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On connaissait la plume puissante d'Ananda Devi, son univers littéraire traversé de violences, de souffrances, de magie, de rébellion, mais ici c'est comme si tous ses livres précédents s'étaient rejoints dans un même fleuve : celui de nos origines. Un roman-monde fascinant qui, à travers la vie d'une communauté, nous immerge dans toute la complexité humaine. Chronique d'un royaume perdu aux éditions Grasset, est une fiction fabuleuse qui se déploie sur quatre générations du 19ᵉ siècle à nos jours sur l'île Maurice, sa terre natale, et se déroule dans un lieu qui existe vraiment, le Bouchon, même si, à partir de cette géographie réelle, elle réinvente, crée littéralement un nouveau mythe. Née à l'île Maurice, Ananda Devi est l'autrice d'une œuvre récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Parmi ses livres les plus marquants, Eve de ses décombres (2006, prix des Cinq Continents, prix RFO), Le sari vert (2009, prix Louis Guilloux), Le rire des déesses (2021, prix Femina des lycéens) et Le jour des caméléons (2023, prix de la Langue Française). Elle a reçu le prix Neustadt 2024 des États-Unis pour l'ensemble de son œuvre. Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres… Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'œuvre d'Ananda Devi. (Présentation des éditions Grasset) ILLUSTRATION MUSICALE : A nou krié de Fanfan.
Iman Ahmed découvre un jour le passé de son père. Ce Djiboutien exilé en France et menant une vie tranquille fut en fait l'un des promoteurs de la scène musicale djiboutienne dans les années quatre-vingt-dix. S'ensuit une électrisante quête des origines qui débouche sur le récit romanesque truculent Abdallah superstar publié aux éditions Actes Sud. RFI : Imane Ahmed, vous êtes autrice et vous publiez en cette rentrée littéraire un premier roman, un roman autobiographique intitulé Abdallah Superstar. On découvre rapidement dans ce texte que ce n'est pas seulement Abdallah la star, mais c'est aussi votre père. C'est votre pays d'origine, Djibouti. Vous partez en quête de votre histoire familiale entre Poitiers et Djibouti. Une quête des origines, donc. Cette quête fut-elle pour vous un long processus de maturation ? Iman Ahmed : Oui, complètement. La période de l'enquête m'a pris à peu près deux-trois ans, et il a fallu à peu près trois ans supplémentaires pour écrire, trouver la voix de ce livre. Donc je l'ai commencé à 25 ans. J'ai 31 ans. Voilà. Cela prend un peu de temps pour arriver à un livre qui me semble vrai et qui raconte bien cette histoire. RFI : Cette histoire justement, c'est l'histoire de votre père. Vous avez découvert après son décès qu'il avait créé une chaîne YouTube, et sur cette chaîne YouTube, vous avez découvert plein de choses extraordinaires. Racontez-nous. Quelques années après son décès, je découvre cette chaîne YouTube sur laquelle il y a des clips, des enregistrements de concerts, des enregistrements en studio, donc de l'image et du son. Le tout est visiblement daté des années 1990 à Djibouti. Très vite, je réalise que j'ai devant moi un matériau assez magique. C'est de la pop-musique djiboutienne, musique que je découvre, bien que j'aie grandi à Djibouti. Les artistes que je vois me fascinent. Il y a Abdallah Lee, dont le roman porte le prénom. Je découvre sa voix, sa manière de faire le show, je découvre l'ambiance des concerts à Djibouti dans ces années-là. À la fois, la musique me touche parce que c'est une musique électronique avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes qui, même si elle est basée sur des rythmes traditionnels et toute une culture musicale de la région, possède une modernité qui devient obsédante à mes oreilles. Sur les images, je découvre une ambiance qui tout de suite enclenche le début d'une quête pour comprendre qui sont ces gens, ce qui se passe à ce moment-là dans ce pays, Djibouti, quelques années après l'indépendance [acquise en 1977, NDLR]. Aussi, pourquoi mon père possède ces vidéos sur son compte YouTube ? Vous découvrez que votre père a joué un rôle dans l'émergence de cette scène musicale djiboutienne. C'est quelque chose que vous étiez loin d'imaginer. Exactement. En appelant des gens, en me déplaçant, en allant voir soit des spécialistes de la musique, soit des anciens amis, soit des personnes dont je vois le nom apparaître sur les vidéos, je comprends que durant cet âge d'or musical à Djibouti, mon père a eu un studio de musique, studio dans lequel j'ai même habité d'ailleurs quand j'étais petite. Je comprends donc qu'il a fait partie des ingénieurs, des producteurs de musique, qu'il y a cru, qu'il l'a faite rayonner, qu'il l'a enregistrée et qu'il a été au cœur de cette histoire, de ce moment musical djiboutien. Votre père s'appelait Galal, et pour bien comprendre le fait que cette histoire musicale paternelle est demeurée secrète, il faut expliquer qu'il a été victime d'un AVC. Il est venu en France se faire soigner et il était quasi mutique, donc il n'avait pas partagé avec vous cette histoire. Il n'était pas tout à fait mutique, mais il était, disons, entré dans une nouvelle vie à Poitiers. Une vie bien différente de celle que l'on menait à Djibouti. En effet, toute une part de son passé a été placée sous silence. Je pense que c'est à cause de la douleur d'une vie. Vous savez, on a 34 ans, on vit un âge d'or, on est au cœur d'une émergence musicale qui est hyper riche et on doit ensuite, parce que l'on a eu un accident, venir en France. C'est aussi cet accident-là que j'essaie d'approcher avec ce roman. Il y a en moi l'envie de m'approprier cette histoire. C'est vrai qu'il ne m'avait pas transmis ce bagage-là. Je n'avais pas cru non plus que mon pays de naissance pouvait avoir une musique électronique de ce type. Et donc il y a aussi tout un exercice de déconstruction de ma part sur la question de savoir pourquoi est-ce que l'on n'imagine pas que Djibouti puisse avoir des synthétiseurs et des boîtes à rythme et produire des sons qui nous touchent pendant des dizaines d'années. À un moment, vous découvrez un caméscope, c'est le caméscope de votre père. Vous retrouvez ce caméscope et vous faites comme lui, c'est-à-dire que vous filmez tout ce que vous pouvez filmer. Un peu comme si vous aviez besoin de retrouver les traces de votre père en imitant ses gestes. C'est exactement ça. Reprendre son caméscope, le remettre en service et puis aussi filmer des choses, que ce soient des lieux, Marseille ou Paris. Je demande aussi à des gens de jouer devant la caméra. En fait, je crois qu'il a fallu mettre un peu de jeu et de fiction pour que ce soit un exercice que je puisse m'approprier. Et ce jeu dont vous parlez, vous le mettez aussi dans votre narration et dans votre plume. Ce qui est très beau dans le texte, c'est que parfois, quand vous parlez de l'absurdité de la mort, on retrouve un style, des phrases qui sont parfois dénuées de sens, qui sont elles-mêmes un peu absurdes. Ou alors, au contraire, quand vous découvrez Djibouti, votre style devient un kaléidoscope d'impressions couchées sur le papier. Et je me suis demandé si vous aviez longuement retravaillé vos phrases ? En fait, dans les six ans de travail sur ce texte, j'ai écrit des phrases. J'ai eu besoin à un moment de poser des choses, des images que j'avais notées dans des carnets, des phrases. Et ensuite, j'ai eu besoin de plusieurs années pour comprendre pourquoi j'avais écrit ça, comment elles s'imbriquaient. Et en effet, je pense que c'est un livre assez kaléidoscopique parce que c'est un livre assez visuel. Je pense qu'il y a plein de choses que j'ai vues, il y a eu des évidences. Et j'ai laissé aux phrases le temps de trouver leur place dans le récit. Un kaléidoscope, mais aussi un conte. Dans la fin du texte, vous avez cette expression qui revient plusieurs fois, « on s'en fout, c'est un conte ». Le passé est un conte, mais pour vous, c'est un conte fondamental, si ce n'est fondateur. J'ai cette formule pour rappeler aussi que la fiction et que les histoires qu'on se raconte sont tout aussi importantes qu'une vérité. Je trouve qu'il y a plein de romans de retour au pays traversés par une sorte de nécessité à raconter la vérité des choses, l'exactitude de ce qu'on voit. Et moi, je me suis plutôt dit que Djibouti a aussi droit à la fiction. Il y a certes les personnages historiques évidemment, il y a une histoire qui est réelle, des vidéos réelles, elles-aussi. Il y a Abdallah, mon père etc. Mais j'ai le droit de mettre de la fiction dans ça. Et c'est vrai que c'est un conte fondateur. Parce que, comme plein de contes, il nous guide avec ses préceptes, ses vérités que j'ai essayé d'approcher, sur le fait de retrouver une histoire qui n'est pas la nôtre, ou sur ce que signifie de trouver un ami qui raconte l'histoire de votre père. Et je pense que c'est un livre qui va m'accompagner et qui, je pense, peut accompagner aussi énormément de lecteurs, parce qu'on y parle du deuil, on y parle du retour, on y parle d'obsession. Abdallah Superstar d'Iman Ahmed, éditions Actes Sud, 150 pages, 2026. À lire aussiAvec «Un corps indocile», Osvalde Lewat ausculte la vulnérabilité masculine
Iman Ahmed découvre un jour le passé de son père. Ce Djiboutien exilé en France et menant une vie tranquille fut en fait l'un des promoteurs de la scène musicale djiboutienne dans les années quatre-vingt-dix. S'ensuit une électrisante quête des origines qui débouche sur le récit romanesque truculent Abdallah superstar publié aux éditions Actes Sud. RFI : Imane Ahmed, vous êtes autrice et vous publiez en cette rentrée littéraire un premier roman, un roman autobiographique intitulé Abdallah Superstar. On découvre rapidement dans ce texte que ce n'est pas seulement Abdallah la star, mais c'est aussi votre père. C'est votre pays d'origine, Djibouti. Vous partez en quête de votre histoire familiale entre Poitiers et Djibouti. Une quête des origines, donc. Cette quête fut-elle pour vous un long processus de maturation ? Iman Ahmed : Oui, complètement. La période de l'enquête m'a pris à peu près deux-trois ans, et il a fallu à peu près trois ans supplémentaires pour écrire, trouver la voix de ce livre. Donc je l'ai commencé à 25 ans. J'ai 31 ans. Voilà. Cela prend un peu de temps pour arriver à un livre qui me semble vrai et qui raconte bien cette histoire. RFI : Cette histoire justement, c'est l'histoire de votre père. Vous avez découvert après son décès qu'il avait créé une chaîne YouTube, et sur cette chaîne YouTube, vous avez découvert plein de choses extraordinaires. Racontez-nous. Quelques années après son décès, je découvre cette chaîne YouTube sur laquelle il y a des clips, des enregistrements de concerts, des enregistrements en studio, donc de l'image et du son. Le tout est visiblement daté des années 1990 à Djibouti. Très vite, je réalise que j'ai devant moi un matériau assez magique. C'est de la pop-musique djiboutienne, musique que je découvre, bien que j'aie grandi à Djibouti. Les artistes que je vois me fascinent. Il y a Abdallah Lee, dont le roman porte le prénom. Je découvre sa voix, sa manière de faire le show, je découvre l'ambiance des concerts à Djibouti dans ces années-là. À la fois, la musique me touche parce que c'est une musique électronique avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes qui, même si elle est basée sur des rythmes traditionnels et toute une culture musicale de la région, possède une modernité qui devient obsédante à mes oreilles. Sur les images, je découvre une ambiance qui tout de suite enclenche le début d'une quête pour comprendre qui sont ces gens, ce qui se passe à ce moment-là dans ce pays, Djibouti, quelques années après l'indépendance [acquise en 1977, NDLR]. Aussi, pourquoi mon père possède ces vidéos sur son compte YouTube ? Vous découvrez que votre père a joué un rôle dans l'émergence de cette scène musicale djiboutienne. C'est quelque chose que vous étiez loin d'imaginer. Exactement. En appelant des gens, en me déplaçant, en allant voir soit des spécialistes de la musique, soit des anciens amis, soit des personnes dont je vois le nom apparaître sur les vidéos, je comprends que durant cet âge d'or musical à Djibouti, mon père a eu un studio de musique, studio dans lequel j'ai même habité d'ailleurs quand j'étais petite. Je comprends donc qu'il a fait partie des ingénieurs, des producteurs de musique, qu'il y a cru, qu'il l'a faite rayonner, qu'il l'a enregistrée et qu'il a été au cœur de cette histoire, de ce moment musical djiboutien. Votre père s'appelait Galal, et pour bien comprendre le fait que cette histoire musicale paternelle est demeurée secrète, il faut expliquer qu'il a été victime d'un AVC. Il est venu en France se faire soigner et il était quasi mutique, donc il n'avait pas partagé avec vous cette histoire. Il n'était pas tout à fait mutique, mais il était, disons, entré dans une nouvelle vie à Poitiers. Une vie bien différente de celle que l'on menait à Djibouti. En effet, toute une part de son passé a été placée sous silence. Je pense que c'est à cause de la douleur d'une vie. Vous savez, on a 34 ans, on vit un âge d'or, on est au cœur d'une émergence musicale qui est hyper riche et on doit ensuite, parce que l'on a eu un accident, venir en France. C'est aussi cet accident-là que j'essaie d'approcher avec ce roman. Il y a en moi l'envie de m'approprier cette histoire. C'est vrai qu'il ne m'avait pas transmis ce bagage-là. Je n'avais pas cru non plus que mon pays de naissance pouvait avoir une musique électronique de ce type. Et donc il y a aussi tout un exercice de déconstruction de ma part sur la question de savoir pourquoi est-ce que l'on n'imagine pas que Djibouti puisse avoir des synthétiseurs et des boîtes à rythme et produire des sons qui nous touchent pendant des dizaines d'années. À un moment, vous découvrez un caméscope, c'est le caméscope de votre père. Vous retrouvez ce caméscope et vous faites comme lui, c'est-à-dire que vous filmez tout ce que vous pouvez filmer. Un peu comme si vous aviez besoin de retrouver les traces de votre père en imitant ses gestes. C'est exactement ça. Reprendre son caméscope, le remettre en service et puis aussi filmer des choses, que ce soient des lieux, Marseille ou Paris. Je demande aussi à des gens de jouer devant la caméra. En fait, je crois qu'il a fallu mettre un peu de jeu et de fiction pour que ce soit un exercice que je puisse m'approprier. Et ce jeu dont vous parlez, vous le mettez aussi dans votre narration et dans votre plume. Ce qui est très beau dans le texte, c'est que parfois, quand vous parlez de l'absurdité de la mort, on retrouve un style, des phrases qui sont parfois dénuées de sens, qui sont elles-mêmes un peu absurdes. Ou alors, au contraire, quand vous découvrez Djibouti, votre style devient un kaléidoscope d'impressions couchées sur le papier. Et je me suis demandé si vous aviez longuement retravaillé vos phrases ? En fait, dans les six ans de travail sur ce texte, j'ai écrit des phrases. J'ai eu besoin à un moment de poser des choses, des images que j'avais notées dans des carnets, des phrases. Et ensuite, j'ai eu besoin de plusieurs années pour comprendre pourquoi j'avais écrit ça, comment elles s'imbriquaient. Et en effet, je pense que c'est un livre assez kaléidoscopique parce que c'est un livre assez visuel. Je pense qu'il y a plein de choses que j'ai vues, il y a eu des évidences. Et j'ai laissé aux phrases le temps de trouver leur place dans le récit. Un kaléidoscope, mais aussi un conte. Dans la fin du texte, vous avez cette expression qui revient plusieurs fois, « on s'en fout, c'est un conte ». Le passé est un conte, mais pour vous, c'est un conte fondamental, si ce n'est fondateur. J'ai cette formule pour rappeler aussi que la fiction et que les histoires qu'on se raconte sont tout aussi importantes qu'une vérité. Je trouve qu'il y a plein de romans de retour au pays traversés par une sorte de nécessité à raconter la vérité des choses, l'exactitude de ce qu'on voit. Et moi, je me suis plutôt dit que Djibouti a aussi droit à la fiction. Il y a certes les personnages historiques évidemment, il y a une histoire qui est réelle, des vidéos réelles, elles-aussi. Il y a Abdallah, mon père etc. Mais j'ai le droit de mettre de la fiction dans ça. Et c'est vrai que c'est un conte fondateur. Parce que, comme plein de contes, il nous guide avec ses préceptes, ses vérités que j'ai essayé d'approcher, sur le fait de retrouver une histoire qui n'est pas la nôtre, ou sur ce que signifie de trouver un ami qui raconte l'histoire de votre père. Et je pense que c'est un livre qui va m'accompagner et qui, je pense, peut accompagner aussi énormément de lecteurs, parce qu'on y parle du deuil, on y parle du retour, on y parle d'obsession. Abdallah Superstar d'Iman Ahmed, éditions Actes Sud, 150 pages, 2026. À lire aussiAvec «Un corps indocile», Osvalde Lewat ausculte la vulnérabilité masculine
Quand le doute s'insinue entre les cuisses. Tel pourrait être le résumé, très succinct, du deuxième roman d'Osvalde Lewat, cinéaste, photographe et depuis quelques années autrice multi-récompensée pour son roman Les Aquatiques, paru en 2022. Avec ce deuxième roman, Un corps indocile, la Franco-Camerounaise nous plonge dans les doutes existentiels de Deffo, grand couturier africain vivant à Paris et victime d'un coup du sort qui va bouleverser ses certitudes. Un roman épique et intimiste à la fois qui questionne la quête de sens. RFI : Vous sortez en cette rentrée littéraire votre deuxième roman, Un corps indocile, aux éditions Philippe Rey et conjointement aux éditions Jimsaan du Sénégal. Et vous m'avez dit en préparant l'interview : « C'est un roman de désapprentissage. » Qu'est-ce que vous entendez par là ? Osvalde Lewat : Un roman de désapprentissage, c'est un roman qui prend le contrepied du roman initiatique, puisque dans le roman initiatique, le héros est dans une quête qui lui permet d'acquérir des savoirs. Dans Un corps indocile, le personnage central de Deffo, personnage de couturier, est quelqu'un qui a une très belle réussite, dont la vie est épanouie, il est inséré socialement. Et sa vie va basculer parce qu'il a une maladie, une douleur s'installe au niveau de l'aine. Et partant de là, son monde se disloque, et il finit par tuer quelqu'un, par commettre un crime. Et Deffo va entreprendre une quête. Cette quête-là, ce sera une quête pour retrouver son intégrité physique et rendre à nouveau le monde intelligible pour lui. Il est donc malade et il essaie de guérir, d'abord à travers la médecine traditionnelle française, qui présente ses limites, et au fur et à mesure qu'il va avancer, il sera confronté à plusieurs systèmes de sens qui, à chaque fois, vont montrer leurs limites. Et Deffo, qui était bardé de certitudes, va les perdre au fur et à mesure, et il va devoir se débarrasser de couches entières d'illusions. Et tout au long du roman, Deffo ne trouve pas la solution à ce problème existentiel. Il reste divisé. Il dit d'ailleurs de lui-même : « Je suis parfaitement imparfait »… Deffo est un homme qui s'est construit sur une idée de la virilité, de la force, de la puissance, et de la performance sexuelle. C'est quelqu'un qui coche toutes les cases. Et quand son système de sens s'effondre, quand sa vie se disloque et qu'il se rend compte que les certitudes qu'il avait sont finalement très fragiles, à ce moment-là, il s'interroge sur sa masculinité. Et au fur et à mesure, il se rend compte que l'on peut être un homme, que l'on peut être un homme vulnérable, un homme qui n'a pas de puissance au sens où socialement on l'admet en parlant de la virilité, mais on peut néanmoins rester un homme. Et c'est ça qui m'intéressait. En fait, le parcours de Deffo montre que l'on peut se débarrasser d'une idée finalement très construite socialement de ce que c'est qu'un homme tout en restant un homme malgré tout. Et c'est un personnage très intéressant dans le sens où il a une très haute idée de lui-même, il refuse de jouer le jeu social qu'on lui présente en permanence. Il refuse d'être un grand couturier parisien dans le système. Il refuse d'être un Zambouenais (le roman se déroule dans un pays imaginaire baptisé Zambouena, NDLR) de la haute bourgeoisie. C'est un personnage orgueilleux en fait. Oui et non. Je pense que Deffo est surtout quelqu'un qui pense qu'on peut être heureux dans sa vie sans forcément jouer le jeu social, sans jouer le jeu mondain. C'est plutôt quelqu'un qui veut être authentique. En fait, il ne comprend pas ce qui lui arrive parce qu'il se dit : « Je ne me suis pas pavané, je n'ai pas eu d'ambition, je n'ai même pas eu d'ambition, je n'ai pas de prétention, l'univers n'a pas de raison de me punir. Pourquoi Dieu me punit alors que j'étais un mec finalement assez cool et qui ne voulait pas tuer père et mère pour réussir ? » En vous lisant, il y a deux références qui me sont venues. Votre personnage est dostoïevskien et camusien à la fois. Est-ce que ces références font partie de votre univers ? Est-ce que vous avez pensé à Camus et à Fiodor Dostoïevski en écrivant ? Au départ, je ne les avais pas en tête quand j'ai commencé à écrire, et quand j'ai fini, ce sont mes éditeurs qui m'ont dit : « C'est très camusien ce que tu as écrit. » C'est vrai et en même temps, ça ne l'est pas parce que Camus, dans l'absurde, montre les limites de la quête de sens et le silence du monde. Alors que moi, ce que je fais dans Un corps indocile, c'est de montrer un personnage qui n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante aux questions existentielles qu'il se pose, ni à son rapport à la vie, mais qui en même temps accède à une forme de lucidité nue qui ne l'empêche pas de croire qu'il y a autre chose. Donc là, c'est là où je prends un peu de distance avec Camus. C'est un roman très intéressant dans le sens où il ne verse pas du tout dans les clichés ou dans les habitudes de la « littérature du retour ». On glisse d'un pays à un autre et, à chaque fois, le personnage glisse un peu plus loin. Finalement, il ne trouve pas la voie du salut par un retour au pays natal. C'est d'abord un retour sur lui-même qui lui permet de guérir. Je voulais éviter le schéma classique du personnage africain qui vit à Paris et puis qui, vingt ans après, retourne au pays, écarquille de grands yeux, etc. Dans le roman, Deffo est attaché à son pays, le Zambouena, il y va souvent, donc quand il arrive, il est dans un univers familier même s'il est confronté à une réalité assez brutale qui est celle de la présence de la Chine en Afrique et des élites prévaricatrices. Je me rappelle d'une psychologue qui disait un jour : « Quel que soit le lieu où l'on va, on est toujours avec soi-même. » Et Deffo, quand il se déporte d'un lieu à un autre, finalement, il ne se détache pas de ce qu'il est. Il se rend compte que tout ce qu'il porte en lui, toutes les contradictions qu'il porte en lui, tout le drame qu'il est en train de vivre, ne le quitte pas et l'accompagne. Un mot sur la densité et la richesse de ce livre. On est à la fois dans un roman psychologique, on l'a compris, un roman de mœurs, un roman policier. Et même un roman politique. Il fallait tout ça pour rendre compte de la complexité de votre personnage et de la complexité de la vie ? J'ai pensé le roman comme une pièce de couture. Et ce que j'ai fait, c'est que j'ai suivi le personnage. En fait, je partais de sa faille, et avec cette faille intime, j'ai ouvert le roman sur le monde. Donc en réalité, c'est le monde qui vient rejoindre le personnage. Quand j'ai commencé à écrire, je ne me suis pas dit : « Ah ben voilà, je vais aborder tel thème et tel thème et tel thème. » Ce n'est pas un catalogue de thèmes. Non, c'est vraiment quelque chose de très organique qui part du parcours du personnage et puis qui finalement le confronte aux réalités du monde. Et il traverse ces univers, et nous tous nous vivons cela. C'est-à-dire qu'au quotidien, on est à la fois un mari, parfois un enfant, on est un collègue et on est différentes personnes. Et donc tous ces univers-là viennent rencontrer Deffo pour former un tout assez organique. Vous avez mis trois ans à écrire ce roman. Quand vous avez mis le point final, qu'est-ce que vous avez ressenti, mis à part une forme de soulagement, bien sûr ? Est-ce que je suis soulagée quand je finis mes romans ? Non. Et quand je les finis, est-ce qu'ils sont même finis d'ailleurs ? Est-ce que j'ai fini d'écrire ? J'ai l'impression que mes éditeurs m'arrachent les livres de la main en disant : « Ça suffit maintenant, tu mets un point final ! » En réalité, j'ai ressenti un manque. Un grand manque. Le manque de Deffo et des personnages aussi, parce qu'il y en a plusieurs dans le roman, sa compagne, ses parents, ses amis, les Chinois. Donc j'ai ressenti un grand manque et un sentiment d'incomplétude. Et est-ce que vous rêvez encore de votre personnage, Deffo ? Parfois la nuit… En réalité, je vis avec Deffo. Donc, je ne rêve pas de lui, je vis avec lui, il habite ma vie, je l'entends, je le vois, je pense à lui sans cesse. Il me hante complètement. À écouter dans Littérature sans frontièresOsvalde Lewat, révélation et métamorphoses d'une femme en Afrique centrale
Quand le doute s'insinue entre les cuisses. Tel pourrait être le résumé, très succinct, du deuxième roman d'Osvalde Lewat, cinéaste, photographe et depuis quelques années autrice multi-récompensée pour son roman Les Aquatiques, paru en 2022. Avec ce deuxième roman, Un corps indocile, la Franco-Camerounaise nous plonge dans les doutes existentiels de Deffo, grand couturier africain vivant à Paris et victime d'un coup du sort qui va bouleverser ses certitudes. Un roman épique et intimiste à la fois qui questionne la quête de sens. RFI : Vous sortez en cette rentrée littéraire votre deuxième roman, Un corps indocile, aux éditions Philippe Rey et conjointement aux éditions Jimsaan du Sénégal. Et vous m'avez dit en préparant l'interview : « C'est un roman de désapprentissage. » Qu'est-ce que vous entendez par là ? Osvalde Lewat : Un roman de désapprentissage, c'est un roman qui prend le contrepied du roman initiatique, puisque dans le roman initiatique, le héros est dans une quête qui lui permet d'acquérir des savoirs. Dans Un corps indocile, le personnage central de Deffo, personnage de couturier, est quelqu'un qui a une très belle réussite, dont la vie est épanouie, il est inséré socialement. Et sa vie va basculer parce qu'il a une maladie, une douleur s'installe au niveau de l'aine. Et partant de là, son monde se disloque, et il finit par tuer quelqu'un, par commettre un crime. Et Deffo va entreprendre une quête. Cette quête-là, ce sera une quête pour retrouver son intégrité physique et rendre à nouveau le monde intelligible pour lui. Il est donc malade et il essaie de guérir, d'abord à travers la médecine traditionnelle française, qui présente ses limites, et au fur et à mesure qu'il va avancer, il sera confronté à plusieurs systèmes de sens qui, à chaque fois, vont montrer leurs limites. Et Deffo, qui était bardé de certitudes, va les perdre au fur et à mesure, et il va devoir se débarrasser de couches entières d'illusions. Et tout au long du roman, Deffo ne trouve pas la solution à ce problème existentiel. Il reste divisé. Il dit d'ailleurs de lui-même : « Je suis parfaitement imparfait »… Deffo est un homme qui s'est construit sur une idée de la virilité, de la force, de la puissance, et de la performance sexuelle. C'est quelqu'un qui coche toutes les cases. Et quand son système de sens s'effondre, quand sa vie se disloque et qu'il se rend compte que les certitudes qu'il avait sont finalement très fragiles, à ce moment-là, il s'interroge sur sa masculinité. Et au fur et à mesure, il se rend compte que l'on peut être un homme, que l'on peut être un homme vulnérable, un homme qui n'a pas de puissance au sens où socialement on l'admet en parlant de la virilité, mais on peut néanmoins rester un homme. Et c'est ça qui m'intéressait. En fait, le parcours de Deffo montre que l'on peut se débarrasser d'une idée finalement très construite socialement de ce que c'est qu'un homme tout en restant un homme malgré tout. Et c'est un personnage très intéressant dans le sens où il a une très haute idée de lui-même, il refuse de jouer le jeu social qu'on lui présente en permanence. Il refuse d'être un grand couturier parisien dans le système. Il refuse d'être un Zambouenais (le roman se déroule dans un pays imaginaire baptisé Zambouena, NDLR) de la haute bourgeoisie. C'est un personnage orgueilleux en fait. Oui et non. Je pense que Deffo est surtout quelqu'un qui pense qu'on peut être heureux dans sa vie sans forcément jouer le jeu social, sans jouer le jeu mondain. C'est plutôt quelqu'un qui veut être authentique. En fait, il ne comprend pas ce qui lui arrive parce qu'il se dit : « Je ne me suis pas pavané, je n'ai pas eu d'ambition, je n'ai même pas eu d'ambition, je n'ai pas de prétention, l'univers n'a pas de raison de me punir. Pourquoi Dieu me punit alors que j'étais un mec finalement assez cool et qui ne voulait pas tuer père et mère pour réussir ? » En vous lisant, il y a deux références qui me sont venues. Votre personnage est dostoïevskien et camusien à la fois. Est-ce que ces références font partie de votre univers ? Est-ce que vous avez pensé à Camus et à Fiodor Dostoïevski en écrivant ? Au départ, je ne les avais pas en tête quand j'ai commencé à écrire, et quand j'ai fini, ce sont mes éditeurs qui m'ont dit : « C'est très camusien ce que tu as écrit. » C'est vrai et en même temps, ça ne l'est pas parce que Camus, dans l'absurde, montre les limites de la quête de sens et le silence du monde. Alors que moi, ce que je fais dans Un corps indocile, c'est de montrer un personnage qui n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante aux questions existentielles qu'il se pose, ni à son rapport à la vie, mais qui en même temps accède à une forme de lucidité nue qui ne l'empêche pas de croire qu'il y a autre chose. Donc là, c'est là où je prends un peu de distance avec Camus. C'est un roman très intéressant dans le sens où il ne verse pas du tout dans les clichés ou dans les habitudes de la « littérature du retour ». On glisse d'un pays à un autre et, à chaque fois, le personnage glisse un peu plus loin. Finalement, il ne trouve pas la voie du salut par un retour au pays natal. C'est d'abord un retour sur lui-même qui lui permet de guérir. Je voulais éviter le schéma classique du personnage africain qui vit à Paris et puis qui, vingt ans après, retourne au pays, écarquille de grands yeux, etc. Dans le roman, Deffo est attaché à son pays, le Zambouena, il y va souvent, donc quand il arrive, il est dans un univers familier même s'il est confronté à une réalité assez brutale qui est celle de la présence de la Chine en Afrique et des élites prévaricatrices. Je me rappelle d'une psychologue qui disait un jour : « Quel que soit le lieu où l'on va, on est toujours avec soi-même. » Et Deffo, quand il se déporte d'un lieu à un autre, finalement, il ne se détache pas de ce qu'il est. Il se rend compte que tout ce qu'il porte en lui, toutes les contradictions qu'il porte en lui, tout le drame qu'il est en train de vivre, ne le quitte pas et l'accompagne. Un mot sur la densité et la richesse de ce livre. On est à la fois dans un roman psychologique, on l'a compris, un roman de mœurs, un roman policier. Et même un roman politique. Il fallait tout ça pour rendre compte de la complexité de votre personnage et de la complexité de la vie ? J'ai pensé le roman comme une pièce de couture. Et ce que j'ai fait, c'est que j'ai suivi le personnage. En fait, je partais de sa faille, et avec cette faille intime, j'ai ouvert le roman sur le monde. Donc en réalité, c'est le monde qui vient rejoindre le personnage. Quand j'ai commencé à écrire, je ne me suis pas dit : « Ah ben voilà, je vais aborder tel thème et tel thème et tel thème. » Ce n'est pas un catalogue de thèmes. Non, c'est vraiment quelque chose de très organique qui part du parcours du personnage et puis qui finalement le confronte aux réalités du monde. Et il traverse ces univers, et nous tous nous vivons cela. C'est-à-dire qu'au quotidien, on est à la fois un mari, parfois un enfant, on est un collègue et on est différentes personnes. Et donc tous ces univers-là viennent rencontrer Deffo pour former un tout assez organique. Vous avez mis trois ans à écrire ce roman. Quand vous avez mis le point final, qu'est-ce que vous avez ressenti, mis à part une forme de soulagement, bien sûr ? Est-ce que je suis soulagée quand je finis mes romans ? Non. Et quand je les finis, est-ce qu'ils sont même finis d'ailleurs ? Est-ce que j'ai fini d'écrire ? J'ai l'impression que mes éditeurs m'arrachent les livres de la main en disant : « Ça suffit maintenant, tu mets un point final ! » En réalité, j'ai ressenti un manque. Un grand manque. Le manque de Deffo et des personnages aussi, parce qu'il y en a plusieurs dans le roman, sa compagne, ses parents, ses amis, les Chinois. Donc j'ai ressenti un grand manque et un sentiment d'incomplétude. Et est-ce que vous rêvez encore de votre personnage, Deffo ? Parfois la nuit… En réalité, je vis avec Deffo. Donc, je ne rêve pas de lui, je vis avec lui, il habite ma vie, je l'entends, je le vois, je pense à lui sans cesse. Il me hante complètement. À écouter dans Littérature sans frontièresOsvalde Lewat, révélation et métamorphoses d'une femme en Afrique centrale
Depuis plusieurs années, la Revue dessinée, dont Baptiste Bouthier est rédacteur en chef, publie des reportages en bandes dessinées. Sous le titre La France Empire, coédité par Casterman, elle a regroupé dans un album graphique huit enquêtes qui font la lumière sur les blessures de territoires colonisés. À lire aussiLa BD est-elle l'avenir du journalisme?
Depuis plusieurs années, la Revue dessinée, dont Baptiste Bouthier est rédacteur en chef, publie des reportages en bandes dessinées. Sous le titre La France Empire, coédité par Casterman, elle a regroupé dans un album graphique huit enquêtes qui font la lumière sur les blessures de territoires colonisés. À lire aussiLa BD est-elle l'avenir du journalisme?
Dans sa bande dessinée Tekoha, l'autrice et illustratrice Clara Chotil raconte l'attachement profond à la terre du peuple guarani-kaiowa dans l'État du Mato Grosso do Sul. Elle met en lumière les blessures de la colonisation intérieure du Brésil dans la première moitié du XXᵉ siècle, ainsi que les combats menés aujourd'hui pour préserver un territoire et une culture. Ce récit, porté par des peintures à l'acrylique aux couleurs vives, est nourri de rencontres dans cette vaste région agricole et de l'histoire familiale de l'autrice. À lire aussiLes peuples autochtones brésiliens réunis à Brasilia pour la reconnaissance des terres ancestrales
Dans sa bande dessinée Tekoha, l'autrice et illustratrice Clara Chotil raconte l'attachement profond à la terre du peuple guarani-kaiowa dans l'État du Mato Grosso do Sul. Elle met en lumière les blessures de la colonisation intérieure du Brésil dans la première moitié du XXᵉ siècle, ainsi que les combats menés aujourd'hui pour préserver un territoire et une culture. Ce récit, porté par des peintures à l'acrylique aux couleurs vives, est nourri de rencontres dans cette vaste région agricole et de l'histoire familiale de l'autrice. À lire aussiLes peuples autochtones brésiliens réunis à Brasilia pour la reconnaissance des terres ancestrales
Comment vit-on le fait d'être une femme noire en France aujourd'hui ? Cette question, si simple puisse-t-elle paraître, est au cœur du nouveau livre de Sarah Fila-Bakabadio. Historienne spécialiste des diasporas noires, elle mêle enquête, récits de vie et réflexion personnelle pour explorer ce que la couleur de peau et le genre produisent dans les existences les plus ordinaires. Être une femme noire en France – Trajectoires, corps et résistances paraît aux Éditions du Seuil, 176 pages. À lire aussi«Nuit blanche» d'Alain Denizet, la traversée de Paris d'un jeune clandestin burkinabè
Comment vit-on le fait d'être une femme noire en France aujourd'hui ? Cette question, si simple puisse-t-elle paraître, est au cœur du nouveau livre de Sarah Fila-Bakabadio. Historienne spécialiste des diasporas noires, elle mêle enquête, récits de vie et réflexion personnelle pour explorer ce que la couleur de peau et le genre produisent dans les existences les plus ordinaires. Être une femme noire en France – Trajectoires, corps et résistances paraît aux Éditions du Seuil, 176 pages. À lire aussi«Nuit blanche» d'Alain Denizet, la traversée de Paris d'un jeune clandestin burkinabè
Pour gagner sa vie avant de rejoindre l'armée, Laura, une jeune fille de 20 ans, accepte un emploi au service de Souria. Cette dernière est la maîtresse d'un prince saoudien et vit recluse, dans l'attente des visites de son amant. Dans cet univers de luxe démesuré, un lien fragile va se tisser entre les deux jeunes femmes. Voilà pour l'intrigue du film Le triangle d'or qui sort en salles mercredi 29 juillet en France, après avoir été projeté hors compétition au festival de Cannes. À lire aussiJean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»
Pour gagner sa vie avant de rejoindre l'armée, Laura, une jeune fille de 20 ans, accepte un emploi au service de Souria. Cette dernière est la maîtresse d'un prince saoudien et vit recluse, dans l'attente des visites de son amant. Dans cet univers de luxe démesuré, un lien fragile va se tisser entre les deux jeunes femmes. Voilà pour l'intrigue du film Le triangle d'or qui sort en salles mercredi 29 juillet en France, après avoir été projeté hors compétition au festival de Cannes. À lire aussiJean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»
Depuis mars 2025, sous l'impulsion de Donald Trump, l'anglais est devenu, par décret, la seule langue officielle aux États-Unis rompant ainsi avec l'histoire du pays qui a toujours plaidé, pour le plurilinguisme. Et pour cause, plus de 350 langues sont parlées dans le pays. Selon certaines projections démographiques, l'espagnol pourrait devenir la langue majoritaire dans le pays d'ici la fin du siècle. Pourquoi instaurer une langue officielle 250 ans après ? Ce décret est-il le point de début d'une politique linguistique offensive ? Quelles langues parle-t-on aujourd'hui aux États-Unis ? Les États-Unis, une tour de Babel sans langue officielle Dès les premières colonies, l'anglais s'impose comme langue dominante, mais sans jamais être officiellement consacrée. Néerlandais, allemand, espagnol ou langues amérindiennes coexistent sans que les autorités ne jugent utile d'imposer un cadre. Au XIXè siècle, l'afflux d'immigrants européens (allemands, italiens) et asiatiques (mandarins) ne change pas la donne : l'anglais reste de facto la langue commune. Ce n'est qu'à partir des années 1960, avec l'explosion de l'immigration hispanophone et asiatique, que le débat aurait dû s'imposer. Mais le « culte de la liberté » l'emporte : les États-Unis ne légifèrent pas. Aujourd'hui, plus de 350 langues y sont parlées, avec une domination écrasante de l'anglais et de l'espagnol. Certains États, comme Hawaï ou le Nouveau-Mexique, adoptent des langues co-officielles, mais ces mesures restent symboliques. Du melting-pot vire au communautarisme ? L'absence de langue officielle a-t-elle accéléré la fragmentation des États-Unis ? À partir des années 1980, le melting-pot semble céder la place à un repli communautaire : les crises économiques, l'ultra-libéralisme reaganien et l'effondrement de l'ascenseur social ont creusé les inégalités. Résultat ? Des quartiers entiers où l'anglais disparaît au profit du polonais, du russe ou de l'espagnol. Il n'est pas rare de croiser à New York, des jeunes de 25 ans ne parlant pas un mot d'anglais, précise Romuald Sciora. À Los Angeles, des écoles enseignent exclusivement en espagnol. Les médias et les publicités s'adaptent, renforçant l'isolement : chaînes de télé en mandarin, journaux en russe, cours de récréation où l'anglais est minoritaire. Bill Clinton avait envisagé une légifération dans les années 1990, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Aujourd'hui, imposer l'anglais comme langue unique est perçu comme une provocation et un acte réactionnaire : comment justifier une telle mesure alors que l'espagnol est parlé par près de 50 millions de personnes ? Les tentatives de Donald Trump pour promouvoir l'anglais ont été vues comme une attaque contre les hispanophones. Cinquante ans de tergiversations ont transformé un débat pragmatique en sujet explosif. Vers un bilinguisme ou un multilinguisme officiel ? Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de savoir si les États-Unis doivent légiférer, mais comment le faire sans braquer une partie de leur population. Face à cette fragmentation, les États-Unis devraient-ils s'inspirer du Canada en adoptant deux langues officielles, l'anglais et l'espagnol ? Les hispanophones, qui représentent près de 20% de la population : une telle mesure aurait le mérite de reconnaître une réalité démographique tout en apaisant les tensions. Un cadre bilingue permettrait d'imposer l'apprentissage des deux langues dès l'école, brisant ainsi les barrières entre communautés. Invité : Romuald Sciora, essayiste, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui ! Programmation musicale : L'artiste Cécile McLorin Salvant avec la reprise de la chanson extraite du film «Les parapluie de Cherbourg».
Depuis mars 2025, sous l'impulsion de Donald Trump, l'anglais est devenu, par décret, la seule langue officielle aux États-Unis rompant ainsi avec l'histoire du pays qui a toujours plaidé, pour le plurilinguisme. Et pour cause, plus de 350 langues sont parlées dans le pays. Selon certaines projections démographiques, l'espagnol pourrait devenir la langue majoritaire dans le pays d'ici la fin du siècle. Pourquoi instaurer une langue officielle 250 ans après ? Ce décret est-il le point de début d'une politique linguistique offensive ? Quelles langues parle-t-on aujourd'hui aux États-Unis ? Les États-Unis, une tour de Babel sans langue officielle Dès les premières colonies, l'anglais s'impose comme langue dominante, mais sans jamais être officiellement consacrée. Néerlandais, allemand, espagnol ou langues amérindiennes coexistent sans que les autorités ne jugent utile d'imposer un cadre. Au XIXè siècle, l'afflux d'immigrants européens (allemands, italiens) et asiatiques (mandarins) ne change pas la donne : l'anglais reste de facto la langue commune. Ce n'est qu'à partir des années 1960, avec l'explosion de l'immigration hispanophone et asiatique, que le débat aurait dû s'imposer. Mais le « culte de la liberté » l'emporte : les États-Unis ne légifèrent pas. Aujourd'hui, plus de 350 langues y sont parlées, avec une domination écrasante de l'anglais et de l'espagnol. Certains États, comme Hawaï ou le Nouveau-Mexique, adoptent des langues co-officielles, mais ces mesures restent symboliques. Du melting-pot vire au communautarisme ? L'absence de langue officielle a-t-elle accéléré la fragmentation des États-Unis ? À partir des années 1980, le melting-pot semble céder la place à un repli communautaire : les crises économiques, l'ultra-libéralisme reaganien et l'effondrement de l'ascenseur social ont creusé les inégalités. Résultat ? Des quartiers entiers où l'anglais disparaît au profit du polonais, du russe ou de l'espagnol. Il n'est pas rare de croiser à New York, des jeunes de 25 ans ne parlant pas un mot d'anglais, précise Romuald Sciora. À Los Angeles, des écoles enseignent exclusivement en espagnol. Les médias et les publicités s'adaptent, renforçant l'isolement : chaînes de télé en mandarin, journaux en russe, cours de récréation où l'anglais est minoritaire. Bill Clinton avait envisagé une légifération dans les années 1990, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Aujourd'hui, imposer l'anglais comme langue unique est perçu comme une provocation et un acte réactionnaire : comment justifier une telle mesure alors que l'espagnol est parlé par près de 50 millions de personnes ? Les tentatives de Donald Trump pour promouvoir l'anglais ont été vues comme une attaque contre les hispanophones. Cinquante ans de tergiversations ont transformé un débat pragmatique en sujet explosif. Vers un bilinguisme ou un multilinguisme officiel ? Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de savoir si les États-Unis doivent légiférer, mais comment le faire sans braquer une partie de leur population. Face à cette fragmentation, les États-Unis devraient-ils s'inspirer du Canada en adoptant deux langues officielles, l'anglais et l'espagnol ? Les hispanophones, qui représentent près de 20% de la population : une telle mesure aurait le mérite de reconnaître une réalité démographique tout en apaisant les tensions. Un cadre bilingue permettrait d'imposer l'apprentissage des deux langues dès l'école, brisant ainsi les barrières entre communautés. Invité : Romuald Sciora, essayiste, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui ! Programmation musicale : L'artiste Cécile McLorin Salvant avec la reprise de la chanson extraite du film «Les parapluie de Cherbourg».
Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis. Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants. Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier. La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis ! On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne. Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... ! La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération. Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène. Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran. À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93. Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93. Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ».
Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis. Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants. Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier. La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis ! On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne. Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... ! La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération. Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène. Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran. À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93. Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93. Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ».
Vingt ans après la disparition de l'humoriste Raymond Devos : y a-t-il des héritiers aujourd'hui dans ce domaine si particulier de l'humour absurde ? La Scala organisait une soirée spéciale Devos 2.0, ce lundi 15 juin 2026... Il y a 20 ans, disparaissait l'artiste Raymond Devos. Maître incontesté du jeu de mots et des absurdités du langage, il transformait les expressions du quotidien en situations loufoques où le sérieux basculait dans le burlesque. Qui sont aujourd'hui les héritiers de Devos ? Comment faire vivre ce patrimoine exceptionnel auprès de nouvelles générations sans céder à l'imitation ? Invités : - François Rollin, auteur, comédien, scénariste, metteur en scène, Prix Raymond Devos 2009, un prix qui récompense « une personne dont l'œuvre contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement ou à sa promotion » - Geneviève Meley Othoniel, directrice de l'École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) une école ouverte en 2024 qui forme des humoristes - Aliocha, étudiant humoriste à l'ESAR. Une soirée spéciale Devos 2.0 a eu lieu à la Scala le 15 juin 2026. Programmation musicale : L'artiste Voyou en duo avec Tuerie pour le titre « Hula Hoop ».
Vingt ans après la disparition de l'humoriste Raymond Devos : y a-t-il des héritiers aujourd'hui dans ce domaine si particulier de l'humour absurde ? La Scala organisait une soirée spéciale Devos 2.0, ce lundi 15 juin 2026... Il y a 20 ans, disparaissait l'artiste Raymond Devos. Maître incontesté du jeu de mots et des absurdités du langage, il transformait les expressions du quotidien en situations loufoques où le sérieux basculait dans le burlesque. Qui sont aujourd'hui les héritiers de Devos ? Comment faire vivre ce patrimoine exceptionnel auprès de nouvelles générations sans céder à l'imitation ? Invités : - François Rollin, auteur, comédien, scénariste, metteur en scène, Prix Raymond Devos 2009, un prix qui récompense « une personne dont l'œuvre contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement ou à sa promotion » - Geneviève Meley Othoniel, directrice de l'École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) une école ouverte en 2024 qui forme des humoristes - Aliocha, étudiant humoriste à l'ESAR. Une soirée spéciale Devos 2.0 a eu lieu à la Scala le 15 juin 2026. Programmation musicale : L'artiste Voyou en duo avec Tuerie pour le titre « Hula Hoop ».
Premier épisode de cette série inédite qui propose une rencontre avec un.e auteur.e sur sa terre natale. Aujourd'hui l'humoriste, comédienne et écrivaine Roukiata Ouedraogo, née au Burkina Faso et qui ici se livre sur son enfance, ses débuts et ses combats. Grand entretien à Ouagadougou. « Je suis autrice, humoriste et comédienne franco-burkinabè. Née au Burkina Faso, j'ai grandi entre Fada N'Gourma et Ouagadougou avant de m'installer en France au début des années 2000. Mon parcours artistique s'est construit à la croisée du théâtre, de l'écriture, de l'humour, de la radio et de l'engagement. » (autoportrait de l'autrice sur RFI). Livres cités dans l'entretien : « Dans sa petite chambre de bonne du 18è arrondissement, Roukiata fait son sac : demain, elle rentre chez elle, au Burkina Faso. Que prendre, que choisir, que laisser ? Comment faire plaisir à toutes et à tous, sans se faire totalement dépouiller ?… Entre jolis petits hauts colorés made in Paname Tati, que s'arracheront ses cousines, et le grille-pain deux fentes avec tiroir ramasse-miettes à offrir à sa mère, Roukiata nous raconte sa folle jeunesse, lorsqu'elle était jeune gazeuse des faubourgs Ouagalais, jusqu'à sa vie actuelle dans le « Little Africa » parisien. On rit devant la galerie des braiseurs de poulet bicyclette, les mégères du quartier, les coiffeuses de Château-Rouge ! On succombe devant les techniques de drague des garçons choco et les ruses déployées pour feinter le papa nommé « Chien Méchant » afin de ne pas rater le bal des bacheliers… Accompagné par le dessin virevoltant et dansant d'Aude Massot, ce livre est un hymne à l'enfance, la famille, l'amitié, la différence… On y rit beaucoup… mais pas que. » (Présentation des éditions Sarbacane). De sa plume, légère et nostalgique, Roukiata raconte avec tendresse et humour son enfance au Burkina-Faso. Les sécheresses écrasantes et les pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère. Elle raconte sa famille, l'injustice qui les frappe avec l'arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère. Cette femme, grande et belle, un « roc » restée seule pour élever ses sept enfants, bataillant pour joindre les deux bouts, en vendant sur le pas de sa porte ses délicieuses galettes. Des galettes au miel qui, pour la jeune Roukiata, auront toujours le goût de l'enfance et du pays natal. (Présentation des éditions Slatkine et cie) SITE OFFICIEL DE ROUKIATA OUEDRAOGO ILLUSTRATION MUSICALE : Ouagadougou - DESIRE SANKARA.
Dans son nouveau livre L'Odyssée par l'Odyssée, l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l'Odyssée de.... l'Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère ! Comment raconter l'Odyssée ? Ce long voyage d'Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque. Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l'on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé… Comment raconter cette épopée qui hante l'imaginaire occidental depuis l'Antiquité et la rendre accessible ? Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman, précise l'auteur, « je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui ». Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitres Il raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres. Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité « C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles » Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l'Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre « C'était un peu les stand-uppers de l'époque ! Ils devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est-à-dire presque possédés par les dieux ! » De «nostalgie» à «xénophobie» : ces mots du quotidien hérités de l'Odyssée Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l'actualité de l'Odyssée mais aussi l'importance du grec dans notre vocabulaire. « Protée » qui a donné protéiforme ou encore les rituels d'hospitalité qui ont donné naissance au « philoxenia » lors de l'épisode du cyclope et son contraire « xenophobie »... « Circé » qui a donné « cirque » ou encore le mot « nostalgie » hérité des « nostoi ». Invité : Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point. Auteur de « L'Odyssée de l'Odyssée”. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère », aux éditions Grasset. Programmation musicale : Les artistes Areski Belkacem et Brigitte Fontaine avec le titre L'eternel retour.
Dans son nouveau livre L'Odyssée par l'Odyssée, l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l'Odyssée de.... l'Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère ! Comment raconter l'Odyssée ? Ce long voyage d'Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque. Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l'on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé… Comment raconter cette épopée qui hante l'imaginaire occidental depuis l'Antiquité et la rendre accessible ? Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman, précise l'auteur, « je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui ». Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitres Il raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres. Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité « C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles » Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l'Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre « C'était un peu les stand-uppers de l'époque ! Ils devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est-à-dire presque possédés par les dieux ! » De «nostalgie» à «xénophobie» : ces mots du quotidien hérités de l'Odyssée Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l'actualité de l'Odyssée mais aussi l'importance du grec dans notre vocabulaire. « Protée » qui a donné protéiforme ou encore les rituels d'hospitalité qui ont donné naissance au « philoxenia » lors de l'épisode du cyclope et son contraire « xenophobie »... « Circé » qui a donné « cirque » ou encore le mot « nostalgie » hérité des « nostoi ». Invité : Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point. Auteur de « L'Odyssée de l'Odyssée”. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère », aux éditions Grasset. Programmation musicale : Les artistes Areski Belkacem et Brigitte Fontaine avec le titre L'eternel retour.
Il y a 35 ans, la chute de l'empire soviétique entrainait dans son sillage quinze républiques satellites, dont l'Arménie. Une période historique dense et poignante restituée dans un premier roman extrêmement sensible et onirique intitulé La petite pianiste d'Erevan, publié aux éditions Albin Michel. Une fiction signée de Marina Yaloyan installée aujourd'hui en France et qui a grandi à la croisée de plusieurs pays de l'Arménie à la Russie en passant par les États-Unis. Grand entretien. Petite pianiste prodige, Verochka grandit à Erevan, en Arménie, dans une famille d'intellectuels communistes, au milieu des livres, des certitudes idéologiques et de la musique qui lui ouvre un autre horizon. Mais lorsque, en 1991, l'Union soviétique vacille, son univers se fissure et l'Histoire s'invite dans chaque foyer. La population crie famine. On brûle les livres pour se chauffer. La rue est le théâtre de violentes manifestations. Pénuries et guerres larvées sont la conséquence de l'effondrement du régime communiste à venir… Verochka se raccroche alors à un espoir fragile : réussir le concours qui lui permettra d'intégrer une prestigieuse école de musique moscovite. Chronique familiale, fresque poignante d'une époque, La petite pianiste d'Erevan raconte, à hauteur d'enfant, l'éveil d'une conscience, quand la musique et l'imagination deviennent les seuls refuges face à l'effondrement d'un monde. (Présentation des éditions Albin Michel) Illustration musicale : Rachmaninov : Piano Concerto No.2 in C Minor Op.18
La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026. D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique. « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris. Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert. Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.
La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026. D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique. « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris. Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert. Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.
Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine la philosophe Laurence Devillairs pour parler de la vengeance, un sujet quasiment tabou qu'elle traite dans son dernier livre en date intitulé Vengeance. Le droit de ne pas pardonner (Stock). Avec cet ouvrage aux multiples références, Laurence Devillairs rompt avec ses thèmes de réflexion habituels qui parlent plutôt de la beauté du monde, des livres « solaires », comme on dit aujourd'hui. Ici, il s'agit plutôt de la face sombre de la nature humaine. Pourquoi ce changement de cap ? Elle s'en explique au cours de l'émission. En tout cas, avec la vengeance, la philosophe que nous avons eu souvent le plaisir d'inviter dans « Idées » s'attaque à l'idée selon laquelle face à un affront, face au mal, il faut pardonner. L'impératif religieux n'est pas loin. Contre cette façon de voir, elle propose une thèse contraire : le refus de pardonner peut être un acte de justice, de lucidité et de dignité. Attention, pas de méprise, le livre ne célèbre pas la vengeance comme passion destructrice ; il la réhabilite comme réaction morale, comme affirmation de soi face à l'injustice. Laurence Devillairs s'inscrit ainsi dans une tradition philosophique qui va de Sénèque à Nietzsche, en passant par Spinoza, pour montrer que la vengeance n'est pas nécessairement violence, mais une réponse à la violence. La vengeance comme réponse à l'injustice. Elle cite Oreste dans Andromaque de Racine : Au fil des pages, cette intellectuelle, attachée à la vie et aux passions qui la traversent, dénonce la « tyrannie du pardon » : une pression sociale, religieuse, psychologique qui exige de la victime le renoncement à la colère pour avancer. Elle rejette ce pardon qui ajoute une seconde injonction à la première blessure. La vengeance devient alors une manière de rétablir un équilibre rompu, de ne pas se raconter d'histoires sur le mal subi, de refuser de se laisser dicter une morale qui nie l'expérience vécue, enfin une façon de ne pas minimiser l'offense afin de répondre aux injonctions sociales. Le style de Laurence Devillairs est fidèle à ce qui fait la force de son œuvre : une écriture limpide, précise, qui refuse les abstractions oiseuses. Elle nous parle de situations concrètes, de blessures ordinaires, de relations humaines où le pardon n'est pas une évidence mais une violence supplémentaire. En réhabilitant la vengeance, Devillairs ne fait pas non plus l'éloge de la rancœur ; elle redonne à la victime le droit de ne pas être exemplaire. Dans un monde où l'on exige des individus qu'ils « passent à autre chose », elle rappelle que la justice commence surtout par la reconnaissance de l'offense. Pour elle, la vengeance entendue en ce sens brise « la religion nouvelle de la reconstruction obligatoire ». Programmation musicale : Médée – Violaine Cochard (compositeur : Jacques Duphly) La vengeance – Ombra Cara - Théophile Alexandre ; Guillaume Vincent (compositeur : Georg Friedrich Haendel) La liberacion de Rebeca (compositeur : Ryuchi Sakamoto).
Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine la philosophe Laurence Devillairs pour parler de la vengeance, un sujet quasiment tabou qu'elle traite dans son dernier livre en date intitulé Vengeance. Le droit de ne pas pardonner (Stock). Avec cet ouvrage aux multiples références, Laurence Devillairs rompt avec ses thèmes de réflexion habituels qui parlent plutôt de la beauté du monde, des livres « solaires », comme on dit aujourd'hui. Ici, il s'agit plutôt de la face sombre de la nature humaine. Pourquoi ce changement de cap ? Elle s'en explique au cours de l'émission. En tout cas, avec la vengeance, la philosophe que nous avons eu souvent le plaisir d'inviter dans « Idées » s'attaque à l'idée selon laquelle face à un affront, face au mal, il faut pardonner. L'impératif religieux n'est pas loin. Contre cette façon de voir, elle propose une thèse contraire : le refus de pardonner peut être un acte de justice, de lucidité et de dignité. Attention, pas de méprise, le livre ne célèbre pas la vengeance comme passion destructrice ; il la réhabilite comme réaction morale, comme affirmation de soi face à l'injustice. Laurence Devillairs s'inscrit ainsi dans une tradition philosophique qui va de Sénèque à Nietzsche, en passant par Spinoza, pour montrer que la vengeance n'est pas nécessairement violence, mais une réponse à la violence. La vengeance comme réponse à l'injustice. Elle cite Oreste dans Andromaque de Racine : Au fil des pages, cette intellectuelle, attachée à la vie et aux passions qui la traversent, dénonce la « tyrannie du pardon » : une pression sociale, religieuse, psychologique qui exige de la victime le renoncement à la colère pour avancer. Elle rejette ce pardon qui ajoute une seconde injonction à la première blessure. La vengeance devient alors une manière de rétablir un équilibre rompu, de ne pas se raconter d'histoires sur le mal subi, de refuser de se laisser dicter une morale qui nie l'expérience vécue, enfin une façon de ne pas minimiser l'offense afin de répondre aux injonctions sociales. Le style de Laurence Devillairs est fidèle à ce qui fait la force de son œuvre : une écriture limpide, précise, qui refuse les abstractions oiseuses. Elle nous parle de situations concrètes, de blessures ordinaires, de relations humaines où le pardon n'est pas une évidence mais une violence supplémentaire. En réhabilitant la vengeance, Devillairs ne fait pas non plus l'éloge de la rancœur ; elle redonne à la victime le droit de ne pas être exemplaire. Dans un monde où l'on exige des individus qu'ils « passent à autre chose », elle rappelle que la justice commence surtout par la reconnaissance de l'offense. Pour elle, la vengeance entendue en ce sens brise « la religion nouvelle de la reconstruction obligatoire ». Programmation musicale : Médée – Violaine Cochard (compositeur : Jacques Duphly) La vengeance – Ombra Cara - Théophile Alexandre ; Guillaume Vincent (compositeur : Georg Friedrich Haendel) La liberacion de Rebeca (compositeur : Ryuchi Sakamoto).
« Le cinéma, c'est du théâtre en conserve », disait un certain Louis Jouvet, qui ne connaissait pas Nollywood. Qu'est-ce qui a poussé Serge Noukoué, le co-fondateur de Nollywoodweek Film Festival dans les salles obscures du cinéma du Nigéria, d'Afrique et des diasporas africaines ? Qu'est-ce qui a poussé cet Afropéen d'origine béninoise à manger du pop-corn en anglais dans le texte ? Même si Dalida, Mandela et les Bleus ont marqué son adolescence, son cœur s'est laissé embarqué par l'Afrique anglophone et son cinéma. Spécialiste des Industries Culturelles & Créatives, Noukoué rêve de renforcer les échanges entre créateurs de l'Afrique anglophone et francophone. Il rêve en couleur d'abolir les frontières de l'imaginaire. Ce rêve est déjà à quelques stations de métro (pour les + chanceux) puisque la 13ème édition de Nollywoodweek Film Festival se tiendra du 6 au 10 mai 2026 au Cinéma l'Arlequin, 76 rue de Rennes, 75006 Paris. Programmation de l'invité : • Jauperi E d'Oxun • Sauti Sol Suzanna.
Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l'étude menée en 2024. Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd'hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l'adolescence et une dégradation du niveau de lecture. L'adolescence, une période charnière 86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l'adolescence. « C'est alarmant. On imagine que c'est à l'âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l'Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l'envie de lire aux jeunes. Le souci, c'est que les parents, souvent digital natives, ont moins d'appétence pour la lecture que la génération d'avant. Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents. Un phénomène qui s'observe dans les écoles Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c'est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d'ambition. » La solution serait pour lui de faire baisser le temps d'écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l'utilisation des écrans ! Pour l'enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d'émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture Invités : - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici. L'étude complète du CNL est à lire ici. Avec également le reportage de Camille Simon. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l'écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.
Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l'étude menée en 2024. Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd'hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l'adolescence et une dégradation du niveau de lecture. L'adolescence, une période charnière 86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l'adolescence. « C'est alarmant. On imagine que c'est à l'âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l'Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l'envie de lire aux jeunes. Le souci, c'est que les parents, souvent digital natives, ont moins d'appétence pour la lecture que la génération d'avant. Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents. Un phénomène qui s'observe dans les écoles Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c'est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d'ambition. » La solution serait pour lui de faire baisser le temps d'écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l'utilisation des écrans ! Pour l'enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d'émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture Invités : - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici. L'étude complète du CNL est à lire ici. Avec également le reportage de Camille Simon. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l'écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.
Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique. Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés. Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l'humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l'histoire de l'art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande. Un regard féministe et décolonial pour réécrire l'histoire Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ». En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante. Invitée : Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l'art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l'art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a enseigné dans des écoles d'art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l'art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s'est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d'éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l'absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L'Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l'Atelier à Paris, s'inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues. ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril. Programmation musicale : L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4.
Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique. Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés. Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l'humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l'histoire de l'art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande. Un regard féministe et décolonial pour réécrire l'histoire Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ». En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante. Invitée : Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l'art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l'art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a enseigné dans des écoles d'art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l'art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s'est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d'éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l'absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L'Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l'Atelier à Paris, s'inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues. ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril. Programmation musicale : L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4.
Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d'une minuscule planète, l'astéroïde B 612.Ainsi commence le dernier roman d'Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant. Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains. L'histoire d'une publication Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie. Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n'avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population. Près de 700 traductions du Petit Prince C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L'œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l'œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ». D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées. Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue. Une histoire universelle et un récit d'apprentissage L'histoire débute lorsqu'un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d'un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l'amitié, l'amour, la solitude, la perte, le regard d'enfant opposé sur le monde des adultes. C'est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l'importance de l'imagination, de la sincérité et des liens que l'on crée avec les autres. Invités: - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l'édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard. - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse. Programmation musicale : L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».
Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d'une minuscule planète, l'astéroïde B 612.Ainsi commence le dernier roman d'Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant. Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains. L'histoire d'une publication Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie. Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n'avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population. Près de 700 traductions du Petit Prince C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L'œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l'œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ». D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées. Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue. Une histoire universelle et un récit d'apprentissage L'histoire débute lorsqu'un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d'un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l'amitié, l'amour, la solitude, la perte, le regard d'enfant opposé sur le monde des adultes. C'est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l'importance de l'imagination, de la sincérité et des liens que l'on crée avec les autres. Invités: - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l'édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard. - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse. Programmation musicale : L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».
Entre la fuite en avant et le principe de précaution, notre invitée, érudite, Catherine Van Offelen propose une voie médiane, subtile et audacieuse : celle de la phronesis, cette prudence antique qui n'a rien de timorée. (Rediffusion du 7 septembre 2025) Dans son essai Risquer la prudence, elle exhume une vertu oubliée, à la fois pratique et courageuse, capable de guider l'action humaine dans l'incertitude. Catherine Van Offelen en parle avec une précision rare dans ce nouveau numéro d'Idées au micro de Pierre-Édouard Deldique. Contrairement à l'idée moderne de prudence – souvent associée à l'immobilisme ou à la peur du risque – cette jeune intellectuelle nous rappelle que la phronesis aristotélicienne est une forme de sagesse active. Elle ne consiste pas à éviter le danger, mais à l'évaluer avec justesse, à décider malgré l'ambiguïté, et à agir avec discernement. C'est une prudence qui ose, qui tranche. L'auteure critique le règne du principe de précaution, devenu selon elle un dogme paralysant. Elle plaide pour une réhabilitation de la décision humaine, fondée sur l'expérience, le jugement et une forme de courage intellectuel. Catherine Van Offelen, aux multiples références, puise dans les textes d'Aristote, mais aussi dans les traditions stoïcienne et chrétienne, pour montrer que la prudence n'est pas une faiblesse, mais une force. Elle est la vertu du capitaine dans la tempête, du médecin face à l'incertitude, du citoyen dans un monde complexe. Dans un style limpide et rigoureux, elle tisse des liens entre philosophie antique et enjeux contemporains : écologie, politique, éthique médicale, intelligence artificielle. Partout, la phronesis apparaît comme une boussole précieuse. Risquer la prudence est plus qu'un essai philosophique : c'est une invitation à penser autrement notre rapport au risque, à l'action et à la responsabilité. En réhabilitant cette vertu oubliée, Catherine Van Offelen nous offre une clé pour naviguer dans l'incertitude sans renoncer à agir. Son enthousiasme est roboratif. Il nous invite à être prudent, mais pas trop… ► Catherine Van Offelen, Risquer la prudence – Une pratique de la sagesse antique (Gallimard) Programmation musicale : - Brad Mehldau – Dear Prudence - Yves Jamait – Ah ! la Prudence - Louis Sclavis – Aboard Ulysses's boat.
La lecture est toujours une aventure que l'on imagine individuelle, un plaisir solitaire, mais Thibault Le Page affirme qu'elle peut être collective et partagée. Et dans un petit livre vert, il énumère les 17 manières, les 17 exercices pour lire ensemble. Dessinateur et anthropologue, il s'intéresse aux pratiques de la lecture avec ce livre : Lire ensemble. Dans son livre Lire ensemble, Thibault Le Page explore les formes contemporaines et anciennes de lecture collective. L'auteur y propose 17 manières de lire à plusieurs, remettant en question l'idée que la lecture serait uniquement un acte solitaire. Son livre s'inscrit dans un moment où l'on débat au sujet de la concentration, de la faculté à lire individuellement et de l'essor des intelligences artificielles capables de « synthétiser des masses de textes ». Pourtant, il observe parallèlement un regain de pratiques de lecture collective, plus visibles dans les milieux artistiques et de recherches. Lire ensemble, ici, je l'entends plutôt comme le fait de lire avec les autres, parfois pour les autres, grâce aux autres, en ayant besoin des autres. Notre invité définit la lecture collective comme le fait de lire avec, pour et grâce aux autres, en valorisant l'oralité et l'échange. Il rappelle que ces pratiques sont anciennes, comme les clubs de lecture apparus au milieu de XIXè siècle. L'arpentage, un geste manifeste Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'association Peuple et Culture va élaborer de nouveaux protocoles de lecture collective : les arpentages. L'arpentage est une pratique de lecture collective qui consiste à prendre un livre, à réunir un groupe de participants, puis à en découper physiquement le texte en autant de fragments qu'il y a de lecteurs. Chacun lit sa portion du texte, prend des notes, puis restitue oralement sa lecture au groupe en la synthétisant. « De cette manière-là, on acte le fait qu'on lit pour les autres, qu'on a aussi besoin des autres pour comprendre le texte », que la compréhension du livre dépend de la contribution de chacun. Il instaure une véritable attention à l'autre et fait émerger « une forme d'oralité et de polyphonie » autour de l'ouvrage. L'arpentage ouvre à la discussion, à l'interprétation et à la confrontation des points de vue. Thibault Le Page insiste : « Toute idée doit être confrontée à d'autres vies que la nôtre. » « Le livre est un objet politique, un objet à la fois conceptuel, intellectuel, mais aussi un objet qui est dans la société, qui est dans le monde, partout autour de nous, donc un objet politique. » « Mettre une disquette » Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « Mettre une disquette ». Programmation musicale : Michel Houellebecq – « Ils chevauchaient le vent ».
La lecture est toujours une aventure que l'on imagine individuelle, un plaisir solitaire, mais Thibault Le Page affirme qu'elle peut être collective et partagée. Et dans un petit livre vert, il énumère les 17 manières, les 17 exercices pour lire ensemble. Dessinateur et anthropologue, il s'intéresse aux pratiques de la lecture avec ce livre : Lire ensemble. Dans son livre Lire ensemble, Thibault Le Page explore les formes contemporaines et anciennes de lecture collective. L'auteur y propose 17 manières de lire à plusieurs, remettant en question l'idée que la lecture serait uniquement un acte solitaire. Son livre s'inscrit dans un moment où l'on débat au sujet de la concentration, de la faculté à lire individuellement et de l'essor des intelligences artificielles capables de « synthétiser des masses de textes ». Pourtant, il observe parallèlement un regain de pratiques de lecture collective, plus visibles dans les milieux artistiques et de recherches. Lire ensemble, ici, je l'entends plutôt comme le fait de lire avec les autres, parfois pour les autres, grâce aux autres, en ayant besoin des autres. Notre invité définit la lecture collective comme le fait de lire avec, pour et grâce aux autres, en valorisant l'oralité et l'échange. Il rappelle que ces pratiques sont anciennes, comme les clubs de lecture apparus au milieu de XIXè siècle. L'arpentage, un geste manifeste Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'association Peuple et Culture va élaborer de nouveaux protocoles de lecture collective : les arpentages. L'arpentage est une pratique de lecture collective qui consiste à prendre un livre, à réunir un groupe de participants, puis à en découper physiquement le texte en autant de fragments qu'il y a de lecteurs. Chacun lit sa portion du texte, prend des notes, puis restitue oralement sa lecture au groupe en la synthétisant. « De cette manière-là, on acte le fait qu'on lit pour les autres, qu'on a aussi besoin des autres pour comprendre le texte », que la compréhension du livre dépend de la contribution de chacun. Il instaure une véritable attention à l'autre et fait émerger « une forme d'oralité et de polyphonie » autour de l'ouvrage. L'arpentage ouvre à la discussion, à l'interprétation et à la confrontation des points de vue. Thibault Le Page insiste : « Toute idée doit être confrontée à d'autres vies que la nôtre. » « Le livre est un objet politique, un objet à la fois conceptuel, intellectuel, mais aussi un objet qui est dans la société, qui est dans le monde, partout autour de nous, donc un objet politique. » « Mettre une disquette » Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « Mettre une disquette ». Programmation musicale : Michel Houellebecq – « Ils chevauchaient le vent ».
Le gascon est une langue présente principalement parlée dans le sud-ouest de la France ! Bien que le nombre de locuteurs ait diminué, associations, écoles et créateurs de contenu œuvrent pour transmettre et maintenir cette langue, vivante. Faire entendre le gascon en 2026 ! Cette langue, dérivée de l'occitan qui se parle dans le sud de la France est une langue millénaire ! Une langue romane qui remonterait au Moyen-Âge... avant que le français soit imposé. Il y aurait environ 250.000 locuteurs du gascon aujourd'hui. Associations, écoles et créateurs de contenus se battent pour faire revivre cette langue « des troubadours ». Langue des réseaux sociaux Victor Chauvat « Un gascon en trimbalada » sur les réseaux sociaux a découvert cette langue tardivement, alors qu'il était jeune adulte. Il l'a apprise lui-même grâce à un livre puis en suivant des cours dans Calandreta (une école locale). Bien qu'il ne soit pas le seul à œuvrer pour la revitalisation de cette langue, ses publications humoristiques sur les réseaux sociaux ont rencontré un grand succès, atteignant plus d'un million de vues. Selon lui, « beaucoup de monde se pose des questions sur les langues locales. Sur les réseaux sociaux, il y a cet aspect humoristique et au tac au tac ». Une langue de tradition Pour Christian Maizeret, la sauvegarde de cette langue peut aussi passer par les fêtes gasconnes qui permettent de « renouer le lien entre les gens et les langues » mais aussi grâce à l'éducation nationale « Il y a actuellement environ 120 enfants en classes bilangues qui apprennent le gascon ». La musique participe aussi à la sauvegarde de cette langue. Le groupe Nadau célèbre depuis 1973 la langue et la culture gasconnes. Aujourd'hui, des rappeurs comme Kbek produisent également en gascon. Invités : Christian Maizeret, enseignant de gascon et président de l'association « l'Auseron » située à Budos qui œuvre pour la promotion de la langue gasconne. Cette association vient de publier un lexique du vocabulaire gascon de plus de 3 000 mots et recueillis par l'historien Jean Dartigolles et disparu en 2017. Victor Chauvat alias « un gascon en trimbalada » (« un gascon en vadrouille »), un conte humoristique qui prône la langue gasconne et qu'on peut retrouver sur les réseaux sociaux (Instagram, YouTube et TikTok). Avec également une interview de Vincent Claverie, traducteur du tome de Tintin en gascon « Las heìtas de Tintin — Las Jòias de la Castafiòra » (Les aventures de Tintin - Les Bijoux de la Castafiore), une traduction parue en décembre 2025 et qui s'est déjà vendue à plus de 1 000 exemplaires ! Propos recueillis par Cécile Lavolot. Et la chronique Ailleurs nous emmène à La Haye aux Pays-Bas pour parler de la 4è édition de « la Fabrique de la traduction littéraire » qui aura lieu le vendredi 13 mars avec, notamment, des débats autour de l'écriture inclusive. Marion Claudel, l'attachée culturelle de l'Institut Français des Pays-Bas. Programmation musicale : L'artiste Richard Bona avec le titre Kess Kiva Paa, une chanson en français et douala.
Le gascon est une langue présente principalement parlée dans le sud-ouest de la France ! Bien que le nombre de locuteurs ait diminué, associations, écoles et créateurs de contenu œuvrent pour transmettre et maintenir cette langue, vivante. Faire entendre le gascon en 2026 ! Cette langue, dérivée de l'occitan qui se parle dans le sud de la France est une langue millénaire ! Une langue romane qui remonterait au Moyen-Âge... avant que le français soit imposé. Il y aurait environ 250.000 locuteurs du gascon aujourd'hui. Associations, écoles et créateurs de contenus se battent pour faire revivre cette langue « des troubadours ». Langue des réseaux sociaux Victor Chauvat « Un gascon en trimbalada » sur les réseaux sociaux a découvert cette langue tardivement, alors qu'il était jeune adulte. Il l'a apprise lui-même grâce à un livre puis en suivant des cours dans Calandreta (une école locale). Bien qu'il ne soit pas le seul à œuvrer pour la revitalisation de cette langue, ses publications humoristiques sur les réseaux sociaux ont rencontré un grand succès, atteignant plus d'un million de vues. Selon lui, « beaucoup de monde se pose des questions sur les langues locales. Sur les réseaux sociaux, il y a cet aspect humoristique et au tac au tac ». Une langue de tradition Pour Christian Maizeret, la sauvegarde de cette langue peut aussi passer par les fêtes gasconnes qui permettent de « renouer le lien entre les gens et les langues » mais aussi grâce à l'éducation nationale « Il y a actuellement environ 120 enfants en classes bilangues qui apprennent le gascon ». La musique participe aussi à la sauvegarde de cette langue. Le groupe Nadau célèbre depuis 1973 la langue et la culture gasconnes. Aujourd'hui, des rappeurs comme Kbek produisent également en gascon. Invités : Christian Maizeret, enseignant de gascon et président de l'association « l'Auseron » située à Budos qui œuvre pour la promotion de la langue gasconne. Cette association vient de publier un lexique du vocabulaire gascon de plus de 3 000 mots et recueillis par l'historien Jean Dartigolles et disparu en 2017. Victor Chauvat alias « un gascon en trimbalada » (« un gascon en vadrouille »), un conte humoristique qui prône la langue gasconne et qu'on peut retrouver sur les réseaux sociaux (Instagram, YouTube et TikTok). Avec également une interview de Vincent Claverie, traducteur du tome de Tintin en gascon « Las heìtas de Tintin — Las Jòias de la Castafiòra » (Les aventures de Tintin - Les Bijoux de la Castafiore), une traduction parue en décembre 2025 et qui s'est déjà vendue à plus de 1 000 exemplaires ! Propos recueillis par Cécile Lavolot. Et la chronique Ailleurs nous emmène à La Haye aux Pays-Bas pour parler de la 4è édition de « la Fabrique de la traduction littéraire » qui aura lieu le vendredi 13 mars avec, notamment, des débats autour de l'écriture inclusive. Marion Claudel, l'attachée culturelle de l'Institut Français des Pays-Bas. Programmation musicale : L'artiste Richard Bona avec le titre Kess Kiva Paa, une chanson en français et douala.
Après « Chien 51 », adapté au cinéma, Laurent Gaudé publie la suite de son roman d'anticipation où, dans un futur proche, la planète en perdition est dirigée par des multinationales. Mais ici, dans ce deuxième volume qui porte le nom du narrateur « Zem », il y a peut-être une lueur d'espoir. Avec un narrateur qui revient sur sa terre natale la Grèce aux sources de l'humanité. (Rediffusion) Laurent Gaudé en sept dates. 1972 : naissance à Paris. 1997 : première pièce de théâtre : « Onysos le Furieux » est publié en tapuscrit (Théâtre Ouvert). 2001 : premier roman. « Cris » paraît aux éditions Actes Sud. 2002 : « La Mort du roi Tsongor » obtient le prix Goncourt des Lycéens. 2004 : « Le Soleil des Scorta » obtient le prix Goncourt. Ses deux derniers romans « Chien 51 » et « Zem » forment un diptyque policier dont l'action se déroule dans le futur. De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l'ancien flic déclassé de la zone 3 – le « chien » au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l'homme qui a promis d'abolir les différences de classe et de réunifier la ville. À l'approche du jour censé célébrer l'avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d'icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d'atroces souffrances. L'occasion pour Zem de retrouver l'inspectrice chargée de l'enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d'autres… Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l'effondrement. Mais il abrite aussi l'idée d'un ailleurs, d'un refuge face au désastre, nommé résistance. (Présentation des éditions Actes Sud) Site de l'auteur : Laurent Gaudé.
Aliment de base pour la moitié de la population mondiale, le riz est la céréale la plus consommée au monde. Près de 54 kg seraient engloutis en moyenne par an et par habitant, jusqu'à 130 kg en Chine. Le petit grain a donc tout d'un géant. Tout autour de la planète, on apprécie son goût, son petit prix, ses variétés multiples - basmati, thaï, arborio, noir, rouge... et la variété des recettes possibles. Cuit façon pilaf, congee, ou simplement à l'eau bouillante, le riz est l'accompagnement parfait. Encore faut-il bien le choisir et le préparer ! Entre les grains courts, moyens et longs, Lesquels utiliser selon la recette et le mode de cuisson ? Faut-il systématiquement le laver ? Conseils, décryptage et réflexions autour du riz avec nos invités. Avec : Anto COCAGNE, « Le Chef Anto », cheffe à domicile, autrice de Mon Afrique – Produits phares, savoir-faire, recettes (Mango éditions, 2024) et fondatrice de Baraka by le Chef Anto, table et épicerie fine qui met en valeur le meilleur des saveurs africaines, située à Paris Anil SHARMA, chef de cuisine indienne et coach de vie par l'alimentation Anne COPPIN, créatrice et cheffe de Naam, restaurant dédié à la gastronomie thaï à Lille et Paris, puis de FAAI, nouvelle adresse toujours consacrée à la cuisine thaï qui ouvre le 14 mars 2026 à Paris. Autrice d'un guide de voyage culinaire Food Trotter Thailande (Umai éditions, 2018) En fin d'émission, Tom Malki rencontre Mélanie Joy, psychologue sociale et activiste américaine, autrice du best-seller mondial Pourquoi les chiens sont nos amis, les cochons notre nourriture et les vaches nos vêtements ? qui vient d'être traduit en français aux éditions La Plage. Programmation musicale : ► Malvada - Bb Trickz ► Kon Sa - Rachelle Allison
Aliment de base pour la moitié de la population mondiale, le riz est la céréale la plus consommée au monde. Près de 54 kg seraient engloutis en moyenne par an et par habitant, jusqu'à 130 kg en Chine. Le petit grain a donc tout d'un géant. Tout autour de la planète, on apprécie son goût, son petit prix, ses variétés multiples - basmati, thaï, arborio, noir, rouge... et la variété des recettes possibles. Cuit façon pilaf, congee, ou simplement à l'eau bouillante, le riz est l'accompagnement parfait. Encore faut-il bien le choisir et le préparer ! Entre les grains courts, moyens et longs, Lesquels utiliser selon la recette et le mode de cuisson ? Faut-il systématiquement le laver ? Conseils, décryptage et réflexions autour du riz avec nos invités. Avec : Anto COCAGNE, « Le Chef Anto », cheffe à domicile, autrice de Mon Afrique – Produits phares, savoir-faire, recettes (Mango éditions, 2024) et fondatrice de Baraka by le Chef Anto, table et épicerie fine qui met en valeur le meilleur des saveurs africaines, située à Paris Anil SHARMA, chef de cuisine indienne et coach de vie par l'alimentation Anne COPPIN, créatrice et cheffe de Naam, restaurant dédié à la gastronomie thaï à Lille et Paris, puis de FAAI, nouvelle adresse toujours consacrée à la cuisine thaï qui ouvre le 14 mars 2026 à Paris. Autrice d'un guide de voyage culinaire Food Trotter Thailande (Umai éditions, 2018) En fin d'émission, Tom Malki rencontre Mélanie Joy, psychologue sociale et activiste américaine, autrice du best-seller mondial Pourquoi les chiens sont nos amis, les cochons notre nourriture et les vaches nos vêtements ? qui vient d'être traduit en français aux éditions La Plage. Programmation musicale : ► Malvada - Bb Trickz ► Kon Sa - Rachelle Allison
En ce jour, la programmation musicale réunira des tubes des années 2000 qui ont inspiré les artistes d'aujourd'hui, à l'image de l'artiste nigérian Timi Dre qui reprend la chanson culte Se Pa pou dat de l'artiste haïtien Alan Cave. Parmi les découvertes de la semaine, la chanteuse ivoirienne Emeraude va Gâter le coin comme Kaysha en 2003 accompagné de Teeyah, Anofela et Top One Frisson. (Rediffusion) Playlist du 23 février Jocelyne Labylle feat Magic System et Claudy Siar - Jusqu'au bout En 2002, les Antilles collaborent avec la Côte d'Ivoire par le biais de Jocelyne Labylle, Claudy Siar et Magic System. Cette année, la chanteuse guyanaise Valérie Tribord a collaboré avec la diva ivoirienne Monique Seka. Le clip de la chanson a été entièrement réalisé à l'aide l'intelligence artificielle. Valérie Tribord & Monique Seka - Gadé nou fas à fas Joe Dwèt Filè - Avec toi Kaysha feat Teeyah, Anofela et Top One Frisson - On dit quoi Emeraude - Gâter le coin Creol feat L'Oiseau Rare - Ayayé Melissa Yansané - Simba te Alan Cavé - Se pa pou dat Se pa pou dat est un tube du chanteur haïtien Alan Cave sorti en 2000. Inscrite au répertoire des chansons cultes du zouk, la chanson a été reprise à plusieurs reprises, notamment en 2002 par Dof' et plus récemment par Timi Dre. Timi Dre et Dariel Amant - Vamos Zaho feat Mc Solaar - Comme Caroline Mc Solaar est président du Jury du Prix Découvertes RFI 2026. Jusqu'au 11 mars 2026, vous pouvez voter pour votre candidat favori en cliquant ICI Oxmo Puccino feat Mc Solaar - Ne pas m'aimer Seysey feat Sensey - Nous Corneille - Avec classe (2002) Ya Levis - Maweja Pour avoir plus d'informations sur les artistes, cliquez sur les noms des artistes et pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons. Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.
En ce jour, la programmation musicale réunira des tubes des années 2000 qui ont inspiré les artistes d'aujourd'hui, à l'image de l'artiste nigérian Timi Dre qui reprend la chanson culte Se Pa pou dat de l'artiste haïtien Alan Cave. Parmi les découvertes de la semaine, la chanteuse ivoirienne Emeraude va Gâter le coin comme Kaysha en 2003 accompagné de Teeyah, Anofela et Top One Frisson. (Rediffusion) Playlist du 23 février Jocelyne Labylle feat Magic System et Claudy Siar - Jusqu'au bout En 2002, les Antilles collaborent avec la Côte d'Ivoire par le biais de Jocelyne Labylle, Claudy Siar et Magic System. Cette année, la chanteuse guyanaise Valérie Tribord a collaboré avec la diva ivoirienne Monique Seka. Le clip de la chanson a été entièrement réalisé à l'aide l'intelligence artificielle. Valérie Tribord & Monique Seka - Gadé nou fas à fas Joe Dwèt Filè - Avec toi Kaysha feat Teeyah, Anofela et Top One Frisson - On dit quoi Emeraude - Gâter le coin Creol feat L'Oiseau Rare - Ayayé Melissa Yansané - Simba te Alan Cavé - Se pa pou dat Se pa pou dat est un tube du chanteur haïtien Alan Cave sorti en 2000. Inscrite au répertoire des chansons cultes du zouk, la chanson a été reprise à plusieurs reprises, notamment en 2002 par Dof' et plus récemment par Timi Dre. Timi Dre et Dariel Amant - Vamos Zaho feat Mc Solaar - Comme Caroline Mc Solaar est président du Jury du Prix Découvertes RFI 2026. Jusqu'au 11 mars 2026, vous pouvez voter pour votre candidat favori en cliquant ICI Oxmo Puccino feat Mc Solaar - Ne pas m'aimer Seysey feat Sensey - Nous Corneille - Avec classe (2002) Ya Levis - Maweja Pour avoir plus d'informations sur les artistes, cliquez sur les noms des artistes et pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons. Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.
À Pékin, un artisanat vieux de plus de deux siècles est aujourd'hui classé patrimoine culturel immatériel. Les lanternes de palais, autrefois réservées aux cours impériales, sont toujours fabriquées à la main, mais par une poignée d'artisans vieillissants. Les lanternes de la place Tiananmen viennent d'un petit atelier situé en plein cœur de la capitale. Entre transmission fragile et attachement populaire, reportage sur une tradition qui tente de survivre. De notre envoyée spéciale à Pékin, À Pékin, certaines lumières viennent de très loin dans le temps. Elles éclairaient autrefois les palais impériaux. Aujourd'hui, elles pendent encore dans quelques maisons et dans un atelier, où presque plus personne ne sait les fabriquer. Tang, thé au jasmin entre ses mains burinées, nous reçoit dans la pièce maîtresse de l'atelier. Il nous montre une lanterne. « L'hexagone au milieu, c'est le modèle traditionnel de lanterne de palais. Elle est entièrement sculptée dans du bois de rose massif et elle représente deux dragons jouant avec une perle. Dans le passé, dans les anciennes cours impériales, toutes les lanternes suspendues étaient de ce type. Elles symbolisaient le luxe, la richesse », décrit le vieil homme. Pendant des siècles, ces lanternes indiquaient le statut social d'une personne. Ici, chaque pièce est sculptée et assemblée à la main, un travail long et minutieux. « C'est un métier délicat qui demande beaucoup de savoir-faire. Nous avons été officiellement désignés comme patrimoine culturel immatériel. Ce que nous fabriquons appartient à ces anciennes traditions, et nous ne pouvons pas les laisser disparaître. Tous ces anciens métiers artisanaux de Pékin, pour être honnête, ont pratiquement disparu. Quand on en arrive là, c'est la fin », se désole notre hôte. Un savoir-faire protégé Aujourd'hui, ce savoir-faire est officiellement protégé. Mais dans l'atelier, ce sont aussi les artisans qui disparaissent, comme nous l'explique l'un des derniers d'entre eux, Liu, âgé de 78 ans : « Il n'y a pas d'employés officiels dans cet atelier. Tout le monde est à la retraite. Même les plus jeunes ont déjà plus de soixante ans et ils continuent à venir ici pour travailler. L'industrie artisanale reste un secteur assez difficile. Les jeunes n'aiment pas faire ce genre de travail. » C'est un métier exigeant et difficile à transmettre. Et pourtant, les lanternes continuent d'être achetées. Pour la fête des lanternes, cette acheteuse choisit le bois. « C'est pour le Nouvel An. Pour ma maison, je veux quelque chose de meilleure qualité qui puisse être accroché plus longtemps. Même si les décorations en plastique sont jolies, elles ne dureront pas », nous dit-elle. Liu souligne qu'à présent, dans les appartements modernes, ces lanternes n'éclairent plus des empereurs, mais des repas de famille : « Beaucoup de gens qui achètent des lanternes aujourd'hui cherchent ce sentiment de nostalgie, ce lien émotionnel. C'est ce qui compte. ». Les lanternes de palais ont traversé les dynasties, les révolutions, les transformations de la ville. Aujourd'hui, leur avenir dépend de deux choses : des mains qui savent encore les fabriquer et des maisons qui choisissent encore de les accrocher.
Ce 1ᵉʳ janvier se tient le traditionnel concert du Nouvel An de l'Orchestre philharmonique de Vienne, dirigé cette année par Yannick Nézet-Séguin. Suivi par des millions de téléspectateurs à travers le monde, c'est le plus grand événement de musique classique. Pour la première fois, deux compositrices sont au programme. Réputés conservateurs, l'Orchestre philharmonique de Vienne et le concert du Nouvel An veulent aujourd'hui davantage s'ouvrir aux femmes, compositrices et musiciennes. C'est lors de la dernière édition du concert du Nouvel An que, pour la première fois, une compositrice a été jouée. Cette année, le programme va plus loin en incluant deux œuvres de deux compositrices. La Rainbow Waltz de l'Afro-Américaine Florence Price et le Sirenen Lieder de l'Autrichienne Josephine Weinlich, qu'on entend ici jouée par quatre musiciens de l'Orchestre philharmonique de Vienne : Lara Kusztrich, Raimund Lissy, Robert Bauerstatter et Raphael Flieder. Cela montre une volonté d'ouverture, selon le directeur de l'Orchestre philharmonique de Vienne Daniel Froschauer. « Nous voulons montrer cette diversité. Il y a beaucoup d'excellentes cheffes d'orchestre et compositrices. Et il n'y a aucune raison de ne pas ajouter au concert du Nouvel An toutes ces couleurs qui sont intéressantes, et qui méritent d'y figurer. Il est réjouissant de pouvoir présenter encore davantage de compositrices. Cela va continuer à se développer », affirme-t-il. Une évolution que salue l'historien Oliver Rathkolb, mais en soulignant qu'elle arrive tard. Selon lui, en Autriche, ce ne sont pas uniquement les orchestres, mais tout un système qui a conduit à l'exclusion des femmes musiciennes et compositrices. « Il a fallu beaucoup de temps avant que la musicologie, y compris dans le milieu universitaire, ne s'intéresse à ce sujet, et on constate que très peu de compositions ont été conservées. Aujourd'hui, on est à la recherche d'archives. On voit qu'il y a donc plusieurs aspects à cette question de l'exclusion des femmes du monde de la musique, qui concerne le domaine de la composition, mais aussi celui de l'appartenance à un orchestre. Mais c'est en train d'évoluer », explique-t-il. À lire aussiEn Autriche, des concerts thérapeutiques pour les personnes atteintes de démence Lara Kusztrich, jeune violoniste de 31 ans, est l'une des 24 femmes des 148 membres de l'Orchestre philharmonique de Vienne et jouera lors du concert du Nouvel An. Si les femmes sont encore peu nombreuses au sein de l'orchestre, cela est en train de changer selon la musicienne. « J'ai des collègues qui ont été les toutes premières femmes à rejoindre l'orchestre. C'est dû au fait que cette ouverture a eu lieu relativement tard. Et aussi au fait qu'un poste se libère uniquement lorsque quelqu'un prend sa retraite ou quitte l'orchestre. Il ne peut donc pas y avoir beaucoup de nouvelles recrues en peu de temps. Mais ma génération a passé des auditions à une époque où cela n'était plus un sujet. On constate lors des auditions qu'il y a aujourd'hui un équilibre entre hommes et femmes. Je dirais que c'est environ 50-50 pour les nouveaux postes à pourvoir », estime-t-elle. Le concert du Nouvel An n'a encore jamais été dirigé par une femme-cheffe. À lire aussiChristian Merlin et la légende du Philharmonique de Vienne
Artiste autodidacte franco-malgache, Jyeuhair écrit, chante et rappe. Plébiscité par le public qui le découvre en 2024 dans Nouvelle École sur Netflix, il est en préparation d'un projet plus ancré dans ses racines avec des sonorités traditionnelles. Le premier single Ah bon, sorti le 10 octobre 2025, a des influences kompa. Il sera sur la scène de l'Olympia, à Paris, le 19 mars 2026. Accompagné de son invité, il répond aux questions de Claudy Siar, Yasmine Bakayoko et Queen Stelyna. Dans la séquence Génération consciente, Astrid, la créatrice de la marque L'agenda africain, un agenda qui a pour objectif de promouvoir la culture africaine. [Rediffusion du 28 octobre 2025] Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons : Jyeuhair - Ah bon Jyeuhair - Jeune malagasy Jyeuhair - Quoipourquoi Jyeuhair - Neutre Jyeuhair - Vite Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.
Les corridos sont des ballades chantées au Mexique. Fruits de la musique régionale mexicaine. Mais il en existe de toutes sortes : les classiques, originaires du Nord, et les belliqueux, va-t-en guerre, ou «tumbado» qu'on appelle parfois «narco». Leurs paroles racontent des histoires entre fiction et réalité. Dans le contexte de la violence qui sévit au Mexique, celles qui font des allusions au crime organisé dérangent. (Rediffusion) Elles sont accusées de romantiser la violence, la drogue et le narcotrafic, ces chansons sont au cœur d'une controverse. Des autorités gouvernementales tentent de les interdire, alors que ce genre typiquement mexicain a de plus en plus de succès auprès du public. «Les corridos, ces chansons prohibées que le Mexique adore», un Grand reportage de Gwendolina Duval.
L'artiste malienne Rokia Traoré publie aux éditions J.-C. Lattès Je suis née libre. Disponible depuis le 29 octobre 2025, le livre interroge sur les rapports entre l'Europe et l'Afrique et sur les droits des femmes entre autres. Et la journaliste, mais aussi chanteuse Fanny Marsot présente Pani zétwal, chanson disponible depuis le 17 octobre et en collaboration avec le pianiste de jazz Jimmy Felvia. (Rediffusion) Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons : Rokia Traoré - Tuit tuit Rokia Traoré - Nè so Fanny Marsot x Jimmy Felvia - Pa ni zetwal Rokia Traoré - Tu voles Rokia Traoré - Obikè Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.
C'est devenu l'un des plus grands rendez-vous musicaux d'Afrique de l'Est... Le festival Nyege Nyege. Au bord du Nil en Ouganda, il vient de fêter fin novembre 2025 ses dix ans d'existence, une grande fête de la musique électronique et alternative au sens large du terme. Objectif : célébrer et promouvoir les scènes dites «underground», expérimentales du continent africain. Là où liberté de création fait loi. Dix ans de tous les sons et déjà une référence mondiale. Avec de grands DJs comme Skrillex… Et cela sans perdre de vue les valeurs d'origine. «En Ouganda, le Nyege Nyege, le festival électro incontournable du continent africain», un Grand reportage de Lucie Mouillaud.