Travelling, un déplacement de caméra pour tout connaître de l'histoire du cinéma! Une émission de Catherine Fattebert. Fichiers audio disponibles durant 30 jour(s) après diffusion.

Zabriskie Point, un lieu-dit dans la Vallée de la Mort en Californie. Un paysage érodé en forme de vaguelettes, des terres asséchées, le sable, le vent. Cʹest à Zabriskie Point que Michelangelo Antonioni filme son épopée américaine en 1970. Un film qui a pour thème les contestations estudiantines et la libération sexuelle. Il narre la rencontre entre une étudiante idéaliste et un militant radical dans la vallée de la Mort, pendant les troubles étudiants des années 1960 aux États-Unis. Il est produit par Carlo Ponti, et écrit en partie par le dramaturge Sam Shepard. Zabriskie Point est un film explosif à beaucoup de point de vues. Tourné en couleur, dans le désert, avec des comédiens amateurs, sans plan de travail réel, avec en bruit de fond des contestataires venus manifester bruyamment contre ce quʹils considèrent être une atteinte à la morale, le film est un véritable tour de force. Les militant pro-Nixon attaquent la production constamment. Mais Antonioni tient bon. Il sait où il va, ce quʹil veut. Il fait un film sur la colère, sur la violence de lʹAmérique. Cʹest seul quʹil rentre en Italie avec des milliers de mètres de pellicules. Son film est jugé sévèrement par la critique aux Etats-Unis. En Europe, il plaît un peu plus, mais ce nʹest pas un grand succès pour autant. Cependant, les cinéphiles le regardent, intéressés. Zabriskie Point influencera l'esthétique du cinéma américain des années 1970. Et devient culte. Tout comme sa bande originale composée en partie par Pink Floyd. Cʹest parti pour un film qui reflète la rencontre brutale dʹun artiste sensible avec la société de son temps marquée par la violence. REFERENCES Björkman, Michelangelo Antonioni, Cahiers du Cinéma, Le Monde, 2007 Antonioni regarde lʹAmérique, Zabriskie Point, notes de productions du film, Metro Goldwyn Mayer, 1970 Zabriskie Point, Interview des deux jeunes comédiens https://www.youtube.com/watch?v=r_fwZaaPNG8 Zabriskie Point en 6 minutes https://www.youtube.com/watch?v=tZZl21PpWlo

Le premier long-métrage de Sofia Coppola sʹintitule The Virgin Suicides, (Virgin Suicides en français), un film dramatique américain sorti en 1999. Adapté du roman du même nom de Jeffrey Eugenides, le film raconte l'histoire des cinq sœurs Lisbon dans le cadre d'une banlieue bourgeoise huppée tout près de Détroit dans le Michigan durant les années 70. Lʹhistoire des filles Lisbon cʹest celle dʹune famille étrange. Un père prof de mathématiques, une mère bigote, et cinq sœurs qui vont commettre lʹirréparable : le suicide. Mais ce sont surtout les garçons qui les observent qui sont au cœur du récit. Des jeunes gens amoureux fascinés des sœurs Lisbon qui vont perdre, en même temps quʹelle, leur enfance et basculer dans lʹâge adulte. Virgin Suicides cʹest la métaphore de lʹinnocence perdue, cʹest A lʹombre des jeunes filles en fleur qui devient filles de sang. Cʹest la poursuite de spectres blonds, vaporeux, aussi évanescents que le temps qui passe. Sofia Coppola, photographe et styliste, ne se destinait forcément pas à la réalisation. En lisant le livre, elle se sent portée, écrit un scénario sans avoir les droits du roman. Puis tout sʹenchaine. A sa sortie, le film marque les esprits. La critique est enthousiaste. On attendait une bluette de la part de la fille à papa. Mais voilà que Sofia parvient à se faire un prénom face à Francis Coppola. Ses actrices et acteurs sonnent juste, le propos comme lʹémancipation, les obsessions, lʹamour absolu adolescent, le corps de la femme et principalement de la jeune femme, la musique de Air, contribuent à en faire une œuvre qui marque le cinéma américain à lʹaube des années 2000. Place à un film qui fait goûter au poison de lʹadolescence sans beaucoup de concessions. REFERENCES Clotilde Leguil, Les amoureuses, voyage au bout de la féminité, Paris, Éditions du Seuil, 2009, 185 p. (ISBN 978-2-02-097618-3, lire en ligne [archive]), " Lux. Une amoureuse et ses sœurs ". Erwan Higuinen et Olivier Joyard, Tous les garçons et les filles de leur âge, portrait de Sofia Coppola, in Cahiers du cinéma no 536, 22 mai 1999 Making of https://www.youtube.com/watch?v=JQdmc5pqMpo Blow Up, Sophia Coppola en musique https://www.arte.tv/fr/videos/092096-051-A/blow-up-sofia-coppola-en-musiques/ FLASH BACK · " Virgin Suicides " de Sofia Coppola a 20 ans https://www.youtube.com/watch?v=MVfdxMOqwcE

Ce sont des films de princesse ou dʹimpératrice. Sissi, un film autrichien réalisé par Ernst Marischka en 1955. Cʹest le premier dʹune trilogie qui retrace la vie dʹElizabeth dʹAutriche et son amour pour lʹempereur François-Joseph. Sissi, cʹest Romy Schneider, toute jeune, face à Karlheinz Böhm dans un film qui va faire date. Car Sissi, cʹest un mythe en dentelle, fastes, et belles robes à la cour autrichienne. Cʹest une histoire qui fait souffler un vent de fraîcheur sur les blessures de lʹAutriche, de lʹAllemagne de lʹaprès-guerre et qui exporte une autre image de ces nations, une image qui fait rêver. Sissi en 1955 fait mouche. Le caractère mutin de Romy Schneider, les paysages bavarois, la magnificence de Vienne, et lʹamour plus fort que tout. Le film est suivi par Sissi impératrice en 1956, Sissi die Junge Kaiserin, et par Sissi face à son destin en 1957, Schicksalsjahre einer Kaiserin. Aujourdʹhui, dans Travelling, nous allons évoquer ces trois films. Mais pas uniquement. Nous allons également faire un point sur lʹHistoire de la vraie Sissi, la vraie impératrice, une femme au destin particulier, qui mourra à Genève, assassinée. Et puis nous parlerons surtout de Romy Schneider, sa vie, sa carrière, et la force quʹelle a mise à laisser derrière elle ce passé germanique, cette figure de Sissi qui va la hanter tout comme la figure de sa mère, la comédienne Magda Schneider, qui joue sa mère dans le film. Une comédienne au passé trouble quand lʹAllemagne était en guerre. Nous aurons la version des faits de Romy Schneider. Dès lors, partons pour la Bavière, puis pour lʹAutriche afin dʹentrer dans lʹhistoire dʹune impératrice qui va marquer le 19e siècle et laisser planer son ombre sur le cinéma du 20e siècle. REFERENCES Hermary-Vieille, Catherine, Romy, Editions Plon, 2011 A l'occasion du Festival de Cannes, François CHALAIS s'entretient avec Romy SCHNEIDER. Elle parle de l'évolution de sa carrière d'actrice après "Sissi", des personnes avec qui elle a eu envie de travailler et de la place d'Alain DELON dans sa vie. 11.05.1962 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00001137/romy-schneider-a-propos-de-son-evolution-et-de-sissi Romy Schneider sur la fragilité de la carrière d'acteur - 1978 - 02:03 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/1978-romy-schneider-et-l-importance-du-film-la-piscine-dans-sa-carriere la mort de Romy Schneider https://www.youtube.com/watch?v=shcggplJGdY

En 1995, les Inconnus deviennent Les Trois Frères à lʹécran. Cʹest leur premier long-métrage. Et ça fonctionne plutôt bien. Après avoir fait les beaux jours de France 2 avec leur série de parodies qui connaissent de très grands succès dʹaudience, avoir attaqué les scènes de Paris et de Province, avoir sévi sur les ondes radios, le trio sʹattaque au cinéma. Mais contrairement au Téléphone sonne toujours deux fois, sorti en 1985, où ils se contentaient de jouer les acteurs, là ils se décident à faire tout tout seuls. Les Nuls sʹy sont essayé juste avant eux. Réalisé par Didier Bourdon et Bernard Campan, deux des Inconnus, le trio ne se contente pas de compiler des sketchs, mais écrit une histoire drôle et touchante. Celle de Trois frères, comme le titre lʹindique, qui ne se connaissent pas, tous de pères différents, abandonnés par leur mère, une chanteuse qui est morte aux Etats-Unis et leur a légué 300 patates, soit 3 millions de francs. Le problème, cʹest que le magot pour des raisons X Y va leur passer sous le nez et leur laisser une pluie dʹemmerdements. Le film enchante le public qui vient en masse dans les salles, surprend, un peu, la critique qui ne sʹattend pas à quelque chose de valable cinématographiquement parlant. Et pourtant : le propos est là, les héros évoluent, et ce qui commençait comme un vaudeville, se termine par une rédemption. Les Trois Frères est couronné dʹun César de la Meilleure première œuvre en 1996. Le film poursuit sa carrière à la télévision, devenant, légitimement, une comédie populaire dont tout un chacun connaît les répliques à lʹinstar de La Grande Vadrouille ou des Bronzés. REFERENCES Sur le tournage des Trois Frères https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/1995-dans-les-coulisses-du-film-les-trois-freres 5 anecdotes sur les Trois Frères https://www.gqmagazine.fr/pop-culture/article/les-trois-freres-5-anecdotes-sur-le-film-culte-des-inconnus Un article sur le film https://www.lepoint.fr/cinema/les-trois-freres-le-coup-d-essai-coup-de-maitre-des-inconnus-08-03-2020-2366258_35.php les Inconnus au café-théâtre https://www.youtube.com/watch?v=B0yPqjEG3E4 Les Trois Frères racontés par les Inconnus dans Première, janvier 2019 https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Lhistoire-secrete-des-Trois-Freres-racontee-par-Les-Inconnus

Clint Eastwood, en justicier jusquʹauboutiste, brandissant son Magnum 44 demande sʹil a tiré 5 ou 6 balles. Cʹest culte. Mais cʹest violent. Et cʹest dans lʹInspecteur Harry, Dirty Harry, de Don Siegel sorti en 1971, un film qui va littéralement cliver lʹAmérique. Cʹest un des films policiers les plus influents et les plus controversés jamais réalisé. Clint Eastwood est Harry Callahan, un flic désabusé, solitaire, qui devient une sorte de Vigilante et butte contre le système, face à un psychopathe, Scorpio, joué par Andrew Robinson. Le Vigilante, cʹest une sorte de justicier, quelquʹun qui repousse les limites de la loi, les frontières professionnelles et morales pour appliquer sa propre vision de la justice. Le film débarque sur les écrans en 1971. Un période charnière où lʹAmérique est en crise. Cʹest un film reflet, un symptôme du regain de violence urbaine de la société américaine du début des années 70 Les utopies de la décennie précédente subissent un reflux brutal aux Etats-Unis empêtrés dans le bourbier de la guerre du Vietnam, les émeutes raciales et les scandales politiques. A Hollywood, le cinéma policier et le western vont rendre compte de cette crise morale et sociale avec des films critiques et démythificateurs. Le public adore. La critique le conspue, on fustige lʹultra violence, le patriotisme, la misogynie et Clint Eastwood sʹenferme dans un personnage de brute pour le plus grand plaisir des cinéphiles. Aujourdʹhui dans Travelling, la musique de Lalo Schifrin, les images de Don Siegel, San Francisco à lʹaube des années 70, Clint Eastwood et son personnage de Dirty Harry, on va vous raconter tout ça. Nous avons des anecdotes, des extraits, beaucoup dʹarchives, pour évoquer, lʹInspecteur Harry est une production qui mêle habilement simplicité et raffinement et crée des personnages iconiques. REFERENCES Clint Eastwood présente lʹInspecteur Harry à Cannes en 2008 https://www.youtube.com/watch?v=qhg35eO2c8o Rétrospective Don Siegel en 2011 https://www.dailymotion.com/video/xjrim4#.UX0qEHDWFOw Don Siegel, le dernier des indépendants https://www.youtube.com/watch?v=YoX6dS5pTMI GRUNERT, Andrea, Dictionnaire Clint Eastwood, Vendémiaire, 2016 Looking Back at Clint Eastwood & Dirty Harry https://www.youtube.com/watch?v=tzMc0oIgTUM Interview de Lalo Schifrin https://www.youtube.com/watch?v=Y79yXrXKDvw

Cent mille dollars au soleil cʹest un western à la française dans un décor de désert marocain. En 1964, Henri Verneuil, cinéaste adoré du public pour ses précédents films comme la Vache et le Prisonnier ou Mélodie en sous-sol, revient sur les écrans avec ce duel entre deux stars du cinéma français du moment : Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura, respectivement 31 et 45 ans. Pour les accompagner, Henri Verneuil ajoute une palette de personnages croquignolets incarnés par Bernard Blier et Andréa Parisy. Cent mille dollars au soleil, cʹest de la chaleur, du charisme, ahhhh Bebel, de lʹaction, de lʹaventure, de lʹhumour et des dialogues ciselés aux petits oignons par un Michel Audiard au mieux de sa forme. Il nʹen faut pas plus pour faire un succès au cinéma. Le film conquiert le public. La critique, par contre, est un peu plus mitigée. A lʹheure où un nouveau cinéma prend ses aises, le cinéma populaire sent des pieds. Lʹintelligentzia du Festival de Cannes sʹagace de la venue de cette production popu en son sein. Tout ça fait un joli scandale qui finalement rend service au film. Allez, on met une casquette de la crème solaire et on fonce dans le Sahara sur la piste du tournage de 100 000 dollars au soleil.

C'est film clé de lʹhistoire du cinéma, sorti en 1933, avec des images fortes qui impriment notre rétine à jamais. Si je vous dis un immense singe sur lʹEmpire State Building, descendu par des avions, vous savez tout de suite de quoi nous parlons. Car cʹest aussi simple que cela : King Kong est une icône. Le singe le plus célèbre de lʹhistoire du cinéma, un animal fantastique, un gorille monstrueux, gigantesque, sauvage mais touchant. Une création due à la folie de deux réalisateurs complètement allumés et fans dʹaction : Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper. Ce nʹest pas lʹadaptation dʹun livre dʹépoque, mais bel est bien une idée originale née de lʹimagination de ces deux hommes qui tournent des films entre deux autres projets, toujours par peur de sʹennuyer. Kong est leur immense bébé. Ce personnage de singe démesuré nʹest que le reflet de ses créateurs, un chef-dʹœuvre dʹinventivité, de créativité. Mais il y a un autre homme quʹil faut citer : Willis OʹBrien. Cʹest lui le décorateur et le maquettiste qui est derrière les effets spéciaux révolutionnaires qui donnent vie à King Kong, ce monstre dʹHollywood qui nous narre quelque chose de plus profond quʹune forêt exotique, une starlette kidnappée, et des gratte-ciel new-yorkais. Vous êtes prêtes ? Prêts ? Alors partons à lʹaventure, à la recherche du roi singe, de King Kong….le bateau pour Skull Island nous attend. Embarquement immédiat. REFERENCES Lauric Guillaud, King Kong ou la revanche des mondes perdus, coll. Horizons américains, Michel Houdiard Editeur, 2006 Ray Morton, King Kong ; The History of a Movie icon from Fay Wray to Peter Jackson, Applause Theatre & Cinema Books, New York, 2005 François Forestier, Un Singe en enfer, King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, article paru dans le Nouveau Cinéma, Mars 2000 Ernest B. Schoedsack sʹexprime sur le tournage http://www.youtube.com/watch?v=L_KuiVHbwUk&feature=relmfu un documentaire http://www.youtube.com/watch?v=MpKMZJiTOtM&feature=endscreen&NR=1 Michel Le Bris, écrivain essayiste, 'Kong" Ed. Grasset

Les Chariots de feu, Chariots of Fire, est un film de Hugh Hudson, sorti en 1981 qui s'inspire librement de l'histoire de ces deux athlètes concourant aux Jeux olympiques d'été de 1924 à Paris, Harold Abrahams et Eric Liddell. Ce sera pour remporter la médaille dʹor du 100 m pour le premier et du 400 m pour le second. Au générique du film, de grands inconnus, car le réalisateur, tout à son projet, ne souhaite pas de vedettes. Il filme au plus près des émotions, au plus près des sportifs qui courent chacun pour ses propres motivations : lutte des classe ou religion. Derrière le projet, un producteur attentif, David Puttnam. Les Chariots de feu rencontre un grand succès à sa sortie, critique, et public. Il glane 4 Oscars dont celui de la meilleur musique de film remportée par Vangelis. La BO connaît également de son côté un grand succès passant sur toutes les radios. Alors embarquons dans lʹAngleterre des années 20 et suivre des trajectoires parallèles dʹathlètes confrontés à leur foi, à lʹantisémitisme, à la pression sociale et qui vont tout faire pour exploser les codes en vigueur. Nous évoquerons Hugh Hudson le réalisateur, mais également David Puttnam son producteur. Il ne nous reste plus quʹà enfiler nos shorts blancs, nos tennis, et à partir courir en équipe dans les embruns pour tenter de remporter une médaille dʹor.

Cʹest un film étrange, interpellant, libre, entier, social, vivant : Shadows, de John Cassavetes, sorti en 1959. Tourné par un comédien devenu réalisateur, Shadows bouscule tous les codes en vigueur. Nouvelle vague américaine par excellence, le film est tourné dans les rues de New-York, de nuit avec des comédiens amateurs. Les dialogues sont improvisés sur un canevas donné. Les plans sont inégaux, le montage saccadé, le son naturel. Le thème est le racisme, lʹamour, la jeunesse et le jazz. Lʹhistoire se déroule au cœur de la Beat Génération à New York, dans le sérail dʹune forme artistique bouillonnante. Une fratrie, deux frères et une sœur, métis, afro-américains, côtoient dʹautres jeunes gens. Lʹun des frères est noir, les autres blancs. Un jeune homme blanc tombe amoureux de la jeune femme, mais fuit quand il découvre ses origines pour revenir ensuite, la queue entre les jambes, quêter son amour. Lʹhistoire est simple. Sans réel début ni fin. Les images sʹaccompagnent de la musique de Charles Mingus, pianiste, compositeur et chef dʹorchestre, dont la carrière est guidée par une idée fixe : comment être Noir et Américain ? La même question qui parcourt Shadows. Le film est boudé en Amérique, mais adulé en Europe. Il est primé à Venise. Forcément, en Europe, les lignes du cinéma traditionnel explosent avec le Free Cinema anglais, le Cinéma nova et la Nouvelle vague française. REFERENCES Cassavetes. John Autoportraits, Editions de lʹÉtoile ; Cahiers du cinéma, 1992 L'Avant-scène n° 197 : Shadows, découpage définitif après montage et dialogues in extenso, 1977. John Cassavetes et son cameraman en 1969 John Cassavetes par Thierry Jousse - Blow Up - ARTE

Bonjour Tristesse est un film dʹOtto Preminger adapté dʹun roman à succès des années 50 sorti en 1958. Enfin un roman…LE roman. Celui de Françoise Sagan sorti en 1954 alors quʹelle nʹa que 18 ans. Cʹest un véritable phénomène littéraire. Car il est le fait dʹune jeune romancière étonnamment mûre, qui écrit avec la liberté de lʹadolescence, son impudeur, son impudence, une histoire dʹune jeune fille égoïste, futile, confrontée au chagrin, à la tristesse, au deuil quʹelle a elle-même provoqué. Et cʹest ce roman, quʹOtto Preminger, le maître du film noir, adapte au cinéma. Il en fait une histoire nostalgique, moins torturée que le roman. Lʹadaptation adopte le point de vue de Cécile, adolescente de 17 ans qui vit une vie oisive avec son père, un adulescent qui multiplie les conquêtes. Mais son père tombe amoureux dʹune femme de son âge, ancienne amie de la mère de Cécile. La vie de la jeune fille en est bouleversée. Otto Preminger retrouve Jean Seberg, sa Jeanne dʹArc, pour jouer Cécile. La comédienne sʹy montre mutine, jalouse, égoïste, absolument parfaite face à Deborah Kerr, David Niven et Mylène Demongeot. Tourné en décors naturels entre Paris et Saint-Tropez, des décors somptueux, sous le soleil de la Riviera, Bonjour Tristesse est un film qui raconte son époque, sans tabous, ni contraintes. Le film connaît en France un joli succès critique et public. Les Etats-Unis le boude. Pas assez français, ou trop français à leur goût. Peu importe, Sagan a dʹautres projets, Preminger aussi. REFERENCES https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i17214461/francoise-sagan-et-les-tabous-de-son-epoque https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i14351721/juliette-greco-a-propos-de-francoise-sagan François Chalais sur le tournage de Bonjour Tristesse, 26.09.1957 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i12103896/otto-preminger-a-propos-de-bonjour-tristesse "Entretiens avec Françoise Sagan", des entretiens avec la romancière, menés dans la bonne humeur par André Halimi, dont nous écoutons le deuxième numéro diffusé la première fois le 2 janvier 1973 sur France Culture. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/francoise-sagan-le-scandale-c-est-le-talent-quand-les-gens-sont-attrapes-directement-par-les-cheveux-et-qu-on-les-frappe-par-une-phrase-8410598 SAGAN, Françoise, Bonjour Tristesse, Julliard, 2014

Philadelphia, de Jonathan Demme, sorti en 1993 est un film important. Car il traite de problématiques tragiques : le Sida, lʹhomophobie et lʹexclusion. On lʹa un peu oublié aujourdʹhui, mais dans les années 80 et 90, la communauté homosexuelle masculine, principalement, est atteinte dʹun mal mortifère qui emporte dans la tombe des centaines de jeunes gens. Mais lʹépidémie de Sida va sʹétendre et toucher dʹautres populations par le biais des transfusions sanguines. Il nʹen faut pas plus pour que la panique gagne tout le monde et que le virus progresse rapidement. Ce mal, on en parle tous les jours, à la radio, à la télévision, dans les journaux. Il faut du temps pour que lʹon comprenne comment le virus du Sida fonctionne et quʹon mette en place des campagnes dʹinformation, de prévention, tandis que la science progresse et propose des thérapies. Et cʹest dans ce climat délétère de peur, que Jonathan Demme, réalisateur multi oscarisé pour le Silence des Agneaux, tourne un film de procès qui traite, en sous-main du Sida, mais plus frontalement dʹexclusion. Philadelphia cʹest le premier film grand public qui traite de cette question. Et il va faire date. Certainement grâce aux performances de ses acteurs principaux, Tom Hanks et Denzel Washington, mais principalement grâce à un scénario, inspiré dʹune histoire vraie, un scénario bien ficelé signé Ron Nyswaner. Le film est bien accueilli par le public et la critique. Tom Hanks remporte son premier Oscar du meilleur acteur pour son rôle d'Andrew Beckett, Aujourdʹhui, dans Travelling, cʹest Philadelphia que nous regardons ensemble. Ne tardons pas trop, car le personnage joué par Tom Hanks se lance dans un contre-la-montre contre lʹinjustice dont il est victime. Il en sortira vainqueur avant dʹêtre emporté par la maladie. REFERENCES Philadelphia, un film de Jonathan Demme, notes de productions du film, Tristar, 1993 CBS This Morning interviews Bruce about his Grammy wins for "Philadelphia" on March 2, 1995. Interesting comments about the E Street Band. https://www.youtube.com/watch?v=W5OExj0BakE Duplex Tom Hanks : F2 Le Journal 20H - 04.09.1994 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab94081912/duplex-tom-hanks Jonathan Demme talks about the cultural context and ambitions of his 1993 film "Philadelphia" June 7th, 2006 https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=OJvEt5nb--8 Les chiffres du Sida en 2002, ONU Sida https://www.unaids.org/fr/resources/fact-sheet

Parler dʹun film de Martin Scorcese, cʹest toujours un plaisir. Car il est un cinéaste rare à lʹunivers multiple, aux personnages ciselés, aux rites qui leurs sont propres. Ici, cʹest à la mythologie de la Mafia quʹil règle ses comptes en suivant le parcours dʹHenry Hill, un Affranchis. En 1990, Martin Scorcese présente, sur les écrans, The Goodfellas, Les Affranchis. Trente années de crimes, dans une des cinq familles mafieuses de New-York, trafics, règlements de comptes, vu à travers les mots dʹun truand repenti. Se basant sur le best-seller de Nicholas Pileggi, écrit à partir dʹune reconstitution minutieuse des confessions du vrai Henry Mills, alors encore sous protection policière pour avoir dénoncé tous ses petits camarades, le film décrit le parcours dʹun gamin devenu mafieux, un irlando-italien, fasciné par les gangsters, devenant lʹun dʹeux à douze ans jusquʹà sa chute. Petit à petit, ce monde cosmopolite à lʹunivers codé se dévoile. Une société en marge, violente, cynique, spectaculaire. Scorcese scrute les rapports complexes qui le régisse au plus près des personnages. Ceux-ci sont incarnés par ses acteurs fétiches : Robert de Niro, Joe Pesci. Un nouveau fait également son apparition dans le sérail Scorcese : Ray Liotta, extraordinaire en Henry Hill. Lorraine Bracco et Paul Sorvino complètent un casting. Véritable comédie de mœurs, dramatique, à lʹhumour noir et corrosif, à la barbarie fracassante, les Affranchis est un succès public et critique, même si les premières projections vident une partie de la salle. La violence est sans phare et choque. Mais les critiques sont bonnes dans lʹensemble et le film reçoit une pluie de récompenses. Il est nommé 6 fois aux Oscars, obtenant celui du meilleur acteur de second rôle pour Joe Pesci. REFERENCES Ray Liotta sur ses rôles, GQ France https://www.youtube.com/watch?v=VBxV7ZbSrCw Martin Scorcese parles des Affranchis Jim Whaley sits down with Martin Scorsese to discuss his latest film, "Goodfellas" on WPBA-Atlanta's "Cinema Showcase." https://www.youtube.com/watch?v=T2NxJFK3XQ0 Le Making Of du film https://www.youtube.com/watch?v=Ubs0iXviehc SCHICKEL, Richard, Conversations avec Martin Scorcese, Editions Sonatine, NIOGRET, Hubert, Entretien avec Martin Scorcese, Positif

Cʹest le film, non pas dʹun anar, ni dʹun homme en colère, mais dʹun humoriste critique, dʹun comique qui fait rire jaune, qui tape là où ça peut faire mal. En lʹoccurrence, avec une satire, Jean Yanne sʹattaque pour sa première réalisation, au monde des médias quʹil connaît bien, médias putassiers, coupables de faire de la retape pour avoir plus dʹaudience. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, est une comédie satirique sortie en 1972 et décrivant le monde, pas très rose, de la radio. Cette radio qui est visée, est, dans les années 70, le média le plus efficace du moment. Un média qui soutient le système politique, économique et social et qui définit la société de consommation. La télé sʹimposera dans la foulée. Durant 10 ans, Jean Yanne a été animateur dans différentes radios. Et plusieurs fois viré. Il connaît bien le sujet. Sa radio imaginaire est paroxystique, avec des accents de vérité et en fait une charge efficace. Cʹest cela le comique social, un passage à la limite, un délire logique mais fondé sur une réalité de terrain. Du rire détergent qui lave plus blanc, ou moins noir. A sa sortie, le film ravit le public et ébouriffe les critiques. Cʹest un vrai succès, même si dans les radios où Jean Yanne a travaillé ça grogne beaucoup. REFERENCES DICALE, Bertrand, Jean Yanne , A rebrousse-poil, First Document, 2012 Jean Yanne et lʹhumour, une archive INA https://www.youtube.com/watch?v=sRx4DMJ5cfE Bonus de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil https://www.youtube.com/watch?v=gpCSyln7dc8 Jean Yanne, sa vie, ses mots https://www.youtube.com/watch?v=tU8dmVKRsQg

Les sons du carnaval, une descente aux enfer, Orphée et Eurydice, la mort, la vie, lʹamour, et Rio de Janeiro. La Palme dʹor du festival de Cannes 1959, lʹOscars du meilleur film étranger en 1960, est Orfeu Negro, film musical de Marcel Camus sorti en 1959. Il est adapté d'une pièce de Vinícius de Moraes, Orfeu da Conceição montée en 1956 à Rio. Le film, comme la pièce dʹailleurs, est une adaptation du mythe dʹOrphée. Une thématique ancienne, dépoussiérée par des rythmes entêtants, brulée de soleil, grouillante de vie, dans des paysages extraordinaires avec la mer et le Pain de sucre au loin. Orphée, cʹest lʹhistoire dʹun amour absolu, dʹun musicien qui ira jusquʹaux enfers récupérer sa femme. Lʹadaptation du mythe dans les favelas de Rio, dans le cadre du carnaval est une révolution esthétique. Le film suscite lʹenthousiasme de la critique européenne et américaine, tout en soulevant des critiques au Brésil. Tout enchante : le choix des acteurs, non professionnels à lʹexception de Marpessa Dawn, néanmoins débutante dans le métier, le choix dʹune distribution exclusivement noire, saluée comme courageuse, les mélodies, le tourbillon des couleur, les rythmes. Les thèmes du film composés par Luiz Bonfá et Antônio Carlos Jobim deviennent des classiques de jazz. La bossa nova pénètre dans les cœurs, la samba nous invite à danser. Cʹest un véritable tourbillon des sens que propose Marcel Camus. Un film complètement hypnotique sur lequel nous allons poser, presque 70 plus tard, un regard tendre mais lucide, en le replaçant dans son contexte. Il ne nous reste plus à emboiter nos pas dans ceux dʹEurydice et de débarquer à Rio à la veille de carnaval. REFERENCES Jean-Michel Devésa, " Orphée et le carnaval, entre mascarades et parades. Autour d'Orfeu Negro de Marcel Camus. ", dans Penser le carnaval: variations, discours et représentations, Éditions Khartala,, 2010, 311 p. (lire en ligne [archive]), p. 177-193. Jean de Baroncelli, " "Orfeu Negro" "Al Capone" ", Le Monde,ý 22 juin 1959 Jean de Baroncelli, " Nouveau succès français Orfeu Negro ", Le Monde,ý 14 mai 1959

Zelig est un documenteur comme on dit, cʹest-à-dire un faux documentaire, signé Woody Allen, sorti en 1983. Un canular absolument génial, mêlant fausses séquences dʹactualités, photos truquées et un héros unique, Leonard Zelig, un héros en tel manque dʹamour et de reconnaissance quʹil en devient homme caméléon. Quand on le met en présence dʹun obèse, il devient obèse, quand il est face à un psychiatre, il devient psychiatre, quand il est face à un Indien, il devient Indien. Cʹest un cas pour la médecine et la coqueluche des années folles. Le public adore Zelig que lʹon expose comme un phénomène de foire. Sous hypnose, le personnage avoue sa vérité à sa psychiatre, la seule qui pense pouvoir le sauver de ce mal étrange qui le ronge : " Cʹest plus sûr dʹêtre comme les autres. Je veux être aimé ". Une phrase terrible qui fait perdre toute identité au patient pour absorber celle de lʹautre. La dissolution de lʹêtre en quelque sorte. Mais au-delà de la philosophie, Zelig, cʹest une performance technique. Pas gratuite. Un documentaire au service de la psyché de son auteur. On retrouve, dans ce film très personnel, le malaise dʹun homme qui ne parvient pas à trouver sa place dans le monde. Les thèmes de prédilection de Woody Allen sont évoqués : timidité sexuelle, angoisse métaphysique, impuissance créatrice, existentialisme et psychanalyse. Cʹest aussi la manipulation des images qui est abordée. Dès lors, ne tardons plus et intéressons-nous de plus près au cas Zelig comme le Dr. Eudora Fletcher. REFERENCES Woody Allen on the Culture of Mediocrity and Why He Makes Movies (1979) https://www.youtube.com/watch?v=xRNGeJ8nq9Q Woody Allen et la sensation dʹexister https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08329054/woody-allen-et-la-sensation-d-exister LAX, Eric, Entretiens avec Woody Allen, Plon,

c'est un des films de lycanthropes les plus cultes de chez culte. Et cʹest promis, après, vous nʹaurez quʹune envie, hurler à la lune avec les protagonistes de cette histoire. Car le Loup-Garou de Londres, An American Werewolf, réalisé par John Landis en 1981, va faire basculer le mythe du loup-garou dans lʹunivers contemporain, en plein cœur de Londres. Un scénario simple, classique, mais avec un sous-texte interrogatif sur la part de monstruosité qui est en nous et surtout avec des effets spéciaux époustouflants pour lʹépoque. Les maquillages et les effets spéciaux sont dus à Rick Baker, ami de longue date du réalisateur, qui recevra lʹOscar du meilleur maquillage. Une première. A sa sortie, le film marque les esprits. Le film fait peur, mais faire rire à la fois. Tout le monde plébiscite les maquillages. Tout le monde adore le fait quʹil nʹy a pas de magie, de prophétie et que ça se passe ici et maintenant et pas dans les Carpates avec dʹautres monstres qui mangent des paysans. Le loup-garou de Londres, cʹest simplement lʹhistoire de deux pauvres touristes américains qui nʹont pas eu de chance, deux touristes qui font une mauvaise rencontre sur une lande anglaise. Après les Blues Brothers, John Landis sʹamuse à nous faire peur en exploitant les codes du genre, en le dépoussiérant, comme son comparse Joe Dante la même année, mais avec lʹhumour chevillée aux crocs de son loup. REFERENCES Paul Davis, Beware the Moon : The Story of An American Werewolf in London, Dead Mouse Productions Ltd, 2016 John Landis on American Werewolf, FilmSchoolarchive. Rick Baker on "An American Werewolf in London" An American Werewolf London 1981 Extras - Making of The creation Director John Landis, Oscar-winning makeup artist Rick Baker, producer George Folsey, Jr., and actor David Naughton explore the making of "An American Werewolf in London" at the Academy's screening on October 9, 2012 at the Samuel Goldwyn Theater, including a look at the werewolf and Rick Baker sculptures by Mike Hill, as part of the series "A Monstrous Centennial: Universal's Legacy of Horror."

Hibernatus dʹEdouard Molinaro sorti en 1969 est un classique avec Louis de Funès, un film que vous avez toutes et tous vu et revu et qui vous donne à chaque fois un petit frisson. Adapté dʹune pièce de théâtre à succès de Jean Bernard Luc, le film raconte lʹhistoire dʹun homme retrouvé congelé dans un bloc de glace. La découverte est fabuleuse, car lʹhomme, jeune, est parfaitement conservé et surtout, vivant. On va pouvoir le ranimer. Mais cette réanimation nʹest pas sans conséquences, principalement pour les héritiers et les descendants de ce Paul Fournier. Hibernatus est un film très attendu après Oscar du même Molinaro. Cʹest un des tout grands succès en France de cette année 1969. Il devient très vite un classique. Louis de Funès est de la partie, tout comme son éternelle épouse de cinéma, Claude Gensac. Le casting accueille également Michael Lonsdale, Paul Préboist, Bernard Alane, Olivier de Funès, le propre fils de Louis de Funès, et Claude Piéplu. Bref, du beau monde. Hibernatus, cʹest un voyage dans le temps, imposé, avec des scènes mémorables et quelques longueurs, surtout pour Louis de Funès pour qui le tournage nʹa pas été quʹune partie de plaisir. Notez que pour son réalisateur ça a aussi été une galère polaire que ce film. Mais ça, nous allons vous le raconter à travers des archives et des documents, dont un documentaire sur le film intitulé : Rompre la glace, les Coulisses dʹHibernatus. Voilà, vous savez tout. Il ne nous reste plus quʹà laisser souffler une petite brise glaciale à travers les ondes et à nous occuper de cet ancêtre plus encombrant vivant que mort. REFERENCES Interview de M. Michel Lebon du 15 février 2013 par Franck et Jérôme http://nimotozor99.free.fr/lebon-michel.htm Claude Gensac et ses films avec Louis de Funès dans Aujourd'hui la vie 04/02/1983 https://www.youtube.com/watch?v=QDk3_3NPauM Olivier de Funès raconte son père en janvier 2023 https://www.youtube.com/watch?v=KKeFIjC2E3Q BONNOTTE, Stéphane, Louis de Funès, Jusquʹau bout du rire, Michel Lafon, 2003 Rompre la glace - Les coulisses d'Hibernatus " : documentaire avec les témoignages de Bernard Alane, François de Lamothe et Édouard Molinaro

Cʹest une histoire dʹamis amants sur fond de comédie musicale, Le Milliardaire, Letʹs Make Love, de George Cukor sorti en 1960. Le scénario est en partie écrit ou réécrit par Arthur Miller, le mari de Marilyn. Sur lʹécran nous trouvons Yves Montand en milliardaire désabusé tombant amoureux de la vedette dʹun petit show de Music-hall. Cette vedette nʹest autre, vous lʹavez deviné, que Marilyn Monroe. Et entre les deux acteurs principaux du film, une idylle se noue. Le couple Arthur Miller-Marilyn Monroe et le couple Simone Signoret-Yves Montand, se connaissent déjà. Ils ont passé dʹagréables soirée à New York ensemble quand Yves Montand était la coqueluche de Broadway. Mais là, les choses changent. Montand-Monroe deviennent amants pendant le tournage. Un couple adultère, très médiatisé. Les époux Simone Signoret et Arthur Miller assistent impuissants à cette drôle dʹaventure. Le film sort sur les écrans auréolés du scandale de cette passion éphémère qui aurait duré de fin avril à juin 1960. Le public se presse pour voir Marilyn, toujours elle, dans ce qui sera son avant-dernier film, le dernier achevé étant les Désaxés. Montand, lui, rentre en France et poursuit sa carrière de chanteur, de comédien, tout en faisant un peu de politique. The Show must go on. REFERENCES SPOTO, Donald, Marilyn Monroe, la biographie, Presses de la cité, 1993 LEAMING, Barbara, Marilyn, une femme, Albin Michel, 2000 Montand au Letterman Show https://www.youtube.com/watch?v=AeUqFfYROB4 Dans une interview enregistrée en 1974, le comédien français Yves Montand évoque le souvenir de Marilyn Monroe qui fut en 1960 sa partenaire dans le film Le Milliardaire de George Cukor. https://www.rts.ch/archives/1995/audio/souvenir-de-marilyn-25611445.html Yves Montand en 1959 à Montréal https://www.youtube.com/watch?v=RmJu0-N5MJo Arthur Miller documentaire sur Marilyn Monroe https://www.youtube.com/watch?v=phuRgCHVApQ Quand le cinéma cite Marilyn Monroe, Blow Up, Arte https://www.youtube.com/watch?v=1pWMdyrY4vw Deux couples à Hollywood : Signoret et Montand, Monroe et Miller, documentaire de Sylvain Bergère, France télévision, 2020 https://www.youtube.com/watch?v=OeAAQtDKvzw

Cʹest le deuxième long-métrage de Steven Spielberg, et son premier succès, une histoire de camion, de voiture, de poursuite, un film angoissant tiré dʹune nouvelle de Richard Matheson qui en écrit le scénario. Ce film cʹest Duel, un téléfilm pour la chaîne ABC, diffusé en 1971 à la télévision sous la bannière : ABC Movie of the Week. Un programme hebdomadaire avec des téléfilms produit avec un petit budget par des réalisateurs talentueux. Et talentueux, on sait quʹil lʹest Monsieur Spielberg puisque le film conquiert lʹEurope, puis gagne le Grand Prix du Festival International du Film Fantastique à Avoriaz en 1973. Après avoir reçu ce prix que le téléfilm devient un film. Duel est agrémenté dʹautres scènes, allongé de 16 minutes pour atteindre 90 minutes, et finit par passer au cinéma. Il y rencontre un joli succès dʹestime. Il a coûté 450'000 dollars et en rapporte dans le monde 6 millions. Pas mal pour un tout jeune réalisateur de 25 ans qui pour lʹinstant nʹest passé que par quʹun long-métrage " maison " à 17 ans et par la case télévision. Mais que raconte Duel ? Pas grand-chose pourtant : cʹest lʹhistoire dʹun représentant de commerce, joué par Dennis Weaver, dont la vie est menacée par un poids lourd, fumant et rugissant : tout le film consiste en une longue course-poursuite sur les routes des déserts de Californie. Ce qui est intéressant cʹest le traitement qui en est fait, sa qualité plastique, la force de sa narration et lʹangoisse qui sourd de chaque plan. Cʹest ce qui fait Duel ouvre les portes des studios hollywoodien au réalisateur. Spielberg fera la longue et fascinante carrière quʹon lui connaît. Il ne nous reste plus quʹà monter avec lui dans la voiture de David Mann et à espérer que nous sortirons vivants de ce drôle de jeu de chat et de souris sur roues. REFERENCES Duel, a Conversation with Steven Spielberg – Part 1 https://www.youtube.com/watch?v=luG6wuSQYUE Duel, a Conversation with Steven Spielberg – Part 2 https://www.youtube.com/watch?v=eKKd8z-3GXo Behind the Scenes : Duel (Spielberg, 197) with Dennis Weaver and Jacqueline Scott https://www.youtube.com/watch?v=Wyj0Jqx4-g8 Richard Matheson, The Writing of duel https://www.youtube.com/watch?v=I766_4-li14

Cʹest Cendrillon qui finit assassinée par son prince. Un classique du cinéma, adulé, encensé. Normal, cʹest Joseph Leo Mankiewicz qui signe ce chef-dʹœuvre sorti en 1954, intitulé La Comtesse aux Pieds Nus, The Barefoot Contessa. Lʹhistoire est celle dʹune jeune femme, madrilène, fantastique danseuse, recrutée par un millionnaire pour les besoins dʹun film, qui devient une star, puis épouse un Comte impuissant, tombe enceinte du domestique et meurt. " Jʹai essayé de faire un conte de fées qui corresponde à la vie dʹaujourdʹhui, une version amère de Cendrillon. Le prince charmant aurait dû, à la fin, se révéler homosexuel, mais je ne voulais pas aller aussi loin. " confesse Mankiewicz. Vous lʹentendez, le propos est assez subversif. Dʹautant que le réalisateur sʹamuse à attaquer le tout Hollywood, sa chasse aux sorcières, son système pyramidal, la jet-set, la noblesse européenne vieillissante et quelques producteurs tout puissants dans la foulée. Cʹest un film porté de bout en bout par son réalisateur qui vient de fonder sa propre maison de production Figaro Inc., Figaro Incorporation. Construits en flash-backs, le film propose un magnifique portait de femme porté par la présence magnétique dʹAva Gardner. Un rôle clé, marquant, à la fois proche et éloigné de la réalité. Elle y est tour à tour exceptionnellement fragile, forte, folle, amoureuse, déprimée, magnifique. A ses côté, Humphrey Bogart dans le rôle dʹun metteur-en-scène ami, sorte de doublure visuelle du réalisateur. Ne tardons pas. La comtesse marche pieds nus dans cette success story complètement pervertie, dans un film placé sous le signe de la fatalité et de la tragédie. REFERENCES Ava Gardner dans un jeu télé http://www.youtube.com/watch?v=U2hy6fyheIA Un documentaire sur Ava Gardner https://www.youtube.com/watch?v=uJGkz4I1r-4 N.T. BINH, Mankiewicz, Rivage/Cinéma, Paris, 1986 Patrick LOUGUET, La Comtesse aux pieds nus, Un cinéma qui se raconte et qui se pense, Cinémas, Artois Presses Université, Arras, 2003 Patrick BRION, Joseph L. Mankiewicz ; biographie, Filmographie illustrée, analyse critique, Editions de la Martinière, Paris, 2005 Ava Gardner, Ava, Mémoires, traduit de l'anglais par Françoise Cartano, Presses de la Renaissance, Paris, 1991,

Fame vous connaissez toutes et tous. Si pas le film dʹAlan Parker sorti en 1980, du moins la série télé, et si pas la série télé, du moins sa musique. Car la bande originale de Fame a rencontré un succès planétaire, faisant sautiller des hordes dʹadolescents dans les années 80. Mais que raconte Fame ? Les heurs et malheurs de jeunes gens qui veulent percer dans les milieux artistiques, danse, théâtre ou musique. Le film raconte le quotidien d'élèves de la High School of Performing Arts, une école artistique de New York. On y suit la vie pendant leurs années de formation de 8 élèves de tous milieux et de toutes origines qui passent de la fin de lʹadolescence à lʹâge adulte, avec de rêves de gloire et beaucoup dʹambitions. Ils ont envie de briller. Ils, elles donnent tout. Et se heurtent à la vie, à leurs professeurs. Fame, cʹest aussi beaucoup de désespoir, de désillusion. Le revers de la médaille fait mal. Alan Parker dresse le portrait dʹun monde à part, une mosaïque de la société américaine et de sa scène artistique, ainsi que du travail quʹil faut fournir pour devenir quelquʹun. Le réalisateur anglais reste fidèle, après Midnight Express, à son credo : filmer la jeunesse. Fame est un film sans temps mort, où la musique domine. Dʹailleurs, Michael Gore le compositeur de Fame gagne lʹOscar 1980 de meilleure musique de film et de la meilleure chanson originale. Ne tardons pas. Les jeunes gens de cette promo de cette High School of Performing Arts sont arrivé. Au sein de cette école, où le salpêtre, la rouille, les papiers gras, les peines de cœurs, et les grosses déprimes sont monnaie courante, il va sʹagir de se démarquer. REFERENCES Alan Parker dans Spécial Cinéma le 23 septembre 1991 https://www.rts.ch/archives/1991/video/alan-parker-26196784.html On location with Fame : https://www.youtube.com/watch?v=8t2tNmOX6xo Alan Parker and Irene Cara on Making Fame, une archive de lʹAmerican Film Institute https://www.youtube.com/watch?v=b_1ks3skFnQ Alan Parker on Fame | TCM Interviews | TCM https://www.youtube.com/watch?v=b6q9KxehJ5o Irene Cara, Alan Parker, Maureen Teefy, & Paul McCrane Interview on "Fame" (June 28, 1980) https://www.youtube.com/watch?v=eCbIPG9cXBg

Tout a été dit ou presque sur Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy sorti en 1964. Un film " en chanté ", en chanteur et en chansons, musical, joyeux et triste à la fois. Un film dramatique et romantique, qui a la particularité dʹêtre entièrement chanté. Ici, pas de pause entre deux chansons comme dans les comédies musicales traditionnelles où les numéros dansés et musicaux sʹinscrivent dans une trame narrative. Non, ici tous les dialogues sont chantés, les petites phrases du quotidien, le travail au garage, les difficultés financières, le départ sur le front de lʹAlgérie, tout se raconte sur les airs composés par Michel Legrand. Car ce film, ce nʹest pas que de Jacques Demy. Cʹest une association de bienfaiteurs. Deux hommes qui aiment les mêmes choses, qui sʹamusent, et crée une sorte dʹOVNI cinématographiques avec des décors aux couleurs saturées qui racontent une histoire dʹamour avortée par le départ de Guy pour lʹAlgérie. A lʹécran, on trouve Catherine Deneuve qui joue Geneviève. Un rôle qui la convainc de poursuivre sa carrière au cinéma. On trouve aussi Nino Castelnuovo, Anne Vernon, Mireille Perrey, et Marc Michel. Quant aux voix ce ne sont pas celles des acteurs, actrices. Ceux-ci sont doublés par des voix qui sʹaccordent au mieux au texte et à la musique, laissant une grande liberté de création à Jacques Demy et Michel Legrand. Les parapluies de Cherbourg est récompensé par une Palme d'or au festival de Cannes de 1964, ainsi que par le Prix Louis Deluc et son succès est non démenti depuis. Cʹest un classique du cinéma. Que lʹon adule ou que lʹon déteste. Mais une chose est certaine, cʹest un film qui ne laisse personne indifférent. REFERENCES Le "Masque & la Plume", Nicolas Schaller et Xavier Leherpeur s'affrontent au sujet des Parapluies de Cherbourg "Les parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy : "improbablement beau" ou "banalement fleur bleue" | France Inter Les grands entretiens de France Musique: Michel Legrand (3/5) : "Jacques Demy et moi, nous étions deux frères". Troisième volet de nos grands entretiens avec Michel Legrand. Le compositeur revient sur sa collaboration féconde avec son ami le réalisateur Jacques Demy, et notamment sur la genèse des "Parapluies de Cherbourg", premier film entièrement chanté de lʹhistoire du cinéma. Producteurs Jean-Baptiste Urbain et Stéphane Grant Emission réalisée par Gilles Blanchard https://www.rts.ch/audio-podcast/2017/audio/les-grands-entretiens-de-france-musique-michel-legrand-3-5-25491880.html Michel Legrand, Jʹai le regret de vous dire oui (éd. Fayard) Mag Bodard sur lʹORTF, Démons et merveilles du cinéma, 17.09.1966 "Les Parapluies de Cherbourg" produit par Mag BODARD | INA Enchanté, hommage à Michel Legrand en 2020 Les parapluies de Cherbourg, un film enchanté | INA Les parapluies de Cherbourg, un film enchanté | INA Jullier, Laurent, Abécédaire des parapluies de Cherbourg, Editions Amandier / Archimbaud. 2007

Amélie Poulain réalise un voyage extraordinaire imaginé par Jean-Pierre Jeunet en 2001. Son fabuleux destin, à la fois poétique, drolatique au cœur dʹun Paris revu et enchanté, celui de Montmartre et de la rue Lepic, ingénieusement bidouillé, est peuplé de personnages attachants. Que soit Amélie, petite elfe aux cheveux au carré qui sʹéchine à rendre les gens heureux, en passant par son père, veuf, les habitués du café, lʹhomme aux os de verre, et un jeune homme mystérieux dont elle tombe amoureuse. Toutes, tous, font partie de ce conte de fée moderne, créé par Jean-Pierre Jeunet, 47 ans alors, qui sert une belle histoire avec des bons sentiments, une comédie romantique qui lui correspond. Son but : que les personnages priment et que les gens sortent émus du cinéma avec la banane. Pari gagné pour le cinéaste. Amélie Poulain est un succès incontournable du cinéma français et du cinéma mondial. Glanant de nombreuses récompenses. Lʹengouement est tel quʹon a parlé, en son temps, dʹAmélie-mania " Cʹest le film de ma vie, dira Jean-Pierre Jeunet à sa sortie, maintenant je nʹai plus quʹà ouvrir une pizzeria ! " Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Serge Merlin, Jamel Debbouze, Dominique Pinon, Isabelle Nanti, Yolande Moreau, et tant dʹautres se partagent lʹaffiche. On ne vous parlera pas de tous les personnages dans ce Travelling, mais principalement de son réalisateur et de Montmartre. Pour ce faire, nous avons des pas mal dʹinterviews, des anecdotes, des archives, des extraits. Nous avons Amélie Poulain au café des Deux-Moulins. Ne tardons plus. Nino Quincampois vient dʹarriver. La romance peut commencer. REFERENCES BERGER Cécile, Lʹhistoire des plus Grands succès du cinéma, Tana Editions, 2003 Rufus en interview. http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-679/interviews/?cmedia=19451692 Le screentest des comédiens-comédiennes dʹAmélie Poulain Screen Tests - Amélie (2001) Amélie Poulain, le making-of, 2001 https://www.youtube.com/watch?v=aMEq5oawpjY La véritable histoire dʹAmélie Poulain, un film de Jean-Pierre Jeunet, 2023 https://www.youtube.com/watch?v=IB_lTTxYSsg le 19h30 Amélie Poulain film de lʹannée en Suisse romande https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/le-fabuleux-destin-damelie-poulain-film-de-lannee-en-suisse-romande?urn=urn:rts:video:1609447

Adieu ma concubine est un film sino-hongkongais réalisé par Chen Kaige, sorti en 1993. Lʹhistoire est celle dʹune amitié particulière, dʹun amour homosexuel impossible, dʹun opéra, dʹun drame mêlé à lʹhistoire de la Chine sur 50 ans, entre 1924 et 1977. Deux enfants, Douzi et Shitou se lient dʹamitié à lʹécole de lʹopéra de Pékin. Ils jouent sous le nom de scène de Dieyi et Xiaolou, Adieu ma concubine, une célèbre pièce du répertoire évoquant les amours et les adieux du prince Xiang Yu et de sa concubine Yu Ji. Douzi incarne la concubine et Shitou le roi. Derrière le tragique de cet opéra classique, le tragique dʹun amour contemporain. Car Douzi aime Shitou qui lui, se marie. Leurs histoires personnelles se mêlent à lʹhistoire générale, celle de la Chine, de la guerre et de la révolution culturelle. Le réalisateur Chen Kaige trace, via cette histoire, un panorama de la Chine sur plus d'un demi-siècle. Tout y passe, la guerre sino-japonaise, lʹarrivée des communistes, la révolution culturelle. Le réalisateur définit lui-même ce film comme "une histoire de séduction et de trahison". Mais cʹest surtout lui qui séduit puisquʹAdieu ma concubine remporte la Palme dʹOr à Cannes en 1993, ex-aequo avec la Leçon de piano de Jane Campion. Le film est acclamé en Occident. En Chine, cʹest un peu plus compliqué. Ne tardons pas, il est temps de plonger dans lʹunivers de lʹopéra de Pékin et dans une histoire de Chine racontée à travers le prisme de deux personnages de fiction. REFERENCES Adieu ma concubine à Cannes https://www.youtube.com/watch?v=9-WnE2CtCX8 Le film à Cannes https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00015142/chen-kaige-et-leslie-cheung-a-cannes-a-propos-de-adieu-ma-concubine Conférence de Presse https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00015138/conference-de-presse-avec-chen-kaige Chen Kaige à la cinémathèque de Toulouse https://www.youtube.com/watch?v=DpSbynmF1VM Jean-Michel Frodon, Le cinéma chinois, Éditions les Cahiers du cinéma, 2006 Chen Kaige, une jeunesse chinoise, traduit du chinois par Christine Corniot, Editions Philippe Picquier, 1995

Le Talentueux Mr Ripley, The Talented Mr Ripley, est un film dʹAnthony Minghella, sorti en 1999. Anthony Minghella est un réalisateur fort sympathique qui vient de faire un carton avec son film précédent le Patient Anglais. En 1999, il revient sur le devant de la scène avec lʹadaptation du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith publié en 1955. Déjà adapté en 1960 par René Clément, sous le titre Plein Soleil avec Alain Delon, lʹadaptation dʹAnthony Minghella est légèrement différente, moins noire et plus existentialiste peut-être. Mais son adaptation est remarquée autant que remarquable mettant en lumière à nouveau le roman indémodable de Patricia Highsmith. À lʹécran, des jeunes comédiennes et comédiens aussi talentueux que le titre du film : jʹai nommé Matt Damon, Gwyneth Paltrow, Cate Blanchett, Jude Law et Philip Seymour Hoffman. Lʹhistoire est celle de Tom Ripley qui par un concours de circonstance est envoyé en Italie pour aller rechercher un fils à papa noceur, cynique et millionnaire, Dickie, et le ramener sur le droit chemin, cʹest-à-dire en Amérique. Mais Dickie coule la belle vie en Italie, cette fameuse Dolce Vita que lʹon voit dans les films de Fellini et nʹentend pas rentrer au bercail. Et Ripley non plus dʹailleurs qui commence à beaucoup, beaucoup, beaucoup aimer la vie de Dickie au point de prendre sa place. Il y a lʹesprit de Scott Fitzgerald qui plane sur le film avec des jeunes gens trop beau, un peu trop riches, un peu ambivalent sexuellement. Minghella capture lʹItalie, la lumière, le jazz des années 50, mais également la noirceur dʹun homme prêt à tout pour être aimé, en quête de sa propre identité. Le talentueux Mr Ripley est un drame qui sʹinscrit dès le départ dans une gaité factice. Il nʹy a pas de rédemption, juste une noirceur qui engloutit tous les personnages. REFERENCES Le Talentueux Mr Ripley, The Talented Mr Ripley, Notes de production du film, Frenetic Films Loving Patricia Highsmith, documentaire RTS de Eva Vitija, 2022 https://www.playsuisse.ch/fr/show/3084980?wt_mc=paid.sea.google.srg.playsuisse.campaign:15460614881.adgroup:130070889069.term:&wt_mc=paid.sea.google.srg.playsuisse.campaign:15460614881.adgroup:130070889069.term:&gad_source=1&gad_campaignid=15460614881&gbraid=0AAAAAB58tGDTk-9vCjDXqaUmU2B5AqGGv&gclid=Cj0KCQjwyr3OBhD0ARIsALlo-OmhoN4tt5U50MfSYAak5xIqJ0IG_oQ_DvkhY-kF9V0M_fWi2VYgYk8aAtQnEALw_wcB Anthony Minghella for "The Talented Mr. Ripley" 1999 - Bobbie Wygant Archive: https://www.youtube.com/watch?v=Xienb_sdgGA The Talented Mr. Ripley: Director Anthony Minghella interview (2000): https://www.youtube.com/watch?v=4GvL057TRI8 The Talented Mr. Ripley: Jude Law Exclusive Interview | ScreenSlam: https://www.youtube.com/watch?v=4-RBPJ9DYKY Interview with Matt Damon - Mr. Ripley: https://www.youtube.com/watch?v=PriR6NunC88 Matt Damon "The Talented Mr. Ripley" 1999 - Bobbie Wygant Archive: https://www.youtube.com/watch?v=qwVlQpngpj0

Voici une comédie romantique phare des années 80 et du début des années 90, une comédie qui montre à lʹécran les errances sentimentales et amicales de Harry et de Sally. Réalisé par Rob Reiner, sur un scénario de Nora Ephron, When Harry met Sally, sort en 1989. Impertinent, ouvertement sexuel, sans vulgarité, le film est surtout connu pour ses répliques bien ficelées et pour la scène dʹextase et dʹorgasme de Meg Ryan dans un diners new-yorkais, face à un Billy Crystal embarrassé par cette jouissance impromptue, improvisée et bruyante. Campé sur des personnages touchants et attachants, par ailleurs, très inspirés de la vie du réalisateur Rob Reiner et des histoires personnelles de la scénariste, ainsi que de certaines de ses amies, le film rencontre un succès considérable et lance la carrière de Meg Ryan qui devient la nouvelle coqueluche dʹHollywood tandis que tous les journaux et les magazines sʹinterrogent : Les hommes peuvent-ils être amis avec les femmes, sans arrière-pensée dʹordre sexuel ? Et quʹen est-il de lʹorgasme féminin ? Ca fait les gros titres et la matière des pages psychologie des magazines. Ne tardons plus, nous avons New York, Harry, Sally, leurs amis, leurs carrières, leurs conquêtes, leurs amours et surtout, leurs désamours.

Le Mépris de Jean-Luc Godard, un film sorti en 1963, est devenu depuis un film culte. Le Mépris cʹest dʹabord un hommage au corps de la femme le plus célèbre du moment Brigitte Bardot. Cʹest ensuite un tournage incroyable perturbé par des nuées de paparazzi dans des décors grandioses. Le Mépris, cʹest Rome et Cinecittà, Capri et une villa époustouflante sur la mer. Cʹest aussi Fritz Lang, Michel Piccoli, Jack Palance, Jean-Luc Godard. Basé sur le livre homonyme dʹAlberto Moravia, le réalisateur fait un chef-dʹœuvre, qui rencontre peu de succès à sa sortie. De plus le film est un peu chahuté par ses producteurs. Mais tout ça contribue à sa légende. Le Mépris révélera, avec le temps qui passe, son intemporalité et sa force. Vous lʹavez compris, cʹest lʹhistoire dʹun film particulier, dʹun tournage particulier, de Brigitte Bardot, de Jean-Luc Godard et de Michel Piccoli dont il va être question aujourdʹhui. Pour vous en parler, nous avons la bible dʹAntoine de Baecque quʹil consacre au réalisateur, ainsi que beaucoup, beaucoup dʹarchives, des extraits, des anecdotes. Mais il est temps de pénétrer dans la chambre, Brigitte Bardot est déjà là….son corps est là en tous cas, la voilà qui le détaille. REFERENCES NEMER, François, Godard (Le cinéma), Découvertes Gallimard, 2006 CERISUELO, Marc, Le Mépris, Les Editions de la Transparence, coll. Cinéphilie, 2006 VIMENET, Pascal, Préface de Jean Douchet, Le Mépris, Jean-Luc Godard, Image par Image, Hatier, 1992 DE BAECQUE, Antoine, Godard, biographie, éditions Grasset, 2010 Jacques Rozier, Paparazzi https://www.cinematheque.fr/henri/film/63574-paparazzi-jacques-rozier-1963/

Cʹest un casse, brillant, aussi brillant que les lumières de Las Vegas Oceanʹs Eleven, un film de Steven Soderbergh sorti en 2001. Remake de lʹInconnu de Las Vegas (Oceanʹs Eleven), sorti en 1960 de Lewis Milestone avec Frank Sinatra, notre film du jour raconte lʹhistoire de Danny Ocean qui veut reconquérir sa femme, ruiner lʹamant de celle-ci en procédant au plus grand casse quʹà connu Las Vegas en volant, la même nuit, trois des plus grands casinos de la ville. Pour ce faire, il sʹentoure dʹune équipe soudée et sʹen vont faire des misères au propriétaire des casinos. Le film brille par son casting exceptionnel : ils sont toutes et tous là : Georges Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Bernie Mac, Don Cheadle, Andy García, Julia Roberts, Elliott Gould et Carl Reiner. Pur divertissement, il est emmené à bon rythme entre le film de gangster, le film dʹarnaque et le film dʹamour, avec brio, efficacité et séduction. Steven Soderbergh, réalisateur aux doigts dʹor, change complètement dʹunivers après Erin Brockovich et Traffic et propose une resucée énergique dʹun classique du cinéma de genre, cʹest-à-dire quelque chose entre lʹarnaque et le film de bande de potes. Oceanʹs Eleven est bien accueilli à sa sortie. Forcément, Soderbergh, le réalisateur, est en odeur de sainteté, et puis surtout, il y a la fine fleur dʹHollywood qui joue dedans et qui à lʹair de bien sʹamuser. Et tout le monde veut voir ça. Le film rapporte plus de 450 millions de dollars au box-office mondial. Il y aura des suites, Ocean's Twelve en 2004 et Ocean's Thirteen en 2007 où les acteurs reprennent tous plus ou moins leur rôle. REFERENCES David Holmes - Ocean's Thirteen Interview (Video): https://www.youtube.com/watch?v=pejOtxuczJQ Ocean's Eleven - The Making of : https://www.youtube.com/watch?v=sx2j-EmOfeU George Clooney on ʹOcean's Elevenʹ : https://www.youtube.com/watch?v=JQIDD6BKSCQ "Ocean's Eleven" Turns 19: Rewind | E! News : https://www.youtube.com/watch?v=i9gNwZRgGPA The Dialogue: Ted Griffin Interview Part 1: https://www.youtube.com/watch?v=Dtx19QVUNy8 Behind the scenes Ocean's eleven: https://www.youtube.com/watch?v=2t9-bWER558 Steven Soderbergh dans lʹHeure Bleue https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-heure-bleue/le-casse-de-steven-soderbergh-1568210

Nénette et Boni est un film de Claire Denis sorti en 1996. Claire Denis, on la connaît, mais peu. Discrète, cette réalisatrice française nʹen est pas moins incontournable de notre histoire du cinéma contemporain. Son univers, où les corps se mêlent, où les problèmes de société affleurent en filigrane, où elle raconte des histoires de vie dʹaujourdʹhui et dʹhier avec finesse, porte en lui la patte dʹune grande dame. Cinéma parfois sec, jamais pittoresque, cʹest un cinéma exigeant. Les termes les plus utilisés pour décrire lʹœuvre de Claire Denis : étrange, opaque, marginal, intellectuel. Pourtant, rien de très compliqué dans cette histoire de Nénette et Boni qui a reçu le Léopard dʹor à Locarno en 1996. Nénette et Boni cʹest un frère et une sœur, à Marseille. Elle a 15 ans, elle est enceinte. Il a 19 ans, il est pizzaiolo. Il fantasme sur la boulangère. Leur mère est morte. Leur père le sera bientôt. Ils vont apprendre à se connaître autour de ce bébé à naître. Avant le tournage, Claire Denis décrit son projet comme " une sorte de mélo marseillais, avec des personnages qui sont des stéréotypes, plutôt dans la tradition des santons de Provence. Elle pose ses personnages, ne sʹencombre pas de dialogues trop verbeux, dʹexplications, elle les suit sans juger, les filme au plus près de leurs corps dans une mise en scène fragmentaire puis les abandonne et nous avec. En regardant ses films, on est souvent surpris, puis on se laisse aller et ses films entrent dans nos vies pour ne plus nous lâcher. Claire Denis ce nʹest plus tout à fait du cinéma, cʹest une expérience de vie. Portrait et pas de côté, cʹest tout lʹart de Claire Denis quʹon vous raconte. REFERENCES Présentation de Nénette et Boni par Claire Denis à la cinémathèque https://www.youtube.com/watch?v=rIeuE5TT7K8 Les entretiens de CinéDV https://www.youtube.com/watch?v=qkesk07WCcQ MAL, Cédric, Claire Denis : Cinéaste à part, et entière…, Editions de Verneuil, Le cinéma de Claire Denis https://vie-de-campus.unige.ch/application/files/5317/4048/6612/201304_ccu_clairedenis_revue_web.pdf

Aie. Mais Aie… Aujourdʹhui Travelling se veut mordant et vous propose un film saignant à souhait avec beaucoup de viande dans le bouillon. Ce film cʹest Piranhas de Joe Dante sorti en 1978 dont nous extrayons les arrêtes et les biftecks. Piranhas raconte, après le succès des Dents de la Mer, une histoire de dents de rivière. Profitant du fabuleux succès de Steven Spielberg sorti en 1975, le producteur de série B et de films Z, Roger Corman, propose à un tout jeune réalisateur de faire ses preuves en tournant un pastiche de Jaws, les Dents de la Mer. On reprend peu ou prou les mêmes éléments en y ajoutant des bestioles fort méchantes, en bande cette fois, et en eau douce, en saupoudrant le tout de dénonciation politique, anti-armée, et dʹune pointe dʹhumour. Film dʹhorreur à petit budget, Piranhas est ce quʹon appelle un mockmuster. Un film inspiré dʹun autre ce qui demande toutefois du talent. Car réaliser un film de genre avec peu de moyens, ce nʹest pas si facile. Heureusement pour Joe Dante, quelques acteurs de série B, relativement prestigieux, acceptent de tourner notamment Keenan Wynn, Kevin McCarthy et Barbara Steele, la Scream Queen des seventies. Et puis, il y a les talents de monteur de Joe Dante et des évolutions technologiques et les compétences de concepteurs dʹeffets visuels, comme Phil Tippett et Adam Beckett qui venaient de concevoir et réaliser certaines créatures de la guerre des étoiles. Piranhas plait à un public averti et devient culte. Accessoirement, il nʹest pas trop égratigné par la critique. Normal, les journaux étaient grèves au moment de sa sortie. REFERENCES Images du tournage commentées par Joe Dante : https://www.youtube.com/watch?v=OYpq867wRC0 Joe Dante on "Piranha" : https://www.youtube.com/watch?v=6Fr-0Y9KeSM POST MORTEM: Joe Dante : https://www.youtube.com/watch?v=Xem4_Rs8Ank Joe Dante Q&A | Nightmare Weekend Richmond 2023: https://www.youtube.com/watch?v=iyTwOjTsk7o FANTASY FILM FESTIVAL: Joe Dante, Barbara Steele & Paul Bartel: https://www.youtube.com/watch?v=pukpsGMIvdM The Making of Piranha (1978) : https://www.youtube.com/watch?v=_4XJBkT8jxw

Jumanji, un film dʹaventures américain de Joe Johnston sort en 1995 Adapté du classique de la littérature enfantine, signée Chris Van Allsburg, publié en 1981, Jumanji propose une exploration de lʹenfance, une aventure extraordinaire, une quête, une mise à lʹépreuve. Jumanji cʹest ce que tous les enfants rêvent de vivre et redoutent pourtant. Cʹest le monstre sous le lit qui prend forme soudainement. Cʹest le jeu qui devient enjeu pour sa propre survie. Cʹest lʹunivers familier de la maison qui se transforme en une jungle hostile. Et derrière toute cette histoire, la question primordiale de lʹenfance. Celle, perdue, du personnage joué par Robin Williams, un pauvre gamin happé par le jeu en 1969 et recraché en 1995. Celle à venir de deux orphelins qui doivent se dépasser et faire enfin leur deuil. Cʹest une histoire dʹapprentissage, à la fois triste et dure, et une magnifique leçon dʹespoir. Cʹest pour ça que le livre a séduit des générations de lectrices, de lecteurs. Cʹest pour ça que le film a séduit et continue de séduire, se poursuivant sous forme dʹune franchise adaptée au début du 21 siècle, jeu vidéo, série télé dʹanimation et dʹautres films. Pourtant, à sa sortie, Jumanji se fait écharper par la critique tout en cartonnant au cinéma pour devenir un classique. Les enfants adorent, hurlent de terreur tout en se prenant pour des héros par procuration en vivant les aventures des gamins sur lʹécran. Et puis Robin Williams est tout simplement…Robin Williams, drôle, tendre, efficace. Porté par des effets spéciaux incroyables pour lʹépoque, Jumanji se raconte dans Travelling. Dès lors, ne tardons plus, les tambours de Jumanji résonnent dans la maison. Il est temps de jeter les dés et de laisser démarrer lʹaventure. REFERENCES Making Jumanji: The Realm Of Imagination | Special Features: https://www.youtube.com/watch?v=vaBcOiXJD08 Bonnie Hunt and Maritza Garcia Jumanji 1995 : https://www.youtube.com/watch?v=ueUdqMTHMFc Rewind: Robin Williams "Jumanji" interview 1995: https://www.youtube.com/watch?v=AXKPciGEMJk Kirsten Dunst Does Robin Williams IMPRESSION on Jumanji Set (Flashback): https://www.youtube.com/watch?v=3Bq0su7W_YI 30 ans de Jumanji : https://www.youtube.com/watch?v=7Vja86Ym36M

Vol au-dessus dʹun nid de coucou, One Flew Over the Cuckoo's Nest, de Milos Forman, sort en 1975. Le film rafle les 5 oscars les plus prestigieux, meilleur réalisateur, meilleur producteur, meilleure adaptation, meilleur acteur, meilleure actrice en 1976. Tourné par un tchèque, produit par Michael Douglas, avec Louise Fletcher en infirmière chef et Jack Nicholson dans un rôle dʹune vérité éblouissante, celui dʹun homme en bordure, iconoclaste, insoumis et frondeur, interné dans un hôpital psychiatrique pour échapper à la prison pour viol, qui joue au plus fin avec les psychiatres et quʹon finit par démolir pour lʹunique raison quʹil refuse la règle du jeu. Le film reflète dʹune manière tragique le désarroi dʹune civilisation menacée, véritable métaphore des oppressions et qui résonne durablement avec les événements contemporains comme il lʹavait fait à lʹépoque. Vol au-dessus dʹun nid de coucou, réalisé avec un budget de 4.4 millions de dollars, est un des films les plus rentables de lʹhistoire du cinéma, puisquʹil en rapporte 320 millions. Mais au-delà des aspects financiers, cʹest lʹadaptation du roman de Ken Kesey, gourou psychédélique, lʹhistoire du tournage, ainsi que la carrière de Milos Forman, qui nous intéressent. Et si tout le monde a pris ses médicaments sous la houlette de la sévère Miss Ratched, nous pouvons commencer. REFERENCES Milos Forman en 1966 http://www.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/I00017670/milos-forman-a-paris.fr.html le making of du film http://www.dailymotion.com/video/x5ctrn_vol-au-dessus-d-un-nid-de-coucou-ma_webcam Milos FORMAN et Jan NOVAK, …et on dit la vérité, Mémoires, Collection Vécu, Robert Laffont, 1994 John Parker, Jack Nicholson, une biographie, Presses de la cité, 1991 Behind the Scenes: One Flew Over the Cuckoo's Nest (Forman, 1975) with Jack Nicholson: https://www.youtube.com/watch?v=FS219uod4y0 Jack Nicholson on ONE FLEW OVER THE CUCKOO'S NEST: https://www.youtube.com/watch?v=TwD-MnZ0eEI Miloš Forman on One Flew Over the Cuckoo's Nest: https://www.youtube.com/watch?v=YeXu0xZ8XrE Jack Nicholson accepts his award on the set of One Flew Over the Cuckoo's Nest (BAFTA): https://www.youtube.com/watch?v=gtHI0ipkgEo Ken Kesey on One Flew Over The Cuckoo's Nest + Sometimes A Great Notion - Later 5/18/92: https://www.youtube.com/watch?v=44AqfrniTwU

La Ferme africaine, un roman de Karen Blixen, est porté à lʹécran par Sydney Pollack sous le titre dʹOut of Africa en 1985. Cʹest une reconstitution en costumes du Kenya de 1913 à 1931 avec des lions, un avion, des kenyans, des Anglais, une plantation de café, un mari volage et une grande histoire dʹamour entre Karen Blixen, jeune aristocrate danoise, une baronne, et un aventurier, un chasseur, Denys Finch Hatton. Au moment où lʹEurope entre en guerre, Karen expérimente une Afrique colonisée, devient chef dʹentreprise, finit par tout perdre, son mari, son amant, sa plantation, et rentre au Danemark. En 1937, elle écrit la Ferme africaine sous un pseudo, un récit autobiographique lumineux qui devient très vite un bestseller. Beaucoup de réalisateurs ont rêvé de porter ce roman épique à lʹécran. Cʹest Sydney Pollack qui sʹen empare sur un scénario de Kurt Luedtke. Le tournage sʹeffectue au Kenya où on reconstitue le passé colonial du pays. Un tournage épique, assez difficile, où on fait intervenir des milliers de figurants et où on fait venir tous les animaux depuis la Californie. Sur place, les autorités ne voient pas dʹun très bon œil lʹarrivée de cette équipe dʹaméricains qui tourne un vieux films en costumes. Mais ils sont très heureux quand le film, multiplement oscarisé, attire les touristes en masse dans le pays. Mais ça, cʹest une autre histoire. Sorti en 1985, le film attire tous les regards. Ce sont surtout Meryl Streep et Robert Redford qui font fondre les cœurs. Le public adore, la critique également à part certains journaux féminins qui fustigent les envies traditionnalistes dʹêtre une femme mariée de Karen Blixen en oubliant simplement que cʹest un récit autobiographique dʹune femme née en 1885. Autres temps, autres mœurs. Le film, récolte une pluie de récompenses des Golden Globes, des BAFTA et 7 Oscars, dont les plus courus, lʹOscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. REFERENCES FEENEY CALLAN Michael, Robert Redford, biographie, Editions la Trace, 2022 LONGWORTH Karina, Meryl Streep, Cahiers du cinéma, 2013 Interview de Karen Blixen par Pierre Dumayet https://fresques.ina.fr/europe-des-cultures-fr/fiche-media/Europe00016/karen-blixen.html Meryl Streep - Out of Africa Interview (1997) https://www.youtube.com/watch?v=NkwiI-AqBxk Sydney Pollack en 1995 https://www.youtube.com/watch?v=b4231Eyevvs

Wayneʹs World de Penelope Shpeeris sortie en 1992 est une comédie américaine loufoque autant que culte. A lʹécran, Mike Myers et Dana Carvey qui reprennent leurs rôles récurrents de losers sympathiques, amateurs de metal et de gros rock qui tache qui animent une émission de télévision locale faite de peu de moyens et de beaucoup de débrouille dans le sous-sol de la maison des parents de Wayne. Ces personnages ont été créé par Mike Myers pour des sketchs du Saturday Night Live. A la télévision, Wayne Campbell et son comparse, Garth Algar, dans la vie Mike Myers et Dana Carvey, invitent des musiciens pour des vraies-fausses interviews déjantées en direct dans un décor de sous-sol dʹado américain. Le public adore la version télé et le show popularise des dizaines dʹexpressions codées qui deviennent autant de références et de signes de ralliement pour les ados de lʹépoque. Le succès est tel que la Paramount souhaite passer du petit au grand écran. Chose faite en 1992. On prend les mêmes et on recommence. On ajoute plein de clins dʹœil au rock, au metal, des références cinématographiques et sociétales, des références télé et pas mal de surprises. Pour Mike Myers cʹest son premier rôle au cinéma. On trouve, à côté de ce fan de metal, toujours Dana Carvey, mais également Tina Carrere, chanteuse et actrice, ainsi que Rob Lowe. Et dans les rôles secondaires et apparitions : Meat Loaf, Robert Patrick et Alice Cooper. A sa sortie le film cartonne au box-office, cʹest carrément lʹémeute. Pendant des semaines, il est à lʹaffiche absolument partout. Il reste à ce jour le film le plus rentable adapté d'un sketch du Saturday Night Live. Car il y en a eu plusieurs des films adaptés des sketchs du Saturday Night Live, véritable pépinière de talent, à commencer par les Blues Brothers. Mais on va vous raconter tout ça. Quʹest-ce quʹon dit ? Megateuf ? Excellent ? Schwing ? No ? Je crois que cʹest bon, on est prêt pour Wayneʹs World. REFERENCES Every Wayneʹs World Ever: Part 1 – SNL: https://www.youtube.com/watch?v=-88mtgx2MU4 Making of "Wayne's World": https://www.youtube.com/watch?v=hlNhW3WDFoA Mike Myers Rewatches Austin Powers, Shrek and Wayne's World | Vanity Fair: https://www.youtube.com/watch?v=FGd7lr0T9l8 Penelope Spheeris Interview: Wayne's World : https://www.youtube.com/watch?v=YkxL3NTb2j8 Rewind: 1993 interview with Tia Carrere on Wayne's World, Sean Connery, first movie & more: https://www.youtube.com/watch?v=fafdiVdkzI8

The Horse Whisperer, Lʹhomme qui murmurait à lʹoreille des chevaux, de Robert Redford sort en 1998. Tiré du roman du même nom de Nicholas Evans, il raconte lʹhistoire de la renaissance dʹune jeune fille et de son cheval. Tous deux ont subi un très grave accident. Si le cheval a peur de tout à présent, la jeune fille, Grace, elle, a perdu une jambe. Annie, la mère de Grace, décide dʹembarquer tout ce petit monde dans le Montana chez un guérisseur, un homme qui murmure à lʹoreille des chevaux et qui saura redonner le goût de vivre à lʹadolescente et au cheval blessé. Disons-le tout net, lʹhistoire peut sembler naïve. Le film porte en lui la marque des grands, de John Ford à Clint Eastwood. Par ses paysages et par ses propos à hauteur de cheval. Cʹest un western immobile, une quête initiatique. Véritable ode à la nature, au respect des animaux, des humains, plaidoyer pour des rapports apaisés entre les êtres, pour de la confiance renouée, Lʹhomme qui murmurait à lʹoreille des chevaux, est une œuvre magnifique. Robert Redford, devant et derrière la caméra pour son 5e film en tant que réalisateur, met en lumière les principes qui lui tiennent à cœur. Ce nʹest pas quʹun film sur les bons sentiments, cʹest un film plein dʹhumanité et de sensibilité, un miracle écologique, une histoire émouvante autant que dramatique porté par ses comédiennes et ses comédiens, Scarlett Johannson, toute jeune et Kristin Scott Thomas dans les rôles principaux. A sa sortie, globalement, le film reçoit des critiques positives et cartonne au box-office. Il ne nous reste plus quʹà nous rendre dans le Montana, pour rencontrer un vrai cow-boy amoureux des chevaux qui va changer à jamais le regard que lʹon porte sur ces animaux. REFERENCES Robert Redford en 5 films emblématiques https://www.rts.ch/info/culture/cinema/2025/grand-format/robert-redford-5-films-cultes-qui-ont-marque-sa-carriere-d-acteur-29000240.html Scarlett Johansson on TODAY in 1998: https://www.today.com/video/1998-scarlett-johansson-talks-the-horse-whisperer-on-today-243004997723 Robert Redford On Acting and His Love of Horses | Des O'Connor Show: https://www.youtube.com/watch?v=nwkc967Fg6U Robert Redford "The Horse Whisperer" 1998 - Bobbie Wygant Archive: https://www.youtube.com/watch?v=uOfj1DMM5fo Kristin Scott Thomas "The Horse Whisperer" 4/98 - Bobbie Wygant Archive: https://www.youtube.com/watch?v=MWlpeRv63e4

Gilda, de Charles Widor, sorti en 1946, propulse Rita Hayworth dans les mythes du Septième art, qui va lʹinscrire comme Sex-Symbol, et la rendre éternelle. Rita Hayworth y interprète une femme fatale, tiraillée entre deux hommes. Une scène en particulier la fera entrer dans la légende : lʹactrice, dans un fourreau noir, qui fait le striptease dʹun gant sur un chanson entraînante. Inoubliable. Gilda est avant tout et surtout un film de star : Rita Hayworth est alors au sommet de sa gloire éphémère, de sa carrière foudroyante. Cʹest son producteur de la Columbia, Harry Cohn qui la propulse sur le devant de la scène. Alors mariée à Orson Welles, le Wonder boy dʹHollywood, mais lʹenfant terrible des studios, elle est une pure incarnation du fantasme. Mal compris en Europe au sortir de la sortir de la guerre, le film remporte un joli succès aux Etats-Unis. En 2013, il est inscrit sur la liste du National Film Registry comme film patrimonial. Il ne nous reste plus quʹà admirer la plastique spectaculaire de Gilda et dʹapprécier comme il se doit cette pépite cinématographique dʹaprès-guerre. REFERENCES LEAMING, Barbara, Rita Hayworth, Presses de la Renaissance (1998)

Cʹest une comédie américaine devenue culte, Le diable s'habille en Prada, The Devil Wears Prada, réalisée par David Frankel, sortie en 2006. Adapté du roman du même nom de Lauren Weisberger sorti 3 ans auparavant, le Diable sʹhabille en Prada raconte lʹhistoire dʹune jeune assistante un peu naïve et fagotée comme lʹas de pique face à la redoutable et charismatique papesse de la mode, Miranda Priestly, rédactrice en chef dʹun magazine reconnu aussi caractérielle quʹinfluente. Pour incarner Miranda à lʹécran, qui dʹautre que Meryl Streep. Chevelure blanche impeccablement coiffée, lʹactrice livre une performance dont elle a le secret, tout en justesse, laissant affleurer ce quʹil faut dʹhumanité dans ce personnage inspiré de la réactrice du magazine Vogue américain : Anna Wintour. Face à Meryl Streep, le casting, avouons-le, nʹest pas mal non plus Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci. Le film se concentre sur le monde de la mode et des magazines de mode. Un univers impitoyable. Le Dallas de la haute-couture. Dʹailleurs, parlant couture, cʹest un des films qui aura un des gros budgets costumes de lʹhistoire du cinéma. Satire, comédie, film dʹapprentissage au féminin, le Diable sʹhabille en Prada fait immédiatement un carton. Le public adore, la critique salue la performance de Meryl Streep qui reçoit un Golden Globe pour sa prestation et le film entre dans la légende. Et si vous aimez le bleu céruléen vous allez adorer le Diable sʹhabille en Prada. REFERENCES Meryl Streep - The Devil Wears Prada – Interview: https://www.youtube.com/watch?v=v60NoYE415c Patricia Field parle des Costumes sur EMMYTVLEGENDS.ORG: https://www.youtube.com/watch?v=fuWcZlR_dUs Anne Hathaway évoque sa carrière chez Vanity Fair: https://www.youtube.com/watch?v=wYVgq0gFlwQ Meryl Streep aux Golden Globes 2007: https://www.youtube.com/watch?v=waWf3JN967Q Anna Wintour est chez Letterman: https://www.youtube.com/watch?v=viTU747i6r8

Cotton Club de Francis Ford Coppola sorti en 1984 est un film à grand spectacle qui fait revivre les années folles, lʹessor du jazz, la Prohibition, la ségrégation, les débuts du cinéma parlant et les guerres de gangs. Coppola plonge dans lʹhistoire de New York et propose un film dʹaction musical musclé. Le Cotton club, fondé par un gangster en 1923, est un club de jazz en vogue à la fin des années 20. Tous les artistes sont noirs, tous les clients sont blancs. Dans ce cabaret, la pègre, les politiciens, les vedettes du moment boivent un alcool interdit et clandestin et sʹencanaillent avec des filles pas farouches. Dans les années 20, le Cotton club de New York permet au jazz né à Chicago et à New Orleans de se populariser. Les personnages à lʹécran sont inspirés de ce microcosme multiculturel dʹHarlem. Italiens, Juifs, Russes, Irlandais, Afro-Américains, ils sont bandits, acteurs, danseurs, chanteurs. Ceux qui connaissent pourront sʹamuser à retrouver des doubles étonnants de Duke Ellington et de Cab Calloway. On y croise Charlie Chaplin et des barons de la pègre. Coppola ajoute dʹautres personnages inventés pour faire avancer son histoire. Derrière cette superproduction, on trouve Robert Evans. Il y aura de gros dépassements de budget, des tensions. Le tournage est chaotique, souvent improvisé, Richard Gere boude pendant plus dʹune semaine, Coppola menace de tout abandonner, dʹautres financiers sont contactés, on finit par retirer la production à Robert Evans. Toutes ces embrouilles participeront à la légende du film, plutôt bien accueilli à sa sortie, légende que nous allons vous raconter. REFERENCES Francis Ford Coppola & William Kennedy Discuss The Cotton Club, 2019 New York State Writers Institute https://www.youtube.com/watch?v=KnlURHhRo24 DOUIN, Jean-Luc, Cotton club, Panache, Glamour et frénésies, in Télérama No 1825 du 2 janvier 1985

Travelling avant sur le Guépard, il Gattopardo de Luchino Visconti sorti en 1963. Le film est adapté du livre du même nom, le succès littéraire et posthume de Giuseppe Tomasi di Lampedusa sorti en librairie en 1958. De ce chef-dʹœuvre littéraire, Visconti tire une fresque romanesque, une tragédie des grandes familles, immobiles, confrontées à la révolution. Cʹest un film sur lʹécoulement du temps et lʹéboulement des repères. En voyant ce quʹen fait Visconti, tout en magnificence, le public ne peut quʹéprouver de lʹempathie pour le prince, pour le guépard, le surnom du prince Salina joué par Burt Lancaster confronté à la révolution de Garibaldi. Il sʹenthousiasme et la critique aussi. Le Guépard remporte la Palme dʹOr au festival de Cannes en 1963. Mais les réalisateurs italiens attaquent Luchino Visconti. Ils renient le cinéaste, le conspuent. Ils préfèrent le voir dans la case néo-réaliste. Ils reprochent au film son académisme, des anachronismes, trop dʹesthétisme. Visconti nʹen a cure et porte son film malgré les accusations de ses pairs. Il a fait au mieux pour faire un beau film, ignorant parfois les réalités historiques et autobiographiques. Le Guépard est souvent réduit à sa beauté. Ne nous leurrons pas, cʹest un bijou du cinéma. Burt Lancaster y est rayonnant. Claudia Cardinale lumineuse. Alain Delon très jeune premier. Il ne nous reste plus quʹà entrer dans lʹhistoire, en nous dépêchant, car la révolution italienne est déjà en marche. REFERENCES Laurence Schifano, Le Guépard de Luchino Visconti, étude critique, Synopsis, Nathan Editions, Paris, 1991 Florence Colombani, Proust-Visconti, histoire dʹune affinité élective, Editions Philippe Rey, Paris 2006 Laurence Schifano, Visconti, les feux de la passion, Champs Contre-Champs, Flammarion, 1989 Un hommage à Claudia Cardinale https://www.rts.ch/info/culture/cinema/2025/article/deces-de-claudia-cardinale-l-icone-du-cinema-italien-s-eteint-a-87-ans-29007302.html Les archives de la RTS, Visconti à Cannes https://www.facebook.com/RTSArchives/videos/une-palme-cannoise/930022617048414/?locale=ms_MY

Voici une comédie française qui va faire date : la vie est un long fleuve tranquille dʹEtienne Chatiliez sortie en 1988. Fils de pub, Chatiliez saute le pas et plonge avec allégresse dans la réalisation de long-métrage avec ce premier film très remarqué qui raconte lʹhistoire de deux familles de classes opposées, caricaturales, les premiers catholiques fervents, les seconds athées, des familles que rien ne prédestinaient à se rencontrer. Mais cʹest sans compter sur un gros coup de pouce du destin et sur les aveux dʹune infirmière désabusée qui avoue avoir échanger deux enfants à la naissance. Les Groseille et leur 6 enfants, vivant modestement dʹaides sociales dans un HLM et de menus larcins et arnaques, vivent avec Maurice, Momo, 12 ans, le plus intelligent membre de la famille. De lʹautre côté, les Le Quesnoy, famille aisée, bourgeoise, participant à des kermesses, 5 enfants, vivent avec Bernadette, 12 ans, qui commence à montrer des signes de rébellion. Comment vont réagir les familles à lʹannonce fracassante de lʹéchange de nouveau-nés, cʹest ce que vous découvrirez dans le film. Etienne Chatiliez travaille avec Florence Quentin, travaillant sur le terrain et proposant cette farce, ce film sur lʹinné et lʹacquis, sur la lutte des classes, un film social, à la fois doux et méchant, tendre et dramatique, une véritable farce morale décapante. Le dialogue, procède de lʹécriture très acide à la française, mais dans un ton qui se veut proche plutôt des anglo-saxons et de la comédie italienne à la Affreux sale et méchants dʹEttore Scola. Le film fait un tabac au cinéma. Un succès que ni le réalisateur ni sa scénariste nʹaurait pu imaginer, vu quʹaucun distributeur ne le voulait. Mais ne tardons pas, les familles Groseille et Le Quesnoy vont voir leur quotidien chamboulé de manière drastique et nous allons les accompagner. REFERENCES Long métrage d'Etienne CHATILIEZ, coproduction FR3, tournage à Villeneuve d'Ascq du film "La vie est un long fleuve tranquille". Interview de CHATILIEZ réalisateur (choix de la région, difficultés dans la recherche des enfants). CHATILIEZ es aussi réalisateur de spots publicitaires. Extrait film tournage. JT soir Nord Pas de Calais - 05.08.1987 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/llc8711271401/villeneuve-d-ascq-tournage-de-la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille Le tournage de la vie est un long fleuve tranquille https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/llc8807272358/tournage-du-film-la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille la cérémonie des Césars 1988 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab89009792/les-cesars Le réalisateur de quelques uns des plus grands succès du cinéma français défend le cinéma francophone en présidant le jury du festival du premier film francophone de La Ciotat dont TV5MONDE est partenaire. https://www.youtube.com/watch?v=86RYtrS8vh8

Voici une comédie romantique française écrite et réalisée par Claude Pinoteau, sur un scénario de Danièle Thomson, sortie en 1980, la Boum. Cette Boum qui met en scène une Sophie Marceau de 13 ans face à ses amours, à sa grand-mère, à ses parents. Un film qui raconte son temps, les années 80, les émois adolescents, les premiers frissons, et les danses collées serrées sur des slows langoureux. Ahhh nostalgie. On ne danse plus sur des slows pour faire connaissance. On se rencontre via des Applications, on sʹaime par messages interposés, et la musique bascule sur la rap et la techno. Le monde a changé. La Boum est le film dʹune génération et dʹune époque révolue. Et on se met à regarder ce film par le prisme de lʹhistoire, celui dʹune société parisienne de classe moyenne dont on nous dresse le portrait en creux. Cʹest le film sur une crise de couple des quarantenaires, sur une crise dʹadolescence, et sur la fin dʹune crise économique qui a marqué les années 70 avec cette envie de progresser néanmoins dans ces années 80 qui sʹannoncent. La Boum fait un triomphe en France, puis en Europe et surtout en Italie où les aventures de Vic créent des émeutes. Tout le monde se reconnaît dans cette histoire, cliché photographique dʹun moment de transition que nous traversons toutes et tous. Claude Pinoteau et Danièle Thompson ont su, à leur manière, dresser le portrait dʹun âge charnière et certainement dʹune génération et de son temps. Ne tardons plus, Vic est invitée à une Boum. Cʹest là quʹelle va rencontrer son premier amour, Mathieu. Cʹest ce qui arrive quand on a 13 ans et des poussières. REFERENCES Les enfants de la Boum https://www.youtube.com/watch?v=zZ2z3CHyv3U Vladimir Cosma sur la musique de la Boum https://www.youtube.com/watch?v=JTqR-eMQe1M la Boum, souvenirs de tournage https://www.youtube.com/watch?v=UQWfZNPILTc Claude Pinoteau et Sophie Marceau sur Antenne 2 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caa8002020501/claude-pinoteau-et-sophie-marceau La Boum dans Blow Up https://www.youtube.com/watch?v=D9KX35J1kWg