Le Multivers du Livre. Le Journal pour professionnels et curieux actualitte.com

Elles sont grandes dames ou simples bourgeoises, débutantes ou femmes du monde. Elles vivent à la Renaissance, en pleine Révolution française, au début ou à la fin du XIXe siècle. Le plus souvent, elles sont éclipsées par leur père, par leur frère, par leur mari, voire par leur créature. Mais leur point commun n'est pas leur sexe ; c'est le courage avec lequel elles s'élancent dans le vide pour découvrir en vol des espaces inconnus. traduction par Maxime Rovere

"Je suis un homme ridicule. Maintenant, ils disent que je suis fou. Ce serait une promotion, s'ils ne me trouvaient pas toujours aussi ridicule. Mais maintenant je ne me fâche plus, maintenant je les aime tous, et même quand ils se moquent de moi.“ Traduction : André Markowicz Lecture : Pierre-François Garel

Aux Imaginales, l'imaginaire ne se limite pas aux livres, aux auteurs et aux tables rondes. Sous les tentes, il prend aussi la forme de bijoux, de céramiques, d'objets en bois, d'illustrations ou de petits catalogues indépendants. Justine, des Caprices de Justine, mêle pierres, symboles païens, esthétique victorienne, magie et piraterie. Wood Whisper travaille le bois en relief, entre tableaux fantastiques et accessoires pour le jeu de rôle. Les éditions Tanibis, venues pour la première fois, défendent une bande dessinée entre réel, surréalisme et imaginaire. Émilie Blanc, avec Faune Céramique, fait surgir hiboux, renards, blaireaux et rouge-gorges sur grès et porcelaine. L'Alsacienne Indépendante poursuit, malgré les difficultés, ses collections fantastique, fantasy, romance paranormale et anticipation. Lucie, du studio Lujaam, dessine des œuvres nourries de nature, de mythologie, de tarot et d'ésotérisme. Certains exposants reviennent depuis plusieurs années, d'autres découvrent Épinal pour la première fois. Tous trouvent aux Imaginales un public familier des symboles, des créatures et des mondes parallèles. Le festival reste un rendez-vous littéraire, mais ses allées racontent aussi ce que l'imaginaire fabrique hors des pages. Ici, il se porte, se façonne, se feuillette et se touche

Aux Imaginales, les Amis des Lévriers rappellent qu'un chien longtemps associé aux rois et aux récits médiévaux reste aujourd'hui, en Espagne, victime de maltraitances liées à la chasse. Fondée en 2011 et basée à Épinal, l'association réunit des adoptants du Grand Est et participe à des fêtes médiévales, rencontres et actions de sensibilisation. Sur leur stand, les bénévoles retracent l'histoire du lévrier, des gravures anciennes aux cours royales, où l'animal était un présent prestigieux. Anne-Marie rappelle pourtant le contraste : « En Espagne, même un chien torturé par son maître revient toujours. » Les galgos y sont encore utilisés pour la chasse, puis abandonnés ou tués lorsqu'ils ne sont plus jugés utiles. Régis résume : « Ils sont comme un fusil de chasse. Tant qu'ils chassent bien, ils sont conservés. » Les chiens présents aux Imaginales sont tous des lévriers recueillis, venus d'Espagne et sauvés par des associations. Anne raconte aussi son histoire avec Lugo, Rall, Gento ou Rubi, chiens marqués par les blessures mais capables de retrouver une vie. La boutique aide les refuges espagnols, tandis que les démonstrations expliquent la poursuite à vue sur leurre. Aux Imaginales, l'imaginaire médiéval rejoint ainsi une cause très concrète : faire connaître et protéger ces chiens rapides, fragiles et souvent à réparer.

Si la liberté a un sens, c'est de donner le droit de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. La liberté d'expression, c'est la faculté de dire ce qu'on pense être juste et vrai, mais cette liberté est menacée par la politique même, où la vérité ne prévaut guère. Ce recueil propose les meilleures pages d'Orwell sur cette question centrale aujourd'hui, dans nos sociétés de post-vérité. traduction par Abel Gerschenfeld lecture par Julien Campani

Pourpre-Sang T.1 : Le Cercle de Nimuée est une bande dessinée de Léo Chérel, publiée par Astrolabe suit Sauln et sa disciple Lorinte, chasseurs de monstres au service des plus démunis. Leur métier mêle devoir moral et difficultés matérielles, jusqu'à la rencontre d'Adèle d'Aubépine, jeune noble cherchant une escorte pour se rendre à la réception du gouverneur de l'archipel. Pour en parler avec nous, nous recevons Thomas Jacquart, directeur de BDfugue.com. Avec lui, nous allons aborder l'album sous deux angles : d'abord celui du lecteur — personnages, rythme, imaginaire, accessibilité — puis celui du libraire et du professionnel : comment défendre un premier tome, comment installer une nouvelle maison, comment vendre aujourd'hui de la fantasy franco-belge dans un marché déjà très encombré ?

"Que de stupidités j'ai lu sur Violette Nozières. Les journalistes ignorent-ils donc la haine qu'on peut avoir pour ses parents ?? " "En août 1933, Violette Nozière est la jeune femme la plus recherchée de France. Accusée de parricide et de tentative de meurtre sur sa mère, elle est traquée à la fois par la police et par la presse, qui se déchaîne. Malgré ses terribles révélations auprès du juge, Violette Nozière devient un "monstre en jupons" que la France de l'entre-deux-guerres se plaît à haïr. Seuls les poètes surréalistes prendront fait et cause pour elle, affirmant, bien avant #MeToo, "Violette, je te crois"? ". Michèle Pedinielli Un label proposé en parternariat avec RetroNews, le service de la BnF Jérôme LEROY est l'auteur d'une trentaine de romans, noirs pour la plupart. Son dernier titre paru est La petite fasciste (La Manufacture de livres).

Dans la librairie du XIIe arrondissement de Paris, Solène Quéré nous accueille, pour parler de ce roman, Au grand jamais, qu'a signé Jakuta Alikavazovic. Un coup de coeur, pour ce récit sélectionné pour le prix Frontières 2026, organisé par l'Université de Lorraine et L'Université de la Grande région. "On grandit autant dans un pays, dans un foyer, que dans certaines histoires. Mais ces histoires ne sont pas toutes égales. Il y en a une qui prend le dessus. Ce peut être la plus douloureuse. Ce peut être la plus séduisante. Une chose est sûre : ce n'est pas toujours la plus vraie".

Fish Lake Forest, Utah. Un phénomène étrange obsède les scientifiques : un grand chêne se met à rougeoyer. L'anomalie se manifeste aux quatre coins du monde et on observe un effet étonnant : la photosynthèse de cette chlorophylle est trois fois supérieure à celle de son homologue verte. L'écosystème des forêts a-t-il enfin conçu un début de réponse pour faire face au réchauffement climatique ? Né dans une secte viriliste néo-adventiste, Joshua est endoctriné par l'enseignement religieux, mais quelque chose au fond de lui lutte, en quête de sens. Edita est séquestrée depuis l'enfance dans un lodge au fond des bois, elle possède un sens unique qui n'est ni la vue, ni l'ouïe, ni le toucher, mais un peu des trois à la fois, un sens amplifié au centuple qui la guide dans sa découverte du réel. Jusqu'au jour où s'ouvre une brèche : fuir. Leur rencontre bouleverse tout. Entre dystopie écologique lumineuse et thriller redoutable, Les Plus Jeunes Années du monde est un roman d'adaptation irrésistible qui ausculte les blessures du monde, le bouleversement irréversible d'une rencontre et notre capacité à nous réinventer lorsque toutes les cartes sont rebattues. Lu par Micky Sébastien

À la librairie 47° Nord, à Mulhouse, Raphaële Gueit défend Le ciel est immense, roman de Feurat Alani où une disparition familiale ouvre sur l'histoire de l'Irak, l'exil, les non-dits et la nécessité de vérité. À travers l'oncle absent, pilote devenu légende intime, la libraire lit un récit de mémoire, de poésie et de tolérance, porté par une enquête qui relie l'intime au politique sans sacrifier le romanesque ni l'émotion des personnages. Ouvrage retenu dans le cadre du prix Frontières 2026

24 ans, célibataire, en CDI ; Mika étouffe dans la vie confortable et solitaire qu'elle s'est construite. Dans le bureau vitré en périphérie de Tokyo qui lui vole ses journées, elle attend qu'il se passe quelque chose. Drôle, brillante et seule, elle n'a jamais touché aucun homme et ses soirées trop sages débordent de fantasmes. Un été, elle franchit le cap : elle démissionne et écrit à un jeune Américain croisé sur la plage – crush instantané. C'est le début d'une longue série de rencontres. Au fil des kilomètres de messages et des nuits sans sommeil, elle découvre l'amour avec un très petit “a” : des hommes vaguement indisponibles, pas exactement aimants, sexuellement approximatifs. Comment continuer à les désirer ? Que faire de sa solitude ? Et si l'amour existait hors des modèles datés qui paralysent nos vies sentimentales ? Avec une franchise désarmante, Momo Yamaguchi retrace l'itinéraire d'une femme qui ose enfin explorer ses désirs, en se dégageant de ceux que les hommes ont plaqués sur elle. Traduction : Mathilde Janin Lecture : Anouck Siboni et Jade Phan-Gia

La vie de Pénélope Bagieu est tout à fait fascinante. Autrice militante et reconnue à travers le monde, elle met en scène sa vie et celle de ses personnages iconiques avec humour, finesse et intelligence. L'exposition qui lui sera consacrée plongera les visiteurs dans la vie de ce personnage emblématique qu'est Pénélope Bagieu à travers ses inspirations, son quotidien, son histoire, ses coups de cœur et ses coups de gueule pour mieux découvrir ses œuvres. De Culottées à La Nuit retrouvée, en passant par California Dreamin' ou Sacrées Sorcières, petits et grands découvriront un univers foisonnant, drôle, sensible et magique. Une exposition et rétrospective présentée à Amiens, dans le cadre des Rendez-vous de la Bande dessinée 2026 : plus d'informations https://rdvbdamiens.com/

Entre Ella Maillart et le reportage d'investigation : les aventures d'Alissa Descotes-Toyosaki dans des zones du globe ultra- dangereuses : d'abord à Fukushima dès mars 2011 ; puis au Niger, dans les mines d'uranium d'Arlit exploitées alors par Areva et qui fournissaient la majorité du parc nucléaire français ; dans celle d'Azelik, exploitée par la Chine et aux conséquences écologiques désastreuses ; dans la mine d'or artisanale de Tagharaba, exploitée uniquement par les touaregs ; ou encore en Mauritanie, dans le camps de réfugiés de Mbera, où des milliers de nomades ont fui le nettoyage ethnique de l'armée malienne et de leurs supplétifs Wagner. Composition originale, Solo, d'Ousmane Ag Mossa, leader du groupe touareg Tamikrest. Le label « IH » (« Interprétation Humaine ») signifie que ce livre audio a été enregistré par un comédien ou une comédienne.

Laurent Marioni, propriétaire de la librairie Bulles en stock à Amiens et partenaire historique des Rendez-vous de la bande dessinée, est commissaire de l'exposition collective “Mickey et ses amis, une longue histoire dessinée“, en partenariat avec les éditions Glénat. Elle à l'honneur la mascotte légendaire de Disney, dont l'univers s'est notamment construit en BD dès les années 1930 et continue de s'enrichir aujourd'hui. Et sera à découvrir à compter du 6 juin à Amiens.

Résumé : Un nouveau président entre en fonction après quatre années marquées par un repli des États-Unis sur le plan des affaires internationales. Quand une série d'attentats terroristes met à mal l'ordre mondial, la secrétaire d'État fraichement nommée est chargée de constituer une équipe capable de déjouer un complot meurtrier, scrupuleusement conçu pour tirer profit d'un gouvernement américain déconnecté. Coécrit par Hillary Rodham Clinton, la 67e secrétaire d'État américaine, et Louise Penny, romancière dont l'œuvre caracole en tête des listes de meilleures ventes du New York Times, État de terreur est un thriller de haut vol sur fond d'intrigues internationales. Depuis les coulisses, on assiste au déploiement d'une situation dramatique nourrie de détails que seule une initiée peut connaître. Traduction : Lori Saint-Martin, Paul Gagné Lecture par Marie-Christine Letort

Sélectionné par le prix Frontières 2026 de l'université de Lorraine, le roman de Chimamanda Ngozi Adichie, L'Inventaire des rêves, nous est présenté par Erick-Amaury Zion, de la librairie Trait d'union (La Rochefoucauld, en Charente).

Sélectionné pour le Prix Frontière, Le bleu ne te va pas explore, par fragments, les limites imposées à l'enfance et au désir de liberté. Entre mer, mémoire et assignations silencieuses, Judith Schalansky compose un texte inclassable qui avance à contre-courant.

Au festival de Metz, David Le Breton mêle expérience personnelle et réflexion anthropologique. Il décrit le corps comme médiateur central du rapport au monde et refuse toute lecture simpliste des comportements humains, notamment chez les jeunes. Sa pensée défend une vision élargie du vivant et affirme le rôle fondamental de la lecture, qui permet d'habiter autrement le monde et d'en saisir la complexité.

À Metz, le thème « Habiter le monde » interroge les lecteurs. Pour certains, le livre est un refuge ou un voyage ; pour d'autres, il forge l'empathie ou décode le réel via la fantasy. Entre romans graphiques et archives photos, chacun cherche sa place. Le poète Jean-Pierre Siméon conclut sur l'urgence d'habiter le monde « poétiquement » pour s'extraire d'une logique prédatrice. Une invitation à s'arrêter et à reprendre conscience par les mots.

Un roman ample et profondément humain, où l'exil se transmet de génération en génération, jusqu'à fissurer les identités. Dans Les Maisons de sel, Hala Alyan, portée en français par la traduction d'Aline Pacvon, interroge ce que signifie appartenir lorsque le foyer ne cesse de se dérober. Sébastien Thomas-Calleja, libraire à la Fnac Bercy nous raconte l'ouvrage.

À la librairie Grangier, Aurore défend Phenyx, de Sophie Jomain, Maxime Gillio, paru aux éditions Scrineo comme une dystopie accessible, loin des simples codes du super-héros. Le roman de Sophie Jomain et Maxime Gillio y apparaît comme le récit d'un pouvoir imposé — et d'une liberté qui vacille

À Mulhouse, la libraire Sarah Bio revient sur Nous n'avons rien à envier au reste du monde, roman de Nicolas Gaudemet sélectionné pour le Prix Frontières 2026. Entre amour clandestin et emprise politique, le livre explore la naissance des sentiments dans une Corée du Nord où tout, jusqu'à l'intime, se trouve sous contrôle.

Dans son premier roman, Marie Semelin entraîne le lecteur dans une fresque humaine qui traverse plusieurs décennies entre Jérusalem et Ramallah. Avec Les Certitudes, l'autrice explore les héritages, les identités et les convictions qui se fissurent au contact de l'autre — un récit ample et profondément humain, salué par Raphaële Gueit, libraire à la librairie 47° Nord à Mulhouse. Le livre est dans la sélection du prix Frontières 2026, initié en 2021 par l'Université de Lorraine en collaboration avec l'Université de la Grande Région (UniGR).

Parce que les faits divers et leur traitement médiatique sont des indicateurs précis d'une époque, l'Aube noire s'associe à Retronews, le site de presse de la BNF, pour raconter ces histoires. Sous la plume d'autrices et d'auteurs de polar ou de roman noir qui viennent y amener leur point de vue, les époques se dévoilent à travers le prisme de la violence des faits divers depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe .

Mouette ne raconte pas une histoire d'enfermement : il y plonge le lecteur. Privé d'explications, condamné à avancer à tâtons dans un boyau souterrain, le narrateur impose une lecture éprouvante et sensorielle. Pour Romain, libraire au Grain des Mots à Montpellier, le roman de Dimitri Rouchon-Borie est avant tout une expérience rare, exigeante, qui transforme la frustration en puissance littéraire.

A Duque de Caixas, Hélcio et sa famille vivent modestement mais dignement grâce à l'épicerie familiale. Mais Hélcio et son frère Luiz Alberto rêvent d'un destin plus grand. Luiz Alberto passe son temps avec la bande du quartier. De la petite délinquance à la criminalité, il n'y a qu'un pas que Luiz Alberto n'hésite pas à franchir. Hélcio, quant à lui vise l'accomplissement ultime, le vrai eldorado : une carrière de footballeur professionnel. Clément Doucet de la librairie Albin Michel à Paris, nous embarque dans un voyage familiale, sportif et historique, à travers un Brésil méconnu.

Avec L'Arche de Mère, Pierre Bordage déploie un vaste récit de science-fiction où l'ampleur du space opera n'efface jamais la fragilité des êtres. À travers le regard de Julien, libraire à La Dimension Fantastique, se dessine un roman grave et habité, traversé par l'amour, la spiritualité et les choix collectifs, qui rappelle combien la science-fiction peut encore interroger notre rapport au monde et à l'autre.

Ni méthode clé en main ni discours théorique : 12 ateliers d'écriture créative, d'Isabelle Mercat-Maheu, propose une approche sensible et progressive de l'écriture. À travers le regard de Louise, libraire au Rêve du papillon, le livre se révèle comme un outil d'accompagnement, pensé pour lever les blocages et remettre la pratique au centre.

Dans un contexte de fragilisation de la lecture et de l'attention, certains métiers œuvrent loin du bruit médiatique. Le témoignage de Laura Gilles éclaire, de l'intérieur, la fabrique patiente et exigeante de la transmission des langues.

Il y a des livres qui ne naissent pas d'un projet longuement mûri, mais d'un pas de côté. Qui se ressemble, paru en janvier 2026 chez Buchet Chastel dans la collection La Résonnante, appartient à cette catégorie rare : celle des récits qui surgissent presque malgré leur autrice, comme appelés par une nécessité souterraine. Agnès Desarthe le dit d'emblée : sans le hasard d'une commande, ce texte n'aurait sans doute jamais vu le jour. Trop intime, trop chargé, trop risqué peut-être.

Un adolescent en fuite, un cirque des années 1980, des fauves derrière les barreaux. Avec “Fauves”, Mélissa Da Costa plonge au cœur d'une violence intime, héritée et transmise, sans jamais la juger. À travers le regard de Jordan, libraire à la librairie Albin Michel, le roman apparaît comme une arène intérieure où se jouent la filiation, la domination et la possibilité – fragile – de se réinventer.

Avec Silent Jenny, Mathieu Bablet signe une science-fiction profondément ancrée dans les fractures du présent. Dans un monde stérile privé de biodiversité, Jenny vit sur une cité mobile et traque les dernières traces d'abeilles. Porté par un grand format et une narration environnementale, l'album explore écologie, éco-anxiété, santé mentale et vivre-ensemble. Grave mais lumineux, le récit privilégie l'espoir et l'invention de nouveaux possibles.

Solideo Gloria, roman graphique paru chez Dupuis, plonge dans le Saint-Empire du XVIIIᵉ siècle à travers le destin de jumeaux pauvres, Hans et Helma, que la musique arrache à leur condition. Salué par un libraire, l'album impressionne d'abord par son dessin et son objet. Il parvient à « montrer » la musique par le noir et blanc puis la couleur, et explore ascension sociale, discipline, talent et cruauté d'une époque.

”Les Gorilles du Général“ plongée nerveuse dans les coulisses du pouvoir gaullien by ActuaLitté

À l'aéroport, sur le point d'embarquer pour le Chili, Nicole Mersey-Ortega confie ce que son roman Même le froid tremble a bouleversé dans sa vie. Entre fatigue, lutte politique et désir farouche de liberté, elle raconte comment l'écriture devient un geste pour continuer ailleurs, autrement.

La gestion du dépôt-vente illustre particulièrement cette fragilité. Sophie Caillat évoque sans détour l'état des lieux initial : des stocks répartis entre Arles, Paris, un grenier, une cave et des bureaux ; des bons de dépôt oubliés ; des ventes directes mal suivies ; et même, chez les auteurs, des opérations difficiles à retracer

Dans nos bureaux bruissant de conversations, François Belley surgit presque comme un clin d'œil à son propre livre : un producteur d'idées. L'expression, qui fait sourire le présentateur de la rencontre, correspond pourtant parfaitement à l'auteur, qui reconnaît volontiers se tenir « à l'intersection des mondes », entre philosophie, communication, arts et politique. Une manière, dit-il en substance, de garder « la tête et les pieds » dans des univers qui se croisent et se fécondent mutuellement.

Au Palais de la Porte Dorée, Clara Lodewick sourit encore de l'effervescence provoquée par Moheeb sur le parking, la bande dessinée qui lui vaut le prix Porte Dorée 2025. L'album, pensé comme un huis clos à ciel ouvert, suit un jeune réfugié afghan, échoué dans une attente interminable. Une histoire qui, comme elle le raconte, « _remonte à mes 17 ans, quand je passais mes journées auprès d'un collectif d'Afghans sans papiers »*.

Dans le silence minéral de la Bibliothèque Abbé-Grégoire à Blois, l'autrice taïwanaise s'installe avec douceur, presque à pas feutrés. Elle a rejoint le festival BD Boum qui a mis Taiwan à l'honneur cette année. Un entretien à pas feutrés…

Maxime Garbarini a imaginé un cadre rétro, tendu entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1950, peuplé d'individus aux capacités extraordinaires. Le décor évoque l'héroïsme classique, mais refuse l'évidence spectaculaire : il préfère sonder l'onde de choc intime que provoque l'arrivée du surnaturel dans des existences déjà cabossées.

Le vendredi, journée consacrée aux scolaires, fait des émules. L'an passé, les intempéries avaient chamboulé le département et perturbé l'accueil. Mais dans les rues, les maîtresses veillent au grain pour conduire leurs ouailles à la Halle du même nom.

L'accessibilité, il y a ceux qui la fabriquent et ceux qui en bénéficient. ActuaLitté est allé à la rencontre de Mélissa Castilloux, consultante spécialisée. Avant de se consacrer aux enjeux du livre numérique accessible, elle-même est concernée par la dyslexie et la dysorthographie. Elle témoigne, tant comme lectrice que professionnelle.

Dans “Rattraper l'horizon”, Khosraw Mani retrace l'itinéraire d'un jeune Afghan sans nom, propulsé des étendues immobiles d'un village isolé vers la violence vibrante de Kaboul. À Depuis sa librairie L'Opuscule, à Montpellier, Waldeck Moreau raconte la découverte de ce roman singulier, « un ovni littéraire », dont l'écriture incisive, les résonances féministes et la puissance d'évocation continuent de travailler longtemps après la lecture.

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir en tête-à-tête le chef Joseph Doverman, auteur du livre Irlande – Les meilleures recettes d'un pays chaleureux et authentique. Nous allons explorer ensemble comment ses racines irlandaises dialoguent avec les terroirs français, et plus particulièrement avec la richesse gastronomique de la région de Périgueux. Et bienvenue dans ce nouvel épisode de notre podcast consacré à la rencontre entre deux univers culinaires : celui de la gastronomie périgourdine, et celui de la cuisine irlandaise contemporaine.

Lors du Festival du Livre Gourmand de Périgueux, Claire Bergé-Lefranc et Benoist Husson ont offert un moment suspendu, à mi-chemin entre confidence culinaire et coulisses de création. L'un est fondateur de KidSono — une société spécialisée dans l'audio jeunesse — l'autre cheffe et fondatrice du traiteur Chicken Bacon Lettuce. Ensemble, ils racontent cette aventure singulière : Madeleine de cheffes, un podcast devenu livre jeunesse publié chez Gallimard Jeunesse.

Au Festival du livre gourmand de Périgueux, la rencontre avec Marion Chatelain a pris des allures de conversation joyeuse autour d'un sujet qu'elle porte avec panache : le gras. Son ouvrage Le gras c'est la vie (Flammarion), enrichi des photographies de Rina Nurra, défend une vision chaleureuse, profondément humaine, presque philosophique de cette matière tant aimée que souvent mal comprise. Dès les premières minutes, l'autrice rappelle que « le gras rassemble », comme une évidence qui se vérifie autant dans une cuisine familiale que dans une salle de banquet.

Le vendredi, les élèves des écoles périgourdines se rendent au festival du livre gourmand. Tout un programme d'activités qui les attend, avec des jeux, des animations et bien d'autres. Devant nous, une partie de la classe de CP et CE1 de l'école Simone Veil se réunit autour d'un jardin… extraordinaire, bien entendu.

À l'approche du Festival du Livre Gourmand 2025, la ville de Périgueux s'apprête à se transformer, une fois encore, en un vaste théâtre dédié à la littérature culinaire et à l'art de vivre. Pour le maire Émeric Lavitola, invité de notre podcast, l'événement incarne bien plus qu'une célébration des plaisirs de la table : c'est une respiration collective, un moment d'unité.

Dans Même le froid tremble, Nicole Mercier Ortega explore la fatigue des corps qui ploient sans jamais rompre, ces corps façonnés par le travail, la honte et le désir. Son écriture, charnelle et politique, redonne souffle et dignité à ceux que la société rend invisibles. À travers la voix de l'autrice, la littérature devient à la fois cicatrice et résistance : un cri discret mais inaltérable. La romancière est notre invitée pour une nouvelle déambulation littéraire autour de son roman.

L'île de Sarjevane. C'est là, dans ce havre secret de l'Adriatique hérité de son père, que Largo Winch a décidé de souffler. Depuis sa rencontre avec Jarod, dans le diptyque précédent, Largo est rattrapé par des questions personnelles et éthiques sur l'héritage et la richesse. Mais l'arrivée d'un yacht le tire de sa solitude. Le scénariste, réalisateur et showrunner à succès Jérémie Guez, nouveau scénariste de Largo Winch, fait profiter le toujours impressionnant Philippe Francq de son énergie et de sa finesse d'écriture ! Les deux auteurs sont nos invités, pour un podcast haut en couleur

Dans Même le froid tremble, Nicole Mersey Ortega compose une prose rythmée, traversée par les sons de Santiago et la mémoire du corps. Entre cumbia, théâtre et révolte, son écriture pulse comme une danse de survie. Chaque phrase respire, chaque voix chante : la langue devient souffle, musique et résistance face au froid du monde. Une nouvelle émission de notre podcast, à écouter passionnément.