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durée : 00:21:33 - Les interviews d'Inter - Olivier Roy, politiste, auteur de "L'impossible contre-révolution culturelle" (Seuil), et Marc Lazar, professeur émérite à Sciences Po, auteur de "Pour l'amour du peuple. Une histoire du populisme en France, du 19e au 20e siècle" (Gallimard), sont les invités de France Inter. - équipe : Quentin Lafay, Éva Roque, Clémentine Sabrié - invités : Marc Lazar Professeur émérite à Sciences Po et professeur de « Relations franco-italiennes pour l'Europe » à l'Université Luiss de Rome, Olivier Roy Politologue, professeur à l'Institut universitaire européen de Florence Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Ce sont des destins de femmes qui seront évoqués dans Au bonheur des livres cette semaine. Claire Chazal reçoit en effet Nina Bouraoui, pour Championne (Ed. JC Lattès) et Lilia Hassaine pour JE (Ed. Gallimard), deux romans particulièrement remarqués dans la rentrée littéraire. La première interroge ainsi la place des femmes au fil d'une sorte de fable à suspense, qui met en scène une apprentie-championne de tennis dans une société patriarcale non nommée, mais qui pourrait ressembler à l'Iran ou l'Algérie... Tandis que la seconde utilise un personnage secondaire du célèbre roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre, pour raconter le destin d'une épouse soumise, et en faire une espèce de manifeste fictionnel pour l'émancipation et la liberté. Nul doute que les deux écrivaines auront beaucoup à nous dire sur la place des femmes, dans la société et dans la littérature, au cours de leur conversation avec Claire Chazal. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans un univers sujet aux crises en tous genre - climatiques, politiques, économiques ou sociales, mieux vaut être souple et adaptable plutôt que performant. C'est en observant les plantes que le biologiste Olivier Hamant a développé sa théorie de la robustesse. Il la partage et nous explique comment l'appliquer dans ce nouvel épisode d'Inspire. Journaliste : Caroline Stevan Réalisation : David Chapuis Pour aller plus loin : Après l'incendie, sortir du burnout planétaire, Gallimard, septembre 2026. Chroniques d'un monde qui craque, Odile Jacob, 2026. De l'incohérence, philosophie politique de la robustesse, Odile Jacob, 2024. Antidote au culte de la performance, Gallimard, 2023.
durée : 00:05:23 - Le 13/14 - par : Céline Kallmann - Récompensé par le prix François Sagan pour son livre "Ma gloire" chez Gallimard, l'auteur Florent Oiseau évoque son parcours et ses sources d'inspiration. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Transmission, c'est des conversations entre les générations, avec les intellectuels d'aujourd'hui et de demain. Abonnez-vous !⚠️ Un lundi sur deux, à 18h, sur YouTube, puis le mercredi matin en podcast.Les ouvrages de Philippe d'Iribarne (économiste, anthropologue) que Transmission vous recommande : Le Grand déclassement : Pourquoi les Français n'aiment plus leur travail, Albin Michel (2022) ➡️ https://link.amazon/B0cUO9TuE
Hantée par l'Histoire et les trous de mémoire À 73 ans, Pearl va enfin être grand-mère et elle s'en réjouit. Pourtant, au fur et à mesure que l'échéance approche, elle s'inquiète : elle redoute de transmettre à sa future petite-fille ce qu'elle appelle son “paquet”, cet héritage trop lourd dont elle voudrait la protéger : celui de la Shoah, un traumatisme profondément ancré en elle. Bien qu'elle soit née après-guerre, Pearl est littéralement obsédée par le génocide des Juifs que ses deux parents ont vécu dans leur chair. À cette obsession qui fatigue parfois ses filles s'ajoute un autre problème : Pearl ne se souvient de rien. Ce n'est pas lié à l'âge, elle a toujours été comme ça. Depuis peu, elle fait le lien entre ces deux phénomènes : et si c'était cette omniprésence de la mémoire du génocide qui avait pris toute la place en elle et éjecté le reste ? Pour la première fois de sa vie, elle a décidé d'aller consulter un psy pour tenter de sortir de l'impasse. Elle est prête à tout tenter. Pearl est ma cousine. Elle porte ce prénom en hommage à notre grand-mère commune, Helena Perla, assassinée à Auschwitz en 1942. Comme elle, j'ai hérité du traumatisme, même si je m'en suis peut-être mieux “remise”. C'est le lot des enfants de survivant•es de la Shoah et, au-delà, de tous les peuples qui ont connu un génocide. Chez nous, le passé recouvre souvent le présent, ce qui entraîne des conséquences à la fois sur le psychisme individuel mais aussi sur le plan collectif puisque tout nouvel événement politique est perçu comme une réplique du traumatisme initial. En 2022, je commence à accompagner Pearl dans ses tentatives parfois surprenantes de désenvoûtement et dans son apprentissage du métier de grand-mère, elle qui n'a jamais connu la sienne. La survenue des attaques du 7 octobre 2023 puis du génocide à Gaza ne vont pas simplifier les choses… Pour aller plus loin : - Souffle sur tous ces morts et qu'ils vivent, de Nathalie Zajde, éditions La Pensée Sauvage ; - Je ne lui ai pas dit au revoir, de Claudine Vegh, collection Témoins / Gallimard ; - Naître coupable, naître victime, de Peter Sichrovsky, Points Actuels : - Le site du centre Georges Devereux Remerciements : Aux intervenantes Inge Cantegreil-Kallen (Hôpital Broca) et Margot Woszczalski (constellations), à Nathalie Zajde, Catherine Grandsard et Elisabeth Malka du centre Georges Devereux ; Au Grand Rabbin Olivier Kaufmann de la synagogue Charles Liché. À Mariannick Bellot, Elie Duprey et Pascaline Peretti pour leurs conseils avisés. À Rivka Ferrando pour son soutien. À Pearl, à ses filles, à mes parents et à ma sœur pour leur confiance. Ce documentaire a été lauréat de l'appel à projets Podcasts et créations radiophoniques du ministère de la Culture en 2022. Enregistrements février 2022-juin 2026 Entretien et montage Frédérique Pressmann Réalisation et mixage Samuel Hirsch Illustration Hélène Blanc Accordéon Frédérique Pressmann Production ARTE Radio
durée : 00:39:13 - Le téléphone sonne - par : Ali Baddou - Comment accompagner ceux qui partent ? Comment surmonter la douleur de l'aidant, quand celui ou celle que nous aimons est en fin de vie et fait le choix de l'aide à mourir ? Questions de société qui nous concernent tous. Questions intimes, que pose notre invité dans son dernier livre. - équipe : Maëlle Polsinelli, Marie Merier, Karline Desrosiers, Jessica Bagic, Dieu merci Katavali Molongise - invités : Antoine Compagnon Écrivain, enseignant et académicien français Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Un roman d'espionnage situé à Bruxelles au cœur des institutions européennes et à la haute dimension métaphysique. Voilà ce que nous offre Jean-Philippe Toussaint avec « La Hantise » (Minuit). L'écrivain belge conclu un cycle romanesque autour de Bruxelles dans lequel rode la figure de son père - le journaliste Yvon Toussaint. Sa relation avec ses morts, son attachement à l'Europe et à la démocratie, son regard sur la Chine : Jean-Philippe Toussaint est notre invité, cette semaine. Et si le dimanche sans voiture s'éternisait ? C'est à cette possibilité que Simon Brunfaut consacre son billet « A quoi tu penses ? ». C'est ce 20 septembre que se déroule à Bruxelles mais aussi dans plusieurs villes wallonnes et flamandes la nouvelle édition du dimanche sans voiture. Dans « En toutes lettres ! », le journaliste et reporter de guerre Wilson Fache s'adresse à Yuval Abraham, coréalisateur du documentaire Naza. Ce film primé et ovationné à la Mostra de Venise documente les pertes civiles à Gaza avec des témoignages de soldats et d'agents du renseignement israéliens. Il sort en salle le 30 septembre. Les prescriptions culturelles Jean-Philippe Toussaint : Le livre « Bernie Leibovitz de Sammy Lussan (Les Belles Lettres) Simon Brunfaut : Le livre « Une heure à soi » d'Adèle Van Reeth (Gallimard) Wilson Fache : 5 livres présélectionnés pour le Prix Albert Londres : « Dans la maison d'un Taliban, Le récit inédit d'une journaliste au sein d'une famille afghane pendant trois ans » (Éd. Le Cherche Midi) d'Élise Blanchard ; « Inceste d'état » (Éd. Stock) de Romane Brisard ; « La Collision » (Éd. Gallimard) de Paul Gasnier ; « Les deux mégots, La vérité sur l'affaire Alessandri » (Éd. Goutte d'or) de Geoffrey Le Guilcher ; « Le Nom des ombres. Sortir de l'enfer concentrationnaire syrien » (Éd. du Seuil) d'Arthur Sarradin. Pascal Claude : Le livre « Rouges-Truites » de Pierric Bailly. Merci pour votre écoute Dans quel Monde on vit, c'est également en direct tous les samedi de 10h à 11h sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes de Dans quel Monde on vit sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8524 Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est un invité unique exceptionnel que reçoit Claire Chazal pour ce nouveau numéro d'Au Bonheur des livres. Olivier Rolin, pour La guerre éternelle (Ed. Gallimard), qui figure à la fois sur la liste des romans sélectionnés pour le prix Goncourt et celle des essais pour le prix Renaudot. C'est dire que ce très beau livre est inclassable. L'ouvrage se propose de revenir sur la mère de toutes les batailles : la Guerre de Troie, telle que racontée par Homère dans L'Iliade. En fin lettré qui a fait jadis fort brillamment ses humanités grecques et latines, mais aussi en baroudeur qui a parcouru le monde et ses conflits depuis plusieurs dizaines d'années, Olivier Rolin réfléchit à la postérité contemporaine de cette guerre homérique et nous donne ainsi à réfléchir, tout simplement, au destin de notre humanité. A ce titre, son dialogue avec Claire Chazal ne peut être que passionnant. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À propos du livre : « Un innocent en prison » paru aux éditions Gallimard " La certitude morale est la pire adversaire des droits de l'Homme. Elle se vit comme un absolu et ne voit jamais sa propre violence. " Que reste-t-il aujourd'hui de la présomption d'innocence et des grands principes énoncés par les droits de l'Homme, arrachés au prix de tant de luttes admirables depuis le cri du premier innocent condamné ? Serions-nous en train d'interrompre cette longue chaîne de protestations contre l'arbitraire ? Car il n'y a plus d'évidence à ce que l'affirmation de ces droits, comme principe intangible et universel, accompagne le progrès humain, garanti par des textes et des institutions. Qu'avons-nous fait de cet héritage ? La brutalisation du débat public, le mépris des faits établis, le moralisme de l'opinion brouillent ce qui distingue la justice de la vengeance, mettant la société à portée de main de nouvelles tyrannies. Enraciné dans l'expérience diplomatique et juridique de son auteur, ce plaidoyer fait entendre une voix lucide mais qui ne renonce à rien. À rien de ce qui constitue la plus haute aspiration de l'homme, " l'avènement d'un monde où chacun sera libre de parler et de croire, libéré de la terreur et de la misère ".
C'est l'un des livres phares de cette rentrée littéraire. JE, publié aux éditions Gallimard, quatrième roman de l'autrice Lilia Hassaine, figure sur la première sélection en vue du prix Goncourt. Dans cette fiction, la romancière reprend l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais du point de vue de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée durant dix ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. Sous la plume de Lilia Hassaine, Bertha Antoinette Rochester n'est plus le bourreau mais la victime d'un homme violent et manipulateur ; ce n'est plus une femme aliénée et dangereuse mais une victime sous emprise et abandonnée par ses pairs. Un roman d'époque tout ce qu'il y a de plus contemporain. RFI : Dans JE, vous reprenez l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais à travers les yeux de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée pendant 10 ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. D'où vous est venue l'envie de raconter l'histoire, du point de vue de ce personnage omniprésent dans Jane Eyre et qu'on ne rencontre pourtant jamais vraiment ? Lilia Hassaine : Le point de départ de cette histoire, c'est vraiment une histoire plutôt personnelle qui m'a conduite à m'interroger sur cette femme, ce personnage féminin dans lequel je me suis reconnue en relisant Jane Eyre à l'âge adulte. Et surtout, je me suis posé la question suivante : que fait-on d'une histoire personnelle ? Faut-il aller vers le témoignage, ou faut-il que je raconte cette histoire au présent ? Je trouvais plus intéressant de montrer ce qu'il y avait d'invariant, d'intemporel dans cette question des violences, et comment, aujourd'hui, je peux me reconnaître dans un personnage du XIXe siècle, dans cette femme enfermée. À partir de mon imagination, des trous laissés par le roman de Charlotte Brontë, il y a un autre récit possible qui est effectivement plus contemporain. En donnant une histoire et une parole à Antoinette, vous donnez aussi plus de profondeur au personnage de Rochester. Vous le décrivez avec tous les atours de ce qu'on appellerait aujourd'hui un « pervers narcissique » : froid, calculateur, manipulateur. D'où vous est venue cette intuition-là, vis-à-vis de ce personnage ? Finalement, tout est déjà dans le roman de Charlotte Brontë. Ce n'est pas un personnage sympathique, c'est un personnage qui est assez menteur. C'est un homme qui séquestre son épouse à domicile. Et je trouvais intéressant de voir ce qui, dans ce personnage, avait pu tant me plaire à l'adolescence, et à quel point ces comportements ont participé à la construction d'un imaginaire romantique chez les jeunes femmes que nous avons été. Ceci dit, sans le travail de Charlotte Brontë, je ne me serais jamais autorisée à détruire un personnage, ou à me dire que j'allais sauver Antoinette. Simplement, il y avait déjà tout en germe, et assez d'espace pour un imaginaire plus contemporain. Une autre thématique qui est très présente dans votre réinterprétation, c'est la dimension de l'esclavage, des rapports de domination coloniaux, du racisme en fait. Pourquoi est-ce que vous avez souhaité intégrer cet aspect-là à votre relecture ? Parce que c'est déjà présent dans le roman de Charlotte Brontë. Rochester a un regard de propriétaire ; et ce qui rend possible la violence de cet homme à l'égard de sa femme, ce qui l'amplifie, c'est le contexte raciste. Lorsqu'Antoinette arrive en Angleterre [de Jamaïque, NDLR], elle a beau être blanche, elle subit une forme de racisme car elle est créole. Elle est née sur une terre noire, on la soupçonne donc de l'être un peu ; elle vient d'une île où il fait chaud, or on imagine à l'époque que la chaleur peut rendre fou. Ces imaginaires se rencontrent, viennent légitimer les violences, et les rendent plus facilement acceptables. Existe-t-il, selon vous, d'autres personnages féminins de la littérature à qui il faudrait redonner une histoire ou une voix ? Parfois, c'est vraiment le contexte culturel qui a provoqué des lectures qui n'étaient pas forcément liées aux intentions de l'auteur. Je n'ai pas l'impression qu'il faille apporter un regard moderne. Mais notre société évolue, ce qui nous amène à revisiter des œuvres du passé et à nous rendre compte que l'intention première de l'auteur était parfois très en avance. En tant que lecteur, on comprend ce que l'on a envie de comprendre, ce que l'époque nous pousse à comprendre. Je trouve qu'il est plus intéressant d'aborder les œuvres littéraires sous cet angle-là ; de voir ce qu'elles ont déjà en elles, de réflexions, de troubles, de jeux avec les préjugés, etc., plutôt que d'essayer de déconstruire a posteriori. À lire aussiDans le laboratoire de la transparence, avec Lilia Hassaine
C'est l'un des livres phares de cette rentrée littéraire. JE, publié aux éditions Gallimard, quatrième roman de l'autrice Lilia Hassaine, figure sur la première sélection en vue du prix Goncourt. Dans cette fiction, la romancière reprend l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais du point de vue de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée durant dix ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. Sous la plume de Lilia Hassaine, Bertha Antoinette Rochester n'est plus le bourreau mais la victime d'un homme violent et manipulateur ; ce n'est plus une femme aliénée et dangereuse mais une victime sous emprise et abandonnée par ses pairs. Un roman d'époque tout ce qu'il y a de plus contemporain. RFI : Dans JE, vous reprenez l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais à travers les yeux de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée pendant 10 ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. D'où vous est venue l'envie de raconter l'histoire, du point de vue de ce personnage omniprésent dans Jane Eyre et qu'on ne rencontre pourtant jamais vraiment ? Lilia Hassaine : Le point de départ de cette histoire, c'est vraiment une histoire plutôt personnelle qui m'a conduite à m'interroger sur cette femme, ce personnage féminin dans lequel je me suis reconnue en relisant Jane Eyre à l'âge adulte. Et surtout, je me suis posé la question suivante : que fait-on d'une histoire personnelle ? Faut-il aller vers le témoignage, ou faut-il que je raconte cette histoire au présent ? Je trouvais plus intéressant de montrer ce qu'il y avait d'invariant, d'intemporel dans cette question des violences, et comment, aujourd'hui, je peux me reconnaître dans un personnage du XIXe siècle, dans cette femme enfermée. À partir de mon imagination, des trous laissés par le roman de Charlotte Brontë, il y a un autre récit possible qui est effectivement plus contemporain. En donnant une histoire et une parole à Antoinette, vous donnez aussi plus de profondeur au personnage de Rochester. Vous le décrivez avec tous les atours de ce qu'on appellerait aujourd'hui un « pervers narcissique » : froid, calculateur, manipulateur. D'où vous est venue cette intuition-là, vis-à-vis de ce personnage ? Finalement, tout est déjà dans le roman de Charlotte Brontë. Ce n'est pas un personnage sympathique, c'est un personnage qui est assez menteur. C'est un homme qui séquestre son épouse à domicile. Et je trouvais intéressant de voir ce qui, dans ce personnage, avait pu tant me plaire à l'adolescence, et à quel point ces comportements ont participé à la construction d'un imaginaire romantique chez les jeunes femmes que nous avons été. Ceci dit, sans le travail de Charlotte Brontë, je ne me serais jamais autorisée à détruire un personnage, ou à me dire que j'allais sauver Antoinette. Simplement, il y avait déjà tout en germe, et assez d'espace pour un imaginaire plus contemporain. Une autre thématique qui est très présente dans votre réinterprétation, c'est la dimension de l'esclavage, des rapports de domination coloniaux, du racisme en fait. Pourquoi est-ce que vous avez souhaité intégrer cet aspect-là à votre relecture ? Parce que c'est déjà présent dans le roman de Charlotte Brontë. Rochester a un regard de propriétaire ; et ce qui rend possible la violence de cet homme à l'égard de sa femme, ce qui l'amplifie, c'est le contexte raciste. Lorsqu'Antoinette arrive en Angleterre [de Jamaïque, NDLR], elle a beau être blanche, elle subit une forme de racisme car elle est créole. Elle est née sur une terre noire, on la soupçonne donc de l'être un peu ; elle vient d'une île où il fait chaud, or on imagine à l'époque que la chaleur peut rendre fou. Ces imaginaires se rencontrent, viennent légitimer les violences, et les rendent plus facilement acceptables. Existe-t-il, selon vous, d'autres personnages féminins de la littérature à qui il faudrait redonner une histoire ou une voix ? Parfois, c'est vraiment le contexte culturel qui a provoqué des lectures qui n'étaient pas forcément liées aux intentions de l'auteur. Je n'ai pas l'impression qu'il faille apporter un regard moderne. Mais notre société évolue, ce qui nous amène à revisiter des œuvres du passé et à nous rendre compte que l'intention première de l'auteur était parfois très en avance. En tant que lecteur, on comprend ce que l'on a envie de comprendre, ce que l'époque nous pousse à comprendre. Je trouve qu'il est plus intéressant d'aborder les œuvres littéraires sous cet angle-là ; de voir ce qu'elles ont déjà en elles, de réflexions, de troubles, de jeux avec les préjugés, etc., plutôt que d'essayer de déconstruire a posteriori. À lire aussiDans le laboratoire de la transparence, avec Lilia Hassaine
Cette année, 461 ouvrages, dont 68 premiers romans, paraîtront d'ici au mois d'octobre dans un contexte tendu pour le secteur du livre, aussi bien du côté des librairies que des maisons d'édition.Quels ouvrages sont particulièrement attendus par les lecteurs et la critique ? Quels thèmes les romanciers d'aujourd'hui abordent-ils dans leurs œuvres ? Et que lire ?Pour vous guider, Raphaëlle Leyris, Lanwenn Huon et Amaury da Cunha, journalistes au « Monde des livres » donnent dans cet épisode de « L'Heure du Monde » leurs coups de cœur :Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, de Lucie Rico, P.O.L, 272 pages, 21 euros, numérique 15 euros.Baignade surveillée (The Lifeguard), de Laura Kasischke, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, Gallimard, « Du monde entier », 320 pages, 23 euros, numérique 15 euros.Le Pays des étés, de Pierre Adrian, Gallimard, 192 pages, 19 euros, numérique 14 euros.Raphaëlle Leyris commente également le choix du roman qui a remporté le Prix littéraire Le Monde 2026 :A voix haute, de Polina Panassenko, L'Olivier, 264 pages, 19,50 euros, numérique 15 euros.Un épisode d'Esther Michon. Réalisation : Thomas Zeng. Présentation et rédaction en chef : Claire Leys. Dans cet épisode : lectures par Esther Michon et Yann Plantier de passages des romans susmentionnés.Cet épisode a été diffusé le 15 septembre 2026.Soirée podcast en live ! Assistez à l'enregistrement de plusieurs épisodes de L'Heure du Monde, consacrés à la baisse de la natalité en France, à l'occasion du Festival du Monde. Le podcast Chaleur Humaine sera également présent, avec pour thématique "La bataille pour le climat est-elle féministe ?". Rendez-vous le 17 septembre à 18h à l'auditorium du Monde, à Paris. Vous pouvez réserver vos places en cliquant ici. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Post Face, émission littéraire présentée par Caroline Gutmann. Elle reçoit Yannick Haenel pour son livre « La solitude des professeurs est infinie » paru chez Gallimard et qui dialoguera en seconde partie d'émission avec Marceline Jacob, Professeur de Lycée à Aix en Provence. À propos du livre : « La solitude des professeurs est infinie » paru aux éditions Albin Michel Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l'École en même temps que sa beauté. Jean est aussi un poète ivre d'aventure, attentif à trouver la lumière de la "vraie vie" au coeur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d'un lac, lors d'évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d'un cours réussi. Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman.
C Politique du 13 septembre 2026 avec Thomas Snégaroff. Tous derrière et eux devant. Hier à la Fête de L'Humanité pour l'un, aujourd'hui à Hénin-Beaumont pour l'autre, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont occupé tout l'espace médiatique et politique du week-end, laissant le bloc central dans le flou de ses propositions et de ses incarnations. Mais comment expliquer ce paysage politique totalement inédit dans l'histoire de France, mais aussi ailleurs en Europe et au-delà ? L'effondrement des partis de gouvernement et la puissance des offres radicales est-il l'un des héritages les plus puissants de dix ans de Macronisme ? Emmanuel Macron qui avait l'ambition d'incarner une nouvelle offre politique, progressiste, européiste, sans carcan idéologique a-t-il fait le lit des extrêmes alors qu'il voulait les abattre ? Le macronisme, pompier pyromane ? Avec : Rémi LEFEBVRE Politiste, professeur de science politique à l'Université de Lille, auteur de “Faire parti autrement ? Insoumis et marcheurs (2016-2026)” (Raisons d'agir, 04.09.2026)Marc LAZAR Historien et politologue, auteur du livre "Pour l'amour du peuple : Histoire du populisme en France, XIXe-XXIe siècle" (Gallimard, 2025)Baptiste TOUVEREY Essayiste, auteur de “Le Pays miraculeux” (Albin Michel, 02.09.2026)Blanche LERIDON Directrice des études France de l'Institut Montaigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles, auteur de “Nos inachèvements” (Seuil, 18.09.2026)Astrid ROUCHER Ancienne conseillère de discours d'Emmanuel Macron, auteure de “La Plume et le Prince” (Albin Michel, 26.08.2026)
durée : 02:29:21 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner, Margot Delpierre, Marguerite Catton - Yannick Haenel veut montrer que la vie des professeurs est romanesque. La solitude des professeurs est infinie, c'est le titre de son nouveau roman publié chez Gallimard. - équipe : Félicie Faugère, Jean Brossier, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux, Victoria Géraut-Velmont, Angelico Gaymard, Jean Leymarie, François Saltiel, Lucile Commeaux, Gilles Gressani, Alexandre Morales, Marie Labory, Marianne Dubar, Bahia Bricaud - invités : Yannick Haenel Ecrivain, Kader Abderrahim Maître de conférences à Sciences Po Paris, Esther Cyna Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'Université Versailles-Saint-Quentin, spécialiste de l'histoire sociale des Etats-Unis et de l'histoire du Sud des Etats-Unis Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:40:06 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Yannick Haenel veut montrer que la vie des professeurs est romanesque. "La solitude des professeurs est infinie", c'est le titre de son nouveau roman publié chez Gallimard. - équipe : Félicie Faugère, Jean Brossier, Victoria Géraut-Velmont, Angelico Gaymard, Marianne Dubar, Bahia Bricaud - invités : Yannick Haenel Ecrivain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:23:08 - Les interviews d'Inter - par : Quentin Lafay, Éva Roque - Johann Chapoutot, professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne, spécialiste de l'Allemagne contemporaine, du nazisme, auteur de "La bascule. Allemagne 1933" (Gallimard). - invités : Johann Chapoutot Historien français Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Pour ouvrir la nouvelle saison d'Au Bonheur des livres, Claire Chazal a le plaisir de recevoir deux écrivains qui se distinguent tout particulièrement à l'occasion de la rentrée littéraire (et figurent l'un et l'autre, sur la liste des sélectionnés pour le prix Goncourt) : Yannick Haenel et Sylvain Prudhomme.Le premier publie La solitude des professeurs est infinie (Ed. Gallimard), un roman magistral qui revient sur sa propre expérience d'enseignant au collège, lorsqu'il avait une vingtaine d'années, pour raconter à la fois la difficulté contemporaine et la passion intacte de ce qu'il est convenu d'appeler le plus beau métier du monde. Le second aborde également, dans De l'autre côté du lac (Ed. Minuit), une certaine forme de solitude, mais de manière différente, à travers une sorte d'enquête palpitante sur une jeune photographe qui disparaît en montagne… et nous fait nous interroger sur les forces et beautés de la nature.Ce sont en tout cas deux artistes authentiques, soucieux de style autant que de contenu, qui dialogueront avec Claire Chazal sur les charmes et la puissance de la littérature d'aujourd'hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Un monde de livres Émission présentée par Josyane Savigneau qui reçoit Yannick Haenel pour son livre « La solitude des professeurs est infinie » aux éditions Gallimard. À propos du livre : « La solitude des professeurs est infinie » paru aux éditions Gallimard Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l'École en même temps que sa beauté. Jean est aussi un poète ivre d'aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au cœur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d'un lac, lors d'évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d'un cours réussi. Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman.
Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France. André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans. Invité : Alban Cerisier, historien, archiviste. À lire : Nadja d'André Breton, 1928. Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir : Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre. La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ? La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert. Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais».
Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France. André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans. Invité : Alban Cerisier, historien, archiviste. À lire : Nadja d'André Breton, 1928. Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir : Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre. La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ? La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert. Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais».
Avec son sixième roman, Nos vies sauvages, l'autrice franco-camerounaise Hemley Boum signe un réquisitoire sur la déliquescence politique et la faillite morale du Cameroun. Roman politique autant que thriller psychologique, Nos vies sauvages est un texte magistral et puissant publié aux éditions Gallimard. RFI : Nos vies sauvages, c'est le titre de votre sixième roman, et avec ce roman, vous signez un texte qui interroge le désenchantement des peuples. Une radioscopie de la façon dont un pouvoir néfaste peut contaminer une société. Vous parlez du Cameroun, mais la démonstration est universelle. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Est-ce que cette citation résume votre propos ? Hemley Boum : Évidemment, le pouvoir corrompt les êtres. Mais ce que le pouvoir fait aussi, notamment quand il met les gens dos au mur, c'est que, bien malgré lui, il suscite des solidarités complètement inattendues. Il suscite des actes de courage inattendus aussi. Des actes de courage, c'est le fait du personnage principal de ce roman, Maître Ndolo Elimbi, jeune avocate brillante et charismatique. Elle s'aperçoit au fil du roman que la corruption née du pouvoir entraîne une corruption morale jusqu'au cœur de sa famille. Est-ce que la faillite morale collective du pays dont vous parlez, le Cameroun, entraîne des faillites individuelles ? Obligatoirement. Ce pays n'est pas désincarné. Le Cameroun est composé de personnes, d'hommes et de femmes, et la corruption dont on parle concerne ces personnes-là. Bien sûr, la famille est touchée, la façon dont on fait famille, y compris la façon dont on prie, y compris la façon dont on se projette envers les autres, comment on élève ses enfants, comment se pose la question de la morale... Toutes ces questions concernent les gens. Ce n'est pas une histoire désincarnée, ce n'est pas un pays qui s'effondre, ce ne sont pas des frontières qui s'effondrent, ce sont des femmes, des hommes, des histoires individuelles. Le personnage principal, Maître Ndolo Elimbi, est finalement le seul dans le roman qui n'a pas une part de lâcheté ou une part de noirceur. C'est une sorte de personnage pur et charismatique qui finalement redonne de l'espoir. Oui, elle a une force qui est aussi une forme d'arrogance et une forme d'aveuglement. Une personne comme Ndolo, parce qu'elle va au bout de cet espoir, parce qu'elle va au bout de cet engagement et parce qu'elle se sent capable de porter cette ambition, va venir faire bouger à l'intérieur du Cameroun des sphères que l'on croyait totalement putréfiées. Elle va venir tout d'un coup faire surgir un espoir que l'on n'attendait plus. Mais pourquoi elle ? Parce qu'il y a d'autres personnages dans ce roman qui ont tenté finalement de faire bouger les choses, tenté de changer le système. Ils n'y sont pas parvenus, ils ont pris le chemin de l'exil pour certains, ils sont en prison pour d'autres. Pourquoi Ndolo parvient-elle à réussir ? Elle ne réussit pas forcément. Le roman s'ouvre avec l'emprisonnement de Ndolo Elimbi et se ferme avec encore l'emprisonnement de Ndolo Elimbi. Donc, c'est juste un temps long qui est développé, et durant lequel il se produit beaucoup de choses. Ndolo se jette dans la bataille corps et âme, et parce qu'elle se jette dans la bataille corps et âme, des personnes qui ne s'étaient jamais battues ou qui n'avaient jamais envisagé éventuellement d'y aller décident de le faire. Mais avant Ndolo, des générations de personnes se sont battues pour faire tomber ce pouvoir. J'appelle le Cameroun aussi le pays des révolutions avortées. Ça vient de là. On pourrait désespérer aujourd'hui en voyant le Cameroun et en se disant que toutes ces révolutions ont avorté. Votre personnage redonne finalement de l'espoir à ceux qui n'en ont plus. Oui. Ce qui provoque la révolte et ce qui provoque la rébellion, la colère ou le désir de faire changer les choses est toujours là. Et tant que ce sera là, l'énergie de faire bouger les choses existera toujours. Il y aura toujours des hommes ou des femmes qui résisteront. Bien sûr, il y aura toujours des femmes et des hommes qui tenteront une perspective que l'on n'a pas explorée. Il y aura toujours un espoir qui se lèvera. On ne sait pas d'où viendra l'étincelle, mais la possibilité de l'étincelle existe totalement. Le Cameroun, c'est un pays où, de toutes façons, il est beaucoup trop tard pour être pessimiste. Justement, ce pays que vous décrivez, le Cameroun, vous le faites d'une façon très intéressante dans l'ouvrage, vous le faites de façon chorale. C'est-à-dire qu'on entend les personnages parler les uns après les autres, ce qui donne un effet démultiplicateur, un effet kaléidoscopique. On voit la société sous toutes ses facettes. Ça vous est venu tout de suite ce style de roman choral ? C'est ce qu'il fallait pour décrire cette situation ? J'aime beaucoup écrire comme ça. Ce n'est pas le premier roman choral que j'écris. J'aime écrire sous diverses perspectives parce que je pense que, comme une palette, petit à petit, en mettant en résonance et en conversation les différentes perspectives, on arrive à avoir une vision, si ce n'est juste, en tout cas la plus juste possible. Et je pense que c'est aussi une complicité entre le lecteur et moi en tant qu'écrivain. Finalement, je lui donne suffisamment d'éléments pour qu'il soit toujours un tantinet en avance par rapport aux personnages. On a presque l'impression, en lisant ce roman, que c'est un travail journalistique. Est-ce qu'il vous a fallu beaucoup de recherches, beaucoup de temps de travail sur la matière pour comprendre et pour saisir l'ampleur de ce Cameroun en putréfaction ? Il y a des moments historiques vrais – quand je parle de 1990, de 2008, 2002, 2018, quand je parle de périodes d'élections ou de périodes de révolte, c'est totalement vrai, historique et traçable. Donc, dans ces moments-là, ce que j'en dis est vrai. Après, c'est un roman. Certes, j'ai besoin d'énormément d'informations pour être le plus juste encore une fois dans ce que j'écris, mais ce que j'aime par-dessus tout, c'est la liberté absolue qu'offre la fiction. Les personnages que j'invente, les situations que je mets en scène et la façon dont je vais raconter une histoire. Car ce n'est pas le réel, ce n'est pas du journalisme, ce n'est pas de l'histoire, c'est du roman. Purement du roman. Mais un roman ancré dans le réel. Totalement ancré dans le réel. Est-ce que vous pensez que votre livre pourra être lu et distribué au Cameroun ? Je l'espère bien, oui. Je sais aussi que les Camerounais trouveront le chemin vers ce livre. Il y a quand même des phrases saisissantes et qui pourraient faire frémir ceux qui vous imaginent demain rentrer au Cameroun. « La corruption était pire que la torture ou le bannissement, elle vous atteignait à l'endroit de votre espace intime. Biya ne tuait que rarement ses opposants, il se contentait d'en faire des êtres avides, petits et purs. » Oui, ça me semble le cœur même de la façon dont ce pouvoir agit sur les gens. C'est aussi un roman féministe, puisque dans ce roman, les hommes sont soit lâches, soit défaillants, soit mauvais. Les femmes le sont aussi, mais elles se ressaisissent. Est-ce que vous avez la conviction que les femmes ont la capacité de remettre les choses sur de bons rails ou du moins que les hommes pourraient peut-être les écouter davantage ? Ce n'est pas très juste de décrire les hommes comme vous les décrivez, je pense qu'ils ont quand même leur place. Ils ne sont pas tous à jeter. Mais il n'empêche que quand même, le pouvoir est extrêmement patriarcal. Le pouvoir appartient aux hommes et si je parle du pouvoir, c'est de cela dont je parle. Et je pense aussi que la place que je donne aux femmes dans ce roman, c'est vraiment une place en tant que « sujet », en tant que personnes capables d'intervenir dans la société pour le meilleur et pour le pire. Pas forcément parce qu'elles sont connectées, pas forcément en tant que mère, en tant que sœur ou en tant qu'épouse, mais en tant que citoyennes. Et ce sont des femmes comme ça que j'ai décrites. Et ce sont surtout des femmes comme ça que j'ai dans mon entourage, des femmes qui sont profondément investies pour le meilleur et pour le pire, ce qui m'exempte d'en faire des femmes parfaites. Il y a un enseignement dans ce livre, c'est l'enseignement selon lequel il faut accepter son héritage, en porter le poids qu'il soit positif ou négatif. Les sociétés en général, dites-vous, doivent accepter de vivre avec le legs du passé. Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? À un moment, il faut accepter ce qui a été, en prendre acte pour avoir l'élan d'autre chose, parce que sinon, on ressasse le passé, on le rejette, on le critique, on n'avance pas. Et ensuite, à partir de là, construire ce qu'il y a à construire. Il y a un présent à vivre. Il y a un présent à vivre, un avenir à construire… et vous êtes profondément optimiste. En fait, j'espère que cela s'entend dans le livre, l'Afrique est la partie du monde pour laquelle je suis le plus optimiste. À écouter dans En sol majeurLe Cameroun en noir et blanc d'Hemley Boum
Transmission, c'est des conversations entre les générations, avec les intellectuels d'aujourd'hui et de demain.⚠️ Un lundi sur deux, à 18hLes ouvrages d'Aymeric Roucher que Transmission vous recommande :➡️ Ultra-intelligence: Jusqu'où iront les IA ?, Odile Jacob, 2025https://amzn.eu/d/08uVe01f
durée : 00:18:12 - La grande matinale - par : Sonia Devillers - L'écrivain Yannick Haenel revient sur son parcours d'ancien professeur de français et évoque la condition enseignante à travers son nouveau roman "La solitude des professeurs est infinie" (Gallimard). - équipe : Perrine Malinge, Mathilde Khlat, Amélie Stadelmann, Joachim Taieb, Alexandra Brouillet - invités : Yannick Haenel Ecrivain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:53:27 - Le Grand Atelier - par : Vincent Josse - La philosophe, écrivain et professeur Claire Marin publie un nouvel ouvrage "Nos Vies Ecorchées" chez Gallimard. A ses côtés, la plasticienne et designeuse Jeanne Vicérial. - équipe : Étienne Bertin, Marion Guilbaud, Valentine Chédebois, Alexandra Koné Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:07:37 - Le 5/7 - par : Mathilde Munos - Elsa Vidal, éditorialiste internationale à BFMTV, autrice de "Que pensent les Russes ?" (Gallimard), analyse l'augmentation de la puissance de feu russe en Ukraine, alors que l'Allemagne accuse la Russie d'avoir envoyé un drone sur sol, à Leipzig. - équipe : Clémentine Sabrié Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:07:37 - Les interviews d'Inter - par : Mathilde Munos - Elsa Vidal, éditorialiste internationale à BFMTV, autrice de "Que pensent les Russes ?" (Gallimard), analyse l'augmentation de la puissance de feu russe en Ukraine, alors que l'Allemagne accuse la Russie d'avoir envoyé un drone sur sol, à Leipzig. - équipe : Clémentine Sabrié Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans Choses que je croyais perdues, l'autrice Clémentine Mélois nous raconte les souvenirs et les histoires dont sont lestés les objets. C'est l'histoire d'un verre à moutarde Musclor avec un prince sous stéroïdes mal imprimé, accompagné d'un tigre vert. C'est l'histoire d'une rupture, celle d'Emilie avec son conjoint – et d'un déménagement, donc elle trie, elle range et parfois elle casse. Ce verre à moutarde est brisé : il avait été acheté par son ex-conjoint dans un vide-grenier. Et c'est le premier objet d'une longue liste qui constitue la trame du roman de Clémentine Mélois… car les souvenirs remontent. Clémentine Mélois se définit comme une « gardeuse » d'objets, « cela permet d'avoir toujours de quoi bricoler et d'être entouré d'histoires. Les intérieurs vides m'angoissent ». Selon l'autrice, les objets n'existent que s'ils sont liés à des histoires et ces histoires font de nous ce que nous sommes. Pour autant, elle ne considère pas que ce roman soit nostalgique. Elle fait le récit de ce qui a eu lieu, en regardant vers l'avenir. Elle parle ainsi d'objets « insignifiants », ces choses auxquelles on ne fait pas attention, ce que Georges Perec appelait l'« infraordinaire ", le contraire de l'« extraordinaire » à l'image de ces pots de confiture vides qui racontent tellement de choses sur notre humanité et nos histoires personnelles. Invitée : Clémentine Mélois Clémentine Mélois est une autrice, artiste et plasticienne française née en 1980. Normalienne, elle est connue pour ses détournements visuels de couvertures de livres et son travail mêlant humour, culture populaire et références littéraires. Elle a publié notamment des ouvrages de littérature jeunesse et des recueils autour de la lecture et des objets du quotidien, et collabore régulièrement avec des institutions culturelles. Elle a été membre de l'Oulipo de 2017 à mai 2026. Choses que je croyais perdues est publié chez Gallimard. Également publié chez Hoebeke – Gallimard : Rêve d'évasion. À lire : Les choses de Georges Perec Programmation musicale : Les artistes Vincent Delerm et Voyou avec la reprise du titre « Évidemment » de France Gall.
Dans Choses que je croyais perdues, l'autrice Clémentine Mélois nous raconte les souvenirs et les histoires dont sont lestés les objets. C'est l'histoire d'un verre à moutarde Musclor avec un prince sous stéroïdes mal imprimé, accompagné d'un tigre vert. C'est l'histoire d'une rupture, celle d'Emilie avec son conjoint – et d'un déménagement, donc elle trie, elle range et parfois elle casse. Ce verre à moutarde est brisé : il avait été acheté par son ex-conjoint dans un vide-grenier. Et c'est le premier objet d'une longue liste qui constitue la trame du roman de Clémentine Mélois… car les souvenirs remontent. Clémentine Mélois se définit comme une « gardeuse » d'objets, « cela permet d'avoir toujours de quoi bricoler et d'être entouré d'histoires. Les intérieurs vides m'angoissent ». Selon l'autrice, les objets n'existent que s'ils sont liés à des histoires et ces histoires font de nous ce que nous sommes. Pour autant, elle ne considère pas que ce roman soit nostalgique. Elle fait le récit de ce qui a eu lieu, en regardant vers l'avenir. Elle parle ainsi d'objets « insignifiants », ces choses auxquelles on ne fait pas attention, ce que Georges Perec appelait l'« infraordinaire ", le contraire de l'« extraordinaire » à l'image de ces pots de confiture vides qui racontent tellement de choses sur notre humanité et nos histoires personnelles. Invitée : Clémentine Mélois Clémentine Mélois est une autrice, artiste et plasticienne française née en 1980. Normalienne, elle est connue pour ses détournements visuels de couvertures de livres et son travail mêlant humour, culture populaire et références littéraires. Elle a publié notamment des ouvrages de littérature jeunesse et des recueils autour de la lecture et des objets du quotidien, et collabore régulièrement avec des institutions culturelles. Elle a été membre de l'Oulipo de 2017 à mai 2026. Choses que je croyais perdues est publié chez Gallimard. Également publié chez Hoebeke – Gallimard : Rêve d'évasion. À lire : Les choses de Georges Perec Programmation musicale : Les artistes Vincent Delerm et Voyou avec la reprise du titre « Évidemment » de France Gall.
A Nancy, le 5 janvier 1477, Charles de Bourgogne subit une troisième défaite magistrale, et cette fois-ci, il y laisse la vie, ses rêves d'empire de la mer du Nord au Jura, et sa réputation, sans appel. Après les défaites de Grandson et de Morat, son armée est mal en point, réduite à pas grand-chose, mais il y croyait encore. Ces adversaires prennent position et parmi eux 9000 combattants des cantons suisses. Avec : - Lisa Sancho, chercheuse FNS senior (postdoctorante à l'Université de Lausanne) - Estelle Doudet, professeure à l'Université de Lausanne - Daniel Jaquet, chercheur, archiviste et muséologue Estelle Doudet, Daniel Jaquet et Lisa Sancho sont co-auteurs de Les guerres de Bourgogne - Mémoires et commémorations en Suisse (1476-2026), paru dans la collection Savoir suisse. - Jean-Baptiste Santamaria, maître de conférences à l'Université de Lille, auteur de La mort de Charles le Téméraire, paru aux éditions Gallimard.
Entretien mené par Nathalie Crom Interprète : Marguerite Capelle Dans un texte d'une finesse et d'une intimité rares, Siri Hustvedt se livre pour la première fois sur le grand amour de sa vie, Paul Auster. L'occasion pour elle de revenir en profondeur sur leur longue et magnifique vie à deux, depuis leur rencontre à New York en 1982 jusqu'à la disparition de Auster en 2024. Le combat contre la maladie, le deuil ressenti quand l'être aimé, celui de tous les instants du quotidien, n'est plus. Siri Hustvedt offre de très belles pistes de réflexion sur l'au-delà, pour le défunt, et ceux qui restent. Enfin, ce livre célèbre aussi la magnifique relation de Auster avec sa fille, et son petit-fils né en 2023, à qui il dédiait son prochain projet, un texte épistolaire, dont les premières pages sont dévoilées. À lire – Siri Hustvedt, Ghost Stories, traduction Frédéric Joly, Gallimard, 2026
Au programme: Hemley Boum , "Nos vies sauvages" (éd. Gallimard), Thomas Gunzig , "Spectres" (éd. Diable Vauvert) , Jean-François Beauchemin, "Herbier du souvenir" (éd. Québec Amérique) et Thomas Binggeli, "Virginia dans les tours" (éd. La Veilleuse)
Dominic is joined by the inimitable Dr. Céline Prest who guides today's discussion on A Tale of Two Cities - one of the most gripping, exciting and heart-rending stories that Dickens ever wrote. Céline completed her Phd at the Sorbonne University in 2016. Her doctoral research was awarded the André Topia Prize by the Chancellerie des Universitiés de Paris, and the Robert B. Partlow Jr prize by the Dickens Society. In 2019 she published a new edition of The Pickwick Papers for Gallimard. And in 2023 she published a monograph Le Spectre du document dans l'œuvre romanesque de Charles Dickens ...Original Photo of Céline Prest © Chancellerie des Universités de Paris - Sylvain Lhermie / Original Photo of Dominic Gerrard © Jane Lloyd / Original Dickens illustrations sourced from Michael John Goodman's incredible Charles Dickens Illustrated Gallery Support the showIf you'd like to make a donation to support the costs of producing this series you can buy 'coffees' right here https://www.buymeacoffee.com/dominicgerrardThank you so much!Host: Dominic GerrardSeries Artwork: Léna GibertOriginal Music: Dominic GerrardThank you for listening!
Pour le sixième épisode de la série d'été « Histoire de successions », Jérémie Tamiatto, professeur agrégé à Sciences Po Paris, présente les intrigues entourant le pouvoir et le déclin de Mao Zedong en Chine populaire (1949-1976).Une série de Paroles d'histoire, podcast créé et produit par André Loez, distribué par Binge audio. Contact pub : project@binge.audioGénérique : extraits des Rois maudits, House of the Dragon et La Reine Margot ; musique de Nicholas Brittell pour la série Succession.Références :· Alain Roux, Le Singe et le Tigre. Mao, un destin chinois (Payot, 2009)· Annette Wieviorka, Mes années chinoises (Stock, 2021) ; Julie Pagis, Le prophète rouge (La découverte, 2024) ;· Alexander V. Pantsov, Mao. The real story (2014)· Roderick MacFarquhar, Michael Schoenhals, La dernière révolution de Mao. Histoire de la Révolution culturelle (1966-1976) (Gallimard, 2009)· Gilles Guiheux, La République populaire de Chine (Belles-Lettres, 2024)· Jean-Pierre Cabestan, Deng Xiaoping. Révolutionnaire et modernisateur de la Chine (Tallandier, 2024)· Yves Chevrier, L'Empire terrestre. Histoire du politique en Chine aux XXe et XXIe siècles, I : La démocratie naufragée (1895-1976), (Seuil, 2022)Un podcast créé, animé et produit par André Loez et distribué par Binge Audio. Contact pub : project@binge.audioHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, nous allons parler de l'esclavage, mais en vous emmenant au plus près de ces esclaves, dans l'entrepont des navires négriers et dans un moment charnière de leur histoire : la traversée de l'Océan Atlantique, le “passage du milieu” comme on disait alors. Dans quelles conditions sont embarqués ces millions de femmes et d'hommes, comment se passe leur traversée maritime et combien y survivent ? Si vous voulez du fun, c'est pas trop par ici qu'il faut traîner, je vous préviens…Bonne écoute !
durée : 01:00:55 - Les Grandes Traversées - par : Stéphane Bonnefoi - Toussaint est-il allé trop loin en décrétant, sans l'aval de la métropole, une constitution qui éloigne Saint-Domingue de la France ? Napoléon Bonaparte ne lui pardonnera pas… - réalisation : Diphy Mariani - invités : Carolyn Fick Historienne à Montréal; Laënnec Hurbon Sociologue à l'université de Quisqueya à Port-au-Prince; Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010; Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.; Lyonel Trouillot Écrivain, poète, journaliste, professeur de littérature française et créole; Maboula Soumahoro maîtresse de conférences en civilisation américaine à l'Université François Rabelais à Tours. ; Jean-Marie Théodat directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne; Manuel Ponce Compositeur mexicain (1882-1948); Daniel Desormaux Professeur de littérature française et auteur des "Mémoires du général Toussaint Louverture"; Laurent Dubois Professeur d'université en culture caribéenne ; Dominique Rogers Maîtresse de conférences en histoire moderne à l'université des Antilles
Le parfum, ça sert à quoi ? C'est vrai que ça peut paraître un peu évident dit comme ça, mais même aujourd'hui, ça l'est pas forcément, et il y a des usages qu'on ne soupçonne même pas… Alors quand on parle des parfums au 16e siècle, c'est encore plus le cas ! Par qui étaient-ils réalisés ? Comment ? Pourquoi ? Bref, une mise au parfum s'impose ! Et pour ça, j'ai eu le plaisir de recevoir Océane Fontaine Cioffi, une historienne spécialiste de ce sujet ! Elle est actuellement doctorante à l'Université de Tours, rattachée au Centre d'Études Supérieures de la Renaissance, et a également pu travailler sur la réalisation d'expositions en lien avec son sujet de recherches. Mais ce n'est pas tout, parce qu'Océane a aussi eu l'occasion de mettre les mains dans le cambouis, ou plutôt dans le parfum, en expérimentant les recettes de l'époque… Mais on en reparlera un peu plus tard, alors ne tardons pas plus ! Je vous souhaite une bonne écoute sur Nota Bene !➤ Pour en savoir plus, découvrez le catalogue d'exposition auquel Océane a participé, Léonard de Vinci et les parfums à la Renaissance : https://www.clos-luce.com/fr/accueil/406-380-catalogue-2024-les-parfums-freng.html#/
durée : 00:58:17 - Les Grandes Traversées - par : Stéphane Bonnefoi - Toussaint Louverture a rallié la République peu après l'abolition de l'esclavage par la France en 1794, mais les forces adverses sont nombreuses et il va falloir consolider la liberté générale… - réalisation : Diphy Mariani - invités : Carolyn Fick Historienne à Montréal; Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010; Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.; Jean-Marie Théodat directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne; Daniel Désormaux Historien; Laurent Dubois Professeur d'université en culture caribéenne ; Dominique Rogers Maîtresse de conférences en histoire moderne à l'université des Antilles; Frédéric Régent Historien, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste des sociétés esclavagistes dans les colonies françaises du XVIIe au XIXe siècle
durée : 00:59:27 - Les Grandes Traversées - par : Stéphane Bonnefoi - L'insurrection des esclaves de Saint-Domingue de 1791, pour la première fois de l'histoire coloniale, va conduire un pays – la France – à abolir l'esclavage en 1794… - réalisation : Diphy Mariani - invités : Jacques de Cauna Historien; Carolyn Fick Historienne à Montréal; Laënnec Hurbon Sociologue à l'université de Quisqueya à Port-au-Prince; Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010; Jean-Louis Donnadieu Historien; Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.; Dominique Rogers Maîtresse de conférences en histoire moderne à l'université des Antilles; Laurent Dubois Professeur d'université en culture caribéenne
durée : 02:00:11 - Les Matins de France Culture - par : Julie Gacon - Ce matin, à 7 h 38, Julie Gacon reçoit la journaliste et essayiste ukrainienne Tetyana Ogarkova, pour parler de son livre “La Vie à la lisière, être ukrainien aujourd'hui”, paru cet hiver chez Gallimard. - équipe : Sam Baquiast, Anouk Milliot, Sarah Masson, Rodi Eken, Léa Capuano, Tina Iung, Salomé Erbs, Romain Rincon Hernandez Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:41:02 - Les Matins de France Culture - par : Julie Gacon - Tetyana Ogarkova nous emmène avec elle à la lisière, ces zones proches des lignes de front où elle s'est rendue, en van, avec son compagnon, le philosophe Volodymyr Yermolenko. De cette expérience naît “La Vie à la lisière, être ukrainien aujourd'hui” (Gallimard), un reportage d'une rare intensité. - équipe : Sam Baquiast, Anouk Milliot, Sarah Masson, Rodi Eken, Léa Capuano, Romain Rincon Hernandez, Salomé Erbs - invités : Tetyana Ogarkova Journaliste et politiste, responsable du département international à l'Ukraine Crisis Media Center Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:58:49 - Les Grandes Traversées - par : Stéphane Bonnefoi - C'est un homme "libre", affranchi par son maître quelques années plus tôt, qui se prépare à prendre part à une révolte qui va changer le cours du monde colonial… - réalisation : Diphy Mariani - invités : Jacques de Cauna Historien; Carolyn Fick Historienne à Montréal; Laënnec Hurbon Sociologue à l'université de Quisqueya à Port-au-Prince; Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010; Jean-Louis Donnadieu Historien; Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.; Maboula Soumahoro maîtresse de conférences en civilisation américaine à l'Université François Rabelais à Tours. ; Jean-Marie Théodat directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne; Cécile Vidal Historienne, directrice d'études de l'EHESS; Daniel Désormaux Historien
durée : 00:59:19 - Les Grandes Traversées - par : Stéphane Bonnefoi - On sait peu de choses des cinquante premières années de celui qui conduisit Saint-Domingue à devenir Haïti, un pays libre, sinon qu'il vécut au carrefour de multiples influences… - réalisation : Diphy Mariani - invités : Jacques de Cauna Historien; Carolyn Fick Historienne à Montréal; Laënnec Hurbon Sociologue à l'université de Quisqueya à Port-au-Prince; Sudhir Hazareesingh Historien et professeur à Oxford, auteur Le Mythe Gaullien, Paris, Gallimard, 2010; Jean-Louis Donnadieu Historien; Bernard Gainot Maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.; Jean-Marie Théodat directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne; Cécile Vidal Historienne, directrice d'études de l'EHESS; Daniel Désormaux Historien; Frédéric Régent Historien, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste des sociétés esclavagistes dans les colonies françaises du XVIIe au XIXe siècle
C dans l'air l'invité du 25 novembre 2025 avec Nathacha Appanah, écrivaine et journaliste, lauréate du prix Femina pour son dernier livre, La Nuit au Cœur, paru aux éditions Gallimard.Ce mardi 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. En France, plus de trois femmes sont victimes chaque jour de féminicide ou de tentative de féminicide conjugal selon un rapport, et 107 femmes ont été tuée par un conjoint ou ex conjoint en 2024, un chiffre en hausse. Dans le monde, selon les chiffres révélés aujourd'hui par l'Onu Femmes, 50.000 femmes et filles ont été tuées par un proche en 2024, soit une toutes les dix minutes.Dans La Nuit au cœur, l'autrice mauricienne Nathacha Appanah raconte trois histoires de violences conjugales. Celle de Chahinez Daoud, brûlée vive par son mari en 2021 à Merignac, celle d'Emma, la cousine de Nathacha Appanah tuée par son mari à Maurice et sa propre histoire, elle qui a été victime d'un conjoint violent qui a failli la tuer lorsqu'elle habitait à Maurice. Nathacha Appanah, écrivaine et journaliste, lauréate du prix Femina pour son dernier livre, « La Nuit au Cœur », paru aux éditions Gallimard, est notre invitée à l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Elle nous livrera son regard d'écrivaine et de journaliste, elle-même victime de violences dans le passé, sur la hausse du nombre de féminicides, et sur l'ampleur des violences dont les femmes sont victimes.
durée : 01:43:55 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - "Le Bout de la route", pièce de théâtre de Jean Giono, publiée aux Éditions Gallimard, adaptée pour France Culture en avril 1978. - équipe : Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, Rafik Zénine, Vincent Abouchar, Emily Vallat, Hassane M'Béchour, INA Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Février 1932. C'était une traversée censée donner au Georges Philippar, le prestige que son faste et sa modernité de paquebot de grand luxe lui réservaient. Hélas, suite à un incendie que beaucoup continue à trouver suspect, le bâtiment des Messageries Maritimes de Marseille sombra au large de Djibouti. Sur les quelques 900 passagers, 40 perdirent la vie, dont le journaliste vedette Albert Londres. Dans son roman Le paquebot, sorti chez Gallimard, l'écrivain Pierre Assouline en a fait ce qu'il appelle une mise en scène de l'histoire. Une séquence en deux parties réalisées par Jean-Marc Panis sujets traités : premier, voyage , paquebot, Georges Philippar Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Février 1932. C'était une traversée censée donner au Georges Philippar, le prestige que son faste et sa modernité de paquebot de grand luxe lui réservaient. Hélas, suite à un incendie que beaucoup continue à trouver suspect, le bâtiment des Messageries Maritimes de Marseille sombra au large de Djibouti. Sur les quelques 900 passagers, 40 perdirent la vie, dont le journaliste vedette Albert Londres. Dans son roman Le paquebot, sorti chez Gallimard, l'écrivain Pierre Assouline en a fait ce qu'il appelle une mise en scène de l'histoire. Une séquence en deux parties réalisée par Jean-Marc Panis sujets traités : premier ,voyage, paquebot ,Georges Philippar, Djibouti. Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
A l'occasion de la parution, chez Gallimard, du deuxième tome de la saga d'Amélie de Bourbon Parme Les Trafiquants d'éternité, retour sur l'irrésistible ascension d'Alexandre Farnèse dans la Rome du XVIe siècle.Mai 1527 : la Ville éternelle est mise à sac par les troupes de l'empereur Charles Quint. C'est un événement qui va profondément marquer le destin d'un homme, le cardinal Alexandre Farnèse. Témoin de la destruction de Rome, il prend conscience de l'urgence de réformer en profondeur l'Église catholique, alors secouée par le mouvement protestant.Issu d'une famille puissante et influente, Alexandre Farnèse a gravi les échelons pour devenir cardinal à seulement 25 ans. Après le décès du pape Clément VII, il est élu à la tête de l'Église en 1534 sous le nom de Paul III.