiteurs ne s'ennuient jamais sur les rives de l'océan Atlantique. De notre correspondant dans la région, Richard Onanena Aïssatou découvre, émerveillée, la villa réservée par son époux. C'est un duplex moderne, comme il s'en construit depuis quelque mois au quartier Ebome à Kribi. Le couple a choisi de passer la fin d'année dans cette cité balnéaire. « Je suis partie de Yaoundé pour Kribi pour passer un séjour avec mon époux. C'est un endroit retiré, c'est calme et paisible... C'est un moment unique et intense », s'extasie la jeune femme.  Deux kilomètres plus loin se trouvent les chutes de la Lobé, un des sites les plus visités de la ville. Pieds nus, pantalon retroussé, Ferdinand Massok fait les 100 pas sur le sable chaud, loin des bruits de Douala, sa ville de résidence : « Je suis à Kribi pour les petites balades, pour voir la mer... Chaque soir, je vais à la plage. Je suis aussi là pour manger un peu de poisson », raconte-t-il.  Le poisson et les fruits de mer sont une spécialité de Kribi. Les touristes et autres visiteurs peuvent se rendre dans l'un des nombreux restaurants qui en proposent. Pour les résidents, un tour à Nkol Biteng, principal marché de la ville, est nécessaire.  Loin des plages et des restaurants, les ménagères et les commerçantes de ce marché n'arrivent pas à s'entendre, les prix des produits ayant presque doublé : « Les prix sont tellement traumatisants qu'on ne sait plus quoi dire... Tout a augmenté, l'huile, les tomates ...», se plaint une habitante.  La nuit, Tara plage est l'une des zones les plus animées de la ville. La lumière du soleil a été remplacée par celle des projecteurs. Un festival de musique s'y tient et le public est conquis : « C'est important de passer le Réveillon dans ce genre d'ambiance », confie un spectateur. Une bonne raison pour passer les fêtes les pieds dans l'eau.  ► À lire aussi : À Rabat, la communauté subsaharienne se prépare au Nouvel An 2023

    À Rabat, la communauté subsaharienne se prépare au Nouvel An 2023

    Play Episode Listen Later Dec 30, 2022 2:25


    La paroisse évangélique de Rabat prépare activement le réveillon du Nouvel An. Cette église a la particularité de rassembler une vingtaine de nationalités et plusieurs couches sociales. La communauté, majoritairement subsaharienne, se retrouve autour de célébrations qui ont déjà commencé : les paroissiens se préparent à fêter ensemble le passage de 2022 à 2023. ► À lire aussi : Fêter le Nouvel An : entre traditions et imprévus

    La longue et angoissante attente des parents des Chibok Girls [3/3]

    Play Episode Listen Later Dec 28, 2022 2:12


    Troisième volet de notre série consacrée aux jeunes filles de Chibok, ces 276 lycéennes kidnappées en 2014 par Boko Haram au Nigeria. 108 sont toujours portées disparues. Certaines seraient mortes et d'autres auraient été mariées de forces aux jihadistes. Rencontre avec Ladi Lawan, très active dans le soutien moral des parents des Chibok Girls. Elle-même est privée de sa fille Aisha depuis avril 2014. Avec notre correspondant de retour de Lagos,  Avec délicatesse, Ladi Lawan sort de son sac à main un cliché imprimé en format portrait. Avec le temps, la photo a pris une teinte rosée. Sur ce cliché, sa fille Aisha se tient debout, la main gauche posée sur la hanche, le regard fixant l'objectif. « J'ai des palpitations cardiaques, confie la mère d'Aisha. J'ai le cœur serré à force d'attendre la libération de ma fille. Ça va faire huit ans cette année que je n'ai pas vu ma fille. » Une trentaine de parents dont les filles ont été enlevées sont morts depuis avril 2014. Principalement d'hypertension, d'anxiété et de stress générés par le non-retour de leurs enfants. Quelques-uns ont été victimes d'attaques de Boko Haram. Malgré ses souffrances, Ladi caresse toujours l'espoir de revoir un jour sa fille, mais aussi les autres jeunes femmes encore en captivité. « La rumeur dit que nos filles seraient mariées de force dans la forêt de Sambisa, relate-t-elle. Certaines auraient eu des enfants issus de ces unions. Moi, j'aime les enfants. Donc même s'il y a dix enfants de pères membres de Boko Haram, je n'aurais jamais peur de porter ces enfants de nos filles. Même une dizaine d'enfants, pas de problème. Qu'on leur rende leur liberté afin que nos filles puissent reprendre leurs études. » ► À lire aussi : Nigeria : deux jeunes filles de Chibok retrouvées 8 ans après leur enlèvement en 2014 « Je veux que le gouvernement fédéral fasse encore plus d'efforts » Yakubu Nkeki préside l'association des parents des lycéennes enlevées. Malgré des relations parfois orageuses, ce quinquagénaire est le référent auprès des autorités fédérales. En juillet puis en octobre dernier, Yakubu a, comme à chaque fois, certifié l'origine des cinq rescapées de la forêt de Sambisa, suite à des raids libérateurs de l'armée nigériane, appuyée par la Force multinationale conjointe. Si Yakubu reconnaît les efforts d'Abuja pour libérer les dernières captives, il trouve que huit années de captivité, c'est trop long à supporter :  En tant que leader de ces parents, je ne peux pas me contenter du nombre raisonnable de Chibok Girls déjà libérées. Je veux vraiment que le gouvernement fédéral fasse encore plus d'efforts. C'est le seul moyen de sauver nos filles toujours en captivité. Les cinq Chibok Girls libérées récemment sont toujours entre les mains de l'armée et des services secrets nigérians. Une étape obligatoire pour les autorités nigérianes avant qu'elles reprennent leur place dans la société.  ► À lire aussi :  Nigeria : les têtes en céramique de l'artiste Prune Nourry, un hommage aux lycéennes de Chibok [1/3] Hommage aux lycéennes de Chibok au Nigeria : que deviennent les rescapées ? [2/3]

    Hommage aux lycéennes de Chibok au Nigeria: que deviennent les rescapées? [2/3]

    Play Episode Listen Later Dec 28, 2022 2:10


    Deuxième volet de notre série consacrée aux lycéennes de Chibok, ces 276 jeunes filles enlevées par Boko Haram il y a huit ans. Art Twenty One, une prestigieuse galerie d'art contemporain de Lagos, propose l'exposition « Statues Also Breathe » : 108 sculptures de visages pour rappeler les 108 filles toujours manquantes, de la plasticienne Prune Nourry. Une performance a eu lieu en présence de six mamans de filles toujours captives et de six filles libérées. Parmi elles, Mary Dauda et Amina Nkeki, libérées il y a cinq ans, qui ont bénéficié de soins médicaux et des programmes de déradicalisation. Elles tentent de reconstruire leur vie. De notre correspondant de retour de Lagos,  Mary Dauda ne reste jamais trop loin de son bébé. Sa fille est soit calée sur son dos, bien emmitouflée dans un pagne, soit sur ses genoux. En se mariant en 2020, puis en devenant maman de deux enfants, Mary a surmonté ses blessures d'ex-otage de Boko Haram. Mais cinq ans après sa libération, cette ancienne lycéenne de Chibok reste hantée par son séjour dans la forêt de Sambisa : « Dès que je suis assoupie, parfois j'ai des flashbacks. J'ai l'impression d'être toujours en captivité, en train de pleurer car je suis loin de mes parents. Dans ces songes, je supplie Dieu de me venir en aide. » raconte la jeune femme.  Mary était dans le groupe des 82 jeunes filles de Chibok libérées en 2017. En échange, cinq leaders de la branche de Boko Haram, proches d'Abubakar Shekau, quittaient des prisons du Nigeria. Par pudeur, Mary préfère taire ses conditions de captivité. Difficile pour elle en effet de mettre des mots sur les horreurs qu'elle a vues, les sévices qu'elle a subis : « De rares fois, nos ravisseurs nous abandonnaient à notre propre sort, quand on leur disait que nous refusions d'être leurs épouses, relate-t-elle. Alors, ils nous faisaient du chantage à la nourriture. Nous menaçant de nous laisser mourir de faim... » ► À lire aussi : Nigeria : 8 ans après l'enlèvement des lycéennes de Chibok, une centaine toujours portées disparues « Nous, les femmes, nous ne sommes plus des citoyennes de seconde zone » Quelques mois avant Mary, Amina a recouvré la liberté. Avec un membre de Boko Haram se présentant comme son mari à l'époque, et leur petite fille Patience, née dans la forêt de Sambisa, Amina Nkeki a semé ses ravisseurs. Le trio errant a croisé la route de miliciens volontaires en mai 2016.  Aujourd'hui, Amina n'est plus avec le papa de Patience. Elle suit des études de relations internationales et de sciences politiques à l'Université américaine de Yola : « Les autres étudiants me regardent de haut en pensant que je n'y arriverai pas à cause de mon passé, affirme-t-elle. Mais je continue à m'encourager en me disant que dans ce monde, on ne peut rien obtenir si on ne fait pas les efforts nécessaires. Nous, les femmes, nous ne sommes plus des citoyennes de seconde zone. » Amina arbore un sourire franc et massif. Un sourire qui dissimule à peine la lassitude et le poids d'être, pour la vie, une rescapée de Boko Haram. ► À lire aussi : Nigeria : les têtes en céramique de l'artiste Prune Nourry, un hommage aux lycéennes de Chibok [1/3]

    Nigeria: les têtes en céramique de l'artiste Prune Nourry, un hommage aux lycéennes de Chibok [1/3]

    Play Episode Listen Later Dec 26, 2022 2:10


    Premier volet de notre série consacrée au sort des lycéennes de Chibok, ces 276 jeunes filles enlevées par Boko Haram il y a huit ans au Nigeria et dont le sort avait soulevé une vague d'indignation mondiale. Art Twenty One, une prestigieuse galerie d'art contemporain de Lagos, propose l'exposition « Statues Also Breathe » : 108 sculptures de visages pour rappeler les 108 filles toujours manquantes. La plasticienne française Prune Nourry s'est inspirée des fameuses « têtes d'Ife », des sculptures ancestrales Yoruba, pour réaliser ses « têtes de filles de Chibok » en céramique. Une performance a eu lieu pour le lancement de l'exposition en présence de six mamans de filles toujours captives et de six filles libérées. Outils à la main, Prune Nourry observe d'abord. Fait un va-et-vient entre la photo de Yinkal Yama et la tête sculptée représentant cette « Chibok girl ». Puis, avec humilité et tact, l'artiste prodigue ses conseils à John Alabi, étudiant en première année de céramique. Comment gratter, façonner, tracer, polir ou nettoyer... Prune Nourry insiste, geste à l'appui : « Ce qu'on veut, c'est se concentrer sur le portrait des "Chibok girls" autant que possible pour pouvoir faire ressortir les traits importants de leurs visages, et les faire vivre à travers ces sculptures. Et en même temps, on s'inspire des "têtes d'Ife" du 15e siècle. Donc, il faut suivre la manière de sculpter de ces têtes incroyables. » Une collaboration entre l'artiste et l'université d'Ife Prune Nourry déambule entre les 108 chevalets noirs installés sur l'herbe d'une large esplanade. Espacés de manière millimétrée en huit rangées, les étudiants s'appliquent à l'ouvrage. Tous sont vêtus en adire, un tissu bleu indigo et noir. Une tenue en batik d'inspiration Yoruba, que porte aussi Prune Nourry. Un code vestimentaire pour bien marquer la collaboration entre le département des Beaux-Arts de l'université d'Ife et la plasticienne. « J'étais convaincu qu'il y avait quelque chose à l'université d'Ife. Je voulais que cela se passe à Ife. Mais je ne savais pas avec quels artisans collaborer. Il n'y a plus d'artisans ici, mais l'université a eu du sens. Et pour les professeurs du département d'art, ils sont incroyables. Ils ont une mentalité et une philosophie incroyable. Et c'est comme ça qu'on a décidé de collaborer ensemble. » Une exposition qui sert également de rappel Au cœur de la performance, Olusegun Ajiboye, le doyen de la faculté des Beaux-Arts, savoure l'implication de ses étudiants. Mais cette création collaborative avec Prune Nourry sur plusieurs mois sonne comme un rappel au monde entier : plus de cent « Chibok girls » restent toujours privées de liberté. « Ce travail n'est pas seulement une exploration créative. Il s'agit aussi d'assumer un propos sensé et profond. Il s'agit de nous rappeler comment nous devons nous valoriser. Mais nous devons nous valoriser avant tout en prenant bien soin de nos femmes, en prenant bien soin de nos filles. » En fin de journée, Prune Nourry enlace une à une les six ex-otages et les six mamans de « Chibok girls » manquantes. L'artiste plasticienne rêve aussi secrètement de pouvoir faire un tour du monde avec ces femmes pour montrer ces 108 têtes en céramique.

    Maroc: l'académie Mohammed VI, une fabrique à champions du ballon rond

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2022 2:24


    Demi-finaliste du Mondial de football au Qatar, le Maroc est l'équipe surprise de la compétition reine du football. Mais derrière la surprise se cache un véritable projet sportif. Visite de l'académie Mohammed VI à Rabat, la pépinière du football marocain. De notre correspondant à Rabat, À une vingtaine de minutes en voiture de la capitale marocaine, au milieu de la campagne, le bâtiment détonne. Dix-huit hectares d'infrastructures ultra-modernes, cinq terrains de football, un pôle médical, plus de 100 places d'hébergement. Créée en 2009 sur l'initiative du roi Mohammed VI, l'académie n'avait qu'un but : rebooster la formation marocaine. « Il a eu cette idée que la formation était prioritaire, qu'il fallait la démarrer », se souvient Nasser Larguet, premier directeur de l'académie. « Et donc il y avait des objectifs qui étaient bien précis, c'est de former des joueurs de haut niveau pour alimenter les clubs professionnels au Maroc et pour les meilleurs, aller en Europe et aussi alimenter les différentes équipes nationales. Les moins de 17 [ans], les moins de 20, les olympiques. » « Ils vont prouver leurs talents » Treize ans plus tard, c'est avec quatre joueurs issus de l'académie que les Lions de l'Atlas ont brillé au Qatar. Un succès qui jette la lumière sur un travail de l'ombre, mais selon Abdelatif Belmadi, entraîneur des moins de 15 ans, ce n'est qu'un début.  On a des joueurs qui opèrent dans les clubs professionnels européens dans différentes divisions, que ce soit en France, que ce soit en Espagne, mais ce sont des jeunes qui sont partis de chez nous à 18 ans et qui vont faire leur bonhomme de chemin et je pense que dans les années à venir, ils vont prouver leurs talents.  Recruté à l'âge de 12 ans, les 90 élèves de l'académie sont choisis sur des critères bien précis. « Il y a des critères qui nous semblent essentiels : une bonne technique bien sûr, associée à une intelligence de jeu, après, il faut qu'il y ait une qualité forte athlétique », souligne Laurent Coger, responsable de la formation des joueurs « C'est dur à déterminer à 13 ans, mais c'est à nous de les développer, de prendre du temps. » Formule essentielle Le temps, l'académie en dispose. Les footballeurs en herbe passent 7 ans à se former, tant sur le terrain que sur les bancs de l'école. Une formule essentielle. « Avoir une scolarité sur place, cela nous laisse énormément le temps de bâtir notre projet sportif avec eux et le projet éducatif », rappelle le coach Belmadi. « Et je pense que c'est là où il y a la différence. La différence, c'est laisser un gamin avec ses qualités, même s'il est plein de qualités techniques, tout seul, ce n'est pas l'amener au très haut niveau. » À l'avenir, l'Académie Mohammed VI de football espère continuer à se développer en amenant encore plus de joueurs au niveau professionnel. En tout cas, les derniers résultats du Maroc à la Coupe du monde ont donné confiance aux entraineurs des plus jeunes.

    À Noël, les Sud-Africains boivent du Méthode Cap Classique, un vin pétillant inspiré du champagne

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2022 2:13


    Qu'est-ce que l'on boit pour les fêtes en Afrique du Sud ? Nombre de repas devraient commencer par une coupe de vin pétillant : le Méthode Cap Classique, dit aussi « MCC ». Une appellation déposée en 1992 pour se différencier du Champagne, qui est une appellation protégée, exclusive à la France. Le Méthode Cap Classique emprunte certains des cépages du champagne : le Chardonnay et le Pinot Noir. C'est un vin pétillant qui est consommé pour faire la fête et pour célébrer les grandes occasions. 

    Maurice: après deux ans de Covid, l'heure des retrouvailles avec les touristes

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2022 2:32


    L'heure est aux retrouvailles à Maurice pour les opérateurs du tourisme avec les nombreux visiteurs qui reviennent pour y passer les fêtes de fin d'année. Après deux saisons gâchées par la pandémie du Covid-19, la destination mauricienne sera aux petits soins pour les touristes. Les hôtels préparaient depuis des mois ces moments festifs qui débutent aujourd'hui avec les célébrations de Noël. Quel est le programme ?

    Kenya: une association tente d'appuyer les réfugiés à Nairobi

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2022 2:20


    Au Kenya, le parcours est semé d'embûches pour les réfugiés. Le pays accueille plus de 500 000 déplacés, majoritairement originaires du Soudan du Sud et de la Somalie. La plupart vivent dans les camps de Kakuma et Dadaab, et dépendent largement de l'aide humanitaire. Des réfugiés qui ont aussi le plus grand mal à trouver un travail ou scolariser leurs enfants. Certains d'entre eux vont même s'établir dans la capitale kényane pour tenter de trouver de meilleures conditions de vie. Une ONG, GiveDirectly, a décidé d'appuyer ces réfugiés urbains en leur versant une somme d'argent… Les bénéficiaires n'ont pas à la rembourser et peuvent la dépenser comme ils le souhaitent en attendant que le Kenya leur ouvre de nouveaux droits.  De notre correspondante à Nairobi, Josephine a grandi dans le camp de Kakuma dans le nord du Kenya. Cette réfugiée sud-soudanaise a fui pour raisons sécuritaires alors qu'elle était enfant. La jeune femme de 28 ans habite désormais dans la capitale kényane et y a lancé un commerce de couture, depuis son petit appartement. Elle vend ses créations à des amis ou des connaissances. Dans sa cuisine, les tissus de différentes couleurs s'empilent. Son balcon a été transformé en atelier. « Ici, c'est mon bureau où j'ai ma machine à coudre. Je travaille sur une commande pour une famille de Kakuma qui part aux États-Unis. Je leur fabrique une housse de coussin, mais je peux aussi faire des vêtements en tissu ankara ou des écharpes en tie and dye, un motif obtenu avec de la teinture par nouage. » Une insertion économique compliquée Josephine a reçu 100 000 shillings kényans de l'ONG GiveDirectly, soit près de 800 euros. Elle a d'abord payé les soins médicaux de sa maman. Le reste, elle l'a utilisé pour développer son projet de couture, principalement acheter des tissus. La jeune Sud-Soudanaise a dû arrêter ses études en santé communautaire, par manque d'argent pour payer les frais de scolarité. En tant que réfugiée, l'insertion économique est pleine d'embuches. « C'est très difficile de trouver un emploi, on nous demande un permis de travail et, avec la carte de réfugié, je n'en ai pas », déplore Joséphine. « Le dernier emploi que j'ai eu, je n'étais pas payée comme les employés lambdas, je recevais juste une indemnisation. En tant que réfugié, nous ne pouvons pas non plus ouvrir de compte en banque. Pareil pour mpesa, la monnaie mobile, il faut demander à quelqu'un de nous ouvrir une ligne. » Des changements qui tardent à venir Une loi a été signée par l'ancien président Uhuru Kenyatta en novembre 2021 pour apporter plus de droits aux réfugiés, dont un meilleur accès à l'emploi. Mais pour les réfugiés, les changements tardent à arriver. « Il reste encore beaucoup à faire », explique Stephen Kalongo, le directeur Kenya de GiveDirectly. « Des discussions sont en cours pour répondre à plusieurs problématiques qui permettraient la mise en œuvre de cette loi. Par exemple : quand on parle d'intégration, comment faire reconnaître les diplômes que les réfugiés ont obtenus dans d'autres pays ? » En attendant, Josephine continue de développer son petit commerce de couture avec lequel elle fait vivre le reste de sa famille, restée au camp de Kakuma. Et elle rêve de faire venir sa petite sœur, encore adolescente, pour qu'elle étudie à Nairobi et quitte les classes surchargées du camp de réfugiés.

    À Lubumbashi, l'urbanisme à l'origine de la diminution de la nappe phréatique

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2022 2:14


    Tandis que dans le monde, on s'inquiète des problèmes d'approvisionnement en eau en raison du changement climatique, à Lubumbashi, en RDC, c'est l'urbanisme qui est à l'origine de la diminution de la nappe phréatique. Les constructions illégales sur les zones de captage et leur déboisement réduisent le volume de l'eau souterraine en modifiant le ruissellement et l'infiltration des eaux de pluie. La régie de distribution d'eau Regideso alerte sur un risque de pénurie. De notre correspondante à Lubumbashi, Nous sommes à la station de pompage de Kimilolo au sud de la ville. C'est la plus importante, car elle couvre 60 % de l'alimentation en eau de Lubumbashi. Mais malgré ses trois sites de captage, la station n'a plus la capacité de couvrir l'ensemble des besoins, selon Michel Tshijik, directeur de la production à la Regideso. « Le site tel que vous le voyez, il a environ 87 hectares et aujourd'hui, 48 hectares sont déjà occupés par des constructions anarchiques, explique-t-il. Les gens occupent le terrain, coupent les arbres, enlèvent l'herbe. En conséquence, lorsqu'il pleut, au lieu que l'eau s'infiltre dans le sol et recharge la nappe, l'eau ruisselle. Et tout de suite, la nappe n'est plus rechargée comme elle devait l'être et il y a diminution de la ressource d'eau. » Une diminution de la ressource qui a donc un impact direct sur l'alimentation de la ville de Lubumbashi. En cinq ans, la nappe phréatique a perdu près de 70 % de sa superficie. « Ici, nous sommes devant notre deuxième machine. Comme la nappe sèche peu à peu, nous sommes obligés de réduire la quantité d'eau que nous fournissons à la population. Nous avons peur, car d'ici peu, nous serons même obligés d'arrêter la station », s'inquiète Rael Mabayabo, le chef de la station de Kimilolo. Une situation susceptible de dégénérer dans les années qui viennent Les conséquences se font déjà sentir, l'eau du robinet se faisant rare dans certains quartiers de Lubumbashi. Jean-Pierre Ndjibu, directeur de l'Observatoire du changement climatique craint pour l'avenir si rien n'est fait. « Plus la ville s'agrandit, moins on fait attention au problème de fourniture d'eau, mais on oublie que cela va créer un conflit, avertit le directeur de l'Observatoire. Quand les gens n'auront plus d'eau, ils vont commencer à se battre, à faire la guerre avec celui qui a un puits. À ce jour, toutes les zones de captage d'eau à Lubumbashi sont occupées illégalement à 70%. » Ignace Kabulo, directeur provincial de la Regideso, plaide pour leur protection et le déplacement des logements illégaux. Une première analyse nous permet de voir quel est le coût de délocalisation des usines vers d'autres sites qui sont inhabités. Il reste plus important que celui qu'engagerait l'État pour délocaliser ces populations vers d'autres sites.  Pour sa part, la ministre chargée des Affaires foncières indique que le dossier est à l'étude. Pendant ce temps, le risque de pénurie d'eau augmente de jour en jour.  ► À lire aussi : En RDC à Lubumbashi, les prix de l'immobilier s'envolent

    Tunisie: le secteur du vin se rajeunit et se féminise

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2022 2:17


    La Tunisie possède 14 000 hectares de vignes et une vingtaine de caves qui se répartissent dans la production de vins de tables et vins AOC. La demande du marché local est telle qu'elle dépasse souvent l'offre. Alors que les viticulteurs sont limités par les quotas imposés pour l'import de plants de raisins, des jeunes ingénieurs et des œnologues tentent d'innover pour s'adapter à la nouvelle demande : un marché avec plus de femmes et de jeunes.  De notre correspondante à Tunis,  Entre le tintement des bouteilles et le brouhaha de l'usine des celliers de Montfleury, la jeune ingénieure et œnologue Amel Bougamara explique à un groupe de passionnés la différence entre les vins filtrés et non filtrés : « C'est nouveau, il n'est pas encore filtré. On met un peu de gomme arabique pour l'assouplir et il reste un peu en cuve. » À 28 ans, elle travaille depuis six ans dans ce domaine, l'un des plus anciens vignobles en Tunisie. Elle a en grande partie appris son travail d'œnologue, sur le terrain. « Pendant les vinifications, pendant les jours de travail, j'ai commencé à m'intégrer de plus en plus dans le domaine d'œnologie, d'apprendre des ouvriers, des viticulteurs » raconte-t-elle. Issue d'une formation en agroalimentaire, elle s'est orientée vers un domaine où les producteurs sont en majorité des hommes. Dans le pays, malgré la consommation élevée d'alcool, le sujet reste tabou, pour des raisons religieuses : « C'est vrai que c'est un milieu fermé aux femmes, reconnaît la jeune ingénieure. Quand je suis venue ici, j'étais la seule femme qui descendait à l'unité de production. Franchement, pour moi, pour ma petite famille, pour mon fiancé aussi, c'est très bien. Ils savent que je travaille dans le vin, ils m'encouragent. » ► À lire aussi : Tunisie - comment rendre l'artisanat plus profitable pour les femmes Pendant la visite, les femmes présentes n'hésitent pas à la soutenir, comme Mounira Abdelkefi, consommatrice et passionnée par l'histoire du vin : « Vous savez, les femmes tunisiennes sont des femmes à part. J'en ai vu dans tous les domaines et j'en suis très fière ». Pour une autre cliente qui a choisi de rester anonyme, le phénomène n'est pas nouveau : « J'ai visité d'autres domaines où il y avait beaucoup de femmes, surtout les techniciennes. Et là, on voit de plus en plus de jeunes, c'est bien aussi » témoigne-t-elle. Avec Fares Ben Mahmoud, son coéquipier de 26 ans, Amel expérimente des mélanges et fait des dégustations. Avec un marché local de plus en plus demandeur, 90% de la production est consommée en Tunisie, dont à peu près un tiers par le marché touristique, une ouverture vers l'exportation. Le secteur est en quête de jeunes talents pour se développer. ► À écouter aussi : Rendez-vous Culture - Avec « Sous les figues », Erige Sehiri déjoue les clichés sur la jeunesse rurale tunisienne

    Drogue: les médecins guinéens sur le terrain face aux ravages de la «kush» [2/2]

    Play Episode Listen Later Dec 20, 2022 2:18


    Prenez du cannabis et ajoutez-y des produits chimiques qui vont décupler les effets psychoactifs sur le consommateur ! C'est la recette de la nouvelle drogue qui est arrivée en Guinée l'été dernier, en provenance de Sierra Leone. Dans ce pays voisin, elle s'est déjà imposée comme l'une des drogues les plus populaires des ghettos. Reportage auprès des médecins qui s'occupent des usagers. Un débarcadère en proche banlieue de Conakry. Le docteur Thierno Bah, médecin et expert en politique anti-drogue, est venu ici parler des dangers de la kush. « Quand tu consommes, tu es d'abord très agité, tu es somnolent, tu comprends ? Et tu as des hallucinations ». Le médecin s'arrête devant un petit atelier de préparation de marijuana. Il s'adresse à un revendeur, également consommateur : « Ça agit sur le système nerveux central, le taux d'oxygène baisse, c'est la raison pour laquelle la personne fait beaucoup d'effort pour respirer, c'est l'asphyxie. Et malheureusement, la personne décède. Ce sont les conséquences liées à cette drogue ». Le docteur Bah est le directeur général de l'Institut itinérant de formation et de prévention intégré contre la drogue, un organisme étatique. Cela fait plus de trois mois maintenant qu'il travaille sur la kush. « Je m'occupe de certains malades. On nous a signalés qu'une nouvelle drogue était sur le marché. Et on a compris que la porte d'entrée de cette drogue provenait des débarcadères. Et c'est pour cela que nous sommes là aujourd'hui, pour sensibiliser cette jeunesse. » Cette drogue est puissante et très facile d'accès grâce à son prix modique, elle ne coute que 5 000 francs guinées la dose (50 centimes d'euros). « Le commissariat, c'est la mort assurée » Selon le médecin, il faut en finir avec le tout répressif : « Bien sûr qu'il faut lancer un appel, il faut changer de stratégie. Vous savez ailleurs, les forces de défense et de sécurité font de la prévention. Les usagers de drogue ont droit, eux aussi, à la santé. On a essayé d'échanger avec nos services de santé à proximité des débarcadères pour leur dire que « si vous amenez ces gens qui viennent se soigner vers les commissariats ou la gendarmerie, vous les condamnez et c'est la mort assurée dans le quartier. Et c'est ce qui se passe maintenant », souligne le docteur Bah. C'est le seul addictologue en Guinée pour un pays qui compte 13 millions d'habitants. Le professeur Mamady Mory Keïta a créé, il y a deux ans, le Centre médico-psychologique Croix bleue : « on a onze lits au total, malgré la demande, il n'y a pas de moyens suffisants ». Il manque de tout : de médicaments notamment. Deux usagers de kush ont déjà été pris en charge ici. Le professeur Keïta évoque leurs symptômes : « Ce sont des délires avec des mécanismes hallucinatoires, c'est-à-dire qu'ils entendent des voix, explique le professeur. Et ils peuvent se blesser et même se donner la mort ». En attendant de mieux comprendre cette nouvelle drogue et ses effets, la Guinée doit miser sur la prévention, conclut le professeur Keïta. ► À écouter aussi : Reportage Afrique - La «kush», la nouvelle drogue qui menace la Guinée [1/2]

    La «kush», la nouvelle drogue qui menace la Guinée [1/2]

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2022 2:27


    Elle s'appelle la kush, elle est arrivée cette année en Guinée. En quelques mois, cette nouvelle drogue a déjà provoqué une dizaine de décès. La menace est prise très au sérieux par les autorités de la transition. Les services spéciaux, rattachés à la présidence, sont chargés du volet répressif. Reportage lors d'un coup de filet à Conakry. Avec notre correspondant en Guinée Rassemblement des troupes dans la cour des services spéciaux. Kalachnikov en bandoulière, les agents se préparent à une nouvelle opération contre la kush. La quatrième en un mois. À leur tête, le secrétaire général, Abdoul Malick Koné : « Tout le monde a pris son équipement ? Gilet, brassard ? Les endroits restent anonymes jusqu'à l'arrivée. Soyez prêts à bondir ». La destination reste secrète. Le convoi d'une dizaine de véhicules se met en route, traverse la ville à vive allure. Les agents sautent des pick-ups, arrivés à proximité d'un terrain vague en bordure de mer. Il est fermé par une porte en tôle. Deux présumés dealers sont interpellés. Une vingtaine de doses de kush sont saisies. « Ça, c'est la dernière transformation avant la vente », affirme un agent des services spéciaux. C'est une poudre brune contenue dans un petit papier plié en carré. La recette de la kush est d'une grande simplicité : du cannabis pilé est mélangé à des produits chimiques : acétone, formol, on peut trouver aussi des opioïdes. Une dose ne coûte presque rien, selon cet agent. 5 000 francs guinéens équivalent à un peu plus de 50 centimes d'euros. Abdoul Malick Koné : « Tout ce que l'on a saisi vient de la Sierra Leone et c'est en train de venir ici. Mais nous nous voulons arrêter l'hémorragie maintenant, avant que ça ne contamine le reste du pays parce que ce sont des choses qui se métastasent. Nous avons besoin d'une synergie d'action. Nous, nous intervenons, nous saisissons la drogue, nous interpellons les individus, mais derrière il faudrait que les ministères sectoriels nous accompagnent ». Le 24 novembre, en conseil des ministres, le gouvernement a annoncé des mesures : huit ministères ont été sollicités pour mener la lutte. C'est dans ce genre d'endroits, sur le front de mer, dans les ports artisanaux, les débarcadères officiels ou clandestins qu'arrive la drogue produite en Sierra Leone où là-bas, elle a fait des ravages au sein de la population. Crainte de la population Une jeune femme vient d'assister à l'opération des services spéciaux : « J'approuve ! Il y a beaucoup de jeunes qui perdent la tête ces derniers temps à cause de la drogue. Moi, je suis venue chercher mon petit frère ici. Il travaille au garage à côté et je pensais qu'il était dedans. C'est pas facile, on a tous peur maintenant ». Mais les hommes d'Abdoul Malick Koné manquent de moyens et la kush a l'avantage du terrain. La zone à surveiller est immense : plus de 300 km de littoral, 650 km de frontière terrestre avec la Sierra Leone. ►À lire aussi : Analyse - Drogue : quel impact sur la stabilité politique en Afrique de l'Ouest ?

    Éducation: en Tunisie, une deuxième chance pour les décrocheurs

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2022 2:17


    Ils sont un million à avoir quitté les bancs de l'école entre 2010 et 2020, selon une étude du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Beaucoup de jeunes Tunisiens sans espoir « décrochent » du système scolaire pas toujours adapté à leurs besoins. Face à cette situation, les autorités - en partenariat avec l'Unicef - ont décidé de lancer des écoles dites de la seconde chance. La première a ouvert à Tunis. Les conditions de vie se dégradent à grande vitesse et l'inflation y est galopante en Tunisie 9,2% en novembre.

    RDC: à Goma, une école pour apprendre à coder

    Play Episode Listen Later Dec 16, 2022 2:13


    C'est la première école de ce type à s'implanter dans l'est de la République démocratique du Congo. La promotion 1 de la Goma Digital Academy a déjà commencé à étudier. L'objectif est de former la première génération de développeurs web de la région. Mais aussi de convaincre les entreprises locales à engager ces responsables en charge de la conception de sites internet, d'applications, de logiciels ou de programmes informatiques sur mesure.

    Réfugiés tigréens au Soudan: dans les camps, des blessures difficiles à cicatriser [5/5]

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2022 2:33


    Depuis plus d'un mois, dans le nord de l'Éthiopie, les combats ont cessé entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'armée fédérale depuis la trêve signée le 3 novembre dernier à Pretoria, en Afrique du Sud. Le processus de paix semble pourtant fragile alors que de nombreux pans du Tigré restent largement coupés du monde, de l'aide humanitaire, et toujours occupés par des forces armées. Pendant deux ans, une guerre fratricide s'y est déroulée à huis clos. Un nettoyage ethnique documenté par plusieurs rapports, dont ceux de Human Rights Watch et Amnesty International. Les exactions sur les civils ont été quotidiennes, commises par toutes les parties prenantes au conflit. Outre les exécutions sommaires, les déportations et les tortures, les violences sexuelles, et notamment les viols collectifs, ont été utilisés comme arme de guerre. Alors que les accords de paix entrouvrent une fenêtre d'espoir, certaines blessures profondes auront du mal à cicatriser. Dans le camp d'Oum Rakuba, une réfugiée a accepté de raconter son calvaire. De notre envoyé spécial dans le camp d'Oum Rakuba, Elle a demandé à être appelée Showit. Cette femme d'une trentaine d'années vivait à Humera, à l'ouest du Tigré. Le 10 novembre 2020, la ville est encerclée. Bombardée par de l'artillerie tirée au nord depuis l'Érythrée voisine. Assaillie au sud par les troupes fédérales et les milices Amhara. « J'étais abritée sous un pont qui a été bombardé près de l'église Mariam. Il y avait tellement de cadavres que je ne pouvais pas les compter. En état de choc, je me suis enfuie, je suis tombée sur 8 soldats de l'armée fédérale. Ils m'ont interpelé en amharique : "Putain, mais où est-ce que tu vas toi ? Viens par ici". Ils m'ont interrogée. Ils disaient que j'étais une espionne. Deux hommes ont pris ma fille à part, lui ont recouvert le visage avec un foulard. Les autres m'ont couchée sur le dos, sur un tas de cadavres, au milieu du sang. Six soldats m'ont violée à tour de rôle, par tous les orifices. L'un d'entre eux me tenait avec sa ceinture pour m'écarter les jambes. Ils me jetaient du sable dans le vagin et éteignaient leurs cigarettes sur ma vulve. L'un d'entre eux disait : "Elle est 100 % Tigréenne, c'est sûr, ça s'entend à son accent. On doit en finir ces gens-là." Ils ont dit qu'ils me tueraient. Je suis restée silencieuse de peur de mourir. » Des traumatismes irréversibles Alors que l'un des soldats demandait s'il fallait achever la mère, la petite fille de 8 ans, tenue à l'écart, a commencé à se débattre. Elle s'est exprimée dans un dialecte amharique parfait qui a surpris les hommes en uniforme. Et a permis de sauver ce qui pouvait encore être sauvé de Showit. « L'un d'entre eux a dit : "Est-ce qu'on devrait la violer elle aussi ?" Un autre a dit : "Non, c'est peut-être la fille d'un de nos frères". Alors, ils lui ont coupé les cheveux et ont l'ont relâchée vers moi. Et ils sont partis. Ma fille était choquée, elle me demandait ce qui s'était passé à la vue du sang sur mon corps. J'ai dit : "Je vais bien, je vais bien". Ce sont des démons. Ils n'ont aucun respect pour les femmes. Ont-ils seulement une mère ? Ils m'ont violé, car je suis Tigréenne. Ils disaient : "On ne veut pas qu'une Tigréenne puisse donner naissance à un enfant". Ils nous violent, nous détruisent et espèrent que l'on se suicidera. Parfois, je me sens chanceuse, car je suis en vie. J'ai perdu tant de proches dans cette guerre ! L'accord de paix nous permet de respirer, mais je ne crois pas qu'on pourra vivre comme avant. On ne pourra pas vivre ensemble. » Ce viol collectif a laissé des traces indélébiles. Showit est désormais séropositive. Elle a des cicatrices sur le corps et des complications obstétricales irréversibles, selon le médecin qui l'a prise en charge dans un hôpital du camp de réfugiés, où de nombreuses autres femmes ont subi le même sort.

    Réfugiés tigréens au Soudan: la question du Wolkait pourrait faire dérailler le processus de paix [4/5]

    Play Episode Listen Later Dec 14, 2022 2:24


    Depuis plus d'un mois, dans le nord de l'Éthiopie, les combats ont cessé entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'armée fédérale depuis la signature le 3 novembre dernier d'accords de paix à Pretoria, en Afrique du Sud. La semaine dernière, les rebelles ont affirmé avoir désengagé 65 % de leurs combattants des lignes de front. La trêve reste pourtant très fragile alors que les accords de paix n'ont pas réglé un problème de taille : l'avenir de la région du Wolkait. Cette province située à l'ouest du Tigré est aujourd'hui occupée par les forces spéciales et les milices Fanno venues de la région Amhara qui souhaitent annexer cette région très fertile. Le Wolkait a été le théâtre depuis deux ans d'un nettoyage ethnique, selon les rapports de Human Rights Watch et d'Amnesty International. De nombreux habitants de l'ouest du Tigré ont trouvé refuge au Soudan voisin. Pour eux, le Wolkait est une pomme de discorde qui pourrait bien faire vaciller le fragile édifice de paix. De notre envoyé spécial dans le camp d'El-Hashaba, De nombreux paysans ont été surpris par la guerre alors qu'ils travaillaient dans leurs champs. Parmi eux, certains riches investisseurs agricoles qui ont traversé la frontière soudanaise avec leurs tracteurs. Gebremariam Twalda possédait 150 hectares de sésame à Barakhet, au sud de Humera. « J'avais 25 tonnes de sésame tout juste récoltées dans mes hangars. Tout a été pillé. Mes terres sont aujourd'hui entre les mains des milices Amhara. Leur plan, c'était de nous rayer de la carte pour contrôler nos terres. Lorsque les milices Fanno ont envahi la région, les Amhara qui vivaient avec nous, nous ont dénoncé : "Lui c'est un Tigréen, lui c'est un Amhara". Ensuite, ils n'avaient plus qu'à nous tuer, sur les routes, maison par maison et jusque dans nos fermes. » Selon de nombreux témoignages, des milliers de prisonniers Tigréens ont été convoyés en bus hors de la région du Wolkait, vers le centre du Tigré. Après le nettoyage ethnique, un changement démographique est à l'œuvre, affirme Negeste Zaro. « À Rawyan, là où j'habitais, les seules personnes qui sont restées sont des gens moitié Amhara et moitié Tigréens, ou d'autres de l'ethnie du Wolkait. Tous les jeunes et les vieux Tigréens ont été emprisonnés par les occupants ou bien ont été déplacés. Les filles, elles, ont été violées ou bien forcées à se marier avec les Amhara. » Une région au cœur de revendications nationalistes Selon les accords signés à Pretoria, les forces non fédérales sont censées se retirer du territoire tigréen. Devant le Parlement, le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré que la question du Wolkait serait réglée en accord avec la Constitution de 1995, rappelle Haftom Tesfay, membre de l'administration des camps de réfugiés dirigée par le TPLF. « Selon la Constitution, le problème de Wolkait n'est pas un problème, car historiquement, la région appartient au Tigré. Mais dès les premiers mois de la guerre, ils ont installé de nombreux colons Amhara et leur ont donné des maisons. Les investisseurs Amhara et les milices ont commencé à cultiver nos terres. À l'origine, c'est une guerre économique. Une guerre pour le sésame. Les élites Amhara et les exportateurs de sésame voyaient le potentiel économique du Wolkait. Alors, en répandant des discours de haine à travers leurs médias, les élites Amhara ont transformé cette guerre économique en guerre ethnique. » Le gouvernement régional Amhara a salué la trêve signée à Pretoria, sans commenter le futur de ce territoire annexé. Le Wolkait est au cœur des revendications nationalistes des politiciens Amhara qui revendiquent un droit historique sur la région. Un référendum pourrait être organisé, mais d'après de nombreux observateurs, il est peu probable que ces milices se retirent pacifiquement de l'ouest du Tigré.

    Réfugiés tigréens au Soudan: la situation humanitaire se dégrade dans les camps [3/5]

    Play Episode Listen Later Dec 13, 2022 2:19


    Dans le nord de l'Éthiopie, les combats ont cessé entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'armée fédérale depuis la trêve signée le 3 novembre dernier à Pretoria, en Afrique du Sud. La semaine dernière, les rebelles ont affirmé avoir désengagé 65 % de leurs combattants des lignes de front. La capitale du Tigré, Mekele, a été reconnectée au réseau électrique après plus d'un an de coupures. « Des pas en avant », reconnaissent les belligérants, mais le processus de paix semble très fragile. De nombreux pans du Tigré restent largement coupés du monde et de l'aide humanitaire. Après deux ans de guerre fratricide, plus de deux millions d'Éthiopiens ont été déplacés et des centaines de milliers de personnes se retrouvent dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU. De l'autre côté de la frontière, au Soudan, la situation humanitaire est également préoccupante dans les camps de réfugiés qui abritent près de 46 000 exilés Tigréens. De notre envoyé spécial dans le camp d'Oum Rakuba, Après une saison des pluies diluvienne et des coulées de boue, le camp d'Oum Rakuba a dû affronter, au mois d'octobre, une épidémie de variole du singe. Pendant plusieurs semaines, les réfugiés ont été placés en quarantaine. La promiscuité et le manque de services de base rendent le quotidien insupportable, estime Kokhob Kiros, un étudiant de 25 ans, qui a été témoin fin novembre d'un incendie qui a ravagé une partie du camp. « Le feu est parti d'ici, on ne sait pas comment il a démarré. Ça a surpris tout le monde. Le vent l'a propagé rapidement. Une cinquantaine de maisons en paille sont parties en fumée. 135 familles ont perdu leur toit. Aujourd'hui, on a installé des tentes, mais il fait tellement chaud à l'intérieur qu'on ne peut pas y rester, alors on traîne toute la journée à l'extérieur. » Sous l'une de ces tentes blanches, des perles de sueur sur le front, Mabrihit Alamsaget est en train de préparer un repas pour ses quatre enfants. « Regardez les enfants dans quel état ils sont. Ils ne mangent pas à leur faim. Nous ne recevons pas assez d'aide : seulement du sorgho et de l'huile. Et encore, les rations ont été divisées par deux. Les enfants tombent facilement malades. L'un d'eux à des douleurs au ventre, je l'ai amené en plein milieu de la nuit à l'hôpital. Mais ils manquent de médicaments et son état ne s'améliore pas. » Une baisse de l'aide internationale depuis six mois Face à la dégradation des conditions de travail, au manque de financement et aux catastrophes à répétition, les employés de la commission soudanaise pour les réfugiés se sont mis en grève. « Les distributions ont été divisées par deux depuis six mois. L'un des hôpitaux qu'on a ici va fermer ses portes après le mois de décembre. Les réfugiés sont censés avoir des abris en dur, mais ils sont toujours sous des toits de paille qui ne les protègent pas assez de la chaleur, du froid ou de la pluie. L'attention internationale face à cette crise s'est tarie, nous ne recevons presque aucune aide, tous les yeux sont tournés vers l'Ukraine. Et tout cela pousse de nombreuses personnes à s'enfuir et à quitter les camps. Ils partent et tentent de gagner l'Europe. » Des milliers de jeunes ont déserté. Certains sur la route de la Libye, d'autres sont retournés clandestinement au Tigré pour se battre. Pour ceux qui restent, dans ce camp installé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière éthiopienne, tous se demandent si la trêve va durer et s'ils pourront rentrer chez eux.

    Réfugiés tigréens au Soudan: les exactions se poursuivent de l'autre côté de la rivière Tékézé [2/5]

    Play Episode Listen Later Dec 13, 2022 2:20


    Les exactions commises par les forces érythréennes et les milices Amhara dans le Tigré pourraient faire vaciller l'édifice de paix signé le 3 novembre à Pretoria. La région est encore aujourd'hui le théâtre d'un nettoyage ethnique, selon des témoignages recueillis de l'autre côté de la frontière, au Soudan, où près de 46 000 Tigréens se sont exilés dans des camps de réfugiés.  De notre envoyé spécial à la frontière éthiopienne, Parlant parfaitement la langue Amharique, Tirhas Gebremichael, qui tenait un restaurant à Humera, a été épargnée pendant de longs mois par les milices qui ont pris le contrôle de la ville. Jusqu'aux jours où son établissement a été réquisitionné. Elle a décidé de s'enfuir au Soudan, emportant avec elle les souvenirs de l'occupation.  « Il ne reste presque plus de Tigréens dans la région de Humera, raconte-t-elle. Certains civils ont décidé de rester, car les Amhara et l'armée fédérale assuraient que la situation était calme et qu'ils pouvaient travailler sans crainte. Mais ils ont menti. La plupart ont été emprisonnés, surtout les jeunes. Les milices les interrogeaient pour obtenir des informations. Beaucoup ont été tués. De nombreux corps ont été jetés dans la rivière Tékézé. Ils leur avaient lié les mains derrière le dos. » La semaine dernière, les rebelles ont affirmé avoir désengagé 65% de leurs combattants des lignes de front et la capitale du Tigré, Mekele, était même reconnectée au réseau électrique national après plus d'un an de coupures. Les belligérants ont reconnu « des pas en avant », mais la trêve reste très fragile en raison des nombreux pans du Tigré qui restent largement coupés du monde et de l'aide humanitaire. Les rapports des ONG de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch et Amnesty International, y dénoncent depuis deux ans de nombreuses exactions commises par l'armée érythréenne et les milices de la région éthiopienne de l'Amhara.  « Les Amhara cherchaient à briser notre identité » En août 2021, une cinquantaine de corps présentant des marques de torture ont été repêchés sur la rive soudanaise de la rivière. Haléka Aragawi l'avait franchie au cours des tout premiers jours de la guerre pour échapper aux bombardements. Puis, le fermier est retourné cultiver pendant plusieurs mois ses deux hectares de sésame dans la campagne de Humera. « Un jour, le 20 août 2021, des miliciens "fanno" m'ont arrêté à un check-point et ont demandé ma carte d'identité, retrace-t-il. Lorsqu'ils ont compris que j'étais tigréen, ils m'ont battu avec la crosse de leurs fusils. J'étais gravement blessé, je saignais du crâne. Ils m'ont amené dans un centre de détention. Un grand hangar à sésame converti en prison pour tous les Tigréens de la région. Je n'ai reçu aucun soin pendant trois mois. » Ce paysan d'une trentaine d'année est resté un an en détention. « Au début, on était près de 3 000 prisonniers. Les plus vieux ont été transférés vers le centre du Tigré. » Il dénonce tortures et déplacements forcés. « Nous, on était frappé tous les jours par les gardes, témoigne-t-il. Ils nous fouettaient sans raison avec des câbles électriques. Nous n'avions presque pas d'eau ou de nourriture. Il n'y avait que des Tigréens. Les Amhara cherchaient à briser notre identité. J'espère que la paix adviendra, mais en réalité, cet accord de papier ne correspond pas à la réalité. Les milices "fanno", les Érythréens, occupent, tuent et pillent, les territoires qu'ils occupent. » Le 17 août dernier, pendant une nuit pluvieuse, Haléka s'enfuit avec un codétenu, se hissant sur le toit grâce à une cordelette improvisée avec des vêtements. Il était prêt à mourir plutôt que de survivre dans l'enfer de la détention. ► À lire aussi : Réfugiés tigréens au Soudan : dans les camps, les accords de paix suscitent espoir et crainte [1/5]

    Réfugiés tigréens au Soudan: dans les camps, les accords de paix suscitent espoir et crainte [1/5]

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2022 2:22


    Dans le nord de l'Éthiopie, les hostilités ont cessé entre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'armée fédérale depuis la signature le 3 novembre dernier d'accords de paix à Pretoria, en Afrique du Sud. De l'autre côté de la frontière, au Soudan, où près de 46 000 Tigréens vivent dans des camps de réfugiés depuis deux ans, l'espoir suscité par ces accords est vite retombé pour faire place aux doutes. De notre envoyé spécial à la frontière éthiopienne, Un vieil homme, barbe blanche, turban sur la tête, est assis derrière une table recouverte du drapeau rouge du Tigré. Tetemqa Tsegai est un ancien leader d'un syndicat agricole. II a été désigné représentant du camp de réfugiés d'al-Hashaba. Devant une petite centaine de personnes réunies à l'ombre d'un préau de paille, il tente de faire de la pédagogie sur les accords de paix. « Nous n'avons rien à gagner de la guerre. Nous voulons la paix. Mais les réfugiés ici sont un peu confus sur les bienfaits de la trêve. Notre principale peur, disent-ils, c'est que les Érythréens et les Amahara fassent dérailler cet accord. Nous leur disons : "Nous ne rendrons pas les armes tant que ces forces occupent notre territoire". Elles représentent désormais le plus grand obstacle sur la voie de la paix. » À main levée, l'assemblée approuve à l'unanimité. Mais parmi ces dizaines de milliers d'exilés au Soudan depuis deux ans, peu semblent croire réellement à la fin du conflit. La semaine dernière, les rebelles ont affirmé avoir désengagé 65% de leurs combattants des lignes de front. Mercredi, la capitale du Tigré, Mekele, était reconnectée au réseau électrique national après plus d'un an de coupures. « Des pas en avant », reconnaissent les belligérants, mais la trêve reste très fragile. De nombreux pans du Tigré restent largement coupés du monde et de l'aide humanitaire. Autre obstacle majeur qui pourrait faire vaciller l'édifice de paix : la poursuite des exactions commises par les forces érythréennes et les milices venues de la région Amhara dans le Tigré. 90 000 déplacés, de nombreuses victimes et des kidnappings Dans un petit restaurant installé au milieu du camp, une dizaine d'hommes assis sur des chaises en plastique ont les yeux rivés sur une télévision. À l'écran, des reportages diffusés par une chaîne tigréenne montrent des civils en fuite. Haftom Tesfai, réfugié au Soudan, fulmine : « La paix a été signée il y a plus d'un mois. Mais à Golo Makhada, à l'est du Tigré, les forces érythréennes ont déplacé ces derniers jours 90 000 personnes. Ils ont tué 81 personnes et kidnappé 48. Toutes leurs propriétés sont en train d'être pillées. Les Érythréens ne veulent pas de l'accord de paix. Ils font tout pour qu'il ne soit pas appliqué sur le terrain. » Ces exilés appellent les institutions internationales et les puissances occidentales, États-Unis en tête, à garantir le processus de paix et à faire pression sur Abiy Ahmed. Mais pour Mabrahtu Weldo, un fermier originaire d'Aksoum au Tigré, il est impossible d'avoir confiance dans le Premier ministre éthiopien qui s'est allié avec l'Érythrée. « Abiy Ahmed s'est accordé avec un homme sans foi ni loi. Issayas Afewerki est un homme dangereux qui déstabilise toute la région. Si l'armée érythréenne ne se retire pas, il n'y aura pas de paix. Tous mes proches ont été tués par leurs armes dans cette guerre. Ils ont exterminé notre peuple. Qu'ils dégagent tous pour que nous trouvions la paix. » Végétant depuis deux ans dans ces camps de réfugiés, des milliers de jeunes ont déserté. Certains sur la route de la Libye, d'autres sont retournés clandestinement au Tigré ou se préparent ici au Soudan à se battre si l'accord déraille.

    Au Sénégal, la maison d'édition Saaraba revendique un «ancrage local»

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2022 2:20


    Au Sénégal, ça bouge dans le secteur de l'édition. Une nouvelle maison, Saaraba, a été lancée à Dakar. Filiale du groupe français Éditis, elle revendique un « ancrage local » et mise, dans un premier temps, sur la littérature jeunesse. Un défi à l'heure des réseaux sociaux.

    Rwanda: à Kigali, le succès de «Black Panther» fait celui d'un créateur de mode

    Play Episode Listen Later Dec 9, 2022 2:29


    Matthew Rugamba, fondateur de la marque de vêtements pour hommes House of Tayo, a vu pour la deuxième fois l'une de ses créations portée sur le tapis rouge hollywoodien à la soirée de première de Black Panther fin octobre. Une opportunité sans pareille pour promouvoir sa marque, aux reflets du secteur rwandais de la mode en pleine croissance. De notre correspondante à Kigali, Dans l'atelier installé dans une maison du quartier résidentiel de Gacuriro, le bruit des machines à coudre recouvre en partie la voix du créateur de mode Matthew Rugamba. « C'est l'étage principal de l'atelier. Nous avons plusieurs couturiers avec différents niveaux de compétences, et c'est ici que nous fabriquons tous nos produits en ce moment », indique-t-il. Plus d'un mois après son retour d'Hollywood, Matthew Rugamba continue de rêver de la soirée de première du film Black Panther : Wakanda Forever. Sur son téléphone, le créateur garde précieusement les photos de l'acteur Junior Nyong'o sur le tapis rouge, habillé d'une de ses créations, une tenue en hommage à l'acteur Chadwick Boseman, star de la franchise Marvel, décédé en 2020. « C'est une sorte de costume avec une cape sur les manches d'un blanc cassé, pour célébrer la vie de l'acteur du film Chadwick Boseman. Puis, on a rajouté des imprimés en zigzag sur le devant de la veste, aux couleurs de Black Panther, et avec des motifs imigongo, les motifs traditionnels rwandais, et nous avons structuré la veste comme une armure. L'inspiration du modèle était très diverse, mais il devait être pertinent pour l'occasion. » De deux à vingt-trois employés En 2018, le designer avait déjà habillé Junior Nyong'o pour le tapis rouge de la sortie du premier volet de Black Panther. Un événement qui a largement contribué à la croissance de la marque rwandaise. « Le premier impact que l'on a vu, c'est le nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux. Puis le but a été de les transformer en ventes. C'est aussi une question de crédibilité : quand on voit une tenue sur le tapis rouge, automatiquement, on est validé. On a eu des opportunités de voyager, d'exposer notre collection, ça a vraiment aidé la construction de l'image de marque. » Depuis son lancement en 2011, House of Tayo est passée de deux à 23 employés. Prochaine étape pour Matthew Rugamba : créer une identité forte, connue au niveau mondial, pour le secteur de la mode au Rwanda. « Si je reviens avec une ceinture qui vient d'Italie, en cuir italien, on va automatiquement présumer que c'est de la bonne qualité. C'est une sorte de défi collectif pour l'industrie de la mode au Rwanda : comment peut-on produire cette même idée reçue ? Donc il faut avoir de bons produits, mais si on va au-delà, il faut vendre cette image de la mode rwandaise, pour la faire connaître. » À Kigali, le secteur de la mode bénéficie de la politique Made in Rwanda destinée à développer les industries locales, notamment avec la levée des taxes sur la valeur ajoutée et l'importation des tissus.

    Le fonio, la «céréale sahélienne miracle»

    Play Episode Listen Later Dec 7, 2022 2:16


    La guerre en Ukraine et la pandémie de Covid ont mis en lumière la grande dépendance de l'Afrique aux importations alimentaires. Le Sénégal ne fait pas exception. Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, la moitié du blé vient de Russie et 70 % du riz est importé. Une céréale locale cultivée depuis 5 000 ans pourrait-elle offrir une solution ? Parfois considérée comme un « super aliment », le fonio est une céréale riche en nutriments et sans gluten. C'est surtout une culture robuste et écologique, nécessitant peu d'engrais et d'eau pour pousser. Mais la production nécessite d'investir dans des machines coûteuses. Elle reste donc pour l'instant très limitée, même si les acteurs de la filière se battent pour la développer. De notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois Armées de longs bâtons en bois, à l'ombre d'un arbre, Kadia et Aminata frappent des gros tas d'herbes qu'elles viennent de faucher. « Là, pour battre, il faut utiliser toutes nos forces. C'est après qu'on récupérera la céréale qu'on va manger. » Des petits grains marrons se détachent de l'herbe. C'est le fonio, la céréale considérée comme la plus ancienne d'Afrique. Très résistante, elle pousse quasiment sans effort. « On ne met aucun engrais et produits chimiques. Pour l'eau, on a juste besoin d'une pluie abondante. » Au Sénégal, elle est cultivée dans le sud-est du pays par certaines ethnies comme les Bedik et les Bassaris. « Quand nous sommes nées, on a trouvé le fonio ici, nos parents le cultivaient déjà. Mais il nous manque du matériel. » Mécaniser la production pour développer la filière Comme le mil, le fonio est recouvert d'une enveloppe et ses minuscules grains doivent être décortiqués. Une fois séchés, ils sont pilés au mortier pendant de longues heures. Les machines coûtent plus de 2 000 euros l'unité. Les décortiqueuses se comptent sur les doigts d'une main dans la région. Pour Cheikh Gueye, coordonnateur d'un réseau de producteurs, toute la chaîne doit être modernisée : « Dans la décennie 2010 à 2020, ils ont mis l'accent sur la transformation en ignorant la base de production, parce qu'une unité de transformation qui est là doit bien être approvisionnée en matière première. S'il faut booster la filière fonio, il faut commencer par mécaniser les étapes de la production, à savoir la récolte et le battage par foulage au pied ». Une grande richesse nutritionnelle À cause de ces difficultés techniques, le fonio représente moins de 1 % du total de la production céréalière au Sénégal. Pourtant, les chercheurs voient en lui un immense potentiel. « Actuellement, vous êtes dans le laboratoire de biochimie. » À l'Institut sénégalais de recherche agricole à Thiès, le Dr Codou Gueye et son équipe étudient ses qualités depuis plusieurs années. « Le fonio est une céréale très très intéressante parce qu'elle a une grande richesse nutritionnelle quand on la compare aux autres céréales comme le mil et le riz. C'est conseillé pour les diabétiques du fait de son indice glycémique faible, c'est aussi une céréale gluten free. » Elle plaide pour que l'État crée un programme spécifique d'appui aux producteurs. « Avec le contexte mondial actuel, les pays doivent se battre pour manger ce qu'ils produisent. » Penchés sur leur microscope, des étudiants vérifient la viabilité de la graine après plusieurs années. Les chercheurs travaillent aussi à diversifier les variétés pour que le fonio puisse pousser partout dans le pays.

    Somalie: à Baidoa, les cas de malnutrition en augmentation [3/3]

    Play Episode Listen Later Dec 6, 2022 2:17


    La Somalie connaît sa pire sécheresse depuis 40 ans. Selon l'ONU, elle a fait 1,2 million de déplacés et affecte presque 8 millions de personnes, soit la moitié des Somaliens. Reprise aux islamistes shebabs en 2012 par les forces gouvernementales et de l'Union africaine, Baidoa est l'épicentre de cette crise. La ville est un refuge pour des centaines de milliers de déplacés qui s'y entassent dans l'espoir de recevoir de l'aide humanitaire inaccessible dans les zones sous le joug jihadiste. Résultat : la moitié des 800 000 habitants de Baidoa sont des déplacés. Leurs besoins sont immenses. Et les cas de malnutrition sont en constante augmentation. De notre envoyée spéciale à Baidoa, Une dizaine de femmes patientent, leurs enfants chétifs dans les bras. Elles sont venues consulter pour malnutrition. Le docteur Allan Nur les reçoit. « Tout ça, ce sont de nouvelles admissions. Ces femmes sont venues pour que leurs enfants soient examinés et puissent bénéficier de notre programme. » Le docteur Allan Nur nous montre le registre des consultations : un tiers des enfants reçus souffrent de malnutrition aigüe. « On reçoit environ 50 à 60 enfants atteints de malnutrition sévère par semaine. Et depuis juillet, le nombre de cas ne fait qu'augmenter, mois après mois. » Des formes graves de malnutrition Selon l'ONG Save the Children, ces enfants, atteints de la pire forme de malnutrition, sont cinq fois plus nombreux à Baidoa qu'en janvier dernier. Beaucoup parmi eux présentent des complications : rougeoles, problèmes respiratoires ou faiblesse musculaire. Les cas les plus graves sont suivis dans l'unité des soins intensifs. Sur l'un des lits se trouve Harrawmow Isaac Ibrahim. La jeune femme est déplacée à cause de la sécheresse, elle veille sur son garçon de 2 ans. « J'étais une fermière. Je cultivais des haricots et du sorgho. Mais la sécheresse a tout détruit. On n'avait plus ni eau ni nourriture. Autrefois, je nourrissais mes enfants avec du lait de vache ou en allaitant, mais je ne pouvais plus. Et depuis que je suis déplacée, je suis aussi trop faible pour allaiter et je n'ai pas assez d'argent pour acheter du lait. » Une famine à venir dans les prochains mois En septembre, l'ONU a tiré la sonnette d'alarme et prédit une probable famine à Baidoa d'ici au mois de décembre. Pour l'heure, la mobilisation des humanitaires, même sans ressources suffisantes, semble avoir permis d'éviter le pire. Mais Adam Abdelmoula, coordinateur humanitaire des Nations unies dans le pays, prévient : le risque n'est pas écarté. « On estime désormais que les seuils de famine pourraient être franchis plutôt entre les mois de mars et de juin prochains, mais seulement si on arrive à maintenir le niveau actuel de réponse humanitaire. Et c'est une condition qui n'est pas évidente à remplir, car cela signifie qu'il nous faut trouver les moyens financiers pour cela. » En 2011, rappelle le coordinateur, la majorité des 250 000 Somaliens morts de faim sont décédés avant que la famine ne soit officiellement déclarée.

    Somalie: «On était obligé de s'enfuir», à Baidoa, l'afflux de réfugiés en quête d'aide [2/3]

    Play Episode Listen Later Dec 5, 2022 2:18


    La Somalie connaît sa pire sécheresse depuis 40 ans. Selon l'ONU, elle a fait 1,2 million de déplacés et affecte presque 8 millions de personnes : soit la moitié des Somaliens. Reprise aux islamistes shebabs en 2012 par les forces gouvernementales et de l'Union africaine, Baidoa est l'épicentre de cette crise. La ville est un refuge pour des centaines de milliers de déplacés, qui s'y entassent dans l'espoir de recevoir de l'aide humanitaire inaccessible dans les zones sous le joug jihadiste. De notre envoyée spéciale à Baidoa, « Regardez, ça, c'est du carton. Toutes de sortes de matériel récupérées ici et là, mais ça ne suffit pas à nous protéger. ». Safi Ishab Ibrahim nous montre avec dépit la petite hutte de fortune où elle s'abrite depuis 1 mois avec sa fille et 3 trois petits enfants.  « Voilà, c'est ça ma maison. C'est là que je dors. Les voisins m'ont aidé à la bricoler », indique-t-elle. « Mais je n'ai pas de lit, rien. On survit comme ça. Et nous manquons de nourriture. » Safi a fui la sécheresse, la faim. Dans son village à 50 km de Baidoa, le manque de pluie a eu raison de tout : récoltes, bétails et puits. « On a déjà connu des sécheresses, mais celle-ci, c'est la pire. Il n'y avait absolument plus rien dans le village. On était obligés de s'enfuir. » ► À lire aussi : Somalie: les populations entre sécheresse et jihadistes Devant elle, une gamelle à moitié vide, l'unique repas de la journée. « C'est de la bouillie de sorgho. J'ai préparé ça grâce à ce que m'a donné la communauté. On n'a même pas ça tous les jours. » La ville de Baidoa encerclée par les déplacés Baidoa compte près de 500 sites de déplacés, ils encerclent littéralement la ville. Les derniers arrivés s'entassent où ils peuvent. Hafsa est venue ici en 2017 lors d'une précédente sécheresse. Elle peinait déjà à s'en sortir, d'autant qu'en octobre dernier, elle a dû accueillir sa sœur et ses enfants.  « Ses enfants plus les miens, ça fait maintenant 14 enfants. Six pour moi, huit pour elle. C'est une pression supplémentaire, la nourriture coûte cher. Mon mari fait des petits travaux journaliers sur le marché. C'est vraiment difficile de trouver l'argent pour acheter à manger. » Une crise qui est loin d'être terminée À son arrivée, Hafsa avait bénéficié de l'aide de l'ONG Acted. Mais les ressources manquent pour faire face à ces cycles de sécheresse répétés, la troisième en 10 ans. Les humanitaires parent au plus pressé. Hassan Ali directeur de projet adjoint chez Acted. « Ici aussi, on a des pénuries en eau. Dans les villages, tout est à sec, alors les gens recherchent de l'aide et c'est pour ça qu'ils se déplacent à Baidoa. Dans les sites de déplacés, on fait venir de l'eau par camions, et rallonge des pipelines. Mais ce ne sont pas des solutions durables, nous ne pouvons pas faire venir de l'eau par camion-citerne indéfiniment, car cela coûte de l'argent. Il faut des financements. La situation est vraiment imprévisible ici et on fait face au jour le jour. »  Car la crise est loin d'être terminée. En octobre, il a plu un peu à Baidoa, mais pas assez. Et les prévisions sont mauvaises : les météorologues s'attendent à ce que la prochaine saison des pluies, prévue en mars, soit également ratée.

    Somalie: les populations entre sécheresse et jihadistes [1/3]

    Play Episode Listen Later Dec 4, 2022 2:26


    La Somalie connaît sa pire sécheresse depuis 40 ans. Selon l'ONU, 8 millions de personnes y ont besoin d'une aide alimentaire, dont plus de 250 000 vivent dans des conditions « proches de la famine ». Pour les Somaliens des zones rurales administrées par les islamistes shebabs, la peine est double : déjà durement frappés par la sécheresse, ils continuent de subir des taxations forcées instaurées par le groupe terroriste. De notre envoyée spéciale à Baidoa, On retrouve Abdulaye à l'abri des regards, à Baidoa où il s'est réfugié. Abdoulaye n'est pas son vrai prénom, mieux vaut rester discret ici pour évoquer les pratiques des islamistes shebabs. Il a 76 ans, et le visage buriné par une vie de labeur à Gurban, son village. Il y vivait jusqu'en juin dernier. « Al-Shabab est source de souffrance pour les populations. Non seulement ils nous harcèlent, mais en plus ils nous taxent. Ils ponctionnent nos revenus, tuent nos têtes de bétail. Ils nous réduisent en esclavage. »  Asphyxié par les taxes prélevées par les shebabs À Gurban, Abdulaye vivait de son bétail et de la culture du sorgho. À cause de la sécheresse, ses revenus n'ont fait que diminuer. Mais pas les taxes prélevées par les shebabs. Elles ont fini par l'asphyxier. Il fallait payer jour et nuit. Même si ton champ est vide, qu'il n'est plus cultivé, on te force à payer. Mais au bout d'un moment je n'avais plus rien pour payer. J'ai dû commencer à vendre mon bétail. J'avais 20 vaches et 20 chèvres. Et j'ai tout perdu. Certaines sont mortes de soif, d'autres ont été vendues pour payer les shebabs. Quand la dernière bête est morte, j'ai décidé de partir. C'était devenu insupportable. Aliman Hassan supervise pour la communauté le site de déplacés où vit désormais Abdulaye. Il n'est pas étonné. « Ils n'ont aucune pitié, pour personne… Il n'y a pas de pitié dans ces endroits. Vous devez payer ce qu'on vous demande sous peine d'être punis. » Blocus imposé par les islamistes D'autant que Gurban est situé dans une zone âprement disputée près de Dinsor, une ville autrefois sous contrôle shebabs mais récupérée en 2015 par le gouvernement. Depuis, en représailles, les islamistes y imposent un blocus. Ils contrôlent tous les accès à Dinsor par la route et empêchent de s'y rendre les habitants des villages alentour toujours sous leur contrôle des zones qu'ils administrent, y compris lorsqu'ils sont affamés. Hassan Ali, est chef de projet adjoint au sein de l'ONG Acted. « Ce blocus imposé aux populations rend cette sécheresse encore plus dure à supporter. L'an dernier, des habitants de ces zones rurales s'étaient organisés pour acheminer de la nourriture de Dinsor jusque chez eux dans des charrettes tirées par des ânes. Mais les shebabs ont tué les ânes et ont brûlé la marchandise. Même si tu as de quoi payer, parfois dans ces zones, tu ne peux rien acheter. C'est très inquiétant. » D'autant plus inquiétant que dans les villages sous contrôle shebabs, pratiquement aucune agence humanitaire n'est autorisée à intervenir.

    Congo-B: en zone forestière, les populations s'adonnent à l'élevage pour sauvegarder la faune

    Play Episode Listen Later Dec 3, 2022 2:18


    Dans la périphérie du parc de Nouabalé Ndoki, à 900 km au nord de la capitale Brazzaville, la question de la préservation de la faune sauvage est un enjeu majeur du développement durable. Afin de préserver cette faune, les habitants se tournent vers l'élevage des moutons, des chèvres et des poulets. Solution alternative pour préserver la biodiversité. De notre envoyé spécial à Kabo, À Kabo, sur la rive gauche de la grande rivière Sangha, la pluie de la veille a laissé des traces. Au bout de la piste de l'aérodrome qui traverse la forêt, nous marchons dans la boue avant d'atteindre le bureau, construit sur pilotis, de Germain Mavah. Il est coordonnateur du Programme de gestion durable de la faune sauvage. « C'est une initiative préventive, parce que les études ont montré qu'il y a encore une présence de la faune dans l'Unité forestière d'aménagement (UFA) de Kabo. Pour éviter son épuisement à cause de la chasse abusive, nous travaillons avec les communautés locales pour qu'elles soient au centre de la gestion du projet. C'est essentiel pour leur sécurité alimentaire », explique M. Mavah. Aider les communautés à diversifier leurs sources de protéines Lutter contre le braconnage, assurer l'équilibre entre la protection de la nature et l'alimentation des riverains : voilà autant de défis à relever dans le cadre de ce projet financé par l'Union européenne. Sur le terrain, les acteurs du gouvernement, de la filiale congolaise du géant singapourien Olam Agri et de l'ONG américaine Wildlife conservation society (WCS) aident les communautés à diversifier leurs sources de protéines. Elles se tournent de plus en plus vers l'élevage. Christelle Bouana Ntondélé élève les moutons. « L'idée m'est venue par rapport au mode de vie ici : il n'y a pas une boucherie où l'on peut acheter de la viande de mouton. Il n'y a que la viande de brousse qu'on achète auprès des Pygmées. Voilà pourquoi j'ai voulu avoir une bergerie. Les moutons ! J'ai acheté au départ un mâle et trois femelles auprès d'un éleveur à Pokola [une cité en aval de Kabo, NDLR] », argumente-t-elle. Limiter la chasse abusive Aujourd'hui, elle compte une quarantaine de têtes. À côté, elle élève également de la volaille et pratique le maraîchage. « Le maraîchage, pourquoi ! Parce que ici, les gens consomment plus le gnetum africanum [un légume qui pousse exclusivement en forêt, NDLR] qui n'a pas assez de vitamines. Or, les légumes [plantés] ont plus de vitamines », justifie Christelle. Vieux chasseur connu dans la localité de Kabo, Jean-Louis Paulo salue toutes les initiatives contribuant à limiter une chasse abusive. Il estime que le gibier se raréfie en forêt. « J'étais encore très jeune quand je pratiquais la chasse de subsistance. Je rentrais juste à côté. Si je rentrais (en forêt) avec six cartouches, je revenais facilement avec six gibiers, avant une heure de temps. Aujourd'hui, c'est difficile de trouver des animaux près du village. On a trop chassé », démontre-t-il. Dans la vaste région forestière de la Sangha, Kabo avec ses 1 500 habitants, n'est pas la seule zone à bénéficier des activités alternatives à la chasse. La cité urbaine de Pokola et le village de Bomassa sont également concernés.

    Congo-Brazzaville: à Bomassa, une barrière électrique tient les éléphants loin des plantations

    Play Episode Listen Later Dec 2, 2022 2:14


    Dans cette région les populations riveraines du parc doivent composer avec la présence des éléphants. Les attaques des pachydermes détruisent régulièrement les cultures et menacent les paysans. Pour les protéger, la direction du parc a donc installé une clôture électrique autour des champs, il y a trois ans, et cela fonctionne.   Le site de la base vie du parc de Nouabalé Ndoki à Bomassa, dans la région de la Sangha est à plus de 900 kilomètres au nord de la capitale. Le jour se lève à peine, direction la route d'Elanga, là où se trouve le champ protégé par une clôture électrifiée. Après quelques minutes de marche à travers un petit sentier, plusieurs paysans se trouvent dans cette plantation de quatre hectares. Sous les cris des calaos qui déchirent le silence de la forêt, Jocelyne Kouala, une cultivatrice de 35 ans, tire du sol d'immenses tubercules de manioc. « Dans notre village on ne pouvait rien récolter. Les éléphants ravageaient tous nos jardins potagers. Mais là le projet de la barrière électrique nous a sauvés. On arrive maintenant à produite de quoi manger avec les enfants », raconte-t-elle. Au total 59 familles disposent chacune d'une parcelle à cultiver. La barrière est autonome. Elle produit sa propre énergie grâce à un panneau solaire relié à des batteries. Les caméras installées autour de la plantation montrent que pendant presque trois ans entre 2019 et 2022, 208 éléphants qui ont tenté de pénétrer dans le champ ont été repoussés soit par une charge électrique ou les barbillons qui dominent la barrière. Une cohabitation réussie  C'est en toute quiétude que Thérèse Moukoumbi, la cinquantaine, vient récolter feuilles de manioc, canne à sucre ou encore de la banane. « C'est grâce au courant que nous avons vaincu les pachydermes. Sans lui courant, on n'aurait jamais rien pu faire. Aujourd'hui, les éléphants ne dévastent plus rien. Nous récoltons, mangeons et vendons notre manioc en toute tranquillité », témoigne-t-elle. La protection électrique a été installée par la direction du Parc de Nouabalé Ndoki dirigé par l'ONG américaine WCS, Wildlife conservation society. Cisquet Kiebou-Opépa est responsable de la coexistence homme-faune du parc : « Le but poursuivi dans le cadre de ce programme est d'assurer une coexistence paisible entre la faune et les riverains, tout en assurant la sécurité alimentaire de ces derniers », affirme-t-il. Par le passé, les techniques des essaims d'abeilles ou des tirs de sommation pour éloigner les pachydermes des plantations ont presque toutes échouées : « Certains parlent aujourd'hui d'une solution miracle pour Bomassa, avec le champ électrique », dit M. Kiebou-Opépa. Nouabalé Ndoki est le deuxième parc du Congo avec plus de 4 000 kilomètres carrés. Le projet Elanga est expérimental, mais la direction du parc et les riverains souhaitent désormais le développer. ► À lire aussi : Congo-Brazzaville: des micro-projets pour limiter la chasse dans le parc de Nouabalé Ndoki

    Maroc: en attendant la légalisation, le quotidien précaire des petits producteurs de kif [2/2]

    Play Episode Listen Later Dec 1, 2022 2:21


    Le Maroc s'apprête à produire et commercialiser du cannabis thérapeutique. Le plus gros pays producteur de chanvre au monde selon l'ONU a choisi d'autoriser en juin 2021, la culture et la transformation du chanvre à des fins médicales cosmétiques et industrielles dans certaines parties du royaume. À Chefchaouen, les petits producteurs vivent depuis des décennies dans l'illégalité. ► À écouter aussi : Maroc: la légalisation du cannabis inquiète les petits producteurs [1/2]

    Maroc: la légalisation du cannabis inquiète les petits producteurs [1/2]

    Play Episode Listen Later Nov 30, 2022 2:15


    Le Maroc s'apprête à produire et commercialiser du cannabis thérapeutique, un tournant dans l'histoire du plus gros pays producteur au monde, selon l'ONU. Depuis juin 2021, la culture et la transformation du chanvre à des fins médicales, cosmétiques et industrielles sont légalisées dans certaines parties du Royaume. C'est le cas dans la province de Chefchaouen, dans le Rif, au nord du pays, où la nouvelle loi sur la légalisation n'est pas encore arrivée à l'oreille des petits producteurs. C'est le premier épisode de notre reportage dans les montagnes rifaines, une région historique de production de cannabis. La deuxième partie sera consacrée à la vie des petits cultivateurs de cannabis de Chefchaouen. ► À lire aussi: • Le Maroc pourrait légaliser l'usage thérapeutique du cannabis • Le Maroc condamne le trafiquant de drogue Sofiane Hambli à 20 ans de prison

    Tchad: après les inondations à Ndjaména, les sinistrés impatients de rentrer chez eux [3/3]

    Play Episode Listen Later Nov 29, 2022 2:08


    Les inondations dans la capitale tchadienne à partir de fin septembre ont obligé près de 150 000 personnes à quitter leurs maisons. Ces dernières semaines, les eaux ont commencé à se retirer, mais selon les experts, il est encore trop tôt pour que les sinistrés rentrent chez eux.  De notre correspondant à Ndjaména, Assis devant sa tente au milieu de ses enfants et petits-enfants, Philippe, 60 ans, rabote sur un morceau de bois. Dans le camp de Toukra où il a été relogé suite aux inondations qui l'ont obligé à partir de chez de lui, il ne supporte pas la promiscuité et dit n'attendre que le retrait des eaux pour repartir chez lui, bien que sa concession soit située en zone inondable.  Coumakoye, lui aussi, sait qu'il habite en zone inondable, mais il n'a pas vraiment le choix. « Il faudrait que Dieu nous trouve une solution, parce qu'à notre niveau, nous ne sommes que des êtres humains. Comment on va faire ? », se demande-t-il.  ► À lire aussi : Inondations au Tchad : des conditions de vie difficiles pour les sinistrés « Désormais, le problème, ce n'est plus de combattre l'eau, mais apprendre à vivre avec » Obligés de dormir dans des conditions inconfortables, parfois séparés de leurs familles, la plupart des sinistrés n'attendent que le retrait des eaux pour rentrer chez eux. Mais c'est risqué, le gouvernement ne devrait pas les laisser faire, prévient l'architecte Merlin Totinon. « Pendant deux mois, une crue a envahi toute la zone, explique-t-il. Toutes les ordures qui étaient dans les rues, les latrines sèches qui ont aussi été inondées, ont dû rejeter toutes les matières fécales dans cette eau-là, qui a certainement envahi toutes les cours et toutes les maisons. Donc, même si l'eau se retirait, il y aura une situation sanitaire qu'il faudra d'abord traiter. » Ensuite, il faudra revoir les conditions pour construire à Ndjaména, surtout dans le 9e arrondissement qui est entre deux fleuves, conseille l'expert. « Avec le changement climatique, les crues vont être permanentes, avertit l'architecte. Pour le moment, on dit que c'est cyclique et que ce n'est pas grave. Mais ces crues reviennent tous les deux ans ! Quand un citoyen prend ses économies pour aller construire quelque part, il espère que ce soit un logement durable, il ne veut pas évacuer tous les deux ans et revenir ensuite. Je crois que désormais, le problème, ce n'est pas de combattre l'eau, mais apprendre à vivre avec. » Les ordres des architectes et des ingénieurs doivent être associés à la réflexion, pour mieux faire face à la situation.  ► À lire aussi :Tchad: la difficile scolarisation des enfants victimes des inondations

    Tchad: la difficile scolarisation des enfants victimes des inondations [2/3]

    Play Episode Listen Later Nov 28, 2022 2:13


    Au Tchad, comment continuer à scolariser les enfants victimes des graves inondations de ces dernières semaines ? Rien que dans la capitale, près de 150 000 personnes ont été obligées de quitter leurs domiciles. Installés dans des camps de fortune, ces sinistrés manquent d'infrastructures sanitaires et scolaires. Mais dans les camps, on s'organise pour que les enfants continuent à aller à l'école. De notre correspondant à Ndjamena, C'est l'heure des classes dans cette école de fortune située en face du camp des sinistrés de Toukra. Dans une grande cour prêtée par un particulier, une dizaine de salles de classes ont été construites. Des enseignants recrutés grâce à l'Unicef et l'ONG Technidev tiennent les classes. Neuzerka Patience est le directeur de l'école : « Malgré les petites difficultés, on évolue bien avec les enfants, le niveau de compréhension est mieux, et les enfants eux-mêmes sont vraiment courageux. Malgré leur nombre, les enseignants se sont donnés à fond pour travailler avec ces enfants et tout se passe bien. » La plus grande partie des enseignants sont eux-mêmes des sinistrés, confirme Neuzerka Patience. C'est le cas de Djerassem Samuel qui a enseigne une classe de CP avec plus de 150 élèves : « Je suis venu ici à Toukra parce que ma maison est en plein dans l'eau. J'ai vu que les enfants sont sans éducation, beaucoup d'écoles sont encore dans l'eau. C'est pour cela que nous avons commencé », dit l'enseignant. ► À lire aussi : Inondations au Tchad: des conditions de vie difficiles pour les sinistrés Aller au-delà de l'ouverture de classe Sur presque tous les sites de sinistrés, de telles initiatives ont vu le jour. Pour le coordonnateur Sakal, Brahim Ousmane ouvrir les classes ne suffit pas : « Il faut vraiment des cantines scolaires et des manuels scolaires. Ils n'ont rien, ils sont venus avec rien. Là où ils sont, ils n'arrivent même pas à manger deux fois par jour », déplore Brahim Ousmane. Sur le site de Toukra, un groupe des jeunes volontaires aide les enseignants débordés à tenir les classes. Armbaye Providence fait partie des U report, les volontaires : « Nous encourageons les parents de leur permettre de venir à l'école chaque matin. Nous aidons aussi les enseignants à bien cadrer les enfants. Je transporte de l'eau pour remplir la jarre pour que les enfants puissent avoir de l'eau potable pour boire », explique la volontaire. Malgré les conditions difficiles, les élèves de cette école n'hésitent pas à entonner « Pour moi, la vie est facile, disait la petite hirondelle... »

    Inondations au Tchad: des conditions de vie difficiles pour les sinistrés

    Play Episode Listen Later Nov 27, 2022 2:08


    Au Tchad, une partie de la capitale Ndjamena est sous les eaux depuis le mois de septembre. Face à la montée spectaculaire des eaux, de nombreux habitants ont été contraints de quitter leur domicile en abandonnant leurs biens. Pour les plus démunis qui n'ont pas pu louer ailleurs, des camps de fortune ont été dressés sur 15 sites à travers la capitale. Malgré les efforts du gouvernement et des organisations humanitaires, les conditions de vie dans les camps sont difficiles. De notre correspondant à Ndjamena, « On avait fait une digue, mais on a été dépassé. L'eau a débordé de l'autre côté, ça s'est enforcé. On a été dépassé et on a pris la fuite », raconte un habitant de Ndjamena du 9e arrondissement. Comme lui, ils sont près de 150 000 à avoir été obligés de partir à la hâte pour ne pas se noyer. C'est donc dans un grand dénuement que la plupart se sont retrouvés sous des bâches, dressées à la va-vite pour les plus chanceux, sinon sous des abris sommaires en pagnes et brindilles. À Toukra, un des 15 sites aménagés par le gouvernement pour environ 18 000 sinistrés, les plaintes fusent à la vue du micro : « J'ai [cherché] deux jours avant de pouvoir trouver le riz. Pour le reste, je n'ai pas trouvé », dit un rescapé. « C'est dur. Surtout pour nous les handicapés. Il fait froid et même pour la nourriture, nous n'avons été servis qu'une seule fois. Là, ils inscrivent les gens pour recevoir des sceaux, mais le temps que j'arrive, ils sont partis », déplore une sinistrée. ► À lire aussi : Tchad: après les inondations, les associations craignent des cas de paludisme et choléra « On essaie de privilégier les ménages les plus vulnérables » Sous la tente qui lui sert de bureau, Mme Mah Aminata reçoit les acteurs humanitaires et enregistre les doléances. Mais elle explique que l'urgence ne permet pas de répondre à tous en même temps : « On ne distribue que ce qu'on reçoit. On ne peut pas distribuer ce qu'on n'a pas reçu », prévient Mah Aminata. « Si les couvertures arrivent en quantité insuffisante, on essaie de privilégier les ménages les plus vulnérables, c'est-à-dire les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les personnes âgées puis les personnes handicapées. Ce sont ceux-là qui sont le plus privilégiés par rapport aux autres personnes. » La communauté des humanitaires qui peine à mobiliser les financements fait aussi face à d'autres défis. « Il y a certains produits qui sont difficiles à acheter sur le marché, en l'occurrence les moustiquaires », explique Dr Ahmed Aïda, chef des urgences à Unicef Tchad. « Ce sont des produits que l'on doit importer comme les médicaments. Cela prend beaucoup de temps et il faut se préparer en avance pour acquérir ces produits », ajoute-t-il. Chaque jour, les sites se transforment au fur et à mesure que les appuis arrivent en attendant que les eaux ne se retirent.

    Soudan du Sud: la réalisatrice Akuol de Mabior présente son film «No simple way home»

    Play Episode Listen Later Nov 26, 2022 2:00


    Après avoir fait le tour du monde et des festivals de cinéma avec son film documentaire No simple way home, la réalisatrice sud-soudanaise Akuol de Mabior est finalement venue le présenter à Juba, vendredi 25 novembre. Dans son film, la cinéaste explore son expérience, ses questionnements et ses difficultés à rentrer au pays après avoir vécu principalement à l'étranger. Le film est aussi un portrait de sa mère, Rebecca Nyandeng, devenue veuve en 2005, est aujourd'hui l'une des vice-présidentes du pays. C'est elle qui a inauguré la projection.  De notre correspondante à Juba, Les premiers spectateurs arrivent. On fait les derniers réglages. Akuol de Mabior se réjouit de montrer son travail au public de Juba, même si elle a déjà eu l'occasion de le montrer aux Sud-Soudanais de la diaspora. « Nous avons une forte identité sud-soudanaise, même si certains d'entre nous ne sont pas nés ou n'ont pas grandi ici. Les Sud-Soudanais de la diaspora se posent les mêmes questions que celles que je pose dans le film, ils peuvent ainsi voir comment ça se passe au Soudan du Sud pour ceux qui veulent rentrer au pays. » La vice-présidente Rebecca Nyandeng, qui est au centre du documentaire, s'est souvenue du jour où elle a perdu son mari, John Garang : « C'était comme si le soleil avait disparu. Tout est devenu sombre. Mais ce que je n'ai pas perdu de vue, c'est d'œuvrer pour que le Soudan du Sud soit libre. » ► À lire aussi :  Akuol de Mabior raconte son Soudan du Sud, une histoire familiale très politique Expérience partagée Beaucoup de Sud-Soudanais vivant à Juba partagent cette expérience du retour, Rachel Abuk, une militante pour les droits des femmes, s'est reconnue dans les questionnements du film : « J'ai personnellement grandi au Kenya et revenir au pays a été un énorme choc culturel, avec toute la souffrance qu'il y a ici. Mais ce que l'on essaie de faire, c'est de rendre le pays meilleur. On ne peut pas rester là à pleurer. On essaie de changer les choses à notre niveau. » Mary Kadi, spécialiste en communication, a, elle aussi, été conquise : « Le film parle de l'économie, des catastrophes naturelles que nous traversons, de la lutte des gens pour gagner leur vie, de la vision que nous avions et que nous essayons d'atteindre. Je suis contente, car cela prépare le terrain pour beaucoup de réalisateurs sud-soudanais qui veulent faire des projets similaires. » Encouragés par cette première projection sud-soudanaise, Akuol de Mabior et son équipe prévoient de faire circuler le film dans le reste du pays.

    Dans l'extrême nord de Madagascar, d'anciens charbonniers devenus protecteurs de la forêt

    Play Episode Listen Later Nov 25, 2022 2:15


    Dans l'aire protégée de la Montagne des Français, à Diego Suarez, le Service d'appui à la gestion de l'environnement mise sur l'alliance de la conservation de la biodiversité et l'implication des communautés locales pour relever le défi de la protection et de la restauration de la forêt sèche. Un travail de longue haleine et de patience alors que 900 hectares ont été détruits entre 2006 et 2014. De notre envoyée spéciale à Diego Suarez, Des baobabs de quelques dizaines de centimètres s'alignent sur les plates-bandes de la pépinière de Mananjarasoa, située en plein cœur de la forêt. « Ceux que vous voyez là ont presque un an. Il ne faut pas les arroser beaucoup parce que leurs troncs sont déjà gorgés d'eau », indique Mananjarasoa. Sur les rocailles calcaires de la Montagne des Français ou Ambohitr'Antsingy, ces baobabs majestueux à l'écorce rougeâtre peinent à se régénérer naturellement. « Lorsque les fruits tombent, ils tombent sur les rocailles et donc c'est difficile d'avoir des graines qui poussent en terre », explique Marigneva Ninia Zafy, agent de terrain au sein du Service d'appui à la gestion de l'environnement. « La plupart des gens n'utilisent pas le tronc des gros baobabs, mais lorsqu'ils sont encore petits, ils utilisent l'écorce pour les fours à charbon. Le baobab fait partie des espèces caduques. Il perd ses feuilles pendant la saison sèche, donc certains le confondent avec d'autres arbres et le coupent », poursuit-elle. 10 000 plants produits par an Ancien charbonnier, habitant du hameau d'Ambodimanary, Mananjarasoa produit chaque année quelque 10 000 plants d'espèces d'arbres autochtones avec le soutien de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar. J'ai fait de la prison à cause de mes activités de charbonnier. Je fais ce travail de pépiniériste pour rattraper mes erreurs et pour les jeunes générations. Avant, à cette période, il n'y avait plus d'eau, mais à partir du moment où on a restauré, l'intérieur de la forêt a commencé à se régénérer comme vous voyez là. Il y a des habitants qui en ont pris conscience, comme moi et d'autres non. Une activité qu'il exerce depuis près de 8 ans avec son épouse, Zafitiana, qui possède, elle aussi, sa pépinière. « Ce qui me motive à faire ce travail, c'est de voir la montagne se régénérer, de voir les animaux revenir, les lémuriens, les oiseaux parce qu'il y a de l'eau à nouveau », observe-t-elle. Patrouilles et suivi de restauration Ce sont 125 hectares de forêt qui ont été restaurés par les habitants des alentours. Après chaque plantation, un suivi trimestriel est effectué. Les plantules qui n'ont pas survécu sont remplacées et la communauté est chargée d'effectuer les arrosages 5 jours sur 7 de juillet à décembre. Landry, lui aussi ancien charbonnier, fait partie des patrouilleurs. « Être charbonnier n'était pas notre volonté, mais on n'avait pas le choix pour vivre, puis la terre est devenue très sèche », explique Landry. « Je me suis rendu compte que c'était à cause du charbonnage. Maintenant, je gagne ma vie en patrouillant et je suis aussi guide. Si on trouve quelqu'un en train de couper les arbres, on l'arrête. On l'amène jusqu'au village et on appelle le gestionnaire. » Dans le respect du « dina » Une application du « dina », un ensemble de réglementations coutumières homologuées par le tribunal de première instance, explique Ny Anjatahiana Raharosoa, coordonnateur régional du Service d'appui à la gestion de l'environnement, gestionnaire de l'aire protégée de la Montagne des Français Les patrouilles ici ne sont pas seulement limitées au constat et à l'alerte. Ils ont la bénédiction de la gestion de faire ce qu'on appelle une arrestation communautaire, tant qu'ils ne sont pas soumis à des pressions de danger de mort. S'ils sont en infériorité numérique ou si les acteurs illicites sont armés, ils peuvent juste sensibiliser ou faire un constat. Donc, quand il y a des infractions, ce sont ces « dina » qui régissent les peines et les régularisations à faire. Mais ça n'empêche pas la direction régionale de l'environnement à travers les officiers de la police judiciaire de prendre ses responsabilités. Tout passe par les communautés. Ce sont eux les premiers responsables et ce sont eux qui bénéficient des premiers avantages de l'aire protégée. Une aire protégée qui permet, notamment, de satisfaire les besoins en eau de plus de 1 000 habitants des environs.

    Au Bénin, un centre d'accueil pour les femmes victimes de violences

    Play Episode Listen Later Nov 24, 2022 2:26


    Le Bénin a adopté récemment des lois renforçant la protection des femmes, mais selon la dernière étude qui date de 2009, 69% disent avoir subi au moins une fois des violences, physiques, psychologiques ou économiques, quand le mari ne donne rien pour la famille. Un centre propose une prise en charge spécifique avec un accueil et de la formation. Situé à 1h de route de Cotonou, il a été créé par une association franco-béninoise, « Ya Tchegbo », (« ma souffrance est terminée »). Fonctionnel depuis un an et demi, il a déjà accueilli 40 bénéficiaires.

    Procès du 28-Septembre: «Toumba», un accusé devenu star en Guinée

    Play Episode Listen Later Nov 23, 2022 2:16


    C'est un procès unique en son genre qui s'est ouvert le 28 septembre dernier en Guinée. Pour la première fois dans l'histoire du pays, un ancien président et de hauts responsables de l'État sont jugés pour leur rôle présumé dans un massacre. Les caméras de télévision sont admises dans le tribunal et, en quelques semaines, les Guinéens se sont mis à vivre au rythme des audiences.  De notre correspondant à Conakry, Ce procès est multidiffusé. À la radiotélévision nationale, sur les chaînes privées, il est littéralement partout dans les médias en Guinée. Jusque dans des musiques à la gloire de l'accusé Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ». Le 28 septembre 2009, lorsque les forces de sécurité ont réprimé dans le sang un meeting de l'opposition, qu'au moins 150 personnes ont été tuées et une centaine de femmes violées, il était l'aide de camp du chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Au procès du massacre du stade de Conakry, il y a eu un avant et un après « Toumba ». « Quand le procès a démarré, personne n'était vraiment intéressé, rapporte Albert N'Téla, jeune homme de 28 ans. Mais lorsque "Toumba" est venu à la barre, il a réussi à attirer l'attention de tous. Car la quasi-totalité des gens pense que ce que dit "Toumba", c'est la vérité. » À la barre, « Toumba » déballe tout : celui qui a ordonné le massacre, c'est Moussa Dadis Camara, affirme-t-il. « Moi, je dirai la vérité à la satisfaction de la cour, à la satisfaction des victimes », promet Toumba. Devant le tribunal, il raconte en détail le coup d'État de Dadis. Une histoire que les Guinéens n'avaient jamais entendue. Le procès, « c'est comme une série » Dans ce coin télé en plein air où est assis Albert, il y a beaucoup de jeunes. D'habitude, ils viennent ici pour regarder les matches. « Actuellement, le procès a remplacé les matches », précise Albert N'Téla. « Toumba » est devenu une star. Dans cette chanson sont réunies ses répliques les plus célèbres. Des saillies prononcées devant le tribunal, qui font rire aux éclats les Guinéens. Des blagues en décalage avec la gravité de l'affaire. Jibril Kalissa, 23 ans, est assis devant la télé : « C'est comme une série pour moi parce que quand je ne regarde pas, je me renseigne sur ce qui s'est passé… pour être à jour. » Alors que chaque Guinéen pense savoir qui est coupable, deux camps irréconciliables s'opposent : les pro-Toumba et les supporters de Dadis. La justice va-t-elle résister aux pressions ? « Je vais respecter la décision finale, affirme Jibril Kalissa. C'est le rôle du juge, c'est sa fonction, sa profession et il est fait pour ça… » ► À lire aussi : Procès du 28-Septembre 2009 en Guinée: Claude Pivi nie en bloc toute implication

    Inondations au Nigeria: les autorités critiquées pour leur attentisme [3/3]

    Play Episode Listen Later Nov 22, 2022 2:23


    Au Nigeria, des inondations historiques ont fait au moins 600 morts et près de deux millions de déplacés à travers le pays. Le Nigeria avait aussi fait face par le passé à d'autres épisodes similaires, notamment en 2012. Beaucoup d'observateurs reprochent donc aux autorités de ne pas s'être préparées et d'être intervenues trop peu et trop tard. De notre correspondante à Lagos,  Les populations du delta du Niger sont habituées aux crues saisonnières, qui nourrissent leurs terres et permettent aux poissons de se multiplier. Mais les inondations de cette année ont détruit leurs cultures et mis en péril les activités autour du fleuve. À Yenagoa, la capitale de l'État de Bayelsa, Alagoa Morris, de l'ONG Environmental Rights Action, estime que la mauvaise gouvernance a aggravé les effets du réchauffement climatique. « Cette inondation a été causée en bonne partie par l'ouverture du barrage de Lagdo, au Cameroun. Oui, le réchauffement climatique a joué un rôle, mais ce lâcher d'eau a aggravé la situation. Lorsque cette retenue a été construite au début des années 80, il y a eu un accord avec le Nigeria, qui devait ériger son propre barrage de l'autre côté de la frontière. Le barrage de Dasin Hausa devait réguler la montée des eaux en cas d'ouverture des vannes du côté camerounais. Sauf que ce projet a été abandonné juste avant que le chantier ne soit terminé ! » Le ministre nigérian des Ressources hydriques a démenti et expliqué que les fortes pluies étaient la cause principale des inondations. Jim Dorgu, le président de la Mac-Jim Foundation, reproche quand même au gouvernement de n'avoir tiré aucune leçon des inondations de 2012 qui avait fait près de 2 millions de déplacés au Nigeria.  « C'était une situation très similaire, mais il n'y a aucune données disponibles ! Combien sont morts ? Combien ont été touchés ? Rien ! En 2012, il y a déjà eu des morts lorsque des pirogues ont fait naufrage. Pourtant, aucune mesure n'a été prise, aucune préparation, comme la distribution de gilets de sauvetage par exemple, dénonce-t-il. On aurait pu construire des bâtiments sur pilotis pour accueillir les déplacés. Au lieu de quoi on les met dans les écoles primaires. Mais qui nous dit que celles-ci ne seront pas aussi submergées la prochaine fois ? Il faut éduquer les gens avant que ça se reproduise ! » Alors que les Nations unies viennent de débloquer 10 millions et demi de dollars pour venir en aide aux sinistrés, Success Jimmy Ebi, une chercheuse qui travaille aussi pour la Mac-Jim Foundation, met en garde contre les détournements et la corruption. « C'est bien de débloquer des fonds pour les victimes, mais il faut qu'il y ait un suivi pour que celles-ci en bénéficient vraiment, estime-t-elle. Il y a toujours des gens qui essaient d'accumuler du matériel d'urgence, pour essayer de le revendre plus cher après la crise. » Des voix se sont élevées au sein même de l'Assemblée Nationale pour dénoncer le détournement systématique de l'argent alloué au fond écologique d'urgence, mis en place dès 1981 pour faire face aux événements climatiques extrêmes au Nigeria. ► À écouter aussi :  Inondations au Nigeria: les agriculteurs durement touchés [2/3] Inondations au Nigeria: les sinistrés restent livrés à eux-mêmes

    Inondations au Nigeria: les agriculteurs durement touchés [2/3]

    Play Episode Listen Later Nov 21, 2022 2:20


    Au Nigeria, des inondations historiques ont fait au moins 600 morts et près de deux millions de déplacés à travers le pays. Les communautés établies le long du fleuve Niger et de ses affluents ont presque tout perdu et notamment leur moyen de subsistance, leurs cultures vivrières, ravagées par les eaux juste avant la récolte.  De notre correspondante à Lagos,  Quelques sacs remplis de racines de manioc, c'est tout ce que les agricultrices ont pu sauver, autour de la rivière qui traverse la ville d'Otuoke. Les femmes se sont installées au bord de la route pour essayer de vendre cette maigre récolte. « Regardez-moi, je n'ai même plus de vêtements à me mettre sur le dos. Voyez mon matelas, nous dormons sur la route ! Nous avons tout perdu, toutes nos réserves nourriture. Nous nageons pour récolter notre manioc, on entre dans l'eau avec nos sacs, on le récolte sous l'eau puis on nage péniblement pour revenir ici ! », explique l'une d'entre elles. À quelques kilomètres de là, sur la ferme de Chief Inetimi Oru, les dégâts se chiffrent en milliers d'euros. Le vieil homme a perdu cinq hectares de plantains et deux hectares de manioc. Lui et sa femme ont passé plusieurs jours à essayer de sauver leurs 7 500 poules et poulets de la noyade, mais une mystérieuse maladie les a finalement emportés, en plein pic de l'inondation. « Mon voisin m'a informé qu'ils commençaient à perdre ses volailles. Et quand ça a commencé ici aussi, je me suis dit "Oh ! Les problèmes arrivent !" Les professionnels parlent d'une grippe aviaire, mais je n'y crois pas. J'ai l'impression que ce qui a pu tuer ces poulets, ce sont plutôt les moustiques. Et puis il était impossible de trouver de la nourriture pour eux dans la région, puisque les routes étaient complètement coupées, donc on faisait ce qu'on pouvait pour les nourrir. Ensuite, notre puits est complètement submergé par l'eau. Donc c'est très difficile d'avoir de l'eau qui ne soit pas toxique. Mais je n'avais pas le choix, c'est celle-là que j'ai donné à boire à mes poulets », raconte-t-il. Cette catastrophe a évidemment fait bondir les prix de la nourriture dans la région et pourrait mettre encore plus de Nigérians dans une situation d'insécurité alimentaire. Matthias Schmale, le coordinateur des affaires humanitaires au Nigeria, était en visite dans la région de Bayelsa : « Nous, les Nations unies, nous estimons qu'il y avait plus de 19 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire au Nigeria, avant même ces inondations. Je pense qu'il est trop tôt pour spéculer sur les chiffres qu'on aura après cette catastrophe qui a détruit de nombreuses fermes... Mais les cultures qui étaient sur le point d'être récoltés sont effectivement détruites, donc c'est sûr qu'il y aura des gens qui auront faim dans les deux prochains mois à cause de ça. » Les inondations ont détruit plus de 500 000 hectares de cultures à travers tout le Nigeria. ► À lire aussi : Inondations au Nigeria: les sinistrés restent livrés à eux-mêmes

    Inondations au Nigeria: les sinistrés restent livrés à eux-mêmes

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2022 2:14


    Au Nigeria, des inondations ont fait au moins 600 morts et près de deux millions de déplacés à travers le pays. Plusieurs semaines après le pic de la crise, l'eau n'est toujours pas complètement redescendue, et de nombreux déplacés sont totalement livrés à eux-mêmes, malgré le risque sanitaire. Dans l'État de Bayelsa, dans le delta du Niger, les rivières sont entièrement sorties de leur lit et ont tout envahi. De notre correspondante dans la région,  Les déplacés ont trouvé refuge où ils ont pu – sur une route restée sèche, ou bien sur les gradins en plastique qui entourent le square Dame Patience Jonathan, à Otuoke. Lorsqu'elle veut quitter cet abri pour rejoindre la route, Stella monte à bord d'une pirogue en bois pour ne pas se mouiller les pieds : « On était en train de dormir quand l'eau a envahi notre maison, raconte-t-elle. Nous avons dû nous enfuir en pleine nuit et grimper jusqu'ici. Il y a beaucoup de moustiques qui nous piquent et nous empêchent de nous reposer. Nous n'avons ni gaz, ni kérosène, et on doit utiliser l'eau de l'inondation, même pour boire ! Il n'y a pas d'eau fraiche. » ► À lire aussi : Inondations au Nigeria : dans le delta du Niger, le désarroi des victimes encore sous l'eau En plus du risque de paludisme, les inondations ont provoqué une recrudescence du choléra, qui a tué au moins 465 personnes et affecté 18 000 autres depuis le mois de janvier au Nigeria, selon l'ONU. La maison de Zoé Christian est encore complètement submergée, elle vit pour l'instant dans un immeuble voisin : « Nous n'avons reçu aucune aide. On utilise l'eau qui a envahi notre cour pour nous laver, faire la vaisselle. L'eau est montée si vite... on n'a rien pu sauver. » Les autorités de l'État de Bayelsa ont ouvert un camp au centre de la capitale régionale de Yenagoa, mais la plupart des sinistrés ont dû se débrouiller par leurs propres moyens. « Quelqu'un nous a conseillé de construire une plateforme en bois à l'intérieur de notre maison, pour protéger nos affaires, explique James, un professeur à l'université d'Otuoke. Mais au bout de deux jours, tout s'est effondré et toutes nos affaires sont tombées dans l'eau. Mes livres, nos vêtements, notre nourriture... Moi, ma femme et mes enfants avons dû partir dormir ailleurs, mais l'eau est arrivée là-bas aussi. Nous nous sommes encore déplacés, mais là aussi ça a été inondé ! Nous en sommes au troisième endroit. » ► À lire aussi : Inondations au Nigeria : les autorités conspuées pour leur manque de préparation Dans cette région pétrolifère, l'inondation a répandu un peu partout le pétrole brut échappé des oléoducs endommagés. James espère trouver une nouvelle location pour sa famille, dans une zone moins exposée. Mais pour ses voisins, la question ne se pose même pas : « Beaucoup de gens calculent par rapport aux grandes inondations de 2012 et ils se disent que ça n'arrivera pas avant au moins dix ans. Mais moi, j'essaie de leur dire que c'est une conséquence du changement climatique, et donc que ça peut arriver de nouveau dès l'année prochaine ! » Près de deux millions de personnes ont été déplacées par les inondations au Nigeria, dont au moins 840 000 enfants selon l'Unicef. ► À lire aussi : Inondations au Nigeria : « Plus fréquentes et plus sévères avec le réchauffement climatique »

    Tunisie: dans les coulisses de l'Institut français de Tunis [3/3]

    Play Episode Listen Later Nov 19, 2022 2:15


    Alors que le Sommet de la Francophonie se tient actuellement sur l'île tunisienne de Djerba, nous vous emmenons à la découverte de l'Institut français de Tunis, une oasis de culture française en plein centre de la capitale. Alors que Tunis déborde de vie, l'Institut français a des airs de havre de paix. Débats, lectures, cours de langue, films... Avec une centaine d'événements par an, les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas. Visite guidée avec Lionel Briand, son directeur.  ► À lire aussi :  Tunisie: le français, passion et arme politique pour Habib Bourguiba, père de l'indépendance [1/3] Tunisie: le numérique pour rendre l'apprentissage du français plus attrayant auprès des jeunes [2/3]    

    Tunisie: le numérique pour rendre l'apprentissage du français plus attrayant auprès des jeunes [2/3]

    Play Episode Listen Later Nov 18, 2022 2:15


    Malgré la tenue du Sommet de la Francophonie en Tunisie, force est de constater que la langue française est en perte de vitesse dans ce pays. Les jeunes, notamment, le parlent de moins en moins. Pour tenter d'inverser la tendance, l'Ambassade de France à Tunis soutient des initiatives qui misent sur les nouvelles technologies, pour rendre l'apprentissage de la langue plus attrayant.

    Tunisie: le français, passion et arme politique pour Habib Bourguiba, père de l'indépendance [1/3]

    Play Episode Listen Later Nov 17, 2022 2:18


    Habib Bourguiba, père de l'indépendance tunisienne, a été - avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor - l'un des instigateurs du concept de francophonie et voyait dans le français à la fois un objet passionnel, mais aussi une arme politique. Alors que le sommet de la Francophonie se tient ce week-end en Tunisie, l'ombre de Bourguiba planera assurément sur l'évènement.

    Afrique du Sud: Durban tente de mieux se préparer aux futures inondations

    Play Episode Listen Later Nov 16, 2022 2:19


    Parmi les victimes des dérèglements climatiques, la région de Durban, située sur la façade est de l'Afrique du Sud, régulièrement frappée par les inondations. Celles d'avril dernier ont été particulièrement meurtrières, avec plus de 440 personnes décédées. En prévision de futures catastrophes, la municipalité et l'une des universités de la ville veulent s'inspirer d'un travail mené avec un quartier informel pour essayer de préparer au mieux les populations. De notre envoyée spéciale à Durban, Le bidonville de Quarry Road s'est développé sur les berges d'une rivière au nord de la ville. Déjà touchée par les inondations de 2019, la zone a vu de nouvelles maisons en tôle être emportées par celles de cette année. Nomandla, 35 ans, est encore très émue lorsqu'elle contemple le trou où se trouvait sa construction : « Ça, c'était le passage de ma maison, là où vous voyez les tuyaux arrachés, là-bas », indique-t-elle. « C'était vraiment un jour horrible. On a juste pu prendre nos documents avant de fuir. Et au matin, tout était parti. » ► À lire aussi : Afrique du Sud: après les inondations, Durban évalue les dégâts Cependant, les inondations d'avril n'ont pas fait de victimes directes dans le bidonville. Alors que l'université du KwaZulu-Natal étudie depuis une dizaine d'années les relations de cette communauté avec la rivière, un système d'alerte a vu le jour, grâce à des données fournies par la municipalité.  Et des résidents qui travaillent avec les chercheurs, comme Zandile, ont pu avertir leurs voisins : « Surtout les gens qui habitent sous ce pont, on leur a dit qu'il fallait qu'ils aillent dans un endroit sûr. S'il n'y avait pas eu ce système, beaucoup plus de personnes seraient allées se coucher chez elles et seraient mortes dans leurs maisons. Plus on a de connaissances autour des inondations, plus on peut faire preuve de prudence. » Des inondations qui vont se répéter à l'avenir Le service météorologique national avait pourtant lui aussi sonné l'alarme, mais si un travail en amont n'a pas été fait auprès des populations vulnérables, elles ne sauront pas comment réagir. Pour Cathy Sutherland, de l'université du KwaZulu-Natal, c'est cet échange avec les communautés qui doit faire partie de la solution pour l'avenir : « On a déjà observé, auparavant, à Durban, par exemple lors des émeutes, comment dans de nombreux quartiers les communautés se sont organisées et ont protégé la ville. Mais on ne se repose pas suffisamment sur ça, car on ne construit pas de partenariats entre ces initiatives communautaires et les autorités locales. » Selon le World Weather Attribution, des événements comme celui d'avril dernier sont amenés à être plus fréquents et plus intenses dans la région, à cause du dérèglement climatique. Se pose donc aussi la question du déménagement des habitants des zones à risque. Mais pour Nomandla, c'est un point difficile à résoudre : « Ce n'est pas évident de quitter ce quartier informel, parce que c'est tout ce qu'on peut se permettre. C'est près du centre, près des écoles, et le prix des transports pour aller en ville est abordable. » La municipalité et l'université souhaitent désormais étendre ce travail d'alerte et de sensibilisation des habitants à d'autres zones à risque.

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