Podcasts about emploi et travail

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7 milliards de voisins
Ambition: pourquoi cherchons-nous la reconnaissance?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 20, 2026 48:30


Être reconnu, admiré, respecté, valorisé… Le besoin de reconnaissance est profondément humain. Au travail, en famille, dans le couple ou entre amis, nous cherchons tous, à des degrés divers, à être vus et appréciés des autres. Mais, à l'heure des likes et des followers sur les réseaux sociaux, cette quête de validation peut parfois devenir extrême, alimenter l'envie et la rivalité, et générer de la souffrance.   Pourtant, nos ambitions évoluent. Alors que la réussite a longtemps été associée à une quête du pouvoir, mesurée au nombre d'échelons gravis et à la position atteinte dans l'entreprise, les carrières sont aujourd'hui moins linéaires et la recherche de sens prend une place croissante dans les choix professionnels. Selon une étude du cabinet de recrutement Robert Walters menée en 2024, 52 % des membres de la « gen Z » – la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 – refuserait même de devenir manager, un rôle jugé trop énergivore et dépourvu de sens. Ces nouvelles aspirations se heurtent toutefois aux réalités économiques, dans un contexte marqué par l'inflation, les difficultés d'accès au logement, la précarité de l'emploi et la peur du déclassement.   Alors, pourquoi avons-nous autant besoin d'être reconnus ? Comment distinguer une ambition saine d'une dépendance au regard des autres ? Les réseaux sociaux nourrissent-ils une nouvelle forme de compétition permanente ? Et, comment concilier quête de sens, désir de réussite et contraintes matérielles ? Avec :  • Benoit Heilbrunn, philosophe et professeur à l'ESCP Business School, co-directeur de l'Observatoire Marques, imaginaires de consommation et politique de la Fondation Jean Jaurès. Auteur du livre Le poison de la reconnaissance – quel prix à payer pour être quelqu'un (L'Aube - Fondation Jean Jaurès, 2026). • Raphaëlle Elkrief, journaliste, autrice d'une série de podcasts sur l'ambition produite par Louie Media.   En fin d'émission, Charlie Dupiot, nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris Cité. Sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson du Français facile avec RFI. Dans ce 13ᵉ épisode, que partager de son intimité ? Delphine, professeur de FLE (Français Langue Ètrangère), nous parle d'une expérience avec un étudiant et Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel, nous éclaire.   Programmation musicale :  ► Elle & Moi - ART-X, Biga*Ranx, LUIZA, Pulche Le Douce ► Fazer Festa - João Selva, Diogo Strausz, Patchworks.

7 milliards de voisins
Ambition: pourquoi cherchons-nous la reconnaissance?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 20, 2026 48:30


Être reconnu, admiré, respecté, valorisé… Le besoin de reconnaissance est profondément humain. Au travail, en famille, dans le couple ou entre amis, nous cherchons tous, à des degrés divers, à être vus et appréciés des autres. Mais, à l'heure des likes et des followers sur les réseaux sociaux, cette quête de validation peut parfois devenir extrême, alimenter l'envie et la rivalité, et générer de la souffrance.   Pourtant, nos ambitions évoluent. Alors que la réussite a longtemps été associée à une quête du pouvoir, mesurée au nombre d'échelons gravis et à la position atteinte dans l'entreprise, les carrières sont aujourd'hui moins linéaires et la recherche de sens prend une place croissante dans les choix professionnels. Selon une étude du cabinet de recrutement Robert Walters menée en 2024, 52 % des membres de la « gen Z » – la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 – refuserait même de devenir manager, un rôle jugé trop énergivore et dépourvu de sens. Ces nouvelles aspirations se heurtent toutefois aux réalités économiques, dans un contexte marqué par l'inflation, les difficultés d'accès au logement, la précarité de l'emploi et la peur du déclassement.   Alors, pourquoi avons-nous autant besoin d'être reconnus ? Comment distinguer une ambition saine d'une dépendance au regard des autres ? Les réseaux sociaux nourrissent-ils une nouvelle forme de compétition permanente ? Et, comment concilier quête de sens, désir de réussite et contraintes matérielles ? Avec :  • Benoit Heilbrunn, philosophe et professeur à l'ESCP Business School, co-directeur de l'Observatoire Marques, imaginaires de consommation et politique de la Fondation Jean Jaurès. Auteur du livre Le poison de la reconnaissance – quel prix à payer pour être quelqu'un (L'Aube - Fondation Jean Jaurès, 2026). • Raphaëlle Elkrief, journaliste, autrice d'une série de podcasts sur l'ambition produite par Louie Media.   En fin d'émission, Charlie Dupiot, nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris Cité. Sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson du Français facile avec RFI. Dans ce 13ᵉ épisode, que partager de son intimité ? Delphine, professeur de FLE (Français Langue Ètrangère), nous parle d'une expérience avec un étudiant et Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel, nous éclaire.   Programmation musicale :  ► Elle & Moi - ART-X, Biga*Ranx, LUIZA, Pulche Le Douce ► Fazer Festa - João Selva, Diogo Strausz, Patchworks.

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Afrique, le temps des possibles, épisode 2 : un avenir économique pour la jeunesse

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


C'est le deuxième épisode de la série « Afrique, le temps des possibles ». Continent le plus jeune du monde, l'Afrique verra un jeune sur trois de la planète y vivre d'ici 2050. L'historien Achille Mbembe, l'économiste Kako Nubukpo, les entrepreneurs Matina Razafimahefa et Mamby Laye Diomandé débattent de formation, d'emploi, de numérique, d'intelligence artificielle et d'industries créatives pour transformer ce dividende démographique en véritable moteur de développement pour le continent.

La marche du monde
«À travail égal, salaire égal», le combat avant-gardiste des grévistes sénégalais de 1946

La marche du monde

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


La marche du monde en reportage dans les rues de Dakar en compagnie de l'historien Omar Gueye, professeur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, afin de vous raconter une histoire inédite. Il s'agit de la première grande grève générale du Sénégal, celle de 1946, dont la revendication est une véritable révolution. Son slogan ? « À travail égal, salaire égal ! », repris jusque dans les marchés par les vendeuses d'arachides. Une grève qui a abouti et permis aux travailleurs africains de l'AOF de bénéficier des mêmes droits que les travailleurs français. Bien moins connue que celle des cheminots de 1947, cette grève de 46 est pourtant l'Acte 1 du processus qui va mener aux indépendances bien que nous ne connaissions pas la voix de son leader : Lamine Diallo. C'est pourquoi nous avons enquêté au Sénégal, jusqu'à la RTS, la radio-télévision sénégalaise, dans l'espoir de retrouver ce trésor d'archive.   À lire : - La grève générale de 1946 au Sénégal, aux sources du syndicalisme militant par Omar Gueye, aux éditions Présence Africaine À écouter : - « Il était une fois au Sénégal », la chronique historique de la RTS par Cheikh Diop, diffusion les lundis sur la matinale SALAM Sénégal de la RTS. - Découvrez la chronique via FB - Écoutez radio Sénégal Internationale.   Tous nos remerciements à toute l'équipe de la radio RTS, son directeur François Xavier Thiaw, son directeur des programmes Cheikh Diop et ses merveilleux archivistes Joanna Manga, Oumar Sarr et Aïssatou Gaye.

Éco d'ici éco d'ailleurs
Afrique, le temps des possibles, épisode 2 : un avenir économique pour la jeunesse

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


C'est le deuxième épisode de la série « Afrique, le temps des possibles ». Continent le plus jeune du monde, l'Afrique verra un jeune sur trois de la planète y vivre d'ici 2050. L'historien Achille Mbembe, l'économiste Kako Nubukpo, les entrepreneurs Matina Razafimahefa et Mamby Laye Diomandé débattent de formation, d'emploi, de numérique, d'intelligence artificielle et d'industries créatives pour transformer ce dividende démographique en véritable moteur de développement pour le continent.

Chronique Transports
Le «bleisure», l'avenir du voyage d'affaires

Chronique Transports

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 2:30


Le monde est en vacances d'été. Mais au lieu d'un voyage retour pour leur rentrée, des salariés choisissent de reprendre le travail sur leur lieu de vacances. Cette tendance se pratique aussi à l'envers : quand les salariés profitent d'un voyage d'affaires pour le prolonger en congés. Cette nouvelle tendance, nommée « bleisure », pousse l'hôtellerie et le transport à s'adapter. Le « bleisure », contraction des mots anglais « business » (« affaires ») et « leisure » (« loisirs »), est une tendance qui ne cesse de gagner du terrain. Les jeunes salariés l'adoptent si vite qu'elle continue de bouleverser le secteur des transports et de l'hôtellerie. Et c'est bien connu, un salarié content est un salarié qui travaille mieux et plus. Cette pratique, qui consiste à mélanger voyage d'affaires et temps libre, séduit de plus en plus de travailleurs. Selon l'association américaine Hotel and Lodging, 89% des employés dans le monde souhaitent prolonger leur voyage d'affaires par des jours de congés. Un phénomène qui joue la carte du gagnant-gagnant, tant pour les entreprises que pour les salariés. Parmi les arguments avancés par les entreprises, on trouve la motivation et la fidélisation des équipes, en leur permettant de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Les séjours prolongés permettent également de profiter de billets de transport moins chers. Jean-Baptiste Treboul, directeur des Revues Espaces Tourisme et Loisirs, souligne que le « bleisure » permet aussi de responsabiliser les employés et de réduire leur stress pendant les déplacements professionnels. Les compagnies de transport ont dû adapter leurs politiques tarifaires pour répondre à cette nouvelle demande. Ce qui frappe particulièrement, c'est le rejet du voyage d'affaires traditionnel par la jeune génération. Plus question de faire un aller-retour dans la journée à Londres ou Berlin, ou de se rendre à New York, Shanghai ou Los Angeles sans profiter de la destination. Les jeunes salariés veulent travailler tout en découvrant les lieux. Si l'essor des nouvelles technologies facilite le travail à distance, les attentes varient selon les pays et les cultures. Selon Egencia, une société spécialisée dans le tourisme mondial, les Français sont les plus enclins à adopter le « bleisure » en Europe, avec 20% en Allemagne et seulement 10% au Royaume-Uni, où le voyage d'affaires est souvent perçu comme une contrainte plutôt qu'une opportunité de découverte. Cependant, cette tendance pose un défi de taille pour les employeurs : séparer clairement la partie professionnelle de la partie personnelle, notamment en ce qui concerne les frais de transport. Les compagnies d'assurance proposent désormais des solutions adaptées, mais il est recommandé de préparer et de définir en amont les prises en charge, qu'elles relèvent des affaires ou des loisirs. Une règle prévaut : régler ces questions avant le départ pour éviter les malentendus et optimiser l'efficacité des collaborateurs et des services des ressources humaines. Le secteur de l'hôtellerie a su s'adapter à cette nouvelle donne. Les hôtels, y compris les palaces, proposent désormais des espaces de travail et de réunion repensés – élargissement des lobbys, salles de restaurant ou étages dédiés – pour répondre à cette demande croissante de tourisme mêlant affaires et loisirs. En revanche, les transports, notamment aériens, peinent encore à suivre cette évolution. Pour les jeunes voyageurs, « l'expérience » est le maître-mot. Ils redéfinissent le marché du voyage en privilégiant le partage et la découverte : visites de monuments, circuits, restaurants ou cours de gastronomie, souvent organisés en groupe. Une approche qui transforme profondément les attentes et les offres du secteur. La hausse du prix du carburant, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, n'incite pas les compagnies aériennes à élargir leurs services. Anguelis Panayotis, qui dirige la société MKG, spécialiste du marché touristique hôtelier international, observe même un retour en arrière. De nombreuses compagnies européennes ont supprimé les plateaux-repas sur les vols courts et moyen-courriers, ou les ont rendus payants. À l'inverse, les compagnies du Moyen-Orient ou d'Asie, moins touchées par la flambée des coûts du carburant, continuent d'offrir des services de qualité. Globalement, cependant, le secteur aérien peine à s'adapter aux nouvelles attentes des jeunes générations en matière de voyage d'affaires. New York conserve sa place de leader mondial du « bleisure », devant Londres et Madrid. Mais Singapour et Rio de Janeiro, avec leurs aéroports et hébergements hybrides alliant affaires et tourisme, pourraient bien figurer en tête du classement d'ici 2032. Selon l'institut Allied Market Research, les bénéfices générés par le « bleisure » pourraient alors atteindre 700 milliards de dollars. À lire aussiRetard d'avion, bagages, frais supplémentaires: ce qui va changer pour les passagers aériens en Europe

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► It Makes You Forget - Peggy Gou ►  DOUVAN - Lu City, litleboy lsbeats767. 

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► It Makes You Forget - Peggy Gou ►  DOUVAN - Lu City, litleboy lsbeats767. 

Reportage France
Réparer pour avancer: des jeunes en difficulté se remettent en selle en réparant des vélos

Reportage France

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 4:05


Il y a quelques jours, les résultats du bac 2026 tombaient. Au total, 91,4% des candidats ont décroché leur diplôme, mais certains n'ont pas eu cette chance. Chaque année en France, 110 000 jeunes disparaissent des radars, sans diplôme ni formation. Ce sont des « décrocheurs », des jeunes décrochés du système scolaire. En leur permettant de se former à la mécanique vélo, Mathieu Bertrand, professeur au lycée professionnel Camille-Jenatzy à Paris, a permis à sept jeunes adultes de se remettre en selle. Dans cet atelier d'un établissement d'enseignement adapté, se joue leur reconstruction. Il s'agit de « réparer » pour avancer.  « La béquille ne se positionne pas exactement comme il faut. En théorie, il faudrait qu'elle soit vraiment comme ça. D'accord, c'est une béquille qui est centrale, qui vient entourer la roue arrière, donc à droite et à gauche. » Voilà pour la consigne donnée par Mathieu Bertrand, professeur en mécanique vélo, à l'un de ses élèves. Cheveux roux longs et ondulés, barbe et lunettes, Kylian fronce les sourcils. « J'ai déjà ma petite idée. Peut-être la béquille desserrée ou éventuellement une plaque qui sert de butée, la béquille à redresser qui s'est tordue avec le temps et le poids du vélo », murmure-t-il. À 19 ans, Kylian a rencontré des difficultés scolaires : « Je suis dyslexique, dyscalculique, dysorthographique, dyspraxique. J'ai jamais été du tout un bon élève en cours. La seule matière dans laquelle j'étais bon, c'était l'histoire et l'art plastique. Sinon, tout le reste, j'étais très mauvais. » Réparer les vélos lui apporte beaucoup. « Cela m'a beaucoup aidé à être plus précis dans mes gestes », confie-t-il. Et pour le jeune homme, la satisfaction est aussi celle de donner une seconde vie à un vieux biclou. « J'ai pu remettre en état des vélos qui étaient bons pour la déchetterie », raconte-t-il. Kylian, Ousmane, Abou et les autres sont sept à suivre cette formation au lycée Camille Jenatzy, à Paris. Leur point commun ? Un décrochage scolaire ou un parcours migratoire difficile. « Il nous a montré beaucoup de choses, même si ce n'est pas à l'école ici. Nous sommes tous heureux », résume l'un d'eux. « Il y aura toujours quelqu'un pour te tendre la main » Celui qui est décrit et tellement respecté, c'est Mathieu Bertrand, le professeur en mécanique cycle. Il explique que dans cet atelier, on ne répare pas que les vélos. « Finalement, la mécanique vélo, c'est l'excuse, mais le truc, c'est plutôt les raccrocher. Moi, ce que je trouve assez cool dans le fait de réparer des vélos, c'est qu'il y a le sentiment du travail accompli, c'est valorisant. Déjà, ça leur prouve qu'ils sont capables de faire des choses, et ça, c'est pas rien. Après, moi, ce que je trouve important dans cette formation, il y a un gros travail à faire sur l'assiduité, le fait d'être à l'heure, etc. Les rendre responsables de la vie de la classe également. » Sourire en grand écart, vêtu d'un maillot de foot ce jour-là, Abou, 18 ans, se souvient : petit garçon, il avait déjà touché à la mécanique dans le garage tout près de la maison. Auprès du professeur Mathieu Bertrand, il apprend la rigueur. « Ici, il a appris à écrire les noms des pièces parce qu'en Afrique, on prononce pas les noms correctement. En France, chaque pièce, tu dois l'appeler par son nom. Par exemple, quand on dit ''dérailleur'', on doit dire ''tendeur'' », explique-t-il. Derrière la caméra, l'œil bienveillant de Moa Khouas suit ces jeunes et prépare un documentaire. « ​​​​​​​Ce qui me touche dans le projet, c'est de se dire que tout n'est pas perdu et qu'il y aura toujours quelqu'un pour te tendre la main, en fait. Quelque part, je me reconnais en eux. Je crois en la méritocratie. C'est une croyance profonde, et je trouve que ce que fait monsieur Mathieu Bertrand, c'est vraiment incroyable ​​​​​​​: donner son temps et donner plus que son temps. C'est vraiment une personne incroyable, un professeur qui te marquera à vie », témoigne-t-il. Ce programme de réinsertion est une réussite : certains continueront de se former, tandis que d'autres ont déjà une promesse d'embauche.

Aujourd'hui l'économie
Canicule: pourquoi les vagues de chaleur menacent désormais l'industrie européenne

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jul 10, 2026 3:24


Les vagues de chaleur ne pèsent plus seulement sur notre quotidien. Elles deviennent aussi un véritable risque économique. Selon une étude du cabinet Sia Partners, les canicules sont désormais le principal risque climatique pour l'industrie lourde européenne : fatigue des salariés, manque d'eau, perturbations des transports... le changement climatique s'impose désormais comme un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises. Avec les records de chaleur observés ces derniers jours en Europe de l'Ouest et une grande partie de la France placée en vigilance orange canicule, les conséquences économiques du changement climatique deviennent de plus en plus visibles : tel est le principal enseignement d'un rapport publié par le cabinet Sia Partners. Pour le secteur industriel, le climat fait désormais partie des variables qu'il faut gérer au quotidien, au même titre que le prix de l'énergie, les tensions géopolitiques ou encore les difficultés d'approvisionnement. L'étude s'appuie sur l'analyse de 365 sites industriels répartis dans toute l'Europe appartenant à des secteurs stratégiques comme la sidérurgie, le raffinage, le verre, le ciment ou encore l'ammoniac. Les chercheurs ont évalué leur exposition à plusieurs risques climatiques : vagues de chaleur, stress hydrique, inondations fluviales et submersions marines. Le constat est sans appel : dès 2030, près de 300 des 365 sites étudiés seront fortement exposés aux vagues de chaleur. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l'économie mondiale Fatigue des salariés, manque d'eau : pourquoi les canicules ralentissent les usines À première vue, cela peut paraître surprenant. Une fonderie, un site sidérurgique ou une cimenterie fonctionnent déjà avec des fours dépassant le millier de degrés. Pourtant, ce ne sont pas les équipements qui souffrent en premier, mais bien les femmes et les hommes qui travaillent autour. Dans ces installations, les températures sont déjà très élevées. Les épisodes de chaleur extrême augmentent donc la fatigue des salariés et les risques d'accidents, réduisent les performances, et obligent parfois les entreprises à modifier les horaires de travail, à ralentir leur cadence, voire à interrompre temporairement leur activité. À l'arrivée, les conséquences sont directes : ces sociétés produisent moins, vendent moins et deviennent moins compétitives. La chaleur entraîne également un autre problème majeur : le manque d'eau. L'industrie lourde en utilise d'importants volumes pour refroidir ses installations. Or les canicules s'accompagnent souvent de sécheresses. Certaines usines doivent alors réduire leur activité faute de disposer des ressources nécessaires au fonctionnement de leurs systèmes de refroidissement. À lire aussiÉconomie verte: pourquoi le cap des 10 000 milliards de dollars marque un tournant historique Des chaînes d'approvisionnement plus fragiles face au changement climatique Les effets des vagues de chaleur dépassent largement les portes des usines. Une industrie dépend de matières premières, de routes, de voies ferrées, de ports ou encore des grands fleuves européens. Si une sécheresse réduit la navigation sur le Rhin, si une inondation coupe une ligne ferroviaire ou si un port est paralysé, c'est toute la chaîne industrielle qui est perturbée. Même une usine qui n'est pas directement touchée par la chaleur peut voir sa production s'arrêter parce qu'elle ne reçoit plus ses approvisionnements ou ne peut plus livrer ses clients. Pour Sia Partners, le défi est désormais double. Les industriels doivent poursuivre leurs investissements pour réduire leurs émissions de CO2, mais aussi adapter leurs sites aux conséquences du réchauffement climatique : mieux gérer l'eau, protéger les infrastructures, revoir l'organisation du travail ou encore sécuriser les chaînes d'approvisionnement. En clair : le changement climatique est devenu un véritable enjeu économique. Et demain, les entreprises qui auront le mieux anticipé ces nouveaux risques disposeront d'un avantage compétitif sur leurs concurrents.

Débat du jour
Effondrement démographique : une bonne nouvelle?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 29:30


C'est une nouveauté en France ce 1er juillet: l'entrée en vigueur du congé de naissance. Un nouveau droit, du temps supplémentaire pour les jeunes parents, avec indemnité, pour s'occuper de leur bébé. Une mesure en vue du « réarmement démographique » souhaité par Emmanuel Macron, en soutien à la natalité qui est en déclin en France, comme ailleurs en Europe ou en Asie. Le déclin démographique inquiète, mais le débat du jour prend le contre-pied: et si, finalement, la dénatalité était une chance ? L'occasion, pourquoi pas, de construire un monde plus vivable ? Pour en débattre : - Guillaume Duval, conseiller à l'Institut Jacques Delors, essayiste, ancien rédacteur en chef d'Alternatives économiques - Bertrand Martinot, économiste, spécialiste du marché du travail et des politiques de l'emploi, expert associé de l'Institut Montaigne, auteur du livre J'ai cotisé, j'y ai droit ! Mensonges et vérités sur les retraites, éditions Hermann - Hervé Le Bras, démographe, chercheur et directeur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED). Auteur du livre La grève des naissances : comment les inégalités femmes-hommes font chuter la natalité dans le monde entier, à paraître en septembre 2026 aux éditions de l'Aube.

Débat du jour
Effondrement démographique : une bonne nouvelle?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 29:30


C'est une nouveauté en France ce 1er juillet: l'entrée en vigueur du congé de naissance. Un nouveau droit, du temps supplémentaire pour les jeunes parents, avec indemnité, pour s'occuper de leur bébé. Une mesure en vue du « réarmement démographique » souhaité par Emmanuel Macron, en soutien à la natalité qui est en déclin en France, comme ailleurs en Europe ou en Asie. Le déclin démographique inquiète, mais le débat du jour prend le contre-pied: et si, finalement, la dénatalité était une chance ? L'occasion, pourquoi pas, de construire un monde plus vivable ? Pour en débattre : - Guillaume Duval, conseiller à l'Institut Jacques Delors, essayiste, ancien rédacteur en chef d'Alternatives économiques - Bertrand Martinot, économiste, spécialiste du marché du travail et des politiques de l'emploi, expert associé de l'Institut Montaigne, auteur du livre J'ai cotisé, j'y ai droit ! Mensonges et vérités sur les retraites, éditions Hermann - Hervé Le Bras, démographe, chercheur et directeur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED). Auteur du livre La grève des naissances : comment les inégalités femmes-hommes font chuter la natalité dans le monde entier, à paraître en septembre 2026 aux éditions de l'Aube.

Aujourd'hui l'économie
Intelligence artificielle: les entreprises qui investissent le plus dans l'IA recrutent davantage

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 3:15


Alors que l'intelligence artificielle est souvent présentée comme une menace pour l'emploi, une étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient nuancer cette idée. Selon ses conclusions, les entreprises qui investissent massivement dans l'IA recrutent plus rapidement que leurs concurrentes. Une tendance qui s'explique avant tout par les gains de productivité générés par cette technologie. Lorsqu'on évoque l'intelligence artificielle, un scénario revient presque systématiquement. Les entreprises investissent dans l'IA, les logiciels remplacent progressivement les salariés et les licenciements se multiplient. Les annonces récentes de plusieurs géants de la tech, comme Meta, semblent d'ailleurs alimenter cette idée. Les effectifs diminuent tandis que les investissements dans l'intelligence artificielle continuent de progresser. Pourtant, une nouvelle étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient sérieusement bousculer ce constat. Les chercheurs ont analysé près de 22 000 entreprises américaines afin de mesurer l'impact réel des investissements dans l'intelligence artificielle sur l'emploi. Le résultat est pour le moins surprenant. En moyenne, les effectifs de cadres des entreprises ayant investi massivement dans l'IA augmentent de 10,2% dans les deux années qui suivent le début de leurs investissements. Autre enseignement marquant : les jeunes diplômés, souvent présentés comme les premières victimes de l'intelligence artificielle sur le marché du travail, semblent eux aussi bénéficier de cette dynamique. Les postes de début de carrière progressent également. Les recrutements concernent aussi bien les ingénieurs que les commerciaux, les fonctions administratives ou encore les équipes du service client. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? L'IA ne crée pas directement des emplois, elle accélère la croissance des entreprises Pour autant, il ne faut pas conclure que l'intelligence artificielle crée mécaniquement des emplois. C'est toute la subtilité de cette étude. Les chercheurs montrent que les gains de productivité apportés par l'IA permettent aux entreprises de développer davantage de produits, d'accélérer leurs projets et de gagner des parts de marché. La conséquence est qu'elles finissent par recruter pour accompagner cette croissance. Cette logique économique est bien connue. Chaque grande innovation technologique réduit les coûts de production. Les entreprises disposent alors de deux possibilités : produire autant avec moins de salariés ou profiter de ces gains de productivité pour développer leur activité. Dans le second cas, la croissance s'accompagne naturellement de nouvelles embauches. En revanche, cette dynamique ne concerne pas toutes les entreprises. Celles qui se contentent de quelques abonnements à ChatGPT ou qui expérimentent ponctuellement des outils d'intelligence artificielle ne constatent quasiment aucun changement dans leurs effectifs. Les bénéfices apparaissent lorsque l'IA s'inscrit dans une véritable stratégie de transformation. Cela suppose des investissements importants, une intégration profonde de cette technologie dans les processus de l'entreprise, mais aussi une vision à long terme. L'intelligence artificielle n'est donc pas une solution miracle de court terme. C'est un chantier de transformation qui demande des moyens, des compétences et une véritable stratégie. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Un risque de fracture entre les entreprises L'étude met également en lumière un autre phénomène. Les entreprises qui investissent le plus dans l'IA sont aussi, bien souvent, celles qui étaient déjà les plus innovantes et les mieux financées. Dès lors, l'intelligence artificielle pourrait contribuer à creuser les écarts entre les entreprises. Un fossé pourrait progressivement apparaître entre celles qui disposent des ressources nécessaires pour intégrer pleinement l'IA et celles qui restent au stade de l'expérimentation. Cette analyse permet aussi de comprendre pourquoi les discours sur les effets de l'intelligence artificielle semblent parfois contradictoires. D'un côté, certaines entreprises annoncent des licenciements en expliquant que certaines tâches sont désormais automatisées. De l'autre, d'autres recrutent parce que les gains de productivité générés par l'IA leur permettent de lancer de nouveaux projets et de conquérir de nouveaux marchés. Ces deux réalités coexistent. Au fond, ce qu'il faut retenir, c'est que l'intelligence artificielle détruit certains métiers, en transforme beaucoup d'autres et peut également créer de nouveaux besoins. La question n'est donc plus seulement de savoir si l'IA remplacera les salariés, mais plutôt quelles entreprises sauront utiliser cette technologie pour créer davantage de valeur et renforcer leur compétitivité.

7 milliards de voisins
Quel bilan pour les «territoires zéro chômeur de longue durée» en France?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 48:30


En 2016, la France expérimentait les «territoires zéro chômeur de longue durée». Un dispositif étendu en 2020, qui permet à des personnes durablement éloignées du marché de l'emploi de trouver un travail. Concrètement, des entreprises à but d'emploi (EBE), des structures à but non lucratif et financées par la dépense publique, ont ainsi été créées pour employer ces personnes en CDI, à temps choisi près de leur domicile. Dix ans après, plus de 4 000 personnes ont retrouvé le chemin de l'emploi grâce à l'expérimentation. Alors qu'une proposition de loi devait pérenniser ce programme, l'avenir de « Territoires zéro chômeur de longue durée » est suspendu au calendrier législatif français. Si des critiques sont formulées, les évaluations du projet sont globalement positives. D'autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne ou encore l'Afrique du Sud s'en sont d'ailleurs inspirés. Selon les chiffres de l'INSEE (l'Institut national de la statistique et des études économiques en France), parmi les chômeurs, 580 000 personnes en moyenne déclarent au quatrième trimestre 2025 être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an. Une situation qui impose des réponses concrètes de la part de l'État. L'ancien Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté Olivier de Schutter, plaidait par exemple pour une « garantie d'emploi » afin de lutter contre la pauvreté et mieux protéger les travailleurs. Quels enseignements tirer de l'expérimentation française « Territoires zéro chômeur de longue durée » ? Avec l'arrivée de l'IA qui va supprimer de nombreux métiers, faut-il mettre en place un droit à l'emploi ? Avec : Florence Jany-Catrice, économiste coordinatrice du réseau RESTEZ (Recherche sur les expérimentations sociales et territoriales « TZC ») du CNRS Denis Prost, vice-président de l'association Territoires zéro chômeur de longue durée.   Également dans l'émission : Un entretien avec Abdoollah Earally, correspondant de RFI à New Delhi, en Inde, où la loi nationale Mahatma Gandhi sur la garantie d'emploi rural (MGNREGA).   En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils et analyse la pertinence de leurs réponses. Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat.   Programmation musicale : ►  Boss - Meryl, Lejuh ►  Alo!? / الو!؟ - Nour.  

7 milliards de voisins
Quel bilan pour les «territoires zéro chômeur de longue durée» en France?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 48:30


En 2016, la France expérimentait les «territoires zéro chômeur de longue durée». Un dispositif étendu en 2020, qui permet à des personnes durablement éloignées du marché de l'emploi de trouver un travail. Concrètement, des entreprises à but d'emploi (EBE), des structures à but non lucratif et financées par la dépense publique, ont ainsi été créées pour employer ces personnes en CDI, à temps choisi près de leur domicile. Dix ans après, plus de 4 000 personnes ont retrouvé le chemin de l'emploi grâce à l'expérimentation. Alors qu'une proposition de loi devait pérenniser ce programme, l'avenir de « Territoires zéro chômeur de longue durée » est suspendu au calendrier législatif français. Si des critiques sont formulées, les évaluations du projet sont globalement positives. D'autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne ou encore l'Afrique du Sud s'en sont d'ailleurs inspirés. Selon les chiffres de l'INSEE (l'Institut national de la statistique et des études économiques en France), parmi les chômeurs, 580 000 personnes en moyenne déclarent au quatrième trimestre 2025 être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an. Une situation qui impose des réponses concrètes de la part de l'État. L'ancien Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté Olivier de Schutter, plaidait par exemple pour une « garantie d'emploi » afin de lutter contre la pauvreté et mieux protéger les travailleurs. Quels enseignements tirer de l'expérimentation française « Territoires zéro chômeur de longue durée » ? Avec l'arrivée de l'IA qui va supprimer de nombreux métiers, faut-il mettre en place un droit à l'emploi ? Avec : Florence Jany-Catrice, économiste coordinatrice du réseau RESTEZ (Recherche sur les expérimentations sociales et territoriales « TZC ») du CNRS Denis Prost, vice-président de l'association Territoires zéro chômeur de longue durée.   Également dans l'émission : Un entretien avec Abdoollah Earally, correspondant de RFI à New Delhi, en Inde, où la loi nationale Mahatma Gandhi sur la garantie d'emploi rural (MGNREGA).   En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils et analyse la pertinence de leurs réponses. Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat.   Programmation musicale : ►  Boss - Meryl, Lejuh ►  Alo!? / الو!؟ - Nour.  

Reportage France
Le congé de naissance représente «une perte de revenus» qui n'est pas à la portée de tous

Reportage France

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:39


Le congé de naissance d'une durée de deux mois maximum par parent entre en vigueur mercredi 1er juillet en France, offrant le prolongement du congé maternité, paternité ou adoption. Sont éligibles les parents dont l'enfant est né à partir du 1er janvier 2026. Mais cette avancée est encore très loin du niveau d'autres pays européens : ce nouveau droit est rémunéré à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second. Les associations féministes dénoncent une réforme minimaliste. Les associations féministes contestent le faible montant de l'indemnisation prévu par ce nouveau droit : dans un couple, cela reviendra sans doute à la personne au plus faible revenu de prendre le congé, soit la femme, dans la plupart des cas. Malgré tout, certains attendaient cette avancée, beaucoup la prévoient surtout pour pallier le manque de mode de garde ou pour pallier le stress de l'organisation à l'arrivée d'un nouveau-né. À lire aussiAllongement du congé paternité: ce qu'en disent les familles « Est-ce que ça devrait s'appeler congé ? » Héloïse, maman d'une première fille, Cléa, qui a trois ans, vient de lui donner un frère. Nino est né le 20 mars dernier. « C'est mon deuxième enfant. Pour ma part, la crèche prend l'enfant à partir de ses cinq mois au moins. Donc je n'ai vraiment pas le choix. Et il n'y avait qu'une place qu'en septembre et, je vais pouvoir prendre ce congé de naissance de début juillet à début septembre. Ce qui me permet même de pouvoir faire la première semaine d'adaptation à la crèche. Donc pour moi, ce congé de naissance est parfait. » Cependant, cette maman devra faire des sacrifices pour jouir de ce droit. « Ce qui est un peu dur, mais en fait, j'ai déjà l'expérience de l'aîné où j'ai compris qu'avoir un enfant, de toute façon, c'était renoncer à une bonne partie de son salaire et avoir une perte de revenus. Donc ça, je l'ai compris et c'est ce qui va se passer encore. Parce que ce congé de naissance, avec le deuxième mois, surtout à 60 %, je pense que ça va nous permettre de rentrer dans les charges. Donc, je me suis préparée, j'ai fait des économies, nous confie-t-elle. C'est ça qui me permet de pouvoir le prendre sereinement. Mais c'est compliqué », reconnaît Héloïse. Son conjoint va peut-être prendre un mois de congé de naissance aussi au mois d'août. « Cela va permettre qu'on soit tous les deux en garde et cela va m'alléger un petit peu le quotidien. Je pense que c'est vraiment important que les hommes aient vraiment un temps, si possible même seuls, à garder l'enfant. C'est vraiment là qu'on comprend tout le travail que c'est et toute la charge que c'est. Et ça permet d'être vraiment plus équilibré après. Moi j'en ai fait l'expérience avec mon aîné, quand mon compagnon l'a gardée un petit peu seule. La répartition des tâches était bien mieux après. Est-ce que ça devrait s'appeler congé ? Je sais même pas parce que c'est vraiment du travail parfois entre juste le changement de couches, donner le biberon et les pleurs, on n'a vraiment aucun temps pour soi dans une journée. » À lire aussiCongé de paternité de 28 jours: «un investissement pour des progrès de développement de l'enfant et pour la stabilité du couple » « 60 % du salaire sur des salaires de niveau intermédiaire, ça reste difficile à gérer » À 39 ans, Étienne va devenir père de famille en septembre prochain. « Sur l'idée de prendre un congé de manière générale, il n'y avait pas trop trop de débat à avoir. Moi, je pense que c'était important de prendre ma part du travail, de participer à tout ce changement de vie, ce changement de rythme qui accompagne une naissance inévitablement. Alors si on parle du nouveau congé qui rentre en place en juillet, la réponse est plutôt non. Pour une raison assez simple : 60 % du salaire sur des salaires de niveau intermédiaire, ça reste quand même difficile à gérer. Il faut anticiper un certain nombre de dépenses aussi. Quand on devient parent, c'est vraiment difficile. Et les gens hésitent parce que financièrement, en termes d'organisation, c'est pas l'idéal », analyse-t-il. À lire aussi«Deux semaines, c'est ridicule»: au Royaume-Uni, les hommes demandent un congé paternité plus long

Aujourd'hui l'économie
Pourquoi la natalité baisse presque partout dans le monde

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 3:23


Longtemps attribuée à un simple changement des aspirations familiales, la baisse de la natalité s'explique aujourd'hui par des facteurs beaucoup plus complexes. Difficultés à former un couple, crise du logement, précarité, réseaux sociaux… Cette évolution, qui touche désormais la quasi-totalité de la planète, pourrait avoir des conséquences majeures sur la croissance, les retraites et l'économie mondiale. C'est l'un des principaux bouleversements économiques de notre époque : la chute de la natalité. Longtemps considérée comme un phénomène propre aux pays riches, elle touche désormais la quasi-totalité de la planète. Aujourd'hui, plus des deux tiers des pays affichent une fécondité inférieure au seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Pendant longtemps, la baisse de la fécondité s'expliquait assez simplement. Les couples faisaient moins d'enfants. Mais cette explication ne suffit plus. Selon plusieurs travaux, dans de nombreux pays développés, le nombre d'enfants par mère reste relativement stable. Ce qui fait chuter la natalité, c'est surtout la baisse de la formation des couples. Les jeunes continuent d'exprimer le souhait d'avoir des enfants. En revanche, ils rencontrent davantage de difficultés à construire une relation durable, à se projeter et à créer un environnement favorable à la parentalité. À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie Logement, précarité : les facteurs économiques restent déterminants Au-delà des évolutions des mœurs, des facteurs beaucoup plus structurels expliquent également cette baisse de la natalité. L'accès au logement est plus difficile, les études sont plus longues, la précarité professionnelle est plus fréquente et le coût de l'éducation continue d'augmenter. Autant de facteurs qui retardent les projets familiaux. Le logement illustre parfaitement cette réalité. Sans stabilité résidentielle, il devient plus difficile d'envisager de fonder une famille. Le Financial Times souligne ainsi que le recul de la natalité au Royaume-Uni et aux États-Unis est notamment lié aux difficultés d'accès au logement. Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Les pays nordiques, pourtant relativement prospères et dotés de politiques familiales généreuses, connaissent eux aussi une baisse marquée de leur fécondité. À lire aussiLa démographie ou l'enjeu économique de ces dix prochaines années Les smartphones et les réseaux sociaux sont-ils aussi en cause ? Une autre hypothèse, plus récente, retient l'attention de plusieurs chercheurs américains : le rôle des smartphones et des réseaux sociaux. Entre 2008 et 2015, période correspondant à leur généralisation, la baisse de la natalité s'est accélérée dans de nombreux pays, aussi différents que la France, les États-Unis, le Mexique, l'Indonésie ou encore plusieurs pays africains. Attention toutefois : les chercheurs ne démontrent pas de lien de causalité. Ils évoquent une corrélation forte et avancent plusieurs mécanismes susceptibles d'expliquer cette évolution. Le premier est simple. Nous passons moins de temps ensemble. Or, pour rencontrer un partenaire durable, les interactions réelles restent essentielles. Les réseaux sociaux modifient également les attentes. Ils exposent en permanence des modèles de beauté, de réussite personnelle ou de vie de couple parfois fantasmés, susceptibles de rendre plus difficile la construction d'une relation stable. Enfin, ils entretiennent un climat d'anxiété permanente qui n'incite pas toujours à se projeter dans des engagements conjugaux et familiaux de long terme. Il ne faut évidemment pas accuser le smartphone de tous les maux. Il ne s'agit que d'une hypothèse parmi d'autres pour expliquer cette dynamique. Une chose, en revanche, est certaine : moins de naissances aujourd'hui, ce sont moins d'actifs demain. Cela signifie potentiellement moins de croissance, davantage de difficultés pour financer les retraites, des tensions sur les systèmes de santé et, à terme, un ralentissement de l'innovation et de la consommation. L'enjeu est désormais mondial. Et alors que nous n'avons jamais eu autant de moyens matériels, autant de progrès technologiques et une espérance de vie aussi élevée, les sociétés font presque partout moins d'enfants. Derrière cette évolution démographique se cache peut-être l'un des plus grands défis économiques du XXIᵉ siècle. À lire aussiRoyaume-Uni: le choc démographique qui menace l'économie britannique

Afrique Économie
Maroc: face à la loi française contre le démarchage, les travailleurs des centres d'appels dans l'inquiétude

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 2:34


C'est une échéance que redoutent les travailleurs des centres d'appels au Maroc. En août entrera en vigueur en France la loi qui interdit le démarchage téléphonique sans consentement. Un changement majeur sur un marché qui représente 80% du chiffre d'affaires des entreprises marocaines. Selon les autorités du royaume, jusqu'à 50 000 emplois seraient menacés, dont beaucoup de postes occupés par des étrangers venus d'Afrique subsaharienne. De notre correspondant à Casablanca, Lamine est directement concerné par cette réforme. « Je fais du démarchage téléphonique. Je fais l'émission, c'est-à-dire appeler les clients, leur proposer des services, explique-t-il. Aujourd'hui, on se sent menacés. » Ce Sénégalais est au Maroc depuis trois ans. Les centres d'appels constituaient jusqu'ici une opportunité d'emploi intéressante pour les jeunes comme lui. « Quand on arrive au Maroc avec des diplômes, on se rue quand même sur les centres d'appels, parce qu'il y en a plusieurs ici. Et, avec les salaires qu'on nous paie ici, on subvient à plein de besoins, ce qui n'était pas possible au Sénégal », détaille encore Lamine. Mamadou est aussi très inquiet : « Nous, on s'attend au pire. Je travaille dans les centres d'appels. Je ne connais que ce domaine-là pratiquement. Ça me permet de joindre les deux bouts et ça m'a permis de réaliser pas mal de trucs au Sénégal. » Le démarchage téléphonique ne va pas disparaître totalement, selon les explications de la direction à ces employés. « Peut-être que des alternatives suivront, des clients qui seront intéressés pour changer d'offres pourront faire des demandes sur les sites et nous, on pourra rappeler ces clients, espère-t-il. Parce que ce sont eux qui auront demandé à être contactés et pas le contraire en fait. »  Alors que le démarchage téléphonique va se compliquer, les employés, qui touchent souvent des primes sur objectif, risquent de perdre une partie de leur rémunération. Quel accompagnement pour les petites structures ? Du côté du patronat, les grands groupes relativisent l'impact de la loi française sur le secteur. Selon la fédération marocaine de l'externalisation des services, le démarchage téléphonique pur ne constitue plus aujourd'hui que 15% à 20% de l'activité totale. C'est la guerre des chiffres avec les syndicats. « Le grand nombre de ces centres d'appels sont des petites structures, voire des moyennes structures », pointe Ayoub Saoud, le secrétaire général de la Fédération nationale des centres d'appels, affiliée à la centrale UMT. Les petites et moyennes entreprises représentent plus de 60% du tissu du secteur. Et pour celles qui sont spécialisées dans le télémarketing, le choc s'annonce frontal. « Comment le gouvernement compte-t-il accompagner ces centres d'appels pour éviter cette crise sociale ? Il faut trouver des solutions, il faut impliquer les acteurs socio-économiques pour parler notamment de gestion prévisionnelle des emplois et des carrières, et de reconversion professionnelle », alerte Ayoub Saoud. Le gouvernement dit travailler sur un plan d'action. Ayoub Saoud dénonce au contraire l'impréparation des autorités, alors que la menace pèse depuis longtemps sur le démarchage téléphonique. Il souhaiterait aussi que les partenaires français soient impliqués dans la recherche de solutions.

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 80:54


Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais et professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York (États-Unis) est le grand invité de l'émission économie RFI Jeune Afrique. Premier lauréat du prix Africa NextGen Economist, il décrypte sans détour les grands défis économiques de l'Afrique et du Sénégal : crise de la dette, déficits de financement, enjeux fiscaux, emploi des jeunes, développement de l'IA. Un entretien sans concession animé par Bruno Faure et Aurélie M'Bida.

Éco d'ici éco d'ailleurs
Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 80:54


Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais et professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York (États-Unis) est le grand invité de l'émission économie RFI Jeune Afrique. Premier lauréat du prix Africa NextGen Economist, il décrypte sans détour les grands défis économiques de l'Afrique et du Sénégal : crise de la dette, déficits de financement, enjeux fiscaux, emploi des jeunes, développement de l'IA. Un entretien sans concession animé par Bruno Faure et Aurélie M'Bida.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► JTM - Myra ► Sexy - Juice.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► JTM - Myra ► Sexy - Juice.

Aujourd'hui l'économie
Xbox, la division jeu vidéo de Microsoft se prépare à de nouveaux licenciements de masse

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 3:03


Trois mois après son arrivée, Asha Sharma, la nouvelle patronne de la division gaming du géant informatique promet de « réinitialiser Xbox ». Une promesse qui devrait prendre la forme d'un dégraissage brutal avec de nombreuses fermetures et ventes de studios et des milliers de suppressions d'emplois. La traduction d'un changement de stratégie brutal pour Microsoft qui délaisse le jeu vidéo pour se mettre toutes ses forces dans la course à l'intelligence artificielle (IA). « Ça ne peut plus durer comme ça. » Dans un courrier adressé aux 20 000 salariés de Xbox le 10 juin, Asha Sharma arrivée à la tête de la division gaming de Microsoft en janvier dernier donne le ton. Dans ce texte aux accents de lettre de rupture, elle dresse le portrait d'une branche en déclin et promet de « réinitialiser Xbox » en 100 jours. Comment ? Asha Sharma restait floue. Depuis la presse spécialisée fait état d'un « bain de sang » en préparation pour la fin de l'exercice fiscal de Microsoft, le 30 juin prochain, avec à la clé de multiples fermetures de studios et des milliers d'emplois supprimés. Trois jours avant ce courrier, Asha Sharma profitait pourtant du Summer Game Fest, la grand-messe annuelle du jeu vidéo, pour lancer en grande pompe les festivités autour des 25 ans de Xbox. Rien ne laissait alors présager qu'en coulisses se préparait le cinquième plan social en deux ans pour Xbox. Microsoft se porte pourtant bien : au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré plus de 30 milliards de dollars de bénéfices. Une rentabilité en berne malgré des investissements colossaux Mais la contribution du jeu vidéo est de plus en plus marginale. La rentabilité de Xbox atteint péniblement 3 %, loin des standards du groupe. Dans son courrier Asha Sharma rappelle pourtant les investissements colossaux consentis ces dernières années : 20 milliards sur cinq ans, auxquels il faut ajouter les 69 milliards de dollars dépensés en 2023 pour racheter Activision Blizzard, le plus gros investissement de toute l'histoire de l'industrie du jeu vidéo qui a fait de Microsoft le premier employeur mondial du secteur. Cette frénésie de rachat de studios visait à alimenter en contenu le Game Pass, le système d'abonnement de Xbox, sorte de Netflix du jeu vidéo.  À lire aussiEmploi: l'industrie du jeu vidéo toujours en zone de turbulences Mais cette stratégie n'a pas porté ses fruits. D'abord parce que les jeux vidéo coûtent de plus en plus cher à produire, il n'est pas rare que leurs budgets dépasse ceux des superproductions hollywoodiennes. Or la croissance du jeu vidéo s'est déplacée des marchés historiques de Xbox en Europe et aux États-Unis vers la Chine ou le Brésil où il est beaucoup moins bien implanté. Surtout, entre le moment où cette stratégie de rachats compulsifs a été imaginée et mise en œuvre et aujourd'hui, le boom de l'intelligence artificielle est intervenu. Il ne faut pas oublier que l'industrie du jeu vidéo est d'abord et avant tout une industrie informatique. Elle subit donc de plein fouet l'explosion du prix des composants électroniques et la concurrence des datacenters. Le jeu vidéo n'est clairement plus une priorité En première ligne de cette course effrénée à l'IA, Microsoft se retrouve en position de mettre ses différentes divisions en concurrences. Entre ses deux enfants, le groupe a clairement choisi : c'est dans l'IA qu'il prévoit d'investir 190 milliards de dollars cette année. Le jeu vidéo n'est clairement plus une priorité. Ce n'est pas un hasard si avant d'être nommée PDG de Xbox en janvier Asha Sharma avait fait toute sa carrière dans l'IA. Microsoft lui a visiblement confiée pour mission de dégraisser pour permettre au groupe d'accélérer dans sa course à l'intelligence artificielle. Ce n'est pas un bug, c'est un changement brutal de stratégie.  

Reportage Afrique
Côte d'Ivoire: autour du parc de la Comoé, un contexte économique et social fragile [3/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 20, 2026 2:20


Troisième et dernier épisode de notre série autour du parc de la Comoé, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Avec cette question : les activités économiques des communautés locales sont-elles assez conséquentes pour leur éviter de basculer dans des activités illicites ? De notre correspondante de retour de Doropo, Ama Ouattara est pêcheur. Depuis la reprise en main du parc de la Comoé, ce vieil homme mène ses activités dans un barrage. Problème : sur ce nouveau site, les frais pour pêcher sont élevés. Et surtout, les ressources halieutiques sont moins abondantes : « Ici, il n'y a pas de poisson. Si ce n'est pas de la carpe, il n'y a aucun autre poisson ici. Alors que dans la zone du parc, il y a beaucoup de poissons dedans. » Selon les données de la Banque mondiale, le Bounkani est l'une des régions les plus vulnérables de la Côte d'Ivoire, avec un taux de chômage qui dépasse les 40% chez les jeunes. Ces derniers délaissent l'agriculture, jugée trop pénible et peu rentable, au profit d'activités plus lucratives à l'image de l'orpaillage. Car dans leur esprit, la réussite sociale suit des critères bien visibles. Comme l'explique Mamadi Sidibé, le président du Conseil national des jeunes de Doropo : « Quand on dit que quelqu'un a réussi, c'est à travers une maison pour lui-même, et ensuite, on voit prospérer ses activités à travers un magasin et à travers le fait d'avoir une moto ou une voiture. » À lire aussiCôte d'Ivoire: le parc national de la Comoé préservé grâce à des méthodes modernes de surveillance [1/3] Les jeunes se tournent vers l'orpaillage Un gisement aurifère de plus de 100 tonnes a récemment été découvert : il sera exploité par une société étrangère. Dans cette zone, l'or suscite à la fois espoir et frustration de la part des jeunes. Pour la plupart, ils se replient sur des entreprises locales, récemment reconnues par l'État. La question de l'orpaillage est un sujet tabou : peu de jeunes osent l'évoquer ouvertement. Mamadi Sidibé, se présente comme un menuisier : « Actuellement dans la région, il y a 15 personnes qui sont légalement constituées en ce qui concerne l'orpaillage. Je suis menuisier de fonction. Quand quelqu'un va sur le site, qu'il gagne de l'argent, c'est moi qui fait la charpenterie, donc de façon indirecte, je participe aussi. » Ces activités suffisent-elles à satisfaire les besoins de ces habitants ? Pour détecter assez tôt de potentiels risques, plusieurs organisations planchent sur un indice pour mesurer le degré de fragilité économique et sociale de ces populations. Le docteur Nourredine Oréyolé, coordinateur technique de la Commission nationale des frontières, explique : « L'indice, c'est surtout la fragilité économique, sociale – les problèmes de cohésion sociales – mais aussi la fragilité sécuritaire. Avec les collectes de données que nous avons, on peut savoir, à un instant T, si cette communauté locale est vraiment résiliente ou pas. C'est un outil de décision, qui permet de lutter contre l'extrémisme. » Parmi les questions les plus sensibles, figurent la gestion des conflits entre éleveurs et agriculteurs, ou encore la criminalité transfrontalière. À lire aussiCôte d'Ivoire: les habitants s'impliquent autour du parc national de la Comoé pour le protéger [2/3]

Afrique Économie
Reprise très partielle de l'activité d'Eramet Grande Côte au Sénégal

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 2:32


Au Sénégal, l'activité minière d'Eramet a repris à 30% de son niveau habituel depuis fin avril dans la région de Grande-Côte. Le site où sont produits des sables minéralisés (tels que le zircon ou l'ilménite) avait été touché par un incendie en février. Quelles perspectives pour les employés et pour le budget de l'État sénégalais, qui perçoit une part des revenus d'Eramet ? Eramet a payé 76 millions d'euros sous forme d'impôt et de taxes à l'État sénégalais en 2025 sur une contribution totale estimée à 230 millions d'euros par le groupe français, qui comptabilise aussi notamment les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Cette année, la chute de l'activité se fera inévitablement sentir, confirme Frédéric Zanclan, directeur d'Eramet Grande Côte : « Sachant qu'on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n'avons pas encore les chiffres. » Avant l'incendie de février, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l'État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs du pays, avec des volumes exportés de gaz et de pétrole supérieurs aux prévisions et un cours des hydrocarbures favorable, devrait permettre d'atténuer la baisse de la contribution d'Eramet, selon Youga Sow, consultant en stratégie dans le domaine minier et fondateur du cabinet Advise Africa. Mais l'impact ne sera pas neutre ajoute t-il : « L'État devrait retomber sur ses pattes mais il faut relativiser, car c'est un État qui est endetté et qui fait face à beaucoup de problèmes économiques et où l'économie est quasiment stagnante, chaque sous compte, donc ce qui se passe à Eramet ne peut pas être sans impact sur les revenus de l'État, et il n'y a pas que les revenus collectés par l'État, on parle aussi d'emplois. » À lire aussiLe fonds d'investissement Orion CMC aurait des visées sur le groupe français Eramet Un coup social et humain important Seule une partie des employés a en effet été rappelée pour relancer la production en avril. Ceux qui sont au chômage, mais salariés directs d'Eramet, bénéficient en attendant leur retour d'un dispositif de soutien, précise Frédéric Zanclan : « À titre illustratif, pour la tranche ouvrière, on reverse jusqu'à 73% du salaire ; le plancher minimum est d'environ 50% pour l'ensemble des salariés. » Ces mesures concernent une minorité de salariés : sur 3 000 employés d'Eramet, environ 2 500 ne sont pas directement rattachés au groupe français et ne bénéficient donc pas de la même prise en charge : « Nous avons des sous-traitants, des prestataires, des intérimaires, qui eux, en fonction de la stratégie de leur entreprise, sont soit au chômage technique, même parfois en licenciement pour motif économique. » Un aspect social et humain qui est le plus important aux yeux de Youga Sow : « Ces acteurs-là vivaient jusqu'ici de cette activité autour d'Eramet. Si Eramet est contraint, pour des raisons technico-économiques que nous pouvons comprendre, de réajuster son modèle, cela va forcément se faire au détriment des revenus engrangés par les sous-traitants et les employés. » Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ? « La question c'est comment cela sera géré, quel est le modèle de transition qui sera mis en place pour atténuer les effets négatifs, quel est l'horizon, qu'est-ce qui est projeté ?, s'interroge le fondateur du cabinet Advise Africa. Est-ce qu'on est parti pour six mois, pour neuf mois et dans combien de temps la situation va être rétablie ​​​​​​​? Est-ce qu'il y a un plan de retour à la normale ​​​​​​​? Plus, il y a de transparence dans les éléments d'information communiqués et dans le traitement de la situation, plus les parties concernées seront enclines à comprendre la situation. » Eramet confirme que son projet de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n'est plus d'actualité et que le volume 2026 se situera entre 300 000 et 400 000 tonnes. « Nous sommes dans la phase d'appel d'offres, recrutement de prestataires et l'achat des équipements nécessaires pour redémarrer l'usine mobile flottante – affectée par l'incendie, NDLR – si le projet est bien mené, nous espérons revenir à 100% de notre capacité nominale au premier trimestre 2027 », précise Frédéric Zanclan. À écouter aussiAu Sénégal, la mine mobile d'Eramet accusée de détruire le désert et l'économie locale

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

Reportage International
En Inde, des micro-assurances contre la canicule pour protéger les travailleuses du secteur informel

Reportage International

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:33


En Inde, face aux chaleurs extrêmes, les travailleuses du secteur informel disposent d'une protection innovante : une assurance anti-chaleur. Le principe est simple : dès que la température dépasse les 42°C plusieurs jours de suite, ces femmes reçoivent automatiquement une compensation financière pour remplacer leur salaire perdu. Ce modèle de sécurité climatique n'en est qu'à ses débuts.  De notre correspondant à New Dehli, « J'ai connu ce projet quand ils sont venus nous l'expliquer », confie Komal. Ce sont des agents d'une compagnie d'assurance qui ont démarché la jeune  femme dans l'école privée de New Delhi où elle travaille comme nettoyeuse. À 28 ans, elle a immédiatement calculé l'intérêt de ce dispositif pour protéger son maigre revenu. « Travailler par 40°C, impossible. Je perdais 300 roupies par jour. Cotiser 400 roupies par an pour cette assurance change tout », explique-t-elle. Ce filet de sécurité sans intermédiaire a été pensé pour les travailleuses du secteur informel en Inde. Initié en 2023 par l'ONG SEWA (l'Association des femmes travailleuses indépendantes) dans le Gujarat, ce programme s'étend désormais à trois États. Le principe est simple : contre une cotisation annuelle de trois à quatre dollars, les assurées reçoivent automatiquement une indemnité journalière quand la température devient impossible. Anshu Jha, qui a coordonné ce déploiement pour l'ONG, souligne l'engouement croissant : « Les femmes sont très intéressées par cette assurance. En 2023, elles étaient 21 000, et en 2024, 50 000. Le nombre de bénéficiaires a plus que doublé. » Pour ces femmes payées à la journée, ce dispositif évite de devoir choisir entre la faim et une pénibilité extrême. Dans les rues de la capitale indienne désertées par la chaleur, Sunita vend ses fruits à l'ombre d'un arbre. Elle aussi a souscrit à l'assurance, mais face au coût de la vie, l'indemnité lui paraît maigre. « Je gagne 200 à 300 roupies par jour. Cela pour un ou deux repas. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas assez. Un peu plus, ce serait bien », confie-t-elle. Si l'assurance paramétrique existe depuis plus d'une décennie en Inde, la couverture contre la chaleur, elle, commence à peine. Des géants du secteur comme Bajaj Allianz adaptent leurs offres. Ils proposent des contrats sur mesure, valables de quelques jours à plusieurs mois selon les pics de canicule. Ashish Agrawal, directeur technique chez Bajaj General Insurance, anticipe une hausse de la demande : « Aujourd'hui, le climat est le plus grand risque pour tous. Nous devons absolument nous protéger. Je suis sûr que le marché de l'assurance climatique va croître. » Cet été, l'Inde étouffe sous des températures record qui frôlent les 50°C. Près de 400 millions de travailleurs informels subissent de plein fouet ce dérèglement. Face à l'urgence, ces micro-assurances anti-chaleur offrent un premier filet de sécurité pour s'adapter à la crise climatique. À lire aussiEn Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie
En Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 3:23


Longtemps présentée comme le moteur de la croissance indienne, la classe moyenne connaît aujourd'hui une profonde fracture. Tandis qu'une minorité profite pleinement du boom économique et technologique, une large partie des ménages voit son pouvoir d'achat stagner et ses perspectives sociales s'assombrir. Un paradoxe au cœur de la dernière note de l'Institut Montaigne consacrée à l'économie indienne. Quand on pense à l'Inde, on imagine une croissance spectaculaire, une population jeune et qualifiée, des multinationales qui s'implantent massivement et un immense marché de consommateurs. Pourtant, la réalité est aujourd'hui plus nuancée. La classe moyenne indienne représente toujours environ 140 millions de personnes, mais elle s'est profondément transformée. D'un côté, une minorité s'enrichit rapidement : dirigeants d'entreprise, entrepreneurs ou professionnels du numérique et des nouvelles technologies profitent pleinement de l'essor économique du pays. De l'autre, une large partie de cette même classe moyenne connaît une situation beaucoup plus fragile. Les salaires progressent peu, l'inflation pèse sur les budgets familiaux et les dépenses de santé ou d'éducation augmentent fortement. Cette fracture est si marquée que les économistes parlent désormais d'une croissance en K. Il faut imaginer la lettre : une branche monte, celle des plus aisés, l'autre stagne, voire recule progressivement, celle de la classe moyenne inférieure. Une consommation qui révèle les inégalités Cette polarisation se lit directement dans les habitudes de consommation des Indiens. Les ventes de petites voitures ralentissent tandis que celles des SUV continuent de progresser. Le marché immobilier traditionnel souffre, mais les logements de luxe battent des records. Quant aux hôtels milieu de gamme, ils enregistrent une croissance bien plus faible que les établissements cinq étoiles. Autrement dit, le marché indien ne s'élargit plus : il monte en gamme. Les entreprises continuent certes de vendre leurs produits, mais à une clientèle plus aisée qu'auparavant. Le moteur de la consommation n'est plus la vaste classe moyenne que beaucoup imaginaient il y a encore quelques années, mais les ménages les plus riches. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne Jeunesse, éducation et tech : les nouveaux défis de l'économie indienne L'Inde conserve pourtant un atout majeur : sa jeunesse. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, un potentiel démographique longtemps considéré comme un formidable levier de croissance. Mais le chômage touche particulièrement les diplômés. Paradoxalement, plus le niveau d'études est élevé, plus il devient difficile de trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Le système éducatif public souffre d'un manque chronique d'investissements, poussant les familles vers des établissements privés coûteux. Or beaucoup de diplômés quittent ces formations sans disposer des compétences réellement recherchées par les entreprises. De nombreuses familles s'endettent ainsi pour financer des études qui ne débouchent pas toujours sur l'ascension sociale espérée. Même le secteur des technologies de l'information, symbole du miracle économique indien, montre aujourd'hui des signes d'essoufflement. L'intelligence artificielle automatise une partie des tâches réalisées dans les centres de services informatiques et les grands groupes technologiques ralentissent leurs recrutements, voire réduisent leurs effectifs. Le secteur qui avait largement contribué à l'émergence de la classe moyenne participe désormais à sa fragmentation. Cette évolution soulève une question centrale pour l'avenir de l'économie indienne. Alors que la concentration des richesses atteint des niveaux records et que l'Inde compte désormais davantage de milliardaires que la Chine, une partie croissante de la classe moyenne voit son ascenseur social ralentir. La puissance économique indienne continue d'accélérer. Mais sa promesse de mobilité sociale, elle, semble aujourd'hui beaucoup plus fragile.

7 milliards de voisins
Le télétravail, véritable avancée pour les travailleurs?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Relativement rare à l'échelle mondiale, le télétravail s'est installé dans les entreprises et nos quotidiens depuis la pandémie de Covid-19. Une révolution imposée par la succession de confinements et possible grâce à la technologie. Pour prendre l'exemple de la France, en moyenne, 22% des salariés ont eu recours au télétravail en 2024 chaque semaine, d'après une récente de l'INSEE. Ils étaient seulement 4% avant la pandémie. Moins de temps dans les transports, économie de carburant, flexibilité, autonomie,... font partie des raisons pour lesquelles le travail à distance est plébiscité chez les salariés. Côté entreprise, certaines ont pu bénéficier d'un gain de productivité grâce au télétravail, c'est ce que démontre une autre étude de l'INSEE, publiée en mai 2026.   Pour autant, la pratique ne fait pas l'unanimité. Ubisoft, la Société Générale en France, Amazon, Meta, Microsoft ou Stellantis aux États-Unis... Toutes ces entreprises ont annoncé la suppression ou la réduction du télétravail. En cause, les difficultés de coordination, le manque de cohésion des équipes ou la baisse du sentiment d'appartenance à l'entreprise. Côté employés, le télétravail ne présente pas non plus que des bénéfices. Il crée notamment des inégalités entre ceux qui y ont accès et ceux qui n'y ont pas, ou fragilise encore le droit à la déconnexion.   Six ans après la crise sanitaire, quelles leçons tirées de notre pratique du télétravail ?   Avec : • Marianne Le Gagneur, sociologue à l'Université de Liège en Belgique, autrice de Télétravail, les limites d'une révolution (PUF, 2026) • Anthony Contat, directeur des ressources humaines au sein du groupe Aktid, membre du Bureau national de l'Association nationale des DRH, ANDRH (directeurs ou directrices des ressources humaines) et président de l'ANDRH Rhône. Un entretien avec Loïc Pialat, correspondant de RFI et France 24 à Los Angeles aux États-Unis. La Silicon Valley avait donné le ton durant le Covid avant d'imposer un retour au bureau, au moins partiel. Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, avait aussi souhaité en finir avec le télétravail pour les fonctionnaires américains. Loïc Pialat fait le point sur la pratique du télétravail de l'autre côté de l'atlantique. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson.  Dans ce 9ème épisode, comment se faire des amis en France et au Brésil ? Avec Catarina, gestionnaire de scolarité brésilienne et croate, et Isabelle Aliaga, experte de l'interculturel à Akteos, un cabinet qui propose de l'expertise interculturelle.    Programmation musicale :  ► P&P - aupinard, Ino Casablanca (CUT-3'00)  ► Babasse - Ajate, Toshihito Tsushima.

Invité Afrique
Liban: «On considère le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 7:54


Alors qu'Israël continue ses frappes sur le Liban, RFI se penche sur la communauté des domestiques vivant sur place. Selon l'ONU, environ 250 000 étrangers constituent le personnel de maison au Liban. En grande majorité des femmes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique. Mais ces personnes travaillent sous le système dit « la kafala » qui les privent de leurs droits les plus élémentaires. Et la guerre lancée par Israël depuis 2024 ne les épargne pas. Julie El Khoury, coordinatrice des programmes de l'ONG Kafa qui leur vient en aide, est la Grande Invitée Afrique.  RFI : Tout d'abord, expliquez-nous en quoi consiste le système de la kafala ? Julie El Khoury : La kafala, c'est un système qui régit l'emploi et le séjour des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur employeur. Ca crée une relation de pouvoir qui renforce considérablement les vulnérabilités à l'exploitation et aux abus. On observe de nombreuses pratiques abusives : la confiscation des passeports, la restriction à la liberté de mouvement, l'isolement... Il y a aussi le non-paiement des salaires, de longues heures de travail aussi, et l'absence de la vie privée. Et cela peut, dans plusieurs situations, aboutir à des violences psychologiques, physiques et même sexuelles. C'est pour cette raison que, en tant qu'organisation de défense des droits des femmes et des travailleuses migrantes domestiques, nous considèrons le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne. L'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 va déstabiliser la région, avec le pilonnage de l'armée israélienne d'abord à Gaza, puis au Liban : 4 000 morts et 43 000 logements détruits fin 2024 d'après les autorités libanaises. Comment ces domestiques ont-elles vécu cette guerre ? Les migrantes travailleuses domestiques ont été touchées par les conséquences de la guerre en termes de déplacements forcés. Il y a aussi un nombre de travailleuses qui ont été abandonnées par leurs employeurs dans des zones ciblées par Israël, donc leur situation s'est aggravée en quelques jours. Elles étaient exclues des centres de refuge collectifs et se sont retrouvées à la rue pour quelques nuits. Après ça, les organisations non gouvernementales et des collectifs communautaires se sont organisés pour accueillir ces travailleuses domestiques migrantes déplacées de force de leur région de résidence. Maintenant que les bombardements israéliens ont repris sur le Liban, quelle est leur situation aujourd'hui ? Bien que l'État ait annoncé une décision gouvernementale d'accueillir toutes les personnes dans les refuges, même si elles sont non-libanaises, les domestiques ont toujours connu l'exclusion. Mais encore une fois, des centres collectifs gérés par des ONG ont accueilli un grand nombre de femmes migrantes, certaines ont trouvé refuge dans des logements partagés de type d'hébergement informel, où les conditions ne sont pas du tout adéquates en ce qui concerne la sécurité, l'intimité et aussi l'accès aux services essentiels. Contrairement à 2024, cette fois-ci, nous n'avons pas reçu de rapport sur des travailleuses domestiques migrantes abandonnées par les familles comme en 2024. Comment interviennent les gouvernements des pays dont ces femmes sont originaires ? Il y a des ambassades qui se sont mobilisées rapidement et parmi les ambassades, quelques-unes ont pu ouvrir aussi des centres de refuge et aider dans le processus de rapatriement. Mais ça, c'était surtout en 2024 et 2025, il n'y a pas eu autant d'initiatives en 2026. Ces femmes que vous assistez, que vous racontent-elles de leur état d'esprit, vu le traitement qui leur est réservé ? Nous travaillons avec des femmes leaders communautaires qui ont émergé au sein des travailleuses domestiques migrantes. Et ces femmes en particulier jouent un rôle très essentiel dans l'orientation d'autres femmes vers les services de soutien. Leur courage et leur motivation pour faire ce travail en temps de guerre est extrêmement important. Elles trouvent la force pour résister, pour soutenir et être en solidarité avec d'autres femmes de toutes nationalités, incluant les femmes libanaises et les personnes déplacées de force libanaises, pas seulement la communauté migrante. Bien sûr qu'elles souffrent d'un malaise psychologique de stress, comme toute la population au Liban, mais en même temps, elles savent bien comment être en solidarité pour dépasser cette période de crise et rester fortes et disponibles pour aider les autres.

7 milliards de voisins
Le télétravail, véritable avancée pour les travailleurs?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Relativement rare à l'échelle mondiale, le télétravail s'est installé dans les entreprises et nos quotidiens depuis la pandémie de Covid-19. Une révolution imposée par la succession de confinements et possible grâce à la technologie. Pour prendre l'exemple de la France, en moyenne, 22% des salariés ont eu recours au télétravail en 2024 chaque semaine, d'après une récente de l'INSEE. Ils étaient seulement 4% avant la pandémie. Moins de temps dans les transports, économie de carburant, flexibilité, autonomie,... font partie des raisons pour lesquelles le travail à distance est plébiscité chez les salariés. Côté entreprise, certaines ont pu bénéficier d'un gain de productivité grâce au télétravail, c'est ce que démontre une autre étude de l'INSEE, publiée en mai 2026.   Pour autant, la pratique ne fait pas l'unanimité. Ubisoft, la Société Générale en France, Amazon, Meta, Microsoft ou Stellantis aux États-Unis... Toutes ces entreprises ont annoncé la suppression ou la réduction du télétravail. En cause, les difficultés de coordination, le manque de cohésion des équipes ou la baisse du sentiment d'appartenance à l'entreprise. Côté employés, le télétravail ne présente pas non plus que des bénéfices. Il crée notamment des inégalités entre ceux qui y ont accès et ceux qui n'y ont pas, ou fragilise encore le droit à la déconnexion.   Six ans après la crise sanitaire, quelles leçons tirées de notre pratique du télétravail ?   Avec : • Marianne Le Gagneur, sociologue à l'Université de Liège en Belgique, autrice de Télétravail, les limites d'une révolution (PUF, 2026) • Anthony Contat, directeur des ressources humaines au sein du groupe Aktid, membre du Bureau national de l'Association nationale des DRH, ANDRH (directeurs ou directrices des ressources humaines) et président de l'ANDRH Rhône. Un entretien avec Loïc Pialat, correspondant de RFI et France 24 à Los Angeles aux États-Unis. La Silicon Valley avait donné le ton durant le Covid avant d'imposer un retour au bureau, au moins partiel. Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, avait aussi souhaité en finir avec le télétravail pour les fonctionnaires américains. Loïc Pialat fait le point sur la pratique du télétravail de l'autre côté de l'atlantique. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson.  Dans ce 9ème épisode, comment se faire des amis en France et au Brésil ? Avec Catarina, gestionnaire de scolarité brésilienne et croate, et Isabelle Aliaga, experte de l'interculturel à Akteos, un cabinet qui propose de l'expertise interculturelle.    Programmation musicale :  ► P&P - aupinard, Ino Casablanca (CUT-3'00)  ► Babasse - Ajate, Toshihito Tsushima.

Accents d'Europe
En Europe, l'égalité salariale progresse... lentement

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 19:29


La directive européenne sur la transparence sur les salaires doit être déclinée et mise en œuvre dans chaque pays à partir du 7 juin. Mais seuls deux pays sont prêts. Nous serons en reportage en Autriche où les écarts dans l'industrie restent criants. Nous serons aussi au Kosovo où la question du port du voile à l'école revient dans le débat. Et comme tous les mercredis nous finirons l'émission en musique avec une pépite du punk allemand, mâtiné de new-wave, Die Radierer. Quelle égalité au travail ?  Améliorer l'égalité salariale entre hommes et femmes, c'est l'objet de la directive adoptée à Bruxelles, il y a trois ans. Les capitales européennes jusqu'au 7 juin pour la mettre en oeuvre, mais les choses traînent. Seules, l'Italie et la Slovaquie sont prêtes. En France, où les femmes gagnent près de 22% de moins que les hommes en moyenne, et 4% à emploi égal, le gouvernement espère remettre sa copie au Parlement courant juin, mais le texte ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Vienne n'est pas non plus dans les clous. En Autriche aussi, les femmes sont toujours moins payées à emploi égal mais les stéréotypes de genre restent aussi très présents dans le choix des métiers. C'est particulièrement le cas dans l'industrie, alors que Vienne aimerait redynamiser le secteur en manque de main-d'œuvre. Reportage Céline Béal.   1936 : à côté des progrès sociaux, l'échec de la politique coloniale  Le 4 juin 1936, la coalition menée par le socialiste Léon Blum formait le gouvernement du Front populaire. Les congés payés, la semaine de 40h ou encore les conventions collectives ont vu le jour le même mois. Le site RFI Connaissances nous rappelle que la période a été riche d'innovations dans d'autres domaines : elle a posé par exemple les bases du Festival de Cannes, et mis en place de larges campagnes de prévention de la tuberculose. Trois femmes sont au gouvernement, un signe fort de Léon Blum alors que le Sénat bloque leur accès au vote. En la matière comme pour le soutien à apporter aux Républicains espagnols plongés dans la Guerre civile, le bilan est controversé. Mais s'il y a un domaine où la désillusion est complète, c'est celui de la politique coloniale. Les explications d'Olivier Favier. À lire aussi1936, le Front populaire à l'épreuve du pouvoir: succès, limites et héritages Au Kosovo, l'autorisation du port du voile à l'école divise Le débat agite régulièrement la société de ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants. Dans ce pays majoritairement musulman, la laïcité est un principe fondamental, inscrit dans la constitution. Et l'autorisation ou non du port du voile à l'école publique divise. Une partie de la jeunesse trouve le principe de neutralité trop rigide. En face, les défenseurs d'une laïcité stricte estiment qu'il faut protéger l'équilibre fragile de ce jeune État né en 2008. Derrière cette question du voile, c'est l'identité du pays qui est débattue, entre aspirations européennes, retour du religieux et fractures générationnelles. Reportage à Pristina, de Louis Seiller.  À lire aussiPort du voile à l'école: l'Autriche rejoint la cohorte des pays européens les plus stricts La chronique musique de Vincent Théval Die Radierer - Angriff auf's Schlaraffenland (Allemagne). 

Accents d'Europe
En Europe, l'égalité salariale progresse... lentement

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 19:29


La directive européenne sur la transparence sur les salaires doit être déclinée et mise en œuvre dans chaque pays à partir du 7 juin. Mais seuls deux pays sont prêts. Nous serons en reportage en Autriche où les écarts dans l'industrie restent criants. Nous serons aussi au Kosovo où la question du port du voile à l'école revient dans le débat. Et comme tous les mercredis nous finirons l'émission en musique avec une pépite du punk allemand, mâtiné de new-wave, Die Radierer. Quelle égalité au travail ?  Améliorer l'égalité salariale entre hommes et femmes, c'est l'objet de la directive adoptée à Bruxelles, il y a trois ans. Les capitales européennes jusqu'au 7 juin pour la mettre en oeuvre, mais les choses traînent. Seules, l'Italie et la Slovaquie sont prêtes. En France, où les femmes gagnent près de 22% de moins que les hommes en moyenne, et 4% à emploi égal, le gouvernement espère remettre sa copie au Parlement courant juin, mais le texte ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Vienne n'est pas non plus dans les clous. En Autriche aussi, les femmes sont toujours moins payées à emploi égal mais les stéréotypes de genre restent aussi très présents dans le choix des métiers. C'est particulièrement le cas dans l'industrie, alors que Vienne aimerait redynamiser le secteur en manque de main-d'œuvre. Reportage Céline Béal.   1936 : à côté des progrès sociaux, l'échec de la politique coloniale  Le 4 juin 1936, la coalition menée par le socialiste Léon Blum formait le gouvernement du Front populaire. Les congés payés, la semaine de 40h ou encore les conventions collectives ont vu le jour le même mois. Le site RFI Connaissances nous rappelle que la période a été riche d'innovations dans d'autres domaines : elle a posé par exemple les bases du Festival de Cannes, et mis en place de larges campagnes de prévention de la tuberculose. Trois femmes sont au gouvernement, un signe fort de Léon Blum alors que le Sénat bloque leur accès au vote. En la matière comme pour le soutien à apporter aux Républicains espagnols plongés dans la Guerre civile, le bilan est controversé. Mais s'il y a un domaine où la désillusion est complète, c'est celui de la politique coloniale. Les explications d'Olivier Favier. À lire aussi1936, le Front populaire à l'épreuve du pouvoir: succès, limites et héritages Au Kosovo, l'autorisation du port du voile à l'école divise Le débat agite régulièrement la société de ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants. Dans ce pays majoritairement musulman, la laïcité est un principe fondamental, inscrit dans la constitution. Et l'autorisation ou non du port du voile à l'école publique divise. Une partie de la jeunesse trouve le principe de neutralité trop rigide. En face, les défenseurs d'une laïcité stricte estiment qu'il faut protéger l'équilibre fragile de ce jeune État né en 2008. Derrière cette question du voile, c'est l'identité du pays qui est débattue, entre aspirations européennes, retour du religieux et fractures générationnelles. Reportage à Pristina, de Louis Seiller.  À lire aussiPort du voile à l'école: l'Autriche rejoint la cohorte des pays européens les plus stricts La chronique musique de Vincent Théval Die Radierer - Angriff auf's Schlaraffenland (Allemagne). 

Aujourd'hui l'économie
Comment l'IA bouleverse les grands cabinets de conseil

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 28, 2026 3:17


L'intelligence artificielle transforme en profondeur l'économie du conseil. Automatisation des analyses, baisse des coûts, réduction des équipes, les grands cabinets comme McKinsey & Company, Boston Consulting Group ou Accenture font face à une remise en question historique de leur modèle économique. Une révolution qui touche particulièrement les jeunes consultants et oblige le secteur à se réinventer. L'intelligence artificielle inquiète de plus en plus les grands cabinets de conseil dans le monde. OpenAI et Anthropic ont récemment annoncé le lancement de structures spécialisées dans le déploiement de leurs technologies directement auprès des entreprises. Une évolution qui pourrait profondément modifier l'équilibre du secteur du consulting. Traditionnellement, lorsqu'une entreprise souhaite restructurer son organisation, lancer une transformation ou revoir sa stratégie, elle fait appel à des consultants. Ces derniers réalisent alors des études de marché, des analyses financières, des audits concurrentiels ou encore des présentations stratégiques destinées aux directions générales. Un travail souvent long, coûteux et mobilisant parfois plusieurs dizaines de consultants pendant plusieurs semaines. Mais l'arrivée de l'IA générative bouleverse complètement cette mécanique. Désormais, certains modèles d'intelligence artificielle sont capables d'exécuter une partie de ces tâches en quelques minutes seulement : résumer des centaines de documents, produire des analyses sectorielles, créer des présentations ou générer des diagnostics préliminaires. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? Des cabinets plus productifs mais moins dépendants des consultants juniors Cette transformation améliore fortement la productivité des cabinets de conseil. Chez McKinsey & Company, certaines équipes auraient vu leur taille réduite grâce à l'automatisation de nombreuses tâches analytiques. Le cabinet développe également des milliers d'agents IA internes afin d'assister ses consultants. Officiellement, les grands groupes du conseil ne parlent pas de suppressions massives d'emplois. Mais tous reconnaissent une forte hausse de la productivité. Et lorsqu'un secteur de services devient soudainement beaucoup plus efficace grâce à la technologie, une question finit forcément par émerger : aura-t-on encore besoin d'autant de salariés ? Les premiers concernés sont les jeunes diplômés. Historiquement, les consultants juniors étaient chargés des tâches de recherche, d'analyse et de préparation des supports stratégiques. Des missions qui servaient aussi de formation avant de monter progressivement en compétences. Or précisément, ce sont ces tâches de base que l'intelligence artificielle automatise aujourd'hui le plus rapidement. Le secteur fait donc face à un paradoxe majeur. Si l'IA réalise désormais les missions d'apprentissage des jeunes consultants, comment ces derniers pourront-ils acquérir l'expérience nécessaire pour devenir les experts de demain ? Pour l'instant, les cabinets peinent à apporter une réponse claire à cette question. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Le conseil ne disparaît pas : il change de valeur Au-delà de l'emploi, c'est surtout le modèle économique du conseil qui évolue. De plus en plus d'entreprises commencent à utiliser directement les outils d'intelligence artificielle en interne pour produire des analyses ou des diagnostics auparavant confiés à des cabinets spécialisés. Dans un contexte où les entreprises cherchent à réduire leurs dépenses, beaucoup de dirigeants s'interrogent désormais : pourquoi payer plusieurs centaines de milliers d'euros une mission de conseil si une partie du travail peut être automatisée ? Pour les cabinets, tout l'enjeu consiste désormais à démontrer que leur valeur ne repose pas uniquement sur la production d'analyses. Car si l'IA progresse très rapidement, elle ne sait toujours pas gérer certains aspects fondamentaux de la vie des entreprises : arbitrer entre des intérêts divergents, piloter des transformations complexes, convaincre des équipes réticentes ou gérer les rapports humains et hiérarchiques. C'est précisément sur cette dimension humaine que les cabinets veulent aujourd'hui se repositionner. L'intelligence artificielle rend l'information largement accessible et peu coûteuse. En revanche, la rareté économique se déplace vers d'autres compétences : le jugement humain, la capacité à gérer la complexité, la confiance ou encore l'accompagnement stratégique des organisations. La question n'est donc peut-être plus de savoir si les consultants seront remplacés par les machines, mais plutôt quels consultants sauront travailler efficacement avec elles.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi - conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs.  Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources humaines et recrutement, basé à Abidjan. Programmation musicale : ► Tonto - J Balvin, Ryan Castro, DJ Snake ► Toi et moi - Naâman

7 milliards de voisins
Trouver un emploi - conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs.  Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources humaines et recrutement, basé à Abidjan. Programmation musicale : ► Tonto - J Balvin, Ryan Castro, DJ Snake ► Toi et moi - Naâman

Débat du jour
Roland-Garros: les joueurs sont-ils suffisamment payés?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 25, 2026 29:30


Le tournoi de tennis de Roland-Garros s'est ouvert dans un climat de grogne des joueurs. En cause, leur rémunération qu'ils estiment non proportionnelle aux recettes de l'évènement. Une revendication qui concerne également les trois autres tournois du Grand Chelem. La colère monte, et l'hypothèse d'un boycott a même été évoquée. Les stars du tennis constituent-elles l'arbre qui cache la forêt ? Où vont les recettes engrangées par les directions des plus grands tournois ? Quelle égalité des chances pour devenir l'un des meilleurs joueurs du monde ? Pour en débattre : - Seghir Lazri, sociologue du sport à l'Institut de recherche interdisciplinaire, laboratoire de recherche rattaché au CNRS/EHESS, et chroniqueur au Nouvel Obs - Marine Fontaine, ancienne joueuse, aujourd'hui maître de conférences en sociologie à l'université Gustave-Eiffel, elle a consacré une thèse sur Les joueuses : les galériennes du tennis français - Vincent Chaudel, directeur de l'observatoire du Sport business. Co-auteur du Livre Blanc Le sport au dessus des conflits, l'arbitre d'un monde sous tension ?

Débat du jour
Roland-Garros: les joueurs sont-ils suffisamment payés?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 25, 2026 29:30


Le tournoi de tennis de Roland-Garros s'est ouvert dans un climat de grogne des joueurs. En cause, leur rémunération qu'ils estiment non proportionnelle aux recettes de l'évènement. Une revendication qui concerne également les trois autres tournois du Grand Chelem. La colère monte, et l'hypothèse d'un boycott a même été évoquée. Les stars du tennis constituent-elles l'arbre qui cache la forêt ? Où vont les recettes engrangées par les directions des plus grands tournois ? Quelle égalité des chances pour devenir l'un des meilleurs joueurs du monde ? Pour en débattre : - Seghir Lazri, sociologue du sport à l'Institut de recherche interdisciplinaire, laboratoire de recherche rattaché au CNRS/EHESS, et chroniqueur au Nouvel Obs - Marine Fontaine, ancienne joueuse, aujourd'hui maître de conférences en sociologie à l'université Gustave-Eiffel, elle a consacré une thèse sur Les joueuses : les galériennes du tennis français - Vincent Chaudel, directeur de l'observatoire du Sport business. Co-auteur du Livre Blanc Le sport au dessus des conflits, l'arbitre d'un monde sous tension ?

Reportage International
Allemagne: l'amertume des étudiants indiens, déçus par le système des écoles privées

Reportage International

Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:39


Polémique en Allemagne autour des écoles privées pour les étudiants étrangers. Les jeunes, souvent des Indiens, arrivent en Allemagne avec un visa étudiant. Mais sur place, ils sont confrontés aux frais de scolarité, à la précarité des jobs mal rémunérés, parfois même à la suppression de leurs visas avant la fin de leurs cursus. De notre correspondante à Berlin, Promad nous a donné rendez-vous dans un café de Charlottenburg, le quartier de Berlin où il a trouvé un petit job : 20 heures par semaine, un peu plus de 1 000 euros par mois, dans la cuisine d'un burger. Promad, un étudiant indien de 30 ans, est arrivé en 2023 à Berlin, avec son rêve d'Allemagne, le pays de Mercedes et BMW, de la technique et de la protection sociale. Deux ans et demi plus tard, il ne cache pas son amertume envers le système des écoles privées pour étudiants étrangers. Des écoles qui attirent en ligne des milliers de jeunes anglophones à travers le monde, le plus souvent des Indiens. « La qualité des études était très mauvaise. Nous n'avions que deux à trois cours par jour, soit une heure et demie à deux heures par jour. Certains professeurs étaient très bien. Mais globalement, la qualité des études n'avait rien à voir avec ce à quoi je m'attendais », raconte Promad. Certains étudiants indiens ont été expulsés avant la fin de leur scolarité Quelques 60 000 Indiens ont obtenu un visa étudiant en Allemagne. C'est, de loin, la plus grosse communauté parmi les étudiants étrangers. L'Allemagne, qui a un criant besoin en main-d'œuvre qualifiée, avait signé en 2022 un accord migratoire facilitant l'arrivée d'informaticiens ou d'étudiants. Pour ces derniers, c'est souvent la douche froide une fois sur place : un engrenage de frais élevés et de jobs mal payés, qui les empêche d'assister à leurs cours « Les étudiants étrangers ont des emplois tels que la livraison de repas à domicile, dans les entrepôts d'Amazon ou dans des restaurants de fast food. Parce qu'ils sont étrangers, ils ne sont soutenus par aucun syndicat et les douanes, qui contrôlent normalement le respect du droit du travail, n'interviennent pas non plus. Les douanes et les syndicats, ce sont normalement en Allemagne les deux leviers pour faire appliquer le droit du travail », explique Aju John, de l'université Humboldt de Berlin. Plus angoissant encore, l'administration berlinoise a commencé à retirer leur visa à certains étudiants engagés dans des cursus mêlant cours en ligne et en présentiel. Cela ne justifierait pas leur présence sur le sol allemand. Plusieurs dizaines d'entre eux, presque tous indiens, ont même été expulsés avant la fin de leur scolarité. Promad, dont la famille s'est endettée pour financer ses études, n'a pas complètement renoncé à son rêve d'Allemagne. Mais il a quitté son école privée pour une école internationale publique des environs de Berlin.

Aujourd'hui l'économie
Corée du Sud: la grève chez Samsung inquiète toute l'économie mondiale

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:02


Jusqu'à 50 000 salariés de Samsung menacent de faire grève à partir du 21 mai. Un conflit social inédit chez le géant sud-coréen, premier fabricant mondial de puces mémoire, qui inquiète autant la direction que le gouvernement de Séoul. Derrière les revendications salariales, c'est tout un modèle économique qui vacille, avec des conséquences potentielles sur l'industrie mondiale des semi-conducteurs et le boom de l'intelligence artificielle. À première vue, le conflit social qui secoue actuellement Samsung semble assez classique. Des salariés réclament de meilleurs salaires, la direction refuse, le bras de fer s'installe et une grève est annoncée. Rien de très original. Sauf qu'ici, on ne parle pas d'une entreprise ordinaire. On parle de Samsung, le plus grand conglomérat sud-coréen et le premier fabricant mondial de puces mémoire. Un acteur industriel stratégique, dont le poids économique est tel que l'affaire remonte jusqu'au sommet de l'État sud-coréen. Preuve de la sensibilité du dossier, le gouvernement envisage même des mesures exceptionnelles pour empêcher le mouvement social. Ce qu'il se joue aujourd'hui chez Samsung dépasse en réalité très largement l'entreprise elle-même. Car le groupe est l'un des grands gagnants du boom de l'intelligence artificielle. Ses puces mémoire sont partout : dans les serveurs, les centres de données, le cloud, les smartphones ou encore les infrastructures numériques qui alimentent les modèles d'IA générative. Grâce à ce savoir-faire industriel, Samsung accumule aujourd'hui des bénéfices considérables. C'est précisément ce qui nourrit la colère des salariés : ils voient les profits grimper, mais estiment que leurs rémunérations ne suivent pas. Le problème, c'est qu'une grève de 45 000 à 50 000 salariés dans un groupe de cette taille inquiète tout le monde : la direction, évidemment, mais aussi le gouvernement sud-coréen. Et pour cause, en Corée du Sud, Samsung n'est pas seulement une entreprise privée. C'est presque une institution nationale. Le groupe représente à lui seul près de 23% des exportations sud-coréennes et environ 26 % de la capitalisation boursière nationale. Autrement dit : si Samsung ralentit, c'est toute l'économie sud-coréenne qui risque de perdre de la vitesse. À lire aussiCorée du Sud: une crise politique aux accents économiques Une grève chez Samsung menace le marché mondial des puces électroniques L'inquiétude dépasse largement les frontières de la Corée du Sud. Certains analystes estiment qu'une grève prolongée pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars à Samsung et provoquer des tensions sur les prix mondiaux des composants électroniques. Car Samsung est au cœur d'un secteur devenu hautement stratégique : celui des semi-conducteurs. Les États-Unis, la Chine et l'Europe se livrent aujourd'hui une véritable guerre industrielle autour des puces électroniques. Tous cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à relocaliser certaines productions et à renforcer leur souveraineté technologique. Dans ce contexte, voir le leader mondial des puces mémoire ralentir brutalement son activité serait un signal très négatif. D'autant qu'un simple ralentissement dans une usine de semi-conducteurs peut provoquer des retards de livraison dans le monde entier. Contrairement à d'autres industries, les chaînes de production de puces sont extrêmement complexes : lorsqu'elles s'arrêtent, il faut parfois plusieurs semaines pour retrouver un rythme normal. C'est ce risque systémique qui alarme aujourd'hui les marchés. Chez Samsung, le conflit social révèle aussi une fracture générationnelle Mais derrière les puces et les milliards, cette crise révèle aussi une fracture sociale plus profonde. Pendant longtemps, la Corée du Sud a reposé sur une forme de pacte implicite : entrer dans une grande entreprise, travailler dur, rester loyal, et en échange bénéficier d'une protection et d'une stabilité professionnelle. Ce modèle a largement contribué au miracle économique sud-coréen. Mais aujourd'hui, ce contrat social s'effrite. La jeune génération demande davantage de transparence, de reconnaissance et un partage plus équitable de la richesse créée. Et chez Samsung, cette évolution est particulièrement visible, d'autant que, pendant des décennies, le syndicalisme y était quasiment absent. La culture du groupe a longtemps été réputée antisyndicale. Ce n'est qu'il y a six ans que Samsung a officiellement promis de tourner cette page. Le conflit actuel constitue donc le premier véritable test de cette promesse d'ouverture. Même si la grève est finalement évitée, ou si elle ne dure que quelques jours, quelque chose aura déjà changé. Les salariés auront démontré leur capacité à peser. Et dans un pays où Samsung a longtemps semblé intouchable, c'est déjà un événement historique.

Aujourd'hui l'économie
États-Unis: le durcissement des contrôles de l'ICE ne profite pas aux travailleurs américains

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 18, 2026 3:28


Expulser davantage de travailleurs immigrés pour créer plus d'emplois pour les Américains? C'est l'argument défendu par Donald Trump. Mais selon une étude du National Bureau of Economic Research, le durcissement des contrôles de l'U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) ne produit pas de gain net pour les travailleurs nés aux États-Unis et pourrait même fragiliser l'économie américaine. C'est une idée avancée, martelée même, par Donald Trump. Expulser davantage de travailleurs immigrés, notamment sans papiers, permettrait de libérer des emplois pour les travailleurs nationaux. Mais selon la dernière étude du National Bureau of Economic Research, ce raisonnement ne se vérifie pas dans les faits. La méthode employée par les chercheuses est simple : comparer les zones fortement touchées par les arrestations de l'ICE aux zones moins concernées, avant et après le durcissement des contrôles. Premier constat, dans les zones où l'ICE intervient davantage, les travailleurs immigrés les plus exposés travaillent moins. L'emploi recule de 4 %. Mais le plus frappant est ailleurs. Cette baisse ne s'explique pas uniquement par les expulsions. De nombreux travailleurs immigrés restent sur le territoire américain, mais réduisent leur activité ou cessent de travailler, par peur. Peur d'être contrôlés sur le chemin du travail, peur d'être arrêtés directement sur leur lieu d'activité. La politique migratoire produit ici un effet psychologique qui devient, par ricochet, un phénomène économique. À lire aussiÉtats-Unis: la politique migratoire de Donald Trump provoque un choc démographique et économique Le mythe du « job replacement » ne résiste pas aux faits Autre enseignement majeur de cette étude : les travailleurs nés aux États-Unis ne récupèrent pas ces emplois. L'argument du job replacement, selon lequel lorsqu'un immigré quitte son poste, un travailleur américain prend naturellement sa place, apparaît faux. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder de plus près le fonctionnement du marché du travail. La vision politique suppose que travailleurs immigrés et travailleurs natifs sont interchangeables. Or, dans la réalité économique, ils sont souvent complémentaires. Prenons l'exemple d'un chantier de construction. Un ouvrier sans papiers effectue fréquemment les tâches physiques les plus pénibles, tandis qu'un salarié américain supervise, coordonne ou gère la logistique. Si le premier disparaît, le second ne récupère pas automatiquement un emploi supplémentaire. Au contraire, le chantier ralentit, certains projets sont retardés, voire annulés. Pourquoi les travailleurs américains peu qualifiés ne prennent-ils pas ces postes ? Parce que beaucoup de ces emplois restent peu attractifs : physiquement éprouvants, parfois dangereux, souvent saisonniers, avec des horaires irréguliers et des salaires jugés insuffisants. Dans l'agriculture, la construction ou certaines activités industrielles, les employeurs peinent déjà à recruter, même lorsque le chômage progresse. À lire aussiPourquoi l'immigration va déterminer le sort de l'économie américaine sous Donald Trump Moins d'activité, plus de tensions économiques Autre surprise, les entreprises ne réagissent pas forcément en augmentant les salaires pour attirer davantage de travailleurs locaux. L'étude montre au contraire que les rémunérations n'augmentent pas significativement. Face à la pénurie de main-d'œuvre, beaucoup d'employeurs font un autre choix : ils réduisent leur activité. Ils acceptent moins de commandes, ralentissent leur production et repoussent certains investissements. C'est ce que les économistes appellent un choc d'offre négatif, ou lorsque moins de travailleurs disponibles signifie moins de production, avec un risque de hausse des prix à long terme. Autrement dit, une politique pensée pour protéger le marché du travail pourrait, paradoxalement, contribuer à le fragiliser. Les effets dépassent même le seul marché de l'emploi. Dans le Minnesota, une autre étude évoque plus de 600 millions de dollars de consommation perdue en un mois, signe que la peur des contrôles réduit aussi les dépenses des ménages immigrés. Cela rappelle autre chose d'essentiel dans l'économie américaine. Certains secteurs sont structurellement dépendants de la main-d'œuvre immigrée, y compris irrégulière. Elle fait partie intégrante du fonctionnement de l'économie américaine. Et comme pour une tour en briques de bois, lorsqu'on retire une pièce essentielle, ce n'est pas seulement un poste qui disparaît, c'est tout l'équilibre de l'édifice qui peut vaciller. À lire aussiDonald Trump lié à des transactions financières de centaines de millions de dollars avec des entreprises américaines

7 milliards de voisins
L'addition s'il vous plaît ! Dans le quotidien des garçons de café

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 11, 2026 48:30


Le métier est a priori connu de tous. Chacun ayant mis les pieds dans un restaurant, un bar ou un café, a eu à faire à une ou un serveur. Il s'agit dans les grandes lignes d'amener un plateau d'un point A à un point B, de la cuisine à la table, sans rien faire tomber. Un petit boulot faute de mieux, qui demande peu de savoir-faire.  Dans l'imaginaire collectif, les représentations associées au service sont, en effet peu élogieuses. Au-delà de porter des verres et des assiettes, il faut savoir accueillir les clients, prendre leurs commandes, les communiquer au bar ou à la cuisine, dresser et redresser des tables, rester debout, marcher voire courir pendant des heures, répondre aux demandes des clients mais rester invisible pour ne pas les déranger, en respectant l'organisation de l'établissement, le tout avec le sourire et parfois sans pourboire à la clé.   On oublie facilement la difficulté du métier quand on est assis tranquillement à sa table. De leur côté, les serveurs voient tout ou presque de ce qui se passe dans le restaurant, un pas en cuisine, l'autre dans la salle.   Alors qu'on se rend au restaurant pour célébrer, séduire ou faire affaire, ils sont aux premières loges et prennent le pouls de nos sociétés.   Pourquoi le métier de serveur est-il finalement si méconnu ? Que se passe-t-il réellement dans les allées d'un restaurant ? Finit-on toujours par quitter la restaurant ?   Avec : • Raphaël Tillet, journaliste de formation, ancien serveur. Auteur de L'addition, s'il vous plaît ! (Robert Laffont, 2026) • Vivian Song, journaliste indépendante originaire du Canada, installée à Paris. Son article « Le café parisien, chef-d'œuvre en péril ? » paru dans le New York Times est disponible en français sur le site de Courrier international. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson. Dans ce 7ème épisode, Narimene, étudiante algérienne à Paris Cité nous parle de la mixité homme-femme et Cécile Lazartigues-Chartier lui répond.   Programmation musicale :  ► Borumba song - Balu  ► Wake Up - Young Franco, Master Peace.

7 milliards de voisins
Voix de femmes avec Marie-Laure Brunel-Dupin, première profileuse de France

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 8, 2026 48:30


Chaque mois, Voix de femmes met en avant des femmes aux parcours singuliers, inspirants ou méconnus. Chaque épisode rassemble plusieurs portraits, racontés dans le but de révéler la force, la créativité et la résilience de celles qui façonnent notre monde. Cette semaine, Lucie Bouteloup reçoit la première profileuse de France, la lieutenant-colonel de gendarmerie Marie-Laure Brunel Dupin. Elle est aujourd'hui chef de la division des affaires non élucidées (DIANE). C'est elle qui a mis en place et commandé pendant plus de 20 ans le département des sciences du comportement.    Avec : Marie-Laure BRUNEL-DUPIN, lieutenant-colonel de gendarmerie, cheffe de la Division des affaires non élucidées (DiANE) et coautrice du roman La Boule au ventre (Hachette, Black Lab)   À découvrir également dans l'émission : Rencontre avec Adina Ntankeu, 47 ans, styliste créatrice originaire du Cameroun. Atteinte d'albinisme et mère de trois enfants, elle a créé l'association ANIDA pour soutenir les minorités albinos. De fil en aiguille, Adina a su faire sa place dans le milieu de la mode, elle a notamment exposé une de ses créations au Musée de l'Homme à Paris lors de l'exposition Wax. Aujourd'hui, elle organise des défilés inclusifs où elle met en valeur toutes les morphologies pour sensibiliser aux différentes formes de discrimination. Notre reporter Raphaëlle Constant l'a rencontrée dans son atelier à Versailles, en région parisienne.    En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde de Monica Fantini.    Programmation musicale :    ► Psycho - Tshegue ► Yelele - Nezoak, Mariaa Siga.  

Reportage International
«Deux semaines, c'est ridicule»: au Royaume-Uni, les hommes demandent un congé paternité plus long

Reportage International

Play Episode Listen Later May 5, 2026 2:32


Le Royaume-Uni propose l'un des cadres les moins avantageux pour les jeunes papas : seulement deux semaines de congé paternité après la naissance d'un bébé, payées moins de 200€ par semaine. Certaines entreprises font le choix de compenser, mais pas toutes. Les papas réclament aujourd'hui au gouvernement de meilleures conditions : il en va, selon eux, de l'égalité femmes-hommes et du bien-être de tous dans la famille. Rencontre avec ceux qui s'investissent pour faire changer les choses. De notre correspondante à Londres, Grands yeux bleus et sourire curieux, Abel a eu de la chance : son papa a pu rester avec lui pendant un mois après sa naissance. « Je travaille dans un petit cabinet d'architecture, c'est relax. Surtout comparé au minimum légal, c'est plutôt bien », apprécie ce dernier. Le minimum légal, au Royaume-Uni, c'est deux semaines. Tom, qui a accueilli sa première fille il y a un an, trouve cela trop peu : « Il faudrait minimum cinq ou six semaines. Mais c'est comme ça, et la majorité des employeurs s'en tiennent à ça. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? » Deux semaines, rémunérées moins de 400 euros : avec ce cadre légal, un tiers des jeunes papas ne prennent même pas de congé après la naissance d'un enfant. Insupportable pour George Gabriel, qui milite pour un meilleur congé paternité avec son association Dad Shift : « Nous avons le pire congé paternité d'Europe. Nous sommes 40ᵉ sur 43 au sein de l'OCDE. L'idée que deux semaines soient suffisantes pour soutenir votre conjointe, créer un lien avec votre bébé, c'est tout simplement ridicule. C'est beaucoup trop peu, on ne parle pas de vacances ! En plus, ce sont deux semaines payées à moins de la moitié du salaire minimum, donc la majorité des pères ne peuvent pas se le permettre. »  Pourtant, plus de congé paternité, ce serait bon pour tous au foyer selon lui : « Si l'on ne donne pas de temps aux papas pour apprendre à s'occuper de leur bébé, ils ne le feront jamais et le couple va se retrouver enfermé dans une répartition ultra-genrée des rôles à la maison. En plus, il y a encore un écart salarial de 13% au Royaume-Uni entre hommes et femmes, en partie à cause du coût des congés maternité. Il n'y a qu'en prenant plus de congés que nous – les hommes – pouvons contribuer à réduire cet écart. »  Dad Shift a organisé la première « grève des papas » l'année dernière – et installé des porte-bébés sur des statues d'hommes célèbres dans Londres, en particulier devant le Parlement. Derrière les fenêtres du palais de Westminster, la députée travailliste Maya Ellis a été convaincue : « J'espère qu'on va avoir les six semaines de congé de paternité rémunérées à 90% du salaire payé par le gouvernement. »  Si les Britanniques y sont largement favorables, les entreprises se montrent plus frileuses. « Les entreprises s'inquiètent parfois de l'impact financier. Mon objectif serait certainement que le congé de paternité soit payé par le gouvernement. Je pense que dans la plupart des cas, les entreprises veulent simplement la clarté », poursuit Maya Ellis. Le gouvernement a entamé une consultation pour l'ensemble des congés liés à la parentalité. Une réforme pourrait cependant prendre encore plusieurs années.

Journal d'Haïti et des Amériques
Haïti : hausse de salaire dans le secteur de la sous-traitance

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later May 5, 2026 30:00


Lundi (4 mai 2026), le gouvernement haïtien a annoncé une revalorisation du salaire minimum pour les ouvriers du secteur de la sous-traitance, nous apprend Gotson Pierre, directeur de l'agence Altepresse. Il est désormais fixé à 1 000 gourdes par jour. « Cet appui aux travailleurs intervient après une forte mobilisation du secteur », précise le journaliste. Également dans l'actualité haïtienne : le procès des assassins présumés de Jovenel Moïse qui se tient à Miami et qui touche à sa fin. « Cette semaine, il est entré dans une phase décisive. Certains faits sont désormais considérés comme établis. Mais il reste des zones d'ombre, notamment autour de Joseph Félix Badio », précise Gotson Pierre.  Enfin, des tensions ont éclaté hier à Saint Marc dans l'Artibonite. « Des manifestants qui protestaient contre l'insécurité, ont érigé des barricades de pneus enflammés, paralysant une grande partie des activités de la ville », raconte Gotson Pierre. Des journalistes ont subi des intimidations. La police a fini par intervenir et a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes.   Argentine : le chef des ministres englué dans un scandale Une nouvelle affaire éclabousse le sommet de l'État argentin. L'équivalent du Premier ministre est dans le viseur de la justice. Manuel Adorni, un fidèle du président, est soupçonné d'enrichissement illégal. Il s'est justifié devant les parlementaires, il y a quelques jours, et de nouveau hier, répétant qu'il est innocent. Confronté à plusieurs scandales qui concernent son entourage proche, Javier Milei continue à soutenir les mis en cause et à insulter la presse à l'origine des révélations. Les précisions de Marine de La Moissonnière. À lire aussiArgentine: Javier Milei suspend l'accès des journalistes à la présidence Colombie : Ivan Mordisco, ennemi public numéro 1 La campagne électorale colombienne, en vue de la présidentielle du 31 mai, est entachée par des violences. Il y a dix jours, une bombe a explosé sur une route du sud-ouest, faisant 21 morts. C'est l'attentat le plus meurtrier depuis 20 ans. Il a été commis par l'EMC, un groupe dissident des FARC. François-Damien Bourgery nous dresse le portrait de son chef, Ivan Mordisco. À lire aussiQui est Ivan Mordisco, le criminel le plus recherché de Colombie? Le journal de la 1ère En Martinique, les 5e « Journées de la Recherche » se poursuivent ce mardi (5 mai) dans les locaux de l'Université des Antilles.

Appels sur l'actualité
[2] ÉMISSION SPÉCIALE FEMUA - L'IA: une opportunité ou une menace pour l'Afrique?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later May 1, 2026 20:00


À l'occasion du Femua, le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo, A'salfo est le rédacteur en chef exceptionnel de l'émission. Le leader du groupe Magic System vous propose de débattre sur l'intelligence artificielle. Va-t-elle accélérer le développement en Afrique ou creuser les inégalités ? L'IA peut-elle créer des opportunités pour les jeunes ou au contraire supprimer des emplois ? Utilisez-vous déjà des outils comme ChatGPT dans votre travail ou vos études ? Est-ce que cela vous aide vraiment ? Et pour terminer l'émission, nous souhaitons célébrer les 30 ans de carrière du groupe Magic System. Dites-nous quel est votre titre préféré et pourquoi ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

7 milliards de voisins
Quelles reconversions professionnelles possibles pour les femmes?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 1, 2026 48:30


57% des femmes rêvent parfois de reconversion professionnelle, selon une étude Ifop/Garance et Moi, de septembre 2022. Changer de métier est souvent une étape importante dans la vie d'une femme. Cela peut être une aspiration personnelle ou une nécessité après une pause dans la carrière, comme une maternité ou un licenciement. Mais cette reconversion se heurte souvent à davantage d'obstacles que pour les hommes : manque de temps, de moyens, ou de soutien psychologique. Les femmes doivent parfois se former à nouveau, tout en gérant leur vie familiale. Certains métiers restent fermés ou peu accessibles à cause des stéréotypes de genre. Malgré ces freins, les femmes sont plus nombreuses à entamer une reconversion professionnelle que les hommes ? La reconversion est-elle un choix ou une contrainte pour les femmes ?  Cette émission est une rediffusion du 3 octobre 2025 Avec : Ludivine Legros, sociologue spécialisée dans l'étude du travail et chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers, CNAM Garance Yverneau, créatrice de Garance et Moi, une entreprise dédiée à l'accompagnement des transitions professionnelles des femmes Isabelle Zongo, multi-entrepreneuse dans le milieu social et entrepreneurial, orientée vers l'employabilité des femmes et des jeunes et autrice du Guide de l'entrepreneur en Côte d'Ivoire (2023). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini.   Programmation musicale : ► Make You Cry – Zentone ► Robocop – Article15.

Débat du jour
Souffre-t-on de plus en plus au travail?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 29:30


Alors que la journée internationale des travailleurs aura lieu ce vendredi 1er mai 2026, la semaine a été marquée par un rapport alarmant. Il en ressort que les risques psychosociaux au travail tuent 840.000 personnes par an dans le monde. L'Organisation internationale du travail (OIT) pointe le stress, le harcèlement et les journées trop longues. En France, le nombre d'arrêts de travail a atteint un niveau inédit depuis 2019. Comment expliquer ces situations ? Les évolutions sociales ne favorisent-elles pas le bien-être au travail ? Comment améliorer la santé des travailleurs ?   Pour en débattre : - Emmanuelle Lavignac, secrétaire nationale de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT) - Bruno Palier, politiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po au Centre d'études européennes, il a coordonné les deux ouvrages Que sait-on du travail ? et Travailler mieux - Sylvaine Perragin, psychothérapeute et consultante en Ressources humaines, autrice du livre Le salaire de la peine : le business de la souffrance au travail, éditions Seuil.

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique: quel rôle des PME dans l'industrialisation?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent autour du financement des femmes entrepreneuses.  Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises • Ernestine Nani, créatrice de Natura Sinaï, entreprise formelle spécialisée dans la transformation et la commercialisation de produits naturels locaux à Garoua, Cameroun.  Certaines entreprises, comme les supermarchés ou les boulangeries, hésitent à signer un contrat. Ernestine se demande comment instaurer la confiance et convaincre un partenaire de formaliser un engagement contractuel ?    Partie 2 : débat : quel rôle des PME dans l'industrialisation ?  L'avenir du continent africain passera-t-il par son industrialisation ? Pour l'instant, le vœu semble rester pieux. Elle est en tout cas très inégale selon les régions. En trente ans, la part de la valeur ajoutée de la production manufacturière de l'Afrique subsaharienne dans son PIB a dégringolé. Montée à plus de 17% au milieu des années 90, elle stagne aujourd'hui autour des 10%. Entre le manque d'infrastructures, d'accès au financement, l'instabilité politique ou encore le niveau de qualification de la main-d'œuvre, les obstacles restent importants pour les PME de l'industrie. D'un autre côté, le continent africain dispose aussi d'atouts pour assurer sa transformation industrielle, ses réserves de minerais abondantes, des terres fertiles, une main-d'œuvre jeune et nombreuse, une classe moyenne en plein essor... La crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et désormais le conflit en Iran, poussent les pays africains à revoir leur stratégie, alors que leurs économies sont encore trop dépendantes des importations de produits manufacturiers et reposent davantage sur l'extraction de matières premières, trop peu sur la transformation.   Dans ce contexte, comment se développent les PME dans le secteur de l'industrie alors qu'elles constituent le tissu économique en Afrique ? Quelles sont leurs difficultés ? Leurs leviers d'actions pour participer à l'industrialisation du continent ?   Avec : • Joël Sikam*, fondateur et président de Fisco, une entreprise de produits d'entretien, détergents, eau de Javel, produits vaisselle. *le portrait de Joël Sikam dans le cadre de notre série Le succès des repats, réalisée par Charlie Dupiot pour 8 milliards de voisins.   • Birahim Diop, co-fondateur de Win Industries producteur depuis 2016 de la marque d'eau de source O'Royal au Sénégal • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises.   Programmation musicale :  ► Highest - Samara Cyn ► Yolele - Papa Wemba.