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Reportage Afrique
Créer en langues africaines: la littérature en kiswahili [4/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 2:20


Au Kenya, le kiswahili est désigné par la Constitution comme langue nationale. Il unifie les plus de 40 communautés du pays et il est enseigné à l'école. C'est donc naturellement qu'une littérature en kiswahili s'est constituée et enrichie dans le pays ces dernières décennies, même si les difficultés du secteur de l'édition limitent encore son développement.  De notre correspondante à Nairobi,  Chez Nuria, librairie du centre-ville de Nairobi, une section est dédiée à la littérature en kiswahili. Viviane Taura, libraire, présente quelques auteurs kényans : « Le premier est Kithaka wa Mberia. Il a écrit plusieurs ouvrages qui sont vraiment très captivants, comme Kifo Kisimani ou encore Doa… On trouve aussi Ken Walibora et son roman Kufa Kuzikana. Nous avons plein de livres ici ! » Malgré la compétition très forte avec les ouvrages en anglais, cette littérature trouve preneur. « Nous voyons principalement des parents qui viennent en acheter pour leurs enfants, poursuit la libraire, parce qu'ils veulent qu'ils se familiarisent avec des nouvelles en kiswahili. » Le genre connaît un essor marqué au Kenya depuis plusieurs décennies. « Il fut un temps, au début des années 1990, où les écrivains tanzaniens dominaient la scène, y compris au Kenya, explique Mwenda Mbatiah, professeur de littérature en kiswahili à l'université de Nairobi. Mais cela a changé. Les Kényans s'imposent désormais sur la scène littéraire kiswahili au Kenya. Cela s'explique en partie par la demande croissante de littérature en kiswahili dans notre système éducatif. » À lire aussiCréer en langues africaines: Nigeria, littérature en yoruba et roman fondateur de D.O. Fagunwa [1/5]   Des publications qui ciblent le marché scolaire Mais ce succès a son revers. « Nous avons des maisons d'édition prêtes à publier des ouvrages en kiswahili. Le seul problème, c'est qu'elles ciblent principalement le marché scolaire, regrette Mwenda Mbatiah. Mon inquiétude est que la lecture en swahili reste confinée au système éducatif. Il serait plus utile que le kiswahili puisse attirer des lecteurs au-delà. C'est ainsi que nous pourrons encourager les écrivains à être créatifs et innovants. » Selon lui, cette dépendance tend à orienter les thèmes abordés afin de répondre aux exigences des programmes scolaires. Pour autant, le professeur, lui-même auteur, ne s'inquiète pas pour l'avenir. « Il n'y a pas de pénurie d'écrivains en kiswahili, rassure-t-il. Des livres en kiswahili continueront à être écrits. D'ailleurs, la tradition orale de la littérature kiswahili est toujours vivante : des récits sont racontés, des poèmes sont déclamés à la radio et à la télévision. Et cela est très important pour le développement de la littérature. » La production en kiswahili se retrouve aussi parfois au théâtre : Kifo Kisimani de Kithaka wa Mberia a ainsi été rejouée en août 2025. Publiée en 2001, à la fin du régime autoritaire de Daniel arap Moi, la pièce met en scène, dans un royaume fictif, un jeune homme arrêté et torturé pour avoir défié un pouvoir oppressif. À lire aussiKenya: la pièce de théâtre «Kifo Kisimani», sur l'autoritarisme, résonne avec l'actualité

Reportage Afrique
Créer en langues africaines: le théâtre en lingala [3/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 14, 2026 2:24


À Kinshasa, les petites ruelles résonnent encore des mots du théâtre en lingala. Mais ces représentations se font de plus en plus rares, dans un paysage culturel largement dominé par le français. Malgré cette évolution, des auteurs et metteurs en scène poursuivent leur combat pour faire vivre et renouveler le répertoire théâtral congolais en langue nationale. De notre correspondante à Kinshasa, Dans les ruelles étroites du quartier Riguini, une troupe répète la pièce Juge président. Dans cette scène, un taxi-moto de Kinshasa et un client négocient le prix d'une course. Chris Ngazyeme, comédien : « Je joue le rôle du motard, c'est un motard qui a augmenté son prix alors que normalement il y a un prix fixé par la loi. Je pars en procès. Le juge président me condamne car je n'ai pas respecté le prix légal, donc il me condamne à une peine de prison. » Il nous explique pourquoi la pièce est jouée entièrement en lingala, l'une des langues nationales : « En fait, d'abord, c'est ma langue et je me sens plus à l'aise de jouer en lingala qu'en français. On peut m'expliquer la scène en lingala, je joue directement. » À écouter aussiCréer en langues africaines: les séries télévisées en pulaar [2/5] Et c'est bien la particularité des pièces jouées en lingala : offrir une liberté d'improvisation aux comédiens. Pour Olivier Castro, auteur et metteur en scène, l'objectif est aussi de créer une connexion avec le public : « J'écris souvent des pièces qui essaient d'éveiller les consciences. Donc, l'apport du lingala, c'est vraiment pour être en communion avec le public, qu'il se sente vraiment en communion avec une personne qui lui parle de ses réalités, de ce qu'il vit au jour le jour. Parce que je trouve qu'en français, il y a une distance. » Accompagner les écrivains en lingala Le théâtre en lingala a connu son âge d'or dans les années 1950 avec des œuvres jouées au théâtre national qui ont marqué les esprits comme Muana Nsusu et Diallo sans souci. Mais les œuvres en lingala sont de plus en plus rares, explique Israel Tshipamba, directeur du Tarmac des auteurs : « Il y a eu beaucoup de programmes à l'époque développés par l'Institut français, par l'organisation internationale de l'OIF, pour qu'il y ait des auteurs qui écrivent en français, mais je crois qu'aujourd'hui si l'État met en place un programme pour accompagner les écrivains en lingala, en tshiluba, en français, ça va marcher. » Les auteurs et metteurs en scène d'œuvres se sont adaptés pour continuer à faire vivre leurs pièces en lingala. Elles sont désormais filmées, puis diffusées à la télévision nationale. À écouter aussiCréer en langues africaines: Nigeria, littérature en yoruba et roman fondateur de D.O. Fagunwa [1/5]

Reportage Afrique
Créer en langues africaines: les séries télévisées en pulaar [2/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 2:09


La langue pulaar a désormais ses séries télévisées. Le secteur est même en développement et voit apparaître, en plus de petits producteurs isolés, des sociétés de production, comme la chaîne Marodi. À Dakar, Bokar Tall a assisté au tournage d'un épisode de Kaya, une toute nouvelle série en pulaar.  Reportage de notre correspondant à Dakar, Bokar Tall Il a fallu du temps à la production pour trouver la bonne maison, un décor reflétant la culture peule, à une quinzaine de kilomètres du centre-ville de Dakar. L'objectif de cette nouvelle série est de faire la promotion de la culture pulaar tout en reprenant les codes des télénovelas. Adama Oury Diallo, la réalisatrice : « On fait en sorte d'avoir un scénario solide qui reflète les réalités de la culture pulaar. Et aussi d'avoir des acteurs qui peuvent interpréter cela, pour qu'on arrive à emporter tous les téléspectateurs. On crée l'univers pulaar à travers l'image et le son, à travers les mises en scène, les jeux d'acteur. C'est comme auparavant, les gens regardaient les télénovelas alors qu'ils ne parlaient pas français. » Les scénarios des séries de Marodi associent traditions peules et modernité. Cette série en tournage, Kaya, raconte ainsi une histoire de têtes de bétail léguées par un patriarche et qui seront source de problèmes entre les héritiers. Pas besoin d'aller chercher loin : la scénariste, Fatoumata Seydou Mbodj, dit qu'elle écrit en s'inspirant du quotidien de son entourage : « Je m'inspire de tout mon environnement. Par exemple, pour la série L'épouse du Cheikh, je me suis inspirée de mon cousin qui a la trentaine et qui a deux épouses. C'est une série où on montre que les femmes ont le droit de choisir leur vie, de choisir leurs époux, le droit de choisir si elles veulent travailler ou être des femmes au foyer. La plupart des gens s'y retrouvent. » Les comédiens eux-mêmes sont convaincus de participer à la promotion de la culture pulaar. L'une des actrices, Fatou N'Diaye, le confie, à peine sortie d'une séquence de tournage : « C'est des séries qui tournent autour de notre culture. On joue sur beaucoup de thèmes, comme le mariage forcé, la polygamie, beaucoup de thèmes liés à la société. Si tu es haalpulaar et fier de ta culture, ça ne peut qu'être facile pour toi. Si je parle pulaar, je dégage de la fierté. »  Depuis 2024, la chaîne Marodi a produit une dizaine de séries en pulaar, après en avoir réalisé beaucoup d'autres en langue wolof. En plus de cette série en tournage, trois autres vont sortir avant la fin de l'année. Les professionnels veulent en faire une industrie cinématographique internationale, portée notamment par les plateformes numériques.

Invité culture
Les indépendances africaines à l'honneur aux Rencontres d'Arles

Invité culture

Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 3:23


Les Rencontres d'Arles ouvrent leur 57ᵉ édition avec un mot d'ordre : « Des mondes à relire ». Plus de quarante expositions, des artistes venus de tous les continents, un bicentenaire de la photographie, mais surtout une volonté affichée de regarder autrement notre époque, ses mémoires et ses fractures. Cette année, l'une des expositions-phares des Rencontres nous projette dans l'Afrique des indépendances. En 1957, le Ghana devient le premier pays d'Afrique subsaharienne à conquérir son indépendance. Mais une nation ne se construit pas seulement avec une Constitution ou un gouvernement : elle se construit aussi avec des images. L'exposition Ghana ! Rêver l'indépendance 1957-1976 montre comment photographes, écrivains, éditeurs et artistes ont participé à inventer le visage d'un pays nouveau, tout en confrontant aujourd'hui cet héritage au regard d'artistes contemporains. Sa commissaire, Damarice Amao, au micro d'Elisabeth Lequeret.

Invité Culture
Les indépendances africaines à l'honneur aux Rencontres d'Arles

Invité Culture

Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 3:23


Les Rencontres d'Arles ouvrent leur 57ᵉ édition avec un mot d'ordre : « Des mondes à relire ». Plus de quarante expositions, des artistes venus de tous les continents, un bicentenaire de la photographie, mais surtout une volonté affichée de regarder autrement notre époque, ses mémoires et ses fractures. Cette année, l'une des expositions-phares des Rencontres nous projette dans l'Afrique des indépendances. En 1957, le Ghana devient le premier pays d'Afrique subsaharienne à conquérir son indépendance. Mais une nation ne se construit pas seulement avec une Constitution ou un gouvernement : elle se construit aussi avec des images. L'exposition Ghana ! Rêver l'indépendance 1957-1976 montre comment photographes, écrivains, éditeurs et artistes ont participé à inventer le visage d'un pays nouveau, tout en confrontant aujourd'hui cet héritage au regard d'artistes contemporains. Sa commissaire, Damarice Amao, au micro d'Elisabeth Lequeret.

Idées
«Mimer le peuple» : Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent cette pratique politique

Idées

Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 40:03


À l'occasion des 9è rencontres des Études Africaines qui avaient lieu du 29 juin au 2 juillet 2026, au Campus Condorcet, à Aubervilliers, près de Paris, Pierre-Edouard Deldique a invité sur place, dans un nouveau numéro d'IDÉES, deux des chercheurs qui participaient à ces travaux. Il s'intéressent, eux à la façon dont les hommes politiques africains miment leurs peuples. Chez Patrick Belinga Ondua comme chez Freddy Ndi, mimer le peuple désigne une technique de légitimation où le pouvoir emprunte les signes, les affects et les langages du « peuple » afin de consolider son autorité, tout en maintenant ce peuple à distance des mécanismes réels de décision. Tel est le paradoxe. Mimer le peuple consiste, selon eux, à revêtir les signes de la proximité : gestes, vêtements, expressions, références culturelles, musiques, des populations. Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent ce phénomène où la légitimité repose moins sur des institutions que sur des performances. Au micro d'Idées, les deux auteurs inscrivent ce mimétisme dans une histoire longue : celle des régimes d'après l'indépendance. Dans de nombreux contextes africains, le peuple a été mobilisé en quelque sorte comme source de légitimité symbolique. Le mimétisme permet alors de réparer symboliquement les violences du passé sans transformer les rapports de pouvoir. Il fabrique une continuité imaginaire entre les luttes anticoloniales et les régimes actuels, tout en évitant d'institutionnaliser une véritable participation populaire. Belinga Ondua et Ndi montrent que le défi contemporain n'est pas de mieux imiter le peuple, mais d'en reconnaître vraiment l'existence. Il doit être présent dans les institutions, les décisions, la résolution des conflits, en un mot dans l'existence de la démocratie. Musiques : Le père de la police - DJ Choco Chimères - Ray Lema Ulagaresh - Ray Lema Quintet.

Reportage Afrique
Créer en langues africaines: Nigeria, littérature en yoruba et roman fondateur de D.O. Fagunwa [1/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 2:07


50 millions de personnes parlent yoruba à travers les pays d'Afrique de l'Ouest et leurs diasporas. C'est une langue essentiellement orale mais qui possède tout de même des œuvres littéraires. Daniel Olorunfemi Fagunwa publie le premier roman en langue autochtone en 1938, à une époque où seule la Bible était disponible en langue locale. Aujourd'hui, des acteurs de la culture œuvrent pour entretenir et encourager une production littéraire. De notre correspondante à Lagos,  Dans La Forêt aux mille démons, Daniel Olorunfẹmi Fagunwa conte en Yoruba l'épopée d'un héros confronté à des épreuves surnaturelles, entre le monde des vivants et celui des esprits. Un premier roman publié en 1938, dans le but de contribuer à l'alphabétisation de son peuple dans un Nigeria encore sous domination britannique, mais aussi de préserver et partager un patrimoine culturel.  Ce n'est que trente ans plus tard que ce roman pionnier sera traduit en anglais par Wole Soyinka, dramaturge et prix Nobel de littérature, considéré comme l'un des héritiers de Fagunwa. Dans sa note de traduction de l'ouvrage, il admet que : « Le plaisir que procure son talent verbal est sans aucun doute largement perdu dans la traduction, mais cela ne justifie pas pour autant de réserver la lecture de Fagunwa aux seuls locuteurs du yoruba ».  Cette réflexion résume le paradoxe des auteurs yorubas, tiraillés entre le désir de préserver la pureté de leur langue et la nécessité de traduire pour exister auprès d'autres publics. À lire aussiShoneyin rêve de ramener la littérature en pays yorouba Mettre en avant la littérature yoruba Rasaq Malik Gbolahan, poète et écrivain, a choisi et il a lancé Atelewo, un magazine en ligne en langue autochtone qui décerne chaque année un prix aux œuvres en yoruba : « L'un des principaux projets que nous avons réalisés lorsque nous avons lancé Atelewo, nous avons lancé un appel à soumission d'œuvres littéraires : poèmes, nouvelles, essais écrits en langue yoruba. Nous voulions nous concentrer uniquement sur la langue yoruba. » Au centre J. Randle pour la culture Yoruba, à Lagos, entre tenues et objets traditionnels sont également exposés les auteurs populaires de la littérature yoruba comme Amos Tutuola, Wole Soyinka ou plus récemment Lola Shoneyin. Le directeur du centre, Qudus Onikeku, prépare l'ouverture d'une bibliothèque entièrement dédiée à ce patrimoine : « Ce serait une énorme collection de livres sur la culture yoruba et nigériane principalement, mais aussi sur l'Histoire. » « Je veux redonner vie à la tradition orale, poursuit-il, parce que je pense que la littérature pour nous était surtout puissante lorsqu'elle était lue à haute voix. » Afin d'assurer de nouvelles générations de lecteurs, le centre culturel propose tout au long de l'année des cours de yoruba. À (ré)écouter, notre podcast :Littérature classique africaine

Idées
«Mimer le peuple» : Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent cette pratique politique

Idées

Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 40:03


À l'occasion des 9è rencontres des Études Africaines qui avaient lieu du 29 juin au 2 juillet 2026, au Campus Condorcet, à Aubervilliers, près de Paris, Pierre-Edouard Deldique a invité sur place, dans un nouveau numéro d'IDÉES, deux des chercheurs qui participaient à ces travaux. Il s'intéressent, eux à la façon dont les hommes politiques africains miment leurs peuples. Chez Patrick Belinga Ondua comme chez Freddy Ndi, mimer le peuple désigne une technique de légitimation où le pouvoir emprunte les signes, les affects et les langages du « peuple » afin de consolider son autorité, tout en maintenant ce peuple à distance des mécanismes réels de décision. Tel est le paradoxe. Mimer le peuple consiste, selon eux, à revêtir les signes de la proximité : gestes, vêtements, expressions, références culturelles, musiques, des populations. Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent ce phénomène où la légitimité repose moins sur des institutions que sur des performances. Au micro d'Idées, les deux auteurs inscrivent ce mimétisme dans une histoire longue : celle des régimes d'après l'indépendance. Dans de nombreux contextes africains, le peuple a été mobilisé en quelque sorte comme source de légitimité symbolique. Le mimétisme permet alors de réparer symboliquement les violences du passé sans transformer les rapports de pouvoir. Il fabrique une continuité imaginaire entre les luttes anticoloniales et les régimes actuels, tout en évitant d'institutionnaliser une véritable participation populaire. Belinga Ondua et Ndi montrent que le défi contemporain n'est pas de mieux imiter le peuple, mais d'en reconnaître vraiment l'existence. Il doit être présent dans les institutions, les décisions, la résolution des conflits, en un mot dans l'existence de la démocratie. Musiques : Le père de la police - DJ Choco Chimères - Ray Lema Ulagaresh - Ray Lema Quintet.

Religions du monde
Comment religions, croyances et pratiques traditionnelles accompagnent les parcours de migration

Religions du monde

Play Episode Listen Later Jul 5, 2026 48:30


Comment les religions peuvent-elles aider à affronter la migration ? Dans les parcours migratoires, d'Afrique vers l'Europe ou d'un pays africain à un autre, les pratiques religieuses, les objets comme des amulettes et les croyances dans les ancêtres accompagnent les personnes sur ces chemins dangereux et peuvent leur permettre de surmonter les peurs, les angoisses et les incertitudes. Comme le souligne l'un de nos invités dans cette émission, « Dieu ne suffit pas » pour affronter les difficultés, l'accompagnement est donc multiple. On utilise aussi sur ce parcours ce qu'on appelle des « kits religieux », des « kits traditionnels » ou encore des « kits de fétiches », à la confluence des christianismes africains, des religions traditionnelles et de l'islam. À l'occasion des 9è Rencontres des Études Africaines en France à Paris (du 30 juin au 2 juillet 2026), Religions du Monde a pu rencontrer plusieurs chercheurs socio-anthropologues d'Afrique et d'Europe, réunis au Campus Condorcet à Aubervilliers, au nord de Paris, autour de leur atelier intitulé : « Se déplacer, croire, pratiquer : matérialités et immatérialités religieuses dans la mobilité ». Invités : - Yassin Dia, anthropologue d'origine sénégalaise qui a fait son doctorat à l'Université de Milan-Bicocca en Italie, travaille sur les migrations africaines en Italie en particulier sur le cas du Sénégal et sur la « quête de soutien spirituel » des Sénégalais en Italie, mais aussi sur la circulation des objets comme les amulettes islamiques - Sophie Bava, socio-anthropologue à l'IRD, l'Institut pour la Recherche et le Développement, au Laboratoire Population Environnement Développement, co-rédactrice en chef de la revue « Afrique(s) en Mouvement ». Elle s'intéresse en particulier aux migrations africaines et aux parcours des croyants : comment se recomposent les paysages religieux sur les parcours migratoire. Sophie Bava a notamment travaillé sur le Maroc et avait publié en 2022 (avec l'anthropologue Bernard Coyault et le photographe Malik Nejmi) le livre « Dieu va ouvrir la mer -  christianismes africains au Maroc », (Éd. Kulte) une plongée dans le quotidien des « Églises de maison » fondées par les migrants subsahariens dans les quartiers périphériques de Rabat - Jean-Fidèle Simba, docteur en sociologie, chargé d'enseignement vacataire à l'université Paris 8, originaire du Congo-Brazzaville, travaille notamment sur le « merveilleux religieux » congolais en contexte migratoire, les pratiques et ses objets, ces « kits religieux » souvent marqués par le secret. Des recherches marquées par son propre parcours migratoire en 2005, qu'il a vécue avec ses propres « kits » en traversant le Sahara et la Méditerranée - Ndeye Aida Dia, doctorante à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal (Unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et Anthropologie IFAN/UCAD), travaille sur la façon dont la spiritualité, la religion, peut aider au quotidien, dans toutes les épreuves des personnes qui ont fait un parcours migratoire, lorsqu'elles sont loin de chez elles, comment elles recréent des espaces spirituels – à travers l'expérience de Sénégalais qui ont émigré aux États-Unis disciples du guide spirituel Cheikh Sayid Omar Kébé.

Religions du monde
Comment religions, croyances et pratiques traditionnelles accompagnent les parcours de migration

Religions du monde

Play Episode Listen Later Jul 5, 2026 48:30


Comment les religions peuvent-elles aider à affronter la migration ? Dans les parcours migratoires, d'Afrique vers l'Europe ou d'un pays africain à un autre, les pratiques religieuses, les objets comme des amulettes et les croyances dans les ancêtres accompagnent les personnes sur ces chemins dangereux et peuvent leur permettre de surmonter les peurs, les angoisses et les incertitudes. Comme le souligne l'un de nos invités dans cette émission, « Dieu ne suffit pas » pour affronter les difficultés, l'accompagnement est donc multiple. On utilise aussi sur ce parcours ce qu'on appelle des « kits religieux », des « kits traditionnels » ou encore des « kits de fétiches », à la confluence des christianismes africains, des religions traditionnelles et de l'islam. À l'occasion des 9è Rencontres des Études Africaines en France à Paris (du 30 juin au 2 juillet 2026), Religions du Monde a pu rencontrer plusieurs chercheurs socio-anthropologues d'Afrique et d'Europe, réunis au Campus Condorcet à Aubervilliers, au nord de Paris, autour de leur atelier intitulé : « Se déplacer, croire, pratiquer : matérialités et immatérialités religieuses dans la mobilité ». Invités : - Yassin Dia, anthropologue d'origine sénégalaise qui a fait son doctorat à l'Université de Milan-Bicocca en Italie, travaille sur les migrations africaines en Italie en particulier sur le cas du Sénégal et sur la « quête de soutien spirituel » des Sénégalais en Italie, mais aussi sur la circulation des objets comme les amulettes islamiques - Sophie Bava, socio-anthropologue à l'IRD, l'Institut pour la Recherche et le Développement, au Laboratoire Population Environnement Développement, co-rédactrice en chef de la revue « Afrique(s) en Mouvement ». Elle s'intéresse en particulier aux migrations africaines et aux parcours des croyants : comment se recomposent les paysages religieux sur les parcours migratoire. Sophie Bava a notamment travaillé sur le Maroc et avait publié en 2022 (avec l'anthropologue Bernard Coyault et le photographe Malik Nejmi) le livre « Dieu va ouvrir la mer -  christianismes africains au Maroc », (Éd. Kulte) une plongée dans le quotidien des « Églises de maison » fondées par les migrants subsahariens dans les quartiers périphériques de Rabat - Jean-Fidèle Simba, docteur en sociologie, chargé d'enseignement vacataire à l'université Paris 8, originaire du Congo-Brazzaville, travaille notamment sur le « merveilleux religieux » congolais en contexte migratoire, les pratiques et ses objets, ces « kits religieux » souvent marqués par le secret. Des recherches marquées par son propre parcours migratoire en 2005, qu'il a vécue avec ses propres « kits » en traversant le Sahara et la Méditerranée - Ndeye Aida Dia, doctorante à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal (Unité de Recherche en Ingénierie Culturelle et Anthropologie IFAN/UCAD), travaille sur la façon dont la spiritualité, la religion, peut aider au quotidien, dans toutes les épreuves des personnes qui ont fait un parcours migratoire, lorsqu'elles sont loin de chez elles, comment elles recréent des espaces spirituels – à travers l'expérience de Sénégalais qui ont émigré aux États-Unis disciples du guide spirituel Cheikh Sayid Omar Kébé.

Rothen s'enflamme
La VAR : comment expliquer le plafond de verre des nations africaines ? – 03/07

Rothen s'enflamme

Play Episode Listen Later Jul 3, 2026 8:42


Jérôme Rothen se chauffe contre un autre consultant, un éditorialiste ou un acteur du foot.

Le surf de l'info
Pourquoi la 86e minute porte malheur aux équipes africaines ?

Le surf de l'info

Play Episode Listen Later Jul 3, 2026 1:40


Ecoutez Vous allez en entendre parler avec Tom Lefevre du 03 juillet 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Invité de la mi-journée
Mondial 2026/équipes africaines: «Il y a une malédiction de la gestion des fins de match»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 6:30


L'Afrique s'est particulièrement distinguée, avec neuf qualifiés sur les dix pays engagés pour les huitièmes de finale du Mondial 2026 de football. Mais ce 1ᵉʳ juillet a été une immense déception pour les supporters de la RDC et du Sénégal, éliminés respectivement par l'Angleterre et par la Belgique, après avoir été tout près de l'exploit. L'Afrique du Sud et la Côte d'Ivoire ont quitté la compétition en fin de partie et avec la même déception et le même goût amer. L'analyse de Patrick Juillard, journaliste spécialiste du football africain chez Sport365 et consultant pour RFI. À lire aussiCoupe du monde 2026: la RD Congo craque sur le fil contre l'Angleterre, qualifiée en 8es de finale À lire aussiÀ la Une: le foot africain victime du syndrome de la dernière minute

Revue de presse Afrique
À la Une: les équipes africaines en seizièmes de finale du Mondial de foot

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 3:18


« L'Afrique signe un premier tour historique », se réjouit Aujourd'hui au Faso. Sur dix sélections engagées, neuf poursuivent l'aventure… « Si l'élargissement du tournoi à 48 équipes a offert davantage d'opportunités, les nations africaines ont surtout su les saisir », poursuit le quotidien.   « Si aucune équipe n'a véritablement survolé son groupe, plusieurs ont démontré qu'elles étaient désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, non plus sur un match isolé mais sur la durée d'une compétition », estime Afrik.com. Parmi les qualifiés, la RDC et le Cap-Vert « ont rappelé qu'un match de foot ne se joue pas seulement avec les pieds mais aussi avec le cœur, les poumons, les tripes et un mental en acier trempé », écrit Le Pays. Mais les « Africains n'ont pas le droit de se contenter des 16e de finale, affirme Wakat Séra. (…) Aucun complexe ne doit plus habiter des footballeurs africains, eux dont les adversaires en Coupe du monde, sont des coéquipiers de club dans les plus prestigieux championnats européens. (…) L'essentiel n'est plus de participer mais de gagner », poursuit le média burkinabé. Bafana Bafana Pour l'Afrique du Sud, l'aventure s'est arrêtée aux portes des 8e de finale. Première équipe à ouvrir le bal des 16e de finale hier. Les Sud-Africains ont perdu 1-0 face au Canada. « Le rêve des Bafana Bafana en Coupe du monde s'est achevé de façon déchirante, un but dans le temps additionnel », résume The South African. « Une défaite crève-cœur, poursuit le quotidien (…). Malgré une défense acharnée pendant de longues périodes, ils (les Sud-Africains) se sont montrés peu dangereux en attaque et ont finalement été puni par le but victorieux du Canada ». Christophe Gleizes Notre confrère Christophe Gleizes aurait dû assister à ce Mondial mais il attend toujours une grâce présidentielle, un an jour pour jours après sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie, rappelle Ouest France. Le journaliste sportif est toujours détenu « malgré les efforts de Paris pour le faire libérer ». En RDC, pas de célébration scolaire Alors que l'épidémie de fièvre Ebola continue de progresser dans la province de l'Ituri, les autorités « ont interdit toute cérémonie, rassemblement ou manifestation dans les établissements scolaires », rapporte 7 sur 7 cd. Les bulletins seront remis aux parents individuellement à partir du 2 juillet selon « un chronogramme de passage, organisé par chaque chef d'établissement, dans le respect des mesures de prévention », précise le média congolais. La situation reste « préoccupante dans la zone de santé de Nizi, située au nord de Bunia, précise Radio Okapi (…). Le virus continue de circuler activement au sein de la population. Face à cette évolution, le médecin-chef de zone tire la sonnette d'alarme ». Sur place, il n'y a « ni de centre de traitement Ebola, ni laboratoire capable d'analyser rapidement les prélèvements ». Des infrastructures indispensables pour améliorer la prise en charge des malades et limiter la propagation du virus. En Ouganda, des médias assiégés par l'armée Dans un article, le Daily Monitor, le journal papier détenu par ce groupe de médias indépendants raconte que « des militaires se sont déployés au siège à Namuwongo et dans ses studios à Kampala » dans la nuit de samedi à dimanche. Une intervention sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba, le chef des armées ougandaises, qui « est aussi le fils du président Yoweri Museveni », rappelle Jeune Afrique. Ce raid a perturbé le fonctionnement de ses chaînes de télévisions, de radios et le site internet du journal papier qui rappelle que cette intervention est « la dernière d'une série de confrontations » entre le groupe médiatique et les autorités et que « le président Museveni a critiqué a plusieurs reprises le Daily Monitor, le qualifiant même de ‘journal hostile et malveillant' en raison de ses positions critiques ».

Revue de presse Afrique
À la Une: les équipes africaines en seizièmes de finale du Mondial de foot

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 3:18


« L'Afrique signe un premier tour historique », se réjouit Aujourd'hui au Faso. Sur dix sélections engagées, neuf poursuivent l'aventure… « Si l'élargissement du tournoi à 48 équipes a offert davantage d'opportunités, les nations africaines ont surtout su les saisir », poursuit le quotidien.   « Si aucune équipe n'a véritablement survolé son groupe, plusieurs ont démontré qu'elles étaient désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, non plus sur un match isolé mais sur la durée d'une compétition », estime Afrik.com. Parmi les qualifiés, la RDC et le Cap-Vert « ont rappelé qu'un match de foot ne se joue pas seulement avec les pieds mais aussi avec le cœur, les poumons, les tripes et un mental en acier trempé », écrit Le Pays. Mais les « Africains n'ont pas le droit de se contenter des 16e de finale, affirme Wakat Séra. (…) Aucun complexe ne doit plus habiter des footballeurs africains, eux dont les adversaires en Coupe du monde, sont des coéquipiers de club dans les plus prestigieux championnats européens. (…) L'essentiel n'est plus de participer mais de gagner », poursuit le média burkinabé. Bafana Bafana Pour l'Afrique du Sud, l'aventure s'est arrêtée aux portes des 8e de finale. Première équipe à ouvrir le bal des 16e de finale hier. Les Sud-Africains ont perdu 1-0 face au Canada. « Le rêve des Bafana Bafana en Coupe du monde s'est achevé de façon déchirante, un but dans le temps additionnel », résume The South African. « Une défaite crève-cœur, poursuit le quotidien (…). Malgré une défense acharnée pendant de longues périodes, ils (les Sud-Africains) se sont montrés peu dangereux en attaque et ont finalement été puni par le but victorieux du Canada ». Christophe Gleizes Notre confrère Christophe Gleizes aurait dû assister à ce Mondial mais il attend toujours une grâce présidentielle, un an jour pour jours après sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie, rappelle Ouest France. Le journaliste sportif est toujours détenu « malgré les efforts de Paris pour le faire libérer ». En RDC, pas de célébration scolaire Alors que l'épidémie de fièvre Ebola continue de progresser dans la province de l'Ituri, les autorités « ont interdit toute cérémonie, rassemblement ou manifestation dans les établissements scolaires », rapporte 7 sur 7 cd. Les bulletins seront remis aux parents individuellement à partir du 2 juillet selon « un chronogramme de passage, organisé par chaque chef d'établissement, dans le respect des mesures de prévention », précise le média congolais. La situation reste « préoccupante dans la zone de santé de Nizi, située au nord de Bunia, précise Radio Okapi (…). Le virus continue de circuler activement au sein de la population. Face à cette évolution, le médecin-chef de zone tire la sonnette d'alarme ». Sur place, il n'y a « ni de centre de traitement Ebola, ni laboratoire capable d'analyser rapidement les prélèvements ». Des infrastructures indispensables pour améliorer la prise en charge des malades et limiter la propagation du virus. En Ouganda, des médias assiégés par l'armée Dans un article, le Daily Monitor, le journal papier détenu par ce groupe de médias indépendants raconte que « des militaires se sont déployés au siège à Namuwongo et dans ses studios à Kampala » dans la nuit de samedi à dimanche. Une intervention sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba, le chef des armées ougandaises, qui « est aussi le fils du président Yoweri Museveni », rappelle Jeune Afrique. Ce raid a perturbé le fonctionnement de ses chaînes de télévisions, de radios et le site internet du journal papier qui rappelle que cette intervention est « la dernière d'une série de confrontations » entre le groupe médiatique et les autorités et que « le président Museveni a critiqué a plusieurs reprises le Daily Monitor, le qualifiant même de ‘journal hostile et malveillant' en raison de ses positions critiques ».

Revue de presse Afrique
À la Une: les espoirs des équipes africaines à la Coupe du monde

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 4:11


La Côte d'Ivoire et le Maroc, sont pleins d'espoir, car déjà qualifiés pour le second tour de la Coupe du monde, en attendant, peut-être, que le Sénégal les rejoigne. Dernière victoire en date, celle de la Côte d'Ivoire. Avec en Une de l'Infodrome, cette exclamation : « C'est historique : après quatre participations, la Côte d'Ivoire se qualifie pour la première fois de son histoire pour le deuxième tour de la Coupe du monde. Les Éléphants se sont imposés 2-0 face à Curaçao, ce jeudi, poursuit le journal en ligne ivoirien, ils valident leur billet pour les seizièmes de finale, terminant à la deuxième place, à égalité de points avec l'Allemagne ». L'Infodrome est admiratif, et parle « d'un exploit pour cette jeune sélection ivoirienne, dont la moyenne d'âge est d'environ 25 ans ». Une qualification qui fait aussi la joie de Fratmat, le journal commente le succès des Éléphants face à Curaçao : les Ivoiriens « ont fait respecter la hiérarchie face au novice de la compétition. Solides dans le jeu, appliqués dans leurs transitions et efficaces devant les buts, ils ont validé leur qualification avec autorité ». « Cette victoire, poursuit Fratmat, vient récompenser la progression des Éléphants dans le tournoi. Battus de justesse par l'Allemagne (2-1) lors de leur entrée en lice, ils avaient ensuite arraché une précieuse victoire face à l'Équateur (1-0) avant de confirmer leur montée en puissance contre Curaçao ». Maroc - Pays-Bas Le Maroc, déjà qualifié pour le deuxième tour, connait, lui, désormais, son futur adversaire. « Le Maroc affrontera les Pays-Bas en 16e de finale », annonce le site 360. La rencontre aura lieu dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin. Le site marocain d'actualité sportive s'est penché sur les statistiques des dernières rencontres entre les deux équipes. En 1994, 1999 et 2017 : bilan une victoire pour les Lions de l'Atlas en 1999, contre deux défaites.  Mince espoir Le Sénégal conserve une petite chance de jouer les 16e de finale. Il lui faut pour cela battre l'Irak, ce soir. « Pape Thiaw appelle à la mobilisation avant le match décisif contre l'Irak », titre le Soleil, à Dakar, « le sélectionneur sénégalais affiche sa détermination à décrocher la qualification pour les seizièmes de finale, tout en mettant en garde contre la qualité de l'équipe irakienne ».  « C'est une équipe capable de créer beaucoup de problèmes à ses adversaires, notamment dans le secteur offensif », explique le sélectionneur sénégalais, qui se montre plutôt optimiste, malgré la défaite concédée précédemment face à la Norvège : « Cette défaite, dit-il, a été difficile, mais elle renforce notre envie de réagir. Nous sommes déterminés à battre l'Irak pour décrocher notre qualification pour le prochain tour ». Pour la Tunisie, il n'y aura pas de deuxième tour. La Tunisie battue 3 buts à 1 par les Pays-Bas, à Kansas City. « Très vite arrivés en tête, 1-0 puis 2-0, les Néerlandais n'ont clairement pas eu à forcer et ont donné l'impression de ne pas se donner à fond », estime Afrikfoot  alors que Kawarji, le journal en ligne tunisien, juge tout de même qu'il y a quelques motifs de satisfaction. Le journal en ligne estime en effet que « les Tunisiens ont livré leur meilleure prestation du tournoi et qu'ils ont affiché un visage bien plus séduisant, que lors de leurs deux premières sorties ». De son côté, Afrikfoot se projette déjà dans le futur, avec les 16e de finale qui opposeront les Pays-Bas au Maroc. Afrikfoot souligne quelques failles du côté des Oranje dont (nous dit-on) « la gestion des contres adverses a laissé à désirer, ils ont tout de même concédé 10 tirs ». Mais rien n'est acquis. « Il faudra voir comment se comporteront les Pays-Bas face à un bloc adverse qui évoluera beaucoup plus haut que celui de la Tunisie et lui imposera un pressing plus conséquent », conclut Afrikfoot. 

Editions Karthala
Repenser les modernités africaines. Témoignages sur l'anthropologie critique de Jean-Pierre Dozon

Editions Karthala

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 60:05


Présentation de l'ouvrage Repenser les modernités africaines. Témoignages sur l'anthropologie critique de Jean-Pierre Dozon, dirigé par Fabienne Samson.Cet ouvrage collectif rend hommage à une figure majeure de l'anthropologie africaniste, Jean-Pierre Dozon, en explorant les dynamiques historiques, sociales et politiques des sociétés africaines à travers le prisme des « modernités africaines ».Avec Fabienne Samson, Léo Montaz, Allison Sanders et Jean-Pierre Dozon.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: les espoirs des équipes africaines à la Coupe du monde

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 4:11


La Côte d'Ivoire et le Maroc, sont pleins d'espoir, car déjà qualifiés pour le second tour de la Coupe du monde, en attendant, peut-être, que le Sénégal les rejoigne. Dernière victoire en date, celle de la Côte d'Ivoire. Avec en Une de l'Infodrome, cette exclamation : « C'est historique : après quatre participations, la Côte d'Ivoire se qualifie pour la première fois de son histoire pour le deuxième tour de la Coupe du monde. Les Éléphants se sont imposés 2-0 face à Curaçao, ce jeudi, poursuit le journal en ligne ivoirien, ils valident leur billet pour les seizièmes de finale, terminant à la deuxième place, à égalité de points avec l'Allemagne ». L'Infodrome est admiratif, et parle « d'un exploit pour cette jeune sélection ivoirienne, dont la moyenne d'âge est d'environ 25 ans ». Une qualification qui fait aussi la joie de Fratmat, le journal commente le succès des Éléphants face à Curaçao : les Ivoiriens « ont fait respecter la hiérarchie face au novice de la compétition. Solides dans le jeu, appliqués dans leurs transitions et efficaces devant les buts, ils ont validé leur qualification avec autorité ». « Cette victoire, poursuit Fratmat, vient récompenser la progression des Éléphants dans le tournoi. Battus de justesse par l'Allemagne (2-1) lors de leur entrée en lice, ils avaient ensuite arraché une précieuse victoire face à l'Équateur (1-0) avant de confirmer leur montée en puissance contre Curaçao ». Maroc - Pays-Bas Le Maroc, déjà qualifié pour le deuxième tour, connait, lui, désormais, son futur adversaire. « Le Maroc affrontera les Pays-Bas en 16e de finale », annonce le site 360. La rencontre aura lieu dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin. Le site marocain d'actualité sportive s'est penché sur les statistiques des dernières rencontres entre les deux équipes. En 1994, 1999 et 2017 : bilan une victoire pour les Lions de l'Atlas en 1999, contre deux défaites.  Mince espoir Le Sénégal conserve une petite chance de jouer les 16e de finale. Il lui faut pour cela battre l'Irak, ce soir. « Pape Thiaw appelle à la mobilisation avant le match décisif contre l'Irak », titre le Soleil, à Dakar, « le sélectionneur sénégalais affiche sa détermination à décrocher la qualification pour les seizièmes de finale, tout en mettant en garde contre la qualité de l'équipe irakienne ».  « C'est une équipe capable de créer beaucoup de problèmes à ses adversaires, notamment dans le secteur offensif », explique le sélectionneur sénégalais, qui se montre plutôt optimiste, malgré la défaite concédée précédemment face à la Norvège : « Cette défaite, dit-il, a été difficile, mais elle renforce notre envie de réagir. Nous sommes déterminés à battre l'Irak pour décrocher notre qualification pour le prochain tour ». Pour la Tunisie, il n'y aura pas de deuxième tour. La Tunisie battue 3 buts à 1 par les Pays-Bas, à Kansas City. « Très vite arrivés en tête, 1-0 puis 2-0, les Néerlandais n'ont clairement pas eu à forcer et ont donné l'impression de ne pas se donner à fond », estime Afrikfoot  alors que Kawarji, le journal en ligne tunisien, juge tout de même qu'il y a quelques motifs de satisfaction. Le journal en ligne estime en effet que « les Tunisiens ont livré leur meilleure prestation du tournoi et qu'ils ont affiché un visage bien plus séduisant, que lors de leurs deux premières sorties ». De son côté, Afrikfoot se projette déjà dans le futur, avec les 16e de finale qui opposeront les Pays-Bas au Maroc. Afrikfoot souligne quelques failles du côté des Oranje dont (nous dit-on) « la gestion des contres adverses a laissé à désirer, ils ont tout de même concédé 10 tirs ». Mais rien n'est acquis. « Il faudra voir comment se comporteront les Pays-Bas face à un bloc adverse qui évoluera beaucoup plus haut que celui de la Tunisie et lui imposera un pressing plus conséquent », conclut Afrikfoot. 

Aujourd'hui l'économie
Mondial 2026: pourquoi le manque de moyens financiers plombe les équipes africaines

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 2:57


Alors que le mondial de foot se poursuit avec de nouveaux matchs prévus ce mercredi, focus sur le financement des équipes. Un point déterminant pour la compétition, car le manque de moyens et la fuite des talents plombent les chances de nombreux pays africains.   Le football, on le sait, est une histoire de talents et les équipes africaines n'en manquent pas, mais c'est surtout une histoire d'argent. Pour la première fois d'ailleurs, dix pays africains ont été sélectionnés pour cette Coupe du monde, les joueurs africains sont encensés dans le monde entier et pourtant, depuis la création de la Coupe du monde, aucune équipe africaine n'a soulevé le trophée. Pourquoi ce paradoxe ? L'Afrique produit des talents, mais elle ne possède pas encore l'écosystème capable de capitaliser sur ses jeunes footballeurs. Aujourd'hui, 97% de la valeur des effectifs africains du Mondial sont détenus hors d'Afrique. Cette valeur est estimée à 2,4 milliards d'euros. Un autre chiffre ? L'ensemble des clubs du continent africain générerait moins de 400 millions de dollars de revenus annuels, soit moins que les revenus d'un seul des cinq plus grands clubs européens. En comparaison, la Premier League de foot est aujourd'hui à plusieurs milliards de livres de revenus cumulés par saison. Cela donne le tournis et ce sont deux études d'Harvard qui le disent. Le paradoxe n'est donc pas sportif, il est structurel. L'Afrique exporte ses talents, mais ne possède pas la machine économique qui permet de les valoriser. C'est une situation proche d'une économie qui exporte ses matières premières sans développer toute la chaîne de production. Le talent est africain, mais la chaîne économique est largement européenne.  Le football : une industrie mondiale ll faut des infrastructures, des revenus, des centres de formation, et surtout l'habitude d'affronter les meilleures équipes pour avoir toutes les chances de jouer dans la cour des grands.  La Coupe du monde révèle ce déséquilibre : une équipe africaine peut battre une grande nation sur un match. Mais pour gagner un tournoi, il faut un système capable de produire des champions sur plusieurs générations. Pour cela, les fédérations africaines ont besoin de revenus, indispensables pour avoir les moyens d'offrir aux joueurs les meilleures conditions de formation ou même d'exercice de leur activité. Or, lorsqu'elles vendent un joueur à l'international, l'indemnité de formation et la contribution de solidarité, qui représentent 5% de chaque transfert international et qui sont reversées aux clubs formateurs, ne suffisent pas à les compenser. Surtout quand on sait qu'un joueur vendu à 150 000 euros peut en valoir 30 millions quelques années plus tard, c'est une richesse créée en Afrique et captée ailleurs.  Redistribution des droits TV des compétitions africaines Pendant des années, ils ont été récupérés hors continent. La Confédération africaine de football a signé un nombre record de droits médias pour la dernière Coupe d'Afrique des nations au Maroc afin de mieux développer les infrastructures et les talents du football sur le continent.   Mais problème, de nombreuses compétitions sont restées inaccessibles aux chaînes du continent qui ont lancé un appel pour que les téléspectateurs africains ne se retrouvent plus contraints de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre une compétition de football. 

Campus Grenoble
Chemins de Traverse de la Recherche : L’avenir des langues africaines par leur numérisation

Campus Grenoble

Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 56:01


Dans cet épisode, nous découvrons une recherche sur la manière dont on peut intégrer une langueafricaine comme le baoulé dans les environnements numériques et les technologies de l’intelligenceartificielle. À partir de la collecte de données linguistiques auprès des locuteurs natifs,... Continue Reading →

Invité du jour
Mondial 2026 : quels parcours pour les équipes africaines ? Avec E. Mokolo, A. Bentaha, L. Kabeya

Invité du jour

Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 45:33


Victoire de l'Egypte face à la Nouvelle Zélande (3-1), nouveau nul héroïque pour le Cap-Vert avec 2 partout contre l'Uruguay... Que retenir des performances des équipes africaines lors de ce Mondial de football ? Parlons-en avec nos invités, Elton Mokolo, Journaliste sportif à RMC, Winamax Sport, Canal + Afrique, Adel Bentaha, journaliste sportif à So Foot, et Lee-Roy Kabeya, journaliste à Canal + Afrique et L'Équipe.

Rothen s'enflamme
LE PROCES - LES AVOCATS : Selon Jérôme et Manu, les équipes africaines ne sont pas assez armées pour remporter ce Mondial 2026 – 12/06

Rothen s'enflamme

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 4:19


Un acteur du monde du foot est l'accusé du soir. Il est ensuite défendu avant le verdict du juge.

Podcast Paris United
COUPE DU MONDE 2026 _ TOUR D'HORIZON DES ÉQUIPES AFRICAINES

Podcast Paris United

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 46:16


COUPE DU MONDE 2026 _ TOUR D'HORIZON DES ÉQUIPES AFRICAINES by Paris United

L'AFFRANCHIE PODCAST
Notre soeur rabat-joie, rencontre avec Guillaume Cingal et Patricia Houéfa Grange

L'AFFRANCHIE PODCAST

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 50:32


Rencontre avec Patricia Houéfa Grange et Guillaume Cingal, traducteurices, à l'occasion de la parution du livre d'Ama Ata Aidoo, NOTRE SŒUR RABAT-JOIE - Méditations obliques d'une Noire, aux éditions Ròt-Bò-Krik.Sissie, une jeune étudiante dans le Ghana des premières années de l'indépendance, obtient une bourse de séjour en Europe. Le périple qui la mène de l'Allemagne à l'Angleterre lui démontre à quel point les rapports des Africaines et des Africains à l'Occident et à eux-mêmes restent modelés par la colonialité.Dans cette œuvre incontournable de la littérature féministe africaine enfin traduite en français, tout est affaire de décentrement du regard et des repères.Ici, la décolonisée sceptique observe les anciens colonisateurs. Soigneusement tissé de prose et de vers libres, ce roman drôle et acerbe d'Ama Ata Aidoo nous ouvre les pensées d'une femme noire qui s'aventure au cœur de la blanchité.Ama Ata Aidoo (1942-2023) est une autrice et dramaturge ghanéenne, dont l'œuvre abondante – romans, poésie, nouvelles, pièces de théâtre et essais – explore les défis post-coloniaux et la condition féminine africaine. Elle poursuit une longue carrière de professeure d'université (Ghana, Kenya, Zimbabwe, États-Unis) et lutte tout au long de sa vie pour l'accès à l'éducation et à l'écriture des femmes noires, à partir de son engagement politique et des organisations militantes qu'elle fonde. Abondamment étudiés dans le monde anglophone, ses écrits restent encore à découvrir en français.Ròt-Bò-Krik est une maison d'édition petite, indépendante, polyphonique, joyeuse et baroque.Saison #6 : Univers graphique : Mirion Malle | Habillage sonore : Pierre-Antoine Naline, accompagné de la chorale Dònas d'Òlt d'après le chant La Rota composé par Nadèta Carita | À la conversation et à la réalisation : Soazic Courbet. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Vous m'en direz des nouvelles !
Entre soul, pop et influences africaines, «So» le 1er album de Yaya Minté couronne 10 ans de travail

Vous m'en direz des nouvelles !

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 48:29


Yaya Minté, arrivé en France à l'âge de 8 ans, mêle les sonorités de ses racines sénégalaises à d'autres héritages musicaux, des inspirations qui viennent de la musique pop ou de la soul et des grandes voix noires américaines. Il collabore avec de nombreux artistes et chante, écrit et compose. Yaya Minté sort enfin un album attendu avec 15 titres qui véhiculent de bonnes ondes. Yaya Minté, auteur, compositeur, interprète était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Yaya Minté sort son premier album So.   ► Chronique :  Marjorie Bertin s'est rendue à l'exposition « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris.   ► Playlist du jour : - Yaya Minté feat Imany - There Might Be  - Yaya Minté - Seven (en live) - Yaya Minté - What's The Answer - Yaya Minté - Still I Rise (en live) - Yaya Minté - Game Changed

Vous m'en direz des nouvelles
Entre soul, pop et influences africaines, «So» le 1er album de Yaya Minté couronne 10 ans de travail

Vous m'en direz des nouvelles

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 48:29


Yaya Minté, arrivé en France à l'âge de 8 ans, mêle les sonorités de ses racines sénégalaises à d'autres héritages musicaux, des inspirations qui viennent de la musique pop ou de la soul et des grandes voix noires américaines. Il collabore avec de nombreux artistes et chante, écrit et compose. Yaya Minté sort enfin un album attendu avec 15 titres qui véhiculent de bonnes ondes. Yaya Minté, auteur, compositeur, interprète était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Yaya Minté sort son premier album So.   ► Chronique :  Marjorie Bertin s'est rendue à l'exposition « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris.   ► Playlist du jour : - Yaya Minté feat Imany - There Might Be  - Yaya Minté - Seven (en live) - Yaya Minté - What's The Answer - Yaya Minté - Still I Rise (en live) - Yaya Minté - Game Changed

Invité Afrique
Loi sur la restitution d'œuvres africaines: «C'est très important qu'il y ait vite des restitutions»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 10:09


Après neuf ans d'hésitation, les députés et sénateurs français ont fini, le 7 mai 2026, par voter à l'unanimité une loi-cadre sur la restitution des objets pillés pendant la colonisation. C'est une victoire pour les anciennes colonies françaises comme le Bénin. Mais le retour en Afrique de ces biens culturels ne risque-t-il pas d'être stoppé l'année prochaine s'il y a un changement de majorité en France ? C'est l'une des questions que Christophe Boisbouvier a posées à l'historienne franco-béninoise Marie-Cécile Zinsou, qui préside la Fondation Zinsou à Ouidah, près de Cotonou. RFI : Avec tous ces lieux de mémoire, avec tous ces musées, quelles sont les ambitions du Bénin de Romuald Wadagni ? Marie-Cécile Zinsou : Alors écoutez, le Bénin s'est engagé depuis quelques années dans une préservation de son patrimoine et dans une nouvelle politique qui est totalement axée à la fois sur son histoire et sur l'avenir. Donc, je crois que le nouveau président va s'inscrire dans le chemin qu'il avait tracé aux côtés de Patrice Talon, notre précédent président, ces dernières années. On est un peu dans la continuité, c'est ça ? Il me semble qu'on est effectivement dans la continuité je pense, le président Wadagni était notre ministre des Finances pendant les dix dernières années. Donc, il me semble qu'on est dans quelque chose qui ressemble à une continuité. À l'origine de ce renouveau mémoriel, il y a l'action initiale du ministre Aurélien Agbenonci, il y a dix ans déjà, quand il a réclamé à la France de François Hollande la restitution des trésors royaux du Bénin. Est-ce que la loi-cadre votée par la France répond à vos attentes ? Ce qui est absolument fondamental, c'est ce que le courrier du Bénin a déclenché en France. Et la réponse qu'Emmanuel Macron y a apportée à Ouagadougou en 2017. Puisqu'on peut vraiment dater le début du processus de restitution à partir de ce discours. Donc aujourd'hui, la loi-cadre, après neuf ans d'attente, arrive pour donner une forme à ces restitutions et pour éviter les lois d'exception qui avaient eu lieu jusqu'alors pour à la fois le Bénin, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Oui, c'est-à-dire que jusqu'à présent il fallait une loi par restitution ? Oui, il fallait des lois spécifiques. Et la loi-cadre, elle va être efficace très rapidement puisque le gouvernement français est motivé et l'a fait savoir. Les parlementaires ont voté à l'unanimité cette loi, ce qui montre bien que la représentation nationale française est tout aussi concernée par les questions de restitution. Et il y a de nombreuses demandes en cours du côté du continent. Donc, c'est une loi qui, avec un gouvernement et une représentation nationale française motivés, peut être extrêmement efficace. Est-ce qu'il y a des failles malgré tout dans cette loi ? Alors cette loi, elle propose qu'il y ait des commissions bi-nationales, donc entre l'État demandeur et l'État français pour examiner le cas des biens qui ont été pillés illicitement. Evidemment, si la France est motivée, elle met en place une commission qui regarde avec intérêt, objectivité et bienveillance les demandes de restitutions. Si le prochain gouvernement était moins motivé par les restitutions, ces commissions pourraient être nettement plus dures et pourraient bloquer certains processus. Je pense que c'est pour ça que c'est très important qu'il y ait des premières restitutions assez rapidement, parce que, après, ce sera un phénomène inarrêtable. Et le président français l'a dit à Nairobi, a priori, c'est une loi irréversible. On ne reviendra pas sur les restitutions. Il faut créer une dynamique ? Il faut créer une dynamique et il faut créer des précédents pendant cette année où toutes les étoiles semblent alignées. Quels sont les pays développés les plus réticents à restituer les œuvres qui ont été pillées au 19ᵉ et au XXᵉ siècle ? Alors chaque pays est complexe. En Europe, le plus réticent est peut-être celui qui a le plus restitué, et les gens ne s'en rendent pas forcément compte. Mais aujourd'hui, on peut dire que le Royaume-Uni est celui qui se protège le plus. Notamment parce que les Britanniques sont face à des demandes de restitutions européennes, et notamment des Grecs qui réclament les frises du Parthénon, qui sont au British Museum. Et donc, à la fois, le Royaume-Uni refuse de légiférer et bloque une partie des demandes. Et en même temps, c'est le Royaume-Uni qui a restitué plus de 70 biens déjà à travers ses musées non nationaux, donc à travers ses musées universitaires et ses musées régionaux. Donc, le Royaume-Uni est peut-être celui qui, dans la loi, est le moins ambitieux, mais qui restitue le plus. Alors qu'il y a des pays comme la Belgique qui ont restitué officiellement, massivement, puisqu'il y a plus de 1 200 objets qui sont déjà concernés par la loi belge, et en même temps, il y a un seul masque qui a fait le voyage de retour au Congo. Est-ce que les différentes institutions béninoises qui ont été créées ces derniers mois, notamment le Comité scientifique national auquel vous appartenez… Est-ce que tout cela peut encourager les pays qui détiennent des biens culturels et qui ne veulent pas s'en séparer ? Est-ce que cela peut les encourager à les restituer à des pays demandeurs comme le vôtre ? Il me semble que l'exemple du Bénin a été important, notamment avec la première restitution, avec la première loi d'exception de la France, quand les 26 objets du Trésor royal d'Abomey sont revenus, le Bénin a fait une démonstration assez éclatante de ce que pouvait être le retour du patrimoine et le partage à tous de ces collections. Donc, je pense que ça a aussi permis de faire sauter des verrous qui étaient bien souvent des préjugés sur une base raciste, ou sur juste une base de se dire que l'Afrique n'était pas intéressée à son patrimoine, que les Africains n'allaient pas au musée. Ça, c'était des propos qu'on entendait dans la société française. Tout à coup, à partir du moment où on a fait la démonstration que les gens se sont passionnés pour cette exposition, qu'elle a été ouverte à tous en grand, je crois que les gens ont réalisé ce que c'était, en fait, que d'être privé de son patrimoine depuis des dizaines ou des centaines d'années, et d'y avoir enfin un accès. Donc, je crois qu'évidemment certains pays, qui prenaient la question très à la légère, ont vu la preuve devant leurs yeux que c'étaient des questions fondamentales et qu'on ne pouvait pas rester sur des préjugés souvent racistes qui étaient prédominants.

Les bonnes choses
Alexandre Bella Ola, ambassadeur des cuisines africaines

Les bonnes choses

Play Episode Listen Later May 31, 2026 29:16


durée : 00:29:16 - Les Bonnes choses - par : Caroline Broué - Longtemps cantonnée aux clichés, la cuisine d'Afrique subsaharienne trouve aujourd'hui une nouvelle place dans le paysage gastronomique français. Parmi ceux qui ont contribué à ce mouvement, Alexandre Bella Ola fait figure de pionnier. - réalisation : Léa Warrin, Jean-Christophe Francis - invités : Alexandre Bella Ola Chef du restaurant Rio dos Camaraos à Montreuil Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

rio alexandre cuisine parmi radio france ambassadeurs africaines jean christophe francis alexandre bella ola
Le grand podcast de voyage
Alexandre Bella Ola, ambassadeur des cuisines africaines

Le grand podcast de voyage

Play Episode Listen Later May 31, 2026 29:16


durée : 00:29:16 - Le grand podcast de voyage - par : Caroline Broué - Longtemps cantonnée aux clichés, la cuisine d'Afrique subsaharienne trouve aujourd'hui une nouvelle place dans le paysage gastronomique français. Parmi ceux qui ont contribué à ce mouvement, Alexandre Bella Ola fait figure de pionnier. - réalisation : Léa Warrin, Jean-Christophe Francis - invités : Alexandre Bella Ola Chef du restaurant Rio dos Camaraos à Montreuil Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

rio alexandre cuisine parmi radio france ambassadeurs africaines jean christophe francis alexandre bella ola
Le débat africain
Les diasporas africaines sont-elles vraiment moteur de développement en Afrique?

Le débat africain

Play Episode Listen Later May 29, 2026 38:59


Elles seraient l'armée secrète de l'Afrique. Leurs cerveaux en exil, leurs milliards dormants, depuis 20 ans, on en parle comme une évidence, les diasporas africaines vont développer le continent africain. Le narratif est séduisant, le récit est puissant mais est-il réaliste ?  Selon la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, les transferts de fonds des diasporas à destination de l'Afrique se situent entre 50 et 100 milliards de dollars, ces dernières années. Des ingénieurs formés à Paris, Londres, New York, prêts à rentrer et tout changer. Le narratif est séduisant, le récit puissant, mais est-il pour autant réaliste ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Serge-Éric Menye, essayiste et consultant, auteur du livre Le mythe des diasporas africaines. La nouvelle utopie pour développer l'Afrique, aux éditions Le Lys Bleu Éditions   Léa Desgranges, fondatrice franco-malgache d'Equit'ABLE Africa, une société d'ingénierie financière permettant aux diasporas d'investir dans des PME à impact en Afrique de l'Ouest   Blaise Gnimassoun, maître de conférences en Sciences économiques à l'Université de Lorraine, et auteur de l'article Diaspora : le potentiel de développement sous-estimé de l'Afrique à consulter sur le site The conversation.com.

Les matins
Vincent Bolloré : un milliardaire en croisades 2/4 : Les affaires africaines

Les matins

Play Episode Listen Later May 26, 2026 13:26


durée : 00:13:26 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Pour Vincent Bolloré, l'Afrique est un levier d'expansion décisif, mais aussi un espace de tensions juridiques. Avant cela, il s'était déjà imposé dans le capitalisme français avec la prise de contrôle d'Havas. Alain Minc, économiste et essayiste, revient sur cette trajectoire d'ascension. - réalisation : Félicie Faugère, Yoann Duval, Marie-Lys de Saint Salvy, Emma Lichtenstein, Mathilde Thon-Fourcade, Alice Deschamps, Carolina Sousa - invités : Alain Minc Economiste et essayiste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les interviews d'Inter
"Les nations africaines désirent redevenir le sujet de leur propre Histoire" pour l'écrivain sénégalais Felwine Sarr

Les interviews d'Inter

Play Episode Listen Later May 24, 2026 24:47


durée : 00:24:47 - Les interviews d'Inter - par : Ali Baddou, Marion L'Hour - L'économiste, poète et essayiste sénégalais Felwine Sarr, enseignant à l'université de Duke aux États-Unis, publie son livre "La Fabrique du présent" aux éditions Philippe Rey/Jimsaan. Il questionne les conditions d'émancipation de l'Afrique et évoque "un droit à la réinvention". - invités : Felwine Sarr Écrivain, musicien, économiste et universitaire Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Invité Afrique
Sommet «Africa Forward»: Aïssata Tall Sall, ex-ministre des Affaires étrangères sénégalaise

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 11, 2026 13:41


Le sommet Afrique-France de Nairobi, c'est aujourd'hui, lundi 11 mai et demain, mardi 12 mai, avec quelque trente chefs d'État et de gouvernement et quelque deux mille chefs d'entreprise, qui sont attendus dans la capitale du Kenya. Mais après les revers qu'elle a subis ces dernières années, la France a-t-elle encore un rôle stratégique à jouer sur le continent ? Aïssata Tall Sall a été la ministre des Affaires étrangères du Sénégal de 2020 à 2023. Aujourd'hui, elle est députée et dirige le premier groupe de l'opposition à l'Assemblée nationale. En ligne de Dakar, Maître Aïssata Tall Sall répond aux questions de C. Boisbouvier.   RFI : Aïssata Tall Sall, pour la première fois dans l'histoire des sommets Afrique-France, une édition se déroule en terre anglophone. Qu'en pensez-vous ? Aïssata Tall Sall : Je pense que c'est inédit et que nous devons lire cela sous le prisme d'une géopolitique africaine. La France, on doit le dire, n'est plus ce qu'elle était, il y a quelques années, en Afrique, pour ce qui est de ses relations, en tout cas avec ses anciennes colonies. Les pays de l'AES [le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui forment l'Alliance des États du Sahel, NDLR] sont là. Les souverainistes sont là, avec de nouveaux pouvoirs. Il y a aussi notre société civile, notre opinion, qui est très très dure et exigeante vis-à-vis de la France. Il y a aussi ces bases militaires qui étaient là – je sais que celles du Sénégal sont déjà parties. Je pense que la France elle-même est en train de revoir sa relation avec l'Afrique. Et tout cela dans ce que les Africains, eux, résument par « ni exclusivité, ni exclusion » : c'est-à-dire dans une relation multilatérale libre, avec tous les États, dont le centre du monde n'est nulle part. Il est seulement là où vont les intérêts des pays africains. Le mot d'ordre de ce sommet de Nairobi, c'est l'économie. Est-ce que la France a encore un rôle à jouer dans le développement économique du continent ? Je pense que oui. C'est un rôle de leader, de conducteur, ou alors d'éveilleur de ce partenariat, sur des questions telles que la sécurité, telles que le climat, les questions de santé – on sort d'une pandémie de Covid. Il y a aussi les questions financières : est-ce que la France peut être ce grand messager qui pourra influer sur ses partenaires dans l'OCDE, dans le G7, pour que toutes ces règles puissent être allégées à la lumière des difficultés et surtout des besoins de financement des économies africaines. L'autre mot d'ordre de ce sommet de Nairobi, c'est la paix et la sécurité en Afrique. Or, les militaires français ont été chassés des trois États de l'AES et du Sénégal. Est-ce que le rôle stratégique de la France en Afrique de l'Ouest est fini ? Pour ce qui est du Sénégal, c'est peut-être trop forcé sur la caricature (elle rit). Les problèmes de sécurité sont prégnants, particulièrement en Afrique de l'Ouest, particulièrement pour moi, la Sénégalaise qui est frontalière du Mali. Donc, aujourd'hui, je pense que nous devons appréhender ces questions de sécurité sous un autre prisme : ce n'est pas celui de la présence de bases militaires qui vont garantir d'ailleurs, la plupart du temps – si on se dit la vérité – la sécurité des régimes en place. Nous, nous voulons la prévention. Et la prévention, c'est par le renseignement, c'est par un vrai échange discret, mais très fort dans le Sahel, et que la France, ainsi que les autres partenaires, puissent nous aider à cela, pour que nous soyons au-devant de la sécurité et pas attendre de subir, pour ensuite appeler à une quelconque intervention. Il y a deux ans, la président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a fait campagne pour l'émancipation de son pays par rapport à la France. Il y a 18 mois, il a annoncé la fermeture de la base militaire française de Dakar. Mais il est toutefois attendu au sommet Afrique-France de Nairobi. Est-ce que vous êtes surprise ? Je ne suis pas surprise et pour moi, ce n'est pas antinomique. Pour moi, le multilatéralisme est vraiment l'axe du partenariat et l'axe de la relation que nous devons avoir avec les États. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a deux ans ou un peu plus, en tant que ministre des Affaires étrangères, j'avais accompagné le président Macky Sall au sommet Russie-Afrique [en juillet 2023 à Saint Petesbourg]. Et il y avait bien sûr le président russe Vladimir Poutine, mais il y avait le grand chef de l'Église orthodoxe, Cyril. Le patriarche Cyril s'est adressé aux Africains pour leur dire : « Nous avons les mêmes valeurs. » Et aujourd'hui, nous sommes en train d'implanter de petites églises orthodoxes un peu partout en Afrique. Et j'ai même vu des Africaines, comme des nonnes habillées en orthodoxes. Et j'ai compris que l'influence que la Russie était en train d'exercer dans nos États était une influence multiforme :  pas seulement sur la sécurité, pas seulement sur l'économie, mais également sur le religieux. Et c'est à ça aujourd'hui que nous faisons face. Mais je pense que, fondamentalement, la relation historique que nous avons avec la France et avec l'Occident – les valeurs de démocratie, de droits de l'homme, que nous partageons avec la France et avec l'Occident – doit faire que nous puissions être à l'aise avec la France, avec les Occidentaux, bien avant qu'avec tous les autres. Et c'est peut-être la raison pour laquelle le président [Bassirou Diomaye Faye, NDLR] pense que, malgré tout ce qu'il a dit, malgré tout ce qu'il a fait, cette relation doit exister et qu'il doit se rendre là où elle doit s'exprimer : c'est-à-dire aujourd'hui à Nairobi. Est-ce que la présence de militaires russes dans les trois États de l'AES, et notamment au Mali, est bénéfique pour ces pays, selon vous ? Je ne peux pas répondre directement à cette question, parce que seuls ces pays-là peuvent apprécier si la présence leur est bénéfique ou pas. En tout cas, ce que j'observe, c'est que, malgré cela, les jihadistes sont toujours actifs et même très actifs. On a vu ce qui s'est passé le 25 avril [attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et des rebelles du FLA, dans la plusieurs villes et localités maliennes, NDLR]. Je pense que le Mali a encore besoin de beaucoup de concours de tous les pays, pour arrêter cette escalade qui ne cesse de monter. Donc les Russes sont là-bas. C'est une appréciation souveraine des dirigeants du Mali. Mais je pense que c'est encore loin d'être suffisant pour garantir la paix et la sécurité dont nous avons besoin dans cette sous-région. À lire aussiAfrica Forward à Nairobi, un sommet coorganisé par Kenya et France à l'accent très économique

Beau Voyage
#85 - Tom et Charlotte : un duo mère-fils, 25 000 km de pistes africaines et 6 mois de danse et de liberté

Beau Voyage

Play Episode Listen Later May 5, 2026 59:41


Aujourd'hui on reçoit Tom. A 25 ans, Tom n'avait pas très envie d'aller se frotter au monde du travail, il avait plutot en tête d'aller parcourir le monde. Alors en 2024, il décide de partir pour un roadtrip de 6 mois en 4X4 à travers l'Afrique. Et choisi, comme compagnon de route, sa mère.Une évidence pour lui, une déclaration d'amour pour elle. Ils prennent la route avec plusieurs objectifs en tête : danser partout où ils passent, relancer la passion pour la photo de Charlotte, et surtout tenir le coup de cette vie en duo sur la route ! Ensemble ils ont parcouru 25000 km à travers 18 pays, tous plus fascinants les uns que les autres. L'Angola, le Mozambique, la Côte d'Ivoire, ... une aventure complètement folle ponctuée de rencontres inoubliables, de nuits sous tente, de fatigue, d'inconforts, de grands bonheurs, de galères mécaniques et de petites frayeurs. Une aventure complètement folle, intense, parfois chaotique…qu'ils ont accepté de venir nous raconter !Un podcast produit et réalisé par Sakti Productions & Beau Voyage

Afrique Économie
Banques africaines: des revenus record à 100 milliards de dollars, mais des écarts persistants

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 2:29


Pour la première fois, le secteur bancaire a franchi un seuil historique de revenus en Afrique : 100 milliards de dollars. C'est le cabinet de conseil McKinsey qui le révèle dans une étude. Au-delà de ce chiffre et de cette bonne performance, se cachent en réalité des disparités et des déséquilibres sur le continent. Avec 107 milliards de dollars l'an dernier, jamais le secteur bancaire n'avait généré autant de revenus sur le continent, d'après le cabinet McKinsey. Il affiche même l'un des niveaux de rentabilité parmi les plus élevés au monde, avec un retour sur fonds propres de 19 % en 2024, contre environ 10 % à l'échelle mondiale. « C'est une combinaison de marges d'intérêt qui sont assez confortables, explique Xavier Jopart, conseiller exécutif chez McKinsey, mais aussi d'un développement de sources de revenus qui viennent beaucoup plus d'activités de paiement, d'activités plutôt transactionnelles ou de services. Et puis, on a un effet de réduction de la base de coûts parce que le secteur grandit et donc capture des économies d'échelle. »  « Il est incontestable que le nombre d'acteurs africains a profondément augmenté, estime Benoît Chervalier, ancien haut fonctionnaire à la Banque africaine de développement et directeur exécutif de la chaire Afrique de l'Essec. On parle souvent de la cession d'un certain nombre de filiales de banques internationales. Elles ont toutes été rachetées par des opérateurs africains. » À lire aussiEn Afrique, le secteur financier entre dans l'ère de la rentabilité, de l'IA et de la cybersécurité 5 pays concentrent 70 % des revenus Le secteur bancaire reste pour l'heure très déséquilibré sur le continent. L'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Égypte, le Maroc et le Kenya concentrent à eux seuls près de 70 % des revenus. Pour Xavier Jopart, « cela s'explique par la taille de l'économie dans ces pays, mais aussi par la taille de la population et la maturité du secteur bancaire sur place ».  En plus de ce déséquilibre géographique, le marché bancaire africain présente aussi un certain nombre de fragilités. « Il est soumis aux aléas macroéconomiques, à la volatilité des prix des matières premières et à l'inflation, souligne Xavier Jopart. Pour un nombre croissant de pays, l'augmentation de la dette publique pose aussi des limites quant à la possibilité pour l'État d'emprunter, d'initier des développements en infrastructures importants ». D'autant que malgré ces bons résultats, le marché africain reste modeste : il génère par exemple 10 fois moins de revenus que le secteur européen. À lire aussiSidi Ould Tah: la BAD veut «d'aller au-delà de l'aide publique au développement, vers l'investissement»

Invité Afrique
Loi sur la restitution d'œuvres africaines: «Il était temps», selon Souleymane Bachir Diagne

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 15:14


« Une loi attendue dans le monde entier », voilà comment la ministre française de la Culture, Catherine Pégard, qualifie le texte pour faciliter les restitutions d'œuvres pillées pendant la colonisation. Le projet de loi a été adopté ce lundi 13 avril 2026 à l'Assemblée nationale. Il permettrait de passer désormais par décret, plutôt que par une loi spécifique à chaque restitution. Et les musées vont avoir un rôle majeur à jouer, souligne le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur émérite à l'université Columbia à New York. Il est l'invité de Charlotte Idrac. RFI : Que pensez-vous de ce texte sur les restitutions qui vient d'être adopté à l'Assemblée en France ? Souleymane Bachir Diagne : Il était temps. Ce texte lève une restriction qui permettait jusqu'à présent, devant des demandes de restitutions, de dire : « Écoutez, il y a un principe d'inaliénabilité, donc on ne touche pas, on ne soulève pas la question. » Donc, maintenant, le champ est libre, si vous voulez. Cela veut dire que des négociations peuvent s'engager entre, je dirais, des acteurs sur le terrain. Un musée français, un musée africain ou des musées du Nord à un musée du Sud, à la condition, bien entendu d'établir une liste de demandes fondées aussi sur des recherches de provenances. Est-ce que vous pensez qu'avec cette loi, on va aller vers une multitude de demandes de restitution de la part des pays ou des musées ? Je ne vois pas des demandes énormes se profiler pour une raison très simple : les restitutions qui ont déjà eu lieu ont concerné des objets qui avaient été pillés à la suite d'expéditions coloniales extrêmement violentes. Celle qui a mis fin, par exemple, au dernier royaume du Dahomey, le royaume du roi Béhanzin, ou celle par les Britanniques qui a saccagé et détruit Benin City, les fameux Bronzes du Bénin qui se retrouvent partout dans le monde aujourd'hui. Celles-là étaient des œuvres qu'il était facile d'identifier et il fallait à tout prix évidemment les restituer comme réparation. Il y a des tas d'autres œuvres qui se retrouvent dans les musées, et souvent d'ailleurs dans des réserves. Et donc il y a matière à faire des recherches patientes, scientifiques, de provenances. Toutes les œuvres ne sont pas des œuvres qui ont été arrachées par la violence. Par conséquent, l'idée qu'il y aurait maintenant des listes en attente avec des milliers et des milliers d'objets présentés comme une forme, une sorte d'addition par les États africains, je ne vois pas cela arriver. Est-ce que, selon vous, il faut tout restituer ? Alors c'est là que s'engagent les négociations. Dire qu'il faut tout restituer, c'est tomber dans un identitarisme qui consisterait à dire en gros chacun chez soi, rentrez à la maison. Que toutes les œuvres qui ont été produites par des humains se retrouvent dans les aires culturelles qui les ont produites, et puis voilà. Je ne le crois pas. Il existe aujourd'hui des musées qu'on peut appeler des musées universels, c'est-à-dire des musées qui ont vocation à présenter la créativité de l'humanité dans son ensemble. Par exemple ? Aujourd'hui, le Louvre est devenu un musée vraiment universel, où il n'y a pas simplement les œuvres de l'Europe ou des œuvres dont on estime qu'elles ont préparé la créativité européenne, comme les œuvres égyptiennes ou les œuvres de Mésopotamie. Il y a aussi les œuvres des quatre autres continents, et c'est la raison pour laquelle vous avez la galerie des cinq continents. Vous avez le musée du Louvre-Lens qui est dans cette dynamique également. Vous avez le Metropolitan Museum à New York, que je connais bien. Cette question des restitutions, finalement, elle touche pour vous, à la manière dont on conçoit aujourd'hui les musées ? Absolument. Je crois que cette question de la restitution n'est pas simplement un transvasement, ce n'est pas simplement un voyage retour des objets. L'art africain a été véritablement à l'origine de la grande révolution artistique du XXᵉ siècle. Donc, il est tout à fait naturel que cet art africain ait toute la place qui lui revient dans les musées, dans les grandes capitales cosmopolites comme New York ou Paris ou Saint-Pétersbourg, etc. Dans le camp des critiques, il y avait, ou il y a, cet argument que les pays d'origine n'auraient pas Les infrastructures muséales adaptées pour les restitutions d'œuvres. Qu'est-ce que vous en pensez ? Eh bien, c'est une excellente occasion pour qu'une coopération s'installe entre musées du Nord et musées du Sud. Et les premiers pas, c'est peut-être aider aussi à l'édification d'un musée au sud qui puisse recevoir non seulement les œuvres qui seraient éventuellement restituées, mais également des œuvres d'autres époques, d'autres continents, de telle sorte que, grâce à la circulation internationale, les musées universels se développent aussi dans ce que l'on appelle le sud global. Donc une circulation, un dialogue, entre des œuvres ? Tout à fait un dialogue des œuvres entre elles. D'abord, ouvrir les musées avec des prêts, ce serait une excellente manière de procéder et de faire en sorte que les œuvres dont il est question, lorsqu'on pose le problème des restitutions, ne soient pas des œuvres qui divisent, mais des œuvres qui réunissent.

7 milliards de voisins
Pourquoi les taxis-motos déferlent sur les villes africaines ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 48:30


À toute heure du jour, ils slaloment entre les embouteillages, relient les centres-villes aux quartiers périphériques et desservent des zones parfois inaccessibles autrement. Aussi appelés « benskins » ou « zemidjans », les taxis-motos sont devenus un élément incontournable du paysage urbain dans de nombreuses villes africaines. À Douala, par exemple, ils assuraient déjà en 2019 plus de 60 % du transport urbain, selon une étude menée par la Communauté urbaine.  Face au manque de transports publics, les taxis-motos offrent une solution flexible, rapide et accessible à des millions d'usagers. Ils constituent également une source de revenus essentielle pour des milliers de jeunes confrontés au chômage, qu'ils soient diplômés ou non, venus des villes comme des campagnes.  À la croisée des enjeux de mobilité et d'emploi, ce secteur en plein essor soulève pourtant de nombreuses questions. Fonctionnant en grande partie en marge des réglementations, il met en lumière des défis majeurs en matière de sécurité routière, de formation des conducteurs et d'organisation du travail. Entre opportunité économique et précarité, solution pratique et risques accrus, comment encadrer cette activité devenue indispensable ? Et à l'heure où émergent des alternatives plus propres, comme les motos électriques, quel avenir pour ces taxis-motos dans les métropoles africaines ?    Avec : • Yao Amedokpo, docteur en géographie, chargé de recherche au Laboratoire Ville Mobilité Transport de l'Ecole nationale des ponts et chaussées.  • Emilie Martin, chercheuse séniore au sein de l'Urban Living Lab Center (ULLC), centre collaborateur d'ONU Habitat cohébergé par le Wupperta Institute, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le Technische Universität Berlin (TU Berlin) En fin d'émission, un reportage de Charlotte Mongibeaux à Istanbul, en Turquie. Ce n'est pas une ville connue pour ses cyclistes, bien au contraire. Les automobilistes règnent sans partage à Istanbul, ville tentaculaire qui s'étend sur deux continents : l'Europe et l'Asie. Les embouteillages sont le lot quotidien de ses 16 millions d'habitants, notamment pour accéder aux ponts qui enjambent le détroit du Bosphore. Alors, ici, faire du vélo relève du parcours du combattant. Les pistes cyclables sont rares, la mortalité des cyclistes y est élevée. Malgré cela, des collectifs de courageux cyclistes se sont montés ces dix dernières années pour promouvoir la culture du vélo. Reportage au sein du collectif Don Quichotte, qui organise des sorties collectives pour se donner du courage. Programmation musicale : ► Défiler - JYEUHAIR ► Djanne - Fatoumata Diawara

7 milliards de voisins
Pourquoi les taxis-motos déferlent sur les villes africaines ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 48:30


À toute heure du jour, ils slaloment entre les embouteillages, relient les centres-villes aux quartiers périphériques et desservent des zones parfois inaccessibles autrement. Aussi appelés « benskins » ou « zemidjans », les taxis-motos sont devenus un élément incontournable du paysage urbain dans de nombreuses villes africaines. À Douala, par exemple, ils assuraient déjà en 2019 plus de 60 % du transport urbain, selon une étude menée par la Communauté urbaine.  Face au manque de transports publics, les taxis-motos offrent une solution flexible, rapide et accessible à des millions d'usagers. Ils constituent également une source de revenus essentielle pour des milliers de jeunes confrontés au chômage, qu'ils soient diplômés ou non, venus des villes comme des campagnes.  À la croisée des enjeux de mobilité et d'emploi, ce secteur en plein essor soulève pourtant de nombreuses questions. Fonctionnant en grande partie en marge des réglementations, il met en lumière des défis majeurs en matière de sécurité routière, de formation des conducteurs et d'organisation du travail. Entre opportunité économique et précarité, solution pratique et risques accrus, comment encadrer cette activité devenue indispensable ? Et à l'heure où émergent des alternatives plus propres, comme les motos électriques, quel avenir pour ces taxis-motos dans les métropoles africaines ?    Avec : • Yao Amedokpo, docteur en géographie, chargé de recherche au Laboratoire Ville Mobilité Transport de l'Ecole nationale des ponts et chaussées.  • Emilie Martin, chercheuse séniore au sein de l'Urban Living Lab Center (ULLC), centre collaborateur d'ONU Habitat cohébergé par le Wupperta Institute, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le Technische Universität Berlin (TU Berlin) En fin d'émission, un reportage de Charlotte Mongibeaux à Istanbul, en Turquie. Ce n'est pas une ville connue pour ses cyclistes, bien au contraire. Les automobilistes règnent sans partage à Istanbul, ville tentaculaire qui s'étend sur deux continents : l'Europe et l'Asie. Les embouteillages sont le lot quotidien de ses 16 millions d'habitants, notamment pour accéder aux ponts qui enjambent le détroit du Bosphore. Alors, ici, faire du vélo relève du parcours du combattant. Les pistes cyclables sont rares, la mortalité des cyclistes y est élevée. Malgré cela, des collectifs de courageux cyclistes se sont montés ces dix dernières années pour promouvoir la culture du vélo. Reportage au sein du collectif Don Quichotte, qui organise des sorties collectives pour se donner du courage. Programmation musicale : ► Défiler - JYEUHAIR ► Djanne - Fatoumata Diawara

Les matins
Violence contre les élus / Les économies africaines face à la guerre au Moyen-Orient /Télétravail

Les matins

Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 149:49


durée : 02:29:49 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin, sur France Culture, à 7h40, Guillaume Erner reçoit Nassira El Moaddem et Rokhaya Diallo pour une discussion autour de la violence qui a traversé les dernières élections municipales. A 7h17, Kako Nubukpo expose les conséquences de la guerre au Proche-Orient sur les économies africaines. - réalisation : Félicie Faugère

Les enjeux internationaux
Quelles sont les conséquences de la guerre au Proche-Orient sur les économies africaines ?

Les enjeux internationaux

Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 11:38


durée : 00:11:38 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - Pénuries de carburant, inflation, dépendance énergétique : la guerre au Moyen-Orient fragilise les économies africaines et menace leurs équilibres financiers et diplomatiques. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Kako Nubukpo Economiste, ancien ministre togolais de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques, doyen de la faculté d'économie de l'Université de Lomé

La marche du monde
Penser en toute indépendance avec Sophie Bessis, historienne de la Tunisie

La marche du monde

Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 48:29


Historienne, politologue, féministe et journaliste, Sophie Bessis a le don de savoir naviguer entre les deux rives de la Méditerranée. Elle nous fait l'amitié de nous recevoir chez elle à Paris, histoire de croiser certains épisodes de sa vie personnelle avec l'Histoire de la jeune nation tunisienne qui célèbre cette année ses 70 ans d'indépendance. Au son de nos archives et des lectures de trois de ses livres, Les Valeureuses, consacré à cinq figures féminines de la liberté dans l'Histoire tunisienne, Bourguiba, biographie du père de la Tunisie moderne et Je vous écris d'une autre rive, lettre à la philosophe Hannah Arendt, Sophie Bessis conjugue l'art du récit avec sensibilité et pédagogie.   Trois livres de Sophie Bessis Les Valeureuses, cinq Tunisiennes dans l'Histoire, aux éditions Elyzad Bourguiba, coécrit avec Souhayr Belhassen, aux éditions Elyzad Je vous écris d'une autre rive, lettre à Hannah Arendt, aux éditions Elyzad. La marche du monde vous propose également sa collection de podcast Africaines Queens, l'histoire de l'Afrique racontée par les Africaines elles-mêmes.  

Tech 24
Du Bénin au Sénégal en passant par la Côte d'Ivoire, ces chercheuses africaines trop discrètes

Tech 24

Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 6:39


Et si le futur le plus utile de l'IA s'écrivait en Afrique ? Alors que l'Unesco et l'AI Movement de Rabat les mettent à l'honneur, zoom sur les recherches de cinq femmes scientifiques, du Bénin au Maroc en passant par le Sénégal, le Cameroun et la Côte d'Ivoire. Leur point commun ? Elles refusent l'IA "gadget" et s'attaquent à des urgences du quotidien : purifier l'eau, anticiper les fuites, sauver les récoltes ou encore éradiquer le paludisme.

7 milliards de voisins
Rénover le bâti urbain pour préserver le patrimoine des villes africaines

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 48:29


À Dakar, le bâtiment principal du marché de Sandaga n'est plus. Lieu emblématique de la capitale sénégalaise, cette halle de béton, construite en 1933, dans le style soudano-sahélien, menaçait de s'effondrer. La municipalité a donc décidé de le démolir en 2020, après 87 ans de services mais sa reconstruction, elle, se fait toujours attendre. Voici un exemple, parmi d'autres, des menaces qui pèsent sur le bâti ancien des villes africaines. Dans d'autres villes du continent, des maisons traditionnelles, des bâtiments historiques sont détruits pour construire plus de logements. Il faut dire que la croissance urbaine sur le continent impose le changement d'échelle. D'ici 2050, les villes africaines passeront de 700 millions d'habitants à 1,4 milliard. Loger cette population supplémentaire représente un défi immense pour les municipalités et accroit la pression sur le foncier. Les bâtiments, autrefois symboles de la ville, ne semblent pas faire le poids devant la modernité, alors que les réhabilitations coûtent cher. Pourtant, c'est bien une part importante de l'histoire de la ville, de leurs habitants qui disparaissent avec eux.   Surtout, le patrimoine architectural africain, les savoir-faire se perdent à mesure que de nouveaux bâtiments, aux matériaux moins adaptés au climat et au style de vie locale, sortent de terre.   Certaines initiatives tendent à documenter l'histoire architecturale des villes et à préserver le bâti traditionnel, la ville de Ouidah, au Bénin, en est sûrement un bon exemple.   Dans ce contexte, comment construire les villes en Afrique sans perte d'identité ? Qui doit financer la rénovation du patrimoine ?   Avec :  • Lazare Eloundou Assomo, architecte camerounais, directeur du Patrimoine mondial de l'UNESCO • Carole Diop, architecte, enseignante au Collège universitaire d'architecture de Dakar (CUAD) et la cartographie à l'Institut Polytechnique Panafricain (IPP-DAKAR). Fondatrice et de la revue Afrikadaa sur l'art contemporain • Osvaldo Gounon, architecte, cofondateur du cabinet Atelier Ko à Cotonou au Bénin.  Un entretien avec Bruno Duval, correspondant de RFI, à Tokyo au Japon. Certaines villes japonaises comme Kyoto ou Nara œuvrent à la préservation et à la mise en valeur de leur architecture, et pourtant, le Japon est un très mauvais élève en matière de protection du patrimoine. Tous les jours, des joyaux architecturaux y sont démolis, sans mobilisation particulière de la population. En fin d'émission, la chronique Voisins connectés d'Estelle Ndjandjo, sur l'évolution des sociétés africaines mondialisées à travers les écrans, les réseaux sociaux et la technologie. Elle revient sur la viralité d'une danse qui a enflammé les réseaux en 2025. Elle est surnommée la Kasese Dad. La vidéo a été vue des millions de fois, elle montre un homme âgé danser sur scène aux côtés d'un rappeur ougandais. Particularité de ce duo : cet homme est le père de l'artiste.  Programmation musicale : ► Kin la belle - Damso ► Solaire - Yael Naim. 

7 milliards de voisins
Rénover le bâti urbain pour préserver le patrimoine des villes africaines

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 48:29


À Dakar, le bâtiment principal du marché de Sandaga n'est plus. Lieu emblématique de la capitale sénégalaise, cette halle de béton, construite en 1933, dans le style soudano-sahélien, menaçait de s'effondrer. La municipalité a donc décidé de le démolir en 2020, après 87 ans de services mais sa reconstruction, elle, se fait toujours attendre. Voici un exemple, parmi d'autres, des menaces qui pèsent sur le bâti ancien des villes africaines. Dans d'autres villes du continent, des maisons traditionnelles, des bâtiments historiques sont détruits pour construire plus de logements. Il faut dire que la croissance urbaine sur le continent impose le changement d'échelle. D'ici 2050, les villes africaines passeront de 700 millions d'habitants à 1,4 milliard. Loger cette population supplémentaire représente un défi immense pour les municipalités et accroit la pression sur le foncier. Les bâtiments, autrefois symboles de la ville, ne semblent pas faire le poids devant la modernité, alors que les réhabilitations coûtent cher. Pourtant, c'est bien une part importante de l'histoire de la ville, de leurs habitants qui disparaissent avec eux.   Surtout, le patrimoine architectural africain, les savoir-faire se perdent à mesure que de nouveaux bâtiments, aux matériaux moins adaptés au climat et au style de vie locale, sortent de terre.   Certaines initiatives tendent à documenter l'histoire architecturale des villes et à préserver le bâti traditionnel, la ville de Ouidah, au Bénin, en est sûrement un bon exemple.   Dans ce contexte, comment construire les villes en Afrique sans perte d'identité ? Qui doit financer la rénovation du patrimoine ?   Avec :  • Lazare Eloundou Assomo, architecte camerounais, directeur du Patrimoine mondial de l'UNESCO • Carole Diop, architecte, enseignante au Collège universitaire d'architecture de Dakar (CUAD) et la cartographie à l'Institut Polytechnique Panafricain (IPP-DAKAR). Fondatrice et de la revue Afrikadaa sur l'art contemporain • Osvaldo Gounon, architecte, cofondateur du cabinet Atelier Ko à Cotonou au Bénin.  Un entretien avec Bruno Duval, correspondant de RFI, à Tokyo au Japon. Certaines villes japonaises comme Kyoto ou Nara œuvrent à la préservation et à la mise en valeur de leur architecture, et pourtant, le Japon est un très mauvais élève en matière de protection du patrimoine. Tous les jours, des joyaux architecturaux y sont démolis, sans mobilisation particulière de la population. En fin d'émission, la chronique Voisins connectés d'Estelle Ndjandjo, sur l'évolution des sociétés africaines mondialisées à travers les écrans, les réseaux sociaux et la technologie. Elle revient sur la viralité d'une danse qui a enflammé les réseaux en 2025. Elle est surnommée la Kasese Dad. La vidéo a été vue des millions de fois, elle montre un homme âgé danser sur scène aux côtés d'un rappeur ougandais. Particularité de ce duo : cet homme est le père de l'artiste.  Programmation musicale : ► Kin la belle - Damso ► Solaire - Yael Naim. 

La marche du monde
La guerre de la France au Cameroun

La marche du monde

Play Episode Listen Later Mar 21, 2026 48:29


Une guerre longtemps cachée, mais une guerre aujourd'hui reconnue par le président Emmanuel Macron, suite aux préconisations du rapport de la commission d'historiens camerounais et français, remis début 2025 aux présidents respectifs de la France et du Cameroun. Un rapport de plus de 1 000 pages réunissant quatorze historiennes et historiens, français et camerounais, un travail minutieux de recueil de témoignages et d'analyse d'archives parfois inédites, afin de préciser les responsabilités de chacun, avant et après l'indépendance du Cameroun. Le 1er janvier 1960, le Cameroun fête son indépendance sur fond de guerre civile, mais que s'est-il passé dans ces années 60 ? Qu'est-ce que la commission de 14 historiens camerounais et français a montré dans son rapport remis aux présidents Biya et Macron. Pourquoi la guerre se poursuit-elle contre les mouvements nationalistes et les opposants sous la Présidence de Amadou Ahidjo ? Grâce à la déclassification d'archives militaires et aux nombreux témoignages recueillis par la commission sur le terrain, cette histoire oubliée peut continuer de s'écrire et de se préciser, bien que la question du nombre exact de morts reste sans réponse, car il appartient aux autorités camerounaises de s'en saisir ou pas. Merci à l'historienne Karine Ramondy ainsi qu'à Jean Koufan et Marie Ngo Ndjock, deux collègues camerounais qui ont participé à la rédaction du rapport du volet « Recherche » de la Commission franco-camerounaise sur le rôle de la France au Cameroun entre 1945 et 1971. Le rapport sur le rôle de la France dans la guerre au Cameroun est à retrouver ici.   À lire également Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961 de Karine Ramondy. Un grand merci au magazine L'Histoire dont le numéro de décembre 2025 consacre un article à La guerre oubliée au Cameroun signé Karine Ramondy. Retrouvez-nous sur notre page FB pour en savoir plus et gagner un magazine ! La marche du monde vous propose également sa collection de podcast Africaines Queens, l'histoire de l'Afrique racontée par les Africaines elles-mêmes.     Pour aller plus loin : Leaders assassinés, de Lumumba à Um Nyobe - Spéciale indépendance RDC Cameroun : la guerre secrète

Culture en direct
Jeunesses africaines : étudier, résister, exister, avec Touhfat Mouhtare et Véronique Tadjo

Culture en direct

Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 58:48


durée : 00:58:48 - Le Book Club - par : Marie Richeux - À l'occasion de l'édition 2026 du salon du livre africain, l'écrivaine et peintre franco-ivoirienne Véronique Tadjo et l'autrice comorienne Touhfat Mouhtare viennent nous parler de ces jeunesses marquées par l'exil et les crises politiques, le sujet de leurs deux derniers récits. - réalisation : Vivien Demeyère - invités : Véronique Tadjo Écrivaine; Touhfat Mouhtare écrivaine d'origine comorienne

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Revue de presse Afrique
À la Une: le long combat des femmes africaines

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 4:06


Hier 8 mars, c'était la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, nombre de publications du continent, ou traitant de l'actualité du continent, se penchent sur la condition féminine en Afrique. Premier constat, dressé par le site Afrik.com, « le 8-Mars résonne différemment selon les latitudes. En Afrique, la Journée internationale des droits des femmes est l'occasion d'un bilan lucide : celui d'un continent où les violences faites aux femmes demeurent massives et où les réponses institutionnelles peinent à suivre. Selon le dernier rapport de l'OMS publié en novembre 2025, environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d'une sur trois, ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. L'Afrique subsaharienne affiche l'une des prévalences les plus élevées, avec plus d'une femme sur trois concernées par des violences de la part d'un partenaire intime ». Afrik.com prend notamment l'exemple de l'Afrique du Sud : un pays qui « concentre les paradoxes du continent. Dotée de l'une des constitutions les plus progressistes au monde en matière de droits des femmes, elle affiche pourtant des taux de féminicides cinq à six fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon l'ONU. Une quinzaine de femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud. Et plus d'un tiers des femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie ». Féminicides : des chiffres largement sous-estimés Au Sénégal, rapporte Le Point Afrique, « déjà au moins sept féminicides ont été recensés depuis le début de l'année. L'année dernière, c'est au moins 18 femmes qui ont perdu la vie, tuées par un homme de leur famille. La partie visible de l'iceberg qui cache mal des chiffres largement sous-estimés puisque basés uniquement sur les cas les plus médiatiques rapportés par la presse locale. Chaque mois, relève encore Le Point Afrique, les journaux sénégalais se font l'écho de ces violences de genre, les traitant toujours comme des faits divers et non comme les résultats d'un continuum de violences ». Au Sénégal toujours, comme dans de nombreux autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs, les femmes sont victimes de discrimination dans le monde du travail. Dans ce domaine, « il reste du chemin à faire », s'exclame Walf Quotidien. « Malgré les efforts consentis, la question de l'accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un défi majeur au Sénégal, constate le quotidien dakarois. Ce, en dépit des textes et des réglementations auxquels le pays a souscrit ». Quelques embellies ? Même constat au Burkina Faso, constat dressé par Aujourd'hui : « sur le plan de l'égalité dans la vie nationale, la lutte reste longue. Administrativement, à travail égal salaire égal n'est pas toujours une réalité ». Pour autant, pointe encore le quotidien ouagalais, « quelques embellies sont observables du fait de politiques publiques hardies et pérennes. Ainsi, au Burkina Faso, soit en associations, soit en groupements, les femmes sont actives dans le tissage de cotonnade, les cultures maraîchères, la production de savon liquide ou de beurre de karité. Des activités qui leur apportent de la trésorerie et qui leur permettent d'envoyer leurs enfants à l'école et faire bouillir la marmite ». Au Mali, le quotidien L'Essor rapporte également le discours officiel… « Les femmes maliennes sont des actrices incontournables dans la refondation. Leur rôle est primordial dans la consolidation de la paix, le vivre-ensemble, la tolérance et la cohésion sociale. Et leur résilience face à de nombreux défis est reconnue et saluée par les autorités du pays ». Dans le foot aussi… Reste que le chemin est encore long pour les femmes du continent. Et ce dans tous les domaines… Dernier exemple : le football : « à quelques jours de son coup d'envoi au Maroc, la CAN féminine a été reportée », pointe Le Monde Afrique. Pour quelle raison ? « Le Maroc a besoin de ses stades pour terminer la saison du championnat (masculin) national. La compétition féminine se tiendra donc du 25 juillet au 16 août », mais on ne sait pas encore dans quel pays… En tout cas, l'Afrique du Sud est prête à l'accueillir. Gayton McKenzie, le ministre des Sports sud-africain, l'a confirmé, dans les colonnes du Monde Afrique : « Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière, a-t-il déclaré. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine, qu'il le fasse. S'il ne l'est pas, l'Afrique du Sud a des stades et des infrastructures ».

Journal de l'Afrique
Affaire Epstein : des personnalités africaines citées dans les documents

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 12:43


L'affaire Epstein aurat-elle des répercussions sur le continent africain ? Plusieurs personnalités africaines sont citées, comme le Sénégalais Karim Wade et les deux anciens présidents Robert Mugabe et Jacob Zuma. Dans quel contexte leurs noms apparaîssent-ils ? On fera le point dans ce journal.

Le Cours de l'histoire
Les frontières africaines existaient avant la colonisation

Le Cours de l'histoire

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 3:44


durée : 00:03:44 - Le Cours de l'histoire - On dit souvent que les frontières africaines seraient artificielles parce qu'elles auraient été tracées par les colonisateurs. Mais, toutes les frontières du monde sont artificielles. Les frontières sont des artefacts, des constructions humaines. - réalisation : Camille Renard, Virginie Le Duault, Élodie Piel, Margot Page - invités : Camille Lefebvre historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice d'études à l'EHESS, PI de l'ERC Langarchiv et membre de l'Institut des mondes africains. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Le Cours de l'histoire
Les frontières africaines existaient avant la colonisation

Le Cours de l'histoire

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 3:44


durée : 00:03:44 - Le Fil histoire - On dit souvent que les frontières africaines seraient artificielles parce qu'elles auraient été tracées par les colonisateurs. Mais, toutes les frontières du monde sont artificielles. Les frontières sont des artefacts, des constructions humaines. - réalisation : Margot Page - invités : Camille Lefebvre historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice d'études à l'EHESS, PI de l'ERC Langarchiv et membre de l'Institut des mondes africains.