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« L'enfant n'a pas besoin qu'on lui montre la nature, il a besoin de temps pour la vivre. »La nature n'est pas un simple décor pour l'enfance, elle en est un pilier fondateur.À travers cette pause éducative, Sylvie d'Esclaibes explore pourquoi la nature répond à des besoins fondamentaux chez l'enfant et comment, concrètement, elle nourrit son développement global.Depuis quelques années, les pédagogies actives en pleine nature connaissent un certain essor. Inspirées par les approches Montessori, Reggio, ou encore les “Forest Schools”, elles placent le vivant, l'expérimentation et le jeu libre au cœur des apprentissages. Dans cet épisode, Sylvie nous propose de comprendre pourquoi ces pédagogies actives en extérieur offrent un terrain d'épanouissement privilégié pour le développement global de l'enfant.3 points clés à retenir :➜ Le contact avec le vivant apaise le système nerveux, diminue le stress, améliore l'attention et développe la confiance en soi, la créativité et l'autonomie.➜ La nature permet aux enfants de bouger librement, d'explorer, de manipuler et d'expérimenter par eux-mêmes, ce qui favorise des apprentissages actifs et mémorables.➜ Les expériences régulières en extérieur encouragent l'observation du temps, la patience, la curiosité scientifique et une meilleure compréhension du monde, tout en renforçant la coopération et l'empathie entre enfants.Comment intégrer la nature dans le quotidien ? Voici quelques idées faciles à mettre en place :
Aujourd'hui, Mourad Boudjellal, éditeur de BD, Joëlle Dago-Serry, coach de vie, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
durée : 00:59:28 - par : Nathalie Piolé -
Grâce à la plasticité cérébrale, notre cerveau conserve la capacité d'évoluer, de créer de nouvelles connexions et, concrètement, de réapprendre à penser.Pour transformer une croyance limitante, la première étape consiste à modifier subtilement la structure de nos phrases. Prenez une formulation ultra-classique comme : « Je ne suis pas capable ». C'est une affirmation fermée, définitive, qui agit comme un mur. Remplacez-la simplement par : « Je ne sais pas encore faire... mais je peux apprendre ». En ajoutant ce simple mot, la perspective s'ouvre, la pression retombe et le cerveau se remet en mode solution.Prenons l'exemple concret d'un athlète en pleine compétition. S'il aborde son match en se répétant : « Je craque toujours sous la pression », il monte sur le terrain avec de l'appréhension, de la tension physique et une forme de résignation biologique. En revanche, s'il reformule sa pensée par : « Je suis en train d'apprendre à gérer la pression », il bascule instantanément dans une logique de progression. Il s'autorise à tester, à s'adapter et à grandir. La croyance dicte directement notre comportement : là où une certitude limitante ferme les portes, une pensée aidante redonne du mouvement, nourrit la confiance et autorise l'erreur. Changer de croyance, ce n'est pas se mentir ou s'inventer une vie ; c'est décider d'ouvrir une possibilité. Et c'est précisément ce micro-détail qui redessine toute une trajectoire.
Comment se rendre réellement compte de ce qu'ont vécu pendant la traite négrière les personnes transformées en esclaves et transportées à travers l'Atlantique pour être vendues à des planteurs ? Un livre d'histoire qui vient d'être traduit en français nous plonge dans la brutalité du quotidien des esclaves. Cet ouvrage est intitulé Le Zorg, du nom d'un navire négrier à bord duquel s'est déroulé un épisode d'une rare cruauté à la fin du 18e siècle. Une tragédie qui, une fois connue, a joué un rôle déterminant dans le combat des abolitionnistes. Pour en parler, nous recevons l'auteur du livre Siddharth Kara, universitaire à Harvard et à Nottingham. RFI : Que s'est-il passé à bord du Zorg à la fin de l'année 1781 ? Siddharth Kara : Le navire s'est égaré. Il a été détourné par des tempêtes et, au cours de son voyage vers la Jamaïque, il a semblé manquer d'eau. L'équipage a dû prendre une décision… et pour réduire la consommation d'eau, cette décision a été de jeter par-dessus bord plus de 130 esclaves africains. Ils ont commencé, par les femmes et les enfants qu'ils ont jetés directement à la mer, il y avait un bébé. Ensuite, ils ont sélectionné les hommes les plus malades, un par un, deux par deux, enchaînés, entravés. Après de longs mois passés dans l'enfer de la cale de ce navire négrier, ils ont été jetés à la mer. L'équipage a agi ainsi parce qu'il craignait de manquer d'eau et de ne pas atteindre la Jamaïque à temps. Cette histoire a été révélée au public parce que les armateurs ont demandé une indemnisation pour ce qu'ils ont décrit, dans un déni total d'humanité, comme une « cargaison perdue ». Pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé ensuite ? Le marchand d'esclaves, le propriétaire du navire, était cupide, il était attaché à son argent. Plus de la moitié des esclaves du Zorg étaient morts, alors que le taux de mortalité habituel sur un navire négrier britannique était d'environ 15%... Il n'a pas pu accepter cette perte. Or, à l'époque, les navires et leur cargaison étaient assurés pour la traversée de l'Atlantique. Il a donc déposé une demande d'indemnisation, en réclamant une compensation pour la perte de plus de 130 esclaves. L'assureur a refusé, parce qu'il était surpris par ce taux de mortalité aussi élevé. Le marchand aurait pu en rester là, mais la cupidité l'a poussé à engager un procès. Il a gagné : il a été décidé que l'assurance devait indemniser la perte des esclaves assassinés. Mais quelqu'un assistait à l'audience ce jour-là et s'est demandé pourquoi on parlait d'assurance plutôt que de meurtre. Il a écrit une lettre anonyme posant cette question, publiée le lendemain dans les journaux londoniens. Cette lettre a été remarquée par un groupe naissant d'abolitionnistes en Angleterre, qui y ont vu la preuve des horreurs de la traite. Ils se sont réunis, sous la direction de Granville Sharp, une figure fondatrice de l'abolitionnisme anglais, et ont convaincu les assureurs de demander un nouveau procès. Lors de ce second procès, une question fondamentale a été débattue : ces Africains étaient-ils des biens ou des personnes ? Des animaux ou des êtres humains ? Ce débat, porté devant le Lord Chief Justice de l'Empire britannique, a contribué à lancer le premier mouvement abolitionniste. L'une des forces de votre travail réside dans la précision avec laquelle vous décrivez l'expérience vécue par les personnes capturées et vendues comme esclaves. L'horreur de l'esclavage est démultipliée par des violences constantes : les coups de fouet, les viols, la vie dans la puanteur des excréments, l'enfermement dans les cales. Pouvez-vous donner quelques exemples tirés de votre livre ? Nous savons ce qu'est l'esclavage, nous en connaissons l'existence, mais nous ne plongeons jamais dans l'horreur brute de la traversée forcée des Africains à travers l'Atlantique. À bord des navires, de nombreux instruments de torture étaient utilisés pour maintenir le contrôle. Les violences sexuelles contre les femmes et les enfants étaient constantes. Un ancien capitaine négrier devenu abolitionniste, John Newton, racontait qu'il voyait ses marins assouvir leurs pulsions sur des fillettes de neuf ou dix ans. Dans les cales, les captifs étaient enchaînés, contraints de vivre dans leurs excréments et leur urine, avec à peine quelques seaux inaccessibles. Tous contractaient la dysenterie. Imaginez le mal de mer, les vomissements continus, sans même pouvoir s'asseoir. Ils étaient entassés comme des livres sur une étagère, dans la chaleur, la putréfaction et les immondices. Voilà pourquoi les taux de mortalité étaient si élevés. La puissance des intérêts financiers liés à la traite apparaît clairement dans votre livre. On a l'impression que la traite occupait une place majeure dans l'économie britannique à la fin du 18e siècle. Absolument. Prenons un indicateur : en 1775, juste avant la guerre d'indépendance américaine, les exportations de sucre de la Jamaïque vers l'Angleterre étaient cinq fois supérieures à l'ensemble des exportations des treize colonies américaines réunies. Le sucre était la ressource stratégique de l'époque, produite grâce au travail forcé des esclaves. Comment évaluez-vous la manière dont le monde traite aujourd'hui la mémoire de l'esclavage ? Existe-t-il une conscience globale de ce que cela a représenté, ou observe-t-on encore des formes de déni ? Nous restons encore à la surface de notre reconnaissance de ce qui s'est passé durant ces 350 années, cette tâche sur la conscience humaine. Il existe encore un certain déni quant à l'ampleur et à la gravité des faits. J'espère que l'histoire du Zorg contribuera à une compréhension plus complète, car on ne peut envisager de réparer cette période sans en mesurer pleinement la violence et l'ampleur. Et nous n'y sommes pas encore. Le 25 mars dernier, le Ghana a conduit l'Assemblée générale de l'ONU à qualifier la traite négrière de crime le plus grave contre l'humanité. Cette qualification vous paraît-elle justifiée et utile ? Absolument. Elle est justifiée. Césaire a déclaré que l'Europe se tient devant la communauté mondiale, responsable du plus grand amas de cadavres de l'histoire humaine. Et il parlait de la traite négrière. Des millions de personnes ont été torturées, violentées et tuées, et des millions d'autres condamnées à une vie de travail forcé. La culture du sucre était l'une des formes de travail les plus dures et violentes. C'est l'un des crimes les plus graves en raison de son ampleur, de sa durée — plus de trois siècles et demi — et de ses conséquences encore visibles aujourd'hui en Afrique. Il doit y avoir une forme de réparation entre les pays du Nord et les pays africains. Le Zorg, de Siddharth Kara, un ouvrage publié aux éditions Paulsen, 304 pages, 2026. À écouter aussiDes rives de la Méditerranée au Sahara : vérités et tabous des esclavages dans le monde musulman À lire aussiL'odyssée des Tinchant, de l'esclavage à la résistance: une histoire-monde
À l'occasion de la Journée mondiale de l'Environnement, il est parfois utile de rappeler qu'il est possible de s'intéresser aux questions écologiques sans culpabiliser son entourage ni provoquer des disputes interminables.C'est précisément l'ambition de Ecolo mais pas relou, le livre écrit par Mehdi Coly, cofondateur de Team for the Planet, l'une des plus importantes communautés citoyennes engagées dans la lutte contre les gaz à effet de serre.L'idée est simple : fournir des arguments accessibles, des données vérifiées et des explications nuancées pour répondre aux nombreuses idées reçues qui entourent l'écologie, la mobilité, l'énergie ou encore la consommation.Prenons un exemple classique : les pistes cyclables. Qui n'a jamais entendu quelqu'un affirmer qu'elles compliquent la circulation ou augmentent les embouteillages ? Le livre rappelle que les travaux et les changements d'habitudes peuvent effectivement créer des perturbations à court terme. Mais dans de nombreuses villes, les études montrent qu'à moyen terme, la réduction de la place accordée à la voiture améliore la fluidité des déplacements, diminue les accidents graves et rend l'espace public plus agréable.Cela ne signifie pas que tout est parfait. L'auteur insiste au contraire sur la nécessité d'une approche globale : développement des transports en commun, création de parkings de délestage, amélioration des connexions entre les différents modes de déplacement et prise en compte des personnes qui restent dépendantes de leur voiture.Autre sujet sensible : la voiture électrique. Là encore, le débat est souvent caricatural. Oui, la fabrication d'une batterie génère une empreinte carbone importante et nécessite l'extraction de ressources. Mais cette dette carbone est progressivement compensée au fil des kilomètres parcourus. Sur l'ensemble de son cycle de vie, un véhicule électrique présente généralement un bilan plus favorable qu'un véhicule thermique.Le livre aborde également la question des métaux critiques, souvent cités dans les débats. Ces ressources ne sont pas infinies, c'est une évidence et leur extraction doit être strictement encadrées. Néanmoins, elles peuvent être recyclées et réutilisées, contrairement au pétrole qui est définitivement consommé lorsqu'il est brûlé.Parmi les notions abordées dans cet ouvrage figure aussi la décroissance, souvent mal comprise. L'auteur rappelle qu'elle ne signifie pas un retour à la bougie ni l'abandon du progrès. Elle vise plutôt à réduire les activités les plus gourmandes en ressources tout en développant des secteurs essentiels comme la rénovation, la réparation, le soin, les énergies renouvelables ou encore l'économie circulaire.L'un des grands mérites de ce livre est de montrer qu'il est possible de défendre ses convictions sans attaquer les personnes qui pensent différemment. Reconnaître les difficultés, entendre les objections et chercher des points d'accord constitue souvent la meilleure façon de faire avancer les discussions.Car au fond, l'écologie n'est pas seulement une affaire de chiffres ou de technologies. C'est aussi une question de dialogue, d'écoute et de capacité à construire ensemble des solutions acceptables pour tous.Ecolo mais pas relou de Mehdi Coly est publié aux éditions LeDuc.Vous aimez ce contenu ? Alors n'hésitez pas à vous abonner, à lui donner des étoiles et à partager ce podcast autour de vous. Ça nous aide à nous faire connaitre et à essaimer les idées constructives qui rendent le monde plus joli ! Une chronique signée Leslie Rijmenams à retrouver (aussi) sur Nostalgie et www.nostalgie.be.
Nous avons tendance à croire que les événements sont stressants ou difficiles par nature. Mais en réalité, une situation est neutre : c'est le sens que nous lui donnons qui crée l'émotion. Notre cerveau ne se contente pas de voir, il interprète en s'appuyant sur notre histoire et nos croyances. C'est ce qu'on appelle le « filtre de perception ».Prenons un exemple simple : une remarque constructive au travail. Là où l'un y verra une opportunité d'évolution (« Ok, je peux m'améliorer »), l'autre y verra une attaque personnelle (« Il me juge incompétente »). La situation est identique, mais les réalités émotionnelles sont opposées. C'est précisément là que naissent la plupart de nos conflits : nous oublions que l'autre ne regarde pas le monde avec nos lunettes. Quand vous dites « Je suis directe », l'autre entend peut-être « Tu es dure ».Sortir du conflit ne demande pas forcément de changer la situation, mais d'élargir sa perception. La prochaine fois qu'une tension apparaît, demandez-vous : « Quelle autre lecture cette personne pourrait-elle avoir de cet instant ? ». Accepter qu'il existe plusieurs vérités simultanées, c'est souvent le premier pas vers un apaisement immédiat.
En politique, certaines phrases semblent parfaitement banales… mais déclenchent pourtant des réactions très fortes chez une partie du public. C'est ce qu'on appelle un « dog whistle », ou « sifflet à chien » en français. Je vous explique !Là, il faut d'abord savoir que cette expression vient d'un objet bien réel : le sifflet ultrasonique pour chiens. Quand on souffle dedans, les humains n'entendent presque rien, mais les chiens, eux, perçoivent parfaitement le signal. Et bien appliqué à la politique, c'est la même chose: tout le monde entend les mêmes mots, mais seuls certains électeurs comprennent le message caché.Donc un “dog whistle” est une déclaration volontairement ambiguë, utilisée pour envoyer un signal discret à un groupe précis, sans assumer publiquement le véritable sous-entendu. Cela permet à un responsable politique de séduire certains électeurs tout en évitant d'être accusé ouvertement de tenir des propos trop radicaux ou controversés.Prenons un exemple, ce sera plus clair. Un candidat ne dira généralement pas explicitement : « Je suis hostile à telle communauté ». À la place, il utilisera des expressions plus vagues comme « retour à l'ordre », « défense des valeurs traditionnelles », « protection de notre identité » ou encore « lutte contre certaines élites ». Pour une partie du public, ces phrases resteront très générales. Mais pour d'autres, elles contiennent un message implicite lié à l'immigration, à la religion, à la race ou à la mondialisation.Et sachez que ce concept vient des États-Unis. Oui, après les grandes avancées des droits civiques dans les années 1960, certains stratèges politiques comprirent qu'un langage ouvertement raciste devenait socialement inacceptable. Ils commencèrent alors à employer des formulations plus indirectes. Et des termes comme « loi et ordre » pouvaient servir à parler implicitement des tensions raciales sans les mentionner directement.On le voit, le “dog whistle” est particulièrement efficace parce qu'il repose sur le flou. Si un journaliste accuse un responsable politique d'avoir envoyé un message codé, celui-ci peut toujours répondre : « Vous interprétez mal mes propos » ou « Je parlais simplement de sécurité ou d'économie ».Mais le phénomène ne concerne pas seulement l'extrême droite ou les questions raciales. Tous les camps politiques peuvent utiliser ce type de communication. Certains mots-clés ou expressions deviennent des signaux adressés à des catégories très précises d'électeurs : que ce soit les conservateurs, progressistes, religieux, nationalistes ou militants écologistes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On entend souvent cette phrase fascinante : « Quand on regarde les étoiles, on voit peut-être des astres déjà morts. » L'idée est séduisante, presque poétique. Après tout, la lumière met parfois des centaines, voire des milliers d'années à nous parvenir. Donc si une étoile a explosé entre-temps, nous continuerions à la voir jusqu'à ce que sa dernière lumière cesse d'arriver sur Terre.Mais en réalité, contrairement à ce que beaucoup imaginent, la plupart des étoiles visibles à l'œil nu dans le ciel nocturne sont probablement encore bien vivantes. C'est ce qu'ont rappelé plusieurs astronomes en s'appuyant sur des estimations scientifiques des distances et de la durée de vie des étoiles.Le raisonnement est assez simple. Pour qu'une étoile que nous voyons aujourd'hui soit déjà morte, deux conditions doivent être réunies. D'abord, elle doit être suffisamment éloignée pour que sa lumière mette très longtemps à nous parvenir. Ensuite, elle doit avoir une durée de vie relativement courte, ce qui concerne surtout les étoiles très massives.Or, les étoiles visibles à l'œil nu sont, pour la plupart, relativement proches à l'échelle de la galaxie. Dans un ciel très sombre, un humain peut distinguer environ 6 000 étoiles. Mais parmi elles, seule une petite poignée se trouve à des distances suffisamment grandes pour qu'un décalage temporel important existe réellement.Des analyses astronomiques ont montré qu'à peine une douzaine d'étoiles visibles remplissent les conditions nécessaires pour être potentiellement déjà mortes aujourd'hui. Cela représente une fraction minuscule du ciel visible.Prenons un exemple célèbre : Betelgeuse. Cette immense étoile rouge située dans la constellation d'Orion se trouve à environ 640 années-lumière de nous. Cela signifie que nous la voyons telle qu'elle était au XIVe siècle. Comme elle approche probablement de la fin de sa vie, certains astronomes pensent qu'elle pourrait déjà avoir explosé en supernova… sans que nous le sachions encore. Mais même dans ce cas spectaculaire, nous ne verrions l'explosion que lorsque sa lumière atteindrait enfin la Terre.En revanche, beaucoup d'étoiles très brillantes de notre ciel, comme Sirius, sont relativement proches. Sirius n'est qu'à environ 8,6 années-lumière. À cette distance, il est extrêmement improbable qu'elle soit déjà morte sans que nous le sachions.Cette réalité rappelle quelque chose de fascinant : regarder le ciel, c'est effectivement regarder dans le passé… mais souvent dans un passé relativement récent. Le cosmos joue avec le temps, certes, mais les étoiles qui illuminent nos nuits ne sont pas pour autant des fantômes stellaires. La grande majorité d'entre elles brillent encore bel et bien aujourd'hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Cela paraît totalement absurde… et pourtant, c'est vrai : une montre mécanique remontée est bien plus lourde qu'une montre déchargée. Enfin… “plus lourde” à une échelle tellement minuscule qu'aucune balance classique ne pourrait le détecter.Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à l'une des équations les plus célèbres de l'histoire de la physique : celle d'Albert Einstein.E=mc2Cette formule signifie que masse et énergie sont en réalité deux formes d'une même chose. Toute énergie possède donc une équivalence en masse.Or, lorsqu'on remonte une montre mécanique, on fournit de l'énergie au ressort interne, appelé ressort moteur. Ce ressort se tend et stocke une énergie potentielle, exactement comme un arc qu'on bande avant de tirer une flèche.Et selon la relativité d'Einstein, cette énergie supplémentaire augmente très légèrement la masse de la montre.Mais de combien exactement ?Prenons une montre mécanique classique. Son ressort stocke environ 1 joule d'énergie lorsqu'elle est complètement remontée. En appliquant l'équation d'Einstein, on peut calculer la masse correspondante.Comme la vitesse de la lumière au carré est gigantesque — environ 90 milliards de milliards — la masse obtenue est incroyablement petite : environ 10⁻¹⁷ kilogramme.Cela correspond à environ dix millionièmes de milliardième de gramme.Autrement dit : oui, la montre devient réellement plus lourde… mais d'une quantité si infinitésimale qu'elle est totalement impossible à percevoir dans la vie quotidienne.Ce phénomène ne concerne d'ailleurs pas seulement les montres. Une batterie chargée est elle aussi légèrement plus lourde qu'une batterie vide. Un objet chauffé contient davantage d'énergie thermique, et donc un tout petit peu plus de masse. Même un livre comprimé ou un ressort tendu gagnent théoriquement de la masse.C'est une conséquence directe de la relativité : dès qu'un système stocke de l'énergie, sa masse totale augmente.Ce qui rend cette idée fascinante, c'est qu'elle montre à quel point notre intuition quotidienne est limitée. Pour nous, la masse semble fixe et indépendante de l'énergie. Mais à l'échelle fondamentale de l'Univers, énergie et matière sont profondément liées.Ainsi, lorsque vous remontez une vieille montre mécanique… vous modifiez réellement sa masse. Très légèrement. Ridiculement légèrement. Mais suffisamment pour donner raison à Einstein. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une nouvelle édition de Latitudes, l'une des foires d'art contemporain de Johannesburg, s'est déroulée ce week-end du 23-24 mai. Et comme chaque année, un espace était dédié à des artistes d'un pays du continent mis à l'honneur. Après le Botswana, c'était cette fois-ci au tour du Nigeria de voir sa scène créative être célébrée et présentée au public local. Un échange à rebours des clichés, qui permet aux Sud-Africains d'avoir un autre regard sur le Nigeria, souvent perçu de manière négative à cause des tensions xénophobes. De notre correspondante à Johannesburg, Ces réalisations de peintres et plasticiens nigérians sont rassemblées au niveau d'une des terrasses des magnifiques jardins de Shepstone, où se déroule la foire d'art. Boitumelo Makousu est la commissaire de l'exposition : « Nous avons des sculptures, des peintures, des œuvres faites avec des étoffes... Prenons par exemple Meritblessing Ibrahim : elle utilise des tissus traditionnels pour les transformer en sculptures. Ici, nous avons (Gbolahan) Ayola, qui travaille l'argile. Il se rend sur des sites archéologiques du Nigeria, mène des recherches et réfléchit à la notion d'origine. Jusqu'à présent, nous avons déjà vendu 12 œuvres en tout, et j'ai dû les remplacer pour recomposer ce que vous voyez. » De grands visages de femmes peints sur des sacs en toile de jute signés Paul Ayihawu côtoient des tableaux de Samuel Inalegwu. Dans l'entrée, sont exposées des œuvres de Jemiye Ugwujide, artiste aux origines nigérianes qui habite en Afrique du Sud depuis 15 ans. Son travail tourne autour des questions de genre et d'identité queer : « C'est magnifique de voir des artistes et des Sud-Africains s'intéresser à l'art nigérian, l'admirer ou faire preuve de curiosité. J'aime beaucoup que les gens viennent me voir et me posent des questions sur ma culture igbo, sur notre cosmologie. Parce que le panafricanisme, c'est refuser l'idée xénophobe selon laquelle il n'y aurait pas assez de place pour que tout le monde coexiste. » « Nos histoires sont entremêlées » Dans l'ensemble, les couleurs sont vives, et beaucoup choisissent l'art du portrait comme moyen d'expression. Toute cette série a d'abord été dévoilée à Lagos, et elle est maintenant présentée au public sud-africain, ce qui ravit Tsakane, venue visiter la foire : « Ce sont de très belles créations. À travers l'art, on commence à voir qu'on n'est pas si différents, nos histoires sont entremêlées et nous avons beaucoup de thématiques en communs. Ça aide à humaniser des personnes qu'on ne connait pas, et à faire reculer la peur. » Une collaboration facilitée par la présence dans les deux pays de la banque qui sponsorise la foire Latitudes. Mais pour Boitumelo Makousu, le fait que Lagos et Pretoria soient deux places fortes de l'art contemporain sur le continent devrait encourager davantage les échanges : « Il y a une relation assez violente entre les deux pays, et pour moi, l'aborder à travers le prisme de l'art peut permettre de créer des discussions et une forme de dialogue. » Au-delà de cette salle dédiée au Nigeria, la foire aura permis de découvrir en tout, les œuvres de quelque de 300 artistes. À lire aussiAfrique du Sud: la foire d'art contemporain veut réinvestir le centre de Johannesburg
COMMENTAIRE DE LA 2è LECTURE DU JOUR1 Co 12, 3b-7.12-13Frères, personne n'est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l'Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c'est le même Esprit. Les services sont variés, mais c'est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien. Prenons une comparaison : le corps ne fait qu'un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C'est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.
Prenons un exemple concret : on vous offre une bouteille. Ou, pire, on vous sert un verre à table, en vous regardant avec de grands yeux humides et pleins d'espoir… et le vin est horrible. Bouchonné, oxydé ou simplement pas votre tasse de thé, au point que vous cherchez discrètement une plante verte à proximité. Que faites-vous ? Vous mentez ? Vous faites semblant de ne pas avoir de palais ? Ou vous dites la vérité et vous passez pour un snob insupportable ? Heureusement, il existe une troisième voie.Dans ce nouvel épisode de Parlons Vin, la journaliste Alicia Dorey vous explique comment refuser un vin que vous ne trouvez pas bon, sans passer pour un impoli.Et n'oubliez pas : parlons peu mais Parlons Vin !Vous pouvez écouter cet épisode sur Figaro Radio, le site du Figaro et sur toutes les plateformes d'écoutes.Chronique et rédaction : Alicia DoreyMontage : Antoine Lion-RantyPrise de son : Louis ChabainProduction exécutive : Aude Sérès, rédactrice en chef, pôle audio Le FigaroCoordination de production : Pôle audio Le FigaroCommunication : Réseaux sociaux Le FigaroVisuel & habillage : Studio design Le FigaroHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Expulser davantage de travailleurs immigrés pour créer plus d'emplois pour les Américains? C'est l'argument défendu par Donald Trump. Mais selon une étude du National Bureau of Economic Research, le durcissement des contrôles de l'U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) ne produit pas de gain net pour les travailleurs nés aux États-Unis et pourrait même fragiliser l'économie américaine. C'est une idée avancée, martelée même, par Donald Trump. Expulser davantage de travailleurs immigrés, notamment sans papiers, permettrait de libérer des emplois pour les travailleurs nationaux. Mais selon la dernière étude du National Bureau of Economic Research, ce raisonnement ne se vérifie pas dans les faits. La méthode employée par les chercheuses est simple : comparer les zones fortement touchées par les arrestations de l'ICE aux zones moins concernées, avant et après le durcissement des contrôles. Premier constat, dans les zones où l'ICE intervient davantage, les travailleurs immigrés les plus exposés travaillent moins. L'emploi recule de 4 %. Mais le plus frappant est ailleurs. Cette baisse ne s'explique pas uniquement par les expulsions. De nombreux travailleurs immigrés restent sur le territoire américain, mais réduisent leur activité ou cessent de travailler, par peur. Peur d'être contrôlés sur le chemin du travail, peur d'être arrêtés directement sur leur lieu d'activité. La politique migratoire produit ici un effet psychologique qui devient, par ricochet, un phénomène économique. À lire aussiÉtats-Unis: la politique migratoire de Donald Trump provoque un choc démographique et économique Le mythe du « job replacement » ne résiste pas aux faits Autre enseignement majeur de cette étude : les travailleurs nés aux États-Unis ne récupèrent pas ces emplois. L'argument du job replacement, selon lequel lorsqu'un immigré quitte son poste, un travailleur américain prend naturellement sa place, apparaît faux. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder de plus près le fonctionnement du marché du travail. La vision politique suppose que travailleurs immigrés et travailleurs natifs sont interchangeables. Or, dans la réalité économique, ils sont souvent complémentaires. Prenons l'exemple d'un chantier de construction. Un ouvrier sans papiers effectue fréquemment les tâches physiques les plus pénibles, tandis qu'un salarié américain supervise, coordonne ou gère la logistique. Si le premier disparaît, le second ne récupère pas automatiquement un emploi supplémentaire. Au contraire, le chantier ralentit, certains projets sont retardés, voire annulés. Pourquoi les travailleurs américains peu qualifiés ne prennent-ils pas ces postes ? Parce que beaucoup de ces emplois restent peu attractifs : physiquement éprouvants, parfois dangereux, souvent saisonniers, avec des horaires irréguliers et des salaires jugés insuffisants. Dans l'agriculture, la construction ou certaines activités industrielles, les employeurs peinent déjà à recruter, même lorsque le chômage progresse. À lire aussiPourquoi l'immigration va déterminer le sort de l'économie américaine sous Donald Trump Moins d'activité, plus de tensions économiques Autre surprise, les entreprises ne réagissent pas forcément en augmentant les salaires pour attirer davantage de travailleurs locaux. L'étude montre au contraire que les rémunérations n'augmentent pas significativement. Face à la pénurie de main-d'œuvre, beaucoup d'employeurs font un autre choix : ils réduisent leur activité. Ils acceptent moins de commandes, ralentissent leur production et repoussent certains investissements. C'est ce que les économistes appellent un choc d'offre négatif, ou lorsque moins de travailleurs disponibles signifie moins de production, avec un risque de hausse des prix à long terme. Autrement dit, une politique pensée pour protéger le marché du travail pourrait, paradoxalement, contribuer à le fragiliser. Les effets dépassent même le seul marché de l'emploi. Dans le Minnesota, une autre étude évoque plus de 600 millions de dollars de consommation perdue en un mois, signe que la peur des contrôles réduit aussi les dépenses des ménages immigrés. Cela rappelle autre chose d'essentiel dans l'économie américaine. Certains secteurs sont structurellement dépendants de la main-d'œuvre immigrée, y compris irrégulière. Elle fait partie intégrante du fonctionnement de l'économie américaine. Et comme pour une tour en briques de bois, lorsqu'on retire une pièce essentielle, ce n'est pas seulement un poste qui disparaît, c'est tout l'équilibre de l'édifice qui peut vaciller. À lire aussiDonald Trump lié à des transactions financières de centaines de millions de dollars avec des entreprises américaines
La Théorie du phlogistique est l'une des idées scientifiques les plus célèbres… et les plus fausses de l'histoire des sciences.Pendant près d'un siècle, au XVIIe et au XVIIIe siècle, de nombreux savants européens ont cru qu'une substance invisible appelée “phlogistique” était responsable du feu et de la combustion.Selon cette théorie, tous les matériaux capables de brûler — comme le bois, le charbon ou l'huile — contenaient du phlogistique. Lorsqu'un objet brûlait, il était censé libérer cette mystérieuse substance dans l'air.Par exemple :un morceau de bois brûle ;il perd son phlogistique ;il ne reste alors que des cendres, considérées comme une matière “déphlogistiquée”.La théorie semblait logique à l'époque, car personne ne connaissait encore vraiment le rôle de l'oxygène.Le problème, c'est que certaines expériences ne collaient pas du tout avec cette idée.Prenons un métal chauffé fortement. Lorsqu'on le brûle, il forme une poudre appelée “oxyde”. Selon la théorie du phlogistique, le métal devrait perdre quelque chose en brûlant… donc devenir plus léger.Mais les scientifiques observent exactement l'inverse.Le métal devient plus lourd.Pour sauver la théorie, certains savants vont alors proposer une idée étrange : le phlogistique aurait… une masse négative !Autrement dit, perdre du phlogistique ferait gagner du poids.C'est là que la théorie commence sérieusement à vaciller.Puis arrive Antoine Lavoisier, souvent considéré comme le père de la chimie moderne. Dans les années 1770-1780, il réalise des expériences extrêmement précises avec des balances.Et il démontre que la combustion n'est pas une perte de matière invisible.En réalité, lorsqu'un objet brûle, il se combine avec un gaz présent dans l'air : l'oxygène.Le métal devient plus lourd parce qu'il capture des atomes d'oxygène.La combustion n'est donc pas une “libération de phlogistique”, mais une réaction chimique avec l'air.Cette découverte va révolutionner totalement la chimie.La théorie du phlogistique s'effondre progressivement, même si certains scientifiques continueront à y croire pendant plusieurs années. Aujourd'hui, elle est souvent citée comme un exemple fascinant de “fausse bonne idée scientifique” : une théorie élégante, cohérente… mais finalement incorrecte.Et pourtant, sans cette erreur monumentale, la chimie moderne n'aurait peut-être jamais progressé aussi vite. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pourquoi les dauphins ressemblent-ils autant aux requins alors qu'ils n'ont aucun lien proche de parenté ? Pourquoi les ailes des chauves-souris ressemblent-elles à celles des oiseaux alors que les unes sont des mammifères et les autres des descendants de dinosaures ? Ces ressemblances étonnantes s'expliquent par un phénomène fascinant : la convergence évolutive.La convergence évolutive désigne le fait que des espèces très éloignées peuvent développer indépendamment des caractéristiques similaires, simplement parce qu'elles sont confrontées aux mêmes problèmes dans leur environnement.Autrement dit : parfois, l'évolution “trouve” plusieurs fois les mêmes solutions.Prenons l'exemple des requins et des dauphins. Les requins sont des poissons apparus il y a plus de 400 millions d'années. Les dauphins, eux, sont des mammifères dont les ancêtres vivaient autrefois sur terre avant de retourner dans les océans. Pourtant, les deux ont fini par adopter un corps fuselé très proche, idéal pour nager rapidement. Ce n'est pas parce qu'ils descendent d'un ancêtre commun ressemblant à cela, mais parce que les lois de la physique imposent certaines formes efficaces dans l'eau.Même chose pour les ailes. Les oiseaux, les chauves-souris et même les ptérosaures — des reptiles volants aujourd'hui disparus — ont tous développé la capacité de voler séparément au cours de l'évolution. Leurs ailes remplissent la même fonction, mais leur structure osseuse reste différente.La convergence évolutive montre donc quelque chose de fondamental : l'évolution n'est pas totalement aléatoire. Les contraintes physiques, chimiques ou environnementales orientent souvent les êtres vivants vers des solutions comparables.Et ce phénomène est partout dans la nature.Les yeux, par exemple, sont apparus indépendamment plusieurs fois au cours de l'histoire du vivant. Les pieuvres possèdent des yeux étonnamment proches des nôtres, alors que leurs ancêtres ont divergé des vertébrés il y a plus de 500 millions d'années.Certaines plantes de déserts situés sur différents continents ont aussi développé des formes très similaires : tiges épaisses pour stocker l'eau, épines pour limiter l'évaporation… alors qu'elles n'appartiennent pas aux mêmes familles biologiques.La convergence évolutive fascine aussi les scientifiques parce qu'elle permet parfois de prédire certaines adaptations possibles. Si des conditions semblables apparaissent, certaines solutions biologiques ont plus de chances d'émerger.Et cette idée soulève une question vertigineuse : si la vie existait ailleurs dans l'univers, évoluerait-elle vers des formes comparables à celles que nous connaissons sur Terre ?Finalement, la convergence évolutive nous rappelle que la nature n'invente pas toujours des solutions infiniment différentes. Face aux mêmes défis, la vie semble souvent emprunter… les mêmes chemins. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
De plus en plus fréquent en Europe, le phénomène de l'électricité à prix négatif peut sembler absurde : à certains moments, les producteurs paient pour vendre leur électricité. Comment est-ce possible ? Pourquoi les prix chutent-ils sous zéro ? Et surtout, est-ce une bonne nouvelle pour les consommateurs ? Décryptage d'un paradoxe au cœur de la transition énergétique. À première vue, cela paraît totalement fou. Des producteurs d'électricité qui paient pour vendre leur courant, ou plus exactement pour s'en débarrasser. Et pourtant, ce phénomène de prix négatifs de l'électricité devient de plus en plus fréquent en Europe. Pour comprendre, il faut revenir à une particularité essentielle de l'électricité. Contrairement au pétrole ou au gaz, elle se stocke très difficilement à grande échelle. Lorsqu'une centrale produit de l'électricité, celle-ci doit être consommée presque immédiatement. À chaque instant, le réseau doit donc maintenir un équilibre parfait entre production et consommation. Et c'est précisément là que le système se complique. Depuis une dizaine d'années, l'Europe investit massivement dans les énergies renouvelables. Les éoliennes se multiplient, tout comme les panneaux solaires. Quand il y a du soleil ou du vent, la production d'électricité explose. Le problème, c'est que dans le même temps, la consommation n'augmente pas forcément. À lire aussiQuarante ans après Tchernobyl: où en est le nucléaire mondial? Problème de saison Prenons un dimanche de printemps. Les usines tournent au ralenti, les bureaux sont fermés, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, peu de chauffage, peu de climatisation. Mais dehors, le soleil brille et le vent souffle. Résultat : les panneaux solaires et les éoliennes produisent énormément d'électricité dont personne n'a réellement besoin à ce moment-là. Comme cette électricité ne peut pas être stockée facilement, les prix s'effondrent. Parfois jusqu'à devenir négatifs. Autrement dit : les producteurs préfèrent payer pour injecter leur électricité sur le réseau plutôt que de devoir arrêter leurs installations. C'est la loi de l'offre et de la demande poussée à son extrême. La solution paraît évidente. S'il y a trop d'électricité, pourquoi ne pas couper la production ? En réalité, ce n'est pas si simple. Arrêter une centrale nucléaire, à gaz ou à charbon prend du temps, coûte très cher et fatigue les installations. Dans certains cas, il est donc économiquement plus intéressant de continuer à produire à perte que de tout arrêter. Le problème est accentué par le fait que ce surplus arrive souvent au même moment : autour de midi, lorsque la production solaire atteint son pic. Face à cela, la demande reste relativement stable. Et surtout, les réseaux électriques ne sont pas dimensionnés pour absorber autant d'électricité d'un seul coup. On peut l'imaginer comme un flux continu. Tant que tout circule, le système fonctionne. Mais si trop d'électricité arrive au même moment sans pouvoir être consommée ou redirigée, le réseau se retrouve sous tension. Naturellement, on pense alors aux batteries. Mais aujourd'hui, malgré les progrès technologiques, aucune capacité de stockage n'est encore suffisante pour absorber de tels volumes à grande échelle. C'est l'une des grandes limites actuelles de la transition énergétique. L'électricité à prix négatif profite-t-elle aux consommateurs ? C'est la grande question. Et la réponse est : pas vraiment. La majorité des ménages disposent de contrats d'électricité à prix fixe. Le prix de l'électricité à un instant donné sur le marché n'a donc quasiment aucun impact immédiat sur leur facture. Car ces prix négatifs apparaissent sur les marchés de gros, entre producteurs et fournisseurs, bien loin du consommateur final. Mais ce phénomène révèle surtout une transformation beaucoup plus profonde du système énergétique. Pendant des décennies, la production d'électricité s'adaptait à la demande : quand les consommateurs avaient besoin d'énergie, les centrales produisaient. Aujourd'hui, avec la montée en puissance des renouvelables, la logique commence à s'inverser : ce sont progressivement les consommateurs qui devront s'adapter aux moments où l'électricité est abondante. Et cela crée un paradoxe majeur. Les énergies renouvelables deviennent parfois victimes de leur propre succès. Plus on installe de panneaux solaires, plus la production explose quand le soleil brille et plus les prix chutent. Les producteurs, eux, gagnent moins d'argent. Un paradoxe qui résume parfaitement le nouveau défi de la transition énergétique : produire une électricité décarbonée ne suffit plus. Il faut désormais apprendre à la stocker, à la transporter… et surtout à mieux la consommer. À lire aussiPourquoi la France ne consomme-t-elle pas assez d'électricité?
Tout à l'heure « C'est ça la France » nous embarquera au Festival de Bandas de Condom... Prenons un peu d'avance et écoutons cette chanson devenue un incontournable des bandas avec Joe Dassin et «Dans les yeux d'Emilie». Ecoutez Le tube de la matinale avec Vincent Perrot du 02 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Et si votre réalité n'était qu'une interprétation ? Nous portons tous des croyances, ces lunettes invisibles forgées par notre éducation et nos expériences. Le piège est là : nous oublions que nous regardons le monde à travers un filtre.Une croyance n'est pas une vérité factuelle, mais un automatisme de votre cerveau pour simplifier la vie. Quand vous vous dites « je ne suis pas à la hauteur » ou « les gens sont décevants », vous exécutez un programme en arrière-plan.Prenons cet agacement au volant : ce n'est pas la voiture qui vous colle qui crée votre colère, c'est l'étiquette d'« idiot » que vous collez au conducteur. Ce n'est jamais la situation qui génère l'émotion, mais l'histoire que vous vous racontez.Rassurez-vous, ces filtres ne sont pas définitifs. Apprendre à distinguer le fait de l'interprétation, c'est reprendre le pouvoir sur votre cerveau. Changez de lunettes, et vous changerez littéralement de monde.
L'essor de l'intelligence artificielle transforme en profondeur les armées. Des algorithmes embarqués permettent de détecter, classifier, identifier automatiquement des objets d'intérêts militaires en un temps record. Ces systèmes prêts à l'emploi bousculent le tempo des opérations. La vitesse, facteur clé de la victoire. Et pour atteindre cette célérité, l'intelligence artificielle est devenue incontournable, insiste le colonel Frédéric, en charge du système d'information de l'armée de l'Air et de l'Espace : « On travaille selon une boucle opérationnelle. Parfois, on l'appelle la boucle OODA. Observation, Orientation, Décision, Action. Globalement, c'est une boucle dans laquelle on traite du renseignement pour savoir quelle est la menace au regard des moyens dont on dispose, on va planifier la meilleure des missions possibles. Et les outils d'IA vont permettre à l'opérateur humain de faciliter toute la réalisation de ce cycle-là ». Safran IA, ex-Preligens, développe des algorithmes prêts à l'emploi sur tout type de capteurs, souligne son directeur, Sébastien Fabre. Que ce soit à partir d'images satellites, de boules optroniques ou de capteurs électromagnétiques : « L'IA est capable de détecter des objets qu'on appelle des observables, de savoir quel type d'objets il s'agit, est-ce que c'est un véhicule blindé, est-ce que c'est un pick-up, etc. Même de les identifier et dire de quel type de véhicule blindé ou de quel type d'avion il s'agit. Quand vous avez quelqu'un qui utilise une jumelle, par exemple, pour observer un terrain d'opération, l'humain peut être distrait par quelque chose qui se passe et louper l'arrivée d'un drone, par exemple. Et grâce à notre IA, on va être capable d'afficher ou de mettre un petit cadre autour de quelque chose que l'humain ne verrait pas forcément ou serait distrait par un autre objet ». Un démultiplicateur de force L'IA est donc un démultiplicateur de force. Prenons le cas d'un pilote, la boule optronique, qui équipe son chasseur, à l'instar d'une jumelle, lui permet de voir loin. Mais identifier ce qui est perçu, c'est une autre affaire. « Parfois, le pilote voit vaguement quelque chose dans le ciel. Pour nous, l'objectif c'est d'aller plus vite sur la détection de cet objet. Et là, il y a des algorithmes d'IA qui voient mieux que l'œil humain et qui peuvent, au-delà de la détection d'un objet, les reconnaître également. Dire que c'est un avion et vérifier de quel type d'avion il s'agit. Donc c'est bien toute cette complémentarité entre la capacité de l'homme à analyser certaines données et puis là où l'homme, finalement, n'a pas les capacités physiques ou atteint ses limites physiques, c'est là qu'il faut chercher le positionnement de l'IA », explique le colonel Frédéric. Dans certains cas, seule l'IA pourra répondre à l'IA Mais si l'IA se niche derrière tous les capteurs, il faut désormais bâtir une nouvelle architecture, souligne Sébastien Fabre de Safran IA : « Si je prends simplement l'exemple de plusieurs drones déployés sur un théâtre d'opérations, vous ne pouvez pas regarder un écran pour chacun des drones et essayer de comprendre ce qui se passe. Donc, un de nos enjeux, c'est la fusion de ces informations. Tous les systèmes sont un petit peu comme des pièces d'un puzzle qui ne sont pas encore reconstituées. Et je pense que ce qu'on va voir arriver dans les années qui viennent, c'est la coordination de tous ces systèmes avec l'IA agentique qui va organiser les différentes IA qui sont spécialisés dans leur domaine pour amener de la cohérence, de la synchronisation et de l'efficacité dans tout ça ». La course à la vitesse va aussi obliger à l'automatisation de certains systèmes d'armes, en particulier pour la lutte anti-drone où seule l'IA pourra répondre à l'IA.
A lire : La zone d'impunité, le traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles dans le sport masculin, quand les journalistes sportifs sont souvent des hommes , publié aux éditions Hugo doc, et préfacé par Melissa Plaza. Nous recevons les coautrices de l'ouvrage : Mejdaline Mirhi, journaliste, co-fondatrice de l'association Femmes Journalistes de Sport et rédactrice en cheffe de feu le magazine Les Sportives, fondé par Aurélie Bresson. Clothilde Le Coz 10 ans de journalisme à l'international avant de se spécialiser dans le développement media et liberté de la presse ; elle contribue à la rubrique politique internationale de Popol média, le media qui propose un regard féministe sur la politique Pour échanger avec nos invitées, Melissa Wyckhuyse, journaliste à Radio Campus, Benoit Jacquelin, journaliste sportif à Auxerre dans l'Yonne, Louise Houalet, journaliste bénévole à Radio Campus. Les autrices décryptent les biais les plus fréquents dans la presse sportive : témoignages complaisants, relayés tels quels par les journalistes, litotes, condescendance, et rire gras, déni, et « séparer l'homme du sportif ». Les faits divers : serait-ce une autre « exception française » ? Une chronique de Benoit Jacquelin sur les récents articles de L'Equipe consacrés aux VSS : clin d'oeil au livre ? Et des solutions, il y en a. Les autrices en évoquent plusieurs dans leur ouvrages. Sororité, mixité des rédactions, employer les mots justes, former les journalistes. Le rôle d'associations comme AJAR, Prenons la une, AJL, Metoo media, Femmes journalistes de sport n'est pas à négliger. Ces comportements sont documentés par des scientifiques, par exemple Sandy Montanola, chercheuse à l'Université de Rennes et Giuseppina Sapio, chercheuse à l'Université Paris 8. Citons au passage l' Etude Kantar-MGEN « Adolescentes et sport, le grand décrochage » L'étude MGEN souligne la nécessité de repenser l'expérience sportive des jeunes filles vers une pratique plus inclusive et physiologique. « Sans cette évolution, le sport restera un terrain d'inégalité avec un impact direct et durable sur la santé des femmes. » Clotilde Truffaut, déléguée nationale MGEN. Comment faire du sport une safe place, dès le club amateur, la pratique loisir, le collège, le lycée ? Un endroit où parler de règles, de douleurs menstruelles, de sous-vêtements adaptés, sans que ce soit gênant ou ridicule, où être femme est pris en compte ? Pauses musicales « Allez Trincamp ! », un film de Jean-Jacques Annau, Coup de tête, 1979 – musique et paroles de Pierre Bachelet Fonker, de Bonbon Vaudou - ;) Radio Coco Réalisation – François Berchenko
La réalité et la vérité sont deux notions proches en apparence… mais profondément différentes. Et comprendre cette différence, c'est déjà mieux comprendre le monde — et nos désaccords.La réalité, d'abord, c'est ce qui est. Elle existe indépendamment de nous. Que vous y croyiez ou non, que vous la perceviez bien ou mal, elle est là. La gravité, par exemple, est une réalité. Si vous lâchez un objet, il tombe. Point. La réalité est brute, objective — du moins en théorie — et elle ne dépend pas de nos opinions.La vérité, en revanche, est une construction. C'est une tentative humaine de décrire, comprendre ou interpréter cette réalité. Autrement dit, la vérité n'est pas directement le monde… mais ce que nous en disons.Prenons un exemple simple : il pleut dehors. La pluie, c'est la réalité. Mais si vous dites « il fait un temps horrible », vous exprimez une vérité… subjective. Quelqu'un d'autre pourrait dire « c'est une belle pluie rafraîchissante ». Même réalité, vérités différentes.Mais attention : toutes les vérités ne sont pas subjectives. Il existe aussi des vérités que l'on cherche à rendre objectives, notamment en science. Quand un physicien affirme que l'eau bout à 100 degrés à pression normale, il énonce une vérité fondée sur des observations reproductibles. Pourtant, même cette vérité reste une représentation : elle dépend de conditions précises, d'un langage, d'un cadre scientifique.C'est là que la distinction devient essentielle. La réalité est inaccessible directement. Nous n'y accédons qu'à travers nos sens, nos instruments, notre langage. Et tout cela filtre, transforme, simplifie. La vérité est donc toujours, en un sens, une approximation.C'est ce qui explique pourquoi les vérités évoluent. Au Moyen Âge, la vérité admise était que la Terre était immobile au centre de l'univers. La réalité, elle, n'a pas changé. Mais notre compréhension, oui.Enfin, il existe un piège moderne : confondre vérité et conviction. Aujourd'hui, chacun peut affirmer « sa vérité ». Mais une conviction personnelle, aussi sincère soit-elle, n'est pas forcément une vérité solide. Une vérité digne de ce nom suppose des preuves, une cohérence, et souvent une validation collective.En résumé : la réalité, c'est le monde tel qu'il est. La vérité, c'est le discours que nous construisons pour tenter de le décrire. Et entre les deux, il y a toujours une distance — parfois minime, parfois immense. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Learn French by Watching TV with Lingopie: https://learn.lingopie.com/dailyfrenchpodVoici l'essentiel sur la saturation invisible de notre air par les pesticides en France. Here is the essential information about the invisible saturation of our air by pesticides in France.Une cartographie récente vient de révéler que les pesticides sont désormais présents dans l'air sur absolument tout le territoire français, soulevant des questions urgentes sur ce qu'on respire vraiment au quotidien. A recent mapping has just revealed that pesticides are now present in the air across absolutely the entire French territory, raising urgent questions about what we are really breathing on a daily basis.Sur 72 substances actives étudiées, un tiers est détecté direct, et la moitié des régions atteignent parfois des niveaux maximaux. Out of 72 active substances studied, one third is directly detected, and half of the regions sometimes reach maximum levels.Et le plus fou dans tout ça, contrairement aux particules fines, il n'existe aucune valeur réglementaire pour nous dire si ces niveaux sont dangereux pour notre santé. And the craziest part of all this, unlike fine particles, there is no regulatory value to tell us if these levels are dangerous for our health.C'est un peu comme mesurer la vitesse sur l'autoroute mais sans avoir jamais planté de panneau de limitation. It's a bit like measuring speed on the highway but without ever having planted a speed limit sign.Prenons le lindane, par exemple. Take lindane, for example.C'est un insecticide toxique et hyper persistant interdit depuis plus de 20 ans. It is a toxic and hyper-persistent insecticide that has been banned for over 20 years.Pourtant, on le retrouve encore dans 71 % des prélèvements récents. Yet, it is still found in 71% of recent samples.Et là on se demande forcément, comment est-ce possible, ou littéralement acceptable, qu'un poison interdit depuis deux décennies continue de voyager dans l'air que l'on respire aujourd'hui. And here we inevitably wonder, how is it possible, or literally acceptable, that a poison banned for two decades continues to travel in the air we breathe today. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
« Il y a eu beaucoup de lancements récemment… rassurez-vous, celui-ci n'est qu'une application. » Le ton est donné. Dans une vidéo mêlant images de missiles et humour grinçant, l'administration Trump a annoncé, sur le compte officiel de la Maison-Blanche sur X, la sortie de sa nouvelle application mobile, désormais disponible sur les principales plateformes.Sur le papier, la promesse est ambitieuse : offrir une information « en temps réel, sans filtre, directement à la source ». Dans les faits, l'application ressemble surtout à un hub de contenus officiels. On y trouve des communiqués, des vidéos en direct, une galerie d'images, ainsi qu'un regroupement des publications issues des réseaux sociaux de la Maison-Blanche, X, TikTok, Instagram ou encore Truth Social.Mais après quelques minutes d'utilisation, l'écart entre la promesse et la réalité apparaît clairement. Prenons l'onglet « Affordability », censé illustrer la baisse du coût de la vie. Les données, issues du Bureau of Labor Statistics, l'organisme américain chargé des statistiques économiques, montrent bien une diminution des prix… mais sur une sélection très restreinte de produits. Le lait, par exemple, correspond ici à des versions allégées, dont les prix ont davantage baissé que ceux du lait entier. En revanche, des produits en hausse, comme le café, le bœuf haché ou le jus d'orange, sont absents. Même constat pour les carburants. Côté fonctionnalités, certaines promesses peinent aussi à se concrétiser. Les retransmissions en direct ne sont pas systématiques : un discours présidentiel récent n'était pas disponible en temps réel. L'onglet « Social », qui centralise les réseaux, souffre quant à lui de problèmes techniques, avec des ralentissements fréquents.Autre point sensible : les données personnelles. L'application demande l'accès à la localisation précise, aux empreintes digitales et à certains fichiers du téléphone. Des autorisations jugées intrusives par plusieurs utilisateurs, d'autant que la politique de confidentialité reste très générale sur leur usage. Enfin, un bouton permettant de signaler des individus à l'agence fédérale ICE, chargée de l'immigration, suscite la controverse. Présenté comme un outil citoyen, il est perçu par certains comme un moyen de dénonciation simplifié. Reste une question en suspens : celle de la durée de vie de cette application. Contrairement aux comptes officiels, transmis d'une administration à l'autre, son avenir après le mandat actuel demeure incertain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Voici les liens pour écouter l'épisode Pourquoi le tapis de course a-t-il été un instrument de torture ?Apple Podcasts:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/pourquoi-le-tapis-de-course-a-t-il/id1048372492?i=1000756915527Spotify:https://open.spotify.com/episode/1JZfMJW5Cu88LpK2VQlCSr?si=07106fbff27b41ac---------------------Depuis quelque temps, une rumeur circule sur Internet : le 12 août 2026, la Terre perdrait sa gravité pendant sept secondes. Selon cette histoire, un alignement exceptionnel du Soleil, de la Lune et des planètes provoquerait une sorte d'annulation temporaire des forces gravitationnelles. Résultat supposé : nous flotterions brièvement avant que tout ne redevienne normal. L'idée est spectaculaire… mais elle est totalement fausse.Pour comprendre pourquoi, il faut rappeler ce qu'est la gravité. La gravitation est une interaction fondamentale de la nature décrite par Isaac Newton puis, plus précisément, par la relativité générale d'Albert Einstein. Toute masse attire toute autre masse. La Terre exerce donc une attraction gravitationnelle sur nous parce qu'elle possède une masse gigantesque : environ 5,97 × 10²⁴ kilogrammes. Cette force nous maintient au sol avec une accélération moyenne de 9,81 m/s².La gravité terrestre ne dépend pas de l'alignement des planètes. Elle dépend presque exclusivement de la masse de la Terre et de la distance entre nous et son centre. Pour que la gravité disparaisse, il faudrait soit que la Terre perde soudainement sa masse — ce qui violerait les lois de la physique — soit que nous soyons projetés très loin d'elle.Certains évoquent l'argument des alignements célestes, similaires à ceux qui se produisent lors des éclipses. Mais même lors d'une éclipse totale de Soleil, quand le Soleil, la Lune et la Terre sont parfaitement alignés, la gravité ne disparaît pas. Les forces gravitationnelles des autres astres existent bien, mais elles sont extrêmement faibles comparées à celle de la Terre.Prenons un exemple. L'attraction gravitationnelle exercée par le Soleil sur votre corps est réelle, mais elle agit presque de la même manière sur vous et sur la Terre entière. Résultat : elle ne vous arrache pas du sol. La force qui vous maintient au sol reste dominée par la gravité terrestre.Quant aux planètes comme Jupiter ou Mars, leur influence gravitationnelle sur un individu à la surface de la Terre est des millions de fois plus faible que celle de notre planète. Même si toutes les planètes s'alignaient parfaitement — ce qui est déjà extrêmement rare — leur effet combiné resterait négligeable.L'origine de cette rumeur remonte probablement à une blague scientifique publiée dans les années 1970, attribuée de façon erronée à l'astronome britannique Patrick Moore. Elle décrivait un moment fictif où l'alignement de Jupiter et de Pluton réduirait la gravité terrestre. Certains lecteurs l'ont prise au sérieux, et l'histoire ressurgit régulièrement sur Internet.En résumé : le 12 août 2026, comme tous les autres jours, la gravité terrestre fonctionnera parfaitement. Personne ne flottera dans son salon. La seule chose qui pourrait vraiment nous faire décoller… serait une fusée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le réemploi change-t-il la manière de concevoir l'architecture ?Dans cet épisode de Com d'Archi, Anne-Charlotte Depondt reçoit Noé Basch, ingénieur et fondateur de Mobius, une entreprise spécialisée dans le réemploi des matériaux de construction.Formé à l'ingénierie énergétique et à l'architecture à l'INSA Strasbourg, Noé Basch débute sa carrière dans l'ingénierie environnementale avant de s'interroger sur l'impact carbone du bâtiment. Une réalité s'impose progressivement : lorsqu'un bâtiment neuf est livré, une part importante de son empreinte carbone est déjà liée aux matériaux utilisés.Cette prise de conscience l'amène à développer une autre manière d'aborder la construction : le réemploi.Qu'est-ce que l'économie circulaire dans la construction ?Prenons l'exemple d'une porte. Si cette dernière est : . Déchiquetée pour en faire des panneaux de bois aggloméré : c'est du RECYCLAGE. Posée sur deux tréteaux pour en faire un bureau : c'est de la RÉUTILISATION . Déposée, reconditionnée et reposée avec toujours un usage de porte : c'est du RÉEMPLOIC'est sur cette dernière activité que Mobius Remploi se spécialise, tant en conseil, qu'en industrie.Mobius Conseil propose une perspective alternative de l'acte de (dé)construire, avec une lecture « ressources » de la gestion des déchets. Diagnostics ressources, assistance à maîtrise d'ouvrage, maîtrise d'œuvre environnementale, sont autant de solutions apportées aux maîtrises d'ouvrage qui souhaitent inscrire leurs opérations dans une démarche de limitation des impacts environnementaux.Mobius Industrie met en œuvre les processus nécessaires à la mise sur le marché de produits de construction issus du réemploi. Après un cycle d'études pour un produit, Mobius crée la ligne technique qui permet sa mise en œuvre, en France comme au Benelux.Fort de son savoir-faire développé pendant plusieurs années dans la fourniture et le service de reconditionnement du faux-plancher technique, Mobius Réemploi propose désormais une offre de reconditionnement multi-matériaux, avec 4 ateliers : Céramique, Menuiserie, Minéral et Electricité.Dans cet entretien, Noé Basch revient sur son parcours, la création de Mobius et les enjeux très concrets du réemploi : normes techniques, organisation des chantiers, approvisionnement en matériaux ou encore transformation des méthodes de conception.Car concevoir avec le réemploi implique souvent de penser le projet à partir des ressources disponibles, et d'accepter une part d'incertitude dans le processus architectural. Un épisode qui explore l'une des grandes mutations en cours dans le secteur du bâtiment : passer d'une logique de production à une logique de ressources.Conseil audio NyreImage teaser © Mobius___Si le podcast COM D'ARCHI vous plaît n'hésitez pas :. à vous abonner pour ne pas rater les prochains épisodes,. à nous laisser des étoiles et un commentaire, :-),. à nous suivre sur Instagram @comdarchipodcast pour retrouver de belles images, toujours choisies avec soin, de manière à enrichir votre regard sur le sujet.Bonne semaine à tous ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'ennui au travail vous guette ? Rassurez-vous, rien de grave, eous n'êtes pas seul.e
Une syllepse est une figure de style subtile. Elle consiste à employer un mot dans deux sens différents en même temps : un sens propre et un sens figuré, ou deux sens distincts d'un même terme. Autrement dit, un seul mot, mais une double lecture.Le terme vient du grec sullêpsis, qui signifie « action de prendre ensemble ». C'est exactement cela : l'auditeur doit « saisir ensemble » deux significations.Prenons un exemple simple :« Il a perdu ses clés et son sang-froid. »Le verbe perdre s'applique ici à deux réalités différentes. On peut perdre des clés au sens propre. On peut perdre son sang-froid au sens figuré. Le mot fonctionne donc sur deux plans simultanément.La syllepse joue souvent sur l'ambiguïté. Elle crée un effet d'esprit, d'ironie ou de profondeur. Par exemple chez Victor Hugo :« Vêtu de probité candide et de lin blanc. »Ici, le mot « vêtu » s'applique concrètement au lin blanc, mais métaphoriquement à la probité. On ne porte évidemment pas la probité comme un vêtement. Pourtant, la construction grammaticale unit les deux.Il ne faut pas confondre la syllepse avec le simple jeu de mots. Le jeu de mots repose sur la sonorité ou l'homonymie. La syllepse, elle, repose sur un glissement de sens à l'intérieur d'une même structure syntaxique.On distingue parfois deux types de syllepses :La syllepse de sens : un mot est pris simultanément dans son sens propre et figuré.La syllepse grammaticale : l'accord se fait selon le sens et non selon la stricte règle grammaticale. Par exemple : « La plupart sont venus. » Le mot « plupart » est singulier, mais l'accord se fait au pluriel, selon l'idée de pluralité.La syllepse est très présente en littérature, en poésie et même en publicité, car elle permet de densifier le langage. En quelques mots, on suggère davantage qu'on ne dit explicitement.Ce qui rend la syllepse intéressante, c'est qu'elle mobilise l'intelligence du lecteur ou de l'auditeur. Elle demande une petite gymnastique mentale : comprendre qu'un mot ne se contente pas d'un seul sens.En résumé, la syllepse est une figure de style qui exploite la richesse polysémique des mots. Elle joue sur la coexistence de deux significations au sein d'une même phrase. C'est une manière élégante de dire plus… en disant moins. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour la Journée internationale des droits des femmes, L'atelier des médias reçoit la journaliste Claire Lemaître qui analyse dans un livre les réalités de l'exercice du métier de journaliste, en France, pour les femmes. Entre précarité, sexisme et plafond de verre, ces professionnelles de l'information défendent leur place, malgré tout. Fin 2025, la journaliste Claire Lemaître a cosigné avec l'enseignante-chercheuse Pauline Renaud un livre intitulé Femmes journalistes : entre passion et (dés)illusion. Cet essai s'appuie sur les témoignages de 31 professionnelles de l'information aux profils variés et analyse un paradoxe criant : alors que le métier se féminise – 48 % de cartes de presse sont détenues par des femmes en France –, les inégalités structurelles demeurent. Claire Lemaître souligne que derrière cette parité de façade, les femmes sont plus exposées à la précarité, étant surreprésentées parmi les pigistes et les contrats courts. Elles font face à un plafond de verre persistant qui limite leur accès aux postes de direction. Pourtant, le journalisme demeure pour elles une vocation puissante, souvent rêvée dès l'enfance. L'autrice explique que pour beaucoup, ce métier définit leur identité : « Ce sont des femmes qui voient un métier utile. Il y a un rôle démocratique là-dedans. Elles ont des valeurs, elles estiment que c'est un métier qui fait avancer, qui fait bouger les choses et c'est quelque chose de très important pour elle ». La confrontation avec le réel impose souvent une désillusion. Lemaître invoque le concept sociologique d'illusio de Pierre Bourdieu pour décrire cet arbitrage permanent entre les gratifications et les sacrifices consentis. Parmi les obstacles majeurs figurent le sexisme ou encore les freins liés à la maternité. Comme le précise Claire Lemaître : « La carrière va souvent stagner. Le métier de journaliste est un métier où la disponibilité est considérée comme une compétence. » Elle note également la difficulté pour certaines femmes de témoigner sous leur véritable identité des violences subies : « C'est souvent plus valorisant de dire que ça a été facile, qu'on a été forte, qu'on a été recherchée. Dire qu'on a été harcelée, ça reste quand même compliqué. » L'entretien aborde aussi l'intersectionnalité, rappelant que les femmes racisées subissent des difficultés cumulées. Face à ces défis, des stratégies de survie émergent. La spécialisation permet de s'imposer par l'expertise. La sororité et l'organisation en collectifs, tels que Prenons la une, deviennent des leviers essentiels pour briser l'isolement et lutter contre l'opacité salariale. Ces espaces permettent de transformer le sentiment d'injustice en force collective. En conclusion, Claire Lemaître exhorte les futures journalistes à « créer un réseau avec d'autres femmes ou avec d'autres hommes aussi pour se protéger mais aussi pour se donner de l'élan ». Le mot de la fin revient à la démocratie, car l'apport des femmes est indispensable pour garantir une information plurielle.
Les sols de la planète sont la base de la vie sur Terre. 40% sont dégradés sur tous les continents pourtant avec des gestes simples et peu coûteux, nous pouvons les réparer. Nous vous emmenons dans l'ouest de l'Inde où une ONG les restaure avec succès ! Avec Patrice Burger, président du CARI (Centre d'Actions et de Réalisations Internationales) et Christophe Brosse, directeur général du CARI. Et avec le reportage de Sébastien Farcis tourné dans l'ouest de l'Inde auprès de l'ONG Water Organisation Trust, qui lutte depuis 30 ans contre cette dégradation des terres, en apprenant aux villageois comment protéger les forêts et préserver ainsi leurs ressources en eau. Musique diffusée dans l'émission ► Harry Nilsson - Rainmaker.
Si vous avez un épisode à écouter pour vos enfants, c'est celui-ci! Dans cet épisode, on se lance dans une conversation essentielle et sans détour : comment aborder la prévention des violences sexuelles avec nos enfants, même quand on est mal à l'aise ou qu'on ne sait pas par où commencer. Avec la Fondation Marie-Vincent et leurs intervenantes engagées, on découvre : Pourquoi utiliser les vrais mots pour parler d'intimité avec nos enfants fait toute la différence ; Comment faire de l'éducation à la sexualité (même si vous êtes mal à l'aise) Comprendre que l'éducation à la sexualité va bien au-delà du sexe : estime de soi, frontières, relations, émotions ; Comment expliquer aux enfants la différence entre les bons et les mauvais secrets Que faire si votre famille est victime et comment retrouver espoir grâce à l'écoute, au soutien et à la solidarité. Que vous soyez déjà sensibilisée ou que vous n'ayez jamais osé ouvrir la discussion à la maison, cet épisode est là pour vous outiller, vous rassurer et, surtout, vous rappeler que vous n'êtes pas seule. Prenons ce temps ensemble : pour nos enfants, pour nous, et pour bâtir un village plus fort et plus bienveillant. * À noter qu'il n'y a aucun exemple explicite cité dans l'épisode --- N'hésitez pas à écouter ; ça peut faire toute une différence dans la vie d'un enfant. Ce balado est présenté par Info Justice. Info Justice offre du soutien juridique gratuit et confidentiel pour accompagner les personnes dans leurs réalités juridiques, partout au Québec. Pour en savoir plus, cliquez juste ici : https://bit.ly/infojustice-maman
Son grand-père est le premier à avoir volé dans la stratosphère, inspirant à Hergé le professeur Tournesol. son père le premier à avoir plongé dans les abysses en bathyscaphe, quant à Bertrand il a réussi le premier tour du monde en avion solaire. Les Piccard en BD, pionniers du ciel et des abysses... (Rediffusion du 23 juin 2025). Prenons de la hauteur et de la profondeur aujourd'hui dans l'espace comme dans le temps, sur les traces de trois savanturiers de génie. 3 générations de pionniers du ciel et des abysses Dans la famille Piccard, on commence par le grand-père Auguste Piccard, le physicien qui inspira Hergé pour le personnage du professeur Tournesol est le 1er homme à avoir atteint la stratosphère en ballon et à voir la courbure de la Terre. On poursuit avec le père Jacques Piccard, océanographe et écologiste avant l'heure qui descendit avec le bathyscaphe conçu par son père à plus de 10 000 mètres dans la fosse des Mariannes pour y découvrir la vie au fond des océans. Et enfin, dans la famille Piccard, nous aurons la chance d'être en duplex depuis Lausanne avec le fils Bertrand Piccard, aéronaute et pionnier des énergies propres, qui réalisa le 1er tour du monde en ballon sans escale et avec Solar impulse le premier tour du monde en avion solaire... Avec Bertrand Piccard (le premier à avoir fait le Tour du Monde en ballon avant de se lancer dans l'aventure des énergies renouvelables avec Solar Impulse, l'avion solaire) et l'auteur et dessinateur Jean-Yves Duhoo pour la BD 1, 2, 3 Piccard, parue chez Dargaud.
Son grand-père est le premier à avoir volé dans la stratosphère, inspirant à Hergé le professeur Tournesol. son père le premier à avoir plongé dans les abysses en bathyscaphe, quant à Bertrand il a réussi le premier tour du monde en avion solaire. Les Piccard en BD, pionniers du ciel et des abysses... (Rediffusion du 23 juin 2025). Prenons de la hauteur et de la profondeur aujourd'hui dans l'espace comme dans le temps, sur les traces de trois savanturiers de génie. 3 générations de pionniers du ciel et des abysses Dans la famille Piccard, on commence par le grand-père Auguste Piccard, le physicien qui inspira Hergé pour le personnage du professeur Tournesol est le 1er homme à avoir atteint la stratosphère en ballon et à voir la courbure de la Terre. On poursuit avec le père Jacques Piccard, océanographe et écologiste avant l'heure qui descendit avec le bathyscaphe conçu par son père à plus de 10 000 mètres dans la fosse des Mariannes pour y découvrir la vie au fond des océans. Et enfin, dans la famille Piccard, nous aurons la chance d'être en duplex depuis Lausanne avec le fils Bertrand Piccard, aéronaute et pionnier des énergies propres, qui réalisa le 1er tour du monde en ballon sans escale et avec Solar impulse le premier tour du monde en avion solaire... Avec Bertrand Piccard (le premier à avoir fait le Tour du Monde en ballon avant de se lancer dans l'aventure des énergies renouvelables avec Solar Impulse, l'avion solaire) et l'auteur et dessinateur Jean-Yves Duhoo pour la BD 1, 2, 3 Piccard, parue chez Dargaud.
Le paradoxe de la prévention. Ce paradoxe repose sur une idée simple : lorsqu'une prévention fonctionne, elle rend invisible le danger qu'elle combat. Et plus ce danger devient invisible, plus les mesures préventives paraissent inutiles.Dans notre esprit, nous avons tendance à évaluer l'utilité d'une action à partir de ce que nous voyons. Or, la prévention agit surtout sur ce qui n'arrive pas. Pas d'accident, pas d'épidémie, pas de catastrophe. Mais comme ces événements n'ont pas lieu, nous n'en attribuons pas le mérite aux mesures mises en place.Prenons un exemple médical. Les vaccins préviennent certaines maladies. Quand ces maladies disparaissent presque totalement, certains en concluent que la vaccination n'est plus nécessaire. Pourtant, si la vaccination cesse, la maladie peut revenir. Le succès même de la prévention devient alors la cause de sa remise en question.Ce mécanisme existe dans de nombreux domaines :En sécurité routière : ceintures, limitations de vitesse, airbags.En santé publique : hygiène, dépistages, campagnes de prévention.En environnement : normes antipollution, protection des forêts, réduction des risques industriels.Dans tous les cas, plus ces dispositifs fonctionnent, moins ils sont visibles.Le paradoxe s'explique aussi par un biais psychologique : nous percevons mieux les coûts immédiats que les bénéfices différés. Installer des détecteurs de fumée coûte de l'argent. L'incendie évité, lui, reste abstrait. Notre cerveau a du mal à valoriser un événement qui ne s'est pas produit.Ce phénomène peut conduire à des décisions dangereuses. Lorsque les budgets de prévention sont réduits, les risques augmentent progressivement, jusqu'au moment où une catastrophe survient. Et ce n'est qu'après coup que l'on réalise l'importance de ce qui avait été supprimé.Le paradoxe de la prévention nous enseigne donc une leçon essentielle : l'absence de problème ne signifie pas absence de menace. Bien souvent, elle signifie simplement que quelqu'un, quelque part, fait correctement son travail.Comprendre ce paradoxe, c'est accepter que certaines des politiques les plus efficaces sont aussi les moins spectaculaires. Et que le véritable succès, en matière de prévention, n'est pas ce que l'on voit… mais précisément ce que l'on ne voit jamais. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La loi de Parkinson est un principe formulé en 1955 par l'historien et essayiste britannique Cyril Northcote Parkinson. Elle peut se résumer par une phrase devenue célèbre : « Le travail s'étend de façon à occuper tout le temps disponible pour son achèvement. » Autrement dit, plus on donne de temps pour accomplir une tâche, plus cette tâche finit par prendre du temps, même si elle aurait pu être réalisée beaucoup plus rapidement.Cette loi ne repose pas sur une équation mathématique, mais sur l'observation fine du fonctionnement des organisations, des administrations et, plus largement, du comportement humain. Parkinson constatait que dans de nombreuses structures, le volume de travail réel n'augmentait pas nécessairement, mais que le nombre de personnes, de procédures et de formalités, lui, explosait.Prenons un exemple simple. Vous devez rédiger un rapport de cinq pages.Si votre délai est de deux jours, vous allez probablement vous concentrer, organiser vos idées et aller à l'essentiel.Si votre délai est de deux semaines, vous risquez de relire davantage, de reformuler sans fin, d'ajouter des détails peu utiles, voire de repousser le début du travail… pour finalement utiliser les deux semaines complètes.La tâche n'a pas changé. Seul le temps disponible a changé. Pourtant, la durée réelle de réalisation s'est allongée.Pourquoi cela se produit-il ?D'abord à cause de la psychologie humaine. Quand une échéance est lointaine, le sentiment d'urgence disparaît. Le cerveau perçoit la tâche comme non prioritaire. Résultat : procrastination, dispersion, puis travail étalé.Ensuite, à cause de la complexification artificielle. Plus on dispose de temps, plus on est tenté d'ajouter des étapes, des validations, des réunions ou des perfectionnements. Le projet grossit, parfois sans réelle valeur ajoutée.Parkinson observait aussi un phénomène organisationnel frappant : dans les grandes administrations, les employés ont tendance à créer du travail pour les autres employés, ce qui génère encore plus de travail, même si la charge initiale reste stable.La loi de Parkinson ne signifie pas que les gens sont paresseux. Elle montre plutôt que le temps influence profondément la manière dont nous utilisons notre énergie. Sans contrainte claire, l'effort se dilue.Ce principe a des implications concrètes :Des délais courts favorisent l'efficacité.Des objectifs précis réduisent la dispersion.Des échéances artificiellement longues encouragent l'inefficience.C'est pourquoi certaines méthodes de productivité recommandent de se fixer volontairement des délais plus serrés que nécessaire.En résumé, la loi de Parkinson révèle une vérité dérangeante : ce n'est pas toujours la quantité de travail qui nous épuise, mais la manière dont nous laissons le temps l'envahir. Une idée simple, mais redoutablement puissante pour repenser notre rapport au travail. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La « fenêtre d'Overton » : voilà une expression qu'on entend de plus en plus en politique, dans les médias, sur les réseaux sociaux… et souvent sans qu'on sache exactement ce qu'elle veut dire. Pourtant, c'est un concept très simple, mais redoutablement efficace pour comprendre comment une société change d'avis.La fenêtre d'Overton désigne l'ensemble des idées considérées comme « acceptables » dans le débat public à un moment donné. Imaginez une fenêtre : à l'intérieur, on trouve les opinions que l'on peut défendre publiquement sans passer pour fou, dangereux ou extrémiste. En dehors de cette fenêtre, il y a les idées jugées inacceptables, impensables, scandaleuses.Le concept a été formulé dans les années 1990 par Joseph P. Overton, un analyste américain travaillant pour un think tank libéral, le Mackinac Center for Public Policy. Son intuition : ce ne sont pas uniquement les responsables politiques qui changent les lois, mais surtout ce que l'opinion publique considère comme « normal ». Autrement dit, un gouvernement ne peut généralement faire passer qu'une réforme déjà entrée, au moins un peu, dans la zone du « dicible ».À l'origine, Overton décrivait une sorte d'échelle : une idée peut être perçue comme impensable, puis radicale, ensuite acceptable, raisonnable, populaire… et enfin devenir une politique publique. Ce qui est fascinant, c'est que la fenêtre peut bouger dans les deux sens : vers plus de liberté, ou vers plus de restrictions.Prenons un exemple simple. Il y a 50 ans, parler de mariage homosexuel dans beaucoup de pays occidentaux aurait été considéré comme impensable. Puis le sujet est devenu discuté, défendu, normalisé, jusqu'à être légalisé dans de nombreux États. La fenêtre s'est déplacée.Autre exemple : la surveillance de masse. Avant les attentats du 11 septembre 2001, accepter des contrôles généralisés, des caméras partout, ou la collecte massive de données semblait choquant pour beaucoup. Puis, au nom de la sécurité, ces mesures sont devenues acceptables, parfois même demandées. Là encore, la fenêtre a bougé.Ce qui rend la fenêtre d'Overton si utile, c'est qu'elle explique une stratégie : pour faire accepter une idée, on peut d'abord la rendre « discutable ». Même si elle choque, on la met sur la table, on provoque un débat, on l'emballe dans des mots plus neutres, on trouve des exemples, on répète. Et petit à petit, ce qui était impensable devient simplement « une opinion parmi d'autres ».En résumé : la fenêtre d'Overton, c'est le thermomètre du débat public. Elle ne dit pas ce qui est vrai ou faux, mais ce qu'une société accepte d'entendre… et donc, ce qu'elle finira peut-être par tolérer, puis par adopter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Un an après la bataille de Goma, quelle est la réalité du contrôle exercé sur la ville par l'AFC/M23, soutenu par Kigali ? Comment le groupe AFC/M23 se finance-t-il ? Et quelles perspectives de paix, alors que les initiatives diplomatiques — qui se multiplient — n'ont que peu d'effet sur le terrain ? Zobel Behalal, expert senior à l'Initiative mondiale contre le crime organisé transnational et ancien membre du panel d'experts des Nations unies sur la RDC, répond aux questions de Florence Morice. RFI : Il y a un an, lors de la chute de Goma, beaucoup d'analystes affirmaient que le M23 n'avait pas les moyens de gouverner la ville. Un an plus tard, peut-on dire que l'on s'était trompé ? Zobel Behalal : Oui, évidemment, on s'était trompé il y a un an. Parce qu'aujourd'hui, le mouvement non seulement contrôle la ville, mais il a étendu son pouvoir sur d'autres territoires, et notamment sur la province du Sud-Kivu. De quelle manière est-ce qu'il contrôle la ville, concrètement ? Le M23, toujours soutenu massivement par le Rwanda, a installé une administration parallèle avec des gouverneurs qui ont été nommés dans les provinces du Sud et du Nord-Kivu, des administrateurs du territoire. Il a installé un système de taxation assez bien huilé. Le M23 contrôle également des territoires stratégiques de production minière, qui sont une source d'enrichissement assez considérable pour lui. Et ensuite, ce qu'il faut noter, c'est que le M23 contrôle cinq postes frontaliers stratégiques, notamment avec le Rwanda et l'Ouganda. Comment le M23 finance-t-il cette administration parallèle ? Essentiellement par ces taxes et le contrôle des ressources minières ? On a vu une nomenclature des taxes assez bien élaborée par le mouvement, qui concerne aussi bien le mariage, le transfert d'un corps, que la traversée d'une frontière, l'exploitation d'un site minier. Donc ça couvre vraiment toute l'activité économique et sociale des territoires sous son contrôle et cela rapporte énormément d'argent au mouvement. Il faut aussi comprendre que le M23 ne dépense pas beaucoup d'argent pour ses troupes. Les soldats, pour la plupart, sont très peu payés, ils reçoivent un entretien journalier pour leur nutrition, donc ceux-ci se sucrent sur le dos de la population et l'essentiel de l'argent collecté par le M23 va dans les poches de ses cadres politiques et militaires. Avant la chute de Goma, le M23 contrôlait déjà d'importants sites miniers. C'était le cas, par exemple, de Rubaya. Qu'est-ce qui a changé depuis un an ? Est-ce qu'ils ont mis la main sur de nouveaux sites stratégiques ? Depuis la chute de Goma, le M23 a étendu son contrôle sur des sites miniers, notamment dans la province du Sud-Kivu, des sites miniers de production d'or et de ce qu'on appelle la wolframite, ce qui constitue des sources de revenus importantes pour le mouvement. Il a continué à maintenir son contrôle sur les routes d'exportation des minerais de coltan exploités à Rubaya vers le Rwanda. Donc tout cet argent rentre dans les caisses du mouvement, mais profite surtout aux cadres politiques, aux cadres militaires et évidemment aux pays qui soutiennent le M23. Quels sont les pays qui bénéficient de ces ressources ? On a suffisamment d'informations et de preuves pour attester du soutien massif du Rwanda vis-à-vis du M23 et on sait que ce soutien rapporte énormément d'argent au Rwanda. Les statistiques du Rwanda d'exportation du coltan sur la période de janvier à juin 2025 sont 200 % supérieures à ce que c'était à la même période en 2024. Et on sait aussi qu'il y a des pays qui profitent de manière passive de la présence du M23, notamment les flux commerciaux et économiques entre le M23 et le Congo et l'Ouganda. Il y a également des pays un peu plus lointains, comme le Kenya et la Tanzanie. Prenons un exemple, celui du commerce du carburant. Aujourd'hui, à Goma, le carburant est sous le contrôle des proches du général Makenga, qui est le chef militaire du M23, et ses proches ont un monopole sur l'importation du carburant qui vient de pays comme le Kenya. Donc ça enrichit des réseaux qui, de manière passive ou indirecte, contribuent à financer le mouvement et profitent également de cette économie illicite. Depuis un an, les initiatives diplomatiques se multiplient, mais on a le sentiment qu'elles ont peu d'effet sur le terrain. Pour quelle raison, selon vous ? Il y a eu une forte mobilisation diplomatique qui est appréciable. Mais ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il y a un élément qui structure cette guerre, il y a un élément qui constitue son carburant, c'est l'exploitation des ressources naturelles. Donc l'angle mort des principaux processus de paix, c'est qu'ils ne prennent pas suffisamment en compte cet aspect qui pourtant représente un moyen de pression sur les différents acteurs pour les obliger à se mettre autour de la table pour discuter. Mais le processus de Washington et l'accord-cadre qui a été signé en fin d'année dernière aux États-Unis prétend justement placer cette dimension économique et l'organisation économique régionale au cœur des discussions. Autant on se félicite du fait que les Américains aient mis sur la table cette dimension économique, autant on reste encore sur notre faim sur les mesures concrètes qui vont véritablement résoudre le problème dans sa profondeur. On a plutôt l'impression que ce processus pourrait représenter une prime à l'ambition expansionniste de certaines parties. Il pourrait représenter une source d'enrichissement des réseaux criminels préexistants. Donc il faut commencer par créer des conditions pour que ces personnes n'accèdent plus à ces ressources naturelles. Et c'est l'angle mort, comme je le disais, de ces processus de paix. Donc le M23, et ? Le M23, les pays voisins comme le Rwanda… Et il faut reconnaître aussi que, aujourd'hui, dans l'exploitation illicite des ressources naturelles, les réseaux criminels se recrutent au sein de l'élite politique, sécuritaire de tous les pays, y compris du Congo. On n'a pas d'éléments qui nous permettent de dire aujourd'hui que ces élites au Congo, au Rwanda et dans les autres pays, ne continueront pas à tirer les ficelles lorsque ces contrats seront appliqués. Tout récemment, l'Angola, qui semblait sorti des processus de négociation, a relancé des consultations et plaide pour un dialogue national. Est-ce que cette nouvelle initiative de Luanda est porteuse d'espoir selon vous ? L'initiative angolaise est potentiellement une évolution positive, car si la crise du M23 s'inscrit dans une dynamique géo-criminelle, où des États instrumentalisent le crime transnational organisé à des fins économiques et financières, il faut reconnaître que cette crise prospère aussi parce qu'elle s'ancre dans des faiblesses structurelles profondes que seuls les Congolais eux-mêmes ont la capacité et le devoir de traiter. Donc un dialogue intercongolais, qui va discuter du partage des richesses, de la forme de l'État, de comment faire nation, de la lutte contre l'impunité, me semble bienvenu. À lire aussiRDC: à Rubaya, des mines stratégiques au cœur de la guerre, toujours contrôlées par le M23
Quel est le rapport entre le déni relatif au réchauffement climatique et le risque de divorces en France ? A priori, pas grand chose. Pourtant, derrière ces deux phénomènes, se dissimule ce qu'on appelle le biais d'optimisme. Un biais cognitif qui consiste à envisager toujours la meilleure issue pour une situation à risque. Il est théorisé par les trois universitaires Isabelle Milhabet, Olivier Desrichard et Jean-François Werlhiac dans leur travaux de recherche en 2002 à l'université de Rennes. Prenons le réchauffement climatique d'abord. D'après une consoeur du média d'information Climax en partenariat avec Konbini, si tout le monde "s'en bat du GIEC, c'est parce que nous sommes habités par un biais d'optimisme." Mais qu'est-ce que le biais d'optimisme ? Comment s'exprime-t-il ? A quoi est-il dû ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant vous savez". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Johanna Cincinatis. Première diffusion : juin 2023 À écouter aussi : Pourquoi le RN séduit-il de plus en plus de jeunes ? Pourquoi les araignées sont-elles utiles à votre maison ? YouTube est-il devenu une course à la super-production ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Les rebelles du M23 contrôlent plusieurs gisements stratégiques et font transiter les minerais par le Rwanda, un moyen clé de financement du conflit. C'est notamment le cas des mines de Rubaya, situées à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, qui fourniraient entre 15 et 20 % du coltan mondial et restent toujours sous le contrôle du M23. Chaque jour, des milliers de creuseurs artisanaux gravissent les collines de Rubaya, pelles et pioches en main, dans l'espoir de trouver sous terre de précieux fragments de coltan. Les équipes de jour et de nuit se relaient sans interruption sur ces sites hautement convoités. Le M23 y prélève des taxes importantes : 50 000 francs congolais par jour et par puits. Une spoliation organisée qui se poursuit, selon Jean-Pierre Okenda, directeur de l'ONG congolaise La Sentinelle des ressources naturelles. « La guerre, c'est l'argent, et l'argent, ce sont les mines de Rubaya. En réalité, c'est l'essentiel du budget du M23, compte tenu de l'importance du gisement et de la qualité du coltan. Rubaya reste l'épicentre de cette guerre et permet de ravitailler suffisamment le M23, et bien entendu le Rwanda », explique-t-il. À lire aussiEst de la RDC: les minerais des Kivus entre économie, géopolitique et insécurité (rfi.fr) Une contrebande de minerais avérée Une fois extraits, les minerais sont vendus à des négociants, qui s'acquittent eux aussi d'un agrément annuel auprès du M23. Le coltan est ensuite confié à des transporteurs qui l'acheminent jusqu'à Mubambiro, près de Goma, avant de franchir la frontière rwandaise. À ce stade, les minerais sont mélangés à d'autres productions, ce qui rend leur traçabilité quasi impossible. Des fraudes documentées par le programme ITSCI, chargé de promouvoir des chaînes d'approvisionnement responsables. Son directeur, Mickaël Daudin, pointe des incohérences. « Prenons l'exemple du Rwanda. Nous avons mis en place des contrôles efficaces au niveau local et constatons que, sur l'année 2025, les données de production tracées sont restées stables. En revanche, si l'on observe les statistiques internationales, on note une très forte augmentation des importations, en particulier de tantale, en provenance du Rwanda », souligne-t-il. Des gisements dans l'accord USA-RDC ? Les mines de coltan de Rubaya figurent aujourd'hui sur la liste des projets proposés par la RDC aux États-Unis dans le cadre d'un accord sur les minerais stratégiques. Le pari de Kinshasa : attirer l'intérêt américain pour sécuriser la zone. Un espoir que tempère Jean-Pierre Okenda. « On peut considérer cet accord comme un échange minerais contre sécurité. Kinshasa nourrit beaucoup d'attentes, car les minerais sont la clé de voûte de tout le système. Il y a clairement une volonté des États-Unis de contrer la Chine en RDC. Mais il faut relativiser : une exploitation industrielle n'est pas possible sans une pacification durable de la région », avertit-il. Récemment, le groupe suisse Mercuria et un fonds d'investissement américain ont annoncé des investissements pour moderniser l'extraction à Rubaya. Un effet d'annonce, selon plusieurs experts, qui estiment que le Rwanda ne renoncera pas à l'exploitation de ces ressources sans garanties solides. À lire aussiAccord sur les minerais États-Unis-RDC: de quels projets parle-t-on?
Les multiplicateurs keynésiens, c'est une idée très simple et très puissante en économie : quand l'État dépense de l'argent, l'impact final sur l'économie peut être plus grand que la dépense de départ.Pourquoi ? Parce que l'argent injecté ne reste pas “immobile”. Il circule, il est dépensé, puis redépensé. Et à chaque étape, cette dépense devient le revenu de quelqu'un d'autre.Prenons un exemple. L'État décide d'investir 100 millions d'euros pour rénover des écoles. Cet argent est versé à des entreprises de bâtiment. Ces entreprises vont payer des salariés, acheter des matériaux, rémunérer des sous-traitants. Les salariés qui reçoivent ces salaires vont ensuite consommer : faire leurs courses, payer un plein d'essence, aller au restaurant. Les commerçants, en voyant leurs ventes augmenter, vont eux-mêmes commander davantage à leurs fournisseurs, payer plus d'heures à leurs employés, investir un peu. Et ainsi de suite.Au final, les 100 millions de départ peuvent produire 150 millions, 200 millions ou plus d'activité économique. Le multiplicateur keynésien, c'est précisément ce coefficient : combien d'euros de PIB sont créés au total pour 1 euro de dépense initiale.Pour comprendre ce mécanisme, Keynes part d'une notion essentielle : la propension marginale à consommer. Autrement dit, quand un ménage gagne 1 euro de plus, est-ce qu'il le dépense ou est-ce qu'il le garde ? Si, en moyenne, les ménages dépensent 80 centimes sur chaque euro supplémentaire, alors la relance est très efficace, car la consommation alimente en permanence une nouvelle vague de revenus.Dans un modèle simple, le multiplicateur est égal à 1 divisé par 1 moins cette propension à consommer. Si les ménages consomment 80% d'un revenu supplémentaire, alors le multiplicateur est 1 / (1 – 0,8), soit 5. Dans ce cas théorique, 100 millions de dépense publique peuvent créer jusqu'à 500 millions de PIB. C'est la version “pure” du raisonnement keynésien.Mais dans la réalité, le multiplicateur n'est pas toujours aussi élevé, parce qu'il existe des fuites. Une partie de l'argent est épargnée, donc ne circule pas. Une autre part sert à acheter des produits importés, donc la demande profite à l'étranger. Les impôts prélèvent aussi une partie des revenus. Et parfois, une relance trop forte peut générer de l'inflation ou pousser les taux d'intérêt à la hausse.Conclusion : le multiplicateur keynésien mesure la force d'une relance. Il est souvent plus élevé en période de crise ou de chômage, quand l'économie tourne au ralenti, et plus faible quand l'économie est déjà proche de ses limites. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans cet épisode de Tipping Point, nous partons à la rencontre de Delphine Astier, tisseuses de ponts entre les générations, les territoires, les cultures, et les vivants.Delphine œuvre dans la solidarité internationale et l'écologie depuis toujours. Un engagement presque organique, nourri par ses études de sciences politiques, mais surtout par une histoire familiale marquée par l'action de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès humain, fondée par sa grand-mère.L'un de ses premiers tipping points a lieu en Casamance, au Sénégal. Cette expérience, et les nombreuses rencontres internationales qui suivront, forgent chez elle une conviction profonde : une autre mondialisation est possible. Une altermondialisation faite de liens, de responsabilité et de coopération, porteuse d'utopies concrètes pour le XXIᵉ siècle.Avec son association Mondes Pluriels Delphine embarque des milliers de jeunes dans des aventures écologiques bien avant que ces sujets ne deviennent grand public. Échanges internationaux entre écoles aux États-Unis, aux Philippines et en France, forums entre élèves, réflexions collectives sur l'environnement… Très vite, une question centrale émerge : celle de la responsabilité. Le droit est occidental, dit-elle, mais la responsabilité est universelle.Ces réflexions donnent naissance à un projet d'ampleur mondiale : Prenons soin de la planète. Pendant deux ans, Delphine s'y consacre pleinement, jusqu'à emmener une délégation de dix jeunes Français à Brasilia, aux côtés de jeunes de 53 pays, pour co-construire une charte mondiale de la responsabilité climatique. Trois piliers simples mais puissants soutiennent ce projet : les jeunes élisent les jeunes, les jeunes éduquent les jeunes, et chaque génération apprend avec l'autre. L'élan est immense, contagieux, et continue aujourd'hui encore, notamment en Espagne, où des communautés autonomes de jeunes portent le flambeau.Ce qui a toujours animé Delphine, comme un moteur puissant pour agir est l'injustice climatique. Après Mondes Pluriels elle s'investit à un niveau institutionnel à Grenoble, avant de revenir à l'associatif et de créer Naturamundis, un projet pour continuer à ouvrir des espaces interculturels, explorer d'autres manières d'être en relation avec la nature, co-construire des solutions originales, et inventer des formes de coopération joyeuses, légères et profondément transformatrices.Un épisode traversé par une énergie communicante, une joie lucide, et une conviction forte : l'énergie puisée dans les rencontres lointaines peut nous donner la force d'agir, ici et maintenant.Bonne écoute !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Maintenant Vous Savez, c'est aussi Maintenant Vous Savez - Santé et Maintenant Vous Savez - Culture. Malgré une baisse continue de la consommation d'antibiotiques depuis 10 ans, la France reste le quatrième pays européen le plus consommateur derrière la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie, comme le détaille Santé publique France. Si leur efficacité sur les bactéries est avérée, leur prise peut aussi affecter le fonctionnement du corps. Les antibiotiques à large spectre notamment, capables de s'attaquer à différentes familles de bactéries, détruisent les infections, mais aussi les bonnes bactéries qui peuplent nos intestins et qui nous aident à rester en bonne santé. Est-ce qu'on peut protéger nos intestins ? Les antibiotiques peuvent-ils aussi déclencher des mycoses ? Pourquoi dit-on qu'il faut absolument respecter la durée de prescription ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant Vous Savez - Santé". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Olivia Villamy. Première diffusion : janvier 2023 À écouter aussi : Prenons-nous trop de médicaments ? Quels sont les pires additifs pour la santé ? Pourquoi faut-il éviter les médicaments anti-rhume ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez - Santé". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Le 27 octobre 2025, une étude publiée dans la revue Nature Communications a remis en question l'utilité réelle des télévisions ultra haute définition. Des chercheurs de l'Université de Cambridge et du laboratoire Meta Reality Labs ont voulu répondre à une question simple : notre œil humain perçoit-il vraiment la différence entre une image en 4K, 8K ou une résolution plus basse ? Leur conclusion est sans appel : au-delà d'un certain point, notre vision ne peut tout simplement plus distinguer les détails supplémentaires.Les écrans ultra HD se vantent d'afficher des millions de pixels supplémentaires – 8 millions pour la 4K, plus de 33 millions pour la 8K. En théorie, plus il y a de pixels, plus l'image semble nette. Mais en pratique, notre œil a une limite de résolution, mesurée en « pixels par degré de vision » (PPD). Cela représente combien de détails l'œil peut discerner dans un angle d'un degré. Dans leurs expériences, les chercheurs ont exposé des volontaires à des images aux contrastes et couleurs variables, et ont mesuré le point où la netteté cessait d'être perçue comme améliorée. Résultat : le seuil moyen était d'environ 90 PPD. Au-delà, les différences deviennent imperceptibles, même si l'écran affiche beaucoup plus d'informations.Prenons un exemple concret. Dans un salon typique, si vous êtes assis à 2,5 mètres d'un téléviseur de 110 centimètres de diagonale (environ 44 pouces), vous ne ferez pas la différence entre une image en 4K et en 8K. L'œil humain ne peut pas discerner autant de détails à cette distance. Pour vraiment profiter de la 8K, il faudrait soit un écran gigantesque, soit s'asseoir à moins d'un mètre – ce qui est peu réaliste pour regarder un film confortablement.Ces résultats soulignent une réalité simple : les gains de résolution vendus par les fabricants dépassent désormais les capacités biologiques de notre vision. Autrement dit, nous avons atteint un plafond perceptif. Acheter une TV 8K pour remplacer une 4K revient un peu à utiliser une loupe pour lire un panneau routier à un mètre de distance : la différence existe techniquement, mais votre œil ne la voit pas.Les chercheurs estiment qu'il serait plus utile d'améliorer d'autres aspects de l'image, comme la luminosité, le contraste, la fidélité des couleurs ou la fluidité des mouvements. Ces paramètres influencent beaucoup plus notre perception de la qualité qu'une hausse du nombre de pixels. En clair, la course à la résolution touche à sa fin : la vraie révolution de l'image ne viendra plus du nombre de points, mais de la manière dont ils sont rendus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce matin, amis des mots, on parle d'élisions... vous vous rappelez ce que sont ces bestioles ? Prenons simplement la définition du Larousse : l'élision, c'est la "suppression, dans l'écriture ou la prononciation, de la voyelle finale d'un mot devant un mot commençant par une voyelle ou un H muet. L'élision se marque par une apostrophe."Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L'asyndète est une figure de style qui peut sembler discrète, mais qui a un impact puissant sur la manière dont un texte est perçu. Le mot vient du grec a (« sans ») et syndeton (« lien »). Concrètement, il s'agit d'omettre volontairement les mots de liaison — les conjonctions comme « et », « ou », « mais » — entre plusieurs termes ou propositions.Prenons un exemple simple : au lieu de dire « Il est venu et il a vu et il a vaincu », on écrit « Il est venu, il a vu, il a vaincu ». Le sens est le même, mais le rythme change : la phrase devient plus sèche, plus percutante.L'intérêt premier de l'asyndète est donc rythmique. Elle accélère le discours, donne une impression d'urgence, de densité, de rapidité. C'est un effet que l'on retrouve beaucoup dans les maximes, les slogans ou les récits épiques. César, en déclarant « Veni, vidi, vici », n'a pas seulement raconté une victoire : il l'a rendue foudroyante par l'usage de l'asyndète.Mais l'asyndète a aussi une valeur stylistique et expressive. En supprimant les liens, on laisse les mots se juxtaposer comme des coups de pinceau bruts, créant une intensité dramatique. Dans un discours politique, elle peut donner un ton martial ou solennel. Dans un poème, elle peut exprimer l'accumulation, le vertige, l'émotion débordante.Cette figure de style s'oppose à la polysyndète, qui, elle, multiplie les conjonctions pour créer un effet d'abondance. Là où la polysyndète ralentit et insiste, l'asyndète tranche et accélère.Son intérêt ne se limite pas au beau langage : l'asyndète est très présente dans le langage quotidien et médiatique. Un journal titrera : « Chômage, inflation, colère sociale » plutôt que « Chômage et inflation et colère sociale ». C'est plus percutant, plus mémorable.Enfin, l'asyndète a un effet psychologique : elle laisse l'auditeur ou le lecteur combler mentalement les liens absents. En ce sens, elle rend le message plus actif, presque interactif. On retient mieux une énumération asyndétique qu'une longue phrase laborieuse.En résumé, l'asyndète est l'art d'en dire plus en en disant moins. En supprimant les liaisons, elle donne au texte un souffle plus vif, plus énergique, plus frappant. C'est une arme rhétorique vieille de l'Antiquité, mais toujours d'actualité dans nos conversations, nos slogans et nos récits modernes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis plusieurs millénaires, l'Homme ne s'est pas contenté de domestiquer les animaux : il a aussi influencé leur morphologie, et en particulier leur taille. Une vaste synthèse menée par des chercheurs de l'Université de Montpellier apporte un éclairage scientifique inédit sur ce phénomène. Publiée récemment, cette étude est l'une des plus complètes jamais réalisées : elle repose sur l'analyse de 3 858 enregistrements de mesures, à partir de plus de 225 000 os et dents, issus de 311 sites archéologiques de la France méditerranéenne, couvrant une période de 8 000 ans.Les résultats montrent que l'Homme a profondément modifié la stature des espèces animales, à la fois par la domestication et par la chasse sélective. Prenons l'exemple des animaux domestiques. Les premiers moutons et chèvres domestiqués, introduits dès le Néolithique, étaient plus petits que leurs ancêtres sauvages. Cette réduction de taille est liée aux conditions d'élevage : alimentation contrôlée, enclos restreints, reproduction sélective visant la docilité ou la production (lait, laine), et non la survie en milieu sauvage. Ainsi, la taille moyenne des ovins et caprins a diminué de 20 à 30 % par rapport à leurs homologues sauvages.Chez les bovins, le même processus s'observe. Les aurochs, ancêtres sauvages des vaches, mesuraient plus de 1,70 mètre au garrot. Les bovins domestiqués ont rapidement perdu en stature, atteignant parfois à peine 1,20 mètre dans certaines populations antiques. Cette diminution reflète des choix humains : des animaux plus petits étaient plus faciles à nourrir et à contrôler.Mais l'impact humain ne se limite pas aux espèces domestiques. La chasse a aussi contribué à réduire la taille des animaux sauvages. Les chasseurs préhistoriques ciblaient souvent les plus grands individus, car ils offraient plus de viande ou de trophées. Cette pression sélective a progressivement favorisé la reproduction des animaux plus petits et plus discrets. On retrouve ce schéma chez les cerfs et les sangliers, dont la taille moyenne s'est réduite au fil des siècles.À partir du Moyen Âge, cependant, une tendance inverse apparaît : les pratiques d'élevage s'améliorent, l'alimentation devient plus riche, et certains animaux domestiques regagnent en stature. C'est particulièrement visible chez les chevaux, qui deviennent plus grands et plus robustes pour répondre aux besoins militaires et agricoles.En somme, cette étude de l'Université de Montpellier montre que l'Homme est un facteur déterminant de l'évolution morphologique des animaux. Par la domestication, l'élevage et la chasse, il a façonné la taille des espèces sur des milliers d'années. Les animaux d'aujourd'hui sont donc le reflet d'une histoire où la sélection naturelle s'est vue constamment modifiée, accélérée, ou détournée par la main humaine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pourquoi les éoliennes produisent-elles plus d'électricité quand il fait froid ? La réponse tient à la fois à la physique de l'air et au fonctionnement même des turbines.La densité de l'air : un facteur cléL'électricité produite par une éolienne dépend principalement de la vitesse du vent et de la densité de l'air. La formule de base est la suivante :Puissance = ½ × ρ × S × v³ × Cpoù ρ est la densité de l'air, S la surface balayée par les pales, v la vitesse du vent et Cp le rendement aérodynamique.Or, la densité de l'air varie avec la température. À 0 °C, l'air est environ 10 % plus dense qu'à 30 °C. Concrètement, 1 m³ d'air pèse environ 1,29 kg à 0 °C contre 1,16 kg à 30 °C. Cette différence, qui peut sembler faible, a un effet direct sur la puissance récupérée : plus l'air est lourd, plus il contient d'énergie cinétique pour une même vitesse de vent.Exemple chiffréPrenons une éolienne terrestre de 2 MW, avec un vent de 12 m/s. À 30 °C, elle produira environ 1,7 MW. À 0 °C, dans les mêmes conditions de vent, elle peut monter à 1,9 MW. Le gain est donc de plus de 10 % simplement dû au froid.Les régimes de vent en hiverÀ cela s'ajoute un autre facteur : en hiver, dans beaucoup de régions tempérées, les vents sont plus soutenus et plus réguliers. En Europe par exemple, les parcs éoliens atteignent souvent des facteurs de charge (le rapport entre production réelle et production théorique maximale) de 35 à 40 % en hiver, contre seulement 20 à 25 % en été. Cela signifie que non seulement chaque tour de pale produit davantage d'énergie, mais qu'en plus, les éoliennes tournent plus longtemps à des vitesses optimales.Attention aux extrêmesIl existe toutefois une limite. Les éoliennes sont conçues pour fonctionner entre environ -20 °C et +40 °C. En dessous, la glace peut se former sur les pales, modifiant leur aérodynamique et diminuant la production. C'est pourquoi certaines machines sont équipées de systèmes de dégivrage.En résuméLes éoliennes produisent plus d'électricité par temps froid, d'abord parce que l'air est plus dense et contient donc plus d'énergie, ensuite parce que les régimes de vent hivernaux sont plus favorables. C'est ce double effet qui explique que, dans des pays comme la France, l'Allemagne ou le Danemark, les records de production éolienne se situent presque toujours en hiver. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À première vue, le langage humain semble foisonnant, foisonnant au point d'être chaotique. Chaque langue possède ses milliers de mots, ses tournures, ses exceptions et ses bizarreries. Pourtant, derrière cette apparente complexité, se cachent des règles d'une rigueur étonnamment… mathématique. L'une des plus fascinantes a été mise en lumière dans les années 1930 par le linguiste américain George Zipf : la loi d'abréviation.Une loi simple mais puissanteFormulée par Zipf, cette règle décrit une tendance universelle : plus un mot est fréquemment utilisé, plus il tend à être court. Prenons un exemple en français : “et”, “de”, “à” ou “je”. Ces mots ultra-fréquents ne comptent qu'une ou deux lettres. À l'inverse, les termes plus rares – “chlorophylle”, “hétérozygote” ou “incommensurable” – sont plus longs. En d'autres termes, notre cerveau, en quête permanente d'efficacité, réserve la brièveté aux mots du quotidien et accepte la longueur pour les mots occasionnels.L'efficacité comme moteurCette loi n'a rien d'un hasard : elle illustre ce que Zipf appelait le principe du moindre effort. Quand nous communiquons, nous cherchons naturellement à transmettre un maximum d'informations avec un minimum d'effort. Les mots courts, faciles à prononcer et rapides à écrire, remplissent ce rôle pour les idées que nous utilisons le plus souvent. Cette logique contribue à rendre les échanges plus fluides et à limiter la fatigue cognitive, aussi bien pour celui qui parle que pour celui qui écoute.Une règle universelle ?Ce qui intrigue les chercheurs, c'est que cette loi ne semble pas se limiter aux langues humaines. Des travaux récents en bioacoustique ont montré que certains oiseaux suivent exactement la même tendance. Les sons les plus fréquents qu'ils utilisent – pour marquer un territoire, avertir d'un danger ou attirer un partenaire – sont plus courts que leurs vocalisations plus rares. Autrement dit, les oiseaux appliquent eux aussi, sans le savoir, la loi d'abréviation de Zipf.Quand l'évolution rejoint les mathématiquesPourquoi cette convergence entre humains et oiseaux ? Les scientifiques avancent que cette règle pourrait refléter un principe fondamental de toute communication efficace. Que l'on manipule des mots ou des chants, l'économie d'énergie et de temps favorise la survie. Les individus capables de transmettre rapidement l'essentiel de l'information disposent d'un avantage, qu'il s'agisse de fuir un prédateur ou de collaborer en groupe.Un langage moins chaotique qu'il n'y paraîtAu fond, ce que révèle Zipf, c'est que nos langues, si diverses soient-elles, obéissent à des forces universelles. Elles ne sont pas des constructions aléatoires, mais des systèmes façonnés par la recherche d'efficacité. Et lorsque nous découvrons que les oiseaux – et peut-être d'autres espèces encore – obéissent à la même loi, cela suggère que les mathématiques ne se contentent pas de décrire le monde physique : elles gouvernent aussi la manière dont nous échangeons des idées et des émotions.Ainsi, derrière nos conversations quotidiennes, se cache une règle mathématique discrète mais incontournable, qui relie l'homme… aux oiseaux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
À première vue, le langage humain semble foisonnant, foisonnant au point d'être chaotique. Chaque langue possède ses milliers de mots, ses tournures, ses exceptions et ses bizarreries. Pourtant, derrière cette apparente complexité, se cachent des règles d'une rigueur étonnamment… mathématique. L'une des plus fascinantes a été mise en lumière dans les années 1930 par le linguiste américain George Zipf : la loi d'abréviation.Une loi simple mais puissanteFormulée par Zipf, cette règle décrit une tendance universelle : plus un mot est fréquemment utilisé, plus il tend à être court. Prenons un exemple en français : “et”, “de”, “à” ou “je”. Ces mots ultra-fréquents ne comptent qu'une ou deux lettres. À l'inverse, les termes plus rares – “chlorophylle”, “hétérozygote” ou “incommensurable” – sont plus longs. En d'autres termes, notre cerveau, en quête permanente d'efficacité, réserve la brièveté aux mots du quotidien et accepte la longueur pour les mots occasionnels.L'efficacité comme moteurCette loi n'a rien d'un hasard : elle illustre ce que Zipf appelait le principe du moindre effort. Quand nous communiquons, nous cherchons naturellement à transmettre un maximum d'informations avec un minimum d'effort. Les mots courts, faciles à prononcer et rapides à écrire, remplissent ce rôle pour les idées que nous utilisons le plus souvent. Cette logique contribue à rendre les échanges plus fluides et à limiter la fatigue cognitive, aussi bien pour celui qui parle que pour celui qui écoute.Une règle universelle ?Ce qui intrigue les chercheurs, c'est que cette loi ne semble pas se limiter aux langues humaines. Des travaux récents en bioacoustique ont montré que certains oiseaux suivent exactement la même tendance. Les sons les plus fréquents qu'ils utilisent – pour marquer un territoire, avertir d'un danger ou attirer un partenaire – sont plus courts que leurs vocalisations plus rares. Autrement dit, les oiseaux appliquent eux aussi, sans le savoir, la loi d'abréviation de Zipf.Quand l'évolution rejoint les mathématiquesPourquoi cette convergence entre humains et oiseaux ? Les scientifiques avancent que cette règle pourrait refléter un principe fondamental de toute communication efficace. Que l'on manipule des mots ou des chants, l'économie d'énergie et de temps favorise la survie. Les individus capables de transmettre rapidement l'essentiel de l'information disposent d'un avantage, qu'il s'agisse de fuir un prédateur ou de collaborer en groupe.Un langage moins chaotique qu'il n'y paraîtAu fond, ce que révèle Zipf, c'est que nos langues, si diverses soient-elles, obéissent à des forces universelles. Elles ne sont pas des constructions aléatoires, mais des systèmes façonnés par la recherche d'efficacité. Et lorsque nous découvrons que les oiseaux – et peut-être d'autres espèces encore – obéissent à la même loi, cela suggère que les mathématiques ne se contentent pas de décrire le monde physique : elles gouvernent aussi la manière dont nous échangeons des idées et des émotions.Ainsi, derrière nos conversations quotidiennes, se cache une règle mathématique discrète mais incontournable, qui relie l'homme… aux oiseaux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'effet Veblen est un phénomène économique et sociologique qui décrit un comportement paradoxal : plus un produit est cher, plus certaines personnes ont envie de l'acheter. Contrairement à la logique classique selon laquelle une hausse des prix diminue la demande, l'effet Veblen montre qu'un prix élevé peut, au contraire, attirer les consommateurs… précisément parce qu'il est élevé.Ce concept porte le nom de Thorstein Veblen, un économiste et sociologue américain du XIXe siècle, qui a introduit la notion de consommation ostentatoire. Dans son ouvrage La Théorie de la classe de loisir (1899), Veblen observe que certaines personnes achètent des biens non pour leur utilité, mais pour montrer leur statut social. Dépenser beaucoup devient alors une stratégie de distinction.Prenons un exemple : une montre vendue 20 euros donne l'heure aussi bien qu'une montre à 10 000 euros. Pourtant, la seconde séduit certains consommateurs justement parce qu'elle coûte 10 000 euros. Elle signale au monde extérieur : « Je peux me le permettre », « J'appartiens à un certain milieu ». Le produit devient un symbole, pas seulement un objet.Mais l'effet Veblen ne touche pas uniquement les très riches. Il peut aussi influencer des personnes prêtes à se mettre en difficulté financière pour acquérir des produits de luxe ou des marques prestigieuses. Pourquoi ? Parce que dans un monde de plus en plus saturé de signes, le prix devient un raccourci pour juger de la valeur. On croit, parfois inconsciemment, que « cher = mieux », ou « cher = rare = désirable ».Le marketing joue à fond sur ce ressort psychologique. Les marques de luxe ne cherchent pas à être accessibles, au contraire : elles cultivent la rareté, l'exclusivité, et l'élitisme. Certaines montent artificiellement les prix, limitent la production, voire refusent de vendre à certains clients pour entretenir l'illusion d'un club fermé. Résultat : plus c'est difficile d'accès, plus c'est convoité.Ce mécanisme n'est pas toujours irrationnel. Dans certains contextes, dépenser beaucoup peut rapporter : une voiture haut de gamme peut ouvrir des opportunités professionnelles, des vêtements de luxe peuvent favoriser l'influence ou l'image. Mais l'effet Veblen devient problématique quand il pousse à acheter pour acheter, sans besoin réel, ni satisfaction durable — juste pour impressionner ou appartenir.En résumé, l'effet Veblen explique pourquoi des gens achètent des choses très chères non pour leur qualité, mais pour ce qu'elles représentent socialement. Et dans une société où l'image compte parfois plus que le fond, cet effet peut nous faire acheter… n'importe quoi. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.