De vive(s) voix

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission

RFI


    • Sep 30, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 28m AVG DURATION
    • 674 EPISODES


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    Les Zébrures : deux spectacles pour parler de l'intime

    Play Episode Listen Later Sep 30, 2026 29:00


    Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo.  Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ?  Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords. La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d'intimité à la scénographie.  Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. » Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle.  Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil.  Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode.  Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ».  Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ». Invités : - Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène.  Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027 - Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003 - Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète. Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi.    Programmation musicale :  Le duo suisse Saint Aube. 

    Zébrures : «Le silence des tabous» et «l'Enfant-soldat née musique» deux pièces sur les traumatismes

    Play Episode Listen Later Sep 29, 2026 28:59


    Deux spectacles sur les traumatismes de la guerre et de l'esclavage : « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo et « L'Enfant soldat née musique » de Zarina Khan.   Dans ces deux spectacles présentés au festival Les Zébrures à Limoges, il est question de musique.  Dans « L'Enfant-soldat née musique » de Zarina Khan, Soledad est une adolescente enrôlée de force dans la guerre en tant qu'enfant soldat, dans une métropole africaine. Elle a une capacité auditive particulière : « elle prend les bruits et la fureur du monde pour les orchestrer intérieurement, elle attrape les sonorités terrifiantes pour les transformer », nous raconte la metteuse en scène.  L'art lui permet ainsi de traverser les pires horreurs et la barbarie du monde.   La musique construite à partir du texte est écrite avec des sonorités et jouée en plusieurs langues parmi lesquelles le lingala, le kikongo, le swahili et le français.  L'histoire personnelle de la metteuse en scène lui a donné l'idée de cette pièce. En effet, née en Tunisie d'une mère russe orthodoxe et d'un père musulman, elle assiste à l'âge de 4 ans à la tentative de lapidation de sa mère. Zarina Kahn va ensuite enchaîner les exils à travers le monde. « C'est la poésie qui m'a permis de survivre. »  C'est sans doute dans cette enfance marquée par la violence et le déracinement qu'elle trouve la source de son inspiration. Aujourd'hui, on estime à près de 300.000 le nombre d'enfants soldats : « un drame intemporel. »   Il est également question de souffrance dans la pièce « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo. La pièce commence comme une pièce de Marivaux : avec une dispute de couple.  Vanessa et Kongo ne parviennent pas à avoir d'enfant. Elle est originaire des Caraïbes et fait des cauchemars récurrents ; lui est originaire du Congo-Brazzaville et va la convaincre d'aller interroger les ancêtres à Loango, un ancien port d'embarquement des esclaves situé à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Mais Vanessa est très sceptique quant au pouvoir des 'gris-gris' et de ce qu'elle appelle les amulettes et semble rejeter l'africanité qu'elle porte en elle. Ensemble, ils vont à la rencontre de Mama Nzinga « la voix, le chemin » celle qui va pousser à regarder à l'intérieur de soi. Elle va donc les remettre en connexion avec les ancêtres jusqu'à les faire voyager dans le temps... dans la cale d'un bateau négrier... Un voyage initiatique sur les traces de leurs racines.  Pour écrire cette pièce, Ulrich N'Toyo a collecté sa matière sur le terrain en Guyane, en Martinique, en Guiné-Bissau, en Guadeloupe. Le spectacle est rythmé par les sons de la rumba congolaise et le Grand Kallé. Un choix que l'auteur justifie : « quand on veut raconter l'esclavage, cela passe par la rumba ». Pour lui, il faut raconter et écrire et cela implique de fouiller les petits récits pour interroger la grande Histoire : « Revêtir le manteau des souvenirs. » À lire chez l'Harmattan : Le silence des tabous de Ulrich N'Toyo. Invités : Zarina Khan, philosophe, autrice, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne française, née à Tunis. Formée notamment auprès de Peter Brook, Ingmar Bergman, Andréas Voutsinas et Philippe Adrien, elle fonde en 1984 la Compagnie Zarina Khan, avec laquelle elle développe une œuvre où le théâtre devient un espace de création, de transmission et de dialogue entre les cultures. Depuis plus de quarante ans, son travail est étroitement lié à la défense des droits humains et des droits de l'enfant. En 2005, sa candidature est proposée pour le Prix Nobel de la Paix.  Ulrich N'Toyo est un comédien, conteur, marionnettiste et metteur en scène ; originaire du Congo-Brazzaville. Il découvre le théâtre dès l'enfance à Brazzaville et se forme auprès de plusieurs figures majeures de la scène congolaise, parmi lesquelles Dieudonné Niangouna, Julien Bissila et Abdon Fortuné Koumbha. En 2007, il s'installe en France où il poursuit un parcours artistique partagé entre l'Afrique et l'Europe. Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie.  Programmation musicale :  L'artiste Grand Kallé avec le titre Parafifi. 

    Les Zébrures 2026 : Hermine Yollo, lauréate du Prix RFI Théâtre 2026 pour Ima Maryam

    Play Episode Listen Later Sep 28, 2026 29:00


    Cette année, c'est la Camerounaise Hermine Yollo qui remporte le prix RFI Théâtre pour la pièce Ima Maryam : le jugement de Marie. Le prix lui a été remis dimanche soir (27 septembre 2026) à Limoges.   Depuis le 23 septembre, le festival les Zébrures met à l'honneur des jeunes auteurs dans la capitale limousine et propose spectacles, lectures et concerts pour faire vivre la francophonie sous toutes ses formes.  Hassane Kassi Kouyaté, auteur, metteur en scène et directeur du festival les Zébrures vient de signer un éditorial pour résister à « l'asphyxie du théâtre ». "Le Théâtre est un lieu de résistance, il faut oser" Selon lui, l'art et la culture sont les seuls moyens de sauver nos âmes et notre libre arbitre.  « “Refuser l'isolement”, c'est d'ailleurs l'un des slogans de cette édition, face au repli identitaire. Le directeur du festival évoque des problèmes financiers, mais aussi des problèmes de visas non accordés à certains artistes venus d'ailleurs. “C'est très surprenant que ces visas leur soient refusés alors que ce sont ces artistes qui font le pont entre la France et le reste du monde. Certains visas ont été refusés pour des raisons fallacieuses.” » « Pour cette édition 2026, Hassane Kassi Kouyaté va mettre en lecture les textes de nombreux jeunes auteurs dans le spectacle Un infime bruit du monde. Les auteurs ont dû écrire entre une et trois pages à partir de ce texte. Parmi ces artistes, Patherson, slameur et poète sénégalais est en résidence d'écriture à Limoges. Il tente de créer des ponts entre slam et écritures dramaturgiques. Il souhaite rendre la poésie plus accessible et la manière de la déclamer « moins élitiste. » Il travaille sur un texte où il part des traditions orales africaines pour les enrichir d'éléments issus de l'écriture théâtrale. Au Cameroun, le slam est également très important tout comme les écritures dramaturgiques, « beaucoup de gens écrivent, il y a une grande dynamique mais il manque des vitrines pour l'autrice », nous raconte Hermine Yollo qui, elle, vient de remporter le Prix RFI Théâtre pour sa pièce Ima Maryam : le jugement de Marie., une histoire percutante autour du personnage de la Vierge Marie. Hermine Yollo, née à Douala, au Cameroun dans une famille de comédiens est autrice, metteuse en scène... ou plutôt « metteuse en mots » comme elle aime se décrire: « Je mets en scène les mots, comme je mets en scène une pièce de théâtre », précise-t-elle. Elle est également traductrice de formation, directrice de la compagnie NGOTI, une compagnie camerounaise de théâtre professionnel.   Beaucoup de femmes écrivent mais elles écrivent dans leur chambre... nous travaillons à encourager les femmes à sortir de leur chambre.    Avec Ima Maryam : le jugement de Marie, elle entend questionner des sujets tabous et déboulonner certains dogmes religieux.   En effet, elle donne la parole voix à Marie, la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. « Pour moi c'était important d'entendre cette voix là ! C'est aussi ça le théâtre : mettre de la fiction, mais en allant plus loin que la fiction ». Celle qui a inspiré, c'est Maryam qui lui est venue par le rêve, celle qui a inspiré la Vierge Marie et qui n'a pas du tout la même histoire qu'on raconte sur la Vierge Marie. Elle dit « non, je ne suis pas celle que vous croyez.. .» En lisant plusieurs passages de la Bible et en cherchant dans d'autres documents, l'autrice est persuadée que ce personnage a été victime d'un viol.  Le texte a été mis en lecture à Limoges par Aurélie Van Den Daele, directrice du Théâtre de l'Union qui qualifie ce texte d' « atypique et de féministe qui nous ramène à des choses qu'on oublie. C'est très courageux car c'est un pavé dans la mare. » Programmation musicale :  L'artiste Jacques Surette avec le titre « Hallo ma belle ».  On peut également entendre le texte « Guérison » de Patherson.

    Antoine Volodine : onze livres publiés simultanément pour quitter la scène littéraire

    Play Episode Listen Later Sep 24, 2026 28:59


    Il a choisi de se retirer. En cette rentrée littéraire, l'auteur Antoine Volodine publie au même moment, sous le nom du collectif Infernus Iohannes, onze livres chez onze éditeurs différents.  Antoine Volodine a initié le mouvement littéraire du « post-exotisme » au mitan des années 1990, car il estimait que ses écrits ne pouvaient se ranger dans aucune catégorie littéraire existante. Il a lui-même défini ce courant « Une littérature de l'ailleurs, venue d'ailleurs, allant vers l'ailleurs » ou « Une littérature étrangère écrite en français ». Ou encore « l'exotisme qui part d'un regard de la métropole vers l'extérieur, le cœur est à l'extérieur et regarde la métropole ».  Il a développé son œuvre sous de nombreux pseudonymes ou -hétéronymes- parmi lesquels Manuela Draeger, Elli Kronauer, Lutz Bassmann ou Infernus Iohannes. Avec ces onze livres publiés fin août, l'auteur et ses doubles entendent mettre un point final à une carrière littéraire.  «J'aime beaucoup le nombre onze », explique-t-il. Pour les dix premiers volumes, les textes sont tirés de 343 brochures jamais publiées, avec des textes, des dictons mais aussi des rubriques régulières inspirées par le bouddhisme et particulièrement par le Bardo Thödol, qui évoque la « non-vie » cette période qui se situe entre la vie et la mort... Le onzième volume « Retour au goudron. Dernière livraison » est constitué par sept dernières brochures inspirées par Macau, et qui se termine par ces trois mots « Je me tais ». L'ensemble de ces livres est pessimiste mais toujours traversé par l'humour à l'image du titre de son livre Mémoire, mode d'effroi. Antoine Volodine insiste sur le fait qu'il n'y a pas de mode d'emploi pour lire ces livres, que l'auteur décrit comme une « performance ». Il ne recommande donc pas de commencer par l'un des livres plutôt qu'un autre « on peut piocher ce qu'on veut pour commencer la lecture de l'ensemble. Ils ne sont pas écrits pour être lus les uns à la suite des autres ». Tous les styles de la littérature y sont représentés, il y a même un CV qui énumère des faits, des « brèves de dortoir ». Il n'y a donc ni de style, ni de forme unique; ni de personnage, ni de narrateur commun.   « Écrire toujours avec la même forme, c'est très ennuyeux, je voulais explorer des formes différentes pour faire surgir des images devant les lecteurs et lectrices. » Invité : Antoine Volodine. Écrivain français né en 1950. Après des études de lettres, il a enseigné le russe avant de se mettre à l'écriture dans les années 80, en publiant tout d'abord de la science-fiction aux éditions Denoël.  Il imagine dès 1995 le « post-exotisme » : un style que certains ont décrit comme étant proche de la science-fiction.  Il publie en cette rentrée littéraire ces onze livres chez onze éditeurs différents.  « Bardo solo », aux éditions Actes Sud.  « Chagrins » aux éditions de Minuit. Extrait.  « Défections et Cie » aux éditions Rivages « La Grande Misère » aux éditions de L'Olivier « Malaise chez les plongeuses » aux éditions de La Volte « Les Meilleurs d'entre nous » aux éditions du Seuil « Mémoire, mode d'effroi »  éditions Robert Laffont « Pavillons » « Retour au goudron. Dernière livraison » aux éditions La Marelle « Survies minuscules », aux éditions du Sous-sol « Ultimes sursauts », aux éditions La Fabrique « Zone crypte, zone miroir »aux éditions Verdier.   À visiter également : le site Retour au goudron  Programmation musicale :  L'artiste Bernard Lavilliers avec le titre « Coriace ». 

    Boubacar Ndiaye, conteur, griot sénégalais et tisseur de liens

    Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 29:00


    Le griot Boubacar Ndiaye présentera à l'INALCO son spectacle « De bouche à oreilles » : des contes en wolof hérités de ses deux mères et de sa grand-mère.  « Raconter, c'est rencontrer » : peut-il y avoir plus beau commencement ? Boubacar Ndiaye est conteur, fils, petit fils de griot. Il parcourt le monde avec ses histoires et se définit aussi comme « tisseur de liens ». En effet, pour lui, la parole sert à relier l'homme à ses semblables et au monde. Né dans une famille de griots, dans une ville de griots, il transmet comme un gardien de la mémoire.  On ne devient pas griot. On nait griot   Dans sa famille, les femmes ont joué un grand rôle : ses deux mères, ses grands-mères, les femmes de chez lui : il en a fait un spectacle Femme mon école dans lequel il raconte cette transmission féminine : « la femme allaite, la femme nourrit, elle porte, c'est une parole qui soigne et nourrit, sa parole fait parler tout le corps. »   Pour Boubacar Ndiaye, la parole passe d'une bouche à l'autre, elle est « habillée de nos couleurs et de ce que nous sommes, de ce que vous voulons dire aux autres. » Pour lui, il s'agit de transmettre, raconter une histoire pour « élever » au lieu de « diminuer ». Dans ses contes, s'invitent la nature : la flore et la faune.  Il transmet essentiellement en wolof, sa langue maternelle « une langue puissante qui considère toutes choses visibles » mais aussi en français : « dès qu'on rencontre une autre langue, on les habille d'autres couleurs ».    Invité : Boubacar Ndiaye. Griot du Sénégal, il allie tradition et modernité pour en faire une seule voix. Dans sa langue maternelle, le wolof, il transmet les contes, devinettes et proverbes légués par sa grand-mère et ses deux mères. Son spectacle : De bouche à oreilles : les couleurs de la langue sera joué à l'INALCO lundi 28 septembre 2026.  Il a également ouvert une école de conteur dans la région de Thiès au Sénégal.  Son association « Le puits à paroles ». La 14ème édition du Festiparoles aura lieu du 12 au 18 avril 2027 et aura pour thème « Tressons nos paroles ». La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Et promis, il n'est pas question de « vouer aux gémonies » ceux qui ne connaissent pas l'expression du jour ! Avec Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions Le Robert.  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Jain & Meryl - FAM. 

    «Rien n'est su» : Audrey Bonnet adapte le texte de Sabine Garrigues sur la tragédie du Bataclan

    Play Episode Listen Later Sep 22, 2026 28:59


    Le 13 novembre 2015, trois hommes ouvrent le feu dans la salle de spectacle du Bataclan et tuent 91 personnes parmi lesquelles Suzon Garrigues, 21 ans. Sa mère, Sabine, a écrit un livre publié en 2023 et mis en scène aujourd'hui par Audrey Bonnet.  « Rien n'est su » est le témoignage d'un jour d'assassinat: les heures, les jours et les mois qui ont suivi ce jour.  C'est un témoignage écrit comme un long poème en vers libres : en 36 chapitres, 36 strophes.  La comédienne Audrey Bonnet le met en scène à la MC 93. Elle découvre le livre de Sabine Garrigues grâce à Pascal Rambert, metteur en scène, avec qui elle travaille.   Il a été mis une première fois en lecture à Théâtre Ouvert. Pour Audrey Bonnet, il y avait une nécessité de le transmettre « J'avais envie de l'entendre dans toutes les langues, dans toutes les générations. » La pièce est confiée à de jeunes comédiens pour créer un « c(h)oeur » vibrant.    Invitées : Sabine Garrigues, autrice de Rien n'est su publié aux éditions du Tripode et Audrey Bonnet, comédienne et metteuse en scène. Elle a joué dans une cinquantaine de pièces. Elle met en scène « Rien n'est su » à voir à la MC 93 jusqu'au 3 octobre 2026.    Programmation musicale :  L'artiste Grand Corps malade en duo avec le rappeur SDM pour le titre «Traces».

    Cécile Alduy: des mots aux personnes, l'épuration linguistique aux États-Unis

    Play Episode Listen Later Sep 21, 2026 29:01


    « Crise climatique » « handicap » « diversité » « LGBT » « racisme », environ 250 mots ont été bannis des documents administratifs et des sites gouvernementaux aux États-Unis depuis janvier 2025. Comment cette guerre culturelle et linguistique laisse désormais place à une guerre concrète contre les individus ? La même chose pourrait-elle arriver en France ?  Cécile Alduy vit aux États-Unis depuis vingt ans et elle observe depuis janvier 2025 le sentiment de peur qui étreint toute la population devant un État répressif « jusque dans la manière dont on a le droit de parler ou de chercher », explique-t-elle.  « On interdit de faire de la recherche sur un certain nombre de sujets ».  Une véritable police du langage s'est mise en place et les Universités sont devenues « l'ennemie publique N°1 ». Et pour cause, le langage y est utilisé pour penser, pour débattre.  Le régime Trump utilise la langue comme une arme de destruction : on efface la langue et les mots « comme un nouvel ordre du langage ».  Au fil de son enquête, Cécile Alduy a recensé près de 400 mots interdits. Une liste tentaculaire.  Des mots comme « gender » ont été retirés des textes fédéraux. Ce qui est visé, au fond, c'est tout ce qui n'est pas « pensée MAGA ». Ce ne sont pas seulement des mots qui disparaissent, mais les gens qu'ils désignent : une véritable purification lexicale. Pour Cécile Alduy, supprimer ce vocabulaire, c'est attaquer des droits concrets : « si on élimine le mot “transgenre”, cela veut dire qu'on ne peut plus renouveler son passeport, on n'existe plus socialement. Ce sont des attaques réelles. On nettoie de l'espace public la visibilité de beaucoup de gens. » Selon la chercheuse, une menace comparable pèse aujourd'hui sur la France : « on commence à être sous emprise, on commence à s'autocensurer ». Elle propose de faire de ces mots interdits des « mots‑étendards »: « si ces mots sont interdits, c'est qu'ils ont du pouvoir. Il faut les utiliser, même un mot comme “fœtus” : sans ce mot, pas de droit à l'avortement. Il faut une langue qui nous aide à penser plus. » Invitée : Cécile Alduy, professeur de littérature à l'Université de Stanford. Chercheuse associée au CEVIPOF à Paris. Son essai D'abord, ils sont venus chercher les mots est paru aux éditions des Arènes. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé pour parler de la saison 10 du festival « Rendez-vous international du rire à Lomé » et c'est Valentin Vieyra, artiste humoriste - formateur en techniques d'écriture humoristique et en gestion scénique et directeur de ce festival qui nous en parle !  Programmation musicale :  L'artiste BEN Plg avec le titre Histoire sans fin.

    Adèle Haenel pour «Viser juste», un premier roman sur la reconstruction

    Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 29:00


    Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d'un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l'art.  Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni. Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction.  Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène.  « Viser juste » est publié aux éditions de l'Arche.     Programmation musicale :  Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ». 

    L'art de la chute : six jeunes auteur-ices s'emparent des codes du stand-up

    Play Episode Listen Later Sep 16, 2026 29:00


    « L'art de la chute » est une mise en voix qui réunit sept auteurices sur scène. Tour à tour, ils livrent un récit à la première personne où s'entremêlent joyeusement vécu et fiction, poésie et politique. Quand écrire devient aussi l'art de tenir sur ses jambes. Tantôt drôles, absurdes, inquiets, tendres, et toujours percutants, les textes qui composent L'Art de la chute font résonner des voix singulières pour transformer l'espace théâtral en lieu d'affirmation et de réinvention de soi.  Les thèmes abordés sont les violences économiques et sexuelles, la transidentité, le racisme systémique, les troubles psychiques.  Ainsi, Pierre Koestel, écrivain de théâtre et dramaturge, endosse le rôle de maître de cérémonie et imagine plusieurs façons de faire vibrer les textes du collectif. « Avec le stand-up, on tend vers le comique, pourtant c'est une technique d'écriture assez rigide ! Il y a des règles de musicalité de la langue. » Il utilise la chute comme fil conducteur. C'est un art qui peut paraître minoré, et pourtant c'est très politique. « Une vanne, ça se construit, ça doit être saillant. Il faut parfois réécrire la punchline jusqu'à ce qu'elle fasse mouche ! » Marie de Dinechin est comédienne et autrice. Elle axe son travail autour de la bipolarité. Elle même atteinte de ce trouble psychique, elle joue avec les codes de l'autofiction. Son écriture est tournée vers le public pour tenter de lui raconter cette maladie, avec beaucoup d'humour et de joie. Invités : Pierre Koestel et Marie de Dinechin.   La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous met dans « de beaux draps » avec Benjamin Rouxe, lexicographe aux éditions Le Robert.  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Eddy de Pretto avec le titre « Sous influence ». 

    La chanteuse Camille pour son nouvel album «The Sound of Milk»

    Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 29:00


    Neuf ans après Ouï, Camille sort un nouvel album The Sound of Milk, un disque enregistré sur plus de 15 ans autour de la maternité, de l'enfance et de l'adolescence, et des chansons qui grandissent en même temps.  Il aura fallu près de quinze ans à Camille pour composer ce nouvel album. Pensé comme un triptyque, il se déploie comme un véritable hommage à la maternité. Tout commence avec le titre « The Sound of Milk », choisi en anglais parce qu'elle redoutait la polysémie du mot « lait » en français. « C'est aussi la douceur du son milk qui m'a décidée », confie-t-elle. Articulé en trois volets — naissance, enfance, adolescence — l'album est une suite de récits intimes. Camille a attendu que ses enfants grandissent avant de poser un regard distancié sur la maternité et sur eux. Elle y célèbre la joie, comme force vitale dans une époque troublée « Dans cet état d'anxiété, on peut rester tendre. J'aime croire qu'une chanson pourrait avoir la possibilité de sauver le monde. » Pour écrire ses textes, elle puise parfois dans un mot d'enfant, une onomatopée, une phrase lâchée au hasard. Elle se dit « plus sensible aux sons qu'aux images » et évoque « une montée en sons à partir de mots simples », comme si le langage se réinventait à hauteur d'enfant. Camille est une chanteuse, auteure-compositrice et musicienne française reconnue pour son univers singulier, mêlant pop expérimentale, chanson française et recherches vocales contemporaines. Révélée au début des années 2000, notamment avec l'album Le Fil, elle s'est imposée par sa façon de traiter la voix comme un véritable instrument, en jouant sur les textures, les boucles et les percussions vocales. Parmi ses titres marquants, on peut citer « Ta douleur », « Au Port », « Pale Yellow » ou encore « Je ne mâche pas mes mots ».  Au fil de sa carrière, elle a exploré des univers variés à travers des albums comme Le Sac des filles, Music Hole ou Ilo Veyou, où l'on trouve des chansons telles que « Paris », « Gospel With No Lord » ou « L'Étourderie ». Elle a aussi participé à des projets collectifs et à des bandes originales,  théâtre et performance vocale.  Invitée : la chanteuse Camille. Son album triptyque « The sound of milk » sortira le 18 septembre 2026.   Programmation musicale :  - Comptine extraite du volet 1 Naissance - La terre du volet 2 Enfance - Monsieur Garçon du volet 3 Adolescence - GTB du volet 3 Adolescence.

    Théâtre : Dans «Casting Lear», Andrea Jimenez réinvente le Roi Lear chaque soir

    Play Episode Listen Later Sep 14, 2026 28:59


    Chaque soir, la metteuse en scène Andrea Jiménez invite un nouvel acteur à monter sur scène pour endosser le rôle du Roi Lear… mais sans aucune répétition préalable et sans avoir appris le texte : un véritable saut dans le vide ! Le comédien est uniquement guidé par la metteuse en scène en direct… à l'aide d'un acteur souffleur.  Mathieu Amalric, Nicolas Bouchaud, Pascal Gregory, Arthur Nauziciel, Laurent Pointrenaux, Pascal Reneric et Dorcy Rugmaba, Marcel Bozonnet : un casting de luxe avec des acteurs majeurs du théâtre et très célèbres qui acceptent de se jeter dans le vide pour jouer le Roi Lear ! le spectateur ne sait pas à l'avance quel comédien jouera le vieux roi shakespearien « c'est pour créer cet effet de surprise de l'irrépétible, de l'unique », explique Andrea Jimenez. « Les comédiens eux-mêmes acceptent pour ce désir d'être toujours surpris, de faire face à quelque chose de nouveau. »  « C'est même plus qu'une expérience, c'est un voyage. », précise Marcel Bozonnet.  Sur scène, Andrea Jimenez joue le rôle de Cordélia, la fille de Lear, et il y a un acteur qui souffle le texte à l'acteur qui joue Lear avec une oreillette... Cet acteur ne sait rien du texte... La metteuse en scène a appliqué ce dispositif 135 fois avec 135 acteurs différents et notamment au festival d'Avignon.  Le Roi Lear, tragédie de Shakespeare, a été écrite entre 1603 et 1606. La pièce raconte l'histoire d'un vieux roi qui décide de partager son royaume entre ses trois filles en échange de déclarations d'amour. Trompé par les flatteries de Goneril et Regan, il déshérite Cordélia, la seule sincère. Les deux aînées, une fois au pouvoir, l'humilient et le chassent, tandis qu'un complot parallèle oppose le duc de Gloucester à son fils légitime Edgar, trahi par l'ambitieux Edmund. Lear sombre alors progressivement dans la folie en découvrant la trahison de ses deux filles et la fragilité du pouvoir. Cordélia revient avec une armée pour le sauver, mais la défaite, les exécutions et les meurtres se succèdent, aboutissant à la mort de Cordélia et de Lear, et à une fin profondément tragique qui interroge la justice humaine et divine...  Avec cette pièce, la metteuse en scène Andrea Jimenez entend faire le lien entre son histoire personnelle et celle contée par William Shakespeare : ainsi que le Roi Lear a répudié Cordélia, la metteuse en scène a elle-même été répudiée par son père... Invités :  Andrea Jiménez, autrice et metteuse en scène de Casting Lear et Marcel Bozonnet, l'un des comédiens qui joue le rôle du Roi Lear.    Andrea Jiménez est metteuse en scène, interprète, auteure et productrice espagnole. Marcel Bozonnet est un acteur, metteur en scène et pédagogue français né à Semur-en-Auxois, le 18 mai 1944. Ancien directeur du Conservatoire national, ancien administrateur de la Comédie française, il a joué des dizaines de rôles sur toutes les scènes d'Europe avec les plus grands metteurs en scène. Il joue le rôle du Roi Lear.  Casting Lear, d'après Le Roi Lear, de William Shakespeare : à voir au Théâtre de la Ville, aux Abbesses jusqu'au 18 septembre 2026. Et la chronique Ailleurs au Canada avec Sherry Simon, professeure émérite de l'Université Concordia. Elle participe à une conférence consacrée aux Langues minorisées, pour fêter les 30 ans de la Déclaration universelle des droits linguistiques qui aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à l'Université Concordia Montréal.  Programmation musicale :  Le groupe Java et Winston « Macanuf » avec le titre En fait. 

    «C'était ça ou mourir» de Thélyson Orélien : journal de bord d'un Haïtien sur les routes de l'exil

    Play Episode Listen Later Sep 10, 2026 29:00


    Jonas voit son quartier de Port-au-Prince s'embraser. Il quitte Haïti, pour fuir vers le Canada en emportant quelques objets dans un sac plastique. Un périple à travers les Amériques commence alors, où les dangers se mêlent aux élans de solidarité.  Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.  Lorsque Jonas, professeur d'histoire et poète fuit Haïti, ce n'est pas pour devenir riche mais pour vivre, pour fuir la vie dans un « pays mort » aux mains des gangs. Il emporte dans un sac plastique Carrefour, la photo de sa mère, une brosse à dents, un savon et un recueil de poèmes de René Depestre à qui il rend hommage en écrivant ce roman, un modèle pour l'auteur « un refuge en papier, un abri pour mes pensées », écrit-il. Il connait les épreuves mais aussi des choses joyeuses d'ailleurs le héros rit beaucoup dans le livre : un rire pour tenir, « je ris pour ne pas tomber », fait-il dire à Jonas.  Thélyson Orélien met la langue au cœur du roman : lorsque Jonas parle, il parle en créole, c'était essentiel pour l'auteur.  Il y a beaucoup d'étapes dans ce périple terrible et plein de mots car le personnage est d'abord un fuyard, puis un migrant, puis un clandestin, puis un dossier quand il demande l'asile... Chaque étape lui demande de rester debout.  Ce roman n'est pas à proprement parler autobiographique même si l'auteur a certains points communs avec son héros qui a aussi connu le rejet et la violence administrative. L'auteur se dit, avec ce roman, « engagé mais pas militant ».  Invité : Thélyson Orélien. Son roman C'était ça ou mourir est publié aux éditions Grasset.    Né aux Gonaïves en Haïti en 1988, Thélyson Orélien quitte son pays en 2010 après le terrible séisme qui a touché le pays et s'installe au Québec où il vit toujours.  C'était ça ou mourir a été publié en 2026 aux Éditions du Boréal, une maison d'édition canadienne, basée à Montréal, qui publie en langue française de la littérature générale. Le succès a été tel qu'il a été publié chez Grasset en cette rentrée littéraire. Une trentaine de traductions sont déjà en cours.  L'ouvrage fait partie des premières sélections des prix Goncourt 2026, prix Décembre 2026, Prix Renaudot 2026 et prix Femina 2026.  Thélyson Orélien sera présent pour une rencontre, au festival littéraire Maillage au Palais de la Porte Dorée le 27 septembre 2026.  Programmation musicale : La chanteuse Alma Rechtman avec le titre « Papa la maison s'effondre ».

    «Nadja», un siècle plus tard : Léona Delcourt, André Breton et une correspondance surréaliste

    Play Episode Listen Later Sep 9, 2026 28:59


    Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France.  André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924). Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans.   Invité : ​​Alban Cerisier, historien, archiviste.  À lire :  Nadja d'André Breton, 1928.  Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner À voir :  Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre.  La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ?  La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais». 

    «Le mouvement» de Douce Dibondo : un premier roman coup de poing et radical

    Play Episode Listen Later Sep 8, 2026 28:59


    Dans son premier roman, l'autrice, essayiste, poète Douce Dibondo imagine un groupe de jeunes femmes qui passent à l'action et se rêvent révolutionnaires pour imaginer un monde nouveau...   Douce Dibondo ne cache pas ses engagements militants : queer, décolonial, anti-raciste et pour un monde meilleur ! Elle milite également pour les droits des enfants, des femmes, des personnes LGBTQIA+, pour qu'iels aient le choix de leur propre autonomie. Elle milite pour un monde plus juste et «veut ouvrir les utopies».  Avec le Mouvement, l'autrice a voulu témoigner de ce qu'elle vit ou a vécu dans sa propre vie, et dénonce ce qu'on appelle la kyriarchie : les amas d'oppressions (patriarcat, homophobie, racisme) qui s'entrecroisent... mais toujours avec ce désir de remonter vers quelque chose de salvateur « quand on est allé puiser les émotions les plus négatives ». Une manière de transformer la rage en force politique et poétique. « J'ai fait de la colère, de la vengeance et de toutes les émotions dites négatives un chemin à reconquérir »   Dans son roman, elle utilise le pronom inclusif « iel » comme un choix politique, mettre à l'action ce militantisme à travers leurs arts. Mais le militantisme se lit aussi dans la ponctuation : pas de majuscule après les points, les phrases s'enchainent, frénétiquement. Le mot « France » est écrit sans majuscule, mais les mots « Aimer » et « Conscience » en ont toujours une : un véritable choix politique assène Douce Dibondo.  Invitée : Douce Dibondo, écrivaine, autrice, essayiste et ancienne journaliste. Son roman Le Mouvement est publié aux éditions Rivages.   Programmation musicale : La chanteuse Auren avec le titre « Coup droit ». 

    «Le poisson-scorpion», Samuel Labarthe est Nicolas Bouvier

    Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 29:00


    Sous les traits de Samuel Labarthe revient Nicolas Bouvier ! Après nous avoir entraînés à travers les Balkans, l'Afghanistan et l'Inde, l'écrivain-voyageur fait halte à Ceylan.  Quand Nicolas Bouvier arrive à Ceylan (actuel Sri Lanka) en 1955, il tombe malade. Cloué dans sa chambre, il délaisse la présence humaine pour s'entourer d'insectes étranges et de rêves hallucinés... Il édite le récit Poisson-scorpion vingt-cinq ans après avoir vécu ce voyage immobile.  C'est la deuxième fois que le comédien Samuel Labarthe interprète Nicolas Bouvier, après L'usage du monde, une pièce qui a été jouée plus de 200 fois. Le comédien a « un coup de foudre » pour cet auteur qu'il a découvert « un vrai choc émotionnel et artistique » nous explique-t-il, avec cette façon de « remplir les moments d'extase avec les mots ».  Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain, voyageur, photographe et iconographe suisse. Passionné très tôt par la géographie et les langues, il entreprend dans les années 1950 de longs voyages qui nourriront son œuvre. Son parcours le mène notamment de Genève aux confins de l'Asie, en passant par la Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan et le Japon, dont il devient un fin connaisseur. Son livre le plus célèbre, L'usage du monde (1963), récit de son voyage en voiture avec le peintre Thierry Vernet jusqu'en Afghanistan, est devenu un classique de la littérature de voyage. Il écrit ensuite ​​​​​​​Chronique japonaise, ​​​​​​​Le poisson-scorpion ou encore Journal d'Aran et d'autres lieux, qui prolongent sa réflexion sur le voyage, l'altérité et le regard. Photographe et iconographe, il travaille aussi sur des images et des archives, prolongeant par l'image ce qu'il explore par le texte. Le poisson-Scorpion, mis en scène par Catherine Schaub. À voir au Théâtre de Poche Montparnasse. Invité : Samuel Labarthe. Samuel Labarthe est un acteur franco-suisse né en 1963 à Paris. Formé au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il commence sa carrière au théâtre avant de se faire remarquer au cinéma et à la télévision. Il a joué sous la direction de metteurs en scène reconnus et s'est imposé comme un comédien solide, à l'aise aussi bien dans le registre dramatique que dans des rôles plus populaires. Le grand public le connaît surtout pour son rôle du commissaire Laurence dans la série télévisée Les Petits meurtres d'Agatha Christie, où il incarne un enquêteur charismatique et ironique. Parallèlement, Samuel Labarthe poursuit une carrière régulière au théâtre et dans divers films et séries, confirmant au fil des années son statut d'acteur respecté, apprécié pour sa présence, sa diction et son élégance de jeu. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Chiapas au Mexique pour parler de la Journée mondiale de l'alphabétisation qui aura lieu les 8 et 9 septembre. Programmation musicale : l'artiste Cascadeur avec le titre ​​​​​​​Les temps perdus. 

    «À voix haute» : Polina Panassenko sur les traces d'une histoire familiale effacée en URSS

    Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 28:59


    Dans À voix haute, l'enquête d'une jeune femme sur les non-dits de sa famille devient une plongée dans les silences de tout un pays. Comment faire pour se souvenir de ce qu'on ne nous dit pas ?  Dans ce roman qui traverse trois décennies, Polina Panassenko plonge dans le passé de la Russie, à l'époque du stalinisme et des purges. Elle y interroge la manière dont cette histoire collective continue de résonner intimement dans le corps, la vie, les gestes, les peurs et les mots des jeunes générations. La narratrice a vingt ans lorsqu'elle part à Moscou pour intégrer l'École du Théâtre national. Elle y retrouve son grand-père, mais comprend rapidement qu'une zone de silence entoure sa famille. Lorsqu'elle pose des questions sur le passé familial, son grand-père lui répond de manière énigmatique : plutôt que de raconter, il lui confie des objets – une photographie, un vêtement, une pièce de monnaie ayant appartenu à un ancêtre. Dans cette famille, on a appris à ne pas parler. À parler doucement. À se méfier. À ne pas poser certaines questions. Le silence n'est donc pas seulement une absence de mots : il devient une manière de vivre, un héritage invisible qui se transmet de génération en génération. Peu à peu, la jeune femme découvre que le grand-père de son grand-père a été victime de la machine répressive soviétique. Cette découverte devient le point de départ d'une enquête qui la conduit jusqu'à la Kolyma, dans l'Extrême-Orient russe, sur les traces de cet homme dont l'histoire a été effacée. « Il faut effacer tout ce qui est dangereux » Polina Panassenko dessine alors ce qu'elle appelle une « cartographie de la peur » : remonter à l'origine des silences, comprendre ce qui n'a pas été transmis, et saisir comment la peur de parler peut se transmettre de génération en génération. Le théâtre occupe une place essentielle dans la vie de la narratrice. Comme un miroir de cette pratique, elle découvre ce que signifie véritablement parler lorsque l'on vient d'une famille, et plus largement d'un pays marqué par tant de silences. Jouer, chercher, nommer, écrire deviennent alors autant de façons de résister à l'effacement. Invitée : Polina Panassenko, écrivaine et comédienne franco-russe. En 2022, elle publie son premier roman, Tenir sa langue, aux éditions de L'Olivier, qui explore des thèmes comme l'identité, l'exil, la langue, la mémoire et l'appartenance. Elle travaille également comme traductrice du russe vers le français, notamment pour des œuvres théâtrales. Polina Panassenko a remporté le Prix littéraire « Le Monde » 2026 pour son livre À voix haute. Il a été décerné, jeudi 3 septembre au soir, à l'hôtel de Massa, siège de la Société des gens de lettres, à Paris. Programmation musicale :  La Grande Sophie - Le Large Youri Chevtchouk - Chanson sur la liberté / Песня о свободе À lire aussiLittérature: Polina Panassenko, entre deux langues, deux pays, deux identités

    Le français est-il toujours une langue de la diplomatie?

    Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 28:59


    À l'occasion de l'évènement « La fabrique de la diplomatie » qui aura lieu les 4 et 5 septembre 2026 à la Sorbonne : comment la place de la langue française a-t-elle évolué dans la diplomatie ?     Faire le tour des grandes questions internationales, dévoiler les coulisses de la diplomatie, tel est l'enjeu de ces deux journées de tables rondes qui vont avoir lieu à la Sorbonne à Paris en cette fin de semaine à la Fabrique de la diplomatie, un évènement organisé par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.  Parmi ces tables rondes : la question du français, la langue parlée dans les instances politiques et dans le monde… Xavier North rappelle que la diplomatie s'est longtemps faite en français. Jusqu'au XIXe siècle, les traités étaient rédigés en français, car cette langue était considérée comme particulièrement précise. Depuis le traité de Versailles en 1919, les textes diplomatiques sont rédigés en deux langues. Aujourd'hui, la diplomatie se pratique dans plusieurs langues, dont le français, même si l'anglais occupe une place dominante. Xavier North insiste sur le fait que les langues restent des instruments de pouvoir : leur usage reflète des rapports de force, elles illustrent des rapports de force dans leur pratique ! Aujourd'hui, le français s'apprend et séduit toujours autant. « C'est une langue qui reste assise sur un patrimoine littéraire, un patrimoine de pensée qui reste très attirant. » Bérangère Denizeau insiste, elle aussi, sur le rôle des langues dans la diplomatie. Elle est directrice adjointe de l'ESIT (École supérieure d'interprètes et de traducteurs), un établissement qui va bientôt fêter ses 70 ans et qui forme de nombreux étudiants amenés à travailler dans les grandes instances diplomatiques. Bérangère Denizeau défend le plurilinguisme dans ces institutions. Son école forme des étudiants francophones, mais aussi des étudiants non francophones : « La grande idée de notre école est de leur donner une méthodologie pour pouvoir traduire dans tous les domaines, nous ne voulons pas cloisonner. » Invités : Xavier North, président de l'Alliance française de Paris, et ​​​​​​​Bérangère Denizeau, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle et directrice adjointe de l'ESIT, l'École supérieure d'interprétation et de traduction de la Sorbonne Nouvelle. La puce à l'oreille Et comme chaque mercredi Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille. Cette semaine, elle nous raconte avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert, les origines de l'expression « peigner la girafe ». Mais pourquoi une girafe ? La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.  Programmation musicale : l'artiste Welox avec le titre « For Sure (Macron Remix) ».

    Clémentine Mélois donne voix aux souvenirs que portent les objets

    Play Episode Listen Later Sep 1, 2026 29:00


    Dans Choses que je croyais perdues, l'autrice Clémentine Mélois nous raconte les souvenirs et les histoires dont sont lestés les objets. C'est l'histoire d'un verre à moutarde Musclor avec un prince sous stéroïdes mal imprimé, accompagné d'un tigre vert. C'est l'histoire d'une rupture, celle d'Emilie avec son conjoint – et d'un déménagement, donc elle trie, elle range et parfois elle casse. Ce verre à moutarde est brisé : il avait été acheté par son ex-conjoint dans un vide-grenier. Et c'est le premier objet d'une longue liste qui constitue la trame du roman de Clémentine Mélois… car les souvenirs remontent. Clémentine Mélois se définit comme une « gardeuse » d'objets, « cela permet d'avoir toujours de quoi bricoler et d'être entouré d'histoires. Les intérieurs vides m'angoissent ».  Selon l'autrice, les objets n'existent que s'ils sont liés à des histoires et ces histoires font de nous ce que nous sommes. Pour autant, elle ne considère pas que ce roman soit nostalgique. Elle fait le récit de ce qui a eu lieu, en regardant vers l'avenir.   Elle parle ainsi d'objets « insignifiants », ces choses auxquelles on ne fait pas attention, ce que Georges Perec appelait l'« infraordinaire ", le contraire de l'« extraordinaire » à l'image de ces pots de confiture vides qui racontent tellement de choses sur notre humanité et nos histoires personnelles.   Invitée : Clémentine Mélois Clémentine Mélois est une autrice, artiste et plasticienne française née en 1980. Normalienne, elle est connue pour ses détournements visuels de couvertures de livres et son travail mêlant humour, culture populaire et références littéraires. Elle a publié notamment des ouvrages de littérature jeunesse et des recueils autour de la lecture et des objets du quotidien, et collabore régulièrement avec des institutions culturelles. Elle a été membre de l'Oulipo de 2017 à mai 2026.  Choses que je croyais perdues est publié chez Gallimard.  Également publié chez Hoebeke – Gallimard : Rêve d'évasion. À lire : Les choses de Georges Perec  Programmation musicale : Les artistes Vincent Delerm et Voyou avec la reprise du titre « Évidemment » de France Gall. 

    L'écrivain Laurent Nunez braque 13 mots d'autres langues, intraduisibles en français !

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2026 29:00


    Dans Mots de passe, l'auteur, traducteur et éditeur Laurent Nunez déniche treize mots d'autres langues intraduisibles en français... Un essai sur les mots qui nous manquent !  En anglais, « eye-servant » désigne celui qui n'est zélé que lorsqu'on l'observe. En néerlandais, « kutzwager » nomme le lien étrange entre deux inconnus qui ont aimé la même personne. En islandais, « gluggaveður » dit le plaisir de regarder l'orage, ou n'importe quel désastre, depuis un lieu où l'on ne risque rien. Le français ne sait pas dire ces choses. Et ce qu'une langue ne sait pas dire, comment pourrait-on le vivre tout à fait ? Saviez-vous qu'on utilisait le terme « Mo-Ki-Ta » en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour désigner une vérité que tout le monde connait mais que personne n'ose dire ? C'est pour combler de tels silences que Laurent Nunez braque avec beaucoup d'humour treize autres langues, avec cette idée qu'on peut « changer sa vie avec des mots nouveaux et des mots d'ailleurs ». Pour Laurent Nunez, les mots apportent les idées à l'image du mot « boycott » qui vient de l'histoire du fermier britannique Charles Cunningham Boycott contre qui est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, et qui donna plus tard naissance au mot « boycott » en 1880.  Emporter l'ailleurs, c'est absolument essentiel.  Des mots venus d'ailleurs, traduits en français tels quels, comme « féminicide » – terme forgé en 1976 par la militante et sociologue féministe sud‑africaine Diana Russell – contribuent à nommer et à officialiser ce crime. Le mot « féminicide » a ainsi fait son entrée dans le Petit Robert en 2015, puis dans le Larousse en 2020.   Invité : Laurent Nunez est écrivain et éditeur. Ancien rédacteur en chef du Magazine littéraire, il est l'auteur de plusieurs essais sur la littérature, parmi lesquels L'Énigme des premières phrases (Grasset, 2017) et Il nous faudrait des mots nouveaux (Cerf, 2018). Il a publié un roman, Le Mode avion (Actes Sud, 2021 ; Rivages poche, 2025), et deux récits autobiographiques, Les Récidivistes (Champ Vallon, 2008 ; Rivages poche, 2014) et Tout ira bien (Rivages, 2025 ; Rivages poche, 2026). Et la chronique Ailleurs nous emmène à Cotonou, au Bénin, où Gildas Hassidé, juriste, entrepreneur, nous présente le programme du Kids Speaker Program dont il est le fondateur. Une initiative éducative déployée au Togo et au Bénin et dédiée à l'autonomisation des enfants et des jeunes à travers la prise de parole en public.  Programmation musicale : l'artiste Angèle avec le titre « Une seule vie ». 

    Avignon: Vanasay Khamphommala et le collectif XY, deux façons de célébrer le corps et la voix

    Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 29:00


    Vanasay Khamphommala et le Collectif XY proposent des spectacles et performances portés sur la voix et le corps. Deux manières d'exposer nos fragilités.  L'artiste Vanasay Khamphommala propose deux performances : l'une, Songs of Grief, pour se préparer au décès de son père. Son père lui a demandé de chanter la chanson « Love Me Tender » d'Elvis Presley, à sa mort. « Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre. » Dans « Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre », le public est assis à moins de deux mètres, ce qui instaure une grande proximité. Cette idée de performance est née pendant le Covid-19, avec l'émotion de se rencontrer, de se retrouver. Elle se retrouve seule et nue face à un tout petit groupe pour chanter une chanson différente à chaque session.  « Chanter nue change le regard des gens. » Et tout commence par le souffle. L'artiste désire tisser avec le souffle une nappe sonore. Dans sa performance, il entend célébrer la « chance d'être vivant ensemble ».    Le collectif XY est né il y a vingt ans. Ils sont 22 sur scène de toutes nationalités. Ils sont acrobates et chanteurs. Brésil, Colombien, Argentin, Europe. C'est la première fois qu'on peut voir un spectacle de cirque dans la cour d'honneur du festival d'Avignon. Ce spectacle qui puise son influence dans la danse contemporaine défend un « éloge du vivant » : on va exposer nos fragilités avec « des océans de corps, des forêts de colonnes humaines ». Un travail collectif dans lequel chaque artiste apporte ses imaginaires et trouve un chemin commun pour trouver du sens collectivement. Sur ces 600 m² de plateaux, ils créent de grandes formes. Les corps deviennent paysages ou minéraux et interrogent notre rapport au temps.  « On incarne des métamorphoses du vivant. On va puiser dans des fragilités, on cherche à déployer notre intimité. On aime bien que le spectateur puisse avoir sa propre lecture de ce qu'il voit. »   Invités : Amaia Valle et Pedro Guera du collectif XY. Après Möbius (2019), Les Voyages (2018), Il n'est pas encore minuit… (2014), Le Grand C (2009) et Laissez-Porter (2005), Le Pas du Monde est la sixième création du collectif XY.  Ce spectacle de cirque contemporain rassemble 22 acrobates et chanteurs qui interrogent les métamorphoses du vivant et la course du temps, en faisant des pyramides humaines de véritables paysages.  Vanasay Khamphommala est une artiste française queer, metteuse en scène, dramaturge et chanteuse, née à Rennes en 1980. Elle a été formée à la Maîtrise de Bretagne. Son travail interroge les identités genrées et racisées.  Depuis 2018, elle crée des performances, parmi lesquelles L'Invocation à la muse (Festival d'Avignon 2018 dans le cadre de Sujet à vif), Écho, ou ສຽງຂອງຍ່າ (La Voix de ma grand-mère). Cette année, elle présente deux spectacles-performances : Je te chante une chanson toute nue en échange d'un verre et Songs of Grief [Love Me Tender].    Et dans le OFF, Fanny Imbert est allée voir la pièce Hchouma blues de Hicham Boutahar qui raconte les violences policières.   Moha fait sa première année à l'université quand un adolescent de sa cité est tué par un policier.  À voir au théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet. Programmation musicale :  L'artiste Benjamin Clementine avec « Pizza mind ».

    Molière et Shakespeare se jouent encore à Avignon avec «Hamlet» et «1, 2, 3, Poquelin»

    Play Episode Listen Later Jul 22, 2026 29:00


    À Avignon, les grands classiques du théâtre gardent leur place aux côtés du théâtre contemporain.Thibault Perrenoud met en scène une version « épurée » de Hamlet de William Shakespeare.Quant au collectif belge tg STAN, ils offrent un « marathon Molière » avec leur pièce 1,2,3 Poquelin.  Qu'est-ce qu'un « classique » au théâtre ? Une pièce vieux style ou intemporelle ? Qui traverse les époques ou qui vieillit ? Qui peut se rejouer sans cesse et résiste aux siècles et qui continue, malgré tout, à parler au présent ? Cette année à Avignon, des auteurs classiques tels que Molière et Shakespeare, pour ne citer qu'eux, sont encore adaptés et joués ! Est-il encore possible de les renouveler ?  Hamlet de Thibault Perrenoud, une « version à l'os » Thibault Perrenoud adapte Hamlet de William Shakespeare, une « version à l'os » adaptée d'une nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier avec seulement trois comédiens et l'ambition d'aller à l'essentiel en 1h30, avec très peu de moyens techniques. Il se défend de trahir Shakespeare : « La traduction est de toute façon déjà une trahison. » On retrouve donc le célèbre monologue avec « Être ou ne pas être », qui est pour Thibault Perrenoud une réplique assez naïve, une question qu'on peut se poser à l'aube ou au crépuscule de sa vie selon le metteur en scène. « C'est LA question qui regroupe toutes les autres. Qu'est-ce qu'il y a après ? C'est une question buvard. »   L'intrigue s'articule autour de trois cérémonies : celle du mariage entre Claudius et Gertrude, celle du théâtre dans le théâtre, et celle des funérailles... La pièce, itinérante, est jouée en extérieur tous les jours dans un endroit différent à la manière d'un  « théâtre de tréteaux ».  1, 2, 3 Poquelin : un marathon Molière à Boulbon L'autre grand classique d'Avignon, c'est Molière. À la Carrière de Boulbon, le collectif belge tg STAN, fondé à Anvers il y a trente ans, présente 1, 2, 3, Poquelin, après Poquelin (2003) et Poquelin II (2017). Cette fois, Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver s'attaquent aux farces de Molière : une compilation de cinq pièces, dont L'Avare et Le Médecin malgré lui. Au total, 4h30 de spectacle, un véritable « marathon Molière ». Le monde de Molière reste vivant! « On a coupé, mais sans toucher à la langue : c'est du Molière pur sang », revendiquent-ils. Farces burlesques, comédies qui rient avec goût de l'humanité et de la condition humaine, ils y jouent une dizaine de personnages, guidés par une envie simple : divertir et reprendre les farces les plus drôles. Invités :  Thibault Perrenoud. Il met en scène Hamlet de Shakespeare. À voir jusqu'au 25 juillet.  Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver de tg STAN, collectif de théâtre belge flamand.    Et dans le OFF, Fanny Imbert a assisté au spectacle Molière et ses masques de Simon Falguières, qui retrace la vie de Molière. À voir au théâtre du Train Bleu. Programmation musicale :  L'artiste Alissa Wenz avec le titre Pardon. Elle est en concert à Avignon. 

    Avignon : « Capra (une chèvre) » de Jeanne Candel, sur les traces de la mémoire

    Play Episode Listen Later Jul 21, 2026 28:59


    Dans Capra (une chèvre), Jeanne Candel nous propose d'entrer dans la tête d'une poétesse, sur les chemins de la mémoire… « Capra » : ça veut dire chèvre en latin. C'est aussi le pseudonyme que s'est trouvé la poétesse dont il est question dans la pièce mise en scène par Jeanne Candel. Le nom n'est pas choisi au hasard: la chèvre, c'est l'animal qui cherche sa liberté dans l'enclos. Ils sont huit comédiens et chanteurs sur scène et nous font entrer dans la tête de Capra pour regarder à l'intérieur d'une femme.  Dans ce spectacle, des morts se sont logés dans son corps et ils parlent à travers elle. « On rentre à travers son corps, son esprit, ses obsessions. » Mais le vrai fil directeur de l'histoire, c'est la mémoire. Jeanne Candel et son collectif ont puisé des anecdotes sur la mémoire en lisant L'Art de la mémoire de l'historienne britannique des arts du 19ᵉ siècle, Frances Yates. Dans son essai, elle relate notamment les techniques des anciens pour « se souvenir ». Elle narre Simonide de Céos, poète « à la langue de miel », lyrique grec né en 556 av. J.-C. à Céos et mort en 467 av. J.-C. à Agrigente. Selon la tradition grecque, il est le premier auteur d'épigrammes. Il passe pour avoir inventé l'Art de mémoire. En effet, ses facultés d'observation et de mémorisation lui permirent, après l'effondrement d'une salle où avait lieu un banquet, de contribuer à l'identification de victimes dont les corps étaient extrêmement abîmés, grâce au souvenir très précis qu'il gardait de la disposition des invités et de leurs vêtements avant la catastrophe. Elle affirme même que cet événement aurait incité le poète à rédiger le premier traité de la mémoire. Il comparait sa mémoire à un tableau et disait que « la peinture, c'est de la poésie muette, la peinture, c'est de la poésie qui parle ». La technique de mémorisation des Anciens est simple mais terriblement efficace: il s'agit d'utiliser un lieu qu'on connaît parfaitement et d'y ranger des images très frappantes, avant de composer une image de ces souvenirs.    Invitée :  Jeanne Candel est une metteuse en scène et actrice. Elle a fondé la compagnie La Vie brève en 2009. L'écriture collective et sa recherche sur l'enchevêtrement entre la musique et le théâtre façonnent ses créations comme notamment Robert Plankett en 2010,  Le Crocodile trompeur / Didon et Énée co-mis en scène avec Samuel Achache en 2013, Baùbo – De l'art de n'être pas mort en 2023 ou Fusées présenté au Festival d'Avignon 2025. Depuis 2019, La Vie brève dirige le théâtre de l'Aquarium à la Cartoucherie, à Paris. Capra (une chèvre) est à voir jusqu'au 25 juillet.    Et dans le OFF, Fanny Imbert nous emmène voir Médusée, une pièce cabaretique dans laquelle la créature mythologique Médusa réclame justice après avoir été violée par Zeus. Médusa et ses sœurs gorgones nomment tout : les rêves romantiques, les viols, les combats, les métamorphoses tout en chantant des tubes pop (Dalida, Juliette Armanet...). Programmation musicale :  Le groupe LAS ONDAS MARTELES avec le titre Y despues de todo. 

    Festival d'Avignon: Salim Djaferi et David Murgia, deux spectacles sur l'exclusion sociale

    Play Episode Listen Later Jul 20, 2026 28:59


    Politique de logement et ségrégation, immigration et urbanisme, constructions et représentations : dans « Bâtir », Salim Djaferi interroge l'influence du colonialisme sur la façon de concevoir les villes en France. Dans « Rumba », David Murgia conclut une trilogie sur la précarité et l'exclusion sociale, après Laïka et Pueblo. Deux spectacles sont à l'honneur aujourd'hui ! Leur point commun ? Mettre en récit l'exclusion sociale. Côté « IN » Bâtir de Samir Djaferi Le metteur en scène retrace l'histoire de la politique urbaine en France, celle qui a vu surgir les grands ensembles de banlieue. Il nous entraîne dans les archives du département de la Seine-Saint-Denis autant que dans la mémoire familiale, pour mettre en lumière la dimension raciale des politiques de logement social depuis les années 1950. Côté « OFF », Rumba de David Murgia David Murgia nous plonge dans l'histoire d'un spectacle joué sur les parkings de la périphérie. Un acteur et un musicien y répètent une pièce sur Saint-François d'Assise. Au fil de leurs rencontres, ils donnent voix à des hommes et des femmes relégués aux marges, écartés de la société et rendus invisibles. C'est le troisième volet de la « Trilogie des pauvres diables », que David Murgia et l'auteur italien Ascanio Celestini, au regard presque anthropologique, consacrent à l'exclusion sociale après Laïka (2017) et Pueblo (2020). Ils ont à cœur de raconter les invisibles : « Ils n'ont pas d'auteurs à proximité, pas de réalisateur pour raconter leurs histoires, ne savent pas forcément les écrire, mais des histoires, ils en ont un tas. » Rumba suit deux personnages qui observent les gens, inventent leurs vies, puis se rendent sur un parking pour y jouer un spectacle autour de Saint-François d'Assise. Saint François d'Assise (1181/1182–1226), fondateur de l'ordre des Franciscains et grande figure de la spiritualité chrétienne, issu d'une famille aisée, renonce à toutes ses richesses pour vivre dans la pauvreté, la simplicité et au service des plus démunis, à l'imitation du Christ. Je me sens chanteur de récit.  Le spectacle fait surgir une galerie de pauvres, de figures marginalisées : ceux qui affirment qu'il faut se souvenir du nom des morts en Méditerranée pour les enterrer dans le cœur des vivants, mais aussi les racistes, comme Giovanni, personnage qui tient des propos ouvertement haineux contre les gitans. Dans Bâtir, Salim Djaferi mène l'enquête. À partir de l'histoire de sa propre famille, il déploie un récit plus large. Sur un ton doux, toujours souriant, il raconte pourtant l'implacable : les assignations, les orientations forcées, qu'il rejoue inlassablement par des gestes – à droite, à gauche, les deux bras tendus pour indiquer la direction – comme les stewards et hôtesses de l'air dans un avion. Il choisit de ne montrer aucune image des cités ni des immeubles : tout passe par le corps.   "Je raconte la périphérie mais aussi le centre, s'il y a une périphérie, il y a forcément un centre" Il raconte la politique raciale mise en place pour loger les immigrés à partir des Trente Glorieuses, cette période de prospérité qui suit la Seconde Guerre mondiale en France. Il raconte la manière dont les bidonvilles ont été « résorbés » dans les années 1950, et sa découverte, aux archives départementales, de notes administratives où l'on classe les demandeurs de logement social selon « leur distance culturelle vis-à-vis de la France ». Un spectacle très politique, qui n'accuse pas un gouvernement plutôt qu'un autre, mais met en lumière un cadre racial, une sorte de pensée collective structurante. Invités:  Salim Djaferi, metteur en scène de Bâtir, et David Murgia, co-auteur et comédien. Rumba est à voir au théâtre des Doms. Programmation musicale :  L'artiste Lisette Lombe et Marc Namour sur RFI avec le titre « Ma langue » : un extrait de leur spectacle Ce que le ventre dit qui se joue au théâtre des Doms et que l'on verra la saison prochaine à Paris au 104.

    Festival d'Avignon : Julie Deliquet met en lecture «Impossibles adieux - Oiseau» de Han Kang

    Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 29:00


    Dans Oiseau tiré du roman Impossibles adieux, Julie Deliquet propose une lecture-performance du premier chapitre du roman de l'autrice et prix Nobel de littérature Han Kang. Après l'anglais, l'espagnol et l'arabe, c'est le coréen qui était la langue invitée pour cette 80è édition du Festival d'Avignon. À cette occasion et sur commande de Tiago Rodrigues, Julie Deliquet a mis en lecture en français et en coréen, le premier chapitre Oiseau, tiré du roman Impossibles adieux de la Coréenne Han Kang et pour lequel elle a remporté en 2021 le Prix Nobel de Littérature.  Dans ce roman, elle tente d'approcher par la fiction, la tragédie du soulèvement de Jeju en République de Corée...  Un matin, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon, qui vit sur l'île de Jeju. Elle s'est sectionné les doigts et elle est hospitalisée sur le continent. Elle demande de se rendre à Jeju afin de nourrir son petit perroquet blanc laissé à son domicile. Gyeongha prend l'avion. Elle arrive sur l'île dont la végétation luxuriante a été envahie par une tempête de neige.  Gyeongha découvre à son arrivée comment l'histoire familiale d'Inseon s'entremêle à l'un des pires massacres de l'histoire coréenne - le massacre de Jeju, une île coréenne - et dont le nombre de victimes est estimé à 30 000.    Le massacre de Jeju désigne une répression sanglante menée en Corée du Sud sur l'île de Jeju après la Seconde Guerre mondiale après que la Corée s'est libérée du joug japonais. À l'origine, des habitants et des groupes de gauche protestent contre la division de la Corée et contre les élections séparées au Sud. Le soulèvement est alors écrasé par l'armée et les forces de sécurité sud-coréennes. De très nombreux civils sont arrêtés, torturés et exécutés, des villages sont détruits. Les historiens précisent que des dizaines de milliers de personnes ont été tuées sans qu'un chiffre exact puisse être donné. Longtemps censuré et tabou, cet épisode n'a été officiellement reconnu que tardivement, et fait aujourd'hui l'objet de commémorations et de travaux de mémoire. L'actrice française Isabelle Huppert et l'actrice coréenne Hyeyoung Lee mettent en voix en français et en coréen ce texte mémoriel, révélant les motifs récurrents qui traversent l'œuvre de Han Kang : traumatismes de l'histoire, fragilité de l'être, croyance absolue en la vie...  Han Kang ou Han Gang (en coréen : 한강), née le 27 novembre 1970 à Gwangju, est une romancière sud-coréenne. Elle reçoit le prix Nobel de littérature en 2024. Invitée : Julie Deliquet, metteuse en scène française, fondatrice du collectif In Vitro, Julie Deliquet crée des pièces à l'inspiration cinématographique : Fanny et Alexandre d'Ingmar Bergman à la Comédie-Française en 2019, Un conte de Noël d'après le film d'Arnaud Desplechin. Elle crée en 2025 La guerre n'a pas un visage de femme de l'autrice prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch. Elle a dirigé le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis en 2020, avant de prendre la direction du Théâtre national de la Colline en mars 2026.   Et Fanny Imbert nous emmène voir le spectacle Neige, neige, neige, de Lee Jaram d'après Maître et serviteur de Léon Tolstoï. Un spectacle qui suit l histoire d'un marchand cupide et de son serviteur pris dans la tempête... Programmation musicale :  L'artiste Claire Diterzi avec le titre Ma bouche, ton écluse.

    Festival d'Avignon: Israël Nzila et Etienne Minoungou font dialoguer morts et vivants

    Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 29:00


    Dans cette émission, Etienne Minoungou et Israël Nzila parlent de leurs pièces respectives.  Ils ne se seraient jamais rencontrés mais grâce à Etienne Minoungou, ils dialoguent grâce au théâtre dans «L'intraitable beauté du monde», un titre inspiré d'une lettre écrite par Glissant et Chamoiseau à Barack Obama après son élection en 2008. Etienne Minoungou s'est rendu sur la tombe d'Edouard Glissant en Martinique pour lui demander l'autorisation d'emprunt de cette formule ! Avec cette pièce, il fait dialoguer deux grands auteurs Edouard Glissant et Sony Labou Tansi. Il définit son spectacle comme un « théâtre de conversation »: « une dramaturgie traditionnelle où les vivants se retrouvent sans distinction, célèbrent le quotidien et l'invisible. L'acteur principal c'est la parole de l'imagination ». Deux auteurs dont il a apprivoisé les textes : « Glissant, c'est touffu, complexe mais c'est comme une forêt, on s'y habitude, on reconnait les chemins, les lianes et cette forêt devient une clairière. »    Edouard Glissant, écrivain martiniquais disparu en 2011, était romancier mais aussi philosophe et poète. C'était l'homme du « tout monde », de la relation et du concept de « créolisation »  Sony Labou Tansi, né en 1947, écrivain congolais décédé en 1995, était un auteur de théâtre prolifique et d'un roman essentiel La vie et demie. L'auteur et dramaturge congolais Israël Nzila a ouvert la saison du cycle « Ça va, ça va le monde ». Lauréat du prix RFI théâtre 2025, sa pièce  « Clipping » raconte l'histoire de Do, une femme qui cherche son enfant, dans un marché de Lubumbashi, elle a connu la guerre, les viols, les violences et tout cela est dans sa tête, dans sa psyché.  A-t-elle vraiment perdu son enfant ou revit-elle son propre abandon, comme un cauchemar ? Un texte où il est question de folie et dont la fin reste ouverte. Le son y occupe une place centrale. Le titre lui-même, Clipping, désigne en technique audio la saturation du signal : dans la pièce, les voix se bousculent et se chevauchent — celle de Do, de sa mère, de l'enfant, du père, mais aussi le brouhaha du marché, qui devient personnage à part entière. Le metteur en scène, Jean-Paul Delore a choisi de faire dire le texte par une seule comédienne :  Lindiwe Martchykiza. « toute cette pièce, je l'ai écrite en voyant Do dans son cachot », explique le dramaturge.  Invités : - Etienne Minoungou, acteur, conteur, fondateur du festival « Les Récréâtrales »  à Ouagadougou. Sa pièce « L'intraitable beauté du monde » est à voir à Avignon jusqu'au 19 juillet.   - Israël Nzila, auteur et dramaturge congolais né en 1995 à Kinshasa. Il est lauréat du prix RFI Théâtre en 2025 pour son texte « Clipping ». La pièce sera prochainement disponible en replay et en podcast sur le site de RFI.    Programmation musicale :  L'artiste GYSLAIN N avec le titre Tout à l'amour. Il sera en concert ce jour dans le cadre du « off » au théâtre de l'Arrache-Coeur.     .

    Avignon: Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent «Thésée, sa nouvelle vie»  de Camille de Toledo

    Play Episode Listen Later Jul 14, 2026 28:59


    Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent le roman de Camille de Toledo, Thésée, sa nouvelle vie.  Qui commet le meurtre d'un homme qui se tue ? C'est la question qui ouvre le spectacle de Valérie Dréville et Guy Cassiers qui mettent en scène Thésée, sa nouvelle vie de Camille de Toledo, paru en 2020, aux éditions Verdier.  Après le suicide de son frère Jérôme en 2005 et la mort de ses parents, Camille de Toledo devient « Thésée » et s'installe en Allemagne avec trois cartons d'archives, qu'il explore en espérant comprendre ce qui a poussé son frère à se tuer. Il s'interroge : le suicide est-il un problème sociétal ? Un acte libre ? Aucune réponse ne lui convient.  Il entame une enquête, à la fois documentaire et fictionnelle, qui circule entre les trajectoires de ses ancêtres et les transformations sociales et politiques de l'Europe.  Ce n'est pas la première fois que Valérie Dréville et Guy Cassiers travaillent ensemble. La tragédienne est à l'origine de ce projet. « Quand j'ai lu le roman de Camille de Toledo, j'ai immédiatement pensé au théâtre. » Elle se souvient avoir été frappée par cette phrase de l'écrivain : « Quand j'écris, je pense pas à la littérature, mais j'entends des voix. » Avec Guy Cassiers, formé aux Beaux-Arts d'Anvers et habitué à inventer un langage très visuel, ils construisent un dispositif où les photos et les images se figent sur l'écran et se mêlent à sa présence… Seule, filmée en permanence, dans une sorte de kaléidoscope visuel, elle pense être une intermédiaire entre le texte scénique et le public : « Je passe à travers les personnages et les différents points de vue sur leur histoire. »  La dramaturgie se déploie autant dans les images que dans le jeu Guy Cassiers, lui, entend « la polyphonie des voix. Valérie était la seule à pouvoir nous guider dans ces voix et nous faire entrer dans chaque pensée de chaque personnage », explique-t-il.  Ainsi, en 1h40, le spectacle traverse l'histoire personnelle de Camille de Toledo mais aussi celle de l'Europe, comme un voyage dans le labyrinthe du XXè siècle. Le texte remonte la généalogie de l'auteur, qui fait des découvertes et trouve des réponses. La fin se veut optimiste : la pièce se définit comme une tragédie, mais qui s'ouvre vers la lumière. Elle invente la notion de « revivance » et se clôt sur un mot : avenir.   Invitée : Valérie Dréville, metteuse en scène et comédienne, et Guy Cassiers. Valérie Dréville est une actrice et metteuse en scène française née en 1962. Elle a été formée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. Elle entre au théâtre au début des années 1980 et collabore régulièrement avec quelques figures importantes du théâtre public, comme Antoine Vitez, Claude Régy, Alain Françon ou Stanislas Nordey. Elle traverse aussi bien des textes classiques que contemporains.  Guy Cassiers est un metteur en scène belge, principalement actif en Flandre, connu pour un travail qui mêle textes, arts visuels et technologies numériques. Camille de Toledo est un écrivain français né en 1975. Il est également plasticien et vidéaste. Il vit aujourd'hui à Berlin.    Thésée, sa vie nouvelle vie d'après le roman de Camille de Toledo à voir à Avignon jusqu'au 24 juillet.  Et Fanny Imbert a assisté au spectacle Le projet Barthes qu'on peut voir du 4 au 24 juillet au Train Bleu.  Programmation musicale :  La reprise de la chanson de Barbara « Du bout des lèvres », une chanson de 1968 et tirée du spectacle Barbara (par Barbara) joué à Avignon. Une mise en scène d'Emmanuel Noblet qu'on peut voir à la Scala Provence.

    Festival d'Avignon: «Mon frère» de François Gremaud: une pièce militante sur la surdité

    Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 29:00


    Dans Mon frère, le comédien François Gremaud déroule, sur scène, la trajectoire de son frère Christian, sourd de naissance, entre injustices, fierté et engagement. François Gremaud et son frère Christian Gremaud évoquent leur création théâtrale Mon frère, une pièce où la langue des signes et la langue parlée se répondent et se complètent. Deux frères, deux langues : la naissance de Mon frère Sourd de naissance, Christian raconte sans complexe son rapport à la surdité : « Je ne me suis pas senti handicapé. Je suis né sourd mais je n'ai jamais vraiment eu conscience de cela. C'est plus tard que j'ai compris, mais je m'accepte tel que je suis. » François Gremaud nous confie la genèse de cette création : « J'ai imaginé ce spectacle car, à un moment de la vie de Christian, je l'ai retrouvé très affecté par la série d'injustices qu'il a vécues. Je voulais lui donner la possibilité d'exprimer tout ce qu'il avait gardé durant ces années. » Fort de ses nombreuses expériences, Christian n'a pas eu peur d'être sur scène : « J'aime m'exprimer, car quand je parle, personne ne m'écoute ! », explique-t-il non sans humour. Créer entre français et LSF : réécrire plutôt que traduire Écrire entre deux langues n'a pourtant pas été simple. François a d'abord rédigé un corpus en français, avec des jeux de mots et des phrases littéraires, mais ce texte n'était pas toujours adapté à la langue des signes, parfois intraduisible en LSF : un texte « trop entendant ». Les deux frères ont ensuite non pas traduit, mais recréé le spectacle en langue des signes, sur la base de ce corpus. Et cette fois, certains jeux de signes étaient très difficiles à rendre en français pour son frère François. Christian a également tenu à montrer la pluralité des langues des signes : par exemple, signer « Donald Trump » – un signe inventé par les Sourds américains, main sur le front pour mimer sa mèche – qu'il faut voir pour comprendre… et sourire. Une histoire personnelle devenue combat militant Christian a appris la langue des signes à deux ans, au moment du Réveil sourd, ce mouvement social et culturel majeur de l'histoire des Sourds en France, qui émerge dans les années 1970. Ce n'était pas encore la LSF telle qu'on la connaît aujourd'hui, devenue une langue à part entière, mais une gestuelle que François a apprivoisée à quatre ans et qui est devenue leur langue à eux. Christian parvient à mettre des mots sur le silence : « Le silence, c'est tous les jours, c'est mon quotidien. Je ressens des vibrations. Quand je vois une foule bruyante, je vois les expressions sur les visages, les sensations visuelles. » Aujourd'hui, selon lui, il y a bien une petite évolution, mais encore largement insuffisante. Trop peu d'inclusivité dans le travail, par exemple : « On court après l'accessibilité. On nous dit que ça coûte trop cher, que nous ne sommes pas assez nombreux, que c'est possible… mais trop cher. » François, lui, a envie d'inverser cette phrase : « C'est compliqué, mais c'est possible ». Le spectacle propose d'ailleurs au public d'apprendre ces quatre mots signés : résister, égalité, union et amour.   Invités : François Gremaud, comédien suisse et metteur en scène de théâtre, et Christian Gremaud.  Un grand merci à Sylvie Dhailly pour l'interprétation LSF/français.  Mon frère : à voir à Avignon, puis au Théâtre du Rond-Point à partir du 18 septembre 2026.    Et, le reportage de Fanny Imbert avec la compagnie Minute Papillon spécialisée dans l'art lyrique, qui présente La Cuisine musicale, un spectacle ludique pour tout public.  Programmation musicale :  L'artiste Suzanne Belaubre avec le titre C'est quoi la suite ?

    Musique : la chanteuse franco-brésilienne Gildaa pour son premier album

    Play Episode Listen Later Jul 9, 2026 28:59


    Née en 1994, la Franco-Brésilienne Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, dévoile son premier album éponyme, Gildaa. Un mélange envoûtant de jazz, chanson, funk et électro, porté par douze titres en français et en portugais.   Gildaa : quand le Brésil et la France dialoguent en musique Gildaa, artiste franco-brésilienne, incarne une dualité où le cœur et la raison se répondent. Née et grandie en France, elle est allée chaque année au Brésil - le pays de sa mère - pour y puiser chaque année une nostalgie et une émotion brute, bercée par les mélodies de sa famille et les sons du violon, qui ont marqué son entrée en musique. « Le Brésil, c'est mon cœur, l'émotion, la nostalgie ; la France, c'est plus le mental, la raison », confie-t-elle. Cette double culture se reflète dans ses chansons, où les mots et les mélodies s'entrelacent en français et en portugais. Sur scène, Gildaa devient une autre personnalité, une incarnation artistique.  Un projet artistique aux multiples visages Son album s'inscrit dans un projet artistique global, où chaque média – clips, film, scène – raconte une partie de l'histoire. Gildaa joue avec les héteronymes. « Chaque média raconte une partie du projet. L'album fait partie d'un grand tout », explique-t-elle. Une autobiographie plus ou moins dissimulée se dessine entre les lignes mais la « pudeur me garde de tout dire ». Parmi ses titres, l'un reprend le mythe grec de Perséphone, raconté comme un écho à une emprise subie... Mélodies et mots : un pont entre deux mondes Sa voix, elle la définit comme « versatile ». Avec des chansons en français et en portugais, Gildaa tisse un lien unique entre deux langues, deux cultures, et deux émotions. Son violon, premier vecteur de sa passion musicale, porte les souvenirs d'une enfance partagée entre deux pays. Son art explore les thèmes de l'identité, de la mémoire et de la résilience, tout en laissant une place à l'imaginaire et à la mythologie. Que ce soit à travers le mythe de Perséphone ou les récits familiaux, son œuvre invite à une réflexion sur ce qui nous lie aux autres, aux absents, et à nous-mêmes.  Invitée : La chanteuse Gildaa, de son vrai nom Camille Constantin Da Silva, née en 1994 à Paris, est une chanteuse, musicienne, autrice-compositrice et comédienne franco-brésilienne.  Titres de Gildaa diffusés - Perséphone - Pensées diluviennes - Et vous - Mainha.

    Hervé Le Tellier : parrain de l'opération «Lire c'est voyager, voyager c'est lire»

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 28:59


    Du 3 juillet au 8 août 2026, La 8è édition de l'opération « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire », organisée par la Fondation VINCI Autoroutes, s'installe sur 12 aires du réseau VINCI Autoroutes du 3 juillet au 8 août 2026 ! Le but ? Inciter les vacanciers à faire une pause en leur proposant de proposer de repartir avec un livre... Cette 8è édition de l'opération « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire » qui reprend un aphorisme de Victor Hugo, est menée en partenariat avec Folio (Gallimard), le Centre national du livre (CNL) avec son opération « Partir en Livre », le ministère de l'Éducation nationale avec son opération « Cet été, je lis » et l'association « Lire et faire lire ». Elle est parrainée par l'auteur Hervé Le Tellier très attaché à ces « livres de vacances ».  « Je trouve que c'est un très joli projet de faire lire des livres à des gens qui ne vont pas être forcément ceux qui entrent dans les librairies ».  Parmi cette sélection de quatorze livres en format poche et dont les thèmes gravitent autour du thème du voyage:  des récits, reportages, romans ou poésie « pour faire voyager le lecteur ! ». Est proposé l'un des premiers romans de Hervé Le Tellier, Le Voleur de nostalgie qui est un hommage à Italo Calvino, un des auteurs préférés de Hervé Le Tellier. A retrouver également : Alors c'est bien de l'autrice Clémentine Mélois sur les derniers jours de la vie son père mais également pas mal de classiques : Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, Les neiges du Kilimandjaro de Joseph Kessel, La tour de la prison de Marguerite Yourcenar, Miss Dalloway de Virginia Wolf... Mais on tpeut aussi découvrir la poésie persane, avec le recueil J'irai jusqu'au rivage du soleil de Forough Farrokhzâd, une poétesse iranienne, icône de l'émancipation féminine, disparue prématurément à l'âge de 32 ans dans un accident de voiture.Selon Hervé Le Tellier, cette diversité permet de faire dénicher des livres qu'on n'aurait jamais eu l'idée ou - l'envie ! - d'ouvrir « On voyage dans la langue de l'autre ! ».  Invité : Hervé Le Tellier, écrivain français né en 1957 et membre de l'Oulipo. Il a publié une trentaine d'ouvrages, dont le roman L'Anomalie qui a obtenu le prix Goncourt en 2020. Il est le parrain de cette huitième opération  « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire ».  Il vient également de publier Jardin sauvage et autres parcs parisiens, une promenade dans quinze jardins et parcs de Paris. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue (ou pas !) en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et si jamais, vous vous sentez « dans vos petits souliers » quand vous entendez une expression, alors cette chronique est vraiment faite pour vous !    Programmation musicale : L'artiste Pomme avec le titre Le village.

    Thomas Schlesser nous invite à la beauté de la poésie dans «Le chat du jardinier»

    Play Episode Listen Later Jul 7, 2026 28:59


    Après avoir décortiqué les grandes œuvres de la peinture dans Les yeux de Mona, l'auteur Thomas Schlesser nous transmet l'amour de la nature et de la poésie dans Le chat du jardinier.  Louis est jardinier en Provence. Solitaire, sa vie s'effondre quand il découvre que son chat a une tumeur. Sa nouvelle voisine, Thalie, professeure de lettres à la retraite, la soixantaine passée lui redonne le goût de vivre en lui faisant déclamer devant ses arbres les textes des grands poètes d'hier et d'aujourd'hui. Elle va alors transmettre le goût des mots.  Ce n'est pas la première fois que cet auteur raconte l'art au travers d'une histoire: en 2024, son roman Les Yeux de Mona connait un grand succès. Il a été traduit environ quarante fois. Dans ce roman, l'apprentissage de la vie passe par la découverte de l'art. À travers la description d'œuvres, l'auteur propose une initiation accessible à l'histoire de l'art. Il y narre l'histoire d'une fillette menacée de cécité, que son grand-père accompagne pendant un an dans les musées parisiens. Avec ce nouveau roman d'initiation, Thomas Schlesser nous initie à la poésie: « Moi je crois beaucoup aux vertus existentielles des grands productions humaines. Elles infusent notre être ». La poésie, il l'a découverte au lycée grâce à Guillaume Apollinaire. Dès lors, elle ne l'a jamais abandonnée. Avec Le chat du jardinier, l'auteur entend rendre ce langage accessible. « La poésie qui semble élitiste est un adjudant merveilleux pour se faciliter la parole. C'est le langage qui unit tout le monde. » Invité : Thomas Schlesser est historien de l'art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman, professeur à l'École polytechnique et auteur de nombreux essais. Le chat du jardinier est publié aux éditions Albin Michel.   Programmation musicale : L'artiste Grand Corps Malade en duo avec Styleto avec le titre Le prochain rêve. 

    La revue d'anthropologie Terrain consacre son numéro à la voix et à l'illusion vocale

    Play Episode Listen Later Jul 6, 2026 28:59


    Jamais l'émission n'aura autant mérité son titre qu'aujourd'hui ! La revue d'anthropologie et de sciences sociales Terrain consacre son dernier numéro à l'illusion vocale.    Invités : Vincent Hirtzel, chargé de recherche au Cnrs, directeur du centre d'Enseignement et de recherches en Études amérindiennes et Aïssatou Mbodj-Pouye, anthropologue, directrice de recherche au CNRS et membre de l'Institut des mondes africains. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé au Togo avec Frédérick Mawupenkor TSATSU, délégué général des 11èmes Joutes Verbales Francophones qui va désigner le meilleur orateur ou la meilleure oratrice du pays ! Et la finale aura lieu ce 11 juillet 2026 à l'Institut français du Togo.  Programmation musicale : L'artiste Vicky R feat. Ebokolo  avec le titre Djolo.

    Julien Perez pirate nos rêves avec son roman NyxX

    Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 28:59


    Dans son roman, NyxX, l'auteur Julien Perez raconte la rencontre d'un journaliste vieillissant et d'une jeune femme de 25 ans qui a fait fortune en imaginant une plateforme numérique pour échanger nos rêves.     Dans la mythologie grecque, Nyx est une déesse grecque de la Nuit. Dans le seconde roman de Julien Perez, il s'agit d'un réseau social en 2029 qui permet de capter ses rêves durant la nuit, puis de les transformer en vidéo comme si ont regardait un film, avant de pouvoir les partager sur les réseaux sociaux. Pauline Grandgeorges, la créatrice de cette application technologique embauche Karol Malik, un ancien journaliste et auteur de trois romans passés inaperçus pour écrire sa biographie... Le roman va osciller sans cesse entre réalité et souvenirs. La thématique du rêve est très importante pour l'auteur « J'avais un rapport très compliqué au sommeil lorsque j'étais enfant. Je rêvais beaucoup des rêves effrayants, j'appréhendais beaucoup les moments d'endormissement. »   Invité : Julien Perez, auteur français né en 1986. Il est également musicien, auteur et compositeur, il signe de nombreux albums sous le nom de PEREZ (Rex, Vert Vert, Un album de collection, Surex, Cavernes, L'Hôte, Saltos). Il travaille avec les arts plastiques, le cinéma et le théâtre. En compagnie de l'artiste Dominique Gonzalez-Foerster, il forme le duo Exotourisme.  En 2025, il publie Hommages, son premier roman. NyxX, son second roman est paru aux éditions POL.  Programmation musicale : L'artiste Julien Perez avec son titre « 7 lav » extrait de son album Rev. 

    Les langues aux États-Unis : 250 ans d'histoire riche mais complexe

    Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 28:59


    Depuis mars 2025, sous l'impulsion de Donald Trump, l'anglais est devenu, par décret, la seule langue officielle aux États-Unis rompant ainsi avec l'histoire du pays qui a toujours plaidé, pour le plurilinguisme. Et pour cause, plus de 350 langues sont parlées dans le pays. Selon certaines projections démographiques, l'espagnol pourrait devenir la langue majoritaire dans le pays d'ici la fin du siècle. Pourquoi instaurer une langue officielle 250 ans après ? Ce décret est-il le point de début d'une politique linguistique offensive ? Quelles langues parle-t-on aujourd'hui aux États-Unis ? Les États-Unis, une tour de Babel sans langue officielle Dès les premières colonies, l'anglais s'impose comme langue dominante, mais sans jamais être officiellement consacrée. Néerlandais, allemand, espagnol ou langues amérindiennes coexistent sans que les autorités ne jugent utile d'imposer un cadre. Au XIXè siècle, l'afflux d'immigrants européens (allemands, italiens) et asiatiques (mandarins) ne change pas la donne : l'anglais reste de facto la langue commune. Ce n'est qu'à partir des années 1960, avec l'explosion de l'immigration hispanophone et asiatique, que le débat aurait dû s'imposer. Mais le « culte de la liberté » l'emporte : les États-Unis ne légifèrent pas. Aujourd'hui, plus de 350 langues y sont parlées, avec une domination écrasante de l'anglais et de l'espagnol. Certains États, comme Hawaï ou le Nouveau-Mexique, adoptent des langues co-officielles, mais ces mesures restent symboliques.  Du melting-pot vire au communautarisme ? L'absence de langue officielle a-t-elle accéléré la fragmentation des États-Unis ? À partir des années 1980, le melting-pot semble céder la place à un repli communautaire : les crises économiques, l'ultra-libéralisme reaganien et l'effondrement de l'ascenseur social ont creusé les inégalités. Résultat ? Des quartiers entiers où l'anglais disparaît au profit du polonais, du russe ou de l'espagnol. Il n'est pas rare de croiser à New York, des jeunes de 25 ans ne parlant pas un mot d'anglais, précise Romuald Sciora. À Los Angeles, des écoles enseignent exclusivement en espagnol. Les médias et les publicités s'adaptent, renforçant l'isolement : chaînes de télé en mandarin, journaux en russe, cours de récréation où l'anglais est minoritaire. Bill Clinton avait envisagé une légifération dans les années 1990, mais cela ne s'est jamais concrétisé. Aujourd'hui, imposer l'anglais comme langue unique est perçu comme une provocation et un acte réactionnaire : comment justifier une telle mesure alors que l'espagnol est parlé par près de 50 millions de personnes ? Les tentatives de Donald Trump pour promouvoir l'anglais ont été vues comme une attaque contre les hispanophones. Cinquante ans de tergiversations ont transformé un débat pragmatique en sujet explosif. Vers un bilinguisme ou un multilinguisme officiel ?   Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus de savoir si les États-Unis doivent légiférer, mais comment le faire sans braquer une partie de leur population. Face à cette fragmentation,  les États-Unis devraient-ils s'inspirer du Canada en adoptant deux langues officielles, l'anglais et l'espagnol ? Les hispanophones, qui représentent près de 20% de la population : une telle mesure aurait le mérite de reconnaître une réalité démographique tout en apaisant les tensions. Un cadre bilingue permettrait d'imposer l'apprentissage des deux langues dès l'école, brisant ainsi les barrières entre communautés. Invité :  Romuald Sciora, essayiste, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris, auteur de America 250, une histoire graphique des États-Unis. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et les CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui !   Programmation musicale : L'artiste Cécile McLorin Salvant avec la reprise de la chanson extraite du film «Les parapluie de Cherbourg». 

    François Le Lionnais par Marcel Benabou : comment l'Oulipo libère l'écriture par la contrainte

    Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 28:59


    Marcel Benabou publie un essai hommage consacré à François Le Lionnais, créateur de l'OULIPO, l'ouvroir de littérature potentielle.  François Le Lionnais, « FLL » était un ingénieur, mathématicien et écrivain est né en 1901 et disparu en 1984. Il est surtout connu pour avoir été le « fraisident-pondateur » de l'Oulipo (l'Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1960 avec l'écrivain Raymond Queneau. Ce mouvement réunit des écrivains, des traducteurs, des universitaires, dont Marcel Benabou fut longtemps le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Dans cet essai, Marcel Benabou commente en quelque 400 pages les poèmes de François Le Lionnais, qui visaient à être le plus court possible puisque telle était son ambition.  François Le Lionnais était un passionné par les liens entre sciences, mathématiques et littérature, il a joué un rôle-clé dans la promotion d'une approche ludique et contrainte de la création littéraire, où les auteurs utilisent des règles formelles (comme les lipogrammes ou les palindromes) pour stimuler leur imagination. Il a peu écrit : des poèmes avec le minimum de mots, le minimum de lettres, et même, sommet de la réduction, un poème sans lettres.  Il disait de lui-même qu'il avait une certaine « constipation de plume »  « Symétriquement, j'ai voulu commenter de manière la plus longue possible ces très courts poèmes », nous explique Marcel Benabou. Ainsi, il nous raconte les dessous du poème composé du seul mot « Fenouil » ou de la réduction d'un poème à une seule lettre « T. » : une lettre qui a finalement tant de choses à dire et qui ouvre un très grand champ d'interprétations...  FLL est notamment l'auteur de La Littérature potentielle (1973), un ouvrage fondateur coécrit avec Raymond Queneau, qui explore les contraintes formelles comme outil de création littéraire. On lui doit aussi Les Nombres remarquables (1983), un livre dédié aux propriétés mathématiques singulières, ou encore Le Second Manifeste de l'Oulipo (1973), où il théorise les principes de ce mouvement. Par ailleurs, il a rédigé des essais sur les échecs, comme L'Ouverture française (1935), et des textes plus personnels, tels que Le Temps (1963), mêlant réflexions scientifiques et philosophiques. L'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) est un groupe littéraire fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l'écrivain Raymond Queneau. Ce dernier a déjà beaucoup publié dont le fameux Zazie dans le métro, ce ne sont donc pas des jeunes gens en mal de reconnaissance et d'aventures ! Leur objectif est d'explorer les possibilités de la création littéraire à travers des contraintes formelles, souvent inspirées des mathématiques ou des jeux de langage. Ces contraintes, comme l'écriture sans la lettre e (lipogramme) dans La disparition de Georges Perec ou la structure en s+7 (remplacer chaque substantif d'un texte par le septième suivant dans un dictionnaire), stimulent l'imagination et donnent naissance à des œuvres originales.    Invité : Marcel Benabou, né en 1939 au Maroc, est un écrivain et historien français, membre de l'Oulipo depuis 1970. Il en était le « secrétaire définitivement provisoire » avant de cumuler cette fonction avec celle de « secrétaire provisoirement définitif ». Ses travaux littéraires s'inscrivent dans la tradition oulipienne, utilisant des contraintes formelles pour explorer des thèmes comme le langage, la mémoire et la création. Parallèlement à son activité d'auteur, il a mené une carrière d'historien, spécialisé dans l'Antiquité romaine. Ses ouvrages, tels que Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres (1986) ou Jette ce livre avant qu'il ne soit trop tard (1992), illustrent son approche à la fois structurée et réflexive de l'écriture. Aux franges du silence, glose pour FLL est publié aux éditions du Seuil.  Programmation musicale : L'artiste Dali avec le titre Parler fort. 

    Qu'est-ce que le capital linguistique?

    Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 29:00


    Sommes-nous égaux devant le langage ? Dans Le capital Linguistique, Frédéric Lebaron interroge le concept de capital linguistique. Mais qu'est-ce qu'un capital linguistique ? Pour le sociologue du langage, « chacun a des compétences linguistiques : ce qui m'intéresse, c'est comprendre la manière dont ces ressources intériorisées fonctionnent et sont dotées d'une valeur sociale. Les ressources linguistiques sont immédiatement évaluées : la valeur du langage va déterminer la valeur d'une personne. » L'auteur fait la différence entre sociolinguistique et sociologie du langage. Pour faire simple, la sociologie du langage étudie le rôle du langage dans la structuration de la société et les enjeux sociaux liés aux langues quand la sociolinguistique étudie les relations entre la langue et la société, en se concentrant sur l'usage concret des langues dans les interactions sociales. La sociologie du langage existait avant la sociolinguistique : l'un des pionniers était Marcel Cohen qui a écrit Pour une sociologie du langage en 1956.  Dans son essai, Frédéric Lebaron évoque également la question de la hiérarchie des langues, de la place et de la dominance de l'anglais dans l'espace francophone : la présence des anglicismes par exemples.  Invité : Frédéric Lebaron, sociologue, professeur à l'École Normale Supérieure Paris Saclay, il a notamment travaillé sur les discours économiques. Auteur de Le Capital Linguistique: une sociologie du langage, publié aux éditions CNRS.   Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire, Adam Mots présentera son spectacle «La calebasse n'a pas de couvercle» entre théâtre, slam, poésie et « griotisme » à l'Institut français d'Abidjan, le 4 juillet.  Programmation musicale : L'artiste Zaho avec Alonzo & Magic System - pour le titre « Mauvais caractère ». 

    Chez Samy : cinquante comédiens, une histoire inventée et l'âme d'un quartier de Bobigny

    Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 28:59


    Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit  pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis.   Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants.  Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier.  La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis ! On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne.  Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... !  La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération.  Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène.  Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran.  À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93.  Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93.    Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ». 

    «L'insulte» d'Anthony Vincent ou transformer la cicatrice des injures en force collective

    Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 29:00


    Pour son premier essai en solo, le journaliste et désormais écrivain Anthony Vincent s'attelle à décortiquer l'insulte et surtout à analyser comment les communautés dénigrées par les structures masculinistes, blanches et hétéronormées se réapproprient aujourd'hui, et ce depuis longtemps, les injures pour les transformer en symboles de regroupement et d'émancipation. Chaque insulte n'est pas qu'un simple mot. Même si, à la base, l'insulte est « un acte de langage bref, à visée offensive », cet acte prend quasiment toujours sa base sur un stigmate que l'auteur français définit comme le renvoi à « un statut social négatif, attribué et perpétué ». En effet, chaque insulte a une histoire. Et c'est cette histoire qu'il faut absolument connaître pour passer de l'injure à un élan de solidarité communautaire quasiment naturel, en se réappropriant le stigmate. Ce « retournement du stigmate », d'abord défini sociologiquement par Louis Gruel, l'un des disciples de Bourdieu, apparaît donc comme nécessaire et inévitable, puisque « les insultes que nous utilisons et/ou subissons nous situent socialement », explique Vincent dans son livre. En effet, parce que ces insultes marquent à vie ceux qui les reçoivent, elles leur permettent également de s'identifier, de se reconnaître, de se rallier et de se renforcer contre « l'ordre cishétéroblantriarcal et validiste », comme le constate le journaliste français. L'insulte : de l'injure à la solidarité se présente aujourd'hui comme un ouvrage transversal essentiel à la sociologie linguistique actuelle et questionne, malgré tout, la réappropriation du stigmate. « En retournant un mot stigmatisant, ne sommes-nous pas en train de réactiver la domination qu'il cristallise ? » Une question légitime qui se doit d'être posée, selon Anthony Vincent, puisque, premièrement, toute thèse sociologique se doit de faire face à sa propre réfutabilité, mais surtout parce que le risque de la réappropriation serait de figer les identités des communautés insultées et peut-être même de perpétuer un socle de domination. Néanmoins, pour Vincent, la réappropriation est inévitable, car la récupération d'une insulte vaut tout de même bien mieux que sa dépolitisation, « afin de transformer la cicatrice des injures en force collective », comme nous l'a dédicacé notre invité du jour. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Sarah Decottignies des éditions Le Robert et les CM1 A de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui ! Invité : Anthony Vincent, journaliste, écrivain, animateur de podcasts et spécialiste mode. Son premier ouvrage en solo L'insulte : de l'injure à la solidarité est d'ores et déjà disponible aux éditions Les Liens qui Libèrent. Programmation musicale : Angèle avec son nouveau titre Dis-le.

    Les voix oubliées de l'esclavage : 27 témoignages inédits en français

    Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 29:00


    Le recueil Sous le règne du fouet rassemble les témoignages de 27 parcours de vie, anciens esclaves : 14 femmes et 13 hommes.  Au cœur de la crise économique qui ravage les États-Unis au début des années 1930, le Federal Writers' Project, une agence fédérale du New Deal, lance une entreprise de collecte de la voix des sans-voix dont l'ampleur n'a jamais été égalée : près de 2 300 témoignages d'anciens esclaves sont recueillis, transcrits et édités. Cette source inestimable et sans équivalent dans le monde restait jusqu'à ce jour largement inédite en français.    Invitée : Elsa Queré, traductrice du recueil Sous le règne du fouet, une histoire orale de l'esclavage aux éditions Ici-Bas. Avec la préface de Françoise Vergès.  Programmation musicale : L'artiste Fatoumata Diwara avec le titre "Fala" qui veut dire "orphelin" en bambara. 

    Littérature : Dimitri Delmas raconte le palais du facteur Cheval

    Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 28:59


    Depuis plus d'un siècle, à Hauterives, dans la Drôme, dans le sud-est de la France, se visite le palais idéal du Facteur Cheval. Dimitri Delmas, illustrateur, designer et écrivain vient de publier J'avais bâti dans un rêve un palais, un roman consacré au facteur Ferdinand Cheval.  Ferdinand Cheval est né en 1836 dans une famille modeste de la Drôme, à Charmes sur l'Herbasse, dans un petit village très rural. Après avoir quitté l'école à 13 ans, il devient boulanger, puis facteur en 1867 à Hauterives. C'est un homme ordinaire, discret, qui effectue chaque jour sa tournée à pied dans les campagnes autour de Hauterives. Il ne quittera jamais son département. En 1879, alors qu'il trébuche sur une pierre de forme étrange, il a une révélation : il décide de construire un palais, seul, avec ses mains et les pierres qu'il ramasse pendant ses tournées.  Chaque soir, après ses longues journées de travail, Cheval se consacre à la construction de son Palais idéal. Est-ce un rêve ou une façon de fuir la dureté du monde ? Car il aura eu une vie douloureuse... marquée par des deuils. Armé d'une brouette, d'une pelle et d'une lampe à pétrole, il transporte des centaines de kilos de pierres qu'il façonne avec des outils rudimentaires. Il mélange ciment, chaux et fil de fer pour donner vie à un monument inspiré par les cartes postales, les magazines illustrés et ses propres rêves. Et tout cela dans une période marquée par la naissance du capitalisme, par l'industrialisation et le colonialisme. Son palais, mélange de grottes, de tours, de sculptures d'animaux et de motifs exotiques, devient une œuvre démesurée : 26 mètres de long, 12 mètres de haut et 10 mètres de large. Malgré les moqueries de ses voisins et les difficultés techniques, il achève son œuvre en 1912. Il décède en 1924.  Le Palais idéal du Facteur Cheval se visite à Hauterives, dans la Drôme.  Invité : Dimitri Delmas, auteur et illustrateur français. Son roman J'avais bâti dans un rêve un palais est publié aux éditions Actes Sud.   Et la chronique Ailleurs nous emmène en Australie ou Jacques Bernard, créateur du Van du Livre, une librairie ambulante francophone qui parcourt l'Australie depuis 12 ans pour transmettre le goût des livres.  Le livre La GRANDE histoire du Van du Livre est disponible à la commande sur son site.    Programmation musicale : La Grande Sophie avec Philippe Katerine pour le titre Un duo avec moi.

    «Les Habitantes» de Pauline Peyrade : un roman sur la nature et le vivant

    Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 29:00


    Emily est une jeune femme qui vit seule avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C'est là qu'elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Un jour, une lettre arrive : elle doit vendre la maison, en indivision.  Pauline Peyrade nous offre avec Les Habitantes l'histoire d'Émilie, une femme qui vit depuis toujours dans la maison de sa grand-mère, Moon. C'est là qu'elle a grandi, là qu'elle reste, comme si ce lieu faisait partie d'elle. Pas par nostalgie, mais parce que cette maison est un refuge, un monde à part où chaque détail compte : le bruissement des feuilles, le vol des insectes, la lumière sur l'étang. Pourtant, un jour, des lettres arrivent. On lui demande de vendre. Émilie se retrouve menacée de perdre, ce qui la rattache à la vie. L'autrice aura mis trois ans pour écrire Les habitantes. Pauline Peyrade n'aime pas les romans explicatifs : avec ce roman, elle n'avait pas en tête d'écrire de grands affrontements mais plutôt de raconter la vie d'une femme qui fait face à une violence systémique. Je ne voulais pas que l'écologie soit le sujet central du roman, mais plutôt une manière de l'écrire. Elle ne concentre pas l'intrigue sur le combat intrafamilial mais cherche à raconter un autre rapport au monde en lutte contre le patriarcat et le capitalisme. Elle reconstitue le lieu qui habite le roman : insectes, végétaux : par la lecture, on le ressent, on les rencontre, elle créé des présences dans le livre et raconter des histoires par les sensations.    Invitée : Pauline Peyrade, écrivaine et dramaturge. Formée à l'écriture théâtrale, elle se consacre à des récits où les émotions et les relations humaines occupent une place centrale. Son premier roman, L'Âge de détruire publié aux éditions de Minuit remporte le prix Goncourt du premier roman en 2023.  « Les habitantes » également publié aux éditions de Minuit, vient de remporter le Prix du Livre Inter 2026.  Programmation musicale : l'artiste Étienne Daho en duo avec l'artiste Alan Stivell avec le titre « An hanv » (qui veut dire « L'été ») une chanson en hommage à Frank Darcel du groupe Marquis de Sade disparu en 2024. 

    Partir en livre ! Opération lecture avec Emmanuel Guibert, papa d'Ariol

    Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 29:00


    Avec plus de 3 millions d'exemplaires vendus, Ariol le petit ânon le plus célèbre de la bande dessinée confirme son statut de héros des enfants et des familles. Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur a été désigné comme parrain de la 12è édition de Partir en Livre.  Ce n'est pas par hasard si Emmanuel Guibert a été choisi comme parrain de cette douzième édition de Partir en Livre qui aura lieu du 17 juin au 19 juillet 2026. Depuis tout petit, l'auteur et dessinateur est passionné de lecture. La lecture finit toujours par engendrer la lecture ! C'est une adresse du bonheur donc on y retourne.  À l'initiative du CNL (Centre national du Livre), et sous l'impulsion du ministère de la Culture, le grand festival du livre pour la jeunesse a pour thème « Nos petits et grands héros » avec un clin d'oeil particulier au petit ânon Ariol dont le recueil Les vacances chez papy et mamie est paru le 10 juin 2026.  Avec beaucoup d'humour et de subtilité, Emmanuel Guibert a fait de cet ânon, un véritable héros pour la jeunesse. On suit, depuis 26 ans, maintenant les aventures du petit âne bigleux, éternel élève de CM1 avec ses copains Ramono le cochon, Pétula, Batégaille ou Tiburge ! Un personnage que son auteur a voulu pour toutes les tranches d'âge.  Emmanuel Guibert s'amuse également beaucoup avec les manières de parler et les accents et parsème ses scénarios de jeux de mots : « internet » devient par exemple « interbête ».    Invité : Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur français, né en 1964. Il s'est fait remarquer avec des œuvres comme La Guerre d'Alan qui relate les souvenirs d'un soldat durant la Seconde Guerre mondiale, Le Photographe (avec Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier) ou des ouvrages jeunesse tels que les Sardines de l'Espace ou Ariol (avec Marc Boutavant), où il mêle une grande sensibilité humaine à une narration très maîtrisée.  Merci à Lucie et Emile pour leur lecture. Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Être coiffé au poteau » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !  Programmation musicale : L'artiste Minou avec le titre « Différent ».  

    Humour : vingt ans de la mort de Raymond Devos, qui sont ses héritiers?

    Play Episode Listen Later Jun 16, 2026 29:00


    Vingt ans après la disparition de l'humoriste Raymond Devos : y a-t-il des héritiers aujourd'hui dans ce domaine si particulier de l'humour absurde ? La Scala organisait une soirée spéciale Devos 2.0, ce lundi 15 juin 2026...  Il y a 20 ans, disparaissait l'artiste Raymond Devos. Maître incontesté du jeu de mots et des absurdités du langage, il transformait les expressions du quotidien en situations loufoques où le sérieux basculait dans le burlesque. Qui sont aujourd'hui les héritiers de Devos ? Comment faire vivre ce patrimoine exceptionnel auprès de nouvelles générations sans céder à l'imitation ?  Invités :   - François Rollin, auteur, comédien, scénariste, metteur en scène, Prix Raymond Devos 2009, un prix qui récompense « une personne dont l'œuvre contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement ou à sa promotion »  - Geneviève Meley Othoniel, directrice de l'École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) une école ouverte en 2024 qui forme des humoristes - Aliocha, étudiant humoriste à l'ESAR.   Une soirée spéciale Devos 2.0 a eu lieu à la Scala le 15 juin 2026.   Programmation musicale : L'artiste Voyou en duo avec Tuerie pour le titre « Hula Hoop ». 

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