Géopolitique, le débat

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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en lumière les différents mécanismes qui régissent les rapports entre les sociétés et leur environnement. Les invités de Géopolitique confrontent leurs regards sur un sujet d’actualité internationale. Une émission présentée par Marie-France Chatin. Réalisation et technique : Nathalie Laporte. Avec la collaboration de Cécile Lavolot. 

RFI


    • Jun 14, 2026 LATEST EPISODE
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    Le G7 sert-il encore à quelque chose?

    Play Episode Listen Later Jun 14, 2026 48:29


    Les chefs d'État du G7 se réuniront du 15 au 17 juin à Evian, en Haute-Savoie. Créé en 1975, ce club des pays riches qui compte aussi l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, a vu son poids décliner. Il ne représente plus que 30% du PIB mondial contre 68% en 1992. Malgré ce déclin, aucun des pays émergents comme le Brésil, l'Inde ou l'Afrique du Sud ou anciennement émergents, cas de la Chine, n'y a été admis. Ces derniers ont donc créé des Forums concurrents : Coopération économique Asie Pacifique qui regroupe une vingtaine d'États ou les BRICS composés des principales économies émergentes. Inde, Kenya, Brésil, Corée du Sud et quelques autres ont été invités comme observateurs. Il faut dire qu'il va beaucoup être question d'économie durant ces deux jours. Donald Trump va concentrer toutes les interrogations sur le registre du « que fait-on maintenant avec Ormuz » ? L'idée du sommet est de plancher sur les grands déséquilibres mondiaux. Les déficits commerciaux avec la Chine ne cessent de s'envoler, le déficit courant américain continue de se creuser. Et entre les deux, l'Europe qui n'investit pas suffisamment. Maintenir l'unité du G7 est un combat de tous les jours. La survie de ce club est-elle menacée ?   Invités : Bertrand Badie, professeur émérite des Universités à Sciences Po. Auteur d'une trentaine d'ouvrages Par delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale, Odile Jacob, est le dernier.  Pierre Grosser, spécialiste des Relations internationales au Centre d'Histoire de Sciences Po. Auteur de plusieurs ouvrages, Pierre Grosser a aussi dirigé une Histoire mondiale des relations internationales parue aux éditions Bouquins.

    La stratégie comme art de l'anticipation

    Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 48:28


    Le général Vincent Desportes est notre invité, figure majeure de la pensée stratégique française, auteur de l'ouvrage Stratégie. Les essentiels. La pensée et l'action, aux éditions Odile Jacob— un livre qui, à l'heure où les équilibres mondiaux vacillent, nous rappelle que la stratégie n'est pas seulement l'art de la guerre, mais aussi celui de la paix, de la dissuasion, et de la vision à long terme. Vincent Desportes, professeur à Sciences Po et HEC. Docteur en histoire et expert en géopolitique. Ancien directeur de l'école de guerre, spécialiste des Affaires militaires.

    La guerre des systèmes ou l'ère de l'interdépendance fragile

    Play Episode Listen Later Jun 7, 2026 48:28


    Dans notre monde, tout est désormais lié. Un peu comme un échiquier où chaque pièce, au lieu d'être indépendante, serait liée à des dizaines d'autres par des fils invisibles. Déplacer un pion en Ukraine ferait trembler les marchés en Asie, perturberait les chaînes d'approvisionnement en Europe, et déclencherait des cyberattaques en Amérique. La sécurité ne peut désormais plus être pensée en silos. La guerre des systèmes nous force à repenser notre rapport au risque, à l'interdépendance et à l'innovation. Les conflits ne s'inscrivent plus dans des frontières claires, mais dans des réseaux complexes où tout est interconnecté : l'énergie, l'économie, la technologie et même le climat. Ainsi la guerre en Ukraine n'est pas seulement un conflit militaire. Elle est aussi une guerre énergétique, une guerre économique, une guerre informationnelle et une guerre écologique avec l'impact des bombes sur les sols et le risque nucléaire. Sommes-nous condamnés à une propagation des crises, voire à une polycrise ? Sommes-nous préparés ou, au contraire, totalement dépassés pour avoir trop tardé à accepter de voir nos fragilités ? Invités : Julia Tasse, directrice de recherche à l'Iris, directrice du dernier numéro de la Revue Internationale et Stratégique, intitulée « Guerre des systèmes. Un abécédaire de la résilience » Yann Briand, capitaine de vaisseau et sous-directeur Affaires Internationales, à la Direction des Affaires Internationales, Stratégiques et Technologiques au Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDN) Emmanuel Hache, adjoint scientifique à la Direction Économie et Veille à IFP Énergies nouvelles, directeur de recherche à l'IRIS, chercheur associé à Economix-CNRS Université Paris Nanterre.  Émission en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique. 

    Le TNP à l'épreuve de la fragmentation mondiale

    Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 48:29


    La 11è Conférence d'examen du Traité sur la Non-Prolifération s'est achevée, il y a quelques jours, à New York sans accord final, pour la troisième fois consécutive, après 2015 et 2022. Ce traité vieux de 50 ans n'a pourtant jamais été aussi crucial : guerre d'Ukraine, tensions avec l'Iran, course aux armements en Asie, et même les menaces de retrait de certains États -comme l'Iran qui s'interroge publiquement sur son adhésion-  remettent en cause l'équilibre nucléaire mondial. À New York, les discussions sur le traité de non prolifération ont non seulement pas abouti, mais elles se sont aussi déroulées dans un contexte accusatoire et conflictuel. Tout se dérègle et la menace nucléaire est revenue à la Une de l'actualité mondiale. La Russie ne cesse d'agiter le chiffon rouge du nucléaire, notamment lorsqu'elle est en difficulté sur le front. L'Iran a franchi toutes les lignes rouges et la Corée du Nord fait d'incroyables progrès balistiques et nucléaires s'appuyant sur son nouvel allié russe. Le désarmement est en péril. La menace nucléaire grandit aussi vite que le désir de protection nucléaire augmente. Jamais autant de pays ne s'étaient intéressés à cette arme de dissuasion massive. Le TNP est-il encore un rempart ou s'est-il transformé en château de cartes, prêt à s'effondrer ?     Invités : Emmanuelle Galichet, enseignante chercheur en Sciences et Technologies Nucléaires au CNAM Jean-Marie Collin, directeur pour la France de la Campagne Internationale pour abolir les Armes Nucléaires, ICAN France. Campagne ICAN qui a reçu le Prix nobel de la paix en 2017.

    La Caraïbe face au nouveau contexte géopolitique international

    Play Episode Listen Later May 31, 2026 48:29


    Une région de 7.000 îles et 40 millions d'habitants. Un carrefour géopolitique en ébullition qui se retrouve en première ligne de l'urgence climatique mondiale. La lutte contre les effets du dérèglement climatique est devenue la première préoccupation pour la plupart des gouvernements caribéens, ce qui modifie en profondeur leurs priorités diplomatiques. On parle pour la région d'une géopolitique de la survie. La priorité climatique n'est pas celle de Donald Trump davantage préoccupé par la place qu'occupe la Chine aujourd'hui dans la région, le trafic de drogue, le commerce maritime, le pétrole, les questions migratoires. On n'entend plus parler de ses intentions sur le Canal de Panama, mais le président a fait usage de sa force au début de l'année (2026) en menant une opération militaire sans précédent au Venezuela, bombardant Caracas et capturant Nicolas Maduro. Alors que Washington intensifie sa présence militaire dans les eaux caribéennes, la pression sur les alliés régionaux de Nicolas Maduro s'accroît. Cuba subit un blocus énergétique total depuis le début de l'année : les livraisons de pétrole vénézuélien ont cessé, les États-Unis bloquent les tankers à destination de l'île et les sanctions s'intensifient. Raul Castro a été inculpé le 20 mai 2026 pour le meurtre d'Américains en 1996. Une décision judiciaire vue comme une excuse pour que Washington puisse intervenir sur l'île, enlever et incarcérer l'ancien guérillero afin de précipiter un changement de régime. Malgré la chute de Nicolas Maduro, Pékin reste un acteur-clé dans la région. Quant à la Communauté caribéenne et à l'Association des États de la Caraïbe, elles ont bien du mal à unifier leurs positions face aux crises. Entre dépendance énergétique, pression géopolitique et quête de souveraineté, regard sur les défis de la Caraïbe dans l'écriture de son propre destin. Nos invités : Laura Faxas, sociologue, ancienne ambassadeur de la République Dominicaine en France, en Suède et en Autriche ainsi qu'auprès de l'UNESCO. Coordinatrice en France du Think Tank dominicain FUNGLODE Jacqueline Laguardia Martinez, économiste. Professeure titulaire à l'Institut des relations internationales de l'Université des Indes Occidentales. Spécialiste des relations internationales de la Caraïbe, de l'intégration régionale des petits États insulaires en développement et des liens Cuba/CARICOM Sebastian Nieto Parra, chef de la Division des dynamiques du développement régional -Afrique, Asie et Amérique Latine et Caraibe- au Centre de développement de l'OCDE. Coordinateur de « Caribbean Development Dynamics 2026». Émission en partenariat avec la Maison de l'Amérique Latine à Paris et son Forum 2026 « L'Amérique Latine toujours », dans le cadre de la 13è édition des Semaines de l'Amérique Latine et des Caraïbes. Et la collaboration de Christophe Ventura.     À lire aussiVenezuela: les représentants américains à Caracas pour signer un accord sur le pétrole À lire aussiVenezuela: Alex Saab, un proche de Maduro, expulsé vers les États-Unis

    Le Caucase au cœur des tensions mondiales

    Play Episode Listen Later May 24, 2026 48:29


    Barrière montagneuse qui s'étend sur près de 1 200 kms entre mer Noire et mer Caspienne, le Caucase est considéré comme la frontière sud de l'Europe avec l'Asie, mais c'est aussi une aire de contacts autant que de frictions entre Empires ottoman, perse et russe. Intégré à l'URSS à partir de 1921, il est composé de deux ensembles : le Grand Caucase au nord et le Petit Caucase au sud, traversé par les frontières de la Géorgie, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan.   Trois États devenus indépendants avec l'effondrement de l'URSS en 1991 et qui forment la Transcaucasie, tandis qu'au nord, la Ciscaucasie appartient à la Fédération de Russie. Si le Caucase du Nord semble aujourd'hui pacifié au prix de dizaines de milliers de morts depuis la dernière guerre de Tchétchénie, le Caucase du Sud demeure une zone instable sur les plans politique et géopolitique que Moscou, mobilisé actuellement sur le front ukrainien, considère encore comme stratégique. Zone instable... C'est ce que nous allons voir dans cette édition en partenariat avec la revue « QUESTIONS INTERNATIONALES » consacrée à la Géopolitique du Caucase. Parmi les points d'attention, l'élection parlementaire du 7 juin prochain en Arménie qui a lancé un processus d'adhésion à l'Union européenne, tandis que la Géorgie s'aligne sur le modèle russe. Et que les États-Unis veillent au grain. JD Vance était en Arménie en février 2026 et c'est à Washington qu'a été signé en août 2025 un accord entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie à l'issue de la dernière guerre du Haut-Karabagh. Entre guerres gelées, alliances changeantes et rêves européens, le Caucase du Sud est aujourd'hui plus que jamais au cœur des tensions mondiales.   Invités : Sylvia Serrano, politiste, professeure à Sorbonne Université et chercheure à l'antenne de Tbilissi (Géorgie) de l'Institut Français de Recherche sur l'Europe orientale, le Caucase et l'Asie du Nord (IRECA) Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions Internationales, professeure de Relations internationales au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Thorniké Gordadzé, enseignant à Sciences Po et chargé de programme pour le voisinage oriental et la mer Noire à l'Institut Jacques Delors. 

    Sahel 2026 : entre crises, alliances et bataille des récits

    Play Episode Listen Later May 23, 2026 48:28


    Au début du mois de mai 2026, un sommet intitulé « Africa forward » (« en avant l'AFRIQUE »), organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya, réunissait 35 chefs d'État et de gouvernement de tout le continent ainsi que des représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains. Il y fut surtout question d'investissements et d'affaires. La France, contestée voire expulsée de certaines de ses anciennes possessions et affaiblie politiquement, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones. Un mouvement de redéploiement économique a déjà été entamé par de nombreux autres pays : la Chine, la Turquie, l'Inde, les pays du Golfe, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. L'annonce en novembre 2022 de la fin de l'opération française Barkhane au Sahel a été largement interprétée comme la clôture d'un cycle stratégique ouvert au début des années 2000, marqué par la centralité des opérations extérieures de contre-terrorisme, de stabilisation et de gestion des crises. Barkhane fut le successeur de Serval, avec une empreinte régionale étendue. Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie. Le Sahel qui, au fil des années, a cessé d'être seulement un théâtre de lutte contre le terrorisme pour devenir un terrain de rivalités entre puissances, où Russie, Turquie et Émirats Arabes Unis sont particulièrement actifs. La guerre de l'information est généralement mise en avant comme le maillon faible de l'opération Barkane au cours de laquelle la France s'est vue imposer des récits adverses donnant l'image d'un pays intrusif et inefficace, questionnant sa légitimité. Et aujourd'hui, la tentation est grande dans le débat public français de réduire Barkhane à un échec à oublier.  Pour cette cinquième émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, nos invités : Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse en Science politique à l'IRD, Institut de Recherche pour le Développement, et membre du laboratoire PRODIG Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l'Institut de Recherche pour le développement. Co-directeur de la collection Afrique(s) aux éditions FMSH, Fondation Maison des Sciences de l'Homme.

    La course contre la montre de Vladimir Poutine

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 48:29


    Depuis quatre ans, la guerre en Ukraine s'étire, s'enlise et s'internationalise. Vladimir Poutine, qui a longtemps affiché une assurance de fer, semble aujourd'hui engagé dans une course contre la montre. Les dernières semaines ont révélé une Russie fragilisée : un cessez-le-feu en Ukraine immédiatement violé, des célébrations du 9 mai 2026 réduites à leur plus simple expression, des signes de contestation interne inédits, et une économie asphyxiée par les sanctions, mais temporairement sauvée par la flambée des prix du pétrole due à la guerre en Iran. Pourtant, Moscou ne lâche rien. Elle joue sur tous les tableaux : soutien indirect à Téhéran, pivot vers la Chine, et tentative de maintenir son emprise sur l'Extrême-Orient, cette région stratégique où la présence chinoise grandit chaque jour. La Russie est-elle en train de perdre la guerre en Ukraine ? Le pivot vers l'Asie est-il une planche de salut ou un piège ? Et que nous disent les tensions internes et la situation économique sur l'avenir du régime Poutine ? Invitées : Francoise Thom, historienne, enseignante émérite à la Sorbonne. Son dernier ouvrage La guerre totale de Vladimir Poutine, éditions À l'Est de Brest-Litovsk Galia Ackermann, historienne et journaliste, rédactrice en chef du média en ligne Desk Russie. Son dernier ouvrage Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes, aux éditions Premier Parallèle 

    Du Golfe à Kaboul, la guerre qui déborde

    Play Episode Listen Later May 16, 2026 48:29


    Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est entré dans une phase de recomposition stratégique majeure. L'offensive israélo-américaine contre l'Iran a profondément bouleversé les équilibres régionaux : tensions dans le Golfe, fermeture du détroit d'Ormuz, frappes croisées, fragilité des cessez-le-feu et retour d'une logique de confrontation directe entre puissances régionales. Derrière cette guerre très médiatisée, une autre crise, moins visible en Europe, s'aggrave rapidement : celle qui oppose le Pakistan et l'Afghanistan taliban. La situation serait proche d'une « open war », une guerre ouverte, entre Islamabad et Kaboul. Les affrontements frontaliers se multiplient, les frappes aériennes aussi, tandis que le Pakistan accuse les talibans afghans d'abriter les combattants du Tehrik-e-Taliban Pakistan, le TTP, responsable d'attentats meurtriers sur le territoire pakistanais. Au même moment, paradoxe apparent, Islamabad tente de se présenter comme médiateur entre Washington et Téhéran. Soutenu discrètement par l'Arabie saoudite, proche des États-Unis mais obligé de ménager l'Iran voisin, le Pakistan cherche à transformer une extrême vulnérabilité intérieure en opportunité diplomatique, sous l'œil observateur de New Delhi qui, de son côté, développe des liens croissants avec Kaboul, dans une logique d'encerclement régional de son rival historique. Derrière les crises du Moyen-Orient se dessine une nouvelle bataille d'influence sud-asiatique, entre Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran, Chine et monarchies du Golfe. Assiste-t-on à une régionalisation du conflit moyen-oriental jusqu'aux portes de l'Asie du Sud ? Le risque d'un embrasement régional généralisé est-il aujourd'hui sous-estimé ? Invités : Olivier Weber, écrivain et grand reporter. Des Anges et des ogres qui vient de paraître chez Calmann-Lévy Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre

    La diplomatie est-elle morte?

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 48:29


    « La voie de la négociation est plus utile et plus douce que celle des armes. » Voilà ce que disait l'un des négociateurs de Louis XIV. Mais l'actualité récente, qu'elle nous emmène en Iran, au Venezuela ou en Ukraine, nous pousse à nous demander si la diplomatie est morte. Ou bien si elle prend d'autres formes… Soumises aux réseaux sociaux, tributaires de plus en plus d'intérêts privés, et semblant balayées d'un revers de main par un président américain qui cultive l'unilatéralisme comme une force. Question que l'on posera à nos invités : Guillaume Devin, professeur émérite des universités à Sciences Po, membre associé du CERI, auteur de Notre système international. Une approche politique des relations internationales, éditions Le Cavalier Bleu.  Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, au Congo-Brazzaville et au Sénégal. Auteur du Grand livre de l'Afrique : Chaos ou émergence au sud du Sahara ? (Eyrolles). Marc Pierini, ancien ambassadeur de l'Union européenne et chercheur à Carnegie Europe, auteur de Deux générations en guerre – Mémoires familiales pour comprendre le retour de la guerre en Europe, autoédité.

    L'Eurovision encore et toujours instrument de soft power?

    Play Episode Listen Later May 3, 2026 48:29


    C'est un événement musical que certains considèrent avec condescendance, voire mépris, comme le summum du kitsch et du clinquant. Et pourtant, le 16 mai 2026, Vienne, la capitale autrichienne, accueillera la 70e édition de l'Eurovision. Un concours de chansons fédérateur créé en 1956 par l'Union européenne de radio-télévision, retransmis en direct par une trentaine de pays dans le monde et suivi par quelque 160 millions de téléspectateurs. Mais l'Eurovision n'est pas qu'un simple divertissement, il est aussi devenu au fil des ans un enjeu géopolitique et un laboratoire des tensions contemporaines. Pourquoi l'Eurovision reste-t-il un instrument de soft power pour beaucoup d'États qui y participent ? Pourquoi un spectacle qui se voulait fédérateur est-il aujourd'hui le théâtre de rivalités identitaires ou linguistiques, d'exclusions ou de maintiens diplomatiques ? Que reste-t-il de la vocation initiale du concours : l'aspiration à la paix européenne ? L'Eurovision n'est-il aujourd'hui qu'une vitrine de la pop culture mondialisée ou demeure-t-il un espace de partage qui peut encore tirer son épingle du jeu face à la concurrence des plateformes globales ? Pourquoi les chercheurs en font-ils un objet d'étude ? On en débat avec nos invités :  Florent Parmentier, docteur en géopolitique, spécialiste des dynamiques européennes et enseignant à Sciences Po Cyrille Bret, docteur en philosophie, chercheur associé à l'Institut Jacques Delors, enseignant à Sciences Po. Tous deux ont publié Géopolitique de l'Eurovision, la bande-son de la construction européenne, aux éditions Bréal.

    Mali: la junte pourra-t-elle se maintenir au pouvoir?

    Play Episode Listen Later May 2, 2026 48:29


    Il y a une semaine au Mali, une série d'attaques simultanées contre des positions stratégiques de l'armée dans plusieurs villes, y compris la capitale Bamako, a fait vaciller la junte au pouvoir. Le numéro 2 du régime, le ministre de la Défense Sadio Camara, a été tué à Kati tandis que la ville symbole de Kidal, dans le nord, tombait aux mains des rebelles. Un camouflet pour la junte et pour les paramilitaires russes contraints de battre en retraite. Des attaques menées conjointement par le Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda) et par le FLA, le Front de libération de l'Azawad, cette vaste zone du nord du Mali dont les séparatistes touaregs réclament l'indépendance depuis des décennies. Mardi 28 février 2026, après trois jours de silence, le chef de la junte, Assimi Goïta, a appelé à un sursaut national et déclaré la situation sous contrôle mais les rebelles continuent de progresser : ils se sont emparés hier du camp militaire stratégique de Tessalit dans le nord. Que cherchent le Jnim et le FLA ? Ont-ils les mêmes objectifs ou sont-ils des alliés de circonstance ? La junte, qui ne contrôle qu'à peine 30% du territoire, pourra-t-elle se maintenir au pouvoir après avoir échoué, avec ses partenaires russes, à restaurer la paix et l'autorité de l'État dans tout le pays ? En cas d'effondrement du régime militaire, faut-il craindre un effet domino au Sahel ? Quel rôle joue l'Algérie en coulisses ? Avec : Bakary Samb, directeur du Timbuktu Institute et fondateur de l'Observatoire des radicalismes et conflits religieux Francis Kpatindé, ancien journaliste, spécialiste de l'Afrique, enseignant à Sciences Po Oumar Berté, politologue, avocat associé au barreau de Paris et chercheur associé au Centre d'études juridiques de l'Université de Rouen-Normandie.   

    Guerre au Moyen-Orient: la Chine en sort-elle gagnante?

    Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 48:22


    Le 4 avril 2025, la Une du magazine britannique The Economist a été très remarquée . On y voyait en gros plan un Donald Trump vociférant sous l'œil d'un Xi Jinping au sourire impénétrable pour illustrer cette petite phrase : « N'arrêtez jamais votre ennemi quand il est en train de commettre une erreur... » Depuis le début de la guerre lancée contre l'Iran par Israël et les États-Unis, le 28 février 2026, la Chine observe avec beaucoup de retenue les tensions autour du détroit d'Ormuz, et le piège dans lequel Donald Trump s'est enferré. À l'inverse d'un président américain qui change d'avis en permanence, insulte ses alliés, promet d'anéantir la civilisation iranienne, et déclenche une crise énergétique qui affecte toute la planète, le président chinois renforce son image de dirigeant responsable,  réaffirme ses liens avec l'Iran sans lui apporter officiellement d'aide militaire directe, dénonce un monde régi par la loi de la jungle et reçoit avec les honneurs à Pékin aussi bien le Premier ministre espagnol Pédro Sanchez, virulent critique de Donald Trump, que le prince héritier d'Abou Dhabi, alors que les Émirats arabes unis essuient des attaques iraniennes après chaque frappe américaine… Alors quels bénéfices économiques, stratégiques et politiques, la Chine espère-t-elle tirer de la situation chaotique dans le golfe ? Peut-on dire que la Chine sort gagnante de cette guerre menée contre l'Iran ?   Avec  - Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé au centre de géopolitique de HEC - Didier Chaudet, géopolitologue spécialiste de l'Iran, de l'Afghanistan, du Pakistan et de la politique chinoise au Moyen-Orient et en Asie du Sud, co-fondateur de l'Observatoire de la Nouvelle Eurasie. À écouter aussiChine: la patience selon Xi Jinping

    Les drones ont-ils révolutionné la guerre?

    Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 48:29


    Ils sont devenus depuis 2022 l'emblème de la guerre en Ukraine en permettant à Kiev de contrer la supériorité de l'armée russe. Faciles à produire, d'un rapport coût/efficacité imbattable, ils occupent désormais une place de choix dans l'arsenal militaire de bon nombre de pays, de l'Europe au Moyen-Orient, de l'Afrique à l'Asie... Ils sont également très prisés d'acteurs non étatiques, notamment des groupes jihadistes au Sahel. Drones de surveillance ou de reconnaissance, drones navals, drones tueurs ou kamikazes, leurs noms sont presque devenus familiers tant ils sont cités dans les reportages de guerre : du drone iranien Shahed au turc Bayraktar, en passant par l'américain Reaper. Alors les drones ont-ils révolutionné la guerre moderne ? Et quel type de guerre ? Peuvent-ils vraiment redessiner les équilibres régionaux ou leur prête-t-on un trop grand rôle ? Qu'appelle-t-on la diplomatie du drone ? Quel avenir pour ces drones militaires de plus en plus performants ? Et comment s'en protéger ? Deux invités : - Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (la FRS), analyste sur les questions de dissuasion et d'armement stratégique - Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à Sorbonne Université.  À lire aussiIran: les images artificielles de drones Shahed au cœur de la propagande en ligne

    Tour d'horizon international

    Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 48:29


    Il y a une semaine, des élections législatives se tenaient en Hongrie. Elles ont vu Viktor Orban fortement et franchement désavoué. Un choix des électeurs hongrois qui dépasse largement les portes de la Hongrie. Un pouvoir illibéral a été défait et avec lui un discours eurosceptique dissimulé derrière un patriotisme qui interroge. La défaite est aussi celle de Donald Trump et de son idéologie MAGA qui ont tenté d'interférer dans l'élection. Les ingérences russes et américaines dans le scrutin ont été mises en échec. Et au-delà dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, l'affirmation de la Russie comme une menace durable pour l'Europe et un engagement américain incertain sur le Vieux Continent, les interrogations autour de l'avenir du lien transatlantique se multiplient, ravivant les incertitudes européennes quant à leur architecture de sécurité. Invité : Thierry de Montbrial, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l'Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference.

    Les paradigmes de civilisation à la lumière du Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 48:29


    Depuis la fin de la guerre froide, une idée s'est imposée pour expliquer les tensions du monde : celle d'un affrontement entre civilisations. Une idée popularisée par l'Américain Samuel Huntington, selon laquelle les conflits ne seraient plus idéologiques ou territoriaux, mais culturels, religieux, presque identitaires. Le regard sur le Moyen-Orient est particulièrement intéressant tant on y assiste à l'effritement progressif des grands pôles de civilisation arabo-musulmane contemporains incarnés par l'Irak, la Syrie, et potentiellement l'Égypte. Effritement que d'aucuns décrivent comme l'une des tragédies géopolitiques majeures du XXIè siècle. Là où naquirent jadis les premières cités-États, le droit codifié et les empires fondateurs, nous assistons aujourd'hui à une fragmentation sans précédent qui remet en question la pérennité de ces berceaux de l'humanité. Aux côtés de l'effritement, il y a aussi l'embrasement. Depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne, le feu ne s'arrête plus au Moyen-Orient. Destruction presque totale de Gaza. Maintenant le Sud Liban, conjointement à l'attaque israélo-américaine sur l'Iran. Une situation particulièrement suivie par la Turquie qui célébrait en 2023 son 100ème anniversaire et dont le narratif civilisationnel est particulièrement développé. Les paradigmes de civilisation sont en hausse dans le monde entier et la compétition accrue pour l'exercice hégémonique du pouvoir. Nostalgie de l'empire. Critique de la modernité. Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.  Invités :  Sophia Mahroug, maîtresse de conférences à l'Université Sorbonne Abu Dhabi, spécialiste de l'Iran contemporain et des Gardiens de la révolution  Lætitia Bucaille, professeure de Sociologie politique à l'INALCO, chercheuse au Centre d'études sur les mondes africains, américains et asiatiques et membre senior de l'Institut universitaire de France. Son dernier ouvrage « Gaza, quel avenir ? » dans la collection Essais chez Stock Jan-Markus Vömel, historien. Spécialiste de la Turquie moderne et plus particulièrement de l'islamisme turc. Chercheur postdoctoral sur le Proche et Moyen-Orient du programme de recherche DECRIPT de l'INALCO.

    Face aux rapports de forces politiques, quelle justice pénale internationale ?

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 48:29


    Longtemps, la raison d'État a prévalu sur la justice, les règlements diplomatiques des guerres prenant le pas sur l'exigence d'éthique de réparation des victimes. Longtemps aussi, on a choisi l'amnistie en croyant qu'elle mènerait à l'amnésie, et avec elle à l'effacement des souffrances. Il a fallu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités pour que se mettent progressivement en place les composantes d'une justice internationale avec le procès de Nuremberg, les Tribunaux spéciaux pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, et la création de la Cour pénale internationale. Récent donc, l'édifice est également fragile face aux coups de boutoir des régimes autoritaires mais aussi des démocraties en proie à la montée des nationalismes et populismes. Notre système mondial est aujourd'hui en proie à la destabilisation et au retour en force de l'impunité au mépris de tout droit international. Jean-Paul Chagnollaud est notre invité. Professeur émérite des Universités et président d'honneur de l'IREMMO, il publie « Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique », aux éditions le Cavalier Bleu. 

    Élections hongroises : un scrutin sur l'avenir de la Hongrie

    Play Episode Listen Later Apr 11, 2026 48:29


    Élections législatives ce dimanche (12 avril 2026) en Hongrie, pays de 10 millions d'habitants, qui pourraient marquer un tournant historique. Après seize années au pouvoir, le Premier ministre Viktor Orbán fait face à son défi le plus sérieux depuis son retour en 2010. Celui qui a théorisé la « démocratie illibérale » a profondément transformé le pays : réforme du système électoral, contrôle accru des médias, affaiblissement des contre-pouvoirs. La Hongrie est aujourd'hui régulièrement accusée par les institutions européennes de dérive autoritaire, au point que certains eurodéputés estiment qu'elle n'est plus une démocratie à part entière. Mais le contexte a changé. L'économie ralentit, l'inflation a marqué les esprits ces dernières années, et surtout, les fonds européens sont en partie gelés en raison de préoccupations liées à l'État de droit. Face à lui, un homme inattendu : Péter Magyar, ancien proche du pouvoir devenu opposant. À la tête du parti Tisza, il incarne une alternative conservatrice mais pro-européenne, centrée sur la lutte contre la corruption et la restauration des institutions. Selon les sondages, il est même donné en tête. La campagne a été marquée par un climat particulièrement tendu : accusations d'ingérences étrangères, usage de désinformation, instrumentalisation de la guerre en Ukraine. Orbán fait campagne contre Bruxelles et contre Kiev, affirmant que ses adversaires entraîneraient la Hongrie dans la guerre. Au-delà de la Hongrie, c'est un scrutin à forte portée internationale. Car Viktor Orbán est aujourd'hui le seul dirigeant européen à entretenir à la fois des liens étroits avec Vladimir Poutine et à être soutenu par Donald Trump. La Hongrie peut-elle tourner la page Orbán ? Ou bien son système est-il désormais trop solidement installé pour être renversé ? Invités : Jacques Rupnik, directeur de recherche au CERI de Sciences Po, spécialiste de l'Europe du centre et de l'Est. Auteur de nombreux ouvrages. Et cet essai qui vient de paraître dans le Grand Continent, sur Viktor Orban Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF de Sciences Po ; « Géopolitique de l'Eurovision » Par téléphone, depuis Ottawa, Roman Krakovsky, professeur agrégé. Directeur de la Chaire en Études slovaques et centre-européennes à l'Université d'Ottawa.

    Les bouleversements du monde analysés par Pierre Haski

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 48:24


    C'est un globe-trotter qui, depuis un demi-siècle, raconte ou décrypte les soubresauts du monde, de Johannesbourg à Pékin en passant par Jérusalem… Il a été témoin du massacre des écoliers noirs de Soweto en 1976 sous l'apartheid. Il a assisté au retour de Yasser Arafat sur sa terre de Palestine en 1994 et observé l'incroyable essor de la Chine dans les années 2000… Et depuis huit ans, il tente d'analyser chaque matin sur France Inter la bascule du monde. Ce monde issu de la Seconde Guerre mondiale, dont la boussole était le droit international, qui est en train de disparaître, piétiné par des autocrates en mal d'empire ou à l'égo surdimensionné. Quelles leçons tirer du passé pour éviter le pire ? Serons-nous capables de construire demain un nouveau monde, meilleur et plus équitable ? Ces deux questions sont au cœur du dernier livre de Pierre Haski, La fin d'un monde : Comprendre notre époque.   Invité : Pierre Haski, journaliste, chroniqueur Géopolitique à France Inter et au Nouvel Obs, président du conseil d'administration de Reporters sans frontières, auteur de La fin d'un monde : Comprendre notre époque aux éditions Stock.

    Israël / Liban : la guerre jusqu'où ?

    Play Episode Listen Later Apr 4, 2026 48:30


    Plus de 1300 morts, près de 4000 blessés, 1 million de déplacés : c'est le bilan d'un mois de guerre menée par Israël au Liban… L'escalade a commencé le 2 mars quand le Hezbollah a lancé une attaque sur l'État hébreu pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. La riposte israélienne a été massive : pluie de bombes sur les fiefs du mouvement chiite, assassinats ciblés jusqu'au cœur de Beyrouth, incursion terrestre de quatre divisions, envoi de centaines de drones qui quadrillent en permanence le ciel libanais… Israël a revendiqué hier 3500 frappes depuis le 2 mars sur le Liban. Alors jusqu'où l'État hébreu est-il prêt à aller pour désarmer le Hezbollah ? Veut-il vraiment réoccuper le Sud-Liban, 26 ans après en être parti, chassé par le mouvement chiite soutenu par l'Iran ? L'État hébreu peut-il répéter ce qu'il appelle « le modèle Gaza », c'est-à-dire raser les villages frontaliers pour empêcher le retour de centaines de milliers d'habitants de la région ?  L'armée libanaise a-t-elle les moyens de contrer pareil scénario ? Quelle est la stratégie du Hezbollah, accusé par le gouvernement libanais d'avoir entrainé le pays dans la guerre ?   Invités :  Anthony Samrani, co-rédacteur en chef du journal L'Orient-Le Jour, a publié en 2024 dans la collection Tract de Gallimard « Liban, la fin d'un pays, la fin d'un monde ? » Denis Charbit, politiste et professeur de sciences politiques à l'université ouverte d'Israël, auteur de Yitzhak Rabin, la paix assassinée paru chez Lattes. Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po et professeur à l'université Saint-Joseph de Beyrouth.

    Kurdes d'Iran: angle mort ou point de bascule?

    Play Episode Listen Later Mar 29, 2026 48:29


    À mesure que la confrontation régionale s'est durcie autour de l'Iran, une vieille périphérie revient brutalement au centre des discussions ; le Kurdistan iranien. Cette bande montagneuse de l'ouest du pays adossé à l'Irak et la Turquie où se mêlent depuis longtemps marginalisation, répression, politisation kurde et présence de partis armés. Et les groupes kurdes d'Iran sont face à un dilemme risqué : pris entre l'affaiblissement relatif du régime sous les frappes, les signaux contradictoires venus de Washington et le risque d'être activés comme levier sans qu'aucune fin politique claire ne leur soit garantie... peuvent-ils devenir un acteur de la guerre ? Ou bien sont-ils la surface de projection d'un imaginaire stratégique extérieur ?     Avec - Adel Bakawan, directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord  - Myriam Benraad, professeure à l'Université d'Exeter, autrice de Jihad la métamorphose d'une menace, au Cavalier Bleu.

    Les détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ?

    Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 48:29


    Des noms minuscules sur les cartes, mais des effets immenses sur la planète. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez ou encore Malacca : ces détroits bien plus que de simples passages maritimes sont des points de compression du commerce mondial, de l'énergie et des stratégies militaires. Dans le contexte de la guerre iranienne, Ormuz apporte la démonstration spectaculaire que, dans le monde contemporain, contrôler un détroit c'est déjà peser sur l'ordre international...  Avec - Guillaume Ancel, ancien officier, auteur de Petites leçons sur la guerre, comment défendre la paix sans avoir peur de se battre ?, aux éditions Autrement   - Emmanuel Hache, adjoint scientifique à IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l'IRIS. Dernier ouvrage : Géopolitique des matières premières, Éditions Eyrolles, 2025  - Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, directeur de recherche au Centre d'études stratégiques de la marine.

    Argentine : mémoire en danger ?

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 48:29


    Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l'Argentine basculait dans la nuit. Un coup d'État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu'en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains. Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace. Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l'Escuela de Mecánica de la Armada, l'ESMA. Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l'un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n'en sont jamais revenues. Aujourd'hui, l'ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d'archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l'ampleur des crimes de la dictature. Alors, que représente l'ESMA dans l'histoire argentine ? Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ? Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd'hui ? Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.   Invitées :  Marina Franco, professeure à l'UNSAM et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'histoire du temps présent de l'École interdisciplinaire des Hautes études en Sciences sociales en Argentine Claudia Feld, professeure à l'Université de Buenos-Aires et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'études sur la mémoire et directrice de la revue CLEPSIDRA. 

    Le discours civilisationnel de la Chine: projet de puissance et instrument de cohésion nationale?

    Play Episode Listen Later Mar 21, 2026 48:29


    Pendant longtemps, la Chine a raconté au monde une histoire simple : celle d'un pays qui sortait de la pauvreté, qui s'ouvrait au commerce, et qui retrouvait peu à peu sa place dans la mondialisation. Mais aujourd'hui, le récit a changé. La Chine ne parle plus seulement de développement ou de puissance. Elle parle de civilisation sous l'impulsion de Xi Jinping. Pékin affirme que la Chine n'est pas simplement un État parmi d'autres, mais l'héritière d'une civilisation vieille de plusieurs millénaires, dotée de ses propres valeurs, de sa propre vision de l'ordre politique et de sa propre conception de l'harmonie sociale. Dans ce récit, la Chine aurait traversé les siècles sans rupture, et le pouvoir actuel serait le dépositaire d'une continuité historique et culturelle unique. Comment la longue durée de la civilisation chinoise s'articule-t-elle avec celle, plus courte, de la nation, et dont l'histoire repose aussi sur des silences? Que fait ce récit des épisodes les plus sensibles, comme le Massacre de la place Tiananmen ? Comment intégrer la figure de Mao Zedong, à la fois fondateur de la Chine populaire et responsable de catastrophes humaines majeures ? Et surtout, ce récit civilisationnel ne concerne pas seulement le passé. Il s'inscrit dans un affrontement idéologique contemporain : Pékin contestant de plus en plus ouvertement l'universalité des valeurs politiques défendues par l'Occident. Ce récit civilisationnel est-il un projet de puissance ? Un instrument de cohésion nationale ? Ou le début d'une bataille mondiale des modèles politiques ?   Pour cette troisième émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale. Invités  Jean-François Huchet, professeur d'économie spécialiste de la Chine.  Président de l'INALCO.  Alexandre Gandil, politiste. Postdoctorant du programme DECRIPT à l'Université Bordeaux Montaigne. « Kinmen, un archipel entre Taiwan et la Chine », éd. Karthala. 

    La fiscalité est-elle devenue un champ de bataille central de la compétition internationale?

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 48:29


    Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités. La fiscalité est devenue l'un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l'optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l'ingénierie de l'évasion, et organisations internationales qui tentent d'imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre. Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l'Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l'arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées. En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l'Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire. Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d'un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ? Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités : Mireille Chiroleu-Assouline, professeur à l'École d'Économie de Paris et à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne Sébastien Laffite, enseignant chercheur à CY Cergy-Paris Université et chercheur associé à l'Observatoire européen de la Fiscalité Serge Sur, membre de l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut. Professeur émérite de l'U Panthéon-Assas, rédacteur en chef de Questions Internationales. 

    Face aux guerres, quelles voie/voix pour l'Europe?

    Play Episode Listen Later Mar 14, 2026 48:28


    Deux semaines, qu'a démarré l'attaque israélo-américaine sur l'Iran. Pour l'Union européenne qui, depuis la pandémie de 2020, fonctionne sur le mode de la permacrise -la crise permanente- la guerre en Iran apporte une nouvelle salve de risques sécuritaires, énergétiques et économiques. Ce conflit oblige l'UE à accélérer sa réflexion sur sa place dans le monde et ses méthodes. Une réflexion déjà engagée avec la guerre en Ukraine et le retour d'un Donald Trump hyper-agressif à la Maison Blanche. Des voix s'élèvent pour demander une Union européenne plus en phase avec les changements rapides qui se produisent. Une Union plus affirmée à même d'incorporer les questions de sécurité dans l'ensemble de ses moyens stratégiques et de ses politiques. Quelle voie pour l'Europe dans la guerre au Moyen-Orient ?  Invités : Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors et professeur émérite au CNAM. Fractures dans l'Occident,  chez Odile Jacob Guillaume Duval, ancien speechwriter de Josep Borrell, ex vice-président de la Commission européenne. 

    Guerre d'Iran : jusqu'où ?

    Play Episode Listen Later Mar 8, 2026 48:29


    Tension toujours aussi forte au Moyen-Orient : États-Unis, Israël et Iran sont entrés dans une dangereuse phase de confrontation directe, qui s'est étendue aux États du Golfe et au Liban. Cette escalade accroît le risque d'une guerre régionale plus large et pourrait entraîner d'autres acteurs -dont les pays européens- dans le conflit. Le point sur les derniers développements, les calculs stratégiques de chacun des acteurs et les possibles implications pour la région et au-delà. Invités :  Julia Tomasso, chercheuse à l'IRIS, spécialiste des questions industrielles de défense au Moyen-Orient et des enjeux de défense iraniens Yurri Clavillier, chercheur à l'International Institute for Strategic Studies, spécialiste des forces armées et contributeur du « Military Balance », ouvrage de référence sur l'état des forces militaires dans le monde Michel Duclos, ancien ambassadeur de France, notamment en Syrie. Actuellement conseiller spécial à l'Institut Montaigne. « Diplomatie française » est son dernier ouvrage, dans la collection Alpha essais Guillaume Lagane, enseignant à Sciences Po, spécialiste des questions de défense. Membre du comité de rédactions de la revue Commentaire. « Géopolitique de l'Europe » PUF.

    Reconfiguration des équilibres au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 48:29


    Plus d'une semaine que l'attaque sur l'Iran a démarré. Les fronts se multiplient, l'opération monte en intensité. La guerre d'Iran impacte l'économie mondiale au-delà du pétrole. Et le bien-fondé du conflit devient un vrai sujet aux États-Unis.  Invités :  Fabrice Balanche, maitre de conférences à l'Université Lyon 2.  « Leçons de la crise syrienne », Odile Jacob Adel Bakawan, directeur du European Institute for studies on the Middle East and North Africa. « La décomposition du Moyen-Orient », Tallandier 2025. 

    L'attaque israélo-américaine: un pari risqué?

    Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 48:28


    L'attaque américano-israélienne sur l'Iran met fin à un tabou. Pendant de nombreuses années, les USA ont refusé d'intervenir malgré ce qui les oppose à l'Iran depuis plusieurs décennies. Longtemps, les USA ont combattu l'Iran de manière indirecte à travers des sanctions, des actions clandestines, des opérations cyber et des proxys armés. Mais, ils ont toujours évité d'attaquer le pays. La réticence avait une logique : la crainte de représailles iraniennes, le risque de choc pétrolier et surtout la conscience que l'escalade est plus difficile à arrêter qu'à initier. Ce qui a changé, c'est cet alignement de planètes, avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Israël qui, depuis quatre décennies, a la volonté d'en découdre avec l'Iran. Peut-on parler de convergence d'intérêts entre Washington et Tel Aviv ?  Un pari militaire risqué autant pour les Américains que pour les Israéliens. Invités : Camille Lons, directrice adjointe du Bureau de Paris de l'European Council on Foreign Relations. Spécialiste de la politique étrangère des Pays du Golfe Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, de 2019 à 2023. Actuellement consultant international et enseignant Philip Golub, professeur de Relations internationales à l'Université Américaine de Paris Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités. Spécialiste du Proche et Moyen-Orient. 

    L'attaque américano-israélienne sur l'Iran: la promesse d'un chaos?

    Play Episode Listen Later Feb 28, 2026 48:31


    Les frappes menées par les USA et Israël contre des cibles iraniennes marquent un tournant majeur dans la confrontation avec l'Iran. Téhéran a riposté dans les heures qui ont suivi, visant non seulement Israël mais également des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe. La décision de recourir à la force pose une série de questions stratégiques. Les USA ont-ils estimé que la diplomatie était arrivée à son terme ? Ont-ils sous-évalué la probabilité d'une riposte régionale ? Au-delà des frappes et des représailles, c'est l'équilibre stratégique du Moyen-Orient qui est en jeu, avec des risques élevés d'escalade militaire. Invités : Azadeh Kian, professeur de Sociologie à l'Université Paris Cité. « Rethinking gender, ethnicity and religion in Iran » réédition 2025 chez Bloomsbury. Bertrand Badie, professeur émérite des Universités à Sciences Po. « Pour une approche subjective des relations internationales » Odile Jacob Thierry Coville, chercheur à l'IRIS, spécialiste de l'Iran. « L'Iran une puissance en mouvement » éditions Eyrolles.

    La guerre des récits à la lumière du conflit russo-ukrainien

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 48:29


    Le 24 février 2022, la Russie lançait ce que le Kremlin continue d'appeler une « opération militaire spéciale » contre l'Ukraine. Quatre ans plus tard, la guerre s'est installée dans la durée, les lignes de front se sont figées par endroits, durcies ailleurs, et le conflit est devenu un fait structurant de l'ordre international. Cette guerre, elle ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi sur le terrain des mots, des images, des récits. Deux narrations radicalement opposées s'affrontent. Pour Kiev, il s'agit d'une guerre d'agression, coloniale, impériale, visant à nier l'existence même de la nation ukrainienne. Pour Moscou, il s'agit d'une guerre défensive, existentielle, provoquée par l'expansion de l'OTAN, destinée à « protéger » les populations russophones et à corriger ce que Vladimir Poutine considère comme une erreur historique majeure : l'indépendance de l'Ukraine. Derrière ces récits, des visions du monde. Derrière ces visions, une lecture de l'histoire. Et derrière cette lecture, un projet politique. Quelle conception de la Russie, de son identité, de son rapport à l'Empire et à l'Occident a conduit Vladimir Poutine à déclencher cette guerre ? Quel est le récit dominant produit par le Kremlin pour la justifier et pour en soutenir le prolongement ? Comment ces récits varient-ils selon les publics : opinion russe, pays occidentaux, Sud global, membres des BRICS ? Et surtout : comment distinguer un récit politique — toute guerre en produit — d'une entreprise de désinformation structurée ? Dans ce conflit, l'absurde semble parfois le disputer au fatal. Mais rien n'est laissé au hasard : la production du récit est organisée, institutionnalisée, stratégique. Car c'est bien au nom d'une vision politique et historique que Vladimir Poutine et quelques autres ont déclenché cette guerre. Pour cette deuxième émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, Invités :  Ioulia Podoroga, philosophe et spécialiste de la littérature russe, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l'INALCO. Elle codirige « Routledge Companion to Concepts in Russian Contemporary Politics » à paraitre à la fin de l'année. Ioulia Podoroga qui a récemment dirigé un volume collectif sur le Nihilisme russe Pierre-Louis Six, historien et politiste. Chercheur post-doctorant du programme DECRIPT, rattaché eu Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques de l'ENS. Et au centre de recherche Maurice Halbwachs. Ancien directeur adjoint du Centre d'études franco-russes de Moscou. Auteur de nombreux ouvrages et articles dont « Les diplomates russes croient-ils à leurs mythes ? », article paru dans la revue Critique Internationale, Volume 108, 2025 Maxime Audinet, professeur junior et titulaire de la chaire « Stratégie d'influence » à l'INALCO, Chercheur au Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE) et à GEODE, Université Paris 8 et spécialiste de la politique étrangère de la Russie.

    Quatre ans de guerre en Ukraine : plus proche de la fin ou de l'enlisement durable?

    Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 48:28


    Le 24 février 2022, les troupes de Russie franchissaient la frontière ukrainienne. Ce qui devait être, selon le Kremlin, une opération rapide pour faire tomber Kyiv s'est transformée en la guerre la plus meurtrière et la plus destructrice qu'ait connue le continent européen depuis 1945. Quatre ans plus tard, la ligne de front s'est figée par endroits, déplacée ailleurs, mais la guerre continue. Elle est devenue une guerre d'usure : usure des armées, usure des sociétés, usure des alliances. Sur le terrain, l'Ukraine tient, mais au prix d'un effort humain et matériel considérable. La Russie, elle, semble avoir accepté une logique de conflit long, mobilisant son économie et sa population pour durer. Au-delà des champs de bataille du Donbass et du Sud ukrainien, cette guerre redessine les équilibres stratégiques du continent. Elle interroge la solidité du soutien occidental, le rôle des États-Unis, la capacité des Européens à peser sur leur propre sécurité, et la possibilité — ou non — d'une issue négociée. Quatre ans après le début de l'invasion, où en est-on vraiment ? La guerre est-elle entrée dans une phase décisive ? Les sociétés ukrainienne et russe sont-elles épuisées ou résolues ? Une négociation est-elle envisageable — et à quelles conditions ? Et surtout : combien de temps encore cette guerre peut-elle durer ? Invités :  - Alexandra Goujon, politiste, spécialiste des transformations politiques, sociales et mémorielles dans l'Ukraine en guerre, maître de conférences à l'Université Bourgogne-Europe. « L'Ukraine : de l'indépendance à la guerre », Cavalier bleu, 2023 - Galia Ackermann, historienne et journaliste, rédactrice en chef du média en ligne « Desk Russie » - Yurri Clavilier, chercheur à l'International Institute for Strategic Studies, spécialiste des forces armées et contributeur du « Military Balance », ouvrage de référence sur l'état des forces militaires dans le monde.

    Le monde est-il entré dans une phase de politique de démolition?

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 48:28


    Quatre ans après l'invasion de l'Ukraine, la guerre s'installe dans le temps long. Frappes massives contre les infrastructures énergétiques, négociations intermittentes sous médiation américaine, Europe en quête d'une voix stratégique… et une Russie qui semble convaincue de pouvoir gagner par l'usure. Ces derniers jours encore, les bombardements se poursuivent tandis que les Européens tentent d'imposer leurs conditions à une éventuelle paix — preuve que le centre de gravité diplomatique reste incertain. En parallèle, la guerre redessine l'ordre international : recomposition des alliances, montée en puissance de l'économie de guerre, coopération militaire durable entre Kiev et ses partenaires européens… et un affrontement stratégique qui dépasse largement les frontières ukrainiennes. Cette guerre est-elle devenue irréversible ? L'Europe est-elle prête à vivre dans un monde durablement conflictuel ? Et que nous dit cette confrontation du nouvel ordre mondial qui se dessine ? Le rapport de lancement de la Conférence de sécurité de Munich, dont l'édition 2026 vient de se tenir, dressait le diagnostic que le monde est entré dans une phase de politique de démolition. Et que le pays le plus en vue à suivre cette stratégie est sans doute les États-Unis. Invité :  Pierre Lévy, ambassadeur de France en Russie, de janvier 2020 à août 2024, après avoir été directeur du Centre d'Analyse et de Prévision, et directeur de l'UE au Quai d'Orsay, également ambassadeur de France en République Tchèque et en Pologne. « Au cœur de la Russie en Guerre », éditions Tallandier.

    Qui contrôle qui ?

    Play Episode Listen Later Feb 14, 2026 48:29


    Depuis un an qu'il est à la Maison Blanche, Donald Trump occupe la scène médiatique mondiale quotidiennement, voire plusieurs fois par jour. Un effet de saturation qui, peut-être, nous fait rater des transformations très profondes ailleurs. Particulièrement maltraitée, l'Europe n'en finit pas de subir les foucades du président des États-Unis qui lui fait comprendre qu'une ère nouvelle s'est ouverte, celle d'une reconfiguration idéologique transatlantique. Ainsi, se pose le problème fondamental pour les Européens d'assurer leur propre sécurité, ce qui est un vieux débat mais n'en constitue pas moins un schisme transatlantique. Les rapports de force mondiaux se modifient en profondeur. La rivalité de puissance est bien là entre les États-Unis et la Chine. Au-delà, l'élément de transformation géopolitique majeur est le numérique et cette fuite en avant technologique qu'impose au monde la Silicon Valley. Invité : Thomas Gomart, historien, directeur de l'Institut Français des Relations Internationales. « Qui contrôle qui ? Les nouveaux rapports de force mondiaux », éditions Tallandier.

    2026 : le désarmement en péril?

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 48:30


    Ce jeudi 5 février 2026 marquait l'expiration du Traité New Start, Traité de réduction des armes stratégiques, signé en 2010 par l'Américain Barack Obama et le Russe Dimitri Medvedev. Il fixait des plafonds précis d'ogives nucléaires stratégiques déployées, de vecteurs stratégiques et de lanceurs. Il était le dernier traité de contrôle des armes nucléaires encore en vigueur entre les deux pays. En l'absence désormais de toute contrainte, le risque d'une course aux armements nucléaires augmente, notamment dans un contexte où la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire. L'absence de limites juridiques à quelques semaines de la conférence de révision du TNP prévue du 25 avril au 20 mai à New York pourrait affaiblir la crédibilité du régime international de non prolifération et creuser le fossé entre les pays dotés et non dotés d'armes nucléaires. L'annexion de la Crimée en 2014 avait déjà été le signal déclencheur de la remise en cause de la plupart des traités conclus entre 1985 et 1995. La question du désarmement est posée alors que les relations internationales connaissent une profonde dégradation et que la guerre s'impose comme une réalité brutale, quotidienne, observable en Ukraine, à Gaza, en mer Rouge. Une guerre de haute intensité, longue, industrielle et meurtrière. Une guerre qui ne ressemble pas exactement à celle pour laquelle les armées occidentales s'étaient préparées depuis trente ans. Qui mêle technologies de pointe et systèmes rudimentaires, intelligence artificielle et tranchées, drones à bas coût et matériels ultrasophistiqués. Pour cette édition en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique et son numéro intitulé « Armements et arsenalisations. Moyens et mots de la guerre ». Invités : Emmanuelle Maître, maître de recherche à la Fondations pour la Recherche Stratégique, spécialiste des questions nucléaires Louise Souverbie, chercheuse à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, spécialiste des questions de défense. 

    Venezuela : transition démocratique ou nouveau cycle de dépendance?

    Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 48:30


    Un mois après une opération américaine aussi spectaculaire que controversée, le Venezuela reste suspendu à un vertige politique inédit. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, au terme d'une opération militaire meurtrière violant toutes les normes du droit international, Nicolas Maduro et son épouse étaient exfiltrés de Caracas avant d'être transférés à New York où ils sont aujourd'hui détenus et jugés pour narcoterrorisme. Une opération dénoncée comme un « kidnapping » par l'intéressé lui-même et par ses soutiens qui y voient une volonté de l'administration Trump de tenter de décapiter le « chavisme », de s'emparer du pétrole et autres richesses de la République bolivarienne et aussi d'intimider l'ensemble de l'Amérique latine en lui montrant à quoi elle s'expose si elle ne se soumet pas. À Caracas, Delcy Rodriguez, propulsée présidente par intérim, tente de maintenir l'équilibre entre la rue chaviste, une opposition fragmentée et un partenaire américain désormais omniprésent. Elle promet une amnistie politique, libère des détenus et ouvre le secteur pétrolier, symbole d'un tournant majeur pour un pays qui possède les plus grandes réserves du monde. Le Venezuela demeure profondément divisé : certains saluent la chute d'un régime autoritaire, d'autres dénoncent une violation flagrante de la souveraineté nationale. L'intervention américaine ouvre-t-elle une transition démocratique… ou un nouveau cycle de dépendance ? Invités : Kevin Parthenay, professeur des Universités en Science politique et co-président de l'Observatoire Politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes de Sciences Po Fabrice Andreani, chargé de cours en Science politique à l'Université Lyon 2, spécialiste du Venezuela et du mouvement chaviste à l'international Luis Alejandro Avila Gomez, docteur en Géopolitique, consultant et chercheur associé à l'Institut français de Géopolitique Université Paris 8.

    Guerre des récits: qui a encore le droit de dire le monde?

    Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 48:30


    On parle souvent d'un monde multipolaire, de rivalités de puissances, de retour de la guerre. Mais derrière les chars, les sanctions ou les routes commerciales, il y a autre chose. Cette autre chose, ce sont des récits. Des récits sur l'histoire, sur les valeurs, sur ce qui est juste ou légitime. Aujourd'hui, les grandes puissances ne s'opposent pas seulement par la force, mais par des visions du monde concurrentes. Quelles contestations, ces récits expriment-ils au-delà des catégorisations simplistes qui opposent le « Sud global » à l' « Occident » ? Comment ces discours ont-ils évolué ? Nous sommes entrés dans un monde où il n'existe plus de grand récit dominant, mais plusieurs visions concurrentes de l'histoire, du progrès et de la justice. Comprendre ces récits, c'est se donner les moyens de comprendre pourquoi le monde se fracture et pourquoi il devient si difficile de se mettre d'accord sur le sens même des mots : paix, droit, liberté, souveraineté. Sommes-nous entrés dans une guerre des récits civilisationnels ? Invitées : Delphine Alles, professeure des Universités en Sciences politique, vice-présidente de l'INALCO et directrice scientifique du programme DÉCRIPT. « La part des dieux : religion et relations internationales », CNRS éditions et à paraitre début mars 2026, avec Bertrand Badie et Stéphane Paquin : « Les mots du nouveau monde », CNRS éditions Louise Beaumais, post-doctorante du programme DÉCRIPT, associée au Laboratoire CESSMA, Centre d'Études en Sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. Louise Beaumais qui a co-dirigé avec le collectif du projet DataWar « Quantifying international conflicts. Data on war or Data for War », éd. Springer. Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformation du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale. 

    Iran: l'escalade peut-elle être évitée?

    Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 48:29


    Cent treize villes se sont soulevées au début de cette année (2026) en Iran, témoignant du rejet de la République islamique par la population iranienne. Des soulèvements violemment réprimés, à un degré absolument inégalé. Il est fait état de plus de trente mille morts. Une tragédie qui laisse entrevoir que le pouvoir iranien a sans doute eu peur. Pour l'heure, si la répression a eu raison des manifestants, beaucoup de questions se posent alors qu'une armada américaine très médiatisée est désormais sur zone… et que le renforcement militaire se poursuit. L'escalade est-elle déjà en cours, par étapes, par signaux, par calculs ? Ou peut-elle être évitée ? Et surtout que cherchent réellement les États-Unis en massant autant de moyens militaires face à l'Iran ? Dissuasion défensive ou préparation offensive ? Invités : Clément Therme, chargé de cours à l'Université de Montpellier Paul-Valéry. Auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier, « Idées reçues sur l'Iran. Un pouvoir à bout de souffle ? », éditions Le Cavalier Bleu Nasser Etemadi, journaliste à la rédaction persane de RFI Pierre Razoux, historien, directeur académique de l'Institut Fondation méditerranéenne d'Études stratégiques.

    Vulnérables Outre-mer (Partie 2)

    Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 48:29


    La France est inquiète des conséquences de la politique prédatrice américaine dans la Caraïbe. Et la question se pose de savoir si Paris peut compter sur sa présence en Guyane pour peser sur le continent. La Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées du Sénat rendait publique au début du mois de janvier 2026 un rapport de mission. La visée américaine sur le Groenland et l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela sont autant de sources d'inquiétudes. Les effets de la doctrine Monroe, invoquée pour justifier la domination des États-Unis dans cet hémisphère et l'émergence de nouveaux États pétroliers aux immenses réserves que sont le Guyana et le Suriname font craindre des risques de déstabilisation, auxquels s'ajoutent le narcotrafic et l'orpaillage illégal. Les territoires français de la Caraïbe -Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et Guyane sont aujourd'hui au cœur d'un enjeu géopolitique et sécuritaire d'ampleur. La souveraineté française s'y négocie au quotidien. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l'Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l'exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab'HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien Le Monde, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie », récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L'archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf. 

    Vulnérables Outre-mer (Partie 1)

    Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 48:29


    Les Outre-mer du globe traversent une période difficile, attentifs qu'ils sont aux menaces qui pèsent sur le Groenland, pays constitutif du royaume du Danemark et territoire associé à l'Union européenne.  De fait, ils sont nombreux les Outre-mer contemporains, produit résiduel de l'expansionnisme colonial qui a poussé en son temps des nations rivales à étendre leurs frontières au-delà des mers et des océans, ces territoires offshore se situant souvent dans des zones névralgiques pour les échanges mondiaux. Engagé à partir du XVIIè siècle, ce mouvement avait pour but de satisfaire les intérêts économiques de ces nations et promouvoir leurs idéaux politiques et religieux. Et voilà qu'il refait surface sur fond de velléités de Donald Trump de mettre la main sur le Groenland. Une démarche qu'on peut imaginer être observée de près et dans un certain silence, par le grand rival des États-Unis qu'est la Chine et qui n'en est pas moins active elle aussi dans d'autres zones et de manière moins ouverte….quoique. Géopolitique se saisit de cette occasion pour jeter un regard sur les Outre-mer français -dans les Caraïbes, le Pacifique, l'océan Indien et l'Atlantique Sud- qui fondent une large part du rayonnement mondial de la France et qui se trouvent confrontés à deux situations qui, parfois, ne sont pas sans lien : entre mouvements de contestation au sein même de ces territoires et stratégies de déstabilisation portées par divers acteurs internationaux. Regard sur les vulnérabilités de l'Outre-mer français ou comment, hier, marginal cet espace est devenu stratégique. Invités : Fred Constant, professeur des Universités en Science politique à l'Université des Antilles. Auteur de « Géopolitique des Outre-mer », aux éditions le Cavalier bleu et « Atlas des Outre-mer », aux éditions Autrement Yannick Chenevard, officier supérieur de réserve. Député du Var, rapporteur du budget de la Marine et de l'exécution de la loi de programmation militaire. Chercheur associé au Lab'HOMERe Patrick Roger, ancien journaliste au quotidien LE MONDE, auteur de « Nouvelle-Calédonie, la Tragédie » récompensé par le Prix des Députés 2025. Et « L'archipel de la discorde. Paris-Nouméa. Demain le Pacifique », aux éditions du Cerf.

    Trump à la Maison Blanche : un an de révolution

    Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 48:29


    Bientôt un an que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Douze mois ont passé pendant lesquels le président américain a profondément remodelé la scène politique américaine, les relations transatlantiques et plus généralement les relations internationales. Richard Werly est notre invité éditorialiste international du quotidien suisse « Blick ». « Cette Amérique qui nous déteste », éditions Nevicata, une plongée dans l'Amérique Maga.

    Démographie: influence et puissance

    Play Episode Listen Later Jan 17, 2026 48:30


    La population mondiale s'élevait en 2020 à 7,8 milliards d'habitants. En 2030, nous serons au moins 8,5 milliards. Et en 2050, ce chiffre pourrait dépasser les 10 milliards dans l'hypothèse d'une fécondité forte. La démographie est l'un des principaux éléments de la puissance d'un État, en même temps qu'elle peut aussi être un facteur de sous-développement. Ces chiffres sur la démographie mondiale recoupent des réalités extrêmement différentes. (Rediffusion) Alors que l'Europe connait un hiver démographique qui ne permet plus le renouvellement des générations, en Asie, l'Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d'habitants, devançant la Chine, dont la population vieillit inexorablement. Ce vieillissement de la population est déjà manifeste depuis des années au Japon et maintenant en Corée du Sud. En revanche, la population africaine explose. Nombre de pays du continent n'ont pas achevé leur transition démographique. En 1950, l'Afrique pesait à peine pour 8,3% de la population mondiale et avait moins d'habitants que les États-Unis. En 2050, le continent africain devrait abriter un quart de la population mondiale. Quels effets ces nouvelles donnes démographiques auront-elles géopolitiquement et militairement ? Édition en partenariat avec la revue Questions Internationales « Démographie. Une inconnue décisive ». Invités : Gérard-François Dumont, professeur à Sorbonne Université. Président de la revue Population et Avenir. « Géographie des populations », Armand Colin Jean-Pierre Guengant, démographe et économiste du Développement. Directeur de recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement Serge Sur, professeur émérite de l'Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la Revue Questions internationales. Membre de l'Institut - Académie des sciences morales et politiques.

    Claim Géopolitique, le débat

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