Podcasts about emploi et travail

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Reportage International
Au Vietnam, les collecteurs de l'ombre, maillons essentiels du recyclage du plastique

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 15, 2026 2:44


Au Vietnam, près de 70 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, un volume appelé à augmenter dans un pays en pleine croissance. Alors que le tri à la source reste peu développé, une grande partie de ces déchets est enfouie ou incinérée. Dans cet écosystème, les « đồng nát », les récupérateurs de matériaux autonomes, jouent un rôle essentiel. Le secteur informel collecte plus de 30% des plastiques recyclables du pays. Indispensables au système, ces travailleurs exercent pourtant le plus souvent sans contrat ni véritable protection sociale. De notre correspondant à Hanoï À moto, à vélo ou à pied, les collecteurs s'activent pour racheter aux habitants ou récupérer dans les poubelles le plastique, le carton et la ferraille. Masque intégral sur le visage, gants remontés sur les manches de sa chemise à motifs fleuris, Phuong, 40 ans, tire une benne montée sur deux roues. Originaire d'une zone rurale, elle travaille à son compte depuis 20 ans. « Je travaille entre huit et dix heures par jour. Je collecte des objets et des matériaux usagés afin qu'ils soient recyclés, puis je les revends à des dépôts qui les achètent au poids. Je gagne environ sept à huit millions de dôngs par mois [250 euros] », déclare-t-elle.  Faute de pension ou de revenus suffisants, de nombreuses personnes âgées participent aussi à ce système de collecte informel. Huyên, 78 ans, arpente les rues du centre-ville, le dos scié par deux sacs débordant de plastique et de métaux en tout genre. « Cela me permet de gagner quelques sous, même si ce n'est vraiment pas grand-chose. Et cela rend l'environnement plus propre. En me voyant ramasser ainsi, les gens peuvent penser que je suis pauvre ou que je souffre de la faim, mais en réalité, ce n'est pas le cas », affirme Huyên.  La grand-mère rejoint un hangar d'où elle revend son plastique entre 3 000 et 4 000 dôngs le kilo, une dizaine de centimes. De ces dépôts, tenus par des particuliers, les matériaux repartent en camion vers des villages spécialisés. À Xà Cầu, à une heure de Hanoï, le plastique est trié, lavé et broyé avant d'être vendu à des entreprises de recyclage. Des montagnes de déchets s'élèvent jusqu'aux toits. Chi supervise l'un des hangars. Des travailleurs précaires sans protection sociale  « Nous trions les différentes catégories de plastique. Nous effectuons seulement un pré-traitement, pas le recyclage. Nous les lavons, les broyons pour qu'ils prennent moins de place, puis nous les classons. Après cela, nous les vendons au poids à des entreprises », raconte Chi.  La sexagénaire travaille sans masque alors qu'une odeur de produits ménagers se mêle à celle du crottin. Ces travailleurs exercent souvent sans contrat et avec une protection sociale limitée. En face, une mère de famille travaille avec son jeune fils, en vacances scolaires. « Ici, on trie les différentes sortes de plastiques. Par exemple, ces bouteilles de Coca-Cola sont mises à part. Ensuite, on les sépare : le plastique souple, le plastique rigide, le plastique cassant. Il y a toutes sortes de catégories », explique-t-elle.  Ces dernières années, les autorités ont affiché leur volonté d'intégrer progressivement ces travailleurs à un système mieux encadré. D'ici au début de 2027, 5 500 travailleurs informels du nord du pays devraient recevoir des formations et des équipements de protection. Le projet doit permettre de collecter et de traiter plus proprement 20 000 tonnes de déchets plastiques.   À lire aussiVietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation

Reportage international
Au Vietnam, les collecteurs de l'ombre, maillons essentiels du recyclage du plastique

Reportage international

Play Episode Listen Later Aug 15, 2026 2:44


Au Vietnam, près de 70 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque jour, un volume appelé à augmenter dans un pays en pleine croissance. Alors que le tri à la source reste peu développé, une grande partie de ces déchets est enfouie ou incinérée. Dans cet écosystème, les « đồng nát », les récupérateurs de matériaux autonomes, jouent un rôle essentiel. Le secteur informel collecte plus de 30% des plastiques recyclables du pays. Indispensables au système, ces travailleurs exercent pourtant le plus souvent sans contrat ni véritable protection sociale. De notre correspondant à Hanoï À moto, à vélo ou à pied, les collecteurs s'activent pour racheter aux habitants ou récupérer dans les poubelles le plastique, le carton et la ferraille. Masque intégral sur le visage, gants remontés sur les manches de sa chemise à motifs fleuris, Phuong, 40 ans, tire une benne montée sur deux roues. Originaire d'une zone rurale, elle travaille à son compte depuis 20 ans. « Je travaille entre huit et dix heures par jour. Je collecte des objets et des matériaux usagés afin qu'ils soient recyclés, puis je les revends à des dépôts qui les achètent au poids. Je gagne environ sept à huit millions de dôngs par mois [250 euros] », déclare-t-elle.  Faute de pension ou de revenus suffisants, de nombreuses personnes âgées participent aussi à ce système de collecte informel. Huyên, 78 ans, arpente les rues du centre-ville, le dos scié par deux sacs débordant de plastique et de métaux en tout genre. « Cela me permet de gagner quelques sous, même si ce n'est vraiment pas grand-chose. Et cela rend l'environnement plus propre. En me voyant ramasser ainsi, les gens peuvent penser que je suis pauvre ou que je souffre de la faim, mais en réalité, ce n'est pas le cas », affirme Huyên.  La grand-mère rejoint un hangar d'où elle revend son plastique entre 3 000 et 4 000 dôngs le kilo, une dizaine de centimes. De ces dépôts, tenus par des particuliers, les matériaux repartent en camion vers des villages spécialisés. À Xà Cầu, à une heure de Hanoï, le plastique est trié, lavé et broyé avant d'être vendu à des entreprises de recyclage. Des montagnes de déchets s'élèvent jusqu'aux toits. Chi supervise l'un des hangars. Des travailleurs précaires sans protection sociale  « Nous trions les différentes catégories de plastique. Nous effectuons seulement un pré-traitement, pas le recyclage. Nous les lavons, les broyons pour qu'ils prennent moins de place, puis nous les classons. Après cela, nous les vendons au poids à des entreprises », raconte Chi.  La sexagénaire travaille sans masque alors qu'une odeur de produits ménagers se mêle à celle du crottin. Ces travailleurs exercent souvent sans contrat et avec une protection sociale limitée. En face, une mère de famille travaille avec son jeune fils, en vacances scolaires. « Ici, on trie les différentes sortes de plastiques. Par exemple, ces bouteilles de Coca-Cola sont mises à part. Ensuite, on les sépare : le plastique souple, le plastique rigide, le plastique cassant. Il y a toutes sortes de catégories », explique-t-elle.  Ces dernières années, les autorités ont affiché leur volonté d'intégrer progressivement ces travailleurs à un système mieux encadré. D'ici au début de 2027, 5 500 travailleurs informels du nord du pays devraient recevoir des formations et des équipements de protection. Le projet doit permettre de collecter et de traiter plus proprement 20 000 tonnes de déchets plastiques.   À lire aussiVietnam: Hanoï se rêve en capitale mondiale avec sa «nouvelle ère» d'urbanisation

Aujourd'hui l'économie
Diasporas commerçantes: les esthéticiennes ukrainiennes en France font de la beauté un métier d'exil [3/5]

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Aug 12, 2026 2:37


Sur notre série d'été sur les diasporas commerçantes, RFI part à la rencontre des esthéticiennes ukrainiennes à Paris. Les salons de beauté tenus par des réfugiées ukrainiennes ont fleuri dans la capitale française. Et ça depuis le début de l'invasion russe à grande échelle il y a quatre ans. Environ 50 000 Ukrainiens sont réfugiés en France et beaucoup sont des femmes : la plupart des hommes ne peuvent pas quitter leur pays, étant mobilisables pour le front. Parmi ces femmes ukrainiennes, beaucoup sont esthéticiennes, car le secteur de la beauté est très développé en Ukraine. On parle ici de salons de beauté où on se fait les ongles, où on prend soin de ses sourcils, où on se maquille. Tout ça, c'est une véritable industrie en Ukraine. Un savoir-faire même, que les réfugiées ukrainiennes importent en France. Pour comprendre le phénomène, nous sommes allés à la rencontre d'Alina. « Je suis arrivée l'année de la guerre en mars 2022. » Alina travaille dans un salon de beauté dans le chic VIIe arrondissement de la capitale avec trois autres Ukrainiennes. Et à son arrivée, cela n'a pas été compliqué de se faire une place. « Il y avait beaucoup de compétition en Ukraine. En comparaison, à Paris, il y en a beaucoup moins. Je pense que c'est pour ça que ça a été plus simple pour moi de m'installer ici. » Un établissement de soin et de conseils Il faut dire qu'à la clientèle française s'ajoutent aussi les autres réfugiées ukrainiennes. Aujourd'hui c'est Taïa, qui est arrivée d'Odessa il y a huit mois. Elle vient se faire épiler les sourcils. Car en dehors des soins esthétiques, c'est un lieu de soutien. « On peut aussi demander de l'aide. On peut aussi poser des questions à propos des démarches administratives. Pour moi, c'est important d'échanger et de se nourrir de l'expérience des autres. Par exemple, Alina, elle habite ici depuis quatre ans, bien plus que moi. Alors elle a plus d'expérience et elle peut alors répondre aux questions qui sont pertinentes pour moi. » Ironie de l'histoire : la propriétaire de ce salon est russe. Elle a vécu une large partie de sa vie en Ukraine. Aujourd'hui Bella Labègue est fière d'accueillir trois réfugiées ukrainiennes. « Absolument. Et surtout qu'ici, c'est la paix. Et je veux dire que la beauté sauve le monde. On ne s'ennuie pas ici, lâche-t-elle d'une voix émue. C'est ma petite mission, vous voyez ? » La quête de la paix par la beauté. À lire aussiDiasporas commerçantes: la communauté libanaise au Brésil [1/5]

Afrique Économie
Intelcia: comment le géant marocain des centres d'appels s'est imposé en France [3/5]

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 11, 2026 2:26


De Casablanca aux Ardennes, Intelcia a fait de la France un marché clé de son développement. Le géant marocain de l'externalisation y emploie aujourd'hui près de 3 500 personnes et mise sur l'intelligence artificielle pour accompagner, plutôt que remplacer, ses salariés. Avec 800 millions d'euros de chiffre d'affaires et une présence dans une vingtaine de pays, Intelcia est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux de l'outsourcing, l'externalisation de services comme la relation client ou la gestion d'infrastructures informatiques. Après dix ans sous le contrôle du groupe français Altice, l'entreprise est revenue entre les mains de ses dirigeants historiques marocains. « Aujourd'hui, 100 % de l'entreprise est détenue par ses managers », affirme Karim Bernoussi, le directeur général. Créée à Casablanca par des ingénieurs marocains, Intelcia s'adressait d'abord au marché français depuis ses centres d'appels installés au Maroc. Mais pour poursuivre sa croissance, le groupe décide en 2011 de s'implanter directement en France. « On s'est dit qu'il fallait être proche des clients français, explique Karim Bernoussi, on ne pouvait pas faire que de l'offshore, on ne pouvait pas produire pour ses clients qu'au Maroc ou en Afrique subsaharienne, il fallait être présent sur le marché. En 2011, on a eu l'opportunité de faire l'acquisition d'un acteur qui avait à peu près 1 000 collaborateurs sur quatre sites en France. Et ça nous a permis d'un coup, en 2011, d'avoir une vraie présence en France. » Aujourd'hui, Intelcia emploie près de 3 500 personnes dans l'Hexagone. Le groupe travaille aussi bien pour des administrations, comme France Travail, que pour de grandes entreprises privées. Il est notamment le premier employeur du département des Ardennes. « L'avenir se fait avec un combo IA et humain » L'an dernier, Intelcia a toutefois été visée par des accusations sur les conditions de travail de certains salariés. Une question écrite à l'Assemblée nationale évoquait notamment « des humiliations quotidiennes, des convocations publiques » et « une précarité organisée ». Des critiques rejetées par Karim Bernoussi : « On est dans un secteur dans lequel, si vous ne traitez pas vos salariés avec transparence, si vous ne mettez pas en place un climat de confiance, vous ne pouvez pas performer puisque notre première richesse, ce sont nos employés. Nous avons un regard très important sur la manière dont nos salariés sont employés, dont ils sont traités et sur la façon dont on les fait grandir. » L'autre défi du secteur est désormais l'essor de l'intelligence artificielle, qui transforme rapidement le fonctionnement des centres d'appels. Pour Karim Bernoussi, cette évolution ne remet pas en cause les emplois en France. « L'avenir se fait avec un combo IA et humain. Aujourd'hui, l'IA va permettre à nos agents de travailler de manière beaucoup plus efficace. Lorsque vous demandez un nouveau code pour une carte de crédit, vous n'avez pas besoin d'un humain pour vous le donner. En revanche, tout contact avec un client est une opportunité pour les marques de faire passer un message ou de réaliser des ventes. Et ça, le meilleur moyen de le faire, c'est avec l'humain. » Selon une étude du cabinet américain Gartner, près d'un tiers des responsables de services clients ont déjà engagé ou prévoient des réductions d'effectifs liées à l'intelligence artificielle d'ici l'année prochaine. L'Organisation internationale du travail estime toutefois que la transformation des tâches est plus probable que la disparition complète des emplois. À lire aussiCes entreprises africaines qui investissent en France: Creativo El Matador, le pari d'un transformateur nigérian [2/5]

Aujourd'hui l'économie
Diasporas commerçantes: la communauté libanaise au Brésil [1/5]

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Aug 10, 2026 2:39


Toute cette semaine, Aujourd'hui l'économie vous propose de partir à la rencontre des diasporas commerçantes. Ce matin, on vous raconte l'histoire d'une communauté qui a une présence plus importante à l'étranger que dans son propre pays. Il s'agit de la diaspora libanaise. Sa capacité d'adaptation et d'intégration, mais aussi ses pratiques commerciales jamais vues auparavant, ont redessiné le paysage économique de certains pays et notamment celui du Brésil. Ils sont entre 7 et 10 millions de Libanais ou de descendants de migrants libanais au Brésil. C'est le pays qui abrite la plus grande diaspora libanaise au monde. Au cœur du vieux São Paulo encore aujourd'hui, dans la Rua 25 de Março, les échoppes portent les signes de cette présence. C'est autour de cette artère commerçante que des milliers d'habitants de ce qui n'était encore qu'une province de l'Empire ottoman sont arrivés au début du XXᵉ siècle avec quelques ballots de tissus. Jeffrey Lester est professeur d'histoire de l'Amérique latine à l'université Emory d'Atlanta et l'auteur de plusieurs livres sur l'immigration au Brésil.  « Lorsque les habitants du Moyen-Orient arrivent au Brésil, le Liban ou la Syrie n'existaient pas encore. Ce sont des sujets de l'Empire ottoman. C'est pourquoi, entre historiens, nous ne parlons pas de l'arrivée des Libanais au Brésil, mais des habitants du Moyen-Orient. Les premières migrations importantes commencent dans les années 1880. À l'époque, l'Empire ottoman est en train de se déliter et le Brésil est alors un pays en pleine transformation : l'esclavage est sur le point d'être aboli, les villes grandissent rapidement et l'économie se développe. Il existe de nombreuses opportunités commerciales. Contrairement aux États-Unis, où les préjugés contre les immigrés de pays arabes apparaissent très tôt, le Brésil leur est largement ouvert. Cette diaspora arrive aussi au bon moment : le Brésil passe d'une économie rurale à une économie urbaine et industrielle et c'est une terre d'opportunités économiques. » À lire aussiLes diasporas libanaises à travers le monde Les Libanais au Brésil « ont fini par contrôler tout le réseau de distribution » Ces immigrés ottomans sont d'abord des colporteurs. Ils vont de ville en ville pour vendre toutes sortes de marchandises. « Un des secteurs de l'économie qui était tout nouveau, c'est la distribution. Les Brésiliens, même les plus pauvres, avaient un peu plus d'argent à dépenser qu'avant, et ils voulaient consommer. Mais il n'y avait pas beaucoup de vendeurs ambulants. Et comme les gens du Moyen-Orient fonctionnaient souvent en réseaux, basés sur la famille et sur des liens de communauté, ils ont fini par contrôler tout le réseau de distribution. Un autre élément important, c'est l'introduction d'une nouvelle méthode de paiement : à crédit. C'était une pratique quasiment inconnue au Brésil au XIXe siècle », explique Jeffrey Lester. Ces pratiques donneront naissance aux banques et aux organismes de prêt au Brésil, où la communauté libanaise est aujourd'hui encore très présente. Autre domaine où cette diaspora se distingue, la politique : les descendants d'immigrés libanais représentent aujourd'hui 10 % du Congrès brésilien et l'ancien président Michel Temer sera le premier fils de la diaspora libanaise au Brésil à occuper la fonction suprême, étant président par intérim de 2016 à 2018. À lire aussiLe Brésil envoie de l'aide humanitaire au Liban: Temer va conduire la délégation

Vivre ailleurs
Comment s'habiller pour un entretien d'embauche à l'international?

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Aug 8, 2026 10:27


Quelle est la meilleure tenue vestimentaire pour un entretien d'embauche dans une entreprise à l'international ? Le lâcher-prise sur le plan vestimentaire est-il la bonne manière de procéder ? Comment choisir sa tenue d'entretien d'embauche en présentiel ou à distance pour éviter le « fashion faux pas » ? Existe-t-il des spécificités selon le pays ? Les réponses de Veedushi Bissessur du site expat.com, spécialiste de l'emploi à l'international.   À écouter dans 8 milliards de voisinsTrouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

Reportage International
Au Japon, les populations immigrées dans le viseur de la droite au pouvoir

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 7, 2026 2:31


La coalition de droite au pouvoir au Japon durcit sa politique migratoire. La Première ministre nationaliste Sanae Takaichi juge que « les étrangers mettent à vif les nerfs des Japonais ». Le secteur de la restauration est particulièrement touché par ce tour de vis. Par exemple, les critères pour bénéficier d'un visa de gérant d'entreprise sont désormais beaucoup plus contraignants qu'avant. Résultat : on ne compte plus les restaurants tenus par des immigrés qui doivent fermer car leurs exploitants ne sont pas parvenus à obtenir le renouvellement de leur titre de séjour, et sont donc priés de rentrer dans leur pays. De notre correspondant à Tokyo, Les immigrés ayant un visa de gérant d'entreprise doivent désormais disposer d'un capital d'au moins 30 millions de yens [165 000 euros, NDLR]. C'est six fois plus qu'auparavant. S'ils ne parviennent pas à réunir une telle somme, leur titre de séjour n'est pas renouvelé et ils sont priés de quitter le pays dans les 30 jours. Casey, qui tient un petit restaurant indien depuis 15 ans, est particulièrement inquiet. « Ayant dû beaucoup investir dans cet établissement – pour les frigos, les climatiseurs et tout cela –, j'ai très peu d'économies. En plus, c'est un restaurant familial, pas cher, donc je ne roule pas sur l'or. Du coup, réunir 30 millions de yens, pour sûr, je n'y arriverai pas. Que l'on change les règles du jour au lendemain et sans prévenir, franchement, ce n'est pas correct », confie-t-il. Cet employé de bureau japonais vient de déguster un curry dans un restaurant népalais qui fermera à la fin de l'été, comme l'indique un écriteau sur sa devanture. Car le titre de séjour de son exploitant n'a pas été renouvelé, les banques lui ayant refusé un emprunt de 30 millions de yens. « Tous ces restaurateurs étrangers sont de bons pères de famille qui n'ont jamais fait de mal à personne et nous préparent des petits plats délicieux. Donc pourquoi leur chercher noise ​​​​​​​? Je ne comprends pas », s'interroge-t-il. Une pétition en ligne réclamant l'abrogation de cette réforme a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Pour autant, les sondages indiquent que les Japonais se crispent concernant les étrangers : près de 60% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil l'augmentation, ces dernières années, du nombre d'immigrés. Une augmentation qui est à relativiser, car ils ne sont jamais que quatre millions, pour 120 millions de Japonais. Surtout, selon une économiste, l'archipel n'a pas le choix : « La plupart de nos entreprises sont en sous-effectifs comme jamais. Face à cette pénurie de main-d'œuvre historique, due à la dénatalité et au vieillissement de la population – deux phénomènes qui s'aggravent d'année en année –, la seule solution, pour le Japon, c'est de recourir à des travailleurs immigrés. Sans eux, la quatrième économie mondiale ira droit dans le mur. » La Première ministre Sanae Takaichi est sourde à de telles mises en garde. Surfant sur sa popularité – une cote de confiance autour de 65%, soit 30 points de plus que tous ses prédécesseurs –, elle a ordonné que plus aucun visa ne soit accordé aux nombreux jeunes d'Asie du Sud-Est qui souhaitent venir travailler dans la restauration au Japon, car ce secteur emploie déjà 300 000 immigrés. C'est peu par rapport à ses quatre millions de salariés au total, mais pour la cheffe du gouvernement, c'est suffisant : il faut réserver ces emplois aux Japonais. L'argument paraît doublement spécieux. D'abord, le taux de chômage n'est que de 2,6% dans l'archipel, qui est donc quasiment en situation de plein emploi. En plus, les Japonais ne se pressent pas pour travailler dans la restauration, les salaires y étant peu élevés : moins de 1 500 euros mensuels bruts. À lire aussiJapon: une semaine après le violent séisme, la solidarité ne se tarit pas grâce aux collectes de dons

Reportage international
Au Japon, les populations immigrées dans le viseur de la droite au pouvoir

Reportage international

Play Episode Listen Later Aug 7, 2026 2:31


La coalition de droite au pouvoir au Japon durcit sa politique migratoire. La Première ministre nationaliste Sanae Takaichi juge que « les étrangers mettent à vif les nerfs des Japonais ». Le secteur de la restauration est particulièrement touché par ce tour de vis. Par exemple, les critères pour bénéficier d'un visa de gérant d'entreprise sont désormais beaucoup plus contraignants qu'avant. Résultat : on ne compte plus les restaurants tenus par des immigrés qui doivent fermer car leurs exploitants ne sont pas parvenus à obtenir le renouvellement de leur titre de séjour, et sont donc priés de rentrer dans leur pays. De notre correspondant à Tokyo, Les immigrés ayant un visa de gérant d'entreprise doivent désormais disposer d'un capital d'au moins 30 millions de yens [165 000 euros, NDLR]. C'est six fois plus qu'auparavant. S'ils ne parviennent pas à réunir une telle somme, leur titre de séjour n'est pas renouvelé et ils sont priés de quitter le pays dans les 30 jours. Casey, qui tient un petit restaurant indien depuis 15 ans, est particulièrement inquiet. « Ayant dû beaucoup investir dans cet établissement – pour les frigos, les climatiseurs et tout cela –, j'ai très peu d'économies. En plus, c'est un restaurant familial, pas cher, donc je ne roule pas sur l'or. Du coup, réunir 30 millions de yens, pour sûr, je n'y arriverai pas. Que l'on change les règles du jour au lendemain et sans prévenir, franchement, ce n'est pas correct », confie-t-il. Cet employé de bureau japonais vient de déguster un curry dans un restaurant népalais qui fermera à la fin de l'été, comme l'indique un écriteau sur sa devanture. Car le titre de séjour de son exploitant n'a pas été renouvelé, les banques lui ayant refusé un emprunt de 30 millions de yens. « Tous ces restaurateurs étrangers sont de bons pères de famille qui n'ont jamais fait de mal à personne et nous préparent des petits plats délicieux. Donc pourquoi leur chercher noise ​​​​​​​? Je ne comprends pas », s'interroge-t-il. Une pétition en ligne réclamant l'abrogation de cette réforme a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. Pour autant, les sondages indiquent que les Japonais se crispent concernant les étrangers : près de 60% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil l'augmentation, ces dernières années, du nombre d'immigrés. Une augmentation qui est à relativiser, car ils ne sont jamais que quatre millions, pour 120 millions de Japonais. Surtout, selon une économiste, l'archipel n'a pas le choix : « La plupart de nos entreprises sont en sous-effectifs comme jamais. Face à cette pénurie de main-d'œuvre historique, due à la dénatalité et au vieillissement de la population – deux phénomènes qui s'aggravent d'année en année –, la seule solution, pour le Japon, c'est de recourir à des travailleurs immigrés. Sans eux, la quatrième économie mondiale ira droit dans le mur. » La Première ministre Sanae Takaichi est sourde à de telles mises en garde. Surfant sur sa popularité – une cote de confiance autour de 65%, soit 30 points de plus que tous ses prédécesseurs –, elle a ordonné que plus aucun visa ne soit accordé aux nombreux jeunes d'Asie du Sud-Est qui souhaitent venir travailler dans la restauration au Japon, car ce secteur emploie déjà 300 000 immigrés. C'est peu par rapport à ses quatre millions de salariés au total, mais pour la cheffe du gouvernement, c'est suffisant : il faut réserver ces emplois aux Japonais. L'argument paraît doublement spécieux. D'abord, le taux de chômage n'est que de 2,6% dans l'archipel, qui est donc quasiment en situation de plein emploi. En plus, les Japonais ne se pressent pas pour travailler dans la restauration, les salaires y étant peu élevés : moins de 1 500 euros mensuels bruts. À lire aussiJapon: une semaine après le violent séisme, la solidarité ne se tarit pas grâce aux collectes de dons

Reportage France
La mort est mon métier: Samuel, gardien d'un cimetière et de sa biodiversité [4/4]

Reportage France

Play Episode Listen Later Aug 5, 2026 3:41


En France, la mort est encore très souvent taboue. Pourtant, chacun y est confronté. Elle fait aussi partie du quotidien professionnel de milliers d'hommes et de femmes du milieu funéraire. Autopsier les dépouilles, inhumer les corps, voir même communiquer avec les défunts... Cette semaine, RFI vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui travaillent avec la mort. Amélie Beaucour est partie à la rencontre d'un gardien de cimetière, à Pantin, au nord de la capitale. Un lieu beaucoup plus vivant qu'on ne le croit. Il est 18h lorsque les grilles du cimetière de Pantin se ferment. Samuel Soursas fait partie des rares personnes autorisées à y passer la nuit. Son logement de fonction, situé à l'intérieur de l'enceinte, ne marque pas la fin de sa journée de travail. « Je veille à la fermeture du site, explique-t-il. On s'assure que tout le monde est bien sorti. Il arrive que les gens ne voient pas l'heure passer ou s'endorment... Et le matin, on ouvre aux employés qui travaillent sur le site. Ils sont 80 chaque jour. » Ensuite, Samuel endosse ses fonctions de garde-travaux : « J'enregistre les bons, j'accompagne les marbriers et les graveurs devant les monuments concernés... Tout ce qui touche aux travaux funéraires, en plus des inhumations. » Son outil de travail ? « Un sac à dos, des chaussures de sécurité et un petit pick-up blanc, bien pratique pour sillonner les allées arborées du site. » Car ces dernières, souligne-t-il, « donnent davantage l'allure d'un parc que d'un cimetière ». Une impression renforcée par l'immensité du lieu : « ​​​​​​​Nous avons un peu moins de 200 divisions – une division, c'est un carré de 70 mètres par 70 mètres. À l'intérieur de chacune, environ 800 tombes. Et dans chaque tombe, on peut avoir d'une à plusieurs dizaines de personnes. » Un nombre incalculable d'âmes se croisent ainsi dans ce « ​​​​​​​gigantesque poumon vert » en pleine région parisienne. Des proches venus se recueillir, mais aussi des promeneurs en quête de nature et de sérénité. Sans oublier les « ​​​​​​​habitants » du cimetière, qui, eux, « ​​​​​​​sortent non pas de leurs caveaux, mais de leurs nids ou de leurs terriers ». « Aujourd'hui, on a de la chance, il fait beau, tous les animaux sont de sortie, s'enthousiasme Samuel. Les renards, les corneilles – évidemment ​​​​​​​–, les chats, les perruches aussi... On a énormément de vie dans ce lieu qui est censé représenter la mort. » Ces occupants, peu farouches, sont respectés autant que celles et ceux qui reposent sous terre. La Ville de Paris, qui administre le site, a placé la biodiversité au cœur de ses aménagements. « Au niveau des fontaines, l'eau ne s'écoule plus dans des grilles, mais dans des récipients en ciment pour la retenir, détaille-t-il. Cela permet à tout ce qui est biodiversité – insectes, oiseaux, etc. – de venir s'abreuver. » Il évoque aussi « ​​​​​​​une division interdite au public, où l'on entrepose les gravats et où l'on casse les tombes » : « ​​​​​​​Les murs sont en gabion, mais on a créé de tout petits accès en dessous pour les renards. Ils y sont en toute tranquillité. Et lorsque les machines arrivent pour casser, ils peuvent sortir. » Samuel a découvert ce métier sur le tard. « ​​​​​​​C'est après avoir passé un concours de la fonction territoriale que j'ai reçu cette affectation : cantonnier – celui qui s'occupe d'une division ​​​​​​​– au cimetière de Pantin. » Un tournant surprenant dans sa carrière, mais qu'il ne regrette pas. « ​​​​​​​Il y a des défunts, il y a de la tristesse, il y a des pleurs, etc. Mais il y a beaucoup d'amour aussi. Les gens pleurent leurs morts, mais reviennent. C'est quelque chose qui représente beaucoup pour eux... et pour moi aussi. Ça me permet de profiter davantage de ce que j'ai. » Loin de l'atmosphère lugubre souvent associée à ces lieux, le cimetière de Pantin est, pour son gardien passionné, « un havre de paix, sur lequel je veille comme sur mon propre jardin ». Il conclut avec une étymologie qui résume sa philosophie : « "Cimetière", c'est un mot qui, il me semble, vient du grec et a été transformé en latin. Il signifie "lieu de repos". Ce n'est pas la mort, c'est le repos. » À lire aussiLa mort est mon métier: «Je m'adresse à la personne décédée», confie le nettoyeur post-mortem [2/4]

Reportage France
La mort est mon métier: Virginie, une médium normande en séance publique [3/4]

Reportage France

Play Episode Listen Later Aug 4, 2026 3:37


En France, la mort est encore très souvent taboue. Pourtant, chacun y est confronté. Elle fait aussi partie du quotidien professionnel de milliers d'hommes et de femmes du milieu funéraire. Autopsier les dépouilles, inhumer les corps, voir même communiquer avec les défunts... Cette semaine, RFI vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui travaillent avec la mort. Amélie Beaucour est partie à la rencontre d'une médium, au Havre, sur la côte ouest du pays. La salle est pleine à craquer. Ce soir-là, au Havre, en Normandie, 400 personnes ont fait le déplacement jusqu'à ce théâtre. Dans un tailleur noir impeccable, Virginie déambule dans les allées, micro à la main. À peine le public assis, les défunts se présentent déjà à côté de leur vivant, affirme-t-elle. Surnommée « la médium du peuple » par celles et ceux qui viennent la consulter, cette grande brune aux yeux bleus exerce aussi bien en séance publique, comme ce soir, qu'en privé, dans son cabinet. Dans les coulisses, elle se confie sur son métier : « Lors d'une journée type, je suis en consultation toute la journée dans mon bureau. J'ai mon consultant. Les défunts se présentent autour de lui. Nous, on fait les réservations avec un prénom. Pas de date de naissance, pas de nom de famille. Vous ne devez donner aucune information. Vous ne montrez pas les photos tout de suite. Aux défunts de se manifester autour du vivant, vous voyez ? Parce qu'après, ça peut s'apparenter à du mentalisme, à de la fine psychologie. Cela, malheureusement, il y en a beaucoup dans ce milieu. » Interrogée sur la manière dont ces manifestations se produisent, elle explique : « Tous les canaux vont être actifs. Les défunts vont se présenter parfois avec leur prénom, avec uniquement la première lettre de leur prénom, et le défunt va se placer à côté de mon vivant, de manière à ce que je sache qui est qui. Si on a perdu notre père ou notre grand-père, ils ne vont pas se positionner de la même manière, à côté de vous. On a d'ailleurs une présence d'une dame décédée, une grand-mère, dans la lignée paternelle. » Cette présence invisible désarçonne autant que les détails très précis que perçoit Virginie. Être médium, c'est aussi devoir porter le poids de certains messages et vivre avec des images obsédantes. « Un jeune homme sur un accident de mobylette et il n'y avait pas de casque à l'époque, c'était l'arrière de son crâne qui a tapé sur le trottoir. L'image était horrible. Je l'ai vécu pendant trois ou quatre jours. Cette image m'a hanté pendant plusieurs jours. La mort des enfants aussi, c'est compliqué », confie-t-elle. Virginie raconte qu'elle avait cinq ans lorsque ce don s'est manifesté chez elle pour la toute première fois. Il a ensuite pris une place de plus en plus importante dans sa vie, jusqu'à la pousser à quitter son travail pour se consacrer entièrement à la médiumnité. « J'ai été 13 ans dans la police municipale du Havre, j'étais brigadier-chef principal. Je ne pouvais plus être sur deux activités à la fois, c'était trop fatigant. Sur mes repos, on me demandait des séances. À un moment donné, il a fallu faire un choix. Aujourd'hui, je ne me vois pas faire autre chose, redonner le sourire à toutes ces personnes. Certains pensent que la médiumnité, c'est quelque chose de triste. Vivez-le en salle et on en reparle. » Personnage surprenant de franchise mais aussi de douceur, l'ancienne policière devenue médium exerce avant tout pour réparer les vivants. À lire aussiVoyance, médium, astrologie: pourquoi s'intéresse-t-on tant aux sciences occultes?

Reportage France
La mort est mon métier: «Je m'adresse à la personne décédée», confie le nettoyeur post-mortem [2/4]

Reportage France

Play Episode Listen Later Aug 3, 2026 3:42


En France, la mort est encore très souvent taboue et pourtant chacun y est confronté. Elle fait aussi partie du quotidien professionnel de milliers d'hommes et de femmes du milieu funéraire. Autopsier les dépouilles, inhumer les corps, voire communiquer avec les défunts… Cette semaine, RFI vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui travaillent avec la mort. Ce mardi, Amélie Beaucour a poussé la porte d'un appartement du centre-ville de Strasbourg, dans l'est de la France, où intervenait un nettoyeur post-mortem. « Là on va entrer dans un appartement où il y a eu une découverte tardive, c'est-à-dire de plusieurs jours, semaines ou mois. » Martel Julien est nettoyeur post-mortem. « On nettoie les traces laissées par le décès, qu'il s'agisse de découverte tardive, de suicide, d'homicide ou d'attentat. » Pour entrer dans ce logement, les surchaussures sont obligatoires, mais le masque lui est optionnel. « Vous sentez un peu l'odeur normalement », mentionne Martel Julien. L'odeur caractéristique laissée par la mort est bien présente même si la pièce a été aérée lorsque le corps a été pris en charge par les services de médecine légale. Dans la pièce principale ne reste plus qu'un fauteuil vert foncé recouvert d'une épaisse couche de matière difficilement identifiable, qui a ruisselé sur le plancher : « La personne est morte sur son canapé et est restée là pendant un bon moment. On voit des écoulements de fluides corporels qui ont recouvert le sol de part en part de la pièce. Là, on va devoir nettoyer ces affaires souillées, chercher des infiltrations dans le sol et découper le canapé pour désinfecter correctement le logement », détaille le nettoyeur post-mortem. Julien Martel, chef d'entreprise spécialisé dans le nettoyage post-mortem Cela fait dix ans que Julien Martel a monté son entreprise spécialisée dans le nettoyage post-mortem, après s'être formé en microbiologie : « Si vous passez au microscope les fluides que vous avez vus, vous observerez des bactéries… Certaines peuvent être mortelles. Si on en oublie des traces dans l'appartement, il y a tout pour le développement bactérien : de la matière, peu de lumière et une température stable », explique-t-il. Son outil de travail : une camionnette noire pour se déplacer dans toute la France avec son épouse et associée. À l'intérieur, des boîtes empilées contiennent le nécessaire pour les interventions. « Ici on a tout ce qui nous sert de protection : gants, surchaussures, masques, combinaisons… Au fond, les produits qu'on utilise. Il y en a seulement deux : un pour dégraisser, un autre pour rincer et travailler différemment la matière. Puis là le matériel électroportatif pour les travaux plus lourds, s'il y a par exemple du sol ou des parois à démonter. Et, à l'arrière du camion, on a de grandes poubelles jaunes qui nous servent à collecter ce qui a été souillé. Le canapé découpé en morceaux ira dans ces poubelles. » « Imaginez que la personne ne sait pas qu'elle est morte » Julien Martel reste pudique sur les interventions qui ont pu le marquer. Des scènes difficiles qu'il faut extérioriser afin de préserver sa vie personnelle. Avec son métier, son rapport avec la mort n'a pas changé. Mais plutôt celui avec la vie. « Mais pour la mort, non, ça n'a rien changé car je ne pense pas que tout s'arrête quand on meurt. C'est pour ça aussi que je toque systématiquement avant de rentrer. C'est une question de respect. C'est aussi pour ça que, quand je sens que je ne suis pas seul ou que l'ambiance est, comment vous dire, un peu électrique, je parle. Je m'adresse à la personne décédée. Je me présente, je lui dis pourquoi je suis là, ce que je vais faire, etc. Imaginez que la personne ne sait pas qu'elle est morte : comment réagiriez-vous ? Vous êtes dans votre salon et vous voyez débarquer quelqu'un chez vous ? Alors on peut dire : "Ce mec-là, il est taré", je m'en fiche. » D'apparence impassible, le chef d'entreprise avoue prendre très à cœur un autre aspect de son métier : être une oreille attentive pour les familles qui le sollicitent, des clients qui deviennent parfois des amis. À lire aussiScènes de crime, suicides et morts naturelles: le nettoyage, double peine des familles

Reportage France
La mort est mon métier: être légiste, c'est «être la parole des personnes décédées»[1/4]

Reportage France

Play Episode Listen Later Aug 2, 2026 3:43


En France, la mort est encore très souvent taboue et pourtant chacun y est confronté. Elle fait aussi partie du quotidien professionnel de milliers d'hommes et de femmes du milieu funéraire. Autopsier les dépouilles, inhumer les corps, voire communiquer avec les défunts… Cette semaine, RFI vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui travaillent avec la mort. Aujourd'hui, pour le premier épisode de notre série La mort est mon métier, Laurence Théault est partie à la rencontre d'une médecin légiste à Nancy, dans l'est de la France. On pousse la porte de la salle d'autopsie du docteur Élodie Marchand. Dans une ambiance fraîche et bleutée, une table en inox, des instruments de chirurgien et une balance suspendue, destinée à peser les organes, occupent la pièce. Le docteur Élodie Marchand se présente en blouse verte, pantalon et sabots. Le médecin légiste explique que le corps du défunt est amené sur la table dans une housse réfrigérée et qu'il n'est pas lavé. « Justement, dans le côté médico-légal, il ne faut surtout pas que les corps soient altérés avant les constatations. Donc, ce sont des corps qui sont placés dans des housses qui sont scellées par la justice pour ne pas pouvoir altérer ces éléments. Et donc il est déposé en housse. Et la première chose qu'on fait, c'est briser le scellé de cette housse et ouvrir la housse pour faire les premières constatations dans l'état dans lequel le corps est arrivé ». Dans une autopsie, les blessures sont bavardes Dans le cadre d'une autopsie judiciaire. Imaginons un défunt virtuel, un jeune homme victime de plusieurs coups de couteau. La première étape de l'autopsie consiste à établir un descriptif précis : taille, couleur des yeux, longueur des cheveux. « Dans le cadre où on suspecte un homicide, comme par exemple pour ce jeune homme, les mains ont été placées dans des enveloppes en papier kraft pour justement préserver l'ADN éventuel de l'agresseur. Et donc, la première chose qu'on fait avant de toucher à tout ça, c'est d'aller faire les prélèvements au niveau des mains pour le côté génétique. » Un médecin légiste fait parler les corps et les blessures sont bavardes. « Les plaies par arme blanche vont avoir aussi des spécificités, puisqu'elles vont souvent avoir des berges qu'on appelle nettes. Et qui vont donner, rien que cet aspect des berges, des indices également sur le type d'arme utilisée. Donc, si c'est plutôt un couteau avec un fil qui tranche, si c'est un couteau avec deux fils, type un poignard. » À lire aussiFrasse Mikardsson, le légiste franco-suédois, auteur de roman policier Être légiste, c'est passer son « temps à mesurer des choses » Sur une table, alignés proprement, bistouris, ciseaux, pinces, écarteur, burin. « L'instrument indispensable de tout médecin légiste, c'est le mètre ruban ou le réglet. Parce qu'on mesure tout. On va mesurer des plaies, on va mesurer d'autres types de lésions, les ecchymoses. On va mesurer également même les cheveux d'une personne pour des critères d'identification. On passe notre temps à mesurer des choses. » Loin des clichés que l'on voit dans les séries, un médecin légiste prélève bien des organes, mais ce n'est pas à coup de pic à glace. Le docteur Élodie Marchand précise qu'une longue incision de la base du cou au pubis est toutefois nécessaire pour l'autopsie. « Généralement, on ne va pas forcément prélever des organes en entier, sauf certains comme le cerveau ou le cœur, parce que toutes les zones sont importantes. Il y a des incisions qui sont réalisées. Il faut savoir qu'elles doivent être systématiquement refermées. Ça fait partie de nos obligations et du respect qu'on a pour les corps. » « Apporter des réponses » suite à un décès Ce métier change-t-il son rapport à la mort ? « Non, parce que moi, depuis toute petite, je suis bercée dans le côté anthropologie, paléontologie par mon père. Donc, j'ai très vite connu des squelettes étant toute petite. Donc, finalement, la mort n'est pas quelque chose qui a pu m'effrayer, me questionner. » Et l'une des choses que le docteur Élodie Marchand apprécie dans son métier : « C'est vraiment pouvoir être la parole des personnes décédées et apporter des réponses, en fait. Justement sur pourquoi et comment ces personnes sont mortes. » Quand une autopsie est à la demande de la justice, le médecin légiste n'est ni du côté de l'accusation, ni de celui de la défense. Il est là pour établir une vérité scientifique. À lire aussiPhilippe Boxho: confidences de la star des médecins légistes

Le débat africain
Comment répondre aux attentes de la jeunesse sénégalaise?

Le débat africain

Play Episode Listen Later Jul 31, 2026 39:00


Quelles sont les aspirations, les besoins et les préoccupations des jeunes au Sénégal, notamment en matière d'emploi, d'éducation, de participation citoyenne et de perspectives d'avenir ? Quelles actions et politiques sont capables de mieux accompagner cette jeunesse dans son épanouissement et sa contribution au développement du pays ? Avec la participation de : Xuman, fondateur du JT rappé Ndiouga Benga, historien et enseignant-chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) Arame Gueye Sene, socio-économiste, directrice du Consortium jeunesse Sénégal et co-fondatrice et directrice exécutive de Social Change Factory.

Accents d'Europe
En Russie, l'engagement militaire comme ascenseur social

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jul 28, 2026 19:30


Primes généreuses, remises de peine, effacement de dettes : pour recruter massivement, Moscou utilise le levier financier et la promesse d'un statut de vétéran prestigieux. Une politique efficace mais coûteuse. Après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et des centaines de milliers de morts, au bas mot, selon les estimations des chercheurs… le conflit a profondément transformé la société russe. Pour maintenir le rythme des recrutements dans l'armée, l'État mobilise tous les leviers : primes financières, salaires élevés, avantages sociaux… Moscou va même jusqu'à effacer certains casiers judiciaires. Dans une Russie appauvrie par les inégalités, un contrat pour aller se battre en Ukraine est donc synonyme d'ascenseur social. C'est particulièrement vrai dans certaines régions reculées, comme la Sibérie où s'est rendue Anissa el Jabri : entretien avec Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre.  En Irlande, les appétits chinois pour l'immobilier C'est un phénomène discret mais en pleine expansion : à Dublin, des investisseurs chinois, souvent très fortunés, rachètent à grande échelle des appartements et des maisons, parfois sans même les visiter. L'offre de visas dorés a beaucoup contribué au phénomène, mais même depuis qu'ils ont été supprimés, l'intérêt pour Dublin demeure, et il contribue à la flambée des prix. Clémence Pénard. La publicité télévisée pour la malbouffe bannie avant 21h au Royaume-Uni Pour lutter contre les dégâts de la malbouffe chez les jeunes, le gouvernement britannique interdit les publicités à la télévision, avant 21h, pour les aliments transformés, trop gras, sucrés, salés. Mais l'éducation à l'alimentation passe aussi par le contact avec le vivant : à Londres, une ferme urbaine est installée au bord de la Tamise. C'est là que notre correspondante Marie Billon a interrogé, petits et grands, sur cette mesure de prévention.

Accents d'Europe
En Russie, l'engagement militaire comme ascenseur social

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jul 28, 2026 19:30


Primes généreuses, remises de peine, effacement de dettes : pour recruter massivement, Moscou utilise le levier financier et la promesse d'un statut de vétéran prestigieux. Une politique efficace mais coûteuse. Après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et des centaines de milliers de morts, au bas mot, selon les estimations des chercheurs… le conflit a profondément transformé la société russe. Pour maintenir le rythme des recrutements dans l'armée, l'État mobilise tous les leviers : primes financières, salaires élevés, avantages sociaux… Moscou va même jusqu'à effacer certains casiers judiciaires. Dans une Russie appauvrie par les inégalités, un contrat pour aller se battre en Ukraine est donc synonyme d'ascenseur social. C'est particulièrement vrai dans certaines régions reculées, comme la Sibérie où s'est rendue Anissa el Jabri : entretien avec Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre.  En Irlande, les appétits chinois pour l'immobilier C'est un phénomène discret mais en pleine expansion : à Dublin, des investisseurs chinois, souvent très fortunés, rachètent à grande échelle des appartements et des maisons, parfois sans même les visiter. L'offre de visas dorés a beaucoup contribué au phénomène, mais même depuis qu'ils ont été supprimés, l'intérêt pour Dublin demeure, et il contribue à la flambée des prix. Clémence Pénard. La publicité télévisée pour la malbouffe bannie avant 21h au Royaume-Uni Pour lutter contre les dégâts de la malbouffe chez les jeunes, le gouvernement britannique interdit les publicités à la télévision, avant 21h, pour les aliments transformés, trop gras, sucrés, salés. Mais l'éducation à l'alimentation passe aussi par le contact avec le vivant : à Londres, une ferme urbaine est installée au bord de la Tamise. C'est là que notre correspondante Marie Billon a interrogé, petits et grands, sur cette mesure de prévention.

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique: les PME au service de l'agriculture

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 22, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent autour des PME au service de l'agriculture. Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises • Justin Nkunzimwami, créateur de Kivu Solar Energy, entreprise de vente et d'installation de petites et grandes centrales solaires, Bukavu, RDC  Justin souhaite passer son entreprise au stade supérieur et attirer des investisseurs Partie 2 : le débat, quel rôle des PME dans le développement agricole du continent ?   Selon la Banque africaine de développement (BAD), 65 % des denrées alimentaires produites, agrégées et distribuées en Afrique sont gérées par des PME. Elles jouent donc un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire du continent. Elles sont aussi un vivier important d'emplois. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'économie alimentaire représente 66 % des emplois en Afrique de l'Ouest, ce qui en fait le premier employeur de la région.   Production, transformation, distribution, chaîne logistique, technologie agricole… Les PME sont présentes sur tous les maillons de la chaîne mais pâtissent d'un manque d'investissements. Un déficit de financement annuel estimé à 180 milliards de dollars (158 milliards d'euros) par la BAD. Une situation qui retarde la mise en place d'un véritable écosystème entrepreneurial agricole. À ces défis s'ajoutent le réchauffement climatique et les inégalités concernant les femmes. Encore très dépendante des importations alimentaires, l'Afrique dépense chaque année entre 60 et 90 milliards d'euros pour importer des denrées alimentaires.   Dans ce contexte, comment faciliter l'émergence des PME agricoles ? Faut-il plus de politiques protectionnistes comme celle sur le poulet, notamment au Sénégal ? Quel mode de financement pour leur permettre de changer d'échelle ?   Avec : • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. • Mamadou Ndao, directeur d'Investissement du fonds FASA (Financing for Agricultural SMEs in Africa) géré par I&P (Investisseurs & partenaires) groupe dédié au financement et à l'accompagnement des petites et moyennes entreprises en Afrique. • Warren Kambongo, entrepreneur, directeur de SOPRAA, société de productions agro industrielles, et de SOVAPROAT, société de transformation des produits agricoles et du terroir au Gabon.   Programmation musicale :  ► Pull Up - Young Franco, Scrufizzer, Pino D'Angiò  ► MAPOUKA - Afro B.

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique: les PME au service de l'agriculture

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 22, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent autour des PME au service de l'agriculture. Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises • Justin Nkunzimwami, créateur de Kivu Solar Energy, entreprise de vente et d'installation de petites et grandes centrales solaires, Bukavu, RDC  Justin souhaite passer son entreprise au stade supérieur et attirer des investisseurs Partie 2 : le débat, quel rôle des PME dans le développement agricole du continent ?   Selon la Banque africaine de développement (BAD), 65 % des denrées alimentaires produites, agrégées et distribuées en Afrique sont gérées par des PME. Elles jouent donc un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire du continent. Elles sont aussi un vivier important d'emplois. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'économie alimentaire représente 66 % des emplois en Afrique de l'Ouest, ce qui en fait le premier employeur de la région.   Production, transformation, distribution, chaîne logistique, technologie agricole… Les PME sont présentes sur tous les maillons de la chaîne mais pâtissent d'un manque d'investissements. Un déficit de financement annuel estimé à 180 milliards de dollars (158 milliards d'euros) par la BAD. Une situation qui retarde la mise en place d'un véritable écosystème entrepreneurial agricole. À ces défis s'ajoutent le réchauffement climatique et les inégalités concernant les femmes. Encore très dépendante des importations alimentaires, l'Afrique dépense chaque année entre 60 et 90 milliards d'euros pour importer des denrées alimentaires.   Dans ce contexte, comment faciliter l'émergence des PME agricoles ? Faut-il plus de politiques protectionnistes comme celle sur le poulet, notamment au Sénégal ? Quel mode de financement pour leur permettre de changer d'échelle ?   Avec : • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises. • Mamadou Ndao, directeur d'Investissement du fonds FASA (Financing for Agricultural SMEs in Africa) géré par I&P (Investisseurs & partenaires) groupe dédié au financement et à l'accompagnement des petites et moyennes entreprises en Afrique. • Warren Kambongo, entrepreneur, directeur de SOPRAA, société de productions agro industrielles, et de SOVAPROAT, société de transformation des produits agricoles et du terroir au Gabon.   Programmation musicale :  ► Pull Up - Young Franco, Scrufizzer, Pino D'Angiò  ► MAPOUKA - Afro B.

Débat du jour
Vêtements au travail: le code a-t-il changé?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 21, 2026 29:30


Les récentes vagues de chaleur ont soulevé le problème : faut-il revoir la manière de s'habiller pour aller travailler ? Quels habits porter quand il fait 40 degrés ? Le code vestimentaire est tout sauf anodin et en dit beaucoup sur la place occupée au sein d'une entreprise. Le tabou du short au travail peut-il tomber sans décrédibiliser le salarié ? Que révèlent ces freins qui perdurent ? Avec :  - Hayley Edwards-Dujardin, historienne de la mode, autrice de Indémodable (éditions du Chêne).  - Jérémie Brücker, historien, chercheur associé à l'université d'Angers, auteur de Avoir l'étoffe, une histoire du vêtement professionnel en France des années 1880 à nos jours (L'arbre bleu), conseiller scientifique de l'exposition Sous toutes les coutures. Le vêtement au travail (en cours au musée postal). - Charlotte Moreau, journaliste mode et pop culture au magazine Elle, autrice de Le dressing code (Leduc), elle a réalisé une série d'entretiens sur le vêtement au travail « Mon job mon dressing ». 

Débat du jour
Vêtements au travail: le code a-t-il changé?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 21, 2026 29:30


Les récentes vagues de chaleur ont soulevé le problème : faut-il revoir la manière de s'habiller pour aller travailler ? Quels habits porter quand il fait 40 degrés ? Le code vestimentaire est tout sauf anodin et en dit beaucoup sur la place occupée au sein d'une entreprise. Le tabou du short au travail peut-il tomber sans décrédibiliser le salarié ? Que révèlent ces freins qui perdurent ? Avec :  - Hayley Edwards-Dujardin, historienne de la mode, autrice de Indémodable (éditions du Chêne).  - Jérémie Brücker, historien, chercheur associé à l'université d'Angers, auteur de Avoir l'étoffe, une histoire du vêtement professionnel en France des années 1880 à nos jours (L'arbre bleu), conseiller scientifique de l'exposition Sous toutes les coutures. Le vêtement au travail (en cours au musée postal). - Charlotte Moreau, journaliste mode et pop culture au magazine Elle, autrice de Le dressing code (Leduc), elle a réalisé une série d'entretiens sur le vêtement au travail « Mon job mon dressing ». 

7 milliards de voisins
Ambition: pourquoi cherchons-nous la reconnaissance?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 20, 2026 48:30


Être reconnu, admiré, respecté, valorisé… Le besoin de reconnaissance est profondément humain. Au travail, en famille, dans le couple ou entre amis, nous cherchons tous, à des degrés divers, à être vus et appréciés des autres. Mais, à l'heure des likes et des followers sur les réseaux sociaux, cette quête de validation peut parfois devenir extrême, alimenter l'envie et la rivalité, et générer de la souffrance.   Pourtant, nos ambitions évoluent. Alors que la réussite a longtemps été associée à une quête du pouvoir, mesurée au nombre d'échelons gravis et à la position atteinte dans l'entreprise, les carrières sont aujourd'hui moins linéaires et la recherche de sens prend une place croissante dans les choix professionnels. Selon une étude du cabinet de recrutement Robert Walters menée en 2024, 52 % des membres de la « gen Z » – la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 – refuserait même de devenir manager, un rôle jugé trop énergivore et dépourvu de sens. Ces nouvelles aspirations se heurtent toutefois aux réalités économiques, dans un contexte marqué par l'inflation, les difficultés d'accès au logement, la précarité de l'emploi et la peur du déclassement.   Alors, pourquoi avons-nous autant besoin d'être reconnus ? Comment distinguer une ambition saine d'une dépendance au regard des autres ? Les réseaux sociaux nourrissent-ils une nouvelle forme de compétition permanente ? Et, comment concilier quête de sens, désir de réussite et contraintes matérielles ? Avec :  • Benoit Heilbrunn, philosophe et professeur à l'ESCP Business School, co-directeur de l'Observatoire Marques, imaginaires de consommation et politique de la Fondation Jean Jaurès. Auteur du livre Le poison de la reconnaissance – quel prix à payer pour être quelqu'un (L'Aube - Fondation Jean Jaurès, 2026). • Raphaëlle Elkrief, journaliste, autrice d'une série de podcasts sur l'ambition produite par Louie Media.   En fin d'émission, Charlie Dupiot, nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris Cité. Sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson du Français facile avec RFI. Dans ce 13ᵉ épisode, que partager de son intimité ? Delphine, professeur de FLE (Français Langue Ètrangère), nous parle d'une expérience avec un étudiant et Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel, nous éclaire.   Programmation musicale :  ► Elle & Moi - ART-X, Biga*Ranx, LUIZA, Pulche Le Douce ► Fazer Festa - João Selva, Diogo Strausz, Patchworks.

7 milliards de voisins
Ambition: pourquoi cherchons-nous la reconnaissance?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 20, 2026 48:30


Être reconnu, admiré, respecté, valorisé… Le besoin de reconnaissance est profondément humain. Au travail, en famille, dans le couple ou entre amis, nous cherchons tous, à des degrés divers, à être vus et appréciés des autres. Mais, à l'heure des likes et des followers sur les réseaux sociaux, cette quête de validation peut parfois devenir extrême, alimenter l'envie et la rivalité, et générer de la souffrance.   Pourtant, nos ambitions évoluent. Alors que la réussite a longtemps été associée à une quête du pouvoir, mesurée au nombre d'échelons gravis et à la position atteinte dans l'entreprise, les carrières sont aujourd'hui moins linéaires et la recherche de sens prend une place croissante dans les choix professionnels. Selon une étude du cabinet de recrutement Robert Walters menée en 2024, 52 % des membres de la « gen Z » – la génération Z, née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 – refuserait même de devenir manager, un rôle jugé trop énergivore et dépourvu de sens. Ces nouvelles aspirations se heurtent toutefois aux réalités économiques, dans un contexte marqué par l'inflation, les difficultés d'accès au logement, la précarité de l'emploi et la peur du déclassement.   Alors, pourquoi avons-nous autant besoin d'être reconnus ? Comment distinguer une ambition saine d'une dépendance au regard des autres ? Les réseaux sociaux nourrissent-ils une nouvelle forme de compétition permanente ? Et, comment concilier quête de sens, désir de réussite et contraintes matérielles ? Avec :  • Benoit Heilbrunn, philosophe et professeur à l'ESCP Business School, co-directeur de l'Observatoire Marques, imaginaires de consommation et politique de la Fondation Jean Jaurès. Auteur du livre Le poison de la reconnaissance – quel prix à payer pour être quelqu'un (L'Aube - Fondation Jean Jaurès, 2026). • Raphaëlle Elkrief, journaliste, autrice d'une série de podcasts sur l'ambition produite par Louie Media.   En fin d'émission, Charlie Dupiot, nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris Cité. Sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson du Français facile avec RFI. Dans ce 13ᵉ épisode, que partager de son intimité ? Delphine, professeur de FLE (Français Langue Ètrangère), nous parle d'une expérience avec un étudiant et Cécile Lazartigues-Chartier, consultante en interculturel, nous éclaire.   Programmation musicale :  ► Elle & Moi - ART-X, Biga*Ranx, LUIZA, Pulche Le Douce ► Fazer Festa - João Selva, Diogo Strausz, Patchworks.

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Afrique, le temps des possibles, épisode 2 : un avenir économique pour la jeunesse

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


C'est le deuxième épisode de la série « Afrique, le temps des possibles ». Continent le plus jeune du monde, l'Afrique verra un jeune sur trois de la planète y vivre d'ici 2050. L'historien Achille Mbembe, l'économiste Kako Nubukpo, les entrepreneurs Matina Razafimahefa et Mamby Laye Diomandé débattent de formation, d'emploi, de numérique, d'intelligence artificielle et d'industries créatives pour transformer ce dividende démographique en véritable moteur de développement pour le continent.

La marche du monde
«À travail égal, salaire égal», le combat avant-gardiste des grévistes sénégalais de 1946

La marche du monde

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


La marche du monde en reportage dans les rues de Dakar en compagnie de l'historien Omar Gueye, professeur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, afin de vous raconter une histoire inédite. Il s'agit de la première grande grève générale du Sénégal, celle de 1946, dont la revendication est une véritable révolution. Son slogan ? « À travail égal, salaire égal ! », repris jusque dans les marchés par les vendeuses d'arachides. Une grève qui a abouti et permis aux travailleurs africains de l'AOF de bénéficier des mêmes droits que les travailleurs français. Bien moins connue que celle des cheminots de 1947, cette grève de 46 est pourtant l'Acte 1 du processus qui va mener aux indépendances bien que nous ne connaissions pas la voix de son leader : Lamine Diallo. C'est pourquoi nous avons enquêté au Sénégal, jusqu'à la RTS, la radio-télévision sénégalaise, dans l'espoir de retrouver ce trésor d'archive.   À lire : - La grève générale de 1946 au Sénégal, aux sources du syndicalisme militant par Omar Gueye, aux éditions Présence Africaine À écouter : - « Il était une fois au Sénégal », la chronique historique de la RTS par Cheikh Diop, diffusion les lundis sur la matinale SALAM Sénégal de la RTS. - Découvrez la chronique via FB - Écoutez radio Sénégal Internationale.   Tous nos remerciements à toute l'équipe de la radio RTS, son directeur François Xavier Thiaw, son directeur des programmes Cheikh Diop et ses merveilleux archivistes Joanna Manga, Oumar Sarr et Aïssatou Gaye.

Éco d'ici éco d'ailleurs
Afrique, le temps des possibles, épisode 2 : un avenir économique pour la jeunesse

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jul 18, 2026 48:29


C'est le deuxième épisode de la série « Afrique, le temps des possibles ». Continent le plus jeune du monde, l'Afrique verra un jeune sur trois de la planète y vivre d'ici 2050. L'historien Achille Mbembe, l'économiste Kako Nubukpo, les entrepreneurs Matina Razafimahefa et Mamby Laye Diomandé débattent de formation, d'emploi, de numérique, d'intelligence artificielle et d'industries créatives pour transformer ce dividende démographique en véritable moteur de développement pour le continent.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► It Makes You Forget - Peggy Gou ►  DOUVAN - Lu City, litleboy lsbeats767. 

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► It Makes You Forget - Peggy Gou ►  DOUVAN - Lu City, litleboy lsbeats767. 

Aujourd'hui l'économie
Canicule: pourquoi les vagues de chaleur menacent désormais l'industrie européenne

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jul 10, 2026 3:24


Les vagues de chaleur ne pèsent plus seulement sur notre quotidien. Elles deviennent aussi un véritable risque économique. Selon une étude du cabinet Sia Partners, les canicules sont désormais le principal risque climatique pour l'industrie lourde européenne : fatigue des salariés, manque d'eau, perturbations des transports... le changement climatique s'impose désormais comme un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises. Avec les records de chaleur observés ces derniers jours en Europe de l'Ouest et une grande partie de la France placée en vigilance orange canicule, les conséquences économiques du changement climatique deviennent de plus en plus visibles : tel est le principal enseignement d'un rapport publié par le cabinet Sia Partners. Pour le secteur industriel, le climat fait désormais partie des variables qu'il faut gérer au quotidien, au même titre que le prix de l'énergie, les tensions géopolitiques ou encore les difficultés d'approvisionnement. L'étude s'appuie sur l'analyse de 365 sites industriels répartis dans toute l'Europe appartenant à des secteurs stratégiques comme la sidérurgie, le raffinage, le verre, le ciment ou encore l'ammoniac. Les chercheurs ont évalué leur exposition à plusieurs risques climatiques : vagues de chaleur, stress hydrique, inondations fluviales et submersions marines. Le constat est sans appel : dès 2030, près de 300 des 365 sites étudiés seront fortement exposés aux vagues de chaleur. À lire aussiLa multiplication des événements climatiques extrêmes coûtera cher à l'économie mondiale Fatigue des salariés, manque d'eau : pourquoi les canicules ralentissent les usines À première vue, cela peut paraître surprenant. Une fonderie, un site sidérurgique ou une cimenterie fonctionnent déjà avec des fours dépassant le millier de degrés. Pourtant, ce ne sont pas les équipements qui souffrent en premier, mais bien les femmes et les hommes qui travaillent autour. Dans ces installations, les températures sont déjà très élevées. Les épisodes de chaleur extrême augmentent donc la fatigue des salariés et les risques d'accidents, réduisent les performances, et obligent parfois les entreprises à modifier les horaires de travail, à ralentir leur cadence, voire à interrompre temporairement leur activité. À l'arrivée, les conséquences sont directes : ces sociétés produisent moins, vendent moins et deviennent moins compétitives. La chaleur entraîne également un autre problème majeur : le manque d'eau. L'industrie lourde en utilise d'importants volumes pour refroidir ses installations. Or les canicules s'accompagnent souvent de sécheresses. Certaines usines doivent alors réduire leur activité faute de disposer des ressources nécessaires au fonctionnement de leurs systèmes de refroidissement. À lire aussiÉconomie verte: pourquoi le cap des 10 000 milliards de dollars marque un tournant historique Des chaînes d'approvisionnement plus fragiles face au changement climatique Les effets des vagues de chaleur dépassent largement les portes des usines. Une industrie dépend de matières premières, de routes, de voies ferrées, de ports ou encore des grands fleuves européens. Si une sécheresse réduit la navigation sur le Rhin, si une inondation coupe une ligne ferroviaire ou si un port est paralysé, c'est toute la chaîne industrielle qui est perturbée. Même une usine qui n'est pas directement touchée par la chaleur peut voir sa production s'arrêter parce qu'elle ne reçoit plus ses approvisionnements ou ne peut plus livrer ses clients. Pour Sia Partners, le défi est désormais double. Les industriels doivent poursuivre leurs investissements pour réduire leurs émissions de CO2, mais aussi adapter leurs sites aux conséquences du réchauffement climatique : mieux gérer l'eau, protéger les infrastructures, revoir l'organisation du travail ou encore sécuriser les chaînes d'approvisionnement. En clair : le changement climatique est devenu un véritable enjeu économique. Et demain, les entreprises qui auront le mieux anticipé ces nouveaux risques disposeront d'un avantage compétitif sur leurs concurrents.

Débat du jour
Effondrement démographique : une bonne nouvelle?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 29:30


C'est une nouveauté en France ce 1er juillet: l'entrée en vigueur du congé de naissance. Un nouveau droit, du temps supplémentaire pour les jeunes parents, avec indemnité, pour s'occuper de leur bébé. Une mesure en vue du « réarmement démographique » souhaité par Emmanuel Macron, en soutien à la natalité qui est en déclin en France, comme ailleurs en Europe ou en Asie. Le déclin démographique inquiète, mais le débat du jour prend le contre-pied: et si, finalement, la dénatalité était une chance ? L'occasion, pourquoi pas, de construire un monde plus vivable ? Pour en débattre : - Guillaume Duval, conseiller à l'Institut Jacques Delors, essayiste, ancien rédacteur en chef d'Alternatives économiques - Bertrand Martinot, économiste, spécialiste du marché du travail et des politiques de l'emploi, expert associé de l'Institut Montaigne, auteur du livre J'ai cotisé, j'y ai droit ! Mensonges et vérités sur les retraites, éditions Hermann - Hervé Le Bras, démographe, chercheur et directeur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED). Auteur du livre La grève des naissances : comment les inégalités femmes-hommes font chuter la natalité dans le monde entier, à paraître en septembre 2026 aux éditions de l'Aube.

Aujourd'hui l'économie
Intelligence artificielle: les entreprises qui investissent le plus dans l'IA recrutent davantage

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 3:15


Alors que l'intelligence artificielle est souvent présentée comme une menace pour l'emploi, une étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient nuancer cette idée. Selon ses conclusions, les entreprises qui investissent massivement dans l'IA recrutent plus rapidement que leurs concurrentes. Une tendance qui s'explique avant tout par les gains de productivité générés par cette technologie. Lorsqu'on évoque l'intelligence artificielle, un scénario revient presque systématiquement. Les entreprises investissent dans l'IA, les logiciels remplacent progressivement les salariés et les licenciements se multiplient. Les annonces récentes de plusieurs géants de la tech, comme Meta, semblent d'ailleurs alimenter cette idée. Les effectifs diminuent tandis que les investissements dans l'intelligence artificielle continuent de progresser. Pourtant, une nouvelle étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient sérieusement bousculer ce constat. Les chercheurs ont analysé près de 22 000 entreprises américaines afin de mesurer l'impact réel des investissements dans l'intelligence artificielle sur l'emploi. Le résultat est pour le moins surprenant. En moyenne, les effectifs de cadres des entreprises ayant investi massivement dans l'IA augmentent de 10,2% dans les deux années qui suivent le début de leurs investissements. Autre enseignement marquant : les jeunes diplômés, souvent présentés comme les premières victimes de l'intelligence artificielle sur le marché du travail, semblent eux aussi bénéficier de cette dynamique. Les postes de début de carrière progressent également. Les recrutements concernent aussi bien les ingénieurs que les commerciaux, les fonctions administratives ou encore les équipes du service client. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? L'IA ne crée pas directement des emplois, elle accélère la croissance des entreprises Pour autant, il ne faut pas conclure que l'intelligence artificielle crée mécaniquement des emplois. C'est toute la subtilité de cette étude. Les chercheurs montrent que les gains de productivité apportés par l'IA permettent aux entreprises de développer davantage de produits, d'accélérer leurs projets et de gagner des parts de marché. La conséquence est qu'elles finissent par recruter pour accompagner cette croissance. Cette logique économique est bien connue. Chaque grande innovation technologique réduit les coûts de production. Les entreprises disposent alors de deux possibilités : produire autant avec moins de salariés ou profiter de ces gains de productivité pour développer leur activité. Dans le second cas, la croissance s'accompagne naturellement de nouvelles embauches. En revanche, cette dynamique ne concerne pas toutes les entreprises. Celles qui se contentent de quelques abonnements à ChatGPT ou qui expérimentent ponctuellement des outils d'intelligence artificielle ne constatent quasiment aucun changement dans leurs effectifs. Les bénéfices apparaissent lorsque l'IA s'inscrit dans une véritable stratégie de transformation. Cela suppose des investissements importants, une intégration profonde de cette technologie dans les processus de l'entreprise, mais aussi une vision à long terme. L'intelligence artificielle n'est donc pas une solution miracle de court terme. C'est un chantier de transformation qui demande des moyens, des compétences et une véritable stratégie. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Un risque de fracture entre les entreprises L'étude met également en lumière un autre phénomène. Les entreprises qui investissent le plus dans l'IA sont aussi, bien souvent, celles qui étaient déjà les plus innovantes et les mieux financées. Dès lors, l'intelligence artificielle pourrait contribuer à creuser les écarts entre les entreprises. Un fossé pourrait progressivement apparaître entre celles qui disposent des ressources nécessaires pour intégrer pleinement l'IA et celles qui restent au stade de l'expérimentation. Cette analyse permet aussi de comprendre pourquoi les discours sur les effets de l'intelligence artificielle semblent parfois contradictoires. D'un côté, certaines entreprises annoncent des licenciements en expliquant que certaines tâches sont désormais automatisées. De l'autre, d'autres recrutent parce que les gains de productivité générés par l'IA leur permettent de lancer de nouveaux projets et de conquérir de nouveaux marchés. Ces deux réalités coexistent. Au fond, ce qu'il faut retenir, c'est que l'intelligence artificielle détruit certains métiers, en transforme beaucoup d'autres et peut également créer de nouveaux besoins. La question n'est donc plus seulement de savoir si l'IA remplacera les salariés, mais plutôt quelles entreprises sauront utiliser cette technologie pour créer davantage de valeur et renforcer leur compétitivité.

Débat du jour
Effondrement démographique : une bonne nouvelle?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 29:30


C'est une nouveauté en France ce 1er juillet: l'entrée en vigueur du congé de naissance. Un nouveau droit, du temps supplémentaire pour les jeunes parents, avec indemnité, pour s'occuper de leur bébé. Une mesure en vue du « réarmement démographique » souhaité par Emmanuel Macron, en soutien à la natalité qui est en déclin en France, comme ailleurs en Europe ou en Asie. Le déclin démographique inquiète, mais le débat du jour prend le contre-pied: et si, finalement, la dénatalité était une chance ? L'occasion, pourquoi pas, de construire un monde plus vivable ? Pour en débattre : - Guillaume Duval, conseiller à l'Institut Jacques Delors, essayiste, ancien rédacteur en chef d'Alternatives économiques - Bertrand Martinot, économiste, spécialiste du marché du travail et des politiques de l'emploi, expert associé de l'Institut Montaigne, auteur du livre J'ai cotisé, j'y ai droit ! Mensonges et vérités sur les retraites, éditions Hermann - Hervé Le Bras, démographe, chercheur et directeur émérite à l'Institut national d'études démographiques (INED). Auteur du livre La grève des naissances : comment les inégalités femmes-hommes font chuter la natalité dans le monde entier, à paraître en septembre 2026 aux éditions de l'Aube.

7 milliards de voisins
Quel bilan pour les «territoires zéro chômeur de longue durée» en France?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 48:30


En 2016, la France expérimentait les «territoires zéro chômeur de longue durée». Un dispositif étendu en 2020, qui permet à des personnes durablement éloignées du marché de l'emploi de trouver un travail. Concrètement, des entreprises à but d'emploi (EBE), des structures à but non lucratif et financées par la dépense publique, ont ainsi été créées pour employer ces personnes en CDI, à temps choisi près de leur domicile. Dix ans après, plus de 4 000 personnes ont retrouvé le chemin de l'emploi grâce à l'expérimentation. Alors qu'une proposition de loi devait pérenniser ce programme, l'avenir de « Territoires zéro chômeur de longue durée » est suspendu au calendrier législatif français. Si des critiques sont formulées, les évaluations du projet sont globalement positives. D'autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne ou encore l'Afrique du Sud s'en sont d'ailleurs inspirés. Selon les chiffres de l'INSEE (l'Institut national de la statistique et des études économiques en France), parmi les chômeurs, 580 000 personnes en moyenne déclarent au quatrième trimestre 2025 être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an. Une situation qui impose des réponses concrètes de la part de l'État. L'ancien Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté Olivier de Schutter, plaidait par exemple pour une « garantie d'emploi » afin de lutter contre la pauvreté et mieux protéger les travailleurs. Quels enseignements tirer de l'expérimentation française « Territoires zéro chômeur de longue durée » ? Avec l'arrivée de l'IA qui va supprimer de nombreux métiers, faut-il mettre en place un droit à l'emploi ? Avec : Florence Jany-Catrice, économiste coordinatrice du réseau RESTEZ (Recherche sur les expérimentations sociales et territoriales « TZC ») du CNRS Denis Prost, vice-président de l'association Territoires zéro chômeur de longue durée.   Également dans l'émission : Un entretien avec Abdoollah Earally, correspondant de RFI à New Delhi, en Inde, où la loi nationale Mahatma Gandhi sur la garantie d'emploi rural (MGNREGA).   En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils et analyse la pertinence de leurs réponses. Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat.   Programmation musicale : ►  Boss - Meryl, Lejuh ►  Alo!? / الو!؟ - Nour.  

7 milliards de voisins
Quel bilan pour les «territoires zéro chômeur de longue durée» en France?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 48:30


En 2016, la France expérimentait les «territoires zéro chômeur de longue durée». Un dispositif étendu en 2020, qui permet à des personnes durablement éloignées du marché de l'emploi de trouver un travail. Concrètement, des entreprises à but d'emploi (EBE), des structures à but non lucratif et financées par la dépense publique, ont ainsi été créées pour employer ces personnes en CDI, à temps choisi près de leur domicile. Dix ans après, plus de 4 000 personnes ont retrouvé le chemin de l'emploi grâce à l'expérimentation. Alors qu'une proposition de loi devait pérenniser ce programme, l'avenir de « Territoires zéro chômeur de longue durée » est suspendu au calendrier législatif français. Si des critiques sont formulées, les évaluations du projet sont globalement positives. D'autres pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne ou encore l'Afrique du Sud s'en sont d'ailleurs inspirés. Selon les chiffres de l'INSEE (l'Institut national de la statistique et des études économiques en France), parmi les chômeurs, 580 000 personnes en moyenne déclarent au quatrième trimestre 2025 être sans emploi et en rechercher un depuis au moins un an. Une situation qui impose des réponses concrètes de la part de l'État. L'ancien Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté Olivier de Schutter, plaidait par exemple pour une « garantie d'emploi » afin de lutter contre la pauvreté et mieux protéger les travailleurs. Quels enseignements tirer de l'expérimentation française « Territoires zéro chômeur de longue durée » ? Avec l'arrivée de l'IA qui va supprimer de nombreux métiers, faut-il mettre en place un droit à l'emploi ? Avec : Florence Jany-Catrice, économiste coordinatrice du réseau RESTEZ (Recherche sur les expérimentations sociales et territoriales « TZC ») du CNRS Denis Prost, vice-président de l'association Territoires zéro chômeur de longue durée.   Également dans l'émission : Un entretien avec Abdoollah Earally, correspondant de RFI à New Delhi, en Inde, où la loi nationale Mahatma Gandhi sur la garantie d'emploi rural (MGNREGA).   En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils et analyse la pertinence de leurs réponses. Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat.   Programmation musicale : ►  Boss - Meryl, Lejuh ►  Alo!? / الو!؟ - Nour.  

Aujourd'hui l'économie
Pourquoi la natalité baisse presque partout dans le monde

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 3:23


Longtemps attribuée à un simple changement des aspirations familiales, la baisse de la natalité s'explique aujourd'hui par des facteurs beaucoup plus complexes. Difficultés à former un couple, crise du logement, précarité, réseaux sociaux… Cette évolution, qui touche désormais la quasi-totalité de la planète, pourrait avoir des conséquences majeures sur la croissance, les retraites et l'économie mondiale. C'est l'un des principaux bouleversements économiques de notre époque : la chute de la natalité. Longtemps considérée comme un phénomène propre aux pays riches, elle touche désormais la quasi-totalité de la planète. Aujourd'hui, plus des deux tiers des pays affichent une fécondité inférieure au seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Pendant longtemps, la baisse de la fécondité s'expliquait assez simplement. Les couples faisaient moins d'enfants. Mais cette explication ne suffit plus. Selon plusieurs travaux, dans de nombreux pays développés, le nombre d'enfants par mère reste relativement stable. Ce qui fait chuter la natalité, c'est surtout la baisse de la formation des couples. Les jeunes continuent d'exprimer le souhait d'avoir des enfants. En revanche, ils rencontrent davantage de difficultés à construire une relation durable, à se projeter et à créer un environnement favorable à la parentalité. À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie Logement, précarité : les facteurs économiques restent déterminants Au-delà des évolutions des mœurs, des facteurs beaucoup plus structurels expliquent également cette baisse de la natalité. L'accès au logement est plus difficile, les études sont plus longues, la précarité professionnelle est plus fréquente et le coût de l'éducation continue d'augmenter. Autant de facteurs qui retardent les projets familiaux. Le logement illustre parfaitement cette réalité. Sans stabilité résidentielle, il devient plus difficile d'envisager de fonder une famille. Le Financial Times souligne ainsi que le recul de la natalité au Royaume-Uni et aux États-Unis est notamment lié aux difficultés d'accès au logement. Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Les pays nordiques, pourtant relativement prospères et dotés de politiques familiales généreuses, connaissent eux aussi une baisse marquée de leur fécondité. À lire aussiLa démographie ou l'enjeu économique de ces dix prochaines années Les smartphones et les réseaux sociaux sont-ils aussi en cause ? Une autre hypothèse, plus récente, retient l'attention de plusieurs chercheurs américains : le rôle des smartphones et des réseaux sociaux. Entre 2008 et 2015, période correspondant à leur généralisation, la baisse de la natalité s'est accélérée dans de nombreux pays, aussi différents que la France, les États-Unis, le Mexique, l'Indonésie ou encore plusieurs pays africains. Attention toutefois : les chercheurs ne démontrent pas de lien de causalité. Ils évoquent une corrélation forte et avancent plusieurs mécanismes susceptibles d'expliquer cette évolution. Le premier est simple. Nous passons moins de temps ensemble. Or, pour rencontrer un partenaire durable, les interactions réelles restent essentielles. Les réseaux sociaux modifient également les attentes. Ils exposent en permanence des modèles de beauté, de réussite personnelle ou de vie de couple parfois fantasmés, susceptibles de rendre plus difficile la construction d'une relation stable. Enfin, ils entretiennent un climat d'anxiété permanente qui n'incite pas toujours à se projeter dans des engagements conjugaux et familiaux de long terme. Il ne faut évidemment pas accuser le smartphone de tous les maux. Il ne s'agit que d'une hypothèse parmi d'autres pour expliquer cette dynamique. Une chose, en revanche, est certaine : moins de naissances aujourd'hui, ce sont moins d'actifs demain. Cela signifie potentiellement moins de croissance, davantage de difficultés pour financer les retraites, des tensions sur les systèmes de santé et, à terme, un ralentissement de l'innovation et de la consommation. L'enjeu est désormais mondial. Et alors que nous n'avons jamais eu autant de moyens matériels, autant de progrès technologiques et une espérance de vie aussi élevée, les sociétés font presque partout moins d'enfants. Derrière cette évolution démographique se cache peut-être l'un des plus grands défis économiques du XXIᵉ siècle. À lire aussiRoyaume-Uni: le choc démographique qui menace l'économie britannique

Afrique Économie
Maroc: face à la loi française contre le démarchage, les travailleurs des centres d'appels dans l'inquiétude

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 2:34


C'est une échéance que redoutent les travailleurs des centres d'appels au Maroc. En août entrera en vigueur en France la loi qui interdit le démarchage téléphonique sans consentement. Un changement majeur sur un marché qui représente 80% du chiffre d'affaires des entreprises marocaines. Selon les autorités du royaume, jusqu'à 50 000 emplois seraient menacés, dont beaucoup de postes occupés par des étrangers venus d'Afrique subsaharienne. De notre correspondant à Casablanca, Lamine est directement concerné par cette réforme. « Je fais du démarchage téléphonique. Je fais l'émission, c'est-à-dire appeler les clients, leur proposer des services, explique-t-il. Aujourd'hui, on se sent menacés. » Ce Sénégalais est au Maroc depuis trois ans. Les centres d'appels constituaient jusqu'ici une opportunité d'emploi intéressante pour les jeunes comme lui. « Quand on arrive au Maroc avec des diplômes, on se rue quand même sur les centres d'appels, parce qu'il y en a plusieurs ici. Et, avec les salaires qu'on nous paie ici, on subvient à plein de besoins, ce qui n'était pas possible au Sénégal », détaille encore Lamine. Mamadou est aussi très inquiet : « Nous, on s'attend au pire. Je travaille dans les centres d'appels. Je ne connais que ce domaine-là pratiquement. Ça me permet de joindre les deux bouts et ça m'a permis de réaliser pas mal de trucs au Sénégal. » Le démarchage téléphonique ne va pas disparaître totalement, selon les explications de la direction à ces employés. « Peut-être que des alternatives suivront, des clients qui seront intéressés pour changer d'offres pourront faire des demandes sur les sites et nous, on pourra rappeler ces clients, espère-t-il. Parce que ce sont eux qui auront demandé à être contactés et pas le contraire en fait. »  Alors que le démarchage téléphonique va se compliquer, les employés, qui touchent souvent des primes sur objectif, risquent de perdre une partie de leur rémunération. Quel accompagnement pour les petites structures ? Du côté du patronat, les grands groupes relativisent l'impact de la loi française sur le secteur. Selon la fédération marocaine de l'externalisation des services, le démarchage téléphonique pur ne constitue plus aujourd'hui que 15% à 20% de l'activité totale. C'est la guerre des chiffres avec les syndicats. « Le grand nombre de ces centres d'appels sont des petites structures, voire des moyennes structures », pointe Ayoub Saoud, le secrétaire général de la Fédération nationale des centres d'appels, affiliée à la centrale UMT. Les petites et moyennes entreprises représentent plus de 60% du tissu du secteur. Et pour celles qui sont spécialisées dans le télémarketing, le choc s'annonce frontal. « Comment le gouvernement compte-t-il accompagner ces centres d'appels pour éviter cette crise sociale ? Il faut trouver des solutions, il faut impliquer les acteurs socio-économiques pour parler notamment de gestion prévisionnelle des emplois et des carrières, et de reconversion professionnelle », alerte Ayoub Saoud. Le gouvernement dit travailler sur un plan d'action. Ayoub Saoud dénonce au contraire l'impréparation des autorités, alors que la menace pèse depuis longtemps sur le démarchage téléphonique. Il souhaiterait aussi que les partenaires français soient impliqués dans la recherche de solutions.

Eco d'ici Eco d'ailleurs
Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste

Eco d'ici Eco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 80:54


Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais et professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York (États-Unis) est le grand invité de l'émission économie RFI Jeune Afrique. Premier lauréat du prix Africa NextGen Economist, il décrypte sans détour les grands défis économiques de l'Afrique et du Sénégal : crise de la dette, déficits de financement, enjeux fiscaux, emploi des jeunes, développement de l'IA. Un entretien sans concession animé par Bruno Faure et Aurélie M'Bida.

Éco d'ici éco d'ailleurs
Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste

Éco d'ici éco d'ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 80:54


Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais et professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York (États-Unis) est le grand invité de l'émission économie RFI Jeune Afrique. Premier lauréat du prix Africa NextGen Economist, il décrypte sans détour les grands défis économiques de l'Afrique et du Sénégal : crise de la dette, déficits de financement, enjeux fiscaux, emploi des jeunes, développement de l'IA. Un entretien sans concession animé par Bruno Faure et Aurélie M'Bida.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► JTM - Myra ► Sexy - Juice.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs ! Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et recrutement, basé à Abidjan.   Programmation musicale : ► JTM - Myra ► Sexy - Juice.

Aujourd'hui l'économie
Xbox, la division jeu vidéo de Microsoft se prépare à de nouveaux licenciements de masse

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 3:03


Trois mois après son arrivée, Asha Sharma, la nouvelle patronne de la division gaming du géant informatique promet de « réinitialiser Xbox ». Une promesse qui devrait prendre la forme d'un dégraissage brutal avec de nombreuses fermetures et ventes de studios et des milliers de suppressions d'emplois. La traduction d'un changement de stratégie brutal pour Microsoft qui délaisse le jeu vidéo pour se mettre toutes ses forces dans la course à l'intelligence artificielle (IA). « Ça ne peut plus durer comme ça. » Dans un courrier adressé aux 20 000 salariés de Xbox le 10 juin, Asha Sharma arrivée à la tête de la division gaming de Microsoft en janvier dernier donne le ton. Dans ce texte aux accents de lettre de rupture, elle dresse le portrait d'une branche en déclin et promet de « réinitialiser Xbox » en 100 jours. Comment ? Asha Sharma restait floue. Depuis la presse spécialisée fait état d'un « bain de sang » en préparation pour la fin de l'exercice fiscal de Microsoft, le 30 juin prochain, avec à la clé de multiples fermetures de studios et des milliers d'emplois supprimés. Trois jours avant ce courrier, Asha Sharma profitait pourtant du Summer Game Fest, la grand-messe annuelle du jeu vidéo, pour lancer en grande pompe les festivités autour des 25 ans de Xbox. Rien ne laissait alors présager qu'en coulisses se préparait le cinquième plan social en deux ans pour Xbox. Microsoft se porte pourtant bien : au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré plus de 30 milliards de dollars de bénéfices. Une rentabilité en berne malgré des investissements colossaux Mais la contribution du jeu vidéo est de plus en plus marginale. La rentabilité de Xbox atteint péniblement 3 %, loin des standards du groupe. Dans son courrier Asha Sharma rappelle pourtant les investissements colossaux consentis ces dernières années : 20 milliards sur cinq ans, auxquels il faut ajouter les 69 milliards de dollars dépensés en 2023 pour racheter Activision Blizzard, le plus gros investissement de toute l'histoire de l'industrie du jeu vidéo qui a fait de Microsoft le premier employeur mondial du secteur. Cette frénésie de rachat de studios visait à alimenter en contenu le Game Pass, le système d'abonnement de Xbox, sorte de Netflix du jeu vidéo.  À lire aussiEmploi: l'industrie du jeu vidéo toujours en zone de turbulences Mais cette stratégie n'a pas porté ses fruits. D'abord parce que les jeux vidéo coûtent de plus en plus cher à produire, il n'est pas rare que leurs budgets dépasse ceux des superproductions hollywoodiennes. Or la croissance du jeu vidéo s'est déplacée des marchés historiques de Xbox en Europe et aux États-Unis vers la Chine ou le Brésil où il est beaucoup moins bien implanté. Surtout, entre le moment où cette stratégie de rachats compulsifs a été imaginée et mise en œuvre et aujourd'hui, le boom de l'intelligence artificielle est intervenu. Il ne faut pas oublier que l'industrie du jeu vidéo est d'abord et avant tout une industrie informatique. Elle subit donc de plein fouet l'explosion du prix des composants électroniques et la concurrence des datacenters. Le jeu vidéo n'est clairement plus une priorité En première ligne de cette course effrénée à l'IA, Microsoft se retrouve en position de mettre ses différentes divisions en concurrences. Entre ses deux enfants, le groupe a clairement choisi : c'est dans l'IA qu'il prévoit d'investir 190 milliards de dollars cette année. Le jeu vidéo n'est clairement plus une priorité. Ce n'est pas un hasard si avant d'être nommée PDG de Xbox en janvier Asha Sharma avait fait toute sa carrière dans l'IA. Microsoft lui a visiblement confiée pour mission de dégraisser pour permettre au groupe d'accélérer dans sa course à l'intelligence artificielle. Ce n'est pas un bug, c'est un changement brutal de stratégie.  

Reportage Afrique
Côte d'Ivoire: autour du parc de la Comoé, un contexte économique et social fragile [3/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 20, 2026 2:20


Troisième et dernier épisode de notre série autour du parc de la Comoé, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Avec cette question : les activités économiques des communautés locales sont-elles assez conséquentes pour leur éviter de basculer dans des activités illicites ? De notre correspondante de retour de Doropo, Ama Ouattara est pêcheur. Depuis la reprise en main du parc de la Comoé, ce vieil homme mène ses activités dans un barrage. Problème : sur ce nouveau site, les frais pour pêcher sont élevés. Et surtout, les ressources halieutiques sont moins abondantes : « Ici, il n'y a pas de poisson. Si ce n'est pas de la carpe, il n'y a aucun autre poisson ici. Alors que dans la zone du parc, il y a beaucoup de poissons dedans. » Selon les données de la Banque mondiale, le Bounkani est l'une des régions les plus vulnérables de la Côte d'Ivoire, avec un taux de chômage qui dépasse les 40% chez les jeunes. Ces derniers délaissent l'agriculture, jugée trop pénible et peu rentable, au profit d'activités plus lucratives à l'image de l'orpaillage. Car dans leur esprit, la réussite sociale suit des critères bien visibles. Comme l'explique Mamadi Sidibé, le président du Conseil national des jeunes de Doropo : « Quand on dit que quelqu'un a réussi, c'est à travers une maison pour lui-même, et ensuite, on voit prospérer ses activités à travers un magasin et à travers le fait d'avoir une moto ou une voiture. » À lire aussiCôte d'Ivoire: le parc national de la Comoé préservé grâce à des méthodes modernes de surveillance [1/3] Les jeunes se tournent vers l'orpaillage Un gisement aurifère de plus de 100 tonnes a récemment été découvert : il sera exploité par une société étrangère. Dans cette zone, l'or suscite à la fois espoir et frustration de la part des jeunes. Pour la plupart, ils se replient sur des entreprises locales, récemment reconnues par l'État. La question de l'orpaillage est un sujet tabou : peu de jeunes osent l'évoquer ouvertement. Mamadi Sidibé, se présente comme un menuisier : « Actuellement dans la région, il y a 15 personnes qui sont légalement constituées en ce qui concerne l'orpaillage. Je suis menuisier de fonction. Quand quelqu'un va sur le site, qu'il gagne de l'argent, c'est moi qui fait la charpenterie, donc de façon indirecte, je participe aussi. » Ces activités suffisent-elles à satisfaire les besoins de ces habitants ? Pour détecter assez tôt de potentiels risques, plusieurs organisations planchent sur un indice pour mesurer le degré de fragilité économique et sociale de ces populations. Le docteur Nourredine Oréyolé, coordinateur technique de la Commission nationale des frontières, explique : « L'indice, c'est surtout la fragilité économique, sociale – les problèmes de cohésion sociales – mais aussi la fragilité sécuritaire. Avec les collectes de données que nous avons, on peut savoir, à un instant T, si cette communauté locale est vraiment résiliente ou pas. C'est un outil de décision, qui permet de lutter contre l'extrémisme. » Parmi les questions les plus sensibles, figurent la gestion des conflits entre éleveurs et agriculteurs, ou encore la criminalité transfrontalière. À lire aussiCôte d'Ivoire: les habitants s'impliquent autour du parc national de la Comoé pour le protéger [2/3]

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

Reportage International
En Inde, des micro-assurances contre la canicule pour protéger les travailleuses du secteur informel

Reportage International

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:33


En Inde, face aux chaleurs extrêmes, les travailleuses du secteur informel disposent d'une protection innovante : une assurance anti-chaleur. Le principe est simple : dès que la température dépasse les 42°C plusieurs jours de suite, ces femmes reçoivent automatiquement une compensation financière pour remplacer leur salaire perdu. Ce modèle de sécurité climatique n'en est qu'à ses débuts.  De notre correspondant à New Dehli, « J'ai connu ce projet quand ils sont venus nous l'expliquer », confie Komal. Ce sont des agents d'une compagnie d'assurance qui ont démarché la jeune  femme dans l'école privée de New Delhi où elle travaille comme nettoyeuse. À 28 ans, elle a immédiatement calculé l'intérêt de ce dispositif pour protéger son maigre revenu. « Travailler par 40°C, impossible. Je perdais 300 roupies par jour. Cotiser 400 roupies par an pour cette assurance change tout », explique-t-elle. Ce filet de sécurité sans intermédiaire a été pensé pour les travailleuses du secteur informel en Inde. Initié en 2023 par l'ONG SEWA (l'Association des femmes travailleuses indépendantes) dans le Gujarat, ce programme s'étend désormais à trois États. Le principe est simple : contre une cotisation annuelle de trois à quatre dollars, les assurées reçoivent automatiquement une indemnité journalière quand la température devient impossible. Anshu Jha, qui a coordonné ce déploiement pour l'ONG, souligne l'engouement croissant : « Les femmes sont très intéressées par cette assurance. En 2023, elles étaient 21 000, et en 2024, 50 000. Le nombre de bénéficiaires a plus que doublé. » Pour ces femmes payées à la journée, ce dispositif évite de devoir choisir entre la faim et une pénibilité extrême. Dans les rues de la capitale indienne désertées par la chaleur, Sunita vend ses fruits à l'ombre d'un arbre. Elle aussi a souscrit à l'assurance, mais face au coût de la vie, l'indemnité lui paraît maigre. « Je gagne 200 à 300 roupies par jour. Cela pour un ou deux repas. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas assez. Un peu plus, ce serait bien », confie-t-elle. Si l'assurance paramétrique existe depuis plus d'une décennie en Inde, la couverture contre la chaleur, elle, commence à peine. Des géants du secteur comme Bajaj Allianz adaptent leurs offres. Ils proposent des contrats sur mesure, valables de quelques jours à plusieurs mois selon les pics de canicule. Ashish Agrawal, directeur technique chez Bajaj General Insurance, anticipe une hausse de la demande : « Aujourd'hui, le climat est le plus grand risque pour tous. Nous devons absolument nous protéger. Je suis sûr que le marché de l'assurance climatique va croître. » Cet été, l'Inde étouffe sous des températures record qui frôlent les 50°C. Près de 400 millions de travailleurs informels subissent de plein fouet ce dérèglement. Face à l'urgence, ces micro-assurances anti-chaleur offrent un premier filet de sécurité pour s'adapter à la crise climatique. À lire aussiEn Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie
En Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 3:23


Longtemps présentée comme le moteur de la croissance indienne, la classe moyenne connaît aujourd'hui une profonde fracture. Tandis qu'une minorité profite pleinement du boom économique et technologique, une large partie des ménages voit son pouvoir d'achat stagner et ses perspectives sociales s'assombrir. Un paradoxe au cœur de la dernière note de l'Institut Montaigne consacrée à l'économie indienne. Quand on pense à l'Inde, on imagine une croissance spectaculaire, une population jeune et qualifiée, des multinationales qui s'implantent massivement et un immense marché de consommateurs. Pourtant, la réalité est aujourd'hui plus nuancée. La classe moyenne indienne représente toujours environ 140 millions de personnes, mais elle s'est profondément transformée. D'un côté, une minorité s'enrichit rapidement : dirigeants d'entreprise, entrepreneurs ou professionnels du numérique et des nouvelles technologies profitent pleinement de l'essor économique du pays. De l'autre, une large partie de cette même classe moyenne connaît une situation beaucoup plus fragile. Les salaires progressent peu, l'inflation pèse sur les budgets familiaux et les dépenses de santé ou d'éducation augmentent fortement. Cette fracture est si marquée que les économistes parlent désormais d'une croissance en K. Il faut imaginer la lettre : une branche monte, celle des plus aisés, l'autre stagne, voire recule progressivement, celle de la classe moyenne inférieure. Une consommation qui révèle les inégalités Cette polarisation se lit directement dans les habitudes de consommation des Indiens. Les ventes de petites voitures ralentissent tandis que celles des SUV continuent de progresser. Le marché immobilier traditionnel souffre, mais les logements de luxe battent des records. Quant aux hôtels milieu de gamme, ils enregistrent une croissance bien plus faible que les établissements cinq étoiles. Autrement dit, le marché indien ne s'élargit plus : il monte en gamme. Les entreprises continuent certes de vendre leurs produits, mais à une clientèle plus aisée qu'auparavant. Le moteur de la consommation n'est plus la vaste classe moyenne que beaucoup imaginaient il y a encore quelques années, mais les ménages les plus riches. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne Jeunesse, éducation et tech : les nouveaux défis de l'économie indienne L'Inde conserve pourtant un atout majeur : sa jeunesse. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, un potentiel démographique longtemps considéré comme un formidable levier de croissance. Mais le chômage touche particulièrement les diplômés. Paradoxalement, plus le niveau d'études est élevé, plus il devient difficile de trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Le système éducatif public souffre d'un manque chronique d'investissements, poussant les familles vers des établissements privés coûteux. Or beaucoup de diplômés quittent ces formations sans disposer des compétences réellement recherchées par les entreprises. De nombreuses familles s'endettent ainsi pour financer des études qui ne débouchent pas toujours sur l'ascension sociale espérée. Même le secteur des technologies de l'information, symbole du miracle économique indien, montre aujourd'hui des signes d'essoufflement. L'intelligence artificielle automatise une partie des tâches réalisées dans les centres de services informatiques et les grands groupes technologiques ralentissent leurs recrutements, voire réduisent leurs effectifs. Le secteur qui avait largement contribué à l'émergence de la classe moyenne participe désormais à sa fragmentation. Cette évolution soulève une question centrale pour l'avenir de l'économie indienne. Alors que la concentration des richesses atteint des niveaux records et que l'Inde compte désormais davantage de milliardaires que la Chine, une partie croissante de la classe moyenne voit son ascenseur social ralentir. La puissance économique indienne continue d'accélérer. Mais sa promesse de mobilité sociale, elle, semble aujourd'hui beaucoup plus fragile.

7 milliards de voisins
Le télétravail, véritable avancée pour les travailleurs?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Relativement rare à l'échelle mondiale, le télétravail s'est installé dans les entreprises et nos quotidiens depuis la pandémie de Covid-19. Une révolution imposée par la succession de confinements et possible grâce à la technologie. Pour prendre l'exemple de la France, en moyenne, 22% des salariés ont eu recours au télétravail en 2024 chaque semaine, d'après une récente de l'INSEE. Ils étaient seulement 4% avant la pandémie. Moins de temps dans les transports, économie de carburant, flexibilité, autonomie,... font partie des raisons pour lesquelles le travail à distance est plébiscité chez les salariés. Côté entreprise, certaines ont pu bénéficier d'un gain de productivité grâce au télétravail, c'est ce que démontre une autre étude de l'INSEE, publiée en mai 2026.   Pour autant, la pratique ne fait pas l'unanimité. Ubisoft, la Société Générale en France, Amazon, Meta, Microsoft ou Stellantis aux États-Unis... Toutes ces entreprises ont annoncé la suppression ou la réduction du télétravail. En cause, les difficultés de coordination, le manque de cohésion des équipes ou la baisse du sentiment d'appartenance à l'entreprise. Côté employés, le télétravail ne présente pas non plus que des bénéfices. Il crée notamment des inégalités entre ceux qui y ont accès et ceux qui n'y ont pas, ou fragilise encore le droit à la déconnexion.   Six ans après la crise sanitaire, quelles leçons tirées de notre pratique du télétravail ?   Avec : • Marianne Le Gagneur, sociologue à l'Université de Liège en Belgique, autrice de Télétravail, les limites d'une révolution (PUF, 2026) • Anthony Contat, directeur des ressources humaines au sein du groupe Aktid, membre du Bureau national de l'Association nationale des DRH, ANDRH (directeurs ou directrices des ressources humaines) et président de l'ANDRH Rhône. Un entretien avec Loïc Pialat, correspondant de RFI et France 24 à Los Angeles aux États-Unis. La Silicon Valley avait donné le ton durant le Covid avant d'imposer un retour au bureau, au moins partiel. Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, avait aussi souhaité en finir avec le télétravail pour les fonctionnaires américains. Loïc Pialat fait le point sur la pratique du télétravail de l'autre côté de l'atlantique. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson.  Dans ce 9ème épisode, comment se faire des amis en France et au Brésil ? Avec Catarina, gestionnaire de scolarité brésilienne et croate, et Isabelle Aliaga, experte de l'interculturel à Akteos, un cabinet qui propose de l'expertise interculturelle.    Programmation musicale :  ► P&P - aupinard, Ino Casablanca (CUT-3'00)  ► Babasse - Ajate, Toshihito Tsushima.

Invité Afrique
Liban: «On considère le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 7:54


Alors qu'Israël continue ses frappes sur le Liban, RFI se penche sur la communauté des domestiques vivant sur place. Selon l'ONU, environ 250 000 étrangers constituent le personnel de maison au Liban. En grande majorité des femmes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique. Mais ces personnes travaillent sous le système dit « la kafala » qui les privent de leurs droits les plus élémentaires. Et la guerre lancée par Israël depuis 2024 ne les épargne pas. Julie El Khoury, coordinatrice des programmes de l'ONG Kafa qui leur vient en aide, est la Grande Invitée Afrique.  RFI : Tout d'abord, expliquez-nous en quoi consiste le système de la kafala ? Julie El Khoury : La kafala, c'est un système qui régit l'emploi et le séjour des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur employeur. Ca crée une relation de pouvoir qui renforce considérablement les vulnérabilités à l'exploitation et aux abus. On observe de nombreuses pratiques abusives : la confiscation des passeports, la restriction à la liberté de mouvement, l'isolement... Il y a aussi le non-paiement des salaires, de longues heures de travail aussi, et l'absence de la vie privée. Et cela peut, dans plusieurs situations, aboutir à des violences psychologiques, physiques et même sexuelles. C'est pour cette raison que, en tant qu'organisation de défense des droits des femmes et des travailleuses migrantes domestiques, nous considèrons le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne. L'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 va déstabiliser la région, avec le pilonnage de l'armée israélienne d'abord à Gaza, puis au Liban : 4 000 morts et 43 000 logements détruits fin 2024 d'après les autorités libanaises. Comment ces domestiques ont-elles vécu cette guerre ? Les migrantes travailleuses domestiques ont été touchées par les conséquences de la guerre en termes de déplacements forcés. Il y a aussi un nombre de travailleuses qui ont été abandonnées par leurs employeurs dans des zones ciblées par Israël, donc leur situation s'est aggravée en quelques jours. Elles étaient exclues des centres de refuge collectifs et se sont retrouvées à la rue pour quelques nuits. Après ça, les organisations non gouvernementales et des collectifs communautaires se sont organisés pour accueillir ces travailleuses domestiques migrantes déplacées de force de leur région de résidence. Maintenant que les bombardements israéliens ont repris sur le Liban, quelle est leur situation aujourd'hui ? Bien que l'État ait annoncé une décision gouvernementale d'accueillir toutes les personnes dans les refuges, même si elles sont non-libanaises, les domestiques ont toujours connu l'exclusion. Mais encore une fois, des centres collectifs gérés par des ONG ont accueilli un grand nombre de femmes migrantes, certaines ont trouvé refuge dans des logements partagés de type d'hébergement informel, où les conditions ne sont pas du tout adéquates en ce qui concerne la sécurité, l'intimité et aussi l'accès aux services essentiels. Contrairement à 2024, cette fois-ci, nous n'avons pas reçu de rapport sur des travailleuses domestiques migrantes abandonnées par les familles comme en 2024. Comment interviennent les gouvernements des pays dont ces femmes sont originaires ? Il y a des ambassades qui se sont mobilisées rapidement et parmi les ambassades, quelques-unes ont pu ouvrir aussi des centres de refuge et aider dans le processus de rapatriement. Mais ça, c'était surtout en 2024 et 2025, il n'y a pas eu autant d'initiatives en 2026. Ces femmes que vous assistez, que vous racontent-elles de leur état d'esprit, vu le traitement qui leur est réservé ? Nous travaillons avec des femmes leaders communautaires qui ont émergé au sein des travailleuses domestiques migrantes. Et ces femmes en particulier jouent un rôle très essentiel dans l'orientation d'autres femmes vers les services de soutien. Leur courage et leur motivation pour faire ce travail en temps de guerre est extrêmement important. Elles trouvent la force pour résister, pour soutenir et être en solidarité avec d'autres femmes de toutes nationalités, incluant les femmes libanaises et les personnes déplacées de force libanaises, pas seulement la communauté migrante. Bien sûr qu'elles souffrent d'un malaise psychologique de stress, comme toute la population au Liban, mais en même temps, elles savent bien comment être en solidarité pour dépasser cette période de crise et rester fortes et disponibles pour aider les autres.

Accents d'Europe
En Europe, l'égalité salariale progresse... lentement

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 19:29


La directive européenne sur la transparence sur les salaires doit être déclinée et mise en œuvre dans chaque pays à partir du 7 juin. Mais seuls deux pays sont prêts. Nous serons en reportage en Autriche où les écarts dans l'industrie restent criants. Nous serons aussi au Kosovo où la question du port du voile à l'école revient dans le débat. Et comme tous les mercredis nous finirons l'émission en musique avec une pépite du punk allemand, mâtiné de new-wave, Die Radierer. Quelle égalité au travail ?  Améliorer l'égalité salariale entre hommes et femmes, c'est l'objet de la directive adoptée à Bruxelles, il y a trois ans. Les capitales européennes jusqu'au 7 juin pour la mettre en oeuvre, mais les choses traînent. Seules, l'Italie et la Slovaquie sont prêtes. En France, où les femmes gagnent près de 22% de moins que les hommes en moyenne, et 4% à emploi égal, le gouvernement espère remettre sa copie au Parlement courant juin, mais le texte ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Vienne n'est pas non plus dans les clous. En Autriche aussi, les femmes sont toujours moins payées à emploi égal mais les stéréotypes de genre restent aussi très présents dans le choix des métiers. C'est particulièrement le cas dans l'industrie, alors que Vienne aimerait redynamiser le secteur en manque de main-d'œuvre. Reportage Céline Béal.   1936 : à côté des progrès sociaux, l'échec de la politique coloniale  Le 4 juin 1936, la coalition menée par le socialiste Léon Blum formait le gouvernement du Front populaire. Les congés payés, la semaine de 40h ou encore les conventions collectives ont vu le jour le même mois. Le site RFI Connaissances nous rappelle que la période a été riche d'innovations dans d'autres domaines : elle a posé par exemple les bases du Festival de Cannes, et mis en place de larges campagnes de prévention de la tuberculose. Trois femmes sont au gouvernement, un signe fort de Léon Blum alors que le Sénat bloque leur accès au vote. En la matière comme pour le soutien à apporter aux Républicains espagnols plongés dans la Guerre civile, le bilan est controversé. Mais s'il y a un domaine où la désillusion est complète, c'est celui de la politique coloniale. Les explications d'Olivier Favier. À lire aussi1936, le Front populaire à l'épreuve du pouvoir: succès, limites et héritages Au Kosovo, l'autorisation du port du voile à l'école divise Le débat agite régulièrement la société de ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants. Dans ce pays majoritairement musulman, la laïcité est un principe fondamental, inscrit dans la constitution. Et l'autorisation ou non du port du voile à l'école publique divise. Une partie de la jeunesse trouve le principe de neutralité trop rigide. En face, les défenseurs d'une laïcité stricte estiment qu'il faut protéger l'équilibre fragile de ce jeune État né en 2008. Derrière cette question du voile, c'est l'identité du pays qui est débattue, entre aspirations européennes, retour du religieux et fractures générationnelles. Reportage à Pristina, de Louis Seiller.  À lire aussiPort du voile à l'école: l'Autriche rejoint la cohorte des pays européens les plus stricts La chronique musique de Vincent Théval Die Radierer - Angriff auf's Schlaraffenland (Allemagne). 

7 milliards de voisins
Trouver un emploi - conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs.  Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources humaines et recrutement, basé à Abidjan. Programmation musicale : ► Tonto - J Balvin, Ryan Castro, DJ Snake ► Toi et moi - Naâman

Débat du jour
Roland-Garros: les joueurs sont-ils suffisamment payés?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 25, 2026 29:30


Le tournoi de tennis de Roland-Garros s'est ouvert dans un climat de grogne des joueurs. En cause, leur rémunération qu'ils estiment non proportionnelle aux recettes de l'évènement. Une revendication qui concerne également les trois autres tournois du Grand Chelem. La colère monte, et l'hypothèse d'un boycott a même été évoquée. Les stars du tennis constituent-elles l'arbre qui cache la forêt ? Où vont les recettes engrangées par les directions des plus grands tournois ? Quelle égalité des chances pour devenir l'un des meilleurs joueurs du monde ? Pour en débattre : - Seghir Lazri, sociologue du sport à l'Institut de recherche interdisciplinaire, laboratoire de recherche rattaché au CNRS/EHESS, et chroniqueur au Nouvel Obs - Marine Fontaine, ancienne joueuse, aujourd'hui maître de conférences en sociologie à l'université Gustave-Eiffel, elle a consacré une thèse sur Les joueuses : les galériennes du tennis français - Vincent Chaudel, directeur de l'observatoire du Sport business. Co-auteur du Livre Blanc Le sport au dessus des conflits, l'arbitre d'un monde sous tension ?

Reportage International
Allemagne: l'amertume des étudiants indiens, déçus par le système des écoles privées

Reportage International

Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:39


Polémique en Allemagne autour des écoles privées pour les étudiants étrangers. Les jeunes, souvent des Indiens, arrivent en Allemagne avec un visa étudiant. Mais sur place, ils sont confrontés aux frais de scolarité, à la précarité des jobs mal rémunérés, parfois même à la suppression de leurs visas avant la fin de leurs cursus. De notre correspondante à Berlin, Promad nous a donné rendez-vous dans un café de Charlottenburg, le quartier de Berlin où il a trouvé un petit job : 20 heures par semaine, un peu plus de 1 000 euros par mois, dans la cuisine d'un burger. Promad, un étudiant indien de 30 ans, est arrivé en 2023 à Berlin, avec son rêve d'Allemagne, le pays de Mercedes et BMW, de la technique et de la protection sociale. Deux ans et demi plus tard, il ne cache pas son amertume envers le système des écoles privées pour étudiants étrangers. Des écoles qui attirent en ligne des milliers de jeunes anglophones à travers le monde, le plus souvent des Indiens. « La qualité des études était très mauvaise. Nous n'avions que deux à trois cours par jour, soit une heure et demie à deux heures par jour. Certains professeurs étaient très bien. Mais globalement, la qualité des études n'avait rien à voir avec ce à quoi je m'attendais », raconte Promad. Certains étudiants indiens ont été expulsés avant la fin de leur scolarité Quelques 60 000 Indiens ont obtenu un visa étudiant en Allemagne. C'est, de loin, la plus grosse communauté parmi les étudiants étrangers. L'Allemagne, qui a un criant besoin en main-d'œuvre qualifiée, avait signé en 2022 un accord migratoire facilitant l'arrivée d'informaticiens ou d'étudiants. Pour ces derniers, c'est souvent la douche froide une fois sur place : un engrenage de frais élevés et de jobs mal payés, qui les empêche d'assister à leurs cours « Les étudiants étrangers ont des emplois tels que la livraison de repas à domicile, dans les entrepôts d'Amazon ou dans des restaurants de fast food. Parce qu'ils sont étrangers, ils ne sont soutenus par aucun syndicat et les douanes, qui contrôlent normalement le respect du droit du travail, n'interviennent pas non plus. Les douanes et les syndicats, ce sont normalement en Allemagne les deux leviers pour faire appliquer le droit du travail », explique Aju John, de l'université Humboldt de Berlin. Plus angoissant encore, l'administration berlinoise a commencé à retirer leur visa à certains étudiants engagés dans des cursus mêlant cours en ligne et en présentiel. Cela ne justifierait pas leur présence sur le sol allemand. Plusieurs dizaines d'entre eux, presque tous indiens, ont même été expulsés avant la fin de leur scolarité. Promad, dont la famille s'est endettée pour financer ses études, n'a pas complètement renoncé à son rêve d'Allemagne. Mais il a quitté son école privée pour une école internationale publique des environs de Berlin.