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Vivre ailleurs
L'expatriation, une solution contre le burn-out chez les jeunes actifs?

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Jun 21, 2026 10:17


Faut-il s'expatrier pour éviter le burn-out ? Beaucoup de jeunes actifs en burn-out pensent en effet que pour guérir, il faut changer tous les cadres : quitter son pays et son entreprise, changer de secteur d'activité et se reconvertir professionnellement. Mais est-ce vraiment la solution ?  Pour Veedushi Bissessur du site Expat.com, les choses sont plus nuancées. 

Reportage Afrique
Côte d'Ivoire: autour du parc de la Comoé, un contexte économique et social fragile [3/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 20, 2026 2:20


Troisième et dernier épisode de notre série autour du parc de la Comoé, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Avec cette question : les activités économiques des communautés locales sont-elles assez conséquentes pour leur éviter de basculer dans des activités illicites ? De notre correspondante de retour de Doropo, Ama Ouattara est pêcheur. Depuis la reprise en main du parc de la Comoé, ce vieil homme mène ses activités dans un barrage. Problème : sur ce nouveau site, les frais pour pêcher sont élevés. Et surtout, les ressources halieutiques sont moins abondantes : « Ici, il n'y a pas de poisson. Si ce n'est pas de la carpe, il n'y a aucun autre poisson ici. Alors que dans la zone du parc, il y a beaucoup de poissons dedans. » Selon les données de la Banque mondiale, le Bounkani est l'une des régions les plus vulnérables de la Côte d'Ivoire, avec un taux de chômage qui dépasse les 40% chez les jeunes. Ces derniers délaissent l'agriculture, jugée trop pénible et peu rentable, au profit d'activités plus lucratives à l'image de l'orpaillage. Car dans leur esprit, la réussite sociale suit des critères bien visibles. Comme l'explique Mamadi Sidibé, le président du Conseil national des jeunes de Doropo : « Quand on dit que quelqu'un a réussi, c'est à travers une maison pour lui-même, et ensuite, on voit prospérer ses activités à travers un magasin et à travers le fait d'avoir une moto ou une voiture. » À lire aussiCôte d'Ivoire: le parc national de la Comoé préservé grâce à des méthodes modernes de surveillance [1/3] Les jeunes se tournent vers l'orpaillage Un gisement aurifère de plus de 100 tonnes a récemment été découvert : il sera exploité par une société étrangère. Dans cette zone, l'or suscite à la fois espoir et frustration de la part des jeunes. Pour la plupart, ils se replient sur des entreprises locales, récemment reconnues par l'État. La question de l'orpaillage est un sujet tabou : peu de jeunes osent l'évoquer ouvertement. Mamadi Sidibé, se présente comme un menuisier : « Actuellement dans la région, il y a 15 personnes qui sont légalement constituées en ce qui concerne l'orpaillage. Je suis menuisier de fonction. Quand quelqu'un va sur le site, qu'il gagne de l'argent, c'est moi qui fait la charpenterie, donc de façon indirecte, je participe aussi. » Ces activités suffisent-elles à satisfaire les besoins de ces habitants ? Pour détecter assez tôt de potentiels risques, plusieurs organisations planchent sur un indice pour mesurer le degré de fragilité économique et sociale de ces populations. Le docteur Nourredine Oréyolé, coordinateur technique de la Commission nationale des frontières, explique : « L'indice, c'est surtout la fragilité économique, sociale – les problèmes de cohésion sociales – mais aussi la fragilité sécuritaire. Avec les collectes de données que nous avons, on peut savoir, à un instant T, si cette communauté locale est vraiment résiliente ou pas. C'est un outil de décision, qui permet de lutter contre l'extrémisme. » Parmi les questions les plus sensibles, figurent la gestion des conflits entre éleveurs et agriculteurs, ou encore la criminalité transfrontalière. À lire aussiCôte d'Ivoire: les habitants s'impliquent autour du parc national de la Comoé pour le protéger [2/3]

Chronique des médias
En France, la crise de la presse s'étend toujours plus et fait du mal à l'emploi

Chronique des médias

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 2:59


La crise de la presse affecte de plus en plus de groupes de presse, comme l'a montré jeudi 18 juin une manifestation à Paris visant à « défendre l'information ». La manifestation a rassemblé près d'un millier de personnes. Cela peut paraître peu dans l'absolu, mais c'est assez inédit dans l'histoire de la presse. Son parcours, de la place de la Bourse au ministère de la Culture, en disait long : comme si la presse avait été jusqu'ici ballottée par des puissances d'argent et qu'elle réclamait la considération de l'État. Car l'expression démocratique des journaux est menacée sur des pans entiers de territoire. Et il y a une accélération de ce déclin avec des plans sociaux qui sont annoncés depuis trois mois et qui vont toucher plus de 1 000 salariés au total. À Prisma, le groupe contrôlé par Vincent Bolloré et qui édite Femme actuelle, Géo ou Capital, ce sont ainsi plus de 40% des postes qui sont supprimés, soit 265 emplois. À Centre France, qui édite La Montagne, il y a 152 suppressions d'emplois. On trouve aussi des plans sociaux à Bayard, l'éditeur de La Croix, ou à Marie Claire. Mais le plus gros plan est attendu lundi 22 juin au groupe Ebra qui édite Le Progrès, Le Dauphiné libéré ou L'Est républicain. Là, ce sont 350 à 400 postes qui devraient être supprimés. À lire aussi« L'information est en danger » : en France, les métiers de la presse manifestent pour éviter l'effondrement À l'origine de ces suppressions d'emplois D'abord un lectorat vieillissant qui ne s'est pas assez renouvelé, en particulier dans la presse régionale qui n'a pas réussi sa bascule numérique, comme ont pu le faire Le Monde ou Le Figaro. Les recettes de diffusion baissent comme celles de la publicité car là, ce sont Google et Meta qui font la loi. L'Arcom a prévenu : entre 2019 et 2030, les médias producteurs d'information vont voir leur part sur le marché publicitaire tomber de 50% à 20%. Tous les journaux n'en sortiront pas saufs. Mais il y a aussi, depuis peu, l'impact de l'intelligence artificielle. Il se fait déjà sentir à Infopro Digital, qui édite L'Usine nouvelle, où les 19 secrétaires de rédaction seront remerciés et remplacés par des agents IA. L'IA suscite des demandes de la part des éditeurs de presse Récemment à Marseille, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, a eu des mots très forts : « Les géants de la tech pillent les sites d'information sans autorisation ni compensation. Ils se réapproprient ces contenus volés comme s'ils en étaient les auteurs. » C'est donc une rétribution qui est attendue de la part des acteurs de l'IA. Et si cela ne vient pas de la loi, les éditeurs iront le demander à l'Autorité de la concurrence. D'ores et déjà, une enquête du Reuters Institute montre que cette année, sur 48 pays, les plateformes sont les premières sources d'information devant la télé et les sites et applis de presse.  À écouter aussiÀ l'ère de l'intelligence artificielle, le journalisme doit se réinventer

Afrique Économie
Reprise très partielle de l'activité d'Eramet Grande Côte au Sénégal

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 2:32


Au Sénégal, l'activité minière d'Eramet a repris à 30% de son niveau habituel depuis fin avril dans la région de Grande-Côte. Le site où sont produits des sables minéralisés (tels que le zircon ou l'ilménite) avait été touché par un incendie en février. Quelles perspectives pour les employés et pour le budget de l'État sénégalais, qui perçoit une part des revenus d'Eramet ? Eramet a payé 76 millions d'euros sous forme d'impôt et de taxes à l'État sénégalais en 2025 sur une contribution totale estimée à 230 millions d'euros par le groupe français, qui comptabilise aussi notamment les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Cette année, la chute de l'activité se fera inévitablement sentir, confirme Frédéric Zanclan, directeur d'Eramet Grande Côte : « Sachant qu'on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n'avons pas encore les chiffres. » Avant l'incendie de février, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l'État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs du pays, avec des volumes exportés de gaz et de pétrole supérieurs aux prévisions et un cours des hydrocarbures favorable, devrait permettre d'atténuer la baisse de la contribution d'Eramet, selon Youga Sow, consultant en stratégie dans le domaine minier et fondateur du cabinet Advise Africa. Mais l'impact ne sera pas neutre ajoute t-il : « L'État devrait retomber sur ses pattes mais il faut relativiser, car c'est un État qui est endetté et qui fait face à beaucoup de problèmes économiques et où l'économie est quasiment stagnante, chaque sous compte, donc ce qui se passe à Eramet ne peut pas être sans impact sur les revenus de l'État, et il n'y a pas que les revenus collectés par l'État, on parle aussi d'emplois. » À lire aussiLe fonds d'investissement Orion CMC aurait des visées sur le groupe français Eramet Un coup social et humain important Seule une partie des employés a en effet été rappelée pour relancer la production en avril. Ceux qui sont au chômage, mais salariés directs d'Eramet, bénéficient en attendant leur retour d'un dispositif de soutien, précise Frédéric Zanclan : « À titre illustratif, pour la tranche ouvrière, on reverse jusqu'à 73% du salaire ; le plancher minimum est d'environ 50% pour l'ensemble des salariés. » Ces mesures concernent une minorité de salariés : sur 3 000 employés d'Eramet, environ 2 500 ne sont pas directement rattachés au groupe français et ne bénéficient donc pas de la même prise en charge : « Nous avons des sous-traitants, des prestataires, des intérimaires, qui eux, en fonction de la stratégie de leur entreprise, sont soit au chômage technique, même parfois en licenciement pour motif économique. » Un aspect social et humain qui est le plus important aux yeux de Youga Sow : « Ces acteurs-là vivaient jusqu'ici de cette activité autour d'Eramet. Si Eramet est contraint, pour des raisons technico-économiques que nous pouvons comprendre, de réajuster son modèle, cela va forcément se faire au détriment des revenus engrangés par les sous-traitants et les employés. » Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ? « La question c'est comment cela sera géré, quel est le modèle de transition qui sera mis en place pour atténuer les effets négatifs, quel est l'horizon, qu'est-ce qui est projeté ?, s'interroge le fondateur du cabinet Advise Africa. Est-ce qu'on est parti pour six mois, pour neuf mois et dans combien de temps la situation va être rétablie ​​​​​​​? Est-ce qu'il y a un plan de retour à la normale ​​​​​​​? Plus, il y a de transparence dans les éléments d'information communiqués et dans le traitement de la situation, plus les parties concernées seront enclines à comprendre la situation. » Eramet confirme que son projet de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n'est plus d'actualité et que le volume 2026 se situera entre 300 000 et 400 000 tonnes. « Nous sommes dans la phase d'appel d'offres, recrutement de prestataires et l'achat des équipements nécessaires pour redémarrer l'usine mobile flottante – affectée par l'incendie, NDLR – si le projet est bien mené, nous espérons revenir à 100% de notre capacité nominale au premier trimestre 2027 », précise Frédéric Zanclan. À écouter aussiAu Sénégal, la mine mobile d'Eramet accusée de détruire le désert et l'économie locale

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

7 milliards de voisins
Travailler pendant ses études

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 48:30


En 2022 40% d'étudiants exercent en parallèle de leurs études, une activité rémunérée, selon l'Observatoire national de la vie étudiante, OVE. Longtemps considéré comme marginal, l'emploi étudiant devient pour beaucoup une réalité régulière, parfois indispensable. Derrière ces petits boulots, se cachent des situations variées : nécessité financière, désir d'autonomie, envie d'expérience professionnelle ou soutien à la famille.   Le phénomène touche désormais aussi les lycéens. Certains travaillent quelques heures par semaine, d'autres davantage, au risque d'empiéter sur leur sommeil, leur concentration ou leur vie sociale.   Alors, cette montée du travail pendant les études interroge. Peut-on concilier études, fatigue, horaires décalés et réussite ? Ces emplois sont-ils un tremplin vers l'insertion professionnelle ou le symptôme d'une précarité croissante de la jeunesse ? Que nous apprend ce travail sur l'état de la jeunesse et du système éducatif ? Le travail pendant les études est-il devenu un choix ou une nécessité ?  Avec : • Elise Tenret, sociologue et enseignante à l'Université Paris Dauphine, membre du laboratoire IRISSO, Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et chargée de mission à l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) •Thierry Berthet, politologue, directeur de recherche au Laboratoire d'Économie et de Sociologie du Travail (LEST) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Bordeaux.  Un reportage de Charlie Dupiot. Mohamed et Clothilde ont tous les deux 20 ans. Ils étudient la gestion d'entreprise pour l'un, et le commerce international, pour la seconde, à l'université Paris Cité. Tous les deux travaillent à côté de leurs études. Ils nous racontent ces jobs d'étudiants, au micro de notre reporter Charlie Dupiot.  En début d'émission, l'école autour du monde avec Théo Conscience, correspondant de RFI à Buenos Aires en Argentine où les écoles et collèges argentins sont en proie à une vague de menaces.   Programmation musicale : ► Big in Japan - Telly*, Biga*Ranx ► Biaf 3 – Young Miko. 

Chronique Transports
«Les ports africains ont tout à gagner avec l'intelligence artificielle»

Chronique Transports

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 2:30


De Côte d'Ivoire au Kenya, de l'Angola au Nigeria, l'Afrique tout entière se construit de nouveaux ports. La fermeture partielle du détroit d'Ormuz a montré que l'Afrique pouvait devenir un pivot du commerce international. Pour gagner en volume et en efficacité, les ports africains ont une alliée : l'intelligence artificielle. Dans son dernier rapport, l'Organisation maritime internationale souligne l'importance des nouvelles technologies pour connecter les routes jusqu'à la mer. Décryptage technologique avec Hugo Deiss, fondateur de l'agence internationale Forwarding Copilot. RFI : L'Organisation maritime internationale (OMI) encourage les acteurs du commerce maritime, dont les ports, à se digitaliser. Qu'est-ce que la digitalisation d'un port ? Hugo Deiss : C'est la première étape technologique. C'est-à-dire, remplacer l'ancienne méthode des documents papier et crayon par des logiciels d'ordinateurs. Des machines capables de remplacer l'être humain dans des tâches répétitives mais comptant un grand nombre de données très détaillées. Quels pays en particulier ? Je travaille beaucoup avec les ports américains. Mais mon expérience internationale me permet de dire que tous les pays du monde possédant des infrastructures portuaires cherchent à digitaliser les étapes commerciales ou à améliorer leurs technologies. Qu'est-ce que l'intelligence artificielle (IA) a déjà changé dans ce processus ? L'intelligence artificielle a permis – et va permettre encore plus dans le futur – de gagner en temps et en qualité de travail. L'IA est capable d'optimiser les connexions entre tous les acteurs du transport maritime. Tous les maillons de la chaîne, cela va du produit à acheminer jusqu'au livreur qui toquera à la porte du client ou de l'entrepôt d'un vendeur. Chaque acteur aura accès à la même base d'informations sur le produit et sur son transport. Quel genre de données ? Le transport maritime comporte beaucoup de documents douaniers. Les échanges commerciaux internationaux demandent beaucoup de déclarations obligatoires (sanitaires, administratives…). Encore aujourd'hui, ce sont des informations qui sont transmises par de simples mails entre les équipes. L'IA permet de sauter ces étapes de mails en construisant un schéma général où toutes les informations sont visibles au même instant et exploitables. Donnez-nous un exemple en partant de l'Afrique ? Par exemple, je suis un vendeur de machines à laver de Côte d'Ivoire. Je veux que mes machines à laver arrivent aux États-Unis chez mes clients américains. La première étape est de chercher une entreprise chargée d'acheminer les machines à laver de mon usine jusqu'au port d'Abidjan. Cette entreprise va venir la chercher et la transporter jusqu'au port de départ par un ou différents moyens de transport (train, camion…). Ensuite, le port de départ d'Abidjan va demander au transporteur la documentation des machines pour le service des douanes. Et vice-versa, le port d'arrivée aux États-Unis devra avoir accès aux informations de la douane ivoirienne ? Parfaitement. Les douanes ivoiriennes et américaines auront des échanges sur les données de ces machines à laver (composants, le poids…). Ces données seront vérifiées et transmises à la compagnie maritime qui possède les navires sur lesquels les machines à laver seront transportées. L'IA, pour le moment, créé des bases de données qui récoltent ces informations et les vérifient en tenant compte de la multitude de détails dans les caractéristiques de la marchandise et de son transport. En élargissant ces bases de données, l'IA permet-elle d'éviter des erreurs propres aux êtres humains ? Oui. C'est l'un des avantages qui sont cités dans le gain économique que l'IA apporte aux entreprises. Car en Afrique comme sur tous les continents du monde, le transport maritime est touché par la corruption, le sabotage, la perte et même simplement les erreurs dues à la fatigue ou à la distraction d'un employé. L'IA va-t-elle réduire le nombre d'intermédiaires ? A priori, pas pour le moment. Le nombre d'acteurs – producteur, transporteur, infrastructure, client, etc – dans la chaîne reste le même. Mais cela va réduire le nombre de personnes au sein des équipes, secteur par secteur. L'IA permet de ne plus se fier à une seule personne mais à l'ensemble des collaborateurs. L'avantage de l'IA est de donner la possibilité de trouver la réponse à une question. L'information de l'IA est scellée et apporte la garantie de l'information. Que l'on soit l'expéditeur ou le receveur, ils pourront aller puiser dans cette base de données du produit (et de son transport) à n'importe quel moment en fonction de leurs besoins ? Oui. Et les demandes de l'expéditeur ne sont pas les mêmes que celles du client, donc cela fera gagner du temps en évitant de réinterroger des personnes qu'il fallait avant interroger pour accéder aux informations. L'ordinateur équipé de l'IA spécifique au transport de marchandises par bateaux pourra faire des choix et décider de lui-même sur certaines étapes ? Pour l'instant, le transport commercial comporte trop de données (avec des milliers de détails) pour que l'IA puisse décider de tout et toute seule. Mais la vitesse avec laquelle les acteurs de la chaîne du transport vont communiquer et partager va être décuplée. Mais il y a bien de grands ports européens comme Anvers ou Rotterdam qui sont automatisés ? Oui, mais c'est seulement le port. Et dans des tâches très spécifiques comme le déchargement des conteneurs et leur transport vers les routes, autoroutes, aéroports ou gares ferroviaires qui permettront l'acheminement dans l'intérieur des terres. L'IA oblige donc à penser différemment le circuit commercial maritime ? Oui. L'IA nous apprend à dépasser nos vieilles habitudes de logique . Il faut désormais penser de façon transversale et non plus secteur par secteur. L'époque de la pensée par silo est terminée, place à la pensée partagée mutualisée. Vous dites que les ports africains ont tout à gagner avec l'IA, notamment en sautant les étapes technologiques ? Oui. Comme cela s'est fait avec la téléphonie qui a permis de développer les banques en ligne et le paiement facilité. L'Afrique a pu développer ces moyens plus souples pour son économie, et beaucoup plus largement que d'autres continents. Pour le secteur des ports, ce sera la même chose. L'Afrique a les moyens humains de le faire. Vous voulez dire de bons ingénieurs ? Parfaitement. Les équipes et les étudiants sont brillants et très intéressés par les nouvelles technologies et leur potentiel. Grâce à l'IA, la capacité de transport et de gestion des ports africains va croître à une vitesse incroyable. Le problème reste le prix... C'est le problème, effectivement. Les logiciels pour les ordinateurs sont coûteux, il faut aussi les alimenter avec de l'énergie. Les ressources sont nombreuses : solaire, éolien... Il va falloir développer toutes sortes de moyens de réduire les coûts afin de construire de nouvelles infrastructures efficaces. Vous vouliez ajouter la dimension des choix politiques pour les dirigeants de demain ? Oui, juste pour revenir aux exemples des vérifications des données. Avant, s'il fallait 100 douaniers pour vérifier les documents des conteneurs, les colis de marchandises allant sur les navires, à l'avenir, il en faudra moitié moins. Cela pose une question sur le chômage ou la réorganisation des travailleurs et de tous les acteurs des chaînes commerciales qui font fonctionner un pays.

Reportage International
En Inde, des micro-assurances contre la canicule pour protéger les travailleuses du secteur informel

Reportage International

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:33


En Inde, face aux chaleurs extrêmes, les travailleuses du secteur informel disposent d'une protection innovante : une assurance anti-chaleur. Le principe est simple : dès que la température dépasse les 42°C plusieurs jours de suite, ces femmes reçoivent automatiquement une compensation financière pour remplacer leur salaire perdu. Ce modèle de sécurité climatique n'en est qu'à ses débuts.  De notre correspondant à New Dehli, « J'ai connu ce projet quand ils sont venus nous l'expliquer », confie Komal. Ce sont des agents d'une compagnie d'assurance qui ont démarché la jeune  femme dans l'école privée de New Delhi où elle travaille comme nettoyeuse. À 28 ans, elle a immédiatement calculé l'intérêt de ce dispositif pour protéger son maigre revenu. « Travailler par 40°C, impossible. Je perdais 300 roupies par jour. Cotiser 400 roupies par an pour cette assurance change tout », explique-t-elle. Ce filet de sécurité sans intermédiaire a été pensé pour les travailleuses du secteur informel en Inde. Initié en 2023 par l'ONG SEWA (l'Association des femmes travailleuses indépendantes) dans le Gujarat, ce programme s'étend désormais à trois États. Le principe est simple : contre une cotisation annuelle de trois à quatre dollars, les assurées reçoivent automatiquement une indemnité journalière quand la température devient impossible. Anshu Jha, qui a coordonné ce déploiement pour l'ONG, souligne l'engouement croissant : « Les femmes sont très intéressées par cette assurance. En 2023, elles étaient 21 000, et en 2024, 50 000. Le nombre de bénéficiaires a plus que doublé. » Pour ces femmes payées à la journée, ce dispositif évite de devoir choisir entre la faim et une pénibilité extrême. Dans les rues de la capitale indienne désertées par la chaleur, Sunita vend ses fruits à l'ombre d'un arbre. Elle aussi a souscrit à l'assurance, mais face au coût de la vie, l'indemnité lui paraît maigre. « Je gagne 200 à 300 roupies par jour. Cela pour un ou deux repas. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas assez. Un peu plus, ce serait bien », confie-t-elle. Si l'assurance paramétrique existe depuis plus d'une décennie en Inde, la couverture contre la chaleur, elle, commence à peine. Des géants du secteur comme Bajaj Allianz adaptent leurs offres. Ils proposent des contrats sur mesure, valables de quelques jours à plusieurs mois selon les pics de canicule. Ashish Agrawal, directeur technique chez Bajaj General Insurance, anticipe une hausse de la demande : « Aujourd'hui, le climat est le plus grand risque pour tous. Nous devons absolument nous protéger. Je suis sûr que le marché de l'assurance climatique va croître. » Cet été, l'Inde étouffe sous des températures record qui frôlent les 50°C. Près de 400 millions de travailleurs informels subissent de plein fouet ce dérèglement. Face à l'urgence, ces micro-assurances anti-chaleur offrent un premier filet de sécurité pour s'adapter à la crise climatique. À lire aussiEn Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Reportage international
En Inde, des micro-assurances contre la canicule pour protéger les travailleuses du secteur informel

Reportage international

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:33


En Inde, face aux chaleurs extrêmes, les travailleuses du secteur informel disposent d'une protection innovante : une assurance anti-chaleur. Le principe est simple : dès que la température dépasse les 42°C plusieurs jours de suite, ces femmes reçoivent automatiquement une compensation financière pour remplacer leur salaire perdu. Ce modèle de sécurité climatique n'en est qu'à ses débuts.  De notre correspondant à New Dehli, « J'ai connu ce projet quand ils sont venus nous l'expliquer », confie Komal. Ce sont des agents d'une compagnie d'assurance qui ont démarché la jeune  femme dans l'école privée de New Delhi où elle travaille comme nettoyeuse. À 28 ans, elle a immédiatement calculé l'intérêt de ce dispositif pour protéger son maigre revenu. « Travailler par 40°C, impossible. Je perdais 300 roupies par jour. Cotiser 400 roupies par an pour cette assurance change tout », explique-t-elle. Ce filet de sécurité sans intermédiaire a été pensé pour les travailleuses du secteur informel en Inde. Initié en 2023 par l'ONG SEWA (l'Association des femmes travailleuses indépendantes) dans le Gujarat, ce programme s'étend désormais à trois États. Le principe est simple : contre une cotisation annuelle de trois à quatre dollars, les assurées reçoivent automatiquement une indemnité journalière quand la température devient impossible. Anshu Jha, qui a coordonné ce déploiement pour l'ONG, souligne l'engouement croissant : « Les femmes sont très intéressées par cette assurance. En 2023, elles étaient 21 000, et en 2024, 50 000. Le nombre de bénéficiaires a plus que doublé. » Pour ces femmes payées à la journée, ce dispositif évite de devoir choisir entre la faim et une pénibilité extrême. Dans les rues de la capitale indienne désertées par la chaleur, Sunita vend ses fruits à l'ombre d'un arbre. Elle aussi a souscrit à l'assurance, mais face au coût de la vie, l'indemnité lui paraît maigre. « Je gagne 200 à 300 roupies par jour. Cela pour un ou deux repas. C'est mieux que rien, mais ce n'est pas assez. Un peu plus, ce serait bien », confie-t-elle. Si l'assurance paramétrique existe depuis plus d'une décennie en Inde, la couverture contre la chaleur, elle, commence à peine. Des géants du secteur comme Bajaj Allianz adaptent leurs offres. Ils proposent des contrats sur mesure, valables de quelques jours à plusieurs mois selon les pics de canicule. Ashish Agrawal, directeur technique chez Bajaj General Insurance, anticipe une hausse de la demande : « Aujourd'hui, le climat est le plus grand risque pour tous. Nous devons absolument nous protéger. Je suis sûr que le marché de l'assurance climatique va croître. » Cet été, l'Inde étouffe sous des températures record qui frôlent les 50°C. Près de 400 millions de travailleurs informels subissent de plein fouet ce dérèglement. Face à l'urgence, ces micro-assurances anti-chaleur offrent un premier filet de sécurité pour s'adapter à la crise climatique. À lire aussiEn Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie
En Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 3:23


Longtemps présentée comme le moteur de la croissance indienne, la classe moyenne connaît aujourd'hui une profonde fracture. Tandis qu'une minorité profite pleinement du boom économique et technologique, une large partie des ménages voit son pouvoir d'achat stagner et ses perspectives sociales s'assombrir. Un paradoxe au cœur de la dernière note de l'Institut Montaigne consacrée à l'économie indienne. Quand on pense à l'Inde, on imagine une croissance spectaculaire, une population jeune et qualifiée, des multinationales qui s'implantent massivement et un immense marché de consommateurs. Pourtant, la réalité est aujourd'hui plus nuancée. La classe moyenne indienne représente toujours environ 140 millions de personnes, mais elle s'est profondément transformée. D'un côté, une minorité s'enrichit rapidement : dirigeants d'entreprise, entrepreneurs ou professionnels du numérique et des nouvelles technologies profitent pleinement de l'essor économique du pays. De l'autre, une large partie de cette même classe moyenne connaît une situation beaucoup plus fragile. Les salaires progressent peu, l'inflation pèse sur les budgets familiaux et les dépenses de santé ou d'éducation augmentent fortement. Cette fracture est si marquée que les économistes parlent désormais d'une croissance en K. Il faut imaginer la lettre : une branche monte, celle des plus aisés, l'autre stagne, voire recule progressivement, celle de la classe moyenne inférieure. Une consommation qui révèle les inégalités Cette polarisation se lit directement dans les habitudes de consommation des Indiens. Les ventes de petites voitures ralentissent tandis que celles des SUV continuent de progresser. Le marché immobilier traditionnel souffre, mais les logements de luxe battent des records. Quant aux hôtels milieu de gamme, ils enregistrent une croissance bien plus faible que les établissements cinq étoiles. Autrement dit, le marché indien ne s'élargit plus : il monte en gamme. Les entreprises continuent certes de vendre leurs produits, mais à une clientèle plus aisée qu'auparavant. Le moteur de la consommation n'est plus la vaste classe moyenne que beaucoup imaginaient il y a encore quelques années, mais les ménages les plus riches. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne Jeunesse, éducation et tech : les nouveaux défis de l'économie indienne L'Inde conserve pourtant un atout majeur : sa jeunesse. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, un potentiel démographique longtemps considéré comme un formidable levier de croissance. Mais le chômage touche particulièrement les diplômés. Paradoxalement, plus le niveau d'études est élevé, plus il devient difficile de trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Le système éducatif public souffre d'un manque chronique d'investissements, poussant les familles vers des établissements privés coûteux. Or beaucoup de diplômés quittent ces formations sans disposer des compétences réellement recherchées par les entreprises. De nombreuses familles s'endettent ainsi pour financer des études qui ne débouchent pas toujours sur l'ascension sociale espérée. Même le secteur des technologies de l'information, symbole du miracle économique indien, montre aujourd'hui des signes d'essoufflement. L'intelligence artificielle automatise une partie des tâches réalisées dans les centres de services informatiques et les grands groupes technologiques ralentissent leurs recrutements, voire réduisent leurs effectifs. Le secteur qui avait largement contribué à l'émergence de la classe moyenne participe désormais à sa fragmentation. Cette évolution soulève une question centrale pour l'avenir de l'économie indienne. Alors que la concentration des richesses atteint des niveaux records et que l'Inde compte désormais davantage de milliardaires que la Chine, une partie croissante de la classe moyenne voit son ascenseur social ralentir. La puissance économique indienne continue d'accélérer. Mais sa promesse de mobilité sociale, elle, semble aujourd'hui beaucoup plus fragile.

7 milliards de voisins
Le télétravail, véritable avancée pour les travailleurs?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Relativement rare à l'échelle mondiale, le télétravail s'est installé dans les entreprises et nos quotidiens depuis la pandémie de Covid-19. Une révolution imposée par la succession de confinements et possible grâce à la technologie. Pour prendre l'exemple de la France, en moyenne, 22% des salariés ont eu recours au télétravail en 2024 chaque semaine, d'après une récente de l'INSEE. Ils étaient seulement 4% avant la pandémie. Moins de temps dans les transports, économie de carburant, flexibilité, autonomie,... font partie des raisons pour lesquelles le travail à distance est plébiscité chez les salariés. Côté entreprise, certaines ont pu bénéficier d'un gain de productivité grâce au télétravail, c'est ce que démontre une autre étude de l'INSEE, publiée en mai 2026.   Pour autant, la pratique ne fait pas l'unanimité. Ubisoft, la Société Générale en France, Amazon, Meta, Microsoft ou Stellantis aux États-Unis... Toutes ces entreprises ont annoncé la suppression ou la réduction du télétravail. En cause, les difficultés de coordination, le manque de cohésion des équipes ou la baisse du sentiment d'appartenance à l'entreprise. Côté employés, le télétravail ne présente pas non plus que des bénéfices. Il crée notamment des inégalités entre ceux qui y ont accès et ceux qui n'y ont pas, ou fragilise encore le droit à la déconnexion.   Six ans après la crise sanitaire, quelles leçons tirées de notre pratique du télétravail ?   Avec : • Marianne Le Gagneur, sociologue à l'Université de Liège en Belgique, autrice de Télétravail, les limites d'une révolution (PUF, 2026) • Anthony Contat, directeur des ressources humaines au sein du groupe Aktid, membre du Bureau national de l'Association nationale des DRH, ANDRH (directeurs ou directrices des ressources humaines) et président de l'ANDRH Rhône. Un entretien avec Loïc Pialat, correspondant de RFI et France 24 à Los Angeles aux États-Unis. La Silicon Valley avait donné le ton durant le Covid avant d'imposer un retour au bureau, au moins partiel. Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, avait aussi souhaité en finir avec le télétravail pour les fonctionnaires américains. Loïc Pialat fait le point sur la pratique du télétravail de l'autre côté de l'atlantique. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson.  Dans ce 9ème épisode, comment se faire des amis en France et au Brésil ? Avec Catarina, gestionnaire de scolarité brésilienne et croate, et Isabelle Aliaga, experte de l'interculturel à Akteos, un cabinet qui propose de l'expertise interculturelle.    Programmation musicale :  ► P&P - aupinard, Ino Casablanca (CUT-3'00)  ► Babasse - Ajate, Toshihito Tsushima.

Invité Afrique
Liban: «On considère le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 7:54


Alors qu'Israël continue ses frappes sur le Liban, RFI se penche sur la communauté des domestiques vivant sur place. Selon l'ONU, environ 250 000 étrangers constituent le personnel de maison au Liban. En grande majorité des femmes, dont beaucoup sont originaires d'Afrique. Mais ces personnes travaillent sous le système dit « la kafala » qui les privent de leurs droits les plus élémentaires. Et la guerre lancée par Israël depuis 2024 ne les épargne pas. Julie El Khoury, coordinatrice des programmes de l'ONG Kafa qui leur vient en aide, est la Grande Invitée Afrique.  RFI : Tout d'abord, expliquez-nous en quoi consiste le système de la kafala ? Julie El Khoury : La kafala, c'est un système qui régit l'emploi et le séjour des travailleuses domestiques migrantes au Liban, qui les place dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur employeur. Ca crée une relation de pouvoir qui renforce considérablement les vulnérabilités à l'exploitation et aux abus. On observe de nombreuses pratiques abusives : la confiscation des passeports, la restriction à la liberté de mouvement, l'isolement... Il y a aussi le non-paiement des salaires, de longues heures de travail aussi, et l'absence de la vie privée. Et cela peut, dans plusieurs situations, aboutir à des violences psychologiques, physiques et même sexuelles. C'est pour cette raison que, en tant qu'organisation de défense des droits des femmes et des travailleuses migrantes domestiques, nous considèrons le système de la kafala comme une forme d'esclavage moderne. L'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 va déstabiliser la région, avec le pilonnage de l'armée israélienne d'abord à Gaza, puis au Liban : 4 000 morts et 43 000 logements détruits fin 2024 d'après les autorités libanaises. Comment ces domestiques ont-elles vécu cette guerre ? Les migrantes travailleuses domestiques ont été touchées par les conséquences de la guerre en termes de déplacements forcés. Il y a aussi un nombre de travailleuses qui ont été abandonnées par leurs employeurs dans des zones ciblées par Israël, donc leur situation s'est aggravée en quelques jours. Elles étaient exclues des centres de refuge collectifs et se sont retrouvées à la rue pour quelques nuits. Après ça, les organisations non gouvernementales et des collectifs communautaires se sont organisés pour accueillir ces travailleuses domestiques migrantes déplacées de force de leur région de résidence. Maintenant que les bombardements israéliens ont repris sur le Liban, quelle est leur situation aujourd'hui ? Bien que l'État ait annoncé une décision gouvernementale d'accueillir toutes les personnes dans les refuges, même si elles sont non-libanaises, les domestiques ont toujours connu l'exclusion. Mais encore une fois, des centres collectifs gérés par des ONG ont accueilli un grand nombre de femmes migrantes, certaines ont trouvé refuge dans des logements partagés de type d'hébergement informel, où les conditions ne sont pas du tout adéquates en ce qui concerne la sécurité, l'intimité et aussi l'accès aux services essentiels. Contrairement à 2024, cette fois-ci, nous n'avons pas reçu de rapport sur des travailleuses domestiques migrantes abandonnées par les familles comme en 2024. Comment interviennent les gouvernements des pays dont ces femmes sont originaires ? Il y a des ambassades qui se sont mobilisées rapidement et parmi les ambassades, quelques-unes ont pu ouvrir aussi des centres de refuge et aider dans le processus de rapatriement. Mais ça, c'était surtout en 2024 et 2025, il n'y a pas eu autant d'initiatives en 2026. Ces femmes que vous assistez, que vous racontent-elles de leur état d'esprit, vu le traitement qui leur est réservé ? Nous travaillons avec des femmes leaders communautaires qui ont émergé au sein des travailleuses domestiques migrantes. Et ces femmes en particulier jouent un rôle très essentiel dans l'orientation d'autres femmes vers les services de soutien. Leur courage et leur motivation pour faire ce travail en temps de guerre est extrêmement important. Elles trouvent la force pour résister, pour soutenir et être en solidarité avec d'autres femmes de toutes nationalités, incluant les femmes libanaises et les personnes déplacées de force libanaises, pas seulement la communauté migrante. Bien sûr qu'elles souffrent d'un malaise psychologique de stress, comme toute la population au Liban, mais en même temps, elles savent bien comment être en solidarité pour dépasser cette période de crise et rester fortes et disponibles pour aider les autres.

7 milliards de voisins
Le télétravail, véritable avancée pour les travailleurs?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Relativement rare à l'échelle mondiale, le télétravail s'est installé dans les entreprises et nos quotidiens depuis la pandémie de Covid-19. Une révolution imposée par la succession de confinements et possible grâce à la technologie. Pour prendre l'exemple de la France, en moyenne, 22% des salariés ont eu recours au télétravail en 2024 chaque semaine, d'après une récente de l'INSEE. Ils étaient seulement 4% avant la pandémie. Moins de temps dans les transports, économie de carburant, flexibilité, autonomie,... font partie des raisons pour lesquelles le travail à distance est plébiscité chez les salariés. Côté entreprise, certaines ont pu bénéficier d'un gain de productivité grâce au télétravail, c'est ce que démontre une autre étude de l'INSEE, publiée en mai 2026.   Pour autant, la pratique ne fait pas l'unanimité. Ubisoft, la Société Générale en France, Amazon, Meta, Microsoft ou Stellantis aux États-Unis... Toutes ces entreprises ont annoncé la suppression ou la réduction du télétravail. En cause, les difficultés de coordination, le manque de cohésion des équipes ou la baisse du sentiment d'appartenance à l'entreprise. Côté employés, le télétravail ne présente pas non plus que des bénéfices. Il crée notamment des inégalités entre ceux qui y ont accès et ceux qui n'y ont pas, ou fragilise encore le droit à la déconnexion.   Six ans après la crise sanitaire, quelles leçons tirées de notre pratique du télétravail ?   Avec : • Marianne Le Gagneur, sociologue à l'Université de Liège en Belgique, autrice de Télétravail, les limites d'une révolution (PUF, 2026) • Anthony Contat, directeur des ressources humaines au sein du groupe Aktid, membre du Bureau national de l'Association nationale des DRH, ANDRH (directeurs ou directrices des ressources humaines) et président de l'ANDRH Rhône. Un entretien avec Loïc Pialat, correspondant de RFI et France 24 à Los Angeles aux États-Unis. La Silicon Valley avait donné le ton durant le Covid avant d'imposer un retour au bureau, au moins partiel. Donald Trump, à peine arrivé au pouvoir, avait aussi souhaité en finir avec le télétravail pour les fonctionnaires américains. Loïc Pialat fait le point sur la pratique du télétravail de l'autre côté de l'atlantique. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'Université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson.  Dans ce 9ème épisode, comment se faire des amis en France et au Brésil ? Avec Catarina, gestionnaire de scolarité brésilienne et croate, et Isabelle Aliaga, experte de l'interculturel à Akteos, un cabinet qui propose de l'expertise interculturelle.    Programmation musicale :  ► P&P - aupinard, Ino Casablanca (CUT-3'00)  ► Babasse - Ajate, Toshihito Tsushima.

Accents d'Europe
En Europe, l'égalité salariale progresse... lentement

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 19:29


La directive européenne sur la transparence sur les salaires doit être déclinée et mise en œuvre dans chaque pays à partir du 7 juin. Mais seuls deux pays sont prêts. Nous serons en reportage en Autriche où les écarts dans l'industrie restent criants. Nous serons aussi au Kosovo où la question du port du voile à l'école revient dans le débat. Et comme tous les mercredis nous finirons l'émission en musique avec une pépite du punk allemand, mâtiné de new-wave, Die Radierer. Quelle égalité au travail ?  Améliorer l'égalité salariale entre hommes et femmes, c'est l'objet de la directive adoptée à Bruxelles, il y a trois ans. Les capitales européennes jusqu'au 7 juin pour la mettre en oeuvre, mais les choses traînent. Seules, l'Italie et la Slovaquie sont prêtes. En France, où les femmes gagnent près de 22% de moins que les hommes en moyenne, et 4% à emploi égal, le gouvernement espère remettre sa copie au Parlement courant juin, mais le texte ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Vienne n'est pas non plus dans les clous. En Autriche aussi, les femmes sont toujours moins payées à emploi égal mais les stéréotypes de genre restent aussi très présents dans le choix des métiers. C'est particulièrement le cas dans l'industrie, alors que Vienne aimerait redynamiser le secteur en manque de main-d'œuvre. Reportage Céline Béal.   1936 : à côté des progrès sociaux, l'échec de la politique coloniale  Le 4 juin 1936, la coalition menée par le socialiste Léon Blum formait le gouvernement du Front populaire. Les congés payés, la semaine de 40h ou encore les conventions collectives ont vu le jour le même mois. Le site RFI Connaissances nous rappelle que la période a été riche d'innovations dans d'autres domaines : elle a posé par exemple les bases du Festival de Cannes, et mis en place de larges campagnes de prévention de la tuberculose. Trois femmes sont au gouvernement, un signe fort de Léon Blum alors que le Sénat bloque leur accès au vote. En la matière comme pour le soutien à apporter aux Républicains espagnols plongés dans la Guerre civile, le bilan est controversé. Mais s'il y a un domaine où la désillusion est complète, c'est celui de la politique coloniale. Les explications d'Olivier Favier. À lire aussi1936, le Front populaire à l'épreuve du pouvoir: succès, limites et héritages Au Kosovo, l'autorisation du port du voile à l'école divise Le débat agite régulièrement la société de ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants. Dans ce pays majoritairement musulman, la laïcité est un principe fondamental, inscrit dans la constitution. Et l'autorisation ou non du port du voile à l'école publique divise. Une partie de la jeunesse trouve le principe de neutralité trop rigide. En face, les défenseurs d'une laïcité stricte estiment qu'il faut protéger l'équilibre fragile de ce jeune État né en 2008. Derrière cette question du voile, c'est l'identité du pays qui est débattue, entre aspirations européennes, retour du religieux et fractures générationnelles. Reportage à Pristina, de Louis Seiller.  À lire aussiPort du voile à l'école: l'Autriche rejoint la cohorte des pays européens les plus stricts La chronique musique de Vincent Théval Die Radierer - Angriff auf's Schlaraffenland (Allemagne). 

Accents d'Europe
En Europe, l'égalité salariale progresse... lentement

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 19:29


La directive européenne sur la transparence sur les salaires doit être déclinée et mise en œuvre dans chaque pays à partir du 7 juin. Mais seuls deux pays sont prêts. Nous serons en reportage en Autriche où les écarts dans l'industrie restent criants. Nous serons aussi au Kosovo où la question du port du voile à l'école revient dans le débat. Et comme tous les mercredis nous finirons l'émission en musique avec une pépite du punk allemand, mâtiné de new-wave, Die Radierer. Quelle égalité au travail ?  Améliorer l'égalité salariale entre hommes et femmes, c'est l'objet de la directive adoptée à Bruxelles, il y a trois ans. Les capitales européennes jusqu'au 7 juin pour la mettre en oeuvre, mais les choses traînent. Seules, l'Italie et la Slovaquie sont prêtes. En France, où les femmes gagnent près de 22% de moins que les hommes en moyenne, et 4% à emploi égal, le gouvernement espère remettre sa copie au Parlement courant juin, mais le texte ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Vienne n'est pas non plus dans les clous. En Autriche aussi, les femmes sont toujours moins payées à emploi égal mais les stéréotypes de genre restent aussi très présents dans le choix des métiers. C'est particulièrement le cas dans l'industrie, alors que Vienne aimerait redynamiser le secteur en manque de main-d'œuvre. Reportage Céline Béal.   1936 : à côté des progrès sociaux, l'échec de la politique coloniale  Le 4 juin 1936, la coalition menée par le socialiste Léon Blum formait le gouvernement du Front populaire. Les congés payés, la semaine de 40h ou encore les conventions collectives ont vu le jour le même mois. Le site RFI Connaissances nous rappelle que la période a été riche d'innovations dans d'autres domaines : elle a posé par exemple les bases du Festival de Cannes, et mis en place de larges campagnes de prévention de la tuberculose. Trois femmes sont au gouvernement, un signe fort de Léon Blum alors que le Sénat bloque leur accès au vote. En la matière comme pour le soutien à apporter aux Républicains espagnols plongés dans la Guerre civile, le bilan est controversé. Mais s'il y a un domaine où la désillusion est complète, c'est celui de la politique coloniale. Les explications d'Olivier Favier. À lire aussi1936, le Front populaire à l'épreuve du pouvoir: succès, limites et héritages Au Kosovo, l'autorisation du port du voile à l'école divise Le débat agite régulièrement la société de ce pays d'un peu plus d'un million et demi d'habitants. Dans ce pays majoritairement musulman, la laïcité est un principe fondamental, inscrit dans la constitution. Et l'autorisation ou non du port du voile à l'école publique divise. Une partie de la jeunesse trouve le principe de neutralité trop rigide. En face, les défenseurs d'une laïcité stricte estiment qu'il faut protéger l'équilibre fragile de ce jeune État né en 2008. Derrière cette question du voile, c'est l'identité du pays qui est débattue, entre aspirations européennes, retour du religieux et fractures générationnelles. Reportage à Pristina, de Louis Seiller.  À lire aussiPort du voile à l'école: l'Autriche rejoint la cohorte des pays européens les plus stricts La chronique musique de Vincent Théval Die Radierer - Angriff auf's Schlaraffenland (Allemagne). 

Reportage France
Artisanat d'art: la crainte de voir les savoir-faire disparaître

Reportage France

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 3:09


En France, les élèves de terminale vont recevoir, ce 3 juin, les résultats de leurs affectations post-bac sur la plateforme Parcoursup. Certains s'orientent peut-être vers une filière d'artisanat d'art. Et il en faut ! Tailleur de pierre, chaudronnier, verrier, ébéniste... Les métiers d'art peinent à recruter. En 2025, on comptait 150 000 offres d'emplois non pourvues. Clara Duban est allée à la rencontre de ceux qui s'inquiètent de voir disparaître leurs savoir-faire. De Clara Duban, service France de RFI Dans son atelier dans le centre de Paris, Christophe Daby crée des luminaires en bois. Les formes sont épurées, chics. Son entreprise, c'est lui, une apprentie et deux stagiaires. Depuis six ans, il recherche la perle rare qui voudrait collaborer durablement avec lui. Les apprentis qu'il a formés successivement ne restent jamais plus de quelques années. Un frein pour son entreprise : « On est bridé dans la créativité, dans la création de nouvelles pièces, parce qu'aujourd'hui, après 15 ans d'existence, j'ai peut-être un catalogue avec 15 collections, chacune nécessitant de maîtriser des savoir-faire propres. Donc, ma priorité, quand j'intègre quelqu'un, c'est qu'il sache produire et réaliser les pièces qu'on a déjà au catalogue. Du coup, on ne peut pas sortir de nouvelles pièces. » Pour lui, le modèle économique des métiers d'arts n'attire pas car trop peu rémunérateur par rapport aux conditions de travail : « Il faut jeter la pierre à personne. Quand vous voyez les retraites d'un artisan d'art, c'est misérable. Ce n'est pas qu'il n'a pas envie, c'est que juste qu'il veut s'assurer qu'il peut vivre. Vous avez des jeunes qui sont ultra motivés au début, puis ils se disent "oui mais c'est lourd, je vais me blesser, je m'abime les mains, je me fatigue le dos…" Enfin, concrètement, on se fatigue. Je pense qu'il y a beaucoup de candidats qui, au bout de quelques années, se rendent compte de ça, qui sont vraiment séduits par l'image que ça renvoie, parce que c'est le plus beau métier du monde, ça tout le monde le dit : "Ah, mais c'est génial, tu travailles le bois, les copeaux, les trucs et tout, ça fait rêver." Le quotidien, ce n'est pas ça. » Transmettre des métiers centenaires Christophe et bon nombre d'artisans s'inquiètent pour le devenir de leur art. Alors, au lycée professionnel d'arts de la mode Octave-Feuillet à Paris, on s'applique à transmettre ces métiers centenaires, tout en les mettant au goût du jour. Tiffany Houssinger, professeur de broderie Cornely, a appris à ses élèves à broder des fils conducteurs reliés à des diodes : « En fait, j'ai appris aux élèves à broder avec des fils conducteurs où, branchés à des diodes et des résistances, elles s'allumaient. En brodant, on arrive à utiliser la lumière et d'autres matières modernes. C'est un métier qui perdure et on continue à avoir de la demande dans ce domaine-là. » Dans l'établissement, on forme aussi de futurs plumassiers, fleuristes de mode ou encore modistes. Mais chaque année, les 13 classes ont du mal à se remplir de nouveaux passionnés. « ​​​​​Il y a un risque de disparition des métiers » L'Institut pour les savoir-faire français, une association reconnue d'intérêt général qui contribue au rayonnement des métiers d'art, alerte sur la situation actuelle : « Il y a un risque de disparition des métiers si on ne trouve pas de successeur : successeur dans le geste, mais successeur aussi des entreprises. On a besoin de voir émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs. On a vraiment besoin d'accompagner cette transmission-là, parce que si on ne l'accompagne pas, on va perdre des gestes, on va perdre des entreprises et derrière, on a vraiment un enjeu important. Un enjeu culturel et patrimonial. Les savoir-faire français ont quand même cette notoriété. Mais aussi, on a un enjeu de souveraineté de la production française. On a besoin de continuer à produire en France parce que ça crée de l'emploi, parce que ça fait vivre des territoires et que quand une manufacture ferme dans un territoire, eh bien potentiellement, c'est des écoles qui ferment, c'est des commerces qui ferment, c'est une économie locale qui s'en trouve dégradée. Et c'est des métiers qui vont être très peu impactés par l'IA », explique Anne-Sophie Doroyon-Chavanne, vice-présidente de l'institut. D'ici à 2030, un quart des artisans d'art partira à la retraite.

Vivre ailleurs
Réussir sa transition de vie en expatriation

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later May 30, 2026 5:50


Pour réussir son expatriation, il faut se préparer en amont, avant le départ bien sûr, mais pas seulement. Une fois arrivé dans le pays d'accueil, il faut encore relever plusieurs défis pour mieux s'intégrer. Quels sont les principaux challenges à surmonter pour réussir cette transition de vie ? Expatriée depuis 17 ans, Audrey Zeitoun est thérapeute de couple, coach de vie et en relations à Londres. 

Aujourd'hui l'économie
Comment l'IA bouleverse les grands cabinets de conseil

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 28, 2026 3:17


L'intelligence artificielle transforme en profondeur l'économie du conseil. Automatisation des analyses, baisse des coûts, réduction des équipes, les grands cabinets comme McKinsey & Company, Boston Consulting Group ou Accenture font face à une remise en question historique de leur modèle économique. Une révolution qui touche particulièrement les jeunes consultants et oblige le secteur à se réinventer. L'intelligence artificielle inquiète de plus en plus les grands cabinets de conseil dans le monde. OpenAI et Anthropic ont récemment annoncé le lancement de structures spécialisées dans le déploiement de leurs technologies directement auprès des entreprises. Une évolution qui pourrait profondément modifier l'équilibre du secteur du consulting. Traditionnellement, lorsqu'une entreprise souhaite restructurer son organisation, lancer une transformation ou revoir sa stratégie, elle fait appel à des consultants. Ces derniers réalisent alors des études de marché, des analyses financières, des audits concurrentiels ou encore des présentations stratégiques destinées aux directions générales. Un travail souvent long, coûteux et mobilisant parfois plusieurs dizaines de consultants pendant plusieurs semaines. Mais l'arrivée de l'IA générative bouleverse complètement cette mécanique. Désormais, certains modèles d'intelligence artificielle sont capables d'exécuter une partie de ces tâches en quelques minutes seulement : résumer des centaines de documents, produire des analyses sectorielles, créer des présentations ou générer des diagnostics préliminaires. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? Des cabinets plus productifs mais moins dépendants des consultants juniors Cette transformation améliore fortement la productivité des cabinets de conseil. Chez McKinsey & Company, certaines équipes auraient vu leur taille réduite grâce à l'automatisation de nombreuses tâches analytiques. Le cabinet développe également des milliers d'agents IA internes afin d'assister ses consultants. Officiellement, les grands groupes du conseil ne parlent pas de suppressions massives d'emplois. Mais tous reconnaissent une forte hausse de la productivité. Et lorsqu'un secteur de services devient soudainement beaucoup plus efficace grâce à la technologie, une question finit forcément par émerger : aura-t-on encore besoin d'autant de salariés ? Les premiers concernés sont les jeunes diplômés. Historiquement, les consultants juniors étaient chargés des tâches de recherche, d'analyse et de préparation des supports stratégiques. Des missions qui servaient aussi de formation avant de monter progressivement en compétences. Or précisément, ce sont ces tâches de base que l'intelligence artificielle automatise aujourd'hui le plus rapidement. Le secteur fait donc face à un paradoxe majeur. Si l'IA réalise désormais les missions d'apprentissage des jeunes consultants, comment ces derniers pourront-ils acquérir l'expérience nécessaire pour devenir les experts de demain ? Pour l'instant, les cabinets peinent à apporter une réponse claire à cette question. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Le conseil ne disparaît pas : il change de valeur Au-delà de l'emploi, c'est surtout le modèle économique du conseil qui évolue. De plus en plus d'entreprises commencent à utiliser directement les outils d'intelligence artificielle en interne pour produire des analyses ou des diagnostics auparavant confiés à des cabinets spécialisés. Dans un contexte où les entreprises cherchent à réduire leurs dépenses, beaucoup de dirigeants s'interrogent désormais : pourquoi payer plusieurs centaines de milliers d'euros une mission de conseil si une partie du travail peut être automatisée ? Pour les cabinets, tout l'enjeu consiste désormais à démontrer que leur valeur ne repose pas uniquement sur la production d'analyses. Car si l'IA progresse très rapidement, elle ne sait toujours pas gérer certains aspects fondamentaux de la vie des entreprises : arbitrer entre des intérêts divergents, piloter des transformations complexes, convaincre des équipes réticentes ou gérer les rapports humains et hiérarchiques. C'est précisément sur cette dimension humaine que les cabinets veulent aujourd'hui se repositionner. L'intelligence artificielle rend l'information largement accessible et peu coûteuse. En revanche, la rareté économique se déplace vers d'autres compétences : le jugement humain, la capacité à gérer la complexité, la confiance ou encore l'accompagnement stratégique des organisations. La question n'est donc peut-être plus de savoir si les consultants seront remplacés par les machines, mais plutôt quels consultants sauront travailler efficacement avec elles.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi - conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs.  Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources humaines et recrutement, basé à Abidjan. Programmation musicale : ► Tonto - J Balvin, Ryan Castro, DJ Snake ► Toi et moi - Naâman

7 milliards de voisins
Trouver un emploi - conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 27, 2026 48:30


Rédiger CV et lettres de motivation, envoyer des candidatures, développer son réseau, relancer les recruteurs... Ces initiatives sont essentielles pour trouver un emploi mais peuvent s'avérer fastidieuses voire décourageantes. Dans un monde professionnel en pleine mutation, nos spécialistes vous conseillent pour valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle et vos compétences. Posez toutes vos questions, nos spécialistes sont dans la tête des recruteurs.  Avec : • Farida Akadiri, consultante et coach internationale pour leaders, managers et entrepreneurs • Aniela Ve Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources humaines et recrutement, basé à Abidjan. Programmation musicale : ► Tonto - J Balvin, Ryan Castro, DJ Snake ► Toi et moi - Naâman

Débat du jour
Roland-Garros: les joueurs sont-ils suffisamment payés?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 25, 2026 29:30


Le tournoi de tennis de Roland-Garros s'est ouvert dans un climat de grogne des joueurs. En cause, leur rémunération qu'ils estiment non proportionnelle aux recettes de l'évènement. Une revendication qui concerne également les trois autres tournois du Grand Chelem. La colère monte, et l'hypothèse d'un boycott a même été évoquée. Les stars du tennis constituent-elles l'arbre qui cache la forêt ? Où vont les recettes engrangées par les directions des plus grands tournois ? Quelle égalité des chances pour devenir l'un des meilleurs joueurs du monde ? Pour en débattre : - Seghir Lazri, sociologue du sport à l'Institut de recherche interdisciplinaire, laboratoire de recherche rattaché au CNRS/EHESS, et chroniqueur au Nouvel Obs - Marine Fontaine, ancienne joueuse, aujourd'hui maître de conférences en sociologie à l'université Gustave-Eiffel, elle a consacré une thèse sur Les joueuses : les galériennes du tennis français - Vincent Chaudel, directeur de l'observatoire du Sport business. Co-auteur du Livre Blanc Le sport au dessus des conflits, l'arbitre d'un monde sous tension ?

Débat du jour
Roland-Garros: les joueurs sont-ils suffisamment payés?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 25, 2026 29:30


Le tournoi de tennis de Roland-Garros s'est ouvert dans un climat de grogne des joueurs. En cause, leur rémunération qu'ils estiment non proportionnelle aux recettes de l'évènement. Une revendication qui concerne également les trois autres tournois du Grand Chelem. La colère monte, et l'hypothèse d'un boycott a même été évoquée. Les stars du tennis constituent-elles l'arbre qui cache la forêt ? Où vont les recettes engrangées par les directions des plus grands tournois ? Quelle égalité des chances pour devenir l'un des meilleurs joueurs du monde ? Pour en débattre : - Seghir Lazri, sociologue du sport à l'Institut de recherche interdisciplinaire, laboratoire de recherche rattaché au CNRS/EHESS, et chroniqueur au Nouvel Obs - Marine Fontaine, ancienne joueuse, aujourd'hui maître de conférences en sociologie à l'université Gustave-Eiffel, elle a consacré une thèse sur Les joueuses : les galériennes du tennis français - Vincent Chaudel, directeur de l'observatoire du Sport business. Co-auteur du Livre Blanc Le sport au dessus des conflits, l'arbitre d'un monde sous tension ?

Reportage International
Allemagne: l'amertume des étudiants indiens, déçus par le système des écoles privées

Reportage International

Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:39


Polémique en Allemagne autour des écoles privées pour les étudiants étrangers. Les jeunes, souvent des Indiens, arrivent en Allemagne avec un visa étudiant. Mais sur place, ils sont confrontés aux frais de scolarité, à la précarité des jobs mal rémunérés, parfois même à la suppression de leurs visas avant la fin de leurs cursus. De notre correspondante à Berlin, Promad nous a donné rendez-vous dans un café de Charlottenburg, le quartier de Berlin où il a trouvé un petit job : 20 heures par semaine, un peu plus de 1 000 euros par mois, dans la cuisine d'un burger. Promad, un étudiant indien de 30 ans, est arrivé en 2023 à Berlin, avec son rêve d'Allemagne, le pays de Mercedes et BMW, de la technique et de la protection sociale. Deux ans et demi plus tard, il ne cache pas son amertume envers le système des écoles privées pour étudiants étrangers. Des écoles qui attirent en ligne des milliers de jeunes anglophones à travers le monde, le plus souvent des Indiens. « La qualité des études était très mauvaise. Nous n'avions que deux à trois cours par jour, soit une heure et demie à deux heures par jour. Certains professeurs étaient très bien. Mais globalement, la qualité des études n'avait rien à voir avec ce à quoi je m'attendais », raconte Promad. Certains étudiants indiens ont été expulsés avant la fin de leur scolarité Quelques 60 000 Indiens ont obtenu un visa étudiant en Allemagne. C'est, de loin, la plus grosse communauté parmi les étudiants étrangers. L'Allemagne, qui a un criant besoin en main-d'œuvre qualifiée, avait signé en 2022 un accord migratoire facilitant l'arrivée d'informaticiens ou d'étudiants. Pour ces derniers, c'est souvent la douche froide une fois sur place : un engrenage de frais élevés et de jobs mal payés, qui les empêche d'assister à leurs cours « Les étudiants étrangers ont des emplois tels que la livraison de repas à domicile, dans les entrepôts d'Amazon ou dans des restaurants de fast food. Parce qu'ils sont étrangers, ils ne sont soutenus par aucun syndicat et les douanes, qui contrôlent normalement le respect du droit du travail, n'interviennent pas non plus. Les douanes et les syndicats, ce sont normalement en Allemagne les deux leviers pour faire appliquer le droit du travail », explique Aju John, de l'université Humboldt de Berlin. Plus angoissant encore, l'administration berlinoise a commencé à retirer leur visa à certains étudiants engagés dans des cursus mêlant cours en ligne et en présentiel. Cela ne justifierait pas leur présence sur le sol allemand. Plusieurs dizaines d'entre eux, presque tous indiens, ont même été expulsés avant la fin de leur scolarité. Promad, dont la famille s'est endettée pour financer ses études, n'a pas complètement renoncé à son rêve d'Allemagne. Mais il a quitté son école privée pour une école internationale publique des environs de Berlin.

Aujourd'hui l'économie
Corée du Sud: la grève chez Samsung inquiète toute l'économie mondiale

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:02


Jusqu'à 50 000 salariés de Samsung menacent de faire grève à partir du 21 mai. Un conflit social inédit chez le géant sud-coréen, premier fabricant mondial de puces mémoire, qui inquiète autant la direction que le gouvernement de Séoul. Derrière les revendications salariales, c'est tout un modèle économique qui vacille, avec des conséquences potentielles sur l'industrie mondiale des semi-conducteurs et le boom de l'intelligence artificielle. À première vue, le conflit social qui secoue actuellement Samsung semble assez classique. Des salariés réclament de meilleurs salaires, la direction refuse, le bras de fer s'installe et une grève est annoncée. Rien de très original. Sauf qu'ici, on ne parle pas d'une entreprise ordinaire. On parle de Samsung, le plus grand conglomérat sud-coréen et le premier fabricant mondial de puces mémoire. Un acteur industriel stratégique, dont le poids économique est tel que l'affaire remonte jusqu'au sommet de l'État sud-coréen. Preuve de la sensibilité du dossier, le gouvernement envisage même des mesures exceptionnelles pour empêcher le mouvement social. Ce qu'il se joue aujourd'hui chez Samsung dépasse en réalité très largement l'entreprise elle-même. Car le groupe est l'un des grands gagnants du boom de l'intelligence artificielle. Ses puces mémoire sont partout : dans les serveurs, les centres de données, le cloud, les smartphones ou encore les infrastructures numériques qui alimentent les modèles d'IA générative. Grâce à ce savoir-faire industriel, Samsung accumule aujourd'hui des bénéfices considérables. C'est précisément ce qui nourrit la colère des salariés : ils voient les profits grimper, mais estiment que leurs rémunérations ne suivent pas. Le problème, c'est qu'une grève de 45 000 à 50 000 salariés dans un groupe de cette taille inquiète tout le monde : la direction, évidemment, mais aussi le gouvernement sud-coréen. Et pour cause, en Corée du Sud, Samsung n'est pas seulement une entreprise privée. C'est presque une institution nationale. Le groupe représente à lui seul près de 23% des exportations sud-coréennes et environ 26 % de la capitalisation boursière nationale. Autrement dit : si Samsung ralentit, c'est toute l'économie sud-coréenne qui risque de perdre de la vitesse. À lire aussiCorée du Sud: une crise politique aux accents économiques Une grève chez Samsung menace le marché mondial des puces électroniques L'inquiétude dépasse largement les frontières de la Corée du Sud. Certains analystes estiment qu'une grève prolongée pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars à Samsung et provoquer des tensions sur les prix mondiaux des composants électroniques. Car Samsung est au cœur d'un secteur devenu hautement stratégique : celui des semi-conducteurs. Les États-Unis, la Chine et l'Europe se livrent aujourd'hui une véritable guerre industrielle autour des puces électroniques. Tous cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à relocaliser certaines productions et à renforcer leur souveraineté technologique. Dans ce contexte, voir le leader mondial des puces mémoire ralentir brutalement son activité serait un signal très négatif. D'autant qu'un simple ralentissement dans une usine de semi-conducteurs peut provoquer des retards de livraison dans le monde entier. Contrairement à d'autres industries, les chaînes de production de puces sont extrêmement complexes : lorsqu'elles s'arrêtent, il faut parfois plusieurs semaines pour retrouver un rythme normal. C'est ce risque systémique qui alarme aujourd'hui les marchés. Chez Samsung, le conflit social révèle aussi une fracture générationnelle Mais derrière les puces et les milliards, cette crise révèle aussi une fracture sociale plus profonde. Pendant longtemps, la Corée du Sud a reposé sur une forme de pacte implicite : entrer dans une grande entreprise, travailler dur, rester loyal, et en échange bénéficier d'une protection et d'une stabilité professionnelle. Ce modèle a largement contribué au miracle économique sud-coréen. Mais aujourd'hui, ce contrat social s'effrite. La jeune génération demande davantage de transparence, de reconnaissance et un partage plus équitable de la richesse créée. Et chez Samsung, cette évolution est particulièrement visible, d'autant que, pendant des décennies, le syndicalisme y était quasiment absent. La culture du groupe a longtemps été réputée antisyndicale. Ce n'est qu'il y a six ans que Samsung a officiellement promis de tourner cette page. Le conflit actuel constitue donc le premier véritable test de cette promesse d'ouverture. Même si la grève est finalement évitée, ou si elle ne dure que quelques jours, quelque chose aura déjà changé. Les salariés auront démontré leur capacité à peser. Et dans un pays où Samsung a longtemps semblé intouchable, c'est déjà un événement historique.

Aujourd'hui l'économie
États-Unis: le durcissement des contrôles de l'ICE ne profite pas aux travailleurs américains

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 18, 2026 3:28


Expulser davantage de travailleurs immigrés pour créer plus d'emplois pour les Américains? C'est l'argument défendu par Donald Trump. Mais selon une étude du National Bureau of Economic Research, le durcissement des contrôles de l'U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) ne produit pas de gain net pour les travailleurs nés aux États-Unis et pourrait même fragiliser l'économie américaine. C'est une idée avancée, martelée même, par Donald Trump. Expulser davantage de travailleurs immigrés, notamment sans papiers, permettrait de libérer des emplois pour les travailleurs nationaux. Mais selon la dernière étude du National Bureau of Economic Research, ce raisonnement ne se vérifie pas dans les faits. La méthode employée par les chercheuses est simple : comparer les zones fortement touchées par les arrestations de l'ICE aux zones moins concernées, avant et après le durcissement des contrôles. Premier constat, dans les zones où l'ICE intervient davantage, les travailleurs immigrés les plus exposés travaillent moins. L'emploi recule de 4 %. Mais le plus frappant est ailleurs. Cette baisse ne s'explique pas uniquement par les expulsions. De nombreux travailleurs immigrés restent sur le territoire américain, mais réduisent leur activité ou cessent de travailler, par peur. Peur d'être contrôlés sur le chemin du travail, peur d'être arrêtés directement sur leur lieu d'activité. La politique migratoire produit ici un effet psychologique qui devient, par ricochet, un phénomène économique. À lire aussiÉtats-Unis: la politique migratoire de Donald Trump provoque un choc démographique et économique Le mythe du « job replacement » ne résiste pas aux faits Autre enseignement majeur de cette étude : les travailleurs nés aux États-Unis ne récupèrent pas ces emplois. L'argument du job replacement, selon lequel lorsqu'un immigré quitte son poste, un travailleur américain prend naturellement sa place, apparaît faux. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder de plus près le fonctionnement du marché du travail. La vision politique suppose que travailleurs immigrés et travailleurs natifs sont interchangeables. Or, dans la réalité économique, ils sont souvent complémentaires. Prenons l'exemple d'un chantier de construction. Un ouvrier sans papiers effectue fréquemment les tâches physiques les plus pénibles, tandis qu'un salarié américain supervise, coordonne ou gère la logistique. Si le premier disparaît, le second ne récupère pas automatiquement un emploi supplémentaire. Au contraire, le chantier ralentit, certains projets sont retardés, voire annulés. Pourquoi les travailleurs américains peu qualifiés ne prennent-ils pas ces postes ? Parce que beaucoup de ces emplois restent peu attractifs : physiquement éprouvants, parfois dangereux, souvent saisonniers, avec des horaires irréguliers et des salaires jugés insuffisants. Dans l'agriculture, la construction ou certaines activités industrielles, les employeurs peinent déjà à recruter, même lorsque le chômage progresse. À lire aussiPourquoi l'immigration va déterminer le sort de l'économie américaine sous Donald Trump Moins d'activité, plus de tensions économiques Autre surprise, les entreprises ne réagissent pas forcément en augmentant les salaires pour attirer davantage de travailleurs locaux. L'étude montre au contraire que les rémunérations n'augmentent pas significativement. Face à la pénurie de main-d'œuvre, beaucoup d'employeurs font un autre choix : ils réduisent leur activité. Ils acceptent moins de commandes, ralentissent leur production et repoussent certains investissements. C'est ce que les économistes appellent un choc d'offre négatif, ou lorsque moins de travailleurs disponibles signifie moins de production, avec un risque de hausse des prix à long terme. Autrement dit, une politique pensée pour protéger le marché du travail pourrait, paradoxalement, contribuer à le fragiliser. Les effets dépassent même le seul marché de l'emploi. Dans le Minnesota, une autre étude évoque plus de 600 millions de dollars de consommation perdue en un mois, signe que la peur des contrôles réduit aussi les dépenses des ménages immigrés. Cela rappelle autre chose d'essentiel dans l'économie américaine. Certains secteurs sont structurellement dépendants de la main-d'œuvre immigrée, y compris irrégulière. Elle fait partie intégrante du fonctionnement de l'économie américaine. Et comme pour une tour en briques de bois, lorsqu'on retire une pièce essentielle, ce n'est pas seulement un poste qui disparaît, c'est tout l'équilibre de l'édifice qui peut vaciller. À lire aussiDonald Trump lié à des transactions financières de centaines de millions de dollars avec des entreprises américaines

7 milliards de voisins
L'addition s'il vous plaît ! Dans le quotidien des garçons de café

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 11, 2026 48:30


Le métier est a priori connu de tous. Chacun ayant mis les pieds dans un restaurant, un bar ou un café, a eu à faire à une ou un serveur. Il s'agit dans les grandes lignes d'amener un plateau d'un point A à un point B, de la cuisine à la table, sans rien faire tomber. Un petit boulot faute de mieux, qui demande peu de savoir-faire.  Dans l'imaginaire collectif, les représentations associées au service sont, en effet peu élogieuses. Au-delà de porter des verres et des assiettes, il faut savoir accueillir les clients, prendre leurs commandes, les communiquer au bar ou à la cuisine, dresser et redresser des tables, rester debout, marcher voire courir pendant des heures, répondre aux demandes des clients mais rester invisible pour ne pas les déranger, en respectant l'organisation de l'établissement, le tout avec le sourire et parfois sans pourboire à la clé.   On oublie facilement la difficulté du métier quand on est assis tranquillement à sa table. De leur côté, les serveurs voient tout ou presque de ce qui se passe dans le restaurant, un pas en cuisine, l'autre dans la salle.   Alors qu'on se rend au restaurant pour célébrer, séduire ou faire affaire, ils sont aux premières loges et prennent le pouls de nos sociétés.   Pourquoi le métier de serveur est-il finalement si méconnu ? Que se passe-t-il réellement dans les allées d'un restaurant ? Finit-on toujours par quitter la restaurant ?   Avec : • Raphaël Tillet, journaliste de formation, ancien serveur. Auteur de L'addition, s'il vous plaît ! (Robert Laffont, 2026) • Vivian Song, journaliste indépendante originaire du Canada, installée à Paris. Son article « Le café parisien, chef-d'œuvre en péril ? » paru dans le New York Times est disponible en français sur le site de Courrier international. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson. Dans ce 7ème épisode, Narimene, étudiante algérienne à Paris Cité nous parle de la mixité homme-femme et Cécile Lazartigues-Chartier lui répond.   Programmation musicale :  ► Borumba song - Balu  ► Wake Up - Young Franco, Master Peace.

7 milliards de voisins
L'addition s'il vous plaît ! Dans le quotidien des garçons de café

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 11, 2026 48:30


Le métier est a priori connu de tous. Chacun ayant mis les pieds dans un restaurant, un bar ou un café, a eu à faire à une ou un serveur. Il s'agit dans les grandes lignes d'amener un plateau d'un point A à un point B, de la cuisine à la table, sans rien faire tomber. Un petit boulot faute de mieux, qui demande peu de savoir-faire.  Dans l'imaginaire collectif, les représentations associées au service sont, en effet peu élogieuses. Au-delà de porter des verres et des assiettes, il faut savoir accueillir les clients, prendre leurs commandes, les communiquer au bar ou à la cuisine, dresser et redresser des tables, rester debout, marcher voire courir pendant des heures, répondre aux demandes des clients mais rester invisible pour ne pas les déranger, en respectant l'organisation de l'établissement, le tout avec le sourire et parfois sans pourboire à la clé.   On oublie facilement la difficulté du métier quand on est assis tranquillement à sa table. De leur côté, les serveurs voient tout ou presque de ce qui se passe dans le restaurant, un pas en cuisine, l'autre dans la salle.   Alors qu'on se rend au restaurant pour célébrer, séduire ou faire affaire, ils sont aux premières loges et prennent le pouls de nos sociétés.   Pourquoi le métier de serveur est-il finalement si méconnu ? Que se passe-t-il réellement dans les allées d'un restaurant ? Finit-on toujours par quitter la restaurant ?   Avec : • Raphaël Tillet, journaliste de formation, ancien serveur. Auteur de L'addition, s'il vous plaît ! (Robert Laffont, 2026) • Vivian Song, journaliste indépendante originaire du Canada, installée à Paris. Son article « Le café parisien, chef-d'œuvre en péril ? » paru dans le New York Times est disponible en français sur le site de Courrier international. En fin d'émission, Charlie Dupiot nous emmène sur les campus français avec Décalages culturels, une chronique produite par RFI avec le soutien de l'université Paris-Cité sur une idée originale de Chae-Yeon Bournel-Bosson. Dans ce 7ème épisode, Narimene, étudiante algérienne à Paris Cité nous parle de la mixité homme-femme et Cécile Lazartigues-Chartier lui répond.   Programmation musicale :  ► Borumba song - Balu  ► Wake Up - Young Franco, Master Peace.

7 milliards de voisins
Voix de femmes avec Marie-Laure Brunel-Dupin, première profileuse de France

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 8, 2026 48:30


Chaque mois, Voix de femmes met en avant des femmes aux parcours singuliers, inspirants ou méconnus. Chaque épisode rassemble plusieurs portraits, racontés dans le but de révéler la force, la créativité et la résilience de celles qui façonnent notre monde. Cette semaine, Lucie Bouteloup reçoit la première profileuse de France, la lieutenant-colonel de gendarmerie Marie-Laure Brunel Dupin. Elle est aujourd'hui chef de la division des affaires non élucidées (DIANE). C'est elle qui a mis en place et commandé pendant plus de 20 ans le département des sciences du comportement.    Avec : Marie-Laure BRUNEL-DUPIN, lieutenant-colonel de gendarmerie, cheffe de la Division des affaires non élucidées (DiANE) et coautrice du roman La Boule au ventre (Hachette, Black Lab)   À découvrir également dans l'émission : Rencontre avec Adina Ntankeu, 47 ans, styliste créatrice originaire du Cameroun. Atteinte d'albinisme et mère de trois enfants, elle a créé l'association ANIDA pour soutenir les minorités albinos. De fil en aiguille, Adina a su faire sa place dans le milieu de la mode, elle a notamment exposé une de ses créations au Musée de l'Homme à Paris lors de l'exposition Wax. Aujourd'hui, elle organise des défilés inclusifs où elle met en valeur toutes les morphologies pour sensibiliser aux différentes formes de discrimination. Notre reporter Raphaëlle Constant l'a rencontrée dans son atelier à Versailles, en région parisienne.    En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde de Monica Fantini.    Programmation musicale :    ► Psycho - Tshegue ► Yelele - Nezoak, Mariaa Siga.  

7 milliards de voisins
Voix de femmes avec Marie-Laure Brunel-Dupin, première profileuse de France

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 8, 2026 48:30


Chaque mois, Voix de femmes met en avant des femmes aux parcours singuliers, inspirants ou méconnus. Chaque épisode rassemble plusieurs portraits, racontés dans le but de révéler la force, la créativité et la résilience de celles qui façonnent notre monde. Cette semaine, Lucie Bouteloup reçoit la première profileuse de France, la lieutenant-colonel de gendarmerie Marie-Laure Brunel Dupin. Elle est aujourd'hui chef de la division des affaires non élucidées (DIANE). C'est elle qui a mis en place et commandé pendant plus de 20 ans le département des sciences du comportement.    Avec : Marie-Laure BRUNEL-DUPIN, lieutenant-colonel de gendarmerie, cheffe de la Division des affaires non élucidées (DiANE) et coautrice du roman La Boule au ventre (Hachette, Black Lab)   À découvrir également dans l'émission : Rencontre avec Adina Ntankeu, 47 ans, styliste créatrice originaire du Cameroun. Atteinte d'albinisme et mère de trois enfants, elle a créé l'association ANIDA pour soutenir les minorités albinos. De fil en aiguille, Adina a su faire sa place dans le milieu de la mode, elle a notamment exposé une de ses créations au Musée de l'Homme à Paris lors de l'exposition Wax. Aujourd'hui, elle organise des défilés inclusifs où elle met en valeur toutes les morphologies pour sensibiliser aux différentes formes de discrimination. Notre reporter Raphaëlle Constant l'a rencontrée dans son atelier à Versailles, en région parisienne.    En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde de Monica Fantini.    Programmation musicale :    ► Psycho - Tshegue ► Yelele - Nezoak, Mariaa Siga.  

Reportage International
«Deux semaines, c'est ridicule»: au Royaume-Uni, les hommes demandent un congé paternité plus long

Reportage International

Play Episode Listen Later May 5, 2026 2:32


Le Royaume-Uni propose l'un des cadres les moins avantageux pour les jeunes papas : seulement deux semaines de congé paternité après la naissance d'un bébé, payées moins de 200€ par semaine. Certaines entreprises font le choix de compenser, mais pas toutes. Les papas réclament aujourd'hui au gouvernement de meilleures conditions : il en va, selon eux, de l'égalité femmes-hommes et du bien-être de tous dans la famille. Rencontre avec ceux qui s'investissent pour faire changer les choses. De notre correspondante à Londres, Grands yeux bleus et sourire curieux, Abel a eu de la chance : son papa a pu rester avec lui pendant un mois après sa naissance. « Je travaille dans un petit cabinet d'architecture, c'est relax. Surtout comparé au minimum légal, c'est plutôt bien », apprécie ce dernier. Le minimum légal, au Royaume-Uni, c'est deux semaines. Tom, qui a accueilli sa première fille il y a un an, trouve cela trop peu : « Il faudrait minimum cinq ou six semaines. Mais c'est comme ça, et la majorité des employeurs s'en tiennent à ça. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? » Deux semaines, rémunérées moins de 400 euros : avec ce cadre légal, un tiers des jeunes papas ne prennent même pas de congé après la naissance d'un enfant. Insupportable pour George Gabriel, qui milite pour un meilleur congé paternité avec son association Dad Shift : « Nous avons le pire congé paternité d'Europe. Nous sommes 40ᵉ sur 43 au sein de l'OCDE. L'idée que deux semaines soient suffisantes pour soutenir votre conjointe, créer un lien avec votre bébé, c'est tout simplement ridicule. C'est beaucoup trop peu, on ne parle pas de vacances ! En plus, ce sont deux semaines payées à moins de la moitié du salaire minimum, donc la majorité des pères ne peuvent pas se le permettre. »  Pourtant, plus de congé paternité, ce serait bon pour tous au foyer selon lui : « Si l'on ne donne pas de temps aux papas pour apprendre à s'occuper de leur bébé, ils ne le feront jamais et le couple va se retrouver enfermé dans une répartition ultra-genrée des rôles à la maison. En plus, il y a encore un écart salarial de 13% au Royaume-Uni entre hommes et femmes, en partie à cause du coût des congés maternité. Il n'y a qu'en prenant plus de congés que nous – les hommes – pouvons contribuer à réduire cet écart. »  Dad Shift a organisé la première « grève des papas » l'année dernière – et installé des porte-bébés sur des statues d'hommes célèbres dans Londres, en particulier devant le Parlement. Derrière les fenêtres du palais de Westminster, la députée travailliste Maya Ellis a été convaincue : « J'espère qu'on va avoir les six semaines de congé de paternité rémunérées à 90% du salaire payé par le gouvernement. »  Si les Britanniques y sont largement favorables, les entreprises se montrent plus frileuses. « Les entreprises s'inquiètent parfois de l'impact financier. Mon objectif serait certainement que le congé de paternité soit payé par le gouvernement. Je pense que dans la plupart des cas, les entreprises veulent simplement la clarté », poursuit Maya Ellis. Le gouvernement a entamé une consultation pour l'ensemble des congés liés à la parentalité. Une réforme pourrait cependant prendre encore plusieurs années.

Journal d'Haïti et des Amériques
Haïti : hausse de salaire dans le secteur de la sous-traitance

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later May 5, 2026 30:00


Lundi (4 mai 2026), le gouvernement haïtien a annoncé une revalorisation du salaire minimum pour les ouvriers du secteur de la sous-traitance, nous apprend Gotson Pierre, directeur de l'agence Altepresse. Il est désormais fixé à 1 000 gourdes par jour. « Cet appui aux travailleurs intervient après une forte mobilisation du secteur », précise le journaliste. Également dans l'actualité haïtienne : le procès des assassins présumés de Jovenel Moïse qui se tient à Miami et qui touche à sa fin. « Cette semaine, il est entré dans une phase décisive. Certains faits sont désormais considérés comme établis. Mais il reste des zones d'ombre, notamment autour de Joseph Félix Badio », précise Gotson Pierre.  Enfin, des tensions ont éclaté hier à Saint Marc dans l'Artibonite. « Des manifestants qui protestaient contre l'insécurité, ont érigé des barricades de pneus enflammés, paralysant une grande partie des activités de la ville », raconte Gotson Pierre. Des journalistes ont subi des intimidations. La police a fini par intervenir et a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes.   Argentine : le chef des ministres englué dans un scandale Une nouvelle affaire éclabousse le sommet de l'État argentin. L'équivalent du Premier ministre est dans le viseur de la justice. Manuel Adorni, un fidèle du président, est soupçonné d'enrichissement illégal. Il s'est justifié devant les parlementaires, il y a quelques jours, et de nouveau hier, répétant qu'il est innocent. Confronté à plusieurs scandales qui concernent son entourage proche, Javier Milei continue à soutenir les mis en cause et à insulter la presse à l'origine des révélations. Les précisions de Marine de La Moissonnière. À lire aussiArgentine: Javier Milei suspend l'accès des journalistes à la présidence Colombie : Ivan Mordisco, ennemi public numéro 1 La campagne électorale colombienne, en vue de la présidentielle du 31 mai, est entachée par des violences. Il y a dix jours, une bombe a explosé sur une route du sud-ouest, faisant 21 morts. C'est l'attentat le plus meurtrier depuis 20 ans. Il a été commis par l'EMC, un groupe dissident des FARC. François-Damien Bourgery nous dresse le portrait de son chef, Ivan Mordisco. À lire aussiQui est Ivan Mordisco, le criminel le plus recherché de Colombie? Le journal de la 1ère En Martinique, les 5e « Journées de la Recherche » se poursuivent ce mardi (5 mai) dans les locaux de l'Université des Antilles.

Reportage Afrique
«Un savoir-faire qu'il faut développer»: les femmes en marche vers l'autonomie et la reconnaissance en Centrafrique

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later May 5, 2026 2:27


En Centrafrique, les femmes prennent de plus en plus conscience de leur situation et se mettent en ordre de bataille pour leur émancipation. Partout, des initiatives émergent, portées par une volonté commune : conquérir une autonomie économique durable et affirmer leur place dans la société. Longtemps considérées comme le sexe faible, elles ont décidé de reprendre leur destin en main. Activités génératrices de revenus, petits commerces, agriculture, artisanat : une dynamique collective qui redessine peu à peu le paysage économique local, malgré de nombreux défis à relever. De notre correspondant à Bangui, Au milieu des rangées de bananiers et d'avocatiers, Yvette Denzou s'active. Machette à la main, elle avance d'un pas sûr, observant chaque parcelle avec attention. En face, des tomates mûrissent lentement dans un petit jardin bien clôturé, offrant des touches de rouge vif, promesses de récoltes à venir. Pour Yvette Denzou, l'agriculture est bien plus qu'un simple moyen de subsistance : « La terre, c'est notre richesse. Tout ce que vous voyez ici est le fruit de notre travail. Nous cultivons pour nourrir nos familles, mais également pour vendre et vivre dignement. Mon combat, c'est de montrer que nos produits locaux ont de la valeur. Quand je vois mes cultures grandir, je sais que mes efforts ne sont pas vains. » Au quartier Kassaï, dans le septième arrondissement de Bangui, un atelier artisanal est installé au bord de la route. À l'intérieur, Rebecca Mambelo façonne patiemment ses créations : bois, fibres naturelles et tissus. Ici, chaque objet raconte une histoire : « L'artisanat, c'est ma passion, mais c'est aussi ma vision : créer quelque chose qui nous ressemble et qui peut nous faire vivre dignement. Je fabrique des sacs, des paniers, des vêtements et des perles artisanales. À travers mon savoir-faire, je défends la valeur des femmes. » « Il faut un lieu vraiment dédié à la femme » Aujourd'hui, de nombreuses femmes centrafricaines s'inspirent de modèles venus du continent pour aller de l'avant. Parmi ces figures, Sefora Kodjo, présidente de la Fondation Sephis. Lors de son séjour à Bangui, cette Ivoirienne a partagé son expérience avec des femmes qui rêvent de réussir : « J'ai vu que la Centrafrique est riche de son sol. Il y a énormément de richesses locales et un savoir-faire qu'il faut développer, amplifier. On a des questions d'infrastructure, on a des questions de la technologie, du digital, de la connexion internet. Ce sont sur beaucoup de défis de ce genre qu'il faut encore travailler. » Pour que cet élan se consolide, la structuration est essentielle, selon Portia Deya Abazene, présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (Fafeca) : « Parce que si tu restes dans l'informel, tu ne pourras pas gagner les parts de marché. Donc, il faut d'abord que l'on surmonte ce défi de se structurer et de se former. Il faut un incubateur, il faut un lieu dédié à la femme. » Dans un contexte encore fragile, ces femmes tracent leur chemin avec détermination. Entre initiatives individuelles et actions collectives, elles doivent aussi lutter contre les pesanteurs sociales qui cherchent encore à les reléguer au second plan dans la société. À lire aussi«Chaque jour, on voit sa tombe»: à Bangui, des familles enterrent leurs morts à domicile, faute de cimetières À lire aussi«Il n'est jamais revenu»: en Centrafrique, terreur au lycée de Boali après la mort de plusieurs élèves [2/3]

Appels sur l'actualité
[2] ÉMISSION SPÉCIALE FEMUA - L'IA: une opportunité ou une menace pour l'Afrique?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later May 1, 2026 20:00


À l'occasion du Femua, le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo, A'salfo est le rédacteur en chef exceptionnel de l'émission. Le leader du groupe Magic System vous propose de débattre sur l'intelligence artificielle. Va-t-elle accélérer le développement en Afrique ou creuser les inégalités ? L'IA peut-elle créer des opportunités pour les jeunes ou au contraire supprimer des emplois ? Utilisez-vous déjà des outils comme ChatGPT dans votre travail ou vos études ? Est-ce que cela vous aide vraiment ? Et pour terminer l'émission, nous souhaitons célébrer les 30 ans de carrière du groupe Magic System. Dites-nous quel est votre titre préféré et pourquoi ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

7 milliards de voisins
Quelles reconversions professionnelles possibles pour les femmes?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 1, 2026 48:30


57% des femmes rêvent parfois de reconversion professionnelle, selon une étude Ifop/Garance et Moi, de septembre 2022. Changer de métier est souvent une étape importante dans la vie d'une femme. Cela peut être une aspiration personnelle ou une nécessité après une pause dans la carrière, comme une maternité ou un licenciement. Mais cette reconversion se heurte souvent à davantage d'obstacles que pour les hommes : manque de temps, de moyens, ou de soutien psychologique. Les femmes doivent parfois se former à nouveau, tout en gérant leur vie familiale. Certains métiers restent fermés ou peu accessibles à cause des stéréotypes de genre. Malgré ces freins, les femmes sont plus nombreuses à entamer une reconversion professionnelle que les hommes ? La reconversion est-elle un choix ou une contrainte pour les femmes ?  Cette émission est une rediffusion du 3 octobre 2025 Avec : Ludivine Legros, sociologue spécialisée dans l'étude du travail et chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers, CNAM Garance Yverneau, créatrice de Garance et Moi, une entreprise dédiée à l'accompagnement des transitions professionnelles des femmes Isabelle Zongo, multi-entrepreneuse dans le milieu social et entrepreneurial, orientée vers l'employabilité des femmes et des jeunes et autrice du Guide de l'entrepreneur en Côte d'Ivoire (2023). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini.   Programmation musicale : ► Make You Cry – Zentone ► Robocop – Article15.

Aujourd'hui l'économie
Avec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements?

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 1, 2026 3:13


Les annonces de licenciements se multiplient dans les grandes entreprises, notamment dans la tech. Entre pression des marchés financiers, révolution de l'intelligence artificielle et changement de modèle économique, ces suppressions d'emplois traduisent une transformation profonde du marché du travail mondial. Ce vendredi 1er-Mai, c'est la fête du Travail et des travailleurs. L'occasion d'évoquer le travail et l'emploi. Et pour beaucoup de salariés, l'heure n'est pas à la fête, bien au contraire. Meta a annoncé le licenciement de 8 000 personnes en interne. Mais ce n'est pas un cas isolé. Amazon, Microsoft, Snap ou encore Oracle ont également réduit leurs effectifs ces derniers mois. Les chiffres donnent le vertige : Amazon a supprimé 30 000 postes en quelques mois, Microsoft envisage des départs volontaires massifs, et certaines entreprises vont jusqu'à réduire leurs effectifs de 40%. Ces signaux interrogent : faut-il y voir une transformation durable du marché du travail et l'entrée dans une nouvelle ère des licenciements massifs ? À lire aussiL'intelligence artificielle, nouvel atout caché des salariés Car ce qui frappe aujourd'hui, ce n'est pas seulement l'ampleur des suppressions d'emplois, mais leur signification. Pendant longtemps, un plan social massif signifiait qu'une entreprise allait mal et qu'elle devait se restructurer pour survivre. Désormais, licencier n'est plus forcément un aveu de faiblesse. C'est parfois perçu comme un signe de bonne gestion. Cette bascule peut sembler contre-intuitive. En théorie, une entreprise en bonne santé recrute. Mais dans les faits, la logique est différente. Il s'agit de rassurer les investisseurs. Ceux-ci attendent des résultats rapides, et la réduction de la masse salariale reste l'un des leviers les plus efficaces pour améliorer la rentabilité. Intelligence artificielle et transformation du travail Le message envoyé est clair : maîtriser les coûts, discipliner l'organisation, renforcer la confiance des marchés. D'ailleurs, les exemples récents montrent que les cours de Bourse peuvent grimper après l'annonce de licenciements. Un signe fort d'un changement dans les critères de valorisation des entreprises. Il reste néanmoins une question centrale : comment remplacer ces employés licenciés ? L'un des éléments clés de cette transformation est l'essor de l'intelligence artificielle (IA). Sans remplacer massivement les travailleurs à ce stade, l'IA modifie profondément la productivité. Des tâches qui prenaient plusieurs jours peuvent désormais être réalisées en quelques heures. Résultat : les entreprises peuvent fonctionner avec des équipes plus réduites, sans que l'activité ne s'effondre. Pour les dirigeants, l'enjeu est aussi stratégique : ne pas rater le virage de l'IA. Il est plus facile de recruter si nécessaire que de combler un retard technologique. En conséquence, les organisations évoluent vers des équipes plus petites, plus spécialisées et plus flexibles. Un marché du travail en pleine mutation Ces transformations ont des conséquences sociales importantes. Le sentiment de sécurité de l'emploi diminue, y compris pour les profils qualifiés. Le marché du travail reste dynamique, mais devient plus incertain. On observe moins d'embauches, moins de mobilité, et des carrières de plus en plus fragmentées. Pour autant, il ne faut pas généraliser. Tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. Plutôt qu'une destruction massive d'emplois, c'est une transformation rapide du marché du travail qui est à l'œuvre. Une mutation profonde, qui redéfinit durablement le rapport entre entreprises, technologies et emploi. À lire aussiComment l'IA va modifier le marché du travail

7 milliards de voisins
Quelles reconversions professionnelles possibles pour les femmes?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later May 1, 2026 48:30


57% des femmes rêvent parfois de reconversion professionnelle, selon une étude Ifop/Garance et Moi, de septembre 2022. Changer de métier est souvent une étape importante dans la vie d'une femme. Cela peut être une aspiration personnelle ou une nécessité après une pause dans la carrière, comme une maternité ou un licenciement. Mais cette reconversion se heurte souvent à davantage d'obstacles que pour les hommes : manque de temps, de moyens, ou de soutien psychologique. Les femmes doivent parfois se former à nouveau, tout en gérant leur vie familiale. Certains métiers restent fermés ou peu accessibles à cause des stéréotypes de genre. Malgré ces freins, les femmes sont plus nombreuses à entamer une reconversion professionnelle que les hommes ? La reconversion est-elle un choix ou une contrainte pour les femmes ?  Cette émission est une rediffusion du 3 octobre 2025 Avec : Ludivine Legros, sociologue spécialisée dans l'étude du travail et chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers, CNAM Garance Yverneau, créatrice de Garance et Moi, une entreprise dédiée à l'accompagnement des transitions professionnelles des femmes Isabelle Zongo, multi-entrepreneuse dans le milieu social et entrepreneurial, orientée vers l'employabilité des femmes et des jeunes et autrice du Guide de l'entrepreneur en Côte d'Ivoire (2023). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini.   Programmation musicale : ► Make You Cry – Zentone ► Robocop – Article15.

Débat du jour
Souffre-t-on de plus en plus au travail?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 29:30


Alors que la journée internationale des travailleurs aura lieu ce vendredi 1er mai 2026, la semaine a été marquée par un rapport alarmant. Il en ressort que les risques psychosociaux au travail tuent 840.000 personnes par an dans le monde. L'Organisation internationale du travail (OIT) pointe le stress, le harcèlement et les journées trop longues. En France, le nombre d'arrêts de travail a atteint un niveau inédit depuis 2019. Comment expliquer ces situations ? Les évolutions sociales ne favorisent-elles pas le bien-être au travail ? Comment améliorer la santé des travailleurs ?   Pour en débattre : - Emmanuelle Lavignac, secrétaire nationale de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT) - Bruno Palier, politiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po au Centre d'études européennes, il a coordonné les deux ouvrages Que sait-on du travail ? et Travailler mieux - Sylvaine Perragin, psychothérapeute et consultante en Ressources humaines, autrice du livre Le salaire de la peine : le business de la souffrance au travail, éditions Seuil.

Débat du jour
Souffre-t-on de plus en plus au travail?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 29:30


Alors que la journée internationale des travailleurs aura lieu ce vendredi 1er mai 2026, la semaine a été marquée par un rapport alarmant. Il en ressort que les risques psychosociaux au travail tuent 840.000 personnes par an dans le monde. L'Organisation internationale du travail (OIT) pointe le stress, le harcèlement et les journées trop longues. En France, le nombre d'arrêts de travail a atteint un niveau inédit depuis 2019. Comment expliquer ces situations ? Les évolutions sociales ne favorisent-elles pas le bien-être au travail ? Comment améliorer la santé des travailleurs ?   Pour en débattre : - Emmanuelle Lavignac, secrétaire nationale de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT) - Bruno Palier, politiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po au Centre d'études européennes, il a coordonné les deux ouvrages Que sait-on du travail ? et Travailler mieux - Sylvaine Perragin, psychothérapeute et consultante en Ressources humaines, autrice du livre Le salaire de la peine : le business de la souffrance au travail, éditions Seuil.

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique: quel rôle des PME dans l'industrialisation?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent autour du financement des femmes entrepreneuses.  Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises • Ernestine Nani, créatrice de Natura Sinaï, entreprise formelle spécialisée dans la transformation et la commercialisation de produits naturels locaux à Garoua, Cameroun.  Certaines entreprises, comme les supermarchés ou les boulangeries, hésitent à signer un contrat. Ernestine se demande comment instaurer la confiance et convaincre un partenaire de formaliser un engagement contractuel ?    Partie 2 : débat : quel rôle des PME dans l'industrialisation ?  L'avenir du continent africain passera-t-il par son industrialisation ? Pour l'instant, le vœu semble rester pieux. Elle est en tout cas très inégale selon les régions. En trente ans, la part de la valeur ajoutée de la production manufacturière de l'Afrique subsaharienne dans son PIB a dégringolé. Montée à plus de 17% au milieu des années 90, elle stagne aujourd'hui autour des 10%. Entre le manque d'infrastructures, d'accès au financement, l'instabilité politique ou encore le niveau de qualification de la main-d'œuvre, les obstacles restent importants pour les PME de l'industrie. D'un autre côté, le continent africain dispose aussi d'atouts pour assurer sa transformation industrielle, ses réserves de minerais abondantes, des terres fertiles, une main-d'œuvre jeune et nombreuse, une classe moyenne en plein essor... La crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et désormais le conflit en Iran, poussent les pays africains à revoir leur stratégie, alors que leurs économies sont encore trop dépendantes des importations de produits manufacturiers et reposent davantage sur l'extraction de matières premières, trop peu sur la transformation.   Dans ce contexte, comment se développent les PME dans le secteur de l'industrie alors qu'elles constituent le tissu économique en Afrique ? Quelles sont leurs difficultés ? Leurs leviers d'actions pour participer à l'industrialisation du continent ?   Avec : • Joël Sikam*, fondateur et président de Fisco, une entreprise de produits d'entretien, détergents, eau de Javel, produits vaisselle. *le portrait de Joël Sikam dans le cadre de notre série Le succès des repats, réalisée par Charlie Dupiot pour 8 milliards de voisins.   • Birahim Diop, co-fondateur de Win Industries producteur depuis 2016 de la marque d'eau de source O'Royal au Sénégal • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises.   Programmation musicale :  ► Highest - Samara Cyn ► Yolele - Papa Wemba. 

7 milliards de voisins
Entreprendre en Afrique: quel rôle des PME dans l'industrialisation?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 48:30


Chaque mois, le coach Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises, conseille un jeune entrepreneur sur ses difficultés. En deuxième partie, débat avec des patrons de PME du continent autour du financement des femmes entrepreneuses.  Partie 1 : conseils à un jeune entrepreneur • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises • Ernestine Nani, créatrice de Natura Sinaï, entreprise formelle spécialisée dans la transformation et la commercialisation de produits naturels locaux à Garoua, Cameroun.  Certaines entreprises, comme les supermarchés ou les boulangeries, hésitent à signer un contrat. Ernestine se demande comment instaurer la confiance et convaincre un partenaire de formaliser un engagement contractuel ?    Partie 2 : débat : quel rôle des PME dans l'industrialisation ?  L'avenir du continent africain passera-t-il par son industrialisation ? Pour l'instant, le vœu semble rester pieux. Elle est en tout cas très inégale selon les régions. En trente ans, la part de la valeur ajoutée de la production manufacturière de l'Afrique subsaharienne dans son PIB a dégringolé. Montée à plus de 17% au milieu des années 90, elle stagne aujourd'hui autour des 10%. Entre le manque d'infrastructures, d'accès au financement, l'instabilité politique ou encore le niveau de qualification de la main-d'œuvre, les obstacles restent importants pour les PME de l'industrie. D'un autre côté, le continent africain dispose aussi d'atouts pour assurer sa transformation industrielle, ses réserves de minerais abondantes, des terres fertiles, une main-d'œuvre jeune et nombreuse, une classe moyenne en plein essor... La crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et désormais le conflit en Iran, poussent les pays africains à revoir leur stratégie, alors que leurs économies sont encore trop dépendantes des importations de produits manufacturiers et reposent davantage sur l'extraction de matières premières, trop peu sur la transformation.   Dans ce contexte, comment se développent les PME dans le secteur de l'industrie alors qu'elles constituent le tissu économique en Afrique ? Quelles sont leurs difficultés ? Leurs leviers d'actions pour participer à l'industrialisation du continent ?   Avec : • Joël Sikam*, fondateur et président de Fisco, une entreprise de produits d'entretien, détergents, eau de Javel, produits vaisselle. *le portrait de Joël Sikam dans le cadre de notre série Le succès des repats, réalisée par Charlie Dupiot pour 8 milliards de voisins.   • Birahim Diop, co-fondateur de Win Industries producteur depuis 2016 de la marque d'eau de source O'Royal au Sénégal • Didier Acouetey, consultant spécialisé dans le développement des entreprises.   Programmation musicale :  ► Highest - Samara Cyn ► Yolele - Papa Wemba. 

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 48:30


Nos spécialistes vous conseillent dans votre recherche d'emploi. Valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle, de vos compétences, venez poser vos questions sur un monde du travail en pleine mutation. Avec : Aniéla Vé Kouakou, consultante en Ressources humaines, fondatrice d'Agiloya Afrique, un cabinet de conseils et de recrutement basé à Abidjan, en Côte d'Ivoire Yann Hazoumé, consultant RH et chasseur de tête. En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses.       Programmation musicale : ► Angels - OMAH LAY & Lekaa Beats & ODUMODUBLVCK ► Ngé Ké Changer Kaka - Hendry Massamba.

7 milliards de voisins
Trouver un emploi : conseils aux jeunes diplômés

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 48:30


Nos spécialistes vous conseillent dans votre recherche d'emploi. Valoriser vos diplômes, savoir parler de votre expérience professionnelle, de vos compétences, venez poser vos questions sur un monde du travail en pleine mutation. Avec : Aniéla Vé Kouakou, consultante en Ressources humaines, fondatrice d'Agiloya Afrique, un cabinet de conseils et de recrutement basé à Abidjan, en Côte d'Ivoire Yann Hazoumé, consultant RH et chasseur de tête. En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses.       Programmation musicale : ► Angels - OMAH LAY & Lekaa Beats & ODUMODUBLVCK ► Ngé Ké Changer Kaka - Hendry Massamba.

Si loin si proche
Wwoofing: le vivant en partage

Si loin si proche

Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 48:30


Derrière ce drôle d'acronyme, se trouve un réseau mondial d'échanges qui permet d'apprendre et vivre dans des fermes bio et paysannes partout dans le monde, une autre façon de voyager et partager… Wwoofing signifie en anglais «World Wide Opportunies on Organic Farms», mais à force, l'acronyme est devenu un mot, une pratique à part entière. On dit qu'on wwoofe ou fait du wwoofing en Nouvelle-Zélande ou au Japon… Né au début des années 70 en Angleterre sous la forme de petites annonces, ce réseau compte aujourd'hui 100 000 wwoofeurs à travers le monde et met en relation des candidats à une expérience à la ferme avec des petites exploitations agricoles qui les accueillent, le temps d'un mois maximum.  Le principe est simple : les bénévoles wwoofeurs identifient une ferme membre du réseau dans le pays où ils veulent aller, et peuvent être accueillis, logés, nourris gratuitement contre cinq demi-journées par semaine d'entraide aux activités agricoles. Mais plutôt que de voyage pas cher ou de travail à la ferme, il convient de parler, à propos du wwoofing, d'échanges et de partages autour du vivant, dans l'intérêt et la défense d'une agriculture biologique et d'une paysannerie à taille humaine… En près de 50 ans, le wwoofing s'est développé au point de devenir un phénomène mondial, qui ajoute un vrai supplément d'âme au voyage, déclenche parfois des transformations de vie et répond certainement à une quête de sens et de changement parmi une jeunesse en mal de repères et de liens avec la nature, face à des modèles hyperconsuméristes et hyperconnectés aux écrans.  Aujourd'hui, le wwoofing est l'un des premiers programmes d'échange éducatif et culturel au monde, présent dans plus de 132 pays, dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Bénin, la Chine, l'Australie ou encore le Sénégal. Les wwoofeurs sont surtout des jeunes âgés de 18 à 35 ans et celles et ceux qui le pratiquent deviennent souvent des adeptes convaincus, les membres d'une grande famille bottes aux pieds et mains dans la terre… Immersion en France dans une ferme de Saône-et-Loire et à la rencontre de wwoofeurs et de wwoofeuses. Un voyage sonore de Viola Berlanda initialement diffusé en octobre 2025.   En savoir plus : - Sur le réseau international Wwoofing - Sur l'association Wwoof France - Sur l'histoire du mouvement avec Sue Coppard, la femme à l'origine de ce mouvement devenu mondial. Une conférence TEDx - Sur la loi Duplomb sur l'agriculture promulguée le 11 août 2025 et la pétition sans précédent contre cette loi qui a recueilli plus de 2 millions de signatures.

Débat du jour
Faut-il travailler le 1er mai ?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 29:30


Après plusieurs jours de débats intenses, le gouvernement français fait marche arrière. II renonce pour le moment à une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai. Le texte prévoyait de permettre, sur la base du volontariat et en contrepartie d'une double rémunération, à certains secteurs d'exercer leur activité : boulangeries, fleuristes, lieux culturels… Travailler le 1er mai : flexibilité économique ou régression sociale ? Symbole ou vrai enjeu ? Pour en débattre :  - Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française  - Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT  - Stéphane Sirot, historien et spécialiste de la sociologie des grèves, du syndicalisme et des relations sociales.

Débat du jour
Faut-il travailler le 1er mai ?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 29:30


Après plusieurs jours de débats intenses, le gouvernement français fait marche arrière. II renonce pour le moment à une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai. Le texte prévoyait de permettre, sur la base du volontariat et en contrepartie d'une double rémunération, à certains secteurs d'exercer leur activité : boulangeries, fleuristes, lieux culturels… Travailler le 1er mai : flexibilité économique ou régression sociale ? Symbole ou vrai enjeu ? Pour en débattre :  - Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française  - Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT  - Stéphane Sirot, historien et spécialiste de la sociologie des grèves, du syndicalisme et des relations sociales.

7 milliards de voisins
« Malus rural du genre » : quand vivre à la campagne pénalise les femmes

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 48:30


Un tiers des Françaises, soit 11 millions de femmes, vivent en milieu rural. Elles assurent la gestion des familles, des associations, et des petits emplois de soin et de services. Cependant, selon une étude récente*, la vie à la campagne amplifie les inégalités entre hommes et femmes. On parle de « malus rural du genre » pour décrire ce phénomène. Près d'une femme rurale sur deux déclare disposer de moins de 5 heures de temps pour elle par semaine et beaucoup occupent des emplois précaires à temps partiel. L'éloignement des services publics, de l'emploi, des transports, affecte directement leur autonomie économique, leur santé, leur accès aux droits.   Que signifie être une femme en milieu rural ? Comment le simple fait d'habiter à la campagne vient-il durcir les inégalités ? Que nous apprend « ce malus rural du genre » sur la manière dont on perçoit ou néglige ces femmes qui maintiennent la cohésion des campagnes ?  Avec : • Salomé Berlioux, directrice générale et fondatrice de Rura, ONG qui lutte contre la fracture territoriale en pariant sur la jeunesse de la ruralité et des petites villes. Co-publication avec l'institut Terram de l'étude Ce que vivent (vraiment) les femmes rurales. • Victor Delage, fondateur et directeur général de l'institut Terram, groupe de réflexion collégial et multidisciplinaire dédié à l'étude des territoires. Co-publication avec l'ONG Rura de l'étude Ce que vivent (vraiment) les femmes rurales. Les rêves d'avenir de collégiennes en milieu rural et leur regard sur leur mère, un reportage de Charlie Dupiot.   En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale :  ► Pinterest - A COLORS SHOW - Anitta  ► Itessé - Ami Yerewolo 

Débat du jour
L'IA  : alliée ou ennemie de l'emploi  ?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 29:30


En France 16% des emplois pourraient disparaitre avec le développement de l'intelligence artificielle. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce mercredi par Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents. Ingénierie, informatique, ou encore finance et droit devraient figurer parmi les professions les plus touchées. Mais dans le même temps l'IA offrira de nouvelles possibilités professionnelles. Lesquelles ? Où la balance va-t-elle pencher ? Quelles conséquences dans le monde de demain ?   Pour en débattre - Axelle Arquié, économiste et cofondatrice de l'Observatoire des emplois menacés et émergents  - Blaise Mao, directeur de la rédaction d'Usbek & Rica, spécialiste des problématiques liées aux nouvelles technologies  - Juan Sebastian Carbonell, sociologue du travail et des relations professionnelles, post-doctorant à l'université de Liège, auteur du livre Un taylorisme augmenté: Critique de l'intelligence artificielle aux éditions Amsterdam.

Chronique de Mamane
La CAF mieux que la Céni et le Conseil constitutionnel

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:49


La décision du jury d'appel de la CAF a des conséquences inattendues en politique.

Reportage International
Turquie: les Afghans, nouvelle main-d'œuvre face au recul des travailleurs locaux

Reportage International

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:38


Comme le textile ou la construction, le secteur agricole en Turquie est de plus en plus dépendant d'une main-d'œuvre étrangère, migrante. Chez les éleveurs en particulier, les Afghans prennent peu à peu la place des locaux comme ouvriers agricoles ou bergers. Les jeunes générations de Turcs se détournent de l'agriculture, durement touchée ces dernières années par l'hyperinflation dont souffre le pays. Mais pour ces paysans afghans, les conditions de travail sont souvent très précaires. Un reportage près d'Ankara d'Anne Andlauer. À lire aussiEn Turquie, les agriculteurs à bout de souffle face à l'inflation

Chronique de Mamane
Les emplois gondwanais aux Gondwanais

Chronique de Mamane

Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 2:45


 La gondwanisation des cadres peut prendre plusieurs aspects au Gondwana.