Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission

La Revue des oralités du monde n°5, consacrée à la transcription des textes de littérature orale vient d'être publiée. (Rediffusion du 7 janvier 2026) Par principe, il y a quelque chose d'éphémère dans la littérature orale de la variabilité, son essence, c'est le présent, s'agit-il donc de transmettre et de transcrire pour sauvegarder ? La parole étant immatérielle, dès lors qu'elle est prononcée, on ne peut plus la restituer. Comment alors retranscrire ces langues et leurs textes ? Toutes les langues sont-elles logées à la même enseigne ? Invités : - Ursula Baumgardt, professeure émérite en oralité et littérature africaine à l'Inalco et au Plidam. À lire aussi : Goggo Addi, une conteuse peule de Garoua - Aliou Mohamadou, professeur émérite de Linguistique peule à l'Inalco et au Plidam. Il a écrit l'article « Les sytèmes de transcription du peul et leurs applications », une question qui a traversé tout le XIXème siècle, puisque les premiers textes peuls datent des années 1850. Le peul n'avait pas de norme orthographique, la question était donc de les établir, mais comment établir des règles écrites, lorsqu'on parle d'une langue orale ? Tous les deux sont membres fondateurs de la Revue des oralités du monde, et de l'Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), une bibliothèque numérique des littératures africaines. Et, comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Et, pour cette nouvelle année, elle est toujours aussi déterminée mais, rassurez-vous, vous ne serez pas le dindon de la farce ! Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de la classe de CM2 de l'école Vulpian à Paris ! Programmation musicale : L'artiste VJ avec Sidiki Diabaté et leur titre Toi et moi.

L'auteur congolais Steve Aganze publie « Bahari-Bora », un premier roman aux éditions Récamier dans lequel il raconte l'histoire de Bahari-Bora, une jeune fille victime de la guerre. (Rediffusion du 16 septembre 2025) « Bahari-Bora » signifie « bel océan tranquille » en swahili. C'est aussi le nom de l'héroïne du premier roman de l'auteur congolais Steve Aganze, une jeune fille enlevée par un groupe armé et utilisée comme arme de guerre, battue et violée. Recueillie dans un hôpital après sa fuite, on lui apprend qu'elle est enceinte. Mais quel monde offrir à cet enfant ? Bahari-Bora: c'est la somme de toutes les femmes inspirantes, celles qui se sont battues malgré l'adversité Invité : Steve Aganze est né en 1999 à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il part vivre à Kinshasa en 2011, après avoir subi des années de guerre. En 2023, il figure parmi les finalistes du prix Voix d'Afrique. Programmation musicale : L'artiste Zaz avec le titre Sains et saufs, extrait de l'album éponyme à paraître le 19 septembre 2025.

Révélation masculine aux dernières Victoires de la Musique, Sam Sauvage, qui s'est fait connaître grâce à son titre « Les gens qui dansent », vient de sortir son premier album. (Rediffusion du 3 février 2026) En postant sur les réseaux sociaux « Les gens qui dansent », un morceau composé en 2020 et remis au goût du jour avec de nouveaux synthés, l'auteur-compositeur-interprète Sam Sauvage est rapidement devenu viral et s'est même distingué, cette année, en raflant le titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026. Son premier album Mesdames, Messieurs est composé de douze titres. Un conteur social Le jeune dandy de 25 ans, sapé en costume-cravate et à la voix grave, aime se définir comme « un conteur social » qui essaye d'écrire sur ce qu'il observe, ce qui l'entoure. J'aime me moquer des sujets, de l'état du monde mais pas des gens. Ses textes abordent les questions sociales : la guerre en Ukraine, le drame des morts en mer, les SDF du métro, les ruptures amoureuses, les langages de l'amour. Invité : le chanteur Sam Sauvage, de son vrai nom Hugo Brébion, né en 2000 dans le Pas-de-Calais, dans une famille passionnée de musique. Il compose ses premiers morceaux au lycée lorsqu'il rejoint le groupe Photomaton. (L'émision a été enregistrée le 3 février 2026, soit dix jours avant l'obtention de son titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026.) Programmation musicale : Sam Sauvage - Avis de tempête Sam Sauvage - Les gens qui dansent Sam Sauvage - J'suis pas bô Sam Sauvage - Boulogne Sam Sauvage - Un cri dans le métro

Dans son nouveau recueil « Paons », le poète haïtien James Noël rend hommage à ses ancêtres, à son pays et à sa culture, le tout en espérant le réveil d'un peuple actuellement meurtri par les circonstances politiques et l'omniprésence des gangs armés. Au petit matin, James Noëlest sorti du boispour faire entendreson piano à queue de paon.Sa parole de grand poèteest le jazz dont a besoinle réveil des Haïtiens Ces mots signés René Depestre, souvent considéré comme le « parrain » de la littérature haïtienne, ont inspiré James Noël dans l'écriture de son tout nouveau recueil de poésies « Paons ». Le paon, cet oiseau dont le mâle porte une longue queue ocellée qu'il parade pour séduire, se présente alors comme une image pertinente pour décrire l'ambivalence de la partie occidentale de l'île d'Hispaniola. Entre beautés et drames, entre amours et guerres, entre le coup de cœur du paon et le coup de feu du « pan ! ». Le paon, on le voit tel un oiseau qui impressionne, qui se la pète en même temps [...] mais on peut aussi imaginer cette merveille qui se trouve déplumée par les coups de feu. - James Noël Par ce titre métaphorique et ce recueil poétique, James Noël rend hommage à tous ces « paons » de la vie haïtienne qui enjolivent le quotidien d'Haïti mais qui sont également capables de pousser des appels aigus tels des cris de paon. Pour ceux qui voudraient vivre ses poèmes en musique, l'auteur haïtien se représente ce jeudi 19 février 2026, à 21 heures, à la Maison de la Poésie à Paris, aux côtés du musicien Arthur H, pour une lecture musicale de « Paons », ainsi que samedi 21 février 2026, à 18 heures, à la Gaîté Lyrique, dans le cadre du festival Effractions, aux côtés de l'artiste Nicolas Repac. Invité : James Noël, poète, romancier et acteur haïtien, qui écrit en français et en créole haïtien. Son nouveau recueil poétique « Paons » est d'ores et déjà disponible aux éditions Au Diable Vauvert. Programmation musicale : L'artiste canadienne d'origine haïtienne Mélissa Laveaux, qui sera prochainement l'invitée de De vive(s) voix et qui sort son nouvel album, le mois prochain (mars 2026), et son titre Salt water so sweet.

Une salle de classe, une prof, des ados : « Saigner des genoux » raconte quelques jours dans la vie d'adolescents dans un collège. « C'est plus difficile d'écrire sur les jeunes quand on est plus âgé car on a peur d'être ringard ou à côté de la plaque ». Pour écrire son spectacle, Igor Kovalsky, jeune metteur en scène a pris le temps de rencontrer collégiens et lycéens. Pour écrire cette pièce, il a puisé dans ses souvenirs mais il s'est également inspiré de l'actualité. Dès la première scène, le ton est donné : la prof de maths tente de s'immoler devant ses élèves. La pièce raconte l'histoire de Doum, un ado viré de ses collèges précedents qui arrive dans un nouvel établissement et qui essaye de trouver sa place dans cette nouvelle école. Il rencontre trois autres adolescents avec lesquel il va tisser des liens. Sur scène, les élèves rappent, ils dansent. Et tentent de se faire comprendre. Invités : - Igor Kovalsky, comédien. Il est metteur en scène de la pièce « Saigner des genoux ». Il a toujours eu le goût de l'écriture. Cette pièce a été écrite lors après sa formation au Cours Florent. - Denez Raoul, comédien qui joue dans la pièce. Ils ont tous les deux été formés au cours Florent. À voir au Théâtre du Chariot jusqu'au 1er mars 2026. Le Théâtre du Chariot est une petite salle située dans Paris et gérée par des comédiens. Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « être charrette ». Programmation musicale : L'artiste Charlotte Fever avec le titre « Tremble ».

Pour son premier roman, Raphaël Baud s'est inspiré de faits réels pour nous relater l'histoire méconnue de George Psalmanazar, un imposteur de génie du XVIIIè siècle qui parvint à berner tout le monde en se faisant passer pour un Japonais, allant même jusqu'à publier un traité sur l'île de Formose (aujourd'hui Taïwan) en y inventant une grammaire et des coutumes purement fictives. Petit, Raphaël Baud a inventé sa propre langue avec son frère. Et c'est justement cette passion pour la cryptophasie (la science des langages secrets parlés et/ou écrits par un petit nombre de personnes) qui a mené l'auteur français à s'intéresser au curieux personnage de George Psalmanazar. Mais Psalmanazar, d'origine française, lui, est allé encore plus loin que Baud : il n'a pas juste inventé une langue, il s'est inventé une vie. Une vie de « païen nippon » visitant la France et l'Europe au XVIIIè siècle. Un mensonge total qui a permis au prétendu Formosan d'origine japonaise de goûter aux luxes de la bourgeoisie de l'époque et notamment à ceux de la haute société britannique. Est-ce que l'invention, c'est du mensonge ? - Raphaël Baud Pour nous empreindre au maximum de cette histoire ô combien loufoque mais pourtant vraie, Raphaël Baud a décidé de jouer à fond la carte de l'imposture, allant même jusqu'à mentir sur sa propre vie dans le prologue. Et, pour encore plus de réalisme, l'écrivain haut-saônois s'est également efforcé à narrer son tout premier roman dans un style d'écriture proche de celui du XVIIIè siècle. Mais rassurez-vous, cet ouvrage entre fiction et réalité est tout à fait compréhensible pour un lecteur du XXIè siècle et nous raconte surtout une histoire vraie à dormir debout ! Invité : Raphaël Baud, auteur de Psalmanaazaar, paru aux éditions Les Belles Lettres. Programmation musicale : L'artiste Nina Uzan et son titre Charade.

Dans «Suzanne : une histoire du cirque», l'artiste Anna Tauber part sur les traces de Suzanne, une artiste circassienne qui exécutait un numéro de voltige dans les années 50. Que reste-t-il des arts du cirque, exigeants et éphémères, qui s'accomplissent dans l'instant et ne subsistent que dans les souvenirs ? C'est la question qui traverse Anna Tauber quand elle rencontre Suzanne en 2017. C'est grâce à sa grand-mère qu'Anna Tauber rencontre Suzanne M en 2017. Alors qu'elle fait des recherches que l'histoire du cirque, sa grand-mère lui parle de l'amie d'une voisine, une certaine Suzanne M ! Elle est alors âgée de 84 ans. Durant sept ans, Anna Tauber va enregistrer puis filmer leurs rencontres. Son récit bouleverse profondément Anna Tauber... car l'histoire de Suzanne révèle l'extraordinaire liberté offerte à Suzanne. À l'époque, les artistes circassiens n'étaient pas nécessairement issus de famille « de cirque », beaucoup venaient d'ailleurs et arrivaient « par hasard ». De 1948 à 1965, Suzanne a été voltigeuse. Elle et son mari Roger ont présenté un numéro de cadre aérien à travers le monde. Leur duo s'appelait Les Antinoüs. C'était alors un numéro très risqué, à douze mètres de hauteur, sans filet et sans longe. « La question du risque était alors au coeur du spectacle ». Seule en scène, Anna Tauber propose une enquête en forme de ciné-spectacle documentaire, sur les traces d'un numéro de voltige que Suzanne - aujourd'hui nonagénaire - performait dans les années 50. Elle transmet ainsi la mémoire d'une artiste et une histoire du cirque. Invité : Anna Tauber. Elle se définit comme une artiste « circassienne hors pistes ». À voir : Suzanne, une histoire du cirque à voir au 104 jusqu'au 21 février 2026 dans le cadre du festival Les Singulier·es Et la chronique Ailleurs nous emmène en Roumanie où l'Institut français de Bucarest se prépare à fêter le mois de la francophonie ! Programmation musicale : L'artiste PI JA MA avec le titre L'annonce.

Jacques Vincey adapte au théâtre l'essai philosophique de Cynthia Fleury. Qu'est-ce que le courage ? La société d'aujourd'hui manque-t-elle de courage ? Peut-on rallier courage politique et moral ? Tel était le propos de l'essai publié aux éditions Fayard, par la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury en 2010, et dans lequel elle imaginait un dialogue avec une philosophe. Une adaptation avec deux personnages: Nicole-Jeanne Bastide et une journaliste, Noëlle Blanc. Toutes deux vont s'affronter sur la définition et la notion de courage : une pièce mordante sur l'état du monde et la démocratie. De l'essai à la scène Cela faisait longtemps que Cynthia Fleury voulait mettre en scène son essai avec une mise en scène facile à dire et à monter qui puisse être jouée dans un théâtre, une école ou une prison. La philosophie, comme le théâtre sont deux disciplines nées dans la Grèce Antique et ont par conséquent beaucoup de points communs : «Le théâtre, c'est un lieu de pensée en acte, un lieu de la parole perfomative.» La pièce commence avec un monologue, le «double» de Cynthia Fleury qui a le sentiment d'être «gelée», découragée, épuisée face à l'adversité du monde. Elle tente de définir la ou les définitions du courage notamment cet héroïsme qui est de négocier au quotidien sans perdre son âme et d'affronter la montagne. Malgré le thème très sérieux, la pièce est ponctuée de touches d'humour et de dérision. Pour incarner ces deux personnages, plusieurs duos d'actrices parmi lesquelles Isabelle Adjani, Isabelle carré, Laure Calamy, Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin... Jacques Vincey, metteur en scène, explique la mise en scène des idées peut passer : Le choix de travailler avec plusieurs duos d'actrices déplace les attentes des spectateurs. Le public est confronté à ces deux femmes qui dialoguent avec un texte en main. La pensée s'ancre dans des sensibilités et des corps des formes d'engagement différents. Invités : la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury et le metteur en scène Jacques Vincey. À voir jusqu'au 8 mars 2026, au Théâtre de l'Atelier à Paris. Programmation musicale : L'artiste Yaël Naïm avec le titre « La fille pas cool ».

La Biblitohèque nationale de France (BnF) consacre en ce moment, depuis le 27 janvier 2026 et ce jusqu'au 5 avril 2026, une exposition à la célèbre chanteuse et parolière française Barbara, au sein de sa fameuse Galerie des Donateurs, nommée « Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public ». De son vivant, Barbara n'a jamais songé à archiver sa propre légende, compliquant ainsi la tâche à ceux qui auraient voulu retracer le parcours atypique, tantôt sulfureux, tantôt idyllique, de la compositrice de « L'Aigle noir ». Mais, grâce à ses admirateurs et notamment aux dons de l'association Barbara Perlimpinpin, la BnF a pu se procurer une centaine de documents faisant référence au lien tout particulier que l'autrice-compositrice entretenait avec ses fans. Photos, vidéos, partitions, costumes de scène, tenues de ville, notes, programmes, autographes, courriers... Tant d'items rares que les intéressés peuvent dès maintenant consulter à la BnF, afin d'analyser sa méthodologie de travail et de mieux comprendre les sentiments quasi-amoureux que Barbara éprouvait pour son public. Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous. Au fil de l'exposition, les visiteurs découvriront son rapport singulier à la scène, depuis ses débuts dans de modestes cabarets belges jusqu'à ses dernières apparitions publiques en 1993. À la BnF, la légende Barbara perdure, donc, le long d'un cheminement d'exposition intime, et pourrait se résumer en une seule phrase prononcée par la vedette elle-même sur la scène de Bobino en 1966 : « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ». Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie vous a à l'œil ! Invitée : Coline Arnaud, coordinatrice du développement des publics, département de la Musique, BnF. Programmation musicale : Barbara et ses titres « Dis, quand reviendras-tu ? », « Sid'amour à mort » et « Perlimpinpin ».

Dans un pays du Golfe arabo-persique : lui est venu seul, il est l'étranger. Elle, mène la révolte contre les hommes, le mariage, la religion. Dans ce pays où l'amour est interdit, ils tentent d'écrire une autre histoire. Invité : Hadrien Laroche. Auteur français. Son dernier roman « La mort clandestine » est paru aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste Perez avec le titre « Solo ».

À mi-chemin entre le rap et le théâtre, l'artiste Forbon N'Zakimuena nous raconte comment il a dû abandonner son vrai prénom, Zola jugé « pas assez français » par l'administration française lors de sa naturalisation. Forbon N'Zakimuena a reçu le prénom Zola-Forbon soit « Le bien aimant Forbon » en Lingala, l'une des langues parlées en République Démocratique du Congo. Il a grandi en région parisienne avec ce prénom ; un prénom issu de sa famille maternelle et transmis depuis plusieurs générations. À sa naissance, son père oublie d'apposer « Zola » sur l'acte de naissance. Peu importe, on ajoutera ce prénom lors de la naturalisation française. Alors âgé de 13 ans, il se retrouve en 2003 devant le Tribunal de Grande Instance pour tenter de rectifier cet oubli. Sauf que la récupération de son prénom entier lui est refusé : « pas assez français », lui dit-on. Dans ce one-man show, cet artiste de la parole, relate sans amertume ses rendez-vous avec la préfecture et l'administration françaises. Il raconte les déboires qu'il a rencontrés et l'humiliation subie. Invité : Forbon N'Zakimuena est musicien, et interprète pluridisciplinaire, né en 1990. Il se définit comme un artiste de la parole. Son spectacle « Zola… pas comme Emile » est en tournée. Et la chronique Ailleurs nous emmène au Mali. Ibrahima Aya, organisateur et co-directeur de la rentrée littéraire du Mali nous parle de cet évènement qui aura lieu du 10 au 14 février 2026. Le thème retenu cette année est « l'Afrique dans le monde de demain ». Programmation musicale : Les artistes Souad Massi et Gaël Faye avec le titre « D'ici, De là-bas ».

Le metteur en scène Aristide Tarnagda adapte le roman de Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt en 2021 pour « La plus secrète mémoire des hommes ». « Un putain de livre ! ». Voilà comment Aristide Tarnagda décrit le livre écrit par Mohamed Mbougar Sarr et couronné du Prix Goncourt en 2021. Un roman qui n'ai pas laissé indemne le metteur en scène et qui se prête bien au théâtre. Ce roman gigogne comporte plusieurs facettes. C'est à la fois une réflexion sur l'écriture, sur le désir d'écrire, mais c'est aussi sur l'histoire et les effets du colonialisme. Comment les livres sont-ils lus, selon leur auteur ? On y retrouve certains codes du roman policier car c'est l'histoire d'un écrivain qui se lance sur les traces d'un livre mythique et de son auteur qui a disparu... « C'est aussi un roman d'initiation », selon les mots de son auteur. « Une quête de l'autre et de la vérité », ajoute Aristide Tarnagda. Une adaptation qui n'a pas été facile à faire en raison de la densité et de la complexité du roman. Ce n'est pas la première fois qu'Aristide Tarnagda adapte Mohamed Mbougar Sarr puisqu'il avait déjà mis en scène le roman « Terre Ceinte » en 2021. Invité : Aristide Tarnagda, auteur, metteur en scène burkinabè. Directeur du festival bisannuel les Récréatrales à Ouagadougou. Il entame sa carrière en 2004 après ses études universitaires en sociologie. La plus secrète mémoire des hommes à voir à la MC 93 jusqu'au 8 février 2026. À lire: La Plus Secrète Mémoire des hommes, un roman de Mohamed Mbougar Sarr publié en 2021 aux éditions Philippe Rey. Programmation musicale : Le groupe centrafricain Boddhi Satva avec le titre Les gens changent.

Chaque année, le festival des langues classiques met à l'honneur le grec, le latin et le chinois. Cette année, les langues asiatiques sont mises à l'honneur. Si le grec et le latin se taillent la part du lion, les langues asiatiques s'invitent et parmi elles, le sanscrit et le coréen sont aussi décryptées. Comment les littératures classiques de l'Inde, de la Chine entretiennent-elles un dialogue vivant avec l'oralité ? Des récits fondateurs aux épopées transmises de génération en génération, la voix demeure au cœur de la mémoire et de la transmission. De quelle manière les formes orales façonnent-elles le texte, nourrissent la pensée et tissent un lien entre passé et présent ? Il serait réducteur d'affirmer que le sanscrit n'est qu'une langue érudite et sacrée ! Il y a 2000 ans d'histoire littéraire, scientifique. On y trouve des traités d'architecture, d'astronomie mais aussi des belles lettres, du théâtre, des romans ! Cette langue n'a jamais été une langue parlée en tant que telle. Cette langue s'est fait connaitre grâce au Mahabharata, le livre de Véda Vyasa, une grande épopée lyrique qui raconte la guerre des Bharata et qui a donné lieu à de grandes mises en scène de Jean-Claude Carrière ou Peter Brook. Ce texte ainsi que le Ramayana étaient destinés à distraire la cour royale. Ils vont connaître la postérité et avoir un impact majeur et vont influencer des auteurs tels que Salman Rushdie ou Thomas Mann. Quant à la langue coréenne, son histoire est très intéressante : son alphabet a été créé au XVè siècle. Environ 2/3 de son lexique provient de la langue chinoise classique : le hanmun. Le chinois classique était aussi une grande langue de lettrés et de traduction. Les concours de fonctionnaires devaient réciter ou psalmodier des textes classiques ou canoniques en langue classiques. Invités : - Yannick Bruneton, professeur des Universités, Paris Cité, anciennement Paris 7. Spécialiste d'histoire médiévale de la Corée, rattaché à l'École pratique des Hautes études. Auteur chez Armand Colin d'un manuel de chinois classique, mais il vient aussi de publier, en novembre 2025, aux Belles Lettres, dans la collection « Bibliothèque chinoise », les Poèmes du Dhyana de Hyangjok Sunim. C'est une anthologie de poèmes zen bouddhiques coréens anciens, commentés par un moine coréen contemporain - Iris Farkondeh, chargée de cours à l'Université Sorbonne nouvelle et docteure en Études indiennes. La huitième édition du Festival des langues classiques aura lieu à Versailles les 7 et 8 février 2026. Lucie Bouteloup ne nous fait jamais « faux bond » ! Comme chaque mercredi, elle décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moisnard des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste franco-brésilienne Gildaa avec le titre Utopiste.

Le chanteur Sam Sauvage s'est fait connaître pour son titre « Les gens qui dansent ». Auteur, compositeur, interprète, il vient de sortir son premier album. L'artiste Sam Sauvage s'est fait connaître grâce à la vidéo du clip de la chanson très pop « Les gens qui dansent » postée sur les réseaux sociaux et devenu viral. Un morceau composé en 2020 et remis au goût du jour avec de nouveaux synthés. Son premier album Mesdames, Messieurs est composé de douze titres. Un conteur social Le jeune dandy de 26 ans, sapé en costume cravate et à la voix grave aime se définir comme « un conteur social » qui essaye d'écrire sur ce qu'il observe, ce qui l'entoure. « J'aime me moquer des sujets, de l'état du monde mais pas des gens ». Ses textes abordent les questions sociales : la guerre en Ukraine, le drame des morts en mer, les SDF du métro, les ruptures amoureuses, les langages de l'amour. Invité : l'auteur, compositeur interprète Sam Sauvage. Sam Sauvage, de son vrai nom Hugo Brébion est né en 2000 dans le Pas-de-Calais dans une famille passionnée de musique. Il compose ses premiers morceaux au lycée lorsqu'il rejoint le groupe « Photomaton ». Il figure parmi les artistes en lice de la catégorie « révélation masculine » pour les Victoires de la Musique 2026 qui auront lieu le 13 février 2026. Programmation musicale : Avis de tempête Les gens qui dansent J'suis pas bô Boulogne Un cri dans le métro.

De Alefa ! (Allez !) à Zavatra (chose) l'auteur, traducteur et éditeur Johary Ravaloson nous immerge dans les mots de Madagascar en les illustrant de faits historiques et anecdotes personnelles. Avec ces 80 termes, Johary Ravaloson nous raconte ce qu'il a envie de dire sur Madagascar. Pour chaque mot, il en profite pour dérouler plusieurs définitions. À l'entrée malagasy, on apprend que la langue de Madagascar a incorporé des mots d'autres langues : de l'arabe, du bantou (akoho: la poule) ou de langues européennes (paradisa : paradis). L'auteur ajoute que le mot « malgache », imposé pendant la colonisation, heurte les oreilles de beaucoup de Malagasy. Dans les années 2010, un mouvement sur les réseaux sociaux a voulu rectifier ce nom au profit de « malagasy ». Quand il a fallu chercher des mots, ce sont évidemment les mots de l'enfance qui sont venus en premier. Ce sont aussi les traditions qui sont décrites . Le « kabary », art oratoire malagasy, a été récemment inscrit par l'UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Johary Ravaloson nous rappelle que le malagasy est une langue agglutinante, un type de langue qui forme principalement des mots en assemblant des morphèmes (parties de mots). Ainsi, les mots et les noms de familles sont parfois composés de plusieurs mots. Dans les noms de famille, les parents ajoutent des noms d'ancêtres, considérés comme des protecteurs ou des intermédiaires entre les morts et les vivants. On découvre que le nom de la capitale Antananarivo signifie « la ville des mille », en référence aux mille guerriers chargés de protéger le domaine royal ! Invité : Johary Ravaloson, auteur, traducteur et éditeur. Il a notamment écrit le roman Amour, patrie et soupe de crabes, aux éditions Dodo Vole. Le recueil 80 mots de Madagascar est paru aux éditions l'Asiathèque. Il a vécu les vingt premières années de sa vie à Antananarive. Vous pourrez retrouver Johary Ravaloson Jeudi 5 février à 18h30 à la Librairie l'Asiathèque - 1 rue Deguerry - Paris 11ème. Et la chronique ailleurs nous emmène à Bujumbura au Burundi pour parler de la sixième édition du festival Buja sans Tabou qui aura lieu du 2 au 8 février 2026. Le thème retenu cette année est « déconnexion ». Et c'est Claudia Munyengabe, auteure et membre de Buja Sans Tabou qui nous en parlera. Programmation musicale : Les artistes Caesar & Ngiah Tax Olo Fotsy avec le titre « Mampanota ».

Dans les orphelins, Eric Vuillard raconte l'histoire du hors-la-loi Billy The Kid et relate par la même occasion une partie de l'histoire des États-Unis. «À 17 ans, il tua son premier homme». C'est ainsi que début le nouveau roman d'Eric Vuillard. Eric Vuillard a écrit l'histoire de Billy the Kid en déconstruisant l'évènement qui nous a été raconté : une histoire qui nous a été racontée par son assassin : Pat Garett. Une histoire ce n'est pas une vie. Une vie, ce sont les déchirements intérieurs. Une histoire c'est tenter de mettre ce qu'on peut imaginer de ces déchirements intérieurs mais à travers des coordonnées sociales : c'est replacer l'individu dans son milieu, dans l'Histoire. Il existe quelques témoignages sur Billy the Kid notamment de paysan mexicain qui le décrivait comme quelqu'un d'amical, jovial : ces témoignages ont été passés sous silence. L'auteur raconte l'histoire d'un adolescent qui pourrait être comme les autres lorsqu'il est dépouillé de sa fiction, un adolescent victime du capitalisme, de la colonisation mais aussi de la violence intrinsèque des États-Unis. Billy the Kid, de son vrai nom Henry McCarty, est l'une des figures les plus célèbres du Far West américain. Il doit son surnom à son aspect juvénile, presque enfantin. Il serait né en 1859 à New-York dans une famille très pauvre d'origine irlandaise. Orphelin très jeune, il grandit dans la pauvreté, bascule dans la délinquance et devient rapidement un hors-la-loi. Il se fait connaître pendant la guerre du comté de Lincoln au Nouveau-Mexique, une guerre de territoires entre factions rivales. Il acquiert la réputation d'un tireur rapide et efficace. Il a la réputation d'avoir tué 21 hommes, mais ce nombre est sujet à caution et serait plutôt de 9 hommes. Malgré ses crimes, il bénéficie d'une certaine sympathie populaire amplifiée par les journaux qui relatent ses exploits. Il est tantôt considéré comme un criminel sans foi ni loi, tantôt comme un rebelle face aux puissants. Il est finalement capturé, condamné à mort par pendaison mais réussir à s'enfuir. Sa fuite ne dure pas longtemps : âgé de 21 ans, il est finalement abattu par le shérif Pat Garrett en 1881. Invité : Eric Vuillard, né en 1968, est un auteur et cinéaste français. Il est connu pour ses récits historiques courts à mi-chemin entre littérature et essais. Il avait déjà raconté le far-west américain dans Tristesse de la Terre : une histoire de Buffalo Bill Cody. Il a également écrit sur la colonisation, sur la guerre d'Indochine ou encore la prise de la Bastille. Il remporte le prix Goncourt en 2017 pour l'Ordre du jour qui raconte les coulisses de la montée du nazisme et les prémices de «la solution finale». Programmation musicale : L'artiste Loufox avec le titre Serrer les dents.

Benoît Richter, Kidi Bebey, Belinda Cannone, Louis-Philippe Dalembert… l'autrice Emmanuelle Favier et Edith de Cornulier ont demandé à 26 auteurs de rédiger 26 textes sur 26 mots rares. Mais pourquoi s'intéresser aux mots désuets ? Déchouquer, Ribaudequin, Oaristys, Aorasie... tous ces mots existent mais vous ne les connaissez probablement pas ! Le Trésor de la langue française, qui est le dictionnaire le plus complet, recense environ 100 000 mots quand le français usuel en compte 30 000, une mine pour les auteurs et les poètes ! La langue ne s'use que si on ne s'en sert pas L'autrice Emmanuelle Favier dirige une collection de livres consacrée aux mots rares. Une collection ? Plutôt un « encomium », un terme ancien quelque peu dérivé... Depuis toujours, l'autrice est fascinée, obsédée depuis toujours, par les mots rares qui sont « des fenêtres sur le sens, des manières de s'approprier la langue et l'étymologie qui convoque tout un univers historique ». Dans cette collection, Emmanuelle Favier suggère à des auteurs ou autrices d'écrire un court texte sur un mot… mais sans forcément donner une définition précise. La seule chose qu'elle impose, c'est la lettre ! On y trouve des mots créoles, argotiques, ou du français hors de France, mais aussi des mots désuets ou nouveaux tels que urbexeur. Le travail sur la langue et les mots rares a la côte ! Et ce sera de plus en plus le cas avec l'Intelligence Artificielle car face à elle, il ne nous reste que notre sens poétique ! Ces encomiums sont dirigés par la maison de négoce Malo Quirvane. Une maison d'édition aujourd'hui dirigée par Edith de Cornulier. Cette maison d'édition est née dans la ferme de Malo Quirvane, dans le Morvan. À moins que toute cette histoire ne soit créée de toutes pièces... Edith de Cornulier voulait devenir vigneronne. Face à la précarité du métier, elle décide de devenir éditrice « Il y a beaucoup de points communs entre les agriculteurs et les éditeurs : ce sont des fournisseurs de matière première! ». Créée en 2019, cette maison d'édition publie aujourd'hui son trente-troisième livre. Invitées : Edith de Cornulier, directrice de la Maison d'édition Malo Quirvane et Emmanuelle Favier, autrice et directrice de la collection des petits encomiums des mots rares. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moisnard des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Sian Pottok et Fatoumata Diawara avec le titre Je danse sur toi.

Convoquant le théâtre, la danse et la musique, Iqtibās raconte une histoire incandescente, où l'on ressent profondément ce que signifie aimer aujourd'hui au croisement des cultures. Des mots pour dire l'amour, éviter le déchirement, comprendre l'éloignement... des mots tempêtes, des mots discordes comme il est dit dans la pièce de théâtre Iqtibas. Iqtibās, c'est un mot arabe qui veut dire «emprunter» au sens premier mais dans sa dimension philosophique, ce terme peut vouloir dire «allumer son feu au foyer d'un autre». Une définition de l'amour ? Quand deux personnes n'en font qu'une : laquelle devient-elle ? C'est l'histoire d'une rencontre entre un prof, Abel et une boxeuse, Balkis lui est français, elle d'origine marocaine. Abel, un prénom qui évoque la fratricide dans la Bible et qui veut dire «souffle, buée» et qui symbolise ce qui est éphémère, fragile. Balkis, le prénom de la Reine de Saba. Je ne sais pas ce que tes mots ont fait aux miens L'Histoire va alors les percuter : une passion face aux différences culturelles et à l'Histoire douloureuse... Comment s'aimer quand l'altérité surgit ? Le théâtre nous donne toutes les libertés, c'est à nous d'aller au-delà des censures qu'on se met soi-même. Le théâtre peut tout accueillir. Invitée : Sarah M, autrice et metteuse en scène de Iqtibās, avec Hayet Darwich et Maxime Levèque. Un spectacle écrit en français mais aussi en darija, un dialecte marocain. Programmation musicale : L'artiste Camille Yembé avec le titre Je ne l'ai jamais dit à personne.

Plus de 400 ans après sa mort, Philippe Charlier et une équipe de chercheurs font parler l'ancien souverain Henri IV, assassiné en 1610. Des chercheurs de l'Hôpital Foch et de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et du Laboratoire de Phonétique et Phonologie sont parvenus à reconstituer les paramètres vocaux les plus réalistes du roi de France Henri IV (1553-1610) à partir de sa tête momifiée conservée au laboratoire LAAB (UVSQ). C'est pour le moment une seule syllabe, des phonèmes, des voyelles, mais ce n'est que le début du projet et c'est une véritable prouesse. Pourra-t-on faire parler Henri IV ? Tout commence à la Révolution française. En 1793, les Révolutionnaires veulent détruire tout ce qui rappelle la Royauté. Ils vont alors profaner les tombeaux royaux dont ceux de la Basilique de Saint-Denis où repose le corps du monarque Henri IV. Les dépouilles sont sorties, molestées puis jetées dans une fosse commune. Mais certains restes vont être conservés par des curieux où des personnes qui vont en faire commerce, tel que le médiéviste et conservateur de musée Alexandre le Noir qui vendra... trois têtes du monarque Henri IV dont une authentique. Après de nombreuses péripéties, celle-ci est retrouvée et authentifiée en 2010. Une tête bien préservée La tête est encore très bien préservée, avec de la peau, des cheveux et des poils. elle a été sectionnée à la base du cou. Les chercheurs se rendent comptent qu'il y a encore les cordes vocales et le larynx et ceux-ci sont très bien préservés, ce qui peut permettre scientifiquement de reconstituer une voix. Mais à l'époque, personne n'a l'idée de reconstituer sa voix... La présence du larynx et des cordes vocales en très bon état de conservation ont permis la reconstitution de ces premiers sons avec une voix aigue et un peu haut perchée. Écoutez. "La voix, c'est la personne" Grâce au travail de l'équipe pluridisciplinaire, des données qu'on dispose sur l'accent, le phrasé, le positionnement des dents, la façon de prononcer le français, le timbre de la voix et l'Intelligence Artificielle, on sera capable de reconstituer un texte. Il y aura également une enquête anatomique pour déterminer quel était son coffre respiratoire, le volume de ses poumons. «On n'est pas du tout dans un travail d'amateurisme, ni approximatif!» À l'horizon fin 2026 : les premières phrases de l'Édit de Nantes. Mais au-delà de cette découverte, il y a un véritable intérêt médical. En effet, il sera peut-être possible pour les patients qui doivent subir une ablation du larynx de savoir quelle sera leur voix après l'opération de cet organe symbolique. Invité : Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lagos avec Céline Desbos, spécialiste des questions liées à la francophonie en contexte plurilingue, et membre du collectif pour la valorisation du français pluriel : un groupement de chercheurs, enseignants, orateurs qui souhaitent rendre audible le français dans toute sa diversité, tel qu'il est parlé dans l'espace francophone. Elle nous présente le concours «Dicte-moi en français pluriel», un concours de dictée en français reflétant la diversité du français : le but, lutter contre les discriminations linguistiques. Programmation musicale : L'artiste Lysandre avec le titre le cowboy aux mains d'argent.

Dans son un nouveau roman « La fabrique du merveilleux », l'écrivain Nétonon Noël Ndjékéry dévoile un conte qui se veut universel autour du pouvoir, du rêve et des liens invisibles entre les vivants. Sachez que les larmes peuvent faire naître des rivières de pierres précieuses, que les serpents volent, que panthères et antilopes peuvent faire preuve de tendresse, que l'araignée tisse nos destins et que la forêt est dépositaire de mémoire... Dans son nouveau roman, l'auteur tchado-suisse invente un monde où tout est possible : toutes les métamorphoses, les calamités et les miracles, où le bien et le mal ne cessent de s'affronter, ou l'on croise des reines cruelles, des magiciennes et des griots. Ma mère avait l'habitude avant de nous conter des histoires à ma petite soeur et à moi, que le monde qui nous habite est beaucoup plus grand que le monde que nous habitons et que le monde que nous habitons est contenu dans le monde qui nous habite. L'auteur part du constat qu'on ne naît « pas vide » mais avec un héritage. Un conte animiste Ce roman aux allures de conte, se déroule dans le royaume de Lara, au Tchad, c'est le village du père de l'auteur, là où se situe sa lignée familiale. Dans ce village, vit la Reine Poudoudou, un nom qui signifie « là où il y a beaucoup de fleurs » pourtant le personnage est assez terrible avec « un regard de chauve-souris à jeun.... »: une figure tyrannique. Une sourde opposition commence à naître et planifie la sédition au sein de la forêt primordiale. L'auteur imagine alors un monde où tous les éléments du vivant pourraient vivre ensemble en harmonie avec une vision animiste. « L'humain est sans cesse une aventure à recommencer ». Invité : Nétonon Noël Ndjékéry est né en 1956, à Moundou au Tchad, et débute sa carrière d'auteur avec une première nouvelle publiée par Radio France Internationale. Depuis, il habite sur les rives du Léman, en Suisse. Il est l'auteur de six romans, dont Au petit bonheur la brousse et Il n'y a pas d'arc-en-ciel au Paradis (Prix Hors concours 2022, Grand prix littéraire d'Afrique noire 2022 et Prix Lettres frontière 2023), publiés chez Hélice Hélas Éditeur en 2019 et 2022. En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire National du Tchad pour l'ensemble de son œuvre. Il est traduit en anglais, en arabe et en serbe. Son dernier roman La fabrique du merveilleux est paru aux éditions Hélice Hélas. Programmation musicale : L'artiste Shan ‘L avec le titre Une histoire de mytho.

Cette année, les Nuits de la lecture investissent les zones rurales et s'invitent en régions. Comment faire vivre la lecture et la littérature hors des villes et des grandes agglomérations ? Quelles initiatives pour réduites les inégalités territoriales ? On a souvent opposé territoires urbains et territoires ruraux. Les campagnes ont pourtant été source d'inspirations pour de nombreuses auteurs, dont certains se revendiquent même « auteurs régionalistes ». Cette année, la dixième édition des Nuits de la lecture aura lieu du 21 au 26 janvier 2026 ; et le thème retenu cette année est « Villes et campagnes » avec comme parrain et marraine Laurent Gaudé et Marie-Hélène Lafon. Créées en 2017 par le Ministère de la Culture et le Centre National du Livre, les Nuits de la Lecture regroupent des milliers d'évènements en France et à l'étranger pour célébrer la littérature : perfomances, siestes littéraires. Invités : - Roman Naudin, directeur général de La Geste, une maison d'édition qui existe depuis 1972 et est située à La Crèche, un village de 5 000 habitants près de Niort (Deux-Sèvres). Ils publient environ 350 ouvrages par an avec une forte publication d'ouvrages régionaux, avec un fort tropisme pour l'ouest de la France. On peut retrouver leurs titres dans près de 3 000 points de vente. - Rachel Navarro, responsable de la médiathèque Alboussière-Champis et de tous les relais qui font partie de la médiathèque, Boffres, Gilhoc, Saint-Romain de Lerps, Saint Sylvestre situés en Ardèche, département très rural dans la Région Rhône-Alpes. Ces antennes sont ouvertes environ 4 heures par semaine et tenus par des bénévoles. On peut emprunter livres, CD et DVD avec un fonds qui compte environ 19.500 ouvrages. Ce réseau a été créé, il y a environ 30 ans, avec cette volonté de relais et créer du lien entre les villages. Des évènements sont également organisés : séances de contes, expos photos, rencontre avec auteurs locaux et même un prix littéraire organisé avec l'ensemble de la communauté de communes Rhône-Crussol. Toute la programmation Nuits de la lecture 2026 ici. - Juliette Rousseau, autrice, éditrice et traductrice. Son dernier ouvrage « Pequenaudes » est publié aux éditions Cambourakis. Elle y explore les liens entre corps et territoire et interroge la ruralité, les questions de classe et de genre, l'industrialisation, la relation au vivant. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité du lexicographe Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et des élèves de CM2 de l'école Vulpian du 13è arrondissement de Paris. Et, cette semaine encore, Lucie reste droit dans ses bottes pour vous faire découvrir la richesse de la langue française ! Programmation musicale : Le groupe Odezene avec l'artiste Yann Tiersen avec le titre Harmony.

Dans cette pièce co-écrite et co-interprétée par Florence Janas et Guillaume Vincent, les deux comédiens abordent le thème sensible de la perte à travers des dialogues réalistes entre parents et enfants. La pièce « Paradoxe » raconte légèrement des histoires graves : la solitude, les douleurs de l'enfance, le deuil. Un homme, une femme qui jouent tous les rôles, à tous les âges et ne cesse de brouiller les pistes entre la fiction et la réalité, l'imaginaire et le documentaire. On essaye de faire du théâtre de manière ludique assez joyeuse même sur des sujets assez graves Le point de départ de cette pièce est le retour de Guillaume Vincent à Uzès, dans le sud de la France, pour le décès de sa grand-mère. Il est alors confronté à la question de la « fin de vie ». Peu de temps après, c'est la mère de Florence Janas qui, victime d'un AVC, voit sa santé décliner. Malgré la gravité du sujet, on rit. Guillaume Vincent fait du théâtre depuis une vingtaine d'années avec des mises en scène de textes de Marivaux, Fassbinder ou Lagarce. Il ne se condidère pas comme un auteur de théâtre mais comme un « auteur de ses spectacles ». Le spectacle est écrit à partir de situations réelles, mais aussi avec un matériau documentaire. Les histoires sont racontées par l'un ou par l'autre, les rôles sont inversés tout cela avec une écriture très parlée. Invités : Guillaume Vincent, dramaturge et co-écrivain avec Florence Janas de Paradoxe, une pièce à voir au T2G jusqu'au 26 janvier 2026. Avec également un hommage à Valère Novarina auteur, dramaturge et poète né en 1942 et disparu le 16 janvier 2026. Il a écrit une cinquantaine de pièces et n'a eu de cesse d'inventer une langue et de brouiller les codes. Il disait « écrire ce qu'il ne pensait pas encore ». Programmation musicale : Les artistes Yan Wagner et Malik Djoudi avec le titre « Æthernité ».

Dans French Theory, l'historien des idées, François Cusset nous raconte l'histoire du courant philosophique de la French Theory, plus connu aux États-Unis qu'en France ! La French Theory désigne un ensemble de courants intellectuels français apparus surtout entre les années 1960 et 1980. Elle regroupe des penseurs comme Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Roland Barthes ou Jean Baudrillard. Ces auteurs ont remis en cause les notions traditionnelles de sujet, de vérité, de pouvoir et de sens. Leurs travaux croisent la philosophie, la linguistique, la psychanalyse, la sociologie et la critique littéraire. Un point central est l'idée que le langage et les discours structurent notre manière de penser le monde. Elle insiste sur les rapports de pouvoir cachés dans les savoirs et les institutions. Paradoxalement, elle a eu plus de succès aux États-Unis qu'en France. Elle a fortement influencé les études culturelles, le féminisme et les théories postcoloniales. Aujourd'hui encore, elle nourrit les débats sur l'identité, le pouvoir et la production du sens et est devenue l'une des bêtes noires du président Donald Trump mais aussi l'une des armes de résistance... Invité : François Cusset, historien des idées, professeur à l'Université de Paris-Ouest Nanterre, spécialiste de la civilisation américaine. Auteur de nombreux ouvrages. La bande dessinée «French Theory» est publiée chez Delcourt. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Djibouti où le lycée français célèbrera pour la deuxième année la Nuit de la lecture, le 24 janvier 2026. Une soirée lecture de textes anglophone et francophone organisée par des professeurs et les élèves sur le thème de la ville et de la campagne avec également l'auteur djiboutien Omar Youssouf Ali comme invité. Programmation musicale : L'artiste ICI MODESTA avec le titre Salamandre.

Dans son nouveau roman « Hors champ », l'autrice Marie-Hélène Lafon revient sur ses terres du Cantal pour raconter l'histoire d'une fratrie. Une ferme avec une cour verte et bleue. Une famille deux enfants : un frère et une sœur. Elle décide de partir, lui de rester. Le nouveau roman de Marie-Hélène Lafon se déroule dans la vallée de la Santoire, dans le Massif Central, un lieu enclavé et rude et traverse cinquante ans. Il s'agit d'un huis-clos avec deux personnages principaux : un frère et une soeur. Le roman explore le lien qui unit cette fratrie qui grandit avec un père violent. Et avec cette phrase, fil rouge du roman, que Claire, la soeur qui fuit cette vie, lance à son frère « si un jour tu veux arrêter tout ça …. Tu peux compter sur moi ». Invitée : Marie-Hélène Lafon, professeure agrégée et autrice française née à Aurillac dans le département du Cantal auquel son oeuvre est en grande partie consacrée. Le hasard de la naissance m'a fait la grâce de me placer là, à cet endroit là du monde, à la fois infime et crucial. Alors qu'elle a six ans et qu'elle apprend à lire, elle décide de devenir écrivain. Elle travaille à « voix haute » pour ajuster au mieux les mots. En 2020, elle a obtenu le Prix Renaudot pour son roman « Histoire du fils », une fresque familiale sur trois générations. Son dernier roman «Hors Champ» est publié aux éditions Buchet-Chastel. Programmation musicale : Les artistes Bernard Lavilliers et Gaëtan Roussel avec le titre «Lovés».

L'écrivaine québécoise Hélène Frédérick revient sur son métier (pas toujours mis en valeur) de correctrice dans son quatrième ouvrage, paru aux éditions Verticales. C'est tout le temps dans l'ombre qu'un correcteur met en lumière les textes d'un autre, même si ce n'est plus tout à fait le cas de l'autrice Hélène Frédérick qui sort petit à petit de l'ombre et prend de plus en plus la lumière, elle qui en est déjà à son quatrième ouvrage paru aux éditions Verticales. Avec Lézardes, la romancière québécoise prend une nouvelle direction dans sa carrière, puisqu'elle s'éloigne du monde du roman en décidant de raconter sa vie de correctrice à travers de nombreux petits chapitres axés autour d'un mot-clé. C'est un métier qu'on remarque seulement quand il est mal pratiqué. Pour l'écrivaine québécoise, le métier de correcteur fait partie de ce genre de professions que l'on ne remarque que quand ledit correcteur fait une faute. D'autant qu'être correcteur ne consiste pas seulement à corriger les fautes des journalistes et des auteurs mais également à vérifier les faits et les chiffres énoncés par ceux-ci. Il y a la correction des fautes mais il y a aussi la vérification des faits qui est très importante dans la tâche du correcteur. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité du lexicographe Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et des élèves de CM2 de l'école Vulpian du 13è arrondissement de Paris. Et, cette semaine encore, Lucie n'a pas pris des vessies pour des lanternes ! Invitée : Hélène Frédérick, écrivaine née au Québec mais vivant à Paris depuis 20 ans, autrice de quatre ouvrages dont trois romans, tous parus aux éditions Verticales. Son dernier livre Lézardes est d'ores et déjà disponible. Programmation musicale : L'artiste Erik Pédurand avec son titre « Cinéma ».

Le dramaturge Victor de Oliveira présente sa nouvelle pièce Kumina. Une pièce intimiste qui aborde, en plusieurs langues, les sujets de l'exil et des migrations à travers des textes de grands auteurs internationaux et qui se joue du 13 au 17 janvier 2026 au Théâtre des Quartiers d'Ivry. Avec Kumina, une pièce de théâtre écrite et interprétee par lui-même, qui se joue du 13 au 17 janvier 2026 au Théâtre des Quartiers d'Ivry, Victor de Oliveira, exilé du Mozambique, son pays de naissance, à un jeune âge, s'attèle à un sujet sensible : celui de la brutalité des migrations. « Kumina », c'est le nom d'un rituel funéraire effectué à l'origine par les esclaves mais qui existe encore aujourd'hui dans les Caraïbes, notamment en Jamaïque et en Barbade, et qui a cette particularité de pouvoir aussi se faire lors des mariages et des naissances. Dans sa pièce, il exprime également l'ambivalence entre l'adulte qui aujourd'hui s'exprime sur un sujet que l'enfant ne pouvait pas vraiment comprendre à l'époque. C'est l'adulte qui essaie de comprendre ce que l'enfant a pu sentir. Pour ce faire, il se sert de textes de grands auteurs internationaux comme ceux du Barbadien Kamau Brathwaite, de l'Italien Dante ou encore des Portugais Fernando Pessoa et Luis de Camões. Invité : Victor de Oliveira est un acteur, metteur en scène et professeur de théâtre, né au Mozambique. Il a fait ses premières classes de théâtre à Lisbonne, avant de rejoindre le prestigieux Conservatoire Supérieur National d'Art Dramatique de Paris. Polyglotte, il a foulé les plus grandes scènes d'Europe, notamment au Portugal, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg et en Angleterre, même si son terrain de jeu privilégié reste la France. Programmation musicale : L'artiste Simone Ringer avec son titre « Il est vilaine ».

En 2026, pour la deuxième année consécutive, les Laboratoires d'Aubervilliers organisent des ateliers d'écriture rap. L'occasion de comprendre comment on apprend à écrire du rap. Pour ce faire, oXni, rappeuse, artiste multi-casquettes et animatrice d'ateliers d'écriture rap, et Djoko, rappeur et producteur, donnent des pistes. Comment écrire du rap ? L'an dernier (2025), Eesah Yasuke nous racontait sa méthode, oscillant entre la pulsion d'écriture et le travail précis de la langue... Mais les autres ? Les Laboratoires d'Aubervilliers, lieu de recherches et de créations pluridisciplinaires dans le département de la Seine-Saint-Denis, organisent chaque année le Contest Open Mic, un concours de rap ouvert aux néophytes, et des ateliers d'écriture ouverts à toutes et tous. Écriture automatique, improvisation, pulsions, émotions, recherches poussées... Qu'est-ce qui motive untel à écrire du rap ? Talent ou travail ? Et, surtout, comment apprendre à écrire du rap, du jour au lendemain ? Tant de questions que Pascal Paradou s'est posées et auxquelles Djoko, rappeur et producteur, et oXni, rappeuse engagée, artiste protéiforme et animatrice d'ateliers d'écriture rap aux Laboratoires d'Aubervilliers, ont répondu avec pédagogie. Peut-on écrire du rap sans inspiration de ses pairs, sans engagement ? Pour certains, comme Djoko et oXni, il n'est pas fondamentalement nécessaire de puiser de l'inspiration dans le travail des « anciens », puisque les codes de la musique ont changé aujourd'hui, voire se sont simplifiés. Pour d'autres, comme les rappeurs old school, il est nécessaire de s'inspirer de l'histoire et de la littérature, à l'image de MC Solaar qui nous expliquait déjà, il y a quelques temps, l'importance de la lecture au profit de l'écriture. Invités : Djoko, rappeur, producteur, co-fondateur du label C4 Industrie et du festival des Arts de rue des cités. Et oXni (pour objet X non identifié), artiste multidisciplinaire. Elle a animé des ateliers d'écriture rap aux Laboratoires. Son dernier album Chaoscène est sorti en septembre 2025. Et, comme chaque lundi, la chronique « Ailleurs » nous emmène en Norvège, où Corentin Buczkowski, attaché de coopération pour le français et correspondant Sport et Francophonie à l'Institut français de Norvège, nous parle du Concours de la Francophonie organisé pour les classes apprenant le français en Norvège. Programmation musicale : L'artiste oXni avec ses titres « Revue de peste » et « Chaoscène ». L'artiste Lacheb et son morceau « Endommagé ».

Dans son nouveau roman Tovaangar, l'autrice Céline Minard imagine notre futur avec des êtres hybrides. Un monde, autre monde, drôle de monde, non pas celui de notre actualité souvent vertigineuse, inquiétante en ce début d'année mais un monde rêvé, créé, un monde comme nul autre pareil. Le roman se passe dans un autre temps. Un autre présent, ou passé....les temporalités de ce monde étant complètement chamboulées. Dans ce temps non précisé, une quantité d'espèces aux noms bizarroïdes, mais pas un humain, pas même un survivant... ou plus précisément « ils n'existent plus en tant que tel ». Et donc ce monde, on va le découvrir aux côtés d'Amaryllis Swansun une « Auboisière », « bipède glabre de culture forestière ». Tovaangar, c'est un mot qui signifie les terres du bassin de Los Angeles mais également le mot « monde » en langage Tongva, celui des Indiens natifs de ces lieux. C'est un monde complet et local.... Invitée: l'autrice Céline Minard. Son roman Tovaangar est publié aux éditions Rivages Programmation musicale : L'artiste Sébastien Tellier avec le titre « Naïf de coeur ».

La Revue des oralités du Monde n°5, consacrée à la transcription des textes de Littérature orale vient d'être publiée. Par principe, il y a quelque chose d'éphémère dans la littérature orale de la variabilité son essence c'est le présent, il s'agit donc de transmettre et de transcrire pour sauvegarder ? La parole étant immatérielle, dès lors qu'elle est prononcée, on ne peut plus la restituer. Comment alors retranscrire ces langues et leurs textes ? Toutes les langues sont-elles logées à la même enseigne ? Invités : Ursula Baumgardt, professeur émérite en oralité et littérature africaine, INALCO, PLIDAM. A lire aussi : Goggo Addi, une conteuse peule de Garoua. Aliou Mohamadou, professeur émérite de linguistique peule, INALCO, PLIDAM. Il a écrit l'article « Les sytèmes de transcription du peul et leurs applications », une question qui a traversé tout le XIXème siècle puisque les premiers textes peuls datent des années 1850/1853. Le peul n'avait pas de norme orthographique, la question était donc de les établir, mais comment établir des règles écrites, lorsqu'on parle d'une langue orale ? Tous les deux sont membres fondateurs – Revue des oralités du monde, et de l'Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), une bibliothèque numérique des littératures africaines. Et comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Et pour cette nouvelle année, elle est toujours aussi déterminée mais rassurez-vous, vous ne serez pas le dindon de la farce ! Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de la classe de cm2 de l'école Vulpian à Paris ! Programmation musicale : L'artiste VJ avec Sidiki Diabaté avec le titre Toi et moi

Allô la place est le titre du premier roman de Nassera Tamer, roman sur la langue maternelle, sur les fantômes de l'exil et sur l'immigration et ses silences. Allô la place, c'est aussi le nom d'un taxiphone quelque part dans Paris. Les taxisphones, ces petites boutiques qui ont essaimé dans Paris et la petite courrone ces vingt dernières années au moment du boum d'Internet et dans lequelles on peut trouver de tout, imprimer des documents, faire réparer son téléphone et même envoyer de l'argent à l'étranger ! Ces lieux fascinent l'autrice car « ils racontent la trajectoirs de personnes qui viennent d'autres pays, et la possibilité de rester en contact avec ses proches restés loin. Ce sont des lieux chargés d'un quotidien banal, prosaique, qui portent des histoires importantes ». Dans ce récit, Nassera Tamer cherche aussi « sa place ». Fille d'immigrés marocains, transfuge de classe, elle raconte ses tiraillements entre ses deux cultures, deux langues. Elle grandit dans les années 1980 dans un quartier populaire du Havre, en Normandie, puis elle suit des études de Droit à Paris. Elle cherche alors à renouer avec le darija, un arabe dialectal marocain, langue de sa mère. Elle commence par s'inscrire sur un site de conversation pour discuter avec une femme vivant à Casablanca. Les mots lui reviennent... Invitée : Nassera Tamer. Son premier roman "Allô la place" est publié aux éditions Verdier Programmation musicale : Les artistes Lucas Santtana et Piers Faccini avec le titre Battre des ailes.

Aujourd'hui, les langues de France - à l'exception du français - restent largement absentes des outils numériques et des systèmes vocaux. Pour inverser cette tendance, l'Inria et ses partenaires lancent une campagne nationale et participative de collecte de voix. Comment travailler à la pluralité des langues dans un monde dominé par l'intelligence artificielle ? Grace à une collecte de voix, le projet COLaF (pour Corpus et Outil pour les Langues de France) cherche de la parole spontanée pour créer des outils en langue locale ! Selon la DGLFLF, il y a environ 75 langues reconnues en France, langues majoritairement absentes des outils numériques. « Mais de toute façon à part cinq ou six langues, dont le français, les langues sont très peu utilisées dans les outils numériques », précise Sam Bigeard. L'objectif de ce projet est de créer un corpus et un jeu de données, d'enregistrements et de textes. Chaque utilisateur peut enregistrer ce qu'il veut, en allant sur une plateforme. L'utilisateur est guidé par une question : « Quelle est votre recette préférée ? » « Quelle est la maison de vos rêves ? »« Avez-vous un animal de compagnie ? », et on y répond dans sa langue ! La première langue à l'essai est l'alsacien. Selon une étude datant de 2022, 36% d'Alsaciens disent parler encore "très bien" la langue alsacienne et 10% "assez bien" . « Ce qui est intéressant, c'est qu'on entend l'alsacien qui est parlé aujourd'hui. On a un observatoire fantastique ! », ajoute Pascale Erhart. Les enregisrements sont ensuite transcrits car le but de la manoeuvre est de pouvoir faire de la transcription automatique. « Mais ce n'est pas toujours simple car parfois certaines langues ne sont pas des langues écrites. » Pour le moment, ils disposent de l'équivalent de 4h30 d'enregistrement en alsacien. Le picard, le breton, l'occitan, les créoles, le shimaoré, la langue des signes sont également à l'étude. Invités : Sam Bigeard, ingénieur et chef de projet COLaF au sein de l'équipe Multispeech du Centre Inria de l'Université de Lorraine. Pascale Erhart, Maître de Conférences à l'Université de Strasbourg, Faculté des Langues, et enseignante en dialectologie alsacienne et mosellane. Pour participer au projet, rendez-vous ici Et la chronique Ailleurs nous emmène à Cotonou au Bénin où des initiatives similaires naissent pour préserver les langues locales. 60% de la population parle une langue locale. La plateforme J'aime ma langue a démarré en juillet 2025. Il vise à utiliser la voix des utilisateurs pour collecter des données pour les modèles d'intelligences artificielles, une première en Afrique ! Avec Jean-Eudes Awanvoeke, chef du projet Jaimemalangue. Programmation musicale : L'artiste Meryl en duo avec l'artiste Théodora avec le titre Instruction.

Y'a d'la joie, ce n'est pas seulement le titre d'une chanson de Charles Trenet ! C'est aussi le titre du nouveau spectacle de Michael Hirsch. Et si on commençait l'année 2026 sous le signe de la JOIE ? C'est le vœu de Michael Hirsch pour cette année 2026 ! La «joie de vivre», c'était pas son truc, lui a-t-on dit... Alors un jour, il décide de s'y mettre. D'être joyeux. Il se demandait quel était le secret de ces personnes toujours joyeuses naturellement ! Il se donne alors un an pour apprendre la joie de vivre ! Mais, est-ce si simple ? La Joie de vivre apparait quelque part au milieu du XIXe siècle. La langue française invente « la joie de vivre » dans une période paradoxalement plutôt sombre… C'est d'ailleurs Flaubert qui a utilisé l'expression pour la première fois dans l'un de ses romans. Puis, l'auteur Émile Zola a titré un de ses romans La joie de vivre en 1884. Et cette expression est reprise dans les autres langues... en français dans le texte. La joie : un acte politique et moral français... C'est à partir de ses lectures de neurospychologie, d'anthropologie et de philosophie que Michael Hirsch donne naissance à ce spectacle aussi drôle qu'émouvant. Le bonheur aujourd'hui c'est devenu quelque chose de très individuel, une sorte de norme que nous impose le développement personnel, alors que la joie, ça se partage. Pour l'auteur, c'est un travail quotidien que d'être heureux : « On a tous un état moyen de bonheur, on peut tous le faire varier à la hausse, à la baisse », affirme-t-il. Un spectacle drôlement savant bourré de références culturelles et très instructif. Son spectacle le plus « intime » selon lui. Invité : Michael Hirsch, auteur, acteur et humoriste. Il est diplômé en école de commerce. De 2011 à 2013, il est élève de Jean-Laurent Cochet. En 2014, il crée pourquoi ?, son premier spectacle seul-en-scène, puis je pionce donc je suis en 2019. Y'a d'la joie, son troisième seul-en-scène est à voir à partir du 20 janvier au 31 mars 2026 au Théâtre de l'Œuvre, puis en tournée. Programmation musicale : Les artistes Diziz et Théodora avec le titre Melodrama

L'émission du jour est écourtée mais qu'à cela ne tienne ! On vous a concocté une émission un peu spéciale avec quelques uns des meilleurs moments musicaux de De Vive(s) Voix pour cette année ! Programmation musicale :

« Nous voulûmes d'abord dire que la Congolexicomatisation est un trait d'union entre la culture congolaise et le monde, à travers la francophonie. C'est une coopération, un contact d'invention et de créativité, entre les langues congolaises et le linguisme francophone. [...] Alors, soyez là ! Congolexicomatisez-vous, Agglutinogénisez-vous, savanestiquez-vous ! » En 2013, lorsqu'un journaliste tombe sur Eddy Malou pendant un micro-trottoir sur le roller, la vidéo devient virale et fait le tour du monde francophone. Dans une véritable démonstration oratoire, le Kinois s'exprime dans un français soutenu, à la fois érudit et exubérant, et s'auto-présente comme « le premier savant de toute la République démocratique du Congo », cherchant à « imposer la force vers Lovanium », la première université du Congo. Intellectuel autodidacte, Eddy Malou a été professeur dans des écoles techniques, puis à l'Athénée Royal de la Gombe, où il donne cours notamment au chanteur Jean-Baptiste Mpiana. On peut le voir à partir de 1998 sur la chaîne kinoise Antenne A, où il a été animateur. Aujourd'hui, l'homme septuagénaire, ne possédant ni téléphone ni internet, est devenu une star des réseaux, suivi par plus de 300 000 personnes à travers le monde. Pendant près de dix ans, il a marché dans les rues de Kinshasa, livrant des cours improvisés aux passants. Avec lui et « la valise de mots » qu'il a dans la tête, le plus simple des échanges devient un exercice rhétorique de haute volée. Après son essai politique intitulé La Congolexicomatisation et publié en 2022, Eddy Malou nous offre aujourd'hui son deuxième ouvrage, Le dictionnaire de la Congolexicomatisation, publié par l'association Les Amis d'Eddy Malou. C'est un dictionnaire de plus de 200 mots inventés, remixés, empruntés et détournés, des mots qu'il recharge dans le même geste de sens et de savoir. Une œuvre luxuriante, l'aboutissement d'un travail qui demeurait jusqu'à présent essentiellement filmé. Valabater (v.tr.) : « Se promener physiquement et intellectuellement. » Exemple : « Eddy Malou faisant valabater sa cognostacéité au XXIè siècle. » Etymologie : Jeu sonore sur l'expression populaire « va là-bas », transformée en verbe par suffixation. Rondelade (n.f.) : « Une tournée qui revient à son point de départ. » Exemple : « Votre Savant effectue une rondelade quotidienne, partant de l'UPn, puis transitant à Matonge pour repartir au campus de l'Unikin. La curvilinéarité ! » Etymologie : De « ronde » (danse en cercle) en français, + suffixe « -lade » marquant un retour au point de départ. ► Suivre Eddy Malou sur Tik Tok. Programmation musicale : Le compositeur électro français Thylacine avec le titre Mafwe.

Après Nuits de noces, publié en 2023, Violaine Bérot publie Du côté des vivants, aux éditions Buchet-Chastel. [Rediffusion de l'émission du 11 septembre 2025] Pour ce douzième roman, l'autrice Violaine Bérot transforme une chambre d'hôpital en un lieu de vie. Dans cette chambre 308, deux patients côte à côte : Greg a failli mourir, il est même revenu d'entre les morts et il y a Alphonse : un vieux paysan au cœur usé, en fin de vie. Tous les deux ont décidé de mourir. Dans cet hôpital, ils croiseront des femmes de ménage, des soignants, des patients. Chacun a sa vie, son existence. Dans ce roman, l'autrice Violaine Bérot a voulu exorciser la mort en se plaçant « du côté de la vie ». Elle part du constat qu'il ne faut pas avoir peur de la mort, que celle-ci arrive au bout de la vie. Éleveuse pendant une dizaine d'années, elle a souvent été confrontée à la mort de ses bêtes, elle a beaucoup réfléchi à la question et a une relation apaisée par rapport à la mort quand celle-ci est invisibilisée dans nos sociétés occidentales. On vit dans une société dans laquelle il ne faut pas montrer la mort. Il faut retarder la mort au maximum. On pense allonger notre durée de vie alors qu'on allonge notre durée de maladie. Dans la nature tout vit et meurt. Invitée : L'autrice Violaine Bérot. Son roman «Du côté des vivants» est publié chez Buchet-Chastel. Violaine Bérot est née en 1967 dans les Hautes Pyrénées. Après des études de philosophie à l'Université de Toulouse, elle devient ingénieure en informatique. Vers l'âge de 30 ans, elle prend un virage à 180° et devient éleveuse en Ariège. Dans ses livres, elle explore des thèmes intimes et forts : les liens familiaux, la violence, l'inceste, le rapport au corps, le silence, la vie rurale. Son style est épuré. « J'écris en effaçant pour chaque livre qui fera 120 pages, j'écris des milliers de pages et je jette. Je nettoie, j'efface. Je veux que ce soit simple et facilement abordable. J'écris à l'oreille », livre-t-elle. Programmation musicale : L'artiste Stephan Eicher avec le titre Poussière d'or.

Fille de est le nouvel album / spectacle de Claire Diterzi. Pour cette nouvelle création, c'est Anny Karénine, fille adultérine de Anne Karénine qui est à l'honneur. Mais qui est donc Anny Karénine ? Elle n'est pas uniquement la fille adultérine d'Anna Karénine: c'est aussi le titre du nouvel album et spectacle à venir de l'artiste Claire Diterzi. Pour rappel, Anna Karénine est un roman de l'auteur russe Léon Tolstoï paru en 1877 en feuilleton dans Le Messager russe qui raconte les amours contrariés entre Anna Karénine, femme de la haute société russe, mariée à Alexis Karénine, fidèle et mère d'un jeune garçon. Lors d'un voyage, elle croise la route du comte Vronski, un officier brillant, mais frivole. Elle tombe amoureuse. Elle tombera enceinte et accouchera d'une fille qu'elle appellera Anny. Mais prise de culpabilité d'avoir abandonné mari et enfant, elle finira par se suicider en se jetant sous un train. « J'ai trouvé le livre un peu ennuyeux, mais pourtant j'ai aimé ce portrait de femme malheureuse » C'est lors d'un voyage sur le Transsibérien en 2019 que l'artiste Claire Diterzi découvre ce classique de la littérature russe qui l'inspire pour ce nouvel album et spectacle Fille de... Son spectacle musical commence donc par la fin du livre : elle imagine la vie d'Anny et analyse la relation mère/fille. On découvre Anny, devenue jeune femme avec ses désirs d'émancipation. Lorsque j'écris des chansons, j'ai l'impression de faire des maths. Une chanson, c'est comme une équation : on passe son temps à rentrer des carrés dans des ronds. Invitée : Claire Diterzi, autrice, compositrice et metteuse en scène, née en 1970, son parcours musical débute avec le collectif punk-rock Forguette Mi-Not. Elle débute ensuite une carrière solo. Depuis 2014, elle gère sa propre structure, Je Garde le Chien : label, édition et compagnie théâtrale musicale. Fille de est sorti le 19 septembre 2025. Son spectacle Anny Karénine sera joué au Théâtre du Rond-Point du 26 au 29 novembre 2025. Programmation musicale : Les titres diffusés sont tous extraits de Fille de Fille de, Pom pom girl, La mèche qui dépasse, I lego you.

Que nous enseignent les contes aujourd'hui ? Comment les contes nous apprennent à apprendre ? Nous permettent-ils de rester éveillés aux autres ? Invitée : Muriel Bloch, conteuse. L'Enfant au poisson rouge et autres contes d'apprentissage est paru chez Gallimard.

Dans son dernier roman, l'autrice Hala Moughanie revient sur l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020. C'était en 2020, il y a un peu plus de 5 ans, une explosion ravageait le port de Beyrouth et une partie de la capitale libanaise. Bilan : 235 morts, 6 500 blessés, 77 000 bâtiments détruits ou endommagés. À lire aussiLiban: cinq ans après l'explosion du port de Beyrouth, une enquête et une reconstruction inachevées Le roman se passe sur 5 jours : du 4 août, jour de l'explosion, jusqu'au 8 août, date de la première manifestation pendant laquelle les Libanais manifestent leur colère. Les autorités parlaient alors de «négligence». L'autrice se trouvait à quelques kilomètres de la capitale ce jour-là, elle a entendu la déflagration. Ce qui a fait la particularité de ce moment-là, c'est son côté très soudain. Chacun vaquait à ses affaires. Aujourd'hui, il n'y a ni vérité, ni responsable dans cette affaire. «Elle a souhaité écrire ce texte immédiatement après ces évènements, ce qui lui confère selon elle une valeur de témoignage historique». On ne peut pas être Libanais sans perdre quelque chose en chemin. Les évènements sont narrés du point de vue d'un épicier, un survivant ; il habitait dans le périmètre qui a été soufflé, mais avait fermé sa boutique plus tôt ce jour-là... Le narrateur est persuadé d'avoir entendu des avions rafales ou F16, les «bestioles» qui donnent le titre au livre, survoler le port. Hala Moughanie avait cœur à ancrer la fiction dans une réalité quasiment intangible. Je cherche l'exactitude dans les faits, mais aussi de l'exactitude du ressenti et de l'émotion. Malgré la gravité du sujet, l'autrice parsème son roman d'ironie, de cynisme et d'humour noir. Utiliser ces formes d'humour m'a permis de mettre de la distance et de dire des choses vraies de manière très brutale que le sérieux ne permettrait pas. Invitée : l'autrice Hala Moughanie est née en 1980 à Beyrouth. De 1990 à 2003, elle vient à Paris et suit des études de littérature à La Sorbonne. En 2003, elle décide de retourner vivre au Liban, où elle enseigne et travaille comme journaliste. Elle se passionne pour le travail de mémoire dans une société post-guerre. Autrice de roman, elle écrit également des pièces de théâtre dont Tais-toi et creuse qui obtient le Prix RFI Théâtre en 2015. Son dernier roman, Les bestioles a été publié aux éditions Elyzad. Il a remporté le Prix France Liban. Et comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Alors, on se tient à carreaux et on écoute bien ! Une chronique enregistrée avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert, et toujours avec la complicité des enfants de la classe de CM2 de l'École élémentaire Vulpian à Paris ! Programmation musicale : L'artiste libanaise Yasmine Hamdan avec le titre Hon extrait de l'album I remember, I forget.

Gabriel Mwénè Okoundji est considéré comme l'une des grandes voix de la poésie africaine francophone contemporaine. Le nom est l'autre visage des êtres, écrit Gabriel Mwéné Okoundji. «Okoundji» en langue bantoue, cela veut dire chef et «Mwéné» porteur de la spiritualité du peuple. Son deuxième nom, «Mwéné», il l'a hérité à la mort de son père, à ses neuf ans. Un nom qui a marqué sa vie, son enfance et probablement une destinée de poète ! La poésie permet à l'homme de faire confiance en sa fragilité Gabriel Mwéné Okoundji est né en 1962 dans le petit village de Okondo en République du Congo, village qui a fait naître en lui «toute la sensibilité qu'il porte». Adolescent, il rejoint Brazzaville pour aller au lycée. Puis, il part à Bordeaux, en France, pour suivre des études de médecine. Il y vit désormais depuis près de 40 ans. Parallèlement, il écrit beaucoup de poésie pour porter la parole de l'écriture. Il se décrit comme un «enfant de la négritude» mais se sent aussi comme un descendant de troubadour. L'écriture pour moi vient parfois par effraction, d'une rencontre, d'un mot, d'une lecture, d'un chant. Mais cette rencontre peut aussi venir en langue tékée comme elle peut venir en langue française. Ce sont ces deux langues qui me nourrissent. Quand l'une donne, l'autre reçoit, quand l'une reçoit, l'autre invoque, l'autre évoque. Ce sont mes deux langues maternelles. Parfois, je ne trouve pas de mot équivalent en français alors, je le laisse en langue tékée. Gabriel Okoundji Invité : Gabriel Mwéné Okoundji, psychologue de métier et poète franco-congolais. Son recueil L'âme blessée d'un éléphant noir, suivi de Stèles du point du jour, est à retrouver dans la collection Poésie aux éditions Gallimard. Programmation musicale : L'artiste Ours avec le titre Le spleen d'une vie sublime.

« Contrairement à ce qu'on peut penser, Feydeau c'est une écriture très fine et très aigüe, avec des mécaniques de précisions incroyables. C'est un très bon exercice pour le metteur en scène de se confronter à ces structures implacables, qui vous obligent à travailler différemment et à revenir à la compréhension de la narration d'une histoire. Avant de faire rire, Feydeau raconte des histoires. » L'Hôtel du Libre-Échange, c'est une nuit de quiproquos, de rendez-vous ratés, d'amours escamotés et d'infidélités consommées... Vingt ans après avoir mis en scène La Puce à l'oreille, Stanislas Nordey retrouve l'univers de Georges Feydeau avec l'une de ses œuvres majeures. Cette production réunit sur la scène du Théâtre de l'Odéon à Paris une troupe de quatorze comédiens et comédiennes hors pair - un nombre important et apprécié - dont Hélène Alexandridis, Marie Cariès, Claude Duparfait ou encore Cyril Bothore. Invité : Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène. « L'Hôtel du libre-échange » est à voir au Théâtre de l'Odéon jusqu'au 13 juin 2025. ► Pour approfondir les thèmes abordés dans la pièce, un séminaire intitulé « Genre, sexualité et vaudeville » est organisé le mercredi 21 mai 2025 à 18h00 au Salon Roger Blin de l'Odéon. Ce séminaire, en partenariat avec Sorbonne Université, réunira des experts pour discuter des questions de genre et de sexualité dans le contexte de la pièce. ► Pour en savoir plus sur le parcours de Stanislas Nordey, un livre d'entretiens avec Frédéric Vosier : Stanislas Nordey, Locataire de la parole, publié aux Solitaires intempestifs. La programmation musicale : ♦ «Clair de Lune», Pierre Kwenders ft Pierre Lapointe & NegoO.

Pourquoi a-t-on tant de mal à réformer notre orthographe ? Qui sont les détracteurs des réformes avortées de l'orthographe ? Le linguiste Bernard Cerquiglini a mené l'enquête dans son dernier ouvrage ! La première réforme de l'orthographe date de 1542 ! Bernard Cerquiglini est un partisan des réformes de l'orthographe : il estime que la langue française est incohérente, trop étymologiste, peu fidèle à l'oral et implique une pédagogie lourde. Mais, pourtant, les élèves s'en accommodent ! Pourquoi les Français sont-ils si attachés à cette orthographe ? La tentative de réforme de 1990, sous Michel Rocard, a en effet échoué, de nombreux détracteurs l'ayant dénoncée. Cependant, depuis plusieurs années, le niveau baisse : que faire ? Consacrer plus d'heures à enseigner l'orthographe… Ou bien la simplifier ? L'orthographe est un marqueur social. Nous surveillons celle des autres ! On porte un jugement défavorable lorsqu'on voit une faute. La crainte de certains détracteurs de la réforme est que soit créée une « orthographe à deux vitesses » : l'une distinguée, et l'autre plus populaire. Certains linguistes demandent une orthographe phonétique, ce à quoi est opposé Bernard Cerquiglini qui considère que cela pourrait « défigurer la langue ». À écouter aussiBernard Cerquiglini ou l'histoire de la féminisation des mots « L'orthographe doit analyser la langue » Bernard Cerquiglini préconise alors de simplifier quelques aspects de la langue tous les deux-trois ans et propose de « rénover » la langue plutôt que de « réformer ». Et « rénover en gardant les fondamentaux ». Invité : Bernard Cerquiglini, linguiste. Auteur de nombreux livres, il fut aussi l'un des maîtres d'œuvre de la réforme de l'orthographe de 1990. Son dernier ouvrage À qui la faute ? – L'impossible (mais nécessaire) réforme de l'orthographe est publié chez Gallimard en version poche. Et comme chaque mercredi, retrouvez la chronique La puce à l'oreille de Lucie Bouteloup. Aujourd'hui, elle décortique avec la lexicographe Géraldine Moinard l'expression « C'est reparti comme en 40 ». Une chronique en collaboration avec Le Robert. ► Programmation musicale : l'artiste ivoirien Serge Beynaud avec le titre « Créatair »"

Agnès Desarthe publie son nouveau roman «L'oreille absolue» : un conte lumineux dans lequel la Mort cesse de faire mourir… C'était un hiver lumineux et sec. Ainsi commencent la plupart des chapitres du roman d'Agnès Desarthe ! Un choix littéraire pour dire la répétition des jours, mais également celui de la musique, comme un refrain. Tout commence dans un village, près de la mer, un 18 décembre vers 15h15. Il n'y a plus de place au cimetière. Les habitants décident alors de ne plus mourir… Un petit garçon intenable rencontre un homme au bout du rouleau. Une femme retrouve son amant disparu. Un musicien prépare un concours avec un jeune prodige qui ne sait pas lire une note. Deux adolescents filent à moto sans casque. Ces personnages – et bien d'autres encore – semblent n'avoir aucun lien entre eux, si ce n'est que tous appartiennent à la même harmonie municipale. Tous préparent le concert de Noël. Un roman choral aux allures de partition – à cinquante personnages dans lequel les destins sont liés les uns aux autres. Agnès Desarthe est née en 1966, elle est traductrice de l'anglais. Romancière, outre de nombreux ouvrages pour la jeunesse, elle a publié notamment : Un secret sans importance (prix du Livre Inter 1996), Dans la nuit brune (prix Renaudot des lycéens 2010) ou encore Une partie de chasse. Elle est également l'auteure d'un essai consacré à Virginia Woolf avec Geneviève Brisac, V.W. Le mélange des genres, d'un essai autobiographique, Comment j'ai appris à lire (Stock, 2013), et d'une biographie consacrée à René Urtreger, Le Roi René (Éditions Odile Jacob, 2016). Elle a publié onze romans aux Éditions de l'Olivier, dont Un secret sans importance (prix du Livre Inter 1996), Dans la nuit brune (prix Renaudot des lycéens 2010), Ce cœur changeant (Prix littéraire du Monde 2015), L'Éternel fiancé et Le Château des rentiers (en lice pour le Goncourt 2023). Son dernier roman : «L'oreille absolue» a été publié aux éditions de l'Olivier. Elle publiera en janvier 2026 un nouveau roman : Qui se ressemble, aux éditions Buchet-Chastel, coll. «La Résonnante» et consacré à la chanteuse égyptienne Oum Khalthoum. Programmation musicale : Le groupe Bonbon Vaudou avec le titre Gourmandises Amoureuses, extrait de leur nouvel album «Épopée Métèque».