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Invité Afrique
Ousmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 20, 2026 11:25


Voilà tout juste un an que Donald Trump est retourné à la Maison-Blanche. Douze mois d'essoufflement pour la planète, tant la cadence imposée par le président américain est intense et inédite. Comme le reste du monde, l'Afrique est, elle aussi, prise au dépourvu par les méthodes brutales du milliardaire. Fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international, bombardement aérien au Nigeria, accaparement des terres rares en RDC, sans compter les taxes douanières et la restriction d'entrée aux États-Unis imposée à des dizaines de millions de ressortissants africains. Dans une analyse pour le site d'information français Mediapart, le journaliste et essayiste sénégalais Ousmane Ndiaye décrit un « impérialisme trumpien violent pour le monde entier, mais encore plus pour l'Afrique ». Il répond aux questions de Sidy Yansané. Durant son premier mandat en 2018, Donald Trump désignait les pays africains comme des « shithole countries », des « pays de merde ». Mais depuis son retour il y a un an, le président américain, et les États-Unis en général, n'ont jamais montré autant d'intérêt pour le continent. Pour le pire ou pour le meilleur ? Ousmane Ndiaye : Pour le meilleur pour les Américains, sans doute, quand on se situe dans l'axe trumpien du America first. Par contre, du point de vue africain, je crains que ce soit pour le pire. Parce que ce nouvel intérêt pour l'Afrique est d'abord purement financier, accompagné d'une volonté d'impérialisme. Et on oublie trop souvent que les États-Unis ont toujours été une puissance militaire présente en Afrique, avec l'Africom (Commandement des États-Unis pour l'Afrique) et que Trump utilise désormais pour intervenir contre des pays sur des questions de politique intérieure. Je pense à l'Afrique du Sud qui a été menacée à plusieurs reprises parce que les Blancs seraient maltraités, selon Trump. Au Nigeria où les États-Unis sont intervenus par des frappes aériennes dans le nord du pays dans des conditions encore floues. Deuxième volet très important de l'offensive trumpienne : « Je viens en Afrique parce que stratégiquement vos minerais m'intéressent. » C'est clairement formulé, c'est clairement dit. Les pays d'intérêts de Trump ont un fort potentiel minier, comme la RDC. Certes, il y a l'accord de paix avec le Rwanda, mais il est corrélé avec un accord de partenariat économique qui donne un accès privilégié aux États-Unis aux ressources minières de la RDC. Ça rappelle la politique de la Françafrique des années 1970-1980 où la France avait un accès privilégié aux ressources de son pré-carré. Autres pays d'intérêt pour Trump : la Guinée. Dans le cas de la Guinée, quel est cet autre intérêt précis ? D'abord, le gisement de fer du Simandou. Et ensuite, il ne faut pas oublier que Trump aussi projette les obsessions de la diplomatie américaine, à savoir la concurrence avec la Chine, très présente en Guinée. Alors même que ressurgissent en Afrique les slogans qui ont fait les Indépendances - tels que la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme, la défense de la souveraineté - les dirigeants du continent, mais également les opinions publiques africaines, pour l'instant en tout cas, montrent beaucoup moins de ferveur à critiquer Trump. Pourquoi ? Il y a une scène qui m'a beaucoup marqué, c'est le sommet Afrique-États-Unis à la Maison blanche en juillet dernier [auquel participaient les présidents de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau, du Sénégal, du Liberia et du Gabon, NDLR]. Ils ont été reçus comme des écoliers. On les a mis dans un car, Trump oubliant leurs pays d'origine tout en oubliant leurs noms. C'était un spectacle de domination terrible ! Je m'attendais à une sorte de posture de dignité de ces chefs d'États. Au contraire, on les a vu dans un acte de contrition et d'aplatissement. Notamment le Gabonais Brice Oligui Nguema proposer le prix Nobel à Trump avec force et dans discours mielleux, ou encore le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye surfer sur la passion pour le golf de Trump et lui proposer des terres. Ce qui me frappe, c'est que face aux États-Unis de Trump, les Africains n'ont ni réponse individuelle ni réponse commune. Tout le reste du monde s'organise pour faire face à ce désordre, à cette tempête qu'est Trump et je trouve que l'Afrique reste assez en marge, à tort. Car Trump est en train de bouleverser l'ordre du monde. Et dans ce bouleversement, comme on l'a vu avec la fin de l'USAID et le retrait américain des organisations internationales, l'Afrique en subit les premières conséquences. Des millions de personnes risquent de mourir en Afrique suite à un seul décret de Trump. On risque d'avoir plus de morts que durant le Covid. Donc l'Afrique subit déjà la brutalité de Trump. Personnellement, je crains un retour de la guerre froide, c'est-à-dire des stratégies de positionnement des grandes puissances mondiales, où l'Afrique n'est qu'un instrument et, encore une fois, le terrain d'une lutte par procuration. Dans un espace où il n'y a pas de respect des conventions internationales, ça va être encore plus catastrophique que durant la guerre froide.

Revue de presse Afrique
À la Une: élection présidentielle tendue en Ouganda

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jan 16, 2026 4:12


« Des élections tendues, considérées comme un test de la force de Musévéni » : c'est ainsi que le Monitor titre son article sur la journée d'hier. Le journal ougandais en ligne, considéré comme indépendant du pouvoir, ne se fait pas l'écho des problèmes techniques survenus hier pendant la journée de vote, mais précise toutefois que « le scrutin s'est déroulé sous haute surveillance policière et militaire. Les autorités ont coupé l'accès à Internet dans tout le pays, mardi, afin de lutter contre ce qu'elles qualifient de désinformation concernant l'élection ». Quant aux enjeux de l'élection, le journal ougandais estime « qu'elle est largement perçue comme un test de la force politique de Museveni, 81 ans, et de sa capacité à éviter le genre de troubles qui ont secoué ses voisins, la Tanzanie et le Kenya, alors que les spéculations vont bon train quant à sa succession éventuelle ».  Le résultat du scrutin ne fait toutefois aucun doute, comme le rappelle Africanews : « Le président Yoweri Museveni, qui dirige l'Ouganda depuis plus de quarante ans, est donné largement vainqueur pour un septième mandat, bénéficiant d'un contrôle quasi-total de l'Etat et des forces de sécurité ». Un scrutin émaillé d'incident techniques, ajoute Africanews : « De nombreux bureaux de vote ont enregistré plusieurs heures de retard en raison de la lenteur de l'arrivée des urnes et du dysfonctionnement des machines biométriques … » L'attente continue Au Bénin, les résultats des élections de dimanche se font toujours attendre. « Le suspens continue », titre la Nouvelle Tribune. « A ce jour, précise le quotidien béninois, même si les délais légaux ne sont pas encore échus, ni les grandes tendances du vote ni les résultats officiels n'ont été rendus publics par les autorités compétentes ». Ce qui ne contribue pas à un climat serein : « Dans l'espace politique, explique la Nouvelle Tribune, l'absence de chiffres officiels alimente toute sorte de spéculations et de calculs d'avant-bureaux. Certains états-majors de partis affirment disposer de "leurs propres estimations" basées sur des remontées locales, tandis que d'autres appellent à la patience et au respect du processus légal avant toute proclamation ». En attendant les résultats, certains médias béninois ont choisi de faire de la pédagogie. Ainsi la Nation, qui titre « Non à la désinformation électorale », et publie à l'intention de ses électeurs, une série de recommandations indiquant « les bons réflexes à avoir face à une information douteuse ».  Le journal béninois conseille d'abord « de prendre du recul et de ne pas réagir immédiatement, face à une information, quelle que soit sa nature ». Autre conseil : « Identifiez la source de votre information, c'est-à-dire recherchez qui parle et dans quel but, car une information n'a de valeur que si l'on sait clairement d'où elle vient. » Suivent d'autres conseils judicieux, à lire dans la Nation.  Visas pour la Coupe du monde de football Au Nigeria, le journal le Guardian revient sur la décision prise par Donald Trump d'interdire de visas 75 pays étrangers. L'inquiétude est à l'ordre du jour. « L'interdiction de voyager imposée par Donald Trump laisse les Nigérians dans l'incertitude quant à la Coupe du Monde » explique ainsi le Guardian. « Les fans de football nigérians qui prévoyaient de se rendre aux Etats-Unis pour assister à la Coupe du Monde, pourraient ne pas concrétiser leur projet, suite à l'interdiction de voyager imposée par l'administration de Donald Trump à certains pays africains », ajoute le quotidien nigérian indépendant, qui remarque toutefois « que cette interdiction ne concernerait qu'un nombre limité de fans ». En effet, ajoute-t-il, « le coût du voyage pour la Coupe du Monde, notamment le prix des billets, fait que seuls les plus riches peuvent se permettre de se rendre en Amérique du Nord, pendant la compétition ». Et il leur faudrait encore fournir de multiples assurances, dont celle-ci :  « Prouver des liens solides avec le Nigéria, et une intention claire de retourner au pays ». 

Rothen s'enflamme
Younes Belhanda sur le Maroc : "Autant j'ai été critique après le Cameroun, mais les joueurs m'ont régalé face au Nigeria" – 15/01

Rothen s'enflamme

Play Episode Listen Later Jan 15, 2026 1:43


LEGEND
PRIS EN OTAGE PAR UN COMMANDO ARMÉ AU NIGERIA : IL RACONTE L'ENFER DE SA CAPTIVITÉ

LEGEND

Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 41:31


Pour prendre vos billets pour le LEGEND TOUR c'est par ici ➡️ https://www.legend-tour.fr/Retrouvez la boutique LEGEND et nos offres pendant les soldes ➡️ https://shop.legend-group.fr/Merci à Guillaume d'être venu témoigner dans Legend Story.À 24 ans, Guillaume part travailler au Nigeria pour le groupe Michelin. Là-bas, il est victime d'une prise d'otage : des hommes le retiennent pour une rançon. Il croit vivre ses dernières heures.Détenu en pleine jungle, privé de liberté, il raconte comment il a réussi à s'en sortir.Retrouvez l'interview complète sur YouTube ➡️ https://youtu.be/yTkiVAWGItsRetrouvez-nous sur tous les réseaux LEGEND !Facebook : https://www.facebook.com/legendmediafrInstagram : https://www.instagram.com/legendmedia/TikTok : https://www.tiktok.com/@legendTwitter : https://twitter.com/legendmediafrSnapchat : https://t.snapchat.com/CgEvsbWV Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Entendez-vous l'éco ?
Au Nigeria, une nouvelle grande réforme fiscale

Entendez-vous l'éco ?

Play Episode Listen Later Jan 5, 2026 5:36


durée : 00:05:36 - Le Journal de l'éco - par : Jeanne Cerin - Depuis le 1er janvier, au Nigeria, l'entrée en vigueur de plusieurs lois vient complètement modifier le système mis en place jusqu'à présent. Un projet porté par le président Bola Tinubu dès son élection en 2023 et sur lequel planche depuis un comité.

Grand reportage
Boko Haram, une tentative de réconciliation au Nigeria

Grand reportage

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 19:30


Secte islamiste sunnite devenue groupe terroriste ultra-violent, originaire du Nigeria, Boko Haram est apparu il y a 23 ans. Elle sème encore la terreur dans plus d'un pays. Mais dans son ex-fief de Bama, dans l'État de Borno, un processus de réconciliation, déradicalisation a été lancé. Le gouverneur en a fait une priorité. Société civile, armée, services de renseignement tentent de retisser des liens entre les repentis de Boko Haram et leurs victimes. (Rediffusion) Dans les années 2000, plusieurs témoins rapportent qu'Abubakar Shekau prêchait l'idéologie salafiste à Bama, devenu haut lieu de recrutement pour la secte, qui occupera dix ans plus tard des pans entiers de cet État de Borno. Notre correspondant au Nigeria a passé une semaine à Bama pour témoigner de ce Soul Ou, mécanisme islamique de justice traditionnelle. «Boko Haram, une tentative de réconciliation au Nigeria», un Grand reportage de Moïse Gomis.

Le grand journal du week-end - Philippe Vandel
Donald Trump sur tous les fronts : frappes au Nigeria, rencontre avec Zelensky, il est la personnalité la plus citée dans les médias français en 2025

Le grand journal du week-end - Philippe Vandel

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 13:03


Invité :Jean-Éric Branaa, maître de conférences université Panthéon-Assas, chercheur au centre Thucydide. Auteur de "Textes fondateurs de la révolution américaine" aux éditions EllipsesDébatteurs :Gilles Boutin, journaliste en politique économique au FigaroHumbert Angleys, journaliste au JDDHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse internationale
À la Une: Donald Trump annonce des frappes américaines contre des terroristes au Nigeria

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 4:03


Cette nuit, Donald Trump a annoncé des frappes américaines contre des terroristes au Nigéria. Des frappes meurtrières, et plus précisément contre le groupe État islamique dans le nord-ouest du pays, dans l'État de Sokoto. Le gouvernement nigérian a approuvé les frappes et collaboré avec les États-Unis pour les mener à bien. De son côté, le président américain « a promis de nouvelles attaques », relate le journal nigérian, The Guardian qui ne mentionne pas directement le message de Donald Trump publié sur son réseau social où le président s'exprime « à la Trump : Que Dieu bénisse nos militaires et joyeux Noël à tous, y compris aux terroristes morts, dont le nombre ne cessera de croître si leurs massacres de chrétiens se poursuivent. »  « Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine dans le pays le plus peuplé d'Afrique sous Donald Trump », explique Le Monde. Cette attaque survient alors que le mois dernier Donald Trump a ordonné au ministère de la Défense de se préparer « à une intervention militaire au Nigeria ». Le New York Times revient sur ces menaces qui ont été mises à exécution. Le 1ᵉʳ novembre, le président a annoncé que si le gouvernement nigérian continuait à « permettre le meurtre de chrétiens, les États-Unis cesseraient immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient très bien intervenir dans ce pays déshonoré, armes à la main ». « La menace d'intervention militaire proférée par Trump constituait une escalade considérable », commente le journal américain. Tension entre les deux pays Dans les jours qui ont suivi les menaces, plusieurs alliés politiques avaient formulé des accusations similaires comme le sénateur Ted Cruz, au Texas, qui a accusé le Nigeria de « faciliter le massacre » de chrétiens. Des accusations, qui ont déjà été dénoncées par le Nigeria et qui avaient tendu les relations entre les deux pays. Dans un message adressé hier au Washington Post, Daniel Bwala, conseiller du président nigérian, a à nouveau expliqué que son gouvernement « considérait l'accent répété sur les meurtres de chrétiens comme inutile, car premièrement les terroristes ne ciblent aucune religion en particulier et, deuxièmement, la rhétorique en ce sens ne fera qu'alimenter le désir des terroristes de créer une crise encore plus large. » Le quotidien suisse Le Temps rappelle que le Nigeria est divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane. « Il est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. » Interrogée par le Washington Post, une ancienne conseillère du département d'État a qualifié les frappes américaines de « réaction excessive et inefficace ». Selon elle, « il existe très peu de preuves que les frappes aériennes ciblées réduisent l'activité des groupes armés ». La première année de Donald Trump à la Maison Blanche a été marquée « par de nombreuses interventions militaires à l'étranger, avec des frappes au Yémen, en Iran, en Syrie et ailleurs, et par un important renforcement militaire dans les Caraïbes visant le Venezuela », rappelle le quotidien britannique The Guardian. À lire aussiLes États-Unis ont mené des frappes au Nigeria contre le groupe État islamique, dit Donald Trump Le Venezuela libère au moins 99 prisonniers politiques Caracas a libéré jeudi au moins 99 prisonniers politiques, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Les prisonniers libérés étaient incarcérés depuis les élections présidentielles de 2024, précise le journal espagnol El Pais. « C'est la plus importante libération de prisonniers politiques ordonnée par le régime de Nicolás Maduro depuis plusieurs mois. La dernière mesure de clémence accordée à des militants de l'opposition remonte au 13 août ». La plupart des personnes avaient été arrêtées pour avoir participé aux manifestations en août 2024, suite aux élections présidentielles « où Maduro s'est proclamé vainqueur, et où l'opposition et les organisations internationales ont dénoncé des fraudes, déclarant Edmundo González vainqueur ». Ce dernier vit désormais en exil en Espagne, et la principale figure de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a récemment reçu le prix Nobel de la paix 2025 à Oslo, en Norvège. Dans le journal vénézuélien El Nacional, les noms d'une trentaine de citoyens libérés ont été publiés. « Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a souligné que "chaque nom libéré de ces centres de détention injustes représente « une victoire pour la vérité et l'espoir" ». Le gouvernement Maduro, quant à lui, assure que le pays est « exempt de prisonniers politiques » et que ceux qui sont qualifiés de tels sont emprisonnés pour avoir commis des « crimes odieux ». À lire aussiVenezuela: libération de 99 personnes arrêtées après la présidentielle de 2024

Invité de la mi-journée
Les frappes américaines au Nigeria «permettent à Donald Trump de vendre un récit de force»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 7:43


Les États-Unis ont conduit une opération militaire ces dernières heures contre des combattants du groupe EI dans le nord-ouest du Nigeria. Le président américain a promis de nouvelles attaques si l'organisation jihadiste continue le « massacre de chrétiens » dans le pays. Le commandement américain en Afrique a précisé sur X qu'il avait frappé « à la demande des autorités nigérianes ». Quel message Donald Trump envoie au monde et à ses partenaires africains ? L'analyse de Jérôme Viala-Godefroy, chargé de cours à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, auteur de Les mots de Trump publié aux éditions Dalloz. RFI : Donald Trump assure avoir mené des frappes meurtrières contre le groupe EI au Nigeria ces dernières heures. Des frappes confirmées par les autorités du pays qui assurent avoir fourni du renseignement. Le président américain menace de nouvelles attaques si les terroristes continuent, selon lui, « le massacre de chrétiens ». S'il est important d'en parler aujourd'hui, c'est qu'il s'agit de la toute première intervention de Washington dans le pays le plus peuplé d'Afrique. Quels intérêts ont les États-Unis à mener de telles frappes sur le territoire nigérian ? Jérôme Viala-Godefroy : L'intérêt stratégique pour Washington, c'est de montrer qu'ils gardent une capacité d'action en Afrique. Il y a une sorte de compétition d'influence, notamment avec la Chine. C'est une manière de montrer qu'il y a une crédibilité de l'Africom, le commandement américain pour l'Afrique. C'est d'ailleurs l'Africom qui a confirmé ces frappes en coordination avec les autorités nigérianes. L'idée, c'est de se positionner par rapport à la Chine dans la région ? C'est l'un des aspects. Évidemment, il y a aussi un aspect de politique intérieure, toujours présent chez Donald Trump. Il s'agit de montrer, là aussi, qu'il y a une vraie force, de démontrer la puissance américaine. On reviendra sur l'impact au niveau de la politique intérieure américaine. Mais, d'abord, concernant le continent africain, quel message Donald Trump envoie-t-il, au-delà de la Chine ? Il envoie deux messages. Aux groupes armés, il dit qu'il peut frapper, même loin. Il montre aussi qu'il y a une coordination et qu'il a des gouvernements avec lui. Alors évidemment, le revers, c'est que tout cela se passe en dehors de toutes normes internationales. C'est, encore une fois, une expression de la force qui se situe en dehors de tout cadre légal international. Au niveau de la politique intérieure américaine, on sait qu'il y a les élections de mi-mandat dans moins d'un an aux États-Unis. Est-ce une manière de ramener l'opinion publique dans son camp ? Ces frappes surviennent le jour de Noël. Essaie-t-il de convaincre peut-être la communauté chrétienne ? Comme il l'a dit, il s'agit de réagir face aux « massacres de chrétiens ». Il fait donc un récit de ce qui se passe au Nigeria en des termes purement moraux et religieux. Alors que ce sont des questions inter-ethniques ou inter-religieuses, mais que les massacres ne se limitent pas aux chrétiens – ce que dit aussi le gouvernement nigérian, qui s'est éloigné de ce qu'affirme Donald Trump sur cette histoire. Pour Donald Trump, il s'agit de montrer son autorité et surtout de consolider une base électorale qui valorise la fermeté et la défense des chrétiens. Cela peut aussi polariser l'opinion publique américaine. Comment anticiper la réaction potentielle de l'opposition vis-à-vis des frappes ? Les questions internationales ne sont pas forcément essentielles aux États-Unis au sein de l'électorat. Ce que l'on voit, c'est que cela peut diviser le camp « Make America Great Again » (MAGA), le camp républicain. L'électorat de Donald Trump souhaite que l'administration s'occupe d'abord de ce qui se passe chez eux, notamment concernant l'économie. Et non de risquer de se retrouver dans des conflits extérieurs. C'était la compréhension qu'ils avaient de « America First » (l'Amérique d'abord, en français). Donald Trump, lui, en a une autre conception durant son second mandat. À quelle figure pensez-vous ? Qui pourrait être divisé sur cette intervention extérieure au sein du camp MAGA ? Quelqu'un comme Marjorie Taylor Greene par exemple, qui s'est opposée à Donald Trump sur l'affaire Epstein, a commencé à critiquer le gouvernement au moment des frappes sur l'Iran au printemps dernier. On a déjà vu d'importantes critiques d'un certain nombre d'élus et d'influenceurs – je pense aussi à Tucker Carlson –, des gens qui ne veulent pas de guerre, qui ne veulent pas qu'il y ait une implication et qui pensent que l'Amérique doit se concentrer sur elle-même. Avec Donald Trump, on a l'impression que c'est « un jour avec, un jour sans ». C'est-à-dire qu'une semaine il va tenter de faire des accords de paix et d'intervenir dans une partie du monde pour « apporter la paix » et l'autre semaine, il va bombarder. On ne sait réellement sur quel pied il danse, finalement. Il est beaucoup en réaction à ce qui se passe. Il s'agit d'avoir des opportunités qui lui semblent intéressantes d'un point de vue politique et pour son image. Ce qui importe à Donald Trump, c'est de montrer qu'il est fort, qu'il réagit et qu'il est le « dealmaker », qu'il sait faire des deals. Ces deals sont parfois à la surface des choses, n'entrent pas dans les détails, mais lui permettent de vendre aussi un récit de force. Le récit de quelqu'un qui sait obtenir des accords avec n'importe quel pays, dont la seule morale c'est l'intérêt, dit-il, des États-Unis. Souvent l'intérêt de ses propres affaires, aussi. Vous dites qu'il cherche à montrer sa puissance. On le voit bien puisqu'il y a quelques mois, il disait justement du gouvernement nigérian qu'il l'estimait responsable de ce prétendu « massacre des chrétiens ». Quelques semaines plus tard, il semble avoir réussi à leur tordre le bras, à les convaincre, car le gouvernement nigérian est impliqué et a soutenu cette offensive américaine. Ce qui montre toute sa puissance, encore une fois. Exactement. C'est ce qu'il cherche à faire. Montrer que, grâce à la puissance américaine, il peut obliger et convaincre des gouvernements, même si ce n'est pas forcément populaire auprès de leurs populations. Il a cette capacité de forcer des gouvernements à réagir comme il le veut. C'est important pour lui, pour vendre cette idée qu'il peut faire ce qu'il veut dans le monde. Avec l'idée que maintenant c'est la force et la puissance qui sont les critères essentiels dans ce monde nouveau, en dehors de tout cadre d'ailleurs international. Les États-Unis ont frappé des cellules du groupe EI en Syrie récemment. Donald Trump affirme ne pas exclure de mener d'autres frappes, en tout cas sur le territoire nigérian. Doit-on prendre au sérieux ces menaces ? Pour ce qui est des frappes, on peut le prendre au sérieux car cela n'implique pas de troupes au sol. Ce qui constituerait sans doute la limite acceptable pour la population américaine, c'est qu'il y ait des mises en danger de soldats américains. Mais les frappes, c'est quelque chose qu'il peut faire, d'autant plus qu'il n'a pas réellement de résistance de la part du Congrès, même s'il y a des critiques qui s'élèvent. Notamment par rapport au Venezuela. Ce sont des choses qui sont en dehors de tout cadre légal, mais il n'y a pas une majorité suffisante au Congrès pour s'opposer à Donald Trump. Or, c'est le Congrès qui devrait normalement décider de ce genre d'actions. À lire aussiÀ la Une: Donald Trump annonce des frappes américaines contre des terroristes au Nigeria

La question info
Pourquoi Donald Trump a-t-il mené de nombreuses frappes contre l'État islamique au Nigeria?

La question info

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 3:50


“Ce soir ils ont payé”. Les mots de Donald Trump après avoir frappé Daesh au Nigeria. Une intervention militaire, “à la demande des autorités nigérianes” selon le commandement américain en Afrique. Mais alors pourquoi les États-Unis ont-ils frappé l'État islamique?On pose la question à Ulysse Gosset, éditorialiste international sur BFMTV.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Nigeria: quelles sont les vraies raisons de la démission du ministre de la Défense?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Dec 5, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des contradictions sur un accord entre Israël et l'Égypte et l'ingérence américaines dans la présidentielle hondurienne.  Nigeria : quelles sont les vraies raisons de la démission du ministre de la Défense ?   Au Nigeria, le ministre de la Défense Mohammed Badaru Abubakar a démissionné de son poste invoquant des raisons de santé. Ne s'agit-il pas d'un prétexte alors que le pays est confronté à une recrudescence des kidnappings de masse ? Pourquoi le président Tinubu a-t-il décidé de le remplacer par le général Christopher Musa, ancien chef d'état-major des armées limogé, il y a deux mois, pour des rumeurs de tentative de coup d'État ?   Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI.     Gaza : pourquoi Israël a-t-il annoncé que les habitants pourraient quitter le territoire par l'Égypte ?   Alors qu'Israël avait annoncé la sortie prochaine des Gazaouis par le point de passage de Rafah, situé entre l'enclave palestinienne et l'Égypte, Le Caire a immédiatement démenti avoir accepté un tel compromis. Comment expliquer ces contradictions ? Quelle était la stratégie des autorités israéliennes en annonçant l'ouverture de ce poste-frontière sachant que l'Égypte allait démentir ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.    Honduras : pourquoi Trump libère un ancien président narcotrafiquant ?  Condamné à 45 ans de prison par la justice américaine pour avoir importé aux États-Unis des centaines de tonnes de cocaïne, l'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández a bénéficié d'une grâce de Donald Trump. Comment expliquer cette décision ? Alors que le Honduras est en pleine période électorale, quelles peuvent être les conséquences politiques de cette libération ?    Avec Daniel Vasquez, doctorant au CNRS, affilié au Centre d'Études Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA) et spécialiste du Honduras.   Et en fin d'émission, la chronique «Un oeil sur les réseaux de Jessica Taieb». Au programme, le témoignage TikTok d'un mannequin guinéen qui rencontre des difficultés à voyager à cause de son passeport. 

Une semaine dans le monde
Plan de paix pour l'Ukraine, service militaire en France, crises en Guinée-Bissau et au Nigeria

Une semaine dans le monde

Play Episode Listen Later Nov 28, 2025 42:44


Une nouvelle mouture du plan de paix pour l'Ukraine a été transmise à Moscou, Kiev et les Européens ayant réussi à imposer des modifications. Face à la menace russe, Emmanuel Macron a annoncé la création d'un service militaire de dix mois pour les jeunes majeurs volontaires. En Guinée-Bissau, le processus électoral a été interrompu par un coup d'État et un général a été investi comme président de la transition. Enfin, au Nigeria, une vague d'enlèvements secoue le pays.

Un jour dans le monde
Pourquoi des centaines d'écoliers et de villageois sont kidnappés au Nigeria, sous le regard attentif des Etats Unis

Un jour dans le monde

Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 3:31


durée : 00:03:31 - Le monde à l'endroit - Un nouveau kidnapping de dix personnes a eu lieu lundi 24 novembre dans l'ouest du Nigeria, dernier d'une série d'enlèvements dans ce pays où la crise sécuritaire se double d'un risque de famine et dont le gouvernement est accusé par Donald Trump de "tolérer les meurtres de chrétiens". Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Les journaux de France Culture
Au Nigeria, des dizaines de millions de personnes "à un niveau d'insécurité alimentaire jamais atteint auparavant"

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 20:17


durée : 00:20:17 - Journal de 12h30 - La faim menace très gravement 35 millions de personnes dans le nord du Nigeria, selon le Programme alimentaire mondial de l'Onu qui donne l'alerte. Aux sources de cette vulnérabilité extrême, une recrudescence des attaques djihadistes, qui conduit à une instabilité croissante dans le nord du pays. - invités : Aurore Bergé femme politique française

Le journal de 12h30
Au Nigeria, des dizaines de millions de personnes "à un niveau d'insécurité alimentaire jamais atteint auparavant"

Le journal de 12h30

Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 20:17


durée : 00:20:17 - Journal de 12h30 - La faim menace très gravement 35 millions de personnes dans le nord du Nigeria, selon le Programme alimentaire mondial de l'Onu qui donne l'alerte. Aux sources de cette vulnérabilité extrême, une recrudescence des attaques djihadistes, qui conduit à une instabilité croissante dans le nord du pays. - invités : Aurore Bergé femme politique française

Les matins
Les enlèvements se multiplient au Nigeria, alors que Donald Trump menace d'envoyer des troupes armées sur place

Les matins

Play Episode Listen Later Nov 24, 2025 5:40


durée : 00:05:40 - La Revue de presse internationale - par : Estelle Kammerer - Vendredi, plus de 300 enfants ont été kidnappés dans une école de l'Etat de Niger, au Nigeria. Les médias parlent de l'un des plus grands enlèvements de masse du pays, ravivant les souvenirs de Chibok en 2014. Boko Haram avait enlevé 276 jeunes filles.

Reportage Afrique
Nigeria/Boko Haram: des camps de déplacés existent toujours à Maiduguri [5/5]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Nov 21, 2025 2:30


Au Nigeria, deux opérations portées par l'armée et par l'État de Borno ont facilité la réintégration dans la société de dizaines de milliers de repentis de Boko Haram et de l'ISWAP. Pour relancer l'économie de son État essentiellement agricole, le gouverneur Babagana Zulum a organisé le retour de déplacés internes dans leur communauté d'origine. Officiellement, il n'y a plus de camps de déplacés à Maiduguri, pourtant des milliers de familles vivent dans des conditions de vie difficile dans des camps informels de la capitale de l'État de Borno. De notre correspondant de retour de Maiguduri, Souriante devant ses enfants, Yakura dissimule des blessures psychologiques profondes. Kirenowa, sa ville d'origine près du Lac Tchad, est dans une zone sous contrôle de l'ISWAP Et aujourd'hui encore, Yakura reste marquée par le son des armes automatiques lorsque Kirenowa fut attaquée en mai 2014. « Nous avons commencé à entendre des coups de feu. On a cru à une mauvaise blague. Puis la situation a dégénéré. Les gens se sont mis à courir. Quant à nous, nous sommes coincés sur place pendant 10 jours. La plupart du temps, les membres de Boko Haram revenaient dans la communauté. Le soir ou le matin. » Kingibe vit avec sa famille pas très loin de l'emplacement de Yakura Handicapé par une blessure non soignée depuis 7 ans, Kingibe a des difficultés à se déplacer. Il passe ses journées assis sur un tapis à égrener un chapelet musulman. Et avec la recrudescence des kidnappings dans la périphérie de Maiduguri, cet homme d'âge mûr ne sort quasiment plus du camp. « Si les membres de Boko Haram enlèvent une personne, ils exigent une rançon de 5 à 10 millions de nairas. J'ai à peine 500 nairas par mois. Dans ces conditions, comment payer une telle somme ? Comment aller cultiver la terre pour nous nourrir alors que la brousse n'est pas sûre et qu'à seulement 2 km de distance d'ici, ils peuvent nous capturer ? » « Une personne pauvre ne peut pas survivre sans cultiver » Durant plus de 10 ans, Kingibe a difficilement accepté de dépendre des distributions de vivres. Depuis deux ans, ces distributions ont cessé suite au décret local fermant les camps à l'intérieur de Maiduguri. Or pour Kingibe, c'est un cauchemar sans fin de voir ses enfants pleurer de faim. Car cet agriculteur ne peut plus accéder à son champ dans son village près de Marte, à plus de 130 km de Maiduguri : « De nombreuses personnes qui sont retournées à Marte ont été attaquées par les membres de Boko Haram. Puis ces familles ont été déplacées à Dikwa. Avant de revenir nouveau Maiduguri sur instruction du gouverneur Babagana Zulum avec un soutien alimentaire pas trop long. Plus tard, certaines familles sont retournées à Marte, mais d'autres vivent toujours ici. Sans pouvoir cultiver, une personne pauvre ne peut pas survivre. » Pour nourrir sa famille, Kingibe envisage de vendre la tente humanitaire qui leur sert de logement. Plusieurs de ses voisins l'ont déjà fait, laissant vide ainsi de nombreux espaces dans ce camp informel. À lire aussiNigeria: comment j'ai basculé dans Boko Haram [1/5] À lire aussiNigeria: la réintégration d'ex-membres de l'Iswap dans la société, sans passer par la case prison [2/5] À lire aussiNigeria: face à la réintégration des repentis Boko Haram, l'impossible pardon pour les victimes [3/5] À lire aussiNigeria: les sessions de déradicalisation d'ex-membres de Boko Haram [4/5]

Journal en français facile
Espagne: 50 ans après la mort de Franco / Violences religieuses au Nigeria / Journée internationale des professeurs de français...

Journal en français facile

Play Episode Listen Later Nov 20, 2025 10:00


Le Journal en français facile du jeudi 20 novembre 2025, 17 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CCXR.A

Invité Afrique
Les conflits au Nigeria «ne sont pas fondamentalement d'ordre confessionnels»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 20, 2025 9:11


À Washington, le Congrès américain doit examiner ce jeudi la requête de Donald Trump, qui veut intégrer le Nigeria à la liste des pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse. Ce vote tombera 48 heures après l'attaque meurtrière d'une église de l'Ouest du pays pendant une messe retransmise en direct. Les chrétiens sont-ils vraiment persécutés au Nigeria ? Quelles seraient les conséquences d'un vote pro-Trump au Congrès ? Marc-Antoine Pérouse de Montclos est directeur de recherches à l'IRD, l'Institut de Recherche pour le Développement. Il répond à Christophe Boisbouvier. RFI : Marc-Antoine Pérouse de Montclos, est-ce que les chrétiens sont persécutés au Nigeria ?   Marc-Antoine Pérouse de Montclos : Il peut y avoir certaines zones où il y a des discriminations contre les minorités. Donc en l'occurrence confessionnelles, ça peut être des mouvements évangéliques ou même des catholiques, notamment dans le Nord à dominante musulmane. Mais il faut voir qu'à l'inverse, les musulmans peuvent aussi être victimes de ces discriminations dans des régions à dominante chrétienne, plutôt dans le sud-est par exemple. Alors il y avait une attaque qui avait frappé les esprits. C'était le jour de Noël de l'année 2012. C'était dans la région d'Abuja, à Matala Zuba précisément. Un commando armé avait attaqué une église en pleine messe de Noël. Le prêtre et cinq fidèles avaient été tués. Oui, il y a quelquefois des églises qui sont prises pour cible, notamment par des groupes jihadistes comme la mouvance Boko Haram dans le nord-est, qui là, en l'occurrence, avait frappé plus dans la région centrale autour de la capitale fédérale. Il faut savoir que dans les nombreuses violences qui agitent le Nigeria, il y a également des mosquées qui sont prises pour cible et qui vont être brûlées, qui vont être attaquées, pas forcément d'ailleurs par des chrétiens. Souvent, les groupes jihadistes s'en prennent d'abord aux musulmans, et l'essentiel des victimes, par exemple de Boko Haram, ce sont des musulmans, rappelons-le, parce que c'est mathématique. Ils agissent dans une région qui est surtout peuplée de musulmans. Leurs victimes sont essentiellement civiles et parmi leurs victimes, il y a aussi effectivement des chrétiens qui peuvent être ciblés comme chrétiens. Alors tout de même, c'était le 16 novembre dernier à Rome, le pape Léon XIV s'est adressé à la foule place Saint-Pierre, en dénonçant les persécutions des chrétiens à travers le monde, notamment « au Bangladesh, au Nigeria, au Mozambique et au Soudan ». Oui, alors il y a un index qui sort sur les persécutions des chrétiens dans le monde et qui donc fait état d'homicides en arguant que ces personnes sont tuées non pas pour être dépouillées, volées de leur voiture ou de leur portefeuille, mais bien à cause de leur dénomination chrétienne. En réalité, il y a des chrétiens qui sont ciblés au Nigeria dans le cadre de conflits fonciers, notamment dans la ceinture centrale du Nigeria, qui voient des éleveurs musulmans s'opposer à des cultivateurs chrétiens. Et là, effectivement, les églises peuvent être des marqueurs identitaires. Donc, on va brûler un village, on va aussi s'en prendre à une église. Ça peut être aussi des lieux de refuge. Et donc effectivement, là, on voit aussi des ciblages autour de lieux de culte qui visent explicitement les chrétiens. Mais derrière, les dessous de ces conflits ne sont pas fondamentalement d'ordre confessionnel. Ce n'est pas sur la manière de prier ou de croire. Ce sont d'abord des conflits fonciers, des conflits politiques, sur le partage du pouvoir, sur la compétition pour les ressources. Et puis, ne l'oublions pas, au Nigeria, plus de 200 millions d'habitants, il y a une pression démographique qui s'accroît. Et donc, dans certains cas, on voit que ces conflits fonciers opposent des chrétiens aux musulmans. Que pensez-vous de Donald Trump qui accuse le président Bola Tinubu de tolérer les meurtres de chrétiens par des terroristes islamistes ? Oui, alors le point important, c'est qu'il n'accuse pas le gouvernement de commettre le génocide lui-même mais de laisser faire. Donc effectivement, il y a un gros problème au niveau de l'appareil coercitif du Nigeria avec une police qui, disons, ne performe pas, qui n'est pas professionnelle, qui tue énormément aussi beaucoup de civils. La même chose pour l'armée. Il se trouve qu'en plus il y a une configuration en ce moment politique au Nigeria qui fait que le président est musulman et le vice-président est également musulman. Or, d'habitude, il y a une règle non-écrite, ce n'est pas une règle constitutionnelle, mais qui veut que si le président est musulman, son vice-président sera chrétien et inversement. Donc là, on a une configuration un peu particulière qui va donner du grain à moudre aussi sur tous ces lobbys évangéliques qui s'en prennent aux musulmans, à l'élite musulmane du nord qui est accusée de laisser faire les « terroristes peuls », puisque les éleveurs peuls sont tous rangés dans la catégorie des terroristes, ce qui tend à donner une dimension très ethnique à ces conflits, quoi qu'il en soit de leur aspect confessionnel. Aujourd'hui, cette croisade en faveur des chrétiens du Nigeria est renforcée par une superstar du rap américain, Nicki Minaj. Est-ce que cela ne pèse pas dans l'opinion publique américaine et dans le vote à venir du Congrès américain ce jeudi ? Alors, le fait qu'il y ait des stars du rap qui s'engagent effectivement dans cette campagne va évidemment jouer en faveur des lobbys évangéliques du Nigeria qui pressent le Congrès de mettre en place des sanctions économiques. Alors eux demandent des sanctions économiques, ils ne demandent pas une intervention militaire. Et de toute façon, même les leaders chrétiens du Nigeria se sont opposés à l'éventualité d'une intervention militaire américaine qui, dans tous les cas, est complètement improbable. C'est le pays le plus peuplé d'Afrique. On ne voit pas très bien comment l'armée américaine pourrait intervenir dans un terrain plus que compliqué, puisque là, vous allez poster des soldats américains autour de chaque église de l'Etat du Plateau, dans le centre du pays. Ça n'a absolument aucun sens. À lire aussiLes propos de Trump sur le Nigeria sont «irresponsables et criminels», dit le prix Nobel Wole Soyinka

Dutrizac de 6 à 9
Des milliers de chrétiens assassinés et des centaines d'églises brûlées au Nigeria: le conflit dont on ne parle pas

Dutrizac de 6 à 9

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 15:35


Pendant que le monde regarde le conflit Isaraélo-palestinien et la guerre en Ukraine, des villages chrétiens sont rayés de la carte au Nigeria. Des milliers de morts en 2024, des centaines d’églises brûlées, et une violence qui ne faiblit pas. L'organisme européen Portes Ouvertes vient de publier son index 2025 sur les persécutions des chrétiens dans le monde et le Nigéria est au premier plan. Entrevue avec Illia Djadi, analyste chargé des questions religieuses en Afrique de l’Ouest à l’organisme Portes ouvertes. Regardez aussi cette discussion en vidéo via https://www.qub.ca/videos ou en vous abonnant à QUB télé : https://www.tvaplus.ca/qub ou sur la chaîne YouTube QUB https://www.youtube.com/@qub_radioPour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

Invité Afrique
États-Unis/Nigeria: «Les propos de Trump s'inscrivent dans ce retour majeur de la religion en Amérique»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 4, 2025 11:43


Au Nigeria, c'est la stupeur après les propos explosifs de Donald Trump, qui a menacé d'y mener une action militaire si le pays n'arrêtait pas ce qu'il appelle « les meurtres de chrétiens par des terroristes islamistes ». Pourquoi cet intérêt soudain du Président américain pour les chrétiens du Nigeria ? Le lobbying à Washington des associations évangéliques y est-il pour quelque chose ? Niagalé Bagayoko vient de publier une enquête sur les relations États-Unis/Afrique pour l'African Security Sector Network et pour la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques. Elle répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Niagalé Bagayoko, est-ce que vous êtes surprise par les propos menaçants de Donald Trump contre le gouvernement du Nigeria ? Niagalé Bagayoko : Les propos de Donald Trump, tout comme les prises de position des parlementaires américains, s'inscrivent dans ce retour majeur de la religion aux États-Unis, qui est matérialisé par l'instauration d'un bureau de la foi et des tenants d'un christianisme extrêmement radical, ultra-conservateur, notamment sur le plan sociétal. Et l'un des courants les plus influents est celui du pentecôtisme, qui a été notamment diffusé par les méthodistes noirs américains à travers ce qu'on appelle les Assemblées de Dieu, qui sont très présentes, notamment en Afrique de l'Ouest. Ce que répond le président nigérian Bola Tinubu, qui espère une rencontre dans les prochains jours avec Donald Trump, c'est qu'il remercie le président américain d'avoir autorisé la vente d'armes à son pays et qu'il veut tirer parti de cette opportunité dans la lutte contre le terrorisme, et qu'il espère obtenir des résultats considérables. D'abord, il est, à mon avis, très important de rappeler à quel groupe on a affaire au Nigeria en matière terroriste. Ils sont actifs, notamment au nord-est du Nigeria. C'est contre eux que le gouvernement du Nigeria a mobilisé des moyens opérationnels importants. Ces actions ont eu un certain effet, mais absolument pas dans les zones rurales où ces groupes sont extrêmement implantés. Donc, je ne pense pas qu'il soit réaliste d'envisager un électorat américain qui accepterait de perdre un seul soldat sur le sol africain. Donc, un éventuel soutien aérien pourrait éventuellement avoir un effet d'affaiblissement momentané, mais ne changerait absolument pas cette dynamique d'enracinement de ce type de groupes, dans le contexte du Nigeria ou ailleurs d'ailleurs, non plus. Ce que vous dites dans une étude parue au printemps dernier, c'est que cette nouvelle alliance entre chrétiens ultra-conservateurs des États-Unis d'un côté, chrétiens du Nigeria, du Ghana, de l'Ouganda de l'autre côté, elle ne vise pas seulement à combattre les islamistes, elle vise aussi ce qu'ils appellent « l'homosexualité occidentale ». Oui, bien sûr, il y a vraiment une vision extrêmement morale qui a tendance à cibler des courants woke. Par exemple, il y a Monseigneur Robert Sarah, de Conakry, qui est très proche du cardinal Burke, très influent au sein de l'Église catholique américaine et proche de JD Vance, qui a fait de la lutte contre le wokisme et les courants LGBT l'une de ses thématiques favorites. Et vous allez plus loin : vous dites dans votre article que ces chrétiens d'Afrique entrent en résonance avec les souverainistes du Sahel, notamment du Niger, du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. Alors justement, uniquement sur ces questions d'ordre sociétal, puisqu'on voit que, sur le continent africain, ce sont des visions très conservatrices de la société qui tendent à s'imposer, et cela aussi bien dans les pays à majorité chrétienne que dans les pays à majorité musulmane. C'est pour ça que l'opposition entre les deux religions n'est pas nécessairement pertinente. Mais ces souverainistes africains qui font alliance avec les trumpistes américains, est-ce qu'ils ne sont pas quand même plus sensibles au message d'un Vladimir Poutine que d'un Donald Trump ? Je ne parle pas véritablement d'alliance entre les pays du Sahel et les États-Unis. Je parle d'une convergence sur un certain nombre de remises en cause du modèle démocratique libéral, aussi bien d'un point de vue politique que d'un point de vue sociétal. Pour ce qui est de la Russie, je pense qu'on est finalement dans le même type de scénario : c'est-à-dire que je pense que cette convergence de valeurs, notamment religieuses, est extrêmement importante, et j'en veux pour preuve le retour de l'Église orthodoxe dans les pays comme le Kenya ou l'Ouganda. Ça, ça fait également partie du soft power de la Russie, qui est à la fois politique mais aussi, à mon avis, moral.   À lire aussiDonald Trump-Nigeria: la diplomatie comme outil de politique intérieure À lire aussiLe Nigeria propose une rencontre à Donald Trump après des menaces proférées par le président américain

On marche sur la tête
Chrétiens tués au Nigeria : «Entre 2019 et 2023, il y a eu 17.000 chrétiens tués pour leur foi», rappelle Régis Le Sommier

On marche sur la tête

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 7:22


Invités : -Régis Le Sommier, journaliste   Chroniqueurs : -Gabrielle Cluzel -Erik Tegnér Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Grand reportage
Boko Haram, une tentative de réconciliation au Nigeria

Grand reportage

Play Episode Listen Later Oct 15, 2025 19:30


Secte islamiste sunnite devenue groupe terroriste ultra-violent, originaire du Nigeria, Boko Haram est apparu il y a 23 ans. Elle sème encore la terreur dans plus d'un pays. Mais dans son ex-fief de Bama, dans l'État de Borno, un processus de réconciliation, déradicalisation a été lancé. Le gouverneur en a fait une priorité. Société civile, armée, services de renseignement tentent de retisser des liens entre les repentis de Boko Haram et leurs victimes. Dans les années 2000, plusieurs témoins rapportent qu'Abubakar Shekau prêchait l'idéologie salafiste à Bama, devenu haut lieu de recrutement pour la secte, qui occupera dix ans plus tard des pans entiers de cet État de Borno. Notre correspondant au Nigeria a passé une semaine à Bama pour témoigner de ce Soul Ou, mécanisme islamique de justice traditionnelle. «Boko Haram, une tentative de réconciliation au Nigeria», un Grand reportage de Moïse Gomis.

Afrique Économie
Au nord du Cameroun, les petits commerçants s'approvisionnent au Nigeria [1/5]

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 3, 2025 2:30


« Le secteur informel est une composante essentielle de la plupart des économies subsahariennes », décrit le FMI. S'il contribue de 25 à 65% du PIB des pays, une partie des bénéfices de ces activités économiques échappent cependant aux caisses des États. Afrique économie vous emmène cette semaine dans une plongée de l'informel sur le continent. Au Cameroun, le secteur de l'informel représente plus de 85 % des emplois, selon les chiffres du ministère des Petites et Moyennes Entreprises. Dans le Septentrion, le chômage y est important, les commerçants profitent de leur proximité avec le Nigeria pour s'approvisionner en carburant, denrées alimentaires ou encore médicaments de l'autre côté de la frontière. On les surnomme les « zoua-zoua ». Les vendeurs de carburant à la sauvette bordent les routes du centre-ville de Garoua, une ville située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière nigériane. Dans la région septentrionale du Cameroun, zone enclavée et touchée par le chômage, le commerce informel joue un rôle très important. Derrière les bouteilles en plastique et les panneaux en carton qui annoncent les prix, Paul (le prénom a été modifié) organise son petit commerce. Pour se ravitailler, il « loue une voiture 5 000 francs [environ 7,5 euros, NDLR] » et traverse la frontière nigériane. Là-bas, chaque litre lui coûte « 600 ou 650 francs [environ 1 euro, NDLR] ». Paul le revend 800 francs CFA (1,2 euro) dans les rues de Garoua, quand d'autres montent jusqu'à 850 francs (1,3 euro). « Il n'y a pas de prix fixe », reconnaît le vendeur. Pour passer la douane, un billet permet d'éviter les contrôles de marchandises. « La police ne nous dérange pas », raconte Paul, « quand on passe, parfois, on paye 10 000, parfois 5 000 francs [de 7,5 à 15 euros environ, NDLR] ». Comme beaucoup de Camerounais, le commerce de rue permet à Paul de gagner « un peu » sa vie. « C'est mieux que pas de travail », met-il en avant. « Nous, les gens du quartier, c'est avec ça, avec le carburant, qu'on se débrouille. » Grâce à la revente informelle, Paul a construit sa petite maison. Son commerce fait également travailler régulièrement deux à cinq jeunes du voisinage. À lire aussiCameroun: les autorités interdisent l'accès aux vendeurs ambulants dans 15 lieux de Yaoundé « On n'a pas le choix. On n'a que ça à faire. Il n'y a pas de travail » Un peu plus loin, au marché, deux jeunes hommes sont affalés sur leurs étals. Eux vendent des médicaments, également importés sans déclaration du Nigeria. « Il y a tous genres de médicaments : mal de tête, mal d'estomac… Même pour le palu, il y en a », présentent fièrement les deux commerçants d'une vingtaine d'années. « Je viens avec la voiture et je traverse comme ça. On est habitués », raconte l'un d'eux. « Parfois, la police dérange (…) ils prennent la marchandise », ajoute-t-il. « Plusieurs fois », les jeunes ont été visés par des saisies des forces de l'ordre. Des opérations qui les « ruinent », se plaignent-ils. Mais pas de quoi décourager les deux vendeurs ambulants. « On n'a pas le choix. On n'a que ça à faire. Il n'y a pas de travail », regrettent-ils, car le Cameroun est un pays où il est « très dur » de trouver un emploi salarié. Accoudé à son stand de médicaments, l'un des jeunes renchérit : « Les gens ont fait l'école. Il y a les diplômes, les diplômes professionnels comme académiques, mais on ne trouve pas de travail. Le gouvernement n'est pas bon. On souffre. Les gens souffrent au Cameroun, surtout les jeunes », dit-il. Matériaux de construction ou encore produits alimentaires sont également importés du Nigeria pour être revendus à Garoua. À lire aussiHausse du prix du carburant au Cameroun: les transporteurs se disent «asphyxiés»

Chronique des Matières Premières
Au Nigeria, Aliko Dangote étend son emprise sur le secteur pétrolier aval

Chronique des Matières Premières

Play Episode Listen Later Jul 31, 2025 2:06


Au Nigeria, le milliardaire Aliko Dangote semble avoir réussi son pari : d'ici à la fin de l'année, sa raffinerie de Lekki estime pouvoir produire jusqu'à 700 000 barils de pétrole raffiné par jour, au-delà même de son objectif initial. C'est assez pour couvrir entièrement la demande locale, au Nigeria. Ce projet titanesque, chiffré à 20 milliards de dollars, est en train de faire bouger les lignes dans tous les secteurs de l'industrie pétrolière. Fin février, un peu plus d'un an après le début des opérations de sa méga-raffinerie de Lekki, Aliko Dangote annonçait que celle-ci produisait déjà jusqu'à 57 millions de litres d'essence par jour. Suffisamment pour répondre à la demande domestique totale au Nigeria, où la consommation de carburant a bien baissé depuis la levée d'une partie des subventions sur l'essence en 2023. Mais le succès fulgurant de ce projet titanesque crée beaucoup de tensions avec les acteurs historiques du secteur, qui redoutent qu'Aliko Dangote ne verrouille totalement le marché pour asseoir son monopole. Le milliardaire a, de son côté, beaucoup dénoncé les agissements des importateurs, accusés d'acheter du carburant de mauvaise qualité à l'étranger, afin de dégager des marges plus importantes lors de la revente au Nigeria, le tout avec la complicité du régulateur. Aliko Dangote milite désormais pour que les carburants raffinés localement soient tout simplement exclus de la liste des produits importables au Nigeria. À lire aussiNigeria: la raffinerie de pétrole Dangote se lance dans la distribution de carburants Accord « Pétrole brut contre Naira » En réalité, le magnat mène une offensive bien plus large, qui vise au réaménagement du secteur pétrolier aval au Nigeria. Aliko Dangote a notamment annoncé le déploiement, dès la mi-août, de 4 000 camions-citernes roulant au gaz naturel comprimé, pour livrer de l'essence et du diesel en direct à ses clients nigérians. L'homme d'affaires a aussi obtenu le soutien de l'exécutif pour continuer à acheter une partie du pétrole brut qui fournit sa raffinerie en nairas, la devise locale, plutôt qu'en dollars, malgré les résistances initiales de la compagnie nationale pétrolière, la NNPCL. Mais le gouvernement fédéral risque tout de même de devoir tempérer pour préserver ses revenus en dollars, alors que le groupe Dangote annonce déjà vouloir se fournir exclusivement en brut nigérian d'ici à la fin de l'année. Pour l'instant, la production locale reste encore insuffisante pour répondre aux besoins de la méga-raffinerie. Ambitions globales Les ambitions d'Aliko Dangote dépassent de toute façon largement le marché nigérian et même ouest-africain. Le groupe projette de construire en Namibie des réservoirs de stockage pouvant contenir au moins 1,6 million de barils d'essence et de diesel, afin de fournir du carburant raffiné à l'Afrique Australe. Fin juin, 90 000 tonnes de carburant produit sur le site de Lekki ont été embarqués à destination du marché asiatique. C'est la première exportation de carburant du groupe Dangote en dehors du continent africain. À lire aussiNigeria: la méga raffinerie Dangote exporte désormais son pétrole jusqu'aux États-Unis

Reportage Afrique
Sports traditionnels: la Dambe, la lutte ancestrale du Nigeria [8/10]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jul 29, 2025 2:06


Le Dambe, sport traditionnel le plus ancien au Nigeria, est aussi le plus populaire. Cet art martial mêle musique, rite animiste, et se rapproche de la lutte et de la boxe. Malgré de nombreuses variantes, sa forme originelle a été développée dans les communautés haoussa au Xe siècle, selon des chercheurs. RFI s'est rendu à Kano pour se rendre compte du phénomène Dambe qui génère des millions de vues sur les réseaux sociaux et qui provoque une passion folle aussi bien au Nigeria, qu'au Niger ou au Tchad. De notre envoyé spécial à Kano, Les coups pleuvent entre ces deux combattants de Dambe, deux jeunes colosses dont le bras droit est enveloppé par un bandage du coude jusqu'au poing, et la main gauche, paume ouverte, sert de garde. Sifflet à la bouche et chemise jaune fluo, l'arbitre Abdullahi Sanisa reste placide malgré la violence des coups. « Nous accordons aux boxeurs autant de temps nécessaires pour combattre. En tant qu'arbitres, nous ajustons la durée du match en fonction de la dureté des coups donnés et reçus. Avant que les combattants se reposent entre chaque round », explique-t-il. À base de coups de poing, mais aussi de pied, le combat en quatre rounds cesse s'il n'y a plus d'activité, quand l'un des participants ou un officiel demande l'arrêt du combat. Ou bien si la main, le genou ou le corps d'un participant touche le sol. Dogon Kallyu est une star du Dambe à Kano. Même sans combattre, cet athlète à la taille enserrée par des amulettes déclenche l'hystérie du public de cette arène. « Je combats au Dambe pendant environ un mois, puis je me repose durant six mois avant de reprendre le combat afin de maximiser ma force. Nous utilisons des fétiches dans ce combat de Dambe. Tous les moyens sont bons pour réussir et gagner », confie-t-il. Le Dambe remonterait au Xe siècle, sous forme de combat rituel, au nord du Nigeria avant de se répandre au Niger et au Tchad. Au départ, pratiqué lors des fêtes des moissons, cet art martial est devenu un sport plus organisé dont les meilleurs éléments peuvent gagner jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Le promoteur Muhammad Bashir Sarki anime, micro en main depuis près de dix ans, une compétition de Dambe très suivie en ligne. « Nous enregistrons généralement environ un million de vues en 24 heures et au moins 5 000 personnes se déplacent pour assister aux combats. Au Nigeria, chaque État organise le Dambe », détaille-t-il. Le Dambe sera-t-il présent un jour aux Jeux olympiques ? C'est le rêve fou que caresse Muhammad Bashir Sarki, et des millions de fans au Nigeria. À lire aussiCAN féminine 2025: le Nigeria renverse le Maroc et remporte le dixième titre de son histoire

Cyclo-Topo : Voyage à vélo
E65 - Rémi - Du Maroc au Nigeria, sur la route de ses origines

Cyclo-Topo : Voyage à vélo

Play Episode Listen Later Jul 22, 2025 78:30


Aujourd'hui, Rémi nous emmène sur les routes d'Afrique. Partis en décembre 2024, Rémi traverse le continent africain, du Maroc jusqu'en Éthiopie, pour retrouver la terre sur laquelle il est né. Adopté à l'âge de deux ans, Rémi a grandi en France, et c'est avec son vélo qu'il a décidé de partir se reconnecter avec ses racines, en solo, en suivant le rythme de ses coups de pédale et de ses rencontres.Pour poursuivre le voyage avec Rémi ⏬

Revue de presse Afrique
A la Une, au Nigeria, la mort d'un homme qui appartenait à tout le monde, et à personne

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jul 14, 2025 3:51


Ce sont avec ces mots célèbres de Muhammadu Buhari que le Guardian rend un ultime hommage à l'ancien président, décédé hier, dimanche, à 82 ans. L'ex-chef d'État était « une figure centrale dans l'évolution militaire et démocratique du pays », juge le quotidien. D'abord soldat, chef de guerre, gouverneur militaire puis putschiste avant, vingt ans plus tard, de devenir président… Sa mort « annonce la fin d'un chapitre de l'histoire politique du Nigeria, » renchérit le Vanguard, un chapitre marqué « par la dualité de son service, d'abord en tant que chef d'État militaire entre 1984 et 1985, puis en tant que président démocratiquement élu, » entre 2015 et 2023. Et cette contradiction, selon le Sun, définit en réalité toute la vie de l'ancien chef d'État, « dont l'héritage est puissant bien que controversé. » Les uns, poursuit le quotidien, « saluent son intégrité, sa discipline et son dévouement à l'unité du Nigeria. » Les autres, au contraire, « dénoncent les difficultés économiques, les inquiétudes concernant les droits humains, et les promesses non tenues. »  Mais ce qui dérange surtout, selon le Guardian, c'est cette sévérité, sa « gouvernance rigide, et sa distance face aux levées de boucliers publiques, » pendant la crise « End SARS » (pour Special Anti-Robbery Squad, la brigade spéciale anti-braquage]contre les violences policières), en 2020. À lire aussiNigeria: la solidarité s'organise en ligne pour soutenir les manifestations Un président de plus en plus éloigné de la population Une distance illustrée par cette citation que reprend le Vanguard : « les jeunes nigérians veulent juste s'asseoir et ne rien faire. » Une remarque que la jeunesse a vue comme « minimisant leurs difficultés dans un climat économique difficile », rappelle le journal, et qui a « dévoilé la déconnexion générationnelle entre le pouvoir et la jeunesse, majoritaire », dans un pays où les deux tiers de la population a moins de 25 ans. En réalité, tance Le Monde Afrique, « son logiciel de pensée nationaliste semble usé, n'intégrant pas les aspirations » de jeunes Nigérians et Nigérianes que « Buhari ne parvient pas à comprendre, donc à satisfaire. » Autre facteur de division dans un pays aussi vaste qu'ethniquement riche, pour certains, l'ancien président est aussi coupable de « favoritisme envers les gens du Nord », dont il est lui-même originaire, écrit le Sun. Il faut dire, illustre le Monde, que l'ex-chef d'État avait pour habitude de confier « les postes les plus stratégiques, notamment sur le plan sécuritaire, à de vieux militaires originaires du nord. » Pour autant, depuis l'annonce de sa mort hier, de très nombreuses figures politiques du pays lui rendent hommage – car, conclut le Guardian, qu'il soit admiré ou détesté, « même ses opposants les plus durs l'admettent : [Muhammadu Buhari] a laissé une marque indélébile. » À lire aussiMuhammadu Buhari, ancien président du Nigeria, est mort à l'âge de 82 ans Un autre dirigeant du continent à la Une des journaux  Le président camerounais Paul Biya, qui a levé le suspense hier, en annonçant sa candidature à la présidentielle du mois d'octobre. Il n'y a pas vraiment de surprise, c'était plutôt, juge Wakat Séra, un « faux suspense » après plus de 42 ans au pouvoir : il tient « le haut du podium des doyens des chefs d'État en exercice dans le monde. » Après tout, ironise le journal, « il n'est âgé que de 92 ans ! » Le chef d'État a déclaré, sur le réseau social X, ‘répondre à l'appel du peuple camerounais.' D'autres candidats se sont, eux aussi, déclarés, mais « l'opposition peine à présenter un front uni, » souligne Jeune Afrique. Peut-être cette annonce présidentielle fera-t-elle office de moteur : elle « lance » en tout cas « la dernière ligne droite, » estime le magazine tandis que le Pays tient à « saluer le courage et la détermination de l'opposition qui mène un combat difficile, » face à un président qui donne l'impression d'avoir « fermé la porte et avalé la clé de l'alternance. » À lire aussiPrésidentielle au Cameroun: la certitude d'une candidature de Paul Biya fait divergence au sein du gouvernement

Revue de presse Afrique
A la Une, au Nigeria, la mort d'un homme qui appartenait à tout le monde, et à personne

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jul 14, 2025 3:51


Ce sont avec ces mots célèbres de Muhammadu Buhari que le Guardian rend un ultime hommage à l'ancien président, décédé hier, dimanche, à 82 ans. L'ex-chef d'État était « une figure centrale dans l'évolution militaire et démocratique du pays », juge le quotidien. D'abord soldat, chef de guerre, gouverneur militaire puis putschiste avant, vingt ans plus tard, de devenir président… Sa mort « annonce la fin d'un chapitre de l'histoire politique du Nigeria, » renchérit le Vanguard, un chapitre marqué « par la dualité de son service, d'abord en tant que chef d'État militaire entre 1984 et 1985, puis en tant que président démocratiquement élu, » entre 2015 et 2023. Et cette contradiction, selon le Sun, définit en réalité toute la vie de l'ancien chef d'État, « dont l'héritage est puissant bien que controversé. » Les uns, poursuit le quotidien, « saluent son intégrité, sa discipline et son dévouement à l'unité du Nigeria. » Les autres, au contraire, « dénoncent les difficultés économiques, les inquiétudes concernant les droits humains, et les promesses non tenues. »  Mais ce qui dérange surtout, selon le Guardian, c'est cette sévérité, sa « gouvernance rigide, et sa distance face aux levées de boucliers publiques, » pendant la crise « End SARS » (pour Special Anti-Robbery Squad, la brigade spéciale anti-braquage]contre les violences policières), en 2020. À lire aussiNigeria: la solidarité s'organise en ligne pour soutenir les manifestations Un président de plus en plus éloigné de la population Une distance illustrée par cette citation que reprend le Vanguard : « les jeunes nigérians veulent juste s'asseoir et ne rien faire. » Une remarque que la jeunesse a vue comme « minimisant leurs difficultés dans un climat économique difficile », rappelle le journal, et qui a « dévoilé la déconnexion générationnelle entre le pouvoir et la jeunesse, majoritaire », dans un pays où les deux tiers de la population a moins de 25 ans. En réalité, tance Le Monde Afrique, « son logiciel de pensée nationaliste semble usé, n'intégrant pas les aspirations » de jeunes Nigérians et Nigérianes que « Buhari ne parvient pas à comprendre, donc à satisfaire. » Autre facteur de division dans un pays aussi vaste qu'ethniquement riche, pour certains, l'ancien président est aussi coupable de « favoritisme envers les gens du Nord », dont il est lui-même originaire, écrit le Sun. Il faut dire, illustre le Monde, que l'ex-chef d'État avait pour habitude de confier « les postes les plus stratégiques, notamment sur le plan sécuritaire, à de vieux militaires originaires du nord. » Pour autant, depuis l'annonce de sa mort hier, de très nombreuses figures politiques du pays lui rendent hommage – car, conclut le Guardian, qu'il soit admiré ou détesté, « même ses opposants les plus durs l'admettent : [Muhammadu Buhari] a laissé une marque indélébile. » À lire aussiMuhammadu Buhari, ancien président du Nigeria, est mort à l'âge de 82 ans Un autre dirigeant du continent à la Une des journaux  Le président camerounais Paul Biya, qui a levé le suspense hier, en annonçant sa candidature à la présidentielle du mois d'octobre. Il n'y a pas vraiment de surprise, c'était plutôt, juge Wakat Séra, un « faux suspense » après plus de 42 ans au pouvoir : il tient « le haut du podium des doyens des chefs d'État en exercice dans le monde. » Après tout, ironise le journal, « il n'est âgé que de 92 ans ! » Le chef d'État a déclaré, sur le réseau social X, ‘répondre à l'appel du peuple camerounais.' D'autres candidats se sont, eux aussi, déclarés, mais « l'opposition peine à présenter un front uni, » souligne Jeune Afrique. Peut-être cette annonce présidentielle fera-t-elle office de moteur : elle « lance » en tout cas « la dernière ligne droite, » estime le magazine tandis que le Pays tient à « saluer le courage et la détermination de l'opposition qui mène un combat difficile, » face à un président qui donne l'impression d'avoir « fermé la porte et avalé la clé de l'alternance. » À lire aussiPrésidentielle au Cameroun: la certitude d'une candidature de Paul Biya fait divergence au sein du gouvernement

Afrique Économie
Nigeria: la hausse des loyers, cauchemar des locataires de Lagos

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Jun 19, 2025 2:24


Les propriétaires répercutent les coûts de l'inflation galopante sur les loyers avec des augmentations allant jusqu'à 200%. La capitale économique du pays ne cesse de croître et peine depuis des années à répondre à la forte demande de logements. Les réformes économiques menées par le gouvernement de Bola Ahmed Tinubu, notamment le flottement du naira et la suppression des subventions aux carburants, ont provoqué un choc dans l'économie, et mettent dans l'impasse des millions de locataires. De notre correspondant à Lagos, Ce sont près de 3 000 personnes supplémentaires par jour qui cherchent un logement dans la capitale économique. Au Nigeria, un locataire doit en général débourser un an (parfois deux) de loyer d'avance pour confirmer la transaction. En visite dans un énième logement dans Lagos, Emmanuel Osaswa scrute les murs en secouant la tête. Un an de recherche stérile pour cet employé dans l'industrie. Avec un salaire d'à peine 78 euros, soit le double du revenu minimum, Emmanuel n'a pas assez pour payer un an de loyer d'un coup. Et ceci, pour des logements souvent peu conformes aux normes. « Certaines maisons ne valent pas leur prix, vous savez. Tout cela à cause de l'inflation ou de ce qui se passe. Vous voyez les prix, vous voyez des logements à un million de nairas. Je pense que le moins cher que j'ai vu jusqu'à présent, c'est l'équivalent de 400 euros pour un mini-appartement. Et la cour était dans un état déplorable. Je pense que pour obtenir un appartement convenable à Lagos, il faut commencer entre 675 et 730 euros pour une année, c'est le minimum que l'on puisse trouver pour un bon complexe et une bonne maison », explique Emmanuel Osaswa. Des propriétaires sans scrupules Emmanuel et son épouse sont donc pris à la gorge. Car les dépenses de transport, de santé et de scolarité pèsent également sur le budget familial. Selon un rapport de la Banque mondiale de 2024, près de 47% des 225 millions de Nigérians vivraient sous le seuil de pauvreté. Un contexte social pas du tout pris en compte par le propriétaire de logements. « Certains propriétaires s'appuient sur des conseils d'agents pour moduler leurs loyers. Tandis que d'autres font sans, sans doute qu'ils ont déjà un niveau de tarif en tête. Peut-être qu'un de leurs amis a augmenté ses prix et que cette personne a pu trouver un locataire pour sa propriété malgré tout. Et il y a ceux que nous appelons "les locataires spéciaux", qui ont de l'argent. Quel que soit le montant du loyer demandé, ils ne marchandent pas ; ils paient, et puis c'est tout », reconnaît Gabriel Osukoya, agent immobilier. Les coûts de construction explosent À Lagos, la hausse des loyers touche aussi ces héritiers des fortunes liées au pétrole, évoqués par Gabriel. Le flottement du naira depuis deux ans et l'inflation impactent le prix des constructions. Kenneth Osagie gère des propriétés pour des personnes à hauts revenus. Là aussi, les prix s'envolent. « Auparavant, un appartement de luxe avec trois chambres salon était commercialisé pour une valeur de 50 000 euros. Désormais, il faut s'acquitter de 110 000 et 170 000 euros, détaille-t-il. Et cela est lié aux matériaux que nous utilisons dans la construction. Il y a trois ans, les armatures à béton en acier coûtaient environ 250 ou 200 euros. Désormais, il faut compter près de 850 euros. » Depuis 2021, l'État de Lagos a promulgué une loi pour la mensualisation des loyers. Mais ce texte local n'est pas contraignant, les propriétaires continuent d'exiger un an, voire deux ans de loyer d'avance. À lire aussiNigeria: Moody's relève la note du pays et salue l'amélioration de sa situation financière

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Football : Ousmane Dembélé, Ballon d'Or 2025 ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jun 5, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les inondations au Nigeria, une médiation de trois pays pour la Libye et l'élection du nouveau président sud-coréen.  Football : Ousmane Dembélé, Ballon d'Or 2025 ?  Le sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions a relancé la course au Ballon d'Or. Avec 33 buts marqués et 13 passes décisives toutes compétitions confondues, l'attaquant Ousmane Dembélé conforte son statut de favori. D'autres joueurs peuvent-ils le concurrencer en termes de statistiques ?Avec Victor Missistrano, journaliste au service des sports de RFI. Nigeria : le bilan des inondations continue de s'alourdir  Plus de 200 morts et des centaines de personnes portées disparues. Au Nigeria, la ville de Mokwa est frappée par de violentes inondations. Cette catastrophe est-elle uniquement la conséquence du dérèglement climatique ? Face à l'intensification de ces évènements, pourquoi les autorités ne mettent-elles pas en place des mesures de prévention ?Avec Benjamin Sultan, directeur de recherche à l'IRD (Institut de recherche pour le développement) et climatologue. Crise en Libye :  les pays voisins se mobilisent Depuis la mi-mai, Tripoli est le théâtre d'importantes manifestations pour dénoncer les affrontements entre milices et réclamer le départ du gouvernement. Pour tenter de trouver une issue à la crise, les ministres algérien, tunisien et égyptien des Affaires étrangères se sont réunis au Caire. Quelles sont les solutions proposées ? L'Égypte, jugée proche du camp de l'Est, peut-elle compromettre les négociations ?Avec Houda Ibrahim, journaliste au service Afrique de RFI.Corée du Sud : le nouveau président tend la main à Pyongyang   Au lendemain de sa victoire à la présidentielle, le nouveau président Lee Jae-myung a prôné le dialogue et la coopération avec le voisin nord-coréen. Où en sont les relations entre les deux pays ? Kim Jong Un acceptera-t-il cette proposition ? Avec Théo Clément, chercheur indépendant, spécialiste du développement économique de la Corée du Nord.

Priorité santé
5è congrès mondial sur la drépanocytose au Nigeria

Priorité santé

Play Episode Listen Later Jun 4, 2025 48:29


À l'occasion de la cinquième édition du congrès mondial consacré à la drépanocytose, qui se tient à Abuja, au Nigeria, nous consacrons une émission aux enjeux de la prise en charge de la lutte contre cette maladie génétique de l'hémoglobine. L'équipe de Priorité Santé sera sur place pour rencontrer des acteurs anglophones et francophones (médecins, chercheurs…) pour parler des enjeux de la prise en charge de la lutte contre cette maladie génétique de l'hémoglobine.Le Nigeria est le pays qui porte le plus lourd fardeau de la drépanocytose, à l'échelle planétaire. Le défi scientifique est donc très important, tout comme les avancées psychosociales, pour la communauté des patients drépanocytaires. Ce qui explique l'intitulé de ce congrès 2025 : « réduire le fardeau et ne laisser personne de côté »  Cette émission est réalisée avec le soutien de la Fondation Pierre Fabre.   Pr Obiageli Nnodu, professeur d'Hématologie et de transfusion sanguine, directrice du Centre d'excellence pour la recherche et la formation sur la drépanocytose à l'Université d'Abuja (CESRT)  Dr Suzanne Belinga, médecin biologiste, directeur général adjoint du Centre Pasteur du Cameroun, secrétaire générale du Groupe d'étude de la drépanocytose du Cameroun (GEDREPACAM) Pr Saliou Diop, chef du service d'Hématologie de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontologie de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal). Directeur du Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) du Sénégal Dr Mamady Drame, médecin fondateur du Centre médical SOS Drépano Guinée. Ancien attaché des Hôpitaux de Paris (dont le Centre de Drépanocytose de Henri Mondor).   Programmation musicale : ► Celestine Ukwu - Ilo Abuchi► Runtown - Mad over you.

Couleurs tropicales
L'indignation du mouvement rastafari au Nigeria expliquée par Malik Boulibaï

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later May 21, 2025 48:30


Dans la libre antenne, Malik Boulibaï, spécialiste reggae, revient sur l'indignation du mouvement rastafari au Nigeria. Ils condamne les propos de Mohammed Umar Bago, gouverneur de l'État du Niger, à l'ouest du Nigeria, qui appelle à l'arrestation et au rasage des dreadlocks portées par les citoyens de l'État. Guiza Grâce Emmanuella Damour, organisatrice de l'évènement Focus créatif, parle de la 3ème édition aura lieu à Abidjan le 24 mai. Et Aya Robert, influenceuse et organisatrice des mini-concerts live sur TikTok, présente la 3ème édition qui aura lieu le 24 mai avec Koffi Olomidé. Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons : Neg Lyrical - Tôt ou tardKoffi Olomidé - Loi hippodromeStomy Bugsy - Mon papa à moi est un gangsterBob Marley and the Wailers - Rastaman live upAïcha Koné feat Gadji Celi - Ben KadiGarcin L'agaçant X Zodiak - C'est codéRetrouvez notre playlist sur Deezer. 

Couleurs tropicales
L'indignation du mouvement rastafari au Nigeria expliquée par Malik Boulibaï

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later May 21, 2025 48:30


Dans la libre antenne, Malik Boulibaï, spécialiste reggae, revient sur l'indignation du mouvement rastafari au Nigeria. Ils condamne les propos de Mohammed Umar Bago, gouverneur de l'État du Niger, à l'ouest du Nigeria, qui appelle à l'arrestation et au rasage des dreadlocks portées par les citoyens de l'État. Guiza Grâce Emmanuella Damour, organisatrice de l'évènement Focus créatif, parle de la 3ème édition aura lieu à Abidjan le 24 mai. Et Aya Robert, influenceuse et organisatrice des mini-concerts live sur TikTok, présente la 3ème édition qui aura lieu le 24 mai avec Koffi Olomidé. Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons : Neg Lyrical - Tôt ou tardKoffi Olomidé - Loi hippodromeStomy Bugsy - Mon papa à moi est un gangsterBob Marley and the Wailers - Rastaman live upAïcha Koné feat Gadji Celi - Ben KadiGarcin L'agaçant X Zodiak - C'est codéRetrouvez notre playlist sur Deezer. 

Aujourd'hui l'économie
Face aux guerres commerciales, le retour des investisseurs au Nigeria

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Mar 19, 2025 3:20


Le Nigeria était encore il y a quelques années la première économie africaine, reléguée, si on peut dire, aujourd'hui à la troisième place. Mais depuis le début de l'année, les investisseurs étrangers reviennent sur les marchés nigérians. Décryptage. Si le Nigeria a perdu sa place de leader africain en termes de création de richesse, le pays a de nombreux atouts qu'il convient de rappeler. Avec plus de 220 millions d'habitants, c'est le pays le plus peuplé du continent. Des secteurs clés font vivre son économie comme les ressources naturelles abondantes, notamment le pétrole ou le gaz, mais aussi les télécoms, la finance ou la tech qui y sont en pleine expansion. Mais si elle est insuffisante pour faire décoller le pays, la croissance y est positive. Le fonds monétaire international l'envisage d'ailleurs aux alentours de 3% pour 2025 .  Difficultés économiques et sociales Pourtant, le Nigeria traverse une période compliquée. De nombreuses manifestations se sont déroulées durant l'été 2024 pour dénoncer la vie chère et la mauvaise gouvernance du pays. Le symbole de cette situation c'est le niveau de l'inflation, 34,8% en décembre dernier. Elle a amorcé sa décrue depuis le début 2025, s'établissant aujourd'hui à 23%. Certes, c'est beaucoup mais c'est tout de même moins élevé que ces derniers mois. À lire aussiGrand reportage: le Nigeria face à la crise économiqueCar depuis deux ans, avec l'arrivée au pouvoir de Bola Tinubu, l'exécutif a mené d'importantes réformes économiques. Après l'arrêt des subventions sur le carburant, il a entamé ces derniers mois la refonte du système fiscal du Nigeria avec pour objectif d'accroître les recettes de l'État. Des réformes qui ont pour certaines pesé sur le pouvoir d'achat de la population, mais dont le but est d'assainir les finances publiques et de faire revenir les investisseurs qui boudaient le pays.  Donald Trump et le naira  La stratégie du président nigérian a l'air de fonctionner, grâce à Donald Trump et à la monnaie nationale, le naira. Alors si les deux n'ont aucun rapport, ils concourent à ce retour des investisseurs. Le président américain dans un premier temps en raison de la guerre commerciale qu'il mène tous azimuts. Les investisseurs, toute proportion gardée, qui boudent les marchés américains retrouvent un intérêt dans le Nigeria étant donné qu'il n'est pas dans le viseur de Donald Trump. La force du pays c'est qu'il est d'ailleurs moins arrimé à l'économie américaine que d'autres économies émergentes. Concrètement, les investisseurs cherchent des endroits où ils peuvent faire des affaires, sans être concernés par les mesures de Washington. Concernant le naira, c'est l'une des devises les plus performantes depuis l'élection présidentielle américaine. Le naira nigérian reprend des couleurs par rapport au dollar, ce qui rassure les investisseurs. Précisons tout de même qu'il a subi dévaluation sur dévaluation ces dernières années. Maintenant qu'il est stabilisé, le pays redevient attractif pour les investisseurs. Et c'est important pour les autorités. Ces derniers mois, bon nombre d'entreprises internationales ont tout simplement quitté le Nigeria. Des départs en cascade qui ont évidemment mis en difficulté l'économie nationale mais ont surtout envoyé un mauvais signal. La tendance semble changer et la confiance est de retour, ce qui en économie est essentiel pour faire des affaires. Reste à voir si cela va durer !

Reportage International
Au Musée des cultures de Bâle, une exposition sur les traces de la restitution d'œuvres au Nigeria

Reportage International

Play Episode Listen Later Feb 12, 2025 2:35


Les musées européens sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur la provenance de leurs collections. En Suisse, ce travail de recherche a déjà permis d'identifier une centaine d'objets pillés en Afrique à l'époque coloniale. Et le débat sur leur possible restitution fait rage. Une démarche et une réflexion que le Musée des cultures de Bâle, propriétaire d'une vingtaine de bronzes béninois, partage avec le public au travers d'une exposition atypique intitulée Sous les yeux de tous : Bénin, Nigeria. C'est une exposition qui surprend tant par sa forme que par son contenu. Dès l'entrée, l'inscription « Venez discuter » accroche le regard du visiteur et incite à interpeller l'équipe de spécialistes du musée comme Ursula Regehr, conservatrice du département Afrique.Cette dernière invite les visiteurs à se rapprocher du centre de la salle, leur tend des gants et les incite à prendre en mains les objets posés sur les tables. L'objectif est d'amener le visiteur à s'interroger, comme le conservateur, sur la signification première de ces objets et leur parcours, à commencer par les deux œuvres emblématiques de l'importante collection de bronze béninois du musée :« Ces deux têtes représentent deux dignitaires du Royaume du Bénin, situé dans l'actuel Nigeria. Elles ont été ramenées à Londres comme butins de guerre, puis vendues par un marchand d'antiquités à des musées. C'est comme ça qu'elles se sont retrouvées ici, au Musée des cultures de Bâle, dès 1899. »À lire aussiLe musée Horniman de Londres va restituer au Nigeria des œuvres pillées au XIXe siècleUn travail de coopération avec les différentes parties prenantesMais l'exposition ne se contente pas de retracer le parcours de ces objets. « Une grosse partie est consacrée au travail de coopération avec le Nigeria et au dialogue avec les différentes parties prenantes », précise Ursula Regehr.Certains de ces échanges ont été filmés et sont projetés avec sous-titres sur un des murs de la salle d'exposition. Ils ont notamment permis de mieux comprendre la signification originale des bronzes béninois, comme l'explique l'ethnologue suisso-nigériane Zainabu Jallo :« Nous avons reçu des héritiers de la communauté du Royaume du Bénin et ils ont clairement identifié ces objets comme des pièces sacrées qui ornaient les autels de leurs ancêtres. Ce genre d'explication nous amène à penser qu'ils devraient retourner à leur emplacement d'origine. »À lire aussiL'Allemagne restitue vingt bronzes au NigeriaLa restitution se fait au cas par casMais comment procéder et faut-il tout restituer ? À travers des conférences organisées une fois par mois dans la salle d'exposition de la collection béninoise, le Musée des cultures de Bâle invite le public à se poser la question, comme explique la directrice du musée, Anna Schmid :« Par exemple, on a eu le cas d'œuvres qui ont été rendus au Sri Lanka suite à une demande de restitution. Mais on a aussi eu le cas de la collection Hiva Oa, dont la Polynésie française n'a pas réclamé la restitution, mais a demandé de pouvoir nous l'emprunter, car ils ne se sentent pas capables de la prendre en charge pour le moment. Donc il s'agit de rester ouvert à toutes les solutions qui peuvent permettre la circulation des œuvres. »Pour le moment, le Musée des cultures de Bâle n'a pas reçu de demande officielle de restitution des bronzes béninois. L'exposition Sous les yeux de tous : Bénin, Nigeria est visible à Bâle jusqu'au 7 mai 2025.À lire aussiArts: l'Allemagne, avec l'accord du Nigeria, expose les bronzes du BéninÀ lire aussiFrance: le report de la loi sur la restitution du patrimoine inquiète en Afrique de l'ouest

Journal en français facile
Le Français Olivier Grondeau est détenu en Iran / Attaque meurtrière au Nigeria / Le photographe Oliviero Toscani est mort...

Journal en français facile

Play Episode Listen Later Jan 13, 2025 10:00


Le Journal en français facile du lundi 13 janvier 2025, 17 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/BJhT.A

Revue de presse Afrique
À la Une: la France fait les yeux doux au Nigeria

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Nov 28, 2024 4:04


« C'est une visite d'État inédite, la première en 24 ans, relève Jeune Afrique : le président nigérian Bola Tinubu est en France depuis hier soir. Il est évidemment tentant de voir derrière cette volonté de Paris de diversifier ses partenariats sur le continent une tentative de construire une nouvelle politique africaine sur les ruines du fiasco sahélien qui a vu la France expulsée du Mali (en 2022), puis du Burkina Faso (en 2023) et du Niger (fin 2023). Et une volonté de détourner l'attention de l'incessant bras de fer avec Alger. Mais sans doute serait-ce trop réducteur », estime le site panafricain. « Ce serait aussi méconnaître la chronologie. Dès son élection en 2017, le président français a entrepris de voyager hors de la zone d'influence traditionnelle française, au Nigeria (en 2018), en Éthiopie (en 2019) ou en Afrique du Sud (2021) ».Et le partenariat économique entre la France et le Nigeria est ancien, poursuit Jeune Afrique, « basé essentiellement sur les hydrocarbures », mais pas que… Il y a aussi la finance, avec l'ouverture de succursales de banques nigérianes à Paris et l'agrobusiness.Le « tournant nigérian » ne date pas d'hier…« Le Nigeria est déjà le premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, précise Le Monde Afrique. Et près de 100 entreprises tricolores y sont implantées – elles n'étaient qu'une cinquantaine en 2010 –, employant un peu plus de 10 000 personnes. Les grands noms sont présents, pointe le journal : TotalEnergies, premier investisseur hexagonal avec des projets pétroliers et gaziers évalués à quelque 6 milliards de dollars pour les prochaines années, mais aussi l'armateur CMA CGM, le géant des cosmétiques L'Oréal, ou encore le groupe agroalimentaire Danone. (…) Le « tournant nigérian » a été esquissé très tôt par Emmanuel Macron, relève encore Le Monde Afrique. L'héritage, entre autres, d'une relation particulière que le président français entretient avec ce pays où il avait choisi d'effectuer son stage d'énarque, en 2002. Pour resserrer les liens, un conseil économique franco-nigérian a ainsi été lancé dès 2018, lors d'une visite du président français au Nigeria. Celui-ci compte les plus célèbres hommes d'affaires du pays, dont le magnat du ciment et des hydrocarbures Aliko Dangote (…) ».Jean-Noël Barrot au Tchad et en ÉthiopieÀ la Une également, une autre visite diplomatique, cette fois dans l'autre sens : la tournée sur le continent du ministre français des Affaires étrangères…« Jean-Noël Barrot entame une tournée clé (aujourd'hui) au Tchad et en Éthiopie, note le site Afrik.com. Cette visite aborde des enjeux majeurs : l'aide humanitaire, l'avenir militaire français en Afrique et la réforme des institutions internationales, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU. (…) A Ndjamena, le ministre abordera un sujet épineux : l'avenir des bases militaires françaises au Tchad. (…) Paris souhaite réduire son empreinte militaire en Afrique tout en favorisant des partenariats plus équilibrés. Les discussions avec les autorités tchadiennes seront déterminantes pour établir une nouvelle feuille de route et répondre aux interrogations croissantes sur la pertinence de la présence française ».Et puis à Addis-Abeba, siège de l'Union africaine, relève Afrik.com, la visite de Jean-Noël Barrot mettra « en lumière une ambition majeure de la diplomatie française : promouvoir une réforme des institutions internationales, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU. Paris soutient l'attribution de deux sièges permanents aux pays africains, une revendication de longue date de l'Union africaine ».Regagner le cœur des Africains…Commentaire du Pays au Burkina Faso : « pour avancer dans la défense de ses intérêts, la France doit changer son fusil d'épaule. Et c'est manifestement à cet exercice qu'elle s'essaie. Elle veut regagner le cœur des Africains en se faisant passer pour leur porte-voix mais aussi en réduisant son empreinte militaire permanente sur le continent. Il reste à savoir si cela suffira. (…) Cela dit, poursuit le quotidien ouagalais, l'Afrique se doit d'utiliser ce nouveau contexte pour exiger de l'ancienne puissance coloniale, à défaut qu'elle répare les erreurs commises, qu'elle s'engage dans un partenariat gagnant-gagnant. Car, ce dont le continent a véritablement besoin, estime Le Pays, ce n'est ni de compassion ni d'assistanat, mais d'une relation équilibrée où elle gagnerait toute sa place et pourrait disposer de ses richesses naturelles pour subvenir, de façon souveraine, à ses besoins ».

Invité Afrique
Dialogue en Côte d'Ivoire? Le ministre de la Communication invite l'opposition à s'adresser à la CEI

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 4, 2024 8:44


En Côte d'Ivoire, le pouvoir ne semble pas vouloir donner suite à la demande de l'opposition d'ouvrir un dialogue inclusif sur ce qu'elle appelle les « défaillances » du système électoral. Par ailleurs, le pouvoir laisse aux députés d'opposition la responsabilité de déposer ou non une proposition de loi en faveur de l'amnistie des opposants qui, à l'heure actuelle, ne peuvent pas être candidats à la présidentielle d'octobre 2025. Amadou Coulibaly est ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. Et tout d'abord, il s'exprime sur la deuxième édition du SICA, le Salon international du contenu audiovisuel, qui s'ouvre demain, mardi 5 novembre, à Abidjan. RFI : En Afrique, l'industrie audiovisuelle est dominée par deux pays anglophones : le Nigeria et l'Afrique du Sud. Quelle est votre ambition ? Amadou Coulibaly : Notre ambition est de positionner la Côte d'Ivoire, pays francophone, justement, dans cette industrie audiovisuelle et cinématographique. Nous pensons que nous en avons les moyens. Nous avons les infrastructures qu'il faut, nous avons les hommes qu'il faut, nous avons le matériel qu'il faut. Il est important, donc, que la Côte d'Ivoire qui, pendant longtemps, a été la plaque tournante de la musique au niveau du continent, puisse occuper également cette place au niveau du cinéma et de l'audiovisuel. Telle est notre ambition donc.Alors concrètement, le SICA, le salon qui s'ouvre mardi 5 novembre va réunir quelque 250 professionnels.Oui.Donnez-nous un peu leur profil ? Qu'est-ce que vous attendez d'eux ? Ce salon va réunir aussi bien des producteurs, des réalisateurs que des acteurs et des acheteurs. Nous voulons constituer un marché qui va permettre justement de pouvoir échanger des marchandises entre réalisateurs, producteurs et différents acheteurs. Nous avons pratiquement une trentaine de chaînes de télé qui seront présentes, aussi bien des chaînes africaines que des chaînes européennes ou américaines, comme Natyf TV du Canada et TV5 Monde, Canal+. On aura aussi des speakers. Nous aurons Alex Berger, producteur de la série à succès Le bureau des légendes. Nous aurons aussi un producteur turc qui vient, Isef, qui va nous partager son expérience. Donc, c'est quasiment le monde qui se retrouve. Nous avons plus d'une vingtaine de nationalités qui seront présentes donc en Côte d'Ivoire à l'occasion de ce SICA. Au Nigeria, le succès de Nollywood, c'est-à-dire du cinéma local, doit beaucoup aux aides de l'État. Par exemple, en 2010, le président Goodluck Jonathan a lancé un fonds d'intervention de quelque 200 millions de dollars avec l'aide de deux banques nigérianes. Qu'est-ce que peut faire l'État ivoirien pour ses producteurs, pour ses réalisateurs ? L'État a déjà pris des initiatives, il s'agit maintenant d'augmenter ces initiatives de l'État. Au niveau du cinéma par exemple, il y a le Fonsic, qui est le Fonds de soutien à l'industrie cinématographique. Au niveau de l'audiovisuel, il y a les compétences de l'ASDM, qui est l'Agence de soutien au développement des médias, qui a été élargie pour prendre en compte la production audiovisuelle. Justement, l'ambition du SICA, c'est de faire participer le privé. Vous faites bien de souligner qu'au Nigeria, c'est avec l'aide de deux banques privées que l'État a pu décupler son soutien à l'industrie cinématographique. Donc, nous voulons faire connaître cet écosystème au secteur privé, notamment aux banques, assurances et autres sociétés privées, afin qu'elles viennent soutenir l'État dans cette initiative. D'ailleurs, nous aurons deux panels sur les financements : un panel avec les financements publics et des acteurs publics comme le Fonsic, l'ASDM et la BNI, qui est une banque publique, et un autre panel exclusivement réservé aux banques privées, panel qui sera animé par un avocat d'affaires. Selon un récent rapport de l'Unesco, le secteur de l'audiovisuel et du cinéma représente déjà en Afrique quelque 5 millions d'emplois. Quelle est votre ambition ? Il faut que la Côte d'Ivoire puisse faire du cinéma un secteur qui soit véritablement pourvoyeur d'emplois et créateur de richesse. Les quelques indications que nous avons au niveau du pays indiquent que ce secteur contribue à environ 3% au PIB. Nous avons l'ambition de faire augmenter cette contribution au PIB. Et au moment où le chef de l'État a décrété donc une année de la jeunesse, nous pensons que le cinéma peut également apporter sa contribution en termes de création d'emplois pour les jeunes. Donc le cinéma et l'audiovisuel ont leur place et nous ambitionnons donc de l'occuper pleinement. Mais ne faut-il pas pour cela qu'il y ait des narratifs africains qui intéressant les producteurs internationaux ? Vous êtes là en plein cœur d'une des raisons pour lesquelles nous organisons ce SICA. Oui, l'Afrique a un narratif à proposer au monde et les échanges que vont faciliter le SICA vont permettre à l'Afrique de proposer ce narratif. Mais nous restons ouverts. C'est pourquoi nous parlons d'échange. En termes d'échange, nous avons par exemple une coproduction africaine et européenne qui est aujourd'hui sur une plateforme. Et je veux parler de Bienvenue au Gondwana, tourné en Côte d'Ivoire et en France avec des acteurs français, des acteurs ivoiriens et des producteurs français, je parle des frères Altmayer. Donc, vous voyez, il y a une collaboration qui est possible et le SICA veut être la plateforme qui ouvre cette collaboration, qui tient compte du narratif africain. Amadou Coulibaly, vous voulez aussi que la Côte d'Ivoire devienne un lieu de tournage incontournable. Mais vous savez bien que, quand un producteur cherche un pays pour tourner, la première question qu'il se pose, c'est combien ça coûte ? Alors s'il vient chez vous, est-ce qu'il va devoir payer des droits de douane et des taxes ?Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'avec la politique mise en place par le président de la République, l'investissement en Côte d'Ivoire est très incitatif. Il y a des dispositions qui ont été prises pour rendre attractif le pays. Mais je suis d'accord avec vous que le secteur de l'audiovisuel reste un secteur particulier et nous sommes en train de travailler de façon à mettre en place un dispositif qui soit adapté à ce secteur-là, de sorte à pouvoir exonérer tous ceux qui sont intéressés à venir tourner en Côte d'Ivoire. Donc, exonérés de certains frais. Nous y travaillons et très bientôt, nous ferons une proposition au gouvernement pour que notre pays soit encore plus attractif du point de vue du cinéma et de l'audiovisuel.Tout à fait autre chose, monsieur le ministre. Le 21 septembre, 15 partis politiques de l'opposition, dont le PDCI de Tidjane Thiam, ont écrit au gouvernement pour lui demander d'ouvrir un dialogue inclusif afin de « corriger les défaillances du système électoral ». Qu'est-ce que vous répondez ? Je voudrais rappeler que nous avons eu une dernière phase du dialogue politique qui a été ouvert de décembre 2021 à mars 2022. Au cours de cette phase, l'un des premiers points qui a rencontré l'adhésion de toutes les parties, ça a été de dire que, aujourd'hui dans notre pays, les institutions sont toutes installées et fonctionnent normalement. Il a été convenu que toutes les questions relevant du fonctionnement de certaines institutions leur soient adressées. Nous sommes aujourd'hui un État véritablement démocratique, nous sommes un État de droit. Je peux comprendre que, à une certaine époque, on s'en référait au tout-puissant président de la République, mais aujourd'hui les institutions fonctionnent. Donc, moi, j'inviterai l'opposition, pour certaines de leurs préoccupations, à s'adresser aux institutions qui en ont la charge, et, relativement à cette question, je pense que l'opposition peut s'adresser à la Commission électorale indépendante. L'opposition affirme que dans sa composition, la CEI, la Commission électorale indépendante, n'est ni équilibrée ni impartiale. Est-ce que vous seriez prêt à envisager une réforme de cette CEI ? Je rappelle, en citant ce dernier dialogue politique, que c'est à l'issue de celui-ci que le PPA-CI [de Laurent Gbagbo] a intégré la Commission électorale indépendante. C'est donc dire que tout peut se régler au niveau de la Commission électorale indépendante. Mais je pense qu'il n'est pas juste de prétendre que cette Commission n'est pas équilibrée. Au contraire, l'opposition y est majoritaire, puisqu'ils ont cinq représentants et la société civile en a six, dont deux du barreau et un de la magistrature. Évidemment, elle a beau jeu de dire que le représentant du chef de l'État ou du ministère de l'Intérieur sont proches du pouvoir, mais je rappelle que, lorsque Laurent Gbagbo était au pouvoir, il avait un représentant aussi bien de la présidence et un représentant du ministère de l'Intérieur. Ce sont des dispositions qui existaient bien avant que le RHDP n'arrive au pouvoir. Vendredi dernier, sur RFI et France 24, vous avez pu entendre l'opposant Charles Blé Goudé qui lançait un appel au président Ouattara pour qu'il fasse passer une loi sur l'amnistie afin que lui-même puisse être candidat l'an prochain. Pensez-vous que cela est envisageable ? Une fois de plus, je le répète, nous sommes un État de droit où toutes les institutions sont installées ou fonctionnent. Je suis toujours surpris qu'aujourd'hui, on veuille toujours en revenir au chef de l'État, alors qu'il y a des institutions qui fonctionnent. L'Assemblée nationale est le lieu où on peut faire également des propositions de loi. Il me semble que l'opposition est très bien représentée à l'Assemblée nationale. Elle pourra bien sûr introduire une proposition de loi à ce niveau, parce que les lois que le chef de l'État peut prendre sont encadrées aujourd'hui. Et est-ce que le RHDP au pouvoir serait prêt à voter une telle proposition de loi ? Mais il faut que déjà elle arrive sur la table de l'Assemblée. Et après ? Et après, le jeu démocratique va s'imposer et puis il appartiendra aux députés, qui sont les députés de la nation, une fois qu'ils ont voté, de juger de l'opportunité d'adopter cette loi ou pas. 

Revue de presse Afrique
À la Une: les dix ans de l'insurrection au Burkina Faso

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Oct 31, 2024 4:09


Le 31 octobre 2014, au Burkina Faso, une insurrection populaire contraignait à la démission le président. Cela fait donc dix ans que « le peuple burkinabè s'est dressé héroïquement contre le pouvoir autocratique que Blaise Compaoré a instauré au lendemain de l'assassinat de son frère d'arme le capitaine Thomas Sankara », écrit Le Faso. Le journal se rappelle d'une mobilisation « monstrueuse et historique », avec « plus d'un million de personnes dans les rues de Ouaga », criant des slogans comme « Blaise Ebola! » ou « Blaise dégage! ».L'insurrection du 31 octobre 2014 est aussi en Une du journal Aujourd'hui au Faso, avec cette question : « Pourquoi transition sur transition au Burkina? » Pour son éditorialiste, « l'opposant en démocratie se fie aux urnes pour arriver au pouvoir, ici, il s'appuie sur l'armée. [...] Le peuple endosse donc l'habit d'arbitre majeur et s'impose ». Pour Aujourd'hui au Faso, « la refondation de l'État est une œuvre longue » et, pour ce faire, « il faut la participation de tous les Burkinabè. Et la volonté de quitter l'éternel recommencement ».En RDC, les rebelles du M23 progressent dans l'EstJeune Afrique raconte que « les combats se sont intensifiés ces dix derniers jours après plusieurs semaines d'accalmie ». Les rebelles s'approchent de Pinga, « un verrou sur la route de l'ouest, au cœur d'une zone minière riche », décrit le mensuel sur son site, avant de décrire l'impuissance de l'Angola, médiateur dans ce conflit.« Les réponses internationales restent incohérentes pour stopper l'escalade du conflit », écrivent un chercheur et un universitaire dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique. Ils regrettent qu'il y ait « peu de pression exercée sur Kinshasa au sujet de la collaboration de l'armée congolaise avec des groupes armés non étatiques. Idem pour l'implication militaire des groupes voisins ». La tribune dénonce enfin une « hypocrisie des intervenants étrangers » et des réponses qui « s'inspirent de lectures simplistes sur les causes de la guerre ».Au Nigeria, un long retour à la normale après une panne de courant géanteDix-sept États, sur les 36 que compte le pays, ont été touchés par une importante panne. En cause : une attaque d'un groupe armé sur des lignes à haute tension, qui a privé d'électricité des millions de personnes dans le Nord. Le Nigérian The Guardian affirme que « l'électricité a été rétablie dans quatre États », mercredi soir, « provoquant la liesse dans les zones touchées ». Au Burkina, Wakat Sera remarque que ces pannes sont « plus qu'un épiphénomène » : « c'est la triste réalité que subissent beaucoup de pays africains ». Le journal analyse les causes : en plus des actes malveillants, il y a « le fossé de la demande et de l'offre [qui] devient abyssal », « les installations faites pour la plupart depuis Mathusalem ne répondent plus aux besoins des nombreux consommateurs ». Wakat Sera se demande alors « comment avec autant de soleil, une richesse naturelle que leur envient les autres continents, les Africains ne peuvent-ils pas se mettre ensemble pour construire de grandes centrales solaires ? » et appelle à prendre le Maroc comme exemple, car le pays a entrepris des projets en ce sens.

Invité Afrique
Antonio David (FMI): «Les mesures prises en Afrique vont considérablement réduire l'inflation»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Oct 26, 2024 4:31


Comment se portent les économies africaines ? Le Fonds monétaire international referme ce samedi ses Assemblées annuelles avec la Banque mondiale à Washington. L'institution financière prévoit une croissance de 3,6 % cette année en Afrique subsaharienne dans son rapport sur les perspectives régionales. Quels sont les effets des mesures d'austérité prise dans certains pays ? Antonio David, chef adjoint au FMI en charge de l'Afrique, répond à nos questions. RFI : Concernant les perspectives régionales pour l'Afrique subsaharienne, le rapport du FMI pointe des réformes qui « portent leurs fruits ». Quels sont, selon vous, les exemples les plus éclatants ? Antonio David :  Il s'agit vraiment de la réduction des déséquilibres macroéconomiques grâce à des efforts d'ajustement. Par exemple, on constate que l'inflation s'est réduite et près de la moitié des pays présentent des taux qui sont déjà conformes aux cibles. Tout cela grâce à un resserrement de la politique monétaire qui a été réalisé par plusieurs pays. À la suite de ces efforts-là, la dette s'est stabilisée autour de 58 % du PIB. Certes, c'est un niveau encore élevé, mais au moins, elle est sur une trajectoire stade.Il est vrai qu'il y a des vulnérabilités qui persistent dans la région, l'inflation reste à deux chiffres dans un tiers des pays. À lire aussiLe FMI appelle les pays africains à la vigilance sur fond d'améliorations nettesIl y a encore une inflation très forte dans certains pays. Quelle solution préconisez-vous dans des pays qui ont déjà fait des efforts aussi, je pense par exemple au Nigeria. Tout à fait. Mais en réalité, nos prévisions indiquent que l'inflation devrait poursuivre sa trajectoire descendante l'année prochaine, avec des baisses considérables, notamment en Angola, au Ghana et au Nigeria. Il faut quand même essayer et de ne pas avoir une combinaison de politiques budgétaires et monétaires qui soient trop restrictives et qui puissent exacerber les frustrations et les agitations sociales.Au Nigeria, vous préconisiez la fin des subventions au carburant. Aujourd'hui, le prix du carburant explose. Et puis il y a une grogne sociale qui n'en finit pas. Il est vrai que tous ces efforts de réformes qui sont essentiels pour assurer la stabilité macroéconomique ont certainement des coûts à court terme et les populations le sentent ça. Vous avez parlé du cas des prix des carburants à la pompe. On préconise par exemple de commencer par changer les prix des produits qui sont consommés par les couches les plus aisées, avant de passer à des produits qui sont consommés par les plus pauvres. Concernant le Niger, êtes-vous optimiste aujourd'hui, alors que la situation géopolitique est toujours tendue et et que les revenus pétroliers aujourd'hui sont conditionnés par le maintien d'un accord friable avec le Bénin ? Nous sommes en temps de préparer une mission qui va partir à Niamey à la semaine du 28 octobre. C'est vrai qu'en termes de croissance à court terme, ils sont plutôt favorables grâce à plusieurs facteurs : le démarrage des exportations pétrolières, la levée des sanctions et également une campagne agricole qui sera très favorable cette année. Certes, il y a des tensions à la frontière avec le Bénin qui pèsent sur cette perspective, mais dans la projection de base, les exportations pétrolières vont se poursuivre et vont être des facteurs porteurs de la croissance cette année. Les pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, maintiennent vouloir quitter la Cédéao. Quel sera l'impact de cette décision sur leurs économies et sur leurs finances publiques ? Nous nous sommes concentrés sur trois canaux de transmission. Premièrement, le commerce transfrontalier, surtout avec les pays membres de la Cédéao que ne sont pas membres de l'Uemoa, tels que le Nigeria et le Ghana par exemple. Ils pourraient être affectés par cette décision s'il y a une augmentation des droits de douane par exemple. Le deuxième facteur serait la mobilité de la main d'œuvre. Et le troisième, qui est assez important, c'est l'incertitude économique qui aura peut-être un impact sur les primes, des risques des pays de l'AES, ainsi que des répercussions peut-être négatives sur le flux d'investissements directs étrangers.Nous trouvons que l'impact de cette décision de sortir de la Cédéao sera plutôt modéré dans les trois pays et pourrait être atténuée par d'autres accords commerciaux qui pourraient être signés. Cela notamment dans le cadre de la zone de libre échange continental africain.À lire aussiDette mondiale : la cote d'alerte est-elle dépassée ?

Tous les cinémas du monde
Au Nigeria, un ciné-club très politique filmé par Alain Kassanda

Tous les cinémas du monde

Play Episode Listen Later Oct 26, 2024 48:30


Tous les jeudis, un groupe d'étudiants de l'Université d'Ibadan, la plus ancienne du Nigeria, organise un ciné-club, transformant un petit amphithéâtre en une agora politique où s'affine le regard et s'élabore une parole critique. Avec :Alain Kassanda et Emilie Guitard, productrice du film et chercheuse au CNRS.

Invité Afrique
Inondations au Nigeria: «Si l'eau compromet les récoltes, on craint une saison encore plus difficile que prévue»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Sep 17, 2024 4:39


Près de 40 morts, 400 000 personnes déplacées. Dans le nord du Nigeria, à Maiduguri, la crise humanitaire reste majeure. Il y a 7 jours, le barrage d'Alau situé à 20 kilomètres de la capitale de l'État de Borno cédait suite à des pluies diluviennes. Une catastrophe qui s'ajoute à la crise alimentaire et sécuritaire qui frappe tout le nord du Nigeria. Situation de crise donc que tente de juguler les autorités locales avec l'appui des Nations unies. Notre grand invité Afrique ce mardi est Mohammed Malick Fall, il est sous-secrétaire général de l'ONU, coordonnateur résident au Nigéria, en charge notamment de la réponse humanitaire.  RFI : Mohammed Malick Fall, une semaine après la rupture du barrage d'Alau, est ce que la situation humanitaire est aujourd'hui stabilisée ?Mohammed Malick Fall : On ne peut pas encore parler de stabilisation. J'étais à Maiduguri avant hier et j'ai pu voir que non seulement le nombre de personnes affectées est en train d'augmenter on parle de 400000, mais le nombre de personnes déplacées aussi en train d'augmenter. On a dépassé les 100000 déplacées. Les conditions sont horribles, une forte congestion, quelquefois des conditions d'assainissement et d'hygiène qui sont extrêmement limitées. Le manque de nourriture, des enfants qui sont malades.  N'oublions pas que tout ça se passe sur un terrain qui était déjà très fragile, l'État de Borno est l'épicentre de la crise de Boko Haram depuis 2009. Et c'est dans ce contexte-là, que cette inondation vient à la limite nous faire reculer par rapport au travail qui était en train d'être entrepris pour résoudre la question des déplacés sur la durée.Vous venez de le dire, vous étiez à Maiduguri samedi. Concrètement, à quoi ressemble la capitale de l'État de Borno ?J'ai vu à une ville effectivement coupée en deux, une partie de la ville occupée par l'eau. Il y a des parties de la ville, qui ne sont toujours pas accessibles, il y a même des populations auxquelles on ne peut pas avoir accès, pour les faire sortir de leurs résidences où elles se trouvent en ce moment. Les efforts continuent de ce point de vue-là, mais on n'a pas une certitude que toutes les personnes ont pu être évacuées des lieux qui sont affectés par l'inondation.Six jours après, il y a encore de l'eau dans la ville ?Il y a encore beaucoup d'eau dans la ville. Et je crois que cette eau-là, va rester encore longtemps.Cette catastrophe survient aussi en pleine crise alimentaire, notamment en pleine période de soudure ?Non seulement c'est une période de soudure, mais c'est aussi dans un contexte où, à cause des réformes économiques entreprises par la nouvelle administration, on a observé et on observe depuis plusieurs mois une inflation galopante, surtout une inflation sur les denrées alimentaires. On parle même de 40% d'inflation sur une année, en plus du fait maintenant qu'on est dans la période de soudure. La grosse crainte que j'ai et que j'observe, c'est aussi quel impact cette inondation va avoir sur les récoltes. Parce que si les gens sont empêchés de se livrer à des travaux champêtres, si l'eau compromet la récolte, on risque de se retrouver donc avec une saison encore plus difficile que prévu.  Alors que tous nos espoirs, c'était qu'il y ait une bonne saison et une bonne récolte pour avoir plus de disponibilité de produits alimentaires sur le marché.Vous lancez déjà un appel à la vigilance et justement à anticiper les mois à venir ?Je dois avouer que, en ce moment, les inondations affectent énormément d'États dans le Nord-est et Nord-ouest du Nigeria, dont la principale activité est l'agriculture. Donc c'est une alerte aussi, non seulement pour se mobiliser et sauver la vie des populations qui sont directement affectées. Faire une course contre la montre pour éviter les épidémies, je pense surtout au cholera, parce que l'on sait très bien aussi que, l'accès à l'eau potable, les limites d'accès à l'eau potable peuvent conduire à ces épidémies-là. Mais au-delà des besoins immédiats et au-delà des interventions immédiates pour sauver des vies ou réduire la vulnérabilité des personnes affectées, la question qu'il faut garder en perspective, c'est dans les semaines, dans les mois à venir. Si les récoltes sont compromises, qu'est-ce que cela va avoir comme conséquence sur la détérioration de l'accès à l'alimentation, de l'accès à des produits dont les gens ont besoin pour leur survie quotidienne ?On entend une réelle inquiétude ?Je suis très inquiet effectivement, parce que c'est une crise qui vient se superposer à d'autres crises et donc dans ces conditions-là, avoir une détérioration comme on est en train de le voir peuvent avoir des conséquences beaucoup plus graves qu'on ne le perçoit aujourd'hui.Derna en Libye il y a un an, Arbat au Soudan fin août, le barrage de Maiduguri la semaine passée, les catastrophes sur les barrages se multiplient. Comment prévenir ces accidents majeurs ?Tout ne se résume pas au changement climatique. Je crois aussi que la préparation des États à ce genre de catastrophe est quelque chose qu'il faut renforcer. Notamment, la surveillance et la maintenance de ces infrastructures comme les barrages, les ponts. Nous, les Nations –Unies, en tout cas, les leçons qu'on tire, c'est que, il va falloir renforcer, accélérer sur ce plan-là, éduquer les populations, s'assurer que les populations ne s'installent pas dans les zones qui sont très propices à ce genre de catastrophe. Et aussi mettre en place des systèmes d'alerte précoces qui permettent d'évacuer les populations et de les alerter avant que les catastrophes n'atteignent un certain niveau. Nigeria: la ville de Maiduguri sous les eaux après la rupture d'un barrage

Revue de presse Afrique
À la Une: Maiduguri au Nigeria sous les eaux

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Sep 12, 2024 3:55


Sous la pression des pluies diluviennes, qui se sont abattues le week-end dernier, le barrage d'Alau sur la rivière Ngada à 20 km au sud de Maiduguri a cédé. Cette ville de plus d'un million d'habitants du nord-est du Nigeria s'est retrouvée inondée. Il y a au moins 30 morts et 400 000 déplacés. Des chiffres provisoires communiqués par l'Agence nationale de gestion des urgences. Des chiffres repris par plusieurs médias nigérians, dont le quotidien The Guardian. « Les inondations ont envahi près de 40% de la ville. Les habitants ont été contraints de quitter leurs maisons et sont dispersés un peu partout », rapporte un témoin.Le Vanguard, autre quotidien nigérian rapporte que « de nombreux habitants des zones touchées affirment qu'ils ne parviennent pas à localiser leurs proches bloqués par les inondations, alors même que beaucoup d'entre eux sont sans nourriture depuis ces derniers jours, accrochés au toit de leurs maisons ou dans des arbres ».Et puis autre danger, note le journal : les serpents qui pullulent et dont la morsure peut être fatale…À lire aussiNigeria: la ville de Maiduguri sous les eaux après la rupture d'un barrageAfflux de réfugiés et risque de famine« Les images diffusées par l'Agence nationale de gestion des urgences, rapporte le site Afrik.com, montrent des rangées de maisons englouties, tandis que les écoles sont fermées et les entreprises paralysées. Face à cette situation dramatique, les autorités ont ouvert trois abris temporaires pour les sinistrés. Toutefois, ces centres d'accueil peinent à faire face à l'afflux constant des victimes. (…)La situation à Maiduguri est d'autant plus préoccupante, relève encore Afrik.com, qu'elle s'inscrit dans un contexte de précarité accrue dans le nord-est du Nigeria. Déjà fragilisée par des années de conflit, la région fait face à une aggravation de l'insécurité alimentaire. Selon l'ONG Save the Children, les dégâts massifs dans les terres agricoles — plus de 107 000 hectares endommagés — pourraient provoquer la famine dans le pays. "Un enfant sur six au Nigeria a souffert de la faim entre juin et août de cette année", souligne l'organisation, appelant à une aide humanitaire urgente ».Et puis l'État de Kano voisin est également inondé par endroit, suite aux pluies intenses. Dernier bilan, d'après la Sema l'Agence de gestion des urgences de l'État de Borno : 49 morts au moins. Des chiffres repris par le quotidien The Sun qui précise que près de 7000 habitations ont été détruites et qu'un peu plus de 38 000 personnes sont sans-abri.Les ravages à venir du couple sécheresse-inondations ?Ces pluies diluviennes, nous en parlions déjà en début de semaine dans cette même revue de presse… De nombreux pays sont touchés, rapporte WakatSéra à Ouagadougou : « le Nigeria, donc, mais aussi le Tchad, la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée, le Niger, le Mali, le Ghana, la Mauritanie, et dans une moindre mesure, le Burkina Faso ».Commentaire du journal : « derrière le changement climatique qui a mis le monde sens dessus-dessous, la main humaine est bien visible. Si cette agression permanente de la nature est due à l'industrialisation effrénée dans les pays dits développés, en Afrique, les coupables sont le déboisement et les mauvaises pratiques dans la vie de tous les jours, en ville comme à la campagne. À ce rythme, si rien n'est fait pour rectifier le tir, prévient WakatSéra, et adopter des comportements raisonnables pour sauver "la maison commune", il est à craindre un ravage sans commune mesure du couple sécheresse-inondation ».La junte malienne suspend TV5 MondeÀ la une également : la diffusion de TV5 Monde suspendue pour trois mois par la junte au Mali…« France 24 et Radio France Internationale avaient déjà été privées d'antenne, rappelle Le Monde Afrique. Plus récemment, France 2 a, elle aussi, été suspendue au début de l'année, avant que LCI ne connaisse le même sort fin août ».La junte militaire donne des leçons de journalisme… Elle reproche à TV5 Monde d'avoir « manqué d'équilibre » dans le traitement de la mort de quinze civils au moins dans des raids de drone à Tinzaouatène, dans le Nord. C'était le mois dernier. La junte estime que TV5 n'a pas rendu compte de la version de l'armée malienne. Et pour cause, se défend la chaine francophone, au moment où l'information a été diffusée sur son antenne, l'armée malienne n'avait pas encore donné sa version des faits et ce, malgré ses sollicitations…

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] Les manifestations reprennent au Nigeria

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Aug 6, 2024 20:00


Nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, l'inflation, les prix de l'essence et la mauvaise gouvernance. Protestations similaires à celles observées au Bénin, en Centrafrique ou au Kenya ces derniers mois. Que pensez-vous de ces mouvements ? Quelle est la situation dans votre pays ? Nous attendons vos appels.

Revue de presse Afrique
À la Une: le «dialogue de sourds» entre Bola Tinubu et les manifestants au Nigeria

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Aug 6, 2024 4:14


Un « dialogue de sourds », c'est le titre de Jeune Afrique ce matin après un cinquième jour de manifestations contre la vie chère dans le pays. Le président Bola Tinubu a pris la parole, dimanche, pour calmer la colère, mais son attitude « très gaullienne » dit le journal, n'a pas suffi. Alors que treize personnes au moins sont mortes dans les manifestations selon Amnesty International, le chef d'État a déployé « un discours télévisé qui se voulait fondation d'une réconciliation nationale », mais il n'a pas, regrette JA, « esquissé le mea culpa que les manifestants endeuillés » attendaient. Dans la même veine, « alors que ses concitoyens parlent de "souffrance" et de "faim" » Tinubu se montre « vague » et « répond (…) "création d'un espace de dialogue" ». Bref, résume Wakat Séra au Burkina Faso, « les appels au calme et au dialogue (…) sont tombés comme de l'eau versée sur le dos d'un canard ».La presse nigériane du même avisAinsi le Sun qui, citant le prix Nobel de littérature Wole Soyinka, souligne que « le fait de servir des balles là où l'on demandait du pain est une régression inquiétante ». Et l'auteur mondialement reconnu de poursuivre : « les marches de la faim constituent un SOS universel (…) ; elles servent à avertir le pouvoir qu'un point de rupture a été atteint et donc, sont un test de la conscience qu'a le gouvernement du désespoir » de la population. Quant au Guardian nigérian il reprend les propos de l'ancien candidat à la présidence Peter Obi, qui tance Bola Tinubu : « vous et votre équipe n'avez pas été élus pour agir en spectateurs des manifestations, mais pour alléger la souffrance du peuple ». Une piste : réformer l'agriculture du pays C'est ce qu'appelle de ses vœux le Vanguard, selon lequel « l'agriculture est (...) un effort dans lequel chacun peut choisir de travailler ou d'investir » et donc autour duquel « des conditions favorables devraient être créées, en faveur de chacun, y compris des gouvernements » étatiques. Quelques pages plus loin, un éditorialiste abonde : « aujourd'hui, les communautés rurales sont passées sous la coupe de bandits ; des millions de fermiers ont abandonné leurs fermes ; et pourtant, ceux qui ont des terres dans les zones urbaines et péri-urbaines refusent de faire pousser leur propre nourriture ». Quoi qu'il arrive, le gouvernement a tout intérêt à offrir une solution pacifique, conclut le Vanguard toujours : « Le président ne peut pas nous tendre un rameau d'olivier tout en nous mettant le couteau sous la gorge. » Également à la Une, une chance de médailles aux JO Ce mardi, l'Afrique a les yeux rivés vers l'Algérienne Imane Khelif. Car, « contre vents et marées, » salue Tout sur l'Algérie, « la boxeuse (…) a réussi à accéder aux demi-finales du tournoi de boxe » des JO, dans sa catégorie, les moins de 66 kg. Contre vents et marées, car la sportive s'est retrouvée prise dans une polémique sur son taux de testostérone élevé. Fédération mondiale de boxe, CIO, autorités algériennes… tout le monde y est allé de son insinuation ou de sa réaction. Pourtant, rappelle le titre algérien, « le comité international olympique a rappelé que les tests effectués par ses services ont démontré qu'Imane Khelif est bien une femme ».  Ce qui pousse Jeune Afrique à s'interroger : « c'est quoi, une "vraie" femme ? ». Le site s'insurge de l'« insoutenable mise à l'index » de ces athlètes « jugées trop masculines. » Il y a Imane Khelif aujourd'hui, mais il y avait avant elle, la coureuse Caster Semenya, la Kényane Margaret Wambui ou l'Indienne Dutee Chand. Autant de femmes arborant « une anomalie naturelle, qui ne doit rien au dopage » et qui sont pourtant « sommées de [la] corriger par une hormonothérapie », « de se consacrer à de nouvelles disciplines » voire de « changer de catégorie et concourir avec des hommes. » Alors même rappelle JA, que « nombre de scientifiques assurent qu'il n'est pas prouvé que ce taux ait un quelconque impact sur les performances des athlètes ». Et de toute façon, ironise encore le titre, « les basketteurs, par exemple, ne sont pas vilipendés pour leur grande taille. » Quant aux athlètes hommes, « ils n'ont pas tous le même taux de testostérone » et malgré cela, « nul ne songe à les classer par catégorie en fonction de ce taux ». Conclusion : « de là à juger ce règlement sexiste et misogyne, il n'y a qu'un pas que l'on franchit allègrement ». À bon entendeur… 

Revue de presse Afrique
À la Une: les manifestations contre la vie chère au Nigeria

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Aug 2, 2024 4:02


« Manifestations contre la vie chère et la flambée des prix », titre AfricaNews. « Des milliers de jeunes nigérians ont envahi la rue ce jeudi [1ᵉʳ aout 2024] pour protester contre la crise du coût de la vie, la plus pénible que le pays ait connue, depuis une génération », ajoute le site d'information.À Kaduna, le Guardian a remarqué des « tensions et des achats de panique sur les marchés, en raison des manifestations (...) au moment même où des agents de sécurité ont été déployés pour assurer la surveillance de lieux stratégiques afin d'empêcher le chaos provoqué par les manifestations contre la pauvreté ». Le Guardian qui cite également des propos tenus par le gouverneur de l'État de Kaduna, qui reconnaît « les difficultés économiques », auxquels sont confrontés les Nigérians, tout en ajoutant que le président Bola Tinubu « a la tâche difficile de nettoyer le désordre laissé par les administrations précédentes ».  De leur côté, nous dit AricaNews, « les organisations de défense des droits de l'homme et les activistes ont exprimé leurs inquiétudes quant à une possible répression des manifestations ». Des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu à Katsina, signale d'ailleurs le Guardian. Alors que selon le Vanguard, « 13 manifestants et un policier auraient été tués dans le pays », lors de ces manifestations contre la vie chère.À lire aussiNigeria: des milliers de manifestants dans les rues pour exiger de meilleures conditions de vieGénocostDe quoi s'agit-il précisément ? Actualité.CD le définit ainsi : « cette journée rend hommage aux dizaines de millions de morts, aux victimes des violences sexuelles liées aux conflits utilisés comme armes de guerre ou victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité, ainsi qu'aux personnes qui leur ont apporté assistance », en RDC. Certains organes de presse parlent de « génocide congolais ». C'est le cas d'info.cd, selon lequel « deux jours de deuil ont été décrétés au Congo-Central ».Info.CD relate le culte œcuménique organisé hier, le 1ᵉʳ aout 2024, à Matadi, en « témoignage d'affection », aux Congolais « victimes de la guerre injuste imposée par les rebelles rwandais du M23 ».Mediacongo.net précise de son côté, que « la commémoration du génocide congolais vise à lutter contre le silence, la banalisation, le déni de justice et l'oubli des crimes graves commis en RDC ». Journées de commémoration auxquelles n'assiste pas le président Félix Tshisekedi, qui est en Belgique pour soigner une hernie discale. Plusieurs médias congolais publient une photo récente où l'on voit le président, le cou entouré d'une minerve.À lire aussiRDC: le président absent à l'hommage annuel aux victimes de massacres commis à des fins économiquesEnfin, au Cameroun, la disparition d'une personnalité des médias« Suzanne Kala Lobè, figure du journalisme camerounais nous a quittés », titre Afrik.com, qui la présente ainsi :  « éditorialiste influente et voix indomptable du paysage journalistique au Cameroun, Militante de gauche et fervente défenseuse de l'alternance politique, Suzanne Kala Lobé a marqué son époque par ses opinions tranchées et sa passion pour le débat ». Afrik.com cite l'un de ses proches : « Vous pouviez faire deux jours de débat autour d'un sujet », selon Séverin Tchounkeu, « très ému par la disparition de son amie et collaboratrice », et que vous pouvez entendre aussi sur RFI ce matin.« Le SNJC, le Syndicat national des journalistes, pleure Suzanne Kala Lobé », titre de son côté ActuCameroun. « Notre presse vient de perdre ainsi, non seulement l'une de ses plumes adultes, mais aussi une meilleure combattante pour une presse libre. De reporter à éditorialiste, elle a franchi toutes les étapes de la rédaction ».  Autre réaction, celle de l'écrivaine Calixthe Belaya, dans le Journal du Cameroun : « Elle m'expliquait le monde, ses pièges à éviter, ses mesquineries à esquiver, et la capacité de toujours répondre comme il faut à toutes les questions ». Enfin, Afrik.com parle d'une « vie dédiée à l'Afrique ». « Fière de son africanité, Suzanne Kala Lobè ne cessait de revendiquer une place de choix pour l'Afrique, dans le monde ».À lire aussiLa journaliste Romance Vinakpon surprise par Paris, entre inégalités et brassage culturel

Sur le fil
Au Nigeria, les bals émancipateurs de la communauté queer, malgré la répression

Sur le fil

Play Episode Listen Later Jun 26, 2024 7:51


Sur le Fil vous emmène au cœur d'un bal queer à Lagos, au Nigeria.Née aux Etats-Unis dans les années 1970, popularisée par l'émission RuPaul's Drag Race ou la série Pose, la ballroom culture, ou culture des bals, s'est depuis diffusée à travers le monde. Au Nigeria, elle se développe depuis une vingtaine d'années, malgré de la répression qui touche les personnes LGBT+. L'homosexualité reste passible de 10 à 14 ans de prison dans ce pays de 220 millions d'habitants, le plus peuplé d'Afrique.Comment continuer à exprimer son identité librement ? A Lagos, la capitale économique et culturelle du Nigeria, les bals offrent un espace de répit et de joie à la communauté queer.Intervenants: Isa Sanusi, directeur d'Amnesty International au Nigeria et Samira Daoud, directrice régionale d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest. Sur le terrain : Yasmine Canga-Valles et Leslie FauvelRéalisation : Sarah Miansoni et Emmanuelle BaillonSur le Fil est le podcast quotidien de l'AFP. Vous avez des commentaires ? Ecrivez-nous à podcast@afp.com. Si vous aimez, abonnez-vous, parlez de nous autour de vous et laissez-nous plein d'étoiles sur votre plateforme de podcasts préférée pour mieux faire connaître notre programme ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Au Nigeria, l'inflation bat tous les records

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jun 19, 2024 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également aux questions des auditeurs sur les pays africains affectés par la désertification, sur la possibilité d'un troisième mandat pour Emmanuel Macron et sur la crise diplomatique entre le Niger et le Bénin. Nigéria : inflation record depuis 30 ans  Le pays connaît une inflation généralisée de près de 34%.  La plus élevée depuis trois décennies.  Quelles sont les causes de cette hausse des prix ? Quelles mesures le gouvernement envisage-t-il pour atténuer cette situation ? Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI, ancienne correspondante au Nigeria. Désertification : quels pays sont les plus touchés ?  Le lundi 17 juin marquait la journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse. Quels sont les pays africains les plus touchés par le phénomène ? Existe-t-il des solutions ? Avec Pauline Gleize, cheffe adjointe du service Environnement de RFI. France : Emmanuel Macron pourrait-il faire un 3e mandat ?  Après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président français, des rumeurs circulent sur sa possible démission suivie d'une candidature à un troisième mandat.  S'il quitte ses fonctions, Emmanuel Macron pourrait-il juridiquement se représenter à une élection présidentielle ? Avec Didier Maus, ancien conseiller d'État, président émérite de l'association française de droit constitutionnel.  Cotonou - Niamey : le bras de fer se poursuit Trois des cinq ressortissants nigériens qui s'étaient introduits sur une plateforme pétrolière au Bénin ont été condamnés à 18 mois de prison avec sursis. Ce nouvel épisode n'enterre-t-il pas toute tentative de compromis entre Cotonou et Niamey ?  Avec David-Morgan Assogba-Metondji, analyste en géopolitique. 

Journal de l'Afrique
Crise économique au Nigeria : Bola Tinubu défend ses réformes

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jun 12, 2024 11:37


Le président nigérian Bola Tinubu a décidé de remplacer l'hymne national par l'ancien, écrit sous l'ère coloniale. Une décision prise alors que le pays est plongé dans une grave crise économique. Certains l'accusent de vouloir faire diversion.