Redécouverte d'un fait marquant de l'histoire contemporaine. Une façon de revivre sous forme d'archives sonores ou de textes les grands moments de notre histoire... Une émission de Jean Leclerc Fichiers audio disponibles durant 30 jour(s) après diffusion.
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Dans la série de super-héros Watchmen, sortie sur la plateforme HBO en 2019, le scénariste Damon Lindelof imagine une société alternative où les descendants des victimes de l'esclavage et de la ségrégation raciale aux États-Unis bénéficient de réparations, notamment sous la forme d'une exemption d'impôts à vie. Sous le masque de la fiction et du divertissement apparaît une question qui court toujours : comment réparer les crimes de la traite atlantique et de l'esclavage colonial ? C'est une question qui hante et qui questionne notre capacité à vivre avec un passé impardonnable. En 1849, l'État français a écarté cette question : il a versé 126 millions de Francs-or, mais aux anciens propriétaires d'esclaves pour compenser l'abolition définitive de l'esclavage en 1848. A ce moment-là, on fixe un prix à l'esclavage pour les maîtres mais pas pour les victimes, les esclaves. Myriam Cottias et une équipe de chercheuses ont scruté de près ce moment de négociation qui a changé des vies. Myriam Cottias, historienne, directrice de recherche au CNRS au Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe et autrice avec Magali Bessone du Lexique des réparations de l'esclavage, chez Karthala.

Tout le monde ne s'accorde pas sur la véracité de cette histoire mais en 1839, Mikhaïl Andréiévitch Dostoïevski, le père du célèbre romancier Dostoïevski, aurait été assassiné par ses serfs, qui l'étouffent avec un coussin. Des paysans asservis qui ne supportaient plus la cruauté de leur maître et un épisode d'une violence inouïe qui inspire à son fils le personnage de Fiodor Karamazov, personnage sombre du chef-d'œuvre Les frères Karamazov. Peut-être une question : est-on coupable du meurtre de son père si on l'a simplement désiré en pensée ? Sur le territoire russe, une forme d'esclavage, le servage, s'invente très progressivement entre le XVIe et le XVIIe siècle alors qu'en Europe occidentale, il disparaît, mais en faveur de la traite atlantique, une autre forme de domination de l'humanité par l'humanité. Ce système d'asservissement est directement lié à l'émergence du pouvoir central des tsars et c'est avec Marie-Pierre Rey, spécialiste de la Russie, qu'on vous emmène pour découvrir cette histoire

Les grands monothéismes connaissent tous l'esclavage. La chrétienté bien sûr et même le bouddhisme n'ont pas libéré les esclaves au moment de leur invention et l'islam non plus. L'historien M'hamed Oualdi travaille sur l'esclavage dans les mondes musulmans et c'est une question toujours délicate. M'hamed Oualdi, professeur au département d'histoire de l'Institut universitaire européen (EUI) à Florence, auteur de L'esclavage dans les mondes musulmans. Des premières traites au traumatisme, paru aux éditions Amsterdam.

Au fil de l'histoire longue de l'esclavage, le Moyen Âge est souvent un point aveugle, comme si entre l'Antiquité grecque et romaine et la traite transatlantique, il ne se passait rien. Pourtant l'esclavage ne disparait pas au cours des dix siècles médiévaux, loin de là. Être esclave c'est bien souvent être considéré comme ennemi. Sandrine Victor, historienne et professeure à l'Institut National universitaire Champollion d'Albi, s'est emparée de cette zone d'ombres et de ses silences pour dévoiler comment le Moyen Âge n'abolit pas l'esclavage. Sandrine Victor, historienne, autrice de L'esclavage au Moyen Âge, dans la collection Texto chez Tallandier

En 1926, la Société des Nations établit à Genève une convention sur l'esclavage, qui entre en application quelques mois plus tard en mars 1927. Ratifié par une centaine d'États dans les années qui suivent, le texte s'engage à œuvrer pour la suppression complète de l'esclavage sous toutes ses formes, d'une manière progressive et aussitôt que possible. Parce que le temps de l'esclavage est très long. Lorsqu'on pense à l'esclavage on voit immédiatement apparaître les chaînes et les plantations, des millions d'hommes et de femmes racisés et déportés à travers l'Atlantique pour construire le Nouveau Monde sous la contrainte et les coups. La traite atlantique, la réduction en esclavage de millions d'Africains, c'est un fait massif. Mais l'esclavage n'est pas inventé à ce moment-là, au XVIIe siècle. Il existe depuis et bien avant l'invention de nos sociétés et même de la démocratie. Alors pour comprendre ses mécanismes et les discours qui ont pu légitimer l'esclavage dans les plantations américaines, on remonte le temps pour comprendre comment s'est construite, sur des millénaires, la possibilité de l'esclavage et comment un monde sans esclaves est difficile à trouver. L'Athènes antique est le berceau de la démocratie. Mais c'est aussi à ce moment-là qu'on commence à repérer une pratique de l'esclavage massive. Dans cet épisode, on regarde le mythe d'Œdipe et le retour d'Ulysse sous un angle très différent. Quels sont les liens entre l'invention de la démocratie, ce régime politique largement majoritaire dans notre partie du monde, et l'esclavage ? On y réfléchit avec Paulin Ismard, directeur d'études à l'EHESS, auteur de La cité et ses esclaves et directeur de l'ouvrage Les mondes de l'esclavage (Editions du Seuil). Paulin Ismard, historien, auteur de La cité et ses esclaves et Les mondes de l'esclavage paru au Seuil.

Depuis 1948, des millions de Palestiniens vivent en exil et une partie de leur patrimoine aussi. Certaines de ces antiquités de Gaza ont trouvé refuge à Genève depuis près de 20 ans. Dans cet épisode, Fadel Al Otol, archéologue palestinien arrivé en Suisse en 2025, et Marc-André Haldimann, archéologue suisse, retracent le destin de ces objets sauvés de la guerre. Entre amitié, exil et urgence patrimoniale, ils racontent comment l'histoire de Gaza survit, loin de Gaza.

Pendant près de huit siècles, le quartier des Maghrébins, au pied du Mur occidental, a été un lieu de vie, d'accueil et de passage au cœur de Jérusalem. Mais dans la nuit du 10 au 11 juin 1967, juste après la Guerre des Six Jours, il est rasé en quelques heures par les bulldozers israéliens. Dans cet épisode, l'historien Vincent Lemire, auteur d'Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem, raconte comment ce quartier a disparu du paysage et ce que cette destruction révèle de l'histoire longue et conflictuelle de Jérusalem.

En 2004, un séisme et plusieurs jours de neige révèlent les traces d'un quartier oublié : le quartier des Maghrébins, habité pendant près d'un millénaire au cœur de Jérusalem avant d'être rasé en une nuit, juste après la Guerre des Six Jours en 1967. Dans cet épisode, l'historien Vincent Lemire, auteur d'Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem, redonne vie à ce fragment de ville effacé et montre comment son histoire éclaire toute la complexité religieuse et politique de Jérusalem.

Au XIX? siècle, l'idée ancienne de terre promise devient un projet politique moderne. Face aux pogroms, des penseurs juifs, dont Theodor Herzl imaginent la création d'un État pour garantir la sécurité des Juifs. En parallèle, un sionisme chrétien se développe dans le monde anglo-saxon et soutient, pour des raisons religieuses, l'installation des Juifs en Palestine. Dans cet épisode, l'historienne des religions Katell Berthelot explique comment ces interprétations de la promesse biblique ont façonné un projet national et posé les bases d'un conflit toujours brûlant aujourd'hui.

La Palestine historique et une partie des régions voisines est décrite dans la Bible hébraïque comme la "terre promise" aux Hébreux. Un territoire fondateur pour le judaïsme, le christianisme et l'islam, où l'on raconte les vies d'Abraham et de Moïse, figures centrales des trois monothéismes. Mais cette idée de terre promise est devenue, au fil des siècles, à la fois un idéal et l'un des nœuds du conflit israélo-palestinien. Dans cet épisode, l'historienne des religions Katell Berthelot explique comment cette promesse a été interprétée, transformée, et utilisée jusqu'à aujourd'hui.

Célèbre pour son kit d'avortement par aspiration, Harvey Karman est remis en question par ses compatriotes féministes aux États-Unis mais sa technique assure sa célébrité bien au-delà de l'Amérique du Nord et traverse l'Atlantique. On retrouve Bibia Pavard, historienne, maîtresse de conférences, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université Panthéon-Assas et chercheuse au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaires sur les médias (CARISM). Elle publie aux éditions La Découverte : La douleur et le soin. Enquête sur Harvey Karman et sa méthode d'avortement.

Dans les années 1970, alors que le droit à l'avortement est un combat en cours, Harvey Karman, propagateur d'une méthode par aspiration nettement moins douloureuse que le curetage largement pratiqué jusque-là, pourrait faire figure de héros dans cette histoire des droits féminins. On a même gardé en mémoire cette méthode comme la " méthode Karman ". Avec lui, on retombe dans une histoire d'héroïsme viril qui ouvre la porte aux femmes, celles qui attendraient patiemment leur tour. Mais Karman n'est qu'un rouage dans le développement de réseaux mondiaux et cette entreprise est bien plus collective qu'il n'y paraît. On retrouve Bibia Pavard, historienne, maîtresse de conférences, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université Panthéon-Assas et chercheuse au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaires sur les médias (CARISM). Elle publie aux éditions La Découverte : La douleur et le soin. Enquête sur Harvey Karman et sa méthode d'avortement.

Les techniques d'avortement sont le fruit d'une histoire très collective : de médecins, de militantes, de patientes, de solidarités et de répression. Encore aujourd'hui on entend parler de la "Méthode Karman", qui aurait révolutionné l'avortement, moins douloureuse, moins chère et plus simple à pratiquer. Personnage énigmatique, il est décrit par la journaliste Elaine Woo dans une nécrologie parue en 1988 dans le Los Angeles Times comme "flamboyant, militant, inventeur, éducateur et voyou". Bibia Pavard, historienne, maîtresse de conférences, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université Panthéon-Assas et chercheuse au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaires sur les médias (CARISM). Elle publie aux éditions La Découverte : La douleur et le soin. Enquête sur Harvey Karman et sa méthode d'avortement..

Des tiges métalliques qui glacent à leur simple évocation en passant par les potions confidentielles et jusqu'à la révolution de l'aspiration, l'avortement, c'est une histoire de droit et de droit à disposer de son propre corps pour toutes les femmes. C'est aussi une histoire de douleur, de santé et de techniques, des plus expérimentales, au temps de la clandestinité, aux plus technologiques d'aujourd'hui. Quand on parle d'avortement, de quels gestes parle-t-on, de quelle expérience pour celle qui le choisit et de quels experts pour y arriver ? Bibia Pavard est historienne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université Panthéon-Assas, chercheuse au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaires sur les médias (CARISM), spécialiste de l'histoire des féminismes, de la contraception et de l'avortement. Elle publie aux éditions La Découverte : La douleur et le soin. Enquête sur Harvey Karman et sa méthode d'avortement. Avec elle, on remonte le temps avant les années de combat victorieux de la deuxième moitié du XXe siècle pour le droit à l'avortement, ces siècles où interrompre une grossesse était forcément secret et clandestin, invisible et il était pourtant bien là.

L'avortement redevient un champ de bataille de premier plan : Attaqué aux États-Unis, en Italie ou encore en Allemagne, ce droit, conquis au XXe siècle, est remis en question aujourd'hui dans un paysage politique où le conservatisme gagne du terrain dans les urnes et dans les têtes. Le corps des femmes est encore l'objet des affrontements politiques les plus tendus. Le droit à l'avortement, histoire d'un droit fragile. Depuis 2002, l'avortement est autorisé en Suisse jusqu'à douze semaines de grossesse. En France, c'est légal depuis 1975, en Italie depuis 1978. Sur le papier, près de trente années les séparent, mais ce n'est pas si simple. Marina de Toro a fait un master sur le droit à l'avortement en Suisse romande à l'université de Lausanne. Depuis, elle est devenue archiviste-cheffe de projet aux Archives de la Ville de Neuchâtel et c'est là qu'on se rencontre, dans la salle de lecture entourée de rayonnages de cartons. Jusqu'à l'unification du code pénal en 1942, chaque canton avait ses propres règles en matière d'interruption volontaire de grossesse.

Le quatrième jubilé des Guerres de Bourgogne a commencé en 2024. Discours officiels, festivités façon Renaissance, restauration de patrimoine, sont organisés pour l'occasion. Mais près de six siècles après, pourquoi ces guerres de Bourgogne se racontent encore ? Avec : - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne). - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue Tous trois sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse.

A Nancy, le 5 janvier 1477, Charles de Bourgogne subit une troisième défaite magistrale, et cette fois-ci, il y laisse la vie, ses rêves d'empire de la mer du Nord au Jura, et sa réputation, sans appel. Après les défaites de Grandson et de Morat, son armée est mal en point, réduite à pas grand-chose, mais il y croyait encore. Ces adversaires prennent position et parmi eux 9000 combattants des cantons suisses. Avec : - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne) - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue Estelle Doudet, Daniel Jaquet et Lisa Sancho sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse. - Jean-Baptiste Santamaria, maître de conférences à l'Université de Lille, auteur de La mort de Charles le Téméraire, paru aux éditions Gallimard.

550 ans après les guerres de Bourgogne, pas simple de trouver un héros suisse des guerres de Bourgogne qui fasse l'unanimité, l'histoire résiste à la construction d'un mythe clair et net. D'abord parce que la Suisse telle qu'on la connait aujourd'hui n'existe pas encore, ensuite parce que les cantons ne sont pas tous du même côté sur le champ de bataille. Les guerres de Bourgogne ce sont des victoires éclatantes à Grandson, à Morat et à Nancy, mais c'est aussi une histoire qui écorche le mythe ancestral de l'unité suisse. Avec : - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne) Tous trois sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse.

La légende noire de Charles le Téméraire côté suisse s'inspire largement d'un évènement sanglant : les pendus de Grandson. Nous sommes en 1476 et le Bourguignon a décidé de marcher sur Berne avec son armée. En route, il assiège Grandson et son château. Les troupes bernoises se rendent au bout de 10 jours. Elles ne savent pas encore que leur appel à l'aide est arrivé à destination et que les confédérés arrivent pour les sauver et infliger une belle déculottée à Charles de Bourgogne. Avec : - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne) - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue Tous trois sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse.

5 janvier 1477. C'est la bataille de Nancy, Charles le Téméraire, en fuite, meurt sans gloire au bord d'un marécage. Les guerres de Bourgogne se terminent avec cette fin piteuse et pour la plus grande partie des chroniqueurs qui les raconteront, ces guerres, c'est bien fait pour lui. Mais c'est un peu rapide, les guerres de Bourgogne engagent de nombreux peuples et têtes couronnées, la future Suisse, aussi, et en fait toute l'Europe. Tous les 50 ans on commémore ce conflit de la Renaissance par un jubilé qui se déroule en ce moment même. L'occasion d'explorer ses conséquences a priori ravageuses et pourtant soigneusement oubliées sur l'histoire de l'unité de la Suisse. En ce moment on entend beaucoup parler d'impérialisme, ou de prétentions impérialistes et souvent lorsqu'il est question de la Russie, de la Chine ou encore des Etats-Unis. On pourrait mettre les guerres de Bourgogne dans cette liste : une coalition contre les rêves de grandeur de Charles de Bourgogne qui sera baptisé le Téméraire des siècles plus tard. Avec : - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne) - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue Tous trois sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse.

En Suisse, on a une pierre précieuse, un gros caillou dodu d'environ 83 kg, volé et rendu plusieurs fois. C'est la pierre d'Unspunnen, un trésor national révélé par l'humour des autonomistes jurassiens. Robin Erard et Samuel Chalard ont enquêté sur sa disparition et sur l'histoire du sentiment national en Suisse. Leur documentaire Le syndrome d'Unspunnen sera diffusé dimanche soir sur RTS 2. La pierre d'Unspunnen, on pensait qu'elle était là depuis toujours et pour toujours, mais son vol lui a donné toute sa valeur.

Dans cet épisode, je vous propose une histoire qui finit presque bien, celle d'un trésor perdu et retrouvé mais pas récupéré, là, ça coince encore. Le trésor de Priam, c'est une histoire flamboyante, de son invention à sa localisation récente. Un parcours de la mythologique guerre de Troie avec sa Belle Hélène et ses héros tapageurs Pâris, Ménélas, Agamemnon et un cheval perfide jusqu'à la chute du Mur de Berlin et les couloirs du musée Pouchkine à Moscou aujourd'hui. De quoi est composé ce trésor de Priam si convoité ? Avec Annick Louis, historienne et spécialiste du mythe de Troie, autrice de L'invention du mythe de Troie paru en 2020 aux éditions de l'EHESS.

Quand un objet volé est retrouvé, c'est toujours une explosion de joie, un trésor révélé, une énigme résolue, un mystère dévoilé. En revanche, quand il disparaît sans laisser de traces, ça pique toujours un peu et reste un mystère tenace. C'est le cas d'un tableau de la Renaissance disparu au cours de la Deuxième Guerre mondiale : Le portrait d'un jeune homme de Raphaël. Avec Emmanuelle Polack, historienne de l'art et spécialiste de la spoliation d'œuvres d'art par le régime nazi, missionnée par le musée du Louvre pour vérifier dans ses collections la provenance des achats effectués entre 1933 et 1945. On commence par rencontrer ce tableau dont on a perdu la trace depuis 1945.

En 1815, l'empire de Napoléon est terminé. Après dix années de guerre qui ont étendu la France à une bonne partie de l'Europe, les objets pillés au gré de l'avancée de son armée sont réclamés par leurs propriétaires. Le Louvre renferme la plus grande partie de ce butin de guerre, un trésor des arts européens. Une vague de restitution inédite commence, qui contribue au développement de la notion de patrimoine national et à l'édification des plus grands musées d'Europe que l'on visite encore aujourd'hui. Bénédicte Savoy, professeure d'histoire de l'art à l'université technique de Berlin. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages sur les restitutions de biens culturels volés et d'un rapport avec Felwine Sarr sur la restitution du patrimoine culturel africain en 2018 pour le gouvernement français. Autrice de 1815, le temps du retour, Restituer l'art en Europe après l'Empire napoléonien paru aux éditions La Découverte.

Effet de crise, faiblesses de sécurité, appât du gain face à tout ce qui brille, les vols se multiplient : des joyaux de la Couronne de France au Louvre aux pièces d'or du musée romain de Vidy à Lausanne. Mais certains objets brûlent les doigts et le vol se transforme en tout autre chose : l'objet volé se révèle au monde, sa disparition lui donne une valeur inédite et ne laisse que l'ardeur du désir pressant de son retour. Un événement qui laisse l'empreinte profonde de son absence. Entre 1794 et 1811, la Révolution française puis l'empire du premier Napoléon s'emparent de milliers d'objets d'art, d'archives, de livres, et même d'animaux vivants pris aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Croatie et jusqu'en Slovénie. Un casse de grande ampleur qui nous tiendra pour deux épisodes avec Bénédicte Savoy, professeure d'histoire de l'art à l'université technique de Berlin. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages sur les restitutions de biens culturels volés et d'un rapport avec Felwine Sarr sur la restitution du patrimoine culturel africain en 2018 pour le gouvernement français. Son dernier livre 1815, le temps du retour, paru aux éditions La Découverte, raconte le pillage gigantesque de l'Europe au cours des guerres napoléoniennes et ses conséquences. Mais, pour commencer, parmi les objets d'art que la France s'approprie à ce moment-là, de quoi parle-t-on ? Bénédicte Savoy, professeure d'histoire de l'art à l'université technique de Berlin. Elle est l'autrice de nombreux ouvrages sur les restitutions de biens culturels volés et d'un rapport avec Felwine Sarr sur la restitution du patrimoine culturel africain en 2018 pour le gouvernement français. Autrice de 1815, le temps du retour, Restituer l'art en Europe après l'Empire napoléonien paru aux éditions La Découverte.

Le nuage radioactif formé par l'incendie du réacteur numéro 4 de Tchernobyl a parcouru des milliers de kilomètres dans l'atmosphère terrestre. La catastrophe de Tchernobyl s'est passée en Ukraine et en Union soviétique mais bien plus loin, on en retrouve encore l'empreinte aujourd'hui, après le passage d'un vent de panique mondial qui a soufflé jusqu'en Suisse. Avec Christophe Mürith est physicien nucléaire. En 1986 il travaille au laboratoire de surveillance de la radioactivité à l'Institut de physique de Fribourg, enregistré par Veronika Meier pour la SRF. Nicolas Chachereau, historien et spécialiste de l'énergie et de l'environnement.

53 morts, c'est le chiffre officiel des victimes immédiates de la catastrophe de Tchernobyl qui a longtemps circulé. Mais les dégâts vont bien au-delà : un nuage radioactif parcourt l'atmosphère pendant et après l'incendie répend ses particules toxiques, les hommes et les femmes déplacés en sont porteurs, les pièces détachées pillées ou revendues aussi. Jusqu'aux myrtilles qui poussent aux alentours. Avec Laurent Coumel, auteur de 24h de la vie à Tchernobyl, aux PUF, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, rattaché au centre de recherche Europes-Eurasie.

En 1997 Svetlana Alexievitch publie La Supplication, une enquête auprès des liquidateurs, des pompiers, des politiciens, des médecins, des physiciens, des hommes et femmes qui se trouvaient à proximité de la centrale de Tchernobyl le 26 avril 1986. La catastrophe est racontée avec ce qu'elle a produit dans leur mémoire et leur vision du monde. Cette œuvre littéraire, si précieuse qu'elle soit, ne comble pas le manque d'archives sur Tchernobyl et sur ce qui s'est passé ce jour-là. Avec Laurent Coumel, auteur de 24h de la vie à Tchernobyl, aux PUF, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, rattaché au centre de recherche Europes-Eurasie.

Nous sommes le 26 avril 1986, le travail se poursuit à la centrale de Tchernobyl et à Pripiat, la ville à proximité, c'est un jour comme les autres, a priori. Avec Laurent Coumel, auteur de 24h de la vie à Tchernobyl, aux PUF, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, rattaché au centre de recherche Europes-Eurasie. Christophe Mürith est physicien nucléaire, en 1986 il travaille au laboratoire de surveillance de la radioactivité à l'Institut de physique de Fribourg.

Il y a 40 ans, le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl a explosé. Une catastrophe monumentale dont on retrouve encore aujourd'hui l'empreinte dans la nature et dans les têtes. Tchernobyl est synonyme de catastrophe, d'une frayeur à peu près planétaire en 1986, et tout ça en Union Soviétique, une des deux grandes puissances qui se tiennent tête depuis 1947 dans ce qu'on appelle la Guerre froide. Mais Tchernobyl au départ c'est un lieu, un endroit où l'on vit et où l'on travaille en Ukraine. Avec Laurent Coumel, auteur de 24h de la vie à Tchernobyl, aux PUF, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, rattaché au centre de recherche Europes-Eurasie.

Un gouvernement militaire américain s'est installé au Japon après sa défaite en 1945. Pour transformer cette société nippone, ses institutions politiques et économiques sont prises en main et une nouvelle constitution est rédigée avec d'avantage d'égalité entre les sexes et le renoncement solennel du Japon à toute idée de guerre. Apparemment la collaboration se passe plutôt bien mais la Guerre froide bouleverse les règles de cette occupation. Michael Lucken est professeur à l'Inalco et membre de l'Institut Universitaire de France. Il a publié Les Occupants - Américains au Japon après la Seconde Guerre mondiale (Editions La Découverte, 2025).

La guerre du Pacifique a été un théâtre-clé de la deuxième Guerre Mondiale. C'est là que les Etats-Unis entrent en guerre et c'est aussi là qu'elle se termine avec les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Alors qu'en Europe, les Alliés se partagent les territoires du Reich pour l'occuper et le dénazifier, au Japon, seuls les Etats Unis restent durablement pour modeler un nouveau Japon compatible avec un projet démocratique. Michael Lucken est professeur à l'Inalco et membre de l'Institut Universitaire de France. Il a publié Les Occupants - Américains au Japon après la Seconde Guerre mondiale (Editions La Découverte, 2025).

Décidée au cours de la guerre, la dénazification de l'Allemagne et de ses pays alliés est à l'œuvre depuis 1945. Mais à quel moment l'arrêter et pour quel résultat?? A quel moment fermer les commissions, archiver les questionnaires et les dossiers d'enquête avec la certitude que la société allemande est épurée des valeurs du nazisme et prête à se projeter dans la suite de son histoire?? Avec Emmanuel Droit, directeur de Sciences Po Strasbourg, spécialiste de l'histoire de l'Allemagne, qui a récemment publié : La Dénazification, posthistoire du IIIe Reich (Presses universitaires de France, 2024)

A la fin de la Première guerre mondiale, en 1919, les vainqueurs avaient puni collectivement les Allemands avec d'énormes réparations de guerre à verser, le désarmement, la confiscation des colonies, bref la banqueroute assurée pour les décennies suivantes. Les effets ravageurs de ce traité de Versailles avaient largement servi à la propagande nazie. Mais cette fois, en 1945, la stratégie est différente?: dénazifier la société doit assurer la réintégration de l'Allemagne dans le cortège des nations démocratiques, sans racisme et sans dictature, pour reconstruire une paix durable sans esprit de vengeance. Emmanuel Droit est historien, spécialiste de l'histoire de l'Allemagne et auteur du livre Dénazification, posthistoire de IIIe Reich (Presses universitaires de France). Des commissions des questionnaires, des enquêtes, la dénazification est une grande ambition pour l'avenir mais la vérité n'est pas si simple à trouver.

Comment bien gagner une guerre et s'assurer que ce sera la dernière?? Le 2 septembre 1945, Hitler et ses alliés sont vaincus, la guerre est terminée. Mais si la partie militaire du conflit prend fin, comment extraire le poison du nazisme et du fascisme dans ces Etats qui ont mené une guerre totale avec 50 à 80 millions de morts?? Les forces d'occupation alliées victorieuses entreprennent de dénazifier la société allemande et d'établir une société démocratique au Japon. Mettre les vaincus à genoux comme l'avait fait le traité de Versailles en 1919 n'a pas fonctionné - la punition avait même nourri le ressentiment - on tente une autre stratégie. Si "dénazifier" est un mot que l'on pensait relégué dans les caves de l'histoire, c'était sans compter sur les capacités de recyclage de l'histoire de nos contemporains. Ce mot est réapparu dans la bouche de Vladimir Poutine, qui lançait sa guerre en Ukraine le 24 février 2022. Avec Emmanuel Droit, directeur de Sciences Po Strasbourg, spécialiste de l'histoire de l'Allemagne, qui a récemment publié : La Dénazification, posthistoire du IIIe Reich (Presses universitaires de France, 2024).

L'héritage de Nuremberg traverse l'Atlantique. Aux États-Unis, les militants des droits civiques invoquent les crimes contre l'humanité pour dénoncer le racisme. Pendant la guerre du Vietnam, des tribunaux d'opinion, comme celui de Bertrand Russell reprennent cet esprit de justice universelle. Sans sanction, mais avec une portée symbolique puissante. Avec Guillaume Mouralis, historien et auteur de Le moment Nuremberg. Le procès international, les lawyers et la question raciale paru aux Presses de Sciences Po

Après la guerre, l'Allemagne rejette d'abord les principes de Nuremberg, jugés comme une " justice de vainqueurs ". Mais à partir des années 1950, elle organise ses propres procès contre d'anciens nazis. De Ulm à Francfort, puis jusqu'au procès d'Oskar Gröning, le " comptable d'Auschwitz ", la justice allemande change peu à peu de regard sur sa manière de juger les crimes du nazisme. Avec Bérénice Zunino, historienne à l'Université de Bourgogne Franche-Comté

À Tokyo, de 1946 à 1948, se tient le pendant asiatique de Nuremberg. Ce tribunal juge les crimes de guerre japonais mais épargne stratégiquement l'empereur Hirohito. L'épisode révèle les coulisses de ce procès méconnu, organisé dans un pays dévasté par les bombes atomiques et confronté à son passé colonial, où justice et reconstruction s'entremêlent sous occupation américaine. Avec Guillaume Mouralis, historien, auteur de Le moment Nuremberg. Le procès international, les lawyers et la question raciale paru aux Presses de Sciences Po et Michael Lucken, historien spécialiste du Japon contemporain, auteur de Les Occupants. Les Américains au Japon après la Seconde Guerre mondiale paru aux éditions La Découverte.

Pour la première fois dans un tribunal, des films servent de preuves. À Nuremberg, ces images des camps et du nazisme, parfois tournées par des cinéastes d'Hollywood comme John Ford, deviennent des pièces à conviction historiques. L'épisode révèle comment ces documents visuels, aujourd'hui ancrés dans notre mémoire collective, ont été utilisés pour prouver l'impensable. Avec Sylvie Lindeperg, historienne spécialiste du cinéma de la Deuxième guerre mondiale et autrice de Nuremberg, la bataille des images, Payot, 2021.

Le procès de Nuremberg est le grand procès qui a jugé les crimes de la Deuxième Guerre mondiale en Europe. Considéré comme l'ancêtre de la justice internationale, cette série en cinq épisodes explore comment ce procès-spectacle a marqué son époque et les suivantes, à travers les images qui ont façonné l'histoire et la mémoire collective. À Nuremberg, de novembre 1945 à octobre 1946, se tient le procès de 24 dirigeants nazis. Dans cette ville symbolique du nazisme, les Alliés jugent pour la première fois des crimes de guerre à l'échelle internationale. L'épisode explore l'invention du concept de crime contre l'humanité et questionne l'influence américaine sur ce tribunal pourtant international. Avec Guillaume Mouralis, historien et auteur de Le moment Nuremberg. Le procès international, les lawyers et la question raciale paru aux Presses de Sciences Po

Après la grande peur de 1910, la comète de Halley repasse par chez nous en 1986 et entre temps on a fait de sacrés progrès pour calculer sa trajectoire. Cette fois on sait qu'elle s'est approchée au plus près de la Terre à une distance 63 millions de kilomètres, à la vitesse de 54,55 kilomètres par seconde. Depuis 1910 aussi on a marché sur la Lune et on a fait voler des satellites à commencer par le petit Spoutnik soviétique en 1957. Le saut technologique est énorme depuis 1910 alors dans quel état cette visite de la comète en 1986 nous trouve- t-elle ? La comète de Halley on l'a beaucoup attendu, observée, représentée, redoutée, on l'a confondue avec d'autres comètes. Et après tout ce temps-là, on sait la reconnaitre mais on a encore pas mal de choses à en apprendre. Avec Sylvain Chaty, astrophysicien, auteur de l'article La folle histoire des remèdes anti-comètes, paru dans la revue en ligne The Conversation en 2020. Arnaud Saint Martin, sociologue des sciences, spécialiste de l'aérospatial, auteur de Les astrocapitalistes: toujours plus loin, conquérir, coloniser, exploiter, Payot, 2025.

En 1910, la comète de Halley traverse l'atmosphère terrestre dans une ambiance de panique folle alimentée par des prédictions apocalyptiques mais aussi par les prévisions scientifiques inquiétantes. Avec Sylvain Chaty, astrophysicien, auteur de l'article La folle histoire des remèdes anti-comètes, paru dans la revue en ligne The Conversation en 2020.