Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission

Pour la huitième édition, le Festival des Langues Françaises à Rouen propose de découvrir une quinzaine de nouveaux autrices et auteurs...et autant de manières de dire le monde. Durant quatre jours, ce festival met à l'honneur des textes, parmi lesquels ceux d'Aline César et d'Israël Nzila, lauréat du Prix Théâtre 2025. Ces textes sont lus devant des spectatrices et spectateurs, une première étape primordiale avant la mise en scène. Reconnaissance : Damas de Aline César entre fiction et réalitéAvec Reconnaissance : Damas, l'autrice Aline César raconte l'histoire d'une jeune femme abandonnée par ses parents, placée à la DDASS et à la recherche de ses origines entre les deux rives de la Méditerranée "Une autofiction entre fiction et réalité sur le mode de l'enquête avec des choses réelles et d'autres qui sont fictionnées nous précise l'autrice. D'abord convaincue de ses origines algérienne, elle va découvrir qu'elle a également des origines Syrienne. Elle va s'interroger sur l'histoire collective et se questionner sur les relations complexes qu'entretiennent ces trois pays, une histoire méconnue... Son texte sera lu à Rouen devant un public : "C'est une étape de travail très importante, on confronte le texte aux spectateurices et avec un propos aussi intime, quel est le ressenti du public ?Elle a elle même mis en lecture son texte. Clipping d'Israel Nzila, les traumatismes de la guerre "Clipping" est un mot technique qui évoque une distorsion sonore, une saturation des sons lorsqu'on dépasse le volume normal. Le texte Clipping d'Israël Nzila joue sur cette notion de distorsion et explore les traumatismes de la guerre. Le texte qui a remporté le Prix RFI Théâtre raconte l'histoire de Do, une femme dont l'enfance a été saccagée par la guerre. En errance sur un marché de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, elle affirme avoir perdu son bébé dans la foule mais est-ce la réalité ou une hallucination ? Est-elle folle ? Israël Nzila a grandi a Lubumbashi. La guerre, il ne l'a vécue que de loin mais en a ressenti toutes les conséquences avec l'instabilité économique et les conflits politiques qui en ont découlé.Cette mise en espace de son texte lui permet d'éprouver les souffles que j'ai mis dans les mots. Je voulais nommer cette violence avec la langue. La langue porte une histoire qui influence nos mentalité. "Le théâtre, c'est l'intimité partagée"C'est Anne-Sophie Pochet, metteuse en scène qui a effectué ce défrichage du texte Clipping. Ce n'est plus tout à fait une lecture ni tout à fait un spectacle. C'est une specture : on est à mi chemin ente spectacle et lecture nous explique-t-elle. Pour elle, l'enjeu était de faire entendre au public la nature du texte et sa qualité littéraire, et faire resonner sa théâtralité Invités : Israël Nzila, auteur congolais, lauréat du Prix RFI Théâtre 2025 pour sa pièce Clipping. Son texte sera lu au Festival à Avignon le 15 juillet prochain dans le cycle "Ca va, ça va le monde !" Aline César, autrice, metteuse en scène, historienne de formation et chargée de cours à l'Institut d'Etudes Théâtrales de Paris III "relier le passé à la lumière du présent".Anne-Sophie Pauchet, metteuse en scène et comédienne. Le Festival des Langues françaises à Rouen jusqu'au samedi 28 mars. Programmation musicale : l'artiste congolaise Céline Banza avec le titre fille parfaite. Elle a été lauréate du Prix Découvertes en 2019.

Dans cette enquête, l'autrice Typhaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables, de Victor Hugo, publié en 1862 et devenu un classique... Les Misérables, roman fleuve de Victor Hugo a été publié en 1862. Devenu un classique de la littérature malgré ses 2 500 pages, ce roman social et historique a été dès sa parution adapté, réécrit, traduit, abrégé de nombreuses fois. Il a également fait l'objet de nombreuses adaptations cinéma ou télé : près d'une cinquantaine. Il y a même eu une comédie musicale. Réécrire les classiques : une fausse question ? Typhaine Samoyault a lu les Misérables trois fois mais n'a jamais lu la même version ! Dans Toutes sortes de Misérables, elle révèle comment ce roman est devenu l'un des plus réappropriés du monde et interroge : « Faut-il réécrire les classiques ? » Est-ce, en fait, une fausse question ? Des personnages qui se sont affranchis du roman Le roman social et historique de Victor Hugo est devenu un classique et ses personnages Cosette, Gavroche, Jean Valjean et autres Thénardier, des icônes de la culture populaire. Leurs noms sont même devenus des expressions ! « Les personnages sont des personnages qui se sont affranchis du texte pour devenir des familiers comme s'ils appartenaient à la réalité, comme s'ils prenaient leur autonomie : c'est la force des grandes œuvres ! » Adaptations et traductions : faire usage des classiques Mais, selon Typhaine Samoyault, si ce roman est devenu un classique ce n'est pas uniquement dû à sa qualité littéraire, c'est aussi grâce à la profusion d'adaptations et de traductions. Dès 1884, il existe déjà même une version adaptée à la jeunesse. « Victor Hugo voulait une réception populaire de son texte. Il a voulu qu'il y ait des éditions bon marché et accessibles de son texte » Ce roman traduit dans toutes les langues, en Chine ou en Russie, ce sont des versions différentes car le texte est adapté. « La langue change le texte : on ne produit jamais de traduction miroir, c'est aussi une occasion pour les traducteurs de proposer une version abrégée. » Une œuvre vivante, c'est une œuvre changeante Pour Typhaine Samoyault, un classique constamment est reprise. « Il n'y a pas de contre-exemple. Une œuvre qui n'est plus adaptée aux époques ou autres cultures ne peuvent pas des classiques. On garde la mémoire orale de cette littérature ». La littérature doit donc être en mouvement car cela fait vivre les livres, car il ne s'agit pas seulement de les conserver, il faut les faire circuler, les transformer, les réinventer. « Il ne faut pas avoir peur des réécritures, ce n'est pas un phénomène récent ». L'autrice rappelle que de nombreux classiques ont été expurgés de leurs références religieuses lors de la séparation de l'Église et de l'État par exemple... Invitée : Typhaine Samoyault, directrice d'études de l'EHESS, directrice du Centre de recherches sur les arts et le langage. Elle est aussi romancière et traductrice. Son essai Toutes sortes de Misérables est publié aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste NeS avec le titre Le bruit et le silence.

Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui opposerait la sauvegarde d'une langue grammaticalement pure à son relâchement. Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé « Les régularités qu'on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative ». Une insécurité linguistique : Si certains se croient en insécurité linguistique, c'est parce qu'en France, on pense selon Anne Abeillé qu'il y a un bon et un mauvais usage de la langue. « On est en faute car on oublie de mettre «ne» dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l'usage de la langue a changé. » Des règles de grammaire « zombies » Anne Abeillé n'hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de « règles zombies » : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l'emploi de «malgré que», une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu'André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux ! « La langue française ne s'appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s'enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd'hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence » Selon la linguiste, ce « bon usage » viendrait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ». Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site « Dire ou ne pas dire » mis en ligne depuis 2011-2012 par l'Académie française et sur lequel des conseils sur le « bon ou le mauvais usage » peuvent être donnés... Invitée : Anne Abeillé, linguiste et grammairienne. Professeur à l'Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.e.s. Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu'il se parle aujourd'hui y compris le français parlé hors de France. Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Égypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l'Université Senghor d'Alexandrie. Avec Ribio Nzeza Bunketi Buse, directeur du département Culture de l'Université Senghor. Programmation musicale : Le groupe québécois Bibi club avec le titre George Sand.

Pourquoi si peu de textes écrits en et traduits en langues africaines ? Si beaucoup de grands prix littéraires africains ont écrit en français, des écrivains comme Boris Boubacar Diop amorcent une dynamique en décidant d'écrire en wolof après avoir écrit en français... La langue malagasy : une langue qui ne heurte pas Michèle Rakotoson, écrivaine et traductrice. Elle est née de deux parents intellectuels, francophones. Elle écrit en français et en malagasy. Elle a récemment traduit Le journal d'Anne Franck (Ny Diarin'i Anne Frank) en malagasy. Ce journal est un best-seller qui est celui d'une jeune fille juive allemande exilé aux Pays-Bas qui va vivre cachée pendant deux ans avec sa famille avant d'être arrêtée et déportée par les Nazis. Elle mourra en 1945 dans les camps à l'âge de 15 ans. Je voulais faire connaitre ce livre à la communauté malgache car c'est un livre qui est vraiment d'actualité, c'est un livre optimiste malgré le thème. Il aborde la résilience. Pour l'autrice, la traduction a été difficile car la langue malagasy est une langue collective dans laquelle on n'utilise pas «je». C'est aussi « qui ne heurte pas, qui ne va pas direct au but ». Par exemple dans la version en français, Anne Franck regarde son sexe dans un miroir, et ça, en malgache, cela ne se dit pas ! Il a fallu trouver un détournement ! Pour Michèle Rakotoson, il manque des outils pour faire connaître la langue malagasy. « Des maisons d'édition, des structures pour les faire entendre ». Faire exister les langues africaines Xavier Garnier, professeur de Littérature africaine à la Sorbonne nouvelle. Auteur de Quels lieux pour les littératures en langues africaines ? publié chez Khartala. Il traduit également depuis le swahili. « Il y a une grande tradition poétique swahilie qui remonte à plusieurs siècles, une littérature orale et écrite en caractères arabes ». Il existe un corpus de textes très important. Julius Nyerere, président de la Tanzanie dans les années 60-70, a beaucoup soutenu la littérature en swahili et a lui même traduit en swahili deux pièces de Shakespeare (Le Marchand de Venise et Jules César). Il existe malheureusement assez peu de traductions d'œuvres françaises vers le swahili. Aujourd'hui, des auteurs comme Boris Boubacar Diop écrivent directement en wolof, après avoir écrit en français. « L'oralité précède la scripturalité » Charles Binam Bikoï du Cerdotola (Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines), un organisme panafricain basé au Cameroun créé dans les années 70. Charles Binam Bikoï a également traduit depuis Le prince de la grande rivière, une épopée mythique tirée de la tradition orale du Sud-est du Cameroun. Il a d'abord reconstitué et transcrit le texte de l'oral à l'écrit, puis l'a traduit du douala vers le français. Ce travail lui a pris une quinzaine d'années. À partir des textes oraux, on peut produire des textes universels, nous explique le chercheur. Il rappelle que les écrits des auteurs africains qui écrivent en français sont complètement déconnectés des peuples. Les grands prix littéraires africains qui sont attribués à des auteurs qui écrivent en français, « c'est bien pour la francophonie mais ça ne dit rien sur la vérité des littératures africaines ». Programmation musicale : L'artiste Gildaa avec le titre Pensées diluviennes.

Vive la francophonie, en cette semaine dédiée à la langue française par le monde, la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts lance une saison dédiée à la langue arabe ou plus précisément à « Nos langues arabes ». Paradoxe ou clin d'œil, provocation, pourraient dire certains, quoi qu'il en soit, belle programmation avec une exposition, des tables rondes, des rencontres et des spectacles. Avec Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française Et Ralph Doumit, écrivain libanais, en résidence à la Cité internationale de la Langue française dans le cadre de cette saison « Nos langues arabes ». Il faut absolument comprendre l'arabe pour comprendre le monde, écrivait Rabelais. Avant de faire du français la langue du royaume en 1539, François 1er fonde en 1530 le Collège royal (futur Collège de France). Il y défendait l'enseignement de plusieurs langues : le français, mais aussi le latin, le grec, l'hébreu, pour l'étude de la Bible, et l'arabe, indispensable alors pour accéder à la philosophie et aux sciences. Cinq siècles plus tard, l'arabe, plus précisément le berbère plutôt que l'arabe maghrébin, est la deuxième langue parlée en France et la Cité lui fait hospitalité. Pour Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française, l'objectif de cette saison n'est pas politique, mais plutôt de montrer que les langues vivent en accueillant d'autres langues, et que le français est lui‑même largement métissé d'arabe. La programmation met en valeur la diversité des arabes (littéral, dialectes, oralités), notamment à travers des résidences d'artistes, des traductions (comme Molière en arabe et en arabe tunisien), des œuvres d'art et un spectacle : la plus importante épopée orale arabe, L'épopée de Bani Hilal, donnée pour la première fois en France. Regards d'écrivains Ralph Doumit est bilingue, voire trilingue, mais choisit d'écrire en français. Dans son pays, au Liban, le plurilinguisme est profondément ancré : les enfants apprennent dès l'enfance le français, l'anglais et l'arabe à l'école et passent spontanément d'une langue à l'autre dans la vie quotidienne. Depuis son arrivée à la Cité, il constate le plaisir d'entendre des personnes venues du monde entier et de partager cette diversité linguistique. Pour lui, cette richesse donne tout son sens aux projets développés au sein de la Cité. Nos langues arabes, du 24 janvier au 30 août 2026, à la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts.

Dans leur nouveau spectacle Combustions, le collectif Les souffleurs commandos poétiques nous embarque dans un flot de sentiments et de mots. Le collectif des Souffleurs, fondé en 2001 par le comédien Olivier Comte, est une troupe unique en son genre. Aujourd'hui, elle rassemble 29 comédiens français et 38 comédiens du théâtre Kasé à Tokyo, créant un pont artistique entre la France et le Japon. Le collectif dispose de plusieurs lieux emblématiques : un espace à Aubervilliers, un centre à Tokyo, ainsi qu'un décor insolite niché dans les « Alpes japonaises ». Ralentir le monde Leur ambition est de « transformer le monde » en le ralentissant, mais aussi de « partager un moment avec la littérature ». Ils se définissent comme des souffleurs, des passeurs d'émotions qui « soufflent l'âme » et « injectent de la poésie dans les territoires, les vies et les oreilles ». Leur outil, ce sont les « rossignols », de longues cannes creuses en bois, qu'ils utilisent pour murmurer des mots à l'oreille des passants, offrant une expérience intime et poétique. Ils exécutent des performances qui ne se déroulent pas systématiquement en salle, mais aussi beaucoup à l'extérieur, en régions. « On écrit sur mesure, c'est toujours totalement différent. On se rend souvent dans les cafés, qui sont l'espace public n°2. » Combustions : parler d'amour dans un monde en déglingue Dans leur nouveau spectacle Combustions, en chansons et en poèmes, Les souffleurs clament l'amour, la passion, le désir, mais aussi le sexe et l'amour charnel. Mais pourquoi parler d'amour alors que le monde est en incendie généralisé ? Pour ralentir le monde, ne suffit-il pas juste d'être en avance d'une seconde sur le monde. Des lettres qui embrasent Ils puisent dans les correspondances et lettres de Rimbaud, Arthur Miller, Édith Piaf, Victor Hugo ou encore Virginia Woolf. « La lettre donne accès à une littérature particulière car elle n'est pas destinée à être lue par tout le monde, surtout quand il s'agit d'une lettre d'amour. Cette littérature qui crie le manque est brûlante », explique Julia Loyez. On y entend aussi la correspondance de Victoria, femme ukrainienne exilée en France, et de son mari, Pablo resté sur le front en Ukraine. Des mots qui traversent la guerre. Invités : Olivier Comte et Julia Loyez, directeurs artistiques de la compagnie des Souffleurs commandos poétiques. À voir au Théâtre de l'épée de bois à la Cartoucherie jusqu'au 29 mars. Programmation musicale : l'artiste Anaïs Rosso avec le titre « Les colombes ».

Dans cet ouvrage, le linguiste Mario Periard propose un itinéraire inédit à travers les États-Unis, en suivant les traces des francophones qui ont été parmi les premiers à fouler le sol américain. L'auteur Mario Periard en appelle à la mémoire plurielle des Américains ! Le pays se présente comme un pays anglosaxon, anglophone et pourtant il y a eu avant l'arrivée des Anglo-Américains, des autochtones mais aussi des Hispaniques et des Francophones! La francité : dimension occultée de l'identité américaine L'auteur suggère que dans notre imaginaire, on a tous des héros américains en tête, mais on a oublié les héros francophones qui ont aussi façonné l'histoire des États-Unis. « Les francophones sont encombrants dans le récit de l'Histoire des États-Unis ». Revenir aux racines francophones des USA, c'est forcément parler de la Louisiane qui était jusqu'en 1803, une colonie française. À l'époque, c'était un très grand territoire. Lorsque cet État a été acheté à la France par les États-Unis, le pays a doublé sa superficie. On découvre aussi des héros oubliés comme Homer Plessy qui, avant soixante ans avant Rosa Parks, s'est levé contre les lois de ségrégation raciale en vigueur dans le pays, une histoire invisibilisée. « La Louisiane est un microcosme de ce qu'aurait pu devenir les États-Unis », précise Mario Periard. Un livre d'histoire et de voyage Mario Periard a beaucoup voyagé pour constituer cet ouvrage. Il voulait témoigner de la francité de tous les États du pays. Et dans chacun d'eux, il a trouvé trace de la francophonie. Il a donc fait un livre en cinquante chapitres avec des influences plus ou moins grandes dans chaque État. En Californie, par exemple, il y a eu les premiers vignobles avec un certain Monsieur... Vigne ! On trouve aussi des fleurs de lys sur le blason de l'Alabama qui fut un des berceaux de l'Amérique française. La ville de Mobile a été fondée par des Français bien avant la Nouvelle-Orléans. « Au niveau national, les Américains ne reconnaissent pas cette empreinte française mais au niveau local, les gens en sont fiers ! » De nombreuses villes ont d'ailleurs des noms français « Paris » ,« Belleville », « Montpellier » et la baie de New-York aurait pu s'appeler la baie de Sainte-Marguerite ! Aujourd'hui, subsistent encore beaucoup de vocabulaires français dans la langue anglaise : «butte», «prairie», «cash». Il y aurait environ 30% de mots français ou d'origine française dans la langue anglaise. Et un peu plus d'un million d'apprenants du français aux États-Unis. Invité : Mario Periard, linguiste québécois. Son ouvrage L'Amérique française, De l'Alabama au Wyoming: les racines francophones des États-Unis a été publié aux éditions Favre. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Genève, en Suisse pour parler de la 40è édition du Salon du Livre de Genève qui aura lieu du 18 au 22 mars 2026.. Programmation musicale : L'artiste Makala avec le titre Loketo.

La chanteuse d'origine haïtienne Mélissa Laveaux revient avec un nouvel album At my softest, I am most dangerous. Un album intime, entre souvenirs et spiritualité Cet album est le plus personnel de Mélissa Laveaux. La chanteuse raconte ses souvenirs comme ce baptême exorcisme qu'elle a vécu à l'âge de 8 mois alors qu'elle courait dans une église ! Une anecdote qui en dit long sur son rapport au monde : dès son plus jeune âge, elle a nourri une fascination pour le macabre, les fantômes, les films d'horreur et la mort. Cette dernière n'est jamais un sujet tabou dans sa famille haïtienne où on l'embrasse et où on vit avec les esprits au quotidien... « Nous on celèbre la Toussaint pendant un mois ! On trouve ça rigolo ! », explique-t-elle au micro. L'abeille symbole de lien entre les cultures Elle joue aussi avec la signification de son prénom « Mélissa ». En grec, cela veut dire « abeille », un insecte qui joue souvent les intercesseurs dans de nombreuses traditions, notamment entre les mondes des vivants et des morts. « Les abeilles font partie de toutes les cultures, je trouve ça très fédérateur ». Le créole, une poésie naturelle Ses chansons sont écrites en anglais et en créole haïtien « Pour moi, le créole c'est vraiment de la poésie, la première que j'ai entendue, j'adore ma manière dont les personnes âgées créolophones parlent, elles parlent en proverbe et de manière contextuelle. C'est absolument naturel pour moi de retourner au créole dans mon écriture de chansons. C'est très agreable de chanter en créole ». Invitée : Mélissa Laveaux, autrice-compositrice-interprète. Née au Canada, originaire d'Haïti, elle a aujourd'hui la nationalité française. Elle a grandi à Ottawa. Elle reçoit sa première guitare à l'âge de 12 ans. Son cinquième album At my softest, I am most dangerous sort le 20 mars 2026. Programmation musicale - Lasi myèl - Se pa jo dia - Grand-mère. Tous ces titres sont extraits de At my softest, I am most dangerous.

La lecture est toujours une aventure que l'on imagine individuelle, un plaisir solitaire, mais Thibault Le Page affirme qu'elle peut être collective et partagée. Et dans un petit livre vert, il énumère les 17 manières, les 17 exercices pour lire ensemble. Dessinateur et anthropologue, il s'intéresse aux pratiques de la lecture avec ce livre : Lire ensemble. Dans son livre Lire ensemble, Thibault Le Page explore les formes contemporaines et anciennes de lecture collective. L'auteur y propose 17 manières de lire à plusieurs, remettant en question l'idée que la lecture serait uniquement un acte solitaire. Son livre s'inscrit dans un moment où l'on débat au sujet de la concentration, de la faculté à lire individuellement et de l'essor des intelligences artificielles capables de « synthétiser des masses de textes ». Pourtant, il observe parallèlement un regain de pratiques de lecture collective, plus visibles dans les milieux artistiques et de recherches. Lire ensemble, ici, je l'entends plutôt comme le fait de lire avec les autres, parfois pour les autres, grâce aux autres, en ayant besoin des autres. Notre invité définit la lecture collective comme le fait de lire avec, pour et grâce aux autres, en valorisant l'oralité et l'échange. Il rappelle que ces pratiques sont anciennes, comme les clubs de lecture apparus au milieu de XIXè siècle. L'arpentage, un geste manifeste Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'association Peuple et Culture va élaborer de nouveaux protocoles de lecture collective : les arpentages. L'arpentage est une pratique de lecture collective qui consiste à prendre un livre, à réunir un groupe de participants, puis à en découper physiquement le texte en autant de fragments qu'il y a de lecteurs. Chacun lit sa portion du texte, prend des notes, puis restitue oralement sa lecture au groupe en la synthétisant. « De cette manière-là, on acte le fait qu'on lit pour les autres, qu'on a aussi besoin des autres pour comprendre le texte », que la compréhension du livre dépend de la contribution de chacun. Il instaure une véritable attention à l'autre et fait émerger « une forme d'oralité et de polyphonie » autour de l'ouvrage. L'arpentage ouvre à la discussion, à l'interprétation et à la confrontation des points de vue. Thibault Le Page insiste : « Toute idée doit être confrontée à d'autres vies que la nôtre. » « Le livre est un objet politique, un objet à la fois conceptuel, intellectuel, mais aussi un objet qui est dans la société, qui est dans le monde, partout autour de nous, donc un objet politique. » « Mettre une disquette » Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique La puce à l'oreille avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « Mettre une disquette ». Programmation musicale : Michel Houellebecq – « Ils chevauchaient le vent ».

Dans son dernier roman « Feu de dieu », l'auteur Mohamed Kacimi raconte son enfance, son tiraillement entre deux langues, son initiation à la vie et à la littérature. Il remonte le temps et le fil de ses souvenirs, ressurgissent, pêle-mêle, premiers émois et étude des sourates, la voix envoûtante d'Oum Kalthoum et l'école française, l'exode des pieds-noirs et la célébration de l'indépendance, les parfums d'Alger et « Les Mots » de Sartre, le virus de la fugue inoculé par la lecture d'Hector Malot, la passion folle d'une cousine et les rêves de neige… Invité : Mohamed Kacimi, auteur. Il voit le jour en 1955 à la zaouïa d'El-Hamel, haut lieu du soufisme algérien, au sein d'une famille sainte, entièrement dévouée à Dieu et à la langue arabe, sa religion. Il grandit entre les femmes recluses et les hommes en prière. Auteur d'une dizaine de récits ou romans et d'autant de pièces de théâtre dont Congo Jazz Band ou Jours tranquilles à Jérusalem. En plus de sa pratique littéraire, il est également intervenant dans des ateliers d'écriture et des conférences. À lire Feu de dieu, aux éditions Actes Sud. Programmation musicale : Les artistes Stephan Eicher et Zoe Me avec le titre La valse à demi.

Le gascon est une langue présente principalement parlée dans le sud-ouest de la France ! Bien que le nombre de locuteurs ait diminué, associations, écoles et créateurs de contenu œuvrent pour transmettre et maintenir cette langue, vivante. Faire entendre le gascon en 2026 ! Cette langue, dérivée de l'occitan qui se parle dans le sud de la France est une langue millénaire ! Une langue romane qui remonterait au Moyen-Âge... avant que le français soit imposé. Il y aurait environ 250.000 locuteurs du gascon aujourd'hui. Associations, écoles et créateurs de contenus se battent pour faire revivre cette langue « des troubadours ». Langue des réseaux sociaux Victor Chauvat « Un gascon en trimbalada » sur les réseaux sociaux a découvert cette langue tardivement, alors qu'il était jeune adulte. Il l'a apprise lui-même grâce à un livre puis en suivant des cours dans Calandreta (une école locale). Bien qu'il ne soit pas le seul à œuvrer pour la revitalisation de cette langue, ses publications humoristiques sur les réseaux sociaux ont rencontré un grand succès, atteignant plus d'un million de vues. Selon lui, « beaucoup de monde se pose des questions sur les langues locales. Sur les réseaux sociaux, il y a cet aspect humoristique et au tac au tac ». Une langue de tradition Pour Christian Maizeret, la sauvegarde de cette langue peut aussi passer par les fêtes gasconnes qui permettent de « renouer le lien entre les gens et les langues » mais aussi grâce à l'éducation nationale « Il y a actuellement environ 120 enfants en classes bilangues qui apprennent le gascon ». La musique participe aussi à la sauvegarde de cette langue. Le groupe Nadau célèbre depuis 1973 la langue et la culture gasconnes. Aujourd'hui, des rappeurs comme Kbek produisent également en gascon. Invités : Christian Maizeret, enseignant de gascon et président de l'association « l'Auseron » située à Budos qui œuvre pour la promotion de la langue gasconne. Cette association vient de publier un lexique du vocabulaire gascon de plus de 3 000 mots et recueillis par l'historien Jean Dartigolles et disparu en 2017. Victor Chauvat alias « un gascon en trimbalada » (« un gascon en vadrouille »), un conte humoristique qui prône la langue gasconne et qu'on peut retrouver sur les réseaux sociaux (Instagram, YouTube et TikTok). Avec également une interview de Vincent Claverie, traducteur du tome de Tintin en gascon « Las heìtas de Tintin — Las Jòias de la Castafiòra » (Les aventures de Tintin - Les Bijoux de la Castafiore), une traduction parue en décembre 2025 et qui s'est déjà vendue à plus de 1 000 exemplaires ! Propos recueillis par Cécile Lavolot. Et la chronique Ailleurs nous emmène à La Haye aux Pays-Bas pour parler de la 4è édition de « la Fabrique de la traduction littéraire » qui aura lieu le vendredi 13 mars avec, notamment, des débats autour de l'écriture inclusive. Marion Claudel, l'attachée culturelle de l'Institut Français des Pays-Bas. Programmation musicale : L'artiste Richard Bona avec le titre Kess Kiva Paa, une chanson en français et douala.

Dans son nouveau roman, l'autrice Sylvie Germain raconte le parcours de Samuel Nart, un écrivain qui a connu le succès avant de sombrer dans l'oubli. Il ne va plus rien écrire durant vingt ans. « Quand on écrit, même si on tourne toujours autour de thèmes assez semblables, il y a des variations dans le mode d'approche ». Pour ce nouveau roman, l'autrice Sylvie Germain a choisi un titre poétique « Murmuration » : ce terme désigne une nuée d'oiseaux en vol. Des milliers d'oiseaux qui se rassemblent en vol ou mouvement permanent et esquissent des chorégraphies... pour déstabiliser leurs prédateurs. Ce phénomène devient également une métaphore de la littérature « Le titre m'est venu vers la fin du récit car comme on voit ces oiseaux bouger, c'est un peu ça aussi pour l'imaginaire. » « Murmuration » retrace la vie de Samuel Nart, un petit roux aux yeux verts qui découvre l'alphabet et les mots sur des boîtes de biscuits. Cette découverte tranche fortement avec la pauvreté langagière de sa famille. Il tombe amoureux des mots puis découvre la poésie à l'école. Il quittera sa famille pour se mettre à écrire avant de s'arrêter car il pense être incompris. Il reprendra la plume vingt ans plus tard. Invitée : Sylvie Germain est une écrivaine française contemporaine, née en 1954 à Châteauroux. Elle est connue pour ses œuvres littéraires qui explorent souvent des thèmes profonds tels que la mémoire, la spiritualité, et l'identité. Son premier roman, « Le Livre des Nuits » a été publié en 1984. Ses premières oeuvres sont considérées comme « telluriques ». Son dernier roman «Murmuration» est publié chez Albin Michel. Le numéro des Cahiers de l'Herne consacré à Sylvie Germain. Programmation musicale : L'artiste François and the Atlas Mountains en duo avec David Numwami, avec le titre Peaux Miroirs.

Dans son dernier essai, la philosophe Mazarine Pingeot s'interroge sur les dangers de l'Intelligence Artificielle : accusée de détruire les emplois et la création, peut-elle aussi mettre à mal le langage humain ? Depuis le début de la décennie, l'intelligence artificielle s'est immiscée dans notre quotidien et personne n'ignore ses pouvoirs sans forcément en prendre la mesure pour le monde qui vient. « C'est l'un des grands sujets, c'est majeur. L'IA est partout ». Mais avec cet essai, l'autrice qui n'est pas technophobe, ne tire pas à boulets rouges sur l'IA, mais appelle à la réflexion, à la vigilance. « Je me suis interrogée sur la production nouvelle de langage : à partir du moment où la machine est capable de parler comme l'homme le philosophe peut se poser quelques questions car parler est le propre de l'homme : si la machine parle comme l'humain, que lui reste-t-il ? » La philosophe met l'accent sur la production du langage et insiste sur le fait que ce langage produit par cette machine « sans corps, sans sensibilité » et pense la langue en fonction de ses lieux de production et qu'elle devient une langue marchande, qui ne parle pas, qui communique seulement, qu'il n'y a plus de sujet énonciateur. « Lorsqu'on parle, on s'adresse à quelqu'un, lorsqu'on écrit sur un réseau social, on ne parle à personne, on parle à un "mur". Le langage est désormais formaté par l'informatique, par le canal qui le diffuse ». Elle fait aussi remarquer que la machine ne produit pas de « silences » « Notre humanité est aussi à chercher du côté du vide et de nos manques ». Se pose alors la question de la vérité et de la démocratie : « Maintenant qu'elle produit du langage, la question est centrale: c'est le seul régime politique qui repose sur le langage, sur le débat et l'espace critique ». Invitée : Mazarine Pingeot, romancière et philosophe française née en 1974. Son dernier livre Inappropriable, ce que l'IA fait à l'humain, essai sur l'Intelligence Artificielle est paru aux éditions Flammarion. À écouter aussiEt si nos voix et l'IA nous aidaient à préserver nos langues? Programmation musicale : L'artiste Asfar Shamsi avec le titre 2006.

Le collectif 15 15 formé de deux Polynésiens de Tahiti et de trois Parisiens sort son album Marara, le 6 mars 2026. Marara. C'est le nom d'une île dans l'océan Pacifique, en Polynésie française. Le nom a été donné d'après une légende selon laquelle une île a été péchée par cinq feti'i qui, pour sauver leur famille de la famine, ont récolté des informations données par un coquillage qui leur a indiqué où pêcher pour avoir du poisson. Mais c'est aussi le nom d'un album, celui du groupe 15-15 qui a fait un peu plus de 15 000 km pour venir sur la « vava » internationale : une véritable invitation au voyage. L'album est écrit en trois langues : français, anglais et tahitien.« Malheureusement, beaucoup de gens à Tahiti ne parlent pas la langue tahitienne. On met en avant cet argot qu'on parle à Tahiti, un mélange de français, d'anglais et de tahitien ». Dans leur album, les musiciens ont également « capté » les sons de l'île et de les mélanger au synthé. Ils racontent dans leurs textes, les nombreuses légendes de l'île. Ils définissent leur musique comme des « chansons climatiques » : « le style de notre chanson va être dicté par nos humeurs ». Invités : Tsi Min Siu et Ennio Neagle : tous les deux sont membres du collectif 15 15. Ils sont tous les deux nés en Polynésie et viennent « des vagues ». Ce collectif existe depuis près de dix ans. Il est également composé de trois Parisiens. Programmation musicale : - Fāfaru - Poison - Afa (métissage, mélange) - Uta Marara (le chant du poisson volant).

Né en 2009, le langage FALC est une méthode d'écriture permettant à des personnes ayant des troubles de l'apprentissage de comprendre, comme tout un chacun, langages administratifs et programmes politiques pour être intégrés au mieux dans la société. « Facile à lire et à comprendre » ... ce n'est pas un slogan ! Mais une méthode ou une manière d'écrire pour permettre à chacun d'avoir accès à la lecture. Une façon simplifiée d'écrire Aujourd'hui, ce langage s'est ouvert aux personnes malvoyantes ou maîtrisant mal le français. Certains journaux, comme Le Monde, se mettent au FALC. Et on voit aussi apparaître des classiques de la littérature : Sartre, Molière ou Camus en FALC. Comment fonctionne ce langage ? On pourrait dire que le FALC est la variété du français la plus accessible, du point de vue de la lisibilité, de la perception du code mais aussi sur la compréhension sur le contenu, nous explique Sarah Neelsen. C'est une variété du français comme peut l'être le langage des jeunes ou le langage médical, une variété qui a ses propres règles, ajoute-t-elle. L'histoire du FALC remonterait à 2006 lorsque les Nations unies ont voté pour la Convention des droits des personnes handicapées, convention à laquelle la France a adhéré en 2010 « de même qu'on a réfléchi à l'accessibilité du bâti, on a pensé à l'accessibilité de la langue car celle-ci peut-être un obstacle pour l'intégration ». Avant cela, dans les années 80, le Royaume-Uni et l'Allemagne utilisaient le langage « clair » pour faciliter la compréhension des messages administratifs ou juridiques. Aujourd'hui, ce langage s'ouvre aussi aux projets cultuels et à la littérature. Il y a quatre ans, Cécile Arnoult a fondé la maison d'édition Kilema (qui veut dire « handicap ») qui adapte des livres en FALC. Maman d'une fille porteuse de trisomie 21, elle avait à cœur de faire lire des classiques de la littératures à son enfant. Le catalogue compte une trentaine de titres. Il existe un certain nombre de règles pour écrire en FALC, mais elles ne sont pas figées : espacement des caractères, mots et syntaxes simplifiés, présence de pictogrammes ou d'illustrations, favorisation de la forme passive. Cécile Arnoult parle de « traduction » et non d'adaptation ou de transposition « c'est un véritable exercice de traduction, pas une simplification ». Le texte est travaillé par des traducteurs puis relu par une personne porteuse de trisomie 21 pour s'assurer que c'est bien compréhensible. » Ces initiatives commencent à être soutenus par le CNL, notamment pour les créations. Invitées : Cécile Arnoult, éditrice, créatrice de Kilema, maison d'édition qui édite des livres en FALC. Sarah Neelsen, maitresse de conférences à la Sorbonne-Nouvelle en études germaniques mais aussi spécialisée sur les questions de handicap. Et la chronique « Ailleurs » nous emmène en Belgique avec Elisabeth Ayden de la Maison de la Francité qui nous présente le concours Belgique-Tunisie « Derrière le masque ». Un concours d'écriture ouvert aux Belges et aux Tunisiens, jusqu'au 20 mars 2026. Programmation musicale : L'artiste Gyslain.N avec le titre «Pays idéal».

« Haute-Folie », le nouveau roman d'Antoine Wauters, raconte l'histoire de Josef, un enfant devenu orphelin à trois ans et à qui on cache une bonne partie de son histoire. (Rediffusion) Dans cette fiction, l'auteur parle du silence, de ses ambivalences et de ses trous d'ombre. « Le silence secret de famille, le silence pesant, le silence habité et souhaitable. Le silence qui nous fait du tort et celui qui peut libérer », explique Antoine Wauters. L'histoire commence comme une tragédie. Le père de Josef se tue et sa mère assassine celui qu'elle considère comme responsable du suicide de son mari. Puis, elle se donne la mort, laissant le petit Josef, âgé de trois ans, orphelin. Toute la vie de Josef sera faite de fuites et de départs... avec une tentative de s'apaiser, de comprendre, de connaître son identité. Mais « Haute-Folie » est aussi un livre fait pour ne pas laisser gagner le silence, car les choses qui ne sont pas dites « finissent par nous tuer à petit feu ». Invité : Antoine Wauters, écrivain belge francophone, né le 15 janvier 1981. Il écrit de la poésie et des romans. Il se définit comme auteur « hybride ». En 2021, il publie Mahmoud ou la montée des eaux, entièrement écrit en vers libres et qui met en scène un vieux poète syrien en proie à la folie des hommes. En 2023, paraît Le plus court chemin, un texte très personnel où il revient sur son enfance dans la campagne wallonne. Son dernier roman Haute-folie, publié chez Gallimard, a remporté le prix Jean-Giono 2025. Programmation musicale : L'artiste Arthur Ely avec le titre Tous les matins du monde.

La Revue des oralités du monde n°5, consacrée à la transcription des textes de littérature orale vient d'être publiée. (Rediffusion du 7 janvier 2026) Par principe, il y a quelque chose d'éphémère dans la littérature orale de la variabilité, son essence, c'est le présent, s'agit-il donc de transmettre et de transcrire pour sauvegarder ? La parole étant immatérielle, dès lors qu'elle est prononcée, on ne peut plus la restituer. Comment alors retranscrire ces langues et leurs textes ? Toutes les langues sont-elles logées à la même enseigne ? Invités : - Ursula Baumgardt, professeure émérite en oralité et littérature africaine à l'Inalco et au Plidam. À lire aussi : Goggo Addi, une conteuse peule de Garoua - Aliou Mohamadou, professeur émérite de Linguistique peule à l'Inalco et au Plidam. Il a écrit l'article « Les sytèmes de transcription du peul et leurs applications », une question qui a traversé tout le XIXème siècle, puisque les premiers textes peuls datent des années 1850. Le peul n'avait pas de norme orthographique, la question était donc de les établir, mais comment établir des règles écrites, lorsqu'on parle d'une langue orale ? Tous les deux sont membres fondateurs de la Revue des oralités du monde, et de l'Encyclopédie des littératures en langues africaines (ELLAF), une bibliothèque numérique des littératures africaines. Et, comme chaque semaine, la chronique de Lucie Bouteloup décrypte les expressions de la langue française ! Et, pour cette nouvelle année, elle est toujours aussi déterminée mais, rassurez-vous, vous ne serez pas le dindon de la farce ! Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de la classe de CM2 de l'école Vulpian à Paris ! Programmation musicale : L'artiste VJ avec Sidiki Diabaté et leur titre Toi et moi.

L'auteur congolais Steve Aganze publie « Bahari-Bora », un premier roman aux éditions Récamier dans lequel il raconte l'histoire de Bahari-Bora, une jeune fille victime de la guerre. (Rediffusion du 16 septembre 2025) « Bahari-Bora » signifie « bel océan tranquille » en swahili. C'est aussi le nom de l'héroïne du premier roman de l'auteur congolais Steve Aganze, une jeune fille enlevée par un groupe armé et utilisée comme arme de guerre, battue et violée. Recueillie dans un hôpital après sa fuite, on lui apprend qu'elle est enceinte. Mais quel monde offrir à cet enfant ? Bahari-Bora: c'est la somme de toutes les femmes inspirantes, celles qui se sont battues malgré l'adversité Invité : Steve Aganze est né en 1999 à Bukavu, en République Démocratique du Congo. Il part vivre à Kinshasa en 2011, après avoir subi des années de guerre. En 2023, il figure parmi les finalistes du prix Voix d'Afrique. Programmation musicale : L'artiste Zaz avec le titre Sains et saufs, extrait de l'album éponyme à paraître le 19 septembre 2025.

Révélation masculine aux dernières Victoires de la Musique, Sam Sauvage, qui s'est fait connaître grâce à son titre « Les gens qui dansent », vient de sortir son premier album. (Rediffusion du 3 février 2026) En postant sur les réseaux sociaux « Les gens qui dansent », un morceau composé en 2020 et remis au goût du jour avec de nouveaux synthés, l'auteur-compositeur-interprète Sam Sauvage est rapidement devenu viral et s'est même distingué, cette année, en raflant le titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026. Son premier album Mesdames, Messieurs est composé de douze titres. Un conteur social Le jeune dandy de 25 ans, sapé en costume-cravate et à la voix grave, aime se définir comme « un conteur social » qui essaye d'écrire sur ce qu'il observe, ce qui l'entoure. J'aime me moquer des sujets, de l'état du monde mais pas des gens. Ses textes abordent les questions sociales : la guerre en Ukraine, le drame des morts en mer, les SDF du métro, les ruptures amoureuses, les langages de l'amour. Invité : le chanteur Sam Sauvage, de son vrai nom Hugo Brébion, né en 2000 dans le Pas-de-Calais, dans une famille passionnée de musique. Il compose ses premiers morceaux au lycée lorsqu'il rejoint le groupe Photomaton. (L'émision a été enregistrée le 3 février 2026, soit dix jours avant l'obtention de son titre de « Révélation masculine » aux Victoires de la Musique 2026.) Programmation musicale : Sam Sauvage - Avis de tempête Sam Sauvage - Les gens qui dansent Sam Sauvage - J'suis pas bô Sam Sauvage - Boulogne Sam Sauvage - Un cri dans le métro

Dans son nouveau recueil « Paons », le poète haïtien James Noël rend hommage à ses ancêtres, à son pays et à sa culture, le tout en espérant le réveil d'un peuple actuellement meurtri par les circonstances politiques et l'omniprésence des gangs armés. Au petit matin, James Noëlest sorti du boispour faire entendreson piano à queue de paon.Sa parole de grand poèteest le jazz dont a besoinle réveil des Haïtiens Ces mots signés René Depestre, souvent considéré comme le « parrain » de la littérature haïtienne, ont inspiré James Noël dans l'écriture de son tout nouveau recueil de poésies « Paons ». Le paon, cet oiseau dont le mâle porte une longue queue ocellée qu'il parade pour séduire, se présente alors comme une image pertinente pour décrire l'ambivalence de la partie occidentale de l'île d'Hispaniola. Entre beautés et drames, entre amours et guerres, entre le coup de cœur du paon et le coup de feu du « pan ! ». Le paon, on le voit tel un oiseau qui impressionne, qui se la pète en même temps [...] mais on peut aussi imaginer cette merveille qui se trouve déplumée par les coups de feu. - James Noël Par ce titre métaphorique et ce recueil poétique, James Noël rend hommage à tous ces « paons » de la vie haïtienne qui enjolivent le quotidien d'Haïti mais qui sont également capables de pousser des appels aigus tels des cris de paon. Pour ceux qui voudraient vivre ses poèmes en musique, l'auteur haïtien se représente ce jeudi 19 février 2026, à 21 heures, à la Maison de la Poésie à Paris, aux côtés du musicien Arthur H, pour une lecture musicale de « Paons », ainsi que samedi 21 février 2026, à 18 heures, à la Gaîté Lyrique, dans le cadre du festival Effractions, aux côtés de l'artiste Nicolas Repac. Invité : James Noël, poète, romancier et acteur haïtien, qui écrit en français et en créole haïtien. Son nouveau recueil poétique « Paons » est d'ores et déjà disponible aux éditions Au Diable Vauvert. Programmation musicale : L'artiste canadienne d'origine haïtienne Mélissa Laveaux, qui sera prochainement l'invitée de De vive(s) voix et qui sort son nouvel album, le mois prochain (mars 2026), et son titre Salt water so sweet.

Une salle de classe, une prof, des ados : « Saigner des genoux » raconte quelques jours dans la vie d'adolescents dans un collège. « C'est plus difficile d'écrire sur les jeunes quand on est plus âgé car on a peur d'être ringard ou à côté de la plaque ». Pour écrire son spectacle, Igor Kovalsky, jeune metteur en scène a pris le temps de rencontrer collégiens et lycéens. Pour écrire cette pièce, il a puisé dans ses souvenirs mais il s'est également inspiré de l'actualité. Dès la première scène, le ton est donné : la prof de maths tente de s'immoler devant ses élèves. La pièce raconte l'histoire de Doum, un ado viré de ses collèges précedents qui arrive dans un nouvel établissement et qui essaye de trouver sa place dans cette nouvelle école. Il rencontre trois autres adolescents avec lesquel il va tisser des liens. Sur scène, les élèves rappent, ils dansent. Et tentent de se faire comprendre. Invités : - Igor Kovalsky, comédien. Il est metteur en scène de la pièce « Saigner des genoux ». Il a toujours eu le goût de l'écriture. Cette pièce a été écrite lors après sa formation au Cours Florent. - Denez Raoul, comédien qui joue dans la pièce. Ils ont tous les deux été formés au cours Florent. À voir au Théâtre du Chariot jusqu'au 1er mars 2026. Le Théâtre du Chariot est une petite salle située dans Paris et gérée par des comédiens. Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l'expression « être charrette ». Programmation musicale : L'artiste Charlotte Fever avec le titre « Tremble ».

Pour son premier roman, Raphaël Baud s'est inspiré de faits réels pour nous relater l'histoire méconnue de George Psalmanazar, un imposteur de génie du XVIIIè siècle qui parvint à berner tout le monde en se faisant passer pour un Japonais, allant même jusqu'à publier un traité sur l'île de Formose (aujourd'hui Taïwan) en y inventant une grammaire et des coutumes purement fictives. Petit, Raphaël Baud a inventé sa propre langue avec son frère. Et c'est justement cette passion pour la cryptophasie (la science des langages secrets parlés et/ou écrits par un petit nombre de personnes) qui a mené l'auteur français à s'intéresser au curieux personnage de George Psalmanazar. Mais Psalmanazar, d'origine française, lui, est allé encore plus loin que Baud : il n'a pas juste inventé une langue, il s'est inventé une vie. Une vie de « païen nippon » visitant la France et l'Europe au XVIIIè siècle. Un mensonge total qui a permis au prétendu Formosan d'origine japonaise de goûter aux luxes de la bourgeoisie de l'époque et notamment à ceux de la haute société britannique. Est-ce que l'invention, c'est du mensonge ? - Raphaël Baud Pour nous empreindre au maximum de cette histoire ô combien loufoque mais pourtant vraie, Raphaël Baud a décidé de jouer à fond la carte de l'imposture, allant même jusqu'à mentir sur sa propre vie dans le prologue. Et, pour encore plus de réalisme, l'écrivain haut-saônois s'est également efforcé à narrer son tout premier roman dans un style d'écriture proche de celui du XVIIIè siècle. Mais rassurez-vous, cet ouvrage entre fiction et réalité est tout à fait compréhensible pour un lecteur du XXIè siècle et nous raconte surtout une histoire vraie à dormir debout ! Invité : Raphaël Baud, auteur de Psalmanaazaar, paru aux éditions Les Belles Lettres. Programmation musicale : L'artiste Nina Uzan et son titre Charade.

Dans «Suzanne : une histoire du cirque», l'artiste Anna Tauber part sur les traces de Suzanne, une artiste circassienne qui exécutait un numéro de voltige dans les années 50. Que reste-t-il des arts du cirque, exigeants et éphémères, qui s'accomplissent dans l'instant et ne subsistent que dans les souvenirs ? C'est la question qui traverse Anna Tauber quand elle rencontre Suzanne en 2017. C'est grâce à sa grand-mère qu'Anna Tauber rencontre Suzanne M en 2017. Alors qu'elle fait des recherches que l'histoire du cirque, sa grand-mère lui parle de l'amie d'une voisine, une certaine Suzanne M ! Elle est alors âgée de 84 ans. Durant sept ans, Anna Tauber va enregistrer puis filmer leurs rencontres. Son récit bouleverse profondément Anna Tauber... car l'histoire de Suzanne révèle l'extraordinaire liberté offerte à Suzanne. À l'époque, les artistes circassiens n'étaient pas nécessairement issus de famille « de cirque », beaucoup venaient d'ailleurs et arrivaient « par hasard ». De 1948 à 1965, Suzanne a été voltigeuse. Elle et son mari Roger ont présenté un numéro de cadre aérien à travers le monde. Leur duo s'appelait Les Antinoüs. C'était alors un numéro très risqué, à douze mètres de hauteur, sans filet et sans longe. « La question du risque était alors au coeur du spectacle ». Seule en scène, Anna Tauber propose une enquête en forme de ciné-spectacle documentaire, sur les traces d'un numéro de voltige que Suzanne - aujourd'hui nonagénaire - performait dans les années 50. Elle transmet ainsi la mémoire d'une artiste et une histoire du cirque. Invité : Anna Tauber. Elle se définit comme une artiste « circassienne hors pistes ». À voir : Suzanne, une histoire du cirque à voir au 104 jusqu'au 21 février 2026 dans le cadre du festival Les Singulier·es Et la chronique Ailleurs nous emmène en Roumanie où l'Institut français de Bucarest se prépare à fêter le mois de la francophonie ! Programmation musicale : L'artiste PI JA MA avec le titre L'annonce.

Jacques Vincey adapte au théâtre l'essai philosophique de Cynthia Fleury. Qu'est-ce que le courage ? La société d'aujourd'hui manque-t-elle de courage ? Peut-on rallier courage politique et moral ? Tel était le propos de l'essai publié aux éditions Fayard, par la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury en 2010, et dans lequel elle imaginait un dialogue avec une philosophe. Une adaptation avec deux personnages: Nicole-Jeanne Bastide et une journaliste, Noëlle Blanc. Toutes deux vont s'affronter sur la définition et la notion de courage : une pièce mordante sur l'état du monde et la démocratie. De l'essai à la scène Cela faisait longtemps que Cynthia Fleury voulait mettre en scène son essai avec une mise en scène facile à dire et à monter qui puisse être jouée dans un théâtre, une école ou une prison. La philosophie, comme le théâtre sont deux disciplines nées dans la Grèce Antique et ont par conséquent beaucoup de points communs : «Le théâtre, c'est un lieu de pensée en acte, un lieu de la parole perfomative.» La pièce commence avec un monologue, le «double» de Cynthia Fleury qui a le sentiment d'être «gelée», découragée, épuisée face à l'adversité du monde. Elle tente de définir la ou les définitions du courage notamment cet héroïsme qui est de négocier au quotidien sans perdre son âme et d'affronter la montagne. Malgré le thème très sérieux, la pièce est ponctuée de touches d'humour et de dérision. Pour incarner ces deux personnages, plusieurs duos d'actrices parmi lesquelles Isabelle Adjani, Isabelle carré, Laure Calamy, Emmanuelle Béart et Sophie Guillemin... Jacques Vincey, metteur en scène, explique la mise en scène des idées peut passer : Le choix de travailler avec plusieurs duos d'actrices déplace les attentes des spectateurs. Le public est confronté à ces deux femmes qui dialoguent avec un texte en main. La pensée s'ancre dans des sensibilités et des corps des formes d'engagement différents. Invités : la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury et le metteur en scène Jacques Vincey. À voir jusqu'au 8 mars 2026, au Théâtre de l'Atelier à Paris. Programmation musicale : L'artiste Yaël Naïm avec le titre « La fille pas cool ».

La Biblitohèque nationale de France (BnF) consacre en ce moment, depuis le 27 janvier 2026 et ce jusqu'au 5 avril 2026, une exposition à la célèbre chanteuse et parolière française Barbara, au sein de sa fameuse Galerie des Donateurs, nommée « Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public ». De son vivant, Barbara n'a jamais songé à archiver sa propre légende, compliquant ainsi la tâche à ceux qui auraient voulu retracer le parcours atypique, tantôt sulfureux, tantôt idyllique, de la compositrice de « L'Aigle noir ». Mais, grâce à ses admirateurs et notamment aux dons de l'association Barbara Perlimpinpin, la BnF a pu se procurer une centaine de documents faisant référence au lien tout particulier que l'autrice-compositrice entretenait avec ses fans. Photos, vidéos, partitions, costumes de scène, tenues de ville, notes, programmes, autographes, courriers... Tant d'items rares que les intéressés peuvent dès maintenant consulter à la BnF, afin d'analyser sa méthodologie de travail et de mieux comprendre les sentiments quasi-amoureux que Barbara éprouvait pour son public. Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous. Au fil de l'exposition, les visiteurs découvriront son rapport singulier à la scène, depuis ses débuts dans de modestes cabarets belges jusqu'à ses dernières apparitions publiques en 1993. À la BnF, la légende Barbara perdure, donc, le long d'un cheminement d'exposition intime, et pourrait se résumer en une seule phrase prononcée par la vedette elle-même sur la scène de Bobino en 1966 : « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ». Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert et des élèves de CM1B de l'École élémentaire Arago du 14ème arrondissement de Paris. Et, cette semaine, Lucie vous a à l'œil ! Invitée : Coline Arnaud, coordinatrice du développement des publics, département de la Musique, BnF. Programmation musicale : Barbara et ses titres « Dis, quand reviendras-tu ? », « Sid'amour à mort » et « Perlimpinpin ».

Dans un pays du Golfe arabo-persique : lui est venu seul, il est l'étranger. Elle, mène la révolte contre les hommes, le mariage, la religion. Dans ce pays où l'amour est interdit, ils tentent d'écrire une autre histoire. Invité : Hadrien Laroche. Auteur français. Son dernier roman « La mort clandestine » est paru aux éditions du Seuil. Programmation musicale : L'artiste Perez avec le titre « Solo ».

À mi-chemin entre le rap et le théâtre, l'artiste Forbon N'Zakimuena nous raconte comment il a dû abandonner son vrai prénom, Zola jugé « pas assez français » par l'administration française lors de sa naturalisation. Forbon N'Zakimuena a reçu le prénom Zola-Forbon soit « Le bien aimant Forbon » en Lingala, l'une des langues parlées en République Démocratique du Congo. Il a grandi en région parisienne avec ce prénom ; un prénom issu de sa famille maternelle et transmis depuis plusieurs générations. À sa naissance, son père oublie d'apposer « Zola » sur l'acte de naissance. Peu importe, on ajoutera ce prénom lors de la naturalisation française. Alors âgé de 13 ans, il se retrouve en 2003 devant le Tribunal de Grande Instance pour tenter de rectifier cet oubli. Sauf que la récupération de son prénom entier lui est refusé : « pas assez français », lui dit-on. Dans ce one-man show, cet artiste de la parole, relate sans amertume ses rendez-vous avec la préfecture et l'administration françaises. Il raconte les déboires qu'il a rencontrés et l'humiliation subie. Invité : Forbon N'Zakimuena est musicien, et interprète pluridisciplinaire, né en 1990. Il se définit comme un artiste de la parole. Son spectacle « Zola… pas comme Emile » est en tournée. Et la chronique Ailleurs nous emmène au Mali. Ibrahima Aya, organisateur et co-directeur de la rentrée littéraire du Mali nous parle de cet évènement qui aura lieu du 10 au 14 février 2026. Le thème retenu cette année est « l'Afrique dans le monde de demain ». Programmation musicale : Les artistes Souad Massi et Gaël Faye avec le titre « D'ici, De là-bas ».

Le metteur en scène Aristide Tarnagda adapte le roman de Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Prix Goncourt en 2021 pour « La plus secrète mémoire des hommes ». « Un putain de livre ! ». Voilà comment Aristide Tarnagda décrit le livre écrit par Mohamed Mbougar Sarr et couronné du Prix Goncourt en 2021. Un roman qui n'ai pas laissé indemne le metteur en scène et qui se prête bien au théâtre. Ce roman gigogne comporte plusieurs facettes. C'est à la fois une réflexion sur l'écriture, sur le désir d'écrire, mais c'est aussi sur l'histoire et les effets du colonialisme. Comment les livres sont-ils lus, selon leur auteur ? On y retrouve certains codes du roman policier car c'est l'histoire d'un écrivain qui se lance sur les traces d'un livre mythique et de son auteur qui a disparu... « C'est aussi un roman d'initiation », selon les mots de son auteur. « Une quête de l'autre et de la vérité », ajoute Aristide Tarnagda. Une adaptation qui n'a pas été facile à faire en raison de la densité et de la complexité du roman. Ce n'est pas la première fois qu'Aristide Tarnagda adapte Mohamed Mbougar Sarr puisqu'il avait déjà mis en scène le roman « Terre Ceinte » en 2021. Invité : Aristide Tarnagda, auteur, metteur en scène burkinabè. Directeur du festival bisannuel les Récréatrales à Ouagadougou. Il entame sa carrière en 2004 après ses études universitaires en sociologie. La plus secrète mémoire des hommes à voir à la MC 93 jusqu'au 8 février 2026. À lire: La Plus Secrète Mémoire des hommes, un roman de Mohamed Mbougar Sarr publié en 2021 aux éditions Philippe Rey. Programmation musicale : Le groupe centrafricain Boddhi Satva avec le titre Les gens changent.

Chaque année, le festival des langues classiques met à l'honneur le grec, le latin et le chinois. Cette année, les langues asiatiques sont mises à l'honneur. Si le grec et le latin se taillent la part du lion, les langues asiatiques s'invitent et parmi elles, le sanscrit et le coréen sont aussi décryptées. Comment les littératures classiques de l'Inde, de la Chine entretiennent-elles un dialogue vivant avec l'oralité ? Des récits fondateurs aux épopées transmises de génération en génération, la voix demeure au cœur de la mémoire et de la transmission. De quelle manière les formes orales façonnent-elles le texte, nourrissent la pensée et tissent un lien entre passé et présent ? Il serait réducteur d'affirmer que le sanscrit n'est qu'une langue érudite et sacrée ! Il y a 2000 ans d'histoire littéraire, scientifique. On y trouve des traités d'architecture, d'astronomie mais aussi des belles lettres, du théâtre, des romans ! Cette langue n'a jamais été une langue parlée en tant que telle. Cette langue s'est fait connaitre grâce au Mahabharata, le livre de Véda Vyasa, une grande épopée lyrique qui raconte la guerre des Bharata et qui a donné lieu à de grandes mises en scène de Jean-Claude Carrière ou Peter Brook. Ce texte ainsi que le Ramayana étaient destinés à distraire la cour royale. Ils vont connaître la postérité et avoir un impact majeur et vont influencer des auteurs tels que Salman Rushdie ou Thomas Mann. Quant à la langue coréenne, son histoire est très intéressante : son alphabet a été créé au XVè siècle. Environ 2/3 de son lexique provient de la langue chinoise classique : le hanmun. Le chinois classique était aussi une grande langue de lettrés et de traduction. Les concours de fonctionnaires devaient réciter ou psalmodier des textes classiques ou canoniques en langue classiques. Invités : - Yannick Bruneton, professeur des Universités, Paris Cité, anciennement Paris 7. Spécialiste d'histoire médiévale de la Corée, rattaché à l'École pratique des Hautes études. Auteur chez Armand Colin d'un manuel de chinois classique, mais il vient aussi de publier, en novembre 2025, aux Belles Lettres, dans la collection « Bibliothèque chinoise », les Poèmes du Dhyana de Hyangjok Sunim. C'est une anthologie de poèmes zen bouddhiques coréens anciens, commentés par un moine coréen contemporain - Iris Farkondeh, chargée de cours à l'Université Sorbonne nouvelle et docteure en Études indiennes. La huitième édition du Festival des langues classiques aura lieu à Versailles les 7 et 8 février 2026. Lucie Bouteloup ne nous fait jamais « faux bond » ! Comme chaque mercredi, elle décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moisnard des éditions Le Robert. Programmation musicale : L'artiste franco-brésilienne Gildaa avec le titre Utopiste.

Le chanteur Sam Sauvage s'est fait connaître pour son titre « Les gens qui dansent ». Auteur, compositeur, interprète, il vient de sortir son premier album. L'artiste Sam Sauvage s'est fait connaître grâce à la vidéo du clip de la chanson très pop « Les gens qui dansent » postée sur les réseaux sociaux et devenu viral. Un morceau composé en 2020 et remis au goût du jour avec de nouveaux synthés. Son premier album Mesdames, Messieurs est composé de douze titres. Un conteur social Le jeune dandy de 26 ans, sapé en costume cravate et à la voix grave aime se définir comme « un conteur social » qui essaye d'écrire sur ce qu'il observe, ce qui l'entoure. « J'aime me moquer des sujets, de l'état du monde mais pas des gens ». Ses textes abordent les questions sociales : la guerre en Ukraine, le drame des morts en mer, les SDF du métro, les ruptures amoureuses, les langages de l'amour. Invité : l'auteur, compositeur interprète Sam Sauvage. Sam Sauvage, de son vrai nom Hugo Brébion est né en 2000 dans le Pas-de-Calais dans une famille passionnée de musique. Il compose ses premiers morceaux au lycée lorsqu'il rejoint le groupe « Photomaton ». Il figure parmi les artistes en lice de la catégorie « révélation masculine » pour les Victoires de la Musique 2026 qui auront lieu le 13 février 2026. Programmation musicale : Avis de tempête Les gens qui dansent J'suis pas bô Boulogne Un cri dans le métro.

De Alefa ! (Allez !) à Zavatra (chose) l'auteur, traducteur et éditeur Johary Ravaloson nous immerge dans les mots de Madagascar en les illustrant de faits historiques et anecdotes personnelles. Avec ces 80 termes, Johary Ravaloson nous raconte ce qu'il a envie de dire sur Madagascar. Pour chaque mot, il en profite pour dérouler plusieurs définitions. À l'entrée malagasy, on apprend que la langue de Madagascar a incorporé des mots d'autres langues : de l'arabe, du bantou (akoho: la poule) ou de langues européennes (paradisa : paradis). L'auteur ajoute que le mot « malgache », imposé pendant la colonisation, heurte les oreilles de beaucoup de Malagasy. Dans les années 2010, un mouvement sur les réseaux sociaux a voulu rectifier ce nom au profit de « malagasy ». Quand il a fallu chercher des mots, ce sont évidemment les mots de l'enfance qui sont venus en premier. Ce sont aussi les traditions qui sont décrites . Le « kabary », art oratoire malagasy, a été récemment inscrit par l'UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Johary Ravaloson nous rappelle que le malagasy est une langue agglutinante, un type de langue qui forme principalement des mots en assemblant des morphèmes (parties de mots). Ainsi, les mots et les noms de familles sont parfois composés de plusieurs mots. Dans les noms de famille, les parents ajoutent des noms d'ancêtres, considérés comme des protecteurs ou des intermédiaires entre les morts et les vivants. On découvre que le nom de la capitale Antananarivo signifie « la ville des mille », en référence aux mille guerriers chargés de protéger le domaine royal ! Invité : Johary Ravaloson, auteur, traducteur et éditeur. Il a notamment écrit le roman Amour, patrie et soupe de crabes, aux éditions Dodo Vole. Le recueil 80 mots de Madagascar est paru aux éditions l'Asiathèque. Il a vécu les vingt premières années de sa vie à Antananarive. Vous pourrez retrouver Johary Ravaloson Jeudi 5 février à 18h30 à la Librairie l'Asiathèque - 1 rue Deguerry - Paris 11ème. Et la chronique ailleurs nous emmène à Bujumbura au Burundi pour parler de la sixième édition du festival Buja sans Tabou qui aura lieu du 2 au 8 février 2026. Le thème retenu cette année est « déconnexion ». Et c'est Claudia Munyengabe, auteure et membre de Buja Sans Tabou qui nous en parlera. Programmation musicale : Les artistes Caesar & Ngiah Tax Olo Fotsy avec le titre « Mampanota ».

Dans les orphelins, Eric Vuillard raconte l'histoire du hors-la-loi Billy The Kid et relate par la même occasion une partie de l'histoire des États-Unis. «À 17 ans, il tua son premier homme». C'est ainsi que début le nouveau roman d'Eric Vuillard. Eric Vuillard a écrit l'histoire de Billy the Kid en déconstruisant l'évènement qui nous a été raconté : une histoire qui nous a été racontée par son assassin : Pat Garett. Une histoire ce n'est pas une vie. Une vie, ce sont les déchirements intérieurs. Une histoire c'est tenter de mettre ce qu'on peut imaginer de ces déchirements intérieurs mais à travers des coordonnées sociales : c'est replacer l'individu dans son milieu, dans l'Histoire. Il existe quelques témoignages sur Billy the Kid notamment de paysan mexicain qui le décrivait comme quelqu'un d'amical, jovial : ces témoignages ont été passés sous silence. L'auteur raconte l'histoire d'un adolescent qui pourrait être comme les autres lorsqu'il est dépouillé de sa fiction, un adolescent victime du capitalisme, de la colonisation mais aussi de la violence intrinsèque des États-Unis. Billy the Kid, de son vrai nom Henry McCarty, est l'une des figures les plus célèbres du Far West américain. Il doit son surnom à son aspect juvénile, presque enfantin. Il serait né en 1859 à New-York dans une famille très pauvre d'origine irlandaise. Orphelin très jeune, il grandit dans la pauvreté, bascule dans la délinquance et devient rapidement un hors-la-loi. Il se fait connaître pendant la guerre du comté de Lincoln au Nouveau-Mexique, une guerre de territoires entre factions rivales. Il acquiert la réputation d'un tireur rapide et efficace. Il a la réputation d'avoir tué 21 hommes, mais ce nombre est sujet à caution et serait plutôt de 9 hommes. Malgré ses crimes, il bénéficie d'une certaine sympathie populaire amplifiée par les journaux qui relatent ses exploits. Il est tantôt considéré comme un criminel sans foi ni loi, tantôt comme un rebelle face aux puissants. Il est finalement capturé, condamné à mort par pendaison mais réussir à s'enfuir. Sa fuite ne dure pas longtemps : âgé de 21 ans, il est finalement abattu par le shérif Pat Garrett en 1881. Invité : Eric Vuillard, né en 1968, est un auteur et cinéaste français. Il est connu pour ses récits historiques courts à mi-chemin entre littérature et essais. Il avait déjà raconté le far-west américain dans Tristesse de la Terre : une histoire de Buffalo Bill Cody. Il a également écrit sur la colonisation, sur la guerre d'Indochine ou encore la prise de la Bastille. Il remporte le prix Goncourt en 2017 pour l'Ordre du jour qui raconte les coulisses de la montée du nazisme et les prémices de «la solution finale». Programmation musicale : L'artiste Loufox avec le titre Serrer les dents.

Benoît Richter, Kidi Bebey, Belinda Cannone, Louis-Philippe Dalembert… l'autrice Emmanuelle Favier et Edith de Cornulier ont demandé à 26 auteurs de rédiger 26 textes sur 26 mots rares. Mais pourquoi s'intéresser aux mots désuets ? Déchouquer, Ribaudequin, Oaristys, Aorasie... tous ces mots existent mais vous ne les connaissez probablement pas ! Le Trésor de la langue française, qui est le dictionnaire le plus complet, recense environ 100 000 mots quand le français usuel en compte 30 000, une mine pour les auteurs et les poètes ! La langue ne s'use que si on ne s'en sert pas L'autrice Emmanuelle Favier dirige une collection de livres consacrée aux mots rares. Une collection ? Plutôt un « encomium », un terme ancien quelque peu dérivé... Depuis toujours, l'autrice est fascinée, obsédée depuis toujours, par les mots rares qui sont « des fenêtres sur le sens, des manières de s'approprier la langue et l'étymologie qui convoque tout un univers historique ». Dans cette collection, Emmanuelle Favier suggère à des auteurs ou autrices d'écrire un court texte sur un mot… mais sans forcément donner une définition précise. La seule chose qu'elle impose, c'est la lettre ! On y trouve des mots créoles, argotiques, ou du français hors de France, mais aussi des mots désuets ou nouveaux tels que urbexeur. Le travail sur la langue et les mots rares a la côte ! Et ce sera de plus en plus le cas avec l'Intelligence Artificielle car face à elle, il ne nous reste que notre sens poétique ! Ces encomiums sont dirigés par la maison de négoce Malo Quirvane. Une maison d'édition aujourd'hui dirigée par Edith de Cornulier. Cette maison d'édition est née dans la ferme de Malo Quirvane, dans le Morvan. À moins que toute cette histoire ne soit créée de toutes pièces... Edith de Cornulier voulait devenir vigneronne. Face à la précarité du métier, elle décide de devenir éditrice « Il y a beaucoup de points communs entre les agriculteurs et les éditeurs : ce sont des fournisseurs de matière première! ». Créée en 2019, cette maison d'édition publie aujourd'hui son trente-troisième livre. Invitées : Edith de Cornulier, directrice de la Maison d'édition Malo Quirvane et Emmanuelle Favier, autrice et directrice de la collection des petits encomiums des mots rares. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moisnard des éditions Le Robert. Programmation musicale : Les artistes Sian Pottok et Fatoumata Diawara avec le titre Je danse sur toi.

Convoquant le théâtre, la danse et la musique, Iqtibās raconte une histoire incandescente, où l'on ressent profondément ce que signifie aimer aujourd'hui au croisement des cultures. Des mots pour dire l'amour, éviter le déchirement, comprendre l'éloignement... des mots tempêtes, des mots discordes comme il est dit dans la pièce de théâtre Iqtibas. Iqtibās, c'est un mot arabe qui veut dire «emprunter» au sens premier mais dans sa dimension philosophique, ce terme peut vouloir dire «allumer son feu au foyer d'un autre». Une définition de l'amour ? Quand deux personnes n'en font qu'une : laquelle devient-elle ? C'est l'histoire d'une rencontre entre un prof, Abel et une boxeuse, Balkis lui est français, elle d'origine marocaine. Abel, un prénom qui évoque la fratricide dans la Bible et qui veut dire «souffle, buée» et qui symbolise ce qui est éphémère, fragile. Balkis, le prénom de la Reine de Saba. Je ne sais pas ce que tes mots ont fait aux miens L'Histoire va alors les percuter : une passion face aux différences culturelles et à l'Histoire douloureuse... Comment s'aimer quand l'altérité surgit ? Le théâtre nous donne toutes les libertés, c'est à nous d'aller au-delà des censures qu'on se met soi-même. Le théâtre peut tout accueillir. Invitée : Sarah M, autrice et metteuse en scène de Iqtibās, avec Hayet Darwich et Maxime Levèque. Un spectacle écrit en français mais aussi en darija, un dialecte marocain. Programmation musicale : L'artiste Camille Yembé avec le titre Je ne l'ai jamais dit à personne.

Plus de 400 ans après sa mort, Philippe Charlier et une équipe de chercheurs font parler l'ancien souverain Henri IV, assassiné en 1610. Des chercheurs de l'Hôpital Foch et de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et du Laboratoire de Phonétique et Phonologie sont parvenus à reconstituer les paramètres vocaux les plus réalistes du roi de France Henri IV (1553-1610) à partir de sa tête momifiée conservée au laboratoire LAAB (UVSQ). C'est pour le moment une seule syllabe, des phonèmes, des voyelles, mais ce n'est que le début du projet et c'est une véritable prouesse. Pourra-t-on faire parler Henri IV ? Tout commence à la Révolution française. En 1793, les Révolutionnaires veulent détruire tout ce qui rappelle la Royauté. Ils vont alors profaner les tombeaux royaux dont ceux de la Basilique de Saint-Denis où repose le corps du monarque Henri IV. Les dépouilles sont sorties, molestées puis jetées dans une fosse commune. Mais certains restes vont être conservés par des curieux où des personnes qui vont en faire commerce, tel que le médiéviste et conservateur de musée Alexandre le Noir qui vendra... trois têtes du monarque Henri IV dont une authentique. Après de nombreuses péripéties, celle-ci est retrouvée et authentifiée en 2010. Une tête bien préservée La tête est encore très bien préservée, avec de la peau, des cheveux et des poils. elle a été sectionnée à la base du cou. Les chercheurs se rendent comptent qu'il y a encore les cordes vocales et le larynx et ceux-ci sont très bien préservés, ce qui peut permettre scientifiquement de reconstituer une voix. Mais à l'époque, personne n'a l'idée de reconstituer sa voix... La présence du larynx et des cordes vocales en très bon état de conservation ont permis la reconstitution de ces premiers sons avec une voix aigue et un peu haut perchée. Écoutez. "La voix, c'est la personne" Grâce au travail de l'équipe pluridisciplinaire, des données qu'on dispose sur l'accent, le phrasé, le positionnement des dents, la façon de prononcer le français, le timbre de la voix et l'Intelligence Artificielle, on sera capable de reconstituer un texte. Il y aura également une enquête anatomique pour déterminer quel était son coffre respiratoire, le volume de ses poumons. «On n'est pas du tout dans un travail d'amateurisme, ni approximatif!» À l'horizon fin 2026 : les premières phrases de l'Édit de Nantes. Mais au-delà de cette découverte, il y a un véritable intérêt médical. En effet, il sera peut-être possible pour les patients qui doivent subir une ablation du larynx de savoir quelle sera leur voix après l'opération de cet organe symbolique. Invité : Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lagos avec Céline Desbos, spécialiste des questions liées à la francophonie en contexte plurilingue, et membre du collectif pour la valorisation du français pluriel : un groupement de chercheurs, enseignants, orateurs qui souhaitent rendre audible le français dans toute sa diversité, tel qu'il est parlé dans l'espace francophone. Elle nous présente le concours «Dicte-moi en français pluriel», un concours de dictée en français reflétant la diversité du français : le but, lutter contre les discriminations linguistiques. Programmation musicale : L'artiste Lysandre avec le titre le cowboy aux mains d'argent.

Dans son un nouveau roman « La fabrique du merveilleux », l'écrivain Nétonon Noël Ndjékéry dévoile un conte qui se veut universel autour du pouvoir, du rêve et des liens invisibles entre les vivants. Sachez que les larmes peuvent faire naître des rivières de pierres précieuses, que les serpents volent, que panthères et antilopes peuvent faire preuve de tendresse, que l'araignée tisse nos destins et que la forêt est dépositaire de mémoire... Dans son nouveau roman, l'auteur tchado-suisse invente un monde où tout est possible : toutes les métamorphoses, les calamités et les miracles, où le bien et le mal ne cessent de s'affronter, ou l'on croise des reines cruelles, des magiciennes et des griots. Ma mère avait l'habitude avant de nous conter des histoires à ma petite soeur et à moi, que le monde qui nous habite est beaucoup plus grand que le monde que nous habitons et que le monde que nous habitons est contenu dans le monde qui nous habite. L'auteur part du constat qu'on ne naît « pas vide » mais avec un héritage. Un conte animiste Ce roman aux allures de conte, se déroule dans le royaume de Lara, au Tchad, c'est le village du père de l'auteur, là où se situe sa lignée familiale. Dans ce village, vit la Reine Poudoudou, un nom qui signifie « là où il y a beaucoup de fleurs » pourtant le personnage est assez terrible avec « un regard de chauve-souris à jeun.... »: une figure tyrannique. Une sourde opposition commence à naître et planifie la sédition au sein de la forêt primordiale. L'auteur imagine alors un monde où tous les éléments du vivant pourraient vivre ensemble en harmonie avec une vision animiste. « L'humain est sans cesse une aventure à recommencer ». Invité : Nétonon Noël Ndjékéry est né en 1956, à Moundou au Tchad, et débute sa carrière d'auteur avec une première nouvelle publiée par Radio France Internationale. Depuis, il habite sur les rives du Léman, en Suisse. Il est l'auteur de six romans, dont Au petit bonheur la brousse et Il n'y a pas d'arc-en-ciel au Paradis (Prix Hors concours 2022, Grand prix littéraire d'Afrique noire 2022 et Prix Lettres frontière 2023), publiés chez Hélice Hélas Éditeur en 2019 et 2022. En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire National du Tchad pour l'ensemble de son œuvre. Il est traduit en anglais, en arabe et en serbe. Son dernier roman La fabrique du merveilleux est paru aux éditions Hélice Hélas. Programmation musicale : L'artiste Shan ‘L avec le titre Une histoire de mytho.

Cette année, les Nuits de la lecture investissent les zones rurales et s'invitent en régions. Comment faire vivre la lecture et la littérature hors des villes et des grandes agglomérations ? Quelles initiatives pour réduites les inégalités territoriales ? On a souvent opposé territoires urbains et territoires ruraux. Les campagnes ont pourtant été source d'inspirations pour de nombreuses auteurs, dont certains se revendiquent même « auteurs régionalistes ». Cette année, la dixième édition des Nuits de la lecture aura lieu du 21 au 26 janvier 2026 ; et le thème retenu cette année est « Villes et campagnes » avec comme parrain et marraine Laurent Gaudé et Marie-Hélène Lafon. Créées en 2017 par le Ministère de la Culture et le Centre National du Livre, les Nuits de la Lecture regroupent des milliers d'évènements en France et à l'étranger pour célébrer la littérature : perfomances, siestes littéraires. Invités : - Roman Naudin, directeur général de La Geste, une maison d'édition qui existe depuis 1972 et est située à La Crèche, un village de 5 000 habitants près de Niort (Deux-Sèvres). Ils publient environ 350 ouvrages par an avec une forte publication d'ouvrages régionaux, avec un fort tropisme pour l'ouest de la France. On peut retrouver leurs titres dans près de 3 000 points de vente. - Rachel Navarro, responsable de la médiathèque Alboussière-Champis et de tous les relais qui font partie de la médiathèque, Boffres, Gilhoc, Saint-Romain de Lerps, Saint Sylvestre situés en Ardèche, département très rural dans la Région Rhône-Alpes. Ces antennes sont ouvertes environ 4 heures par semaine et tenus par des bénévoles. On peut emprunter livres, CD et DVD avec un fonds qui compte environ 19.500 ouvrages. Ce réseau a été créé, il y a environ 30 ans, avec cette volonté de relais et créer du lien entre les villages. Des évènements sont également organisés : séances de contes, expos photos, rencontre avec auteurs locaux et même un prix littéraire organisé avec l'ensemble de la communauté de communes Rhône-Crussol. Toute la programmation Nuits de la lecture 2026 ici. - Juliette Rousseau, autrice, éditrice et traductrice. Son dernier ouvrage « Pequenaudes » est publié aux éditions Cambourakis. Elle y explore les liens entre corps et territoire et interroge la ruralité, les questions de classe et de genre, l'industrialisation, la relation au vivant. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité du lexicographe Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et des élèves de CM2 de l'école Vulpian du 13è arrondissement de Paris. Et, cette semaine encore, Lucie reste droit dans ses bottes pour vous faire découvrir la richesse de la langue française ! Programmation musicale : Le groupe Odezene avec l'artiste Yann Tiersen avec le titre Harmony.

Dans cette pièce co-écrite et co-interprétée par Florence Janas et Guillaume Vincent, les deux comédiens abordent le thème sensible de la perte à travers des dialogues réalistes entre parents et enfants. La pièce « Paradoxe » raconte légèrement des histoires graves : la solitude, les douleurs de l'enfance, le deuil. Un homme, une femme qui jouent tous les rôles, à tous les âges et ne cesse de brouiller les pistes entre la fiction et la réalité, l'imaginaire et le documentaire. On essaye de faire du théâtre de manière ludique assez joyeuse même sur des sujets assez graves Le point de départ de cette pièce est le retour de Guillaume Vincent à Uzès, dans le sud de la France, pour le décès de sa grand-mère. Il est alors confronté à la question de la « fin de vie ». Peu de temps après, c'est la mère de Florence Janas qui, victime d'un AVC, voit sa santé décliner. Malgré la gravité du sujet, on rit. Guillaume Vincent fait du théâtre depuis une vingtaine d'années avec des mises en scène de textes de Marivaux, Fassbinder ou Lagarce. Il ne se condidère pas comme un auteur de théâtre mais comme un « auteur de ses spectacles ». Le spectacle est écrit à partir de situations réelles, mais aussi avec un matériau documentaire. Les histoires sont racontées par l'un ou par l'autre, les rôles sont inversés tout cela avec une écriture très parlée. Invités : Guillaume Vincent, dramaturge et co-écrivain avec Florence Janas de Paradoxe, une pièce à voir au T2G jusqu'au 26 janvier 2026. Avec également un hommage à Valère Novarina auteur, dramaturge et poète né en 1942 et disparu le 16 janvier 2026. Il a écrit une cinquantaine de pièces et n'a eu de cesse d'inventer une langue et de brouiller les codes. Il disait « écrire ce qu'il ne pensait pas encore ». Programmation musicale : Les artistes Yan Wagner et Malik Djoudi avec le titre « Æthernité ».

Dans French Theory, l'historien des idées, François Cusset nous raconte l'histoire du courant philosophique de la French Theory, plus connu aux États-Unis qu'en France ! La French Theory désigne un ensemble de courants intellectuels français apparus surtout entre les années 1960 et 1980. Elle regroupe des penseurs comme Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Roland Barthes ou Jean Baudrillard. Ces auteurs ont remis en cause les notions traditionnelles de sujet, de vérité, de pouvoir et de sens. Leurs travaux croisent la philosophie, la linguistique, la psychanalyse, la sociologie et la critique littéraire. Un point central est l'idée que le langage et les discours structurent notre manière de penser le monde. Elle insiste sur les rapports de pouvoir cachés dans les savoirs et les institutions. Paradoxalement, elle a eu plus de succès aux États-Unis qu'en France. Elle a fortement influencé les études culturelles, le féminisme et les théories postcoloniales. Aujourd'hui encore, elle nourrit les débats sur l'identité, le pouvoir et la production du sens et est devenue l'une des bêtes noires du président Donald Trump mais aussi l'une des armes de résistance... Invité : François Cusset, historien des idées, professeur à l'Université de Paris-Ouest Nanterre, spécialiste de la civilisation américaine. Auteur de nombreux ouvrages. La bande dessinée «French Theory» est publiée chez Delcourt. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Djibouti où le lycée français célèbrera pour la deuxième année la Nuit de la lecture, le 24 janvier 2026. Une soirée lecture de textes anglophone et francophone organisée par des professeurs et les élèves sur le thème de la ville et de la campagne avec également l'auteur djiboutien Omar Youssouf Ali comme invité. Programmation musicale : L'artiste ICI MODESTA avec le titre Salamandre.

Dans son nouveau roman « Hors champ », l'autrice Marie-Hélène Lafon revient sur ses terres du Cantal pour raconter l'histoire d'une fratrie. Une ferme avec une cour verte et bleue. Une famille deux enfants : un frère et une sœur. Elle décide de partir, lui de rester. Le nouveau roman de Marie-Hélène Lafon se déroule dans la vallée de la Santoire, dans le Massif Central, un lieu enclavé et rude et traverse cinquante ans. Il s'agit d'un huis-clos avec deux personnages principaux : un frère et une soeur. Le roman explore le lien qui unit cette fratrie qui grandit avec un père violent. Et avec cette phrase, fil rouge du roman, que Claire, la soeur qui fuit cette vie, lance à son frère « si un jour tu veux arrêter tout ça …. Tu peux compter sur moi ». Invitée : Marie-Hélène Lafon, professeure agrégée et autrice française née à Aurillac dans le département du Cantal auquel son oeuvre est en grande partie consacrée. Le hasard de la naissance m'a fait la grâce de me placer là, à cet endroit là du monde, à la fois infime et crucial. Alors qu'elle a six ans et qu'elle apprend à lire, elle décide de devenir écrivain. Elle travaille à « voix haute » pour ajuster au mieux les mots. En 2020, elle a obtenu le Prix Renaudot pour son roman « Histoire du fils », une fresque familiale sur trois générations. Son dernier roman «Hors Champ» est publié aux éditions Buchet-Chastel. Programmation musicale : Les artistes Bernard Lavilliers et Gaëtan Roussel avec le titre «Lovés».

L'écrivaine québécoise Hélène Frédérick revient sur son métier (pas toujours mis en valeur) de correctrice dans son quatrième ouvrage, paru aux éditions Verticales. C'est tout le temps dans l'ombre qu'un correcteur met en lumière les textes d'un autre, même si ce n'est plus tout à fait le cas de l'autrice Hélène Frédérick qui sort petit à petit de l'ombre et prend de plus en plus la lumière, elle qui en est déjà à son quatrième ouvrage paru aux éditions Verticales. Avec Lézardes, la romancière québécoise prend une nouvelle direction dans sa carrière, puisqu'elle s'éloigne du monde du roman en décidant de raconter sa vie de correctrice à travers de nombreux petits chapitres axés autour d'un mot-clé. C'est un métier qu'on remarque seulement quand il est mal pratiqué. Pour l'écrivaine québécoise, le métier de correcteur fait partie de ce genre de professions que l'on ne remarque que quand ledit correcteur fait une faute. D'autant qu'être correcteur ne consiste pas seulement à corriger les fautes des journalistes et des auteurs mais également à vérifier les faits et les chiffres énoncés par ceux-ci. Il y a la correction des fautes mais il y a aussi la vérification des faits qui est très importante dans la tâche du correcteur. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille » avec la complicité du lexicographe Benjamin Rouxel des éditions Le Robert et des élèves de CM2 de l'école Vulpian du 13è arrondissement de Paris. Et, cette semaine encore, Lucie n'a pas pris des vessies pour des lanternes ! Invitée : Hélène Frédérick, écrivaine née au Québec mais vivant à Paris depuis 20 ans, autrice de quatre ouvrages dont trois romans, tous parus aux éditions Verticales. Son dernier livre Lézardes est d'ores et déjà disponible. Programmation musicale : L'artiste Erik Pédurand avec son titre « Cinéma ».

Le dramaturge Victor de Oliveira présente sa nouvelle pièce Kumina. Une pièce intimiste qui aborde, en plusieurs langues, les sujets de l'exil et des migrations à travers des textes de grands auteurs internationaux et qui se joue du 13 au 17 janvier 2026 au Théâtre des Quartiers d'Ivry. Avec Kumina, une pièce de théâtre écrite et interprétee par lui-même, qui se joue du 13 au 17 janvier 2026 au Théâtre des Quartiers d'Ivry, Victor de Oliveira, exilé du Mozambique, son pays de naissance, à un jeune âge, s'attèle à un sujet sensible : celui de la brutalité des migrations. « Kumina », c'est le nom d'un rituel funéraire effectué à l'origine par les esclaves mais qui existe encore aujourd'hui dans les Caraïbes, notamment en Jamaïque et en Barbade, et qui a cette particularité de pouvoir aussi se faire lors des mariages et des naissances. Dans sa pièce, il exprime également l'ambivalence entre l'adulte qui aujourd'hui s'exprime sur un sujet que l'enfant ne pouvait pas vraiment comprendre à l'époque. C'est l'adulte qui essaie de comprendre ce que l'enfant a pu sentir. Pour ce faire, il se sert de textes de grands auteurs internationaux comme ceux du Barbadien Kamau Brathwaite, de l'Italien Dante ou encore des Portugais Fernando Pessoa et Luis de Camões. Invité : Victor de Oliveira est un acteur, metteur en scène et professeur de théâtre, né au Mozambique. Il a fait ses premières classes de théâtre à Lisbonne, avant de rejoindre le prestigieux Conservatoire Supérieur National d'Art Dramatique de Paris. Polyglotte, il a foulé les plus grandes scènes d'Europe, notamment au Portugal, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg et en Angleterre, même si son terrain de jeu privilégié reste la France. Programmation musicale : L'artiste Simone Ringer avec son titre « Il est vilaine ».