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Invité Afrique
Afrique du Sud: «Les migrants jouent un rôle de bouc émissaire dans un contexte de pauvreté et de chômage»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 5:03


Le gouvernement mozambicain a dénoncé cette semaine la mort de cinq de ses ressortissants lors « d'attaques xénophobes » en Afrique du Sud. Il s'agit des premiers morts recensés dans le pays depuis le début de l'actuelle flambée de violences xénophobes. Après 2008, 2015, 2018, l'Afrique du Sud est secouée par une nouvelle vague de manifestations et d'actions coups de poing antimigrants. Pour en parler, Cécile Perrot, maître de conférences à l'université de Rennes 2, est la grande invitée Afrique de RFI. RFI : On assiste ces dernières semaines à une recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Est-ce inquiétant ? Cécile Perrot : L'organisme Xeno Watch a enregistré plus de 1 000 instances d'attaques depuis 1994, avec une explosion à partir de 2008. Mais là, on a plein de formes d'attaques différentes. Cela peut être des attaques individuelles, des coups et blessures, des magasins détenus par des migrants pillés, brûlés au titre de l'appartenance à une nationalité étrangère. Qu'est-ce qui déclenche ces violences ? Probablement, au niveau macro, le contexte de pauvreté et de chômage endémique, avec un sentiment que les migrants sont responsables de cette situation de vie dégradée. Une tendance alimentée en plus par les réseaux sociaux qui amplifient le discours de haine à l'égard des migrants. Les migrants jouent le rôle de bouc émissaire dans ce contexte. Qui sont les auteurs ? Ils semblent organisés. On voit des groupes comme March and March ou Operation Dudula, des groupes avec des figures connues. Tout à fait. Ce sont des mouvements qui sont alimentés par des organisations civiles. Operation Dudula est née en 2021-2022 et s'est fait connaître notamment par le blocage des accès aux hôpitaux et aux écoles. Leur pratique a d'ailleurs été déclarée illégale par la justice sud-africaine l'année dernière. Cela leur a donné une certaine stature politique. Plus récemment, l'année dernière, il y a eu le mouvement March and March qui a été lancé par Jacinta Ngobese-Zuma, une présentatrice radio avec une certaine audience. Toutes ces organisations bénéficient d'un contexte favorable dans le pays. La société civile dans son ensemble se montre soit indifférente au sort des migrants, soit favorable à l'expulsion, notamment des migrants illégaux. Parallèlement, le gouvernement, lui aussi, se montre assez passif face à ces mouvements, voire peut parfois manifester son soutien. Ces organisations, qui visent-elles ? Officiellement, le discours est plutôt orienté vers les migrants illégaux dont le nombre fait l'objet de tous les fantasmes. Par définition, les chiffres sont sujets à caution. On voit des estimations osciller entre 4 millions et 15 millions. Des migrants illégaux qui « voleraient des emplois » et « profiteraient d'une protection sociale très développée en Afrique du Sud au détriment des locaux ». Dans les faits, ce n'est pas le cas puisqu'ils s'en prennent à des petits commerçants qui travaillent légalement ? Tout à fait. Les attaques touchent tous les migrants, quel que soit leur statut. Cette idée que les migrants voleraient les emplois apparaît infondée au vu des emplois occupés par les migrants. Très souvent, ce sont des petits commerces ou tout ce qui concerne les services à la personne, faire des heures de ménage dans les maisons. Ces violences xénophobes sont-elles spontanées ? On a l'impression qu'ils sont organisés, qu'ils ont des moyens. Il y a un certain nombre d'organisations qui cadrent ces manifestations, ces mouvements. On a évoqué Operation Dudula. Toutes ces organisations tirent un profit politique de ces mouvements. D'ailleurs, Operation Dudula, par exemple, a commencé comme un mouvement de la société civile pour ensuite s'établir comme un mouvement politique. Au sein de ces mouvements, il y a un certain nombre de figures qui tirent profit de ce contexte antimigrant pour acquérir une certaine stature et se lancer dans la politique. D'où viennent leurs financements ? De levées de fonds en direct. Par exemple, si on va sur le site de March and March, il y a des appels aux dons. Il y a eu également des articles sur des soutiens et des financements de certains mouvements politiques. Le gouvernement sud-africain réagit-il ? Prend-il des mesures concrètes ? Dans les faits, il y a peu d'actions. Cette fois-ci, le gouvernement est réellement critiqué, notamment à l'international, pour son manque d'action, pour son déni de réalité. Par exemple, récemment, les attaques xénophobes ont été qualifiées par le ministre de l'Intérieur de crimes et non de xénophobie, c'est-à-dire que le terme de xénophobie a été écarté. Il y a probablement une part de stratégie politique. Le fait que les migrants jouent le rôle de bouc émissaire détourne aussi l'attention des faiblesses et des errements du gouvernement en termes d'emploi, d'éducation, de santé. Cela permet d'avoir, disons, un coupable facile. Ces violences ont-elles un impact sur les relations de l'Afrique du Sud avec les pays voisins ? De plus en plus. Déjà parce que les différents gouvernements du continent africain sont eux-mêmes sous pression de leur opinion publique qui trouve qu'ils ont parfois tardé à réagir aux attaques en Afrique du Sud. On voit se multiplier les marques d'agacement, au mieux, ou de colère, au pire, de la part des différents gouvernements. Cela a un impact politique pour l'Afrique du Sud qui essaye de se positionner comme un leader sur le continent. Cela a aussi une incidence économique, parce qu'il faut quand même rappeler que 25% des échanges de l'Afrique du Sud s'effectuent avec le reste du continent africain. À lire aussiÀ la Une: la vague xénophobe en Afrique du Sud

Trends-Tendances podcast
Le regard décalé | « Le leader mondial ne sera plus les États-Unis, ce sera la Chine » | vendredi 05/06/26

Trends-Tendances podcast

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 15:49


Donald Trump relance les droits de douane et ravive les tensions commerciales mondiales. Officiellement, l'objectif est clair : protéger l'industrie américaine, réduire le déficit commercial et réindustrialiser les États-Unis. Mais cette stratégie fonctionne-t-elle réellement ? Dans cet épisode du Regard décalé, Gaële Poncelet Bernard Keppenne analyse les conséquences économiques des nouvelles taxes douanières américaines, leur impact sur l'inflation, le pouvoir d'achat des ménages, les relations avec la Chine et l'avenir de la puissance américaine. Une conversation sans filtre sur l'avenir de l'économie mondiale et la place des États-Unis dans le monde de demain. Les journalistes vous proposent différents podcasts sur les thèmes qui dominent notre monde et notre société. Sous différents angles et avec un accent clair sur l'économie et les entreprises, sur les affaires, les finances personnelles et les investissements. De manière indépendante, pertinente, toujours constructive et tournée vers l'avenir. Hosted by Simplecast, an AdsWizz company. See https://pcm.adswizz.com for information about our collection and use of personal data for advertising.

TORQ PODCAST - FRANCAIS
572. Le nouveau délire anti-auto de la Californie | TORQ

TORQ PODCAST - FRANCAIS

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 26:11


Le nouveau délire anti-auto de la Californie ?ÉPISODE 572 | TORQLa Californie veut bannir certains pneus? Dans cet épisode de TORQ, on analyse le nouveau projet de règlement de la California Energy Commission qui pourrait changer le marché des pneus de remplacement dès 2028, avec des règles encore plus sévères en 2031.Officiellement, la Californie veut réduire la consommation d'essence, améliorer l'efficacité énergétique et imposer de nouvelles normes de résistance au roulement pour les pneus vendus dans l'État. Mais dans le vrai monde, cette réglementation pourrait avoir un impact majeur sur les amateurs d'automobile, de performance, de hors-route, de trucks, de Jeep, de Bronco, de pickups et de véhicules modifiés.Est-ce que certains pneus performance pourraient devenir interdits à la vente?Est-ce que les pneus hors-route, all-terrain, mud-terrain et pneus LT pourraient être touchés?Est-ce que la Californie est encore en train de pousser une réglementation anti-auto qui risque d'influencer tout le marché nord-américain?Dans cet épisode, je vous explique simplement :c'est quoi le projet de loi sur les pneus en Californie;pourquoi la Californie veut réglementer les pneus;ce que veut dire la résistance au roulement;quels pneus pourraient être touchés;pourquoi les pneus de performance et les pneus hors-route sont dans le viseur;pourquoi je suis clairement contre ce projet;et pourquoi cette nouvelle réglementation pourrait devenir un précédent dangereux pour le marché aftermarket.Un pneu, ce n'est pas seulement une question d'économie d'essence. C'est aussi une question de sécurité, de traction, de durabilité, de performance, de remorquage, de conduite hors-route et de liberté de choix pour les conducteurs.La Californie présente ça comme une mesure écologique, mais pour les passionnés d'automobile, ça ressemble surtout à une autre attaque contre le choix des consommateurs, les véhicules modifiés, les pneus de performance et le monde du truck.Bienvenue dans TORQ.#Pneus #Californie #TORQ

FG Music News - Greg Di Mano
LA SAISON D'IBIZA EST OFFICIELLEMENT LANCÉE !

FG Music News - Greg Di Mano

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 1:09


De 17H à 20H, l'Happy Hour FG, Avec Antoine Baduel, Stars, Mixes Live, cadeaux. L'Happy Hour, c'est le son de la DJ radio, des interviews, des voyages de rêve, et les bons plans de la rédaction

Les actus du jour - Hugo Décrypte
(Pop) Hollywood s'attaque officiellement à l'IA… HugoDécrypt

Les actus du jour - Hugo Décrypte

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 5:49


Chaque jour, en quelques minutes, un résumé de l'actualité culturelle. Rapide, facile, accessible.**

Km42 - Running - Trail - Lifestyle
Courir torse nu : la fausse bonne idée pendant les grosses chaleurs ? Le Conseil 143

Km42 - Running - Trail - Lifestyle

Play Episode Listen Later May 30, 2026 18:59


Quand il fait chaud les t-shirts tombent. Dès les premiers rayons de soleil certains hommes se mettent torse nu pour courir. Et certaines femmes aussi osent parfois la brassière. Officiellement c'est pour avoir moins chaud et évacuer la sueur. Mais est-ce vraiment efficace ? Et pourquoi il est probablement plus efficace d'être un adepte du t-shirt technique de course et du respect de quelques consignes de bases.Liens :Le programme Tout le monde peut courir plus vite https://go.soulier.xyz/viteLe Protocole Perte de Gras : https://go.soulier.xyz/protocolekm42Rejoindre le Hamsters Running Club : https://km42.soulier.xyz/hrcTous les liens et anciens épisodes : https://km42.soulier.xyz/441Posez vos questions : https://go.soulier.xyz/faqDès qu'il fait chaud les t-shirts des coureurs tombent. Enfin pas tous. Si des hommes courent torse nu et des femmes osent la brassière, la pratique divise. Et notamment sur son efficacité. Personnellement je suis un adepte du t-shirt. Et mes recherches sur l'intérêt supposé de l'enlever ne m'ont pas forcément convaincues. Si vous n'avez pas envie d'enlever votre t-shirt c'est plutôt une bonne nouvelle.Dans cet épisode le running torse nu ou en brassière est-il devenu un signe d'appartenance à la communauté ?est-ce qu'enlever ton t-shirt aide à mieux réguler la transpiration ?comment le corps se refroidit vraimentles phénomènes de convection et évaporation les avis divergent du Dr Cheuvront et du Docteur Stéphane Cascuaqu'est-ce que le wickingce qu'en dit l'étude scientifique sur les tenues de véloles nombreuses raisons pour enlever son t-shirt qui n'ont rien à voir avec la transpiration (ressenti, liberté, fierté, bronzage…)l'intérêt du t-shirt technique ce qui est beaucoup plus efficace qu'enlever son t-shirt Nouveau : Le protocole Perte de Gras 2025 ❤️ Me suivre Tous les liens sont ici

Aujourd'hui l'économie
Comment l'IA bouleverse les grands cabinets de conseil

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 28, 2026 3:17


L'intelligence artificielle transforme en profondeur l'économie du conseil. Automatisation des analyses, baisse des coûts, réduction des équipes, les grands cabinets comme McKinsey & Company, Boston Consulting Group ou Accenture font face à une remise en question historique de leur modèle économique. Une révolution qui touche particulièrement les jeunes consultants et oblige le secteur à se réinventer. L'intelligence artificielle inquiète de plus en plus les grands cabinets de conseil dans le monde. OpenAI et Anthropic ont récemment annoncé le lancement de structures spécialisées dans le déploiement de leurs technologies directement auprès des entreprises. Une évolution qui pourrait profondément modifier l'équilibre du secteur du consulting. Traditionnellement, lorsqu'une entreprise souhaite restructurer son organisation, lancer une transformation ou revoir sa stratégie, elle fait appel à des consultants. Ces derniers réalisent alors des études de marché, des analyses financières, des audits concurrentiels ou encore des présentations stratégiques destinées aux directions générales. Un travail souvent long, coûteux et mobilisant parfois plusieurs dizaines de consultants pendant plusieurs semaines. Mais l'arrivée de l'IA générative bouleverse complètement cette mécanique. Désormais, certains modèles d'intelligence artificielle sont capables d'exécuter une partie de ces tâches en quelques minutes seulement : résumer des centaines de documents, produire des analyses sectorielles, créer des présentations ou générer des diagnostics préliminaires. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? Des cabinets plus productifs mais moins dépendants des consultants juniors Cette transformation améliore fortement la productivité des cabinets de conseil. Chez McKinsey & Company, certaines équipes auraient vu leur taille réduite grâce à l'automatisation de nombreuses tâches analytiques. Le cabinet développe également des milliers d'agents IA internes afin d'assister ses consultants. Officiellement, les grands groupes du conseil ne parlent pas de suppressions massives d'emplois. Mais tous reconnaissent une forte hausse de la productivité. Et lorsqu'un secteur de services devient soudainement beaucoup plus efficace grâce à la technologie, une question finit forcément par émerger : aura-t-on encore besoin d'autant de salariés ? Les premiers concernés sont les jeunes diplômés. Historiquement, les consultants juniors étaient chargés des tâches de recherche, d'analyse et de préparation des supports stratégiques. Des missions qui servaient aussi de formation avant de monter progressivement en compétences. Or précisément, ce sont ces tâches de base que l'intelligence artificielle automatise aujourd'hui le plus rapidement. Le secteur fait donc face à un paradoxe majeur. Si l'IA réalise désormais les missions d'apprentissage des jeunes consultants, comment ces derniers pourront-ils acquérir l'expérience nécessaire pour devenir les experts de demain ? Pour l'instant, les cabinets peinent à apporter une réponse claire à cette question. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Le conseil ne disparaît pas : il change de valeur Au-delà de l'emploi, c'est surtout le modèle économique du conseil qui évolue. De plus en plus d'entreprises commencent à utiliser directement les outils d'intelligence artificielle en interne pour produire des analyses ou des diagnostics auparavant confiés à des cabinets spécialisés. Dans un contexte où les entreprises cherchent à réduire leurs dépenses, beaucoup de dirigeants s'interrogent désormais : pourquoi payer plusieurs centaines de milliers d'euros une mission de conseil si une partie du travail peut être automatisée ? Pour les cabinets, tout l'enjeu consiste désormais à démontrer que leur valeur ne repose pas uniquement sur la production d'analyses. Car si l'IA progresse très rapidement, elle ne sait toujours pas gérer certains aspects fondamentaux de la vie des entreprises : arbitrer entre des intérêts divergents, piloter des transformations complexes, convaincre des équipes réticentes ou gérer les rapports humains et hiérarchiques. C'est précisément sur cette dimension humaine que les cabinets veulent aujourd'hui se repositionner. L'intelligence artificielle rend l'information largement accessible et peu coûteuse. En revanche, la rareté économique se déplace vers d'autres compétences : le jugement humain, la capacité à gérer la complexité, la confiance ou encore l'accompagnement stratégique des organisations. La question n'est donc peut-être plus de savoir si les consultants seront remplacés par les machines, mais plutôt quels consultants sauront travailler efficacement avec elles.

Aujourd'hui l'économie
Les difficultés d'Airbus inquiètent l'industrie aéronautique

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 26, 2026 3:20


Airbus a annoncé de nouveaux retards sur les livraisons de son programme Airbus A350, son avion long-courrier vedette. Officiellement, le constructeur européen évoque des problèmes d'approvisionnement. Mais derrière ce contretemps industriel se cache un enjeu bien plus large : la capacité d'Airbus à tenir ses objectifs de production dans un contexte de chaîne logistique mondiale toujours fragilisée. À première vue, un retard de livraison dans l'aéronautique n'a rien d'exceptionnel. Le secteur y est presque habitué. Mais dans le cas d'Airbus, le sujet est particulièrement sensible car il touche au cœur même de son modèle économique : sa capacité à produire et à livrer à temps. Et ici, il ne s'agit pas de n'importe quel programme. L'Airbus A350 représente le haut de gamme du constructeur européen. Cet appareil premium concurrence directement les gros-porteurs de Boeing sur les lignes intercontinentales les plus rentables. C'est aussi un avion à forte valeur ajoutée. Chaque livraison représente plusieurs centaines de millions de dollars et des marges importantes pour Airbus. Or, dans l'aéronautique, les chiffres de livraisons sont toujours scrutés de très près par les investisseurs. Ils conditionnent directement les résultats financiers des avionneurs. À lire aussiL'A350, dernier né d'Airbus, prend son envol Pourquoi Airbus peine à tenir ses délais Le paradoxe, c'est que le groupe apparaît à la fois victime et responsable de cette situation. Pour comprendre, il faut se rendre aux États-Unis, en Caroline du Nord, où Airbus a récemment repris une usine stratégique qui fabrique des composants essentiels du fuselage de l'A350. L'objectif de cette acquisition était clair : internaliser un fournisseur clé pour mieux maîtriser sa chaîne de production. Mais depuis cette reprise, les difficultés se sont multipliées. Plusieurs salariés expérimentés ont quitté le site, privant Airbus d'une partie des compétences nécessaires à la fabrication de ces pièces critiques. Résultat : Airbus possède désormais l'usine, mais pas encore toute la maîtrise opérationnelle qui va avec. Et dans l'aéronautique, c'est un problème majeur. Un avion moderne fonctionne comme un immense « Lego » industriel : s'il manque une seule pièce quelque part, c'est toute la chaîne de production qui ralentit. C'est d'autant plus problématique que l'objectif affiché par Airbus est ambitieux : produire jusqu'à douze A350 par mois d'ici 2028. Un rythme qui suppose une chaîne d'assemblage parfaitement huilée, ce qui n'est manifestement pas encore le cas. Car un avion comme l'A350 est assemblé à Toulouse, mais dépend de composants américains, britanniques, espagnols, allemands, marocains ou asiatiques. Autrement dit, le ralentissement d'un seul site peut perturber tout un programme industriel mondial. À lire aussiLa compagnie indienne IndiGo passe une commande ferme de 30 Airbus A350 Des conséquences directes pour les compagnies aériennes Ces retards n'affectent pas uniquement Airbus. Ils ont aussi des conséquences directes pour les compagnies aériennes qui attendent leurs appareils. Car les compagnies construisent leur stratégie sur dix à quinze ans, en fonction des avions qu'elles possèdent et de ceux qu'elles doivent recevoir. C'est le cas de Qantas Airways, l'une des premières victimes de ce retard. La compagnie australienne comptait sur ses futurs A350 pour lancer son ambitieux projet Sunrise : des vols ultra long-courriers sans escale entre Sydney et Londres ou entre Sydney et New York. Chaque mois de retard reporte donc non seulement des recettes futures, mais aussi une promesse commerciale et un avantage concurrentiel. Autrement dit, ce n'est pas seulement Airbus qui perd du temps : c'est tout le modèle économique de ses clients qui se retrouve perturbé. Pour Airbus, l'enjeu n'est plus seulement de vendre des avions. Son carnet de commandes est déjà plein pour plusieurs années. Le véritable défi est désormais ailleurs : réussir à les livrer dans les temps. Car dans l'aéronautique moderne, savoir vendre est une chose. Savoir exécuter en est une autre.

C à vous
Le Late Show baisse le rideau - La Story de Paul Larrouturou

C à vous

Play Episode Listen Later May 22, 2026 0:02


La télévision américaine tourne une page.Après plus de dix ans à la tête du “Late Show”, Stephen Colbert a présenté ce 21 mai, sa toute dernière émission sur CBS.Officiellement, la chaîne évoque des raisons économiques. “Contexte difficile”, baisse des revenus publicitaires, coûts trop élevés…Un argument qui interroge puisque le “Late Show” restait leader d'audience sur son créneau. Mais aux États-Unis, beaucoup y voient autre chose. Depuis des années, Stephen Colbert est l'un des visages les plus féroces de l'opposition médiatique à Donald Trump…Tous les vendredi et samedi vers 19h20 sur France 5, Paul Larrouturou vous raconte une des histoires qui a fait l'actualité dans sa “Story”.

Reportage International
En Chine, le marché parallèle des PMA pour femmes célibataires

Reportage International

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:44


En Chine, faire un enfant sans être mariée reste un parcours semé d'obstacles. Officiellement, les femmes célibataires n'ont pas accès à la procréation médicalement assistée. Mais dans l'ombre, un marché parallèle s'organise pour répondre à une demande bien réelle, entre désir d'enfant, contraintes légales et solutions discrètes. De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang, Dans son petit atelier pékinois, Guo Jia, une mère célibataire de 41 ans, réfléchit déjà à avoir un deuxième enfant. Seule, sans forcément attendre de trouver quelqu'un. « Si je ne trouve pas le bon partenaire, ou de bons gènes, je pourrais aussi opter pour la FIV, la procréation médicalement assistée », déclare-t-elle. Une option qu'elle assume, sans détour. Mais très vite, une réalité s'impose. Selon elle, tout dépend de l'argent, car en Chine, l'accès à ces techniques est strictement encadré. Sans certificat de mariage, impossible de passer par les hôpitaux publics. Et même lorsqu'il existe des alternatives légales, elles restent limitées, souvent opaques, et saturées. Alors certaines femmes contournent le système. Dans une agence clandestine de PMA, un agent explique la procédure : « Nous proposons des donneurs chinois et étrangers, selon vos choix : taille, niveau d'études, apparence, couleur de peau, origine géographique… Je vous enverrai les profils, puis vous pouvez discuter avec le donneur, poser vos questions, voir s'il vous convient. » Un fonctionnement qui s'apparente presque à un recrutement. Avec, à la clé, un parcours médical complet – et un prix élevé, le coût global s'élève à 138 000 yuans, environ 17 450 euros, hors frais du donneur. À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes chinoises surdiplômées: mari ou carrière? Une pratique tolérée sans être reconnue Surtout, ces pratiques reposent sur un équilibre fragile. « En Chine, la FIV est interdite sans certificat de mariage, donc impossible dans les structures publiques, d'où l'existence de notre établissement, souligne l'agent. Cette pratique n'est pas légalisée, mais elle n'est pas inscrite dans le Code pénal. » Autrement dit : tolérée sans être reconnue. Car juridiquement, la situation est paradoxale. « La procréation célibataire n'est pas illégale en Chine, explique Dong Xiaoying, avocate et militante des droits des femmes sur les réseaux sociaux. Mais les femmes célibataires n'ont pas légalement accès aux techniques de procréation médicalement assistée, ni aux banques de sperme. » Un flou qui dépasse le cadre médical. Il touche aussi à la place des femmes dans la société. ​​​​​​​« Les mères célibataires risquent encore des discriminations, notamment dans la fonction publique », dénonce Dong Xiaoying. Malgré ces freins, certaines femmes revendiquent leur choix. « Le père de mon fils n'a fourni qu'un sperme, lance Guo Jia, il n'a servi à rien, en fait. Je suis parfaitement capable de m'en occuper seule. ​​​​​​​» Dans une Chine confrontée au vieillissement de sa population et à la baisse des naissances, ces trajectoires individuelles révèlent une tension croissante : entre normes familiales, contrôle institutionnel et aspirations nouvelles à fonder une famille, autrement. À écouter dans Grand reportageNaissances en Chine : quand l'intime défie la politique

Reportage international
En Chine, le marché parallèle des PMA pour femmes célibataires

Reportage international

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:44


En Chine, faire un enfant sans être mariée reste un parcours semé d'obstacles. Officiellement, les femmes célibataires n'ont pas accès à la procréation médicalement assistée. Mais dans l'ombre, un marché parallèle s'organise pour répondre à une demande bien réelle, entre désir d'enfant, contraintes légales et solutions discrètes. De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang, Dans son petit atelier pékinois, Guo Jia, une mère célibataire de 41 ans, réfléchit déjà à avoir un deuxième enfant. Seule, sans forcément attendre de trouver quelqu'un. « Si je ne trouve pas le bon partenaire, ou de bons gènes, je pourrais aussi opter pour la FIV, la procréation médicalement assistée », déclare-t-elle. Une option qu'elle assume, sans détour. Mais très vite, une réalité s'impose. Selon elle, tout dépend de l'argent, car en Chine, l'accès à ces techniques est strictement encadré. Sans certificat de mariage, impossible de passer par les hôpitaux publics. Et même lorsqu'il existe des alternatives légales, elles restent limitées, souvent opaques, et saturées. Alors certaines femmes contournent le système. Dans une agence clandestine de PMA, un agent explique la procédure : « Nous proposons des donneurs chinois et étrangers, selon vos choix : taille, niveau d'études, apparence, couleur de peau, origine géographique… Je vous enverrai les profils, puis vous pouvez discuter avec le donneur, poser vos questions, voir s'il vous convient. » Un fonctionnement qui s'apparente presque à un recrutement. Avec, à la clé, un parcours médical complet – et un prix élevé, le coût global s'élève à 138 000 yuans, environ 17 450 euros, hors frais du donneur. À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes chinoises surdiplômées: mari ou carrière? Une pratique tolérée sans être reconnue Surtout, ces pratiques reposent sur un équilibre fragile. « En Chine, la FIV est interdite sans certificat de mariage, donc impossible dans les structures publiques, d'où l'existence de notre établissement, souligne l'agent. Cette pratique n'est pas légalisée, mais elle n'est pas inscrite dans le Code pénal. » Autrement dit : tolérée sans être reconnue. Car juridiquement, la situation est paradoxale. « La procréation célibataire n'est pas illégale en Chine, explique Dong Xiaoying, avocate et militante des droits des femmes sur les réseaux sociaux. Mais les femmes célibataires n'ont pas légalement accès aux techniques de procréation médicalement assistée, ni aux banques de sperme. » Un flou qui dépasse le cadre médical. Il touche aussi à la place des femmes dans la société. ​​​​​​​« Les mères célibataires risquent encore des discriminations, notamment dans la fonction publique », dénonce Dong Xiaoying. Malgré ces freins, certaines femmes revendiquent leur choix. « Le père de mon fils n'a fourni qu'un sperme, lance Guo Jia, il n'a servi à rien, en fait. Je suis parfaitement capable de m'en occuper seule. ​​​​​​​» Dans une Chine confrontée au vieillissement de sa population et à la baisse des naissances, ces trajectoires individuelles révèlent une tension croissante : entre normes familiales, contrôle institutionnel et aspirations nouvelles à fonder une famille, autrement. À écouter dans Grand reportageNaissances en Chine : quand l'intime défie la politique

Le Réveil Chérie
Un Buffle de 700 kilos vient d'être baptisé officiellement Donald Trump ! - Le "Qui Dit Vrai" ?

Le Réveil Chérie

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:38


Tous les matins, 8h50 sur Chérie FM, Alex et Tiffany l'équipe du Réveil Chérie vont chacun vous donner une info ! Une seule est vraie ! L'autre est complètement fausse !" A vous de trouver qui dit vrai !

L’heure du crime : les archives de Jacques Pradel
Emile Zola a t-il été assassiné ?

L’heure du crime : les archives de Jacques Pradel

Play Episode Listen Later May 15, 2026 36:52


La mort d'Émile Zola, survenue en 1902, reste entourée de mystère. Officiellement, l'auteur de « Germinal » et de « J'accuse » serait mort dans son sommeil, asphyxié par du monoxyde de carbone, à cause d'une cheminée défectueuse. Cependant, plusieurs éléments rendent cette mort troublante. L'auteur avait des ennemis puissants. Son combat pour Dreyfus lui attirait la haine des nationalistes. Il recevait régulièrement des menaces de mort. L'un de ces ennemis aurait-il agi ? En effet, une révélation survint cinquante ans après sa mort. Un témoignage accusa Henri Buronfosse, fumiste militant d'extrême droite, d'avoir intentionnellement bouché la cheminée de Zola par haine. Il aurait même retiré les preuves de son sabotage le lendemain. Des journalistes et historiens ont mené l'enquête, mais sans trouver de preuves judiciaires formelles. Des questions persistent : a-t-on étouffé l'affaire pour éviter un scandale national ? Accident, meurtre ou vengeance ? Donc malgré toutes les investigations, le mystère reste entier. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le Réveil Chérie
Un robot d'1m30 vient de devenir officiellement moine boudhiste ! - Le "Qui Dit Vrai" ?

Le Réveil Chérie

Play Episode Listen Later May 12, 2026 2:23


Tous les matins, 8h50 sur Chérie FM, Alex et Tiffany l'équipe du Réveil Chérie vont chacun vous donner une info ! Une seule est vraie ! L'autre est complètement fausse !" A vous de trouver qui dit vrai !

Monde Numérique - Jérôme Colombain

Elon Musk réorganise son empire tandis que son procès avec Sam Altman dévoile les coulisses d'OpenAI • La justice française ouvre une information judiciaire contre le patron de X • Google et Meta accélèrent sur les agents IA grand public • Microsoft freine sur Copilot • Google lance un nouveau bracelet connecté • Les cyberarnaques vocales inquiètent • Le “shadow AI” fait des ravages en entreprise • Le robot humanoïde européen Calvin entre en action.⭐️ Découvrez Frogans, l'innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT]===============Contenu détaillé de l'épisode :===============Musk avale xAI et s'allie à AnthropicElon Musk restructure son empire : sa start-up d'IA xAI est absorbée par SpaceX, qui devient la maison mère de ses activités d'intelligence artificielle. Dans le même temps, un accord stratégique est conclu avec Anthropic, qui utilisera les data centers Colossus pour faire tourner ses modèles Claude. Une manœuvre industrielle et énergétique d'ampleur, alors que Google envisagerait d'investir massivement dans Anthropic.Procès Musk–Altman : la guerre des origines d'OpenAILe procès opposant Elon Musk à Sam Altman se poursuit en Californie, mettant en lumière les tensions initiales autour de OpenAI. Derrière le débat sur la vocation non lucrative de l'organisation, se dessine une lutte de pouvoir et une divergence stratégique face à la montée de Google DeepMind. Les échanges révèlent les ambiguïtés du positionnement de Musk à l'époque.La justice française vise XEn France, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire visant Elon Musk et Linda Yaccarino, ex-dirigeante du réseau X. La plateforme est soupçonnée de manque de transparence sur ses algorithmes et de mise en avant de contenus potentiellement illégaux. Une affaire sensible pour le réseau social, déjà sous pression réglementaire en Europe.Agents IA : Google et Meta prêts à tout savoir sur vousMeta et Google préparent des agents IA grand public capables de gérer courriels, agendas et tâches quotidiennes. Une évolution vers des assistants proactifs, bien au-delà du simple chatbot, qui pose frontalement la question de la confiance et de l'accès aux données personnelles. Le débat est au cœur du débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, journaliste et auteur de Mon Carnet.Gemini Nano s'invite dans ChromeUn chercheur révèle que le navigateur Chrome installe discrètement Gemini Nano, un modèle d'IA local de 4 Go développé par Google. Officiellement destiné à renforcer la détection d'escroqueries directement sur l'ordinateur, ce déploiement soulève des questions sur la transparence et la gestion des ressources.Microsoft lève le pied sur CopilotAprès avoir intégré Copilot dans Windows et ses logiciels bureautiques, Microsoft semble ralentir. Un projet d'intégration de l'IA dans la console Xbox est abandonné, signe d'un possible ajustement stratégique face à un accueil utilisateur plus mitigé que prévu.Google se renforce dans la santé connectéeGoogle lance le bracelet Fitbit Air et rebaptise son application santé Google Health, avec l'intégration d'un coach IA premium. Objectif : concurrencer les écosystèmes d'Apple et Samsung sur le terrain du suivi sportif et du bien-être, en misant sur la personnalisation algorithmique.Appels silencieux : pas si simple de cloner votre voixDes appels téléphoniques muets ont relancé les craintes de clonage vocal par IA, après une alerte initiale de Bitdefender. En réalité, un simple “allô” ne suffit pas à recréer une voix exploitable : ces appels serviraient surtout à valider l'existence d'un numéro avant revente de bases de données frauduleuses.Shadow AI : la nouvelle faille des entreprises[PARTENARIAT] L'IA générative expose les organisations à des risques inédits de fuite de données et de développement non maîtrisé. Émilie Brochette, spécialiste IA et business chez Orange Cyberdéfense, détaille les dangers du “shadow AI”, ces usages incontrôlés de ChatGPT ou d'agents développés en interne sans validation des équipes sécurité. Une mutation profonde des pratiques qui impose sensibilisation, outils de contrôle et nouvelles politiques de gouvernance.Calvin, le robot humanoïde européen au travailLe co-inventeur du premier robot humanoïde européen, Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, présente Calvin 40, capable de porter jusqu'à 40 kilos en usine. Déployé chez Renault, ce robot issu de la technologie d'exosquelette vise les tâches pénibles et répétitives, avec un enjeu majeur de souveraineté industrielle face aux acteurs américains et chinois.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

ActuElles
Contre les rebelles, la junte birmane interdit les protections hygiéniques…

ActuElles

Play Episode Listen Later May 8, 2026 12:09


C'est ce qu'on appelle "faire couler le sang" : en Birmanie, la junte militaire au pouvoir a décidé d'interdire les protections menstruelles sur le territoire. Officiellement, c'est parce que les serviettes hygiéniques serviraient à soigner les blessures des rebelles. Officieusement, c'est, selon la consultante en santé menstruelle Henriette Ceyrac, parce qu'après le coup d'Etat militaire de 2021, de nombreuses femmes ont rejoint la résistance.

Choses à Savoir TECH
100 états dans le monde espionnent nos smartphones ?

Choses à Savoir TECH

Play Episode Listen Later May 7, 2026 2:23


Le scandale Pegasus avait marqué les esprits. Développé par NSO Group, ce spyware (autrement dit un logiciel capable d'infiltrer un appareil pour en extraire des données) avait été utilisé par plusieurs États pour surveiller journalistes, opposants et militants. Mais selon plusieurs experts, ce cas pourrait n'être que la partie visible d'un phénomène en pleine expansion. D'après le National Cyber Security Centre, plus d'une centaine de pays disposeraient aujourd'hui de ce type d'outils. Un chiffre en forte hausse : ils étaient environ 80 en 2023. Sur les 193 États membres de l'ONU, cela représente désormais une majorité potentielle capable de mener des opérations de surveillance numérique avancée.Comment expliquer cette progression ? Principalement par une baisse des barrières d'accès. Autrefois réservés à quelques puissances, ces logiciels sont aujourd'hui plus faciles à acquérir, parfois via des sociétés privées spécialisées dans la cybersurveillance. Résultat : leur diffusion s'accélère, et avec elle, les usages. Car l'enjeu ne se limite pas au nombre d'acteurs équipés. Les cibles évoluent aussi. Officiellement, ces outils sont utilisés pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité organisée. Mais dans les faits, de nombreux cas ont déjà montré qu'ils pouvaient viser des profils bien différents : journalistes, figures de l'opposition, défenseurs des droits humains. Et selon les autorités britanniques, le spectre s'élargit encore. Désormais, des profils économiques comme des banquiers ou des chefs d'entreprise seraient également ciblés. L'espionnage numérique ne se limite plus aux enjeux politiques, il touche aussi les intérêts financiers et stratégiques.Autre point marquant : l'origine des attaques. Contrairement à une idée reçue, elles ne proviennent pas majoritairement de cybercriminels isolés. Selon Richard Horne, directeur du NCSC, une grande partie des cyberattaques d'envergure au Royaume-Uni serait le fait… d'États. Autrement dit, la cybersurveillance s'inscrit de plus en plus dans les relations internationales. Un outil de renseignement, mais aussi de pouvoir. Et dans ce contexte, Pegasus pourrait bien apparaître, avec le recul, comme un simple avertissement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir HISTOIRE
Pourquoi le café a-t-il été interdit en Europe ?

Choses à Savoir HISTOIRE

Play Episode Listen Later May 6, 2026 1:52


Parce que, bien avant d'être une boisson banale, il a été perçu comme un produit dangereux — socialement, politiquement… et même religieusement.Le café arrive en Europe au XVIIe siècle, après avoir conquis le monde musulman. Très vite, il rencontre un succès fulgurant. À London, Paris ou Vienna, des centaines de cafés ouvrent. On y boit, mais surtout on y parle. Politique, commerce, idées nouvelles : les cafés deviennent des lieux d'échange intense.Et c'est précisément ce qui inquiète les autorités.Dans plusieurs pays, le café est accusé de favoriser la contestation. En England, le roi Charles II tente même de fermer les coffee houses en 1675. Officiellement, il s'agit de lutter contre les “fausses rumeurs” et les complots. En réalité, ces lieux sont devenus des espaces de liberté où l'on critique ouvertement le pouvoir.En Prussia, au XVIIIe siècle, le roi Frederick II of Prussia voit d'un mauvais œil cette boisson importée qui concurrence la bière, pilier de l'économie locale. Il en restreint fortement la consommation et va jusqu'à instaurer une sorte de police du café, chargée de repérer ceux qui en torréfient clandestinement.Mais les critiques ne sont pas seulement politiques. Le café est aussi suspect sur le plan médical et moral. Certains médecins de l'époque l'accusent de provoquer nervosité, stérilité, voire décadence. En 1674, à Londres, une pétition — probablement satirique mais révélatrice — affirme que le café rend les hommes “impuissants”.Sur le plan religieux, le débat existe aussi. Parce qu'il vient du monde musulman, certains chrétiens s'en méfient. Mais selon la tradition, le pape Clement VIII aurait goûté le café et décidé de l'“accepter”, jugeant absurde de laisser une boisson aussi agréable aux seuls non-chrétiens.Malgré ces tentatives d'interdiction, le café finit par s'imposer. Pourquoi ? Parce qu'il répond à un besoin nouveau : rester éveillé, alerte, concentré. À une époque où le commerce, la finance et les échanges intellectuels explosent, cette boisson devient un allié précieux.En réalité, ce que les autorités cherchaient à contrôler, ce n'était pas seulement le café… mais ce qu'il permettait : la circulation des idées.En résumé, si le café a été interdit en Europe, ce n'est pas à cause de son goût ou de ses effets physiques. C'est parce qu'il a transformé la société. Et toute transformation rapide suscite, au départ, méfiance… puis résistance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Politique, le choix de la semaine
Macron: le début de la fin

Politique, le choix de la semaine

Play Episode Listen Later May 2, 2026 2:36


Le compte à rebours a commencé pour Emmanuel Macron. C'est le début de la fin pour le président de la République. Dans un an, il devra quitter l'Élysée. Une échéance que le chef de l'État doit désormais accepter. Quand on fait attention aux signaux faibles, les expressions, l'attitude, les petits mots par-ci, par-là, on se rend compte que ça n'est plus un tabou pour Emmanuel Macron qui semble avoir fait sa « révolution » intérieure pour accepter l'inéluctable sortie de l'Élysée. Il est entré dans la phase du bilan où chaque parole vise à valoriser son action sur les sujets importants pour lui, réseaux sociaux, souveraineté militaire, industrielle... Ceux sur lesquels il veut laisser une trace et si possible faire encore avancer les choses. Il se permet aussi des tacles à ses adversaires. Par exemple récemment en s'en prenant à « ces mabouls qui veulent se fâcher avec l'Algérie », avec un retour à ce vocabulaire décomplexé qui lui avait valu tant de critiques dans ses premiers pas à l'Élysée mais qui lui permet de lâcher ses coups. Cette fois-ci contre son ancien ministre de l'Intérieur de droite Bruno Retailleau, avec au passage une saillie dans le débat présidentiel à venir. Histoire de continuer à exister. À lire aussiFrance: passe d'armes sur l'Algérie entre Emmanuel Macron et Bruno Retailleau, patron des Républicains Une tournée d'adieu ? Emmanuel Macron est-il en tournée d'adieu? Officiellement certainement pas. Le président dit vouloir agir jusqu'au « dernier quart d'heure ». Mais en fait oui par la force des choses même si le mot « adieu » est peut-être trop définitif. C'est plutôt « au revoir » car rien ne dit que les Français n'entendront plus parler de lui. Ses conseillers le jurent, Emmanuel Macron n'évoque jamais ses projets post-Élysée. Enfin il a quand même glissé récemment en répondant à la question d'un lycéen lors d'un déplacement qu'il ne ferait « plus de politique après ». Une manière encore d'accepter que l'après c'est bientôt et de ménager le suspense sur cette nouvelle vie qui l'attend à moins de cinquante ans. Politique, le choix de la semaineMacron-Trump: des hauts et des bas Sur l'international, « il va nous manquer » Et en même temps,  Emmanuel Macron est toujours actif sur les dossiers internationaux. C'est son domaine réservé et celui sur lequel les Français lui reconnaissent le plus de valeur ajoutée. Son entourage veut croire d'ailleurs qu'on le regrettera  : « Le jour où il partira, il va nous manquer », prédit une ministre. L'International, la diplomatie, tous les candidats en sont conscients ça sera l'un des sujets de la campagne présidentielle et vraisemblablement l'un des critères de sélection des candidats en 2027. Pour un proche du chef de l'État, « il va y avoir un effet de contraste avec le président qui a dix ans dans les pattes. Pas facile pour eux ». De quoi, espère-t-il, donner à Emmanuel Macron une influence dans la campagne, avant de passer les clefs de l'Élysée à son successeur.

Debout les comiques - Juste le meilleur
L'offre d'emploi qui interdit officiellement la génération Z.

Debout les comiques - Juste le meilleur

Play Episode Listen Later May 1, 2026 67:19


Une entreprise suisse refusant d'embaucher de jeunes travailleurs provoque un tollé mondial. Dans l’instant incroyable, l’époque où l'on se soignait avec de la poudre d'os de momies. Une technologie complètement folle va rendre nos autos hallucinantes.Voir https://www.cogecomedia.com/vie-privee pour notre politique de vie privée

Choses à Savoir
Pourquoi le groupe Bilderberg est-il sulfureux ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 2:48


Le groupe Bilderberg est dit « sulfureux » d'abord parce qu'il réunit, chaque année, une partie de l'élite occidentale dans un cadre extrêmement fermé. Créé en 1954 à l'hôtel de Bilderberg, aux Pays-Bas, il naît dans le contexte de la guerre froide. Son objectif initial est de renforcer le dialogue entre l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord, afin d'éviter les divisions au sein du bloc occidental face à l'Union soviétique. Aujourd'hui encore, il se présente comme un simple forum de discussion informel.Son fonctionnement alimente la méfiance. Chaque année, entre 120 et 150 participants sont invités : chefs d'État ou de gouvernement, ministres, dirigeants de grandes entreprises, banquiers, responsables militaires, intellectuels ou patrons de la tech. Parmi les participants connus, on trouve par exemple Henry Kissinger, figure historique et fidèle du groupe, Bill Clinton avant son élection à la présidence américaine, Emmanuel Macron avant de devenir président, Angela Merkel, Mark Rutte, ou encore des dirigeants d'entreprises comme Eric Schmidt (ex-Google) ou Peter Thiel. Ces invitations individuelles, souvent faites à des personnalités en ascension, nourrissent l'idée d'un réseau d'influence puissant.Les réunions se tiennent à huis clos, sans presse. Elles suivent la règle de Chatham House : les idées peuvent être reprises, mais sans citer les auteurs. Le groupe publie une liste des participants et des thèmes abordés — géopolitique, économie mondiale, intelligence artificielle, sécurité — mais aucun compte rendu détaillé, aucune décision officielle, aucun vote.C'est précisément cette opacité qui alimente son image sulfureuse. Officiellement, le groupe ne décide de rien. Mais il met en relation des individus qui, eux, ont du pouvoir. Pour ses défenseurs, cette confidentialité permet des échanges francs et utiles. Pour ses critiques, elle pose un problème démocratique : voir des responsables politiques discuter librement avec des acteurs économiques majeurs, loin de tout regard public, interroge sur la transparence et les éventuels conflits d'intérêts.Enfin, cette discrétion a favorisé l'émergence de nombreuses théories du complot, qui lui prêtent un rôle de « gouvernement mondial ». Ces interprétations sont largement exagérées. Mais elles prospèrent sur un fait réel : le groupe Bilderberg est un lieu où se croisent des personnes parmi les plus influentes du monde, dans un cadre confidentiel. En réalité, ce n'est pas une société secrète qui dirige le monde, mais plutôt un club d'influence discret — et c'est précisément cette discrétion qui le rend, aux yeux de beaucoup, profondément suspect. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Monde Numérique - Jérôme Colombain

Tim Cook quitte la direction d'Apple et passe le relais à John Ternus • OpenAI dégaine un nouveau modèle d'images surpuissant • Une boutique 100 % gérée par une IA ouvre à San Francisco • La Chine impressionne avec un semi-marathon de robots humanoïdes • Google injecte de l'IA dans sa suite bureautique.⭐️ [Annonce] : découvrez Frogans : l'innovation française qui réinvente le Web===============Sommaire détaillé : ===============Apple : Tim Cook passe la main à John Ternus (03:11)C'est une page majeure qui se tourne chez Apple. Après quinze ans à la tête du groupe, Tim Cook quitte son poste de CEO et devient président exécutif, laissant les rênes à John Ternus, actuel responsable produits. Une transition en douceur pour l'entreprise valorisée près de 4 000 milliards de dollars, qui devra désormais relever les défis de l'intelligence artificielle et préparer l'après-iPhone. Au-delà du symbole, l'héritage de Tim Cook est considérable : montée en puissance des services, succès de l'Apple Watch et surtout virage stratégique vers les puces maison Apple Silicon, qui placent aujourd'hui la firme en position favorable dans la course à l'IA. Reste à savoir comment John Ternus imprimera sa marque.OpenAI muscle son jeu avec GPT-5.5 et ChatGPT Image 2.0 (05:44)OpenAI frappe fort avec GPT-5.5, nouvelle version de son grand modèle de langage, plus rapide, plus performant mais aussi plus cher, destiné aux abonnés payants et aux entreprises via API. L'objectif est clair : reprendre l'avantage face à Google et Anthropic dans une compétition devenue féroce. En parallèle, le nouveau modèle de génération d'images ChatGPT Image 2.0 impressionne par son réalisme et sa capacité à produire du texte fiable dans de nombreuses langues. Intégré à Codex pour les développeurs, il ouvre des perspectives créatives considérables… tout en soulevant des risques accrus d'usages frauduleux.DeepSeek V4 et le réveil chinois de l'IA (08:06)La Chine n'est pas en reste avec la sortie de DeepSeek V4, modèle open source décliné en version Pro et Flash, aux capacités agentiques renforcées. Depuis son irruption en 2025, DeepSeek bouscule le marché en affichant des performances comparables aux leaders américains avec des ressources optimisées. Selon le baromètre annuel de l'université Stanford, la Chine talonne désormais les États-Unis tandis que la France ne place qu'un seul modèle dans le haut du classement, signé Mistral AI. Les écarts d'investissement restent abyssaux, illustrant un décrochage européen préoccupant.Andon Market : la boutique créée par une IA (10:25)À San Francisco, sur Union Street, une petite échoppe baptisée Endowment Market intrigue : concept, bail commercial, commandes fournisseurs, site web… tout a été orchestré par une IA nommée Luna, dotée d'un budget initial de 100 000 dollars. Derrière l'expérience, la start-up Andon Labs teste une idée radicale : une intelligence artificielle peut-elle créer et gérer un commerce rentable dans le monde réel ? Si des humains assurent la vente en magasin, l'initiative pose une question vertigineuse sur l'autonomie économique des machines.Meta surveille ses employés pour entraîner ses IA (12:36)Chez Meta, un programme baptisé “Model Capability Initiative” installe des outils de suivi sur les postes de travail afin de collecter des données comportementales destinées à l'entraînement des modèles d'IA. Officiellement conçue pour améliorer les performances des systèmes, la démarche suscite des inquiétudes en interne, sur fond de licenciements. Jusqu'où peut-on aller dans la captation des données des salariés au nom de l'innovation ?Cyberattaques : l'ANTS piratée, un hacker arrêté (14:02)Nouvelle alerte en France avec le piratage de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Un hacker affirme détenir 19 millions d'enregistrements comprenant des données d'état civil, désormais proposées à la vente sur le darknet. Une enquête est ouverte et la CNIL a été saisie. Dans le même temps, un pirate présumé de 21 ans, connu sous le pseudonyme Hexdec, a été interpellé en Vendée. Soupçonné d'être lié à plusieurs attaques majeures, il avait récemment revendiqué ses actes dans une interview, assumant agir uniquement pour l'argent.Health Data Hub : cap sur un hébergeur français (16:41)Le Health Data Hub ne sera finalement pas hébergé par Microsoft. Après polémique autour des risques liés au Cloud Act américain, le gouvernement confie l'infrastructure à Scaleway, filiale du groupe Iliad. La migration prévue fin 2026 marque un tournant stratégique vers une souveraineté numérique renforcée pour cette plateforme destinée à soutenir la recherche en santé grâce à l'IA.Google et l'entreprise agentique (43:04)À Las Vegas, lors de Cloud Next 2026, Google a présenté sa vision de “l'entreprise agentique”. Objectif : déployer des agents IA capables d'automatiser tâches répétitives, réponses à appels d'offres, analyses de données ou gestion RH. Dans Google Workspace, l'IA Gemini devient transversale et proactive, capable de synthétiser agenda, mails et documents pour assister l'utilisateur. Pour les entreprises, une marketplace d'agents et des outils de gouvernance promettent d'encadrer cette nouvelle génération d'assistants intelligents

Le Média
Instant Porcher | Automobile : ce que le gouvernement ne dit pas

Le Média

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 20:43


L'usine Stellantis de Poissy tournera une page en 2029 en arrêtant la production de voitures. Officiellement, aucun licenciement n'est prévu : le groupe mise sur une reconversion vers les pièces détachées, le reconditionnement et l'économie circulaire, avec 100 millions d'euros d'investissement. Pourtant, derrière cette promesse, les effectifs passeront de 1 925 à 1 200 salariés d'ici 2028, principalement via les départs à la retraite. Une transformation qui illustre une mutation plus large de l'industrie automobile française.▶ Soutenez Le Média :

Les journaux de France Culture
Un an avant la présidentielle, les Républicains se mettent officiellement en ordre de bataille derrière Bruno Retailleau

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 12:23


durée : 00:12:23 - Journal de 7 h - L'ancien ministre de l'Intérieur a été choisi hier par les adhérents du parti, mais cette nomination n'est qu'une première étape.

Le journal de 7h00
Un an avant la présidentielle, les Républicains se mettent officiellement en ordre de bataille derrière Bruno Retailleau

Le journal de 7h00

Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 12:23


durée : 00:12:23 - Journal de 7 h - L'ancien ministre de l'Intérieur a été choisi hier par les adhérents du parti, mais cette nomination n'est qu'une première étape. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Marion Ferrère Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les Collections de l'heure du crime
Bruce Lee : la mort étrange du petit dragon

Les Collections de l'heure du crime

Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 33:12


Le 20 juillet 1973, l'acteur Bruce Lee meurt à Hong Kong, dans l'appartement de sa maîtresse. Officiellement d'un œdème cérébrale dû à une réaction allergique à un médicament. Mais les rumeurs vont bon train, surtout après la mort accidentel de son fils, laissant planer le doute : Mafia ? Meurtre par son producteur ? Accident ? Suicide ?Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Reportage Afrique
Guerre au Soudan: pour les réfugiés au Tchad, l'espoir de migrer en Europe

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 2:23


Plus de 1,3 million de Soudanais sont réfugiés au Tchad et, parmi eux, 920 000 sont arrivés depuis le début de la guerre au Soudan en 2023. Dans l'est du Tchad, une personne sur trois est réfugiée. À une vingtaine de kilomètres de la ville d'Abéché se trouve le site informel d'Abougoudam. Créé par le HCR en décembre 2023, quelques mois après le début de la guerre, ce site est particulier : il abrite des profils dits « sensibles ».  De notre envoyée spéciale de retour d'Abougoudam,  Une cinquantaine de tentes blanches s'alignent sous un soleil de plomb, à quelques minutes de route du centre-ville d'Abougoudam. Officiellement, c'est un site « informel ». Officieusement, c'est une zone tampon créée par le HCR. Ici, on a regroupé des profils dits « sensibles » : des Arabes soudanais.  Au Soudan, leur ethnie est associée aux paramilitaires FSR, accusés de massacres à caractère ethnique contre les populations « non-arabes », principalement Masalit et Zaghawa. Alors, pour éviter que la guerre civile ne s'exporte dans les camps du Tchad, le HCR a choisi de les isoler. Abderrahman Adalil Al Moubakkar a perdu l'usage de ses jambes pendant la guerre. Il vit ici depuis deux ans. Pour lui, être Arabe au Soudan, c'était être une cible de l'armée régulière soudanaise. « Nous, les Arabes du Darfour, on était systématiquement associés au FSR. On avait beau dire que ce n'était pas le cas, l'armée nous disait : "Vous êtes FSR." », témoigne-t-il. À lire aussi«Ce n'est pas encore le bon moment»: le difficile retour des Soudanais réfugiés en Égypte Un piège humanitaire Mais cet isolement sécuritaire est devenu un piège humanitaire. Le camp compte moins de 1 000 personnes. Trop peu pour les standards du Programme alimentaire mondial, qui n'enclenche ses distributions qu'à partir de 5 000 bénéficiaires. Résultat : les assiettes sont vides. Et par manque de financements, les derniers versements de cash du HCR remontent à décembre 2025. « Ils nous ont installés ici et nous ont abandonnés, dénonce Afaf Aboubaker Yahya. Cette mère de neuf enfants ne cache plus sa colère. On se plaint auprès du préfet mais rien n'y fait et les ONG ne viennent pas ici ou très rarement. Ce sont de généreux donateurs qui nous aident. La dernière fois, c'était pendant le ramadan. On a eu de l'huile, du sucre, du riz… mais rien depuis. Et ici il n'y a pas du tout de travail. »  Pour les plus jeunes, le désespoir prend la forme d'une route longue de plusieurs milliers de kilomètres. Le fils aîné d'Afaf a 25 ans, il refuse de donner son nom, mais il est transparent sur son envie de rejoindre l'Europe. « Nous sommes détruits par ce conflit entre groupes armés, confie-t-il. J'étais étudiant avant, mais quel est mon avenir maintenant que je suis ici ? Au Soudan non plus je n'ai pas d'avenir. Mon avenir n'est pas ici. Il est en Europe, en Espagne ou en France. C'est ma seule issue. Mon seul objectif est de rejoindre le circuit pour partir en Espagne. »  Une quête désespérée que toute la famille soutient. Afaf, son mari et les huit autres enfants économisent chaque centime pour financer le voyage clandestin de l'aîné.  À lire aussi«Dans ces moments-là, mourir est une délivrance»: le récit d'Ali, survivant de la guerre au Soudan

Cultures monde
Quand les nations se mettent en scène : Eurovision, de l'hymne à l'unité à la cacophonie

Cultures monde

Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 58:35


durée : 00:58:35 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon - L'édition 2026 de l'Eurovision est boycottée par cinq pays européens qui protestent contre la participation d'Israël. Officiellement apolitique, le concours subit en réalité chaque année les soubresauts des tensions mondiales. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Florent Parmentier Secrétaire général du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, spécialiste de la géopolitique et de la prospective; Sébastien Appiotti Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication au CELSA – Sorbonne Université ; Solène Scherer Docteure en études germaniques et ingénieure d'études à Aix-Marseille Université

Aujourd'hui l'économie
Guerre en Iran: comment le clan Trump continue de monétiser la Maison Blanche

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 3:19


Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n'a eu de cesse d'utiliser la fonction présidentielle pour favoriser ses intérêts privés. Un phénomène abondamment documenté qui ne s'est pas arrêté avec le conflit au Moyen-Orient. En janvier 2026, le New York Times estimait que la fortune des Trump avait augmenté de 1,4 milliard de dollars en un an. Le président états-unien est un habitué du mélange des genres, n'hésitant pas à profiter de ses voyages présidentiels pour faire la promotion des projets immobiliers portant son nom. Officiellement dirigée par ses enfants, la Trump Organization est florissante : hôtel de luxe à Oman, complexes de golf en Arabie saoudite ou au Vietnam. Les gouvernements étrangers soucieux de s'attirer les bonnes grâces de la première puissance mondiale s'empressent d'accélérer les procédures. Le Vietnam a ainsi choisi d'ignorer ses propres règles pour autoriser l'implantation d'un terrain de golf sur le site d'un ancien cimetière en banlieue d'Hanoi. Un mois plus tard, l'administration Trump acceptait de baisser les tarifs douaniers imposés au Vietnam. Donald Trump a aussi multiplié les attaques en justice à l'encontre de grands groupes, notamment dans le domaine des médias. La plupart des entreprises ciblées ont préféré un règlement à l'amiable et verser plusieurs millions d'euros d'amendes au président états-unien que d'aller jusqu'à un procès, même quand leurs avocats leur prédisaient une victoire facile. Enfin, le clan Trump a su profiter comme personne de l'engouement pour les cryptomonnaies. Juste avant d'entrer en fonction, il a créé sa propre cryptomonnaie, offrant aux plus gros acheteurs un dîner privé et donc un accès à l'homme qui dirige la première puissance mondiale. Ses deux fils Eric et Donald Jr ont créé une société spécialisée dans les cryptomonnaies qui, d'après Reuters, leur a rapporté plus de 800 millions de dollars rien que dans les six premiers mois de 2025. À lire aussiComment Donald Trump a gagné un milliard de dollars grâce aux cryptomonnaies? Un pic de transactions suspectes juste avant une prise de parole de Donald Trump Un phénomène que la guerre au Proche-Orient n'a pas interrompu, bien au contraire. Alors que le monde est suspendu à la moindre déclaration de Donald Trump, plusieurs articles de presse s'interrogent sur des délits d'initiés d'un nouveau genre. Le 23 mars, par exemple, Donald Trump publie un message sur son réseau Truth Social dans lequel il explique renoncer temporairement à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes comme il menaçait de le faire sous 24 heures. À l'ouverture des marchés, quelques minutes plus tard, le cours du pétrole chute fortement. Or quelques minutes seulement avant le message du président américain, les spécialistes ont observé un pic dans les transactions pariant justement sur une baisse du pétrole. Les traders ont eu du nez : en quelques minutes ce jour-là, ils se sont enrichis de plusieurs centaines de millions de dollars. Et ce n'est pas un cas isolé, la presse américaine en a repéré plusieurs autres ces dernières semaines au point de s'interroger : et si ces traders étaient informés à l'avance par des membres de l'administration ? Des soupçons renforcés par la multiplication d'opérations suspectes, en cryptomonnaies, faites sur des plateformes de pari en ligne et qui ont permis aux bénéficiaires d'engranger plusieurs dizaines de millions de dollars en pariant sur les actions de la Maison Blanche, comme l'enlèvement de Nicolas Maduro. À lire aussiVenezuela: à Caracas, la sidération après l'opération américaine et l'enlèvement de Nicolas Maduro Les investissements fructueux des fils Trump dans des start-up de défense Des soupçons qui touchent jusqu'au ministre de la Défense, Pete Hegseth. Le Pentagone a été obligé de démentir des informations publiées par le Financial Times l'accusant d'avoir cherché à acheter pour plusieurs millions de dollars d'actions de sociétés du secteur de la défense, quelques jours seulement avant les débuts de l'opération israélo-américaine contre Téhéran. Les investissements des fils du président états-unien, eux, sont indéniables. Eric et Donald Trump Jr. ont acheté pour plusieurs centaines de milliers de dollars d'actions dans des sociétés de drones, l'aîné siège même au conseil d'administration de l'une d'entre elles. Or les cours de ces entreprises ont explosé après la signature de plusieurs contrats avec le Pentagone. Enfin, difficile sur ce sujet de ne pas évoquer le cas de Jared Kushner. Le gendre de Donald Trump a beau n'occuper aucune fonction officielle au sein de l'administration, il se retrouve malgré tout à être l'un des deux négociateurs en chef du président américain, avec Steve Witkoff, l'émissaire de la Maison Blanche. Les deux hommes étaient engagés dans des négociations avec le régime iranien à Genève quelques jours seulement avant les premières frappes israélo-américaines. Mais Jared Kushner ne se contente pas de jouer les diplomates officieux, il est aussi un homme d'affaires, à la tête d'un fonds d'investissement qui a bénéficié de 2 milliards de dollars du fonds souverain saoudien ainsi que d'investissements du Qatar et des Émirats arabes unis. Le gendre du président états-unien incarne mieux que quiconque la confusion désormais établie entre l'intérêt général des États-Unis, celui d'États étrangers et les intérêts privés du clan Trump. À lire aussiDIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Trump affirme que le président iranien a demandé un cessez-le-feu

The Sick Podcast with Tony Marinaro
Martin St-Louis Est Officiellement Entré En Mode Séries | Le Sick Podcast Avec Tony Marinaro 24/03/26

The Sick Podcast with Tony Marinaro

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 151:44


Sur cet épisode de Le Sick Podcast, Martin Biron, Denis Gauthier et Jack Han se joignent à Tony Marinaro! Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Journal d'Haïti et des Amériques
50 ans après le coup d'État en Argentine, comment donner un visage aux disparus de la dictature

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 30:00


L'Argentine commémore aujourd'hui les 50 ans du coup d'État militaire. Le 24 mars 1976, sous prétexte de lutter contre la subversion communiste, une junte militaire renverse le gouvernement démocratique et prend le pouvoir. Jusqu'en 1983, la junte met en place un plan systématique de disparition forcée des opposants qui fait 30 000 victimes selon les organisations de mémoire, dont une vingtaine de Français, dont Françoise Dauthier. Un demi-siècle plus tard, sa petite-fille s'est lancée dans un projet artistique, mémoriel et identitaire sur les traces de sa grand-mère disparue. Notre correspondant Théo Conscience l'a rencontrée à Buenos Aires.   Nouvelles révélations sur les liens en Javier Milei et Mauricio Novelli, impliqué dans le scandale de la cryptomonnaie $LIBRA L'homme avait ses entrées à la Casa Rosada, le palais présidentiel, nous apprend La Nacion. Quelques mois avant l'affaire $LIBRA, Mauricio Novelli présente à Javier Milei « deux projets confidentiels pour monétiser l'image présidentielle », écrit le quotidien. Il lui propose de frapper des pièces d'or et d'argent à son effigie et de lancer une ligne de vêtements : tee-shirts, casquettes, capes de pluie, sac à dos et même des tronçonneuses et des boissons énergisantes reprenant des slogans ou des photos du président. L'idée, précise La Nacion, ce n'est pas seulement de vendre des objets. Non, c'est de vendre un « lifestyle », un style de vie reposant sur l'image de Javier Milei, comme le font les célébrités. Les deux projets n'ont jamais abouti parce que le scandale LIBRA a éclaté, indique La Nacion. Mais aussi parce que certains, au sein de l'équipe de Javier Milei, ne les voyaient pas d'un très bon œil, estimant qu'éthiquement, un président ne peut pas faire ce genre de choses.   À Cuba, la flottille internationale « Nuestra América » suscite des critiques Oui, ce convoi qui a pour objectif d'acheminer de l'aide et de dénoncer le blocus américain, fait l'objet de railleries. Dans un éditorial, le Washington Post traite les membres de cette opération - certains, comme Jeremy Corbin ou Pablo Iglesias, sont arrivés ce week-end par avion, d'autres sont encore en mer - d'« idiots utiles ». « Se rendre dans un pays pauvre et séjourner dans un hôtel 5 étoiles, quel bel exemple de solidarité ! », ironise le quotidien. Samedi, l'hôtel dans lequel certains manifestants avaient de l'électricité grâce à un générateur, alors que tout le pays connaissait sa 2è coupure générale, en quelques jours, raconte le New York Times. « Socialistes au champagne », « gauche caviar »... Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent, rapporte le quotidien. Des critiques qui viennent de Cubains en exil hostiles au régime mais aussi de Cubains qui vivent toujours sur l'île, notamment Yoani Sanchez, célèbre journaliste indépendante, qui a dénoncé sur X la rencontre entre des membres de la flottille et le président cubain, Miguel Diaz-Canel, relève le New York Times. « Ils affirment qu'ils sont venus soutenir le peuple cubain » (...) mais « ils se prennent en photo avec ceux qui nous oppriment. Ils sourient avec ceux qui détruisent notre nation. » « La vérité, c'est que les États-Unis n'ont pas fait autant de mal à Cuba que la dictature communiste », abonde le Washington Post. Pour le quotidien, les membres de la flottille ne s'intéressent à Cuba que parce que cela leur permet de critiquer l'administration Trump.   Aux États-Unis, le Pentagone durcit les restrictions imposées aux journalistes Les journalistes ne sont plus du tout les bienvenus. « Ils devront quitter l'espace de travail qui leur était réservé jusqu'à présent au sein du célèbre bâtiment (le « couloir de correspondants », voilà comment s'appelle cette zone réservée à la presse) et devront s'installer dans un autre immeuble à part », écrit le Washington Post. Les journalistes ne pourront plus entrer dans le Pentagone quand ils le souhaitent. Ils devront être accompagnés par des personnels du ministère de la Défense. Officiellement, ces nouvelles règles sont dues à des raisons de sécurité. Mais le Washington Post souligne qu'elles ont été annoncées juste après un revers judiciaire important. Vendredi, un juge a déclaré inconstitutionnelle la politique d'accréditation du Pentagone. Politique qu'avaient refusée la plupart des grands médias qui avaient donc perdu leur accès au Pentagone. Aujourd'hui, ils peuvent à nouveau travailler au Pentagone mais dans des conditions très limitées. Alors que le pays est intervenu au Venezuela et est actuellement en guerre contre l'Iran, « nous nous demandons pourquoi le Pentagone choisit de réduire la liberté de la presse qui est essentielle », écrit l'Assocation de la presse du Pentagone. Le New York Times a annoncé qu'il allait à nouveau saisir la justice.   Haïti : inquiétudes autour de la situation à Pétion-Ville Comme tous les mardis, Anne Cantener s'entretient de l'actualité haïtienne avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse. Le journaliste parle de la situation à Pétion-Ville où « se concentrent bureaux et activités administratives » et où « la densité de population a explosé » sans aménagement, ni infrastructures adaptés. Or, il s'agit d'une zone sismique, s'inquiète Alterpresse. L'agence de presse relaie, par ailleurs, l'appel des étudiants en médecine qui dénoncent la fermeture de l'hôpital général de Port-au-Prince depuis plus de deux. « Afin d'assurer la continuité des soins et de leur formation médicale, ils réclament la relocalisation de l'établissement dans des locaux à la périphérie de la capitale », explique Gotson Pierre.   Le journal de la 1ère Une nouvelle tendance en Martinique, à l'occasion des élections municipales qui viennent de s'achever : les listes « sans étiquette ». 

Géopolitique, le débat
Argentine : mémoire en danger ?

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 48:29


Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l'Argentine basculait dans la nuit. Un coup d'État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu'en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains. Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace. Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l'Escuela de Mecánica de la Armada, l'ESMA. Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l'un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n'en sont jamais revenues. Aujourd'hui, l'ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d'archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l'ampleur des crimes de la dictature. Alors, que représente l'ESMA dans l'histoire argentine ? Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ? Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd'hui ? Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.   Invitées :  Marina Franco, professeure à l'UNSAM et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'histoire du temps présent de l'École interdisciplinaire des Hautes études en Sciences sociales en Argentine Claudia Feld, professeure à l'Université de Buenos-Aires et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'études sur la mémoire et directrice de la revue CLEPSIDRA. 

Accents d'Europe
Irlande : femmes internées, le lourd héritage des institutions religieuses

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 19:29


Pendant des décennies, des milliers de femmes ont été enfermées en Irlande dans des institutions dirigées par l'Église catholique, avec le soutien de l'État. Tombées enceintes hors mariage ou jugées « déviantes », elles étaient contraintes au travail forcé, notamment dans des blanchisseries, telles que les Magdalene Laundries. Comment l'Irlande affronte-t-elle ce passé ? Il y a quelques mois, à Tuam, la découverte macabre de fosses communes - où près de 800 bébés avaient été enterrés en secret à proximité d'un foyer pour femmes tenu par des religieuses - a ravivé un traumatisme national. Fermés dans les années 90, ces institutions de « redressement moral » ont laissé des traces profondes dans la société irlandaise. Reportage de Clémence Peinard, à Dublin.   Maria Borzunova décrypte la propagande russe sur Arte L'Allemagne est devenue l'un des principaux points de chute des Russes en exil. Officiellement, environ 20 000 Russes ont demandé l'asile depuis le début de la guerre en Ukraine. Parmi eux, Maria Borzunova. Cette journaliste russe arrivée il y a 3 ans à Berlin décrypte les rouages de la propagande de Moscou pour la chaîne franco-allemande Arte. Son portrait, Delphine Nerbollier.   Italie : une réforme de la justice qui divise Ce dimanche 22 mars, les Italiens sont appelés à se prononcer par référendum sur une réforme de la justice portée par le gouvernement Meloni. Au cœur du texte : la séparation stricte des carrières entre magistrats du siège et du parquet. Une réforme technique devenue un enjeu politique majeur dans un pays où l'indépendance de la justice reste un sujet sensible. Explications de Olivier Bonnel, à Rome.   À la Une en Europe Dans la revue de presse de Franceline Beretti : - Guerre contre l'Iran : le refus de Berlin de s'engager aux côtés de Washington surprend. Un « non » qui rappelle celui de 2003 face à la guerre en Irak. - L'oléoduc Droujba : Bruxelles accusée de céder au chantage de Viktor Orban sur un oléoduc ukrainien endommagé par des frappes russes, au détriment du soutien à Kyiv. - Disparition de Jürgen Habermas : le philosophe allemand, figure majeure de la pensée démocratique européenne est mort à l'âge de 96 ans.

Accents d'Europe
Irlande : femmes internées, le lourd héritage des institutions religieuses

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 19:29


Pendant des décennies, des milliers de femmes ont été enfermées en Irlande dans des institutions dirigées par l'Église catholique, avec le soutien de l'État. Tombées enceintes hors mariage ou jugées « déviantes », elles étaient contraintes au travail forcé, notamment dans des blanchisseries, telles que les Magdalene Laundries. Comment l'Irlande affronte-t-elle ce passé ? Il y a quelques mois, à Tuam, la découverte macabre de fosses communes - où près de 800 bébés avaient été enterrés en secret à proximité d'un foyer pour femmes tenu par des religieuses - a ravivé un traumatisme national. Fermés dans les années 90, ces institutions de « redressement moral » ont laissé des traces profondes dans la société irlandaise. Reportage de Clémence Peinard, à Dublin.   Maria Borzunova décrypte la propagande russe sur Arte L'Allemagne est devenue l'un des principaux points de chute des Russes en exil. Officiellement, environ 20 000 Russes ont demandé l'asile depuis le début de la guerre en Ukraine. Parmi eux, Maria Borzunova. Cette journaliste russe arrivée il y a 3 ans à Berlin décrypte les rouages de la propagande de Moscou pour la chaîne franco-allemande Arte. Son portrait, Delphine Nerbollier.   Italie : une réforme de la justice qui divise Ce dimanche 22 mars, les Italiens sont appelés à se prononcer par référendum sur une réforme de la justice portée par le gouvernement Meloni. Au cœur du texte : la séparation stricte des carrières entre magistrats du siège et du parquet. Une réforme technique devenue un enjeu politique majeur dans un pays où l'indépendance de la justice reste un sujet sensible. Explications de Olivier Bonnel, à Rome.   À la Une en Europe Dans la revue de presse de Franceline Beretti : - Guerre contre l'Iran : le refus de Berlin de s'engager aux côtés de Washington surprend. Un « non » qui rappelle celui de 2003 face à la guerre en Irak. - L'oléoduc Droujba : Bruxelles accusée de céder au chantage de Viktor Orban sur un oléoduc ukrainien endommagé par des frappes russes, au détriment du soutien à Kyiv. - Disparition de Jürgen Habermas : le philosophe allemand, figure majeure de la pensée démocratique européenne est mort à l'âge de 96 ans.

Journal d'Haïti et des Amériques
Guerre en Iran : Donald Trump pris au piège de l'inflation

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 30:00


Aux États-Unis, le prix des carburants a augmenté à cause de la guerre au Proche-Orient. D'après le président américain, c'est « un petit prix à payer » et cela ne devrait pas durer. Mais au moment de faire le plein, certains se plaignent, y compris parmi les électeurs de Donald Trump. Notre correspondant aux États-Unis, Vincent Souriau s'est rendu dans une station-service de Westminster, petite ville située dans un comté républicain de l'État du Maryland. Si le prix à la pompe augmente aux États-Unis, bientôt toute l'économie américaine sera touchée, met en garde le New York Times. Les experts interrogés par le journal, décrivent un effet boule de neige. La hausse du prix du carburant va se répercuter sur les prix de la nourriture et des marchandises transportées par camions, notamment les colis Amazon, explique Mark Zandi, économiste chez Moody's Analytics. Hausse également du prix des fruits et des légumes importés. Une augmentation d'autant plus importante que le Golfe Persique est l'un principal fournisseur d'engrais au monde, explique le New York Times. Les agriculteurs américains seront également touchés alors que les semis de printemps commencent partout dans le pays. Les prix des billets d'avion devraient, eux-aussi, augmenter. Les Américains pourraient donc se retrouver privés de vacances de printemps et d'été. Les entreprises pourraient ne plus embaucher dans un premier temps, puis licencier, poursuit le New York Times. La volatilité des marchés boursiers pourrait menacer l'épargne-retraite. Bref, plus la guerre dure, plus l'économie américaine, dans son ensemble, risque de souffrir. Or, le coût de la vie sera l'un des enjeux majeurs des mid-terms de novembre. Le prix de l'essence a toujours été très important pour les Américains et les hommes politiques le savent, analyse le New York Times qui rappelle que Ron Klain, l'ancien chef de cabinet de Joe Biden, consultait le prix à la pompe tous les jours pour évaluer le moral des consommateurs. Le problème, explique Bob McNally, ancien conseiller en énergie du président George W. Bush, au New York Times, c'est que Donald Trump dispose de peu d'outils véritablement efficaces pour faire reculer rapidement le prix des carburants. Limiter les exportations américaines, supprimer certains taxes fédérales, se servir dans les réserves stratégiques de pétrole de pays, autoriser la Russie à vendre son pétrole... Autant de mesures qui n'auront qu'un faible impact de toute façon. La seule vraie solution, c'est que le trafic reprenne dans le détroit d'Ormuz. Pour cela, il faudrait que la guerre s'arrête. Mais Donald Trump ne sait pas comment faire, estime Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, car le président ne sait pas exactement pourquoi il a lancé cette guerre. Alors le journaliste l'invite à cesser les attaques, à laisser passer le fameux jour d'après. Ce jour-là, le régime iranien se vantera d'avoir gagné. Mais le surlendemain, Thomas Friedman prédit « un débat explosif et des luttes intestines au sein de l'élite dirigeante de Téhéran ». Le peuple, des commerçants et des réformateurs au sein du régime vont demander des comptes à leurs dirigeants. « Nous avons perdu nos économies, notre économie (...), une grande partie de nos armées et l'amitié de nos voisins » et vous nous parlez de victoire ? Voilà ce qu'ils leur diront, estime le journaliste qui insiste : « le régime iranien ne tombera que par le haut ».   L'histoire de trois frères arrêtés par ICE suscite une polémique Joshua, 12 ans, Caleb, 14 ans et Antonio, 18 ans, ainsi que leurs parents ont été libérés hier (lundi 9 mars 2026), après 15 jours de détention, nous apprend The Texas Tribune. La particularité de cette fratrie, c'est que Caleb et Antonio sont « deux jeunes musiciens mariachis prometteurs », explique CNN. La famille, originaire du Mexique, a été arrêtée lors d'un rdv de routine auprès des services d'immigration. Pour qu'ils soient relâchés, il aura fallu, entre autres, l'intervention d'une élue républicaine, la représentante du Texas Monica de la Cruz qui, il y a neuf mois à peine, avaient invité Caleb, Antonio et le groupe de musique de leur lycée au Congrès, à Washington, pour les féliciter d'avoir remporté un concours de mariachis, raconte The Texas Tribune. Il y a moins d'un an, « ces deux jeunes hommes étaient jugés dignes de se produire au Capitole. Ils ne constituaient aucune menace pour la sécurité nationale », souligne Joaquin Castro, représentant démocrate du Texas, qui critique l'hypocrise de l'administration Trump.   Venezuela : la réforme du code minier voulu par les États-Unis avance L'Assemblée nationale a approuvé le texte hier soir (lundi 9 mars) sans les voix de l'opposition qui, comme l'explique Tal Cual, a refusé de se prononcer car elle n'a pas pu lire le projet de loi, ni l'étudier correctement. Le document n'a été déposé qu'une heure avant le vote, précise le journal en ligne. Officiellement, cette réforme vise à moderniser le code minier afin d'attirer de nouveaux investisseurs, en particulier étrangers. Un second vote doit avoir lieu à l'Assemblée, cette fois article par article. Mais on ne sait pas encore quand ce sera.   Haïti : « l'absence de stratégie diplomatique du gouvernement marginalise le pays » Comme tous les mardis, nous faisons le point sur l'actualité en Haïti avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse. Il évoque le rôle des drones dans la lutte contre les gangs qui font de très nombreuses victimes civiles selon Human Rights Watch ; l'absence d'Haïti au sommet sur la sécurité organisé, ce week-end, par les États-Unis à Miami ; et enfin, les conditions d'incarcération, très mauvaises dans le pays, même dans les centres les plus modernes, comme celui de Morne Casse, dans le nord-est à Fort liberté.   Mexique : comment vivre dans une zone sismique Notre dossier du jour nous emmène au Mexique, pays où le risque de séismes est parmi les plus élevés de la planète. Les plus meurtriers remontent à 2017 et 1985. Mais, les Mexicains ne les ont pas oubliés, d'autant que d'autres tremblements de terre bien plus légers se produisent chaque jour, à Mexico par exemple. Alors les habitants s'adaptent. La capitale mexicaine a même créé un système d'alerte pionnier en cas de séisme fort, pour mieux vivre ce risque, ce phénomène difficile à prévoir. Reportage de Gwendolina Duval.   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, la Chambre Régionale des Comptes pointe du doigt une prise en charge « défaillante » de la santé mentale.

Revue de presse Afrique
À la Une : la démission de Thomas Boni Yayi

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 4:08


Au Bénin, l'ancien président Thomas Boni Yayi, figure majeure du paysage politique, a démissionné mardi 3 mars 2026 de la tête du parti d'opposition Les Démocrates. « Cette décision, note La Nouvelle Tribune à Cotonou, intervient après plusieurs mois de tensions internes, marqués notamment par l'exclusion du parti de la course à l'élection présidentielle d'avril prochain pour défaut de parrainages. » Officiellement, Thomas Boni Yayi se retire de la vie politique pour raisons de santé. « L'ancien président du Bénin avait repris la tête des Démocrates en octobre 2023, rappelle La Nouvelle Tribune, renforçant la visibilité de cette formation politique. Cependant, le parti a récemment perdu sa représentation parlementaire à l'issue des législatives du 11 janvier dernier, et n'a donc pas réussi à valider un duo de candidats pour la présidentielle d'avril. » L'opposition laminée… Alors, « le choc est brutal pour l'opposition béninoise », s'exclame Afrik.com. Thomas Boni Yayi qui se retire, de même que son fils, Chabi Yayi, qui occupait le poste stratégique de secrétaire aux relations extérieures. « Cette double démission intervient dans un contexte de crise profonde et pose une question désormais ouverte, pointe le site panafricain : le principal parti d'opposition béninois est-il en train de vivre sa mort clinique ? (…) Plusieurs indicateurs sont au rouge, constate Afrik.com : perte de leadership fondateur ; divisions internes non résolues ; échecs électoraux récents ; départ de figures parlementaires ; affaiblissement de la base militante. Un parti politique peut survivre à une défaite. Il peut même renaître d'une crise. Mais survivre à la perte simultanée de son chef historique et de sa colonne vertébrale organisationnelle exige une capacité de refondation rapide et crédible. Surtout, relève encore le site panafricain, quand le parti se sait exclu du jeu électoral au sommet pour longtemps, au moins quatorze années. En effet, absents du Parlement et des collectivités locales, Les Démocrates ne pourront, par conséquent, parrainer aucun candidat à la présidentielle de 2033. Comment le parti peut-il survivre à une telle traversée du désert ? » « L'opposition béninoise est réduite à sa plus simple expression », constate WakatSéra à Ouagadougou. « Le président Patrice Talon, à qui l'on peut décerner la palme de la transformation du Bénin, tant sur le plan économique que celui des infrastructures, n'est pas moins celui qui a mis sous l'éteignoir les politiciens dont la voix portait encore et qui pouvaient lui faire ombrage. »  « De toute évidence, avec le retrait de Boni Yayi de la vie politique, c'est l'opposition béninoise, dans son ensemble, qui se trouve fragilisée, renchérit Le Pays. Toute chose qui, on l'imagine, est pain bénit pour le pouvoir dont le candidat, sauf tremblement de terre, remportera sans coup férir la présidentielle du 12 avril prochain. » Guerre civile larvée au Soudan du Sud Enfin à lire dans Le Monde Afrique ce reportage au Soudan du Sud en proie à des tensions et à des massacres… « Le Soudan du Sud s'enfonce dans une guerre civile qui ne dit pas son nom », constate le journal. Ces derniers jours, « deux tueries ont fait près de 200 morts dans le pays. Des meurtres visant les ethnies nuer, puis dinka. » Et Le Monde Afrique de s'interroger : « les deux communautés les plus importantes du Soudan du Sud – qui en compte 64 – vont-elles être à nouveau entraînées dans la guerre civile ? On peut le craindre, tant l'année 2025 a été émaillée d'affrontements entre les forces du président, Salva Kiir, un Dinka, et celles fidèles à son principal rival et ancien vice-président, Riek Machar, un Nuer, aujourd'hui incarcéré. Le Soudan du Sud traverse sa plus grave crise sécuritaire et humanitaire, constate encore Le Monde Afrique, depuis la signature, en 2018, d'un accord de paix et la formation, en 2020, d'un gouvernement d'unité nationale de transition. Riek Machar avait alors rejoint Salva Kiir à Juba afin de piloter la transition et conduire le pays vers des élections. Prévues pour 2022, elles ont été repoussées à deux reprises et doivent désormais se tenir à la fin de cette année, mais la prolifération des violences rend la tenue de ce scrutin on ne peut plus incertaine. »

Grand reportage
La Russie en Afrique: une stratégie d'influence en mutation

Grand reportage

Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 19:30


Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique   Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie   Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent   Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner

Reportage Afrique
«Ma maison a été démolie»: la parole des rapatriés de Tanzanie [4/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 2:30


Ils avaient fui en 2015, au plus fort des violences politiques. Près de dix ans plus tard, des milliers de Burundais rentrent de Tanzanie. Officiellement, ces retours doivent se faire volontairement et « dignement », au rythme convenu entre Gitega et Dar es Salaam : 3 000 personnes par semaine. Le HCR s'inquiète des conditions de ces départs (maisons démolies, pressions, mauvais traitements) et parle désormais de rapatriements forcés. Reportage dans le centre de transit de Nyabitare pour rencontrer ces rapatriés à leur arrivée au Burundi. De notre envoyée spéciale de retour de Nyabitare, Plié en deux sous la chaleur, Victor Nkurikiye, 54 ans, enveloppe dans une bâche de longues tôles rouillées : « Ce sont les tôles que j'ai ramenées d'exil », décrit-il. C'était le toit de son abri construit dans le camp de Nduta, dans lequel il a vécu 10 ans, jusqu'à ce que les autorités tanzaniennes décident de le démanteler. « Ma maison a été démolie sur ordre du chef du camp, témoigne-t-il. Il disait : "Allez démolir les maisons. Il faut que les Burundais rentrent chez eux." Nous sommes partis car ils nous ont traumatisés. Ils ont tout brûlé. » Avec Victor, 800 autres Burundais sont arrivés hier dans le centre de transit géré par le HCR, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Sous un hangar, des matelas, des chaises, des planches de bois ou encore des sacs de vêtements s'empilent à perte de vue. Athanase Nikwibitanga supervise ce site. Pour lui, le message venu de Tanzanie est sans ambiguïté : « Avant, ils rentraient juste avec quelques ustensiles. Cette fois, ils arrivent avec tout. Les maisons sont détruites systématiquement. Ils emportent ces tôles parce qu'il n'y a plus d'abri là-bas. C'est un message : on ne peut plus rester réfugié en Tanzanie ».  À lire aussiÀ Busuma, au Burundi, les réfugiés congolais entre enfermement et désir de retour [3/4] « Il faudrait que les moyens suivent pour vraiment les aider » Le dernier accord de rapatriement entre la Tanzanie et le Burundi a été signé en novembre, mais la pression était déjà forte sur les réfugiés depuis des mois. Les écoles étaient fermées, les centres de santé délaissés, et même des cas de maltraitance ont été signalés. Appuyée sur une béquille qui ne la quitte plus, Antoinette Nitwarugina raconte avoir été battue : « Voyez, je suis arrivée en Tanzanie en bonne santé et je rentre handicapée. Les Tanzaniens nous pourchassent et nous brutalisent ». Elle se dit finalement soulagée de retrouver son pays en paix. Elle a reçu du HCR un peu plus de 200 dollars pour se réinstaller, mais l'agence onusienne est elle aussi sous pression. Les retours se font deux à trois fois plus vite qu'annoncé. « Au niveau de Gitara, on attendait 1 500 personnes, mais elles sont autour de 2 800 à 2 900, explique Simplice Nkandji, chef de sous-délégation pour l'organisation. Le rythme s'accélère… Il faudrait que les moyens suivent pour vraiment les aider. » Cette aide se fait pourtant plus que nécessaire, après dix ans d'exil et un retour brutal. Certains, comme Antoinette, ne savent pas encore où ils s'installeront dans les prochains jours. À lire aussiAu Burundi, des réfugiés congolais pris au piège d'une aide qui s'essouffle [2/4]

Le Nouvel Esprit Public
Municipales : antichambre de 2027 ou élections locales ? / Quatre années de guerre : effets sur la Russie

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 62:39


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 27 février 2026.Avec cette semaine :Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.MUNICIPALES : ANTICHAMBRE DE 2027 OU ÉLECTIONS LOCALES ?Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Il s'y mêlera enjeux locaux et nationaux, peut-être d'autant plus que, cette année, le vote se tient tout juste un an avant l'élection présidentielle, un cas de figure qui ne s'est présenté qu'en 1965 et en 2001.Selon Émeric Bréhier, directeur de l'Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, si LFI et le RN ont beaucoup à gagner de ces élections et chercheront à en faire un enjeu national, à l'inverse, le PS et LR essaieront avant tout de conserver les villes qu'ils détiennent, pour montrer qu'ils restent des partis qui comptent, qui ont une base locale solide et surtout qu'ils peuvent avoir une carte à jouer lors de la présidentielle. Alors que les regards se concentrent beaucoup sur les grandes villes, l'un des enjeux de ces élections devrait être le sort de nombre de moyennes et de petites municipalités qui pourraient basculer à l'extrême droite, mais, le Rassemblement national aborde les municipales avec l'onction des sondages nationaux, mais un ancrage local toujours fragile. Le parti de Jordan Bardella détient moins de 15 villes, dont une seule de plus de 100.000 habitants. Officiellement : pas d'objectif chiffré avancé, ni de villes visées.Au Havre, l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe candidat à la présidentielle 2027, a lui-même lié son destin national à cette échéance locale. Un pari risqué. « Si j'échouais à convaincre les Havrais (...), je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », a-t-il déjà prévenu. Dans le camp présidentiel, en revanche, on semble déjà vouloir oublier ce scrutin avant même qu'il n'ait lieu, tant il s'annonce comme un révélateur de la faiblesse du macronisme à l'échelle locale.Selon un sondage Odoxa-Mascaret publié mardi pour Public Sénat et la presse régionale, 55 % des Français souhaitent l'élection d'un autre maire plutôt que la réélection de leur maire actuel au scrutin des 15 et 22 mars. Cette aspiration au changement est motivée par des enjeux locaux, en premier lieu : 76 % des sondés affirment qu'ils se prononceront en fonction d'enjeux « spécifiques à leur commune », tandis que 24 % auront des enjeux nationaux en tête. Ce dernier score est en progression de 5 points par rapport au mois de novembre, preuve, pour l'institut de sondage que ces municipales, premières élections convoquées après les législatives anticipées de juin 2024, dessineront la ligne de départ de la campagne pour l'élection présidentielle. C'est parmi les sympathisants de LFI (28 %) et du RN (27 %) que se trouvent le plus d'électeurs qui choisiront leur maire avec l'Élysée en point de mire.QUATRE ANNÉES DE GUERRE : EFFETS SUR LA RUSSIEAprès quatre ans de guerre en Ukraine, selon les évaluations concordantes des chercheurs et des services de renseignement occidentaux, on compte plus d'un million et demi de soldats russes hors de combat morts, blessés, prisonniers et disparus. Sur le terrain, d'après DeepState, collectif ukrainien de cartographie en sources ouvertes, la Russie a occupé en 2025 moins de 1 % du pays ukrainien. Analyses corroborées par l'Institut pour l'étude de la guerre. Mi-février, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, évoquait environ 65.000 soldats russes tués ou blessés en l'espace de deux mois, qualifiant ces pertes de « folles ». Pour les alliés de l'Ukraine, ces chiffres interrogent la capacité de Moscou à maintenir durablement son effort de guerre sans décision politiquement risquée, comme une nouvelle vague de mobilisation.D'autant que l'économie russe se dégrade. Si au cours des premières années de guerre, dopée par le complexe militaro-industriel, l'économie russe a enregistré des croissances supérieures à la moyenne européenne, aujourd'hui, les signaux virent au rouge. Pour résorber la hausse du déficit budgétaire, qui devrait dépasser les 3,5 % à 4,4 % du PIB en 2026, le gouvernement doit financer un budget de la défense qui, en hausse de 30 % sur 2025-2027, engloutit 40 % des dépenses. Les revenus des hydrocarbures, qui composent l'habituel poumon économique du pays, s'effondrent à cause de la baisse des cours mondiaux et des effets des sanctions obligeant à vendre avec une décote. Le gouvernement cherche donc d'autres sources de revenus. Les consommateurs russes sont confrontés à l'inflation (5,6 % officiellement, bien au-delà de 10 % en réalité), la hausse des défauts de crédits bancaires, et la réduction des heures travaillées dans les usines.La guerre menée contre l'Ukraine s'accompagne d'une mise au pas de plus en plus violente de la société russe. Le taux de popularité de Vladimir Poutine ne semble pas fléchir : plus de 80 % des Russes disent approuver son action, selon Levada, le centre d'études d'opinion indépendant de l'Etat. Un chiffre à prendre cependant avec précaution comme dans tout pays où, sans liberté d'expression, les sondages sont menés dans un climat de peur et de délation. Sans opposition politique ni critiques dans la presse, sans société civile ni débats publics parmi les élites, cette popularité apparente cache une réalité : en quatre ans, la chape de plomb imposée par le Kremlin s'est alourdie. La répression ciblant une prétendue « cinquième colonne » s'est intensifiée : les défenseurs des droits humains recensent entre 3.000 et plus de 4.600 prisonniers politiques. Sur les écrans de télévision et sous les préaux des écoles, la propagande déroule son message : comme Staline, Poutine combat le nazisme ; comme durant la Grande Guerre patriotique, les opposants sont des traîtres.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Crise au Louvre : pourquoi sa directrice a démissionné

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Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 25:21


La mardi 24 février, Laurence des Cars démissionne de la présidence du Louvre. Quatre mois après le casse spectaculaire du Louvre et plusieurs semaines de tensions avec les salariés du musée, elle a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a acceptée.Première femme a diriger le Louvre depuis sa création en 1793, Laurence des Cars occupait ce poste prestigieux depuis 2021. Officiellement, son départ est une décision « personnelle », mais cette historienne de l'art de 59 ans était de plus en plus contestée en interne… Après le braquage du Louvre en octobre dernier, elle a dû affronter des crises en cascades, qui ont précipité la fin de son mandat.Cet épisode de Code source est raconté par Yves Jaeglé, journaliste au service culture du Parisien.Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : Le Point, France 2, Le Monde - Photo : Sarah Meyssonnier/Reuters. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

CRIMES • Histoires Vraies
[INÉDIT] Une nuit à Beverly Hills : Lana Turner, sa fille et un mafieux mort • 3/3

CRIMES • Histoires Vraies

Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 13:46


Il est un peu plus de quatre heures du matin, le 4 avril 1958, à Beverly Hills. Dans une chambre cosy, aux murs et aux tapis roses, un homme est étendu au sol. Il s'appelle Johnny Stompanato. Trente-deux ans. Il vient de mourir d'un coup de couteau. À quelques mètres de là, une adolescente de quatorze ans tremble, en état de choc. Cheryl Crane dit avoir agi pour sauver sa mère, Lana Turner. L'une des plus grandes stars d'Hollywood du moment. Une icône de glamour, de succès, de lumière. Dans cette maison de Beverly Hills, pourtant, il n'y a plus rien de lumineux. Il y a un corps, du sang.Officiellement, l'affaire est terminée. Johnny Stompanato est mort lors d'un homicide jugé justifiable. Cheryl Crane a agi pour protéger sa mère. La responsabilité pénale est écartée.Et pourtant, une fois la salle vidée et les micros rangés, une gêne persiste. Rien qui remette en cause la vérité judiciaire, juste un petit doute sur ce qu'elle a laissé hors champ. Certains éléments, connus dès le départ, n'ont jamais été véritablement examinés.Crimes • Histoires Vraies est une production Minuit. Notre collection s'agrandit avec Crimes en Bretagne, Montagne et Provence.

C dans l'air
Guerre en Ukraine : et si Poutine perdait ? - L'intégrale -

C dans l'air

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 62:02


C dans l'air du 24 février 2026 - Guerre en Ukraine : et si Poutine perdait ?Se recueillir dans le silence. Mardi 24 février, quatre ans jour pour jour après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fleuri les portraits des soldats tombés au combat, sur la place Maidan à Kiev, en présence de plusieurs leaders européens. Vladimir « Poutine n'a pas atteint ses objectifs. Il n'a pas brisé les Ukrainiens. Il n'a pas gagné cette guerre », a déclaré Zelensky dans un message vidéo. Force est de constater que l'armée russe patauge en Ukraine, avec à peine 20 % du territoire conquis, dont 0,75 % l'an passé, et plus de 325 000 morts au front, selon les données de l'Institute for the Study of War et du Center for Strategic and International Studies. Rappelant la souffrance du peuple ukrainien, Zelensky a également appelé ses alliés européens à accélérer l'accession de l'Ukraine à l'Union européenne. Officiellement, Bruxelles soutient toujours l'Ukraine, en témoigne le déplacement à Kiev ce mardi de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen ou le message de soutien envoyé par Emmanuel Macron : « Nous sommes et resterons aux côtés de l'Ukraine ». Mais en coulisses, plusieurs pays rechignent à soutenir l'effort militaire ukrainien, à commencer par le président hongrois Viktor Orban. Le dirigeant populiste menace de mettre son veto sur le nouveau paquet d'aides de 90 milliards d'euros approuvé par le Parlement européen, si l'Ukraine ne reprend pas le transit de pétrole russe vers la Hongrie, bloqué depuis le 27 janvier après un bombardement russe. En Lettonie, ancienne république soviétique, la population se demande si elle ne sera pas la prochaine cible de la Russie, avec qui elle partage une frontière terrestre de 214 kilomètres. Fin décembre, Riga a achevé la construction d'une clôture de 280 kilomètres sur l'ensemble de cette frontière. Depuis des années, les responsables gouvernementaux lettons accusent leurs voisins orientaux de mener une guerre hybride en facilitant le trafic de migrants, multipliant les intrusions de drones, et les cyberattaques. Riga a annoncé en décembre investir 3,5 millions d'euros dans la lutte contre les drones après plusieurs survols au-dessus de la capitale. Où en est la guerre en Ukraine, quatre ans après l'invasion de la Russie ? Jusqu'où ira Viktor Orban pour bloquer l'aide européenne à l'Ukraine ? Et pourquoi la Lettonie se sent-elle aussi menacée par la Russie ?Experts :- Général Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur de « D'un monde à l'autre » - Marion VAN RENTERGHEM - Grand reporter, chroniqueuse – L'Express, auteure de « Le piège Nord Stream » - Cyrille AMOURSKY - Reporter de guerre, auteur de « Ukraïnia. Un peuple en guerre » - Alain PIROT - Journaliste et réalisateur, spécialiste des questions de défense

Monde Numérique - Jérôme Colombain

Le moteur chinois de génération vidéo ultra-réaliste Seedance 2.0 met Hollywood en alerte maximale. Dans le même temps, Meta envisage de ressusciter les profils des personnes décédées pour leur donner une nouvelle vie... virtuelle. Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet https://moncarnet.com/)Seedance 2.0 : Hollywood contre-attaque face à la vidéo IA “trop parfaite”La sortie de Seedance 2.0 — attribuée à ByteDance — déclenche une riposte en chaîne des studios américains, qui dénoncent l'usage présumé de contenus protégés et l'exploitation non autorisée de personnages et de likeness d'acteurs. Disney dégaine en premier avec une mise en demeure, bientôt suivi par d'autres acteurs majeurs comme Netflix, pendant que la Motion Picture Association et le syndicat SAG-AFTRA mettent la pression sur le plan juridique et éthique. En filigrane, une crispation : certains studios ont déjà conclu des accords avec des acteurs américains de l'IA, notamment autour de Sora (OpenAI), avec l'idée d'un accès encadré aux catalogues. Voir arriver un outil concurrent, perçu comme plus performant et potentiellement entraîné sans autorisation, ravive le sentiment de “double peine” : payer pour protéger, tout en subissant la concurrence.Pour prolonger : sur Monde Numérique, l'épisode qui revenait déjà sur l'irruption de Seedance et ses vidéos “à la Hollywood” Les “films” IA existent déjà : l'exemple des Berlinois The Dor BrothersLes outils étant désormais capables de produire des séquences très cinématographiques, avec effets, sound design et codes du blockbuster, des créateurs, comme les berlinois de The Dor Brothers, publient des courts spectaculaires et alimentent la crainte d'une désintermédiation partielle de la production.Meta et l'au-delà numérique : simuler un défunt sur les réseaux sociauxUn sujet vertigineux ! Meta a obtenu un brevet décrivant une technologie capable d'apprendre à partir des contenus d'une personne pour ensuite simuler ses interactions après son décès (posts, commentaires, messages privés). Officiellement, Meta n'annoncerait pas de lancement immédiat, mais la simple existence du brevet relance la question : que devient un compte “posthume” demain ? Lunettes Meta et reconnaissance faciale : la tentation du “Name Tag”Et si Meta ajoutait l'identification faciale à ses lunettes connectées, permettant dereconnaître quelqu'un instantanément. De quoi rouvrir le dossier explosif de l'acceptabilité sociale et des garde-fous. France : des algorithmes pour détecter le vol en magasin, sans reconnaissance facialeCôté français, focus sur la vidéosurveillance “algorithmique” dédiée au vol à l'étalage : détection de gestes et de comportements (glisser un objet dans un sac, etc.), sans identification nominative ni reconnaissance faciale — du moins dans le cadre voté. Le texte ouvre une expérimentation encadrée, avec un débat déjà très vif sur l'équilibre entre efficacité et libertés publiques.Dans Mon Carnet : “Mon robot, mon amour”, enquête sur l'amour à l'ère des chatbotsBruno recommande une série audio de La Presse consacrée aux relations affectives avec des IA conversationnelles, avec des témoignages et une démarche très “audio-first” pour capter l'intime. Il annonce une interview de Léa Carrier (La Presse), journaliste à l'origine de cette série.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Reportage International
L'inflation du quotidien inquiète les Russes

Reportage International

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 2:48


La Banque centrale russe se réunit ce vendredi 13 février. Au menu : une baisse de son taux directeur. Officiellement, l'inflation est en recul, mais les Russes disent être contraints de toujours regarder davantage les étiquettes. La Banque centrale va-t-elle continuer sa politique des petits pas sur son taux directeur ? Après avoir atteint un plus haut de 21 % en octobre 2024, pour contrer une économie en surchauffe en raison de l'explosion des dépenses, celui-ci a été abaissé graduellement en 2025 pour atteindre 16 % le 19 décembre dernier. Sur le papier, l'inflation est enfin redescendue en dessous des 10 % en rythme mensuel et la croissance, elle, a très fortement décéléré : elle est prévue à 0,8 % en 2026, selon la dernière analyse du FMI publiée le 19 janvier dernier. Les Russes, eux, au quotidien, disent pourtant faire de plus en plus attention à leurs dépenses en raison de prix élevés. En raison notamment de l'augmentation de la TVA de 20 à 22 % le 1ᵉʳ janvier dernier, mais pas que. Rencontré dans une rue piétonne et commerçante du centre d'Irkoutsk, un jeune homme explique : « La chose la plus remarquable pour moi, personnellement, c'est le tarif du ticket de transport en mini-bus ; il a doublé depuis 4 ans que je vis ici. C'est beaucoup, c'est vraiment beaucoup. À un moment, je me suis même dit : "Mais, tout mon argent liquide a disparu ?!" Je me suis même dit qu'on m'avait volé. En fait, c'est juste que les tickets sont passés de 25 à 50 roubles chacun ».  Que faire ? Pas grand-chose à ses yeux : « C'est l'hiver, il fait -20°C, je ne vais pas aller à l'université à pied. »  À lire aussiComment le conflit en Ukraine change la société et l'économie de la région d'Irkoutsk Faire des choix dans son budget D'autres, dans cette rue dotée de petites boutiques et d'un grand centre commercial au bout, ont en tête que chacun doit désormais faire des choix dans son budget. Comme cette mère de famille venue de la ville de Tchita, à près d'un millier de kilomètres d'Irkoutsk, avec son fils adolescent : « Quand je fais des cadeaux, explique-t-elle, j'essaie que ce soit quelque chose de pratique, par exemple pour la maison. En général, j'offre du textile, des serviettes, des torchons, quelque chose de pratique pour la cuisine. Que ça soit utile, pas juste pour le fun. » Quelques mètres plus loin, on croise une jeune fille pour qui les cadeaux, c'est sacré, et tant pis si elle doit se serrer la ceinture ailleurs. « Quand il s'agit de cadeaux, personnellement, je suis absolument sans limites, parce que je veux vraiment faire plaisir à ceux que j'aime, avec ce que je peux trouver de mieux, dit-elle dans un sourire. En revanche, je suis beaucoup plus prudente quand je fais mes courses au jour le jour. Surtout pour la nourriture. Après tout, on mange tous les jours, autant faire attention à ça. Sinon, il n'y a pas d'issue. » Le petit parti d'opposition Rasvët notait lui, hier, sur son réseau social : « En réalité, les prix peuvent fluctuer considérablement en fonction de la région, du réseau commercial ou de la catégorie de produits. » Ainsi, le coût des concombres dans la région de la Volga peut dépasser 400 roubles, à Omsk, c'est 500 roubles par kilogramme, et à Moscou, certaines variétés de tomates sont à 1 500 roubles. Pour la jeune fille en tout cas : « Cette hausse des prix, c'est vraiment inquiétant. On se demande quand ça va s'arrêter. Et si d'ailleurs ça va s'arrêter un jour. Ce sentiment d'instabilité, ça me préoccupe vraiment. » « On ne voit pas ce que l'avenir nous réserve »   Dans la ville d'Angasrk, à deux heures de route, certains s'inquiètent particulièrement pour les plus fragiles. Dimitri [il a demandé à n'être cité que par son prénom, NDLR] note : « Le prix pour un morceau de pain d'environ 400 grammes était de 44 roubles en décembre et il est passé à 49 en janvier. C'est +22 %, et encore, on parle d'un produit dont le prix est régulé. Et c'est pareil avec le lait, alors que ce sont des produits essentiels. Les prix ont déjà tellement bondi que c'est difficile pour les retraités, avec leur pension de 17 000 roubles. Et que va-t-il encore se passer ensuite ? On ne voit pas ce que l'avenir nous réserve. » Et quand ce n'est pas, encore une fois, l'incertitude sur l'avenir qui est soulevée, c'est une question plus précise qui pointe, comme chez Oleg [lui aussi a demandé à n'être cité que par son prénom, NDLR] : « Je m'inquiète que la population s'appauvrisse. Je pense qu'il va y avoir de moins en moins d'argent en Russie, que les budgets publics vont devoir être revus à la baisse plus d'une fois. Et plus la pression sera élevée, moins il y aura d'argent et plus la nourriture sera chère. » Il y a 10 jours, Vladimir Poutine annonçait que la croissance 2025 avait bien été de 1 %, très en dessous des performances des deux années précédentes. Et demandait à son gouvernement de tout mettre en œuvre pour la faire repartir. À lire aussiNouvelles coupes à venir dans les forêts du lac Baïkal

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Pourquoi l'Iran n'a jamais oublié l'opération AJAX ?

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Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 3:03


L'opération AJAX désigne un coup d'État clandestin organisé en 1953 contre le gouvernement iranien de Mohammad Mossadegh, avec l'appui conjoint de la Central Intelligence Agency américaine et du MI6 britannique. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des premières grandes interventions secrètes de la Guerre froide visant directement à protéger des intérêts énergétiques occidentaux.Au début des années 1950, l'Iran traverse une période de profonde effervescence politique. Mossadegh, élu démocratiquement Premier ministre, incarne un nationalisme modernisateur. En 1951, il fait adopter une décision historique : la nationalisation de l'industrie pétrolière iranienne, jusque-là dominée par une compagnie britannique. Pour une grande partie de la population iranienne, cette mesure représente un acte de souveraineté et de justice économique. Pour Londres, en revanche, c'est un choc majeur, synonyme de pertes financières colossales et de remise en cause d'un pilier de son influence au Moyen-Orient.Incapable d'obtenir l'annulation de la nationalisation par la voie diplomatique, le Royaume-Uni se tourne vers Washington. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis redoutent que l'instabilité iranienne ne favorise une montée en puissance des communistes et, à terme, un basculement du pays dans l'orbite soviétique. Cette crainte, mêlée aux enjeux pétroliers, ouvre la voie à une action secrète.L'opération AJAX repose sur une stratégie de déstabilisation. Les services secrets financent des campagnes de propagande contre Mossadegh, encouragent des manifestations, soudoyent des responsables politiques, des journalistes et des officiers, et alimentent un climat de chaos. L'objectif est de donner l'impression d'un pays au bord de l'effondrement, afin de justifier l'éviction du Premier ministre.Après plusieurs tentatives hésitantes, le coup d'État finit par aboutir en août 1953. Mossadegh est arrêté, puis condamné à une peine de prison avant d'être placé en résidence surveillée jusqu'à sa mort. Le pouvoir est consolidé entre les mains du Chah Mohammad Reza Pahlavi, qui devient un allié central des États-Unis dans la région.Dans la foulée, un nouveau consortium pétrolier est mis en place, garantissant aux compagnies occidentales un large accès au pétrole iranien. Officiellement, l'Iran conserve une part de contrôle, mais l'équilibre des forces reste largement favorable aux puissances étrangères.À court terme, l'opération AJAX est perçue à Washington et Londres comme un succès stratégique. À long terme, elle laisse une trace profonde dans la mémoire collective iranienne. Beaucoup y voient l'exemple fondateur d'une ingérence occidentale ayant brisé une expérience démocratique. Ce ressentiment nourrira, des décennies plus tard, l'hostilité envers les États-Unis et jouera un rôle dans la Révolution iranienne de 1979.L'opération AJAX illustre ainsi comment, derrière le discours de sécurité et de stabilité, des considérations économiques, notamment liées au pétrole, ont pesé lourdement sur la politique internationale du XXe siècle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Pourquoi l'Amérique a-t-elle recruté les cerveaux d'Hitler ?

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Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 1:54


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe est en ruines, l'Allemagne vaincue, et le monde découvre l'ampleur des crimes du régime nazi. Pourtant, dans l'ombre des procès et des dénazifications officielles, une autre histoire commence. Une histoire secrète, pragmatique, et profondément troublante : l'opération Paperclip.Nous sommes en 1945. Les États-Unis comprennent rapidement que la victoire militaire n'est qu'une étape. Un nouveau conflit se profile déjà : la rivalité avec l'Union soviétique. Dans cette course à la puissance, un trésor attire toutes les convoitises : les scientifiques allemands. L'Allemagne nazie, malgré sa défaite, possède certains des ingénieurs et chercheurs les plus avancés du monde, notamment dans les domaines des fusées, de l'aéronautique, de la chimie et de la médecine.Washington décide alors d'agir vite. Très vite.L'opération Paperclip est lancée dans le plus grand secret. Son objectif : identifier, recruter et transférer aux États-Unis des centaines de scientifiques allemands, même lorsque leur passé est entaché d'une collaboration active avec le régime nazi.Le nom « Paperclip », trombone en anglais, vient d'une pratique administrative simple mais lourde de sens : on agrafe aux dossiers compromettants une nouvelle fiche « nettoyée », supprimant toute mention trop gênante du passé politique de certains candidats.Parmi ces recrues figure un nom devenu célèbre : Wernher von Braun. Ingénieur vedette du programme de missiles V2, armes qui ont semé la terreur à Londres et Anvers, il est récupéré avec son équipe et installé aux États-Unis. Quelques années plus tard, cet ancien scientifique du IIIᵉ Reich devient l'un des architectes du programme spatial américain et contribue directement à l'envoi des astronautes sur la Lune.Mais Paperclip ne se limite pas aux fusées. Médecins, chimistes, spécialistes en armement, chercheurs en électronique ou en sous-marins traversent eux aussi l'Atlantique. Officiellement, il s'agit de protéger ces connaissances contre une récupération soviétique. Officieusement, on ferme souvent les yeux sur des zones d'ombre : travail forcé, proximité avec la SS, expérimentations humaines.Le dilemme est immense. D'un côté, une exigence morale : juger les responsables des crimes nazis. De l'autre, une logique stratégique : ne pas laisser ces cerveaux tomber aux mains de Moscou.Entre 1945 et le début des années 1950, plus de 1 600 scientifiques allemands sont ainsi transférés vers les États-Unis grâce à Paperclip.Cette opération contribue directement à la supériorité technologique américaine pendant la Guerre froide : missiles balistiques, aviation supersonique, et bien sûr conquête spatiale.L'opération Paperclip révèle une vérité dérangeante : dans certaines circonstances, les grandes puissances sont prêtes à sacrifier la justice sur l'autel de la puissance. Une page sombre et paradoxale de l'histoire, où les anciens ennemis deviennent des alliés… au nom de l'avenir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Comment les bons MEFO ont-ils permis à aux Nazis de financer leur armée ?

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Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 3:10


Au début des années 1930, l'Allemagne est officiellement désarmée. Le traité de Versailles, signé après la Première Guerre mondiale, lui interdit de posséder une armée moderne, des chars, une aviation de combat et limite drastiquement ses effectifs. Pourtant, quelques années plus tard, le régime nazi parvient à lancer un réarmement massif, rapide et discret. Comment financer cet effort colossal sans attirer l'attention ? La réponse tient en grande partie à un instrument financier aussi ingénieux que trompeur : les bons MEFO.Derrière ce nom se cache une société écran, la Metallurgische Forschungsgesellschaft, ou MEFO, créée spécialement pour servir d'intermédiaire financier. Officiellement, cette entreprise est privée. En réalité, elle est contrôlée par l'État allemand. Son rôle est simple : émettre des effets de paiement destinés à régler les commandes militaires.Lorsqu'une entreprise allemande fabrique des armes, des munitions ou des équipements pour l'armée, elle n'est pas payée directement par le gouvernement. Elle reçoit des bons MEFO, c'est-à-dire des reconnaissances de dette portant intérêt. Ces titres promettent un remboursement ultérieur par l'État, mais ne figurent pas immédiatement dans les comptes publics.Les industriels peuvent conserver ces bons jusqu'à leur échéance, ou bien les échanger contre des liquidités auprès des banques. Les banques, de leur côté, acceptent ces titres car elles savent que l'État allemand en garantit secrètement le remboursement. La Reichsbank elle-même finit par accepter ces bons comme s'il s'agissait presque de monnaie.Résultat : l'Allemagne peut commander massivement du matériel militaire sans augmenter officiellement ses dépenses publiques ni faire tourner la planche à billets. Les bons MEFO agissent ainsi comme une monnaie parallèle, circulant dans l'économie en dehors des statistiques traditionnelles.L'ampleur du système est impressionnante. En 1935, l'encours des bons MEFO atteint environ 4,8 milliards de marks, alors que la masse monétaire officielle du pays tourne autour de 6 milliards de marks. Autrement dit, une part considérable de l'activité économique repose sur cet instrument invisible.Ce mécanisme présente plusieurs avantages pour le régime nazi. D'abord, il masque l'ampleur réelle du réarmement aux yeux des puissances étrangères. Ensuite, il stimule l'économie allemande : les usines tournent, l'emploi progresse, les commandes publiques affluent. Enfin, il limite en apparence l'inflation, puisque la création monétaire n'apparaît pas directement dans les chiffres officiels.Mais cette solution est aussi une fuite en avant. Les bons MEFO sont des dettes qu'il faudra bien honorer un jour. À partir de la fin des années 1930, leur remboursement commence à peser lourdement sur les finances allemandes.En résumé, les bons MEFO ont permis à l'Allemagne nazie de financer clandestinement son réarmement, de contourner Versailles et de préparer la guerre sous couvert d'un montage financier sophistiqué. Une démonstration saisissante du pouvoir de la finance… lorsqu'elle est mise au service d'un projet politique radical. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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Qu'est-ce qu'Atlantropa, le projet fou d'assécher la Méditerranée ?

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Play Episode Listen Later Jan 22, 2026 2:59


Atlantropa, c'est l'un des projets les plus vertigineux — et les plus inquiétants — jamais imaginés au XXᵉ siècle : faire baisser le niveau de la Méditerranée pour relier physiquement l'Europe et l'Afrique, tout en produisant une énergie gigantesque. Une utopie technologique, née dans l'entre-deux-guerres, à une époque où l'on croyait que l'ingénierie pouvait remodeler la planète.L'idée vient d'un architecte allemand : Hermann Sörgel. Dès la fin des années 1920, il propose un plan titanesque baptisé Atlantropa. Son principe est simple… sur le papier : construire un barrage colossal au détroit de Gibraltar. Comme l'eau de l'Atlantique n'alimenterait plus la Méditerranée librement, l'évaporation naturelle ferait progressivement baisser le niveau de la mer. Sörgel imagine une baisse d'environ 100 à 200 mètres, ce qui ferait émerger d'immenses terres nouvelles : des zones côtières actuelles deviendraient des plaines, et des ports comme Marseille, Barcelone ou Gênes se retrouveraient très loin du rivage.Mais Atlantropa ne se limitait pas à Gibraltar. Sörgel envisageait aussi un barrage aux Dardanelles pour contrôler la mer Noire, et un autre entre la Sicile et la Tunisie, afin de séparer et réguler les bassins méditerranéens. Il rêvait d'un réseau de chantiers pharaoniques, mobilisant des centaines de milliers d'ouvriers pendant des décennies.Pourquoi faire tout ça ? Officiellement, pour trois objectifs. D'abord, produire de l'énergie : le barrage de Gibraltar devait fonctionner comme une centrale hydroélectrique gigantesque, utilisant la différence de niveau entre l'Atlantique et la Méditerranée. Ensuite, créer des terres cultivables : les nouvelles surfaces émergées devaient servir à l'agriculture et à l'installation de populations européennes. Enfin, construire une paix durable : Sörgel imaginait qu'un continent euro-africain uni, autosuffisant en énergie, deviendrait stable et puissant.Mais derrière l'utopie, Atlantropa porte aussi une vision très problématique : celle d'une Europe dominatrice, qui “réorganise” l'Afrique comme un espace à exploiter et à aménager selon ses besoins. Le projet s'inscrit dans une logique coloniale : relier les continents… mais surtout mettre l'Afrique au service de l'Europe.Techniquement, Atlantropa était presque irréalisable. Les impacts auraient été immenses : bouleversement du climat, perturbation des écosystèmes marins, modification des courants, crise pour la pêche, déplacement des populations côtières, destruction de ports. Sans parler du risque géopolitique : qui contrôlerait Gibraltar ? Qui déciderait du niveau de la mer ?Atlantropa n'a jamais vu le jour. Mais il reste un symbole fascinant : celui d'une époque où certains pensaient que l'humanité pouvait “corriger” la géographie. Une folie grandiose… et un avertissement historique sur les limites du rêve technocratique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les matins
Le traité historique sur la haute mer entre officiellement en vigueur ce samedi

Les matins

Play Episode Listen Later Jan 17, 2026 15:06


durée : 00:15:06 - Journal de 8 h - Il est censé protéger les océans. Le traité international sur la Haute mer entre officiellement en vigueur aujourd'hui.