Podcasts about territoires palestiniens

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Religions du monde
Cisjordanie, ramadan et carême : musulmans et chrétiens face aux tensions

Religions du monde

Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 48:30


En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement. Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l'armée israélienne et des opérations d'occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l'armée israélienne à Gaza. Face à ces situations, musulmans et chrétiens s'organisent en solidarité. Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l'École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l'association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.

Religions du monde
Cisjordanie, ramadan et carême : musulmans et chrétiens face aux tensions

Religions du monde

Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 48:30


En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement. Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l'armée israélienne et des opérations d'occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l'armée israélienne à Gaza. Face à ces situations, musulmans et chrétiens s'organisent en solidarité. Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l'École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l'association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.

Invité de la mi-journée
À Gaza, «le nombre réel de morts est nettement supérieur aux chiffres officiels»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 7:16


Le nombre de morts causé par la guerre à Gaza n'est toujours pas connu. Malgré le cessez-le-feu, l'enclave reste coupée du monde par les autorités israéliennes. Une équipe de scientifiques a cependant réussi à mener une enquête de terrain indépendante publiée dans la revue The Lancet Global Health. Elle révèle un chiffre bien plus élevé que ceux annoncés par les autorités locales. Alors que le ministère de la Santé de Gaza avait annoncé 49 000 morts durant les seize premiers mois après le début de l'offensive israélienne, l'équipe de scientifiques de l'université Royal Holloway estime que le chiffre réel serait plutôt autour de 75 000 morts. RFI a interviewé le directeur de cette étude, Michael Spagat, également président de l'ONG Every casualty counts. RFI : Vous révélez donc que le nombre de victimes durant les seize premiers mois de la guerre dépasse largement les chiffres donnés par le gouvernement du Hamas...  Michael Spagat : La meilleure estimation que nous ayons se trouve autour des 70 000 morts. Le chiffre réel pourrait être plus bas ou plus élevé. Mais au-delà du chiffre exact, ce qu'il faut surtout souligner, c'est que le nombre réel de morts est nettement supérieur aux chiffres officiels donnés par le ministère de la Santé de Gaza. C'est le principal point à retenir. Il y a une sous-évaluation importante de la part du ministère de la Santé. Nous estimons que la différence est de 35%. Comment avez-vous travaillé pour documenter ces décès ?  C'est une approche statistique, très similaire aux sondages d'opinion publique. Nous avons donc un échantillon aléatoire de foyers à Gaza. Nous établissons ensuite une liste de tous les membres du foyer au 6 octobre 2023, puis renseignons le sort de chacun, en particulier s'ils sont vivants ou morts. Et le principe essentiel est que si « X pour cent » des personnes couvertes par l'échantillon sont mortes, alors nous extrapolons pour estimer que ce même « X pour cent » de la population totale de Gaza est mort. Vous avez donc travaillé sur le terrain et non pas avec des documents venus d'hôpitaux ou d'autorités locales ?  C'est ça. Nous n'avons pas du tout utilisé les archives officielles. L'un des points principaux était que notre travail soit totalement indépendant du ministère de la Santé de Gaza, car certains ont remis en question la véracité de ces chiffres. Notre étude n'a donc rien à voir avec les données du ministère de la Santé de Gaza. Et même si je n'étais pas personnellement sur le terrain pour l'étude, le partenaire palestinien de ce projet a des travailleurs de terrain situés à Gaza et ils ont mené le travail de terrain. L'enquête a donc été menée par des Palestiniens qui vivent à Gaza. Ils font donc partie de la vie et de la culture là-bas. Est-ce que vous pensez que cela peut changer quelque chose à la manière dont les gens ont répondu ?  Je pense que le plus grand effet est que les gens étaient prêts à répondre aux questions parce que, bien sûr, personne n'est obligé de participer à une enquête. Et, il se pourrait que si des gens complètement extérieurs entrent, ils soient perçus avec suspicion et que les gens préfèrent ne pas répondre. Je ne pense pas que la présence de Gazaouis natifs influence les réponses, étant donné qu'ils répondent effectivement au questionnaire, mais nous avons obtenu un taux de réponse très élevé, et je pense que cela s'explique probablement par la nature des équipes d'entretien que nous avons utilisées. La question du décompte des morts à Gaza est très sensible. Il aura fallu du temps mais l'armée israélienne a fini par reconnaître que le bilan du Hamas était globalement juste, en précisant que la majorité des victimes n'étaient pas des civils. Ce n'est pas forcément ce que dit le Hamas... Les autorités sanitaires de Gaza ne font en réalité pas de distinction entre civils et combattants. Et ils ont raison car ils n'ont pas vraiment de base probatoire pour cela. Lorsque quelqu'un arrive et meurt à l'hôpital, comment savoir s'il était combattant ?  Ils n'ont pas d'information de qualité sur cette question. Et nous n'avons pas non plus d'informations directes à ce sujet. Nous ne demandons pas aux gens de dire si les personnes qu'ils signalent comme mortes étaient des combattants ou des civils. Nous avons donc sûrement un mélange de combattants et de civils. Cependant, je pense que ce que l'on peut dire en se basant sur le mélange démographique, c'est-à-dire le mélange d'âge et de sexe des personnes tuées, c'est qu'un très grand pourcentage était certainement des civils. Les autorités sanitaires de Gaza évoquent plus de 570 morts depuis le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier – ce n'est pas fini, on meurt encore à Gaza. C'est vrai. Et il est important de souligner que notre période de couverture ne s'étend que jusqu'au 5 janvier 2025. Donc nous avons un peu plus d'un an de retard à ce stade. Et beaucoup de gens sont morts après la fin de notre enquête. Mais oui, ce n'est certainement pas fini. Il y a, en principe, un cessez-le-feu, mais il y a néanmoins un flot constant de morts violentes. Vous travaillez à établir le nombre de victimes de guerre depuis des décennies, dans de nombreux conflits. Est-ce que Gaza diffère d'autres guerres, selon vous ? Gaza se distingue par le grand pourcentage de la population qui a été tuée en si peu de temps. Et bien que ce ne soit pas complètement unique, le pourcentage de femmes, d'enfants et de personnes âgées parmi les morts est exceptionnellement élevé. Il faudra probablement revenir à des conflits comme le génocide rwandais ou le génocide cambodgien pour obtenir de tels chiffres. Cela dit, nous n'avons pas de mesures parfaites pour chaque conflit. Il peut y en avoir d'autres qui comptaient aussi des pourcentages élevés de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Mais au moins dans les archives documentées, il ressort sur ce point-là. Michael Spagat, directeur de l'étude et président ONG Every casualty counts. À lire aussiBande de Gaza: des chiffres pour mesurer l'ampleur de deux années d'un drame humain historique

Invité de la mi-journée
En Cisjordanie occupée, «la situation se fige avec une domination israélienne sous tutelle américaine»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 8:11


Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont condamné, mardi 17 février, l'adoption par Israël de nouvelles mesures qui visent à étendre sa présence illégale en Cisjordanie occupée. Ils ont également réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d'annexion » qui pourrait entraîner la modification de sa « composition démographique ». Le gouvernement israélien n'envisage pas autrement le territoire que sous son contrôle, et il a l'appui des États-Unis. La situation est telle qu'il est désormais indécent de parler de processus de paix selon le chercheur Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'IReMMO et co-auteur d'Atlas du Moyen-Orient, (éditions Autrement).

Reportage International
Après l'ouverture du point de passage de Rafah, les Gazaouis réfugiés en Égypte candidats au retour

Reportage International

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 2:26


Depuis la réouverture le 1ᵉʳ février du point de passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, les Palestiniens qui avaient trouvé refuge dans le pays voisin depuis le début de la guerre peuvent envisager un retour chez eux. Au Caire, l'ambassade de l'Autorité palestinienne enregistre les demandes de départ. Mais pour l'instant, les autorisations arrivent au compte-gouttes et la décision de rentrer reste lourde à prendre. De notre correspondant au Caire, Mahmoud Mohsen, 65 ans, visage résigné et djellaba usée, reçoit sur la banquette arrière de la voiture d'un ami, faute de mieux. « Chaque jour je dors dans un endroit différent. En Égypte, on vit comme des mendiants. Aucune organisation ne nous aide, il n'y a pas de travail, il n'y a rien. » Cet ouvrier agricole originaire de Jabaliya, dans le nord de l'enclave, avait été évacué il y a un an pour soigner un cancer du larynx dans un hôpital à deux heures du Caire. Sorti depuis six mois, il désespère de retrouver un jour ses proches. « Je souffre, je souffre, je souffre… Et je veux rentrer chez moi. Ça suffit les déplacements forcés. On a eu 1948, on a eu 1967. Ça suffit. Je veux rentrer même si je n'ai plus rien. Même si je sais que c'est pour aller sous une tente. Car ma maison de quatre étages a été détruite. Comme la ferme que je venais de construire. » À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: rentrer ou rester, le dilemme des réfugiés gazaouis en Égypte  « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance » Inscrit dès l'ouverture sur la plateforme de l'ambassade de l'Autorité palestinienne au Caire, il doit prendre son mal en patience. Car les entrées pour l'instant se font au compte-gouttes, quelques dizaines de personnes par jour, jamais plus. Dix jours après la réouverture du point de passage, seules 213 personnes avaient pu regagner l'enclave.  Attablée dans un café de la banlieue chic du Caire, Andaleeb Adwan ne se fait pas d'illusion. « Si on doit attendre un ou deux mois, ce sera déjà une bonne chose. Mais je crains que ce soit bien plus long. J'ai le sentiment qu'ils laissent d'abord rentrer les blessés venus se faire soigner, en priorité ceux qui sont à Al Arish. Au Caire, je n'ai entendu parler de personne qui ait pu rentrer pour le moment. » Fondatrice et directrice d'une organisation citoyenne à destination des jeunes gazaouis, elle fait de son retour dans l'enclave un impératif moral. « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance, pour voir comment l'institution fonctionne. Je sais que je ne resterai pas directrice éternellement, mais j'ai besoin d'être rassurée sur sa capacité à continuer car beaucoup de compétences ont été perdues, tuées sous les bombardements ou ont quitté Gaza. » Sur environ 100 000 Gazaouis réfugiés en Égypte, près de 20 000 se sont inscrits pour rentrer. À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: une vingtaine de personnes a pu entrer en Égypte et à Gaza

Reportage international
Après l'ouverture du point de passage de Rafah, les Gazaouis réfugiés en Égypte candidats au retour

Reportage international

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 2:26


Depuis la réouverture le 1ᵉʳ février du point de passage de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, les Palestiniens qui avaient trouvé refuge dans le pays voisin depuis le début de la guerre peuvent envisager un retour chez eux. Au Caire, l'ambassade de l'Autorité palestinienne enregistre les demandes de départ. Mais pour l'instant, les autorisations arrivent au compte-gouttes et la décision de rentrer reste lourde à prendre. De notre correspondant au Caire, Mahmoud Mohsen, 65 ans, visage résigné et djellaba usée, reçoit sur la banquette arrière de la voiture d'un ami, faute de mieux. « Chaque jour je dors dans un endroit différent. En Égypte, on vit comme des mendiants. Aucune organisation ne nous aide, il n'y a pas de travail, il n'y a rien. » Cet ouvrier agricole originaire de Jabaliya, dans le nord de l'enclave, avait été évacué il y a un an pour soigner un cancer du larynx dans un hôpital à deux heures du Caire. Sorti depuis six mois, il désespère de retrouver un jour ses proches. « Je souffre, je souffre, je souffre… Et je veux rentrer chez moi. Ça suffit les déplacements forcés. On a eu 1948, on a eu 1967. Ça suffit. Je veux rentrer même si je n'ai plus rien. Même si je sais que c'est pour aller sous une tente. Car ma maison de quatre étages a été détruite. Comme la ferme que je venais de construire. » À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: rentrer ou rester, le dilemme des réfugiés gazaouis en Égypte  « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance » Inscrit dès l'ouverture sur la plateforme de l'ambassade de l'Autorité palestinienne au Caire, il doit prendre son mal en patience. Car les entrées pour l'instant se font au compte-gouttes, quelques dizaines de personnes par jour, jamais plus. Dix jours après la réouverture du point de passage, seules 213 personnes avaient pu regagner l'enclave.  Attablée dans un café de la banlieue chic du Caire, Andaleeb Adwan ne se fait pas d'illusion. « Si on doit attendre un ou deux mois, ce sera déjà une bonne chose. Mais je crains que ce soit bien plus long. J'ai le sentiment qu'ils laissent d'abord rentrer les blessés venus se faire soigner, en priorité ceux qui sont à Al Arish. Au Caire, je n'ai entendu parler de personne qui ait pu rentrer pour le moment. » Fondatrice et directrice d'une organisation citoyenne à destination des jeunes gazaouis, elle fait de son retour dans l'enclave un impératif moral. « Je dois revenir. Je veux être sur place, pas agir à distance, pour voir comment l'institution fonctionne. Je sais que je ne resterai pas directrice éternellement, mais j'ai besoin d'être rassurée sur sa capacité à continuer car beaucoup de compétences ont été perdues, tuées sous les bombardements ou ont quitté Gaza. » Sur environ 100 000 Gazaouis réfugiés en Égypte, près de 20 000 se sont inscrits pour rentrer. À lire aussiRéouverture du passage de Rafah: une vingtaine de personnes a pu entrer en Égypte et à Gaza

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Sénégal : jusqu'où ira la colère étudiante ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'intervention de soldats américains au Nigeria, des nouvelles mesures d'annexion en Cisjordanie et la proposition iranienne de diluer son uranium. Sénégal : jusqu'où ira la colère étudiante ?   Lundi (9 février 2026), la tension est montée d'un cran à l'UCAD, Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Alors que les étudiants protestent depuis des semaines pour réclamer le paiement de leurs arriérés de bourse, les forces de l'ordre ont fait irruption sur le campus social. Des affrontements ont alors éclaté entre la police et des étudiants. Le bilan est lourd, un étudiant est décédé et une centaine d'autres ont été blessés. Que sait-on des circonstances de sa mort ? Comment les autorités justifient-elles le retard dans le versement des bourses ? Quelles mesures propose le gouvernement pour calmer cette crise ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente à Dakar.       Nigeria : l'arrivée de militaires américains permettra-t-elle de stopper l'avancée des jihadistes ?   Le président Bola Tinubu a ordonné le déploiement de l'armée dans le district de Kaiama, au centre-ouest du pays, après une attaque de présumés jihadistes qui a a fait au moins 162 morts. Alors que l'armée nigériane fait partie des meilleures d'Afrique, comment expliquer l'absence de militaires dans les zones où la présence de Boko Haram est avérée ? Le renforcement de la coopération militaire avec les États-Unis, avec l'arrivée prochaine de 200 militaires, permettra-t-il de contrer la menace terroriste ? Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI.      Israël : vers une annexion totale de la Cisjordanie ?   Sous l'impulsion de la droite conservatrice, Israël a validé une série de mesures administratives et juridiques lui permettant d'accentuer son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Le président de l'Autorité Palestinienne, l'Union européenne, l'ONU et les pays arabes ont déjà condamné cette décision. Quelles peuvent être les conséquences sur le déroulé de la deuxième phase du plan de paix de Donald Trump ? Quelle sera la réaction du président américain ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.       Iran : la dilution de l'uranium permettra-t-elle de lever les sanctions ?   Après des semaines de tensions avec les États-Unis et alors que des négociations sont en cours notamment sur le nucléaire, l'Iran propose de diluer une partie de son uranium enrichi en échange de la levée total des sanctions. « Diluer l'uranium », que faut-il comprendre ? Cette annonce peut-elle satisfaire Donald Trump ? Est-il réaliste d'imaginer une levée des sanctions contre Téhéran ? Avec Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en sciences et technologies nucléaires au Cnam.

Invité de la mi-journée
Les nouvelles mesures en Cisjordanie «permettront à Israël de tout contrôler, au détriment des Palestiniens»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 6:40


Israël veut renforcer sa mainmise sur la Cisjordanie occupée. Les nouvelles mesures administratives, annoncées dimanche 8 février 2026, accordent un contrôle encore plus grand à l'État hébreu, qui occupe ces terres depuis 1967. Ces règles permettront aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. L'Union européenne et huit pays musulmans ont condamné les mesures israéliennes « illégales ». L'analyse de la présidente de l'Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), Agnès Levallois, chargée de cours à Sciences Po Paris et autrice de : Le Livre noir de Gaza (éditions du Seuil). À lire aussiCisjordanie: Israël valide des mesures qui redessinent l'équilibre du contrôle sur le terrain

Reportage culture
Le concert pour Gaza: «Voix de Gaza» à l'Institut du Monde arabe à Paris

Reportage culture

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 2:42


« Voix de Gaza », une soirée musicale et poétique, s'est tenue vendredi soir 6 février à l'Institut du monde arabe pour célébrer la fin de résidence d'artistes gazaouis bénéficiaires du programme Pause. Ce programme lancé par le Collège de France en 2017 a pour but de soutenir des artistes et chercheurs issus de zones en danger et d'être accueillis en France. Depuis l'attaque israélienne à Gaza, nombreux sont les artistes de cette enclave à avoir souscrit à ce programme. La soirée a réuni le groupe musical Radio Gaza entre pop, rock, rap et chansons traditionnelles ainsi que des poètes. Abu Joury fait du rap depuis 2001. Il a souscrit au programme Pause et bénéficie d'une résidence à Angers depuis un an avec sa famille. Il y retrouve d'autres musiciens palestiniens bénéficiaires du même programme. Ils fondent ensemble le groupe musical Radio Gaza, dont Abu Joury écrit les textes. « Le rap que j'écris, c'est mon histoire, celle de ma société. J'écris sur la politique qui interfère tellement dans nos vies. Sur les difficultés qu'on traverse au quotidien à Gaza. Aujourd'hui, je parle aussi de l'exil. Je n'aurais jamais cru que j'écrirais un jour là-dessus. Sur ma mère, restée à Gaza, et combien elle me manque. Sur ma maison où j'ai pu juste vivre deux ans avec ma femme avant de devoir partir. Mais y a-t-il des mots assez forts pour exprimer ce que je ressens ? Telle est la question. » Radio Gaza, c'est « un peu la fusion de tous ces styles » avec des instruments À Angers, c'est l'association Al Kamandjati basée aussi à Jérusalem qui accueille les artistes palestiniens. « Radio Gaza, c'est un collectif de ces musiciens qui sont arrivés en France en janvier 2025 et qui, petit à petit, comme ils avaient déjà joué ensemble, certains dans un groupe de rock, un des premiers groupes de rock de Gaza qui s'appelait Water Band. Il y avait aussi Abu Joury, le rappeur, et puis d'autres qui enseignaient la musique au Conservatoire de Gaza, donc musique traditionnelle... Ils se sont retrouvés tous ensemble ici et ils se sont dit : "On ne va pas faire du pur pop rock arabe. On ne va pas faire que du rap en arabe. On ne va pas faire que de la musique traditionnelle". Donc, c'est un peu la fusion de tous ces styles avec guitare, basse, batterie, saz, oud et des chants », explique Yacine Laghrour, coordinateur de l'orchestre. Une véritable renaissance pour les artistes palestiniens grâce au programme Pause et pourtant celui-ci a été suspendu par le Collège de France depuis le mois de janvier pour les artistes de Gaza. Les raisons officielles invoquées étant la difficulté de sortir de l'enclave. Une raison qui ne convainc pas les nombreuses institutions culturelles en France mobilisées pour accueillir les artistes palestiniens. 

Reportage Culture
Le concert pour Gaza: «Voix de Gaza» à l'Institut du Monde arabe à Paris

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 2:42


« Voix de Gaza », une soirée musicale et poétique, s'est tenue vendredi soir 6 février à l'Institut du monde arabe pour célébrer la fin de résidence d'artistes gazaouis bénéficiaires du programme Pause. Ce programme lancé par le Collège de France en 2017 a pour but de soutenir des artistes et chercheurs issus de zones en danger et d'être accueillis en France. Depuis l'attaque israélienne à Gaza, nombreux sont les artistes de cette enclave à avoir souscrit à ce programme. La soirée a réuni le groupe musical Radio Gaza entre pop, rock, rap et chansons traditionnelles ainsi que des poètes. Abu Joury fait du rap depuis 2001. Il a souscrit au programme Pause et bénéficie d'une résidence à Angers depuis un an avec sa famille. Il y retrouve d'autres musiciens palestiniens bénéficiaires du même programme. Ils fondent ensemble le groupe musical Radio Gaza, dont Abu Joury écrit les textes. « Le rap que j'écris, c'est mon histoire, celle de ma société. J'écris sur la politique qui interfère tellement dans nos vies. Sur les difficultés qu'on traverse au quotidien à Gaza. Aujourd'hui, je parle aussi de l'exil. Je n'aurais jamais cru que j'écrirais un jour là-dessus. Sur ma mère, restée à Gaza, et combien elle me manque. Sur ma maison où j'ai pu juste vivre deux ans avec ma femme avant de devoir partir. Mais y a-t-il des mots assez forts pour exprimer ce que je ressens ? Telle est la question. » Radio Gaza, c'est « un peu la fusion de tous ces styles » avec des instruments À Angers, c'est l'association Al Kamandjati basée aussi à Jérusalem qui accueille les artistes palestiniens. « Radio Gaza, c'est un collectif de ces musiciens qui sont arrivés en France en janvier 2025 et qui, petit à petit, comme ils avaient déjà joué ensemble, certains dans un groupe de rock, un des premiers groupes de rock de Gaza qui s'appelait Water Band. Il y avait aussi Abu Joury, le rappeur, et puis d'autres qui enseignaient la musique au Conservatoire de Gaza, donc musique traditionnelle... Ils se sont retrouvés tous ensemble ici et ils se sont dit : "On ne va pas faire du pur pop rock arabe. On ne va pas faire que du rap en arabe. On ne va pas faire que de la musique traditionnelle". Donc, c'est un peu la fusion de tous ces styles avec guitare, basse, batterie, saz, oud et des chants », explique Yacine Laghrour, coordinateur de l'orchestre. Une véritable renaissance pour les artistes palestiniens grâce au programme Pause et pourtant celui-ci a été suspendu par le Collège de France depuis le mois de janvier pour les artistes de Gaza. Les raisons officielles invoquées étant la difficulté de sortir de l'enclave. Une raison qui ne convainc pas les nombreuses institutions culturelles en France mobilisées pour accueillir les artistes palestiniens. 

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Mali : pourquoi les sanctions de 2022 étaient illégales ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les frappes israéliennes à Gaza, la régularisation de sans-papiers en Espagne et l'appel à un accord entre Washington et Téhéran. Mali : pourquoi les sanctions de 2022 étaient illégales ?   Fermetures des frontières, gel des avoirs, suspension des échanges commerciaux. Entre janvier et juillet 2022, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) avait mis en œuvre un paquet de sanctions contre le Mali pour contraindre les autorités de transition à restaurer l'ordre constitutionnel. Quatre ans après les faits, la Cour de justice de l'Uemoa a donné raison à Bamako en reconnaissant l'illégalité de ces sanctions. Comment les juges justifient-ils ce verdict ? Désormais, les Maliens peuvent-ils espérer des réparations face au préjudice subit ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.     Gaza : pourquoi les frappes israéliennes continuent malgré la trêve ?   Au moins 32 personnes sont mortes samedi (31 janvier 2026) dans des frappes israéliennes. Ce qui porte à 526 le nombre de Palestiniens tués et à 1 400 le nombre de blessés depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, selon le ministère de la Santé de Gaza. Comment expliquer la poursuite des bombardements malgré la trêve ? Conformément à la deuxième phase du plan de paix de Donald Trump, le poste-frontière de Rafah, fermé depuis près de deux ans, a rouvert mais les allées et venues sont très limitées. Quelles sont les conditions fixées par Israël pour passer la frontière avec l'Égypte ?   Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.     Espagne : pourquoi régulariser 500 000 sans-papiers maintenant ?   Il s'agit de la vague de régularisation la plus importante de ces vingt dernières en Espagne. Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a décidé de délivrer un permis de séjour à près de 500 000 personnes vivant et travaillant sans papiers. Comment expliquer cette décision à contre-courant de la politique migratoire des autres pays européens ? Quels sont les arguments avancés par les autorités ? Qui pourra bénéficier de ces régularisations ?  Avec Charlotte Boitiaux, journaliste à Infomigrants.    Iran : vers un accord avec les États-Unis ?   Alors que la menace d'une attaque américaine pèse sur l'Iran depuis plusieurs semaines, Donald Trump espère dorénavant trouver un accord avec Téhéran. De son côté, le président iranien, Massoud Pezechkian a « ordonné » l'ouverture de pourparlers avec les États-Unis. Des discussions directes entre les deux pays sont susceptibles de se tenir ce vendredi (6 février 2026) en Turquie. Sur quels sujets porteront les négociations ? Quels sont les points les plus sensibles ? Avec Firouzeh Nahavandi, professeure émérite à l'Université libre de Bruxelles, autrice de « Femmes iraniennes, évolution ou révolution, comment survivre sous un régime islamique » (éditions Code 9). 

Revue de presse internationale
À la Une: Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 3:54


Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah vers Gaza. Le seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, et qui était fermé depuis mai 2024. Sa réouverture était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales. Sauf que « les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes », commente le journal libanais L'Orient-Le jour, « dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d'une trêve fragile ». « La frontière sera, du moins dans un premier temps, ouverte uniquement aux personnes entrant et sortant de Gaza. Elle ne servira pas à acheminer l'aide humanitaire indispensable à ce territoire ravagé par deux années de guerre », souligne le New York Times. La réouverture de Rafah était prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, mais pour l'heure, elle est donc surtout symbolique. Par ailleurs, l'armée israélienne n'autorisera qu'un nombre très restreint de Palestiniens, entre 150 et 200 par jour, à franchir la frontière, précise le journal espagnol El Pais. El Pais qui souligne qu'« Outre la limitation du nombre de Palestiniens autorisés à entrer, Israël interdit toujours aux journalistes étrangers d'accéder à Gaza par Rafah. (...) L'Association de la presse étrangère a porté cette restriction du droit à l'information devant la Cour suprême israélienne, qui vient de reporter son arrêt pour la onzième fois ». Les États-Unis et l'Iran : vers un accord global, et une guerre retardée Concernant les tensions entre Téhéran et Washington, l'Orient-Le jour nous apprend que « les efforts diplomatiques menés par plusieurs capitales – notamment Moscou, Ankara et Doha – sont parvenus à esquisser les contours d'un cadre global de négociation ». Donald Trump multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé en Iran. Le pays est par ailleurs privé d'internet et largement coupé du monde. « Concrètement, ces démarches ont contribué à retarder la guerre, voire à l'annuler si un accord est trouvé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le président américain (...) ait renoncé à une option militaire », explique le journal libanais. « Les déploiements massifs de forces américaines dans la région, ainsi que les pressions israéliennes, peuvent à tout moment faire remonter la tension ». Le journal français La Croix commente lui aussi la situation : « Washington et Téhéran semblent disposés à donner un cap diplomatique à leurs différends, avec pour axe le nucléaire iranien et la levée des sanctions contre la République islamique. Mais les vents contraires restent puissants, au sein du régime iranien, comme à Tel-Aviv ». Un deal ou la guerre. Face aux menaces américaines, l'Iran doit trancher, résume la presse. Une pause de deux ans pour le Kennedy Center Donald Trump, encore une fois à la une de la presse, a affirmé fermer pour deux ans le Kennedy Center, pour rénovation. Cette emblématique salle de spectacles de Washington s'est faite rebaptiser par le milliardaire pour y accoler son nom, de quoi déplaire à la famille du président Kennedy. La salle va donc fermer le 4 juillet prochain à l'occasion des célébrations des 250 ans des États-Unis, a indiqué Trump sur son réseau Truth Social. Sauf que le président américain ne mentionne pas les multiples annulations et boycotts des artistes, contributeurs et membres du public, souligne le New York Times. Ces derniers mois, Trump avait installé des fidèles pour diriger le centre culturel, et avait appelé à changer la programmation pour la rendre plus conforme à ce qu'il présente comme des goûts et des sensibilités américains répandus. Le journal Le Monde précise : « Sous la nouvelle direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT + ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Certains artistes ont décidé en réaction d'annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, telle la chanteuse de country Kristy Lee, le groupe de jazz The Cookers... ». Durant l'année qui s'est écoulée, « des dizaines d'employés, dont beaucoup ont acquis des décennies d'expérience dans la programmation artistique, ont été licenciés ou ont démissionné ». Enfin, l'Opéra national de Washington a annoncé le mois dernier qu'il coupait ses liens avec le centre, tandis que l'Orchestre symphonique national, a lui joué face à des sièges vides.

Reportage International
«Jusqu'où va-t-on tomber?»: les coupes budgétaires de l'Unrwa asphyxient les réfugiés palestiniens au Liban

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 2:37


À compter de ce samedi 1er février, l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, va être contrainte de réduire de 20% ses opérations dans la région, faute de dons suffisants. Le Liban en est l'illustration. Dans les douze camps de réfugiés que compte le pays, les Palestiniens dépendent de l'agence onusienne pour l'éducation, la santé et la gestion des infrastructures. Ces coupes budgétaires mettent en péril encore un peu plus l'avenir de ces réfugiés, dont les ancêtres ont dû fuir leurs terres au moment de la création d'Israël en 1948. De notre correspondante de retour de Chatila, Dans les ruelles étroites du camp de Chatila, un chaos de fils électriques ne laisse passer que quelques rayons de soleil. Noha et Kaouthar viennent de récupérer leurs enfants de l'école Ramallah de l'Unrwa, dont les coupes budgétaires sont sur toutes les lèvres. Noha Mouhaisin, une mère de famille de 44 ans, est habitante de Chatila. Elle a cinq enfants. « Je devais faire une opération nécessaire et urgente, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas la prendre en charge. Si je n'avais pas trouvé des gens pour m'aider, j'y serais passée honnêtement, car c'était sérieux. Et les étudiants, c'est la même chose : nos enfants risquent de perdre leur éducation. Nous, on veut qu'ils soient éduqués. Jusqu'où va-t-on tomber ? », se demande-t-elle. Cette autre habitante de Chatila, âgée de 45 ans, explique sa situation. « Mon fils a un handicap et je recevais une aide de 50 dollars tous les trois mois, et même ça, ils nous l'ont enlevée. Ça nous aidait vraiment », souligne Kaouthar el Hayek, mère de quatre enfants et couturière de formation. « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa » Au Liban, les réfugiés palestiniens sont privés de nombreux droit,s comme l'exercice de métiers qualifiés ou l'accès à la propriété et aux services publics. À cause de ces restrictions, 80% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. L'Unrwa est leur seul filet de sécurité. Mais, l'agence doit réduire de 20% ses opérations et ses salaires. Dorothée Klaus, directrice de l'UNRWA au Liban, s'alarme de ces conséquences : « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa sur son budget global et nous n'avons pas reçu d'indication selon laquelle il pourrait y avoir des solutions pour combler ce déséquilibre budgétaire. Ici, au Liban, il n'y a absolument pas d'alternative à l'Unrwa. Les réfugiés dépendent de nous. Sans nous, il n'y aurait plus d'éducation pour 70% des enfants palestiniens qui vont dans nos écoles, plus de soins pour les 200 000 patients qui dépendent de nos hôpitaux et centres de santé primaire. » À lire aussiL'ONU dévoile son plan de réforme et de réduction budgétaire, avec des conséquences pour ses membres « En finir avec l'Unrwa, c'est en finir avec le dossier des réfugiés » Au-delà de l'humanitaire, l'Unrwa revêt une importance politique pour les Palestiniens, synonyme de droit au retour. Car de génération en génération, l'agence leur délivre une carte de réfugiés. Un symbole que cherche à détruire le gouvernement de Benyamin Netanyahu, fort de représentants de l'extrême droite israélienne. Khaled Abou Nour, membre du comité populaire affilié à l'Organisation de libération de la Palestine à Chatila, réagit : « Bien sûr, les Israéliens se disent que tant que l'Unrwa existera, il y aura des réfugiés palestiniens. En finir avec l'UNRWA, c'est en finir avec le dossier des réfugiés, et c'est ce qui se passe en Palestine, en particulier à Jérusalem, où le siège de l'Unrwa a été détruit. Et à Gaza, où ils empêchent l'Unrwa de faire entrer de l'aide. Tout ça est une manière pour eux d'essayer d'en finir avec la question des réfugiés palestiniens, et d'en faire des citoyens lambda que l'on peut expulser n'importe où dans le monde. » Face à l'urgence, l'Unrwa en appelle au soutien des pays donateurs. À lire aussiDestruction des bâtiments de l'Unrwa à Jérusalem: «Israël piétine les règles les plus élémentaires du droit international»

Reportage international
«Jusqu'où va-t-on tomber?»: les coupes budgétaires de l'Unrwa asphyxient les réfugiés palestiniens au Liban

Reportage international

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 2:37


À compter de ce samedi 1er février, l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, va être contrainte de réduire de 20% ses opérations dans la région, faute de dons suffisants. Le Liban en est l'illustration. Dans les douze camps de réfugiés que compte le pays, les Palestiniens dépendent de l'agence onusienne pour l'éducation, la santé et la gestion des infrastructures. Ces coupes budgétaires mettent en péril encore un peu plus l'avenir de ces réfugiés, dont les ancêtres ont dû fuir leurs terres au moment de la création d'Israël en 1948. De notre correspondante de retour de Chatila, Dans les ruelles étroites du camp de Chatila, un chaos de fils électriques ne laisse passer que quelques rayons de soleil. Noha et Kaouthar viennent de récupérer leurs enfants de l'école Ramallah de l'Unrwa, dont les coupes budgétaires sont sur toutes les lèvres. Noha Mouhaisin, une mère de famille de 44 ans, est habitante de Chatila. Elle a cinq enfants. « Je devais faire une opération nécessaire et urgente, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas la prendre en charge. Si je n'avais pas trouvé des gens pour m'aider, j'y serais passée honnêtement, car c'était sérieux. Et les étudiants, c'est la même chose : nos enfants risquent de perdre leur éducation. Nous, on veut qu'ils soient éduqués. Jusqu'où va-t-on tomber ? », se demande-t-elle. Cette autre habitante de Chatila, âgée de 45 ans, explique sa situation. « Mon fils a un handicap et je recevais une aide de 50 dollars tous les trois mois, et même ça, ils nous l'ont enlevée. Ça nous aidait vraiment », souligne Kaouthar el Hayek, mère de quatre enfants et couturière de formation. « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa » Au Liban, les réfugiés palestiniens sont privés de nombreux droit,s comme l'exercice de métiers qualifiés ou l'accès à la propriété et aux services publics. À cause de ces restrictions, 80% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. L'Unrwa est leur seul filet de sécurité. Mais, l'agence doit réduire de 20% ses opérations et ses salaires. Dorothée Klaus, directrice de l'UNRWA au Liban, s'alarme de ces conséquences : « Il manque 220 millions de dollars de budget à l'Unrwa sur son budget global et nous n'avons pas reçu d'indication selon laquelle il pourrait y avoir des solutions pour combler ce déséquilibre budgétaire. Ici, au Liban, il n'y a absolument pas d'alternative à l'Unrwa. Les réfugiés dépendent de nous. Sans nous, il n'y aurait plus d'éducation pour 70% des enfants palestiniens qui vont dans nos écoles, plus de soins pour les 200 000 patients qui dépendent de nos hôpitaux et centres de santé primaire. » À lire aussiL'ONU dévoile son plan de réforme et de réduction budgétaire, avec des conséquences pour ses membres « En finir avec l'Unrwa, c'est en finir avec le dossier des réfugiés » Au-delà de l'humanitaire, l'Unrwa revêt une importance politique pour les Palestiniens, synonyme de droit au retour. Car de génération en génération, l'agence leur délivre une carte de réfugiés. Un symbole que cherche à détruire le gouvernement de Benyamin Netanyahu, fort de représentants de l'extrême droite israélienne. Khaled Abou Nour, membre du comité populaire affilié à l'Organisation de libération de la Palestine à Chatila, réagit : « Bien sûr, les Israéliens se disent que tant que l'Unrwa existera, il y aura des réfugiés palestiniens. En finir avec l'UNRWA, c'est en finir avec le dossier des réfugiés, et c'est ce qui se passe en Palestine, en particulier à Jérusalem, où le siège de l'Unrwa a été détruit. Et à Gaza, où ils empêchent l'Unrwa de faire entrer de l'aide. Tout ça est une manière pour eux d'essayer d'en finir avec la question des réfugiés palestiniens, et d'en faire des citoyens lambda que l'on peut expulser n'importe où dans le monde. » Face à l'urgence, l'Unrwa en appelle au soutien des pays donateurs. À lire aussiDestruction des bâtiments de l'Unrwa à Jérusalem: «Israël piétine les règles les plus élémentaires du droit international»

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Gaza : quelle suite après le rapatriement du dernier otage israélien ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur TikTok sous contrôle américain, l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs en France et des menaces douanières américaines contre le Canada. Gaza : quelle suite après le rapatriement du dernier otage israélien ?   Plus de deux ans après l'attaque du 7-Octobre, la dépouille de Rane Gvili a été rapatriée lundi (26 janvier 2026) en Israël et enterrée ce mercredi (28 janvier). Il était le dernier des 251 otages enlevés par le Hamas.  Le retour de tous les otages était une condition fixée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour le lancement de la 2è phase du plan de paix de Donald Trump. Quid, désormais, de la réouverture des frontières de Gaza ? À quand le déploiement de la force internationale de stabilisation prévue dans le plan de paix ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.     TikTok : un nouveau réseau social « made in USA » ?   Sous la pression de Washington et afin d'éviter son interdiction aux États-Unis, TikTok a cédé la filiale américaine de sa plateforme à un consortium d'investisseurs majoritairement américains. Pourquoi le réseau social chinois a dû passer sous contrôle américain ? Quel impact pour les 200 millions utilisateurs aux États-Unis ? Quelles en sont les conséquences pour Tiktok, côté chinois ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin.       France : et si les moins de 15 ans vivaient sans réseaux sociaux ?   Les députés français ont voté l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette mesure soutenue par le gouvernement d'Emmanuel Macron vise à protéger les adolescents des risques de cyberharcèlement et des contenus violents. Qu'est-il prévu pour contrôler l'âge des utilisateurs ? Avec Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie, spécialiste de l'économie de la régulation numérique à l'INSEEC.       Canada : prochaine cible des sanctions économiques américaines ?   Après les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane à 100% si le Canada concluait un accord commercial avec la Chine, Ottawa a répliqué en affirmant qu'aucun accord de libre-échange n'avait été négocié avec Pékin. Du coup, comment expliquer les menaces du président américain ? Les Canadiens ont-ils les moyens de résister aux pressions de la Maison Blanche ? Avec Grégory Vanel, expert de la politique économique internationale des États-Unis et professeur à Grenoble École de Management.

Invité de la mi-journée
Laetitia Bucaille: «Il y a une tentative d'Israël de bâtir ou faire renaître une Gaza alternative»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 6:13


Israël, qui faisait du retour de tous les otages la condition indispensable à l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, a enterré ce mercredi 28 janvier son dernier otage détenu à Gaza. Maintenant que c'est le cas, le Premier ministre ne semble toujours pas prêt à retirer son armée du territoire. Benyamin Netanyahu affirme qu'il veut d'abord désarmer le Hamas et démilitariser Gaza. Il ne parle pas de l'aide humanitaire toujours largement insuffisante et dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants. Entretien avec Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l'Inalco. Elle vient de publier Gaza, quel avenir ?, paru aux éditions Stock. À écouter aussi«Il y a des milliers de personnes pour ces soupes populaires»: l'aide humanitaire reste essentielle à Gaza

En sol majeur
Qu'est-ce qu'être Palestinien ? Avec Muzna Shihabi

En sol majeur

Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 48:29


Poésie et géopolitique, deux frères ennemis réunis dans notre chaudron ESM. Alors que 37 ONG ont perdu début janvier 2026 leur accréditation, menacées par Israël d'une interdiction totale de leurs opérations humanitaires en Palestine, au même moment me reviennent les mots du poète Mahmoud Darwich. Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement. Pour l'instant, le Palestinien tente de survivre, la Terre sainte saigne toujours et pas seulement parce qu'elle est sainte. Une voix sur les réseaux sociaux saigne elle aussi, une voix aimant à tisser des mots dans le cœur de Paname : celle de Muzna Shihabi, ex-conseillère de l'OLP entre 2007 & 2011, et qui a plusieurs noms de villes dans sa musette d'enfant de réfugiés palestiniens. Programmation de l'invitée : • Fairuz Zahret El mada'en  • Cairokee Tilka Qadiya.

En sol majeur
Qu'est-ce qu'être Palestinien ? Avec Muzna Shihabi

En sol majeur

Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 48:29


Poésie et géopolitique, deux frères ennemis réunis dans notre chaudron ESM. Alors que 37 ONG ont perdu début janvier 2026 leur accréditation, menacées par Israël d'une interdiction totale de leurs opérations humanitaires en Palestine, au même moment me reviennent les mots du poète Mahmoud Darwich. Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement. Pour l'instant, le Palestinien tente de survivre, la Terre sainte saigne toujours et pas seulement parce qu'elle est sainte. Une voix sur les réseaux sociaux saigne elle aussi, une voix aimant à tisser des mots dans le cœur de Paname : celle de Muzna Shihabi, ex-conseillère de l'OLP entre 2007 & 2011, et qui a plusieurs noms de villes dans sa musette d'enfant de réfugiés palestiniens. Programmation de l'invitée : • Fairuz Zahret El mada'en  • Cairokee Tilka Qadiya.

Invité du jour
Gaza : une trêve illusoire ? Parlons-en avec Isabelle Defourny, Tamar Sebok et Julia Grignon

Invité du jour

Play Episode Listen Later Jan 14, 2026 46:38


Le cessez-le-feu conclu il y a trois mois à Gaza entre le Hamas et Israël s'avère être d'une grande fragilité, n'empêchant pas la commission de violences et la mort de centaines de Palestiniens, y compris des enfants. C'est désormais la phase 2 du plan de paix proposé par Donald Trump qui patine, le Hamas refusant de rendre les armes tandis qu'Israël, qui veut bannir nombre d'ONG internationales, est accusé de grignoter mètre après mètre le territoire palestinien.

Livre international
«Gaza, quel avenir ?»: quand la chercheuse Laetitia Bucaille s'interroge sur le futur de l'enclave palestinienne

Livre international

Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 4:30


Gaza, quel avenir ? Après deux ans de guerre dévastatrice et trois mois de cessez-le-feu hypothétique, telle est la question que pose la chercheuse Laetitia Bucaille dans son nouveau livre paru aux éditions Stock. Professeure de sociologie politique à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), elle s'y interroge sur l'avenir de l'enclave palestinienne plus de deux ans après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas en Israël, ainsi que sur les conséquences de la guerre meurtrière menée par l'État hébreu contre sa population.    RFI : Avant d'essayer de répondre à la question de l'avenir de la bande de Gaza, ouvrons une petite page de l'histoire récente de l'enclave. Ce territoire palestinien a connu des guerres menées par Israël en 2008, 2009, 2012 et 2014, mais également de grandes manifestations - baptisées « La marche du retour » - en 2018, elles aussi réprimées dans le sang par l'armée d'occupation israélienne -, sans compter la guerre de 2021. Et puis il y a le massacre de la population palestinienne depuis octobre 2023, toujours en cours malgré un cessez-le-feu théorique. Les Palestiniens sont-ils condamnés, selon vous, à vivre ces guerres coloniales asymétriques et brutales ? Laetitia Bucaille : Il faut espérer que cela cesse. L'avenir proche est tout à fait incertain. Il y a une forme d'accalmie pour Gaza. Je dis « une forme » parce que, comme vous l'avez mentionné, il y a effectivement toujours des morts provoqués par l'armée israélienne. Il est possible qu'avec le plan de paix imposé par Donald Trump, l'on passe à un autre mode de gestion des Palestiniens qui serait plus international, comme une sorte de mandat, de protectorat, avalisé par tout ou partie de la communauté internationale, sans que les Palestiniens ne se dirigent pour autant vers une forme de souveraineté. Les Palestiniens de Gaza sont assiégés par Israël depuis 2007. Quel effet a eu ce blocus sur les rapports politiques et sociaux à Gaza ? Le blocus a effectivement été décrété en 2007. Mais, depuis l'instauration de l'autonomie palestinienne en 1994, la circulation des Gazaouis a été extrêmement limitée : les autorisations de sortie qui leur étaient accordées alors l'étaient vraiment au compte-gouttes. Je crois que, dans la deuxième partie des années 1990, il y avait à peu près 4% de la population gazaouie qui pouvait sortir de l'enclave. Cela veut dire aussi que le Hamas a pu en prendre le contrôle et y développer son emprise sur la société palestinienne sans que l'on puisse en prendre la mesure. Après les massacres du 7-Octobre et la prise en otage d'Israéliens, les dirigeants du Hamas ont - comme d'ailleurs le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant - fait l'objet de mandats d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le mouvement islamiste peut-il aujourd'hui encore faire partie de l'avenir de Gaza ? La communauté internationale s'y oppose. Ce que disent les Israéliens, ce que disent aussi les Américains et les Européens, c'est qu'on doit faire sans le Hamas, qu'il faut le désarmer. Cela étant, un certain nombre de militaires assez lucides sur la question - y compris dans certains cercles israéliens - ont conscience du fait que le Hamas ne va pas disparaître. Cette entité issue des Frères musulmans ne va pas s'évanouir dans Gaza ou ailleurs car le tissu qu'elle a développé durant plusieurs décennies est toujours vivace. Et l'un des objectifs du Hamas, c'est aussi de s'imposer comme le leader des Palestiniens : il est donc probable que l'organisation ne renonce pas à jouer un rôle dans l'enclave à l'avenir. Quels seront ses moyens pour s'imposer ? Là, c'est difficile à déterminer. Mais s'il n'a rien obtenu à Gaza, qui est aujourd'hui complètement détruite, le Hamas peut toutefois se targuer d'avoir atteint une audience mondiale et d'avoir provoqué une renaissance de l'intérêt pour la cause palestinienne ainsi qu'un soutien pour elle dans le monde entier.

Livre international
«Gaza, quel avenir ?»: quand la chercheuse Laetitia Bucaille s'interroge sur le futur de l'enclave palestinienne

Livre international

Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 4:30


Gaza, quel avenir ? Après deux ans de guerre dévastatrice et trois mois de cessez-le-feu hypothétique, telle est la question que pose la chercheuse Laetitia Bucaille dans son nouveau livre paru aux éditions Stock. Professeure de sociologie politique à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), elle s'y interroge sur l'avenir de l'enclave palestinienne plus de deux ans après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas en Israël, ainsi que sur les conséquences de la guerre meurtrière menée par l'État hébreu contre sa population.    RFI : Avant d'essayer de répondre à la question de l'avenir de la bande de Gaza, ouvrons une petite page de l'histoire récente de l'enclave. Ce territoire palestinien a connu des guerres menées par Israël en 2008, 2009, 2012 et 2014, mais également de grandes manifestations - baptisées « La marche du retour » - en 2018, elles aussi réprimées dans le sang par l'armée d'occupation israélienne -, sans compter la guerre de 2021. Et puis il y a le massacre de la population palestinienne depuis octobre 2023, toujours en cours malgré un cessez-le-feu théorique. Les Palestiniens sont-ils condamnés, selon vous, à vivre ces guerres coloniales asymétriques et brutales ? Laetitia Bucaille : Il faut espérer que cela cesse. L'avenir proche est tout à fait incertain. Il y a une forme d'accalmie pour Gaza. Je dis « une forme » parce que, comme vous l'avez mentionné, il y a effectivement toujours des morts provoqués par l'armée israélienne. Il est possible qu'avec le plan de paix imposé par Donald Trump, l'on passe à un autre mode de gestion des Palestiniens qui serait plus international, comme une sorte de mandat, de protectorat, avalisé par tout ou partie de la communauté internationale, sans que les Palestiniens ne se dirigent pour autant vers une forme de souveraineté. Les Palestiniens de Gaza sont assiégés par Israël depuis 2007. Quel effet a eu ce blocus sur les rapports politiques et sociaux à Gaza ? Le blocus a effectivement été décrété en 2007. Mais, depuis l'instauration de l'autonomie palestinienne en 1994, la circulation des Gazaouis a été extrêmement limitée : les autorisations de sortie qui leur étaient accordées alors l'étaient vraiment au compte-gouttes. Je crois que, dans la deuxième partie des années 1990, il y avait à peu près 4% de la population gazaouie qui pouvait sortir de l'enclave. Cela veut dire aussi que le Hamas a pu en prendre le contrôle et y développer son emprise sur la société palestinienne sans que l'on puisse en prendre la mesure. Après les massacres du 7-Octobre et la prise en otage d'Israéliens, les dirigeants du Hamas ont - comme d'ailleurs le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant - fait l'objet de mandats d'arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le mouvement islamiste peut-il aujourd'hui encore faire partie de l'avenir de Gaza ? La communauté internationale s'y oppose. Ce que disent les Israéliens, ce que disent aussi les Américains et les Européens, c'est qu'on doit faire sans le Hamas, qu'il faut le désarmer. Cela étant, un certain nombre de militaires assez lucides sur la question - y compris dans certains cercles israéliens - ont conscience du fait que le Hamas ne va pas disparaître. Cette entité issue des Frères musulmans ne va pas s'évanouir dans Gaza ou ailleurs car le tissu qu'elle a développé durant plusieurs décennies est toujours vivace. Et l'un des objectifs du Hamas, c'est aussi de s'imposer comme le leader des Palestiniens : il est donc probable que l'organisation ne renonce pas à jouer un rôle dans l'enclave à l'avenir. Quels seront ses moyens pour s'imposer ? Là, c'est difficile à déterminer. Mais s'il n'a rien obtenu à Gaza, qui est aujourd'hui complètement détruite, le Hamas peut toutefois se targuer d'avoir atteint une audience mondiale et d'avoir provoqué une renaissance de l'intérêt pour la cause palestinienne ainsi qu'un soutien pour elle dans le monde entier.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Mali: l'approvisionnement en carburant s'est-il vraiment amélioré ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jan 9, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'interdiction de 37 ONG à Gaza et la saisie d'un pétrolier russe par les Américains.  Mali : l'approvisionnement en carburant s'est-il vraiment amélioré ?   Au Mali, si Bamako voit son approvisionnement en carburant se stabiliser, les régions restent toujours sous pression en raison du blocus imposé depuis septembre dernier par les jihadistes du JNIM, lié à Al-Qaïda. Comment la junte a-t-elle réussi à stabiliser les livraisons de carburant en provenance du Sénégal et de Côte d'Ivoire ?  Malgré cette amélioration dans la capitale, le JNIM a-t-il les moyens d'imposer de nouvelles pénuries massives les prochaines semaines ?       Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.    Gaza : pourquoi Israël a-t-il interdit l'accès à 37 ONG humanitaires ?   Israël a mis sa menace à exécution. Depuis le 1er janvier, 37 organisations non gouvernementales internationales n'ont plus accès à la bande de Gaza. Le gouvernement de Benyamin Netanyahu leur reproche un manque de transparence. De quoi s'agit-il ? Qui prendra le relais sur le terrain si les ONG se retirent ? Quelles conséquences humanitaires peut avoir cette décision ?    Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.      États‑Unis : le bras-de-fer Trump-Poutine se joue également en pleine mer  Les garde-côtes américains ont saisi un pétrolier battant pavillon russe au large de l'Islande, marquant un nouveau tournant dans leurs tensions entre Washington et Moscou. Que sait-on de ce navire ? Comment les États-Unis justifient-ils cette opération ? Quelles peuvent-être les conséquences dans la relation Trump-Poutine ?    Avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur-associé chez Euro Créative.    

Reportage International
En Palestine, les enfants du choeur Amwaj s'essaient à la direction

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 2:38


En Palestine, malgré les attaques de colons à répétition, le grignotage des terres, les raids quotidiens de l'armée israélienne et Gaza dans toutes les têtes, l'espoir vient peut-être de la musique qui permet de s'évader du quotidien au fil des notes. Tel est quoi qu'il en soit l'objectif de la chorale Amwaj, un chœur d'enfants palestiniens venus de Bethléem et d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Les 60 enfants qui le composent pratiquent la musique six heures par semaine avec des musiciens qui viennent du monde entier et participent à des masterclass. L'une d'elles a notamment été animée par une jeune cheffe d'orchestre palestinienne qui vit désormais en France venue transmettre bien plus que des techniques vocales : une confiance, une discipline, et l'idée que la musique peut encore faire rêver. De notre envoyée spéciale à Bethléem, Dans une vaste salle de béton, une chorale d'une soixantaine d'enfants venus d'Hébron et de Bethléem s'échauffe la voix en attendant l'arrivée du public. Devant eux, une rangée de musiciens : cinq violons, un violoncelle, une flûte traversière. Tous attendent une jeune violoniste et cheffe d'orchestre professionnelle, Lamar Elias, originaire de Bethléem. Mathilde Vittu a créé et cofondé le chœur Amwaj de Palestine. C'est elle qui a pensé à cette co-création : « On connaît bien Lamar Elias. Mon mari lui a enseigné le violon quand elle était enfant. Elle a grandi, elle a voulu devenir cheffe d'orchestre. Elle est partie en France réaliser son rêve et, peu à peu, elle a fait carrière. Elle a été sélectionnée pour le concours de la Maestra qui va se passer bientôt à la Philharmonie de Paris. Quand est né le chœur Amwaj, il y a dix ans, elle a été à nos côtés pour nous soutenir dans ce projet. Récemment, j'ai proposé à Lamar d'enseigner la direction à mes jeunes ». Car dans la chorale, plusieurs d'entre eux se forment pour devenir des chefs de chœur. « Avoir la transmission d'une jeune cheffe brillante qui fait déjà carrière comme Lamar Elias dans leur propre langue, en arabe, c'était une manière, pour moi, de montrer qu'on a plein de jeunes chefs en Palestine qui ne demandent qu'à être formés », explique-t-elle. La masterclass aborde tous les registres : baroque, classique, ou chansons arabes. Tous les enfants et les adolescents de la chorale Amwaj défilent un à un au pupitre. Tous veulent s'essayer à la direction. « Aujourd'hui, on répétait avec la chorale. On apprenait à se placer pour faire un orchestre, comment chanter en groupe. Quand j'ai pris la place de la cheffe, franchement, j'ai senti que la chorale était dans ma main. Je veux apprendre à faire ça quand je serai plus grande, parce que c'est quelque chose de très beau », raconte Naïf Hijazi, 11 ans, qui vient d'Hébron. En Palestine, les chefs d'orchestre sont rares. Par manque d'orchestre d'abord, alors qu'il y a un véritable besoin car des ensembles se créent et les musiciens ne manquent pas. Mais peu de chefs sont formés. Il n'y a pas de véritable cursus de direction. Lamar Elias le précise : cette masterclass était inimaginable à ses débuts dans la musique. « Je n'aurais jamais dit qu'on pouvait avoir un chœur qui chante à quatre voix à Bethléem. Ce n'est pas un manque de culture, c'est juste que ce n'est pas la même éducation. On n'a pas accès à ces moyens. On a des super musiciens mais qui ne peuvent pas vivre ici. Je suis très émue de voir cela et de former des chefs de chœur, quelle chance », se réjouit-elle avec émotion. « Ce que l'on fait, c'est dire : "Oui, il y a un futur. Il y a des jeunes Palestiniens, des musiciens, des chœurs. Il y a des gens qui jouent, qui dirigent. C'est vers ce futur que nous avons envie d'aller ensemble », abonde Mathilde Vittu. À lire aussiCisjordanie: face aux attaques de colons, les Palestiniens forcés de quitter Mu'arrajat

Musiques du monde
Au Levant toutes ! Avec Yasmine Hamdan et #SessionLive Christine Zayed

Musiques du monde

Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 48:29


La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). (Rediffusion) Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.»  «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS]. Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon.   Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album  - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.

Musiques du monde
Au Levant toutes ! Avec Yasmine Hamdan et #SessionLive Christine Zayed

Musiques du monde

Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 48:29


La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). (Rediffusion) Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.»  «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS]. Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon.   Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album  - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.

Livre international
«Le Monde après Gaza» de l'écrivain indo-britannique Pankaj Mishra

Livre international

Play Episode Listen Later Dec 27, 2025 4:32


L'essai Le Monde après Gaza de l'écrivain indo-britannique Pankaj Mishra s'ouvre sur les derniers jours de l'insurrection dans le ghetto de Varsovie en 1943, réprimée dans le sang par les nazis. Comparant l'extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale à l'anéantissement de Gaza par Israël sous le regard complice des puissances démocratiques occidentales, Mishra pointe du doigt la radicalisation de la société israélienne et s'inquiète de l'effondrement moral généralisé. Puisant sa réflexion aussi bien chez Primo Levi, Hannah Arendt, Edward Said que James Baldwin, ce livre relit l'histoire contemporaine à travers une grille morale et invite ses lecteurs à construire le monde d'après en s'appuyant sur une nouvelle conscience politique et éthique.    RFI : C'est le sentiment de découragement face à l'effondrement moral généralisé qui vous a conduit à vous lancer dans l'écriture du Monde après Gaza. J'aimerais que vous nous expliquiez les raisons de votre découragement ? Pankaj Mishra : Je me suis retrouvé dans la situation de nombreuses personnes complètement déconcertées par la réaction d'Israël au 7-Octobre. Nous avons vécu des mois d'extermination de masse diffusés en direct, quelque chose de sans précédent dans l'histoire de l'humanité. En même temps, ce qui a été également inédit ces derniers mois, c'est de voir les démocraties occidentales qui prétendent défendre un ordre international fondé sur des règles, qui prétendent se battre pour la démocratie et les droits humains, appuyer Israël en lui apportant leur soutien tant diplomatique, militaire que moral. En conséquence, tout un système de normes, tout un système de lois, toute une manière de comprendre le monde, notre place en son sein, notre perception de nous-mêmes, de nos possibilités, et de ce que nos sociétés pourraient être à l'avenir, désormais tout cela est remis en cause. C'est de cela que je parle quand je vous dis que nous assistons à un effondrement moral généralisé. Je suis étonné de votre réaction. Vous semblez avoir oublié les violences des guerres coloniales, les atrocités commises en Corée et au Vietnam, la mauvaise foi qui a conduit à la guerre en Irak… Je pense que les gens de ma génération n'ont pas oublié les longues guerres et les atrocités de l'impérialisme. Je n'avais pas vraiment beaucoup d'illusions sur la nature de la démocratie occidentale ni sur cette rhétorique des droits de l'homme. Mais je dois admettre que, même pour des personnes comme moi, formées à l'histoire mondiale, les événements de Gaza - au cours desquels on a vu les gens abandonner leurs principes pour se ranger du côté des auteurs d'un génocide - ont été un choc immense. À quand situez-vous la corrosion morale dans la société israélienne que vous pointez et que vous n'êtes d'ailleurs pas le seul à évoquer ? Pour la plupart des observateurs, cette corrosion morale commence avec l'endoctrinement de la population israélienne et la construction d'une identité nationale fondée sur la Shoah et l'expérience juive en Europe. Pendant les premières années de l'existence d'Israël, la Shoah ne faisait pas partie de l'image que ce pays se faisait de lui-même. Les premiers dirigeants israéliens méprisaient les survivants de l'Holocauste : ils les voyaient comme des êtres faibles qui déshonoraient le pays parce qu'ils étaient allés à la mort sans résistance. Ce n'est que plus tard, à partir des années 1960, que le récit de la Shoah a été redécouvert et élaboré afin d'imposer une identité nationale cohérente. Ainsi, plusieurs générations d'Israéliens ont été endoctrinées avec ce message très dangereux selon lequel le monde qui les entoure serait rempli de gens cherchant à les tuer et à les éradiquer. Dans votre ouvrage, vous revenez longuement sur les mises en garde lancées en leur temps par d'éminents philosophes tels que Hannah Arendt et Primo Lévi contre cet endoctrinement. Pourquoi n'ont-ils pas été écoutés? C'est parce que le récit de l'Holocauste a d'abord été confisqué par l'État d'Israël, puis perverti pour servir les intérêts d'un État violent et expansionniste. Des penseurs comme Hannah Arendt, qui avaient vu en Europe les pires excès du nationalisme, étaient très conscients du risque de voir ressurgir ces dangers dans un nouvel État-nation tenté par le fascisme, le suprémacisme ethnique et racial. C'est pourquoi elle s'est farouchement opposée à l'idée du sionisme comme doctrine constitutive de l'Etat d'Israël. Primo Levi, lui, qui croyait en l'idée d'un Israël socialiste, fut totalement horrifié en découvrant les preuves des atrocités israéliennes commises contre les Libanais et les Palestiniens. Ces penseurs ne pouvaient concevoir que la Shoah serve de fondement à la légitimité d'Israël. Pour eux, cette légitimité ne pouvait reposer que sur le comportement éthique d'Israël dans l'ici et maintenant. C'est pourquoi je crois qu'il est de notre devoir, d'une certaine manière, de sauver la mémoire de la Shoah des mains de ceux qui l'ont tant instrumentalisée en Israël. Ne me méprenez pas : il n'est nullement question d'oublier la Shoah, mais il est seulement question de la délivrer de l'emprise de l'État d'Israël. Comment voyez-vous le monde après Gaza, qui est le titre de votre essai ? Vous savez, lorsque je songe à l'avenir, ce qui m'inspire véritablement de l'espoir, c'est la façon dont la jeunesse a su incarner à travers le monde une forme rare d'empathie et de compassion envers les victimes de la violence à Gaza. Ils l'ont fait en se levant, en se mobilisant, en donnant voix à leur indignation, et, ce faisant, ils nous ont renvoyé à nos propres manquements — nous, les aînés, ceux qui détenons le pouvoir, dans la politique, les affaires ou les médias. Ils nous ont rappelé, parfois avec sévérité, combien nous nous étions compromis, soit en tolérant ce génocide, soit en gardant le silence face à lui. Ces jeunes manifestants, ces étudiants sont descendus dans la rue, ils ont dénoncé les atrocités, nous poussant à écouter davantage la voix de notre conscience. J'espère qu'à mesure qu'ils vieilliront, accédant à leur tour à des positions d'influence et de responsabilité, ils se souviendront des positions profondément morales qu'ils ont su adopter dans ces temps sombres que nous venons de vivre. Et j'espère qu'ils trouveront le moyen de perpétuer ces valeurs de compassion et de solidarité qu'ils ont su si magnifiquement incarner au cours de ces 15 derniers mois marqués par la brutalité et la souffrance. Oui, on peut dire qu'il y a de l'espoir. Le Monde après Gaza, par Pankaj Mishra. Essai traduit de l'anglais par David Fauquemberg. Editions Zulma, 304 pages, 22,50€

Reportage International
Cisjordanie: la ville de Bethléem célèbre les festivités de Noël pour la première fois depuis le 7-Octobre

Reportage International

Play Episode Listen Later Dec 23, 2025 2:40


Avant le Covid-19 et la guerre à Gaza, Bethléem accueillait deux millions de pèlerins chaque année. C'est la ville où la tradition chrétienne situe la naissance de Jésus-Christ. Pour la première fois depuis le 7-Octobre, la municipalité a prévu un timide retour à la normale pour les festivités de Noël. Au programme, il y a la messe de minuit et le marché de Noël dans ce territoire occupé par Israël. Le cessez-le-feu à Gaza redonne un peu d'espoir aux habitants qui attendent que les touristes reviennent. De notre envoyée spéciale à Bethléem, La fanfare des scouts palestiniens accompagne l'illumination du sapin géant sur la Place de la Mangeoire, devant la Basilique de la nativité. La saison de Noël est lancée à Bethléem, où les dernières années ont été difficiles. La pandémie du Covid-19, les massacres du 7-Octobre et la guerre à Gaza ont coupé net l'afflux des touristes. On observe désormais un timide retour. « On m'a dit que cet évènement n'avait pas pu avoir lieu ces deux dernières années à cause de la guerre. Personne ne pouvait venir ici. C'est émouvant, la guerre n'est pas terminée, mais on ressent un peu d'espoir en étant ici », affirme Liu, une touriste chinoise de passage. Pour atteindre Bethléem en Cisjordanie occupée, Jawal, Palestinien de Jérusalem, a dû patienter aux points de contrôle avec sa famille. Sa femme est chrétienne et il tenait absolument à être présent. « C'est tellement important de revenir à une vie normale après deux années de guerre. Cela envoie le message que les choses vont aller mieux, ça nous rend optimistes », confie-t-il. « Bethléem, c'est une ville de tourisme » Ces deux dernières années, la municipalité de Bethléem avait annulé les festivités par solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Mais aujourd'hui, le marché de Noël est de retour dans une ville où 80 % de la population se déclare de confession musulmane. Comme Sahida, tout sourire : « Bethléem était comme endormie depuis deux ans avec la guerre à Gaza et là, c'est très important. On aime Bethléem, nous sommes Palestiniens et c'est la ville de nos racines. C'est une ville importante pour les trois religions : les musulmans, les chrétiens et les juifs. Bethléem, c'est une ville de tourisme, mais c'est important pour les gens, pas seulement pour l'économie ». Pourtant, le taux de chômage a explosé jusqu'à 60 % de la population. Avant, Hazim travaillait dans une agence de voyage qui a fermé. Désormais, le jeune homme aide un peu dans l'épicerie de son grand-père, près de la vieille ville. Il est très ému de témoigner : « Regardez-moi bien. Je suis jeune et j'ai l'air d'avoir 50 ans. Je suis vraiment fatigué de cette situation. Il faut que j'en parle sinon je vais exploser. Nous n'avons pas la possibilité de vivre notre vie normalement. Nous souffrons beaucoup, la situation est mauvaise, c'est pourquoi nous espérons que les touristes vont revenir. » Hazim ravale ses larmes. Ce chrétien orthodoxe célèbrera Noël début janvier. À lire aussiÀ Bethléem, le plus ancien orgue de la chrétienté résonne à nouveau

Grand reportage
«Le supplément du dimanche» du 14 décembre 2025

Grand reportage

Play Episode Listen Later Dec 14, 2025 48:29


En première partie : la Cisjordanie occupée. L'onde de choc de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et l'anéantissement de la Bande de Gaza qui a suivi, n'en finit pas de secouer la Cisjordanie, les colons se sentent pousser des ailes... avec notre reporter Lucas Lazo. En seconde partie : le monde automobile sud-africain, il est frappé de plein fouet par les taxes à l'exportation décidées par Donald Trump. Alexis Bédu est allé chez Mercedes à East London. Cisjordanie occupée, les oliviers de la colère L'homme que vous entendez s'appelle Bassem, Palestinien, de Cisjordanie occupée… Mi-octobre 2025, lui et sa famille ont été agressés par des colons israéliens alors qu'ils se rendaient sur leur parcelle de terre, pour récolter leurs olives. Violentes agressions, incendies, tir à l'arme automatique, arrachage d'oliviers, cette année la récolte des olives a été exceptionnellement violente.  En toile de fond : l'anéantissement de la Bande de Gaza consécutif à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, et les appels en Israël à l'annexion de la Cisjordanie / Judée et Samarie disent notamment les colons. Les oliviers, même s'ils comptent pour une part non négligeable de l'économie de Cisjordanie sont avant tout un symbole, celui de la lutte contre l'occupation israélienne. Un Grand reportage de Lucas Lazo qui s'entretient avec Jacques Allix. East London: en Afrique du Sud, une ville face aux taxes Trump Depuis plusieurs mois, Donald Trump cible directement l'Afrique du Sud. Dans ses discours, le président américain accuse Pretoria de ne pas protéger les fermiers afrikaners blancs, qu'il prétend victimes d'un « génocide ». Un Grand reportage d'Alexis Bédu qui s'entretient avec Jacques Allix.

Reportage International
Cisjordanie occupée: à Tubas, les habitants racontent l'opération militaire israélienne

Reportage International

Play Episode Listen Later Dec 9, 2025 2:13


Il y a deux semaines, l'armée israélienne a lancé une opération majeure dans le nord de la Cisjordanie occupée contre les groupes armés palestiniens. Notre correspondante s'est rendue dans la région de Tubas lorsque le bouclage de la zone a été levé. Un studio sens dessus dessous, du mobilier cassé, des bris de verres au sol, et à la place de la fenêtre un trou béant, le mur a été dynamité. Nous sommes au troisième étage de la maison de la famille Abadi. Visage tuméfié, Mahmoud, 75 ans, raconte l'intervention de l'armée israélienne à son domicile fin novembre, une opération antiterroriste disent les Israéliens, les soldats cherchaient des armes.  « J'ai dit " que se passe-t-il ", il a commencé à me frapper, il m'a dit de lever les mains, j'ai levé les mains. Et il a dit " où sont les armes ". Alors, j'ai dit moi, je ne suis qu'un civil, je n'ai pas d'armes, je ne connais rien aux armes. » Mahmoud Abadi a été interrogé pendant 2 heures, puis les militaires ont fait exploser le studio de son fils. Le fil détonateur pend encore sur la commode. Le vieil homme l'assure, il n'a aucune activité politique ou militaire : « Je ne suis ni du Fatah ni du Hamas. Je le jure, je ne suis pas du Hamas et j'ai dit au soldat : tu sais pourquoi ? parce que c'est le Hamas qui t'a amené ici après le 7-Octobre. Je ne suis ni du Hamas ni du Fatah. » Omar Abu el Hassan, le responsable de la communauté d'al Faara raconte comment s'est déroulé l'opération : « Vers 3 heures du matin environ, ils ont envahi le camp de réfugiés et ils sont partis vers 21 heures. Ils ont bloqué les rues. Ils ont occupé certaines maisons dans ces cas-là, ils les transforment en casernes militaires. Personne ne peut ni sortir ni entrer du camp, et ils ont commencé à fouiller les maisons, à vandaliser, à casser des choses. Les communications étaient coupées. » Sur la totalité de la région de Tubas, l'opération a duré six jours. Le gouverneur Ahmad Asaad fait le bilan du raid israélien : « C'est une opération militaire dans tous les sens du terme. Des hélicoptères Apache ont bombardé des maisons avec des mitrailleuses lourdes. On parle d'environ mille soldats, trois brigades de l'armée étaient présentes dans le gouvernorat de Tubas. » Au cours de l'opération, 200 personnes ont été arrêtées, douze sont restées détenues par l'armée israélienne.

Grand reportage
Cisjordanie occupée, les oliviers de la colère

Grand reportage

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 19:30


L'homme que vous entendez s'appelle Bassem, Palestinien, de Cisjordanie occupée… Mi-octobre 2025, lui et sa famille ont été agressés par des colons israéliens alors qu'ils se rendaient sur leur parcelle de terre, pour récolter leurs olives… Violentes agressions, incendies, tir à l'arme automatique, arrachage d'oliviers, cette année la récolte des olives a été exceptionnellement violente.  En toile de fond : l'anéantissement de la Bande de Gaza consécutif à l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023, et les appels en Israël à l'annexion de la Cisjordanie / Judée et Samarie disent notamment les colons. Les oliviers, même s'ils comptent pour une part non négligeable de l'économie de Cisjordanie sont avant tout un symbole, celui de la lutte contre l'occupation israélienne. «Cisjordanie occupée, les oliviers de la colère», un Grand Reportage de Lucas Lazo…Nous voici avec Bassem à Beita…

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Nigeria: quelles sont les vraies raisons de la démission du ministre de la Défense?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Dec 5, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des contradictions sur un accord entre Israël et l'Égypte et l'ingérence américaines dans la présidentielle hondurienne.  Nigeria : quelles sont les vraies raisons de la démission du ministre de la Défense ?   Au Nigeria, le ministre de la Défense Mohammed Badaru Abubakar a démissionné de son poste invoquant des raisons de santé. Ne s'agit-il pas d'un prétexte alors que le pays est confronté à une recrudescence des kidnappings de masse ? Pourquoi le président Tinubu a-t-il décidé de le remplacer par le général Christopher Musa, ancien chef d'état-major des armées limogé, il y a deux mois, pour des rumeurs de tentative de coup d'État ?   Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI.     Gaza : pourquoi Israël a-t-il annoncé que les habitants pourraient quitter le territoire par l'Égypte ?   Alors qu'Israël avait annoncé la sortie prochaine des Gazaouis par le point de passage de Rafah, situé entre l'enclave palestinienne et l'Égypte, Le Caire a immédiatement démenti avoir accepté un tel compromis. Comment expliquer ces contradictions ? Quelle était la stratégie des autorités israéliennes en annonçant l'ouverture de ce poste-frontière sachant que l'Égypte allait démentir ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.    Honduras : pourquoi Trump libère un ancien président narcotrafiquant ?  Condamné à 45 ans de prison par la justice américaine pour avoir importé aux États-Unis des centaines de tonnes de cocaïne, l'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández a bénéficié d'une grâce de Donald Trump. Comment expliquer cette décision ? Alors que le Honduras est en pleine période électorale, quelles peuvent être les conséquences politiques de cette libération ?    Avec Daniel Vasquez, doctorant au CNRS, affilié au Centre d'Études Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA) et spécialiste du Honduras.   Et en fin d'émission, la chronique «Un oeil sur les réseaux de Jessica Taieb». Au programme, le témoignage TikTok d'un mannequin guinéen qui rencontre des difficultés à voyager à cause de son passeport. 

Grand reportage
«Le supplément du dimanche» du 30 novembre 2025

Grand reportage

Play Episode Listen Later Nov 30, 2025 48:30


Nous commençons par une plongée au coeur de la Cisjordanie, la Cisjordanie occupée et menacée d'annexion pure et simple par Israël alors que vient d'être célébrée la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien des Nations unies. Nicolas Rocca a passé 2 jours sur place. En seconde partie d'émission, nous partirons pour l'Afrique du Sud, dans l'un de ces secteurs de non droit sous la coupe des gangs. Valentin Hugues a ainsi séjourné dans la banlieue du Cap.  À Hébron, la colonisation rue par rue Dans 2 jours, sera célébrée comme chaque année la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, instaurée par l'ONU. Les Nations unies qui approuvaient, il y a 78 ans, le plan de partage de la Palestine. La résolution 181. 78 ans… et quel partage ? Après plus de deux ans de guerre à Gaza, et une intensification sans précédent par Israël de la colonisation de la Cisjordanie occupée, ce plan n'a plus aucune réalité sur le terrain. Menace d'annexion, légalisation dans le droit israélien de colonies tout à fait illégales, selon le droit international, attaques lancées par les colons, hausse sans précédent de construction, d'avant-postes, destruction de villages palestiniens : Israël avance sur tous les fronts. Ce projet politique, qui achève tout espoir d'une solution à deux Etats, s'exprime avec toute sa violence, dans la plus grande métropole de Cisjordanie : Hébron. Nous y avons passé deux jours entre colons israéliens et habitants palestiniens. Un Grand reportage de Nicolas Rocca qui s'entretient avec Jacques Allix.   Dans la banlieue du Cap, une vie au milieu des gangs Afrique du Sud. Banlieue du Cap. Dans l'extrême Sud. La violence des gangs y a fait près de 500 morts en 6 mois. Un bilan glaçant qui illustre une violence de plus en plus débridée. À l'instar des situations de chaos dans des quartiers du Soudan du Sud, des villes mexicaines ou de Haïti. Les gangs y font la loi. En Afrique du Sud, le président Ramaphosa dit vouloir «s'attaquer» à ces zones de guerre. Mais les trop rares policiers bien armés sont souvent dépassés le soir, moment de tous les dangers. Notre correspondant a passé trois jours dans ces zones dangereuses, pour comprendre les guerres de territoires, les affrontements meurtriers, et la peur des habitants. Un Grand reportage de Valentin Hugues qui s'entretient avec Jacques Allix.

Reportage culture
«Des décennies d'impunité»: Chrystèle Khodr ravive sur scène le massacre du camp palestinien de Tall el-Zaatar

Reportage culture

Play Episode Listen Later Nov 29, 2025 2:28


Chrystèle Khodr, metteuse-en-scène libanaise, part comme toujours de documents réels pour restituer l'histoire et raviver une mémoire enfouie. Cette fois, elle nous fait remonter dans le temps. Dans la pièce Silence ça tourne, elle plonge dans les archives pour raconter le massacre du camp palestinien de Tall el-Zaatar aux abords de Beyrouth. Nous sommes en 1976, au début de la guerre civile au Liban. La pièce est jouée actuellement à la maison de la culture de Bobigny, en région parisienne. Elle sera en mars 2026 au Théâtre de la Bastille à Paris.   À lire aussi«Vers les métamorphoses»: Étienne Saglio jongle avec l'illusion et la poésie

Grand reportage
À Hébron, la colonisation rue par rue

Grand reportage

Play Episode Listen Later Nov 27, 2025 19:30


Le 29 novembre est célébrée comme chaque année la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, instaurée par l'ONU. Les Nations unies qui approuvaient, il y a 78 ans, le plan de partage de la Palestine. La résolution 181. 78 ans… et quel partage ? Après plus de deux ans de guerre à Gaza, et une intensification sans précédent par Israël de la colonisation de la Cisjordanie occupée, ce plan n'a plus aucune réalité sur le terrain. Menace d'annexion, légalisation dans le droit israélien de colonies tout à fait illégales, selon le droit international, attaques lancées par les colons, hausse sans précédent de construction, d'avant-postes, destruction de villages palestiniens : Israël avance sur tous les fronts. Ce projet politique, qui achève tout espoir d'une solution à deux Etats, s'exprime avec toute sa violence, dans la plus grande métropole de Cisjordanie : Hébron. Nous y avons passé deux jours entre colons israéliens et habitants palestiniens. «À Hébron, la colonisation rue par rue», un Grand reportage de Nicolas Rocca.

Reportage International
Cisjordanie: les enfants surreprésentés parmi les victimes de l'armée d'occupation

Reportage International

Play Episode Listen Later Nov 27, 2025 2:41


En Cisjordanie occupée, les enfants sont sur-représentés parmi les victimes de l'occupation militaire israélienne. Cinquante mineurs palestiniens ont été tués depuis le début de l'année 2025, la plupart par l'armée. Plus de 2 000 enfants et adolescents ont été arrêtés depuis les attaques du 7-Octobre, pour des séjours plus ou moins prolongés dans les prisons israéliennes, où ils subiraient des sévices dénoncés par les principales ONG de défense des droits humains. RFI est allé à la rencontre de Bassam : il a 17 ans et a été libéré dimanche 23 novembre, après six mois de détention dans la prison israélienne d'Ofer. De notre correspondant à Ramallah, Sous le regard de sa mère, Bassam soulève son t-shirt sous lequel les marques, sur son corps amaigri, racontent la prison israélienne. « J'ai encore les traces des coups, les marques des menottes. Pendant trois mois, je ne pouvais pas sentir mes mains. C'est le résultat de la maladie qu'on attrape en prison, la gale », témoigne-t-il. Le jeune homme de 17 ans a été arrêté pour avoir jeté des pierres sur une jeep de l'armée, puis condamné après des aveux contraints : « Ils m'ont interrogé pendant trois jours pour m'arracher des aveux. Ils menaçaient ma mère. Toute cette pression, surtout quand il parlait de ma mère, cela m'a détruit. J'ai eu peur pour elle, alors j'ai fini par avouer. Pour qu'ils ne lui fassent rien. » Prison ou pas, Bassam est un adolescent. Comme de nombreux jeunes de son âge, il vit et rêve football. « J'ai fourré un bout de drap dans une chaussette et j'ai serré autour avec un bout de tissu. Je l'ai cousue et j'ai commencé à jouer avec, comme un petit ballon. Un truc pour m'entraîner et jouer au foot dans la cellule », détaille-t-il. Des rêves qui n'ont pas leur place dans les cellules de la prison. « Le gardien m'a dit : "Toi, tu n'es pas au Camp Nou, tu n'es pas au Bernabeu", et il a commencé à me frapper en répétant : "Ici, ce n'est pas un terrain de jeu, ce n'est pas dans un stade." Moi, je me disais : avec tout ce que j'invente juste pour réussir à vivre un peu, ils me frappent quand même », se souvient-il. Pour avoir, lui aussi, jeté des pierres sur une jeep de l'armée israélienne, le frère de Bassam a été tué d'une balle dans la tête, en 2018. Il avait 16 ans. Son sourire juvénile est encadré sur les murs du salon. Sami, 15 ans, fan de football... abattu par un sniper À Kufr Aqab, près de Ramallah, un autre rêveur de ballon rond a été fauché par un tir de sniper, vendredi 21 novembre. Il s'appelait Sami et il avait 15 ans. « Il jouait sur sa trottinette électrique avec ses amis et son cousin, ils faisaient le tour du quartier, ils étaient contents. Ils ont entendu qu'il y avait une incursion de l'armée, alors comme n'importe quel jeune, par curiosité, ils sont allés voir. Le sniper a tiré et la balle l'a frappé dans le dos », raconte sa mère avec douleur. Celle-ci nous ouvre la chambre du garçon. Sur son lit, soigneusement pliée, sa tenue complète de l'équipe palestinienne de football. « Ils l'ont aussi arraché à ses frères et sœurs. Chaque matin, en se réveillant, ils respirent son odeur sur ses vêtements restés à la maison, et cela leur rappelle sa présence. C'est la seule chose qui nous aide à supporter son absence », confie-t-elle. Comme tous les vendredis, Sami aurait dû se rendre à l'entrainement. « Comme n'importe quelle mère palestinienne, je vivais dans la crainte : est-ce que mon fils va rentrer à la maison ou non ? Chaque fois qu'il quittait la maison, je le confiais à Dieu », se lamente-t-elle. Secouée de sanglots, la mère serre contre son cœur, les chaussures imbibées de sang que son fils portait, ce jour-là. À lire aussiL'armée israélienne lance une «vaste opération» dans le nord de la Cisjordanie

Décryptage
Les attaques de colons, l'autre guerre contre les Palestiniens

Décryptage

Play Episode Listen Later Nov 20, 2025 19:30


On les appelle les jeunes des collines. Un nom délicat pour décrire les extrémistes très violents qui s'en prennent aux Palestiniens en Cisjordanie. Agressions physiques, incendies de véhicules, de biens et même d'une mosquée en début de semaine, les Nations unies comptent 264 attaques au mois d'octobre 2025. Du jamais vu depuis qu'elles sont recensées. Les condamnations de l'armée israélienne sont timides. Le gouvernement minimise l'importance de ces raids. Le monde regarde vers Gaza, pendant ce temps, l'escalade se poursuit. Avec :  - Agnès Levallois, présidente de l'iReMMO (Institut de recherche d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient), chargée de cours à Sciences Po, autrice de Le Livre noir de Gaza (Seuil)  - Frédérique Misslin, envoyée spéciale permanente de RFI à Jérusalem.    À lire aussiCisjordanie occupée: des jeunes colons multiplient les violences contre des Palestiniens

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Mbappé-PSG : un bras de fer à plus de 700 millions d'euros

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la sentence d'un ancien chef de guerre soudanais, la force internationale à Gaza et les tensions entre Washington et Caracas. Mbappé-PSG : un bras de fer à plus de 700 millions d'euros   Alors que Kylian Mbappé réclame 263 millions d'euros au Paris Saint-Germain devant le Conseil des Prud'hommes de Paris, son ancien club lui en demande 440 millions. Comment expliquer ces sommes colossales ? Un accord à l'amiable est-il encore envisageable ? Avec Baptiste Leduc, journaliste au service des sports de RFI.   Soudan : quelle sentence pour l'ancien commandant Janjawid Ali Kushayb ?   La Cour pénale internationale doit délivrer sa sentence contre Ali Kushayb, accusé de «crimes de guerre et de crimes contre l'humanité» commis en 2003 et 2004 au Darfour. Pourquoi le procès de cet ancien chef de guerre ne se tient que maintenant, plus de 20 ans après les faits ? Quel verdict la CPI pourrait-elle rendre ? Avec Stéphanie Maupas, correspondante permanente de RFI à La Haye.     Gaza : à quoi ressemblera la force de stabilisation internationale ?  Le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté une résolution reprenant le plan de paix de Donald Trump, qui prévoit le déploiement d'une force internationale dans la bande de Gaza. Quel sera son mandat ? Quid des pays contributeurs ? Pourquoi la Russie et la Chine se sont abstenues de voter alors que les deux pays soutiennent la cause palestinienne ? Avec Frédéric Encel, professeur en Géopolitique à Sciences-Po Paris. Auteur de «La guerre mondiale n'aura pas lieu: les raisons géopolitiques d'espérer» (éditions Odile Jacob).    États-Unis : vers un apaisement des tensions avec le Venezuela ?   Alors que les États-Unis poursuivent leur déploiement militaire au large du Venezuela, Donald Trump s'est dit prêt à parler avec son homologue, Nicolas Maduro. Pourquoi le président américain veut-il finalement engager un dialogue ? Est-ce un premier pas vers une désescalade militaire entre les deux pays ?   Avec Pascal Drouhaud, président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique latine.

Les matins
Francesca Albanese, rapporteuse de l'ONU sur les territoires palestiniens : "Je suis pro-droits humains"

Les matins

Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 39:10


durée : 00:39:10 - L'Invité(e) des Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, publie “Quand le monde dort”. Dans ce livre, elle tisse un récit autour de la Palestine à travers dix portraits, autant de témoignages qui éclairent les multiples facettes du conflit. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Francesca Albanese rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Israël : la commission d'enquête sur le 7 octobre 2023 sera-t-elle indépendante ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'arrivée de réfugiés palestiniens en Afrique du Sud, la censure d'applications pour les LGBT en Chine et la réforme constitutionnelle au Bénin. Israël : la commission d'enquête sur le 7 octobre 2023 sera-t-elle indépendante ? La décision du gouvernement de Benyamin Netanyahu de lancer sa propre enquête sur les défaillances autour de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 est vivement contestée. Alors que les familles des victimes et l'opposition réclament une commission d'État, pourquoi les autorités se contentent d'une commission gouvernementale ?   Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.    Afrique du Sud : qui se cache derrière l'arrivée des réfugiés palestiniens ?    153 réfugiés palestiniens sont arrivés à Johannesburg jeudi dernier (13 novembre 2025) dans des conditions qualifiées de «mystérieuses» par le président Cyril Ramaphosa. Derrière cette opération, une organisation controversée appelée Al Madj Europe. Que sait-on de cette ONG ? Pourquoi l'Afrique du Sud a-t-elle accepté de les accueillir alors qu'ils n'étaient pas en règle ?   Avec Claire Bargelès, correspondante de RFI à Johannesburg.     Chine : Pékin en guerre contre les applications de rencontre LGBTQ   Alors que les autorités chinoises multiplient les mesures de contrôle sur Internet, Pékin a désormais supprimé Blued et Finka, les deux principales applications de rencontre destinées aux personnes LGBTQ. Pourquoi cette censure ? La répression contre cette communauté est-elle récurrente ?  Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin.     Bénin : la réforme constitutionnelle au cœur d'un bras de fer   Allongement de la durée des mandats du président de la République et des députés, création d'un Sénat, l'adoption de la révision constitutionnelle suscite de vives critiques dans les rangs de l'opposition. Pourquoi une telle réforme à seulement cinq mois de la présidentielle ? Pourquoi l'opposition affirme-t-elle que ces changements avantagent la majorité présidentielle ?     Avec Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.

Géopolitique, le débat
Quelle recomposition pour le Proche-Orient ?

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Nov 16, 2025 48:29


Quelle recomposition pour le Proche-Orient ? Le 7 octobre 2023, le massacre de 1 200 Israéliens par des commandos du Hamas venus de Gaza plongeait l'État hébreu dans la stupeur et la colère... Les représailles furent immédiates. Un déluge de feu s'est abattu sur la bande de Gaza, prélude à une effroyable guerre qui a fait jusqu'à présent plus de 68 000 morts palestiniens, dont au moins 18 000 enfants, et transformé les trois-quarts du territoire en champ de ruines. Depuis deux ans, cette guerre cristallise les passions et bouscule un Proche-Orient forgé, il y a un siècle, par les diplomaties européennes, après la disparition de l'Empire ottoman… C'est dans cette histoire tourmentée que nous plonge Ziad Majed dans son dernier livre «Le Proche-Orient, miroir du monde. Comprendre le basculement en cours» qui vient de paraître aux éditions La Découverte. Invité : Ziad Majed, professeur à l'Université américaine de Paris, directeur du programme des études du Moyen-Orient.

Reportage International
Des habitants de villages palestiniens voient leur statut de résidence modifié par Israël

Reportage International

Play Episode Listen Later Nov 13, 2025 2:42


À Jérusalem, ce jeudi 13 novembre 2025, à la sortie de la ville, après la colonie de Ramot, nous vous proposons une illustration de la colonisation rampante. Trois villages palestiniens vivent isolés du reste des territoires palestiniens et ils ont appris qu'ils étaient désormais situés sur « une zone de jonction », qui change leur statut et leurs papiers de résidence.  De notre correspondante à Jérusalem, La petite école de Nabi Samuel est en préfabriqué, Nawal Barakat y enseigne les mathématiques. Elle a appris en septembre dernier que son village de 300 habitants avait changé de statut. L'organisme israélien chargé d'administrer les territoires palestiniens occupés, le Cogat lui a délivré un nouveau permis pour qu'elle puisse vivre chez elle. « Nous sommes allés chercher ces nouveaux permis, ce sont des cartes à puces magnétiques de couleur orange. Ce permis, c'est juste pour entrer et sortir du village. Ça nous inquiète beaucoup. Nous ne savons pas ce que signifie "Nouveau résident" inscrit sur la carte, s'inquiète Nawal. Je suis ici chez moi, et les habitants du village aussi, nous sommes nés là. Pourquoi me dit-on "nouveau résident" ? Cette phrase est ambiguë. On ne sait pas vraiment ce qui se passe. » Une carte magnétique qui fait office de permis de résidence Nabi Samuel n'est pas le seul village concerné par les nouvelles règles. Beit Iksa se trouve six kilomètres à vol d'oiseau. En voiture, c'est plus compliqué. Le jour de notre reportage, impossible de passer, les militaires israéliens interdisent l'accès aux étrangers. Nous avons rendez-vous avec un conseiller municipal, Imad Zayed qui nous rejoint donc de l'autre côté du check point, au bord de la route. Imad Zayed explique qu'il sort toujours de chez lui avec une série de cartes dans son portefeuille : « Chaque personne a besoin de trois choses : une carte d'identité, la nouvelle carte magnétique qui est un permis de résidence et l'enregistrement sur l'application appelée le coordinateur al Monasseq. C'est sur le téléphone. L'autorisation est valable pendant un an. Cette carte orange, sans l'autorisation sur l'application, ne vaut rien. Mais sans cette carte, je ne peux pas entrer non plus. » Une « annexion administrative » Ces Palestiniens coincés entre la ligne verte de 1967, le mur de séparation et les colonies, étaient habitués aux restrictions de déplacement, mais les nouvelles mesures les isolent davantage et rendent leur quotidien encore plus compliqué pour se déplacer ou faire entrer des marchandises dans le village. De facto, Israël a récupéré 20 km² de territoire. Pour Salah Al Khawaja, activiste contre la colonisation à Ramallah, toute cette bureaucratie a un objectif très clair : « Aujourd'hui, avec la politique de Ben-Gvir, Smotrich et Netanyahu, les trois villages sont traités différemment du reste des territoires palestiniens. Il y a une annexion administrative. Une annexion administrative, cela signifie que les règles changent comme ce nouveau statut de résident, même pour ceux qui sont nés dans le village Nabi Samuel. » Salah estime que c'est une façon de briser le rêve d'un État palestinien.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Gaza: que sait-on de la future force internationale ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 10, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la levée des sanctions onusiennes contre le président syrien, l'arrestation d'un cadre du PPA-CI et un accord entre les démocrates et républicains pour mettre fin au shutdown. Gaza : que sait-on de la future force internationale ?    Les États-Unis ont présenté un projet de résolution destiné à être débattu au Conseil de sécurité de l'ONU pour envoyer une force internationale dans la bande de Gaza. Donald Trump a annoncé qu'elle serait « déployée très bientôt ». Quel serait le rôle de cette force ? Comment les Palestiniens pourraient-ils réagir à la présence de militaires étrangers dans l'enclave ?   Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.   Syrie : pourquoi l'ONU a-t-elle levé les sanctions contre le président al-Charaa ?    Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté la levée des sanctions visant le président syrien par intérim. Ahmed al-Charaa ne figure plus sur la liste des personnes soutenant le terrorisme. Comment expliquer cette décision alors que le tombeur de Bachar el-Assad est un ancien jihadiste qui s'était rallié à al-Qaïda ? Avec Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen et chargé de cours à l'Université de Genève.   Côte d'Ivoire : un proche de Laurent Gbagbo dans le viseur de la justice    Vice-président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, Damana Adia Pickass, a été arrêté et placé en détention préventive. Le parti de Laurent Gbagbo dénonce un « acharnement judiciaire » et y voit une tentative de museler l'opposition. Que lui reproche la justice ivoirienne ? Que risque-t-il alors qu'il est déjà condamné à dix ans de prison dans une autre affaire ?   Avec Bineta Diagne, correspondante permanente de RFI à Abidjan.   États-Unis : vers la fin du shutdown ?    C'est le shutdown le plus long de l'histoire des États-Unis. Après 40 jours de paralysie budgétaire avec d'importantes conséquences sociales et économiques, les sénateurs démocrates et républicains sont enfin parvenus à un accord. Pourquoi le blocage a-t-il été si long ? Quelles ont été les conséquences de cette situation ?  Avec Françoise Coste, historienne et professeure d'études américaines à l'Université de Toulouse Jean-Jaurès.

Reportage International
À Gaza, l'humour malgré l'horreur: un père et sa fille racontent leur quotidien en vidéos

Reportage International

Play Episode Listen Later Nov 8, 2025 2:30


Ibrahim Farahajallah, un habitant de la ville de Khan Younès, connaît depuis deux ans la famine et le quotidien sous les bombes israéliennes. Pourtant, avec sa fille, ils tournent des vidéos comiques qui font des millions de vues. En mélangeant poésie et humour, ils dépeignent le quotidien dramatique des Gazaouis. Notre correspondant à Gaza, Rami El Meghari, l'a rencontré.  De notre correspondant à Gaza et de notre envoyé spécial à Jérusalem  Un sac de farine sur l'épaule, Ibrahim Farahajallah rejoue sur internet une scène qu'il a vécue dans les rues de Gaza. Une vidéo qui a fait 18 millions de vues sur Facebook. « Je rentrais chez moi, je portais mon sac de farine, et quelqu'un m'a demandé si je pouvais le vendre. On était au plus fort de la famine. Alors, je lui ai répondu immédiatement : "Mais si je vends ma farine, je vends ma propre personne, parce que la faim de mes enfants me coupe les veines" », raconte-t-il. Depuis l'horreur qui s'est abattue sur Gaza dans la foulée du massacre du 7 octobre 2023, Ibrahim n'a cessé de créer, dans sa tente de la banlieue de Khan Younès. La boucherie familiale détruite par les bombes, la peur, la vie, les habitants entassés les uns sur les autres... Il raconte le quotidien de l'enclave sur les réseaux sociaux en reprenant notamment des extraits de films cultes, accompagné de sa fille Reem. « Honnêtement, ma vidéo que je préfère, parmi celles qu'on a faites avec ma fille, c'est celle sur le partage de l'aide. Pour nous, l'aide est tellement rare, et à la fin, il ne nous reste presque rien », confie Ibrahim Farahajallah. Inspiré d'une scène d'un film égyptien où les acteurs se partagent un bout de fromage, il a dû adapter la vidéo avec les moyens du bord. « Je suis allé chercher un biscuit, il coûtait 20 shekels. Tu t'imagines ? Ce biscuit coûtait plus de dix dollars ! », s'exclame-t-il. À lire aussiBande de Gaza: l'enfer de 1,1 million d'enfants pris au piège entre guerre et malnutrition À force de diviser le biscuit entre lui et sa fille, Ibrahim se retrouve sans rien. Une métaphore des conditions de vie qu'ils connaissent depuis plus de deux ans. « C'était le moment où on n'avait pas d'aide. La famine s'était intensifiée et il ne nous restait que des miettes. Même si on nous apportait quelque chose, en réalité, il ne nous restait presque rien. C'était insignifiant, inexistant », se désole-t-il. Les millions de vues, ainsi que le soutien apporté par les médias et les internautes du monde entier ont, en partie, adouci ce quotidien marqué par la faim et les bombardements. Mais cela n'a pas atténué l'espoir de construire une vie ailleurs. Notamment pour Reem, âgée de 10 ans. « Mon rêve, c'est de devenir dentiste pour pouvoir soigner les dents de ma mère. Si je vais en Égypte, je ferai aussi des vidéos et prendrai des cours de comédie. Mon rêve, tout de suite, c'est que la guerre s'arrête, qu'on reprenne une vie normale, quand au moins, on avait de la bonne nourriture », confie la fillette. Le niveau d'aide humanitaire qui entre dans l'enclave reste nettement inférieur au niveau prévu par l'accord de cessez-le-feu. À lire aussi«From Ground Zero», 22 courts métrages de Gazaouis

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Israël : scandale après la fuite d'une vidéo

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 6, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur le rejet d'un projet de résolution qui accuse Macky Sall de haute trahison, les tensions entre Caracas et Washington et la libération de deux otages français en Iran. Israël : scandale après la fuite d'une vidéo   L'ancienne procureure générale de l'armée israélienne, Yifat Tomer-Yerushalmi, a été arrêtée après la diffusion d'une vidéo montrant des violences et des abus sexuels infligés par des soldats israéliens à des détenus palestiniens. Dans quel but aurait-elle fait fuiter cette vidéo ? Comment le gouvernement réagit-il ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.    Sénégal : Macky Sall échappe à l'accusation de «haute trahison»  L'Assemblée nationale sénégalaise a rejeté un projet de résolution visant à accuser l'ancien président Macky Sall de «haute trahison» pour sa gestion des finances publiques lors de son dernier mandat. Comment expliquer cette situation alors que le Pastef, le parti au pouvoir, détient la majorité à l'Assemblée ? Le texte pourrait-il être de nouveau présenté ?    Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente de RFI à Dakar.     Venezuela : pour Trump, le régime Maduro touche à sa fin   Dans un entretien accordé à la chaîne CBS, Donald Trump a affirmé que les jours de Nicolás Maduro à la tête de son pays étaient comptés, ravivant les tensions entre Washington et Caracas. Le mandat du président vénézuélien est-il vraiment en danger ?  Avec Pascal Drouhaud, président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique latine.     Iran : les otages français Cécile Kohler et Jacques Paris enfin libres   Détenus depuis plus de trois ans en Iran, les Français Cécile Kohler et Jacques Paris sont sortis de prison, ce mardi. Comment expliquer leur libération alors que la justice iranienne venait de les condamner respectivement à 20 ans et 17 ans de prison ? Pourquoi la diplomatie iranienne parle-t-elle de «libération conditionnelle» ?  Avec Kévan Gafaïti, enseignant à Sciences Po Paris, président de l'Institut des relations internationales et de géopolitique. 

Musiques du monde
Au Levant toutes ! Avec Yasmine Hamdan et #SessionLive Christine Zayed

Musiques du monde

Play Episode Listen Later Oct 25, 2025 48:29


La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.»  «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS].   Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon.   Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album  - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.

Musiques du monde
Au Levant toutes ! Avec Yasmine Hamdan et #SessionLive Christine Zayed

Musiques du monde

Play Episode Listen Later Oct 25, 2025 48:29


La poétique du souvenir avec Yasmine Hamdan (Liban) et Christine Zayed (Palestine). Yasmine Hamdan est notre 1ère invitée pour la sortie de son 3ème album I Remember I Forget Yasmine Hamdan a d'abord surgi sur la scène musicale avec la formation indie électronique pionnière Soapkills, formée avec Zeid Hamdan dans le Beyrouth de la fin des années 90. Le répertoire entêtant et irrévérencieux du duo ainsi que ses visuels auront rayonné créativement à travers le monde arabe et au-delà, culminant avec une anthologie en 2015. Après s'être installée à Paris en 2005, la musicienne collabore avec le producteur Mirwais (ex-Taxi Girl et producteur de Madonna) pour le projet Y.A.S., à l'origine d'un album dansant et raffiné, Arabology, paru chez Universal en 2009. Depuis, elle s'est fait un nom au-delà des frontières en tant qu'autrice-compositrice et productrice solo, entrelaçant avec élégance des univers éloignés comme la poésie, la pop et la tradition panarabe, l'electronica, la soul ou encore la guitar music. Elle a collaboré avec des cinéastes de tous horizons tels que Elia Suleiman, Jim Jarmusch (chantant notamment à l'écran dans le film de 2013 Only Lovers Left Alive), Daniele Arbid ou Ghassan Salhab, et a joué au sein de projets collectifs majeurs comme Africa Express. En solo, Yasmine Hamdan a sorti un premier disque en 2013, Ya Nass, un en 2017, Al Jamilat, et à présent son troisième album I Remember I Forget, co-produit aux côtés de son collaborateur de longue date Marc Collin (Nouvelle Vague). La mémoire est une force sans pareille. I Remember I Forget [Je me souviens que j'oublie] succède à deux disques solo salués à l'international, Ya Nass (2013) et Al Jamila (2017). L'album scelle la réputation de Yasmine Hamdan en tant que conteuse talentueuse, performeuse captivante et défricheuse indépendante. L'artiste polyglotte, née à Beyrouth et installée à Paris, a toujours mêlé dans sa musique l'intime, le poétique et la politique, souvent avec un humour vif, puisant ses influences dans les dialectes et sonorités du monde pan-arabe et d'ailleurs. C'est plus que jamais le cas sur ce nouvel album, un ensemble de chants de beauté et de fureur légitime, forgé dans le tumulte de crises mondiales, notamment l'explosion en 2020 du port de Beyrouth et l'effondrement économique du Liban (désastre financier qui aura protégé l'élite aux dépens du plus grand nombre). Dans un monde moderne de plus en plus fracturé, les prises de parole de Yasmine Hamdan semblent plus vitales que jamais. «Pour cet album, je voulais m'attacher à un lieu spécifique — et il fallait que ce soit le Liban», explique Yasmine Hamdan. «Mon lien avec le Liban et ce qui lui est arrivé a constitué le terreau à partir duquel j'ai commencé à écrire et composer l'album. Cependant, au fur et à mesure du processus créatif, cet endroit est devenu un symbole, une métaphore, une catharsis pour ce qui se passe plus largement dans le monde et à travers l'expérience collective.»  «En dépit de la douleur ressentie devant ce qui est infligé à mon lieu de naissance, s'est installé peu à peu un sentiment de tendresse, de familiarité, ce qui m'a apporté de l'espoir et de l'inspiration. Beyrouth a certainement continué à être généreuse avec moi», raconte-t-elle. Yasmine Hamdan s'est ainsi attelée à l'écriture des chansons, renouant pour l'occasion avec un collaborateur de longue date, Marc Collin (Nouvelle Vague). I Remember I Forget a été produit sous la tutelle de leurs labels respectifs, Hamdanistan et Kwaidan, et paraît chez Crammed Discs / [PIAS].   Titres joués durant l'entretien : I Remember I Forget, Shmaali, Shadia et The Beautiful Losers. ► Album I Remember I Forget (Crammed Discs / [PIAS] 2025). Site Yasmine Hamdan - Bandcamp. YouTube. Actu concert 18 mars, Paris Le Trianon.   Puis la #SessionLive reçoit Christine Zayed pour l'album Kama Kuntu. Née dans une famille mélomane de Palestine, élevée entre Jérusalem et Ramallah, Christine Zayed est une chanteuse, une compositrice et une instrumentiste, virtuose du qanûn. Elle a été initiée dès son plus jeune âge à la musique arabe classique et contemporaine, ainsi qu'à la musique traditionnelle palestinienne. Son répertoire s'appuie principalement sur la musique arabe classique, basée sur le maqam (la science et la pratique de l'improvisation modale arabe), et sur la poésie arabe, en particulier la poésie palestinienne contemporaine. Ses compositions, fortement ancrées dans la tradition, sont résolument contemporaines, recherchant les chemins de la modernité dans le croisement avec d'autres univers musicaux. Elle vit et travaille en France depuis quelques années et collabore à de multiples projets, notamment au sein de l'Ensemble Chakâm ou du groupe Atine. Elle se produit en solo ou en trio avec le flûtiste Sylvain Barou et le percussionniste Habib Meftah interprétant un répertoire que l'on retrouve dans son premier album, Kama Kuntu («Ce que j'étais»). On y croise plusieurs invités, notamment Piers Faccini. Titres interprétés au grand studio : - Avant que je photographie les oiseaux, Live RFI - Animal, Feat. Piers Faccini, extrait de l'album  - Ghalimi Live RFI. Line Up : Christine Zayed (qanûn, chant), Sylvain Barou (flûtes, duduk) et Habib Meftah (percussions) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Kama Kuntu (T-Rec 2024). Site - YouTube. Actu concerts : 11 décembre – Festival NoBorder, Brest // en trio + 12 décembre – Le Chenal, Porspoder // dans le cadre de NoBorder // en trio.

Reportage International
En Cisjordanie, le poids psychologique de la colonisation israélienne

Reportage International

Play Episode Listen Later Oct 19, 2025 2:29


En Cisjordanie occupée, plus de 40 000 personnes ont été déplacées de force depuis le début de l'année. Expulsions, arrestations, check-points, tout cela concourt à mettre les Palestiniens sous haute pression. L'impact psychologique, l'une des faces invisibles de la colonisation, touche enfants comme adultes et inquiète les praticiens sur place. De notre correspondante de retour de Bethléem,  Lever aux aurores pour Razzan Quran. Elle est psychologue itinérante. Ce matin, elle est attendue à Bethléem, à seulement 30 kilomètres de chez elle, à Ramallah. Elle est sortie près de trois heures avant son rendez-vous. « Chaque jour, chaque heure, ils ouvrent ou ferment un nouveau check-point, se plaint-elle. Personnellement, je ne peux jamais prévoir avec certitude à quel moment je vais arriver. Votre boussole interne est littéralement déréglée. Être dans un véhicule avec d'autres Palestiniens me procure un sentiment de protection et de confiance. » Si elle se sent protégée dans l'habitacle de ce taxi collectif, Razzan évoque le stress que représente le moindre trajet sur les routes de Cisjordanie occupée. Check-points, murs, barbelés, drapeaux israéliens, tours de contrôle, colonies… Tout sur le chemin rappelle l'occupation : « Un État colonial a besoin de s'imposer avec ce type de symboles. De grands drapeaux israéliens, c'est pour dire : "Je suis là !", "C'est à moi !". Ce besoin frénétique de dire "c'est à moi" raconte qu'en fait tu sais que ce n'est pas à toi… » Les blessures invisibles de l'occupation Parce qu'elle est psychologue, Razzan a les moyens de mettre à distance cette pression. Mais tous les Palestiniens n'ont pas cette chance. Dans cette cellule d'écoute psychologique à Bethléem, elle et ses confrères peinent parfois à apaiser la douleur de leurs patients. L'assistante sociale souhaite attirer aujourd'hui l'attention de Razzan sur le cas d'une petite fille de 10 ans qui s'est renfermée sur elle-même depuis peu. « Elle était dans le champ avec sa famille en train de travailler la terre, raconte l'assistante sociale. L'armée israélienne a débarqué. Les soldats ont lancé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes et la petite fille a eu peur. Depuis, elle n'accepte de sortir qu'après avoir demandé exactement où va sa famille. Si elle estime qu'ils peuvent tomber sur l'armée, elle ne sort pas, elle reste à la maison. » « L'aspect psychologique est un tribut invisible pour le monde extérieur, ajoute-t-elle. Mais quelqu'un comme notre assistante sociale qui est en poste ici depuis 23 ans est bien placée pour voir à quel point ce phénomène augmente. » Face à ce futur toujours plus angoissant, Razzan Quran applique à elle-même le conseil qu'elle donne à ses patients : tenter autant que possible de se concentrer sur l'instant présent. Une forme de « résistance », dit-elle.

Reportage International
Prisonniers palestiniens libérés vers l'Égypte: «L'exil reste 10000 fois plus enviable que la prison»

Reportage International

Play Episode Listen Later Oct 16, 2025 2:34


Dans le cadre de l'échange des 250 prisonniers palestiniens condamnés à des peines de prison à vie contre les derniers otages détenus par le Hamas ce lundi 13 octobre 2025, de nombreuses familles palestiniennes espéraient retrouver leurs proches avant de découvrir qu'ils avaient été envoyés en Égypte. C'est le cas de cette femme rencontrée à Naplouse, en Cisjordanie, et dont le frère avait été incarcéré en 2006 pour avoir préparé un attentat contre Israël. De notre correspondant de retour de Naplouse, D'abord, la désillusion… Nour a attendu que le dernier des 88 prisonniers libérés ce lundi à Ramallah descende du bus pour comprendre que son frère n'en était pas : « On est restés jusque dans l'après-midi. Tous ceux qui étaient dans les bus sont partis, on est restés encore un peu puis on a abandonné pour rentrer à Naplouse. » Ensuite le soulagement, il serait en route pour l'Égypte, exilé, mais libre : « L'un des prisonniers a appelé sa famille avec le téléphone du chauffeur de leur bus, j'ai appris que mon frère était parmi eux, c'est là que la peur a disparu. » Dans un coin de la pièce, le sac de voyage est prêt. S'il ne peut pas revenir en Palestine, alors elle ira le voir en Égypte. D'ici là, il faut l'appeler comme pour se rassurer à nouveau, rien d'évident après plus de vingt-ans en prison : « Mon fils est resté en ligne avec lui jusqu'à trois heures du matin, pour essayer de lui créer des comptes Facebook et WhatsApp. Le lendemain, on a pu lui parler en appel vidéo. Et hier soir, depuis le dîner jusqu'à deux heures du matin, on était encore avec lui, mon fils, mes enfants qui sont à l'étranger, mon mari et moi. C'était vraiment une belle conversation, chacun parlait un peu à son tour. » À lire aussiGaza: faim, entrave, torture... les otages du Hamas racontent leurs terribles conditions de détention « C'était un déchaînement de violence » Dans une chambre d'hôtel du Caire, c'est un visage émacié, drapeau de la Palestine sur les épaules, qui s'affiche sur l'écran et déroule le récit de sa sortie de prison : « Nous avons été humiliés, c'était un déchaînement de violence, les services de renseignements israéliens nous ont interrogés. Ils nous ont menacés, ils expliquaient qu'ils allaient nous tuer pour tout un tas de raisons incroyables, ou qu'ils nous re-arrêteraient. » Les prisonniers sont finalement embarqués pour un long périple. Par les fenêtres, ils découvrent les destructions de Gaza au moment de passer la frontière avec l'Égypte. C'est seulement là, au point de passage de Rafah, qu'on le libèrera des liens qui ont laissé des plaies à vif sur ses poignets :  « Le pays de mon cœur, c'est la Palestine, et c'est là-bas que j'espérais être libéré, et j'aimerais pouvoir y revenir un jour pour y retrouver ma famille. Mais l'exil reste 10 000 fois plus enviable que la prison. » Plus enviable que la prison, et peut-être moins dangereux qu'un retour en Cisjordanie occupée, voudrait croire Nour : « Nos prisonniers, même libres, restent menacés. Au lendemain des libérations, ils ont fait irruption dans les maisons de certains détenus libérés et ont tout cassé. Mon frère était menacé avant même sa libération, ils lui ont dit que s'il s'écartait des clous, ils allaient le retrouver et qu'ils savaient tout de ses moindres faits et gestes. » Ce harcèlement des anciens prisonniers par les forces israéliennes sont documentées par plusieurs ONG investies dans le soutien juridique des détenus palestiniens dont la plupart, refusent de s'exprimer par peur de représailles. À lire aussiPrisonniers palestiniens : Israël « commet des disparitions forcées contre des détenus originaires de Gaza »

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Négociations sur Gaza : vers la libération du très populaire Marwan Barghouti ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Oct 9, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur le nouveau directeur général de l'Unesco, la crise politique en France et ses conséquences économiques. Négociations sur Gaza : vers la libération du très populaire Marwan Barghouti ?  Un accord a été trouvé entre Israël et le Hamas pour libérer les otages israéliens en échange de 2 000 détenus palestiniens. Lors des négociations, le mouvement palestinien a réclamé avec insistance la libération de Marwan Barghouti, emprisonné depuis plus de vingt ans en Israël. Que représente cet homme pour le Hamas ? Benyamin Netanyahu est-il prêt à céder sur sa libération alors qu'il est considéré comme un « terroriste » ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.      Unesco : un Égyptien élu à la tête de l'organisation  En recueillant 55 voix contre 2, l'Égyptien Khaled El-Enany a été élu nouveau directeur général de l'organisation des Nations unies face au candidat congolais Firmin Edouard Matoko. Comment expliquer un tel plébiscite ? Quels seront ses dossiers prioritaires ? Avec Christina Okello, journaliste au service Afrique de RFI.      France : vers un Premier ministre de gauche ?  Depuis la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, les socialistes, écologistes et communistes réclament la nomination d'un Premier ministre de gauche. À quoi pourrait ressembler cette cohabitation ? Cette option est-elle envisageable pour le président Emmanuel Macron ?  Avec Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos France.      France : les conséquences économiques de la crise politique   L'instabilité chronique de la vie politique française depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 jusqu'à la démission surprise de Sébastien Lecornu a-t-elle des conséquences sur l'économie du pays ? Avec Simon-Pierre Sengayrac, co-directeur de l'Observatoire de l'économie à la Fondation Jean-Jaurès.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Stérilisation forcée: le Danemark reconnaît ses torts face aux femmes groenlandaises

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Sep 30, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les drones suspects en Allemagne, MSF forcé de quitter Gaza-ville et le rétablissement des sanctions occidentales contre l'Iran. Stérilisation forcée : le Danemark reconnaît ses torts aux femmes groenlandaises  Plus d'un demi-siècle après la mise en place de programmes de contraception et de stérilisation forcée visant des milliers de jeunes femmes groenlandaises, la Première ministre danoise a présenté des excuses officielles au nom de son pays. Pourquoi le Danemark avait-il imposé la contraception et la stérilisation aux femmes groenlandaises ? Quelles suites les victimes attendent-elles après ces excuses officielles ? Avec Ottilia Ferey, correspondante de RFI à Stockholm.    Allemagne : Berlin riposte face à la menace des drones  Alors que plusieurs drones non identifiés ont survolé l'espace aérien de pays européens, l'Allemagne a annoncé autoriser à abattre les drones suspects. Pourquoi les autorités allemandes étaient jusque-là réticentes à prendre une telle décision ? Berlin suspecte Moscou, mais y a-t-il des preuves ?   Avec Pascal Thibaut, correspondant de RFI à Berlin.    Gaza : MSF contraint de quitter la ville  L'ONG Médecins sans frontières a annoncé devoir quitter Gaza-ville à cause de la nouvelle offensive israélienne. Quelles sont les conséquences immédiates de cette décision pour les patients qui étaient suivis par l'ONG ? Les opérations continuent cependant dans d'autres secteurs du territoire palestinien. Comment les équipes de MSF parviennent à continuer de travailler malgré l'intensité des combats ?   Avec Jacob Granger, coordinateur d'urgence de Médecins sans frontières à Gaza.    Iran : rétablissement des sanctions européennes  Les Nations unies ont rétabli les sanctions, «faute de gages suffisants» sur son programme nucléaire. Comment Téhéran peut-il poursuivre le développement de son programme nucléaire malgré les sanctions ? Les Européens restent ouverts à des négociations, mais sous quelles conditions ?  Avec Kevan Gafaïti, enseignant à Sciences Po Paris.