POPULARITY
Categories
durée : 00:29:00 - La Série fiction - Lenu et Lila se sont disputées après une soirée chez des amis de Lenu. Lila s'est senti jalouse et exclue. Elle dont la vie se limite à leur quartier. - réalisation : Emmanuelle Chevrière Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:29:00 - Théâtre - Lenu et Lila se sont disputées après une soirée chez des amis de Lenu. Lila s'est senti jalouse et exclue. Elle dont la vie se limite à leur quartier. - réalisation : Emmanuelle Chevrière Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Rejoignez-nous pour découvrir la vie captivante de l'écrivain Luigi Pirandello, figure emblématique de la littérature italienne du début du XXe siècle. Né en Sicile dans une famille ruinée par un tragique éboulement, Pirandello va s'imposer progressivement comme l'un des plus grands dramaturges de son époque, avec des œuvres comme "Six Personnages en quête d'auteur" qui bousculent les codes du théâtre traditionnel.Mais le destin de Pirandello est également marqué par les tourments d'une époque tourmentée. Tiraillé entre son attrait pour les idées anarchistes de sa jeunesse et la tentation de s'accommoder du régime fasciste de Mussolini, l'écrivain naviguera avec difficulté entre ces deux mondes, payant parfois le prix fort pour ses choix. Franck Ferrand nous plonge au cœur de cette existence hors normes, depuis les racines siciliennes de Pirandello jusqu'à son triomphe sur les scènes européennes, en passant par les défis personnels et les compromissions politiques qui ont jalonné son parcours. Un récit passionnant sur un auteur qui a profondément marqué la littérature de son temps.Découvrez les hauts et les bas de la vie de Luigi Pirandello, de ses débuts modestes à sa consécration internationale, en écoutant cet épisode captivant des "Grands dossiers de l'Histoire". Une plongée dans l'univers tourmenté d'un écrivain tiraillé entre ses idéaux et les réalités de son époque.Plongez dans l'histoire des grands personnages et des évènements marquants qui ont façonné notre monde ! Avec enthousiasme et talent, Franck Ferrand vous révèle les coulisses de l'histoire avec un grand H, entre mystères, secrets et épisodes méconnus : un cadeau pour les amoureux du passé, de la préhistoire à l'histoire contemporaine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Casques à cornes, drakkars, guerriers barbares : l'image des Vikings est partout, dans les séries Netflix comme dans les jeux vidéo. Mais que sait-on vraiment de ces Scandinaves qui ont déferlé sur l'Europe à partir du VIIIᵉ siècle ?Du raid de Lindisfarne en 793 à la fondation de la Normandie en 911, des fjords de Norvège aux marchés de Bagdad, en passant par la découverte de l'Amérique cinq siècles avant Christophe Colomb : cet épisode déconstruit les clichés pour faire émerger un peuple complexe, à la fois pillard et commerçant, esclavagiste et explorateur, païen et finalement chrétien.Avec les apports de l'historienne Lucie Malbos et les recherches archéologiques les plus récentes, embarquez à la rencontre des véritables hommes du Nord.Sources:Lucie MALBOS, Les peuples du Nord: De Fróði à Harald l'Impitoyable (Ier-XIe siècle), Paris, Belin, "Mondes anciens", 2024Ibidem, Harald à la Dent bleue: Viking, roi, chrétien, Paris, Passés Composés, 2022Ibidem, Le monde viking: Portraits de femmes et d'hommes de l'ancienne Scandinavie, Paris, Tallandier, "Texto", 2024#5ème #2nde***T'as qui en Histoire ? * : le podcast qui te fait aimer l'Histoire ?Pour rafraîchir ses connaissances, réviser le brevet, le bac, ses leçons, apprendre et découvrir des sujets d'Histoire (collège, lycée, université)***✉️ Contact: tasquienhistoire@gmail.comPartenariats: partenariat@podk.fr*** Sur les réseaux sociaux ***Instagram : @tasquienhistoireTiktok : @tasquienhistoireFacebook : https://www.facebook.com/TasQuiEnHistoireX (Twitter) : @AsHistoire *** Crédits sonores ***Musiques : SunoCitation du film "Astérix et les Vikings" (Stefan Fjeldmark et Jesper Møller, 2006)https://zonesons.com/recherche/asterix-et-les-vikings-2006/84170 KING AND CONQUEROR Bande Annonce VF (2026)@FilmsActuhttps://www.youtube.com/watch?v=w8q5lQrO0qI Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Alors que la Chine poursuit son ascension économique et politique, l'Indo-Pacifique est désormais au coeur du débat stratégique occidental. Pourtant, une zone est bien souvent absente des discussions : l'Océanie, et les îles du Pacifique en particulier. Loin de n'être que des morceaux de terre perdus au milieu de l'océan, celles-ci sont en réalité des acteurs politiques à part entière, avec une agentivité et des intérêts propres, capables, malgré leur taille, d'influer sur les équilibres géostratégiques de la région.Pour mieux saisir les singularités de cette zone, Simon Desplanque reçoit Elise Barandon, doctorante à l'Université Panthéon-Assas, officier de réserve dans la Marine nationale et co-éditrice au Rubicon. Au micro de 20 Minutes pour Comprendre, elle revient sur les caractéristiques géographiques et historiques de l'Océanie et analyse les dynamiques géopolitiques qui traversent le Pacifique insulaire, en croisant le regard des grandes puissances extérieures avec celui des (micro-)États qui composent la région.Invitée : Elise BarandonAvec Simon DesplanqueLien vers l'un des articles d'Elise Barandon : https://lerubicon.org/mercy-masta-le-changement-climatique-les-inegalites-la-criminalite-et-le-manque-dinfrastructures-constituent-des-menaces-bien-plus-importantes-pour-la-papouasie-nouvelle-guinee-que/Suivez le podcast ! Il est désormais sur X/Twitter : @20MPC_podcast & LinkedIn ! Générique : Léopold Corbion (15 Years of Reflection)Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
In dieser Solofolge des Wild & Witchy Podcasts tauchen wir tief in das Thema Hellsinne ein: Was sie sind, wo sie im Körper verankert sind und wie du lernst, sie zu aktivieren und zu vertrauen.✨ Hellsehen, Hellfühlen, Hellwissen, Hellhören, Hellriechen & Hellschmecken ✨ Warum du deine Hellsinne vielleicht schon nutzt, ohne es zu wissen ✨ Wie du deine intuitiven Fähigkeiten im Alltag bewusst trainierst ✨ Die Hellsinne aus Sicht des ThetaHealing® und ihre energetischen ZentrenDiese Folge hilft dir, deine feinstoffliche Wahrnehmung besser zu verstehen – ob du gerade erst beginnst oder tiefer eintauchen willst.
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
Heute Nacht zeigt sich der abnehmende Mond in etwa in der Phase, in der die Artemis-2-Mission ihn Anfang April angetroffen hat. Das Raumschiff flog um die Rückseite des Mondes herum und hatte dabei beste Sicht auf das Mare Orientale. Lorenzen, Dirk www.deutschlandfunk.de, Sternzeit
En mai 2026, à l'occasion de la neuvième édition du festival L'Histoire à venir qui se tient chaque année à Toulouse, j'ai eu l'opportunité d'enregistrer une discussion entre Jérôme Baschet, Aurélien Berlan, Célia Izoard et Sébastien Lachaize autour du livre Mondes post-capitalistes.Le livre propose une multiplicité d'articles qui visent à projeter des sociétés, des formes d'organisation, des rapports au monde et des relations débarrassés du capitalisme à partir des travaux scientifiques existants dans diverses disciplines.S'il est bien entendu impossible d'aborder l'ensemble des thématiques du livre en deux heures, nous nous sommes intéressés pour cet échange à deux articles en particulier : celui sur la production, co-écrit par Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre et celui sur les métaux, co-écrit par Julian Carrey et Sébastien Lachaize.Jérôme Baschet est historien. Après une longue carrière comme enseignant-chercheur en histoire médiévale à l'EHESS, il a choisi d'orienter ses travaux sur les perspectives d'émancipation du capitalisme à partir de l'expérience zapatiste au Chiapas à laquelle il contribue depuis les années 1990. Nous avions déjà eu l'occasion d'échanger dans le podcast autour de son livre Basculements qui aborde les chemins possibles pour sortir du capitalisme. Il a co-dirigé avec Laurent Jeanpierre le livre Mondes post-capitalistes dont nous parlons aujourd'hui.Aurélien Berlan est philosophe. Il est enseignant-chercheur à l'université de Toulouse Jean Jaurès. Il est notamment l'auteur du livre Terre et liberté pour lequel je l'ai reçu dans le podcast.Célia Izoard est philosophe. Elle est journaliste pour des médias indépendants comme Reporterre et autrice de plusieurs livres dont La ruée minière au 21e siècle. Je l'ai également déjà reçu dans le podcast pour son chapitre sur les voitures électriques écrit dans le livre Greenwashing.Sébastien Lachaize est physicien. Il est enseignant-chercheur à l'INSA Toulouse et spécialiste des métaux et des low-tech.Cette discussion a été préparée avec mes camarades de l'Atelier d'Écologie Politique de Toulouse Julian Carrey et Adeline Grand-Clément que je remercie chaleureusement.⏲ Découpage de l'émission :3 min - Présentation de l'ouvrage Mondes postcapitalistes par Jérôme Baschet10 min - Présentation de l'article "Production" par Jérôme baschet26 min - Débats sur la production postcapitaliste35 min - Échelles de production et néo-industrie53 min - Présentation de l'article "Métaux" par Sébastien Lachaize1h07 - Débats sur les stocks de métaux et les ordres de grandeur1h23 - Les Low-Tech comme technologies postcapitalistes1h38 - Réflexions sur l'avenir1h46 - Conclusion sur la sortie du capitalismeCrédit photo ©Philippe Matsas/Opale/LeemageHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:58:21 - De cause à effets, le magazine de l'environnement - par : Aurélie Luneau - Alors qu'émerge la bioacoustique sous-marine comme science, Laurence Paoli analyse l'impact des activités humaines dans l'océan. Qu'est-ce que la pollution sonore dans l'univers marin ? Quelles sont les implications pour les espèces ? Pollué par ses bruits, il n'est pas un "monde du silence". - réalisation : Alexandra Malka, Célestine Babinet, Vanessa Chang - invités : Laurence Paoli Spécialiste des sciences de la vie et de la terre, autrice et conférencière. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:10:37 - Le masque et la plume - par : Jérôme Garcin - Steven Spielberg propose une adaptation moderne du roman de science-fiction "La guerre des mondes" de H.G. Wells. L'équipe du "Masque et la plume" débat de la portée politique et de la mise en scène de cette superproduction. - réalisation : Michel Ciment, Élisabeth Quin, Alain Riou, Jean-Marc Lalanne Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:58:39 - LSD, la série documentaire - par : Romain de Becdelièvre - "Qu'est-ce que la fantasy ?", cette question imprudente rencontre des réponses très variées dans ce premier épisode. Cette pluralité d'approches traduit tout un bouillonnement actuel au sein de ce genre qui met du merveilleux dans le contemporain. - réalisation : Gaël Gillon
durée : 00:58:37 - LSD, la série documentaire - par : Romain de Becdelièvre - Comment fabriquer un monde ? Comment construire un univers qui ne s'effondre pas deux jours plus tard ? Dans cet épisode, notre héros arpente quelques univers forgés par les auteur·ices de fantasy dans plusieurs médias, car le genre semble les lier tous. - réalisation : Gaël Gillon
durée : 00:58:26 - LSD, la série documentaire - par : Romain de Becdelièvre - Il est temps pour notre héros de jouer, car la fantasy est profondément liée aux jeux. Dans cet épisode, nous nous installons à la table d'une partie de jeu de rôle pour lancer les dés et comprendre les ressorts narratifs et ludiques de la fantasy. - réalisation : Gaël Gillon
durée : 00:59:01 - LSD, la série documentaire - par : Romain de Becdelièvre - La fantasy propose au public une évasion dans des mondes secondaires : quels sont les ressorts de cette évasion ? Dans cet épisode final, nous découvrons que la fantasy peut aussi nous apprendre à mourir dans des univers glauques et à créer des alternatives. - réalisation : Gaël Gillon
durée : 00:58:37 - LSD, la série documentaire - par : Romain de Becdelièvre - Comment fabriquer un monde ? Comment construire un univers qui ne s'effondre pas deux jours plus tard ? Dans cet épisode, notre héros arpente quelques univers forgés par les auteur·ices de fantasy dans plusieurs médias, car le genre semble les lier tous. - réalisation : Maryvonne Abolivier, Anahi Morales, Gaël Gillon, Emmanuel Laurentin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Die Nasa hat jetzt ihre Pläne für eine dauerhafte Mondbasis am Südpol des Mondes vorgestellt. Wir haben Fragen...
Fir den zéngte Gebuertsdag vun der ASBL Lët'z Arles hu sech hier Memberen eppes Besonnesches afale gelooss: si hunn di verschidde Lëtzebuerger Institutioune mat Edward-Steichen-Sammlungen un een Dësch bruecht, fir gemeinsam d'Expo “La nature d'Edward Steichen” fir di renomméiert Rencontres de la photographie d'Arles 2026 op d'Been ze stellen. Dernieft huet déi New Yorker Kënschtlerin a Chercheuse Lisa Oppenheim Steichen-Archiver besicht, fir op Basis vun hirem Material, an och fir Arles, eng zäitgenëssesch kënschtleresch Ausso zum Monsieur Steichen ze schafen. Gëschter hate mir iech d'Projete méi am Detail presentéiert: d'Aussoe fannt dir an eiser Mediathéik um Internet. Mee vu datt de Christoph Wiesner, zanter 2020 Direkter vun de Rencontres d'Arles, bei der Presentatioun dobäi war, wollt d'Kerstin Thalau vun him méi iwwert de ganze Festival gewuer ginn.
durée : 00:58:04 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann - Alexandrie s'est imposée comme carrefour intellectuel et culturel de l'Antiquité, devenant un lieu majeur de rencontre entre la culture grecque et les traditions orientales, notamment juives. On y observe un véritable échange d'idées, de langues et de savoirs entre les civilisations. - réalisation : Anna Pheulpin, Carla Michel, Corinne Amar, Nicolas Berger, Nassim El Kabli, Luna Hadjla - invités : Mireille Hadas Lebel Historienne, spécialiste du judaïsme antique et de la langue hébraïque, Nathalie Cohen Agrégée de lettres classiques, enseignante en grec et latin, essayiste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Ce sont des femmes qui ont été laissées dans l'ombre, invisibilisées, des femmes ordinaires qui pourtant ont fait montre d'une force extraordinaire pour exister, pour survivre et pour transmettre la vie, l'espoir à leurs enfants. Des femmes « potomitan », comme on dit en créole, car elles portent le toit du monde à bout de bras. Un roman leur redonne une voix, un corps, un nom, c'est celui de Yanick Lahens paru sous le titre Passagères de nuit aux éditions Sabine Wespieser et récompensé par le grand prix du roman de l'Académie française 2026. Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Elle y a fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires, avant de partir en France pour son cursus universitaire en lettres modernes. Elle retourne en Haïti en 1977. Elle y enseigne la littérature à l'université d'État d'Haïti et participe, à l'Institut pédagogique national, à la mise en place de la réforme qui contribuera, entre autres, à introduire l'enseignement du créole dans les premières années de l'école primaire. Elle anime une émission culturelle, Entre nous, sur Radio Haïti Inter et publie ses premiers articles sur la littérature et la société haïtiennes. Elle quitte l'enseignement universitaire en 1995 et, après avoir été membre du cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, elle intègre la direction du projet de La route de l'esclave, qui s'intéresse à la problématique de l'esclavage à travers les sciences et les arts, et ce jusqu'à cessation des activités de ce projet en Haïti, en 2000. À la même époque, elle devient membre du comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle a été membre du Congrès international des études francophones, organisme fondé par des universités nord-américaines. Elle est membre, jusqu'à aujourd'hui, du comité de rédaction de la revue franco-haïtienne Conjonction, et publie dans des revues haïtiennes et étrangères. Elle a récemment intégré le conseil d'administration de l'université Quisqueya (Port-au-Prince). À lire aussiRetour « Dans la maison du père », avec la romancière Yanick Lahens En 1998, elle fonde, avec d'autres écrivains, l'Association des écrivains haïtiens, et continue d'animer des séminaires sur la littérature. En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l'implantation de bibliothèques et à l'organisation d'événements culturels. En 1990 paraît son essai, Entre l'ancrage et la fuite, l'écrivain haïtien (Deschamps, Port-au-Prince), bientôt suivi de deux recueils de nouvelles : en 1994, Tante Résia et les dieux (L'Harmattan, Paris) et, en 1999, La petite corruption (éditions Mémoire, Port-au-Prince). En 2000, son premier roman, Dans la maison du père, paraît au Serpent à plumes (Paris), puis, en 2005, un troisième recueil de nouvelles, La Folie était venue avec la pluie (Presses nationales, Haïti). Toutes ses nouvelles parues – pour beaucoup inédites en France – sont reprises dans un recueil intitulé L'Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles, paru chez Sabine Wespieser éditeur en mars 2019. À partir de 2008, tous ses livres sont publiés chez Sabine Wespieser éditeur : La Couleur de l'aube (roman, 2008), Failles (récit, 2010), Guillaume et Nathalie (roman, 2013), Bain de lune (roman, 2014) et Douces déroutes (roman, 2018). Dans la maison du père a obtenu le Literatur Preis en 2009 au Salon du livre de Leipzig ; La couleur de l'aube, le prix Millepages 2008, le prix RFO 2009, le prix Richelieu de la Francophonie 2009 et le prix des lecteurs de la ville Vincennes dans le cadre du Festival America en 2010 ; Guillaume et Nathalie, le prix ADELF en 2013 et le prix Carbet des lycéens 2013 ; Bain de lune, le prix Femina en 2014. Son dernier roman, Passagères de nuit, paru à la rentrée littéraire 2025, est lauréat du Grand Prix du Roman de l'Académie française. À lire aussiLe Grand Prix du roman 2025 de l'Académie française attribué à l'autrice haïtienne Yanick Lahens Ses œuvres sont traduites en anglais, en brésilien, en catalan, en japonais, en allemand et en italien. Des traductions sont en cours en norvégien et en espagnol. Yanick Lahens a été honorée par l'organisation de femmes Kay Fanm pour son implication citoyenne en 2007. Par le ministère des Affaires étrangères et l'Organisation de la francophonie en Haïti, par la Haitian Studies Association pour l'ensemble de son œuvre et par l'association culturelle ARAKA. Elle a été la première femme invitée d'honneur de la Foire du livre Livres en Folie en Haïti, en 2009, et a été nommée par la France officier des Arts et des Lettres en 2009. Saluée par le Collège de France comme « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », Yanick Lahens a donné le 21 mars 2019 la leçon inaugurale de la chaire des Mondes francophones intitulée Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter, diffusée sur France Culture vendredi 12 mars 2021 et à réécouter ici et à lire ici. En octobre 2020, Yanick Lahens est récompensée par le Prix Carbet pour l'ensemble de son œuvre « pour sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtienne ainsi que de la représentation du monde caribéen ». « Toujours avancer sans se retourner, c'est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince. Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n'a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d'un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d'Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l'avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n'a plus jamais accepté de se soumettre au désir d'un homme. Confiante dans la force qu'elle a tôt transmise à sa petite-fille en l'invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n'hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d'un homme qui traverse la ville en libérateur. En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C'est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d'émancipation. Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l'autre "une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions", la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l'histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. » (Présentation des éditions Sabine Wespieser)
durée : 01:00:51 - Les documentaires de France Culture - par : Stéphane Bonnefoi - On sait peu de choses des cinquante premières années de celui qui conduisit Saint-Domingue à devenir Haïti, un pays libre, sinon qu'il vécut au carrefour de multiples influences… - réalisation : Diphy Mariani, Emmanuel Laurentin, Christine Bernard - invités : Jacques de Cauna Historien, Carolyn Fick Historienne à Montréal, Laënnec Hurbon Sociologue à l'université de Quisqueya à Port-au-Prince, Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010, Jean-Louis Donnadieu Historien, Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne., Jean-Marie Théodat directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Cécile Vidal Historienne, directrice d'études de l'EHESS, Daniel Désormaux Historien, Frédéric Régent Historien, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste des sociétés esclavagistes dans les colonies françaises du XVIIe au XIXe siècle Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:20:56 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - réalisation : Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, Rafik Zénine, Vincent Abouchar, Emily Vallat, Hassane M'Béchour, INA Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:20:51 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - réalisation : Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, Rafik Zénine, Vincent Abouchar, Emily Vallat, Hassane M'Béchour, INA Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:59:13 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Richeux - Tout est parti d'un atelier d'écriture imaginé par le poète Gabriel Gauthier avec plusieurs classes d'un collège à Crevin, en Ille-et-Vilaine : une aventure collective mêlant poésie et jeu vidéo. Rencontre avec les élèves et leurs encadrants. - réalisation : Jeanne Aléos, Mathilde Wagman, Marianne Chassort, Alexandre Alajbegovic, Cyril Marchan, Vivien Demeyère, Julie Gastal - invités : Gabriel Gauthier écrivain, poète et performeur, Maxime Devige concepteur de jeu vidéo et co-fondateur avec Marion Thomas de la compagnie de théâtre FRAG (basée à Nantes) Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Vor einigen Monaten sorgte der Asteroid 2024 YR4 für Aufsehen: Zunächst schien es, er könne in einigen Jahren die Erde treffen – dann sah es so aus, als würde er auf den Mond stürzen. Nun ist auch dieses Szenario ausgeschlossen. Lorenzen, Dirk www.deutschlandfunk.de, Sternzeit
www.aufonddelaclasse.comPourquoi une femme ? Le choix de Fontenelle est plus audacieux qu'il n'y paraît. En 1686, la curiosité scientifique féminine est activement ridiculisée. Un texte de Lesclache en 1667 dresse la liste de tout ce que les femmes ne doivent surtout pas faire — notamment regarder la Lune avec des lunettes et s'imaginer qu'elle est habitée. Fontenelle fait faire à sa Marquise exactement tout cela. C'est une provocation délibérée, habillée en divertissement galant.La Préface justifie le choix par deux raisons. La première est éditoriale : une femme comme interlocutrice rend l'ouvrage plus agréable et s'adresse à un public de lectrices influentes. La seconde est pédagogique et presque provocatrice : si cette marquise imaginaire comprend la science, pourquoi une lectrice réelle lui céderait-elle ? C'est un argument par l'émulation. La comparaison avec la Princesse de Clèves prolonge la stratégie : lire les Entretiens ne demande pas plus d'effort que suivre un roman — mais élève la science au rang de la grande littérature.Dans le texte lui-même, la Marquise renverse activement le préjugé. Quand le Philosophe doute implicitement qu'elle puisse goûter les « plaisirs de la raison », elle répond sans plaider ni demander la permission : « Croyez-vous qu'on soit incapable des plaisirs qui ne sont que dans la raison ? » Elle affirme, elle exige.Et sa progression au fil des six Soirs est remarquable. Elle passe de l'élève qui pose des questions à la savante qui prend des initiatives — composant spontanément des figures d'habitants imaginaires au Troisième Soir, puis produisant au Sixième Soir une hypothèse scientifique originale que le Philosophe salue : « un petit commencement de système que vous avez fait assez heureusement. »L'héritage est visible chez Voltaire, qui cinquante ans plus tard rend hommage à Émilie du Châtelet — vraie marquise savante, traductrice de Newton — en disant que Boileau, qui avait ridiculisé une femme astronome, « eût mieux fait de l'apprendre lui-même ».Fontenelle ouvre donc une voie réelle — mais limitée. La Marquise reste dans les bornes de la bienséance mondaine. Son accès à la science passe par le dialogue galant et le plaisir, non par l'institution. C'est une avancée sincère pour 1686 — et une avancée incomplète au regard de ce que revendiqueront les siècles suivants.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comCet épisode conclusif prend du recul pour saisir la vision du monde qui sous-tend les Entretiens — cohérente, ambitieuse, et étonnamment moderne.Tout commence par un diagnostic sévère : l'obstacle principal à la connaissance n'est pas l'ignorance, c'est l'orgueil. L'anthropocentrisme — croire que tout dans l'univers existe pour l'homme — est une « folie ». La révolution copernicienne n'est pas seulement astronomique : elle est mentale. Elle oblige l'humanité à accepter qu'elle n'est pas le centre de tout.La fable des roses illustre un relativisme temporel fondamental. Les roses qui ne vivent qu'un jour concluent que leur jardinier est éternel — parce qu'il dure plus longtemps qu'elles. C'est l'erreur des Anciens sur les cieux immuables. La vérité est relative à l'échelle temporelle de l'observateur : ce qui semble permanent n'est peut-être que lent.Le même relativisme s'applique aux cultures. En énumérant les croyances sur les éclipses — Indiens, Américains, Grecs, et Français eux-mêmes — Fontenelle dit que la superstition est universellement humaine. La distance entre le dévot qui prie dans la rivière et le Parisien effrayé par une éclipse est moins grande qu'on ne le croit. C'est un geste de décentrement culturel courageux — même si, dans le même Soir, Fontenelle revendique la supériorité d'un « génie européen », limite réelle qu'il faut voir clairement.La conséquence de tout ce relativisme est une vision dynamique du monde : tout est en mouvement perpétuel, tout change — même les cieux que les Anciens croyaient éternels. Des étoiles disparaissent, des Soleils s'éteignent. La stabilité apparente des choses est une illusion d'échelle.L'esprit scientifique de Fontenelle se résume en cinq traits : décentrement cosmologique, relativisme épistémologique, esprit critique, vulgarisation et conscience historique. Ce qui les relie tous : la curiosité perpétuellement renouvelée. Le goût de la science n'est pas un appétit qui se rassasie — chaque réponse ouvre de nouvelles questions. C'est ce mouvement sans fin que Fontenelle célèbre, et dont les Lumières feront leur devise : Sapere aude — ose savoir. Mais Fontenelle va plus loin que Kant : il ne dit pas seulement qu'on a le droit de savoir. Il dit qu'on a le plaisir de savoir.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comAu cœur des Entretiens se trouve une conviction philosophique forte : la nature fonctionne avec le minimum de moyens pour un maximum d'effets. Peu de lois, une infinité de phénomènes. Peu de principes, une diversité spectaculaire. C'est ce que Fontenelle appelle le principe d'économie — et il en fait à la fois une loi scientifique, une loi esthétique et une source de plaisir.La formule la plus frappante est celle de l'épargne et de la magnificence : « la magnificence est dans le dessein, et l'épargne dans l'exécution. » Ce qui semblerait réduire la grandeur de l'univers la révèle au contraire. Quand la Marquise apprend que l'univers ressemble à une montre, elle ne s'en offusque pas — elle l'en estime davantage. La simplicité n'est pas une pauvreté : c'est une forme de perfection.Ce principe a aussi une application scientifique directe : c'est parce que la nature choisit toujours la solution la moins coûteuse que c'est la Terre qui tourne sur elle-même, et non l'univers entier qui tourne autour d'elle. L'élégance est un argument.Mais ce qui est le plus original chez Fontenelle, c'est la correspondance qu'il établit entre l'économie de la nature et celle de l'esprit humain. Retenir peu de principes pour comprendre immensément — c'est à la fois la méthode de la nature et le plaisir de l'esprit. Quand les deux coïncident, il se produit une adéquation qui est source de joie. Martin le rapproche du principe de plaisir freudien : la satisfaction naît d'une compréhension maximale obtenue avec un effort minimal.Dernière dimension : « l'astronomie est fille de l'oisiveté. » La science contemplative naît du repos et du loisir — non de l'effort acharné. Les Entretiens sont, en ce sens, une sorte d'églogue astronomique.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comFontenelle n'est pas seulement un vulgarisateur élégant — c'est aussi un épistémologue original, qui réfléchit profondément à ce que signifie savoir, prouver et croire.Son point de départ est une distinction fondamentale : il existe plusieurs types de certitude, selon la nature des objets dont on parle. La démonstration mathématique — certitude absolue et nécessaire — n'est pas le seul modèle de la vérité. Il y a aussi la certitude historique, fondée sur la convergence des preuves plutôt que sur la nécessité logique. On ne peut pas démontrer qu'Alexandre a existé comme on démontre un théorème — mais on en est certain. C'est sur ce modèle que Fontenelle place l'habitabilité des planètes : non pas une simple vraisemblance, mais une certitude de même nature que celle d'Alexandre. Et il retourne la charge de la preuve : « tout est de ce côté-là, et rien du tout de l'autre. »En dessous de ces deux premiers niveaux s'ouvre un espace de liberté croissante : l'hypothèse raisonnable fondée sur l'analogie, la spéculation imaginative qui transpose du connu à l'inconnu — comme la fable des abeilles, dont l'organisation sociale semblerait extravagante si on la découvrait sur une autre planète — et enfin la rêverie pure : « mettez-y encore des mondes, n'y en mettez pas, cela dépend de vous. » C'est ce que Martin appelle l'empire des philosophes — le territoire souverain de l'imagination disciplinée.Mais face à cette liberté, la Marquise révèle quelque chose d'essentiellement humain : « je ne suis point capable d'une si parfaite indétermination, j'ai besoin de croire. » Le désir de savoir n'est pas seulement désir de vérité — c'est désir de sens, besoin de peupler l'univers, refus de la solitude cosmique.La liberté de spéculer a pourtant ses limites, que Fontenelle fixe dans une image mémorable : les vrais philosophes sont comme des éléphants, qui ne posent jamais le second pied avant que le premier soit bien affermi. On peut aller loin — très loin — mais avec méthode, en sachant toujours à quel niveau de la hiérarchie on se trouve.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comFontenelle aurait pu écrire un traité. Il a choisi le dialogue — et ce choix n'est pas anodin. Le dialogue mime le mouvement même de la pensée en train de se former : avec ses hésitations, ses résistances, ses surprises. Il a la légèreté d'une conversation et la profondeur d'un entretien philosophique. C'est exactement le « milieu » que Fontenelle cherche.La Marquise est le pivot de ce dispositif. Elle est une femme cultivée mais non spécialiste — c'est-à-dire le lecteur lui-même. Et elle joue cinq rôles distincts qui ensemble dessinent une progression remarquable.Elle représente le lecteur en posant les questions naturelles et en exprimant les doutes spontanés. Elle force à clarifier en interrompant le Philosophe quand il s'emballe : « il vient de vous prendre un enthousiasme qui vous a fait expliquer les choses si pompeusement que je ne crois pas les avoir entendues » — c'est elle qui garantit que la leçon a réussi, pas le professeur. Elle résiste intelligemment en formulant de vraies objections philosophiques : quand le Philosophe se félicite que Copernic ait « rabattu la vanité des hommes », elle conteste le présupposé moral — la vérité astronomique et la valeur humaine sont deux choses distinctes, la science n'a pas à se présenter comme une mortification. Elle anticipe le raisonnement au Cinquième Soir en formulant elle-même la conclusion avant que le Philosophe l'ait énoncée — et il lui répond, citant Racine : « C'est toi qui l'as nommé. » Elle n'est plus élève : elle est co-créatrice du savoir. Elle maintient enfin le ton galant tout au long des six Soirs, garantissant que l'entretien reste un plaisir partagé et non un cours magistral.Mais le dialogue a aussi une dimension érotique que Martin analyse en profondeur. La transmission du savoir y est construite comme une séduction : stratégie du voile et du dévoilement, feinte résistance du Philosophe, désir croissant de la Marquise. C'est un marivaudage avant la lettre — où la curiosité intellectuelle et le désir amoureux empruntent exactement les mêmes chemins.La formule de la « petite troupe choisie » complète le dispositif : en flattant le lecteur, en lui disant qu'il fait partie de ceux qui comprennent, Fontenelle crée une complicité qui rend le livre irrésistible — tout en touchant une audience bien plus large qu'il n'y paraît.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comLe style de Fontenelle repose sur une technique systématique : traduire les concepts scientifiques les plus abstraits en images tirées du monde familier et mondain. Quatre grandes métaphores structurent les Entretiens.La métaphore de l'Opéra est la plus fondamentale. La nature y est comparée à un grand spectacle : le spectateur ordinaire voit les décors et les effets, sans voir les roues et contrepoids qui les produisent. Le philosophe, lui, est le machiniste curieux qui veut comprendre les mécanismes cachés. Cette image explique la démarche scientifique elle-même — et elle est socialement parfaite, l'opéra étant le spectacle aristocratique par excellence.Le navire sur la rivière résout un problème plus précis : pourquoi ne sent-on pas le mouvement de la Terre ? Comme le passager endormi dans un bateau qui se retrouve au réveil à la même place, mais dont le rivage a changé, l'habitant de la Terre ne perçoit pas son déplacement — mais les étoiles fixes, elles, ont changé de position. Une abstraction devient expérience quotidienne.Paris et Saint-Denis illustre le raisonnement par analogie : le bourgeois de Notre-Dame qui nie que Saint-Denis soit habité parce qu'il n'en voit pas les habitants est aussi ridicule que celui qui nie l'habitabilité de la Lune. L'immensité cosmique est ramenée à une distance urbaine familière.Le jardin et l'univers montre enfin que les mêmes lois régissent la nature à toutes les échelles : une feuille d'arbre est déjà un monde peuplé. Et le jardin où se déroule la conversation illustre en miniature l'univers qu'elle décrit — c'est une mise en abyme.Ces quatre métaphores partagent une même logique : partir du connu pour éclairer l'inconnu, plaire et instruire simultanément. Chez Fontenelle, la métaphore n'est pas un ornement — c'est une philosophie.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comFontenelle ne dit pas seulement que la science peut être agréable — il affirme que comprendre est une forme de jouissance à part entière. Les Entretiens déclinent cette idée en plusieurs formes de plaisir intellectuel bien distinctes. Le plaisir de croire naît de la liberté de formuler des hypothèses sans exiger de démonstration : on tient une idée pour vraie « parce qu'elle fait plaisir à croire ». L'agrément devient un critère épistémologique. Le plaisir du vertige, lui, est celui de la perte de contrôle : la Marquise qui s'écrie « achevez de me rendre folle » décrit un abandon voluptueux à la pensée, dont le vocabulaire évoque autant la passion amoureuse que l'enthousiasme intellectuel. Le plaisir de l'élégance naît de la découverte que la nature fonctionne avec un minimum de moyens pour un maximum d'effets — c'est la satisfaction esthétique devant un ordre à la fois simple et magnifique. Le plaisir de la maîtrise éclate dans l'exclamation finale de la Marquise : « Je suis savante ! » — la joie de contenir mentalement l'univers entier. Le plaisir de l'infini, enfin, est la réponse directe à Pascal : là où l'immensité des espaces effrayait, Fontenelle y voit un espace de liberté — « il me semble que je respire avec plus de liberté ».Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Invité: Jérôme Baschet. Aujourd'hui, avec l'accélération des crises écologiques, géopolitiques et sociales, de nombreuses personnes remettent en cause le système capitaliste dans lequel nous vivons. Est-ce quʹun monde sans capitalisme est possible? À quoi ressemblerait une société qui ne placerait plus la croissance et le profit au centre de ses priorités? Peut-on réellement sortir de cette économie sans sombrer dans la pénurie? Tribu reçoit Jérôme Baschet, historien, professeur à lʹUniversité autonome du Chiapas, au Mexique. Il a coordonné avec le sociologue Laurent Jeanpierre ce livre "Mondes postcapitalistes", paru aux éditions de La Découverte.
www.aufonddelaclasse.comPour comprendre le projet de Fontenelle, il faut d'abord comprendre le monde dans lequel il écrit. Les salons aristocratiques parisiens de la fin du XVIIe siècle ont leurs règles : ne jamais ennuyer, ne jamais paraître vouloir instruire, bannir tout ce qui « sent trop le métier ». Le jargon technique est une faute de goût. C'est dans ce monde-là que Fontenelle veut introduire la science — un pari risqué.Molière avait montré l'écueil à éviter. Dans Les Femmes savantes (1672), Philaminte et ses amies exhibent des termes scientifiques comme des bijoux — « j'aime ses tourbillons », « moi, ses mondes tombants » — sans vraiment les comprendre. La science y est pure parade sociale, accessoire de distinction. C'est exactement ce que Fontenelle refuse.La Préface des Entretiens pose le programme avec précision. Fontenelle veut traiter « la philosophie d'une manière qui ne fût point philosophique » : ni trop savante pour rebuter les mondains, ni trop légère pour décevoir les esprits sérieux. Et surtout, il formule une conviction philosophique forte : « Il n'y a pas jusqu'aux vérités à qui l'agrément ne soit nécessaire. » Le plaisir n'est pas un ornement — c'est une condition de la connaissance.Dans le texte, cela se traduit par une technique systématique de traduction : chaque concept scientifique est rendu dans un langage compatible avec la mondanité. Les satellites de Jupiter deviennent des lunes qui « accompagnent » leur planète comme une suite accompagne un prince. Le mouvement de la Terre s'explique par l'image d'un passager endormi dans un bateau. La démarche scientifique tout entière devient la métaphore de l'Opéra : le philosophe est le machiniste curieux qui veut comprendre les rouages cachés derrière le spectacle.Ce badinage apparent est aussi une ruse : habiller les idées les plus audacieuses dans les atours du divertissement galant, c'est les rendre acceptables — et irrésistibles.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
www.aufonddelaclasse.comLes Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle paraissent en 1686. Leur auteur, né en 1657 et mort centenaire en 1757, est un homme de frontières : entre littérature et science, entre le classicisme du Grand Siècle et les Lumières à venir. Le livre connaîtra trente-trois éditions de son vivant.Le principe est simple : six soirées de conversation entre un philosophe et une marquise, dans le parc d'un château. Chaque soir, ils s'avancent un peu plus loin dans l'univers — la Terre, la Lune, les planètes, les étoiles fixes, l'infini. Le contenu scientifique est sérieux : système de Copernic, tourbillons de Descartes, pluralité des mondes. Mais tout cela est dit sur le ton du badinage galant, avec des métaphores, de l'humour, de la légèreté.Pour comprendre ce choix, il faut replacer le livre dans son contexte. Au XVIIe siècle, la curiosité scientifique est encore suspecte : Augustin la condamnait comme péché, Pascal tremblait devant « le silence éternel de ces espaces infinis ». En même temps, la révolution scientifique de Galilée, Descartes et Cassini a bouleversé la vision de l'univers. Fontenelle veut faire entrer ces idées nouvelles dans les salons aristocratiques — un monde régi par le bon goût, la conversation et l'élégance.Son projet se résume dans une phrase de la Préface : « Il n'y a pas jusqu'aux vérités à qui l'agrément ne soit nécessaire. » Le plaisir n'est pas un ornement ajouté à la science — il en est une condition. Comprendre doit être jouissif.C'est tout le sens du parcours « Le goût de la science » : comment Fontenelle fait-il du désir de savoir une forme de séduction, et de la transmission scientifique un art à part entière ?Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Rencontre avec une pionnière de l'informatique graphique. La professeure Marie-Paule Cani a créé des univers animés en 3D à destination des scientifiques, notamment archéologues ou biologistes. Comment ces mondes virtuels peuvent-ils servir la recherche, l'imaginaire et la créativité ? Demandons-nous comment créer des mondes virtuels qui aient du sens ? Qui soient au service de la recherche et de la créativité humaine ? Question ouverte et creusée par notre invitée, la professeure Marie-Paule Cani pionnière de l'informatique graphique, qu'elle enseigne à l'École Polytechnique où elle conçoit des modèles et des outils pour créer et façonner des univers virtuels animés en 3D, non plus seulement pour les jeux vidéo ou le cinéma, mais pour les mettre au service de la recherche scientifique. Pour permettre, par exemple, aux préhistoriens de voyager dans le temps et de s'immerger dans les résultats de leurs hypothèses ou encore aux biologistes de se mettre littéralement dans la peau d'une cellule. Comment concevoir des modèles intelligents, des IA qui stimulent notre imagination et notre créativité ? Comment en faire des outils au service du meilleur de notre humanité et pas le contraire. Avec Marie-Paule Cani, professeure à Polytechnique, pionnière de l'informatique graphique, elle conçoit des modèles et outils, pour créer, animer et façonner des mondes virtuels, en rendant la technologie invisible afin de libérer la créativité. Avec une interview-reportage de Charlie Dupiot avec David Louapre. Son livre Le labo du jeu vidéo est paru aux Editions Albin Michel Musiques diffusées dans l'émission - Gabi Hartmann, Arat Kilo - Les larmes d'un temps passé - Piers Faccini, Ballaké Sissoko - If Nothing Is Real.
Rencontre avec une pionnière de l'informatique graphique. La professeure Marie-Paule Cani a créé des univers animés en 3D à destination des scientifiques, notamment archéologues ou biologistes. Comment ces mondes virtuels peuvent-ils servir la recherche, l'imaginaire et la créativité ? Demandons-nous comment créer des mondes virtuels qui aient du sens ? Qui soient au service de la recherche et de la créativité humaine ? Question ouverte et creusée par notre invitée, la professeure Marie-Paule Cani pionnière de l'informatique graphique, qu'elle enseigne à l'École Polytechnique où elle conçoit des modèles et des outils pour créer et façonner des univers virtuels animés en 3D, non plus seulement pour les jeux vidéo ou le cinéma, mais pour les mettre au service de la recherche scientifique. Pour permettre, par exemple, aux préhistoriens de voyager dans le temps et de s'immerger dans les résultats de leurs hypothèses ou encore aux biologistes de se mettre littéralement dans la peau d'une cellule. Comment concevoir des modèles intelligents, des IA qui stimulent notre imagination et notre créativité ? Comment en faire des outils au service du meilleur de notre humanité et pas le contraire. Avec Marie-Paule Cani, professeure à Polytechnique, pionnière de l'informatique graphique, elle conçoit des modèles et outils, pour créer, animer et façonner des mondes virtuels, en rendant la technologie invisible afin de libérer la créativité. Musiques diffusées dans l'émission - Gabi Hartmann, Arat Kilo - Les larmes d'un temps passé - Piers Faccini, Ballaké Sissoko - If Nothing Is Real.
"Neben zig langweiligen Kratern wurde auf der Rückseite des Mondes ein Einfamilienhaus von Elon Musk und die Brille vom Mond-Erstbesteiger Louis Armstrong gesichtet." Von Ulrich Winters.
Langsam gesprochene Nachrichten | Deutsch lernen | Deutsche Welle
06.04.2026 – Langsam Gesprochene Nachrichten – Trainiere dein Hörverstehen mit den Nachrichten der DW von Montag – als Text und als verständlich gesprochene Audio-Datei.
Iran verkündet Tod von ranghohem General, Trump droht Teheran nach zurückgewiesener Waffenruhe erneut, CDU-Kritik an Reiches Vorschlag zur Pendlerpauschale, Mindestens drei Tote bei russischen Angriffen auf die Ukraine, Ostermärsche in ganz Deutschland, 100 Jahre Lufthansa, Raumkapsel erreicht Einflusssphäre des Mondes, Bayern-Frauen stehen im DFB-Pokal-Finale, Das Wetter Hinweis: Der Beitrag zum DFB-Pokal der Frauen darf aus rechtlichen Gründen nicht auf tagesschau.de gezeigt werden.
durée : 00:58:33 - LSD, la série documentaire - par : Jérôme Sandlarz - Exploration de la dimension profondément personnelle et thérapeutique du tatouage, à travers les portraits de personnes qui ont fait de leur peau un espace de résilience, de deuil et de reconstruction identitaire. - réalisation : David Jacubowiez
durée : 00:59:34 - LSD, la série documentaire - par : Jérôme Sandlarz - Exploration des racines historiques et sociales du tatouage français entre archives judiciaires, carnets scientifiques retrouvés et portraits de tatoueurs contemporains. - réalisation : David Jacubowiez
durée : 01:00:00 - LSD, la série documentaire - par : Jérôme Sandlarz - En Polynésie comme au Japon ou dans la culture amazighe, se marquer la peau est un geste aussi ancien qu'universel. Retour sur un phénomène mondial. - réalisation : David Jacubowiez
durée : 00:58:31 - LSD, la série documentaire - par : Jérôme Sandlarz - Plongée dans l'univers du tatouage à travers les portraits croisés de quatre praticiens aux parcours singuliers, enrichis d'archives historiques et d'une réflexion sur le statut juridique et artistique de cette discipline. - réalisation : David Jacubowiez
Comment s'est terminée la chevalerie ? C'est pas rare d'entendre parler de déclin de la chevalerie à la fin du Moyen Âge et au début de l'Époque moderne, alors qu'en fait, c'est un peu plus compliqué que ça ! On assiste à cette période à la naissance d'un véritable idéal chevaleresque, à la fois dans la littérature avec notamment les fameux romans de chevalerie ; mais cet idéal a aussi eu des impacts directs dans la société de l'époque, et ce jusque dans les pratiques militaires. Alors pour y voir plus clair dans tout ça, j'ai eu le plaisir de recevoir l'historien Benjamin Deruelle, un spécialiste du sujet ! Benjamin est professeur d'histoire à l'Université du Québec à Montréal, où il est titulaire de la chaire en histoire de la guerre. Il est aussi l'un des membres de la team d'Avengers ayant participé à l'ouvrage collectif Nota Bene sur les chevaliers que j'ai eu le plaisir de diriger. Bref, la boucle est bouclée, entrons dans le vif du sujet !Je vous souhaite une bonne écoute sur Nota Bene !⚔️ Ne loupez pas mon livre collectif Les Chevaliers dispo en précommande jusqu'au 15 mai seulement : https://fr.ulule.com/chevaliers-notabene➤ Pour aller plus loin, découvrez :➜ le livre de Benjamin De papier, de fer et de sang : chevaliers et chevalerie à l'épreuve de la modernité : https://www.editionsdelasorbonne.fr/produit/924/9782859449100/de-papier-de-fer-et-de-sang➜ et ses autres publications : https://professeurs.uqam.ca/professeur/deruelle.benjamin/
durée : 00:50:20 - Affaires sensibles - par : Fabrice Drouelle - . - réalisation : Stéphane Cosme, Hélène Bizieau, Frédéric Milano, François Audoin, Valentine Chédebois, Franck Cognard, Rebecca Denantes, Claire Teisseire Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France