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durée : 00:58:48 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Richeux - Dans le dernier volet de sa « trilogie des chiennes », l'autrice et metteuse en scène brésilienne Carolina Bianchi explore les liens entre poésie, sexualité, mort et création. Un spectacle foisonnant qui convoque Dante, Emily Dickinson et Hilda Hilst dans un vertigineux tourbillon de formes. - équipe : Jeanne Aléos, Mathilde Wagman, Cyril Marchan, Alexandre Alajbegovic, Noé Margas, Vivien Demeyère, Alice Polette - invités : Carolina Bianchi autrice, metteuse en scène, interprète Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 02:29:31 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner, Margot Delpierre, Marguerite Catton - L'affaire Thélyson Orélien , accusé d'avoir rédigé son roman à l'aide de l'intelligence artificielle, pose une question vertigineuse : à l'heure de l'IA générative, qu'est-ce qui fait encore la singularité d'un écrivain ? L'IA signera-t-elle la fin de la littérature ? - équipe : Félicie Faugère, Jean Brossier, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux, Victoria Géraut-Velmont, Angelico Gaymard, Jean Leymarie, François Saltiel, Lucile Commeaux, Gilles Gressani, Alexandre Morales, Marie Labory, Marianne Dubar, Bahia Bricaud - invités : William Marx Historien de la littérature, professeur au Collège de France Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:38:36 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Accusé d'avoir été écrit à l'aide de l'IA, le roman "C'était ça ou mourir" de Thélyson Orélien a été retiré de la liste du prix Goncourt. Derrière la polémique, une question nouvelle : et si l'IA n'était pas une entorse à la littérature, mais son évolution naturelle ? - équipe : Jean Brossier, Victoria Géraut-Velmont, Félicie Faugère, Marianne Dubar, Angelico Gaymard, Bahia Bricaud - invités : William Marx Historien de la littérature, professeur au Collège de France Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:10:04 - Les émissions culturelles de France Culture - par : Marie Sorbier - Éric Chacour, Laura-Eve Lambert, Andrée A. Michaud… Les auteurs québécois trouvent une place croissante dans les lectures des Français grâce à une génération d'éditeurs indépendants qui a su faire émerger de nouvelles voix et les exporter dans l'Hexagone. - équipe : Marceau Vassy, Laurence Malonda - invités : Simon Philippe Turcot Editeur et auteur québecois Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
À l'heure du festival « America » qui réunit une cinquantaine d'écrivains à Vincennes près de Paris, rencontre avec Colum McCann pour son nouveau roman intitulé Ce qui nous frôle sous la surface (Belfond). Une fiction où l'auteur irlandais nous embarque sur un cargo qui remonte la côte de l'Afrique de l'Ouest, spécialisé dans la réparation des câbles sous-marins par lesquels circulent toutes les connexions internet. Une métaphore de notre monde, en panne, comme ses personnages brisés. Né en 1965 à Dublin, Colum McCann est l'auteur de sept romans, Le Chant du coyote, Les Saisons de la nuit, Danseur, Zoli, Et que le vaste monde poursuive sa course folle – prix littéraire du Festival de cinéma américain de Deauville, Meilleur Livre de l'année du magazine Lire et lauréat du National Book Award, Transatlantic et Apeirogon, lauréat du Prix des lectrices de Elle et du prix du Meilleur Livre étranger, d'un témoignage coécrit avec Diane Foley, American Mother (2024), ainsi que de trois recueils de nouvelles, La Rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays et Treize façons de voir, et d'un texte à dimension autobiographique, Lettres à un jeune auteur. Il préside également l'association Narrative 4 qui prône l'empathie radicale par l'échange d'histoires. Tous ses ouvrages sont traduits chez Belfond et repris chez 10/18. Colum McCann vit à New York avec son épouse et leurs trois enfants. Traduit de l'anglais (Irlande) par : Clément Baude. « Nous sommes tous des petits morceaux dans la collision. Nos vies rebondissent çà et là au fond de la mer. Il se peut que nous nous frôlions délicatement les uns les autres pendant quelque temps, mais à la fin, c'est inévitable, nous nous percutons et nous volons en éclats. Anthony Fennell, écrivain irlandais en plein doute, espère retrouver l'inspiration avec un reportage sur un fait intrigant : la rupture des câbles des fournisseurs d'Internet enfouis en pleine mer. Une panne géante des réseaux de téléphonie en Afrique lui donne l'occasion d'embarquer sur l'un des bateaux chargés des réparations. Le chef de mission est John Conway, un compatriote irlandais. Fennell est fasciné par le charisme de cet ingénieur, apnéiste hors pair, et par le couple qu'il forme avec Zanele, une actrice sud-africaine. Tandis que le bateau remonte la côte d'Afrique de l'Ouest, Fennell et Conway vont se retrouver confrontés à une ironie tragique : les câbles qu'ils doivent réparer transportent des nouvelles susceptibles d'ébranler leur existence respective... » (Présentation des éditions Belfond) Illustration musicale : Ted Hawkins There stands the glass.
De la contre-culture aux idées qui dérangent, les Inrockuptibles n'ont jamais cessé de déplacer les lignes. Pour célébrer les 40 ans du mensuel, un livre d'archives revient sur quatre décennies de rencontres cultes, d'interviews inédites et de combats engagés. Sa directrice de la rédaction, Carole Boinet, replonge dans cette histoire, revendique un magazine « frondeur » et défend plus que jamais son rôle de vigie culturelle et politique. RFI : Le livre des 40 ans des Inrockuptibles s'ouvre sur les Smiths. Pourquoi eux ? Carole Boinet : Parce que les Smiths sont le groupe phare des années 80, mais aussi l'une des formations emblématiques des Inrocks, nés quasiment au même moment. En 1986 sort The Queen Is Dead, ils nous accordent une grande interview qui figure dans ce livre d'archives. Les Smiths incarnent une certaine idée du rock selon les Inrocks : mélodieux, romantique, vulnérable, loin des groupes virilistes et masculinistes. Des Smiths à Spike Lee, de Björk à Jack Nicholson, les Inrocks ont depuis largement débordé la musique : cinéma, littérature, art, politique… Jusqu'où élargir le terrain de jeu sans perdre l'ADN ? L'ADN est déjà dans le nom Inrockuptibles, avec cette idée d'incorruptibilité, de fronde, d'audace. On s'intéresse aux idées et à la culture capables de secouer, de faire bouger les lignes, parfois de bouleverser une vie ou une trajectoire. L'enjeu n'est pas de couvrir des secteurs culturels, mais de défendre un état d'esprit, c'est a dire, le monde Inrockuptible. « Quarante ans d'une autre culture », proclame la couverture de ce livre de 496 pages. C'est quoi, cette autre culture ? C'est une culture qui ne s'assagit pas, ne se contente pas de divertir. Une culture qui pose des questions, prend position, sait que l'art est politique. Plus que jamais, les Inrocks doivent jouer ce rôle de vigie et de passeur. Photos inédites, interviews cultes, souvenirs parfois oubliés… Quelle archive vous touche le plus ? Ouh là, difficile… Peut-être la rencontre entre JoeyStarr et Béatrice Dalle, avec cette fameuse image ou ils se roulent une pelle qu'on a réimprimée dans le livre. C'est très Inrocks cette démarche de faire se rencontrer des artistes, déplacer les regards, bousculer les mentalités et notre façon d'être au monde. Ouvrir des portes, c'est aussi votre histoire. Vous êtes arrivée comme stagiaire ? Exactement. En 2012. Ça ne me rajeunit pas : quatorze ans déjà. Et cela fait quatre ans que je dirige la rédaction. Et aujourd'hui, qu'avez-vous encore envie de bousculer ? Face à l'élection présidentielle et à l'année particulièrement tendue qui s'annonce, il faut plus que jamais assumer une forme d'engagement politique. La bataille culturelle a été largement déclenchée par Vincent Bolloré. Sans lieux de résistance et de liberté comme le notre, elle peut être perdue. C'est aussi, depuis toujours, le rôle des Inrockuptibles. Donc ça fait quarante ans ? Oui. Vous aviez quel âge au début des Inrocks ? J'avais un an. J'en ai 39 ans aujourd'hui… Les Inrockuptibles : 40 ans d'une autre culture (1986-2026) publié par GM Éditions
Chaque dimanche, retrouvez le livre coup de coeur de la semaine : roman, thriller, littérature... laissez-vous inspirer pour vos prochaines lectures ! RDV chaque dimanche à 08h50 et 10h20 sur LYON 1ERE. Ecoutez LYON 1ERE sur lyonpremiere.fr, l'application et à Lyon sur 90.2FM et en DAB+.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En ce 19 septembre 2026, votre pod-tet se retrouve auprès du feu de camp virtuel autour duquel il prédit le succès de Microsoft. Bienvenue dans le 42e épisode de La 19e Palabre. On part à la recherche des meilleures théories et de toute la méta du cycle La Tour Sombre, de Stephen King, et on continue la lecture du tome 6 du cycle : Le Chant de Susannah. Aujourd'hui, on lit les couplets 8 et 9."La 19e Palabre" est le podcast qui décortique pour vous le cycle de romans "La Tour Sombre", de Stephen King. Retrouvez chaque 19 du mois, Emilie, GrandPoil et Zephiriel, autour d'un feu pour palabrer de l'œuvre. Ils y décortiquent les événements et analysent la méta, les connexions avec le multivers de King et les préparations des événements qui interviennent plus tard dans le cycle.Attention, ce podcast divulgue l'intrigue de l'intégralité de La Tour Sombre ! Auditeurices averti.es uniquement.Il dévoile aussi les événements des histoires de Stephen King intimement liées à La Tour Sombre : consultez le guide de lecture de Stephen King France pour les connaître. Pour venir palabrer avec la team, rejoignez-nous sur le serveur discord de Stephen King France Retrouvez toute l'actualité de Stephen King sur les réseaux et le site de Stephen King France La 19e Palabre est un podcast du label Podcut.Merci à Namaste pour le logo et à Zu pour l'aide sur l'identité sonore. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La rentrée littéraire est l'un des grands rendez-vous culturels de l'année, mais elle revêt aussi d'importants enjeux commerciaux. Alors que plusieurs centaines de nouveaux romans arrivent simultanément dans les librairies françaises, le marché du livre ralentit. Baisse des ventes, fragilité des librairies, essor de l'occasion et nouveaux usages : toute l'industrie du livre est en pleine recomposition. Derrière l'abondance de nouveautés de la rentrée littéraire, le marché du livre français connaît un ralentissement. Selon le Syndicat national de l'édition (SNE), le nombre d'exemplaires de livres vendus a reculé de 1,5 % l'an passé. Le chiffre d'affaires des éditeurs a lui aussi diminué. La tendance se poursuit en 2026. Selon les dernières statistiques communiquées par le SNE, les ventes ont reculé de 4,4 % en juin. Derrière chaque exemplaire vendu se trouve une multitude d'acteurs : l'auteur, l'éditeur, l'imprimeur, le diffuseur, le distributeur et enfin le libraire. C'est notamment chez ces derniers que la baisse des ventes se fait particulièrement ressentir. Avec 3 400 librairies indépendantes, la France dispose de l'un des réseaux les plus denses du monde. Mais ces boutiques doivent faire face à une concurrence de plus en plus diverse et forte, notamment celle du e-commerce et des grandes enseignes culturelles. Le problème est d'autant plus important que les libraires indépendants ont des charges qui augmentent, alors que leurs marges sont extrêmement faibles, autour de 1 % en moyenne. À la différence de leurs gros concurrents, ils commandent également en plus petites quantités et disposent de surfaces limitées. Une baisse des ventes, même légère, peut donc rapidement les mettre en difficulté. Prix unique du livre et essor de l'occasion Pour encadrer cette concurrence, la France possède une particularité : le prix unique du livre. Depuis 1981, le prix d'un livre est fixé par l'éditeur et il est ensuite vendu au même prix partout, avec une remise maximale de 5 %. Mais ce cadre n'empêche pas les habitudes de consommation de changer. Le marché du livre est notamment bouleversé par l'essor de l'occasion. Selon le Syndicat national de l'édition, près de sept acheteurs de livres sur dix achètent aussi des livres d'occasion. C'est évidemment intéressant pour le portefeuille des lecteurs, mais cela signifie aussi qu'un livre revendu ne génère pas de nouveaux droits pour l'auteur et l'éditeur. L'occasion est donc devenue un nouvel enjeu économique pour l'ensemble de la filière du livre. Numérique, audio et réseaux sociaux changent les usages Le marché du livre évolue également avec de nouveaux usages : le numérique, le livre audio, mais aussi les réseaux sociaux. Grâce à Instagram ou TikTok, certains ouvrages connaissent de grands succès grâce aux recommandations des internautes. Il existe aussi d'autres relais de croissance pour le secteur. Au Royaume-Uni, par exemple, le livre audio a progressé de 31 % entre 2023 et 2024 et le numérique de 17 %. Ce qui change, c'est donc la façon d'acheter et de consommer les livres. Aujourd'hui, on écoute un livre. On ne le feuillette plus forcément : on le télécharge et on fait défiler les pages sur sa liseuse ou sa tablette. On ne le garde plus nécessairement dans sa bibliothèque : on peut aussi le revendre. Les Français ne sont donc pas forcément en train d'arrêter de lire. Ils étaient 47 millions à avoir lu ou écouté au moins un livre l'année dernière. Derrière les centaines de romans de la rentrée littéraire, c'est finalement toute une industrie qui cherche encore la bonne page à écrire. À lire aussiUne rentrée littéraire difficile pour les librairies françaises
Pour la première fois, la romancière Véronique Ovaldé livre un récit personnel consacré à sa mère. Intitulé Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion), ce texte est une enquête familiale où l'autrice s'interroge sur la capacité d'une femme à résister à l'enfermement d'un système, d'une époque, d'un époux. Un récit ancré dans la réalité mais porté aussi par les pouvoirs de la littérature : imaginer et rêver d'autres vies, d'autres destins. Véronique Ovaldé a publié onze romans, parmi lesquels Et mon cœur transparent (prix France Culture-Télérama), Ce que je sais de Vera Candida (prix Renaudot des lycéens 2009, prix France Télévisions et Grand Prix des lectrices de ELLE), Des vies d'oiseaux, La Grâce des brigands (L'Olivier, 2008, 2009, 2011, 2013), Soyez imprudents les enfants, Personne n'a peur des gens qui sourient (Flammarion, 2016 et 2019), et plus récemment, Fille en colère sur un banc de pierre (Flammarion, 2023, prix Relay des Voyageurs Lecteurs). Son recueil À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025), a reçu le Goncourt de la nouvelle. Son nouveau roman s'intitule Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion, 2026). « Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ? » Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie. (Présentation des éditions Flammarion). Illustration musicale : Roule, de Clara Luciani.
durée : 00:30:56 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - 1ère diffusion : 09/10/1976 Par Rosine Georgin et Robert Georgin - Avec Alain Robbe-Grillet - équipe : Rafik Zénine, Hassane M'Béchour, Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, INA, Vincent Abouchar, Emily Vallat Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d'un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l'art. Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni. Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction. Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène. « Viser juste » est publié aux éditions de l'Arche. Programmation musicale : Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ».
Ryad Assani Razaki signe avec Les Maîtres du sol, paru chez Liana Levi, un deuxième roman ambitieux qui nous entraîne au cœur de l'Afrique du XVè siècle. À travers une grande fresque historique, l'écrivain béninois explore les bouleversements provoqués par l'arrivée des colons européens sur le continent. L'histoire nous entraîne entre conquête, possession des terres et exploitation des richesses. Le roman aborde également le choc entre croyances ancestrales et religions nouvelles. Un récit puissant, captivant et profondément actuel. Ryad Assani Razaki était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Les Maîtres du sol est publié aux éditions Liana Levi. ►Café Polar : Catherine Fruchon-Toussaint a rencontré Jean-Yves Le Naour pour L'affaire Markovic (Le nouveau monde) où l'auteur revient sur l'un des cold case les plus sulfureux de la Vè République : l'assassinat en 1968 de Stevan Marković, l'homme à tout faire d'Alain Delon, qui a fait trembler l'Elysée et perturbé l'élection de Georges Pompidou. ► Playlist du jour Roger Damawuzan et Les As Du Benin - Baba na ayele Mari Froes - Rio Lua.
C'est l'un des livres phares de cette rentrée littéraire. JE, publié aux éditions Gallimard, quatrième roman de l'autrice Lilia Hassaine, figure sur la première sélection en vue du prix Goncourt. Dans cette fiction, la romancière reprend l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais du point de vue de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée durant dix ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. Sous la plume de Lilia Hassaine, Bertha Antoinette Rochester n'est plus le bourreau mais la victime d'un homme violent et manipulateur ; ce n'est plus une femme aliénée et dangereuse mais une victime sous emprise et abandonnée par ses pairs. Un roman d'époque tout ce qu'il y a de plus contemporain. RFI : Dans JE, vous reprenez l'histoire du Jane Eyre de Charlotte Brontë, mais à travers les yeux de Bertha Antoinette Rochester, la première épouse de Mr Rochester, enfermée pendant 10 ans dans un grenier en raison de sa folie supposée. D'où vous est venue l'envie de raconter l'histoire, du point de vue de ce personnage omniprésent dans Jane Eyre et qu'on ne rencontre pourtant jamais vraiment ? Lilia Hassaine : Le point de départ de cette histoire, c'est vraiment une histoire plutôt personnelle qui m'a conduite à m'interroger sur cette femme, ce personnage féminin dans lequel je me suis reconnue en relisant Jane Eyre à l'âge adulte. Et surtout, je me suis posé la question suivante : que fait-on d'une histoire personnelle ? Faut-il aller vers le témoignage, ou faut-il que je raconte cette histoire au présent ? Je trouvais plus intéressant de montrer ce qu'il y avait d'invariant, d'intemporel dans cette question des violences, et comment, aujourd'hui, je peux me reconnaître dans un personnage du XIXe siècle, dans cette femme enfermée. À partir de mon imagination, des trous laissés par le roman de Charlotte Brontë, il y a un autre récit possible qui est effectivement plus contemporain. En donnant une histoire et une parole à Antoinette, vous donnez aussi plus de profondeur au personnage de Rochester. Vous le décrivez avec tous les atours de ce qu'on appellerait aujourd'hui un « pervers narcissique » : froid, calculateur, manipulateur. D'où vous est venue cette intuition-là, vis-à-vis de ce personnage ? Finalement, tout est déjà dans le roman de Charlotte Brontë. Ce n'est pas un personnage sympathique, c'est un personnage qui est assez menteur. C'est un homme qui séquestre son épouse à domicile. Et je trouvais intéressant de voir ce qui, dans ce personnage, avait pu tant me plaire à l'adolescence, et à quel point ces comportements ont participé à la construction d'un imaginaire romantique chez les jeunes femmes que nous avons été. Ceci dit, sans le travail de Charlotte Brontë, je ne me serais jamais autorisée à détruire un personnage, ou à me dire que j'allais sauver Antoinette. Simplement, il y avait déjà tout en germe, et assez d'espace pour un imaginaire plus contemporain. Une autre thématique qui est très présente dans votre réinterprétation, c'est la dimension de l'esclavage, des rapports de domination coloniaux, du racisme en fait. Pourquoi est-ce que vous avez souhaité intégrer cet aspect-là à votre relecture ? Parce que c'est déjà présent dans le roman de Charlotte Brontë. Rochester a un regard de propriétaire ; et ce qui rend possible la violence de cet homme à l'égard de sa femme, ce qui l'amplifie, c'est le contexte raciste. Lorsqu'Antoinette arrive en Angleterre [de Jamaïque, NDLR], elle a beau être blanche, elle subit une forme de racisme car elle est créole. Elle est née sur une terre noire, on la soupçonne donc de l'être un peu ; elle vient d'une île où il fait chaud, or on imagine à l'époque que la chaleur peut rendre fou. Ces imaginaires se rencontrent, viennent légitimer les violences, et les rendent plus facilement acceptables. Existe-t-il, selon vous, d'autres personnages féminins de la littérature à qui il faudrait redonner une histoire ou une voix ? Parfois, c'est vraiment le contexte culturel qui a provoqué des lectures qui n'étaient pas forcément liées aux intentions de l'auteur. Je n'ai pas l'impression qu'il faille apporter un regard moderne. Mais notre société évolue, ce qui nous amène à revisiter des œuvres du passé et à nous rendre compte que l'intention première de l'auteur était parfois très en avance. En tant que lecteur, on comprend ce que l'on a envie de comprendre, ce que l'époque nous pousse à comprendre. Je trouve qu'il est plus intéressant d'aborder les œuvres littéraires sous cet angle-là ; de voir ce qu'elles ont déjà en elles, de réflexions, de troubles, de jeux avec les préjugés, etc., plutôt que d'essayer de déconstruire a posteriori. À lire aussiDans le laboratoire de la transparence, avec Lilia Hassaine
Neuf ans après Ouï, Camille sort un nouvel album The Sound of Milk, un disque enregistré sur plus de 15 ans autour de la maternité, de l'enfance et de l'adolescence, et des chansons qui grandissent en même temps. Il aura fallu près de quinze ans à Camille pour composer ce nouvel album. Pensé comme un triptyque, il se déploie comme un véritable hommage à la maternité. Tout commence avec le titre « The Sound of Milk », choisi en anglais parce qu'elle redoutait la polysémie du mot « lait » en français. « C'est aussi la douceur du son milk qui m'a décidée », confie-t-elle. Articulé en trois volets — naissance, enfance, adolescence — l'album est une suite de récits intimes. Camille a attendu que ses enfants grandissent avant de poser un regard distancié sur la maternité et sur eux. Elle y célèbre la joie, comme force vitale dans une époque troublée « Dans cet état d'anxiété, on peut rester tendre. J'aime croire qu'une chanson pourrait avoir la possibilité de sauver le monde. » Pour écrire ses textes, elle puise parfois dans un mot d'enfant, une onomatopée, une phrase lâchée au hasard. Elle se dit « plus sensible aux sons qu'aux images » et évoque « une montée en sons à partir de mots simples », comme si le langage se réinventait à hauteur d'enfant. Camille est une chanteuse, auteure-compositrice et musicienne française reconnue pour son univers singulier, mêlant pop expérimentale, chanson française et recherches vocales contemporaines. Révélée au début des années 2000, notamment avec l'album Le Fil, elle s'est imposée par sa façon de traiter la voix comme un véritable instrument, en jouant sur les textures, les boucles et les percussions vocales. Parmi ses titres marquants, on peut citer « Ta douleur », « Au Port », « Pale Yellow » ou encore « Je ne mâche pas mes mots ». Au fil de sa carrière, elle a exploré des univers variés à travers des albums comme Le Sac des filles, Music Hole ou Ilo Veyou, où l'on trouve des chansons telles que « Paris », « Gospel With No Lord » ou « L'Étourderie ». Elle a aussi participé à des projets collectifs et à des bandes originales, théâtre et performance vocale. Invitée : la chanteuse Camille. Son album triptyque « The sound of milk » sortira le 18 septembre 2026. Programmation musicale : - Comptine extraite du volet 1 Naissance - La terre du volet 2 Enfance - Monsieur Garçon du volet 3 Adolescence - GTB du volet 3 Adolescence.
Sophie Fontanel "Shéhérazade et la 602e nuit" (Seghers)Et s'il existait un texte racontant l'histoire de Shéhérazade, la narratrice des Mille et Une Nuits ? Sophie Fontanel imagine le hors champ, l'envers du décor.Dans Les Mille et Une Nuits, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser un roi cruel qui, depuis trois ans, par crainte d'être trompé, fait exécuter à chaque nouvelle aube la femme qu'il a épousée la veille. Laissant le roi suspendu à un récit qui n'a pas de fin, Shéhérazade – conteuse géniale – fait cesser le massacre, sauve sa peau et invente la littérature. En dehors de cela, que sait-on vraiment du personnage de Shéhérazade ? de ses pensées, de ses doutes, de son visage, de sa voix ? Rien... Une rumeur dit que son histoire est contée dans la " 602e nuit ". Mais personne ne l'a jamais trouvée.Venise, années 80 : l'excentrique Anahide, Arménienne, s'entête à initier à " la vraie histoire de Shéhérazade " sa jeune nièce, la narratrice... Il faudra des années à cette dernière pour accepter de transmettre à son tour le trésor qu'elle a reçu et pour raconter comment une femme, il y a plusieurs siècles, parvint à opposer sa lumineuse intelligence à la violence du monde.Du palais des Mille et Une Nuits aux canaux de Venise, des temps anciens à nos jours, les pans du récit s'entrecroisent, pendant que s'écrit la 602e nuit.Musique : « Vendôme » Modern Jazz QuartetHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Chaque soir, la metteuse en scène Andrea Jiménez invite un nouvel acteur à monter sur scène pour endosser le rôle du Roi Lear… mais sans aucune répétition préalable et sans avoir appris le texte : un véritable saut dans le vide ! Le comédien est uniquement guidé par la metteuse en scène en direct… à l'aide d'un acteur souffleur. Mathieu Amalric, Nicolas Bouchaud, Pascal Gregory, Arthur Nauziciel, Laurent Pointrenaux, Pascal Reneric et Dorcy Rugmaba, Marcel Bozonnet : un casting de luxe avec des acteurs majeurs du théâtre et très célèbres qui acceptent de se jeter dans le vide pour jouer le Roi Lear ! le spectateur ne sait pas à l'avance quel comédien jouera le vieux roi shakespearien « c'est pour créer cet effet de surprise de l'irrépétible, de l'unique », explique Andrea Jimenez. « Les comédiens eux-mêmes acceptent pour ce désir d'être toujours surpris, de faire face à quelque chose de nouveau. » « C'est même plus qu'une expérience, c'est un voyage. », précise Marcel Bozonnet. Sur scène, Andrea Jimenez joue le rôle de Cordélia, la fille de Lear, et il y a un acteur qui souffle le texte à l'acteur qui joue Lear avec une oreillette... Cet acteur ne sait rien du texte... La metteuse en scène a appliqué ce dispositif 135 fois avec 135 acteurs différents et notamment au festival d'Avignon. Le Roi Lear, tragédie de Shakespeare, a été écrite entre 1603 et 1606. La pièce raconte l'histoire d'un vieux roi qui décide de partager son royaume entre ses trois filles en échange de déclarations d'amour. Trompé par les flatteries de Goneril et Regan, il déshérite Cordélia, la seule sincère. Les deux aînées, une fois au pouvoir, l'humilient et le chassent, tandis qu'un complot parallèle oppose le duc de Gloucester à son fils légitime Edgar, trahi par l'ambitieux Edmund. Lear sombre alors progressivement dans la folie en découvrant la trahison de ses deux filles et la fragilité du pouvoir. Cordélia revient avec une armée pour le sauver, mais la défaite, les exécutions et les meurtres se succèdent, aboutissant à la mort de Cordélia et de Lear, et à une fin profondément tragique qui interroge la justice humaine et divine... Avec cette pièce, la metteuse en scène Andrea Jimenez entend faire le lien entre son histoire personnelle et celle contée par William Shakespeare : ainsi que le Roi Lear a répudié Cordélia, la metteuse en scène a elle-même été répudiée par son père... Invités : Andrea Jiménez, autrice et metteuse en scène de Casting Lear et Marcel Bozonnet, l'un des comédiens qui joue le rôle du Roi Lear. Andrea Jiménez est metteuse en scène, interprète, auteure et productrice espagnole. Marcel Bozonnet est un acteur, metteur en scène et pédagogue français né à Semur-en-Auxois, le 18 mai 1944. Ancien directeur du Conservatoire national, ancien administrateur de la Comédie française, il a joué des dizaines de rôles sur toutes les scènes d'Europe avec les plus grands metteurs en scène. Il joue le rôle du Roi Lear. Casting Lear, d'après Le Roi Lear, de William Shakespeare : à voir au Théâtre de la Ville, aux Abbesses jusqu'au 18 septembre 2026. Et la chronique Ailleurs au Canada avec Sherry Simon, professeure émérite de l'Université Concordia. Elle participe à une conférence consacrée aux Langues minorisées, pour fêter les 30 ans de la Déclaration universelle des droits linguistiques qui aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à l'Université Concordia Montréal. Programmation musicale : Le groupe Java et Winston « Macanuf » avec le titre En fait.
Dans son dernier roman « Les enfants gâtés de Butare », Dorcy Rugamba explore le quotidien des rwandais avant le déchainement de violence qu'à connu le pays dans les années 1990. Une vie encore inconsciente de l'irréparable qui va être commis. Au cœur de ce roman, Binwa, fait revivre ses souvenirs dans une ville universitaire vibrante où la jeunesse s'amuse. C'est un roman qui sonne comme un retour en enfance et en insouciance. Dorcy Rugamba, auteur, était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. « Les enfants gâtés de Butare » est à retrouver aux édition JC LAttès. ► Chronique : Les Pionnières de la Culture Marjorie Bertin nous fait découvrir une pionnière sénégalaise du 7ème art, Safi Faye est considérée comme la première femme cinéaste d'Afrique subsaharienne. ► Reportage Moïse Gomis était à Lagos où se tenait le 15ème Comics Convention, un rendez-vous pour célébrer les super-héros made in Nigeria. ► Playlist du jour Mbilla Bel - Boya Ye Falz - Na je.
À une époque où la question migratoire occupe une place centrale dans le débat politique, avec ses discussions interminables et souvent vaines, le dernier ouvrage de Patrick Weil, De l'immigration en France (Grasset) apporte une mise au point salutaire. Historien, politologue, spécialiste reconnu de la citoyenneté, Patrick Weil propose un texte bref mais dense, conçu comme un outil de clarification sur un sujet de polémiques. Il est l'invité de Pierre-Édouard Deldique dans un nouveau numéro du magazine IDÉES. Dès les premières pages, l'auteur de travaux officiels sur cette question, rappelle un fait essentiel : la part de l'immigration dans la population française, longtemps stable, a nettement augmenté depuis le début des années 2000. Cette évolution, mal anticipée par les gouvernements successifs, a nourri un sentiment d'impréparation et alimenté les discours alarmistes. Mais, au micro, comme dans les pages de son ouvrage, Patrick Weil invite à regarder la réalité en face : cette hausse n'est ni un « déferlement », encore moins une submersion, ni une fatalité, mais le résultat de décisions administratives, de réformes juridiques et de choix européens. L'essai propose une analyse systémique des dispositifs qui structurent la politique migratoire française, le droit d'asile, pilier républicain fragilisé par les lenteurs administratives, les OQTF, devenues le symbole d'une impuissance politique, les règles européennes, souvent invoquées comme contraintes mais offrant des marges d'action, le regroupement familial, trop souvent caricaturé dans le débat public. Au cours de l'émission, cet homme enthousiaste, président de l'association Bibliothèques sans frontières, revient d'ailleurs sur la politique de Valéry Giscard d'Estaing dont le nom est lié, à tort, à cette notion de regroupement familial et sur la volonté de l'ancien président d'arrêter, non sans brutalité, l'immigration. Cette traversée des institutions révèle un État qui peine à articuler ses principes et ses pratiques, faute de cohérence et de continuité. D'où la proposition phare de Patrick Weil, la création d'un ministère dédié à l'immigration, et l'auteur de préciser dans Idées, qu'il ne s'agit pas d'y ajouter l'idée d'identité nationale comme le fit jadis Nicolas Sarkozy. L'auteur esquisse les contours d'une politique migratoire plus juste et plus efficace. Il appelle à une planification réaliste, une administration réformée, un débat public fondé sur les faits, une articulation claire entre accueil, régulation et intégration. Plus qu'un programme, c'est une méthode : réintroduire de la raison, de la mémoire et du courage politique dans un débat devenu explosif. « De l'immigration en France » est un texte de clarification. Dans le contexte de la campagne présidentielle, Patrick Weil nous offre un constat et des solutions pour sortir des polémiques que suscite cette question de l'immigration. Programmation musicale : Ai¨t Crossing - Guedra Guedra Bukut - Ibaaku Immigrant - Zal Sissokho ; Laurent Perrault-Jolicoeur.
À une époque où la question migratoire occupe une place centrale dans le débat politique, avec ses discussions interminables et souvent vaines, le dernier ouvrage de Patrick Weil, De l'immigration en France (Grasset) apporte une mise au point salutaire. Historien, politologue, spécialiste reconnu de la citoyenneté, Patrick Weil propose un texte bref mais dense, conçu comme un outil de clarification sur un sujet de polémiques. Il est l'invité de Pierre-Édouard Deldique dans un nouveau numéro du magazine IDÉES. Dès les premières pages, l'auteur de travaux officiels sur cette question, rappelle un fait essentiel : la part de l'immigration dans la population française, longtemps stable, a nettement augmenté depuis le début des années 2000. Cette évolution, mal anticipée par les gouvernements successifs, a nourri un sentiment d'impréparation et alimenté les discours alarmistes. Mais, au micro, comme dans les pages de son ouvrage, Patrick Weil invite à regarder la réalité en face : cette hausse n'est ni un « déferlement », encore moins une submersion, ni une fatalité, mais le résultat de décisions administratives, de réformes juridiques et de choix européens. L'essai propose une analyse systémique des dispositifs qui structurent la politique migratoire française, le droit d'asile, pilier républicain fragilisé par les lenteurs administratives, les OQTF, devenues le symbole d'une impuissance politique, les règles européennes, souvent invoquées comme contraintes mais offrant des marges d'action, le regroupement familial, trop souvent caricaturé dans le débat public. Au cours de l'émission, cet homme enthousiaste, président de l'association Bibliothèques sans frontières, revient d'ailleurs sur la politique de Valéry Giscard d'Estaing dont le nom est lié, à tort, à cette notion de regroupement familial et sur la volonté de l'ancien président d'arrêter, non sans brutalité, l'immigration. Cette traversée des institutions révèle un État qui peine à articuler ses principes et ses pratiques, faute de cohérence et de continuité. D'où la proposition phare de Patrick Weil, la création d'un ministère dédié à l'immigration, et l'auteur de préciser dans Idées, qu'il ne s'agit pas d'y ajouter l'idée d'identité nationale comme le fit jadis Nicolas Sarkozy. L'auteur esquisse les contours d'une politique migratoire plus juste et plus efficace. Il appelle à une planification réaliste, une administration réformée, un débat public fondé sur les faits, une articulation claire entre accueil, régulation et intégration. Plus qu'un programme, c'est une méthode : réintroduire de la raison, de la mémoire et du courage politique dans un débat devenu explosif. « De l'immigration en France » est un texte de clarification. Dans le contexte de la campagne présidentielle, Patrick Weil nous offre un constat et des solutions pour sortir des polémiques que suscite cette question de l'immigration. Programmation musicale : Ai¨t Crossing - Guedra Guedra Bukut - Ibaaku Immigrant - Zal Sissokho ; Laurent Perrault-Jolicoeur.
Palestinienne, journaliste, poète, survivante. Le mot qui coince dans la tête de notre invitée, c'est peut être celui auquel vous pensez. Nour Elassy, 24 ans, est une survivante, désormais étudiante. Le drame coule bien loin de ce studio de RFI, mais aussi autour de ces deux mots, comme s'ils pouvaient respirer tranquillement côte à côte, survivante-étudiante. Il y a au moins deux façons de raconter Nour Elassy. D'abord avec les faits : née en 2002 sur la terre de ses ancêtres en Palestine, puis déplacée avec sa famille dans la bande de Gaza après le 7 octobre, la voilà réfugiée en France depuis juillet 2025. Aujourd'hui, elle suit un master en Science politique à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris et elle poursuit une série de chroniques entamée depuis Gaza, pour Mediapart. Ensuite il y a ses mots de poète Ceci est ma maison, aux Éditions Les Liens qui libèrent. Repérée par Mona Chollet et Annie Ernaux, sa voix raconte mieux qu'aucun reportage (je cite Karim Kattan) combien Nour est la chair de Gaza et combien Gaza est la chair de Nour. Programmation de l'invitée : • Peter, Paul and Mary 500 miles • Sade Haunt me • Chroniques de Gaza.
durée : 00:40:06 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Yannick Haenel veut montrer que la vie des professeurs est romanesque. "La solitude des professeurs est infinie", c'est le titre de son nouveau roman publié chez Gallimard. - équipe : Félicie Faugère, Jean Brossier, Victoria Géraut-Velmont, Angelico Gaymard, Marianne Dubar, Bahia Bricaud - invités : Yannick Haenel Ecrivain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Cette semaine dans le Paris des Arts, l'humoriste belge Alex Vizorek est notre invité. Il nous emmène au théâtre des Mathurins nous parler de son dernier seul en scène "Deux et demi". Et puis, un anniversaire : les 30 ans de carrière d'Hélène Ségara à l'Olympia. La chanteuse nous présente son tout nouvel album de duos qui reprend les grands tubes de son répertoire.
Le 14 septembre 2026, Michel Butor aurait eu cent ans. Figure majeure du 20ème siècle et du « Nouveau roman », mouvement littéraire des années 50, il avait publié entre autres La Modification (Prix Renaudot). À l'heure où la France et le monde entier, dont les États-Unis avec un colloque international, rendent hommage à ce géant généreux avec une centaine de manifestations, et pour célébrer son centenaire, voici la version inédite d'un entretien diffusé en 2013 dans le magazine « À double titre ». Michel Butor, écrivain, poète et essayiste français, est généralement présenté comme l'un des représentants du « Nouveau Roman » pour ses quatre romans des années 1950 : Passage de Milan (1954), L'Emploi du temps (prix Fénéon, 1956), La Modification (prix Renaudot, 1957) et Degrés (1960). Cette étiquette ne rend compte que d'une petite partie de son œuvre : dès les années 1960, il abandonne le roman pour explorer des formes d'écriture expérimentales, au croisement des arts plastiques, de la musique et d'autres cultures. Les cinquante années suivantes sont consacrées à une œuvre très vaste et polymorphe. Enseignant-voyageur en Égypte, en Grèce, aux États-Unis et en Suisse, Michel Butor se passionne pour les lieux, les cultures et les langues. Il invente une géographie poétique du monde (Le Génie du lieu, Mobile, Boomerang), réécrit l'histoire de la littérature et de la peinture dans ses essais (Répertoire, Improvisations), et construit avec plus de 450 artistes plasticiens, photographes et musiciens — Alechinsky, Miquel Barceló, Seund Ja Rhee parmi d'autres — une œuvre de dialogue sans équivalent dans le paysage littéraire français. En 2013, l'Académie française lui décerne son grand prix de littérature pour l'ensemble de cette œuvre — il avait 87 ans. Né à Mons-en-Barœul, formé à La Sorbonne, retiré à la fin des années 1980 dans sa maison de Lucinges (« À l'écart ») en Haute-Savoie, il n'a jamais cessé d'écrire, de correspondre, de voyager, jusqu'à sa mort le 24 août 2016. Sa maison est aujourd'hui une résidence d'artistes et Maison des Illustres (Présentation de L'Archipel Butor) Tout le programme des manifestations en France et à l'étranger pour le centenaire de Michel Butor est à retrouver ici. Illustrations de l'entretien : * Chanson : À la Claire fontaine, interprétée par Manu Dibango * Littérature : Les poètes de 7 ans d'Arthur Rimbaud * Littérature : Les 1001 nuits, lu par Michel Butor. * Musique : Sotto Voce de Marc Copland.
Il y aurait un ras-le-bol de l'écologie ? Et si c'était plutôt la réaction d'une population coincée entre les conséquences dévastatrices de la dégradation de l'environnement et l'inaction politique ? Comment remobiliser ? Est-ce que vous avez entendu parler de « la fatigue écologique » ou de la « lassitude environnementale » ? Parler d'écologie lasserait, défendre le vivant et au passage l'habitabilité de la planète pour notre espèce serait devenu punitif, élitiste, moralisateur. Bref, les gens en auraient ras-le-bol d'entendre parler du changement climatique, de la disparition de la biodiversité et des pollutions en tous genres surtout dans les pays du Nord surexposés à l'information ! Dans les pays du Sud, c'est l'inverse : Selon l'Afrobarometer round, un grand réseau panafricain d'enquêtes d'opinion dans 38 pays, plus de la moitié des sondés réclament plus d'informations sur ce sujet et plus de 80% s'inquiètent pour l'avenir de leur pays ! Dans ces contextes, comment rassembler pour convaincre ? Nous en parlons avec nos invités. Avec - Guillaume Meurice (chroniqueur radio et humoriste) pour son ouvrage S'entendre paru aux Editions des Arènes - Théodore Tallent, spécialiste des enjeux politiques et sociaux liés à la transition écologique, il intervient régulièrement dans les médias pour discuter de leur place dans le débat politique, du « backlash » écologique et des freins à l'« acceptabilité » de la transition par les citoyens. Musiques diffusées dans l'émission Guillaume Meurice & Les Vulves Assassines - T'aimes pas Davido & Aya Nakamura - Yaya.
Jonas voit son quartier de Port-au-Prince s'embraser. Il quitte Haïti, pour fuir vers le Canada en emportant quelques objets dans un sac plastique. Un périple à travers les Amériques commence alors, où les dangers se mêlent aux élans de solidarité. Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Lorsque Jonas, professeur d'histoire et poète fuit Haïti, ce n'est pas pour devenir riche mais pour vivre, pour fuir la vie dans un « pays mort » aux mains des gangs. Il emporte dans un sac plastique Carrefour, la photo de sa mère, une brosse à dents, un savon et un recueil de poèmes de René Depestre à qui il rend hommage en écrivant ce roman, un modèle pour l'auteur « un refuge en papier, un abri pour mes pensées », écrit-il. Il connait les épreuves mais aussi des choses joyeuses d'ailleurs le héros rit beaucoup dans le livre : un rire pour tenir, « je ris pour ne pas tomber », fait-il dire à Jonas. Thélyson Orélien met la langue au cœur du roman : lorsque Jonas parle, il parle en créole, c'était essentiel pour l'auteur. Il y a beaucoup d'étapes dans ce périple terrible et plein de mots car le personnage est d'abord un fuyard, puis un migrant, puis un clandestin, puis un dossier quand il demande l'asile... Chaque étape lui demande de rester debout. Ce roman n'est pas à proprement parler autobiographique même si l'auteur a certains points communs avec son héros qui a aussi connu le rejet et la violence administrative. L'auteur se dit, avec ce roman, « engagé mais pas militant ». Invité : Thélyson Orélien. Son roman C'était ça ou mourir est publié aux éditions Grasset. Né aux Gonaïves en Haïti en 1988, Thélyson Orélien quitte son pays en 2010 après le terrible séisme qui a touché le pays et s'installe au Québec où il vit toujours. C'était ça ou mourir a été publié en 2026 aux Éditions du Boréal, une maison d'édition canadienne, basée à Montréal, qui publie en langue française de la littérature générale. Le succès a été tel qu'il a été publié chez Grasset en cette rentrée littéraire. Une trentaine de traductions sont déjà en cours. L'ouvrage fait partie des premières sélections des prix Goncourt 2026, prix Décembre 2026, Prix Renaudot 2026 et prix Femina 2026. Thélyson Orélien sera présent pour une rencontre, au festival littéraire Maillage au Palais de la Porte Dorée le 27 septembre 2026. Programmation musicale : La chanteuse Alma Rechtman avec le titre « Papa la maison s'effondre ».
Dans ce nouvel épisode de Ces questions que tout le monde se pose, je lis la lettre d'Élise. L'année dernière, Élise a vécu un divorce, et elle éprouve aujourd'hui beaucoup de difficultés à s'en remettre. Elle ressent de la honte, se sent isolée parmi tous ses amis en couple, n'arrive pas à se présenter comme une femme célibataire et a l'impression de ne pas offrir le cadre idéal à ses enfants. Elle aimerait ne plus ressentir ce sentiment d'échec, car elle sait que cela l'empêche de se reconstruire, mais ces pensées semblent particulièrement difficiles à déloger. Alors à travers l'histoire d'Élise, et toujours dans l'espoir d'aider aussi toutes celles et ceux qui écouteront cet épisode, j'essaie aujourd'hui de répondre aux questions que tout le monde se pose… sur l'auto-compassion.N'hésitez pas à vous abonner à ce podcast, me suivre sur les réseaux sociaux sous le nom de Maud Ankaoua, ou consulter mon site internet https://www.maud-ankaoua.com. N'oubliez pas que si vous avez vous-même des questions, ou s'il y a des sujets que vous aimeriez que j'aborde dans un futur épisode, vous pouvez m'écrire ou m'envoyer une note vocale à l'adresse podcast.eyrolles@gmail.com. Vous retrouverez toutes ces informations dans le texte de description de l'épisode.Je serais également ravie de vous retrouver en librairie avec mes romans :Kilomètre ZéroRespire ! Le Plan est toujours parfaitPlus jamais sans moiTu m'avais promisAutrice & Animatrice : Maud Ankaoua Production : Éditions EyrollesRéalisation : Margaux Rol & Céline Malvo de l'Atelier ENLMontage & Mixage : Marthe CunyMusique : Martijn De BoerHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France. André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans. Invité : Alban Cerisier, historien, archiviste. À lire : Nadja d'André Breton, 1928. Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir : Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre. La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ? La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert. Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais».
Dans son premier roman, l'autrice, essayiste, poète Douce Dibondo imagine un groupe de jeunes femmes qui passent à l'action et se rêvent révolutionnaires pour imaginer un monde nouveau... Douce Dibondo ne cache pas ses engagements militants : queer, décolonial, anti-raciste et pour un monde meilleur ! Elle milite également pour les droits des enfants, des femmes, des personnes LGBTQIA+, pour qu'iels aient le choix de leur propre autonomie. Elle milite pour un monde plus juste et «veut ouvrir les utopies». Avec le Mouvement, l'autrice a voulu témoigner de ce qu'elle vit ou a vécu dans sa propre vie, et dénonce ce qu'on appelle la kyriarchie : les amas d'oppressions (patriarcat, homophobie, racisme) qui s'entrecroisent... mais toujours avec ce désir de remonter vers quelque chose de salvateur « quand on est allé puiser les émotions les plus négatives ». Une manière de transformer la rage en force politique et poétique. « J'ai fait de la colère, de la vengeance et de toutes les émotions dites négatives un chemin à reconquérir » Dans son roman, elle utilise le pronom inclusif « iel » comme un choix politique, mettre à l'action ce militantisme à travers leurs arts. Mais le militantisme se lit aussi dans la ponctuation : pas de majuscule après les points, les phrases s'enchainent, frénétiquement. Le mot « France » est écrit sans majuscule, mais les mots « Aimer » et « Conscience » en ont toujours une : un véritable choix politique assène Douce Dibondo. Invitée : Douce Dibondo, écrivaine, autrice, essayiste et ancienne journaliste. Son roman Le Mouvement est publié aux éditions Rivages. Programmation musicale : La chanteuse Auren avec le titre « Coup droit ».
Joséphine Tassy "Vagabondes" (L'Iconoclaste)À quinze ans, Thessa rencontre Noé et Jypsi dans les couloirs du lycée. Commence alors une amitié magnifique et complexe. Fille d'une mère française et d'un père zanzibari, Thessa vient d'un monde bourgeois où personne ne lui ressemble. Noé a grandi en banlieue et rêve d'une autre vie que la sienne. Jypsi, elle, veut faire du cinéma, connaître la gloire.Vingt ans ont passé. Vingt ans à s'aimer et se fuir, se trahir et se retrouver, entre Zanzibar, Londres, Paris et Los Angeles. Dans une longue lettre, Thessa confie à Blue, la fille de Jypsi, devenue adolescente, la tragédie qui a bouleversé leurs vies.Vagabondes est le roman d'une génération tiraillée entre des désirs contradictoires, enfermée dans des représentations trop étroites de l'amour et de l'identité. Une fresque sensuelle, une ode à l'imagination et aux nouvelles façons d'aimer.Musique : « Love me » de Nina SimoneHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sous les traits de Samuel Labarthe revient Nicolas Bouvier ! Après nous avoir entraînés à travers les Balkans, l'Afghanistan et l'Inde, l'écrivain-voyageur fait halte à Ceylan. Quand Nicolas Bouvier arrive à Ceylan (actuel Sri Lanka) en 1955, il tombe malade. Cloué dans sa chambre, il délaisse la présence humaine pour s'entourer d'insectes étranges et de rêves hallucinés... Il édite le récit Poisson-scorpion vingt-cinq ans après avoir vécu ce voyage immobile. C'est la deuxième fois que le comédien Samuel Labarthe interprète Nicolas Bouvier, après L'usage du monde, une pièce qui a été jouée plus de 200 fois. Le comédien a « un coup de foudre » pour cet auteur qu'il a découvert « un vrai choc émotionnel et artistique » nous explique-t-il, avec cette façon de « remplir les moments d'extase avec les mots ». Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain, voyageur, photographe et iconographe suisse. Passionné très tôt par la géographie et les langues, il entreprend dans les années 1950 de longs voyages qui nourriront son œuvre. Son parcours le mène notamment de Genève aux confins de l'Asie, en passant par la Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan et le Japon, dont il devient un fin connaisseur. Son livre le plus célèbre, L'usage du monde (1963), récit de son voyage en voiture avec le peintre Thierry Vernet jusqu'en Afghanistan, est devenu un classique de la littérature de voyage. Il écrit ensuite Chronique japonaise, Le poisson-scorpion ou encore Journal d'Aran et d'autres lieux, qui prolongent sa réflexion sur le voyage, l'altérité et le regard. Photographe et iconographe, il travaille aussi sur des images et des archives, prolongeant par l'image ce qu'il explore par le texte. Le poisson-Scorpion, mis en scène par Catherine Schaub. À voir au Théâtre de Poche Montparnasse. Invité : Samuel Labarthe. Samuel Labarthe est un acteur franco-suisse né en 1963 à Paris. Formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il commence sa carrière au théâtre avant de se faire remarquer au cinéma et à la télévision. Il a joué sous la direction de metteurs en scène reconnus et s'est imposé comme un comédien solide, à l'aise aussi bien dans le registre dramatique que dans des rôles plus populaires. Le grand public le connaît surtout pour son rôle du commissaire Laurence dans la série télévisée Les Petits meurtres d'Agatha Christie, où il incarne un enquêteur charismatique et ironique. Parallèlement, Samuel Labarthe poursuit une carrière régulière au théâtre et dans divers films et séries, confirmant au fil des années son statut d'acteur respecté, apprécié pour sa présence, sa diction et son élégance de jeu. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Chiapas au Mexique pour parler de la Journée mondiale de l'alphabétisation qui aura lieu les 8 et 9 septembre. Programmation musicale : l'artiste Cascadeur avec le titre Les temps perdus.
La littérature peut-elle lutter contre l'effacement de la Palestine ? Un roman, un poème… Est-ce que ça peut préserver le souvenir d'une enfance passée sous un citronnier unique au monde, auprès duquel on mangeait des koussas (ces courgettes farcies), pas loin du son du mijwiz ? Ces questions, le romancier Jadd Hilal se les pose, voilà pourquoi il les dépose en phrases marbrées. Dans son nouveau roman Ici commence la terre (éd. Elyzad), on peut lire « la mort du ciel palestinien, dans le cercueil des immeubles ». Une phrase qui, bien sûr, ne ramènera pas les vies qui circulaient dans ces immeubles, mais qui donne envie de pousser la porte (même romanesque) pour les connaître, ces vies. Pour ce fils d'éternels migrants (Palestine, Liban, MO, Europe), cette phrase aussi : « Trop de sols ôtés sous nos pieds pour marcher droit », la question du sol et la question du droit attendra. À l'anéantissement programmé de la Palestine, Jadd Hilal semble opter pour la question des destructions existentielles et mentales de monsieur et madame Tout-le-monde. Programmation de l'invité : Bachar Mar-Khalifé - « Zakrini » Shkoon - « Lala »
Entre le mythe entretenu dans ses livres et la réalité de son engagement, le passage de Romain Gary dans les Forces Aériennes Françaises Libres aura profondément marqué son destin. Plongez dans l'histoire des grands personnages et des évènements marquants qui ont façonné notre monde ! Avec enthousiasme et talent, Franck Ferrand vous révèle les coulisses de l'histoire avec un grand H, entre mystères, secrets et épisodes méconnus : un cadeau pour les amoureux du passé, de la préhistoire à l'histoire contemporaine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En Afrique du Sud, les affrontements entre étrangers et Sud-Africains continuent. Les militants du mouvement March and March continuent de manifester toutes les semaines pour demander le départ des immigrés illégaux. Des militants de ce mouvement ont attaqué un groupe d'étrangers qui s'étaient installés depuis trois mois devant le centre de refugiés de Durban. Les affrontements ont été violents.
Deux femmes : une petite fille, Jeanne, et sa grand-mère, Ama, deux continents, l'Europe et l'Asie, deux histoires opposées, l'une sous le signe de l'oppression, l'autre de la liberté. Deux personnes a priori éloignées et pourtant liées par un amour inconditionnel qui, au-delà des langues, de leur culture d'origine, avaient beaucoup en commun et, pour commencer, la littérature. Ama aurait aimé écrire son histoire, Jeanne Pham Tran a réalisé son vœu avec Les ombres de l'exil où elle met en miroir leurs deux destins. Née en 1986, Jeanne Pham Tran vit aujourd'hui en Thaïlande. Elle est éditrice et écrivaine. Après De rage et de lumière (2023) Les ombres de l'exil est son deuxième roman. « Dans sa cuisine de Vitry-sur-Seine, je demande à Ama, ma grand-mère, de me raconter sa vie autrefois, en Chine dans les rizières, dans l'Indochine française au service du dernier empereur d'Annam, puis en France. Elle répond : à quoi ça sert ? Une histoire de nhà quê, ça intéresse qui ? Il n'y a pas de souvenir d'enfance, dis-tu. Rien à quoi m'accrocher pour me représenter ce monde dont tu viens, ce monde que tu veux oublier alors que je ne cesse d'y revenir, d'excaver ta mémoire, notre mémoire. J'ai cherché ce qui nous relie et nous sépare, ce chemin de boue et de poussière, cette distance spatio-temporelle réduite à néant quand nos peaux se trouvent l'une contre l'autre, quand je reconnais le parfum du riz au jasmin et le goût de ta cuisine. » (extrait) Ce roman est une quête des origines, un voyage sur les traces effacées d'une famille française et sino-vietnamienne. Il interroge l'exil et la mémoire, ce dont on hérite ou pas, les traumas et les silences, les fantômes que l'on porte malgré soi, les assignations qui ont façonné chaque génération, l'identité plurielle et métisse. Dans une langue vive, poignante et poétique, Jeanne Pham Tran tente de réparer, avec pudeur et tendresse, le fil brisé de la transmission. (Présentation des éditions Mercure de France) Illustration musicale : Plantation song de Thanh Huong – Nguyen Lê
Dans À voix haute, l'enquête d'une jeune femme sur les non-dits de sa famille devient une plongée dans les silences de tout un pays. Comment faire pour se souvenir de ce qu'on ne nous dit pas ? Dans ce roman qui traverse trois décennies, Polina Panassenko plonge dans le passé de la Russie, à l'époque du stalinisme et des purges. Elle y interroge la manière dont cette histoire collective continue de résonner intimement dans le corps, la vie, les gestes, les peurs et les mots des jeunes générations. La narratrice a vingt ans lorsqu'elle part à Moscou pour intégrer l'École du Théâtre national. Elle y retrouve son grand-père, mais comprend rapidement qu'une zone de silence entoure sa famille. Lorsqu'elle pose des questions sur le passé familial, son grand-père lui répond de manière énigmatique : plutôt que de raconter, il lui confie des objets – une photographie, un vêtement, une pièce de monnaie ayant appartenu à un ancêtre. Dans cette famille, on a appris à ne pas parler. À parler doucement. À se méfier. À ne pas poser certaines questions. Le silence n'est donc pas seulement une absence de mots : il devient une manière de vivre, un héritage invisible qui se transmet de génération en génération. Peu à peu, la jeune femme découvre que le grand-père de son grand-père a été victime de la machine répressive soviétique. Cette découverte devient le point de départ d'une enquête qui la conduit jusqu'à la Kolyma, dans l'Extrême-Orient russe, sur les traces de cet homme dont l'histoire a été effacée. « Il faut effacer tout ce qui est dangereux » Polina Panassenko dessine alors ce qu'elle appelle une « cartographie de la peur » : remonter à l'origine des silences, comprendre ce qui n'a pas été transmis, et saisir comment la peur de parler peut se transmettre de génération en génération. Le théâtre occupe une place essentielle dans la vie de la narratrice. Comme un miroir de cette pratique, elle découvre ce que signifie véritablement parler lorsque l'on vient d'une famille, et plus largement d'un pays marqué par tant de silences. Jouer, chercher, nommer, écrire deviennent alors autant de façons de résister à l'effacement. Invitée : Polina Panassenko, écrivaine et comédienne franco-russe. En 2022, elle publie son premier roman, Tenir sa langue, aux éditions de L'Olivier, qui explore des thèmes comme l'identité, l'exil, la langue, la mémoire et l'appartenance. Elle travaille également comme traductrice du russe vers le français, notamment pour des œuvres théâtrales. Polina Panassenko a remporté le Prix littéraire « Le Monde » 2026 pour son livre À voix haute. Il a été décerné, jeudi 3 septembre au soir, à l'hôtel de Massa, siège de la Société des gens de lettres, à Paris. Programmation musicale : La Grande Sophie - Le Large Youri Chevtchouk - Chanson sur la liberté / Песня о свободе À lire aussiLittérature: Polina Panassenko, entre deux langues, deux pays, deux identités
Alain Berenboom "Le soupçon ordinaire" (Kennes)2060. Pour mettre fin aux conflits, le monde a pris une décision radicale : interdire la religion juive. Officiellement, elle n'existe plus.À Bruxelles, Max Weingarten mène une vie tranquille de commerçant respecté. Jusqu'au jour où la police s'intéresse à lui. Sans accusation précise, sans preuve tangible, mais avec une question obsédante : qui est-il vraiment ?Peu à peu, les contrôles se multiplient, les interrogatoires deviennent plus insistants, les proches s'éloignent. Le soupçon s'insinue partout, transformant le quotidien en piège administratif. Ce qui semblait absurde devient menaçant. Ce qui était anodin devient suspect.Dans "Le Soupçon ordinaire", Alain Berenboom signe un polar dystopique aussi jubilatoire qu'inquiétant, où l'enquête avance à pas feutrés, dans un monde qui rappelle celui de Kafka, transposé dans un futur glaçant mais étrangement familier. Avec humour, ironie et une grande finesse psychologique, il explore les mécanismes du contrôle, de la peur et de l'identité.Un roman à suspense, politique et profondément humain, qui se lit avec le plaisir d'un excellent policier et qui laisse une empreinte durable bien après la dernière page.Musique : « Max » de Paolo ConteHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans Choses que je croyais perdues, l'autrice Clémentine Mélois nous raconte les souvenirs et les histoires dont sont lestés les objets. C'est l'histoire d'un verre à moutarde Musclor avec un prince sous stéroïdes mal imprimé, accompagné d'un tigre vert. C'est l'histoire d'une rupture, celle d'Emilie avec son conjoint – et d'un déménagement, donc elle trie, elle range et parfois elle casse. Ce verre à moutarde est brisé : il avait été acheté par son ex-conjoint dans un vide-grenier. Et c'est le premier objet d'une longue liste qui constitue la trame du roman de Clémentine Mélois… car les souvenirs remontent. Clémentine Mélois se définit comme une « gardeuse » d'objets, « cela permet d'avoir toujours de quoi bricoler et d'être entouré d'histoires. Les intérieurs vides m'angoissent ». Selon l'autrice, les objets n'existent que s'ils sont liés à des histoires et ces histoires font de nous ce que nous sommes. Pour autant, elle ne considère pas que ce roman soit nostalgique. Elle fait le récit de ce qui a eu lieu, en regardant vers l'avenir. Elle parle ainsi d'objets « insignifiants », ces choses auxquelles on ne fait pas attention, ce que Georges Perec appelait l'« infraordinaire ", le contraire de l'« extraordinaire » à l'image de ces pots de confiture vides qui racontent tellement de choses sur notre humanité et nos histoires personnelles. Invitée : Clémentine Mélois Clémentine Mélois est une autrice, artiste et plasticienne française née en 1980. Normalienne, elle est connue pour ses détournements visuels de couvertures de livres et son travail mêlant humour, culture populaire et références littéraires. Elle a publié notamment des ouvrages de littérature jeunesse et des recueils autour de la lecture et des objets du quotidien, et collabore régulièrement avec des institutions culturelles. Elle a été membre de l'Oulipo de 2017 à mai 2026. Choses que je croyais perdues est publié chez Gallimard. Également publié chez Hoebeke – Gallimard : Rêve d'évasion. À lire : Les choses de Georges Perec Programmation musicale : Les artistes Vincent Delerm et Voyou avec la reprise du titre « Évidemment » de France Gall.
Dans Mots de passe, l'auteur, traducteur et éditeur Laurent Nunez déniche treize mots d'autres langues intraduisibles en français... Un essai sur les mots qui nous manquent ! En anglais, « eye-servant » désigne celui qui n'est zélé que lorsqu'on l'observe. En néerlandais, « kutzwager » nomme le lien étrange entre deux inconnus qui ont aimé la même personne. En islandais, « gluggaveður » dit le plaisir de regarder l'orage, ou n'importe quel désastre, depuis un lieu où l'on ne risque rien. Le français ne sait pas dire ces choses. Et ce qu'une langue ne sait pas dire, comment pourrait-on le vivre tout à fait ? Saviez-vous qu'on utilisait le terme « Mo-Ki-Ta » en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour désigner une vérité que tout le monde connait mais que personne n'ose dire ? C'est pour combler de tels silences que Laurent Nunez braque avec beaucoup d'humour treize autres langues, avec cette idée qu'on peut « changer sa vie avec des mots nouveaux et des mots d'ailleurs ». Pour Laurent Nunez, les mots apportent les idées à l'image du mot « boycott » qui vient de l'histoire du fermier britannique Charles Cunningham Boycott contre qui est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, et qui donna plus tard naissance au mot « boycott » en 1880. Emporter l'ailleurs, c'est absolument essentiel. Des mots venus d'ailleurs, traduits en français tels quels, comme « féminicide » – terme forgé en 1976 par la militante et sociologue féministe sud‑africaine Diana Russell – contribuent à nommer et à officialiser ce crime. Le mot « féminicide » a ainsi fait son entrée dans le Petit Robert en 2015, puis dans le Larousse en 2020. Invité : Laurent Nunez est écrivain et éditeur. Ancien rédacteur en chef du Magazine littéraire, il est l'auteur de plusieurs essais sur la littérature, parmi lesquels L'Énigme des premières phrases (Grasset, 2017) et Il nous faudrait des mots nouveaux (Cerf, 2018). Il a publié un roman, Le Mode avion (Actes Sud, 2021 ; Rivages poche, 2025), et deux récits autobiographiques, Les Récidivistes (Champ Vallon, 2008 ; Rivages poche, 2014) et Tout ira bien (Rivages, 2025 ; Rivages poche, 2026). Et la chronique Ailleurs nous emmène à Cotonou, au Bénin, où Gildas Hassidé, juriste, entrepreneur, nous présente le programme du Kids Speaker Program dont il est le fondateur. Une initiative éducative déployée au Togo et au Bénin et dédiée à l'autonomisation des enfants et des jeunes à travers la prise de parole en public. Programmation musicale : l'artiste Angèle avec le titre « Une seule vie ».
La nouvelle traduction de "Carrie" en format poche ; Sam Raimi adapte "Désolation" ; "Crouch End" devient une série pour Amazon Prime Video ; Des nouvelles sur les saisons 2 de "L'Institut" et "Ça : Bienvenue à Derry" ; Tim Curry est décédé......Tout ça et bien plus encore sont au sommaire de ce nouveau numéro de la Gazette du Maine, le podcast qui vous résume l'actualité de Stephen King ! Retrouvez toutes les informations de cette Gazette sur le site : https://stephenkingfrance.fr/Vous aimez la Gazette du Maine ? Vous aimez les contenus de Stephen King France ? Soutenez l'association Stephen King France sur Tipeee, recevez des goodies exclusifs et la newsletter mensuelle !Suivez Stephen King France sur les réseaux sociaux et rejoignez les communautés :DiscordTwitchInstagramFacebookBlueSkyThreadsX / TwitterHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Raconter la guerre en Ukraine en retraçant la trajectoire de deux écrivains morts tragiquement sous les balles et les missiles russes : c'est ce que fait Ariane Chemin dans son livre La guerre, ce sont les noms propres, publié aux Éditions du sous-sol. La journaliste du Monde, qui a effectué de nombreux reportages en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, il y a 4 ans et demi, raconte la raison pour laquelle les histoires des victimes de la guerre « doivent être sauvées à tout prix ». À lire aussiUkraine: les habitants de Kherson appelés à évacuer face à l'intensification des frappes russes
En RD Congo, le président Felix Tshisekedi a officiellement lancé un "dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État". Ce dialogue était demandé par plusieurs tranches de la classe politique congolaise. Cette annonce faite lors d'une adresse à la nation était donc très attendue à Kinshasa. Quels en seront les contours ?
On connaissait la plume puissante d'Ananda Devi, son univers littéraire traversé de violences, de souffrances, de magie, de rébellion, mais ici c'est comme si tous ses livres précédents s'étaient rejoints dans un même fleuve : celui de nos origines. Un roman-monde fascinant qui, à travers la vie d'une communauté, nous immerge dans toute la complexité humaine. Chronique d'un royaume perdu aux éditions Grasset, est une fiction fabuleuse qui se déploie sur quatre générations du 19ᵉ siècle à nos jours sur l'île Maurice, sa terre natale, et se déroule dans un lieu qui existe vraiment, le Bouchon, même si, à partir de cette géographie réelle, elle réinvente, crée littéralement un nouveau mythe. Née à l'île Maurice, Ananda Devi est l'autrice d'une œuvre récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Parmi ses livres les plus marquants, Eve de ses décombres (2006, prix des Cinq Continents, prix RFO), Le sari vert (2009, prix Louis Guilloux), Le rire des déesses (2021, prix Femina des lycéens) et Le jour des caméléons (2023, prix de la Langue Française). Elle a reçu le prix Neustadt 2024 des États-Unis pour l'ensemble de son œuvre. Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres… Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'œuvre d'Ananda Devi. (Présentation des éditions Grasset) ILLUSTRATION MUSICALE : A nou krié de Fanfan.
Marek Halter "Le juif" (Fayard)Le héros de ce livre n'est pas Juif. Mais, circoncis enfant pour des raisons médicales, il le devient aux yeux des autres. Cette situation insolite marque sa vie et son destin.Dans ce nouveau roman, Marek Halter entraîne le lecteur au coeur d'un tourbillon d'événements aussi inattendus que tragiques. Un voyage initiatique où l'erreur d'identité nous dévoile, peu à peu, l'essence du judaïsme.Musique : Prokofiev ouverture sur des thèmes juifs Opus 34Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Bookalicious, où nous allons continuer notre exploration de la littérature européenne contemporaine. Aujourd'hui, direction la République tchèque, avec Dora Kaprálová, lauréate de l'édition 2026 de l'EUPL, le prix de littérature de l'Union européenneLes infos sur le prix : https://euprizeliterature.eu/en/prize-edition/2026/***Soutenez Bookalicious (et recevez de beaux goodies) par ici : https://fr.tipeee.com/bookalicious-1Ce podcast fait partie du label Podcut ! Retrouvez les autres podcasts du label ici : www.podcut.studioHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Second volet de l'entretien avec la grimpeuse-écrivaine Stéphanie Bodet. Stéphanie est une championne atypique, aussi menue et lumineuse que puissante et véloce, sur la paroi comme sur le papier.Elle n'a jamais choisi entre ses deux passions, la grimpe et la littérature. À 23 ans, elle devient championne du monde du bloc. Stéphanie enchaîne ensuite les voyages au long cours avec son mari Arnaud Petit, également grimpeur de renom et écrivain.Le couple vit aujourd'hui dans les Alpes et partage son temps entre grimpe, yoga et écriture. Après la publication en 2016 son premier livre, une autobiographie en forme d'essai philosophique intitulée logiquement et magnifiquement « À la verticale de soi » en 2016, Stéphanie écrit son premier roman en 2019, Habiter le monde.___
Stéphanie Bodet est une championne atypique, elle n'a jamais choisi entre ses deux passions, la grimpe et la littérature, l'escalade et l'écriture.À 23 ans, l'ancienne petite fille asthmatique devient championne du monde de bloc. Stéphanie enchaîne ensuite les voyages au long cours avec son mari Arnaud Petit, également grimpeur de renom et écrivain. Ils ouvrent des voies aux 4 coins du monde: Tsaranoro à Madagascar, les célèbres chutes d'eau de Salto angel au Vénézuela, El Capitan au parc Yosemite aux ÉtatsUnis, Tours de Trango au Pakistan, Tasmanie, Albanie, Corse... et bien sûr les Alpes, où ils vivent.En 2016, Stéphanie écrit une biographie «À la verticale de soi». Ça lui vaut d'être invitée à la Grande Librairie. En 2019 c'est son premier roman «Habiter le monde». Lionel Daudet, célèbre alpiniste écrivain a dit d'elle: «J'ai l'impression, quand je lis Stéphanie, de la voir grimper.»___
C'est la rentrée littéraire. 461 œuvres romanesques débarquent en librairie en cette rentrée. Un moment d'émulation pour la profession. Mais cette année, le secteur du livre fait grise mine. Les Français lisent moins. Et pour les libraires dont les charges augmentent et les marges diminuent, la situation est difficile. Il faut faire preuve d'imagination pour attirer les clients. Un reportage signé Elise Véran. Que serait Paris sans ses librairies de quartier ? « Oui, c'est apaisant quand tu rentres dans une librairie, juste pour te vider un peu la tête », déclare une cliente. Pourtant, malgré l'attachement de la clientèle aux librairies indépendantes, beaucoup d'entre elles rencontrent des difficultés financières. 2025 a été une année noire pour le secteur, comptant plus de fermetures que d'ouvertures de nouvelles librairies. « Je m'appelle Juliette Debrix. Pour notre trésorerie, on arrive à un équilibre précaire, je dirais, et par contre, les revenus restent les mêmes, explique la cofondatrice avec Anabelle Chaubet de la librairie Un livre et une tasse de thé. Dans le monde du livre, les marges sont très, très faibles et elles laissent peu de place à être rentable, tout simplement, surtout si on a un loyer, en particulier parisien, à payer. » En situation précaire, les libraires remettent en question le partage du gâteau entre les différents acteurs de la chaîne du livre, de la fabrication à la distribution, comme Fernando Barros, propriétaire de la librairie Tschann à Montparnasse. « Entre le distributeur, l'éditeur, l'auteur aussi et les libraires, il y avait un équilibre qui était maintenu, maintenant l'équilibre est un peu rompu et toute la chaîne du livre est un peu touchée. Par exemple, l'augmentation des frais de transport de la part des distributeurs, c'est une chose dont on parle rarement mais qui est importante à la fin de l'année », précise-t-il. L'épouvantail des libraires a un nom : Amazon. La vente de livres en ligne représente plus de 20 % du marché français.« Il arrive un moment effectivement, peut-être que la concurrence est disproportionnée. Les gens disent souvent quand ils viennent chez vous, vous avez tel livre ? Non ? Ah, je vais aller chez Amazon. Comme si Amazon était une panacée. Il y a une volonté évidente d'effacer une partie du paysage. C'est de ça qu'on doit avoir peur », ajoute Fernando Barros. À lire aussi«La Libreria», l'un des lieux où s'invente la culture italienne à Paris Les libraires dénoncent les marges d'achat plus avantageuses dont les grandes plateformes bénéficient de la part des éditeurs. « Les grands distributeurs, ils fonctionnent comme pour des carottes et les livres, c'est pareil, plus on en achète et moins le prix est élevé à la carotte. Nous, on va acheter 20 000 euros de livres par mois et quand Amazon va en acheter 200 000, donc nécessairement nous, on va avoir une remise de 35 % quand Amazon va avoir 41 %, c'est sur ces 6 % là que va se faire la différence, ce qui est énorme », regrette Juliette Debrix. Outre les difficultés du métier, les libraires souffrent aussi de la baisse du pouvoir d'achat. « Les paniers moyens sont de plus en plus petits. On remarque un vrai changement de consommation cette année… », souligne la libraire. La diminution globale du temps accordé à la lecture est aussi pointée du doigt : « Aujourd'hui, on se rend compte que les gens lisent beaucoup moins, ils sont tous accrochés par le petit écran du téléphone portable », regrette Fernando Barros. Pour attirer les clients, les libraires organisent des rencontres autour des livres. « Nous, on a un public de psychanalystes, donc on fait des rencontres de psychanalystes en librairie », précise le propriétaire de la librairie Tschann. Et beaucoup décident de se diversifier, comme Juliette Debriex qui propose un service salon de thé ainsi qu'un rayon papeterie et puzzles : « Tout ce qui est hors livre, ça représente déjà 20 % de notre chiffre d'affaires ». De quoi se demander si demain, l'équilibre des librairies indépendantes pourra uniquement reposer sur le livre. À lire aussi«The Abbey Bookshop», un îlot de la littérature canadienne au cœur de Paris
Dans IDÉES, le magazine dédié à celles et ceux dont la curiosité est insatiable, Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine un philosophe singulier, Pierre Cassou-Noguès. Professeur de philosophie à l'université Paris-8, membre de l'Institut universitaire de France, cet intellectuel est aussi un sportif, cycliste à ses heures. Et des heures, il en a passé sur sa bicyclette pour longer le littoral français. Il nous propose un récit de son périple, à la fois livre de voyage, de nature, de philosophie. Avec Trait de côte (Philosophie magazine éditeur). Des Landes à la Bretagne, Pierre Cassou‑Noguès poursuit son travail singulier : penser le réel à partir de ses zones de friction. Cette fois, il s'attarde sur la côte, ce bord instable où la terre rencontre la mer — un lieu banal en apparence, mais qui devient sous sa plume un véritable laboratoire philosophique à l'heure où l'océan grignote allégrement le littoral, notamment en Charente-Maritime. La côte, rappelle Cassou‑Noguès, n'est jamais fixe. Elle avance, recule, s'effrite, se reconstruit. Elle oblige à composer avec l'incertitude. En observateur attentif, il transforme cette instabilité en concept : le « trait » n'est pas une ligne nette, mais une zone vivante, un espace où se négocient sans cesse nos manières de percevoir et de raconter le monde. Au micro et dans le livre, il navigue entre récit, observation et réflexion théorique. Cassou‑Noguès décrit des paysages, des gestes, des micro‑événements. Il montre comment ils nourrissent un imaginaire : celui des frontières, des bords, des mondes qui se touchent. La côte devient ainsi un lieu où se fabriquent des histoires, des peurs, des projections — un espace où l'on pense autant qu'on regarde. Sans céder au catastrophisme, Trait de côte s'inscrit dans les préoccupations écologiques contemporaines. L'auteur y défend une écologie de l'attention : regarder ce qui change, ce qui s'efface, ce qui apparaît. Une manière de rappeler que les transformations du monde ne se jouent pas seulement dans les grands récits, mais aussi dans ces traits fragiles qui dessinent nos paysages. Bref, un livre bref, précis, qui propose une autre façon de comprendre nos limites — et d'habiter un monde où elles ne cessent de bouger. Un livre aussi sur une certaine conception de la philosophie : « ne pourrait-elle pas consister dans des gestes, des formes de vie, plutôt que dans des énoncés ? » s'interroge-t-il. Programmation musicale : Kerlann - Yann Tiersen Dolores - Yann Tiersen Vélo vole - Dick Annegarn 8 - Yann Tiersen.