De vive(s) voix

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission

RFI


    • Jun 11, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 28m AVG DURATION
    • 631 EPISODES


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    Coupe du Monde : quand les intellos aiment le foot!

    Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 29:00


    Dans Pourquoi le football publié en 2021, le philosophe Stéphane Floccari noue la pratique sportive du foot et la philosophie... et convoque Michel Platini et Vladimir Jankélévitch, Pelé et Pasolini, Cantona et Cioran. Le peu de morale que je sais, je l'ai appris sur les scènes de théâtre et dans les stades de football, disait le philosophe Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1959. Depuis, le football a changé de visage, des centaines de milliards se sont déversés sur les terrains, avec des débordements en tout genre mais le foot reste une passion puissante à l'échelle planétaire, avec des fans venus de tous les horizons... Et les intellectuels ont aussi leur mot à dire sur le sport ! Rabelais ou Ronsard, écrivains et poètes de la Renaissance jouaient déjà à un jeu qui ne s'appelait pas encore football, à une période où la Coupe du monde n'existait pas... Avec les sons d'archives de :  - Jacques Derrida, grand philosophe, penseur de la déconstruction. Il confie sa passion pour le foot, une passion née pendant la guerre alors qu'il vivait jeune homme en Algérie  - Denis Podalydès, de la Comédie française. Il raconte à l'occasion de la victoire de la France en 1998 que sa journée commence par la lecture du journal l'Équipe - Daniel Picouly, écrivain qui parle du « vrai football ».  Avec également le reportage de Jérémie Lanche, à Genève, en Suisse.  Invité : Stéphane Floccari est agrégé et docteur en philosophie, professeur au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés, et à l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), à Paris, chargé d'enseignement à la Sorbonne, Stéphane Floccari est, depuis l'enfance, un passionné de football, qu'il a pratiqué dans l'équipe de France des écrivains sportifs. Il est l'auteur de Pourquoi le football ? aux éditions des Belles Lettres en 2021. Il a également publié plus récemment, Le Sport émoi aux éditions Amphora.   Le calendrier de la Coupe du Monde.    Programmation musicale : L'artiste Lescop avec le titre Comète. 

    Que nous racontent les notes vocales?

    Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 28:59


    Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu'elle se parle aujourd'hui ? Et d'archiver nos manières de parler ? Pourquoi s'écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s'envoyer un message rapide et efficace… ?  Tel était le dilemme entre le SMS et l'appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d'étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s'y est mis. Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole « Ce qui nous intéresse, c'est que c'est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n'y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d'écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu'à maintenant, l'étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ».  « Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! » « Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocaux Ce qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n'est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu'on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions.  Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s'arrêter plus facilement qu'une communication par téléphone classique.  Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française.  Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici.   Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Tirer les vers du nez » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !  Programmation musicale : L'artiste franco-guinéenne Annie Lalalove avec le titre Let it be blue. 

    Être trans : en rire avec Lou Trotignon et en parler avec Sam Bourcier

    Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 29:00


    Avec son seul en scène « Mérou », qui se joue actuellement à la Scala de Paris, l'humoriste Lou Trotignon devient l'un des premiers comédiens français à consacrer un spectacle entier à la transidentité, via son expérience personnelle. En plus de cette représentation fraîche et intimiste, une collection d'archives sélectionnée en collaboration avec le Centre d'archives, des mémoires et des cultures LGBTQI+ est également visible sur place. « Les minorités, et pas simplement les LGBTQIA+, ont cette capacité à prendre soin des archives de manière différente, de manière plus collective et de manière communautaire », explique le spécialiste des transféminismes Sam Bourcier, quant à la nécessité de l'existence en France d'un centre d'archives LGBTQIA+. Objets, documents et même des archives orales sont récoltées par le Centre d'archives LGBTQI+, logé pour le moment à Césure (dans le 5è arrondissement de Paris), pour lequel Sam Bourcier œuvre à la programmation. Contrairement à d'autres archives plus conventionnelles, n'importe qui peut alimenter et consulter ces archives, pour la simple et bonne raison que « chaque archive compte », d'après Bourcier, pour qui la France est encore en retard sur la conservation d'archives LGBTQIA+. C'est l'une des raisons pour laquelle l'humoriste Lou Trotignon a décidé de collaborer avec le Centre d'Archives LGBTQI+ de Paris et de les mettre à l'honneur autour de son stand-up sur la transidentité. « Le stand-up, l'humour, c'est juste raconter son histoire et il s'avère que mon histoire, c'est que je suis trans », précise le comédien. J'ai créé ce spectacle pour que des gens comme moi ne se sentent pas seuls. Je parle de transition mais les autres peuvent également se sentir concernés. Trouver son chemin dans  ce monde peut être difficile.  — Lou Trotignon Trotignon a d'ailleurs choisi de nommer son spectacle « Mérou » en référence à la nature hermaphrodite du mérou, un poisson au sexe indéterminé pendant les premières années de sa vie. « Être trans, pour moi, c'est l'identité du doute, si on doute, c'est qu'on avance », ajoute-t-il. Invités : Lou Trotignon, comédien et humoriste. Son spectacle « Mérou » se joue actuellement à la Scala de Paris, du 9 au 19 juin 2026. Sam Bourcier, sociologue, figure de l'activisme queer, spécialiste des subcultures sexuelles, des féminismes et des transféminismes, collecteur d'archives orales, responsable de la programmation du Centre d'archives LGBTQI+ de Paris et professeur des universités. Programmation musicale : Alma Rechtman et son titre Corps tambour.

    Comment démasculiniser la langue française?

    Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 28:59


    Dans Et si on arrêtait de penser au masculin ?, publié aux éditions Le Robert, le psycholinguiste Pascal Gygax démonte les mécanismes de la masculinisation de la langue et montre en quoi ils influencent en profondeur notre vision de la société. Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père meurt, mais le fils survit et est amené aux urgences. Arrivé à l'hôpital, le chirurgien de garde dit : « Je ne peux pas opérer car c'est mon fils ! » Comment cette situation est possible ?  C'est par cette devinette, qui s'avère être une question assez structurante, que commence l'essai co-écrit par Pascal Gygax ! La réponse est la « mère » mais beaucoup de gens testés ont eu beaucoup de peine à trouver la solution, comme si notre cerveau ne pouvait le capter immédiatement ! « Il y a un stéréotype ! On n'est pas habitué à l'association « chirurgien/femme ». En langue française, on a un autre problème : on utilise le masculin pour parler de personnes qui ne sont pas homme (médecin, professeur....) ». C'est ce qu'on appelle le masculin générique...   Pour le chercheur, le cerveau a du mal à envisager spontanément le féminin lorsqu'il doit souvent lever une ambiguïté entre un féminin et un masculin. « Mais notre cerveau n'aime pas laisser des cases vides : lorsqu'il doit trancher, il va plutôt se tourner vers le masculin. C'est une forme d'androcentrisme. Nous voyons le monde à travers un prisme plutôt masculin, parce que nous y avons été exposés depuis tout petits. » Mais, comment on est ont arrivé là ?  Tout d'abord, il y a eu des vagues de « masculinisation de la langue » notamment à partir du XVIIè siècle : des mots comme « autrice » ont disparu. « Une manière de dire aux femmes que les métiers tels que docteur, philosophe, sont réservés aux hommes ! C'est très assumé. »  Comment faire un langage plus inclusif ? Pascal Gygax nous apprend que les premières théories sur l'écriture inclusives apparaissent dans le livre de  Nancy Hardesty Inclusive Language in the Church. Dans cet ouvrage, l'autrice proposait d'utiliser des termes épicènes « enfant de Dieu » plutôt que « fils de Dieu ».  « Il ne faut pas confondre écriture inclusive et point médian qui est juste une des formes possibles de l'écriture inclusive », précise Pascal Gygax. D'autres stratégies existent : changer la fonction grammaticale, utiliser le pluriel ou encore recourir à la forme passive.  On peut aussi employer des doublets : « Françaises, Français », « les femmes et les hommes ». Mais est-ce que cela peut fonctionner ? « C'est surtout une question d'habitude. Certaines formes, comme les néologismes, mettront sans doute plus de temps à entrer dans les mœurs ». Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Israël Tshipamba, directeur du festival Ça se passe à Kin.  Invité : Pascal Gygax, psycholinguiste, directeur de recherches à l'université de Fribourg en Suisse. Co-auteur avec de Et si on arrêtait de penser au masculin ? publié aux éditions Le Robert. Programmation musicale :  Les artistes Sébastien Tellier & Juliette Armanet avec le titre « Attraction ».

    Juger le patriarcat : le grand procès-théâtre imaginé par Chirinne Ardakani

    Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 28:59


    Dans Holopherne doit mourir, l'avocate Chirinne Ardakani met en scène le procès fictif du Patricarcat.  Un procès pour féminicide, un procès de masse historique au nom de toutes les femmes et pour toutes les victimes pour juger du patriarcat qui gouverne nos sociétés depuis des décennies voire des siècles. Une œuvre pensée pour créer du débat.  "J'ai imaginé ce procès du patriarcat car c'est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes"  explique Chirinne Ardakani. Mêlant droit, théâtre et histoire de l'art, le Théâtre de la Concorde propose avec ce spectacle de rendre justice aux vies. Dans cette audience hors norme, des figures multiples– anonymes, historiques ou symboliques – sont appelées à comparaître. Toutes sont suspectées d'avoir participé, à des degrés divers, à une organisation criminelle tentaculaire : le Patriarcat incarné par Holopherne. Holopherne est un personnage du livre de Judith, dans la Bible. C'est un général sanguinaire chargé de piller les cités puis des violer les femmes. Il va tomber amoureux de Judith, une veuve magnifique qui va le séduire, le faire boire, puis le tuer en le décapitant. Au cœur du procès, il y a Holopherne mais aussi un tableau célèbre, Judith décapitant Holopherne signé par l'artiste italienne Artemisia Gentileschi du début du 17eme siècle. Très tôt dans le spectacle, il y a un montage vidéo ou sont incriminés tous les puissants de ce monde et de tous les pays, de l'Afghanistan au Soudan : "De tout temps, les lois, les états estiment que e corps des femmes est un sujet de législation. Qu'on peut disposer comme on veut de leurs corps."  L'avocate rappelle que le Code civil a longtemps été très misogyne en France avec de grandes inégalités qui perdurent encore dans de nombreux pays. Dans la vraie vie, Chirinne Ardanaki est avocate pénaliste à la Défense : je défends des hommes accusés de crimes sexuels mais dans la vie de tous les jours, elle est engagée pour la défense des femmes "Je défends l'homme mais je combat le mâle, le théâtre est un moyen pour cela." Invitée : Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et en droit des étrangers, autrice et militante pour les droits humains. Elle est l'avocate du Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi.  Et le reportage de Fanny Imbert avec des spectateurs.  Programmation musicale :  L'artiste Yamé avec le titre Ne reviens pas. 

    «Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix»: Souhaib Ayoub raconte la guerre dans «Le loup de la famille»

    Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 29:00


    Dans Le loup de la famille, l'auteur libanais Souhaib Ayoub raconte la vie d'une famille traversée par la guerre.  Le loup de la famille raconte l'histoire d'une famille sur trois générations mais aussi la vie d'un immeuble dans un quartier pauvre de Tripoli, la deuxième ville du Liban au nord du pays.  Le roman n'est pas daté et c'est volontaire « il y a aussi beaucoup de guerres locales : à Tripoli par exemple, entre les Sunnites et les Alaouites, on a aussi la guerre civile et toutes les guerres personnelles de chaque famille ! » L'appartement familial a été bombardé et le narrateur, Hassan, un ado muet le raconte comme une légende, et pour cause, le narrateur n'était pas né ! La famille de cet immeuble est atypique : il y a Shamzé, la grand-mère, une femme bédouine qui a vécu de nombreux drames, Zied, le père amant de DolceVita, une femme transgenre.  Le roman est traversé de bout en bout par la guerre... « La guerre, cette fille de pute ! ». Souhaib Ayoub définit la guerre actuelle comme une guerre insupportable. « On est attaqués chaque jour par Israël ». Même en exil, il porte la douleur de la guerre et éprouve une forme de culpabilité à vivre loin de son pays. « Au Liban, on ne vit jamais de vraie paix, il y a juste des moments d'espoirs de paix. C'est un peuple qui vit en résistance tout le temps ! Chaque Libanais vit la guerre n'importe où, comme un acte de fuite. »  Invité : Souhaib Ayoub, écrivain, peintre et comédien, est né en 1989 à Tripoli, au Liban. Il réside à Paris depuis 2015. Il est à l'origine du projet « Ta'a naktob » (« Écrivons ensemble ») visant à promouvoir l'écriture créative auprès des jeunes.  Il est l'auteur de Rajul min sâtân (« Un homme de satin » sorti en 2019) et de « Le loup de la famille », aux éditions Actes Sud, son premier récit traduit en France.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « se faire du mouron » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !  Programmation musicale : Les artistes JeanJass & Chilly Gonzales avec le titre « IMAX ».

    Homère, l'Odyssée et nous : le regard de Christophe Ono-dit-Biot

    Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 28:59


    Dans son nouveau livre L'Odyssée par l'Odyssée, l'auteur Christophe Ono-dit-Biot a décidé de raconter l'Odyssée de.... l'Odyssée, une lecture subjective du (très) long poème d'Homère !  Comment raconter l'Odyssée ? Ce long voyage d'Ulysse son héros, à travers les mers, l'histoire de sa femme Penelope et de son fils Télémaque. Plus de 12 000 vers et des dizaines de personnages, dieux et mortels, que l'on attribue à un certain Homère sans savoir si celui-ci a vraiment existé… Comment raconter cette épopée qui hante l'imaginaire occidental depuis l'Antiquité et la rendre accessible ?  Avec son livre, Christophe Ono-dit-Biot raconte ce qu'est ce texte comme si c'était un roman, précise l'auteur, « je veux donner l'envie au lecteur de se précipiter sur le texte homérique, même s'il est difficile à lire aujourd'hui ».  Une lecture moderne de l'Odyssée en courts chapitres Il raconte à sa façon les mots d'Homère et s'arrête pour expliciter les aventures par courts chapitres.  Cet amour pour le texte d'Homère, l'auteur le tient tout d'abord de la série animée Ulysse 31 diffusée à la télévision dans les années 80, puis des cours de grec ancien qu'il a suivis durant sa scolarité « C'est un texte qui contient de nombreuses réponses à des questions qu'on s'est posées à toute époque sur les grands thèmes : la mort, l'amour, l'inconnu mais aussi le transhumanisme, l'intelligence artificielle. C'est pour cela que ce texte traverse les siècles »    Oralité et épopées : quand les aèdes racontaient l'Odyssée Le texte fait partie des retours ou nostoi en grec. Christophe Ono-dit-Biot insiste sur l'importance de l'oralité car à l'origine, le texte est dit par les fameux aèdes, un artiste qui chante des épopées en s'accompagnant d'un instrument de musique souvent une phorminx, une sorte de lyre « C'était un peu les stand-uppers de l'époque ! Ils devaient être enthousiastes au sens étymologique du terme : c'est-à-dire presque possédés par les dieux ! »     De «nostalgie» à «xénophobie» : ces mots du quotidien hérités de l'Odyssée  Tout au long de votre livre, l'auteur souligne l'actualité de l'Odyssée mais aussi l'importance du grec dans notre vocabulaire. « Protée » qui a donné protéiforme ou encore les rituels d'hospitalité qui ont donné naissance au « philoxenia » lors de l'épisode du cyclope et son contraire « xenophobie »... « Circé » qui a donné « cirque » ou encore le mot « nostalgie » hérité des « nostoi ». Invité : Christophe Ono-dit-Biot, journaliste, écrivain français et directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point.  Auteur de « L'Odyssée de l'Odyssée”. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère », aux éditions Grasset.    Programmation musicale :  Les artistes Areski Belkacem et Brigitte Fontaine avec le titre L'eternel retour.

    Simon Paré-Poupart nous raconte sa vie de vidangeur dans «Ordures!»

    Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 28:59


    Simon Paré-Poupart est éboueur - ou vidangeur comme on dit au Québec - depuis une vingtaine d'années dans la région de Montréal. Il publie Ordures! Journal d'un vidangeur chez Lux Éditions.  Simon Paré-Poupart est éboueur - ou plus précisément « Vidangeur » : car c'est le terme utilisé au Canada. Il nettoie la « marde » des autres. Depuis qu'il a commencé « sa » job, il a ramassé près de 70.000 tonnes de déchets.  Dans ce livre publié, véritable journal intime de son métier, Simon Paré-Poupart raconte les dessous de ce métier sans aucun pathos : la dure réalité de son métier : un métier physique, et peu valorisé socialement. Il se compare à un « Sisyphe de la société de consommation ».  Diplômé en sociologie, ce métier, il l'a choisi « Je trouve qu'il y a quelque chose d'enivrant à faire ce métier ».  Et on peut se poser la question : que racontent nos ordures ? Que disent-elles de nous qui jetons près de 2 milliards de tonnes de déchets par an dans le monde avec des matières de plus en plus difficiles à recycler ?  Simon Paré-Poupart se définit comme freegan. Il récupère les déchets de la société de consommation puis en vit afin de consommer le moins possible.  Éboueur par choix, par adhésion et en toute conscience, il raconte la fierté et la joie qu'il éprouve à exercer ce métier… ce qui va à rebours du premier sentiment que l'on peut avoir en voyant passer les camions poubelles !  Son livre n'est pas sans rappeler l'essai de Joseph Ponthus À la ligne publié en 2019. Disparu en 2021, cet auteur qui a travaillé à la chaîne dans les usines racontait les dessous de la vie dans les usines.  Ordures ! regorge d'expressions québécoises. « Job » est au féminin. On trouve aussi les mots « marde », le « helper », « le draveur » ou « le bucheux » ou encore des expressions telles que « Rester sur la run pour taler ».  Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kinshasa en République démocratique du Congo où Valentin Kuamba Kuka nous parlera du laboratoire MASAPO qui célèbre la diversité des récits et revitalise l'art du conte.  Invité : Simon Paré-Poupart, écrivain, sociologue et vidangeur.  Son ouvrage Ordures ! a remporté le Prix des libraires du Québec 2025 dans la catégorie essai. À retrouver chex Lux Éditions. Programmation musicale :  Le groupe Il Est Vilaine avec le titre Ketchup purée.

    «Feu de bois» un premier album pour la chanteuse Suzanne Belaubre

    Play Episode Listen Later May 28, 2026 29:00


    La chanteuse Suzanne Belaubre sort son premier album Feu de bois.   Elle voit la musique en couleurs… Chacune de ses chansons est associée à une teinte particulière. Suzanne Belaubre publie son premier vrai album après une mixtape. Ses chansons, très poétiques, abordent nos imperfections, nos fragilités, nos fêlures. Elle avait envie de faire un pas vers la lumière qu'on porte en soi.  L'artiste a la capacité d'associer la musique à des couleurs. À la fin du XIXè siècle, on appelait cela l'« audition colorée ». Aujourd'hui, ce phénomène neurologique porte un nom scientifique : la synesthésie. Et cela se ressent dans sa musique. « Quand je compose au piano, il y a la musique et les mots qui viennent ensemble ». Le disque est volontairement sans percussions, mais non sans rythme : Ce qui importe, c'est la mélodie et le jeu des silences.  Son album a été enregistré à Montréal, « J'avais découvert la scène francophone québécoise que je trouvais fantastique. Cela m'a beaucoup enrichie, notamment dans leur manière d'utiliser le langage. C'est très inspirant pour le chant et le déploiement de la voix. »  Les arbres, la nature, les oiseaux sont également des thèmes récurrents, presque obsessionnels dans Feu de bois. Suzanne Belaubre explique qu'elle a un rapport particulier aux arbres depuis son enfance. « Les arbres font partie des organismes les plus anciens de notre monde, on découvre énormément de choses sur leur fonctionnement. J'ai besoin de retrouver une mémoire ancestrale bienveillante, et c'est ce que peuvent m'apporter les vieux arbres ».  Invitée : Suzanne Belaubre, chanteuse, autrice, compositrice, pianiste, bassiste, beatmaker. Son premier album Feu de bois est composé de dix-huit titres enregistrés à Montréal.  Elle sera en concert le 3 juin 2026 à la Maroquinerie en première partie de Marie-Flore.     Programmation musicale :  - Cosmonaute - À mon rythme - Si je suis un arbre - C'est quoi la suite.

    Dans «Clément», l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste

    Play Episode Listen Later May 27, 2026 29:00


    Dans son romain Clément, l'auteur Romain Lemire brise le tabou de l'inceste que lui et ses frères ont subi durant son enfance.  Dans cette auto-fiction, Romain Lemire raconte son histoire même si vous avez changé les prénoms des protagonistes : un petit garçon qui vit une enfance heureuse avec ses deux frères et sa sœur au sein d'une famille bourgeoise, aimante, cultivée jusqu'à ce jour de juillet 1983 où son père qu'il admire tant, le réveille une nuit pour abuser de lui. Son père, un professeur de lettres brillant, un homme admiré, séduisant loin de l'image qu'on pourrait s'en faire.   Pour préparer le livre, il a fouillé dans vingt-cinq ans d'agendas, quinze ans de photos et relu toutes ses lettres.  Le roman évolue au fil des années du narrateur. La première partie du livre est écrite à la première personne : c'est un journal intime qui commence le jour de sa naissance, le 25 juin 1976, à la maternité de Port-Royal à Paris. On entend un bébé parler, commenter ce qui l'entoure avec humour. On le voit grandir, on partage ses joies, ses découvertes, ses étonnements et quand l'innommable se produit, quand il raconte avec l'innocence d'un garçon de 7 ans, ce que son père lui montre et lui demande... Puis c'est le récit de Clément devenu adulte à la première personne, ensuite à la troisième personne, avant un retour au retour au « je » et aux échanges épistolaires avec les membres de sa famille...  Avec ce roman, l'auteur entend témoigner et briser le tabou de l'inceste. Les chiffres sont terribles : en France, un enfant est victime d'inceste toutes les 3 minutes; un fléau qu'on retrouve à peu près dans les mêmes proportions partout dans le monde.   Invité : Romain Lemire, auteur, parolier et chanteur. Son roman Clément est paru aux éditions Le Cherche-Midi.  Clément a remporté le Prix Goncourt du Premier roman.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Faire amende honorable » avec Jean Pruvost, et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale :  L'artiste Camille Yembé avec le titre Rien à fêter. 

    «C'est si simple l'amour» de Charles Berling : un huis-clos sur les non-dits du couple

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 29:00


    L'acteur et metteur en scène Charles Berlin signe la mise en scène du texte « C'est si simple l'amour » dans un dyptique consacré à l'auteur Lars Norén. Un huis-clos à l'humour mordant et aux dialogues acérés.  Deux couples d'amis se retrouvent pour fêter la première d'un spectacle mais au fur et à mesure que l'alcool délie les langues, ils vont se déchirer, exposer leurs failles, leur jalousie, leurs trahisons et révéler leurs vrais visages au terme d'une soirée explosive : « Lars Noren voulait écrire ce qui surgissait, sans se censurer », nous précise Charles Berling. Un salon bourgeois comme théâtre de l'explosion intime La pièce se déroule dans un immense salon bourgeois, décoré avec goût : une partie du public est placée sur scène, les spectateurs sont donc assis à deux pas du cœur de l'action « Je voulais matérialiser sur scène le fait qu'on a de moins en moins d'intimité ». Les canapés sont recouverts de draps blancs. « Au début, tout est beau, tout est emballé puis tout se délite ! »  Une tragicomédie selon Norén et Berling La pièce oscille entre humour noir et règlements de comptes sans pitié. Les dialogues sont très crus, les insultes foudroyantes : « quand la tragicomédie existe, quand les gens rient et sont effrayés, je suis  totalement heureux ». Malgré cela, la pièce ne bascule jamais dans le pathos. « Ce qu'il faut c'est qu'on rentre dans la pièce et qu'elle nous bouleverse, on a fait un grand travail de texte ».  « Lost and found » et « C'est si simple l'amour » font partie du cycle des 14 pièces écrites par Norèn entre 1989 et 1995.  Invité : Charles Berling, né en 1958 à Saint-Mandé, est un acteur, metteur en scène et réalisateur français. Issu d'une famille de diplomates, il passe son enfance entre l'Asie et l'Afrique, puis se forme au théâtre en France. Révélé au cinéma dans les années 1990, il se fait connaître du grand public avec des films comme « Nelly et Mr Arnaud », « Ridicule » ou « L'ennui ». Il mène en parallèle une importante carrière au théâtre, comme comédien et metteur en scène, et devient aussi directeur de lieux culturels (notamment à Toulon/Châteauvallon). Engagé, il défend une vision exigeante et populaire de la culture, entre cinéma d'auteur, théâtre et projets audiovisuels. Il dirige le Théâtre Chateauvallon Liberté Scène à Toulon.  Lars Göran Ingemar Norén est un poète, metteur en scène, dramaturge et auteur suédois, né le 9 avril 1944, à Stockholm en Suède, et mort le 26 janvier 2021. Il est considéré comme l'une des grandes voix du théâtre européen contemporain. Souvent rapproché de Strindberg ou de Bergman, il explorait dans ses pièces, les zones sombres de l'intime : familles en crise, secrets, maladies, solitude, violence sociale, racisme, dérive des marginaux.  C'est si simple l'amour : À voir au Théâtre de l'Atelier jusqu'au 1er juillet 2026. Programmation musicale : L'artiste Pépite avec le titre L'amertume. 

    Roman: «L'école de la vie» quand une classe STMG explore l'écriture et les mots

    Play Episode Listen Later May 25, 2026 28:59


    Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu'on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L'École de la vie, aux éditions Albin Michel.  Ils s'appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ». L'École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité.  Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m'ont le plus appris ». Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d'autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s'éparpillent au beau milieu d'une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sort encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. » Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d'oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l'adolescence tels que l'homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d'eux comme on parlerait d'une brigade criminelle.  Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ». L'autrice publie aussi des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ».   Invitée : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire. Elle anime des ateliers d'écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Son roman L'École de la vie est paru aux éditions Albin Michel. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans. Programmation musicale : L'artiste montréalais Mathieu Des Longschamps avec le titre Le vert et le bleu.

    «Le procès d'une vie» : une pièce sur le combat de Gisèle Halimi pour le droit des femmes

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 29:00


    Dans le «procès d'une vie», Barbara Lamballais et Karina Testa reviennent sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972... Le spectacle vient d'être récompensé à trois reprises, lors de la dernière cérémonie des Molières.  Automne 1972 : au cours d'un procès retentissant, l'avocate Gisèle Halimi obtient la relaxe pour Marie-Claire Chevallier accusée d'avoir avorté, ce qui en ces années-là était interdit par la loi, mais aussi pour sa mère et la femme qui avait pratiqué de manière clandestine cette interruption de grossesse. Ce fut un tournant pour l'histoire des femmes et l'histoire du droit. C'est à partir de cet évènement que Barbara Lamballais et Karina Testa ont écrit Le procès d'une vie.  Un texte écrit à quatre mains dont l'écriture a été initiée en 2018 alors que Gisèle Halimi était encore en vie. Un spectacle très documenté sur les faits : elles ont fait appel à des professionnels de la justice pour bien comprendre tous les tenants et aboutissants de l'affaire.  En août 1971 : Marie-Claire Chevalier, jeune est âgée de 16 ans. Jeune fille isssue d'un milieu populaire, elle est violée par un élève de son lycée âgé de 18 ans. Elle se retrouve alors enceinte et elle demande à sa mère de l'aider à avorter : l'avortement est alors illégal et passible de cinq ans de prison.  De son côté, son violeur est arêté pour une affaire de vol de voiture ; il dénonce Marie‑Claire Chevalier pour avortement clandestin, espérant ainsi obtenir un traitement plus favorable de la justice. Elle est alors poursuivie ainsi que sa mère et les femmes qui l'ont aidée. L'avocate Gisèle Halimi décide de faire de ce procès un acte politique en dénonçant publiquement l'injustice de la loi anti-avortement et en montrant que ce sont surtout les femmes les plus modestes qui en souffrent. Ce procès devient un événement médiatique majeur et suscite un large mouvement de soutien : intellectuels, médecins, militants et une partie de l'opinion se mobilisent. Marie‑Claire est finalement relaxée, et les autres prévenues reçoivent des peines symboliques. L'affaire de Bobigny joue un rôle décisif dans l'évolution des mentalités et prépare le terrain à la loi Veil de 1975, qui dépénalise l'IVG en France. Le spectacle raconte donc un procès, mais aussi un pan de l'histoire de la société française....  Invitées : Barbara Lamballais, autrice et metteuse en scène de la pièce Le procès d'une vie Karina Testa, autrice et comédienne de Le procès d'une vie.    À voir au Théâtre du Splendid jusqu'en janvier 2027. Et cet été, à Avignon au Théâtre des Gémeaux du 4 au 25 juillet 2026.  Programmation musicale : L'artiste La Ciguë avec le titre la Ache des chiens. 

    Amaury Da Cunha nous raconte son rapport au téléphone et à la voix dans «Touche Fantôme»

    Play Episode Listen Later May 20, 2026 28:59


    Depuis un coup de fil qui a bouleversé sa vie en 2009, Amaury da Cunha entretient un lien ambigu avec son téléphone portable... En juillet 2009, Amaury Da Cunha apprend le suicide de son frère par un appel téléphonique glaçant.  Dans son roman Touche Fantôme, il retrace le rapport qu'il entretient avec son téléphone et son obsession pour les voix car, dit-il, c'est selon lui « la signature la plus intime de l'âme ».    Invité : Amaury Da Cunha, journaliste au Monde des Livres, photographe et écrivain né en 1976 à Paris. Son dernier roman Touche fantôme est publié aux éditions de l'Iconoclaste.  Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Arrête ton char(re) ! » et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Programmation musicale : l'artiste Aure avec le titre Orage. 

    80 ans de «Paroles», pourquoi tout le monde se reconnait dans la poésie anticonformiste de Prévert?

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 29:00


    La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s'articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans. Poète par défaut, dit-il, mais poète pour l'éternité !  En 2026, sont célébrés les 80 ans de la parution du recueil le plus célèbre de Jacques Prévert : Paroles.  Une poésie de la rue.... ...Oui, mais une poésie savante aussi ! insiste Daniele Gasiglia-Laster. Il écrit avec les mots de tous les jours, tout en réfléchissant sur le langage. C'est une poésie truffée de références culturelles. De ce fait, la poésie de Prévert, accessible à tous, fait de lui un poète d'une modernité extraordinaire selon Daniele Gasiglia-Laster.  Mais Prévert ne séduit pas seulement les adultes : sa poésie, souvent transgressive, conquiert aussi les enfants. Des poèmes comme Le Cancre sont adoptés par les instituteurs, qui en font circuler les textes dans les écoles.   René Bertelé, l'homme de Paroles En 1946, René Bertelé, éditeur, publie Paroles, un recueil qui va marquer l'histoire de la poésie française. Il y rassemble une sélection de 95 textes écrits par Jacques Prévert entre 1930 et 1944. Ces textes, d'une grande diversité, oscillent entre instantanés réalistes et envolées surréalistes, entre poèmes en rimes et en prose, le tout avec une ponctuation minimaliste. Certains textes tels que Déjeuner du matin capturent des scènes du quotidien, tandis que d'autres s'étirent en réflexions plus longues. Le succès est immédiat : Paroles devient un phénomène, touchant un public bien plus large que les cercles littéraires traditionnels.    Prévert et Kosma : de la poésie à la musique Les chanteurs et chanteuses des années 1950 et 1960, comme Juliette Gréco, Cora Vaucaire ou Yves Montand, contribuent à populariser encore davantage ses textes en les adaptant à la chanson. Gréco, par exemple, réinterprète à sa manière des poèmes initialement écrits pour Arletty, Je suis comme je suis transformant des textes tragiques en performances inoubliables. Parallèlement, sa collaboration avec le compositeur Joseph Kosma, un immigré hongrois, donne naissance à des chansons emblématiques comme À la belle étoile, renforçant encore son influence culturelle.  Invitées : Daniele Gasiglia-Laster, auteure et critique littéraire. Spécialiste de Jacques Prévert, elle a fait publier ses œuvres complètes dans la collection, Eugénie Bachelot-Prévert petite-fille de Jacques Prévert.    Jacques Prévert (1900–1977). Poète et scénariste français. Né à Neuilly-sur-Seine, il grandit à Paris et abandonne tôt ses études. Après son service militaire, il fréquente les surréalistes dans les années 1920 (notamment le groupe de la «rue du Château») sans s'y intégrer durablement.  Anticonformiste, anticlérical, anticolonialiste, antimilitariste, il se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste pour le cinéma (Quai des brumes, Les Enfants du paradis, Le Jour se lève). Son premier recueil de poèmes, Paroles (1946), devient un succès populaire. Il écrit aussi des chansons (Les Feuilles mortes), des pièces de théâtre et des textes pour des albums jeunesse. Il meurt à Omonville-la-Petite (Manche) en 1977.  Avec également un reportage au «Moulin à paroles», un atelier collaboratif avec des professionnels et des amateurs initié par Serge Hureau, le directeur du Hall de la chanson.    Programmation musicale :  Juliette Gréco avec le titre Je suis comme je suis et Fred Nevché avec le titre Tentative de descriptif d'un diner de têtes à Paris-France.

    Festival aux quatre coins du mot, Sonia Chiambretto : une littérature de la rencontre

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 28:59


    La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s'articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans.Egalement invitée, l'autrice Sonia CHIAMBRETTO, invitée d'honneur du festival.  Se glisser sous une yourte pour une demi-heure de lecture, participer à un atelier de chansons, assister à une pièce de théâtre sur les jurons, à une lecture dans un cloître ou à une conversation autour de l'œuvre : chaque année, au week-end de l'Ascension, la ville de La Charité-sur-Loire célèbre le mot sous toutes ses formes.  Un festival axé sur le partage et l'accueil  Créé en 2005 à La Charité-sur-Loire, le Festival du Mot s'est installé en 2014 au cœur du prieuré de la cathédrale du XIᵉ siècle, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. En 2019, il prend une nouvelle dimension et devient Le Festival Aux Quatre coins du mot, un événement résolument tourné vers « le partage, la bienveillance et l'accueil », comme le souligne Philippe Lemoine, son directeur.  Pour cette nouvelle édition, le festival célèbre les 80 ans de Paroles, le célèbre recueil de poésie en vers libres de Jacques Prévert, dont l'esprit libre et populaire continue d'inspirer. Sonia Chiambretto : des mots pour les oubliées  Sonia Chiambretto, poète et autrice invitée d'honneur du festival, explore à travers ses œuvres Peines mineures ou Supervision — publiées aux éditions de l'Arche — des récits marqués par l'histoire et la singularité des voix oubliées. "La poésie, c'est vraiment l'endroit de la recherche, il y a beaucoup de choses qui arrivent dans la langue, des petites révolutions, comme avec l'écriture inclusive. La langue porte quelque chose de très fort"    Peines mineures, texte de commande, plonge dans les archives des jeunes filles élevées au sein de la Congrégation religieuse fondée en 1835 et dont les méthodes d'éducation ont peu évolué. Mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo avec Inès Quaireau, cette œuvre allie dimension documentaire et écriture poétique, où Sonia Chiambretto travaille « au son, à l'oreille » et « organise les silences », s'appuyant sur des archives des années 1950 à 1970. Pour elle, « il n'y a pas de gens ordinaires, chaque personne a une singularité ».     Invités :    Sonia Chiambretto, poète et autrice, invitée d'honneur du festival. Ses textes, Peines mineures, et Supervision sont oubliés aux éditions de l'Arche et Philippe Lemoine, directeur de la Cité du Mot.    Avec également le reportage sur le groupe « Les fouteurs de joie », un collectif de cinq artistes, auteur, comédiens et interprètes de chansons qu'ils mettent en scène.  Programmation musicale : Les artistes « Les fouteurs de joie » avec le titre Tardivement. 

    «Des hommes endormis», une pièce sur les relations de couple mise en scène par Ludovic Lagarde

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 29:00


    Le metteur en scène Ludovic Lagarde met en scène le texte du dramaturge Martin Crimp Des hommes endormis. Une pièce à voir à l'Athénée jusqu'au 24 mai.  Amour, boulot, pouvoir, désir : deux couples tâtonnent, tentent de faire le point, pour se dire… ou ne pas se dire des choses, le temps d'une nuit, une nuit propice à la parole et à la divagation.  Le texte de Crimp est fait de conversations, un peu hachées, un peu fragmentaires, où l'exploration du thème de la violence n'est jamais loin. La pièce démarre à deux heures du matin : Paul, qui crée de la danse, et Julia, critique d'art contemporain. Ce couple de quinquagénaires sans enfants mais qui a réussi socialement s'interroge sur son avenir quand surviennent Joséphine – assistante de Julia – et Tilman, jeune couple, futurs parents, invités par Julia. Invités : Ludovic Lagarde, metteur en scène. Il a mis en scène de nombreux auteurs du répertoire – Shakespeare, Tchékhov, Brecht –, mais aussi des auteurs plus contemporains tels que Samuel Beckett, Harold Pinter, Sarah Kane ou encore Olivier Cadiot avec lequel il a beaucoup collaboré. Il met en scène Des hommes endormis.  Laurent Poitrenaux, comédien. Il travaille avec Ludovic Lagarde depuis près de 40 ans. Il joue le rôle de Paul dans la pièce.  Le texte Des hommes endormis a été écrit par Martin Crimp, un auteur britannnique contemporain né en 1956. Dans ses textes, il aborde, avec un humour grinçant, la question de la violence. Il est l'un des auteurs de théâtre vivants parmi les plus importants. La pièce Des hommes endormis a été créé en 2018 pour la troupe du Deutsche Schauspielhaus à Hambourg. Le texte a été traduit en français par Alice Zeniter, qui a consacré sa thèse à l'auteur britannique et publié aux éditions de l'Arche.  À voir au Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 24 mai.  Programmation musicale : L'artiste Ofé et son titre Je sais que tu m'aimes.

    Quels sont les nouveaux mots du Petit Robert 2027?

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 28:59


    La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026. D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique. « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert. Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l'oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris.   Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert. Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.

    «Musiques en héritages» de Ludmilla Dabo : comment la musique transmet-elle nos racines?

    Play Episode Listen Later May 12, 2026 29:00


    Ludmilla Dabo présente son nouveau spectacle Musiques en héritage, au Théâtre de la Tempête : une création au carrefour du récit et du concert où chacun raconte sa famille, en chansons. Sur scène, six artistes, comédiennes, musiciens, à l'invitation de Ludmilla Dabo pour parler de leurs musiques préférées ou, plus précisément, raconter les mélodies de l'enfance, les premières chansons entendues ou chantées. «Musiques en héritage» est le nouveau spectacle de Ludmilla Dabo qui a toujours mis la musique au cœur de ses projets depuis une quinzaine d'années. Reprise, featuring, remix… un spectacle collaboratif Parce que la musique est faite pour être partagée, Ludmilla Dabo s'associe à cinq autres artistes (Anthony Capelli, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand et Élise Vigier), qui l'accompagnent et se dévoilent au fil d'une soirée aux airs de veillée autour d'un feu de camp. Elle souligne d'ailleurs un travail mené « en toute collectivité ». En invoquant les sons qui ont bercé leur enfance, ils renouent avec leurs parents, entretiennent le souvenir des proches qui les ont quittés. En quelques révolutions du tourne-disque, le tour est joué ; on peut remonter le temps. Ludmilla Dabo évoque sa mère et ses tantes qui pouvaient danser sur du James Brown et retrouver leurs vingt ans. Pas de nostalgie pour autant : en reprenant les titres que d'autres leur ont fait découvrir, les six interprètes se les réapproprient. Un héritage à partager La musique, c'est le temps qui passe. Les mélodies, comme les années, se suivent sans se ressembler. Louis transmet un air traditionnel breton à ses collaborateurs, air qui lui vient de son grand-père, Kaloune choisit de mettre à l'honneur le maloya et chante en créole réunionnais. Ludmilla Dabo rappelle que le maloya fait aussi partie de notre patrimoine en tant que français, qu'il est la « mémoire d'un territoire » et qu'il fait partie de la musique qu'on reçoit en héritage. Selon la formule employée par Ludmilla Dabo, la musique trace « un chemin », jalonne un parcours individuel ; et souvent, ces chemins se rencontrent. Comme lorsque Gilles Normand, le guitariste, révèle au reste du groupe qu'il a été membre des Poppys quand il était petit garçon. En guise de réponse, la troupe entonne Non, non rien n'a changé, et le public aussi s'y met : la salle se lève, chante, danse, applaudit. La musique nous relie les uns aux autres. Un objectif que Ludmilla Dabo cite dans le programme du spectacle : nous permettre d'« être de concert ensemble ». De mère camerounaise, elle ne parle pas le bassa, mais elle peut le chanter. C'est justement avec un cantique en bassa qu'elle a appris des femmes de sa famille qu'elle commence chaque représentation. Pas de barrière de la langue : tout ce qui peut se dire en musique se passe de traduction. Diplômée du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris (CNSAD) en 2010, c'est autour d'elle que David Lescot crée son Portrait de Ludmilla en Nina Simone, un portrait musical où la comédienne revient sur la vie d'une icône du blues. Elle remporte dans ce rôle le prix du Syndicat de la Critique en tant que comédienne de l'année 2021. Elle monte son premier spectacle My Body is a Cage en septembre 2021. Elle écrit, met en scène et joue dans une proposition pour l'événement Vive le Sujet du Festival d'Avignon 2022. Elle est artiste associée à La Comédie de Caen – CDN de Normandie.   Invitée : Ludmilla Dabo,  comédienne, chanteuse et metteuse en scène française. Son spectacle « Musiques en héritages » est à voir au Théâtre de la Tempête jusqu'au 24 mai 2026. Programmation musicale : l'artiste Aya Nakamura avec le titre Sexy nana.  

    «Kò Mawon» : un roman d'anticipation de Michael Roch

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 29:00


    Après Tè Mawon et Les Choses immobiles, l'auteur Michael Roch publie «Kò Mawon» un roman d'anticipation et d'imagination.  Invité : Michael Roch, écrivain français né en 1987. Il vit actuellement en Martinique.  «Kò Mawon» est publié aux éditions La Volte.  Programmation musicale : L'artiste Vonfelt avec Leskop avec le titre La Nuit.   

    «Ici sont les dragons», Ariane Mnouchkine raconte la montée des totalitarismes

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 29:00


    Dans cette nouvelle création, «Ici sont les dragons», la metteuse en scène Ariane Mnouchkine, raconte en deux époques la montée des totalitarismes.  Dans la première partie, 1917 : la victoire était entre nos mains, la metteuse en scène et ses comédiens remontent le fil de l'Histoire jusqu'à la révolution russe de 1917.  La première époque met en scène Lénine, Trotski et Staline et dévoile la manière dont une révolution peut être confisquée à un peuple par quelques hommes, tandis que la deuxième période couvre les années 1918-1933 et la montée du nazisme jusqu'à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et se nomme «Choc et mensonges» : un titre emprunté à Goebbels, ministre de Propagande d'Hitler...  Une fresque historique en deux époques  L'histoire débute à la fin de l'année 1916: trois femmes de noir vêtues, portant une lanterne s'avance sur scène et nous disent... «et souviens-toi, tout commence toujours par une guerre...».  Mais il faut revenir à la toute première image projetée en fond de scène : une vidéo de Vladimir Poutine, face à laquelle le personnage de Cornélia le somme de se taire… Pour la metteuse en scène, l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 a été le déclencheur de cette nouvelle création «Ça a été un tel choc. Comment est-ce possible qu'aujourd'hui un pays en Europe puisse en envahir un autre ? Comment arrive-t-on de cette Révolution à Poutine avec cette inguérissable impérialisme ?»  "Tout ce que les personnages disent, ils l'ont soit dit, soit écrit"   Une force d'incarnation dans la mise en scène  L'une des surprises tient au traitement des voix : la plupart sont enregistrées, le spectateur n'entend donc pas la voix du comédien. On entend une voix, on voit un autre corps… Cela est lié à la présence de plusieurs langues étrangères dans le spectacle : «On a essayé de faire le spectacle en français, mais cela faisait bizarre de voir Lénine parler en français ! On perdait l'époque, l'étrangeté, l'historicité».  Tous les comédiens portent des masques ou des demi-masques qui les font ressembler aux personnages mais cela ne tient pas seulement à la passion qu'Ariane Mnouchkine voue aux masques «C'est un outil extraordinaire pour l'acteur. Pour qu'on croit que Lénine est en scène, il fallait le masque, autrement, ça aurait été un acteur qui essaye de ressembler à Lénine. Ici c'est l'incarnation qui rentre en scène et sorte de l'oubli».   Pour Ariane Mnouchkine, le spectacle est une alerte, il parle d'aujourd'hui. «Un spectacle peut et doit parfois être un tocsin. Pas un glas, mais un tocsin. Le tocsin réveille, le glas annonce la fin, la mort. Les dragons, ce sont des tocsins». Invitée :  Ariane Mnouchkine (née en 1939) est une metteuse en scène française majeure, fondatrice du Théâtre du Soleil en 1964. Sa troupe s'installe à la Cartoucherie de Vincennes en 1970. Elle a créé un théâtre collectif, engagé et populaire, mêlant travail d'ensemble, recherche esthétique (influences orientales, masque, clown, commedia dell'arte) et réflexion politique : créant des «théâtres-mondes».   Elle a signé des mises en scène marquantes de classiques (Molière, Shakespeare, Eschyle) et de créations contemporaines, et a aussi réalisé pour le cinéma, notamment « Molière » (1978).  Ici sont les dragons : à voir au Théâtre du Soleil jusqu'au 31 mai 2026.

    «Les chemins écarquillés», un roman apocalyptique d'Aurélien Blanchard

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 29:00


    Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur, publie Les chemins écarquillés, un premier roman aux accents post-apocalyptiques.  C'est une course poursuite, à toute allure, comme dans un film de genre : Les chemins écarquillés est le premier roman d'Aurélien Blanchard, connu jusque-là pour être éditeur et traducteur. Il raconte la cavale de Braque, un ex-taulard à peine sorti de prison et de Victor, la créature qui fuit pour finalement échapper au zoologue Ernest Choisuel qui en veut à la vie de la créature, et à monsieur Petit, un flic solitaire, à leurs trousses.  Invité : Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur. Il a été éditeur pendant près de vingt ans.  Les chemins écarquillés, publié chez Christian Bourgois, est son premier roman.  Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française que Lucie choisit de décrypter avec Jean Pruvost, lexicographe. Avec la complicité des élèves de l'école Arago.    Programmation musicale :  Les artistes Clovis et Lemofil avec le titre Un bleu si bleu.

    «Né sur des pissenlits» du dramaturge Jocelyn Danga, un premier roman sur l'immigration

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 29:00


    Pour ce premier roman, le dramaturge congolais Jocelyn Danga utilise le parler cru de Kinshasa pour nous raconter l'histoire de Muntu, un professeur de lycée désabusé qui va partir à Metz...  Il s'appelle Muntu. En langue bantoue, cela veut dire « homme » ou « humain ». Et le roman de Jocelyn Danga est fait de ses attentes, de ses désirs, de ses fantasmes, de ses colères et son amour pour Moro, la mère. Il partage le quotidien de millions de Congolais ou du moins de Kinois, qui ont fait de la débrouille un art : « Se débrouiller ou mourir, ce devrait être le slogan de Kinshasa ». Il va donc partir, en France, avec un plan foireux mais légalement après s'être fait virer de son poste d'enseignant après avoir abusé d'alcool.  La premère partie du roman se passe à Kinshasa. L'auteur raconte avec des mots assez durs, le quotidien de Kinshasa avec ses bruits, ses odeurs mais aussi avec sa géographie de la ville avec ses noms de rues, de boulevards et ses spécialités.  Il critique également le système scolaire miné par la corruption avec des élèves qui « ont un creux béant dans le crâne ». Jocelyn Danga explique « qu'on sacrifie la jeunesse, avec la corruption ».    Invité :   Jocelyn Danga, est un poète et dramaturge congolais de Kinshasa. En 2024, il a écrit une dizaine de pièces dont deux sont éditées Un oiseau à l'aube (éditions Passage(s) et Cette lettre que je t'écrirai peut-être jamais (éditions Nzoï).  En 2024, sa pièce « Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel » est lue dans le cadre du cycle « Ça va, ça va le monde ! » au Festival d'Avignon. Une pièce qui abordait déjà le thème de l'immigration.  Né sur des pissenlits, publié aux éditions Elyzad, est son premier roman. Il vit à Chambéry depuis plusieurs années.    À écouter aussiJocelyn Danga Motty (République démocratique du Congo): «Ne t'étonne pas si ma lettre sent le sel»   Programmation musicale : L'artiste Ray Lema avec le titre Partage. 

    Ismaël Jude fait voyager la France des romans et le végétal en nous

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 28:59


    L'auteur Ismael JUDE a deux actualités littéraires avec Une vie de Jasmin, un roman publié aux éditions Verticales mais aussi avec un atlas, En France : sur les pas de personnages de romans, publié chez Autrement. Connaissez-vous la France de Madame Bovary, celle de Lancelot du Lac ou encore celle d'Augustin Meaulnes ? Autant de héros qui ont arpenté villes et campagnes, donnant à certains paysages une aura, comme la Provence de Marcel Pagnol. De Desvres à Pointe-à-Pitre, avec une escale à Porto-Vecchio, ce voyage littéraire suit les traces de personnages qui ont façonné notre imaginaire, héros comme anti-héros. Un atlas pour du tourisme littéraireCet atlas offre une véritable occasion de faire du tourisme littéraire, de vivre, aimer et mourir avec les héros des romans. Une quarantaine de destinations sont proposées, on y trouve des itinéraires, mais aussi des cartes pour identifier les lieux de ces personnages. Tout commence avec Balzac qui, inspiré par Walter Scott, veut écrire l'histoire récente de la France en répartissant ses romans sur tout le territoire. Il commence par décrire la ville de Tours et ses alentours. On y croise aussi des portraits du Havre, de Toulon, de Marseille.Certaines villes ou régions sont devenues indissociables d'un auteur : Chateaubriand et Saint-Malo, la Provence et Pagnol. Quelques régions sont toutefois surreprésentées, comme la Normandie ou la Provence. Et certains écrivains se sont arrangés avec la réalité : certains auteurs se sont quelque peu arrangés avec la réalité: Trouville n'est plus le petit port de pêche paisible des romans de Flaubert. Cependant, l'émission y reste présente. D'autres territoires, comme le Pays basque ou le Béarn, sont au contraire moins bien représentés. Cet atlas met en avant une véritable dimension patrimoniale de la littérature : plein de références littéraires   Une vie de Jasmin, un roman éco-poétiqueIsmael Jude publie également un roman. C'est l'histoire assez extraordinaire, d'une jeune femme-fleur prénommée Jasmin, qui s'écrit étrangement avec des caractères arabes et dont les parents se sont rencontrés sous le signe des fleurs, avant de les détester Jasmin aime les fleurs et qui ne vit que par les odeurs. Elle a un lien très fort avec les fleurs puisque son corps se recouvre de fleurs ou de herbes diverses. Mieux encore : quand Jasmin marche pieds nus, sur ses traces poussent des fleurs. Elle pratique une sorte de “dermaculture” et se drogue au glyphosate…Un roman éco-poétique écrit entre La Ciotat et Grasse dans une langue rare et sensuelle qui permet de renouer avec le végétal qui est en nous.L'auteur a beaucoup joué avec les mots et le champ lexical des plantes   Invité :  Ismaël Jude, romancier et docteur en littérature. Auteur de En France : sur les pas de personnages de romans, publié chez Autrement. Il vient également de publier Une vie de jasmin, aux éditions Verticales. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Nouakchott, en Mauritanie, pour parler du concert autour de la chanteuse de jazz Leïla Olivesi qui s'est profondément inspirée de la littérature et des poèmes de la négritude (Aimé Césaire, Senghor, Glissant, David Diop) pour son album African Rhapsody avec également une rencontre littéraire, le 6 mai 2026. Cette rencontre poétique et musicale mettra en scène les voix des écrivains Mbarek Ould Beyrouk et Salihina Moussa Konaté à l'Institut français de Mauritanie.   Programmation musicale : L'artiste Aupinard avec le titre Le Thé   

    Comment se comptent les francophones?

    Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 29:00


    Il y aurait 396 millions de francophones selon le dernier rapport de l'Observatoire de la langue française qui compte les locuteurs du français pour le compte de l'OIF, l'Organisation Internationale de la Francophonie.  En quatre ans, on compte 48 millions de francophones de plus. Une progression spectaculaire, portée par une nouvelle manière de compter… et par le dynamisme du continent africain.  Des chiffres en forte hausse Selon le dernier rapport, la planète compte désormais 396 millions de francophones. En seulement quatre ans, cela représente 48 millions de locuteurs supplémentaires. Avec ce nouveau comptage, la France passe du 5ᵉ au 4ᵉ rang mondial. Mais l'essentiel n'est plus là : la francophonie se joue de plus en plus en dehors de l'Europe.   Une nouvelle façon de compter les francophones Pour ce nouveau rapport, l'OIF a adopté une méthode de dénombrement plus proche de la réalité. Les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud sont désormais pris en compte. Si cela peut faire débat, cela reflète mieux la place du français dans les trajectoires éducatives selon Mohamed Embarki. Cette méthode est validée par le linguiste Comlan Fantognon, qui s'étonnait que ces élèves ne soient pas inclus dans les précédents classements. Elle s'inscrit dans la ligne de l'OIF, engagée de longue date pour la diversité linguistique. Une francophonie qui bascule vers le Sud Selon ce rapport, la francophonie change de visage. Dans les pays du Nord, la progression est faible, elle reste limitée en Afrique du Nord, tandis que sa croissance est très forte en Afrique subsaharienne : près de 60% des francophones vivent aujourd'hui en Afrique ! La République démocratique du Congo devient le premier pays francophone du monde, avec environ 66 millions de francophones. L'espace africain redéfinit désormais le centre de gravité de la francophonie. Ce basculement semble lié à une scolarisation en net progrès depuis une vingtaine d'années. Langues locales et langue française : un équilibre à trouver Dans plusieurs pays, le français n'est plus toujours la seule langue officielle. Pour Comlan Fantognon, l'enjeu n'est pas d'opposer le français aux langues locales, mais de trouver un équilibre. En Afrique, le français n'est pas une langue rejetée. Au contraire, il est demeure un atout déterminant pour l'employabilité et perçu comme utile et porteur d'opportunités. « C'est une langue d'emploi et une preuve d'ascension sociale ». Mais beaucoup souhaitent que les langues locales aient davantage de place, notamment à l'école. Des études montrent même que dans les pays bilingues, où les langues locales sont réellement intégrées, le français se porte parfois mieux que là où elles sont tenues à l'écart. Plus les langues locales sont reconnues, plus le français évolue, s'adapte et se renforce....  À l'horizon 2070, les projections estiment entre 498 et 527 millions de francophones dans le monde. Invités :  - Mohamed Embarki, responsable de l'Observatoire de la langue française.  - Comlan Fantognon, enseignant chercheur à l'université de Grenoble en didactique des langues et des cultures. Avec également le reportage de Camille Simon à Bruxelles.   Programmation musicale : L'artiste Fally Ipupa avec le titre Ma Diva.

    De Lacrim à Marguerite Duras : Juliette Mita fait dialoguer rap et littérature!

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 29:00


    Dans son ouvrage, Juliette Mita crée un espace de rencontre entre rap et littérature et fait dialoguer rappeurs et auteurs pour montrer comment leurs univers se répondent et s'enrichissent mutuellement. Sur son compte Instagram Mots Croizés, la journaliste Juliette Mita, influenceuse-entremetteuse, forme des couples improbables en associant rappeurs et auteurs canoniques de la littérature : Shay et Sagan, Jul et Maupassant, Orelsan et Kafka, autant de duos délibérément iconoclastes qui suggèrent une certaine porosité entre les arts. À ceux qui ne jurent que par « Réda », trilogie de titres où le rappeur Lacrim déroule un sanglant récit de vengeance, elle conseille la lecture du Comte de Monte-Cristo. Trahison, incarcération, rétribution : les deux textes présentent en effet, dans les grandes lignes, des trames similaires. D'après Juliette Mita, cette démarche de comparaison vise davantage à sortir Dumas de la naphtaline qu'à légitimer Lacrim. Le rap est légitime selon ses propres codes, et c'est plutôt lui qui pourrait nous permettre d'appréhender des œuvres dont la langue a vieilli. Car le rap est bien « l'expression la plus évoluée de la littérature », dernier héritier d'une longue tradition d'écriture qui traverse aussi bien le roman du XIXè siècle que la chanson à texte de Léonard Cohen et Léo Ferré… La littérature est, à l'origine, orale, et le rap, slamé, scandé, déclamé, nous le rappelle l'autrice.  Un dialogue plus qu'une filiation Pour autant, les rappeurs ne sont pas les disciples des écrivains et n'ont aucun devoir de s'intéresser à la littérature. Juliette Mita ne parle ni d'inspiration ni d'intertextualité : nul besoin de prétendre que Dinos a lu Duras pour rapprocher Les pleurs du mal de La douleur. Invitée : Juliette Mita est journaliste et fondatrice de @MotsCroizés.  Son ouvrage Rap : littérature 2.0 est publié aux éditions Leduc.    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Être fleur bleue » une expression poétique. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  Les artistes : Zuukou Mayzie et Oxmo Puccino avec le titre Dune 2. 

    Jean Bellorini met en scène «L'ordre du jour» d'Éric Vuillard

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 29:00


    Le metteur en scène Jean Bellorini met en scène le roman du lauréat du Prix Goncourt 2018 « L'ordre du jour » d'Éric Vuillard.  Dans les moindres détails, Éric Vuillard raconte dans son récit L'ordre du jour le rendez-vous entre Hitler et les industriels allemands, le 20 février 1933, mais aussi le diner entre Chamberlain alors Premier ministre britannique et Ribbentrop, ambassadeur d'Allemagne en Angleterre ou encore les préparatifs à l'invasion de l'Autriche par l'Allemagne en mars 1938… Ce roman couronné par le Prix Goncourt en 2017 est aujourd'hui adapté par Jean Bellorini à la Comédie française. Du roman à la scène Ce n'est pas la première fois que Jean Bellorini adapte un roman au théâtre, puisqu'il avait déjà mis en scène Les frères Karamazov de Dostoïevski, À la recherche du temps perdu de Proust ou encore les Misérables de Hugo. « C'est ce qu'il y a de plus théâtral selon moi, le théâtre récit. C'est très important de se retrouver autour d'une oeuvre ».  Rendre hommage au théâtre  Pour incarner les vingt-quatre pardessus noirs inquiétants, ces industriels allemands qui pénètrent dans la résidence officielle du président, Jean Bellorini fait appel à quatre comédiens de la Comédie-Française, affublés de masques rappelant ceux des carnavals du nord de la France. À leurs pieds, vingt-quatre paires de chaussures noires, savamment disposées en carré, complètent ce tableau.  Derrière les masques, les figures de pouvoir paraissent d'autant plus fortes… et d'autant plus inquiétantes. Quant au dîner entre Chamberlain et Ribbentrop, il se métamorphose en cabaret clownesque. Ce dispositif confère aux personnages une dimension grotesque et distanciée, en forme de clin d'œil à Brecht. Il s'agit de « rendre plus intelligent par l'émotion et le rire ». Invité : Jean Bellorini. Né le 18 juin 1981 à Paris, Jean Bellorini est un metteur en scène de théâtre français. Ses mises en scène ont été récompensées par plusieurs prix, notamment le Molière du metteur en scène d'un spectacle du théâtre public en 2014. Il est nommé directeur du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en novembre 2013. Il dirige ensuite le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne à partir de 2020. Il dirigera le Théâtre de Carouge en Suisse dès janvier 2027.   Il a mis en scène de nombreux auteurs, classiques comme contemporains : Tchekhov, Victor Hugo, Shakespeare, Novarina.  Programmation musicale : L'artiste le Rat Luciano avec le titre Au nom de...

    Le braille, 200 ans d'accès à la lecture pour les déficients visuels

    Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 29:00


    Durant tout le mois d'avril, le Centre de Transcription et d'Édition en Braille propose aux déficients visuels de faire imprimer le livre de leur choix transcrit en braille.  Voilà deux cents ans, Louis Braille, un jeune Français devenu aveugle invente un alphabet qui va permettre à des millions de déficients visuels d'accéder à la lecture...  Le braille, un alphabet, un code inventé par Louis Braille Louis Braille (1809-1852) est un inventeur français, devenu aveugle à l'âge de trois ans à la suite d'un accident dans l'atelier de son père. Malgré son handicap, il poursuit une scolarité brillante et intègre l'Institution royale des jeunes aveugles. En 1825, âgé de quinze ans, il développe un système d'écriture tactile à points saillants : le braille. Inspiré par une méthode de communication nocturne conçue par Nicolas-Charles-Marie Barbier de La Serre pour l'armée, il simplifie et adapte ce principe pour créer un alphabet composé de points en relief, permettant aux aveugles de lire et d'écrire de manière autonome. Son système, basé sur six points organisés en cellules, offre une accessibilité aux textes, à la musique et même aux mathématiques ce que ne permettait pas l'alphabet inventé par Barbier de la Serre. Il faudra près de 25 ans pour que ce système soit adopté en France !  Le braille n'est donc pas une langue, mais un code. À chaque caractère d'imprimerie, correspond un code. On doit donc d'abord apprendre sa langue maternelle avant de pouvoir lire en braille nous explique Denis Guérin du CTEB. Aujourd'hui utilisé dans le monde entier, ce code est un système universel qui varie selon les langues. Il a transformé la vie des personnes malvoyantes en leur donnant accès à l'éducation et à la culture.   Favoriser l'édition de livres en braille Manque de professeurs, manque de manuels : aujourd'hui seulement 15% de déficients visuels lisent le braille. C'est la raison pour laquelle, durant tout le mois d'avril, le CTEB à Toulouse propose aux déficients visuels d'éditer le livre de leur choix. C'est la première initiative de ce genre. Cela coûte très cher d'éditer un livre. Seulement 4% des livres sont adaptés en braille aujourd'hui, nous précise Denis Guérin.  Le braille est aussi très utilisé au Cameroun depuis les années 1960 : Coco Bertin qui dirige le CJARC à Yaoundé. Ce centre propose une formation à la lecture et à l'écriture en braille, mais aussi la production de livres en braille : Nous sommes de plus en plus sollicités partout en Afrique pour former à la lecture et à l'écriture en braille. Il y a énormément de sensibilisation et de plus en plus d'écoles inclusives.  Le braille sera peut-être inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO d'ici la fin 2026.   Invités :  - Denis Guerin, chargé de communication du CTEB (Centre de Transcription et d'Edition en Braille) basé à Toulouse. C'est le seul centre de transcription français des livres en braille en France.  - Coco Bertin, expert en développement inclusif et directeur général du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC). C'est une ONG qui s'occupe de la formation et de l'insertion sociale des personnes déficientes visuelles.     Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire pour parler du SILA le Salon Internationale du Livre Africain qui réunit une vingtaine de pays et qui met à l'honneur cette année, le Liban.   Programmation musicale : L'artiste Von Felt, avec le titre Tais-toi ! un titre en français.

    1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 29:00


    Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

    Splendeurs et misères des librairies indépendantes

    Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 29:00


    C'est le moment ou jamais de pousser la porte et d'aller chez votre libraire… Deux dates importantes : 23 avril, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, et samedi 25 avril, la Fête de la librairie indépendante, initiée voilà presque 30 ans par Marie-Rose Guarnieri. Invitées :  Marie-Rose Guarnieri, libraire française, dirige la Librairie des Abbesses à Paris, créatrice du Prix Wepler et de la Fête de la librairie indépendante Audrey Neveu, gérante de la librairie Les 2 GeorgeS à Bondy et à Bobigny, en région parisienne. 420 millions de livres sont vendus chaque année, près d'un livre sur deux est acheté en librairie indépendante  À l'origine de la Fête de la librairie indépendante, la Sant Jordi, une fête catalane. Initiée il y a près de trente ans par Marie‑Rose Guarnieri, libraire à Montmartre, cette journée s'enracine dans une histoire de résistance. Sous le franquisme, le 23 avril était la seule journée durant laquelle écrivains, intellectuels et opposants au régime pouvaient manifester dans les rues, livres et roses à la main, pour réclamer le retour à la démocratie et la liberté de publication. En France, la Sant Jordi coïncide avec la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur. Elle rappelle le rôle fondamental des libraires : ceux qui choisissent les livres, rémunèrent les auteurs, défendent la pluralité des voix et rendent visible une profession essentielle à la vie démocratique. Aujourd'hui, sur les 3 000 librairies indépendantes en France, plus de 700 participent à cette fête en France, en Belgique et en Suisse francophones, offrant à chaque lecteur un livre et une rose. Et plus de 80 pays participent à cette journée. Libraires indépendants : un métier fragile Marie‑Rose Guarnieri et Audrey Neveu dressent un portrait sensible du métier de libraire aujourd'hui. Qu'il s'exerce à Paris ou en province, ce métier est marqué par une grande fragilité économique, mais porté par une conviction forte. Conseillers, médiateurs, découvreurs de lecteurs, ils travaillent au quotidien à élargir l'accès au livre, notamment auprès des jeunes, et à maintenir des fonds exigeants, loin des seules logiques commerciales. Édition et liberté de publication Le secteur de l'édition a connu de gros bouleversements ces derniers temps avec le rachat du groupe Hachette par Vincent Bolloré, soit une cinquantaine de maisons d'édition, et le départ de la maison Grasset de plus de 200 auteurs qui a fait suite au licenciement de son directeur historique, Olivier  Nora. Pour Marie-Rose Guarnieri, « il s'est attaqué à la valeur de ce mystérieux lien qu'il y a entre un auteur, un éditeur et de la sécurité que doit être une maison d'édition, et surtout la liberté de publication et d'idées, la diversité littéraire qu'il doit y avoir dans une maison d'édition ». À lire aussiCrise dans l'édition française : le président Macron veut défendre le «pluralisme éditorial» Et l'expression du jour dans La puce à l'oreille, une chronique de Lucie Bouteloup : « montrer patte blanche ». Explication de Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions du Robert.  Musique : « Ce que tu veux » de Creol et Eboloko, un duo 100% gabonais !

    «Force Bleus»: le théâtre face aux violences policières

    Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 29:00


    Thomas Gourdy est fils, petit-fils, arrière-petit-fils de policiers de la préfecture de Paris. Il découvre tardivement que son père est mêlé au meurtre de Malik Oussekine. Dans Force Bleus, il questionne son histoire familiale pour questionner en profondeur l'institution policière. Invité : Thomas Gourdy, auteur et metteur en scène de Force Bleus, un spectacle joué au Théâtre de Belleville jusqu'au 30 avril 2026. Malik Oussekine, étudiant de 22 ans, est tué par la police dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, alors qu'il fuyait une manifestation contre la loi Devaquet, une loi voulant réformer l'université. Cet événement qui a profondément marqué l'enfance de Thomas Gourdy – il avait quatre ans – nourrit son spectacle Force Bleus. Fils et petit-fils de policiers, il met en lumière une généalogie familiale traversée par la police, tout en questionnant l'institution de l'intérieur : ses violences, ses silences, ses logiques de domination et ses effets destructeurs sur ceux qui la servent comme sur ceux qui la subissent. Force Bleus ne se contente pas de revenir sur l'affaire Oussekine. Le spectacle met en regard cette mort avec des violences policières plus récentes, notamment celle de Nahel Merzouk, et questionne la continuité des mécanismes de justification, de discours et de pouvoir. Parcours artistique de Thomas Gourdy Thomas Gourdy est auteur et metteur en scène au sein de la compagnie La bande passante depuis 2020. Il y dirige des collectes de récits et des ateliers d'écriture dans le cadre d'un cycle de création consacré aux récits intimes adolescents. Cette collaboration l'amène à s'engager pleinement dans la création de son premier spectacle Devenir (2022), dont il est le dramaturge et le coauteur. Par la suite, il explore le champ de la performance, posant les premières bases d'un travail de recherche personnel autour de la figure du policier, de l'héroïsation des récits de trois générations de policiers de son arrière-grand-père à son père, et se confronte à des archives judiciaires qu'il va consulter dans les sous-sols de la Préfecture de police de Paris, relatives à une affaire d'État dans laquelle son père était mis en cause.  La jonction apparaît alors évidente entre ce projet et la démarche documentaire de la compagnie, qui interroge les relations entre le public et le privé, le général et l'intime, les protocoles de collecte et d'écriture, ainsi que les manières de mettre en scène le réel, notamment par la performance. Il est alors décidé de produire et de diffuser ce projet au sein de La bande passante. Le spectacle prend le nom de Forces Bleus.

    Le romancier Alexandre Lenot, révélé par le Prix des 5 continents de la Francophonie 2026

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 29:00


    Chaque jour, chaque semaine, des dizaines de livres nouveaux sont publiés… L'actualité s'impose, chasse l'un pour mettre en avant un autre, mais soudain un livre plus ancien refait surface et revient à la Une. C'est le cas du second roman d'Alexandre Lenot, Cette vieille chanson qui brûle, qui vient de remporter le Prix des cinq continents de la francophonie. L'écrivain Alexandre Lenot vient nous présenter Cette vieille chanson qui brûle, roman couronné par le Prix des cinq continents de la francophonie. Une œuvre traversée par la mémoire, la colère et la nécessité de dire. Encore peu connu du grand public en France, ce prix international, décerné exclusivement par des écrivains et écrivaines issus de toute la francophonie, distingue avant tout une exigence stylistique. « J'ai conçu un objet très littéraire. D'être reconnu pour ça m'a fait immensément plaisir », confie l'auteur. Né aux États-Unis, d'une mère égyptienne, vivant aujourd'hui à Paris tout en s'échappant régulièrement dans le Cantal, Alexandre Lenot revendique un parcours profondément francophone et multiculturel. Une histoire de frères et de fantômes Cette vieille chanson qui brûle est l'histoire de deux frères jumeaux, d'une mère absente, d'un père violent, et d'une forêt menacée par les appétits capitalistes et de l'enfance qu'il faut quitter, qu'il faut bien quitter un jour... L'un des frères est mort – on l'apprend dès les premières pages –, mais il faudra attendre la fin du roman pour comprendre comment et pourquoi. Entre-temps, le narrateur marche, revient vers la demeure paternelle nichée au cœur de la forêt, tandis que les souvenirs affluent : la peur, la colère, la douleur d'une enfance privée de mots. Le roman devient alors une enquête intime, où le narrateur revisite ses souvenirs un à un. Une forêt politique La forêt occupe une place majeure dans le roman. Loin d'un décor bucolique, elle est à la fois refuge, mémoire et enjeu contemporain. Cette forêt, précise l'auteur, est celle d'aujourd'hui : une forêt qui brûle, qui manque d'eau, qui est convoitée par des logiques productivistes et extractivistes. Le roman fait écho à la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué en 2014 lors du projet de barrage de Sivens. Alexandre Lenot reconnaît cette inspiration. Ce qui l'a bouleversé, dit-il, au-delà de la mort elle-même, c'est la violence du langage politique, capable de retourner la victime en coupable. Invité : Alexandre Lenot, romancier et scénariste, auteur de Cette vieille chanson qui brûle, publié aux éditions Denoël.  Et la Chronique Ailleurs avec Mahi Binebine, président de Festival du livre africain de Marrakech, le FLAM. La 4è édition se tiendra du 23 au 26 avril 2026 sous la présidence d'honneur de Jean-Marie Gustave Le Clézio. Musique : Lolo Zouaï & Disiz – « Coquelicot ».

    Anne Roumanoff nous vante l'expérience de la vie

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 28:59


    Dans son spectacle, la comédienne Anne Roumanoff dresse une galerie de portraits hauts en couleur, avec un objectif unique : raconter, grâce à ces personnages, « l'expérience de la vie ». Une bouchère dépassée par la vie, une adolescente « woke », un pilier de bar, une coach de vie et de couple, dans ce spectacle, grâce à ses personnages, Anne Roumanoff explore l'évolution du langage, la fragilité des relations amoureuses ou encore notre nouveau rapport au travail. Des caisses automatiques en supermarché aux livres de développement personnel, elle croque les travers de la société actuelle.    40 ans de carrière Cela fait 40 ans qu'Anne Roumanoff monte sur les planches pour nous faire rire. Elle constate qu'en quatre décennies, « tout a changé ». Avec ses sketches, elle a à cœur de « tendre un miroir à la société ». « Je suis dans le constat, je n'ai pas la prétention de vouloir changer la société. » Au début de sa carrière, elle explique avoir « subi des remarques sexistes », des remarques qui, selon elle, « ne pourraient plus exister aujourd'hui ». Fabriquer le rire Pour Anne Roumanoff, l'écriture de l'humour se fait en plusieurs phases. Tout d'abord, elle note un maximum d'idées, puis elle resserre son écriture... Elle teste alors ses nouveaux sketches devant un public, dans des petites salles et elle observe... pour voir quand ça réagit ! « On ne sait pas quand le rire va surgir ». Elle se permet de rire de tout mais sans attaque frontale. Pour elle, il y a toujours une partie improvisée, mais l'humour sur scène ne supporte pas l'imprécision et ses sketches sont alors très écrits.  Un humour bienveillant mais tranchant Anne Roumanoff commence par rire d'elle-même : « rire des autres, c'est d'abord savoir se moquer de soi-même ». Elle définit son humour comme bienveillant, « plein d'humanité mais tranchant ». Elle admet manier parfois la diplomatie, tout en gardant un regard lucide sur la société et ses dérives !  L'expérience de la vie : à voir au Théâtre des Mathurins et en tournée.  Invitée : Anne Roumanoff, née en 1965, est une humoriste, comédienne et autrice française. Formée au Cours Florent, elle se fait connaître à la fin des années 1980 avec l'émission télévisée « La Classe ». Elle enchaîne ensuite les one-woman-shows, apparaît régulièrement à la télévision et à la radio, et publie plusieurs livres et chroniques. Son humour porte notamment sur la vie quotidienne, la politique et les relations sociales, et elle est identifiée visuellement par sa robe rouge, souvent portée sur scène. Programmation musicale :  L'artiste Yoa avec le titre Moa.

    Le désamour des jeunes pour la lecture : «Faire lire, c'est un rôle-clé des enseignants»

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 29:00


    Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l'étude menée en 2024.  Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd'hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l'adolescence et une dégradation du niveau de lecture.    L'adolescence, une période charnière  86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l'adolescence. « C'est alarmant. On imagine que c'est à l'âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l'Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l'envie de lire aux jeunes. Le souci, c'est que les parents, souvent digital natives, ont moins d'appétence pour la lecture que la génération d'avant. Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents. Un phénomène qui s'observe dans les écoles Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c'est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d'ambition. »  La solution serait pour lui de faire baisser le temps d'écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l'utilisation des écrans ! Pour l'enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d'émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture Invités : - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici.  L'étude complète du CNL est à lire ici.  Avec également le reportage de Camille Simon.    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l'écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.

    Adama Diop et Aimé Césaire: dialogues de poètes

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 29:00


    Dans L'Apocalypse d'Adam et Aimée, Adama Diop poursuit son travail de création et revisite l'œuvre fondatrice du poète, Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal. Le père, Adam, figure tutélaire, fatiguée, crépusculaire, raconte l'apocalypse à sa fille, Aimée. Pour ce faire, il reprend parfois les mots d'Aimé, le grand Césaire. Un baisser de rideau pour l'humanité, écrit et incarné par Adama Diop, qui se joue actuellement au Théâtre du Rond-Point.   Être la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche Le spectacle se construit sur des échos : ‘Aimée' rappelle ‘Aimé', Adama est ‘Adam', le premier homme qui est aussi le dernier, et qui est encore l'interprète présent devant son public. Les voix de tous se prolongent, se répondent et se confondent. Adama Diop évoque un « rapport presque radiophonique à dire de la littérature ». Sur scène, Adama Diop porte un costume brodé de fleurs rouges et déclame dans un décor minimaliste, où la nature reprend progressivement ses droits. Il parle pour le végétal menacé, pour les espèces animales disparues, et la poésie perdue. À travers sa lecture, Adama Diop explique avoir voulu permettre à la poésie de reprendre ses droits sur le plateau de théâtre. L'Apocalypse d'Adam et Aimée est une pièce qu'il qualifie plutôt de « grand poème », poème qui rend hommage à un autre : le Cahier d'un retour au pays natal.   Genèse d'un récit de la fin des temps Au commencement, il y a donc le Cahier de Césaire, œuvre indomptable qui le suit depuis l'adolescence. Au commencement, il y a aussi une commande du musée de l'Orangerie à Adama Diop pour un texte sensé être lu in situ, avec en toile de fond les nymphéas de Monet. Les peintures de Monet sont symptomatiques d'une frénésie de dire le monde, dans laquelle se reconnait Diop. La civilisation déchue qu'il décrit est un peu la nôtre, documentée dans tous ses excès, le point de bascule dépassé.   Entre retour et renoncement, fin et recommencement Pour Adama Diop, l'Apocalypse n'est pas juste la fin du monde. « L'Apocalypse, c'est aussi une révélation », rappelle-t-il. L'effondrement d'une société devient le moment de prise de conscience qui permet d'envisager le monde d'après, celui qui se dessine par-delà les décombres. On pourrait même épouser l'embrasement de « mini-apocalypses pour laisser place à des mondes plus ouverts, plus justes. » C'est bien la fin des temps qui permet au futur d'advenir. Si Adam ressasse le passé, Aimée est l'avenir, un futur au féminin. Elle assure la préservation de sa lignée et la survie de l'humanité...  Le texte est à retrouver aux éditions Actes sud.  Invité : Adama Diop, auteur, comédien et metteur en scène, né à Dakar, au Sénégal. Il se forme à partir de 2002 à l'ENSAD de Montpellier puis au CNSAD de Paris. En 2016, il est révélé dans la pièce-fleuve 2666 de Julien Gosselin.  En 2018, il tient le rôle-titre dans Macbeth de Stéphane Braunschweig. En 2021, le rôle de Ermolaï dans la Cerisaie mis en scène par Tiago Rodrigues. En 2022, il est Othello dans la mise en scène de Jean-François Sivadier.  En 2021, Diop crée au Sénégal l'« École internationale d'acteurs et d'actrices de Dakar » (EIAD), un lieu dédié à la formation et à la professionnalisation des comédiens et comédiennes issus de tout le continent africain. En 2024, il met en scène Fajar ou l'Odyssée de l'homme qui rêvait d'être poète.  L'Apocalypse d'Adam et Aimée est sa deuxième mise en scène.    Programmation musicale :  Les artistes Meryl feat Umpa avec le titre Lajen.

    «La petite tortue-étoile», un conte bilingue pour raconter le génocide au Rwanda

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 29:01


    Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l'exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience. Quelle est la part d'universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l'universel.  Revenir à l'enfance  Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même.  Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience.  La petite tortue-étoile raconte l'histoire d'Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d'abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l'exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d'errance, de transmission et de résilience.  Un conte foisonnant de symboles et de métaphores Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C'est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d'une personne qui a beaucoup de vaches qu'elle est riche. » La tortue, elle non plus, n'est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d'une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ».   Un conte bilingue français-kinyarwanda À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C'est la question que s'est posée l'autrice en écrivant son conte. « J'ai vécu aujourd'hui plus longtemps en France qu'au Rwanda, je voulais savoir si j'avais encore cette fluidité. » Elle n'avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français.    Invitée :  Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu'elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide.  Elle vit en France depuis bientôt 30 ans.   Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais.  Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo. Pour vous procurer l'ouvrage  ibaba12@yahoo.fr.   Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l'engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques. Et c'est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela !    Programmation musicale : L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi». 

    Rodney Saint-Éloi, «Fais du feu» : un poème-monde sur le renouveau

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 28:59


    Dans le recueil de poésie Fais du feu, l'auteur Rodney Saint-Eloi fait du feu une obsession.  « Fais du feu » : ainsi, commence et s'achève le recueil de Rodney Saint-Éloi. Une injonction qui résonne comme un mantra, un refrain incantatoire traversant la centaine de poèmes du livre... mais comme si c'était un seul poème.    "Le feu, une fois allumé peut devenir imprévisible".   Détruire pour permettre le renouveau Mais de quel feu parle-t-on ? Chez Saint-Éloi, le feu n'est pas seulement la flamme : il est le recommencement. Il brûle les vieilles peaux, pour rendre possible un départ nouveau. « Le feu nous permet d'enlever toutes les anciennes peaux et de repartir. » Dans ce que nous traversons aujourd'hui, dit-il, il y a urgence à recommencer. Le poème devient alors le foyer de ce renouveau, le lieu où l'on rallume la braise. Un feu qui ramène à l'enfance L'auteur évoque aussi le premier feu, le feu primal, « celui qui a fondé l'humanité en nous ». Il le relie à l'enfance : la mémoire des braises en Haïti, celles des patates douces qu'il faisait cuire dans le feu. Là-bas, le feu est essentiel : là où il y a le feu, il y a la vie, la parole, le lien. Quand le monde s'effondre, quand tout semble s'obscurcir, nous avons besoin de voir une flamme.    Invité : Rodney Saint-Eloi, poète, éditeur et essayiste haïtien-canadien. Né en Haïti, il s'exile au Canada dans les années 2000 et s'installe à Montréal. Il est le fondateur de la maison d'édition Mémoire d'encrier, qui met en avant les voix de la diversité, de la Caraïbe et des Amériques. Son œuvre poétique aborde l'exil, la mémoire, Haïti, la dignité et la résistance. Il est aujourd'hui une figure importante de la littérature francophone contemporaine, à la fois comme auteur et comme passeur de textes.  Fais du feu est publié aux Editions Mémoire d'Encrier. Programmation musicale :  L'artiste Angélique Kidjo avec le titre Hope ! 

    Festival des accents à Marseille : comment les Jobastres célèbrent les parlers régionaux

    Play Episode Listen Later Apr 8, 2026 29:00


    Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents.  Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents.  Les accents : un objet de recherche Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d'accents. L'accent « pagnolesque » de Raimu, l'accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l'accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise.    "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !" Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d'égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus. Il s'agira d'explorer comment se produisent les accents d'un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant. Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions.  « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! » Leur spectacle qui s'appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais !    Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique.  Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille.  Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves. 

    Du football féminin aux graffeuses : les conférences drôlement savantes d'Hortense Belhôte

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 29:00


    Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique. Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés.   Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l'humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l'histoire de l'art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande.  Un regard féministe et décolonial pour réécrire l'histoire Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ». En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante.   Invitée : Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l'art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l'art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a enseigné dans des écoles d'art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires.  Titulaire d'un master 2 en histoire de l'art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l'art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s'est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d'éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l'absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L'Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l'Atelier à Paris, s'inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues. ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril. Programmation musicale :  L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4. 

    Vivante ! La langue française selon la linguiste Julie Neveux

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 29:00


    Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui.  Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu'on parle, que ce soit au boulot ou en amour.  Le français parlé v. s. le français écrit Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante. Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. » Une langue trop normée ? Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue. Elle souligne l'ironie qu'il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s'amusait justement à malmener et à tordre le français.  Le français, une langue plus que vivante !  Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu'une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ». Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case.  Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset.  Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d'auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre.   Programmation musicale : Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d'un temps passé ».   

    Le Petit Prince a 80 ans : pas une ride et toujours au firmament

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 29:00


    Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d'une minuscule planète, l'astéroïde B 612.Ainsi commence le dernier roman d'Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant.   Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains.  L'histoire d'une publication Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie.  Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n'avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population. Près de 700 traductions du Petit Prince C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L'œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l'œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ».   D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées.  Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue. Une histoire universelle et un récit d'apprentissage L'histoire débute lorsqu'un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d'un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l'amitié, l'amour, la solitude, la perte, le regard d'enfant opposé sur le monde des adultes. C'est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l'importance de l'imagination, de la sincérité et des liens que l'on crée avec les autres.    Invités: - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l'édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard.  - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse. Programmation musicale :  L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».

    Etienne Ghys : des maths et des lettres

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 29:00


    Dans La Petite Histoire des lettres, le mathématicien Étienne Ghys explore cinq siècles d'évolution typographique, entre art, mathématiques et algorithmes. Une invitation à redécouvrir l'alphabet comme un objet scientifique autant qu'esthétique.  On les lit sans y penser, mais chaque lettre obéit à une géométrie, une hauteur d'x, une ligne de base, des courbes bien dessinées ou délibérément brisées. Dans son livre, l'auteur, nous incite à regarder les lettres, individuellement.  Une fascination pour les lettres Dès son plus jeune âge, Etienne Ghys, est fasciné par les lettres : et pour cause son père était imprimeur. Il regarde les lettres en tant qu'objet géométrique. Etienne Ghys aime les lettres car selon lui « elles incarnent la pensée ».  Il nous apprend, par exemple, que les polices varient en fonction de ce qu'on est en train de lire : les empattement ralentissent la lecture mais permettent qu'elle soit plus approfondie quand les panneaux d'autoroute sont eux lisibleS au premier coup d'oeil. L'imprimeur, c'est l'architecte du langage. La police, une histoire de style ! L'histoire des polices commence avec Gutenberg et l'imprimerie. À l'époque, les Bibles sont écrites et recopiées à la main par des scribes et coûtent cher. L'idée lui vient alors de créer des caractères mobiles en plomb, calqués sur les caractères des scribes pour imprimer et vendre des Bibles à grande échelle et à prix abordable. Une géométrisation des caractères Vient alors l'époque des humanistes et des belles choses ! On va observer les caractères romains gravés dans de vieilles pierres de l'époque romaine avec des lettres travaillées. Des artistes tels que Léonard de Vinci commence à géométriser les lettres comme il le fait dans le livre de mathématiques La Divine proportion de Luca Pacioli dans lequel il illustre les écrits de l'auteur.Puis, vient la série de polices grecques cursives avec des caractères romains, inventés par Claude Garamond qui ont inspiré de nombreuses polices qui portent son nom.  Les choses se sont un peu plus figées un peu plus tard lorsque Colbert demande à l'Académie des Sciences de dessiner une police à la gloire du roi Louis XIV: c'est le "romain du Roi", utilisée par l'imprimerie royale.   Derrière chaque police, une manière de pensée Depuis, les choses évoluent. Chaque pays, impose une écriture de celle du pays, chaque police a une histoire politique. La typographie "Marianne" est une police de caractères dessinée en 2020, à l'usage unique de l'État français. Certains graphistes inventent des alphabets et fusionnent les lettres, pour rendre l'écriture inclusive. Cette typographie repose sur différents procédés graphiques comme l'entrelacement de lettres    Invité : Etienne Ghys, mathématicien, spécialisé en géométrie. Directeur de recherche émérite au CNRS, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences. Il vient de publier La petite histoire des lettres chez Odile Jacob.      Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « C'est carré » qu'elle passe à la moulinette. Avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  L'artiste Jyeuhair avec le titre çA crÉpiTe. 

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