Redécouverte d'un fait marquant de l'histoire contemporaine. Une façon de revivre sous forme d'archives sonores ou de textes les grands moments de notre histoire... Une émission de Jean Leclerc Fichiers audio disponibles durant 30 jour(s) après diffusion.
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Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, la Suisse soigne ses relations avec les États-Unis. Pendant plus de quarante ans, c'est la guerre froide qui organise la planète, mais une fois le mur de Berlin et l'Union soviétique effondrés, que se passe-t-il ? Fonds juifs en déshérence, secret bancaire, taxes douanières, à vue de nez on a l'impression que les crises entre les deux États amis sont plus fréquentes et gagnent à chaque fois en intensité. On retrouve Janick Schaufelbuehl, historienne, spécialiste de l'histoire des relations internationales de la Suisse à l'Université de Lausanne, pour vérifier cette hypothèse. La Suisse a échappé aux sanctions en 1946 grâce aux accords de Washington et à un gros chèque de 250 millions de francs mais, en 1995, les fantômes de la Deuxième guerre mondiale reviennent hanter la Suisse.

Si l'administration états-unienne actuelle semble prendre un malin plaisir à se faire les dents sur la Suisse, ça n'est pas la première fois. En 1945, les États-Unis et l'Union soviétique reprochent à la Suisse sa neutralité mais surtout ses échanges commerciaux intenses avec l'Allemagne au cours de la Deuxième guerre mondiale. Pour sortir des listes noires des vainqueurs de la guerre, il va falloir négocier. Un accord qui s'annonçait impossible est trouvé à Washington en 1946. Janick Schafelbuehl, historienne, spécialiste de l'histoire des relations internationales de la Suisse à l'Université de Lausanne.

Entre la France, l'Allemagne et l'Italie, la Suisse devait déjà composer avec son voisinage remuant mais une autre entité politique se forme par petites touches après la Deuxième guerre mondiale : L'Union européenne. Alors que faire avec ce nouveau modèle politique, en être ou pas ? Un débat toujours en cours qu'on explore avec René Schwok, professeur honoraire au Département de science politique et relations internationales à l'UNIGE et au Global Studies Institute. René Schwok, politiste, auteur de Suisse-UE, l'adhésion impossible ? (Savoir suisse, mai 2021)

Entre la France et l'Allemagne, le cœur de la Suisse a-t-il balancé si fort que ça au cours de l'histoire ? La question ne se pose pas vraiment jusqu'à l'avènement d'États centraux puissants en Italie et en Allemagne à la fin du XIXe siècle. Jusqu'ici, c'est la France qui domine et même vassalise souvent les cantons suisses. Après 1848, la nouvelle confédération helvétique a choisi le franc comme monnaie de référence mais ce regard tourné vers l'ouest se détourne progressivement au profit de relations plus étroites avec l'Allemagne. Les amitiés de la Suisse avec ses grands voisins, un récit avec Sacha Zala, qui a de nombreuses casquettes : professeur à l'université de Berne, il est aussi président de la Société suisse d'histoire et surtout, ce qui nous intéresse particulièrement dans cet épisode, il est directeur du Dodis, le centre de recherche Documents diplomatiques suisses. Sacha Zala, historien et directeur du Dodis, le centre de recherche Documents diplomatiques suisses.

24 août 1572, des milliers de protestants sont massacrés à Paris, puis dans plusieurs villes de France. Peu d'images en gardent la trace, mais un tableau de François Dubois, exposé au MCBA à Lausanne, met en scène plusieurs moments du massacre dans un même cadre. Peint par un protestant exilé, ce tableau raconte aussi les suites de la Saint-Barthélemy : les conversions forcées, les fuites, et l'arrivée de réfugiés protestants jusqu'en Suisse. Avec Nicolas Le Roux, historien, spécialiste des guerres de religion. Patrick Cabanel, historien du protestantisme en France. Naïma Ghermani, historienne, spécialiste de l'exil et notamment du Refuge huguenot en Suisse.

Un escargot géant défile à Berne en 1928. Il mesure deux mètres de haut et avance lentement, comme les droits politiques des femmes en Suisse. Derrière cette image spectaculaire, des divisions entre féministes et des décennies de combats. Le droit de vote ne sera accordé qu'en 1971, bien après les pays voisins. Avec Pauline Milani, historienne à l'Université de Fribourg, spécialiste de l'histoire des femmes et du genre en Suisse.

Un hélicoptère sur un toit, une file de personnes qui attendent de monter. À Saïgon, en avril 1975, cette image raconte la fin d'une guerre de vingt ans. La chute du Vietnam du Sud pour les uns, la libération pour les autres. Mais ce cliché dit aussi l'abandon, la panique contenue, et les lendemains d'un conflit qui marque durablement les corps et les mémoires. Avec Laurence Monnais, historienne, professeure à l'Université de Lausanne et à l'Institut des Humanités en Médecine du CHUV, spécialiste de l'histoire de la médecine en Asie du Sud-Est. Note : L'image célèbre de l'évacuation par hélicoptère sur le toit d'un immeuble à Saïgon, prise par le photographe Hubert van Es en avril 1975, est soumise à des droits d'auteur. Elle ne peut être reproduite ici, mais peut être consultée sur le site de J. Paul Getty Museum : https://www.getty.edu/art/collection/object/1096F7?utm_source

On tourne la page de l'album et apparaît, en 1972, la première photo de la Terre entière, capturée par la mission Apollo 17. Un cercle bleu marbré de blanc sur fond noir. Cette image devenue célèbre raconte un tournant : un regard nouveau sur notre planète, entre conquête spatiale, rivalité Est-Ouest et prise de conscience écologique. Avec Alexandre Chollier, géographe et chercheur spécialisé dans les représentations de l'espace, auteur du livre November?November?: En route pour la Lune, la Terre en tête (Éditions La Baconnière).

La conférence de Yalta, Blue Marble, la chute de Saïgon, l'escargot des femmes à Berne ou encore la Saint-Barthélemy : certaines images disent bien plus que ce qu'elles montrent. Cette série explore cinq instantanés d'histoire, commentés par des historien·nes, pour en éclairer le contexte, le poids symbolique ou politique. Un album sonore à parcourir comme on feuillette une mémoire collective, image après image. Trois hommes emmitouflés posent devant une rangée de militaires. Cette photo très officielle, prise en février 1945 à Yalta, symbolise bien plus qu'une rencontre : elle met en scène les Alliés en train de préparer la paix des vainqueurs et de dessiner le partage du monde. Un cliché emblématique d'une diplomatie en manteaux d'hiver, mais aussi de tensions à venir. Avec Jenny Raflik, professeure d'histoire contemporaine à l'Université de Nantes, spécialiste des relations internationales et de la guerre froide.

Quoi de plus naturel en apparence que l'allaitement d'un bébé par sa mère ? Mais si naturel qu'il nous apparaisse, l'allaitement, c'est aussi un acte culturel et politique, soumis à un contrôle social très étroit. Retour sur l'histoire longue de l'allaitement avec Yasmina Foehr-Janssens, professeure au Département de langues et littératures médiévales de l'Université de Genève et Daniela Solfaroli Camillocci, professeure associée à l'Institut d'histoire de la Réformation de l'Université de Genève, au micro de Pierre Jenny pour Histoire Vivante.

A l'heure des alertes sanitaires qui frappent les marques de lait maternisé, retour sur l'histoire du lait en poudre. En pleine ruée vers l'or, des scientifiques américains mettent au point des procédés pour réduire des aliments en poudre, plus pratiques à conserver pour les colons en plein Far West. En Suisse, un industriel s'intéresse de près à ces procédés : Henri Nestlé crée sa farine de lait à Vevey en 1867 et le succès qu'il rencontre en incite bien d'autres à emprunter cette nouvelle voie lactée. Au début du XXe siècle, le Valaisan Maurice Guigoz se lance dans l'aventure, lui aussi. Ses produits de diététique infantile font bientôt le tour du monde. L'historienne Maryline Maillard revient sur l'histoire de cette entreprise et de son produit-phare au micro de Pierre Jenny pour Histoire Vivante. Maryline Maillard, Guigoz, Les débuts d'une entreprise innovatrice dans l'industrie laitière (1908-1937), (Aux sources du temps présent, 2002, Université de Fribourg).

Il y a 150 ans, Daniel Peter inventait le chocolat au lait. Véritable révolution dans une industrie encore balbutiante, il faudra plus de vingt ans à cet enfant de Moudon pour mettre en place la recette idéale. Le succès est immédiat, les touristes en raffolent et les vertus vivifiantes qu'on leur vante ne gâchent rien. À grand renfort de publicités, c'est toute une image de l'Helvétie qui se vend à l'étranger. Un pays où se mêlent l'air pur des Alpes et le bon lait de ses vaches, une industrialisation maîtrisée et un savoir-faire de très haute qualité. Le chocolat au lait s'installe durablement au panthéon des produits made in Switzerland puisqu'aujourd'hui encore, il figure en troisième réponse lorsqu'on demande aux touristes ce qui représente le mieux la Suisse. Sans Daniel Peter, pas de success story chocolatière, comme l'expliquent l'historienne, Anne Philipona, et le médiateur culturel de Moudon, Mathieu Gremaud, au micro de Pierre Jenny.

L'image bucolique d'une Suisse, pays d'alpages, de vaches et de lait est inventée au 18e siècle. En plein Romantisme, les touristes affluent vers les Alpes à la recherche d'une nature préservée, de son air pur, peuplée d'habitants que l'on résume parfois, allez souvent, à de primitifs bergers. L'Etat fédéral qui naît en 1848 est en quête d'une identité nationale et de symboles communs, encore une fois dans la montagne, le paysan et les vaches lui fournissent cet imaginaire élémentaire. Mais la Suisse a des liens plus anciens avec le lait qui a forgé l'identité de certains cantons au travers des siècles. C'est le cas de Fribourg où la fabrication de fromages est une source importante de revenus comme l'explique l'historienne fribourgeoise, Anne Philipona, à Pierre Jenny pour Histoire Vivante. Anne Philipona : Le bien commun des paysans. Enfance et développement des sociétés de fromagerie dans le canton de Fribourg, 1850-1914 (Société d'histoire du canton de Fribourg, 2021).

Le lait est partout, particulièrement en Suisse, qui soigne son image de pays d'élevage et de fromages. Aujourd'hui, on s'en méfie pourtant un peu du lait : indigeste, pas végan, surindustrialisé, l'image du breuvage nourricier élémentaire a pris un coup dans l'aile mais il a toujours de beaux jours devant lui. Dans cette série, Pierre Jenny a enquêté pour Histoire Vivante sur l'invention de la société du lait, ses symboles, ses usages et son économie monumentale. Le lait a connu plusieurs révolutions. La première, c'est à la Renaissance, où l'abondance du lait de vache permet la production de fromages et la mise en place d'une économie laitière qui prend son envol avec la révolution industrielle, c'est le deuxième âge du lait. Mais c'est surtout après la Deuxième guerre mondiale que l'Occident est submergé par une vague blanche. En plein baby-boom et pour écouler une production massive, des gouvernements font la promotion du lait à coups de publicité et de journées nationales. Didier Nourrisson, historien et professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université de Lyon 1, explique à Pierre Jenny les liens intimes que nous avons tissés avec le lait. Didier Nourrisson : Du lait et des hommes. Histoire d'un breuvage nourricier de la Renaissance à nos jours. (Éditions Vendémiaire, 2021).

On aimerait pouvoir dire que la vengeance a déserté les relations politiques mais elle est toujours bien là, peut-être même d'autant plus présente dans les conflits ces derniers temps. Si Vladimir Poutine veut arracher sa revanche sur l'histoire, du côté de l'Ukraine c'est la défense de son droit à l'autodétermination qui nourrit le sentiment de vengeance. Avec Marie Robin, politiste à l'Université de Leiden, autrice de La vengeance et la paix.

Vladimir Poutine convoque l'histoire pour justifier son invasion. Côté ukrainien on répond par une résistance armée et bientôt aussi par un regard sur le passé capable de soutenir un front de défense qui dure depuis 4 années. Sur le fonctionnement de l'Union soviétique, les débats furent féroces entre Lénine et Staline. Quand le premier meurt c'est la seconde option qui l'emporte. Avec Eric Aunoble, chargé de cours à l'université de Genève, co-auteur de Russie, Ukraine, Pologne: Histoire partagée, mémoires divisées.

La guerre que la Russie mène en Ukraine se fait avec des armes mais aussi avec de l'histoire. Un drôle de cocktail entre tsarisme et communisme où Vladimir Poutine prélève des morceaux d'histoire de la Russie des tsars qu'il articule avec l'histoire soviétique. Une opération très sélective qui remet en gloire Staline, mais qui n'a rien à voir avec la réhabilitation du communisme. Avec Korine Amacher, professeure d'histoire russe et soviétique à l'université de Genève et co-autrice de l'ouvrage : Histoire partagée, mémoires divisées. Ukraine, Russie, Pologne (Editions Antipodes, 2021, Lausanne).

Démontage, peinture rouge, destruction ou décapitation: les statues de Pouchkine sont éliminées de l'espace public ukrainien une à une depuis 2022. Les grands auteurs russes deviennent la cible de cette chasse à l'influence conquérante de la Russie. Une condamnation peut-être pas si méritée que ça mais la littérature, elle aussi, est en guerre. Avec Victoire Feuillebois, spécialiste de l'histoire littéraire et professeure à l'université de Strasbourg.

En Ukraine la guerre se mène avec des armes et avec des mots. Au cœur des discours, l'histoire, celle qui rassemble et celle qui sépare. Vladimir Poutine justifie son agression par un récit mêlant gloire tsariste et victoires soviétiques, tandis que l'Ukraine répond par une dérussification massive. De la guerre de Crimée du XIXe siècle aux théories de la vengeance, cette série explore comment l'histoire devient une arme de guerre. L'affrontement entre l'Ukraine et la Russie ne date pas du 24 février 2022 et de l'"opération spéciale" de Vladimir Poutine, mais de 2014 avec l'annexion de la Crimée. Ce point chaud du conflit s'inscrit dans une histoire longue de l'expansion russe depuis le XIXe siècle. Avec Marie-Pierre Rey, spécialiste de l'histoire russe, on remonte le temps pour explorer l'histoire de cette péninsule de la mer Noire avec ses guerres féroces où s'est déjà joué la paix du continent tout entier.

Les ligues antialcooliques féminines suisses s'inspirent des mouvements américains et britanniques, tout en s'adaptant à leur contexte. Ces organisations permettent aux femmes de s'engager dans la sphère publique et politique, créent des réseaux internationaux et imposent le débat, malgré l'idéal traditionnel du rôle féminin toujours si bien ancré dans la société au cours du XXe siècle. Ces femmes militantes, sont l'objet des recherches d'Audrey Bonvin, chercheuse FNS à l'université de Fribourg.

La prohibition s'est imposée aux États-Unis de 1920 à 1933, pour éloigner les ravages de l'alcoolisme. Mais elle a aussi créé ses monstres avec une explosion de la criminalité organisée et de la corruption. La contrebande invente ses intermédiaires, toute une hiérarchie et chacun a son rôle dans la chaîne d'approvisionnement. La vertueuse prohibition avait pour ambition de faire baisser les seuils de violence présents dans la société au quotidien mais elle en crée ailleurs, comme on le découvre avec massacre de la Saint-Valentin, le 14 février 1929. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).

La Prohibition est instaurée en 1920. Et pourtant, on boit encore aux États-Unis. La légende dorée de la clandestinité nous a laissé des images où l'excitation de la trangression l'emporte sur tout. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).

Les ravages de la boisson sont devenus un enjeu de société brûlant au cours du XIXe siècle aux États-Unis. Et la prohibition fait son chemin. Au seuil de la première guerre mondiale, les débats sont féroces et celles et ceux qui militent pour l'interdiction de l'alcool ciblent la faiblesse des politiques publiques et le système économique toujours en quête d'un marché lucratif. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).

Histoire Vivante s'intéresse à l'histoire de la prohibition. Une histoire festive et flamboyante, des années 1920 et 1930, où les images de nuits folles et clandestines, de gangsters et de garçonnes sur le dance floor, de Gatsby le Magnifique et d'Al Capone dominent largement dans les mémoires. Mais la prohibition est aussi la trajectoire d'une réflexion sur l'alcoolisme, une recherche à tâtons pour comprendre quelle place laisser à l'alcool parmi nous. Au moment où la consommation d'alcool interroge, les États-Unis sont indépendants depuis quelques décennies seulement. Cette nouvelle nation se cherche et s'invente un peu plus chaque jour. Avec Annick Foucrier, historienne, spécialiste des États-Unis et autrice de La Prohibition - Interdire pour une Amérique meilleure ? (Armand Colin, 2025).

Après l'affaire Dreyfus, la France apparaît comme l'Etat qui défend ses citoyens juifs. L'image d'exemplarité de la France après l'affaire Dreyfus s'accompagne aussi de profondes divisions au sein de la société française qui laissent leur empreinte et pour longtemps. Le 4 juin 1936, Léon Blum prend la tête du gouvernement. Il est socialiste, juif et les antisémites n'ont pas attendu son élection pour faire la démonstration de leur hostilité. Alors que les élections se préparent, il avait été victime d'une agression violente et spontanée dès le mois de février. Tal Brutman est historien, il est l'auteur de La France antijuive de 1936 (Éditions des Equateurs). Avec lui, on explore la centralité de la France dans le renouvellement de l'antisémitisme dans les années 1930.

Si l'antisémitisme est un amalgame de rumeurs malveillantes et de rivalité religieuse, il se politise au XIXème siècle. L'apparition de théories sur la hiérarchie des races en lien avec la construction des nationalismes se cumulent avec l'hostilité multiséculaire chrétienne. Si l'antisémitisme ne semble jamais disparaitre, c'est qu'il recycle les fantasmes et croyances populaires désormais traditionnels. L'hostilité contre les Juifs réapparaît lors des crises pour en désigner le bouc émissaire, une acrobatie bien pratique pour expliquer l'échec d'une politique. Le XIXème siècle avait pourtant bien commencé : La France de la Révolution avait reconnu l'égalité des Juifs au sein de son corps politique et serait progressivement suivie par ses voisins. Mais ce XIXème siècle est aussi celui qui réinvente la haine des Juifs, il lui donne de nouveaux atours pseudo-scientifiques et la rebaptise " antisémitisme ". Avec Jacques Ehrenfreund, professeur à l'Université de Lausanne, titulaire de la Chaire d'histoire des Juifs et du judaïsme à la Faculté de théologie et de sciences des religions.

A l'époque médiévale, les Juifs ont un statut spécifique qui ne les protège pas d'une dégradation de leurs conditions de vie et bientôt de leur expulsion. Une politique largement suivie en Europe occidentale chrétienne. Le Moyen Age est aussi le moment où l'on invente les premiers signes distinctifs destinés aux Juifs, comme la rouelle, la double bande blanche, la ceinture jaune ou encore le chapeau pointu. D'inspiration très variés ces signes extérieurs sont tous destinés à rendre visible les Juifs parmi les populations, de l'Empire ottoman à l'Occident chrétien. La papauté désigne les ennemis de la chrétienté et au XIème siècle, lorsque commencent les Croisades, tout ce qui n'est pas chrétien devient un ennemi sur la route des Croisés. Pierre Savy, Maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l'université Paris-Est, raconte une affaire au cours de laquelle déjà le regard porté sur les Juifs semble avoir changé.

Comment naît l'antisémitisme, les fantasmes et les rumeurs qui l'accompagnent ? Pour comprendre ces phénomènes de très longue durée, on remonte à l'origine du christianisme avec Jacques Ehrenfreund, professeur à l'Université de Lausanne, titulaire de la Chaire d'histoire des Juifs et du judaïsme à la Faculté de théologie et de sciences des religions. Cela commence par l'histoire d'une rivalité entre deux religions. Le christianisme apparaît au premier siècle de notre ère mais se construit avec l'héritage du judaïsme, l'un des premiers monothéismes dont on trouve des traces archéologiques dès le deuxième millénaire avant notre ère. Une nouvelle religion et une autre beaucoup plus ancienne qui cohabitent difficilement.

Du complot mondial aux meurtres rituels, les mensonges sur les Juifs sont nombreux à travers l'histoire et font preuve d'une imagination sans pareille. L'antisémitisme flambe depuis l'attaque du Hamas en territoire israélien le 7 octobre 2023. Pourtant, il avait déjà refait surface à la faveur des crises mondiales, des secousses au Moyen-Orient mais aussi de l'éloignement de la Deuxième Guerre mondiale et la disparition progressive des rescapés de la Shoah, qui incarnaient la puissance destructrice de l'antisémitisme. Histoire Vivante tente de comprendre comment cette haine persistante se déploie sur des millénaires et comment elle devient le motif de la création d'un Etat pour protéger ceux qui en sont les victimes. En Suisse, la première référence rencontrée est le meurtre de Payerne en 1942. Est-il emblématique des expressions de l'antisémitisme à travers nos cantons ? C'est la question qu'on se pose avec Brigitte Sion, qui a contribué à l'ouvrage collectif Albert, Esther, Liebmann Ruth et les autres. Présences juives en Suisse romande paru aux éditions Alphil.

Au début du XXème siècle, les États-Unis ont rejoint le cercle très sélectif des puissances mondiales, grâce à leur économie, grâce à quelques victoires militaires retentissantes et grâce à leur souveraineté sur le canal de Panama qui joue un rôle puissant pour le commerce mondial et lors des deux guerres mondiales. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025). Et avec Bertrand Van Ruymbeke, historien, auteur de Histoire des États-Unis, Tome 1. 1492-1919 - Tome 2. 1919 à nos jours (Tallandier, 2021).

Les entrepreneurs français ont échoué à creuser leur canal de Panama et sont engloutis dans un des plus grands scandales politique et financier. Mais le jeu n'est pas plié, les États-Unis attendaient patiemment leur tour et c'est avec eux que le canal s'apprête à voir le jour à coup de pioche et coup d'Etat. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025). Et avec Bertrand Van Ruymbeke, historien, auteur de Histoire des États-Unis, Tome 1. 1492-1919 - Tome 2. 1919 à nos jours (Tallandier, 2021).

Le canal de Panama aurait pu être un chef d'œuvre français mais ce premier chantier s'effondre - entre 1889 et 1892 - dans le fracas d'un scandale politique et financier qui est resté un totem historique dans les mémoires. Ferdinand de Lesseps qui devait raccourcir les distances du monde, le héros du canal de Suez, a échoué. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, 2025).

En 1888, Henri Étienne, un jeune Neuchâtelois, est recruté par la Compagnie du Canal, l'entreprise qui supervise la construction au Panama. À cette époque, c'est Ferdinand de Lesseps, le promoteur du percement du canal de Suez, qui s'apprête à ouvrir une voie fluviale entre les océans Pacifique et Atlantique. Henri Étienne saisit cette opportunité et se voit confier le recrutement de la plupart des ouvriers chargés du creusement du canal de Panama. Avec l'historien Laurent Tissot, qui a retrouvé la correspondance, très fournie, qu'entretient Henri Etienne avec sa famille au cours de cette mission à la fois secrète et impossible. Et Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, Paris, 2025).

Le canal de Panama a beaucoup fait parler de lui dernièrement, notamment parce que Donald Trump l'a inscrit sur sa liste de territoires convoités, aux côtés du Groenland et, pourquoi pas, du Canada. Ce choix s'explique par le fait que le canal constitue le chemin le plus court entre les océans Pacifique et Atlantique, mais aussi parce que l'Amérique latine attise depuis longtemps les convoitises des grandes puissances, les États-Unis en tête. Les premiers à se lancer dans le creusement d'un canal au Panama sont les Français, pionniers d'un vieux rêve. Avec Jean-Yves Mollier, historien, auteur de Panama, un canal pour mémoire (Flammarion, Paris, 2025). Et avec Laurent Tissot, historien, qui a présenté et annoté l'ouvrage Des Chinois pour le canal de Panama : correspondances (1886-1889) / Henri Etienne (Lausanne, Editions d'En bas, 2014).

Donald Trump convoite avec insistance le Groenland. Alors, pour éclairer cette actualité, Histoire Vivante vous propose la rediffusion d'une série consacrée à l'histoire coloniale, politique et humaine de l'Arctique qui englobe justement le Groenland. Après l'histoire coloniale de l'Arctique, l'implantation et des ambitions des grandes puissances, nous changeons de point de vue pour comprendre le regard des peuples de l'Arctique - et des Inuits en particulier - sur leur propre propre histoire et cette rencontre de l'étranger. Avec Yvon Csonka, ethnologue, qui a enseigné pendant 10 ans à l'université de Nuuk au Groenland.

Donald Trump convoite avec insistance le Groenland. Alors, pour éclairer cette actualité, Histoire Vivante vous propose la rediffusion d'une série consacrée à l'histoire coloniale, politique et humaine de l'Arctique qui englobe justement le Groenland. Depuis quelques décennies, l'Arctique est devenue un enjeu géopolitique et stratégique majeur, au croisement des guerres commerciales et industrielles, de la décolonisation et de la protection de l'environnement. Du XIXème siècle à nos jours, l'attrait des ressources a généré de grandes ambitions avec un engagement variable des grandes puissances. Avec Camille Escudé, autrice du livre Géopolitique de l'Arctique, paru aux Presses Universitaires de France.

Donald Trump convoite avec insistance le Groenland. Alors, pour éclairer cette actualité, Histoire Vivante vous propose la rediffusion d'une série consacrée à l'histoire coloniale, politique et humaine de l'Arctique qui englobe justement le Groenland. Tous les états qui bordent l'océan Arctrique sont considérés comme des pays arctiques : les Etats-Unis avec l'Alaska, le Danemark avec le Groenland, et les pays scandinaves : la Suède, la Norvège, la Finlande et enfin la Russie. Mais lorsqu'on parle des populations arctiques, cela devient plus compliqué : il y a les frontières politiques et les frontières culturelles, qui dépassent parfois ce cercle polaire. Avec Yvon Csonka, ethnologue, qui a enseigné à l'université de Nuuk au Groenland.

Donald Trump convoite avec insistance le Groenland. Alors, pour éclairer cette actualité, Histoire Vivante vous propose la rediffusion d'une série consacrée à l'histoire coloniale, politique et humaine de l'Arctique qui englobe justement le Groenland. "Nanouk, l'esquimau" est le film fétiche du réalisateur Robert Flaherty dont les héros, Nanouk, sa femme Nylla et leurs deux enfants, nous emmènent dans les paysages arctiques canadiens et dans l'épreuve quotidienne de leur vie. Glaciers, banquise, igloos, kayaks et chiens de traineaux, c'est une carte postale coloniale, mais pas si parfaite que ça. Les personnages sont sympathiques, la tragédie inexistante, c'est beau mais tout est faux, c'est du cinéma, reste à savoir qui, de Flaherty ou des Inuits, mène vraiment le récit. Avec Stéphane Pichelin, spécialiste de l'œuvre du réalisateur de Nanouk, Robert Flaherty.

Donald Trump convoite avec insistance le Groenland. Alors, pour éclairer cette actualité, Histoire Vivante vous propose la rediffusion d'une série consacrée à l'histoire coloniale, politique et humaine de l'Arctique qui englobe justement le Groenland. Depuis quelques années, l'Arctique est partout, dans les romans, les séries, les rubriques de géopolitiques. Parce que la fonte de la banquise inquiète, parce que les appétits commerciaux et stratégiques s'aiguisent, parce que la région est devenue un décor d'intrigue de fiction qui font un carton en librairie. Dans cette nouvelle série, on explore son histoire pour comprendre comment l'Arctique est devenue cette immense surface de projection de toutes les angoisses de notre temps. L'Arctique est d'abord un milieu hostile et étrange, une région extrême, loin du confort des grandes capitales, un exotisme tout au Nord de l'Europe. Dans la première moitié du XIXème siècle, l'Arctique fait l'objet d'un enthousiasme scientifique, un défi pour les navigateurs, une destination pour les aventuriers. Alessandra Carcreff a réédité le récit de Léonie d'Aunet, un voyage en 1938 au Spitzberg, une île de l'archipel du Svalbard à près de 700 km au Nord de la Scandinavie dans la Mer arctique. Alors commençons comme des touristes sans avion, sans Gore Tex et sans 5G, sans même les femmes à l'exception d'une, notre héroïne du jour : Léonie.

Edgar Morin est un intellectuel français de gauche, centenaire et très célèbre. Sociologue et philosophe, de parents juifs originaires de Salonique, il est antifasciste dans les années 1930, s'engage dans la Résistance pendant la Deuxième guerre mondiale et défend les droits humains depuis. On est donc très étonnés d'apprendre qu'en 2002, il est poursuivi en justice pour antisémitisme. Le choix des mots dans une tribune parue dans la presse pose question. Une histoire de subtilité et d'interprétation. Avec Thomas Hochmann, professeur de droit public et spécialiste de la liberté d'expression, pour comprendre cette affaire où les mots sont à choisir avec la plus grande délicatesse. Il est l'auteur de On ne peut plus rien dire... Liberté d'expression le grand détournement (Editions Anamosa, 2025).

Le 10 mars 2006, on enterre Matthew Snyder, caporal du Corps des Marines des États-Unis, tué accidentellement au cours de la guerre en Irak. À quelques centaines de mètres, sept membres de l'Église baptiste de Westboro et son fondateur Fred Phelps manifestent, brandissant des pancartes : "Dieu merci pour les soldats morts", "Dieu hait les homosexuels" et "Vous irez en enfer". Le père de Matthew Snyder porte plainte tandis que Fred Phelps défend cette action, au nom de l'exercice légitime de son droit à la liberté d'expression et du droit de manifester pacifiquement, protégés par le Premier Amendement de la Constitution américaine. Avec Thomas Hochmann, professeur de droit public et spécialiste de la liberté d'expression et auteur de On ne peut plus rien dire... Liberté d'expression le grand détournement (Editions Anamosa, 2025).

Le cas Perinçek fait partie de ces affaires judiciaires directement lié à l'histoire et au négationnisme du génocide des Arméniens (1915-1916). Un million deux cent mille Arméniens perdent la vie sur territoire de la Turquie actuelle, sur ordre du parti Jeunes Turcs alors au pouvoir. La majorité des États reconnaît aujourd'hui ce génocide, contrairement à l'État turc et à d'autres, revendiquant une forme de neutralité à ce sujet. Thomas Hochmann, professeur de droit public et spécialiste de la liberté d'expression nous raconte cette affaire à rebondissements qui oppose la Suisse à Dogu Perinçek. Il est l'auteur de On ne peut plus rien dire... Liberté d'expression le grand détournement (Editions Anamosa, 2025).