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Prix décernés aux profs de français en Tchéquie - Le programme du festival de Karlovy Vary - Opéra : Brundibár présenté à Paris
La 4ᵉ Journée mondiale des alumni de l'enseignement supérieur français s'est tenue jeudi 4 juin au Quai d'Orsay. Organisée par Campus France, elle avait pour thème : « Talents scientifiques : découvrir, innover, entreprendre ». Des prix France Alumni Day ont été remis à deux jeunes femmes chercheuses originaires du Niger et du Royaume-Uni. Éléonore Caroit est la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l'étranger. Explications. . À lire aussiFrance Alumni Day 2025: ces étudiants qui font rayonner la France à l'international
Prix décernés aux profs de français en Tchéquie - Le programme du festival de Karlovy Vary - Opéra : Brundibár présenté à Paris
Partagez votre opinion avec la rédactionLes élections consulaires 2026 viennent de s'achever avec un constat préoccupant : la participation des Français établis hors de France reste extrêmement faible. Alors que plus de 1,67 million d'électeurs étaient inscrits sur les listes consulaires, seuls 14 % (exactement 13,98 %) d'entre eux ont pris part au scrutin selon les chiffres communiqués officiellement. Interrogée par Lesfrancais.press, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l'étranger, reconnaît une situation décevante mais qui ne la surprend pas. Interview exclusive Lesfrancais.press.Pub FRANCE PAY ETE 2026Support the show
(00:00:44 Détroit d'Ormuz: l'armée américaine peut-elle déminer grâce à l'IA (00:07:22) Francophonie: pourquoi l'affaire Bruel a été traitée si vite au Québec? (00:15:25) L'Afrique peut-elle lâcher la Francophonie?
Frenchy Frenchy. Tel est le nom d'un nouveau club de rencontre pour les francophones de Londres. Il a été créé il y a six mois par Alexandre Bougon, un entrepreneur français de 43 ans, actif dans le secteur de l'immobilier et installé dans la capitale britannique depuis l'été 2024. Quels sont les objectifs de cette association et quel est son mode de fonctionnement ? Marie-Gaëlle Lefebvre est l'une des deux ambassadrices de Frenchy Frenchy au Royaume-Uni. Explications. À écouter aussiLa première Dictée géante en français à l'étranger a eu lieu à Londres
Emmanuel Macron a reçu lundi à l’Élysée la première ministre du Québec, Christine Fréchette, en visite officielle en France, pour discuter du renforcement de la coopération franco-québécoise, notamment en aéronautique, intelligence artificielle et minerais critiques. Christopher Skeete est sur place. Entrevue avec Christopher Skeete, ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Regardez aussi cette discussion en vidéo via https://www.qub.ca/videos ou en vous abonnant à QUB télé : https://www.tvaplus.ca/qub ou sur la chaîne YouTube QUB https://www.youtube.com/@qub_radio Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Le CH élimine les Sabres et se dirige vers la Caroline pour tenter de survivre à la tempête des Hurricanes | Christine Fréchette en voyage en France | De plus en plus de Montréalais au chômage | Accidents de quadriporteurs: le frère d’une victime témoigne | Coupures de courant: que se passe-t-il chez Hydro? Dans cet épisode intégral du 19 mai, en entrevue : Christopher Skeete, ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Jimmy Jean, économiste en chef et stratège chez Desjardins. Antoine Roussel, ancien joueur de LNH et analyste sportif à TVA Sports. Robert Bilodeau, a perdu son frère Gérard Bilodeau en septembre dernier à la suite d’un accident de quadriporteur. Maxime Nadeau, vice-président Conception intégrée et exploitation du système énergétique chez Hydro-Québec. Michel Rabagliati, auteur de bandes dessinées. Une production QUB Mai 2026Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
durée : 00:09:00 - Les journaux de France Culture - Une réforme adoptée par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) prévoit notamment d'importantes coupes budgétaires et inquiète. Confrontés à des baisses de subventions et à des difficultés de financements, ces établissements pourraient coûter de plus en plus cher. - réalisation : Mathieu Laurent, Annie Brault, Martin Desclozeaux, Caroline Bennetot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Ce sont des femmes qui ont été laissées dans l'ombre, invisibilisées, des femmes ordinaires qui pourtant ont fait montre d'une force extraordinaire pour exister, pour survivre et pour transmettre la vie, l'espoir à leurs enfants. Des femmes « potomitan », comme on dit en créole, car elles portent le toit du monde à bout de bras. Un roman leur redonne une voix, un corps, un nom, c'est celui de Yanick Lahens paru sous le titre Passagères de nuit aux éditions Sabine Wespieser et récompensé par le grand prix du roman de l'Académie française 2026. Yanick Lahens est née en 1953 en Haïti. Elle y a fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires, avant de partir en France pour son cursus universitaire en lettres modernes. Elle retourne en Haïti en 1977. Elle y enseigne la littérature à l'université d'État d'Haïti et participe, à l'Institut pédagogique national, à la mise en place de la réforme qui contribuera, entre autres, à introduire l'enseignement du créole dans les premières années de l'école primaire. Elle anime une émission culturelle, Entre nous, sur Radio Haïti Inter et publie ses premiers articles sur la littérature et la société haïtiennes. Elle quitte l'enseignement universitaire en 1995 et, après avoir été membre du cabinet du ministre de la Culture Raoul Peck, elle intègre la direction du projet de La route de l'esclave, qui s'intéresse à la problématique de l'esclavage à travers les sciences et les arts, et ce jusqu'à cessation des activités de ce projet en Haïti, en 2000. À la même époque, elle devient membre du comité de rédaction de la revue haïtiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haïti et dans la Caraïbe. Elle a été membre du Congrès international des études francophones, organisme fondé par des universités nord-américaines. Elle est membre, jusqu'à aujourd'hui, du comité de rédaction de la revue franco-haïtienne Conjonction, et publie dans des revues haïtiennes et étrangères. Elle a récemment intégré le conseil d'administration de l'université Quisqueya (Port-au-Prince). À lire aussiRetour « Dans la maison du père », avec la romancière Yanick Lahens En 1998, elle fonde, avec d'autres écrivains, l'Association des écrivains haïtiens, et continue d'animer des séminaires sur la littérature. En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l'implantation de bibliothèques et à l'organisation d'événements culturels. En 1990 paraît son essai, Entre l'ancrage et la fuite, l'écrivain haïtien (Deschamps, Port-au-Prince), bientôt suivi de deux recueils de nouvelles : en 1994, Tante Résia et les dieux (L'Harmattan, Paris) et, en 1999, La petite corruption (éditions Mémoire, Port-au-Prince). En 2000, son premier roman, Dans la maison du père, paraît au Serpent à plumes (Paris), puis, en 2005, un troisième recueil de nouvelles, La Folie était venue avec la pluie (Presses nationales, Haïti). Toutes ses nouvelles parues – pour beaucoup inédites en France – sont reprises dans un recueil intitulé L'Oiseau Parker dans la nuit et autres nouvelles, paru chez Sabine Wespieser éditeur en mars 2019. À partir de 2008, tous ses livres sont publiés chez Sabine Wespieser éditeur : La Couleur de l'aube (roman, 2008), Failles (récit, 2010), Guillaume et Nathalie (roman, 2013), Bain de lune (roman, 2014) et Douces déroutes (roman, 2018). Dans la maison du père a obtenu le Literatur Preis en 2009 au Salon du livre de Leipzig ; La couleur de l'aube, le prix Millepages 2008, le prix RFO 2009, le prix Richelieu de la Francophonie 2009 et le prix des lecteurs de la ville Vincennes dans le cadre du Festival America en 2010 ; Guillaume et Nathalie, le prix ADELF en 2013 et le prix Carbet des lycéens 2013 ; Bain de lune, le prix Femina en 2014. Son dernier roman, Passagères de nuit, paru à la rentrée littéraire 2025, est lauréat du Grand Prix du Roman de l'Académie française. À lire aussiLe Grand Prix du roman 2025 de l'Académie française attribué à l'autrice haïtienne Yanick Lahens Ses œuvres sont traduites en anglais, en brésilien, en catalan, en japonais, en allemand et en italien. Des traductions sont en cours en norvégien et en espagnol. Yanick Lahens a été honorée par l'organisation de femmes Kay Fanm pour son implication citoyenne en 2007. Par le ministère des Affaires étrangères et l'Organisation de la francophonie en Haïti, par la Haitian Studies Association pour l'ensemble de son œuvre et par l'association culturelle ARAKA. Elle a été la première femme invitée d'honneur de la Foire du livre Livres en Folie en Haïti, en 2009, et a été nommée par la France officier des Arts et des Lettres en 2009. Saluée par le Collège de France comme « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », Yanick Lahens a donné le 21 mars 2019 la leçon inaugurale de la chaire des Mondes francophones intitulée Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter, diffusée sur France Culture vendredi 12 mars 2021 et à réécouter ici et à lire ici. En octobre 2020, Yanick Lahens est récompensée par le Prix Carbet pour l'ensemble de son œuvre « pour sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtienne ainsi que de la représentation du monde caribéen ». « Toujours avancer sans se retourner, c'est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince. Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n'a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d'un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d'Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l'avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n'a plus jamais accepté de se soumettre au désir d'un homme. Confiante dans la force qu'elle a tôt transmise à sa petite-fille en l'invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n'hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d'un homme qui traverse la ville en libérateur. En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C'est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d'émancipation. Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l'autre "une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions", la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l'histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. » (Présentation des éditions Sabine Wespieser)
Le Journal en français facile du lundi 4 mai 2026, 18 h 00 à Paris. Comprendre deux extraits du journal avec : un exercice A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! un exercice B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page ► EXERCICES exercice niveau A1 | France : des repas moins chers pour les étudiants ! exercice niveau B2 | VSS, incel, dinguerie : le dictionnaire 2027 se met à la page Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CfgP.A
durée : 02:00:08 - Le 5/7 - par : Mathilde Munos - A 5h45 : Anaïs Bardin, infirmière libérale. A 6h20 : Eléonore Caroit, Ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l'étranger. - réalisation : Elise Amchin, Joachim Taieb Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Il y aurait 396 millions de francophones selon le dernier rapport de l'Observatoire de la langue française qui compte les locuteurs du français pour le compte de l'OIF, l'Organisation Internationale de la Francophonie. En quatre ans, on compte 48 millions de francophones de plus. Une progression spectaculaire, portée par une nouvelle manière de compter… et par le dynamisme du continent africain. Des chiffres en forte hausse Selon le dernier rapport, la planète compte désormais 396 millions de francophones. En seulement quatre ans, cela représente 48 millions de locuteurs supplémentaires. Avec ce nouveau comptage, la France passe du 5ᵉ au 4ᵉ rang mondial. Mais l'essentiel n'est plus là : la francophonie se joue de plus en plus en dehors de l'Europe. Une nouvelle façon de compter les francophones Pour ce nouveau rapport, l'OIF a adopté une méthode de dénombrement plus proche de la réalité. Les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud sont désormais pris en compte. Si cela peut faire débat, cela reflète mieux la place du français dans les trajectoires éducatives selon Mohamed Embarki. Cette méthode est validée par le linguiste Comlan Fantognon, qui s'étonnait que ces élèves ne soient pas inclus dans les précédents classements. Elle s'inscrit dans la ligne de l'OIF, engagée de longue date pour la diversité linguistique. Une francophonie qui bascule vers le Sud Selon ce rapport, la francophonie change de visage. Dans les pays du Nord, la progression est faible, elle reste limitée en Afrique du Nord, tandis que sa croissance est très forte en Afrique subsaharienne : près de 60% des francophones vivent aujourd'hui en Afrique ! La République démocratique du Congo devient le premier pays francophone du monde, avec environ 66 millions de francophones. L'espace africain redéfinit désormais le centre de gravité de la francophonie. Ce basculement semble lié à une scolarisation en net progrès depuis une vingtaine d'années. Langues locales et langue française : un équilibre à trouver Dans plusieurs pays, le français n'est plus toujours la seule langue officielle. Pour Comlan Fantognon, l'enjeu n'est pas d'opposer le français aux langues locales, mais de trouver un équilibre. En Afrique, le français n'est pas une langue rejetée. Au contraire, il est demeure un atout déterminant pour l'employabilité et perçu comme utile et porteur d'opportunités. « C'est une langue d'emploi et une preuve d'ascension sociale ». Mais beaucoup souhaitent que les langues locales aient davantage de place, notamment à l'école. Des études montrent même que dans les pays bilingues, où les langues locales sont réellement intégrées, le français se porte parfois mieux que là où elles sont tenues à l'écart. Plus les langues locales sont reconnues, plus le français évolue, s'adapte et se renforce.... À l'horizon 2070, les projections estiment entre 498 et 527 millions de francophones dans le monde. Invités : - Mohamed Embarki, responsable de l'Observatoire de la langue française. - Comlan Fantognon, enseignant chercheur à l'université de Grenoble en didactique des langues et des cultures. Avec également le reportage de Camille Simon à Bruxelles. Programmation musicale : L'artiste Fally Ipupa avec le titre Ma Diva.
Il y aurait 396 millions de francophones selon le dernier rapport de l'Observatoire de la langue française qui compte les locuteurs du français pour le compte de l'OIF, l'Organisation Internationale de la Francophonie. En quatre ans, on compte 48 millions de francophones de plus. Une progression spectaculaire, portée par une nouvelle manière de compter… et par le dynamisme du continent africain. Des chiffres en forte hausse Selon le dernier rapport, la planète compte désormais 396 millions de francophones. En seulement quatre ans, cela représente 48 millions de locuteurs supplémentaires. Avec ce nouveau comptage, la France passe du 5ᵉ au 4ᵉ rang mondial. Mais l'essentiel n'est plus là : la francophonie se joue de plus en plus en dehors de l'Europe. Une nouvelle façon de compter les francophones Pour ce nouveau rapport, l'OIF a adopté une méthode de dénombrement plus proche de la réalité. Les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud sont désormais pris en compte. Si cela peut faire débat, cela reflète mieux la place du français dans les trajectoires éducatives selon Mohamed Embarki. Cette méthode est validée par le linguiste Comlan Fantognon, qui s'étonnait que ces élèves ne soient pas inclus dans les précédents classements. Elle s'inscrit dans la ligne de l'OIF, engagée de longue date pour la diversité linguistique. Une francophonie qui bascule vers le Sud Selon ce rapport, la francophonie change de visage. Dans les pays du Nord, la progression est faible, elle reste limitée en Afrique du Nord, tandis que sa croissance est très forte en Afrique subsaharienne : près de 60% des francophones vivent aujourd'hui en Afrique ! La République démocratique du Congo devient le premier pays francophone du monde, avec environ 66 millions de francophones. L'espace africain redéfinit désormais le centre de gravité de la francophonie. Ce basculement semble lié à une scolarisation en net progrès depuis une vingtaine d'années. Langues locales et langue française : un équilibre à trouver Dans plusieurs pays, le français n'est plus toujours la seule langue officielle. Pour Comlan Fantognon, l'enjeu n'est pas d'opposer le français aux langues locales, mais de trouver un équilibre. En Afrique, le français n'est pas une langue rejetée. Au contraire, il est demeure un atout déterminant pour l'employabilité et perçu comme utile et porteur d'opportunités. « C'est une langue d'emploi et une preuve d'ascension sociale ». Mais beaucoup souhaitent que les langues locales aient davantage de place, notamment à l'école. Des études montrent même que dans les pays bilingues, où les langues locales sont réellement intégrées, le français se porte parfois mieux que là où elles sont tenues à l'écart. Plus les langues locales sont reconnues, plus le français évolue, s'adapte et se renforce.... À l'horizon 2070, les projections estiment entre 498 et 527 millions de francophones dans le monde. Invités : - Mohamed Embarki, responsable de l'Observatoire de la langue française. - Comlan Fantognon, enseignant chercheur à l'université de Grenoble en didactique des langues et des cultures. Avec également le reportage de Camille Simon à Bruxelles. Programmation musicale : L'artiste Fally Ipupa avec le titre Ma Diva.
L'association Les Médias francophones publics (MFP) fête cette année ses 10 ans. Aussi, L'atelier des médias diffuse des extraits choisis d'une table ronde que Steven Jambot a animée au festival Longueur d'ondes 2026 avec des représentants de Radio Canada, Radio France, la RTBF, la RTS, Arte Radio et RFI. En ce début d'année 2026, l'association Les médias francophones publics (MFP) célèbre ses 10 ans d'existence. Ce réseau, qui regroupe 14 grands médias de service public français, belges, suisses et canadiens, rassemble près de 25 000 collaboratrices et collaborateurs, dont près de 6 000 journalistes. Très concrètement, de nombreux salariés de ces médias prennent part plusieurs fois par an à des commissions et groupes de travail qui se réunissent pour partager des outils, des stratégies, des retours d'expérience. Le vendredi 30 avril, au festival Longueur d'ondes, à Brest, plusieurs membres de la commission Audio numérique des MFP ont participé à une table ronde. Cet épisode de L'atelier des médias en fait entendre des extraits choisis. Autour de la table se retrouvaient des représentants de Radio France, d'Arte Radio, de la RTBF, de la Radio-Télévision suisse, de Radio Canada et de RFI. Reprendre le contrôle de la diffusion Un des soucis majeurs identifié par les MFP est la fragmentation de l'audience et la captation de la valeur par les plateformes tierces. Comme l'explique Éric Poivre, secrétaire général des MFP, un des choix forts de plusieurs membres a été de réfléchir à des « stratégies de rapatriement vers nos environnements maîtrisés, nos plateformes propriétaires ». Radio France a déjà franchi le pas en lançant une application unique en 2018. Pour Erwann Gaucher, son directeur éditorial, l'objectif est clair : « On a envie d'une souveraineté éditoriale. On a envie de faire découvrir et on essaie d'éditorialiser, ce qui ne se passe pas sur les plateformes tierces ». Une stratégie payante, puisque 60 % des écoutes se font désormais sur l'application Radio France contre seulement 20 % il y a dix ans. Exclusivité contre hyper-distribution Au Canada, Radio Canada a opté pour une stratégie d'exclusivité via son application Ohdio. Jérôme Leclerc, premier directeur du service de l'audio numérique, souligne l'importance de « ramener chez nous la conversation avec nos auditoires ». Dans un autre esprit, Arte Radio privilégie une hyper-distribution raisonnée pour rester visible partout, tout en conservant une plus grande profondeur de catalogue sur ses site et application, explique Perrine Kervran. La RTBF et la RTS (Suisse) naviguent entre ces deux modèles avec une distribution sélective. Sandrine Pauwels (RTBF) revient sur l'échange et la diffusion croisée de contenus entre les médias francophones publics ; Camille Dupon-Lahitte (RTS) explique par ailleurs l'importance des écoutes publiques dans des festivals ou librairies pour « attraper un public qui n'a peut-être jamais écouté de podcast ». RFI, un cas à part Pour RFI, seul média international des MFP, la problématique diffère. Ainsi, dans certains pays du Sahel où les antennes FM, site web et applis de RFI sont bloqués, YouTube et les réseaux sociaux sont parfois le « seul contact » restant avec les auditeurs, rappelle Simon Decreuze, coordinateur de la production des podcasts de RFI. Un algorithme de service public Les synergies entre membres des MFP peuvent aussi permettre d'inventer de nouveaux standards. Erwann Gaucher évoque la mise en place d'un « algorithme de service public » dont le but n'est pas la rétention infinie, mais la curiosité : « Est-ce qu'on a réussi à vous emmener à l'écoute de quelque chose que avec votre profil dont on se rend compte que vous n'aviez jamais écouté avant ? ».
Chaque jour, chaque semaine, des dizaines de livres nouveaux sont publiés… L'actualité s'impose, chasse l'un pour mettre en avant un autre, mais soudain un livre plus ancien refait surface et revient à la Une. C'est le cas du second roman d'Alexandre Lenot, Cette vieille chanson qui brûle, qui vient de remporter le Prix des cinq continents de la francophonie. L'écrivain Alexandre Lenot vient nous présenter Cette vieille chanson qui brûle, roman couronné par le Prix des cinq continents de la francophonie. Une œuvre traversée par la mémoire, la colère et la nécessité de dire. Encore peu connu du grand public en France, ce prix international, décerné exclusivement par des écrivains et écrivaines issus de toute la francophonie, distingue avant tout une exigence stylistique. « J'ai conçu un objet très littéraire. D'être reconnu pour ça m'a fait immensément plaisir », confie l'auteur. Né aux États-Unis, d'une mère égyptienne, vivant aujourd'hui à Paris tout en s'échappant régulièrement dans le Cantal, Alexandre Lenot revendique un parcours profondément francophone et multiculturel. Une histoire de frères et de fantômes Cette vieille chanson qui brûle est l'histoire de deux frères jumeaux, d'une mère absente, d'un père violent, et d'une forêt menacée par les appétits capitalistes et de l'enfance qu'il faut quitter, qu'il faut bien quitter un jour... L'un des frères est mort – on l'apprend dès les premières pages –, mais il faudra attendre la fin du roman pour comprendre comment et pourquoi. Entre-temps, le narrateur marche, revient vers la demeure paternelle nichée au cœur de la forêt, tandis que les souvenirs affluent : la peur, la colère, la douleur d'une enfance privée de mots. Le roman devient alors une enquête intime, où le narrateur revisite ses souvenirs un à un. Une forêt politique La forêt occupe une place majeure dans le roman. Loin d'un décor bucolique, elle est à la fois refuge, mémoire et enjeu contemporain. Cette forêt, précise l'auteur, est celle d'aujourd'hui : une forêt qui brûle, qui manque d'eau, qui est convoitée par des logiques productivistes et extractivistes. Le roman fait écho à la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué en 2014 lors du projet de barrage de Sivens. Alexandre Lenot reconnaît cette inspiration. Ce qui l'a bouleversé, dit-il, au-delà de la mort elle-même, c'est la violence du langage politique, capable de retourner la victime en coupable. Invité : Alexandre Lenot, romancier et scénariste, auteur de Cette vieille chanson qui brûle, publié aux éditions Denoël. Et la Chronique Ailleurs avec Mahi Binebine, président de Festival du livre africain de Marrakech, le FLAM. La 4è édition se tiendra du 23 au 26 avril 2026 sous la présidence d'honneur de Jean-Marie Gustave Le Clézio. Musique : Lolo Zouaï & Disiz – « Coquelicot ».
Chaque jour, chaque semaine, des dizaines de livres nouveaux sont publiés… L'actualité s'impose, chasse l'un pour mettre en avant un autre, mais soudain un livre plus ancien refait surface et revient à la Une. C'est le cas du second roman d'Alexandre Lenot, Cette vieille chanson qui brûle, qui vient de remporter le Prix des cinq continents de la francophonie. L'écrivain Alexandre Lenot vient nous présenter Cette vieille chanson qui brûle, roman couronné par le Prix des cinq continents de la francophonie. Une œuvre traversée par la mémoire, la colère et la nécessité de dire. Encore peu connu du grand public en France, ce prix international, décerné exclusivement par des écrivains et écrivaines issus de toute la francophonie, distingue avant tout une exigence stylistique. « J'ai conçu un objet très littéraire. D'être reconnu pour ça m'a fait immensément plaisir », confie l'auteur. Né aux États-Unis, d'une mère égyptienne, vivant aujourd'hui à Paris tout en s'échappant régulièrement dans le Cantal, Alexandre Lenot revendique un parcours profondément francophone et multiculturel. Une histoire de frères et de fantômes Cette vieille chanson qui brûle est l'histoire de deux frères jumeaux, d'une mère absente, d'un père violent, et d'une forêt menacée par les appétits capitalistes et de l'enfance qu'il faut quitter, qu'il faut bien quitter un jour... L'un des frères est mort – on l'apprend dès les premières pages –, mais il faudra attendre la fin du roman pour comprendre comment et pourquoi. Entre-temps, le narrateur marche, revient vers la demeure paternelle nichée au cœur de la forêt, tandis que les souvenirs affluent : la peur, la colère, la douleur d'une enfance privée de mots. Le roman devient alors une enquête intime, où le narrateur revisite ses souvenirs un à un. Une forêt politique La forêt occupe une place majeure dans le roman. Loin d'un décor bucolique, elle est à la fois refuge, mémoire et enjeu contemporain. Cette forêt, précise l'auteur, est celle d'aujourd'hui : une forêt qui brûle, qui manque d'eau, qui est convoitée par des logiques productivistes et extractivistes. Le roman fait écho à la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué en 2014 lors du projet de barrage de Sivens. Alexandre Lenot reconnaît cette inspiration. Ce qui l'a bouleversé, dit-il, au-delà de la mort elle-même, c'est la violence du langage politique, capable de retourner la victime en coupable. Invité : Alexandre Lenot, romancier et scénariste, auteur de Cette vieille chanson qui brûle, publié aux éditions Denoël. Et la Chronique Ailleurs avec Mahi Binebine, président de Festival du livre africain de Marrakech, le FLAM. La 4è édition se tiendra du 23 au 26 avril 2026 sous la présidence d'honneur de Jean-Marie Gustave Le Clézio. Musique : Lolo Zouaï & Disiz – « Coquelicot ».
Martin J. Forman Memorial Lecture | IFPRI Policy Seminar Sustaining Momentum for Nutrition Financing in the Global Development Agenda 35th Annual Martin J. Forman Memorial Lecture April 15, 2026 Recognizing France's tremendous leadership of the 2025 Nutrition for Growth Summit (N4G), IFPRI and the Forman lecture selection Committee are delighted to announce that Her Excellency Éléonore Caroit, France's Minister Delegate to the Minister for Europe and Foreign Affairs Responsible for Francophonie, International Partnerships, and French Nationals Abroad has been invited to deliver the 35th Martin J. Forman Memorial Lecture. France's leadership of the N4G Summit held in France helped to cement nutrition as a core development priority, reaffirmed a global commitment to fight all forms of malnutrition and emphasized the importance of policy coherence, continuity and long-term commitment. Importantly, the summit also delivered one of the strongest mobilizations since N4G began in 2013, generating 517 new commitments from 160 actors across 75 countries, spanning policy reforms, financing pledges, and programmatic actions. France's stewardship helped ensure that the summit not only renewed global political attention to nutrition but also produced concrete, trackable commitments and a platform for continued accountability. The French government continues to emphasize the importance of following through on the N4G summit and of keeping nutrition front and center of the global policy agenda, also through its leadership of the G7. The annual lecture commemorates Martin J. Forman, who headed the Office of Nutrition at USAID for more than 20 years and made a significant impact on international nutrition. The lecturer is invited to present personal views about major issues related to malnutrition. Welcome Remarks from IFPRI Johan Swinnen, Director General, IFPRI Welcome Remarks from the Forman Family Kenan Forman, Son of Martin J. Forman Martin J. Forman Memorial Lecture Éléonore Caroit, Minister Delegate to the Minister for Europe and Foreign Affairs, Ministry for Europe and Foreign Affairs, France Discussant Remarks Matthew Freeman, Executive Director, Stronger Foundations for Nutrition Abigail Perry, Global Program Lead for Nutrition, World Bank Moderator Purnima Menon, Senior Director for Food and Nutrition Policy, IFPRI More about this Event: https://www.ifpri.org/event/sustaining-momentum-for-nutrition-financing-in-the-global-development-agenda/ Subscribe IFPRI Insights newsletter and event announcements at www.ifpri.org/content/newsletter-subscription
Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l'exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience. Quelle est la part d'universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l'universel. Revenir à l'enfance Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même. Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience. La petite tortue-étoile raconte l'histoire d'Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d'abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l'exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d'errance, de transmission et de résilience. Un conte foisonnant de symboles et de métaphores Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C'est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d'une personne qui a beaucoup de vaches qu'elle est riche. » La tortue, elle non plus, n'est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d'une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ». Un conte bilingue français-kinyarwanda À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C'est la question que s'est posée l'autrice en écrivant son conte. « J'ai vécu aujourd'hui plus longtemps en France qu'au Rwanda, je voulais savoir si j'avais encore cette fluidité. » Elle n'avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français. Invitée : Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu'elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide. Elle vit en France depuis bientôt 30 ans. Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais. Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo. Pour vous procurer l'ouvrage ibaba12@yahoo.fr. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l'engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques. Et c'est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela ! Programmation musicale : L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi».
Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l'exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience. Quelle est la part d'universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l'universel. Revenir à l'enfance Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même. Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience. La petite tortue-étoile raconte l'histoire d'Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d'abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l'exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d'errance, de transmission et de résilience. Un conte foisonnant de symboles et de métaphores Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C'est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d'une personne qui a beaucoup de vaches qu'elle est riche. » La tortue, elle non plus, n'est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d'une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ». Un conte bilingue français-kinyarwanda À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C'est la question que s'est posée l'autrice en écrivant son conte. « J'ai vécu aujourd'hui plus longtemps en France qu'au Rwanda, je voulais savoir si j'avais encore cette fluidité. » Elle n'avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français. Invitée : Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu'elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide. Elle vit en France depuis bientôt 30 ans. Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais. Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo. Pour vous procurer l'ouvrage ibaba12@yahoo.fr. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l'engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques. Et c'est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela ! Programmation musicale : L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi».
durée : 00:18:39 - Éleonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger, était l'invitée du "8h30 franceinfo", samedi 11 avril 2026 - réalisation : Agathe Lambret, Paul Larrouturou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents. Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents. Les accents : un objet de recherche Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d'accents. L'accent « pagnolesque » de Raimu, l'accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l'accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise. "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !" Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d'égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus. Il s'agira d'explorer comment se produisent les accents d'un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant. Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions. « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! » Leur spectacle qui s'appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais ! Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique. Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves.
Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents. Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents. Les accents : un objet de recherche Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d'accents. L'accent « pagnolesque » de Raimu, l'accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l'accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise. "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !" Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d'égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus. Il s'agira d'explorer comment se produisent les accents d'un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant. Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions. « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! » Leur spectacle qui s'appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais ! Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique. Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves.
Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui. Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu'on parle, que ce soit au boulot ou en amour. Le français parlé v. s. le français écrit Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante. Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. » Une langue trop normée ? Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue. Elle souligne l'ironie qu'il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s'amusait justement à malmener et à tordre le français. Le français, une langue plus que vivante ! Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu'une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ». Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case. Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d'auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre. Programmation musicale : Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d'un temps passé ».
Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui. Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu'on parle, que ce soit au boulot ou en amour. Le français parlé v. s. le français écrit Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante. Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. » Une langue trop normée ? Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue. Elle souligne l'ironie qu'il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s'amusait justement à malmener et à tordre le français. Le français, une langue plus que vivante ! Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu'une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ». Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case. Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d'auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre. Programmation musicale : Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d'un temps passé ».
Au fil du récit de vie de Michèle Rakotoson née en 1948 à Madagascar, un an après les massacres de 1947 qui ont bouleversé les destins de son père et de son oncle, nous revenons sur l'histoire longue de la colonisation depuis la conquête de la Grand Isle par l'armée de l'Empire français à partir de 1894 jusqu'à la révolte étudiante de 1972, dont la mémoire fait écho à la révolution Gen Z de 2025. Comment restituer l'histoire de Madagascar méconnue de ses propres enfants ? C'est la question partagée par tous nos invités. La romancière Michèle Rakotoson, distinguée à la fois par son pays, Madagascar, en tant que commandeur des Arts et des Lettres en 2012, l'année où l'Académie française lui remet la Grande médaille de la Francophonie pour l'ensemble de son œuvre, ainsi qu'à l'historien Samuel Sanchez autour de ses recherches sur les archives françaises et malgaches et l'auteur Johary Ravaloson autour du mot « Mahaléo » qui évoque la liberté. Les livres de Michèle Rakotoson : Ambatomanga, le silence et la douleur aux éditions Atelier Nomades Lalana aux éditions Atelier Nomades Tovonay, l'enfant du Sud, éditions collection Opération Bokiko À lire également : Madagascar, une approche par les documents co-dirigé par Samuel Sanchez, Philippe Beaujard et Faranirina Rajaonah 80 mots de Madagascar de Johary Ravoloson Mahaleo, 40 ans d'histoire(s) de Madagascar de Fanny Pigeaud Découvrez sur YouTube le clip de Mahaleo pour l'inauguration de la fontaine du village d'Itremo en 2002. Nous avons le plaisir de vous présenter la collection documentaire de La marche du monde, Africaines Queens, abonnez-vous à notre podcast !
Podcast En cours #10 – Les routines ou rituels de classe sont un moyen efficace de cadrer, rythmer et dynamiser l'enseignement, en présentiel ou à distance. Déborah Gros, dans le rôle de la prof curieuse, vous emmène dans une classe de français. Découvrez, en situation, quand et comment intégrer des rituels dans vos cours afin d'améliorer les apprentissages et encourager l'autonomie des apprenant·es. Avec : Marion Garnier est formatrice et conseillère pédagogique au CAVILAM - Alliance française. Elle fait partie du « pôle inclusion » dont l'objectif est d'accompagner des adultes en situation d'immigration vers l'emploi grâce à l'apprentissage du français. Elle travaille en binôme avec Laëtitia Lamotte, enseignante de FLE, qui nous invite dans sa classe ! Andreea Ion Checiu enseigne le français à Bucarest dans une école internationale avec des enfants de 6 à 11 ans. Les routines lui permettent de mieux gérer sa classe. En cours, un podcast produit par RFI en partenariat avec le CAVILAM - Alliance française et avec le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie. Pour aller plus loin, téléchargez la fiche pratiqueLes routines de classe, comment fait-on ?
Depuis près de 30 ans, le Printemps des poètes organise chaque année des milliers d'évènements dans toute la France et à l'Internationale. Pour cette nouvelle édition, poétesses et poètes d'ici et d'ailleurs célèbreront la Liberté : Force vive, déployée. Chaque année, le Printemps des poètes célèbre en France et dans quelques villes à l'étranger la vitalité de la poésie et essaye de l'exposer hors des cercles littéraires. Près de cinquante pays y participent chaque année, 500 auteurs y prennent part. « Remettre la poésie en circulation » Paloma Hermina Hidalgo est philosophe, romancière, actrice, danseuse, poétesse, et secrétaire générale de la manifestation Le Printemps des Poètes 2026. Pour elle, la poésie est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation de remettre la poésie en circulation, de l'arracher à l'« entre-soi ». Pour elle c'est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation à remettre la poésie en circulation, arracher la poésie à cet « entre-soi ». Son dernier recueil, Féérie, ma perte, est paru en juin 2025 aux Éditions Corlevour. Il se situe entre poésie, théâtre, autobiographie cryptée et conte. Tous ses textes partent d'un matériau autobiographique. Elle considère son écriture comme inclassable, et ce recueil est très marqué par l'oralité. Lémofil, « la poésie a le pouvoir de nous reconnecter à la lecture » L'artiste Lémofil, poète, slameur. De son vrai prénom Tom, est un artiste émergent de la scène rap française, dont l'approche se distingue par une forte dimension littéraire et scénique. Originaire de Chambon-sur-Lignon, il s'inscrit dans un parcours mêlant littérature, théâtre et musique, ce qui nourrit profondément son rapport à l'écriture et à l'interprétation. La poésie des mots sert à se réveiller quand on s'endort, de s'emerveiller à nouveau. À mi-chemin entre rap, poésie et chanson française, son univers puise autant dans l'héritage de Rimbaud ou Césaire que dans celui d'artistes comme Dinos ou Disiz. Ses performances, souvent accompagnées de musiciens. Il a récemment mené une série sur les réseaux sociaux « un poème par jour » dans laquelle il récite des poèmes d'auteurs classiques, mais aussi des poètes plus contemporains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Karachi, au Pakistan qui célèbre la francophonie en ce mois d'avril 2026. L'Alliance Française de Karachi est présente depuis plus de 60 ans dans le paysage culturel de la ville pakistanaise. Avec Emmanuel Breurec, directeur de l'Alliance française de Karachi, l'une des trois Alliances Françaises présentes au Pakistan. Programmation musicale : L'artiste Lémofil avec le titre « L'hiver s'en ira ».
Depuis près de 30 ans, le Printemps des poètes organise chaque année des milliers d'évènements dans toute la France et à l'Internationale. Pour cette nouvelle édition, poétesses et poètes d'ici et d'ailleurs célèbreront la Liberté : Force vive, déployée. Chaque année, le Printemps des poètes célèbre en France et dans quelques villes à l'étranger la vitalité de la poésie et essaye de l'exposer hors des cercles littéraires. Près de cinquante pays y participent chaque année, 500 auteurs y prennent part. « Remettre la poésie en circulation » Paloma Hermina Hidalgo est philosophe, romancière, actrice, danseuse, poétesse, et secrétaire générale de la manifestation Le Printemps des Poètes 2026. Pour elle, la poésie est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation de remettre la poésie en circulation, de l'arracher à l'« entre-soi ». Pour elle c'est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation à remettre la poésie en circulation, arracher la poésie à cet « entre-soi ». Son dernier recueil, Féérie, ma perte, est paru en juin 2025 aux Éditions Corlevour. Il se situe entre poésie, théâtre, autobiographie cryptée et conte. Tous ses textes partent d'un matériau autobiographique. Elle considère son écriture comme inclassable, et ce recueil est très marqué par l'oralité. Lémofil, « la poésie a le pouvoir de nous reconnecter à la lecture » L'artiste Lémofil, poète, slameur. De son vrai prénom Tom, est un artiste émergent de la scène rap française, dont l'approche se distingue par une forte dimension littéraire et scénique. Originaire de Chambon-sur-Lignon, il s'inscrit dans un parcours mêlant littérature, théâtre et musique, ce qui nourrit profondément son rapport à l'écriture et à l'interprétation. La poésie des mots sert à se réveiller quand on s'endort, de s'emerveiller à nouveau. À mi-chemin entre rap, poésie et chanson française, son univers puise autant dans l'héritage de Rimbaud ou Césaire que dans celui d'artistes comme Dinos ou Disiz. Ses performances, souvent accompagnées de musiciens. Il a récemment mené une série sur les réseaux sociaux « un poème par jour » dans laquelle il récite des poèmes d'auteurs classiques, mais aussi des poètes plus contemporains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Karachi, au Pakistan qui célèbre la francophonie en ce mois d'avril 2026. L'Alliance Française de Karachi est présente depuis plus de 60 ans dans le paysage culturel de la ville pakistanaise. Avec Emmanuel Breurec, directeur de l'Alliance française de Karachi, l'une des trois Alliances Françaises présentes au Pakistan. Programmation musicale : L'artiste Lémofil avec le titre « L'hiver s'en ira ».
Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui opposerait la sauvegarde d'une langue grammaticalement pure à son relâchement. Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé « Les régularités qu'on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative ». Une insécurité linguistique : Si certains se croient en insécurité linguistique, c'est parce qu'en France, on pense selon Anne Abeillé qu'il y a un bon et un mauvais usage de la langue. « On est en faute car on oublie de mettre «ne» dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l'usage de la langue a changé. » Des règles de grammaire « zombies » Anne Abeillé n'hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de « règles zombies » : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l'emploi de «malgré que», une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu'André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux ! « La langue française ne s'appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s'enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd'hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence » Selon la linguiste, ce « bon usage » viendrait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ». Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site « Dire ou ne pas dire » mis en ligne depuis 2011-2012 par l'Académie française et sur lequel des conseils sur le « bon ou le mauvais usage » peuvent être donnés... Invitée : Anne Abeillé, linguiste et grammairienne. Professeur à l'Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.e.s. Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu'il se parle aujourd'hui y compris le français parlé hors de France. Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Égypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l'Université Senghor d'Alexandrie. Avec Ribio Nzeza Bunketi Buse, directeur du département Culture de l'Université Senghor. Programmation musicale : Le groupe québécois Bibi club avec le titre George Sand.
Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui opposerait la sauvegarde d'une langue grammaticalement pure à son relâchement. Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé « Les régularités qu'on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative ». Une insécurité linguistique : Si certains se croient en insécurité linguistique, c'est parce qu'en France, on pense selon Anne Abeillé qu'il y a un bon et un mauvais usage de la langue. « On est en faute car on oublie de mettre «ne» dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l'usage de la langue a changé. » Des règles de grammaire « zombies » Anne Abeillé n'hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de « règles zombies » : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l'emploi de «malgré que», une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu'André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux ! « La langue française ne s'appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s'enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd'hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence » Selon la linguiste, ce « bon usage » viendrait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ». Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site « Dire ou ne pas dire » mis en ligne depuis 2011-2012 par l'Académie française et sur lequel des conseils sur le « bon ou le mauvais usage » peuvent être donnés... Invitée : Anne Abeillé, linguiste et grammairienne. Professeur à l'Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.e.s. Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu'il se parle aujourd'hui y compris le français parlé hors de France. Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Égypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l'Université Senghor d'Alexandrie. Avec Ribio Nzeza Bunketi Buse, directeur du département Culture de l'Université Senghor. Programmation musicale : Le groupe québécois Bibi club avec le titre George Sand.
Le français est la quatrième langue la plus parlée dans le monde, selon le rapport de l'OIF publié à l'occasion de la journée mondiale de la francophonie ce vendredi 20 mars. D'après l'organisation - qui utilise une nouvelle méthode de comptage -, 396 millions de personnes le parlent dans le monde, dont 65% en Afrique. Et selon les tendances, à l'horizon 2050, neuf locuteurs sur dix vivront sur le continent africain. Le français, langue en recul, institutionnelle, dans l'ombre des algorithmes ? Pas pour Nimrod. Le poète, romancier et essayiste né au Tchad, qui vit et travaille en France, est l'invité de RFI. RFI : Pour commencer, est-ce qu'il y a un mot en particulier que vous aimez dans la langue française ? Nimrod : Le mot « douceur ». L'attaque « dou », c'est un peu sombre, comme fermé. Et ça s'ouvre à la fin « ceur », « douceur ». Il y a comme un petit cheminement très très subtil, très très délicat. Et écrire, c'est ça, c'est faire en sorte que les mots s'accordent. Est-ce que vous êtes fier d'écrire en français ? C'est une question qui tombe sous le sens. J'ai toujours estimé qu'on écrit une langue parce qu'on l'aime, parce qu'on en est vraiment passionné. C'est la plus grande maîtresse qu'on aurait jamais. Je pourrais même dire que c'est ma première langue, alors que c'est une langue apprise à partir de l'âge de six ans. Mais ça a fait toute ma vie parce que tout ce que je peux dire de subtil, de plus secret, de plus grand, dans cette langue-là, je peux assurer mon identité. Vous avez déjà dit par le passé que c'est votre passeport cette langue française ? Oui, mais oui ! Et la francophonie alors ? Est-ce que ça a un sens pour vous ? Senghor disait : On parle de francophone, mais on ne parle pas d' « anglophonie ». Il dit que la francophonie, « c'est le français tel qu'il se parle dans le monde ». « Le français, Soleil », et il écrit soleil avec grand S, « qui brille hors de l'Hexagone ». Dans cette phrase, il y a vraiment tout. D'une certaine manière, il dépossède la France et il ne reconnaît le français que pour nous autres périphériques. Et donc la francophonie, oui, très bien, mais personne ne parle le francophone. Il y a un français tchadien, un français camerounais, un français sénégalais, mais c'est toujours le français. Ce n'est pas le francophone. Comment est-ce que vous percevez dans votre pays natal, le Tchad, le recul du français ou du français tchadien, comme vous venez de le dire, au profit de l'arabe de langue maternelle ? Je crains que ce soient des choses vraiment idéologiques, pour ne parler que du Tchad. De mon temps, dans les années 1980, avec la guerre, le français était à un bon niveau et l'école aussi était à un bon niveau. Aujourd'hui, c'est complètement catastrophique. Tout est déstructuré. On parle l'arabe, mais qui parle l'arabe ? Nous parlons un dialecte. C'est vrai, nous adorons notre arabe tchadien qui est une variante de l'arabe soudanais, mais ce n'est pas le grand arabe, l'arabe littéraire, l'arabe du Coran. Non, non, le français diminue parce que l'école est très très mauvaise. L'université est très très mauvaise. Et si nous voulons que nos langues deviennent « concurrentielles » – c'est d'ailleurs un très mauvais mot – ou du moins collaborent à d'autres grandes langues impériales, mais il faudra s'en donner les moyens. Et d'ailleurs, si le français ne tient pas la route, ça vient de quoi ? Ça vient de ce qu'il n'y a pas des industries culturelles qui vont avec. J'aurais bien voulu écrire dans ma langue maternelle. Mais si je l'écris, surtout que je viens d'un peuple de 15 000 âmes sur les 20 millions de Tchadiens... Purée ! Dans son dernier rapport, l'OIF, l'Organisation de la Francophonie, indique que la francophonie se trouve à un tournant stratégique de son histoire et indique que la survie d'une langue passe désormais aussi par son adaptation aux algorithmes. Sachant que très peu de contenus en ligne sont en français, 3,5 % selon l'OIF, c'est un enjeu. Y a-t-il vraiment une question de survie, selon vous ? Pas du tout. Ceux qui nous parlent d'algorithme, ils voient leur économie tout simplement. Ce n'est pas parce que nos référencements ne dépassent pas 3 % que ça nous enlève quelque existence que ce soit. Ça fait plus de 40 ans que je vis en exil, mais quand je reviens au Tchad, c'est toujours cette diversité qui s'embrasse, qui se traduit entre elle, qui « mouvoit ». Qui a jamais référencé tout cela ? Personne. Ce sont des idéologies économiques. Mais l'économie réelle, elle se fait ailleurs.
Neuvième ville du pays en nombre d'habitants, la cité balnéaire est pourtant la troisième ville du Maroc qui compte le plus de résidents étrangers. Retraités européens ou travailleurs venus d'Afrique subsaharienne, la ville est devenue un carrefour où se croisent des habitants aux profils variés. De notre correspondant de retour d'Agadir, Le long de la côte dans la région de Sous-Moussa, ils font désormais partie du paysage : des colonies de camping-cars garés face à la mer. Ces retraités européens passent les mois d'hiver au soleil, avec un pouvoir d'achat plus fort, avant de reprendre la route vers le Vieux continent. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s'installer définitivement dans le sud du Maroc. « On a une villa avec piscine, des orangers, citronniers, bananiers... », expose Brigitte, 70 ans, originaire des Ardennes en France. Elle a acquis une maison dans l'arrière-pays d'Agadir, il y a 15 ans déjà, et vante les mérites du Maroc : « Le climat, et c'est francophone aussi. Il fait bon vivre, très très bon vivre. » Doyenne de ce nouveau phénomène migratoire, elle a pu observer son évolution : « On a vu une transformation exceptionnelle à Agadir. Il y a de plus en plus de personnes qui viennent passer leur retraite aussi, au soleil. La vie au Maroc est très agréable, les Marocains sont très accueillants. On s'y est fait des amis marocains et des amis français qui font, comme nous, des navettes entre le Maroc et la France. Jusqu'au moment où on ne pourra plus se permettre de faire des trajets en avion. » À lire aussiClassement 2025 des 10 pays où s'expatrier pour mieux profiter de sa retraite 113 pays différents se retrouvent à Agadir Selon le dernier recensement de 2024, la ville d'Agadir compte officiellement 14 000 résidents étrangers venus de 113 pays différents. Un chiffre quasiment multiplié par quatre en dix ans et qui serait très minimisé, tous les étrangers ne se déclarant pas auprès de leurs ambassades. C'est souvent le cas pour les habitants venus d'Afrique subsaharienne, qui seraient pourtant autour de 15 000 à Agadir, dont la grande majorité sont arrivés ces dix dernières années. Christelle, Ivoirienne, a vu sa fille grandir au Maroc : « Elle est née ici, elle va grandir ici. Aujourd'hui, elle a 7 ans, donc elle est là. Elle parle déjà darija. Moi, je ne parle pas darija, mais elle, elle parle darija, donc elle se sent plus marocaine que moi, ça va ! » La fillette aux multiples couettes cintrées d'élastiques colorés joue devant la petite échoppe de sa mère. « Salam, comment tu vas ? », lâche la fillette. Sur sa lancée, elle n'hésite pas à répondre en darija. « Kifach nta, kifash katqra f'lmadrasa ? Maintenant, je t'ai dit : ''comment tu lis à l'école ?'' », traduit-elle. Plus précisément, la fillette a dit : « Qu'est-ce que tu étudies à l'école ? » « Pour moi, l'immigration est une richesse » Mohamed Charef est enseignant-chercheur, directeur de l'Observatoire régional des migrations espace et société (ORMES). Il rappelle qu'historiquement, Agadir a toujours été à la fois une ville de départ, d'arrivée et de transit. Le phénomène a explosé ces dernières années, et il met en garde contre les nouveaux discours de haine qui se font entendre au Maroc : « Pour moi, l'immigration est une richesse. Il faut que tout le monde se mobilise pour réussir l'intégration, l'intégration de l'autre, de part et d'autre. Il faut qu'il y ait un effort qui soit fait de la part des immigrés ou des étrangers qui s'installent eux-mêmes pour éviter leur étrangéité. Il faut éviter qu'il y ait un certain nombre de ghettos qui pourraient être problématiques dans les années à venir, à moyen ou long terme. » À lire aussiMigrations en Afrique du Nord : les défis de l'installation
Dans cet épisode d'Esprits Libres, David Abiker reçoit Géraldine Woessner du Point et Jean-Marie Colombani, pour débattre d'un sujet passionnant : la place et l'avenir de la langue française dans le monde.Tout d'abord, les invités reviennent sur cette information : le français est désormais la quatrième langue la plus parlée au monde, derrière le chinois, l'anglais et l'espagnol, et la troisième dans les affaires. Ce constat soulève la question du « soft power » de la France et de la francophonie, un atout géopolitique souvent négligé selon Jean-Marie Colombani.Cependant, Géraldine Woessner apporte un regard nuancé, mettant en garde contre une vision trop optimiste. Elle souligne que les chiffres de la francophonie sont parfois gonflés et que l'influence française est aujourd'hui diluée, le centre de gravité de la langue française s'étant déplacé vers des régions comme le Québec ou l'Afrique.Au-delà de la francophonie, Jean-Marie Colombani aborde un autre sujet récurrent dans les médias français : le catastrophisme ambiant et le pessimisme national. Selon lui, cette tendance à toujours voir les choses en noir est un trait caractéristique de la presse et de l'opinion publique française, qui peinent à adopter un regard équilibré sur les réalités du pays.Géraldine Woessner renchérit, soulignant que les journalistes français manquent souvent de formation économique et géopolitique, les amenant à traiter les sujets de manière trop étroite et à court terme.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, le Représentant permanent de l'Organisation de la Francophonie (OIF) auprès des Nations Unies à New York, Michel Biang, dresse le bilan d'une organisation « en bonne santé ».Avec près de 396 millions de locuteurs, le français est aujourd'hui « la 4e langue la plus parlée au monde », souligne-t-il dans un entretien accordé à ONU Info.Au-delà des chiffres, l'OIF met en avant un projet fondé sur des valeurs — paix, démocratie, droits humains — dans un contexte international fragilisé.Cette année, le cap est mis sur la jeunesse. « Elle doit être la matrice, le centre de gravité de tous les projets », insiste Michel Biang.Sur le plan politique, l'OIF souligne son rôle d'accompagnement auprès de ses États membres, notamment ceux en rupture avec l'ordre constitutionnel, afin de les aider à « retrouver le chemin de la démocratie ».Michel Biang a également adressé un message de solidarité appuyé aux membres de la Francophonie au Moyen-Orient, citant le Liban, mais également le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite. (Interview : Michel Biang, Représentant permanent de la Francophonie auprès des Nations Unies ; propos recueillis par Cristina Silveiro)
You'll hear its unmistakable sound in tiny islands of the South Pacific, bustling capitals in West Africa and chilly ports in the northeast of the Americas. The French language is spoken by more than 390 million people all over the world, and that linguistic community is celebrated by the International Organisation of Francophonie. French content is also increasingly popular on social media, with lifestyle, culture and education influencers sharing linguistic tips online.
Direction Kinshasa à la rencontre de Do Nsoseme, poétesse. C'est l'une des voix les plus marquantes de la scène slam en RDC. Elle est à la fois militante féministe et passionnée des belles-lettres. Portrait. De notre correspondante à Kinshasa, « Je suis fille. Je suis fille du pays des gens sans papiers, des gens sans papiers pour coucher leurs histoires », déclame Do Nsoseme. Elle se rappelle avoir découvert la poésie sur les bancs de l'école. « C'est pendant un cours de français, avec mon professeur de français, et vraiment, il nous avait lu un poème et c'était trop beau. Je ne me rappelle pas de ce poème, mais j'avais tellement aimé que j'ai gardé ce nom, Pierre de Ronsard. » Une passion des vers et des rimes qu'elle cultive aussi en famille, avec des parents passionnés de Lettres. Elle se délecte des textes de Ronsard, Rimbaud, mais aussi de Senghor et Bolamba : « La langue française et moi, c'est une histoire d'amour. J'aimais beaucoup les jeux de mots, comment ça pouvait sonner, les figures de style. Je trouvais que c'était très agréable d'utiliser la langue pour dire des choses. Je me disais : "Waouh, c'est très intéressant." » De la poésie au slam Adolescente, Do Nsoseme commence à écrire ses textes pour parler de son quotidien. Et très vite, elle prend le micro pour les chanter. « Maman Sarah, femme au cœur de lumière. Toi qui portes l'amour même sans héritière. Les douleurs invisibles, les souffrances muettes. Ce slam est pour toi, pour toutes celles qui se taisent », livre-t-elle avec mélodie. « Il y a un ami avec qui on faisait des concours de poésie qui avait lancé un collectif de poètes et slameurs. J'ai commencé à faire des scènes de slam, à participer à des concours... C'est un peu comme ça que c'est venu à moi. Mais au départ, c'est vraiment à travers la poésie que je suis entrée dans le slam », souligne la slameuse. « Sur ses jambes, son dos, dans chaque battement de cœur, elle a semé des graines d'amour, un jardin pour un monde meilleur », pose Do Nsoseme avec des accents musicaux. Le français est « une langue aujourd'hui qui nous rassemble » Elle publie ses poèmes dans un recueil Ngambo ya Congo. Un titre en lingala, mais des textes majoritairement en français pour évoquer des sujets qui lui sont chers, comme la cause des femmes. « Aujourd'hui, quand même, dans une ville comme Kinshasa, si on veut parler à un million de personnes, on va parler en français. Je trouve que c'est une langue, quoique nous l'ayons apprise suite à la colonisation, je suis consciente de ça, mais c'est une langue aujourd'hui qui nous rassemble », explique Do Nsoseme. Le français est la langue officielle en RDC, qui côtoie quatre autres langues nationales. Elle est parlée par près de 57 millions de personnes selon l'organisation internationale de la Francophonie. « On l'appelle affectueusement Maman Sarah, avec un H comme la matriarche d'Israël, elle qui a attendu longtemps sans relâche que s'accomplisse la promesse d'une descendance vaste comme le ciel. Sarah n'est la mère biologique de personne, mais son cœur en or l'a faite maman de tout le monde. Elle a porté des enfants qui n'étaient pas les siens, non seulement dans ses bras, mais aussi dans ses peines et ses mains », slame Do Nsoseme pour finir. À lire aussiLa RDC et le Rwanda se préparent à une bataille diplomatique autour de l'OIF
Vive la francophonie, en cette semaine dédiée à la langue française par le monde, la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts lance une saison dédiée à la langue arabe ou plus précisément à « Nos langues arabes ». Paradoxe ou clin d'œil, provocation, pourraient dire certains, quoi qu'il en soit, belle programmation avec une exposition, des tables rondes, des rencontres et des spectacles. Avec Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française Et Ralph Doumit, écrivain libanais, en résidence à la Cité internationale de la Langue française dans le cadre de cette saison « Nos langues arabes ». Il faut absolument comprendre l'arabe pour comprendre le monde, écrivait Rabelais. Avant de faire du français la langue du royaume en 1539, François 1er fonde en 1530 le Collège royal (futur Collège de France). Il y défendait l'enseignement de plusieurs langues : le français, mais aussi le latin, le grec, l'hébreu, pour l'étude de la Bible, et l'arabe, indispensable alors pour accéder à la philosophie et aux sciences. Cinq siècles plus tard, l'arabe, plus précisément le berbère plutôt que l'arabe maghrébin, est la deuxième langue parlée en France et la Cité lui fait hospitalité. Pour Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française, l'objectif de cette saison n'est pas politique, mais plutôt de montrer que les langues vivent en accueillant d'autres langues, et que le français est lui‑même largement métissé d'arabe. La programmation met en valeur la diversité des arabes (littéral, dialectes, oralités), notamment à travers des résidences d'artistes, des traductions (comme Molière en arabe et en arabe tunisien), des œuvres d'art et un spectacle : la plus importante épopée orale arabe, L'épopée de Bani Hilal, donnée pour la première fois en France. Regards d'écrivains Ralph Doumit est bilingue, voire trilingue, mais choisit d'écrire en français. Dans son pays, au Liban, le plurilinguisme est profondément ancré : les enfants apprennent dès l'enfance le français, l'anglais et l'arabe à l'école et passent spontanément d'une langue à l'autre dans la vie quotidienne. Depuis son arrivée à la Cité, il constate le plaisir d'entendre des personnes venues du monde entier et de partager cette diversité linguistique. Pour lui, cette richesse donne tout son sens aux projets développés au sein de la Cité. Nos langues arabes, du 24 janvier au 30 août 2026, à la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts.
Vive la francophonie, en cette semaine dédiée à la langue française par le monde, la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts lance une saison dédiée à la langue arabe ou plus précisément à « Nos langues arabes ». Paradoxe ou clin d'œil, provocation, pourraient dire certains, quoi qu'il en soit, belle programmation avec une exposition, des tables rondes, des rencontres et des spectacles. Avec Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française Et Ralph Doumit, écrivain libanais, en résidence à la Cité internationale de la Langue française dans le cadre de cette saison « Nos langues arabes ». Il faut absolument comprendre l'arabe pour comprendre le monde, écrivait Rabelais. Avant de faire du français la langue du royaume en 1539, François 1er fonde en 1530 le Collège royal (futur Collège de France). Il y défendait l'enseignement de plusieurs langues : le français, mais aussi le latin, le grec, l'hébreu, pour l'étude de la Bible, et l'arabe, indispensable alors pour accéder à la philosophie et aux sciences. Cinq siècles plus tard, l'arabe, plus précisément le berbère plutôt que l'arabe maghrébin, est la deuxième langue parlée en France et la Cité lui fait hospitalité. Pour Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française, l'objectif de cette saison n'est pas politique, mais plutôt de montrer que les langues vivent en accueillant d'autres langues, et que le français est lui‑même largement métissé d'arabe. La programmation met en valeur la diversité des arabes (littéral, dialectes, oralités), notamment à travers des résidences d'artistes, des traductions (comme Molière en arabe et en arabe tunisien), des œuvres d'art et un spectacle : la plus importante épopée orale arabe, L'épopée de Bani Hilal, donnée pour la première fois en France. Regards d'écrivains Ralph Doumit est bilingue, voire trilingue, mais choisit d'écrire en français. Dans son pays, au Liban, le plurilinguisme est profondément ancré : les enfants apprennent dès l'enfance le français, l'anglais et l'arabe à l'école et passent spontanément d'une langue à l'autre dans la vie quotidienne. Depuis son arrivée à la Cité, il constate le plaisir d'entendre des personnes venues du monde entier et de partager cette diversité linguistique. Pour lui, cette richesse donne tout son sens aux projets développés au sein de la Cité. Nos langues arabes, du 24 janvier au 30 août 2026, à la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts.
Le Journal en français facile du lundi 16 mars 2026, 17 h 00 à Paris. Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau B1 | Semaine de la langue française et de la francophonie Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/CX5f.A
La Slovaquie en direct, Magazine en francais sur la Slovaquie
Actualités. Le 14e Forum Étudiants–Entreprises a ouvert le Mois de la Francophonie 2026 en Slovaquie sous le signe de l'emploi et du développement des compétences. L'Université Comenius de Bratislava a accueilli le 3 mars aujourd'hui l'événement dont l'objectif est de renforcer les liens entre les étudiants et les entreprises et de montrer la valeur ajoutée de la maîtrise du français pour développer sa carriere professionnelle. Reportage exclusif de Radio Slovaquie International.
Dans cet ouvrage, le linguiste Mario Periard propose un itinéraire inédit à travers les États-Unis, en suivant les traces des francophones qui ont été parmi les premiers à fouler le sol américain. L'auteur Mario Periard en appelle à la mémoire plurielle des Américains ! Le pays se présente comme un pays anglosaxon, anglophone et pourtant il y a eu avant l'arrivée des Anglo-Américains, des autochtones mais aussi des Hispaniques et des Francophones! La francité : dimension occultée de l'identité américaine L'auteur suggère que dans notre imaginaire, on a tous des héros américains en tête, mais on a oublié les héros francophones qui ont aussi façonné l'histoire des États-Unis. « Les francophones sont encombrants dans le récit de l'Histoire des États-Unis ». Revenir aux racines francophones des USA, c'est forcément parler de la Louisiane qui était jusqu'en 1803, une colonie française. À l'époque, c'était un très grand territoire. Lorsque cet État a été acheté à la France par les États-Unis, le pays a doublé sa superficie. On découvre aussi des héros oubliés comme Homer Plessy qui, avant soixante ans avant Rosa Parks, s'est levé contre les lois de ségrégation raciale en vigueur dans le pays, une histoire invisibilisée. « La Louisiane est un microcosme de ce qu'aurait pu devenir les États-Unis », précise Mario Periard. Un livre d'histoire et de voyage Mario Periard a beaucoup voyagé pour constituer cet ouvrage. Il voulait témoigner de la francité de tous les États du pays. Et dans chacun d'eux, il a trouvé trace de la francophonie. Il a donc fait un livre en cinquante chapitres avec des influences plus ou moins grandes dans chaque État. En Californie, par exemple, il y a eu les premiers vignobles avec un certain Monsieur... Vigne ! On trouve aussi des fleurs de lys sur le blason de l'Alabama qui fut un des berceaux de l'Amérique française. La ville de Mobile a été fondée par des Français bien avant la Nouvelle-Orléans. « Au niveau national, les Américains ne reconnaissent pas cette empreinte française mais au niveau local, les gens en sont fiers ! » De nombreuses villes ont d'ailleurs des noms français « Paris » ,« Belleville », « Montpellier » et la baie de New-York aurait pu s'appeler la baie de Sainte-Marguerite ! Aujourd'hui, subsistent encore beaucoup de vocabulaires français dans la langue anglaise : «butte», «prairie», «cash». Il y aurait environ 30% de mots français ou d'origine française dans la langue anglaise. Et un peu plus d'un million d'apprenants du français aux États-Unis. Invité : Mario Periard, linguiste québécois. Son ouvrage L'Amérique française, De l'Alabama au Wyoming: les racines francophones des États-Unis a été publié aux éditions Favre. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Genève, en Suisse pour parler de la 40è édition du Salon du Livre de Genève qui aura lieu du 18 au 22 mars 2026.. Programmation musicale : L'artiste Makala avec le titre Loketo.
Dans cet ouvrage, le linguiste Mario Periard propose un itinéraire inédit à travers les États-Unis, en suivant les traces des francophones qui ont été parmi les premiers à fouler le sol américain. L'auteur Mario Periard en appelle à la mémoire plurielle des Américains ! Le pays se présente comme un pays anglosaxon, anglophone et pourtant il y a eu avant l'arrivée des Anglo-Américains, des autochtones mais aussi des Hispaniques et des Francophones! La francité : dimension occultée de l'identité américaine L'auteur suggère que dans notre imaginaire, on a tous des héros américains en tête, mais on a oublié les héros francophones qui ont aussi façonné l'histoire des États-Unis. « Les francophones sont encombrants dans le récit de l'Histoire des États-Unis ». Revenir aux racines francophones des USA, c'est forcément parler de la Louisiane qui était jusqu'en 1803, une colonie française. À l'époque, c'était un très grand territoire. Lorsque cet État a été acheté à la France par les États-Unis, le pays a doublé sa superficie. On découvre aussi des héros oubliés comme Homer Plessy qui, avant soixante ans avant Rosa Parks, s'est levé contre les lois de ségrégation raciale en vigueur dans le pays, une histoire invisibilisée. « La Louisiane est un microcosme de ce qu'aurait pu devenir les États-Unis », précise Mario Periard. Un livre d'histoire et de voyage Mario Periard a beaucoup voyagé pour constituer cet ouvrage. Il voulait témoigner de la francité de tous les États du pays. Et dans chacun d'eux, il a trouvé trace de la francophonie. Il a donc fait un livre en cinquante chapitres avec des influences plus ou moins grandes dans chaque État. En Californie, par exemple, il y a eu les premiers vignobles avec un certain Monsieur... Vigne ! On trouve aussi des fleurs de lys sur le blason de l'Alabama qui fut un des berceaux de l'Amérique française. La ville de Mobile a été fondée par des Français bien avant la Nouvelle-Orléans. « Au niveau national, les Américains ne reconnaissent pas cette empreinte française mais au niveau local, les gens en sont fiers ! » De nombreuses villes ont d'ailleurs des noms français « Paris » ,« Belleville », « Montpellier » et la baie de New-York aurait pu s'appeler la baie de Sainte-Marguerite ! Aujourd'hui, subsistent encore beaucoup de vocabulaires français dans la langue anglaise : «butte», «prairie», «cash». Il y aurait environ 30% de mots français ou d'origine française dans la langue anglaise. Et un peu plus d'un million d'apprenants du français aux États-Unis. Invité : Mario Periard, linguiste québécois. Son ouvrage L'Amérique française, De l'Alabama au Wyoming: les racines francophones des États-Unis a été publié aux éditions Favre. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Genève, en Suisse pour parler de la 40è édition du Salon du Livre de Genève qui aura lieu du 18 au 22 mars 2026.. Programmation musicale : L'artiste Makala avec le titre Loketo.
Podcast En cours #9 – Introduire l'art en classe est le moyen idéal pour stimuler la curiosité et la créativité des apprenant·es. Déborah Gros, dans le rôle de la prof curieuse, vous emmène dans une classe de français. Vous découvrirez, en situation, quand et comment intégrer des supports artistiques dans vos cours afin d'encourager l'expression et l'implication des apprenant·es. Avec : Abdel Abdelbaki est enseignant de FLE, formateur et concepteur pédagogique au CAVILAM - Alliance Française à Vichy, en France. Il pratique aussi la photographie et la vidéo. On le retrouve dans sa classe. Bianca Daraba enseigne le français langue étrangère dans un collège-lycée au nord de la Roumanie. Elle utilise les supports visuels pour éveiller l'intérêt des adolescents, du niveau A1 au niveau B2. En cours, un podcast produit par RFI en partenariat avec le CAVILAM - Alliance française et avec le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie. Pour aller plus loin, téléchargez la fiche pratiqueLes arts visuels en classe, comment fait-on ?
Pippa Hudson speaks to Sophie Bel, the consul general of France in Cape Town about the Francophonie Festival and travel to France. Lunch with Pippa Hudson is CapeTalk’s mid-afternoon show. This 2-hour respite from hard news encourages the audience to take the time to explore, taste, read and reflect. The show - presented by former journalist, baker and water sports enthusiast Pippa Hudson - is unashamedly lifestyle driven. Popular features include a daily profile interview #OnTheCouch at 1:10pm. Consumer issues are in the spotlight every Wednesday while the team also unpacks all things related to health, wealth & the environment. Thank you for listening to a podcast from Lunch with Pippa Hudson Listen live on Primedia+ weekdays between 13:00 and 15:00 (SA Time) to Lunch with Pippa Hudson broadcast on CapeTalk https://buff.ly/NnFM3Nk For more from the show go to https://buff.ly/MdSlWEs or find all the catch-up podcasts here https://buff.ly/fDJWe69 Subscribe to the CapeTalk Daily and Weekly Newsletters https://buff.ly/sbvVZD5 Follow us on social media: CapeTalk on Facebook: https://www.facebook.com/CapeTalk CapeTalk on TikTok: https://www.tiktok.com/@capetalk CapeTalk on Instagram: https://www.instagram.com/ CapeTalk on X: https://x.com/CapeTalk CapeTalk on YouTube: https://www.youtube.com/@CapeTalk567 See omnystudio.com/listener for privacy information.
durée : 00:22:40 - 8h30 franceinfo - La ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats Internationaux et des Français à l'étranger était l'invitée du "8h30 franceinfo", vendredi 6 mars. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Dans son dernier essai, la philosophe Mazarine Pingeot s'interroge sur les dangers de l'Intelligence Artificielle : accusée de détruire les emplois et la création, peut-elle aussi mettre à mal le langage humain ? Depuis le début de la décennie, l'intelligence artificielle s'est immiscée dans notre quotidien et personne n'ignore ses pouvoirs sans forcément en prendre la mesure pour le monde qui vient. « C'est l'un des grands sujets, c'est majeur. L'IA est partout ». Mais avec cet essai, l'autrice qui n'est pas technophobe, ne tire pas à boulets rouges sur l'IA, mais appelle à la réflexion, à la vigilance. « Je me suis interrogée sur la production nouvelle de langage : à partir du moment où la machine est capable de parler comme l'homme le philosophe peut se poser quelques questions car parler est le propre de l'homme : si la machine parle comme l'humain, que lui reste-t-il ? » La philosophe met l'accent sur la production du langage et insiste sur le fait que ce langage produit par cette machine « sans corps, sans sensibilité » et pense la langue en fonction de ses lieux de production et qu'elle devient une langue marchande, qui ne parle pas, qui communique seulement, qu'il n'y a plus de sujet énonciateur. « Lorsqu'on parle, on s'adresse à quelqu'un, lorsqu'on écrit sur un réseau social, on ne parle à personne, on parle à un "mur". Le langage est désormais formaté par l'informatique, par le canal qui le diffuse ». Elle fait aussi remarquer que la machine ne produit pas de « silences » « Notre humanité est aussi à chercher du côté du vide et de nos manques ». Se pose alors la question de la vérité et de la démocratie : « Maintenant qu'elle produit du langage, la question est centrale: c'est le seul régime politique qui repose sur le langage, sur le débat et l'espace critique ». Invitée : Mazarine Pingeot, romancière et philosophe française née en 1974. Son dernier livre Inappropriable, ce que l'IA fait à l'humain, essai sur l'Intelligence Artificielle est paru aux éditions Flammarion. À écouter aussiEt si nos voix et l'IA nous aidaient à préserver nos langues? Programmation musicale : L'artiste Asfar Shamsi avec le titre 2006.
Au Québec, le Premier ministre, François Legault, s'apprête à quitter le pouvoir après sept ans à la tête de la province. Il laisse derrière lui une réforme linguistique majeure qui impose le français au monde des affaires. Des enseignes extérieures aux logiciels et communications internes, tout doit être disponible dans la langue officielle. Présentée comme un rempart pour la survie du français en Amérique du Nord, cette réforme bouscule aujourd'hui certaines entreprises longtemps portées par le bilinguisme à Montréal. De notre correspondante au Québec, Dans les studios de jeux vidéo à Montréal, comme dans de nombreuses entreprises internationales, l'anglais était souvent la langue commune de travail. Aujourd'hui, même les messages internes doivent être en français. « On est à la recherche de traducteurs, explique Arielle Mathieu du Conseil du patronat du Québec. Dans le contexte d'une pénurie de main-d'œuvre, c'est encore plus difficile pour les entreprises de s'adapter à cette nouvelle réglementation. » Cette obligation découle de la réforme linguistique adoptée par le gouvernement québécois en 2022. Elle fait du français, déjà langue officielle de cette province du Canada, la langue officielle de l'entreprise. Depuis juin 2025, aucune société de 25 employés et plus ne peut y échapper. « On avait énormément d'entreprises qui n'étaient pas prêtes, qui n'avaient pas commencé leur démarche de francisation », poursuit Arielle Mathieu. En fait, ce n'est pas la langue des salariés qui change, mais celle de l'entreprise. Elles peuvent toujours embaucher un ingénieur venu de Berlin ou de San Francisco, mais désormais, c'est à lui de s'adapter au français et non l'inverse. « Ce sont de réels freins pour recruter des talents étrangers sur notre territoire », assure encore Arielle Mathieu. La loi s'impose aussi dans l'affichage commercial. Elle concerne tout ce que voient les clients : emballages, sites internet et vitrines, où le français doit maintenant être prédominant. « Il faut changer l'affichage. Ça coûte cher », précise l'avocat Me Jean-Philippe Mikus. Il accompagne des dirigeants dans leur mise en conformité : « Pour un client, on était dans les centaines de milliers de dollars, parfois plus d'un million. Évidemment, lorsqu'on parle de chaînes, ça démultiplie les frais. » Jusqu'à 30 000 dollars d'amende À ces coûts s'ajoute la pression de l'Office québécois de la langue française, chargé de faire respecter la loi. Pour l'instant, il privilégie l'accompagnement. Mais la menace est réelle : jusqu'à 30 000 dollars d'amende, qui peuvent se répéter tant que l'infraction persiste. « C'est un fardeau extrêmement lourd, explique Me Mikus. Il y a plusieurs entreprises qui se disent : "Je ne vendrai pas au Québec" tout simplement », ajoute l'avocat. Certaines marques ont retiré le Québec de leurs boutiques en ligne, faute de site en français. Un signal d'alarme pour Michel Rochette, du Conseil canadien du commerce de détail : « Ça met un grand cercle rouge autour du Québec. C'est beaucoup de règles qui sont uniques au monde et qui rendent extrêmement périlleux le fait de faire affaire ici. » Mais pour le Premier ministre québécois, François Legault, toutefois, l'enjeu dépasse l'économie : « Le Québec forme une nation, mais qui est, en proportion, petite en Amérique du Nord, qui sera toujours vulnérable. » Son pari politique pour la survie culturelle bouscule l'écosystème d'affaires de Montréal, une ville habituée à faire du bilinguisme sa marque de commerce. À lire aussiCanada: la langue française en perte de vitesse au Québec