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darfour

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Afrique Économie
La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix alimentaires en Afrique

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 2:19


La hausse des prix ne touche pas seulement le carburant. Elle frappe aussi l'alimentation : céréales, huiles et produits transformés. Particulièrement en Afrique, car le continent est très dépendant des importations alimentaires. En cause : le blocage du détroit d'Ormuz, qui perturbe toute la chaîne agricole. Du prix des engrais pour les agriculteurs au prix du transport : tous explosent et mettent en péril la sécurité alimentaire sur le continent.  Chaque année, l'Afrique importe 100 millions de tonnes de céréales, ce qui correspond à plus de 75 milliards d'euros. Le continent importe aussi massivement des huiles végétales et autres produits alimentaires transformés. Ces approvisionnements sont fragilisés par les tensions au Moyen-Orient : la hausse du carburant renchérit le transport maritime, tandis que les perturbations logistiques menacent l'accès aux engrais, indispensables à la production agricole. « L'Afrique de l'Ouest, c'est le premier pôle d'importation de riz au monde avec près de 20 % de l'importation mondiale, explique Matthieu Brun, directeur scientifique de la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (Farm). Ça veut dire que 4 grains de riz sur 6, donc 2 grains de riz sur 3, en Afrique de l'Ouest viennent de l'étranger. Ils viennent souvent d'Asie du Sud-Est, donc avec ce risque de voir demain l'Inde, la Thaïlande ou le Vietnam limiter leur marché d'export, ce qui aurait des conséquences importantes pour cette région. » Selon le chercheur, il existe des solutions à court terme pour amortir les prix en forte augmentation pour les consommateurs, comme des subventions qui ciblent les produits sensibles. Autre solution à moyen terme, diversifier les approvisionnements, en particulier pour les engrais : « L'Afrique en général est un petit acheteur sur le marché mondial des engrais. Certains acteurs économiques vont aller au plus offrant, analyse Matthieu Brun, donc on peut essayer à la fois de contourner Ormuz, de trouver d'autres routes commerciales, mais aussi peut-être de s'unir à plusieurs pays pour pouvoir avoir des contrats plus importants et négocier des contrats d'approvisionnement entre États, les grands traders, autour de structures, autour de cultures stratégiques. » À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique L'aide humanitaire sous pression Si la crise alimentaire s'aggrave, les besoins d'urgence pourraient augmenter à un moment où l'aide humanitaire est déjà fragilisée par la baisse des aides. Pour continuer à acheminer les denrées essentielles, les agences des Nations unies ont des accords avec les armateurs pour faire passer leurs navires en priorité. Mais les délais, eux, ne sont pas garantis. « Le problème qu'on rencontre actuellement, c'est la congestion dans les différents ports d'entrée autour du Golfe, décrit Jean-Cédric Meeus, responsable transport et logistique à l'Unicef. Les armateurs maritimes doivent changer leur route et doivent déposer des conteneurs ici et là, entre Colombo et le Mozambique, pour ensuite les acheminer par voie terrestre. Dès lors, ça chamboule toute la prédictibilité de nos envois. Nous n'avons pas un problème d'accessibilité, mais nous avons un problème de nous assurer que les marchandises arrivent à bon port, avant que le manque crée une autre urgence sur l'urgence qu'on rencontre pour le moment dans le Moyen-Orient. » Tensions autour du canal de Panama, blocage de la mer Rouge, Covid-19, l'Unicef a déjà fait face à de nombreux défis logistiques et a mis en place au fil du temps une chaîne d'approvisionnement capable de s'adapter aux chocs grâce à des engagements commerciaux réciproques, renouvelés tous les ans : « Nous nous engageons à utiliser nos partenaires, que ce soit pour l'achat de biens ou l'achat de services. Eux, ils s'engagent à nous donner certains privilèges vis-à-vis du secteur commercial, détaille Jean-Cédric Meeus. Si nous devons acheter des marchandises qui sont pour nous des marchandises qui sauvent les enfants, on aura la priorité sur les achats, on aura la priorité sur les envois. » Il n'y a pas encore d'urgence alimentaire, mais les prix augmentent sensiblement sur certaines denrées. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les prix des huiles ont augmenté de 13 % sur les 3 derniers mois, 7 % pour le sucre et 4 % pour le blé.  À lire aussiD'Ormuz au Darfour, la guerre au Moyen-Orient complique l'aide humanitaire en Afrique

Invité Afrique
Soudan: «Cette guerre doit s'arrêter, on n'en peut plus, le peuple est épuisé»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 4:19


La guerre au Soudan a poussé plus de quatre millions de Soudanais à fuir le pays pour se réfugier dans les pays voisins. Parmi eux, l'Ouganda, qui accueille près de 106 000 réfugiés soudanais ayant cherché à échapper aux violences. L'artiste Algaddal Hassan en fait partie. Il travaille dans le domaine de l'art visuel, et lutte à sa manière contre la guerre, en multipliant les initiatives pour promouvoir la valeur de la paix et de l'unité au Soudan. Dans le camp de Kiryandongo, à l'ouest de l'Ouganda, il a récemment tourné un documentaire sur les défis de trois artistes réfugiés dans ce camp. Algaddal Hassan est interrogé par Houda Ibrahim. RFI : Où étiez-vous quand la guerre a commencé et qu'avez-vous fait après ?  Algaddal Hassan : J'étais à Khartoum. J'ai été retenu dans mon bureau durant cinq jours, sans pouvoir y échapper. Quand j'ai pu sortir, je suis partie pour l'État du Nil Bleu, qui était encore calme. Là-bas, j'ai formé des jeunes gens à filmer avec leur portable. J'ai essayé de transmettre mon savoir aux jeunes de mon âge ou qui sont plus jeunes que moi, afin qu'ils puissent raconter leurs propres histoires. Ces jeunes ont aujourd'hui lancé l'initiative « Nous sommes tous une seule famille ». Cette initiative lutte contre le discours de la haine et s'efforce de produire des contenus qui limitent la propagation des rumeurs. Je suis très fier de ce groupe. Ils étaient capables de comprendre le poids des défis qui nous entourent au Soudan. Déjà avant la guerre, vous aviez commencé à donner des formations aux jeunes, dans un État où vous avez passé votre jeunesse ? Je tournais pour des sociétés qui m'envoyaient en reportage dans des régions lointaines et très diverses. Je profitais de ces missions pour organiser des petites formations pour les jeunes, non seulement dans ma région, le Nil bleu, mais partout où j'allais. J'ai ainsi animé des formations au Darfour, une région longtemps ravagée par la guerre et qui souffre toujours. Lorsque je suis arrivée en Ouganda, je me suis rendue dans des camps de réfugiés et j'ai formé des jeunes. C'était ma mission. Quelles sont les thématiques qui ont été le plus abordées par ces jeunes dans leur production ? Je crois que ces réfugiés ont su témoigner de leur réalité. Ils ont décrit leur expérience de réfugiés. Ils se sont concentrés sur des problèmes qui les touchaient personnellement, comme la pénurie alimentaire, le sentiment de la perte, le sentiment d'appartenance. Ce sont les thèmes qui ont été le plus fréquemment abordés par les participants. Quant à ceux au Soudan, malheureusement, les restrictions sécuritaires limitent leur capacité à travailler, et c'est l'une des raisons qui m'a poussée à quitter le pays. Actuellement, le Soudan subit de graves restrictions des libertés. Les journalistes, les photographes et les cinéastes sont pris pour cible. Donc, soit vous restez au Soudan et vous vous taisez, soit vous partez. Certains de ceux que j'ai formés ont quitté le pays et ont trouvé du travail ailleurs, ce qui les a mis à l'abri des horreurs de la guerre. Depuis, ils ont fait du chemin et ils se sont développés. Quant à ceux qui sont restés dans le pays, je peux dire que le seul groupe qui a pu résister et qui continue à produire, c'est « Kollana Ahl - nous sommes tous une seule famille ».  Quel impact a eu sur votre travail le fait de devenir un réfugié ? Évidemment, je n'ai pas les mêmes moyens ici qu'au Soudan. Là-bas, j'avais mon bureau, mon matériel et mon équipe. Ici, je suis reparti de zéro. Je réfléchis à ce que je peux apporter et j'essaie de nouer des collaborations avec des artistes qui soutiennent le processus de paix au Soudan. Je travaille avec eux pour produire des chansons et des supports visuels qui s'opposent à la guerre. J'ai collaboré avec plusieurs artistes pour réaliser des productions, qui ont toutes touché et marqué le public.  Quelle est la chose la plus dure que la guerre vous a imposée, en tant qu'être humain d'abord puis en tant qu'artiste ? La diaspora… Je pense que c'est cette période de déracinement que nous traversons… Je suis seul ici en Ouganda ; ma famille n'est pas là. Si ma famille était avec moi, je crois que le traumatisme se serait apaisé plus vite. Je considère la famille comme la principale source de sécurité. La guerre vous prive de ce sentiment de sécurité pour vivre dans un état de grande confusion et de désarroi. Votre souhait le plus cher à la fin de cet entretien ? Cette guerre doit s'arrêter. On n'en peut plus. Le peuple est épuisé et les Soudanais ont donné tout ce qui était possible. Si les belligérants prenaient connaissance des témoignages recueillis quotidiennement au Soudan et au sein de la diaspora, je pense qu'ils lâcheraient les armes. Mais ils ignorent complètement ces souffrances. S'ils s'intéressaient au destin des Soudanais, ils arrêteraient la guerre immédiatement. Cette guerre doit cesser. Nous, en tant qu'artistes, nous accomplissons des choses importantes, ce qui nous donne de la force et la conviction que nous sommes sur la bonne voie. Cela nous motive à faire encore plus. 

Invité Afrique
Haïti: le déploiement des «Tchadiens est pour nous le signe qu'on n'a pas fait appel à des amateurs»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 8:20


Après le Kenya, le Tchad vient au secours des Haïtiens contre les gangs qui les terrorisent dans Port-au-Prince. Ndjamena va en effet déployer quelque 1 500 hommes en Haïti, dont 500 sont déjà sur place. Au total, la nouvelle Force de répression des gangs va compter 5 500 hommes venus de 18 pays. Pourquoi l'ONU et les États-Unis font-ils appel en priorité à des soldats tchadiens ? L'écrivain haïtien Jean-Marie Théodat est directeur du département de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et vient de publier Haïti mon amour ! chez Hémisphères Éditions Il est l'invité de Christophe Boisbouvier.   RFI : Après la mission multinationale dirigée par le Kenya, voici la Force de répression des gangs menée notamment par le Tchad. Qu'est-ce que vous en pensez ?   Jean-Marie Théodat : Écoutez, vu l'embarras dans lequel Haïti est plongé depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, ça ne peut être qu'une bonne nouvelle. En espérant que ce ne sera pas une mission de plus, parce que ce n'est pas la première fois que les Nations unies délèguent des forces. Donc, on espère que les leçons des précédentes expériences auront été retenues pour ne pas répéter les mêmes erreurs.   Alors, la mission multinationale dirigée par le Kenya, elle n'était constituée que d'environ 1 000 soldats. Et cette Force de répression des gangs pourrait atteindre quelque 5 500 hommes et avoir un mandat plus offensif. Est-ce que cela vous paraît une bonne chose ou pas ?   Alors il y a juste une petite correction à faire. Les 1 500 Kényans délégués en Haïti n'étaient pas des soldats mais des policiers. Donc avec des armes de maintien de l'ordre, c'est-à-dire des armes légères qui n'avaient aucun rapport avec l'urgence et l'énormité du défi qui était de faire face à plusieurs milliers de gangsters armés d'armes de guerre, etc. Donc aujourd'hui, on parle de 5 500 hommes, c'est-à-dire que c'est sensiblement plus important. Et puis cette fois avec un mandat clair, ça s'appelle une Force de répression des gangs. J'espère que la sémantique n'est pas trompeuse, mais s'il faut en juger par les intentions déclarées et puis surtout par l'importance des moyens qui ont été déployés, d'accord. Déjà, l'aéroport de Port-au-Prince a été transformé en une base aérienne pour accueillir un premier contingent de 500 Tchadiens. Donc, nous espérons que cette présence, et surtout les moyens qui ont été déployés, permettront de répondre efficacement aux défis posés par les gangsters.   À lire aussiHaïti: l'armée tchadienne double son effectif au sein de la mission multinationale de répression des gangs Alors des unités venues de l'autre côté de l'Atlantique et en l'occurrence du Tchad. Qu'est-ce que cela vous inspire ?  D'un point de vue symbolique, on peut dire que c'est une bonne nouvelle parce que Haïti n'est pas un pays totalement étranger aux Africains. Nous sommes, comme on dit souvent, la fille aînée de l'Afrique et le fait que des Africains volent au secours des afro-descendants que nous sommes, cela ne peut être que de bon augure. Pour dire qu'il y a dans cette Méditerranée atlantique des liens forts, des liens symboliques, historiques qui doivent se concrétiser avec un projet politique conscient. Maintenant, il faut voir que cette présence tchadienne n'est pas l'expression d'une volonté populaire du Tchad, de participer à ce qui se passe en Haïti, mais plutôt la délégation à un pays militairement aguerri de la part de l'Assemblée générale des Nations unies, qui n'a pas d'autre solution que de déléguer à d'autres nations la tâche de maintien de l'ordre dans ce qu'on appelle les périphéries du Sud, où ni des soldats américains, ni des soldats japonais, ni des soldats européens n'ont envie d'aller traîner leurs guêtres parce qu'on sait que ce sont toujours des opérations très périlleuses. Et puis parce que Haïti n'est pas non plus un pays du premier champ, avec un intérêt stratégique qui justifierait que les États-Unis ou que la France y envoie des troupes.   Pour préparer les Tchadiens aux combats urbains dans Port-au-Prince, les Américains d'Africom sont en train de leur dispenser une formation technique. Pourquoi les Américains tiennent-il tant à ce que des Kényans, des Tchadiens participent à la sécurisation de votre pays ?   Je pense qu'il y a une volonté évidente d'avoir en Haïti des forces qui ne donnent pas à la population le sentiment d'avoir été occupée par l'étranger. Vous savez, Haïti a une histoire nationale et un sentiment national très ombrageux qui fait qu'on ne tolérerait pas la présence d'une armée qui donnerait le sentiment que notre indépendance a été mise sous le boisseau. Tandis qu'avec des congénères, on va dire, presque africains, et la présence sur le terrain, disons vraiment photogéniques, cela passera toujours mieux d'avoir des soldats noirs, disons les choses carrément, avec une population qui est elle-même majoritairement noire et d'ascendance africaine. Et je pense que c'est probablement le sens de cette option africaine pour intervenir en Haïti.   Qu'est-ce que le Tchad peut attendre de la part des Américains en contrepartie de l'envoi de 1 500 soldats ?   Je pense que ces missions sont comme les missions précédentes, des missions tarifées. On ne peut pas dire que l'engagement du Tchad soit un engagement vénal, mais sans une compensation financière importante, je pense que personne n'a envie d'aller mourir pour Port-au-Prince. Donc, le Tchad doit certainement avoir une compensation financière. Mais je pense que le Tchad a aussi à s'attendre à un retour de faveur parce que, en intervenant en Haïti, les Tchadiens donnent aux États-Unis un gage de fidélité. En espérant sans doute qu'en retour, sur le terrain très spécifique de l'Afrique, ils pourront compter sur les Américains pour faire face notamment à la guérilla jihadiste qui mine l'unité du territoire, notamment dans la partie nord, à la frontière avec la Libye.   Et avec le Soudan.   Et avec le Soudan. Bien sûr, dans le Darfour.   À lire aussiHaïti: les affrontements entre gangs s'intensifient à Port-au-Prince et forcent 5000 habitants à se déplacer

Reportage Afrique
Guerre au Soudan: pour les réfugiés au Tchad, l'espoir de migrer en Europe

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 2:23


Plus de 1,3 million de Soudanais sont réfugiés au Tchad et, parmi eux, 920 000 sont arrivés depuis le début de la guerre au Soudan en 2023. Dans l'est du Tchad, une personne sur trois est réfugiée. À une vingtaine de kilomètres de la ville d'Abéché se trouve le site informel d'Abougoudam. Créé par le HCR en décembre 2023, quelques mois après le début de la guerre, ce site est particulier : il abrite des profils dits « sensibles ».  De notre envoyée spéciale de retour d'Abougoudam,  Une cinquantaine de tentes blanches s'alignent sous un soleil de plomb, à quelques minutes de route du centre-ville d'Abougoudam. Officiellement, c'est un site « informel ». Officieusement, c'est une zone tampon créée par le HCR. Ici, on a regroupé des profils dits « sensibles » : des Arabes soudanais.  Au Soudan, leur ethnie est associée aux paramilitaires FSR, accusés de massacres à caractère ethnique contre les populations « non-arabes », principalement Masalit et Zaghawa. Alors, pour éviter que la guerre civile ne s'exporte dans les camps du Tchad, le HCR a choisi de les isoler. Abderrahman Adalil Al Moubakkar a perdu l'usage de ses jambes pendant la guerre. Il vit ici depuis deux ans. Pour lui, être Arabe au Soudan, c'était être une cible de l'armée régulière soudanaise. « Nous, les Arabes du Darfour, on était systématiquement associés au FSR. On avait beau dire que ce n'était pas le cas, l'armée nous disait : "Vous êtes FSR." », témoigne-t-il. À lire aussi«Ce n'est pas encore le bon moment»: le difficile retour des Soudanais réfugiés en Égypte Un piège humanitaire Mais cet isolement sécuritaire est devenu un piège humanitaire. Le camp compte moins de 1 000 personnes. Trop peu pour les standards du Programme alimentaire mondial, qui n'enclenche ses distributions qu'à partir de 5 000 bénéficiaires. Résultat : les assiettes sont vides. Et par manque de financements, les derniers versements de cash du HCR remontent à décembre 2025. « Ils nous ont installés ici et nous ont abandonnés, dénonce Afaf Aboubaker Yahya. Cette mère de neuf enfants ne cache plus sa colère. On se plaint auprès du préfet mais rien n'y fait et les ONG ne viennent pas ici ou très rarement. Ce sont de généreux donateurs qui nous aident. La dernière fois, c'était pendant le ramadan. On a eu de l'huile, du sucre, du riz… mais rien depuis. Et ici il n'y a pas du tout de travail. »  Pour les plus jeunes, le désespoir prend la forme d'une route longue de plusieurs milliers de kilomètres. Le fils aîné d'Afaf a 25 ans, il refuse de donner son nom, mais il est transparent sur son envie de rejoindre l'Europe. « Nous sommes détruits par ce conflit entre groupes armés, confie-t-il. J'étais étudiant avant, mais quel est mon avenir maintenant que je suis ici ? Au Soudan non plus je n'ai pas d'avenir. Mon avenir n'est pas ici. Il est en Europe, en Espagne ou en France. C'est ma seule issue. Mon seul objectif est de rejoindre le circuit pour partir en Espagne. »  Une quête désespérée que toute la famille soutient. Afaf, son mari et les huit autres enfants économisent chaque centime pour financer le voyage clandestin de l'aîné.  À lire aussi«Dans ces moments-là, mourir est une délivrance»: le récit d'Ali, survivant de la guerre au Soudan

Journal de l'Afrique
Trois ans de guerre au Soudan, édition spéciale du journal de l'Afrique

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 18:16


Cela fait trois ans jour pour jour que le Soudan est plongé dans une guerre civile qui oppose l'armée régulière aux forces paramilitaires. Trois ans de combats, de tueries et d'exil pour près de 13 millions de Soudanais. Ce qui en fait la pire crise humanitaire du monde selon les Nations unies. Et malgré la multiplication d'initiatives régionales, la communauté internationale peine à se mobiliser pour cette guerre oubliée. Édition spéciale du journal de l'Afrique. 

Reportage Afrique
«Nous n'avons aucune nouvelle»: à Gorom, au Soudan du Sud, l'inquiétude des proches de disparus d'El-Fasher

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 2:23


Alors que la guerre au Soudan est entrée, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année, nous nous penchons sur l'épreuve traversée par des réfugiés inquiets pour des proches dont ils sont sans nouvelles. C'est le cas d'une famille réfugiée au camp de Gorom, près de Juba, au Soudan du Sud, dont le fils a fui El-Fasher, six jours avant l'entrée dans la ville des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), le 26 octobre 2025. Il n'a plus donné de nouvelles depuis. La mère, les frères et les sœurs du disparu ont fait tout ce qu'ils ont pu pour retrouver sa trace, en vain.  De notre correspondante à Gorom, L'appel à la prière du vendredi résonne à travers le camp de Gorom. Hayat Ali Abdulrahman, 54 ans, est arrivée ici en juillet 2025 après un périple de 25 jours depuis El-Fasher, au Darfour. Avec ses filles, elles ont fui la famine et les bombardements quotidiens des FSR au Soudan, laissant leur père et leur frère là-bas, car c'était trop dangereux pour les hommes de se risquer en dehors de la ville : « Je regrette qu'ils soient restés, mais ils ne pouvaient pas partir à ce moment-là. S'ils étaient partis avec nous, les FSR les auraient capturés et emmenés vers des lieux inconnus. C'est pourquoi mon fils a dit : "Attendons un peu, peut-être que la situation va se calmer, puis nous partirons". Mais un mois après, un obus est tombé sur son père, qui est décédé. Mon fils l'a enterré et est resté quelques semaines, puis il est parti. C'était le 20 octobre 2025. Et jusqu'à ce jour, nous ne savons pas où il est. Il est peut-être allé jusqu'à Garni, où il aurait été capturé par les FSR et emmené vers une destination inconnue. Cela fait six mois que nous n'avons aucune nouvelle de lui. » À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan « Nous voulons une rançon » Depuis son exil au Soudan du Sud et avec l'aide de ses proches, la veuve a tenté d'user de contacts au Darfour pour retrouver son fils de 28 ans qui s'appelle Majdi Adam Ibrahim. Selon les informations qu'elle a pu recueillir, il aurait pu être arrêté par les FSR à la sortie d'El-Fasher puis emmené à Nyala, au Darfour du Sud : « Nous essayons d'obtenir des informations. Nous demandons à nos connaissances de vérifier dans les prisons de Nyala, comme celle de Tagris, mais personne ne peut se rendre à Tagris, absolument personne. Les gens cherchent. Nous demandons à tous ceux que nous connaissons d'effectuer des recherches, mais ils ne l'ont pas trouvé. Personne ne peut circuler là-bas, dans les zones contrôlées par les FSR, car si vous y allez pour chercher quelqu'un, ils vous tuent vous aussi. » Le beau-fils de Hayat, Abdellatif, explique qu'en mars, la famille a reçu une demande de rançon : « Un membre des FSR a contacté mon épouse via Messenger et lui a dit : ''Ton frère est avec nous. Il va bien, il est en bonne santé, nous voulons une rançon''. » Mais le membre des FSR demande alors à la famille de payer avant même qu'elle ait pu s'assurer que Majdi est bel et bien en vie. La famille a refusé et exigé de lui parler avant tout envoi d'argent. Depuis, elle n'a plus reçu aucun message, mais espère encore le retrouver vivant. Ecoutez  aussi l'édion spéciale SoudanLe Soudan, pays brisé par une guerre sans fin

Reportage Afrique
Au Tchad, une association de réfugiées soudanaises pour surmonter les traumatismes de la guerre

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 2:38


Au Soudan, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide s'affrontent depuis 2023. Selon l'ONU, environ 14 millions de personnes – soit un quart de la population – ont dû fuir le pays, qui compte désormais 9 millions de déplacés internes. Enfin, 4,4 millions de Soudanais ont franchi les frontières voisines, pour se réfugier principalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte. Adré est l'un des principaux points de passage des réfugiés soudanais. La ville abrite un camp de plus de 200 000 réfugiés le long de la frontière avec le Soudan dans lequel Zahra Adam Khamis Ibrahim est impliquée dans la vie associative. De notre envoyée spéciale à Adré, Dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, une tente abrite un atelier de couture où des femmes confectionnent des sacs. Elles se présentent comme des survivantes de la guerre. L'association « Des espaces sûrs pour les femmes et les filles » y accueille des femmes en détresse psychologique ou en état de choc post-traumatique. Au milieu de la tente, Zahra, avec son sourire en coin, incarne une forme de résilience. « Je suis Zahra Adam Khamis Ibrahim. Je viens de la capitale de l'ouest du Darfour, je suis désormais réfugiée au Tchad. » Zahra est la présidente et fondatrice de l'association. Avant la guerre, elle était membre de la société civile d'Al-Geneina, où elle aidait les femmes et les enfants victimes de violences. Comme des milliers d'habitants du Darfour occidental, elle a dû fuir en juin 2023. « Entre Al-Geneina et le Tchad, il y a environ 20 kilomètres. Sur la route, les morts jonchaient le sol, on entendait les cris des femmes et des enfants de toutes parts. Ce qu'on a vu sur la route était horrible, jusqu'à ce qu'on atteigne le Tchad. » Zahra a perdu son fils et huit membres de sa famille dans ce périple. Très vite, elle a ressenti le besoin d'agir et de s'impliquer à Adré. « À mon arrivée, j'étais préoccupée par mes soucis, mais certains avaient des problèmes bien plus graves que les miens. Je devais les aider. » Parmi ces femmes, Zainab Ali Abdallah, qui a perdu 23 membres de sa famille à Al-Geneina. Aujourd'hui, elle est la vice-présidente de l'association. « J'ai rejoint l'association pour aider les autres, mais aussi pour guérir mes traumatismes. On a commencé sous un arbre… puis on s'est déplacées d'abri en abri jusqu'à ce qu'on s'agrandisse. Très vite, on a accueilli énormément de monde. On parlait de nos problèmes. Des fois, on pouvait pleurer toutes ensemble pendant trente minutes. Et chaque témoignage était pire que le précédent. » Grâce à la mobilisation, l'association a pu construire une tente pour accueillir tous ses membres. Les premiers dons sont venus des réseaux féministes de la diaspora soudanaise. Trois ans ont passé depuis le début de la guerre au Soudan. Zahra et Zainab disent s'être adaptées à ce nouvel environnement. Elles ont réussi à retrouver un quotidien presque normal, mais le cœur de Zahra reste tourné vers son pays : « J'ai appris à m'intégrer à cette nouvelle société. Mais je pense énormément à mon pays. J'ai un besoin viscéral de retrouver mon chez-moi. Ce manque m'épuise psychologiquement. Il est vrai que mon rôle est d'aider les gens, mais je crois que, moi aussi, j'ai besoin d'un appui psychologique. » À lire aussiSoudan: les attaques se poursuivent contre des installations civiles et de santé

Afrique Économie
D'Ormuz au Darfour, la guerre au Moyen-Orient complique l'aide humanitaire en Afrique

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 2:16


La guerre au Moyen-Orient complique les opérations humanitaires en Afrique. La perturbation des routes commerciales retarde l'acheminement des médicaments dans les zones de crise, comme au Soudan ou au Mali. Un véritable défi logistique et financier que doit relever l'ONG Alima, basée à Dakar et spécialisée dans la médecine d'urgence dans 13 pays du continent. De notre correspondante à Dakar, Point de passage essentiel pour acheminer les médicaments en Afrique, le détroit d'Ormuz relie Dubaï à Port-Soudan, à l'est du continent. Mais ces dernières semaines, les marchandises doivent être détournées par le cap de Bonne-Espérance. Une fois arrivées sur les côtes ouest-africaines, elles transitent par la route. « Pour les quelques bateaux qui continuent toujours à naviguer, ce contournement a un coût très élevé, explique le docteur Rodrigue Alitanou, directeur des opérations de l'ONG Alima, basée à Dakar. C'est plus de 2 000 euros d'ajout pour chaque conteneur. Donc ça a un impact sur nos retards de livraisons, mais aussi le nombre de bénéficiaires que l'on peut soigner. » Autre source de pression sur les capacités financières de l'ONG : la hausse du prix du carburant, alimentée par les tensions autour du détroit d'Ormuz. « Aujourd'hui, on est à 40% de hausse du prix du litre d'essence sur nos différents pays d'intervention en moyenne », affirme Rodrigue Alitanou. « L'accessibilité est déjà un défi » Résultat, une inflation du coût global des opérations humanitaires, comme au Soudan par exemple. « Aujourd'hui, le coût a presque triplé pour chaque camion qui arrive jusqu'à nous, regrette le docteur Haruna Tarfa, référent médical de l'ONG à Tawila dans le Nord-Darfour, où vivent plus de 630 000 déplacés. Ces prochains jours, nous risquons de manquer de kits maternels et de médicaments généralistes. Cela concerne aussi les enfants malnutris que nous soignons et qui ont besoin d'un traitement. » Le Soudan fait partie des zones de crise où les difficultés logistiques sont décuplées par le contexte international. « Au Nord-Darfour, l'accessibilité est déjà un défi, poursuit Haruna Tarfa. On a des options très limitées en termes d'acheminement des médicaments. Avec les événements en cours, les impacts seront tels qu'il sera très difficile pour nous de nous adapter. » Même crainte exprimée au Mali, où l'ONG a déjà dû ralentir ses activités. Avec l'embargo sur les importations de carburant décrété par les jihadistes du Jnim, « ce sont des dizaines de villages qui n'ont plus accès aux soins parce qu'on arrive plus à se mouvoir », explique Rodrigue Alitanou. Si d'ici trois mois, le contexte international n'évolue pas favorablement, l'ONG prévoit un important recul forcé de ses activités. À lire aussiSoudan du Sud: des centaines de milliers de déplacés entre janvier et fin mars 2026 selon l'ONU

Journal de l'Afrique
Darfour : MSF alerte sur l'ampleur des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 12:24


L'ONG Médecins sans Frontières a publié ce mardi un rapport sur les violences sexuelles au Darfour, région soudanaise désormais quasi entièrement aux mains des Forces de Soutien Rapide. Durant deux ans, les centres de soins gérés par MSF ont reçu près de 3 400 victimes de violences sexuelles. Le constat de l'ONG est clair : femmes et fillettes darfouries sont en danger, elles n'ont aucun lieu où être en sécurité. 

Cultures monde
Retours de terrain : À la frontière tchadienne, avec les réfugiés soudanais

Cultures monde

Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 22:11


durée : 00:22:11 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - À la frontière tchado-soudanaise, les réfugiés fuyant la guerre au Soudan, et notamment les massacres commis dans la région du Darfour, se pressent dans des camps comme celui d'Oure-Cassoni. Celui-ci s'étend un peu plus à chaque nouveau cycle de violences dans la région. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Bastien Massa Journaliste indépendant

Invité Afrique
Soudan: le gouverneur du Darfour, Minni Arko Minnawi, plaide pour la fin de la guerre et dénonce les interventions étrangères

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 7:14


Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour au Soudan et chef du mouvement de libération du Soudan, faction Minnawi, est le grand invité Afrique de RFI. De passage à Paris, il revient dans cet entretien sur les derniers développements de la crise au Soudan, des interventions étrangères, des possibilités de retrouver la paix. Minni Arcou Minnawi invite les Émirats arabes unis à entrer en dialogue direct avec les autorités soudanaises. RFI : Quand la guerre prendra-t-elle fin ? Minni Arko Minnawi : J'aimerais qu'elle se termine aujourd'hui, mais cela ne peut pas se faire sans certaines mesures. Quelles sont ces mesures ? En réalité, de nombreux facteurs ont contribué à cette guerre, notamment le facteur extérieur, à savoir, les Émirats arabes unis, qui doivent se retirer du conflit, qu'ils cessent de gérer la guerre. Quant au facteur interne, il nous serait alors beaucoup plus facile de nous asseoir ensemble et de mettre fin à la guerre. Les autorités soudanaises ont, à plusieurs reprises, exprimé des réserves quant à la présence des Émirats arabes unis parmi les membres du Quartet composé également des États-Unis, de l'Égypte et de l'Arabie saoudite. Rejetez-vous leur présence au sein du Quartet ? Oui, nous rejetons leur présence au sein du Quartet, car les Émirats arabes unis sont censés jouer un rôle de médiation, de facilitateur. Or, ils sont eux-mêmes partie prenante au conflit ; comment peuvent-ils donc être à la fois juge et partie ? L'armée soudanaise a fréquemment accusé des pays voisins de collaborer avec les Émirats arabes unis pour acheminer du matériel militaire au Soudan destiné aux Forces de soutien rapide. Pouvez-vous identifier ces pays ? C'est assez clair, surtout en ce qui concerne des responsables en Libye, à l'est du pays, à Benghazi, plus précisément qui est sous contrôle émirien. Il y a le Tchad. Ce sont des pays que les Émirats instrumentalisent pour faire avancer leur projet de démantèlement du Soudan. Et malheureusement, ce projet de fractionnement s'étendra à l'Afrique. À lire aussiAntonio Guterres, secrétaire général de l'ONU: «Il faut cesser les ingérences extérieures» au Soudan Vous avez mentionné le Tchad parmi les pays impliqués dans l'envoi d'aide militaire aux FSR, mais il existe des divisions au Tchad à ce sujet, même au sein du palais présidentiel... La majorité du peuple tchadien, et pas seulement les proches du président Déby, s'oppose au financement de la guerre pour servir les intérêts des Émirats arabes unis et des Forces de soutien rapide, pour déstabiliser et démanteler le Soudan. Le Darfour est en quelque sorte, une extension du Tchad, socialement parlant, et le Tchad est l'extension du Darfour... Par conséquent, la majorité de la population tchadienne, notamment les proches du président, se considère comme faisant partie d'une même communauté élargie, s'étendant jusqu'à Khartoum. De ce fait, ils rejettent tous la politique de Mahamat Idriss Déby, politique qui a conduit à la destruction de villes entières, ainsi qu'à des massacres, des combats urbains, un génocide et un nettoyage ethnique. Je crois vraiment que la majorité du peuple tchadien rejette cette politique. Quel intérêt a le président tchadien à s'impliquer dans cette guerre ? Nous ignorons quel serait son intérêt, mais peut-être qu'il s'y est impliqué par manque d'expérience. Vous avez récemment accusé l'Éthiopie de s'ingérer également dans la guerre au Soudan ? Bien entendu, ces faits sont corroborés par d'autres sources, par d'autres pays, y compris des pays dotés de technologies et de capacités avancées ; il ne s'agit pas d'une accusation soudanaise. Toutefois, il est clair que de multiples attaques ont été perpétrées depuis l'Éthiopie par les milices des Forces de soutien rapide, ainsi que par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, de Abdelaziz el Hilu, allié aux Forces de soutien rapide. À lire aussiAu Soudan, la guerre oubliée du reste du monde et dont personne ne voit la fin La prolongation de la durée de la guerre, bientôt trois ans, ne vous fait-elle pas craindre la division réelle du pays, qu'un État séparé ne soit annoncé au Darfour ? Bien sûr, les forces étrangères qui ont déclenché cette guerre et qui continuent à l'alimenter cherchaient à s'emparer de tout le Soudan. N'ayant pas atteint leurs objectifs, elles ont eu recours à la partition du pays, ou du moins, elles cherchent à conserver le Darfour et certaines régions du Kordofan. Mais cela est inacceptable pour le peuple soudanais. L'ensemble de la population soudanaise est aujourd'hui mobilisé, aux côtés des forces armées, des forces conjointes et d'autres encore. Tous sont sur le terrain pour rejeter ce projet, et c'est pourquoi il ne réussira pas. Appelez-vous les Émirats à un dialogue direct avec les autorités soudanaises ? Voilà ce qui est nécessaire : nous exigeons depuis longtemps que le rôle des Émirats arabes unis se limite à un dialogue bilatéral entre le Soudan et les Émirats, afin de discuter de réconciliation et d'un retour à des relations normales entre les deux pays. Notamment en matière d'échange de bénéfices et de partage de ressources. Nous refusons son ingérence, son soutien aux milices et aux crimes majeurs commis par les milices des Forces de soutien rapide, tels que le génocide et les crimes de guerre. Tout cela avec le soutien des Émirats arabes unis. À lire aussiSoudan: «El-Fasher est détruite, et bien que la ville ait été nettoyée, il reste des munitions au sol» Mais que cherchent les Émirats en entrant avec force dans cette guerre ? Les richesses du pays ? Je ne sais pas. Si la richesse est ce qu'ils cherchent, ils ne l'auront que par le dialogue bilatéral. Il est parfaitement naturel que nous échangions des ressources. La richesse devrait être partagée par les voies officielles : le commerce, les avantages mutuels, les investissements bilatéraux, etc.  Il n'y a aucune raison pour qu'ils s'impliquent, pour que de tels crimes soient commis, et pour qu'ils se salissent les mains de sang. Nous ignorons les raisons de tout cela. Masaad Boulos, le conseiller américain pour l'Afrique mène des efforts pour mettre fin à la guerre, comment voyez-vous le rôle américain dans cette crise ? Le rôle américain est primordial. Il doit être officiel. Masaad Boulos a rencontré des responsables soudanais à plusieurs reprises, mais hors du Soudan. Nous espérons que tout plan proposé sera acceptable pour le gouvernement et le peuple soudanais, qui souffre actuellement des Forces de soutien rapide et de l'ingérence internationale. Le pouvoir soudanais acceptera-t-il un plan de paix comme celui proposé pour l'est de la RDC, en partageant les richesses du Soudan avec les États-Unis ? J'ignore quelle proposition sera présentée. Je préfère donc ne pas traverser la rivière avant d'avoir atteint le pont. Quel point important souhaitiez-vous ajouter à cet entretien ? Les Forces de soutien rapide (FSR) sont un véritable fléau. Chaque ville qu'elles ont occupée est devenue désormais une ville fantôme, désertée par ses habitants. Les FSR sont une catastrophe humaine et doivent être identifiées pour ce qu'elles sont réellement : une milice, une organisation terroriste. Les FSR continuent de tuer des civils, se procurant les armes et les drones les plus sophistiqués fournis par les Émirats arabes unis, qu'elles utilisent pour tuer des civils et détruire des villes. Par conséquent, il est de la responsabilité du gouvernement et de l'armée de mettre fin à la guerre en reprenant et en sécurisant les zones encore sous leur contrôle, afin de protéger les citoyens soudanais. À lire aussiÉmirats arabes unis: l'or du Soudan «assure la prospérité des FSR et en même temps celle de Dubaï»

LSD, La série documentaire
Les nouveaux visages de l'exil 1/4 : Soudanais, l'exil impossible

LSD, La série documentaire

Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 58:31


durée : 00:58:31 - LSD, la série documentaire - par : Raphaël Krafft - Poussée à l'exil par les massacres au Darfour ou la répression politique, la communauté soudanaise installée en France, se mobilise, mais reste impuissante face à l'inexorable destruction de son pays. - réalisation : Jean-Philippe Navarre

France Culture physique
Les nouveaux visages de l'exil 1/4 : Soudanais, l'exil impossible

France Culture physique

Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 58:31


durée : 00:58:31 - Les documentaires de France Culture - par : Raphaël Krafft - Poussée à l'exil par les massacres au Darfour ou la répression politique, la communauté soudanaise installée en France, se mobilise, mais reste impuissante face à l'inexorable destruction de son pays. - réalisation : Maryvonne Abolivier, Anahi Morales, Jean-Philippe Navarre, Emmanuel Laurentin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les actus du jour - Hugo Décrypte
Le réel plan de Trump pour dominer le Venezuela

Les actus du jour - Hugo Décrypte

Play Episode Listen Later Jan 5, 2026 11:20


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Invité Afrique
Soudan: «les FSR ne sont pas isolées», mais «les grandes puissances sont avec l'armée régulière»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 10:06


Au Soudan, l'année 2025 a été encore plus sanglante que les deux années précédentes. Après bientôt trois années de guerre, on estime que 150 000 personnes ont été tuées. Et dans les deux camps, du côté du président du Conseil de souveraineté de transition le général al-Burhan comme du côté du général Hemedti, les soutiens extérieurs se livrent une compétition de plus en plus féroce. C'est le cas notamment de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Roland Marchal est chercheur à Sciences Po Paris et il pense que la toute récente reconnaissance du Somaliland par Israël n'arrange rien. Il s'en explique au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Est-ce qu'on peut dire qu'au Soudan, l'année 2025 a été encore pire que les deux années précédentes ? Roland Marchal : Elle a été pire en effet, dans la mesure où des batailles stratégiques se sont menées et ont été gagnées par un camp ou l'autre et ont beaucoup plus impliqué la population civile, qui a payé un prix très élevé, non seulement en termes de déplacement, mais directement dans les combats qui étaient menés. Oui, tout à fait. Et on parle de 150 000 morts depuis deux ans et demi. Le début de cette année 2025 a été marqué par des succès des Forces armées soudanaises, notamment à Khartoum et la fin de l'année par des victoires des Forces de soutien rapide, notamment à El-Fasher. Est-ce à dire qu'il n'y a pas un camp plus fort que l'autre ? Je crois qu'on est arrivé dans une situation où, grâce aux appuis internationaux qui ont été mobilisés par chacun des protagonistes, disons, il y a une espèce d'équivalence stratégique, c'est-à-dire que la modernité des armes octroyées à un camp est contrée par de nouvelles livraisons de l'autre côté, ce qui évidemment pose des questions importantes sur les enjeux véritables d'une guerre qui est fondamentalement soudanaise, mais qui aujourd'hui renvoie à des compétitions régionales qui sont en train de monter aux extrêmes, sans commune mesure avec ce que la population souffre. Quel est le fond de la querelle entre le président Abdel Fattah al-Burhan et le général Hemedti, qui appartiennent tous deux à la communauté arabe du Soudan ? Alors d'abord, sur cette question ethnique, je crois que le Soudan, depuis son indépendance, n'a jamais été en paix et que l'armée soudanaise a été fondamentalement une armée de guerre civile, c'est-à-dire réprimant des populations à l'intérieur des frontières nationales du Soudan. Ça a été pendant très longtemps les Sud-Soudanais qui étaient partie intégrante jusqu'en 2011, mais aussi la région du Nil Bleu, et puis évidemment le Darfour et le Kordofan dont on parle plus aujourd'hui. Donc il y a une question sur pourquoi cela ? Et la thèse qu'il faudrait affiner, évidemment, est d'expliquer que les classes dirigeantes et l'État soudanais fonctionnent largement au profit des groupes arabes qui sont de la vallée du Nil et de Khartoum, contre tout le reste. Et de ce point de vue-là, un Arabe du Darfour ne vaut pas plus qu'un Zaghawa ou qu'un Four du Darfour qui ne sont pas arabes, dans la mesure où simplement, régionalement, ils sont considérés comme des périphéries, donc qui n'ont pas vocation à faire partie de l'élite politique, militaire et économique du pays. Et les chefs Zaghawas du Darfour, Jibril Ibrahim et Minni Minnawi, étaient alliés aux Forces armées soudanaises contre le général Hemedti. Qu'est-ce qu'ils deviennent depuis la prise d'El-Fasher par Hemedti ? Alors il faut rappeler que ces groupes militaires avaient été défaits notamment par les Forces de soutien rapide, mais que, en 2019, lorsque le gouvernement civil prend forme après l'arrestation d'Omar el-Béchir, il y a une volonté de normaliser les relations avec la communauté internationale et d'envoyer des signaux positifs sur la volonté de la nouvelle direction du pays de résoudre les problèmes, notamment le Darfour. Donc, en octobre 2020 est signé un accord – l'accord de Juba – qui permet à ces groupes politico militaires de revenir sur la scène soudanaise. Donc dans un premier temps, ces groupes étaient plutôt proches d'Hemedti. Mais le fait que Hemedti apparaisse soudainement comme un acteur incontournable et peut-être premier s'ils gagnaient la guerre contre l'armée soudanaise, cela a fait que ces groupes-là ont décidé, pour leur intérêt bien compris, de s'allier avec le gouvernement contre les Forces de soutien rapide. Et donc ce sont eux, fondamentalement, qui ont lutté pour défendre la ville d'El-Fasher et qui ont été battus d'une façon extrêmement sanglante à la fin du mois d'octobre. Depuis, ces groupes-là essayent de se réorganiser. Alors, vous avez deux choses qui sont en train de se passer. La première, c'est les combats qui étaient autour d'El-Fasher se dirigent aujourd'hui vraiment sur le territoire Zaghawa soudanais, mais à la frontière avec le Tchad. Et il y a de nombreux incidents de frontière dont on commence à parler, et également la possibilité de nouveaux combats dans l'extrême nord du Darfour, mais qui touche aussi la frontière du Tchad, donc avec des possibilités de déstabilisation. Et puis l'autre élément dont on parle moins, c'est le fait que ces groupes-là essayent de se réorganiser militairement et jouent déjà un rôle militaire significatif dans les batailles qui ont lieu au Kordofan, notamment autour de la ville d'El-Obeid. À lire aussiSoudan: «On a l'impression que le monde n'est pas assez horrifié par ce qui se passe», déplore l'Ocha Dans cette guerre sanglante et interminable, chacun compte ses alliés. Le général al-Burhan est soutenu par les islamistes et le général Hemedti par les Émirats arabes unis. Quel est le camp qui a le plus de profondeur stratégique ? Je dirais fondamentalement l'armée soudanaise. Pour quelle raison ? C'est que vous avez listé au niveau intérieur les islamistes, mais surtout, quand vous regardez la coalition internationale qui est derrière pour des intérêts qui sont tout à fait égoïstes, globalement, mettre la main sur un accès à la mer Rouge, vous avez la Russie, vous avez l'Iran, vous avez la Turquie, vous avez le Qatar. J'allais oublier l'Égypte, qui est un pays extrêmement important. Et donc ces pays-là ont des intérêts sécuritaires ou des ambitions économiques au Soudan et s'efforcent de soutenir le général Burhan. Parce que l'autre camp – c'est-à-dire soutenu par les Emiratis, est inacceptable parce que c'est le camp émirati, et donc ces États sont liés. Du côté des Forces de soutien rapide, vous avez, disons, une alliance régionale qui est largement celle des clients et des affidés des Émirats arabes unis, c'est-à-dire évidemment le Tchad de Mahamat Kaka, ce qui lui pose et va lui poser de plus en plus de problèmes. La Libye de Khalifa Haftar, donc ce n'est pas toute la Libye, mais c'est quand même cette Libye qui est au sud et qui permet l'approvisionnement et la logistique des Forces de soutien rapide. C'est le Soudan du Sud qui officiellement est neutre, mais finalement autorise les Forces de soutien rapide à utiliser le territoire pour des approvisionnements militaires. C'est le Kenya et l'Ouganda qui sont en affaire avec Abou Dhabi. C'est également l'Éthiopie de Abiy Ahmed, qui est un client tout à fait important des Émirats. Donc on voit que d'une certaine façon, régionalement, les Forces de soutien rapide ne sont pas du tout isolées. C'est une des raisons qui lui donnent la capacité de rebondir militairement et de trouver chaque fois les routes logistiques pour son approvisionnement militaire. Mais d'un autre côté, les grandes puissances sont plutôt du côté des Forces armées soudanaises, ce qui évidemment indique que d'une certaine façon, cette guerre ne pourra pas être gagnée militairement. Le problème aujourd'hui, c'est que personne dans la communauté internationale, y compris les États-Unis, n'ose marteler ça publiquement et de façon privée à tous les acteurs qui approvisionnent et qui alimentent cette guerre de l'extérieur. Alors, dans ce grand jeu entre puissance africaine et moyen-orientale, est-ce que la reconnaissance de l'État du Somaliland par Israël vendredi dernier est un élément important qu'il faut prendre en compte ou pas ? Oui, je crois que c'est un élément essentiel. Ce qui s'est passé jusqu'à présent, c'est que l'Arabie saoudite a toujours maintenu une position de relative neutralité, quand bien même on sentait bien que l'Arabie saoudite avait plus d'atomes crochus avec les militaires et les cadres civils du régime de Port-Soudan qu'avec les Forces de soutien rapide. Malgré tout, disons, l'aide qui a été fournie au général al-Burhan a été très limitée et ça a été largement une espèce de reconnaissance du fait que ce n'était pas un régime fantoche et que donc il fallait les considérer. Ce qui est en train de changer, c'est effectivement des événements qui se passent non seulement au Soudan, mais au sud Yémen, et avec l'éruption d'Israël au Somaliland qui change complètement la donne régionale et où tous les acteurs de la région voient les Émirats arabes unis en embuscade. Les combats au sud Yémen, dont on a peu parlé en France, marquent quand même le retour de la guerre, malgré un cessez-le-feu précaire dans une zone du pays qui avait été relativement calme et la prise de contrôle d'une région du Sud Yémen qui s'appelle le Hadramaout, qui est la région frontalière avec l'Arabie saoudite, et la milice créée et sponsorisée depuis par les Émirats arabes unis, n'a pu mener ces opérations sans le soutien et sans le feu vert des Émirats. Donc c'est un message très clair des Émirats. Certains analystes pensent que c'est un signe de mécontentement envoyé à Riyad, puisque c'est Mohammed Ben Salmane qui, en visite à Washington, avait fortement suggéré au président Trump de s'impliquer dans une nouvelle médiation au Soudan et avait également publiquement, sur le sol américain, critiqué très violemment les Forces de soutien rapide. La reconnaissance par Israël du Somaliland, indépendamment du contenu réel, ça montre la possibilité, évidemment pour les Israéliens, à terme, je ne dis pas demain matin, mais à terme, d'avoir des facilités militaires sur la côte somalienne ou somalilandaise, comme vous voudrez, et de pouvoir frapper les Houthis du Yémen. Mais ça montre aussi que les Émiratis ont d'autres ambitions, sans doute plus grandes que ce qu'on imaginait jusqu'à présent, à la fois dans leur alliance avec Israël. Une alliance qui dure et perdure en dépit de ce qui s'est passé à Gaza et également avec, à terme, une implication de l'Éthiopie, puisque l'Éthiopie a émis le 1er janvier 2024 l'idée que le Somaliland pourrait lui octroyer un territoire qui serait sous souveraineté éthiopienne sur la côte, qui servirait à la fois de port militaire et de port commercial. Donc tout ça est vu, en tous les cas par les acteurs de la région Djibouti, le gouvernement à Mogadiscio, l'Égypte et le Soudan, comme en sous-main, un appui des Émiratis qui fait que les relations entre Riyad et Abou Dhabi vont se tendre et que le soutien nominal, si vous voulez, largement diplomatique et formel qu'il y avait vis-à-vis de la junte au Soudan, va sans doute changer de forme et prendre des aspects beaucoup plus pratiques et beaucoup plus destructeurs pour la population soudanaise. Ce sera sans doute de l'aide militaire via le Pakistan ou la Turquie. L'Arabie saoudite achetant du matériel qui sera livré au Soudan et utilisé contre les Forces de soutien rapide et la population qui aurait la mauvaise idée de soutenir les Forces de soutien rapide. À lire aussiSoudan: après trois ans de guerre, quels espoirs pour 2026?

Reportage Afrique
Tchad: de Tiné à Touloum, la relocalisation des réfugiés soudanais [4/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Nov 27, 2025 2:30


Depuis la chute d'El-Fasher entre les mains des FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo dit « Hemedti » le 26 octobre dernier, chaque semaine, le Tchad voit arriver en moyenne 2000 réfugiés soudanais. Ils arrivent pour la plupart de la capitale du Darfour-Nord. Traumatisés, affamés, assoiffés, ils ont réussi à survivre à 18 mois de siège, aux massacres, aux viols utilisés comme armes de guerre, aux jours de combat qui ont précédé la chute d'El-Fasher. Ils ont aussi survécu aux routes dangereuses et coûteuses qui mènent au Tchad voisin. Depuis novembre, les réfugiés soudanais sont relocalisés au camp de Touloum, à quelques heures de route de la frontière. Le but : éviter l'installation d'un camp à Tiné, et (donc) désengorger la frontière. Trois fois par semaine, des camions avec à leur bord les derniers réfugiés arrivés, partent pour Touloum, où sera alors finalisée leur installation au Tchad. De Tiné à Touloum : la relocalisation, c'est le quatrième et dernier volet de notre série de reportages sur la route de l'exil des réfugiés soudanais.  De notre envoyée spéciale à Tiné, Effervescence, agitation et angoisse… La tension est palpable dans le camp de transit de Tiné. Daralnayim sera dans l'un des six camions prévus pour la relocalisation vers le camps de Touloum. Seule et enceinte, elle part avec pour seules affaires deux sacs, l'un sur le dos, l'autre qu'elle traîne difficilement. « Je suis heureuse de m'installer dans le camp. Ma mère et ma famille vont pouvoir me rejoindre. Je pourrai m'occuper de ma mère, ma fille et mes frères. Il faut que je puisse manger, pour prendre des forces, travailler et assurer ce qui leur faut », dit-elle. Pour cette cession de relocalisation près de 500 ménages arrivent à Touloum. Le camp existe depuis le début de la guerre au Darfour, il y a 20 ans. Il y accueille aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de personnes. La ville la plus proche est à environ 30 min en voiture. L'eau est rare et la nourriture aussi, alors la solidarité s'organise. « Les réfugiés et les anciens refusés s'organisent entre eux et pour envoyer un peu de la nourriture, des repas chauds, de l'eau et pour accueillir les nouveaux réfugiés », explique Moussa Fofana, agent de terrain pour le HCR À lire aussiLa route de l'exil vers le Tchad: les réfugiés soudanais d'El-Fasher racontent leur cauchemar[2/4] Selon un porte-parole du PAM, l'ONG donne aux nouveaux arrivants une aide alimentaire : céréales, légumineuses, huile et sel avant de passer à une distribution d'argent quelques semaines plus tard. Mais plusieurs sources humanitaires expliquent que ces distributions sont insuffisantes. Rahma est arrivée il y a plusieurs mois à Touloum. « Nous voulons de la nourriture et que l'eau soit présente de manière constante. Ne coupez pas ces services. Voilà mon message ». Le 24 novembre dernier, les FSR ont décrété une trêve humanitaire unilatérale refusée par l'armée soudanaise. Malgré les efforts des médiateurs internationaux, le cessez-le-feu semble loin et les réfugiés de Touloum se résignent à devoir rester au Tchad. À lire aussiAu Tchad, les réfugiés soudanais racontent leur arrivée au camp de Tiné [3/4]

Couleurs tropicales
Young Chang MC offre à son public son oeuvre la plus personnelle avec l'album «Mi»

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Nov 26, 2025 48:30


Le producteur-artiste Young Chang MC présente son nouvel album Mi, dont la sortie est prévue le 28 novembre 2025. Un album de 14 artistes qui marque un tournant dans la carrière de l'artiste qui mêle récits introspectifs et énergie festive. Il sera en concert exceptionnel aux côtés de Matieu White et 1T1 le 15 mars 2026 au Zénith de Paris. Il répond aux questions de Claudy Siar, Stéphane Linon et Laura Mbakop. Et, par téléphone, Steevy Gustave, député de l'Essonne, parlera de la tribune qu'il a écrite pour alerter sur la situation au Darfour. Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Young Chang MC - Bangerman Young Chang MC feat Lycinaïs Jean - Pwisan Young Chang MC - Sprinter Young Chang MC - Trap la Young Chang MC - Paka oublié Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.

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Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Nov 26, 2025 48:30


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Reportage Afrique
«Il fallait rester à l'abri, sous terre»: des Soudanais d'El-Fasher réfugiés au Tchad témoignent [1/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Nov 23, 2025 2:40


Au Soudan, se déroule depuis avril 2023 l'un des conflits les plus meurtriers. À l'origine de « la plus grande crise humanitaire au monde », selon l'ONU. Massacres, violences à caractère ethnique, viols et agressions sexuelles. C'est l'horreur décrite par ceux qui ont réussi à fuir El-Fasher, la capitale du Darfour-Nord, tombée aux mains des paramilitaires FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo, dit Hemedti. Certains Soudanais ont réussi à quitter El-Fasher pour se réfugier au Tchad voisin. Témoignage de certains d'entre eux à Tiné, au nord du pays et le long de la frontière soudanaise. De notre envoyée spéciale de retour de Tiné, Dans le centre de transit de Tiné, Kaltouma est assise par terre, entourée de ses enfants. Le regard abattu, fixant le vide, cette mère de 32 ans a quitté El-Fasher, il y a moins d'un mois, elle y a vécu l'enfer. Kaltouma Ibrahim Abakar : « Nous étions encore à El-Fasher avant la chute. Il y a eu quatre ou cinq jours d'affrontements avec des bombardements. Le jour de la chute, il était impossible de sortir des trous qu'on a creusés sous-terre. On ne pouvait pas risquer d'aller chercher à manger ou à boire pour les enfants. Il fallait rester à l'abri, sous-terre. » Après la chute d'El-Fasher, Kaltouma et ses enfants réussissent à fuir. « Ils ont creusé toute la ville. Certains ne pouvaient pas sortir des tranchées. Ils sont restés bloqués à l'intérieur. Mais on devait passer par ces trous creusés. On n'avait pas le choix. Ceux qui avaient la force d'en sortir partaient et ceux qui n'y arrivaient pas mourraient dedans. Les enfants, les femmes sans force, les vieillards, tous sont restés bloqués là-bas. »  À lire aussi«Soit tu passes, soit tu meurs»: au Tchad, des réfugiés soudanais racontent leur fuite d'El-Fasher Hawa Adam Abdallah s'avance d'un pas décidé. Elle veut parler, raconter ce que traverse son pays : « À la sortie d'El-Fasher, il y avait des tranchées creusées. En sortant de là, il y avait des paramilitaires. Ils ont tué certains d'entre nous. Parmi eux, mon frère, et ils ont enlevé mon père. Et j'ai un autre frère perdu, plus aucune nouvelle. Et puis sur la route, quand on a dépassé El-Fasher, ils nous sont tombés dessus. Ils nous ont chassés, frappés. Ils nous ont enlevé tout ce qu'on avait. Et si on n'a aucun bien, ils nous font enlever nos vêtements. On est arrivé ici sans rien. » Les deux femmes sont arrivées il y a quelques jours. Elles attendent d'être relocalisées au camp de Touloum, à deux heures de route de la frontière. « Beaucoup sont morts sur la route » Abdelmajad Ahmad Mouhammad descend du camion qui l'a transporté à Touloum. Avec ces quatre jeunes garçons, il espère retrouver sa femme et sa fille parties plus tôt : « Morts, tortures, déplacements forcés, exécutions, destructions, incendies, que des choses horribles ». C'est ainsi qu'Abdelmadjid décrit sa ville natale El-Fasher. Pourtant, ce père de 34 ans n'a quitté la capitale du Darfour du Nord qu'après sa chute le 26 octobre dernier. « Certains ont réussi à sortir, d'autres non. Beaucoup sont morts sur la route aussi à cause de la soif, de la faim, de la torture, mais d'autres, on ne sait même pas quelles directions ils ont empruntées. Leurs propres familles ne savent pas où ils sont. Ils ne savent même pas s'ils sont morts ou vivants. » Plusieurs organisations humanitaires font état de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité. Les Nations unies parlent d'« une spirale d'atrocités » Impossible de communiquer avec ceux qui sont encore à El-Fasher. 170 000 à 250 000 personnes étaient encore bloquées dans la ville au moment de sa chute.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Mbappé-PSG : un bras de fer à plus de 700 millions d'euros

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la sentence d'un ancien chef de guerre soudanais, la force internationale à Gaza et les tensions entre Washington et Caracas. Mbappé-PSG : un bras de fer à plus de 700 millions d'euros   Alors que Kylian Mbappé réclame 263 millions d'euros au Paris Saint-Germain devant le Conseil des Prud'hommes de Paris, son ancien club lui en demande 440 millions. Comment expliquer ces sommes colossales ? Un accord à l'amiable est-il encore envisageable ? Avec Baptiste Leduc, journaliste au service des sports de RFI.   Soudan : quelle sentence pour l'ancien commandant Janjawid Ali Kushayb ?   La Cour pénale internationale doit délivrer sa sentence contre Ali Kushayb, accusé de «crimes de guerre et de crimes contre l'humanité» commis en 2003 et 2004 au Darfour. Pourquoi le procès de cet ancien chef de guerre ne se tient que maintenant, plus de 20 ans après les faits ? Quel verdict la CPI pourrait-elle rendre ? Avec Stéphanie Maupas, correspondante permanente de RFI à La Haye.     Gaza : à quoi ressemblera la force de stabilisation internationale ?  Le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté une résolution reprenant le plan de paix de Donald Trump, qui prévoit le déploiement d'une force internationale dans la bande de Gaza. Quel sera son mandat ? Quid des pays contributeurs ? Pourquoi la Russie et la Chine se sont abstenues de voter alors que les deux pays soutiennent la cause palestinienne ? Avec Frédéric Encel, professeur en Géopolitique à Sciences-Po Paris. Auteur de «La guerre mondiale n'aura pas lieu: les raisons géopolitiques d'espérer» (éditions Odile Jacob).    États-Unis : vers un apaisement des tensions avec le Venezuela ?   Alors que les États-Unis poursuivent leur déploiement militaire au large du Venezuela, Donald Trump s'est dit prêt à parler avec son homologue, Nicolas Maduro. Pourquoi le président américain veut-il finalement engager un dialogue ? Est-ce un premier pas vers une désescalade militaire entre les deux pays ?   Avec Pascal Drouhaud, président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique latine.

ONU Info

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Le Nouvel Esprit Public
Comment le terrorisme a transformé la société française depuis dix ans / La guerre au Soudan

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Nov 9, 2025 62:59


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 7 novembre 2025.Avec cette semaine :Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.COMMENT LE TERRORISME A TRANSFORMÉ LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DEPUIS DIX ANS ? Voilà bientôt dix ans qu'un commando terroriste a semé la terreur dans les rues de Paris, le 13 novembre 2015, assassinant 130 personnes et en blessant plusieurs centaines d'autres. Trois rescapés se sont depuis donné la mort, succombant à leurs blessures psychiques. Ces attentats ont profondément impacté la société française. Les médias jouent un rôle central lors de tels événements. Difficile d'informer avec précision dans un climat de peur et d'incertitude après un attentat. Le 9 janvier 2015 notamment, des chaînes d'information en continu ont divulgué la présence d'otages cachés dans la chambre froide de l'Hypercacher de Vincennes, mettant leur vie en danger. Les médias servent de caisse de résonance aux terroristes, qui, pour la plupart sont avides de spectacle. Face à la sidération après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hypercacher, la société française s'est immédiatement massivement mobilisée comme en témoigne la grande manifestation du 11 janvier 2015. La vie quotidienne a été transformée, bouleversée par les dispositifs de surveillance, de prévention et de lutte antiterroriste. Le terrorisme provoque également des effets perturbateurs comme la montée de sentiments xénophobes, antimusulmans ou antisémites et leurs réponses politiques. Il a induit des progrès considérables de la recherche, en particulier, depuis 2015, sur la question des traumatismes. Il impacte les procédures judiciaires. En France, depuis 2019, le nombre de procès criminels pour terrorisme a été multiplié par sept : la raison principale en est non seulement la création d'un parquet national antiterroriste, mais aussi la volonté de donner réparation à toutes les victimes et leur offrir la possibilité de s'exprimer dans le lieu symbolique d'une cour de justice.Procureur de la République de Paris en charge de la lutte contre le terrorisme entre 2011 et 2018, François Molins a vécu les événements les plus dramatiques qui se sont succédé pendant cette période, des attentats de Mohamed Merah en 2012, au 13 novembre 2015, en passant par le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Insistant sur le fait qu'il a fallu trouver une juste mesure entre le durcissement de la réponse et le respect des libertés et droits fondamentaux, François Molins considère que « dans l'ensemble, la France y est parvenue » : L'état d'urgence décrété au lendemain du 13 Novembre a duré un peu moins de deux ans, jusqu'au 1er novembre 2017. Il a rassuré les gens et permis une amplification de la lutte - assignations à résidence, perquisitions, interdictions de séjour, fermeture de mosquées radicalisées -, toujours sous le contrôle de la justice administrative et du Parlement. Mais le risque de dérive est réel, met en garde François Mollins. En octobre 2025, cinq actes terroristes d'inspiration djihadiste ont été réalisés ou projetés, dans quatre pays européens, rappelle l'ancien procureur antiterroriste Jean-François Ricard. Ces faits, insiste-t-il, doivent nous alerter sur la persistance d'une menace qui prend des formes nouvelles.LA GUERRE AU SOUDAN Au Soudan, le 26 octobre la ville d'El-Facher, capitale de la province du Darfour du Nord est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) qui assiégeaient la ville depuis plus de dix-huit mois. C'était le dernier bastion, au Darfour, des Forces armées soudanaises (FAS). La guerre au Soudan a commencé en avril 2023 lorsque les tensions autour du projet d'intégration des FSR à l'armée régulière ont éclaté en un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé de 12 à 13 millions de personnes. Deux acteurs qui s'étaient partagé le pouvoir après la chute du dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019 s'affrontent : l'armée soudanaise, héritière de l'ancien régime, avec à sa tête le général Abdel Fattah al-Burhane ; et les FSR, une unité paramilitaire dissidente dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemetti. En début d'année, l'armée soudanaise et ses supplétifs miliciens ont reconquis la capitale, Khartoum, ainsi que la région agricole de la Jézira, le long du Nil. Depuis, ils contrôlent toute la moitié orientale du Soudan. A l'ouest, en revanche, les RSF dominent. Le noyau dur des hommes de Hemetti est composé d'anciens combattants arabes jenjawids employés, à l'époque d'El-Béchir, pour effectuer les sales besognes du régime et écraser les mouvements rebelles du Darfour. Ils sont eux-mêmes originaires de cette région, grande comme la France métropolitaine.Situé à la lisière de la partie subsaharienne de l'Afrique et du Moyen-Orient, le Soudan concentre une multitude de richesses et d'avantages géostratégiques suscitant toutes sortes de convoitises et d'ingérences : d'immenses terres arables, les eaux du Nil, des mines d'or, du pétrole, l'accès à la mer Rouge face à l'Arabie saoudite, des frontières avec huit pays africains. Soutenues par une partie des Émirats arabes unis, les FSR contrôlent les mines d'or du Darfour, les circuits de contrebande vers la Libye et la Centrafrique, et finance une armée privée plus riche que l'État soudanais, tandis que les FAS ont bénéficié de l'appui de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie, selon des observateurs. Tous nient toute implication.Les réactions internationales demeurent d'une discrétion gênée. Lundi, toutefois, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a averti que les atrocités commises par les FRS à El-Fasher « pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ». Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme mentionne des « massacres massifs de civils et de combattants désarmés ». La région, déjà extrêmement affaiblie depuis les massacres de Geneina en 2023, s'enfonce dans un nouveau cycle de violences entre communautés, où vengeance et désordre remplacent toute stratégie politique. Le pays s'est disloqué en zones d'influence : le Darfour aux mains des FSR, le Nord et l'Est sous commandement militaire, le Sud livré au chaos. L'État soudanais, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, se délite à nouveau.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Géopolitique
Pour arrêter la guerre au Soudan, il faut que les ingérences étrangères cessent

Géopolitique

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 3:17


durée : 00:03:17 - Géopolitique - par : Pierre  Haski  - La chute d'El Fasher, dans le Darfour, accompagnée de terribles massacres, a fait ressortir la guerre civile au Soudan de l'oubli. Mais au-delà de l'émotion, il faut que cessent les ingérences de puissances de la région, en particulier celle des Émirats arabes unis du côté des miliciens. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Cultures monde
Retour de Syrie // Table-ronde - La chute d'El-Fasher : un tournant dans la guerre au Soudan ?

Cultures monde

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 58:31


durée : 00:58:31 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : retour de terrain avec Arthur Sarradin qui rentre de Syrie, puis table-ronde sur le Soudan où la prise d'El Fasher, la capitale du Darfour, par les paramilitaires, marque une étape dans la guerre qui dure depuis 2023. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Arthur Sarradin correspondant pour Radio France; Tristan Coloma réalisateur de films, collaborateur pour le Monde diplomatique et chercheur indépendant notamment pour l'IFRI; Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig

Cultures monde
Table-ronde - La chute d'El-Fasher : un tournant dans la guerre au Soudan ?

Cultures monde

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 33:00


durée : 00:33:00 - Cultures Monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - La prise d'El Fasher, capitale du Darfour, s'est accompagnée de massacres ciblant la population civile, ravivant le spectre d'un conflit ethnique. Cette victoire des paramilitaires constitue-t-elle un tournant dans cette guerre, qui a éclaté en 2023 ? - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Tristan Coloma réalisateur de films, collaborateur pour le Monde diplomatique et chercheur indépendant notamment pour l'IFRI; Clément Deshayes anthropologue, chercheur à l'institut de recherche pour le développement (IRD), laboratoire Prodig

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Soudan: comment le Tchad se prépare à accueillir des milliers de réfugiés?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 19:28


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne et des soldats nord-coréens capturés en Ukraine qui demandent l'asile à la Corée du Sud. Soudan: comment le Tchad se prépare à accueillir des milliers de réfugiés?    Après la prise de la ville d'El-Fasher par les Forces de soutien rapide (FSR), le Tchad craint un nouvel afflux massif de réfugiés venant du Darfour. Les autorités et les organisations humanitaires estiment qu'au moins 120 000 personnes fuyant les combats pourraient franchir la frontière. Avec déjà près d'1,5 million de réfugiés soudanais, le pays peut-il accueillir cette nouvelle vague ? Comment leur arrivée sera-t-elle organisée ?  Avec Nadia Ben Mahfoudh, correspondante de RFI à N'Djamena.       Union européenne: l'Ukraine peut-elle encore rejoindre les 27?   Le président Volodymyr Zelensky a demandé au Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, de ne pas bloquer l'adhésion de son pays à l'Union européenne. Pourquoi la Hongrie pose-t-elle son veto ? Quelles sont les chances que l'Ukraine puisse rejoindre l'UE ? Une adhésion permettrait-elle de changer le cours de la guerre ?    Avec Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI.     Guerre en Ukraine: que vont devenir les soldats nord-coréens capturés?  Alors que les militaires nord-coréens combattant au front auraient reçu l'ordre de se suicider pour éviter d'être capturés, deux d'entre eux, arrêtés par l'armée ukrainienne, demandent l'asile politique à la Corée du Sud. En dépit des relations déjà tendues avec Pyongyang, quelle sera la réponse de Séoul ?   Avec Théo Clément, chercheur indépendant, spécialiste du développement économique de la Corée du Nord.    Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux » de Jessica Taieb. Aujourd'hui, elle revient sur un post X de la célèbre rappeuse américaine Nicki Minaj qui a suscité de nombreuses réactions de la part des internautes nigérians.

Une semaine dans le monde
Guerre au Soudan, victoire de Mamdani à New York, COP 30

Une semaine dans le monde

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 42:11


Horreur une nouvelle fois au Soudan, où les massacres se multiplient depuis la prise d'El-Facher au Darfour, par les FSR du général Hemedti. Aux Etats-Unis, les démocrates remportent plusieurs victoires clés comme dans le New jersey et en Virginie mais surtout à New York où Zohran Mamdani, musulman, immigré, ouvertement socialiste, devient à 34 ans, le nouveau maire. Et les dirigeants de la planète réunis au Brésil où doit s'ouvrir la COP 30 dans un climat international défavorable.

InterNational
Pour arrêter la guerre au Soudan, il faut que les ingérences étrangères cessent

InterNational

Play Episode Listen Later Nov 7, 2025 3:17


durée : 00:03:17 - Géopolitique - par : Pierre  Haski  - La chute d'El Fasher, dans le Darfour, accompagnée de terribles massacres, a fait ressortir la guerre civile au Soudan de l'oubli. Mais au-delà de l'émotion, il faut que cessent les ingérences de puissances de la région, en particulier celle des Émirats arabes unis du côté des miliciens. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Le Point J - RTS
Où en est la guerre au Soudan ?

Le Point J - RTS

Play Episode Listen Later Nov 6, 2025 13:15


Un conflit extrêmement violent ravage le Soudan depuis 2023. Il s'agit de la "pire crise humanitaire au monde", selon l'ONU. Depuis la prise de la ville d'El-Facher dans le Darfour fin octobre 2025, un nouveau cap est franchi. Le Point J se demande pourquoi cette guerre est oubliée avec Raphaëlle Chevrillon-Guibert de l'Institut français de recherche pour le développement. Journaliste: Camille Degott Réalisation: Colin Kurth >> Pour aller plus loin: -"Il se passe quoi au Soudan?", Le Point J, RTS, 23.04.2023 (en ligne) -"Soudan: guerre oubliée", Le dessous des cartes, ARTE, 7.11.2025 (en ligne) Nous écrire ou nous proposer des questions: +41 79 134 34 70 ou pointj@rts.ch

Journal de l'Afrique
Soudan : de plus en plus de cas de malnutrition sévère au Darfour et au Kordofan

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Nov 5, 2025 15:53


Dans le camp de Tawila au nord du Darfour où continuent d'arriver les réfugiés d'el Fasher, les médecins sur place disent observer de plus en plus de cas de malnutrition, notamment chez les enfants. Les Nations unies ont déclaré mardi des situations de famine à El Fasher, et à Kadugli dans le sud du Kordofan. Une attaque dans la ville stratégique d'El-Obeid, capitale régionale du Kordofan-Nord, a fait au moins 40 morts.

Revue de presse Afrique
À la Une: la spirale de la violence au Soudan

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Nov 5, 2025 4:12


Malgré les appels au cessez-le-feu et à des négociations, le cauchemar se poursuit au Soudan. Après la chute d'El-Fasher il y a dix jours, tombée entre les mains des milices FSR, c'est toujours l'exode au Darfour pour des milliers de civils. Le Sudan Times rapporte ainsi que « sur les 70.000 personnes environ qui ont pu fuir la ville, plus de 5.000 sont arrivées à Tawila, à l'ouest d'El Fasher, dont plus d'un millier ont été blessés par balles. (…) Les autorités civiles s'efforcent de leur fournir abri et assistance, (…) et ont renouvelé leur appel aux organisations internationales et aux agences d'aide humanitaire pour qu'elles viennent en aide. » La ville de Tawila abriterait déjà plus de 650.000 déplacés d'après l'ONU. Et « alors que la communauté internationale condamne les exactions inhumaines commises par les milices FSR sur les populations d'El-Fasher, plusieurs autres villes de la province du Darfour viennent de tomber entre les mains des paramilitaires, constate WakatSéra au Burkina Faso. Et les mêmes atrocités vont certainement monter crescendo, jetant encore de l'huile sur le brasier soudanais. » Responsables ou tout du moins complices… Reste que certains, au sein de cette même communauté internationale qui condamne les massacres donc, certains ne sont pas exempts de tout reproche… « Après dix-huit mois d'un siège qui a affamé près de 200.000 civils et après des centaines de bombardements meurtriers menés par les FSR, la catastrophe d'El-Fasher était prévisible. Mais était-elle évitable ? », s'interroge Le Monde Afrique. Le Monde Afrique qui pointe la responsabilité en premier lieu des Émirats arabes unis : « pour la plupart des observateurs, il est impossible que les Émirats n'aient pas été informés de la préparation de l'offensive de leurs alliés paramilitaires sur le terrain. Dans le sillage des massacres d'El-Fasher, leur implication dans la guerre au Soudan est au cœur de l'attention, tout comme la complicité passive de leurs alliés européens. » En effet, pour la chercheuse soudanaise Kholood Khair, interrogée par Le Monde Afrique, « les États occidentaux disent ne pas savoir quoi faire pour arrêter la crise. Mais la réalité est que le niveau d'intérêts mutuels des Occidentaux avec les Émirats arabes unis – sur d'autres terrains, notamment en Ukraine ou à Gaza – les retient d'agir. » D'ailleurs, poursuit le journal, « l'implication incontestable des Émirats arabes unis dans la guerre au Soudan suscite un silence gêné de la plupart de ses partenaires occidentaux, alors que des armes européennes ont été livrées par leur allié émirati aux FSR. Des équipements militaires français fabriqués par les groupes KNDS France et Lacroix équipant des véhicules blindés émiratis sont utilisés au Soudan, ainsi que des armes de fabrication britannique, canadiennes ou encore bulgares. Ces transferts entrent en violation de l'embargo européen. » Le Soudan : « un champ d'expérimentation pour puissances cyniques » Dans une tribune publiée par Le Point Afrique, plusieurs personnalités soudanaises, acteurs de la société civile, juristes, artistes, disent leur indignation : « le Soudan n'est plus un pays, affirment-ils : c'est devenu un champ d'expérimentation pour puissances cyniques et propagandes concurrentes. (…) L'ONU ne peut se contenter de “déplorer et condamner les violences“, poursuivent-ils. Il lui revient de saisir la CPI pour entamer des procédures à l'encontre des chefs de guerre. L'embargo sur toutes les armes arrivant au Soudan devrait être exigé. Une coalition internationale comprenant notamment les pays arabes et les Occidentaux devrait se constituer pour obtenir tout d'abord un cessez-le-feu immédiat et l'accès à l'aide humanitaire. Mais, au-delà, affirment encore les auteurs de cette tribune, l'objectif est de parvenir à des négociations de paix auxquelles il est indispensable d'inclure ceux qui croient encore en un autre Soudan : celui des femmes qui refusent le voile imposé, des jeunes qui rêvent d'un État de droit, des citoyens qui défendent la liberté et qui n'appartiennent à aucun camp. » Enfin, on revient à WakatSéra à Ouagadougou qui nous livre cette réflexion pour le moins désabusée : « tant que les ramifications internationales de ces affrontements entre troupes de généraux assoiffés de pouvoir, continueront d'exister et de se multiplier, aucun espoir de pacification et de paix dans cette région ne sera permis. »

DS Vandaag
We wisten dat er een genocide zou plaatsvinden in Soedan. Waarom werd er niets gedaan?

DS Vandaag

Play Episode Listen Later Nov 5, 2025 24:03


“Het meest choquerende aan deze genocidale massamoorden is dat er niets gebeurd is om ze tegen te houden”, vertelt buitenlandjournalist Koen Vidal die de oorlog in Soedan al jaren volgt in DS Vandaag. Onderzoekers voorspelden de inval in de stad Al-Fasher vorige week tot op de dag. Waarom heeft geen enkele grootmacht ingegrepen? De milities van de Rapid Support Forces zijn al een kwarteeuw actief in Soedan. Bij de genocide in de jaren 2000 werden ze ingezet door de toenmalige Soedanese regering. Vandaag strijden ze net tegen de regeringstroepen, maar het genocidale geweld tegen de bevolking in de regio Darfour blijft hetzelfde. Het grote verschil is dat ze nu veel beter bewapend zijn. CREDITS Journalist Koen Vidal | Presentatie Alexander Lippeveld | Redactie Jutte Verelst, Magali Duchesne | Eindredactie Sofie Steenhaut | Audioproductie en muziek Brecht Plasschaert | Chef podcast Alexander Lippeveld See omnystudio.com/listener for privacy information.

SBS French - SBS en français
Le journal du 04/11/2025: Au Soudan, des exécutions massives de civils au Darfour

SBS French - SBS en français

Play Episode Listen Later Nov 4, 2025 11:15


La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme que l'histoire se répète au Darfour, au Soudan, après les informations faisant état de massacres lors de la chute de la ville d'Al-Fasher aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) la semaine dernière.

Du grain à moudre
Le Soudan fait-il face à une indifférence internationale ?

Du grain à moudre

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 38:28


durée : 00:38:28 - Questions du soir : le débat - par : Astrid de Villaines, Stéphanie Villeneuve - Après dix-huit mois de siège, la chute, le 26 octobre 2025, de la ville d'El-Fasher au Darfour marque un tournant dans la guerre au Soudan. En s'emparant de cette ville stratégique, les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemetti contrôlent désormais la quasi-totalité du Darfour. - invités : Jérôme Tubiana Conseiller aux opérations de Médecins sans frontières; Christophe Ayad Grand reporter au Monde chargé des questions de terrorisme

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Revue de presse Afrique
À la Une: l'onde de choc des atrocités commises au Soudan

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 4:22


Une guerre oubliée, ignorée par les grands médias internationaux, et qui se retrouve désormais sous les feux de l'actualité : il aura fallu les terribles massacres de civils à El-Fasher pour que le monde prenne conscience de l'atrocité de cette guerre et commence à réagir, notamment par le biais des Nations-Unies. C'est le constat dressé par le Sudan Tribune, l'un des rares médias encore en activité au Soudan. « La chute d'El-Fasher et le génocide et le nettoyage ethnique perpétrés par les FSR nous rappellent cruellement l'incapacité du monde à tirer les leçons de l'histoire, affirme le quotidien soudanais. L'inaction de la communauté internationale face aux atrocités a enhardi les auteurs de ces crimes, permettant au conflit de dégénérer en une véritable crise humanitaire. La communauté internationale doit prendre des mesures immédiates et énergiques pour protéger les civils, garantir que les auteurs de crimes de guerre rendent des comptes et mettre fin aux violences. Les peuples du Darfour et du Soudan ne méritent rien de moins. » Et le Sudan Tribune d'« exiger un cessez-le-feu immédiat, la garantie de l'accès humanitaire, la protection des civils de la violence, l'arrêt des livraisons d'armes, l'activation d'enquêtes indépendantes et la mise en œuvre de sanctions ciblées contre les individus et les entités responsables de crimes de guerre et d'atrocités ». Ceux qui « entretiennent le chaos » Récemment, Le Monde à Paris dénonçait « l'insupportable passivité internationale face à la tragédie au Soudan » et constatait qu'« aucune des grandes puissances qui se disent officiellement préoccupées par le sort des Soudanais n'a jamais demandé le moindre compte à ceux qui entretiennent le chaos ». En effet, précisait le journal, « pour le plus grand malheur des Soudanais, cette lutte pour le pouvoir et pour les ressources est entretenue et attisée par l'interventionnisme de puissances régionales qui font du Soudan le terrain par procuration de leurs rivalités ». La Croix, toujours à Paris, rebondit : « la crise soudanaise s'étend bien au-delà des frontières du pays : les paramilitaires (des FSR) sont soutenus par les Émirats arabes unis, tandis que l'armée régulière reçoit l'aide de l'Égypte, de l'Arabie saoudite ou encore de la Turquie. Elle représente un enjeu international majeur, d'autant qu'une partition du pays, déjà amputé du Soudan du Sud en 2011, n'est plus à exclure ». « Cette tragédie nous concerne tous, s'exclame encore le quotidien catholique. Les victimes ne sont d'aucun camp ; elles sont d'abord nos frères et sœurs, installés sur une terre qui voit se succéder les drames à un rythme infernal depuis au moins 20 ans. Il y a peu d'endroits au monde qui concentrent autant de malheurs dans une telle indifférence. » Pression Alors, « face à l'ampleur des accusations et des preuves, relève Afrik.com, le chef des FSR, le général Hemetti, a tenté de désamorcer la crise en annonçant l'ouverture d'enquêtes sur les agissements de certains de ses paramilitaires. Cette annonce a été suivie par plusieurs arrestations en fin de semaine dernière, dont celle d'un combattant surnommé Abou Loulou, dont l'authenticité de vidéos le montrant exécuter des personnes non-armées a été confirmée. Toutefois, pointe encore le site panafricain, le Haut-Commissariat des Nations unies exige davantage. Il réclame des “enquêtes indépendantes, rapides, transparentes et approfondies“ sur toutes les violations présumées du droit international, ainsi que l'obligation pour leurs auteurs de “rendre des comptes“. La tragédie d'El-Fasher accentue la pression internationale pour que justice soit faite au Soudan. » Tragédie humanitaire En attendant, « le Soudan est devenu une boucherie à ciel ouvert, soupire Seneweb à Dakar. « Une zone de non-droit, un haut lieu des violations des droits humains. (…) On ne peut plus parler simplement de guerre, tant les violences et les atrocités dépassent toute mesure. Il s'agit désormais d'une tragédie humanitaire aux allures de sanction génocidaire, poursuit Seneweb. Le Soudan continue d'étonner, d'effrayer et de choquer le monde par l'ampleur de cette violence inouïe, orchestrée par deux généraux, deux seigneurs de guerre, (…) dont le seul objectif est la préservation de leur pouvoir et de leurs intérêts personnel. »

Invité Afrique
Soudan: «La prise d'El-Fasher est une victoire militaire, mais l'après est une défaite politique pour les FSR», estime Suliman Baldo

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 10:24


Alors que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé « la prise de la ville d'El-Fasher », cette « victoire militaire pour le général Hemedti » serait en réalité « une défaite politique », affirme notre invité, le professeur soudanais Suliman Baldo. Il est également directeur exécutif de l'Observatoire de la Transparence et des Politiques au Soudan. Y a-t-il un risque de génocide au Darfour ? Va-t-on vers une partition est/ouest du Soudan ? En ligne de Nairobi, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Suliman Baldo, comment expliquez-vous la victoire militaire des FSR du général Hemedti à el-Fasher, six mois seulement après leur défaite à Khartoum ? Suliman Baldo : Bien sûr, les Forces de soutien rapide avaient mis un siège très strict autour d'el-Fasher pour plus de 18 mois, c'est-à-dire en interdisant même l'arrivée de denrées alimentaires ou bien les livraisons médicales pour les hôpitaux locaux. Et ils avaient bombardé la ville durant toute cette période. Et ils ont aussi utilisé des drones contre el-Fasher. Et à quoi ont servi ces drones très sophistiqués et de fabrication chinoise ? Il y a plusieurs mois que les Forces de soutien rapide ont acquis bien sûr des drones sophistiqués d'origine chinoise, mais aussi des moyens de défense aérienne qui ont empêché l'armée de l'air soudanaise de ravitailler sa garnison à el-Fasher. Est-ce que les Émirats arabes unis et le Tchad ont joué un rôle dans cette victoire militaire des FSR ? Les Émirats sont, disons, les fournisseurs du matériel de guerre de toutes sortes pour les Forces de soutien rapide. Et donc, ils ont joué un rôle principal et de taille. Le Tchad est seulement un instrument, disons, dans les mains des Émirats arabes unis, comme c'est le cas de la Libye de Haftar, en particulier pour les Forces de soutien rapide. Depuis une semaine, de multiples témoignages décrivent les atrocités commises par les FSR contre les civils appartenant à des communautés non-arabes, notamment la communauté Zaghawa. Est-ce qu'on est en train d'assister à la réplique d'el-Geneina, où 15 000 Masalits avaient été massacrés par les FSR, en juin 2023 ? Je ne crois pas que les victimes qui ont été liquidées par les Forces de soutien rapide à el-Fasher étaient toutes des Zaghawas. Le comportement des Forces de soutien rapide est totalement hors contrôle de leurs commandants. Et donc, lorsque les FSR ont pris la ville, l'armée et les forces conjointes alliées à l'armée avaient déjà pu se retirer de la ville, laissant la population civile derrière elles. Une population civile qui compte un quart de million de personnes. Et donc il y a eu un ciblage des Zaghawas, mais c'était aussi sans discrimination. Parfois, c'étaient des membres de différents groupes ethniques. C'était surtout une revanche sur les populations d'el-Fasher, qui avaient résisté à l'invasion de la ville pendant le siège de la ville. Certains observateurs se demandent si la situation n'est pas comparable aux premières heures du génocide au Rwanda, en 1994 ? Ce qui s'est passé est horrible et c'est une forme de crime commis d'une manière systématique. Mais je ne crois pas qu'il y ait eu l'intention d'éliminer une composante de la population sur des bases ethniques ou autres. Le général Hemedti affirme avoir fait arrêter plusieurs de ses combattants soupçonnés d'exactions et avoir ouvert une commission d'enquête. Est-ce qu'il cherche à échapper éventuellement à ses responsabilités ? Je crois que c'est une réaction à la condamnation globale, partout dans le monde, mais aussi une réaction, au sein de la population locale, face aux tueries qui ont eu lieu à el-Fasher. Je ne pense pas que les Forces de soutien rapide s'attendaient à cette réaction collective de l'opinion mondiale et locale. Et l'annonce de ces enquêtes est une façon d'essayer de contenir les dégâts que, disons, les réactions à ces tueries ont créés. Bien sûr, la prise d'el-Fasher est certainement une victoire militaire, mais ce qui s'est passé après représente une défaite politique totale et une défaite morale pour les Forces de soutien rapide. C'est à cause de ces atrocités, dont les Forces de soutien rapide sont devenues très spécialisées dans la commission de ces crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Est-ce qu'après la partition du Soudan du Sud en 2011, il ne va pas y avoir une seconde partition, du Soudan de l'Ouest cette fois-ci ? Il y aura une partition de fait, dans la mesure où il y aura deux gouvernements rivaux qui contrôlent chacun une moitié du pays. Mais je ne pense pas qu'il y aura sécession du Darfour ou bien de l'ouest du Soudan avec le reste du pays. Ça va être, disons, une situation comme en Libye, où il y a deux administrations qui contrôlent deux portions de territoire, mais il n'y aura pas une partition du pays. À lire aussiSoudan: craintes de la poursuite des exactions à El-Fasher, après la prise de la ville par les FSR À lire aussiSoudan: après les exactions à El-Fasher, les FSR arrêtent un seul de leurs membres

Le débat
Au Soudan, une guerre oubliée : jusqu'à quand ?

Le débat

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 41:52


Au Soudan, des massacres sans précédents ont lieu à El-Facher dans la région du Darfour. Les forces paramilitaires du général Hemetti ont fait tomber la ville après un siège de 18 mois. C'était la dernière grande ville de l'ouest du pays qui échappait encore à leur contrôle. L'ONU dénonce des atrocités effroyables commises dans la ville : exécutions sommaires, viols collectifs et enlèvements. Le Haut-Commissariat des Nations unies demande des enquêtes indépendantes. Que peut faire la communauté internationale ? Le Soudan est-il en voie de partition ?

L'info en intégrale - Europe 1
Le journal de 7h du 03/11/2025

L'info en intégrale - Europe 1

Play Episode Listen Later Nov 3, 2025 6:59


Dans cette édition :Le volet recette du budget est examiné à l'Assemblée nationale avec plus de 2400 amendements à étudier, ce qui pourrait retarder le vote prévu initialement pour le lendemain.À Lille, un jeune de 19 ans a été violemment percuté par une voiture qui fuyait un contrôle de police, suscitant l'émotion et l'indignation dans la ville.À Moissac, un homme ayant agressé une nonne dans l'abbatiale de la ville ne sera pas poursuivi, une décision qui indigne le maire.Au Soudan, les rebelles du FSR ont pris le contrôle de la ville d'El Fasher au Darfour, où de nombreux témoignages font état de massacres et de violences extrêmes envers la population civile.Jannick Sineur redevient numéro un mondial du tennis après sa victoire au Masters 1000 de Paris, qui s'est déroulé pour la première fois à la Paris La Défense Arena.Notre équipe a utilisé un outil d'Intelligence artificielle via les technologies d'Audiomeans© pour accompagner la création de ce contenu écrit.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Les matins
Jusqu'où aller dans le récit des horreurs de la guerre au Soudan ? Réponse d'une journaliste de la BBC

Les matins

Play Episode Listen Later Nov 1, 2025 5:34


durée : 00:05:34 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Moins d'une semaine après la chute d'El-Fasher, assiégée dix-huit mois, l'ONU dénonce la poursuite des atrocités au Darfour : viols, mutilations et meurtres en toute impunité. Comment décrire l'enfer au Soudan ? Récit d'une journaliste de la BBC, de retour de Khartoum. - invités : Nawal Al-Maghafi Correspondante internationale Senior à BBC World Service

Atelier des médias
Comment informer sur la guerre civile au Soudan ?

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Nov 1, 2025 35:36


Depuis plus de deux ans et demi, la guerre civile fait rage au Soudan, devenu un « trou noir de l'information ». Alors que s'y rendre est très compliqué, comment informer sur ce qui se passe dans ce pays ? Le journaliste Eliott Brachet, ancien correspondant de RFI à Khartoum, est l'invité de L'atelier des médias pour en discuter. La guerre civile qui ravage le Soudan depuis le 15 avril 2023 oppose les forces armées soudanaises du général Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemetti. L'ONU décrit la situation comme la « pire crise humanitaire au monde » : 150 000 morts, 13 millions de déplacés et 25 millions de personnes en proie à la famine. Dans ce contexte, le journaliste indépendant Eliott Brachet, ancien correspondant à Khartoum (2020-2023) désormais installé au Caire, décrypte les défis qu'il rencontre pour continuer d'informer sur le Soudan. Eliott Brachet rappelle que son arrivée en octobre 2020 visait à raconter « la fenêtre de liberté qui venait de s'entrouvrir avec la chute d'Omar el-Béchir ». La révolution soudanaise de décembre 2018 avait engendré une effervescence culturelle et une grande liberté de ton, favorisant la naissance d'un journalisme indépendant. Mais la nouvelle génération de journalistes a vu son travail prendre « un grand coup dans l'aile » depuis l'éclatement du conflit et a souvent été contrainte à l'exil. L'une des difficultés majeures pour la couverture médiatique est de faire franchir au Soudan le « plafond de verre dans les médias et dans l'espace public ». L'exposition Soudan, la guerre sur les cendre de la révolution, qu'Eliott Brachet a supervisée à Bayeux, en Normandie, visait d'ailleurs à recontextualiser cette guerre, en rappelant les avertissements des manifestants après le coup d'État de 2021 : la présence des deux généraux à la tête de l'État ne pouvait mener qu'au chaos. Difficulté d'accès et courage des journalistes soudanais Informer sur ce conflit est rendu extrêmement complexe par les difficultés d'accès pour la presse internationale. Les visas sont délivrés «au compte-goutte», et tout journaliste qui parvient à entrer dans les zones contrôlées par l'armée régulière est souvent suivi de près. C'est ce qu'Eliott Brachet a pu constater lors de son dernier reportage au Soudan, fin 2024. Les accès sont encore plus compliqués du côté des FSR, milice aux lignes de commandement floues, où le risque est de «servir la propagande des groupes en place». Le danger le plus grand pèse sur les journalistes soudanais : 32 ont été tués depuis le début de la guerre, indique Eliott Brachet qui insiste sur l'importance de ces regards locaux, souvent équipés d'un simple téléphone portable, qui documentent la guerre. Ces sources, issues de la génération révolutionnaire (activistes, bénévoles dans des réseaux d'entraide civils), sont essentielles pour obtenir des informations. Malgré les risques, la population reste désireuse de parler aux journalistes étrangers, explique Eliott Brachet pour qui ce conflit n'est pas une «guerre oubliée, c'est plutôt une guerre négligée ou une guerre ignorée», car les informations et les images existent, même si elles sont difficiles à obtenir.  Guerre d'influence et enjeu technologique Au-delà de l'affrontement fratricide, le conflit est une « guerre d'influence » avec des ramifications régionales. Le Soudan, riche en ressources comme l'or et le pétrole, voit l'exportation de ses ressources doubler, alimentant cette « économie de guerre » qui permet aux belligérants de s'armer. Chaque camp est soutenu par un réseau d'influence : l'armée régulière reçoit l'appui de l'Égypte, du Qatar, de l'Iran et de la Turquie, tandis que les FSR bénéficient d'un soutien des Émirats arabes unis, qui fournissent notamment des drones chinois de dernière technologie. Un autre défi moderne réside dans le rôle de Starlink. Ces connexions internet, souvent amenées par les acteurs armés (notamment les FSR), créent «une dépendance énorme des populations civiles aux acteurs militaires». Les civils doivent payer «un forfait à la minute pour pouvoir se connecter», transformant la communication en une source de revenus et un moyen de contrôle pour les forces en présence. Le recours aux sources ouvertes (OSINT) Face aux restrictions d'accès sur le terrain, le croisement des informations est crucial en raison de l'énorme propagande diffusée par les deux belligérants. L'utilisation de l'OSINT (enquête en sources ouvertes) et des images satellites est un moyen essentiel de suivre le conflit à distance. Eliott Brachet s'est rapproché de réseaux de journalistes et chercheurs, comme le laboratoire de recherche humanitaire de l'université de Yale, dont le travail permet de « documenter le pillage et la mise à sac et l'incendie en fait de nombreux villages au Darfour ». Ces outils, associés aux témoignages des jeunes Soudanais, constituent aujourd'hui les sources d'information les plus fiables sur ce conflit qui dure.

Journal de l'Afrique
L'ONU tire la sonnette d'alarme sur les atrocités au Soudan

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Oct 30, 2025 14:55


Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé sa "profonde inquiétude" sur "l'escalade" au Soudan, le chef des opérations humanitaires onusiennes parlant d'"informations crédibles d'exécutions de masse". Il a aussi affirmé que la ville d'El-Facher au Darfour a "plongé dans un enfer encore plus noir" : "l'horreur se poursuit. Des femmes et des filles sont violées, des gens mutilés et tués, en toute impunité".

Les matins
Guerre au Soudan : les exactions massives des paramilitaires se confirment à El-Fasher contre des civils démunis

Les matins

Play Episode Listen Later Oct 29, 2025 5:23


durée : 00:05:23 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Les craintes s'amplifient pour la population civile dans le Soudan en guerre, après des accusations de nettoyage ethnique dans la ville clé d'El-Facher prise par les paramilitaires au Darfour (ouest du pays), et la mort de cinq bénévoles du Croissant-Rouge au Kordofan (centre).

Journal de l'Afrique
Tanzanie : des élections sans opposition, couvre-feu à Dar es Salam

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Oct 29, 2025 12:17


La police a décrété un couvre-feu mercredi dans la capitale économique de Tanzanie où des centaines de personnes ont violemment manifesté, hurlant leur opposition au régime le jour d'élections présidentielle et législatives dont l'opposition était largement écartée. Première présidente de Tanzanie, promue à la mort de son prédécesseur John Magufuli en 2021, Samia Suluhu Hassa, qui aspire à être élue, est accusée de mener une répression sévère contre les voix critiques. 

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Guerre en Ukraine : nouvelle démonstration de force de Moscou

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Oct 29, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les FSR dans la ville d'El-Fasher, l'élection d'une nouvelle présidente en Irlande et les manœuvres américaines à proximité du Venezuela. Guerre en Ukraine : nouvelle démonstration de force de Moscou  La Russie a annoncé un essai final réussi de nouveaux missiles « uniques » appelés « Bourevestnik ». Comment ces nouveaux missiles se distinguent-ils des autres types de missiles ? Sont-ils aussi « uniques » comme l'assure Vladimir Poutine ? Avec Guillaume Ancel, ancien officier et auteur du blog « Ne pas subir ».     Soudan : la ville d'El-Fasher entre les mains des paramilitaires  Le général al-Burhan a reconnu que son armée s'est retirée de son dernier bastion du Darfour du Nord, la ville d'El-Fasher, maintenant contrôlé par les paramilitaires des FSR. Comment les paramilitaires sont-ils parvenus à prendre le contrôle de cette localité ? Pourquoi est-ce une ville stratégique ? Avec Alice Franck, géographe, chercheuse à Paris 1 Panthéon Sorbonne, spécialiste du Soudan.      Irlande : une candidate indépendante de gauche remporte la présidentielle  L'Irlande avait élu sa nouvelle présidente de gauche, Catherine Connolly. Qui est-elle ? Pourrait-elle rouvrir le débat sur une réunification de la République d'Irlande et l'Irlande du Nord ?   Avec Clémence Pénard, correspondante permanente de RFI à Dublin.      Venezuela : les inquiétantes manœuvres américaines à Trinité-et-Tobago  Actuellement à Trinité-et-Tobago, les troupes américaines stationnées en mer des Caraïbes depuis déjà deux mois pour « officiellement » lutter contre le narcotrafic se rapproche du Venezuela. L'armée vénézuélienne est-elle vraiment prête à contrer une intervention américaine ? Le pays a-t-il des alliés capables de l'aider à se défendre ? Avec Pascal Drouhaud, président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique latine. 

DS Vandaag
Waarom de wereld zwijgt over de zwaarste humanitaire crisis van het moment

DS Vandaag

Play Episode Listen Later Sep 26, 2025 23:45


Twee jaar geleden begon in Soedan een burgeroorlog die al aan 150.000 mensen het leven kostte. 13 miljoen mensen zijn op de vlucht, 25 miljoen Soedanezen zitten in een hongersnood. Vooral in Darfour, in het westen van het land, wordt de situatie met de dag ernstiger, mensenrechtenorganisaties spreken van een genocide. En toch werd er op de VN-top deze week amper met een woord gerept over Darfour. Hoe komt dat? Wat is de rol van de rest van de wereld? En hoe kan de bloedige oorlog gestopt worden? CREDITS Journalist Koen Vidal | Presentatie Alexander Lippeveld | Redactie Jutte Verelst | Eindredactie Sofie Steenhaut | Audioproductie en muziek Brecht Plasschaert | Chef podcast Alexander Lippeveld See omnystudio.com/listener for privacy information.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Israël : un plan de colonisation pour le découpage de la Cisjordanie

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Aug 18, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les manuscrits de Tombouctou, une polémique sur le patrimoine au Sénégal et l'épidémie de choléra au Soudan. Israël : un plan de colonisation pour le découpage de la Cisjordanie  Israël relance un projet controversé de colonisation en Cisjordanie, à l'est de Jérusalem.  Pourquoi relancer ce plan maintenant alors qu'il avait été gelé en 2005 ? En quoi la zone E1 est-elle stratégique pour Israël ? Avec Nicolas Falez, envoyé spécial de RFI à Jérusalem.    Mali : les manuscrits de Tombouctou rapatriés sous haute sécurité  Au Mali, les autorités ont entamé le rapatriement des manuscrits de Tombouctou, plus de dix ans après leur exfiltration. Pourquoi le retour des manuscrits à Tombouctou a-t-il pris treize ans ? Quelles mesures ont été prises pour garantir la sécurité pendant le transfert ? Avec Diarouga Aziz Balde, journaliste au service Afrique de RFI.   Sénégal : polémique autour de la déclaration de patrimoine  Au Sénégal, l'opposition conteste un projet de loi sur la déclaration de patrimoine qui exclut le président en fin de mandat. Quelles sont les justifications avancées par le Pastef pour défendre le texte ? En quoi l'abaissement du seuil de déclaration de 1 milliard à 500 millions de francs CFA change-t-il la donne ? Avec Juliette Dubois, correspondante de RFI à Dakar.    Soudan : une grave épidémie de choléra frappe le pays  Le Soudan, et notamment la région du Darfour, est en train de vivre une de ses pires épidémies de choléra. Qu'est-ce qui rend cette épidémie de choléra particulièrement grave par rapport aux précédentes ? Quels sont les principaux obstacles à la prise en charge rapide des malades ? Avec Sylvain Pénicaud, coordinateur de MSF à Tawila dans le Darfour-Nord. 

Journal de l'Afrique
Soudan : plus de 40 personnes tuées par les paramilitaires dans un camp de déplacés

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Aug 11, 2025 11:55


Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée soudanaise, ont attaqué lundi un camp de déplacés du Darfour du Nord, touché par la famine, tuant plus de 40 civils, selon des secouristes locaux. Dans ce contexte de guerre civile, le Soudan est touché par une nouvelle épidémie de choléra. À Tawila, ville du sud-ouest qui accueille plus de 500 000 personnes qui ont fui les combats, la maladie se propage rapidement.