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Les États-Unis ont bombardé l'Iran dans la nuit du 10 au 11 juin. Et l'Iran a, de son côté, visé des bases militaires américaines dans des pays du Golfe et fermé complètement le détroit d'Ormuz. La Turquie et la Russie leur demandent d'arrêter ces attaques et de reprendre des négociations. Des discussions sont prévues pour parler de l'avenir de Gaza, avec le Hamas comme interlocuteur principal. Le mouvement multiplie les exécutions, les violences, les humiliations pour éliminer ses opposants et contrôler Gaza, selon une commission d'enquête des Nations unies. Entretien avec Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), auteure de Gaza, quel avenir ? (éditions Stock). À lire aussiLa branche armée du Hamas confirme la mort de son tout nouveau chef dans une frappe israélienne à Gaza
L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village. De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair, Dans l'école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l'école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… » Ce chemin, c'est celui qui mène du village palestinien d'Umm al-Khair jusqu'à l'école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. » Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. » À lire aussiColons israéliens: ce que l'on sait des nouvelles sanctions européennes et de leur véritable portée « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés » Aujourd'hui, les villageois palestiniens s'organisent. Tareq, professeur d'anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J'emmène les élèves le matin à l'école en allant travailler. » L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd'hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. » Pendant l'entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l'autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu'on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. » Pas d'incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c'est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police… À lire aussiCisjordanie occupée: les colons israéliens «n'agissent pas seuls et sont protégés par l'armée israélienne»
L'expansion des colonies israéliennes est presque quotidienne dans les territoires palestiniens. Dans le village d'Umm al-Khair, près d'Hébron, des colons se sont installés illégalement et ils bloquent le chemin de l'école pour une trentaine d'enfants du village. De notre envoyée spéciale de retour d'Umm al-Khair, Dans l'école de Zoukor al-Sarraya, quatre élèves ne viennent plus en classe depuis plusieurs semaines, explique le directeur Amjad al-Jundi. « Ils ont cessé de venir, car ils avaient peur pour leur vie. Le chemin de l'école est devenu dangereux avec les colons, dénonce-t-il, ils veulent éviter tout conflit avec eux… » Ce chemin, c'est celui qui mène du village palestinien d'Umm al-Khair jusqu'à l'école. Mi-avril, il a été coupé par des colons israéliens qui ont installé des barbelés. Le directeur fait un dessin pour expliquer la situation. « Voyez, là, il y a des caravanes sur le côté de la route. Elles coupent le petit chemin ici qui permettait aux élèves de prendre un raccourci pour se rendre à l'école, montre-t-il. Les élèves doivent désormais emprunter la route, plus longue et plus dangereuse car elle passe devant les caravanes des colons. » Lorsque le passage a été bloqué, Fahad, 17 ans, était là. « Les colons nous ont attaqués sur la route, ils se sont regroupés contre nous en nous menaçant avec des armes et en jetant sur nous des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, témoigne-t-il. Ça peut te tuer. » À lire aussiColons israéliens: ce que l'on sait des nouvelles sanctions européennes et de leur véritable portée « Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés » Aujourd'hui, les villageois palestiniens s'organisent. Tareq, professeur d'anglais, est très investi pour ses élèves. « Je suis un peu de la famille, je suis enseignant et depuis les attaques des colons qui ont bloqué la route, je suis devenu chauffeur aussi, souligne le professeur. J'emmène les élèves le matin à l'école en allant travailler. » L'enseignant assure les trajets pour éviter que les enfants soient confrontés à la violence. « Ils ont eu peur et certains d'entre eux restent sous le choc aujourd'hui encore, poursuit-il. Ils étaient effrayés, horrifiés, terrifiés, dirais-je, parce que c'est la première fois que cela leur arrive, surtout sur le chemin de l'école. » Pendant l'entretien, Tareq jette des regards inquiets vers une barrière en métal jaune qui sépare le village de la colonie israélienne de Carmel, illégale au regard du droit international, qui se trouve à 50 mètres de l'autre côté de la rue. « Le colon qui est derrière la barrière, dans le Land Cruiser, c'est un colon violent qui a attaqué le village à plusieurs reprises, pointe-t-il. Pendant que nous parlons, il y a un véhicule de la police des frontières. Est-ce qu'on peut attendre de voir ce qui va se passer avec eux ? Je n'ai pas peur. Je suis inquiet. Les choses peuvent changer rapidement ici. Et vous voyez, il y a la police des frontières, il y a un colon très violent, un avant-poste avec les caravanes… On ne peut pas vraiment prédire ce qui va se passer. » Pas d'incident finalement mais une atmosphère très lourde. 17 nouvelles familles de colons israéliens viennent de s'installer dans le secteur, dans des caravanes. Une femme nous demande de quitter les lieux, c'est une propriété privée, dit-elle, et je vais appeler la police… À lire aussiCisjordanie occupée: les colons israéliens «n'agissent pas seuls et sont protégés par l'armée israélienne»
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu souhaite que son pays occupe 70% de la bande de Gaza, avec pour effet de confiner les Gazaouis à un fragment de territoire encore plus réduit. À l'intérieur de la zone délimitée par la « ligne jaune », Israël a rasé à l'aide de bulldozers la plupart des immeubles qui n'avaient pas été détruits par les bombardements. L'analyse de la stratégie et l'objectif final d'Israël avec Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités, président honoraire de l'IReMMO, co-auteur du livre Atlas du Moyen-Orient, éditions Autrement. RFI : Nous allons d'abord revenir avec vous sur les dernières déclarations du Premier ministre israélien à propos de Gaza. Contrairement au Liban, il y a un cessez-le-feu qui a permis de faire baisser le nombre d'attaques et donc de victimes. Mais Israël poursuit quand même des frappes et des opérations de manière quasi quotidienne dans l'enclave. Ça fait des mois, et l'armée israélienne avance petit à petit, puisqu'au moment du cessez-le-feu en octobre dernier, l'armée était censée contrôler 53% du territoire. Actuellement, elle a la main sur plus de 60%. Comment est-ce que ce contrôle est réparti à Gaza ? Jean-Paul Chagnollaud : Je crois que c'est comme un système d'étouffement progressif puisque, comme vous l'avez dit, on est supposé être à 50%. Là, l'objectif de Netanyahu est d'avoir le contrôle de 70% de la bande de Gaza, dont il faut rappeler tout de même qu'elle fait environ 360 kilomètres carrés. Si cette offensive a lieu, et je crains qu'elle ait lieu très prochainement, ça veut dire qu'un tiers de cette superficie serait réservé à deux millions de gens qui sont dans le dénuement le plus total. La question, c'est de savoir où veut en venir Israël. Et moi, mon hypothèse depuis le début, c'est qu'en fait le gouvernement, ce gouvernement de droite et d'extrême droite, veut faire en sorte que les Gazaouis, épuisés, partent. Je crois qu'il y a derrière cela un projet de nettoyage ethnique. Et d'ailleurs, à plusieurs reprises ces dernières semaines, ces derniers mois, il a été annoncé comme tel. Car qu'est-ce que ça signifie d'attaquer à nouveau une zone sur laquelle il n'y a plus aucune menace sérieuse, évidemment, de la part du Hamas qui est à peu près exsangue contre l'armée israélienne qui a tous les moyens, qui tient tout à tous égards et qui par ailleurs, je le rappelle, empêche les ONG humanitaires de venir sur ce territoire ? Les limitations sont draconiennes et par conséquent, les conditions de vie de ces deux millions de Palestiniens sont tout simplement épouvantables. Pousser les Palestiniens à partir, c'est ce que vous nous dites. Au moment où Benyamin Netanyahu a fait cette annonce hier, on a entendu quelqu'un dans la foule dire 100 % lorsque lui a parlé de 70 % du territoire. Et le Premier ministre israélien a réagi en disant : « Allons-y par étapes. » Est-ce que l'objectif final, ce serait 100 % sous contrôle de l'armée israélienne ou ça n'est pas nécessaire pour parvenir à l'objectif que vous évoquiez à l'instant ? Ecoutez, je crois que si c'était à 100%, ça voudrait dire quoi ? Ils l'ont déjà, le 100%. Parce qu'en réalité, qu'est-ce qui peut menacer l'armée israélienne qui encercle complètement ces deux millions de Palestiniens dans laquelle il y a encore, c'est vrai, quelques agents du Hamas ? Ce n'est en aucune manière une menace pour l'armée israélienne. Tout ceci, pour le comprendre, il faut se demander ce qu'ils veulent faire. C'est pas simplement le contrôle de la bande - ils l'ont déjà. Il faut quand même être clair, les ONG le disent tous les jours, mais ça veut dire donc qu'ils veulent s'en débarrasser, faire en sorte d'expulser d'une manière ou d'une autre les Gazaouis qui s'y trouvent. Je ne vois pas d'autres raisons. Qu'est-ce qu'il reste aujourd'hui aux deux millions de Gazaouis ? L'horizon, c'est la mer, puisqu'ils étaient déjà entassés sur la bande de Gaza, qui est déjà un tout petit territoire, et maintenant 30% [du territoire]. Et comme vous le dites, on pourrait aller encore plus loin. Donc, il faut réfléchir à ce que ça signifie. Pour ma part, ce projet existait depuis plusieurs mois, il n'a jamais été véritablement abandonné - qu'une partie des Gazaouis partent « de leur plein gré et n'ayant plus le choix ». Donc on est là, dans cette situation, sans aucune possibilité véritable de défense. Et puis j'ajoute un point très important : le pseudo-plan de paix de Trump d'il y a quelques mois est à l'arrêt complet. Il existait dans le système qui avait été soi-disant mis en place un comité d'administration pour Gaza où il y avait quelques personnalités palestiniennes qui devaient s'occuper de tout cela. Eh bien, ce comité d'une douzaine de personnes est aujourd'hui au Caire et n'a même pas le droit d'entrer à Gaza. Voilà la réalité de la situation. Est-ce que, selon vous, Israël a pour objectif de réoccuper Gaza, d'y installer de nouveaux colons ou bien de laisser le territoire dévasté et vidé de ses habitants ? Je crois que les deux sont cohérents. L'un n'exclut pas l'autre. Je pense que certains veulent qu'une partie de Gaza soit réoccupée de manière définitive, de façon à ce que certains puissent s'y installer ou réinstaller des colonies. Il y a même des projets très concrets – ils ont été rédigés avec notamment le soutien des Émirats arabes unis – qui consisteraient à accepter, dans les parties contrôlées par l'armée israélienne, des communautés qu'ils appellent safe, c'est-à-dire des communautés sûres de Palestiniens. C'est-à-dire qu'on choisirait, on sélectionnerait. Le terme est totalement inacceptable, bien entendu, mais c'est pourtant le projet. On sélectionnerait des Palestiniens qui pourraient rester vivre, à condition évidemment de faire une complète allégeance à l'armée israélienne et au gouvernement israélien. C'est pour cela que les démolitions, les destructions se poursuivent, là encore... Vous avez raison de rappeler ce point : dans toute la zone qui est occupée, donc 60% du territoire et bientôt davantage, tout est systématiquement rasé. Donc, l'idée, ça sera de reconstruire un certain nombre de choses, mais qui seront entièrement sous le contrôle israélien. Si on acceptait des Palestiniens, ils seraient donc complètement sous la domination israélienne. Il faut quand même penser que ce qui se passe à Gaza se passe aussi en ce moment dans le sud du Liban. Je veux dire, ce qui a été rasé à Gaza, c'est Israël Katz, le ministre de la Défense, qui l'a clairement dit : « Nous allons faire dans le Liban sud, la même chose qu'à Gaza », c'est-à-dire éradiquer. Il y a des dizaines et des dizaines de villes et villages, dont des villes comme Bilzen ou comme bientôt Nabatieh. Près de 80 000 habitants quand même. On a la même logique de guerre.
Une émission enregistrée en public à Marseille pour l'ouverture de la Saison Méditerranée imaginée par sa commissaire générale Julie Kretzschmer, dont l'objectif est de renforcer une communauté de destin entre les différentes rives. Et parmi les multiples enjeux et défis partagés entre les pays méditerranéens, se pose la question des archives et de la mémoire de la bande de Gaza, détruite à 80% par la guerre menée par Israël suite aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. C'est l'un des thèmes majeurs de cette saison multiculturelle Gaza a perdu son patrimoine architectural, son patrimoine culturel, ses lieux de culte et 10% de sa population soit 200 000 hommes, femmes et enfants. Des mémoires et des archives irremplaçables et inachevées pour citer l'exposition Studio Kegham présentée au Centre photographique Marseille, des images en noir et blanc comme un album de famille d'un Gaza détruit que réanime Kegham Djeghalian junior, petit-fils de Kegham Djeghalian senior son grand-père arménien, fondateur du premier studio photographique de la ville de Gaza dès 1944. Au cœur des images photographiques de ce Gaza disparu, nous donnons donc la parole aux archives vivantes de Gaza que sont les artistes et leurs œuvres : Nour Elassy, poétesse, pour ses textes sur le génocide et l'exil ; Maha Al-Daya, pour ses cartes brodées de la bande de Gaza ; Shareef Sarhan pour son projet gazaoui Re-Lighthouse, reconstruction du phare de Gaza… Et Marion Slitine, anthropologue et fondatrice du collectif Ma'ann pour l'exposition « Déplacer le silence : 40 artistes et poétes.ses de Gaza ». Découvrez le programme de l'ouverture de la Saison Méditerranée Découvrez l'exposition Photo Kegham de Gaza Découvrez l'exposition Déplacer le silence Découvrez les poèmes de Nour Elassy prochainement édités aux Liens qui libèrent le 9 septembre « Il manque à mes mains de quoi te sauver ». Il manque à mes mains Ciel noir terre rouge des enfants hurlent et tout semble si profondément irréel « Je ne vois plus. Je suis tout seul. Sors-moi de là », un enfant crie, par-dessous les gravats Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains. J'ai bien tenté d'appeler à l'aide Mais il s'avère que l'aide elle-même a besoin de secours J'ai bien tenté de hurler en direction des caméras allumées Il s'avère que le monde entier regardait déjà. Regardait droit, avec des yeux impuissants J'ai bien tenté de crier, du plus fort que j'ai pu Mais il s'avère qu'ils étaient tous sourds Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains de quoi te sauver.
Au Proche-Orient, les destructions de maisons de Palestiniens par l'armée israélienne s'accélèrent en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. L'ONG israélienne B'Tselem répertorie au moins « 1 267 unités détruites » (appartements, maisons, centres sociaux…) en 2025. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à un phénomène peu connu. Certains Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes leurs maisons sous peine de pénalités financières pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. C'est un ordre des autorités israéliennes. Détruire de ses propres mains son foyer n'est pas anodin. Un acte qui laisse dans son sillage d'importants traumatismes. Dans son coquet salon branché en permanence sur Al Jazeera et son lot de mauvaises nouvelles, cet habitant du quartier de Silwan à Jérusalem-Est se sent acculé. « Ils m'ont donné 21 jours pour détruire ma maison. » Lui qui témoigne à condition de rester anonyme a reçu un ordre d'éviction de la municipalité de Jérusalem. Sa maison est considérée comme étant une construction illégale. Pioches à la main – avec ses fils, il a déjà démoli une bonne partie de l'étage supérieur. « Mes larmes coulaient en le faisant. Je ne sais pas quoi dire… Il y a des choses que l'on ressent à l'intérieur de soi et qu'on ne peut pas exprimer. Pendant plusieurs jours, je n'arrivais plus à manger. On va voir ce qui va se passer. On est sur les nerfs. Oui, on est vraiment sur les nerfs… », exprime-t-il. Il lui reste le rez-de-chaussée à détruire. C'est là que vivent encore cinq membres de la famille. Parmi eux, sa mère âgée de 97 ans – déjà déplacée trois fois depuis la création de l'État d'Israël – et son fils de 35 ans atteint d'autisme. « Je jure que je ne sais pas où on va aller », lâche-t-il. Détruire sa propre maison, une torture psychologique Au-delà de la perte matérielle, ces destructions de maisons laisseraient des séquelles psychiques importantes. Razzan Quran voit dans l'injonction à détruire sa propre maison une forme de torture psychologique. « Quand je suis sommée de détruire ma maison, c'est comme si je me détruisais moi-même. Cela est fait de mes propres mains, donc il est possible que je me pose à un moment avec la volonté d'entamer le deuil de ma maison, mais je risque aussi de m'en vouloir à moi pour cette situation. Je vais pouvoir penser que j'ai été lâche de m'être soumis aux ordres. Je vais me demander pourquoi j'ai détruit moi-même ma maison. Et c'est ce qui fait que le traumatisme va s'enraciner plus profondément en nous », explique la psychothérapeute et professeure de psychologie en Palestine. Et pourtant, ce phénomène risque de s'accélérer. À lire aussi«J'espère toujours rentrer en Palestine»: à Gaza, une survivante raconte la nakba de 1948 « Mais qui se soucie encore du droit international ? » À la mairie de Jérusalem, de très bon matin, je rencontre Arieh King, maire adjoint de la ville. C'est l'un des artisans de cette politique. Il exige plus de destructions. « C'est pareil partout dans le monde. Personne ne donnerait d'autorisation pour qu'on construise illégalement en plein milieu des Champs-Élysées. » La différence dans ce cas de figure est que Jérusalem-Est est considérée en droit international comme étant un territoire palestinien. « Le droit international ? Mais qui se soucie encore du droit international ? Vous vous souciez vraiment du droit international, vous ?, questionne-t-il. Vous savez quel est mon droit international, moi ? C'est la Bible. » Aujourd'hui des ONG de défense des droits de l'homme – comme l'israélienne B'Tselem – parlent ouvertement de « nettoyage ethnique ». À lire aussiEn Cisjordanie occupée, Israël exproprie des terres proches de l'Acropole antique de Sebastia
Au Proche-Orient, les destructions de maisons de Palestiniens par l'armée israélienne s'accélèrent en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. L'ONG israélienne B'Tselem répertorie au moins « 1 267 unités détruites » (appartements, maisons, centres sociaux…) en 2025. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à un phénomène peu connu. Certains Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes leurs maisons sous peine de pénalités financières pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. C'est un ordre des autorités israéliennes. Détruire de ses propres mains son foyer n'est pas anodin. Un acte qui laisse dans son sillage d'importants traumatismes. Dans son coquet salon branché en permanence sur Al Jazeera et son lot de mauvaises nouvelles, cet habitant du quartier de Silwan à Jérusalem-Est se sent acculé. « Ils m'ont donné 21 jours pour détruire ma maison. » Lui qui témoigne à condition de rester anonyme a reçu un ordre d'éviction de la municipalité de Jérusalem. Sa maison est considérée comme étant une construction illégale. Pioches à la main – avec ses fils, il a déjà démoli une bonne partie de l'étage supérieur. « Mes larmes coulaient en le faisant. Je ne sais pas quoi dire… Il y a des choses que l'on ressent à l'intérieur de soi et qu'on ne peut pas exprimer. Pendant plusieurs jours, je n'arrivais plus à manger. On va voir ce qui va se passer. On est sur les nerfs. Oui, on est vraiment sur les nerfs… », exprime-t-il. Il lui reste le rez-de-chaussée à détruire. C'est là que vivent encore cinq membres de la famille. Parmi eux, sa mère âgée de 97 ans – déjà déplacée trois fois depuis la création de l'État d'Israël – et son fils de 35 ans atteint d'autisme. « Je jure que je ne sais pas où on va aller », lâche-t-il. Détruire sa propre maison, une torture psychologique Au-delà de la perte matérielle, ces destructions de maisons laisseraient des séquelles psychiques importantes. Razzan Quran voit dans l'injonction à détruire sa propre maison une forme de torture psychologique. « Quand je suis sommée de détruire ma maison, c'est comme si je me détruisais moi-même. Cela est fait de mes propres mains, donc il est possible que je me pose à un moment avec la volonté d'entamer le deuil de ma maison, mais je risque aussi de m'en vouloir à moi pour cette situation. Je vais pouvoir penser que j'ai été lâche de m'être soumis aux ordres. Je vais me demander pourquoi j'ai détruit moi-même ma maison. Et c'est ce qui fait que le traumatisme va s'enraciner plus profondément en nous », explique la psychothérapeute et professeure de psychologie en Palestine. Et pourtant, ce phénomène risque de s'accélérer. À lire aussi«J'espère toujours rentrer en Palestine»: à Gaza, une survivante raconte la nakba de 1948 « Mais qui se soucie encore du droit international ? » À la mairie de Jérusalem, de très bon matin, je rencontre Arieh King, maire adjoint de la ville. C'est l'un des artisans de cette politique. Il exige plus de destructions. « C'est pareil partout dans le monde. Personne ne donnerait d'autorisation pour qu'on construise illégalement en plein milieu des Champs-Élysées. » La différence dans ce cas de figure est que Jérusalem-Est est considérée en droit international comme étant un territoire palestinien. « Le droit international ? Mais qui se soucie encore du droit international ? Vous vous souciez vraiment du droit international, vous ?, questionne-t-il. Vous savez quel est mon droit international, moi ? C'est la Bible. » Aujourd'hui des ONG de défense des droits de l'homme – comme l'israélienne B'Tselem – parlent ouvertement de « nettoyage ethnique ». À lire aussiEn Cisjordanie occupée, Israël exproprie des terres proches de l'Acropole antique de Sebastia
La Cisjordanie connaît une escalade continue, marquée par des assassinats ciblés, des arrestations et des attaques contre des Palestiniens et leurs biens, dans l'indifférence politique et diplomatique. Début mai, au moins 1 069 Palestiniens y ont été tués par des soldats ou des colons israéliens depuis le début de la guerre de Gaza. L'Union européenne est parvenue ce lundi 11 mai à se mettre d'accord pour sanctionner des colons extrémistes israéliens coupables de violences contre les Palestiniens en Cisjordanie, une mesure longtemps bloquée par le veto de la Hongrie. Entretien avec Yoav Shemer-Kunz, en charge de plaidoyer international au sein de B'Tselem – le centre israélien d'information sur les droits humains en territoires occupés. RFI : Selon un décompte réalisé par l'ONG israélienne Breaking the Silence, 378 attaques de violences perpétrées par des colons israéliens en Cisjordanie occupée ont eu lieu en 40 jours, soit près de dix au quotidien. On a l'impression que les limites sont sans cesse repoussées. Yoav Shemer-Kunz : Tout à fait. Les violences sont effectivement sans cesse repoussées. Les colons israéliens arrivent maintenant aussi dans la zone A. La Cisjordanie est coupée, depuis les accords d'Oslo, en trois zones. Désormais, les attaques ont même lieu dans la zone A qui est normalement sous sécurité palestinienne. Mais il ne s'agit pas uniquement de colons israéliens. Et ces colons n'agissent pas tout seuls, ils sont protégés par l'armée israélienne. Souvent d'ailleurs, ces attaques sont combinées, civils et soldats ensemble. Ces colons sont protégés par la police israélienne, et sont actifs dans une impunité la plus totale possible. Ces colons sont soutenus par le gouvernement israélien. Vous avez raison de le rappeler, ces attaques se concentrent surtout dans la zone C, sous contrôle militaire israélien. Mais se répandent de plus en plus en zone B et en zone A, censée être sous le contrôle total de l'Autorité palestinienne. Les zones sont de plus en plus brouillées. Les zones sont de plus en plus brouillées. Les attaques ont commencé dans les zones rurales, donc la zone C, et notamment la vallée du Jourdain. Désormais, les attaques commencent à monter dans les montagnes et à arriver dans les villes palestiniennes, plus près des grandes villes et des grandes agglomérations palestiniennes. Il s'agit d'un processus de purification ethnique. Nous avons déjà plus de 59 communautés qui sont complètement effacées de la carte, des communautés entières palestiniennes qui ont dû quitter leurs territoires, quitter leur terrain. Cela, c'est ce qui concerne les communautés rurales. Les attaques vont de plus en plus vers les zones semi-urbaines, et tout cela avec la protection de l'État israélien. Vous portez la voix de l'organisation de défense des droits humains B'Tselem. Quelques voix s'élèvent en Israël. Dans un édito le journal Haaretz s'indigne : « Imaginez si des Palestiniens avaient fait la même chose à un Israélien ? » Je vous pose la question à vous, que pourrait-il se passer dans ce cas ? Les colons agissent dans un système général d'apartheid. Nous ne sommes pas sous les mêmes droits. Les Palestiniens qui sont en Cisjordanie sont sous occupation militaire. S'ils agissent, s'ils font quelque chose considérée comme illégale, l'armée israélienne les arrête. On parle actuellement de presque 10 000 Palestiniens prisonniers en Israël, dont la moitié sans aucune charge. Il s'agit de détention administrative. Alors que les colons israéliens sont des civils, c'est plutôt le droit civil qui s'applique pour eux. Nous sommes dans une situation d'inégalité absolue, et cela depuis maintenant presque six décennies. La situation en Cisjordanie est maîtrisée par l'armée israélienne. L'armée israélienne maîtrise chaque mouvement en Cisjordanie. Il ne s'agit pas d'un territoire hors contrôle, il ne s'agit pas d'individus hors contrôle. Il s'agit plutôt pour nous d'un processus de purification ethnique qui est soutenu par l'État. Il s'agit d'une violence que l'État n'ose pas faire directement, mais laisse les individus faire à sa place. Le ministère palestinien de la Santé a annoncé qu'un homme de 26 ans a été tué lors d'un raid israélien à Naplouse, dimanche 10 mai 2026. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU évoque « une violence effroyable qui n'épargne ni mort ni vivant » à propos de l'attaque du vendredi 8 mai 2026. Que fait la communauté internationale pour contrer ce phénomène ? Elle n'en fait pas assez, alors que les faits sont connus. Il y a énormément d'incidents connus, même filmés en vidéo. Et pire, les criminels sont en liberté, qu'il s'agisse de soldats ou de civils. Dans les deux cas, le régime israélien continue avec cette violence dans l'impunité la plus totale. Désormais, on parle de sanctions individuelles contre les colons. Mais la violence ne vient pas des individus, mais de tout le système qui les protège. D'ailleurs, même les individus sous sanctions restent en liberté et continuent à terroriser les Palestiniens et continuent à construire des avant-postes. En parlant de sanctions, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, dit s'attendre à un accord politique concernant les sanctions visant les colons israéliens violents. Cela peut-il avoir des conséquences sur le terrain ? C'est très bien que l'Union européenne commence à bouger un peu par rapport à ce qui se passe en Palestine occupée, en Cisjordanie et à Gaza. Par contre, c'est une mesure extrêmement symbolique qui n'a presque aucun effet sur le terrain. Il y a des colons qui sont libres en Cisjordanie, qui sont déjà sous sanctions américaines – qui sont depuis levées, des sanctions britanniques. Mais ils sont toujours là, et pour eux, il n'est pas question de visas à l'étranger, etc. Ils ont juste continué à grimper sur les collines en Cisjordanie et à faire peur. À lire aussiL'UE parvient à un accord politique pour sanctionner des colons extrémistes israéliens À lire aussiCisjordanie occupée: sidération après l'exhumation forcée d'un corps enterré «trop près» d'une colonie À lire aussiCisjordanie occupée: le rabbin Arik Ascherman sillonne les villages attaqués par les colons
Ces derniers jours, plusieurs actes de violence contre les chrétiens ont été commis par Israël, notamment l'agression d'une religieuse à Jérusalem et la destruction de symboles religieux au Liban, ou encore des violences aussi en Cisjordanie, en particulier contre le village de Taybeh, le seul entièrement chrétien du territoire palestinien, régulièrement ciblé, quasiment assiégé puisque ses habitants ne peuvent plus avoir accès aux terres agricoles, ils sont bloqués par les colons. Entretien avec Sophie Bessis, historienne, autrice du livre La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (éditions Les Liens qui Libèrent, mars 2025). À lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis
En Cisjordanie occupée, les Palestiniens ont vécu, comme ailleurs, la guerre contre l'Iran. Passe d'armes à coups de missiles iraniens et de contre-missiles israéliens. Un conflit que les Palestiniens n'ont pas souhaité… Et pour lequel ils n'étaient pas protégés. Dans le même temps, ce duel fusées contre fusées et l'état d'urgence n'ont certainement pas freiné la colonisation israélienne de la Palestine, bien au contraire. « Cisjordanie, sous les missiles, l'occupation », un Grand reportage d'Alice Moreno.
L'armée israélienne continue d'occuper le sud du Liban, de détruire méthodiquement des villages entiers et mène désormais des opérations au-delà même de la zone qu'elle présente comme une zone de sécurité. Dimanche 3 mai encore, malgré le cessez-le-feu, elle a ordonné l'évacuation de onze villages supplémentaires. Cette méthode utilisée à Gaza, de l'aveu du ministre israélien de la Défense, a réduit en ruines quasiment l'ensemble du territoire palestinien. Entretien avec Ziad Majed, professeur à l'université américaine de Paris, auteur de Le Proche-Orient, miroir du monde. Comprendre le basculement en cours (éditions La Découverte). À lire aussiSud du Liban: avec la destruction méthodique des habitations par Israël, une mémoire qui s'efface
Depuis le 7-Octobre, l'ONU a recensé 231 enfants palestiniens de Cisjordanie tués par des soldats ou des colons israéliens. Les conventions internationales prévoient leur protection. Et pourtant, ils sont de plus en plus exposés à la violence israélienne sur ce territoire palestinien. De notre envoyé spécial à Al-Mughayyir, en Cisjordanie, et avec Maral Quttieneh, Devant une des entrées de l'école d'Al-Mughayyir, une tâche marque le bitume. C'est là qu'Aws Al-Naasan a été tué le 21 avril dernier quand trois colons israéliens ont attaqué le village et ouvert le feu sur l'école. Il avait 14 ans. Sa mère vit aux États-Unis. Il lui a fallu plusieurs jours de voyage pour arriver. Elle se rend pour la première fois là où son fils a perdu la vie et s'effondre. Hussein, lui, était avec Aws, son meilleur ami, quand il a été touché. « Le jour des tirs, j'ai été pris de stupéfaction. Il y avait une foule immense et les colons tiraient au hasard sur nous, les habitants et les élèves. J'ai eu peur et je suis parti en courant, témoigne-t-il. Des gens l'ont ramené. J'ai vu que la blessure se trouvait au niveau de la tête : la balle était entrée par derrière et était ressortie par devant. C'était horrible à voir. Je n'ai pas pu le supporter. Je suis resté là, abasourdi. » Hussein porte désormais autour du cou un médaillon en bois avec la photo d'Aws. « Il était comme mon frère. Nous étions toujours ensemble, confie Hussein. Il était toujours affectueux. S'il y avait des tensions avec quelqu'un, il tentait de les apaiser. Je ne connais personne d'aussi bien. » Il y a trois mois, un autre adolescent d'Al-Mughayyir a été tué par l'armée israélienne, à l'intérieur du village, après la prière du vendredi. Ce fut déjà un choc pour la communauté, et notamment pour Aws Al-Naasan, se souvient sa tante : « C'était un ami proche de Mohamed. Et il a dit : "Si Dieu le veut, moi aussi je vais mourir comme lui". » La famille Al-Naasan est marquée par le deuil : un autre habitant du village a été tué dans cette attaque. C'était un oncle d'Aws. Son père, lui, avait été tué en 2019, par des colons déjà. La grand-mère, qui élevait les enfants, vivait donc avec la peur au ventre. « J'avais toujours peur pour lui, où qu'il aille, témoigne-t-elle. Au coucher du soleil, il se rendait au centre du village. Je lui disais de faire attention, qu'il y avait des soldats. Il répétait : "Ne t'inquiète pas pour moi." Mais je l'attendais ici jusqu'à son retour. S'il était dehors, je n'étais pas tranquille. » À lire aussiLes prisonniers palestiniens en Israël subissent de mauvais traitement, pointe une ONG israélienne « Je ne peux plus sortir du village comme avant » Selon les habitants, l'armée israélienne entre quotidiennement dans le village. Et les environs d'Al-Mughayyir sont encore plus dangereux. Youssef a 15 ans. Il est un cousin d'Aws Al-Naasan. « Je ne peux plus sortir du village comme avant », dénonce-t-il. Depuis le 7 octobre 2023, la violence israélienne contre les communautés palestiniennes de Cisjordanie a augmenté. Des communautés bédouines ont été chassées de force par des colons. Des écoles détruites. Les opérations militaires se multiplient. Au point que depuis deux ans, les écoles ont dû mettre en place un plan en cas d'attaque. Bassam Abu Asaf est le directeur de l'école d'Al-Mughayyir. « Les élèves ont bien sûr été formés à la procédure d'évacuation cette année, peut-être deux fois ou plus, explique-t-il. Nous devons respecter ce plan d'urgence. De plus, chacun dans l'équipe de l'école a été chargé d'un point de ce plan. Chacun a ses propres responsabilités et ses propres missions. » Le récit de l'armée israélienne diffère de celui des habitants. Elle évoque une confrontation entre Israéliens et Palestiniens, précise avoir ouvert une enquête. Mais le suspect des tirs, un soldat réserviste, n'a pas été arrêté. Selon une étude du quotidien britannique Guardian, aucun Israélien n'a été jugé pour le meurtre de civils palestiniens en Cisjordanie depuis 2020. À lire aussiCisjordanie occupée: l'accès à l'eau des Palestiniens de plus en plus ciblé par des colons israéliens
Depuis le 7-Octobre, l'ONU a recensé 231 enfants palestiniens de Cisjordanie tués par des soldats ou des colons israéliens. Les conventions internationales prévoient leur protection. Et pourtant, ils sont de plus en plus exposés à la violence israélienne sur ce territoire palestinien. De notre envoyé spécial à Al-Mughayyir, en Cisjordanie, et avec Maral Quttieneh, Devant une des entrées de l'école d'Al-Mughayyir, une tâche marque le bitume. C'est là qu'Aws Al-Naasan a été tué le 21 avril dernier quand trois colons israéliens ont attaqué le village et ouvert le feu sur l'école. Il avait 14 ans. Sa mère vit aux États-Unis. Il lui a fallu plusieurs jours de voyage pour arriver. Elle se rend pour la première fois là où son fils a perdu la vie et s'effondre. Hussein, lui, était avec Aws, son meilleur ami, quand il a été touché. « Le jour des tirs, j'ai été pris de stupéfaction. Il y avait une foule immense et les colons tiraient au hasard sur nous, les habitants et les élèves. J'ai eu peur et je suis parti en courant, témoigne-t-il. Des gens l'ont ramené. J'ai vu que la blessure se trouvait au niveau de la tête : la balle était entrée par derrière et était ressortie par devant. C'était horrible à voir. Je n'ai pas pu le supporter. Je suis resté là, abasourdi. » Hussein porte désormais autour du cou un médaillon en bois avec la photo d'Aws. « Il était comme mon frère. Nous étions toujours ensemble, confie Hussein. Il était toujours affectueux. S'il y avait des tensions avec quelqu'un, il tentait de les apaiser. Je ne connais personne d'aussi bien. » Il y a trois mois, un autre adolescent d'Al-Mughayyir a été tué par l'armée israélienne, à l'intérieur du village, après la prière du vendredi. Ce fut déjà un choc pour la communauté, et notamment pour Aws Al-Naasan, se souvient sa tante : « C'était un ami proche de Mohamed. Et il a dit : "Si Dieu le veut, moi aussi je vais mourir comme lui". » La famille Al-Naasan est marquée par le deuil : un autre habitant du village a été tué dans cette attaque. C'était un oncle d'Aws. Son père, lui, avait été tué en 2019, par des colons déjà. La grand-mère, qui élevait les enfants, vivait donc avec la peur au ventre. « J'avais toujours peur pour lui, où qu'il aille, témoigne-t-elle. Au coucher du soleil, il se rendait au centre du village. Je lui disais de faire attention, qu'il y avait des soldats. Il répétait : "Ne t'inquiète pas pour moi." Mais je l'attendais ici jusqu'à son retour. S'il était dehors, je n'étais pas tranquille. » À lire aussiLes prisonniers palestiniens en Israël subissent de mauvais traitement, pointe une ONG israélienne « Je ne peux plus sortir du village comme avant » Selon les habitants, l'armée israélienne entre quotidiennement dans le village. Et les environs d'Al-Mughayyir sont encore plus dangereux. Youssef a 15 ans. Il est un cousin d'Aws Al-Naasan. « Je ne peux plus sortir du village comme avant », dénonce-t-il. Depuis le 7 octobre 2023, la violence israélienne contre les communautés palestiniennes de Cisjordanie a augmenté. Des communautés bédouines ont été chassées de force par des colons. Des écoles détruites. Les opérations militaires se multiplient. Au point que depuis deux ans, les écoles ont dû mettre en place un plan en cas d'attaque. Bassam Abu Asaf est le directeur de l'école d'Al-Mughayyir. « Les élèves ont bien sûr été formés à la procédure d'évacuation cette année, peut-être deux fois ou plus, explique-t-il. Nous devons respecter ce plan d'urgence. De plus, chacun dans l'équipe de l'école a été chargé d'un point de ce plan. Chacun a ses propres responsabilités et ses propres missions. » Le récit de l'armée israélienne diffère de celui des habitants. Elle évoque une confrontation entre Israéliens et Palestiniens, précise avoir ouvert une enquête. Mais le suspect des tirs, un soldat réserviste, n'a pas été arrêté. Selon une étude du quotidien britannique Guardian, aucun Israélien n'a été jugé pour le meurtre de civils palestiniens en Cisjordanie depuis 2020. À lire aussiCisjordanie occupée: l'accès à l'eau des Palestiniens de plus en plus ciblé par des colons israéliens
Nan Goldin, la grande photographe américaine connue pour ses engagements divers, est en majesté au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière à Paris. This will not end well (« Ça va mal finir ») est le titre de l'exposition qui propose une vue d'ensemble de l'œuvre de la photographe à travers six diaporamas. Ils témoignent des différents engagements de l'artiste pour la communauté queer, les victimes du sida, sa lutte contre les addictions aux opioïdes et aujourd'hui pour la cause palestinienne. À lire aussiL'exposition «Rêves de Venise» à Bordeaux
Nan Goldin, la grande photographe américaine connue pour ses engagements divers, est en majesté au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière à Paris. This will not end well (« Ça va mal finir ») est le titre de l'exposition qui propose une vue d'ensemble de l'œuvre de la photographe à travers six diaporamas. Ils témoignent des différents engagements de l'artiste pour la communauté queer, les victimes du sida, sa lutte contre les addictions aux opioïdes et aujourd'hui pour la cause palestinienne. À lire aussiL'exposition «Rêves de Venise» à Bordeaux
C'est un cessez-le-feu fragile et à l'avenir incertain. Du point de vue du Wall Street Journal, « la volonté de paix entre Israël et le Liban risque de provoquer une nouvelle confrontation avec le Hezbollah ». Le Hezbollah, rappelle le quotidien américain, « groupe terroriste désigné par les États-Unis, qui est en guerre intermittente contre Israël depuis les années 1980 ». « Sans le Hezbollah à la table des négociations, le cessez-le-feu et la possibilité d'un accord de paix israélo-libanais seraient fortement compromis » estime encore le Wall Street journal. De son côté, citant un haut responsable israélien, le Jerusalem Post assure « que les États-Unis entendent désormais mener activement le désarmement du Hezbollah. Ce même haut responsable israélien, assure que « "Trump souhaite que cela se produise, donc cette fois-ci, les États-Unis seront bien plus impliqués" ». Quelle est la position du Hezbollah, face au cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël ? « Il dit qu'il va respecter le cessez-le-feu à condition qu'Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres », explique l'Orient-le Jour, le journal francophone libanais, selon lequel ce cessez-le-feu est tout de même « une première victoire » pour le président libanais Joseph Aoun. Protestations Mais en Israël, ce cessez-le-feu est très mal accueilli par une partie de la classe politique et des habitants du nord d'Israël. C'est le journal Haaretz qui l'annonce : « L'opposition israélienne et des habitants du nord d'Israël rejettent le cessez-le-feu conclu avec le Liban ». Le député Avigdor Lieberman, chef du parti d'opposition Yisraël Beitenu, explique Haaretz, a déclaré qu'un cessez-le-feu au Liban constituait une « trahison des habitants du nord d'Israël » Dans une vidéo publiée sur X, il accuse : « Une fois de plus, on donne au Hezbollah, le temps de se rétablir et de se renforcer (…) Toute guerre, assure-t-il encore, « doit se terminer par l'élimination du Hezbollah ». Impunité des colons Alors que l'attention du monde est captée par le conflit au Moyen Orient, le journal le Monde met l'accent sur la situation en Cisjordanie. « En Cisjordanie, l'impunité absolue des colons auteurs de crimes », titre le quotidien français, qui explique « que depuis 2020, la justice israélienne n'a prononcé aucune condamnation à de la prison ferme contre les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens, alors que le nombre et la gravité des crimes qu'ils commettent ne cessent de croître ». L'envoyée spéciale du Monde a rencontré de nombreux témoins. Comme la mère de Saïd Naasan, électricien, « fauché par le tir d'un colon, tout près de la maison familiale nichée en hauteur du village d'Al-Moughaïr, à l'est de Ramallah, en Cisjordanie occupée ». « Le 23 septembre 2025, raconte-t-elle, les colons sont arrivés et l'un d'eux avait une arme. Mon fils allait avoir 23 ans ». « Le drapeau jaune du Fatah, le parti nationaliste palestinien, a été apposé après coup, comme une marque de respect, au-dessus de l'étroit lit de l'absent », raconte le Monde. Silence de l'armée et de la police Autres meurtres, celui d'Ibrahim Al-Wadi, 62 ans, et Ahmad Al-Wafdi, 25 ans. « Ils ont été abattus par des colons qui passaient en voiture. Mon père a reçu une balle dans le torse, mon frère trois : à la gorge, la poitrine et sur le côté », raconte Mohamed Al Wali, 30 ans. « La nuit précédente, ajoute-t-il, des assaillants avaient attaqué le village, incendié des maisons, tué trois habitants, et un autre avait été tué par l'armée. C'est pour ça que mon père et mon frère étaient là. Ils attendaient le passage de leur convoi funéraire ». Selon le Monde, « au moins 25 palestiniens ont été tués entre 2020 et 2025, par des habitants des implantations juives, hors confrontations armées ». Le quotidien français s'est heurté au silence de l'armée et de la police, quand il a cherché à savoir « quelles suites judiciaires » avaient été données à ces violences meurtrières. Et pour cause, explique le quotidien français : « La dernière condamnation d'un colon pour le meurtre d'un Palestinien en Cisjordanie remonte à 2020 ».
La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s'inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire. Reportage de notre correspondante à Ramallah, Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. » Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam. Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. » Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. » Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. » Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers. À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes
La Journée des prisonniers palestiniens se tient officiellement ce vendredi 17 avril. Tout au long de la semaine qui s'est écoulée, et jusqu'à samedi, des proches de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes manifestent un peu partout en Cisjordanie occupée. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines et s'inquiètent de la loi récemment adoptée par le gouvernement israélien, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens. Si cette loi n'est pas rétroactive et ne concerne pas les prisonniers condamnés dans le passé, les familles, qui n'ont plus de droit de visite depuis le 7 octobre 2023, redoutent tout de même le pire. Reportage de notre correspondante à Ramallah, Ibtissam fait partie des nombreux parents participant à la manifestation. À ses pieds, le portrait d'un visage d'enfant. Son fils, Ismaïl Samer Chouamra, est détenu dans la prison israélienne d'Ofer. « Mon fils de 15 ans est en prison, cela fait maintenant 18 mois, et la situation est très difficile là-bas. On parle d'enfants ! Sans visite, pour les avocats, pour nous, ou le Croissant-Rouge, c'est très dur. » Elle essuie ses larmes. Derrière elle, une banderole affiche un symbole de nœud coulant barré de rouge. Elle est brandie par les manifestants en signe d'opposition à la loi sur la peine de mort par pendaison adoptée par le gouvernement israélien fin mars. Un texte qui vise en premier lieu les Palestiniens. « Chaque jour, l'occupation tue nos jeunes, mais ils voulaient une décision officielle, pour en exécuter davantage », poursuit Ibtissam. Selon le Club des prisonniers palestiniens, 89 détenus sont morts dans les geôles israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Des ONG ont documenté des mauvais traitements, des tortures… Maysoun est la mère d'un prisonnier de 27 ans : « Ce n'est pas compliqué, depuis que la loi sur la peine de mort a été adoptée, je ne peux plus dormir. J'y pense sans arrêt. Je tiens avec du café. J'ai très peur pour mon fils, et n'importe quel prisonnier que je considère comme mon fils, un fils de mon pays. » Une loi sur la peine de mort qui ravive la peur des familles de détenus Elle sait que la loi sur la peine de mort n'est pas rétroactive et que celle-ci ne concerne pas les prisonniers condamnés à la perpétuité dans le passé. Mais Maysoun redoute qu'elle ne soit un feu vert à davantage de violences. Elle espère une réaction venue de l'extérieur : « Les pays arabes et tous les autres ne doivent pas abandonner les prisonniers. Il ne faut pas les laisser tomber. J'appelle les institutions internationales, les organisations de défense des droits de l'homme et la Croix-Rouge. Il faut se saisir de ce dossier. » Des représentants politiques sont venus en soutien des familles. Leila Ghennam est gouverneure de Ramallah et al-Bireh : « On peut juste espérer que la folie de ce gouvernement israélien – celui de Ben Gvir, Smotrich, Netanyahu – pourrait servir la cause palestinienne, parce qu'elle montre au monde entier la brutalité de cette occupation et son attachement à la violence et au meurtre. » Plusieurs ONG et opposants à cette loi sur la peine de mort ont déposé un recours devant la Cour suprême israélienne, dans l'espoir qu'elle invalide le texte. De leur côté, les autorités israéliennes assurent respecter les droits fondamentaux des prisonniers. À lire aussiIsraël : le Parlement adopte une loi décriée instaurant la peine de mort pour les terroristes
Quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées mardi 14 avril dans une frappe israélienne dans le nord de la bande de Gaza, ravagé par deux ans de guerre. Les besoins de la population sont immenses, mais les autorités israéliennes continuent de restreindre systématiquement l'entrée de l'aide humanitaire et des biens de première nécessité. Israël impose un siège très strict au territoire, malgré les appels répétés de la communauté humanitaire internationale à laisser affluer l'aide dans le territoire. L'ONU a annoncé, lundi 13 avril, la réouverture du point de passage de Zikim, que des convois d'aide ont pu franchir pour la première fois depuis le début de l'opération israélo-américaine en Iran. Entretien avec Filipe Ribeiro, chef de mission pour la Palestine à Médecins sans frontières. À lire aussiAu nord de la bande de Gaza, réouverture du point de passage de Zikim
Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident. RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ? Osam : J'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu "imposé". Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher autre chose. Et c'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc. Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ? C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, il y a toujours ces petits oud-jouets. J'ai commencé à m'entraîner dessus comme un jouet et cela a grandi petit à petit. Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ? C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités graves et aigues, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content. Cet EP est un voyage initiatique entre la Terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ? Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à voir cet EP un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter par la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire, de ce voyage. Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ? Déjà humainement on s'entend super bien, et musicalement c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer, en cinq minutes on a enregistré un solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable, j'ai trop kiffé. Osam Mars (Mad Rabbit) 2026 Facebook / Instagram / YouTube
Il nous emmène en voyage entre la Terre et l'espace. Le oudiste franco-palestinien Osam dévoile son nouvel EP intitulé Mars. À la fois au oud électrique, aux machines électroniques mais aussi pour la première fois au chant, Osam déploie une musique cosmique et futuriste inspirée par Björk et Radiohead. Une fusion de rock, de musiques électroniques et de métal menée par un oud qui défie à la fois l'Orient et l'Occident. RFI : Vous êtes issu d'une famille palestinienne. Vous portez forcément en vous cet héritage familial, fait d'exil et de résilience. En quoi cette histoire influence-t-elle votre musique ? Osam : J'ai grandi comme cela, avec cette culture, avec cet instrument traditionnel que je joue, qui m'a été un peu "imposé". Je n'avais pas beaucoup de choix parce qu'on n'apprend pas la musique à l'école là où j'ai grandi. J'ai grandi au Qatar avec ma famille palestinienne d'exil, donc j'étais toujours à la recherche d'une clé pour m'ouvrir une porte, pour m'échapper, aller un peu ailleurs, chercher autre chose. Et c'était le oud, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de choix. Aujourd'hui, le mélange entre ma vie à Paris et mes origines se fait naturellement dans ma musique. Je pense que cela s'entend dans la modernité, la manière dont je joue mon instrument traditionnel oriental, comment j'essaie de le twister, l'emmener vers autre chose, un peu plus électrique, plus moderne, chercher un peu plus loin et un peu plus poussé. Le faire accompagner par d'autres sonorités un peu plus électroniques, parfois rock, métal, etc. Vous dites que vous n'avez pas vraiment choisi le oud. Comment êtes-vous tombé sur cet instrument ? C'est l'instrument que l'on voit tout le temps. J'ai grandi au Qatar, on ne voit que cet instrument. Quand on fait de la musique, on a l'impression qu'il n'y a que cet instrument à faire. Je suis tombé sur cet instrument dans des petites rues, notamment en Jordanie, en vacances avec ma famille, en centre-ville, il y a toujours ces petits oud-jouets. J'ai commencé à m'entraîner dessus comme un jouet et cela a grandi petit à petit. Vous chantez parfois d'une voix assez grave et sombre, mystérieuse. Et parfois vous montez dans quelque chose de beaucoup plus clair, mélodique, touchant. Qui vous inspire vocalement ? Vers quoi tendez-vous ? C'est drôle car je pense à beaucoup d'inspirations. J'écoute beaucoup Björk. Pour les tonalités graves et aigues, je m'inspire pas mal de Woodkid. Il a cette capacité de changer entre graves et aigus en peu de temps. Je ne prétends pas être chanteur, mais je voulais relever ce défi d'essayer d'accompagner mon instrument. Parfois, je sentais qu'il fallait de la voix, parfois je voulais rajouter du texte, etc. Petit à petit, cela s'est fait naturellement. Je ne m'attendais pas à chanter dans mon album et c'est une nouveauté pour moi, mais j'en suis assez content. Cet EP est un voyage initiatique entre la Terre et l'espace. Comment cette idée vous a-t-elle été inspirée ? Je n'avais pas du tout cette image en tête et petit à petit, j'ai commencé à voir cet EP un peu comme une œuvre, comme un film qui se construit au fur et à mesure, comme un court-métrage. Cela vient de ma culture cinématographique. L'EP va se compléter par la suite du projet, qui va raconter la continuité de l'histoire, de ce voyage. Sur le morceau « Space Rider », vous êtes en featuring avec le saxophoniste français Rémi Fox. Pourquoi lui ? Qu'est-ce qui vous a plu dans son univers, que vous avez trouvé compatible avec le vôtre ? Déjà humainement on s'entend super bien, et musicalement c'est quelqu'un de très ouvert à plein d'univers musicaux. Techniquement, il est incroyable. Ce que j'essaye de faire avec le oud, il le fait avec le saxophone, avec ses pédales, la modernité, la recherche de son son. Il est venu chez moi enregistrer, en cinq minutes on a enregistré un solo. C'était le plus beau solo de ma vie. Incroyable, j'ai trop kiffé. Osam Mars (Mad Rabbit) 2026 Facebook / Instagram / YouTube
L'initiative Global Sumud Flotilla a levé l'ancre ce 12 avril du port Vell de Barcelone. Objectif : « briser » le blocus israélien de l'enclave de Gaza. Près de 80 navires en provenance de nombreux pays vont constituer cette flottille. Pour en parler, Patrick Bosch, membre du comité de pilotage de la Global Sumud Flotilla, est l'invité international de la mi-journée de RFI. RFI : Briser le blocus israélien, c'est l'objectif que s'est fixé la Global Sumud Flotilla, une coalition d'une trentaine d'organisations qui a levé l'ancre aujourd'hui de Barcelone pour tenter de rejoindre les côtes de la bande de Gaza, qui est encore régulièrement la cible de bombardements israéliens. À bord de ces navires, de l'aide humanitaire pour les Gazaouis. Patrick Bosch : En effet, je vous parle d'un des bateaux. On vient de lever l'ancre de Barcelone en direction de la bande de Gaza, il y a une vingtaine de minutes. Les conditions météo, on l'a appris il y a peu, ont retardé un peu le départ, mais c'est bon, vous avez pu prendre la mer, vous nous le confirmez ? Officiellement, on a effectivement pris le départ du port de Barcelone. On va maintenant se rendre à un port à proximité, en attendant que le phénomène météorologique passe et que les conditions de la traversée vers la prochaine étape en Italie se réalisent. Vous n'avez pas trop de visibilité encore pour le moment là-dessus ? Non. Normalement, on partira mardi matin, si les conditions météorologiques le permettent, de ce prochain port. Donc, on est parti du premier port pour l'instant. Cette flottille, elle se compose de combien de navires au total ? Au total, nous sommes actuellement autour de 80 navires qui prendront le départ au fur et à mesure des différents ports. De Barcelone, il y en a 40 qui sont partis maintenant, donc ce matin, et les autres vont rejoindre la flottille au fur et à mesure d'Italie, de Turquie et d'autres ports de la Méditerranée. C'est un nombre impressionnant. Il s'agit de la plus grande flottille civile organisée à destination de Gaza ? Oui, c'est ça. Le nombre de bateaux qui participent à cette flottille est plus grand que la somme de tous les bateaux partis durant les 19 dernières années, depuis le début du blocage de la bande de Gaza. Alors, vous l'avez évoqué, il y a des haltes prévues à Syracuse, en Italie, à Lerapetra, en Grèce, avant de prendre le chemin définitivement pour Gaza. D'autres navires doivent vous rejoindre lors de ces haltes, c'est ça ? Exactement. En Italie, il y en a un certain nombre qui vont nous rejoindre. Durant cette halte, on va faire des réunions avec tous les participants pour les informer des progrès de la mission, des prochaines étapes, et on repartira d'Italie. Il y a des personnes qui vont nous rejoindre effectivement de Grèce, et on va faire une halte également en Turquie. Du fait de la guerre en Iran, Gaza est moins évoqué. Mais concrètement, quelle est la situation dans l'enclave, notamment sur le plan humanitaire ? C'est pour ça que vous prenez la mer ? Oui, tout à fait. Nous prenons la mer vu qu'en effet la situation à Gaza n'a pas réellement changé depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Aujourd'hui, les personnes avec qui nous sommes en contact régulier à Gaza nous parlent quotidiennement de bombardements, de meurtres de civils, etc. 200 camions devaient entrer dans le cadre du cessez-le-feu, mais seulement une fraction entre chaque jour, alors que l'ONU elle-même avait estimé que 1 600 seraient nécessaires par jour. Et comment peut-on soulager une population assiégée depuis presque un an et demi maintenant ? Qu'est-ce que vous amenez avec vous ? On imagine de l'aide humanitaire, mais il y a d'autres choses que vous prenez dans les soutes ? Alors nous amenons effectivement de l'aide humanitaire. Maintenant, cette aide ne permettrait pas de substantiellement soulager la population. Ce que nous essayons vraiment, c'est de briser le blocus et de faire en sorte que de l'aide puisse réellement rentrer en masse. Nous amenons également des éco-builders, aussi des capacités de soins, donc via des médecins et autres, pour soulager quelque peu le système médical gazaoui. Donc voilà, on essaie d'avoir une approche plus holistique que simplement briser le blocus. Cette initiative, c'est une initiative civile initiée, on l'a dit, par des ONG. Est-ce que ce n'est pas révélateur finalement de l'incapacité de la communauté internationale à exiger d'Israël la levée de ce blocus ? Oui, tout à fait. C'est ça qui nous réunit en fin de compte. En principe, nos différents gouvernements, qu'ils soient européens ou d'autres pays à travers le monde, ont souscrit à certaines conventions sur la protection des droits humains, par rapport à la protection des civils, les différentes résolutions de l'ONU, etc., exigent également la protection, il y a les actions en cours auprès des tribunaux internationaux. Malheureusement, cela s'avère inefficace. Donc, c'est pour ça que finalement, nous, on réunit des milliers de personnes à travers le monde, elles se sont organisées ensemble pour rendre cette flottille possible. Donc, c'est vraiment un mouvement citoyen. Et d'ailleurs on commence cette semaine une action. Il y a des sites internet qui vont être publiés qui s'appellent Rise Up, qui font appel vraiment à la société civile à travers le monde pour participer à ce mouvement au-delà de la flottille, au-delà d'un convoi terrestre qu'on organise en parallèle, pour vraiment faire des actions dans les pays pour attirer l'attention des autorités sur ce que nous attendons pour protéger les civils à Gaza. Vous êtes près d'un millier, il me semble, à avoir pris la mer, direction Gaza. C'est quoi les risques précis pour les membres d'équipage ? Parce qu'il y a des risques. Il y a bien sûr des risques. On a fait des choses pour diminuer ces risques. Les personnes sont formées d'abord. Certaines n'ont jamais fait de voile, en quelques semaines, on a fait des formations. Côté sécurité aussi. Des formations aussi à la non-violence, qui est l'une de nos valeurs fondamentales, de manière à ce que les gens puissent réagir à des situations compliquées qui risquent de se produire. Alors les risques, oui bien sûr, on peut craindre des attaques comme nous les avons vécues lors de la dernière flottille, au mois d'août notamment. Il y a des drones qui ont lâché des bombes incendiaires. Donc là, il y a effectivement des risques qui peuvent se produire. Ensuite, en cas d'arrivée à Gaza, effectivement, là aussi, on arrive quand même dans un territoire en guerre active, malgré le cessez-le-feu. Donc, là aussi, nous sommes en contact avec des personnes sur place, des autorités sur place pour encadrer cela. Mais il y a un risque, voilà. Malheureusement, dans ce genre de situation, on ne peut pas l'exclure. Et bien sûr, l'arrestation, si elle se produisait, comporte aussi certains risques. Si des personnes se retrouvent en prison israélienne, nous avons à ce niveau-là des juristes côté israélien qui nous soutiennent très bien. À lire aussiFlottille humanitaire pour Gaza: plus de 400 militants arrêtés, des manifestations en Espagne et Italie
Il existe peut-être un rêve palestinien. Un rêve qui consisterait à boire son café le matin à Damas, à prier le midi à Jérusalem, à dîner le soir à Gaza. C'est le rêve décolonial d'Omar Alsoumi, un intellectuel qui publie Enfant de Palestine aux éditions Les liens qui libèrent. Né à Paris, dans les pas militants de son père palestinien et de sa mère yougoslave qui a épousé la cause, Alsoumi dérange. Car en soutenant la cause palestinienne, il dénonce haut et fort la question coloniale qui est au cœur de notre système. La Palestine étant à ses yeux une métaphore de la terre, cet intellectuel paysan fait rimer anticolonialisme et écologie politique. Sur la table d'ESM, quelques carottes, poireaux et navets de sa ferme agroécologique qu'il détient en région parisienne auront leur mot à dire. Soucieux de la terre et du narratif qui en est fait, ce cultivateur de la résistance reste également attentif à la langue arabe apprise en France, attentif à ses premières récoltes comme à ses premières révoltes. Ça se joue à une lettre près. En sachant que pour Omar, tous les chemins mènent à Jérusalem. Programmation de l'invité : • Kery James Le cœur et la raison • Marvin Gaye Inner City blues
Nos reporters au Proche-Orient sont partis à la rencontre de travailleurs palestiniens clandestins qui tentent, coûte que coûte, d'atteindre Israël pour y travailler. Depuis le 7-Octobre, Israël a retiré les permis de travail de près de 120 000 ouvriers.
Le groupe israélien de défense des droits humains Yesh Din a signalé une hausse de la violence des colons, dans le contexte de la guerre en Iran qui a débuté le 28 février. Environ 50 incidents ont été enregistrés au cours des quatre premiers jours du conflit, et cinq Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée. Une violence en toute impunité. Reportage dans un village endeuillé entre Ramallah et Naplouse. De notre envoyée spéciale à Qaryut, village entre Ramallah et Naplouse « La trace de sang que vous voyez là par terre, c'est celle du sang de Muhammad. Il a été atteint par une balle en pleine tête. C'est la première victime », confie Bachar. La première victime d'une attaque meurtrière, le 3 mars, dans le village de Qaryut, en Cisjordanie occupée. Une scène de guerre avec 40 minutes de combats que décrit Bachar, secouriste. Les villageois palestiniens ont tenté de se défendre contre un groupe d'une bonne vingtaine de colons israéliens armés. Les deux frères, Mohamed et Fahim Mouammar, sont morts. Ils étaient âgés de 48 et 52 ans. « Les tireurs venaient de ce verger-là. L'un d'entre eux était un colon qui portait un uniforme militaire », nous indique Bachar. L'identité du tireur et les circonstances de l'incident font l'objet d'une « enquête », a déclaré l'armée israélienne, qui condamne sévèrement les faits. Bachar ramasse des cartouches au sol et nous explique : « Son arme, c'était un fusil d'assaut M16, et ça, la marque rouge sur la cartouche, c'est la marque des balles explosives. » Jamil, le frère des deux victimes, a été touché au pied par une de ces munitions. Il se rappelle de ce jour : « Fahim est mort dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital. La balle a touché l'artère, il s'est vidé de son sang. » L'attaque a eu lieu en pleine journée, à midi. Pour Jamil, les assaillants étaient là pour tuer : « Ils devaient avoir l'intention de tuer puisqu'ils sont venus avec une arme et ils ont tiré directement sur nous. Ce n'était pas juste pour nous faire peur. » Bachar traverse le verger de la famille Mouamar et nous apprend que « cette zone est l'une des plus dangereuses de Qaryut. Toutes les maisons ici sont entourées de grillages pour se protéger, comme une prison. Ici, c'est la colonie de Shilo, et là, la colonie d'Eli ». Le secouriste raconte que, le matin de l'attaque, un des colons équipé d'un bulldozer a voulu tracer une piste pour relier ces colonies illégales au regard du droit international. Les villageois palestiniens sont intervenus pour le chasser. L'homme est revenu avec un groupe ultra-violent pour une opération punitive. Jamil a reconnu un des assaillants. La police et l'armée israéliennes sont arrivées presque une heure après la confrontation. « Le tireur est reconnaissable à 100%. L'armée est venue et a pris ses affaires et ses moutons. Le lendemain, il est revenu s'installer au même endroit », déplore Jamil. L'Autorité palestinienne dénonce « l'escalade majeure du terrorisme des colons à la faveur de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran ».
Ni guerre intense ni paix durable… Gaza vit dans une zone grise permanente, où la violence ne disparaît jamais tout à fait, et où l'espoir d'un véritable apaisement reste suspendu. Quelque 600 Palestiniens ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis l'automne 2025 et l'entrée en vigueur supposée d'un cessez-le-feu, violé presque quotidiennement. Gaza : chroniques d'une offensive longue est le 16e livre en français de Ziad Medoukh. L'écrivain et poète palestinien a rédigé une sorte de journal de bord. Un récit détaillé, quasi quotidien des atrocités vécues par les Palestiniens de Gaza, sous les bombes israéliennes, entre octobre 2023 et septembre 2025.
En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement. Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l'armée israélienne et des opérations d'occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l'armée israélienne à Gaza. Face à ces situations, musulmans et chrétiens s'organisent en solidarité. Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l'École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l'association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.
Depuis la réouverture le 1ᵉʳ février du point de passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, les Palestiniens qui avaient trouvé refuge dans le pays voisin depuis le début de la guerre peuvent envisager un retour chez eux. Au Caire, l'ambassade de l'Autorité palestinienne enregistre les demandes de départ. Mais pour l'instant, les autorisations arrivent au compte-gouttes et la décision de rentrer reste lourde à prendre. De notre correspondant au Caire, Mahmoud Mohsen, 65 ans, visage résigné et djellaba usée, reçoit sur la banquette arrière de la voiture d'un ami, faute de mieux. « Chaque jour je dors dans un endroit différent. En Égypte, on vit comme des mendiants. Aucune organisation ne nous aide, il n'y a pas de travail, il n'y a rien. » Cet ouvrier agricole originaire de Jabaliya, dans le nord de l'enclave, avait été évacué il y a un an pour soigner un cancer du larynx dans un hôpital à deux heures du Caire. Sorti depuis six mois, il désespère de retrouver un jour ses proches. « Je souffre, je souffre, je souffre… Et je veux rentrer chez moi. Ça suffit les déplacements forcés. On a eu 1948, on a eu 1967. Ça suffit. Je veux rentrer même si je n'ai plus rien. Même si je sais que c'est pour aller sous une tente. Car ma maison de quatre étages a été détruite. Comme la ferme que je venais de construire. » À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: rentrer ou rester, le dilemme des réfugiés gazaouis en Égypte « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance » Inscrit dès l'ouverture sur la plateforme de l'ambassade de l'Autorité palestinienne au Caire, il doit prendre son mal en patience. Car les entrées pour l'instant se font au compte-gouttes, quelques dizaines de personnes par jour, jamais plus. Dix jours après la réouverture du point de passage, seules 213 personnes avaient pu regagner l'enclave. Attablée dans un café de la banlieue chic du Caire, Andaleeb Adwan ne se fait pas d'illusion. « Si on doit attendre un ou deux mois, ce sera déjà une bonne chose. Mais je crains que ce soit bien plus long. J'ai le sentiment qu'ils laissent d'abord rentrer les blessés venus se faire soigner, en priorité ceux qui sont à Al Arish. Au Caire, je n'ai entendu parler de personne qui ait pu rentrer pour le moment. » Fondatrice et directrice d'une organisation citoyenne à destination des jeunes gazaouis, elle fait de son retour dans l'enclave un impératif moral. « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance, pour voir comment l'institution fonctionne. Je sais que je ne resterai pas directrice éternellement, mais j'ai besoin d'être rassurée sur sa capacité à continuer car beaucoup de compétences ont été perdues, tuées sous les bombardements ou ont quitté Gaza. » Sur environ 100 000 Gazaouis réfugiés en Égypte, près de 20 000 se sont inscrits pour rentrer. À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: une vingtaine de personnes a pu entrer en Égypte et à Gaza
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'intervention de soldats américains au Nigeria, des nouvelles mesures d'annexion en Cisjordanie et la proposition iranienne de diluer son uranium. Sénégal : jusqu'où ira la colère étudiante ? Lundi (9 février 2026), la tension est montée d'un cran à l'UCAD, Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Alors que les étudiants protestent depuis des semaines pour réclamer le paiement de leurs arriérés de bourse, les forces de l'ordre ont fait irruption sur le campus social. Des affrontements ont alors éclaté entre la police et des étudiants. Le bilan est lourd, un étudiant est décédé et une centaine d'autres ont été blessés. Que sait-on des circonstances de sa mort ? Comment les autorités justifient-elles le retard dans le versement des bourses ? Quelles mesures propose le gouvernement pour calmer cette crise ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente à Dakar. Nigeria : l'arrivée de militaires américains permettra-t-elle de stopper l'avancée des jihadistes ? Le président Bola Tinubu a ordonné le déploiement de l'armée dans le district de Kaiama, au centre-ouest du pays, après une attaque de présumés jihadistes qui a a fait au moins 162 morts. Alors que l'armée nigériane fait partie des meilleures d'Afrique, comment expliquer l'absence de militaires dans les zones où la présence de Boko Haram est avérée ? Le renforcement de la coopération militaire avec les États-Unis, avec l'arrivée prochaine de 200 militaires, permettra-t-il de contrer la menace terroriste ? Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI. Israël : vers une annexion totale de la Cisjordanie ? Sous l'impulsion de la droite conservatrice, Israël a validé une série de mesures administratives et juridiques lui permettant d'accentuer son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Le président de l'Autorité Palestinienne, l'Union européenne, l'ONU et les pays arabes ont déjà condamné cette décision. Quelles peuvent être les conséquences sur le déroulé de la deuxième phase du plan de paix de Donald Trump ? Quelle sera la réaction du président américain ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. Iran : la dilution de l'uranium permettra-t-elle de lever les sanctions ? Après des semaines de tensions avec les États-Unis et alors que des négociations sont en cours notamment sur le nucléaire, l'Iran propose de diluer une partie de son uranium enrichi en échange de la levée total des sanctions. « Diluer l'uranium », que faut-il comprendre ? Cette annonce peut-elle satisfaire Donald Trump ? Est-il réaliste d'imaginer une levée des sanctions contre Téhéran ? Avec Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en sciences et technologies nucléaires au Cnam.
« Voix de Gaza », une soirée musicale et poétique, s'est tenue vendredi soir 6 février à l'Institut du monde arabe pour célébrer la fin de résidence d'artistes gazaouis bénéficiaires du programme Pause. Ce programme lancé par le Collège de France en 2017 a pour but de soutenir des artistes et chercheurs issus de zones en danger et d'être accueillis en France. Depuis l'attaque israélienne à Gaza, nombreux sont les artistes de cette enclave à avoir souscrit à ce programme. La soirée a réuni le groupe musical Radio Gaza entre pop, rock, rap et chansons traditionnelles ainsi que des poètes. Abu Joury fait du rap depuis 2001. Il a souscrit au programme Pause et bénéficie d'une résidence à Angers depuis un an avec sa famille. Il y retrouve d'autres musiciens palestiniens bénéficiaires du même programme. Ils fondent ensemble le groupe musical Radio Gaza, dont Abu Joury écrit les textes. « Le rap que j'écris, c'est mon histoire, celle de ma société. J'écris sur la politique qui interfère tellement dans nos vies. Sur les difficultés qu'on traverse au quotidien à Gaza. Aujourd'hui, je parle aussi de l'exil. Je n'aurais jamais cru que j'écrirais un jour là-dessus. Sur ma mère, restée à Gaza, et combien elle me manque. Sur ma maison où j'ai pu juste vivre deux ans avec ma femme avant de devoir partir. Mais y a-t-il des mots assez forts pour exprimer ce que je ressens ? Telle est la question. » Radio Gaza, c'est « un peu la fusion de tous ces styles » avec des instruments À Angers, c'est l'association Al Kamandjati basée aussi à Jérusalem qui accueille les artistes palestiniens. « Radio Gaza, c'est un collectif de ces musiciens qui sont arrivés en France en janvier 2025 et qui, petit à petit, comme ils avaient déjà joué ensemble, certains dans un groupe de rock, un des premiers groupes de rock de Gaza qui s'appelait Water Band. Il y avait aussi Abu Joury, le rappeur, et puis d'autres qui enseignaient la musique au Conservatoire de Gaza, donc musique traditionnelle... Ils se sont retrouvés tous ensemble ici et ils se sont dit : "On ne va pas faire du pur pop rock arabe. On ne va pas faire que du rap en arabe. On ne va pas faire que de la musique traditionnelle". Donc, c'est un peu la fusion de tous ces styles avec guitare, basse, batterie, saz, oud et des chants », explique Yacine Laghrour, coordinateur de l'orchestre. Une véritable renaissance pour les artistes palestiniens grâce au programme Pause et pourtant celui-ci a été suspendu par le Collège de France depuis le mois de janvier pour les artistes de Gaza. Les raisons officielles invoquées étant la difficulté de sortir de l'enclave. Une raison qui ne convainc pas les nombreuses institutions culturelles en France mobilisées pour accueillir les artistes palestiniens.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les frappes israéliennes à Gaza, la régularisation de sans-papiers en Espagne et l'appel à un accord entre Washington et Téhéran. Mali : pourquoi les sanctions de 2022 étaient illégales ? Fermetures des frontières, gel des avoirs, suspension des échanges commerciaux. Entre janvier et juillet 2022, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) avait mis en œuvre un paquet de sanctions contre le Mali pour contraindre les autorités de transition à restaurer l'ordre constitutionnel. Quatre ans après les faits, la Cour de justice de l'Uemoa a donné raison à Bamako en reconnaissant l'illégalité de ces sanctions. Comment les juges justifient-ils ce verdict ? Désormais, les Maliens peuvent-ils espérer des réparations face au préjudice subit ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. Gaza : pourquoi les frappes israéliennes continuent malgré la trêve ? Au moins 32 personnes sont mortes samedi (31 janvier 2026) dans des frappes israéliennes. Ce qui porte à 526 le nombre de Palestiniens tués et à 1 400 le nombre de blessés depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, selon le ministère de la Santé de Gaza. Comment expliquer la poursuite des bombardements malgré la trêve ? Conformément à la deuxième phase du plan de paix de Donald Trump, le poste-frontière de Rafah, fermé depuis près de deux ans, a rouvert mais les allées et venues sont très limitées. Quelles sont les conditions fixées par Israël pour passer la frontière avec l'Égypte ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. Espagne : pourquoi régulariser 500 000 sans-papiers maintenant ? Il s'agit de la vague de régularisation la plus importante de ces vingt dernières en Espagne. Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a décidé de délivrer un permis de séjour à près de 500 000 personnes vivant et travaillant sans papiers. Comment expliquer cette décision à contre-courant de la politique migratoire des autres pays européens ? Quels sont les arguments avancés par les autorités ? Qui pourra bénéficier de ces régularisations ? Avec Charlotte Boitiaux, journaliste à Infomigrants. Iran : vers un accord avec les États-Unis ? Alors que la menace d'une attaque américaine pèse sur l'Iran depuis plusieurs semaines, Donald Trump espère dorénavant trouver un accord avec Téhéran. De son côté, le président iranien, Massoud Pezechkian a « ordonné » l'ouverture de pourparlers avec les États-Unis. Des discussions directes entre les deux pays sont susceptibles de se tenir ce vendredi (6 février 2026) en Turquie. Sur quels sujets porteront les négociations ? Quels sont les points les plus sensibles ? Avec Firouzeh Nahavandi, professeure émérite à l'Université libre de Bruxelles, autrice de « Femmes iraniennes, évolution ou révolution, comment survivre sous un régime islamique » (éditions Code 9).
À compter de ce samedi 1er février, l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, va être contrainte de réduire de 20% ses opérations dans la région, faute de dons suffisants. Le Liban en est l'illustration. Dans les douze camps de réfugiés que compte le pays, les Palestiniens dépendent de l'agence onusienne pour l'éducation, la santé et la gestion des infrastructures. Ces coupes budgétaires mettent en péril encore un peu plus l'avenir de ces réfugiés, dont les ancêtres ont dû fuir leurs terres au moment de la création d'Israël en 1948. De notre correspondante de retour de Chatila, Dans les ruelles étroites du camp de Chatila, un chaos de fils électriques ne laisse passer que quelques rayons de soleil. Noha et Kaouthar viennent de récupérer leurs enfants de l'école Ramallah de l'Unrwa, dont les coupes budgétaires sont sur toutes les lèvres. Noha Mouhaisin, une mère de famille de 44 ans, est habitante de Chatila. Elle a cinq enfants. « Je devais faire une opération nécessaire et urgente, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas la prendre en charge. Si je n'avais pas trouvé des gens pour m'aider, j'y serais passée honnêtement, car c'était sérieux. Et les étudiants, c'est la même chose : nos enfants risquent de perdre leur éducation. Nous, on veut qu'ils soient éduqués. Jusqu'où va-t-on tomber ? », se demande-t-elle. Cette autre habitante de Chatila, âgée de 45 ans, explique sa situation. « Mon fils a un handicap et je recevais une aide de 50 dollars tous les trois mois, et même ça, ils nous l'ont enlevée. Ça nous aidait vraiment », souligne Kaouthar el Hayek, mère de quatre enfants et couturière de formation. « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa » Au Liban, les réfugiés palestiniens sont privés de nombreux droit,s comme l'exercice de métiers qualifiés ou l'accès à la propriété et aux services publics. À cause de ces restrictions, 80% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. L'Unrwa est leur seul filet de sécurité. Mais, l'agence doit réduire de 20% ses opérations et ses salaires. Dorothée Klaus, directrice de l'UNRWA au Liban, s'alarme de ces conséquences : « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa sur son budget global et nous n'avons pas reçu d'indication selon laquelle il pourrait y avoir des solutions pour combler ce déséquilibre budgétaire. Ici, au Liban, il n'y a absolument pas d'alternative à l'Unrwa. Les réfugiés dépendent de nous. Sans nous, il n'y aurait plus d'éducation pour 70% des enfants palestiniens qui vont dans nos écoles, plus de soins pour les 200 000 patients qui dépendent de nos hôpitaux et centres de santé primaire. » À lire aussiL'ONU dévoile son plan de réforme et de réduction budgétaire, avec des conséquences pour ses membres « En finir avec l'Unrwa, c'est en finir avec le dossier des réfugiés » Au-delà de l'humanitaire, l'Unrwa revêt une importance politique pour les Palestiniens, synonyme de droit au retour. Car de génération en génération, l'agence leur délivre une carte de réfugiés. Un symbole que cherche à détruire le gouvernement de Benyamin Netanyahu, fort de représentants de l'extrême droite israélienne. Khaled Abou Nour, membre du comité populaire affilié à l'Organisation de libération de la Palestine à Chatila, réagit : « Bien sûr, les Israéliens se disent que tant que l'Unrwa existera, il y aura des réfugiés palestiniens. En finir avec l'UNRWA, c'est en finir avec le dossier des réfugiés, et c'est ce qui se passe en Palestine, en particulier à Jérusalem, où le siège de l'Unrwa a été détruit. Et à Gaza, où ils empêchent l'Unrwa de faire entrer de l'aide. Tout ça est une manière pour eux d'essayer d'en finir avec la question des réfugiés palestiniens, et d'en faire des citoyens lambda que l'on peut expulser n'importe où dans le monde. » Face à l'urgence, l'Unrwa en appelle au soutien des pays donateurs. À lire aussiDestruction des bâtiments de l'Unrwa à Jérusalem: «Israël piétine les règles les plus élémentaires du droit international»
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur TikTok sous contrôle américain, l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs en France et des menaces douanières américaines contre le Canada. Gaza : quelle suite après le rapatriement du dernier otage israélien ? Plus de deux ans après l'attaque du 7-Octobre, la dépouille de Rane Gvili a été rapatriée lundi (26 janvier 2026) en Israël et enterrée ce mercredi (28 janvier). Il était le dernier des 251 otages enlevés par le Hamas. Le retour de tous les otages était une condition fixée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour le lancement de la 2è phase du plan de paix de Donald Trump. Quid, désormais, de la réouverture des frontières de Gaza ? À quand le déploiement de la force internationale de stabilisation prévue dans le plan de paix ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. TikTok : un nouveau réseau social « made in USA » ? Sous la pression de Washington et afin d'éviter son interdiction aux États-Unis, TikTok a cédé la filiale américaine de sa plateforme à un consortium d'investisseurs majoritairement américains. Pourquoi le réseau social chinois a dû passer sous contrôle américain ? Quel impact pour les 200 millions utilisateurs aux États-Unis ? Quelles en sont les conséquences pour Tiktok, côté chinois ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. France : et si les moins de 15 ans vivaient sans réseaux sociaux ? Les députés français ont voté l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette mesure soutenue par le gouvernement d'Emmanuel Macron vise à protéger les adolescents des risques de cyberharcèlement et des contenus violents. Qu'est-il prévu pour contrôler l'âge des utilisateurs ? Avec Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie, spécialiste de l'économie de la régulation numérique à l'INSEEC. Canada : prochaine cible des sanctions économiques américaines ? Après les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane à 100% si le Canada concluait un accord commercial avec la Chine, Ottawa a répliqué en affirmant qu'aucun accord de libre-échange n'avait été négocié avec Pékin. Du coup, comment expliquer les menaces du président américain ? Les Canadiens ont-ils les moyens de résister aux pressions de la Maison Blanche ? Avec Grégory Vanel, expert de la politique économique internationale des États-Unis et professeur à Grenoble École de Management.
Poésie et géopolitique, deux frères ennemis réunis dans notre chaudron ESM. Alors que 37 ONG ont perdu début janvier 2026 leur accréditation, menacées par Israël d'une interdiction totale de leurs opérations humanitaires en Palestine, au même moment me reviennent les mots du poète Mahmoud Darwich. Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement. Pour l'instant, le Palestinien tente de survivre, la Terre sainte saigne toujours et pas seulement parce qu'elle est sainte. Une voix sur les réseaux sociaux saigne elle aussi, une voix aimant à tisser des mots dans le cœur de Paname : celle de Muzna Shihabi, ex-conseillère de l'OLP entre 2007 & 2011, et qui a plusieurs noms de villes dans sa musette d'enfant de réfugiés palestiniens. Programmation de l'invitée : • Fairuz Zahret El mada'en • Cairokee Tilka Qadiya.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'interdiction de 37 ONG à Gaza et la saisie d'un pétrolier russe par les Américains. Mali : l'approvisionnement en carburant s'est-il vraiment amélioré ? Au Mali, si Bamako voit son approvisionnement en carburant se stabiliser, les régions restent toujours sous pression en raison du blocus imposé depuis septembre dernier par les jihadistes du JNIM, lié à Al-Qaïda. Comment la junte a-t-elle réussi à stabiliser les livraisons de carburant en provenance du Sénégal et de Côte d'Ivoire ? Malgré cette amélioration dans la capitale, le JNIM a-t-il les moyens d'imposer de nouvelles pénuries massives les prochaines semaines ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. Gaza : pourquoi Israël a-t-il interdit l'accès à 37 ONG humanitaires ? Israël a mis sa menace à exécution. Depuis le 1er janvier, 37 organisations non gouvernementales internationales n'ont plus accès à la bande de Gaza. Le gouvernement de Benyamin Netanyahu leur reproche un manque de transparence. De quoi s'agit-il ? Qui prendra le relais sur le terrain si les ONG se retirent ? Quelles conséquences humanitaires peut avoir cette décision ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. États‑Unis : le bras-de-fer Trump-Poutine se joue également en pleine mer Les garde-côtes américains ont saisi un pétrolier battant pavillon russe au large de l'Islande, marquant un nouveau tournant dans leurs tensions entre Washington et Moscou. Que sait-on de ce navire ? Comment les États-Unis justifient-ils cette opération ? Quelles peuvent-être les conséquences dans la relation Trump-Poutine ? Avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur-associé chez Euro Créative.
En Palestine, malgré les attaques de colons à répétition, le grignotage des terres, les raids quotidiens de l'armée israélienne et Gaza dans toutes les têtes, l'espoir vient peut-être de la musique qui permet de s'évader du quotidien au fil des notes. Tel est quoi qu'il en soit l'objectif de la chorale Amwaj, un chœur d'enfants palestiniens venus de Bethléem et d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Les 60 enfants qui le composent pratiquent la musique six heures par semaine avec des musiciens qui viennent du monde entier et participent à des masterclass. L'une d'elles a notamment été animée par une jeune cheffe d'orchestre palestinienne qui vit désormais en France venue transmettre bien plus que des techniques vocales : une confiance, une discipline, et l'idée que la musique peut encore faire rêver. De notre envoyée spéciale à Bethléem, Dans une vaste salle de béton, une chorale d'une soixantaine d'enfants venus d'Hébron et de Bethléem s'échauffe la voix en attendant l'arrivée du public. Devant eux, une rangée de musiciens : cinq violons, un violoncelle, une flûte traversière. Tous attendent une jeune violoniste et cheffe d'orchestre professionnelle, Lamar Elias, originaire de Bethléem. Mathilde Vittu a créé et cofondé le chœur Amwaj de Palestine. C'est elle qui a pensé à cette co-création : « On connaît bien Lamar Elias. Mon mari lui a enseigné le violon quand elle était enfant. Elle a grandi, elle a voulu devenir cheffe d'orchestre. Elle est partie en France réaliser son rêve et, peu à peu, elle a fait carrière. Elle a été sélectionnée pour le concours de la Maestra qui va se passer bientôt à la Philharmonie de Paris. Quand est né le chœur Amwaj, il y a dix ans, elle a été à nos côtés pour nous soutenir dans ce projet. Récemment, j'ai proposé à Lamar d'enseigner la direction à mes jeunes ». Car dans la chorale, plusieurs d'entre eux se forment pour devenir des chefs de chœur. « Avoir la transmission d'une jeune cheffe brillante qui fait déjà carrière comme Lamar Elias dans leur propre langue, en arabe, c'était une manière, pour moi, de montrer qu'on a plein de jeunes chefs en Palestine qui ne demandent qu'à être formés », explique-t-elle. La masterclass aborde tous les registres : baroque, classique, ou chansons arabes. Tous les enfants et les adolescents de la chorale Amwaj défilent un à un au pupitre. Tous veulent s'essayer à la direction. « Aujourd'hui, on répétait avec la chorale. On apprenait à se placer pour faire un orchestre, comment chanter en groupe. Quand j'ai pris la place de la cheffe, franchement, j'ai senti que la chorale était dans ma main. Je veux apprendre à faire ça quand je serai plus grande, parce que c'est quelque chose de très beau », raconte Naïf Hijazi, 11 ans, qui vient d'Hébron. En Palestine, les chefs d'orchestre sont rares. Par manque d'orchestre d'abord, alors qu'il y a un véritable besoin car des ensembles se créent et les musiciens ne manquent pas. Mais peu de chefs sont formés. Il n'y a pas de véritable cursus de direction. Lamar Elias le précise : cette masterclass était inimaginable à ses débuts dans la musique. « Je n'aurais jamais dit qu'on pouvait avoir un chœur qui chante à quatre voix à Bethléem. Ce n'est pas un manque de culture, c'est juste que ce n'est pas la même éducation. On n'a pas accès à ces moyens. On a des super musiciens mais qui ne peuvent pas vivre ici. Je suis très émue de voir cela et de former des chefs de chœur, quelle chance », se réjouit-elle avec émotion. « Ce que l'on fait, c'est dire : "Oui, il y a un futur. Il y a des jeunes Palestiniens, des musiciens, des chœurs. Il y a des gens qui jouent, qui dirigent. C'est vers ce futur que nous avons envie d'aller ensemble », abonde Mathilde Vittu. À lire aussiCisjordanie: face aux attaques de colons, les Palestiniens forcés de quitter Mu'arrajat
La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). (Rediffusion) Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.» «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS]. Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon. Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.
La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). (Rediffusion) Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.» «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS]. Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon. Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.
Avant le Covid-19 et la guerre à Gaza, Bethléem accueillait deux millions de pèlerins chaque année. C'est la ville où la tradition chrétienne situe la naissance de Jésus-Christ. Pour la première fois depuis le 7-Octobre, la municipalité a prévu un timide retour à la normale pour les festivités de Noël. Au programme, il y a la messe de minuit et le marché de Noël dans ce territoire occupé par Israël. Le cessez-le-feu à Gaza redonne un peu d'espoir aux habitants qui attendent que les touristes reviennent. De notre envoyée spéciale à Bethléem, La fanfare des scouts palestiniens accompagne l'illumination du sapin géant sur la Place de la Mangeoire, devant la Basilique de la nativité. La saison de Noël est lancée à Bethléem, où les dernières années ont été difficiles. La pandémie du Covid-19, les massacres du 7-Octobre et la guerre à Gaza ont coupé net l'afflux des touristes. On observe désormais un timide retour. « On m'a dit que cet évènement n'avait pas pu avoir lieu ces deux dernières années à cause de la guerre. Personne ne pouvait venir ici. C'est émouvant, la guerre n'est pas terminée, mais on ressent un peu d'espoir en étant ici », affirme Liu, une touriste chinoise de passage. Pour atteindre Bethléem en Cisjordanie occupée, Jawal, Palestinien de Jérusalem, a dû patienter aux points de contrôle avec sa famille. Sa femme est chrétienne et il tenait absolument à être présent. « C'est tellement important de revenir à une vie normale après deux années de guerre. Cela envoie le message que les choses vont aller mieux, ça nous rend optimistes », confie-t-il. « Bethléem, c'est une ville de tourisme » Ces deux dernières années, la municipalité de Bethléem avait annulé les festivités par solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Mais aujourd'hui, le marché de Noël est de retour dans une ville où 80 % de la population se déclare de confession musulmane. Comme Sahida, tout sourire : « Bethléem était comme endormie depuis deux ans avec la guerre à Gaza et là, c'est très important. On aime Bethléem, nous sommes Palestiniens et c'est la ville de nos racines. C'est une ville importante pour les trois religions : les musulmans, les chrétiens et les juifs. Bethléem, c'est une ville de tourisme, mais c'est important pour les gens, pas seulement pour l'économie ». Pourtant, le taux de chômage a explosé jusqu'à 60 % de la population. Avant, Hazim travaillait dans une agence de voyage qui a fermé. Désormais, le jeune homme aide un peu dans l'épicerie de son grand-père, près de la vieille ville. Il est très ému de témoigner : « Regardez-moi bien. Je suis jeune et j'ai l'air d'avoir 50 ans. Je suis vraiment fatigué de cette situation. Il faut que j'en parle sinon je vais exploser. Nous n'avons pas la possibilité de vivre notre vie normalement. Nous souffrons beaucoup, la situation est mauvaise, c'est pourquoi nous espérons que les touristes vont revenir. » Hazim ravale ses larmes. Ce chrétien orthodoxe célèbrera Noël début janvier. À lire aussiÀ Bethléem, le plus ancien orgue de la chrétienté résonne à nouveau
En première partie : la Cisjordanie occupée. L'onde de choc de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et l'anéantissement de la Bande de Gaza qui a suivi, n'en finit pas de secouer la Cisjordanie, les colons se sentent pousser des ailes... avec notre reporter Lucas Lazo. En seconde partie : le monde automobile sud-africain, il est frappé de plein fouet par les taxes à l'exportation décidées par Donald Trump. Alexis Bédu est allé chez Mercedes à East London. Cisjordanie occupée, les oliviers de la colère L'homme que vous entendez s'appelle Bassem, Palestinien, de Cisjordanie occupée… Mi-octobre 2025, lui et sa famille ont été agressés par des colons israéliens alors qu'ils se rendaient sur leur parcelle de terre, pour récolter leurs olives. Violentes agressions, incendies, tir à l'arme automatique, arrachage d'oliviers, cette année la récolte des olives a été exceptionnellement violente. En toile de fond : l'anéantissement de la Bande de Gaza consécutif à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, et les appels en Israël à l'annexion de la Cisjordanie / Judée et Samarie disent notamment les colons. Les oliviers, même s'ils comptent pour une part non négligeable de l'économie de Cisjordanie sont avant tout un symbole, celui de la lutte contre l'occupation israélienne. Un Grand reportage de Lucas Lazo qui s'entretient avec Jacques Allix. East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l'Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu'il prétend victimes d'un « génocide ». Un Grand reportage d'Alexis Bédu qui s'entretient avec Jacques Allix.
Il y a deux semaines, l'armée israélienne a lancé une opération majeure dans le nord de la Cisjordanie occupée contre les groupes armés palestiniens. Notre correspondante s'est rendue dans la région de Tubas lorsque le bouclage de la zone a été levé. Un studio sens dessus dessous, du mobilier cassé, des bris de verres au sol, et à la place de la fenêtre un trou béant, le mur a été dynamité. Nous sommes au troisième étage de la maison de la famille Abadi. Visage tuméfié, Mahmoud, 75 ans, raconte l'intervention de l'armée israélienne à son domicile fin novembre, une opération antiterroriste disent les Israéliens, les soldats cherchaient des armes. « J'ai dit " que se passe-t-il ", il a commencé à me frapper, il m'a dit de lever les mains, j'ai levé les mains. Et il a dit " où sont les armes ". Alors, j'ai dit moi, je ne suis qu'un civil, je n'ai pas d'armes, je ne connais rien aux armes. » Mahmoud Abadi a été interrogé pendant 2 heures, puis les militaires ont fait exploser le studio de son fils. Le fil détonateur pend encore sur la commode. Le vieil homme l'assure, il n'a aucune activité politique ou militaire : « Je ne suis ni du Fatah ni du Hamas. Je le jure, je ne suis pas du Hamas et j'ai dit au soldat : tu sais pourquoi ? parce que c'est le Hamas qui t'a amené ici après le 7-Octobre. Je ne suis ni du Hamas ni du Fatah. » Omar Abu el Hassan, le responsable de la communauté d'al Faara raconte comment s'est déroulé l'opération : « Vers 3 heures du matin environ, ils ont envahi le camp de réfugiés et ils sont partis vers 21 heures. Ils ont bloqué les rues. Ils ont occupé certaines maisons dans ces cas-là, ils les transforment en casernes militaires. Personne ne peut ni sortir ni entrer du camp, et ils ont commencé à fouiller les maisons, à vandaliser, à casser des choses. Les communications étaient coupées. » Sur la totalité de la région de Tubas, l'opération a duré six jours. Le gouverneur Ahmad Asaad fait le bilan du raid israélien : « C'est une opération militaire dans tous les sens du terme. Des hélicoptères Apache ont bombardé des maisons avec des mitrailleuses lourdes. On parle d'environ mille soldats, trois brigades de l'armée étaient présentes dans le gouvernorat de Tubas. » Au cours de l'opération, 200 personnes ont été arrêtées, douze sont restées détenues par l'armée israélienne.
L'homme que vous entendez s'appelle Bassem, Palestinien, de Cisjordanie occupée… Mi-octobre 2025, lui et sa famille ont été agressés par des colons israéliens alors qu'ils se rendaient sur leur parcelle de terre, pour récolter leurs olives… Violentes agressions, incendies, tir à l'arme automatique, arrachage d'oliviers, cette année la récolte des olives a été exceptionnellement violente. En toile de fond : l'anéantissement de la Bande de Gaza consécutif à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, et les appels en Israël à l'annexion de la Cisjordanie / Judée et Samarie disent notamment les colons. Les oliviers, même s'ils comptent pour une part non négligeable de l'économie de Cisjordanie sont avant tout un symbole, celui de la lutte contre l'occupation israélienne. «Cisjordanie occupée, les oliviers de la colère», un Grand Reportage de Lucas Lazo…Nous voici avec Bassem à Beita…
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des contradictions sur un accord entre Israël et l'Égypte et l'ingérence américaines dans la présidentielle hondurienne. Nigeria : quelles sont les vraies raisons de la démission du ministre de la Défense ? Au Nigeria, le ministre de la Défense Mohammed Badaru Abubakar a démissionné de son poste invoquant des raisons de santé. Ne s'agit-il pas d'un prétexte alors que le pays est confronté à une recrudescence des kidnappings de masse ? Pourquoi le président Tinubu a-t-il décidé de le remplacer par le général Christopher Musa, ancien chef d'état-major des armées limogé, il y a deux mois, pour des rumeurs de tentative de coup d'État ? Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI. Gaza : pourquoi Israël a-t-il annoncé que les habitants pourraient quitter le territoire par l'Égypte ? Alors qu'Israël avait annoncé la sortie prochaine des Gazaouis par le point de passage de Rafah, situé entre l'enclave palestinienne et l'Égypte, Le Caire a immédiatement démenti avoir accepté un tel compromis. Comment expliquer ces contradictions ? Quelle était la stratégie des autorités israéliennes en annonçant l'ouverture de ce poste-frontière sachant que l'Égypte allait démentir ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. Honduras : pourquoi Trump libère un ancien président narcotrafiquant ? Condamné à 45 ans de prison par la justice américaine pour avoir importé aux États-Unis des centaines de tonnes de cocaïne, l'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández a bénéficié d'une grâce de Donald Trump. Comment expliquer cette décision ? Alors que le Honduras est en pleine période électorale, quelles peuvent être les conséquences politiques de cette libération ? Avec Daniel Vasquez, doctorant au CNRS, affilié au Centre d'Études Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA) et spécialiste du Honduras. Et en fin d'émission, la chronique «Un oeil sur les réseaux de Jessica Taieb». Au programme, le témoignage TikTok d'un mannequin guinéen qui rencontre des difficultés à voyager à cause de son passeport.
Nous commençons par une plongée au coeur de la Cisjordanie, la Cisjordanie occupée et menacée d'annexion pure et simple par Israël alors que vient d'être célébrée la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien des Nations unies. Nicolas Rocca a passé 2 jours sur place. En seconde partie d'émission, nous partirons pour l'Afrique du Sud, dans l'un de ces secteurs de non droit sous la coupe des gangs. Valentin Hugues a ainsi séjourné dans la banlieue du Cap. À Hébron, la colonisation rue par rue Dans 2 jours, sera célébrée comme chaque année la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, instaurée par l'ONU. Les Nations unies qui approuvaient, il y a 78 ans, le plan de partage de la Palestine. La résolution 181. 78 ans… et quel partage ? Après plus de deux ans de guerre à Gaza, et une intensification sans précédent par Israël de la colonisation de la Cisjordanie occupée, ce plan n'a plus aucune réalité sur le terrain. Menace d'annexion, légalisation dans le droit israélien de colonies tout à fait illégales, selon le droit international, attaques lancées par les colons, hausse sans précédent de construction, d'avant-postes, destruction de villages palestiniens : Israël avance sur tous les fronts. Ce projet politique, qui achève tout espoir d'une solution à deux Etats, s'exprime avec toute sa violence, dans la plus grande métropole de Cisjordanie : Hébron. Nous y avons passé deux jours entre colons israéliens et habitants palestiniens. Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Jacques Allix. Dans la banlieue du Cap, une vie au milieu des gangs Afrique du Sud. Banlieue du Cap. Dans l'extrême Sud. La violence des gangs y a fait près de 500 morts en 6 mois. Un bilan glaçant qui illustre une violence de plus en plus débridée. À l'instar des situations de chaos dans des quartiers du Soudan du Sud, des villes mexicaines ou de Haïti. Les gangs y font la loi. En Afrique du Sud, le président Ramaphosa dit vouloir «s'attaquer» à ces zones de guerre. Mais les trop rares policiers bien armés sont souvent dépassés le soir, moment de tous les dangers. Notre correspondant a passé trois jours dans ces zones dangereuses, pour comprendre les guerres de territoires, les affrontements meurtriers, et la peur des habitants. Un Grand reportage de Valentin Hugues qui s'entretient avec Jacques Allix.
Le 29 novembre est célébrée comme chaque année la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, instaurée par l'ONU. Les Nations unies qui approuvaient, il y a 78 ans, le plan de partage de la Palestine. La résolution 181. 78 ans… et quel partage ? Après plus de deux ans de guerre à Gaza, et une intensification sans précédent par Israël de la colonisation de la Cisjordanie occupée, ce plan n'a plus aucune réalité sur le terrain. Menace d'annexion, légalisation dans le droit israélien de colonies tout à fait illégales, selon le droit international, attaques lancées par les colons, hausse sans précédent de construction, d'avant-postes, destruction de villages palestiniens : Israël avance sur tous les fronts. Ce projet politique, qui achève tout espoir d'une solution à deux Etats, s'exprime avec toute sa violence, dans la plus grande métropole de Cisjordanie : Hébron. Nous y avons passé deux jours entre colons israéliens et habitants palestiniens. «À Hébron, la colonisation rue par rue», un Grand reportage de Nicolas Rocca.
En Cisjordanie occupée, les enfants sont sur-représentés parmi les victimes de l'occupation militaire israélienne. Cinquante mineurs palestiniens ont été tués depuis le début de l'année 2025, la plupart par l'armée. Plus de 2 000 enfants et adolescents ont été arrêtés depuis les attaques du 7-Octobre, pour des séjours plus ou moins prolongés dans les prisons israéliennes, où ils subiraient des sévices dénoncés par les principales ONG de défense des droits humains. RFI est allé à la rencontre de Bassam : il a 17 ans et a été libéré dimanche 23 novembre, après six mois de détention dans la prison israélienne d'Ofer. De notre correspondant à Ramallah, Sous le regard de sa mère, Bassam soulève son t-shirt sous lequel les marques, sur son corps amaigri, racontent la prison israélienne. « J'ai encore les traces des coups, les marques des menottes. Pendant trois mois, je ne pouvais pas sentir mes mains. C'est le résultat de la maladie qu'on attrape en prison, la gale », témoigne-t-il. Le jeune homme de 17 ans a été arrêté pour avoir jeté des pierres sur une jeep de l'armée, puis condamné après des aveux contraints : « Ils m'ont interrogé pendant trois jours pour m'arracher des aveux. Ils menaçaient ma mère. Toute cette pression, surtout quand il parlait de ma mère, cela m'a détruit. J'ai eu peur pour elle, alors j'ai fini par avouer. Pour qu'ils ne lui fassent rien. » Prison ou pas, Bassam est un adolescent. Comme de nombreux jeunes de son âge, il vit et rêve football. « J'ai fourré un bout de drap dans une chaussette et j'ai serré autour avec un bout de tissu. Je l'ai cousue et j'ai commencé à jouer avec, comme un petit ballon. Un truc pour m'entraîner et jouer au foot dans la cellule », détaille-t-il. Des rêves qui n'ont pas leur place dans les cellules de la prison. « Le gardien m'a dit : "Toi, tu n'es pas au Camp Nou, tu n'es pas au Bernabeu", et il a commencé à me frapper en répétant : "Ici, ce n'est pas un terrain de jeu, ce n'est pas dans un stade." Moi, je me disais : avec tout ce que j'invente juste pour réussir à vivre un peu, ils me frappent quand même », se souvient-il. Pour avoir, lui aussi, jeté des pierres sur une jeep de l'armée israélienne, le frère de Bassam a été tué d'une balle dans la tête, en 2018. Il avait 16 ans. Son sourire juvénile est encadré sur les murs du salon. Sami, 15 ans, fan de football... abattu par un sniper À Kufr Aqab, près de Ramallah, un autre rêveur de ballon rond a été fauché par un tir de sniper, vendredi 21 novembre. Il s'appelait Sami et il avait 15 ans. « Il jouait sur sa trottinette électrique avec ses amis et son cousin, ils faisaient le tour du quartier, ils étaient contents. Ils ont entendu qu'il y avait une incursion de l'armée, alors comme n'importe quel jeune, par curiosité, ils sont allés voir. Le sniper a tiré et la balle l'a frappé dans le dos », raconte sa mère avec douleur. Celle-ci nous ouvre la chambre du garçon. Sur son lit, soigneusement pliée, sa tenue complète de l'équipe palestinienne de football. « Ils l'ont aussi arraché à ses frères et sœurs. Chaque matin, en se réveillant, ils respirent son odeur sur ses vêtements restés à la maison, et cela leur rappelle sa présence. C'est la seule chose qui nous aide à supporter son absence », confie-t-elle. Comme tous les vendredis, Sami aurait dû se rendre à l'entrainement. « Comme n'importe quelle mère palestinienne, je vivais dans la crainte : est-ce que mon fils va rentrer à la maison ou non ? Chaque fois qu'il quittait la maison, je le confiais à Dieu », se lamente-t-elle. Secouée de sanglots, la mère serre contre son cœur, les chaussures imbibées de sang que son fils portait, ce jour-là. À lire aussiL'armée israélienne lance une «vaste opération» dans le nord de la Cisjordanie
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la sentence d'un ancien chef de guerre soudanais, la force internationale à Gaza et les tensions entre Washington et Caracas. Mbappé-PSG : un bras de fer à plus de 700 millions d'euros Alors que Kylian Mbappé réclame 263 millions d'euros au Paris Saint-Germain devant le Conseil des Prud'hommes de Paris, son ancien club lui en demande 440 millions. Comment expliquer ces sommes colossales ? Un accord à l'amiable est-il encore envisageable ? Avec Baptiste Leduc, journaliste au service des sports de RFI. Soudan : quelle sentence pour l'ancien commandant Janjawid Ali Kushayb ? La Cour pénale internationale doit délivrer sa sentence contre Ali Kushayb, accusé de «crimes de guerre et de crimes contre l'humanité» commis en 2003 et 2004 au Darfour. Pourquoi le procès de cet ancien chef de guerre ne se tient que maintenant, plus de 20 ans après les faits ? Quel verdict la CPI pourrait-elle rendre ? Avec Stéphanie Maupas, correspondante permanente de RFI à La Haye. Gaza : à quoi ressemblera la force de stabilisation internationale ? Le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté une résolution reprenant le plan de paix de Donald Trump, qui prévoit le déploiement d'une force internationale dans la bande de Gaza. Quel sera son mandat ? Quid des pays contributeurs ? Pourquoi la Russie et la Chine se sont abstenues de voter alors que les deux pays soutiennent la cause palestinienne ? Avec Frédéric Encel, professeur en Géopolitique à Sciences-Po Paris. Auteur de «La guerre mondiale n'aura pas lieu: les raisons géopolitiques d'espérer» (éditions Odile Jacob). États-Unis : vers un apaisement des tensions avec le Venezuela ? Alors que les États-Unis poursuivent leur déploiement militaire au large du Venezuela, Donald Trump s'est dit prêt à parler avec son homologue, Nicolas Maduro. Pourquoi le président américain veut-il finalement engager un dialogue ? Est-ce un premier pas vers une désescalade militaire entre les deux pays ? Avec Pascal Drouhaud, président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique latine.
durée : 00:39:10 - L'Invité(e) des Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, publie “Quand le monde dort”. Dans ce livre, elle tisse un récit autour de la Palestine à travers dix portraits, autant de témoignages qui éclairent les multiples facettes du conflit. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Francesca Albanese rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'arrivée de réfugiés palestiniens en Afrique du Sud, la censure d'applications pour les LGBT en Chine et la réforme constitutionnelle au Bénin. Israël : la commission d'enquête sur le 7 octobre 2023 sera-t-elle indépendante ? La décision du gouvernement de Benyamin Netanyahu de lancer sa propre enquête sur les défaillances autour de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 est vivement contestée. Alors que les familles des victimes et l'opposition réclament une commission d'État, pourquoi les autorités se contentent d'une commission gouvernementale ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. Afrique du Sud : qui se cache derrière l'arrivée des réfugiés palestiniens ? 153 réfugiés palestiniens sont arrivés à Johannesburg jeudi dernier (13 novembre 2025) dans des conditions qualifiées de «mystérieuses» par le président Cyril Ramaphosa. Derrière cette opération, une organisation controversée appelée Al Madj Europe. Que sait-on de cette ONG ? Pourquoi l'Afrique du Sud a-t-elle accepté de les accueillir alors qu'ils n'étaient pas en règle ? Avec Claire Bargelès, correspondante de RFI à Johannesburg. Chine : Pékin en guerre contre les applications de rencontre LGBTQ Alors que les autorités chinoises multiplient les mesures de contrôle sur Internet, Pékin a désormais supprimé Blued et Finka, les deux principales applications de rencontre destinées aux personnes LGBTQ. Pourquoi cette censure ? La répression contre cette communauté est-elle récurrente ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Bénin : la réforme constitutionnelle au cœur d'un bras de fer Allongement de la durée des mandats du président de la République et des députés, création d'un Sénat, l'adoption de la révision constitutionnelle suscite de vives critiques dans les rangs de l'opposition. Pourquoi une telle réforme à seulement cinq mois de la présidentielle ? Pourquoi l'opposition affirme-t-elle que ces changements avantagent la majorité présidentielle ? Avec Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.
À Jérusalem, ce jeudi 13 novembre 2025, à la sortie de la ville, après la colonie de Ramot, nous vous proposons une illustration de la colonisation rampante. Trois villages palestiniens vivent isolés du reste des territoires palestiniens et ils ont appris qu'ils étaient désormais situés sur « une zone de jonction », qui change leur statut et leurs papiers de résidence. De notre correspondante à Jérusalem, La petite école de Nabi Samuel est en préfabriqué, Nawal Barakat y enseigne les mathématiques. Elle a appris en septembre dernier que son village de 300 habitants avait changé de statut. L'organisme israélien chargé d'administrer les territoires palestiniens occupés, le Cogat lui a délivré un nouveau permis pour qu'elle puisse vivre chez elle. « Nous sommes allés chercher ces nouveaux permis, ce sont des cartes à puces magnétiques de couleur orange. Ce permis, c'est juste pour entrer et sortir du village. Ça nous inquiète beaucoup. Nous ne savons pas ce que signifie "Nouveau résident" inscrit sur la carte, s'inquiète Nawal. Je suis ici chez moi, et les habitants du village aussi, nous sommes nés là. Pourquoi me dit-on "nouveau résident" ? Cette phrase est ambiguë. On ne sait pas vraiment ce qui se passe. » Une carte magnétique qui fait office de permis de résidence Nabi Samuel n'est pas le seul village concerné par les nouvelles règles. Beit Iksa se trouve six kilomètres à vol d'oiseau. En voiture, c'est plus compliqué. Le jour de notre reportage, impossible de passer, les militaires israéliens interdisent l'accès aux étrangers. Nous avons rendez-vous avec un conseiller municipal, Imad Zayed qui nous rejoint donc de l'autre côté du check point, au bord de la route. Imad Zayed explique qu'il sort toujours de chez lui avec une série de cartes dans son portefeuille : « Chaque personne a besoin de trois choses : une carte d'identité, la nouvelle carte magnétique qui est un permis de résidence et l'enregistrement sur l'application appelée le coordinateur al Monasseq. C'est sur le téléphone. L'autorisation est valable pendant un an. Cette carte orange, sans l'autorisation sur l'application, ne vaut rien. Mais sans cette carte, je ne peux pas entrer non plus. » Une « annexion administrative » Ces Palestiniens coincés entre la ligne verte de 1967, le mur de séparation et les colonies, étaient habitués aux restrictions de déplacement, mais les nouvelles mesures les isolent davantage et rendent leur quotidien encore plus compliqué pour se déplacer ou faire entrer des marchandises dans le village. De facto, Israël a récupéré 20 km² de territoire. Pour Salah Al Khawaja, activiste contre la colonisation à Ramallah, toute cette bureaucratie a un objectif très clair : « Aujourd'hui, avec la politique de Ben-Gvir, Smotrich et Netanyahu, les trois villages sont traités différemment du reste des territoires palestiniens. Il y a une annexion administrative. Une annexion administrative, cela signifie que les règles changent comme ce nouveau statut de résident, même pour ceux qui sont nés dans le village Nabi Samuel. » Salah estime que c'est une façon de briser le rêve d'un État palestinien.