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Christine Kelly revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Invitéé : Annie Genevard, ministre de l'AgricultureHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
De L'Autre Côté du Plateau - Le Podcast de Jeux de Société
Send a textVendredi 20 février 2026 -
durée : 00:26:39 - Les Nuits de France Culture - par : Mathias Le Gargasson - En 1975, Benoîte Groult brise le silence sur la violence conjugale. Dans un entretien rare et frontal qui tranche avec l'époque, elle analyse les racines historiques, sociales et culturelles de l'oppression des femmes et appelle à repenser le couple à l'heure des premières conquêtes féministes. - réalisation : Emily Vallat - invités : Benoîte Groult Journaliste, écrivain, féministe (1920-2016)
De L'Autre Côté du Plateau - Le Podcast de Jeux de Société
Send a textVendredi 13 février 2026 -
(Si vous ne comprenez pas l'anglais et que vous n'entendez pas les sous-titres, ils sont lisibles sur la version vidéo de cet entretien)Depuis que le pouvoir existe, on a essayé de le nommer. L'enjeu est de taille. En effet, nous présupposons (à tort ou à raison) qu'il n'y a qu'en comprenant adéquatement ses logiques, ses mécanismes et ses représentations qu'il est possible de le combattre ou de l'esquiver. Nous héritons de toute une palette de concepts et de mots plus ou moins ronflants et accessibles : société de classe (Marx), du spectacle (Debord), de contrôle (Deleuze), on en passe et des moins bons. De fait, la société (ou ce qu'il en reste) évolue et la domination s'affine et se perfectionne (ou se brutalise), il est donc impératif de nommer aussi précisément ce par quoi nous sommes tenus ou écrasés. C'est ce que tente de faire Ian Alan Paul avec son livre La société réticulaire que nous avons traduit et publié en octobre dernier.L'idée est simple mais se devait d'être élaborée : au pouvoir souverain de l'État et à la discipline de l'économie, au spectacle et à la biopolitique, s'est surajoutée ces dernières années une nouvelle couche : la forme réseau. Cette société réticulaire se manifeste par un maillage toujours plus serré de la surveillance autant que par notre dédoublement subjectif derrière des filtres et posts instagram. L'IA rédige nos déclarations d'amour et optimise des bombardements meurtriers, l'accumulation massive de données nous prévient d'une épidémie de grippe avant même qu'elle soit propagée et transforme toute la complexité de nos vies en pâte à modeler pour publicités. Bref, la société réticulaire, c'est une manière de nommer la pointe avancée de l'organisation du capital et du pouvoir aujourd'hui dans l'objectif de la faire dérailler.Pour que tout cela ne reste pas trop abstrait, on est parti de la situation actuelle aux Etats-Unis et de la résistance à ICE. D'un côté des entreprises de la tech qui vendent leurs données au gouvernement pour traquer les migrants, de l'autre des patrouilles de quartier qui s'organisent sur des messageries cryptées pour avertir les habitants de chaque opération de police.Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d'existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C'est par ici.
Aujourd'hui, Abel Boyi, éducateur, Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, et Didier Giraud, agriculteur de Saône-et-Loire, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui j'accueille, Mab'ish, artiste française basée à Bruxelles, à la fois DJ, productrice, danseuse et chorégraphe. Co-directrice du label Beat X Changers, elle défend une culture club inclusive et créative à travers ses soirées Tap water Jam et Rise & Shine et ses projets persos. Sur scène, Mab'ish mélange musique et danse, et ses DJ sets sont pensés comme de véritables expériences collectives. Elle continue également à développer des projets artistiques comme Oswèla en tant que pianiste et danseuse ainsi que sa performance musique/danse : Cosmic Circle, développe en partenariat avec IADU La Villette.Ce soir, elle nous partage son univers house, où rythme et corps ne font qu'un.
Aujourd'hui, je reçois une femme extraordinaire qui a choisi l'endurance comme voie de connaissance.Stéphanie est une aventurière, athlète d'ultra endurance et auteur du livre “En mouvement”Elle a traversé l'Antarctique à ski sans assistance (2 000 km à -50°C), elle court des centaines de km par semaine, repousse des limites physiques que peu osent seulement regarder.Mais au-delà des chiffres et des records, cet échange parle d'autre chose : du temps long, de la discipline choisie, des renoncements assumés.Nous avons parlé de fatigue extrême, de préparation mentale (ses conseils pour visualiser !) de solitude aussi ou encore de la fragilité financière du sport de haut niveau.Stéphanie parle aussi de ce qui distingue le haut niveau du très haut niveau et de cette idée essentielle : le confort n'a jamais fait grandir personne.Un épisode pépite, inspirant qui vous donnera envie de gravir les montagnes ! Bonne écoute ✨Chapitrage 00:00 – Introduction : une athlète hors norme et le choix du temps long02:00 – Courir 24 heures : ce que le corps accepte vraiment09:44 – Haut niveau vs très haut niveau : la vraie différence18:30 – Discipline ou motivation : ce qui fait vraiment la différence27:00 – Vie personnelle, solitude et renoncements assumés36:00 – Argent, précarité et réalité du sport de haut niveau58:31 – Préparation mentale : visualisation, fatigue et récupération01:03:04 – Le crible du PodcastNotes et références de l'épisode ✨ Pour retrouver Stéphanie Gicquel : Sur InstagramSur LinkedInSur FacebookSur son site✨ Pour retrouver les livres écrits par Stéphanie GicquelEn mouvementOn naît tous aventuriersExpédition across antarcticaDans la tête des champions (de Thierry Picq et Mickaël Romezy)✨ Pour retrouver les livres cités dans l'épisodeNanga Parbat Face à la montagne de la mort de Reinhold MessnerLe Sur-Vivant de Reinhold Messner#StephanieGicquel #UltraEndurance #Discipline #Mental #Performance #SportDeHautNiveau #PreparationMentale #Endurance #TempsLong #Exigence #Leadership #DepassementDeSoi #CorpsEtEsprit #Motivation #Fatigue #Resilience #Rigueur #VieProfessionnelle #Podcast #PaulineLaigneauVous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.
Aujourd'hui, Joëlle Dago-Serry, coach de vie, Bruno Poncet, cheminot, et Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Aujourd'hui, Joëlle Dago-Serry, coach de vie, Bruno Poncet, cheminot, et Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Tous les matins dans Europe 1 Bonjour, Laurent Tessier revient sur le meilleur de l'émission de Pascal Praud et vous de la veille et vous livre en avant-première les sujets sur lesquels vous pourrez réagir en direct entre 11h et 13h.Vous voulez réagir ? Appelez-le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Et si le plaisir féminin pouvait transformer la société ? C'est la conviction de Marie COMACLE avec Puissante. Cette entrepreneuse a brisé les tabous en créant une marque de jouets intimes pensée par des femmes, pour des femmes :→ Accompagner les femmes à chaque étape de leur vie,→ Proposer des produits design et accessibles,→ Démocratiser le plaisir féminin sans honte.Son parcours ? Un défi permanent face aux préjugés :→ Difficultés à trouver banque et assurance→ Refus des investisseurs de "Qui veut être mon associé"→ Une campagne Ulule qui explose avec 2600 précommandes en un mois Aujourd'hui, Puissante propose bien plus que des vibromasseurs :→ Des boules de Kegel pour la rééducation périnéale,→ Des compléments alimentaires pour libido, SPM et ménopause,→ Une présence en pharmacie pour normaliser ces produits essentiels. Marie reçoit des centaines de témoignages bouleversants : des femmes qui découvrent l'orgasme, des couples qui se reconnectent, des vies qui changent. « Vendre des vibros et se dire qu'il y a plein de femmes qui vont se découvrir, c'est merveilleux. En cinq ans, les mentalités ont évolué. Les hommes comprennent mieux, les médias s'ouvrent, la société avance. Marie prépare déjà une nouvelle marque, L'Amoureuse, plus érotique et poétique. Son message ? Les femmes ont le droit de prendre leur place, d'oser, de se faire du bien. Sans permission, sans honte. Site web : https://puissante.co/Linkedin : https://www.linkedin.com/in/mariecomacle/Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Eliot Deval revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur les grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
De L'Autre Côté du Plateau - Le Podcast de Jeux de Société
Send us a textVendredi 6 février 2026 - Ahhh!Retour de notre légendaire côté A, un ballet de jeux, neufs et anciens mais toujours aussi bon !Pour nous laisser un commentaires, rendez-vous sur la page Facebook De l'Autre Côté du Plateauhttps://www.facebook.com/groups/150380860556421Pour notre boutique en ligne :https://zonesocietedesjeux.myspreadshop.ca/C'est un rendez-vous chaque vendredi pour un visite de l'autre côté du plateau !Merci à notre commanditaire:https://boutiquelapioche.com/106 boulevard René-Lévesque Ouest,Québec, QC, G1R 2A5info@boutiquelapioche.com581-983-6895Abonnez vous pour découvrir nos meilleurs jeux de société !Martin Montreuil de La Société des Jeuxhttps://www.youtube.com/@lasocietedesjeuxMartin Lafrenière de la Zone Jeux de Sociétéhttps://www.youtube.com/zonejeuxdesociete
durée : 00:01:44 - L'info d'ici, ici Gascogne Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Le paradoxe de la tolérance est un concept formulé par le philosophe Karl Popper en 1945 dans son ouvrage La Société ouverte et ses ennemis. Il pose une question dérangeante mais essentielle : une société totalement tolérante peut-elle survivre si elle tolère aussi l'intolérance ? La réponse de Popper est non.À première vue, la tolérance semble être une valeur absolue. Plus une société tolère d'opinions, de modes de vie et de croyances, plus elle paraît libre et ouverte. Mais Popper observe qu'une tolérance illimitée contient en elle-même une fragilité. Si une société accepte sans limite les mouvements, idéologies ou groupes qui prônent l'intolérance, alors ces derniers peuvent utiliser les libertés offertes pour détruire précisément ce cadre tolérant.C'est là le cœur du paradoxe : tolérer l'intolérance revient, à terme, à faire disparaître la tolérance elle-même.Popper ne parle pas d'interdire toute opinion choquante ou dérangeante. Il distingue clairement deux situations. Tant que les idées intolérantes restent dans le domaine du débat, de l'argumentation et de l'expression pacifique, elles peuvent et doivent être combattues par la discussion, la critique et la confrontation rationnelle. La liberté d'expression reste primordiale.Le problème apparaît lorsque ces mouvements refusent le dialogue, rejettent le principe même du débat rationnel et recourent à la violence, à l'intimidation ou à la propagande massive pour imposer leurs idées. À ce stade, selon Popper, une société tolérante a le droit — et même le devoir — de se défendre.Cela peut sembler contradictoire : comment défendre la tolérance en devenant intolérant envers certains ? Popper répond que ce n'est pas une véritable intolérance, mais un acte de légitime défense morale et politique. De la même façon qu'une société interdit le meurtre sans être “intolérante envers les meurtriers”, elle peut interdire des mouvements qui cherchent à abolir les libertés fondamentales.Un exemple historique éclaire ce paradoxe : les régimes totalitaires du XXe siècle ont souvent accédé au pouvoir en utilisant les mécanismes démocratiques. Ils ont profité de la liberté d'organisation, d'expression et de vote pour ensuite supprimer ces mêmes libertés une fois installés.Le paradoxe de la tolérance ne fournit pas une règle simple, mais un avertissement. Il rappelle que la tolérance n'est pas l'absence de limites, mais un équilibre fragile entre ouverture et protection.En résumé, Popper nous dit que pour préserver une société libre, il faut accepter une idée inconfortable : la tolérance a besoin de frontières. Sans elles, elle risque de s'autodétruire. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Bars, cafés et brasseries rythment nos villes et villages, véritables lieux de rencontre et de vie sociale. Malgré les fermetures et les évolutions modernes, ces espaces continuent de renforcer les liens communautaires et de s'adapter pour rester essentiels. Avec : - Pierrick Bourgault, écrivain et photographe, spécialité des bistrots, auteur de La mère Lapipe au café du coin, éditions Ouest-France- Pierre Josse, journaliste, ancien rédacteur en chef du Guide du RoutardRetrouvez tous nos contenus, articles et épisodes sur rcf.frSi vous avez apprécié cet épisode, participez à sa production en soutenant RCF.Vous pouvez également laisser un commentaire ou une note afin de nous aider à le faire rayonner sur la plateforme.Retrouvez d'autres contenus d'économie et société ci-dessous :Silence, on crie : https://audmns.com/jqOozgUOù va la vie ? La bioéthique en podcast : https://audmns.com/UuYCdISContre courant : https://audmns.com/swImDAMAu bonheur des herbes : https://audmns.com/XPVizmQSacré patrimoine : https://audmns.com/TNJhOETEnfin, n'hésitez pas à vous abonner pour ne manquer aucun nouvel épisode.À bientôt à l'écoute de RCF sur les ondes ou sur rcf.fr !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur les grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Vous voulez réagir ? Appelez-le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
De L'Autre Côté du Plateau - Le Podcast de Jeux de Société
Send us a textVendredi 30 janvier 2025 -
Près de quatre ans après que Vladimir Poutine a envoyé ses soldats en Ukraine, la nouvelle donne en Russie se précise et s'installe. Ascenseur social pour certains vétérans, la guerre fait aussi sentir ses effets sur les finances nationales et locales. C'est notamment le cas pour le budget 2026 de la région d'Irkoutsk, difficile à boucler. Au sommet d'une colline, une petite église aux bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de neige. Un cercueil recouvert du drapeau russe franchit la sortie, pendant que le long du chemin, des femmes, chacune un drapeau à la main, l'escorte pour un hommage : c'est l'enterrement d'un soldat russe mort en Ukraine, annoncé dans la presse locale par le comité des mères de combattants. Quelques centaines de mètres plus bas, le long d'une voie rapide, un atelier de réparation de pneus. Entre les deux, en pente douce, une petite allée arborée, bordée de portraits de combattants décédés : on l'appelle ici « l'allée des héros ». « Je les connais presque tous personnellement », confie Artëm, lui-même vétéran de « l'opération spéciale ». « Il y en a un avec qui je me suis battu côte à côte. Il y en a qui étaient avec Wagner, et il y en a d'autres du ministère de la Défense. Leurs portraits ont été ajoutés à ceux morts au combat en Tchétchénie et en Afghanistan. » Artëm est le propriétaire d'un atelier de réparation, 20 mètres carrés à la sortie de Baïkalsk, une petite localité en déclin depuis une dizaine d'années et qui comptait 13 000 habitants au dernier décompte officiel de 2021. Une agglomération sur les rives du lac Baïkal dans laquelle « on ne trouve pas de travail décent », dit-il. Recruté par Evgueni Prigojine Entre les scies visseuses, marteaux, clous et pneus, Artëm accueille ses clients avec, dès l'entrée, le drapeau de Wagner déployé sur un pan de mur. « Certains posent des questions, d'autres ne reconnaissent même pas le drapeau ; pour eux, ce n'est qu'une image. Certains sont tout simplement trop loin de cette réalité. Pour moi, bien sûr, c'est le souvenir d'y avoir participé. Même si, avec le bout de métal que j'ai désormais à la place d'une partie du bras et de l'épaule, j'ai une mémoire pour toujours. » Artëm a été blessé lors de la bataille de Bakhmout en 2023, dans un bataillon d'assaut. « Certains clients m'embrassent et me félicitent », raconte-t-il, « mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Beaucoup de gens, je dirais à peu près 50 %, se fichent de savoir qu'il y a une guerre qui se déroule en ce moment. » À écouter dans Grand reportageSyndrome afghan : le pouvoir russe face à ses vétérans de la guerre d'Ukraine Quant au fait que le groupe paramilitaire fondé par Evgueni Prigojine ait été sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne ainsi que d'autres pays pour — notamment — crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique, peu importe en Russie, tant le groupe s'est banalisé et même parfois romantisé dans certains esprits. Artëm, lui, a choisi Wagner plutôt que l'armée régulière en juin 2023 « parce que ses hommes y ont leur propre loi ». Artëm dit aussi avoir été à l'époque « épuisé mentalement » par sept années passées derrière les barreaux, sept d'une peine de dix ans pour « consommation de drogue », affirme-t-il. Les prisons russes sont réputées pour leur implacable brutalité, et celles de la région d'Irkoutsk, très nombreuses, ont été secouées en 2021 par un scandale de tortures et d'abus tels que le comité d'enquête, organe qui répond directement au Kremlin, s'en était officiellement saisi. Combattre en Ukraine : « Une deuxième chance dans sa vie » pour un prisonnier Au printemps 2023, alors qu'Artëm est derrière les barreaux, une rumeur traverse la prison « comme une radio interne », dit-il : les recruteurs de Wagner arrivent. C'est Evgueni Prigojine lui-même qui se présente. Le dirigeant du groupe paramilitaire est précédé par un bus d'Omon, les forces anti-émeutes, pour garantir l'ordre, et est arrivé dans la cour de la prison en hélicoptère, une arrivée « spectaculaire » se rappelle Artëm. Ses souvenirs sont très précis. Il décrit Prigojine qu'il surnomme « Oncle Génia » au milieu des prisonniers en cercle, posant les conditions du contrat, « ne cachant rien des pour et des contre ». Précisant aussi que n'étaient pas concernés pour le recrutement « les condamnés pour viol et pédophilie », dit Artëm, qui ajoute : « les orphelins étaient prioritaires ». À lire aussiRussie: après les funérailles, l'amertume des partisans d'Evgueni Prigojine À 33 ans à l'époque, Artëm avait de toute façon déjà pris sa décision. « Il me restait encore beaucoup de temps à passer en prison et je n'en pouvais plus. Et pour moi, signer, c'était une deuxième chance, une chance de réparer ma vie, et il fallait la prendre. Quand on a traversé la guerre, on recommence sa vie à zéro, on est gracié par décret du président de la Fédération de Russie. On a un document officiel signé par Vladimir Poutine lui-même, qui dit qu'on est pardonné pour héroïsme et pour bravoure. C'est quelque chose qui encourage à signer. » Sorti de prison au terme de sa peine, Artëm sait qu'il aurait été en difficulté dans une société russe sans concessions pour les anciens « taulards ». Aujourd'hui, avec la somme généreuse que lui a versée Wagner pendant la guerre, Artëm a investi dans un commerce rentable. Il a aussi désormais un statut symbolique dans la société, tant les combattants sont glorifiés et présentés par le pouvoir comme des modèles à suivre, et rencontre régulièrement des gradés au sein de la société locale des vétérans. À lire aussiL'armée russe recrute aussi à la télévision À 38 ans aujourd'hui, Alexander a lui signé à l'automne 2023 pour deux ans pour le ministère de la Défense. Sans prévenir sa famille ni ses amis, leur envoyant une simple photo de lui en uniforme. Pourquoi s'engager ? « C'est une question difficile », répond-il. Avant d'avancer que c'est la décision d'« un homme, un vrai ». C'est d'ailleurs un motif d'engagement régulièrement mis en avant par le ministère russe de la Défense dans ses spots de campagne de recrutement. Alexander affirme aussi avoir voulu « voir ce qu'était la guerre ». Il refuse de parler de ce qu'il a fait et vu, « vous ne comprendriez rien », dit-il d'un air de défi ; et ne dit pas un mot de la blessure qui lui a valu de longs mois d'hospitalisation et une démobilisation au bout d'un an et demi. Avant de s'engager, cet ancien commandant d'une unité d'assaut dirigeait une entreprise de bâtiment de taille moyenne. De retour d'un long séjour à l'hôpital après les combats, avec essentiellement l'argent de son contrat et les indemnités pour blessure, il a construit puis ouvert en décembre un restaurant de grillades, « un rêve qu'il avait depuis plusieurs années » Quant au terrain pour le construire, Alexander a fait valoir ses droits auprès de l'administration locale : un décret de Vladimir Poutine accorde gratuitement un terrain à tous ceux décorés, comme lui, de l'ordre du Courage. Il est normalement dédié à la construction de la résidence principale, mais, dit Alexander avec un sourire en coin, « avec moi, l'administration locale regarde ailleurs ». La valeur du terrain est estimée à 1,5 million de roubles, presque 20 000 euros au cours actuel. Une somme particulièrement difficile à emprunter dans une Russie où le taux directeur de la Banque centrale est à 16%. La région ne se contente pas d'appliquer les décisions du pouvoir central. Par décret régional signé le 30 décembre dernier, elle a augmenté la prime de signature d'un contrat pour aller se battre en Ukraine aux volontaires résidant dans la région à 1,4 million de roubles (près de 17 000 euros au cours actuel), allant jusqu'à 2,4 millions (près de 30 000 euros) si le contrat est signé entre le 1ᵉʳ et le 31 janvier. Nombreuses prisons et tradition militaire, double vivier de recrutement Soldats de métier, mobilisés ou volontaires, dans la région d'Irkoutsk, ils sont nombreux à être partis pour l'Ukraine, mais les chiffres précis sont inconnus : ils sont classés secret défense. Les indices d'un large engagement sont cependant nombreux. « Dans presque chaque famille, il y a des gens qui connaissent quelqu'un lié d'une manière ou d'une autre à la guerre. Ou ils ont des amis qui se sont battus, qui sont en quelque sorte impliqués », explique Alexey Petrov, historien local, désigné agent de l'étranger en 2021. « Et parce que beaucoup de Sibériens se battent là-bas [en Ukraine, NDLR], Irkoutsk se classe parmi les plus gros contributeurs régionaux en termes de montant d'argent collecté pour la guerre, mais aussi en termes d'aide directe aux soldats, sans doute la première sur les dix régions de Sibérie. Toutes les organisations et fondations qui y sont liées sont très actives ici, envoient constamment de l'aide, des cadeaux pour la nouvelle année, des cartes, toutes sortes de choses ». Les nombreuses prisons, vivier de recrutement, y sont évidemment pour quelque chose — deux ont déjà été fermées en presque quatre ans de conflit, et il en reste 21. L'argent, évidemment, aussi : « Hier, vous étiez conducteur de tracteur, et aujourd'hui, vous êtes conducteur de camion sur le front. Et vous gagnerez cinq fois plus », dit Alexey Petrov. Mais l'histoire régionale joue aussi un rôle décisif, explique-t-il, et elle prend ses racines sous l'Union soviétique : « Irkoutsk était le centre du district militaire sibérien jusqu'en 1953, date de la mort de Staline. Toutes les troupes stationnées sur le front de l'Est ont été formées ici. Le défilé de la Victoire de 1945 dans la ville chinoise de Harbin [défilé militaire solennel de troupes de l'Armée rouge soviétique le 16 septembre 1945, NDLR] était dirigé par le général Beloborodov, originaire d'Irkoutsk. Jusqu'à sa fermeture en 2011, nous avions une très grande école, l'École d'aviation militaire d'Irkoutsk. Et il y a des dizaines de milliers de soldats qui se sont toujours entraînés ici. » Rare alerte budgétaire L'attaque de drones ukrainiens le 1er juin dernier, à plus de 4 000 kilomètres de la ligne de front, a, elle, marqué les esprits. Kiev a affirmé avoir visé la base aérienne stratégique de Belaïa, à une quinzaine de kilomètres d'Irkoutsk, une cible non confirmée par la Russie. Le gouverneur de la région a évoqué une unité militaire stationnée dans un village. Mais ce dont on parle le plus facilement à Irkoutsk cet hiver, c'est de la hausse des prix, manifeste partout en Russie. Le budget 2025 de la région, qui a été si difficile à boucler, a aussi suscité des réactions. Selon le journal Védomosti, daté du 25 novembre dernier, les plus larges déficits régionaux en valeur absolue sur les 89 régions que compte le territoire national concernaient deux régions de Sibérie : celle de Kemerovo (-43.9 milliards de roubles) et Irkoutsk (-41.1 milliards de roubles). À lire aussiLe charbon russe connaît sa pire crise depuis trente ans Kemerovo, au sud, est une région industrielle réputée pour être en crise depuis deux ans, car elle dépend d'une filière charbon qui ne trouve plus de débouchés. Pour expliquer les difficultés de celle d'Irkoutsk, Nadejda Grosheva, docteur en économie, directeur de la Baikal International Business School de l'université d'État d'Irkoutsk, et membre du Conseil stratégique de la région d'Irkoutsk, avance par exemple qu'en Russie, les entreprises paient leurs impôts sur le lieu de leur siège. « Si vous avez une société enregistrée à Moscou, l'impôt sur les bénéfices est payé à Moscou. Ils sont tous intégrés verticalement. » De nombreuses grandes entreprises comme Gazprom ou Rosneft opèrent en effet dans la région. Chute libre des investissements dans les infrastructures Face à la grogne suscitée par certains paiements publics en retard cet automne et au début de l'hiver, et notamment le salaire des professeurs, le gouverneur Igor Kobzev, lui, a notamment expliqué dans la presse locale la baisse des recettes de cette manière : « Des signes avant-coureurs sont apparus en 2024, car nous sommes une région tournée vers l'exportation avec des produits à forte valeur ajoutée qui représentent la part du lion du budget. » Derrière cet euphémisme, cette réalité : le budget de la région est fortement dépendant des impôts des entreprises des secteurs de l'aluminium, du diamant et du gaz, des secteurs tous sous sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine. Autrement dit : si le budget de la région souffre, c'est que les recettes de ces entreprises ont baissé. La région dispose bien d'un gisement de gaz, le gisement de Kavytkinskoye, qui doit être exploité pour le gazoduc « Force de Sibérie 2 », pour fournir la Chine. Mais le projet tarde toujours à se concrétiser. De quoi faire monter dans une partie de la population une question sensible sur le contrat social et la répartition des efforts. Dimitri et Oleg, deux habitants de la région qui ont demandé à rester anonymes, ont effleuré ce sujet tabou au micro de RFI. « Il y a un déséquilibre qui est en train d'apparaître au sein de la population », a avancé Oleg. « Parce que, si on compare de manière relative, les participants à l'opération spéciale reçoivent beaucoup d'argent, tandis que les travailleurs du secteur public reçoivent des kopecks. Et ce déséquilibre n'apporte rien de bon ». Dimitri a tiqué et avancé : « Combattre est un métier dangereux. C'est pour ça qu'il est si bien payé. » Oleg s'est contenté de répondre : « Je comprends pourquoi ceux qui sont à l'opération spéciale gagnent beaucoup d'argent. Je dis juste que ceux qui sont restés ici, ceux qui élèvent de jeunes enfants notamment, ne reçoivent pas beaucoup d'argent. C'est un déséquilibre qui est en train de naître, je n'ai rien de plus à dire. » Fin de l'échange. On n'est jamais trop prudents. Le gouverneur a promis de ne pas couper dans les dépenses sociales, mais la région a dû prendre un prêt pour boucler son budget 2025. Il a aussi annoncé un grand coup de frein pour l'investissement dans les infrastructures. En 2026, les financements passeront dans ce domaine de 18 milliards de roubles en 2025 à 4,3 milliards. Et encore, ce montant sera dépensé essentiellement dans les projets éligibles à un cofinancement fédéral. Tous les autres projets de construction et de réparation seront suspendus ou mis en sommeil. Cela concerne notamment les écoles et les centres sportifs.
Dans cet épisode, nous discutons avec Édouard de Saint-Ours, historien de la photographie et responsable des collections photographiques au musée Guimet.Nous revenons sur son parcours, son travail autour des photographies anciennes du Japon et les enjeux contemporains de la conservation et de la valorisation des fonds photographiques en institution.Édouard nous raconte notamment la découverte et l'ampleur du fonds Dubois, l'un des ensembles les plus importants de photographies anciennes du Japon conservés en France, et les défis que pose le traitement de collections de cette taille. Nous abordons en détail le projet HikarIA, soutenu par France 2030, qui explore l'usage de l'intelligence artificielle pour la numérisation, le catalogage et la recherche en histoire de la photographie. On a aussi abordé le rôle essentiel de la Société des Amis du musée Guimet.L'épisode est aussi l'occasion d'évoquer les enjeux éthiques de l'IA, la question de la représentativité des corpus, l'accessibilité des collections au public, ainsi que le rôle central des institutions publiques dans la conservation du patrimoine photographique.Enfin, Édouard partage des conseils concrets pour celles et ceux qui souhaitent travailler dans les musées et les collections photographiques aujourd'hui, en insistant sur la spécialisation, la curiosité et l'importance des rencontres professionnelles.Bonne écoute !00:00:02 – Présentation d'Édouard de Saint Ours et de son rôle au musée Guimet00:02:00 – Son parcours et sa spécialisation en histoire de la photographie en Asie00:05:30 – Les collections photographiques du musée Guimet00:09:00 – La Société des Amis du musée Guimet : rôle, rayonnement et mécénat00:13:00 – Les acquisitions photographiques et l'exemple de Pierre-Élie de Pibrac00:18:30 – Découverte et importance du fonds Dubois (photographies anciennes du Japon)00:23:30 – Les enjeux budgétaires, de conservation et de numérisation des fonds photographiques00:29:00 – Genèse du projet HikarIA et appel à projets France 203000:34:00 – L'usage de l'intelligence artificielle pour le catalogage et la recherche00:39:30 – Découvrabilité, bases de données et nouveaux outils pour les chercheurs00:44:00 – Collaboration avec les chercheurs et spécialistes internationaux00:47:30 – Les défis liés à l'évolution rapide des technologies d'IA00:51:00 – Photographies anciennes du Japon : mises en scène, contextes et interprétation00:54:30 – Enjeux éthiques de l'IA et place de l'expertise humaine00:55:50 – Conseils pour travailler dans un musée et dans la conservation photographique00:59:00 – L'importance des rencontres, du réseau et de la curiosité professionnelleLinkedIn d'Edouard de Saint Ours pour suivre son actualité : https://www.linkedin.com/in/%C3%A9douard-de-saint-ours-493440158Son Instagram : https://www.instagram.com/edesaintours/?hl=frLien vers mon questionnaire pour vous aider à faire un point sur votre carrière artistique : https://bit.ly/carriereartistiqueLien vers mon questionnaire pour vous aider à faire un point sur votre projet de livre : https://bit.ly/LVDLPlivrephotoLien vers mes formations livre photo : https://marinelefort.fr/pour-les-photographes/Mon site : https://marinelefort.fr/Pour vous inscrire à la newsletter du podcast : https://bit.ly/lesvoixdelaphotonewsletterLe site du podcast : https://lesvoixdelaphoto.fr/Et vous pouvez retrouvez le podcast sur Instagram, Facebook et LinkedIn @lesvoixdelaphoto Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on imaginer des espaces sans enfants comme les espaces non-fumeurs ? La polémique a éclaté après l'annonce par la SNCF d'une classe TGV haut de gamme « calme », interdisant les moins de 12 ans. Au-delà du débat, cette tendance « no kids » questionne la place des enfants dans l'espace public et révèle une société tiraillée entre vivre ensemble… ou séparément. Avec Louis Chauvel, sociologue, professeur à l'Université du Luxembourg.Retrouvez tous nos contenus, articles et épisodes sur rcf.frSi vous avez apprécié cet épisode, participez à sa production en soutenant RCF.Vous pouvez également laisser un commentaire ou une note afin de nous aider à le faire rayonner sur la plateforme.Retrouvez d'autres contenus d'économie et société ci-dessous :Silence, on crie : https://audmns.com/jqOozgUOù va la vie ? La bioéthique en podcast : https://audmns.com/UuYCdISContre courant : https://audmns.com/swImDAMAu bonheur des herbes : https://audmns.com/XPVizmQSacré patrimoine : https://audmns.com/TNJhOETEnfin, n'hésitez pas à vous abonner pour ne manquer aucun nouvel épisode.À bientôt à l'écoute de RCF sur les ondes ou sur rcf.fr !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Près de quatre ans après que Vladimir Poutine a envoyé ses soldats en Ukraine, la nouvelle donne en Russie se précise et s'installe. Ascenseur social pour certains vétérans, la guerre fait aussi sentir ses effets sur les finances nationales et locales. C'est notamment le cas pour le budget 2026 de la région d'Irkoutsk, difficile à boucler. Au sommet d'une colline, une petite église aux bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de neige. Un cercueil recouvert du drapeau russe franchit la sortie, pendant que le long du chemin, des femmes, chacune un drapeau à la main, l'escorte pour un hommage : c'est l'enterrement d'un soldat russe mort en Ukraine, annoncé dans la presse locale par le comité des mères de combattants. Quelques centaines de mètres plus bas, le long d'une voie rapide, un atelier de réparation de pneus. Entre les deux, en pente douce, une petite allée arborée, bordée de portraits de combattants décédés : on l'appelle ici « l'allée des héros ». « Je les connais presque tous personnellement », confie Artëm, lui-même vétéran de « l'opération spéciale ». « Il y en a un avec qui je me suis battu côte à côte. Il y en a qui étaient avec Wagner, et il y en a d'autres du ministère de la Défense. Leurs portraits ont été ajoutés à ceux morts au combat en Tchétchénie et en Afghanistan. » Artëm est le propriétaire d'un atelier de réparation, 20 mètres carrés à la sortie de Baïkalsk, une petite localité en déclin depuis une dizaine d'années et qui comptait 13 000 habitants au dernier décompte officiel de 2021. Une agglomération sur les rives du lac Baïkal dans laquelle « on ne trouve pas de travail décent », dit-il. Recruté par Evgueni Prigojine Entre les scies visseuses, marteaux, clous et pneus, Artëm accueille ses clients avec, dès l'entrée, le drapeau de Wagner déployé sur un pan de mur. « Certains posent des questions, d'autres ne reconnaissent même pas le drapeau ; pour eux, ce n'est qu'une image. Certains sont tout simplement trop loin de cette réalité. Pour moi, bien sûr, c'est le souvenir d'y avoir participé. Même si, avec le bout de métal que j'ai désormais à la place d'une partie du bras et de l'épaule, j'ai une mémoire pour toujours. » Artëm a été blessé lors de la bataille de Bakhmout en 2023, dans un bataillon d'assaut. « Certains clients m'embrassent et me félicitent », raconte-t-il, « mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Beaucoup de gens, je dirais à peu près 50 %, se fichent de savoir qu'il y a une guerre qui se déroule en ce moment. » À écouter dans Grand reportageSyndrome afghan : le pouvoir russe face à ses vétérans de la guerre d'Ukraine Quant au fait que le groupe paramilitaire fondé par Evgueni Prigojine ait été sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne ainsi que d'autres pays pour — notamment — crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique, peu importe en Russie, tant le groupe s'est banalisé et même parfois romantisé dans certains esprits. Artëm, lui, a choisi Wagner plutôt que l'armée régulière en juin 2023 « parce que ses hommes y ont leur propre loi ». Artëm dit aussi avoir été à l'époque « épuisé mentalement » par sept années passées derrière les barreaux, sept d'une peine de dix ans pour « consommation de drogue », affirme-t-il. Les prisons russes sont réputées pour leur implacable brutalité, et celles de la région d'Irkoutsk, très nombreuses, ont été secouées en 2021 par un scandale de tortures et d'abus tels que le comité d'enquête, organe qui répond directement au Kremlin, s'en était officiellement saisi. Combattre en Ukraine : « Une deuxième chance dans sa vie » pour un prisonnier Au printemps 2023, alors qu'Artëm est derrière les barreaux, une rumeur traverse la prison « comme une radio interne », dit-il : les recruteurs de Wagner arrivent. C'est Evgueni Prigojine lui-même qui se présente. Le dirigeant du groupe paramilitaire est précédé par un bus d'Omon, les forces anti-émeutes, pour garantir l'ordre, et est arrivé dans la cour de la prison en hélicoptère, une arrivée « spectaculaire » se rappelle Artëm. Ses souvenirs sont très précis. Il décrit Prigojine qu'il surnomme « Oncle Génia » au milieu des prisonniers en cercle, posant les conditions du contrat, « ne cachant rien des pour et des contre ». Précisant aussi que n'étaient pas concernés pour le recrutement « les condamnés pour viol et pédophilie », dit Artëm, qui ajoute : « les orphelins étaient prioritaires ». À lire aussiRussie: après les funérailles, l'amertume des partisans d'Evgueni Prigojine À 33 ans à l'époque, Artëm avait de toute façon déjà pris sa décision. « Il me restait encore beaucoup de temps à passer en prison et je n'en pouvais plus. Et pour moi, signer, c'était une deuxième chance, une chance de réparer ma vie, et il fallait la prendre. Quand on a traversé la guerre, on recommence sa vie à zéro, on est gracié par décret du président de la Fédération de Russie. On a un document officiel signé par Vladimir Poutine lui-même, qui dit qu'on est pardonné pour héroïsme et pour bravoure. C'est quelque chose qui encourage à signer. » Sorti de prison au terme de sa peine, Artëm sait qu'il aurait été en difficulté dans une société russe sans concessions pour les anciens « taulards ». Aujourd'hui, avec la somme généreuse que lui a versée Wagner pendant la guerre, Artëm a investi dans un commerce rentable. Il a aussi désormais un statut symbolique dans la société, tant les combattants sont glorifiés et présentés par le pouvoir comme des modèles à suivre, et rencontre régulièrement des gradés au sein de la société locale des vétérans. À lire aussiL'armée russe recrute aussi à la télévision À 38 ans aujourd'hui, Alexander a lui signé à l'automne 2023 pour deux ans pour le ministère de la Défense. Sans prévenir sa famille ni ses amis, leur envoyant une simple photo de lui en uniforme. Pourquoi s'engager ? « C'est une question difficile », répond-il. Avant d'avancer que c'est la décision d'« un homme, un vrai ». C'est d'ailleurs un motif d'engagement régulièrement mis en avant par le ministère russe de la Défense dans ses spots de campagne de recrutement. Alexander affirme aussi avoir voulu « voir ce qu'était la guerre ». Il refuse de parler de ce qu'il a fait et vu, « vous ne comprendriez rien », dit-il d'un air de défi ; et ne dit pas un mot de la blessure qui lui a valu de longs mois d'hospitalisation et une démobilisation au bout d'un an et demi. Avant de s'engager, cet ancien commandant d'une unité d'assaut dirigeait une entreprise de bâtiment de taille moyenne. De retour d'un long séjour à l'hôpital après les combats, avec essentiellement l'argent de son contrat et les indemnités pour blessure, il a construit puis ouvert en décembre un restaurant de grillades, « un rêve qu'il avait depuis plusieurs années » Quant au terrain pour le construire, Alexander a fait valoir ses droits auprès de l'administration locale : un décret de Vladimir Poutine accorde gratuitement un terrain à tous ceux décorés, comme lui, de l'ordre du Courage. Il est normalement dédié à la construction de la résidence principale, mais, dit Alexander avec un sourire en coin, « avec moi, l'administration locale regarde ailleurs ». La valeur du terrain est estimée à 1,5 million de roubles, presque 20 000 euros au cours actuel. Une somme particulièrement difficile à emprunter dans une Russie où le taux directeur de la Banque centrale est à 16%. La région ne se contente pas d'appliquer les décisions du pouvoir central. Par décret régional signé le 30 décembre dernier, elle a augmenté la prime de signature d'un contrat pour aller se battre en Ukraine aux volontaires résidant dans la région à 1,4 million de roubles (près de 17 000 euros au cours actuel), allant jusqu'à 2,4 millions (près de 30 000 euros) si le contrat est signé entre le 1ᵉʳ et le 31 janvier. Nombreuses prisons et tradition militaire, double vivier de recrutement Soldats de métier, mobilisés ou volontaires, dans la région d'Irkoutsk, ils sont nombreux à être partis pour l'Ukraine, mais les chiffres précis sont inconnus : ils sont classés secret défense. Les indices d'un large engagement sont cependant nombreux. « Dans presque chaque famille, il y a des gens qui connaissent quelqu'un lié d'une manière ou d'une autre à la guerre. Ou ils ont des amis qui se sont battus, qui sont en quelque sorte impliqués », explique Alexey Petrov, historien local, désigné agent de l'étranger en 2021. « Et parce que beaucoup de Sibériens se battent là-bas [en Ukraine, NDLR], Irkoutsk se classe parmi les plus gros contributeurs régionaux en termes de montant d'argent collecté pour la guerre, mais aussi en termes d'aide directe aux soldats, sans doute la première sur les dix régions de Sibérie. Toutes les organisations et fondations qui y sont liées sont très actives ici, envoient constamment de l'aide, des cadeaux pour la nouvelle année, des cartes, toutes sortes de choses ». Les nombreuses prisons, vivier de recrutement, y sont évidemment pour quelque chose — deux ont déjà été fermées en presque quatre ans de conflit, et il en reste 21. L'argent, évidemment, aussi : « Hier, vous étiez conducteur de tracteur, et aujourd'hui, vous êtes conducteur de camion sur le front. Et vous gagnerez cinq fois plus », dit Alexey Petrov. Mais l'histoire régionale joue aussi un rôle décisif, explique-t-il, et elle prend ses racines sous l'Union soviétique : « Irkoutsk était le centre du district militaire sibérien jusqu'en 1953, date de la mort de Staline. Toutes les troupes stationnées sur le front de l'Est ont été formées ici. Le défilé de la Victoire de 1945 dans la ville chinoise de Harbin [défilé militaire solennel de troupes de l'Armée rouge soviétique le 16 septembre 1945, NDLR] était dirigé par le général Beloborodov, originaire d'Irkoutsk. Jusqu'à sa fermeture en 2011, nous avions une très grande école, l'École d'aviation militaire d'Irkoutsk. Et il y a des dizaines de milliers de soldats qui se sont toujours entraînés ici. » Rare alerte budgétaire L'attaque de drones ukrainiens le 1er juin dernier, à plus de 4 000 kilomètres de la ligne de front, a, elle, marqué les esprits. Kiev a affirmé avoir visé la base aérienne stratégique de Belaïa, à une quinzaine de kilomètres d'Irkoutsk, une cible non confirmée par la Russie. Le gouverneur de la région a évoqué une unité militaire stationnée dans un village. Mais ce dont on parle le plus facilement à Irkoutsk cet hiver, c'est de la hausse des prix, manifeste partout en Russie. Le budget 2025 de la région, qui a été si difficile à boucler, a aussi suscité des réactions. Selon le journal Védomosti, daté du 25 novembre dernier, les plus larges déficits régionaux en valeur absolue sur les 89 régions que compte le territoire national concernaient deux régions de Sibérie : celle de Kemerovo (-43.9 milliards de roubles) et Irkoutsk (-41.1 milliards de roubles). À lire aussiLe charbon russe connaît sa pire crise depuis trente ans Kemerovo, au sud, est une région industrielle réputée pour être en crise depuis deux ans, car elle dépend d'une filière charbon qui ne trouve plus de débouchés. Pour expliquer les difficultés de celle d'Irkoutsk, Nadejda Grosheva, docteur en économie, directeur de la Baikal International Business School de l'université d'État d'Irkoutsk, et membre du Conseil stratégique de la région d'Irkoutsk, avance par exemple qu'en Russie, les entreprises paient leurs impôts sur le lieu de leur siège. « Si vous avez une société enregistrée à Moscou, l'impôt sur les bénéfices est payé à Moscou. Ils sont tous intégrés verticalement. » De nombreuses grandes entreprises comme Gazprom ou Rosneft opèrent en effet dans la région. Chute libre des investissements dans les infrastructures Face à la grogne suscitée par certains paiements publics en retard cet automne et au début de l'hiver, et notamment le salaire des professeurs, le gouverneur Igor Kobzev, lui, a notamment expliqué dans la presse locale la baisse des recettes de cette manière : « Des signes avant-coureurs sont apparus en 2024, car nous sommes une région tournée vers l'exportation avec des produits à forte valeur ajoutée qui représentent la part du lion du budget. » Derrière cet euphémisme, cette réalité : le budget de la région est fortement dépendant des impôts des entreprises des secteurs de l'aluminium, du diamant et du gaz, des secteurs tous sous sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine. Autrement dit : si le budget de la région souffre, c'est que les recettes de ces entreprises ont baissé. La région dispose bien d'un gisement de gaz, le gisement de Kavytkinskoye, qui doit être exploité pour le gazoduc « Force de Sibérie 2 », pour fournir la Chine. Mais le projet tarde toujours à se concrétiser. De quoi faire monter dans une partie de la population une question sensible sur le contrat social et la répartition des efforts. Dimitri et Oleg, deux habitants de la région qui ont demandé à rester anonymes, ont effleuré ce sujet tabou au micro de RFI. « Il y a un déséquilibre qui est en train d'apparaître au sein de la population », a avancé Oleg. « Parce que, si on compare de manière relative, les participants à l'opération spéciale reçoivent beaucoup d'argent, tandis que les travailleurs du secteur public reçoivent des kopecks. Et ce déséquilibre n'apporte rien de bon ». Dimitri a tiqué et avancé : « Combattre est un métier dangereux. C'est pour ça qu'il est si bien payé. » Oleg s'est contenté de répondre : « Je comprends pourquoi ceux qui sont à l'opération spéciale gagnent beaucoup d'argent. Je dis juste que ceux qui sont restés ici, ceux qui élèvent de jeunes enfants notamment, ne reçoivent pas beaucoup d'argent. C'est un déséquilibre qui est en train de naître, je n'ai rien de plus à dire. » Fin de l'échange. On n'est jamais trop prudents. Le gouverneur a promis de ne pas couper dans les dépenses sociales, mais la région a dû prendre un prêt pour boucler son budget 2025. Il a aussi annoncé un grand coup de frein pour l'investissement dans les infrastructures. En 2026, les financements passeront dans ce domaine de 18 milliards de roubles en 2025 à 4,3 milliards. Et encore, ce montant sera dépensé essentiellement dans les projets éligibles à un cofinancement fédéral. Tous les autres projets de construction et de réparation seront suspendus ou mis en sommeil. 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De L'Autre Côté du Plateau - Le Podcast de Jeux de Société
Send us a textVendredi 23 janvier 2025 -
L'émission 28 minutes du 14/01/2026 Le berceau de l'humanité est en Afrique, nous dit ce célèbre paléoanthropologue Des fossiles découverts au Maroc, et récemment datés comme étant vieux de 773 000 ans, renforcent l'hypothèse d'une origine africaine d'Homo Sapiens et d'Homo Erectus. Cette datation remet en cause l'hypothèse que nos lointains ancêtres auraient vu le jour hors d'Afrique, avant de s'y rendre à nouveau. Jean-Jacques Hublin est paléoanthropologue, discipline qui correspond à l'étude de l'évolution de la lignée humaine, et professeur au Collège de France. Il est le principal auteur de cette étude publiée dans la revue “Nature”, début janvier, qui modifie la géographie de nos origines humaines. Il est notre invité ce soir. La société iranienne peut-elle seule venir à bout du régime des mollahs ? Selon l'ONG HRANA (Human Rights Activists News Agency), la répression sanglante organisée par le régime iranien pour réprimer le vaste mouvement de contestation qui touche le pays a déjà fait plus de 2 500 morts. L'ONG comptabilise aussi l'arrestation de plus de 18 000 manifestants en Iran. De son côté, le département d'État américain, parle, lui, de 10 600 manifestants arrêtés et affirme qu'une première exécution d'un manifestant devrait se dérouler ce mercredi. Donald Trump a affirmé mardi soir que les États-Unis agiraient “de manière très forte” en cas d'exécutions. Il a aussi exhorté les manifestants iraniens à prendre “le contrôle des institutions”. On en débat avec Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient, Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l'Iran, Farid Vahid, co-directeur de l'Observatoire “Afrique du Nord et Moyen-Orient” de la fondation Jean-Jaurès Alors que les rayons de nos supermarchés font face à une pénurie d'œufs, Xavier Mauduit évoque le “Grand dictionnaire de cuisine” d'Alexandre Dumas qui consacre des pages aux œufs. Marie Bonnisseau décrypte le décrochage sportif des jeunes filles à l'adolescence. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 14 janvier 2026 Présentation Élisabeth Quin Production KM, ARTE Radio
L'émission 28 minutes du 14/01/2026 La société iranienne peut-elle seule venir à bout du régime des mollahs ? Selon l'ONG HRANA (Human Rights Activists News Agency), la répression sanglante organisée par le régime iranien pour réprimer le vaste mouvement de contestation qui touche le pays a déjà fait plus de 2 500 morts. L'ONG comptabilise aussi l'arrestation de plus de 18 000 manifestants en Iran. De son côté, le département d'État américain, parle, lui, de 10 600 manifestants arrêtés et affirme qu'une première exécution d'un manifestant devrait se dérouler ce mercredi. Donald Trump a affirmé mardi soir que les États-Unis agiraient “de manière très forte” en cas d'exécutions. Il a aussi exhorté les manifestants iraniens à prendre “le contrôle des institutions”. On en débat avec Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient, Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l'Iran et Farid Vahid, co-directeur de l'Observatoire “Afrique du Nord et Moyen-Orient” de la fondation Jean-Jaurès. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 14 janvier 2026 Présentation Élisabeth Quin Production KM, ARTE Radio
Mawlaya Seydi Mouhamed ElCheikh
La société à l'épreuve du vol ( XIXe-XXe) Nous sommes le 10 novembre 1911, penchons-nous sur un article publié dans « Le Correspondant », revue catholique française. Sous le titre « Les vols dans les musées », l'auteur de l'article regrette que l'administration des Beaux-Arts refuse d'acquérir un mécanisme susceptible de broyer le bras des voleurs. Il argumente : « On sait cependant, qu'aujourd'hui, le premier commerçant venu, voulant protéger ses fonds, les place dans un coffre dont le battant, lorsqu'il est crocheté, fait partir un pistolet qui tue un voleur. A la campagne, les bonnes gens, pour défendre leurs poulets contre les maraudeurs, se servent d'un système pareil mais plus simple. Ces années-ci, une bonne femme dont les lapins étaient volés installa, dans son clapier, un vieux fusil chargé à gros plomb dont la gâchette était tirée par une ficelle attachée à la porte . Une nuit, le voleur vint, ouvrit la porte et reçut toute la décharge en plein corps . Au jour, on le trouva mourant à cent pas de la maison. Personne n'a plaint les voleurs pris au piège, aucun magistrat n'a, je crois, pensé à poursuivre ceux qui avaient employé ces mesures énergiques. » Comment, au XIXe et au XXe siècles, s'est-on organisé pour faire face au vol ? Des petits délinquants aux bandes organisées, de l'appropriation du bien d'autrui pour cause de pauvreté au hold-up spectaculaire, de quelle manière la pratique a-t-elle évolué ? Le respect de la propriété privée a-t-il toujours été inscrit dans nos sociétés ? Avec nous : Arnaud-Dominique Houte, professeur d'histoire contemporaine à Sorbonne-Université, spécialiste des questions de sécurité. Auteur de « Propriété défendue – La société française à l'épreuve du vol » ; Gallimard. Sujets traités : société, épreuve, vol, musées, Beaux-Arts, voleur, délinquants, hold-up Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 01:48:06 - Soft Power - par : Frédéric Martel - Star des fêtes de Noël et allié incontournable des enfants, le jouet au cœur des pratiques culturelles. Entre le développement de peluches conversationnelles alimentées par IA, le phénomène des "kidultes" et le spectre de la baisse de la natalité, Soft Power explore ce marché particulier. - réalisation : Daphné Leblond - invités : Philippe Gueydon PDG de King Jouet; Marie Mérouze Directrice de Merlin, entreprise de compteuse pour enfant; Florence Bernadin Fondatrice et directrice d'Asia Cosme Lab, cabinet de conseil spécialisé sur la cosmétique asiatique
durée : 00:37:25 - Le 18/20 · Un jour dans le monde - Ce jeudi, les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour discuter du financement de l'effort de guerre ukrainien. Les enjeux sont de taille : utilisation des avoirs russes, cessez-le-feu, territoires occupés, garanties de sécurité… Comment les Ukrainiens voient-ils leur avenir ? Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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Invité : Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas SarkozyHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:37:58 - Questions du soir : le débat - par : Quentin Lafay, Stéphanie Villeneuve - La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, texte fondateur de la laïcité française, fête ses 120 ans. Comment le lire aujourd'hui, le comprendre, l'articuler aux autres textes législatifs ? - invités : Aline Girard Secrétaire générale d'Unité laïque et conservateur général honoraire des bibliothèques; Samuel Grzybowski Co-fondateur de l'association Coexister.
Ensemble ils ont marqué l'histoire des Etats Unis. Ils furent le premier couple noir installé à la maison Blanche. Un couple brillant, cultivé, puissant. Plutôt qu'à l'exercice du pouvoir, on s'intéresse dans cette épisode aux racines du couple : leur rencontre, leur vie avant la présidence. Un podcast Bababam Originals Ecrit et raconté par Alice Deroide Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
durée : 00:10:16 - Journal de 18h - Il portait sur ses semblables un regard attachant teinté d'humour, le photographe Martin Parr a donné à voir durant cinquante ans l'évolution de la société britannique.
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Plusieurs débats au cœur de l'actualité, les Grandes gueules ont le choix, en débattre ou non : Les hommes se sentent persécutés par la société : et vous ?
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durée : 00:15:55 - L'invité du 13/14 - Des chalets en bois, du vin chaud, du pain d'épices et des santons pour décorer la crèche... pendant très longtemps on a associé les marchés de Noël à l'est de la France et à la culture germanique. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Aujourd'hui, Laura Warton Martinez, sophrologue, Abel Boyi, éducateur et président de l'association "Tous Uniques Tous Unis", et Antoine Diers, consultant auprès des entreprises, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Invités : Shannon Seban, directrice des affaires européennes pour le mouvements de lutte contre l'antisémitismeEric Revel, journalisteEric Naulleau, journaliste et essayisteLouis De Rageunel, journaliste politiqueGauthier Le Bret, journalisteHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 7 novembre 2025.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.COMMENT LE TERRORISME A TRANSFORMÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DEPUIS DIX ANS ? Voilà bientôt dix ans qu'un commando terroriste a semé la terreur dans les rues de Paris, le 13 novembre 2015, assassinant 130 personnes et en blessant plusieurs centaines d'autres. Trois rescapés se sont depuis donné la mort, succombant à leurs blessures psychiques. Ces attentats ont profondément impacté la société française. Les médias jouent un rôle central lors de tels événements. Difficile d'informer avec précision dans un climat de peur et d'incertitude après un attentat. Le 9 janvier 2015 notamment, des chaînes d'information en continu ont divulgué la présence d'otages cachés dans la chambre froide de l'Hypercacher de Vincennes, mettant leur vie en danger. Les médias servent de caisse de résonance aux terroristes, qui, pour la plupart sont avides de spectacle. Face à la sidération après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hypercacher, la société française s'est immédiatement massivement mobilisée comme en témoigne la grande manifestation du 11 janvier 2015. La vie quotidienne a été transformée, bouleversée par les dispositifs de surveillance, de prévention et de lutte antiterroriste. Le terrorisme provoque également des effets perturbateurs comme la montée de sentiments xénophobes, antimusulmans ou antisémites et leurs réponses politiques. Il a induit des progrès considérables de la recherche, en particulier, depuis 2015, sur la question des traumatismes. Il impacte les procédures judiciaires. En France, depuis 2019, le nombre de procès criminels pour terrorisme a été multiplié par sept : la raison principale en est non seulement la création d'un parquet national antiterroriste, mais aussi la volonté de donner réparation à toutes les victimes et leur offrir la possibilité de s'exprimer dans le lieu symbolique d'une cour de justice.Procureur de la République de Paris en charge de la lutte contre le terrorisme entre 2011 et 2018, François Molins a vécu les événements les plus dramatiques qui se sont succédé pendant cette période, des attentats de Mohamed Merah en 2012, au 13 novembre 2015, en passant par le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Insistant sur le fait qu'il a fallu trouver une juste mesure entre le durcissement de la réponse et le respect des libertés et droits fondamentaux, François Molins considère que « dans l'ensemble, la France y est parvenue » : L'état d'urgence décrété au lendemain du 13 Novembre a duré un peu moins de deux ans, jusqu'au 1er novembre 2017. Il a rassuré les gens et permis une amplification de la lutte - assignations à résidence, perquisitions, interdictions de séjour, fermeture de mosquées radicalisées -, toujours sous le contrôle de la justice administrative et du Parlement. Mais le risque de dérive est réel, met en garde François Mollins. En octobre 2025, cinq actes terroristes d'inspiration djihadiste ont été réalisés ou projetés, dans quatre pays européens, rappelle l'ancien procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Ces faits, insiste-t-il, doivent nous alerter sur la persistance d'une menace qui prend des formes nouvelles.LA GUERRE AU SOUDAN Au Soudan, le 26 octobre la ville d'El-Facher, capitale de la province du Darfour du Nord est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) qui assiégeaient la ville depuis plus de dix-huit mois. C'était le dernier bastion, au Darfour, des Forces armées soudanaises (FAS). La guerre au Soudan a commencé en avril 2023 lorsque les tensions autour du projet d'intégration des FSR à l'armée régulière ont éclaté en un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé de 12 à 13 millions de personnes. Deux acteurs qui s'étaient partagé le pouvoir après la chute du dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019 s'affrontent : l'armée soudanaise, héritière de l'ancien régime, avec à sa tête le général Abdel Fattah al-Burhane ; et les FSR, une unité paramilitaire dissidente dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti. En début d'année, l'armée soudanaise et ses supplétifs miliciens ont reconquis la capitale, Khartoum, ainsi que la région agricole de la Jézira, le long du Nil. Depuis, ils contrôlent toute la moitié orientale du Soudan. A l'ouest, en revanche, les RSF dominent. Le noyau dur des hommes de Hemetti est composé d'anciens combattants arabes jenjawids employés, à l'époque d'El-Béchir, pour effectuer les sales besognes du régime et écraser les mouvements rebelles du Darfour. Ils sont eux-mêmes originaires de cette région, grande comme la France métropolitaine.Situé à la lisière de la partie subsaharienne de l'Afrique et du Moyen-Orient, le Soudan concentre une multitude de richesses et d'avantages géostratégiques suscitant toutes sortes de convoitises et d'ingérences : d'immenses terres arables, les eaux du Nil, des mines d'or, du pétrole, l'accès à la mer Rouge face à l'Arabie saoudite, des frontières avec huit pays africains. Soutenues par une partie des Émirats arabes unis, les FSR contrôlent les mines d'or du Darfour, les circuits de contrebande vers la Libye et la Centrafrique, et finance une armée privée plus riche que l'État soudanais, tandis que les FAS ont bénéficié de l'appui de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie, selon des observateurs. Tous nient toute implication.Les réactions internationales demeurent d'une discrétion gênée. Lundi, toutefois, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a averti que les atrocités commises par les FRS à El-Fasher « pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme mentionne des « massacres massifs de civils et de combattants désarmés ». La région, déjà extrêmement affaiblie depuis les massacres de Geneina en 2023, s'enfonce dans un nouveau cycle de violences entre communautés, où vengeance et désordre remplacent toute stratégie politique. Le pays s'est disloqué en zones d'influence : le Darfour aux mains des FSR, le Nord et l'Est sous commandement militaire, le Sud livré au chaos. L'État soudanais, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, se délite à nouveau.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:58:18 - Le Souffle de la pensée - par : Géraldine Mosna-Savoye - 1895 : Emile Durkheim publie "Les Règles de la méthode sociologique", avec une idée : traiter les phénomènes sociaux comme des choses avec leurs propres lois. Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie revient sur l'œuvre qui a marqué ses propres travaux. - réalisation : Nicolas Berger - invités : Geoffroy de Lagasnerie Philosophe et sociologue français
Chaque samedi, découvrez une compilation thématisée des meilleurs chroniques de Philippe Caverivière ! Dans ce best of, l'humoriste fait face à Michel Dreyfus ou encore Eric Charbonnier.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:57:43 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann, Nassim El Kabli - Loin d'être une enveloppe neutre, le corps porte la marque de la société qui le façonne. Pour Marcel Mauss, il devient un vecteur d'apprentissage et de transmission culturelle et prolonge le grand geste durkheimien. - réalisation : Nicolas Berger - invités : Mélanie Plouviez Maître de conférences en philosophie à l'université Côte d'Azur, en charge du pilotage du projet de recherche "Philosophie de l'héritage" ; Nathan Schlanger Archéologue et historien des sciences sociales, professeur d'archéologie à l'École nationale des Chartes; Jean-François Bert Sociologue et historien des sciences sociales, maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Lausanne.
Google, Meta et OpenAI ont tous dégainé leurs modèles vidéo : Veo 3, Vibes et Sora 2. Trois applis et un même objectif : transformer nos feeds en un flux infini d'images générées par l'IA. On va revenir sur ces lancements, parce que derrière ces modèles, c'est une nouvelle ère qui s'annonce : celle des réseaux sociaux auto-générés. On va aussi décrypter la mécanique des cameos, ces clones numériques capables de reproduire ton visage et ta voix. On parlera des prouesses créatives, mais aussi des dérives possibles. Et puis, on va se projeter : à quoi ressemble un monde où l'actualité, les émotions et même nos souvenirs seraient générés par l'intelligence artificielle ?Bref, un épisode passionnant.Les amigos, nous sommes peut-être à l'aube d'une bascule historique : celle où la réalité n'a plus besoin d'être filmée, mais générée par l'intelligence artificielle.===============================