Podcasts about absolument

  • 367PODCASTS
  • 595EPISODES
  • 18mAVG DURATION
  • 5WEEKLY NEW EPISODES
  • Jan 4, 2023LATEST

POPULARITY

20152016201720182019202020212022

Categories



Best podcasts about absolument

Latest podcast episodes about absolument

Le Boost! de l'Estrie
Cette Sherbrookoise se fait voler sa chaudière de litière dehors... vous devez ABSOLUMENT regarder cette nouvelle série sur Netflix et c'est le grand retour de Marc Denis en 2023 !

Le Boost! de l'Estrie

Play Episode Listen Later Jan 4, 2023 32:05


Ecorama
Ces 3 risques que les marchés devront absolument surveiller en 2023...

Ecorama

Play Episode Listen Later Jan 4, 2023 10:39


Après une année noire pour les marchés actions et obligations, quels sont les risques à surveiller cette année ? L'analyse de Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier. Ecorama du 4 janvier 2022, présenté par David Jacquot sur Boursorama.com

Invité Afrique
Renaud Van Ruymbeke: l'argent qui circule dans les paradis fiscaux «a atteint un niveau très élaboré»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 3, 2023 4:50


Les politiques de lutte contre le blanchiment d'argent largement vantées lors des sommets ont-elles permis de faire reculer le phénomène ? Rien n'est moins sûr, selon l'ancien juge Renaud Van Ruymbeke qui a été pendant deux décennies l'un des magistrats du pôle financier du tribunal de Paris. Dans un livre intitulé Offshore qu'il vient de publier, Renaud Van Ruymbeke décrit comment les techniques de fraude se sont affinées et comment les circuits de circulation de l'argent se reconfigurent sans cesse, au profit de multinationales, de chefs d'État ou de dirigeants mafieux. Il est notre invité. On a le sentiment à vous lire que les circuits de détournement d'argent sont en ce début de XXIe siècle toujours plus actifs et de plus en plus élaborés ? Renaud van Ruymbeke : Oui. Et très prospères, c'est-à-dire qu'il y a énormément d'argent qui circule effectivement dans les paradis fiscaux. Ça atteint un niveau de sophistication très élaboré. Il y a des législations anti-blanchiment, des échanges d'informations, etc., qui auraient normalement dû freiner le mouvement, mais qui malheureusement n'ont rien empêché du tout. C'est-à-dire que les techniques sont devenues sophistiquées, elles se sont adaptées aux nouvelles mesures et c'est toujours aussi compliqué d'identifier cet argent sale. On parle quand même de plus de 8 000 milliards de dollars. Ce système fonctionne grâce à un ensemble d'acteurs que vous nous décrivez dans votre ouvrage, les sociétés fiduciaires suisses ou luxembourgeoises, les cabinets panaméens spécialisés dans la vente de sociétés écrans. Les banques elles-mêmes qui ferment les yeux d'une manière qui apparaît assez hypocrite face à des circuits de transferts suspects. Il y a finalement un secteur assez florissant en matière de prise en charge et de dissimulation de l'argent sale actuellement dans le monde ? Oui. Justement parce que cela devient de plus en plus compliqué. Donc, il faut des gens de plus en plus pointus en quelque sorte. Il y a des cabinets spécialisés qui font gagner énormément d'argent à ceux qui pratiquent l'évasion fiscale, la fraude fiscale, à ceux qui cachent leur argent parce qu'ils ont peur de se retrouver un jour en prison parce que ce sont des trafiquants de drogue ou des grands corrompus. Il y a un certain nombre de dictateurs sur cette planète et leurs proches... Ils assurent l'impunité. On a des pays aussi qui laissent les professionnels de l'argent sale travailler parce qu'ils y trouvent leur intérêt… Absolument. Les paradis fiscaux vivent pour partie de cet argent, c'est une manne. Vous prenez Bahamas, vous prenez les îles Caïman. Aux Bahamas, il y a du tourisme, mais il y a aussi des banques qui vivent de tout ce système offshore. En Suisse, au Luxembourg, vous avez des cabinets spécialisés. Alors ils ne gèrent pas que de l'argent sale, bien entendu, ils ont une compétence financière. Mais dans la masse d'argent qu'ils gèrent, il y a aussi l'argent sale et malheureusement, ils n'ont pas fait le ménage ou ils ne l'ont fait qu'à moitié. Vous dénoncez notamment dans votre ouvrage l'incapacité de la justice britannique à recouvrer des fonds qui avaient été détournés, et détournés par l'ancien chef d'État nigérian, Sani Abacha… Absolument. Dans les plaintes de son successeur, il a été fait état de milliards de dollars qui avaient pris pour une part le chemin de la Suisse, la Suisse a fait son travail et l'argent récupéré. Par contre, à Londres, on a tout laissé filer. Et comment expliquez-vous ce peu d'empressement de la Grande-Bretagne ? Parce que la Grande-Bretagne a toujours eu une tradition de protection du secret bancaire. N'oubliez pas qu'en Grande-Bretagne, vous avez la City au cœur de Londres, que c'est une part importante du PIB britannique. Et donc, la fortune de la City, au début, elle est construite là-dessus, sur le secret bancaire. Comme toutes les places financières, il y a une législation qui n'est pas du tout adaptée et il n'y a pas de juge, de procureur anticorruption digne de ce nom en Grande-Bretagne. Dans votre ouvrage, vous nous parlez d'un autre type de comportement étatique qui pose question, celui des gouvernements de certains États victimes. De la fin des années 1990 à la fin des années 2000 par exemple, l'attitude des gouvernements du Congo-Kinshasa a fortement limité les rapatriements de capitaux pillés par le régime Mobutu… Oui. Des sommes importantes ont été saisies. Et il faut aussi qu'ils obtiennent la coopération de l'État d'origine pour établir que l'argent vient de la corruption ou il vient de détournements de fonds publics. Or, dans l'exemple que vous citez, la Suisse n'a pas eu le concours du Congo. Plus d'argent aurait pu revenir au Congo si l'État congolais s'était plus mobilisé dans ce dossier des restitutions des biens pillés par la famille Mobutu ? Bien sûr. C'est ce que disent les autorités judiciaires suisses. Dans cette reconfiguration des flux financiers illicites mondiaux, vous expliquez que Dubaï est devenu l'épicentre de l'argent sale, parce que Dubaï est pratique : non seulement on peut y mettre des fonds à l'abri, mais aussi on peut soi-même en vivant à Dubaï essayer d'échapper à la justice. Et vous citez notamment dans votre livre l'exemple des frères Gupta, des acteurs essentiels des circuits de corruption dans le système Zuma en Afrique du Sud… Oui. C'est vrai qu'à Dubaï, votre argent m'intéresse. Je ne vous poserai pas de questions sur l'origine des fonds et si vous avez un mandat d'arrêt, on ne l'exécutera pas. Cela a été constaté. C'est véritablement un pays qui ne coopère pas et qui présente toutes les caractéristiques d'un paradis fiscal. S'il fallait identifier une ou deux urgences pour que la lutte contre ces flux illicites de capitaux puisse avancer, que retiendriez-vous ? Tant qu'on n'aura pas une démarche internationale et une volonté politique forte, on n'y arrivera pas. Donc il faut que ces volontés se manifestent. Pourquoi les États ne réagissent-ils pas ? Ils devraient réagir, prendre des initiatives, justement pour mettre au pas les pays comme les îles Caïman, Gibraltar, Chypre, Malte. Ce n'est quand même pas si compliqué que cela. ► Offshore. Dans les coulisses édifiantes des paradis fiscaux, aux éditions Les liens qui libèrent, Paris, 2022.

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Mustafa Rawji (Rawbank): «devenir des champions de la finance en Afrique»

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Dec 30, 2022 48:30


Pour cette ultime émission de l'année 2022, Eco d'ici, Eco d'ailleurs revient sur quelques grandes thématiques de cette année économique plus que mouvementée, et donne la parole à certains de nos invités les plus marquants comme l'économiste américain Jeremy Rifkin ou le financier ivoirien Stanislas Zeze, patron de Bloomfield Investment Corporation. Avant cela, et dans la première partie de l'émission, nous ouvrons notre micro à l'un des acteurs majeurs de l'industrie bancaire en Afrique. Mustafa Rawji est le directeur général de Rawbank, première banque privée de RDC créée en 2002 et dont le siège social se situe à Kinshasa. Ce descendant d'une famille indienne installée depuis plus d'un siècle en Afrique détaille sa vision de la finance sur le continent, des services à offrir à ses clients et aux entreprises malgré les difficultés inhérentes à la République démocratique du Congo. RFI : Quelles sont les perspectives de développement pour votre banque qui progresse dans le classement des champions de la finance africaine publiées par le magazine Jeune Afrique ?  Mustafa Rawji : Les perspectives de développement sont très positives actuellement et sur plusieurs secteurs d'activité en RDC. Nous sommes la plus grande banque du pays avec 30% de parts de marché et nous sommes extrêmement optimistes sur ce que l'avenir va apporter.  Même si la concurrence avec Equity par exemple est féroce.  La concurrence existe et je pense que nous ne vivons pas dans un monde utopique où il n'y aura aucune concurrence. Je salue même l'arrivée de différents concurrents sur notre marché parce que je crois très fermement que plus il y a de concurrence, plus le marché lui-même s'élargit. Nous sommes dans un pays avec une culture financière assez faible. Plus des banquiers existent, plus la culture financière s'intègre, plus ces opportunités se créent.  Quand les banques occidentales pensent plutôt à quitter le continent africain, y voyez-vous une opportunité pour construire des champions de de la finance africaine ?  Absolument, nous pensons que c'est une excellente opportunité, une place ouverte pour améliorer, innover et plus ou moins remplacer les services financiers qu'ils étaient habitués à offrir en RDC. Je pense que nous, parmi d'autres banques, avons cette opportunité de devenir des champions d'Afrique sur le plan financier.  Est-ce un enjeu de souveraineté pour les Africains ?  Enjeu de souveraineté, non. Une souveraineté économique si vous voulez. Mais je pense que les banques africaines agissent plus ou moins sur le même principe que les banques occidentales. Le métier de banquier ne change pas selon qui est le propriétaire d'une banque. Nous suivons les mêmes règles, la même philosophie. Mais l'avantage que nous avons, c'est que nous pouvons mieux nous adapter aux cultures et aux exigences locales. Nous sommes plus proches des consommateurs par rapport aux banques européennes ou américaines.  Quelles sont vos activités les plus rentables ? Les services financiers pour les particuliers, pour les entreprises, vos autres activités dans le domaine de l'énergie par exemple ?   À l'origine, nous sommes une banque qui sert plutôt les grandes entreprises. 20 ans plus tard, nous voyons que les axes de rentabilité ont vraiment changé. Aujourd'hui, la moitié de notre activité est axée sur les grandes entreprises et l'autre moitié vise à soutenir les PME et les consommateurs, les clients retail ou les particuliers. Plus la classe moyenne se développe dans notre marché en RDC, plus nous devons offrir des services innovants.  Il y a quand même une difficulté. Elargir les services financiers, c'est plus compliqué dans un pays où le taux de bancarisation est très faible, de même que le taux de pénétration d'internet.  Je dirais que la digitalisation est une opportunité. L'accès aux infrastructures digitales peuvent représenter un certain défi mais comme vous le constaterez dans des pays où l'infrastructure rurale n'est pas très bien développée, les antennes de télécoms arrivent plus facilement à desservir un rayon d'un village ou d'une petite ville. Le taux de pénétration aux services mobiles est beaucoup plus fort que ce que les agences bancaires peuvent atteindre. Donc toute la question aujourd'hui est : comment créer des partenariats avec les opérateurs télécoms ?  Vous le faites ?  Oui tout à fait. Nous sommes en pleine discussion avec les opérateurs. Parce que l'inclusion financière est un sujet qui intéresse les opérateurs télécoms, les banques, et je dirais même l'État. Donc chacun mobilise ses énergies et met sur la table sa force pour créer une complémentarité pour mieux atteindre ceux qui auront besoin d'un service financier.  Il y a une étude récente du cabinet Target qui dit que la majorité des agences bancaires sont situées dans les quartiers résidentiels à Kinshasa plutôt que dans les quartiers populaires sans parler des campagnes ou des zones rurales.  Pour une banque, déployer une agence bancaire a un certain coût. Il faut considérer non seulement les loyers, et quand les infrastructures ne fonctionnent pas totalement bien, il faut des groupes électrogènes, il faut des moyens logistiques, il y a des mesures de sécurité à prendre. Donc je pense que la solution sera de développer un réseau d'agences mais qui n'est pas totalement géré par des banques. L'idée, c'est de créer un partenariat avec des petits commerces qui existent dans tous les quartiers populaires et de créer un réseau qui offre les services les plus basiques. Avoir un compte, y verser de l'argent ou faire un petit retrait, une transaction assez basique sur un terminal de paiement. Le consommateur va y gagner parce que nous constatons que les agences bancaires en RDC sont inondées de clients. Il faut absolument disperser cette base de clientèle pour améliorer la qualité de service. Les banques ne seront pas capables de construire 1.000, 2.000, 5.000 agences telles que ça existe peut-être en Inde ou en Chine ou dans d'autres pays. Le digital, c'est le seul levier pour mettre en valeur et capturer ou offrir un service correct à notre clientèle.  Pour chercher de nouveaux clients, il faut aussi aller chercher du côté des femmes. Vous avez parlé des services aux entreprises, c'est aussi l'entrepreneuriat féminin qu'il faut encourager. Qu'est-ce que vous faites pour elles ?  L'entrepreneuriat féminin est au cœur de la stratégie PME de la Rawbank. Depuis 10 ans, nous avons un programme qui s'appelle Ladies First. Nous avons soutenu, via des formations ou des financements, autour de 2500 femmes entrepreneures qui aujourd'hui ont développé leurs activités. En tant que banquier, c'est le genre de choses qui vous donne le plus de joie. De voir quelqu'un qui commence avec une activité assez réduite en taille et 10 ans après, qui a une vraie entreprise. Le développement des PME est un axe critique pour notre banque. Nous avons dans nos objectifs stratégiques pour 2025 le financement de 20.000 PME en RDC. Et donc nous sommes en train de déployer une infrastructure assez massive en interne. Des formations assez accentuées, une campagne de recrutement pour arriver à ce résultat en décembre 2025.   Votre banque a aussi des liens très forts avec la Chine et a mis en place pour les transferts d'argent un service spécialisé. Pourquoi se lancer avec la Chine en particulier ?  Vous savez, le Congo est un melting-pot commercial, avec des personnes qui viennent de partout dans le monde. Le secteur minier est actuellement dominé par les producteurs venus de Chine et qui produisent le cuivre et du cobalt. Nous avons donc des citoyens chinois qui viennent travailler en RDC et qui, à la fin peut-être, deviendront même des résidents. Le produit Visa et Mastercard, c'est un produit monétique mondial. L'équivalent en Chine s'appelle Union Pay. Nous sommes la première banque en Afrique à le proposer sous la marque China Express  L'une des grandes nouveautés de cette fin d'année 2022, c'est l'interconnexion des marchés financiers africains. La possibilité d'investir plus facilement dans d'autres pays de la région ou du continent. On devrait pouvoir offrir ce service à nos clients. Le gouvernement congolais est en train de réfléchir à la création d'une bourse de valeur en RDC. Ce serait une première. Si on arrive à le faire, ça serait une magnifique avancée dans notre environnement. Des entreprises pourraient lever des fonds, offrir des actions dans d'autres pays périphériques en Afrique qui pourraient être intéressés par une participation dans un société en RDC. 

Éco d'ici éco d'ailleurs
Mustafa Rawji (Rawbank): «devenir des champions de la finance en Afrique»

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Dec 30, 2022 48:30


Pour cette ultime émission de l'année 2022, Eco d'ici, Eco d'ailleurs revient sur quelques grandes thématiques de cette année économique plus que mouvementée, et donne la parole à certains de nos invités les plus marquants comme l'économiste américain Jeremy Rifkin ou le financier ivoirien Stanislas Zeze, patron de Bloomfield Investment Corporation. Avant cela, et dans la première partie de l'émission, nous ouvrons notre micro à l'un des acteurs majeurs de l'industrie bancaire en Afrique. Mustafa Rawji est le directeur général de Rawbank, première banque privée de RDC créée en 2002 et dont le siège social se situe à Kinshasa. Ce descendant d'une famille indienne installée depuis plus d'un siècle en Afrique détaille sa vision de la finance sur le continent, des services à offrir à ses clients et aux entreprises malgré les difficultés inhérentes à la République démocratique du Congo. RFI : Quelles sont les perspectives de développement pour votre banque qui progresse dans le classement des champions de la finance africaine publiées par le magazine Jeune Afrique ?  Mustafa Rawji : Les perspectives de développement sont très positives actuellement et sur plusieurs secteurs d'activité en RDC. Nous sommes la plus grande banque du pays avec 30% de parts de marché et nous sommes extrêmement optimistes sur ce que l'avenir va apporter.  Même si la concurrence avec Equity par exemple est féroce.  La concurrence existe et je pense que nous ne vivons pas dans un monde utopique où il n'y aura aucune concurrence. Je salue même l'arrivée de différents concurrents sur notre marché parce que je crois très fermement que plus il y a de concurrence, plus le marché lui-même s'élargit. Nous sommes dans un pays avec une culture financière assez faible. Plus des banquiers existent, plus la culture financière s'intègre, plus ces opportunités se créent.  Quand les banques occidentales pensent plutôt à quitter le continent africain, y voyez-vous une opportunité pour construire des champions de de la finance africaine ?  Absolument, nous pensons que c'est une excellente opportunité, une place ouverte pour améliorer, innover et plus ou moins remplacer les services financiers qu'ils étaient habitués à offrir en RDC. Je pense que nous, parmi d'autres banques, avons cette opportunité de devenir des champions d'Afrique sur le plan financier.  Est-ce un enjeu de souveraineté pour les Africains ?  Enjeu de souveraineté, non. Une souveraineté économique si vous voulez. Mais je pense que les banques africaines agissent plus ou moins sur le même principe que les banques occidentales. Le métier de banquier ne change pas selon qui est le propriétaire d'une banque. Nous suivons les mêmes règles, la même philosophie. Mais l'avantage que nous avons, c'est que nous pouvons mieux nous adapter aux cultures et aux exigences locales. Nous sommes plus proches des consommateurs par rapport aux banques européennes ou américaines.  Quelles sont vos activités les plus rentables ? Les services financiers pour les particuliers, pour les entreprises, vos autres activités dans le domaine de l'énergie par exemple ?   À l'origine, nous sommes une banque qui sert plutôt les grandes entreprises. 20 ans plus tard, nous voyons que les axes de rentabilité ont vraiment changé. Aujourd'hui, la moitié de notre activité est axée sur les grandes entreprises et l'autre moitié vise à soutenir les PME et les consommateurs, les clients retail ou les particuliers. Plus la classe moyenne se développe dans notre marché en RDC, plus nous devons offrir des services innovants.  Il y a quand même une difficulté. Elargir les services financiers, c'est plus compliqué dans un pays où le taux de bancarisation est très faible, de même que le taux de pénétration d'internet.  Je dirais que la digitalisation est une opportunité. L'accès aux infrastructures digitales peuvent représenter un certain défi mais comme vous le constaterez dans des pays où l'infrastructure rurale n'est pas très bien développée, les antennes de télécoms arrivent plus facilement à desservir un rayon d'un village ou d'une petite ville. Le taux de pénétration aux services mobiles est beaucoup plus fort que ce que les agences bancaires peuvent atteindre. Donc toute la question aujourd'hui est : comment créer des partenariats avec les opérateurs télécoms ?  Vous le faites ?  Oui tout à fait. Nous sommes en pleine discussion avec les opérateurs. Parce que l'inclusion financière est un sujet qui intéresse les opérateurs télécoms, les banques, et je dirais même l'État. Donc chacun mobilise ses énergies et met sur la table sa force pour créer une complémentarité pour mieux atteindre ceux qui auront besoin d'un service financier.  Il y a une étude récente du cabinet Target qui dit que la majorité des agences bancaires sont situées dans les quartiers résidentiels à Kinshasa plutôt que dans les quartiers populaires sans parler des campagnes ou des zones rurales.  Pour une banque, déployer une agence bancaire a un certain coût. Il faut considérer non seulement les loyers, et quand les infrastructures ne fonctionnent pas totalement bien, il faut des groupes électrogènes, il faut des moyens logistiques, il y a des mesures de sécurité à prendre. Donc je pense que la solution sera de développer un réseau d'agences mais qui n'est pas totalement géré par des banques. L'idée, c'est de créer un partenariat avec des petits commerces qui existent dans tous les quartiers populaires et de créer un réseau qui offre les services les plus basiques. Avoir un compte, y verser de l'argent ou faire un petit retrait, une transaction assez basique sur un terminal de paiement. Le consommateur va y gagner parce que nous constatons que les agences bancaires en RDC sont inondées de clients. Il faut absolument disperser cette base de clientèle pour améliorer la qualité de service. Les banques ne seront pas capables de construire 1.000, 2.000, 5.000 agences telles que ça existe peut-être en Inde ou en Chine ou dans d'autres pays. Le digital, c'est le seul levier pour mettre en valeur et capturer ou offrir un service correct à notre clientèle.  Pour chercher de nouveaux clients, il faut aussi aller chercher du côté des femmes. Vous avez parlé des services aux entreprises, c'est aussi l'entrepreneuriat féminin qu'il faut encourager. Qu'est-ce que vous faites pour elles ?  L'entrepreneuriat féminin est au cœur de la stratégie PME de la Rawbank. Depuis 10 ans, nous avons un programme qui s'appelle Ladies First. Nous avons soutenu, via des formations ou des financements, autour de 2500 femmes entrepreneures qui aujourd'hui ont développé leurs activités. En tant que banquier, c'est le genre de choses qui vous donne le plus de joie. De voir quelqu'un qui commence avec une activité assez réduite en taille et 10 ans après, qui a une vraie entreprise. Le développement des PME est un axe critique pour notre banque. Nous avons dans nos objectifs stratégiques pour 2025 le financement de 20.000 PME en RDC. Et donc nous sommes en train de déployer une infrastructure assez massive en interne. Des formations assez accentuées, une campagne de recrutement pour arriver à ce résultat en décembre 2025.   Votre banque a aussi des liens très forts avec la Chine et a mis en place pour les transferts d'argent un service spécialisé. Pourquoi se lancer avec la Chine en particulier ?  Vous savez, le Congo est un melting-pot commercial, avec des personnes qui viennent de partout dans le monde. Le secteur minier est actuellement dominé par les producteurs venus de Chine et qui produisent le cuivre et du cobalt. Nous avons donc des citoyens chinois qui viennent travailler en RDC et qui, à la fin peut-être, deviendront même des résidents. Le produit Visa et Mastercard, c'est un produit monétique mondial. L'équivalent en Chine s'appelle Union Pay. Nous sommes la première banque en Afrique à le proposer sous la marque China Express  L'une des grandes nouveautés de cette fin d'année 2022, c'est l'interconnexion des marchés financiers africains. La possibilité d'investir plus facilement dans d'autres pays de la région ou du continent. On devrait pouvoir offrir ce service à nos clients. Le gouvernement congolais est en train de réfléchir à la création d'une bourse de valeur en RDC. Ce serait une première. Si on arrive à le faire, ça serait une magnifique avancée dans notre environnement. Des entreprises pourraient lever des fonds, offrir des actions dans d'autres pays périphériques en Afrique qui pourraient être intéressés par une participation dans un société en RDC. 

Noémie de Saint-Sernin
Plus heureux : 10 choses à faire absolument !

Noémie de Saint-Sernin

Play Episode Listen Later Dec 25, 2022 8:49


Plus heureux : 10 choses à faire absolument !

Invité Afrique
Aïssata Tall Sall (ministre): les États-Unis s'inscrivent dans les intérêts prioritaires de l'Afrique, «il faut s'en féliciter»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Dec 16, 2022 5:08


Le sommet Etats-Unis / Afrique s'est terminé hier jeudi à Washington, après avoir réuni pendant trois jours cinquante délégations africaines, pour évoquer des thèmes comme la sécurité notamment au Sahel, le changement climatique, le développement, etc. Une rencontre préparée par les Etats-Unis en collaboration avec l'Union africaine, dont la présidence est actuellement assurée par le Sénégal. Quel bilan tirer de cet événement ? La ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, est notre invitée ce matin. RFI : Madame la ministre, vous avez participé au sommet États-Unis/Afrique. Est-ce que le bilan est positif ? Aïssata Tall Sall : Le président Joe Biden a fait de très fortes déclarations à l'endroit de l'Afrique. Il est tout à fait heureux que les États-Unis n'aient pas réinventé la roue. Ils ont pris comme socle de notre partenariat l'agenda 2063 de l'Union africaine autour de l'Afrique que nous voulons. Cela fait que les États-Unis se placent dans les priorités et dans le chemin qui porte les intérêts prioritaires de l'Afrique. Il faut s'en féliciter. Maintenant, en termes de mesures, il a annoncé 55 milliards de dollars, c'est quand même un grand pactole. Ceci dit, 55 milliards, si on divise par le nombre de pays qui sont représentés, cela fait 1 milliard par pays, même si ce n'est pas réparti comme cela évidemment. Ce n'est pas si énorme… Ces 55 milliards, ce n'est pas quelque chose qu'on va se partager. Mais c'est un levier qui nous permettra d'obtenir des financements beaucoup plus conséquents. Et je pense qu'effectivement, l'Afrique est un bon partenaire et les États-Unis sont également un bon partenaire pour l'Afrique. Mais le président Macky Sall a aussi soulevé deux points qui lui plaisent moins : des sanctions contre le Zimbabwe et également une loi qu'il a reprochée aux États-Unis. Pour le président Macky Sall, il est de son devoir de dire les choses sur lesquelles nous nous entendons, mais également les choses sur lesquelles nous ne nous entendons pas. Le Zimbabwe subit des sanctions de la part des États-Unis depuis très longtemps. Et l'Union africaine a pris des résolutions pour appeler à la levée de ces sanctions. D'ailleurs, je peux vous dire que, dans une discussion en off avec une autorité américaine, il m'a été annoncé que les États-Unis sont en train de faire la revue de ces sanctions, d'enlever peut-être celles qui nous paraissent les plus handicapantes et peut-être de maintenir quelques sanctions symboliques. L'essentiel, comme je l'ai dit, c'est que nous discutions entre nous et que nous avancions. Sur ce projet de loi… Sur ce projet de loi qui tend à sanctionner les pays africains qui commerceraient avec la Russie. Les pays africains n'entendaient pas être sanctionnés pour s'être choisis un partenaire. L'Afrique discute avec tous ceux qui veulent discuter avec elle et qui respectent également ses positions souveraines. Nous savons que c'est peut-être un point de crispation. Mais la diplomatie sert à dépasser les situations difficiles. Donc, nous continuerons à faire que cette loi ne s'applique pas en Afrique. Et je pense que les États-Unis finiront par comprendre notre position sur cette question difficile. Mais n'était-ce pas l'un des enjeux de ce sommet pour les États-Unis, d'obtenir plus de soutien des pays africains au moment où une partie des pays africains s'abstiennent de voter aux Nations unies les résolutions qui condamnent la Russie ? On ne va pas se cacher derrière notre petit doigt, c'est ça aussi les relations internationales. Chacun défend ses intérêts et les préserve. Que les États-Unis aujourd'hui soient très enthousiastes à rencontrer l'Afrique, que l'Afrique soit également enthousiaste à rencontrer les États-Unis, peut-être qu'il y a effectivement une convergence quelque part. Le président ghanéen Nana Akufo-Addo, au cours de ce sommet, a évoqué la présence de Wagner au Burkina Faso. Est-ce que vous êtes en mesure de confirmer cette information ? Non. Malheureusement, je ne le peux pas. Le président Nana Akufo-Addo a peut-être fait cette déclaration. Je n‘ai pas de commentaires particuliers par rapport à cela. La seule chose que je peux dire, c'est que la situation sécuritaire au Sahel est très préoccupante pour nous tous et que nous avons un regard absolument vigilant sur ce qui peut se passer ça ou là. Est-ce qu'au niveau de la sécurité, qui est un des thèmes prioritaires pour l'Afrique, il y a eu des avancées sur certains dossiers ? Oui. Absolument. La première chose d'abord, c'est quand le président Joe Biden fait l'annonce de ces 55 milliards de dollars dont une partie sera consacrée à la cybersécurité. L'autre chose, c'est cette enveloppe de 30 millions de dollars. Là, immédiatement, pour la sécurité des pays africains. Nous devons imaginer des stratégies par rapport à l'insécurité en plus de tout ce qui a déjà été mis en place. C'est tout cela maintenant qui est de la responsabilité de l'Union africaine. Sur la succession du Sénégal à l'Union africaine, le président des Comores a dit sur l'antenne de RFI qu'il y aurait des discussions en marge de ce sommet, puisqu'il y a deux candidats déclarés pour l'instant : le président des Comores Azali Assoumani et le président du Kenya William Ruto. Est-ce qu'il y a effectivement eu ces discussions ? Je sais que ces discussions devaient avoir lieu depuis très longtemps déjà. Nous, notre devoir, en tant que président de l'Union continentale, c'est de faire de telle sorte que, une fois que la région est désignée comme devant prendre la tête de l'Union africaine, que la région discute entre elle et se mette d'accord. Nous avons incité, poussé les Comores et le Kenya à se mettre d'accord. Et nous avons bon espoir qu'il en sera ainsi.

Tribu - La 1ere
Ne pas croire en dieu

Tribu - La 1ere

Play Episode Listen Later Dec 15, 2022 25:51


Invité: Etienne Barilier. Croire ou ne pas croire, telle est la question. De plus en plus de personne en Suisse se déclarent athées ou agnostiques. Comment affronter les difficultés et les joies de la vie lorsquʹon est croyant, et lorsquʹon ne lʹest pas? Les difficultés sont-elles perçues comme des confirmations ou des infirmations de lʹexistence de Dieu? Tribu en parle en compagnie d'Etienne Barilier, romancier et essayiste. Il publie "Absolument la vie" aux éditions Labor et Fides.

Dutrizac de 6 à 9
«Absolument épouvantable» : Nicole Gibeault revient sur un dossier qualifié de monstrueux

Dutrizac de 6 à 9

Play Episode Listen Later Dec 15, 2022 11:25


La rencontre Gibeault-Dutrizac avec Nicole Gibeault : une Ukrainienne de 7 ans est morte tragiquement à Montréal après avoir été renversée par une voiture qui a pris la fuite, elle qui avait fui les bombes russes dans son pays pour se réfugier au Québec. Condamné à perpétuité après avoir plaidé coupable, Michael Chicoine passera au moins les 16 prochaines années en prison pour le meurtre de ses deux fils Olivier et Alex, un double homicide que le juge François Huot a qualifié de «monstrueux».Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

10 minutes avec Jésus
Un cadeau à ouvrir absolument (14-12-2022)

10 minutes avec Jésus

Play Episode Listen Later Dec 13, 2022 10:08


* Mets-toi en présence de Dieu, pour essayer de Lui parler.* Tu disposes de 10 minutes, pas plus : va jusqu'au bout, même si tu te distrais.* Persévère. Prends ton temps et laisse l'Esprit Saint agir 'à petit feu'.Un passage de l'Évangile, une idée, une anecdote, un prêtre qui s'adresse à toi et au Seigneur, et t'invite à entrer dans l'intimité de Dieu. Choisis le meilleur moment, imagine que tu es avec Lui, et appuie sur play pour commencer.Toutes les infos sur notre site : www.10minutesavecjesus.orgContact : 10minavecjesus@gmail.comPL

Le Boost! de l'Estrie
Val a vécu le PIRE retour de voyage... Faut-il absolument qu'il y ait de la neige pour déclarer que le temps des fêtes est commencé? et voici LE truc pour sauver du temps le matin !

Le Boost! de l'Estrie

Play Episode Listen Later Dec 12, 2022 28:38


Chronique Economique
Et si ChatGPT était l'innovation numérique de l'année ?

Chronique Economique

Play Episode Listen Later Dec 9, 2022 3:57


Une innovation que vont adorer les étudiants et qui va être le cauchemar des professeurs. Je vais vous faire découvrir un outil ultra-puissant et encore assez confidentiel. Et d'ailleurs, j'en remercie le fils d'un grand homme d'affaires, John, qui habite à Londres et qui se reconnaîtra. Merci donc John de m'avoir fait découvrir ChatGPT, un logiciel qui rend fou mais absolument dingue tous les geeks de la Terre et qui pourrait même poser un gros souci à Google Share GPT. Sans doute l'innovation de l'année, en tout cas selon mes confrères de BFM Business. En fait, c'est un outil conversationnel, une boîte de dialogue si vous voulez, dotée d'une intelligence artificielle absolument ébouriffante. ChatGPT répond à toutes les questions que vous vous posez par écrit ou oralement avec une précision hors norme. Et la dernière version est en accès libre sur le Net. Il suffit de donner son adresse e-mail et le tour est joué. Mais pour y faire quoi ? Tout simplement tout. Absolument tout, les professeurs vont en avoir peur. Pourquoi ? Mais si un prof par exemple, demande une dissertation aux élèves pour demain, ceux-ci peuvent la faire rédiger par ChatGPT qui leur pondra un texte en quelques secondes d'une très très grande crédibilité avec des arguments, contre arguments et synthèse. Pire encore, si l'étudiant reformule sa question pour sa dissertation, quelques minutes plus tard, il recevra un autre texte tout aussi bon. En clair, le professeur ne pourra pas vérifier qu'il y a eu tricherie. Bien entendu, chatGPT peut aussi résoudre des problèmes de mathématiques, non pas en donnant seulement la réponse, mais en détaillant toute la démonstration. Quand je vous disais que c'est bluffant, ça l'est. Certains sur le web s'amusent déjà à lui poser des questions saugrenues, genre rédige-nous le discours de fin d'année d'Emmanuel Macron en plaçant les mots bouilloire, topinambour et canard. Un autre a demandé d'écrire une histoire avec Babar, Mata Hari et Pierre Bourdieu. Mais au-delà de ces loufoqueries, cette boîte de dialogue peut aussi, en tout cas si vous le lui demandez, expliquer par exemple à un enfant de quatre ans comment on fait des enfants, comment on fait des bébés de manière très réaliste et avec un discours et les mots adaptés à l'âge de l'enfant… Sujets évoqués : écrire, fin, alternative, feuilleton, crédibilité, impression, parler, être humain, machine, professeurs, cauchemar, nombre, professions, chamboulé, spécialiste, numérique, interview, Tim Cook, patron, Apple, question, pertinent, humain, profession, objet, produire, contenu, journaliste, enseignant, écrivain, publicitaire, programmateur, informatique, remplace, jour, robot, intelligent, aspect, négatif, positif, métier, assistance, ligne, abonnement, service, après vente, client, différence, bluffant, réfléchir, question, flamme, être, aimé, important, moyen, communiquer, sentiment, manière sincère, authentique, bluff . --- La chronique économique d'Amid Faljaoui, tous les jours à 8h30 et à 17h30 sur Classic 21 votre radio Rock'n'Pop.

Invité Afrique
Guillaume Soto-Mayor: «L'EIGS menace l'unité du Mali et la stabilité de toute l'Afrique de l'Ouest»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Dec 8, 2022 6:11


La région de Ménaka subit depuis mars les assauts de la branche sahélienne du groupe État islamique (EIGS) qui tente de s'installer durablement dans cette partie du nord-est du Mali, proche du Niger et du Burkina Faso. Une région jusqu'alors sécurisée par des groupes armés maliens signataires de l'accord de paix de 2015 et alliés des autorités de Bamako, mais où les jihadistes du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM ou Jnim en arabe), lié à al-Qaïda au Maghreb islamique, contrôlent également certaines parties du territoire. C'est principalement à ses rivaux d'al-Qaïda que l'EIGS s'attaque depuis des mois, massacrant au passage des centaines de civils. Des affrontements sont régulièrement signalés, et l'assise de l'EIGS semble se renforcer inéluctablement, menaçant la sécurité de ces régions du nord du Mali et, plus globalement, du Niger, du Burkina Faso, et de toute la sous-région. Guillaume Soto-Mayor est chercheur associé au Middle East Institute, spécialiste des groupes jihadistes au Sahel et en Afrique de l'Ouest. Il estime que c'est un tournant majeur, pour l'unité du Mali et la sécurité de toute l'Afrique de l'Ouest, qui est en train de se jouer. Depuis mars, le groupe État islamique est à l'offensive dans le nord-est du Mali, il contrôle deux cercles sur trois dans la région de Ménaka et mène des attaques de plus en plus près de la ville de Ménaka et même, tout récemment, de Gao. Est-ce que vous pourriez nous donner un aperçu de l'état des forces actuelles de l'EIGS ? Guillaume Soto-Mayor : Pour évaluer la présence et la force du groupe, il est intéressant de mesurer sa capacité simultanée d'action et de présence, aussi bien dans les régions de Gao et de Ménaka, mais également de plus en plus dans l'Oudalan, dans la région des Trois frontières, au nord du Burkina Faso, dans laquelle le groupe EI qui avait été chassé par al-Qaïda il y a deux ans, met de nouveau pied, et dans lequel il affronte la branche d'al-Qaïda qui s'appelle Ansarou al-Islam, mais également dans les régions de Tombouctou, dans les communes de Gossi et de Hombori, près de Douentza, où l'État islamique est actuellement à l'offensive contre la Katiba Macina et la Katiba Serma. C'est-à-dire que le groupe se sent suffisamment fort pour affronter Al-Qaïda, principalement, dans toutes ces régions à la fois.  On a une idée du nombre d'hommes, du matériel ? Des images récentes de l'allégeance de la province de l'État islamique au Sahel, au nouveau leader de l'État islamique, à Andéramboukane, montre environ 150 à 200 combattants présents, rien que dans cette zone qui est donc à l'est de la région de Ménaka. Et les différentes constitutions de katibas, dans les différentes régions que je viens d'évoquer, indiqueraient que le groupe a une capacité de déployer environ 1 000 à 1 200 combattants, mais c'est très compliqué à évaluer, donc ce sont des estimations. En tout cas, on est passé en quelques mois d'un groupe qui était désorganisé, éparpillé et désargenté, à l'été 2021, à un groupe qui est capable de réaliser une offensive multiple, d'avoir une progression territoriale extrêmement rapide, et tout ça pose véritablement question. Et ce renforcement de la branche sahélienne du groupe État islamique est synonyme de tragédie pour les civils : on parle, selon les estimations des communautés locales, de plus de 900 morts depuis mars. Sa présence et le contrôle territorial de l'État islamique s'accompagnent de violences accrues contre les civils. À chaque fois qu'ils arrivent dans de nouveaux territoires, ils lancent des ultimatums aux populations civiles : « vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». C'est une vision sans compromis du jihad. On voit les cycles de représailles se multiplier, les exécutions sommaires dans toutes leurs zones d'opérations. Mais également les vols de bétail, les destructions de villages, etc. Les humanitaires sont également considérés comme des cibles légitimes, et donc dans ces zones où l'État malien est absent depuis des années, ce sont des milliers de personnes qui vont souffrir et qui souffrent déjà.   Face aux jihadistes du groupe État islamique, le MSA et le Gatia – deux groupes armés locaux signataires de l'accord de paix de 2015 – tentent de défendre les populations avec, plus récemment, les ex-rebelles de la CMA. Il y a aussi les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, qui ne veulent pas laisser leurs rivaux de l'EIGS s'implanter durablement dans ces régions de Ménaka et de Gao. En revanche, l'armée malienne est tout à fait absente. Comment est-ce que vous l'expliquez ?    C'est très difficile. On peut s'interroger peut-être sur la faiblesse ou les capacités réelles de l'armée malienne à intervenir. On peut évoquer un manque de confiance, ou de coopération entre les groupes armés présents dans cette zone et l'armée malienne. En tout cas, cette absence, notamment avec la présence de l'armée malienne à Ménaka, pose véritablement question, elle interroge… À Ménaka où les supplétifs russes de l'armée sont également déployés… Absolument. Cette coopération militaire est un choix souverain qu'il faut respecter, en tout cas, pour le moment, ce qui est certain, c'est que les groupes jihadistes progressent et que l'armée malienne ne semble pas avoir la volonté, et c'est ça qui interroge le plus, de répondre à cette progression. Ce que cela laisse aux populations, c'est un sentiment d'abandon total, d'un laisser-faire ou en tout cas d'un désintérêt de Bamako face à leur sort. ►À lire aussi : Grand Reportage - Mali : quand il ne reste que la fuite, récits de victimes Donc que l'EIGS prenne le contrôle de ces régions, où que des groupes locaux les repoussent, il y a selon vous un risque pour l'unité du Mali. Je serais prudent sur ces dimensions, mais oui, je pense que c'est un risque réel. Le conflit date maintenant de nombreuses années, les populations ont énormément souffert, et actuellement, il y a un appel général de toute la population du Nord, à combattre ces groupes. Et donc face au sentiment d'abandon de l'État malien, on remarque que même un général de l'armée malienne, le général Ag Gamou qui est aussi le responsable du Gatia, en appelle aux Touaregs de toute la région, c'est-à-dire également à des combattants étrangers au Mali, à venir les aider face à cette menace encore une fois existentielle pour les communautés. Le risque est donc immense pour le Mali, mais aussi pour le Niger, le Burkina et les autres pays ouest-africains ? Le pourquoi de ces capacités opérationnelles vient de la capacité du groupe EI à s'être renforcé d'un point de vue humain, avec la présence de combattants nigérians, mais aussi de combattants de la Libye, en plus petit nombre. Et deuxièmement, d'avoir récupéré de l'argent, d'avoir récupéré un soutien logistique, via un couloir de transmission très efficace, reliant le sud-est du Mali et la zone des Trois frontières, au nord-est du Nigeria, au nord de la région de Sokoto. Et ce couloir, la viabilité de cette transmission entre l'État islamique en Afrique de l'Ouest et l'État islamique au Sahara, montre la capacité du groupe à opérer conjointement, de concerts, dans son expansion opérationnelle. C'est véritablement un tournant pour la sous-région. C'est un tournant, car là, pour la première fois, vous avez un groupe qui est très bien interconnecté, qui est fort tactiquement, qui est capable d'affronter al-Qaïda sur l'ensemble de son territoire, et donc qui menace aussi bien l'Algérie que la Mauritanie, et également le reste du Burkina Faso. C'est une menace régionale que l'expansion de l'État islamique. C'est une double menace pour la région parce que c'est aussi une menace qui s'accompagne de l'expansion d'Al-Qaïda vers le sud, il ne faut jamais oublier ça ! Trois exemples très récents : une opération à la frontière togolaise et béninoise, une présence également dans la région de Kayes au Mali, dans cette région qui s'approche de la frontière sénégalaise et de la frontière mauritanienne, et une présence également de plus en plus signalée au nord du Ghana et au nord de la Côte d'Ivoire. Donc le retour en force de l'État islamique au centre du Sahel est accompagné malheureusement d'une expansion d'Al-Qaïda qui pourrait menacer les capitales aussi bien du centre au Sahel, que les populations du nord des pays côtiers dans les prochains mois, dans les prochaines années. ►À lire aussi : Le nord du Togo, une région davantage ciblée par les terroristes

LEADERS par Max Piccinini - RéussiteMax
3 questions à vous poser absolument face à une difficulté

LEADERS par Max Piccinini - RéussiteMax

Play Episode Listen Later Dec 7, 2022 3:41


Avez-vous déjà été confrontés à des moments difficiles, dramatiques ou douloureux dans votre vie ? Si oui, comment avez-vous réagi ? Dans ces situations, il est important d'apprendre à tirer des leçons de vos difficultés et de développer votre niveau de résilience. Je partage avec vous dans ce podcast 3 questions à vous poser absolument face à une difficulté pour y faire face et rebondir.

RTL Evenement
Grève SNCF : "On n'a absolument pas envie d'emmerder les gens à Noël", décrit un contrôleur gréviste

RTL Evenement

Play Episode Listen Later Dec 2, 2022 5:02


TÉMOIGNAGE - Chef de bord depuis 22 ans à la SNCF, Nicolas sera l'un des contrôleurs à être en grève durant ce premier week-end de décembre.

Le Rééquilibrage Alimentaire
Huit trucs à connaître absolument pour maigrir en 2023 – 091

Le Rééquilibrage Alimentaire

Play Episode Listen Later Dec 1, 2022 71:44


Maigrir en 2023 pour vous devrait être complètement différent des années précédentes. Pourquoi ? Parce que si vous écoutez cet épisode, c'est que vous avez échouez en 2020, en 2021 et en 2022. Vous n'avez pas sur appliquer les recommandations adaptés à la perte de poids.Heureusement, le début d'une nouvelle année provoque une interruption de … Continuer la lecture de « Huit trucs à connaître absolument pour maigrir en 2023 – 091 » L'article Huit trucs à connaître absolument pour maigrir en 2023 – 091 est apparu en premier sur Le rééquilibrage alimentaire.

Invité Afrique
Zipporah Ndione: «Il faut dénoncer les violences faites aux femmes pour que les lois s'appliquent»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 25, 2022 3:57


Ce vendredi 25 novembre, c'est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Un phénomène qui perdure dans ses différents visages : violences conjugales, féminicides, ou encore harcèlements de rue... Mais une mobilisation s'organise, des voix s'élèvent de plus en plus nombreuses pour que la situation change. C'est l'une de ces voix que nous entendons ce matin : celle de la militante féministe sénégalaise Zipporah Ndione, l'une des coordonnatrices du Réseau des jeunes féministes d'Afrique de l'Ouest.  RFI : Les violences faites aux femmes avaient malheureusement augmenté pendant la période du confinement, comment est-ce que la situation a évolué depuis le déconfinement de la population ? Zipporah Ndione : Depuis le déconfinement, on note toujours des cas de violences, il ne se passe pas un jour au Sénégal, sans qu'on entende parlerde cas de violences faites aux femmes et aux filles, des cas de violences sexuelles surtout. Parce qu'on note aujourd'hui qu'il y a beaucoup de cas de violences sexuelles qui ne sont pas connues qui ne sont pas dénoncées. Il y a également beaucoup de féminicides que l'on note dans nos différents pays et ces violences-là attirent particulièrement notre attention dans nos pays. Vous disiez que ces violences ne sont pas connues, est-ce que c'est parce que ces jeunes femmes elles-mêmes n'osent pas dénoncer leurs agresseurs ? C'est exactement cela. On note une culture du silence qui s'est répandue dans nos différents pays, et il y a tout un ordre social qui ne favorise pas aujourd'hui la dénonciation. On s'est rendu compte qu'il ne suffit pas seulement d'avoir des lois, encore faudrait-il que les gens puissent dénoncer pour que ces lois-là puissent être effectivement appliquées. Et on s'est rendu compte, dans le cas spécifique du Sénégal où on a eu la loi 2020-05 criminalisant les actes de viols et de pédophilie, qu'il n'y a pas encore de rush dans la dénonciation, il n'y a pas de sensibilisation, les populations ne se sont pas encore approprié la loi. Vous diriez, Zipporah Ndione, qu'il y a aujourd'hui un problème d'accompagnement des victimes ? Absolument. Il y a un problème d'accompagnement des victimes parce qu'il n'y a pas encore de structures qui puissent prendre en charge les survivantes de violences à tous les niveaux, que ce soit au niveau médical, judiciaire, ou psychosocial. On sait aujourd'hui qu'il y a par exemple des boutiques de droit qui existent, mais qui ne sont pas encore installées dans toutes les régions du Sénégal. On a vu également qu'il y a certaines structures qui sont mises en place, mais il y a un manque d'accompagnement de ces survivantes qui peut, en tout cas, décourager les survivantes de dénoncer. Vous disiez tout à l'heure que la culture de la dénonciation n'était pas suffisamment installée dans les esprits, notamment ceux des victimes, mais est-ce que les mentalités ne sont pas en train de changer, est-ce qu'avec tous les mouvements qu'on a vu apparaitre sur les réseaux sociaux les jeunes femmes n'ont pas une parole plus libre maintenant sur ces questions ? Relativement. Beaucoup de jeunes femmes, on l'a noté, ont une parole plus libre, mais il faut se dire que dans nos pays, il y a encore beaucoup de travail à faire, surtout dans les milieux les plus reculés, dans les milieux ruraux. En milieu urbain, on note, de manière relative, l'émergence de plusieurs figures, mais également de beaucoup d'actions qui sont mises en place, mais le chemin reste encore long. Est-ce qu'il y a des actions que vous citeriez comme bonnes pratiques ? Absolument. On a vu au Sénégal le collectif Dafadoy par exemple, qui signifie en wolof : « ça suffit ». C'est un collectif qui a été mis en place dans un contexte d'augmentation des cas de violences sexuelles suivies de féminicides. Grâce à ce mouvement-là, on a vu que ça a poussé et que ça a vraiment favorisé l'adoption de cette loi criminalisant le viol et la pédophilie. Et on a vu qu'après l'adoption de cette loi, le collectif ne s'est pas arrêté là et c'est dans ce cadre-là que nous sommes en train de mener toutes les activités visant à vulgariser la loi, pour faire en sorte que la population puisse s'approprier la loi, mais également accentuer les actions de sensibilisation, surtout à l'intérieur du pays. Est-ce que l'entrée de plus de femmes dans les Parlements ou les exécutifs permet de faire avancer cette lutte contre les violences faites aux femmes ? Absolument. La présence de plus de femmes, mais spécifiquement, de plus de jeunes femmes, dans les instances de décisions est une porte d'entrée aujourd'hui pour avoir des changements. Aujourd'hui, le patriarcat perpétue certaines normes sociales, et aujourd'hui, il est très difficile de mettre fin à ce patriarcat, mais on y travaille. Et je pense qu'aujourd'hui, le fait que nos voix soient portées au plus haut niveau, même si c'est un long processus, il y a un travail qui est en train d'être fait et nous espérons que nous arriverons à vraiment mettre fin à toutes ces normes patriarcales qui empêchent les jeunes femmes et les jeunes filles de s'épanouir dans nos pays.

MUSIC REACTIONS AND COMMENTS
À cette époque-là, ce qu'Aurélie dégage à la télé, ce n'était absolument pas ce qu'elle était à l'intérieur (...) Aurélie elle allait au front, Aurélie elle critiquait aussi

MUSIC REACTIONS AND COMMENTS

Play Episode Listen Later Nov 22, 2022 3:05


À cette époque-là, ce qu'Aurélie dégage à la télé, ce n'était absolument pas ce qu'elle était à l'intérieur (...) Aurélie elle allait au front, Aurélie elle critiquait aussi, Aurélie elle ne pouvait pas me piffrer non plus, vraiment elle me critiquait. Elle ne pouvait pas me voir, comme moi je ne pouvais pas la voir", continue celle qui a récemment accouché de son deuxième enfant avec Ricardo Pinto. --- Send in a voice message: https://anchor.fm/you-betterknow4/message

MUSIC REACTIONS AND COMMENTS
À cette époque-là, ce qu'Aurélie dégage à la télé, ce n'était absolument pas ce qu'elle était à l'intérieur (...) Aurélie elle allait au front, Aurélie elle critiquait aussi

MUSIC REACTIONS AND COMMENTS

Play Episode Listen Later Nov 22, 2022 3:05


À cette époque-là, ce qu'Aurélie dégage à la télé, ce n'était absolument pas ce qu'elle était à l'intérieur (...) Aurélie elle allait au front, Aurélie elle critiquait aussi, Aurélie elle ne pouvait pas me piffrer non plus, vraiment elle me critiquait. Elle ne pouvait pas me voir, comme moi je ne pouvais pas la voir", continue celle qui a récemment accouché de son deuxième enfant avec Ricardo Pinto. --- Send in a voice message: https://anchor.fm/you-betterknow4/message

L'heure du crime
L'INTÉGRALE - Dany Leprince : "Je veux absolument savoir qui a massacré ma famille"

L'heure du crime

Play Episode Listen Later Nov 11, 2022 45:43


Condamné à la prison à perpétuité pour avoir massacré son frère, sa belle-soeur et leur deux petites filles, Dany Leprince a toujours clamé son innocence. Il s'exprime en exclusivité pour la première fois en 10 ans dans L'heure du Crime. Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Invité Afrique
Anne Lafont, historienne de l'art: penser l'Afrique comme «un continent en dialogue avec les autres»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 9, 2022 5:40


C'est l'un des livres marquants de cette fin d'année en matière d'histoire de l'Afrique. Les éditions La Découverte ont publié L'Afrique et le Monde : histoires renouées. Cet ouvrage collectif invite à sortir des cadres géographiques fermés et à voir à quel point l'Histoire s'est faite dans la circulation des hommes et des idées entre l'Afrique et le monde. Anne Lafont, l'une des coordinatrices de l'ouvrage, est notre invitée. RFI : L'ouvrage que vous co-dirigez avec François-Xavier Fauvelle nous parle d'histoire renouée entre l'Afrique et le monde. Il est nécessaire d'écrire, expliquez-vous, une histoire mondiale de l'Afrique et une histoire africaine du monde, qu'est-ce que ça veut dire ?   Anne Lafont : Alors c'est assez simple comme concept, c'est-à-dire de ne pas penser qu'il y a un continent qui est seulement un continent qui subit finalement les actions des autres populations sur Terre, mais bien qui est en dialogue, en discussion avec les autres et qui est aussi en interaction. Donc, c'est penser les formes de diasporas, comment l'Afrique s'est exportée dans le monde, mais c'est aussi penser comment elle a accueilli, dans les luttes, dans les violences et aussi dans l'hospitalité, les différentes sociétés d'ailleurs qui sont venues s'installer sur place. Alors justement, au sujet de cette connexion de l'Afrique et du monde, on retrouve dans plusieurs chapitres une référence à l'idée d'un « Atlantique noir » qui se serait formée à partir de la traite esclavagiste, est-ce que vous pourriez nous expliquer ce qu'est cet « Atlantique noir » ? J'ai emprunté cette expression à Paul Gilroy qui est un auteur, un sociologue culturel britannique, et en fait ce qu'il essaie de mettre en avant, c'est de penser que cette circulation entre l'Afrique et l'Atlantique, à l'époque de l'esclavage, a ouvert à une culture qui serait propre finalement à cet « Atlantique noir » et que malgré le dénuement des Africains réduits en esclavage, ils transportent avec eux justement toute une culture qui renaît notamment dans les colonies américaines et qu'il peut être intéressant de pointer. Donc « l'Atlantique noir », c'est à la fois ne plus penser un centre qui soit continental, mais bien Atlantique, océanique, et par ailleurs de mettre l'accent sur la contribution africaine, justement au développement de cette modernité, qu'est la période qui va du XVème au XIXème siècle.   Alors dans le chapitre que vous signez, Anne Lafont, vous nous expliquez aussi que la naissance de l'art baroque a pu avoir lieu grâce aux échanges, aux déplacements qui existaient entre l'Occident et l'Afrique, comment s'est fait cet apport africain à l'art baroque international ? Alors, il y a deux niveaux. D'abord, je crois qu'on doit penser désormais un certain nombre d'artistes et prendre connaissance du fait qu'il y avait des artistes noirs, notamment au Brésil, mais aussi en Espagne, qui ont contribué justement à la fabrique de l'art baroque traditionnel, comme on l'entend dans les Beaux-Arts en Europe. Et je pense à Juan de Pareja qui était d'abord l'apprenti de Velásquez et qui était métisse donc, qui a une carrière ensuite, qui fait notamment un tableau très connu qui s'appelle la Vocation de Saint-Matthieu. Il y a Aleijadinho qui est un artiste, un sculpteur brésilien du baroque international brésilien du XVIIIème siècle. Et puis, il y a un autre aspect qui est plus une colonisation par les motifs et par l'iconographie, qui correspond en fait à un certain nombre d'objets africains qui passent par les cabinets de curiosité européens, et que l'on retrouve aussi dans les tableaux. Alors ce que l'on découvre aussi avec vous, c'est que les Lumières, le mouvement des Lumières, n'a pas été uniquement un mouvement européen et qu'il a connu des apports africains… Oui, tout à fait, il y a un certain nombre d'Africains et d'Africaines, puisque je parle de Phillis Wheatley qui était une poétesse noire, qui ont été esclaves, qui à travers cette expérience d'esclave accèdent néanmoins à la lecture et à l'écriture, alors que dans la plupart des cas, c'était interdit, il y a toujours des exceptions, et qui au moment de leur émancipation décident de prendre la plume et de témoigner de leur vie. Et à ce compte-là, ils fournissent des arguments à ceux qui veulent abolir l'esclavage. Et on voit que leurs réflexions sur la religion, leurs réflexions sur l'humanisme, sur l'universalisme, leurs réflexions sur l'éducation sont tout à fait les arguments qui sont discutés par les philosophes classiques, je dirais, et souvent Européens, des Lumières. Et puis, il y a un autre exemple de cette circulation des idées et des Hommes qui est étudié dans votre ouvrage, un exemple tout à fait fascinant, c'est le panafricanisme qui émerge, nous expliquez-vous, dans l'interaction entre des intellectuels noirs de la diaspora et des intellectuels et des hommes politiques du continent… Absolument, la naissance du panafricanisme, c'est vraiment une prise de conscience, dans certains points du monde, du fait que l'expérience sociale des Noirs est assez commune, qu'il y a des points de convergence, et qu'il est nécessaire désormais de s'organiser finalement de manière solidaire pour penser une réponse et pour accéder à une forme d'émancipation parce que les expériences justement des Noirs en Europe, aux États-Unis, ou dans les Caraïbes finalement peuvent avoir des points de convergence par rapport à une domination blanche, quand même, du monde qui à ce moment-là, est l'objet d'une lutte.   

Invité Afrique
Agnès Callamard (Amnesty International): «L'insécurité augmente» au Mali

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 8, 2022 4:55


Au Mali, les autorités militaires de Bamako ont reçu Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, dans un esprit d'ouverture, lors d'une visite organisée du 23 au 27 octobre dernier. Un déplacement axé sur la lutte contre l'impunité. Allégations d'exactions contre les populations civiles, enquêtes, rapports de force sur le terrain : Agnès Callamard dresse le bilan de sa visite. RFI : Quel bilan tirez-vous de cette visite au Mali ? Est-ce que ça a été fructueux ? Est-ce que ça a été positif ? Est-ce que vous avez pu voir tous les interlocuteurs que vous souhaitiez voir ? Agnès Callamard : Nous avons vu la plupart des interlocuteurs, ils ont été ouverts, nous avons eu des discussions franches. Nous avons aussi trouvé qu'il y avait eu des avancées certaines sur le cadre légal des crimes commis contre les populations civiles et sur la lutte contre l'impunité, y compris une circulaire qui permettrait que les militaires maliens soient traduits en justice devant des cours civiles, et ça, c'était pour nous un point très important. Malheureusement, dans les faits, il y a encore de nombreux obstacles, il nous semble que les enquêtes menées, que ce soit, sur des exactions commises par les jihadistes ou des exactions commises par les forces militaires armées, que ces enquêtes avancent et progressent très peu, à part une, qui est celle d'Ogossagou… Donc cette attaque intercommunautaire dans le centre du Mali, en mars 2019. Exactement. Donc, celle-ci est maintenant sur le point d'être jugée, ce qui serait un moment vraiment très important pour le Mali, mais c'est un moment unique. Sur le terrain, les autorités maliennes affirment que l'armée monte en puissance, que des villages, des territoires, ont été libérés, mais plusieurs observateurs et des ONG s'inquiètent d'une expansion des forces jihadistes, alors quelles sont vos informations après cette visite, est-ce qu'ils reculent ou est-ce qu'ils progressent ? Nous observons une hausse des incidents, une grande majorité sont attribués à des groupes associés à l'État islamique, en particulier à Ménaka et dans la région de Gao, mais il y a aussi des incidents qui sont très sérieux attribués aux forces militaires maliennes, comme celui de Moura. Donc, selon nos informations, selon les enquêtes que nous avons menées, l'insécurité augmente.   L'ONU s'est plusieurs fois inquiétée de l'impossibilité pour les enquêteurs de la MINUSMA d'aller sur le terrain pour enquêter sur les allégations d'exactions, est-ce que vos équipes peuvent le faire ? Est-ce que les organisations des droits de l'Homme maliennes peuvent le faire ?   Écoutez, il y a un grand dynamisme dans la société civile malienne même si, en même temps, elle est fatiguée. Il y a des témoins, même s'il n'y en a pas beaucoup qui sont prêts à parler, il y en a toujours qui sont prêts à parler, donc l'impunité qui s'est instaurée, le principal moteur de cette impunité, il est politique.   Sur l'information et sa diffusion, après la suspension de RFI et France 24, Joliba TV, donc média national, a été interpellée par la HAC [Haute autorité de la communication, NDLR] sur son traitement de l'information, est-ce que vous diriez qu'il y a désormais une restriction de la liberté d'expression au Mali, notamment pour les journalistes ? Absolument. Soit par l'utilisation de la violence verbale, de la désinformation, soit par le biais de la violence juridique, donc des procès, soit par des menaces larvées qui font que les journalistes s'autocensurent. Les États-Unis affirment que la sécurité s'est considérablement détériorée au Mali depuis l'arrivée de mercenaires de la société privée russe Wagner, dont la présence a été confirmée par le chef de la diplomatie russe, mais qui reste démentie par Bamako, est-ce que vos équipes ont pu recueillir des témoignages sur des allégations d'exactions de la part de Wagner ? Absolument. Nos équipes ont reçu de nombreux témoignages affirmant que des blancs, parlant une langue que les témoins ne connaissaient pas, ont été impliqués dans des exactions, dans des massacres en fait de civils, en particulier celui de Moura. Nous avons parlé bien sûr de cette question avec les autorités qui continuent d'affirmer qu'il s'agit d'instructeurs russes qui ne participaient pas aux opérations militaires, mais qui étaient là pour les observer. Il y a 9 ans que nos confrères de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été tués dans le nord du Mali, à Kidal, c'est un dossier que vous aviez suivi avant votre nomination à Amnesty, est-ce que vous continuez de le suivre ? Je continue toujours de le suivre. Après ce que j'ai vu au Mali, je suis d'autant plus en colère contre les autorités françaises pour ne pas avoir rendu public plus d'informations, pour conserver ce secret-défense et l'appliquer de cette façon-là. Je ne pense pas qu'on puisse voir des avancées au niveau du Mali : il n'y a aucune enquête sur des centaines de victimes, vous imaginez bien que sur deux victimes françaises, je ne vois pas du tout le système malien progresser dans cette direction-là. La France devrait pouvoir donner l'exemple, devrait être un modèle d'enquête. Donc tous les acteurs à l'heure actuelle qui sont au Mali participent, ou ont participé, à un déni de justice pour les populations, pour les journalistes, pour la société. ► À lire aussi : Sénégal: Agnès Callamard d'Amnesty international questionne les autorités sur les violences de 2021 Ousmane Diallo (Amnesty): «Ce carnage du Jnim vise à dissuader les populations de collaborer avec l'État malien» Mali: appel à 48 h de désobéissance civile dans la région de Gao contre l'insécurité    

L'Edito Politique
UN POINT C'EST TOUT - Castex à la tête de la RATP : "Absolument pas un scandale", selon Alba Ventura

L'Edito Politique

Play Episode Listen Later Oct 24, 2022 1:44


Mercredi 19 octobre, Emmanuel Macron a choisi Jean Castex pour devenir le PDG de la RATP. Une question de compétence selon Alba Ventura.

Sans Algo
La reco #46: arnaque, scandale et nom de famille... Trois «balados» québécois à écouter absolument

Sans Algo

Play Episode Listen Later Oct 21, 2022 12:47


Cette semaine, à l'occasion de la mise à l'honneur des podcasts québécois lors du Paris Podcast Festival, Sans Algo vous recommande trois «balados» canadiens francophones: Le nom de ma mère, de Marie-Hélène Frenette Assad, un documentaire intime et politique sur la transmission des matronymes au Québec; J'aime hydro, de Christine Beaulieu pour Porte parole, une enquête sur le business de la production d'électricité renouvelable chez Hydro-Québec; Le Casanova de Montréal, de Brigitte Noël pour QUB Radio, une série sur un arnaqueur notoire. Matilde Meslin est responsable de Slate Audio et journaliste spécialiste des podcasts. Elle écoute des dizaines d'heures de podcasts par mois. Et comme elle est sympa, elle a eu envie de partager avec vous, chaque vendredi, ses coups de cœur podcastiques, pour vous donner des idées de trucs à écouter pendant le week-end. Une sélection garantie sans algorithme! Sans Algo est un podcast de Matilde Meslin produit par Slate.fr, sous la direction de Christophe Carron et Benjamin Saeptem Hours. Production éditoriale: Benjamin Saeptem Hours Prise de son: Benjamin Saeptem Hours Montage et réalisation: Aurélie Rodrigues Mixage: Victor Benhamou Musique générique: «Hangtime», Unminus Pour nous écrire: podcast@slate.fr

Podcast Francais Authentique
40 mots et expressions à connaître absolument en français

Podcast Francais Authentique

Play Episode Listen Later Oct 17, 2022 17:56


Retrouve la vidéo et la transcription sur https://www.francaisauthentique.com/40-mots-et-expressions-a-connaitre-absolument-en-francais/

Les interviews d'Inter
Jamel Debbouze sur Kylian Mbappé : "Il ne faut absolument pas que tu quittes le PSG !"

Les interviews d'Inter

Play Episode Listen Later Oct 12, 2022 10:33


durée : 00:10:33 - L'invité de 7h50 - par : Léa Salamé - Jamel Debbouze, humoriste et acteur, est l'invité du 7h50. Il est à l'affiche du film "Le Nouveau Jouet" de James Huth, fortement inspiré du "Jouet" (1976) de Francis Weber, avec Pierre Richard. Il en a profité pour passer un message à la star de foot parisienne.

Le sept neuf
Jamel Debbouze sur Kylian Mbappé : "Il ne faut absolument pas que tu quittes le PSG !"

Le sept neuf

Play Episode Listen Later Oct 12, 2022 10:33


durée : 00:10:33 - L'invité de 7h50 - par : Léa Salamé - Jamel Debbouze, humoriste et acteur, est l'invité du 7h50. Il est à l'affiche du film "Le Nouveau Jouet" de James Huth, fortement inspiré du "Jouet" (1976) de Francis Weber, avec Pierre Richard. Il en a profité pour passer un message à la star de foot parisienne.

L'entretien de Sonia Mabrouk
EXTRAIT - Pénurie de carburants : «Un drame français absolument classique», constate Jean-Louis Bourlanges

L'entretien de Sonia Mabrouk

Play Episode Listen Later Oct 10, 2022 2:47


De nombreuses stations-service sont fermées, les files d'attente d'allongent et la France puise dans ses réserves stratégiques... Si le gouvernement tente d'être rassurant sur la pénurie des carburants, pour Jean-Louis Bourlanges, invité d'Europe Matin lundi, la France fait face à un "drame absolument classique."

L'entretien de Sonia Mabrouk
Pénurie de carburant : «Un drame français absolument classique», selon Jean-Louis Bourlanges

L'entretien de Sonia Mabrouk

Play Episode Listen Later Oct 10, 2022 15:24


Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et député MoDem, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet des pénuries de carburant, du projet de budget, de la réforme des retraites et de Poutine qui dénonce les services ukrainiens.

On n'est pas obligé d'être d'accord - Sophie Durocher
Voile : il faut absolument lire le texte de Kamel Daoud

On n'est pas obligé d'être d'accord - Sophie Durocher

Play Episode Listen Later Oct 7, 2022 8:56


Chronique de Steve E. Fortin, chroniqueur et blogueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec : l'écrivain Kamel Daoud affirme que le voile est un féminicide. Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

Rav Touitou
Le Loulav de Rabbi Akiva (à écouter absolument)

Rav Touitou

Play Episode Listen Later Oct 6, 2022 21:27


Le Loulav de Rabbi Akiva (à écouter absolument) by Rav David Touitou

Le Top de L'After foot
Le Top de l'After Foot : Jérôme Rothen : "Si le PSG veut gagner la C1 en fin de saison avec les 3 stars devant, il faut absolument passer à 3 au milieu et enlever un défenseur" – 05/10

Le Top de L'After foot

Play Episode Listen Later Oct 5, 2022 10:43


Chaque jour, écoutez le Best-of de l'Afterfoot, sur RMC la radio du Sport ! L'After foot, c'est LE show d'après-match et surtout la référence des fans de football depuis 15 ans ! Les rencontres se prolongent tous les soirs avec Gilbert Brisbois et Nicolas Jamain avec les réactions des joueurs et entraîneurs, les conférences de presse d'après-match et les débats animés entre supporters, experts de l'After et auditeurs. RMC est une radio généraliste, essentiellement axée sur l'actualité et sur l'interactivité avec les auditeurs, dans un format 100% parlé, inédit en France. La grille des programmes de RMC s'articule autour de rendez-vous phares comme Apolline Matin (6h-9h), les Grandes Gueules (9h-12h), Estelle Midi (12h-15h), Super Moscato Show (15h-18h), Rothen s'enflamme (18h-20h), l'After Foot (20h-minuit).

L'After Foot
Jérôme Rothen : "Si le PSG veut gagner la C1 en fin de saison avec les 3 stars devant, il faut absolument passer à 3 au milieu et enlever un défenseur" – 05/10

L'After Foot

Play Episode Listen Later Oct 5, 2022 11:17


L'émission qui dit tout haut ce que le monde du foot pense tout bas ! Cette année, l' « After Foot » fête ses 16 ans et propose un choc des générations ! Composée de ceux qui ont grandi avec l'After, la « Génération After » prendra les commandes de l'émission entre 20h et 22h. Avec Nicolas Jamain aux manettes, entouré de Kévin Diaz, Mathieu Bodmer, Walid Acherchour, Simon Dutin, Romain Canuti et Sofiane Zouaoui, cette nouvelle génération débattra avec passion, mais toujours en conservant les convictions et les codes de l'After. De 22h à minuit, place à la version originelle et historique de l'After autour de Gilbert Brisbois, Daniel Riolo, Stéphane Guy, et Florent Gautreau. Les soirs de Ligue des Champions, Jérôme Rothen rejoindra la bande pour les matchs du PSG et Mamadou Niang pour les matchs de l'OM. Nicolas Vilas sera aux commandes pour faire vivre les matchs dans l'After Live. Cette année, Thibaut Giangrande pilotera l' « After Foot » le vendredi et samedi.

L'After Foot
Le Top de l'After Foot : Jérôme Rothen : "Si le PSG veut gagner la C1 en fin de saison avec les 3 stars devant, il faut absolument passer à 3 au milieu et enlever un défenseur" – 05/10

L'After Foot

Play Episode Listen Later Oct 5, 2022 10:43


Chaque jour, écoutez le Best-of de l'Afterfoot, sur RMC la radio du Sport ! L'After foot, c'est LE show d'après-match et surtout la référence des fans de football depuis 15 ans ! Les rencontres se prolongent tous les soirs avec Gilbert Brisbois et Nicolas Jamain avec les réactions des joueurs et entraîneurs, les conférences de presse d'après-match et les débats animés entre supporters, experts de l'After et auditeurs. RMC est une radio généraliste, essentiellement axée sur l'actualité et sur l'interactivité avec les auditeurs, dans un format 100% parlé, inédit en France. La grille des programmes de RMC s'articule autour de rendez-vous phares comme Apolline Matin (6h-9h), les Grandes Gueules (9h-12h), Estelle Midi (12h-15h), Super Moscato Show (15h-18h), Rothen s'enflamme (18h-20h), l'After Foot (20h-minuit).

Invité Afrique
Aminata Touré: au Sénégal, «nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 30, 2022 8:09


Au Sénégal, c'est officialisé : Aminata Touré a envoyé une lettre au président de l'Assemblée nationale pour l'« informer » de sa décision d'être désormais députée non-inscrite. L'ancienne Première ministre, qui était tête de liste de la majorité Benno Bokk Yaakaar aux législatives de juillet, a rompu avec le président Macky Sall après avoir été écartée du perchoir. Débat sur une éventuelle troisième candidature du chef de l'État en 2024, possible amnistie des opposants Karim Wade et Khalifa Sall, ses perspectives pour l'avenir, Aminata Touré, surnommée « Mimi » Touré, est l'invitée de Charlotte Idrac. Vous êtes donc désormais députée non-inscrite à l'Assemblée, alors concrètement, quand il s'agira de voter des lois, est-ce que vous serez dans la majorité ou dans l'opposition ? C'est tout le sens d'être non-inscrit, c'est d'être député du peuple comme on dit, et tout dépendra de la nature de la loi, des remarques qu'on fera, est-ce qu'elles sont prises en compte… Voilà, c'est un geste de liberté. Avec cette décision, le groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar perd sa courte majorité absolue de 83 députés. Donc la coalition que vous avez défendue pendant toute la campagne durant les législatives, se retrouve fragilisée. Est-ce que ce n'est pas une trahison comme le disent certains responsables du parti présidentiel ? Eh bien la trahison, elle serait plutôt de l'autre côté, parce que l'engagement militant à mon avis doit être prédominant sur la préférence familiale, ce qui a été le cas. Si les principes qui nous mettent ensemble, si tout ça est effacé, autant que chacun retrouve sa liberté. Ce poste à la présidence de l'Assemblée, il vous avait été promis, vous aviez un accord ferme avec le chef de l'État ? Bien sûr, je l'ai expliqué, c'est très clair. Et puis maintenant, on peut mieux comprendre en fait ce qui s'est passé à la lumière des projets d'amnistie de M. Karim Wade. Comme pour Khalifa Sall, le chef de l'État a ouvert la voie à cette possibilité… Oui, mais moi, c'est surtout celui de Karim Wade qui m'intéresse parce que j'étais ministre de la Justice à ce moment-là, et peut-être que c'était ça l'obstacle. Karim Wade avait été condamné pour enrichissement illicite. C'est ça. C'est clair que comme président de l'Assemblée nationale, une telle loi ne répondrait pas à mes critères éthiques, le droit a été dit, et puis visiblement, c'est plutôt une combinaison, pour ne pas dire un deal politique, qui mène à cette amnistie des faits. Et ces faits, ce sont des faits graves de détournement de deniers publics. Si cette loi passe à l'Assemblée, vous allez donc voter contre ? Je vais voter contre, c'est clair. Pour la présidentielle de 2024, le président reste flou sur ses intentions. Vous pensez vraiment qu'il a l'intention de présenter une troisième candidature ? Tout semble l'indiquer, parce que ce qui se joue en fait, ce sont les 500 000 voix qu'aurait le Parti Démocratique Sénégalais, incarné par M. Karim Wade. Alors que lui dit qu'il ne veut pas d'amnistie, il veut une révision du procès. Pour revenir sur le débat sur le troisième mandat, certains vous reprochent de ne pas avoir relancé ce débat pendant toute la campagne pour les législatives, avant d'être écartée du poste de président de l'Assemblée, que répondez-vous ? Alors, je peux vous demander de faire de la recherche documentaire, je n'ai pas cessé de dire que la question du troisième mandat était derrière moi. Et le président Macky Sall disait qu'il allait se prononcer juste après les élections d'ailleurs. Pour moi, c'était évident qu'il n'y ait aucune raison pour qu'il dise « je vais me présenter ». Aucune raison ! Il l'a dit sur toutes les télévisions, africaines, mondiales. Et puis ce n'est juste pas possible. Cela n'a pas été accepté il y a dix ans, lorsque le président Abdoulaye Wade a voulu faire un troisième mandat. Il est allé aux élections, il a eu 35% au premier tour, je crois que ce serait pire pour le président Macky Sall. Et puis, il y a des risques de stabilité sur le Sénégal. Il n'a pas le droit le président Macky Sall. Il a fait du très bon travail ceci dit en passant. Je ne me renierai jamais, par rapport à son bilan que j'ai défendu partout, mais bon, nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs. Donc pour vous, il faut qu'il clarifie au plus vite sa position ? Absolument. Et c'est ce qui va rassurer aussi non seulement les populations, mais également les investisseurs nationaux, comme internationaux. Alors quant à vous Aminata Touré, est-ce que vous êtes déjà candidate pour cette présidentielle 2024 ? En tout cas, j'y pense fortement, très sérieusement. Tous les matins en attachant mon foulard devant la glace, c'est un journaliste qui me le disait, eh bien, je peux lui confirmer, je vais aller à la rencontre des Sénégalais, je vais m'organiser, je vais collecter des parrainages… Vous allez créer votre propre parti ? Un parti… On en parlera plus tard. Est-ce que le chef de l'État, quand il vous a écarté du perchoir, vous a proposé le poste de Premier ministre ? Non, je ne lui ai pas parlé depuis lors. On se reparlera quand il ne sera plus président de la République. Dans une lettre au chef de l'État datée du 15 septembre, vous aviez dénoncé des actions de neutralisation physique envisagées contre vous, « par des éléments proches de l'entourage du chef de l'État et de la Première dame », est-ce qu'il y a eu des suites ? Je l'ai informé, en tout cas le comité d'invectives et d'insultes est très actif. De l'APR (le parti présidentiel) ?  Bien sûr, et à tous les niveaux. Mais c'est peine perdue, ça n'aura aucun effet sur ma volonté d'aller de l'avant, et de travailler pour ce pour quoi j'avais quitté les Nations unies pour accompagner le candidat Macky Sall en 2012. Le débat central, c'est le débat autour du troisième mandat. Bien sûr, certains se disent, « si le président Macky Sall n'est plus là, je n'aurai plus mon poste », mais c'est ainsi la vie, on n'est pas dans une monarchie. Et le président de la République qui est le président de l'Union africaine, doit donner le bon exemple en disant « je respecte la constitution, donc moi mon parcours en tant que président de la République s'arrêtera en février 2024 ».

Sans rendez-vous - Mélanie Gomez
Se régaler avec une tarte aux quetsches et les expos à faire absolument en Europe

Sans rendez-vous - Mélanie Gomez

Play Episode Listen Later Sep 30, 2022 13:33


Comme tous les jours, à 11h45, dans "Bienfait pour vous", Mélanie Gomez et Julia Vignali reçoivent des bienfaiteurs qui nous délivrent leurs meilleurs conseils et astuces. 

Invité Afrique
Mali: «Cette visite de la Cédéao peut contribuer à apaiser les esprits à Bamako»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 29, 2022 7:00


C'est ce jeudi 29 septembre que trois chefs d'État mandatés par la Cédéao doivent atterrir à Bamako pour demander aux autorités militaires maliennes la libération des 46 soldats ivoiriens détenus depuis le 10 juillet dernier. Quelles sont les chances de réussite de leur mission ? Francis Kpatindé est enseignant à Sciences Po Paris. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.  RFI : Francis Kpatindé, bonjour. Que pensez-vous du discours très offensif du Premier ministre malien samedi 24 septembre, accusant le gouvernement français d'être « une junte au service de l'obscurantisme » et le président Mohamed Bazoum de ne pas être nigérien ? C'est vrai qu'on n'est pas habitué à ce type de discours à une tribune des Nations unies. Il y a eu quelques cas précédents : un président iranien, Hugo Chavez, Castro avec des longs discours, Kadhafi également… Donc, ça a beaucoup surpris. Je voudrais juste parler de Mohamed Bazoum, je l'ai connu dans les années 1990, il a toujours été impliqué dans les affaires de son pays, le Niger. Il était venu à l'esprit à d'aucun d'entre nous qu'il puisse être étranger. Bazoum a peut-être des défauts, mais Bazoum est nigérien. Je trouve un peu maladroit de dire aujourd'hui qu'il serait étranger. Et de toute façon, s'il est étranger, c'est une affaire interne au Niger, ce n'est pas une affaire dont on doit discuter hors du Niger. « L'ivresse de la junte malienne lui fait oublier le sens du protocole et de la diplomatie », dit le ministre nigérien Youssouf Mohamed Elmoctar. Est-ce qu'on peut parler d'ivresse ? Je pense que toute forme de populisme a la vie courte. Si les militaires au pouvoir à Bamako veulent aller loin et veulent maintenir l'équilibre de leur pays, je pense qu'il faut être plus enrobé, faire davantage recours à la diplomatie. D'autant plus qu'ils ont un excellent diplomate au ministère des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, que j'ai connu aux Nations unies, qui est quelqu'un de très intelligent, d'assez enrobé, même si on peut parfois être surpris par certains de ses discours ou de ses propos récents. Est-ce que vous y voyez une influence de Moscou ? Je ne crois pas que Moscou intervienne directement dans la diplomatie et dans les moindres faits et gestes du gouvernement malien. Il y a un problème de fond entre la France et les pays africains, et ce problème existait avant le retour des Russes en Afrique. Parce qu'il faut parler de retour, les Russes étaient en Afrique avant, au temps des révolutions. Donc, il y a un problème de fond, dont il faudra discuter de façon sereine pour relancer la relation entre la France et les pays africains francophones. Tant qu'on ne s'adresse pas vraiment aux vrais problèmes de fond, on passe à côté. Mettre tout ce qui se passe aujourd'hui, dans quelques pays africains comme le Mali, sur le compte des Russes, et de quelques soldats perdus russes qui agiraient en Centrafrique et au Mali, à mon avis, c'est mal poser le problème. Voulez-vous dire que la réaction de Paris aux propos de Bamako n'est pas toujours pertinente ? Ce n'est pas la réaction, c'est de se dire : « Bon tiens, il y a un problème, fouillons ». Il ne vous a pas échappé que beaucoup de jeunes en Afrique soutiennent le pouvoir malien, qu'il défendrait dans la rue. Vous avez vu l'accueil également du Premier ministre intérimaire à son retour des Nations unies à Bamako. Tout n'est pas manipulation, et tout n'est pas serein non plus du côté de Bamako. Quelques jours après ce discours à l'ONU, le gouvernement malien accepte quand même de recevoir à Bamako une délégation de trois chefs d'État de la CEDEAO, qui demandent la libération des 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet dernier. N'est-ce pas contradictoire ? Non, cette visite est un bon indicateur, tout comme l'était la libération au début du mois de trois femmes-soldates ivoiriennes. Je trouve que ça va dans le bon sens. Cette mission peut contribuer à apaiser les esprits après le discours enflammé du Premier ministre intérimaire à New York. Je vous fais remarquer qu'il y a deux semaines, les autorités maliennes récusaient toute initiative de la Communauté régionale. Aujourd'hui, elles acceptent à deux jours près une visite décidée à New York par la CEDEAO. Le choix des émissaires ne doit rien au hasard, pour ménager la susceptibilité des Maliens. Le président togolais Faure Gnassingbé est sans doute le seul dirigeant de la région à avoir l'oreille et la confiance du colonel Assimi Goïta, et Faure Gnassingbé passe également pour être très proche du président ivoirien Alassane Ouattara, donc ça peut servir. J'ajoute que le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, est une vieille relation du colonel Assimi Goïta, bien avant que ce dernier n'accède au pouvoir. Si ça peut contribuer à faire avancer les choses, pourquoi pas. Donc vous pensez que cette mission a une petite chance de réussir, mais pour autant, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, affirme que cette affaire des soldats ivoiriens n'est pas un problème de la CEDEAO, c'est entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Absolument, c'est la ligne des Maliens. Mais je remarque seulement qu'ils ont accepté une décision qui a été prise à New York, à une réunion à laquelle ils ne participaient pas. Donc, je pense que la CEDEAO est rentrée subrepticement dans le dossier et que la visite des trois chefs d'État à Bamako s'inscrit dans ce cadre. Je pense que la diplomatie retrouvera ses droits et permettra au Mali de revenir dans la Communauté régionale, et la diplomatie devrait triompher dans cette affaire.

Le français avec Yasmine
119. Pourquoi parler français est un plus pour ta carrière ?

Le français avec Yasmine

Play Episode Listen Later Sep 28, 2022 12:27


La carrière professionnelle est exactement le sujet dont j'aimerais te parler dans cet épisode 119 de ton podcast ! Apprendre des langues étrangères est toujours un atout personnel et surtout professionnel.  Les langues étrangères sont souvent considérées comme un diplôme et si tu écoutes ce podcast, tu as sans doute envie, à un moment donné dans ta vie, de pouvoir utiliser tes compétences en français dans ton travail. C'est tout ce que je te souhaite et je te le souhaite de tout coeur. J'ai aidé des milliers de personnes à booster leur français pour leur carrière professionnelle.  La plupart d'entre eux travaillent uniquement en français. Absolument tous mes élèves m'ont confirmé que parler français leur avait ouvert beaucoup plus de portes qu'ils n'avaient même pas pu envisager. Cet épisode est en lien avec l'épisode précédent sur les examens du DELF et du DALF.  Même si pour le moment, tu n'as pas besoin de parler français pour ton travail, sache qu'un jour, il se peut que ta carrière et ta vie changent et que tu aies envie de donner une nouvelle orientation à ton travail.  Confirmer ton niveau en français sera un très beau cadeau pour ton travail. Non seulement tu pourras travailler en France ou avec le marché français mais tu pourras aussi faire valoir tes connaissances en français dans tous les pays de la francophonie. Car la langue française est plus parlée à l'extérieur qu'à l'intérieur de la France. Dans cet épisode, j'énumère tous les avantages à apprendre et parler français pour ta carrière professionnelle ! Bonne écoute !   Pour accéder aux transcriptions : Les transcriptions du podcast sont disponibles grâce à un abonnement. Chaque semaine, en plus de ton épisode, reçois la transcription, ma newsletter secrète et plein d'autres choses pour booster ton français. Pour me rejoindre : https://school.ilearnfrench.eu/Podcast Pour participer à mes cours :  Pour continuer cette conversation et améliorer ton français avec moi, rendez-vous sur www.ilearnfrench.eu Rendez-vous sur les réseaux sociaux : Si tu veux m'envoyer un message et me suivre sur les réseaux, suis-moi et ajoute-moi. Je te répondrai personnellement.  Instagram : https://www.instagram.com/ilearnfrench/ Linkedin : https://www.linkedin.com/in/yasmine-lesire-ilearnfrench/ Crédit musique : La musique de cet épisode est créée par le groupe Beam.  Merci à Maayan Smith et son groupe pour la musique. Pour suivre le groupe Beam :  https://www.facebook.com/beamband/ https://store.cdbaby.com/cd/beam3 https://open.spotify.com/album/0wh9CvbPVNMi9wdqqBFFBW  

Rav Touitou
Chiour de préparation à Roch Hachana - A absolument écouter avant Roch Hachana b'h (par rav Levy)

Rav Touitou

Play Episode Listen Later Sep 22, 2022 70:00


Chiour de préparation à Roch Hachana - A absolument écouter avant Roch Hachana b'h (par rav Levy) by Rav David Touitou

Le Média
Inflation, retraites... Thomas Porcher avertit : "nos dirigeants font une erreur fatale"

Le Média

Play Episode Listen Later Sep 21, 2022 19:15


Bonjour et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher sur l'antenne 24/7 ! Nous sommes ravis de vous retrouver ! L'Instant Porcher c'est un petit moment qu'on se prend, entre nous, avec Thomas Porcher, chaque semaine pour décrypter l'actualité. Car on le sait, le discours est politique et les comprendre est un véritable enjeu démocratique. Au programme aujourd'hui : Inflation : ce mot qu'on entend tous les jours depuis un an. Quand on regarde les JT, nous pourrions croire que l'inflation subie actuellement est une force divine, qu'on n'a pas le choix, que c'est comme ça. Absolument pas. Pourquoi on en est arrivé là ? L'inflation est-elle inévitable ? Faire croire que l'inflation est un phénomène non questionnable laisse à penser qu'il n'existe qu'un seul modèle économique, celui qu'on vit actuellement. Sans parler du nombre de fois où on entend “du fait de la guerre” alors que c'est plutôt du fait de notre système ultra libéral, de l'accaparement de l'énergie, bref ; Revenons en aux bases. Alors qu'est-ce que c'est vraiment l'inflation ? Quel est l'impact sur les salaires ? La banque centrale européenne a une nouvelle fois augmenté ses taux. Après avoir augmenté ses taux d'intérêt en juillet pour la première fois en dix ans, de 50 points de base, la BCE annonce ce jeudi 7 septembre les relever de nouveau de 75 points de base, une ampleur inédite. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce une bonne chose ? Gabriel Attal, le ministre des comptes publics a annoncé et précisé le bouclier tarifaire du gouvernement sur franceinfo. Il y a un plafonnement de la hausse des prix du gaz et de l'électricité à hauteur de 15% ; des chèques énergie ; une aide pour les entreprises ayant besoin d'énergie bref ; en tout l'exécutif débloque 45 milliards pour limiter la crise. Est-ce que le bouclier tarifaire a empêché d'augmenter les prix ? Est-ce une bonne mesure ? La NUPES et même maintenant Geoffroy de Bézieux, le patron du MEDEF, souhaitent le blocage des prix. Etait-ce vraiment à l'Etat, et donc les français, de payer tout cela ? Quelles solutions faudrait-il mettre en place ? On analyse tout cela, c'est l'Instant Porcher. ▶ Soutenez Le Média :

Invité Afrique
Umaro Sissoco Embalo: «Les 46 soldats ivoiriens ne sont pas des mercenaires»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 21, 2022 3:52


Le chef de l'État bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo préside actuellement la Cédéao qui réunit demain jeudi 22 septembre à New York un sommet extraordinaire de l'Organisation ouest-africaine. Les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis le 10 juillet doivent être libérés sans conditions, déclare-t-il à RFI.  Il s'exprime aussi sur un autre pays suspendu à la suite d'un coup d'État militaire, la Guinée Conakry. Umaro Sissoco Embalo répond à Christophe Boisbouvier et Marc Perelman de France 24. RFI / France 24 : Monsieur le président, vous avez convoqué, ce jeudi, ici, à New York, un sommet extraordinaire de la Cédéao. Pourquoi cette décision ? Umaro Sissoco Embaló : C'est le premier sommet que l'on va faire, depuis que j'ai pris la fonction de président en exercice, pour réexaminer la situation de la Guinée et celle du Mali. Parce qu'il n'y a pas de grands enjeux avec le Burkina Faso. Les choses se passent très bien au Burkina Faso. Ils respectent la feuille de route et le calendrier en particulier. Mais il semble, quand même, qu'il y a un troisième dossier qui motive cette réunion. C'est le dossier des soldats ivoiriens détenus au Mali. Cette question sera tout de même abordée. Évidemment. Évidemment que l'on va discuter ce sujet aussi. Depuis le 10 juillet, il a 46 soldats ivoiriens qui sont détenus au Mali. D'après Bamako, ce sont des « mercenaires ». Mais d'après Abidjan, on dit que ce sont des « otages ». Parce que le Mali, en échange de leur libération, réclame, aujourd'hui, l'extradition de trois opposants maliens réfugiés en Côte d'Ivoire. Quelle est votre opinion ? Plutôt des « mercenaires » ou plutôt des « otages » ? Moi, je pense que ce ne sont pas des mercenaires. On vient de voir, avant-hier, la déclaration du Secrétaire général de Nations unies qui dit que ce ne sont pas des mercenaires. Moi, à la place des Maliens, j'aurais relâché ces 49 soldats. C'est-à-dire que vous n'êtes pas d'accord pour qu'il y ait un échange entre les soldats ivoiriens et les opposants maliens ? Ce n'est pas à moi d'être d'accord ou pas. Mais moi, à la place des Maliens, je n'aurais pas émis ces conditions. Justement, il y a eu, ces dernières semaines, des tentatives de médiations : il y a eu le Nigeria, il y a eu, notamment, le Togo. Très concrètement, avez-vous récemment parlé au colonel Assimi Goïta de cette question ? Et est-ce que, ici, à New York, vous allez rencontrer le chef de la délégation malienne, le Premier ministre par intérim, Abdoulaye Maïga, pour essayer de dénouer ce problème ? Non, ce n'est pas prévu. Depuis que j'ai pris la fonction de président en exercice, je n'ai pris aucun contact avec Goïta. Donc, il n'est pas prévu non plus que je rencontre la délégation malienne. Vous avez pris la présidence de la Cédéao au moment où cette organisation a levé les sanctions économiques et commerciales contre le Mali. C'était au début du mois de juillet. Si l'on n'arrive pas à régler ce problème des soldats ivoiriens, de nouvelles sanctions pourraient-elles être mises sur la table ? Tout est possible. Tout est sur la table. On va réexaminer aussi, depuis que l'on a levé les sanctions, où nous en sommes. Parce que l'on ne peut pas banaliser notre organisation sous-régionale. Il y a des principes de la Cédéao et tout le monde doit les suivre. Justement, il semble que le pays dans lequel il y a eu un putsch et avec lequel, c'est le plus compliqué, c'est la Guinée. Vous y êtes allé. Vous avez demandé un chronogramme de deux ans pour une transition. La junte a dit « non, c'est trois ans, on ne bougera pas ». Est-ce qu'il y a là un blocage complet ? Non, il n'y a pas de blocage. Je ne pense pas que la junte ait dit trois ans, je n'ai pas entendu ça. Trente-six mois et ils le réaffirment. Non. Je pense qu'il y a une incompréhension. C'est inacceptable pour la Cédéao. Inacceptable et non négociable. Cela veut dire que si la junte maintient trois ans, là, pour le coup, il y aurait des sanctions ? Absolument. Vous n'hésiteriez pas ? Absolument. De lourdes sanctions même. On ne peut pas accepter cela. Et le colonel Doumbouya, vous échangez avec lui ou cette fois encore, les ponts sont fermés ? Non, non, non. Je suis allé là-bas, en Guinée Conakry. On a discuté. On est arrivé au consensus que l'on ne peut pas dépasser les 24 mois. Oui, mais une fois que vous êtes tombé d'accord avec le colonel Doumbouya pour 24 mois, les autorités guinéennes ont démenti. Elles ont dit « non, non, c'est 36 mois ». Tout cela, on va le voir demain pendant notre sommet. Et là, on va voir le dispositif que l'on va prendre par rapport à ça. Mais une chose que je peux vous assurer, c'est que pour la Cédéao les 36 mois ne sont pas négociables.

Ça peut vous arriver
RÈGLE D'OR EXPRESS - Pourquoi un devis doit absolument être signé

Ça peut vous arriver

Play Episode Listen Later Sep 19, 2022 0:44


Lorsque l'on fait réaliser des travaux par des artisans, il faut impérativement signer un devis. Dans cette "Règle d'or express", Me Sylvie Noachovitch vous rappelle pourquoi ce devis est si important ! Tous les jours, retrouvez en podcast les meilleurs moments de l'émission "Ça peut vous arriver", sur RTL.fr et sur toutes vos plateformes préférées.

Invité Afrique
Guido Gryseels (Belgique): «On a réussi ces 20 dernières années la transformation du musée Tervuren»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 1, 2022 4:09


C'est la fin d'une époque à l'AfricaMuseum de Tervuren en Belgique. Son directeur emblématique, Guido Gryseels, part à la retraite ce 1er septembre après avoir passé 21 ans à la tête de cette institution qui possède de vastes collections du patrimoine culturel et naturel africain, dont 128 000 objets ethnographiques et des millions de spécimens biologiques. Longtemps considéré comme l'archétype du musée colonial, Tervuren s'est profondément renouvelé ces dernières années, adoptant un regard critique sur le passé colonial belge. Une transformation en profondeur qui est toutefois loin d'être terminée, estime Guido Gryseels. RFI : Quel sentiment vous anime à l'heure de quitter l'AfricaMuseum de Tervuren ? Guido Gryseels : D'abord, je suis très fier de ce qu'on a réussi ces 20 dernières années. On a fait une transformation du musée, on a fait des activités scientifiques avec beaucoup d'impact, on a relancé des activités éducatives et culturelles, et on a eu une voix importante dans le débat sociétal sur le passé colonial et la restitution. Donc moi, je suis très content et très fier. Et maintenant, c'est un nouveau directeur qui va prendre le relais et renforcer les messages que nous avons développés depuis 20 ans. Vous dites être fier de ce qu'est devenu Tervuren aujourd'hui. Vous partiez de très loin, car le Musée royal de l'Afrique centrale a longtemps été perçu comme le musée colonial par excellence… Oui, absolument. Quand moi, je suis arrivé ici, la mission du musée, c'était encore de promouvoir des réalisations belges en Afrique. La dernière grande rénovation avait eu lieu en 1956, donc quatre ans avant l'indépendance, et donc c'était encore un musée qui donnait le regard de la Belgique sur l'Afrique d'avant l'indépendance. À quel moment avez-vous décidé de revoir de fond en comble l'esprit du musée ? On a tout de suite fait un plan stratégique. Il était clair que notre priorité devait être la rénovation du musée, et pour faire cela, il fallait d'abord développer des liens avec les diasporas et les Africains eux-mêmes. On a dû faire tout un changement d'esprit, on a développé les liens avec les diasporas et on a commencé en faisant quelques expositions temporaires, une sur l'origine de nos collections, une sur le passé colonial du Congo. Et tout cela étaient des expositions qui étaient très innovants et qui donnaient un nouveau regard sur le passé colonial belge au Congo. À l'époque, on était un musée colonial, aujourd'hui, nous sommes un musée qui invite le visiteur à réfléchir de façon critique sur ce passé colonial. Évidemment qu'on change d'avis ! Vous aussi, vous avez dû personnellement faire évoluer votre regard, comment ça s'est passé ? Oh oui, mais clairement, parfois, on me demande : « Mais monsieur, on a fait une recherche Google de tout ce que vous avez dit dans des interviews dans ces vingt ans et on a l'impression que vous changez d'avis. » Et je dis : « Évidemment qu'on change d'avis ! » On a développé des collaborations avec des diasporas africaines, avec des Africains eux-mêmes, on a ouvert nos portes pour ceux qui étaient critiques de ce passé colonial, donc on a appris tous les jours. Notre environnement a changé fortement, ces dernières années surtout, il y a eu toutes les activités de Black Lives Matter, il y a la commission parlementaire sur le passé colonial, il y a la déclaration de M. Macron sur la restitution qui a suscité tout un débat. Il est vrai que nos pensées ont évolué, mais pas uniquement. Moi, je pense que tout le monde, inclus les diasporas africaines, maintenant, regarde notre passé colonial et notre collaboration de façontrès différente en comparaison à il y a vingt ans. ►À écouter aussi : Grand Reportage - Les restitutions d'œuvres à l'Afrique : enquête sur le processus français Il reste encore du travail à faire à Tervuren selon vous pour continuer d'expliquer ce qu'a été la colonisation ? Absolument, il y a souvent des gens qui me demandent : « Est-ce que le musée de Tervuren est décolonisé ? » Moi, je dis toujours : « Non, on a fait une première étape, une étape importante, mais il reste beaucoup à faire. » Il faut d'abord une nouvelle façon de travailler avec les diasporas, où elles ne donnent pas uniquement des conseils, mais où elles partagent le pouvoir avec nous. Deuxièmement, il faut re-regarder toutes nos collections, toutes nos collections ont été décrites par des chercheurs blancs, on doit faire de la recherche de provenance pour supporter le processus de restitution, et inclure les Africains dans ces études. Troisièmement, la façon dont nous faisons nos recherches doit être beaucoup plus en partenariat avec les institutions congolaises ou africaines. Et finalement, ce qui est extrêmement important, c'est de pouvoir appliquer une politique de diversité, pas uniquement parmi le personnel, mais surtout parmi nos organes de gestion. Et là, c'est un défi. Je pense que ça prendra encore une génération pour arriver à un musée qui est complètement décolonisé. ►À écouter aussi : Invité Afrique - Wouter de Vriendt, député belge : « On veut vraiment confronter le passé colonial de la Belgique »

Invité du matin
«Il faut essayer de stabiliser la situation» à Zaporijjia, dit Rafael Grossi, directeur de l'AIEA

Invité du matin

Play Episode Listen Later Aug 26, 2022 8:55


Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique Rafael Grossi était de passage à Paris ce jeudi 25 août, pour y rencontrer le président français Emmanuel Macron. En plein préparatifs de sa mission sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, Rafael Grossi évoque la nécessité de se rendre sur place, alors qu'Ukrainiens et Russes s'accusent mutuellement de bombarder la centrale, la plus grande d'Europe. Le directeur de l'AIEA évoque aussi les efforts de relance de l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), au moment où plusieurs sources estiment qu'un compromis est possible. RFI : Quand serez-vous en mesure de vous rendre sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, à la tête d'une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique ? Rafael Grossi : On travaille là-dessus depuis des mois, je dois dire. L'idée c'est de mener une mission avec des experts pour établir un état des lieux, voir ce qui se passe. On sait que la centrale a été l'objet d'attaques, indirectes peut-être. Il y a eu un épisode au début de la guerre, au mois de mars, où un bâtiment a été ciblé. Et par la suite, on a connu aussi des problèmes au niveau de l'approvisionnement de l'électricité extérieure, qui continue d'ailleurs aujourd'hui aussi. Il faut essayer de rétablir les systèmes de transmission des données qui nous arrivent à Vienne et essayer aussi de stabiliser un peu la situation dans l'installation. La Russie a donné son feu vert à la venue de cette mission. Quels sont les obstacles qui demeurent ? C'est une mission complexe. D'abord, il y a le simple fait d'arriver sur place, ce qui n'est pas chose facile. C'est une zone de guerre. Je me suis déjà rendu en Ukraine deux fois (à Tchernobyl puis dans le sud du pays) mais ici c'est en pleine zone de guerre. Donc il faut sécuriser notre itinéraire, il faut le faire en coordination entre les deux pays, ce qui n'est pas facile dans les circonstances. On doit aussi compter sur l'appui des Nations unies et de leurs blindés qui nous amèneront sur place. Ca c'est la logistique, ensuite au niveau technique, il faut bien définir les paramètres de la mission et – éventuellement - établir une présence continue de l'Agence sur place. Il y a quelques jours, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, vous avez dit  :« L'heure est grave ». La situation est dangereuse sur le site de cette centrale nucléaire ukrainienne occupée depuis des mois par l'armée russe ? J'ai dit cela lors de cette session du Conseil et je crois qu'elle m'a aidé à générer un consensus international. Cette session était évidemment houleuse et les différences politiques étaient claires mais elle a quand même démontré l'accord de tout le monde sur un point :  la nécessité pour l'Agence internationale de l'énergie atomique de venir, la nécessité d'installer une présence impartiale, internationale et technique. C'est ce rôle-là qu'on essaye de remplir. Le monde a connu des catastrophes dans le domaine du nucléaire civil : Tchernobyl, Fukushima… Est-ce que le monde et l'AIEA étaient préparés à cette situation nouvelle : une importante centrale nucléaire prise dans un conflit armé ? C'est une guerre de type conventionnel qui s'apparente beaucoup à la Seconde Guerre mondiale, avec des chars, de l''infanterie… on n'imaginait pas cela, on pensait plutôt à la cyberguerre et aux missiles ! Mais l'Agence est un réservoir de talents et d'expertise internationale. On a « la crème de la crème » des experts en technologie et en sûreté dans le nucléaire. Donc je dirais que même si on ne s'attendait pas à un tel événement, on est préparé. Autre sujet brûlant : celui du nucléaire iranien. Estimez-vous, comme d'autres ces jours-ci, qu'un accord est à portée de main pour relancer l'accord le JCPOA, l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 ? Après des mois et des mois des négociations, il semblerait que les parties sont plus proches d'un accord que jamais. Proches de réinstaurer cet accord qui avait été vidé de son contenu. L'AIEA joue un rôle indispensable d'inspection. Nous, donnerons les garanties liées à l'accord. Je crois que c'est une opportunité qui nous donnera aussi le niveau d'accès et des vérifications dont on a besoin au vu de l'ampleur, de l'ambition et de la dimension du programme nucléaire iranien. Que se passera-t-il si l'accord est relancé. Et au contraire s'il y a échec à le remettre sur les rails ? Si l'accord est relancé, sur le plan politique c'est aux pays de dire ce qu'ils attendent. Mais c'est clair que sur le plan nucléaire, on aura la possibilité d'une vérification et d'un contrôle sur un programme nucléaire très vaste. Possibilité que nous n'avons pas actuellement. C'est une valeur ajoutée indéniable. Si l'accord ne réussit pas, je pense que nous devrons faire face à un défi : comment se mettre d'accord avec l'Iran pour qu'il accepte les niveaux d'inspection et de vérification exigés par un programme de ce type-là, qui enrichit de l'uranium à des niveaux assez proche du niveau militaire. Ce que vous dites, c'est que ces dernières années, l'Iran s'est dangereusement approché de la capacité d'obtenir la bombe atomique ? Je dis que l'Iran a un programme ambitieux, un programme qui exige un certain niveau de vérification, je ne fais pas de procès d'intention. On peut tirer des conclusions… c'est à vous, aux analystes, journalistes, hommes et femmes politiques de tirer les conclusions nécessaires. Moi je dis que ce n'est pas banal, si vous enrichissez de l'uranium à 60%, vous êtes proches d'un niveau militaire. Donc si vous faites ça OK… mais il faut se laisser inspecter sinon évidemment les sonnettes d'alarme se mettent à retentir. Des voix s'élèvent contre l'idée de la relance de l'accord, notamment en Israël. Que répondez-vous à ceux qui remettent en cause l'idée même d'un accord ? Je ne devrais pas, en tant que fonctionnaire international, juger la position individuelle d'un pays. Un pays fixe ses positions selon ses intérêts nationaux et  donc ce n'est pas à moi de les juger. Mais si on peut se mettre d'accord avec l'Iran sur un système crédible et robuste d'inspection, on enlève les arguments qui pourraient justifier une position hostile envers l'Iran. Donc je crois, que c'est « gagnant-gagnant » dans ce cas. C'est dans l'intérêt de tous que l'Iran puisse s'ouvrir au sens inspection internationale s'il n'a rien à cacher. La position de l'Iran, c'est de dire : « nous ne voulons pas que se reproduise le retrait des États-Unis », comme lorsque l'Amérique de Donald Trump est sortie de l'accord en 2018. C'est un point sensible de la négociation ? Je comprends cela. Sans juger les décisions du gouvernement américain jadis, je peux comprendre cela. Ils [les Iraniens] veulent s'engager et ils veulent une garantie que ça va continuer dans la durée. Je pense que c'est finalement une question de volonté politique. Si la volonté politique existe, on peut façonner et moduler les accords. Si un accord est relancé dans les prochains jours sur ce programme nucléaire de l'Iran, est-ce qu'un chantier important s'ouvre à la fois pour l'Iran et pour votre agence, l'AIEA, afin que l'Iran revienne dans le cadre dont il s'est largement affranchi ces dernières années ? Absolument. On aura un vaste travail d'inspection et de rétablissement. N'oubliez pas, par exemple, qu'il y a quelques mois l'Iran a déconnecté 27 caméras de l'Agence. Donc, il va falloir rétablir ces systèmes, rétablir ce qu'on appelle « la continuité des connaissances ». Ce sera un travail très important.

Le français avec Yasmine
114. Tu mecspliques ?

Le français avec Yasmine

Play Episode Listen Later Aug 24, 2022 16:23


Cette semaine, je te parle d'un sujet un peu particulier : “la mecsplication”. Je me demandais comment j'allais te présenter ce sujet. La mecsplication est une explication donnée par un homme à une femme avec nonchalance et dédain. Je crois toujours aux signes du destin et je suis convaincue qu'il fait bien les choses.  La preuve en est, pas plus tard que dimanche, j'ai reçu ce message d'Alex sur mon école : « Ridicule de recevoir des newsletters avec des fautes de grammaire aussi élémentaires (merci le « je me suis ennuyer », « que j'ai créées X »…) et ce seulement dans un e-mail. Si elle refuse d'enseigner certaines choses, c'est visiblement qu'elle n'a pas le niveau elle-même.  Sans oublier, la promotion du « cool » et « rebelle », voire grossier, au détriment de la qualité et des connaissances, tout ça pour seulement 250e de l'heure. Mieux vaut choisir ses collègues exploitées qui, elles, sont sûrement mieux formées. »   Comme tu le sais, je fais énormément de recherches pour mes épisodes car je veux t'aider à booster ton français mais je veux aussi te renseigner uniquement sur des choses qui sont vraies. Alors, Alex, il a raison sur plusieurs choses. Il y a une chose que je refuse d'enseigner dans mes cours : l'accord du participe passé avec “avoir”. Cet accord est un héritage de l'italien et personne ne le maîtrise. Absolument personne. Pas même Alex. Je fais donc le choix de ne pas l'enseigner. Mes cours sont TRÈS chers, surtout les cours particuliers avec moi, pour la simple et bonne raison que lorsque je donne un cours particulier, je suis à 100% dans le cours. Cela signifie également que lorsque je donne un cours particulier, je ne peux pas m'occuper de mon podcast, je ne peux pas créer de contenu, je ne fais que donner un cours particulier et cela a un coût pour l'école. De plus, j'ai plus de 15 ans d'expérience, j'enseigne avec des techniques que j'ai apprises et testées tout au long de ma carrière. Apparemment, quand une femme a de l'expérience et qu'elle n'est pas chère, ça ne fait pas plaisir. Une femme qui se dit “rebelle” et “cool”, ça aussi, ça dérange. Une femme doit être sage, calme et ne doit surtout pas faire de bruit ni se faire remarquer. Je choisirai toujours des professeurs qui sont mieux ou plus formés que moi. C'est le but d'une entreprise ou d'une école qui réussit. Il faut toujours s'entourer de meilleur que soi pour aller plus loin. Si une professeure est mieux formée que moi, je serai la première super heureuse de l'engager dans mon équipe. Cependant, Alex, tout comme un autre personnage de l'épisode d'aujourd'hui, sous-entend que je ne maîtrisais pas assez bien ma propre langue maternelle pour l'enseigner. Sur la base d'une faute d'orthographe, tout est remis en question. Je t'en parlais aussi dans l'épisode 85 au sujet de l'orthographe, les natifs sont sans pitié entre eux, surtout quand ils sont jaloux. Dans ce commentaire, on ne va pas se mentir, il n'est pas question de mes compétences mais plutôt de mon succès. Ça sent le commentaire rageux et jaloux à plein nez. Déjà, car il doit me suivre depuis un bon moment pour savoir que je n'enseigne pas.  Tu sais quoi ? J'en suis ravie. Je suis ravie d'être un modèle pour certains professeurs qui m'admirent et je suis aussi heureuse de faire des jaloux. Une personne qui réussit mieux que toi ne sera jamais jalouse de tes réussites. C'est la même chose pour ton français, une personne qui parle français mieux que toi ne sera jamais jalouse de tes progrès en français. Bref, tout ça pour te dire que ce message est tombé à pic car il s'agit encore une fois d'un homme qui n'a pas pu se retenir que de “mescpliquer” mon travail, comment je devais le faire et en faire la promotion et surtout…. Surtout… ne pas faire de bruit. Mais ça, c'est mal me connaître. Bon évidemment, ce n'est pas le seul exemple de ma carrière et il y en a quelques autres qui t'attendent dans ton épisode. Rendez-vous dans ton espace-membre pour la suite !   Pour accéder aux transcriptions : Les transcriptions du podcast sont disponibles grâce à un abonnement. Chaque semaine, en plus de ton épisode, reçois la transcription, ma newsletter secrète et plein d'autres choses pour booster ton français. Pour me rejoindre : https://school.ilearnfrench.eu/Podcast Pour participer à mes cours :  Pour continuer cette conversation et améliorer ton français avec moi, rendez-vous sur www.ilearnfrench.eu Rendez-vous sur les réseaux sociaux : Si tu veux m'envoyer un message et me suivre sur les réseaux, suis-moi et ajoute-moi. Je te répondrai personnellement.  Instagram : https://www.instagram.com/ilearnfrench/ Linkedin : https://www.linkedin.com/in/yasmine-lesire-ilearnfrench/ Crédit musique : La musique de cet épisode est créée par le groupe Beam.  Merci à Maayan Smith et son groupe pour la musique. Pour suivre le groupe Beam :  https://www.facebook.com/beamband/ https://store.cdbaby.com/cd/beam3 https://open.spotify.com/album/0wh9CvbPVNMi9wdqqBFFBW  

L'After Foot
L'avis de Kévin Diaz : "Il faut absolument regarder 'All Or Nothing Arsenal' pour voir qu'il faut laisser du temps à un entraîneur"– 17/08

L'After Foot

Play Episode Listen Later Aug 17, 2022 44:38


L'After foot, c'est LE show d'après-match et surtout la référence des fans de football depuis 15 ans ! Les rencontres se prolongent tous les soirs avec Gilbert Brisbois et Nicolas Jamain avec les réactions des joueurs et entraîneurs, les conférences de presse d'après-match et les débats animés entre supporters, experts de l'After et auditeurs. RMC est une radio généraliste, essentiellement axée sur l'actualité et sur l'interactivité avec les auditeurs, dans un format 100% parlé, inédit en France. La grille des programmes de RMC s'articule autour de rendez-vous phares comme Apolline Matin (6h-9h), les Grandes Gueules (9h-12h), Estelle Midi (12h-15h), Super Moscato Show (15h-18h), Rothen s'enflamme (18h-20h), l'After Foot (20h-minuit).

Invité Afrique
Cherif Mahamat Zene: «Nous attendons tous les signataires de l'accord de paix à Ndjamena»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Aug 10, 2022 4:11


Le président du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby est rentré au Tchad le 9 août, après la signature de l'accord de Doha avec une partie des groupes politico-militaires. Le texte ouvre la voie à une participation des groupes armés signataires au prochain dialogue national inclusif. Quelles garanties le texte leur offre-t-il, et peut-on s'attendre au retour à Ndjamena des principaux responsables de ces groupes ? Le ministre tchadien des Affaires étrangères Cherif Mahamat Zene est l'un des principaux artisans de cet accord. Vous vous êtes largement impliqué dans ces discussions de Doha, que ressentez-vous après cette signature ? Un sentiment de satisfaction. Nous avons vécu des moments parfois difficiles. Par moment, on a frôlé également la rupture, mais nous avons toujours fait preuve de patience et nous espérons que le résultat obtenu au bout de cinq mois d'âpres discussions pourra apporter une paix durable au Tchad. De quelle manière les politico-militaires signataires vont-ils participer au dialogue national inclusif qui doit démarrer le 20 aout prochain ? Dans la mesure où ils ont signé l'accord, le comité d'organisation du dialogue national inclusif leur a réservé un quota. Certains d'entre eux pensaient qu'ils allaient être marginalisés, je ne pense pas. Ils vont occuper toute leur place et auront un quota qui leur permettra de se faire entendre dans ce forum pour aborder toutes les questions relatives à l'avenir du Tchad. L'UFR et l'UFDD ont signé cet accord, est-ce que du coup vous espérez la présence dans la capitale tchadienne pour le dialogue national inclusif des chefs de ces deux groupes armés, Timan Erdimi et Mahamat Nouri ? Ils ont signé cet accord, c'est pour venir participer à ce dialogue. Donc vous attendez Timan Erdimi et Mahamat Nouri à Ndjamena ? Nous attendons tous les signataires de l'accord de Doha à Ndjamena pour leur participation au dialogue national inclusif. Et est-ce que cet accord va leur permettre de participer au dialogue national inclusif  en toute sécurité ? Absolument, l'accord, entre autres, prévoit toutes les mesures sécuritaires nécessaires pour la protection des leaders et membres des mouvements politico-militaires signataires de cet accord. Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui puisse être menacé tout simplement parce qu'il rentre au Tchad. Et quelles sont les garanties que vous offrez à ces groupes politico-militaires ? D'abord, tous ceux qui ont été condamnés dans le passé pour acte de rébellion, ou acte répréhensible ne relevant pas du droit commun, seront amnistiés. S'ils ont des biens qui ont été confisqués dans le cadre de condamnations judiciaires, ils seront restitués. Une fois arrivés à Ndjamena ils auront des éléments de protection à leur disposition, pour ceux qui nécessiteraient une protection spéciale. Je pense que l'accord répond pratiquement à toutes les attentes des politico-militaires. Alors pour autant plusieurs groupes politico-militaires n'ont pas signé le texte, parmi eux le FACT et le CCMSR, est-ce que ça ne réduit pas la portée de cet accord ? Ça ne réduit en rien la portée de cet accord, et je pense que ceux qui ont choisi de ne pas signer l'accord étaient venus à ces discussions avec des a priori. Il n'y a rien de plus difficile que de convaincre quelqu'un qui a fondé tout son raisonnement sur des a priori ou des préjugés. Je pense que le FACT a toujours posé 4 conditions, et ces 4 conditions sont prises en charge dans cet accord. Le seul point pour lequel le FACT rejette actuellement cet accord, c'est la libération de ses prisonniers de guerre. Nous avions demandé qu'ils nous donnent des garanties, que ceux qui seront libérés ne vont pas rejoindre le FACT, et bien il n'y a pas de garantie à nous donner ! Comment voulez-vous que gouvernement libère des prisonniers de guerre pendant que les gens remettent à plus tard le DDR, si le DDR commençait de façon concommitante, avec leur participation au dialogue, les prisonniers allaient être libérés sur-le-champ, voilà le problème. Est-ce que sur ces points le dialogue peut être poursuivi avec les mouvements non signataires, est-ce que vous avez l'intention de le poursuivre avec eux ? En tout cas il n'y aura pas de nouvelle négociation, l'accord signé reste ouvert à tous ceux qui veulent s'y joindre à tout moment. ► À lire aussi : Tchad: Mahamat Idriss Déby revient de Doha avec un accord de paix, critiqué par la société civile

Les interviews d'Inter
Sandrine Rousseau : "Christophe Béchu n'a absolument pas compris la question écologique"

Les interviews d'Inter

Play Episode Listen Later Aug 3, 2022 24:11


durée : 00:24:11 - L'invité de 8h20 : le grand entretien - par : Nicolas Demorand, Léa Salamé - Sandrine Rousseau, députée EELV (groupe NUPES) de la 9ème circonscription de Paris, est l'invitée de Marion L'Hour à 8h20.

Invité Afrique
Macron au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau: «La France n'a pas vu l'Afrique centrale se mondialiser»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jul 25, 2022 4:00


Emmanuel Macron entame sa tournée africaine par le Cameroun ce lundi 25 juillet. Le président français se rendra ensuite au Bénin puis en Guinée-Bissau jeudi 28, sa dernière étape. C'est la première tournée africaine du chef de l'État depuis sa réélection. Quels sont les enjeux de ce déplacement ? Comment interpréter le choix de ces pays ? Éléments de réponse avec le journaliste spécialiste de l'Afrique, Antoine Glaser. RFI : Cameroun, Bénin, Guinée-Bissau, que pensez-vous de ces choix ? Antoine Glaser : C'est une sorte de retour un peu dans le pré carré français. Aller dans des pays que le président avait un peu boudé au cours de son premier mandat. On parlait d'un début de deuxième mandat dans des pays comme l'Angola, l'Afrique du Sud etc., mais on voit qu'il y a une urgence. La France est en train de perdre des positions dans des pays, en particulier d'Afrique centrale, et on voit qu'il y a une sorte de réinvestissement, au Cameroun notamment qui est un pays stratégique, par rapport à la Centrafrique où la France a perdu toutes ses positions, par rapport au Tchad enclavé qui a absolument besoin du Cameroun... On sent que c'est un voyage à mon avis géopolitique, géostratégique, au-delà même des relations bilatérales d'État à État. Pourquoi maintenant, est-ce que ce n'est pas un petit peu tard finalement ? Je pense qu'il y avait vraiment urgence. Le Cameroun avait au mois d'avril signé un accord de coopération militaire et de défense avec la Russie. On a bien vu que le Cameroun qui a toujours eu des relations compliquées avec Paris quasiment depuis l'accession de Paul Biya au pouvoir, dont la sécurité personnelle est assurée par des Israéliens, dans la zone anglophone, vous avez beaucoup -on en parle peu- de SAS [Special Air Service] britanniques. On a l'impression que la France n'a pas vu cette Afrique centrale se mondialiser. Le Cameroun et la Russie ont signé un nouvel accord de défense en avril. Est-ce qu'aller à Yaoundé, c'est la France qui rappelle sa présence et qui tente d'enrayer la progression russe ? Absolument, la France qui veut absolument enrayer la présence de la Russie en particulier en Afrique centrale. Au-delà de ça, Emmanuel Macron a pris conscience que sa politique africaine disant « il faut sortir du pré carré, il faut aller dans les pays anglophones » a ses limites. Pendant qu'Emmanuel Macron sera à Yaoundé, vous avez le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui sera à Brazzaville, et on voit bien que le Gabon voisin est rentré au Commonwealth. Je pense qu'il y a un réengagement français dans le pré carré. Paul Biya a presque 90 ans, au pouvoir depuis presque 40 ans. Pensez-vous que la perspective d'une succession à la tête du pays inquiète Paris ? Bien sûr, mais en même temps au niveau de la realpolitik, Emmanuel Macron a mis de l'eau dans son vin. On voit bien qu'il se prononce de moins en moins sur les autocrates africains. Je pense qu'il va être très prudent sur ces affaires-là. Il ne faut pas se leurrer, il arrive profil bas au Cameroun, parce qu'au cours de son premier mandat, il a pris à rebrousse-poil tous ces chefs d'État de l'Afrique centrale. Je crains même en tant que citoyen français, que ce soit beaucoup plus la prime à la stabilité que la prime à la démocratie dans tous ces pays. La France a restitué en novembre 26 œuvres des trésors royaux d'Abomey pillées au XIXe siècle. Le Bénin pourrait-il profiter de la visite pour réclamer la restitution d'autres œuvres ? C'est une affaire vraiment franco-française, à partir du moment où Emmanuel Macron n'arrive pas à passer une loi-cadre qui concerne l'ensemble des restitutions des œuvres. Pour chaque œuvre, il faut passer une nouvelle loi. C'est vrai que ça reste extrêmement compliqué, et bien évidemment, je pense que le président béninois va en profiter pour appuyer là où ça fait mal, en disant : « Bon, c'est vous qui choisissez les œuvres, vous rendez un sabre au Sénégal, vous nous rendez quelques œuvres comme ça au Bénin… » Mais il faut quand même adopter une loi-cadre. On voit que des pays en particulier la Belgique ou même l'Allemagne sont en train d'aller beaucoup plus loin que la France. La Guinée-Bissau pour terminer cette tournée, c'est une première visite pour Emmanuel Macron. C'est parce que maintenant le président de la Guinée-Bissau est le président de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest et que la France ne veut plus apparaître en première ligne. Quand elle intervient et quand elle fait part de ses désirs, elle passe par la Cédéao. Elle n'est pas obligée, mais maintenant la nouvelle stratégie, c'est de ne plus être en première ligne. Quand on a un certain nombre d'observations à faire, ça passe à travers des organisations régionales africaines et ce n'est plus le grand chef blanc qui depuis l'Élysée dit « voilà, il faut faire ci, il faut faire ça », y compris dans les anciennes colonies françaises. ► À lire aussi : Emmanuel Macron et l'Afrique, saison 2 épisode 1