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durée : 00:13:06 - L'invité d'un jour dans le monde - Récompensé d'une Caméra d'or et prix du public de la Quinzaine des cinéastes à Cannes, le film plonge le spectateur dans l'Irak des années Saddam Hussein avec l'histoire de Lamia, une enfant scolarisée obligée par son professeur de confectionner le gâteau du dictateur. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Chaque jour, retrouvez les journaux de la rédaction d'Europe 1 pour faire le tour de l'actu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Léonard Cohen est notre invité pour son documentaire d'animation "Le Parfum d'Irak", d'après l'histoire du journaliste franco-irakien Feurat Alani. « Le Parfum d'Irak » raconte l'histoire émouvante du journaliste franco-irakien Feurat Alani. Avec une grande sensibilité, il dépeint son Irak. C'est aussi l'histoire d'un fils, né en France, qui suit les traces de son père Amir pour renforcer ses liens avec le pays de ses origines. Le film tourne autour de la fatiha, la cérémonie funéraire, dans laquelle Feurat partage des souvenirs précieux et nous emmène à travers la vie de son père et d'un Irak qui, depuis sa création, a rarement connu la paix. Ce documentaire animé, réalisé par Léonard Cohen, est un voyage éblouissant à travers l'histoire de l'Irak : d'un État laïque avec un avenir prometteur à une cage ultra-autoritaire, puis à un pays déchiré par la guerre où la religion est devenue le bien le plus sacré. Alani a d'abord raconté son histoire personnelle et familiale dans un flot de 10 000 tweets, partageant son expérience d'enfant et de journaliste. Ces tweets ont servi de base pour un livre primé, illustré par Cohen, qui a ensuite conduit à une web-série, et maintenant à un long-métrage. Le duo Alani-Cohen rassemble tout ce matériel et poursuit également le récit en dévoilant les cicatrices laissées par l'État islamique. Merci pour votre écoute Entrez sans Frapper c'est également en direct tous les jours de la semaine de 16h à 17h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez l'ensemble des épisodes et les émission en version intégrale (avec la musique donc) de Entrez sans Frapper sur notre plateforme Auvio.be : https://auvio.rtbf.be/emission/8521 Abonnez-vous également à la partie "Bagarre dans la discothèque" en suivant ce lien: https://audmns.com/HSfAmLDEt si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Vous pourriez également apprécier ces autres podcasts issus de notre large catalogue: Le voyage du Stradivarius Feuermann : https://audmns.com/rxPHqEENoir Jaune Rouge - Belgian Crime Story : https://feeds.audiomeans.fr/feed/6e3f3e0e-6d9e-4da7-99d5-f8c0833912c5.xmlLes Petits Papiers : https://audmns.com/tHQpfAm Des rencontres inspirantes avec des artistes de tous horizons. Galaxie BD: https://audmns.com/nyJXESu Notre podcast hebdomadaire autour du 9ème art.Nom: Van Hamme, Profession: Scénariste : https://audmns.com/ZAoAJZF Notre série à propos du créateur de XII et Thorgal. Franquin par Franquin : https://audmns.com/NjMxxMg Ecoutez la voix du créateur de Gaston (et de tant d'autres...) Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Si la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, est née en Turquie à la fin des années 1970, c'est au Kurdistan irakien voisin qu'elle a installé ses quartiers généraux. Les combats s'y sont déportés et même concentrés : depuis 2022, l'armée turque mène une opération militaire d'envergure dans la vallée d'Amedi en Irak, véritable occupation du territoire où les populations civiles sont prises au piège. L'officialisation, le 12 mai, de la dissolution du groupe insurgé kurde qui mettrait un terme à plus de 40 ans de lutte armée, suscite les espoirs d'un retour à la vie normale, même si beaucoup craignent que la présence militaire turque se prolonge. De notre envoyé spécial de retour d'Amedi,Deux jours après l'annonce par le Parti des travailleurs du Kurdistan de sa volonté à s'engager dans un processus de paix avec la Turquie, le calme règne dans le petit village de Guharzé, au Kurdistan irakien. Shayda, 19 ans, nous ouvre les portes de son jardin. Une sérénité qui contraste avec la violence de ces derniers mois : « Le 27 octobre dernier, nous étions tous en train de dîner, il n'y avait pas particulièrement de combats ce soir-là, alors, nous ne nous y attentions pas, quand soudain, il y a eu un immense fracas, nous sommes sortis précipitamment de la maison, nous ne pouvions rien voir avec la fumée et la poussière dans nos yeux. »Le père de Shayda nous emmène au fond du jardin, il désigne un cratère creusé à une dizaine de mètres de la bâtisse : « Une rocket tirée par un drone est tombée juste là. Regardez, ici, le plafond s'est effondré, les murs sont fissurés, toutes les fenêtres ont été soufflées vers l'intérieur de la maison. Nous avons vidé quatre brouettes de fragments de la bombe… »La bombe qui s'est écrasée sur le jardin de Shayda et son père a été larguée par un drone turc. Malgré la rumeur de la paix, leur ronronnement discret est incessant dans le ciel de Guharzé. Sur une pente rocailleuse à la sortie du village, nous retrouvons son chef, Ahmed, il fait paître ses 200 chèvres dans un enclos bien trop étroit : « Si l'on s'éloigne du village, on risque d'être pris pour cible. Ou les drones vont se mettre à nous tourner autour dans le ciel, ils vont nous forcer à rentrer avec nos chèvres. C'est pour ça qu'on ne quitte pas le village. On se fait tirer dessus. Avant, nous vivions plus haut dans la montagne, nous avions des vignes, des arbres fruitiers, nos fermes. Mais nous ne pouvons plus y accéder, l'armée turque occupe ces terres. »À lire aussiTurquie : le Parti des travailleurs kurdes (PKK) annonce sa dissolution après plus de 40 ans de lutte arméeDans sa lutte contre la guérilla du PKK, repliée dans un réseau de tunnels et dont les déplacements sont invisibles, depuis six ans, la Turquie a renforcé son emprise sur le territoire. Pour en prendre la mesure, nous rejoignons le village de Sergélé, situé à 20 kilomètres de la frontière. Agriculteur à la retraite, Rochavi nous invite à le suivre sur son toit : « Vous voyez, de ce côté, il y a les bases de la Turquie, toute la montagne de Matin, c'est désormais la Turquie… »À moins de cinq cents mètres, nous pouvons discerner les sacs de sables qui protègent une installation militaire posée sur un promontoire rocheux. Il y en aurait plus de 136 disséminées au Kurdistan irakien : « Nous sommes tous extrêmement soulagés que le PKK ait pris cette décision de se dissoudre, ils auraient dû la prendre il y a plus de dix ans. Si ce processus de paix est un succès et que le PKK abandonne les armes, nous pourrons retrouver nos montagnes, nos animaux, nos fermes… »Pour cela, les soldats turcs doivent quitter le Kurdistan. Les mains crispées autour de sa tasse de thé, Rochavi est habité par les doutes : « Je ne suis pas sûr que la Turquie s'en ira aussi facilement. La terre du Kurdistan, c'est de l'or. Et les Turcs ont jeté leur dévolu dessus et ont coupé tous les arbres de la région, des arbres fruitiers parfois centenaires, et ils les ont emportés en Turquie. Mais si le PKK n'existe plus, ça doit s'arrêter. »Les bruissements de la paix sont sur toutes les lèvres dans cette vallée où les civils vivent sur un fil et les bombardements ont certes diminué ces derniers jours, mais n'ont pas cessé pour autant, alors que la démobilisation du PKK est attendue ces prochains mois. À lire aussiPKK: histoire d'une lutte armée dont la fin annoncée peut recomposer le Moyen-Orient
Chaque année, les soutiens du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se réunissent au printemps pour fêter le Nouvel An kurde dans les montagnes du Kurdistan irakien, où la guérilla s'est réfugiée. Alors qu'un processus de paix est en cours entre le mouvement kurde insurgé et l'État turc, les familles des combattants ont profité de l'occasion pour prendre des nouvelles de leurs proches engagés au sein du PKK. Elles espèrent que le processus de paix leur permettra de retrouver la vie civile. De notre correspondant à Qandil,L'espace d'une nuit de danse, de musique et de discours, les partisans du PKK se réunissent pour célébrer Norouz, le Nouvel An kurde. Une fois par an, la guérilla leur ouvre ses portes dans son bastion des montagnes de Qandil, au nord de l'Irak. Pour les familles des insurgés, c'est aussi l'occasion d'un discret pèlerinage, à l'image de Shaya, dont la fille est morte au combat en 2006 : « Je suis venue fêter Norouz à Qandil pour sentir le parfum de ma fille, Zilan, et de tous ses camarades qui sont morts pour la liberté des Kurdes. »Protégée par des cimes escarpées qui s'élèvent à plus de 3 000 mètres, la plaine de Qandil est une forteresse naturelle. C'est ici que le PKK a installé ses quartiers généraux dans les années 1990, ainsi que les académies militaires et politiques au sein desquelles les aspirants combattants se forment à la guérilla. « Qandil est un endroit très spécial et on sait que nos enfants sont tous passés par ici, au cœur de la révolution. Zilan a vécu presque un an à Qandil. Ces arbres qui nous entourent nous rappellent nos enfants. Ils ont poussé sous leurs pieds et ont été arrosés par leur sang », poursuit Shaya.Espoir de retrouver des prochesDe nombreux combattants du PKK sont tombés à Qandil, constamment bombardé par les drones de la Turquie. Leurs portraits juvéniles sont exposés aux regards le long de la route qui serpente dans la montagne et devant lesquelles des familles viennent se recueillir. D'autres sont à la recherche d'informations : « La plupart des mamans viennent à Qandil pour Norouz avec l'espoir d'apercevoir leurs enfants. Or, c'est possible qu'ils soient déjà morts, mais qu'elles ne le sachent pas encore. »En marge des festivités, des femmes le visage recouvert d'un voile blanc arrêtent un homme à l'allure d'officier et font défiler des photos sur leurs téléphones. Trois enfants d'Amina sont déjà morts dans les rangs du PKK et deux de ses filles sont toujours mobilisées. La maman est inquiète : « Je n'ai pas de nouvelles de mes filles. Je ne les ai pas vues ici, je ne sais pas où elles sont. J'espère qu'elles sont vivantes. »Les règles du PKK sont particulièrement strictes et les contacts avec les familles prohibés. À l'abri dans sa tente battue par la pluie, Fatima a eu plus de chance et peut se réjouir : « Cette année, je suis venue à Qandil pour la première fois. Ça fait près de 20 ans que je n'avais pas vus certains membres de ma famille. J'ai une fille ainsi que deux oncles qui se battent ici, dans les montagnes. J'ai pu voir les voir aujourd'hui, c'était formidable de pouvoir leur parler, ils m'ont tellement manqué. Je leur souhaite d'être libres bientôt. »Sur la scène principale, les discours politiques s'enchaînent. Cette année, le Nouvel An kurde s'inscrit sous le signe des négociations de paix engagées entre la guérilla du PKK et la Turquie : « Je souhaite que les prisonniers soient libérés et que nous puissions rentrer chez nous parce que nous sommes des réfugiés ici au Kurdistan irakien. »C'est dans l'exil que les enfants de Fatima ont emprunté les sentiers de la guérilla, et c'est ici, dans les montagnes de Qandil, que seront discutés ces prochains mois les détails du processus de paix par les chefs du PKK.
Chaque année, les soutiens du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se réunissent au printemps pour fêter le Nouvel An kurde dans les montagnes du Kurdistan irakien, où la guérilla s'est réfugiée. Alors qu'un processus de paix est en cours entre le mouvement kurde insurgé et l'État turc, les familles des combattants ont profité de l'occasion pour prendre des nouvelles de leurs proches engagés au sein du PKK. Elles espèrent que le processus de paix leur permettra de retrouver la vie civile. De notre correspondant à Qandil,L'espace d'une nuit de danse, de musique et de discours, les partisans du PKK se réunissent pour célébrer Norouz, le Nouvel An kurde. Une fois par an, la guérilla leur ouvre ses portes dans son bastion des montagnes de Qandil, au nord de l'Irak. Pour les familles des insurgés, c'est aussi l'occasion d'un discret pèlerinage, à l'image de Shaya, dont la fille est morte au combat en 2006 : « Je suis venue fêter Norouz à Qandil pour sentir le parfum de ma fille, Zilan, et de tous ses camarades qui sont morts pour la liberté des Kurdes. »Protégée par des cimes escarpées qui s'élèvent à plus de 3 000 mètres, la plaine de Qandil est une forteresse naturelle. C'est ici que le PKK a installé ses quartiers généraux dans les années 1990, ainsi que les académies militaires et politiques au sein desquelles les aspirants combattants se forment à la guérilla. « Qandil est un endroit très spécial et on sait que nos enfants sont tous passés par ici, au cœur de la révolution. Zilan a vécu presque un an à Qandil. Ces arbres qui nous entourent nous rappellent nos enfants. Ils ont poussé sous leurs pieds et ont été arrosés par leur sang », poursuit Shaya.Espoir de retrouver des prochesDe nombreux combattants du PKK sont tombés à Qandil, constamment bombardé par les drones de la Turquie. Leurs portraits juvéniles sont exposés aux regards le long de la route qui serpente dans la montagne et devant lesquelles des familles viennent se recueillir. D'autres sont à la recherche d'informations : « La plupart des mamans viennent à Qandil pour Norouz avec l'espoir d'apercevoir leurs enfants. Or, c'est possible qu'ils soient déjà morts, mais qu'elles ne le sachent pas encore. »En marge des festivités, des femmes le visage recouvert d'un voile blanc arrêtent un homme à l'allure d'officier et font défiler des photos sur leurs téléphones. Trois enfants d'Amina sont déjà morts dans les rangs du PKK et deux de ses filles sont toujours mobilisées. La maman est inquiète : « Je n'ai pas de nouvelles de mes filles. Je ne les ai pas vues ici, je ne sais pas où elles sont. J'espère qu'elles sont vivantes. »Les règles du PKK sont particulièrement strictes et les contacts avec les familles prohibés. À l'abri dans sa tente battue par la pluie, Fatima a eu plus de chance et peut se réjouir : « Cette année, je suis venue à Qandil pour la première fois. Ça fait près de 20 ans que je n'avais pas vus certains membres de ma famille. J'ai une fille ainsi que deux oncles qui se battent ici, dans les montagnes. J'ai pu voir les voir aujourd'hui, c'était formidable de pouvoir leur parler, ils m'ont tellement manqué. Je leur souhaite d'être libres bientôt. »Sur la scène principale, les discours politiques s'enchaînent. Cette année, le Nouvel An kurde s'inscrit sous le signe des négociations de paix engagées entre la guérilla du PKK et la Turquie : « Je souhaite que les prisonniers soient libérés et que nous puissions rentrer chez nous parce que nous sommes des réfugiés ici au Kurdistan irakien. »C'est dans l'exil que les enfants de Fatima ont emprunté les sentiers de la guérilla, et c'est ici, dans les montagnes de Qandil, que seront discutés ces prochains mois les détails du processus de paix par les chefs du PKK.
Au Kurdistan irakien, le gel du financement de l'aide au développement étatsunienne (USAID) décrétée par Donald Trump a entraîné l'interruption de la plupart des programmes humanitaires. Dans une région qui accueille toujours des centaines de milliers de déplacés, les ONG sont sidérées. De notre envoyé spécial au camp de Sharia,Dans les couloirs du centre psychosocial du camp de Sharia, les rires des enfants ont disparu. La suspension de l'aide humanitaire américaine a porté un coup fatal à ce sanctuaire pour les milliers de familles de la minorité Yézidie, victimes des persécutions de l'État islamique et qui vivent depuis 10 ans dans ce camp du Kurdistan irakien.Huwayda, la directrice des lieux, nous ouvre ses portes : « La situation est très triste honnêtement… Regardez le centre, c'est vide. D'habitude, nous avions beaucoup de gens qui venaient visiter le centre, demander du soutien. Mais depuis la suspension des financements, nous n'avons plus grand monde qui travaille. »Les bureaux sont désertés : sur 81 salariés, l'ONG jésuite qui gère le centre depuis 2014 a rompu du jour au lendemain la moitié des contrats. À l'étage, Ikram travaille pour cinq et s'inquiète de l'avenir d'une communauté à laquelle ce programme offrait un soutien encore trop rare en Irak : « Maintenant, sur ma liste d'attente, j'ai plus de 400 personnes qui ont besoin d'un suivi psychologique, de traitements psychiatriques, alerte-t-il. Si nous les laissons comme ça, ils penseront que nous les abandonnons et que nous n'avons rien fait pour eux. Peut-être que la confiance sera détruite. »À lire aussiIrak: dix ans après, les Yézidis toujours marqués par le génocide perpétré par l'État islamique« Ils ont dit que tout pourrait s'arrêter d'un coup, c'était un choc »Pour Zéré, déplacée depuis dix ans avec ses enfants, les visites au centre sont toujours un soulagement avant de regagner sa tente. Prise au dépourvu, elle confesse son angoisse à l'annonce de la nouvelle : « Les psychologues nous ont préparés pour nous dire que nous ne pourrions peut-être pas continuer au-delà de 90 jours. Ils ont même dit que tout pourrait s'arrêter d'un coup. J'ai d'abord pleuré, je n'arrivais plus à manger, c'était un choc. Je crains pour mon futur… »Dans l'intimité d'une salle de consultation, une maman accompagnée de sa petite fille revient sur les traumatismes qui la hantent et qu'elle essaye d'apaiser avec les équipes du centre : « Je revis les massacres que Daech nous a fait subir. Les décapitations, les tortures, je vois encore tout ça, témoigne-t-elle. Ici même, j'ai essayé de me pendre dix fois. J'ai failli réussir. Mon cou devenait bleu. J'ai encore les marques. Honnêtement, c'est grâce à ce centre que je suis encore en vie aujourd'hui. »L'ONG jésuite, financée aux trois quarts par les États-Unis, a choisi d'interrompre la plupart de ses programmes de manière à maintenir tant bien que mal les soins pour les personnes les plus fragiles, comme cette femme : « C'est tellement difficile pour nous. J'espère qu'on ne nous coupera pas l'accès à nos médicaments, qu'on nous laissera les prendre. »Mais faute de financements durables, le centre pourrait bien fermer définitivement.À lire aussiPour les Kurdes syriens réfugiés au Kurdistan irakien, l'impossible retour?
Au Kurdistan irakien, le gel du financement de l'aide au développement étatsunienne (USAID) décrétée par Donald Trump a entraîné l'interruption de la plupart des programmes humanitaires. Dans une région qui accueille toujours des centaines de milliers de déplacés, les ONG sont sidérées. De notre envoyé spécial au camp de Sharia,Dans les couloirs du centre psychosocial du camp de Sharia, les rires des enfants ont disparu. La suspension de l'aide humanitaire américaine a porté un coup fatal à ce sanctuaire pour les milliers de familles de la minorité Yézidie, victimes des persécutions de l'État islamique et qui vivent depuis 10 ans dans ce camp du Kurdistan irakien.Huwayda, la directrice des lieux, nous ouvre ses portes : « La situation est très triste honnêtement… Regardez le centre, c'est vide. D'habitude, nous avions beaucoup de gens qui venaient visiter le centre, demander du soutien. Mais depuis la suspension des financements, nous n'avons plus grand monde qui travaille. »Les bureaux sont désertés : sur 81 salariés, l'ONG jésuite qui gère le centre depuis 2014 a rompu du jour au lendemain la moitié des contrats. À l'étage, Ikram travaille pour cinq et s'inquiète de l'avenir d'une communauté à laquelle ce programme offrait un soutien encore trop rare en Irak : « Maintenant, sur ma liste d'attente, j'ai plus de 400 personnes qui ont besoin d'un suivi psychologique, de traitements psychiatriques, alerte-t-il. Si nous les laissons comme ça, ils penseront que nous les abandonnons et que nous n'avons rien fait pour eux. Peut-être que la confiance sera détruite. »À lire aussiIrak: dix ans après, les Yézidis toujours marqués par le génocide perpétré par l'État islamique« Ils ont dit que tout pourrait s'arrêter d'un coup, c'était un choc »Pour Zéré, déplacée depuis dix ans avec ses enfants, les visites au centre sont toujours un soulagement avant de regagner sa tente. Prise au dépourvu, elle confesse son angoisse à l'annonce de la nouvelle : « Les psychologues nous ont préparés pour nous dire que nous ne pourrions peut-être pas continuer au-delà de 90 jours. Ils ont même dit que tout pourrait s'arrêter d'un coup. J'ai d'abord pleuré, je n'arrivais plus à manger, c'était un choc. Je crains pour mon futur… »Dans l'intimité d'une salle de consultation, une maman accompagnée de sa petite fille revient sur les traumatismes qui la hantent et qu'elle essaye d'apaiser avec les équipes du centre : « Je revis les massacres que Daech nous a fait subir. Les décapitations, les tortures, je vois encore tout ça, témoigne-t-elle. Ici même, j'ai essayé de me pendre dix fois. J'ai failli réussir. Mon cou devenait bleu. J'ai encore les marques. Honnêtement, c'est grâce à ce centre que je suis encore en vie aujourd'hui. »L'ONG jésuite, financée aux trois quarts par les États-Unis, a choisi d'interrompre la plupart de ses programmes de manière à maintenir tant bien que mal les soins pour les personnes les plus fragiles, comme cette femme : « C'est tellement difficile pour nous. J'espère qu'on ne nous coupera pas l'accès à nos médicaments, qu'on nous laissera les prendre. »Mais faute de financements durables, le centre pourrait bien fermer définitivement.À lire aussiPour les Kurdes syriens réfugiés au Kurdistan irakien, l'impossible retour?
Le retour chez eux est-il possible pour les Kurdes de Syrie réfugiés au Kurdistan irakien voisin ? Ils sont 300 000 à y vivre depuis plus de dix ans, dans des camps pour la plupart. Soulagés par la chute du régime de Bachar el-Assad, ces réfugiés sont néanmoins inquiets de la place qui sera faite aux Kurdes dans une Syrie en gestation. Tandis que des tractations politiques intenses ont lieu pour définir les contours que pourrait y prendre l'autonomie kurde. Ayaz, 29 ans, fait défiler les pages d'un album qu'il garde précieusement au fond d'une armoire. « Ce sont nos photos de famille. Ces albums sont les souvenirs qui nous restent de la Syrie et que nous avons pu emporter avec nous. C'est la seule chose qui nous relie à la Syrie. Avec la guerre, il y avait deux options : devenir un meurtrier ou bien se faire tuer. J'ai pris la meilleure décision ou en tout cas la plus sûre, celle de quitter la Syrie. »Son exode le conduit de l'autre côté de la frontière, dans le camp de réfugiés de Kawergosk, au Kurdistan irakien. Dix ans ont passé et les tentes de plastique ont laissé place à des maisons de parpaings. Si les 1 800 familles kurdes syriennes qui vivent là ont célébré la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre dernier, aucune ne s'est empressée de prendre le chemin du retour. « Bien sûr que je vais rentrer, nous n'allons pas rester ici. Mais pour l'instant, la situation est trop mauvaise en Syrie, explique Ayaz. Je ne veux y retourner que si l'on construit un État civil et décentralisé, qui protège les droits de toutes les communautés syriennes, c'est-à-dire des Kurdes et de toutes les autres minorités. Il faut une protection constitutionnelle de nos droits, qui ne soit pas seulement des mots, mais qui se traduisent par des faits. »Ces attentes sont largement partagées par ces réfugiés. Mais pour les faire entendre aux nouvelles autorités à Damas, les factions politiques kurdes doivent afficher un front uni. Or, les habitants du camp ne se sentent pas représentés par les milices au pouvoir au Kurdistan syrien, réputées proches du Parti des travailleurs du Kurdistan, en guerre contre la Turquie.Accoudé à son échoppe de vêtements, Alan-Walid a justement quitté la Syrie à 14 ans, de peur d'être enrôlé contre son gré. « Dans les régions kurdes de Syrie, le parti politique en charge opère un recrutement forcé. Mais nous ne souhaitons pas nous battre pour un parti politique ou une idéologie. Nous souhaitons nous battre pour les Kurdes. Si les parties parviennent à s'unir, alors nous rentrerons nous battre pour la cause kurde, pour le Rojava », clame-t-il.Depuis plusieurs jours, les promesses de discussions vont bon train entre ces milices qui administrent le Kurdistan syrien et l'opposition, principalement exilée, en Irak. Cependant, pour cette jeune femme croisée dans l'allée principale du camp, ces négociations ne suffiront pas à la faire rentrer chez elle. « Si nous retournons en Syrie, nous n'aurons plus rien. Nous finirons à la rue. Ici, au moins, nous possédons une maison, nous vivons au jour le jour. Je sais qu'il faudrait encore dix ans à la Syrie pour se reconstruire et revenir à la situation antérieure à la guerre. Et peut-être que ça n'arrivera jamais », soupire-t-elle.Au-delà de ces tractations politiques fragiles, les bombardements turcs et les combats entre les forces kurdes syriennes et les mercenaires soutenus par la Turquie se poursuivent. La situation sécuritaire reste trop instable pour permettre aux réfugiés de Kawergosk d'envisager un retour.À lire aussiSyrie: les civils pris en étau par les affrontements entre les forces kurdes et les pro-turcs
Le retour chez eux est-il possible pour les Kurdes de Syrie réfugiés au Kurdistan irakien voisin ? Ils sont 300 000 à y vivre depuis plus de dix ans, dans des camps pour la plupart. Soulagés par la chute du régime de Bachar el-Assad, ces réfugiés sont néanmoins inquiets de la place qui sera faite aux Kurdes dans une Syrie en gestation. Tandis que des tractations politiques intenses ont lieu pour définir les contours que pourrait y prendre l'autonomie kurde. Ayaz, 29 ans, fait défiler les pages d'un album qu'il garde précieusement au fond d'une armoire. « Ce sont nos photos de famille. Ces albums sont les souvenirs qui nous restent de la Syrie et que nous avons pu emporter avec nous. C'est la seule chose qui nous relie à la Syrie. Avec la guerre, il y avait deux options : devenir un meurtrier ou bien se faire tuer. J'ai pris la meilleure décision ou en tout cas la plus sûre, celle de quitter la Syrie. »Son exode le conduit de l'autre côté de la frontière, dans le camp de réfugiés de Kawergosk, au Kurdistan irakien. Dix ans ont passé et les tentes de plastique ont laissé place à des maisons de parpaings. Si les 1 800 familles kurdes syriennes qui vivent là ont célébré la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre dernier, aucune ne s'est empressée de prendre le chemin du retour. « Bien sûr que je vais rentrer, nous n'allons pas rester ici. Mais pour l'instant, la situation est trop mauvaise en Syrie, explique Ayaz. Je ne veux y retourner que si l'on construit un État civil et décentralisé, qui protège les droits de toutes les communautés syriennes, c'est-à-dire des Kurdes et de toutes les autres minorités. Il faut une protection constitutionnelle de nos droits, qui ne soit pas seulement des mots, mais qui se traduisent par des faits. »Ces attentes sont largement partagées par ces réfugiés. Mais pour les faire entendre aux nouvelles autorités à Damas, les factions politiques kurdes doivent afficher un front uni. Or, les habitants du camp ne se sentent pas représentés par les milices au pouvoir au Kurdistan syrien, réputées proches du Parti des travailleurs du Kurdistan, en guerre contre la Turquie.Accoudé à son échoppe de vêtements, Alan-Walid a justement quitté la Syrie à 14 ans, de peur d'être enrôlé contre son gré. « Dans les régions kurdes de Syrie, le parti politique en charge opère un recrutement forcé. Mais nous ne souhaitons pas nous battre pour un parti politique ou une idéologie. Nous souhaitons nous battre pour les Kurdes. Si les parties parviennent à s'unir, alors nous rentrerons nous battre pour la cause kurde, pour le Rojava », clame-t-il.Depuis plusieurs jours, les promesses de discussions vont bon train entre ces milices qui administrent le Kurdistan syrien et l'opposition, principalement exilée, en Irak. Cependant, pour cette jeune femme croisée dans l'allée principale du camp, ces négociations ne suffiront pas à la faire rentrer chez elle. « Si nous retournons en Syrie, nous n'aurons plus rien. Nous finirons à la rue. Ici, au moins, nous possédons une maison, nous vivons au jour le jour. Je sais qu'il faudrait encore dix ans à la Syrie pour se reconstruire et revenir à la situation antérieure à la guerre. Et peut-être que ça n'arrivera jamais », soupire-t-elle.Au-delà de ces tractations politiques fragiles, les bombardements turcs et les combats entre les forces kurdes syriennes et les mercenaires soutenus par la Turquie se poursuivent. La situation sécuritaire reste trop instable pour permettre aux réfugiés de Kawergosk d'envisager un retour.À lire aussiSyrie: les civils pris en étau par les affrontements entre les forces kurdes et les pro-turcs
Entre les exactions de l'organisation État islamique, les guerres et les embargos, l'Irak est un pays traumatisé. Les chrétiens d'Orient figurent parmi les premières victimes : sous Saddam Hussein, ils étaient un million et demi dans le pays, mais ils ne sont plus que 150 000 aujourd'hui. Beaucoup d'Assyro-Chaldéens exilés à l'étranger caressent le rêve du retour. Nous avons suivi les membres de cette diaspora qui ont choisi de reconstruire leur vie au Kurdistan irakien.
Depuis le 2 décembre, l'Arabie saoudite accueille la COP16 tournée vers la lutte contre la désertification. Un phénomène bien réel pour l'Irak voisine, où 39 % du territoire est concerné par cette dégradation des terres accélérée par la déforestation. C'est au Kurdistan, dans le nord du pays, que les forêts irakiennes résistent encore, malgré les conflits qui contribuent à leur disparition. À Slemani, au Kurdistan, une équipe d'ingénieurs agricoles se mobilise tant bien que mal pour endiguer le phénomène et replanter la région. De notre envoyé spécial de retour de Slemani, La pépinière de Sarchinar est un écrin de verdure en bordure de la ville de Slemani, au Kurdistan irakien. Une jardinière, le dos courbé sur la terre froide, sème des graines de chênes, qui pousseront d'une trentaine de centimètres avant d'être replantés dans les montagnes du Kurdistan. « Les glands sont collectés dans les forêts où l'on trouve les chênes les plus anciens. Nous les apportons ici à la pépinière, explique-t-elle, au bout d'un an, ils sont prêts pour être à nouveau distribués dans les zones sauvages. La semaine dernière, 10 à 15 000 chênes sont retournés dans les bois, c'est la meilleure période pour replanter ces arbres. »Rawa est l'ingénieur agronome en charge de cet espace de dix hectares fondé en 1948. Son objectif : replanter un million et demi de chênes, la principale espèce endémique du Kurdistan. « Nous mobilisons tous nos efforts pour endiguer la désertification. Vous savez, l'Irak est en première ligne face à ce phénomène et si nos forêts disparaissent, le désert s'étendra. »À lire aussi Au Kurdistan irakien, les peshmergas s'alarment d'une autonomie kurde en péril « Les confits sont la cause principale de la déforestation »Des forêts qui sont les victimes collatérales des tensions politiques régionales, nous précise Rawa : « Les confits sont la cause principale de la déforestation, plus particulièrement dans les zones frontalières, avec l'Iran et la Turquie. Lorsqu'ils bombardent nos montagnes, ils déclenchent des incendies qui accélèrent la destruction de nos forêts. »Le Kurdistan héberge 90 % des forêts irakiennes. Mais depuis les années 1970, un arbre sur deux a disparu. Le conflit qui oppose la Turquie à la guérilla du PKK retranchée dans les montagnes kurdes d'Irak a redoublé d'intensité cet été, comme en témoigne Salim, contraint d'abandonner son village à cause de la guerre : « Les Turcs pilonnent aveuglément les forêts, particulièrement lorsque la végétation est très sèche et que les incendies se déclenchent facilement. Cet été, j'ai participé à l'extinction d'un immense incendie, des arbres de plus de 300 ans ont brûlé. »Des propos corroborés par Kameran Osman, le directeur d'une ONG qui recense les bombardements de la Turquie dans la région et dénonce également une stratégie intentionnelle de la terre brûlée : « Au cours de cette opération militaire, les soldats turcs sont descendus de leurs bases militaires et ont mis le feu aux herbes, aux parcelles agricoles, mais également aux arbres avec leurs briquets, de manière à vider de leurs populations les zones frontalières et les déplacer pour faire de la zone un champ de bataille. »Cette situation sécuritaire rend particulièrement délicates les initiatives de reforestation, à l'image de la petite pépinière de Sarchinar. Et à l'heure de la COP en Arabie saoudite, les mains vertes de Slemani regrettent l'absence de vision stratégique des autorités kurdes pour s'attaquer sérieusement aux causes de la déforestation.À lire aussiCOP16 désertification à Riyad : pourquoi est-elle si mal nommée ?
Depuis le 2 décembre, l'Arabie saoudite accueille la COP16 tournée vers la lutte contre la désertification. Un phénomène bien réel pour l'Irak voisine, où 39 % du territoire est concerné par cette dégradation des terres accélérée par la déforestation. C'est au Kurdistan, dans le nord du pays, que les forêts irakiennes résistent encore, malgré les conflits qui contribuent à leur disparition. À Slemani, au Kurdistan, une équipe d'ingénieurs agricoles se mobilise tant bien que mal pour endiguer le phénomène et replanter la région. De notre envoyé spécial de retour de Slemani, La pépinière de Sarchinar est un écrin de verdure en bordure de la ville de Slemani, au Kurdistan irakien. Une jardinière, le dos courbé sur la terre froide, sème des graines de chênes, qui pousseront d'une trentaine de centimètres avant d'être replantés dans les montagnes du Kurdistan. « Les glands sont collectés dans les forêts où l'on trouve les chênes les plus anciens. Nous les apportons ici à la pépinière, explique-t-elle, au bout d'un an, ils sont prêts pour être à nouveau distribués dans les zones sauvages. La semaine dernière, 10 à 15 000 chênes sont retournés dans les bois, c'est la meilleure période pour replanter ces arbres. »Rawa est l'ingénieur agronome en charge de cet espace de dix hectares fondé en 1948. Son objectif : replanter un million et demi de chênes, la principale espèce endémique du Kurdistan. « Nous mobilisons tous nos efforts pour endiguer la désertification. Vous savez, l'Irak est en première ligne face à ce phénomène et si nos forêts disparaissent, le désert s'étendra. »À lire aussi Au Kurdistan irakien, les peshmergas s'alarment d'une autonomie kurde en péril « Les confits sont la cause principale de la déforestation »Des forêts qui sont les victimes collatérales des tensions politiques régionales, nous précise Rawa : « Les confits sont la cause principale de la déforestation, plus particulièrement dans les zones frontalières, avec l'Iran et la Turquie. Lorsqu'ils bombardent nos montagnes, ils déclenchent des incendies qui accélèrent la destruction de nos forêts. »Le Kurdistan héberge 90 % des forêts irakiennes. Mais depuis les années 1970, un arbre sur deux a disparu. Le conflit qui oppose la Turquie à la guérilla du PKK retranchée dans les montagnes kurdes d'Irak a redoublé d'intensité cet été, comme en témoigne Salim, contraint d'abandonner son village à cause de la guerre : « Les Turcs pilonnent aveuglément les forêts, particulièrement lorsque la végétation est très sèche et que les incendies se déclenchent facilement. Cet été, j'ai participé à l'extinction d'un immense incendie, des arbres de plus de 300 ans ont brûlé. »Des propos corroborés par Kameran Osman, le directeur d'une ONG qui recense les bombardements de la Turquie dans la région et dénonce également une stratégie intentionnelle de la terre brûlée : « Au cours de cette opération militaire, les soldats turcs sont descendus de leurs bases militaires et ont mis le feu aux herbes, aux parcelles agricoles, mais également aux arbres avec leurs briquets, de manière à vider de leurs populations les zones frontalières et les déplacer pour faire de la zone un champ de bataille. »Cette situation sécuritaire rend particulièrement délicates les initiatives de reforestation, à l'image de la petite pépinière de Sarchinar. Et à l'heure de la COP en Arabie saoudite, les mains vertes de Slemani regrettent l'absence de vision stratégique des autorités kurdes pour s'attaquer sérieusement aux causes de la déforestation.À lire aussiCOP16 désertification à Riyad : pourquoi est-elle si mal nommée ?
Les élections parlementaires au Kurdistan irakien ont eu lieu il y a plus de trois semaines, le 20 octobre, pourtant il n'y a toujours pas de gouvernement en vue. Les tensions entre les deux partis arrivés en tête paralysent la région depuis plusieurs mois déjà et affaiblissent son autonomie au profit de l'État central irakien. Une situation qui inquiète les vieux peshmergas, ces vétérans de la lutte pour l'indépendance du Kurdistan. De notre envoyé spécial de retour de Slemani, Lucas LazoÀ Slemani, les murs de la vieille prison rouge affichent aujourd'hui les visages des combattants kurdes qui se sont battus dans les années 1980 pour un Kurdistan libéré du régime de Saddam Hussein. Rizgar Ramar, ancien combattant longtemps exilé en France, nous ouvre les portes de ce centre de torture, désormais lieu de mémoire. « J'ai rejoint les peshmergas en 1986, parce que le parti Baas était partout et a massacré les Kurdes. Ils ont détruit beaucoup de villages, se rappelle l'ancien combattant. Le parti Baas a mis mes parents dans la prison de Samawa, dans le sud de l'Irak, pendant deux ans. À l'école, on n'était pas libres. Il ne fallait pas parler de politique… donc, on a combattu le parti Baas. Moi, j'ai perdu un frère. On a perdu beaucoup de copains. Nous, on était un groupe de résistants. On était 40 combattants. Aujourd'hui, on n'est plus que huit. Le reste, ils sont morts au combat. » Dans le café du musée, les murs résonnent du claquement des dominos sur la table. Rizgar s'y réunit avec ses camarades pour discuter de l'avenir du Kurdistan. La région autonome a tenu des élections fin octobre attendues depuis deux ans. Depuis, les partis kurdes négocient la formation d'un gouvernement, mais cela pourrait prendre du temps. « Comme les partis politiques kurdes ne sont pas très unis, ils sont corrompus, dénonce Rizgar Ramar. J'espère que ça ne sera pas les dernières élections, parce qu'actuellement, l'État central irakien peut tout contrôler. Déjà, il contrôle les salaires, il contrôle le pétrole. Moi, je suis très très pessimiste pour ça. » À lire aussi Kurdistan irakien : au lendemain des législatives, la lassitude de certains électeurs« Un jour, il y aura un Kurdistan libre, pour nous »Pour Bagdad, la paralysie des institutions kurdes est une aubaine. Depuis peu, c'est le gouvernement fédéral irakien qui distribue les pensions des peshmergas. Pour Rizgar Ramar, c'est une atteinte insupportable à la souveraineté du Kurdistan : « Je suis pour un pays indépendant pour les Kurdes, et je pense que tous les politiciens kurdes ont trahi, parce que les dirigeants actuels, ils n'ont pas combattu… Ça, c'est très très difficile à accepter. » Le Kurdistan est dirigé par une nouvelle génération de leaders, dont les divisions affaiblissent l'autonomie de la région gagnée en 1991 après des années de lutte. « Un jour, il y aura un Kurdistan libre, pour nous. Peut-être que c'est un peu loin, mais je suis sûr et certain qu'il y aura un pays libre pour nous », espère le peshmerga. Pour l'instant, l'urgence est à la formation d'un gouvernement, au risque de voir Bagdad gagner toujours plus d'influence dans la région autonome kurde. À lire aussiLégislatives au Kurdistan irakien: une jeunesse marquée par la lassitude et le découragement
Les élections parlementaires au Kurdistan irakien ont eu lieu il y a plus de trois semaines, le 20 octobre, pourtant il n'y a toujours pas de gouvernement en vue. Les tensions entre les deux partis arrivés en tête paralysent la région depuis plusieurs mois déjà et affaiblissent son autonomie au profit de l'État central irakien. Une situation qui inquiète les vieux peshmergas, ces vétérans de la lutte pour l'indépendance du Kurdistan. De notre envoyé spécial de retour de Slemani, Lucas LazoÀ Slemani, les murs de la vieille prison rouge affichent aujourd'hui les visages des combattants kurdes qui se sont battus dans les années 1980 pour un Kurdistan libéré du régime de Saddam Hussein. Rizgar Ramar, ancien combattant longtemps exilé en France, nous ouvre les portes de ce centre de torture, désormais lieu de mémoire. « J'ai rejoint les peshmergas en 1986, parce que le parti Baas était partout et a massacré les Kurdes. Ils ont détruit beaucoup de villages, se rappelle l'ancien combattant. Le parti Baas a mis mes parents dans la prison de Samawa, dans le sud de l'Irak, pendant deux ans. À l'école, on n'était pas libres. Il ne fallait pas parler de politique… donc, on a combattu le parti Baas. Moi, j'ai perdu un frère. On a perdu beaucoup de copains. Nous, on était un groupe de résistants. On était 40 combattants. Aujourd'hui, on n'est plus que huit. Le reste, ils sont morts au combat. » Dans le café du musée, les murs résonnent du claquement des dominos sur la table. Rizgar s'y réunit avec ses camarades pour discuter de l'avenir du Kurdistan. La région autonome a tenu des élections fin octobre attendues depuis deux ans. Depuis, les partis kurdes négocient la formation d'un gouvernement, mais cela pourrait prendre du temps. « Comme les partis politiques kurdes ne sont pas très unis, ils sont corrompus, dénonce Rizgar Ramar. J'espère que ça ne sera pas les dernières élections, parce qu'actuellement, l'État central irakien peut tout contrôler. Déjà, il contrôle les salaires, il contrôle le pétrole. Moi, je suis très très pessimiste pour ça. » À lire aussi Kurdistan irakien : au lendemain des législatives, la lassitude de certains électeurs« Un jour, il y aura un Kurdistan libre, pour nous »Pour Bagdad, la paralysie des institutions kurdes est une aubaine. Depuis peu, c'est le gouvernement fédéral irakien qui distribue les pensions des peshmergas. Pour Rizgar Ramar, c'est une atteinte insupportable à la souveraineté du Kurdistan : « Je suis pour un pays indépendant pour les Kurdes, et je pense que tous les politiciens kurdes ont trahi, parce que les dirigeants actuels, ils n'ont pas combattu… Ça, c'est très très difficile à accepter. » Le Kurdistan est dirigé par une nouvelle génération de leaders, dont les divisions affaiblissent l'autonomie de la région gagnée en 1991 après des années de lutte. « Un jour, il y aura un Kurdistan libre, pour nous. Peut-être que c'est un peu loin, mais je suis sûr et certain qu'il y aura un pays libre pour nous », espère le peshmerga. Pour l'instant, l'urgence est à la formation d'un gouvernement, au risque de voir Bagdad gagner toujours plus d'influence dans la région autonome kurde. À lire aussiLégislatives au Kurdistan irakien: une jeunesse marquée par la lassitude et le découragement
Au Kurdistan irakien, trois millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 20 octobre. Ces élections législatives étaient sans cesse reportées depuis deux ans à cause des divisions entre les deux principaux partis, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK). Un tiers des votants ont entre 18 et 30 ans. Réserve de voix incontournable, ces jeunes électeurs qui ont grandi dans un Kurdistan autonome et libéré de l'emprise irakienne rejettent ce bipartisme qui paralyse le pays. De notre correspondant à Souleymanieh, Lucas LazoKlaxons, feux d'artifices : la fin de campagne a été animée dans le centre-ville de Souleymanieh. Épicentre des mouvements étudiants au Kurdistan, la ville se démarque par une certaine liberté de ton. Nous retrouvons Kanye, la vingtaine, dans un parc à l'écart du tumulte. Comme de nombreux jeunes ici à Souleymanieh, Kanye exprime sa défiance à l'égard du scrutin : « Le Parlement ne sert à rien ! C'est le truc le plus inutile de tout le Kurdistan. Ils promettent qu'ils feront quelque chose pour toi, mais ils ne peuvent rien faire. Ils ne sont pas des politiciens déterminés à faire le bien pour leur peuple. » Militante féministe, Kanye ne baisse pas les bras, mais elle déplore l'inaction du gouvernement, alors qu'un jeune sur trois ne trouve pas de travail. Une situation qui pousse chaque année plus de 30 000 Kurdes vers l'exil : « On a l'impression qu'ils font tout leur possible pour pousser la jeunesse à partir. Je suis de cette jeunesse qui ne souhaite pas quitter son pays, je veux le rendre meilleur ! Ces politiques ne font que nous poser des limites et à la fin, ils nous empêcheront de faire quoi que ce soit. »Muhammad a 24 ans. Photographe passionné d'histoire, il nous ouvre les portes de sa chambre noire. Lui non plus n'aspire pas à quitter le Kurdistan. Au contraire, il rêve d'en raviver les couleurs du passé : « J'utilise des vieux films pour comprendre comment les photos d'autrefois ont été prises et pour documenter la mémoire visuelle du Kurdistan. »« Je suis sans espoir »Pourtant, Muhammad est inquiet : la campagne très tendue qui s'achève a ravivé les divisions entre les deux principaux partis politiques kurdes, le PDK et l'UPK, qui se partagent le pouvoir depuis la fin de la guerre civile des années 1990. Une situation dangereuse, selon lui, pour l'unité de la région : « Ils se battent les uns les autres pour des problèmes politiques. Je suis fier d'être kurde, mais je ne suis pas fier d'être un Kurde qui déteste les Kurdes. » Dans un café discret du centre-ville, nous retrouvons Stella. En 2021, cette étudiante avait rejoint les cortèges dénonçant la corruption qui paralyse le Kurdistan. Aujourd'hui, la jeune femme a complètement perdu toute illusion : « Si vous voulez la vérité, je suis sans espoir. Je ne crois pas que les choses puissent changer, à moins que cette génération soit effacée et remplacée par la suivante. Comme ça, peut-être que les choses changeront. Si l'Irak peut garantir nos droits élémentaires, alors ça ne me dérange pas d'être avec l'Irak. »Sans espoir, donc, au point de souhaiter le retour de Bagdad pour prendre le contrôle du Kurdistan. Une conviction inhabituelle dans cette région qui s'est battue pour obtenir une autonomie aujourd'hui affaiblie par la crise économique et la paralysie démocratique. Pas sûr que ces élections puissent rétablir la confiance entre la jeunesse kurde et la classe politique.
Au Kurdistan irakien, trois millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 20 octobre. Ces élections législatives étaient sans cesse reportées depuis deux ans à cause des divisions entre les deux principaux partis, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK). Un tiers des votants ont entre 18 et 30 ans. Réserve de voix incontournable, ces jeunes électeurs qui ont grandi dans un Kurdistan autonome et libéré de l'emprise irakienne rejettent ce bipartisme qui paralyse le pays. De notre correspondant à Souleymanieh, Lucas LazoKlaxons, feux d'artifices : la fin de campagne a été animée dans le centre-ville de Souleymanieh. Épicentre des mouvements étudiants au Kurdistan, la ville se démarque par une certaine liberté de ton. Nous retrouvons Kanye, la vingtaine, dans un parc à l'écart du tumulte. Comme de nombreux jeunes ici à Souleymanieh, Kanye exprime sa défiance à l'égard du scrutin : « Le Parlement ne sert à rien ! C'est le truc le plus inutile de tout le Kurdistan. Ils promettent qu'ils feront quelque chose pour toi, mais ils ne peuvent rien faire. Ils ne sont pas des politiciens déterminés à faire le bien pour leur peuple. » Militante féministe, Kanye ne baisse pas les bras, mais elle déplore l'inaction du gouvernement, alors qu'un jeune sur trois ne trouve pas de travail. Une situation qui pousse chaque année plus de 30 000 Kurdes vers l'exil : « On a l'impression qu'ils font tout leur possible pour pousser la jeunesse à partir. Je suis de cette jeunesse qui ne souhaite pas quitter son pays, je veux le rendre meilleur ! Ces politiques ne font que nous poser des limites et à la fin, ils nous empêcheront de faire quoi que ce soit. »Muhammad a 24 ans. Photographe passionné d'histoire, il nous ouvre les portes de sa chambre noire. Lui non plus n'aspire pas à quitter le Kurdistan. Au contraire, il rêve d'en raviver les couleurs du passé : « J'utilise des vieux films pour comprendre comment les photos d'autrefois ont été prises et pour documenter la mémoire visuelle du Kurdistan. »« Je suis sans espoir »Pourtant, Muhammad est inquiet : la campagne très tendue qui s'achève a ravivé les divisions entre les deux principaux partis politiques kurdes, le PDK et l'UPK, qui se partagent le pouvoir depuis la fin de la guerre civile des années 1990. Une situation dangereuse, selon lui, pour l'unité de la région : « Ils se battent les uns les autres pour des problèmes politiques. Je suis fier d'être kurde, mais je ne suis pas fier d'être un Kurde qui déteste les Kurdes. » Dans un café discret du centre-ville, nous retrouvons Stella. En 2021, cette étudiante avait rejoint les cortèges dénonçant la corruption qui paralyse le Kurdistan. Aujourd'hui, la jeune femme a complètement perdu toute illusion : « Si vous voulez la vérité, je suis sans espoir. Je ne crois pas que les choses puissent changer, à moins que cette génération soit effacée et remplacée par la suivante. Comme ça, peut-être que les choses changeront. Si l'Irak peut garantir nos droits élémentaires, alors ça ne me dérange pas d'être avec l'Irak. »Sans espoir, donc, au point de souhaiter le retour de Bagdad pour prendre le contrôle du Kurdistan. Une conviction inhabituelle dans cette région qui s'est battue pour obtenir une autonomie aujourd'hui affaiblie par la crise économique et la paralysie démocratique. Pas sûr que ces élections puissent rétablir la confiance entre la jeunesse kurde et la classe politique.
Dans certaines régions du Kurdistan irakien, un quart des habitants sont partis, fuyant les bombardements de l'armée turque. Officiellement, ces frappes ciblent les positions du PKK, le parti nationaliste kurde armé considéré comme terroriste par la Turquie. En réalité, ces bombes touchent de nombreux civils. Ces dernières semaines, Ankara a intensifié ses bombardements en vue d'une opération militaire terrestre. De notre envoyé spécial à Mawat, Dans la région montagneuse de Mawat, de nombreux habitants ont fui, cette année, les bombardements. Mais certains décident de rester, malgré le danger, comme Kaywan, un commerçant dont le magasin a été bombardé par la Turquie il y a quatre ans. « Ici, on n'a été bombardés qu'une seule fois, explique-t-il. Mais les villages autour sont frappés non pas tous les mois, ni toutes les semaines, mais tous les jours ! Quotidiennement, on entend le bourdonnement des drones qui survolent et qui bombardent nos villages. Si ce n'est pas tous les jours, c'est tous les trois jours… »Le commerçant détaille les raisons qui le poussent à rester : « Je reste parce qu'ici, c'est mon lieu de travail. Ma subsistance dépend de mon magasin. Mais ma famille a déménagé à Slemani. Si je pouvais vendre cette boutique, je ne resterais même pas une heure de plus ici ! Je quitterais immédiatement ce village de malheur pour la ville et je ne reviendrai plus jamais ! »Une offensive turque d'envergure d'ici l'étéMawat est une zone touristique prisée pour sa fraîcheur d'altitude. Mais, cette année, les visiteurs ont déserté. Taqana est restaurateur, il raconte l'impact des bombardements :« Depuis que la Turquie a bombardé notre village, le nombre de touristes a chuté de 90%. Mais dans la région, en général, les bombardements continus ont réduit le nombre de visiteurs au moins de moitié. »La Turquie promet une grande opération militaire d'ici l'été. Kameran Osman, membre d'une ONG qui documente ces frappes turques et qui connaît bien cette région montagneuse, décrypte les conséquences possibles de cette offensive : « 39 villages seraient déplacés si l'opération était menée ! Et nous craignons que cette offensive soit un bain de sang parce que des villageois vivent encore dans ces zones et refusent de partir. » Avec les membres de son ONG, ils échangent avec les villageois : « Nous leur avons parlé et ils nous disent que ce sont leurs terres ancestrales. Économiquement, ça aurait un impact. Beaucoup de gens seraient déplacés, beaucoup de gens seraient tués. » Selon Kameran Osman, il y aurait déjà eu plus de bombardement en 2024 que durant toute l'année 2023. À lire aussiLe PKK se prépare à une offensive terrestre turque dans le nord de l'Irak
Dans certaines régions du Kurdistan irakien, un quart des habitants sont partis, fuyant les bombardements de l'armée turque. Officiellement, ces frappes ciblent les positions du PKK, le parti nationaliste kurde armé considéré comme terroriste par la Turquie. En réalité, ces bombes touchent de nombreux civils. Ces dernières semaines, Ankara a intensifié ses bombardements en vue d'une opération militaire terrestre. De notre envoyé spécial à Mawat, Dans la région montagneuse de Mawat, de nombreux habitants ont fui, cette année, les bombardements. Mais certains décident de rester, malgré le danger, comme Kaywan, un commerçant dont le magasin a été bombardé par la Turquie il y a quatre ans. « Ici, on n'a été bombardés qu'une seule fois, explique-t-il. Mais les villages autour sont frappés non pas tous les mois, ni toutes les semaines, mais tous les jours ! Quotidiennement, on entend le bourdonnement des drones qui survolent et qui bombardent nos villages. Si ce n'est pas tous les jours, c'est tous les trois jours… »Le commerçant détaille les raisons qui le poussent à rester : « Je reste parce qu'ici, c'est mon lieu de travail. Ma subsistance dépend de mon magasin. Mais ma famille a déménagé à Slemani. Si je pouvais vendre cette boutique, je ne resterais même pas une heure de plus ici ! Je quitterais immédiatement ce village de malheur pour la ville et je ne reviendrai plus jamais ! »Une offensive turque d'envergure d'ici l'étéMawat est une zone touristique prisée pour sa fraîcheur d'altitude. Mais, cette année, les visiteurs ont déserté. Taqana est restaurateur, il raconte l'impact des bombardements :« Depuis que la Turquie a bombardé notre village, le nombre de touristes a chuté de 90%. Mais dans la région, en général, les bombardements continus ont réduit le nombre de visiteurs au moins de moitié. »La Turquie promet une grande opération militaire d'ici l'été. Kameran Osman, membre d'une ONG qui documente ces frappes turques et qui connaît bien cette région montagneuse, décrypte les conséquences possibles de cette offensive : « 39 villages seraient déplacés si l'opération était menée ! Et nous craignons que cette offensive soit un bain de sang parce que des villageois vivent encore dans ces zones et refusent de partir. » Avec les membres de son ONG, ils échangent avec les villageois : « Nous leur avons parlé et ils nous disent que ce sont leurs terres ancestrales. Économiquement, ça aurait un impact. Beaucoup de gens seraient déplacés, beaucoup de gens seraient tués. » Selon Kameran Osman, il y aurait déjà eu plus de bombardement en 2024 que durant toute l'année 2023. À lire aussiLe PKK se prépare à une offensive terrestre turque dans le nord de l'Irak
Le Kurdistan irakien a suspendu la délivrance de visas des travailleurs venus de la Syrie voisine. Ça concerne aussi le renouvellement des titres de séjour. Au total, ça représente 5 % de la population du Kurdistan irakien. Quelque 240 000 Syriens sont venus s'y réfugier depuis le début de la guerre civile en 2011. Objectif de cette mesure selon le gouvernement Kurde : lutter contre le chômage endémique des jeunes Kurdes.
Le Kurdistan irakien a suspendu la délivrance de visas des travailleurs venus de la Syrie voisine. Ça concerne aussi le renouvellement des titres de séjour. Au total, ça représente 5 % de la population du Kurdistan irakien. Quelque 240 000 Syriens sont venus s'y réfugier depuis le début de la guerre civile en 2011. Objectif de cette mesure selon le gouvernement Kurde : lutter contre le chômage endémique des jeunes Kurdes.
Au Kurdistan Irakien, un million d'élèves n'ont pas école. Depuis le mois de septembre 2023, leurs professeurs ne sont plus payés, comme tous les fonctionnaires de la région autonome. La faute à l'arrêt des exportations de pétrole, principale ressource dans la région, dû à un désaccord avec la Turquie. Les professeurs ont donc arrêté de faire cours et manifestent par milliers tous les dimanches. De notre correspondant à Slemani,Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent tous les dimanches des milliers de professeurs grévistes manifester leurs colères chaque semaine à Slemani, deuxième ville du Kurdistan irakien.« Le dernier salaire que j'ai reçu ? C'était le 4 septembre 2023... » Sader, l'un des leaders de la contestation, est professeur pour des élèves de 7 à 12 ans. Il nous accueille chez lui, avec son costume marron et sa cravate violette : « Nous n'irons plus faire cours pour faire pression sur le gouvernement jusqu'à ce que nous soyons payés ».Les autorités intimident les professeursAu fur et à mesure, les manifestations s'élargissent. Des rassemblements ont lieu dans plusieurs villes. Aujourd'hui, c'est 10 000 professeurs qui participent tous dimanches aux protestations. La semaine dernière, Sadeq a été arrêté par les services secrets kurdes : « Ils m'ont retenu pendant neuf heures avec douze autres professeurs. Ils nous ont mis la pression pour qu'on arrête… Les services secrets ont déjà brulé des voitures d'autres professeurs. Parfois, je dors chez mes parents avec ma famille parce que j'ai trop peur de passer la nuit chez moi. »À écouter aussiAu Kurdistan irakien, le départ éventuel des troupes américaines inquiète la population« J'espère que l'école rouvrira bientôt, mais là, l'année est foutue ». Drwa est la mère de trois enfants de 3, 13 et 15 ans. Depuis le mois de septembre 2023, aucun ne va à l'école. Ils passent leurs journées à jouer au football dans le salon ou aux jeux vidéos. « Bien sûr, je n'aurais jamais imaginé que l'école ferme aussi longtemps, déplore la mère de famille. Je pensais que ça allait durer maximum deux semaines. Je n'ai jamais vu ça. »« Nos rêves risquent de s'effondrer »Rodan, un jeune qui ne peut plus aller en cours, s'inquiète de la situation : « J'ai un mauvais pressentiment. On manque les cours depuis trop longtemps, ce n'est pas bon… C'est la seule éducation qu'on ait. Si ça continue comme ça, nos rêves risquent de s'effondrer ». Et quand on lui demande ce qu'il veut faire comme métier, Rodan répond : « Docteur ».Le gouvernement a récemment menacé les professeurs grévistes de les renvoyer s'ils ne reprenaient pas les cours avant la fin du mois.À lire aussiIrak: menaces d'une guerre entre kurdes au Kurdistan
Au Kurdistan Irakien, un million d'élèves n'ont pas école. Depuis le mois de septembre 2023, leurs professeurs ne sont plus payés, comme tous les fonctionnaires de la région autonome. La faute à l'arrêt des exportations de pétrole, principale ressource dans la région, dû à un désaccord avec la Turquie. Les professeurs ont donc arrêté de faire cours et manifestent par milliers tous les dimanches. De notre correspondant à Slemani,Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent tous les dimanches des milliers de professeurs grévistes manifester leurs colères chaque semaine à Slemani, deuxième ville du Kurdistan irakien.« Le dernier salaire que j'ai reçu ? C'était le 4 septembre 2023... » Sader, l'un des leaders de la contestation, est professeur pour des élèves de 7 à 12 ans. Il nous accueille chez lui, avec son costume marron et sa cravate violette : « Nous n'irons plus faire cours pour faire pression sur le gouvernement jusqu'à ce que nous soyons payés ».Les autorités intimident les professeursAu fur et à mesure, les manifestations s'élargissent. Des rassemblements ont lieu dans plusieurs villes. Aujourd'hui, c'est 10 000 professeurs qui participent tous dimanches aux protestations. La semaine dernière, Sadeq a été arrêté par les services secrets kurdes : « Ils m'ont retenu pendant neuf heures avec douze autres professeurs. Ils nous ont mis la pression pour qu'on arrête… Les services secrets ont déjà brulé des voitures d'autres professeurs. Parfois, je dors chez mes parents avec ma famille parce que j'ai trop peur de passer la nuit chez moi. »À écouter aussiAu Kurdistan irakien, le départ éventuel des troupes américaines inquiète la population« J'espère que l'école rouvrira bientôt, mais là, l'année est foutue ». Drwa est la mère de trois enfants de 3, 13 et 15 ans. Depuis le mois de septembre 2023, aucun ne va à l'école. Ils passent leurs journées à jouer au football dans le salon ou aux jeux vidéos. « Bien sûr, je n'aurais jamais imaginé que l'école ferme aussi longtemps, déplore la mère de famille. Je pensais que ça allait durer maximum deux semaines. Je n'ai jamais vu ça. »« Nos rêves risquent de s'effondrer »Rodan, un jeune qui ne peut plus aller en cours, s'inquiète de la situation : « J'ai un mauvais pressentiment. On manque les cours depuis trop longtemps, ce n'est pas bon… C'est la seule éducation qu'on ait. Si ça continue comme ça, nos rêves risquent de s'effondrer ». Et quand on lui demande ce qu'il veut faire comme métier, Rodan répond : « Docteur ».Le gouvernement a récemment menacé les professeurs grévistes de les renvoyer s'ils ne reprenaient pas les cours avant la fin du mois.À lire aussiIrak: menaces d'une guerre entre kurdes au Kurdistan
Alors que leurs bases sont quotidiennement prises pour cibles par des milices pro-iraniennes depuis le début de la guerre de Gaza et que le Premier ministre a enjoint publiquement le départ des forces de la coalition internationale, les Américains ont convenu de pourparlers avec les Irakiens pour préparer leur retrait. Mais ce départ éventuel provoque une grande inquiétude chez les Kurdes irakiens. De notre correspondant à Erbil, « Leur départ serait vraiment une mauvaise chose. » Au bazar, le bruit d'un éventuel départ américain inquiète certains habitants. Comme cette Arabe de Bagdad, habillée à l'occidentale, venue habiter à Erbil. « Nous, les femmes, avons acquis notre liberté individuelle grâce à eux. Notre liberté dans notre manière de nous habiller, de nous comporter… Et puis si les Américains repartent, ce sera le retour de Daech à 100% ! Ou peut-être juste sous un autre nom. »« Qu'ils se retirent ou non, ils feront absolument ce qu'ils voudront, estime un homme, tandis qu'un hélicoptère américain passe juste au-dessus. Les États-Unis se considèrent comme une grande puissance, comme une grande autorité. Ils resteront quoi que nous leur disions. Jamais ils n'écouteront notre avis ».Un retrait d'ici deux à cinq ans ?Comprendre à quel point ce départ éventuel crée du remous dans la société kurde implique de se replonger dans l'histoire. La région autonome kurde irakienne a été inventée avec la bénédiction, la protection des États-Unis. « Au cours de ces 32 dernières années, le Kurdistan a été protégé par le soutien des États-Unis et des autres forces occidentales, rappelle l'analyste Ali Kurdistani. La possibilité de mettre fin à cette défense américaine et occidentale sur le Kurdistan aurait un impact énorme et direct sur la région du Kurdistan et ses habitants. »Mais malgré les dernières déclarations américaines, un retrait total et imminent des États-Unis du Kurdistan reste improbable, analyse le chercheur en sciences politiques Arthur Quesnay : « On parle d'un calendrier de retrait encore très vague, d'ici deux à cinq ans. Pour l'instant, les négociations sur ce retrait n'ont absolument pas commencé. Ces déclarations sont aussi une manière aussi de chercher la désescalade avec l'Iran. Les États-Unis veulent renvoyer la balle dans le camp iranien en disant qu'ils ne sont pas là pour rester, qu'ils envisagent un retrait potentiel. Et que les frappes contre leurs bases ne sont pas justifiées », précise le chercheur.Interrogé sur un possible retrait des troupes américaines au Kurdistan, le gouvernement kurde n'a pas souhaité répondre à nos questions.À lire aussiKurdistan irakien: après les frappes iraniennes sur Erbil, la colère des Kurdes et la prudence officielle
Alors que leurs bases sont quotidiennement prises pour cibles par des milices pro-iraniennes depuis le début de la guerre de Gaza et que le Premier ministre a enjoint publiquement le départ des forces de la coalition internationale, les Américains ont convenu de pourparlers avec les Irakiens pour préparer leur retrait. Mais ce départ éventuel provoque une grande inquiétude chez les Kurdes irakiens. De notre correspondant à Erbil, « Leur départ serait vraiment une mauvaise chose. » Au bazar, le bruit d'un éventuel départ américain inquiète certains habitants. Comme cette Arabe de Bagdad, habillée à l'occidentale, venue habiter à Erbil. « Nous, les femmes, avons acquis notre liberté individuelle grâce à eux. Notre liberté dans notre manière de nous habiller, de nous comporter… Et puis si les Américains repartent, ce sera le retour de Daech à 100% ! Ou peut-être juste sous un autre nom. »« Qu'ils se retirent ou non, ils feront absolument ce qu'ils voudront, estime un homme, tandis qu'un hélicoptère américain passe juste au-dessus. Les États-Unis se considèrent comme une grande puissance, comme une grande autorité. Ils resteront quoi que nous leur disions. Jamais ils n'écouteront notre avis ».Un retrait d'ici deux à cinq ans ?Comprendre à quel point ce départ éventuel crée du remous dans la société kurde implique de se replonger dans l'histoire. La région autonome kurde irakienne a été inventée avec la bénédiction, la protection des États-Unis. « Au cours de ces 32 dernières années, le Kurdistan a été protégé par le soutien des États-Unis et des autres forces occidentales, rappelle l'analyste Ali Kurdistani. La possibilité de mettre fin à cette défense américaine et occidentale sur le Kurdistan aurait un impact énorme et direct sur la région du Kurdistan et ses habitants. »Mais malgré les dernières déclarations américaines, un retrait total et imminent des États-Unis du Kurdistan reste improbable, analyse le chercheur en sciences politiques Arthur Quesnay : « On parle d'un calendrier de retrait encore très vague, d'ici deux à cinq ans. Pour l'instant, les négociations sur ce retrait n'ont absolument pas commencé. Ces déclarations sont aussi une manière aussi de chercher la désescalade avec l'Iran. Les États-Unis veulent renvoyer la balle dans le camp iranien en disant qu'ils ne sont pas là pour rester, qu'ils envisagent un retrait potentiel. Et que les frappes contre leurs bases ne sont pas justifiées », précise le chercheur.Interrogé sur un possible retrait des troupes américaines au Kurdistan, le gouvernement kurde n'a pas souhaité répondre à nos questions.À lire aussiKurdistan irakien: après les frappes iraniennes sur Erbil, la colère des Kurdes et la prudence officielle
L'Iran a lancé sur la capitale du Kurdistan irakien une dizaine de missiles balistiques sur une base israélienne secrète. Base israélienne dont l'existence est contestée par les autorités kurdes. Bilan de ces frappes : quatre civils tués dont une petite fille de 11 mois. Le Kurdistan irakien, qui abrite des bases américaines, est aussi dépendant économiquement de l'Iran. C'est un dangereux jeu d'équilibre auquel doivent se plier les Kurdes.
L'Iran a mené des séries de frappes de missiles balistiques dans la nuit du 15 au 16 au Kurdistan irakien et en Syrie. Ces frappes qui ont tué quatre civils selon des sources kurdes, ont été condamnées par Bagdad comme une « agression visant la souveraineté de l'Irak ». Entretien avec Héloïse Fayet, chercheuse au Centre des études de sécurité de l'Ifri. Héloïse Fayet est l'autrice de l'article « Un "croissant chiite" en miettes ? L'évolution de l'influence régionale de l'Iran depuis 1979 », Revue Confluences Méditerranée, n°125.
L'Irak est l'un des plus fragiles face au changement climatique : la désertification progresse et ses ressources en eau disparaisse. Mais le fleuve du Tigre, cette dernière, source de vie pour des millions d'Irakiens, est gravement polluée. Au Kurdistan, 850 000 habitants boivent quasiment directement les rejets de la deuxième ville de la région, Souleimaniye, dans un affluent du Tigre, le Tanjaro.
Les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents du fait du dérèglement climatique. En Irak, l'un des pays les plus chauds du monde, les autorités tentent de trouver des solutions pour lutter contre ces températures excessives. Une ville kurde, Akre, a interdit le béton, et ce dans plusieurs quartiers anciens, pour privilégier les pierres jugées plus résistantes à la chaleur. De notre envoyé spécial de retour d'Akre,Dans les vieux quartiers d'Akre, celui qui utilise du béton risque trois ans de prison. Priorité à la pierre et à la terre. « Ce sont des matériaux bien adaptés à l'environnement de la région, explique Hiwa Shimal Ahmad, l'urbaniste de la ville. Ces matériaux sont aussi meilleurs que le béton pour la santé en plus d'être plus efficace contre la chaleur, le froid et l'humidité. »Il fait très chaud, plus de 35°C à l'ombre. Mais derrière les épais murs de la maison d'Ismaël, un habitant du quartier, le thermomètre affiche 10° de moins. « Il n'y a pas de climatiseur, se réjouit Ismaël. Et en hiver, il fait chaud, on n'utilise même pas le chauffage. »Malgré tout, ces maisons anciennes ont souvent besoin de rénovation. Les pierres coûtent cher et les habitants de ces quartiers sont pauvres et parfois réfugiés syriens. « Ma maison a besoin d'être rénovée, ajoute Ismaël. Il y a de nombreuses fissures dans les murs. Mais moi, je ne peux rien faire, je suis fonctionnaire, je n'ai pas assez d'argent. On a dû abandonner cette chambre juste derrière, là. C'est devenu trop dangereux. On vit dans les autres chambres. »Dans cette pièce, le mur est sur le point de s'effondrer. « Cette loi est irresponsable de la part du gouvernement, précise l'habitant. D'un côté, ils nous interdisent d'utiliser du béton, et de l'autre, ils ne nous aident pas financièrement. Pourtant, cette loi ne concerne que deux quartiers de la ville. Ils pourraient nous aider quand même ! »Mais l'argent n'est pas le seul frein à la rénovation par la pierre. « Pourquoi il faudrait que je rénove ma maison avec de la terre alors que ma maison est déjà en terre ?, s'interroge Cidra, qui vit dans la maison de son frère dont le toit est en terre. Nous voulons du béton, c'est plus propre ! Au-dessus de notre tête, il y a des serpents et des insectes dans la terre. Ce n'est pas le cas avec du béton. »« Des quatre autres maisons de ma rue, il ne reste que la mienne, continue Cidra. Les autres habitations se sont effondrées. Les familles sont parties parce qu'elles ne pouvaient pas les rénover avec du béton. Regardez-vous même ! » Dans ce quartier, sur les 1 500 maisons qui ont besoin de rénovation, seulement 25 ont bénéficié de travaux depuis dix ans.
durée : 00:02:30 - En direct du monde - Avec un thermomètre qui frôle déjà les 45°C à la fin du mois de juin, le Kurdistan irakien tente d'adapter les matériaux de construction aux fortes chaleurs. Dans certains quartiers, le béton est tout simplement interdit.
Dilan Adamat est franco-irakien, originaire de la ville chrétienne d'Ankawa qui fait désormais partie de l'agglomération d'Erbil dans la Région du Kurdistan. Il évoque avec nous son parcours, sa vie passée en France et son choix de venir vivre dans son pays d'origine en 2019.See omnystudio.com/listener for privacy information.
L'armée fédérale irakienne a encerclé ce samedi 20 mai le camp Makhmour, camp du PKK en zone disputée avec le Kurdistan. Le PKK, parti nationaliste kurde de Turquie, est une organisation armée considérée comme terroriste par Ankara. Ce groupe, ennemi numéro un de Recep Tayipp Erdogan, est régulièrement bombardé depuis le premier tour de la présidentielle. Des drones et des avions de combat ont fait trois morts parmi des alliés du PKK. Juste à côté de Makhmour, plus important camp civil du parti. De notre correspondant de retour de Makhmour,Au café du camp, on boit du thé et puis on joue aux dominos toute l'après-midi. C'est un peu le sport national ici. « Comme on a déjà été bombardé, on sait que c'est du sérieux. Et Erdogan, s'il est bel et bien réélu, il voudra en finir avec les Kurdes. Les exterminer en Turquie et ailleurs ! », s'exclame Rewan.Makhmour, c'est immense. C'est une véritable petite ville du PKK en Irak, quelque 11 000 Kurdes vivent ici. Beaucoup sont des familles de combattants partis dans les montagnes, dans la guérilla contre l'armée turque. Le camp a été fondé il y a 20 ans maintenant et depuis tous le monde a les yeux rivés vers le ciel pour guetter les avions et les drones turcs.► À lire aussi : À l'approche des élections, la Turquie met la pression sur le Kurdistan irakien« Peut-être qu'un jour, je vais rejoindre la guérilla du PKK pour combattre Erdogan »Roj, une jeune fille de 14 ans, vit entourée de ses perroquets. Elle est née ici, à Makhmour, et pourtant, elle suit assidûment les élections de son pays d'origine. « N'importe qui constate qu'Erdogan tue des gens, vole leur vote, ne peut pas accepter ça ! Moralement, je veux dire. Donc, oui, peut-être qu'un jour, je vais rejoindre la guérilla du PKK pour me battre contre Erdogan ! »Sultan, la mère de Roj, observe sa fille. Cette femme a eu 10 enfants. Trois sont morts ; c'étaient trois filles combattantes contre l'armée turque. « Nos enfants ici voient les drones, qu'ils filment avec leurs téléphones. Ils sont si bas… Les drones comme les avions de combat. Hier, on aurait dit qu'ils étaient sur le point de nous bombarder ! On a eu très peur… C'est psychologique. On fait des cauchemars d'avions la nuit. »► À lire aussi : Un groupe armé proche du PKK visé par des frappes turques en Irak« Pourquoi ne pas essayer l'autre ? »Le patron du camp, le chef politique Yousuf Amin Abdullah, nous accueille. « Nous sommes certains qu'il y a eu tricherie. Erdogan n'a pas participé aux élections avec son parti politique, mais avec l'État. Il a usé des services de l'État dans son intérêt », assène-t-il. « Des milliers de membres de l'opposition sont en prison. Ce qui met une pression incroyable sur les partis politiques kurdes. Et quand Erdogan enferme des milliers de Kurdes, de fait, il prend leur vote et il le jette à poubelle ! »« Kiliçdaroglu veut, lui aussi, effacer notre révolution. Mais ce qu'Erdogan nous a fait, Kemal ne pourra pas faire pire. Nous voulons passer à autre chose qu'Erdogan. Alors, pourquoi ne pas essayer l'autre ? », poursuit-il. Malgré le discours anti-PKK qu'a tenu Kemal Kiliçdaroglu après le premier tour, il ajoute : « Maintenant, Kilijdaroglu, n'est pas lui-même. Son discours ne représente plus seulement ses idées du fait de ses alliances politiques. »► À lire aussi : Élection en Turquie : à la recherche de voix nationalistes, l'opposant Kiliçdaroglu durcit le ton sur les réfugiésL'armée irakienne a donc encerclé le camp ce samedi 20 mai pour mieux le contrôler sous pression de la Turquie.
durée : 00:58:08 - Cultures Monde - par : Julie Gacon - Le 25 septembre 2017 la région autonome du Kurdistan en Irak organisait un référendum sur l'indépendance. Le Oui l'emportait à 92%. Un scrutin contesté par Bagdad qui n'a jamais eu l'intention d'accorder l'indépendance aux Kurdes, d'autant que la région recèle de richesses pétrolières. - invités : Hardy Mede Politologue, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP); Laurent Perpigna Iban Journaliste indépendant; Leïla Porcher Anthropologue
Depuis plusieurs semaines, le Kurdistan irakien est la cible de bombardements de toutes parts. À l'est, Téhéran vise différents groupes d'opposition kurdes iraniens et dans le nord, la Turquie cible le Parti des travailleurs du Kurdistan depuis des années. Une situation qui a des conséquences sur les civils proches des Peshmergas, mais aussi les Irakiens qui subissent l'importation de conflits extérieurs sur leur territoire. La ville de Koya, à l'est du Kurdistan irakien, vit sous la menace des frappes iraniennes sur les positions militarisées du PDKI. Le Parti démocratique du Kurdistan d'Iran est accusé par Téhéran d'attiser les manifestations contre le régime depuis la mort de Mahsa Amini. Mais ces frappes ont aussi visé ces derniers mois le camp abritant les civils proches de ces Peshmergas. Souroush, 7 ans, y était. Il vit aujourd'hui caché dans une petite maison de la ville, mais ses dessins représentent toujours l'attaque au cours de laquelle son école a été endommagée. « Il y a les missiles qui ont frappé notre école. Le missile a cassé notre école et les élèves sont partis en courant, raconte-t-il. Il n'y a plus personne là-bas depuis l'attaque. Je n'ai pas eu peur, je ne suis pas un enfant qui a peur. » « Nous sommes un troupeau sans berger » Son aplomb cache des traumatismes. Ses parents craignent la reprise des bombardements et les conséquences psychologiques sur leur fils. Le quartier général des PDKI est tout proche, particulièrement du village chrétien voisin d'Harmota. Ici, la quasi-totalité des 250 familles ont fui, affirme Zaya Martany, est le prêtre de la commune. « Qui va leur dire de revenir et "ne vous en faites pas, on vous protège" ? Nous sommes un troupeau sans berger. Nous aimerions que la situation s'arrange, et que tous les acteurs externes ou internes respectent cette nation comme toutes les autres. » Dans la vallée de Nahla, à l'autre bout du Kurdistan irakien, l'exaspération est la même. Ici, la Turquie bombarde régulièrement les positions du parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Allan Esho Youel est né là. Il a 26 ans et il en a assez : « Ça n'a rien à voir avec nous et ce n'est pas supposé se produire ici. S'ils nous attaquaient, on penserait à partir, mais ils attaquent ceux qui se sont installés dans notre région. Ce serait préférable qu'ils s'en aillent ». William Esho Oshana, chef de village, craint que la situation ne se dégrade encore. Une fissure de la largeur de sa main court le long du mur de son salon depuis les derniers bombardements. « La Turquie continue d'avancer et de les pousser toujours plus vers nous. Le PKK était dans les montagnes et maintenant, il commence à descendre », témoigne-t-il. Un check-point contrôle toute entrée dans la vallée, y compris des marchandises. Les habitants se sentent donc enfermés et abandonnés par les autorités kurdes et irakiennes. ► À lire aussi : L'Iran mène de nouvelles attaques au Kurdistan irakien
Depuis plusieurs semaines, le Kurdistan irakien est la cible de bombardements de toutes parts. À l'est, Téhéran vise différents groupes d'opposition kurdes iraniens et dans le nord, la Turquie cible le Parti des travailleurs du Kurdistan depuis des années. Une situation qui a des conséquences sur les civils proches des Peshmergas, mais aussi les Irakiens qui subissent l'importation de conflits extérieurs sur leur territoire. La ville de Koya, à l'est du Kurdistan irakien, vit sous la menace des frappes iraniennes sur les positions militarisées du PDKI. Le Parti démocratique du Kurdistan d'Iran est accusé par Téhéran d'attiser les manifestations contre le régime depuis la mort de Mahsa Amini. Mais ces frappes ont aussi visé ces derniers mois le camp abritant les civils proches de ces Peshmergas. Souroush, 7 ans, y était. Il vit aujourd'hui caché dans une petite maison de la ville, mais ses dessins représentent toujours l'attaque au cours de laquelle son école a été endommagée. « Il y a les missiles qui ont frappé notre école. Le missile a cassé notre école et les élèves sont partis en courant, raconte-t-il. Il n'y a plus personne là-bas depuis l'attaque. Je n'ai pas eu peur, je ne suis pas un enfant qui a peur. » « Nous sommes un troupeau sans berger » Son aplomb cache des traumatismes. Ses parents craignent la reprise des bombardements et les conséquences psychologiques sur leur fils. Le quartier général des PDKI est tout proche, particulièrement du village chrétien voisin d'Harmota. Ici, la quasi-totalité des 250 familles ont fui, affirme Zaya Martany, est le prêtre de la commune. « Qui va leur dire de revenir et "ne vous en faites pas, on vous protège" ? Nous sommes un troupeau sans berger. Nous aimerions que la situation s'arrange, et que tous les acteurs externes ou internes respectent cette nation comme toutes les autres. » Dans la vallée de Nahla, à l'autre bout du Kurdistan irakien, l'exaspération est la même. Ici, la Turquie bombarde régulièrement les positions du parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Allan Esho Youel est né là. Il a 26 ans et il en a assez : « Ça n'a rien à voir avec nous et ce n'est pas supposé se produire ici. S'ils nous attaquaient, on penserait à partir, mais ils attaquent ceux qui se sont installés dans notre région. Ce serait préférable qu'ils s'en aillent ». William Esho Oshana, chef de village, craint que la situation ne se dégrade encore. Une fissure de la largeur de sa main court le long du mur de son salon depuis les derniers bombardements. « La Turquie continue d'avancer et de les pousser toujours plus vers nous. Le PKK était dans les montagnes et maintenant, il commence à descendre », témoigne-t-il. Un check-point contrôle toute entrée dans la vallée, y compris des marchandises. Les habitants se sentent donc enfermés et abandonnés par les autorités kurdes et irakiennes. ► À lire aussi : L'Iran mène de nouvelles attaques au Kurdistan irakien
L'Iran a de nouveau bombardé des groupes d'opposition kurdes iraniens basés au Kurdistan d'Irak voisin. Ces factions dissidentes sont accusées par Téhéran d'attiser les manifestations qui secouent la République islamique, depuis la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs à Téhéran le 16 septembre. Les bombardements interviennent un jour après des frappes aériennes menées par la Turquie au Kurdistan d'Irak contre des bases des rebelles kurdes turcs du PKK. Des frappes qui font craindre une escalade militaire dans la région. Analyse de Adel Bakawan, directeur du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI). Auteur de L'Irak, un siècle de faillite, de 1921 à nos jours », éditions Tallandier.
Vu sur Alter-Egaux (14) : « Pas similaires mais solidaires » avec Andréas, réfugié irakien et Cécile Pilorge de l'association SSAR « Ce lundi 28 mars 2022, Andréas Alshamani et Cécile Pilorge, respectivement réfugié irakien et membre de l'association SSAR (Solidarité Sucéenne Avec les Réfugiés) , sont venus partager des valeurs humanistes toujours dans l'idée d'accompagner les élèves de 3ème dans leur EPI « Deviens ambassadeur de l'égalité ». Un échange d'une grande richesse, dans lequel, Alice, Evan, Jouneid, […] Cet article provient de Radio AlterNantes FM
Ancien directeur adjoint de Paris Match, grand reporter pour RT France, Regis Le Sommier nous plonge dans les grands événements du 21e siècle : au cœur du conflit Syrien et Irakien, au plus près de la prise de Kaboul par les Talibans, dans les alcôves de la Maison Blanche ou sur les ruines de la Nouvelle Orléans après le cyclone Katrina. Retenez votre souffle, et plongez dans la tourmente de l'Histoire ! Soutenez-nous !
Une résurgence de Daech est-elle possible au Moyen-Orient ? Fin janvier, des membres du groupuscule ont pris d'assaut une prison dans le nord-est syrien. De quoi inquiéter les pays voisins, comme l'Irak, où le groupe est encore présent. Les missions antiterroristes se sont accélérées. Notre correspondante dans le pays a pu obtenir un accès exclusif à l'une de ces missions conduites par les forces antiterroristes irakiennes. La nuit tombe sur le quartier général des forces antiterroristes irakiennes.Dans une salle de réunion, une vingtaine de soldats, en tenue de combat noire, répètent le plan à suivre pour la mission de cette nuit. « L'objectif de l'opération est de capturer le suspect. Il sera dans la région d'al-Anbar, district de Garma, quartier de Gantar. » Après plusieurs mois d'enquête, ces hommes s'apprêtent à partir pour arrêter un Irakien, suspecté d'appartenir au groupe État Islamique. Debout devant ses troupes, le commandant pointe une photo de l'homme recherché sur un écran numérique. « L'ennemi est un chef d'équipe. Il utilise des engins explosifs improvisés contre les forces de l'ordre pour les assassiner et enlève des citoyens qui ont de l'argent pour les extorquer. Précise le général qui conclut, c'est clair pour tout le monde… Alors c'est parti. » À l'extérieur, une soixantaine de soldats sautent alors dans les véhicules blindés qui les attendent en rang. Les uns après les autres, ils s'enfoncent dans la nuit noire irakienne, vers le nord de Fallujah, où leur informateur vient de confirmer la présence du suspect. Une menace permanente Depuis la défaite territoriale du groupe en 2017, les attaques terroristes sont de plus en plus rares, mais le récent regain d'activité en Syrie fait craindre un effet cascade sur l'Irak voisin. Les opérations aux frontières se sont donc multipliées, ces derniers jours Dans l'un des véhicules, les chefs de missions regardent une carte satellite sur leur téléphone portable : « On va partir d'ici, et on lance l'intervention ici. Il y a peut-être quelque chose dans cette zone ouverte, il faut faire attention car on n'y est pas et on ne l'a pas vu de nos propres yeux… ok ? » La cible approche. Les blindés éteignent leurs phares et les premières lignes se lancent à pieds, à l'aide de vision nocturne. Ils atteignent la maison, au milieu d'un champ, puis interviennent, l'arme haute, prêts à tirer si besoin. L'homme est bien présent. il est immobilisé dans un coin de la pièce principale. Sa famille est isolée dans la chambre. Les hommes fouillent alors le domicile. « On vient de lui confisquer son portable. On va pouvoir faire des recherches dessus, précise le chef de mission. Aucune arme n'a été trouvée, mais c'est une ferme ici, la planque est sûrement ailleurs. » Ces forces armées placent alors un sac en tissu noir sur la tête du suspect, puis l'embarque. Impossible de vérifier s'il est bien responsable des crimes dont il est accusé. Ce sera à la Justice de le décider. Ces combattants, eux, disparaissent une nouvelle fois dans la nuit pour la fin de cette mission et le début de nombreuses autres, à la recherche des terroristes encore présents dans le pays.
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Chaque matin, Vincent Hervouët nous livre son regard sur l'actualité internationale. Ce mercredi, il revient sur la condamnation d'un Irakien à la perpetuité pour génocide de la minorité yazidie.
Chaque matin, Vincent Hervouët nous livre son regard sur l'actualité internationale. Ce mercredi, il revient sur la condamnation d'un Irakien à la perpetuité pour génocide de la minorité yazidie.
Dans les pays du Moyen-Orient, seules deux femmes sont présidentes de Parlement : Fawzia Zainal au Bahreïn et Rewaz Faiq au Kurdistan irakien. Cette dernière a été élue en 2019 dans cette région autonome d'Irak. Dans une société qui reste largement patriarcale et conservatrice, la vie parlementaire est semée d'embûches pour Rewaz Faiq qui doit aussi faire face au manque de soutien au sein de son propre parti.
Poète et auteur Irakien exilé à Paris depuis plus de 40 ans, Salah al Hamdani arpente les rues de la capitale française en quête dʹune lumière, dʹune ruelle ou dʹun parfum lui rappelant Bagdad. Cet opposant au régime de Saddam Hussein se sent viscéralement parisien et, en même temps, à jamais enraciné dans la ville qui lʹa vu naître. Déambuler avec Salah Al Hamdani dans Paris, cʹest voir Bagdad se profiler sous les pavés. Bagdad omniprésente dans sa poésie: Bagdad mon amour, une saison dʹexil, oublier Bagdad, Bagdad-Bagdad, autant de recueils qui disent lʹexil, lʹengagement politique et lʹattachement à sa ville dʹorigine. Quant à son attachement à la France, il le doit à un livre, ʹʹle mythe de Sisypheʹʹ dʹAlbert Camus, lu en arabe, par hasard, dans un café de Bagdad. Interview: Muriel Mérat (1e diffusion en 2 volets les 4 et 5.12.2018) Réalisation: Rodolphe Bauchau Production: Muriel Mérat & Christophe Canut Photo: Portrait de Salah Al-Hamdani poète et homme de théâtre français dʹorigine irakienne - Paris 2014 Francesco Gattoni -Leemage via AFP
Irakien vivant depuis son enfance en France après un exode, Patrick Al-Yacoub, sous-diacre de l'Eglise chaldéenne Saint-Ephrem de Vaulx-en-Velin, revient sur les enjeux du voyage historique du Pape François en Irak.
Elish Yako, chrétien chaldéen, homme d’affaires franco-irakien, secrétaire général de l’Association d’entraide des minorités d’Orient (AEMO)
Plus de trois ans après le référendum d’indépendance qui s'est soldé par un échec, quelle est la situation au Kurdistan irakien? Pour en apprendre plus sur les défis politiques de cette région enclavée entre l'Iran, la Syrie, la Turquie et l'Irak, l'Observatoire sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (OMAN) a organisé une conférence de Benjamin Toubol, doctorant en science politique de l’Université Laval. Cette conférence, oscillant entre luttes d’influence et processus de construction étatique, était animée par Mylène de Repentigny-Corbeil, chercheure et coordonnatrice de l'OMAN, et commentée par Sami Aoun, directeur de l'OMAN. Vous pouvez consulter la présentation du conférencier.
J'ai pas fini mon rêve d'Henri Gougaud Henri Gougaud aiment les mots, ces nombreux métiers le prouvent, il est parolier, chanteur , conteur, auteur, raconteur d'histoires. Celui qui dit avoir "commencé à s'interesser à la vie à travers la poésie" a écrit "J'ai pas fini mon rêve" aux éditions Albin Michel. Est-ce son don de conteur qui a offert à Henri Gougaud de s’inventer mille vies ? Dans ce récit riche et vibrant, écrit d’une plume tendre et amusée, l’écrivain et poète nous dévoile ses chemins secrets. Ils suivent les bouleversements de l’histoire : l’Occupation allemande vécue, enfant, à Carcassonne dans une famille de résistants. Puis le départ pour Paris et la vie d’artiste, le monde libertaire, les cabarets de la Rive Gauche où il devient parolier de Gréco, Ferrat, Reggiani, puis l’expérience de la radio, aux côtés de Claude Villers, où il transmet l’immense répertoire de la tradition orale des contes. Jusqu’à l’écriture, à laquelle il décide de se consacrer. Tous tes mots dans ma tête d'Églantine Eméyé Églantine Eméyé est animatrice télé dans "Le monde de Jamy" et présentatrice radio dans l'émission de France bleu "C'est déjà demain". Elle est également présidente de l'association "Un pas vers la vie" qui offre des espaces pédagogiques adaptés aux enfants handicapés. C'est aussi la maman de Samy, jeune garçon autiste dont elle contait la vie dans son premier livre "Voleur de brosses à dents". Elle sort un nouvau livre dans la même dynamique : "Tous tes mots dans ma tête" aux éditions Robert Laffont. Depuis Le voleur de brosses à dents, Samy a grandi. Il a aujourd’hui 12 ans, et vit dans un lieu spécial, pour personnes polyhandicapées. Il ne parle pas. Mohammed, lui, a 37 ans. Il est réfugié, Irakien, et vient juste d’arriver en France. Il parle, mais seulement sa langue natale. Entre ces deux êtres, qui n’ont a priori rien en commun, va pourtant naître une véritable amitié. Dans ce dialogue imaginaire entre son petit garçon et le réfugié qu’elle a accueilli chez elle, Eglantine Eméyé nous donne à voir, à travers leurs yeux, une autre vie. Celle que nous ne parvenons pas à imaginer, celle des « différents », des « autres » …
De plus en plus de nouveaux sports font leur apparition à Bagdad. Loin de l'image de conflits et de violences que renvoie la capitale irakienne, ces lieux de détente et de loisirs attirent de plus en plus d'habitants, en quête d'amusement et de nouveaux défis. Mais les obstacles sont nombreux en Irak pour ces nouveaux sportifs. Notre correspondante à Bagdad est allée à leur rencontre. Sur les bords du Tigre, une petite quinzaine de jeunes Irakiens enfilent leur combinaison de sports nautiques. Ils se préparent pour leur cours quotidien de planche à voile. Jamil, 18 ans, une casquette jaune sur la tête, s'est inscrit il y a quelques mois dans ce tout premier club de la capitale. « C'est vraiment un sport incroyable ! Personnellement, ça me permet de passer du temps avec mes amis proches, mon coach. Ça permet aussi de rencontrer de nouvelles personnes, d'élargir mes horizons, c'est génial. » Difficile d'imaginer ces scènes à Bagdad, il y a encore quelques années. A la fin des années 2000, les quartiers alentours d’ailleurs faisaient partie des plus dangereux du pays. Sur sa planche, Mohammed prend des couloirs de vent et tente quelques acrobaties. Ce jeune Irakien de 20 ans a perdu son père au cours de ces années sanglantes. Aujourd'hui, il veut croire en un avenir meilleur. « Avant c'était la guerre civile, on ne pouvait pas faire ça. Aujourd'hui c'est différent, c’est moins dangereux, on peut pratiquer, s'entraîner. Et honnêtement, je suis totalement tombé amoureux de ce sport depuis que j'ai commencé. » « Navigue derrière, viens par ici ! » Installé sur un petit bateau à moteur, Ahmed, l'entraîneur, crie ses instructions. Il prévoit d'emmener ses élèves en Egypte, pour suivre des entraînements plus poussés. Impossible de se professionnaliser en Irak, selon lui. « Avec notre budget, on ne pas se permettre de nouveaux équipements. Ça coûte beaucoup trop cher. On peut être compétitif, mais on sait qu'on ne peut pas rivaliser à un niveau élevé. » Le monde du sport ne manque pas d'épreuves, mais elles sont particulièrement nombreuses en Irak. Notamment pour les femmes. De l'autre côté de la ville, une quinzaine de jeunes Irakiennes s'entraînent dans le premier, et le seul club de rugby à Bagdad. Malgré les remarques et les critiques, explique Halah, la capitaine. « Ça a commencé dès le début quand on a créé l'équipe. On s'entraînait dans une école de sport, et les premières critiques sont venues des étudiants eux-mêmes. Aujourd'hui encore, beaucoup d'hommes, mais aussi des femmes, nous critiquent sur les réseaux sociaux. » Sur le banc de touche, Fariq Abdallah, le vice-président de la Fédération irakienne fait part de sa frustration. « Certaines joueuses auraient le potentiel de compter parmi les meilleurs de la région, mais elles font face à énormément de problèmes, car leur famille ne leur permet pas de pratiquer ce sport. » Beaucoup de chemin reste encore à faire dans le pays. Mais pour ces jeunes Irakiennes et Irakiens, ces nouveaux sports sont déjà de belles avancées voire des outils pour faire changer les mentalités.
Dans le nord de l'Irak, ces dernières semaines, des manifestations pacifiques dénonçant la misère de la population et la corruption des autorités de la région du Kurdistan ont tourné en scènes de chaos avec l'incendie de nombreux bureaux de partis politiques kurdes. La répression a été violente avec un bilan officiel de 10 morts dont 8 manifestants. La région du Kurdistan irakien demande aujourd'hui de l'aide financière à Bagdad mais refuse toujours de partager en échange son pétrole avec l'Irak comme le prévoit la Constitution. Voilà plusieurs années que les fonctionnaires kurdes ne touchent qu'une fraction de leur salaire, seulement 20% en 2020. La jeunesse diplômée, elle, ne trouve pas d'emplois. En réponse à la colère de la rue, le gouvernement régional du Kurdistan irakien a envoyé depuis plusieurs jours une délégation négocier à Bagdad. Certains partis kurdes comme l'Union islamique auquel appartient Abdullah Toufik ont refusé de se joindre à ces discussions : « En vérité il n'y a pas une réelle volonté de trouver un accord, ni du côté irakien ni du côté kurde irakien », estime-t-il. « En ce qui concerne les autorités de Bagdad, elles ont déjà d'importants problèmes internes à gérer notamment des problèmes financiers. L'Irak a été obligé d'emprunter pour payer les trois derniers mois de salaires à ses fonctionnaires. Du côté de la région du Kurdistan irakien, les autorités ne veulent et ne peuvent pas briser l'accord qu'elles ont avec la Turquie pour vendre leur pétrole. De toute façon, nous savons bien que les dirigeants du Kurdistan ont plus que suffisamment de richesses pour payer les fonctionnaires kurdes. Mais ils les utilisent pour s'enrichir eux-mêmes illégalement. Ces responsables kurdes qui communiquent avec la communauté internationale au nom de la révolution kurde, au nom de la kurdité, au nom de la création d'un État kurde, en réalité, il faut que les pays occidentaux comprennent que ces mêmes hommes font partie des figures politiques les plus corrompues au monde. » ►À lire aussi : Au Kurdistan irakien, le mouvement de protestation tourne au chaos Pendant ce temps, dans le silence, la répression continue. Des dizaines de manifestants et journalistes sont emprisonnés. Les rues sont quadrillées par des forces de sécurité en civil. Parmi les figures du soulèvement populaire détenues depuis plusieurs semaines, le journaliste indépendant Sherwan Sherwani. Malgré ses craintes, sa femme accepte de nous parler pour que son mari ne soit pas oublié. « Les gens ont très peur ici. C'est normal, dans notre cas ils sont venus chercher mon mari chez nous. Entre la gendarmerie et la police ils étaient au moins 20 personnes chez nous, avec six voitures. Ils ont fait exprès de nous terrifier », raconte-t-elle. « Tout ce que je sais maintenant c'est que mon mari est sous le contrôle de Waysi Barzani, le fils de Massoud Barzani. Nous ne pouvons ni lui téléphoner ni le voir. Tout ce que je sais, c'est via la télévision et via son avocat qui n'a pu le voir que 10 minutes. Il a dit qu'on lui reproche d'avoir encouragé les gens à manifester pour créer le chaos dans la société au sein de la région du Kurdistan irakien, enfin plutôt au sein de la région contrôlée par le PDK. » Voilà plus d'un mois que Sherwan Sherwani est détenu dans les bureaux des renseignements du Kurdistan irakien à Erbil aux côtés de 15 autres figures des manifestations. Tout en répondant, sa femme surveille ses quatre enfants : « Le futur ? Je ne le vois pas... au Kurdistan je ne vois pas le futur parce qu'il est entre leurs mains. »
Ali Bader : écrivain irakien en exil invité de PEN à BOZAR 2/2
Ali Bader : écrivain irakien en exil invité de PEN à BOZAR 1/2
Cela fait un an que les Irakiens sont descendus dans les rues pour demander un nouveau système politique. On s’en souvient : pendant des mois, des dizaines de milliers d’habitants avaient battu le pavé, jusqu’à obtenir la démission du Premier ministre, au prix de centaines de morts et de milliers de blessés. Aujourd’hui, les manifestations sont rares, mais le mouvement tente de s’organiser politiquement et prépare un nouveau départ le 1er octobre. Problème : depuis des semaines, les principaux activistes sont visés, assassinés, kidnappés. Beaucoup ont dû fuir pour le Kurdistan irakien. Redha Ali Al-Aqili, assis sur un banc d'un parc vide, fait défiler des vidéos sur son téléphone portable. Sur plusieurs d'entre elles, on le voit dominer une marée humaine, debout sur une voiture, micro en main. Il hurle des slogans que la foule devant lui reprend en cœur. Ces moments ont été capturés à Maysan, dans le sud de l'Irak, en octobre 2019. A l'époque où les manifestations irakiennes battaient encore leur plein. Pendant près d'un an, Redha, la vingtaine, cheveux noirs peignés en arrière, s'est impliqué corps et âme dans ce mouvement. Il était l'un des leaders, mais a dû se faire oublier, après deux tentatives d'assassinat. « La première fois, ça a été quand j'ai reçu sept balles dans ma voiture, en mars. Ça ne m’a pas empêché de manifester, jusqu’à il y a un mois et demi environ, mais en août ils nous ont ciblés, ma famille et moi, en utilisant lance-roquette, un RPG, et de nouveau des balles réelles. » Après ces attaques, Redha se résigne à fuir loin de sa région natale. Avec sa famille, il vit aujourd'hui en exil dans la région autonome du Kurdistan irakien. « Tous les gouvernorats qui se sont soulevés en Irak, et où les activistes se sont mobilisés, sont devenus trop dangereux aujourd’hui, c'est pour ça que je suis partie au nord de l'Irak. » Redha n'est pas un cas isolé. Beaucoup d'autres activistes ont été ciblés au cours de cette année. Ceux qui ont survécu sont souvent partis, comme lui, pour le Kurdistan irakien. D'autres ont complétement quitté le pays. Retour à Bagdad où le docteur Ali al-Bayati, membre de la Haute Commission irakienne pour les droits de l’homme, observe depuis un an ces crimes commis à l'encontre des activistes. « Il est très clair que ces assassinats visent la partie la plus active de la contestation pour les empêcher de se regrouper ou de s’organiser politiquement, afin qu’ils ne participent pas aux prochaines élections. » Au total en un an, plus de 75 activistes ont été assassinés selon lui. Les militants accusent les groupes paramilitaires soutenus par l'Iran d'être derrière ces attaques, mais à ce jour aucune enquête gouvernementale n'a permis d'identifier les responsables. Pour Ali Al Bayati, il y a peu de chance pour que cela arrive. « Ceux qui le font, le font librement en ce moment, et ont assez de pouvoir pour le faire. Ils ont des groupes militaires, et ils font partie des autorités. Ils ont une immunité. » Aujourd'hui l'incertitude demeure sur l’avenir du mouvement, et à l'approche du 1er octobre, c’est tout une nation qui retient son souffle.
Voilà des années que la Turquie mène une guerre acharnée contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Ces combattants kurdes sont repliés autour de la frontières turco-irakienne. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, Ankara mène régulièrement des frappes aériennes contre les villages du Kurdistan irakien. La dernière campagne militaire a été lancée en juin dernier. Elle a amené à la désertion de nombreux villages et fait plusieurs victimes civiles.
Après deux jours de visite au Liban, Emmanuel Macron est attendu ce mercredi matin à Bagdad, sa première visite sur le sol Irakien. Un détour surprise dans ce pays que les présidents de la République ont peu l'habitude de visiter.
Alors que l'Iran semble faire face à une deuxième vague de coronavirus, la petite région frontalière du Kurdistan irakien s'inquiète elle aussi. Le ministre de la Santé a annoncé mardi que 75% des cas dans la région avaient été déclarés durant le dernier mois. Une urgence sanitaire pour certains, une manipulation politique pour d'autres afin de contrôler une population en colère. En mars dernier les autorités du Kurdistan irakien ont rapidement imposé un confinement strict et militaire. Mais face à la nécessité de nourrir leur famille les habitants de la région autonome ont vite repris le chemin du travail. Une réaction que ce policier qui préfére garder l'anonymat comprend entièrement. « Aujourd'hui il n'y a plus aucune confiance entre les autorités et le peuple. Alors au début on a voulu installer un confinement, nous avons tous reçu des consignes en tant que forces de l'ordre afin de faire respecter ce confinement. Mais les gens ont refusé de respecter ces ordres. Rapidement le gouvernement a été obligé de faire marche arrière. » Ce policier comme beaucoup de ces collègues a refusé de se battre contre un peuple dont il partage les difficultés. Depuis des années des manifestations violemment réprimées accusent le gouvernement du Kurdistan irakien de corruption. Notre interlocuteur, une fois son service terminé, a lui-même rejoint les rangs des manifestants. « Les manifestations qui ont eu lieu ces derniers jours ont été causées par l'injustice qui règne au Kurdistan. Un exemple : nous sommes en juin, et nous fonctionnaires, n'avons toujours pas reçu notre salaire de février. C'est une catastrophe. Les gens vivent dans la misère. Si on ne vous donne pas de salaire ni de quoi répondre aux besoins de première nécessité. Vous êtes obligé d'agir, de parler. » Malgré la peur du Covid-19 dans une région au système hospitalier défaillant, la colère de la population n'a fait qu'empirer face à la gestion de la crise sanitaire puis économique par les autorités. Les différents partis politiques s'accusent mutuellement d'aggraver la situation pour en tirer profit. Dans la rues, les manifestants refusent d'abandonner leur mouvement. Delshad Babani est l'une des figures des manifestations depuis années. « Aujourd'hui, si le gouvernement continu d'utiliser le coronavirus comme une excuse pour nous contrôler nous aurons deux choix : Le premier est de manifester en respectant les distances de sécurité. Dans ce cas, nous devrons rester encore longtemps dans la rue. L'autre solution demande beaucoup de discussion. Nous sommes actuellement en contact avec d'autres comités de manifestants. Nous voulons nous unir et marcher ensemble jusqu'à la capitale Erbil. Si on nous empêche d'y entrer nous voulons que les consulats, le parlement irakien, le monde entier soit au courant. Que tout le monde sache que la vie de nos citoyens est en danger. » Ces derniers jours, les manifestations ont atteint des villes généralement plus contrôlées de Dohuk et Erbil. Elles ont été rapidement étouffées par plusieurs dizaines d'arrestations et disparitions.
durée : 00:39:42 - Le Temps du débat - par : Emmanuel Laurentin, Chloë Cambreling - Les interventions militaires furent nombreuses ces dernières décennies. Le cas Irakien est l'exemple le plus récent. Comment « reconstruit-on » un Etat ? Pourquoi la reconstruction initiée par les Etats-Unis n’a pas fonctionné en Irak ? Que recouvre l’idéologie de ‘Nation Building’ ? - réalisation : Marie-Laure Ciboulet, Thomas Dutter - invités : Adel Bakawan Sociologue. Directeur du Centre de Sociologie de l’Irak (CSI), Université de Soran. Chercheur associé à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Chargé de cours à l’Université d’Évry. Membre de l'iReMMo.; Myriam Benraad Chercheuse associée à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam), Université d’Aix-Marseille -; Pierre-Jean Luizard directeur de recherche au CNRS, historien spécialiste du Moyen-Orient, en particulier de l'Irak, de la Syrie et du Liban
durée : 00:39:42 - Le Temps du débat - par : Emmanuel Laurentin, Chloë Cambreling - Les interventions militaires furent nombreuses ces dernières décennies. Le cas Irakien est l'exemple le plus récent. Comment « reconstruit-on » un Etat ? Pourquoi la reconstruction initiée par les Etats-Unis n’a pas fonctionné en Irak ? Que recouvre l’idéologie de ‘Nation Building’ ? - réalisation : Marie-Laure Ciboulet, Thomas Dutter - invités : Adel Bakawan Sociologue. Directeur du Centre de Sociologie de l’Irak (CSI), Université de Soran. Chercheur associé à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Chargé de cours à l’Université d’Évry. Membre de l'iReMMo.; Myriam Benraad Chercheuse associée à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam), Université d’Aix-Marseille -; Pierre-Jean Luizard directeur de recherche au CNRS, historien spécialiste du Moyen-Orient, en particulier de l'Irak, de la Syrie et du Liban
durée : 00:09:45 - Journal de 18h - Depuis l'élimination du Général iranien Qassem Soleimani, des voix s'élèvent au sein de la classe politique pour condamner une violation de la souveraineté du pays. L' Irak a porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU et convoqué l'ambassadeur américain en poste à Bagdad.
Après deux mois de manifestations, le premier ministre irakien cède à la pression populaire. La police britannique a neutralisé l'homme qui a blessé plusieurs personnes sur le London Bridge. Les Québécois pourront se prononcer sur l'élargissement de l'accès à l'aide médicale à mourir. Après le fiasco du Programme d'éducation québécoise, le gouvernement veut maintenant accueillir plus d'étudiants étrangers. | Maxime Coutié (journaliste-présentateur)
durée : 00:10:55 - Les Enjeux internationaux - par : Julie Gacon - « Iran barra »: L’Iran dehors, peut-on voir sur des pancartes brandies par manifestants irakiens. La remise en cause du système communautaire et politique dans le pays va de pair avec une remise en cause de l’ingérence étrangère, quelle qu'elle soit. Entretien avec le sociologue Adel Bakawane. - réalisation : Mydia Portis-Guérin - invités : Adel Bakawan Sociologue. Directeur du Centre de Sociologie de l’Irak (CSI), Université de Soran. Chercheur associé à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Chargé de cours à l’Université d’Évry. Membre de l'iReMMo.
durée : 00:15:18 - Journal de 22h - Le peuple irakien veut la chute du régime et la démission du gouvernement honni car corrompu. Deux mois de contestation et déjà des centaines de morts, des milliers de blessés. Le Premier Ministre a proposé de démissionner et le Président a promis des élections anticipées. Analyse d' Hosham Dawod.
Retour sur les manifestations massives de la jeunesse irakienne, violemment réprimées par les autorités. Comment expliquer cet embrasement social à Bagdad et dans le sud chiite du pays ? Comme souvent dans ce genre de mouvements, il y a un facteur déclencheur. En l’occurrence, c’est la décision du gouvernement irakien de limoger Abdel-Wahab Al-Saadi, héros de la lutte contre le groupe État islamique, qui a mis le feu aux poudres. Le renvoi de cet homme, respecté par des millions de jeunes irakiens, a été interprété comme la nouvelle manœuvre d’une classe politique corrompue. À cela s’ajoute un terreau social qui est explosif depuis des années en Irak. Il y a eu d’ailleurs de fortes manifestations déjà en 2015 et 2016, puis à l’été 2018. C’est toujours la même situation qui est dénoncée : la corruption des hommes politiques, accusés de servir leurs intérêts personnels plutôt que celui du pays. Et puis leur incapacité à mener à bien les réformes nécessaires pour venir à bout des maux qui minent l’Irak depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 : des infrastructures hors d’âge, des services publics déficients, notamment pour l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Des manifestants issus de la jeunesse du pays Ce sont surtout les jeunes qui manifestent. Un peu une génération post-Saddam Hussein, qui est née quelques années avant la chute du dictateur irakien et qui aujourd’hui a vingt ans. Elle n’a pas connu la main de fer de Saddam Hussein, mais a subi les troubles qui ont suivi l’intervention américaine. Notamment les luttes interconfessionnelles entre la majorité chiite, qui a récupéré une grande partie du pouvoir, et une minorité sunnite qui regrette le bon vieux temps de Saddam Hussein, quand elle dirigeait l’Irak. Et puis la lutte aussi contre l’occupant américain, les attentats réguliers et meurtriers, et enfin l’émergence de l’organisation sunnite de l’État islamique, qui a fait régner la terreur sur un tiers du territoire pendant trois ans, entre 2014 et 2017. ► À écouter aussi : Vers la fin de l'organisation État islamique ? Ayant grandi dans un tel environnement, elle voudrait au moins avoir sa place dans la société irakienne. Alors que le chômage des 18/30 ans atteint les 25 %. D’où cette explosion soudaine et violente. Cette confrontation brutale et parfois meurtrière avec les forces de l’ordre. Un pouvoir irakien dépassé par ce mouvement Alors, jusqu’où peut aller ce face-à-face ? Difficile à dire, mais en quatre jours les choses sont allées très vite. Malgré la répression, malgré le couvre-feu instauré à Bagdad et dans plusieurs villes du sud du pays, et en dépit de la coupure quasi totale du réseau internet, les manifestations se poursuivent. La Zone verte, le cœur névralgique du pouvoir, qui venait juste d’être rendue accessible au peuple, a été de nouveau bouclée. Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, en fonctions depuis 11 mois à peine, assume, mais dit également comprendre les demandes légitimes de cette jeunesse très en colère. En fait, on sent bien que le pouvoir navigue à vue et se trouve un peu dépassé par ce mouvement d’une jeunesse éruptive, qui, outre ses revendications sociales, réclame de plus en plus la chute d’un régime qu’elle estime pourri - et trop inféodé au grand frère iranien.
En début de semaine 72% des électeurs kurdes d’Irak, parmi les 4,6 millions d’inscrits, ont pris part au référendum sur l’indépendance de cette province autonome irakienne. Près de 93% d’entre eux ont voté en faveur de l’indépendance, entraînant des réactions virulentes de la part de Bagdad et des pays voisins. Arnaud Decroix fait le point sur ces enjeux avec le sociologue Olivier Grojean, auteur de La Révolution kurde. Le PKK et la fabrique d’une utopie (La Découverte, 2017).
En début de semaine 72% des électeurs kurdes d’Irak, parmi les 4,6 millions d’inscrits, ont pris part au référendum sur l’indépendance de cette province autonome irakienne. Près de 93% d’entre eux ont voté en faveur de l’indépendance, entraînant des réactions virulentes de la part de Bagdad et des pays voisins. Arnaud Decroix fait le point sur ces enjeux avec le sociologue Olivier Grojean, auteur de La Révolution kurde. Le PKK et la fabrique d’une utopie (La Découverte, 2017).
Cette région autonome veut s'affranchir du pouvoir central de Bagdad, mais traverse sa pire crise économique.
Le conflit Irakien sera au cours de l'émission de cette semaine! Il s'agit de la seconde guerre civile de ce pays, qui a débuté en 2013, faisant suite à une première guerre qui sévissait entre 2006 et 2008.