Le Multivers du Livre. Le Journal pour professionnels et curieux actualitte.com

Parce que les faits divers et leur traitement médiatique sont des indicateurs précis d'une époque, l'Aube noire s'associe à Retronews, le site de presse de la BNF, pour raconter ces histoires. Sous la plume d'autrices et d'auteurs de polar ou de roman noir qui viennent y amener leur point de vue, les époques se dévoilent à travers le prisme de la violence des faits divers depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe .

Mouette ne raconte pas une histoire d'enfermement : il y plonge le lecteur. Privé d'explications, condamné à avancer à tâtons dans un boyau souterrain, le narrateur impose une lecture éprouvante et sensorielle. Pour Romain, libraire au Grain des Mots à Montpellier, le roman de Dimitri Rouchon-Borie est avant tout une expérience rare, exigeante, qui transforme la frustration en puissance littéraire.

A Duque de Caixas, Hélcio et sa famille vivent modestement mais dignement grâce à l'épicerie familiale. Mais Hélcio et son frère Luiz Alberto rêvent d'un destin plus grand. Luiz Alberto passe son temps avec la bande du quartier. De la petite délinquance à la criminalité, il n'y a qu'un pas que Luiz Alberto n'hésite pas à franchir. Hélcio, quant à lui vise l'accomplissement ultime, le vrai eldorado : une carrière de footballeur professionnel. Clément Doucet de la librairie Albin Michel à Paris, nous embarque dans un voyage familiale, sportif et historique, à travers un Brésil méconnu.

Avec L'Arche de Mère, Pierre Bordage déploie un vaste récit de science-fiction où l'ampleur du space opera n'efface jamais la fragilité des êtres. À travers le regard de Julien, libraire à La Dimension Fantastique, se dessine un roman grave et habité, traversé par l'amour, la spiritualité et les choix collectifs, qui rappelle combien la science-fiction peut encore interroger notre rapport au monde et à l'autre.

Ni méthode clé en main ni discours théorique : 12 ateliers d'écriture créative, d'Isabelle Mercat-Maheu, propose une approche sensible et progressive de l'écriture. À travers le regard de Louise, libraire au Rêve du papillon, le livre se révèle comme un outil d'accompagnement, pensé pour lever les blocages et remettre la pratique au centre.

Dans un contexte de fragilisation de la lecture et de l'attention, certains métiers œuvrent loin du bruit médiatique. Le témoignage de Laura Gilles éclaire, de l'intérieur, la fabrique patiente et exigeante de la transmission des langues.

Il y a des livres qui ne naissent pas d'un projet longuement mûri, mais d'un pas de côté. Qui se ressemble, paru en janvier 2026 chez Buchet Chastel dans la collection La Résonnante, appartient à cette catégorie rare : celle des récits qui surgissent presque malgré leur autrice, comme appelés par une nécessité souterraine. Agnès Desarthe le dit d'emblée : sans le hasard d'une commande, ce texte n'aurait sans doute jamais vu le jour. Trop intime, trop chargé, trop risqué peut-être.

Un adolescent en fuite, un cirque des années 1980, des fauves derrière les barreaux. Avec “Fauves”, Mélissa Da Costa plonge au cœur d'une violence intime, héritée et transmise, sans jamais la juger. À travers le regard de Jordan, libraire à la librairie Albin Michel, le roman apparaît comme une arène intérieure où se jouent la filiation, la domination et la possibilité – fragile – de se réinventer.

Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet signe une science-fiction profondément ancrée dans les fractures du présent. Dans un monde stérile privé de biodiversité, Jenny vit sur une cité mobile et traque les dernières traces d'abeilles. Porté par un grand format et une narration environnementale, l'album explore écologie, éco-anxiété, santé mentale et vivre-ensemble. Grave mais lumineux, le récit privilégie l'espoir et l'invention de nouveaux possibles.

Solideo Gloria, roman graphique paru chez Dupuis, plonge dans le Saint-Empire du XVIIIᵉ siècle à travers le destin de jumeaux pauvres, Hans et Helma, que la musique arrache à leur condition. Salué par un libraire, l'album impressionne d'abord par son dessin et son objet. Il parvient à « montrer » la musique par le noir et blanc puis la couleur, et explore ascension sociale, discipline, talent et cruauté d'une époque.

”Les Gorilles du Général“ plongée nerveuse dans les coulisses du pouvoir gaullien by ActuaLitté

À l'aéroport, sur le point d'embarquer pour le Chili, Nicole Mersey-Ortega confie ce que son roman Même le froid tremble a bouleversé dans sa vie. Entre fatigue, lutte politique et désir farouche de liberté, elle raconte comment l'écriture devient un geste pour continuer ailleurs, autrement.

La gestion du dépôt-vente illustre particulièrement cette fragilité. Sophie Caillat évoque sans détour l'état des lieux initial : des stocks répartis entre Arles, Paris, un grenier, une cave et des bureaux ; des bons de dépôt oubliés ; des ventes directes mal suivies ; et même, chez les auteurs, des opérations difficiles à retracer

Dans nos bureaux bruissant de conversations, François Belley surgit presque comme un clin d'œil à son propre livre : un producteur d'idées. L'expression, qui fait sourire le présentateur de la rencontre, correspond pourtant parfaitement à l'auteur, qui reconnaît volontiers se tenir « à l'intersection des mondes », entre philosophie, communication, arts et politique. Une manière, dit-il en substance, de garder « la tête et les pieds » dans des univers qui se croisent et se fécondent mutuellement.

Au Palais de la Porte Dorée, Clara Lodewick sourit encore de l'effervescence provoquée par Moheeb sur le parking, la bande dessinée qui lui vaut le prix Porte Dorée 2025. L'album, pensé comme un huis clos à ciel ouvert, suit un jeune réfugié afghan, échoué dans une attente interminable. Une histoire qui, comme elle le raconte, « _remonte à mes 17 ans, quand je passais mes journées auprès d'un collectif d'Afghans sans papiers »*.

Dans le silence minéral de la Bibliothèque Abbé-Grégoire à Blois, l'autrice taïwanaise s'installe avec douceur, presque à pas feutrés. Elle a rejoint le festival BD Boum qui a mis Taiwan à l'honneur cette année. Un entretien à pas feutrés…

Maxime Garbarini a imaginé un cadre rétro, tendu entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1950, peuplé d'individus aux capacités extraordinaires. Le décor évoque l'héroïsme classique, mais refuse l'évidence spectaculaire : il préfère sonder l'onde de choc intime que provoque l'arrivée du surnaturel dans des existences déjà cabossées.

Le vendredi, journée consacrée aux scolaires, fait des émules. L'an passé, les intempéries avaient chamboulé le département et perturbé l'accueil. Mais dans les rues, les maîtresses veillent au grain pour conduire leurs ouailles à la Halle du même nom.

L'accessibilité, il y a ceux qui la fabriquent et ceux qui en bénéficient. ActuaLitté est allé à la rencontre de Mélissa Castilloux, consultante spécialisée. Avant de se consacrer aux enjeux du livre numérique accessible, elle-même est concernée par la dyslexie et la dysorthographie. Elle témoigne, tant comme lectrice que professionnelle.

Dans “Rattraper l'horizon”, Khosraw Mani retrace l'itinéraire d'un jeune Afghan sans nom, propulsé des étendues immobiles d'un village isolé vers la violence vibrante de Kaboul. À Depuis sa librairie L'Opuscule, à Montpellier, Waldeck Moreau raconte la découverte de ce roman singulier, « un ovni littéraire », dont l'écriture incisive, les résonances féministes et la puissance d'évocation continuent de travailler longtemps après la lecture.

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir en tête-à-tête le chef Joseph Doverman, auteur du livre Irlande – Les meilleures recettes d'un pays chaleureux et authentique. Nous allons explorer ensemble comment ses racines irlandaises dialoguent avec les terroirs français, et plus particulièrement avec la richesse gastronomique de la région de Périgueux. Et bienvenue dans ce nouvel épisode de notre podcast consacré à la rencontre entre deux univers culinaires : celui de la gastronomie périgourdine, et celui de la cuisine irlandaise contemporaine.

Lors du Festival du Livre Gourmand de Périgueux, Claire Bergé-Lefranc et Benoist Husson ont offert un moment suspendu, à mi-chemin entre confidence culinaire et coulisses de création. L'un est fondateur de KidSono — une société spécialisée dans l'audio jeunesse — l'autre cheffe et fondatrice du traiteur Chicken Bacon Lettuce. Ensemble, ils racontent cette aventure singulière : Madeleine de cheffes, un podcast devenu livre jeunesse publié chez Gallimard Jeunesse.

Au Festival du livre gourmand de Périgueux, la rencontre avec Marion Chatelain a pris des allures de conversation joyeuse autour d'un sujet qu'elle porte avec panache : le gras. Son ouvrage Le gras c'est la vie (Flammarion), enrichi des photographies de Rina Nurra, défend une vision chaleureuse, profondément humaine, presque philosophique de cette matière tant aimée que souvent mal comprise. Dès les premières minutes, l'autrice rappelle que « le gras rassemble », comme une évidence qui se vérifie autant dans une cuisine familiale que dans une salle de banquet.

Le vendredi, les élèves des écoles périgourdines se rendent au festival du livre gourmand. Tout un programme d'activités qui les attend, avec des jeux, des animations et bien d'autres. Devant nous, une partie de la classe de CP et CE1 de l'école Simone Veil se réunit autour d'un jardin… extraordinaire, bien entendu.

À l'approche du Festival du Livre Gourmand 2025, la ville de Périgueux s'apprête à se transformer, une fois encore, en un vaste théâtre dédié à la littérature culinaire et à l'art de vivre. Pour le maire Émeric Lavitola, invité de notre podcast, l'événement incarne bien plus qu'une célébration des plaisirs de la table : c'est une respiration collective, un moment d'unité.

Dans Même le froid tremble, Nicole Mercier Ortega explore la fatigue des corps qui ploient sans jamais rompre, ces corps façonnés par le travail, la honte et le désir. Son écriture, charnelle et politique, redonne souffle et dignité à ceux que la société rend invisibles. À travers la voix de l'autrice, la littérature devient à la fois cicatrice et résistance : un cri discret mais inaltérable. La romancière est notre invitée pour une nouvelle déambulation littéraire autour de son roman.

L'île de Sarjevane. C'est là, dans ce havre secret de l'Adriatique hérité de son père, que Largo Winch a décidé de souffler. Depuis sa rencontre avec Jarod, dans le diptyque précédent, Largo est rattrapé par des questions personnelles et éthiques sur l'héritage et la richesse. Mais l'arrivée d'un yacht le tire de sa solitude. Le scénariste, réalisateur et showrunner à succès Jérémie Guez, nouveau scénariste de Largo Winch, fait profiter le toujours impressionnant Philippe Francq de son énergie et de sa finesse d'écriture ! Les deux auteurs sont nos invités, pour un podcast haut en couleur

Dans Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega compose une prose rythmée, traversée par les sons de Santiago et la mémoire du corps. Entre cumbia, théâtre et révolte, son écriture pulse comme une danse de survie. Chaque phrase respire, chaque voix chante : la langue devient souffle, musique et résistance face au froid du monde. Une nouvelle émission de notre podcast, à écouter passionnément.

Gloria vit dans un palais suspendu, à l'abri de la pollution, du brouillard et des tempêtes. Chaque jour, elle épie le monde à travers son télescope et un jour elle aperçoit, tout en bas, un garçon au sol : un être avec des plumes et un long nez, qui vit parmi les autres. Cette découverte bouleverse son univers cloisonné et l'invite à envisager l'altérité, la nature, la résistance et la coopération. Une bande dessinée pour les jeunes et les moins jeunes, que nous présente Clément Doucet de la librairie Albin Michel

Les tables rondes se termineront avec un échange sur les collections patrimoniales, souvent fragiles car déconnectées de l'actualité littéraire immédiate, de 15h30 à 16h50. Alice Déon (La Petite Vermillon – La Table ronde), Claire Dô Serro (Pavillons Poche) et Éric Lahirgoyen (Libretto – Phébus) réfléchiront aux moyens de soutien et de mise en avant de ces fonds, à l'heure où Pavillons Poche célèbre ses 20 ans. Le débat sera modéré par Bertrand Mirande-Iriberry. Journée professionnelle Lire en Poche 2025

De 14h à 15h20, une première session technique était consacrée aux logiques économiques à l'œuvre derrière la publication d'un livre en poche. Nadia Level (J'ai Lu) et Dominique Morelli (Liana Levi) partageront leurs méthodes de calcul du seuil de rentabilité, en lien avec les coûts fixes, les tirages, et les arbitrages internes aux collections. Cette rencontre, animée par Inès Lefoulon, amorce un diptyque qui se poursuivra en 2026, tant la matière est dense. (Journée professionnelle Lire en Poche 2025)

La double exploitation adulte/jeunesse d'un titre au moment de son passage en poche est une pratique qui interroge. Sans doute est-elle justifiée en termes de marketing, de stratégie éditoriale... Comment est-elle reçue en librairie ? Quels résultats donne-t-elle d'un côté, d'un autre ?

Avant les animaux, il y a les préaninaux : ces adorables petites boules de poils doivent trouver leur vocation. Aujourd'hui, c'est cours de CHAT pour Pido et ses amis ! Au programme : sieste d'endurance et destruction de canapé. A vos griffes, prêts, partez ! Clément Doucet de la librairie Albin Michel nous raconte sa lecture d'une BD étonnante

Avec Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega raconte le traumatisme d'un Chili qui n'a jamais refermé ses plaies. À travers la voix des femmes et des quartiers populaires, son roman met à nu les fractures d'un pays où la mémoire, la lutte et la tendresse se confondent.Nicol

Clément Doucet, de la librairie Albin Michel au 137 boulevard Raspail à Paris, nous raconte cette histoire hors norme. Années 90 au Pays d'Enhaut, Alpes vaudoises. Urs, 14 ans, croit reconnaître, parmi des élèves venus d'Angleterre, Miss Wu la belle chinoise (qui porte un cache-oeil) d'une ancienne BD d'aventures. Les tentatives de parler à la jeune sosie de Miss Wu, qui en réalité se prénomme Mei, semblent vouées à l'échec... Jusqu'au moment où Urs parvient à entraîner Mei sur le télésiège au moment de la fermeture. Les deux adolescents se retrouvent bloqués sur l'installation arrêtée pour la nuit. Persuadés de finir congelés avant l'aube, ils se rapprochent de plus en plus...

Y'a une pie dans le poirier ; Le rock and roll des gallinacés ; Un éléphant qui se balançait ; Les crocodiles ; Si tu as de la joie au cœur ; C'est Gugusse avec son violon ; La famille tortue ; La ronde des légumes ; Une araignée sur le plancher ; Mon âne ; Dans la ferme de Mathurin ; The wheels on the bus.

Nous avions déjà rencontré Joseph Incardona lors de la sélection du prix, pour un premier entretien autour de son roman et de ses thèmes brûlants. Cette fois, avec ce podcast, on fait un pas de côté : on entre dans son atelier. On parle de fabrication, d'inspiration, de ton, de travail. Comment naît une idée qui mérite un roman ? Comment trouve-t-on la bonne distance avec un personnage ? Et que change l'humour dans une tragédie ?

Nous recevons aujourd'hui deux auteurs-illustrateurs dont l'univers a conquis les jeunes lectrices et lecteurs : Julien Béziat, créateur, entre autres, des aventures de Berk à L'École des loisirs, et Gaëlle Duhazé, autrice-illustratrice à l'imaginaire foisonnant, lauréate du Prix Sorcières 2016 (catégorie Documentaire) pour Cité Babel avec Pascale Hédelin. Tous deux placent au cœur de leurs albums des héros souvent animaux, beaucoup d'humour, et un sens aigu des émotions de l'enfance.

Caly, dessinatrice et scénariste de manga français, s'est fait connaître via l'autoédition et a évolué vers des projets éditoriaux comme Hana no Breath et Nova. Maylis, mangaka originaire du Sud-Ouest, est autrice, dessinatrice et coloriste de plusieurs one-shots (Le Carnet du Botaniste, Les Enfants de Thot, Odán…) et a été professeure à l'École Toulouse Manga avant de se lancer pleinement dans l'autoédition. Rencontrée lors du festival Lire en Poche nous plongerons dans leurs parcours respectifs, leurs méthodes de création, les thématiques qui les animent, et les défis qu'elles rencontrent dans l'univers de la création graphique aujourd'hui.

Sur la place Jean-Jaurès, les chapiteaux bruissent de pages et d'histoires. À quelques encablures des nouveautés, les bouquinistes stéphanois tiennent bon, rangées d'ouvrages patinés par le temps et dialogues passionnés à la clé. À la Fête du Livre de Saint-Étienne, ils ne sont pas relégués au second plan : ils font partie intégrante du salon, une exception dans le paysage des festivals français. Les bouquinistes sont souvent absents ou discrets, cantonnés aux marges.

Les deux romanciers réunis pour la première fois lors du festival Lire en Poche à Gradignan, pour la 20e édition, nous parlent de leur rapport à l'écriture, confrontant leurs parcours et leurs ouvrages. L'un et l'autre écrivent pour comprendre et pour réparer : l'un par la fiction poétique, l'autre par le récit de soin. Dans ce dialogue, leurs voix se répondent autour des thèmes de la vulnérabilité, de la mémoire, du silence et du rapport au corps — autant de façons de raconter la condition humaine.

Sur la place Chavanelle, le chapiteau jeunesse bourdonne d'énergie et de curiosité. Entre les rires des enfants, les lectures à voix haute et le bruissement des pages qu'on feuillette, la 39e Fête du Livre de Saint-Étienne, qui se tient du 10 au 12 octobre, s'anime dans une atmosphère familiale et joyeuse. Une soixantaine d'auteurs et illustrateurs sont présents, nous explique Soline Travers, coordinatrice de programmation. « On y trouve de tout : bande dessinée, albums, romans… avec les libraires stéphanois partenaires de la Fête du Livre. Nous avons aussi une zone d'animation pour le public familial, de 0 à 15 ans. »

Au sortir de l'avion, Nicole Ortega nous accorde sa première interview pour la sortie de son livre “Même le froid tremble” (Anne Carrière). Une rencontre pour faire connaissance, se découvrir, avant d'autres à suivre. Dans un pays qui n'aime pas les femmes, trois jeunes filles prennent la route pour se rendre à la fête de la Vierge noire,1600 kilomètres au nord de la favela où elles ont grandi. Entre Santiago du Chili et le village d'Iquique, elles vont croiser des policiers véreux, les fantômes des victimes de Pinochet, des routiers menaçants, une Darne blanche, des prostituées sorcières, des voyous généreux, un serial killer, des pères en deuil et des mères qui ne pardonneront jamais.

La sexualité de tous les animaux (y compris "Homo sapiens") a pour but la reproduction - même s'il nous est loisible de nous en servir pour mille autres choses. Or, femmes et hommes sont dotés d'organes génitaux distincts et ne transmettent pas leur génome de la même manière. Passer sous silence cette réalité biologique, comme le font la plupart des intellectuels contemporains, nous empêche d'appréhender des sujets essentiels comme la guerre, la politique, le viol, les abus sexuels, la prostitution, et nous conduit à écarter l'apport possiblement spécifique des femmes à la vie du monde. Olivier Lhostis de la librairie L'Esperluète, à Chartres, revient avec nous sur cet essai.

Dans des temps immémoriaux, Celle-qui-sait-les-herbes veille depuis longtemps à l'harmonie et à la félicité de sa tribu. Mais de nombreuses neiges sont tombées et elle sent qu'est venu le temps de nommer son successeur. Elle décide alors d'entreprendre un long voyage jusqu'à la mer, et c'est un jeune homme qu'elle désigne comme compagnon de route. Ensemble, ils traversent de nombreux paysages à la rencontre des peuples qui les habitent, sur le chemin d'une quête qui va révéler au jeune disciple les secrets des êtres et de la nature. Empreint à la fois de douceur et de sacré, Celle-qui-sait-les-herbes est un conte initiatique, un éveil au monde. Pour en parler avec nous, Cyrille Falisse de la librairie librairie « Papiers Collés » à Draguignan, est notre invité

Cantique du chaos, de Mathieu Belezi (éd. Robert Laffont, collection Pavillons, 2025), est un roman qui plonge le lecteur dans une dystopie protéiforme : le monde tel que nous le connaissons est déjà en grande partie ravagé : catastrophes climatiques, pollution, incendies, guerres, tyrannies s'y sont imposées. Pour en parler, nous avons rejoint Philippe Leconte, propriétaire de la librairie Le Livre écarlate (Paris, 14e).

Zoé est morte en juillet. Rien n'avait préparé ceux qui l'entouraient à la voir disparaître. L'accompagner dans sa dérive relevait autant du dévouement que de l'ensorcellement ; on s'y laissait emporter, sans jamais en revenir tout à fait. Une question reste suspendue : que gardons-nous des êtres follement aimés ? Un roman publié aux éditions Michel Lafon, que nous présente aujourd'hui Nathalie Iris

Dans la chambre 308 d'un petit hôpital de province, il y a deux patients. Alphonse, un vieil homme au coeur usé, qui se dit qu'il est bien temps pour lui de mourir. Et Greg, qui émerge d'une chimio qui a failli le tuer. Il paraît que les médecins du grand centre sont les meilleurs ; Greg n'en est pas si sûr. Beaucoup de monde passe dans cette chambre d'hôpital : une dame du ménage, une toubib argentine, quelques proches, une jeune fille étrange, et aussi ceux que personne ne voit... Greg en ce début de journée a pris la décision de refuser tout traitement. Est-il possible de faire entendre pareil choix à ceux qui prennent soin de nous ?

Jordan Rodrigues de la librairie Albin Michel à Paris a eu un véritable coup de coeur. Dans ce nouveau podcast, il nous parle avec passion du nouveau roman de Camille Goudeau. Dans Paris où s'élève la gronde sociale, une lumière irradie sur les murs de la capitale, celle du portrait d'Eléonore Poussière, une discrète hôtesse d'accueil qu'une street artiste a choisie pour égérie. Du jour au lendemain, le pochoir jaune et bleu enflamme les réseaux sociaux et le coeur de Félix, restaurateur malvoyant qui ne voit bien que les couleurs. Tandis qu'il la recherche à travers la ville, Eléonore découvre qui elle est vraiment. Une bousculade sur un quai de métro, et ces deux êtres éraflés pourraient bien se trouver.

La rentrée littéraire 2025 s'annonce riche en révélations et en réinterprétations. Parmi les finalistes du Prix du Roman Fnac, Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre occupe une place singulière : celle d'un texte qui revisite la figure controversée de Milady de Winter, héroïne honnie des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas.

La rentrée littéraire 2025 s'ouvre avec une œuvre singulière qui se retrouve dans la dernière sélection du Prix du Roman Fnac 2025 : Quitter la vallée, premier roman de Renaud de Chaumaray publié chez Gallimard. L'ouvrage s'impose comme l'une des découvertes les plus intrigantes de la saison, nous raconte Emma, cheffe de produit Roman chez Fnac.