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Dans les reliefs et forêts de Macédoine du Nord et d'Albanie, se niche ce grand félin à la fourrure tachetée et aux oreilles pointues, un des mammifères les plus rares au monde. Voyage à pas lents et pistage attentif... Au début des années 2000, alors qu'on le croyait disparu, le lynx des Balkans a été redécouvert, entre les massifs du parc national de Mavrovo au nord-ouest de la Macédoine et les monts de Munella au nord de l'Albanie. Aujourd'hui, une quarantaine de ces animaux seraient présents à l'état sauvage, dans des contrées retirées quoique de plus en plus anthropisées, altérées par l'homme. Classé par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une espèce en danger critique d'extinction, ce lynx hante depuis longtemps l'imaginaire et les récits populaires dans les Balkans. En Macédoine du Nord, il est un emblème national qui orne les pièces de 5 denars, et en Albanie, on raconte que ceux qui croisent ses yeux en amande deviennent aveugles. « Lynx lynx balcanicus », c'est le nom de cette sous-espèce du lynx boréal, prédateur solitaire qui avance la nuit ou le soir et que l'on dit insaisissable, fantomatique même. On le surnomme d'ailleurs « le fantôme de la forêt ». Mais au-delà de la fascination qu'il suscite, ce lynx des Balkans fait désormais l'objet d'une surveillance et d'une protection bien spécifiques, dans le cadre d'un programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans. Survivant discret d'un monde en recul, le lynx rôde entre les arbres, franchit les cols, traverse les frontières. Car son territoire, lui, ne connaît pas les lignes sur les cartes. Et dans une région longtemps marquée par les frontières et les tensions, le combat pour cet animal emblématique oblige alors les humains à coopérer et veiller sur le sauvage, ou du moins ce qu'il en reste. Un voyage sonore entre la Macédoine du Nord et l'Albanie de Sibylle d'Orgeval. En savoir plus : - Sur le programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans - Sur l'ONG Macedonian Ecological Society impliquée dans ce programme côté Macédoine du Nord. En macédonien. - Sur l'association PPNEA: Protection and Preservation of Natural Environment in Albania, engagée dans ce programme côté albanais - Sur le parc national de Mavrovo en Macédoine du Nord. En anglais. - Sur l'UICN et le classement du lynx des Balkans. En anglais.
La Coupe du monde, c'est à partir de ce soir. Aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Dans 2 heures, le coup d'envoi du match d ouverture : Mexique / Afrique du Sud aura été donné, à Mexico. Ce sera parti pour 39 jours, 104 matches et pour 48 équipes en compétition à suivre sur nos antennes africaines. Il y a les grosses machines du football. Il y a les plus modestes. Nous nous intéressons au Cap-Vert dont le nouveau format de la compétition a permis d'entrer dans la danse. Les Cap-Verdiens joueront lundi prochain le 15 juin 2026 à 18 h face aux Espagnols champions d'Europe en titre. « Le Cap-Vert à la Coupe du monde : petit pays, très grand événement », un Grand reportage de Pauline Guillou qui a sillonné un archipel, tout en bleu. Réalisation : Jérémie Boucher. ► Le calendrier Coupe du monde À lire aussiCoupe du monde de football 2026 : notre dossier
Si vous êtes fan de foot et que vous avez une conscience écologique, les semaines qui viennent vont être compliquées à vivre et ça commence aujourd'hui ! Je vous rassure tout de suite, pas question pour C'est pas du vent de jouer les rabat-joie ! Mais je vous invite à aller lire l'article de Géraud Bosman sur le site RFI.fr intitulé « Coup de chaud sur le Mondial ». Il est illustré par une carte qui montre l'emplacement des 16 stades qui vont accueillir les 104 matchs aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les distances sont impressionnantes : 4 fuseaux horaires, 7 zones climatiques !!! C'est le terrain de jeu des 48 équipes qui vont s'affronter au lieu de 32 pendant 5 semaines au lieu de 4. Cela veut dire plus de joueurs, de spectateurs, de médias, d'officiels et de sponsors qui vont se déplacer, mais cela permet aussi d'avoir deux fois plus d'équipes africaines en compétition… Cette Coupe du monde est un pas de plus vers le gigantisme du football, mais est-ce que les organisateurs ne sont pas, cette fois, allés trop loin au risque de peut-être gâcher un peu la fête ? À l'occasion de la Coupe du monde de la FIFA 2026, questionnons-nous sur l'impact environnemental insoupçonné du sport professionnel et amateur. Avec - Laurent Castaignède pour l'ouvrage Le revers de la médaille - L'empreinte environnementale du sport (Éditions Ecosociété) - Ugo Arbieu , chercheur Écologie, Société, Évolution, IDEEV, Université Paris-Saclay (France), co-fondateur de the Wild league - Barnabé Binctin, journaliste, il collabore pour le magazine So Foot et a participé au livre Foot manifesto, 15 propositions pour sauver le ballon rond, publié aux éditions Divergences - Davide Faranda, directeur de recherche CNRS en sciences du climat au Laboratoire LSCE de l‘Institut Pierre Simon Laplace et l'Université Paris-Saclay, dans le groupe ESTIMR qui travaille sur le changement climatique des événements météorologiques extrêmes. Le calendrier des matchs ici. À lire aussi notre dossier spécial sur RFi.fr. Musiques diffusées dans l'émission - Rahill - Futbol - King Hay - Soccer.
Peut-on être heureux dans un monde injuste ? Faut-il être sans scrupules pour réussir ? La vie a-t-elle un sens ? L'herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ? Le philosophe Charles Pépin répond à (presque) toutes nos grandes questions existentielles... Partageons nos questions existentielles, toutes les petites et grandes questions qui nous taraudent, qui agitent nos âmes humaines... Des plus énormes : la vie a-t-elle un sens ? Pouvons-nous être heureux dans un monde injuste ? Où trouver la force ? Quand sommes-nous vraiment libres ? Aux plus anodines : l'herbe est-elle plus verte ailleurs ? Que faire quand on s'est mal comporté ? Faut-il être méchant pour réussir ? Autant de questions auxquelles notre invité Charles Pépin, philosophe et auteur à succès d'essais de philosophie pratique s'attache à répondre avec philosophie et humanité. Charles Pépin, philosophe, pour l'ouvrage Où trouver la force et autres questions existentielles, paru chez Allary Éditions. Musiques diffusées dans l'émission Jean-Louis Murat - Sentiment nouveau (le livre de Frank Loriou préfacé par Charles Pépin, Jean-Louis Murat Photorama) Juls, Sango, DJ 2L Da Rocinha - Baile Em Chamas (Playlist RFI).
Peut-on être heureux dans un monde injuste ? Faut-il être sans scrupules pour réussir ? La vie a-t-elle un sens ? L'herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs ? Le philosophe Charles Pépin répond à (presque) toutes nos grandes questions existentielles... Partageons nos questions existentielles, toutes les petites et grandes questions qui nous taraudent, qui agitent nos âmes humaines... Des plus énormes : la vie a-t-elle un sens ? Pouvons-nous être heureux dans un monde injuste ? Où trouver la force ? Quand sommes-nous vraiment libres ? Aux plus anodines : l'herbe est-elle plus verte ailleurs ? Que faire quand on s'est mal comporté ? Faut-il être méchant pour réussir ? Autant de questions auxquelles notre invité Charles Pépin, philosophe et auteur à succès d'essais de philosophie pratique s'attache à répondre avec philosophie et humanité. Charles Pépin, philosophe, pour l'ouvrage Où trouver la force et autres questions existentielles, paru chez Allary Éditions. Musiques diffusées dans l'émission Jean-Louis Murat - Sentiment nouveau (le livre de Frank Loriou préfacé par Charles Pépin, Jean-Louis Murat Photorama) Juls, Sango, DJ 2L Da Rocinha - Baile Em Chamas (Playlist RFI).
Il y a deux ans, la Nouvelle-Calédonie basculait dans la violence sur fond de réforme électorale contestée. Dans cet archipel français du Pacifique Sud, inscrit sur la liste des pays non autonomes de l'ONU. Les violences feront alors 14 morts et au moins 2 milliards d'euros de dégâts ; elles rouvriront aussi les blessures des année 80, lorsque la Nouvelle-Calédonie avait plongé dans une quasi guerre civile. Fin juin 2026, les Calédoniens sont appelés aux urnes pour élire les dirigeants qui devront discuter du futur de l'archipel alors que toutes les discussions entre indépendantistes et non-indépendantistes ont jusqu'ici échoué. Des Calédoniens aujourd'hui profondément divisés, mais qui rêvent tout de même de reconstruire un destin commun. « Nouvelle-Calédonie, l'archipel des colères », un Grand reportage de Charlotte Mannevy.
L'Europe a connu une vague de chaleur précoce avec des températures records en France et au Portugal notamment. En Asie, certaines villes indiennes ont enregistré des pics de températures à 47°C et au moins 16 personnes sont mortes à cause de la chaleur. Face à ces épisodes de plus en plus fréquents et qui touchent tous les continents, de plus en plus de foyers à travers le monde s'équipent d'un climatiseur. Une solution réservée à ceux qui en ont les moyens, gourmande en énergie et qui a l'inconvénient de réchauffer les villes en rejetant de l'air chaud, mais peut-on se passer de la clim ? Pour en débattre : - Raphaëlle Héliot, spécialiste de la rénovation de l'habitat, référente technique dans un espace de France Rénov - Clément Gaillard, urbaniste spécialisé dans l'adaptation au changement climatique. Auteur du livre Habiter un climat, éditions Terre Urbaine - Doudou Deme, ingénieur, co-fondateur d'Élémenterre, une entreprise sénégalaise spécialisée dans la fabrication de briques de terre et de briques moulées.
L'Europe a connu une vague de chaleur précoce avec des températures records en France et au Portugal notamment. En Asie, certaines villes indiennes ont enregistré des pics de températures à 47°C et au moins 16 personnes sont mortes à cause de la chaleur. Face à ces épisodes de plus en plus fréquents et qui touchent tous les continents, de plus en plus de foyers à travers le monde s'équipent d'un climatiseur. Une solution réservée à ceux qui en ont les moyens, gourmande en énergie et qui a l'inconvénient de réchauffer les villes en rejetant de l'air chaud, mais peut-on se passer de la clim ? Pour en débattre : - Raphaëlle Héliot, spécialiste de la rénovation de l'habitat, référente technique dans un espace de France Rénov - Clément Gaillard, urbaniste spécialisé dans l'adaptation au changement climatique. Auteur du livre Habiter un climat, éditions Terre Urbaine - Doudou Deme, ingénieur, co-fondateur d'Élémenterre, une entreprise sénégalaise spécialisée dans la fabrication de briques de terre et de briques moulées.
C'est une petite graine qui a su germer à travers le monde. Pas encore populaire en Afrique, elle s'est implantée en Occident, en Chine également, moins en Inde. Le quinoa est originaire des Andes, en Amérique du Sud. Premier producteur mondial : le Pérou, deuxième : la Bolivie, qui a connu une véritable fièvre du quinoa entre 2012 et 2015, avec des prix au sommet. Mais la toute petite graine, ronde et plate au goût de noisette, fait maintenant grise mine. Trop de producteurs, prix non stabilisés, changement climatique, les agriculteurs déchantent. « Le quinoa : de l'âge d'or à la désillusion, en Bolivie », un Grand reportage de Nils Sabin.
L'histoire du cinéma est l'histoire du pouvoir de créer l'Histoire. En citant le philosophe Jacques Rancières, Mila Turajlić annonce la couleur : c'est une cinéaste, scénariste, productrice habitée par la grande Histoire. Cette manière d'être habitée fait lien sans doute avec sa ville de naissance Belgrade, capitale de la défunte Yougoslavie. Être née dans un pays qui n'existe plus est le début de son histoire et la matrice de son intuition cinématographique. De Cinéma Komunisto à Faire parler les archives des non alignés en passant par Ciné-Guérillas scènes des bobines Labudović ses films retrouvés sous la poussière, viennent en fragments, muets parfois, percuter la version officielle des vainqueurs de l'Histoire. À nous spectateurs d'en faire notre récit. Fille d'une militante démocrate bien connue en Serbie, Turajlić a étudié la production cinéma-tographique à Belgrade, les sciences politiques à Londres et la réalisation de films documentaires à Paris. Et la voilà dans notre fauteuil ESM. Programmation de l'invitée : • Dragan Stojnic Bila je tako kijepa (Elle était si jolie) • Dire Straits Brothers in arms. Faire parler les archives des non alignés de Mila Turajlić : 27 mai au Festival Passages (Metz), les 5 & 6 juin 2026 à La Rose des vents (Villeneuve d'Ascq, près de Lille) dans le cadre du Festival Latitudes contemporaines.
L'histoire du cinéma est l'histoire du pouvoir de créer l'Histoire. En citant le philosophe Jacques Rancières, Mila Turajlić annonce la couleur : c'est une cinéaste, scénariste, productrice habitée par la grande Histoire. Cette manière d'être habitée fait lien sans doute avec sa ville de naissance Belgrade, capitale de la défunte Yougoslavie. Être née dans un pays qui n'existe plus est le début de son histoire et la matrice de son intuition cinématographique. De Cinéma Komunisto à Faire parler les archives des non alignés en passant par Ciné-Guérillas scènes des bobines Labudović ses films retrouvés sous la poussière, viennent en fragments, muets parfois, percuter la version officielle des vainqueurs de l'Histoire. À nous spectateurs d'en faire notre récit. Fille d'une militante démocrate bien connue en Serbie, Turajlić a étudié la production cinéma-tographique à Belgrade, les sciences politiques à Londres et la réalisation de films documentaires à Paris. Et la voilà dans notre fauteuil ESM. Programmation de l'invitée : • Dragan Stojnic Bila je tako kijepa (Elle était si jolie) • Dire Straits Brothers in arms. Faire parler les archives des non alignés de Mila Turajlić : 27 mai au Festival Passages (Metz), les 5 & 6 juin 2026 à La Rose des vents (Villeneuve d'Ascq, près de Lille) dans le cadre du Festival Latitudes contemporaines.
Une émission enregistrée en public à Marseille pour l'ouverture de la Saison Méditerranée imaginée par sa commissaire générale Julie Kretzschmer, dont l'objectif est de renforcer une communauté de destin entre les différentes rives. Et parmi les multiples enjeux et défis partagés entre les pays méditerranéens, se pose la question des archives et de la mémoire de la bande de Gaza, détruite à 80% par la guerre menée par Israël suite aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. C'est l'un des thèmes majeurs de cette saison multiculturelle Gaza a perdu son patrimoine architectural, son patrimoine culturel, ses lieux de culte et 10% de sa population soit 200 000 hommes, femmes et enfants. Des mémoires et des archives irremplaçables et inachevées pour citer l'exposition Studio Kegham présentée au Centre photographique Marseille, des images en noir et blanc comme un album de famille d'un Gaza détruit que réanime Kegham Djeghalian junior, petit-fils de Kegham Djeghalian senior son grand-père arménien, fondateur du premier studio photographique de la ville de Gaza dès 1944. Au cœur des images photographiques de ce Gaza disparu, nous donnons donc la parole aux archives vivantes de Gaza que sont les artistes et leurs œuvres : Nour Elassy, poétesse, pour ses textes sur le génocide et l'exil ; Maha Al-Daya, pour ses cartes brodées de la bande de Gaza ; Shareef Sarhan pour son projet gazaoui Re-Lighthouse, reconstruction du phare de Gaza… Et Marion Slitine, anthropologue et fondatrice du collectif Ma'ann pour l'exposition « Déplacer le silence : 40 artistes et poétes.ses de Gaza ». Découvrez le programme de l'ouverture de la Saison Méditerranée Découvrez l'exposition Photo Kegham de Gaza Découvrez l'exposition Déplacer le silence Découvrez les poèmes de Nour Elassy prochainement édités aux Liens qui libèrent le 9 septembre « Il manque à mes mains de quoi te sauver ». Il manque à mes mains Ciel noir terre rouge des enfants hurlent et tout semble si profondément irréel « Je ne vois plus. Je suis tout seul. Sors-moi de là », un enfant crie, par-dessous les gravats Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains. J'ai bien tenté d'appeler à l'aide Mais il s'avère que l'aide elle-même a besoin de secours J'ai bien tenté de hurler en direction des caméras allumées Il s'avère que le monde entier regardait déjà. Regardait droit, avec des yeux impuissants J'ai bien tenté de crier, du plus fort que j'ai pu Mais il s'avère qu'ils étaient tous sourds Pardonne-moi, mon enfant Il manque à mes mains de quoi te sauver.
Si je vous dis que l'écologie a été un outil pervers au service des colonisateurs en Afrique, cela peut vous surprendre et pourtant c'est ce récit que nous allons vous conter aujourd'hui… Au nom du fantasme de la préservation d'une nature tropicale vierge, les colons ont déplacé des populations et sanctuarisé des espaces pour légitimer leur domination. Cette histoire méconnue jusqu'à peu de temps se lit dans les archives et elle est dramatique. Car les populations ne se sont pas laissées faire. Ces affrontements ont longtemps été effacés des cours d'histoire alors que cet héritage colonial continue de façonner certaines politiques écologiques actuelles. Émission avec Guillaume Blanc, historien français spécialiste de l'histoire de l'environnement et de l'Afrique au XXe siècle pour sa bande dessinée sur le colonialisme vert Les sacrifiés du paradis parue chez Delcourt et Empires, une histoire sociale de l'environnement publié aux éditions du CNRS. Le Petit Atlas de Maxime Blondeau : Le Léman Musiques diffusées dans l'émission : Ireke – Tout est bizarre Alibert – La chanson du lac Léman
Combien de temps, combien d'épreuves faut-il pour devenir femme ? Combien de frustrations, d'injonctions, de rébellions, doit-on endurer pour être soi-même et s'accepter telle quelle ? Autant de questions qui traversent ici le premier roman de Sevin Sahin, mon invitée, qui publie La fille de la Colline, aux éditions Philippe Rey, où elle mêle trois voix à trois époques différentes qui définissent une seule et même personne : Sibel, que l'on suit d'Ankara à Paris. Grand entretien. Sibel, qui s'était pourtant juré de ne jamais avoir de fils, est mère d'un jeune garçon de deux ans. Depuis qu'il est dans le coma, elle est à son chevet, se relayant furtivement avec son mari, qu'elle ne fait plus que croiser depuis quelques années. Angoissée par la possibilité de perdre cet enfant, elle est épaulée par Elsa, infirmière à l'accent ensoleillé, et par le docteur Beausert, qui ne la laisse pas indifférente… Tandis que Sibel veille, ressurgissent les souvenirs de deux périodes fondatrices : son enfance en Turquie, sur la colline Pomme près d'Ankara, dans la communauté alévie marquée par les traditions qui ne laissaient aucun avenir aux femmes en dehors du mariage ; et l'époque où, après son arrivée en France, elle a passé ses nuits dans des clubs, dealeuse occasionnelle, accro à l'ecstasy, à la musique électro et aux hommes. Si elle a désormais mis un terme à cette vie d'excès, Sibel cherche un sens à son identité fragmentée pour sauver son fils… Sevin Sahin entremêle avec brio et une énergie contagieuse les trois époques de la vie de cette femme. À ses côtés, on ressent la colère adolescente face au carcan familial, on éprouve les pulsations et la sensualité des nuits parisiennes, on partage les doutes et les angoisses d'une femme incertaine de son propre instinct maternel. Tout entier tendu vers la question de la survie de l'enfant, ce texte est animé de bout en bout par l'incroyable élan vital de Sibel, déterminée à aller de l'avant envers et contre tout, sans jamais renoncer à la moindre parcelle de sa liberté et de son bonheur de vivre. (Presentation des éditions Philippe Rey) Illustration musicale : Sezen Aksu – Ünzile.
Vidangeurs, éboueurs, collecteurs de déchets... Des noms différents mais une même fonction : ramasser les ordures ménagères. Des déchets du quotidien, des choses dont on ne veut plus, que nous sommes ravis de leur déléguer sans forcément trop se soucier de ce qui leur arrive. Dans des pays où le service de ramassage est assuré, il est facile d'oublier ce qu'on met dans nos poubelles à moins justement qu'une grève des éboueurs pointe son nez. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse chaud ou glacial, ils assurent la propreté pour nous débarrasser du sale. Ils sont les témoins de nos erreurs de tri, de nos incivilités, de ce qui pourra être récupéré ou recyclé, et de ce qui finira enfoui ou incinéré. Surtout, les vidangeurs sont aux premières loges de nos sociétés de consommation. En 2050, la production de déchets courants devrait atteindre 3,8 milliards de tonnes par an au niveau mondial. Le métier a donc de beaux jours devant lui, mais dans quelles conditions ? Quelle est la réalité quotidienne des vidangeurs ? Comment perçoivent-ils cette époque où l'on semble produire toujours plus d'ordures ? Avec : • Simon Paré-Poupart, vidangeur depuis une vingtaine d'années dans la grande région de Montréal, au Québec. Auteur de Ordures ! Journal d'un vidangeur (Lux Editeurs, 2026). À découvrir également dans l'émission : Un entretien avec Bruno Duval, correspondant de RFI à Tokyo au Japon, le pays aux 125 millions d'habitants à la réputation d'être très propre. Champion du tri sélectif, le Japon n'en est pas moins adepte du suremballage... En fin d'émission, la chronique Voisins connectés d'Estelle Ndjandjo sur l'évolution des sociétés africaines mondialisées à travers les écrans, les réseaux sociaux et la technologie. Aujourd'hui, elle nous parle de ces enfants de chef d'État qui bousculent le protocole en s'exposant à travers des lives - ces vidéos tournées en direct - sur les réseaux sociaux. Programmation musicale : ► Yardie Skanking - Midnight Riders, Naram ► Omochi-Croissant - Michelle Michina.
C'est une histoire révélatrice de notre époque ! Fin janvier 2026, dans l'indifférence presque totale des politiques et des médias britanniques, le gouvernement de Keir Starmer a publié un rapport intitulé « Perte mondiale de biodiversité, effondrement des écosystèmes et sécurité nationale ». 14 pages concoctées par les agences de renseignements MI5 et MI6 démontrent que « tous les écosystèmes considérés comme essentiels à l'équilibre de la planète », comme la forêt amazonienne, les forêts boréales, l'Himalaya, les mangroves, les récifs coralliens ou le bassin du Congo, « sont sur la voie de l'effondrement » Ce rapport est un signal d'alarme car le Royaume-Uni importe 40% de son alimentation et la conclusion est que sa sécurité alimentaire est menacée et qu'il faut d'urgence relocaliser la production agricole et adopter de nouvelles habitudes alimentaires. Ce qui est symptomatique, c'est qu'il a fallu que les chercheurs se battent pour que ce rapport soit publié. Il était perçu comme « trop négatif » par le gouvernement britannique. Un gouvernement qui a refusé d'investir dans le Tropical Forest Forever Facility, le fonds lancé lors de la COP30 pour aider à la conservation des forêts tropicales. Keir Starmer semble aussi déterminé à abandonner l'International Climate Finance Programme, le fonds mis en place par les conservateurs pour aider les pays les plus pauvres à enrayer l'effondrement de leurs écosystèmes. Les décideurs politiques écoutent la science quand cela les arrange et pendant ce temps-là, l'habitabilité de la planète se dégrade à une vitesse vertigineuse ! Avec Marc-André Selosse, écologue, botaniste, spécialiste du sol et des champignons pour son livre De la biodiversité comme un humanisme paru au Seuil. Musiques diffusées dans l'émission Noga Erez - VIEWS Tamikrest - Adagh Oyantid.
Vidangeurs, éboueurs, collecteurs de déchets... Des noms différents mais une même fonction : ramasser les ordures ménagères. Des déchets du quotidien, des choses dont on ne veut plus, que nous sommes ravis de leur déléguer sans forcément trop se soucier de ce qui leur arrive. Dans des pays où le service de ramassage est assuré, il est facile d'oublier ce qu'on met dans nos poubelles à moins justement qu'une grève des éboueurs pointe son nez. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse chaud ou glacial, ils assurent la propreté pour nous débarrasser du sale. Ils sont les témoins de nos erreurs de tri, de nos incivilités, de ce qui pourra être récupéré ou recyclé, et de ce qui finira enfoui ou incinéré. Surtout, les vidangeurs sont aux premières loges de nos sociétés de consommation. En 2050, la production de déchets courants devrait atteindre 3,8 milliards de tonnes par an au niveau mondial. Le métier a donc de beaux jours devant lui, mais dans quelles conditions ? Quelle est la réalité quotidienne des vidangeurs ? Comment perçoivent-ils cette époque où l'on semble produire toujours plus d'ordures ? Avec : • Simon Paré-Poupart, vidangeur depuis une vingtaine d'années dans la grande région de Montréal, au Québec. Auteur de Ordures ! Journal d'un vidangeur (Lux Editeurs, 2026). À découvrir également dans l'émission : Un entretien avec Bruno Duval, correspondant de RFI à Tokyo au Japon, le pays aux 125 millions d'habitants à la réputation d'être très propre. Champion du tri sélectif, le Japon n'en est pas moins adepte du suremballage... En fin d'émission, la chronique Voisins connectés d'Estelle Ndjandjo sur l'évolution des sociétés africaines mondialisées à travers les écrans, les réseaux sociaux et la technologie. Aujourd'hui, elle nous parle de ces enfants de chef d'État qui bousculent le protocole en s'exposant à travers des lives - ces vidéos tournées en direct - sur les réseaux sociaux. Programmation musicale : ► Yardie Skanking - Midnight Riders, Naram ► Omochi-Croissant - Michelle Michina.
À l'occasion de la 13è édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous consacrons une émission aux actuels défis que rencontre la lutte contre le VIH. Selon l'OMS, le VIH demeure un problème majeur de santé publique à l'échelle mondiale, ayant causé la mort de plus de 44,1 millions de personnes (OMS) à ce jour. À l'heure où l'aide internationale est en berne, que les activités communautaires sont remises en question sur le terrain, que les discriminations ne cessent de croître, où en est la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine ? À l'occasion de la conférence internationale francophone AFRAVIH, dédiée à la lutte contre le VIH, les hépatites et les infections émergentes, à Lausanne, nous abordons les défis dans la lutte contre le VIH-SIDA, à l'heure où les moyens financiers régressent et que de nouveaux traitements innovants font naître de nombreux espoirs. L'ONUSIDA s'était fixé pour 2030, dans le sillage des progrès des dernières décennies, l'objectif d'élimination du Sida à l'horizon 2030. Entre 2010 et 2024, les nouvelles infections avaient diminué de 40%, grâce aux multiples améliorations, tant sur le plan des diagnostics, des mises sous traitements antirétroviraux, que du suivi de la charge virale, d'où l'espoir. Mais après cette embellie et malgré les innovations thérapeutiques prometteuses, les entraves se multiplient : baisse des budgets (qui menacent emplois et projets), stigmatisation des patients (durcissement des lois et discrimination), la désinformation et le VIH, risque sanitaire de moins en moins médiatisé et donc, moins pris en compte par les populations et les politiques publiques. Autant d'éléments qui, combinés, peuvent faire légitimement craindre une reprise de l'épidémie. Comme hier, nous donnons la parole à des participants issus d'Afrique subsaharienne : Dr Bintou Dembele, médecin, directrice d'ARCAD Santé plus au Mali (ARCAD-SIDA est la première association de lutte contre le Sida au Mali) Jaurès Primo Metambou, docteur en économie de la santé et responsable Suivi évaluation au ministère de la Santé Publique du Cameroun pour le compte de l'Unité de Coordination des Subventions du Fonds Mondial de lutte contre la Tuberculose, le VIH, et le paludisme Anicet Zran, docteur en Histoire de la Santé, enseignant-chercheur à l'Université Alassane Ouattara de Bouaké en Côte d'Ivoire et spécialiste des maladies infectieuses. Programmation musicale : ► Danitsa, Jarreau Vandal – Wrong Things ► Yuma – Na loba nini.
À l'occasion de la 13è édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous consacrons une émission aux actuels défis que rencontre la lutte contre le VIH. Selon l'OMS, le VIH demeure un problème majeur de santé publique à l'échelle mondiale, ayant causé la mort de plus de 44,1 millions de personnes (OMS) à ce jour. À l'heure où l'aide internationale est en berne, que les activités communautaires sont remises en question sur le terrain, que les discriminations ne cessent de croître, où en est la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine ? À l'occasion de la conférence internationale francophone AFRAVIH, dédiée à la lutte contre le VIH, les hépatites et les infections émergentes, à Lausanne, nous abordons les défis dans la lutte contre le VIH-SIDA, à l'heure où les moyens financiers régressent et que de nouveaux traitements innovants font naître de nombreux espoirs. L'ONUSIDA s'était fixé pour 2030, dans le sillage des progrès des dernières décennies, l'objectif d'élimination du Sida à l'horizon 2030. Entre 2010 et 2024, les nouvelles infections avaient diminué de 40%, grâce aux multiples améliorations, tant sur le plan des diagnostics, des mises sous traitements antirétroviraux, que du suivi de la charge virale, d'où l'espoir. Mais après cette embellie et malgré les innovations thérapeutiques prometteuses, les entraves se multiplient : baisse des budgets (qui menacent emplois et projets), stigmatisation des patients (durcissement des lois et discrimination), la désinformation et le VIH, risque sanitaire de moins en moins médiatisé et donc, moins pris en compte par les populations et les politiques publiques. Autant d'éléments qui, combinés, peuvent faire légitimement craindre une reprise de l'épidémie. Comme hier, nous donnons la parole à des participants issus d'Afrique subsaharienne : Dr Bintou Dembele, médecin, directrice d'ARCAD Santé plus au Mali (ARCAD-SIDA est la première association de lutte contre le Sida au Mali) Jaurès Primo Metambou, docteur en économie de la santé et responsable Suivi évaluation au ministère de la Santé Publique du Cameroun pour le compte de l'Unité de Coordination des Subventions du Fonds Mondial de lutte contre la Tuberculose, le VIH, et le paludisme Anicet Zran, docteur en Histoire de la Santé, enseignant-chercheur à l'Université Alassane Ouattara de Bouaké en Côte d'Ivoire et spécialiste des maladies infectieuses. Programmation musicale : ► Danitsa, Jarreau Vandal – Wrong Things ► Yuma – Na loba nini.
Smartphone, ordinateur, tablette, console de jeu... Depuis la démocratisation de la télévision, nos quotidiens sont envahis par les écrans. Un individu moyen y passe 6 heures et 54 minutes par jour et il n'est pas rare d'en regarder plusieurs en même temps. Entre les échanges de messages, les notifications intempestives, les recherches internet, les requêtes aux intelligences artificielles ou le scrolling de vidéos sur les réseaux sociaux, notre attention est mise à rude épreuve. Cette sursollicitation n'est pas sans conséquence, au point que certains accélèrent les notes vocales qu'ils reçoivent ou les séries qu'ils regardent, quand d'autres n'arrivent plus à regarder un film en entier sans pause. Notre capacité de concentration semble s'amenuiser au fur et à mesure que nos temps d'écrans s'allongent. Certains professeurs s'en sont bien aperçus et ont choisi d'interdire téléphone et ordinateur dans leur cours pour éviter toute distraction. De leur côté, les plateformes de streaming ont revu la manière de faire des films et des séries, en rappelant continuellement l'intrigue pour s'adapter au saut de concentration de leurs abonnés. Comment expliquer ce besoin irrépressible de regarder son téléphone toutes les 5 minutes ? Sommes-nous encore capables de ne rien faire ? Comment récupérer sa capacité d'attention ? Avec : Anne De Pomereu, formatrice en méthodologie d'apprentissage, spécialiste de la mémoire et de l'attention. Autrice des livres À la reconquête de l'attention (J.-C. Lattès, 2021), Éloge de la passoire (J.-C. Lattès, 2018) et du blog Apprendre et transmettre Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives. Conférencier. Fondateur et président de l'association Attention hyperconnexion. Auteur de J'arrête de scroller (ou presque) ! (Mango, 2025) Julien Damon, sociologue professeur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, enseignant à Sciences Po et à HEC. À découvrir également dans l'émission : Comment les étudiants gèrent-ils la distraction provoquée par leurs écrans ? Notre reporter Inès Emprin s'est rendue dans des bibliothèques universitaires de Paris, où ils étaient nombreux en pleine révisions de partiels... Un moment où le téléphone peut aussi devenir envahissant ! En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Dans ce numéro : zoom sur les deepfakes, ces visages modifiés par l'intelligence artificielle. Programmation musicale : ► Internet - Orelsan ► Millesime - AB3S, Sskyron.
Smartphone, ordinateur, tablette, console de jeu... Depuis la démocratisation de la télévision, nos quotidiens sont envahis par les écrans. Un individu moyen y passe 6 heures et 54 minutes par jour et il n'est pas rare d'en regarder plusieurs en même temps. Entre les échanges de messages, les notifications intempestives, les recherches internet, les requêtes aux intelligences artificielles ou le scrolling de vidéos sur les réseaux sociaux, notre attention est mise à rude épreuve. Cette sursollicitation n'est pas sans conséquence, au point que certains accélèrent les notes vocales qu'ils reçoivent ou les séries qu'ils regardent, quand d'autres n'arrivent plus à regarder un film en entier sans pause. Notre capacité de concentration semble s'amenuiser au fur et à mesure que nos temps d'écrans s'allongent. Certains professeurs s'en sont bien aperçus et ont choisi d'interdire téléphone et ordinateur dans leur cours pour éviter toute distraction. De leur côté, les plateformes de streaming ont revu la manière de faire des films et des séries, en rappelant continuellement l'intrigue pour s'adapter au saut de concentration de leurs abonnés. Comment expliquer ce besoin irrépressible de regarder son téléphone toutes les 5 minutes ? Sommes-nous encore capables de ne rien faire ? Comment récupérer sa capacité d'attention ? Avec : Anne De Pomereu, formatrice en méthodologie d'apprentissage, spécialiste de la mémoire et de l'attention. Autrice des livres À la reconquête de l'attention (J.-C. Lattès, 2021), Éloge de la passoire (J.-C. Lattès, 2018) et du blog Apprendre et transmettre Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives. Conférencier. Fondateur et président de l'association Attention hyperconnexion. Auteur de J'arrête de scroller (ou presque) ! (Mango, 2025) Julien Damon, sociologue professeur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, enseignant à Sciences Po et à HEC. À découvrir également dans l'émission : Comment les étudiants gèrent-ils la distraction provoquée par leurs écrans ? Notre reporter Inès Emprin s'est rendue dans des bibliothèques universitaires de Paris, où ils étaient nombreux en pleine révisions de partiels... Un moment où le téléphone peut aussi devenir envahissant ! En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Dans ce numéro : zoom sur les deepfakes, ces visages modifiés par l'intelligence artificielle. Programmation musicale : ► Internet - Orelsan ► Millesime - AB3S, Sskyron.
Bienvenue dans le Harlem marseillais de Claude McKay. L'écrivain américain débarque dans la cité coloniale française dans les années 20, fréquente les dockers et les prostituées et raconte leur quotidien dans ses romans Banjo et Romance in Marseille. Une écriture poétique et politique sur la condition noire, précurseur de l'œuvre de Sembène Ousmane. Un reportage long format signé Daphné Gastaldi où l'on croise une chercheuse dépassionnée, un réalisateur fou de jazz, un éditeur téméraire et un journaliste fondateur du collectif Claude McKay, il s'appelle Armando Coxe et la découverte du manuscrit Romance in Marseille, c'est lui ! Émission initialement diffusée en septembre 2022. À lire : Romance in Marseille et Banjo, les deux romans marseillais de Claude McKay Un si long chemin, l'autobiographie de Claude McKay, éd. Héliotropismes (2021) Le docker noir, de Sembène Ousmane, éd. Présence africaine (1956) Colporteurs africains à Marseille : un siècle d'aventures, Sylvie Bredeloup et Brigitte Bertoncello, éd. Autrement (2004) À voir : Claude McKay, de Harlem à Marseille, réalisé par Mathieu Verdeil (2021) Et le vieux port fut condamné, réalisé par Jean Dasque (1973). De nombreux évènements célèbrent le centenaire du séjour en France de Claude Mac Kay
57% des femmes rêvent parfois de reconversion professionnelle, selon une étude Ifop/Garance et Moi, de septembre 2022. Changer de métier est souvent une étape importante dans la vie d'une femme. Cela peut être une aspiration personnelle ou une nécessité après une pause dans la carrière, comme une maternité ou un licenciement. Mais cette reconversion se heurte souvent à davantage d'obstacles que pour les hommes : manque de temps, de moyens, ou de soutien psychologique. Les femmes doivent parfois se former à nouveau, tout en gérant leur vie familiale. Certains métiers restent fermés ou peu accessibles à cause des stéréotypes de genre. Malgré ces freins, les femmes sont plus nombreuses à entamer une reconversion professionnelle que les hommes ? La reconversion est-elle un choix ou une contrainte pour les femmes ? Cette émission est une rediffusion du 3 octobre 2025 Avec : Ludivine Legros, sociologue spécialisée dans l'étude du travail et chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers, CNAM Garance Yverneau, créatrice de Garance et Moi, une entreprise dédiée à l'accompagnement des transitions professionnelles des femmes Isabelle Zongo, multi-entrepreneuse dans le milieu social et entrepreneurial, orientée vers l'employabilité des femmes et des jeunes et autrice du Guide de l'entrepreneur en Côte d'Ivoire (2023). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► Make You Cry – Zentone ► Robocop – Article15.
Oyinkan Braithwaite est née en 1988 à Lagos, au Nigeria. Son premier roman Ma sœur, serial killeuse (La croisée, 2019) a connu un grand succès mondial (traductions dans 34 pays, en cours d'adaptation au cinéma) et critique (sélections du Booker Prize, Women's Prize, lauréat du Crime Book of the Year). Son nouveau roman Filles maudites mêle fantastique et romance avec une famille à Lagos qui, depuis plusieurs générations, semble être la cible d'une malédiction, et particulièrement les femmes. Traduction de l'anglais par Christine Barbaste Eniiyi, jeune femme de Lagos, au Nigeria, a grandi dans la peur d'être la réincarnation de Monife, sa tante enterrée le jour de sa naissance. Depuis, sa vie a été marquée par des ressemblances troublantes avec cette disparue, dont le fantôme flotte dans les conversations familiales. Lorsque Eniiyi rencontre le garçon qui pourrait la faire chavirer, elle doit affronter ses craintes, le regard des aînées, et les secrets d'une lignée que l'on dit maudite. Roman familial teinté de mystère, histoire d'amour et de superstitions, Filles maudites nous plonge dans le destin de femmes au cœur d'un Lagos bouillonnant, et signe le grand retour de la reine du suspense africain, après le succès international de Ma sœur, serial killeuse. (Présentation des éditions La croisée).
57% des femmes rêvent parfois de reconversion professionnelle, selon une étude Ifop/Garance et Moi, de septembre 2022. Changer de métier est souvent une étape importante dans la vie d'une femme. Cela peut être une aspiration personnelle ou une nécessité après une pause dans la carrière, comme une maternité ou un licenciement. Mais cette reconversion se heurte souvent à davantage d'obstacles que pour les hommes : manque de temps, de moyens, ou de soutien psychologique. Les femmes doivent parfois se former à nouveau, tout en gérant leur vie familiale. Certains métiers restent fermés ou peu accessibles à cause des stéréotypes de genre. Malgré ces freins, les femmes sont plus nombreuses à entamer une reconversion professionnelle que les hommes ? La reconversion est-elle un choix ou une contrainte pour les femmes ? Cette émission est une rediffusion du 3 octobre 2025 Avec : Ludivine Legros, sociologue spécialisée dans l'étude du travail et chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers, CNAM Garance Yverneau, créatrice de Garance et Moi, une entreprise dédiée à l'accompagnement des transitions professionnelles des femmes Isabelle Zongo, multi-entrepreneuse dans le milieu social et entrepreneurial, orientée vers l'employabilité des femmes et des jeunes et autrice du Guide de l'entrepreneur en Côte d'Ivoire (2023). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► Make You Cry – Zentone ► Robocop – Article15.
En ce 30 avril 2026, cela fait exactement 889 jours que le président équatorien Daniel Noboa est au pouvoir. 95% de cette période est à conjuguer avec état d‘urgence et couvre-feu au niveau national ou plus localement. L'illustration concrète d'une réalité de violence dans un pays qui a oublié qu'il était considéré comme une île de paix, il n'y a pas si longtemps. L'Équateur est aujourd'hui le 5ème pays le plus sous influence des mafias, selon l'Indice Global de la Délinquance Organisée de 2025. Les couvre-feu sont-ils efficaces ? Tentative de réponse avec notre correspondant qui a suivi avec casque et gilet pare-balles, 2 semaines d'état d'urgence aux côtés de l'armée. « Équateur : violence sans limites, guerre sans fin », un Grand Reportage d'Éric Samson.
La famille est bien souvent la première expérience de communauté. De la famille nucléaire traditionnelle avec un père, une mère et les enfants, à la famille recomposée en passant par la famille monoparentale, elle peut prendre des formes bien différentes. C'est en tout cas dans ce groupe qu'on apprend à se lier aux autres, à faire confiance, l'espace dans lequel on se sent en sécurité, où l'on peut être soi-même. Mais parce qu'elle est complexe, la cellule familiale peut aussi être le lieu des violences, de l'indifférence ou de la crainte. Chaque décision, changement d'environnement peut perturber cet équilibre fragile dans lequel différentes générations, différents sexes cohabitent. Alors que chacun construit sa famille avec l'espoir de l'union parfaite, comment apprendre à « faire famille » ? En tant que parents, comment aider ses enfants à trouver leur place et se connaître véritablement les uns les autres ? Cette émission est une rediffusion du 21 janvier 2026. Avec : - Catherine Dumonteil- Kremer, autrice de Comment tisser des liens famille - et être parents dans un monde qui change (First 2025) - Ibrahima Giroux, professeur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Auteur de la chronique Un parent, une question, diffusée dans l'émission 8 milliards de voisins. En début d'émission, l'école autour du monde est en reportage à La Réunion, dans les écoles du cirque de Mafate. Cette semaine, l'école autour du monde pourrait s'appeler l'école entre deux mondes. Direction le cirque de Mafate sur l'île de La Réunion dans l'océan Indien. Imaginez 100 km² encaissés au milieu de remparts vertigineux, hérissés de pitons hostiles, parsemé de quelques maisons et d'une nature qui explose à chaque virage, le tout à l'ombre du Piton des neiges… Là-bas, pas de car de ramassage scolaire. Et pour cause : pas de route. Le sentier est roi et seuls les pieds et les hélicoptères permettent aux touristes et surtout aux quelque 800 habitants de circuler… Les petits hameaux s'appellent des ilets et on y compte 7 écoles allant de la maternelle au primaire réparties dans le cirque… Notre reporter Baptiste Madinier nous emmène à la découverte de ces écoles hors normes… d'abord dans la « capitale » du cirque : La Nouvelle. En fin d'émission, Le monde des enfants de Charlie Dupiot. Ils nous livrent leurs regards sur ce qui fait leur quotidien et leurs aspirations pour l'avenir, au micro de notre reporter Charlie Dupiot… Nous voici à Paris, dans l'une des classes de CM2 de l'École Manin, dans le 19ème arrondissement. Aujourd'hui, on parle d'argent avec Nessma, Guillemette, Mounir, Emma, Anaïs, Saadi et Wassim. Merci à l'enseignant de cette classe Gilles Vernet, que nous avions reçu dans l'émission pour parler des initiatives qu'il mène pour éloigner ses élèves des écrans. Programmation musicale : ► DÔNI DÔNI - Magic System ► Out of orbit - Flox.
La famille est bien souvent la première expérience de communauté. De la famille nucléaire traditionnelle avec un père, une mère et les enfants, à la famille recomposée en passant par la famille monoparentale, elle peut prendre des formes bien différentes. C'est en tout cas dans ce groupe qu'on apprend à se lier aux autres, à faire confiance, l'espace dans lequel on se sent en sécurité, où l'on peut être soi-même. Mais parce qu'elle est complexe, la cellule familiale peut aussi être le lieu des violences, de l'indifférence ou de la crainte. Chaque décision, changement d'environnement peut perturber cet équilibre fragile dans lequel différentes générations, différents sexes cohabitent. Alors que chacun construit sa famille avec l'espoir de l'union parfaite, comment apprendre à « faire famille » ? En tant que parents, comment aider ses enfants à trouver leur place et se connaître véritablement les uns les autres ? Cette émission est une rediffusion du 21 janvier 2026. Avec : - Catherine Dumonteil- Kremer, autrice de Comment tisser des liens famille - et être parents dans un monde qui change (First 2025) - Ibrahima Giroux, professeur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Auteur de la chronique Un parent, une question, diffusée dans l'émission 8 milliards de voisins. En début d'émission, l'école autour du monde est en reportage à La Réunion, dans les écoles du cirque de Mafate. Cette semaine, l'école autour du monde pourrait s'appeler l'école entre deux mondes. Direction le cirque de Mafate sur l'île de La Réunion dans l'océan Indien. Imaginez 100 km² encaissés au milieu de remparts vertigineux, hérissés de pitons hostiles, parsemé de quelques maisons et d'une nature qui explose à chaque virage, le tout à l'ombre du Piton des neiges… Là-bas, pas de car de ramassage scolaire. Et pour cause : pas de route. Le sentier est roi et seuls les pieds et les hélicoptères permettent aux touristes et surtout aux quelque 800 habitants de circuler… Les petits hameaux s'appellent des ilets et on y compte 7 écoles allant de la maternelle au primaire réparties dans le cirque… Notre reporter Baptiste Madinier nous emmène à la découverte de ces écoles hors normes… d'abord dans la « capitale » du cirque : La Nouvelle. En fin d'émission, Le monde des enfants de Charlie Dupiot. Ils nous livrent leurs regards sur ce qui fait leur quotidien et leurs aspirations pour l'avenir, au micro de notre reporter Charlie Dupiot… Nous voici à Paris, dans l'une des classes de CM2 de l'École Manin, dans le 19ème arrondissement. Aujourd'hui, on parle d'argent avec Nessma, Guillemette, Mounir, Emma, Anaïs, Saadi et Wassim. Merci à l'enseignant de cette classe Gilles Vernet, que nous avions reçu dans l'émission pour parler des initiatives qu'il mène pour éloigner ses élèves des écrans. Programmation musicale : ► DÔNI DÔNI - Magic System ► Out of orbit - Flox.
Tchernobyl : pour tous ceux qui ont entendu ce nom, il est synonyme de la pire catastrophe nucléaire de notre histoire, celle qui a, le 26 avril 1986, suite à une erreur humaine, entraîné l'emballement, puis l'explosion du réacteur numéro 4 de cette centrale nucléaire construite en Ukraine alors sous le joug soviétique. C'était il y a quarante ans, quarante ans au cours desquels ce désastre a eu des conséquences graves, humaines d'abord, mais aussi environnementales et géopolitiques. De notre correspondante à Kiev, Pour beaucoup d'historiens, la catastrophe de Tchernobyl a contribué à accélérer la chute de l'URSS, révélant les défaillances d'un système centralisé, et réveillant le nationalisme ukrainien. Aujourd'hui, alors que la centrale nucléaire n'opère plus que pour le refroidissement du combustible nucléaire et la décontamination, le site et toute la zone d'exclusion sont revenus au cœur des préoccupations des Ukrainiens : en 2022, c'est ici, dans une zone encore hautement radioactive, que l'invasion russe à grande échelle a commencé. Dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, Volodymyr Verbytskyi, notre guide assigné par l'Agence d'État de gestion de la zone, nous montre comment fonctionne un dosimètre : cet appareil permet de mesurer la quantité de radiation reçue par une personne ou un appareil à un endroit donné. Il sonne très souvent, rappelant ainsi le fort taux de radioactivité de la zone, même quarante ans après la catastrophe. Il explique : « il faut savoir que plus le sol est meuble, plus on va avoir des taux élevés. Là où il y a de l'asphalte, le dosimètre se calme, le taux de radiation a baissé, et de beaucoup ! ». La ville de Chornobyl a donné son nom à la centrale Notre première halte est un jardin d'enfants, caché derrière la végétation. Volodymyr se souvient : « Après l'accident, ce village a été oublié : le 28 avril, Pripyat avait déjà été évacué… et le 1er et 2 mai, des enfants étaient encore amenés ici, malheureusement ». Les alertes du dosimètre s'arrêtent dès qu'on entre dans ce bâtiment délabré, et le bâtiment semble figé dans le temps. On y trouve des chaussons d'enfants en feutrine, des peluches, des livres tous recouverts de poussière sont exposés aux quatre vents… de petits lits rouillés rappellent qu'avant d'être une zone sinistrée, Tchernobyl était un lieu d'habitation. Ce jardin d'enfants précède l'entrée dans la ville de Chornobyl, qui a donné son nom à la centrale. « Chernobyl » en est la version russe, celle qui domine encore à l'étranger, au grand dam des Ukrainiens. La ville, qui se trouve à 18 km au sud de la centrale, est coquette, et pas tout à fait déserte : certains des travailleurs de la centrale, ainsi que des personnes qui auraient dû évacuer, y habitent encore, malgré l'interdiction. Dans un jardin du souvenir, l'artiste Anatoli Haydamaka a installé une série de panneaux de noms de villes aujourd'hui rayées de la carte : celles qui ont dû être abandonnées suite à la catastrophe. Cet abandon est criant quelques kilomètres plus loin, dans la ville abandonnée de Pripyat. Il aura fallu aux autorités soviétiques 36 heures après l'explosion du réacteur numéro 4 pour donner à la population locale, soit près de 50 000 habitants, l'ordre d'évacuation. Plusieurs raisons expliquent ce délai. D'abord la confusion autour de l'état du réacteur numéro 4 et du niveau des radiations, l'ampleur de l'évacuation à organiser d'un point de vue logistique, mais aussi, et surtout, le déni au niveau institutionnel : dans le système autoritaire soviétique, les décisions étaient centralisées, la culture du secret encadrait les mauvaises nouvelles, afin de ne pas porter atteinte à l'image de l'État et mettre en doute sa compétence, quitte à ce que la population en pâtisse. « Personne n'avait informé la population du danger que représentaient les radiations » En 1986, Volodymyr avait 25 ans, et il habitait Pripyat. Au milieu des ruines du café disco de la ville, il nous montre ses photos de jeunesse, et se souvient de sa première cuite. La ville avait été construite en 1970, à 3 km de la centrale nucléaire, et ses habitants étaient majoritairement des travailleurs de la centrale et leur famille. Ici, la moyenne d'âge était de moins de 30 ans. Tout était mis à leur disposition dans cette ville-atome que Moscou voulait mettre en scène comme le fleuron du parc nucléaire soviétique. Dans l'hôpital de la ville, il décrit, comme si c'était hier, les scènes qui s'y sont déroulées il y a quarante ans : « Les premiers blessés ont été amenés dans ce hall, puis ils ont été emmenés dans les étages, où on leur a prodigué les premiers soins ». Ici, des câbles et des blocs de béton pendent du plafond, dont on voit dépasser de l'amiante. à travers les décombres et la poussière, on voit que l'hôpital a été quitté dans la précipitation : au sol, gisent des tablettes de médicaments, des fioles de désinfectant, une multitude de papiers figés dans la poussière. Dans les mois qui ont suivi, Pripyat a fait l'objet de campagnes de pillages, comme l'explique Volodymyr : « Les appartements ont été cambriolés, et une chose est sûre : il s'agit d'un véritable phénomène. Mais le véritable scandale, c'est que personne n'avait informé la population du danger que représentaient les radiations. » De fait, des particules radioactives se sont déposées sur tous les meubles, et incrustées durablement dans les tapis et moquettes. Après la catastrophe et l'évacuation, Pripyat a été pillée par des personnes qui n'avaient pas compris la raison pour laquelle les évacués n'avaient pas pris leurs biens avec eux… En ce début de printemps, Pripyat est déserte. Le grand soleil et le vent n'augurent rien de bon, c'est même le pire moment pour visiter une zone radioactive : les arbres, qui puisent dans les nappes phréatiques encore hautement contaminées, charrient du pollen qui disperse les particules radioactives dans l'air qu'on respire. Le dosimètre émet toujours ses avertissements. À lire aussiUkraine: Leonid Kindzelski, le héros oublié de Tchernobyl À seulement 3 km de là, se trouvent la centrale nucléaire de Chernobyl, et son dôme de confinement, le « sarcophage ». Volodymyr nous rappelle qu'on ne peut que photographier le sarcophage, endommagé au printemps 2025 par une frappe russe. Ce jour-là, des jeeps de l'AIEA (Agence internationale pour l'énergie atomique) patrouillent sur la zone, et des travailleurs qui continuent de refroidir le combustible nucléaire, même si la centrale est à l'arrêt, vont et viennent. Sur un petit parvis, un mémorial a été aménagé, on y voit une vingtaine de portraits de soldats tombés sur la ligne de front. Ils sont originaires de la région et ont travaillé à la centrale avant de s'engager. Ici, s'entremêlent plusieurs tragédies : aux morts, aux liquidateurs auxquels un monument est également dédié, s'ajoute la mémoire vive des crimes russes commis ici, comme l'explique Oleksandr Hrygorash, chef du département de contrôle des opérations de la centrale nucléaire et responsable de la supervision et de la protection civile: « Premièrement, ce qui s'est passé à la centrale nucléaire de Tchernobyl le 24 février 2022 était un acte de terrorisme nucléaire perpétré par la Russie, à savoir la prise de contrôle des installations nucléaires. Deuxièmement, un second acte de terrorisme nucléaire a eu lieu lorsqu'un drone russe a frappé l'arche de la nouvelle enceinte de confinement le 14 février 2025. C'est également un acte de terrorisme nucléaire. » 40 ans après la tragédie, personne en Ukraine n'a oublié son ampleur Ces actes ont tous été commis en violation des dispositions de la Convention pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, conclue le 14 septembre 2005 et ratifiée par la Russie… Alors que Moscou a non seulement mis en danger la population ukrainienne et au-delà des frontières, mais aussi ses propres soldats, qui creusaient des tranchées dans la Forêt Rouge, la zone la plus radioactive qui se trouve aux abords de la centrale, au mépris de toute précaution, déplore Oleksandr Hrygorash : « La présence de toute personne dans la zone d'exclusion ou sur le site de la centrale de Tchernobyl en général exige le respect des consignes de sécurité. Les radiations ne pardonnent pas le manque de respect, elles ne font pas de distinction, militaire ou civil, scientifique ou simple ouvrier, elles affectent tout le monde de la même manière. Quant aux occupants qui ont négligé les consignes de sécurité, ils ont eux-mêmes mis leur santé en danger et regretteront un jour de ne pas les avoir respectées. » Cette occupation russe de la centrale nucléaire va au-delà du sens commun: pendant environ cinq semaines, jusqu'au départ des troupes russes de la région de Kyiv, environ 100 travailleurs du site ont été bloqués sur place pendant près de 25 jours…au lieu de leur shift de 12h pour assurer le fonctionnement de la centrale électrique, nécessaire au refroidissement des combustibles nucléaires. Leur présence a permis d'éviter le pire, et Oleksandr Hrygorash ne tarit pas d'éloges: « Aucun des spécialistes qui ont pris le service de nuit le 23 février 2022 ne s'attendait à ce que sa garde dure 600 heures, voire mille heures pour certains. Mais grâce à la qualité de leur formation, aucun n'a quitté son poste et chacun a accompli ses tâches. » Sans la présence de ces travailleurs, on ne peut pas exclure qu'un nouvel incident nucléaire ait eu lieu à la centrale… Alors que quarante ans après la tragédie, personne en Ukraine n'a oublié son ampleur. Parmi ceux qui s'en souviennent, il y a ceux qui l'ont vécue personnellement. À Zdvyzhivka, près de Borodyanka, à environ une heure de route de Kyiv, Vassil, un liquidateur de 90 ans, et sa femme Nina, 86 ans, se rappellent du jour où leur vie a basculé : en 1986, ils habitaient dans la zone d'exclusion. Au lendemain de la catastrophe nucléaire, le couple a été sommé d'évacuer la maison qu'ils possédaient. Nina confie : « Ils (les officiels) nous ont dit de tout laisser tomber et ils ont commencé à nous évacuer. Le 4 mai, oui, ils ont commencé à nous évacuer. Ils ont bouclé la zone à 30 kilomètres et interdisaient l'accès à quiconque s'y trouvait. En fait, ils nous ont évacués après l'accident. » Vassil, son mari, travaillait à la centrale et n'avait pas non plus été informé de la gravité de la situation : « Il était chauffeur, d'habitude il rentrait à la maison après le quart de nuit. Il conduisait un KamAz à l'époque. Il est arrivé pour son quart de nuit, il ne savait pas qu'il s'était passé quelque chose pendant la nuit. Il est parti travailler. » Alors que la famille a dû tout quitter dans l'urgence, Vassil, lui, chauffeur de ces poids lourds soviétiques qui charriaient des matériaux vers la centrale nucléaire, a été réquisitionné pour transporter le sable utilisé pour colmater le réacteur 4, dans un premier effort pour stopper le feu, puis pour apporter du plomb, utiliser pour stopper les radiations. Il explique le chaos des premiers jours et son travail : « Je me rendais sur le terrain d'aviation, où il y avait du plomb en train d'être cassé. Puis ces blocs étaient chargés dans des nacelles et transportés jusqu'aux hélicoptères. Il y avait probablement une soixantaine d'engins sur place. Et en vol, ils avaient l'air tout petits et partaient dans tous les sens. » Alors que ces opérations dangereuses ont cours, Vassil se souvient de la dévastation tout autour de lui : « Toute la forêt de Polissia était brûlée, les conifères sont tous devenus noirs. Ils étaient si beaux, et il n'en restait que les troncs, plus aucune branche. » Les premières semaines, Vassil a multiplié les allers-retours vers la centrale sinistrée. Très vite, il a eu des brûlures autour des poignets, dues aux radiations. Au bout de quelques semaines, il doit également abandonner son camion, un KamAz soviétique, qui fera partie des centaines de camions contaminés enterrés dans la zone d'exclusion. Vassil a travaillé dans le transport de matériaux pour la centrale jusqu'en 1988, et jusqu'au jour où sa santé ne le lui a plus permis : « Je conduisais vers Tchernobyl pour aller aider, j'étais au volant et d'un coup je n'ai plus rien vu. J'ai stoppé le camion, j'ai attendu, je savais que quelqu'un allait passer. ça a été le cas, et on m'a emmené à l'hôpital de Chornobyl. Et puis ma vue est revenue, comme ça ». Quarante ans plus tard, dans leur salon de Zdyzhivka, Nina et Vassil s'estiment chanceux d'être encore en vie, et ils n'ont pas seulement survécu à une catastrophe nucléaire, car chez eux, plusieurs pages de l'histoire de l'Ukraine s'entremêlent : ils ont survécu à l'occupation russe des premières semaines de l'invasion de 2022, ainsi qu'aux bombardements qui ont plu sur le village à la libération.
Qui sont les évangéliques, qu'on estime aujourd'hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ? Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu'on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s'attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ? Autant de questions auxquelles l'historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026. Invité en studio : Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l'École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l'Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ; « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset). Entretien : Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.
Les États-Unis commémoreront, en juillet 2026, le 250e anniversaire de leur indépendance. À cette occasion, l'essayiste et politologue Romuald Sciora, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), a sorti avec le dessinateur Bastien Bertine un roman graphique qui retrace l'histoire des États-Unis. America 250 : Une histoire graphique des États-Unis, publié aux éditions Point Nemo, se veut une grande fresque qui va du génocide des Premières nations à la naissance d'une hyperpuissance mondiale, tout en posant un regard sans concession sur l'Amérique contemporaine : ses institutions fragilisées, sa démocratie en danger, ses fractures sociales grandissantes. À l'occasion de la sortie du premier tome, intitulé Né dans le sang, Romuald Sciora, l'auteur, est à notre micro. À lire aussi«Freedom 250» : comment Trump reprend la main sur les festivités des 250 ans d'indépendance américaine
Certaines femmes font le choix de vivre seules et l'assument pleinement. Ce n'est pas toujours facile à comprendre dans une société où le couple, la famille ou la vie partagée sont souvent considérés comme des repères essentiels. Pourtant, pour ces femmes, la solitude n'est ni une souffrance ni un isolement, mais une manière de se retrouver, de se construire, de respirer. Elles refusent les injonctions à être en couple, à se conformer à une norme sociale, et revendiquent une autre façon de vivre leur liberté. Ce choix soulève des questions profondes sur leur rapport à l'amour, à l'indépendance et au regard des autres. Pourquoi la solitude féminine est-elle encore si mal perçue ? Est-ce un acte de résistance ou simplement une manière de se protéger ? Et que nous dit-elle de notre société et de ses attentes envers les femmes ? Cette émission est une rediffusion du 14 novembre 2025. Avec : • Marie-France Hirigoyen, psychiatre, autrice de l'ouvrage Les nouvelles solitudes (Editions La Découverte) • Charlotte Debest, sociologue à l'Université Rennes II et autrice du livre Elles vont finir seules avec leurs chats (Les éditions La Meute). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► Figa de Guiné - Mariana Froes ► Blue Velvet - Princess Nokia.
Certaines femmes font le choix de vivre seules et l'assument pleinement. Ce n'est pas toujours facile à comprendre dans une société où le couple, la famille ou la vie partagée sont souvent considérés comme des repères essentiels. Pourtant, pour ces femmes, la solitude n'est ni une souffrance ni un isolement, mais une manière de se retrouver, de se construire, de respirer. Elles refusent les injonctions à être en couple, à se conformer à une norme sociale, et revendiquent une autre façon de vivre leur liberté. Ce choix soulève des questions profondes sur leur rapport à l'amour, à l'indépendance et au regard des autres. Pourquoi la solitude féminine est-elle encore si mal perçue ? Est-ce un acte de résistance ou simplement une manière de se protéger ? Et que nous dit-elle de notre société et de ses attentes envers les femmes ? Cette émission est une rediffusion du 14 novembre 2025. Avec : • Marie-France Hirigoyen, psychiatre, autrice de l'ouvrage Les nouvelles solitudes (Editions La Découverte) • Charlotte Debest, sociologue à l'Université Rennes II et autrice du livre Elles vont finir seules avec leurs chats (Les éditions La Meute). En fin d'émission, la chronique Écouter le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► Figa de Guiné - Mariana Froes ► Blue Velvet - Princess Nokia.
La Corée du Sud est le pays qui connaît le plus faible taux de natalité au monde : 0,7 enfant par femme. Une dénatalité qui se constate d'ailleurs au quotidien. Un déclin de population entamé en 2020, première année où le nombre de décès a surpassé le nombre de naissances. Conséquence : des entreprises, des écoles qui ferment, des villages abandonnés, vidés de leurs habitants. Avec une vie précaire pour ceux qui s'y accrochent encore. (Rediffusion) « Corée du Sud : ces villages en voie de disparition », un grand reportage de Célio Fioretti.
Comment décoder le croassement des corbeaux, les dialectes des bonobos ou le chant des baleines ? Quand les animaux prennent la parole… Un formidable voyage au cœur de la communication et de la conscience animale qui risque de vous surprendre... (Rediffusion) Donnons la parole aux animaux : oiseaux, singes, dauphins, éléphants ou grenouilles font bien plus que communiquer entre eux leur localisation ou leurs émotions. Ils ont des langages ou protolangages qui ont un sens, des règles de syntaxe et même de la conversation qu'il s'agit d'apprendre à décoder, avec un œil neuf et les oreilles grandes ouvertes. Mais comment ? Comment décoder le sens du croassement des corbeaux, les différents dialectes des bonobos ou les chants variés des baleines ? Avec - Alban Lemasson, professeur à l'Université de Rennes, il étudie la communication vocale et la vie sociale des mammifères et Mael Leroux, maître de conférences à l'Université de Rennes, il s'intéresse à l'évolution du langage. Pour leur ouvrage Quand les animaux prennent la parole, aux Éditions Apogée - Benoit Grison, docteur en Sciences cognitives, biologiste et sociologue des sciences, pour son ouvrage Le sourire du chimpanzé, voyage autour de la conscience animale (Delachaux et Niestlé).
Comment décoder le croassement des corbeaux, les dialectes des bonobos ou le chant des baleines ? Quand les animaux prennent la parole… Un formidable voyage au cœur de la communication et de la conscience animale qui risque de vous surprendre... (Rediffusion) Donnons la parole aux animaux : oiseaux, singes, dauphins, éléphants ou grenouilles font bien plus que communiquer entre eux leur localisation ou leurs émotions. Ils ont des langages ou protolangages qui ont un sens, des règles de syntaxe et même de la conversation qu'il s'agit d'apprendre à décoder, avec un œil neuf et les oreilles grandes ouvertes. Mais comment ? Comment décoder le sens du croassement des corbeaux, les différents dialectes des bonobos ou les chants variés des baleines ? Avec - Alban Lemasson, professeur à l'Université de Rennes, il étudie la communication vocale et la vie sociale des mammifères et Mael Leroux, maître de conférences à l'Université de Rennes, il s'intéresse à l'évolution du langage. Pour leur ouvrage Quand les animaux prennent la parole, aux Éditions Apogée - Benoit Grison, docteur en Sciences cognitives, biologiste et sociologue des sciences, pour son ouvrage Le sourire du chimpanzé, voyage autour de la conscience animale (Delachaux et Niestlé).
Mettre un pantalon plutôt qu'une robe, acheter une voiture, recruter un nouvel employé, accorder un prêt bancaire, investir dans une start-up, tirer un missile... Tous ces actes, du plus anodin au plus déterminant, relèvent de la prise de décision. Et à ce jeu-là, il semblerait que l'intelligence artificielle ait pris une longueur d'avance. L'an dernier, (2025) Microsoft vantait la supériorité de son outil médical. Lors d'un test, l'IA du géant de la tech avaient obtenu 85,5% de bons diagnostics contre 20% des médecins participant à l'expérience. Précision importante, ces derniers n'avaient pas la possibilité de consulter ni leurs manuels, ni leurs collègues. Il n'empêche, la place de l'intelligence artificielle dans la prise de décisions est appelée à grandir. Selon une étude réalisée pour Confluent, une entreprise américaine spécialisée dans les technologies, 62% des dirigeants interrogés ont déclaré utiliser l'IA pour la majorité de leurs décisions. Finis donc, les doutes et le stress pour les humains, désormais l'IA décide pour nous mieux et plus vite. De nombreuses questions demeurent néanmoins. Il suffit de penser aux fameuses « hallucinations », ces réponses inventées par ChatGPT pour renoncer à déléguer ses décisions à la machine. Dans le domaine militaire, le recours à l'IA suscite même de sérieuses inquiétudes. Une étude du King's College de Londres, a démontré que les principaux modèles d'IA développés par OpenAI, Anthropic et Google choisissent de recourir à l'arme nucléaire dans 95% des cas de conflits auxquels ils sont exposés. Une décision plus que radicale, qui soulève également une question cruciale, si l'IA décide qui porte la responsabilité de la décision ? Et plus globalement, à quoi ressemblera une société dont les choix importants seront délégués aux machines? Avec : • Eric Hazan, dirigeant d'un fonds d'investissement, référence de la transformation digitale et de l'IA, enseignant à HEC Paris et à Sciences Po et co-auteur avec Olivier Sibony de Faut-il encore décider ? La décision humaine à l'ère de l'intelligence artificielle (Flammarion, 2026) • Eric Sadin, écrivain et philosophe, penseur des technologies numériques. Il est l'auteur de 10 ouvrages sur ces enjeux décisifs de notre temps, dont le dernier Le Désert de nous-même - Le tournant intellectuel et créatif de l'intelligence artificielle (L'échappée, 2026). Il est également à l'initiative du « contre-sommet de l'IA » qui s'est tenu à Paris en février 2025, au moment même du sommet mondial organisé par la France. En fin d'émission, Le monde des enfants de Charlie Dupiot. La parole aux enfants 8 milliards de voisins » avec le « Monde des enfants » de Charlie Dupiot ! Aujourd'hui, ils sont 6 à nous plonger au coeur de la nuit, de leurs nuits... Ils nous racontent leurs rêves et surtout, leurs cauchemars ! Domingo, Mayas, Luciana, Tyron, Ishak et Evelina ont 10 ans, ils sont en classe de CM2 à l'école Edgar Quinet à Aubervilliers, en région parisienne. Programmation musicale : ► Doucement - Fally Ipupa, Joé Dwet Filé ► Encore une fois - Orelsan, Yamê.
Mettre un pantalon plutôt qu'une robe, acheter une voiture, recruter un nouvel employé, accorder un prêt bancaire, investir dans une start-up, tirer un missile... Tous ces actes, du plus anodin au plus déterminant, relèvent de la prise de décision. Et à ce jeu-là, il semblerait que l'intelligence artificielle ait pris une longueur d'avance. L'an dernier, (2025) Microsoft vantait la supériorité de son outil médical. Lors d'un test, l'IA du géant de la tech avaient obtenu 85,5% de bons diagnostics contre 20% des médecins participant à l'expérience. Précision importante, ces derniers n'avaient pas la possibilité de consulter ni leurs manuels, ni leurs collègues. Il n'empêche, la place de l'intelligence artificielle dans la prise de décisions est appelée à grandir. Selon une étude réalisée pour Confluent, une entreprise américaine spécialisée dans les technologies, 62% des dirigeants interrogés ont déclaré utiliser l'IA pour la majorité de leurs décisions. Finis donc, les doutes et le stress pour les humains, désormais l'IA décide pour nous mieux et plus vite. De nombreuses questions demeurent néanmoins. Il suffit de penser aux fameuses « hallucinations », ces réponses inventées par ChatGPT pour renoncer à déléguer ses décisions à la machine. Dans le domaine militaire, le recours à l'IA suscite même de sérieuses inquiétudes. Une étude du King's College de Londres, a démontré que les principaux modèles d'IA développés par OpenAI, Anthropic et Google choisissent de recourir à l'arme nucléaire dans 95% des cas de conflits auxquels ils sont exposés. Une décision plus que radicale, qui soulève également une question cruciale, si l'IA décide qui porte la responsabilité de la décision ? Et plus globalement, à quoi ressemblera une société dont les choix importants seront délégués aux machines? Avec : • Eric Hazan, dirigeant d'un fonds d'investissement, référence de la transformation digitale et de l'IA, enseignant à HEC Paris et à Sciences Po et co-auteur avec Olivier Sibony de Faut-il encore décider ? La décision humaine à l'ère de l'intelligence artificielle (Flammarion, 2026) • Eric Sadin, écrivain et philosophe, penseur des technologies numériques. Il est l'auteur de 10 ouvrages sur ces enjeux décisifs de notre temps, dont le dernier Le Désert de nous-même - Le tournant intellectuel et créatif de l'intelligence artificielle (L'échappée, 2026). Il est également à l'initiative du « contre-sommet de l'IA » qui s'est tenu à Paris en février 2025, au moment même du sommet mondial organisé par la France. En fin d'émission, Le monde des enfants de Charlie Dupiot. La parole aux enfants 8 milliards de voisins » avec le « Monde des enfants » de Charlie Dupiot ! Aujourd'hui, ils sont 6 à nous plonger au coeur de la nuit, de leurs nuits... Ils nous racontent leurs rêves et surtout, leurs cauchemars ! Domingo, Mayas, Luciana, Tyron, Ishak et Evelina ont 10 ans, ils sont en classe de CM2 à l'école Edgar Quinet à Aubervilliers, en région parisienne. Programmation musicale : ► Doucement - Fally Ipupa, Joé Dwet Filé ► Encore une fois - Orelsan, Yamê.
La mort de Diego Maradona, joueur de football, plutôt Dieu du football, mort seul dans son lit, le 25 novembre 2020, aurait-elle pu être évitée ? Les membres de son équipe médicale ont-ils fait preuve d'une négligence coupable ? Un nouveau procès s'ouvre à Buenos Aires pour tenter de répondre à ces questions. Le premier avait été annulé l'an dernier (2025) sur fond de scandale, après qu'une des juges a participé au tournage clandestin d'une mini-série sur le procès. Preuve s'il en fallait que Diego Maradona continue de déchaîner les passions en Argentine. 5 ans après sa mort, le culte du gamin en Or, du 10, reste intact chez ses compatriotes. « Diego Maradona, une ferveur intacte en Argentine », un Grand reportage de Théo Conscience.
Ils démontent des moteurs, remplacent des pièces usagées, réparent les voitures en plein air, sur des parkings, dans des rues peu passantes ou des terrains encore en friche. Les mécaniciens de rue font partie du décor des villes, même s'ils restent souvent aux marges. En théorie, la réparation automobile informelle est illégale, elle échappe au contrôle de l'État. Malgré les nuisances que la mécanique de rue représente, pollutions, bruits, occupation de l'espace public... elle crée pourtant de la valeur et répond aux besoins des populations. Parce que la voiture est encore centrale dans les mobilités, les mécaniciens de rue permettent aux habitants les plus précaires de prendre soin de leur véhicule à moindre coût. Ils offrent leurs compétences, leurs savoir-faire et une alternative aux garages conventionnels. À la jonction de plusieurs enjeux, mobilité, renouvellement urbain, insertion professionnelle, les pouvoirs publics peinent encore à prendre en compte et à intégrer la mécanique de rue au paysage urbain. D'Abidjan à Paris, en passant par Kinshasa ou Le Caire, qui sont les mécaniciens de rue, comment travaillent-ils ? Comment sécuriser leurs parcours professionnels ? Pourra-t-on formaliser leur activité dans nos villes ? Avec : • Sébastien Jacquot, géographe, maître de conférence à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l'EIREST et associé à l'UMR PRODIG. Co-auteur de Mécaniciens de rue - réparer et vivre, d'Abidjan au Grand Paris (Presses Universitaires de Lyon, 2026) • Marie Morelle, géographe, professeur à l'Université Lumière Lyon 2, affiliée au laboratoire Environnement Ville Société. Co-autrice de Mécaniciens de rue - réparer et vivre, d'Abidjan au Grand Paris (Presses Universitaires de Lyon, 2026) Un reportage de Charlie Dupiot. Dans une rue calme d'Aubervilliers, une dizaine d'hommes attend d'éventuels clients, assis, en discutant. Notre reporter Charlie Dupiot a pu rencontrer l'un de ces travailleurs, âgé de 39 ans et originaire de Côte d'Ivoire. Il préfère rester anonyme, lui qui ne fait plus ça à temps plein et cumule aujourd'hui différents petits boulots, dans le bâtiment notamment. Il le dit clairement : « J'ai pas fréquenté l'école moi, j'ai fait l'école de la rue ». Le voici qui ouvre le capot de la voiture d'un ami de passage à qui il dit rendre service. En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Cette semaine, il nous parle du référencement dans l'IA. ►Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat. Programmation musicale : ► PERSONNEL - NAGÄ ► Hotta - Blaiz Fayah, Tribal Kush.
Ils démontent des moteurs, remplacent des pièces usagées, réparent les voitures en plein air, sur des parkings, dans des rues peu passantes ou des terrains encore en friche. Les mécaniciens de rue font partie du décor des villes, même s'ils restent souvent aux marges. En théorie, la réparation automobile informelle est illégale, elle échappe au contrôle de l'État. Malgré les nuisances que la mécanique de rue représente, pollutions, bruits, occupation de l'espace public... elle crée pourtant de la valeur et répond aux besoins des populations. Parce que la voiture est encore centrale dans les mobilités, les mécaniciens de rue permettent aux habitants les plus précaires de prendre soin de leur véhicule à moindre coût. Ils offrent leurs compétences, leurs savoir-faire et une alternative aux garages conventionnels. À la jonction de plusieurs enjeux, mobilité, renouvellement urbain, insertion professionnelle, les pouvoirs publics peinent encore à prendre en compte et à intégrer la mécanique de rue au paysage urbain. D'Abidjan à Paris, en passant par Kinshasa ou Le Caire, qui sont les mécaniciens de rue, comment travaillent-ils ? Comment sécuriser leurs parcours professionnels ? Pourra-t-on formaliser leur activité dans nos villes ? Avec : • Sébastien Jacquot, géographe, maître de conférence à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l'EIREST et associé à l'UMR PRODIG. Co-auteur de Mécaniciens de rue - réparer et vivre, d'Abidjan au Grand Paris (Presses Universitaires de Lyon, 2026) • Marie Morelle, géographe, professeur à l'Université Lumière Lyon 2, affiliée au laboratoire Environnement Ville Société. Co-autrice de Mécaniciens de rue - réparer et vivre, d'Abidjan au Grand Paris (Presses Universitaires de Lyon, 2026) Un reportage de Charlie Dupiot. Dans une rue calme d'Aubervilliers, une dizaine d'hommes attend d'éventuels clients, assis, en discutant. Notre reporter Charlie Dupiot a pu rencontrer l'un de ces travailleurs, âgé de 39 ans et originaire de Côte d'Ivoire. Il préfère rester anonyme, lui qui ne fait plus ça à temps plein et cumule aujourd'hui différents petits boulots, dans le bâtiment notamment. Il le dit clairement : « J'ai pas fréquenté l'école moi, j'ai fait l'école de la rue ». Le voici qui ouvre le capot de la voiture d'un ami de passage à qui il dit rendre service. En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Cette semaine, il nous parle du référencement dans l'IA. ►Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat. Programmation musicale : ► PERSONNEL - NAGÄ ► Hotta - Blaiz Fayah, Tribal Kush.
De l'Arctique à l'Antarctique jusqu'au plus haut sommet des États-Unis, l'Américain a sillonné les terres extrêmes en quête d'exploits et de premières. Une trajectoire méconnue et controversée à l'épreuve des pôles et de la vérité. Qui a atteint le premier le pôle Nord ? Au début du XXᵉ siècle, cette question affolait les gazettes et faisait l'objet d'une âpre controverse aux États-Unis et dans le monde, entre l'autoritaire officier de marine, Robert Edwin Peary, et l'outsider Frederick Cook qui revendiquait être arrivé au pôle, un an avant lui, en avril 1908. Le Congrès américain finira par trancher au bénéfice de Peary, dont il fera l'unique vainqueur du pôle Nord, au détriment de Cook, oblitérant aussi Matthew Henson, explorateur africain-américain et fidèle compagnon de Peary, ainsi que les Inuits qui les ont guidés. Pendant longtemps, les terres polaires, arctiques ou antarctiques ont ainsi représenté pour l'homme des « terra incognitae », à atteindre, explorer, conquérir. Au tournant du XXᵉ siècle, les nations s'y bousculaient, les explorateurs occidentaux financés en partie par de riches magnats de la presse ou de l'industrie s'embarquaient, emmantelés de fourrures, pour de périlleuses expéditions en traîneaux à chiens. Au nom de la connaissance, un peu ; du dépassement de soi, aussi ; et de la gloire, beaucoup. Aujourd'hui, à plus d'un siècle de distance, alors que les pôles se retrouvent au cœur de l'urgence climatique, et que ces lieux sont parcourus par des touristes en goguette polaire, on pourrait n'y voir que de vaines entreprises masculines de premières et de conquêtes… Sauf que ces histoires d'explorations polaires disent beaucoup de leur époque, comme de la nôtre. Elles ont façonné les imaginaires et fait émerger des figures historiques, parfois contestables et encore méconnues. Parmi elles, on retrouve donc le docteur américain Frederick Cook, un curieux personnage que rien ne prédestinait à arpenter les pôles mais qui va se retrouver plongé dans cette furieuse affaire avec Robert Edwin Peary, et ce malgré le soutien sans faille de son ami, vainqueur du pôle Sud, le Norvégien Roald Amundsen… Pire, Cook sera également contesté sur son ascension du mont McKinley, aujourd'hui Denali, plus haut sommet des États-Unis situé en Alaska, et finira par passer de longues années en prison pour une affaire d'escroquerie. Alors héros ou imposteur ? Gérard Guerrier, auteur de L'énigmatique Docteur Cook paru en France aux Éditions Paulsen, retrace la vie de Cook en tentant de résoudre les énigmes de sa folle et intrépide existence. À lire : - L'énigmatique Docteur Cook de Gérard Guerrier. Editions Paulsen. 2026 - Journal d'un explorateur noir au pôle Nord de Matthew Henson. Préface et traduction de Kamel Boukir. Éditions Zones Sensibles. 2021 - Ultima Thulé de Jean Malaurie. Éditions Plon. Collection Terre humaine Poche. 2008 En images
Dans le sud-est de la République centrafricaine, la réserve animalière de Chinko s'impose aujourd'hui comme l'un des derniers grands sanctuaires sauvages d'Afrique centrale. C'est un vaste territoire protégé. Une biodiversité exceptionnelle continue d'y survivre : éléphants de forêt, lions, léopards, girafes et bien d'autres espèces rares encore. Pourtant, pendant plusieurs décennies, la réserve a été durement touchée par le braconnage, l'insécurité et l'exploitation illégale des ressources naturelles. Afin d'inverser cette tendance, un partenariat public-privé a été signé avec le gouvernement centrafricain en 2014 avec l'ONG African Parks. L'accord a été renouvelé pour 25 ans en 2020. La restauration de la réserve et la gestion durable sont à l'ordre du jour, avec l'implication croissante des populations locales dans la protection de leur territoires. « Chinko, quand un sanctuaire sauvage renait au cœur de l' Afrique », est le grand reportage de Rolf Steve Domia-Leu.
Au Sénégal Oriental, à plus de 650 km de Dakar, se déploie un écrin de nature pensé et protégé par et pour les populations locales. C'est une aire naturelle protégée comme il en existe un peu partout sur le continent africain, mais elle a cette particularité d'avoir été créée en 2009, par et pour les populations. Ce modèle de réserve naturelle communautaire prend de l'ampleur au Sénégal comme ailleurs, parce qu'il intègre les besoins des communautés. Il vient finalement contrer la vision archaïque, héritée de la colonisation, de l'éden africain vierge et traversé de hordes d'animaux sauvages, qui a guidé à la création des premiers parcs nationaux africains, pensés au départ comme des zones de chasse touristique et excluant le plus souvent les populations qui y vivaient. Aujourd'hui, cette vision a fait long feu, mais penser l'équilibre entre protection de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des habitants demeure un pari audacieux, une promesse nécessaire. Et la réserve du Boundou, située justement sur une ancienne zone d'amodiation, de chasse de plus de 120 000 hectares prouve que c'est possible. Fruit d'une coopération décentralisée Nord-Sud entre le département français de l'Isère et celui de Tambacounda, sans dépendre de l'État, ce projet allie écologie, solidarité et démocratie locale. Parce qu'un jour, les communautés locales se sont rassemblées pour se demander comment habiter leur territoire sans le détruire, comment préserver ce patrimoine naturel et en faire profiter les générations futures ou les visiteurs de passage… Délimitée par les villages de Koussan au Nord et Talibadji à l'Est ainsi que par la rivière Falémé au Sud-Est, cette réserve mérite le voyage, à la rencontre de communautés qui aiment, connaissent, valorisent et protègent leur territoire. Un territoire de savanes arbustives ponctuées de mares et traversé par une faune discrète mais précieuse de singes patas, d'oiseaux, de hyènes ou de gazelles à front roux, emblème de la réserve. Un voyage sonore de Raphaëlle Constant. En savoir plus : Le site de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou Guide touristique & Dossier de la RNCB Une vidéo de présentation de la Réserve Sur l'action de l'ONG Tetraktys, présente dans 13 pays, qui intervient depuis 20 ans au Sénégal Oriental. Elle accompagne l'essor d'un tourisme durable dans la région, l'éducation à l'environnement et le développement économique et local Sur le photographe français Julien Masson, auteur des images qui accompagnent ce voyage sonore. En images
Une guerre longtemps cachée, mais une guerre aujourd'hui reconnue par le président Emmanuel Macron, suite aux préconisations du rapport de la commission d'historiens camerounais et français, remis début 2025 aux présidents respectifs de la France et du Cameroun. Un rapport de plus de 1 000 pages réunissant quatorze historiennes et historiens, français et camerounais, un travail minutieux de recueil de témoignages et d'analyse d'archives parfois inédites, afin de préciser les responsabilités de chacun, avant et après l'indépendance du Cameroun. Le 1er janvier 1960, le Cameroun fête son indépendance sur fond de guerre civile, mais que s'est-il passé dans ces années 60 ? Qu'est-ce que la commission de 14 historiens camerounais et français a montré dans son rapport remis aux présidents Biya et Macron. Pourquoi la guerre se poursuit-elle contre les mouvements nationalistes et les opposants sous la Présidence de Amadou Ahidjo ? Grâce à la déclassification d'archives militaires et aux nombreux témoignages recueillis par la commission sur le terrain, cette histoire oubliée peut continuer de s'écrire et de se préciser, bien que la question du nombre exact de morts reste sans réponse, car il appartient aux autorités camerounaises de s'en saisir ou pas. Merci à l'historienne Karine Ramondy ainsi qu'à Jean Koufan et Marie Ngo Ndjock, deux collègues camerounais qui ont participé à la rédaction du rapport du volet « Recherche » de la Commission franco-camerounaise sur le rôle de la France au Cameroun entre 1945 et 1971. Le rapport sur le rôle de la France dans la guerre au Cameroun est à retrouver ici. À lire également Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961 de Karine Ramondy. Un grand merci au magazine L'Histoire dont le numéro de décembre 2025 consacre un article à La guerre oubliée au Cameroun signé Karine Ramondy. Retrouvez-nous sur notre page FB pour en savoir plus et gagner un magazine ! La marche du monde vous propose également sa collection de podcast Africaines Queens, l'histoire de l'Afrique racontée par les Africaines elles-mêmes. Pour aller plus loin : Leaders assassinés, de Lumumba à Um Nyobe - Spéciale indépendance RDC Cameroun : la guerre secrète
De nombreuses femmes regardent du porno, mais cet univers continue de véhiculer des stéréotypes principalement masculins. Leur consommation de porno est encore entourée de honte et de tabous : plaisir caché, double vie sur internet, peur d'être jugée. Que recherchent vraiment les femmes sur les sites porno ? Qu'est-ce que cela révèle sur la place qui leur est accordée, ou non et sur leur droit de prendre du plaisir et de fantasmer librement ? Comment le porno influence leurs fantasmes personnels ? Le porno peut-il devenir un espace d'exploration pour les femmes, et pas seulement un produit pensé par et pour les hommes ? Avec : • Jane Roussel, journaliste, autrice de Pornografilles (Dalva, 2025) • Cathline Smoos, psychologue et sexologue clinicienne, spécialiste des technologies de l'intime (VR,AR, cyberpsycho-sexologie) • Nikita Bellucci, réalisatrice de films pornographiques et actrice. En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► 2006 - Asfar Shamsi ► Girl, get up. - Doechii, SZA.
Dans l'est de la République démocratique du Congo, en décembre 2025, ils ont fui par dizaines de milliers l'offensive de l'AFC-M23 sur Uvira. Plus de 80 000 Congolais sont ainsi arrivés, soudainement, au Burundi voisin. Depuis, la plupart de ces refugiés vivent sur le site de Busuma, dans des conditions extrêmement précaires. Ils sont doublement victimes : de la guerre et des réductions drastiques de l'aide internationale. Ils tentent de survivre, de surmonter leur traumatisme, et de se reconstruire. « Les naufragés de Busuma », un Grand reportage de Florence Morice.
Elles nettoient, soignent, assemblent, livrent sans que leurs gestes soient vraiment reconnus. Ces travailleuses de l'ombre font pourtant tourner l'économie mondiale. On les voit peu. Elles sont souvent mal payées, avec des horaires difficiles et des contrats précaires. Mais sans elles, beaucoup d'activités s'arrêteraient. Leur travail, indispensable au quotidien, reste pourtant rarement mis en avant. Comment ces femmes, longtemps tenues à l'écart des lieux de pouvoir, peuvent-elles être à ce point indispensables au fonctionnement du capitalisme ? Que nous dit leur invisibilité de la façon dont notre société décide de ce qui a de la valeur et de ce qui n'en a pas ? Avec : Fanny Gallot, historienne, Université Paris Est Créteil, co-autrice de l'ouvrage Le cœur du capital – Ces travailleuses de l'ombre qui font tourner le monde (Université Paris Cité Éditions, 2026) Hugo Harari-Kermadec, professeur en sociologie à l'Université d'Orléans, co-auteur de l'ouvrage Le cœur du capital – Ces travailleuses de l'ombre qui font tourner le monde (Université Paris Cité Éditions, 2026). À retrouver dans l'émission également : À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2026, focus sur le Planning Familial, qui fête ses 70 ans cette année, avec Nadine Marchand, directrice du Planning Familial d'Ille-et-Vilaine. Cette antenne du Planning Familial a publié en octobre 2025 une enquête sur les conditions d'accès à l'IVG sur son territoire. Deux ans après l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution, quels vécus et parcours dans la réalité ? En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► Gorgeous - Doja Cat ► Tufulin - Karyna Gomes, Alana Sinkey.
Selon l'OMS, l'obésité touche aujourd'hui plus d'un milliard de personnes dans le monde, et a entrainé 3,7 millions de décès dans le monde en 2024. Maladie chronique, l'obésité est également une maladie multifactorielle dont les causes peuvent être génétiques, environnementales, neurobiologiques... Comment expliquer l'augmentation exponentielle du nombre de personnes touchées par l'obésité ? Quelles peuvent être les conséquences sur la santé ? Quelles prises en charge existent ? À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'obésité, nous allons parler de la prise en charge de cette maladie à la fois complexe, liée à des facteurs multiples et variés. L'obésité implique de multiples défis pour les patients concernés : faire face aux conséquences potentiellement nombreuses de ce surpoids pour leur santé (pour le cœur, les articulations, en termes de santé respiratoire ou de fertilité) et surmonter le jugement des autres ainsi qu'un certain nombre de contrevérités au sujet de leur état. L'obésité est une maladie et n'est pas le résultat d'une faiblesse, que seule la volonté pourrait corriger. Lutter contre les préjugés Aborder la question de l'obésité, c'est aussi s'arrêter sur le regard que porte la société sur le surpoids : d'un côté la face normative et restrictive, à quoi faut-il ressembler, quelle est l'image/la morphologie désirable ? Et de l'autre, l'incitation à la consommation, sucrée, salée, ultra-transformée. Prise en charge adaptée Les causes et facteurs multiples du surpoids et de cet excès de masse grasse peuvent nécessiter une approche plurielle : conseils et réajustement nutritionnel, activité physique et à côté de ces changements en termes d'hygiène de vie, des traitements adaptés peuvent être recommandés, tels que la chirurgie bariatrique ou la prescription de médicaments, à l'instar des traitements injectables, appelés analogue du GLP1, recommandés en cas d'obésité chronique récidivante, chez les personnes présentant des complications du surpoids. Avec : Pr Sébastien Czernichow, chef du service de Nutrition de l'Hôpital européen Georges Pompidou, et professeur en Nutrition à Paris Cité. Co-auteur de Arthrose arthrite - Je me soigne en mangeant et Arthrose, arthrite - Je me soigne en cuisinant aux éditions Solar. Co-coordonateur du réseau FORCE (F-CRIN). Dr David Kodjo Kossi, endocrinologue diabétologue, nutritionniste au CHU Sylvanus Olympio à Lomé, au Togo. Président de l'Association Jeunes Intellect pour la Sécurité Alimentaire au Togo (JISATOGO). Directeur médical du Centre associatif d'éducation thérapeutique du diabète et de l'obésité, DIABEOBE. Reportage de Raphaëlle Constant. Programmation musicale : ► JAZZWRLD, MaWhoo, Thukutela, Gi-Ceejay – Uzizwa Kanjan ► Pierre Akendengue - Awana W africa.
Ils seraient aujourd'hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d'une guerre qui s'enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l'Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d'autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l'université ou un emploi. Aujourd'hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d'influence entre Moscou et le continent africain. En ce matin de début février, 200 personnes environ se retrouvent dans le jardin familial de Bibiana Wangari, à Mukurwe-Ini, dans le centre du Kenya, à un peu plus de 2h de route au nord de Nairobi. Ce sont des funérailles, mais la cérémonie se déroule sans corps et sans cercueil, constate Albane Thirouard, la correspondante de RFI. Des bougies ont été déposées sur une tombe symbolique en contrebas. Charles Waithaka, dit « Charlo », le fils de Bibiana, avait 30 ans. Parti en octobre en Russie, sa famille a perdu le contact vers Noël, et c'est sur Facebook que sa mère a appris son décès en Ukraine : « Je me suis réveillée un jour et la nouvelle était partout sur les réseaux sociaux. J'ai appris qu'il avait marché sur une mine. Avant de partir, il m'avait appelée pour me dire qu'il avait obtenu un emploi pour travailler en tant que mécanicien pour la construction d'un camp militaire. Une fois sur place, il m'a appelée pour me dire qu'il était en Russie. On a continué à parler, jusqu'au jour où il m'a dit qu'il allait être déployé sur le front. Il a pleuré, beaucoup pleuré. En tant que mère, ce n'était pas facile. Chaque jour il m'appelait en pleurant "maman, je veux rentrer au Kenya, ce n'est pas bien ici.". » À lire aussiCombattants africains tués sur le front ukrainien: le deuil impossible de familles désemparées Le corps de Charles Waithaka n'a pas pu être rapatrié. Les présents lui rendent hommage. Un homme prend le micro, il vient de rentrer du front. « J'ai eu la chance de rentrer à la maison, témoigne Dancan. J'aurais pu finir comme ça. J'ai vu la mort de mes propres yeux. Je sais que ce n'est pas facile, vu comment la guerre se déroule là-bas : les gens meurent, et quand une personne meurt, le corps est juste laissé là, personne ne s'en occupe ». Dancan détaille son expérience : « J'ai l'impression d'avoir été trompé. Je suis allé là-bas, je pensais travailler comme chauffeur. Une fois arrivé, on m'a donné une formation militaire. Et même quand tu dis que tu ne veux pas faire ce travail et que tu veux rentrer chez toi, on te force à aller au front. Les Russes n'ont aucune humanité. Alors j'ai fait semblant d'être fou, on m'a envoyé à l'hôpital, et c'est comme ça que j'ai pu m'échapper. Mais je sais que beaucoup de Kényans sont encore là-bas. Ils cherchent des moyens d'en sortir et de rentrer chez eux mais ce n'est pas facile, c'est même très difficile. » Dancan affirme par ailleurs ne jamais avoir touché l'argent promis. « Il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine » À plusieurs milliers de kilomètres de là, Mike – un nom d'emprunt – laisse un message vocal à RFI : « On est venu ici pour travailler, on nous avait dit que ce serait un travail dans la sécurité. Une fois arrivés en Russie, on s'est rendu compte que c'était un emploi militaire. Nous n'avions rien signé au Kenya, les recruteurs ont juste pris nos passeports pour arranger le visa et les billets d'avion. Ce n'est qu'une fois en Russie que nous avons signé des papiers mais tout était en russe donc nous ne comprenions pas. Nous les avons scannés avec nos téléphones et c'est là que nous avons compris que les documents que nous nous apprêtions à signer étaient des contrats dans l'armée. On attend. Ils vont nous emmener combattre. Mon ami et moi refusons d'y aller, nous cherchons à nous échapper. » Quelques jours plus tard, Mike prévient : il est parvenu à fuir et à quitter la Russie. À lire aussiDes proches de Kényans envoyés par la Russie sur le front critiquent la diplomatie de leur pays À Nairobi, l'association VOCAL Africa tente de venir en aide aux familles sans nouvelles de leurs proches. Julius Kimani Kamanu est venu accompagné de son père pour évoquer le cas de son frère, âgé de 26 ans, parti en Russie il y a plusieurs mois. Sur le téléphone de Julius, il y a une photo : trois hommes armés posant en tenue de combat. « C'est la dernière photo qu'il nous a envoyée, le dernier jour où nous avons pu communiquer avec lui, souligne Julius Kimani Kamanu. Il y a mon frère, Peter Kimemia, un homme que je ne connais pas qui est sûrement russe, et l'ami avec qui mon frère est parti. Il nous a dit qu'il partait pour un emploi de chauffeur donc quand nous l'avons vu comme ça en tenue militaire, ça nous a choqués ». Peter Kimemia Kamanu est parti en Russie avec un visa de visiteur, avec un billet d'avion aller-retour, pour un séjour de quelques jours à peine. Lui aussi a été trompé, affirme Julius : « L'agent lui avait dit qu'il allait travailler comme chauffeur en Russie. Avant de partir, mon frère vendait des téléphones et des ordinateurs. On lui avait promis un meilleur emploi en Russie avec un bon salaire. Il est arrivé en Russie le 22 octobre 2025 et il nous a informés qu'il était dans un hôtel en attendant plus d'informations. Quelques jours plus tard, il nous a informés qu'il avait été emmené dans un camp militaire et qu'il allait y recevoir une formation, puisque le travail de chauffeur se ferait dans un camp militaire. Donc, il a commencé sa formation militaire qui a duré moins d'une semaine. Puis, un jour, il nous a appelés à minuit, il était terrorisé. Il nous a dit qu'il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine. C'était notre dernière communication, le 18 novembre. » Julius affirme que le numéro de l'agent avec lequel son frère communiquait n'est plus joignable. La famille a écrit aux autorités kényanes pour obtenir des nouvelles mais la demande n'a pas abouti. Les estimations du nombre de Kényans partis en Russie ne cessent de gonfler ces dernières semaines. Mi-février, le gouvernement a haussé le ton. Le ministre des Affaires étrangères a promis de se rendre à Moscou pour « enrayer » ce phénomène, alors que son bras droit dénonçait auprès des médias « un schéma inacceptable consistant à attirer des gens et à les faire mourir ». À lire aussiLe Kenya inculpe un homme accusé d'avoir envoyé des citoyens combattre contre leur gré pour Moscou « Parfois ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir » En Afrique du Sud, la politique de recrutement russe a pris une tournure politique. La fille de l'ex-président Jacob Zuma est visée par une enquête judiciaire pour son rôle dans l'envoi de 17 combattants sud-africains. Elle a dû démissionner de son poste de députée. À lire aussiUkraine: la fille de Jacob Zuma a-t-elle orchestré le départ de Sud-Africains sur le front? Elle est directement mise en cause par l'un d'entre eux, qui a répondu par écrit à notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues, joignant photos et vidéo où on le voit en treillis dans la neige : « J'ai quitté l'Afrique du Sud, le 9 juillet 2025. Je suis venu en Russie parce que je n'avais pas de travail et que Duduzile Zuma [la fille de Jacob Zuma, NDLR], nous avait promis des emplois. Tout n'était que mensonges. Nous nous sommes retrouvés à nous entraîner à l'attaque, à utiliser des bombes et à creuser des abris, des toilettes, à manger de la nourriture avariée et périmée. Parfois, ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir et ils se moquaient que nous tombions malades. Il n'y avait pas de jours de repos. Ensuite, nous sommes partis vers le front et notre groupe a été séparé. Je ne sais pas où sont les autres. Nos familles et nos enfants nous manquent vraiment. C'est très douloureux : aidez-nous à rentrer chez nous, s'il vous plaît. » L'affaire fait grand bruit dans un pays membre des Brics où les partis russophiles MK ou EFF sont bien implantés au parlement. Au point que l'actuel chef de l'État, Cyril Ramaphosa, a téléphoné à Vladimir Poutine pour obtenir leurs rapatriements il y a quelques jours. À lire aussiAfrique du Sud: Ramaphosa remercie Poutine pour le retour de Sud-Africains enrôlés en Ukraine Impossible de savoir exactement combien de ressortissants africains portent aujourd'hui l'uniforme russe. Selon un rapport de l'Institut français des relations internationales, ils seraient de 3.000 à 4.000 sur 18.000 à 20.000 combattants étrangers. Le groupe d'investigation All Eyes on Wagner a obtenu une liste de 1 417 contractuels ayant servi entre 2023 et mi-2025. Ils sont originaires de 35 pays africains ; 316 sont décédés. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner Les récits de combattants mettent en avant le rôle d'intermédiaires qui diffusent des promesses trompeuses. Des militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage À Yaoundé, Richard Onanena a échangé avec l'un d'entre eux, un Camerounais qui s'est rendu à plusieurs reprises en Russie dans un cadre universitaire. Saluant les « convergences de valeurs » russo-africaines, il explique accompagner certains vers un recrutement dans l'armée : « Cette rémunération, elle est alléchante. Il y a une batterie de documents qui vous sont présentés. Vous avez la possibilité de lire ces documents, de les faire traduire, on ne peut pas vous enrôler de force dans l'armée. C'est un contrat où on vous dit combien vous serez payés, combien de temps vous devez servir, et quels sont les avantages que vous aurez et ainsi de suite. Si vous êtes d'accord vous signez, si vous n'êtes pas d'accord vous ne signez pas. Mais avant d'arriver à ce niveau, il y a déjà une présélection. On vérifie votre état et l'agent de recrutement décide si oui ou non vous êtes recruté, ce n'est pas automatique. Néanmoins, il est important de préciser qu'il y a des personnes, qui ne sont pas des Russes pour la plupart, qui vont se servir de la détresse de leurs frères africains, pour leur faire miroiter des choses qui parfois n'ont absolument rien à voir avec la vérité, et peut-être d'une manière ou d'une autre les convaincre, ou les contraindre. » Certaines recrues, en revanche, sont tout à fait conscientes de leur choix. Les militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage. Les salaires promis sont par exemple dix fois supérieurs à ceux de l'armée camerounaise. Un militaire du BIR, bataillon d'intervention rapide, unité d'élite, explique comment il a vu certains de ses frères d'armes céder aux sirènes russes, à commencer par son cousin... Il évoque même des complicités au sein de la hiérarchie : « Il m'a dit que c'est un colonel qui a géré, c'est par le réseau de ce colonel qu'il a voyagé. Après deux semaines, je n'avais plus de ses nouvelles, son numéro ne passait plus, et jusqu'à maintenant, rien. Quand je suis entré en contact avec un autre collègue qui était là-bas, il m'a fait comprendre que les Camerounais qui étaient arrivés à cette époque, en mars-avril-mai 2024, étaient tous morts, parce que les attaques étaient très intenses. J'ai essayé d'en parler avec la famille, mais ils ne voulaient rien entendre, alors j'ai lancé un appel sur les réseaux sociaux, voir si je pouvais le retrouver. Un gars m'a répondu qu'il n'était plus en vie. Sa famille a honte de dire qu'il est mort, alors ils le cachent aux gens. » « Plein d'Africaines vantent le programme » Mais le front n'est pas la seule voie de recrutement pour de jeunes Africains. Via des influenceurs très suivis, la Russie promeut le programme « Alabuga start », qui s'adresse à des jeunes femmes étrangères de 18 à 22 ans. Selon ses promoteurs, ce sont des formations de qualité, tout inclus, il n'y a que des avantages. Mais dans cette zone économique spéciale du Tatarstan, on monte des drones pour bombarder l'Ukraine, comme l'ont documenté plusieurs enquêtes. Certaines pratiques peuvent être assimilées à de la traite d'êtres humains, ont mis en garde les Nations unies. Ce type de contenus attire l'attention, par exemple de Rebecca : « J'ai vu ça sur TikTok, je me suis inscrite. J'ai donné mon identité, copie de mon passeport. » Aide-soignante ivoirienne, elle a expliqué à Benoit Almeras, notre correspondant à Abidjan, avoir candidaté après avoir vu sur les réseaux « plein d'Africaines vanter le programme, le logement inclus, les avantages, la possibilité de rester en Russie ou de rentrer avec le certificat. Elles disent qu'elles sont bien à l'aise ». Des jeunes femmes comme Rebecca, il y en a des dizaines à Abidjan, attirées par la promesse d'une formation gratuite à l'étranger. La Russie prend le contre-pied de l'Europe où les démarches d'expatriation sont de plus en plus difficiles, et où le discours xénophobe s'impose. Et peu importe les risques encourus pour une jeunesse africaine urbaine prête à tenter sa chance au péril de sa vie. « Des sirènes russes au mouroir ukrainien : les combattants africains de Vladimir Poutine », un récit de François Mazet, à la réalisation de Pauline Leduc.