Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission

Dans son spectacle, la comédienne Anne Roumanoff dresse une galerie de portraits hauts en couleur, avec un objectif unique : raconter, grâce à ces personnages, « l'expérience de la vie ». Une bouchère dépassée par la vie, une adolescente « woke », un pilier de bar, une coach de vie et de couple, dans ce spectacle, grâce à ses personnages, Anne Roumanoff explore l'évolution du langage, la fragilité des relations amoureuses ou encore notre nouveau rapport au travail. Des caisses automatiques en supermarché aux livres de développement personnel, elle croque les travers de la société actuelle. 40 ans de carrière Cela fait 40 ans qu'Anne Roumanoff monte sur les planches pour nous faire rire. Elle constate qu'en quatre décennies, « tout a changé ». Avec ses sketches, elle a à cœur de « tendre un miroir à la société ». « Je suis dans le constat, je n'ai pas la prétention de vouloir changer la société. » Au début de sa carrière, elle explique avoir « subi des remarques sexistes », des remarques qui, selon elle, « ne pourraient plus exister aujourd'hui ». Fabriquer le rire Pour Anne Roumanoff, l'écriture de l'humour se fait en plusieurs phases. Tout d'abord, elle note un maximum d'idées, puis elle resserre son écriture... Elle teste alors ses nouveaux sketches devant un public, dans des petites salles et elle observe... pour voir quand ça réagit ! « On ne sait pas quand le rire va surgir ». Elle se permet de rire de tout mais sans attaque frontale. Pour elle, il y a toujours une partie improvisée, mais l'humour sur scène ne supporte pas l'imprécision et ses sketches sont alors très écrits. Un humour bienveillant mais tranchant Anne Roumanoff commence par rire d'elle-même : « rire des autres, c'est d'abord savoir se moquer de soi-même ». Elle définit son humour comme bienveillant, « plein d'humanité mais tranchant ». Elle admet manier parfois la diplomatie, tout en gardant un regard lucide sur la société et ses dérives ! L'expérience de la vie : à voir au Théâtre des Mathurins et en tournée. Invitée : Anne Roumanoff, née en 1965, est une humoriste, comédienne et autrice française. Formée au Cours Florent, elle se fait connaître à la fin des années 1980 avec l'émission télévisée « La Classe ». Elle enchaîne ensuite les one-woman-shows, apparaît régulièrement à la télévision et à la radio, et publie plusieurs livres et chroniques. Son humour porte notamment sur la vie quotidienne, la politique et les relations sociales, et elle est identifiée visuellement par sa robe rouge, souvent portée sur scène. Programmation musicale : L'artiste Yoa avec le titre Moa.

Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l'étude menée en 2024. Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd'hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l'adolescence et une dégradation du niveau de lecture. L'adolescence, une période charnière 86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l'adolescence. « C'est alarmant. On imagine que c'est à l'âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l'Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l'envie de lire aux jeunes. Le souci, c'est que les parents, souvent digital natives, ont moins d'appétence pour la lecture que la génération d'avant. Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents. Un phénomène qui s'observe dans les écoles Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c'est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d'ambition. » La solution serait pour lui de faire baisser le temps d'écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l'utilisation des écrans ! Pour l'enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d'émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture Invités : - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici. L'étude complète du CNL est à lire ici. Avec également le reportage de Camille Simon. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l'écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.

Dans L'Apocalypse d'Adam et Aimée, Adama Diop poursuit son travail de création et revisite l'œuvre fondatrice du poète, Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal. Le père, Adam, figure tutélaire, fatiguée, crépusculaire, raconte l'apocalypse à sa fille, Aimée. Pour ce faire, il reprend parfois les mots d'Aimé, le grand Césaire. Un baisser de rideau pour l'humanité, écrit et incarné par Adama Diop, qui se joue actuellement au Théâtre du Rond-Point. Être la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche Le spectacle se construit sur des échos : ‘Aimée' rappelle ‘Aimé', Adama est ‘Adam', le premier homme qui est aussi le dernier, et qui est encore l'interprète présent devant son public. Les voix de tous se prolongent, se répondent et se confondent. Adama Diop évoque un « rapport presque radiophonique à dire de la littérature ». Sur scène, Adama Diop porte un costume brodé de fleurs rouges et déclame dans un décor minimaliste, où la nature reprend progressivement ses droits. Il parle pour le végétal menacé, pour les espèces animales disparues, et la poésie perdue. À travers sa lecture, Adama Diop explique avoir voulu permettre à la poésie de reprendre ses droits sur le plateau de théâtre. L'Apocalypse d'Adam et Aimée est une pièce qu'il qualifie plutôt de « grand poème », poème qui rend hommage à un autre : le Cahier d'un retour au pays natal. Genèse d'un récit de la fin des temps Au commencement, il y a donc le Cahier de Césaire, œuvre indomptable qui le suit depuis l'adolescence. Au commencement, il y a aussi une commande du musée de l'Orangerie à Adama Diop pour un texte sensé être lu in situ, avec en toile de fond les nymphéas de Monet. Les peintures de Monet sont symptomatiques d'une frénésie de dire le monde, dans laquelle se reconnait Diop. La civilisation déchue qu'il décrit est un peu la nôtre, documentée dans tous ses excès, le point de bascule dépassé. Entre retour et renoncement, fin et recommencement Pour Adama Diop, l'Apocalypse n'est pas juste la fin du monde. « L'Apocalypse, c'est aussi une révélation », rappelle-t-il. L'effondrement d'une société devient le moment de prise de conscience qui permet d'envisager le monde d'après, celui qui se dessine par-delà les décombres. On pourrait même épouser l'embrasement de « mini-apocalypses pour laisser place à des mondes plus ouverts, plus justes. » C'est bien la fin des temps qui permet au futur d'advenir. Si Adam ressasse le passé, Aimée est l'avenir, un futur au féminin. Elle assure la préservation de sa lignée et la survie de l'humanité... Le texte est à retrouver aux éditions Actes sud. Invité : Adama Diop, auteur, comédien et metteur en scène, né à Dakar, au Sénégal. Il se forme à partir de 2002 à l'ENSAD de Montpellier puis au CNSAD de Paris. En 2016, il est révélé dans la pièce-fleuve 2666 de Julien Gosselin. En 2018, il tient le rôle-titre dans Macbeth de Stéphane Braunschweig. En 2021, le rôle de Ermolaï dans la Cerisaie mis en scène par Tiago Rodrigues. En 2022, il est Othello dans la mise en scène de Jean-François Sivadier. En 2021, Diop crée au Sénégal l'« École internationale d'acteurs et d'actrices de Dakar » (EIAD), un lieu dédié à la formation et à la professionnalisation des comédiens et comédiennes issus de tout le continent africain. En 2024, il met en scène Fajar ou l'Odyssée de l'homme qui rêvait d'être poète. L'Apocalypse d'Adam et Aimée est sa deuxième mise en scène. Programmation musicale : Les artistes Meryl feat Umpa avec le titre Lajen.

Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l'exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience. Quelle est la part d'universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l'universel. Revenir à l'enfance Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même. Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience. La petite tortue-étoile raconte l'histoire d'Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d'abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l'exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d'errance, de transmission et de résilience. Un conte foisonnant de symboles et de métaphores Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C'est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d'une personne qui a beaucoup de vaches qu'elle est riche. » La tortue, elle non plus, n'est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d'une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ». Un conte bilingue français-kinyarwanda À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C'est la question que s'est posée l'autrice en écrivant son conte. « J'ai vécu aujourd'hui plus longtemps en France qu'au Rwanda, je voulais savoir si j'avais encore cette fluidité. » Elle n'avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français. Invitée : Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu'elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide. Elle vit en France depuis bientôt 30 ans. Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais. Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo. Pour vous procurer l'ouvrage ibaba12@yahoo.fr. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l'engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques. Et c'est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela ! Programmation musicale : L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi».

Dans le recueil de poésie Fais du feu, l'auteur Rodney Saint-Eloi fait du feu une obsession. « Fais du feu » : ainsi, commence et s'achève le recueil de Rodney Saint-Éloi. Une injonction qui résonne comme un mantra, un refrain incantatoire traversant la centaine de poèmes du livre... mais comme si c'était un seul poème. "Le feu, une fois allumé peut devenir imprévisible". Détruire pour permettre le renouveau Mais de quel feu parle-t-on ? Chez Saint-Éloi, le feu n'est pas seulement la flamme : il est le recommencement. Il brûle les vieilles peaux, pour rendre possible un départ nouveau. « Le feu nous permet d'enlever toutes les anciennes peaux et de repartir. » Dans ce que nous traversons aujourd'hui, dit-il, il y a urgence à recommencer. Le poème devient alors le foyer de ce renouveau, le lieu où l'on rallume la braise. Un feu qui ramène à l'enfance L'auteur évoque aussi le premier feu, le feu primal, « celui qui a fondé l'humanité en nous ». Il le relie à l'enfance : la mémoire des braises en Haïti, celles des patates douces qu'il faisait cuire dans le feu. Là-bas, le feu est essentiel : là où il y a le feu, il y a la vie, la parole, le lien. Quand le monde s'effondre, quand tout semble s'obscurcir, nous avons besoin de voir une flamme. Invité : Rodney Saint-Eloi, poète, éditeur et essayiste haïtien-canadien. Né en Haïti, il s'exile au Canada dans les années 2000 et s'installe à Montréal. Il est le fondateur de la maison d'édition Mémoire d'encrier, qui met en avant les voix de la diversité, de la Caraïbe et des Amériques. Son œuvre poétique aborde l'exil, la mémoire, Haïti, la dignité et la résistance. Il est aujourd'hui une figure importante de la littérature francophone contemporaine, à la fois comme auteur et comme passeur de textes. Fais du feu est publié aux Editions Mémoire d'Encrier. Programmation musicale : L'artiste Angélique Kidjo avec le titre Hope !

Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents. Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents. Les accents : un objet de recherche Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d'accents. L'accent « pagnolesque » de Raimu, l'accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l'accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise. "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !" Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d'égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus. Il s'agira d'explorer comment se produisent les accents d'un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant. Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions. « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! » Leur spectacle qui s'appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais ! Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique. Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves.

Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique. Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés. Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l'humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l'histoire de l'art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande. Un regard féministe et décolonial pour réécrire l'histoire Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ». En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante. Invitée : Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l'art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l'art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a enseigné dans des écoles d'art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l'art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s'est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d'éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l'absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L'Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l'Atelier à Paris, s'inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues. ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril. Programmation musicale : L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4.

Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui. Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu'on parle, que ce soit au boulot ou en amour. Le français parlé v. s. le français écrit Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante. Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. » Une langue trop normée ? Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue. Elle souligne l'ironie qu'il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s'amusait justement à malmener et à tordre le français. Le français, une langue plus que vivante ! Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu'une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ». Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case. Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d'auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre. Programmation musicale : Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d'un temps passé ».

Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d'une minuscule planète, l'astéroïde B 612.Ainsi commence le dernier roman d'Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant. Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains. L'histoire d'une publication Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie. Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n'avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population. Près de 700 traductions du Petit Prince C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L'œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l'œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ». D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées. Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue. Une histoire universelle et un récit d'apprentissage L'histoire débute lorsqu'un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d'un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l'amitié, l'amour, la solitude, la perte, le regard d'enfant opposé sur le monde des adultes. C'est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l'importance de l'imagination, de la sincérité et des liens que l'on crée avec les autres. Invités: - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l'édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard. - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse. Programmation musicale : L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».

Dans La Petite Histoire des lettres, le mathématicien Étienne Ghys explore cinq siècles d'évolution typographique, entre art, mathématiques et algorithmes. Une invitation à redécouvrir l'alphabet comme un objet scientifique autant qu'esthétique. On les lit sans y penser, mais chaque lettre obéit à une géométrie, une hauteur d'x, une ligne de base, des courbes bien dessinées ou délibérément brisées. Dans son livre, l'auteur, nous incite à regarder les lettres, individuellement. Une fascination pour les lettres Dès son plus jeune âge, Etienne Ghys, est fasciné par les lettres : et pour cause son père était imprimeur. Il regarde les lettres en tant qu'objet géométrique. Etienne Ghys aime les lettres car selon lui « elles incarnent la pensée ». Il nous apprend, par exemple, que les polices varient en fonction de ce qu'on est en train de lire : les empattement ralentissent la lecture mais permettent qu'elle soit plus approfondie quand les panneaux d'autoroute sont eux lisibleS au premier coup d'oeil. L'imprimeur, c'est l'architecte du langage. La police, une histoire de style ! L'histoire des polices commence avec Gutenberg et l'imprimerie. À l'époque, les Bibles sont écrites et recopiées à la main par des scribes et coûtent cher. L'idée lui vient alors de créer des caractères mobiles en plomb, calqués sur les caractères des scribes pour imprimer et vendre des Bibles à grande échelle et à prix abordable. Une géométrisation des caractères Vient alors l'époque des humanistes et des belles choses ! On va observer les caractères romains gravés dans de vieilles pierres de l'époque romaine avec des lettres travaillées. Des artistes tels que Léonard de Vinci commence à géométriser les lettres comme il le fait dans le livre de mathématiques La Divine proportion de Luca Pacioli dans lequel il illustre les écrits de l'auteur.Puis, vient la série de polices grecques cursives avec des caractères romains, inventés par Claude Garamond qui ont inspiré de nombreuses polices qui portent son nom. Les choses se sont un peu plus figées un peu plus tard lorsque Colbert demande à l'Académie des Sciences de dessiner une police à la gloire du roi Louis XIV: c'est le "romain du Roi", utilisée par l'imprimerie royale. Derrière chaque police, une manière de pensée Depuis, les choses évoluent. Chaque pays, impose une écriture de celle du pays, chaque police a une histoire politique. La typographie "Marianne" est une police de caractères dessinée en 2020, à l'usage unique de l'État français. Certains graphistes inventent des alphabets et fusionnent les lettres, pour rendre l'écriture inclusive. Cette typographie repose sur différents procédés graphiques comme l'entrelacement de lettres Invité : Etienne Ghys, mathématicien, spécialisé en géométrie. Directeur de recherche émérite au CNRS, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences. Il vient de publier La petite histoire des lettres chez Odile Jacob. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « C'est carré » qu'elle passe à la moulinette. Avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste Jyeuhair avec le titre çA crÉpiTe.

Dans son nouveau roman, l'auteur et cinéaste franco-afghan, Atiq Rahimi, raconte l'histoire d'un cinéaste afghan à Kolkata, en Inde, sur le point de se suicider, dévoré par une lassitude existentielle, notamment après un projet de film avorté. Au moment de passer à l'acte, il distingue au loin sur un bateau, une silhouette. Il reconnaît Kabuliwalla lui-même, le personnage qu'il devait filmer, et qu'il n'a pas su incarner. C'est l'histoire d'un homme aujourd'hui qui raconte celle d'un écrivain du passé et de son personnage de la projection de l'un dans l'autre, d'un dédoublement. Une mise en abyme « Kabuliwalla » c'était le terme qu'on donnait aux Afghans qui venaient en Inde pour travailler, à l'époque des Indes britanniques. Dans « Kabuliwalla, c'est moi », Atiq Rahimi effectue une mise en abyme. Porté par une nouvelle de Rabindranath Tagore, l'écrivain franco-afghan met en scène le destin entrelacé d'un cinéaste et de son protagoniste et réfugiés à Kolkata pour raconter l'exil. Un roman inspiré par une nouvelle de Rabindranath Tagore Rabindranath Tagore (1861-1941) est un poète, écrivain, philosophe et musicien indien. Il est la première grande figure littéraire asiatique à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1913. Né à Calcutta dans une famille bengalie cultivée et engagée, il écrit très tôt poésie, théâtre, nouvelles et essais. Il fait partie des auteurs indiens les plus importants. Kabuliwalla - « l'homme de Kaboul »- est le nom d'un personnage tiré d'une nouvelle, Kabuliwallah publiée en 1892 et dans laquelle, Rahmat, un vendeur de fruits secs afghan exilé en Inde rencontre une jeune fille. "L'exilé est toujours dans un sentiment de culpabilité permanente." Atiq Rahimi développe un jeu de miroirs entre lui, l'auteur exilé afghan venu en France, et le vendeur de fruits secs, exilé en Inde. Invité: Atiq Rahimi, né en 1962 à Kaboul, en Afghanistan est un écrivain, cinéaste et scénariste franco-afghan. Après avoir fui son pays en guerre, il trouve d'abord refuge au Pakistan avant de venir en France dans en 1984. Il étudie l'audiovisuel et commence une carrière de réalisateur de documentaires et de films de fiction. Il se fait d'abord connaître par ses romans écrits en persan, dont Terre et cendres, qui sera adapté au cinéma et présenté au Festival de Cannes. Naturalisé français, il poursuit une œuvre à la croisée de plusieurs langues et cultures, où se mêlent récit intime, histoire politique et mémoire de l'exil. En 2008, Atiq Rahimi reçoit le prix Goncourt pour Syngué sabour. Pierre de patience, son premier roman écrit directement en français. Programmation musicale : L'artiste Camille avec le titre « La terre ».

Depuis près de 30 ans, le Printemps des poètes organise chaque année des milliers d'évènements dans toute la France et à l'Internationale. Pour cette nouvelle édition, poétesses et poètes d'ici et d'ailleurs célèbreront la Liberté : Force vive, déployée. Chaque année, le Printemps des poètes célèbre en France et dans quelques villes à l'étranger la vitalité de la poésie et essaye de l'exposer hors des cercles littéraires. Près de cinquante pays y participent chaque année, 500 auteurs y prennent part. « Remettre la poésie en circulation » Paloma Hermina Hidalgo est philosophe, romancière, actrice, danseuse, poétesse, et secrétaire générale de la manifestation Le Printemps des Poètes 2026. Pour elle, la poésie est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation de remettre la poésie en circulation, de l'arracher à l'« entre-soi ». Pour elle c'est une « intensification du langage », une affaire publique et politique. Le festival a pour vocation à remettre la poésie en circulation, arracher la poésie à cet « entre-soi ». Son dernier recueil, Féérie, ma perte, est paru en juin 2025 aux Éditions Corlevour. Il se situe entre poésie, théâtre, autobiographie cryptée et conte. Tous ses textes partent d'un matériau autobiographique. Elle considère son écriture comme inclassable, et ce recueil est très marqué par l'oralité. Lémofil, « la poésie a le pouvoir de nous reconnecter à la lecture » L'artiste Lémofil, poète, slameur. De son vrai prénom Tom, est un artiste émergent de la scène rap française, dont l'approche se distingue par une forte dimension littéraire et scénique. Originaire de Chambon-sur-Lignon, il s'inscrit dans un parcours mêlant littérature, théâtre et musique, ce qui nourrit profondément son rapport à l'écriture et à l'interprétation. La poésie des mots sert à se réveiller quand on s'endort, de s'emerveiller à nouveau. À mi-chemin entre rap, poésie et chanson française, son univers puise autant dans l'héritage de Rimbaud ou Césaire que dans celui d'artistes comme Dinos ou Disiz. Ses performances, souvent accompagnées de musiciens. Il a récemment mené une série sur les réseaux sociaux « un poème par jour » dans laquelle il récite des poèmes d'auteurs classiques, mais aussi des poètes plus contemporains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Karachi, au Pakistan qui célèbre la francophonie en ce mois d'avril 2026. L'Alliance Française de Karachi est présente depuis plus de 60 ans dans le paysage culturel de la ville pakistanaise. Avec Emmanuel Breurec, directeur de l'Alliance française de Karachi, l'une des trois Alliances Françaises présentes au Pakistan. Programmation musicale : L'artiste Lémofil avec le titre « L'hiver s'en ira ».

En ce début de printemps, des auteurs de tout le monde francophone se retrouvent à Rouen, au Festival des Langues Françaises. Les textes des artistes Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungbo et de Shade Hardy Garvey Mougondo sont présentés ce soir. Deux textes très différents mais très complémentaires, présentés ce jeudi 26 mars 2026 : le premier questionne le panafricanisme et se tourne vers un avenir d'une Afrique positive. Le deuxième interroge les pratiques militantes autour des figures emblématiques de Malcolm X et Mohamed Ali. « Stéréotypes »: une Afrique positive qui regarde vers l'avenir Ici, un vendeur de carte SIM. Là, une étudiante plongée dans son mémoire. Plus loin, un mécanicien qui rêve d'ouvrir un garage solaire. Une mère qui élève seule ses enfants. L'auteur béninois, Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungbo, présente son texte « Stéréotypes », qui dresse le portrait de l'Afrique du quotidien, une Afrique actuelle avec des personnages du peuple. Le pays n'est pas explicitement cité mais cela semble se passer au Bénin. « C'est un pays qui a un passé très triste avec la traite négrière mais aujourd'hui, on travaille pour se relever et pour aller plus loin ». L'auteur revendique la dimension politique de son texte « si les politiques tenaient compte des réalités, quelque chose de bien pourrait être fait pour l'épanouissement ». Son texte est une commande. Rédigé dans le cadre du programme L'Afrique qui vient, l'auteur s'emploie à montrer « le regard de l'Afrique sur l'africain, le regard de l'extérieur sur l'Afrique mais aussi le regard de l'extérieur sur l'extérieur ». « Je parle au monde entier. Chacun a sa part de responsabilité dans les stéréotypes que nous avons ». Le texte est actuellement en phase de réécriture. À travers le personnage de Vignon, il nous raconte que « le passé n'est pas à négliger. Il faut prendre ce qui est du passé, comprendre ce qui n'a pas marché, et prendre de nouvelles décisions pour évoluer ». C'est en résumé le portrait d'un continent en mouvement, source d'inspiration et d'innovation, marqué par ses paradoxes. Mohamed X : la rencontre fictive entre deux militants Quant à Shade Hardy Garvey Mougondo, il signe « Mohamed X », un texte consacré à la relation entre deux figures majeures du XXe siècle : Malcolm X, militant des droits civiques assassiné en 1965, et Mohamed Ali, considéré comme le plus grand boxeur de tous les temps, disparu en 2016. Ce n'est pas la première fois que l'auteur congolais s'empare de figures historiques. L'un de ses précédents spectacles était consacré à Patrice Lumumba, à l'homme et au père qu'il était. Pour ce texte, c'est la biographie écrite par Ilyasha Shabazz, la troisième fille de Malcolm X, devenue orpheline de père à trois ans. « Je voulais faire un texte percutant, quelque chose qui donne des coups de poings. J'ai pensé à Mohamed Ali ! », précise l'auteur. Si le texte raconte une rencontre fictive entre les deux protagonistes en 1962, ces deux militants se sont - dans la vraie vie- côtoyés, rapprochés, aimés puis fâchés. D'un côté Mohamed Ali, icône du ring, de l'autre Malcolm X, voix radicale du peuple. Leur chemin se croise, entre affection, tensions et confrontation. Frères de combat, le champion de boxe et le leader militant débattent de leurs choix, de leurs renoncements et de la place de l'homme noir dans la société. Faire entrer le public dans la fabrique du théâtre Ronan Chéneau est le programmateur du Festival des Langues françaises, organisé par le CDN Normandie Rouen. Il nous rappelle que ces textes ne sont « pas des lectures figées mais déjà des gestes de dramaturgie plateau. On laisse entendre la portée dramatique théâtrale et scénique de ces textes ». Programmation musicale : L'artiste Prince Balker avec le titre « Je peux pas ».

Pour la huitième édition, le Festival des Langues Françaises à Rouen propose de découvrir une quinzaine de nouveaux autrices et auteurs...et autant de manières de dire le monde. Durant quatre jours, ce festival met à l'honneur des textes, parmi lesquels ceux d'Aline César et d'Israël Nzila, lauréat du Prix Théâtre 2025. Ces textes sont lus devant des spectatrices et spectateurs, une première étape primordiale avant la mise en scène. Reconnaissance : Damas de Aline César entre fiction et réalitéAvec Reconnaissance : Damas, l'autrice Aline César raconte l'histoire d'une jeune femme abandonnée par ses parents, placée à la DDASS et à la recherche de ses origines entre les deux rives de la Méditerranée "Une autofiction entre fiction et réalité sur le mode de l'enquête avec des choses réelles et d'autres qui sont fictionnées nous précise l'autrice. D'abord convaincue de ses origines algérienne, elle va découvrir qu'elle a également des origines Syrienne. Elle va s'interroger sur l'histoire collective et se questionner sur les relations complexes qu'entretiennent ces trois pays, une histoire méconnue... Son texte sera lu à Rouen devant un public : "C'est une étape de travail très importante, on confronte le texte aux spectateurices et avec un propos aussi intime, quel est le ressenti du public ?Elle a elle même mis en lecture son texte. Clipping d'Israel Nzila, les traumatismes de la guerre "Clipping" est un mot technique qui évoque une distorsion sonore, une saturation des sons lorsqu'on dépasse le volume normal. Le texte Clipping d'Israël Nzila joue sur cette notion de distorsion et explore les traumatismes de la guerre. Le texte qui a remporté le Prix RFI Théâtre raconte l'histoire de Do, une femme dont l'enfance a été saccagée par la guerre. En errance sur un marché de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, elle affirme avoir perdu son bébé dans la foule mais est-ce la réalité ou une hallucination ? Est-elle folle ? Israël Nzila a grandi a Lubumbashi. La guerre, il ne l'a vécue que de loin mais en a ressenti toutes les conséquences avec l'instabilité économique et les conflits politiques qui en ont découlé.Cette mise en espace de son texte lui permet d'éprouver les souffles que j'ai mis dans les mots. Je voulais nommer cette violence avec la langue. La langue porte une histoire qui influence nos mentalité. "Le théâtre, c'est l'intimité partagée"C'est Anne-Sophie Pochet, metteuse en scène qui a effectué ce défrichage du texte Clipping. Ce n'est plus tout à fait une lecture ni tout à fait un spectacle. C'est une specture : on est à mi chemin ente spectacle et lecture nous explique-t-elle. Pour elle, l'enjeu était de faire entendre au public la nature du texte et sa qualité littéraire, et faire resonner sa théâtralité Invités : Israël Nzila, auteur congolais, lauréat du Prix RFI Théâtre 2025 pour sa pièce Clipping. Son texte sera lu au Festival à Avignon le 15 juillet prochain dans le cycle "Ca va, ça va le monde !" Aline César, autrice, metteuse en scène, historienne de formation et chargée de cours à l'Institut d'Etudes Théâtrales de Paris III "relier le passé à la lumière du présent".Anne-Sophie Pauchet, metteuse en scène et comédienne. Le Festival des Langues françaises à Rouen jusqu'au samedi 28 mars. Programmation musicale : l'artiste congolaise Céline Banza avec le titre fille parfaite. Elle a été lauréate du Prix Découvertes en 2019.

Dans cette enquête, l'autrice Typhaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables, de Victor Hugo, publié en 1862 et devenu un classique... Les Misérables, roman fleuve de Victor Hugo a été publié en 1862. Devenu un classique de la littérature malgré ses 2 500 pages, ce roman social et historique a été dès sa parution adapté, réécrit, traduit, abrégé de nombreuses fois. Il a également fait l'objet de nombreuses adaptations cinéma ou télé : près d'une cinquantaine. Il y a même eu une comédie musicale. Réécrire les classiques : une fausse question ? Typhaine Samoyault a lu les Misérables trois fois mais n'a jamais lu la même version ! Dans Toutes sortes de Misérables, elle révèle comment ce roman est devenu l'un des plus réappropriés du monde et interroge : « Faut-il réécrire les classiques ? » Est-ce, en fait, une fausse question ? Des personnages qui se sont affranchis du roman Le roman social et historique de Victor Hugo est devenu un classique et ses personnages Cosette, Gavroche, Jean Valjean et autres Thénardier, des icônes de la culture populaire. Leurs noms sont même devenus des expressions ! « Les personnages sont des personnages qui se sont affranchis du texte pour devenir des familiers comme s'ils appartenaient à la réalité, comme s'ils prenaient leur autonomie : c'est la force des grandes œuvres ! » Adaptations et traductions : faire usage des classiques Mais, selon Typhaine Samoyault, si ce roman est devenu un classique ce n'est pas uniquement dû à sa qualité littéraire, c'est aussi grâce à la profusion d'adaptations et de traductions. Dès 1884, il existe déjà même une version adaptée à la jeunesse. « Victor Hugo voulait une réception populaire de son texte. Il a voulu qu'il y ait des éditions bon marché et accessibles de son texte » Ce roman traduit dans toutes les langues, en Chine ou en Russie, ce sont des versions différentes car le texte est adapté. « La langue change le texte : on ne produit jamais de traduction miroir, c'est aussi une occasion pour les traducteurs de proposer une version abrégée. » Une œuvre vivante, c'est une œuvre changeante Pour Typhaine Samoyault, un classique constamment est reprise. « Il n'y a pas de contre-exemple. Une œuvre qui n'est plus adaptée aux époques ou autres cultures ne peuvent pas des classiques. On garde la mémoire orale de cette littérature ». La littérature doit donc être en mouvement car cela fait vivre les livres, car il ne s'agit pas seulement de les conserver, il faut les faire circuler, les transformer, les réinventer. « Il ne faut pas avoir peur des réécritures, ce n'est pas un phénomène récent ». L'autrice rappelle que de nombreux classiques ont été expurgés de leurs références religieuses lors de la séparation de l'Église et de l'État par exemple... Invitée : Typhaine Samoyault, directrice d'études de l'EHESS, directrice du Centre de recherches sur les arts et le langage. Elle est aussi romancière et traductrice. Son essai Toutes sortes de Misérables est publié aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste NeS avec le titre Le bruit et le silence.

Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui opposerait la sauvegarde d'une langue grammaticalement pure à son relâchement. Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé « Les régularités qu'on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative ». Une insécurité linguistique : Si certains se croient en insécurité linguistique, c'est parce qu'en France, on pense selon Anne Abeillé qu'il y a un bon et un mauvais usage de la langue. « On est en faute car on oublie de mettre «ne» dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l'usage de la langue a changé. » Des règles de grammaire « zombies » Anne Abeillé n'hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de « règles zombies » : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l'emploi de «malgré que», une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu'André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux ! « La langue française ne s'appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s'enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd'hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence » Selon la linguiste, ce « bon usage » viendrait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ». Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site « Dire ou ne pas dire » mis en ligne depuis 2011-2012 par l'Académie française et sur lequel des conseils sur le « bon ou le mauvais usage » peuvent être donnés... Invitée : Anne Abeillé, linguiste et grammairienne. Professeur à l'Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.e.s. Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu'il se parle aujourd'hui y compris le français parlé hors de France. Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Égypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l'Université Senghor d'Alexandrie. Avec Ribio Nzeza Bunketi Buse, directeur du département Culture de l'Université Senghor. Programmation musicale : Le groupe québécois Bibi club avec le titre George Sand.

Pourquoi si peu de textes écrits en et traduits en langues africaines ? Si beaucoup de grands prix littéraires africains ont écrit en français, des écrivains comme Boris Boubacar Diop amorcent une dynamique en décidant d'écrire en wolof après avoir écrit en français... La langue malagasy : une langue qui ne heurte pas Michèle Rakotoson, écrivaine et traductrice. Elle est née de deux parents intellectuels, francophones. Elle écrit en français et en malagasy. Elle a récemment traduit Le journal d'Anne Franck (Ny Diarin'i Anne Frank) en malagasy. Ce journal est un best-seller qui est celui d'une jeune fille juive allemande exilé aux Pays-Bas qui va vivre cachée pendant deux ans avec sa famille avant d'être arrêtée et déportée par les Nazis. Elle mourra en 1945 dans les camps à l'âge de 15 ans. Je voulais faire connaitre ce livre à la communauté malgache car c'est un livre qui est vraiment d'actualité, c'est un livre optimiste malgré le thème. Il aborde la résilience. Pour l'autrice, la traduction a été difficile car la langue malagasy est une langue collective dans laquelle on n'utilise pas «je». C'est aussi « qui ne heurte pas, qui ne va pas direct au but ». Par exemple dans la version en français, Anne Franck regarde son sexe dans un miroir, et ça, en malgache, cela ne se dit pas ! Il a fallu trouver un détournement ! Pour Michèle Rakotoson, il manque des outils pour faire connaître la langue malagasy. « Des maisons d'édition, des structures pour les faire entendre ». Faire exister les langues africaines Xavier Garnier, professeur de Littérature africaine à la Sorbonne nouvelle. Auteur de Quels lieux pour les littératures en langues africaines ? publié chez Khartala. Il traduit également depuis le swahili. « Il y a une grande tradition poétique swahilie qui remonte à plusieurs siècles, une littérature orale et écrite en caractères arabes ». Il existe un corpus de textes très important. Julius Nyerere, président de la Tanzanie dans les années 60-70, a beaucoup soutenu la littérature en swahili et a lui même traduit en swahili deux pièces de Shakespeare (Le Marchand de Venise et Jules César). Il existe malheureusement assez peu de traductions d'œuvres françaises vers le swahili. Aujourd'hui, des auteurs comme Boris Boubacar Diop écrivent directement en wolof, après avoir écrit en français. « L'oralité précède la scripturalité » Charles Binam Bikoï du Cerdotola (Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines), un organisme panafricain basé au Cameroun créé dans les années 70. Charles Binam Bikoï a également traduit depuis Le prince de la grande rivière, une épopée mythique tirée de la tradition orale du Sud-est du Cameroun. Il a d'abord reconstitué et transcrit le texte de l'oral à l'écrit, puis l'a traduit du douala vers le français. Ce travail lui a pris une quinzaine d'années. À partir des textes oraux, on peut produire des textes universels, nous explique le chercheur. Il rappelle que les écrits des auteurs africains qui écrivent en français sont complètement déconnectés des peuples. Les grands prix littéraires africains qui sont attribués à des auteurs qui écrivent en français, « c'est bien pour la francophonie mais ça ne dit rien sur la vérité des littératures africaines ». Programmation musicale : L'artiste Gildaa avec le titre Pensées diluviennes.

Vive la francophonie, en cette semaine dédiée à la langue française par le monde, la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts lance une saison dédiée à la langue arabe ou plus précisément à « Nos langues arabes ». Paradoxe ou clin d'œil, provocation, pourraient dire certains, quoi qu'il en soit, belle programmation avec une exposition, des tables rondes, des rencontres et des spectacles. Avec Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française Et Ralph Doumit, écrivain libanais, en résidence à la Cité internationale de la Langue française dans le cadre de cette saison « Nos langues arabes ». Il faut absolument comprendre l'arabe pour comprendre le monde, écrivait Rabelais. Avant de faire du français la langue du royaume en 1539, François 1er fonde en 1530 le Collège royal (futur Collège de France). Il y défendait l'enseignement de plusieurs langues : le français, mais aussi le latin, le grec, l'hébreu, pour l'étude de la Bible, et l'arabe, indispensable alors pour accéder à la philosophie et aux sciences. Cinq siècles plus tard, l'arabe, plus précisément le berbère plutôt que l'arabe maghrébin, est la deuxième langue parlée en France et la Cité lui fait hospitalité. Pour Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française, l'objectif de cette saison n'est pas politique, mais plutôt de montrer que les langues vivent en accueillant d'autres langues, et que le français est lui‑même largement métissé d'arabe. La programmation met en valeur la diversité des arabes (littéral, dialectes, oralités), notamment à travers des résidences d'artistes, des traductions (comme Molière en arabe et en arabe tunisien), des œuvres d'art et un spectacle : la plus importante épopée orale arabe, L'épopée de Bani Hilal, donnée pour la première fois en France. Regards d'écrivains Ralph Doumit est bilingue, voire trilingue, mais choisit d'écrire en français. Dans son pays, au Liban, le plurilinguisme est profondément ancré : les enfants apprennent dès l'enfance le français, l'anglais et l'arabe à l'école et passent spontanément d'une langue à l'autre dans la vie quotidienne. Depuis son arrivée à la Cité, il constate le plaisir d'entendre des personnes venues du monde entier et de partager cette diversité linguistique. Pour lui, cette richesse donne tout son sens aux projets développés au sein de la Cité. Nos langues arabes, du 24 janvier au 30 août 2026, à la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts.

Dans leur nouveau spectacle Combustions, le collectif Les souffleurs commandos poétiques nous embarque dans un flot de sentiments et de mots. Le collectif des Souffleurs, fondé en 2001 par le comédien Olivier Comte, est une troupe unique en son genre. Aujourd'hui, elle rassemble 29 comédiens français et 38 comédiens du théâtre Kasé à Tokyo, créant un pont artistique entre la France et le Japon. Le collectif dispose de plusieurs lieux emblématiques : un espace à Aubervilliers, un centre à Tokyo, ainsi qu'un décor insolite niché dans les « Alpes japonaises ». Ralentir le monde Leur ambition est de « transformer le monde » en le ralentissant, mais aussi de « partager un moment avec la littérature ». Ils se définissent comme des souffleurs, des passeurs d'émotions qui « soufflent l'âme » et « injectent de la poésie dans les territoires, les vies et les oreilles ». Leur outil, ce sont les « rossignols », de longues cannes creuses en bois, qu'ils utilisent pour murmurer des mots à l'oreille des passants, offrant une expérience intime et poétique. Ils exécutent des performances qui ne se déroulent pas systématiquement en salle, mais aussi beaucoup à l'extérieur, en régions. « On écrit sur mesure, c'est toujours totalement différent. On se rend souvent dans les cafés, qui sont l'espace public n°2. » Combustions : parler d'amour dans un monde en déglingue Dans leur nouveau spectacle Combustions, en chansons et en poèmes, Les souffleurs clament l'amour, la passion, le désir, mais aussi le sexe et l'amour charnel. Mais pourquoi parler d'amour alors que le monde est en incendie généralisé ? Pour ralentir le monde, ne suffit-il pas juste d'être en avance d'une seconde sur le monde. Des lettres qui embrasent Ils puisent dans les correspondances et lettres de Rimbaud, Arthur Miller, Édith Piaf, Victor Hugo ou encore Virginia Woolf. « La lettre donne accès à une littérature particulière car elle n'est pas destinée à être lue par tout le monde, surtout quand il s'agit d'une lettre d'amour. Cette littérature qui crie le manque est brûlante », explique Julia Loyez. On y entend aussi la correspondance de Victoria, femme ukrainienne exilée en France, et de son mari, Pablo resté sur le front en Ukraine. Des mots qui traversent la guerre. Invités : Olivier Comte et Julia Loyez, directeurs artistiques de la compagnie des Souffleurs commandos poétiques. À voir au Théâtre de l'épée de bois à la Cartoucherie jusqu'au 29 mars. Programmation musicale : l'artiste Anaïs Rosso avec le titre « Les colombes ».

Dans cet ouvrage, le linguiste Mario Periard propose un itinéraire inédit à travers les États-Unis, en suivant les traces des francophones qui ont été parmi les premiers à fouler le sol américain. L'auteur Mario Periard en appelle à la mémoire plurielle des Américains ! Le pays se présente comme un pays anglosaxon, anglophone et pourtant il y a eu avant l'arrivée des Anglo-Américains, des autochtones mais aussi des Hispaniques et des Francophones! La francité : dimension occultée de l'identité américaine L'auteur suggère que dans notre imaginaire, on a tous des héros américains en tête, mais on a oublié les héros francophones qui ont aussi façonné l'histoire des États-Unis. « Les francophones sont encombrants dans le récit de l'Histoire des États-Unis ». Revenir aux racines francophones des USA, c'est forcément parler de la Louisiane qui était jusqu'en 1803, une colonie française. À l'époque, c'était un très grand territoire. Lorsque cet État a été acheté à la France par les États-Unis, le pays a doublé sa superficie. On découvre aussi des héros oubliés comme Homer Plessy qui, avant soixante ans avant Rosa Parks, s'est levé contre les lois de ségrégation raciale en vigueur dans le pays, une histoire invisibilisée. « La Louisiane est un microcosme de ce qu'aurait pu devenir les États-Unis », précise Mario Periard. Un livre d'histoire et de voyage Mario Periard a beaucoup voyagé pour constituer cet ouvrage. Il voulait témoigner de la francité de tous les États du pays. Et dans chacun d'eux, il a trouvé trace de la francophonie. Il a donc fait un livre en cinquante chapitres avec des influences plus ou moins grandes dans chaque État. En Californie, par exemple, il y a eu les premiers vignobles avec un certain Monsieur... Vigne ! On trouve aussi des fleurs de lys sur le blason de l'Alabama qui fut un des berceaux de l'Amérique française. La ville de Mobile a été fondée par des Français bien avant la Nouvelle-Orléans. « Au niveau national, les Américains ne reconnaissent pas cette empreinte française mais au niveau local, les gens en sont fiers ! » De nombreuses villes ont d'ailleurs des noms français « Paris » ,« Belleville », « Montpellier » et la baie de New-York aurait pu s'appeler la baie de Sainte-Marguerite ! Aujourd'hui, subsistent encore beaucoup de vocabulaires français dans la langue anglaise : «butte», «prairie», «cash». Il y aurait environ 30% de mots français ou d'origine française dans la langue anglaise. Et un peu plus d'un million d'apprenants du français aux États-Unis. Invité : Mario Periard, linguiste québécois. Son ouvrage L'Amérique française, De l'Alabama au Wyoming: les racines francophones des États-Unis a été publié aux éditions Favre. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Genève, en Suisse pour parler de la 40è édition du Salon du Livre de Genève qui aura lieu du 18 au 22 mars 2026.. Programmation musicale : L'artiste Makala avec le titre Loketo.

La chanteuse d'origine haïtienne Mélissa Laveaux revient avec un nouvel album At my softest, I am most dangerous. Un album intime, entre souvenirs et spiritualité Cet album est le plus personnel de Mélissa Laveaux. La chanteuse raconte ses souvenirs comme ce baptême exorcisme qu'elle a vécu à l'âge de 8 mois alors qu'elle courait dans une église ! Une anecdote qui en dit long sur son rapport au monde : dès son plus jeune âge, elle a nourri une fascination pour le macabre, les fantômes, les films d'horreur et la mort. Cette dernière n'est jamais un sujet tabou dans sa famille haïtienne où on l'embrasse et où on vit avec les esprits au quotidien... « Nous on celèbre la Toussaint pendant un mois ! On trouve ça rigolo ! », explique-t-elle au micro. L'abeille symbole de lien entre les cultures Elle joue aussi avec la signification de son prénom « Mélissa ». En grec, cela veut dire « abeille », un insecte qui joue souvent les intercesseurs dans de nombreuses traditions, notamment entre les mondes des vivants et des morts. « Les abeilles font partie de toutes les cultures, je trouve ça très fédérateur ». Le créole, une poésie naturelle Ses chansons sont écrites en anglais et en créole haïtien « Pour moi, le créole c'est vraiment de la poésie, la première que j'ai entendue, j'adore ma manière dont les personnes âgées créolophones parlent, elles parlent en proverbe et de manière contextuelle. C'est absolument naturel pour moi de retourner au créole dans mon écriture de chansons. C'est très agreable de chanter en créole ». Invitée : Mélissa Laveaux, autrice-compositrice-interprète. Née au Canada, originaire d'Haïti, elle a aujourd'hui la nationalité française. Elle a grandi à Ottawa. Elle reçoit sa première guitare à l'âge de 12 ans. Son cinquième album At my softest, I am most dangerous sort le 20 mars 2026. Programmation musicale - Lasi myèl - Se pa jo dia - Grand-mère. Tous ces titres sont extraits de At my softest, I am most dangerous.

La lecture est toujours une aventure que l'on imagine individuelle, un plaisir solitaire, mais Thibault Le Page affirme qu'elle peut être collective et partagée. Et dans un petit livre vert, il énumère les 17 manières, les 17 exercices pour lire ensemble. Dessinateur et anthropologue, il s'intéresse aux pratiques de la lecture avec ce livre : Lire ensemble. Dans son livre Lire ensemble, Thibault Le Page explore les formes contemporaines et anciennes de lecture collective. L'auteur y propose 17 manières de lire à plusieurs, remettant en question l'idée que la lecture serait uniquement un acte solitaire. Son livre s'inscrit dans un moment où l'on débat au sujet de la concentration, de la faculté à lire individuellement et de l'essor des intelligences artificielles capables de « synthétiser des masses de textes ». Pourtant, il observe parallèlement un regain de pratiques de lecture collective, plus visibles dans les milieux artistiques et de recherches. Lire ensemble, ici, je l'entends plutôt comme le fait de lire avec les autres, parfois pour les autres, grâce aux autres, en ayant besoin des autres. Notre invité définit la lecture collective comme le fait de lire avec, pour et grâce aux autres, en valorisant l'oralité et l'échange. Il rappelle que ces pratiques sont anciennes, comme les clubs de lecture apparus au milieu de XIXè siècle. L'arpentage, un geste manifeste Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'association Peuple et Culture va élaborer de nouveaux protocoles de lecture collective : les arpentages. L'arpentage est une pratique de lecture collective qui consiste à prendre un livre, à réunir un groupe de participants, puis à en découper physiquement le texte en autant de fragments qu'il y a de lecteurs. Chacun lit sa portion du texte, prend des notes, puis restitue oralement sa lecture au groupe en la synthétisant. « De cette manière-là, on acte le fait qu'on lit pour les autres, qu'on a aussi besoin des autres pour comprendre le texte », que la compréhension du livre dépend de la contribution de chacun. Il instaure une véritable attention à l'autre et fait émerger « une forme d'oralité et de polyphonie » autour de l'ouvrage. L'arpentage ouvre à la discussion, à l'interprétation et à la confrontation des points de vue. Thibault Le Page insiste : « Toute idée doit être confrontée à d'autres vies que la nôtre. » « Le livre est un objet politique, un objet à la fois conceptuel, intellectuel, mais aussi un objet qui est dans la société, qui est dans le monde, partout autour de nous, donc un objet politique. » « Mettre une disquette » Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « Mettre une disquette ». Programmation musicale : Michel Houellebecq – « Ils chevauchaient le vent ».

Dans son dernier roman « Feu de dieu », l'auteur Mohamed Kacimi raconte son enfance, son tiraillement entre deux langues, son initiation à la vie et à la littérature. Il remonte le temps et le fil de ses souvenirs, ressurgissent, pêle-mêle, premiers émois et étude des sourates, la voix envoûtante d'Oum Kalthoum et l'école française, l'exode des pieds-noirs et la célébration de l'indépendance, les parfums d'Alger et « Les Mots » de Sartre, le virus de la fugue inoculé par la lecture d'Hector Malot, la passion folle d'une cousine et les rêves de neige… Invité : Mohamed Kacimi, auteur. Il voit le jour en 1955 à la zaouïa d'El-Hamel, haut lieu du soufisme algérien, au sein d'une famille sainte, entièrement dévouée à Dieu et à la langue arabe, sa religion. Il grandit entre les femmes recluses et les hommes en prière. Auteur d'une dizaine de récits ou romans et d'autant de pièces de théâtre dont Congo Jazz Band ou Jours tranquilles à Jérusalem. En plus de sa pratique littéraire, il est également intervenant dans des ateliers d'écriture et des conférences. À lire Feu de dieu, aux éditions Actes Sud. Programmation musicale : Les artistes Stephan Eicher et Zoe Me avec le titre La valse à demi.

Le gascon est une langue présente principalement parlée dans le sud-ouest de la France ! Bien que le nombre de locuteurs ait diminué, associations, écoles et créateurs de contenu œuvrent pour transmettre et maintenir cette langue, vivante. Faire entendre le gascon en 2026 ! Cette langue, dérivée de l'occitan qui se parle dans le sud de la France est une langue millénaire ! Une langue romane qui remonterait au Moyen-Âge... avant que le français soit imposé. Il y aurait environ 250.000 locuteurs du gascon aujourd'hui. Associations, écoles et créateurs de contenus se battent pour faire revivre cette langue « des troubadours ». Langue des réseaux sociaux Victor Chauvat « Un gascon en trimbalada » sur les réseaux sociaux a découvert cette langue tardivement, alors qu'il était jeune adulte. Il l'a apprise lui-même grâce à un livre puis en suivant des cours dans Calandreta (une école locale). Bien qu'il ne soit pas le seul à œuvrer pour la revitalisation de cette langue, ses publications humoristiques sur les réseaux sociaux ont rencontré un grand succès, atteignant plus d'un million de vues. Selon lui, « beaucoup de monde se pose des questions sur les langues locales. Sur les réseaux sociaux, il y a cet aspect humoristique et au tac au tac ». Une langue de tradition Pour Christian Maizeret, la sauvegarde de cette langue peut aussi passer par les fêtes gasconnes qui permettent de « renouer le lien entre les gens et les langues » mais aussi grâce à l'éducation nationale « Il y a actuellement environ 120 enfants en classes bilangues qui apprennent le gascon ». La musique participe aussi à la sauvegarde de cette langue. Le groupe Nadau célèbre depuis 1973 la langue et la culture gasconnes. Aujourd'hui, des rappeurs comme Kbek produisent également en gascon. Invités : Christian Maizeret, enseignant de gascon et président de l'association « l'Auseron » située à Budos qui œuvre pour la promotion de la langue gasconne. Cette association vient de publier un lexique du vocabulaire gascon de plus de 3 000 mots et recueillis par l'historien Jean Dartigolles et disparu en 2017. Victor Chauvat alias « un gascon en trimbalada » (« un gascon en vadrouille »), un conte humoristique qui prône la langue gasconne et qu'on peut retrouver sur les réseaux sociaux (Instagram, YouTube et TikTok). Avec également une interview de Vincent Claverie, traducteur du tome de Tintin en gascon « Las heìtas de Tintin — Las Jòias de la Castafiòra » (Les aventures de Tintin - Les Bijoux de la Castafiore), une traduction parue en décembre 2025 et qui s'est déjà vendue à plus de 1 000 exemplaires ! Propos recueillis par Cécile Lavolot. Et la chronique Ailleurs nous emmène à La Haye aux Pays-Bas pour parler de la 4è édition de « la Fabrique de la traduction littéraire » qui aura lieu le vendredi 13 mars avec, notamment, des débats autour de l'écriture inclusive. Marion Claudel, l'attachée culturelle de l'Institut Français des Pays-Bas. Programmation musicale : L'artiste Richard Bona avec le titre Kess Kiva Paa, une chanson en français et douala.

Dans son nouveau roman, l'autrice Sylvie Germain raconte le parcours de Samuel Nart, un écrivain qui a connu le succès avant de sombrer dans l'oubli. Il ne va plus rien écrire durant vingt ans. « Quand on écrit, même si on tourne toujours autour de thèmes assez semblables, il y a des variations dans le mode d'approche ». Pour ce nouveau roman, l'autrice Sylvie Germain a choisi un titre poétique « Murmuration » : ce terme désigne une nuée d'oiseaux en vol. Des milliers d'oiseaux qui se rassemblent en vol ou mouvement permanent et esquissent des chorégraphies... pour déstabiliser leurs prédateurs. Ce phénomène devient également une métaphore de la littérature « Le titre m'est venu vers la fin du récit car comme on voit ces oiseaux bouger, c'est un peu ça aussi pour l'imaginaire. » « Murmuration » retrace la vie de Samuel Nart, un petit roux aux yeux verts qui découvre l'alphabet et les mots sur des boîtes de biscuits. Cette découverte tranche fortement avec la pauvreté langagière de sa famille. Il tombe amoureux des mots puis découvre la poésie à l'école. Il quittera sa famille pour se mettre à écrire avant de s'arrêter car il pense être incompris. Il reprendra la plume vingt ans plus tard. Invitée : Sylvie Germain est une écrivaine française contemporaine, née en 1954 à Châteauroux. Elle est connue pour ses œuvres littéraires qui explorent souvent des thèmes profonds tels que la mémoire, la spiritualité, et l'identité. Son premier roman, « Le Livre des Nuits » a été publié en 1984. Ses premières oeuvres sont considérées comme « telluriques ». Son dernier roman «Murmuration» est publié chez Albin Michel. Le numéro des Cahiers de l'Herne consacré à Sylvie Germain. Programmation musicale : L'artiste François and the Atlas Mountains en duo avec David Numwami, avec le titre Peaux Miroirs.

Dans son dernier essai, la philosophe Mazarine Pingeot s'interroge sur les dangers de l'Intelligence Artificielle : accusée de détruire les emplois et la création, peut-elle aussi mettre à mal le langage humain ? Depuis le début de la décennie, l'intelligence artificielle s'est immiscée dans notre quotidien et personne n'ignore ses pouvoirs sans forcément en prendre la mesure pour le monde qui vient. « C'est l'un des grands sujets, c'est majeur. L'IA est partout ». Mais avec cet essai, l'autrice qui n'est pas technophobe, ne tire pas à boulets rouges sur l'IA, mais appelle à la réflexion, à la vigilance. « Je me suis interrogée sur la production nouvelle de langage : à partir du moment où la machine est capable de parler comme l'homme le philosophe peut se poser quelques questions car parler est le propre de l'homme : si la machine parle comme l'humain, que lui reste-t-il ? » La philosophe met l'accent sur la production du langage et insiste sur le fait que ce langage produit par cette machine « sans corps, sans sensibilité » et pense la langue en fonction de ses lieux de production et qu'elle devient une langue marchande, qui ne parle pas, qui communique seulement, qu'il n'y a plus de sujet énonciateur. « Lorsqu'on parle, on s'adresse à quelqu'un, lorsqu'on écrit sur un réseau social, on ne parle à personne, on parle à un "mur". Le langage est désormais formaté par l'informatique, par le canal qui le diffuse ». Elle fait aussi remarquer que la machine ne produit pas de « silences » « Notre humanité est aussi à chercher du côté du vide et de nos manques ». Se pose alors la question de la vérité et de la démocratie : « Maintenant qu'elle produit du langage, la question est centrale: c'est le seul régime politique qui repose sur le langage, sur le débat et l'espace critique ». Invitée : Mazarine Pingeot, romancière et philosophe française née en 1974. Son dernier livre Inappropriable, ce que l'IA fait à l'humain, essai sur l'Intelligence Artificielle est paru aux éditions Flammarion. À écouter aussiEt si nos voix et l'IA nous aidaient à préserver nos langues? Programmation musicale : L'artiste Asfar Shamsi avec le titre 2006.

Le collectif 15 15 formé de deux Polynésiens de Tahiti et de trois Parisiens sort son album Marara, le 6 mars 2026. Marara. C'est le nom d'une île dans l'océan Pacifique, en Polynésie française. Le nom a été donné d'après une légende selon laquelle une île a été péchée par cinq feti'i qui, pour sauver leur famille de la famine, ont récolté des informations données par un coquillage qui leur a indiqué où pêcher pour avoir du poisson. Mais c'est aussi le nom d'un album, celui du groupe 15-15 qui a fait un peu plus de 15 000 km pour venir sur la « vava » internationale : une véritable invitation au voyage. L'album est écrit en trois langues : français, anglais et tahitien.« Malheureusement, beaucoup de gens à Tahiti ne parlent pas la langue tahitienne. On met en avant cet argot qu'on parle à Tahiti, un mélange de français, d'anglais et de tahitien ». Dans leur album, les musiciens ont également « capté » les sons de l'île et de les mélanger au synthé. Ils racontent dans leurs textes, les nombreuses légendes de l'île. Ils définissent leur musique comme des « chansons climatiques » : « le style de notre chanson va être dicté par nos humeurs ». Invités : Tsi Min Siu et Ennio Neagle : tous les deux sont membres du collectif 15 15. Ils sont tous les deux nés en Polynésie et viennent « des vagues ». Ce collectif existe depuis près de dix ans. Il est également composé de trois Parisiens. Programmation musicale : - Fāfaru - Poison - Afa (métissage, mélange) - Uta Marara (le chant du poisson volant).

Né en 2009, le langage FALC est une méthode d'écriture permettant à des personnes ayant des troubles de l'apprentissage de comprendre, comme tout un chacun, langages administratifs et programmes politiques pour être intégrés au mieux dans la société. « Facile à lire et à comprendre » ... ce n'est pas un slogan ! Mais une méthode ou une manière d'écrire pour permettre à chacun d'avoir accès à la lecture. Une façon simplifiée d'écrire Aujourd'hui, ce langage s'est ouvert aux personnes malvoyantes ou maîtrisant mal le français. Certains journaux, comme Le Monde, se mettent au FALC. Et on voit aussi apparaître des classiques de la littérature : Sartre, Molière ou Camus en FALC. Comment fonctionne ce langage ? On pourrait dire que le FALC est la variété du français la plus accessible, du point de vue de la lisibilité, de la perception du code mais aussi sur la compréhension sur le contenu, nous explique Sarah Neelsen. C'est une variété du français comme peut l'être le langage des jeunes ou le langage médical, une variété qui a ses propres règles, ajoute-t-elle. L'histoire du FALC remonterait à 2006 lorsque les Nations unies ont voté pour la Convention des droits des personnes handicapées, convention à laquelle la France a adhéré en 2010 « de même qu'on a réfléchi à l'accessibilité du bâti, on a pensé à l'accessibilité de la langue car celle-ci peut-être un obstacle pour l'intégration ». Avant cela, dans les années 80, le Royaume-Uni et l'Allemagne utilisaient le langage « clair » pour faciliter la compréhension des messages administratifs ou juridiques. Aujourd'hui, ce langage s'ouvre aussi aux projets cultuels et à la littérature. Il y a quatre ans, Cécile Arnoult a fondé la maison d'édition Kilema (qui veut dire « handicap ») qui adapte des livres en FALC. Maman d'une fille porteuse de trisomie 21, elle avait à cœur de faire lire des classiques de la littératures à son enfant. Le catalogue compte une trentaine de titres. Il existe un certain nombre de règles pour écrire en FALC, mais elles ne sont pas figées : espacement des caractères, mots et syntaxes simplifiés, présence de pictogrammes ou d'illustrations, favorisation de la forme passive. Cécile Arnoult parle de « traduction » et non d'adaptation ou de transposition « c'est un véritable exercice de traduction, pas une simplification ». Le texte est travaillé par des traducteurs puis relu par une personne porteuse de trisomie 21 pour s'assurer que c'est bien compréhensible. » Ces initiatives commencent à être soutenus par le CNL, notamment pour les créations. Invitées : Cécile Arnoult, éditrice, créatrice de Kilema, maison d'édition qui édite des livres en FALC. Sarah Neelsen, maitresse de conférences à la Sorbonne-Nouvelle en études germaniques mais aussi spécialisée sur les questions de handicap. Et la chronique « Ailleurs » nous emmène en Belgique avec Elisabeth Ayden de la Maison de la Francité qui nous présente le concours Belgique-Tunisie « Derrière le masque ». Un concours d'écriture ouvert aux Belges et aux Tunisiens, jusqu'au 20 mars 2026. Programmation musicale : L'artiste Gyslain.N avec le titre «Pays idéal».

« Haute-Folie », le nouveau roman d'Antoine Wauters, raconte l'histoire de Josef, un enfant devenu orphelin à trois ans et à qui on cache une bonne partie de son histoire. (Rediffusion) Dans cette fiction, l'auteur parle du silence, de ses ambivalences et de ses trous d'ombre. « Le silence secret de famille, le silence pesant, le silence habité et souhaitable. Le silence qui nous fait du tort et celui qui peut libérer », explique Antoine Wauters. L'histoire commence comme une tragédie. Le père de Josef se tue et sa mère assassine celui qu'elle considère comme responsable du suicide de son mari. Puis, elle se donne la mort, laissant le petit Josef, âgé de trois ans, orphelin. Toute la vie de Josef sera faite de fuites et de départs... avec une tentative de s'apaiser, de comprendre, de connaître son identité. Mais « Haute-Folie » est aussi un livre fait pour ne pas laisser gagner le silence, car les choses qui ne sont pas dites « finissent par nous tuer à petit feu ». Invité : Antoine Wauters, écrivain belge francophone, né le 15 janvier 1981. Il écrit de la poésie et des romans. Il se définit comme auteur « hybride ». En 2021, il publie Mahmoud ou la montée des eaux, entièrement écrit en vers libres et qui met en scène un vieux poète syrien en proie à la folie des hommes. En 2023, paraît Le plus court chemin, un texte très personnel où il revient sur son enfance dans la campagne wallonne. Son dernier roman Haute-folie, publié chez Gallimard, a remporté le prix Jean-Giono 2025. Programmation musicale : L'artiste Arthur Ely avec le titre Tous les matins du monde.

La Revue des oralités du monde n°5, consacrée à la transcription des textes de littérature orale vient d'être publiée. (Rediffusion du 7 janvier 2026) Par principe, il y a quelque chose d'éphémère dans la littérature orale de la variabilité, son essence, c'est le présent, s'agit-il donc de transmettre et de transcrire pour sauvegarder ? La parole étant immatérielle, dès lors qu'elle est prononcée, on ne peut plus la restituer. Comment alors retranscrire ces langues et leurs textes ? Toutes les langues sont-elles logées à la même enseigne ? Invités : - Ursula Baumgardt, professeure émérite en oralité et littérature africaine à l'Inalco et au Plidam. À lire aussi : Goggo Addi, une conteuse peule de Garoua - Aliou Mohamadou, professeur émérite de Linguistique peule à l'Inalco et au Plidam. Il a écrit l'article « Les sytèmes de transcription du peul et leurs applications », une question qui a traversé tout le XIXème siècle, puisque les premiers textes peuls datent des années 1850. Le peul n'avait pas de norme orthographique, la question était donc de les établir, mais comment établir des règles écrites, lorsqu'on parle d'une langue orale ? Tous les deux sont membres fondateurs de la Revue des oralités du monde, et de l'Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), une bibliothèque numérique des littératures africaines. Et, comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Et, pour cette nouvelle année, elle est toujours aussi déterminée mais, rassurez-vous, vous ne serez pas le dindon de la farce ! Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de la classe de CM2 de l'école Vulpian à Paris ! Programmation musicale : L'artiste VJ avec Sidiki Diabaté et leur titre Toi et moi.

L'auteur congolais Steve Aganze publie « Bahari-Bora », un premier roman aux éditions Récamier dans lequel il raconte l'histoire de Bahari-Bora, une jeune fille victime de la guerre. (Rediffusion du 16 septembre 2025) « Bahari-Bora » signifie « bel océan tranquille » en swahili. C'est aussi le nom de l'héroïne du premier roman de l'auteur congolais Steve Aganze, une jeune fille enlevée par un groupe armé et utilisée comme arme de guerre, battue et violée. Recueillie dans un hôpital après sa fuite, on lui apprend qu'elle est enceinte. Mais quel monde offrir à cet enfant ? Bahari-Bora: c'est la somme de toutes les femmes inspirantes, celles qui se sont battues malgré l'adversité Invité : Steve Aganze est né en 1999 à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il part vivre à Kinshasa en 2011, après avoir subi des années de guerre. En 2023, il figure parmi les finalistes du prix Voix d'Afrique. Programmation musicale : L'artiste Zaz avec le titre Sains et saufs, extrait de l'album éponyme à paraître le 19 septembre 2025.

Révélation masculine aux dernières Victoires de la Musique, Sam Sauvage, qui s'est fait connaître grâce à son titre « Les gens qui dansent », vient de sortir son premier album. (Rediffusion du 3 février 2026) En postant sur les réseaux sociaux « Les gens qui dansent », un morceau composé en 2020 et remis au goût du jour avec de nouveaux synthés, l'auteur-compositeur-interprète Sam Sauvage est rapidement devenu viral et s'est même distingué, cette année, en raflant le titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026. Son premier album Mesdames, Messieurs est composé de douze titres. Un conteur social Le jeune dandy de 25 ans, sapé en costume-cravate et à la voix grave, aime se définir comme « un conteur social » qui essaye d'écrire sur ce qu'il observe, ce qui l'entoure. J'aime me moquer des sujets, de l'état du monde mais pas des gens. Ses textes abordent les questions sociales : la guerre en Ukraine, le drame des morts en mer, les SDF du métro, les ruptures amoureuses, les langages de l'amour. Invité : le chanteur Sam Sauvage, de son vrai nom Hugo Brébion, né en 2000 dans le Pas-de-Calais, dans une famille passionnée de musique. Il compose ses premiers morceaux au lycée lorsqu'il rejoint le groupe Photomaton. (L'émision a été enregistrée le 3 février 2026, soit dix jours avant l'obtention de son titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026.) Programmation musicale : Sam Sauvage - Avis de tempête Sam Sauvage - Les gens qui dansent Sam Sauvage - J'suis pas bô Sam Sauvage - Boulogne Sam Sauvage - Un cri dans le métro

Dans son nouveau recueil « Paons », le poète haïtien James Noël rend hommage à ses ancêtres, à son pays et à sa culture, le tout en espérant le réveil d'un peuple actuellement meurtri par les circonstances politiques et l'omniprésence des gangs armés. Au petit matin, James Noëlest sorti du boispour faire entendreson piano à queue de paon.Sa parole de grand poèteest le jazz dont a besoinle réveil des Haïtiens Ces mots signés René Depestre, souvent considéré comme le « parrain » de la littérature haïtienne, ont inspiré James Noël dans l'écriture de son tout nouveau recueil de poésies « Paons ». Le paon, cet oiseau dont le mâle porte une longue queue ocellée qu'il parade pour séduire, se présente alors comme une image pertinente pour décrire l'ambivalence de la partie occidentale de l'île d'Hispaniola. Entre beautés et drames, entre amours et guerres, entre le coup de cœur du paon et le coup de feu du « pan ! ». Le paon, on le voit tel un oiseau qui impressionne, qui se la pète en même temps [...] mais on peut aussi imaginer cette merveille qui se trouve déplumée par les coups de feu. - James Noël Par ce titre métaphorique et ce recueil poétique, James Noël rend hommage à tous ces « paons » de la vie haïtienne qui enjolivent le quotidien d'Haïti mais qui sont également capables de pousser des appels aigus tels des cris de paon. Pour ceux qui voudraient vivre ses poèmes en musique, l'auteur haïtien se représente ce jeudi 19 février 2026, à 21 heures, à la Maison de la Poésie à Paris, aux côtés du musicien Arthur H, pour une lecture musicale de « Paons », ainsi que samedi 21 février 2026, à 18 heures, à la Gaîté Lyrique, dans le cadre du festival Effractions, aux côtés de l'artiste Nicolas Repac. Invité : James Noël, poète, romancier et acteur haïtien, qui écrit en français et en créole haïtien. Son nouveau recueil poétique « Paons » est d'ores et déjà disponible aux éditions Au Diable Vauvert. Programmation musicale : L'artiste canadienne d'origine haïtienne Mélissa Laveaux, qui sera prochainement l'invitée de De vive(s) voix et qui sort son nouvel album, le mois prochain (mars 2026), et son titre Salt water so sweet.

Une salle de classe, une prof, des ados : « Saigner des genoux » raconte quelques jours dans la vie d'adolescents dans un collège. « C'est plus difficile d'écrire sur les jeunes quand on est plus âgé car on a peur d'être ringard ou à côté de la plaque ». Pour écrire son spectacle, Igor Kovalsky, jeune metteur en scène a pris le temps de rencontrer collégiens et lycéens. Pour écrire cette pièce, il a puisé dans ses souvenirs mais il s'est également inspiré de l'actualité. Dès la première scène, le ton est donné : la prof de maths tente de s'immoler devant ses élèves. La pièce raconte l'histoire de Doum, un ado viré de ses collèges précedents qui arrive dans un nouvel établissement et qui essaye de trouver sa place dans cette nouvelle école. Il rencontre trois autres adolescents avec lesquel il va tisser des liens. Sur scène, les élèves rappent, ils dansent. Et tentent de se faire comprendre. Invités : - Igor Kovalsky, comédien. Il est metteur en scène de la pièce « Saigner des genoux ». Il a toujours eu le goût de l'écriture. Cette pièce a été écrite lors après sa formation au Cours Florent. - Denez Raoul, comédien qui joue dans la pièce. Ils ont tous les deux été formés au cours Florent. À voir au Théâtre du Chariot jusqu'au 1er mars 2026. Le Théâtre du Chariot est une petite salle située dans Paris et gérée par des comédiens. Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « être charrette ». Programmation musicale : L'artiste Charlotte Fever avec le titre « Tremble ».

Pour son premier roman, Raphaël Baud s'est inspiré de faits réels pour nous relater l'histoire méconnue de George Psalmanazar, un imposteur de génie du XVIIIè siècle qui parvint à berner tout le monde en se faisant passer pour un Japonais, allant même jusqu'à publier un traité sur l'île de Formose (aujourd'hui Taïwan) en y inventant une grammaire et des coutumes purement fictives. Petit, Raphaël Baud a inventé sa propre langue avec son frère. Et c'est justement cette passion pour la cryptophasie (la science des langages secrets parlés et/ou écrits par un petit nombre de personnes) qui a mené l'auteur français à s'intéresser au curieux personnage de George Psalmanazar. Mais Psalmanazar, d'origine française, lui, est allé encore plus loin que Baud : il n'a pas juste inventé une langue, il s'est inventé une vie. Une vie de « païen nippon » visitant la France et l'Europe au XVIIIè siècle. Un mensonge total qui a permis au prétendu Formosan d'origine japonaise de goûter aux luxes de la bourgeoisie de l'époque et notamment à ceux de la haute société britannique. Est-ce que l'invention, c'est du mensonge ? - Raphaël Baud Pour nous empreindre au maximum de cette histoire ô combien loufoque mais pourtant vraie, Raphaël Baud a décidé de jouer à fond la carte de l'imposture, allant même jusqu'à mentir sur sa propre vie dans le prologue. Et, pour encore plus de réalisme, l'écrivain haut-saônois s'est également efforcé à narrer son tout premier roman dans un style d'écriture proche de celui du XVIIIè siècle. Mais rassurez-vous, cet ouvrage entre fiction et réalité est tout à fait compréhensible pour un lecteur du XXIè siècle et nous raconte surtout une histoire vraie à dormir debout ! Invité : Raphaël Baud, auteur de Psalmanaazaar, paru aux éditions Les Belles Lettres. Programmation musicale : L'artiste Nina Uzan et son titre Charade.

Dans «Suzanne : une histoire du cirque», l'artiste Anna Tauber part sur les traces de Suzanne, une artiste circassienne qui exécutait un numéro de voltige dans les années 50. Que reste-t-il des arts du cirque, exigeants et éphémères, qui s'accomplissent dans l'instant et ne subsistent que dans les souvenirs ? C'est la question qui traverse Anna Tauber quand elle rencontre Suzanne en 2017. C'est grâce à sa grand-mère qu'Anna Tauber rencontre Suzanne M en 2017. Alors qu'elle fait des recherches que l'histoire du cirque, sa grand-mère lui parle de l'amie d'une voisine, une certaine Suzanne M ! Elle est alors âgée de 84 ans. Durant sept ans, Anna Tauber va enregistrer puis filmer leurs rencontres. Son récit bouleverse profondément Anna Tauber... car l'histoire de Suzanne révèle l'extraordinaire liberté offerte à Suzanne. À l'époque, les artistes circassiens n'étaient pas nécessairement issus de famille « de cirque », beaucoup venaient d'ailleurs et arrivaient « par hasard ». De 1948 à 1965, Suzanne a été voltigeuse. Elle et son mari Roger ont présenté un numéro de cadre aérien à travers le monde. Leur duo s'appelait Les Antinoüs. C'était alors un numéro très risqué, à douze mètres de hauteur, sans filet et sans longe. « La question du risque était alors au coeur du spectacle ». Seule en scène, Anna Tauber propose une enquête en forme de ciné-spectacle documentaire, sur les traces d'un numéro de voltige que Suzanne - aujourd'hui nonagénaire - performait dans les années 50. Elle transmet ainsi la mémoire d'une artiste et une histoire du cirque. Invité : Anna Tauber. Elle se définit comme une artiste « circassienne hors pistes ». À voir : Suzanne, une histoire du cirque à voir au 104 jusqu'au 21 février 2026 dans le cadre du festival Les Singulier·es Et la chronique Ailleurs nous emmène en Roumanie où l'Institut français de Bucarest se prépare à fêter le mois de la francophonie ! Programmation musicale : L'artiste PI JA MA avec le titre L'annonce.

Jacques Vincey adapte au théâtre l'essai philosophique de Cynthia Fleury. Qu'est-ce que le courage ? La société d'aujourd'hui manque-t-elle de courage ? Peut-on rallier courage politique et moral ? Tel était le propos de l'essai publié aux éditions Fayard, par la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury en 2010, et dans lequel elle imaginait un dialogue avec une philosophe. Une adaptation avec deux personnages: Nicole-Jeanne Bastide et une journaliste, Noëlle Blanc. Toutes deux vont s'affronter sur la définition et la notion de courage : une pièce mordante sur l'état du monde et la démocratie. De l'essai à la scène Cela faisait longtemps que Cynthia Fleury voulait mettre en scène son essai avec une mise en scène facile à dire et à monter qui puisse être jouée dans un théâtre, une école ou une prison. La philosophie, comme le théâtre sont deux disciplines nées dans la Grèce Antique et ont par conséquent beaucoup de points communs : «Le théâtre, c'est un lieu de pensée en acte, un lieu de la parole perfomative.» La pièce commence avec un monologue, le «double» de Cynthia Fleury qui a le sentiment d'être «gelée», découragée, épuisée face à l'adversité du monde. Elle tente de définir la ou les définitions du courage notamment cet héroïsme qui est de négocier au quotidien sans perdre son âme et d'affronter la montagne. Malgré le thème très sérieux, la pièce est ponctuée de touches d'humour et de dérision. Pour incarner ces deux personnages, plusieurs duos d'actrices parmi lesquelles Isabelle Adjani, Isabelle carré, Laure Calamy, Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin... Jacques Vincey, metteur en scène, explique la mise en scène des idées peut passer : Le choix de travailler avec plusieurs duos d'actrices déplace les attentes des spectateurs. Le public est confronté à ces deux femmes qui dialoguent avec un texte en main. La pensée s'ancre dans des sensibilités et des corps des formes d'engagement différents. Invités : la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury et le metteur en scène Jacques Vincey. À voir jusqu'au 8 mars 2026, au Théâtre de l'Atelier à Paris. Programmation musicale : L'artiste Yaël Naïm avec le titre « La fille pas cool ».

La Biblitohèque nationale de France (BnF) consacre en ce moment, depuis le 27 janvier 2026 et ce jusqu'au 5 avril 2026, une exposition à la célèbre chanteuse et parolière française Barbara, au sein de sa fameuse Galerie des Donateurs, nommée « Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public ». De son vivant, Barbara n'a jamais songé à archiver sa propre légende, compliquant ainsi la tâche à ceux qui auraient voulu retracer le parcours atypique, tantôt sulfureux, tantôt idyllique, de la compositrice de « L'Aigle noir ». Mais, grâce à ses admirateurs et notamment aux dons de l'association Barbara Perlimpinpin, la BnF a pu se procurer une centaine de documents faisant référence au lien tout particulier que l'autrice-compositrice entretenait avec ses fans. Photos, vidéos, partitions, costumes de scène, tenues de ville, notes, programmes, autographes, courriers... Tant d'items rares que les intéressés peuvent dès maintenant consulter à la BnF, afin d'analyser sa méthodologie de travail et de mieux comprendre les sentiments quasi-amoureux que Barbara éprouvait pour son public. Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous. Au fil de l'exposition, les visiteurs découvriront son rapport singulier à la scène, depuis ses débuts dans de modestes cabarets belges jusqu'à ses dernières apparitions publiques en 1993. À la BnF, la légende Barbara perdure, donc, le long d'un cheminement d'exposition intime, et pourrait se résumer en une seule phrase prononcée par la vedette elle-même sur la scène de Bobino en 1966 : « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ». Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie vous a à l'œil ! Invitée : Coline Arnaud, coordinatrice du développement des publics, département de la Musique, BnF. Programmation musicale : Barbara et ses titres « Dis, quand reviendras-tu ? », « Sid'amour à mort » et « Perlimpinpin ».

Dans un pays du Golfe arabo-persique : lui est venu seul, il est l'étranger. Elle, mène la révolte contre les hommes, le mariage, la religion. Dans ce pays où l'amour est interdit, ils tentent d'écrire une autre histoire. Invité : Hadrien Laroche. Auteur français. Son dernier roman « La mort clandestine » est paru aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste Perez avec le titre « Solo ».

À mi-chemin entre le rap et le théâtre, l'artiste Forbon N'Zakimuena nous raconte comment il a dû abandonner son vrai prénom, Zola jugé « pas assez français » par l'administration française lors de sa naturalisation. Forbon N'Zakimuena a reçu le prénom Zola-Forbon soit « Le bien aimant Forbon » en Lingala, l'une des langues parlées en République Démocratique du Congo. Il a grandi en région parisienne avec ce prénom ; un prénom issu de sa famille maternelle et transmis depuis plusieurs générations. À sa naissance, son père oublie d'apposer « Zola » sur l'acte de naissance. Peu importe, on ajoutera ce prénom lors de la naturalisation française. Alors âgé de 13 ans, il se retrouve en 2003 devant le Tribunal de Grande Instance pour tenter de rectifier cet oubli. Sauf que la récupération de son prénom entier lui est refusé : « pas assez français », lui dit-on. Dans ce one-man show, cet artiste de la parole, relate sans amertume ses rendez-vous avec la préfecture et l'administration françaises. Il raconte les déboires qu'il a rencontrés et l'humiliation subie. Invité : Forbon N'Zakimuena est musicien, et interprète pluridisciplinaire, né en 1990. Il se définit comme un artiste de la parole. Son spectacle « Zola… pas comme Emile » est en tournée. Et la chronique Ailleurs nous emmène au Mali. Ibrahima Aya, organisateur et co-directeur de la rentrée littéraire du Mali nous parle de cet évènement qui aura lieu du 10 au 14 février 2026. Le thème retenu cette année est « l'Afrique dans le monde de demain ». Programmation musicale : Les artistes Souad Massi et Gaël Faye avec le titre « D'ici, De là-bas ».

Le metteur en scène Aristide Tarnagda adapte le roman de Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt en 2021 pour « La plus secrète mémoire des hommes ». « Un putain de livre ! ». Voilà comment Aristide Tarnagda décrit le livre écrit par Mohamed Mbougar Sarr et couronné du Prix Goncourt en 2021. Un roman qui n'ai pas laissé indemne le metteur en scène et qui se prête bien au théâtre. Ce roman gigogne comporte plusieurs facettes. C'est à la fois une réflexion sur l'écriture, sur le désir d'écrire, mais c'est aussi sur l'histoire et les effets du colonialisme. Comment les livres sont-ils lus, selon leur auteur ? On y retrouve certains codes du roman policier car c'est l'histoire d'un écrivain qui se lance sur les traces d'un livre mythique et de son auteur qui a disparu... « C'est aussi un roman d'initiation », selon les mots de son auteur. « Une quête de l'autre et de la vérité », ajoute Aristide Tarnagda. Une adaptation qui n'a pas été facile à faire en raison de la densité et de la complexité du roman. Ce n'est pas la première fois qu'Aristide Tarnagda adapte Mohamed Mbougar Sarr puisqu'il avait déjà mis en scène le roman « Terre Ceinte » en 2021. Invité : Aristide Tarnagda, auteur, metteur en scène burkinabè. Directeur du festival bisannuel les Récréatrales à Ouagadougou. Il entame sa carrière en 2004 après ses études universitaires en sociologie. La plus secrète mémoire des hommes à voir à la MC 93 jusqu'au 8 février 2026. À lire: La Plus Secrète Mémoire des hommes, un roman de Mohamed Mbougar Sarr publié en 2021 aux éditions Philippe Rey. Programmation musicale : Le groupe centrafricain Boddhi Satva avec le titre Les gens changent.

Chaque année, le festival des langues classiques met à l'honneur le grec, le latin et le chinois. Cette année, les langues asiatiques sont mises à l'honneur. Si le grec et le latin se taillent la part du lion, les langues asiatiques s'invitent et parmi elles, le sanscrit et le coréen sont aussi décryptées. Comment les littératures classiques de l'Inde, de la Chine entretiennent-elles un dialogue vivant avec l'oralité ? Des récits fondateurs aux épopées transmises de génération en génération, la voix demeure au cœur de la mémoire et de la transmission. De quelle manière les formes orales façonnent-elles le texte, nourrissent la pensée et tissent un lien entre passé et présent ? Il serait réducteur d'affirmer que le sanscrit n'est qu'une langue érudite et sacrée ! Il y a 2000 ans d'histoire littéraire, scientifique. On y trouve des traités d'architecture, d'astronomie mais aussi des belles lettres, du théâtre, des romans ! Cette langue n'a jamais été une langue parlée en tant que telle. Cette langue s'est fait connaitre grâce au Mahabharata, le livre de Véda Vyasa, une grande épopée lyrique qui raconte la guerre des Bharata et qui a donné lieu à de grandes mises en scène de Jean-Claude Carrière ou Peter Brook. Ce texte ainsi que le Ramayana étaient destinés à distraire la cour royale. Ils vont connaître la postérité et avoir un impact majeur et vont influencer des auteurs tels que Salman Rushdie ou Thomas Mann. Quant à la langue coréenne, son histoire est très intéressante : son alphabet a été créé au XVè siècle. Environ 2/3 de son lexique provient de la langue chinoise classique : le hanmun. Le chinois classique était aussi une grande langue de lettrés et de traduction. Les concours de fonctionnaires devaient réciter ou psalmodier des textes classiques ou canoniques en langue classiques. Invités : - Yannick Bruneton, professeur des Universités, Paris Cité, anciennement Paris 7. Spécialiste d'histoire médiévale de la Corée, rattaché à l'École pratique des Hautes études. Auteur chez Armand Colin d'un manuel de chinois classique, mais il vient aussi de publier, en novembre 2025, aux Belles Lettres, dans la collection « Bibliothèque chinoise », les Poèmes du Dhyana de Hyangjok Sunim. C'est une anthologie de poèmes zen bouddhiques coréens anciens, commentés par un moine coréen contemporain - Iris Farkondeh, chargée de cours à l'Université Sorbonne nouvelle et docteure en Études indiennes. La huitième édition du Festival des langues classiques aura lieu à Versailles les 7 et 8 février 2026. Lucie Bouteloup ne nous fait jamais « faux bond » ! Comme chaque mercredi, elle décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moisnard des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste franco-brésilienne Gildaa avec le titre Utopiste.