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En RD Congo, l'opposition poursuit sa mobilisation contre le projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir. Elle accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son second mandat qui expire en 2028. L'opposition a appelé ses militants a tenir un sit-in dans la capitale, Kinshasa... une mobilisation dispersée par les forces de l'ordre.
Dans ce nouvel épisode du podcast "Le Journal Imprévisible", Marc Bourreau explore les liens fascinants entre le monde du football et celui de la littérature.Il explique comment des écrivains célèbres comme Albert Camus ou Umberto Eco ont entretenu des rapports étroits avec le ballon rond, et comment le football a inspiré de nombreux auteurs à travers les âges. Des témoignages d'anciens joueurs de l'équipe de France révèlent également leurs goûts littéraires parfois surprenants. Une plongée dans les croisements entre ces deux univers a priori éloignés.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu'elle se parle aujourd'hui ? Et d'archiver nos manières de parler ? Pourquoi s'écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s'envoyer un message rapide et efficace… ? Tel était le dilemme entre le SMS et l'appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d'étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s'y est mis. Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole « Ce qui nous intéresse, c'est que c'est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n'y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d'écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu'à maintenant, l'étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ». « Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! » « Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocaux Ce qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n'est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu'on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions. Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s'arrêter plus facilement qu'une communication par téléphone classique. Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française. Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Tirer les vers du nez » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : L'artiste franco-guinéenne Annie Lalalove avec le titre Let it be blue.
Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu'elle se parle aujourd'hui ? Et d'archiver nos manières de parler ? Pourquoi s'écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s'envoyer un message rapide et efficace… ? Tel était le dilemme entre le SMS et l'appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d'étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s'y est mis. Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole « Ce qui nous intéresse, c'est que c'est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n'y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d'écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu'à maintenant, l'étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ». « Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! » « Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocaux Ce qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n'est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu'on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions. Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s'arrêter plus facilement qu'une communication par téléphone classique. Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française. Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Tirer les vers du nez » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : L'artiste franco-guinéenne Annie Lalalove avec le titre Let it be blue.
David Abiker reçoit Boualem Sansal, écrivain algérien qui publie "La Légende". Emprisonné pendant un an en Algérie, Boualem Sansal revient sur son parcours hors du commun et son engagement sans faille pour la liberté d'expression. "Les Français m'ont pris en sympathie depuis mon arrivée. Ils m'arrêtent dans la rue, me font des selfies, c'est formidable", confie-t-il avec émotion.Mais au-delà de ces anecdotes, Boualem Sansal n'hésite pas à aborder des sujets sensibles, comme la crise de la justice française suite à l'affaire Lyhanna. Il pointe du doigt les dérives d'un système judiciaire qui peine à répondre aux attentes de la société. "La justice rame à contresens par rapport aux attentes de la société. La société française a besoin de clarté dans l'action politique, de continuité. Or, le système part dans tous les sens, c'est très désordonné et ça inquiète énormément la population", analyse-t-il.L'écrivain n'a pas non plus sa langue dans sa poche lorsqu'il évoque la montée de l'islamisme en France. "Ça me terrifie", lâche-t-il, dénonçant "un retour du religieux par l'idéologie" qui menace les valeurs de la République. Boualem Sansal se présente alors comme un franc-tireur, prêt à bousculer les idées reçues et à remettre en question le discours dominant.Mais c'est surtout lorsqu'il évoque son expérience carcérale que l'on mesure toute la force de son engagement. Emprisonné pendant un an en Algérie, il raconte comment la littérature l'a aidé à traverser cette épreuve. "La littérature me manquait. J'avais besoin d'elle pour comprendre et me comprendre", confie-t-il. Loin de se laisser abattre, Boualem Sansal a même réussi à trouver un exutoire dans l'écriture de poèmes avec ses codétenus.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:17:39 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Considéré comme l'un des plus grands auteurs de littérature européens, mort le 5 mars 2026, l'écrivain portugais António Lobo Antunes livre un dernier roman d'outre-tombe. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Pierre Benetti critique littéraire, Copélia Mainardi Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:09:54 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Dans ce roman publié initialement en 1977, et enfin traduit en français, Ama Ata Aidoo porte à travers son personnage principal un regard d'une grande finesse critique sur la société britannique post-coloniale. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Pierre Benetti critique littéraire, Copélia Mainardi Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:27:32 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Au programme de ce débat critique consacré à la littérature, deux romans posthumes : "Dictionnaire du langage des fleurs" de l'écrivain portugais António Lobo Antunes et "Notre sœur rabat-joie. Méditations obliques d'une Noire" de l'écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Pierre Benetti critique littéraire, Copélia Mainardi Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Christophe Ono-Dit-Biot "L'Odyssée de l'Odyssée : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère" (Grasset)Les sirènes tentatrices, l'infâme cyclope, Circé et ses pourceaux, et bien sûr Ulysse, mari aimant et roi éclairé, qui parvient après mille détours à rentrer chez lui auprès de sa fidèle épouse pour récupérer sa terre et n'en plus bouger…Voilà ce qu'on nous a toujours raconté des aventures d'Ulysse dans L'Odyssée.Mais lit-on encore vraiment les 12 000 vers d'Homère, ou de celui qu'on appelle Homère ?Or, les lire en compagnie d'un passeur passionné comme Christophe Ono-dit-Biot, c'est découvrir, au-delà des images d'Épinal moralisatrices et simplistes, un univers beaucoup plus riche, sensuel, brutal, complexe et captivant.L'entreprise de l'auteur est directe, généreuse et efficace : raconter L'Odyssée aux adultes, en suivant l'ordre des chants, dans une succession de brefs chapitres qui nous content au plus près du texte les aventures des héros et des héroïnes, des déesses et des dieux, mais creusent aussi le sens profond que les contemporains leur donnaient et les leçons que nous pouvons en tirer aujourd'hui.Un livre romanesque en diable, à la pédagogie charmeuse et à l'érudition toujours ludique : le « gai savoir » à la portée de toutes et de tous.Musique : "Should I stay or should I go ? " Les ClashHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, publié aux éditions Le Robert, le psycholinguiste Pascal Gygax démonte les mécanismes de la masculinisation de la langue et montre en quoi ils influencent en profondeur notre vision de la société. Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père meurt, mais le fils survit et est amené aux urgences. Arrivé à l'hôpital, le chirurgien de garde dit : « Je ne peux pas opérer car c'est mon fils ! » Comment cette situation est possible ? C'est par cette devinette, qui s'avère être une question assez structurante, que commence l'essai co-écrit par Pascal Gygax ! La réponse est la « mère » mais beaucoup de gens testés ont eu beaucoup de peine à trouver la solution, comme si notre cerveau ne pouvait le capter immédiatement ! « Il y a un stéréotype ! On n'est pas habitué à l'association « chirurgien/femme ». En langue française, on a un autre problème : on utilise le masculin pour parler de personnes qui ne sont pas homme (médecin, professeur....) ». C'est ce qu'on appelle le masculin générique... Pour le chercheur, le cerveau a du mal à envisager spontanément le féminin lorsqu'il doit souvent lever une ambiguïté entre un féminin et un masculin. « Mais notre cerveau n'aime pas laisser des cases vides : lorsqu'il doit trancher, il va plutôt se tourner vers le masculin. C'est une forme d'androcentrisme. Nous voyons le monde à travers un prisme plutôt masculin, parce que nous y avons été exposés depuis tout petits. » Mais, comment on est ont arrivé là ? Tout d'abord, il y a eu des vagues de « masculinisation de la langue » notamment à partir du XVIIè siècle : des mots comme « autrice » ont disparu. « Une manière de dire aux femmes que les métiers tels que docteur, philosophe, sont réservés aux hommes ! C'est très assumé. » Comment faire un langage plus inclusif ? Pascal Gygax nous apprend que les premières théories sur l'écriture inclusives apparaissent dans le livre de Nancy Hardesty Inclusive Language in the Church. Dans cet ouvrage, l'autrice proposait d'utiliser des termes épicènes « enfant de Dieu » plutôt que « fils de Dieu ». « Il ne faut pas confondre écriture inclusive et point médian qui est juste une des formes possibles de l'écriture inclusive », précise Pascal Gygax. D'autres stratégies existent : changer la fonction grammaticale, utiliser le pluriel ou encore recourir à la forme passive. On peut aussi employer des doublets : « Françaises, Français », « les femmes et les hommes ». Mais est-ce que cela peut fonctionner ? « C'est surtout une question d'habitude. Certaines formes, comme les néologismes, mettront sans doute plus de temps à entrer dans les mœurs ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Israël Tshipamba, directeur du festival Ça se passe à Kin. Invité : Pascal Gygax, psycholinguiste, directeur de recherches à l'université de Fribourg en Suisse. Co-auteur avec de Et si on arrêtait de penser au masculin ? publié aux éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Sébastien Tellier & Juliette Armanet avec le titre « Attraction ».
Dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, publié aux éditions Le Robert, le psycholinguiste Pascal Gygax démonte les mécanismes de la masculinisation de la langue et montre en quoi ils influencent en profondeur notre vision de la société. Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père meurt, mais le fils survit et est amené aux urgences. Arrivé à l'hôpital, le chirurgien de garde dit : « Je ne peux pas opérer car c'est mon fils ! » Comment cette situation est possible ? C'est par cette devinette, qui s'avère être une question assez structurante, que commence l'essai co-écrit par Pascal Gygax ! La réponse est la « mère » mais beaucoup de gens testés ont eu beaucoup de peine à trouver la solution, comme si notre cerveau ne pouvait le capter immédiatement ! « Il y a un stéréotype ! On n'est pas habitué à l'association « chirurgien/femme ». En langue française, on a un autre problème : on utilise le masculin pour parler de personnes qui ne sont pas homme (médecin, professeur....) ». C'est ce qu'on appelle le masculin générique... Pour le chercheur, le cerveau a du mal à envisager spontanément le féminin lorsqu'il doit souvent lever une ambiguïté entre un féminin et un masculin. « Mais notre cerveau n'aime pas laisser des cases vides : lorsqu'il doit trancher, il va plutôt se tourner vers le masculin. C'est une forme d'androcentrisme. Nous voyons le monde à travers un prisme plutôt masculin, parce que nous y avons été exposés depuis tout petits. » Mais, comment on est ont arrivé là ? Tout d'abord, il y a eu des vagues de « masculinisation de la langue » notamment à partir du XVIIè siècle : des mots comme « autrice » ont disparu. « Une manière de dire aux femmes que les métiers tels que docteur, philosophe, sont réservés aux hommes ! C'est très assumé. » Comment faire un langage plus inclusif ? Pascal Gygax nous apprend que les premières théories sur l'écriture inclusives apparaissent dans le livre de Nancy Hardesty Inclusive Language in the Church. Dans cet ouvrage, l'autrice proposait d'utiliser des termes épicènes « enfant de Dieu » plutôt que « fils de Dieu ». « Il ne faut pas confondre écriture inclusive et point médian qui est juste une des formes possibles de l'écriture inclusive », précise Pascal Gygax. D'autres stratégies existent : changer la fonction grammaticale, utiliser le pluriel ou encore recourir à la forme passive. On peut aussi employer des doublets : « Françaises, Français », « les femmes et les hommes ». Mais est-ce que cela peut fonctionner ? « C'est surtout une question d'habitude. Certaines formes, comme les néologismes, mettront sans doute plus de temps à entrer dans les mœurs ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Israël Tshipamba, directeur du festival Ça se passe à Kin. Invité : Pascal Gygax, psycholinguiste, directeur de recherches à l'université de Fribourg en Suisse. Co-auteur avec de Et si on arrêtait de penser au masculin ? publié aux éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Sébastien Tellier & Juliette Armanet avec le titre « Attraction ».
Isis Labeau Caberia a étudié l'histoire coloniale de la Caraïbe et celle de l'esclavage. Dans Chères ancêtres, elle nous livre son histoire familiale, celle d'une jeune Martiniquaise que ses études brillantes ont conduite partout dans le monde, sensible à la cause féminine. Elle se questionne sur l'héritage féminin tu et inconnu et dénonce l'invisibilisation des femmes esclaves. Isis Labeau-Caberia, écrivaine, était l'invitée de Nathalie Amar sur RFI. Son roman Chères ancêtres est paru aux éditions Grasset. ► Reportage : Marjorie Bertin s'est rendue au musée de Cluny pour visiter l'exposition « Licornes! » qui dresse un portrait de cet animal légendaire à travers le temps et l'histoire de l'art. ► Playlist du jour : - She Says - 6H30 - Ireke feat Agnès Hélène - Tout est bizarre - Souad Massi - Zagate.
Here's to You, Rachel Robinson, de Judy Blume, est paru en français sous le titre Tiens bon, Rachel !. Un roman publié à l'origine en 1993, et qui mérite aujourd'hui d'être redécouvert À l'occasion de sa sortie en français à l'école des loisirs.On parle souvent de Judy Blume comme d'une immense autrice pour la jeunesse américaine. Une écrivaine qui a accompagné plusieurs générations d'adolescents avec une qualité rare : celle de prendre leurs émotions au sérieux. Avec Rachel Robinson, elle signe peut-être son roman le plus subtil...
Isis Labeau Caberia a étudié l'histoire coloniale de la Caraïbe et celle de l'esclavage. Dans Chères ancêtres, elle nous livre son histoire familiale, celle d'une jeune Martiniquaise que ses études brillantes ont conduite partout dans le monde, sensible à la cause féminine. Elle se questionne sur l'héritage féminin tu et inconnu et dénonce l'invisibilisation des femmes esclaves. Isis Labeau-Caberia, écrivaine, était l'invitée de Nathalie Amar sur RFI. Son roman Chères ancêtres est paru aux éditions Grasset. ► Reportage : Marjorie Bertin s'est rendue au musée de Cluny pour visiter l'exposition « Licornes! » qui dresse un portrait de cet animal légendaire à travers le temps et l'histoire de l'art. ► Playlist du jour : - She Says - 6H30 - Ireke feat Agnès Hélène - Tout est bizarre - Souad Massi - Zagate.
Dans son dernier ouvrage en date, Humanités, peut-on vivre sans elles ? publié aux Éditions de l'Observatoire, Caroline Fourgeaud‑Laville entreprend de réhabiliter les humanités, et notamment l'apprentissage du grec ancien et du latin. Elle s'en explique au micro de Pierre-Édouard Deldique dans ce nouveau numéro du magazine Idées. L'argumentaire du livre est clair. On y lit ceci : « Contrairement aux idées reçues, les humanités - le grec et le latin, mais aussi la philosophie, la philologie, ou encore l'histoire antique - ne sont pas élitistes : elles démocratisent l'accès au sens des mots, déjouent les pièges de la novlangue, aiguisent l'esprit critique. Des neurosciences à l'IA, des start-ups aux champs de bataille, du grec biblique aux cryptomonnaies, de la défense à l'économie, l'auteure démontre leur actualité brûlante. Elle nous fait parcourir le monde, d'une école d'Irlande du Nord où Sénèque apaise les enfants traumatisés, aux vétérans américains qui se reconstruisent en lisant Sophocle, des campus de Princeton aux laboratoires qui percent les secrets des papyrus carbonisés d'Herculanum ». Or, il faut le constater, entre les discours utilitaristes, les injonctions à la rentabilité et la fascination pour les technologies, les disciplines littéraires, historiques et philosophiques sont peu à peu reléguées au rang de survivances d'un monde ancien. Caroline Fourgeaud-Laville, passionnée par son sujet, fondatrice d'une association d'apprentissage du grec ancien dans les écoles, refuse cette résignation. Sa fougue au micro donne, s'il en était besoin, un surcroît de force à son propos. Sa défense des apports des humanités dans la vie individuelle et collective est pour le moins convaincante. Elle montre comment la littérature apprend à nourrir la complexité de la vie plutôt qu'à la réduire ; la philosophie donne à penser contre soi, à défaire ses propres évidences ; l'histoire enseigne la distance critique et la conscience des temporalités, les langues anciennes ouvrent un espace où l'on découvre que d'autres mondes sont possibles. Les humanités ne sont donc pas un luxe, mais une école de liberté intérieure, un apprentissage de la nuance, de la pluralité et du discernement — des compétences d'autant plus cruciales dans un environnement saturé d'informations rapides, d'infox et de clashs. Dans un monde où les repères vacillent, où les discours simplificateurs prospèrent, où l'accélération technologique menace d'écraser la réflexion, les humanités offrent un contrepoint décisif. Voici l'adresse du site de notre invitée ce dimanche. Programmation musicale : To Tragoudi Tou Andrea Pause à Samos Elisa Vellia ; Franck René ; Christophe Gauvert. (2 morceaux différents interprétés par les mêmes musiciens).
Dans son dernier ouvrage en date, Humanités, peut-on vivre sans elles ? publié aux Éditions de l'Observatoire, Caroline Fourgeaud‑Laville entreprend de réhabiliter les humanités, et notamment l'apprentissage du grec ancien et du latin. Elle s'en explique au micro de Pierre-Édouard Deldique dans ce nouveau numéro du magazine Idées. L'argumentaire du livre est clair. On y lit ceci : « Contrairement aux idées reçues, les humanités - le grec et le latin, mais aussi la philosophie, la philologie, ou encore l'histoire antique - ne sont pas élitistes : elles démocratisent l'accès au sens des mots, déjouent les pièges de la novlangue, aiguisent l'esprit critique. Des neurosciences à l'IA, des start-ups aux champs de bataille, du grec biblique aux cryptomonnaies, de la défense à l'économie, l'auteure démontre leur actualité brûlante. Elle nous fait parcourir le monde, d'une école d'Irlande du Nord où Sénèque apaise les enfants traumatisés, aux vétérans américains qui se reconstruisent en lisant Sophocle, des campus de Princeton aux laboratoires qui percent les secrets des papyrus carbonisés d'Herculanum ». Or, il faut le constater, entre les discours utilitaristes, les injonctions à la rentabilité et la fascination pour les technologies, les disciplines littéraires, historiques et philosophiques sont peu à peu reléguées au rang de survivances d'un monde ancien. Caroline Fourgeaud-Laville, passionnée par son sujet, fondatrice d'une association d'apprentissage du grec ancien dans les écoles, refuse cette résignation. Sa fougue au micro donne, s'il en était besoin, un surcroît de force à son propos. Sa défense des apports des humanités dans la vie individuelle et collective est pour le moins convaincante. Elle montre comment la littérature apprend à nourrir la complexité de la vie plutôt qu'à la réduire ; la philosophie donne à penser contre soi, à défaire ses propres évidences ; l'histoire enseigne la distance critique et la conscience des temporalités, les langues anciennes ouvrent un espace où l'on découvre que d'autres mondes sont possibles. Les humanités ne sont donc pas un luxe, mais une école de liberté intérieure, un apprentissage de la nuance, de la pluralité et du discernement — des compétences d'autant plus cruciales dans un environnement saturé d'informations rapides, d'infox et de clashs. Dans un monde où les repères vacillent, où les discours simplificateurs prospèrent, où l'accélération technologique menace d'écraser la réflexion, les humanités offrent un contrepoint décisif. Voici l'adresse du site de notre invitée ce dimanche. Programmation musicale : To Tragoudi Tou Andrea Pause à Samos Elisa Vellia ; Franck René ; Christophe Gauvert. (2 morceaux différents interprétés par les mêmes musiciens).
Chaque dimanche, retrouvez le livre coup de coeur de la semaine : roman, thriller, littérature... laissez-vous inspirer pour vos prochaines lectures ! RDV chaque dimanche à 08h50 et 10h20 sur LYON 1ERE. Ecoutez LYON 1ERE sur lyonpremiere.fr, l'application et à Lyon sur 90.2FM et en DAB+.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comment se rendre réellement compte de ce qu'ont vécu pendant la traite négrière les personnes transformées en esclaves et transportées à travers l'Atlantique pour être vendues à des planteurs ? Un livre d'histoire qui vient d'être traduit en français nous plonge dans la brutalité du quotidien des esclaves. Cet ouvrage est intitulé Le Zorg, du nom d'un navire négrier à bord duquel s'est déroulé un épisode d'une rare cruauté à la fin du 18e siècle. Une tragédie qui, une fois connue, a joué un rôle déterminant dans le combat des abolitionnistes. Pour en parler, nous recevons l'auteur du livre Siddharth Kara, universitaire à Harvard et à Nottingham. RFI : Que s'est-il passé à bord du Zorg à la fin de l'année 1781 ? Siddharth Kara : Le navire s'est égaré. Il a été détourné par des tempêtes et, au cours de son voyage vers la Jamaïque, il a semblé manquer d'eau. L'équipage a dû prendre une décision… et pour réduire la consommation d'eau, cette décision a été de jeter par-dessus bord plus de 130 esclaves africains. Ils ont commencé, par les femmes et les enfants qu'ils ont jetés directement à la mer, il y avait un bébé. Ensuite, ils ont sélectionné les hommes les plus malades, un par un, deux par deux, enchaînés, entravés. Après de longs mois passés dans l'enfer de la cale de ce navire négrier, ils ont été jetés à la mer. L'équipage a agi ainsi parce qu'il craignait de manquer d'eau et de ne pas atteindre la Jamaïque à temps. Cette histoire a été révélée au public parce que les armateurs ont demandé une indemnisation pour ce qu'ils ont décrit, dans un déni total d'humanité, comme une « cargaison perdue ». Pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé ensuite ? Le marchand d'esclaves, le propriétaire du navire, était cupide, il était attaché à son argent. Plus de la moitié des esclaves du Zorg étaient morts, alors que le taux de mortalité habituel sur un navire négrier britannique était d'environ 15%... Il n'a pas pu accepter cette perte. Or, à l'époque, les navires et leur cargaison étaient assurés pour la traversée de l'Atlantique. Il a donc déposé une demande d'indemnisation, en réclamant une compensation pour la perte de plus de 130 esclaves. L'assureur a refusé, parce qu'il était surpris par ce taux de mortalité aussi élevé. Le marchand aurait pu en rester là, mais la cupidité l'a poussé à engager un procès. Il a gagné : il a été décidé que l'assurance devait indemniser la perte des esclaves assassinés. Mais quelqu'un assistait à l'audience ce jour-là et s'est demandé pourquoi on parlait d'assurance plutôt que de meurtre. Il a écrit une lettre anonyme posant cette question, publiée le lendemain dans les journaux londoniens. Cette lettre a été remarquée par un groupe naissant d'abolitionnistes en Angleterre, qui y ont vu la preuve des horreurs de la traite. Ils se sont réunis, sous la direction de Granville Sharp, une figure fondatrice de l'abolitionnisme anglais, et ont convaincu les assureurs de demander un nouveau procès. Lors de ce second procès, une question fondamentale a été débattue : ces Africains étaient-ils des biens ou des personnes ? Des animaux ou des êtres humains ? Ce débat, porté devant le Lord Chief Justice de l'Empire britannique, a contribué à lancer le premier mouvement abolitionniste. L'une des forces de votre travail réside dans la précision avec laquelle vous décrivez l'expérience vécue par les personnes capturées et vendues comme esclaves. L'horreur de l'esclavage est démultipliée par des violences constantes : les coups de fouet, les viols, la vie dans la puanteur des excréments, l'enfermement dans les cales. Pouvez-vous donner quelques exemples tirés de votre livre ? Nous savons ce qu'est l'esclavage, nous en connaissons l'existence, mais nous ne plongeons jamais dans l'horreur brute de la traversée forcée des Africains à travers l'Atlantique. À bord des navires, de nombreux instruments de torture étaient utilisés pour maintenir le contrôle. Les violences sexuelles contre les femmes et les enfants étaient constantes. Un ancien capitaine négrier devenu abolitionniste, John Newton, racontait qu'il voyait ses marins assouvir leurs pulsions sur des fillettes de neuf ou dix ans. Dans les cales, les captifs étaient enchaînés, contraints de vivre dans leurs excréments et leur urine, avec à peine quelques seaux inaccessibles. Tous contractaient la dysenterie. Imaginez le mal de mer, les vomissements continus, sans même pouvoir s'asseoir. Ils étaient entassés comme des livres sur une étagère, dans la chaleur, la putréfaction et les immondices. Voilà pourquoi les taux de mortalité étaient si élevés. La puissance des intérêts financiers liés à la traite apparaît clairement dans votre livre. On a l'impression que la traite occupait une place majeure dans l'économie britannique à la fin du 18e siècle. Absolument. Prenons un indicateur : en 1775, juste avant la guerre d'indépendance américaine, les exportations de sucre de la Jamaïque vers l'Angleterre étaient cinq fois supérieures à l'ensemble des exportations des treize colonies américaines réunies. Le sucre était la ressource stratégique de l'époque, produite grâce au travail forcé des esclaves. Comment évaluez-vous la manière dont le monde traite aujourd'hui la mémoire de l'esclavage ? Existe-t-il une conscience globale de ce que cela a représenté, ou observe-t-on encore des formes de déni ? Nous restons encore à la surface de notre reconnaissance de ce qui s'est passé durant ces 350 années, cette tâche sur la conscience humaine. Il existe encore un certain déni quant à l'ampleur et à la gravité des faits. J'espère que l'histoire du Zorg contribuera à une compréhension plus complète, car on ne peut envisager de réparer cette période sans en mesurer pleinement la violence et l'ampleur. Et nous n'y sommes pas encore. Le 25 mars dernier, le Ghana a conduit l'Assemblée générale de l'ONU à qualifier la traite négrière de crime le plus grave contre l'humanité. Cette qualification vous paraît-elle justifiée et utile ? Absolument. Elle est justifiée. Césaire a déclaré que l'Europe se tient devant la communauté mondiale, responsable du plus grand amas de cadavres de l'histoire humaine. Et il parlait de la traite négrière. Des millions de personnes ont été torturées, violentées et tuées, et des millions d'autres condamnées à une vie de travail forcé. La culture du sucre était l'une des formes de travail les plus dures et violentes. C'est l'un des crimes les plus graves en raison de son ampleur, de sa durée — plus de trois siècles et demi — et de ses conséquences encore visibles aujourd'hui en Afrique. Il doit y avoir une forme de réparation entre les pays du Nord et les pays africains. Le Zorg, de Siddharth Kara, un ouvrage publié aux éditions Paulsen, 304 pages, 2026. À écouter aussiDes rives de la Méditerranée au Sahara : vérités et tabous des esclavages dans le monde musulman À lire aussiL'odyssée des Tinchant, de l'esclavage à la résistance: une histoire-monde
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Petit modèle, tel est le titre du dernier ouvrage de Sayouba Traoré. Né à Ouahigouya au nord de la Haute-Volta – aujourd'hui appelé Burkina Faso –, l'auteur est aussi journaliste. Jusqu'à son départ à la retraite en 2022, il était le producteur-présentateur de l'émission Le coq chante sur RFI. Désormais, Sayouba Traoré est revenu à temps plein à l'écriture. Petit modèle, son sixième livre depuis son départ à la retraite, est publié chez Nombre 7 éditions à Nîmes. À lire aussiDans l'Afrique profonde, avec Sayouba Traoré À écouter aussiLe coq chante
Premier épisode de cette série inédite qui propose une rencontre avec un.e auteur.e sur sa terre natale. Aujourd'hui l'humoriste, comédienne et écrivaine Roukiata Ouedraogo, née au Burkina Faso et qui ici se livre sur son enfance, ses débuts et ses combats. Grand entretien à Ouagadougou. « Je suis autrice, humoriste et comédienne franco-burkinabè. Née au Burkina Faso, j'ai grandi entre Fada N'Gourma et Ouagadougou avant de m'installer en France au début des années 2000. Mon parcours artistique s'est construit à la croisée du théâtre, de l'écriture, de l'humour, de la radio et de l'engagement. » (autoportrait de l'autrice sur RFI). Livres cités dans l'entretien : « Dans sa petite chambre de bonne du 18è arrondissement, Roukiata fait son sac : demain, elle rentre chez elle, au Burkina Faso. Que prendre, que choisir, que laisser ? Comment faire plaisir à toutes et à tous, sans se faire totalement dépouiller ?… Entre jolis petits hauts colorés made in Paname Tati, que s'arracheront ses cousines, et le grille-pain deux fentes avec tiroir ramasse-miettes à offrir à sa mère, Roukiata nous raconte sa folle jeunesse, lorsqu'elle était jeune gazeuse des faubourgs Ouagalais, jusqu'à sa vie actuelle dans le « Little Africa » parisien. On rit devant la galerie des braiseurs de poulet bicyclette, les mégères du quartier, les coiffeuses de Château-Rouge ! On succombe devant les techniques de drague des garçons choco et les ruses déployées pour feinter le papa nommé « Chien Méchant » afin de ne pas rater le bal des bacheliers… Accompagné par le dessin virevoltant et dansant d'Aude Massot, ce livre est un hymne à l'enfance, la famille, l'amitié, la différence… On y rit beaucoup… mais pas que. » (Présentation des éditions Sarbacane). De sa plume, légère et nostalgique, Roukiata raconte avec tendresse et humour son enfance au Burkina-Faso. Les sécheresses écrasantes et les pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère. Elle raconte sa famille, l'injustice qui les frappe avec l'arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère. Cette femme, grande et belle, un « roc » restée seule pour élever ses sept enfants, bataillant pour joindre les deux bouts, en vendant sur le pas de sa porte ses délicieuses galettes. Des galettes au miel qui, pour la jeune Roukiata, auront toujours le goût de l'enfance et du pays natal. (Présentation des éditions Slatkine et cie) SITE OFFICIEL DE ROUKIATA OUEDRAOGO ILLUSTRATION MUSICALE : Ouagadougou - DESIRE SANKARA.
Vous trouverez cet entretien sous deux formes : l'une complètement en anglais, l'autre doublée et expliquée en français par moi-même si vous préférez (les deux se trouvent séparément dans le flux du podcast, suivez les drapeaux !)Le lendemain de l'enregistrement de cet épisode - une dinguerie vous verrez -, je n'avais qu'une idée en tête : écrire à Elizabeth Gilbert, garder le lien avec elle. Cette femme a un charisme fou. Je le sais depuis 2006, lorsqu'elle a publié Mange, Prie, Aime, un livre qui a inspiré des millions de femmes - dont moi. Vingt ans plus tard, elle publie un livre poignant, Jusqu'à la rivière, dont elle estime qu'il est « la suite » de ce premier best seller. Le contenu en est bien plus sombre. Il lui a fallu huit ans pour avoir la force de « retourner en enfer » pour raconter l'histoire d'amour destructrice vécue avec son âme-soeur, Raya, atteinte d'un cancer en phase terminale et dépendante à la cocaïne et à l'héroïne. Elizabeth Gilbert, elle, était dépendante à l'idée qu'elle devait sauver Raya. Si, sur le papier, elle avait l'air d'être la « personne saine et altruiste », elle a compris ensuite qu'elle était « tout aussi folle, peut-être plus » que sa compagne. C'est ça, la « codépendance » un concept mal connu en France, qu'elle décrit d'une façon limpide : déverser dans l'autre tout ce qu'on est, puis rester « mains tendues, en espérant récupérer une miette de l'amour qu'on a déversé ». Elizabeth Gilbert est allée aux Codépendants Anonymes, et a fait ce fameux « programme en douze étapes » qui implique un bilan moral total, qu'elle décrit comme le moment le plus salvateur de sa vie.Elle me charme. Elle me fait rire. La conclusion à laquelle elle aboutit dans ce livre est exactement la même que celle à laquelle j'ai abouti dans Enfin Seule. Elle explore la nécessité pour les êtres humains, en particulier les femmes, de trouver l'apaisement dans une capacité reconquise d'être enfin heureuse seule.C'est pour ça que cet entretien m'a bouleversée. Je sais déjà qu'il vous plaira !Faites moi des retours sur les réseaux sociaux et n'oubliez pas de mettre des étoiles partout ! Ça aide Folie Douce à essaimer
Vous trouverez cet entretien sous deux formes : l'une complètement en anglais, l'autre doublée et expliquée en français par moi-même si vous préférez (les deux se trouvent séparément dans le flux du podcast, suivez les drapeaux !)Le lendemain de l'enregistrement de cet épisode - une dinguerie vous verrez -, je n'avais qu'une idée en tête : écrire à Elizabeth Gilbert, garder le lien avec elle. Cette femme a un charisme fou. Je le sais depuis 2006, lorsqu'elle a publié Mange, Prie, Aime, un livre qui a inspiré des millions de femmes - dont moi. Vingt ans plus tard, elle publie un livre poignant, Jusqu'à la rivière, dont elle estime qu'il est « la suite » de ce premier best seller. Le contenu en est bien plus sombre. Il lui a fallu huit ans pour avoir la force de « retourner en enfer » pour raconter l'histoire d'amour destructrice vécue avec son âme-soeur, Raya, atteinte d'un cancer en phase terminale et dépendante à la cocaïne et à l'héroïne. Elizabeth Gilbert, elle, était dépendante à l'idée qu'elle devait sauver Raya. Si, sur le papier, elle avait l'air d'être la « personne saine et altruiste », elle a compris ensuite qu'elle était « tout aussi folle, peut-être plus » que sa compagne. C'est ça, la « codépendance » un concept mal connu en France, qu'elle décrit d'une façon limpide : déverser dans l'autre tout ce qu'on est, puis rester « mains tendues, en espérant récupérer une miette de l'amour qu'on a déversé ». Elizabeth Gilbert est allée aux Codépendants Anonymes, et a fait ce fameux « programme en douze étapes » qui implique un bilan moral total, qu'elle décrit comme le moment le plus salvateur de sa vie.Elle me charme. Elle me fait rire. La conclusion à laquelle elle aboutit dans ce livre est exactement la même que celle à laquelle j'ai abouti dans Enfin Seule. Elle explore la nécessité pour les êtres humains, en particulier les femmes, de trouver l'apaisement dans une capacité reconquise d'être enfin heureuse seule.C'est pour ça que cet entretien m'a bouleversée. Je sais déjà qu'il vous plaira !Faites moi des retours sur les réseaux sociaux et n'oubliez pas de mettre des étoiles partout ! Ça aide Folie Douce à essaimer
Dans Le loup de la famille, l'auteur libanais Souhaib Ayoub raconte la vie d'une famille traversée par la guerre. Le loup de la famille raconte l'histoire d'une famille sur trois générations mais aussi la vie d'un immeuble dans un quartier pauvre de Tripoli, la deuxième ville du Liban au nord du pays. Le roman n'est pas daté et c'est volontaire « il y a aussi beaucoup de guerres locales : à Tripoli par exemple, entre les Sunnites et les Alaouites, on a aussi la guerre civile et toutes les guerres personnelles de chaque famille ! » L'appartement familial a été bombardé et le narrateur, Hassan, un ado muet le raconte comme une légende, et pour cause, le narrateur n'était pas né ! La famille de cet immeuble est atypique : il y a Shamzé, la grand-mère, une femme bédouine qui a vécu de nombreux drames, Zied, le père amant de DolceVita, une femme transgenre. Le roman est traversé de bout en bout par la guerre... « La guerre, cette fille de pute ! ». Souhaib Ayoub définit la guerre actuelle comme une guerre insupportable. « On est attaqués chaque jour par Israël ». Même en exil, il porte la douleur de la guerre et éprouve une forme de culpabilité à vivre loin de son pays. « Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix, il y a juste des moments d'espoirs de paix. C'est un peuple qui vit en résistance tout le temps ! Chaque Libanais vit la guerre n'importe où, comme un acte de fuite. » Invité : Souhaib Ayoub, écrivain, peintre et comédien, est né en 1989 à Tripoli, au Liban. Il réside à Paris depuis 2015. Il est à l'origine du projet « Ta'a naktob » (« Écrivons ensemble ») visant à promouvoir l'écriture créative auprès des jeunes. Il est l'auteur de Rajul min sâtân (« Un homme de satin » sorti en 2019) et de « Le loup de la famille », aux éditions Actes Sud, son premier récit traduit en France. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « se faire du mouron » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : Les artistes JeanJass & Chilly Gonzales avec le titre « IMAX ».
Dans Le loup de la famille, l'auteur libanais Souhaib Ayoub raconte la vie d'une famille traversée par la guerre. Le loup de la famille raconte l'histoire d'une famille sur trois générations mais aussi la vie d'un immeuble dans un quartier pauvre de Tripoli, la deuxième ville du Liban au nord du pays. Le roman n'est pas daté et c'est volontaire « il y a aussi beaucoup de guerres locales : à Tripoli par exemple, entre les Sunnites et les Alaouites, on a aussi la guerre civile et toutes les guerres personnelles de chaque famille ! » L'appartement familial a été bombardé et le narrateur, Hassan, un ado muet le raconte comme une légende, et pour cause, le narrateur n'était pas né ! La famille de cet immeuble est atypique : il y a Shamzé, la grand-mère, une femme bédouine qui a vécu de nombreux drames, Zied, le père amant de DolceVita, une femme transgenre. Le roman est traversé de bout en bout par la guerre... « La guerre, cette fille de pute ! ». Souhaib Ayoub définit la guerre actuelle comme une guerre insupportable. « On est attaqués chaque jour par Israël ». Même en exil, il porte la douleur de la guerre et éprouve une forme de culpabilité à vivre loin de son pays. « Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix, il y a juste des moments d'espoirs de paix. C'est un peuple qui vit en résistance tout le temps ! Chaque Libanais vit la guerre n'importe où, comme un acte de fuite. » Invité : Souhaib Ayoub, écrivain, peintre et comédien, est né en 1989 à Tripoli, au Liban. Il réside à Paris depuis 2015. Il est à l'origine du projet « Ta'a naktob » (« Écrivons ensemble ») visant à promouvoir l'écriture créative auprès des jeunes. Il est l'auteur de Rajul min sâtân (« Un homme de satin » sorti en 2019) et de « Le loup de la famille », aux éditions Actes Sud, son premier récit traduit en France. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « se faire du mouron » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris ! Programmation musicale : Les artistes JeanJass & Chilly Gonzales avec le titre « IMAX ».
durée : 00:14:03 - Les émissions culturelles de France Culture - Publié en Grande-Bretagne il y a dix ans, "Lonely City" sort enfin en France. L'occasion pour les lecteur.rice.s de l'héxagone de découvrir Olivia Laing, voix majeure de la non-fiction narrative. - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Céline du Chéné Productrice à France Culture Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:27:33 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Dans ce débat critique, un programme dédié à la littérature étrangère avec les déambulations de narrateur.rices à Paris et à New York, entre narrative nonfiction et roman. Au menu : "Lonely City" d'Olivia Laing et "Une année à Paris avec Gertrude Stein" de Deborah Levy. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Céline du Chéné Productrice à France Culture Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:13:31 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - L'autrice britannique Deborah Levy dresse dans son nouveau roman le portrait par petites touches de Gertrude Stein, mère de la scène artistique parisienne des années 1920, celle de la Génération Perdue. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Céline du Chéné Productrice à France Culture Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Simon Paré-Poupart est éboueur - ou vidangeur comme on dit au Québec - depuis une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il publie Ordures! Journal d'un vidangeur chez Lux Éditions. Simon Paré-Poupart est éboueur - ou plus précisément « Vidangeur » : car c'est le terme utilisé au Canada. Il nettoie la « marde » des autres. Depuis qu'il a commencé « sa » job, il a ramassé près de 70.000 tonnes de déchets. Dans ce livre publié, véritable journal intime de son métier, Simon Paré-Poupart raconte les dessous de ce métier sans aucun pathos : la dure réalité de son métier : un métier physique, et peu valorisé socialement. Il se compare à un « Sisyphe de la société de consommation ». Diplômé en sociologie, ce métier, il l'a choisi « Je trouve qu'il y a quelque chose d'enivrant à faire ce métier ». Et on peut se poser la question : que racontent nos ordures ? Que disent-elles de nous qui jetons près de 2 milliards de tonnes de déchets par an dans le monde avec des matières de plus en plus difficiles à recycler ? Simon Paré-Poupart se définit comme freegan. Il récupère les déchets de la société de consommation puis en vit afin de consommer le moins possible. Éboueur par choix, par adhésion et en toute conscience, il raconte la fierté et la joie qu'il éprouve à exercer ce métier… ce qui va à rebours du premier sentiment que l'on peut avoir en voyant passer les camions poubelles ! Son livre n'est pas sans rappeler l'essai de Joseph Ponthus À la ligne publié en 2019. Disparu en 2021, cet auteur qui a travaillé à la chaîne dans les usines racontait les dessous de la vie dans les usines. Ordures ! regorge d'expressions québécoises. « Job » est au féminin. On trouve aussi les mots « marde », le « helper », « le draveur » ou « le bucheux » ou encore des expressions telles que « Rester sur la run pour taler ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Valentin Kuamba Kuka nous parlera du laboratoire MASAPO qui célèbre la diversité des récits et revitalise l'art du conte. Invité : Simon Paré-Poupart, écrivain, sociologue et vidangeur. Son ouvrage Ordures ! a remporté le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie essai. À retrouver chex Lux Éditions. Programmation musicale : Le groupe Il Est Vilaine avec le titre Ketchup purée.
Simon Paré-Poupart est éboueur - ou vidangeur comme on dit au Québec - depuis une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il publie Ordures! Journal d'un vidangeur chez Lux Éditions. Simon Paré-Poupart est éboueur - ou plus précisément « Vidangeur » : car c'est le terme utilisé au Canada. Il nettoie la « marde » des autres. Depuis qu'il a commencé « sa » job, il a ramassé près de 70.000 tonnes de déchets. Dans ce livre publié, véritable journal intime de son métier, Simon Paré-Poupart raconte les dessous de ce métier sans aucun pathos : la dure réalité de son métier : un métier physique, et peu valorisé socialement. Il se compare à un « Sisyphe de la société de consommation ». Diplômé en sociologie, ce métier, il l'a choisi « Je trouve qu'il y a quelque chose d'enivrant à faire ce métier ». Et on peut se poser la question : que racontent nos ordures ? Que disent-elles de nous qui jetons près de 2 milliards de tonnes de déchets par an dans le monde avec des matières de plus en plus difficiles à recycler ? Simon Paré-Poupart se définit comme freegan. Il récupère les déchets de la société de consommation puis en vit afin de consommer le moins possible. Éboueur par choix, par adhésion et en toute conscience, il raconte la fierté et la joie qu'il éprouve à exercer ce métier… ce qui va à rebours du premier sentiment que l'on peut avoir en voyant passer les camions poubelles ! Son livre n'est pas sans rappeler l'essai de Joseph Ponthus À la ligne publié en 2019. Disparu en 2021, cet auteur qui a travaillé à la chaîne dans les usines racontait les dessous de la vie dans les usines. Ordures ! regorge d'expressions québécoises. « Job » est au féminin. On trouve aussi les mots « marde », le « helper », « le draveur » ou « le bucheux » ou encore des expressions telles que « Rester sur la run pour taler ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Valentin Kuamba Kuka nous parlera du laboratoire MASAPO qui célèbre la diversité des récits et revitalise l'art du conte. Invité : Simon Paré-Poupart, écrivain, sociologue et vidangeur. Son ouvrage Ordures ! a remporté le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie essai. À retrouver chex Lux Éditions. Programmation musicale : Le groupe Il Est Vilaine avec le titre Ketchup purée.
Cette semaine, dans ce numéro d'Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit le journaliste Pierre Haski. Avec lui, cinquante ans de reportages au long cours nous contemplent. Il est aujourd'hui un des plus fins analystes du monde qui vient. Dans son livre qui s'intitule La fin d'un monde (Stock), il revient sur son parcours, les lieux, les visages, les événements qui ont façonné sa compréhension du monde. Il analyse les soubresauts du monde hérité de l'après-guerre. « Je suis né en un lieu et à une époque qui ont sans doute décidé du reste de ma vie : Tunis, en 1953… » écrit-il. Sa vie est un roman. On le constate en l'écoutant, Pierre Haski écrit depuis une position enviable : celle d'un journaliste qui a traversé la fin de l'apartheid, la transition post‑maoïste en Chine, les guerres du Moyen‑Orient, l'effondrement des régimes communistes, la mondialisation triomphante puis sa remise en question aujourd'hui. Ses souvenirs ne sont pas des anecdotes : ils constituent des points d'observation privilégiés pour saisir les lignes de force du présent et du passé. Ainsi, raconte-t-il, par exemple, son arrivée à Zanzibar dans les années 1970, jeune reporter découvrant un pays marqué par les séquelles du colonialisme et les tensions de la guerre froide. Son expérience sud‑africaine est l'un des fils rouges du livre. Il y observe la chute de l'apartheid, la transition démocratique, puis les désillusions. Ces souvenirs nourrissent une réflexion plus large. Les transitions sont longues, fragiles, souvent décevantes. D'ailleurs le continent africain est fort présent dans son livre et dans ses propos tenus au micro où il nous parle par exemple de Thomas Sankara, l'ancien président du Burkina-Faso. Correspondant à Pékin dans les années 2000, Haski voit la Chine passer du statut « d'usine du monde » à celui de puissance technologique et stratégique. Il raconte les illusions occidentales, les erreurs d'analyse, la fascination mêlée d'aveuglement. Ses souvenirs personnels — conversations, scènes de rue, rencontres avec des dissidents — donnent chair à une idée force. La Chine donne le ton dans le monde d'aujourd'hui. « Pour guetter l'avenir, regarder vers la Chine ». De la Roumanie à la Russie, Haski décrit les espoirs de 1989, puis les dérives autoritaires, les nationalismes, les frustrations économiques. Ses souvenirs montrent comment les promesses non tenues ont nourri les populismes actuels. Fervent européen, il précise que l'Europe n'est pas réductible à l'UE : « On ne tombe pas amoureux d'une structure politique », lance-t-il. Son constat est d'une implacable lucidité : l'ordre international né en 1945 — multilatéralisme, droit international, leadership occidental — est remis en question. Au fil de ce numéro du magazine Idées et des pages du livre, Pierre Haski se livre aussi à une méditation sur le journalisme : la transformation des médias par le numérique, la difficulté croissante de « voir » le monde derrière les propagandes, les réseaux sociaux, les récits nationaux. Il cite Hannah Arendt qui soulignait qu'avec les mensonges, un peuple ne croit plus en rien, ne peut se faire une opinion, et se trouve placé sous la menace de quiconque veut le manipuler. Malgré le titre, le journaliste - qui tient à préciser que son livre ne s'intitule pas La fin du monde mais La fin d'un monde - ne cède ni au catastrophisme ni à la nostalgie, il croit encore à la possibilité d'un monde commun — à condition de repenser nos institutions, nos alliances et notre façon de voir les peuples. Pierre Haski a créé sa chaîne sur YouTube : « Le Monde de Pierre Haski ». Programmation musicale : Amakhamandela - BCUC Sankara - Gabin Dabiré Karma Code - Skai Isyourgod Mopti - Ray Lema ; Ensemble Partage.
Alix Girod de l'Ain et Cyril Doisneau "Saint Tropez expliqué à ceux qui disent Saint Trop'"Saint-Tropez, Saint-Trop', Saint « Trop de Pèze »… Depuis mon enfance, j'ai entendu tout, et souvent n'importe quoi, sur cette destination devenue mi-réceptacle à clichés et mi-punching-ball. « Saint-Tropez, ce n'est plus ce que c'était ? » Vrai, depuis les invasions burgondes, les choses ont changé… et c'est tant mieux. « Il n'y a que des riches à Saint-Tropez ? » Faux. Il y a aussi des ultra-riches (je plaisante). « Il y a trop de monde l'été à Saint-Tropez ? » Vrai et Faux, tout dépend d'où vous allez, avec quel moyen de locomotion et à quelle heure. « Saint-Tropez, c'est pour les gens « bling-bling » ? Vrai pour 10 % de ceux qui la fréquentent, et source de rigolade pour les 90% qui les observent, goguenards. Souvent, lorsque je dis que j'y passe la plupart de mes vacances les gens s'étonnent « Quoi ? T'as plutôt une tête à aller sur la côte basque ou à l'ile de Ré ! », je ne sais pas trop si c'est un compliment (pas assez glamour pour la côte d'Azur ?) ou parce qu'on connaît bien mal ce village… Musique : « San Tropez » Pink Floyd Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cette semaine, dans ce numéro d'Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit le journaliste Pierre Haski. Avec lui, cinquante ans de reportages au long cours nous contemplent. Il est aujourd'hui un des plus fins analystes du monde qui vient. Dans son livre qui s'intitule La fin d'un monde (Stock), il revient sur son parcours, les lieux, les visages, les événements qui ont façonné sa compréhension du monde. Il analyse les soubresauts du monde hérité de l'après-guerre. « Je suis né en un lieu et à une époque qui ont sans doute décidé du reste de ma vie : Tunis, en 1953… » écrit-il. Sa vie est un roman. On le constate en l'écoutant, Pierre Haski écrit depuis une position enviable : celle d'un journaliste qui a traversé la fin de l'apartheid, la transition post‑maoïste en Chine, les guerres du Moyen‑Orient, l'effondrement des régimes communistes, la mondialisation triomphante puis sa remise en question aujourd'hui. Ses souvenirs ne sont pas des anecdotes : ils constituent des points d'observation privilégiés pour saisir les lignes de force du présent et du passé. Ainsi, raconte-t-il, par exemple, son arrivée à Zanzibar dans les années 1970, jeune reporter découvrant un pays marqué par les séquelles du colonialisme et les tensions de la guerre froide. Son expérience sud‑africaine est l'un des fils rouges du livre. Il y observe la chute de l'apartheid, la transition démocratique, puis les désillusions. Ces souvenirs nourrissent une réflexion plus large. Les transitions sont longues, fragiles, souvent décevantes. D'ailleurs le continent africain est fort présent dans son livre et dans ses propos tenus au micro où il nous parle par exemple de Thomas Sankara, l'ancien président du Burkina-Faso. Correspondant à Pékin dans les années 2000, Haski voit la Chine passer du statut « d'usine du monde » à celui de puissance technologique et stratégique. Il raconte les illusions occidentales, les erreurs d'analyse, la fascination mêlée d'aveuglement. Ses souvenirs personnels — conversations, scènes de rue, rencontres avec des dissidents — donnent chair à une idée force. La Chine donne le ton dans le monde d'aujourd'hui. « Pour guetter l'avenir, regarder vers la Chine ». De la Roumanie à la Russie, Haski décrit les espoirs de 1989, puis les dérives autoritaires, les nationalismes, les frustrations économiques. Ses souvenirs montrent comment les promesses non tenues ont nourri les populismes actuels. Fervent européen, il précise que l'Europe n'est pas réductible à l'UE : « On ne tombe pas amoureux d'une structure politique », lance-t-il. Son constat est d'une implacable lucidité : l'ordre international né en 1945 — multilatéralisme, droit international, leadership occidental — est remis en question. Au fil de ce numéro du magazine Idées et des pages du livre, Pierre Haski se livre aussi à une méditation sur le journalisme : la transformation des médias par le numérique, la difficulté croissante de « voir » le monde derrière les propagandes, les réseaux sociaux, les récits nationaux. Il cite Hannah Arendt qui soulignait qu'avec les mensonges, un peuple ne croit plus en rien, ne peut se faire une opinion, et se trouve placé sous la menace de quiconque veut le manipuler. Malgré le titre, le journaliste - qui tient à préciser que son livre ne s'intitule pas La fin du monde mais La fin d'un monde - ne cède ni au catastrophisme ni à la nostalgie, il croit encore à la possibilité d'un monde commun — à condition de repenser nos institutions, nos alliances et notre façon de voir les peuples. Pierre Haski a créé sa chaîne sur YouTube : « Le Monde de Pierre Haski ». Programmation musicale : Amakhamandela - BCUC Sankara - Gabin Dabiré Karma Code - Skai Isyourgod Mopti - Ray Lema ; Ensemble Partage.
Cette semaine, le Club RFI dans le cadre de son atelier littéraire interactif « L'écume des mots » reçoit Pascal Boroto, jeune écrivain congolais. Il est lauréat du « Prix voix d'Afriques » pour son premier roman Le nom de ma mère, paru aux éditions Jean-Claude Lattès. Une œuvre en hommage à sa mère Solange Lusiku, journaliste, a fondé un journal indépendant. C'est une femme respectée et menacée. Elle a fondé un journal indépendant à Bukavu, en République démocratique du Congo. Pour son fils Pascal Nnaka Boroto, elle est une héroïne, la pierre angulaire de leur famille et de sa vie. Alors qu'il est encore lycéen, Solange Lusiku meurt, laissant Pascal sans repère ni modèle. Débute ainsi la trajectoire d'un jeune homme habité par le manque. Quelques années plus tard, Pascal intègre l'équipe du journal de sa mère. Mais quel homme, quel journaliste souhaite-t-il devenir ? Il décide de partir pour Goma, la ville martyre marquée par les guerres et la douleur. Et sa vie bascule. Pascal Boroto dialogue autour de son œuvre avec les membres du Club RFI Jeunesse positive Abomey Calavi du Bénin : Akay Iréne Messan ; Aïsil Desmuce, directeur des activités culturelles et sportives du Club RFI ; Akohoun Féodora, chargé de communication de ce même club et Nestor Fataki Mubangu, spécialiste en communication publique, co-fondateur et directeur général de NURU Conseil. Pascal Boroto, âgé de 24 ans, est aussi économiste et journaliste. Il a travaillé comme enquêteur dans plusieurs camps de déplacés, au sein d'équipes de collecte de données du Fonarev. Pour faire entendre les histoires qu'on lui a confiées, il a fondé Les Voix des Oubliés. Musique : Pour le Vivre ensemble, Raiya Haiko Ya Beyi avec All Stars de la région. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici. Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol.
Nous explorons le chapitre 31 d'Harry Potter et l'Ordre du Phénix : «Buse»...Invitée de cet épisode : Arwen, auditrice de l'émission.0:00 Introduction14:01 Chapitre1:21:06 Meilleur personnage & renommage1:29:10 La volièrePour prolonger l'aventure Harry Potter avec nous :Facebook : https://www.facebook.com/frequence934Instagram : https://www.instagram.com/frequence934Discord : https://discord.com/invite/ps7FgM2bfGTwitch : https://www.twitch.tv/stream9troisquartsNotre volière : frequence934@gmail.comou à : Fréquence 9 3/4, Espace Conquérant, 3 Place Jean Nouzille 14000 Caen FRANCEAccédez à des contenus exclusifs sur Patreon : https://www.patreon.com/frequence934Soutenez-nous sur Tipeee : https://fr.tipeee.com/frequence934Thème musical :Moonlight Hall, de Kevin MacLeod (Licence CC BY 3.0)Jérémy & Marina ⚡ Soutenez-nous sur Patreon et Tipeee !
Dans ce nouvel épisode de Ces questions que tout le monde se pose, je lis la lettre de Camille. Camille a 34 ans, et depuis un moment, elle angoisse de plus en plus à l'idée de voir ses parents. Ces derniers temps, ils sont très tendus à cause de leurs problèmes de santé, et surtout, ils se mettent désormais à mal lui parler et parfois jusqu'à lui crier dessus, comme si elle était toujours une enfant. Souvent, Camille reste muette et quand elle essaie d'en discuter avec eux, ils ne veulent rien entendre. Alors à travers l'histoire de Camille, et toujours dans l'espoir d'aider aussi toutes celles et ceux qui écouteront cet épisode, j'essaie aujourd'hui de répondre aux questions que tout le monde se pose… sur comment réagir face aux paroles violentes.N'hésitez pas à vous abonner à ce podcast, me suivre sur les réseaux sociaux sous le nom de Maud Ankaoua, ou consulter mon site internet https://www.maud-ankaoua.com. N'oubliez pas que si vous avez vous-même des questions, ou s'il y a des sujets que vous aimeriez que j'aborde dans un futur épisode, vous pouvez m'écrire ou m'envoyer une note vocale à l'adresse podcast.eyrolles@gmail.com. Vous retrouverez toutes ces informations dans le texte de description de l'épisode.Je serais également ravie de vous retrouver en librairie avec mes romans :Kilomètre ZéroRespire ! Le Plan est toujours parfaitPlus jamais sans moiTu m'avais promisAutrice & Animatrice : Maud Ankaoua Production : Éditions EyrollesRéalisation : Margaux Rol & Céline Malvo de l'Atelier ENLMontage & Mixage : Marthe CunyMusique : Martijn De BoerHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans son romain Clément, l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste que lui et ses frères ont subi durant son enfance. Dans cette auto-fiction, Romain Lemire raconte son histoire même si vous avez changé les prénoms des protagonistes : un petit garçon qui vit une enfance heureuse avec ses deux frères et sa sœur au sein d'une famille bourgeoise, aimante, cultivée jusqu'à ce jour de juillet 1983 où son père qu'il admire tant, le réveille une nuit pour abuser de lui. Son père, un professeur de lettres brillant, un homme admiré, séduisant loin de l'image qu'on pourrait s'en faire. Pour préparer le livre, il a fouillé dans vingt-cinq ans d'agendas, quinze ans de photos et relu toutes ses lettres. Le roman évolue au fil des années du narrateur. La première partie du livre est écrite à la première personne : c'est un journal intime qui commence le jour de sa naissance, le 25 juin 1976, à la maternité de Port-Royal à Paris. On entend un bébé parler, commenter ce qui l'entoure avec humour. On le voit grandir, on partage ses joies, ses découvertes, ses étonnements et quand l'innommable se produit, quand il raconte avec l'innocence d'un garçon de 7 ans, ce que son père lui montre et lui demande... Puis c'est le récit de Clément devenu adulte à la première personne, ensuite à la troisième personne, avant un retour au retour au « je » et aux échanges épistolaires avec les membres de sa famille... Avec ce roman, l'auteur entend témoigner et briser le tabou de l'inceste. Les chiffres sont terribles : en France, un enfant est victime d'inceste toutes les 3 minutes; un fléau qu'on retrouve à peu près dans les mêmes proportions partout dans le monde. Invité : Romain Lemire, auteur, parolier et chanteur. Son roman Clément est paru aux éditions Le Cherche-Midi. Clément a remporté le Prix Goncourt du Premier roman. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Faire amende honorable » avec Jean Pruvost, et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : L'artiste Camille Yembé avec le titre Rien à fêter.
Dans son romain Clément, l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste que lui et ses frères ont subi durant son enfance. Dans cette auto-fiction, Romain Lemire raconte son histoire même si vous avez changé les prénoms des protagonistes : un petit garçon qui vit une enfance heureuse avec ses deux frères et sa sœur au sein d'une famille bourgeoise, aimante, cultivée jusqu'à ce jour de juillet 1983 où son père qu'il admire tant, le réveille une nuit pour abuser de lui. Son père, un professeur de lettres brillant, un homme admiré, séduisant loin de l'image qu'on pourrait s'en faire. Pour préparer le livre, il a fouillé dans vingt-cinq ans d'agendas, quinze ans de photos et relu toutes ses lettres. Le roman évolue au fil des années du narrateur. La première partie du livre est écrite à la première personne : c'est un journal intime qui commence le jour de sa naissance, le 25 juin 1976, à la maternité de Port-Royal à Paris. On entend un bébé parler, commenter ce qui l'entoure avec humour. On le voit grandir, on partage ses joies, ses découvertes, ses étonnements et quand l'innommable se produit, quand il raconte avec l'innocence d'un garçon de 7 ans, ce que son père lui montre et lui demande... Puis c'est le récit de Clément devenu adulte à la première personne, ensuite à la troisième personne, avant un retour au retour au « je » et aux échanges épistolaires avec les membres de sa famille... Avec ce roman, l'auteur entend témoigner et briser le tabou de l'inceste. Les chiffres sont terribles : en France, un enfant est victime d'inceste toutes les 3 minutes; un fléau qu'on retrouve à peu près dans les mêmes proportions partout dans le monde. Invité : Romain Lemire, auteur, parolier et chanteur. Son roman Clément est paru aux éditions Le Cherche-Midi. Clément a remporté le Prix Goncourt du Premier roman. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Faire amende honorable » avec Jean Pruvost, et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : L'artiste Camille Yembé avec le titre Rien à fêter.
durée : 00:17:07 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Morts-vivants, course-poursuite en Patagonie... L'auteur argentin César Aira publie chez Christian Bourgeois sept "novelitas", dont cinq inédites. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Johan Faerber Editeur, essayiste, critique littéraire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:27:24 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Au programme de ce débat critique, on parle de littérature étrangère, avec "Les guérisons miraculeuses du docteur Aira et autres romans" de l'argentin César Aira et "Paysage lacustre avec Pocahantas" de l'allemand Arno Schmidt. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Johan Faerber Editeur, essayiste, critique littéraire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:10:18 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Labory - Les éditions Tristram continuent de rééditer Arno Schmidt, avec cette fois un roman sulfureux qui avait défrayé la critique au moment de sa parution dans les années 1950. - réalisation : Laurence Malonda, Boris Pineau, Aïssatou N'Doye, Jules Barbier, Zohra Vignais, Lise Ripoche, Mathi Adjinsoff - invités : Marie Sorbier Productrice du "Point Culture" sur France Culture, et rédactrice en chef de I/O, Johan Faerber Editeur, essayiste, critique littéraire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Evelyne Bloch-Dano "Le parfum des années" (Ma nuit au musée. Stock)Évelyne Bloch-Dano va passer une nuit à la Villa du Temps retrouvé, à Cabourg ; un lieu dédié à la Belle époque. Entourée de portraits de femmes, qui tinrent salon ou bien ouvrirent la voie au féminisme et à la liberté des moeurs, de Rosa Bonheur à Winnaretta Singer, de la comtesse Greffulhe à Sarah Bernhardt, l'autrice convoque leurs fantômes, les mêlant à ses propres souvenirs. Remémoration de moments fugaces, d'un éternel présent évanoui. Le parfum des années est un fil tendu entre l'éphémère et l'éternel. Entre le bonheur qui fuit et le désir de le fixer pour toujours.Musique: L'heure exquise, musique de Reynaldo Hahn, dans l'interprétation de Graham Johnson et Martyn Hill.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:10:20 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Sorbier - Face aux romans produits, assistés ou “hybridés” par l'IA, les écrivains oscillent entre fascination, déni, panique et nécessité d'inventer de nouvelles règles du jeu. Faut-il y voir la fin du mythe de l'auteur ? Ou au contraire une manière de redéfinir ce qui fait vraiment littérature ? - réalisation : Hélène Trigueros, Zoé Couppé - invités : Alexandre Gefen Directeur de recherche CNRS Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:01:53 - Les 80'' - par : Florence Paracuellos - Un lien complexe, parce que face à ces modèles de langages que sont les IA, les écrivains sont forcément fascinés et inquiets. Ils n'ont plus le monopole des textes et des idées. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu'on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L'École de la vie, aux éditions Albin Michel. Ils s'appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ». L'École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité. Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m'ont le plus appris ». Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d'autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s'éparpillent au beau milieu d'une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sort encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. » Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d'oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l'adolescence tels que l'homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d'eux comme on parlerait d'une brigade criminelle. Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ». L'autrice publie aussi des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ». Invitée : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire. Elle anime des ateliers d'écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Son roman L'École de la vie est paru aux éditions Albin Michel. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans. Programmation musicale : L'artiste montréalais Mathieu Des Longschamps avec le titre Le vert et le bleu.
Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu'on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L'École de la vie, aux éditions Albin Michel. Ils s'appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ». L'École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité. Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m'ont le plus appris ». Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d'autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s'éparpillent au beau milieu d'une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sort encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. » Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d'oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l'adolescence tels que l'homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d'eux comme on parlerait d'une brigade criminelle. Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ». L'autrice publie aussi des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ». Invitée : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire. Elle anime des ateliers d'écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Son roman L'École de la vie est paru aux éditions Albin Michel. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans. Programmation musicale : L'artiste montréalais Mathieu Des Longschamps avec le titre Le vert et le bleu.
« Que demander à l'histoire ? », c'est la question du dossier du mois de mai de la revue « Esprit ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice et Emmanuel Laurentin, historien, homme de radio, un des conseillers de la rédaction de la publication, sont les invités de Pierre-Édouard Deldique pour tenter d'y répondre. Ce numéro rend hommage à l'historien, médiéviste Marc Bloch qui entrera au Panthéon le 23 juin 2026. Dans l'introduction de ce dossier, Emmanuel Laurentin s'interroge : « Mais pourquoi donc revient-on sans cesse à des ouvrages publiés il y a presque cent ans, dans une France qui a tant changé ? », allusion bien sûr à L'Étrange Défaite, le livre le plus connu de l'historien assassiné par les nazis en 1944, sans nul doute un des ouvrages les plus cités ces dernières années. L'histoire ? D'un côté, elle est convoquée pour légitimer des politiques, nourrir des identités, trancher des conflits mémoriels. De l'autre, elle est fragilisée, contestée, soupçonnée d'idéologie. Tout en rappelant qui fut Marc Bloch, Emmanuel Laurentin reprend donc la question que posait le grand intellectuel : « Que demander à l'histoire ? ». Celui-ci répondait en parlant de quête de vérité, de combat contre les fausses analogies, et de méfiance vers les leçons supposées de l'histoire. Le journaliste souligne en outre qu'un historien est l'homme de son époque et que le récit historique évolue au rythme des découvertes dans les archives notamment. Évoquant la vie de ce héros, au cours de l'émission, Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin font notamment référence à l'article de Cécile Vast qui narre le passé de résistant de Marc Bloch, sa vie de pensée et d'action. Dans ce dossier, les auteurs défendent une histoire qui ne soit ni un récit national figé, ni un catalogue de fautes à expier, mais un travail d'appréhension du passé échappant à la loi du présentisme (article de Michaël Foessel). En somme, la lecture de ce numéro de la revue Esprit nous indique que l'histoire fait montre d'une modestie éclairée. À noter, au fil de ses pages, un article de Jean-Pierre Chrétien en guise d'hommage à Marc Bloch. Celui-ci l'a aidé à comprendre l'histoire de l'Afrique du Rwanda et du Burundi. « Marc Bloch nous aide à ne pas oublier qu'en Afrique comme en Europe, l'utopie des origines traduit une réaction de fuite devant les défis historiques nouveaux », écrit-il. Programmation musicale : Sonate pour violon M77 – Allegretto Extrait de Deux Mélodies Hébraïques - Kaddish - Lent (arrangement de Lucien Garban) Sonate pour violon M77 - Perpetuum mobile. Interprètes : Elsa Grether ; David Lively. Compositeur : Maurice Ravel.
« Que demander à l'histoire ? », c'est la question du dossier du mois de mai de la revue « Esprit ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice et Emmanuel Laurentin, historien, homme de radio, un des conseillers de la rédaction de la publication, sont les invités de Pierre-Édouard Deldique pour tenter d'y répondre. Ce numéro rend hommage à l'historien, médiéviste Marc Bloch qui entrera au Panthéon le 23 juin 2026. Dans l'introduction de ce dossier, Emmanuel Laurentin s'interroge : « Mais pourquoi donc revient-on sans cesse à des ouvrages publiés il y a presque cent ans, dans une France qui a tant changé ? », allusion bien sûr à L'Étrange Défaite, le livre le plus connu de l'historien assassiné par les nazis en 1944, sans nul doute un des ouvrages les plus cités ces dernières années. L'histoire ? D'un côté, elle est convoquée pour légitimer des politiques, nourrir des identités, trancher des conflits mémoriels. De l'autre, elle est fragilisée, contestée, soupçonnée d'idéologie. Tout en rappelant qui fut Marc Bloch, Emmanuel Laurentin reprend donc la question que posait le grand intellectuel : « Que demander à l'histoire ? ». Celui-ci répondait en parlant de quête de vérité, de combat contre les fausses analogies, et de méfiance vers les leçons supposées de l'histoire. Le journaliste souligne en outre qu'un historien est l'homme de son époque et que le récit historique évolue au rythme des découvertes dans les archives notamment. Évoquant la vie de ce héros, au cours de l'émission, Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin font notamment référence à l'article de Cécile Vast qui narre le passé de résistant de Marc Bloch, sa vie de pensée et d'action. Dans ce dossier, les auteurs défendent une histoire qui ne soit ni un récit national figé, ni un catalogue de fautes à expier, mais un travail d'appréhension du passé échappant à la loi du présentisme (article de Michaël Foessel). En somme, la lecture de ce numéro de la revue Esprit nous indique que l'histoire fait montre d'une modestie éclairée. À noter, au fil de ses pages, un article de Jean-Pierre Chrétien en guise d'hommage à Marc Bloch. Celui-ci l'a aidé à comprendre l'histoire de l'Afrique du Rwanda et du Burundi. « Marc Bloch nous aide à ne pas oublier qu'en Afrique comme en Europe, l'utopie des origines traduit une réaction de fuite devant les défis historiques nouveaux », écrit-il. Programmation musicale : Sonate pour violon M77 – Allegretto Extrait de Deux Mélodies Hébraïques - Kaddish - Lent (arrangement de Lucien Garban) Sonate pour violon M77 - Perpetuum mobile. Interprètes : Elsa Grether ; David Lively. Compositeur : Maurice Ravel.
Il y a 35 ans, la chute de l'empire soviétique entrainait dans son sillage quinze républiques satellites, dont l'Arménie. Une période historique dense et poignante restituée dans un premier roman extrêmement sensible et onirique intitulé La petite pianiste d'Erevan, publié aux éditions Albin Michel. Une fiction signée de Marina Yaloyan installée aujourd'hui en France et qui a grandi à la croisée de plusieurs pays de l'Arménie à la Russie en passant par les États-Unis. Grand entretien. Petite pianiste prodige, Verochka grandit à Erevan, en Arménie, dans une famille d'intellectuels communistes, au milieu des livres, des certitudes idéologiques et de la musique qui lui ouvre un autre horizon. Mais lorsque, en 1991, l'Union soviétique vacille, son univers se fissure et l'Histoire s'invite dans chaque foyer. La population crie famine. On brûle les livres pour se chauffer. La rue est le théâtre de violentes manifestations. Pénuries et guerres larvées sont la conséquence de l'effondrement du régime communiste à venir… Verochka se raccroche alors à un espoir fragile : réussir le concours qui lui permettra d'intégrer une prestigieuse école de musique moscovite. Chronique familiale, fresque poignante d'une époque, La petite pianiste d'Erevan raconte, à hauteur d'enfant, l'éveil d'une conscience, quand la musique et l'imagination deviennent les seuls refuges face à l'effondrement d'un monde. (Présentation des éditions Albin Michel) Illustration musicale : Rachmaninov : Piano Concerto No.2 in C Minor Op.18
Dans ce nouveau numéro du magazine IDÉES, Pierre-Édouard Deldique vous propose le regard de l'anthropologue Michel Naepels sur le Katanga, la riche province de la République démocratique du Congo où il a effectué plusieurs missions, comme il l'explique dans l'émission, et notamment à l'Est, dans la région de Pweto, à la frontière zambienne entre 2011 et 2016. Il vient de publier Chroniques de l'intranquillité, un livre édité par l'École des Hautes Études des Sciences Sociales, Gallimard et le Seuil. Son sous-titre est éclairant : « Violence, prédation et protection en situation postcoloniale ». Il en parle avec clarté et précision. Dans cet ouvrage singulier, Michel Naepels rassemble des fragments d'enquête, des scènes de terrain et des réflexions méthodologiques pour interroger ce que signifie « faire de l'anthropologie » dans des contextes marqués par la violence, l'incertitude et les rapports de pouvoir. Le livre se situe à la frontière entre journal de terrain, essai réflexif et méditation politique. Presque le livre d'un écrivain-voyageur. On y entend les habitants « dans un environnement social marqué par la faiblesse générale des ressources et des soutiens, et par des équilibres précaires qui peuvent être troublés par des aléas plus ou moins graves ». Alors, « comment vivre dans une incertitude aiguë ? » « L'intranquillité » désigne l'état permanent dans lequel s'est longtemps trouvée la population de la région de Pweto prise au piège des guerres du Congo. En proie tout autant à « une économie de prédation reposant sur la privatisation des prérogatives publiques et des privilèges des positions d'autorité », dit-il au micro. Le livre prolonge ses travaux sur la Nouvelle-Calédonie et les mémoires conflictuelles. La violence y apparaît comme une modalité ordinaire des relations sociales, non comme un événement exceptionnel. Michel Naepels décrit des situations concrètes, souvent ambiguës, où les acteurs négocient, contournent ou reproduisent des rapports de force. Son écriture est volontairement sobre, tendue, parfois presque sèche. Elle met en scène les hésitations, les malentendus, les angles morts. Elle montre que l'anthropologie n'est pas seulement une méthode, mais aussi une manière d'habiter le réel. Comme il le précise dans le livre, sa démarche s'inscrit « dans la tradition disciplinaire de l'anthropologie sociale, que caractérise sa prise de réel dans l'enquête de terrain ethnographique, attentive aux temporalités diverses qui parcourent le présent, aux échos et aux traces du passé, comme aux espoirs, aux rêves, aux utopies ». Programmation musicale Sanza Solitude - Manuel Wandji Pardon (version Instrumentale) - Henri Dikongué Sanza soundscape - Zenzile.